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J-P.

Le système cardio-circulatoire

LE SYSTEME CARDIO-VASCULAIRE

{J-P GOUSSARD d'après A.J. VANDER in Physiologie Humaine}

Le 05 Mars 1995

1. PRESENTATION..........................................................................................................................3

1. LES DIFFERENTES CIRCULATIONS....................................................................................3

1.1. La circulation pulmonaire.......................................................................................................... 3

1.2. La circulation systémique.......................................................................................................... 4

1.3. La circulation coronaire............................................................................................................. 5

1.3.1. Métabolisme du myocarde.............................................................................................5

2. ANATOMIE DU CŒUR..............................................................................................................6

2.1. L'automatisme cardiaque ........................................................................................................... 7

2.1.1. Contrôle intrinsèque du myocarde..................................................................................7

2.1.2. Contrôle extrinsèque......................................................................................................9

2.1.2.1. Influence sympathique.......................................................................................9

2.1.2.2. Influence parasympathique................................................................................9

2.1.2.3. Localisation des centres nerveux........................................................................9

3. PHENOMENES MECANIQUES DU MYOCARDE..............................................................10

3.1. La systole................................................................................................................................ 10

3.2. La diastole............................................................................................................................... 10

3.3. Le débit cardiaque ................................................................................................................... 11

3.3.1. Contrôle du volume d'éjection systolique.....................................................................11

4. LE CYCLE CARDIAQUE.........................................................................................................12

4.1. Les phénomènes électriques.................................................................................................... 12

4.1.2. La période réfractaire....................................................................................................13

4.2. Les phénomènes mécaniques .................................................................................................. 13

4.3. Les bruits du cœur.................................................................................................................. 14


J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire
5. LE SYSTEME VASCULAIRE..................................................................................................15

5.1. Le système artériel .................................................................................................................. 16

5.1.1. Anatomie des artères....................................................................................................16

5.1.2. Les artérioles................................................................................................................17

5.1.3. La pression artérielle....................................................................................................18

5.1.4. Régulation de la pression artérielle...............................................................................19

5.1.4.1. Les contrôles locaux........................................................................................19

5.1.4.2. Les contrôles extrinsèques...............................................................................19

5.2. Les capillaires ......................................................................................................................... 20

5.2.1. Echanges de nutriments et de produits terminaux.........................................................20

5.3. Les veines ............................................................................................................................... 21

5.3.2. Mécanisme du retour veineux.......................................................................................23

5.3.2.1. Les valvules veineuses......................................................................................24

6. LE CONTROLE CARDIO-VASCULAIRE............................................................................24

6.1. Les récepteurs ......................................................................................................................... 25

6.1.1. Les barorécepteurs ............................................................................................................... 25

6.1.2. Les chémorécepteurs....................................................................................................27

6.2. Les centres de contrôle cardio-vasculaire ................................................................................ 27

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J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire

1. PRESENTATION

Le système cardio-vasculaire est constituée d'un vaste réseau circulatoire avec en son centre une pompe
dont le rôle est de fournir la pression nécessaire à la circulation sanguine. Le système cardio-vasculaire
forme un circuit fermé, de tel sorte que le sang est continuellement pompé hors du cœur par un
ensemble de vaisseaux et ramené au cœur par un autre ensemble de vaisseaux. Cet ensemble vasculaire
est donc constitué de deux circuits totalement distincts, qui ont tous deux leur origine et leur fin dans
le cœur. Le cœur lui-même est divisé longitudinalement en deux parties ; le cœur droit et le cœur
gauche.
Le sang situé au niveau du cœur droit est propulsé à travers les poumons (circulation pulmonaire) et
est ramené au cœur gauche. A ce niveau, il est rejeté pour approvisionné tous les tissus (circulation
systémique). Les vaisseaux qui transportent le sang du cœur aux tissus sont les artères et les vaisseaux
qui le ramène les veines. On peut donc considérer qu'il existe deux circulation distinctes : la petite
circulation ou circulation pulmonaire et la grande circulation ou circulation systémique. Parallèlement,
le myocarde possède sa propre circulation tissé par un fin réseau de vaisseaux, la circulation
coronarienne.

1. LES DIFFERENTES CIRCULATIONS

1.1. La circulation pulmonaire


Le départ du sang pour les poumons prend naissance à partir du cœur droit par une grosse artère
unique, l'artère pulmonaire qui se divise au-dessus du cœur en deux artères dont chacune se dirige
vers un poumon. Arrivé dans les poumons, le sang pauvre en oxygène est réoxygéné au niveau des
alvéoles et regagne le cœur gauche par les veines pulmonaires pour se vider dans l'oreillette gauche.
Le sang qui circule dans les veines systémiques, la moitié droite du cœur et les artères pulmonaires
a un contenu relativement faible en oxygène. Quand ce sang circule dans les capillaires
pulmonaires, il se charge de grandes quantités d'oxygène ; dans ces conditions, le sang contenu
dans les veines pulmonaires, le cœur gauche et les artères systémiques a un contenu élevé en
oxygène. Quand ce sang circule dans les capillaires des tissus et organes de l'organisme, une partie
de son oxygène quitte le sang, ce qui aboutit à un abaissement du contenu en oxygène du sang
veineux systémique.
Normalement la quantité de sang pompée dans les circuits pulmonaires et systémiques sont égaux,
ce qui revient à dire que le cœur droit pompe la même quantité de sang que le cœur gauche. C'est
seulement quand le débit sanguin subit des variations que ces volumes diffèrent l'un de l'autre, et
ceci de façon momentanée.

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Il est curieux de constater qu'à cet endroit précis, l'artère pulmonaire est pauvre en oxygène alors
que normalement les artères sont riches en oxygène et parallèlement les veines pulmonaires riches
en oxygène alors que normalement elles sont pauvres en oxygène.

CIRCULATION PULMONAIRE

artère pulmonaire veine pulmonaire

Poumons

Cœur Cœur
droit gauche

1.2. La circulation systémique


La circulation systémique, encore appelée grande circulation prend naissance dans le cœur gauche
par une seule et grosse artère, l'aorte. Lorsque le sang quitte le cœur gauche, celui-ci est riche en
oxygène. L'aorte se divise ensuite en artères de plus en plus petites, les artérioles qui elles-mêmes
se divisent en vaisseaux encore plus petits dans les tissus, les capillaires. A la sortie des tissus, les
capillaires se lient pour former les veinules, puis en vaisseaux plus gros et moins nombreux, les
veines. Le sang redevenu pauvre en oxygène par la consommation des tissus arrive alors au cœur
droit par deux grosses veines ; la veine cave supérieure qui est issue des membres supérieurs et la
veine cave inférieure issue des membres inférieurs. Le circulation systémique se divise donc en
deux circuits : la circulation artérielle et la circulation veineuse.
Au niveau du cœur droit, la totalité du sang pompée circule dans les poumons, alors qu'une fraction
seulement du débit ventriculaire gauche total circule dans un seul organe ou tissu. Ceci est dû au
fait que la circulation systémique comprend de nombreuses voies parallèles.
Au repos, la seule activité du cerveau nécessite un débit sanguin de 750 ml par minute, les muscles
environ 1200 ml, les reins 1100 ml, la peau 500 ml, l'abdomen 1400 ml et le cœur 250 ml par
minute. Ceci indique qu'à chaque minute, le cœur pompe environ cinq litres de sang.
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CIRCULATION SYSTÉMIQUE

aorte veines
caves

Organes

Cœur
Cœur droit
gauche

1.3. La circulation coronaire


Le cœur ne reçoit pas directement son irrigation des cavités cardiaques mais possède son propre
système circulatoire : la circulation coronaire. Comme il n'existe aucun réseau circulatoire entre
les chambres cardiaques et le tissu musculaire cardiaque, l'apport en nutriments se fait par les
artères coronaires droites et gauche qui s'abouchent dans l'aorte juste au-dessus des valvules
aortiques. A cet endroit, le sang est déjà oxygéné. Ces artères épousent la surface du cœur et se
divisent rapidement en un réseau capillaire dense dans tout le myocarde. Une fois les échanges
effectués, le sang quitte le ventricule droit par les veines cardiaques antérieures qui aboutissent à
l'oreillette droite et le ventricule gauche par le sinus coronarien.

1.3.1. Métabolisme du myocarde


Même au repos, le cœur est un grand consommateur d'oxygène et extrait environ 70 à 80% de
l'oxygène dans la circulation coronaire. Contrairement aux muscles squelettiques qui peuvent
assurer leur métabolisme en anaérobiose, le cœur s'en remet presque exclusivement au
métabolisme aérobie. Pour cela, les cellules cardiaques présentent une concentration élevée de
mitochondries et sont donc bien équipées pour utiliser le catabolisme des lipides mais aussi du
glucose et de l'acide lactique produit lors de la glycolyse anaérobie par le tissu musculaire.

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2. ANATOMIE DU CŒUR

Le cœur est le moteur principal et le point de départ de la circulation sanguine. Son rôle est d'assurer
l'hémodynamique, c'est à dire la pression nécessaire à la circulation du sang afin d'approvisionner
continuellement les muscles en oxygène et en nutriments pour la production d'énergie et de récupérer
rapidement les produits du métabolisme énergétique. Cette circulation est appelée "écoulement de
masse" car tous les constituants du sang se déplacent ensemble.
Le cœur ou "myocarde" est un muscle strié semblable aux muscles squelettiques. Le myocarde est
enfermé dans un sac fibreux remplit d'un liquide aqueux qui sert de lubrifiant aux mouvements du
cœur. Ce sac fibreux porte le nom de péricarde. La face interne du cœur est tapissée d'une mince
couche de cellules : l'endocarde.
Situé dans la cavité thoracique, le cœur humain est divisé longitudinalement en deux moitiés dont
chacune est constituée de deux cavités différentes, les oreillettes et les ventricules. On distingue donc le
cœur droit du cœur gauche séparé l'un de l'autre par une cloison parfaitement étanche le septum
interventriculaire.
Les cavités de l'oreillette et du ventricule de chaque moitié du cœur communiquent entre elles,
simplement séparées l'une de l'autre par les valvules auriculo-ventriculaire. Ces valvules permettent au
sang de circuler de l'oreillette au ventricule et non dans le sens inverse. La valvule du cœur droit est
appelée tricuspide et celle du cœur gauche mitrale. Lorsque le sang circule de l'oreillette dans le
ventricule, les valvules s'abaissent sous l'effet de la charge du sang de part et d'autre des valvules. A
l'inverse, lorsque les ventricules se contractent, les valvules se ferment sous l'effet de l'augmentation de
la pression du sang dans les ventricules, interdisant ainsi au sang de retourner dans les oreillettes.
Le mouvement mécanique des valvules est strictement passif et ne dépend que de la différence de
pression entre les oreillettes et les ventricules.
Ainsi, à partir du cœur droit, le sang est éjecté dans l'artère pulmonaire qui remonte directement aux
poumons et, à partir du cœur gauche, dans l'aorte qui distribue le sang à tous les organes. L'ouverture
des deux ventricules sur l'artère pulmonaire et sur l'aorte est aussi protégée par les valvules pulmonaire
et aortique qui empêchent le reflux du sang dans les ventricules au cours du repos des ventricules. A
l'entrée des oreillettes, ils n'existent pas de valvules car la contraction des oreillettes comprime les
veines à leurs points de pénétration dans celles-ci.
Environ 70% du sang arrivant dans les oreillettes passe directement dans les ventricules avant qu'elles
ne se contractent. La contraction simultanée des oreillettes chasse le reste du sang dans les ventricules
sous jacents. Presque immédiatement après la contraction auriculaire, les ventricules se contractent et
éjectent le sang dans le circuit artériel.

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Artères pulmonaires
Aorte Veines
pulmonaires

sup

Oreillette

Veine cave
gauche

Oreillette
droite

inf

Ventricule Ventricule
droit gauche

2.1. L'automatisme cardiaque


Si l'on place dans une solution salée des cellules isolées d'un cœur, on constate que celles-ci sont
capables de se contracter spontanément en dehors de toute intervention extérieure. Ceci est du au
fait que le cœur possède des cellules d'un type particulier : le tissu nodal qui a la particularité de
s'autoexciter. Il joue le rôle d'un pacemaker, véritable appareillage de commande de l'activité
cardiaque.
Cette masse de tissu spécialisée est située à l'intérieure de la paroi postérieure de l'oreillette droite et
porte le nom de nœud sinusal ou nœud de Keith et Flack. Ce nœud se dépolarise et se repolarise
automatiquement et constitue le stimulus intrinsèque du cœur.

2.1.1. Contrôle intrinsèque du myocarde


L'excitation naît rythmiquement du nœud sinusal dans l'oreillette droite et se propage à travers
les deux oreillettes en passant d'une cellule myocardique auriculaire à l'autre et aussi grâce à la
présence de plusieurs faisceaux plus ou moins spécialisés qui conduisent l'influx directement au
nœud auriculo-ventriculaire situé à la base de l'oreillette droite. Dès lors, les deux oreillettes se
contractent simultanément. La propagation des potentiels d'action à travers le nœud auriculo-
ventriculaire est relativement lente (environ 0,1 seconde) ce qui donne un délai supplémentaire
aux oreillettes pour se contracter et ajouter une quantité supplémentaire de sang aux ventricules
avant la contraction de ces derniers. Le nœud auriculo-ventriculaire donne naissance au faisceau

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de His qui devient la seule voie de conduction de l'influx nerveux entre les oreillettes et les
ventricules Cette forme de constitution implique que l'influx nerveux ne peut circuler des
oreillettes aux ventricules qu'en empruntant le nœud auriculo-ventriculaire puis le faisceau de
His. Le faisceau de His se divise ensuite en deux branches, l'une droite et l'autre gauche qui se
ramifient en fibres pour former le réseau de Purkinje. Le réseau de Purkinje se répartit ensuite
dans les deux ventricules. La conduction rapide assurée par ces fibres spécialisées ainsi que la
grande diffusion de leur distribution entraînent une dépolarisation plus ou moins simultanée de
toutes les cellules ventriculaires droites et gauches, assurant une contraction unique et
coordonnée.

excitation auriculaire

débute est terminée

nœud sinusal

nœudAV

excitation ventriculaire

débute est terminée

faisceau
de His

réseau de
Purkinje

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2.1.2. Contrôle extrinsèque
Le muscle cardiaque est unique du fait qu'il est capable de maintenir son propre rythme. Laissé à
lui seul, il battrait régulièrement à environ 100 pulsations à la minute. Cependant les nerfs qui
innervent le cœur et des substances chimiques en circulation peuvent faire varier rapidement la
fréquence cardiaque. Ces influences s'ajoutent à l'automatisme inhérent au myocarde. Les
oreillettes sont innervées par beaucoup de fibres nerveuses parasympathiques et sympathiques.
Les ventricules ne reçoivent que des fibres sympathiques.

2.1.2.1. Influence sympathique


La stimulation des nerfs sympathiques favorise la dépolarisation du nœud sinusal, ce qui
permet aux cellules d'atteindre plus rapidement le potentiel d'action et d'augmenter la
fréquence cardiaque. Les nerfs sympathiques se distribuent non seulement au nœud sinusal
mais aussi à toutes les cellules du cœur. La libération des nerfs sympathiques cardio-
accélérateurs produit la libération d'adrénaline et de noradrénaline : ce sont des
cathécolamines. De plus, les cathécolamines accroît la contractilité du myocarde. On admet
qu'une stimulation sympathique maximale double la force de la contraction ventriculaire.

2.1.2.2. Influence parasympathique


La stimulation des nerfs parasympathiques produit l'effet inverse aux nerfs sympathiques. Le
seuil du potentiel d'action est atteint plus lentement et la fréquence cardiaque diminue. Les
fibres inhibitrices circulent dans le nerf vague dont les corps cellulaires sont situées dans le
centre cardio-inhibiteur du tronc cérébral. Les nerfs sympathiques agissent par libération
d'acétylcholine. A l'état de repos, l'influence parasympathique est dominante et la fréquence
cardiaque chez un sujet normal est largement inférieure à 100 pulsations minutes. On donne
le nom de tonus vagal ou frein vagal à ce système.
Les neurones sympathiques et parasympathiques se terminent sur le nœud sinusal et sur le
nœud auriculo-ventriculaire ce qui rend la totalité du myocarde sous la dépendance d'un des
deux systèmes.

2.1.2.3. Localisation des centres nerveux


Les centres inhibiteurs se trouvent dans le bulbe. L'excitation excessive de cette région arrête
le cœur et sa destruction abolit toutes les réactions cardio-modératrice.
Les centres accélérateurs sympathiques se situent également dans le bulbe. Leur importance
fonctionnelle est réduite.

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3. PHENOMENES MECANIQUES DU MYOCARDE

La fonction principale du myocarde est de produire les pressions nécessaires à l'hémodynamique.


L'onde de dépolarisation qui s'établit dans le tissu nodal montre, que dans un premier temps, les
oreillettes se contractent simultanément, immédiatement suivit par la contraction des ventricules. On
donne le nom de systole à la contraction des oreillettes et des ventricules et le nom de diastole au
temps de repos qui suit. La durée de la révolution cardiaque pour une fréquence moyenne de 70
pulsations par minute est de :
· 1/5ème pour la systole auriculaire,
· 2/5ème pour la systole ventriculaire,
· 2/5ème pour la diastole.

3.1. La systole
Afin de faciliter le raisonnement, on considérera uniquement le cœur gauche et l'aorte dans la
mesure où les phénomènes sont identiques dans le cœur droit. La différence notable qui existe
entre le cœur droit et le cœur gauche est la pression. En effet, les pressions systoliques normales
dans le ventricule droit et les artères pulmonaires sont approximativement égale à 30 mm Hg dans
la mesure où celles-ci offrent beaucoup moins de résistance que dans les artérioles systémiques.
Cependant, si on note des variations de pression entre les deux cœurs, la quantité de sang éjectée à
la minute est identique dans chaque ventricule.
Lors de la systole, la pression ventriculaire s'élève brusquement et dépasse la pression auriculaire.
Cette élévation de la pression a pour effet de fermer la valvule auriculo-ventriculaire, empêchant
ainsi tout reflux dans l'oreillette. En ce premier temps de la systole, la pression dans le ventricule est
encore légèrement inférieure à la pression aortique ; de ce fait, la valvule aortique reste fermée et le
ventricule ne peut chasser le sang dans l'aorte malgré sa contraction. Ce premier temps de la systole
est appelé contraction ventriculaire isovolumétrique par ce que la contraction est isométrique
exactement comme pour le muscle squelettique. Dès que la pression ventriculaire devient
supérieure à la pression aortique, la valvule aortique s'ouvre et le volume de sang se trouvant dans le
ventricule est chassé. La pression aortique s'élève en même temps que la pression ventriculaire. A la
fin de la systole, le ventricule ne se vide pas complètement ; la quantité de sang restant est appelée
volume télésystolique.

3.2. La diastole
Dès que la contraction ventriculaire s'arrête, le muscle cardiaque se relâche rapidement. La pression
ventriculaire est dès lors inférieure à la pression artérielle et la valvule aortique se ferme empêchant
le reflux de sang dans le ventricule. A cet instant précis, la pression ventriculaire dépasse encore la
pression auriculaire et de ce fait les valvules auriculo-ventriculaire restent fermées. Cette période est
appelée relaxation ventriculaire isovolumétrique. Quand la pression ventriculaire tombe au-
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dessous de la pression auriculaire, la valvule auriculaire s'ouvre et le remplissage ventriculaire
débute.
A la fin de la diastole, l'oreillette et le ventricule gauche sont l'un et l'autre relâchés et le sang
commence à s'écouler de l'oreillette dans le ventricule. C'est aussi durant cette de période de repos
générale que s'effectue 80% du remplissage du ventriculaire. La quantité de sang qui se trouve
dans le ventricule juste avant la systole est appelée volume télédiastolique.
Il est important de se rappeler, que le liquide s'écoule toujours d'une région de haute pression vers
une région de basse pression.

3.3. Le débit cardiaque


Le débit cardiaque est égale au volume de sang expulsé dans l'unité de temps. Le débit est
généralement exprimé en litres par minute. Il est important de comprendre que le débit cardiaque
est la quantité de sang pompée par chaque ventricule et non la quantité totale de sang pompée par
les deux ventricules. Pour obtenir le débit cardiaque (Dc), il suffit de multiplier le volume d'éjection
systolique (Vs)par la fréquence cardiaque (Fc).
Si chaque ventricule a une fréquence cardiaque de 70 pulsations par minute et un volume d'éjection
systolique de 70 ml à chaque battement, le débit cardiaque est égal à :

Dc = 70 pul/min x 0,07 l/ pul = 4,9 l/min.

Comme le volume total de sang dans l'organisme est d'environ cinq litres, on peut dire que la quasi
totalité du sang est expulsée à chaque minute.

3.3.1. Contrôle du volume d'éjection systolique


On a vu précédemment qu'en l'absence de toute influence nerveuse ou hormonale, le myocarde
bat rythmiquement aux environs de 100 pulsations par minute sous l'influence de décharge
autonome du nœud sinusal. Cependant, la fréquence de décharge peut-être beaucoup plus basse
ou élevée car le nœud sinusal est placé sous l'influence des systèmes sympathiques et
parasympathiques.
Une autre variable qui détermine grandement le volume d'éjection systolique est le volume
télédiastolique, c'est à dire la quantité de sang contenu dans les ventricules juste avant la systole
ventriculaire. Ceci s'explique par le fait que le muscle cardiaque augmente sa force de
contraction lorsqu'il est étiré jusqu'à une certaine valeur. Ce mécanisme est connu sous le nom
de la loi de Starling, du physiologiste anglais, qui a observé une relation directe entre le volume
diastolique, c'est à dire à la distension des fibres musculaires qui augmentent de longueur sous
la charge du poids du sang et, la force de contraction de la systole ventriculaire suivante. Le
muscle cardiaque présente donc des relations longueur-tension très semblables aux muscles

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squelettiques. Ainsi, plus le remplissage diastolique augmente et plus le volume télédiastolique
est important, ce qui a pour conséquence d'augmenter la force de contraction des ventricules.
Le volume d'éjection systolique est donc égal à la différence entre le volume télédiastolique et le
volume télésystolique.

DEBIT CARDIAQUE

VOLUME SYSTOLIQUE FREQUENCE CARDIAQUE

Adrénaline Activité des nerfs


plasmatique parsympathiques
du cœur

Activité des nerfs


sympathiques
du cœur
Volume
ventriculaire
télédiastolique

4. LE CYCLE CARDIAQUE

L'expression cycle cardiaque désigne les phénomènes électriques et mécaniques qui ont lieu à
l'intérieur du cœur.

4.1. Les phénomènes électriques


L'électrocardiogramme (EEG) est une technique qui permet d'enregistrer les différents potentiels
d'action qui s'établissent à l'intérieur du cœur. L'électrocardiogramme s'obtient en plaçant de petits
disques en métal, appelés électrodes, sur la peau. Ces électrodes sont reliées à un appareil
enregistreur qui reconstitue l'ensemble de l'activité électrique du cœur.

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potentiel électrique en (mv)

contraction
ventriculaire

T
P

Q
S

temps

La systole auriculaire correspond à l'onde P. Le second complexe, QRS apparaît environ 0,1
seconde plus tard et représente la dépolarisation ventriculaire. L'onde T, représente la repolarisation
ventriculaire. La repolarisation des oreillettes produit aussi un onde, mais celle-ci est masquée par
l'important complexe QRS.

4.1.2. La période réfractaire


Contrairement au muscle squelettique qui est capable de présenter le phénomène des
sommations des contractions en vue de la tétanisation, le muscle cardiaque en est incapable. Ceci
est du à la période réfractaire qui est beaucoup plus longue pour le myocarde que pour le muscle
squelettique. Au niveau du muscle squelettique, une seconde contraction peut-être déclenchée
avant la fin de la première à partir du moment où le stimulus est plus intense. Ceci est possible
car la période réfractaire absolue est extrêmement courte. Dans le muscle cardiaque, la période
réfractaire absolue est presque aussi longue que la contraction ce qui interdit toute autre
sommation avant la fin de la première. Ce phénomène est important car si le cœur était capable
de se tétaniser de façon prolongée, aucun remplissage ne pourrait avoir lieu durant ce moment et
la fonction de pompage du cœur s'arrêterait.

4.2. Les phénomènes mécaniques


Au cours d'un cycle cardiaque, la pression et le volume du sang varient à l'intérieur des oreillettes et
des ventricules. Les trois courbes supérieures du schéma suivant représentent respectivement les

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changements de pression à l'intérieur de l'aorte, du ventricule gauche et de l'oreillette gauche. La
courbe du milieu représente les changements de volume à l'intérieur du ventricule gauche.

COEUR GAUCHE COEUR DROIT


diastole systole diastole diastole systole diastole

110

aortique
ventriculaire

50
pression

0
volume
130 télé
diastolique
ventriculaire

volume
65 télé
systolique
volume

ouvert ouvert valvules auriculo-ventriculaires


ouvert valvules aortique et pulmonaire

4.3. Les bruits du cœur


Lorsque l'on applique sur la cage thoracique d'un individu un stéthoscope, on entend deux bruits
bien distincts :
· le premier bruit est sourd, grave et prolongé. Il correspond à la fermeture des valvules auriculo-
ventriculaires et surtout à la contraction ventriculaire.
Il est suivit d'un petit silence.

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J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire
· le second bruit est plus sec et claquant. Il marque la fin de la systole ventriculaire et est du à la
fermeture des valvules pulmonaires et aortiques. Il est suivit d'un grand silence.

systole
auriculaire Petit
silence 2è
bruit

1er bruit

Grand silence
diastole
générale

systole
auriculaire

5. LE SYSTEME VASCULAIRE

Le système vasculaire est un vaste réseau de conduits qui a pour origine le cœur et pour terminaison le
cœur. Comme le précise le schéma suivant, le système vasculaire dans son ensemble présente des
variations entre le système artériel et le système veineux mais aussi entre la circulation systémique et la
circulation pulmonaire.

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J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire

artères veines

capillaires
artérioles

veinules
Pression systolique
120
circulation
systémique

80
Pression diastolique

40
Pression systolique
pulmonaire
circulation

Pression diastolique
0

5.1. Le système artériel


Les artères sont les vaisseaux qui conduisent le sang riche en oxygène du cœur aux tissus. Comme
il a déjà été précisé, l'aorte et les autres artères constituent la grande circulation ou circulation
systémique. Les artères ont des rayons de dimensions importantes ce qui induit une faible
résistance à l'écoulement sanguin. Bien qu'elles contiennent des muscles lisses, le rôle des artères
est de se dilater lors de la contraction ventriculaire grâce à l'élasticité de ses parois formant ainsi des
"réservoirs de pression". Lors de la période de repos cardiaque, l'énergie emmagasiné par l'élasticité
des parois est restituée permettant de maintenir le débit sanguin dans tous les tissus. Cette élasticité
est importante car elle uniformise le cours du sang et joue le rôle d'amortisseur.

5.1.1. Anatomie des artères


La paroi des artères est constituée de trois couches :
L'intima, c'est la plus externe. Elle est constituée d'une simple couche de cellules tapissant la face
interne du vaisseau.
La média est formée de fibres élastiques et de fibres musculaires lisses. On note des différences
de composition suivant le rôle de l'artère.
· Les gros vaisseaux tels que l'aorte sont principalement constitués de fibres élastiques. Ces
vaisseaux sont extensibles mais leurs variations restent passives.
· Les artérioles sont riches en fibres musculaires. Le calibre vasculaire sera variable et ses
variations seront actives, c'est la vasomotricité.
· L'adventice est la couche la plus externe. Elle est constituée de fibres élastiques et
conjonctives. Elle contient les éléments nerveux.
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5.1.2. Les artérioles


Les artères se ramifient progressivement en artérioles dont le diamètre plus petit permet de
pénétrer au cœur même du tissus. Les artérioles constituent le site majeur de la résistance dans
l'arbre musculaire. Ceci explique la diminution importante de pression moyenne qui passe de 90
mm Hg dans les gros troncs artérielles à 35 mm Hg à proximité des capillaires. De ce fait, la
résistance opposée des artérioles est si importante qu'elle amortit complètement la pression
présente en amont dans les artères, transformant ainsi la circulation artérielle pulsatile en
circulation capillaire continue. Le débit sanguin dans un organe quelconque est donné par
l'équation suivante en admettant que la pression opposée constituée par le système veineux est
nulle :

-17-
J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire

Débit PAM
= ______
organe
R organe

Comme la pression artérielle moyenne (PAM), c'est à dire la force qui entraîne le sang vers
chaque organe, est identique dans tout le corps, les différences de débit entre les organes
dépendent entièrement des résistances relatives (R) opposées par les artérioles de chaque
organe. De ce fait, les artérioles sont avant tout responsables de la détermination de la
distribution relative du débit sanguin qui en se contractant diminue temporairement le débit
sanguin au niveau des muscles inactifs au profit d'une augmentation du débit sanguin dans les
muscles actifs.

5.1.3. La pression artérielle


Lors de la contraction ventriculaire, une certaine quantité de sang est éjectée dans l'aorte et dans
les artères pulmonaires mais seulement un tiers de la quantité de sang quitte les artères au cours
de la systole.
Le reste du volume d'éjection systolique élève la pression artérielle et distend les artères.
Lorsque la contraction ventriculaire se termine, les parois artérielles distendues retrouvent grâce
à leur élasticité leur position initiale et la pression artérielle continue à entraîner du sang dans les
artérioles au cours de la diastole. Quand le sang quitte les artères, le volume artériel et par
conséquent la pression artérielle diminuent lentement, mais la contraction suivante apparaît alors
qu'il n'y a pas encore assez de sang dans les artères pour les distendre partiellement. C'est la
raison pour laquelle la pression artérielle ne tombe jamais à zéro.
La pression maximale est atteinte au cours de la pointe d'éjection ventriculaire et porte le nom de
pression systolique.
La pression minimale apparaît juste avant que commence juste avant que l'éjection ventriculaire
commence et porte le nom de pression diastolique.
La pression artérielle est en générale exprimée en mm Hg par deux chiffres dont le premier
définit la pression systolique et le second la pression diastolique (125/75 mm hg).
Au cours de la diastole, c'est à dire durant la phase de repos du cycle cardiaque, la pression
artérielle descend au environ de 70 à 80 mm Hg.
La pression diastolique est un indice de la résistance périphérique, donc un indice de la facilité
d'écoulement du sang dans les capillaires.
Si la résistance périphérique reste élevée, cela indique que la pression dans les artères ne
diminue pas et demeure élevée tout au long du cycle cardiaque.
Il est intéressant de noter, que le pouls que l'on ressent au niveau d'une artère est dû à la
différence entre la pression systolique et la pression diastolique. Cette différence est appelée
pression pulsatile.

-18-
J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire

125 Pression
systolique

mm Hg

Pression
moyenne

Pression
75 diastolique

5.1.4. Régulation de la pression artérielle


La pression artérielle varient constamment dans d'étroites limites en fonction de la demande. Les
artérioles sont responsables dans leur ensemble au maintien du niveau de la pression artérielle.
Ils existent deux types de mécanisme qui contrôlent ces variations de résistance artériolaire.
Ce sont d'une part les contrôles locaux et d'autre part les contrôles extrinsèques ou réflexes.

5.1.4.1. Les contrôles locaux


La signification "contrôles locaux" indique que des mécanismes interviennent
indépendamment des nerfs et des hormones dans la modification artériolaire.
Le débit sanguin du muscle squelettique est directement proportionnelle à l'augmentation
d'activité du muscle. Ce phénomène est connu sous le nom d'hyperémie active.
L'augmentation d'activité d'un organe produit automatiquement une augmentation du débit
sanguin par dilatation des artérioles. Les artérioles se dilatent parce que le muscle lisse perd
une partie de son tonus contractile basale en raison de certaines modifications chimiques.
C'est modifications sont uniquement dues à l'augmentation de l'activité métabolique.
Ces variations ont pour origine : la diminution de la concentration en oxygène, l'augmentation
des concentrations de gaz carbonique, d'ions d'hydrogène et de certains métabolites comme
l'adénosine.

5.1.4.2. Les contrôles extrinsèques


La plupart des artérioles du corps reçoivent une riche innervation des fibres nerveuses
sympathiques. Ces neurones libèrent de la noradrénaline, qui se combine avec les récepteurs
adrénergiques du muscle lisse vasculaire pour produire une vaso-constriction. Ces nerfs
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J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire
sympathiques sont rarement au repos et entretiennent de ce fait toujours un certain degré de
constriction tonique. Lorsque la fréquence de décharge augmente, on note parallèlement une
élévation de la vaso-constriction. A l'inverse, une diminution de la fréquence de décharge des
nerfs sympathique au-dessous du niveau de base provoque une vasodilatation.
Les nerfs parasympathiques n'ont pour ainsi dire pas d'innervation au niveau des artérioles.
En conclusion, le contrôle des artérioles est principalement sous l'influence des nerfs
sympathiques qui suivant la fréquence de décharge produira soir une vasoconstriction, soit
une vasodilatation.

5.2. Les capillaires


A tout moment environ cinq pour cent du sang circulant se situe dans les capillaires. Les capillaires
sont de petits vaisseaux sanguins microscopiques issus des métartérioles qui elles mêmes
proviennent de la subdivision des artérioles.
Le débit sanguin est contrôlé par le sphincter précapillaire qui s'ouvre et se ferme
continuellement suivant la demande. Au repos, un capillaire sur dix seulement est ouvert alors qu'à
l'effort tous les capillaires sont ouverts. Les sphincters fonctionnent de concert avec le muscle lisse
artériolaire afin de contrôler le débit sanguin total dans les capillaires de tissus, mais aussi le
nombre de capillaires en service. Comme les capillaires sont très étroits, ils opposent une résistance
considérable à l'écoulement mais leur résistance n'est pas aussi importante que celle des artérioles
pour deux raisons :
1. Malgré le fait qu'un seul capillaire soit plus étroit qu'une artériole, le nombre total de capillaires
qui est énorme fournit au débit sanguin une surface de section si grande que la résistance totale
de tous les capillaires est considérablement inférieure à celle des artérioles. La longueur totale du
réseau de capillaires chez l'adulte est estimée à environ 40 000 km.
2. Comme les capillaires n'ont pas de muscle lisse, leur résistance n'est pas soumis à un contrôle
actif et reflète simplement le volume de sang qui leur est apporté par les artérioles ainsi que du
volume qui quitte les veinules.

5.2.1. Echanges de nutriments et de produits terminaux


Les capillaires traversent la quasi-totalité des tissus de l'organisme ; aucune cellule n'est distante
de plus de 0,01 cm d'un capillaire. C'est donc au niveau des capillaires que s'effectue les
différents échanges entre le sang et la cellule. Les substances quittent le sang et traversent les
parois capillaires par simple diffusion passive, excepté au niveau du cerveau.
Deux processus de transfert membranaire doivent être considérés :
· l'un au niveau de la paroi capillaire,
· l'autre à travers la membrane plasmatique des cellules.
Ainsi, les cellules des tissus n'échangent pas de substances directement avec le sang ; le liquide
interstitiel dans lequel baigne les cellules agissent toujours comme intermédiaire. Les nutriments
-20-
J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire
franchissent d'abord la paroi capillaire pour le liquide interstitiel, à partir duquel ils pénètrent
dans les cellules. Inversement, les produits métaboliques terminaux traversent les membranes
plasmatiques des cellules des tissus pour se rendre dans le liquide interstitiel avant de se diffuser
dans le plasma sanguin.
En conclusion, les produits métaboliques, peuvent pénétrer dans la cellule ou la quitter par
diffusion ou par l'intermédiaire d'un transporteur comme pour le glucose, mais elle se déplace à
travers la paroi capillaire uniquement par diffusion, sous l'influence des gradients de
concentration entre le liquide capillaire et le liquide interstitiel.

membrane capillaire membrane capillaire

Capillaires Capillaires
artérielles veineuses

Cellule
Nutriments Produits métaboliques

C'est cette différence de gradient qui permet le passage des produits métaboliques.
Lorsque le glucose par exemple diffuse du liquide interstitiel à la cellule musculaire, il y a un
abaissement de la concentration du glucose au-dessous de celle du plasma et crée un gradient
pour la diffusion du glucose hors du capillaire.
Le fonctionnement de la cellule musculaire produit du gaz carbonique, créant ainsi une
augmentation de la concentration intracellulaire du gaz carbonique, ce qui entraîne une diffusion
de ce gaz dans le liquide interstitiel. Cette augmentation de concentration du CO2 dans le liquide
interstitiel détermine un gradient supérieur à celui du plasma ce qui favorise une diffusion du
CO2 dans les capillaires.

5.3. Les veines


Le sang circule des capillaires dans les veinules puis des veinules dans les veines. Les veines
constituent le dernier ensemble de conduits que le sang désoxygéner doit emprunter pour regagner
le cœur droit. Un certain échange de substances avec le liquide interstitiel se produit à travers les
parois des veinules aussi bien qu'à travers celles des capillaires.
Au niveau des veines, le débit sanguin augmente quelque peu puisque la surface de section
transverse est plus importante que dans les capillaires. Du fait que le système veineux fonctionne
sous basse pression, les parois des veines sont beaucoup plus minces, contiennent moins de tissus
musculaire et sont moins extensibles.

5.3.1. La pression veineuse


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J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire
La force qui assure le retour veineux est dû à la différence de pression entre les veines
périphérique et le cœur droit.
La majeure partie de la pression communiquée au sang par le cœur est dissipée quand le sang
circule dans les artérioles et capillaires, de tel sorte que la pression dans la première portion des
veines périphériques est approximativement égale à seulement 15 mm Hg. La pression dans
l'oreillette droite est proche de zéro mm Hg si bien que la différence de pression est de
seulement 15 mm Hg. Cette pression est suffisante par suite de la faible résistance en raison de
leur gros diamètre pour ramener le sang à l'oreillette droite.
Les parois des veines contiennent du muscle lisse innervé par des neurones sympathiques. La
stimulation de ces neurones entraîne une contraction du muscle lisse veineux, augmentant la
rigidité de la paroi ce qui élève la pression du sang dans les veines. L'augmentation de la
pression veineuse entraîne davantage de sang hors des veines dans le cœur droit.
Lorsque l'on compare les différences de pression entre le système veineux et le système
artérielle, on se rend compte qu'à tout moment soixante pour cent du volume sanguin total est
présent dans le système veineux mais que sa pression est inférieure à 10 mm Hg alors que les
artères contiennent moins de quinze pour cent du volume sanguin pour une pression à peu près
égale à 100 mm Hg.

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J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire

VOLUME SYSTOLIQUE

VOLUME VENTRICULAIRE
TELEDIASTOLIQUE

PRESSION
AURICULAIRE

RETOUR VEINEUX

PRESSION VEINEUSE

VOLUME MOUVEMENTS
SANGUIN INSPIRATOIRES

ACTIVITE DES NERFS POMPE


SYMPATHIQUES MUSCULAIRE
SUR LES VEINES SQUELETTIQUE

5.3.2. Mécanisme du retour veineux


D'autres mécanismes facilitent le retour veineux. Ce sont :
· L'action propulsive du cœur qui s'exerce sur tout le trajet de la grande circulation. La
traversée des capillaires terminée, il subsiste un résidu de pression, du à la force de
contraction des ventricules, suffisant pour participer à la circulation de retour.
· L'action du diaphragme qui au cours de l'inspiration descend, pousse sur les viscères et
augmente la pression abdominale ; simultanément la pression diminue dans la cage
thoracique. Ces variations de pression sont transmises passivement au veines intra-
abdominales et intra-thoraciques et au cœur. Le résultat a pour effet d'induire une

-23-
J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire
augmentation de la pression entre les veines situées à l'extérieur du thorax et le cœur ; par
conséquent, le retour veineux est augmenté au cours de l'inspiration.
· La contraction musculaire qui a pour effet de compresser partiellement les veines, ce qui
diminue leur diamètre, réduit la capacité veineuse et entraîne davantage de sang vers le cœur.

5.3.2.1. Les valvules veineuses


Tous ces facteurs facilitent le retour veineux et sont encore aidés par la présence de valvules à
l'intérieur des veines des membres. Ces valvules jouent un rôle important en imposant un
sens unidirectionnelle à la circulation veineuse. Sans elles, le sang serait entraîné dans les
deux directions lorsque les gradients de pression de la pompe musculaire et des mouvements
respiratoires s'élèvent.

veines Valvules
ouvertes

Contractions
musculaires

Valvules
fermées

6. LE CONTROLE CARDIO-VASCULAIRE

Le volume sanguin dans son ensemble joue un rôle essentiel sur le contrôle de la pression artérielle et
ceci notamment par les implications intrinsèques de la loi de Starling. Un autre système de contrôle de
la pression artérielle est du au système nerveux autonome sympathique et parasympathique. Ces deux
systèmes fonctionnent de concert par rétroaction ayant pour élément commun et moteur la variante de
la pression artérielle. Le schéma suivant explique comment le débit cardiaque et la résistance
périphérique implique des modifications de la pression artérielle par voies réflexes des centres
bulbaires.

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J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire

Centre cardio-
vasculaire bulbaire Voies
efférentes

NEURONES EFFERENTS
SYMPATHIQUES PARASYMPATHIQUES
NEURONES
AFFERENTS

ARTERIOLES VEINES COEUR

BARORECEPTEURS
ARTERIELS VOLUME
FRéQUENCE
D'éJECTION
CARDIAQUE
SYSTOLIQUE

RESISTANCE DEBIT CARDIAQUE


PRESSION ARTERIELLE
(variable contrôlée) PERIPHERIQUE
TOTALE

Les barorécepteurs par l'intermédiaire des centres bulbaires ont pour rôle de détecter tout changement
de la pression artérielle. Toute augmentation de la pression artérielle entraîne une augmentation de la
décharges de ces barorécepteurs. Le résultat consiste en une modification du débit cardiaque et de la
résistance périphérique totale qui réduit la variation originelle de la pression artérielle.

6.1. Les récepteurs


Les récepteurs et les voies afférentes qui apportent des informations au système nerveux central
constituent le premier maillon dans la chaîne des réflexes qui contrôlent la pression artérielle. Les
plus importants sont les barorécepteurs.

6.1.1. Les barorécepteurs


Les barorécepteurs sont sensibles à toutes modifications de pression. Les plus importants se
situent dans le sinus carotidien situé à la partie supérieure du cou. On trouve dans l'aorte une zone
identique fonctionnellement semblable aux sinus carotidiens et qui constituent le second
barorécepteur artériel important.

-25-
J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire

Barorécepteurs
carotidiens

Artères
carotides

Crosse de
l'aorte

Barorécepteur
aortique

Aorte

Les corpuscules carotidiens et aortique envoient des influx nerveux au centre de contrôle cardio-
vasculaire. Une augmentation de la pression artérielle accroît la fréquence de décharge de ces
barorécepteurs qui, par action sur le centre bulbaire, provoquent une stimulation des nerfs
parasympathiques cardiaques et un inhibition des nerfs sympathiques du cœur, des artérioles et des
veines. Il s'ensuit une diminution du débit cardiaque et des résistances périphériques qui
contribuent à diminuer la pression artérielle. Une diminution de la pression artérielle produit une
baisse de la fréquence de décharge des barorécepteurs. Cette baisse par l'intermédiaire du centre
bulbaire, provoque une inhibition des nerfs parasympathiques du cœur et une stimulation des nerfs
sympathiques du cœur, des artérioles et des veines. Il en résulte une augmentation du débit
cardiaque et des résistances périphériques et la pression artérielle remonte.

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J-P. GOUSSARD Le système cardio-vasculaire
6.1.2. Les chémorécepteurs
Les chémorécepteurs aortiques et carotidiens sont sensibles aux concentrations d'oxygène, de
gaz carbonique et d'ions d'hydrogène. Ils envoient des influx nerveux au centre bulbaire de sorte
qu'une baisse de l'oxygène produise une augmentation de la pression sanguine.
Le gaz carbonique et les ions d'hydrogène modifient également la pression artérielle mais dans
des mesures moindres.

6.2. Les centres de contrôle cardio-vasculaire


Le principal centre de contrôle cardio-vasculaire pour le réflexe des récepteurs se situent dans le
bulbe du cerveau au-dessus de la moelle épinière. Les influx nerveux en provenance des baro-
récepteurs et des chémorécepteurs arrivent sur le corps cellulaire des neurones du bulbe. Les influx
sont distribués à partir des axones sur les corps cellulaires et les denterites des neurones des nerfs
vagues parasympathiques qui vont au cœur et des neurones sympathiques qui vont au cœur, aux
artérioles et aux veines.

SYSTèME NERVEUX CENTRAL


Barorécepteurs
artériels

neurones stimulant
neurones inhibant
nerf
parasympathique
COEUR

Artérioles
et veines nerf
sympathique

Son fonctionnement se caractérise par une innervation réciproque.


Lorsque les barorécepteurs artériels augmentent leur fréquence de décharge, il en résulte une
diminution de l'activité sympathique efférente au cœur, aux artérioles et aux veines, et une
augmentation de l'activité parasympathique efférente au cœur. Une diminution de la fréquence de
décharge des barorécepteurs aboutit à des effets exactement inverses.

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