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Cours: Energie Biomasse

Pr.Khadija Haboubi
Filière Génie Energétique et Energies Renouvelables
Ecole Nationale des Sciences Appliquées d’Al-Hoceima
Liste des projets
I-Cartographie du potentiel biomasse dans 12 régions du Maroc (12 sujets).
II-Optimisation de la production du biogaz dans les décharges contrôlées
suivantes (4 sujets):
-Décharge contrôlée d’Al-Hoceima.
-Décharge contrôlée de Oujda.
-Décharge contrôlée d’oum-Azza.
-Décharge contrôlée de Fès.
III-Optimisation de la production du biogaz des boues des stations
d’épurations suivantes (4 sujets).
-STEP d’Al-Hoceima
-STEP de Casablanca.
-STEP de Tanger.
-STEP de Tétouan.
Le plan du cours
- Introduction et généralités
-Définition de la biomasse
- types de la biomasse
-Photosynthèse et cycle de carbone « neutre ».
- Les procédés de valorisation de la biomasse
-Les applications de la biomasse
-Les intérêts et les avantages de la biomasse.
-Exemples réussis
- Conclusion
I- Introduction et généralités (1)
• Aujourd’hui, plus de 85% d’énergie utilisée dans le monde provient de gisement de
combustible fossile (charbon, pétrole, gaz) ou d’uranium. La limitation de la quantité de
ces réserves, la crise successive du pétrole en 1973 et l’accroissement de la demande
d’énergie dans tous les pays du monde ont conduit les décideurs à chercher et a
développer de nouvelles sources d’approvisionnement.

• L’utilisation de la biomasse remonte au temps où l’homme découvrait le feu et se servait


encore du bois pour se chauffer et cuire ses aliments. Il s’agit de l’énergie contenue dans les
plantes et les matières organiques. La biomasse des plantes provient du soleil, quand la
plante, grâce à la photosynthèse, absorbe l’énergie solaire. Ensuite, les animaux absorbent à
leur tour ces plantes .

• La biomasse provient de divers secteurs et matières comme le bois, les récoltes (cultivées
spécialement pour la production d’énergie), les résidus agricoles et forestiers, les déchets
alimentaires et les matières organiques issues des déchets municipaux et industriels.

•Il existe toute une variété de technologies pour convertir l’énergie de la biomasse en une
forme réutilisable. Ces technologies changent l’énergie en formes utilisables directement
(chaleur ou électricité) ou en d’autres formes telles que le biocarburant ou le biogaz.
I- Introduction et généralités (2)
• L’avantage de la conversion énergétique de la biomasse par rapport aux autres sources
énergétiques renouvelables réside dans le fait qu’en plus de la production d’énergie, elle
participe activement au traitement des déchets organiques. La valorisation et la
mobilisation du carbone végétal contribueraient ainsi à la réduction de l’impact de nos
activités sur l’environnement.

• À la différence des combustibles fossiles, la bioénergie peut réduire les émissions de gaz
à effet de serre. En effet, le carbone résultant de la combustion de carburant peut être
capté par les plantes en phase de croissance. Cependant, les réductions réelles d’émission
dépendent du type de production bioénergétique et du processus de transformation, et
surtout du lieu où la matière première pour la production bioénergétique est produite. La
conversion de terres riches en carbone (telles que les forêts naturelles).
Cette source d'énergie ne risque pas de s'épuiser, comme c'est le cas des énergies fossiles
(pétrole, charbon, gaz). En effet, quand la moindre goutte de pétrole met des millions
d'années à se former dans le sous-sol, les arbres, eux, fabriquent 81 millions de mètres
cubes de bois chaque année (France).Mais surtout, elle dégage très peu de gaz à effet de
serre, tout comme le charbon ou le pétrole, lorsque des éléments brûlent, cela dégage du
dioxyde de carbone (CO2), le principal gaz responsable du réchauffement planétaire. La
différence, c'est qu'elle n'émet pas que du CO2, elle en stocke aussi… en poussant
I- Introduction et généralités (3)
• Le caractère renouvelable, propre et durable de son utilisation dépend du respect de
certaines règles, notamment :
d’éviter la surexploitation de la ressource (déforestation)
d’éviter la dégradation des sols ou de la biodiversité
d’éviter la compétition excessive avec d’autres usages (agriculture)
de maîtriser la combustion pour limiter les émissions polluantes
• Les principales utilisations de la biomasse sont :
Le BIOGAZ pour la cuisson, Les transports (Biocarburants), Le chauffage domestique (au
bois), La production d’électricité et de chaleur par la combustion de bois et de déchets dans
des centrales thermique à flamme.
• D’où provient la biomasse ?
On distingue trois sources principales de biomasse :
La biomasse ligneuse, comme le bois, les feuilles mortes, la paille ou le fourrage qui peuvent
être utilisés pour le rendement énergétique de la biomasse. En règle générale, la biomasse
ligneuse est convertie par voie sèche.
La biomasse à glucide comme les céréales, la betterave sucrière et la canne à sucre dont la
valorisation se fait par conversion biologique, c’est-à-dire par fermentation ou distillation.
La biomasse oléagineuse qui regroupe les plantes riches en lipide comme le colza et le
palmier à huile. La biomasse oléagineuse est principalement destinée à servir
de Biocarburants.
II- Définition de la biomasse
Le terme de biomasse regroupe l'ensemble des matières organiques
d'origine végétale ou animale pouvant devenir des sources
d'énergie.
Ces matières organiques qui proviennent des plantes sont une
forme de stockage de l'énergie solaire, captée et utilisée par les
plantes grâce à la chlorophylle. La biomasse correspond à la fraction
biodégradable
◾des produits, déchets et résidus provenant de l'agriculture, y
compris les substances végétales et animales,
◾des produits, déchets et résidus provenant de la sylviculture et
des industries connexes,
◾des déchets et résidus végétaux de l'industrie (bois, issu de
l'exploitation forestière, déchets organiques des industries agro-
alimentaires...) et aussi des déchets ménagers.
II- Types de la biomasse (1)
Il existe différents types de biomasse qui peuvent être utilisés comme source d'énergie. Bien
qu’il existe de nombreuses classifications, nous avons ici choisi la classification qui nous
semblait la plus adaptée. Celle-ci consiste à diviser la biomasse en quatre types:
◼ La biomasse d’origine agricole qui regroupe les cultures alimentaires et énergétiques mais
également les résidus, par exemple les tiges non consommables, et les déchets de l’agriculture
tels que les surplus et produits non-calibrés pour la consommation et, finalement, les effluents
d’élevage comme les déjections et litières animales qui forment les fumiers et les lisiers.
◼ La biomasse d’origine forestière qui englobe les forêts soit le bois comme matière première
de même que les résidus et déchets issus de l’activité forestière lors de la première
transformation du bois.
◼ La biomasse d’origine aquatique, soit les résidus des activités de pêche et d’aquaculture ainsi
que les cultures d’algues et de micro-algues.
◼ La biomasse d’origine industrielle regroupe principalement tous les produits connexes de
l’industrie agroalimentaire et de l’industrie du bois de deuxième transformation. La biomasse
d’origine collective qui comprend l’ensemble des déchets produit par l’homme et notre
société, soit les déchets iodégradables de la communauté comme les boues d’épurations, les
bois élagués dans les parcs et le long des voiries, etc., les ordures ménagères et, pour finir, les
produits biodégradables en fin de vie que sont principalement les produits en bois issu de la
construction, des déchetteries et de la grande distribution, telles que les cagettes et les
palettes
II- Types de la biomasse (2)
Aujourd’hui la biomasse est principalement valorisée par l’homme dans quatre domaines
: l’alimentation (pour l’homme et l’animal), l’industrie (chimie végétale, produits
biobasés, …), l’énergie (bois de chauffage, biocarburants, …) et la construction (bois de
construction, menuiserie, …)

Principales biomasses utilisées pour la production d’énergie


Photosynthèse et cycle de carbone « neutre »
Photosynthèse et cycle de carbone « neutre »
La photosynthèse végétale consiste à réduire le dioxyde de carbone de l’atmosphére par
l‘eau absorbée par les racines à l'aide de l’énergie solaire captée par les feuilles avec
libération d‘oxygène afin de produire des glucides.

Equation de la photosynthèse
Photosynthèse et cycle de carbone « neutre »
la biomasse végétale présente le plus grand avantage d’avoir recours, lors de sa croissance,
à la photosynthèse. Les plantes utilisent ce procédé biochimique pour décomposer l’eau et
le gaz carbonique présent dans l’air grâce à l’énergie solaire de manière à produire les
matières végétales nécessaires à sa croissance, comme par exemple la cellulose, et à
rejeter de l’oxygène dans l’atmosphère.

D’un point de vue purement énergétique, la biomasse végétale « stocke » de l’énergie


solaire (moins de 1% de l’énergie disponible) dans les liaisons chimiques qu’elle crée lors
de la photosynthèse. Et, lors de la combustion par exemple, ce sont ces liaisons qui sont
cassées et rendent en partie leur énergie sous forme de chaleur. La figure suivante met en
parallèle le cycle naturel de décomposition de la biomasse et celui de sa combustion.
la biomasse brûlée ne fait que rendre le CO2 qu’elle a capté durant sa croissance et qui
aurait été de toute manière dégagé lors de sa décomposition naturelle. En outre, il
s’agit également du CO2 nécessaire à la formation de nouvelle biomasse. Donc,
comparativement aux énergies fossiles, il s’agit d’un cycle de dioxyde de carbone court
de 15 à 200 ans alors qu’il faudra 250 à 300 millions d’années pour reconstituer le
charbon et de 100 à 450 millions d’années pour le pétrole.
Photosynthèse et cycle de carbone « neutre »
La biomasse peut donc être considérée comme ayant un cycle de carbone « neutre »
puisqu’elle ne dégage pas de CO2 en sus de celui qu’elle a capté et cela en fait donc bien
une énergie renouvelable. En plus les cendres formées par la combustion de la biomasse
contiennent de nombreux sels minéraux nécessaires à la formation de nouvelle biomasse.
Finalement, les particules fines issues de la combustion de la plupart des biomasses sont
insignifiantes en comparaison à celles de la combustion du charbon particulièrement (

Figure : Cycles
de
décomposition
et de
combustion de
la biomasse
Le ratio énergétique
Le ratio énergétique, ou taux de retour énergétique, exprime le rapport entre la quantité
d’énergie utilisable produite et la quantité d’énergie consommée durant sa production.

Ce ratio permet donc de comparer des combustibles entre eux et de tenir compte de la
chaine de production pour déterminer leur durabilité. Plus le taux de retour énergétique
sera grand plus la quantité d’énergie utilisable sera grande et supérieure à la quantité
d’énergie consommée lors de sa production.
A contrario, si le ratio est inférieur à 1, cela veut dire que la quantité d’énergie nécessaire
lors de la production est supérieure à l’énergie utilisable produite.
Dans le cas de la biomasse, on parle aussi de rendement énergétique net par hectare de
surface cultivée et par an. Celui-ci est calculé en soustrayant à l’énergie brute produite par
la biomasse l’énergie fossile par exemple, fournie durant toute la chaine de production et
de traitement. Il permet de tenir compte des carburants des machines agricoles, des
produits chimiques lié à l’agriculture, du carburant du transport, du carburant du
traitement et des produits chimiques du traitement de la biomasse.
Le TRE est un indicateur parmi d’autres pour orienter les choix de trajectoires
technologiques du secteur énergétique. Compte tenu des difficultés qui entourent les
estimations de TRE.
Le tableau 1 ci-dessous présente quelques chiffres énergétiques et économiques liés à la
biomasse et les compare avec leurs équivalents issus des énergies fossiles. Il présente le
pouvoir calorifique inférieur (PCI) en kWh par unité de volume ou de poids, le prix du kWh
en euro cents (source des prix : Renouvelle n°49, décembre 2012), la production de matière
sèche par surface cultivée et, finalement, le ratio énergétique.

Tableau 1 : La biomasse en quelques chiffres : comparaison avec les


énergies fossiles traditionnelles
Comparaison des taux de retour par filière énergétique
Les procédés de valorisation de la biomasse
La biomasse est susceptible de fournir de l'énergie sous diverses formes : chaleur,
électricité, combustibles et/ou carburants gazeux, liquides et solides. Les filières de
bioénergies reposent essentiellement sur trois “familles” de procédés de conversion :

voies thermochimiques : combustion, pyrolyse et


gazéification
voies biologiques : fermentation, méthanisation,
réactions enzymatiques…
voies oléochimiques : raffinage d'huiles et
graisses végétales et animales
Les différentes filières
Les conversions thermochimiques de la biomasse
La transformation thermochimique assure aujourd’hui probablement plus de 95% de la
valorisation énergétique de la biomasse. Les trois principales conversions thermochimiques
de la biomasse couramment développées correspondent à la combustion, la pyrolyse, et à la
gazéification
Tableau récapitulatif des conditions opératoires des
différentes transformations thermochimiques de la
biomasse.
Pourquoi réaliser des analyses de composition des combustibles ?
◾Pour connaître la valeur énergétique du combustible, Pour comparer les résultats aux
normes existantes, Pour connaître les risques d’émissions polluantes, Pour adapter les
réglages de sa chaudière et optimiser la combustion
Les principaux critères d’analyse

◾Le PCI (pouvoir calorifique que inférieur) : La quantité de chaleur libérée par la
combustion de la biomasse, appelée pouvoir calorifique, dépend principalement de la
teneur en carbone du combustible, puis de celle en hydrogène.
◾ L’humidité: La teneur en humidité est le principal facteur qui permet de déterminer le
contenu énergétique net de la biomasse. La biomasse sèche présente un pouvoir
calorifique (ou potentiel énergétique net) plus élevé, car peu de son énergie est
dépensé pour évaporer l'humidité qu'elle renferme. La figure suivante illustre ce lien
ainsi que la corrélation entre le contenu énergétique et la teneur en humidité. Plus il y a
d'humidité, moins la biomasse produira d'énergie lors de sa combustion.
La teneur en azote, soufre et chlore
La teneur initiale du combustible en azote, soufre et chlore a un impact sur la formation
d’oxydes d’azote NOx, d’oxydes de soufre SOx et d’acide chlorhydrique HCl ; cela peut
entraîner des émissions polluantes et la corrosion de la chaudière
La teneur en cendres et la température de déformation

Les éléments non combustibles de la biomasse sont appelés « cendres »


Une teneur en cendres élevée va entraîner une logistique d’évacuation de ces cendres
importante et l’adaptation de la chaudière. Il est recommandé que la teneur soit
inférieure à 5 %. La température de déformation des cendres conditionne la production de
mâchefers. Il est recommandé que cette température de déformation soit supérieure à
1000 ° C.
Propriétés de la biomasse
Il importe de souligner que la biomasse est naturellement d'une composition variable,
qui dépend des facteurs suivants :
-emplacement
-variété
-conditions climatiques
-méthodes de récolte
◼Procédés de réduction de la teneur en cendres, en chlore et en autres éléments
Il existe diverses stratégies de gestion visant à réduire la teneur en cendres et en
éléments qui nuisent au processus de combustion; elles concernent notamment la
sélection des cultures, les conditions de croissance, les fractions végétales employées, le
moment de la récolte et la réduction de la contamination par la terre.
◼Sélection des cultures
La teneur en cendres des graminées de saison chaude, comme le barbon de Gérard, le
panic raide et des plantes annuelles telles que le maïs, est inférieure à celle des
graminées de saison fraîche comme le dactyle pelotonné, les fétuques et l'ivraie vivace
(Mehdi et Samson, 1998).
◼Conditions de croissance
Le type de sol influe considérablement sur la teneur en cendres de la biomasse. On en
trouve une teneur plus élevée dans les cultures produites dans un sol argileux que dans
un sol sableux.
◼Fractions végétales
Les cendres se composent surtout de silice et de potassium. La répartition et la composition
des cendres varient selon la fraction végétale. Ainsi, la teneur en cendres est la plus élevée
dans leurs feuilles (Samson et coll., 1999). La récolte de biomasse comportant une plus
forte proportion de tiges réduira la teneur en cendres, améliorant ainsi la qualité de la
biomasse destinée à la combustion.
◼Récolte effectuée après le lessivage
La teneur en cendres, en chlore et en potassium peut être réduite en laissant la biomasse
coupée dans le champ pendant l'hiver. L'hivernage du panic raide dans le champ peut faire
tomber à 3,5 % la teneur en cendres par lessivage et perte de fractions végétales contenant
plus de cendres (p. ex., les feuilles). Cependant, il est coûteux de récolter au printemps, car il
y a des pertes de biomasse de 20 à 50 %.
◼Réduction de la contamination par la terre
Il importe que les résidus de culture comprennent le moins possible de particules de terre,
qui augmentent considérablement la teneur en cendres de la biomasse. Il y a lieu de
privilégier des techniques de récolte mécanique permettant d'éviter de soulever la terre
(p. ex., couper la biomasse en laissant une hauteur de chaume plus élevée).
Voies de conversion de la biomasse en bioénergie
Les principales voies de valorisation thermique de la biomasse
La combustion
La combustion de la biomasse désigne le fait de brûler des matières organiques
(essentiellement végétales) pour produire de l'énergie. La combustion de la biomasse
représente 39,8% de l’ensemble de la production primaire mondiale d’énergies
renouvelables, soit plus d’un tiers.

La combustion est le mode de conversion le plus ancien et sans doute le plus employé, tant
pour les utilisations domestiques qu'industrielles. Son rendement est bon dans la mesure
où le combustible est riche en glucides structurés (cellulose et lignine), et surtout
suffisamment sec (humidité inférieure à 35 %).
La co-combustion consiste à brûler simultanément un combustible fossile, généralement du
charbon, et une biomasse (jusqu'à 15 %), afin de réduire, dans une chaudière existante, la
quantité de combustible initial.
La formule chimique de la biomasse est donnée par CHxOyNz où x, y et z représentent les
nombres d’atomes d’oxygène, hydrogène et azote dans la biomasse correspondant à une
seule mole de carbone.

Les réactions principales de la combustion sont:

C + O2 => CO2
C+ 0.5 O2 => CO

Les 3 facteurs nécessaires


à une réaction de
combustion
Les combustibles biomasse
Les ressources biomasse peuvent être classées en plusieurs catégories selon leurs origines.
Nous retrouvons des gisements issus de la filière bois (bois bûche, plaquettes forestières,
granulés de bois) et des gisements issus de la filière agricole et de l’industrie(Co produits de
récoltes, cultures énergétiques,…).
Analyse élémentaire
L’analyse élémentaire consiste à déterminer la teneur massique du combustible en
carbone (C), en hydrogène (H), en oxygène (O), en azote (N) et en soufre (S). Malgré la
diversité des combustibles solides, ces éléments présentent les principaux constituants
mais avec des proportions qui changent d’un solide à un autre. En général, C, H et O sont
majoritaires, tandis que N et S sont minoritaires mais responsables de la pollution et de la
corrosion dans les chaudières.
La Figure suivante regroupe la composition élémentaire de différents combustibles solides
d’après la littérature, en traçant le ratio H/C en fonction du ratio O/C. Les biomasses
contiennent une quantité plus importante d’oxygène (ratio O/C élevé). Les charbons sont
plus riches en carbone (ratios O/C et H/C faibles).

Corrélation de Van
Krevelen entre le ratio H/C
et le ratio O/C de différents
combustibles solides
(Bridgeman et al., 2010).
Unités de mesure et chiffres clés
Pouvoir calorifique
Le pouvoir calorifique supérieur (PCS):
Désigne le dégagement maximal théorique de chaleur qu'on peut tirer d'un
combustible lors de sa combustion.
Le pouvoir calorifique inférieur (PCI):
Ne prend pas en compte la chaleur de condensation de la vapeur d'eau qui se dégage
lors de la combustion. Ce PCI est souvent employé pour comparer l'intérêt calorifique
de différents combustibles. Il peut être exprimé en mégajoules par kg (MJ/kg) ou en
kWh/kg, sachant que 1 kWh = 3,6 MJ.

Pour produire de l’énergie, il faut de grandes quantités de biomasse car son PCI n’est
globalement pas très élevé :
Paille : 14,3 MJ/kg ;
Bois (dans la nature) : 10,8 MJ/kg
Déchets urbains, bagasse (résidu fibreux de la canne à sucre) : 7,77 MJ/kg.
Notons que le pouvoir calorifique du bois est directement lié à son taux d'humidité.
Des granulés de bois dont le taux d'humidité est très faible (5 à 10%) a un PCI bien
meilleur, de l'ordre de 18 MJ/kg.
Pouvoir calorifique inférieur des 6 principales énergies.
Ce tableau indique le pouvoir calorifique inférieur des 6 principales énergies.
Composition structurelle de la biomasse lignocellulosique

La biomasse lignocellulosique est constituée de trois polymères majeurs : la cellulose, les


hémicelluloses et la lignine. La proportion de ces composés dépend de la nature et du
développement de la plante.
La cellulose et l’hémicellulose sont responsables de l’adsorption de l’humidité par les
liaisons d’hydrogène, alors que la lignine a une fonction d’adhésif de la paroi cellulaire.

◼La cellulose présente le constituant majoritaire de la biomasse. Elle a une structure


chimique uniforme, constituée exclusivement d’homopolymères de glucose reliés entre
eux par des liaisons glucosidiques de type β(1-4) (Shen et al., 2015). Le degré de
polymérisation varie selon l'espèce végétale dans une gamme de 8000 à 30000 (Leroy,
2007).
◼ Les hémicelluloses sont un ensemble de polysaccharides branchés de sucres à 5 et 6
atomes de carbone. Les unités les plus représentées dans les différentes familles
d'hémicelluloses sont : le mannose, le xylose et le galactose (Leroy, 2007). Le degré de
polymérisation moyen des hémicelluloses est beaucoup plus bas que celui de la cellulose
expliquant ainsi son instabilité durant la dégradation thermique (Shen et al., 2015).

◼La lignine est une macromolécule tridimensionnelle de structure chimique complexe


construite différemment de celle des polysaccharides. Elle se compose d’unités phénol-
propane (avec 9 carbones) (Shen et al., 2015).
La cellulose est le biopolymère le plus abondant sur la planète et représente
environ 50% (en masse sèche) de la biomasse lignocellulosique
Hémicelluloses
Ce sont des polysaccharides. Leur degré de polymérisation est compris entre 50 et 150. Elles
représentent environ 25% (en masse sèche) de la biomasse lignocellulosique. La
composition des hémicelluloses est différente pour des bois feuillus et pour des bois
résineux. Les hémicelluloses de feuillus sont en majorité composées de xylanes [Figure 1]
alors que les hémicelluloses de bois résineux sont composées en majorité de
glucomannanes [Figure 2]. Les sucres monomères présents sont en autres :le xylose, le
glucose, l’arabinose et le mannose.
Lignine
La lignine est un co-polymère d’unités phényl-propane (avec 9 carbones) [Figure suivante].
Elle représente environ 25% (en masse sèche) de la biomasse lignocellulosique. Les liaisons
peuvent être des liaisons éther ou des liaisons carbone/carbone. La lignine de feuillus est
différente de la lignine de résineux. Dans le bois de feuillus, le noyau aromatique de la
lignine comporte deux groupements méthoxyle (-OCH3) : cette lignine est dite syringyle.
Dans le bois de résineux, la lignine ne comporte qu’un seul groupement méthoxyle : il s'agit
de lignine gaïacyle.
Unité monomère et liaisons constitutives de la cellulose

Représentation des trois unités monomères de la lignine


La Pyrolyse
◼La pyrolyse est une transformation très complexe qui implique de nombreuses réactions.
Elle se déroule sous l’action de la chaleur et en absence d’oxygène. Ce processus
comprend des phénomènes de transfert de chaleur et de masse permettant la libération
d’un ensemble de composés gazeux organiques et inorganiques, ainsi que de composés
condensables, à partir de la particule entourée par l’atmosphère inerte.
La libération de ces produits est principalement provoquée par l’augmentation de la
température au sein de la particule (réactions de craquage thermique).
Trois principales fractions sont produites durant la pyrolyse : un résidu solide (le char), des
gaz légers non condensables (H2, CO, CO2, H2O et CH4) et une fraction condensable (huiles
et goudrons). Les goudrons sont composés de plusieurs cycles organiques relativement
lourds et de molécules inorganiques. Ils s’échappent à la matrice solide du combustible
sous forme gaz et liquide.

◼ Les études expérimentales de pyrolyse peuvent se regrouper selon trois types (lente,
modérée et rapide). La différence se situe principalement au niveau de la vitesse de
chauffe des particules combustibles. Selon (Souza-Santos, 2004), une pyrolyse est dite «
lente » lorsque la vitesse de chauffe est inférieure à 10 K s-1 . Elle est considérée « rapide »
lorsque la vitesse de chauffe est supérieure à 103 K s-1 .
Pyrolyse d’une
particule de
biomasse

La figure en cours donne un schéma simplifié décrivant les étapes de la pyrolyse d’une
particule de biomasse. Le transfert de chaleur entre la particule et le milieu réactionnel
s’effectue par convection et par rayonnement.
Un transfert de chaleur par conduction s’effectue au sein de la particule. Selon ce modèle,
deux mécanismes de pyrolyse sont distingués; Une pyrolyse primaire qui conduit à la
formation de trois fractions, char, gaz non condensables et vapeurs condensables
(goudrons). Une pyrolyse secondaire qui fait intervenir des réactions homogènes et
hétérogènes sur les produits issus de la pyrolyse primaire, comme le craquage des
goudrons et les réactions hétérogènes entre le résidu carboné et les gaz. Le terme «
pyrolyse » englobe les deux phases.
La figure ci-dessous présente les principales étapes de la pyrolyse traditionnelle du bois
jusqu'à 400-500°C appelée également carbonisation.
Orientation des réactions de pyrolyse
Produits de pyrolyse pour 1 tonne de biomasse (sur sec)
Conclusions Pyrolyse

• Acceptabilité sociétale (alternative à l’incinération)


• Valorisation énergétique possible :
-Si coke peu (pas) pollué : valorisation thermique en tant que combustible
secondaire (CSR),
- Si coke pollué (cendres, halogènes, et métaux lourds) :

◼ Débouchés (incinération, cimenteries, chaufferies) incertains à Nécessité


d’épurer les cokes.
◼ Développement de la pyro-gazéification (craquage du gaz ou gazéification du
Coke), pour efficacité énergétique optimale.
la gazéification
La gazéification est un procédé thermochimique qui converti un combustible solide
(charbon, bois, paille, etc.) en un combustible gazeux et ce via l'injection en quantité
réduite et contrôlée d'un agent oxydant (O2, air, CO2, vapeur d'eau...). Elle se distingue
donc de la pyrolyse seule, opération thermique s’effectuant en l’absence d’agent oxydant,
et de la combustion, qui s’effectue en présence abondante d’agent oxydant
La figure suivante schématise les différentes étapes du processus de gazéification

Mécanismes de la gazéification
On distingue quatre grandes étapes :

une phase de séchage intégrée ou non au réacteur de gazéification,


une phase de pyrolyse qui produit, sous l’effet de la chaleur et en absence d’agent oxydant,
des matières volatiles (CO, CO2, H2, CH4, H2Ovap et hydrocarbures gazeux appelés
« goudrons ») et du charbon
une phase de combustion, parfois appelée oxydation partielle, qui par injection d’un agent
oxydant (air, O2, H2Ovap) oxyde les matières volatiles produites lors de la phase de pyrolyse
et parfois une partie du charbon. Cette phase fourni la chaleur nécessaire à l’ensemble du
procédé et détruit la fraction de goudrons.
une phase de gazéification proprement dite, appelée également réduction, étroitement liée
à la phase de combustion qui par des réactions thermochimiques complexes convertit le
charbon (carbone) en un gaz combustible riche en CO et H2appelé « gaz de synthèse » ou
« syngas » en anglais.

Ces quatre étapes sont toujours présentes mais leur déroulement et leur configuration
spatiale et temporelle peuvent différer selon le mode d’introduction de la biomasse, l’agent
gazéifiant et la technologie de réacteur. Elles peuvent avoir lieu dans un même réacteur ou
dans des enceintes séparées dans le cas de la gazéification étagée.
Les mécanismes de gazéification se déroulent dans une enceinte fermée (réacteur)
constituée d'acier et de réfractaire. On distingue aujourd’hui deux grandes catégories de
réacteur de gazéification :
les réacteurs à lit fixe,
les réacteurs à lit fluidisé.
Le choix d'un type de procédé est guidé par différents paramètres tels que la
consommation en combustible de l'installation (en kg/h) et donc la gamme de puissance,
le combustible utilisé, l’application aval du gaz, ou encore la maturité des technologies.

Les réacteurs à lit fixe


Les procédés à lit fixe sont en général de construction simple et robuste. Dans ces
procédés, le combustible (biomasse) forme un lit dense au sein du réacteur et se déplace
verticalement. Différentes conceptions de réacteurs en lit fixe existent.

Les lits fixes contre-courant

Dans les procédés à contre-courant, l'alimentation en biomasse se fait en partie haute


tandis que l'air est introduit par le bas. Les procédés à contre-courant ont l'avantage
d'accepter des biomasses avec un taux d'humidité important. Par contre, le gaz produit est
fortement chargé en goudrons formés lors de la phase de pyrolyse. En effet, ceux-ci ne
traversant pas de zone chaude avant d'être évacués, il n'y a pas de possibilité de craquage
thermique de ces goudrons. Leur concentration importante dans le gaz augmente son PCI à
condition d’être valorisé dès la sortie du réacteur sans être refroidi.
Les lits fixes co-courant
Dans les procédés à co-courant, la biomasse et l'air sont tous deux introduits en partie
haute du réacteur. La zone d'injection de l'air présente en général une restriction de
diamètre pour créer des zones vides favorables à l'oxydation des matières volatiles.
Dans un tel procédé, le gaz produit traverse la zone d'oxydation à haute température
avant d'être évacué. Cette dernière favorise le craquage thermique des goudrons. La
teneur en goudrons du gaz produit est donc beaucoup plus faible, rendant ce type de
réacteurs plus adapté à la production d’électricité décentralisée, via un moteur à gaz
généralement.
Ces procédés sont plus contraignants envers la qualité et l’homogénéité du combustible
et requièrent un réglage plus pointu.
Double fire gasifier
Les procédés dit "double fire" (à double feu) sont une combinaison des procédés contre-
courant et co-courant. En effet, les gazogènes co-courant ne permettent pas de convertir
l'ensemble du coke présent dans la zone de réduction. Il reste toujours une fraction de
carbone dans les cendres. Pour pallier ce problème, le procédé "double fire" rajoute une
injection d'air en partie basse du réacteur. Cela crée une seconde zone d'oxydation qui
oxyde entièrement la fraction de carbone résiduelle.
Les procédés étagés

Le principe des procédés étagés est dérivé de celui des gazéifieurs à co-courant.
Contrairement à ces derniers, les deux étapes principales de pyrolyse de la biomasse et
gazéification du charbon sont réalisées dans deux réacteurs physiquement distincts.
Le premier réacteur est un réacteur de pyrolyse dans lequel la biomasse est séchée puis
pyrolysée selon des conditions opératoires maîtrisées. Les matières volatiles produites
sont entraînées vers le second réacteur où un faible apport d'air permet leur combustion.
Les gaz chauds obtenus (vapeur d'eau et dioxyde de carbone entre 900 et 1100°C)
réagissent avec le charbon produit lors de la pyrolyse pour générer le gaz de synthèse. Ce
type de réacteur a l'avantage de permettre une conduite optimale des deux étapes de
pyrolyse et d’oxydation/réduction. Elles peuvent être contrôlées séparément pour
permettre de produire un gaz très peu chargé en goudrons (< 20 mg.Nm -3).
Principe de procédés étagés
Les réacteurs à lit fluidisé

Dans ce type de réacteur, le combustible solide est fluidisé par l’introduction d’air à haute
vitesse dans un lit. Ce dernier est constitué de particules de faible diamètre, comme du
sable, pour améliorer la fluidisation. Le solide se comporte alors comme un fluide. Il en
résulte une excellente homogénéité de température et de concentration des réactifs. Le
convoyage du solide est en outre facilité. Cependant, la fluidisation n'est possible qu'avec
des particules de petite taille (2 à 5 mm), ce qui nécessite généralement un broyage
préalable de la biomasse.

Par ailleurs, le gaz produit est fortement chargé en particules, exigeant la mise en œuvre
de traitements avant sa valorisation. Contrairement au lit fixe, la fluidisation permet
l’utilisation de combustibles plus variés tels que les CSR (Combustibles Solides de
Récupération). En revanche, sa complexité de mise en oeuvre le rend peu adapté aux
installations de faible puissance.
Les lits fluidisés denses ou lits "bouillonnants"

Le combustible repose sur une grille à travers laquelle traversent les gaz
oxydants. Leur vitesse est juste assez élevée (1-2 m.s-1) pour permettre le
brassage des particules sans les entraîner hors du lit. Ce procédé n'est pas très
souple d'exploitation, en particulier au niveau du contrôle du niveau du lit lors
des variations de charge. De plus, son fonctionnement est optimal si les
particules sont de taille calibrée.

Schéma d’un lit fluidisé dense


Les lits fluidisés circulants
Le combustible circule entre la zone de réaction et un cyclone séparateur où les cendres
sont éliminées. La vitesse de fluidisation est plus élevée (4 à 6 m.s-1), si bien qu'une partie
des particules du lit est entraînée hors du réacteur. Un cyclone sépare la phase solide qui
est ensuite réinjectée dans la zone de réaction. Comparé au procédé à lit fluidisé dense, le
procédé à lit fluidisé circulant dispose d'une plus grande tolérance vis-à-vis du
combustible. La plupart des procédés développés, actuellement à l'état de démonstration,
sont basés sur le principe du lit fluidisé circulant.

Schéma d’un lit fluidisé circulant


Les Voies da la valorisation biochimiques
de la biomasse
Qu’est-ce que la digestion anaérobie

La digestion anaérobie des déchets organiques, de la biomasse et des effluents


organiques industriels est un processus biologique de décomposition de la matière
organique présente, qui se déroule en absence d’oxygène et qui conduit à la formation de
biogaz, mélange de méthane CH4 (50 à 75%) et de gaz carbonique CO2 (25 à 50%). Des
communautés microbiennes complexes sont responsables de cette décomposition. On
peut différencier trois types de digestion anaérobie selon les zones de températures dans
lesquelles s’opère le processus soit basse, moyenne ou élevée, les limites variant d’un
auteur à l’autre :
-digestion psychrophile : basse température 15 à 25°C,
- digestion mésophile : température moyenne 30 à 45°C,
- digestion thermophile : température élevée 50 à 65°C.
Qu’est-ce que la bio-méthanisation?
La méthanisation consiste en une série d'opérations de dégradations
biologiques de matières organiques qui se produisent en l'absence d'oxygène.
Elle se produit naturellement dans les marais, les lacs, les sols, les intestins des
animaux et de l’homme et de manière générale dans tous les écosystèmes où la
matière organique se trouve en condition anaérobie. La biométhanisation est
l’action qui consiste à reproduire, au travers d’un processus industriel, les
conditions nécessaires de méthanisation dans le but de produire la plus grande
quantité de méthane (CH4) à partir de biomasse.
La biométhanisation est une solution de production d’énergie renouvelable. Elle
fait partie de la filière biomasse de type humide, à contrario de la biomasse
sèche comme le bois.
Ce procédé permet de produire :
le biogaz qui est le produit de la digestion anaérobie des matériaux
organiques ;
le digestat qui est le produit résidu de la méthanisation, composé de matière
organique non biodégradable.
Quels sont les avantages de la biométhanisation ?
Outre le fait que la biométhanisation est une source importante de production
d’énergie, elle répond également à des considérations relatives à la gestion des
déchets et à l'environnement. La biométhanisation se décline aujourd’hui sous de
multiples solutions environnementales:
¤ Le traitement des déchets ;
¤ La valorisation de sites pollués ;
¤ La réduction des émissions de gaz à effet de serre (CH4, CO2) ;
¤ La production de fertilisant naturel peu énergivore plus rapidement
assimilables ;

La production d’énergie (production Méthane CH4) exploitable sous différentes


formes:
• Production d’énergie thermique ;
• Production d’énergie électrique ;
• Production de carburant ;
La production d’énergie renouvelable pouvant être :
-Stockée ;
-Transportée sans pertes ;
- Utilisée et transformée dans des lieux et à des moments différents de la
production ;
Catégories

◼ La biométhanisation agricole
◼La biométhanisation dans les entreprises
◼La biométhanisation de déchets ménagers
◼La biométhanisation dans une station d’épuration
◼ La biométhanisation dans un CET
Etapes microbiologiques et biochimiques

L’ensemble des réactions, multiples et complexes, se déroulant dans un digesteur peut se


diviser en quatre étapes principales caractéristiques de l’action de différents groupes de
micro-organismes : hydrolyse, fermentation acidogène (acidogenèse), acétogenèse et
méthanogenèse.
-Hydrolyse : par laquelle les macromolécules qui constituent la matière organique se
décomposent en petites molécules solubles, à l’origine du jus de fermentation : par
exemple, la cellulose est transformée en sucres solubles tels que le glucose ou le
cellobiose.
-Acidogenèse : les molécules simples (monomères) sont transformées sous l’effet des
bactéries en acides de faible poids moléculaire (acide lactique et acides gras volatils) et des
alcools tels l’éthanol. Du bicarbonate et de l’hydrogène moléculaire sont produits.
-Acétogenèse : C’est ici qu’interviennent des bactéries réductrices acétogènes et des
bactéries sulfato-réductrices pour transformer certains produits issus des phases
précédentes (acides gras volatils et alcools) en H2, CO2 et acétate. En présence de sulfate,
de l’hydrogène sulfuré (H2S) est aussi généré lors de cette étape de transformation;
-Méthanogenèse : dernière phase au cours de laquelle l’acétate (CH3COO-), l’hydrogène et
le bicarbonate (HCO3-)sont convertis en méthane par des microorganismes méthanigènes.
Schéma de la digestion anaérobie des déchets et effluents organiques
Caractérisation du biogaz
◼ Le biogaz se caractérise par sa composition chimique et les caractéristiques physiques
qui en découlent. La quantité et la composition chimique du biogaz produit en
fermenteur dépendent du substrat, de sa DCO, du débit d’alimentation du digesteur s’il
s’agit d’une alimentation en continu, de la qualité de l’agitation, du temps de séjour
dans le réacteur, de la température de fermentation, etc.
Dans un digesteur clos, ces paramètres sont en général mieux contrôlés et plus
constants de manière à limiter la variabilité du gaz dans la marge 1-5%. Le tableau
suivant fournit quelques exemples de compositions pour les cas les plus classiques.

◼ Les facteurs affectant la qualité et la quantité de biogaz sont : le PH, la teneur en


matière sèche du substrat, le rapport carbone/azote, le temps de résidence dans le
digesteur, l’homogénéité et la granulométrie du substrat. Dans la plupart des cas, le pH
est auto-régulé dans le digesteur avec des valeurs optimales comprises entre 6,8 et 7,41
mais un ajout de bicarbonate de soude peut être nécessaire pour le maintien d’un pH par
exemple en présence d’un taux élevé en légumes ou de matières à faible teneur en azote.
Si le pH baisse en dessous de 6,2, le milieu a un effet toxique sur les microorganismes
méthanogènes. La valeur optimale du rapport carbone/azote se trouve entre 20/1 et
30/12 .
Composition du biogaz selon ses origines (Source : ADEME )
Différents systèmes de digesteurs

Le digesteur, encore appelé fermenteur ou bioréacteur -


anaérobie est généralement constitué d’une cuve fermée, étanche
à l’air et de préférence isolée thermiquement de l’extérieur dans
laquelle différents microorganismes dégradent chimiquement et
biologiquement les déchets et effluents organiques et produire du
biogaz.
Le choix du digesteur varie en fonction du type de déchets à traiter
et de l’application visée. On peut classer les digesteurs selon :
-le mode d’alimentation : batch, continu ou semi-continu ;
-le type de substrats : solide, semi-solide ou liquide ;
-le nombre d’étapes : mono- ou bi-étape selon que la
méthanogénèse et l’acidogénèse se déroulent dans le même
réacteur ou dans deux cuves séparées.
MODE D’ALIMENTATION
Le digesteur batch ou discontinu : Il a l’avantage d’être d’une construction simple. Le
mode opératoire consiste à remplir le digesteur avec les substances organiques et laisser
digérer, le temps de rétention étant fonction de la température et d’autres facteurs. A la
fin de la digestion, le digestat est évacué et le processus peut recommencer. Ces
systèmes, rustiques et d’une grande simplicité technique, sont avantageux pour traiter
les déchets solides comme les fumiers, les résidus agricoles ou les ordures ménagères. La
production de biogaz n’est pas régulière : au début du cycle, la fermentation du substrat
ne venant que de commencer, la production de biogaz est lente. Elle s’accélère, et
atteint un taux maximal au milieu du processus de dégradation et chute en fin de cycle
lorsque seuls les éléments difficilement digestibles restent dans le digesteur. Dans un
digesteur continu, le substrat introduit de manière continu est digéré et déplacé soit
mécaniquement, soit sous la pression des nouveaux intrants vers la sortie sous forme de
digestat. Le fonctionnement en continu, est bien adapté aux installations de grande
taille. Il existe trois principaux types de digesteurs continus : système à cuve verticale,
système à cuve horizontale et système à « cuves multiples ». Le digesteur semi-continu
fonctionne avec une combinaison des propriétés des deux précédents afin de tirer profit
des avantages des deux extrêmes
On peut distinguer schématiquement deux grandes familles de procédés selon le
système de remplissage et de vidange du digesteur: les procédés dits discontinus et ceux
dits continus, semi-continus ou intermittents.

Les procédés continus : l’alimentation et la vidange du digesteur se font en permanence


avec une quantité entrante de matière équivalente à celle sortante. Ces procédés sont
bien adaptés au traitement des déchets liquides. Ce sont les plus fréquents car ce sont
aussi les moins exigeants en maintenance.
Les procédés discontinus, dits « batch » : les digesteurs sont remplis puis vidés
séquentiellement lorsque la production de biogaz chute ou devient nulle.
Les procédés semi-continus : le digesteur est progressivement rempli par des charges
successives convenablement réparties dans le temps. La vidange est réalisée lorsque le
volume utile du digesteur est atteint et que la production de biogaz n’est plus suffisante.
La fermentation
le terme de fermentation est réservé à la culture de
microorganismes (bactéries, levures, moisissures) ƒ mais,
métaboliquement parlant, on devrait réserver ce terme aux
cultures en conditions d'anaérobiose (ex. fermentation
alcoolique) ƒ le fermentation est prépondérante en
biotechnologies car:
• les microorganismes sont faciles à manipuler (sélection,
conservation des souches, amélioration …)
• les microorganismes sont peu exigeants en nutriments et
conditions de culture
• leur croissance en culture est rapide ƒ les fermentations
s'opèrent le plus souvent en milieu liquide : dans des
fermenteurs ƒ les souches peuvent être améliorées par
mutagénèse, transformation (clonage), ingénierie métabolique
Les filières biochimiques utilisent les produits humides.
Elles mettent en jeu des processus micro-biologiques qui
ont pour effet de dégrader la matière végétale :
La fermentation méthanique produit du biogaz, mélange
de gaz carbonique (30-35 %) et de méthane (50-65 %),
combustible de bonne qualité. Les réactions prennent
place à des températures comprises entre 20 et 70 °C ;
La fermentation alcoolique permet de transformer les
glucides des végétaux en éthanol ;
La fermentation acétono-butylique permet, sous l'action
de certaines bactéries, de produire un mélange de
butanol, d'acétone et d'éthanol.
La fermentation alcoolique, due à l’action des levures et des bactéries issues des raisins,
est le processus chimique naturel le plus important du cycle du vin. Il va transformer le
sucre contenu dans la pulpe en alcool.

Schéma de la fermentation alcoolique

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