Vous êtes sur la page 1sur 6

THEME : PEUT-ON EMETTRE UN

CHEQUE SUR PAPIER LIBRE ?

MEMBRES DU GROUDE 4AE1


DJOMBO L. LOÏS ASHLEY
SISSO BOKO BILSON
AKPES Y. JEANNE-ANDREA
ABADE LOKO KANZA
GUEU DEPOU D. LEATITIA
DOFFOU KOUSSO LESLIE D.

1
Le chèque est un instrument de paiement à vue. Autrement dit, c’est un titre
écrit, tire sur une banque ou un organisme assimile qui permet d’obtenir le
paiement au bénéfice d’un porteur d’une somme disponible à son profit. La
simple présentation de ce titre au banquier permet d’effectuer ou d’obtenir
paiement au profit du bénéficiaire. Cependant, ce titre doit respecter un
certain nombre d’exigence. Par conséquent, nous sommes amenés à nous
pose la question de savoir s’il est possible d’émettre un chèque sur toute sorte
de support. De ce fait, nous nous nous ferons fort de répondre a ce sujet en
parlant de prime abord du respect des mentions obligatoires, une condition
nécessaire a la validité du chèque (I) et par la suite du respect des mentions
obligatoires, une condition insuffisante a la validité du chèque (II).

I-LE RESPECT DES MENTIONS OBLIGATAIRES, UNE


CONDITION NECESSAIRE A LA VALIDITE DU CHEQUE
La mention obligatoire est régie par l’article 48 du règlement 15 de l’UEMOI.
Nous présenterons les mentions qui doivent obligatoirement figurer sur un
chèque d’une part (A) et d’autre part, les sanctions qui découleront du non-
respect de ces mentions (B).

A- PRESENTATION DES MENTIONS OBLIGATIONS DU CHEQUE


L’article 48 du règlement dispose que tout chèque doit contenir des mentions
obligations que sont :
- La dénomination du chèque insérée dans le texte même du titre et
exprimée dans la langue employée pour la rédaction de ce titre. Cette
mention signifie qu’on veut éviter toute ambiguïté sur la nature du titre ;
- Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée. Cette
seconde mention interdit donc de stipuler des conditions résolutions ou
suspensives, de stipuler des intérêts sur le titre ; par ailleurs, la somme
déterminée signifie que cette sommes doit être énoncé sur le titre de
manière précise. Pour respecter cette exigence, l’article 56 du règlement
indique que cette somme déterminée doit être écrite à la fois en toutes
lettres et en chiffres et en cas de différence entre les deux écrits, le
chèque vaut pour la somme écrite en toutes lettres ;

2
- Le nom de celui qui doit payer c’est-à-dire le tiré, qui est obligatoirement
une banque ;
- L’indication du lieu où le paiement doit s’effectuer. Puisque le paiement
est assuré par le banquier, ce lieu sera soit le siège social de la banque,
soit l’une de ces agences ;
- L’indication de la date et du lieu où le chèque est créé. L’intérêt pratique
de la date c’est de permettre de vérifier si l’émetteur avait ou non la
capacité d’émettre le chèque. Quant à l’intérêt du lieu, il s’observe dans
le cadre des relations privées internationales, s’agissant de la question de
la loi applicable au chèque. Mais, il y a également un intérêt pratique au
plan interne s’agissant des délais de présentation du chèque au
paiement. Ces délais ne sont pas forcément les mêmes ;
- La signature manuscrite de celui qui émet le chèque c’est-à-dire le tireur.
Autrement dit tout procédé contraire tel que la signature griffe semble
être interdite par le règlement. En pratique, cette exigence de la
signature manuscrite permet de l’authentifier en la confrontant avec le
spécimen de signature que le banquier a pris le soin de recueillir auprès
du client lors de l’ouverture du compte. De par cette signature, deux
obligations naissent à la charge du tireur. En effet le premier est
l’obligation de payer le chèque en cas de non-paiement par le banquier
et la deuxième est l’obligation en cas de remise d’un chèque en
paiement. Somme toute ; l’indication de ces mentions sur le titre est
donc obligatoire pour la validité du chèque c’est-à-dire, si es mentions
suscitées figure sur le titre de celui-ci doit être payé. Des lors, toute
personne présentant un titre sur lequel figure ses mentions doit obtenir
paiement auprès du banquier. Il est clair que les mentions obligations
sont nécessaires à la validité du chèque. Partant, peu importe le support
si les mentions au regard de l’article 48 figure, le titre vaut pour chèque.
Toutefois, le non-respect de ses mentions entraine des sanctions.

B- LES SANCTIONS EN CAS DE NON RESPECTS DES MENTIONS


OBLIGATOIRES
La sanction d’un chèque incomplet est prévue par l’article 49 du
règlement. Le principe de cette sanction est posé par l’alinéa premier de
l’article en ces termes :<< le titre dans lequel une des énonciations indiquées à
l’article 48 ci-dessus fait défaut ne vaut pas comme cheque sauf dans le cas
déterminés par les alinéas suivants » Autrement dit l’absence de l’une des

3
mentions de l’article 48 conduit à la nullité du titre en tant que chèque. Ainsi, le
titre n’a pas de valeur du point de vue cambiaire. En d’autres mots, si le
bénéficiaire présente ce titre au banquier, il ne peut y avoir paiement pour la
simple bonne raison que les mentions n’y figurent pas ou qu’elles ne sont pas
respectées. De même ledit article en son alinéa 2 apporte tout de même des
dérogations à ce principe de nullité du titre incomplet relativement aux
mentions obligatoires exigées par l’article 48. Selon l’article 49 du règlement
UEMOA, à défaut d’indication spéciale, le lieu désigné à côté du nom du tiré est
réputé être le lieu de paiement. Si plusieurs lieux sont indiqués à côté du nom
du tiré, le chèque est payable au premier lieu indiqué. Cette dérogation
concerne donc le défaut d’indication du lieu de paiement. Somme toute selon
ledit article, à défaut de ces indication ou de tout autre indication, le chèque
est payable où le tiré c’est-à-dire le banquier à son principal établissement.
Aussi, le chèque sans indication du lieu de sa création est considéré comme
souscrit dans le lieu désigné à côté du nom du tireur. Ces dérogations sont
considérées comme étant des règles de suppléance. Vraisemblablement le titre
est considéré comme nul lorsqu’il ne respecte pas les mentions précisées aux
deux articles suscités. Mais cette nullité ce perçoit uniquement du point de vue
du droit du chèque. Cala veut dire que du point de vue générale, cette
disqualification du titre a tout de même une valeur juridique. Il peut être
invoqué comme une preuve à partir de laquelle on peut se prévaloir d’un droit
pour imputer une obligation à un tiers. Egalement, il pourra en effet être
considéré comme un ordre de paiement et une reconnaissance de dette.
Certes les mentions suscitées sont obligatoires et nécessaires pour la validité
du chèque, mais elles ne sont pas suffisantes. Somme toute, l’avènement de
l’UEMOA vient avec la normalisation du chèque.

II- LE RESPECT DES MENTIONS OBLIGATOIRES, UNE


CONDITION INSUFISANTE DE VALIDITE DU CHEQUE
L’entrée en vigueur de l’UEMOA a conduit à une normalisation des formules du
chèque(A) et à également prévu des sanctions en cas de non-respect des
formules(B).

A- LA NORMALISATION, UNE REGLEMENTATION IMPERATIVE DES


FORMULES DU CHEQUE

4
La lecture combinée des disposition des articles 10,43 et suivant du
règlement fait ressortir que le banquier qui ouvre un compte à un
client doit lui délivrer des formules de chèques c’est-à-dire une liasse
de titre dénommé chèque. Ces titres étant contenus dans un carnet
appelé chéquier et destiné à être complété par le client lors de leur
utilisation. Il ressort que l’initiative de la confection des formules de
chèque et de chéquier appartienne à la banque et aux organismes
assimilés. Selon les dispositions de l’article 44, les formules sont
soumises à une normalisation définie sur instruction de la BCEAO.
Autrement dit, les formules de chèques sont des formules normalisées
c’est-à-dire crée sur la base d’un modèle arrêté par la BCEAO. Par
conséquent, toutes les ventes ou organismes assimilés opérant en Côte
d’Ivoire et le territoire de l’UEMOA doivent payer un chèque en
respectant ce modèle. De ces deux idées il ressort clairement qu’on ne
peut établir de, chèque sur du papier libre. La confection des chéquiers
est donc une confection normalisée. Ainsi ce modèle contient entre
autres mentions le numéro de téléphone de l’agence bancaire auprès
de laquelle le chèque est payable, le nom et l’adresse du titulaire du
compte. L’idée de normalisation disqualifie l’opinion de certains
auteurs qui estiment encore aujourd’hui que le chèque peut être créé
sur papier libre. En définitif le respect des formules n’est pas sujet à
option dans les pays de l’UEMOA. C’est une obligation pour les parties
de les respecter. Partant le non-respect de ces formules entraîne une
sanction.

B- LES SANCTIONS EN CAS DE NON RESPECT DU MODELE NORMALISE


DEFINIT PAR LA BANQUE

Le non-respect des formules du chèque entraine les mêmes


sanctions que celles des sanctions obligatoires. En outre, le titre qui
ne respecte pas le modèle émis par la banque n’a pas valeur de
chèque. Il n’a donc pas une valeur de point vu cambiaire. En
d’autres termes, le tireur qui émet un chèque sur un support autre
que celui délivré par sa banque, ne peut obtenir paiement même si
toutes les mentions y figurent. Cela dit, émettre un chèque sur un
support ou papier libre ne vaut pas comme chèque. Mais, la nullité
de ce titre intervient que sur le domaine cambiaire. Car sur le
5
domaine du droit commun le titre vaut comme engagement de
payer une somme d’argent et de reconnaissance de dette.

CONCLUSION

En somme nous pouvons affirmer que, les mentions obligatoires


sont nécessaires à la validité du chèque. Mais ses mentions révèlent
une insuffisance car l’avènement des formalismes du chèque. La
lecture de tout ce qui précède permet de dire que les mentions
obligatoires ainsi que la formule du chèque sont des conditions
cumulatives et sine qua non à la validité du chèque. Dès lors il est
donc impossible d’émettre un chèque sur du papier libre dans les
pays de l’UEMOA en l’occurrence en côte d’ivoire.