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Chapitre 1 : Introduction et rappels

Introduction
Dans une installation hydraulique, le fluide est l'élément de transmission de l'énergie.
Mais, de part son contact avec des organes mécaniques souvent fortement sollicités, on en
attend de nombreuses qualité :
- Viscosité variant peu avec la variation de température,
- Compressibilité la plus faible possible,
- Neutralité chimique et pouvoir anti corrosion,
- Bon pouvoir lubrifiant,
- Pas de formation de mousse,
- Difficilement inflammable,
- Sans entretien,
- Non polluant et recyclable.

Toutes ces qualités ne peuvent pas être réunies dans un seul fluide. Selon les applications,
il est donné priorité à certains paramètres. Cela conduit à faire des choix de fluides de natures
très différentes.

1. Les fluides hydrauliques


Il existe trois types de fluide :
• les produits aqueux (à base d'eau),
• les huiles minérales,
• les huiles de synthèse,

1.1. Produits aqueux


Les fluides à base d'eau ont pour qualités principales :
- d'être non-inflammables,
- d'être non-polluants,
- d'avoir une viscosité et une compressibilité qui varie peu avec la température.

Ce type de fluide hydraulique comporte toujours des additifs en fonction des applications :
- de la glycérine pour abaisser sa température de congélation ainsi que pour améliorer son
pouvoir graissant. Aujourd'hui c'est le glycol qui remplace la glycérine. Les produits (eau +
glycol) sont utilisés dans les systèmes agroalimentaires. Ils retrouvent aujourd'hui aussi un
intérêt dans les systèmes "écologiques".
- de l'huile pour améliorer les propriétés lubrifiantes.

Il faut donc vérifier régulièrement les proportions des mélanges pour compenser les
phénomènes d'évaporation de l'eau. Cela change les propriétés initiales du fluide.

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Les caractéristiques principales des produits aqueux sont résumées dans le tableau suivant :

1.2. Huiles minérales


Ces fluides hydrauliques sont obtenus par transformation chimique du pétrole. La
différence réside dans le processus de raffinage.
Pour les huiles minérales, on se contente d'éliminer le plus grand nombre d'impuretés au
cours de processus de raffinage.
La composition de l'huile minérale est une chaîne complexe comportant généralement :
- Une huile aromatique
- Un hydrocarbure saturé de type naphtène
- Un hydrocarbure saturé de type paraffine normale

A noter: On ajoute très souvent des additifs pour répondre à des fonctions spécifiques
assurées par le fluide. Pour éviter une usure prématurée du fluide hydraulique, on limite sa
température en tout point du circuit à 60°C.

1.3. Huiles de synthèse


Les caractéristiques principales des huiles de synthèse sont résumées dans le tableau suivant :

Dans le cas des huiles de synthèse, le processus est plus élaboré et permet de modifier la
composition des molécules pour les rendre plus homogènes. Cela permet d'obtenir des
qualités lubrifiantes améliorées :

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 Différences huiles minérales-huiles synthétiques


Les huiles minérales sont les plus utilisées. Elles sont composées d'huile aromatique,
d'hydrocarbure saturé de type naphtène et d'hydrocarbure de type paraffine. Elles comportent
des additifs qui permettent d'adapter leurs propriétés à certaines fonctions spécifiques.

Les huiles de synthèse (ou huiles synthétiques) ont pour intérêts d'être très polyvalentes
(multigrade), d'être utilisables sur une plage de température très étendue (à très basse ou très
hautes températures) et d'avoir une viscosité qui varie peu avec la température.

2. Caractéristiques des fluides hydrauliques


2.1. Indice de viscosité VI
C'est une caractéristique fondamentale d'un fluide hydraulique qui qualifie la variation de
viscosité en fonction de la température. Plus l'indice VI est grand, moins la viscosité varie en
fonction de la température.

L'indice a été construit en fonction des caractéristiques d'huiles de références :


Indice 0 : attribuée une huile asphaltique ayant une variation de viscosité importante avec la
température.
Indice 100 : attribuée à une huile paraffinique ayant une faible variation de viscosité avec la
température.

L’indice de viscosité VI est calculé à la température de 100°F (38°C) tandis que les deux
huiles de référence ont une viscosité à 210 °F (99 °C) identique :

VI = 100 x (L-U) / (L-H)


Certaines huiles très performantes ont donc des indices > 100

2.2. Neutralité vis à vis des matériaux et compatibilité avec les élastomères
Les fluides hydrauliques sont en contact avec différents organes (conduites rigides,
conduites flexibles, actionneurs, ...). Il est donc indispensable que ces fluides n'entraînent pas
de dégradation de ces organes composés de matériaux de nature très différentes. Le choix du
fluide hydraulique doit être réalisé en fonction de la composition de ces organes. On peut citer
par exemple :

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- la compatibilité avec l'acier : (conduites acier) : il faut empêcher la formation de rouille. la
compatibilité avec les conduites en cuivre.
- la compatibilité avec les élastomères pour les joints et les conduites souples (flexibles
hydrauliques).

2.3. Pouvoir de désémultion avec l'air (désaération)


Il est important que l'air puisse se séparer du fluide lors de son retour au réservoir (ou
bâche) pour maintenir un module de compressibilité élevé.

2.4. Pouvoir anti-usure


Il caractérise l'aptitude du fluide à limiter l'usure des pièces métalliques en mouvement à
son contact. Il est obtenu grâce à des additifs de type "extrême pression".

2.5. Aptitudes à travailler à des températures extrêmes


Pour certaines applications, il faut vérifier l'aptitude des fluides hydrauliques à travailler
dans des conditions de température extrêmes (très hautes ou très basses) en conservant une
viscosité compatible avec le fonctionnement du système hydraulique en toute sécurité (pas de
risque d'incendie par exemple).

Les caractéristiques du fluide communiqué dans les fiches techniques sont :


 Le Point éclair ou d'inflammabilité : c'est la température à laquelle il faut chauffer le
fluide pour que les vapeurs produites s'enflamment au contact d'une flamme et s'éteignent
aussitôt. Pour les huiles minérales il est aux environs de 120 °C.
 Le Point de feu ou point de combustion : c'est la température à laquelle il faut chauffer le
fluide pour que les vapeurs produites s'enflamment au contact d'une flamme ET demeurent
allumées au moins 5 secondes.
 Le Point d'auto inflammation : C'est la température à laquelle il faut chauffer le fluide
pour qu'il s'enflamme spontanément au contact de l'air.
 Les Points de congélation :
o Point de trouble : C'est la température où apparaît une opacité due à la cristallisation
de la paraffine lorsque la température baisse.
o Point de figeage ou d'écoulement : C'est la température où l'huile ne peut plus
s'écouler. Pour les huiles minérales il est de –30°C.
o Point de fluage : C'est le point inverse du figeage mais en partant d'une huile
congelée. Lorsque deux pièces congelées, avec l'huile qui les entoure, redeviennent
mobiles par un réchauffement lent on obtient le point de fluage.

3. Désignation des huiles minérales


Pour chaque classe ISO qui informe sur la viscosité cinématique moyenne à 40°C, il existe
5 catégories HH ; HL ; HM ; HV et HG allant de la plus simple à la plus élaborée. Les
propriétés associées à ces catégories sont résumées dans le tableau suivant :

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4. Régimes d'écoulements
La connaissance du régime d'écoulement d'un fluide est un point clé en génie des procédés,
car il a une influence sur la plupart des phénomènes, en particulier les transferts de chaleur, de
matière, les pertes de charges etc...
Trois grands régimes d'écoulement ont été définis par Reynolds (1883) :
- L'écoulement laminaire : écoulement rectiligne, le fluide s'écoule en filets parallèles à l'axe
de la conduite, sans mélange.
- L'écoulement intermédiaire : l'écoulement est plus ou moins rectiligne, avec un peu de
mélange (petits tourbillons).
- L'écoulement turbulent : l'écoulement se fait avec de grands tourbillons, avec un mélange
important.

A : écoulement laminaire

B : écoulement intermédiaire

C : écoulement turbulent

Le régime d'écoulement dépend du débit de fluide, du diamètre de la conduite et des


propriétés du fluide. Il est déterminé grâce au nombre de Reynolds, défini comme suit dans le
cas d'un écoulement dans une conduite cylindrique :

: Nombre de Reynolds (sans dimension)

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Avec :
: Masse volumique du fluide (kg.m-3)
: vitesse moyenne du fluide (m.s-1)
: Diamètre de la conduite (m)
: viscosité dynamique du fluide (Pa.s)
: viscosité cinématique du fluide (m2.s-1)
Pour :
- Re < 2000, l'écoulement est laminaire.
- 2000 < Re < 10000, l'écoulement est intermédiaire.
- Re > 10000, l'écoulement est turbulent.

5. Pertes de charges
Lorsqu'un fluide s'écoule dans une conduite plus ou moins lisse et qui peut présenter des
variations brusques de section ou de direction, une partie de l'énergie du fluide est utilisée
par :
- les frottements contre la paroi
- les turbulences et les décollements de la veine liquide.
Cette énergie perdue constitue ce qu'on appelle les pertes de charges.

5.1. Pertes de charges singulières


Ce sont des pertes de charges localisées observées dans :
- des organes de restriction (diminution brutale de la section de la conduite),
- des organes de liaison (coudes, rétrécissement progressive de la section de passage, ...)
On exprime une perte de charge singulière en fonction de la vitesse moyenne V avant la
singularité :

Le coefficient de perte de charge ξ (KSI) dépend uniquement de la singularité. Il est


indépendant du fluide, de sa température et de son débit.
Les valeurs de ces coefficients de perte de charge sont issues d'expérimentations. Quelques
valeurs moyennes sont données dans le tableau suivant:

Quelques coefficients de perte de charge singulière


organe de liaison ξ
Raccord droit 0,5
coude 1
raccord orientable 2à3
raccord orientable optimisé 1,5
soupapes, robinets, ... 3à6

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5.2. Pertes de charges régulières
Les pertes de charges régulières sont générées par le frottement du fluide sur la paroi
interne de la conduite. On les appelle également pertes de charges linéaires ou systématiques.
La valeur de ces pertes dépend donc des paramètres de conduites : longueur L, diamètre D,
vitesse moyenne de fluide V. Ces pertes de charge ΔP, sont proportionnelles à l'énergie
cinétique du fluide (équation de Darcy-Weisbach) :

Le coefficient de perte de charge linéaire λ, dépend :


- du tube (rugosité),
- du fluide (viscosité),
- de la vitesse du fluide.

Le passage du régime laminaire au régime turbulent ne se fait pas pour une vitesse
particulière. Il existe un domaine où des variations de vitesse irrégulières prennent naissance :
c'est un régime incertain (ou de transition). Pour dimensionner des conduites en hydraulique
industrielle, on distinguera 3 types d'écoulements que l'on distingue en fonction du nombre de
Reynolds, grandeur sans dimension : Re = v.D/ν. De la valeur du nombre de Reynolds,
dépend le calcul du coefficient λ. Pour les nombre de Reynolds compris entre 1200 et 2500, le
type d'écoulement est incertain. On considérera donc l'écoulement comme étant turbulent à
partir de Re = 1200. Cela entraîne une valeur de perte de charge calculée sensiblement
supérieure à la réalité qui va dans le sens de la sécurité.

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