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EXERCICES

SUR LE DEUXIEME
DEGRE

G.EGUETHER

7 septembre 2017
Table des matières

1 Équations 1
1.1 Équations simples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Existence et signe des racines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3 Relations entre les racines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.4 Expressions symétriques des racines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.5 Systèmes d’équations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
1.6 Position d’un nombre par rapport aux racines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
1.7 Exercices généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

2 Équations se ramenant au deuxième degré 67


2.1 Factorisation et réduction au même dénominateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
2.2 Équations avec valeurs absolues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
2.3 Équations bicarrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
2.4 Équations homogènes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
2.5 Autres changements de variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
2.6 Équations avec radicaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86

3 Étude de signe - Inéquations 103


3.1 Étude de signe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
3.2 Inéquations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
3.3 Systèmes d’inéquations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
3.4 Inéquations se ramenant au deuxième degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113

4 Divers 123
4.1 Extrema . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
4.2 Extrema et géométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
4.3 Autres problèmes issus de la géométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132

i
ii TABLE DES MATIÈRES

Avertissement

On trouvera dans ce qui suit de nombreux exercices sur les équations et inéquations du deuxième degré
à coefficients réels. Les solutions (ou racines) d’une équation, seront toujours cherchées dans
R et, par exemple, on dira qu’une équation n’a pas de racine, lorsqu’elle n’a pas de racine réelle.

Notations
Dans les exercices suivants, la variable sera notée x. Par ailleurs m ou p etc. . . désignent des paramètres
réels.

D’une manière systématique, lors de l’étude d’une équation du deuxième degré

ax2 + bx + c = 0

on notera
f (x) = ax2 + bx + c .
Pour le trinôme précédent, on notera le discriminant

∆ = b2 − 4ac .

Si ∆ est positif les racines de l’équation sont alors


√ √
−b − ∆ −b + ∆
et .
2a 2a
On notera aussi, lorsque b = 2b′ , le discriminant réduit

∆′ = b′2 − ac ,

Si ∆′ est positif les racines de l’équation sont alors


√ √
−b′ − ∆′ −b′ + ∆′
et .
a a
Lorsqu’elles existent les racines seront notées x1 et x2 , et l’on posera
b c
S = x1 + x2 = − et P = x1 x2 = .
a a
En général, on notera S l’ensemble des solutions d’une équation ou inéquation de la variable x, et M
lorsque la variable est le paramètre m.

Les coefficients binomiaux sont notés


 
n n!
= .
k k!(n − k)!
Remarque : on ne détaillera pas toujours le calcul des racines d’une équation du deuxième degré.
Chapitre 1

Équations

1.1 Équations simples

(1) Résoudre l’équation


7(x − 1)2 + 4(x − 1) = 0 .

En factorisant, l’équation s’écrit  


(x − 1) 7(x − 1) + 4 = 0 ,
c’est-à-dire
(x − 1)(7x − 3) = 0 ,
d’où  
3
S = 1,
7

(2) Résoudre l’équation


(6x − 5)2 − 4(x + 3)2 = 0 .

En utilisant une identité remarquable, l’équation s’écrit


  
(6x − 5) + 2(x + 3) (6x − 5) − 2(x + 3) = 0 ,

c’est-à-dire
(8x + 1)(4x − 11) = 0 ,
2 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

d’où
 
1 11
S = − ,
8 4

(3) Résoudre l’équation


(4x − 2)2 − 3(x + 7)2 = 0 .

En utilisant une identité remarquable, l’équation s’écrit


 √  √ 
(4x − 2) + 3(x + 7) (4x − 2) − 3(x + 7) = 0 ,

c’est-à-dire √ √  √ √ 

(4 + 3)x − 2 + 7 3 (4 − 3)x − 2 − 7 3 = 0 ,
d’où les racines √ √
2−7 3 2+7 3
√ et √ .
4+ 3 4− 3
En rendant les dénominateurs entiers, on obtient
√ √ √ √
2−7 3 (2 − 7 3)(4 − 3) 29 − 30 3
√ = √ √ = ,
4+ 3 (4 + 3)(4 − 3) 13

et √ √ √ √
2+7 3 (2 + 7 3)(4 + 3) 29 + 30 3
√ = √ √ = ,
4− 3 (4 − 3)(4 + 3) 13
d’où
( √ √ )
29 − 30 3 29 + 30 3
S = ,
13 13

(4) Résoudre l’équation


3x2 + 7x − 10 = 0 .

On calcule
∆ = b2 − 4ac = 49 + 120 = 169 = 132 ,
1.1. ÉQUATIONS SIMPLES 3

−7 ± 13
d’où les racines et, en simplifiant,
6
 
10
S = 1, −
3

(5) Résoudre l’équation


2x2 − 5x + 2 = 0 .

On calcule
∆ = b2 − 4ac = 25 − 16 = 9 = 32 ,
5±3
d’où les racines et, en simplifiant,
4
 
1
S = 2,
2

(6) Résoudre l’équation


x2 − 17x + 52 = 0 .

On calcule
∆ = b2 − 4ac = 289 − 208 = 81 = 92 ,
17 ± 9
d’où les racines et, en simplifiant,
2

S = {4 , 13}

(7) Résoudre l’équation


3x2 − 15x + 4 = 0 .
4 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

On calcule
∆ = b2 − 4ac = 225 − 48 = 177 ,
d’où ( √ √ )
15 + 177 15 − 177
S = ,
6 6

(8) Résoudre l’équation


3x2 + 15x + 1 = 0 .

On calcule
∆ = b2 − 4ac = 225 − 12 = 213 ,
d’où ( √ √ )
−15 + 213 −15 − 213
S = ,
6 6

(9) Résoudre l’équation


4x2 − 17x + 2 = 0 .

On calcule
∆ = b2 − 4ac = 289 − 32 = 257 ,
d’où ( √ √ )
17 + 257 17 − 257
S = ,
8 8

(10) Résoudre l’équation


11x2 + 133 x − 5 = 0 .
1.1. ÉQUATIONS SIMPLES 5

On calcule
∆ = b2 − 4ac = 17689 + 220 = 17909 ,
d’où ( √ √ )
−133 + 17909 −133 − 17909
S = ,
22 22

(11) Résoudre l’équation


4x2 − 17x − 3 = 0 .

On calcule
∆ = b2 − 4ac = 289 + 48 = 337 ,
d’où ( √ √ )
17 + 337 17 − 337
S = ,
8 8

(12) Résoudre l’équation


6x2 − 12x + 3 = 0 .

On calcule
∆′ = b′2 − ac = 36 − 18 = 18 ,

6± 18
d’où les racines et, en simplifiant par 3,
6
( √ √ )
2+ 2 2− 2
S = ,
2 2

(13) Résoudre l’équation


(3x − 1)(4x + 7) + 2 = 0 .
6 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

On développe tout d’abord, ce qui donne l’équation


12x2 + 17x − 5 = 0 .
On calcule
∆ = b2 − 4ac = 289 + 240 = 529 = 232 ,
−17 ± 23
d’où les racines et, en simplifiant,
24
 
1 5
S = , −
4 3

(14) Résoudre l’équation


(2x − 1)2 + (6x + 1)2 − 8 = 0 .

On développe tout d’abord, ce qui donne, après simplification par 2, l’équation


20x2 + 4x − 3 = 0 .
On calcule
∆′ = b′2 − ac = 4 + 60 = 64 = 82 ,
−2 ± 8
d’où les racines et, en simplifiant,
20
 
3 1
S = , −
10 2

(15) Résoudre l’équation


√ 2 √ √
(1 + 2)x − 2(1 − 2)x + 1 − 3 2 = 0 .

On calcule
√ 2 √ √
∆′ = b′2 − ac = (1 − 2) − (1 + 2)(1 − 3 2)
√ √
= (3 − 2 2) − (−5 − 2 2)

= 8 = (2 2)2 ,
1.1. ÉQUATIONS SIMPLES 7

√ √
1− 2±2 2
d’où les racines √ . Une des racines vaut 1, pour l’autre, en rendant le dénominateur
1+ 2
entier, √ √ √
1−3 2 (1 − 3 2)( 2 − 1) √
√ = √ √ = −7 + 4 2 .
1+ 2 (1 + 2)( 2 − 1)
d’où
 √
S = 1 , −7 + 4 2

(16) Résoudre l’équation √ √


x2 − (3 + 2 5)x + 7 + 3 5 = 0 .

On calcule
√ √
∆ = b2 − 4ac = (3 + 2 5)2 − 4(7 + 3 5)
√ √
= (29 + 12 5) − (28 + 12 5)
= 1,

3+2 5±1
d’où les racines et, en simplifiant,
2
 √ √
S = 2 + 5 ,1 + 5

(17) Résoudre l’équation


x2 − 2(m + 2)x + m2 + 4m − 5 = 0 .

On calcule
∆′ = b′2 − ac = (m + 2)2 − (m2 + 4m − 5) = 9 = 32 .
d’où les racines (m + 2) ± 3 , et finalement

S = {m + 5 , m − 1}
8 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

(18) Résoudre l’équation


x2 − 2mx + m2 − 4 = 0 .

On calcule
∆′ = b′2 − ac = m2 − (m2 − 4) = 4 = 22 .

d’où les racines


S = {m + 2 , m − 2}

(19) Résoudre l’équation

x2 − 2(m − 1)x + m2 − 2m − 35 = 0 .

On calcule
∆′ = b′2 − ac = (m − 1)2 − (m2 − 2m − 35) = 36 = 62 .

d’où les racines m − 1 ± 6 , et finalement

S = {m + 5 , m − 7}

(20) Résoudre l’équation

(m + 2)2 x2 − (3m − 2)(m + 2)x + 2m2 + m − 15 = 0 .

Si m = −2, l’équation devient


−9 = 0

et n’a pas de solution.


1.1. ÉQUATIONS SIMPLES 9

Dans le cas contraire, on calcule

∆ = b2 − 4ac = (3m − 2)2 (m + 2)2 − 4(m + 2)2 (2m2 + m − 15)


= (m + 2)2 (9m2 − 12m + 4) − 4(2m2 + m − 15)
 

= (m + 2)2 (m2 − 16m + 64)


= (m + 2)2 (m − 8)2 .

(3m − 2)(m + 2) ± (m + 2)(m − 8)


d’où les racines et, en simplifiant par 2(m + 2),
2(m + 2)2

2m − 5 m + 3
 
S = ,
m+2 m+2

(21) Résoudre l’équation

[(n − 1)!]2
p!(n − p)! x2 + n! x + = 0,
(p − 1)!(n − p − 1)!

où n et p sont des nombres entiers tels que 1 ≤ p ≤ n.

En divisant par p!(n − p)!, l’équation peut s’écrire


    
2 n n−1 n−1
x + x+ = 0.
p p p−1

ou encore, en raison des formules sur les coefficients binomiaux,

n−1 n−1 n−1 n−1


      
x2 + + x+ = 0.
p p−1 p p−1

On a donc    
n−1 n−1
S = ,
p p−1

(22) Résoudre l’équation


(mx + 2)2 = (x − m)2 .
10 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

L’équation équivaut à
(mx + 2)2 − (x − m)2 = 0 ,
puis, en utilisant une identité remarquable, à
  
(m + 1)x + 2 − m (m − 1)x + 2 + m = 0 .

 
m−2 m+2
si m 6= ±1 S = ,
m+1 1−m
 
1
si m = 1 S = −
2
 
1
si m = −1 S =
2

1.2 Existence et signe des racines

(23) Pour quelles valeurs de m l’équation

(m − 1)x2 + (m − 5)x + m − 4 = 0

admet-elle deux racines distinctes non nulles de signes contraires ?

C’est le cas si et seulement si le produit P est strictement négatif. On a


m−4
P = ,
m−1
qui est du signe de (m − 1)(m − 4). Cette expression est négative entre les racines 1 et 4, donc

M = MP = ] 1, 4 [

(24) Pour quelles valeurs de m l’équation

(m − 1)x2 − 2(m + 2)x + m − 4 = 0

admet-elle deux racines distinctes strictement positives ?


1.2. EXISTENCE ET SIGNE DES RACINES 11

C’est le cas si et seulement si les trois nombres ∆′ , S et P sont strictement positifs. On a

∆′ = (m + 2)2 − (m − 1)(m − 4) = 9m ,

puis
m+2 m−4
S=2 et P = .
m−1 m−1
Les ensembles sur lesquels ces expressions sont strictement positives sont respectivement

M∆′ = ] 0, ∞ [ , MS = ] −∞, −2 [ ∪ ] 1, ∞ [ , MP = ] −∞, 1 [ ∪ ] 4, ∞ [ .

Alors l’ensemble des valeurs de m cherchées est l’intersection de ces trois ensembles. C’est un ensemble
de nombres positifs, et l’on constate que la partie positive de MP est incluse dans les deux autres,
donc
M = ] 4, ∞ [

(25) Pour quelles valeurs de m l’équation

(m + 2)x2 − (m + 4)x − m + 2 = 0

admet-elle deux racines distinctes strictement positives ?

C’est le cas si et seulement si les trois nombres ∆, S et P sont strictement positifs. On a

∆ = (m + 4)2 + 4(m + 2)(m − 2) = 5m2 + 8m = m(5m + 8) ,

puis
m+4 2−m
S= et P = .
m+2 m+2
Les ensembles sur lesquels ces expressions sont strictement positives sont respectivement

M∆ = ] −∞, −8/5 [ ∪ ] 0, ∞ [ , MS = ] −∞, −4 [ ∪ ] −2, ∞ [ , MP = ] −2, 2 [ .

Alors l’ensemble des valeurs de m cherchées est l’intersection de ces trois ensembles que l’on peut
déterminer facilement en rayant sur la droite réelle les parties qui ne sont pas conservées.

\ \ \ \ \| |\ |\ |\ |\ |\| | / / / / /| |\ \ \ \ \
−4 −2 8 0 2

5
Il reste
M = ] −2, −8/5 [ ∪ ] 0, 2 [
12 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

(26) Pour quelles valeurs de m l’équation

(m − 4)x2 + (m + 2)x − m = 0

admet-elle deux racines distinctes strictement positives ?

C’est le cas si et seulement si les trois nombres ∆, S et P sont strictement positifs. On a

∆ = (m + 2)2 + 4m(m − 4) = 5m2 − 12m + 4 = (m − 2)(5m − 2) ,

puis
m+2 m
S=− et P = − .
m−4 m−4
Les ensembles sur lesquels ces expressions sont strictement positives sont respectivement

M∆ = ] −∞, 2/5 [ ∪ ] 2, ∞ [ , MS = ] −2, 4 [ , MP = ] 0, 4 [ .

Alors l’ensemble des valeurs de m cherchées est l’intersection de ces trois ensembles. On procède comme
dans l’exercice prćédant.

| \
\ | \
| \
| |\| \ \ \ \ \| | / / / / /| | |\ |\ |\ |\ |\
−2 0 2 2 4
5
Il reste
M = ] 0, 2/5 [ ∪ ] 2, 4 [

(27) Pour quelles valeurs de m l’équation

x2 − (4m + 6)x + 6m2 + 7m + 2 = 0

admet-elle deux racines distinctes strictement positives ?

C’est le cas si et seulement si les trois nombres ∆′ , S et P sont strictement positifs. On a

∆′ = (2m + 3)2 − (6m2 + 7m + 2) = −2m2 + 5m + 7 = (m + 1)(−2m + 7) ,


1.2. EXISTENCE ET SIGNE DES RACINES 13

puis
S = 2(2m + 3) , P = 6m2 + 7m + 2 = (3m + 2)(2m + 1) .
Les ensembles sur lesquels ces expressions sont strictement positives sont respectivement

M∆′ = ] −1, 7/2 [ , MS = ] −3/2, ∞ [ , MP = ] −∞, −2/3 [ ∪ ] −1/2, ∞ [ .

Alors l’ensemble des valeurs de m cherchées est l’intersection de ces trois ensembles. On prosède comme
dans les exercices prćédants.

|/ |/ |/ |/ |/| / / / / /| | \ \ \ \ \| |/ / / / /
3 −1 2 1 7
− − −
2 3 2 2
Il reste
M = ] −1, −2/3 [ ∪ ] −1/2, 7/2 [

(28) Les racines x1 et x2 d’une équation du deuxième degré vérifient le système



x1 + x2 − 2x1 x2 = 0
.
mx1 x2 − (x1 + x2 ) = 2m + 1

Former une telle équation et trouver pour quelles valeurs de m elle a deux racines positives.

En additionnant membre à membre, on obtient

(m − 2)x1 x2 = 2m + 1 .

La valeur m = 2 est exclue. On a alors


2m + 1 2m + 1
x1 x2 = et x1 + x2 = 2 ,
m−2 m−2
d’où, par exemple, l’équation

(m − 2)x2 − 2(2m + 1)x + 2m + 1 = 0

Son discriminant réduit vaut

∆′ = (2m + 1)2 − (m − 2)(2m + 1) = (2m + 1)(m + 3) .

Le discriminant est positif en dehors de l’intervalle ] −3, −1/2 [ .


14 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

D’autre part S et P sont de même signe et sont positifs en dehors de l’intervalle ] −1/2, 2 [ . Au final
on exlut ] −3, 2 [ et l’ensemble cherché est donc

M = ] −∞, −3 ] ∪ ] 2, +∞ [

(29) Etudier l’existence et le signe des racines de l’équation

mx2 − 2mx + m − 8 = 0 .

En déhors du cas m = 0, où l’équation devient −8 = 0 et n’a pas de solution, on étudie le signe de
∆′ , S et P . On a
m−8
∆′ = m2 − m(m − 8) = 8m , S = 2 , P = .
m
L’équation n’a pas de solutions si m ≤ 0.

Lorsque m appartient à l’intervalle ] 0, 8 [ le produit est négatif, donc il y a deux racines de signes
opposés.

Lorsque m = 8, une racine est nulle et l’autre vaut 2.

Lorsque m appartient à l’intervalle ] 8, ∞ [ , la somme et le produit sont positifs, donc il y a deux


racines positives.

1.3 Relations entre les racines

(30) Pour quelles valeurs de m l’équation

x2 − mx − m2 − 5 = 0

admet-elle deux racines vérifiant la relation


4 1 1 1
(1) = + − ?
x1 x2 x1 x2 2
1.3. RELATIONS ENTRE LES RACINES 15

Comme le produit des racines −m2 − 5 est strictement négatif, l’équation a toujours deux racines non
nulles. L’équation (1) s’écrit encore
4 x1 + x2 1
= − ,
x1 x2 x1 x2 2
c’est-à-dire
4 S 1
= − ,
P P 2
ou encore
P m2 + 5
4=S− =m+ .
2 2
Alors m est racine de l’équation
m2 + 2m − 3 = 0 ,
donc
M = {1 , −3}

(31) Pour quelles valeurs de m l’équation

mx2 − 2(m + 1)x + m − 4 = 0

admet-elle deux racines vérifiant la relation

(1) (4x1 + 1)(4x2 + 1) = 18 ?

Tout d’abord
∆′ = (m + 1)2 − m(m − 4) = 6m + 1
doit être positif, donc m ≥ −1/6.

L’équation (1) s’écrit


16x1 x2 + 4(x1 + x2 ) + 1 = 18 ,
c’est-à-dire
16P + 4S − 17 = 0 ,
ou encore
m−4 m+1
16 +8 − 17 = 0 .
m m
Alors m est racine de l’équation
7m − 56 = 0 ,
donc
M = {8}
16 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

(32) Pour quelles valeurs de m l’équation

x2 − 2mx + m + 2 = 0

admet-elle deux racines vérifiant la relation

(1) 4(x21 + x22 ) = 19 ?

Tout d’abord
∆′ = m2 − m − 2 = (m + 1)(m − 2) ,
est positif dans l’ensemble
M∆′ = ] −∞, −1 ] ∪ [ 2, ∞ [ .
L’équation (1) s’écrit
4 (x1 + x2 )2 − 2x1 x2 = 19 ,
 

c’est-à-dire
4(S 2 − 2P ) = 19 ,
ou encore
16m2 − 8(m + 2) = 19 ,
et finalement
16m2 − 8m − 35 = 0 .
Le discriminant réduit de cette équation vaut
δ′ = 16 + 16 × 35 = 16 × 36 = 42 62 = 242 .
4 ± 24
Les racines sont alors c’est-à-dire 7/4 et −5/4. Seule la seconde est dans M∆′ , donc
16
 
5
M = −
4

(33) Pour quelles valeurs de m l’équation


m−1 2
x − 2(m − 1)x + m = 0
m
admet-elle deux racines vérifiant la relation

(1) (x1 − x2 )2 = 6 ?
1.3. RELATIONS ENTRE LES RACINES 17

Tout d’abord
∆′ = (m − 1)2 − (m − 1) = (m − 1)(m − 2) ,
est positif dans l’ensemble
M∆′ = ] −∞, 1 ] ∪ [ 2, ∞ [ .
L’équation (1) s’écrit
(x1 + x2 )2 − 4x1 x2 = 6 ,
c’est-à-dire
S 2 − 4P = 6 ,
ou encore
m2
4m2 − 4 = 6,
m−1
et finalement
4m3 − 8m2 − 6m + 6 = 0 .
On s’aperçoit que −1 est racine. On peut donc mettre (m + 1) en facteur dans membre de gauche et
l’on obtient
(m + 1)(4m2 − 12m + 6) = 0 .
2
√ de 2m − 6m + 3. Le discriminant réduit de ce trinôme vaut δ = 3, et l’on a
On cherche les racines ′

3± 3
comme racines . On vérifie facilement que
2
√ √
3− 3 3+ 3
−1 < <1<2< ,
2 2
et toutes les racines conviennent, donc
( √ √ )
3− 3 3+ 3
M = −1 , ,
2 2

(34) Etablir une relation indépendante de m qui lie les racines de l’équation

mx2 − 2(m − 2)x + m − 3 = 0 .

On a
m−2 4 m−3 3
S=2 =2− et P = =1− .
m m m m
18 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

Alors, en éliminant 1/m, on obtient


S P 1 1 1
− = − = .
4 3 2 3 6
Finalement
3S − 4P = 2 ,
ce qui donne la relation
3(x1 + x2 ) − 4x1 x2 = 2

(35) Etablir une relation indépendante de m qui lie les racines de l’équation

x2 − (2m2 − 2m + 1)x − (2m − 1)2 = 0 .

1) Existe-t-il une valeur de m telle qu’une des racines soit égale à −2 ? à −1 ?


2) Existe-t-il une valeur de m telle que les racines soient égales ? soient opposés ?

On a
S = 2m2 − 2m + 1 et P = −(2m − 1)2 = −4m2 + 4m − 1 ,
et en éliminant m,
2S + P = 1 ,
c’est-à-dire
2(x1 + x2 ) + x1 x2 = 1 ,
ou encore
(x1 + 2)(x2 + 2) = 5

1) Il résulte de la relation précédente que l’on ne peut avoir une racine égale à −2. Par contre si
x1 = −1, alors x2 = 3, donc
−3 = P = −(2m − 1)2 ,
c’est-à-dire √
2m − 1 = ± 3 .
Finalement ( √ √ )
1− 3 1+ 3
M = ,
2 2
1.3. RELATIONS ENTRE LES RACINES 19

2) Si x1 = x2 , alors
P = x21 = −(2m − 1)2 .
Ceci n’est possible que si x1 = x2 = 0 donc S = P = 0, et l’équation 2S + P = 1 n’est pas vérifiée.

Si x1 = −x2 , alors
(x1 + 2)(x2 + 2) = 4 − x21 = 5 ,
ce qui est impossible également.

(36) 1) Trouver une condition nécessaire portant sur P pour que les racines de l’équation

x2 − Sx + P = 0

vérifient la relation
x21 + x22 = 1 .
2) Trouver deux nombres dont la somme des carrés et la somme des inverses soient égales à 1.

1) Il faut déjà que ∆ = S 2 − 4P soit positif ou nul. Ensuite

x21 + x22 = (x1 + x2 )2 − 2x1 x2 = S 2 − 2P = 1 .

On en déduit
∆ = 1 − 2P ≥ 0 .
On trouve donc la condition nécessaire
P ≤ 1/2

2) Le système
 2 2
 x1 + x2 = 1
,
 1 + 1 = 1
x1 x2
devient  2
 S − 2P = 1
S ,
 = 1
P
et conduit à l’équation

P 2 − 2P − 1 = 0 ,
20 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

√ √
dont les racines sont 1 + 2 et 1 − 2. Seule la seconde racine vérifie la condition P ≤ 1/2. Alors,
puisque S = P , les nombres x1 et x2 sont les racines de l’équation
√ √
x2 − (1 − 2)x + 1 − 2 = 0 .

On a √ √
∆ = S 2 − 4P = 1 − 2P = 1 − 2(1 − 2) = 2 2 − 1 .
Les nombres cherchés sont donc
√ p √ √ p √
1− 2+ 2 2−1 1− 2− 2 2−1
et
2 2

(37) Déterminer m pour que les racines de l’équation

x2 − (2m + 1)x + 3m + 3 = 0

vérifient la relation
2x1 + 3x2 = 18 .

On a en particulier le système 
x1 + x2 = 2m + 1
,
2x1 + 3x2 = 18
qui a comme solution
x1 = 6m − 15 et x2 = 16 − 4m .
Alors
P = 3m + 3 = (6m − 15)(16 − 4m) ,
ce qui équivaut, après division par 3, à

8m2 − 51m + 81 = 0 .

On a
δ = 512 − 32 × 81 = 9 ,
51 ± 3
d’où les racines m = , c’est-à-dire
16
27
m = 3 et m= .
8
D’autre part le discriminant

∆ = (2m + 1)2 − 12(m + 1) = 4m2 − 8m − 11


1.3. RELATIONS ENTRE LES RACINES 21


2+ 15
a pour racine positive , et l’on vérifie que
2

2+ 15 27
≤3≤ .
2 8
Le deux racines conviennent, donc
 
27
M = 3,
8

(38) Déterminer m pour que les racines de l’équation

(2m − 5)x2 − 2mx + m = 0

vérifient la relation
x1 = 2x2 .

On a en particulier le système
2m

 x1 + x2 =
2m − 5 ,
x1 − 2x2 = 0

qui a comme solution


4m 2m
x1 = et x2 = .
3(2m − 5) 3(2m − 5)
Alors
m 8m2
P = = ,
2m − 5 9(2m − 5)2
ce qui équivaut à  
m 8m
− 1 = 0,
2m − 5 9(2m − 5)
et finalement à
m(2m − 9) = 0 .
La solution m = 0, donne l’équation x2 = 0 qui admet la racine double x1 = x2 = 0.

Par ailleurs
∆′ = m2 − m(2m − 5) = m(5 − m)
est positif pour m = 9/2, et cette solution convient également. Finalement
 
9
M = 0,
2
22 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

(39) Déterminer m pour que les racines de l’équation

(m − 4)x2 − 2(m − 1)x + m + 2 = 0

vérifient la relation

(1) x2 = 5 + 3x1

On s’aperçoit que 1 est toujours racine de l’équation, (donc ∆ est positif). L’autre racine vaut donc

m+2
P = .
m−4
Alors ou bien  
m+2
(x1 , x2 ) = 1,
m−4
et l’équation (1) devient
m+2
= 8,
m−4
et a pour racine 34/7, ou bien  
m+2
(x1 , x2 ) = ,1
m−4
et l’équation (1) devient
m+2
1=5+3 ,
m−4
et a pour racine 10/7. Finalement
 
34 10
M = ,
7 7

(40) Donner une condition nécessaire et suffisante pour que l’équation

a3 x2 + bx + c3 = 0 (a 6= 0)

possède deux racines dont l’une est le carré de l’autre.


1.4. EXPRESSIONS SYMÉTRIQUES DES RACINES 23

Si l’on a x1 = x22 , alors


c3
x1 x2 = x32 = ,
a3
et donc
c
x2 = .
a
Ensuite
b 2
 c 2 c
− = x 1 + x 2 = x 2 + x 2 = + ,
a3 a a
c’est-à-dire
−b = c2 a + ca2 .
Réciproquement, si cette équation est satisfaite, alors les nombres c/a et (c/a)2 ont pour somme
 c 2 c b
+ =− 3,
a a a
et pour produit (c/a)3 et sont donc racines de l’équation
b  c 3
x2 + x + = 0,
a3 a
c’est-à-dire de
a3 x2 + bx + c3 = 0 .
La condition nécessaire et suffisante cherchée est donc

b = −ac(a + c)

Remarque : on peut constater que le discriminant est bien positif dans ce cas, en effet

∆ = b2 − 4a3 c3 = a2 c2 (a + c)2 − 4a3 c3 = a2 c2 (a + c)2 − 4ac = a2 c2 (a − c)2 .


 

1.4 Expressions symétriques des racines

(41) Soit S et P la somme et le produit des racines d’un trinôme du deuxième degré de racines
x1 et x2 . Ecrire en fonction de S et P les expressions Ek (x1 , x2 ) suivantes.

E1 (x1 , x2 ) = (x1 − 2)(x2 − 2)

En développant, on obtient

(x1 − 2)(x2 − 2) = x1 x2 − 2(x1 + x2 ) + 4 ,

d’où
E1 (x1 , x2 ) = P − 2S + 4
24 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

E2 (x1 , x2 ) = (x1 − 2)2 + (x2 − 2)2

En développant, on obtient

(x1 − 2)2 + (x2 − 2)2 = x21 + x22 − 4(x1 + x2 ) + 8 = (x1 + x2 )2 − 2x1 x2 − 4(x1 + x2 ) + 8 ,
 

d’où
E2 (x1 , x2 ) = S 2 − 2P − 4S + 8

E3 (x1 , x2 ) = (3x1 − 4x2 )(3x2 − 4x1 )

En développant, on obtient

(3x1 − 4x2 )(3x2 − 4x1 ) = 25x1 x2 − 12(x21 + x22 ) = 49x1 x2 − 12(x1 + x2 )2 ,

d’où
E3 (x1 , x2 ) = 49P − 12S 2

E4 (x1 , x2 ) = x31 + x32

En factorisant, on obtient

x31 + x32 = (x1 + x2 )(x21 − x1 x2 + x22 ) = (x1 + x2 ) (x1 + x2 )2 − 3x1 x2 ,


 

d’où
E4 (x1 , x2 ) = S(S 2 − 3P )

E5 (x1 , x2 ) = (x1 − 2)3 + (x2 − 2)3

En factorisant, on obtient

(x1 − 2)3 + (x2 − 2)3 = (x1 + x2 − 4) (x1 − 2)2 − (x1 − 2)(x2 − 2) + (x2 − 2)2 ,
 

d’où, en utilisant E1 et E2 ,

(x1 − 2)3 + (x2 − 2)3 = (S − 4) S 2 − 2P − 4S + 8 − (P − 2S + 4) ,


 

et finalement
E5 (x1 , x2 ) = (S − 4)(S 2 − 3P − 2S + 4)
1.4. EXPRESSIONS SYMÉTRIQUES DES RACINES 25

E6 (x1 , x2 ) = x41 + x42

On écrit
2
x41 +x42 = (x21 +x22 )2 −2x21 x22 = (x1 +x2 )2 −2x1 x2 −2(x1 x2 )2 = (x1 +x2 )4 −4(x1 +x2 )2 x1 x2 +2(x1 x2 )2 ,


d’où
E6 (x1 , x2 ) = S 4 − 4S 2 P + 2P 2

x1 − 3 x2 − 3
E7 (x1 , x2 ) = +
x2 − 4 x1 − 4
En réduisant au même dénominateur, on obtient

x1 − 3 x2 − 3 (x1 − 3)(x1 − 4) + (x2 − 3)(x2 − 4)


+ = ,
x2 − 4 x1 − 4 (x1 − 4)(x2 − 4)

d’où
x1 − 3 x2 − 3 (x2 + x22 ) − 7(x1 + x2 ) + 24 (x1 + x2 )2 − 2x1 x2 − 7(x1 + x2 ) + 24
+ = 1 = ,
x2 − 4 x1 − 4 x1 x2 − 4(x1 + x2 ) + 16 x1 x2 − 4(x1 + x2 ) + 16

et finalement
S 2 − 2P − 7S + 24
E7 (x1 , x2 ) =
P − 4S + 16

x1 x2
E8 (x1 , x2 ) = +
3 − x2 3 − x1
En réduisant au même dénominateur, on obtient

x1 x2 3(x1 + x2 ) − (x21 + x22 ) 3(x1 + x2 ) − (x1 + x2 )2 + 2x1 x2


+ = = ,
3 − x2 3 − x1 (3 − x1 )(3 − x2 ) 9 − 3(x1 + x2 ) + x1 x2

d’où

3S − S 2 + 2P
E8 (x1 , x2 ) =
9 − 3S + P

x41 − x42
E9 (x1 , x2 ) =
x31 − x32
En factorisant, on obtient
x41 − x42 (x1 − x2 )(x1 + x2 )(x21 + x22 )
= ,
x31 − x32 (x1 − x2 )(x21 + x1 x2 + x22 )
26 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

d’où, après simplification,

(x1 + x2 ) (x1 + x2 )2 − 2x1 x2


 
x41 − x42
= ,
x31 − x32 (x1 + x1 )2 − x1 x2
et finalement
S(S 2 − 2P )
E9 (x1 , x2 ) =
S2 − P

(42) 1) Soit f une fraction rationnelle de deux lettres u et v, à coefficients entiers. Vérifier que g
et h, définies par

1  f (u, v) − f (v, u)
g(u, v) = f (u, v) + f (v, u) et h(u, v) =
2 u−v
sont des fractions rationnelles symétriques des deux lettres u et v.
2) Exprimer g(u, v) et h(u, v) en fonction de S = u + v et P = uv lorsque

f (u, v) = −2u2 + 4u + uv − 2v − 3 .

3) Soit le trinôme
H(x) = ax2 + bx + c ,
avec ∆ = b2 − 4ac > 0. Donner une condition nécessaire et suffisante pour que la fonction f de la
question 2) soit une expression symétrique des racines x1 , x2 de H, et calculer f (x1 , x2 ) en fonction
de a et c.

1) Il est immédiat que


g(u, v) = g(v, u) et h(u, v) = h(v, u) .
2) On a
1
(−2u2 + 4u + uv − 2v − 3) + (−2v 2 + 4v + vu − 2u − 3) = −(u2 + v 2 ) + (u + v) + uv − 3 ,

g(u, v) =
2
d’où
g(u, v) = −(u + v)2 + 3uv + (u + v) − 3 ,
et
(−2u2 + 4u + uv − 2v − 3) − (−2v 2 + 4v + vu − 2u − 3) −2(u2 − v 2 ) + 6(u − v)
h(u, v) = = ,
u−v u−v
d’où, en simplifiant,
h(u, v) = 6 − 2(u + v) .
1.4. EXPRESSIONS SYMÉTRIQUES DES RACINES 27

Finalement
g(u, v) = −S 2 + 3P + S − 3 et h(u, v) = 6 − 2S

3) On veut donc avoir


f (x1 , x2 ) = f (x2 , x1 ) .
Cette condition équivaut à
(x1 − x2 )h(x1 , x2 ) = 0 ,
c’est-à-dire S = 3. Alors
f (x1 , x2 ) = g(x1 , x2 ) = −9 + 3P ,
d’où
c
f (x1 , x2 ) = 3 −9
a

(43) 1) Soit x1 et x2 les racines du trinôme 3x2 − x − 7. Former une équation du deuxième degré
ayant pour racines x31 et x32 .
2) Calculer
A = 4x31 − 3x1 x32 − 3x2 x31 + 4x32 .

1) On a donc
1 7
S= et P =− .
3 3
En utilisant l’exercice 41, on obtient
 
1 1 64
x31 + x32 2
= E4 (x1 , x2 ) = S(S − 3P ) = +7 = ,
3 9 27
Par ailleurs
343
x31 x32 = P 3 = − .
27
Une équation vérifiée par x31 et x32 est donc

27X 2 − 64X − 343 = 0

2) On a

A = 4(x31 + x32 ) − 3x1 x2 (x21 + x22 ) = 4(x31 + x32 ) − 3x1 x2 (x1 + x2 )2 − 2x1 x2 ,
 

donc  
64 1 14 256 7 × 43
A=4 +7 + = + ,
27 9 3 27 9
28 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

et l’on trouve
1159
A=
27

(44) 1) Soit x1 et x2 les racines du trinôme

f (x) = x2 + px + q (p2 − 4q ≥ 0) .

Former une équation du deuxième degré ayant pour racines x1 + 1/x1 et x2 + 1/x2 et trouver à
quelle condition cette équation a une racine double.
2) On pose
x+1
g(x) = .
x−1
Former une équation du deuxième degré ayant pour racines g(x1 ) et g(x2 ), et montrer que l’on
peut obtenir cette équation à partir de l’équation

(1) f (g(x)) = 0 .

Expliquer pourquoi.

1) On a
1 1 x1 + x2 p p(q + 1)
x1 + + x2 + = (x1 + x2 ) + = −p − = − ,
x1 x2 x1 x2 q q
et
x2 + x22
  
1 1 1 x1 x2 1
x1 + x2 + = x1 x2 + + + = x1 x2 + + 1 .
x1 x2 x1 x2 x2 x1 x1 x2 x1 x2
Donc
1 p2 − 2q (q − 1)2 + p2
  
1 1
x1 + x2 + =q+ + = .
x1 x2 q q q
Une équation ayant pour racines x1 + 1/x1 et x2 + 1/x2 est donc

qx2 + p(q + 1)x + (q − 1)2 + p2 = 0

Le discriminant vaut alors

∆ = p2 (q + 1)2 − 4q (q − 1)2 + p2 = p2 (q + 1)2 − 4q − 4q(q − 1)2 = (p2 − 4q)(q − 1)2 .


   

Cette expression est nulle dans deux cas :


- si q = 1, c’est-à-dire si les racines de H sont inverses l’une de l’autre,
- si p2 − 4q est nul, c’est-à-dire si H a déjà une racine double.
1.4. EXPRESSIONS SYMÉTRIQUES DES RACINES 29

2) On calcule cette fois


x1 + 1 x2 + 1 2x1 x2 − 2 2q − 2
+ = = ,
x1 − 1 x2 − 1 x1 x2 − x1 − x2 + 1 q+p+1
ainsi que
x1 + 1 x2 + 1 x1 x2 + x1 + x2 + 1 q−p+1
= = ,
x1 − 1 x2 − 1 x1 x2 − x1 − x2 + 1 q+p+1
Une équation ayant pour racines g(x1 ) et g(x2 ) est donc

(q + p + 1)x2 − 2(q − 1)x + (q − p + 1) = 0

On retrouve le même résultat en calculant


 2
2 x+1 x+1
g(X) + pg(X) + q = +p + q = 0,
x−1 x−1

car, en multipliant par (x − 1)2 , on obtient

(x + 1)2 + p(x + 1)(x − 1) + q(x − 1)2 = (1 + p + q)x2 + 2(1 − q)x + 1 − p + q = 0 .

Ceci vient du fait que si X vérifie l’équation (1) alors x = g(X) vérifie

x2 + px + q = 0 .

Les racines de (1) sont donc X1 = g−1 (x1 ) et X2 = g−1 (x2 ), mais ici, en résolvant l’équation x = g(X),
on obtient X = g(x), et, par suite, g = g −1 . L’équation (1) a donc pour racines g(x1 ) et g(x2 ).

(45) Soit les deux trinômes

Q1 (x) = x2 − S1 x + P1 et Q2 (x) = x2 − S2 x + P2

de racines respectives x1 , x2 et y1 , y2 .
1) Exprimer le produit
B = (x1 − y1 )(x1 − y2 )(x2 − y1 )(x2 − y2 )
en fonction des coefficients des trinômes et en déduire une condition nécessaire et suffisante pour
que les trinômes aient une racine commune.
2) Calculer le produit ∆1 ∆2 des discriminants de Q1 et Q2 . Quelle relation supplémentaire a-t-on
si l’un des trinômes a une racine double ?

1) Puisque Q2 (x) = (x − y1 )(x − y2 ), on a donc

B = Q2 (x1 )Q2 (x2 ) = (x21 − S2 x1 + P2 )(x22 − S2 x2 + P2 ) ,


30 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

et, en développant, puis en faisant apparaı̂tre les sommes et produits,

B = (x1 x2 )2 − S2 (x1 x22 + x21 x2 ) + P2 (x21 + x22 ) − S2 P2 (x1 + x2 ) + S22 x1 x2 + P22


= (x1 x2 )2 − S2 x1 x2 (x1 + x2 ) + P2 (x1 + x2 )2 − 2x1 x2 − S2 P2 (x1 + x2 ) + S22 x1 x2 + P22
 

= P12 − S2 P1 S1 + P2 (S12 − 2P1 ) − S2 P2 S1 + S22 P1 + P22 .

Finalement
B = (P1 − P2 )2 − S1 S2 (P1 + P2 ) + S12 P2 + S22 P1 .
La condition B = 0 est une condition nécessaire et suffisante pour que les trinômes aient une racine
commune, ce qui donne

(P1 − P2 )2 − S1 S2 (P1 + P2 ) + S12 P2 + S22 P1 = 0

On en tire en particulier

S12 P2 + S22 P1 = S1 S2 (P1 + P2 ) − (P1 − P2 )2 .

2) On calcule

∆1 ∆2 = (S12 − 4P1 )(S22 − 4P2 )


= S12 S22 − 4(P1 S22 + S12 P2 ) + 16P1 P2
= S12 S22 − 4 S1 S2 (P1 + P2 ) − (P1 − P2 )2 + 16P1 P2
 

= S12 S22 − 4S1 S2 (P1 + P2 ) + 4(P1 + P2 )2 .

Finalement
 2
∆1 ∆2 = S1 S2 − 2(P1 + P2 )

Une des racines est double si et seulement si le produit précédent est nul, c’est-à-dire

S1 S2 = 2(P1 + P2 )

1.5 Systèmes d’équations

(46) Trouver les nombres ayant pour somme S = 12 et pour produit P = 35.

Les nombres sont racines de l’équation x2 − Sx + P = 0, c’est-à-dire

x2 − 12x + 35 = 0 .

On trouve donc
5 et 7
1.5. SYSTÈMES D’ÉQUATIONS 31

(47) Trouver les nombres ayant pour somme S = 8 et pour produit P = 15.

Les nombres sont racines de l’équation x2 − Sx + P = 0, c’est-à-dire

x2 − 8x + 15 = 0 .

On trouve donc
5 et 3

(48) Trouver les nombres ayant pour somme S = 4 et pour produit P = −1.

Les nombres sont racines de l’équation x2 − Sx + P = 0, c’est-à-dire

x2 − 4x − 1 = 0 .

On trouve donc √ √
2+ 5 et 2 − 5

(49) Trouver les nombres ayant pour somme S = 12 et pour produit P = 4.

Les nombres sont racines de l’équation x2 − Sx + P = 0, c’est-à-dire

x2 − 12x + 4 = 0 .

On trouve donc √ √
6+4 2 et 6 − 4 2

(50) Trouver les nombres ayant pour somme S = 2m + 3 et pour produit P = 2m + 2.


32 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

Les nombres sont racines de l’équation x2 − Sx + P = 0, c’est-à-dire

x2 − (2m + 3)x + (2m + 2) = 0 .

On a
∆ = (2m + 3)2 − 4(2m + 2) = 4m2 + 4m + 1 = (2m + 1)2 .
On trouve donc
1 et 2m + 2

(51) Trouver les nombres ayant pour somme S = 5(m − 1) et pour produit P = 4(m − 1)2 .

Les nombres sont racines de l’équation x2 − Sx + P = 0, c’est-à-dire

x2 − 5(m − 1)x + 4(m − 1)2 = 0 .

On a
∆ = 25(m − 1)2 − 16(m − 1)2 = 9(m − 1)2 .
On trouve donc
m − 1 et 4(m − 1)

(52) Résoudre le système suivant 


x−y = 2
.
xy = 35

En posant X = x et Y = −y, on est ramené à chercher deux nombres dont la somme X + Y vaut 2
et le produit XY vaut −35. Ils sont racines de

X 2 − 2X − 35 = 0 ,

et l’on trouve 7 et −5. L’ensemble des solutions (x, y) du système de départ sera donc

S = {(7, 5) , (−5, −7)}


1.5. SYSTÈMES D’ÉQUATIONS 33

(53) Résoudre le système suivant

x2 + y 2 =

73
.
xy = −24

En posant X = x2 et Y = y 2 , on est ramené à chercher deux nombres dont la somme X + Y vaut 73


et le produit XY vaut 576. Ils sont racines de
X 2 − 73X + 576 = 0 ,
et l’on trouve 9 et 64. Les nombres x et y étant de signes opposés, l’ensemble des solutions (x, y) du
système de départ sera donc
S = {(3, −8) , (−3, 8) , (8, −3) , (−8, 3)}

(54) Résoudre le système suivant

x2 − y 2 = 5

.
xy = 6

En posant X = x2 et Y = −y 2 , on est ramené à chercher deux nombres dont la somme X + Y vaut 5


et le produit XY vaut −36. Ils sont racines de
X 2 − 5X − 36 = 0 ,
et l’on trouve 9 et −4. On a donc nécessairement
(x2 , −y 2 ) = (9, −4) .
Les nombres, x et y étant de même signe, l’ensemble des solutions (x, y) du système de départ sera
donc
S = {(3, 2) , (−3, −2)}

(55) Résoudre le système suivant



3x − 2y = −5
.
x2 − y 2 = 40
34 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

On tire x de la première équation et on remplace dans la seconde. On a


2y − 5
x= ,
3
puis
9x2 − 9y 2 = (2y − 5)2 − 9y 2 = 360 ,
c’est-à-dire
−5y 2 − 20y − 335 = 0 ,
ou encore
y 2 + 4y + 67 = 0 ,
qui n’a pas de solution. Donc
S = {∅}

(56) Résoudre le système suivant



2x − 5y = −1
.
(x + y)2 = 9

Le système équivaut à
 
2x − 5y = −1 2x − 5y = −1
ou .
x+y = 3 x + y = −3

Ces deux systèmes se résolvent facilement et l’ensemble des solutions (x, y) du système de départ sera
alors   
16 5
S = (2, 1) , − , −
7 7

(57) Résoudre le système suivant



x+y = 5
.
x2 + y 2 = 17
1.5. SYSTÈMES D’ÉQUATIONS 35

On se ramène au système 
S = 5
.
S 2 − 2P = 17
On trouve P = 4, et x et y sont racines de l’équation

x2 − 5x + 4 = 0 .

L’ensemble des solutions (x, y) du système de départ sera donc

S = {(1, 4) , (4, 1)}

(58) Résoudre le système suivant



x−y = 7
.
x2 + y 2 = 37

En posant X = x et Y = −y, on se ramène au système



X +Y = 7
,
X 2 + Y 2 = 37

puis à 
S = 7
.
S2 − 2P = 37
On trouve P = 6, et X et Y sont racines de l’équation

X 2 − 7X + 6 = 0 ,

c’est-à-dire 1 et 6. L’ensemble des solutions (x, y) du système de départ sera donc

S = {(1, −6) , (6, −1)}

(59) Résoudre le système suivant



x + y − xy = −1
.
x2 + y 2 = 13
36 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

On se ramène au système 
S−P = −1
.
S 2 − 2P = 13
On tire P de la première équation et on le remplace dans la seconde,

P = S + 1,

puis
S 2 − 2(S + 1) = 13 ,
ce qui conduit à l’équation
S 2 − 2S − 15 = 0 ,
qui a comme racines 5 et −3. On a donc deux possibilités.

1) Lorsque (S, P ) = (5, 6), les nombres x et y sont racines de

x2 − 5x + 6 = 0 ,

dont les racines sont 3 et 2.

2) Lorsque (S, P ) = (−3, −2), les nombres x et y sont racines de

x2 + 3x − 2 = 0 ,

−3 ± 17
dont les racines sont . Finalement l’ensemble des solutions (x, y) du système de départ sera
2
( √ √ ! √ √ !)
−3 + 17 −3 − 17 −3 − 17 −3 + 17
S = (2, 3) , (3, 2) , , , ,
2 2 2 2

(60) Résoudre le système suivant



x+y = 3
.
x3 + y 3 + 3(x + y) = 18

En utilisant l’exercice 41, on obtient

x3 + y 3 = S 3 − 3P S ,

On se ramène donc au système 


S = 3
.
S3 − 3P S + 3S = 18
1.5. SYSTÈMES D’ÉQUATIONS 37

En remplaçant S par 3 dans la seconde équation on tire P = 2 et x et y sont racines de l’équation

x2 − 3x + 2 = 0 ,

c’est-à-dire 1 et 2. L’ensemble des solutions (x, y) du système de départ sera donc

S = {(1, 2) , (2, 1)}

(61) Résoudre le système suivant

x2 − 2x + y 2 − y = −1

.
y 2 − 4x + 2x2 = −1

En soustrayant à la seconde équation le double de la première, on trouve

−y 2 + 2y = 1 ,

ou encore
y 2 − 2y + 1 = 0 ,
qui a pour solution y = 1. Alors
x2 − 2x = −1 ,
ce qui donne aussi x = 1.

L’ensemble des solutions (x, y) du système de départ sera donc

S = {(1, 1)}

(62) Résoudre le système suivant

x2 − 2x + y = 2

.
2x2 + x − 2y = 6

En éliminant y entre les deux équations, on trouve

4x2 − 3x − 10 = 0 ,
38 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

qui a deux racines 2 et −5/4. Dans le premier cas on obtient y = 2, et dans le second y = −33/16.
L’ensemble des solutions (x, y) du système de départ sera donc
  
5 33
S = (2, 2) , − , −
4 16

(63) Résoudre le système suivant



 x+y+z = 0
z 2 + xy + 5 = 0 .
xy − 2(x + y) = −8

En posant S = x + y et P = xy, on se ramène au système



 S+z = 0
z2 + P + 5 = 0 .
P − 2S = −8

Il équivaut à 
 S = −z
P = −z 2 − 5 ,
P = 2S − 8

ou encore à 
 S = −z
P = −z 2 − 5 ,
P = −2z − 8

et enfin à 
 S = −z
P = −z 2 − 5 .
 2
z − 2z − 3 = 0
La dernière équation a pour racines −1 et 3. Alors,

1) si z = −1, on obtient P = −6 et S = 1, donc x et y sont racines de l’équation

x2 − x − 6 = 0

qui a comme solutions −2 et 3.

2) Si z = 3, on obtint P = −14 et S = −3, donc donc x et y sont racines de l’équation

x2 + 3x − 14 = 0
1.5. SYSTÈMES D’ÉQUATIONS 39


−3 ± 65
qui a comme solutions .
2
L’ensemble des solutions (x, y, z) du système de départ sera donc
( √ √ ! √ √ !)
−3 + 65 −3 − 65 −3 − 65 −3 + 65
S = (−2, 3, −1) , (3, −2, −1) , , ,3 , , ,3
2 2 2 2

(64) Trouver deux nombres dont la différence vaut 8 et la somme des carrés 194.

On a donc le système 
x−y = 8
.
x2 + y 2 = 194
En remplaçant x par 8 + y dans la seconde équation, on trouve

(y + 8)2 + y 2 = 194 ,
d’où, en simplifiant par 2,
y 2 + 8y − 65 = 0 ,
dont les racines sont −13 et 5. Finalement l’ensemble des couples solutions (x, y) est

S = {(13, 5) , (−5, −13)]

(Voir une autre méthode dans l’exercice 58).

(65) Résoudre le système suivant



x+y = m+1
.
x4 + y 4 = m 4 + 1

Une solution évidente du système est {x, y} = {1, m}. Cherchons s’il y en a d’autres. En utilisant
l’expression E6 (x, y) de l’exercice 41, le système devient

S = m+1
.
S − 4S P + 2P = m4 + 1
4 2 2

On tire alors P comme solution de


2P 2 − 4(m + 1)2 P + (m + 1)4 − (m4 + 1) = 0 ,
40 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

et donc, en développant par la formule du binôme, de

2P 2 − 4(m + 1)2 P + (m4 + 4m4 + 6m2 + 4m + 1) − (m4 + 1) = 0 ,

c’est-à-dire, après simplification, de

P 2 − 2(m + 1)2 P + m(2m2 + 3m + 2) = 0 .

Comme m est une racine de l’équation précédente, l’autre est 2m2 + 3m + 2. Dans ce cas x et y sont
racines de
x2 − (m + 1)x + 2m2 + 3m + 2 = 0 ,
qui a pour discriminant

(m + 1)2 − 4(2m2 + 3m + 2) = −7m2 − 10m − 7 ,

et comme ce dernier trinôme a lui-même un discriminant négatif, il est toujours strictement négatif et
il n’y a pas d’autres solutions possibles. Finalement l’ensemble des couples (x, y) solutions du système
de départ est
S = {(1, m) , (m, 1)}

(66) Résoudre le système suivant



x+y = m
.
2(x4 − y 4 ) = (m + 1)3 (x − y)

Il existe une solution évidente x = y = m/2. On suppose dans la suite x 6= y. En écrivant

x4 − y 4 = (x − y)(x + y)(x2 + y 2 ) = (x − y)(x + y) (x + y)2 − 2xy ,


 

le système devient

S = m
.
2S 3 − 4SP = (m + 1)3
On tire alors P comme racine de
2m3 − 4mP = (m + 1)3 ,
c’est-à-dire de
4mP = 2m3 − (m + 1)3 ,
donc, si m n’est pas nul,

2m3 − (m + 1)3 m3 − 3m2 − 3m − 1


P = = ,
4m 4m
1.5. SYSTÈMES D’ÉQUATIONS 41

et x et y sont solutions de l’équation


m3 − 3m2 − 3m − 1
x2 − mx + = 0,
4m
ou encore
4mx2 − 4m2 x + m3 − 3m2 − 3m − 1 = 0 .
Le discriminant réduit de ce trinôme vaut

∆′ = 4m4 − 4m(m2 − 3m2 − 3m − 1) = 4m(3m3 + 3m + 1) ,

Comme le trinôme 3m2 +3m+1 a un discriminant négatif, il est toujours positif et ∆′ est du signe de m.

Le système a donc d’autres solutions que x = y = m/2, si et seulement si m est strictement positif.
L’ensemble des solutions (x, y) est dans ce cas

( r ! r !!
m m 1 3m2 + 3m + 1 1 3m2 + 3m + 1
S = , , m+ , m− ,
2 2 2 m 2 m
r ! r !!)
1 3m2 + 3m + 1 1 3m2 + 3m + 1
m− , m+
2 m 2 m

Sinon, si m ≤ 0,
n m m o
S = ,
2 2

(67) Une somme de 4000 e doit être partagée entre n personnes. Quel est ce nombre, sachant que
s’il y avait quatre personnes de moins, les parts seraient augmentées de 500 e ?

Soit p la part de chacune des n personnes. On a le système de deux équations suivant :



np = 4000
.
(n − 4)(p + 500) = 4000
On en déduit, en soustrayant la première équation de la seconde,

np = 4000
.
500 n − 4p − 2000 = 0
En posant
N = 500 n et P = −4p ,
42 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

on a donc
= −8 · 106

NP
,
N +P = 2 · 103
et N et P sont alors racines de l’équation
x2 − 2 · 103 x − 8 · 106 = 0 .
On trouve
∆′ = 106 + 8 · 106 = 9 · 106 = (3 · 103 )2 ,
d’où les racines 4 · 103 , et −2 · 103 . Comme N est positif et P négatif, on en déduit
N = 4 · 103 et P = −2 · 103 .
Finalement
n=8 et p = 500 e

(68) Deux ouvriers font un travail en 12 jours. Si, travaillant séparément, ils en faisaient chacun
la moitié, le travail serait terminé en 25 jours. Combien chacun d’eux mettrait-il pour faire tout le
travail ?

Soit x et y les temps en jours mis respectivement par les deux ouvriers pour faire tout le travail. On
suppose x ≤ y. Quand chacun met la moitié de ces temps, le travail dure 25 jours, ce qui donne une
première équation
x+y
= 25 .
2
En un jour le premier ouvrier fait 1/x−ième du travail, et le second 1/y−ième. En douze jours ils
effectuent le travail total, ce qui donne la seconde équation
 
1 1
12 + = 1.
x y
On obtient donc un système que l’on peut écrire, en multipliant par le dénominateur des fractions,

x+y = 50
,
12(x + y) = xy
ou encore 
x + y = 50
,
xy = 600
Les nombres x et y sont racines de l’équation
X 2 − 50X + 600 = 0
c’est-à-dire 20 et 30, donc
(x, y) = (20 jours, 30 jours)
1.6. POSITION D’UN NOMBRE PAR RAPPORT AUX RACINES 43

1.6 Position d’un nombre par rapport aux racines


Dans ce paragraphe, on appellera x1 la plus petite racine et x2 la plus grande.

(69) Etudier la position du nombre 5 par rapport aux racines de l’équation

(m2 + 2)x2 + 12x + 10 − 16m2 = 0 .

On étudie la position du nombre ξ = 5 par rapport aux racines en étudiant, en plus de celui de ∆′ ,
les signes de af (ξ) et S/2 − ξ, car le nombre ξ se trouve à l’extérieur des racines si et seulement si
af (ξ) est positif, et, dans ce cas, il est plus grand que la plus grande racine si et seulement si ξ > S/2,
c’est-à-dire S/2 − ξ < 0.

On obtient les inéquations


∆′ = 36 − (m2 + 2)(10 − 16m2 ) = 16m4 + 22m2 + 16 > 0 ,
af (5) = (m2 + 2) (25(m2 + 2) + 60 + 10 − 16m2 = (m2 + 2)(9m2 + 120) > 0 ,
 

S 6 5m2 + 16
−5=− 2 −5 = − 2 < 0.
2 m +2 m +2
Il en résulte que, quel que soit m, on a
x1 < x2 < 5

(70) Pour quelles valeurs de m les racines de l’équation

(m − 1)x2 − 2(m + 1)x + 2m − 1 = 0

vérifient-elles les inégalités


−6 < x1 < 4 < x2 .

La condition
af (4) = (m − 1)(10m − 25) < 0
est vérifiée dans l’intervalle M1 = ] 1, 5/2 [ . Elle implique que le nombre 4 soit compris entre les racines
(et donc que ∆ soit positif).
44 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

La condition
af (−6) = (m − 1)(50m − 25) > 0
est vérifiée dans l’ensemble M2 = ] −∞, 1/2 [ ∪ ] 1, ∞ [ . Elle implique que le nombre −6 soit à l’extérieur
des racines.

Alors la condition demandée est vérifiée lorsque les deux conditions précédentes sont satisfaites sim-
multanément, et comme M1 est inclus dans M2 , c’est le cas lorsque m appartient à M1 . Donc

M = ] 1, 5/2 [

(71) Pour quelles valeurs de m les racines de l’équation

−3x2 + (m + 1)x + 1 = 0

vérifient-elles les inégalités


−1 < x1 < x2 .

Le discriminant (m + 1)2 + 12 est toujours strictement positif. Ensuite, la condition


af (−1) = 3(m + 3) > 0
est vérifiée dans l’intervalle M1 = ] −3, ∞ [ . Elle implique que le nombre −1 soit à l’extérieur des
racines. Puis la condition
S m+7
+1= >0
2 6
est vérifiée dans l’intervalle M2 = ] −7, ∞ [ . Alors la condition demandée est vérifiée lorsque les condi-
tions précédentes sont satisfaites simmultanément, c’est-à-dire lorsque m appartient à M = M1 ∩ M2 ,
et puisque M1 est inclus dans M2 , on obtient

M = ] −3, ∞ [

(72) Pour quelles valeurs de m les racines de l’équation

x2 − 2(m + 2)x + m2 + 2m + 2 = 0

vérifient-elles les inégalités


1 < x1 < x2 < 5 .
1.6. POSITION D’UN NOMBRE PAR RAPPORT AUX RACINES 45

Parmi les conditions nécessaires pour avoir les inégalités demandées, on a besoin de

af (1) = m2 − 1 > 0 ,

qui est vérifiée dans l’ensemble M1 = ] −∞, −1 [ ∪ ] 1, ∞ [ ,

af (5) = m2 − 8m + 7 > 0 ,

qui est vérifiée dans l’ensemble M2 = ] −∞, 1 [ ∪ ] 7, ∞ [ ,


S
− 1 = m + 1 > 0,
2
qui est vérifiée dans l’intervalle M3 = ] −1, ∞ [ , et de
S
− 5 = m − 3 < 0,
2
qui est vérifiée dans l’intervalle M4 = ] −∞, 3 [ . Or on constate que l’intersection des quatre ensembles
précédents est vide. Donc
M =∅

(73) Pour quelles valeurs de m les racines de l’équation

3(m + 1)x2 − 3(3m + 2)x + 2(3m + 2) = 0

vérifient-elles les inégalités


−1 < x1 < x2 < 1 .

Pour avoir les inégalités demandées, on a besoin des conditions

∆ = 9(3m + 2)2 − 24(3m + 2)(m + 1) = 3(3m + 2)(m − 2) > 0 ,

qui est vérifiée dans l’ensemble M1 = ] −∞, −2/3 [ ∪ ] 2, ∞ [ ,

af (1) = 3(m + 1) > 0 ,

qui est vérifiée dans l’intervalle M2 = ] −1, ∞ [ ,

af (−1) = 3(m + 1)(18m + 13) > 0 ,

qui est vérifiée dans l’ensemble M3 = ] −∞, −1 [ ∪ ] −13/18, ∞ [ ,


S m
−1= < 0,
2 2(m + 1)
46 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

qui est vérifiée dans l’intervalle M4 = ] −1, 0 [ , et enfin

S 5m + 4
+1= > 0,
2 2(m + 1)

qui est vérifiée dans l’ensemble M5 = ] −∞, −1 [ ∪ ] −4/5, ∞ [ . En procédant comme dans les exercices
25 à 27, l’intersection des cinq ensembles précédents est alors

M = ] −13/18, −2/3 [

|) |) |) |) |) | \( \( \( \( \( | \ \ \ \ \| | / / / / / | / / / / /| ) ) ) ) )
−1 4 13 2 0 2
− − −
5 18 3

(74) Etudier la position du nombre 3 par rapport aux racines de l’équation

(m − 1)x2 − 2(m + 1)x + (m + 2) = 0 .

On a
∆′ = (m + 1)2 − (m − 1)(m + 2) = m + 3 ,
 
af (3) = (m − 1) 9(m − 1) − 6(m + 1) + m + 2 = (m − 1)(4m − 13) ,
S m+1 4 − 2m
−3 = −3= .
2 m−1 m−1
On peut alors former le tableau de signes suivant, qui permet de déduire la position du nombre 3 par
rapport aux racines.
13
m −∞ −3 1 2 +∞
4
∆ − O + + + +

af (3) + + − − O +

S/2 − 3 − − + O − −

pas de solution x1 < x2 < 3 x1 < 3 < x2 x1 < x2 < 3

x1 = x2 x1 = 3/4 x1 < 3
<3 <3 x2 = 3
1.6. POSITION D’UN NOMBRE PAR RAPPORT AUX RACINES 47

(75) Etudier la position des nombres 0 et 1 par rapport aux racines de l’équation

(m + 2)x2 + (m + 2)x − 3m + 3 = 0 .

On constate que S/2 = −1/2 est inférieur à 0 et 1. Pour étudier la position des nombres 0 et 1 par
rapport aux racines il suffit d’étudier, en plus de celui de ∆, les signes de af (0) et af (1), que l’on fait
apparaı̂tre dans le tableau suivant.

On a
∆ = (m + 2)2 + 4(3m − 3)(m + 2) = (m + 2)(13m − 10) ,

af (0) = (m + 2)(3 − 3m) ,


 
af (1) = (m + 2) 2(m + 2) − 3m + 3 = (m + 2)(7 − m) .

10
m −∞ −2 1 7 +∞
13
∆ + − O + + +

af (0) − + + O − −

af (1) − + + + O −

x1 < 0 < 1 < x2 pas de solution x1 < x2 < 0 < 1 x1 < 0 < x2 < 1 x1 < 0 < 1 < x2

pas de x1 = x2 x1 < x2 x1 < 0


solution <0<1 =0<1 < x2 = 1

(76) Soit l’équation

(1) (2m − 1)x2 − (m − 2)x + 1 = 0 .

Déterminer m pour que l’équation admette deux racines distinctes satisfaisant à l’inégalité

(m − 1)x2 > x .

Si m est différent de 1, l’inégalité peut s’écrire


 
1
(m − 1)x x − > 0,
m−1
48 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

1
et le problème revient à comparer les nombres 0 et aux racines de l’équation (1). On a tout
m−1
d’abord
∆ = (m − 2)2 − 4(2m − 1) = m2 − 12m + 8 ,

dont les racines sont 6 ± 2 7. On a aussi
   
1 2m − 1 m−2 (2m − 1)(3m − 2)
af (0) = 2m − 1 et af = (2m − 1) 2
− +1 = ,
m−1 (m − 1) m−1 (m − 1)2

m−2 S 1 m2 − 7m + 4
S= − et= .
2m − 1 2 m−1 2(m − 1)(2m − 1)

7 ± 33
Le numérateur de la dernière fraction a pour racines . Pour étudier le signe de cette fraction
2
on fait le tableau suivant.
√ √
1 7− 33 7+ 33
m −∞ 1 ∞
2 2 2
m2 − 7m + 4 + + O − − O +

(m − 1)(2m − 1) + O − − O + +

S 1 + − O + − O +

2 m−1

On peut alors former le tableau de signes qui suit.


√ √
1 7− 33 2 √ 7+ 33 √
m −∞ 6−2 7 1 2 6+2 7 +∞
2 2 3 2
∆ + + + + O − − − − O +

af (0) − + + + + + + + +
 
1
af + − − O + + + + + +
m−1
S + − − − − − O + + +

S 1
− + − + + + − − + +
2 m−1

ZONE 1 2 3 pas de solution 4

Dans les zones 1 et 2 un seul des deux nombres 0 ou 1/(m − 1) est compris entre les racines, donc une
seule des racine est comprise entre les nombres 0 et 1/(m − 1) et le produit
 
1
Hm (x) = x x −
m−1
n’a pas le même signe pour les deux racines.
1.7. EXERCICES GÉNÉRAUX 49

Dans la zone 3, on a
1
< x1 < x2 < 0 ,
m−1
donc Hm (x) et négatif pour les deux racines et m − 1 est également négatif, et dans la zone 4
1
0< < x1 < x2 ,
m−1
et cette fois Hm (x) est positif pour les deux racines et m − 1 est également positif. Dans les deux cas
le produit (m − 1)H(x) est positif pour les deux racines. L’ensemble cherché est donc
√ √
M = ] 2/3, 6 − 2 7 [ ∪ ] 6 + 2 7, ∞ [

1.7 Exercices généraux

(77) 1) Montrer que l’équation

(1) x2 + (3m − 5)x + 2m2 − 7m = 0

admet, pour tout m, deux racines distinctes. Quel est le minimum de |x1 − x2 | ?
2) Montrer que l’équation
3 2
(2) + =1
x + 2m x + m
admet, deux racines distinctes sauf pour une valeur de m que l’on déterminera.

1) Le discriminant vaut

∆ = (3m − 5)2 − 4(2m2 − 7m) = m2 − 2m + 25 = (m − 1)2 + 24 ,

et il est toujours strictement positif. Donc l’équation admet deux racines distinctes. De plus

|x1 − x2 | = ∆ ,

et la valeur la plus petite est obtenue pour m = 1 et vaut 24.

2) Lorsque x est distinct de −m et −2m, l’équation (2) redonne l’équation (1) en réduisant au même
dénominateur. Cherchons si −m et −2m peuvent être racines du trinôme. On a

f (−m) = m2 − (3m − 5)m + 2m2 − 7m = −2m ,

ainsi que
f (−2m) = 4m2 − 2(3m − 5)m + 2m2 − 7m = 3m .
50 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

Donc f (−m) ou f (−2m) est nul si et seulement si m = 0. En dehors de ce cas, l’équation (2) a, comme
l’équation (1), toujours deux racines distinctes.

Dans le cas où m = 0, l’équation (2) a comme racine unique x = 5, qui est aussi la deuxième racine
de (1).

(78) Soit a et b deux nombres réels (a non nul), et c1 et c2 deux nombres réels vérifiant les
inégalités

b2
(1) > ac1 > ac2 .
4
On pose
f1 (x) = ax2 + bx + c1 et f2 (x) = ax2 + bx + c2 .
Montrer que les trinômes f1 et f2 admettent des racines distinctes et que les racines de f1 sont
comprises entre celles de f2 .
Etablir la réciproque de cette proposition.

Si l’on a (1) les discriminants

∆1 = b2 − 4ac1 et ∆2 = b2 − 4ac2

sont strictement positifs. Donc les trinômes f1 et f2 admettent des racines distinctes. On a toujours

f2 (x) = f1 (x) + c2 − c1 ,

donc, si ξ est une racine de f1 on obtient

af2 (ξ) = af1 (ξ) + a(c2 − c1 ) = a(c2 − c1 ) ,

et, d’après (1), cette expression est négative, ce qui montre que ξ se trouve entre les racines de f2 .

Réciproquement, si les racines de f1 et f2 existent, alors la positivité des discriminants implique

b2 − 4ac1 > 0 et b2 − 4ac2 > 0 ,

soit
b2 b2
> ac1 et > ac2 .
4 4
Si les racines de f1 sont comprises entre celles de f2 , alors pour une racine ξ de f1 , on doit avoir af2 (ξ)
négatif. Or ceci n’est autre que a(c2 − c1 ), ce qui montre que

ac2 < ac1 .


1.7. EXERCICES GÉNÉRAUX 51

(79) Soit le trinôme


f (x) = ax2 + bx + c .
1) Montrer que le produit ∆ a f (−b/2a) est négatif.
2) Montrer que si le discriminant ∆ est strictement négatif, le trinòme est toujours du signe de c

1) Puisque l’on a
4ac − b2 ∆
f (−b/2a) = =− ,
4a 4a
on obtient
∆2
∆ a f (−b/2a) = − ≤ 0.
4
2) Si ∆ est strictement négatif, alors
b2 < 4ac ,
et les nombres a et c sont de même signe. Donc, puisque le trinôme est du signe de a, il sera aussi du
signe de c.

(80) Soit le trinôme


f (x) = (x + m)(x − 2m) + m − 5x .
Montrer, sans calculer le discriminant, que ce trinôme possède des racines distinctes.

Si m est non nul, on constate que


f (−m)f (2m) = −54 m2 < 0 .
Le trinôme s’annule donc entre −m et 2m, ce qui prouve qu’il possède deux racines distinctes. Par
ailleurs, si m est nul, le trinôme est alors x2 − 5x et a aussi deux racines distinctes 0 et 5.

(81) Déterminer m pour que les équations

(E1 ) x2 + (m − 1)x + m − 2 = 0 et (E2 ) x2 + (m − 2)x + 3m − 5 = 0

admettent une racine commune et résoudre dans ce cas les équations.


52 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

Par soustraction des deux équations, une racine commune est aussi racine de

x − 2m + 3 = 0 .

La solution commune, si elle existe, vaut donc 2m − 3. En reportant dans la première équation on
obtient
2(3m2 − 8m + 5) = 0 .
On trouve deux valeurs de m possibles 1 et 5/3.

Pour m = 1 les équations deviennent

x2 − 1 = 0 et x2 − x − 2 = 0 ,

qui ont comme racines respectives

S1 = {1 , −1} et S2 = {2 , −1}

Pour m = 5/3, on obtient cette fois


2 1 1
x2 + x − = 0 et x2 − x = 0,
3 3 3
qui ont comme racines respectives
   
1 1
S1 = , −1 et S2 = , 0
3 3

(82) Soit l’équation


(m − 1)x2 + (2m + 3)x + m2 − 4m + p = 0 .
1) Lorsque p = −4, déterminer m pour que 1 soit racine et trouver la seconde racine.
2) Déterminer p pour que l’équation admette une racine double si m = 0 et, pour cette valeur de
p, déterminer les autres valeurs de m telles que l’équation admette une racine double.
3) Même problème pour m = −1.

1) On a ici l’équation
(m − 1)x2 + (2m + 3)x + m2 − 4m − 4 = 0 .
Le nombre 1 est racine si et seulement si

(m − 1) + (2m + 3) + m2 − 4m − 4 = 0 ,
1.7. EXERCICES GÉNÉRAUX 53

c’est-à-dire
m2 − m − 2 = 0 ,
ce qui donne les valeurs
M = {−1 , 2}
m2 − 4m − 4
Le produit des racines valant , la seconde racine vaut −1/2 lorsque m = −1 et vaut −8
m−1
lorsque m = 2.

2) Le discriminant vaut
∆ = (2m + 3)2 − 4(m − 1)(m2 − 4m + p) = −4m3 + 24m2 − 4(p + 1)m + 4p + 9 .
En écrivant que ce discriminant est nul pour m = 0, on obtient alors p = −9/4, et dans ce cas
∆ = −4m3 + 24m2 + 5m = −m(4m2 − 24m − 5) .

12 ± 2 41
En plus de la valeur 0, les racines du trinôme4m2
− 24m − 5 annulent ∆. Ce sont donc
4
( √ √ )
9 6 + 41 6 − 41
p=− M = 0, ,
4 2 2

3) On écrit que le discriminant est nul pour m = −1, ce qui donne cette fois p = −41/8, et l’on obtient
dans ce cas  
33 23 23
∆ = −4m3 + 24m2 + m− = (m + 1) −4m2 + 28m − .
2 2 2

2 14 ± 5 6
En plus de la valeur −1, les racines du trinôme −4m + 28m − 23/2 annulent ∆. Ce sont
4
donc ( √ √ )
41 14 + 5 6 14 − 5 6
p=− M = 0, ,
8 4 4

(83) Soit l’équation

(1) (x − p)(x − q) = r 2 .

1) Montrer qu’elle admet toujours des racines.


2) Soit r = 2. Trouver p et q pour que (1) ait comme racines 3 et −2.

3) Sachant que les racines de (1) sont x1 et x2 , montrer que p et q sont racines de

(2) (y − x1 )(y − x2 ) = −r 2 .
54 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

1) L’équation s’écrit
x2 − (p + q)x + pq − r 2 = 0
et a pour discriminant

∆ = (p + q)2 − 4(pq − r 2 ) = (p − q)2 + 4r 2 ≥ 0 .

Donc l’équation admet des racines.

2) En écrivant que 3 et −2 sont racines, on obtient le système



pq − 3(p + q) = −5
.
pq + 2(p + q) = 0
On en tire
p + q = 1 et pq = −2 .
Donc p et q sont racines du trinôme x2 − x − 2 qui a pour racines −1 et 2. L’ensemble des couples
(p, q) solutions est alors
S = {(−1, 2) , (2, −1)}

3) De manière générale, le système

(x1 − p)(x1 − q) = r 2

,
(x2 − p)(x2 − q) = r 2

devient
pq − x1 (p + q) = r 2 − x21

,
pq − x2 (p + q) = r 2 − x22
et par soustraction
(p + q)(x1 − x2 ) = x21 − x22 .
Si l’on suppose x1 et x2 distincts, on obtient, en divisant par x1 − x2 ,

p + q = x1 + x2 ,

puis
pq = x1 (p + q) + r 2 − x21 = x1 (x1 + x2 ) + r 2 − x21 = x1 x2 + r 2 ,
Alors p et q sont racines de
y 2 − (x1 + x2 )y + x1 x2 + r 2 = 0 ,
c’est-à-dire de (2)

Reste à étudier le cas où x1 = x2 . Cela signifie que ∆ est nul, ce qui a lieu si et seulement si p = q et
r = 0. Dans ce cas p est racines double de (1) et les équations (1) et (2) sont respectivement

(x − p)2 = 0 et (y − p)2 = 0 .
1.7. EXERCICES GÉNÉRAUX 55

(84) 1) Soit m non nul. Former une équation du deuxième degré dont les racines vérifient
3m − 4

 x1 + x2 + 2x1 x2 =

m .

x1 x2 − x1 − x2 = −1

2) Trouver suivant les valeurs de m les racines et leur signe.


3) Déterminer m pour que
x1 − 2x2 = 1 .

1) Le système s’écrit  3m − 4
 S + 2P
 =
m ,

−S + P = −1

et donne facilement
2m − 4 5m − 4
P = et S = .
3m 3m
On obtient comme équation

3mx2 − (5m − 4)x + (2m − 4) = 0

2) Le discriminant vaut

∆ = (5m − 4)2 − 12m(2m − 4) = m2 + 8m + 16 = (m + 4)2 ,

et l’équation a toujours deux racines. L’une des racines vaut 1 et l’autre est le produit P qui est du
signe de m(m − 2). Donc la deuxième racine est positive dans l’ensemble ] −∞, 0 [ ∪ ] 2, ∞ [ , négative
dans l’intervalle ] 0, 2 [ , et nulle si m = 2.

3) Si l’on veut avoir de plus x1 − 2x2 = 1, il y a deux possibilités.


2m − 4
a) Si x1 = 1 et x2 = , alors l’équation devient
3m
m−2
x1 − 2x2 = 1 − 4 = 1,
3m
et a pour solution m = 2. On trouve d’ailleurs dans ce cas les racines évidentes x1 = 1, x2 = 0.
56 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

2m − 4
b) Si x1 = et x2 = 1, alors l’équation devient
3m
m−2
x1 − 2x2 = 2 − 2 = 1,
3m
c’est-à-dire
7m + 4
− = 0,
3m
et a pour solution m = −4/7. Donc
 
4
M = 2, −
7

(85) Soit le trinôme

f (x) = (m2 − 3m)x2 − (2m2 − 6m + 9)x + m2 − 3m .

1) Etudier l’existence et le signe des racines de l’équation

(1) f (x) = 0 ,

et calculer ses racines, puis factoriser le trinôme f (x).


2) En considérant (1) comme une équation en m, calculer en fonction de x les racines m1 et m2 .

1) On peut écrire l’équation

m(m − 3)(x2 + 1) − 2m(m − 3) + 9 x = 0 .


 

Donc si m = 0 ou m = 3, l’équation a comme unique racine le nombre x = 0.

Pour les autres valeurs de m le discriminant vaut


2  2 2
∆ = 2m(m − 3) + 9 − 2m(m − 3) = 36m(m − 3) + 81 = 9(4m2 − 12m + 9) = 3(2m − 3) .
 

Les racines se calculent facilement. La première vaut

2m2 − 6m + 9 − 3(2m − 3) 2m2 − 12m + 18 (m − 3)2


x1 = = =
2m(m − 3) 2m(m − 3) m(m − 3)

et comme P = 1, la deuxième racine est l’inverse de x1 et l’on trouve


 
m−3 m
S = ,
m m−3
1.7. EXERCICES GÉNÉRAUX 57

Les racines sont du signe de m(m−3). Elles sont positives lorsque m appartient à l’ensemble ] −∞, 0 [ ∪ ] 3, ∞ [
et négatives lorsque m appartient à l’intervalle ] 0, 3 [ .

On a alors la factorisation
m−3
  
m
f (x) = m(m − 3) x − x− .
m−3 m

2) On a encore
     
f (x) = (m − 3)x − m mx − (m − 3) = m(x − 1) − 3x m(x − 1) + 3 .

Alors, si x est distinct de 1, les racines en m sont


 
3x 3
M = , −
x−1 x−1

(86) 1) Discuter suivant les valeurs de m l’existence des racines de l’équation

x2 − 2(m + 1)x + 3m + 1 = 0 .

2) Déterminer m pour que les racines vérifient l’équation

x21 + x22 = (x1 + 2)(x2 + 2) − 2(x1 + x2 ) .

3) Former une équation du deuxième degré admettant les racines

y1 = 2x1 − 3x2 et y2 = 2x2 − 3x1 ,

et en déduire les valeurs de m pour lesquelles

2x1 − 3x2 = 1 ,

puis retrouver ce résultat directement.

1) Le discriminant réduit vaut

∆′ = (m + 1)2 − (3m + 1) = m(m − 1) .

Les racines existent si et seulement si m appartient à l’ensemble ] −∞, 0 ] ∪ [ 1, ∞ [ .

2) L’équation s’écrit
(x1 + x2 )2 − 2x1 x2 = x1 x2 + 4
58 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

c’est-à-dire
S 2 − 3P − 4 = 0 ,
et donc
4(m + 1)2 − 3(3m + 1) − 4 = 0 ,
ce qui donne
4m2 − m − 3 = 0 ,
donc  
3
M = 1, −
4

3) On a
y1 + y2 = −(x1 + x2 ) = −2(m + 1) ,
et

y1 y2 = 13 x1 x2 − 6(x21 + x22 ) = 25 x1 x2 − 6(x1 + x2 )2 = 25(3m + 1) − 24(m + 1)2 = −24m2 + 27m + 1 ,

d’où l’équation
y 2 + 2(m + 1)y − 24m2 + 27m + 1 = 0

Dire que 2x1 − 3x2 = 1, revient à dire que 1 est racine de cette équation, donc

1 + 2(m + 1) − 24m2 + 27m + 1 = 0 ,

c’est-à-dire
−24m2 + 29m + 4 = 0 .
Le discriminant de cette équation vaut

δ = 292 + 16 × 24 = 1225 = 352 ,


29 ± 35
et les racines valent , d’où, en simplifiant,
48
 
4 1
M = , −
3 8

(Les racines appartiennent bien à ] −∞, 0 [ ∪ ] 1, ∞ [ ).

En partant du système 
 2x1 − 3x2 = 1
x1 + x2 = 2(m + 1) ,
x1 x2 = 3m + 1

1.7. EXERCICES GÉNÉRAUX 59

on tire facilement des deux premières équations

5x1 = 6m + 7 et 5x2 = 4m + 3 ,

puis, en reportant dans la troisième,

25x1 x2 = (6m + 7)(4m + 3) = 25(3m + 1) ,

ce qui donne
24m2 − 29m − 4 = 0 .
On retrouve bien, au signe près, la même équation que ci-dessus.

(87) Pour quelles valeurs de m l’équation

(m − 2)x2 − 2(m + 1)x + m + 3 = 0

a-t-elle deux racines dont la somme des carrés vaut 52 ? Résoudre l’équation dans ce cas.

On exclut le cas m = 2. Le discriminant réduit vaut

∆′ = (m + 1)2 − (m − 2)(m + 3) = m + 7 .

L’équation a deux racines si et seulement si m > −7. On résout le système


 2

 x1 + x22 = 52



m+1



x1 + x2 = 2
 m−2 .


m+3



 x1 x2
 =
m−2
Alors,
 2
m+1 m+3
x21 + x22 2
= S − 2P = 2 −2 = 52 ,
m−2 m−2
puis
52(m − 2)2 − 4(m + 1)2 + 2(m + 3)(m − 2) = 0 ,
et finalement, après simplification,

25m2 − 107m + 96 = 0 .

Le discriminant vaut
1072 − 4 × 25 × 96 = 1849 = 432 ,
60 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

107 ± 43
et les racines sont ce qui donne
50
 
32
M = 3,
25

Lorsque m = 3, l’équation devient


x2 − 8x + 6 = 0 ,
de discriminant réduit 10, d’où
√ √
S = {4 + 10 , 4 − 10}

Lorsque m = 32/25, l’équation devient

−18x2 − 114x + 107 = 0 ,

de discriminant réduit
572 + 18 × 107 = 5175 = 25 × 9 × 23 .

−57 ± 15 23
Les racines sont donc , d’où, en simplifiant,
18
( √ √ )
−19 − 5 23 −19 + 5 23
S = ,
6 6

(88) Les racines x1 et x2 d’une équation du deuxième degré vérifient le système


5

 x1 + x2 + 2x1 x2 = m − 1



.

 3m − 2
 x1 x2 − x1 − x2 =

m−1
1) Lorsque m 6= 1, former une telle équation et étudier suivant les valeurs de m l’existence et le
signe des racines.
2) Discuter le nombre N de racines situées dans l’intervalle ] −2, 1 [ .
3) Pour quelles valeurs de m l’une des racines est-elle le double de l’autre ?

1), En additionnant on trouve

m+1 3 − 2m
x1 x2 = puis x1 + x2 = ,
m−1 m−1
1.7. EXERCICES GÉNÉRAUX 61

d’où l’équation
(m − 1)x2 + (2m − 3)x + (m + 1)

On étudie les signes de

∆ = (2m − 3)2 − 4(m − 1)(m + 1) = −12m + 13 ,

et de S et P que l’on fait apparaı̂tre dans le tableau suivant.

13 3
m −∞ −1 1 +∞
12 2
∆ + + + O − −

S − − + + O −

P + O − + + +

x1 < x2 < 0 x1 < 0 < x2 0 < x1 < x2 pas de solution pas de solution
x2 < |x1 |

x1 = −5/2 x1 = x2
x2 = 0 =5

2) On étudie la position des racines par rapport au nombres −2 et 1 en étudiant, en plus de celui de
∆, les signes de
af (−2) = (m − 1)(m + 3) et af (1) = (m − 1)(4m − 3) ,
ainsi que ceux de
S 2m − 1 S 5 − 4m
+2= et −1 = ,
2 2(m − 1) 2 2(m − 1)
que l’on fait apparaı̂tre dans le tableau suivant.
1 3 13 5
m −∞ −3 1 +∞
2 4 12 4
∆ + + + + + O − −

af (−2) + O − − − + + +

af (1) + + + O − + + +

S/2 + 2 + + O − − + + +

S/2 − 1 − − − − + + O −

−2 < x1 x1 < −2 −2 < 1


x1 < −2 < x2 < 1
< x2 < 1 < 1 < x2 < x1 < x2

N 2 1 0 0 0 0
62 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

Cas particuliers.

Pour la valeur m = −3 on a x1 = −2 < x2 < 1 et pour m = 3/4, on a x1 < −2 < x2 = 1.

En résumé, si m appartient à l’intervalle ] −∞, −3 [ , l’équation possède deux racines dans l’intervalle
] −2, 1 [ , et si m appartient à l’intervalle [ −3, 3/4 [ , l’équation possède une seule racine dans l’inter-
valle ] −2, 1 [ . Dans les autres cas, ou bien elle n’a pas de racine, ou bien ses racines ne sont pas dans
l’intervalle voulu.

3) On a le système 

 x1 = 2x2


3 − 2m


x1 + x2 = .

 m−1

 m+1
x1 x2 =


m−1
On en tire
3 − 2m 2(3 − 2m)
x2 = et x1 = ,
3(m − 1) 3(m − 1)
et, en remplaçant dans la dernière équation,
2 3 − 2m 2 m + 1
 
x1 x2 = = ,
9 m−1 m−1
puis
2(3 − 2m)2 = 9(m + 1)(m − 1) ,
et finalement
m2 + 24m − 27 = 0 ,

dont les racines sont −12 ± 171. Seule la racine négative est inférieure à 13/12. On a donc finalement
 √
M = −12 − 171

(89) Soit l’équation


x2 − 2(m + 1)x + 3m + 2 = 0 .
1) Etudier l’existence et le signe des racines.
2) Déterminer m pour que les racines verifient l’équation

x1 + x2 = x31 + x32 .

3) Trouver une relation entre les racines indépendante de m. En déduire les valeurs des racines
lorsqu’elles sont égales.
1.7. EXERCICES GÉNÉRAUX 63

1) On étudie les signes de

∆′ = (m + 1)2 − (3m + 2) = m2 − m − 1 ,

1± 5
dont les racines sont , et de
2
S = 2(m + 1) et P = 3m + 2 ,

que l’on fait apparaı̂tre dans le tableau suivant.

√ √
2 1− 5 1+ 5
m −∞ −1 − +∞
3 2 2
∆′ + + + O − O +

S − O + + + +

P − − O + + +

x1 < 0 < x2 x1 < 0 < x2 0 < x1 < x2 pas de solution 0 < x1 < x2
x2 < |x1 | |x1 | < x2

x2 = −x1 x1 = 0 x1 = x2 x1 = x2
=1 x2 = 2/3

2) L’expression E4 (x1 , x2 ) de l’exercice 41 permet d’écrire

x31 + x32 = S 3 − 3SP .

L’équation
x31 + x32 = x1 + x2
est donc équivalente à
S 3 − 3SP = S ,
c’est-à-dire à
S(S 2 − 3P − 1) = 0 .
On obtient déjà la solution −1 qui annule S. Ensuite

S 2 − 3P − 1 = 4(m + 1)2 − 3(3m + 2) − 1 = 4m2 − m − 3 = 0 .

La valeur m = 1 ne convient pas, car ∆′ est négatif dans ce cas. Par contre la solution m = −3/4
convient. Finalement  
3
M = −1 , −
4
3) Pour trouver une relation indépendante de m, on élimine m entre S et P , et l’on obtient
P −2 S−2
m= = ,
3 2
64 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

d’où
2x1 x2 − 4 = 3(x1 + x2 ) − 6 .
On a donc la relation
3(x1 + x2 ) − 2x1 x2 = 2
En particulier, lorsque x1 = x2 , on trouve

2x21 − 6x1 + 2 = 0 ,

ce qui donne les racines


√ √
3+ 5 3− 5
,
2 2

(90) Soit l’équation


(1 + m)x2 + 2px + 1 − m = 0 .
1) Lorsque m = p étudier la position des racines par rapport aux nombres 1 et −1.
2) On suppose les racines x1 et x2 distinctes de 1. Ecrire une équation du deuxième degré dont les
racines sont
x1 + 1 x2 + 1
y1 = et y2 = .
x1 − 1 x2 − 1
3) Les deux équations peuvent-elles avoir une et une seule racine commune ? Quelle doit être cette
racine ? Quelle relation doit lier m et p pour qu’il en soit ainsi ?

4) Lorsque les équations n’ont pas de racine commune, quelle relation doit-il exister entre m et p
pour que
y 1 − x1 y 1 − x2
+ =0?
y 2 − x1 y 2 − x2

1) Lorsque m = p on a l’équation

(1 + m)x2 + 2mx + 1 − m = 0 .

On étudie les signes de


∆′ = m2 − (1 − m)(1 + m) = 2m2 − 1 ,
ainsi que de
af (1) = 2(1 + m)2 > 0 et af (−1) = 2(1 + m)(1 − m) ,
et de
S m 2m + 1 S m 1
−1=− −1 = − et +1=− +1=
2 m+1 m+1 2 m+1 m+1
que l’on place dans le tableau suivant.
1.7. EXERCICES GÉNÉRAUX 65

√ √
2 1 2
m −∞ −1 − − 1 ∞
2 2 2
∆ + + O − − O + +

af (1) + + + + + +

af (−1) − + + + + O −

S/2 − 1 − + + O − − −

S/2 + 1 − + + + + +

x1 < −1 −1 < 1 −1 < x1 x1 < −1


pas de solution
< x2 < 1 < x1 < x2 < x2 < 1 < x2 < 1

x1 = 1 −1 < 1 −1 < x1 −1 = x1
< x1 = x2 = x2 < 1 < x2 < 1
2) On calcule
x1 + 1 x2 + 1 2x1 x2 − 2 2P − 2 2m
y1 + y2 = + = = =− ,
x1 − 1 x2 − 1 x1 x2 − x1 − x2 + 1 P −S+1 p+1
et
x1 + 1 x2 + 1 x1 x2 + x1 + x2 + 1 P +S+1 1−p
y1 y2 = = = = .
x1 − 1 x2 − 1 x1 x2 − x1 − x2 + 1 P −S+1 1+p
Les nombres y1 et y2 vérifient l’équation

(1 + p)x2 + 2mx + 1 − p = 0

Les rôles de m et p sont inversés.

3) On étudie le système

(1 + m)x2 + 2px + 1 − m = 0

,
(1 + p)x2 + 2mx + 1 − p = 0
où m et p sont distincts de −1.

En éliminant x2 entre les deux équations, on obtient

(1 + p)(2px + 1 − m) = (1 + m)(2mx + 1 − p) ,

ce qui donne en développant


2x(p − m + p2 − m2 ) = 2(m − p) ,
et donc, en simplifiant par p − m,
x(1 + m + p) = −1 .
S’il existe une racine ξ commune aux deux équations, elle est unique et vaut, si m + p + 1 est non nul,

1
ξ=−
m+p+1
66 CHAPITRE 1. ÉQUATIONS

En soustrayant membre à membre les deux équations, on obtient


(m − p)(x2 − 2x − 1) = 0 .
Donc, si m est distinct de p, le système initial équivaut à

(1 + m + p)x = −1
.
x2 − 2x − 1 = 0
Il en résulte que les seules solutions communes possibles sont
√ √
1 + 2 et 1 − 2
En exprimant que ξ est racine du trinôme x2 − 2x − 1, on obtient la relation
1 2
+ − 1 = 0,
(m + p + 1)2 m+p+1
qui équivaut à
1 + 2(m + p + 1) − (m + p + 1)2 = 0 ,
ou encore à
1 + 2(m + p) + 2 − (m + p)2 − 2(m + p) − 1 = 0 ,
et finalement à
(m + p)2 = 2

qui est, lorsque m 6= p, la condition nécessaire et suffisante pour que les deux équations aient une
solution commune et une seule.

4) En réduisant au même dénominateur la condition équivaut à


(y1 − x1 )(y2 − x2 ) + (y1 − x2 )(y2 − x1 ) = 0 ,
et, en développant, à

2x1 x2 + 2y1 y2 − x1 y2 − x2 y1 − x1 y1 − x2 y2 = 0 ,
c’est-à-dire à
2(x1 x2 + y1 y2 ) = (x1 + x2 )(y1 + y2 ) .
En remplaçant les sommes et produits de racines par leurs expressions en fonction de m et p, on trouve
 
1−m 1−p 2p 2m
2 + = .
1+m 1+p 1+m 1+p
De nouveau, en réduisant au même dénominateur, ceci équivaut à
(1 − m)(1 + p) + (1 + m)(1 − p) = 2pm ,
c’est-à-dire à
2 − 2mp = 2mp ,
et finalement à
2mp = 1
Chapitre 2

Équations se ramenant au deuxième


degré

2.1 Factorisation et réduction au même dénominateur

(91) Résoudre l’équation


2x3 + 7x2 − 9x = 0 .

Après factorisation, l’équation s’écrit

x(2x2 + 7x − 9) = 0 ,

et donc
 
9
S = 0, 1, −
2

(92) Résoudre l’équation

(x3 + 3x2 − 7)2 − (x3 − 6x2 + 7)2 = 0 .

En utilisant une identité remarquable l’équation s’écrit

(2x3 − 3x2 )(9x2 − 14) = 0 ,


68 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

c’est-à-dire
x2 (2x − 3)(9x2 − 14) = 0 ,
et donc ( √ √ )
3 14 14
S = 0, , − ,
2 3 3

(93) Résoudre l’équation


1 1
+ − 3 = 0.
x x+2

En réduisant au même dénominateur, on obtient

3x2 + 4x − 2
− = 0.
x(x + 2)

Les racines de l’équation sont les racines du numérateur, donc


( √ √ )
−2 + 10 −2 − 10
S = ,
3 3

(94) Résoudre l’équation


x − 1 2x − 1
+ = 0.
x+3 x+4

En réduisant au même dénominateur, on obtient

3x2 + 8x − 7
= 0.
(x + 3)(x + 4)

Les solutions de l’équation sont les racines du numérateur, donc


( √ √ )
−4 + 37 −4 − 37
S = ,
3 3
2.1. FACTORISATION ET RÉDUCTION AU MÊME DÉNOMINATEUR 69

(95) Résoudre l’équation


1
x+ = m.
x

En réduisant au même dénominateur, on obtient

x2 − mx + 1
= 0.
x
Les solutions de l’équation sont les racines du numérateur. Elles existent si et seulement si

∆ = m2 − 4 ≥ 0 ,

c’est-à-dire
m ≥ 2 ou m ≤ −2 .
dans ce cas
( √ √ )
m+ m2 − 4 m − m2 − 4
S = ,
2 2

(96) Résoudre l’équation


1 − mx m+x
= .
m−x 1 + mx

Avec les conditions x 6= m et x 6= −1/m, l’équation équivaut à

1 − m 2 x2 = m 2 − x2 ,

donc à
(x2 + 1)(1 − m2 ) = 0 .
Lorsque m2 est différent de 1 l’équation n’a pas de solution. Dans le cas contraire elle est vérifiée pour
tout x, sauf pour les valeurs 1 et −1 pour lesquelles x = m ou x = −1/m. Donc

si m = 1 ou − 1, S = R \ {1, −1}

si m 6= 1 et − 1, S =∅
70 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

(97) Résoudre l’équation

m (p − x)2 m (p + x)2
+ = 1.
(p − m)2 x (p + m)2 x

On suppose m distinct de p et −p. D’autre part si m = 0, l’équation n’a pas de solution, et si p = 0


l’équation devient
2x
= 1.
m
Dans les autres cas, en réduisant au même dénominateur, l’équation devient, si x n’est pas nul,

m(p + m)2 (p − x)2 + m(p − m)2 (p + x)2 = (p − m)2 (p + m)2 x ,

c’est-à-dire, en développant,

2m(p2 + m2 )x2 − x 8p2 m2 + (p2 − m2 )2 + 2m(p2 + m2 )p2 = 0 ,


 

ou
2m(p2 + m2 )x2 − x(p4 + 6p2 m2 + m4 ) + 2m(p2 + m2 )p2 = 0 .
On calcule

∆ = (p4 + 6p2 m2 + m4 )2 − 16m2 p2 (p2 + m2 )2


= p4 + 6p2 m2 + m4 − 4mp(p2 + m2 ) p4 + 6p2 m2 + m4 + 4mp(p2 + m2 )
  

= (p4 − 4p3 m + 6p2 m2 − 4pm3 + m4 )(p4 + 4p3 m + 6p2 m2 + 4pm3 + m4 )


= (p − m)4 (p + m)4
= (p2 − m2 )4 .

Alors les solutions sont


p4 + 6p2 m2 + m4 + (p2 − m2 )2 2p4 + 4p2 m2 + 2m4 2(p2 + m2 )2 p 2 + m2
= = =
4m(p2 + m2 ) 4m(p2 + m2 ) 4m(p2 + m2 ) 2m

et
p4 + 6p2 m2 + m4 − (p2 − m2 )2 8p2 m2 2p2 m
= = ,
4m(p2 + m2 ) 4m(p2 + m2 ) p 2 + m2
d’où, si m est différent de p, −p et 0,

p 2 + m2 2p2 m
 
si p 6= 0 S = , 2
2m p + m2

nmo
si p = 0 S =
2
2.2. ÉQUATIONS AVEC VALEURS ABSOLUES 71

2.2 Équations avec valeurs absolues

(98) Résoudre l’équation


2x|x − 3| + |x + 5| = 0 .

Si x ≥ 3 ou x ≤ −5, l’équation devient

2x(x − 3) + (x + 5) = 0 ,

c’est-à-dire
2x2 − 5x + 5 = 0 ,
et n’a pas de solution car ∆ = −15.

Si −5 < x < 3, l’équation devient

−2x(x − 3) + (x + 5) = 0 ,

c’est-à-dire
2x2 − 7x − 5 = 0 .

7± 89
Le trinôme f (x) = 2x2 − 7x − 5 a deux racines de signes opposés qui sont . On remarque que
4
f (3) = −8 < 0 et f (−5) = 80 > 0 .

Il en résulte que la racine négative est comprise entre −5 et 3, alors que la racine positive est supérieure
à 3, donc
( √ )
7 − 89
S =
4

(99) Résoudre l’équation


x 7x + 3
+ = 1.
|x + 1| x

On réduit au même dénominateur en distinguant suivant le signe de x + 1.

Si x > −1, l’équation devient


x 7x + 3
+ = 1,
x+1 x
72 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

d’où, en réduisant au même dénomionateur,

7x2 + 9x + 3
= 0.
x(x + 1)

Comme le trinôme 7x2 + 9x + 3 n’a pas de racines car ∆ = −3, cette équation n’a pas de solution.

Si x < −1, on obtient cette fois


x 7x + 3
− + = 1.
x+1 x
d’où
5x2 + 9x + 3
= 0.
x(x + 1)

2 −9 ± 21
Le trinôme f (x) = 5x + 9x + 3 a deux racines . On remarque que
10
f (−1) = −1 < 0 .

Il en résulte que −1 se trouve entre les racines et que seule la plus petite convient, donc
( √ )
−9 − 21
S =
10

(100) Résoudre l’équation


x(x2 − 1)
= 2.
|x + 1|

Les solutions sont nécessairement différentes de −1.

Si x < −1, l’équation devient


−x(x − 1) = 2 ,
c’est-à-dire
x2 − x + 2 = 0 .
Le trinôme x2 − x + 2 n’a pas de racine car ∆ = −7.

Si x > −1, l’équation devient


x(x − 1) = 2 ,
c’est-à-dire
x2 − x − 2 = 0 .
2.2. ÉQUATIONS AVEC VALEURS ABSOLUES 73

Le trinôme x2 − x − 2 a deux racines −1 et 2. Seule la deuxième est solution de l’équation, donc

S = {2}

(101) Résoudre l’équation


|x2 − 5x + 4| = 1 .

L’équation est vérifiée lorsque

x2 − 5x + 4 = 1 ou x2 − 5x + 4 = −1 .

Dans le premier cas on obtient l’équation

x2 − 5x + 3 = 0 ,

5± 13
qui a pour solutions , et dans le second
2
x2 − 5x + 5 = 0 ,

5± 5
qui a pour solutions .
2
Finalement ( √ √ √ √ )
5− 13 5+ 13 5 − 5 5 + 5
S = , , ,
2 2 2 2

(102) Résoudre l’équation p


x4 − 4x2 + 4 = 2x .

Cette équation s’écrit aussi


|x2 − 2| = 2x .
On remarque qu’une solution est nécessairement positive. Les solutions de cette équation sont alors
les solutions positives des équations

x2 − 2 = 2x ou − (x2 − 2) = 2x .
74 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

Dans le premier cas on obtient l’équation

x2 − 2x − 2 = 0 ,

dont la solution positive est 1 + 3.

Dans le second cas on obtient


x2 + 2x − 2 = 0 ,

dont la solution positive est −1 + 3.

Finalement
√ √
S = 3+1 , 3−1

(103) Résoudre l’équation


(3x − 5)2 − (3x − 5)|x + 4| = 0 .

L’équation s’écrit
(3x − 5)(3x − 5 − |x + 4| ) = 0 ,

et 5/3 est solution. Il reste à chercher les solutions de

3x − 5 − |x + 4| = 0 ,

Si x ≥ −4, elle devient


2x − 9 = 0 ,

dont la solution 9/2 convient.

Si x ≤ −4, elle devient


4x − 1 = 0 ,

dont la solution 1/4 ne convient pas.

Finalement
 
5 9
S = ,
3 2
2.3. ÉQUATIONS BICARRÉES 75

2.3 Équations bicarrées

(104) Résoudre l’équation


2x4 − 3x2 − 5 = 0 .

Cette équation est équivalente au système

X = x2

,
2X 2 − 3X − 5 = 0

et X doit être positif. La seule racine positive du trinôme 2X 2 − 3X − 5 est 5/2. On résout alors
l’équation
5
X2 = ,
2
et donc
( √ √ )
10 10
S = − ,
2 2

(105) Résoudre l’équation


3x4 − 28x2 + 9 = 0 .

Cette équation est équivalente au système

X = x2

,
3X 2 − 28X + 9 = 0

et X doit être positif. Le trinôme 3X 2 − 28X + 9 a deux racines positives 9 et 1/3. On résout alors
les équations
1
X 2 = 9 et X 2 = ,
3
et donc
( √ √ )
3 3
S = −3 , 3 , − ,
3 3
76 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

(106) Lorsque l’équation


ax4 + bx2 + c = 0
a quatre solutions, calculer leur somme et leur produit.

Le trinôme aX 2 + bX + c a dans ce cas deux racines positives X1 et X2 , dont le produit vaut c/a.
Alors l’équation a pour solutions
p p p p
− X1 , X1 , − X2 , X2 .

La somme est nulle, et le produit vaut X1 X2 , donc


c
S = 0 et P =
a

(107) Factoriser le polynôme x4 + 5x2 + 1.


−5 ± 21
Le trinôme X2 + 5X + 1 a deux racines négatives . Donc
2
√ ! √ !
2 5 + 21 5 − 21
X + 5X + 1 = X + X+ .
2 2

on en déduit
√ ! √ !
5+ 21 5− 21
x4 + 5x2 + 1 = x2 + x2 +
2 2

(108) Factoriser le polynôme x4 + x2 + 9.

Le trinôme X 2 + X + 9 n’a pas de racine. On peut écrire

x4 + x2 + 9 = (x2 + 3)2 − 5x2 ,

et l’on en déduit
√ √
x4 + x2 + 9 = (x2 − x 5 + 3)(x2 + x 5 + 3)
2.3. ÉQUATIONS BICARRÉES 77

(109) Factoriser le polynôme x4 − 4x2 − 45.

Le trinôme X 2 − 4X − 45 a pour racines −5 et 9. On peut écrire

X 2 − 4X − 45 = (X + 5)(X − 9) ,

d’où
x4 − 4x2 − 45 = (x2 + 5)(x2 − 9) ,
ce qui se factorise encore. On en déduit

x4 − 4x2 − 45 = (x2 + 5)(x − 3)(x + 3)

(110) Discuter le nombre N de racines de l’équation

(1) (m − 1)x4 − 2(m + 1)x2 + m − 2 = 0 .

En posant X = x2 , on obtient l’équation

(2) (m − 1)X 2 − 2(m + 1)X + m − 2 = 0 .

Chaque solution strictement positive de (2) donne deux solutions de l’équation (1). Les solutions
négatives n’en donnent pas. On est donc ramené à étudier l’existence et le signe des racines de (2).

On a
∆′ = (m + 1)2 − (m − 1)(m − 2) = 5m − 1 ,
ainsi que
2(m + 1) m−2
S= et P = .
m−1 m−1
On forme le tableau de signes suivant.
78 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

1
m −∞ −1 1 2 +∞
5
∆′ − − O + + +

S + O − − + +

P + + + − O +

pas de solution X1 < X2 < 0 X1 < 0 < X2 0 < X1 < X2

N 0 0 2 4

Pour les cas particuliers.

Si m = 1/5, l’équation (2) a une racine double négative, donc (1) n’a pas de solution.

Si m = 1, l’équation (2) devient


−4X − 1 = 0 ,
et a une racine négative, donc (1) n’a pas de solution.

Enfin si m = 2, l’équation (1) a une racine nulle et l’autre positive, donc (1) a trois solutions.

(111) Discuter le nombre N de racines de l’équation

(1) (m + 1)x4 − 2mx2 + m + 6 = 0 .

En posant X = x2 , on obtient l’équation

(2) (m + 1)X 2 − 2mX + m + 6 = 0 .

Chaque solution strictement positive de (2) donne deux solutions de l’équation (1). Les solutions
négatives n’en donnent pas. On est donc ramené à étudier l’existence et le signe des racines de (2).

On a
∆′ = m2 − (m + 1)(m + 6) = −7m − 6 ,
ainsi que
2m m+6
S= et P = .
m+1 m+1
On forme le tableau de signes suivant.
2.4. ÉQUATIONS HOMOGÈNES 79

6
m −∞ −6 −1 − 0 +∞
7
∆′ + + + O − −

S + + − − O +

P + O − + + +

0 < X1 < X2 X1 < 0 < X2 X1 < X2 < 0 pas de solution

N 4 2 0 0

Pour les cas particuliers.

Si m = −6, l’équation (1) a une racine nulle et l’autre positive, donc (1) a trois solutions.

Si m = −1, l’équation (2) devient


2X + 5 = 0 ,
et a une racine négative, donc (1) n’a pas de solution.

Enfin si m = −6/7, l’équation (2) a une racine double négative, donc (1) n’a pas de solution.

2.4 Équations homogènes

(112) Résoudre l’équation


x4 − 4x3 + 5x2 − 4x + 1 = 0 .

Cette équation est homogène. En divisant par x2 elle s’écrit


 
2 1 1
x + 2 −4 x+ + 5 = 0.
x x

Si l’on pose
1
X =x+ ,
x
on a
1
X 2 = x2 + + 2,
x2
et l’équation est équivalente au système
80 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

1

 X =x+
x .
 2
X − 4X + 3 = 0
Le trinôme X 2 − 4X + 3 a deux racines 1 et 3. On résout alors les équations

1 1
x+ =1 et x + = 3,
x x
c’est-à-dire
x2 − x + 1 = 0 et
x2 − 3x + 1 = 0 .

3± 5
La première n’a pas de solution. La seconde a pour solutions , donc
2
( √ √ )
3+ 5 3− 5
S = ,
2 2

(113) Résoudre l’équation


x4 − x3 + 2x2 − x + 1 = 0 .

Cette équation est homogène. En divisant par x2 elle s’écrit


 
2 1 1
x + 2 − x+ + 2 = 0.
x x

Si l’on pose
1
X =x+ ,
x
on a
1
X 2 = x2 + + 2,
x2
et l’équation est équivalente au système

 X =x+ 1

x .
 2
X −X =0
Le trinôme X 2 − X a deux racines 0 et 1. On résout alors les équations

1 1
x+ =0 et x + = 1,
x x
2.4. ÉQUATIONS HOMOGÈNES 81

c’est-à-dire
x2 + 1 = 0 et x2 − x + 1 = 0 .
Ces équations n’ont pas de solution, donc

S =∅

(114) Résoudre l’équation


x4 + x3 − 4x2 − x + 1 = 0 .

Cette équation est homogène. En divisant par x2 elle s’écrit


 
2 1 1
x + 2 + x− − 4 = 0.
x x

Si l’on pose
1
X =x− ,
x
on a
1
X 2 = x2 + − 2,
x2
et l’équation est équivalente au système

1

 X =x−
x .
 2
X +X −2=0
Le trinôme X 2 + X − 2 a deux racines 1 et −2. On résout alors les équations
1 1
x− = 1 et x− = −2 ,
x x
c’est-à-dire
x2 − x − 1 = 0 et x2 + 2x − 1 = 0 .

1± 5 √
La première a pour solutions et la seconde a pour solutions −1 ± 2, donc
2
( √ √ )
1+ 5 1− 5 √ √
S = , , −1 − 2 , −1 + 2
2 2
82 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

(115) Discuter le nombre N de racines de l’équation

(1) (m − 1)x4 + (m − 2)x3 + (m − 1)x2 + (m − 2)x + m − 1 = 0 .

Si m = 1, l’équation devient
−x3 − x = 0 ,
et a une unique solution 0. Pour les autres valeurs de m, l’équation est homogène. Si l’on pose
1
X =x+ ,
x
on a
1
X 2 = x2 + + 2,
x2
et l’on peut s’écrire,    
1
2 1
(m − 1) x + 2 + 1 + (m − 2) x + = 0,
x x
ce qui donne

(2) (m − 1)X 2 + (m − 2)X − (m − 1) = 0 .

avec

(3) x2 − Xx + 1 = 0 .

Le discriminant du trinôme

f (X) = (m − 1)X 2 + (m − 2)X − (m − 1) ,

vaut
∆ = (m − 2)2 + 4(m − 1)2 .
Il est toujours strictement positif et l’équation (2) possède toujours des solutions. Par contre l’équation
(3) a pour discriminant X 2 − 4 et a des solutions si et seulement si X ≤ −2 ou X ≥ 2. Alors, chaque
solution X de (2) vérifiant X < −2 ou X > 2 donne deux solutions de l’équation (1). Le problème
revient à comparer les nombres 2 et −2 aux racines du trinôme f .

On a
af (2) = (m − 1)(5m − 7) et af (−2) = (m − 1)(m + 1) .
On a également
S 6 − 5m S 3m − 2
−2= et +2 = .
2 2(m − 1) 2 2(m − 1)
On forme le tableau de signes suivant.
2.5. AUTRES CHANGEMENTS DE VARIABLE 83

2 6 7
m −∞ −1 1 ∞
3 5 5
af (2) + + + − − O +

af (−2) + O − − + + +

S/2 − 2 − − − + O − −

S/2 + 2 + + O − + + +

−2 < X1 −2 < X1
X1 < −2 < X2 < 2 −2 < X1 < 2 < X2
< X2 < 2 < X2 < 2
N 0 2 2 0

Pour la valeur m = −1 (respectivement m = 7/5), la seule racine de (2) qui convient est −2 (res-
pectivement 2) et l’équation (3) a une seule solution dans ce cas (racine double), donc l’équation (1)
également.

2.5 Autres changements de variable

(116) Résoudre l’équation


(x2 − 7x + 6)2 = x2 − 7x + 48 .

Cette équation est équivalente au système


X = x2 − 7x + 6

.
X 2 − X − 42 = 0

Le trinôme X 2 − X − 42 a pour racines 7 et −6. Alors


x2 − 7x + 6 = 7 c’est-à-dire x2 − 7x − 1 = 0

7± 53
a pour racines et
2
x2 − 7x + 6 = −6 c’est-à-dire x2 − 7x + 12 = 0
a pour racines 4 et 3. Finalement
( √ √ )
7+ 53 7− 53
S = 3, 4, ,
2 2
84 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

(117) Résoudre l’équation


(x2 + x)2 = x2 + x − 2 .

Cette équation est équivalente au système

X = x2 + x

,
X2 − X + 2 = 0

Comme le trinôme X 2 − X + 2 n’a pas de racine, l’équation proposée n’en a pas non plus, donc

S =∅

(118) 1) Soit le polynôme

R(x) = x4 + Bx3 + Cx2 + Dx + E .

Trouver une condition nécessaire et suffisante liant les coefficients de R pour qu’il existe deux
trinômes
S(x) = x2 + bx + c et T (x) = x2 + vx + w ,
tels que  
R(x) = S T (x) .
2) Résoudre l’équation
x4 − 6x3 + 5x2 + 12x + 3 = 0 .

On a donc
R(x) = T (x)2 + bT (x) + c = (x2 + vx + w)2 + b(x2 + vx + w) + c .
Le coefficient de x3 vaut en particulier
B = 2v .
On peut aussi écrire
R(x) = T (x)(T (x) + b) + c .
Cela signifie, qu’en effectuant la division euclidienne de R par T , le reste est constant.
2.5. AUTRES CHANGEMENTS DE VARIABLE 85

x4 +2vx3 +Cx2 +Dx +E x2 +vx +w


−x4 −vx3 −wx 2 x2 +vx +C − w − v 2
vx3 +(C − w)x2
−vx3 −v 2 x2 −vwx
2
(C − w − v )x 2 +(D − vw)x
−(C − w − v 2 )x2 −v(C − w − v 2 )x −w(C − w − v 2 )
(D − vC + v )x +E − w(C − w − v 2 )
3

On a donc

R(x) = T (x)(T (x) + C − 2w − v 2 ) + (D − vC + v 3 )x + E − w(C − w − v 2 ) .

Alors le reste est constant si et seulement si

D − vC + v 3 = 0 ,

ou encore
BC B3
D− + = 0,
2 8
ce qui donne la condition nécessaire et suffisante

B(4C − B 2 ) = 8D

On peut remarquer que la division précédente est valable quel que soit le choix de w.

2) On constate que le polynôme

R(x) = x4 − 6x3 + 5x2 + 12x + 3

vérifie la condition ci-dessus et, en remplaçant dans la division euclidienne précédente, on obtient en
prenant
T (x) = x2 − 3x + w ,
les relations

C − 2w − v 2 = 5 − 2w − 9 = −4 − 2w et E − w(C − w − v 2 ) = 3 + 4w + w2 ,

ce qui donne
R(x) = T (x)2 − 2(w + 2)T (x) + 3 + 4w + w2 .
En choisissant pour w une valeur annulant le terme constant, par exemple w = −1, l’équation R(x) = 0
peut s’écrire
T (x)2 − 2T (x) = 0 .
On résout donc le système
X = x2 − 3x − 1

.
X 2 − 2X = 0
86 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

On obtient X = 2 et X = 0. Ensuite, les équations

x2 − 3x − 1 = 0 et x2 − 3x − 1 = 2

fournissent les solutions de l’équation de départ


( √ √ √ √ )
3 + 13 3 − 13 3 + 21 3 − 21
S = , , ,
2 2 2 2

2.6 Équations avec radicaux

(119) Résoudre l’équation √


x4 = −x2 .

Comme √
x4 = x2 ,
l’équation devient
x2 = −x2
et l’on a
S = {0}

(120) Résoudre l’équation p


x2 + x − 7 + x2 + x − 9 = 0 .

Cette équation est équivalente au système


 √
X = x2 + x − 7
,
X2 + X − 2 = 0

et X doit être positif. La seule racine positive du trinôme X 2 + X − 2 est 1. Les solutions de l’équation
proposée sont donc celles de p
x2 + x − 7 = 1 .
En élevant au carré, celle-ci équivaut à

x2 + x − 7 = 1 ,
2.6. ÉQUATIONS AVEC RADICAUX 87

c’est-à-dire à
x2 + x − 8 = 0 ,
donc ( √ √ )
−1 + 33 −1 − 33
S = ,
2 2

(121) Résoudre l’équation p


2 x2 − 3x + 2 = x2 − 3x + 5 .

Cette équation est équivalente au système


 √
X = x2 − 3x + 2
.
X 2 − 2X + 3 = 0

Comme le trinôme X 2 − 2X + 3 n’a pas de racine, l’équation proposée n’en a pas non plus, donc

S =∅

(122) Résoudre l’équation p


3 2x2 + 4x + 9 + 2x2 + 4x = 31 .

Cette équation est équivalente au système


 √
X = 2x2 + 4x + 9
,
X 2 + 3X − 40 = 0

et X doit être positif. La seule racine positive du trinôme X 2 +3X −40 est 5. Les solutions de l’équation
proposée sont donc celles de p
2x2 + 4x + 9 = 5 .
En élevant au carré, celle-ci équivaut à

2x2 + 4x + 9 = 25 ,

c’est-à-dire
2x2 + 4x − 16 = 0 ,
88 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

qui a comme solutions 2 et −4, donc


S = {−4 , 2}

(123) Résoudre l’équation


p
(x − 1)2 − x2 − 3x + 6 = −3 + x .

Cette équation s’écrit encore


p
x2 − 3x + 6 − x2 − 3x + 6 − 2 = 0 ,

et est équivalente au système  √


X = x2 − 3x + 6
,
X2 − X − 2 = 0
et X doit être positif. La seule racine positive du trinôme X 2 − X − 2 est 2. Les solutions de l’équation
proposée sont donc celles de p
x2 − 3x + 6 = 2 .
En élevant au carré, celle-ci équivaut à

x2 − 3x + 6 = 4 ,

c’est-à-dire
x2 − 3x + 2 = 0 ,
qui a comme solutions 1 et 2, donc
S = {1 , 2}

(124) Résoudre l’équation p


2 x2 − 2x − 10 + x − 1 = 16 .

On résout donc l’équation p


2 x2 − 2x − 10 = 17 − x .
Sous la condition x ≤ 17, l’équation équivaut, en élevant au carré, à

4(x2 − 2x − 10) = x2 − 34x + 289 ,


2.6. ÉQUATIONS AVEC RADICAUX 89

c’est-à-dire à
3x2 + 26x − 329 = 0 ,
qui a pour discriminant réduit

∆′ = 132 + 3 × 329 = 169 + 987 = 1156 = 342 ,

et pour solutions 7 et −47/3, qui conviennent toutes les deux. On a donc


 
47
S = 7, −
3

(125) Résoudre l’équation √


x+2− 4x − 11 = 4 .

On résout donc l’équation √


4x − 11 = x − 2 .
Sous la condition x ≥ 2, l’équation équivaut, en élevant au carré, à

4x − 11 = x2 − 4x + 4 ,

c’est-à-dire à
x2 − 8x + 15 = 0 .
dont les solutions 5 et 3 conviennent. On a donc

S = {5 , 3}

(126) Résoudre l’équation √


2x + 7 + 3 = 3(x + 1) .

On résout donc l’équation √


2x + 7 = 3x .
Sous la condition x ≥ 0, l’équation équivaut, en élevant au carré, à

2x + 7 = 9x2 ,
90 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

c’est-à-dire à
9x2 − 2x − 7 = 0 .
Parmi les solutions 1 et −7/9 de cette équation, seule la première convient. On a donc

S = {1}

(127) Résoudre l’équation p


2(x + 4) + x(x + 6) = 16 .

On résout donc l’équation p


x(x + 6) = 8 − 2x .
Sous la condition x ≤ 4, l’équation équivaut, en élevant au carré, à

x(x + 6) = 4x2 − 32x + 64 ,

c’est-à-dire à
3x2 − 38x + 64 = 0 .
Parmi les solutions 2 et 32/3 de cette équation, seule la première convient. On a donc

S = {2}

(128) Résoudre l’équation p


x2 + 3x + m = x − 2 .

Sous la condition x ≥ 2, l’équation équivaut, en élevant au carré, à

x2 + 3x + m = x2 − 4x + 4 ,

c’est-à-dire à
7x = 4 − m ,
ou encore
4−m
x= .
7
2.6. ÉQUATIONS AVEC RADICAUX 91

Cette solution convient si et seulement si


4−m
≥ 2,
7
c’est-à-dire
m ≤ −10 .
Donc  
4−m
si m ≤ −10 S =
7

si m > −10 S = ∅

(129) Résoudre l’équation √ √


x+1+ x + 3 = 3.

Les solutions doivent vérifier la condition x ≥ −1. En élevant au carré l’équation équivaut à
p
2x + 4 + 2 (x + 1)(x + 3) = 9 ,
donc à p
2 (x + 1)(x + 3) = 5 − 2x .
Les solutions doivent vérifier cette fois la condition x ≤ 5/2. Alors en élevant de nouveau au carré,
l’équation équivaut à
4(x + 1)(x + 3) = 4x2 − 20x + 25 ,
et finalement à
36 x = 13 .
Comme
5 13
≥ ≥ −1 ,
2 36
c’est la solution de l’équation proposée, donc
 
13
S =
36

(130) Résoudre l’équation √ √


x+1+ 2x + 3 = 5 .
92 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

Les solutions doivent vérifier la condition x ≥ −1. En élevant au carré l’équation équivaut à
p
3x + 4 + 2 (x + 1)(2x + 3) = 25 ,

donc à p
2 (x + 1)(2x + 3) = 21 − 3x .
Les solutions doivent vérifier cette fois la condition x ≤ 7. Alors en élevant de nouveau au carré,
l’équation équivaut à
4(x + 1)(2x + 3) = 9x2 − 126 x + 441 ,
et finalement à
x2 − 146 x + 429 = 0 .
Le discriminant réduit vaut

∆′ = 732 − 429 = 5329 − 429 = 4900 = 702 ,

et parmi les solutions 3 et 143 obtenues, seule la première convient, donc

S = {3}

(131) Résoudre l’équation √ √ √


2x + 13 − x − 2 = x + 1 .

Les solutions doivent vérifier la condition x ≥ 2. En écrivant l’équation


√ √ √
2x + 13 = x − 2 + x + 1 ,

et en élevant au carré, l’équation équivaut à


p
2x + 13 = 2x − 1 + 2 (x + 1)(x − 2) ,

donc à p
(x + 1)(x − 2) = 7 .
Alors en élevant de nouveau au carré, l’équation équivaut à

(x + 1)(x − 2) = 49 ,

et finalement à
x2 − x − 51 = 0 .
2.6. ÉQUATIONS AVEC RADICAUX 93

√ √
1+ 205 1− 205
Parmi les solutions et , seule la première convient, donc
2 2
( √ )
1+ 205
S =
2

(132) Résoudre l’équation √ √ √


x+3+ x + 8 = x + 24 .

Les solutions doivent vérifier la condition x ≥ −3. En élevant au carré, l’équation équivaut à
p
2x + 11 + 2 (x + 3)(x + 8) = x + 24 ,

donc à p
2 (x + 3)(x + 8) = 13 − x .
Alors, avec la condition x ≤ 13, en élevant de nouveau au carré, l’équation équivaut à

4(x + 3)(x + 8) = x2 − 26x + 169 ,

et finalement à
3x2 + 70x − 73 = 0 .
Parmi les solutions 1 et −73/3, seule la première convient, donc

S = {1}

(133) Résoudre l’équation


√ √
q
x+ x− 1 − x = 1.

L’équation s’écrit
√ √
q
x− 1−x=1− x.
En élevant au carré on en déduit
√ √
x− 1−x = 1+x−2 x,
94 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

c’est-à-dire √ √
− 1 − x = 1 −2 x.
Puis en élevant de nouveau au carré

1 − x = 1 + 4x − 4 x ,

donc √
4 x = 5x ,
et finalement
16x = 25x2 .
Les solutions de cette dernière équation sont 0 et 16/25. Reste à vérifier si elles sont solutions de
l’équation de départ. Ce n’est pas le cas pour 0. Par contre
r s r s r r r
16 16 16 4 16 9 4 16 3 4 1
+ − 1− = + − = + − = + = 1,
25 25 25 5 25 25 5 25 5 5 25

donc  
16
S =
25

(134) Résoudre l’équation q p


4+ x4 + x2 = x − 2 .

Les solutions doivent vérifier la condition x ≥ 2. En élevant au carré, on trouve


p
4 + x4 + x2 = x2 − 4x + 4

puis p
x4 + x2 = x(x − 4) .
Cette fois les solutions doivent vérifier la condition x ≥ 4. En élevant de nouveau au carré,

x4 + x2 = x4 − 8x3 + 16x2 ,

ou encore
8x3 − 15x2 = 0 .
Cette dernière équation a comme solutions 0 et 15/8 et aucune des deux n’est plus grande que 4, donc

S =∅
2.6. ÉQUATIONS AVEC RADICAUX 95

(135) Résoudre l’équation


√ √ √ √
x+1+ 5x + 3 = 2x + 3 + 3x + 1 .

Remarquons que les solutions doivent être supérieures à −1/3, pour que les quatre racines carrées
précédentes aient un sens.

Remarquons aussi que 0 est√solution puisque, en remplaçant dans l’équation, on trouve que les deux
membres sont égaux à 1 + 3. Cherchons s’il y a d’autres solutions.

Puisque les deux membres sont positifs, l’équation équivaut, en élevant au carré, à
p p
6x + 4 + 2 (x + 1)(5x + 3) = 5x + 4 + 2 (2x + 3)(3x + 1) ,
puis à p p 
2 (2x + 3)(3x + 1) − (x + 1)(5x + 3) = x .
Etudions le signe du membre de gauche. C’est celui de
(2x + 3)(3x + 1) − (x + 1)(5x + 3) = x2 + 3x = x(x + 3) ,
donc, dans l’intervalle [ −1/3, ∞ [ , le membre de gauche est du signe de x. On peut alors élever de
nouveau au carré et l’équation est encore équivalente à
p
4 (2x + 3)(3x + 1) + (x + 1)(5x + 3) − 2 (2x + 3)(3x + 1)(x + 1)(5x + 3) = x2 ,
 

c’est-à-dire à
p
8 (2x + 3)(3x + 1)(x + 1)(5x + 3) = 4 (2x + 3)(3x + 1) + (x + 1)(5x + 3) − x2 ,
 

ou encore à p
8 (2x + 3)(3x + 1)(x + 1)(5x + 3) = 43x2 + 76x + 24 .
On constate que, pour x = −1/3, le membre de droite vaut 31/9 et est donc positif. Alors comme
−1/3 est plus grand que la demi-somme −38/43 de ses racines, il en résulte que −1/3 est plus grand
que la plus grande des racines et donc que le membre de droite est positif sur l’intervalle [ −1/3, ∞ [ .
On peut de nouveau élever au carré, et l’on obtient l’équation
64(2x + 3)(3x + 1)(x + 1)(5x + 3) = (43x2 + 76x + 24)2 .
Or, en développant, on trouve
64(2x + 3)(3x + 1)(x + 1)(5x + 3) = 64(6x2 + 11x + 3)(5x2 + 8x + 3)
= 64(30 x4 + 103 x3 + 121 x2 + 57 x + 9)
= 1920 x4 + 6592 x3 + 7744 x2 + 3648 x + 242 .
96 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

puis

(43x2 + 76x + 24)2 = 432 x4 + 2 × 43 × 76x3 + (2 × 43 × 24 + 762 )x2 + 2 × 76 × 24x + 242


= 1849 x4 + 6536 x3 + 7840 x2 + 3648 x + 242 .

et finalement

64(2x + 3)(3x + 1)(x + 1)(5x + 3) − (43x2 + 76x + 24)2 = 71x4 + 56x3 − 96x2 = x2 (71x2 + 56x − 96) .

On retrouve déjà la solution x = 0. Ensuite, le trinôme 71x2 + 56x − 96, a comme discriminant réduit

∆′ = 282 + 71 × 96 = 784 + 6816 = 7600 = 19 × 202 .



20 19 − 28
Il possède une racine positive qui est solution de l’équation de départ. Quant à la racine
√ 71
20 19 + 28
négative − , on peut vérifier facilement qu’elle est plus petite que −1 et ne peut donc
71 √
convenir. En effet, en minorant 19 par 4
√ √
20 19 + 28 20 19 − 43 37
−1= ≥ > 0.
71 71 71
Finalement ( √ )
20 19 − 28
S = 0,
71

(136) Résoudre l’équation p


mx2 + x = mx + 1 .

Tout d’abord, si m = 0, l’équation devient



x = 1,

et a pour solution x = 1. Supposons maintenant que m est non nul. L’équation peut s’écrire
p
x(mx + 1) = mx + 1 ,

et le nombre x = −1/m est toujours solution de l’équation. Cherchons s’il existe d’autres solutions.
Dans ce cas mx +√ 1 est strictement positif et x(mx + 1) est positif, donc x est également positif. On
peut diviser par mx + 1 ce qui donne
√ √
x = mx + 1 ,
2.6. ÉQUATIONS AVEC RADICAUX 97

puis, en élevant au carré,


x = mx + 1 ,
c’est-à-dire
1
x=− .
m−1
Ce nombre doit être positif, ce qui nécessite m < 1.

En résumé,

si m = 0, S = {1}
 
1 1
si m < 1 et m 6= 0, S = − , −
m m−1
 
1
si m ≥ 1, S = −
m

(137) Résoudre l’équation p


x2 + mx + m = x − 1 .

Le second membre doit être positif, donc x ≥ 1. Dans ces conditions l’équation équivaut en élevant au
carré à
x2 + mx + m = x2 − 2x + 1 ,
c’est-à-dire à
(m + 2)x = 1 − m .
Si m est différent de −2, on trouve
1−m
x= .
m+2
Alors
1−m 2m + 1
x−1 = −1=− ≥0
m+2 m+2
si et seulement si m appartient à l’intervalle ] −2, −1/2 ] .

En résumé,
1−m
 
si m appartient à l’intervalle ] −2, −1/2 ] , S =
m+2

si m n’appartient pas à l’intervalle ] −2, −1/2 ] , S =∅


98 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

(138) 1) Vérifier que l’on a l’identité


1
a3 + b3 + c3 − 3abc = (a + b + c) (b − c)2 + (c − a)2 + (a − b)2 .
 
2
2) Montrer que si A, B, C sont des expressions algébriques d’une même inconnue, toute solution
de l’équation

3
√3
√3
(1) A+ B+ C =0

est solution de

(2) (A + B + C)3 − 27ABC = 0 ,

et étudier la réciproque.
3) Résoudre l’équation √ √ √
3
x + 2 + 3 2x + 2 + 3 3x + 2 = 0 .

1) On calcule
(b − c)2 + (c − a)2 + (a − b)2 = 2(a2 + b2 + c2 − bc − ca − ab) ,
et l’on trouve bien en développant

(a + b + c)(a2 + b2 + c2 − bc − ca − ab) = a3 + b3 + c3 − 3abc .

2) En prenant dans l’identité précédente



3

3

3
a= A, b= B , c= C

on obtient

3 1 √
3

3

3
A + B + C − 3 ABC = ( A + B + C) S(A, B, C) ,
2
où S(A, B, C) est une expression positive, qui s’annule uniquement si A = B = C.

En dehors de ce cas, l’équation (1) équivaut à



3
A + B + C = 3 ABC ,

ou encore, en élevant au cube, à


(A + B + C)3 = 27ABC .
Les équations (1) et (2) sont équivalentes sauf lorsque A = B = C.

3) On prend
A = x + 2 , B = 2x + 2 , C = 3x + 2 .
2.6. ÉQUATIONS AVEC RADICAUX 99

L’égalité A = B = C ne peut avoir lieu que si x = 0. En dehors de ce cas, pour lequel l’équation n’est
pas vérifiée, elle est équivalente à
(6x + 6)3 − 27(x + 2)(2x + 2)(3x + 2) = 0 .
Elle s’écrit encore
63 (x + 1)3 − 54(x + 1)(x + 2)(3x + 2) = 0 ,
et donc, en simplifiant par 54 = 2 × 33 et en factorisant,
(x + 1)[4(x + 1)2 − (x + 2)(3x + 2)] = 0 ,
qui, en développant donne
(x + 1)x2 = 0 .
Comme 0 n’est pas solution, on a donc
S = {−1}

(139) Discuter le nombre N de solutions de l’équation


p
(1) x2 − 3x + 5 + m = x2 − 3x + 2 .

L’équation équivaut au système  √


X = x2 − 3x + 2
,
X2 − X + 3 + m = 0
Il faut déjà que le trinòme X 2 − X + 3 + m ait des racines positives. Alors, si ξ est une telle racine,
la première équation équivaut à
x2 − 3x + 2 − ξ 2 = 0 ,
dont le discriminant
δ = 9 − 4(2 − ξ 2 ) = 1 + 4ξ 2
est strictement positif. Donc toute racine positive ou nulle du trinôme X 2 − X + 3 + m donnera deux
solutions de (1).

Pour ce trinôme, on a
∆ = −4m − 11 , S = 1 et P = 3+ m.
On en déduit facilement l’existence et le signe des racines ξ1 et ξ2 de X 2 − X + 3 + m, ce qui donne
le nombre de solutions de (1).

m < −3 ξ1 < 0 < ξ2 1 racine > 0 N =2


−3 ≤ m < −11/4 0 ≤ ξ1 < ξ2 2 racines ≥ 0 N =4
m = −11/4 0 < ξ1 = ξ2 1 racine > 0 N =2
m > −11/4 ∆<0 pas de racine N =0
100 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

(140) Discuter le nombre N de solutions de l’équation


p
(1) 1 − x2 = mx + 1 − 2m .

Lorsque le second membre mx + 1 − 2m est positif, l’équation (1) équivaut à


1 − x2 = (mx + 1 − 2m)2 ,
c’est-à-dire à
(2) (m2 + 1)x2 + 2m(1 − 2m)x + 4m(m − 1) = 0 .
On a alors
∆′ = m2 (1 − 2m)2 − 4m(m − 1)(m2 + 1) = m(−3m + 4) ,
et le discriminant est positif ou nul dans l’intervalle [ 0, 4/3 ] uniquement.

Lorsque m = 0 l’équation (2) devient x2 = 0 et a comme unique solution le nombre 0.

Dans l’intervalle ] 0, 4/3 ] , la condition de positivité du second membre de (1) devient


2m − 1
x≥ = α,
m
et l’on cherche donc la position du nombre α par rapport aux racines de l’équation (2). On calcule
1 (m − 1)(3m − 1)
f (α) = [(1 − m2 )(2m − 1)2 + 4m3 (m − 1)] = ,
m2 m2
ainsi que
S m(2m − 1) 2m − 1 1 − 2m
−α= − = .
2 m2 + 1 m m(m2 + 1)
On forme le tableau de signes suivant.

1 1 4
m −∞ 0 1 ∞
3 2 3
∆ − + + + + O −

af (α) + + O − − O + +

S/2 − α − + + O − − −

pas de sol. α < x1 < x2 x1 < α < x2 x1 < x2 < α pas de sol.

N 0 2 1 0 0
2.6. ÉQUATIONS AVEC RADICAUX 101

En tenant compte des cas particuliers, l’équation (1)

- n’a pas de solution si m appartient à ] −∞, 0 [ ∪ ] 1, ∞ [ ,


- a une solution si m appartient à ] 1/3, 1 ] ∪ {0} ,
- a deux solutions si m appartient à ] 0, 1/3 ] .

(141) Discuter le nombre N de solutions de l’équation


p
(1) x + p 2 − x2 = m .

où p est strictement positif.

L’équation équivaut à p
p 2 − x2 = m − x .
Il y a déjà la condition x ≤ m. Dans ce cas l’équation équivaut à

p2 − x2 = (m − x)2 ,

c’est-à-dire à

(2) 2x2 − 2mx + m2 − p2 = 0 .

Le problème revient à comparer m aux racines de l’équation (2). Toute racine de (2) inférieure ou
égale à m sera alors une solution de (1).

On a
∆′ = m2 − 2(m2 − p2 ) = 2p2 − m2 ,
ainsi que
S m
af (m) = 2(m2 − p2 ) et −m=− .
2 2
On forme le tableau de signes suivant.
√ √
m −∞ −p 2 −p 0 p p 2 ∞

∆ − O + + + + O −

af (m) + + O − − O + +

S/2 − m + + + O − − −

pas de sol. m < x1 < x2 x1 < m < x2 x1 < x2 < m pas de sol.

N 0 0 1 2 0
102 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ

En tenant compte des cas particuliers, l’équation (1)



- n’a pas de solution si m appartient à ] −∞, −p [ ∪ ] p 2, ∞ [ ,
- a une solution si m appartient à [ −p, p √
[,
- a deux solutions si m appartient à [ p, p 2 [ .
Chapitre 3

Étude de signe - Inéquations

3.1 Étude de signe

(142) Etudier le signe de


x+1 x
f (x) = − .
x2 + 2x − 3 x2 − 3x + 2

On a
x+1 x
f (x) = − .
(x − 1)(x + 3) (x − 1)(x − 2)
En réduisant au même dénominateur, on obtient
2(2x + 1)
f (x) = −
(x − 1)(x − 2)(x + 3)
dont le signe est celui du produit des deux trinômes
g1 (x) = −(2x + 1)(x − 1) et g2 (x) = (x − 2)(x + 3) .
On fait le tableau de signes suivant.

1
x −∞ −3 − 1 2 ∞
2
g1 (x) − − O + O − −

g2 (x) + O − − − O +

f (x) − + O − + −
104 CHAPITRE 3. ÉTUDE DE SIGNE - INÉQUATIONS

(143) Etudier le signe de


x+1 x
f (x) = − 2 .
x2 +x−2 x −1

On a
x+1 x
f (x) = − .
(x − 1)(x + 2) (x − 1)(x + 1)
En réduisant au même dénominateur, on obtient
1
f (x) =
(x − 1)(x + 1)(x + 2)
dont le signe est celui du produit d’un trinôme et d’un binôme

g1 (x) = (x + 1)(x − 1) et g2 (x) = x + 2 .

On fait le tableau de signes suivant.

x −∞ −2 −1 1 ∞

g1 (x) + + O − O +

g2 (x) − O + + +

f (x) − + − +

3.2 Inéquations

(144) Pour quelles valeurs de m l’inéquation

mx2 − (5m + 1)x + 3(2m + 1) > 0

est-elle vérifiée pour tout x ?

Le discriminant vaut

∆ = (5m + 1)2 − 12m(2m + 1) = m2 − 2m + 1 = (m − 1)2 .

Comme il est toujours positif, l’équation

mx2 − (5m + 1)x + 3(2m + 1) = 0


3.2. INÉQUATIONS 105

possède des solutions quel que soit m, donc

M =∅

(145) Pour quelles valeurs de m l’inéquation

(m − 2)x2 − 2mx + m + 1 < 0

est-elle vérifiée pour tout x ?

On a
∆′ = m2 − (m + 1)(m − 2) = m + 2 .

L’inéquation est vérifiée quel que soit x, si et seulement ∆′ et a = m − 2 sont négatifs, donc

M = ] −∞, −2 [

(146) Pour quelles valeurs de m l’inéquation

(m + 2)x2 − (m + 4)x + m + 2 > 0 .

est-elle vérifiée pour tout x ?

On a
∆ = (m + 4)2 − 4(m + 2)2 = −3m2 − 8m .

L’inéquation est vérifiée quel que soit x, si et seulement ∆ est négatif, c’est-à-dire lorsque m appartient
à l’ensemble M1 = ] −∞, −8/3 [ ∪ ] 0, ∞ [ , et a = m + 2 est positif, c’est-à-dire lorsque m appartient
à l’intervalle M2 = ] −2, +∞ [ . Alors

M = M1 ∩ M2 = ] 0, +∞ [
106 CHAPITRE 3. ÉTUDE DE SIGNE - INÉQUATIONS

(147) Pour quelles valeurs de m l’inéquation

(m − 3)x2 − 2(m − 1)x + m > 0 .

est-elle vérifiée pour tout x ?

On a
∆′ = (m − 1)2 − (m − 3)m = m + 1 .
L’inéquation est vérifiée quel que soit x, si et seulement ∆′ est négatif et a = m − 3 positif, ce qui
n’est pas possible
M =∅

(148) Pour quelles valeurs de m l’inéquation

(m + 3)x2 − 2(m + 2)x + m < 0 .

est-elle vérifiée pour tout x ?

On a
∆′ = (m + 2)2 − (m + 3)m = m + 4 .
L’inéquation est vérifiée quel que soit x, si et seulement ∆′ est négatif et a = m + 3 négatif, donc

M = ] −∞, −4 [

(149) Trouver les solutions de l’inéquation

(4x + 7)(x2 + 5x − 10) > 0 .

Le trinôme
g1 (x) = x2 + 5x − 10

−5 ± 65
a pour racines .
2
3.2. INÉQUATIONS 107

Le binôme
g2 (x) = 4x + 7 ,
a pour racine −7/4.

Comme g1 (−7/4) est négatif, le nombre −7/4 se trouve etre les racines de g1 . On étudie le signe du
produit g1 (x)g2 (x) en faisant le tableau de signes suivant.
√ √
5+ 65 7 5− 65
x −∞ − − − ∞
2 4 2
g1 (x) + O − − O +

g2 (x) − − O + +

f (x) − O + O − O +

L’ensemble des solutions est donc


√ √
5+ 65 7 5 − 65
S =]− , − [ ∪ ]− , ∞[
2 4 2

(150) Trouver les solutions de l’inéquation

x4 + x
< 1.
x4 − 5x2 + 4

Le dénominateur x4 − 5x2 + 4 se factorise facilement. On a


x4 − 5x2 + 4 = (x2 − 1)(x2 − 4) = (x − 1)(x + 1)(x − 2)(x + 2) .
Lorsque x est une valeur qui n’annule pas ce dénominateur, on a
x4 + x −5x2 − x + 4
f (x) = 1 − = ,
x4 − 5x2 + 4 x4 − 5x2 + 4
et, en factorisant,
−(x + 1)(5x − 4) −(5x − 4)
f (x) = = .
(x − 1)(x + 1)(x − 2)(x + 2) (x − 1)(x2 − 4)
Le signe est celui du produit de deux trinômes
g1 (x) = −(5x − 4)(x − 1) et g2 (x) = x2 − 4 .
On fait le tableau de signes suivant.
108 CHAPITRE 3. ÉTUDE DE SIGNE - INÉQUATIONS

4
x −∞ −2 1 2 ∞
5
g1 (x) − − O + O − −

g2 (x) + O − − − O +

f (x) − + O − + −

Les solutions sont donc, puisque −1 est exclu,


M = ] −2, −1 [ ∪ ] −1, 4/5 [ ∪ ] 1, 2 [

(151) Trouver les solutions de l’inéquation

(mx + 1)(3x + 5) < 0 .

Lorsque m est non nul, les racines du trinôme sont −1/m et −5/3. Le résultat dépend de la position
relative de ces deux racines et du signe de m.
3 1 5
a) m> donc − >− alors S = ] −5/3, −1/m [ ,
5 m 3
3
b) m= l’équation devient (3x + 5)2 /5 < 0 alors S = ∅ ,
5
3 1 5
c) 0<m< donc − <− alors S = ] −1/m, −5/3 [ ,
5 m 3

d) m=0 l’équation devient 3x + 5 < 0 alors S = ] −∞, −5/3 [ ,

1 5
e) m<0 donc − >− alors S = ] −∞, −5/3 [ ∪ ] −1/m, ∞ [ .
m 3

(152) Trouver les solutions de l’inéquation

(m + 1)x2 + 2(m − 1)x + (m + 1) < 0 .

Le discriminant réduit vaut


∆′ = (m − 1)2 − (m + 1)2 = −4m .
3.2. INÉQUATIONS 109

Le problème dépend des signes de m et a = m + 1. Les racines, lorsque m est négatif ou nul, sont
√ √
−(m − 1) − 2 −m −(m − 1) + 2 −m
x1 = et x2 = .
m+1 m+1

a) m≥0 donc ∆′ ≤ 0 et m + 1 > 0 alors S = ∅ ,

b) −1 < m < 0 donc ∆ > 0 et m + 1 > 0 alors S = ] x1 , x2 [ ,

c) m = −1 l’équation devient −4x < 0 alors S = ] 0, ∞ [ ,

d) m < −1 donc ∆ > 0 et m + 1 < 0 alors S = ] −∞, x1 [ ∪ ] x2 , ∞ [ .

(153) Trouver les solutions de l’inéquation

4 x2 − 2mx + m2
< .
3 x2 − 6x − 7

En réduisant au même dénominateur l’inéquation devient

4 x2 − 2mx + m2 x2 + 6(m − 4)x − 3m2 − 28


− = < 0.
3 x2 − 6x − 7 3(x + 1)(x − 7)

Le numérateur f (x) a pour discriminant réduit

∆′ = 9(m − 4)2 + (3m2 + 28) > 0 ,

et possède toujours deux racines x1 et x2 .


√ √
x1 = −3(m − 4) − ∆′ et x2 = −3(m − 4) + ∆′ .

On compare les racines −1 et 7 du dénominateur g(x) a x1 et x2 . On calcule

f (−1) = −3(m + 1)2 ≤ 0 et f (7) = −3(m − 7)2 ≤ 0 .

Les nombres −1 et 7 se trouvent donc entre les racines x1 et x2 .

On peut dresser le tableau de signes suivant.

x −∞ x1 −1 7 x2 ∞

f (x) + O − − − O +

g(x) + + O − O + +

f (x) + O − + − O +
g(x)
110 CHAPITRE 3. ÉTUDE DE SIGNE - INÉQUATIONS

On a donc,
S = ] x1 , −1 [ ∪ ] 7, x2 [
Remarque :
si m = −1, alors x1 = −1 est racine de f et S = ] 7, x2 [ ,
si m = 7, alors x2 = 7 est racine de f et S = ] x1 , −1 [ .

3.3 Systèmes d’inéquations

(154) Trouver les solutions du système d’inéquations

 4x2 − 1 + 3(2x − 1)(x + 2) > 0


2 .
 < 1
x

On a
4x2 − 1 + 3(2x − 1)(x + 2) = 10x2 + 9x − 7 = (2x − 1)(5x + 7) .
L’ensemble des solutions de la première inéquation est donc

S1 = ] −∞, −7/5 [ ∪ ] 1/2, ∞ [ .

La seconde inéquation s’écrit


x−2
>0
x
dont l’ensemble des solutions est
S2 = ] −∞, 0 [ ∪ ] 2, ∞ [ .
Alors S = S1 ∩ S2 , donc
S = ] −∞, −7/5 [ ∪ ] 2, ∞ [

(155) Trouver les solutions du système d’inéquations

x2 + 4x − 5 < 0

.
(x + 3)(x − 4) < 0
3.3. SYSTÈMES D’INÉQUATIONS 111

Les racines de x2 + 4x − 5 étant 1 et −5, l’ensemble des solutions de la première inéquation est

S1 = ] −5, 1 [ .

L’ensemble des solutions de la seconde est

S2 = ] −3, 4 [ .

Alors S = S1 ∩ S2 , donc
S = ] −3, 1 [

(156) Trouver les solutions du système d’inéquations

(3x − 4)2 < (2 − x)(2x + 8)



.
(x − 2)2 > (x + 7)2

Tout d’abord

(3x − 4)2 − (2 − x)(2x + 8) = 11x2 − 20x et (x + 7)2 − (x − 2)2 = 9(2x + 5) .

Le système est donc équivalent à 


x(11x − 20) < 0
.
9(2x + 5) < 0
L’ensemble des solutions de la première inéquation est

S1 = ] 0, 20/11 [ .

L’ensemble des solutions de la seconde est

S2 = ] −∞, −5/2 [ .

Alors S = S1 ∩ S2 est vide, donc


S =∅

(157) Trouver les solutions du système d’inéquations



x+3
< 0

x−4 .
 x2 − 5x + 4 > 0
112 CHAPITRE 3. ÉTUDE DE SIGNE - INÉQUATIONS

L’ensemble des solutions de la première inéquation est


S1 = ] −3, 4 [ .
Les racines du trinôme x2 − 5x + 4 étant 1 et 4, l’ensemble des solutions de la seconde inéquation est
S2 = ] −∞, 1 [ ∪ ] 4, ∞ [ .
Alors S = S1 ∩ S2 , donc
S = ] −3, 1 [

(158) Trouver les solutions du système d’inéquations


2x + 1
−1 < ≤2.
3x − 1

Tout d’abord
2x + 1 5x 2x + 1 4x − 3
+1= et 2 − = .
3x − 1 3x − 1 3x − 1 3x − 1
Le système est donc équivalent à
 5x
 > 0
3x − 1

.
 4x − 3 ≥ 0

3x − 1
L’ensemble des solutions de la première inéquation est
S1 = ] −∞, 0 [ ∪ ] 1/3, ∞ [ .
L’ensemble des solutions de la seconde est
S2 = ] −∞, 1/3 [ ∪ [ 3/4, ∞ [ .
Alors S = S1 ∩ S2 , donc
S = ] −∞, 0 [ ∪ [ 3/4, ∞ [

(159) Trouver les solutions du système d’inéquations

15 ≤ x2 − 15x − 40 < 36 .
3.4. INÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ 113

Tout d’abord

f1 (x) = x2 − 15x − 40 − 15 = x2 − 15x − 55 et f2 (x) = x2 − 15x − 40 − 36 = x2 − 15x − 76 .

Le système est donc équivalent à


x2 − 15x − 55 ≥ 0

.
x2 − 15x − 76 < 0

15 ± 445
La première inéquation a pour racines , et la seconde −4 et 19. Puisque f1 − f2 = 21, on a
2
alors
f1 (−4) = f1 (19) = 21 > 0 ,
et −4 et 19 sont à l’extérieur des racines de f1 . Comme les demi-sommes des racines de f1 et f2 sont
les mêmes, on a donc √ √
15 − 445 15 + 445
−4 < < < 19 .
2 2
L’ensemble des solutions de la première inéquation est
√ √
15 − 445 15 + 445
S1 = ] −∞, ]∪[ , ∞[ .
2 2
L’ensemble des solutions de la seconde est

S2 = ] −4, 19 [ .

Alors S = S1 ∩ S2 , donc
√ √
15 − 445 15 + 445
S = ] −4, ]∪[ , 19 [
2 2

3.4 Inéquations se ramenant au deuxième degré

(160) Trouver les solutions de l’inéquation

x4 − 7x2 + 6 > 0 .

On a
f (x) = (x4 − 7x2 + 6) = (x2 − 1)(x2 − 6) .
On peut dresser le tableau de signes suivant.
114 CHAPITRE 3. ÉTUDE DE SIGNE - INÉQUATIONS

√ √
x −∞ − 6 −1 1 6 ∞

x2 − 6 + O − − − O +

x2 − 1 + + O − O + +

f (x) + O − O + O − O +

On a donc
√ √
S = ] −∞, − 6 [ ∪ ] −1, 1 [ ∪ ] 6, ∞ [

(161) Trouver les solutions de l’inéquation

2x4 − 5x2 − 7 < 0 .

On a
f (x) = 2x4 − 5x2 − 7 = (x2 + 1)(2x2 − 7) .
Donc f (x) est du signe de 2x2 − 7 et, par suite,
p p
S =]− 7/2, 7/2 [

(162) Trouver les solutions de l’inéquation



2x + 1 + 7 − 6x > 0 .

On cherche donc les solutions de



7 − 6x > −2x − 1 .
On rapelle que l’inéquation √
A>B
est équivalente à
(A≥0 et B < 0 ) ou ( A > B2 et B ≥ 0 ) .
3.4. INÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ 115

Lorsque le second membre est strictement négatif, c’est-à-dire si x > −1/2, il faut alors que 7 − 6x
soit positif ou nul c’est-à-dire x ≤ 7/6. On obtient un premier ensemble de solutions

S1 = ] −1/2, 7/6 ] .

Lorsque le second membre est positif ou nul, c’est-à-dire si x ≤ −1/2, l’inéquation équivaut, en élevant
au carré, à
7 − 6x > (2x + 1)2 ,
ou encore à
f (x) = 4x2 + 10x − 6 < 0 .
Les racines du trinôme f sont −3 et 1/2, et x doit se trouver entre les racines. On trouve cette fois

S2 = ] −3, 1/2 [ ∩ ] −∞, −1/2 ] = ] −3, −1/2 ] .

Alors S = S1 ∪ S2 , donc
S = ] −3, 7/6 ]

(163) Trouver les solutions de l’inéquation


p
x2 − 8x + 5 < 2x − 1 .

On rapelle que l’inéquation √


A<B
est équivalente à
B>0 et 0 ≤ A < B 2 .

Il faut déjà que 2x − 1 soit strictement positif, donc x doit appartenir à

S1 = ] 1/2, ∞ [ .

Il faut aussi l’inégalité


f1 (x) = x2 − 8x + 5 ≥ 0 .

Les racines de ce trinôme sont 4 ± 11, et x doit appartenir à l’ensemble
√ √
S2 = ] −∞, 4 − 11 ] ∪ [ 4 + 11, ∞ [ .

Sous ces conditions l’inéquation équivaut en élevant au carré à

x2 − 8x + 5 < (2x − 1)2 ,


116 CHAPITRE 3. ÉTUDE DE SIGNE - INÉQUATIONS

ou encore à
f2 (x) = 3x2 + 4x − 4 > 0 .
Les racines de f2 sont 2/3 et −2. Il faut donc que x appartienne à

S3 = ] −∞, −2 [ ∪ ] 2/3, ∞ [ .

On a alors
S = S1 ∩ S2 ∩ S3 .
On constate que
f1 (2/3) = 1/9 > 0 .
Le nombre 2/3 est à l’extérieur des racines de f1 . De plus 2/3 est inférieur à la demi-somme 4 des
racines de f1 , donc
1 2 √ √
−2 < < < 4 − 11 < 4 + 11 .
2 3

/ / / / /| |/ |/ |/ |/ |/| | | | | | | | \ \ \ \ \|
√ √
−2 1 2 4 − 11 4 + 11
2 3
Il en résulte que
√ √
S = ] 2/3, 4 − 11 ] ∪ [ 4 + 11, ∞ [

(164) Trouver les solutions de l’inéquation


p
x2 + x + 1 > 2x − 3 .

Comme x2 + x + 1 est toujours positif, l’inéquation est vérifiée tout d’abord si 2x − 3 est négatif, ce
qui donne
S1 = ] −∞, 3/2 [ .
Si 2x − 3 est positif ou nul, l’inéquation équivaut, en élevant au carré, à

x2 + x + 1 > (2x − 3)2 ,

c’est-à-dire à
f (x) = 3x2 − 13x + 8 < 0 .

13 ± 73
Donc x doit se trouver entre les racines du trinôme f . Il reste à comparer 3/2 à ces racines.
6
Or
19
f (3/2) = − < 0 ,
4
3.4. INÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ 117

donc 3/2 se trouve entre les racines et on obtient l’ensemble



3 13 + 73
S2 = [ , [.
2 6
On a alors S = S1 ∪ S2 , et finalement

13 + 73
S = ] −∞, [
6

(165) Trouver les solutions de l’inéquation


p
x2 − 1 ≤ 2x + 3 .

Il faut déjà que 2x + 3 soit positif, donc x doit appartenir à

S1 = [ −3/2, ∞ [ .

Il faut aussi que f1 (x) = x2 − 1 soit positif, c’est-à-dire que x appartienne à

S2 = ] −∞, −1 ] ∪ [ 1, ∞ [ .

Sous ces conditions l’inéquation équivaut, en élevant au carré, à

x2 − 1 ≤ (2x + 3)2 ,

ou encore à
f (x) = 3x2 + 12x + 10 ≥ 0 .

−6 ± 6
Les racines de f sont . Il faut donc que x appartienne à
3
√ √
−6 − 6 −6 + 6
S3 = ] −∞, ]∪[ , ∞[ .
3 3
On a alors
S = S1 ∩ S2 ∩ S3 .
On constate que f (−3/2) = −5/4 est négatif, donc −3/2 se trouve entre les racines de f . D’autre part
f (−1) = 1 est positif , et −1 est plus grand que la demi-somme −2 des racines de f , donc est plus
grand que les deux racines. On a donc
√ √
−6 − 6 3 −6 + 6
<− < < −1 < 1 .
3 2 3
118 CHAPITRE 3. ÉTUDE DE SIGNE - INÉQUATIONS

/ / / / /| \/ \/ \/ \/ \/| \ \ \ \ \| || | | | ||
√ √
−6 − 6 3 −6 + 6 −1 1

3 2 3

Il en résulte que

−6 + 6
S = [ , −1 ] ∪ [ 1, ∞ [
3

(166) Trouver les solutions de l’inéquation


√ √
5x + 1 − x + 1 < 2 .

Sous la condition x ≥ −1/5, on peut élever au carré l’inéquation


√ √
5x + 1 < x+1+2 ,

puisque les deux membres sont positifs, et l’on obtient



5x + 1 = x + 1 + 4 + 4 x + 1 ,

c’est-à-dire, après simplification,



x−1< x+ 1.

Si x < 1, l’inéquation est vérifiée. On obtient donc un premier ensemble de solutions

S1 = [ −1/5, 1 [ .

Si x ≥ 1, on obtient en élevant au carré,

(x − 1)2 < x + 1 ,

c’est-à-dire
x2 − 3x < 0 ,

et x doit se trouver entre les racines 0 et 3 de ce trinôme. On obtient un second ensemble de solutions

S2 = [ 1, 3 [ .

Alors S = S1 ∪ S2 , d’où
S = [ −1/5, 3 [ .
3.4. INÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ 119

(167) Trouver les solutions de l’inéquation


p p p
2x2 + 3 + 5 − 8x2 > 4x2 + 7 .

Sous la condition que r r


5 5
− ≤x≤ ,
8 8
on peut élever au carré ce qui donne
p
−6x2 + 8 + 2 (2x2 + 3)(5 − 8x2 ) > 4x2 + 7 ,

puis p
2 (2x2 + 3)(5 − 8x2 ) > 10x2 − 1 .
L’inéquation est vérifiée lorsque 10x2 − 1 < 0, ce qui donne un premier ensemble de solutions
√ √
S1 = ] −1/ 10, 1/ 10 [ .
p √ √ p
Dans le cas contraire, c’est-à-dire si x appartient à l’ensemble ] − 5/8, −1/ 10 ] ∪ [ 1/ 10, 5/8 [ ,
on élève au carré ce qui donne

4(−16x4 − 14x2 + 15) > 100x4 − 20x2 + 1 ,

c’est-à-dire
f (x) = 164x4 + 36x2 − 59 < 0 .
Les racines du trinôme 164X 2 + 36X − 59 se calculent et valent 1/2 et −59/82, ce qui permet de
factoriser
f (x) = (82x2 + 59)(2x2 − 1) ,
√ √
qui est du signe de 2x2 − 1 et est négatif lorsque x appartient à l’intervalle [ −1/ 2, 1/ 2 ] . Alors on
obtient cette fois l’ensemble de solutions
√ √ √ √
S2 = [ −1/ 2, −1/ 10 ] ∪ [ 1/ 10, 1/ 2 ] .

On obtient finalement S = S1 ∪ S2 , d’où


√ √
S = ] −1/ 2, 1/ 2 [ .

(168) Soit p et q tels que 0 < p < q. Trouver les solutions de l’inéquation
√ √ √
x+p+ x+q > x+p+q .
120 CHAPITRE 3. ÉTUDE DE SIGNE - INÉQUATIONS

Comme
−(p + q) < −q < −p < 0 ,

il faut déjà que x ≥ −p. et l’on peut élever au carré. L’inéquation équivaut à
p
2x + p + q + 2 (x + p)(x + q) > x + p + q ,

c’est-à-dire à
p
2 (x + p)(x + q) > −x .

On obtient un premier ensemble de solutions

S1 = ] 0, ∞ [ .

Si maintenant x est négatif ou nul, on peut élever de nouveau au carré, et l’on obtient

4(x + p)(x + q) > x2 ,

c’est-à-dire
f (x) = 3x2 + 4(p + q)x + 4pq > 0 .

Le discriminant réduit vaut

∆′ = 4(p + q)2 − 12pq = 4(p2 − qp + q 2 ) = (2p − q)2 + 3q 2 > 0 ,

et puisque pq et p + q sont positifs, le trinôme f a deux racines ξ1 et ξ2 négatives telles que


p p
−2(p + q) − 2 p2 − pq + q 2 −2(p + q) + 2 p2 − pq + q 2
ξ1 = < ξ2 = < 0,
3 3

et x doit se trouver à l’extérieur des racines. Enfin

f (−p) = 3p2 − 4p(p + q) + 4pq = −p2 < 0 ,

donc −p est compris entre les racines. On obtient un deuxième ensemble de solutions

S2 = ] ξ 2 , 0 ] .

On obtient finalement S = S1 ∪ S2 , d’où

S = ] ξ2 , ∞ [ .
3.4. INÉQUATIONS SE RAMENANT AU DEUXIÈME DEGRÉ 121

(169) Soit
x2 − x − 6
F (x) = .
x−1
1) Résoudre F (x) = −4 et F (x) > −4.
2) Montrer que si l’on a F (α) = F (β) avec α distinct de β, alors ces deux nombres α et β sont
racines d’une équation de la forme

x2 − px + p − 7 = 0 .

Vérifier lorsque p = 1.

1) On a
x2 + 3x − 10 (x − 2)(x + 5) f (x)
G(x) = F (x) + 4 = = = .
x−1 x−1 x−1
On fait le tableau de signes suivant.

x −∞ −5 1 2 ∞

f (x) + O − − O +

x−1 − − + +

G(x) − O + − O +

L’équation F (x) = −4 a donc comme ensemble de solutions

S1 = {−5, 2}

et l’inéquation F (x) > −4 a pour ensemble de solutions

S2 = ] −5, 1 [ ∪ ] 2, ∞ [

2) Partons de
α2 − α − 6 β2 − β − 6
= .
α−1 β−1
avec α et β distincts et différents de 1. Cette égalité équivaut à

α2 β − αβ 2 − α2 + β 2 − 7β + 7α = 0 ,

puis à  
(α − β) αβ + 7 − (α + β) = 0 .
Si l’on pose
α + β = p,
122 CHAPITRE 3. ÉTUDE DE SIGNE - INÉQUATIONS

alors
αβ = p − 7 ,
et α et β sont racines de
x2 − px + p − 7 = 0 .
Par exemple, si p = 1, on trouve
x2 − x − 6 = 0 ,
dont les racines sont α = 3 et β = −2 et vérifient

F (−2) = F (3) = 0 .
Chapitre 4

Divers

Dans ce chapitre, sauf demande expresse, les recherches d’extrema se font sans dérivation.

L’exercice 170 donne des résultats que l’on utilise dans certains des exercices suivants.

4.1 Extrema

(170) 1) Trouver le maximum du produit de deux nombres dont la somme est donnée.
2) Trouver le minimum de la somme de deux nombres positifs dont le produit est donné.

Les nombres sont solutions de l’équation

x2 − Sx + P = 0 ,

dont le discriminant vaut


∆ = S 2 − 4P .
Ce discriminant doit être positif ou nul. On a donc toujours

4P ≤ S 2 .
1) Si S est fixé, la plus grande valeur de P possible est obtenue lorsque

S2
P =
4

Les nombres sont alors égaux et valent S/2.


124 CHAPITRE 4. DIVERS

2) Ici P et S sont positifs. Si P est fixé, la plus petite valeur de S possible est obtenue lorsque

S=2 P


Les nombres sont alors égaux et valent P.

(171) Déterminer le minimum de


x2 125
S(x) = + 2 .
5 x

Le produit des deux nombres positifs x2 /5 et 125/x2 vaut P = 25. Le minimum de la somme S(x) est
donc, d’après l’exercice 170, √
m=2 P,
donc
m = 10

(172) Déterminer le maximum de

P (x) = (x + 7)(5 − x) .

La somme des deux nombres x + 7 et 5 − x vaut 12. Le maximum du produit P (x) est donc, d’après
l’exercice 170,
S2
M= ,
4
donc
M = 36

(173) Déterminer le maximum de

P (x) = (2x + 7)(11 − 2x) .


4.2. EXTREMA ET GÉOMÉTRIE 125

La somme des deux nombres 2x + 7 et 11 − 2x vaut 18. Le maximum du produit P (x) est donc, d’après
l’exercice 170,
S2
M= ,
4
donc
M = 81

(174) Soit l’équation


3x2 − 4x + m2 + 5m − 14 = 0 .
Déterminer m pour que le produit des racines soit maximum.

La somme des racines vaut S = 4/3. Le maximum du produit P est donc, d’après l’exercice 170,

S2
M= ,
4
donc
4
M= .
9
Il est obtenu lorsque
m2 + 5m − 14 4
= ,
3 9
c’est-à-dire
3m2 + 15m − 46 = 0 .
D’où ( √ √ )
−15 − 777 −15 + 777
M = ,
6 6

4.2 Extrema et géométrie

(175) On se donne un triangle rectangle dont la longueur a de l’hypothénuse est fixée, quel est le
maximum de l’aire A du triangle que l’on peut obtenir et dans quel cas ?
126 CHAPITRE 4. DIVERS

Les autres côtés étant de longueurs b et c, on a


bc
A = et a2 = b2 + c2 .
2
La somme b2 + c2 étant fixée le maximum du produit b2 c2 vaut d’après l’exercice 170

(b2 + c2 )2 a4
= ,
4 4
donc le maximum de A vaut
a2
M=
4

et est obtenu lorsque le triangle est isocèle rectangle.

(176) 1) On se donne un triangle dont la longueur a d’un côté est fixé, les autres étant de longueurs
b et c. On fixe le périmètre 2p du triangle, quel est le maximum de l’aire A du triangle que l’on
peut obtenir et dans quel cas ?
2) La longueur a pouvant varier cette fois, par un calcul de dérivation, trouver quel est le maximum
de l’aire d’un triangle de périmètre 2p et dans quel cas on l’obtient.

1) On part des formules


p
A = p(p − a)(p − b)(p − c) et a + b + c = 2p ,

Comme a et p sont fixés, il en est de même de

b + c = 2p − a .

Remarque : comme la somme AB + AC est constante, le sommet A se trouve sur une ellipse dont les
foyers sont B et C.

On écrit
A 2 = p(p − a)(p2 − (b + c)p + bc) = p(p − a)(p2 − p(2p − a) + bc) .
Le nombre A est maximal lorsque le produit bc est maximal. On est donc ramené à trouver le maximum
du produit de deux nombres quand la somme est fixée. D’après l’exercice 170 c’est le cas lorsque

(b + c)2
bc = .
4
Dans ce cas
b+c 2p − a
b=c= = .
2 2
4.2. EXTREMA ET GÉOMÉTRIE 127

Le triangle est isocèle, et


2
a2

2 b+c
A = p(p − a) p − = p(p − a) .
2 4

L’aire maximale obtenue est donc


ap
A = p(p − a)
2

2) Considérons la fonction g définie sur [ 0, ∞ [ par

a2 p
g(a) = p(p − a) = (pa2 − a3 ) .
4 4
Sa dérivée
p
g′ (a) = (2pa − 3a2 )
4
s’annule pour a = 2p/3. (La valeur a = 0 donne le minimum qui est nul). Donc le maximum de g est
obtenu lorsque
2p
a=b=c= ,
3
c’est-à-dire pour un triangle équilatéral et dans ce cas le maximum de l’aire vaut

p2 3
A =
9

(177) En utilisant les exercices 175 et 176 montrer que l’aire maximale d’un quadrilatère de
périmètre fixé est obtenue pour un carré.

Tout d’abord si un quadrilatère n’est pas convexe, on peut obtenir un quadrilatère convexe de même
périmètre et d’aire strictement plus grande en remplaçant les côtés ”en creux” par les deux autres côté
du parallélogramme que l’on peut former sur ceux-ci, comme on le voit sur le dessin suivant.
128 CHAPITRE 4. DIVERS

On peut donc se limiter aux quadrilatères convexes. Ensuite, si l’on fixe une diagonale (horizontale sur
le dessin) d’un quadrilatère convexe, on peut considérer les deux triangles de part et d’autre de cette
diagonale, et d’après l’exercice 176, on obtient un quadrilatère d’aire plus grande, tout en gardant le
même périmètre, lorsque ces deux triangles sont isocèles.

Maintenant si l’on considère l’autre diagonale (verticale sur le dessin), les deux triangles de part et
d’autre ont le mème périmètre et, toujours d’après l’exercice 176, on obtient un quadrilatère d’aire plus
grande, tout en gardant le même périmètre, lorsque ces deux triangles sont isocèles. Le quadrilatère
est alors un losange.

Pour finir, dire que le périmètre d’un losange est fixé revient à dire que l’on fixe la longueur d’un côté.
On a alors quatre triangles rectangles égaux et le problème revient à trouver le triangle rectangle d’aire
maximale quand on fixe la longueur de l’hypothénuse, ce qui, d’après l’exercice 175 a lieu lorsque le
triangle est isocèle, et donc lorsque le quadriatère est un carré.
4.2. EXTREMA ET GÉOMÉTRIE 129

(178) 1) On se donne un triangle ABC dont la longueur 2a du côté BC est fixée. On fixe l’aire
A du triangle. Montrer que le minimum du périmètre 2p du triangle est obtenu lorsque le triangle
est isocèle ?

2) La longueur 2a pouvant varier cette fois, par un calcul de dérivation, déterminer quel est le
minimum du périmètre d’un triangle d’aire A et dans quel cas on l’obtient.

Si h est la hauteur du triangle, on a


A = ah ,
donc h est constante et le sommet A du triangle se trouve sur une parallèle (D) à la base BC. Notons
O le milieu de BC et B ′ , H, C ′ les projections de B, O et C sur (D). La droite (D) est supposée
orientée de telle sorte que B ′ C ′ soit positif.

B′ H C′ A
(D) ✲

B O C

1) Posons
x = HA .
Alors
OC = −OB = a ,
et l’on a, en calculant la longueur des hypothénuses des triangles ABB ′ et ACC ′ ,
p p
AB = h2 + (x + a)2 et AC = h2 + (x − a)2 .

Donc p p
2p = h2 + (x + a)2 + h2 + (x − a)2 + 2a .
On compare au périmètre du triangle isocèle BCH qui vaut
p
2p′ = 2 h2 + a2 + 2a .

On remarque que

(AB · AC)2 = (h2 +x2 +a2 )+2xa (h2 +x2 +a2 )−2xa = (h2 +x2 +a2 )2 −4a2 x2 = (h2 −x2 +a2 )2 +4h2 x2 .
  
130 CHAPITRE 4. DIVERS

Alors p − p′ est du signe de

(AB + AC)2 − 4HB 2 = AB 2 + AC 2 + 2AB · AC − 4HB 2


p
= 2(h2 + x2 + a2 ) + 2 (h2 − x2 + a2 )2 + 4h2 x2 − 4(h2 + a2 )
p
(h2 − x2 + a2 )2 + 4h2 x2 − (h2 − x2 + a2 ) .

= 2

On peut minorer cette différence par


p
(h2 − x2 + a2 )2 − (h2 − x2 + a2 ) = 2 |h2 − x2 + a2 | − (h2 − x2 + a2 )
  
2

qui est toujours positif.

Le minimum est donc obtenu dans le cas du triangle isocèle et l’on a


r !
A2
2p = 2 a+ + a2
a2

2) Posons r
A2
g(a) = a + + a2 .
a2
En dérivant on obtient
A2
a− 3 a4 − A 2
g ′ (a) = 1 + r a =1+ √ .
2 A 2 + a4
A2 a
+ a2
a2
La dérivée s’annule lorsque p
a2 A 2 + a2 = A 2 − a4 .
Cela nécessite que
a2 ≤ A ,
et dans ce cas, en élevant au carré, la dérivée s’annule lorsque

a4 (A 2 + a4 ) = A 4 − 2A 2 a4 + a8 ,

ce qui donne
3A 2 a4 = A 4 ,
donc
A
a2 = √ .
3
La solution convient et finalement √
A
a= √4
.
3
Alors √
A = 3 a2 = ah .
4.2. EXTREMA ET GÉOMÉTRIE 131

La hauteur du triangle vaut donc √


h = a 3,
et le triangle est équilatéral. Le périmètre 2p vaut 6a, donc

A
2p = 6 √
4
3

(179) Soit un demi-cercle (C) d’extrémités A et B, de centre O et de rayon 1. Une parallèle à


AB coupe (C) en M et N . On suppose que la projection M ′ de M sur AB se trouve entre O et
A. Quelle est la plus grande valeur possible du demi-périmètre p du trapèze ABN M ? Dans quelle
situation géométrique se trouve-t-on alors ?

M N

A M′ O B

Notons x la distance OM ′ .

Les triangles rectangles AM M ′ et ABM sont semblables. On a donc

AM AM ′
= ,
AB AM
d’où
AM 2 = AM ′ · AB ,
ce qui donne
AM 2 = 2(1 − x) .
Alors, par symétrie, p
BN = AM = 2(1 − x) ,
D’autre part
M N = 2x .
Le demi-périmètre du trapèze AM N B vaut donc
p
p = 2(1 − x) + x + 1 .
132 CHAPITRE 4. DIVERS

Résolvons cette équation que l’on peut écrire


p
2(1 − x) = p − 1 − x .

Elle implique, en élevant au carré,

2(1 − x) = (p − 1 − x)2 ,

c’est-à-dire
x2 − 2(p − 2)x + (p − 1)2 − 2 = 0 ,
Le discriminant réduit vaut

∆′ = (p − 2)2 − (p − 1)2 + 2 = 5 − 2p .

Il est positif si et seulement si p ≤ 5/2. C’est une condition nécessaire pour qu’il existe des solutions.
La plus grande valeur de p possible est donc

P = 5/2

Dans ce cas l’équation a une racine double x = 1/2, et l’on a

AM = M N = N B = 1 .

Cette situation correspond au cas où le trapèze est un demi-hexagone régulier pour lequel les côtés
sont égaux au rayon du cercle.

4.3 Autres problèmes issus de la géométrie

(180) On considère un point M sur un segment AB de longueur 2m. On construit du même


côté de AB, les triangles isocèles rectangles AP M et BQM . Déterminer la position de M pour
que la distance de P à Q soit une longueur ℓ donnée. Quand le problème est-il possible ? A quelles
situations correspondent les cas où cette distance est maximale ou minimale.

A M O B
4.3. AUTRES PROBLÈMES ISSUS DE LA GÉOMÉTRIE 133

Posons
x = OM ,
où
|x| ≤ m .
Les hypothénuses AM et BM ont pour longueurs respectives m + x et m − x. On a alors dans les
triangles isocèles rectangles
1 1
PM2 = (x + m)2 et QM 2 = (x − m)2 ,
2 2
donc, puisque le triangle PMQ est rectangle en M , on obtient, d’apès le théorème de Pythagore,
1 1
P Q2 = (x + m)2 + (x − m)2 = x2 + m2 .

2 2
On cherche x pour que
x2 + m 2 = ℓ 2 .
Il est bien sûr nécessaire que
ℓ ≥ m,
et l’on a dans ce cas deux valeurs symétriques
p
x = ± ℓ2 − m2 ,

La condition
|x| ≤ m ,
implique que √
ℓ≤ 2m.
En résumé, le problème est possible si et seulement si

m≤ℓ≤ 2m

et l’on a alors √ √
S = {− ℓ2 − m2 , ℓ2 − m2 }

La distance est minimale lorsque m = ℓ c’est-à-dire


√ x = 0. C’est le cas où les deux triangles isocèles
sont égaux. Elle est maximale lorsque ℓ = 2 m. Dans ce cas x = ±m, et un des triangles est réduit
à un point, l’autre a pour base AB tout entier.
134 CHAPITRE 4. DIVERS

(181) Soit un cercle (C) de centre O et de rayon R, et A un point du cercle. Soit AB et AC deux
cordes de même longueur. Soit M l’intersection de BC et AO. Déterminer les points M tels que

AB 2 + AC 2 + BC 2 = 4ℓ2

où ℓ est un nombre positif donné. Quand le problème est-il possible ?

A M O A′

Soit A′ le symétrique de A par rapport à O. On pose

x = AM .

Les triangles ABM et AA′ B étant des triangles rectangles semblables, on a


AB AM
= ,
AA′ AB
donc
AB 2 = AM · AA′ ,
ce qui donne
AC 2 = AB 2 = 2xR .
De même les triangles BM A′ et AM B sont semblables et
BM M A′
= ,
AM MB
donc
BM 2 = AM · A′ M ,
ce qui donne
BM 2 = x(2R − x) ,
4.3. AUTRES PROBLÈMES ISSUS DE LA GÉOMÉTRIE 135

et
BC 2 = (2BM )2 = 4x(2R − x) .
Alors
AB 2 + AC 2 + BC 2 = 4xR + 4x(2R − x) = 4(3xR − x2 ) .
On trouve l’équation
3xR − x2 = ℓ2 ,
c’est-à-dire
f (x) = x2 − 3xR + ℓ2 = 0 ,
dont on cherche les solutions comprises entre 0 et 2R. On a

∆ = 9R2 − 4ℓ2 , P = ℓ2 et S = 3R .

On obtient donc des solutions si et seulement si

3R
ℓ≤
2

et les solutions sont positives.

D’autre part
S R
f (2R) = ℓ2 − 2R2 et − 2R = − .
2 2
On distingue alors les cas suivants.

a) Si 0 < ℓ < 2 R, alors 2R est compris entre les racines et le problème a une solution et une seule,
donc
( √ )
3R − 9R2 − 4ℓ2
S =
2

√ 3R
b) Si 2 R < ℓ < , alors 2R est plus grand que la plus grande des racines et le problème a deux
2
solutions, donc
( √ √ )
3R − 9R2 − 4ℓ2 3R + 9R2 − 4ℓ2
S = ,
2 2

Avec les cas particuliers suivants :

- si ℓ = √
0, alors x = 0 et M est en A,
- si ℓ = 2 R, alors x = 2R et M est en A′ ,
- si ℓ = 3R/2, alors x = 3R/2 et M est le milieu de OA′ .
136 CHAPITRE 4. DIVERS

(182) Soit un demi-cercle (C) d’extrémités A et B, de centre O et de rayon R, et M un point du


demi-cercle. Soit M ′ la projection de M sur AB. On pose

AM = x .

1) Déterminer les points M tels que

AM + AM ′ = α ,

où α est un nombre donné. Quand le problème est-il possible ?


2) Déterminer les points M tels que

AM − AM ′ = β ,

où β est un nombre donné. Quand le problème est-il possible ?

M N

A M′ O B

1) Tout d’abord, le nombre α doit être positif.

Les triangles rectangles AM M ′ et ABM sont semblables. On a donc


AM AM ′
= ,
AB AM
d’où
AM 2 = AM ′ · AB = 2R · AM ′ ,
ce qui donne
x2
AM ′ = ,
2R
puis
x2
AM + AM ′ = x + ,
2R
et l’on se ramène à l’équation
x2 + 2Rx − 2Rα = 0 .
On a
∆′ = R2 + 2Rα , S = −2R et P = −2Rα ,
4.3. AUTRES PROBLÈMES ISSUS DE LA GÉOMÉTRIE 137

puis
S
f (2R) = 2R(4R − α) et − 2R = −3R .
2
a) Si α > 4R, alors x1 < 0 < 2R < x2 et le problème n’a pas de solution.

b) Si 0 < α < 4R, alors x1 < 0 < x2 < 2R et le problème a une solution et une seule
n p o
S = −R + R(R + 2α)

Avec les cas particuliers suivants :

- si α = 0, alors x est nul et M est en A,


- si α = 4R, alors x vaut 2R et M est en B.

Le problème est donc possible si et seulement si α appartient à l’intervalle

I = [ 0, 4R ]

2) Tout d’abord, le nombre β doit être positif, car un côté d’un triangle rectangle a une longueur
inférieure à celle de l’hypothénuse.

On obtient cette fois


x2
AM − AM ′ = x − .
2R
et l’on se ramène ainsi à l’équation
x2 − 2Rx + 2Rβ = 0 ,
dont ont cherche les racines comprises entre 0 et 2R. On a

∆′ = R2 − 2Rβ = R(R − 2β) .

Il faut donc que 0 ≤ β ≤ R/2. Par ailleurs

S = 2R P = 2Rβ ,

ainsi que
S
f (2R) = 2Rβ − 2R = −R .
et
2
Alors 0 < x1 < x2 < 2R et le problème a deux solutions.
n p p o
S = R − R(R − 2β)) , R + R(R − 2β)

Avec les cas particuliers suivants :

- si β = 0, alors x vaut 0 ou 2R et M est en A ou B,


138 CHAPITRE 4. DIVERS

- si β = R/2, alors x vaut R et M est le point tel que AM = R, donc AM est le côté d’un demi-
hexagone régulier inscrit dans le demi-cercle.

Le problème est donc possible si et seulement si β appartient à l’intervalle

I = [ 0, R/2 ]

(183) Soit un triangle équilatéral de sommets A, B et C et de côté 2. Soit M un point du côté


AB, H le milieu de BC et K la projection de M sur AH. On pose

MK = x .

Déterminer le point M tel que AM + M H soit un nombre q donné. Quand le problème est-il
possible ?

M K

B H C


La hauteur du triangle ABC vaut 3. Le triangle AM K se déduit de ABH par une homothétie de
centre A et de rapport
MK
= x.
BH
Il en résulte que √
AM = x AB = 2x et AK = x AH = x 3.
Donc √
KH = AH − AK = 3 (1 − x) .
Alors, en calculant la longueur de l’hypothénuse du triangle rectangle M KH, on obtient

M H 2 = KH 2 + M K 2 = 3(1 − x)2 + x2 = 4x2 − 6x + 3 .

On obtient p
AM + M H = 2x + 4x2 − 6x + 3 = q ,
4.3. AUTRES PROBLÈMES ISSUS DE LA GÉOMÉTRIE 139

et l’on résout l’équation


p
4x2 − 6x + 3 = q − 2x .

où x appartient à l’intervalle [ 0, 1 ] .

Si q − 2x est positif, on obtient en élevant au carré

4x2 − 6x + 3 = q 2 − 4qx + 4x2 ,

d’où
(4q − 6)x = q 2 − 3 ,

et finalement, si q 6= 3/2,
q2 − 3
x=
4q − 6

Il reste à satisfaire aux conditions sur q et x. Tout d’abord

q2 − 3 q 2 − 3q + 3
q − 2x = q − = .
2q − 3 2q − 3

Le numérateur q 2 − 3q + 3 a pour discriminant −3, il est donc toujours positif et q − 2x est positif si
et seulement si q > 3/2.

Sous cette condition x est positif si et seulement si q ≥ 3. Par ailleurs

q 2 − 4q + 3
1−x=−
4q − 6

est positif lorsque q 2 − 4q + 3 est négatif, c’est-à-dire lorsque q appartient à [ 1, 3 ] .

En résumé le problème a une solution si et seulement si q appartient à l’intervalle


I = [ 3, 3 ]

Cas particuliers :

- si q = 3, alors x vaut 1 et M est en B,



- si q = 3, alors x est nul et M est en A.
140 CHAPITRE 4. DIVERS

(184) Soit S et P deux nombres strictement positifs et le trinôme

f (x) = x2 − Sx + P

de racines u et v.
1) Montrer qu’il est possible de construire deux triangles isocèles qui ne soient pas égaux dont les
longueurs des côtés soient racines du trinôme si et seulement si

8P < 2S 2 < 9P .

2) Donner une condition nécessaire et suffisante liant S et P pour que le triangle isocèle dont les
longueurs des côtés sont u, v, v soit rectangle.

1) Une première condition est que le discriminant soit positif. Dans ce cas, puisque le produit et la
somme des racines sont strictement positifs, les racines seront strictement positives. Les longueurs des
côtés des triangles isocèles seront donc (u, u, v) et (v, v, u). Ensuite, si l’on veut obtenir deux triangles
distincts, ils ne peuvent être équilatéraux et les racines de P doivent être distinctes. Finalement
l’existence de racines positives distinctes a lieu si et seulement si

∆ = S 2 − 4P > 0 .

Alors, en raison des inégalités triangulaires, pour pouvoir obtenir deux triangles, on doit avoir à la fois

u < 2v et v < 2u ,

ou encore
S = u + v < 3v et S = u + v < 3u .
Le nombre S/3 doit donc être inférieur aux racines de f . Comme S/3 est inférieur à la demi-somme
S/2 des racines, la condition a lieu si et seulement si f (S/3) est positif, donc

S2 S2 1
f (S/3) = − + P = (9P − 2S 2 ) > 0 .
9 3 9
On obtient bien la condition
9P > 2S 2 > 8P .
2) Si le triangle est isocèle rectangle, d’après le théorème de Pythagore, l’hypothénuse a pour longueur

u = 2v .

Alors √
S = u + v = (1 + 2)v ,
et donc
S
v= √ .
1+ 2
4.3. AUTRES PROBLÈMES ISSUS DE LA GÉOMÉTRIE 141

Le triangle est rectangle si et seulement si f (v) est nul c’est-à-dire

S2 S2
√ − √ + P = 0,
(1 + 2)2 1 + 2

ce qui donne √ √ √
2 S 2 = (1 + 2)2 P = (3 + 2 2)P ,

et finalement, en multipliant par 2

2S 2 = (4 + 3 2)P

En remarquant que √
9 > 3 2 + 4 > 8,
la condition
9P > 2S 2 > 8P ,
est satisfaite dans ce cas, et la condition est suffisante pour que l’un des triangles soit rectangle.

D’ailleurs, on peut expliciter le polynôme. On a



2 √ √ √
P = √ S 2 = 2 (3 − 2 2)S 2 = (3 2 − 4)S 2 ,
3+2 2
donc √
f (x) = x2 − SX + (3 2 − 4)S 2 ,
√ √ √ √
qui a pour racines ( 2 − 1)S et (2 − 2)S = 2( 2 − 1)S.