Vous êtes sur la page 1sur 6

PROGRAMME DE FISCALITE DES ENTREPRISES

CHAPITRE I : INTRODUCTION SUR LA FISCALITE


CHAPITRE II : l’IMPOT SUR LES SOCIETES
CHAPITRE III : LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTE : TVA
CHAPITRE IV : LA TAXE SUR LES ACTIVITES
FINANCIERES : TAF

CHAPITRE I : INTRODUCTION SUR LA FISCALITE


SECTION I : LA NOTION D’IMPOT
I/DEFINITION DE L’IMPOT

C’est en 1930, que Gaston Jéze dans son cours de finance publique (1930/31)
proposa la première définition moderne de l’impôt. Ainsi écrit-il : « l’impôt est une
prestation pécuniaire requise des particuliers par voie d’autorité é à titre définitif et
sans contrepartie en vue de la couverture des charges publiques ».

1-L’impôt est une prestation pécuniaire

L’impôt est assis sur des éléments monétaires et est perçu en argent. Les paiements en
nature dits dations en paiement existent toutefois en matière de droits de succession.

2- L’impôt est un prélèvement autoritaire

La contribution fiscale n’est pas soumise à l’accord individuel des contribuables. L’impôt
est, par excellence, le lieu d’exercice des prérogatives de puissance publique.

3- L’impôt est un prélèvement définitif

L’impôt dûment payé ne peut être restitué ou remboursé. Il est ainsi différent de l’impôt.

1
4- L’impôt est un prélèvement sans contrepartie directe

Payer un impôt ne fait pas bénéficier directement d’un service en échange. Ainsi, l’impôt
se distingue des notions de taxe et de redevance.

La taxe donne lieu à une contrepartie disproportionnelle au prélèvement. La redevance


donne aussi lieu à une contrepartie, mais celle-ci est proportionnelle au prélèvement.

5- L’impôt est un prélèvement destiné à la couverture des charges publiques

La première fonction de l’impôt est de nature financière. Les prélèvements fiscaux


servent à alimenter les caisses de personnes publiques et leur permettent de faire face à
leurs charges. Cette fonction de l’impôt a beaucoup évolué. Aujourd’hui, l’impôt sert
aussi la politique économique et sociale des personnes publiques. Ainsi, les mesures
fiscales peuvent se révéler dissuasives en orientant les comportements des
contribuables.

La fiscalité, ainsi définie à travers l’impôt, est une science interdisciplinaire. Mais, elle est
essentiellement juridique.

II/FONDEMENTS DE L’IMPOSITION

Pour tenter de dégager les fondements de l’impôt, nous étudions les conceptions de
deux écoles qui se sont historiquement opposées. Il s’agit de l’école de conception
individualiste, influencée par les théoriciens de l’économie politique classique, et celle
de la conception du devoir social qui confère à l’Etat un rôle qui lui est propre dans la
recherche du bien être de la Nation.

 LA CONCEPTION INDUVIDUALISTE

Les tenants de cette doctrine considèrent que l’impôt est une sorte de prime
d’assurance, un prix que le citoyen doit payer au gouvernement en contrepartie de
services publics notamment la garantie de l’ordre, de la sécurité et de la bonne gestion.

 LA CONCEPTION DU DEVOIR SOCIAL

L’école de la conception du devoir social s’appuie sur la solidarité sociale à savoir


tous les citoyens sont solidaires, chacun devant contribuer au financement des charges
communes de la Nation. Il est alors souhaitable de rappeler que « nul citoyen n’est
dispensé de l’honorable obligation de contribuer aux charges publiques ».Ce principe
appelé individualité de l’impôt implique deux caractéristiques : l’universalité de l’impôt
et la territorialité de l’impôt.

II/1- LE PRINCIPE D’UNIVERSALITE DE L’IMPOT

2
Du principe d’universalité se dégage le principe de l’égalité devant l’impôt. En effet
aucun privilège ne peut être consenti en matière fiscale à la seule exception de ceux
autorisés par la loi qui seule peut déroger au principe d’universalité de l’impôt. Les cas
que l’on peut citer à titre d’exemple sont les conventions internationales dont l’objet
principale est d’éviter la double imposition, de lutter contre la fraude fiscale ou aller
dans le sens de créer un ordre fiscal international. Il y a aussi le cas des exemptions
accordées aux économiquement faibles enfin de corriger les inégalités sociales. Par
ailleurs, il ya les avantages fiscaux accordés au régime du code des investissements
d’une part ; et d’autre part, le bénéfice du statut de l’entreprise franche d’exportation qui
ont pour objet principal, la stimulation de l’investissement, la création d’emploi et la
relance de la compétitivité par les exportations.

II/2-LA TERRITORIALITE DE L’IMPOT

La notion de territorialité évoque l’application de la loi fiscale dans l’espace. En effet,


c’est l’évidence car un Etat ne peut exercer son droit fiscal qu’à l’intérieur de son
territoire national.

SECTION II : LES ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’IMPOT


Il s’agit des facteurs qui ont pour but de constituer l’impôt et de déterminer le
domaine ou celui-ci est applicable. Pour la détermination des éléments constitutifs de
l’impôt, nous faisons recours à l’axiome de Lucien Mehl qui est le suivant : « tout impôt
atteint une matière imposable en la personne d’un contribuable, à l’occasion d’un
événement ou d’une situation qui en constitue le fait générateur ».

I/LE FAIT GENERATEUR

Le fait générateur est l’événement(le phénomène, l’opération ou la situation) qui


donne naissance à la créance (ou dette) fiscale. C’est le phénomène économique qui
permet de déclencher le mécanisme de l’imposition. On peut aussi dire le fait par lequel
sont réalisées les conditions légales nécessaires pour assoir l’impôt.

II/LA MATIERE IMPOSABLE

Elle peut être définit comme « l’élément ou la richesse économique dans lequel
l’impôt prend directement ou indirectement sa source ». Ainsi la matière imposable dans
sa diversité peut être : un bien, un service, un produit, un revenu, un capital.

III/LA BASE IMPOSABLE

Il s’agit de la base sur laquelle l’impôt est calculé, on peut aussi l’appeler assiette dans
un sens plus large. La base imposable constitue la donnée chiffrée sur laquelle on
applique un taux de taxe.

3
Il convient de distinguer la matière imposable de la base imposable. Ainsi du point de
vue de la TVA la matière imposable est le produit ou le service alors que la base
imposable est le prix de ce service ou ce produit.

Pour une même matière imposable la base imposable peut être différente, c’est le cas
d’un immeuble.

IV/LA LIQUIDATION DE L’IMPOT

La liquidation de l’impôt consiste à calculer le montant de l’impôt, il s’agit d’appliquer


le tarif sur la base imposable. Certains impôts comportent un ou plusieurs tarifs tels l’IS.
D’autres sont calculés selon un barème préétabli d’avance par le fisc en fonction du
niveau de revenu.

V/LE RECOUVREMENT DE L’IMPOT

Le recouvrement consiste au paiement de l’impôt. C’est aussi le droit conféré au


Trésor public ou à l’administration fiscale de réclamer les sommes qui lui sont dues.

VI/LES PERSONNES IMPOSABLES

Il s’agit de la personne sur laquelle pèsent les obligations et les charges fiscales. A cet
effet on note plusieurs vocables pour designer la personne imposable.

VI/1-LE CONTRIBUABLE

Le contribuable est la personne au nom de qui la dette d’impôt est juridiquement


établie. On distingue le contribuable légal qui supporte juridiquement le poids de l’impôt
et le contribuable réel appelé aussi redevable.

VI/2-LE REDEVABLE

Il s’agit du collecteur d’impôt. Par exemple en matière d’impôt sur les traitements
et salaires, le contribuable de droit et de fait est le salarié : c’est le contribuable légal. Le
redevable est l’employeur, car il opère la retenue à la source, ensuite il est tenu de la
verser au trésor public ou à l’administration fiscale.

VI/3-L’ASSUJETTI

Ce terme est plus usité en matières de taxe sur le chiffre d’affaires notamment la
TVA. L’assujetti est tantôt contribuable et tantôt redevable.

VII/L’EXIGIBILITE DE L’IMPOT

L’exigibilité est définit comme étant le droit conférer au trésor public ou


l’administration fiscale de faire valoir auprès du redevable, le paiement d’impôt.

Exemple :

4
Soit un salarié X qui entame le mois de d’octobre pour l’employeur Y.

Déterminer le fait générateur, la matière imposable, la base imposable, le redevable, le


contribuable, la liquidation, le recouvrement, l’exigibilité.

SECTION III : CLASSIFICATION DES IMPOTS


On distingue plusieurs classifications des impôts, parmi celles-ci les plus usuelles
sont :

La classification administrative

La classification économique

I/ LA CLASSIFICATION ADMINISTRATIVE

Cette classification répond à une forme d’organisation administrative. On distingue :

Les impôts directs

Les impôts indirects

I/1-IMPOT DIRECT

Les impôts directs sont ceux assis par voie de rôles nominatifs. Par rôles on entend le
registre de paiement

Exp : IR, IS, PATENTE etc.

I/2-IMPOT INDIRECT

Ils sont perçus par intermédiation sans qu’il y ait rôles administratifs.

Exp : TVA, TOB, TS

II/CLASSIFICATION ECONOMIQUE

C’est une classification technique, elle distingue trois catégories d’impôts :

II/1-IMPOT SUR LE REVENU(IR) :

Il frappe le revenu lors de sa constitution avant même qu’il ne soit utilisé.

Exp : impôt sur les traitements et salaires, impôt sur les sociétés etc.

5
II/2-IMPOT SUR LA CONSOMMATION :

Il est aussi appelé impôt sur la dépense car il frappe le revenu lorsqu’il est dépensé.

Exp : TVA, TOB, TS

II/3-IMPOT SUR LE CAPITAL :

Il frappe le revenu lorsqu’il est stocké ou lorsqu’il fait l’objet d’une transmission.

Exp : contribution foncière, droit d’enregistrement

III/LES AUTRES CATHEGORIES D IMPOTS

III/1-IMPOTS D’ETATS ET IMPOTS LOCAUX

Les impôts d états sont ceux perçus au profit de l’état (TVA, IR, IS) alors que les
impôts locaux sont perçus au profit des collectivités locales (patente, taxe rurale, taxe
sur la publicité etc.).

III/2-IMPOTS REELS ET IMPOTS PERSONNELS

L’impôt réel frappe le revenu sans tenir considération de la personnalité du


contribuable.

Exp : TVA

Tandis que l’impôt personnel est celui qui frappe l’individu en tenant considération de
sa capacité contributive.