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Analyse avancée

pour ingénieurs
Illustration de couverture : Texte extrait de Leonhardi Euleri,
Institutionum calculi integralis, vol. 3, Petropoli, 1827.
Analyse avancée
pour ingénieurs
Deuxième édition Bernard Dacorogna
corrigée
Chiara Tanteri

Presses polytechniques et universitaires romandes


L’auteur et l’éditeur remercient l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne
dont le soutien financier a rendu possible la publication de cet ouvrage.
EgaLEMENT PuBLIéS aux PRESSES PoLyTECHNIquES ET uNIvERSITaIRES RoMaNDES
Cours d’Analyse
1 Analyse vectorielle
2 Analyse complexe
3 Equations différentielles
Srishti D. Chatterji
Analyse
Receuil d’exercices et aide-mémoire vol. 1
Receuil d’exercices et aide-mémoire vol. 2
Jacques Douchet
Introduction à l’analyse numérique
Jacques Rappaz et Marco Picasso
Algèbre linéaire
Aide-mémoire, exercices et applications
Robert C. Dalang et amel Chaabouni
Introduction à l’optimisation différentiable
Michel Bierlaire
Initiation aux probabilités
Sheldon M. Ross
Algèbre linéaire
Renzo Cairoli
Recherche opérationnelle pour ingénieurs I
Dominique de Werra, Thomas M. Liebling, Jean-François Hêche
Recherche opérationnelle pour ingénieurs II
Jean-François Hêche, Thomas M. Liebling, Dominique de Werra

Les Presses polytechniques et universitaires romandes sont une fondation


scientifique dont le but est principalement la diffusion des travaux
de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne ainsi que d’autres
universités et écoles d’ingénieurs francophones.
Le catalogue de leurs publications peut être obtenu par courrier aux
Presses polytechniques et universitaires romandes,
EPFL – Rolex Learning Center, CH-1015 Lausanne, par E-Mail à ppur@epfl.ch,
par téléphone au (0)21 693 41 40, ou par fax au (0)21 693 40 27.

www.ppur.org

Première édition, 2002


Deuxième édition corrigée, 2006, 2010, 2011
ISBN 978-2-88074-513-4
© Presses polytechniques et universitaires romandes
Imprimé en Suisse
Tous droits réservés.
Reproduction, même partielle, sous quelque forme
ou sur quelque support que ce soit, interdite sans l’accord écrit de l’éditeur.
Préface

Ce livre s’adresse en premier lieu à des étudiants ingénieurs qui ont suivi
un cours d’analyse de base (calcul différentiel et intégral). Il correspond à la
deuxième année du cursus (à raison de deux heures de cours et deux heures
d’exercices par semaines) de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Nous
pensons qu’il peut aussi être utile aux étudiants en mathématiques ou en phy-
sique comme complément à un cours plus théorique.

Il existe d’excellents livres sur les sujets traités ici (certains, que nous aimons
particulièrement, sont mentionnés dans la bibliographie). Notre approche est
toutefois différente. Comme notre ouvrage s’adresse avant tout à des étudiants
ingénieurs, nous avons privilégié l’apprentissage de la matière par les exemples
et les exercices. En effet, nous avons réduit la partie théorique à une sorte
d’aide mémoire, tout en essayant de ne pas sacrifier la précision et la ri-
gueur des énoncés des théorèmes et des définitions. Par contre, nous avons
développé avec beaucoup de détails les exemples et les corrections des exer-
cices. Pour rendre l’accès plus aisé aux étudiants ingénieurs nous avons surtout
insisté sur l’applicabilité des méthodes, parfois aux dépens d’un développement
mathématique rigoureux (particulièrement en ce qui concerne l’analyse vecto-
rielle et les problèmes de convergence dans l’analyse de Fourier). Toutefois, les
exemples et les exercices ont été choisis pour qu’un tel développement puisse
se faire sans trop de difficultés par un étudiant motivé. Nous espérons donc
que ce choix d’organisation de la matière satisfera à deux besoins de nature
différente. En premier lieu, il devrait permettre à l’étudiant de se préparer ef-
ficacement aux examens. Mais il devrait aussi s’avérer utile, plus tard, pour
retrouver rapidement et précisément les résultats théoriques importants.

L’organisation générale du livre est la suivante. Les trois premières par-


ties (analyse vectorielle, analyse complexe et analyse de Fourier), qui sont
divisées en chapitres, représentent la partie théorique. Elles sont essentielle-
ment indépendantes les unes des autres, à part quelques exceptions mineures.
Enfin, dans une quatrième partie tous les exercices proposés précédemment
sont corrigés en détail. Les chapitres (à l’exception des deux derniers consacrés
aux applications aux équations différentielles et de l’appendice) sont organisés
comme suit :
1) Les définitions et les théorèmes sont énoncés avec précision mais sans
commentaire. Par ailleurs, nous mentionnons les pages exactes des livres de
notre bibliographie où le lecteur intéressé pourra poursuivre son étude.
2) Des exemples significatifs sont ensuite discutés en détail.
vi Préface

3) Enfin, de nombreux exercices sont proposés (et comme déjà dit, ils sont
corrigés intégralement dans la quatrième partie de notre livre) et sont divisés
en deux catégories. La première, la plus importante par le nombre, permettra
à l’étudiant d’assimiler la technique et les concepts présentés dans le chapitre.
La seconde (les exercices correspondants étant identifiés par un astérisque)
présente des développements théoriques importants qui peuvent permettre aux
étudiants les plus motivés d’approfondir le sujet.

Nous aimerions maintenant faire quelques commentaires sur la bibliogra-


phie. Nous avons sélectionné deux types de livres.
1) Nous avons choisi comme livres de références mathématiques les ouvrages
suivants dont nous avons aimé la rigueur, la clarté et la profondeur :
– pour l’analyse vectorielle et les séries de Fourier le livre de M. H. Protter
et C. B. Morrey ainsi que celui plus avancé de W. Fleming ;
– pour l’analyse complexe celui de L. V. Ahlfors qui est un grand classique ;
– pour la transformée de Laplace et de Fourier le livre de D. V. Widder ;
– les trois livres de E. M. Stein et R. Shakarchi sont aussi de très beaux
livres et ils couvrent une bonne partie de la matière discutée dans notre
livre (analyse complexe et analyse de Fourier) ;
– enfin les trois volumes de S. D. Chatterji couvrent le domaine entier du
présent ouvrage.
2) En ce qui concerne les livres plus spécifiquement pour ingénieurs, nous
aimons particulièrement le livre de E. Kreyszig. Les deux ouvrages de K. Arbenz
et A. Wohlhauser sont aussi, par leur concision, attrayants.

Enfin, nous voudrions terminer cette brève préface en adressant nos plus
vifs remerciements à tous ceux qui nous ont aidé à la réalisation de notre livre.
En premier lieu nous pensons à tous les étudiants qui ont suivi notre cours et
qui par leurs commentaires nous ont permis d’améliorer sensiblement diverses
parties du présent livre. Nous avons bénéficieé aussi de nombreux commentaires
d’assistants et de collègues, lors des trois éditions, notamment de S. Bandyo-
padhyay, M. Cibils, G. Croce, G. Csato, H. Gebran, O. Kneuss, P. Metzener,
G. Pisante, A. Ribeiro, L. Rollaz et K. D. Semmler. Lors de la troisième édition,
J. Douchet nous a suggéré, par écrit, plusieurs modifications intéressantes.
Table des matières

Préface v

Analyse vectorielle 1

1 Opérateurs différentiels de la physique 3


1.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

2 Intégrales curvilignes 9
2.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

3 Champs qui dérivent d’un potentiel 13


3.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

4 Théorème de Green 21
4.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
4.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

5 Intégrales de surfaces 27
5.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
5.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
5.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
viii Table des matières

6 Théorème de la divergence 33
6.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
6.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
6.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37

7 Théorème de Stokes 39
7.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
7.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
7.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43

8 Appendice 45
8.1 Notations et notions de topologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
8.2 Notations et notions d’espaces de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . 48
8.3 Courbes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
8.4 Surfaces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
8.5 Changements de variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62

Analyse complexe 65

9 Fonctions holomorphes 67
9.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
9.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
9.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71

10 Intégration complexe 73
10.1 Définition et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
10.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
10.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75

11 Séries de Laurent 79
11.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
11.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
11.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83

12 Théorème des résidus et applications 87


12.1 Partie I : Théorème des résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
12.1.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
12.1.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
12.2 Partie II : Calcul d’intégrales réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
12.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
Table des matières ix

13 Applications conformes 95
13.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
13.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
13.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98

Analyse de Fourier 101

14 Séries de Fourier 103


14.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
14.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
14.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109

15 Transformées de Fourier 113


15.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
15.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
15.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
15.4 Table de transformées de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118

16 Transformées de Laplace 119


16.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
16.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
16.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
16.4 Table de transformées de Laplace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126

17 Applications : EDO 127


17.1 Le problème de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
17.2 Problème de Sturm-Liouville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
17.3 Autres exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
17.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134

18 Applications : EDP 137


18.1 Equation de la chaleur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
18.2 Equation des ondes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142
18.3 Equation de Laplace dans un rectangle . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
18.4 Equation de Laplace dans un disque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
18.5 Le cas d’un domaine simplement connexe . . . . . . . . . . . . . . . . 149
18.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
x Table des matières

Corrigés des exercices 157

1 Opérateurs différentiels : corrigés 159

2 Intégrales curvilignes : corrigés 165

3 Champs qui dérivent d’un potentiel : corrigés 169

4 Théorème de Green : corrigés 175

5 Intégrales de surfaces : corrigés 187

6 Théorème de la divergence : corrigés 191

7 Théorème de Stokes : corrigés 209

9 Fonctions holomorphes : corrigés 223

10 Intégration complexe : corrigés 229

11 Séries de Laurent : corrigés 237

12 Théorème des résidus : corrigés 251

13 Applications conformes : corrigés 263

14 Séries de Fourier : corrigés 273

15 Transformées de Fourier : corrigés 285

16 Transformées de Laplace : corrigés 291

17 EDO : corrigés 299

18 EDP : corrigés 311

Bibliographie 331

Index 333
Première partie

Analyse vectorielle
Chapitre 1

Opérateurs différentiels de la
physique

1.1 Définitions et résultats théoriques

Définition 1.1 Par la suite Ω ⊂ Rn sera un ouvert, n ≥ 2 et on notera


x = (x1 , . . . , xn ).
1) Si f ∈ C 1 (Ω) on définit pour x ∈ Ω

! "
∂f ∂f
grad f (x) = ∇f (x) = (x), . . . , (x) ∈ Rn
∂x1 ∂xn

appelé le gradient de f .
2) Si f ∈ C 2 (Ω) on définit pour x ∈ Ω

n
# ∂2f
∆f (x) = (x) ∈ R
i=1
∂x2i

appelé le laplacien de f .
3) Soit F = F (x) = (F1 (x) , . . . , Fn (x)), F ∈ C 1 (Ω; Rn ). On définit pour
x∈Ω
n
# ∂Fi
div F (x) = (x) ∈ R
i=1
∂xi

appelé la divergence de F (on note parfois ∇ · F ).


4 Définitions et résultats théoriques

$ % $ %
4) Si n = 2 et si F (x) = F1 (x) , F2 (x) , F ∈ C 1 Ω; R2 , on définit pour
x∈Ω

∂F2 ∂F1
rot F (x) = (x) − (x) ∈ R.
∂x1 ∂x2

$ % $ %
Si n = 3 et si F (x) = F1 (x) , F2 (x) , F3 (x) , F ∈ C 1 Ω; R3 , on définit pour
x∈Ω

! "
∂F3 ∂F2 ∂F1 ∂F3 ∂F2 ∂F1
rot F (x) = (x) − (x), (x) − (x), (x) − (x) ∈ R3
∂x2 ∂x3 ∂x3 ∂x1 ∂x1 ∂x2

appelé le rotationnel de F (on note parfois ∇ ∧ F ). On note aussi symboli-


quement & &
& e1 e2 e3 &
& &
& &
& ∂ ∂ ∂ &
rot F (x) = & &.
& ∂x1 ∂x2 ∂x3 &
& &
& F1 F2 F3 &

Remarque On peut aussi définir le rotationnel de F pour n’importe quelle


dimension. On a que pour tout n ≥ 2 et pour tout x ∈ Ω

! ! ""
i+j ∂Fi ∂Fj n(n−1)
rot F (x) = (−1) (x) − (x) ∈R 2 .
∂xj ∂xi 1≤i<j≤n

Théorème 1.2 Soit Ω ⊂ Rn un ouvert.

1) Soit f ∈ C 2 (Ω) alors


div grad f = ∆f.
$ %
2) Soient n = 3, f ∈ C 2 (Ω) et F ∈ C 2 Ω; R3 alors

rot grad f = 0
div rot F = 0.

3) Soient f ∈ C 1 (Ω) et g ∈ C 2 (Ω) alors

div (f grad g) = f ∆g + grad f · grad g

(où x · y dénote le produit scalaire de deux vecteurs x, y ∈ Rn ).


Opérateurs différentiels de la physique 5

4) Si f, g ∈ C 1 (Ω) alors

grad (f g) = f grad g + g grad f.

5) Si f ∈ C 1 (Ω) et F ∈ C 1 (Ω; Rn ) alors

div (f F ) = f div F + F · grad f.


$ %
6) Si n = 3 et F ∈ C 2 Ω; R3 alors

rot rot F = −∆F + grad div F

(où si F = (F1 , F2 , F3 ) on a noté ∆F = (∆F1 ∆F2 , ∆F3 )).

7) Si n = 3, f ∈ C 1 (Ω) et F ∈ C 1 (Ω; R3 ) alors

rot (f F ) = grad f ∧ F + f rot F

(où x ∧ y dénote le produit vectoriel de deux vecteurs x, y ∈ R3 ).

(Pour plus de détails, cf. [2] 4-7, [4] 113-116, [7] 316-317, [10] 485-497, [11]
417-424.)

1.2 Exemples

Exemple 1.3 Soient x = (x1 , . . . , xn ), a = (a1 , . . . , an ) et r tels que


'
(n
r= (xi − ai )2 .
i=1

Soit f (x) = 1/r. Calculer (sans se servir du théorème ci-dessus)

F = grad f , ∆f , div F.

Calculer, quand n = 3, rot F .

Discussion Noter que le domaine de définition de f est Ω = Rn \{a}. Com-


mençons par calculer ∂r/∂xi = rxi . De la définition de r2 on a, en dérivant des
deux côtés de l’identité,
xi − ai
2rrxi = 2(xi − ai ) =⇒ rxi = .
r
1) On a pour tout i = 1, . . . , n

∂f ∂ xi − ai
= (r−1 ) = −r−2 rxi = −
∂xi ∂xi r3
6 Exemples

et donc
1 x−a
F (x) = grad f (x) = − (x1 − a1 , . . . , xn − an ) = − 3 .
r3 r

2) Par ailleurs, on a
! "
∂2f ∂ xi − ai r3 − 3(xi − ai )r2 rxi
=− =− =
∂x2i ∂xi r3 r6
xi − ai
r − 3(xi − ai ) 3(xi − ai )2 − r2
=− r = .
r4 r5
On déduit alors que
n
) n n
*
# ∂2f 1 # # 1 + , 3−n
∆f = 2 = 5 3 (xi − ai ) −
2
r = 5 3r2 − nr2 =
2
.
i=1
∂xi r i=1 i=1
r r3

Noter que, quand n = 3, on a ∆f = 0.


(Ce résultat aurait pu se déduire à l’aide du théorème, du calcul précédent pour
le gradient et de celui de la divergence qui suit.)
3) Comme Fi = fxi , on déduit
∂F ∂
= (fxi ) = fxi xi
∂xi ∂xi
et on retrouve
3−n
div F = ∆f = .
r3
4) Par le théorème ci-dessus on doit avoir rot F = rot grad f = 0, mais vérifions-
le directement
& &    
& e1 e2 e3 &&
& fx3 x2 − fx2 x3 0
& ∂ ∂ ∂ & &   
&
& =  fx x − fx3 x1   =  0 .
rot F = &  
& ∂x1 ∂x2 ∂x3 &  1 3
& &
& fx1 fx2 fx3 & fx2 x1 − fx1 x2 0

Exemple 1.4 Soient F (x, y, z) = (x2 −ey , sin z, y 2 +z). Calculer div F et rot F .

Discussion On trouve

div F = 2x + 0 + 1 = 2x + 1

et
& &    
& e1 e2 e3 &
& & 2y − cos z 2y − cos z
& ∂ ∂ ∂ &    
& & 
rot F = & &= 0−0 =
  0 .

& ∂x ∂y ∂z &
& &
& x2 − ey sin z y2 + z & 0 + ey ey
Opérateurs différentiels de la physique 7

1.3 Exercices
$ $ %%
1. Soit F (x, y, z) = y 2 sin(xz), ey cos(x2 + z), log 2 + cos(xy) = (f1 , f2 , f3 ).
Calculer :
i) grad f1 , grad f2 , grad f3
ii) div F
iii) rot F .
2. Soient f : R3 →R une fonction C 1 (R3 ) et F : R3 → R3 un champ vectoriel
C 1 (R3 ; R3 ). Dire parmi les expressions suivantes celles qui ont un sens
i) grad f ii) f grad f iii) F · grad f iv) div f
v) div (f F ) vi) rot (f F ) vii) rot f viii) f rot F
ix) rot div F.
3
3. Soient x ∈ Rn et r = x21 + · · · + x2n .
i) Montrer que si f (x) = Ψ(r) alors, pour x )= 0,
n−1 #
∆f = Ψ## (r) + Ψ (r).
r
ii) Déduire une solution de ∆f = 0 dans Ω = Rn \{0}.
Suggestion : Utiliser (cf. exemple 1.3) le fait que
xi
rxi = .
r
4 5
4. Soient x = r cos θ, y = r sin θ, Ω = (x, y) ∈ R2 : x, y > 0 et f : Ω → R,
f = f (x, y), une fonction C 2 (Ω). Soit
g = g(r, θ) = f (r cos θ, r sin θ)
ou en d’autres termes
$ %
f (x, y) = g r(x, y), θ(x, y) .
Montrer que
∂2f ∂2f ∂ 2 g 1 ∂g 1 ∂2g
∆f = + = + + .
∂x2 ∂y 2 ∂r2 r ∂r r2 ∂θ2
Calculer ∆f pour
3 6 y 72
f (x, y) = x2 + y 2 + arctg .
x
Suggestion : Commencer par montrer que
∂r x ∂r y ∂θ −y ∂θ x
= , = , = 2 et = 2.
∂x r ∂y r ∂x r ∂y r
5. Montrer 1) et 2) du théorème 1.2.
6. Montrer 3) et 4) du théorème 1.2.
7. Montrer 5), 6) et 7) du théorème 1.2.
Chapitre 2

Intégrales curvilignes

2.1 Définitions et résultats théoriques

Définition 2.1 Soit Γ ⊂ Rn une courbe simple régulière (pour une définition
précise,
$ cf. sect. %8.3 pour plus de détails) paramétrée par γ : [a, b] → Γ, γ (t) =
γ 1 (t), . . . , γ n (t) . On notera
9
: n
$ % 8 # 8 :# 2
γ # (t) = γ #1 (t) , . . . , γ #n (t) et 8γ (t)8 = ; (γ #ν (t)) .
ν=1

1) Soit f : Γ → R une fonction continue. L’intégrale de f le long de Γ est


définie par

< <b
$ %8 8
f dl = f γ (t) 8γ # (t)8 dt.
Γ a

2) Soit F = (F1 , . . . , Fn ) : Γ → Rn un champ vectoriel continu. L’intégrale de


F le long de Γ est définie par

< <b <b #


n
$ % $ %
F · dl = F γ (t) · γ # (t) dt = Fν γ (t) γ #ν (t) dt.
Γ a a ν=1

3) Si Γ ⊂ Rn est une courbe simple régulière par morceaux (cf. sect. 8.3 ; en
particulier il existe γ : [a, b] → Γ continue et a = a1 < a2 < . . . < aN +1 = b
10 Exemples

$ %
avec γ # ∈ C [ai , ai+1 ] , i = 1, . . . , N ) et si f : Γ → R est une fonction continue
et F : Γ → Rn un champ vectoriel continu, alors
< a
N <i+1
# $ %8 8
f dl = f γ (t) 8γ # (t)8 dt
Γ i=1 a
i

< a
N <i+1
# $ %
F · dl = F γ (t) · γ # (t) dt.
Γ i=1 a
i

Remarques
i) Toutes les courbes que nous rencontrerons dans ce livre seront des courbes
simples régulières par morceaux et même, pour la plupart, régulières.
ii) La longueur d’une courbe Γ est obtenue en prenant f ≡ 1 dans les définitions
ci-dessus, c’est-à-dire
<
longueur (Γ) = dl.
Γ

iii) Les définitions sont indépendantes du choix de la paramétrisation (au signe


près pour la deuxième).

(Pour plus de détails, cf. [2] 23, [4] 333-334, [7] 258, [10] 513, [11] 426.)

2.2 Exemples

Exemple 2.2 Calculer la longueur du cercle unité.

Discussion On écrit
4 5
Γ = γ : [0, 2π] −→ R2 γ (t) = (cos t, sin t) ,

alors 8 8
γ # (t) = (− sin t, cos t) et 8γ # (t)8 = 1
et donc
< <2π
longueur (Γ) = dl = dt = 2π.
Γ 0
< 3
Exemple 2.3 i) Calculer f dl quand f (x, y) = x2 + 4y 2 et
Γ

Γ = {(x, y) ∈ R2 : 2y = x2 , x ∈ [0, 1]}.


Intégrales curvilignes 11
<
$ %
ii) Calculer F · dl quand F (x, y) = x2 , 0 et
Γ

Γ = {(x, y) ∈ R2 : y = cosh x, x ∈ [0, 1]}.

Discussion i) Une paramétrisation de la courbe est donnée par


! 2"
t
γ (t) = t, , t ∈ [0, 1].
2

Alors, comme γ # (t) = (1, t), on trouve


' ! "2 3
< <1 <1
t2 1 1 3
f dl = t2 +4 1 + t dt = t(1 + t2 ) dt = + = .
2
2 2 4 4
Γ 0 0

ii) Dans ce cas on peut prendre

γ (t) = (t, cosh t) =⇒ γ # (t) = (1, sinh t).

On a donc
< <1
1
F · dl = (t2 , 0) · (1, sinh t) dt = .
3
Γ 0

2.3 Exercices
4 5
1. i) Soit Γ = (x, y) ∈ R2 : y = f (x), x ∈ [a, b] . Montrer que

<b =
$ %2
longueur (Γ) = 1 + f # (t) dt.
a

ii) En déduire la longueur de la courbe


4 5
Γ = (x, y) ∈ R2 : y = cosh x, x ∈ [0, 1] .
4 5
iii) Soit Γ = (x, y) ∈ R2 : x(t) = r(t) cos t, y(t) = r(t) sin t, t ∈ [a, b] .
Calculer la longueur de Γ en fonction de r.
> $ %
2. Calculer F · dl quand F (x, y) = xy , y 2 − x et
Γi
4 5 4 5
Γ1 = (t, t) : t ∈ [0, 1] , Γ2 = (t, et ) : t ∈ [0, 1] ,
?$√ % @
Γ3 = t, t2 : t ∈ [1, 2] .
12 Exercices

>
3. Calculer F · dl quand
4Γ 5
i) Γ = 4(x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1, z = 0 , F (x,
5 y, z) = (x, z, y),
ii) Γ = (x, y, z) ∈ R3 : y = ex , z = x, x ∈ [0, 1] , F (x, y, z) = (x, y, z).

> √
4. Calculer f dl quand f (x, y, z) = x2 + y 2 + 2z et
Γ
A ! " B
1
Γ= γ(t) = cos t , sin t , t2 : t ∈ [0, 1] .
2
< 3
x3 2 a2 $ 3 %
Rappel : x2 + a2 dx = x + a2 + log x + x2 + a2 .
2 2
5. Soit Γ une courbe régulière de R3 joignant A et B. En utilisant la loi de
Newton (Force = masse × accélération), calculer le travail nécessaire pour
déplacer une particule de masse constante de A à B le long de Γ.
4 5
6. Soient F (x, y) = (x+y, −x) et Γ = (x, y) ∈ R2 : y 2 +4x4 −4x2 = 0, x ≥ 0 .
i) Montrer que γ(t) = (sin t, sin 2t) avec t ∈ [0, π] est une paramétrisation
de Γ. >
ii) Calculer F · dl.
Γ
Chapitre 3

Champs qui dérivent d’un


potentiel

3.1 Définitions et résultats théoriques

Définition 3.1 Soient Ω ⊂ Rn un ouvert et F = F (x) = (F1 , . . . , Fn ) : Ω →


Rn . On dit que F dérive d’un potentiel sur Ω s’il existe f ∈ C 1 (Ω) (f est
appelé le potentiel) tel que

! "
∂f ∂f
F (x) = grad f (x) = (x) , . . . , (x) , ∀x ∈ Ω.
∂x1 ∂xn

Théorème 3.2 Soient Ω ⊂ Rn un ouvert et F ∈ C 1 (Ω; Rn ). Si F dérive d’un


potentiel sur Ω alors

∂Fi ∂Fj
(x) − (x) = 0, ∀i, j = 1, . . . , n et ∀x ∈ Ω. (3.1)
∂xj ∂xi

Remarques
i) La condition ci-dessus s’écrit aussi
rot F (x) = 0, ∀x ∈ Ω.

ii) La condition (3.1) n’est pas suffisante (cf. exemple 3.6 ci-après) pour garantir
l’existence d’un tel potentiel, il faut pour cela des conditions sur le domaine Ω.
Si le domaine Ω est convexe, ou plus généralement s’il est simplement connexe,
la condition est bien suffisante. On rappelle que dans R2 un domaine simple-
ment connexe est un domaine sans trou. Pour les notions précises d’ensemble
connexe, convexe, simplement connexe nous référons au chapitre 8.
iii) Dans un domaine (c’est-à-dire un ensemble ouvert et connexe), le potentiel
est unique à une constante près.
14 Exemples

Théorème 3.3 Soit Ω ⊂ Rn un domaine et soit F ∈ C (Ω; Rn ). Les affirma-


tions suivantes sont alors équivalentes.
i) F dérive d’un potentiel sur Ω.
ii) Pour toute courbe simple, fermée, régulière par morceaux, Γ ⊂ Ω
<
F · dl = 0.
Γ

iii) Soient Γ1 , Γ2 ⊂ Ω deux courbes simples régulières par morceaux joignant A


à B alors < <
F · dl = F · dl.
Γ1 Γ2

(Pour plus de détails, cf. [4] 341-351, [7] 261-264, [10] 568-576, [11] 429-433.)

3.2 Exemples
$ %
Exemple 3.4 Soit F (x, y) = 4x3 y 2 , 2x4 y + y . Montrer que F dérive d’un
potentiel sur Ω = R2 et trouver un tel potentiel.

Discussion Le domaine de définition est Ω = R2 qui est un ensemble convexe.


En dérivant on obtient
∂F2 ∂F1
− = 8x3 y − 8x3 y = 0.
∂x ∂y
Le théorème 3.2 et la remarque qui suit nous garantissent l’existence d’un
potentiel f : R2 → R. Pour trouver ce potentiel on écrit
∂f ∂f
= 4x3 y 2 et = 2x4 y + y.
∂x ∂y
En intégrant la première équation par rapport à la variable x, on obtient
f (x, y) = x4 y 2 + α(y).
En dérivant cette dernière expression par rapport à y et en remettant dans la
deuxième équation, on a
∂f
= 2x4 y + α# (y) = 2x4 y + y.
∂y
Ceci implique que
y2
α# (y) = y =⇒ α(y) = + c,
2
avec c ∈ R. Finalement le potentiel cherché est donc
y2
f (x, y) = x4 y 2 + + c.
2
Champs qui dérivent d’un potentiel 15

$ %
Exemple 3.5 Soit F (x, y, z) = 2x sin z, zey , x2 cos z + ey . Montrer que F
dérive d’un potentiel sur Ω = R3 et trouver un tel potentiel.

Discussion On vérifie si la condition nécessaire, i.e. rot F = 0, est satisfaite.


On a
& &    
& e1 e2 e3 &
& & ey − ey 0
& &    
& ∂ ∂ ∂ & 
rot F = & & =  2x cos z − 2x cos z  =  0 .
  
& ∂x ∂y ∂z &
& &
& 2x sin z zey x2 cos z + ey & 0−0 0

Comme Ω = R3 est convexe, F dérive d’un potentiel. On écrit alors


∂f ∂f ∂f
= 2x sin z, = zey et = x2 cos z + ey .
∂x ∂y ∂z
On intègre la première équation par rapport à x et on trouve
f (x, y, z) = x2 sin z + α(y, z).
En dérivant cette dernière expression par rapport à y et z et en remettant dans
les deuxième et troisième équations, on obtient

 ∂f ∂α
 = zey =
∂y ∂y

 ∂f ∂α
= x cos z + ey = x2 cos z +
2
.
∂z ∂z
En intégrant la première équation par rapport à y, on trouve
α(y, z) = zey + β(z).
Puis en remettant le résultat dans la deuxième équation, on a
∂α
= ey + β # (z) = ey =⇒ β # (z) = 0 =⇒ β(z) = β = constante.
∂z
Finalement, en résumant, on a obtenu
f (x, y, z) = x2 sin z + zey + β.
Exemple 3.6 Soit
! "
y x
F (x, y) = − , .
x2 + y 2 x2 + y 2

i) Trouver le domaine de définition de F .


ii) Soient 4 5
Ω1 = (x, y) ∈ R2 : y > 0
4 5
Ω2 = (x, y) ∈ R2 : y < 0
4 5
Ω3 = R2 \ (x, y) ∈ R2 : x ≤ 0 et y = 0
4 5
Ω4 = R2 \ (0, 0) .
16 Exemples

F dérive-t-il d’un potentiel sur>Ωi , i = 1, 2, 3, 4 ? Si oui trouver un tel potentiel,


si non trouver Γ ⊂ Ωi tel que F · dl )= 0.
Γ
4 5
Discussion
$ % i) Le domaine de définition de F est Ω 4 = R 2
\ (0, 0) et F ∈
C ∞
Ω4 ; R . On a par ailleurs
2

! " ! "
∂ x ∂ y
rot F = − − 2 = 0, ∀ (x, y) ∈ Ω4 .
∂x x2 + y 2 ∂y x + y2

ii) Noter que Ω1 , Ω2 ⊂ Ω3 ⊂ Ω4 et Ω1 et Ω2 sont convexes, Ω3 est simplement


connexe (mais pas convexe) et Ω4 n’est pas simplement connexe. On va d’abord
trouver un potentiel quand y > 0 (et donc dans Ω1 ) puis quand y < 0 (et donc
dans Ω2 ) et puis enfin on discutera le cas où y = 0.
Cas 1. (x, y) ∈ Ω1 . Cherchons donc un potentiel f ∈ C 1 (Ω1 ). Si un tel f existe
on doit avoir
∂f y ∂f x
=− 2 , = 2 .
∂x x + y 2 ∂y x + y2
En intégrant la première équation par rapport à x, on trouve
x
f (x, y) = −arctg + α+ (y) .
y
En remettant dans la deuxième équation, on trouve α#+ (y) = 0 et donc le
potentiel cherché dans Ω1 (c’est-à-dire lorsque y > 0) est
x
f (x, y) = −arctg + α+ , ∀ (x, y) ∈ Ω1 ,
y
où α+ ∈ R est une constante arbitraire.
Cas 2. (x, y) ∈ Ω2 . La même analyse que précédemment conduit à
x
f (x, y) = −arctg + α− , ∀ (x, y) ∈ Ω2
y
où α− ∈ R est une constante arbitraire.
Cas 3. (x, y) ∈ Ω3 . Par les cas 1 et 2, s’il existe un potentiel f ∈ C 1 (Ω3 ) alors
il doit nécessairement être de la forme
 x
 −arctg + α+
 si y > 0 et x ∈ R
y
f (x, y) = x

 −arctg + α− si y < 0 et x ∈ R.
y
Il reste à savoir si on peut choisir les constantes α+ et α− de manière à prolonger
continûment un tel f à la demi-droite (x, 0) avec x > 0. Ceci est possible car
(x étant positif)
π π
lim f (x, y) = − + α+ , lim f (x, y) = + α− .
y→0+ 2 y→0− 2
Champs qui dérivent d’un potentiel 17

Il suffit donc de choisir α+ = α− + π et on aura bien


 x


 −arctg + (α− + π) si y > 0 et x ∈ R

 y
 π
f (x, y) = α− + si y = 0 et x > 0

 2

 x

 −arctg + α− si y < 0 et x ∈ R
y

est un potentiel C 1 (Ω3 ) de F , α− ∈ R étant une constante arbitraire.


Cas 4. (x, y) ∈ Ω4 . La même analyse que précédemment ne nous permet pas
de définir continûment f sur y = 0 quand x < 0 car on aurait alors
π 3π
lim f (x, y) = + α− + π = α− +
y→0+ 2 2
π
lim f (x, y) = − + α−
y→0− 2
et ceci est impossible. Donc 4F ne dérive pas d’un potentiel
5 sur Ω4 . Montrons
ceci différemment. Soit Γ = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 = 1 ⊂ Ω4 . On a alors

< <2π
F · dl = (− sin θ, cos θ) · (− sin θ, cos θ) dθ = 2π )= 0.
Γ 0

Au vu du théorème 3.3, on a ainsi montré que F ne dérive pas d’un potentiel


sur Ω4 .

3.3 Exercices
1. Soient les champs vectoriels Fi : R2 → R2

F1 (x, y) = (y, xy − x), F2 (x, y) = (3x2 y + 2x, x3 ), F3 (x, y) = (3x2 y, x2 ).

Le champ Fi dérive-t-il d’un potentiel sur R2 ?


Si oui, trouver
> un potentiel duquel dérive Fi , si non trouver un chemin fermé
Γ tel que Fi · dl )= 0.
Γ
$ %
2. i) Soit F : R2 → R2 un champ C 1 , F = F (u, v) = f (u, v), g(u, v) . Soit

<1
+ ,
ϕ(x, y) = xf (tx, ty) + yg(tx, ty) dt.
0

∂g ∂f
Montrer que si = alors F (x, y) = grad ϕ(x, y).
∂u ∂v
En déduire un potentiel pour F (x, y) = (2xy, x2 + y).
18 Exercices

ii) Généraliser ce résultat à Rn , avec


<1
$ %
F (u) = F1 (u), . . . , Fn (u) , ϕ(x) = F (tx) · x dt
0

et
∂Fi ∂Fj
= , ∀i, j = 1, . . . , n.
∂uj ∂ui
! "
z
3. Soit F (x, y, z) = 2xy + , x + 2yz, y + arctg x .
2 2
1 + x2
Le champ F dérive-t-il d’un potentiel sur R3 ? Si oui trouver ce potentiel.
! "
4 5 −y x
4. Soient Ω = R \ (0, y) ∈ R : y ≥ 0 et F (x, y) =
2 2
, .
x2 + y 2 x2 + y 2
Montrer (en exhibant un potentiel f ) que le champ F dérive d’un potentiel
sur Ω.
Suggestion : Procéder comme dans l’exemple 3.6.
5. Soit l’équation différentielle
$ % $ %
f2 t, u(t) u# (t) + f1 t, u(t) = 0, t ∈ R.
$ %
i) Soit F (x, y) = f1 (x, y) , f2 (x, y) un champ vectoriel qui dérive d’un po-
tentiel f sur R2 . Montrer qu’une solution u = u(t) de l’équation différentielle
est donnée, sous forme implicite, par
$ %
f t, u(t) = constante, ∀t ∈ R.
d $ %
Suggestion : Calculer f t, u(t) .
dt
ii) En déduire une solution de
G 2
u (t)u# (t) + sin t = 0
u (0) = 3.
6. (Facteur intégrant). Soit l’équation différentielle
$ % $ %
f2 t, u(t) u# (t) + f1 t, u(t) = 0, t ∈ R.
i) Montrer que s’il existe W : R2 → R (avec W (x, y) )= 0, ∀(x, y) ∈ R2 ,
W ∈ C 1 (R2 )) tel que
W (x, y)F (x, y) = (W f1 , W f2 )
dérive d’un potentiel Φ sur R2 alors une solution u = u(t) de l’équation
différentielle est donnée, sous forme implicite, par
$ %
Φ t, u(t) = constante, ∀t ∈ R.
ii) En déduire une solution de
$ % $ % + $ %,
4t sin tu(t) + u(t)(t2 + 1) cos tu(t) + u# (t) (t2 + 1)t cos tu(t) = 0.
(Suggestion : Choisir W (x, y) = 1 + x2 .)
Champs qui dérivent d’un potentiel 19

7. Soient les champs


! "
−x −y
F (x, y) = ,
(x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2
et ! "
y3 −xy 2
G(x, y) = , 2
(x + y ) (x + y 2 )2
2 2 2
4 5
et soit Ω = R2 \ (0, 0) .
Dérivent-ils d’un potentiel sur Ω ? (Si oui trouver un potentiel, si non justifier
votre réponse.)
Chapitre 4

Théorème de Green

4.1 Définitions et résultats théoriques

Définition 4.1 i) On dit que Ω ⊂ R2 est un domaine régulier (fig. 4.1) s’il
existe Ω0 , Ω1 , . . . , Ωm ⊂ R2 des ouverts bornés tels que
m
H
Ω =Ω 0 \ Ωj
j=1
Ωj ⊂ Ω0 , ∀j = 1, 2, . . . , m

Ωi ∩ Ωj = ∅ si i )= j, i, j = 1, . . . , m

∂Ωj = Γj , j = 0, 1, 2, . . . , m

où les Γj sont des courbes simples fermées régulières par morceaux.

Γ
Ω ν
Γ1
Γ2
Ω1
Ω2
ν
ν
Γ3

Ω3
ν

Fig. 4.1

ii) On dit que ∂Ω =Γ 0 ∪ Γ1 ∪ · · · ∪ Γm est orienté positivement si le sens de


parcours sur chacun des Γj , j = 0, 1, . . . , m, laisse le domaine Ω à gauche.
22 Exemples

Remarque La définition de l’orientation de ∂Ω est intuitive, une définition


précise se trouve dans le chapitre 8. En particulier le sens de parcours de Γ0 doit
être le sens positif mais le sens de parcours sur Γ1 , . . . , Γm est le sens négatif.

Théorème 4.2 (Théorème de Green) Soit Ω ⊂ R2 un domaine régulier


dont le bord ∂Ω est orienté positivement. Soit
$ %
F = F (x1 , x2 ) = F1 (x1 , x2 ), F2 (x1 , x2 )
$ %
avec F ∈ C 1 Ω; R2 , alors

<< << ! " <


∂F2 ∂F1
rot F (x1 , x2 ) dx1 dx2 = − dx1 dx2 = F · dl.
∂x1 ∂x2
Ω Ω ∂Ω

Corollaire 4.3 (Théorème de la divergence dans le plan) Soient Ω, ∂Ω


et F comme dans le théorème. Soit ν un champ de normales extérieures unité
à ∂Ω, alors

<< << ! " <


∂F1 ∂F2
div F (x1 , x2 ) dx1 dx2 = + dx1 dx2 = (F · ν) dl.
∂x1 ∂x2
Ω Ω ∂Ω

Corollaire 4.4 Soient Ω et ∂Ω comme dans le théorème. Soient F (x, y) =


(−y, x), G1 (x, y) = (0, x) et G2 (x, y) = (−y, 0), alors

< < <


1
Aire (Ω) = F · dl = G1 · dl = G2 · dl.
2
∂Ω ∂Ω ∂Ω

(Pour plus de détails cf. [2] 43-44, [4] 363-364, [7] 360, [10] 528-532, [11] 436-
445.)

4.2 Exemples
4 5 $ %
Exemple 4.5 Soient Ω = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1 et F (x, y) = y 2 , x .
Vérifier le théorème de Green.
Théorème de Green 23
<<
Discussion 1) Calcul de rot F dx dy.

On vérifie facilement que rot F = 1 − 2y. En posant x = r cos θ, y = r sin θ, on


obtient
<< <1 <2π
rot F dx dy = (1 − 2r sin θ)r dr dθ = π.
Ω 0 0

<
2) Calcul de F · dl.
∂Ω

On pose γ(θ) = (cos θ, sin θ) et on a alors

< <2π <2π


F · dl = (sin θ, cos θ) · (− sin θ, cos θ) dθ = cos2 θ dθ = π.
2

∂Ω 0 0

Exemple 4.6 Soient


4 5 $ %
Ω = (x, y) ∈ R2 : 1 < x2 + y 2 < 4 et F (x, y) = x2 y, 2xy .

Vérifier le théorème de Green.


<<
Discussion 1) Calcul de rot F dx dy.

On trouve que
∂F2 ∂F1
rot F = − = 2y − x2
∂x ∂y
et donc, en passant aux coordonnées polaires,

<< <2 <2π


$ %
rot F dx dy = 2r sin θ − r2 cos2 θ r dr dθ
Ω 1 0

<2 <2π <2


15
= −r cos θ dr dθ = −π
3 2
r3 dr = − π.
4
1 0 1

<
2) Calcul de F · dl.
∂Ω

On pose
4 5
Γ0 = γ 0 (θ) = (2 cos θ, 2 sin θ) : θ ∈ [0, 2π] ,
4 5
Γ1 = γ 1 (θ) = (cos θ, sin θ) : θ ∈ [0, 2π] ,
24 Exercices

et on obtient < < <


F · dl = F · dl − F · dl.
∂Ω Γ0 Γ1

On a
< <2π
F · dl = (8 cos2 θ sin θ, 8 cos θ sin θ) · (−2 sin θ, 2 cos θ) dθ
Γ0 0
<2π
= −16 (cos2 θ sin2 θ − cos2 θ sin θ) dθ
0
<2π
= −16 cos2 θ sin2 θ dθ = −4π
0

< <2π
π
F · dl = (cos2 θ sin θ, cos θ sin θ) · (− sin θ, cos θ) dθ = −
4
Γ1 0

et donc finalement <


15
F · dl = − π.
4
∂Ω

4.3 Exercices
4 5
1. Vérifier le $théorème
% de Green pour Ω = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1 et
F (x, y) = xy, y 2 .
4 5
2. Vérifier le $théorème %de Green pour Ω = (x, y) ∈ R2 : 1 < x2 + y 2 < 4 et
F (x, y) = x + y, y 2 .
3. Soit Ω ⊂ R2 le triangle de sommets (0, 0), (0, 1) et (1, 0). Soit u(x, y) =
y + ex . <<
i) Calculer ∆u(x, y) dx dy.
<Ω ! "
∂u ∂u
ii) Calculer ν1 + ν 2 dl, où ν = (ν 1 , ν 2 ) est la normale extérieure
∂x ∂y
∂Ω
unité à ∂Ω et le sens de parcours de ∂Ω est tel qu’il laisse Ω à gauche.
4. Vérifier le théorème de Green dans les cas suivants :
4 5
a) A = 4(x, y) ∈ R2 : x2 + (y − 1)2 < 1 , 5 F (x, y) = (−x2 y, xy 2 ) ;
b) A = (x, ! y) ∈ R : x > 0 et x "+ y < 1 ,
2 2 2

x
F (x, y) = , ϕ(y) avec ϕ ∈ C 1 (R).
2(1 + x2 + y 2 )
Théorème de Green 25

5. Vérifier le théorème de Green pour F (x, y) = (xy, y) et


4 5
A = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 > 1 et x2 − 4 < y < 2 .
4 5
6. Vérifier le théorème de Green pour A = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1 .
Suggestion : Il vaut mieux considérer les coordonnées cartésiennes que les
coordonnées polaires et écrire
4 √ √ 5
A = (x, y) ∈ R2 : x ∈ (−1, 1) et − 1 − x2 < y < 1 − x2
? 3 3 @
= (x, y) ∈ R2 : y ∈ (−1, 1) et − 1 − y 2 < x < 1 − y 2 .

7. Soient Ω ⊂ R2 un domaine régulier, ν = (ν 1 , ν 2 ) la normale


$ % extérieure unité
à ∂Ω (∂Ω étant orienté positivement). Soient u, v ∈ C 2 Ω . Montrer que

<< <
∆u dx dy = (grad u · ν) dl
Ω ∂Ω

et vérifier les identités de Green

<< <
$ %
[v∆u + grad u · grad v] dx dy = v grad u · ν dl
Ω ∂Ω

<< <
$ % + $ % $ %,
u∆v − v∆u dx dy = u grad v · ν −v grad u · ν dl
Ω ∂Ω

Suggestion : On utilisera d’abord le théorème 1.2, c’est-à-dire


$ %
div u grad v = u∆v + grad u · grad v .
On appliquera ensuite le théorème de la divergence (cf. corollaire 4.3).
8. A l’aide du théorème de Green, démontrer le théorème de la divergence.
9. i) Vérifier le corollaire 4.4.
ii) En particulier, si ∂Ω$ = Γ est une % courbe simple fermée régulière de
paramétrisation γ (t) = γ 1 (t) , γ 2 (t) , t ∈ [a, b], en déduire que
<b <b
Aire (Ω) = γ 1 (t) γ #2 (t) dt =− γ #1 (t )γ 2 (t) dt
a a
<b
1 + ,
= γ 1 (t) γ #2 (t) − γ #1 (t) γ 2 (t) dt.
2
a
26 Exercices

$ %
10∗ . Soient Ω ⊂ R2 un domaine régulier et f, ϕ ∈ C 0 Ω . Montrer que le
problème A
∆u(x, y) = f (x, y) (x, y) ∈ Ω
(D)
u(x, y) = ϕ(x, y) (x, y) ∈ ∂Ω
$ %
admet au plus une solution u ∈ C 2 Ω .
Suggestion : Soient u, v deux solutions de (D). Montrer, à l’aide de la
première identité de Green (cf. exercice 7), que w = u − v ≡ 0.
Chapitre 5

Intégrales de surfaces

5.1 Définitions et résultats théoriques

Rappel On rappelle ce qu’il faut absolument savoir sur les surfaces et nous
référons pour de plus amples développements à la section 8.4.
1. On dit que Σ ⊂ R3 est une surface régulière si (entre autres) il existe
i) A ⊂ R2 un ouvert borné dont le bord ∂A est une courbe simple fermée
régulière par morceaux.
$ % $ %
ii) Une paramétrisation
$ 1 σ : A → Σ = σ % A ⊂ R3 , injective, σ ∈ C 1 A; R3 ,
σ (u, v) = σ (u, v) , σ 2 (u, v) , σ 3 (u, v) , telle que le vecteur normal satis-
fasse
& &  
& e1 e2 e3 && σ 2u σ 3v − σ 3u σ 2v
&
& &  3 1 
σ u ∧σ v = && σ 1u σ 2u σ 3u && =  1 3 
 σ u σ v − σ u σ v  )= 0, ∀ (u, v) ∈ A .
& 1 &
& σv σ 2v σ 3v & σ 1u σ 2v − σ 2u σ 1v

2. Une surface est dite régulière par morceaux si, intuitivement, elle est une
union finie de surfaces régulières disjointes (cf. si nécessaire, définition 8.13).
Toutes les surfaces que nous considèrerons dans ce livre seront des surfaces
régulières par morceaux qui seront de plus orientables (nous n’avons pas be-
soin de définir ici ce terme, cf. si nécessaire chapitre 8). Par ailleurs, dans tous
les exemples étudiés (cf. en particulier ceux mentionnés ci-dessous), nous serons
en mesure de traiter les surfaces régulières par morceaux comme si elles étaient
régulières sans trop rentrer dans les détails.

Exemples 4 5
i) (Sphère) Soit Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 1 . Une paramétrisation
régulière par morceaux de Σ est donnée par

σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) , (θ, ϕ) ∈ A

où A = (0, 2π) × (0, π). La normale associée est

σ θ ∧ σ ϕ = − sin ϕ (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ) .


28 Définitions et résultats théoriques

4 5
ii) (Cylindre) Soit Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et 0 < z < 1 . On choisit
comme paramétrisation régulière par morceaux

σ (θ, z) = (cos θ, sin θ, z) , (θ, z) ∈ A

avec A = (0, 2π) × (0, 1). La normale associée est

σ θ ∧ σ z = (cos θ, sin θ, 0) .

Définition 5.1 i) Soit Σ ⊂ R3 une surface régulière (avec σ = σ (u, v) : A →


R3 une paramétrisation) et f : Σ → R un champ continu, alors on définit
l’intégrale du champ scalaire sur Σ comme

<< <<
$ %
f ds = f σ (u, v) 2σ u ∧ σ v 2 du dv.
Σ A

H
m
ii) Si Σ est une surface régulière par morceaux telle que Σ = Σi avec Σi
i=1
régulières alors
<< m <<
#
f ds = f ds.
Σ i=1 Σ
i

Définition 5.2 i) Soit Σ ⊂ R3 une surface régulière orientable (de paramétri-


sation σ = σ (u, v) : A → R3 ). Soit F : Σ → R3 un champ vectoriel continu.
On appelle intégrale du champ vectoriel F sur Σ dans la direction ν = σ u ∧ σ v
la quantité
<< <<
+ $ % ,
F · ds = F σ (u, v) ·σ u ∧ σ v du dv.
Σ A

m
H
ii) Si Σ = Σi avec Σi régulières, alors
i=1

<< m <<
#
F · ds = F · ds.
Σ i=1 Σ
i

Remarques
i) Si f ≡ 1 alors
<<
Aire (Σ) = ds.
Σ
Intégrales de surfaces 29

>>
ii) L’intégrale F · ds est aussi appelée flux à travers Σ dans la direction ν.
Σ

iii) Les définitions ci-dessus sont indépendantes du choix de la paramétrisation


(au signe près pour la deuxième).

(Pour plus de détails, cf. [2] 29-31, [4] 376-389, [7] 334, [10] 540-550, [11] 452-
459.)

5.2 Exemples

Exemple 5.3 Calculer l’aire de Σ où


4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = R2 .

Discussion On définit

σ(θ, ϕ) = (R cos θ sin ϕ , R sin θ sin ϕ , R cos ϕ)

et
A = (0, 2π) × (0, π).
On a
σ θ ∧ σ ϕ = −R2 sin ϕ(cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ)
et donc 8 8
8σ θ ∧ σ ϕ 8 = R2 sin ϕ.

L’aire de Σ est alors donnée par

<< <2π<π <π


Aire(Σ) = ds = R sin ϕ dθ dϕ = 2πR
2 2
sin ϕ dϕ = 4πR2 .
Σ 0 0 0
<<
Exemple 5.4 Calculer f ds où f (x, y, z) = x2 + y 2 + 2z et
Σ
4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et 0 ≤ z ≤ 1 .

Discussion On définit

σ(θ, z) = (cos θ, sin θ, z)

et
A = (0, 2π) × (0, 1).
On trouve
σ θ ∧ σ z = (cos θ, sin θ, 0),
30 Exercices

ce qui donne 8 8
8σ θ ∧ σ z 8 = 1.

Le résultat souhaité est donc


<< <1 <2π <1
f ds = (cos θ + sin θ + 2z) dθ dz = 2π (1 + 2z) dz = 4π.
2 2

Σ 0 0 0
$ %
Exemple 5.5 Soient F (x, y, z) = y, −x, z 2 et
4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z 2 = x2 + y 2 et 0 ≤ z ≤ 1 .

Calculer le flux passant à travers Σ dans la direction ascendante (c’est-à-dire


dans la direction des z > 0).

Discussion Dans ce cas on pose

σ(θ, z) = (z cos θ, z sin θ, z)

avec
A = (0, 2π) × (0, 1).
On obtient
σ θ ∧ σ z = (z cos θ, z sin θ, −z).
Comme −z < 0, on choisit comme normale ν = − (σ θ ∧ σ z ). On obtient ainsi

<< <1 <2π


F · ds = − (z sin θ , −z cos θ , z 2 ) · (z cos θ , z sin θ , −z) dz dθ
Σ 0 0
<1 <2π
=− (z 2 cos θ sin θ − z 2 cos θ sin θ − z 3 ) dz dθ
0 0
<1
π
= 2π z 3 dz = .
2
0

5.3 Exercices
1. Soient f (x, y, z) = xy + z 2 et
4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = z 2 et 0 ≤ z ≤ 1 .
<<
Calculer f ds.
Σ
Intégrales de surfaces 31

$ %
2. Soient F (x, y, z) = x2 , y 2 , z 2 et
4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z 2 = x2 + y 2 et 0 ≤ z ≤ 1 .

Calculer le flux passant à travers Σ dans la direction ascendante (c’est-à-dire


dans la direction des z > 0).
3. Soit 4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 − z 2 = 0, 0 ≤ z ≤ 1 .
Calculer
3 la masse de la surface Σ sachant que la densité est ρ(x, y, z) =
x2 + y 2 .
4. Soient F (x, y, z) = (0, z, z) et
4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z = 6 − 3x − 2y ; x, y, z ≥ 0 .

Calculer le flux qui passe par cette surface et qui s’éloigne de l’origine.
5. Soit 4 5
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 ≤ z ≤ 1 .
Calculer l’aire de ∂Ω.
6. Soit 0 < a < R. Soit le tore Ω obtenu par rotation du disque (x − R)2 + z 2 ≤
a2 autour de l’axe Oz (cf. le dessin de l’exemple 8.19).
i) Montrer que x = (R + r cos ϕ) cos θ, y = (R + r cos ϕ) sin θ et z = r sin ϕ
avec 0 < r < a et 0 ≤ θ, ϕ < 2π est une paramétrisation de Ω. Faire un
dessin et indiquer ce que représentent r, θ et ϕ. Calculer le jacobien de la
transformation puis calculer le volume de Ω.
ii) Trouver une représentation paramétrique du bord de Ω (noté ∂Ω) et
exprimer une normale au bord de Ω.
iii) Calculer <
l’aire
< < de ∂Ω.
iv) Calculer z 2 dx dy dz.

Chapitre 6

Théorème de la divergence

6.1 Définitions et résultats théoriques

Définition 6.1 On dit que Ω ⊂ R3 est un domaine régulier (fig. 6.1) s’il
existe Ω0 , Ω1 , . . . , Ωm ⊂ R3 des domaines bornés tels que
H
m
i) Ω =Ω 0 \ Ωj (⇒ ∂Ω = ∂Ω0 ∪ ∂Ω1 ∪ · · · ∪ ∂Ωm ),
j=1

ii) Ωj ⊂ Ω0 , j = 1, 2, . . . , m,
iii) Ωi ∩ Ωj = ∅ si i, j ∈ {1, . . . , m}, i )= j,
iv) ∂Ωj = Σj , j = 0, 1, 2, . . . , m sont des surfaces régulières par morceaux,
orientables et telles que ∂Σj = ∅.
v) Il existe un champ (continu par morceaux) de normales extérieures ν
à Ω.

Σ
Ω ν
Σ1
Σ2
Ω1
Ω2
ν
ν
Σ3

Ω3
ν

Fig. 6.1
34 Exemples

Remarque La dernière condition se comprend comme ∀x ∈ Σj , j = 0, 1, 2,


. . . , m, où le champ de normales est continu, ∀ε > 0 suffisamment petit
c
x + εν (x) ∈ Ωj , x − εν (x) ∈ Ωj , j = 1, 2, . . . , m
c
x − εν (x) ∈ Ω0 , x + εν (x) ∈ Ω0 .

Théorème 6.2 (Théorème de la divergence). Soient Ω ⊂ R3 un domaine $ %


régulier et ν la normale extérieure unité à Ω. Soit F : Ω → R3 , F ∈ C 1 Ω; R3 ,
alors
<<< <<
divF (x, y, z) dx dy dz = (F · ν) ds.
Ω ∂Ω

Corollaire 6.3 Si Ω et ν sont comme dans le théorème et si

F (x, y, z) = (x, y, z) , G1 (x, y, z) = (x, 0, 0) ,


G2 (x, y, z) = (0, y, 0) , G3 (x, y, z) = (0, 0, z)

alors

<< <<
1
vol (Ω) = (F · ν) ds = (Gi · ν) ds, i = 1, 2, 3.
3
∂Ω ∂Ω

(Pour plus de détails, cf. [2] 33-36, [4] 397-407, [7] 340-349, [10] 550-555, [11]
475-479.)

6.2 Exemples

Exemple 6.4 Vérifier le théorème de la divergence pour


4 5
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 < 1 et F (x, y, z) = (xy, y, z) .
<<<
Discussion 1) Calcul de divF .

On trouve que
divF = y + 2.
Théorème de la divergence 35

Donc, en passant en coordonnées sphériques x = r cos θ sin ϕ, y = r sin θ sin ϕ,


z = r cos ϕ, on obtient

<<< <1 <2π<π


(y + 2) dx dy dz = (2 + r sin θ sin ϕ)r2 sin ϕ dr dθ dϕ
Ω 0 0 0
<1 <π <π
4 8
= 2π 2r sin ϕ dr dϕ = π
2
sin ϕ dϕ = π.
3 3
0 0 0

<<
2) Calcul de (F · ν) ds.
∂Ω

Une paramétrisation de la surface est alors donnée par


4 5
∂Ω =Σ= σ(θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ), (θ, ϕ) ∈ [0, 2π] × [0, π] .

Un calcul immédiat donne

σ θ ∧ σ ϕ = − sin ϕ(cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ)

qui est clairement une normale intérieure. En observant que sur ∂Ω on a

F · (−σ θ ∧ σ ϕ ) =
= (cos θ sin θ sin2 ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ) · (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ) sin ϕ ,

on obtient
<< <2π<π
(F · ν) ds = (cos2 θ sin θ sin4 ϕ + sin2 θ sin3 ϕ + cos2 ϕ sin ϕ) dϕ dθ
∂Ω 0 0
<π <π
=π sin ϕ dϕ + 2π
3
cos2 ϕ sin ϕ dϕ
0 0
I Jπ I Jπ
cos ϕ3
cos3 ϕ 8
= π − cos ϕ + − 2π = π.
3 0 3 0 3

Exemple 6.5 Vérifier le théorème de la divergence pour


4 5 $ %
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 < 1 et 0 < z < 1 et F (x, y, z) = x2 , 0, 0 .
<<<
Discussion 1) Calcul de divF .

On trouve que
div F = 2x.
36 Exemples

En passant aux coordonnées cylindriques, x = r cos θ, y = r sin θ, z = z, on


obtient
<<< <2π<1 <1
(2x) dx dy dz = 2r cos θ r dr dθ dz = 0.
Ω 0 0 0

<<
2) Calcul de (F · ν) ds.
∂Ω

On a que
∂Ω = Σ0 ∪ Σ1 ∪ Σ2 ,

où
4 5
Σ0 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 < 1 et z = 0
4 5
Σ1 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 < 1 et z = 1
4 5
Σ2 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et 0 < z < 1 ,

dont les paramétrisations et les normales sont données respectivement par

σ 0 (r, θ) = (r cos θ , r sin θ , 0) =⇒ σ 0r ∧ σ 0θ = (0, 0, r) (normale intérieure)


σ (r, θ) = (r cos θ , r sin θ , 1) =⇒
1
σ 1r ∧ σ 1θ = (0, 0, r), (normale extérieure)
σ 2 (θ, z) = (cos θ , sin θ , z) =⇒ σ 2θ ∧ σ 2z = (cos θ , sin θ , 0),
(normale extérieure).

On obtient par conséquent

<< <2π<1
(F · ν) ds = − (r2 cos2 θ, 0, 0) · (0, 0, r) dr dθ = 0
Σ0 0 0
<< <2π<1
(F · ν) ds = (r2 cos2 θ, 0, 0) · (0, 0, r) dr dθ = 0
Σ1 0 0
<< <2π<1
(F · ν) ds = (cos2 θ, 0, 0) · (cos θ, sin θ, 0) dθ dz = 0.
Σ2 0 0

Finalement on a bien obtenu


<<
(F · ν) ds = 0.
∂Ω
Théorème de la divergence 37

6.3 Exercices

Dans les exercices 1 à 10, il s’agira de vérifier le théorème de la divergence.

1. Soient F (x, y, z) = (xz, y, y) et


4 5
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 < 1 .

2. Soient F (x, y, z) = (0, 0, xyz) et


4 5
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : z 2 > x2 + y 2 et 0 < z < 1 .

3. Soient F (x, y, z) = (xy, yz, xz) et le tétraèdre unité donné par


4 5
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : 0 < z < 1 − x − y, 0 < y < 1 − x, 0 < x < 1 .

4. Soient F (x, y, z) = (x2 , y 2 , z 2 ) et


4 $ % 5
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : b2 x2 + y 2 < a2 z 2 et 0 < z < b .

5. Soient F (x, y, z) = (x2 , −y 2 , z 2 ) et


4 5
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 < 4 et 0 < z < 2 .

6. Soient F (x, y, z) = (x, y, z) et


4 5
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 < 4 et x2 + y 2 < 3z .
! "
3y
7. Soient F (x, y, z) = 0, ,5 et
1 + z2
A 3 B
π2
Ω= (x, y, z) ∈ R3 : tg x2 + y 2 < z < 1 et x2 + y 2 < et x < 0 < y .
16

8. Soient F (x, y, z) = (x2 , y 2 , z 2 ) et


4 5
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : z 2 < x2 + y 2 < 1 et z > 0 .

9. Soient F (x, y, z) = (2, 0, xy 2 + z 2 ) et


4 5
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x > 0, 0 < z < 2 et 4(x2 + y 2 ) < (z − 4)2 .

10. Soient F (x, y, z) = (x2 , 0, 0) et


4 5
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 < 4 et x2 + y 2 + (z − 2)2 < 1 .

11. Montrer le corollaire 6.3.


38 Exercices

12. (Identité de Green) Soient Ω ⊂ R3 un domaine régulier et ν : ∂Ω → R3


∂u
la normale extérieure unité. Soient u, v ∈ C 2 (Ω). On dénote par =
∂ν
grad u · ν. Montrer que

 
∂u
[vΔu + grad u · grad v] dx dy dz = v ds .
∂ν
Ω ∂Ω

   
∂u ∂v
(vΔu − uΔv) dx dy dz = v −u ds .
∂ν ∂ν
Ω ∂Ω

Suggestion : On utilisera d’abord le théorème 1.2, c’est-à-dire :

div (u grad v) = uΔv + grad u · grad v .

On appliquera ensuite le théorème de la divergence.


13 . Soient Ω ⊂ R3 un domaine régulier, ν la normale extérieure unité à ∂Ω.

Soient f, ϕ ∈ C 0 (Ω) et soit le problème



Δu = f dans Ω
(N ) ∂u
=ϕ sur ∂Ω
∂ν
∂u
où on a noté = grad u · ν. Trouver, à l’aide de l’exercice précédent, des
∂ν
conditions nécéssaires
  sur f et ϕ pour que le problème (N ) admette une
solution u ∈ C 2 Ω . Que peut-on dire de l’unicité des solutions de (N ) ?
Chapitre 7

Théorème de Stokes

7.1 Définitions et résultats théoriques

Théorème 7.1 (Théorème de Stokes) Soit Σ ⊂ R3 une surface régulière


par morceaux et orientable. Soit F : Σ → R3 , F = (F1 , F2 , F3 ), où les Fi sont
C 1 sur un ouvert contenant Σ ∪ ∂Σ, alors

<< <
rotF · ds = F · dl.
Σ ∂Σ

Rappel On rappelle uniquement ce qui est nécessaire pour vérifier le théorème


de Stokes et pour plus de détails sur les surfaces nous renvoyons au chapitre 5
et à la section 8.4.
1) Pour toutes les surfaces régulières par morceaux Σ ⊂ R3 , avec paramétrisa-
tion σ = σ (u, v) : A → Σ, que nous considèrerons, le bord de Σ, noté ∂Σ, sera
donné par σ (∂A) où on a enlevé les parties qui sont parcourues deux foix dans
des sens opposés ainsi que les points (cf. exemples ci-dessous).
2) Une fois choisie une paramétrisation σ : A → Σ, la normale σ u ∧ σ v est
donnée et l’intégrale de surface est donc comprise comme intégrale dans la
direction σ u ∧ σ v , c’est-à-dire
<< <<
$ $ % %
rotF · ds = rot F σ (u, v) · σ u ∧ σ v du dv.
Σ A

Par ailleurs, le sens de parcours de ∂Σ est alors celui induit par la paramétri-
sation σ : A → Σ et c’est donc celui obtenu en parcourant positivement ∂A.
40 Définitions et résultats théoriques

Exemples (cf. sect. 8.4 pour plus de détails).


4 5
i) (Sphère) Soit Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 1 , alors ∂Σ = ∅
(cf. dessin de l’exemple 8.16). Une paramétrisation régulière par morceaux de
Σ est donnée par
σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ) , (θ, ϕ) ∈ A
où A = (0, 2π) × (0, π).
4 5
ii) (Demi-sphère) Si Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 1 et z ≥ 0 , alors
4 5
∂Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 0
(cf. dessin de l’exemple 8.17) et le sens de parcours de ∂Σ induit par la pa-
ramétrisation
σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ) , (θ, ϕ) ∈ A
(où A = (0, 2π) × (0, π/2)) est le sens de parcours négatif (c’est-à-dire
θ : 2π → 0). On a aussi que la normale est donnée par
σ θ ∧ σ ϕ = − sin ϕ (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ) .
On aurait aussi pu prendre une autre paramétrisation de Σ
6 3 7 4 5
K (x, y) = x, y, 1 − x2 − y 2 ,
σ (x, y) ∈ B = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1

et on aurait retrouvé que


4 5
K (∂B) = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 0 .
∂Σ = σ
4 5
iii) (Cylindre) Si Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et 0 ≤ z ≤ 1 , alors
(cf. dessin de l’exemple 8.18)
∂Σ =Γ 0 ∪ Γ1
où 4 5
Γ0 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 0
et 4 5
Γ1 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 1 .
Si on choisit comme paramétrisation
σ (θ, z) = (cos θ, sin θ, z) , (θ, z) ∈ A
avec A = (0, 2π) × (0, 1), alors le sens de parcours de ∂Σ, induit par la pa-
ramétrisation σ, est le sens positif sur Γ0 (θ : 0 → 2π) et négatif sur Γ1
(θ : 2π → 0). Par ailleurs, le champ de normale unité (induit par la pa-
ramétrisation) est
ν = σ θ ∧ σ z = (cos θ, sin θ, 0) .

(Pour plus de détails, cf. [2] 41-49, [4] 410-417, [7] 362-366, [10] 562-567, [11]
470-474.)
Théorème de Stokes 41

7.2 Exemples

Exemple 7.2 Vérifier le théorème de Stokes pour F (x, y, z) = (z, x, y) et


4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z 2 = x2 + y 2 et 0 < z < 1 .
<<
Discussion 1) Calcul de rotF · ds.
Σ
On a & &
& e1 e2 e3 &
& &
& &
& ∂ ∂ ∂ &
rot F = & & = (1, 1, 1).
& ∂x ∂y ∂z &
& &
& z x y &
On paramètre Σ comme suit

σ(θ, z) = (z cos θ , z sin θ , z) avec (θ, z) ∈ A = (0, 2π) × (0, 1).

et donc une normale est donnée par


& &
& e1 e2 e3 &&
&
& &
σ θ ∧ σ z = && −z sin θ z cos θ 0 && = (z cos θ , z sin θ , −z).
& &
& cos θ sin θ 1 &
On déduit donc que
<< <2π<1
rot F · ds = (1, 1, 1) · (z cos θ , z sin θ , −z) dz dθ
Σ 0 0

<2π<1 <1
= (z cos θ + z sin θ − z) dz dθ = −2π z dz = −π.
0 0 0

<
2) Calcul de F · dl.
∂Σ
Commençons par calculer

σ(∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4 ,

où
4 5 4 5
Γ1 = γ 1 (θ) = σ(θ, 0) = (0, 0, 0) = (0, 0, 0)
4 5
Γ2 = γ 2 (z) = σ(2π, z) = (z, 0, z), z : 0 → 1
4 5
Γ3 = γ 3 (θ) = σ(θ, 1) = (cos θ, sin θ, 1), θ : 2π → 0
4 5
Γ4 = γ 4 (z) = σ(0, z) = (z, 0, z), z : 1 → 0 = −Γ2 .
42 Exemples

On s’aperçoit alors que


4 5
∂Σ =Γ 3 = γ 3 (θ) = σ(θ, 1) = (cos θ, sin θ, 1), θ : 2π → 0 ,

avec Γ3 parcouru négativement. Comme

γ #3 (θ) = (− sin θ, cos θ, 0),

on trouve
< <2π
F · dl = − (1, cos θ, sin θ) · (− sin θ, cos θ, 0) dθ
∂Σ 0

<2π
=− cos2 θ = −π.
0
$ %
Exemple 7.3 Vérifier le théorème de Stokes pour F (x, y, z) = 0, 0, y 2 et
4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 1 et z ≤ 0 .
<<
Discussion 1) Calcul de rotF · ds.
Σ
On voit que & &
& e1 e2 e3 &
& &
& ∂ ∂ ∂ &
rot F = && & = (2y, 0, 0).
&
& ∂x ∂y ∂z &
& 0 0 y2 &

On choisit de paramétrer Σ comme suit

σ(θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ),

avec (θ, ϕ) ∈ A = (0, 2π) × (π/2, π). Une normale est alors donnée par

σ θ ∧ σ ϕ = − sin ϕ(cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ).

L’intégrale de surface nous donne donc


<<
rot F · ds =
Σ
<π <2π
= − sin ϕ(2 sin θ sin ϕ , 0 , 0) · (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ) dθ dϕ
π 0
2
<π <2π
= −2 sin θ cos θ sin3 ϕ dθ dϕ = 0.
π 0
2
Théorème de Stokes 43
<
2) Calcul de F · dl.
∂Σ
Observons que
σ(∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4 ,
où
? 6 π7 @
Γ1 = γ 1 (θ) = σ θ, = (cos θ, sin θ, 0), θ : 0 → 2π
2
? π @
Γ2 = γ 2 (ϕ) = σ(2π, ϕ) = (sin ϕ, 0, cos ϕ), ϕ : → π
2
4 5 4 5
Γ3 = γ 3 (θ) = σ(θ, π) = (0, 0, −1), θ : 2π → 0 = (0, 0, −1)
? π@
Γ4 = γ 4 (ϕ) = σ(0, ϕ) = (sin ϕ, 0, cos ϕ), ϕ : π → = −Γ2 .
2
On a donc
∂Σ =Γ 1 ,
avec Γ1 parcouru positivement. On a alors

γ #1 (θ) = (− sin θ, cos θ, 0)

et donc
< <2π
$ %
F · dl = 0, 0, sin2 θ · (− sin θ, cos θ, 0) dθ = 0.
∂Σ 0

7.3 Exercices

Dans les exercices suivants, on vérifiera le théorème de Stokes.

1. Soient F (x, y, z) = (x2 y, z 2 , 0) et


4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = z 2 , 0 ≤ z ≤ 1 .

2. Soient F (x, y, z) = (x2 y, z, x) et


4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = z 4 , 0 ≤ z ≤ 1 .

3. Soient F (x, y, z) = (x2 y 3 , 1, z) et


4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = R2 , z ≥ 0 .

4. Soient F (x, y, z) = (−2y, xz, y) et


A B
33 2 4
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z = 3 − x + y 2 , x ≥ 0 et ≤ x2 + y 2 ≤ 4 .
2 9
44 Exercices

5. Soient F (x, y, z) = (0, z 2 , 0) et


? √ @
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 4, x, y ≥ 0, 1 ≤ z ≤ 3 .

6. Soient F (x, y, z) = (0, 0, y + z 2 ) et


?
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 4, x, y, z ≥ 0,
z y π@
0 ≤ arccos ≤ arctg ≤ .
2 x 2
7. Soient F (x, y, z) = (0, x2 , 0) et Σ le triangle de sommets A = (1, 0, 0),
B = (2, 2, 0), C = (1, 1, 0).
8. Soient F (x, y, z) = (xy, xz, x2 ) et Σ la surface obtenue en faisant l’intersec-
tion du cylindre x2 + y 2 ≤ 1 avec le plan x + z = 1.
9. Soient F (x, y, z) = (z, y, 0) et
? π@
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z = sin(3x + 2y), x ≥ 0, y ≥ 0 et x + y ≤ .
2
Chapitre 8

Appendice

8.1 Quelques notations et notions élémentaires de topologie

Notation Soient x ∈ Rn et R > 0, on note la boule de Rn de rayon R et


centrée en x par 4 8 8 5
BR (x) = y ∈ Rn : 8y − x8 < R ,
où, pour z ∈ Rn , on a défini la norme euclidienne par
L n
M1/2
8 8 #
8z 8 = zi2 .
i=1

Définition 8.1 Soit A ⊂ Rn . On dit alors que


i) A est ouvert si ∀x ∈ A, ∃ε > 0 tel que Bε (x) ⊂ A.
ii) On définit le complémentaire de A, noté Ac , comme

Ac = Rn \ A = {x ∈ Rn : x ∈
/ A} .

iii) A est fermé si Ac est ouvert.


iv) On définit la frontière (ou bord) de A, noté ∂A, par

∂A = {x ∈ Rn : Bε (x) ∩ A )= ∅, Bε (x) ∩ Ac )= ∅, ∀ε > 0} .

v) On note A, l’adhérence (ou fermeture) de A, qui est, par définition, le


plus petit fermé qui contienne A.
vi) On définit l’intérieur de A, qu’on note int A (parfois aussi Å), comme le
plus grand ouvert contenu dans A.

Proposition 8.2 Pour tout A ⊂ Rn , on a

int A ⊂ A ⊂ A et A = A ∪ ∂A.
46 Notations et notions de topologie

Exemple 8.3
Cas n = 1.
i) R est à la fois ouvert et fermé (R et l’ensemble vide sont les seuls ensembles
à avoir cette propriété).
ii) L’intervalle [a, b] est fermé.
iii) L’intervalle (a, b), parfois aussi noté ]a, b[, est ouvert.
iv) Les intervalles [a, b) et (a, b], parfois notés respectivement [a, b[ et ]a, b], ne
sont ni ouverts ni fermés.
v) Si −∞ < a < b < ∞, on a que le bord de [a, b], (a, b), [a, b), (a, b] est dans
tous les cas {a, b}.
Cas n ≥ 2.
i) Rn est à la fois ouvert et fermé.
ii) Un point x ∈ Rn , considéré comme un ensemble {x}, est un fermé.
iii) BR (x) ⊂ Rn et Rn \{0} sont ouverts.
4 8 8 5
iv) B R (x) = y ∈ Rn : 8x − y 8 ≤ R est fermé.
4 8 8 5
v) ∂BR (x) = y ∈ Rn : 8x − y 8 = R et c’est la sphère de rayon R.
Définition 8.4 (fig. 8.1) i) On dit qu’un ensemble A ⊂ Rn est convexe si,
∀t ∈ [0, 1], ∀x, y ∈ A, on a
tx + (1 − t)y ∈ A
(en termes géométriques ceci se traduit par ∀x, y ∈ A, alors le segment de
droite, noté [x, y], joignant x à y est entièrement contenu dans A).
ii) A ⊂ Rn est dit connexe (par arcs) si, ∀x, y ∈ A, il existe une courbe Γ,
paramétrée par γ : [a, b] → Γ continue, joignant x = γ(a) à y = γ(b) qui est
entièrement contenue dans A.

convexe non convexe


connexe
simplement connexe

non convexe non convexe


connexe non connexe
non simplement connexe non simplement connexe

Fig. 8.1
Appendice 47

iii) On dit que A ⊂ Rn est un domaine s’il est à la fois ouvert et connexe.
iv) On dit que A ⊂ Rn est simplement connexe s’il est connexe (par arcs)
et si Γ0 et Γ1 sont deux courbes simples contenues dans A et ayant les mêmes
extrémités, alors elles peuvent être déformées continûment l’une en l’autre sans
sortir du domaine A. Plus précisément, si γ 0 : [a, b] → Γ0 ⊂ A et γ 1 : [a, b] →
Γ1 ⊂ A sont deux paramétrisations continues de Γ0 et Γ1 (γ 0 (a) = γ 1 (a),
γ 0 (b) = γ 1 (b)), alors il existe γ : [a, b] × [0, 1] → A, continue, tel que
γ(t, 0) = γ 0 (t), γ(t, 1) = γ 1 (t), ∀t ∈ [a, b]
γ(a, s) = γ 0 (a) = γ 1 (a), ∀s ∈ [0, 1]
γ(b, s) = γ 0 (b) = γ 1 (b), ∀s ∈ [0, 1]
γ(t, s) ∈ A, ∀t ∈ [a, b], ∀s ∈ [0, 1].
Remarques
i) Le cas n = 1 est un peu différent des cas n ≥ 2. En effet, les notions de
connexité et convexité sont les mêmes (cf. les exemples ci-dessous), alors que
la notion de connexité simple n’a plus d’intérêt.
ii) On a toujours

A convexe ⇒ A simplement connexe ⇒ A connexe.


) ⇐ ) ⇐

(Attention, certains auteurs ne requièrent pas dans la définition de connexité


simple que l’ensemble considéré soit connexe. Dans ce cas, on a que A simple-
ment connexe n’implique plus que A soit connexe en général.)
iii) De façon intuitive un ensemble de R2 est simplement connexe s’il n’a pas
de trou (attention, dans R3 ce n’est plus le cas, cf. exemple 8.5.5).

Exemple 8.5 Les exemples suivants sont les plus souvent utilisés.
1) [a, b], (a, b), [a, b), (a, b] et R sont des ensembles convexes. Par contre, [0, 1]∪
[2, 3] n’est pas convexe.
2) BR (x) ⊂ Rn et Rn sont convexes (et donc simplement connexes et connexes).
4 5
3) A = R2 \ (0, 0) n’est ni convexe, ni simplement connexe mais par contre il
est connexe.
4 5
4) A = R2 \ (x, y) ∈ R2 : y = 0 et x ≤ 0 n’est pas convexe, mais il est
simplement connexe (et donc connexe).
4 5
5) A = R3 \ (0, 0, 0) n’est pas convexe mais il est simplement connexe (et
donc connexe).
4 5
6) A = R3 \ (x, y, z) ∈ R3 : x = y = 0 n’est ni convexe, ni simplement
connexe, mais il est connexe.

(Pour plus de détails, cf. [4] 53, 369, [7] 12, 56-58, 372, [10] 572, [11] 160, 373,
431.)
48 Notations et notions d’espaces de fonctions

8.2 Quelques notations et notions d’espaces


de fonctions

Définition 8.6 Soient Ω ⊂ Rn un ouvert et k ≥ 0 un entier (éventuellement


k = ∞).

i) C k (Ω) est l’ensemble des fonctions f : Ω → R qui sont k fois continûment


différentiables dans Ω. (Quand k = 0 on notera parfois C(Ω) au lieu de C 0 (Ω) ;
c’est donc l’ensemble des fonctions continues sur Ω.)
$
ii) C k %(Ω; Rm ) est l’ensemble des champs vectoriels F = F (x) = F1 (x), . . . ,
Fm (x) tels que Fi ∈ C k (Ω), pour i = 1, . . . , m.
$ %
iii) On dit que f ∈ C 0 Ω si f est continue sur Ω.
$ %
iv) Si k ≥ 1, on dit que f ∈ C k Ω s’il existe un ouvert A ⊃ Ω et une fonction
g ∈ C k (A) telle que la restriction de g à Ω soit f (on note g|Ω = f ).

v) On dit qu’une fonction f est continue par morceaux sur [a, b], s’il existe
a = a0 < a1 < . . . < an+1 = b tels que, ∀i = 0, 1, . . . , n, f |(ai ,ai+1 ) est continue
et x→a
lim f (x) = f (ai + 0), x→a
lim f (x) = f (ai+1 − 0) existent et sont finies.
i i+1
x>ai x<ai+1

$ %
Remarque Quand k ≥ 1, la définition que nous adoptons de C k Ω n’est
pas la définition la plus couramment utilisée (elle l’est toutefois par [4] 172
et [7] 96). Plusieurs auteurs préfèrent dire (nous écrivons, pour simplifier,
$ % la
définition seulement dans le cas k = 1) qu’une fonction f ∈ C 1 Ω si f ∈
$ % $ %
C 0 Ω ∩C 1 (Ω) et s’il existe F ∈ C 0 Ω; Rn tel que F (x) = grad f (x). On peut
montrer toutefois que si le domaine Ω est suffisamment régulier, par exemple
convexe, alors ces deux définitions coı̈ncident (cf. [7] 97).

On donne maintenant deux notions de convergence de fonctions.

Définition 8.7 Soient Ω ⊂ Rn et fk , f : Ω → R. On dit que

i) fk converge (point par point) vers f dans Ω (et on note fk → f ) si ∀ε > 0


et ∀x ∈ Ω, ∃ kε,x ∈ N tel que
& &
&fk (x) − f (x)& ≤ ε, ∀k ≥ kε,x ;

ii) fk converge uniformément vers f dans Ω (et on note fk → f uni-


formément) si ∀ε > 0, ∃ kε ∈ N tel que
& &
&fk (x) − f (x)& ≤ ε, ∀k ≥ kε , ∀x ∈ Ω.
Appendice 49

8.3 Courbes

Définition 8.8 Soit n ≥ 2 (fig. 8.2).


1) On dit que Γ ⊂ Rn est une courbe simple s’il existe un intervalle I ⊂ R et
une fonction continue γ : I → Rn (γ est appelée une paramétrisation de Γ)
tels que
i) γ(I) = Γ = {x ∈ Rn : ∃ t ∈ I tel que x = γ (t)},
ii) si t1 , t2 ∈ I, t1 )= t2 et au moins un des ti ∈ int I, alors γ (t1 ) )= γ (t2 ) (en
particulier γ est injective sur int I).
2) Une courbe simple est dite fermée, si en outre l’intervalle I est de la forme
[a, b] (c’est-à-dire fermé et borné) et γ (a) = γ (b).
3) On dit que Γ ⊂ Rn est une $courbe régulière
% s’il
$ existe une paramétrisation
%
γ : [a, b] → Γ telle que γ ∈ C 1 [a, b] ; Rn , γ (t) = γ 1 (t) , . . . , γ n (t) et
=
2 2
2γ # (t)2 = (γ #1 ) + · · · + (γ #n ) )= 0, ∀t ∈ [a, b] .
4) On dit que Γ est une courbe régulière par morceaux
$ % s’il existe
$ a = a%1 <
a2 < . . . < aN +1 = b et γ : [a, b] → Γ tel que γ ∈ C [a, b] , γ # ∈ C [ai , ai+i ] et
γ # (t) )= 0, ∀t ∈ [ai , ai+1 ], i = 1, . . . , N .
5) Si Γ est une courbe simple de paramétrisation γ : [a, b] → Rn , on définit la
courbe 4 5
−Γ = γ K (t) = γ (a + b − t) : t ∈ [a, b] .

γ
γ(b)
Γ
[ ]
a b t

γ(a)

Fig. 8.2

Notation (Théorème de Jordan) Si Γ ⊂ R2 est une courbe simple fermée,


on notera par int Γ = Ω l’ensemble ouvert et borné Ω ⊂ R2 tel que ∂Ω = Γ.

Définition 8.9 (fig. 8.3) On dit qu’une courbe simple fermée régulière par
morceaux Γ ⊂ R2 , de paramétrisation γ : [a, b] $ → Γ, est %orientée positi-
vement, si en tout point x ∈ Γ, x = γ(t) = γ 1 (t), γ 2 (t) , où γ est C 1 , le
vecteur normal à la courbe en x,
$ %
ν(x) = γ #2 (t), −γ #1 (t) ,
50 Surfaces

est une normale extérieure à Ω = int Γ (où Ω ⊂ R2 est tel que ∂Ω =Γ ) ;


c’est-à-dire que ∀ε > 0 suffisamment petit
c
x + εν(x) ∈ Ω , x − εν(x) ∈ Ω.

x2
γ
Γ

[ ]
a b t
γ(a) = γ(b)
ν

x1

Fig. 8.3

Remarque Une façon plus simple, mais moins précise, de dire qu’une courbe
Γ est orientée positivement, c’est de dire qu’en se déplaçant sur Γ on doit avoir
le domaine Ω = int Γ à gauche.

Exemple 8.10 Soit I = [a, b] et u ∈ C 1 (I; Rn ), alors


4$ % 5
Γ = x, u (x) : x ∈ I

est une courbe simple régulière.


4 5
Exemple 8.11 Le cercle Γ = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 = 1 est une courbe simple
fermée régulière. En effet, il suffit de choisir I = [0, 2π] et γ (θ) = (cos θ, sin θ).

(Pour plus de détails, cf. [2] 13-15, [4] 334-335, 360-362 [7] 247, [10] 464-466,
[11] 404-409, 436-438.)

8.4 Surfaces

Définition 8.12 Soit Σ ⊂ R3 (fig. 8.4).


1) On dit que Σ est une (ou un élément de) surface régulière s’il existe
un domaine A ⊂ R2 tel que ∂A soit une courbe simple fermée régulière par
morceaux et σ : A → R3 (σ est appelée une paramétrisation régulière de
Σ) tels que
$ % $ %
i) σ ∈ C 1 A; R3 , σ = σ (u, v) = σ 1 (u, v) , σ 2 (u, v) , σ 3 (u, v) ;
Appendice 51

$ %
ii) σ A = Σ et σ est injective dans A ;
iii) le vecteur
& &  
& e1 e2 e3 && σ 2u σ 3v − σ 3u σ 2v
&
& &  3 1 
σ u ∧ σ v = && σ 1u σ 2u σ 3u && =  1 3
 σ u σ v − σu σ v


& 1 &
& σv σ 2v σ 3v & σ 1u σ 2v − σ 2u σ 1v

est tel que 8 8


8σ u ∧ σ v 8 )= 0, ∀ (u, v) ∈ A.
Le vecteur
σu ∧ σv
ν = ν (u, v) = 8 8
8σ u ∧ σ v 8

est appelé normale unité à la surface Σ au point σ (u, v).


2) Le bord d’une telle surface Σ, noté ∂Σ, est l’image par σ de ∂A, c’est-à-dire

∂Σ = σ (∂A) .

z
σ

ν ∂Σ
v
∂A Σ

u
y
x

Fig. 8.4

Remarques
i) Le vecteur normale unité est indépendant, au signe près, du choix de la
paramétrisation. Si toutefois on prend les paramètres (u, v) dans l’ordre (v, u),
on obtient une normale changée de signe (car σ v ∧ σ u = −σ u ∧ σ v ).
ii) Le bord ∂Σ est aussi indépendant du choix de la paramétrisation.

Définition 8.13 (fig. 8.5) On dit que Σ ⊂ R3 est une surface régulière par
morceaux s’il existe Σ1 , . . . , Σm des surfaces régulières telles que
m
H
i) Σ = Σi .
i=1

ii) Si i )= j, alors Σi ∩ Σj n’a pas de points intérieurs à Σi ou à Σj .


52 Surfaces

iii) Si i )= j alors ∂Σi ∩ ∂Σj est soit vide, soit consiste en un seul point, soit
en une courbe simple régulière par morceaux.
iv) Si i, j, k sont tous différents, alors ∂Σi ∩ ∂Σj ∩ ∂Σk est soit vide, soit ne
contient qu’un seul point.
v) N’importe quels points A, B ∈ Σ peuvent être joints par une courbe simple
régulière par morceaux.
vi) L’union de toutes les courbes qui appartiennent à seulement un des ∂Σi
consiste en un nombre fini disjoint de courbes simples fermées régulières par
morceaux. Une telle union forme le bord de la surface Σ et est noté ∂Σ.

Σ3

Σ1
Σ2
Σ4

Σ5

Fig. 8.5

Définition 8.14 1) Une surface régulière Σ est dite orientable s’il existe un
champ de normales unitaires ν qui soit continu sur tout Σ. Un tel champ de
normales est appelé une orientation de Σ. On dénote la surface orientée par
(Σ, ν).
2) Si (Σ, ν) est une telle surface, on peut trouver A ⊂ R2 et σ, une pa-
ramétrisation régulière de Σ, tels que
σu ∧ σv
ν=8 8
8σ u ∧ σ v 8 .

Le sens de parcours de ∂Σ (= σ (∂A)) induit par l’orientation (on dit aussi


induit par la paramétrisation σ) est celui obtenu en parcourant positivement la
courbe simple fermée ∂A ⊂ R2 .

Remarques
i) On définit de manière analogue ce que l’on entend par surface régulière
par morceaux orientable (Σ, ν) ainsi que le sens de parcours de ∂Σ induit par
l’orientation ν. Il faut juste prêter attention qu’alors le champ de normales
ν n’est pas nécessairement continu (il est par contre continu par morceaux,
cf. exemple 8.21). Pour plus de détails nous nous référons à [11] 464-465.
Appendice 53

ii) On peut énoncer une règle assez simple pour se souvenir du sens de parcours
de ∂Σ induit par l’orientation ν. Cette règle est la suivante : un observateur se
déplaçant sur ∂Σ et ayant sa tête dirigée dans le sens de la normale ν laisse la
surface à sa gauche.

Nous aimerions maintenant présenter un « truc » qui est extrêmement utile


pour déterminer le bord d’une surface et son sens de parcours. Il ne s’agit pas
d’un procédé complètement rigoureux mais il s’applique et peut être justifié
totalement dans tous les cas que nous considérons dans ce livre. En particulier
tous les énoncés donnés dans les exemples ci-dessous sont corrects au sens
des définitions données précédemment ; mais la discussion liée à chacun de ces
exemples est moins rigoureuse et utilise très fortement la remarque intuitive
suivante.

Remarque On a vu comment définir le bord d’une surface régulière Σ et le


sens de parcours associé à une orientation ν de Σ. On va faire de même pour
une surface Σ qui est seulement régulière par morceaux mais qui admet une
paramétrisation globale
$ %
σ:A→Σ=σ A
où ∂A est une courbe simple fermée de R2 . On définit le bord de Σ, noté ∂Σ,
comme étant σ (∂A) mais où on a pris la précaution d’enlever les morceaux
de courbes qui sont parcourus deux fois (une fois dans un sens, une fois dans
l’autre) ainsi que les points. De même le sens de parcours de ∂Σ induit par la
paramétrisation σ est celui obtenu en parcourant positivement ∂A.

Exemple 8.15 (Graphe d’une fonction) Soit A ⊂ R2$ un% domaine tel que
∂A soit une courbe simple fermée régulière. Soit f ∈ C 1 A , alors la surface
(fig. 8.6)
4 5
Σ = (x, y, f (x, y)) : (x, y) ∈ A

z = f (x, y)

σ
y ∂A ∂Σ = σ(∂A)
ν

A Σ

x y

Fig. 8.6
54 Surfaces

est une surface régulière et orientable. De plus son bord est donné par
4 5
∂Σ = (x, y, f (x, y)) : (x, y) ∈ ∂A .

Discussion On prend comme paramétrisation


$ %
σ (x, y) = x, y, f (x, y) , (x, y) ∈ A

qui a clairement toutes les propriétés requises pour être une paramétrisation
régulière de la surface. De plus

σ x ∧ σ y = (−fx , −fy , 1)

et donc un champ de normale unité à Σ est donné par

(−fx , −fy , 1)
ν= = .
1 + fx2 + fy2

Le bord de Σ est par définition


4 5
∂Σ = σ (∂A) = (x, y, f (x, y)) : (x, y) ∈ ∂A

et le sens de parcours de ∂Σ induit par la paramétrisation σ est le sens positif


usuel.

Exemple 8.16 (Sphère) Soit (fig. 8.7)

4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 1 .

C’est une surface régulière par morceaux et orientable. Son bord ∂Σ = ∅.


z

ϕ 1 ∂ =∅
4

O 2
y
2
x 3

Fig. 8.7
Appendice 55

Discussion On paramètre Σ par σ : A → Σ où A = (0, 2π) × (0, π) et


σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ) , (θ, ϕ) ∈ A.
Noter que cette paramétrisation n’est pas régulière sur A mais, au vu de la
remarque ci-dessus, ceci ne nous causera pas de problème. Une normale calculée
à l’aide de la paramétrisation est
σ θ ∧ σ ϕ = − sin ϕ (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ)
et donc
σ θ ∧ σϕ
ν=8 8
8σ θ ∧ σ ϕ 8
4 5
est une normale unité (intérieure au volume (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 < 1 ).
Calculons
σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4 ,
où
4 5 4 5
Γ1 = σ (θ, 0) : θ : 0 → 2π = (0, 0, 1)
4 5 4 5
Γ2 = σ (2π, ϕ) : ϕ : 0 → π = (sin ϕ, 0, cos ϕ) : ϕ : 0 → π
4 5 4 5
Γ3 = σ (θ, π) : θ : 2π → 0 = (0, 0, −1)
4 5 4 5
Γ4 = σ (0, ϕ) : ϕ : π → 0 = (sin ϕ, 0, cos ϕ) : ϕ : π → 0 = −Γ2 .
En conclusion et avec la convention que nous avons faite dans la remarque, on
trouve ∂Σ = ∅.
Exemple 8.17 (Demi-sphère) Soit (fig. 8.8)

4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 1 et z ≥ 0 .

C’est une surface régulière par morceaux et orientable. Son bord ∂Σ est donné
par 4 5
∂Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 0 .

ϕ Γ4 Γ1
π
2

Γ2
A

O 2π θ
Γ3 = ∂Σ y

Fig. 8.8
56 Surfaces

Discussion On prend A = (0, 2π) × (0, π/2) et

σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ) .

On trouve
σ θ ∧ σ ϕ = − sin ϕ (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ)
et
σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4 ,
où
4 5 4 5
Γ1 = σ (θ, 0) : θ : 0 → 2π = (0, 0, 1)
? π@ ? π@
Γ2 = σ (2π, ϕ) : ϕ : 0 → = (sin ϕ, 0, cos ϕ) : ϕ : 0 →
? 6 π7 2@ 2
4 5
Γ3 = σ θ, : θ : 2π → 0 = (cos θ, sin θ, 0) : θ : 2π → 0
? 2 @ ? @
π π
Γ4 = σ (0, ϕ) : ϕ : → 0 = (sin ϕ, 0, cos ϕ) : ϕ : → 0 = −Γ2 .
2 2
Grâce à nos conventions, on trouve que

∂Σ = Γ3

et que le sens de parcours de ∂Σ induit par la paramétrisation σ est le sens


négatif (car θ : 2π → 0).

Note : On aurait pu prendre ici comme paramétrisation de Σ


6 3 7 4 5
K (x, y) = x, y, 1 − x2 − y 2 ,
σ (x, y) ∈ B = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1

et on aurait retrouvé que


4 5
∂Σ = σ
K (∂B) = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 0 .
$ % $ %
K ∈ C 1 B; R3 mais σ
(Noter toutefois que σ K∈/ C 1 B; R3 .)

Exemple 8.18 (Cylindre) Soit (fig. 8.9)

4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et 0 ≤ z ≤ 1 .

C’est une surface régulière par morceaux et orientable dont le bord est

∂Σ =Γ 1 ∪ Γ3
4 5 4 5
= (x, y, z) : x2 + y 2 = 1 et z = 0 ∪ (x, y, z) : x2 + y 2 = 1 et z = 1 .
Appendice 57

Γ3
σ

z
Γ2
1

A Γ4
Γ1
O 2π θ
y

Fig. 8.9

Discussion On prend A = (0, 2π) × (0, 1) et

σ (θ, z) = (cos θ, sin θ, z) .

Le champ de normale unité induit par la paramétrisation est

ν = σ θ ∧ σ z = (cos θ, sin θ, 0) .

On a de plus
σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4 ,
où 4 5
Γ1 = σ (θ, 0) = (cos θ, sin θ, 0) : θ : 0 → 2π
4 5
Γ2 = σ (2π, z) = (1, 0, z) : z : 0 → 1
4 5
Γ3 = σ (θ, 1) = (cos θ, sin θ, 1) : θ : 2π → 0
4 5
Γ4 = σ (0, z) = (1, 0, z) : z : 1 → 0 = −Γ2 .
On a donc
∂Σ =Γ 1 ∪ Γ3
et le sens de parcours de ∂Σ induit par la paramétristion σ est positif sur Γ1
et négatif sur Γ3 .

Exemple 8.19 (Tore) Soit (fig. 8.10)

4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : (x, y, z) = σ (θ, ϕ) , θ, ϕ ∈ A .

où A = (0, 2π) × (0, 2π),


$ %
σ (θ, ϕ) = (R + a cos ϕ) cos θ , (R + a cos ϕ) sin θ , a sin ϕ
58 Surfaces

2 ∂ =∅

2
3
O 2 1
4 y

Fig. 8.10

et 0 < a < R sont des constantes. C’est une surface régulière par morceaux et
orientable. Son bord ∂Σ est vide.

Discussion On trouve que le champ de normales induit par la paramétrisation


est

σ θ ∧ σ ϕ = a (R + a cos ϕ) (cos θ cos ϕ , sin θ cos ϕ , sin ϕ) .

On a aussi

σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4

avec
4 $ % 5
Γ1 = σ (θ, 0) = (R + a) cos θ , (R + a) sin θ , 0 : θ : 0 → 2π
4 5
Γ2 = σ (2π, ϕ) = (R + a cos ϕ, 0, a sin ϕ) : ϕ : 0 → 2π
4 $ % 5
Γ3 = σ (θ, 2π) = (R + a) cos θ , (R + a) sin θ , 0 : θ : 2π → 0 = −Γ1
4 5
Γ4 = σ (0, ϕ) = (R + a cos ϕ, 0, a sin ϕ) : ϕ : 2π → 0 = −Γ2

d’où le résultat ∂Σ = ∅.

Exemple 8.20 (Cône) Soit (fig. 8.11)

4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = z 2 et 0 ≤ z ≤ 1 .
Appendice 59

Γ3 = ∂Σ
σ

z
Γ2
1
Γ4
A
Γ1
O 2π θ
y

Fig. 8.11

C’est une surface régulière par morceaux et orientable. Son bord est
4 5
∂Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 1 .

Discussion On prend A = (0, 2π) × (0, 1) et

σ (θ, z) = (z cos θ, z sin θ, z) .

Le champ de normales induit par la paramétrisation est

σ θ ∧ σ z = (z cos θ, z sin θ, −z) .

On trouve
σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4

avec 4 5
Γ1 = σ (θ, 0) = (0, 0, 0)
4 5
Γ2 = σ (2π, z) = (z, 0, z) : z : 0 → 1
4 5
Γ3 = σ (θ, 1) = (cos θ, sin θ, 1) : θ : 2π → 0
4 5
Γ4 = σ (0, z) = (z, 0, z) : z : 1 → 0 = −Γ2 .
On a bien le résultat voulu ∂Σ =Γ 3 . Le sens de parcours de ∂Σ induit par la
paramétrisation σ est le sens négatif.
On peut aussi prendre les coordonnées cartésiennes comme paramétrisation
6 3 7 4 5
K (x, y) = x, y, x2 + y 2
σ et B = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1 .

On trouve alors$que σ
K %(∂B) = ∂Σ (noter que σ
K n’est pas différentiable en (0, 0)
et donc σ
K∈/ C 1 B; R3 ).
60 Surfaces

Exemple 8.21 (Cube) Soient (fig. 8.12)


4 5
K = (x, y, z) ∈ R2 : 0 ≤ x, y, z ≤ 1

et Σ = ∂K la surface composée des faces du cube. C’est une surface régulière


par morceaux, orientable et son bord ∂Σ est vide.

Σ2

Σ5
Σ3
Σ4
1
Σ6
Σ1 y
1

Fig. 8.12

6
H
Discussion On a que Σ = Σi où
i=1
4 5
Σ1 = (x, y, 0) : 0 < x, y < 1
4 5
Σ2 = (x, y, 1) : 0 < x, y < 1
4 5
Σ3 = (x, 0, z) : 0 < x, z < 1
4 5
Σ4 = (x, 1, z) : 0 < x, z < 1
4 5
Σ5 = (0, y, z) : 0 < y, z < 1
4 5
Σ6 = (1, y, z) : 0 < y, z < 1

qui sont toutes des surfaces régulières. Un champ de normales unité C 1 par
morceaux (et extérieure à K) est donné par


 (0, 0 − 1) sur Σ1



 (0, 0, 1) sur Σ2

 (0, −1, 0) sur Σ3
ν=

 (0, 1, 0) sur Σ4




 (−1, 0, 0) sur Σ5

(1, 0, 0) sur Σ6 .

On obtient facilement que ∂Σ = ∅.


Appendice 61

Exemple 8.22 (Anneau de Moebius) Soit (fig. 8.13)

4 5
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : (x, y, z) = σ (θ, r) , (θ, r) ∈ A

où A = (0, 2π) × (−1/2, 1/2) et


!! " ! " "
θ θ θ
σ (θ, r) = 1 + r sin cos θ , 1 + r sin sin θ , r cos .
2 2 2
C’est une surface régulière par morceaux mais non orientable.
z

r
1
2

O A θ
y
− 12

x

Fig. 8.13

Discussion Noter que

σ (0, r) = (1, 0, r) = σ (2π, −r) .

Par ailleurs, la normale est donnée par


 ! " 
θ θ r
 1 + r sin 2 cos 2 cos θ + 2 sin θ 
 ! " 
 θ θ r 
 
σ θ ∧ σ r =  1 + r sin cos sin θ − cos θ 
 2 2 2 
 ! " 
 θ θ 
− 1 + r sin sin
2 2
et ! "2
2 θ r2
2σ θ ∧ σ r 2 = 1 + r sin + > 0, ∀ (θ, r) ∈ A.
2 4
On a donc
σθ ∧ σ r
ν (θ, r) = est continue, ∀ (θ, r) ∈ A.
2σ θ ∧ σ r 2
62 Changements de variables

Toutefois on remarque qu’elle n’est pas continue ∀ (θ, r) ∈ A. En effet,

ν (0, 0) = (1, 0, 0) )= ν (2π, 0) = (−1, 0, 0)

alors que le point σ (0, 0) = (1, 0, 0) = σ (2π, 0). La surface n’est donc pas
orientable.

(Pour la bilbliographie cf. [2] 25-29, [4] 373-376, [10] 534-538, [11] 445-466.)

8.5 Changements de variables

$ % $ %
Soient Ω ⊂ R $ 1 un ouvert net u% : Ω → u Ω avec u ∈ C Ω; R (u =
n 1 n

u (x1 , . . . , xn ) = u (x) , . . . , u (x) ) injective et telle que


& 1 &
& ux ... u1xn &
& 1 &
& . .. .. &
det ∇u (x) = & ..
& . .
& )= 0,
& ∀x ∈ Ω. (8.1)
& n &
& u ... unxn &
x1

& &
La valeur absolue du déterminant, &det ∇u (x)&, est appelé le jacobien de la
transformation.$ La
$ formule
%% de changement de variables, valable pour une
fonction f ∈ C u Ω , est alors donnée par

< <
$ %& &
f (y) dy = f u (x) &det ∇u (x)& dx
u(Ω) Ω

(cf. [11] 357). Les exemples ci-dessous ne satisfont pas toutes les propriétés
requises pour appliquer la formule de changements de variables (notamment ils
ne vérifient pas (8.1)), mais on peut toutefois montrer facilement que la formule
est quand même valable pour de tels exemples.

Exemple 8.23 (Coordonnées polaires) Si n = 2, r > 0, θ ∈ [0, 2π] et (fig. 8.14)

x1 = u1 (r, θ) = r cos θ
x2 = u2 (r, θ) = r sin θ,
Appendice 63

x2

θ
O x1

Fig. 8.14

on déduit alors que


& & & &
& u1 u1θ & & cos θ −r sin θ &
& r & & &
det ∇u = & 2 &=& & = r ≥ 0.
& ur u2θ & & sin θ r cos θ &

Exemple 8.24 (Coordonnées cylindriques) Si n = 3, r ≥ 0, θ ∈ [0, 2π], z ∈ R


et (fig. 8.15)

x1 = u1 (r, θ, z) = r cos θ
x2 = u2 (r, θ, z) = r sin θ
x3 = u3 (r, θ, z) = z,

on obtient
& &
&det ∇u& = r.

x3

θ
r
x2

x1

Fig. 8.15
64 Changements de variables

Exemple 8.25 (Coordonnées sphériques) Si n = 3, r ≥ 0, θ ∈ [0, 2π], ϕ ∈


[0, π] et (fig. 8.16)

x1 = u1 (r, θ, ϕ) = r cos θ sin ϕ


x2 = u2 (r, θ, ϕ) = r sin θ sin ϕ
x3 = u3 (r, θ, ϕ) = r cos ϕ,

on trouve & &


&det ∇u& = r2 sin ϕ.

x3

ϕ r

θ
x2

x1

Fig. 8.16
Deuxième partie

Analyse complexe
Chapitre 9

Fonctions holomorphes et
équations de Cauchy-Riemann

9.1 Définitions et résultats théoriques

Définition 9.1 Soit O ⊂ C un ouvert. On dit que f : O → C est holomorphe


(ou analytique complexe) dans O si f est dérivable ∀z0 ∈ O, c’est-à-dire que

f (z) − f (z0 )
lim
z→z0 z − z0

existe et est finie. On note la dérivée par f " (z0 ).

Remarques
i) Toutes les règles de dérivation dans R (notamment la dérivée de la somme,
du produit, du quotient et de la composition) sont valables dans C.
ii) Par abus de notations, l’ouvert O sera souvent identifié à un sous-ensemble
de R2 (on écrira ainsi de façon équivalente z = x + iy ∈ O ou (x, y) ∈ O).

Théorème 9.2 Soient O ⊂ C un ouvert et f : O → C telle que, si z = x + iy,

u(x, y) = Re f (x + iy), v(x, y) = Im f (x + iy).

Alors les deux assertions suivantes sont équivalentes :


i) f est holomorphe dans O,
ii) les fonctions u, v ∈ C 1 (O) et satisfont, ∀(x, y) ∈ O, les équations de
Cauchy-Riemann

∂u ∂v ∂u ∂v
= , =− .
∂x ∂y ∂y ∂x
68 Exemples

En particulier, si f est holomorphe dans O, alors

∂u ∂v ∂v ∂u
f " (z) = (x, y) + i (x, y) = (x, y) − i (x, y).
∂x ∂x ∂y ∂y

∂u ∂u ∂v ∂v
Notation Par la suite on notera ux = , uy = , vx = , vy = .
∂x ∂y ∂x ∂y

(Pour plus de détails, cf. [1] 24-26, [3] 13-14, [5] 36-38, [10] 741-742.)

9.2 Exemples

Exemple 9.3 La fonction f (z) = ez est holomorphe dans C et f " (z) = ez .

Discussion En effet on a

ez = ex+iy = ex cos y + i ex sin y = u(x, y) + iv(x, y),

où u et v sont C 1 (R2 ) et vérifient les équations de Cauchy-Riemann, i.e.


!
ux = vy = ex cos y
uy = −vx = −ex sin y

et donc f " (z) = ux + ivx = ez .

eiz − e−iz
Exemple 9.4 La fonction sin z = est holomorphe dans C et sa
2i
eiz + e−iz
dérivée est cos z = .
2

Discussion 1) Commençons par trouver les parties réelles et imaginaires.

eiz − e−iz e−y eix − ey e−ix


sin z = =
2i 2i
e−y (cos x + i sin x) − ey (cos x − i sin x)
=
2i
ey − e−y cos x ey + e−y
=− + sin x
2 i 2
= cosh y sin x + i sinh y cos x.
Fonctions holomorphes 69

2) Calcul des dérivées.


ux = cosh y cos x, uy = sinh y sin x,
vx = − sinh y sin x, vy = cosh y cos x.
On a bien ux = vy et uy = −vx . De plus,
(sin z)" = ux + ivx = cosh y cos x − i sinh y sin x = cos z.
"
Exemple 9.5 Soient z = x + iy, |z| = x2 + y 2 son module et arg z son
argument. La fonction

log z = log |z| + i(arg z), avec − π < arg z ≤ π,

où log |z| est le logarithme naturel du nombre réel |z| (en particulier log e = 1),
est définie pour tout z '= 0 et est holomorphe dans
O = C\ {z ∈ C : Im z = 0 et Re z ≤ 0} .
Sa dérivée est f " (z) = 1/z, ∀z ∈ O.

Discussion 1) Tout d’abord on va préciser que dans la définition ci-dessus on


a indiqué seulement la détermination principale de la fonction logarithme,
car en général l’argument de z, arg z, est déterminé à un multiple de 2π près, ce
qui fait de log z une fonction multivoque. Noter que si z ∈ O, −π < arg z < π
et z = x + iy, alors on peut définir l’argument comme une fonction ¡ de l’arc
tangente ; en effet
 y

 arctg si x > 0 et y ∈ R,

 x

 π

 si x = 0 et y > 0,

 2π

arg z = − si x = 0 et y < 0,

 2

 y


 π + arctg si x < 0 et y > 0,

 x

 −π + arctg y si x < 0 et y < 0.
x

2) On va montrer que log z, définie pour tout z '= 0, n’est pas continue sur
C\{0} ; pour que ce soit le cas il faut lui enlever le demi-axe réel négatif, c’est-
à-dire la restreindre à O. En utilisant la définition, on a
"
log(−1 + it) = log 1 + t2 + i arg(−1 + it).
De la partie 1), on déduit que
lim log(−1 + it) = log 1 + iπ = iπ
t→0+

lim log(−1 + it) = log 1 − iπ = −iπ.


t→0−
70 Exemples

Donc f n’est pas continue sur C\{0} (plus précisément on a montré que f n’est
pas continue en z = −1).
3) Montrons maintenant que f " (z) = 1/z, ∀z ∈ O. On va prouver ceci par
exemple dans le demi-plan Re z > 0, où − π2 < arg z < π2 . On procède de
façon semblable dans les deux autres quarts de plan (−π < arg z < − π2 et
y
2 < arg z < π). On écrit z = x + iy de façon que arg z = arctg x et
π

" y
log z = log x2 + y 2 + i arctg = u(x, y) + iv(x, y).
x
On trouve que u, v ∈ C 1 (O),
x y
ux = , uy =
x2 + y 2 x2 + y 2
−y x
vx = 2 , vy = 2
x + y2 x + y2
et donc
x −y x − iy 1
(log z)" = ux + ivx = +i 2 = = .
x2 + y 2 x + y2 (x + iy)(x − iy) z

4) On peut montrer de plus que


log ez = z si Im z ∈ (−π, π] et elog z = z si z ∈ C \ {0}


 log z + log w si arg z + arg w ∈ (−π, π]

log(zw) = log z + log w − 2πi si arg z + arg w ∈ (π, 2π]



log z + log w + 2πi si arg z + arg w ∈ (−2π, −π] .

Exemple 9.6 Soient γ ∈ C et f (z) = z γ . Alors f(z) est holomorphe dans


O = C \ {z ∈ C : Im z = 0 et Re z ≤ 0} et sa dérivée est f " (z) = γz γ−1 .

Discussion 1) On définit (la détermination principale)


f (z) = eγ log z ,
qui, par composition, est une fonction holomorphe dans
O = C \ {z ∈ C : Im z = 0 et Re z ≤ 0} .
On trouve que f " (z) = eγ log z · γz −1 = γz γ−1 . A relever que si γ ∈ N, z γ est
holomorphe dans C et pas seulement dans O (la détermination principale de
z γ définie ici est alors la même que celle définie algébriquement).
2) On peut aussi montrer que si β, γ ∈ C et z, w ∈ C \ {0}, alors
z β+γ = zβ zγ
 ' (γ

 zw si arg z + arg w ∈ (−π, π]
 ' (
γ
z γ wγ = zw e2πγi si arg z + arg w ∈ (π, 2π]


 ' (γ −2πγi
zw e si arg z + arg w ∈ (−2π, −π] .
Fonctions holomorphes 71

9.3 Exercices
1. Montrer que les fonctions

eiz + e−iz ez + e−z ez − e−z


cos z = , cosh z = , sinh z =
2 2 2
sont holomorphes dans C et calculer leurs dérivées.
2. f (z) = (Re z)2 est-elle holomorphe ? Justifier votre réponse.
3. Soit la fonction f (z) = log(1 + z 2 ). Trouver le plus grand domaine de C où
la fonction f est holomorphe.
4. Trouver une fonction holomorphe f : C → C dont la partie réelle est
2
−y 2 )
u(x, y) = e(x cos(2xy).

5. Trouver une fonction holomorphe f : C → C telle que sa partie réelle soit

u(x, y) = x2 − y 2 + e−x cos y.

6. Prouver que si z = x + iy et f (z) = u(x, y) + iv(x, y) est holomorphe dans


un ouvert Ω, alors
i) u et v sont harmoniques dans Ω (c’est-à-dire ∆u = ∆v = 0),
ii) ux vx + uy vy = 0,
) )2
iii) )f " (z)) = ux vy − uy vx .
7. Montrer que si f : C → C est holomorphe alors les trois assertions suivantes
sont équivalentes :
a) f est constante.
b) Re(f ) est constante.
c) Im(f ) est constante.
En déduire que f (z) = |z| n’est pas holomorphe.
8. Montrer que les équations de Cauchy-Riemann, en coordonnées polaires,
s’écrivent
∂u 1 ∂v ∂v 1 ∂u
= , =− .
∂r r ∂θ ∂r r ∂θ
9. Soit f une fonction holomorphe dans C telle que ∂u/∂x + ∂v/∂y = 0.
Montrer qu’il existe une constante réelle c et une constante complexe d telle
que f (z) = −icz + d.
10. Si g(x, y) est harmonique dans R2 (i.e. ∆g ='0) et f = u +( iv est holo-
morphe dans C, vérifier alors que h(x, y) = g u(x, y), v(x, y) est harmo-
nique dans R2 .
11. Soient A un ouvert et u ∈ C 2 (A) une fonction telle que ∆u = ∂ 2 u/∂x2 +
∂ 2 u/∂y 2 = 0. Soit
∂u ∂u
f (z) = −i .
∂x ∂y
Montrer que f est une fonction holomorphe dans A.
72 Exercices

12∗ . Montrer que si f est holomorphe dans Ω ⊂ R2 , un ensemble ouvert, alors


les équations de Cauchy-Riemann sont satisfaites dans Ω, i.e.

ux = vy , uy = −vx .

Suggestion : Prendre dans la définition 9.1 tout d’abord z = z0 + h, puis


z = z0 + ih avec h ∈ R.
Chapitre 10

Intégration complexe

10.1 Définition et résultats théoriques

Si nécessaire on pourra se référer aux chapitres 2 et 8 pour des compléments


et des définitions plus précises sur les courbes et les intégrales curvilignes.

Définition 10.1 i) Soit Γ ⊂ C une courbe régulière de paramétrisation


γ : [a, b] → Γ. Soit f : Γ → C une fonction continue. On note
* * *b
' (
f (z) dz = f (z) dz = f γ(t) γ " (t) dt.
Γ γ a

+
m
ii) Si Γ est régulière par morceaux, Γ = Γk , Γk des courbes régulières, alors
k=1
* m *
,
f (z) dz = f (z) dz.
Γ k=1 Γ
k

Théorème 10.2 Soit D ⊂ C un domaine simplement connexe, f : D → C une


fonction holomorphe et γ une courbe simple fermée et régulière par morceaux
contenue dans D. Alors le théorème de Cauchy est satisfait, à savoir

*
f (z) dz = 0
γ

De plus, f est infiniment différentiable et si n ∈ N alors la formule intégrale


de Cauchy est vérifiée, à savoir

*
n! f (ξ)
f (n) (z) = dξ ∀z ∈ intγ.
2πi (ξ − z)n+1
γ
74 Exemples

En particulier quand n = 0, cette formule s’écrit


*
1 f (ξ)
f (z) = dξ ∀z ∈ intγ.
2πi ξ−z
γ

(Pour plus de détails, cf. [1] 102-123, 141, [3] 27-45, [5] 126-148, [10] 767-793.)

10.2 Exemples

Exemple 10.3 Soient f (z) = z 2 , et γ 1 , γ 2 respectivement le demi-cercle


supérieur de rayon
- 1 centré en l’origine et le cercle de rayon 1 centré en l’ori-
gine. Calculer f (z) dz, i = 1, 2.
γi

Discussion 1) γ 1 : [0, π] → C, où γ 1 (θ) = eiθ et donc γ "1 (θ) = ieiθ . On a


* *π *π )π
' iθ (2 iθ e3iθ )) 2
f (z) dz = e ie dθ = i e 3iθ
dθ = ) =− .
3 0 3
γ1 0 0

2) γ 2 : [0, 2π] → C, avec γ 2 (θ) = eiθ et donc γ "2 (θ) = ieiθ . On obtient
* *2π *2π )2π
' iθ (2 iθ e3iθ ))
f (z) dz = e ie dθ = i e dθ =
3iθ
= 0.
3 )0
γ2 0 0

Dans ce dernier cas, on aurait pu appliquer le théorème de Cauchy et conclure


immédiatement.

Exemple 10.4 Soit γ une courbe simple, fermée et régulière par morceaux.
Discuter en fonction de γ la valeur de l’intégrale suivante :
*
cos 2z
dz.
z
γ

Discussion On observe que ξ = 0 est une singularité pour f (ξ) = cos 2ξ/ξ.
On va distinguer plusieurs cas.
Cas 1. 0 ∈ int γ. On applique la formule intégrale de Cauchy à g(ξ) = cos 2ξ
et on trouve *
1 cos 2ξ
1 = g(0) = dξ
2πi ξ−0
γ

et par conséquent *
cos 2z
dz = 2πi.
z
γ
Intégration complexe 75

Remarque : La formule intégrale de Cauchy représente un instrument bien utile


dans le calcul de certaines intégrales. Un calcul direct, dans notre cas

* *2π *2π
cos 2z cos(2eiθ ) iθ
dz = ie dθ = i cos(2eiθ ) dθ,
z eiθ
γ 0 0

n’est pas évident.


Cas 2. 0 ∈
/ int γ. Le théorème de Cauchy appliqué à f nous permet de conclure
immédiatement que *
cos 2z
dz = 0.
z
γ

Cas 3. 0 ∈ γ. Dans ce dernier cas l’intégrale n’est pas bien définie.


. /
Exemple 10.5 Soit γ = z ∈ C : |z − 2| = 1 . Calculer
*
ez+2
dz.
(z − 2)3
γ

Discussion Soient f (ξ) = eξ+2 , z = 2 et n = 2. Le théorème 10.2 nous donne


*
ez+2 2πi "" 2πi 4
dz = f (2) = e = πie4 .
(z − 2)3 2! 2
γ

10.3 Exercices

1. Soit γ une courbe simple, fermée et régulière par morceaux. Discuter, en


fonction de γ, la valeur de l’intégrale suivante :
* 2
ez
dz.
2z
γ

*
. ) ) / z 2 sin z
2. Soit γ = z ∈ C : )z − π2 ) = 1 . Calculer ' (2 dz.
γ
z − π2

3. Calculer
*
i) (z 2 + 1) dz, γ = [1, 1 + i] (segment entre 1 et 1 + i).
γ*

ii) Re(z 2 ) dz où γ est le cercle unité centré en 0.


γ
76 Exercices

4. Soit γ une courbe simple, fermée et régulière par morceaux. Discuter, en


fonction de γ, la valeur de l’intégrale
*
dz
.
z2
γ

5. Discuter, en fonction de γ, une courbe simple, fermée et régulière par mor-


ceaux, la valeur de l’intégrale suivante :
*
5z 2 − 3z + 2
dz.
(z − 1)3
γ

6. Calculer
* 2z les intégrales suivantes :
e . /
i) dz et γ = z ∈ C : |z| = 2 ,
z
γ
* 3 0 1
z + 2z 2 + 2 1
ii) dz et γ = z ∈ C : |z − 2i| = ,
z − 2i 4
γ
*
sin(2z 2 + 3z + 1) . /
iii) dz et γ = z ∈ C : |z − π| = 1 .
z−π
γ

7. Déterminer
* la valeur des intégrales :
3z 2 + 2z + sin(z + 1) . /
i) dz et γ = z ∈ C : |z − 2| = 1 ,
(z − 2)2
γ*
ez . /
ii) dz et γ = z ∈ C : |z| = 1 .
z(z + 2)
γ

8. Calculer
* 2
ez
dz
(z − 1)2 (z 2 + 4)
γ

dans les cas suivants :


i) γ est le cercle centré en (1, 0) et de rayon 1,
ii) γ est le bord du rectangle [−1/2, 1/2] × [0, 4],
iii) γ est le bord du rectangle [−2, 0] × [−1, 1].

9. Montrer que

*∞ *∞
−x2 √ 2 2
e cos(2bx) dx = π e−b et e−x sin(2bx) dx = 0.
−∞ −∞

2
Suggestions : i) Montrer que f (z) = e−z est holomorphe.
Intégration complexe 77

ii) Considérer le chemin γ = γ 1 ∪ γ 2 ∪ γ 3 ∪ γ 4 (fig. 10.1) où

γ3 b
γ2
γ4
−a 0 γ1 a

Fig. 10.1

Montrer que
* *
a) lim f (z) dz = lim f (z) dz = 0.
a→+∞ a→+∞
γ2 γ4
*
b) f (z) dz = 0 (utiliser le fait que f est holomorphe).
γ
*∞
2 √
c) En utilisant le fait que e−x dx = π, conclure.
−∞

10. Soit f une fonction continue dans un domaine D simplement connexe. Soit
F : D → C, holomorphe et telle que F " (z) = f (z). Montrer que, pour toute
courbe γ régulière, contenue dans D, avec γ : [a, b] → C,
*
' ( ' (
f (z) dz = F γ(b) − F γ(a) .
γ

En particulier, si γ est fermée, déduire que


*
f (z) dz = 0
γ

(ceci est une version plus faible du théorème de Cauchy).

11. Soient f (z) = 1/z et γ 1 , γ 2 représentant respectivement le cercle de rayon


1 centré en z = 2 et le cercle de rayon 1 centré en l’origine. A l’aide de
l’exercice précédent, calculer, pour i = 1, 2,
*
f (z) dz.
γi
78 Exercices

12∗ . Montrer le théorème de Cauchy.


Suggestion : i) Ecrire f = u + iv et γ = α + iβ : [a, b] → C, γ = γ(t), et
montrer que

* *b *b
' ( ' (
f (z) dz = u(α, β)α" − v(α, β)β " dt + i v(α, β)α" + u(α, β)β " dt.
γ a a

ii) Appliquer le théorème de Green (cf. chap. 4) pour obtenir que


* * *
f (z) dz = (−vx − uy ) dx dy + i (ux − vy ) dx dy.
γ int γ int γ

iii) Déduire le résultat à l’aide des équations de Cauchy-Riemann.


Chapitre 11

Séries de Laurent

11.1 Définitions et résultats théoriques

Théorème 11.1 Soit D ⊂ C un domaine simplement connexe, z0 ∈ D. Soient


f : D\{z0 } → C une fonction holomorphe, N ∈ N et

N
,
LN f (z) = cn (z − z0 )n
n=−N
c−1 c−N
= cN (z − z0 )N + · · · + c1 (z − z0 ) + c0 + + ···+ ,
(z − z0 ) (z − z0 )N

où

*
1 f (ξ)
cn = dξ
2πi (ξ − z0 )n+1
γ

-
(en particulier c−1 = 2πi 1
γ
f (ξ) dξ) et où γ est une courbe simple fermée,
régulière
. par morceaux, contenue
/ dans D (z0 ∈ int γ). Soit enfin R > 0 tel
que z ∈ C : |z − z0 | < R ⊂ D (fig. 11.1). Alors, ∀z : 0 < |z − z0 | < R,
limN →∞ LN f (z) = Lf (z) existe et est finie et de plus

+∞
, +∞
, +∞
, c−n
Lf (z) = f (z) = cn (z − z0 ) = n
cn (z − z0 ) +
n
.
n=−∞ n=0 n=1
(z − z0 )n
80 Définitions et résultats théoriques

z0
R
D

Fig. 11.1

Conformément aux notations du théorème, nous introduisons maintenant les


définitions suivantes.

Définition 11.2 i) L’expression Lf (z) est appelée série de Laurent de f au


voisinage de z0 .
ii) On appelle partie régulière de la série de Laurent
+∞
,
cn (z − z0 )n ,
n=0

alors que
−1
, +∞
,
cn (z − z0 )n = c−n (z − z0 )−n
n=−∞ n=1

en est sa partie singulière (ou principale).


iii) On dit que z0 est un point régulier pour f (z) si et seulement si la partie
singulière de la série de Laurent est zéro.
iv) On dit que z0 est un pôle d’ordre m pour f (z) si et seulement si c−m '= 0
et c−k = 0, ∀k ≥ m + 1. On a alors

, +∞
c−m c−1
Lf (z) = + · · · + + cn (z − z0 )n
(z − z0 )m (z − z0 ) n=0
m
, , +∞
c−n
= + cn (z − z0 )n .
n=1
(z − z 0 )n
n=0

v) On dit que z0 est une singularité essentielle isolée pour f (z) si et seule-
ment si c−k '= 0, pour une infinité de k. Dans ce cas

, , +∞
c−n
Lf (z) = + cn (z − z0 )n .
n=1
(z − z 0 )n
n=0

vi) On appelle résidu de f en z0 et on note Rész0 (f ), la valeur c−1 .


vii)
. Le rayon de convergence
/ de la série est le plus grand R > 0 tel que
z ∈ C : |z − z0 | < R ⊂ D.
Séries de Laurent 81

Remarque Si f : D → C est holomorphe, alors le développement de Laurent


coı̈ncide avec la série de Taylor, c’est-à-dire que cn = f (n) (z0 )/n! et

+∞ (n)
, f (z0 )
Lf (z) = T f (z) = (z − z0 )n .
n=0
n!

Proposition 11.3 Soit f (z) = p(z)/q(z), où p et q sont des fonctions holo-
morphes au voisinage de z0 . Soient
i) z0 un zéro d’ordre k de p, i.e. (si p(z0 ) '= 0, on pose k = 0)

p(z0 ) = . . . = p(k−1) (z0 ) = 0 mais p(k) (z0 ) '= 0.

ii) z0 un zéro d’ordre l de q, i.e. (si q(z0 ) '= 0, on pose l = 0)

q(z0 ) = . . . = q (l−1) (z0 ) = 0 mais q (l) (z0 ) '= 0.

Si l > k, alors z0 est un pôle d’ordre l−k de f .


Si l ≤ k, alors z0 est un point régulier de f (où on a posé f (z0 ) = lim p(z)/q(z),
z→z0
cf. exemple 11.12).

Proposition 11.4 Si z0 est un pôle d’ordre m, alors

1 dm−1 2 3
Rész0 (f ) = lim (z − z0 )m f (z) .
(m − 1)! z→z0 dz m−1

Proposition 11.5 Soit f (z) = p(z)/q(z), où p et q sont des fonctions holo-
morphes au voisinage de z0 ∈ C et telles que p(z0 ) '= 0 et z0 est un zéro simple
de q. On a alors

p(z0 )
Rész0 (f ) = .
q " (z0 )

(Pour plus de détails, cf. [1] 184-186, [3] 62, [5] 155-159, [10] 842-844.)

11.2 Exemples

Dans les exemples qui suivent on trouvera la série de Laurent pour une
fonction f donnée. On spécifiera de plus la nature des singularités, ainsi que le
rayon de convergence de la série et le résidu.
82 Exemples

1
Exemple 11.6 f (z) = et z0 = 0.
z
Discussion On a immédiatement
1
Lf (z) = + 0,
z
c’est-à-dire les parties régulière et singulière sont respectivement 0 et 1/z. De
plus, Rés0 (f ) = 1 et z0 = 0 est un pôle d’ordre 1. La série de Laurent converge
∀z ∈ C\{0}, i.e. R = ∞.
1
Exemple 11.7 f (z) = et z0 = 1.
z
Discussion Avant de répondre à la question, rappelons la formule de la série
géométrique à savoir que si q ∈ C et |q| < 1 alors

,
1
= qn .
1 − q n=0

Dans notre cas on a donc


+∞
,
1 1
= = (−1)n (z − 1)n ,
z 1 + (z − 1) n=0

c’est-à-dire que la série de Laurent de f coı̈ncide avec la série de Taylor et


z0 = 1 est un point régulier. La convergence a lieu dans |z − 1| < 1, i.e. R = 1,
et le résidu est zéro.
1
Exemple 11.8 f (z) = et z0 = 0.
z2
Discussion Il est facile de voir que z0 = 0 est un pôle d’ordre 2 et que
1
Lf (z) = .
z2
Le résidu est zéro et la convergence a lieu ∀z ∈ C\{0}, i.e. R = ∞.
1 2
Exemple 11.9 f (z) = 3
+ et z0 = 0.
z z
Discussion On remarque que z0 = 0 est un pôle d’ordre 3, Rés0 (f ) = 2 et
que la convergence a lieu ∀z ∈ C\{0}, i.e. R = ∞.
1
Exemple 11.10 f (z) = et z0 = 0.
z2 + z
Discussion On écrit (à l’aide de la série géométrique)
+∞
1 1 1 1 1 ,
= = − = − (−1)n z n = Lf (z)
z2 + z z(z + 1) z z+1 z n=0

pour tout z : 0 < |z| < 1 (i.e. R = 1). De plus, Rés0 (f ) = 1 et z0 = 0 est un
pôle d’ordre 1.
Séries de Laurent 83

1
Exemple 11.11 f (z) = e z et z0 = 0.

Discussion En posant y = 1/z, on a


+∞ n
, +∞
, +∞
,
y 1 1 1 1 1
ey = =⇒ f (z) = e z = Lf (z) = n
= 1 + .
n=0
n! n=0
n! z n=1
n! z n

On voit que z0 = 0 est une singularité essentielle isolée de f , Rés0 (f ) = 1 et


que la convergence a lieu ∀z ∈ C\{0}, i.e. R = ∞.

Exemple 11.12 Une fonction f peut sembler avoir une singularité en z0 qui
n’en est pas une si on redéfinit proprement la fonction en z0 . On dit alors que
z0 est une singularité éliminable. Par exemple z0 = 0 est une singularité
éliminable pour f (z) = sin z/z, car il suffit de poser

 sin z
 , si z '= 0
f (z) = z
 1 = lim sin z ,

si z = 0.
z→0 z

Conclusion : z0 = 0 est un point régulier et la fonction f est holomorphe


dans C.

Exemple 11.13 Montrer que toutes les singularités d’une fonction ne sont pas
nécessairement des pôles ou des singularités essentielles isolées.

Discussion Une telle fonction est, par exemple, f (z) = tg (1/z), en z0 = 0.


On a en effet
π
tg y = ∞ ⇐⇒ y = yk = (2k + 1) , k∈Z
2
et donc
4 5
1 1 2
tg = ∞ ⇐⇒ z = = (→ z0 = 0, quand k → ∞) .
z yk (2k + 1)π

Donc f n’admet pas de série de Laurent en z0 = 0, car alors on devrait avoir


R = 0.
Conclusion : z0 = 0 n’est pas une singularité isolée.

11.3 Exercices

Dans les exercices 1 à 13, il s’agira de trouver la série de Laurent de f (ou


en tous cas quelques-uns de ses termes) en précisant la nature de la singularité,
le résidu et le rayon de convergence.
84 Exercices

π sin z
1. i) sin z en z0 = ii) en z0 = 0
4 z3
z 1
iii) en z0 = 1 iv) sin en z0 = 0
1 + z2 z
z 2 + 2z + 1 1
v) en z0 = −1 vi) en z0 = 1
z+1 (1 − z)3
z2 + z + 1 1
vii) en z0 = 1 viii) en z0 = 0.
z2 − 1 sin z
1
2. f (z) = en z1 = 0, z2 = −2 (écrire au moins les quatre premiers
z(z + 2)3
termes).
cos z
3. i) en z0 = π ii) z 2 e1/z en z0 = 0
(z − π)
z2
iii) en z0 = 1.
(z − 1)2 (z + 3)
−2
4. f (z) = z 2 e(z−1) en z0 = 1.
4 5
1
5. f (z) = z cos en z0 = 0.
z
ez
6. f (z) = en z0 = 1.
(z − 1)2

z
7. f (z) = en z0 = 1.
(z − 1)2
1
8. f (z) = ' π ( en z0 = 1.
cos2 2z

log(1 + z)
9. f (z) = en z0 = 0.
sin (z 2 )
4 5
1
10. f (z) = e1/z sin en z0 = 0.
z
sin z
11. f (z) = en z0 = 0.
z (ez − 1)
sin z
12. f (z) = en z0 = π.
(z − π)2
Suggestion : Observer que sin z = − sin(z − π), ∀z ∈ C.
sin z
13. f (z) = en z0 = 0 (il suffira de calculer les deux premiers termes de
sin(z 2 )
la série de Laurent).
14. Soit la fonction f (z) = log(1 + z).
i) Trouver le plus grand domaine de C où la fonction f est holomorphe.
ii) Trouver son développement de Taylor en z0 = 0 et z0 = i.
Donner dans chaque cas son rayon de convergence.
Séries de Laurent 85

sin(z 2 + 1)
15. Soit f (z) = 2 .
(z 2 + 1)
i) Trouver les singularités de f et déterminer la nature de ces singularités.
ii) Calculer le résidu en ces points.
iii) Calculer le rayon de convergence de la série de Laurent en ces points.
16. Soit f (z) = log(1 + z 2 ).
i) Trouver le plus grand domaine où la fonction est holomorphe (justifier
votre réponse).
ii) Trouver son développement de Taylor en z0 = 0 (on précisera le rayon
de convergence ainsi que les termes en z n pour n = 0, 1, 2, 3).
17∗ . (Règle de l’Hôpital ). Soient f et g deux fonctions holomorphes au voisi-
nage de z0 telles que f (z0 ) = 0 et g possède un zéro simple en z0 (g(z0 ) = 0
mais g " (z0 ) '= 0). Montrer que

f (z) f " (z) f " (z0 )


lim = lim " = " .
z→z0 g(z) z→z0 g (z) g (z0 )

18∗ . i) (Théorème de Liouville). Montrer que si f est holomorphe dans C et


f est bornée, alors f est constante.
ii) Donner un exemple d’une fonction analytique réelle de la forme

,
f (x) = an xn , ∀x ∈ R
n=0

qui soit bornée mais pas constante.


Suggestion : 1) Appliquer la remarque (suivant la définition 11.2) pour
déduire que
,∞
f (n) (0) n
f (z) = z , ∀z ∈ C.
n=0
n!

2) Ecrire la formule intégrale de Cauchy pour f (n) (0) sur un cercle de rayon
R centré en 0.
3) A l’aide de la question précédente montrer que

*2π
) (n) ) n! ) )
)f (0)) ≤ )f (Reit )) dt.
2πRn
0

4) Conclure que f (n) (0) = 0, pour tout n ≥ 1.


Chapitre 12

Théorème des résidus et


applications

12.1 Partie I : Théorème des résidus

12.1.1 Définitions et résultats théoriques


Théorème 12.1 Soient D ⊂ C un domaine simplement connexe, γ une courbe
simple fermée et régulière par morceaux contenue dans D (fig. 12.1). Soient
z1 , . . . , zm ∈ int γ (zi '= zj , si i '= j) et f : D\{z1 , . . . , zm } → C une fonction
holomorphe, alors

* m
,
f (z) dz = 2πi Részk (f ),
γ k=1

où Részk (f ) est le résidu de la fonction f au point zk .

γ
z2

zm
z1

Fig. 12.1

(Pour plus de détails, cf. [1] 150-151, [3] 64-65, [5] 201-202, [10] 865-866.)
88 Partie I : Théorème des résidus

12.1.2 Exemples
Exemple 12.2 Soient D et γ comme dans le théorème précédent. Si f est
holomorphe dans D, par le théorème de Cauchy, on peut en déduire que
*
f (z) dz = 0.
γ

1
Exemple 12.3 Soient D et γ comme dans le théorème précédent et f (z) = .
* z
Calculer f (z) dz.
γ

Discussion -
Cas 1. 0 ∈ int γ. On a Rés0 (f ) = 1 ⇒ f (z) dz = 2πi.
γ
-
Cas 2. 0 ∈
/ int γ. Le théorème de Cauchy implique f (z) dz = 0.
γ
Cas 3. 0 ∈ γ. Dans ce dernier cas l’intégrale n’est pas bien définie.
Exemple 12.4 Soient D et γ comme dans le théorème précédent et
2 3 1
f (z) = + + .
z z − 1 z2
*
Calculer f (z) dz.
γ

Discussion On remarque tout d’abord que les singularités de f sont en z = 0


et z = 1. Il est facile de voir que Rés0 (f ) = 2 et Rés1 (f ) = 3. On va distinguer
les cas suivants :
Cas 1. 0, 1 ∈ int γ. On a
*
f (z) dz = 2πi(2 + 3) = 10 πi.
γ

Cas 2. 0 ∈ int γ et 1 ∈
/ int γ. Dans ce cas
*
f (z) dz = 4πi.
γ

Cas 3. 1 ∈ int γ et 0 ∈
/ int γ. On trouve
*
f (z) dz = 6πi.
γ

/ int γ. On a
Cas 4. 0, 1 ∈ *
f (z) dz = 0.
γ
Cas 5. 0 ∈ γ ou 1 ∈ γ. Dans ce dernier cas, l’intégrale n’est pas bien définie.
Théorème des résidus et applications 89

12.2 Partie II : Applications au calcul des intégrales réelles

Application 12.5 Calcul des intégrales de la forme

*2π
f (cos θ, sin θ) dθ
0

où f : R2 → R est telle que f (x, y) = P (x, y)/Q(x, y) et où P et Q sont des
polynômes avec Q(cos θ, sin θ) '= 0, ∀θ.

Discussion On pose z = eiθ . On a alors


4 5 4 5
eiθ + e−iθ 1 1 eiθ − e−iθ 1 1
cos θ = = z+ , sin θ = = z− .
2 2 z 2i 2i z
1 dz
Noter qu’on a aussi dθ = . Par conséquent, si γ dénote le cercle unité et si
i z
on pose 4 4 5 4 55
6 1 1 1 1 1
f (z) = f z+ , z− ,
iz 2 z 2i z
on déduit du théorème des résidus que
* *2π m
,
f6(z) dz = f (cos θ, sin θ) dθ = 2πi Részk (f6),
γ 0 k=1

où zk sont les singularités de f6 à l’intérieur du cercle unité γ (fig 12.2).

−1 1 x

Fig. 12.2

(Pour plus de détails, cf. [1] 155, [3] 65-66, [5] 203-205, [10] 868-869.)
90 Partie II : Calcul d’intégrales réelles

*2π

Exemple 12.6 Calculer .
2 + cos θ
0

1
Discussion f (cos θ, sin θ) = et, en posant z = eiθ ,
2 + cos θ
2 2
f6(z) = = √ √ .
i(z 2 + 4z + 1) i(z + 2 + 3 )(z + 2 − 3 )
√ √
Les singularités de f6(z) sont z1 = −(2 + 3 ), z2 = 3 − 2, mais seulement z2 ,
qui est un pôle d’ordre 1, se trouve à l’intérieur du cercle unité. On obtient

2(z + 2 − 3 ) 1
Rés√3−2 (f6) = lim √ √ √ = √
z→ 3−2 i(z + 2 + 3 )(z + 2 − 3 ) i 3
et ainsi
*2π
dθ 1 2π
= 2πi √ = √ .
2 + cos θ i 3 3
0

Application 12.7 Calcul des intégrales de la forme

*
+∞

R(x) eiax dx
−∞

avec a ≥ 0, R(x) = P (x)/Q(x), où P (x), Q(x) sont des polynômes tels que
1) Q(x) '= 0, ∀x ∈ R,
2) deg Q − deg P ≥ 2 (deg dénotant le degré des polynômes).
Sous ces hypothèses l’intégrale ci-dessus existe et on a
*
+∞ m
, ' (
R(x) eiax dx = 2πi Részk R(z) eiaz ,
−∞ k=1

où zk sont les singularités de R(z) eiaz appartenant au demi-plan supérieur


(i.e. Im z ≥ 0).

Remarque Le résultat ci-dessus s’applique au calcul des transformées de Fou-


rier, lorsque R(x) est donné sous forme de quotient de polynômes, satisfaisant
aux conditions 1) et 2). On trouve
*
+∞
√ m
,
7 1 ' (
R(−a) = √ R(x) e dx = 2π i
iax
Részk R(z) eiaz .
2π k=1
−∞

(Pour plus de détails, cf. [1] 156, [3] 69-71, [5] 208-212, [10] 873-877.)
Théorème des résidus et applications 91

*
+∞
x2
Exemple 12.8 Calculer dx.
16 + x4
−∞

Discussion On divise la discussion en deux parties (la première s’applique au


cas général alors que la deuxième s’applique à l’exemple).
Etape 1. Soit r > 0 et (fig. 12.3)
. /
Cr = z ∈ C : |z| = r et Im z ≥ 0
. /
Lr = z ∈ C : −r < Re z < r et Im z = 0
Γr = Cr ∪ Lr .

On choisit r suffisamment grand pour que toutes les singularités de R (z) situées
dans le demi-plan supérieur soient dans l’intérieur de Γr (noter que, comme
Q(x) '= 0, ∀x ∈ R, la fonction R (z) n’a aucune singularité sur l’axe réel).

Cr

−r Lr r x

Fig. 12.3

Le théorème des résidus s’applique et on trouve


* m
, ' (
R(z) eiaz dz = 2πi Részk R(z) eiaz ,
Γr k=1

où zk sont les singularités de R(z) eiaz à l’intérieur de Γr . Par ailleurs, les
hypothèses 1) et 2) impliquent que

* * *
+∞

lim R(z) e iaz


dz = 0 et lim R(z) e iaz
dz = R(x) eiax dx.
r→∞ Cr r→∞ Lr
−∞

De la combinaison de ces résultats on obtient bien


*
+∞ m
, ' (
R(x) eiax dx = 2πi Részk R(z) eiaz .
−∞ k=1
92 Exercices

Etape 2. Si on revient à l’exemple (ici a = 0), on notera que les hypothèses 1)


et 2) sont satisfaites. On va chercher maintenant les zéros (complexes) de Q(x).
On trouve
π
16 + z 4 = 0 ⇐⇒ z 4 = 16 ei(π+2nπ) ⇐⇒ z = 2ei(2n+1) 4 , n = 0, 1, 2, 3,

i.e.
π √ √ 3π √ √
z1 = 2ei 4 = 2+i 2 z2 = 2ei 4 =− 2+i 2
5π √ √ 7π √ √
z3 = 2ei 4 =− 2−i 2 z4 = 2ei 4 = 2 − i 2.

z2
Ce sont des pôles simples de R(z) = . Seuls z1 et z2 appartiennent au
16 + z 4
demi-plan supérieur, par conséquent

*
+∞
x2 ' (
dx = 2πi Rész1 (R) + Rész2 (R) .
16 + x4
−∞

On va maintenant calculer les deux résidus, à l’aide de la proposition 11.5, on a

z12 1 1 1+i
Rész1 (R) = = = √ = √ ,
4z13 4z1 4 (1 + i) 2 8i 2
z22 1 1 1−i
Rész2 (R) = = = √ = √
4z23 4z2 4 (−1 + i) 2 8i 2

et donc
*
+∞ √
x2 ' ( π 2
dx = 2πi Rés z1 (R) + Rés z2 (R) = .
16 + x4 4
−∞

(L’exemple aurait aussi pu être traité par un calcul direct sans l’aide du théo-
rème des résidus.)

12.3 Exercices

1. Soit γ ⊂ C une courbe simple


* fermée et régulière par morceaux.
2
Calculer en fonction de γ : e1/z dz.
γ

2. Soit γ une courbe simple fermée régulière par morceaux. Discuter en fonction
de*γ la valeur des intégrales suivantes *: * 1/z
1 z 2 + 2z + 1 e
i) dz, ii) dz, iii) dz.
(z − i)(z + 2)2 (z − 4) (z − 3)3 z2
γ γ γ
Théorème des résidus et applications 93

*
+∞
dx
3. Calculer .
cosh x
−∞
Suggestion :
1) Soient R > 0 (fig. 12.4) et γ R le bord du*rectangle (−R, R) × (0, π).
dz
Calculer, à l’aide du théorème des résidus, .
cosh z
γR

−R 0 R

Fig. 12.4


dy
2) En supposant que lim = 0, conclure.
L→±∞ cosh(L + iy)
0

4. Soit γ une courbe simple fermée


* et régulière par morceaux.
1 − eiπz
Calculer en fonction de γ : dz.
z(z + i)(z − 1)2
γ

5. Soit γ une courbe simple fermée régulière contenue dans le disque centré en
z = 0 et de
* rayon 2.
Calculer tg z dz.
γ

*2π

6. Calculer √ .
5 − sin θ
0

*2π
cos θ sin 2θ
7. Calculer dθ.
5 + 3 cos 2θ
0

*2π
cos2 θ
8. Calculer dθ.
13 − 5 cos 2θ
0

*2π
sin2 (5θ/2)
9. Calculer dθ.
sin2 (θ/2)
0
94 Exercices

10. i) Soit n ∈ N et soit la fonction


2n ' 2n (
(z − 1) z +1
h(z) = .
z 2n+1
Quelle est la nature du point z = 0 (point régulier, pôle et de quel ordre,
singularité essentielle) ? Montrer que Rés0 (h) = 2.
ii) Evaluer, à l’aide du théorème des résidus et de la première question,
l’intégrale
*2π
' (n
1 − cos θ cos nθ dθ.
0

*2π

11. Soit p ∈ (0, 1). Calculer .
1 − 2p cos θ + p2
0
) ) ) )
12. i) Soit z = re , montrer que )1 + z 6 ) ≥ )r6 − 1).

ii) Soit Cr le demi-cercle centré en 0, de rayon r > 1 et situé dans le demi-


plan supérieur. Montrer, à l’aide de la question précédente, que
) )
)* )
) z 2 )
lim )) dz ) = 0.
)
r→∞ ) 1+z 6
)
Cr

*
+∞
x2
iii) Calculer dx.
1 + x6
−∞
) )
13. i) Soient θ ∈ [0, π], r > 0 et z = reiθ . Montrer) que )eiz) ) ≤ 1.
ii) Soit z = reiθ ∈ C. Montrer que r4 − 16 ≤ )16 + z 4 ).
iii) A l’aide des deux questions précédentes, montrer que si θ ∈ [0, π], r > 2
et z = reiθ alors ) )
) eiz )
) ) 1
) 16 + z 4 ) ≤ r4 − 16 .

iv) Soit Cr le demi-cercle centré en 0, de rayon r > 2 et situé dans le


demi-plan supérieur. Déduire de la question précédente que
) )
)* )
) e iz )
lim ) dz )) = 0.
r→∞ )) 16 + z 4
)
Cr

v) A l’aide de la quatrième question, calculer

*
+∞ *
+∞
cos x sin x
dx et dx.
16 + x4 16 + x4
−∞ −∞
Chapitre 13

Applications conformes

13.1 Définitions et résultats théoriques

Définition 13.1 Soient D ⊂ C un ouvert, on dit que f : D → f (D) = D∗ ⊂ C


est une application conforme de D sur D∗ si
1) f est bijective de D sur D∗ ;
2) f est holomorphe dans D ;
3) f  (z) = 0, ∀z ∈ D.

Remarque La définition d’application conforme que nous adoptons ici n’est


pas la définition usuelle (cf. [1] 67-76, [3] 20-22, [5] 427-434, [10] 882-886), mais
elle est équivalente. Toutefois dans [5], page 432, on trouve la même définition
et on montre (page 429) que 1) + 2) ⇒ 3).

Définition 13.2 (Transformation de Moebius) Une transformation de


Moebius est une application

az + b
z → f (z) =
cz + d

où a, b, c, d ∈ C avec ad − bc = 0 (⇒ c = 0 ou d = 0).

Proposition 13.3 Soient ad − bc = 0 et


az + b
f (z) = .
cz + d
(i) c = 0,
D = C − {−d/c} et D∗ = C − {a/c} ,
alors la transformation de Moebius est une application conforme de D sur D∗ .
(ii) Si c = 0 (⇒ d = 0), alors f est conforme de C sur C.
96 Exemples

Remarque Du point de vue géométrique, la transformation de Moebius peut


être vue comme une combinaison de dilatations, rotations et de translations.

Proposition 13.4 Toute transformation de Moebius transforme des cercles et


des droites en des cercles et des droites.

(Pour plus de détails, cf. [1] 76-89, [3] 8, [5] 436-459, [10] 887-896.)

Théorème 13.5 (Théorème de Riemann) Soit Ω '= C un domaine simple-


ment connexe. Alors il existe une application conforme de Ω sur D, le disque
unité (fig. 13.1). De plus si on fixe l’image d’un point z0 ∈ Ω, par exemple
f (z0 ) = 0 et f " (z0 ) > 0 (c’est-à-dire Re f " (z0 ) > 0 et Im f " (z0 ) = 0), alors un
tel f est unique.

v
y
f
D

−1 1 u
x

Fig. 13.1

(Pour plus de détails, cf. [1] 229-249, [5] 485-504.)

13.2 Exemples

Exemple 13.6 La fonction f (z) = z est manifestement conforme de C dans C.

Exemple 13.7 f (z) = z n’est pas une application conforme.

Discussion Il suffit d’observer que f (z) = z n’est pas une fonction holo-
morphe.

Exemple 13.8 i) Soient zi , wi ∈ C, i = 1, 2, 3, avec zi '= zj , wi '= wj , si i '= j.


Trouver une transformation de Moebius f telle que f (zi ) = wi , i = 1, 2, 3 (i.e.
les transformations de Moebius sont caractérisées par la donnée de trois points
différents et de leurs images différentes).
. /
ii) Trouver
. une transformation
/ de Moebius de Ω = z ∈ C : Re z > 0 sur
D = z ∈ C : |z| < 1 .
Applications conformes 97

Discussion i) Si f (zi ) = wi , i = 1, 2, 3, alors nécessairement


f (z) − w1 w3 − w2 z − z1 z3 − z2
· = · . (13.1)
w1 − w2 f (z) − w3 z1 − z2 z − z3
Posons
z3 − z2 w3 − w2
α= , β= ;
z1 − z2 w1 − w2
on déduit alors de (13.1) que
β [f (z) − w1 ] (z − z3 ) = α [f (z) − w3 ] (z − z1 )
ce qui implique
2 3
f (z) (β − α)z − βz3 + αz1 = βw1 (z − z3 ) − αw3 (z − z1 )
i.e.
(βw1 − αw3 )z + (αw3 z1 − βw1 z3 )
f (z) = .
(β − α)z + αz1 − βz3
Il suffit alors de poser
a = βw1 − αw3 , b = αw3 z1 − βw1 z3 ,
c = β −α, d = αz1 − βz3 .

ii) On cherche une application de la forme


az + b
f (z) = .
cz + d
On utilise la première partie et on choisit, par exemple, les points z1 = i,
z2 = −i, z3 = 0 qui appartiennent tous à Re z = 0 et on leur associe trois
points sur |w| = 1 arbitraires, par exemple i, −i et 1. On a

 ai + b
 f (i) = i =
 

 ci + d  2b = −2c

 

−ai + b
f (−i) = −i = =⇒ 2ai = 2bi


 −ci + d 



 b = d.
 f (0) = 1 = b

d
On trouve alors a = b = −c = d et donc
z+1
f (z) = .
1−z
Il reste encore à savoir si f a envoyé Ω sur D ou sur l’extérieur de D. On
prend alors un point appartenant à Ω, par exemple z = 1, et on trouve que
f (z) = ∞ ∈ / D. Alors l’application requise, disons g, n’est rien d’autre que
l’inverse de celle obtenue (car l’application h (ζ) = ζ −1 envoie l’intérieur du
disque unité sur l’extérieur et réciproquement), i.e.
1−z
g(z) = .
z+1
98 Exercices

13.3 Exercices
1. Soit z = x + iy et
1
f (z) = .
z
i) Trouver u = Re(f ) et v = Im(f ) en fonction de x et y.
ii) Trouver x et y en fonction de u et v (c’est-à-dire trouver la fonction
inverse de f ).
iii) Soient
. / . /
a) A1 = z ∈ C : Re(z) = Im(z) b) A2 = z ∈ C : Re(z) = 1
. / . /
c) A3 = z ∈ C : |z − 1| = 1 d) A4 = z ∈ C : |z − 1| = 2 .

Trouver l’image par f de ces ensembles (dire ce que représentent géométri-


quement Ai et f (Ai )).
iv) Montrer plus généralement que la transformation z → 1/z envoie des
cercles ou des droites sur des cercles et des droites (ce qui n’est rien d’autre
que la proposition 13.4 quand f (z) = z −1 ).
2. Trouver une transformation de Moebius qui
i) envoie 0 → −1, 1 + i → 1, 1 − i → −1 + 2i,
ii) envoie le disque unité sur l’extérieur du disque ouvert de rayon 2.
3. Trouver une transformation de Moebius de

Ω = {z ∈ C : Im z > 0}

sur . /
D = z ∈ C : |z| < 1 .
4. i) Trouver une transformation de Moebius qui envoie
. ) ) /
Ω = z ∈ C : )z − 2(i + 1)) > 2

sur . /
D = z ∈ C : |z| < 1 .
ii) Trouver son inverse.
5. i) Montrer la proposition 13.3. En particulier montrer que
−dw + b
f −1 (w) = .
cw − a
ii) Qu’arrive-t-il à une transformation de Moebius si ad = bc ?
6. Soit la transformation de Joukowski donnée par
1
f (z) = z + .
z
i) Calculer Re f et Im f .
ii) Calculer l’image par f du cercle |z| = a, a > 0.
Applications conformes 99

7. i) Montrer que la fonction f (z) = ez est conforme de


. /
A = z ∈ C : 0 < Im z < π

sur . /
Ω = w ∈ C : Im w > 0
ii) En utilisant l’exercice 3 et la question précédente, trouver une application
conforme de A sur le disque unité D.
' (
8. i) Montrer que si u est harmonique (i.e. u ∈ C 2 R2 avec ∆u = 0), alors il
existe g : C → C holomorphe telle que Re g = u.
ii) En utilisant la première question, prouver que si u est harmonique et si
f : R2 → R2 est conforme, alors u ◦ f est harmonique (où il est entendu
que f : R2 → R2 , f (x, y) = (α, β) est conforme si f6(x + iy) = α + iβ est
conforme).
(On pourra comparer ce résultat avec celui de l’exercice 10 du chapitre 9.)
9. Soient . /
Ω = (x, y) ∈ R2 : x, y > 0
. /
O = (x, y) ∈ R2 : y > 0
. /
D = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1 .
i) Montrer que l’application

z−i
h(z) =
z+i
est conforme de O sur D. Trouver les parties réelle et imaginaire de h−1 .
ii) Montrer que l’application g(z) = z 2 est conforme de Ω sur O. Trouver
les parties réelle et imaginaire de g −1 .
iii) Trouver une application conforme f de Ω sur D.
10∗ . Montrer, à l’aide du théorème de Liouville (cf. chap. 11, exercice 18∗ ) qu’il
n’existe pas d’application conforme de C sur le disque unité.
Troisième partie

Analyse de Fourier
Chapitre 14

Séries de Fourier

14.1 Définitions et résultats théoriques

Définition 14.1 On dit que f : R → R est régulière par morceaux


(fig. 14.1) si elle est régulière par morceaux sur tout compact [a, b], c’est-à-
dire
i) f est continue par morceaux sur [a, b], ce qui veut dire qu’il existe
a = a0 < a1 < . . . < an+1 = b
tels que, ∀i = 0, 1, . . . , n, f |(ai ,ai+1 ) est continue et
lim f (x) = f (ai + 0),
x→ai
lim f (x) = f (ai+1 − 0)
x→ai+1
x>ai x<ai+1

existent et sont finies ;


ii) f " existe et est continue par morceaux sur (ai , ai+1 ) et
lim f " (x) = f " (ai + 0),
x→ai
lim f " (x) = f " (ai+1 − 0)
x→ai+1
x>ai x<ai+1

existent et sont finies.

x
a0 = a a1 a2 an an−1 an+1 = b

Fig. 14.1
104 Définitions et résultats théoriques

Définition 14.2 Soient N ≥ 1 un entier et f : R → R une fonction bornée,


T -périodique, T > 0, (i.e. f (x + T ) = f (x), ∀x) et intégrable sur [0, T ]. Soient
n ∈ N et

!T " #
2 2πn
an = f (x) cos x dx, n = 0, 1, 2 . . .
T T
0
!T " #
2 2πn
bn = f (x) sin x dx, n = 1, 2 . . .
T T
0

1) On appelle série de Fourier partielle d’ordre N de f et on note


N % " # " #&
a0 $ 2πn 2πn
FN f (x) = + an cos x + bn sin x .
2 n=1
T T

2) On appelle série de Fourier de f la limite, quand elle existe, de FN f (x).


On la note

∞ % " # " #&


a0 $ 2πn 2πn
F f (x) = lim FN f (x) = + an cos x + bn sin x .
N →∞ 2 n=1
T T

Théorème 14.3 (Théorème de Dirichlet) Soit f : R → R une fonction


T -périodique, régulière par morceaux. Soient an , bn et FN f comme dans la
définition précédente. Alors la limite F f (x) existe pour tout x ∈ R et

f (x + 0) + f (x − 0)
F f (x) = , ∀x ∈ R
2

(où f (x + 0) = y→x
lim f (y) et f (x − 0) = y→x
lim f (y)). Donc, en particulier, si f est
y>x y<x
continue en x, alors
F f (x) = f (x).
De plus, si f est continue, alors la convergence de la série ci-dessus vers la
fonction f est uniforme.

Corollaire 14.4 Soit f : R → R une fonction T -périodique, régulière par mor-


ceaux. Alors F f est T -périodique et de plus
i) si f est paire (i.e. f (x) = f (−x), ∀x), alors bn = 0 et
∞ " #
a0 $ 2πn
F f (x) = + an cos x ;
2 n=1
T
Séries de Fourier 105

ii) si f est impaire (i.e. f (x) = −f (−x), ∀x), alors an = 0 et


$∞ " #
2πn
F f (x) = bn sin x .
n=1
T

iii) La série de Fourier s’écrit en notations complexes


$ !T
i 2πn x 1 −i 2πn x
F f (x) = cn e T où cn = f (x) e T dx.
n=−∞
T
0

Théorème 14.5 (Différentiation terme à terme) Soit f : R → R une


fonction T -périodique, continue et telle que f " est régulière par morceaux. Soit
∞ % " # " #&
a0 $ 2πn 2πn
+ an cos x + bn sin x
2 n=1
T T
sa série de Fourier. Alors la série obtenue par la différentiation terme à terme
de la série de Fourier de f converge et ∀x ∈ R

∞ % " # " #&


f " (x + 0) + f " (x − 0) $ 2πn 2πn 2πn
= bn cos x − an sin x .
2 n=1
T T T

Théorème 14.6 (Intégration terme à terme) Soit f : R → R une fonction


T -périodique, régulière par morceaux. Soit
∞ % " # " #&
a0 $ 2πn 2πn
+ an cos x + bn sin x
2 n=1
T T

sa série de Fourier. Alors, pour tout x0 , x ∈ [0, T ], on a

!x !x $∞ !x % " # " #&


a0 2πn 2πn
f (t) dt = dt + an cos t + bn sin t dt.
2 n=1
T T
x0 x0 x0

De plus, pour x0 fixé, la convergence est uniforme.


Théorème 14.7 (Identité de Parseval) Soit f : R → R une fonction
T -périodique, régulière par morceaux. Alors

!T ∞
2 ' (2 a20 $' 2 (
f (x) dx = + an + b2n .
T 2 n=1
0
106 Exemples

Corollaire 14.8 (Série de Fourier en cosinus) Soit f : [0, L] → R une


fonction régulière par morceaux. Alors la série suivante converge

a0 $
∞ ) πn *
Fc f (x) = + an cos x ,
2 n=1
L

où
!L ) πn *
2
an = f (y) cos y dy.
L L
0

De plus en tous points x ∈ (0, L) où f est continue, l’égalité suivante a lieu

Fc f (x) = f (x).

Corollaire 14.9 (Série de Fourier en sinus) Soit f : [0, L] → R une fonc-


tion régulière par morceaux. Alors la série suivante converge

$ ) πn *
Fs f (x) = bn sin x ,
n=1
L

où
!L ) πn *
2
bn = f (y) sin y dy.
L L
0

De plus en tous points x ∈ (0, L) où f est continue, l’égalité suivante a lieu

Fs f (x) = f (x).

(Pour plus de détails, cf. [2] 61-73, [6] 239-293, [9] 53-69, [10] 582-605, [11]
262-281, [12] chapitres 1 à 4.)

14.2 Exemples

Exemple 14.10 Trouver la série de Fourier de f (x) = cos x avec T = 2π.

Discussion On remarque immédiatement que, la fonction donnée étant paire,


bn = 0, ∀n. De même, on observe que an = 0, ∀n &= 1 et que
!2π
1
a1 = cos x cos x dx = 1.
π
0

Par conséquent,

F0 f = 0, F1 f = cos x, FN f = F1 f = F f = cos x, ∀N.


Séries de Fourier 107

Exemple 14.11 Soit


+
1 si x ∈ [0, π)
f (x) =
0 si x ∈ [π, 2π)

et étendue par 2π-périodicité à R. Trouver la série de Fourier de f , comparer


F f et f . Calculer
$∞
(−1)n
.
n=0
2n + 1

Discussion On détermine tout d’abord les coefficients de Fourier. On trouve


!π !π , -π
1 1 1 sin nx
a0 = dx = 1, an = cos nx dx = = 0, ∀n ≥ 1,
π π π n 0
0 0

!π , -π
1 1 − cos nx
bn = sin nx dx =
π π n 0
0

1 . /  0 si n est pair
= 1 − (−1)n = 2
nπ  si n est impair.

On obtient ainsi

' (  1 si x ∈ (0, π)
1 2

sin (2n + 1)x
$ 
F f (x) = + = 0 si x ∈ (π, 2π)
2 π n=0 2n + 1 
 1

si x = 0, π, 2π
2
et en particulier, si x = π/2,
$∞
(−1)n π
= .
n=0
2n + 1 4

Exemple 14.12 Trouver la série de Fourier de



 0 si x = −π

x
f (x) = si x ∈ (−π, π)
 2

0 si x = π ,

pour x ∈ (−π, π] et étendue par 2π-périodicité. Comparer F f et f . Calculer


$∞
1
.
n=1
n2

Discussion 1) Tout d’abord on observe que, comme la fonction donnée est


impaire, tous les coefficients an = 0. Par contre, on a, pour n ≥ 1,
108 Exemples

!π !π
1 x 2 x
bn = sin nx dx = sin nx dx
π 2 π 2
−π 0

, -π !π
2 −x 2 cos nx (−1)n−1
= cos nx + dx = .
π 2n 0 π 2n n
0

Comme les hypothèses du théorème 14.3 sont satisfaites, on trouve


$∞
(−1)n−1
F f (x) = f (x) = sin nx , ∀x ∈ [−π, π] .
n=1
n

2) L’identité de Parseval donne

$∞ !π 2 , -π
1 2 x 1 x3 π2
= dx = = .
n=1
n2 2π 4 π 12 −π 6
−π

Exemple 14.13 Soit


+
x si 0 ≤ x ≤ π/2
f (x) =
π−x si π/2 < x ≤ π.

Trouver sa série de Fourier en sinus. Comparer Fs f et f . Peut-on dériver


terme à terme la série obtenue ?

Discussion On applique le corollaire 14.9 avec L = π. Par conséquent on a,


pour n = 1, 2, . . .
!π ) nπ *
2 4
bn = f (x) sin(nx) dx = sin .
π n2 π 2
0

On trouve en particulier, b2n = 0 et


4(−1)n
b2n+1 = .
(2n + 1)2 π
On obtient donc

$ 4(−1)n ' (
Fs f (x) = sin (2n + 1)x .
n=0
(2n + 1)2π

Par ailleurs, la fonction f étant continue sur [0, π] et f (0) = f (π) = 0, elle
peut donc être étendue par imparité à [−π, 0], puis par 2π-périodicité à R. La
fonction ainsi obtenue est continue et sa dérivée est régulière par morceaux et
donc par le théorème 14.5 on peut dériver terme à terme sa série de Fourier.
Par conséquent, pour tout x ∈ (0, π), excepté x = π/2, on a
$∞
4(−1)n ' (
f " (x) = cos (2n + 1)x .
n=0
(2n + 1)π
Séries de Fourier 109

Exemple 14.14 Soit la fonction 4π-périodique f telle que




 0 si x = −2π




 π + x

 − si − 2π < x < 0

 2
f (x) = 0 si x = 0



 π−x

 si 0 < x < 2π

 2



0 si x = 2π .

Trouver sa série de Fourier. Comparer F f et f . Peut-on dériver terme à terme


la série obtenue ?

Discussion Comme f est impaire on a que an = 0 et


!2π !2π
2 1
bn = f (x) sin(nx) dx = f (x) sin(nx) dx
4π π
−2π 0

!2π
1 π−x 1
= sin(nx) dx = .
π 2 n
0

On a ainsi
$∞
sin(nx)
F f (x) = f (x) = , ∀x ∈ [−2π, 2π] .
n=1
n

Si on différentiait terme à terme cette série, on trouverait pour x ∈ (−2π, 2π)


$∞
d −1
F f (x) = cos(nx), alors que f " (x) = si x &= 0
dx n=1
2

ce qui est absurde, car la série ci-dessus diverge pour tout x ∈ R. Dans ce cas,
en effet, on ne peut pas appliquer le théorème 14.5 car f n’est pas continue en
x = 2nπ, n ∈ Z.

14.3 Exercices
1. i) Calculer la série de Fourier de f (x) = e(x−π) sur [0, 2π) et étendue par
2π-périodicité.
ii) A l’aide du théorème de Dirichlet, comparer F f et f sur (0, 2π).
iii) A l’aide des deux questions précédentes, montrer que
$∞
(−1)n π
= π .
n=2
1 + n 2 e − e−π
110 Exercices

2. i) Calculer la série de Fourier de f (x) = (x − π)2 sur [0, 2π) et étendue par
2π-périodicité.
ii) A l’aide du théorème de Dirichlet, comparer F f et f sur [0, 2π].
iii) En déduire que

$∞ $∞
(−1)n π2 1 π2
=− et = .
n=1
n 2 12 n=1
n 2 6

3. Soit f : R → R une fonction 2π-périodique définie par



 sin t
 si 0 ≤ t ≤ π/2
f (t) = 0 si π/2 < t < 3π/2


sin t si 3π/2 ≤ t < 2π.

Calculer sa série de Fourier.


4. Soit f : R → R la fonction définie par périodicité de période 2 telle que

f (t) = t si t ∈ [0, 2).

Trouver son développement de Fourier en notation complexe.


5. i) Ecrire la série de Fourier pour la fonction périodique (de période 2π)
impaire qui coı̈ncide avec x(π − x) sur [0, π].
ii) En utilisant la partie i) et l’identité de Parseval, en déduire la somme de
la série
$∞
1
.
(2k − 1)6
k=1

6. A l’aide de l’identité de Parseval, montrer que



3
cos4 x dx = π.
4
−π

7. i) Ecrire la série de Fourier de la fonction 2π-périodique définie par

f (x) = |x|, x ∈ [−π, π).

ii) En déduire les sommes des séries

$∞ ∞
$
1 1
et .
n=1
n 4
n=0
(2n + 1)4

8. Trouver la série de Fourier de f (x) = |cos x| et calculer



$ 1
.
4k 2 − 1
k=1
Séries de Fourier 111

9. Soit la fonction f : R → R, 2π-périodique et paire telle que

f (t) = sin 3t, t ∈ [0, π] .

Trouver sa série de Fourier.


10. i) Pour α ∈ R\Z donner le développement en série de Fourier de la fonction
2π-périodique définie, pour x ∈ [−π, π), par f (x) = cos αx.
ii) En déduire la formule

$ 1 1 π
= − .
n=1
n2 −α2 2α 2 2α tg(απ)

11. i) En utilisant les notations complexes, développer en série de Fourier la


fonction 2π-périodique et impaire donnée sur [0, π] par
+
x si 0 ≤ x ≤ π/2
f (x) =
π−x si π/2 < x ≤ π.

ii) En déduire, pour a > 0, l’égalité suivante :


+∞
$
4 (−1)k
∀x ∈ [−a, a], x= ia e(πix(2k−1))/2a .
π 2 (2k − 1)2
k=−∞

iii) Calculer
+∞
$ 1
.
(2k − 1)2
k=−∞

12. Soit la fonction 2π-périodique définie par

f (x) = x + π, si − π ≤ x < π.

Evaluer
4 les différences
4 suivantes :
i) 4f (x) − F3 f (x)4 en x = −π, −π/2, 0, π/2, π,
54
2π 42
ii) 4f (x) − F3 f (x)4 dx (à l’aide de la formule donnée dans l’exercice 13∗
0
ci-après).
13∗ . Soit f : R → R, 2π-périodique et régulière par morceaux. Soient an et bn
ses coefficients de Fourier et
N
a0 $
FN f (x) = + (an cos nx + bn sin nx) .
2 n=1

i) Montrer que

!2π !2π 6 N
7
4 4 2 $ ' 2 (
4f (x) − FN f (x)42 dx = f 2 (x) dx − π a0 + an + b n .
2
2 n=1
0 0
112 Exercices

ii) En déduire l’inégalité de Bessel

∞ !2π
a20 $ ' 2 ( 1 ' (2
+ an + b2n ≤ f (x) dx.
2 n=1
π
0

Suggestions : 1) Montrer que


!2π
FN f (x) cos kx dx = πak ,
0 ∀k = 0, 1, . . . , N.
!2π
FN f (x) sin kx dx = πbk ,
0

2) En observant que

!2π !2π N 
$ !2π
a0
FN f (x) cos kx dx = cos kx dx + an cos nx cos kx dx +
2 n=1

0 0 0

!2π 
bn sin nx cos kx dx

0

en déduire que
!2π + N
;
' (2 a20 $ ' 2 (
FN f (x) dx = π + an + b2n .
2 n=1
0

3) Montrer que
!2π + N
;
a20 $ ' 2 (
f (x) FN f (x) dx = π + an + b n .
2
2 n=1
0

4) Déduire le résultat des deux dernières questions.


14∗ . Soit f : R → R une fonction continue et T -périodique. Soient an , bn ses
coefficients de Fourier.
i) Montrer que si f ∈ C 1 alors il existe une constante c > 0 telle que
4 4 4 4
4an 4, 4bn 4 ≤ c , n = 1, 2, . . .
n
ii) Plus généralement si k ≥ 1 et si f est C k , montrer alors qu’il existe une
constante c > 0 telle que
4 4 4 4
4an 4, 4bn 4 ≤ c , n = 1, 2, . . .
nk
Chapitre 15

Transformées de Fourier

15.1 Définitions et résultats théoriques

Définition 15.1 Soit f : R → R une fonction continue par morceaux (cf. dé-
5 4
+∞ 4
finition 14.1) et telle que 4f (x)4 dx < ∞. La transformée de Fourier de
−∞
f est définie par

!
+∞
1
F(f )(α) = f<(α) = √ f (y) e−iαy dy.

−∞

Remarque Certains auteurs √ définissent la transformée de Fourier en rem-


plaçant le coefficient 1/ 2π par 1 ou par 1/2π et parfois e−iαy par e−2πiαy .

Théorème 15.2 Soient f, g : R → R des fonctions continues par morceaux et


telles que
!
+∞ !
+∞
4 4 4 4
4f (x)4 dx < ∞, 4g(x)4 dx < ∞.
−∞ −∞

Les propriétés suivantes ont lieu.


i) Continuité : La fonction f< : R → C est alors continue et
4 4
lim 4f<(α)4 = 0.
|α|→∞

ii) Linéarité : Soient a, b ∈ R, alors

F(af + bg) = aF(f ) + bF(g).


114 Définitions et résultats théoriques

5 4
+∞ 4
iii) Dérivées : Si de plus f ∈ C 1 (R) et 4f " (x)4 dx < ∞, alors
−∞

F(f " )(α) = iα F(f )(α), ∀α ∈ R.

5 4
+∞ 4
Plus généralement si n ∈ N, f ∈ C n (R) et 4f (k) (x)4 dx < ∞, pour k =
−∞
1, 2, . . . , n, alors

F(f (n) )(α) = (iα)n F(f )(α), ∀α ∈ R.

iv) Décalage : Si a, b ∈ R, a &= 0, et

g(x) = e−ibx f (ax)

alors
" #
1 α+b
F(g)(α) = F(f ) .
|a| a

v) Convolution : Si on définit le produit de convolution par


!∞
f ∗ g (x) = f (x − t)g(t) dt
−∞

alors

F(f ∗ g) = 2π F(f ) F(g).

5 '
+∞ (2
vi) Identité de Plancherel : Si en outre f (x) dx < ∞, alors
−∞

!
+∞ !
+∞
' (2 4 4
f (x) dx = 4f<(α)42 dα.
−∞ −∞

Théorème 15.3 Soit f : R → R une fonction continue telle que


!
+∞ !
+∞
4 4 4 4
4f (x)4 dx < ∞ et 4f<(α)4 dα < ∞.
−∞ −∞
Transformées de Fourier 115

i) Formule d’inversion : L’identité suivante a lieu

!
+∞
1
f (x) = √ f<(α) eiαx dα.

−∞

ii) Transformée en cosinus : Si f est paire, alors


= !∞
2
F(f )(α) = f (y) cos(αy) dy
π
0

et
= !∞
2
f (x) = f<(α) cos(αx) dα .
π
0

iii) Transformée en sinus : Si f est impaire, alors


= !∞
2
F(f )(α) = −i f (y) sin(αy) dy
π
0

et
= !∞
2
f (x) = i f<(α) sin(αx) dα .
π
0

(Pour plus de détails, cf. [2] 79-89, [6] 467-484, 503, [10] 617-635, [12] 246-264,
[13] 1-9, [17] 202-204.)

15.2 Exemples

Exemple 15.4 Soit +


1 si |x| ≤ 1
f (x) =
0 sinon.
Trouver la transformée de Fourier de f .

Discussion Tout d’abord, on observe que f est régulière par morceaux et que

!
+∞ !1
4 4
4f (x)4 dx = dx = 2 < ∞.
−∞ −1
116 Exemples

On a par définition

!
+∞ !1
1 1
f<(α) = √ f (y) e −iαy
dy = √ e−iαy dy
2π 2π
−∞ −1
, −iαy -1 =
1 e 2 eiα − e−iα 2 sin α
= √ − = √ = .
2π iα −1 α 2π 2i π α

Exemple 15.5 Soit f (x) = e−|x|. Déterminer la transformée de Fourier de f .


Calculer
!
+∞
cos x
dx
1 + x2
−∞

Discussion On a que f ∈ C 1 sauf en 0. En effet, f est continue en 0 et


+
−e−x si x > 0
f " (x) =
ex si x < 0

est continue par morceaux. On a également

!
+∞ !
+∞ !
+∞
4 4
4f (x)4 dx = e −|x|
dx = 2 e−x dx = 2 < ∞.
−∞ −∞ 0

On peut donc calculer f< donnée par

!
+∞ !
+∞
1 1
f<(α) = √ f (y) e −iαy
dy = √ e−|y| e−iαy dy
2π 2π
−∞ −∞

!0 !
+∞
1 1
= √ ey(1−iα) dy + √ e−y(1+iα) dy
2π 2π
−∞ 0
+, - , -+∞ ; =
y(1−iα) 0
1 e e−y(1+iα) 2 1
= √ − = .
2π (1 − iα) −∞ (1 + iα) 0 π 1 + α2

4 4
(En effet, comme α ∈ R, lim 4e−(1+iα)y 4 = lim |e−y | = 0, idem pour
y→+∞ y→+∞
4 4
lim 4e(1−iα)y 4 = lim ey = 0).
y→−∞ y→−∞
Transformées de Fourier 117

Noter que
!
+∞
4 4
4f<(α)4 dα < ∞,
−∞

donc le théorème 15.3 nous assure que


+∞=
! !
+∞
1 2 eiαx 1 eiαx
e −|x|
= √ dα = dα.
2π π 1+α 2 π 1 + α2
−∞ −∞

En particulier, si x = 0, on a que f (0) = 1 et donc


!
+∞
1 dα
1= .
π 1 + α2
−∞

Si x = 1, on a
!
+∞ !
+∞ !
+∞
1 1 eiα 1 cos α i sin α
= dα = dα + dα.
e π 1 + α2 π 1 + α2 π 1 + α2
−∞ −∞ −∞

On déduit alors que


!
+∞ !
+∞
sin α π cos α
dα = 0, = dα.
1 + α2 e 1 + α2
−∞ −∞

15.3 Exercices
1. Trouver la transformée de Fourier de la fonction
+
0 si x ≤ 0
f (x) =
e −x
si x > 0.

2. Soit la fonction f : R+ → R donne par

f (x) = e−x cos x .

a) Calculer la transformée de Fourier en cosinus de f (étendue par parité


à R).
b) Calculer la transformée de Fourier en sinus de f (étendue par imparité
à R).
3. Montrer iii) du théorème 15.2 sous l’hypothèse supplémentaire que
4 4
lim 4f (k) (y)4 = 0, k = 0, 1, . . . , n − 1.
|y|→∞

4. Montrer iv) du théorème 15.2.


118 Table de transformées de Fourier

5. Montrer ii) et iii) du théorème 15.3.


6. Sous les hypothèses du théorème 15.3, montrer que si f est continue et paire,
alors
  
F F(f ) (t) = F(f)(t) = f(t) = f (t).

Suggestion : Observer que si f est paire, alors f est paire.


7. En supposant que tous les calculs formels sont licites (en particulier, on
suppose que la fonction xn f (x) satisfait les conditions de la définition 15.1),
montrer que  
F xn f (x) (α) = in F(n) (f )(α).
8∗ . Montrer v) du théorème 15.2.

15.4 Table de transformées de Fourier

f (y) F(f )(α) = f(α)



 
1 si |y| < |b| 2 sin |b| α
1 f (y) =
0 sinon π α

1 si b < y < c e−iαb − e−iαc
2 f (y) = √
0 sinon iα 2π

e−ωy si y > 0 1 1
3 f (y) = (ω > 0) √
0 sinon 2π (ω + iα)

e−ωy si b < y < c 1 e−(ω+iα)b − e−(ω+iα)c
4 f (y) = √
0 sinon 2π (ω + iα)

e−iωy si b < y < c 1 e−i(ω+α)b − e−i(ω+α)c
5 f (y) = √
0 sinon i 2π ω+α

1 π e−|ωα|
6 (ω = 0)
y2 + ω2 2 |ω|

e−|ωy| 2 1
7 (ω = 0)
|ω| π ω2 + α2
2 2 1 2 2
8 e−ω y
(ω = 0) √ e−α /4ω
2 |ω|
2 2 −iα α2
− 4ω
9 ye−ω y
(ω = 0) √ 3 e
2

2 2 |ω|
 
4y 2 √ 1
10 (ω = 0) 2π − |α| e−|ωα|
(ω 2 + y 2 )2 |ω|
Chapitre 16

Transformées de Laplace

16.1 Définitions et résultats théoriques

Définition 16.1 Soit f : R+ = [0, +∞) → R une fonction continue par mor-
ceaux (étendue à R de manière que f (x) = 0, ∀x < 0) et γ 0 ∈ R tels que
!
+∞
4 4
4f (t)4 e−γ 0 t dt < ∞
0

(γ 0 est appelée l’abscisse de convergence de f ). La transformée de La-


place de f est définie par

!
+∞

L(f )(z) = F (z) = f (t) e−tz dt, ∀z ∈ O,


0

où > ? > ?


O = z ∈ C : Re z > γ 0 et O = z ∈ C : Re z ≥ γ 0 .
Théorème 16.2 Soient f , γ 0 et O comme dans la définition précédente. Soit
g : R+ → R continue par morceaux (g(x) = 0, ∀x < 0) telle que
!
+∞
4 4
4g(t)4 e−γ 0 t dt < ∞.
0

Alors les propriétés suivantes ont lieu.


i) Holomorphie : La transformée de Laplace de f , F , est holomorphe dans O
et

!
+∞

F (z) = −
"
tf (t) e−tz dt = −L(g)(z), ∀z ∈ O,
0

où g(t) = tf (t).


120 Définitions et résultats théoriques

ii) Linéarité : Soient a, b ∈ R, alors

L(af + bg) = aL(f ) + bL(g).

5 4
+∞ 4
iii) Dérivées : Si de plus f ∈ C 1 (R+ ) et 4f " (t)4 e−γ 0 t dt < ∞, alors
0

L(f )(z) = z L(f )(z) − f (0),


"
∀z ∈ O.
5 4
+∞ 4
Plus généralement si n ∈ N, f ∈ C n (R+ ) et 4f (k) (t)4 e−γ 0 t dt < ∞, pour
0
k = 0, 1, 2, . . . , n, alors

n−1
$
L(f (n) )(z) = z n L(f )(z) − z k f (n−k−1) (0), ∀z ∈ O.
k=0

iv) Intégration : Si f ∈ C(R), γ 0 ≥ 0 et


!t
ϕ(t) = f (s) ds,
0

alors

L(f )(z)
L(ϕ)(z) = , ∀z ∈ O.
z

v) Décalage : Si a > 0, b ∈ R et
ϕ(t) = e−bt f (at),
alors
" # " #
1 z+b z+b
L(ϕ)(z) = L(f ) , ∀z tel que Re ≥ γ0 .
a a a

vi) Convolution :
!
+∞ !t
f ∗ g (t) = f (t − s)g(s) ds = f (t − s)g(s) ds,
−∞ 0

alors

L(f ∗ g)(z) = L(f )(z) L(g)(z), ∀z ∈ O.


Transformées de Laplace 121

Théorème 16.3 (Formule d’inversion) Soient f une fonction continue telle


que f (0) = 0 (f (t) ≡ 0 si t < 0) et F (z) = L(f )(z) sa transformée de Laplace
satisfaisant les conditions suivantes :

!
+∞ !
+∞
4 4 4 4
4f (t)4 e−γt dt < ∞ et 4F (γ + is)4 ds < ∞ ,
0 −∞

pour un certain γ ∈ R, alors

!
+∞
1
F (γ + is) e(γ+is)t ds = f (t) , ∀t ∈ R .

−∞

(Pour plus de détails, cf. [2] 91-109, [3] 75-83, [6] 529-549, [10] 242-300, [17]
35-70.)

16.2 Exemples

Exemple 16.4 Soit f (t) ≡ 1 pour t ≥ 0. Calculer la transformée de Laplace


de f .

Discussion Tout d’abord on observe que n’importe quel γ 0 > 0 est abscisse
de convergence car

!
+∞ 4+∞
e−γ 0 t 44 1
e −γ 0 t
=− 4 = < ∞.
γ0 0 γ0
0

On trouve alors
!
+∞ 4+∞
e−tz 44 1
L(f )(z) = e−tz dt = − = , si Re z > 0.
z 40 z
0

Exemple 16.5 Déterminer la transformée de Laplace de f (t) = eat si t ≥ 0,


a ∈ R.

Discussion On trouve immédiatement que

!
+∞ 4+∞
e(a−z)t 44 1
L(f )(z) = e (a−z)t
dt = = , si Re z > a.
a − z 40 z−a
0
122 Exemples

Exemple 16.6 Déterminer la transformée de Laplace de f (t) = t2 , pour t ≥ 0.

Discussion On note que, comme f (0) = 0, f  (0) = 0 et f  (t) = 2, alors

L(f  )(z) = z 2 L(f )(z) − zf (0) − f  (0).

En utilisant l’exemple 16.4 qui nous donne


2
L(2)(z) = L(f  )(z) = ,
z
on déduit
2
L(f )(z) = , si Re z > 0.
z3

Exemple 16.7 Trouver, à l’aide du théorème des résidus (cf. théorème 12.1),
une fonction f dont la transformée de Laplace est

1
F (z) = .
(z + 1)(z + 2)2

Discussion Cet exemple pourrait être traité de manière plus élémentaire,


mais nous tenons à présenter une méthode plus générale. On va procéder par
étapes.
Etape 1. Soit la fonction qui pour t > 0 fixé est donnée par

F (z) = F (z) ezt .

On va trouver les singularités de F et calculer leurs résidus. Les singularités


sont en z = −1 (pôle d’ordre 1) et z = −2 (pôle d’ordre 2). On trouve

ezt
Rés−1 (F ) = lim (z + 1)F (z) = lim = e−t
z→−1 z→−1 (z + 2)2

d d ezt
Rés−2 (F ) = lim (z + 2)2 F (z) = lim
z→−2 dz z→−2 dz (z + 1)

t ezt (z + 1) − ezt
= lim = −te−2t − e−2t .
z→−2 (z + 1)2

Etape 2. On commence par choisir γ ∈ R tel que toutes les singularités de F


se trouvent à gauche de la droite Re z = γ. Dans le cas particulier que nous
considérons on peut prendre, par exemple, γ = 0. On choisit ensuite r > 0
suffisamment grand pour que toutes les singularités de F (supposées en nombre
fini) soient à l’intérieur de Γγ,r = Cγ,r ∪ Lγ,r , où (fig. 16.1)
 
Cγ,r = z ∈ C : |z − γ| = r et Re z < γ
 
Lγ,r = z ∈ C : Re z = γ et − r < Im z < r .
Transformées de Laplace 123

Fig. 16.1

Le théorème des résidus donne


! $ ' (
F@ (z) dz = 2πi Részk (f ) = 2πi e−t − te−2t − e−2t .
Γγ,r

Etape 3. On peut montrer que, comme t > 0,


!
lim F@(z) dz = 0 .
r→∞
Cγ,r

Ce dernier résultat est vrai plus généralement et peut être démontré pour toute
fonction F satisfaisant, pour a > 0, k > 1 des constantes, et pour r suffisam-
ment grand (dans notre cas particulier k = 3)
4 4
4F (z)4 ≤ a , ∀z ∈ Cγ,r .
rk
On a alors
!
+∞ !
−1 1 1
L (F )(t) = F (is) eist ds = lim F (z) ezt dz
2π 2πi r→∞
−∞ Lγ,r

=e −t
− te −2t
−e −2t
.
Par conséquent, grâce au théorème 16.3, on trouve que
+
e−t − t e−2t − e−2t si t ≥ 0
f (t) =
0 si t < 0

est la fonction cherchée.


124 Exercices

16.3 Exercices
1. Trouver la transformée de Laplace des fonctions suivantes.
i) f (t) = cos(kt), k ∈ N.
ii) f (t) = t eαt , α ∈ R.
iii) Impulsion de Dirac

 1 si t ∈ [0, α]
fα (t) = α

0 sinon.

où α > 0. Calculer lim L(fα ).


α→0

2. Trouver la fonction f telle que sa transformée de Laplace soit


1
F (z) = , a &= b.
(z − a)(z − b)

(On peut ici faire un calcul direct sans utiliser le théorème des résidus).

3. Trouver la transformée de Laplace de f (t) = e−2t (3 cos 6t − 5 sin 6t).

4. Trouver la transformée de Laplace inverse (si possible sans utiliser le théo-


rème des résidus) de
4z
i) F (z) = 2 ;
z + 64
z
ii) F (z) = .
(z + 1)(z + 2)
5. Trouver, en utilisant le théorème des résidus, la transformée de Laplace
inverse de
z2
F (z) = 2
.
(z 2 + 1)

6. Montrer i) du théorème 16.2.

7. Montrer iii) du théorème 16.2, sous l’hypothèse supplémentaire que


4 (k) 4 −γ t
4f (t)4 e 0 ≤ c, ∀t ≥ 0 et ∀k = 0, . . . , n − 1

pour une certaine constante c > 0.

8. Montrer iv) du théorème 16.2 sous l’hypothèse supplémentaire que

!
+∞
4 4
4ϕ(t)4 e−γ 0 t dt < ∞ .
0

9. Montrer v) du théorème 16.2.


Transformées de Laplace 125

10. Soit f satisfaisant les hypothèses du théorème 16.2 et


4 4
4f (t)4 e−γ 0 t ≤ c, ∀t ≥ 0

pour une certaine constante c > 0. Si L(f )(z) = F (z), montrer que

lim F (z) = 0.
Re z→∞

11. Soit f satisfaisant les hypothèses de iii) du théorème 16.2 et soit L(f )(z) =
F (z). Montrer que
i) (Valeur initiale) Si de plus
4 " 4 −γ t
4f (t)4 e 0 ≤ c, ∀t ≥ 0

pour une certaine constante c > 0, alors

lim z F (z) = f (0) .


Re z→∞
54 4
ii) (Valeur finale) Si de plus 4f " (t)4 dt < ∞ et limt→∞ f (t) existe, alors

lim z F (z) = lim f (t).


z→0 t→∞

12∗ . Montrer vi) du théorème 16.2.


13∗ . i) Soit f satisfaisant les hypothèses du théorème 16.2. Si de plus on suppose
que f (t) est périodique de période T > 0, montrer alors que

!T
1
L(f )(z) = e−tz f (t) dt, Re z > 0.
1 − e−zT
0

ii) A l’aide de la question précédente, déterminer la transformée de Laplace


de la fonction +
sin t si 0 ≤ t < π
f (t) =
0 si π ≤ t < 2π,

étendue périodiquement à R+ avec période T = 2π.


Suggestion : On rappelle que si |q| < 1, alors

$ 1
qn = .
n=0
1−q

14∗ . Montrer, à l’aide de la formule d’inversion des transformées de Fourier


(cf. théorème 15.3 du chapitre 15), le théorème 16.3.
126 Table de transformées de Laplace

16.4 Table de transformées de Laplace

f (t) L(f )(z) = F (z)

%
1/α si t ∈ [0, α]
fα (t) = 1 − e−αz
1 0 sinon −→ 1 ∀z
αz α→0
(impulsion de Dirac)
%
1 si t ≥ 0 1
2 ε(t) = Re z > 0
0 si t < 0 z
1
3 e−αt Re z > −α
z+α
tn 1
4 Re z > 0
n! z n+1
1
5 t e−αt Re z > −α
(z + α)2
ω
6 sin ωt Re z > 0
z 2 + ω2
z
7 cos ωt Re z > 0
z 2 + ω2
ω
8 eαt sin ωt Re z > α
(z − α)2 + ω 2
z−α
9 eαt cos ωt Re z > α
(z − α)2 + ω 2
ω
10 sinh ωt Re z > |ω|
z 2 − ω2
z
11 cosh ωt Re z > |ω|
z2 − ω2
ω
12 eαt sinh ωt Re z > α + |ω|
(z − α)2 − ω 2
z−α
13 eαt cosh ωt Re z > α + |ω|
(z − α)2 − ω 2
z 2 − ω2
14 t cos ωt Re z > 0
(z 2 + ω 2 )2
Chapitre 17

Applications aux équations


différentielles ordinaires

Tout au cours de ce chapitre et du suivant, nous allons montrer comment ap-


pliquer les résultats des trois chapitres précédents aux équations différentielles.
La façon de procéder pour trouver des solutions ne sera pas rigoureuse, le
résultat obtenu sera par contre correct et peut être justifié sans trop de diffi-
cultés.

17.1 Le problème de Cauchy

Exemple 17.1 Le problème est de trouver une solution y = y(t) de

+
a2 y "" (t) + a1 y " (t) + a0 y(t) = f (t), t>0
(17.1)
y(0) = y0 , y (0) = y1 ,
"

où a0 , a1 , a2 , y0 , y1 ∈ R sont des constantes données (a2 &= 0) et f : R+ → R


est donnée (f (t) ≡ 0, si t < 0) avec une certaine régularité. On traitera en
particulier le cas où a0 = a2 = 1, a1 = 0, f (t) = sin t, y0 = y1 = 1, i.e. le
problème +
y "" (t) + y(t) = sin t, t > 0
y(0) = y " (0) = 1.

Discussion On procédera à la discussion de ce problème par étapes.


Etape 1. On appelle

F (z) = L(f )(z), Y (z) = L(y)(z)


128 Le problème de Cauchy

les transformées de Laplace de f et de y respectivement. On utilise ensuite


les propriétés de cette transformation (cf. théorème 16.2 du chapitre 16) pour
obtenir

L(y "" )(z) = z 2 L(y)(z) − zy(0) − y " (0) = z 2 Y − zy0 − y1


L(y " )(z) = zL(y)(z) − y(0) = zY − y0 .

On a donc

L(a2 y "" +a1 y " +a0 y) = a2 (z 2 Y −zy0 −y1 )+a1 (zY −y0 )+a0 Y = L(f )(z) = F (z).

On obtient
F (z) + a2 y0 z + a2 y1 + a1 y0
Y (z) = = H(z).
a2 z 2 + a1 z + a0
Dans le cas particulier F (z) = 1/(z 2 + 1) (cf. formulaire) et donc

1 z+1
H(z) = + 2 .
(z 2 + 1)2 z +1

Etape 2. La solution est alors donnée en prenant la transformée de Laplace


inverse des deux membres de l’idéntité ci-dessus, i.e.

y(t) = L−1 (Y )(t) = L−1 (H)(t).

Dans l’exemple présenté


" # " #
1 z+1 3 1 z 1 z2 − 1
y(t) = L−1 + = L−1
+ −
(z 2 + 1)2 z2 + 1 2 z 2 + 1 z 2 + 1 2 (z 2 + 1)2
3 1
= sin t + cos t − t cos t.
2 2

Etape 3. On vérifie que la méthode heuristique ci-dessus nous a bien permis


d’obtenir une solution de (17.1) ; ceci dépend des conditions sur f et sur les
coefficients. On remarque aussi qu’en général le problème de Cauchy admet
une et une seule solution et donc on a trouvé en fait la solution de (17.1).

Exemple 17.2 Soit λ ∈ R, trouver toutes les solutions de

+
y "" (x) + λy(x) = 0, x>0
y(0) = y0 , y (0) = y1 ,
"

avec y0 , y1 arbitraires.

Discussion On distingue différents cas.


Applications : EDO 129

Cas 1 : λ = 0. Le problème devient alors


+
y "" (x) = 0
y(0) = y0 , y " (0) = y1 .

Ici on trouve immédiatement, sans avoir besoin de recourir à la transformation


de Laplace,
y(x) = y0 + y1 x.

Cas 2 : λ < 0. On trouve, à l’aide de l’exemple précédent, que



y0 z + y1 z y1 −λ
Y (z) = = y 0 2 + √
z2 + λ z +λ −λ z 2 + λ
) ) √ ** y1 ) ) √ **
= y0 L cosh x −λ (z) + √ L sinh x −λ (z),
−λ

et donc ) √ * ) √ *
y1
y(x) = y0 cosh x −λ + √ sinh x −λ .
−λ

Cas 3 : λ > 0. On a, en invoquant à nouveau l’exemple précédent,



y0 z + y1 z y1 λ
Y (z) = 2 = y0 2 + √
z +λ z +λ λ z +λ
2

) ) √ ** y1 ) ) √ **
= y0 L cos x λ (z) + √ L sin x λ (z) ,
λ

et donc ) √ * ) √ *
y1
y(x) = y0 cos x λ + √ sin x λ .
λ

17.2 Problème de Sturm-Liouville

Exemple 17.3 Soit L > 0. Trouver λ ∈ R et y = y(x), y &≡ 0, solution de

+
y "" (x) + λy(x) = 0, x ∈ (0, L)
(17.2)
y(0) = y(L) = 0.

(Noter que y ≡ 0 est solution triviale de (17.2) ∀λ ∈ R.)


130 Problème de Sturm-Liouville

Discussion On va d’abord étudier, à l’aide de l’exemple 17.2 pour λ fixé, le


problème

y  (x) + λy(x) = 0
(17.3)
y(0) = 0.

Puis pour résoudre (17.2) il faudra encore imposer y(L) = 0 et examiner pour
quelles valeurs de λ nous pourrons trouver des solutions non triviales. Pour cela
on est amené à distinguer trois cas.

Cas 1 : λ = 0. On observe tout d’abord que toute solution de (17.3) est de la


forme, y1 étant arbitraire,
y(x) = y1 x.

Comme on veut aussi que y(L) = 0, on trouve y1 L = 0 et donc y1 = 0. On en


déduit que seule la solution triviale y ≡ 0 satisfait (17.2) avec λ = 0.

Cas 2 : λ < 0. On a alors que toute solution de (17.3) est de la forme


y1 √ 
y(x) = √ sinh −λx .
−λ

Si on veut aussi y(L) = 0, on doit avoir


y √ 
√ 1 sinh −λL = 0,
−λ

ce qui n’est possible qu’avec y1 = 0. Donc à nouveau, si λ < 0, il n’y a pas de


solution non triviale de (17.2).

Cas 3 : λ > 0. On a dans ce cas que toute solution de (17.3) s’écrit


y1 √ 
y(x) = √ sin λx .
λ

Comme on doit encore imposer y(L) = 0 et si on veut une solution non triviale
(⇒ y1 ≡ 0), on obtient
y1 √  √ 
√ sin λL = 0 ⇐⇒ sin λL = 0
λ
√  nπ 2
⇐⇒ λL = nπ, avec n ∈ N ⇐⇒ λ = .
L
En conclusion (pour λ > 0), il existe des solutions non triviales de (17.2) si
λ = (nπ/L)2 et ceci pour tout n ∈ N, n = 0. De plus, les solutions sont alors
données par

y(x) = αn sin x
L
où αn est une constante arbitraire.
Applications : EDO 131

Exemple 17.4 Soit L > 0. Trouver λ ∈ R et y = y(x), y ≡ 0, solution de


y  (x) + λy(x) = 0, x ∈ (0, L)
(17.4)
y  (0) = y  (L) = 0.

Discussion Ce problème est très semblable au précédent (on utilise aussi


l’exemple 17.2). On commence par considérer le système

y  (x) + λy(x) = 0, x ∈ (0, L)
(17.5)
y  (0) = 0.

On distingue alors les différents cas.

Cas 1 : λ = 0. On trouve immédiatement que toute solution de (17.5) est de


la forme
y(x) = y0 .
En particulier pour n’importe quel y0 = 0, on a trouvé une solution non triviale
de (17.4) avec λ = 0 (et ceci contrairement à l’exemple précédent).

Cas 2 : λ < 0. On a alors que la solution générale de (17.5) est donnée par
√ 
y(x) = y0 cosh −λx .
√ √ 
Comme y  (L) = y0 −λ sinh −λL = 0 ne peut être satisfaite que si y0 = 0,
on déduit que, quand λ < 0, il n’y a pas de solution non triviale de (17.4).

Cas 3 : λ > 0. Cette fois-ci, on a que les solutions sont de la forme


√ 
y(x) = y0 cos λx .

Si on veut aussi y  (L) = 0, on obtient des solutions non triviales (⇒ y0 = 0)


pour autant que
√  √ 
y0 sin λL = 0 ⇐⇒ sin λL = 0

√  nπ 2
⇐⇒ λL = nπ, avec n ∈ N ⇐⇒ λ = .
L
En conclusion (pour λ > 0), on a des solutions non triviales de (17.4) lorsque
λ = (nπ/L)2 , pour tout n ∈ N, et les solutions sont alors données par

y(x) = β n cos x
L
où β n est une constante arbitraire.
132 Autres exemples

17.3 Autres problèmes résolus par l’analyse de Fourier

Exemple 17.5 Soit f une fonction C 1 et 2π-périodique. Soient m, k ∈ R,


m &= 0. Trouver une solution y = y(t) du problème suivant
+
my "" (t) + ky(t) = f (t), t ∈ (0, 2π)
y(0) = y(2π), y " (0) = y " (2π).

Traiter le cas particulier où f (t) = cos t.

Discussion On commence par développer f en série de Fourier



α0 $
f (t) = + (αn cos nt + β n sin nt) .
2 n=1

(Dans le cas f (t) = cos t, on a évidemment β n = 0 ∀n et αn = 0 ∀n &= 1 et


α1 = 1). Comme on cherche une fonction y qui soit 2π-périodique, on postule
qu’elle s’écrit

a0 $
y(t) = + (an cos nt + bn sin nt) .
2 n=1

Notre problème consiste donc à déterminer les coefficients an et bn (en fonction


des αn et β n qui sont connus). En dérivant formellement deux fois y(t), on
obtient

$ . /
y "" (t) = (−n2 an ) cos nt + (−n2 bn ) sin nt .
n=1

Puis on écrit l’équation différentielle



ka0 $ . /
my "" + ky = + (k − mn2 )an cos nt + (k − mn2 )bn sin nt
2 n=1

α0 $
=f= + (αn cos nt + β n sin nt) .
2 n=1

En identifiant les coefficients, on trouve


α0 αn βn
a0 = , an = , bn = .
k k − mn2 k − mn2
Dans le cas f (t) = cos t, on trouve an = bn = 0 sauf pour a1 = α1 /(k − m) =
1/(k − m). Donc la solution dans ce cas est
cos t
y(t) = .
k−m
(Evidemment nous avons supposé dans toute cette analyse que k/m &= n2 pour
tout n ∈ N.)
Applications : EDO 133

Exemple 17.6 Soient α &= ±1 et f une fonction C 1 et 2π-périodique. Trouver


une solution x = x(t) de
+
x(t) + αx(t − π) = f (t), t ∈ (0, 2π)
x(0) = x(2π).

Traiter le cas particulier f (t) = cos t + 3 sin 2t + 4 cos 5t.

Discussion On commence par développer f en série de Fourier



α0 $
f (t) = + (αn cos nt + β n sin nt) .
2 n=1

(Dans le cas particulier f (t) = cos t + 3 sin 2t + 4 cos 5t, on trouve α1 = 1,


α5 = 4, β 2 = 3 et tous les autres coefficients sont nuls.) Comme on cherche une
fonction x qui soit 2π-périodique, on l’écrit

a0 $
x(t) = + (an cos nt + bn sin nt) .
2 n=1

Il s’agit donc de déterminer les coefficients an et bn (en fonction des αn et β n


qui sont connus). On a aussi

a0 $ ' (
x(t − π) = + an cos (nt − nπ) + bn sin (nt − nπ)
2 n=1

a0 $
= + [(−1)n an cos nt + (−1)n bn sin nt] .
2 n=1

En revenant à l’équation aux différences, on trouve

x(t) + αx(t − π)
$∞ A B
a0 n n
= (1 + α) + (1 + α (−1) ) an cos nt + (1 + α (−1) ) bn sin nt
2 n=1

α0 $
= f (t) = + (αn cos nt + β n sin nt) .
2 n=1

En égalant les coefficients, on obtient (en se rappelant que α &= ±1)


α0 αn βn
a0 = , an = ' (n , bn = ' (n .
1+α 1 + α −1 1 + α −1

Dans l’exemple on trouve donc a1 = 1/ (1 − α), a5 = 4/ (1 − α), b2 = 3/ (1 + α)


et tous les autres coefficients sont nuls ; ce qui conduit à
cos t 4 cos 5t 3 sin 2t
x(t) = + + .
1−α 1−α 1+α
134 Exercices

Exemple 17.7 Trouver une solution de


!
+∞

x(t) + 3 e−|τ | x(t − τ ) dτ = e−|t| , t ∈ R.


−∞

Discussion On divise la discussion en deux étapes.


Etape 1. On calcule pour α ∈ R la transformée de Fourier de f (t) = e−|t| , i.e.
!
+∞
1
F(f )(α) = f<(α) = √ f (t) e−iαt dt

−∞

!0 !
+∞
1 1
= √ e (1−iα)t
dt + √ e−(1+iα)t dt
2π 2π
−∞ 0
, -
1 1 1 1 2
= √ + =√ .
2π 1 + iα 1 − iα 2π 1 + α2

Etape 2. On note tout d’abord que l’équation peut se réécrire (f ∗ x dénotant


le produit de convolution)
x(t) + 3(f ∗ x)(t) = f (t).

On applique alors la transformée de Fourier aux deux membres de l’équation,


dénotant F(x)(α) = x
<(α), on a

<(α) + 3 2π f<(α) x
x <(α) = f<(α),
ce qui nous conduit à
=
f<(α) 1 2 2 1
<(α) =
x √ = √ = .
1 + 3 2π f<(α) 2π α + 7
2 π α +7
2

En appliquant la transformée de Fourier inverse et en utilisant le formulaire,


on trouve
C= D
2 1 1 √
x(t) = F (<
−1
x)(t) = F −1
(t) = √ e− 7 |t| .
π α +7
2
7

17.4 Exercices
1. Soient n ≥ 1, a0 , a1 , . . . , an , y0 , y1 , . . . , yn−1 ∈ R, an &= 0, et f : R+ → R
une fonction donnée suffisamment régulière. Résoudre
+ (n)
an y (t) + · · · + a1 y " (t) + a0 y(t) = f (t), t > 0
y (k) (0) = yk , k = 0, 1, . . . , n − 1.
Applications : EDO 135

2. Trouver des solutions non triviales de


 ""
 y (x) + λy(x) = 0
 x ∈ (0, 2π)
y(0) = y(2π)

 "
y (0) = y " (2π).

3. Trouver µ ∈ R et v = v(x), v &≡ 0, solution de


+
v "" (x) + 2v " (x) + (1 + µ)v(x) = 0
v(0) = v(π) = 0.

4. Montrer que les solutions de l’équation

r2 f "" (r) + rf " (r) − n2 f (r) = 0, r>0

sont données par


+
an rn + a−n r−n si n > 0
f (r) =
a0 + b0 log r si n = 0

où an et b0 sont des constantes.


5. Soit la fonction f : R → R, 2π-périodique telle que

f (x) = |x|, si x ∈ [−π, π] .

i) Trouver son développement de Fourier.


ii) Trouver une solution (discuter pour quelles valeurs de α la méthode
s’applique) de
 4
 d y(x) − αy(x) = f (x)
dx4

y(x + 2π) = y(x).
6. Trouver une solution de
 ) *
 x" t − π + x(t) = 1 + 2 cos t + sin 2t
2

x(t + 2π) = x(t).
' ( ' (
Suggestion : On pourra commencer par écrire sin n t − π2 , cos n t − π2
quand n = 4k, 4k − 1, 4k − 2, 4k − 3 où k ≥ 1 est un entier.
7. Trouver une fonction x = x(t) telle que, ∀t ∈ R, on ait
+
x"" (t) + 5x" (t − π) − x(t) = cos t − 3 sin 2t + 2
x(t + 2π) = x(t).
136 Exercices

8. i) Soit la fonction f : R → R, 2π-périodique et paire telle que

f (t) = sin 3t, t ∈ [0, π] .

Trouver sa série de Fourier.


ii) Trouver une fonction 2π-périodique et paire telle que

x(t) − 2x(t − π) = sin 3t, t ∈ [0, π] .

9. i) Soit f une fonction 2π-périodique, C 1 . Trouver des solutions 2π-périodi-


ques x = x(t) (en fonction de f ) de

x" (t) + 2x(t − π) = f (t) .

ii) Ecrire explicitement x(t) quand f (t) = 1 + 4 sin 6t.


10. Soit f : R → R une fonction T -périodique et C 1 . Soit α &= 0 et soit l’équation
différentielle
x" (t) + αx(t) = f (t).
Trouver une solution T -périodique de cette équation en écrivant x(t) et f (t)
sous forme de séries de Fourier. Appliquer ce résultat au cas où α = 1,
T = 2π et f est la fonction suivante (écrire les premiers termes)
 )
 π *2
 t−
 si 0 ≤ t < π
f (t) = " 2 #2

 3π π2
 − t− + si π ≤ t < 2π.
2 2

11. Soient 2
f (t) = e−|t| et g (t) = te−t .
Résoudre
!∞
' "" (
3y(t) + y (τ ) − y (τ ) f (t − τ ) dτ − g (t) = 0.
−∞
Chapitre 18

Applications aux équations aux


dérivées partielles

Nous allons expliquer sur plusieurs exemples la méthode de séparation des


variables. Comme déjà dit notre façon de procéder n’est pas rigoureuse. Le
résultat, qui sera exprimé sous forme de somme infinie, est pourtant correct et
peut être justifié sans trop de difficultés, même si nous n’en discuterons pas les
détails. En effet, les hypothèses imposées aux données du problème assurent
la convergence des séries obtenues. Il est aussi intéressant de noter que toutes
les équations que nous résoudrons grâce aux séries de Fourier admettent une
solution unique et c’est donc nécéssairement celles que nous trouvons, même si
d’autres méthodes (par exemple pour l’équation des ondes) peuvent donner en
apparence d’autres résultats.

18.1 Equation de la chaleur

Exemple 18.1 (Barre de longueur finie) Soient a &= 0, L > 0, f : [0, L] →


R, une fonction C 1 , telle que f (0) = f (L) = 0. Trouver u = u(x, t) solution de

 2
 ∂u 2∂ u


 ∂t = a x ∈ (0, L), t > 0
∂x2
u(0, t) = u(L, t) = 0 t>0 (18.1)




u(x, 0) = f (x) x ∈ (0, L).

On traitera en particulier le cas où f (x) = 2 sin(πx/L) − sin(3πx/L).


138 Equation de la chaleur

Remarque Les conditions aux limites, u(0, t) = u(L, t) = 0, sont appelées


conditions de Dirichlet. La méthode présentée ici permet de traiter de manière
analogue d’autres conditions aux limites comme, par exemple, celles de Neu-
mann,
∂u ∂u
(0, t) = (L, t) = 0.
∂x ∂x
Nous nous référons pour de plus amples détails aux exercices.

Discussion On va procéder à la discusssion de ce problème par étapes.


Etape 1 (Séparation des variables). On commence par résoudre le même pro-
blème mais en ignorant la condition initiale (u(x, 0) = f (x))

 ∂u ∂2u
= a2 2 x ∈ (0, L), t > 0
∂t ∂x (18.2)

u(0, t) = u(L, t) = 0 t > 0.
On cherche alors des solutions ayant une forme particulière

u(x, t) = v(x)w(t).

Les conditions aux limites (u(0, t) = u(L, t) = 0) pour être satisfaites pour tout
t > 0 deviennent donc des conditions sur v, plus précisément

u(0, t) = v(0)w(t) = u(L, t) = v(L)w(t) = 0, ∀t =⇒ v(0) = v(L) = 0.

L’équation différentielle proprement dite nous permet de séparer les variables



 ∂u !

 = v(x)w (t) 2
∂t ∂u 2∂ u
=⇒ = v(x)w "
(t) = a 2 ""
v (x)w(t) = a ,
 2 ∂t ∂x2
 ∂ u = v "" (x)w(t)

∂x2
d’où
v "" (x) w" (t)
= 2 .
v(x) a w(t)
Pour que ces quantités puissent être égales ∀t, ∀x, il faut que chacun des
membres de l’équation soit égale à une même constante que nous noterons
−λ.
Les problèmes qu’on va résoudre deviennent alors
+
v "" (x) + λv(x) = 0 x ∈ (0, L)
(18.3)
v(0) = v(L) = 0
et
w" (t) + a2 λw(t) = 0. (18.4)
On a vu (cf. chap. 17, exemple 17.3) que les solutions de (18.3) sont données
par
) nπ *2 ) nπ *
λ= et vn (x) = sin x .
L L
Applications : EDP 139

Les solutions de (18.4), pour λ = (nπ/L)2 , sont obtenues facilement par inté-
gration et sont données par
−a2 ( nπ )2 t
wn (t) = e L .

Donc, ∀n = 1, 2, 3, . . ., on a
) nπ * −a2 ( nπ )2 t
un (x, t) = sin x e L
L
est solution de (18.2).

On remarque maintenant que :

Lemma 18.2 Si ϕ et ψ sont solutions de (18.2) et si α, β ∈ R, alors αϕ + βψ


est encore solution de (18.2).

A l’aide du lemme (dont la démonstration est immédiate) ci-dessus, on a que


si αn ∈ R, alors
$N ) nπ * −a2 ( nπ )2 t
u(x, t) = αn sin x e L

n=1
L

est encore solution de (18.2). En faisant un raisonnement abusif (car on ne


discute pas la convergence de la série), on trouve que la solution générale de
(18.2) est
$∞ ) nπ * −a2 ( nπ )2 t
u(x, t) = αn sin x e L ,
n=1
L
où αn sont des constantes « quelconques ».

Etape 2 (Condition initiale). On va maintenant choisir ces constantes αn de


manière à satisfaire la condition initiale, u(x, 0) = f (x), dans (18.1). On doit
donc avoir
$∞ ) nπ *
u(x, 0) = αn sin x = f (x).
n=1
L
Il suffit alors de choisir αn comme les coefficients de Fourier de la série en sinus,
i.e.
!L ) nπ *
2
αn = f (y) sin y dy.
L L
0

Donc la solution de (18.1) est


$ ) nπ * −a2 ( nπ )2 t !L ) nπ *
2
u(x, t) = αn sin x e L où αn = f (y) sin y dy.
n=1
L L L
0
140 Equation de la chaleur

−a2 ( nπ )2 t
On peut montrer que, dès que t > 0, la présence du terme e L et le
fait que f soit C 1 assurent que la série et toutes ses dérivées, en t et en x,
convergent. La fonction u est ainsi C ∞ (dès que t > 0). Pour la même raison,
on voit aussi que u(x, t) → 0 si t → ∞.
Dans le cas particulier, les coefficients αn sont donnés par

α1 = 2, α3 = −1, αn = 0 sinon.

Par conséquent, la solution du cas particulier est


) π * −a2 ( π )2 t " #
3π −a2 ( 3π )2 t
u(x, t) = 2 sin x e L − sin x e L .
L L

Exemple 18.3 (Barre de longueur infinie) Soient a &= 0 et f : R → R une


fonction C 1 telle que
!
+∞ !
+∞
4 4
4 4 4< 4
4f (x)4 dx < ∞ et 4f (α)4 dα < ∞.
−∞ −∞

Le problème est de trouver u = u(x, t) solution de

 2
 ∂u = a2 ∂ u t > 0, x ∈ R
∂t ∂x2 (18.5)

u(x, 0) = f (x) x ∈ R.

2
On traitera en particulier le cas où f (x) = e−x .

Discussion On procède de nouveau par étapes.


Etape 1 (Transformée de Fourier en x). On appelle
!
+∞
1
v(ξ, t) = F(u)(ξ, t) = √ u(y, t) e−iξy dy

−∞

(c’est-à-dire qu’on considère t comme un paramètre et on applique la trans-


formée de Fourier en x). On a (en utilisant les propriétés de la transformée de
Fourier)
" 2 #
∂ u
F (ξ, t) = (iξ)2 F(u)(ξ, t) = −ξ 2 v(ξ, t)
∂x2
!
+∞ " #
∂v 1 ∂u ∂u
(ξ, t) = √ (y, t) e −iξy
dy = F (ξ, t).
∂t 2π ∂t ∂t
−∞
Applications : EDP 141

On pose
!
+∞
1
f<(ξ) = F(f )(ξ) = √ f (y) e−iξy dy.

−∞

En prenant la transformée de Fourier (en x) des deux membres de l’équation,


on a que (18.5) est devenue une équation différentielle ordinaire du premier
ordre dans la variable t (ξ jouant le rôle de paramètre)

 ∂v (ξ, t) = −a2 ξ 2 v(ξ, t), t>0
∂t (18.6)

v(ξ, 0) = f<(ξ).

Le problème (18.6) a comme solution évidente

2 2
v(ξ, t) = f<(ξ) e−a ξ t
.

Etape 2 (Solution de (18.5)). On applique à la fonction ci-dessus la transformée


de Fourier inverse (en x), ce qui nous donne comme solution de (18.5)

!
+∞
1 2 2
u(x, t) = √ f<(ξ) eiξx−a ξ t dξ.

−∞

(On notera en passant que, contrairement au cas de la barre de dimension


finie, le problème admet ici d’autres solutions, celle que nous trouvons est la
« meilleure » du point de vue tant mathématique que physique.)
√ 2
Dans l’exemple particulier, on a que f<(ξ) = (1/ 2) e−ξ /4 . Alors

!
+∞
1 1 2 2
u(x, t) = √ √ eiξx−ξ (1/4+a t) dξ
2π 2
−∞

1 ' 2 2 (
= √ F e−ξ (1/4+a t) (−x).
2

Un calcul élémentaire conduit à

− x2
e 1+4a2 t
u(x, t) = √ , t ≥ 0.
1 + 4a2 t
142 Equation des ondes

18.2 Equation des ondes

Exemple 18.4 Soient c, L > 0, f, g : [0, L] → R, des fonctions C 3 , telles que


f (0) = f (L) = 0, g(0) = g(L) = 0. Il s’agit de trouver u = u(x, t) solution de

 2 2

 ∂ u 2∂ u

 = c x ∈ (0, L), t > 0

 ∂t2 ∂x2

 u(0, t) = u(L, t) = 0 t>0
(18.7)


 u(x, 0) = f (x) x ∈ (0, L)



 ∂u (x, 0) = g(x)

x ∈ (0, L).
∂t

π 2π
Discuter en particulier le cas où f = 0 et g (x) = sin x − sin x.
L L

Discussion On procède par séparation des variables (cf. aussi, pour une autre
méthode, exercice 17).
Etape 1 (Séparation des variables). On commence par résoudre le problème en
ignorant les conditions initiales (u(x, 0) = f (x) et ∂u(x, 0)/∂t = g(x))
 2 2
 ∂ u 2∂ u
= c x ∈ (0, L), t > 0
∂t2 ∂x2 (18.8)

u(0, t) = u(L, t) = 0 t > 0.

Les solutions sont cherchées sous la forme u(x, t) = v(x)w(t). Comme précé-
demment, on est amené à résoudre (λ étant une constante)
 ""
 v (x) = −λ = w (t)
""

v(x) c2 w(t)

v(0)w(t) = v(L)w(t) = 0

et donc +
v "" (x) + λv(x) = 0 x ∈ (0, L)
(18.9)
v(0) = v(L) = 0

w"" (t) + c2 λw(t) = 0. (18.10)


On a vu (cf. chap. 17, exemple 17.3) que les solutions non' triviales
( de (18.9)
sont données par λ = (nπ/L)2 où n = 1, 2, . . . et vn = sin nπL x . Par ailleurs,
les solutions de (18.10), pour λ = (nπ/L)2 , sont données, si n ≥ 1 par (cf. chap.
17, exemple 17.2)
) nπc * ) nπc *
wn (t) = an cos t + bn sin t .
L L
Applications : EDP 143

La solution générale de (18.8) est alors donnée par

∞ A
$ ) nπc * ) nπc *B ) nπ *
u(x, t) = an cos t + bn sin t sin x . (18.11)
n=1
L L L

Etape 2 (Conditions initiales). Il s’agit maintenant de déterminer les constantes


an et bn pour que les conditions initiales u(x, 0) = f (x) et ∂u(x, 0)/∂t = g(x)
soient satisfaites. Ceci nous conduit pour la première à

$ ) nπ *
u(x, 0) = an sin x = f (x),
n=1
L

et donc il suffit de prendre pour an les coefficients de Fourier de la série en


sinus de f , i.e.

!L ) nπ *
2
an = f (y) sin y dy. (18.12)
L L
0

La deuxième condition initiale (en dérivant la série par rapport à t puis en


posant t = 0) nous conduit à

∂u $∞
nπc ) nπ *
(x, 0) = bn sin x = g(x).
∂t n=1
L L

Il suffit donc de choisir bn de la manière suivante

!L ) nπ *
nπc 2
bn = g(y) sin y dy,
L L L
0

i.e.

!L ) nπ *
2
bn = g(y) sin y dy. (18.13)
nπc L
0

Finalement la solution de (18.7) est donnée par (18.11) avec an et bn satisfaisant


(18.12) et (18.13).
On peut montrer que les hypothèses sur f et g assurent la convergence de la
série (18.11) ainsi que celles de ses dérivées ∂u/∂x, ∂u/∂t, ∂ 2 u/∂x2 , ∂ 2 u/∂x∂t
et ∂ 2 u/∂t2 . La fonction u ainsi obtenue est donc C 2 . Toutefois, contrairement
144 Equation de Laplace dans un rectangle

au cas de l’équation de la chaleur, à moins que f et g ne soient plus régulières,


les séries formelles exprimant les dérivées d’ordre supérieur ne convergent plus
en général.
Dans le cas particulier, on trouve
πc 2πc
an = 0 ∀n, bn = 0 ∀n ≥ 3, b1 =1 et b2 = −1.
L L
D’où la solution
) πc * )π * " # " #
L L 2πc 2π
u(x, t) = sin t sin x − sin t sin x .
πc L L 2πc L L

18.3 Equation de Laplace dans un rectangle

Exemple 18.5 Soient L, M > 0, α, β : [0, L] → R, γ, δ : [0, M ] → R, des


fonctions C 1 , telles que α(0) = α(L) = β(0) = β(L) = γ(0) = γ(M ) = δ(0) =
δ(M ) = 0. Trouver u = u(x, y) solution de



 ∂2u ∂2u
 ∆u = ∂x2 + ∂y 2 = 0
 x ∈ (0, L), y ∈ (0, M )
(18.14)
 u(x, 0) = α(x), u(x, M ) = β(x)
 x ∈ (0, L)


u(0, y) = γ(y), u(L, y) = δ(y) y ∈ (0, M ).

On traitera le cas particulier où γ = δ ≡ 0, α(x) = 4 sin πx/L, β(x) =


− sin 2πx/L.

Discussion En fait il faut résoudre deux problèmes :


 
 ∆v = 0
  ∆w = 0

v(x, 0) = 0, v(x, M ) = 0 w(x, 0) = α(x), w(x, M ) = β(x)

 

v(0, y) = γ(y), v(L, y) = δ(y) w(0, y) = w(L, y) = 0.

La solution du problème (18.14) est alors donnée par

u = v + w.

Comme les deux problèmes sont résolus de la même façon, on ne traitera que
le deuxième (c’est-à-dire (18.14) avec γ = δ ≡ 0).
Etape 1 (Séparation des variables). On va résoudre tout d’abord le problème
(en ignorant les conditions w(x, 0) = α(x), w(x, M ) = β(x))
+
∆w = 0 x ∈ (0, L), y ∈ (0, M )
(18.15)
w(0, y) = w(L, y) = 0 y ∈ (0, M )
Applications : EDP 145

et en cherchant des solutions de la forme


w(x, y) = f (x)g(y).
Comme dans les deux sections précédentes (λ étant une constante) on trouve
+  ""
 f (x) = −λ = − g (y)
""
f (x)g(y) + f (x)g (y) = 0
"" ""
⇐⇒ f (x) g(y)
f (0) = f (L) = 0 
f (0) = f (L) = 0.
On déduit alors les deux systèmes
+
f "" (x) + λf (x) = 0 x ∈ (0, L)
(18.16)
f (0) = f (L) = 0
et
g "" (y) − λg(y) = 0. (18.17)
On a vu (cf. chap. 17, exemple 17.3) que les solutions non triviales de (18.16)
sont données par
) nπ *2 ) nπ *
λ= et fn (x) = sin x
L L
tandis que (cf. chap. 17, exemple 17.2) les solutions de (18.17) sont données
par ) nπ * ) nπ *
gn (y) = an cosh y + bn sinh y .
L L
Comme l’équation (18.15) est linéaire, on a que sa solution générale est donnée
par

∞ A
$ ) nπ * ) nπ *B ) nπ *
w(x, y) = an cosh y + bn sinh y sin x .
n=1
L L L

Etape 2 (Conditions aux limites). Pour résoudre (18.14) il faut encore satisfaire
aux deux conditions aux limites
w(x, 0) = α(x) et w(x, M ) = β(x).
On choisit alors les constantes an et bn de la manière suivante
$∞ ) nπ *
α(x) = an sin x
n=1
L
et donc pour les premières

!L ) nπ *
2
an = α(t) sin t dt.
L L
0
146 Equation de Laplace dans un disque

Les coefficients bn sont obtenus en écrivant


∞ A
$ ) nπ * ) nπ *B ) nπ *
β(x) = an cosh M + bn sinh M sin x
n=1
L L L

$ ) nπ *
= cn sin x ,
n=1
L

où on a posé cn = an cosh(nπM/L) + bn sinh(nπM/L). On choisit donc

!L ) nπ *
2
cn = β(t) sin t dt
L L
0

et on trouve bn par la formule

) nπ * ) nπ *
bn sinh M = cn − an cosh M .
L L

On peut aussi montrer que si 0 < y < M , la série converge de même que
toutes ses dérivées d’ordre supérieur (on a donc
' le même phénomène
( que pour
l’équation de la chaleur). La fonction w ∈ C ∞ (0, L) × (0, M ) .
Dans l’exemple a1 = 4, an = 0, ∀n ≥ 2 et c2 = −1, cn = 0, ∀n &= 2, i.e.
b1 = −4coth (πM/L) et b2 = −1/ sinh(2πM/L). Par conséquent, la solution
est donnée par
A )π * )π * ) π *B )π *
w(x, y) = 4 cosh y − coth M sinh y sin x
L L L L
" # " #
1 2π 2π
− sinh y sin x .
sinh(2πM/L) L L

18.4 Equation de Laplace dans un disque

Exemple 18.6 Trouver u(x, y) solution de


 ∂ 2 u ∂ 2u
∆u = + 2 =0 (x, y) ∈ Ω
∂x2 ∂y (18.18)

u(x, y) = ϕ(x, y) (x, y) ∈ ∂Ω,

> ?
où Ω = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < R2 et ϕ est une fonction C 1 .
On traitera en particulier le cas où ϕ = x2 + y.
Applications : EDP 147

Discussion On va utiliser à nouveau la méthode de séparation de variables


mais après être passé aux coordonnées polaires.
Etape 1 (Coordonnées polaires). On pose

x = r cos θ, y = r sin θ

v(r, θ) = u(x, y) = u(r cos θ, r sin θ).


On trouve que
∂ 2 v 1 ∂v 1 ∂2v
∆u = 2
+ + 2 2.
∂r r ∂r r ∂θ
Le problème devient alors

 2
 ∂ v + 1 ∂v + 1 ∂ v = 0
2
r ∈ (0, R) , θ ∈ (0, 2π)
∂r 2 r ∂r r ∂θ2
2 (18.19)

v(R, θ) = ϕ(R cos θ, R sin θ) = ψ (θ) θ ∈ (0, 2π) .

Noter que comme nous travaillons en coordonnées polaires il faut aussi imposer
que
∂v ∂v
v(r, 0) = v(r, 2π) et (r, 0) = (r, 2π).
∂θ ∂θ
Dans le cas particulier, on a

R2 R2
ψ (θ) = ϕ(R, θ) = R2 cos2 θ + R sin θ = + cos 2θ + R sin θ.
2 2

Etape 2 (Séparation des variables). On va commencer par ignorer la condition


aux limites (v(R, θ) = ψ (θ)) et résoudre l’équation
 2
 ∂ v + 1 ∂v + 1 ∂ v = 0
2


 r ∈ (0, R) , θ ∈ (0, 2π)

 ∂r 2 r ∂r r ∂θ2
2

v(r, 0) = v(r, 2π) r ∈ (0, R)




 ∂v
 ∂v

 (r, 0) = (r, 2π) r ∈ (0, R) .
∂θ ∂θ
On cherche alors une fonction v(r, θ), solution du problème donné, de la forme

v(r, θ) = f (r)g(θ).

On trouve donc pour l’équation


1 1
f "" (r)g(θ) + f " (r)g(θ) + 2 f (r)g "" (θ) = 0
r r
r2 f "" (r) + rf " (r) g "" (θ)
⇐⇒ =λ=−
f (r) g(θ)
148 Equation de Laplace dans un disque

et, pour les conditions de périodicité,

g(0) = g(2π) et g " (0) = g " (2π).

On obtient donc
+
g "" (θ) + λg(θ) = 0
(18.20)
g(0) = g(2π), g " (0) = g " (2π)

et
r2 f "" (r) + rf " (r) − λf (r) = 0. (18.21)
On a que (cf. chap. 17, exercice 2) les solutions non triviales de (18.20) sont
données, pour n ∈ Z, par

λ = n2 et gn (θ) = αn cos nθ + β n sin nθ.

Les solutions de (18.21) avec λ = n2 sont données (cf. chap. 17, exercice 4) par
+
γ n rn si n &= 0, n ∈ Z
fn (r) =
γ 0 + δ 0 log r si n = 0.

La solution générale s’écrit alors


$
v(r, θ) = α0 (γ 0 + δ 0 log r) + γ n (αn cos nθ + β n sin nθ)rn
n∈Z
n(=0

qui peut être réécrite, en renommant les constantes a0 = 2α0 γ 0 , b0 = α0 δ 0 ,


an = αn γ n si n &= 0, bn = β n γ n si n > 0 et bn = −β n γ n si n < 0, sous la forme

$∞
a0
v(r, θ) = + b0 log r + (an cos nθ + bn sin nθ)rn
2 n=1
∞ (18.22)
$
+ (a−n cos nθ + b−n sin nθ)r−n .
n=1

Comme on est intéressé à des solutions définies dans le disque centré en 0, les
solutions de la forme r−n et log r ne sont pas admises car elles tendent vers
l’infini quand r tend vers 0, on en déduit que

b0 = b−n = a−n = 0,

par conséquent la solution générale v de notre problème est la suivante


a0 $
v(r, θ) = + (an cos nθ + bn sin nθ)rn .
2 n=1
Applications : EDP 149

(Noter que si le domaine Ω était un anneau au lieu d’être un disque la solution


générale serait bien de la forme (18.22).)
Etape 3 (Conditions aux limites). Il nous reste donc à déterminer les coefficients
an et bn pour que

a0 $
v(R, θ) = ϕ(R cos θ, R sin θ) = ψ(θ) = + (an cos nθ + bn sin nθ)Rn .
2 n=1

Ceci nous conduit à

!2π !2π
1 1
an R =
n
ψ(θ) cos nθ dθ et bn R =
n
ψ(θ) sin nθ dθ.
π π
0 0

On pourrait aussi démontrer que la fonction v ainsi obtenue est C ∞ dès que
r < R.
Dans le cas particulier, i.e.
R2 R2
ψ(θ) = + cos 2θ + R sin θ,
2 2
on trouve que
1
a0 = R 2 , a2 = , an = 0 sinon,
2
b1 = 1, bn = 0 sinon,
d’où
R2 r2 R2 r2 r2
v(r, θ) = + cos 2θ + r sin θ = + cos2 θ − sin2 θ + r sin θ.
2 2 2 2 2
Finalement, en écrivant le résultat en coordonnées cartésiennes, on obtient
R2 x2 − y 2
u(x, y) = + + y.
2 2

18.5 Equation de Laplace dans un domaine simplement connexe

Exemple 18.7 On veut trouver une fonction u = u(x, y) : Ω ⊂ R2 → R


solution de
 2 2
 ∆u = ∂ u + ∂ u = 0 (x, y) ∈ Ω
∂x2 ∂y 2

u(x, y) = ϕ(x, y) (x, y) ∈ ∂Ω,
150 Le cas d’un domaine simplement connexe

où Ω &= R2 est un domaine simplement connexe (il faut comprendre par là que
le domaine n’a pas de trou, la définition précise d’un tel domaine est donnée
dans l’appendice de la première partie) dont le bord est suffisamment régulier
et ϕ est une fonction C 1 .
On traitera en particulier le cas où

 ∂2u ∂2u
 ∆u = + 2 =0 x > 1, y ∈ R
∂x2 ∂y
 u(1, y) = ϕ(1, y) = 2

y ∈ R.
1 + y2
Discussion L’idée est de se ramener après une transformation conforme au
cas du disque.
Etape 1. Par le théorème de Riemann (cf. chap. 13, théorème 13.5), il existe
une application conforme
f = α + iβ : Ω → D.
> ?
où D = z ∈ C : |z| < 1 . L’inverse de la fonction f s’écrit
f −1 = a + ib : D → Ω.
> ?
Dans le cas particulier on a Ω = z ∈ C : Re z > 1 et on trouve facilement
que
2 2
f (z) = − 1 et f −1 (w) =
z 1+w
ce qui en termes de coordonnées donne
2 2x −2y
f (x, y) = α(x, y) + iβ(x, y) = −1= 2 −1+i 2
x + iy x +y 2 x + y2
2
f −1 (α, β) = a (α, β) + ib (α, β) =
1 + α + iβ
2 (1 + α) −2β
= 2
+i .
(1 + α) + β (1 + α)2 + β 2
2

' (
Etape 2. On pose ψ(α, β) = ϕ ◦ f −1 = ϕ a(α, β), b(α, β) et on résout, comme
dans la section 18.4, le problème
 2 2
 ∆v = ∂ v + ∂ v = 0 α2 + β 2 < 1
∂α 2
∂β 2

v(α, β) = ψ(α, β) α2 + β 2 = 1.
2
Dans l’exemple on a, si α2 + β 2 = 1 (et donc (1 + α) + β 2 = 2 (1 + α)), que
2 2
ψ(α, β) = " #2 = " #2
−2β −2β
1+ 1+
(1 + α)2 + β 2 2(1 + α)
2
2 (1 + α)
= = 1 + α.
(1 + α)2 + β 2
Applications : EDP 151

On trouve alors que la solution est trivialement

v(α, β) = 1 + α.

Etape 3. La solution est alors donnée par u = v ◦ f , c’est-à-dire


' (
u(x, y) = v α(x, y), β(x, y) .

En effet, par l’exercice 10 du chapitre 9 on a ∆u = 0, alors que comme ψ =


ϕ ◦ f −1 on a aussi u = ϕ sur ∂Ω.
Pour l’exemple traité, on a donc
" #
' ( 2x −2y 2x
u(x, y) = v α(x, y), β(x, y) = v −1, 2 = .
x2 + y 2 x + y2 x2 + y 2

Exemple 18.8 Résoudre



 ∂ 2u ∂ 2 u

 ∆u = + 2 =0 (x, y) ∈ Ω

 ∂x2 ∂y
8x2

 u(x, 0) = x∈R


 (1 + x2 )2
u(x, y) → 0 y → +∞,
> ?
où Ω = (x, y) ∈ R2 : y > 0 .

Discussion On peut résoudre ce problème par la méthode développée précé-


demment (cf. exercice 15 ci-dessous). Nous proposons ici une autre façon de
procéder, semblable à celle de l’exemple 18.3. Comme d’habitude le procédé
développé ici ne se justifie qu’a posteriori.
Etape 1 (Transformée de Fourier). On dénote par v(α, y) la transformée de
Fourier en x (y jouant le rôle d’un paramètre) de u(x, y), par abus de notations
on écrira F(u), i.e.

!
+∞
1
v(α, y) = F(u)(α, y) = √ u(x, y) e−iαx dx.

−∞

' (2
Si f (x) = 8x2 / 1 + x2 , on trouve (cf. formulaire) que
√ ' (
v(α, 0) = F(f )(α) = f<(α) = 2 2π 1 − |α| e−|α| .

Les propriétés des transformées de Fourier nous permettent d’écrire


 " 2 #
 ∂ u
 F ∂x2 (α, y) = (iα) F(u)(α, y) = −α v(α, y).
 2 2

" 2 # 2

 F ∂ u (α, y) = ∂ v (α, y).

∂y 2 ∂y 2
152 Le cas d’un domaine simplement connexe

En revenant au problème donné, on applique la transformée de Fourier (en x)


aux deux membres de l’équation et on se ramène au système suivant
 2
 ∂ v
 ∂y 2 (α, y) − α v(α, y) = 0 y>0


2


 v(α, 0) = f<(α)


v(α, y) → 0 y → +∞.

En considérant α comme un paramètre (ici on suppose que α &= 0) et en utilisant


le résultat du cas 2 de l’exemple 17.2 (chap. 17), on trouve
' ( γ ' (
v(α, y) = f<(α) cosh |α|y + sinh |α|y
|α|
e |α|y
+ e−|α|y γ e|α|y − e−|α|y
= f<(α) + .
2 |α| 2

où γ est une constante à déterminer pour satisfaire à la condition v(α, y) → 0


si y → +∞. Pour cela on choisit

γ = −|α|f<(α).

La solution est alors



v(α, y) = f<(α) e−|α|y = 2 2π(1 − |α|) e−|α|(1+y) .

Etape 2. La solution du problème est donc obtenue en appliquant la transformée


de Fourier inverse et en utilisant le formulaire
!
+∞
' ( 1
u(x, y) = F −1
v(α, y) (x) = √ f<(α) e−|α|y eiαx dα

−∞
" " # #
√ 1
= F−1 2 2π − |α| e−|α|(1+y) (x)
1+y
" " # #
√ 1
+F −1
2 2π 1 − e −|α|(1+y)
(x)
1+y
" " # #
√ 1
= 2F −1
2π − |α| e −|α|(1+y)
(x)
1+y
"= −|α|(1+y) #
πe
+4y F−1 (x)
2 1+y
4x2 1
= 2' (2 + 4y (1 + y)2 + x2
(1 + y) + x
2 2

y(1 + y)2 + x2 (2 + y)
=4 ' (2 .
(1 + y)2 + x2
Applications : EDP 153

18.6 Exercices
1. Résoudre pour u = u(x, t)


 ∂u ∂2u
 ∂t = ∂x2
 x ∈ (0, π) , t > 0

 u(0, t) = u(π, t) = 0 t>0





u(x, 0) = cos x − cos 3x x ∈ (0, π) .
2. Trouver u = u(x, t) solution de

 ∂u ∂2u


 = x ∈ (0, π) , t > 0
 ∂t ∂x2
∂u ∂u

 (0, t) = (π, t) = 0 t>0

 ∂x ∂x

u(x, 0) = cos 2x x ∈ (0, π) .
3. Trouver une fonction u = u(x, t) qui satisfasse à


 ∂u ∂2u

 (2 + t) = x ∈ (0, π) , t > 0
∂t ∂x2
 u(0, t) = u(π, t) = 0 t>0



u(x, 0) = sin x + 4 sin 2x x ∈ (0, π) .
4. Résoudre
 2
 ∂ u ∂2u


 = x ∈ (0, 1) , t > 0

 ∂t2 ∂x2

 ∂u ∂u
 (0, t) = (1, t) = 0 t>0
∂x ∂x



 u(x, 0) = 0 x ∈ (0, 1)



 ∂u (x, 0) = 1 + cos2 πx

x ∈ (0, 1) .
∂t
5. Trouver la solution u = u(x, t) de

 ∂u ∂ 4 u


 + 4 =0 x ∈ (0, π) , t > 0

 ∂t ∂x

 u(0, t) = u(π, t) = 0 t>0
 ∂2u
 ∂2u


 ∂x2 (0, t) = (π, t) = 0 t>0

 ∂x2

u(x, 0) = 2 sin x + sin 3x x ∈ (0, π) .
6. Trouver u = u(x, t) satisfaisant


 ∂u ∂2u ∂u

 = +2 + 2u x ∈ (0, π) , t > 0
∂t ∂x2 ∂x
 u(0, t) = u(π, t) = 0 t>0



u(x, 0) = e−x sin 2x x ∈ (0, π) .
154 Exercices

7. Trouver u = u(x, y) solution de



 ∆u = 0 x, y ∈ (0, π)


∂u ∂u
(x, 0) = (x, π) = 0 x ∈ (0, π)

 ∂y
 ∂y
u(0, y) = cos 2y, u(π, y) = 0 y ∈ (0, π) .

8. Trouver u = u(x, y) satisfaisant


+
∆u = 0 x2 + y 2 < 4
u(x, y) = 1 + x2 + y 3 x2 + y 2 = 4.
> ?
9. Soient Ω = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1 et u = u(x, y). Résoudre

 ∆u = 0
 x2 + y 2 < 1

 ∂u ∂u 1
 x +y = x2 − x2 + y 2 = 1.
∂x ∂y 2

On pourra commencer par écrire v(r, θ) = u(r cos θ, r sin θ) et puis calculer
∂v/∂r en fonction de ∂u/∂x et ∂u/∂y.
> ?
10. Soit Ω = (x, y) ∈ R2 : 1 < x2 + y 2 < 4 . Trouver u = u(x, y) tel que

 ∆u = 0
 (x, y) ∈ Ω
u(x, y) = x x2 + y 2 = 1


u(x, y) = x − y x2 + y 2 = 4.

11. Soient u = u(x, y) et v(r, θ) = u(r cos θ, r sin θ).


i) Calculer ∂v/∂r en fonction de ∂u/∂x et ∂u/∂y.
ii) Résoudre

 ∆u = 0 1 < x2 + y 2 < 4


 u(x, y) = 0 x2 + y 2 = 1
 " #
 1
 ∂u ∂u 1 y
 x +y + u = + log 2 + x − x2 + y 2 = 4.
2 ∂x ∂y 2 2
> ?
12. Soit Ω = (x, y) ∈ R2 : y > 0 : x2 + y 2 < 1 . Trouver une fonction u =
u(x, y) telle que

 ∆u = 0
 (x, y) ∈ Ω
u(x, 0) = 0 −1 ≤ x ≤ 1


u(x, y) = y 2 y > 0 et x2 + y 2 = 1.

Suggestion : Passer aux coordonnées polaires.


Applications : EDP 155

13. Trouver, à l’aide de la transformée de Fourier, une fonction u = u(x, y) qui


soit solution de

 ∆u = 0
 x ∈ R, y > 0
−x2
u(x, 0) = e x∈R


u(x, y) → 0 y → +∞.

Suggestions : i) On pourra rendre le résultat sous forme d’intégrale.


ii) On rappelle que, si α ∈ R (α &= 0), alors la solution ϕ = ϕ(y) de
 ""
 ϕ (y) − α ϕ(y) = 0 y>0
2

ϕ(0) = ϕ0


ϕ(y) → 0 y → +∞.

est donnée par ϕ(y) = ϕ0 e−|α|y , y > 0.


14. Résoudre 
 ∆u = 0
 y ∈ R, x > 0
1
 u(0, y) =
 y ∈ R.
(1 + y 2 )2
15. Traiter l’exemple 18.8 (qui a été résolu à l’aide de la transformée de Fourier)
par la méthode utilisant les applications conformes.
> ?
16. Soit Ω = (x, y) ∈ R2 : (x − 2)2 + (y − 2)2 > 4 . Résoudre
+
∆u = 0 (x, y) ∈ Ω
u(x, y) = x + 2y
2 2
(x, y) ∈ ∂Ω.

17. (Méthode de d’Alembert). Soient c ∈ R, f, g : R → R, avec f ∈ C 2 et


g ∈ C 1 . Vérifier que

!
x+ct
1. / 1
u(x, t) = f (x + ct) + f (x − ct) + g (s) ds
2 2c
x−ct

est solution de l’équation des ondes


 2 2
 ∂ u 2∂ u
 ∂t2 = c ∂x2


x ∈ R, t > 0

u(x, 0) = f (x) x∈R




 ∂u (x, 0) = g(x) x ∈ R.
∂t
Quatrième partie

Corrigés des exercices


Chapitre 1

Les opérateurs différentiels de la


physique : corrigés
1. i) On calcule d’abord le gradient de f1 , f2 , f3 :
∂f1 ∂f1 ∂f1

 = y 2 z cos(xz) = 2y sin(xz) = xy 2 cos(xz)
 ∂x ∂y ∂z




 ∂f ∂f2 ∂f2
2
= −2x ey sin(x2 + z) = ey cos(x2 + z) = −ey sin(x2 + z)

 ∂x ∂y ∂z
∂f y sin(xy) ∂f3 x sin(xy) ∂f3


 3 =− =− = 0.


∂x 2 + cos(xy) ∂y 2 + cos(xy) ∂z
ii) On a
∂f1 ∂f2 ∂f3
divF = + + = y 2 z cos(xz) + ey cos(x2 + z) .
∂x ∂y ∂z
iii) Finalement
∂f3 ∂f2
 

 x sin(xy) 
∂y ∂z  − + ey sin(x2 + z)
  2 + cos(xy)

 
∂f1 ∂f3 
rotF =  = y sin(xy)
  
− .
 xy cos(xz) + 2 + cos(xy)
2

 ∂z ∂x  
 

 ∂f2 ∂f1 
−2 xey sin(x2 + z) + y sin(xz)
+ ,

∂x ∂y
2. Les expressions qui ont un sens sont les suivantes : i) ; ii) ; iii) ; v) ; vi) et
viii).
Les expressions qui n’ont pas de sens sont les suivantes : iv) ; vii) et ix).
3. Tout d’abord on déduit de l’exemple 1.3 (en considérant a = 0) que
∂r xi
= .
∂xi r
i) On commence par écrire
∂f ∂r xi
= ψ ! (r) = ψ ! (r) .
∂xi ∂xi r
160 Opérateurs différentiels : corrigés

On obtient alors
∂2f ∂r xi ∂ + −1 ,
= ψ !! (r) + ψ ! (r) xi r
∂x2i ∂xi r ∂xi
x2i 1 1 ∂r
- .
!! !
= ψ (r) 2 + ψ (r) − xi 2
r r r ∂xi
x2 1 x2i
- .
= ψ !! (r) 2i + ψ ! (r) − 3 .
r r r
On a ainsi
n n
0 n n
1
/ ∂ 2f ψ !! (r) / 2 ! 1/ 1 / 2
∆f = = x + ψ (r) 1− 3 x
i=1
∂x2i r2 i=1 i r i=1 r i=1 i

n 1 n−1 !
- .
!! !
= ψ (r) + ψ (r) − = ψ !! (r) + ψ (r).
r r r
ii) On trouve donc que si ∆f = 0 alors

1−n ! ψ !! (r) 1−n


ψ !! (r) = ψ (r) =⇒ ! = =⇒
r ψ (r) r
log ψ ! (r) = (1 − n) log r =⇒ ψ ! (r) = r1−n .

On déduit immédiatement que

 log r si n = 2

ψ (r) = 2−n
 r si n ≥ 3.
2−n
4. i) Rappelons que comme x, y > 0 on a
,1/2 y y
r = x2 + y 2 tg θ = =⇒ θ = arctg .
+
x x
Par ailleurs, on a vu que (cf. exemple 1.3)
∂r x ∂r y
= , = .
∂x r ∂y r
On trouve que
∂θ −y/x2 −y −y ∂θ 1/x x
= = 2 = 2 , = = 2.
∂x 1 + y 2 /x2 x + y2 r ∂y 1 + y 2 /x2 r
ii) On peut écrire
∂f ∂g ∂r ∂g ∂θ x ∂g y ∂g
= + = − 2
∂x ∂r ∂x ∂θ ∂x r ∂r r ∂θ
et
∂f ∂g ∂r ∂g ∂θ y ∂g x ∂g
= + = + 2 .
∂y ∂r ∂y ∂θ ∂y r ∂r r ∂θ
Opérateurs différentiels : corrigés 161

iii) On a

∂2f
4 5 4 5
∂ 2 x 3 ∂g x ∂ ∂g ∂ + −2 , ∂g y ∂ ∂g
= + − y r −
∂x2 ∂x r ∂r r ∂x ∂r ∂x ∂θ r2 ∂x ∂θ
r − x(x/r) ∂g x x ∂ 2 g y ∂2g 2xy ∂g
4 5
= + − 2 + 4
r2 ∂r r r ∂r2 r ∂r∂θ r ∂θ
y x ∂2g y ∂ 2g
4 5
− 2 − 2 2
r r ∂r∂θ r ∂θ
y 2 ∂g x2 ∂ 2 g 2xy ∂ 2 g 2xy ∂g y 2 ∂ 2 g
= 3
+ 2 2 − 3 + 4 + 4 2.
r ∂r r ∂r r ∂r∂θ r ∂θ r ∂θ

Un calcul similaire nous conduit à

∂2f x2 ∂g y 2 ∂ 2 g 2xy ∂ 2 g 2xy ∂g x2 ∂ 2 g


= + + − + 4 2
∂y 2 r3 ∂r r2 ∂r2 r3 ∂r∂θ r4 ∂θ r ∂θ

et donc
1 ∂g ∂ 2 g 1 ∂2g
∆f = + 2 + 2 2.
r ∂r ∂r r ∂θ
iv) En écrivant la fonction en coordonnées polaires, on obtient

f (x, y) = r + θ2
1 2 2 + x2 + y 2
6
∆f = + 2 = .
r r x2 + y 2

5. i) On va montrer d’abord que div grad f = ∆f . On peut écrire


4 5
∂f ∂f ∂f
div grad f = div , , ...,
∂x1 ∂x2 ∂xn
4 5 4 5 4 5
∂ ∂f ∂ ∂f ∂ ∂f
= + + ···+
∂x1 ∂x1 ∂x2 ∂x2 ∂xn ∂xn
∂2f ∂2f ∂2f
= + + · · · + = ∆f .
∂x21 ∂x22 ∂x2n

ii) On va prouver maintenant que rot grad f = 0

∂2f ∂2f
 
e1 e2 e3 7  −
7 7
∂y∂z ∂z∂y
7
0
7 7    
∂ ∂ ∂ 77 

∂2f ∂2f
7 
rot grad f = 77 ∂z 77 =   =  0 .
7
∂x ∂y −
   
∂z∂x ∂x∂z
∂f ∂f ∂f 77  0
7  
∂2f ∂ 2f
7 
7  
∂x ∂y ∂z −
7
∂x∂y ∂y∂x
162 Opérateurs différentiels : corrigés

iii) Comme
∂F3 ∂F2
 

e1 e2 e3 7 
7 7
7
7 7  ∂y ∂z 
∂ ∂ ∂ 77  ∂F1 ∂F3 
rot F = 77 =
7
− ,
7 ∂x ∂y ∂z 77  ∂z ∂x 
7 F1 F2 F3 7  ∂F2 ∂F1 

∂x ∂y
on trouve
4 5 4 5 4 5
∂ ∂F3 ∂F2 ∂ ∂F1 ∂F3 ∂ ∂F2 ∂F1
div rot F = − + − + −
∂x ∂y ∂z ∂y ∂z ∂x ∂z ∂x ∂y
∂ 2 F3 ∂ 2 F2 ∂ 2 F1 ∂ 2 F3 ∂ 2 F2 ∂ 2 F1
= − + − + − = 0.
∂x∂y ∂x∂z ∂y∂z ∂y∂x ∂z∂x ∂z∂y
6. i) On a
4 5
∂g ∂g ∂g
div(f grad g) = div f ,f , ..., f
∂x1 ∂x2 ∂xn
4 5 4 5 4 5
∂ ∂g ∂ ∂g ∂ ∂g
= f + f + ···+ f
∂x1 ∂x1 ∂x2 ∂x2 ∂xn ∂xn
n n
∂ 2g
4 5 - .
/ ∂ ∂g / ∂f ∂g
= f = +f 2
i=1
∂xi ∂xi i=1
∂xi ∂xi ∂xi
= grad f · grad g + f ∆g.

ii) On obtient de même


4 5
∂f ∂g ∂f ∂g ∂f ∂g
grad(f g) = g+ f, g+ f, . . . , g+ f
∂x1 ∂x1 ∂x2 ∂x2 ∂xn ∂xn
4 5 4 5
∂f ∂f ∂f ∂g ∂g ∂g
=g , , ..., +f , , ...,
∂x1 ∂x2 ∂xn ∂x1 ∂x2 ∂xn
= g grad f + f grad g.

7. i) Comme F = (F1 , . . . , Fn ), on déduit que

div (f F ) = div (f F1 , f F2 , . . . , f Fn )
n n - .
/ ∂ / ∂f ∂Fi
= (f Fi ) = Fi + f
i=1
∂xi i=1
∂xi ∂xi
= F · grad f + f div F.

ii) Montrons maintenant que rot rot F = −∆F + grad div F . On a


4 5
∂F3 ∂F2 ∂F1 ∂F3 ∂F2 ∂F1
rot F = − , − , −
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
Opérateurs différentiels : corrigés 163

et on obtient donc
e1 e2 e3
7 7
7 7
7 7
7 ∂ ∂ ∂ 7
rot rot F = 77
7 7
∂x ∂y ∂z 7,
7
7 ∂F3 ∂F2 ∂F1 ∂F3 ∂F2 ∂F1 7
7 − − − 7
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
7 7

i.e.
rot rot F =
4 2
∂ F2 ∂ 2 F1 ∂ 2 F1 ∂ 2 F3 ∂ 2 F3 ∂ 2 F2 ∂ 2 F2 ∂ 2 F1
= − − + , − − + ,
∂x∂y ∂y 2 ∂z 2 ∂x∂z ∂y∂z ∂z 2 ∂x2 ∂x∂y
∂ 2 F1 ∂ 2 F3 ∂ 2 F3 ∂ 2 F2
5
− − + .
∂x∂z ∂x2 ∂y 2 ∂y∂z
Comme par ailleurs on a
4 2
∂ F1 ∂ 2 F1 ∂ 2 F1 ∂ 2 F2 ∂ 2 F2 ∂ 2 F2
∆F = 2
+ 2
+ 2
, 2
+ 2
+ ,
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z 2
∂ 2 F3 ∂ 2 F3 ∂ 2 F3
5
+ + ,
∂x2 ∂y 2 ∂z 2
on déduit finalement que
4 2
∂ F2 ∂ 2 F3 ∂ 2 F1 ∂ 2 F3 ∂ 2 F1 ∂ 2 F2
rot rot F + ∆F = + + 2
, + + ,
∂x∂y ∂x∂z ∂x ∂y∂z ∂x∂y ∂y 2
∂ 2 F1 ∂ 2 F2 ∂ 2 F3
5
+ + .
∂x∂z ∂y∂z ∂z 2
Comme
4 5
∂F1 ∂F2 ∂F3
grad div F = grad + +
∂x ∂y ∂z
∂ 2 F1 ∂ 2 F2 ∂ 2 F3 ∂ 2 F1 ∂ 2 F2 ∂ 2 F3
4
= 2
+ + , + 2
+ ,
∂x ∂x∂y ∂x∂z ∂x∂y ∂y ∂y∂z
∂ 2 F1 ∂ 2 F2 ∂ 2 F3
5
+ + ,
∂x∂z ∂y∂z ∂z 2
on obtient bien
rot rot F = −∆F + grad div F.
iii) On veut montrer que rot (f F ) = gradf ∧ F + f rot F . On a
∂ ∂
 
(f F3 ) − (f F2 )
7 e1 e2 e3 7  ∂y
7 7
7 7  ∂z 

7 ∂ ∂ ∂ 77  ∂ ∂
rot (f F ) = 77 = (f F1 ) − (f F3 )

.
7 ∂x ∂y ∂z 7  ∂z
7  ∂x 

7 fF
1 f F2 f F3 7  ∂ ∂ 
(f F2 ) − (f F1 )
∂x ∂y
164 Opérateurs différentiels : corrigés

On déduit alors que


 4 5 
∂f ∂f ∂ ∂
 F3 ∂y − F2 ∂z + f ∂y F3 − ∂z F2 
 4 5 
 ∂f ∂f ∂ ∂ 
rot (f F ) =  F1 − F3 +f F1 − F3 .
 
 ∂z ∂x ∂z ∂x 
 4 5 
∂f ∂f ∂ ∂
+f
 
F2 − F1 F2 − F1
∂x ∂y ∂x ∂y

Par définition
∂f ∂f
 
F3 − F2
e1 e2 e3
7 7
7
7
7
7 
 ∂y ∂z 

∂f ∂f ∂f 77  ∂f ∂f
gradf ∧ F = 77 =  F1
7 
− F3 ,
7 ∂x ∂y ∂z 77   ∂z ∂x 

7 F1 F2 F3 7  ∂f ∂f 
F2 − F1
∂x ∂y
et donc, en combinant les résultats, on trouve

rot (f F ) = grad f ∧ F + f rot F.


Chapitre 2

Intégrales curvilignes : corrigés

1. i) Une paramétrisation de Γ est donnée par


8
x=t
y = f (t)

c’est-à-dire,
γ(t) = t, f (t) =⇒ γ ! (t) = 1, f ! (t)
+ , + ,

et on obtient donc
9b :
,2
longueur (Γ) = 1 + f ! (t) dt
+

ii) On a maintenant f (t) = cosh t et donc


: ,2
1 + f ! (t) = cosh t.
+

Le résultat suit alors immédiatement


e − e−1
longueur (Γ) = sinh 1 − sinh 0 = .
2

iii) On pose γ(t) = r(t) cos t , r(t) sin t et on déduit que


+ ,

γ ! (t) = (r! (t) cos t − r(t) sin t , r! (t) sin t + r(t) cos t)
; ! ;2
;γ (t); = r!2 + r2 .

De la définition, on déduit que

9b 6
longueur (Γ) = r! (t)2 + r(t)2 dt.
a
166 Intégrales curvilignes : corrigés

2. i) Dans ce cas comme

γ 1 (t, t) = (t, t) =⇒ γ !1 (t) = (1, 1) ,

on trouve immédiatement que

91 91
1
9
F · dl = t , t − t · (1, 1) dt = 2t − t dt = .
+2 2 , + 2 ,
6
Γ1 0 0

ii) On choisit
γ 2 (t, t) = t, et =⇒ γ !2 (t) = 1, et
+ , + ,

et on obtient ainsi
91 91
1 3
9
F · dl = te , e − t · 1, et dt = e3t dt = (e − 1).
+ t 2t , + ,
3
Γ2 0 0

iii) Dans ce dernier cas, on écrit


2√ 1
3 4 5
γ 3 (t, t) = t, t2 =⇒ γ !3 (t) = √ , 2t ,
2 t
et on trouve donc
92 2
√ 4 √3 1
9 4 5
F · dl = 2
t t, t − t · √ , 2t dt
2 t
Γ3 1

92 4
1 2 √ 689 16 √
5
= t + 2t5 − 2t t dt = − 2.
2 30 5
1

3. i) On choisit comme paramétrisation

γ (t) = (cos t, sin t, 0) =⇒ γ ! (t) = (− sin t, cos t, 0) avec t ∈ [0, 2π].

On trouve alors
9 92π
F · dl = (cos t, 0, sin t) · (− sin t, cos t, 0) dt
Γ 0

92π
= − sin t cos t dt = 0.
0

ii) On note

γ (t) = (t, et , t) =⇒ γ ! (t) = 1, et , 1 avec t ∈ [0, 1].


+ ,
Intégrales curvilignes : corrigés 167

On obtient
9 91 91
F · dl = (t, e , t) · (1, e , 1) dt =
t t
(2t + e2t ) dt
Γ 0 0
.1
1 1 + e2
-
= t2 + e2t = .
2 0 2
(Noter que dans i), contrairement à ii), le sens de parcours de Γ n’est pas
explicitement donné ; le choix du sens opposé aurait évidemment donné dans
ce cas le même résultat, à savoir 0.)
4. De la paramétrisation donnée, on en déduit
; 6
γ ! (t) = (− sin t, cos t, t) =⇒ ;γ ! (t); = 1 + t2 et f γ(t) = 1 + t.
; + ,

On a par conséquent
9 91 6 9 6 1
9 6 1

f dl = (1 + t) 1 + t2 dt = 1 + t2 dt + t 1 + t2 dt
Γ 0 0 0
.1
1 3 1+
- 6
t 2 6 ,6
= t2 + 1 + log t + t2 + 1 + 1 + t2 1 + t2
2 2 3 0

−1 7 2 1 2 √ 3
= + + log 1 + 2 .
3 6 2
5. Soit γ : [a,+b] →,Γ une paramétrisation de Γ ; on a γ(a) = A, γ(b) = B. Par
ailleurs, F γ(t) = mγ !! (t). On trouve donc
9b 9b
d 1;
9 - .
F · dl = mγ !! (t) · γ ! (t) dt = m ;γ ! (t);2 dt
;
dt 2
Γ a a
m; ;2 m ; ;2
= ;γ ! (b); − ;γ ! (a); ,
2 2
ce qui n’est rien d’autre que la variation de l’énergie cinétique.

6. La courbe est donnée par y = ±2x 1 − x2 . Par exemple, on peut choisir
Γ = γ(t) = (sin t, sin 2t), t ∈ [0, π] .
< =

(Noter que le sens de parcours de Γ n’est pas explicitement donné dans le


problème ; nous avons choisi le sens contraire du sens trigonométrique.)
On trouve donc
9 9π
F · dl = (sin t + sin 2t , − sin t) · (cos t , 2 cos 2t) dt
Γ 0


8
= −2 cos 2t sin t + cos t sin t + sin 2t dt = .
+ + ,,
3
0
Chapitre 3

Champs qui dérivent d’un


potentiel : corrigés
1. i) Comme
∂ ∂
rot F1 = (xy − x) − (y) = y − 1 − 1 (= 0,
∂x ∂y
le champ F1 ne dérive pas d’un potentiel. On peut choisir Γ = Γ1 ∪ Γ2 où
(fig. 3.1)
Γ1 = t, t2 : t ∈ [0, 1] et Γ2 = (2 − t , 2 − t) : t ∈ [1, 2] .
<+ , = < =

Γ2

Γ1

1 x

Fig. 3.1

On trouve alors que


9 9 9
F1 · dl = F1 · dl + F1 · dl
Γ Γ1 Γ2
91 92
= (t , t − t) · (1, 2t) dt + 2 − t, (2 − t)2 − (2 − t) · (−1, −1) dt
2 3
+ ,

0 1

−4
= (= 0 .
15
170 Champs qui dérivent d’un potentiel : corrigés

ii) Comme
∂ 3 ∂
rot F2 = (x ) − (3x2 y + 2x) = 3x2 − 3x2 = 0
∂x ∂y
et que le domaine de définition de F2 est R2 , qui est convexe, on déduit que
F2 dérive d’un potentiel f . Ce potentiel satisfait donc
∂f


 = 3x2 y + 2x
∂x

∂f
= x3 ⇒ f (x, y) = x3 y + h(x).



∂y
En dérivant cette dernière équation par rapport à x et en la comparant à la
première, on a
3x2 y + h! (x) = 3x2 y + 2x =⇒ h! (x) = 2x =⇒ h(x) = x2 + constante.
Donc le potentiel est f (x, y) = x3 y + x2 + constante.
iii) Comme
∂ 2 ∂
rot F3 = (x ) − (3x2 y) = 2x − 3x2 (= 0,
∂x ∂y
on trouve que F3 ne dérive pas d’un potentiel. Choisissons Γ = Γ1 ∪ Γ2
comme dans la question i). On a
91 92
1
9
F3 · dl = 3t , t · (1, 2t) dt + 3(2 − t)3 , (2 − t)2 · (−1, −1) dt =
+ 4 2, + ,
.
60
Γ 0 1

2. i) Cas n = 2. On commence par observer que


∂f (tx, ty) ∂f (tx, ty)
- .
∂>
tf (tx, ty) = f (tx, ty) + t x +y
?
∂t ∂u ∂v
∂ > ∂f (tx, ty) ∂g(tx, ty)
xf (tx, ty) + yg(tx, ty) = f (tx, ty) + tx + ty
?
.
∂x ∂u ∂u
Comme ∂f /∂v = ∂g/∂u, on déduit que ces deux quantités sont égales. En
revenant à la définition
91
ϕ(x, y) = xf (tx, ty) + yg(tx, ty) dt
> ?

et en utilisant l’observation précédente, on a


91
∂ϕ ∂ >
= xf (tx, ty) + yg(tx, ty) dt
?
∂x ∂x
0

91
∂> ?1
= tf (tx, ty) dt = tf (tx, ty) 0 = f (x, y).
? >
∂t
0
Champs qui dérivent d’un potentiel : corrigés 171

Idem pour ∂ϕ/∂y = g(x, y). Dans l’exemple, on vérifie d’abord que
∂ ∂ 2
(2xy) = (x + y),
∂y ∂x
et on calcule ensuite
91
ϕ(x, y) = (2t2 xy, t2 x2 + ty) · (x, y) dt
0

91
y2
= (3t2 x2 y + ty 2 ) dt = x2 y + .
2
0

ii) Cas n ≥ 2. Comme précédemment on observe que, pour tout j = 1, . . . , n,


n
∂> / ∂Fj
tFj (tx) = Fj (tx) + t (tx)
?
xi
∂t i=1
∂ui
0 n 1 n
∂ / / ∂Fi
xi Fi (tx) = Fj (tx) + t xi (tx).
∂xj i=1 i=1
∂u j

Comme ∂Fi /∂uj = ∂Fj /∂ui , on trouve que ces deux quantités sont égales.
De la définition
91 91 /
n
ϕ(x) = F (tx) · x dt = xi Fi (tx) dt,
0 0 i=1

on obtient, en utilisant les identités précédentes, que


91 0 n 1 91
∂ϕ ∂ / ∂>
= xi Fi (tx) dt = tFj (tx) dt
?
∂xj ∂xj i=1 ∂t
0 0
?1
= tFj (tx) 0 = Fj (x).
>

3. On vérifie facilement que rot F = 0. Si F = grad f , on doit avoir


∂f z ∂f ∂f
= 2xy + , = x2 + 2yz, = y 2 + arctg x
∂x 1 + x2 ∂y ∂z
et donc, en intégrant la première équation par rapport à x, on trouve que

f (x, y, z) = x2 y + z arctg x + ϕ(y, z).

Dérivant f par rapport à y et z, on obtient


∂f ∂ϕ ∂f ∂ϕ
= x2 + et = arctg x +
∂y ∂y ∂z ∂z
172 Champs qui dérivent d’un potentiel : corrigés

et par conséquent
∂ϕ ∂ϕ
= 2yz, = y2.
∂y ∂z
De la première de ces deux équations, en intégrant par rapport à y, on a
∂ϕ
ϕ(y, z) = y 2 z + φ(z) =⇒ = y 2 + φ! (z)
∂z
et de la deuxième équation on obtient (c étant une constante)
φ! (z) = 0 =⇒ φ(z) = c =⇒ ϕ(y, z) = y 2 z + c.
On a finalement
f (x, y, z) = x2 y + z arctg x + y 2 z + c.
4. On vérifie facilement que
−y
4 5 4 5
∂ x ∂
rot F = − = 0.
∂x x2 + y 2 ∂y x2 + y 2
Essayons de trouver un potentiel. Rappelons que
Ω = R2 \ (0, y) ∈ R2 : y ≥ 0 .
< =

Cas 1. Trouvons un potentiel dans Ω1 = (x, y) ∈ R2 : x > 0 . On a


< =

∂f −y

= 2 
x + y2

∂x
 y
=⇒ f (x, y) = arctg + α+ (α+ ∈ R) .
∂f x x
= 2


x + y2

∂y
Cas 2. De même dans Ω2 = (x, y) ∈ R2 : x < 0 , on obtient que
< =

y
f (x, y) = arctg + α− (α− ∈ R) .
x
On a donc que le potentiel dans Ω, s’il existe, est donné par
 y
 arctg + α+
 si x > 0
x
f (x, y) = y
 arctg + α−
 si x < 0.
x
Il reste à choisir α+ et α− pour que ce potentiel soit bien défini en (0, y)
avec y < 0. Pour cela on observe que
π π
lim f (x, y) = − + α+ , lim f (x, y) = + α− .
x→0+ 2 x→0− 2
On doit donc choisir α+ = α− +π. On vérifie alors facilement que le potentiel
f cherché sur Ω est bien
 y
 arctg + α− + π si x > 0
x



 π
f (x, y) = α− + si x = 0
 2
 arctg y + α−

si x < 0.


x
Champs qui dérivent d’un potentiel : corrigés 173

5. i) Comme F = grad f = (∂f /∂x , ∂f /∂y), on a


d + , ∂f + ∂f +
0= f t, u(t) = t, u(t) + u! (t)
, ,
t, u(t)
dt ∂x ∂y
= f1 t, u(t) + u! (t)f2 t, u(t) .
+ , + ,

ii) F (x, y) = (sin x, y 2 ), alors ∂f2 /∂x − ∂f1 /∂y = 0. Comme F est définie
sur tout R2 , on peut trouver un potentiel
y3
f (x, y) = − cos x + .
3
Donc une solution est donnée par (où k est une constante)
1 3
u (t) − cos t = k .
3
Comme de plus u (0) = 3, on déduit que k = 8 et donc
u(t) = (3 cos t + 24)1/3 .
6. i) En procédant comme dans l’exercice précédent, on constate que comme
W F = grad Φ,
on a
d + , ∂Φ ∂Φ
0= Φ t, u(t) = + u! (t) = W f1 + u! (t) W f2
dt ∂x ∂y
= W f1 + u! (t)f2 .
+ ,

Comme W (= 0, on déduit que toute solution de Φ t, u(t) = constante


+ ,

satisfait
f1 t, u(t) + u! (t) f2 t, u(t) = 0.
+ , + ,

ii) F (x, y) = 4x sin(xy) + y(x2 + 1) cos(xy) , (x2 + 1)x cos(xy) . On ne peut


+ ,
pas appliquer l’exercice précédent car
∂f2 ∂f1
− (= 0.
∂x ∂y
Par contre, si on considère
W F = (x2 + 1) 4x sin(xy) + y(x2 + 1) cos(xy) , (x2 + 1)2 x cos(xy) ,
+ > ? ,

on obtient
∂(W f2 ) ∂(W f1 )
=
∂x ∂y
= (1 + x2 ) cos(xy) + 5x2 cos(xy) − xy sin(xy) − x3 y sin(xy) .
> ?

On trouve le potentiel
Φ(x, y) = (1 + x2 )2 sin(xy).
174 Champs qui dérivent d’un potentiel : corrigés

On déduit qu’une solution est donnée, sous forme implicite, par


(1 + t2 )2 sin t u(t) = k = constante.
+ ,

7. i) On pose F = (α, β) et on trouve


∂α 2 ,−3 3 ,−3
= −x −2(2y) x2 + y 2 = 4xy x2 + y 2
+ +
∂y
∂β 2 ,−3 3 ,−3
= −y −2(2x) x2 + y 2 = 4xy x2 + y 2
+ +
,
∂x
d’où
rot F = 0.
Le candidat à être un potentiel doit satisfaire
∂f ,−2 (x2 + y 2 )−1
= α(x, y) = −x x2 + y 2 =⇒ f = + a(y)
+
∂x 2
∂f ,−2
= β(x, y) = −y x2 + y 2
+
∂y
2y + 2 ,−2 ,−2
=⇒ a! (y) − x + y2 = −y x2 + y 2
+
.
2
Par conséquent, le potentiel est donné par
1
f (x, y) = + constante
2(x2 + y2)
qui est un champ C 1 sur Ω.
ii) On pose G = (a, b) et on trouve
∂a ,−2 2 ,−3 3
= 3y 2 x2 + y 2 + y 3 −4y x2 + y 2
+ +
∂y
= x2 + y 2 )−3 (3y 2 x2 − y 4
+ ,

∂b ,−2 2 ,−3 3
= −y 2 x2 + y 2 − xy 2 −4x x2 + y 2
+ +
∂x
,−3 + 2 2
= x2 + y 2 3y x − y 4 ,
+ ,

et ainsi
rot G = 0.
Toutefois, si on prend Γ = (cos t, sin t), t ∈ [0, 2π] , on trouve
< =

9 92π
G · dl = sin t, − cos t sin2 t · − sin t, cos t dt
+ 3 , + ,

Γ 0

92π
=− sin2 t dt = −π (= 0.
0

Donc ce champ ne dérive pas d’un potentiel sur Ω = R2 \ (0, 0) .


< =
Chapitre 4

Théorème de Green : corrigés


99
1. i) Calcul de rot F dx dy.

On calcule d’abord le rotationnel de F , on trouve que
∂F2 ∂F1
rot F = − = −x.
∂x ∂y
On passe en coordonnées polaires, x = r cos t, y = r sin t, et le jacobien de
la transformation est égal à r. On a alors
99 91 92π
rot F dx dy = (−r cos t) r dr dt = 0.
Ω 0 0
9
ii) Calcul de F · dl.
∂Ω
On obtient donc, si ∂Ω est paramétrée par γ (t) = (cos t, sin t),
9 92π
F · dl = (cos t sin t, sin2 t) · (− sin t, cos t) dt
∂Ω 0

92π
= − cos t sin2 t + cos t sin2 t dt = 0.
+ ,

0
99
2. i) Calcul de rot F dx dy.

On a
∂F2 ∂F1
rot F =− = −1.
∂x ∂y
En utilisant les coordonnées polaires, on peut écrire
99 92 92π
rot F dx dy = (−1) r dr dθ = −3π.
Ω 1 0
176 Théorème de Green : corrigés

9
ii) Calcul de F · dl.
∂Ω
On a 9 9 9
F · dl = F · dl − F · dl,
∂Ω Γ0 Γ1

où l’on a posé

Γ0 = γ 0 (θ) = (2 cos θ, 2 sin θ) : θ ∈ [0, 2π] ,


< =

Γ1 = γ 1 (θ) = (cos θ, sin θ) : θ ∈ [0, 2π] .


< =

On trouve respectivement que


9 92π
F · dl = (2 cos θ + 2 sin θ , 4 sin2 θ) · (−2 sin θ , 2 cos θ) dθ = −4π
Γ0 0

9 92π
F · dl = (cos θ + sin θ , sin2 θ) · (− sin θ , cos θ) dθ = −π.
Γ1 0

On obtient par conséquent


9
F · dl = −3π.
∂Ω

3. i) On voit tout d’abord que ∆u(x, y) = ex . On a

Ω = (x, y) ∈ R2 : 0 ≤ x ≤ 1 et 0 ≤ y ≤ 1 − x ,
< =

et donc
9 91 1−x
9 91
?1
∆u dx dy = e dy dx = (1 − x) ex dx = (2 − x) ex 0 = e − 2.
x
>

Ω 0 0 0

ii) On a par ailleurs ∂Ω = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 , où

Γ1 = γ 1 (t) = (t, 0) : t ∈ [0, 1] =⇒ γ !1 (t) = (1, 0) =⇒ ν = (0, −1),


< =

1 1
4 5
Γ2 = γ 2 (t) = (1 − t, t) : t ∈ [0, 1] =⇒ γ 2 (t) = (−1, 1) =⇒ ν = √ , √ ,
!
< =
2 2
Γ3 = γ 3 (t) = (0, 1 − t) : t ∈ [0, 1] =⇒ γ 3 (t) = (0, −1) =⇒ ν = (−1, 0).
!
< =

Comme grad u = (ex , 1), on obtient (en posant grad u · ν = ∂u/∂ν)


91
∂u
9
dl = (et , 1) · (0, −1) dt = −1
∂ν
Γ1 0
Théorème de Green : corrigés 177

91 √
1
1 1
4 5
∂u
9 9
dl = (e1−t , 1) · √ ,√ 2 dt = (e1−t + 1) dt = e
∂ν 2 2
Γ2 0 0

91
∂u
9
dl = (1, 1) · (−1, 0) dt = −1 .
∂ν
Γ3 0

Le résultat suit alors immédiatement


∂u
9
dl = e − 2.
∂ν
∂Ω

Remarque : Le théorème de la divergence (corollaire du théorème de Green)


donne immédiatement
∂u
9 9 9 9
∆u = div(grad u) = (grad u · ν) dl = dl.
∂ν
Ω Ω ∂Ω ∂Ω

4. a) On
< vérifie d’abord le théorème de= Green pour F (x, y) = (−x2 y, xy 2 ) et
A = (x, y) ∈9 9R : x + (y − 1)2 < 1 .
2 2

i) Calcul de rotF dx dy.


A
On a
∂F2 ∂F1
rot F =
− = y 2 − (−x2 ) = x2 + y 2
∂x ∂y
et donc, en coordonnées polaires,

A = (x, y) ∈ R2 : x = r cos θ, y = 1 + r sin θ avec r ∈ [0, 1), θ ∈ (0, 2π) .


< =

Le jacobien de la transformation est égal à r. Un calcul élémentaire donne


91 92π

99
rot F dx dy = (r cos θ)2 + (1 + r sin θ)2 r dr dθ =
+ ,
.
2
A 0 0
9
ii) Calcul de F · dl.
∂A
La courbe est alors paramétrée par

∂A = (x, y) ∈ R2 : x = cos θ, y = 1 + sin θ, θ ∈ [0, 2π]


< =

et donc
9 92π
F · dl = −(1 + sin θ) cos2 θ , (1 + sin θ)2 cos θ · (− sin θ, cos θ) dθ
+ ,

∂A 0


= .
2
178 Théorème de Green : corrigés

b) On vérifie maintenant le théorème de Green pour

A = (x, y) ∈ R2 : x > 0 et x2 + y 2 < 1


< =

et 4 5
x
F (x, y) = , ϕ(y) avec ϕ ∈ C 1 (R).
2(1 + x2 + y 2 )
99
i) Calcul de rot F dx dy.
A
On trouve
C D
∂F2 ∂F1 xy xy
rot F = − =0− −+ ,2 =+ ,2
∂x ∂y 1 + x2 + y 2 1 + x2 + y 2

et (fig. 4.2)
E 4 5F
−π π
A = (x, y) ∈ R2 : x = r cos θ, y = r sin θ avec r ∈ [0, 1), θ ∈ , .
2 2

1
Γ1

Γ2

1 x

−1

Fig. 4.2

On obtient facilement

91 9π/2
r2 cos θ · sin θ
99
rot F dx dy = r + ,2 dr dθ = 0.
A 0 −π/2
1 + r2
9
ii) Calcul de F · dl.
∂A
On pose
Γ = ∂A = Γ1 ∪ Γ2 ,
Théorème de Green : corrigés 179

où
E - .F
−π π
Γ1 = (x, y) ∈ R : x = cos θ et y = sin θ avec θ ∈
2
,
2 2

Γ2 = (x, y) ∈ R2 : x = 0 et y = −t avec t ∈ [−1, 1] .


< =

On obtient ainsi

9π/2 4
cos θ
9 5
F · dl = , ϕ(sin θ) · (− sin θ, cos θ) dθ
4
Γ1 −π/2

9π/2 91
= ϕ(sin θ) cos θ dθ = ϕ(t) dt
−π/2 −1

et

9 91 91 91
F · dl = 0, ϕ(−t) · (0, −1) dt = − ϕ(−t) dt = −
+ ,
ϕ(u) du.
Γ2 −1 −1 −1

Le résultat final est donc


9
F · dl = 0 .
∂A
99
5. i) Calcul de rot F dx dy.
A
On trouve rot F = −x et A = A1 \ A2 , où

A1 = (x, y) ∈ R2 : x2 − 4 < y < 2


< =

A2 = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1
< =

et par conséquent
99 99 99
rot F dx dy = rot F dx dy − rot F dx dy.
A A1 A2

Un calcul immédiat donne

99 91 92π
− rot F dx dy = − −r cos θ r dr dθ = 0
A2 0 0
180 Théorème de Green : corrigés

et
√ √
99 9 6 92 96
rot F dx dy = (−x) dx dy = − x(2 − x2 + 4) dx
√ √
A1 − 6 x2 −4 − 6

96 - 4
.√6
x
=− (6x − x3 ) dx = − 3x2 − = 0.

4 −√6
− 6

On a donc 99
rot F dx dy = 0 .
A
9
ii) Calcul de F · dl.
∂A
On trouve que (fig. 4.3)

∂A = Γ0 ∪ Γ1 ∪ (−Γ2 )

où
G > √ √ ?H
Γ0 = α(t) = (−t, 2), t ∈ − 6, 6
G > √ √ ?H
Γ1 = β(t) = (t, t2 − 4), t ∈ − 6, 6

Γ2 = γ(t) = (cos t, sin t), t ∈ [0, 2π] .


< =

y
2 Γ0

√ √ x
− 6 6
Γ2
Γ1

Fig. 4.3
Théorème de Green : corrigés 181

Le calcul des intégrales curvilignes donne



9 96
F · dl = (−2t, 2) · (−1, 0) dt = 0,

Γ0 − 6

9 96
F · dl = t(t − 4), t2 − 4 · (1, 2t) dt = 0,
+ 2 ,

Γ1 − 6

9 92π
F · dl = − (cos t sin t , sin t) · (− sin t , cos t) dt = 0.
−Γ2 0

Le résultat final est donc


9 9 9 9
F · dl = F · dl + F · dl + F · dl = 0.
∂A Γ0 Γ1 −Γ2
99
6. i) Calcul de rot F dx dy.
A
On commence par écrire pour F = f (x, y) , g (x, y) ,
+ ,

√ 2
91 91−y
∂g ∂g
99
dx dy = dy (x, y) dx
∂x √ ∂x
A −1 2 − 1−y

91 I 6
+ 6 ,J
= g 1 − y 2 , y − g − 1 − y 2 , y dy
+ ,

−1

et

99 4 5 91 91−x2
−∂f ∂f
dx dy = − dx (x, y) dy
∂y √
∂y
A −1 − 1−x2

91 I 6 + 6 ,J
= f x, − 1 − x2 − f x, 1 − x2 dx.
+ ,

−1

On a donc trouvé que


99
rot F dx dy =
A

91 I 6 6 + 6 + 6 ,J
= g 1 − t2 , t + f t, − 1 − t2 − g − 1 − t2 , t − f t, 1 − t2 dt.
+ , + , ,

−1
182 Théorème de Green : corrigés

9
ii) Calcul de F · dl.
∂A
On note ∂A = Γ1 ∪ Γ2 avec
G + 6 H
−Γ1 = α(t) = t, 1 − t2 , t ∈ [−1, 1]
,

G 6 H
Γ2 = β(t) = t, − 1 − t2 , t ∈ [−1, 1] .
+ ,

(Strictement parlant, + les paramétrisations considérées ne sont pas admis-


/ C 1 [−1, 1] ; R2 ; toutefois il est facile de rendre rigoureux
sibles car α, β ∈
,

le calcul suivant et nous n’entrerons pas dans les détails.)


L’intégrale curviligne est alors donnée par

91 I 4 5
−t
9
+ 6 , + 6 ,3
F · dl = − f t, 1 − t2 , g t, 1 − t2 · 1, √ dt
1 − t2
∂A −1
91 I 4 5
6 6 ,3 t
+ f t, − 1 − t , g t, − 1 − t · 1, √
+ ? +
2 2 dt
1 − t2
−1

91 I 6 + 6 ,J
= f t, − 1 − t2 − f t, 1 − t2 dt
+ ,

−1
91 I 6 + 6 ,J t
+ g t, − 1 − t2 + g t, 1 − t2 √
+ ,
dt.
1 − t2
−1


On fait les changements
√ de variables s = − 1 − t2 dans la troisième inté-
grale et s = 1 − t2 dans la quatrième intégrale. On obtient

91 90
6 t +6
g t, − 1 − t2 √ dt = 1 − s2 , s ds
+ , ,
g
1 − t2
0 −1

90 90
6 t + 6
g t, − 1 − t2 √ dt = − g − 1 − s2 , s ds
+ , ,
1 − t2
−1 −1

91 91
+ 6 t +6
g t, 1 − t2 √ dt = 1 − s2 , s ds
, ,
g
1 − t2
0 0

90 91
+ 6 t + 6
g t, 1 − t2 √ dt = − g − 1 − s2 , s ds.
, ,
1 − t2
−1 0
Théorème de Green : corrigés 183

En combinant ces identités, on a bien


91 I 6 + 6 ,J t
g t, − 1 − t2 + g t, 1 − t2 √ dt =
+ ,
1 − t2
−1
91 I 6
+ 6 ,J
= g 1 − s2 , s − g − 1 − s2 , s ds.
+ ,

−1

Le théorème de Green est donc bien vérifié.


7. i) On est dans les hypothèses du corollaire 4.3, il suffit donc d’écrire
99 99 9
∆u dx dy = div(grad u) dx dy = (grad u · ν) dl.
Ω Ω ∂Ω

ii) Comme (cf. partie 3 du théorème 1.2) :


div(v grad u) = v∆u + (grad u · grad v)
on trouve, grâce au corollaire 4.3, la première identité de Green
99 99
v∆u + (grad u · grad v) dx dy = div(v grad u) dx dy
> ?

Ω Ω
9
= (v grad u · ν) dl
∂Ω
9
= v(grad u · ν) dl.
∂Ω

iii) Par la partie 3) du théorème 1.2, on a


u∆v − v∆u = div(u grad v) − div(v grad u).
Par conséquent, en appliquant le corollaire 4.3, on trouve la deuxième iden-
tité de Green, à savoir
99 99
(u∆v − v∆u) dx dy = div(u grad v) − div(v grad u) dx dy
> ?

Ω Ω
9
=
> ?
u(grad v · ν) − v(grad u · ν) dl.
∂Ω

8. On va simplifier la démonstration en considérant que< Ω n’a pas de trou = et


que ∂Ω est une courbe régulière donnée par ∂Ω = γ(t) : t ∈ [a, b] . On
sait (cf. définition 8.9) que le vecteur normal unitaire extérieur à Ω, ν, est
tel que
γ 2 (t) , −γ !1 (t)
+ ! ,
ν = (ν 1 , ν 2 ) = ;γ ! (t);
; ; .
184 Théorème de Green : corrigés

On pose Φ = (Φ1 , Φ2 ) où

Φ1 = −F2 et Φ2 = F1 .

On observe qu’alors

∂Φ2 ∂Φ1 ∂F1 ∂F2


rot Φ = − = + = div F
∂x ∂y ∂x ∂y

Φ · γ ! = Φ1 γ !1 + Φ2 γ !2 = (F1 ν 1 + F2 ν 2 );γ ! (t); = (F · ν);γ ! (t); .


; ; ; ;

En utilisant le théorème de Green on déduit le résultat, à savoir

99 99 9 9b
div F dx dy = rot Φ dx dy = Φ · dl = Φ γ(t) · γ ! (t) dt
+ ,

Ω Ω ∂Ω a

9b 9
= (F · ν);γ ! (t); dt = (F · ν) dl .
; ;

a ∂Ω

9. i) On remarque que rot F = 2 et que rot G1 = rot G2 = 1. Par conséquent,


en utilisant le théorème de Green, on obtient le résultat souhaité car

1 1
99 99 9
Aire (Ω) = dx dy = rot F dx dy = F · dl
2 2
Ω Ω ∂Ω
99 9 99 9
= rot G1 dx dy = G1 · dl = rot G2 dx dy = G2 · dl.
Ω ∂Ω Ω ∂Ω

ii) Si ∂Ω = γ (t) = γ 1 (t) , γ 2 (t) , t ∈ [a, b] , on a, d’après i),


< + , =

9b
1
Aire (Ω) = −γ 2 (t) , γ 1 (t) · γ !1 (t) , γ !2 (t) dt
+ , + ,
2
a

9b
1
= γ 1 (t) γ !2 (t) − γ !1 (t) γ 2 (t) dt
+ ,
2
a

9b 9b
= 0, γ 1 (t) · γ !1 (t) , γ !2 (t) dt = γ 1 (t) γ !2 (t) dt
+ , + ,

a a

9b 9b
= −γ 2 (t) , 0 · γ !1 (t) , γ !2 (t) dt = − γ !1 (t) γ 2 (t) dt.
+ , + ,

a a
Théorème de Green : corrigés 185

10∗ . Soient u, v ∈ C 2 (Ω) deux solutions de (D). Soit w = u − v. On a alors


8
∆w(x, y) = 0 (x, y) ∈ Ω
w(x, y) = 0 (x, y) ∈ ∂Ω .

Par la première identité de Green, on a ainsi


99 9 99
0= w∆w dx dy = w grad w · ν dl − wx + wy2 dx dy
+ , + 2 ,

Ω ∂Ω Ω
99
=− ;∇w;2 dx dy .
; ;

Donc ∇w ≡ 0 et comme Ω est un domaine, on déduit que w est constant


dans Ω. Comme w ∈ C 2 (Ω) et w = 0 sur ∂Ω, on infère que w ≡ 0, c’est-à-
dire u = v. On a donc bien montré que (D) admet au plus une solution.
Chapitre 5

Intégrales de surfaces : corrigés

1. On pose

σ(θ, z) = (z cos θ, z sin θ, z) avec (θ, z) ∈ A = (0, 2π) × (0, 1).

La normale est alors donnée par

σ θ ∧ σ z = (z cos θ, z sin θ, −z)


; √
;σ θ ∧ σ z ; = 2z.
;

On trouve donc
91 92π√ 1
√ 9 3 π
99
f ds = 2 z z cos θ sin θ + z dθ dz = 2π 2 z dz = √ .
+ 2 2
,
2
Σ 0 0 0

2. On a

σ(θ, r) = (r cos θ, r sin θ, r) avec (θ, r) ∈ A = (0, 2π) × (0, 1)


7 7
7 e1 e2 e3 77
7
σ θ ∧ σ r = 7 −r sin θ r cos θ 0 7 = (r cos θ, r sin θ, −r).
7 7
7 cos θ sin θ 1 7
7 7

Noter que la normale pointe dans la direction des z négatifs. On a donc

99 91 92π
F · ds = − r cos2 θ, r2 sin2 θ, r2 · r cos θ, r sin θ, −r dr dθ
+ 2 , + ,

Σ 0 0

91 92π 91
π
=− r cos θ + r sin θ − r dr dθ = 2π r3 dr = .
+ 3 3 3 3 3
,
2
0 0 0
188 Intégrales de surfaces : corrigés

3. Une paramétrisation de Σ est donnée par l’exercice précédent

Σ = σ(θ, r) = (r cos θ, r sin θ, r) : (θ, r) ∈ A = (0, 2π) × (0, 1) .


< =

La normale est alors donnée par



σ θ ∧ σ r = (r cos θ, r sin θ, −r) =⇒ .σ θ ∧ σ r . = 2 r.

On trouve alors
1 2π
√ 9 9 2 2π √
99 6
x + y ds = 2
2 2 r dr dθ = 2.
3
Σ 0 0

4. On a
6 − 3x
E F
Σ = σ(x, y) = (x, y, 6 − 3x − 2y) : 0 ≤ x ≤ 2, 0 ≤ y ≤ ,
2

et la normale est alors (noter qu’elle pointe dans une direction qui s’éloigne
de l’origine)
7 e1 e2 e3 7
7 7

σ x ∧ σ y = 77 1 0 −3 77 = (3, 2, 1).
7 7
7 0 1 −2 7

On obtient
99 92 (6−3x)/2
9
F · ds = (0, 6 − 3x − 2y, 6 − 3x − 2y) · (3, 2, 1) dy dx
Σ 0 0

92 (6−3x)/2
9
= 3(6 − 3x − 2y) dy dx = 18.
0 0

5. On écrit ∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 où

Σ1 = (x, y, z) ∈ R3 : z = x2 + y 2 et z ≤ 1
< =

= α(r, θ) = (r cos θ, r sin θ, r2 ) : 0 ≤ r ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ 2π ,


< =

Σ2 = (x, y, z) ∈ R3 : z = 1 et x2 + y 2 ≤ 1
< =

= β(r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 1) : 0 ≤ r ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ 2π .


< =

On calcule d’abord Aire (Σ1 ). On a


7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7 +
αr ∧ αθ = 7 cos θ sin θ 2r 7 = −2r2 cos θ, −2r2 sin θ, r
7 7 ,

7 −r sin θ r cos θ 0
7 7
7
6
;αr ∧ αθ ; = r 1 + 4r2 ,
; ;
Intégrales de surfaces : corrigés 189

et par conséquent

91 92π 6 91 6
Aire (Σ1 ) = r 1 + 4r2 dr dθ = 2π r 1 + 4r2 dr
0 0 0
.1
1+
-
,3/2 π 3/2
= 2π 1 + 4r2 = (5 − 1).
12 0 6

On détermine maintenant Aire (Σ2 ) (on pourrait calculer l’aire de Σ2 immé-


diatement en se rendant compte que Σ2 est le disque unité). On trouve
7 7
7 e1 e2 e3 77
7
β r ∧ β θ = 7 cos θ sin θ 0 7 = (0, 0, r),
7 7
7 −r sin θ r cos θ 0 7
7 7

et donc
91 92π
Aire (Σ2 ) = r dr dθ = π.
0 0

Le résultat souhaité est alors

Aire (∂Ω) = Aire (Σ1 ) + Aire (Σ2 ).

6. i) En ce qui concerne cet exercice on pourra tout d’abord se référer à


l’exemple 8.19. On a

(R + r cos ϕ) cos θ
   
x
u 
 y  − →  (R + r cos ϕ) sin θ  = u(r, θ, ϕ),

z r sin ϕ

donc
cos ϕ cos θ −(R + r cos ϕ) sin θ −r sin ϕ cos θ
 

∇u =  cos ϕ sin θ (R + r cos ϕ) cos θ −r sin ϕ sin θ  .


 

sin ϕ 0 r cos ϕ

Le jacobien est donc

|det ∇u| = r(R + r cos ϕ).

On déduit alors que

999 9a 92π92π 9a
Vol (Ω) = dx dy dz = r(R + r cos ϕ) dr dθ dϕ = 4π R 2
r dr
Ω 0 0 0 0

= 2π Ra .
2 2
190 Intégrales de surfaces : corrigés

ii) ∂Ω est paramétré par

σ(θ, ϕ) = (R + a cos ϕ) cos θ , (R + a cos ϕ) sin θ , a sin ϕ , θ, ϕ ∈ [0, 2π] .


+ ,

On trouve que
7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
σ θ ∧ σ ϕ = 7 −(R + a cos ϕ) sin θ (R + a cos ϕ) cos θ 0
7 7
7
7 −a sin ϕ cos θ −a sin ϕ sin θ a cos ϕ
7 7
7

a(R + a cos ϕ) cos ϕ cos θ


 

=  a(R + a cos ϕ) cos ϕ sin θ 


 

a(R + a cos ϕ) sin ϕ

et donc
.σ θ ∧ σ ϕ . = a(R + a cos ϕ).
iii) L’aire est alors donnée par

99 92π92π
Aire (∂Ω) = ds = a(R + a cos ϕ) dθ dϕ = 4π 2 Ra.
∂Ω 0 0

iv) On a finalement

999 9a 92π92π
z dx dy dz =
2
r r2 sin2 ϕ (R + r cos ϕ) dr dθ dϕ
+ ,

Ω 0 0 0

9a 92π
π 2 Ra4
= 2πR r dr3
sin2 ϕ dϕ = .
2
0 0
Chapitre 6

Théorème de la divergence :
corrigés
999
1. i) Calcul de div F dx dy dz.

On a tout de suite
div F = z + 1.
On passe aux coordonnées sphériques

x = r cos θ sin ϕ, y = r sin θ sin ϕ, z = r cos ϕ,

on trouve alors
999 91 92π9π
div F dx dy dz = (r cos ϕ + 1)r2 sin ϕ dϕ dθ dr
Ω 0 0 0

91 9π
= 2π (r3 cos ϕ sin ϕ + r2 sin ϕ) dϕ dr
0 0
9π 9π
π 2π 4π
= cos ϕ sin ϕ dϕ + sin ϕ dϕ = .
2 3 3
0 0
99
ii) Calcul de (F · ν) ds.
∂Ω
On paramètre ∂Ω = Σ par

σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ) , (θ, ϕ) ∈ [0, 2π] × [0, π] .

Le calcul de la normale donne

σ θ ∧ σ ϕ = − sin ϕ (cos θ sin ϕ , sin θ sin ϕ , cos ϕ) ,


192 Théorème de la divergence : corrigés

qui est une normale intérieure. On obtient ainsi


99
(F · ν) ds =
∂Ω
92π9π
= cos θ sin3 ϕ cos ϕ + sin2 θ sin3 ϕ + sin θ sin2 ϕ cos ϕ dϕ dθ
+ 2 ,

0 0

=π sin ϕ cos ϕ + sin3 ϕ dϕ
+ 3 ,

0

=π sin ϕ cos ϕ + sin ϕ − sin ϕ cos2 ϕ dϕ
+ 3 ,

0
9π 4 5!
sin4 ϕ cos3 ϕ 2 4π
- .
=π − cos ϕ + dϕ = π 0 + 2 − = .
4 3 3 3
0
999
2. i) Calcul de div F dx dy dz.

On a
div F = xy.
On choisit les coordonnées cylindriques (le jacobien est alors r)

x = r cos θ, y = r sin θ, z = z; z ∈ (0, 1), θ ∈ (0, 2π), r ∈ (0, z).

On trouve que

999 91 92π9z
div F dx dy dz = r2 cos θ sin θ r dr dθ dz
Ω 0 0 0

91 9z .2π
cos 2θ
-
= r − 3
dr dz = 0.
4 0
0 0
99
ii) Calcul de (F · ν) ds.
∂Ω
On pose
∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 ,
où

Σ1 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 ≤ 1 et z = 1
< =

Σ2 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = z 2 et z ∈ [0, 1] .
< =
Théorème de la divergence : corrigés 193

On paramètre Σ1 par
σ 1 (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 1) avec (r, θ) ∈ [0, 1] × [0, 2π] ,
on trouve alors que
7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
σ r ∧ σ θ = 7 cos θ
1 1
sin θ 0 7 = (0, 0, r) ,
7 7
7 −r sin θ r cos θ 0
7 7
7

qui est une normale extérieure, donc


99 92π91
(F · ν) ds = 0, 0, r2 cos θ sin θ · (0, 0, r) dr dθ
+ ,

Σ1 0 0

92π91
= r3 cos θ sin θ dr dθ = 0.
0 0

On paramètre Σ2 par
σ 2 (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, r) avec (r, θ) ∈ [0, 1] × [0, 2π],
on a alors
7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
σ 2r ∧ σ 2θ = 7 cos θ sin θ 1 7 = (−r cos θ, −r sin θ, r)
7 7
7 −r sin θ r cos θ 0
7 7
7

qui est une normale intérieure. On déduit


99 92π91
(F · ν) ds = 0, 0, r3 cos θ sin θ · (r cos θ, r sin θ, −r) dr dθ
+ ,

Σ2 0 0

92π91
= −r cos θ sin θ dr dθ = 0
+ 4 ,

0 0

et donc 99
(F · ν) ds = 0.
∂Ω
999
3. i) Calcul de div F dx dy dz.

On a immédiatement
div F = x + y + z
et
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : 0 < z < 1 − x − y, 0 < y < 1 − x, 0 < x < 1 ;
< =
194 Théorème de la divergence : corrigés

donc

999 9 1−x−y
91 1−x 9
div F dx dy dz = (x + y + z) dz dy dx
Ω 0 0 0

91 1−x
1 1
9
= 1 − (x + y)2 dy dx = .
+ ,
2 8
0 0

99
ii) Calcul de (F · ν) ds.
∂Ω
On a ∂Ω =Σ 1 ∪ Σ2 ∪ Σ3 ∪ Σ4 , où

Σ1 = α(x, z) = (x, 0, z) : 0 ≤ z ≤ 1 − x, 0 ≤ x ≤ 1
< =

Σ2 = β(x, y) = (x, y, 0) : 0 ≤ y ≤ 1 − x, 0 ≤ x ≤ 1
< =

Σ3 = γ(y, z) = (0, y, z) : 0 ≤ z ≤ 1 − y, 0 ≤ y ≤ 1
< =

Σ4 = δ(x, y) = (x, y, 1 − x − y) : 0 ≤ y ≤ 1 − x, 0 ≤ x ≤ 1 .
< =

Les normales correspondantes sont

7 e1 e2 e3
7 7
7
= 77 1 0 0 7 = (0, −1, 0)
7 7
αx ∧ αz 7
7 0 0 1 7

7 e1 e2 e3
7 7
7
= 77 1 0 0 7 = (0, 0, 1).
7 7
βx ∧ βy 7
7 0 1 0 7

7 e1 e2 e3
7 7
7
= 77 0 1 0 7 = (1, 0, 0).
7 7
γy ∧ γz 7
7 0 0 1 7

7 e1 e2 e3
7 7
7
= 77 1 0 7 = (1, 1, 1).
7 7
δx ∧ δ y −1 7
7 0 1 −1 7

qui sont des normales extérieures pour la première et la dernière et intérieu-


res pour les deux autres.
Noter alors que
99 99 99
(F · ν) ds = (F · ν) ds = (F · ν) ds = 0
Σ1 Σ2 Σ3
Théorème de la divergence : corrigés 195

et donc
99 99
(F · ν) ds = (F · ν) ds
∂Ω Σ4

91 1−x
1
9
= (xy , y(1 − x − y) , x(1 − x − y) · (1, 1, 1) dy dx = .
+ ,
8
0 0
999
4. i) Calcul de div F dx dy dz.

On a div F = 2(x + y + z). On pose
x = ar cos θ, y = ar sin θ, z = bt, avec 0 < θ < 2π, 0 < r < t < 1
et on trouve donc pour le jacobien
7 a cos θ −ar sin θ 0
7 7
7
7 7
7 a sin θ ar cos θ 0 7 = a2 br .
7 7
7 0 0
7 7
b 7
Ceci nous permet de calculer
999 92π 91 9t
div F dx dy dz = 2 dθ dt a2 br(ar cos θ + ar sin θ + bt) dr
Ω 0 0 0

91 9t
πa2 b2
= 4πa b 2 2
dt rt dr = .
2
0 0
99
ii) Calcul de (F · ν) ds.
∂Ω
On a ∂Ω =Σ 1 ∪ Σ2 où
Σ1 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 ≤ a2 , z = b
< =

= α(r, θ) = (r cos θ, r sin θ, b) : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ r ≤ a


< =

Σ2 = (x, y, z) ∈ R3 : b2 (x2 + y 2 ) = a2 z 2 et 0 ≤ z ≤ b
< =

= β(θ, t) = (at cos θ, at sin θ, bt) : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ t ≤ 1 .


< =

On trouve
7 7
7 e1 e2 e3 77
7
αr ∧ αθ = 7 cos θ sin θ 0 7 = (0, 0, r)
7 7
7 −r sin θ r cos θ 0 7
7 7

7 7
7 e1 e2 e3 77
7
β θ ∧ β t = 7 −at sin θ at cos θ 0 7 = (abt cos θ , abt sin θ , −a2 t)
7 7
7 a cos θ a sin θ
7 7
b 7
196 Théorème de la divergence : corrigés

qui sont toutes les deux des normales extérieures. On obtient donc

99 92π9a
(F · ν) ds = r cos2 θ, r2 sin2 θ, b2 · (0, 0, r) dr dθ = πa2 b2 .
+ 2 ,

Σ1 0 0

99 92π91
(F · ν) ds = a t cos2 θ, a2 t2 sin2 θ, b2 t2
+ 2 2 ,

Σ2 0 0

· abt cos θ, abt sin θ, −a2 t dt dθ


+ ,

91
π
= −2πa b 2 2
t3 dt = − a2 b2
2
0

et finalement
π 2 2
99
(F · ν) ds = a b .
2
∂Ω
999
5. i) Calcul de div F dx dy dz.

On obtient div F = 2x − 2y + 2z. On pose

x = r cos θ, y = r sin θ, z = z, avec 0 < r, z < 2, 0 < θ < 2π

et par conséquent

999 92π92 92
div F dx dy dz = (2r cos θ − 2r sin θ + 2z)r dr dθ dz = 16 π.
Ω 0 0 0

99
ii) Calcul de (F · ν) ds.
∂Ω
On voit que ∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 ∪ Σ3 où

Σ1 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 ≤ 4, z = 0
< =

= α(r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 0) : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ r ≤ 2


< =

Σ2 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 4, 0 ≤ z ≤ 2
< =

= β(θ, z) = (2 cos θ, 2 sin θ, z) : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ z ≤ 2


< =

Σ3 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 ≤ 4, z = 2
< =

= γ(r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 2) : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ r ≤ 2 .


< =
Théorème de la divergence : corrigés 197

Les normales sont alors données par

7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
αr ∧ αθ = 7 cos θ sin θ 0 7 = (0, 0, r)
7 7
7 −r sin θ r cos θ 0
7 7
7
7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
β θ ∧ β z = 7 −2 sin θ 2 cos θ 0 7 = (2 cos θ, 2 sin θ, 0)
7 7
7 0 0 1
7 7
7
7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
γ r ∧ γ θ = 7 cos θ sin θ 0 7 = (0, 0, r)
7 7
7 −r sin θ r cos θ 0
7 7
7

qui sont des normales extérieures pour les deux dernières et une normale
intérieure pour la première.
Ceci nous conduit à

99 92π92
(F · ν) ds = − r cos2 θ, −r2 sin2 θ, 0 · (0, 0, r) dr dθ = 0
+ 2 ,

Σ1 0 0

99 92π92
(F · ν) ds = 4 cos2 θ, −4 sin2 θ, z 2 · (2 cos θ, 2 sin θ, 0) dz dθ = 0
+ ,

Σ2 0 0

99 92π92
(F · ν) ds = r cos2 θ, −r2 sin2 θ, 4 · (0, 0, r) dr dθ = 16 π
+ 2 ,

Σ3 0 0

et donc à
99
(F · ν) ds = 16 π.
∂Ω

999
6. i) Calcul de div F dx dy dz.

On trouve immédiatement que div F = 3. On passe aux coordonnées cylin-
driques et on trouve (fig. 6.2)

E 2 √ 3 r2 6 F
Ω= (r cos θ, r sin θ, z) : θ ∈ (0, 2π) , r ∈ 0, 3 , < z < 4 − r2
3
198 Théorème de la divergence : corrigés

et donc
√ √
999 9 3 94−r2 92π
div F dx dy dz = 3 r dθ dz dr
Ω 0 r 2 /3 0

9 346
r2 19 π
5
= 6π 4−r −
2 r dr = .
3 2
0

r2
z=
3

1
r2 + z 2 = 4


3 2 r
(dessin dans le plan r, z)

Fig. 6.2
99
ii) Calcul de (F · ν) ds.
∂Ω
Noter que ∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 où
G I π JH
Σ1 = α(θ, ϕ) = (2 cos θ sin ϕ, 2 sin θ sin ϕ, 2 cos ϕ) : θ ∈ [0, 2π], ϕ ∈ 0,
3
2 √
E 4 5 F
r I J
Σ2 = β(r, θ) = r cos θ, r sin θ, : θ ∈ [0, 2π] , r ∈ 0, 3 .
3
Le calcul des normales donne
7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
αθ ∧ αϕ = 7 −2 sin θ sin ϕ 2 cos θ sin ϕ 0
7 7
7
7 2 cos θ cos ϕ 2 sin θ cos ϕ −2 sin ϕ
7 7
7

= −4 sin ϕ(cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ)


7 7
7 e1 e2 e3 77 4
2 77 = − 2 r2 cos θ , − 2 r2 sin θ , r
7 5
β r ∧ β θ = 77 cos θ
7
sin θ r 7 3 3
3 7
7 −r sin θ r cos θ 0 7
7

qui sont toutes les deux des normales intérieures.


Théorème de la divergence : corrigés 199

On peut donc calculer les intégrales de surface

99 9π/392π
(F · ν) ds = (2 cos θ sin ϕ, 2 sin θ sin ϕ, 2 cos ϕ)
>

Σ1 0 0

·(4 cos θ sin2 ϕ, 4 sin θ sin2 ϕ, 4 sin ϕ cos ϕ) dθ dϕ


?

9π/3
?π/3
= 16 π sin ϕ dϕ = 16 π − cos ϕ 0 = 8π
>

99
(F · ν) ds =
Σ2

92π 9 34
r2 2 2 2
5 4 5
= r cos θ , r sin θ , · r cos θ , r2 sin θ , −r dr dθ
3 3 3
0 0

9 34 .√3
2 3 r3 r4 9π 3π
5 -
= 2π r − dr = 2π = = .
3 3 12 0 6 2
0

On trouve donc
3π 19 π
99
(F · ν) ds = 8π + = .
2 2
∂Ω
999
7. i) Calcul de div F dx dy dz.

On trouve que
3
div F = .
1 + z2
En passant en coordonnées cylindriques, on a (fig. 6.3)
G π π H
Ω = (r cos θ, r sin θ, z) : tg r < z < 1, 0 < r < , <θ<π
4 2
et on déduit donc que

9π/4 9π 91
3
999
div F dx dy dz = r dz dθ dr
1 + z2
Ω 0 π/2 tg r

9π/4 9π/4I
3π ?1 3π π J 2 π 34
= arctg z tg r r dr = − r r dr =
>
.
2 2 4 4
0 0
200 Théorème de la divergence : corrigés

z = tg r

π r
4
(dessin dans le plan r, z avec angle de rotation θ ∈ [ π2 , π])

Fig. 6.3

99
ii) Calcul de (F · ν) ds.
∂Ω
On a ∂Ω =Σ 1 ∪ Σ2 ∪ Σ3 ∪ Σ4 , où

G πH
Σ1 = (0, y, z) : tg y ≤ z ≤ 1, 0 ≤ y ≤
4
G π H
Σ2 = (x, 0, z) : tg |x| ≤ z ≤ 1, − ≤ x ≤ 0
4
G π π H
Σ3 = α(r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 1), 0 ≤ r ≤ , ≤θ≤π
4 2
G π π H
Σ4 = β(r, θ) = (r cos θ, r sin θ, tg r) : 0 ≤ r ≤ , ≤θ≤π .
4 2

Les normales extérieures dans les deux premiers cas sont respectivement
(1, 0, 0) et (0, −1, 0). Les deux autres normales sont

7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
αr ∧ αθ = 7 cos θ sin θ 0 7 = (0, 0, r)
7 7
7 −r sin θ r cos θ 0
7 7
7

7 e1 e2 e3
7 7
7
1 7 = −r cos θ , −r sin θ , r
7 7 4 5
β r ∧ β θ = 77 cos θ sin θ
7 7
7 cos2 r 77 cos2 r cos2 r
7 −r sin θ r cos θ 0 7

qui sont, respectivement des normales extérieure et intérieure.


Théorème de la divergence : corrigés 201

Par conséquent, nous trouvons


9π/4 91 4
3y
99 5
(F · ν) ds = 0, , 5 · (1, 0, 0) dy dz = 0
1 + z2
Σ1 0 tg y

99 90 91
(F · ν) ds = (0, 0, 5) · (0, −1, 0) dx dz = 0
Σ2 −π/4 tg(−x)

9π/4 9π 4
3r sin θ 5π 2 π 32
99 5
(F · ν) ds = 0, , 5 · (0, 0, r) dθ dr =
2 4 4
Σ3 0 π/2

9π/4 9π 4
3r sin θ r cos θ r sin θ
99 5 4 5
(F · ν) ds = 0, ,5 · , , −r dθ dr
1 + tg2 r cos2 r cos2 r
Σ4 0 π/2

9π/4 9π 2 π 34 5π 2 π 32
= 3r sin θ − 5r dθ dr =
+ 2 2 ,

4 4 4
0 π/2

et ainsi 99 2 π 34
(F · ν) ds = .
4
∂Ω
999
8. i) Calcul de div F dx dy dz.

On a div F = 2(x+y +z). En passant en coordonnées cylindriques on trouve
que (fig. 6.4)
Ω = (r cos θ, r sin θ, z) : 0 < z < r < 1, θ ∈ (0, 2π)
< =

z=r

1 r
(dessin dans le plan r, z)

Fig. 6.4
202 Théorème de la divergence : corrigés

et donc

999 92π 91 9r
div F dx dy dz = dθ dr 2(r cos θ + r sin θ + z)r dz
Ω 0 0 0

91 9r 91
π
= 2π r dr 2z dz = 2π r3 dr = .
2
0 0 0

99
ii) Calcul de (F · ν) ds.
∂Ω
On a ∂Ω =Σ 1 ∪ Σ2 ∪ Σ3 où

Σ1 = α(r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 0) : 0 ≤ r ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ 2π


< =

Σ2 = β(θ, z) = (cos θ, sin θ, z) : 0 ≤ z ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ 2π


< =

Σ3 = γ(r, θ) = (r cos θ, r sin θ, r) : 0 ≤ r ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ 2π .


< =

Les normales sont alors


7 7
7 e1 e2 e3 77
7
αr ∧ αθ = 7 cos θ sin θ 0 7 = (0, 0, r)
7 7
7 −r sin θ r cos θ 0 7
7 7

7 7
7 e1 e2 e3 77
7
β θ ∧ β z = 7 − sin θ cos θ 0 7 = (cos θ, sin θ, 0)
7 7
7 0 0 1 7
7 7

7 7
7 e1 e2 e3 77
7
γ r ∧ γ θ = 7 cos θ sin θ 1 7 = (−r cos θ, −r sin θ, r)
7 7
7 −r sin θ r cos θ 0 7
7 7

qui sont respectivement des normales extérieures pour les deux dernières et
intérieure pour la première. On trouve alors

99 91 92π
(F · ν) ds = r cos2 θ, r2 sin2 θ, 0 · (0, 0, −r) dθ dr = 0
+ 2 ,

Σ1 0 0

99 91 92π
(F · ν) ds = cos θ, sin2 θ, z 2 · (cos θ, sin θ, 0) dθ dz = 0
+ 2 ,

Σ2 0 0
Théorème de la divergence : corrigés 203

99 91 92π
(F · ν) ds = r cos2 θ, r2 sin2 θ, r2 · (−r cos θ, −r sin θ, r) dθ dr
+ 2 ,

Σ3 0 0

91
π
= 2π r3 dr =
2
0

d’où le résultat.
999
9. i) Calcul de div F dx dy dz.

On trouve div F = 2z. On passe en coordonnées cylindriques et on déduit
que (fig. 6.5)
G π π H
Ω = (r cos θ, r sin θ, z) : 0 < z < 2, − < θ < , 0 < 2r < 4 − z
2 2

et donc

999 92 2−z/2
9 9π/2
div F dx dy dz = 2zr dθ dr dz
Ω 0 0 −π/2

92 2 z 32 11 π
=π z 2− dz = .
2 3
0

z = 4 − 2r

2 r
(dessin dans le plan r, z avec angle de rotation θ ∈ [− π2 , 2 ])
π

Fig. 6.5
204 Théorème de la divergence : corrigés

99
ii) Calcul de (F · ν) ds.
∂Ω
On voit que ∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 ∪ Σ3 ∪ Σ4 avec

Σ1 = α (y, z) = (0, y, z) : z ∈ [0, 2] et 2|y| ≤ 4 − z


< =

G π π H
Σ2 = β (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 0) : − ≤ θ ≤ , r ≤ 2
2 2
G π π H
Σ3 = γ (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 2) : − ≤ θ ≤ , r ≤ 1
2 2
G π π H
Σ4 = δ (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 4 − 2r) : − ≤ θ ≤ , 1 ≤ r ≤ 2 .
2 2

Les normales sont alors

αy ∧ αz = (1, 0, 0)
β r ∧ β θ = (0, 0, r)
γ r ∧ γ θ = (0, 0, r)
δ r ∧ δ θ = (2r cos θ, 2r sin θ, r),

et ce sont des normales intérieures pour les deux premières et extérieures


pour les deux suivantes.
On trouve en conséquence

99 92 (2−z/2)
9
(F · ν) ds = 2, 0, z 2 · (−1, 0, 0) dy dz = −12
+ ,

Σ1 0 −(2−z/2)

9π/2 92
64
99
(F · ν) ds = 2, 0, r3 cos θ sin2 θ · (0, 0, −r) dr dθ = −
+ ,
15
Σ2 −π/2 0

99 9π/2 91
(F · ν) ds = 2, 0, r3 cos θ sin2 θ + 4 · (0, 0, r) dr dθ
+ ,

Σ3 −π/2 0

9π/2 91
2
= r cos θ sin2 θ + 4r dr dθ = + 2π
+ 4 ,
15
−π/2 0
Théorème de la divergence : corrigés 205
99
(F · ν) ds =
Σ4

9π/2 92
= 2, 0, r3 cos θ sin2 θ + (4 − 2r)2 · (2r cos θ, 2r sin θ, r) dr dθ
+ ,

−π/2 1

9π/2 92
62 5π
= 4r cos θ + r4 cos θ sin2 θ + r(4 − 2r)2 dr dθ = 12 + +
+ ,
.
15 3
−π/2 1

On a ainsi le résultat souhaité


4 99
11 π
99 /
(F · ν) ds = (F · ν) ds = .
i=1
3
∂Ω Σi
999
10. i) Calcul de div F dx dy dz.

On voit tout de suite que div F = 2x. On passe en coordonnées cylindriques
et on obtient (fig. 6.6)
8 √
15
Ω = (r cos θ, r sin θ, z) : 0 < r < ,
4
K
6 6
4 − r > z > 2 − 1 − r , 0 < θ < 2π
2 2

et donc
√ √
999 915/4 94−r2 92π
div F dx dy dz = (2r cos θ) r dθ dz dr = 0.

Ω 0 2− 1−r 2 0

z
r2 + (z − 2)2 = 1


15 2 r
4

r2 + z 2 = 4

(dessin dans le plan r, z)

Fig. 6.6
206 Théorème de la divergence : corrigés

99
ii) Calcul de (F · ν) ds.
∂Ω
On a ∂Ω =Σ 1 ∪ Σ2 où
8 √ K
2 6 3 15
Σ1 = α(r, θ) = r cos θ, r sin θ, 4 − r2 , 0 ≤ r ≤ , 0 ≤ θ ≤ 2π
4
8
2 6 3
Σ2 = β(r, θ) = r cos θ, r sin θ, 2 − 1 − r2
√ K
15
, 0≤r≤ , 0 ≤ θ ≤ 2π .
4

On trouve

αr ∧ αθ =
7 7
7 e1 e2 e3 7
2
r2
7 7 4
−r
5
= 77 cos θ sin θ 7= √ r cos θ, √ sin θ, r
7 7

7 4 − r2 7
7 4 − r2 4 − r2
7 −r sin θ r cos θ 0 7

βr ∧ βθ =
7 7
7 e1 e2 e3 7
2
r −r2
7 7 4
7 = √ −r
5
= 77 cos θ sin θ cos θ, √ sin θ, r
7 7

1 − r2 7 1 − r2 1 − r2
7 −r sin θ r cos θ 0
7 7
7

la première est une normale extérieure alors que la seconde est intérieure.
Ceci nous conduit à
99
(F · ν) ds =
Σ1

915/492π
r2 r2
4 5
= r cos2 θ, 0, 0 · √ cos θ, √ sin θ, r dθdr = 0
+ 2 ,
4 − r2 4 − r2
0 0
99
(F · ν) ds =
Σ2

915/492π
r2 r2
4 5
= r cos2 θ, 0, 0 · √ cos θ, √ sin θ, −r dθdr = 0
+ 2 ,
1 − r2 1 − r2
0 0

et par conséquent 99
(F · ν) ds = 0.
∂Ω
Théorème de la divergence : corrigés 207

11. On remarque tout d’abord que

div F = 3 et div Gi = 1, i = 1, 2, 3.

Par conséquent, en apppliquant le théorème de la divergence, on obtient


1 1
999 999 99
Vol(Ω) = dx dy dz = div F dx dy dz = (F · ν) ds
3 3
Ω Ω ∂Ω
999 99
= div Gi dx dy dz = (Gi · ν) ds.
Ω ∂Ω

12. i) Le théorème 1.2 donne

div(v grad u) = v∆u + (grad u · grad v)


div(v grad u) − div(u grad v) = v∆u − u∆v.

ii) Par le théorème de la divergence, on a donc


999 999
v∆u + (grad u · grad v) dx dy dz = div(v∆u) dx dy dz
> ?

Ω Ω

∂u
99 99
= (v grad u · ν) ds = v ds.
∂ν
∂Ω ∂Ω

iii) Par le théorème de la divergence, on trouve ainsi


999 99
(v∆u − u∆v) dx dy dz = (v grad u − u grad v) · ν ds
Ω ∂Ω
99 4 5
∂u ∂v
= v −u ds.
∂ν ∂ν
∂Ω

13 . i) Comme

∂u
999 99
∆u(x, y, z) dx dy dz = ds
∂ν
Ω ∂Ω

on a la condition nécéssaire
999 99
f (x, y, z) dx dy dz = ϕ ds.
Ω ∂Ω

Noter que si u est une solution de (N ), alors u + c est aussi une solution
pour n’importe quel c ∈ R.
ii) De plus, si u et v sont deux solutions, on obtient, exactement comme
dans l’exercice 10∗ du chapitre 4, que u − v = constante. Il y a donc unicité
des solutions à une constante près.
Chapitre 7

Théorème de Stokes : corrigés


99
1. i) Calcul de rot F · ds.
Σ
On trouve que

e1 e2 e3
7 7
7 7
7 7
∂ ∂ ∂
rot F = 77 7 = −2z, 0, −x2
7 7 + ,
7 ∂x ∂y ∂z 7
7
7 x2 y z2 0 7

et si A = (0, 2π) × (0, 1) alors

Σ = σ(θ, z) = (z cos θ, z sin θ, z), avec (θ, z) ∈ A .


< =

La normale est alors


7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
σ θ ∧ σ z = 7 −z sin θ z cos θ 0 7 = (z cos θ, z sin θ, −z).
7 7
7 cos θ sin θ 1
7 7
7

On a ainsi
99 92π91
rot F · ds = −2z, 0, −z 2 cos2 θ · (z cos θ, z sin θ, −z) dz dθ
+ ,

Σ 0 0

92π91 91
π
= z cos θ dz dθ = π
3 2
z 3 dz = .
4
0 0 0
9
ii) Calcul de F · dl.
∂Σ
On a
σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4 ,
210 Théorème de Stokes : corrigés

avec
Γ1 = σ (θ, 0) = (0, 0, 0)
< =

Γ2 = σ (2π, z) = (z, 0, z) : z : 0 → 1
< =

Γ3 = σ (θ, 1) = (cos θ, sin θ, 1) : θ : 2π → 0


< =

Γ4 = σ (0, z) = (z, 0, z) : z : 1 → 0 = −Γ2 .


< =

On voit alors que ∂Σ =Γ 3 qui est parcouru négativement. On obtient par


conséquent
9 92π
F · dl = − cos θ sin θ, 1, 0 · (− sin θ, cos θ, 0) dθ
+ 2 ,

∂Σ 0

92π
π
= cos2 θ sin2 θ dθ = .
4
0
99
2. i) Calcul de rot F · ds.
Σ
On a
e1 e2 e3
7 7
7 7
7 7
∂ ∂ ∂
rot F = 77 7 = −1, −1, −x2
7 7 + ,
7 ∂x ∂y ∂z 7
7
7 x2 y z x 7

et si A = (0, 1) × (0, 2π), alors


Σ = σ(r, θ) = r2 cos θ, r2 sin θ, r : (r, θ) ∈ A .
< + , =

La normale est donnée par


7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7 +
σ r ∧ σ θ = 7 2r cos θ 2r sin θ 1 7 = −r2 cos θ, −r2 sin θ, 2r3
7 7 ,

7 −r2 sin θ r2 cos θ 0


7 7
7

et par conséquent
99 91 92π
rot F · ds = −1, −1, −r4 cos2 θ · −r2 cos θ, −r2 sin θ, 2r3 dθ dr
+ , + ,

Σ 0 0

91 92π
π
=− 2r7 cos2 θ dθ dr = − .
4
0 0
9
ii) Calcul de F · dl.
∂Σ
Théorème de Stokes : corrigés 211

On obtient par ailleurs


σ(∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4 ,
où
Γ1 = σ(r, 0) = (r2 , 0, r) : r : 0 → 1
< =

Γ2 = σ(1, θ) = (cos θ, sin θ, 1) : θ : 0 → 2π


< =

Γ3 = σ(r, 2π) = (r2 , 0, r) : r : 1 → 0 = −Γ1


< =

Γ4 = σ(0, θ) = (0, 0, 0) : θ : 2π → 0 .
< =

On déduit donc que ∂Σ = Γ2 et qu’il est parcouru positivement. Il vient


alors
9 92π
F · dl = cos θ sin θ, 1, cos θ · (− sin θ, cos θ, 0) dθ
+ 2 ,

∂Σ 0

92π
π
=− cos2 θ sin2 θ dθ = − .
4
0
99
3. i) Calcul de rot F · ds.
Σ
Un calcul immédiat donne
7 e1 e2 e3
7 7
7
7 7
7 ∂ ∂ ∂
rot F = 77 7 = 0, 0, −3x2 y 2 .
7 + ,
7 ∂x ∂y ∂z 7
7
7 x2 y 3 1 z 7

De plus, si on pose A = (0, 2π) × (0, π/2), on a


Σ = σ(θ, ϕ) = R(cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ), où (θ, ϕ) ∈ A .
< =

On trouve
7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
σ θ ∧ σ ϕ = R 7 − sin θ sin ϕ cos θ sin ϕ
27
0
7
7
7 cos θ cos ϕ sin θ cos ϕ − sin ϕ
7 7
7

= −R2 sin ϕ(cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ)


et on infère donc que
99 92π 9π/2
rot F · ds = 3R 6
cos2 θ sin2 θ sin5 ϕ cos ϕ dϕ dθ
Σ 0 0

92π
R6 πR6
= cos2 θ sin2 θ dθ = .
2 8
0
212 Théorème de Stokes : corrigés

9
ii) Calcul de F · dl.
∂Σ
On trouve alors que

σ(∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4 ,

où

Γ1 = σ(θ, 0) = R(0, 0, 1) : θ : 0 → 2π
< =

G πH
Γ2 = σ(2π, ϕ) = R(sin ϕ, 0, cos ϕ) : ϕ : 0 →
2
G π H
Γ3 = σ(θ, ) = R(cos θ, sin θ, 0) : θ : 2π → 0
2
G π H
Γ4 = σ(0, ϕ) = R(sin ϕ, 0, cos ϕ) : ϕ : → 0 = −Γ2 .
2

On conclut donc que ∂Σ = Γ3 qui est parcouru négativement et ainsi

9 92π
F · dl = − R cos2 θ sin3 θ, 1, 0 · (−R sin θ, R cos θ, 0) dθ
+ 5 ,

∂Σ 0

92π
πR6
=R 6
cos2 θ sin4 θ dθ = .
8
0

99
4. i) Calcul de rot F · ds.
Σ
On voit tout d’abord que

e1 e2 e3
7 7
7 7
7 7
∂ ∂ ∂
rot F = 77 7 = (1 − x, 0, z + 2) .
7 7
7 ∂x ∂y ∂z 7
7
7 −2y xz y 7

En posant A = (2/3, 2) × (−π/2, π/2), on obtient

3
E 4 5 F
Σ = σ(r, θ) = r cos θ, r sin θ, − r + 3 , où (r, θ) ∈ A .
2

On obtient
7 7
7 e1 e2 e3 7 4
3 3
7 7 5
σ r ∧ σ θ = 7 cos θ sin θ −3/2 7= r cos θ, r sin θ, r
7 7
2 2
7 −r sin θ r cos θ 0
7 7
7
Théorème de Stokes : corrigés 213

et donc

99
rot F · ds =
Σ

92 9π/2 4
3 3 3
5 4 5
= 1 − r cos θ, 0, − r + 5 · r cos θ, r sin θ, r dθ dr
2 2 2
2/3 −π/2

92 9π/2 4
3 3 3 16 28 π
5
= r cos θ − r2 cos2 θ − r2 + 5r dθ dr = + .
2 2 2 3 9
2/3 −π/2

9
ii) Calcul de F · dl.
∂Σ
Noter que ∂Σ = σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4 et

3 2
E 2 4 5 F
π3
Γ1 = σ r, − = 0, −r, − r + 3 : r : → 2
2 2 3
G π πH
Γ2 = σ(2, θ) = (2 cos θ, 2 sin θ, 0) : θ : − →
2 2
3 2
E 2 4 5 F
π3
Γ3 = σ r, = 0, r, − r + 3 : r : 2 →
2 2 3

2 2 2
E 4 5 4 5 F
π π
Γ4 = σ ,θ = cos θ, sin θ, 2 : θ : → − .
3 3 3 2 2

On a donc

92
3 8
9 4 5
F · dl = (2r, 0, −r) · 0, −1, − dr =
2 3
Γ1 2/3

9 9π/2
F · dl = (−4 sin θ, 0, 2 sin θ) · (−2 sin θ, 2 cos θ, 0) dθ = 4π
Γ2 −π/2

92
3 8
9 4 5
F · dl = − (−2r, 0, r) · 0, 1, − dr =
2 3
Γ3 2/3
214 Théorème de Stokes : corrigés

9π/2 4
4 4 2 2 2
9 5 4 5
F · dl = − − sin θ, cos θ, sin θ · − sin θ, cos θ, 0 dθ
3 3 3 3 3
Γ4 −π/2

9π/2 4
8 8 8
5
=− sin2 θ + cos2 θ dθ = − π.
9 9 9
−π/2

Par conséquent, on a bien obtenu

16 28
9
F · dl = + π.
3 9
∂Σ
99
5. i) Calcul de rot F · ds.
Σ
On passe en coordonnées sphériques et on écrit pour A = (0, π/2) ×
(π/6, π/3)

Σ = σ(θ, ϕ) = (2 cos θ sin ϕ, 2 sin θ sin ϕ, 2 cos ϕ) avec (θ, ϕ) ∈ A .


< =

On trouve
7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
σ θ ∧ σ ϕ = 7 −2 sin θ sin ϕ 2 cos θ sin ϕ 0
7 7
7
7 2 cos θ cos ϕ 2 sin θ cos ϕ −2 sin ϕ
7 7
7

= −4 sin ϕ (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) .

Comme
e1 e2 e3
7 7
7 7
7 7
∂ ∂ ∂
rot F = 77 7 = (−2z, 0, 0) ,
7 7
7 ∂x ∂y ∂z 7
7
7 0 z2 0 7

on obtient
99
rot F · ds =
Σ

9π/2 9π/3
= −4 sin ϕ (−4 cos ϕ, 0, 0) · (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) dϕ dθ
0 π/6

9π/3 9π/2 √ 2
= 16 cos θ cos ϕ sin2 ϕ dθ dϕ = 2 3 − .
3
π/6 0
Théorème de Stokes : corrigés 215
9
ii) Calcul de F · dl.
∂Σ
4
On a ∂Σ = σ (∂A) = Γi , où (fig. 7.1)
L
i=1

G 2 π3 2 √ 3 πH
Γ1 = σ θ, = cos θ, sin θ, 3 : θ : 0 →
6 2
G 2π 3 π πH
Γ2 = σ , ϕ = (0, 2 sin ϕ, 2 cos ϕ) : ϕ : →
2 6 3
G 2 π 3 2√ √ 3 π H
Γ3 = σ θ, = 3 cos θ, 3 sin θ, 1 : θ : → 0
3 2
G π πH
Γ4 = σ(0, ϕ) = (2 sin ϕ, 0, 2 cos ϕ) : ϕ : → .
3 6

σ
2 x2 + y 2 + z 2 = 4
ϕ
π
3 √
π 3
6
1
O π θ
2 y

Fig. 7.1

Un calcul immédiat conduit à

9 9π/2 9π/2
F · dl = (0, 3, 0) · (− sin θ, cos θ, 0) dθ = 3 cos θ dθ = 3
Γ1 0 0

9 9π/3
F · dl = (0, 4 cos2 ϕ, 0) · (0, 2 cos ϕ, −2 sin ϕ) dϕ
Γ2 π/6

9π/3 √ 11
= 8 cos3 ϕ dϕ = 3 3 −
3
π/6
216 Théorème de Stokes : corrigés

9 9π/2 2 √ √ 3 √
F · dl = − (0, 1, 0) · − 3 sin θ, 3 cos θ, 0 dθ = − 3
Γ3 0

9 9π/3
F · dl = − (0, 4 cos2 ϕ, 0) · (2 cos ϕ, 0, −2 sin ϕ) dϕ = 0.
Γ4 π/6

On a donc bien
4 9
√ 2
9 /
F · dl = F · dl = 2 3 − .
i=1 Γ
3
∂Σ i

99
6. i) Calcul de rot F · ds.
Σ
On trouve tout de suite que

e1 e2 e3
7 7
7 7
7 7
∂ ∂ ∂
rot F = 77 7 = (1, 0, 0).
7 7
7 ∂x ∂y ∂z 7
7
7 0 0 y + z2 7

De plus, on écrit (fig. 7.2)


E
Σ = σ(θ, ϕ) = (2 cos θ sin ϕ, 2 sin θ sin ϕ, 2 cos ϕ) :

z y πH
0 ≤ arccos = ϕ ≤ arctg = θ ≤ .
2 x 2

ϕ=θ

π
2 θ

Fig. 7.2
Théorème de Stokes : corrigés 217

On a donc ici G πH
A = (θ, ϕ) : 0 < ϕ < θ < .
2
On obtient
7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
σ θ ∧ σ ϕ = 7 −2 sin θ sin ϕ 2 cos θ sin ϕ 0
7 7
7
7 2 cos θ cos ϕ 2 sin θ cos ϕ −2 sin ϕ
7 7
7

= −4 sin ϕ(cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ)

et donc
99
rot F · ds =
Σ

9π/29θ
=4 (1, 0, 0) · (− cos θ sin2 ϕ, − sin θ sin2 ϕ, − cos ϕ sin ϕ) dϕ dθ
0 0

9π/2 9θ 9π/2
θ 1 8
- .
= −4 cos θ dθ sin ϕ dϕ = −4
2
cos θ − sin 2θ dθ = − π.
2 4 3
0 0 0
9
ii) Calcul de F · dl.
∂Σ
On a
σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ,

où
G πH
Γ1 = σ(θ, 0) = (0, 0, 2) : θ : 0 →
2
G 2π 3 πH
Γ2 = σ , ϕ = (0, 2 sin ϕ, 2 cos ϕ) : ϕ : 0 →
2 2
G π H
Γ3 = σ(θ, θ) = 2 cos θ sin θ, 2 sin2 θ, 2 cos θ : θ : → 0 .
+ ,
2
On trouve donc ∂Σ = Γ2 ∪ Γ3 et par conséquent

9 9π/2
F · dl = 0, 0, 2 sin ϕ + 4 cos2 ϕ · (0, 2 cos ϕ, −2 sin ϕ) dϕ
+ ,

Γ2 0

9π/2
8
4 5
=− 4 sin ϕ + 8 cos ϕ sin ϕ dϕ = −
2 2
+π .
+ ,
3
0
218 Théorème de Stokes : corrigés

9 9π/2
F · dl = − 0, 0, 2 sin2 θ + 4 cos2 θ · (2 cos 2θ, 4 sin θ cos θ, −2 sin θ) dθ
+ ,

Γ3 0

9π/2
16
= 4 sin3 θ + 8 cos2 θ sin θ dθ =
+ ,
.
3
0

On a bien obtenu le résultat souhaité


8
9
F · dl = − π.
3
∂Σ
99
7. i) Calcul de rot F · ds.
Σ
On a
e1 e2 e3
7 7
7 7
7 7
∂ ∂ ∂
rot F = 77 7 = (0, 0, 2x).
7 7
7 ∂x ∂y ∂z 7
7
7 0 x2 0 7

On trouve (fig. 7.3)


Σ = σ (x, y) = (x, y, 0) ∈ R3 : (x, y) ∈ A
< =

A = (x, y) ∈ R2 : x ∈ (1, 2), 2x − 2 < y < x


< =
7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
σ x ∧ σ y = 7 1 0 0 7 = (0, 0, 1)
7 7
7 0 1 0 7
7 7

92 9x
4
99
rot F · ds = 2x dy dx = .
3
Σ 1 2x−2

1 2 x

Fig. 7.3
Théorème de Stokes : corrigés 219
9
ii) Calcul de F · dl.
∂Σ
On trouve que ∂Σ = σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 , où

Γ1 = σ (x, 2x − 2) = (x, 2x − 2, 0) : x : 1 → 2
< =

Γ2 = σ (x, x) = (x, x, 0) : x : 2 → 1
< =

Γ3 = σ (1, y) = (1, y, 0) : y : 1 → 0 .
< =

Le calcul donne alors

92
14
9
F · dl = 0, x2 , 0 · (1, 2, 0) dx =
+ ,
3
Γ1 1

92
7
9
F · dl = − 0, x2 , 0 · (1, 1, 0) dx = −
+ ,
3
Γ2 1

9 91
F · dl = − (0, 1, 0) · (0, 1, 0) dy = −1.
Γ3 0

Le résultat suit directement

14 7 4
9
F · dl = − −1= .
3 3 3
∂Σ

99
8. i) Calcul de rot F · ds.
Σ
On trouve si A = (0, 1) × (0, 2π) que

Σ = σ(r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 1 − r cos θ) , où (r, θ) ∈ A .


< =

7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
σ r ∧ σ θ = 7 cos θ sin θ − cos θ 7 = (r, 0, r) .
7 7
7 −r sin θ r cos θ r sin θ
7 7
7

On obtient ainsi

e1 e2 e3
7 7
7 7
7 7
∂ ∂ ∂
rot F = 77 7 = (−x, −2x, z − x)
7 7
7 ∂x ∂y ∂z 7
7
7 xy xz x2 7
220 Théorème de Stokes : corrigés

et donc

99 91 92π
rot F · ds = (−r cos θ, −2r cos θ, 1 − 2r cos θ) · (r, 0, r) dθ dr
Σ 0 0

91 92π
= −3r2 cos θ + r dθ dr = π.
+ ,

0 0

9
ii) Calcul de F · dl.
∂Σ
On a

σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4 ,

avec

Γ1 = σ(r, 0) = (r, 0, 1 − r) : r : 0 → 1
< =

Γ2 = σ(1, θ) = (cos θ, sin θ, 1 − cos θ) : θ : 0 → 2π


< =

Γ3 = σ(r, 2π) = (r, 0, 1 − r) : r : 1 → 0 = −Γ1


< =

Γ4 = σ(0, θ) = (0, 0, 1) .
< =

On a donc ∂Σ = Γ2 qui est parcouru positivement et ainsi

9 92π
F · dl = cos θ sin θ, cos θ(1 − cos θ), cos2 θ · (− sin θ, cos θ, sin θ) dθ
+ ,

∂Σ 0

92π
= − cos θ sin2 θ + cos2 θ − cos3 θ + cos2 θ sin θ dθ = π.
+ ,

99
9. i) Calcul de rot F · ds.
Σ
On trouve
e1 e2 e3
7 7
7 7
7 7
∂ ∂ ∂
rot F = 77 7 = (0, 1, 0).
7 7
7 ∂x ∂y ∂z 7
7
7 z y 0 7
Théorème de Stokes : corrigés 221

On pose (fig. 7.4)

Σ = σ (x, y) = (x, y, sin(3x + 2y)) ∈ R3 : (x, y) ∈ A


< =

G πH
A = (x, y) ∈ R2 : x, y > 0, x + y <
2

π
2

π x
2

Fig. 7.4

et on obtient
7 7
7 e1 e2 e3 7
7 7
σ x ∧ σ y = 7 1 0 3 cos(3x + 2y) 7
7 7
7 0 1 2 cos(3x + 2y) 7
7 7

= −3 cos(3x + 2y), −2 cos(3x + 2y), 1 .


+ ,

On a alors
99
rot F · ds =
Σ

9π/2 −x+π/2
9
= (0, 1, 0) · −3 cos(3x + 2y), −2 cos(3x + 2y), 1 dy dx
+ ,

0 0

9π/2 9π/2
?−x+π/2 4
= − sin(3x + 2y) 0 dx = sin 3x − sin(x + π) dx = .
> + ,
3
0 0
222 Théorème de Stokes : corrigés

9
ii) Calcul de F · dl.
∂Σ
On trouve que ∂Σ = σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 , où
G πH
Γ1 = σ (x, 0) = (x, 0, sin 3x) : x : 0 →
2
G 2 π 3 2 π 3 π H
Γ2 = σ x, − x = x, − x, sin(x + π) : x : → 0
2 2 2
G π H
Γ3 = σ (0, y) = (0, y, sin 2y) : y : → 0 .
2
Le calcul donne alors

9π/2
1
9
F · dl = (sin 3x, 0, 0) · (1, 0, 3 cos 3x) dx =
3
Γ1 0

9π/22
π
9 3
F · dl = − − sin x, − x, 0 · (1, −1, − cos x) dx
2
Γ2 0

9π/2 9π/22
π 3 π2
= sin x dx + − x dx = 1 +
2 8
0 0

9π/2
π2
9
F · dl = − (sin 2y, y, 0) · (0, 1, 2 cos 2y) dy = −
8
Γ3 0

et on peut donc conclure que


4
9
F · dl = .
3
∂Σ
Chapitre 9

Fonctions holomorphes : corrigés


1. 1) Commençons par trouver les parties réelles et imaginaires.
eiz + e−iz e−y eix + ey e−ix
1.a) cos z = =
2 2
ey + e−y ey − e−y
= cos x − i sin x
2 2
= cosh y cos x − i sinh y sin x.
ez + e−z ex eiy + e−x e−iy
1.b) cosh z = =
2 2
= cosh x cos y + i sinh x sin y.
ez − e−z ex eiy − e−x e−iy
1.c) sinh z = =
2 2
= sinh x cos y + i cosh x sin y.
2) Calcul des dérivées.
2.a) On a immédiatement
ux = − cosh y sin x = vy
uy = sinh y cos x = −vx
et ainsi
(cos z)! = ux + ivx = −(cosh y sin x + i sinh y cos x) = − sin z.
2.b) On obtient
ux = sinh x cos y = vy
uy = − cosh x sin y = −vx
et donc
(cosh z)! = ux + ivx = sinh z.
2.c) On déduit
ux = cosh x cos y = vy
uy = − sinh x sin y = −vx
et par conséquent
(sinh z)! = ux + ivx = cosh z.
224 Fonctions holomorphes : corrigés

2. f (z) = (Re z)2 n’est pas holomorphe car les équations de Cauchy-Riemann
ne sont pas vérifiées. On a en effet

ux = 2x uy = 0
vx = 0 vy = 0.

3. La fonction z → 1 + z 2 est holomorphe < dans C. On sait que la fonction


w → log w est holomorphe dans D = C\ w ∈ C : Im w = 0, Re w ≤ 0 , par
=

conséquent, en posant w = 1 + z 2 on va déterminer l’ensemble des z ∈ C


tels que
Im(w) = 0, Re(w) ≤ 0.
Si z = x + iy et donc z 2 = x2 − y 2 + 2ixy, on a alors

Im(1 + z 2 ) = 2xy = 0 x = Re z = 0
8 8
⇐⇒
Re(1 + z ) = 1 + x − y ≤ 0
2 2 2
y2 ≥ 1

(le cas y = 0 et 1 + x2 ≤ 0 est à exclure) et donc

D = C\ z ∈ C : Re z = 0, | Im z| ≥ 1 .
< =

4. On veut trouver une fonction holomorphe f = u + iv telle que u(x, y) =


2 2
e(x −y ) cos(2xy). On va écrire les équations de Cauchy-Riemann pour déter-
miner v.
∂u ∂v
  ∂v 2 2

 =  = 2e(x −y ) (x cos 2xy − y sin 2xy)
∂x ∂y ∂y
 
⇐⇒
∂u ∂v ∂v 2 2
=− = 2e(x −y ) (y cos 2xy + x sin 2xy).

 


∂y ∂x ∂x
En intégrant, par exemple, la deuxième équation, on trouve
2
−y 2 )
v(x, y) = e(x sin 2xy + α(y).

En remettant ce résultat dans la première équation, on obtient

α! (y) = 0 =⇒ α(y) = α0 = constante.

On a donc 2
−y 2 )
v(x, y) = e(x sin 2xy + α0
et, pour α0 ∈ R,
2
−y 2 +i(2xy) 2
f = u + iv = ex + iα0 = ez + iα0 .

5. En utilisant les équations de Cauchy-Riemann, on a


∂u ∂v
  ∂v

 = 2x − e−x cos y =  = 2x − e−x cos y
∂x ∂y ∂y
 
⇐⇒
 ∂u = −2y − e−x sin y = − ∂v

  ∂v = 2y + e−x sin y

∂y ∂x ∂x
Fonctions holomorphes : corrigés 225

d’où on déduit, de la deuxième équation,

v(x, y) = α(y) + 2xy − e−x sin y.

Alors, en dérivant v par rapport à y, on a, de la première équation,

α! (y) = 0 =⇒ α(y) = α0 = constante

et par conséquent

f = u + iv = x2 − y 2 + e−x cos y + i(2xy − e−x sin y) + iα0 .


+ ,

Comme
z 2 = x2 − y 2 + 2ixy et cos y − i sin y = e−iy ,
on trouve, pour α0 ∈ R,

f (z) = z 2 + e−z + iα0 .

6. i) En utilisant le théorème 10.2 on déduit que u, v ∈ C 2 (Ω) (en particulier


vyx = vxy ). On peut donc dériver les équations de Cauchy-Riemann

ux = vy , uy = −vx

et on trouve
uxx = vyx , uyy = −vxy .
On déduit immédiatement que

∆u = uxx + uyy = vyx − vyx = 0.

Un raisonnement totalement analogue conduit à

∆v = vxx + vyy = 0.

ii) Cette identité est une conséquence directe des relations de Cauchy-
Riemann :
ux vx + uy vy = ux (−uy ) + uy ux = 0. (9.1)
(Noter, en passant, que si u(x, y) = constante et v(x, y) = constante repré-
sentent les courbes de niveau des parties réelles et imaginaires de f (z),
pour (x, y) ∈ Ω, alors la relation (9.1) implique que leurs gradients sont
orthogonaux dans Ω. Comme en général le gradient est orthogonal aux
courbes de niveau, il s’ensuit que les familles u(x, y) = constante et v(x, y) =
constante sont deux à deux orthogonales.)
iii) On a
f ! (z) = ux + ivx ,
et donc, par les équations de Cauchy-Riemann,
7 ! 72
7f (z)7 = u2x + vx2 = ux vy − uy vx .
226 Fonctions holomorphes : corrigés

7. a)⇒b) f constante ⇒ f = a + ib ⇒ Re(f ) = a = constante.


b)⇒c) Re(f ) = a et f = a + iv(x, y) ⇒ (par Cauchy-Riemann) vx = vy = 0
⇒ v = b ⇒ Im(f ) = b = constante et f = constante.
c)⇒a) Im(f ) = b ⇒ (par Cauchy-Riemann, comme précédemment)
Re(f ) = a ⇒ f constante.
Donc |z| ∈ R n’est pas holomorphe.
8. On pose x = r cos θ et y = r sin θ et on trouve

∂u ∂u ∂u ∂u ∂u ∂u
= cos θ + sin θ et = −r sin θ + r cos θ .
∂r ∂x ∂y ∂θ ∂x ∂y

En résolvant par rapport à ∂u/∂x et ∂u/∂y, on a

∂u ∂u sin θ ∂u ∂u ∂u cos θ ∂u
= cos θ − et = sin θ + .
∂x ∂r r ∂θ ∂y ∂r r ∂θ

De façon similaire, on obtient

∂v ∂v sin θ ∂v ∂v ∂v cos θ ∂v
= cos θ − et = sin θ + .
∂x ∂r r ∂θ ∂y ∂r r ∂θ

Les équations de Cauchy-Riemann deviennent

sin θ cos θ
ux = cos θ ur − uθ = sin θ vr + vθ = vy
r r
cos θ sin θ
uy = sin θ ur + uθ = − cos θ vr + vθ = −vx .
r r
On trouve facilement que ceci implique

1 1
ur = vθ et vr = − uθ .
r r
9. Des équations de Cauchy-Riemann on a ux = vy et comme ux + vy = 0, on
déduit que ux = vy = 0. Par conséquent, u (et donc uy ) dépend seulement
de y et v (et donc vx ) seulement de x. Comme uy = −vx pour tout x et
y, on déduit que uy = −vx = c, où c est une constante et par conséquent
u = cy + d1 et v = −cx + d2 . On a alors (en posant d1 + id2 = d)

f = u + iv = −ic(x + iy) + (d1 + id2 ) = −icz + d.

10. Comme g est harmonique, on a

∆g = guu + gvv = 0.

Par ailleurs f étant holomorphe, on a

ux = vy et uy = −vx .
Fonctions holomorphes : corrigés 227

En calculant les dérivées successives de h, on trouve

hx = gu ux + gv vx et hy = gu uy + gv vy
hxx = guu u2x + 2guv ux vx + gvv vx2 + gu uxx + gv vxx
hyy = guu u2y + 2guv uy vy + gvv vy2 + gu uyy + gv vyy .

Par conséquent, en se rappelant que (cf. exercice 6) les équations de Cauchy-


Riemann donnent

∆u = ∆v = 0, u2x + u2y = vx2 + vy2 , ux vx + uy vy = 0,

on déduit

∆h = hxx + hyy
= guu u2x + u2y + 2guv ux vx + uy vy + gvv vx2 + vy2 + gu ∆u + gv ∆v
+ , + , + ,

= ∆g u2x + u2y = 0.
+ ,

11. On pose f = U + iV , où U = ux et V = −uy . Par hypothèse u ∈ C 2 et


donc
Uy = uxy = uyx = −Vx
soit une des équations de Cauchy-Riemann pour f . La deuxième découle du
fait que uxx + uyy = 0

Ux = uxx = −uyy = Vy .

Donc f est holomorphe.


12∗ . Soit z0 = x0 + iy0 . D’après la suggestion, on va considérer dans un premier
temps z = z0 + h, avec h ∈ R. On écrit alors

f (z) − f (z0 ) f (x0 + h + iy0 ) − f (x0 + iy0 )


f ! (z0 ) = lim = lim
z→z0 z − z0 h→0 h
u(x0 + h, y0 ) − u(x0 , y0 ) + i v(x0 + h, y0 ) − v(x0 , y0 )
> ?
= lim
h→0 h
∂u ∂v
= (x0 , y0 ) + i (x0 , y0 ) = ux + ivx .
∂x ∂x
En choisissant cette fois-ci z = z0 + ih, avec h ∈ R, et en faisant le même
calcul qu’auparavant, on trouve
1 ∂u ∂v
f ! (z0 ) = (x0 , y0 ) + (x0 , y0 ) = vy − iuy .
i ∂y ∂y
En combinant les deux expressions, on obtient bien les équations de Cauchy-
Riemann, i.e.
ux = vy , uy = −vx .
Chapitre 10

Intégration complexe : corrigés


1. On va considérer trois cas.
2
Cas 1 : 0 ∈ int γ. On applique la formule intégrale de Cauchy à g(ξ) = eξ /2
et on trouve 9 ξ2
e /2
dξ = 2πig(0) = πi.
ξ−0
γ
2
Cas 2 : 0 ∈
/ int γ. Le théorème de Cauchy appliqué à f (z) = ez /2z nous
permet de conclure immédiatement que
2
ez
9
dz = 0.
2z
γ

Cas 3 : 0 ∈ γ. Dans ce dernier cas, l’intégrale n’est pas bien définie.


2. On applique la formule intégrale de Cauchy à f (ξ) = ξ 2 sin ξ, z = π/2 et
n = 1 (noter que f ! (z) = 2z sin z + z 2 cos z). On trouve donc que

z 2 sin z 2πi ! 2 π 3
9
dz = f = 2π 2 i.
(z − π/2)2 1! 2
γ

3. i) Soit γ = [1, 1 + i] = γ(t) = 1 + it, t ∈ [0, 1] . On trouve donc


< =

91 91
5i
9
(z + 1) dz =
2
(it + 1)2 + 1 i dt = i −t + 2it + 2 dt = − 1.
+ , + 2 ,
3
γ 0 0

ii) On paramètre le cercle unité centré en 0 par

γ : t → eit , avec t ∈ [0, 2π] .

On trouve alors
9 92π 92π
Re z 2 dz = Re e2it ieit dt = i cos 2t (cos t + i sin t) dt = 0.
+ , + ,

γ 0 0
230 Intégration complexe : corrigés

4. Cas 1 : 0 ∈ int γ. On applique la formule intégrale de Cauchy à f (ξ) ≡ 1,


z = 0 et n = 1. On trouve que f ! ≡ 0 et par conséquent
1
9
dz = 0.
z2
γ

Cas 2 : 0 ∈
/ int γ. Le théorème de Cauchy nous permet de conclure immé-
diatement que
1
9
dz = 0.
z2
γ

Cas 3 : 0 ∈ γ. Dans ce dernier cas l’intégrale n’est pas bien définie.


5. Cas 1 : 1 ∈ int γ. On applique la formule intégrale de Cauchy à f (ξ) =
5ξ 2 − 3ξ + 2, z = 1 et n = 2. On trouve que f !! (1) = 10. Par conséquent

5z 2 − 3z + 2
9
dz = 10 πi.
(z − 1)3
γ

Cas 2 : 1 ∈
/ int γ. Le théorème de Cauchy nous permet de conclure immé-
diatement que
5z 2 − 3z + 2
9
dz = 0.
(z − 1)3
γ

Cas 3 : 1 ∈ γ. Dans ce dernier cas l’intégrale n’est pas bien définie.


6. i) On considère f (ξ) = e2ξ , qui est holomorphe dans C. Donc, par la formule
intégrale de Cauchy,

f (ξ)
9 2ξ
e
9
dξ = dξ = 2πif (0) = 2πi.
ξ ξ
γ γ

Noter qu’on pourrait essayer de calculer l’intégrale sans utiliser la formule


de Cauchy, en choisissant par exemple la paramétrisation suivante

γ(t) = 2eit , 0 ≤ t ≤ 2π.

Dans ce cas,

92π it 92π
e2z e4e
9
dz = ieit dt = i e4 cos t e4i sin t dt
z eit
γ 0 0

et le calcul se révèlerait difficile.


ii) En considérant f (ξ) = ξ 3 + 2ξ 2 + 2, z = 2i, on trouve immédiatement

f (z)
9
dz = 2πif (2i) = 16 π − 12 πi.
z − 2i
γ
Intégration complexe : corrigés 231

Sans utiliser la formule de Cauchy, on pourrait prendre


1 it
γ(t) = 2i + e , 0 ≤ t ≤ 2π.
4
On retrouverait
92π + ,3 ,2
z 3 + 2z 2 + 2 2i + eit /4 + 2 2i + eit /4 + 2 i it
9 +
dz = e dt
z − 2i eit /4 4
γ 0

= 16 π − 12 πi.
+ 2
iii) Soient f (ξ) = sin 2ξ + 3ξ + 1 et z = π. Alors
,

sin 2z 2 + 3z + 1
9 + ,
dz = 2πif (π) = 2πi sin 2π 2 + 3π + 1 .
+ ,
z−π
γ

7. i) Soient f (ξ) = 3ξ 2 + 2ξ + sin(ξ + 1), z = 2 et n = 1. On trouve que


f ! (ξ) = 6ξ + 2 + cos(ξ + 1). La formule intégrale de Cauchy donne donc
3z 2 + 2z + sin(z + 1)
9
dz = 2πif ! (2) = 2πi(14 + cos 3).
(z − 2)2
γ

ii) On va considérer dans ce cas la fonction f (ξ) = eξ /(ξ + 2) qui est holo-
morphe dans le domaine donné et 0 ∈ int γ. On trouve ainsi
ez 1
9
dz = 2πif (0) = 2πi = πi.
z(z + 2) 2
γ

2
8. i) Soit f (ξ) = eξ /(ξ 2 + 4). Cette fonction est holomorphe dans int γ alors
que 1 ∈ int γ. La formule intégrale de Cauchy donne donc
2
ez
9
dz = 2πif ! (1).
(z − 1)2 (z 2 + 4)
γ

On trouve 2 2
2ξ eξ (ξ 2 + 4) − 2ξ eξ
f ! (ξ) = + 2 ,2
ξ +4
et ainsi f ! (1) = 8e/25. On a par conséquent
2
ez 16 eπ
9
dz = i.
(z − 1) (z + 4)
2 2 25
γ

ii) On considère dans ce cas


2

f (ξ) =
(ξ − 1)2 (ξ + 2i)
232 Intégration complexe : corrigés

qui est holomorphe dans int γ alors que 2i ∈ int γ. Par la formule intégrale
de Cauchy, on obtient
2
ez f (z) −π e−4
9 9
dz = dz = 2πif (2i) = .
(z − 1)2 (z 2 + 4) (z − 2i) 2(3 + 4i)
γ γ

iii) Dans ce dernier cas, il est facile de voir que l’intégrande est holomorphe
dans int γ, et donc, par le théorème de Cauchy, on trouve
2
ez
9
dz = 0.
(z − 1)2 (z 2 + 4)
γ

2
9. Tout d’abord on observe que f (z) = e−z est holomorphe dans C, car c’est
une composition de fonctions holomorphes. Comme γ est un chemin fermé
et f est holomorphe, alors
9
f (z) dz = 0.
γ

On paramètre les γ i (cf. fig. 10.1) par

γ 1 = γ 1 (t) = t : t : −a → a , γ 2 = γ 2 (t) = a + it : t : 0 → b
< = < =

γ 3 = γ 3 (t) = t + ib : t : a → −a , γ 4 = γ 4 (t) = −a + it : t : b → 0 .
< = < =

On obtient par conséquent


9a 9∞

9 9
−t2 2
f (z) dz = e dt =⇒ lim f (z) dz = e−t dt = π
a→+∞
γ1 −a γ1 −∞

9 9b 9b
−(a+it)2 −a2 2
f (z) dz = i e dt = ie e−2ait+t dt
γ2 0 0
9
=⇒ lim f (z) dz = 0.
a→+∞
γ2

Par ailleurs,
9 9a 9a
2 2
+2ibt−b2 )
f (z) dz = − e−(t+bi) dt = − e−(t dt
γ3 −a −a
9a
2 2
= −eb e−t (cos 2bt − i sin 2bt) dt
−a
Intégration complexe : corrigés 233

et on a donc
9 9∞ 9∞
2 2 2 2
lim f (z) dz = −eb e−t cos 2bt dt + ieb e−t sin 2bt dt.
a→+∞
γ3 −∞ −∞

Enfin on trouve
9 9b 9b
−(−a+it)2 −a2 2
f (z) dz = − e i dt = −e e2ait+t i dt
γ4 0 0
9
=⇒ lim f (z) dz = 0.
a→+∞
γ4

En résumé, comme f (z) dz = 0 et, en laissant a → ∞, on trouve


M
γ

9∞ 9∞
b2 −x2 √ b2 2
e e cos 2bx dx = π, e e−x sin 2bx dx = 0.
−∞ −∞

10. Soient f = u + iv et F = U + iV . Par hypothèse

F ! (z) = Ux + iVx = Vy − iUy = u + iv.

Soit γ : [a, b] → C telle que γ(t) = α(t) + iβ(t), on obtient alors

9 9b
f (z) dz = (u + iv) · α! + iβ ! dt
+ ,

γ a

9b I J
= u α(t), β(t) α! (t) − v α(t), β(t) β ! (t) dt
+ , + ,

a
9b I J
+i u α(t), β(t) β ! (t) + v α(t), β(t) α! (t) dt
+ , + ,

9b 9b
= Ux α! + Uy β ! dt + i Vy β ! + Vx α! dt.
> ? > ?

a a

En observant que

d > +
U α(t), β(t) = Ux α(t), β(t) α! (t) + Uy α(t), β(t) β ! (t)
,? + , + ,
dt
d > +
V α(t), β(t) = Vx α(t), β(t) α! (t) + Vy α(t), β(t) β ! (t) ,
,? + , + ,
dt
234 Intégration complexe : corrigés

on obtient le résultat souhaité, à savoir

9b E F
d > + d > +
9
f (z) dz = U α(t), β(t) + i
,? ,?
V α(t), β(t) dt
dt dt
γ a

= U α(b), β(b) + iV α(b), β(b)


+ , + ,

− U α(a), β(a) + iV α(a), β(a)


> + , + ,?

= F γ(b) − F γ(a) .
+ , + ,

Si γ est une courbe fermée et donc γ(b) = γ(a), on trouve bien


9
f (z) dz = 0.
γ

11. i) A l’aide de l’exercice précédent et en considérant γ(t) = 2 + eit , avec


t ∈ (0, 2π), on trouve

92π
ieit
9
f (z) dz = dt = log γ(2π) − log γ(0) = 0.
+ , + ,
2 + eit
γ 0

(On sait que log z est holomorphe dans Re z > 0 et que (log z)! = 1/z).
ii) On remarque que la fonction F (z) = log z n’est pas holomorphe à
l’intérieur du deuxième disque donné, donc le résultat établi dans l’exercice
précédent ne peut s’appliquer. Par conséquent, on choisit une paramétrisa-
tion, par exemple γ(t) = eit avec t ∈ (0, 2π), et on calcule l’intégrale

9 92π
f (z) dz = f (eit )(ieit ) dt = 2πi (= 0.
γ 0

12∗ . i) On va montrer le théorème quand γ est une courbe régulière de para-


métrisation γ : [a, b] → C telle que γ(t) = α(t) + iβ(t) (si γ est seulement
régulière par morceaux, on procède de manière similaire). On écrit f = u+iv
et on trouve donc
9 9b
f (z) dz = (u + iv) · (α! + iβ ! )dt
γ a

9b
= u α(t), β(t) α! (t) − v α(t), β(t) β ! (t) dt
> + , + , ?

a
9b
+i u α(t), β(t) β ! (t) + v α(t), β(t) α! (t) dt.
> + , + , ?

a
Intégration complexe : corrigés 235

ii) On rappelle que le+ théorème de Green assure que si F = (f1 , f2 ) : R2 →


R est un champ C Ω; R avec Ω ⊂ R2 un domaine régulier dont le bord
2 1 2
,

∂Ω est orienté positivement, alors


99 4 5
∂f2 ∂f1
9
F · dl = − dx dy.
∂x ∂y
∂Ω Ω

On pose Ω = int γ et on applique le théorème de Green une première fois


à (f1 , f2 ) = (u, −v) et une deuxième fois à (f1 , f2 ) = (v, u). Noter que
comme f est holomorphe, u et v possèdent des dérivées partielles, du premier
ordre, continues. En utilisant les équations de Cauchy-Riemann (ux = vy et
uy = −vx ), on en déduit que

9 9b
f (z) dz = (u, −v) · (α! , β ! ) + i(v, u)(α! , β ! ) dt
> ?

γ a
99 99
= (−vx − uy ) dx dy + i (ux − vy ) dx dy = 0.
int γ intγ
Chapitre 11

Séries de Laurent : corrigés


1. i) f (z) = sin z, en z0 = π/4.
On a
!π" !π " √ !π" !π" √
2 2
f =f !
= , f !!
=f !!!
=− .
4 4 2 4 4 2
On obtient donc √ ∞
2 # αn ! π "n
f (z) = z− ,
2 n=0 n! 4
avec α4n = α4n+1 = −α4n+2 = −α4n+3 = 1. On trouve donc que z0 = π/4
est un point régulier et que Résπ/4 (f ) = 0. De plus, la série converge vers
f ∀z ∈ C.
sin z
ii) f (z) = 3 , en z0 = 0.
z
On sait que
#∞
(−1)n 2n+1
sin z = z ,
n=0
(2n + 1)!
par conséquent
#∞ #∞
sin z (−1)n 2n−2 (−1)n 2(n−1)
= z = z −2
+ z
z 3
n=0
(2n + 1)! n=1
(2n + 1)!
#∞
(−1)n+1 2n
= z −2 + z .
n=0
(2n + 3)!

Donc z = 0 est un pôle d’ordre 2, Rés0 (f ) = 0 et la série converge ∀z %= 0.


1
iii) f (z) = z , en z0 = 1.
1 + z2
Comme la fonction h (z) = z est holomorphe dans C et que la fonction
g(z) = 1/(1 + z 2 ) est holomorphe sauf en z1,2 = ±i, on déduit immé-
diatement que z0 = 1 est un point régulier et donc la série de Laurent
est en fait une série de Taylor, par conséquent Rés0 (f ) = 0. Par ailleurs,
par $le théorème on% a que√ la série converge pour autant que |z − 1| <
min |i − 1| , |i + 1| = 2.
238 Séries de Laurent : corrigés

On pourrait donc trouver le développement de Taylor en calculant f (n) (1) ;


il s’agit là d’un calcul fastidieux et nous proposons un calcul plus rapide qui
utilise la série géométrique appliquée à g. On commence d’abord par écrire
& '
1 −1 1 1
g (z) = = +
1 + z2 2i i − z i+z
& '
−1 1 1
= +
2i (i − 1) − (z − 1) (i + 1) + (z − 1)
( )
−1 1 1 1 1
= · + · .
2i i − 1 1 − (z − 1)/(i − 1) i + 1 1 + (z − 1)/(i + 1)

On pose une fois q = (z − 1) / (i − 1) et une autre fois q = − (z − 1) / (i + 1)


dans la formule de la série géométrique et on obtient
* ∞ ∞
+
−1 1 # 1 1 # (−1)n
g (z) = (z − 1) +
n
(z − 1)n
2i i − 1 n=0 (i − 1)n i + 1 n=0 (i + 1)n
∞ & '
−1 # 1 (−1)n
= + (z − 1)n
2i n=0 (i − 1)n+1 (i + 1)n+1

# ( )
1 1 1
= (−1)n − (z − 1)n .
n=0
2i (1 − i)n+1 (1 + i)n+1

Posons pour simplifier

( ) π
(−1)n 1 1 sin(n + 1)
cn = − = (−1)n 4;
2i (1 − i)n+1 (1 + i)n+1 2(n+1)/2

la deuxième expression étant obtenue en se rappelant que


√ √
1−i= 2 e−iπ/4 , 1+i= 2 eiπ/4 ,

On revient maintenant à l’étude de f . On a


# ∞
# ∞
#
f (z) = (z − 1 + 1) cn (z − 1)n = cn (z − 1)n+1 + cn (z − 1)n
n=0 n=0 n=0

# ∞
#
= cm−1 (z − 1)m + c0 + cn (z − 1)n
m=1 n=1

#
= c0 + (cn−1 + cn )(z − 1)n .
n=1
Séries de Laurent : corrigés 239

1
iv) f (z) = sin , en z0 = 0.
z
On développe sin y en série de Taylor et on pose y = 1/z pour obtenir

#∞ ∞
(−1)n 1 # (−1)n 1
sin y = y 2n+1 =⇒ sin = .
n=0
(2n + 1)! z n=0
(2n + 1)! z 2n+1

On trouve alors que z0 = 0 est une singularité essentielle isolée et le résidu


Rés0 (f ) = 1. De plus, la convergence a lieu ∀z %= 0.
z 2 + 2z + 1 (z + 1)2
v)f (z) = = = z + 1.
z+1 z+1
Donc, contrairement aux apparences, z0 = −1 est un point régulier (au-
trement dit c’est une singularité éliminable) et par conséquent son résidu
Rés−1 (f ) = 0. Son développement de Taylor en z0 = −1 est donc triviale-
ment z + 1. De plus, la convergence a lieu ∀z.
1 −1
vi)f (z) = = est la série de Laurent en z0 = 1.
(1 − z) 3 (z − 1)3
Donc 1 est un pôle d’ordre 3, Rés1 (f ) = 0. La convergence a lieu si
|z − 1| > 0.
z2 + z + 1 1 3
vii) f (z) = =1− + en z0 = 1.
z −1
2 2(z + 1) 2(z − 1)
La seule autre singularité de f est en z = −1, et par conséquent, la conver-
gence a lieu pour autant que 0 < |z − 1| < 2. Pour trouver la série de
Laurent, on utilise à nouveau la série géométrique (où on a posé q =
− (z − 1) /2 et donc |q| < 1 ⇔ |z − 1| < 2) pour écrire

1 1 1 1
= =
z+1 2 + (z − 1) 2 1 + (z − 1)/2
∞ & 'n # ∞
1# z−1 (−1)n
= (−1) n
= (z − 1)n .
2 n=0 2 n=0
2 n+1

On obtient ainsi

3 1 1 # (−1)n
f (z) = +1− (z − 1)n
2z−1 2 n=0 2n+1

3 1 3 # (−1)n+1
= + + (z − 1)n .
2 z − 1 4 n=1 2n+2

On a alors que z0 = 1 est un pôle d’ordre 1 et que Rés1 (f ) = 3/2.


1
viii) f (z) = , en z0 = 0.
sin z
On écrit
1 z
f (z) = .
z sin z
240 Séries de Laurent : corrigés

On remarque que g(z) = z/ sin z est holomorphe en z0 = 0 (qui est donc


une singularité éliminable pour g). On peut donc calculer sa série de Taylor
dont voici les premiers termes

1 7
g(0) = 1, g ! (0) = 0, g !! (0) = , g !!! (0) = 0, g (iv) (0) = .
3 15

En revenant à f , on a

1 z 7z 3
f (z) = + + + ···
z 6 360

Donc z0 = 0 est un pôle d’ordre 1 et Rés1 (f ) = 1. La convergence a lieu si


0 < |z| < π (car les autres singularités de f sont en kπ, k ∈ Z).

2. Cas 1 : z1 = 0. On écrit, en développant en série de Taylor la fonction


−3
(1 + z/2) ,

1
=
z(z + 2)3
1
=
8z(1 + z/2)3
, ! z " (−3)(−4) ! z "2 (−3)(−4)(−5) ! z "3 -
1
= 1 + (−3) + + + ···
8z 2 2! 2 3! 2
1 3 3 5
= − + z − z2 + · · ·
8z 16 16 32

Donc z1 = 0 est un pôle d’ordre 1, Rés0 (f ) = 1/8 et la série converge pour


0 < |z| < 2.
Cas 2 : z2 = −2. Cette fois-ci on pose z + 2 = u (et on utilise la formule de
la série géométrique) de façon que

1 1 1
= =
z(z + 2)3 (u − 2)u 3 −2u (1 − u/2)
3
, -
1 u ! u "2 ! u "3
= − 3 1+ + + + ···
2u 2 2 2
# un ∞
1 1 1
=− − − −
2u3 4u2 8u n=0 2n+4
# (z + 2)n ∞
1 1 1
=− − − − .
2(z + 2)3 4(z + 2)2 8(z + 2) n=0 2n+4

Par conséquent, z2 = −2 est un pôle d’ordre 3, Rés−2 (f ) = −1/8 et la série


converge pour 0 < |z + 2| < 2.
Séries de Laurent : corrigés 241

cos z
3. i) , z0 = π.
z−π
Il suffit d’observer que cos z = − cos(z − π). Par ailleurs, le développement
de cos z en série de Taylor donne

#∞
(−1)n
cos z = − cos(z − π) = − (z − π)2n ,
n=0
(2n)!

ce qui implique

#∞
cos z (−1)n
f (z) = =− (z − π)2n−1
(z − π) n=0
(2n)!

#
−1 (−1)m
= + (z − π)2m+1 .
(z − π) m=0 (2m + 2)!

Par conséquent z0 = π est un pôle d’ordre 1, le rayon de convergence est


infini (c’est-à-dire qu’on a convergence ∀z %= π) et Résπ (f ) = −1.
ii) z 2 e1/z , z0 = 0.
On trouve immédiatement
& '
1 1 1 1
z 2 e1/z = z 2 1 + + 4 + · · · = z2 + z + + + ···
z 2!z 2 2 3!z

1 # 1/(n + 2)!
= z +z+ +
2
,
2 n=1 zn

c’est-à-dire z0 = 0 est une singularité essentielle, Rés0 (f ) = 1/3! et on a


convergence ∀z %= 0.
z2
iii) f (z) = , z0 = 1.
(z − 1)2 (z + 3)
On pose
z2
g(z) = ,
(z + 3)
et on observe que g est une fonction holomorphe autour de z0 = 1. Les
premiers termes de sa série de Taylor sont (g(1) = 1/4, g ! (1) = 7/16, g !! (1) =
9/32 et g !!! (1) = −27/128)

1 7 9 9
g (z) = + (z − 1) + (z − 1)2 − (z − 1)3 + · · ·
4 16 64 256
et par conséquent

g(z) 1 7 9 9
f (z) = = + + − (z − 1) + · · ·
(z − 1)2 4(z − 1)2 16(z − 1) 64 256

On a donc que z0 = 1 est un pôle d’ordre 2, Rés1 (f ) = 7/16 et la convergence


a lieu pour 0 < |z − 1| < 4.
242 Séries de Laurent : corrigés

4. On utilise le développement de Taylor de ey et on remplace y par (z − 1)−2 ,


on a ainsi

# ∞
−2 1 . /2 # 1
f (z) = z 2 e(z−1) = z2 = (z − 1) + 1
n=0
n!(z − 1)2n
n=0
n!(z − 1)2n
∞ &
# '
1 2 1
= + +
n=0
n!(z − 1)2n−2 n!(z − 1)2n−1 n!(z − 1)2n
( )
1 1
= (z − 1)2 + 1 + + + · · ·
2(z − 1)2 3!(z − 1)4
( )
2 2
+ 2(z − 1) + + + ···
(z − 1) 2!(z − 1)3
( )
1 1
+ 1+ + + ···
(z − 1)2 2(z − 1)4
2 3 1
= (z − 1)2 + 2(z − 1) + 2 + + + + ···
(z − 1) 2(z − 1)2 (z − 1)3

On obtient finalement

#∞ & '
n+2 1 2 1
f (z) = (z − 1)2 + 2(z − 1) + 2 + + .
n=1
(n + 1)! (z − 1)2n n! (z − 1)2n−1

On peut en déduire que 1 est une singularité essentielle isolée, Rés1 (f ) = 2


et la convergence a lieu pour 0 < |z − 1| (i.e. ∀z %= 1).

5. Du développement en série de Taylor de la fonction cos y, on peut écrire,


après avoir posé y = 1/z,
& ' #∞ #∞
1 (−1)n 1 (−1)n 1
z cos =z = z + .
z n=0
(2n)! z 2n
n=1
(2n)! z 2n−1

On s’aperçoit que 0 est une singularité essentielle isolée, Rés0 (f ) = −1/2 et


que la convergence a lieu ∀z %= 0.

6. On trouve que (en utilisant le développement de Taylor de ey avec y = z −1)


#
ez ez−1+1 e 1
= = (z − 1)n
(z − 1)2 (z − 1)2 (z − 1) n=0 n!
2

#∞ #∞
1 e e (z − 1)m
=e (z − 1)n−2 = + + e
n=0
n! (z − 1)2 (z − 1) m=0
(m + 2)!

donc z0 = 1 est un pôle d’ordre 2, Rés1 (f ) = e et la convergence a lieu pour


tout z %= 1.
Séries de Laurent : corrigés 243


7. La
$ fonction g(z) = z = e %
(1/2) log z
est holomorphe dans C\R− , où R− =
z ∈ C : Re z ≤ 0 et Im z = 0 . Par ailleurs,
1 −1/2 1
g ! (z) = z , g !! (z) = − z −3/2 ,
2 4
3 −5/2 15 −7/2
g !!! (z) = z , g (iv) (z) = − z ,
8 16
..
.
1 × 3 × 5 × · · · × (2n − 3) −(2n−1)/2
g (n) (z) = (−1)n+1 z , n = 2, 3, 4, . . .
2n
et donc, au voisinage de 1, on a
#∞
1 1 × 3 × 5 × · · · × (2n − 3)
g(z) = 1 + (z − 1) + (−1)n+1 (z − 1)n .
2 n=2
2 n n!

On déduit alors

z
=
(z − 1)2
# ∞
1 1 1 × 3 × 5 × · · · × (2n − 3)
= + + (−1)n+1 (z − 1)n−2
(z − 1)2 2(z − 1) n=2 2n n!
# ∞
1 1 1 × 3 × 5 × · · · × (2k + 1)
= + + (−1)k+1 (z − 1)k ,
(z − 1)2 2(z − 1) 2k+2 (k + 2)!
k=0

donc z0 = 1 est un pôle d’ordre 2, son résidu est 1/2 et la série de Laurent
converge dans 0 < |z − 1| < 1.
8. On écrit
1 (z − 1)2 (z − 1)2
f (z) = . / et g(z) = !π ".
(z − 1)2 cos2 π2 z cos2 z
2
En utilisant la règle de l’Hôpital, on obtient
(z − 1)2
g(1) = lim . /
z→1 cos2 π z
2
0 12 & '2 (11.1)
(z − 1) 1 4
= lim . / = = 2.
z→1 cos π z
2
− π
2 sin π
2 π
Par conséquent, z0 = 1 est un pôle d’ordre 2 et de plus
* +
d (z − 1)2
Rés1 (f ) = lim . /
z→1 dz cos2 π z
2
* . / . / . /+
2 (z − 1) cos2 π2 z + π(z − 1)2 cos π2 z sin π2 z
= lim . /
z→1 cos4 π2 z
. / . /
(z − 1) 2 cos π2 z + π(z − 1) sin π2 z
= lim . / lim . / .
z→1 cos π z z→1 cos2 π2 z
2
244 Séries de Laurent : corrigés

La première limite vaut −2/π par (11.1) alors que la deuxième à l’aide de
la règle de l’Hôpital donne 0, on trouve ainsi

Rés1 (f ) = 0.

Par conséquent, la série de Laurent de f est


# ∞
4
+ αn (z − 1)n .
π (z − 1)
2 2
n=0

On . remarque
/ aussi que les autres singularités de f se trouvent en
cos π2 z = 0, c’est-à-dire quand z = 2k + 1, k ∈ Z. La convergence a
donc lieu quand 0 < |z − 1| < 2.
9. On écrit
log(1 + z) p(z)
f (z) = = ,
sin(z 2 ) q(z)
avec p(z), q(z) holomorphes en z0 = 0. On a que z0 = 0 est un pôle d’ordre 1
pour f (z). En effet, 0 est un zéro d’ordre 1 de p (car p(0) = 0 et p! (0) =
1 %= 0) alors que 0 est un zéro d’ordre 2 de q (car q(0) = 0, q ! (0) = 0
mais q !! (0) = 2 %= 0). On déduit donc que la fonction g(z) = zf (z) est
holomorphe en z0 = 0, par conséquent grâce à la règle de l’Hôpital
log(1 + z) + z/(1 + z)
g (0) = lim g (z) = lim
z→0 z→0 2z cos(z 2 )
log(1 + z) 1
= lim + lim
z→0 2z cos(z 2 ) z→0 2 (1 + z) cos(z 2 )
1 log(1 + z) 1
= lim + =1
2 z→0 z 2
(la première limite étant obtenue par une nouvelle application de la règle
de l’Hôpital). Le résidu de f (z) est alors 1 car

g (z) 1 # g (n) (0) n 1 g !! (0)
f (z) = = z = + g ! (0) + z + ···
z z n=0 n! z 2!

La convergence a lieu quand 0 < |z| < 1 car la singularité la plus proche
de log(1 + z) se√ trouve pour 1 + z = 0, alors que le zéro le plus proche de
sin(z 2 ) est en π.
10. Il est facile de voir que
& '& '
1 1 1 1 1
f (z) = e1/z sin = 1+ + + ··· − + ···
z z 2!z 2 z 3!z 3
1 1
= + 2 + ···
z z
Donc z0 = 0 est une singularité essentielle isolée pour f , son résidu est 1 et
son rayon de convergence infini.
Séries de Laurent : corrigés 245

11. Tout d’abord on observe que (par la règle de l’Hôpital ou en écrivant le


développement de Taylor de sin z et de ez − 1)

sin z cos z
lim = lim = 1.
z→0 ez − 1 z→0 ez
Par conséquent, on obtient

sin z 1
f (z) = = + ··· .
z (e − 1)
z z

Donc z0 = 0 est un pôle d’ordre 1, le résidu est 1 et la série de Laurent


converge pour autant que 0 < |z| < 2π (ez − 1 %= 0 ⇔ z %= 2nπi).
12. Comme sin z = − sin(z − π), on peut écrire

#∞
(−1)n
sin z = − sin(z − π) = − (z − π)2n+1
n=0
(2n + 1)!
#∞
(−1)n+1
= (z − π)2n+1 .
n=0
(2n + 1)!

On a alors
#∞
sin z (−1)n+1
f (z) = = (z − π)2n−1
(z − π) 2
n=0
(2n + 1)!

# (−1)n+1
−1
= + (z − π)2n−1 .
(z − π) n=1 (2n + 1)!

On déduit ainsi que z0 = π est un pôle d’ordre 1, le rayon de convergence


est infini (c’est-à-dire qu’on a convergence ∀z %= π) et Résπ (f ) = −1.
13. On pose
sin z p(z)
f (z) = = .
sin(z 2 ) q(z)
On voit immédiatement que p(z) et q(z) sont holomorphes en z0 = 0. On a
que z0 = 0 est un pôle d’ordre 1 pour f (z). En effet, 0 est un zéro d’ordre
1 de p (car p(0) = 0 et p! (0) = 1 %= 0) alors que 0 est un zéro d’ordre 2 de q
(car q(0) = 0, q ! (0) = 0 mais q !! (0) = 2 %= 0). Il suffit donc d’écrire

1 z sin z 1
f (z) = = g(z),
z sin(z 2 ) z

où g(z) est holomorphe en z = 0 (i.e. g(z) = g(0) + g ! (0)z + · · · ) et ainsi

#∞ ∞
g(0) g (n+2) (0) n+1 g(0) # g (n+1) (0) n
f (z) = + g (0) +
!
z = + z .
z n=0
(n + 2)! z n=0
(n + 1)!
246 Séries de Laurent : corrigés

Il nous faut donc calculer g(0). On utilise la règle de l’Hôpital et on obtient


z sin z z2 sin z
g(0) = lim = lim lim = 1.
z→0 sin(z )
2 z→0 sin(z ) z→0 z
2

Un calcul un peu plus difficile, utilisant un développement limité (ce qui est
équivalent, mais plus rapide, à appliquer la règle de l’Hôpital plusieurs fois),
donnerait g ! (0) = 0. On a donc obtenu

1 # g (n+1) (0) n
f (z) = + z , Rés0 (f ) = 1.
z n=0 (n + 1)!

De plus,
2 √
kπ si k ≥ 0
sin(z 2 ) = 0 ⇔ z 2 = kπ ⇔ z = 3
i |k|π si k < 0

et ainsi la série de Laurent converge quand 0 < |z| < π.
14. i) La fonction y → log y est holomorphe dans
$ %
C \ y ∈ C : Im y = 0, Re y ≤ 0 .
Si y = 1 + z, on trouve donc que le domaine d’holomorphie de f est
$
D = C \ z ∈ C : Im z = 0, Re z ≤ −1}.
ii) f (z) = log(1 + z), alors f ! (z) = 1/(1 + z), f !! (z) = −1/(1 + z)2 , f !!! (z) =
2/(1 + z)3 . Plus généralement, on a
(n − 1)!
f (n) (z) = (−1)n+1 .
(1 + z)n
Alors, en z0 = 0 et z0 = i, on a respectivement
f (0) = 0 et ∀n ≥ 1, f (n) (0) = (−1)n+1 (n − 1)!
(n − 1)!
f (i) = log(1 + i) et ∀n ≥ 1, f (n) (i) = (−1)n+1 .
(1 + i)n
Par conséquent, si z0 = 0, on obtient

# zn
f (z) = log(1 + z) = (−1)n+1
n=1
n

et le rayon de convergence est R = 1 (i.e. la série converge vers la fonction


pour |z| < 1).
Si z0 = i, on déduit

# (z − i)n
f (z) = log(1 + z) = log(1 + i) + (−1)n+1
n=1
n(1 + i)n

et le rayon
√ de convergence est R = 2 (i.e. la convergence a lieu pour
|z − i| < 2).
Séries de Laurent : corrigés 247

15. i) z = ±i sont clairement les seules singularités de f et ce sont des pôles


d’ordre 1. En effet,
sin(z 2 + 1) 1 1
f (z) = · 2 = g(z) · 2
(z + 1)
2 (z + 1) (z + 1)
et g(z) est holomorphe (les singularités ±i de g sont éliminables).
ii) La règle de l’Hôpital nous permet d’écrire
( )
sin(z 2 + 1) 1
Rési (f ) = lim (z − i) ·
z→i (z 2 + 1) (z + i)(z − i)
1 sin(z 2 + 1) 1 2z cos(z 2 + 1) 1
= lim = lim =
2i z→i (z + 1)
2 2i z→i 2z 2i
sin(z 2 + 1) 1 1 sin(z 2 + 1) 1
Rés−i (f ) = lim · =− lim =− .
z→−i (z + 1)
2 (z − i) 2i z→−i (z 2 + 1) 2i
iii) Le rayon de convergence est 2 dans les deux cas, c’est-à-dire on a conver-
gence quand, respectivement, 0 < |z − i| < 2 et 0 < |z + i| < 2.
16. i) Tout d’abord on remarque que z → 1 + z 2 est holomorphe dans C. La
fonction z4 → log z4 est holomorphe dans
$ %
C \ z4 ∈ C : Im z4 = 0, Re z4 ≤ 0 .
Si z4 = 1 + z 2 , on trouve
. /
z4 = 1 + x2 − y 2 + 2ixy
et 2
Im z4 = 0 ⇐⇒ xy = 0 ⇐⇒ x = 0 ou y = 0
Re z4 ≤ 0 ⇐⇒ 1 + x2 ≤ y 2 .
Il est facile de voir que y = 0 n’est pas admissible alors que, si x = 0, on a
y 2 ≥ 1. En résumant, le domaine d’holomorphie de f est
$ %
D = C \ z ∈ C : Re z = 0, | Im z| ≥ 1 .
ii) On a que
2z
f (0) = 0, f ! (z) = =⇒ f ! (0) = 0
1 + z2
2 − 2z 2
f !! (z) = =⇒ f !! (0) = 2
(1 + z 2 )2

z 2 − 2z 2
f !!! (z) = −4 . /2 − 4z . /3 =⇒ f (0) = 0,
!!!

1+z 2 1+z 2

et par conséquent . /
f (z) = log 1 + z 2 = z 2 + · · ·
Le rayon de convergence est 1, i.e. la série de Taylor converge vers la fonction
si |z| < 1.
248 Séries de Laurent : corrigés

17∗ . Comme f est holomorphe au voisinage de z0 , on a

f !! (z0 )
f (z) = f (z0 ) + f ! (z0 )(z − z0 ) + (z − z0 )2 + · · ·
2!
* ∞
+
# f (n) (z0 )
= (z − z0 ) f (z0 ) +
!
(z − z0 )n−1

n=2
n!

= (z − z0 ) f ! (z0 ) + (z − z0 ) F (z),

car z0 est un zéro de f . De même on obtient


* ∞
+
# g (n) (z0 )
g(z) = (z − z0 ) g (z0 ) +
!
(z − z0 )n−1

n=2
n!

= (z − z0 ) g ! (z0 ) + (z − z0 ) G(z).

Donc, comme F (z0 ) = G(z0 ) = 0 et g ! (z0 ) %= 0, on en déduit que

f (z) f ! (z0 ) + F (z) f ! (z0 )


lim = lim ! = ! .
z→z0 g(z) z→z0 g (z0 ) + G(z) g (z0 )

18∗ . i) Comme f est holomorphe en tout point du plan complexe, on a

#∞
f (n) (0) n
f (z) = z , ∀z ∈ C.
n=0
n!

Par la formule intégrale de Cauchy, on a


5
n! f (z)
f (0) =
(n)
dz.
2πi z n+1
γ

Si γ(t) = Reit , on a

52π 52π
n! f (Reit ) n!
f (n)
(0) = iReit dt = e−int f (Reit ) dt
2πi (Reit )n+1 2πRn
0 0

6 6 52π 52π
6 (n) 6 n! 6 −int 6 6 6 n! 6 6
6f (0)6 ≤ 6e 6 6f (Reit )6 dt = 6f (Reit )6 dt.
2πRn 2πRn
0 0
6 6
Comme f est bornée, disons 6f (z)6 ≤ M , on a
6 6
6 (n) 6 M n! 2π
6f (0)6 ≤ ·
2π Rn
et, si R → ∞, on déduit

f (n) (0) = 0, ∀n ≥ 1.
Séries de Laurent : corrigés 249

On a bien obtenu que f est constante car


#∞
f (n) (0) n
f (z) = z = f (0), ∀z.
n=0
n!

ii) La fonction

# x2n+1
f (x) = sin x = (−1)n
n=0
(2n + 1)!
est bornée sur R mais pas constante.
Chapitre 12

Théorème des résidus et


applications : corrigés
1. Cas 1 : 0 ∈ int γ. On a
#∞ & 'n # ∞
2 1 1 1 1
e1/z = 2
= + 1.
n=0
n! z n=1
n! z 2n

On déduit donc que Rés0 (f ) = 0 et donc


5
f (z) dz = 0.
γ

(Noter que la fonction n’est pas holomorphe à l’intérieur


7 de γ.)
/ int γ. Le théorème de Cauchy implique f (z) dz = 0.
Cas 2 : 0 ∈
γ
Cas 3 : 0 ∈ γ. Dans ce dernier cas l’intégrale n’est pas bien définie.
2. i) Soit
1
f (z) = .
(z − i)(z + 2)2 (z − 4)
On commence par calculer les résidus en i, 4 et −2 qui sont des pôles
d’ordre 1 pour les deux premiers et d’ordre 2 pour le troisième.
1
Rési (f ) = lim (z − i)f (z) =
z→i (i + 2)2 (i − 4)
1
Rés4 (f ) = lim (z − 4)f (z) =
z→4 36(4 − i)
( )
d 8 9 d 1
Rés−2 (f ) = lim (z + 2)2 f (z) = lim
z→−2 dz z→−2 dz (z − i)(z − 4)
& '
−2z + 4 + i 8+i
= lim = .
z→−2 (z − i)2 (z − 4)2 36(i + 2)2

On distingue ensuite différents cas.


252 Théorème des résidus : corrigés

Cas 1 : i, −2, 4 ∈
/ int γ. Alors par la formule intégrale de Cauchy, on déduit
que 5
f (z) dz = 0.
γ

Cas 2 : Un des points i, −2, 4 appartient à int γ.


2a) i ∈ int γ mais −2, 4 ∈/ int γ, alors
5
2πi
f (z) dz = 2πi Rési (f ) = .
(i + 2)2 (i − 4)
γ

2b) −2 ∈ int γ mais i, 4 ∈


/ int γ et donc
5
πi(8 + i)
f (z) dz = 2πi Rés−2 (f ) = .
18 (i + 2)2
γ

2c) 4 ∈ int γ mais i, −2 ∈/ int γ, ainsi


5
πi
f (z) dz = 2πiRés4 (f ) = .
18 (4 − i)
γ

Cas 3 : Deux des points i, −2, 4 appartiennent à int γ.


3a) i, −2 ∈ int γ mais 4 ∈/ int γ, alors
5 & '
. / 2πi 1 8+i
f (z) dz = 2πi Rési (f ) + Rés−2 (f ) = + .
(i + 2)2 i − 4 36
γ

3b) i, 4 ∈ int γ mais −2 ∈/ int γ, par conséquent


5 & '
. / 2πi 1 1
f (z) dz = 2πi Rési (f ) + Rés4 (f ) = − .
(i − 4) (i + 2)2 36
γ

/ int γ, on obtient
3c) −2, 4 ∈ int γ mais i ∈
5 & '
. / πi 8+i 1
f (z) dz = 2πi Rés−2 (f ) + Rés4 (f ) = − .
18 (i + 2)2 (i − 4)
γ

Cas 4 : i, −2, 4 ∈ int γ. On a alors


5
. /
f (z) dz = 2πi Rési (f ) + Rés−2 (f ) + Rés4 (f )
γ
& '
1 8+i 1
= 2πi + − = 0.
(i − 4)(i + 2)2 36 (i + 2)2 36 (i − 4)

Cas 5 : i ∈ γ ou −2 ∈ γ ou 4 ∈ γ, l’intégrale n’est alors pas définie.


Théorème des résidus : corrigés 253

z 2 + 2z + 1
ii) Soit f (z) = .
(z − 3)3
Tout d’abord on observe que z = 3 est un pôle d’ordre 3 et que

1 d2 . /
Rés3 (f ) = lim 2 z 2 + 2z + 1 = 1.
2 z→3 dz
On distingue ensuite trois cas.
/ int γ. Le théorème de Cauchy nous donne
Cas 1 : 3 ∈
5
f (z) dz = 0 .
γ

Cas 2 : 3 ∈ int γ. 5
f (z) dz = 2πiRés3 (f ) = 2πi .
γ

Cas 3 : 3 ∈ γ. L’intégrale n’est alors pas bien définie.


e1/z
iii) Soit f (z) = 2 .
z
On a
∞ ∞
e1/z 1 # 1 1 # 1 1
f (z) = 2
= 2 n
= ,
z z n=0 n! z n=0
n! z n+2

donc 0 est une singularité essentielle isolée et

Rés0 (f ) = 0 .

Cas 1 : 0 ∈
/ int γ. Par le théorème de Cauchy, on déduit
5
f (z) dz = 0 .
γ

Cas 2 : 0 ∈ int γ. On trouve que


5
f (z) dz = 2πiRés0 (f ) = 0.
γ

Cas 3 : 0 ∈ γ. L’intégrale n’est pas bien définie.

3. i) Les singularités de f (z) = (cosh z)−1 sont quand cosh z = 0, c’est-à-dire


quand ez + e−z = 0 ⇔ e2z = −1 ⇔ z = i(2k + 1)π/2. La seule singularité
de f à l’intérieur de γ R est donc iπ/2 et c’est un pôle d’ordre 1. Le résidu
est alors
z − iπ/2 1 1
Résiπ/2 (f ) = lim = =
z→iπ/2 cosh z sinh(iπ/2) i
254 Théorème des résidus : corrigés

et par conséquent
5
f (z) dz = 2πi Résiπ/2 (f ) = 2π.
γR

ii) On va maintenant calculer l’intégrale sur chaque segment du rectangle.


On a en effet
5 #4 5
f (z) dz = f (z) dz,
γR i=1 γ
i

où
$ % $ %
γ 1 = x : x : −R → R , γ 2 = R + iy : y : 0 → π ,
$ % $ %
γ 3 = x + iπ : x : R → −R , γ 4 = −R + iy : y : π → 0 .

On obtient ainsi
5 5R 5 5R
dz dx dz dx
= , =− .
cosh z cosh x cosh z cosh(x + iπ)
γ1 −R γ3 −R

Comme
1 ! x+iπ " 1. /
cosh(x + iπ) = e + e−(x+iπ) = − ex + e−x = − cosh x,
2 2
on déduit que
5 5R
dz dx
=2 .
cosh z cosh x
γ1∪ γ3 −R

Par ailleurs, quand R → +∞, on a


5 5π
dz i dy
= −→ 0
cosh z cosh(R + iy)
γ2 0

5 5π
dz i dy
=− −→ 0.
cosh z cosh(−R + iy)
γ4 0

On a ainsi démontré que


5 5∞ 5∞
dx dx
lim f (z) dz = 2 = 2π =⇒ = π.
R→∞ cosh x cosh x
γR −∞ −∞
Théorème des résidus : corrigés 255

4. Les singularités possibles sont z = 0, z = −i, et z = 1. Or, en utilisant la


règle de L’Hôpital,
−iπ
lim f (z) = = −π,
z→0 i
on trouve donc que 0 est un point régulier (i.e. une singularité éliminable).
Par ailleurs, z = −i est clairement un pôle d’ordre 1 alors que z = 1 est un
pôle d’ordre 2. On trouve donc
1 − eiπz 1 − eπ
Rés−i (f ) = lim = .
z→−i z(z − 1)2 2
( )
d 1 − eiπz
Rés1 (f ) = lim
z→1 dz z(z + i)
. /
−iπ eiπz z(z + i) − (1 − eiπz )(2z + i)
= lim
z→1 z 2 (z + i)2
iπ(1 + i) − 2(2 + i) π−2 π+4
= = +i .
2i 2 2
On distingue alors différents cas.
Cas 1 : 1, −i ∈
/ int γ. On trouve grâce au théorème de Cauchy
5
f (z) dz = 0 .
γ

Cas 2 : 1 ∈ int γ mais −i ∈/ int γ. On trouve


5
f (z) dz = 2πi Rés1 (f ) = −π(π + 4) + iπ(π − 2).
γ

Cas 3 : −i ∈ int γ mais 1 ∈/ int γ. On obtient


5
f (z) dz = 2πi Rés−i (f ) = iπ(1 − eπ ).
γ

Cas 4 : 1, −i ∈ int γ. On déduit


5
. /
f (z) dz = 2πi Rés1 (f ) + Rés−i (f ) = −π(π + 4) + iπ(π − 1 − eπ ).
γ

Cas 5 : 1 ∈ γ ou −i ∈ γ. Alors l’intégrale n’est pas bien définie.


5. Les seules singularités de f (z) à l’intérieur du disque donné sont z = ±π/2.
Ce sont clairement des pôles d’ordre 1. On a donc à l’aide de la proposi-
tion 11.5
sin π/2
Résπ/2 (f ) = = −1
− sin π/2
sin (−π/2)
Rés−π/2 (f ) = = −1.
− sin (−π/2)
256 Théorème des résidus : corrigés

Cas 1 : ±π/2 ∈ int γ. On a donc


5
. /
tg z dz = 2πi Résπ/2 (f ) + Rés−π/2 (f ) = −4πi.
γ

Cas 2 : π/2 ∈ int γ, −π/2 ∈ / int γ. On trouve ainsi


5
tg z dz = 2πi Résπ/2 (f ) = −2πi.
γ

Cas 3 : −π/2 ∈ int γ, π/2 ∈ / int γ ⇒


5
tg z dz = 2πi Rés−π/2 (f ) = −2πi .
γ

Cas 4 : ±π/2 ∈
/ int γ. On déduit du théorème de Cauchy que
5
tg z dz = 0.
γ

Cas 5 : Si π/2 ∈ γ, ou −π/2 ∈ γ, alors l’intégrale n’est pas bien définie.


6. On a
1
f (cos θ, sin θ) = √
5 − sin θ
et, en posant z = eiθ ,

1 2
f4(z) = & ' = √
√ z − 1/z −z 2 + 2iz 5 + 1
iz 5−
2i
−2
= . √ /. √ /.
z − i( 5 + 2) z − i( 5 − 2)
.√ / .√ /
Les singularités de f4(z) sont z1 = i 5+2 , z2 = i 5−2 , mais seulement
z2 , qui est un pôle d’ordre 1, se trouve à l’intérieur du cercle unité. On
obtient
−2 1
Rési(√5−2) (f4) = lim
√ .√ /=
z→i( 5−2) z − i 5+2 2i
et par conséquent

52π

√ = 2πi Rési(√5−2) (f4) = π.
5 − sin θ
0
Théorème des résidus : corrigés 257

7. On pose z = eiθ et on trouve

eiθ + e−iθ z + 1/z z2 + 1


cos θ = = =
2 2 2z

e2iθ + e−2iθ z4 + 1 e2iθ − e−2iθ z4 − 1


cos 2θ = = , sin 2θ = = .
2 2z 2 2i 2iz 2
. /−1
Puis on définit, pour f (cos θ, sin θ) = cos θ sin 2θ 5 + 3 cos 2θ ,
& & ' & ''
4 1 1 1 1 1 −(z 2 + 1)(z 4 − 1)
f (z) = f z+ , z− = 2 2 . /.
iz 2 z 2i z 6z (z + 3) z 2 + 1/3

On trouve alors que les seules singularités


√ à l’intérieur du cercle unité sont 0
qui est un pôle d’ordre 2 et ±i/ 3 qui sont des pôles d’ordre 1. Leurs résidus
sont donc

−(z 2 + 1)(z 4 − 1) i
Rési/√3 (f4) = lim√ . √ /= √
z→i/ 3 6z (z + 3) z + i/ 3
2 2 6 3

−(z 2 + 1)(z 4 − 1) i
Rés−i/√3 (f4) = lim √ . √ / =− √
z→−i/ 3 6z (z + 3) z − i/ 3
2 2 6 3
( 6 )
1 d z + z4 − z2 − 1
Rés0 (f4) = − lim = 0.
2 z→0 dz 3z 4 + 10 z 2 + 3

On trouve ainsi que si γ est le cercle unité, alors

52π 5
cos θ sin 2θ
dθ = f4(z) dz
5 + 3 cos 2θ
0 γ
: ;
= 2πi Rési/√3 (f4) + Rés−i/√3 (f4) + Rés0 (f4) = 0

Ce résultat aurait pu être déduit immédiatement par raison de symétrie.


8. Posons z = eiθ et déduisons que
& '
eiθ + e−iθ 1 1
cos θ = = z+ ,
2 2 z
& '
e2iθ + e−2iθ 1 1
cos 2θ = = z + 2 .
2
2 2 z

Par ailleurs, on définit pour f (cos θ, sin θ) = (13 − 5 cos(2θ))−1 cos2 θ


& & ' & '' . /2
4 1 1 1 1 1 − z2 + 1
f (z) = f z+ , z− = . /.
iz 2 z 2i z 10 iz(z 2 − 5) z 2 − 1/5
258 Théorème des résidus : corrigés

√ √
Les singularités de f4 sont z = 0, ±1/ 5 et ± 5, et ce sont des pôles
d’ordre 1, seules les trois premières sont à l’intérieur du cercle unité γ. Les
résidus correspondants sont
−1
Rés0 (f4) = lim z f4(z) =
z→0 10 i
& '
4 1 3
Rés1/ 5 (f ) = lim√ z − √
√ f4(z) =
z→1/ 5 5 40 i
& '
1 3
Rés−1/√5 (f4) = lim √ z + √ f4(z) = .
z→−1/ 5 5 40 i
On trouve alors que
52π
cos2 θ
dθ =
13 − 5 cos 2θ
0
5 ! " π
= f4(z) dz = 2πi Rés0 (f4) + Rés1/√5 (f4) + Rés−1/√5 (f4) = .
10
γ

9. On écrit z = eiθ et on obtient ainsi


θ eiθ/2 − e−iθ/2 z−1 5θ ei5θ/2 − e−i5θ/2 z5 − 1
sin = = , sin = =
2 2i 2iz 1/2 2 2i 2iz 5/2
et par conséquent
& '2 & 5 '2 . 4 /2
sin(5θ/2) z −1 z + z3 + z2 + z + 1
= = .
sin(θ/2) (z − 1)z 2 z4
En posant
. 4 /2
4 z + z3 + z2 + z + 1
f (z) = ,
iz 5
on trouve que z = 0 est la seule singularité de f4 et que c’est un pôle d’ordre
5. Son résidu est donné par
*. /2 +
1 d4 z 4
+ z 3
+ z 2
+ z + 1 5
Rés0 (f4) = lim = .
4! z→0 dz 4 i i
On a finalement, si γ est le cercle unité, que
52π& '2 5
sin(5θ/2)
dθ = f4(z) dz = 2πi Rés0 (f4) = 10 π.
sin(θ/2)
0 γ

(On peut montrer de manière analogue que


52π& '2
sin(nθ/2)
dθ = 2nπ
sin(θ/2)
0

après avoir calculé Rés0 (f4) = n/i.)


Théorème des résidus : corrigés 259

10. i) On commence par écrire


& ' & '
2n 2n−1 2n
(z − 1) 2n
=z −
2n
z + ···− z+1
1 2n − 1
2n
# & '
k 2n
= (−1) zk
k
k=0

et on trouve ainsi
2n & ' 2n & '
. / # 2n k+2n # 2n k
(z − 1)2n z 2n + 1 = (−1)k z + (−1)k z
k k
k=0 k=0
2n
# & ' 2n−1
# & '
k 2n k 2n
= (−1) z k+2n
+ 2z +
2n
(−1) zk
k k
k=1 k=0

et par conséquent
2n & ' 2n−1 & '
(z − 1)2n (z 2n + 1) # k 2n 2 # 2n (−1)k
h(z) = = (−1) z k−1
+ + .
z 2n+1 k z k z 2n+1−k
k=1 k=0

On voit donc que z = 0 est un pôle d’ordre 2n + 1 de h et que son résidu


est 2.
ii) On pose comme à l’accoutumée z = eiθ et on trouve

z + 1/z z2 + 1 z n + 1/z n z 2n + 1
cos θ = = , cos nθ = =
2 2z 2 2z n
et ainsi
& 'n 2n
n z2 + 1 z +1 (−1)n (z − 1)2n (z 2n + 1)
(1 − cos θ) cos nθ = 1− = .
2z 2z n 2n+1 z 2n

Posons
(−1)n (z − 1)2n (z 2n + 1)
f4(z) =
i2n+1 z 2n+1
et observons que
(−1)n
f4(z) = n+1 h (z)
i2
par conséquent
. / (−1)n
Rés0 f4(z) = .
i2n
Si γ est le cercle unité, on a donc

52π 5
n . / (−1)n π
(1 − cos θ) cos nθ dθ = f4(z) dz = 2πi Rés0 f4(z) = n−1 .
2
0 γ
260 Théorème des résidus : corrigés

11. On pose z = eiθ de façon que


& '
1 1
cos θ = z+ .
2 z
On a
1 −z
f (z) = . / = .
1 − p z + 1/z + p2 (pz − 1)(z − p)
Soit
−1
f4(z) =
i(pz − 1)(z − p)
et γ le cercle unité. La fonction f4 a des singularités (en fait des pôles
d’ordre 1) en z = p et z = 1/p. Comme p < 1 seul z = p est à l’intérieur de
γ. Son résidu est alors
−(z − p) −1
Résp (f4) = lim =
z→p i(pz − 1)(z − p) i(p2 − 1)
et par conséquent
52π 5
dθ 2π
= f4(z) dz = 2πi Résp (f4) = .
1 − 2p cos θ + p2 1 − p2
0 γ

12. i) Par l’inégalité du triangle, on a, si z = r eiθ


6 6 6 66 6 6 6 6
6z + 16 ≥ 666z 6 6 − 166 = 6r6 − 16.

ii) On écrit si r > 1


6 6 6 π . / 6
65 6 65 iθ 2 6
6 z 2 6 6 r e 6
6 dz 66 = 6 . /6 ir e dθ 66

6 1+z 6 6
6 6 6 1 + r eiθ 6
Cr 0


r3 πr3
≤ dθ = −→ 0 si r → ∞.
r6 − 1 r6 − 1
0

iii) Soient r > 1 et γ r = Cr ∪ Lr où Cr est défini dans la deuxième question


et Lr est le segment de droite [−r, r] sur l’axe réel. Les singularités de
f (z) = z 2 /(1 + z 6 ) sont les zéros de 1 + z 6 . Or

1 + z 6 = 0 ⇐⇒ z 6 = −1 = ei(π+2nπ) ⇐⇒ zn = eiπ(2n+1)/6 , n = 0, . . . , 5 .

Seuls z0 , z1 et z2 sont à l’intérieur de γ r et ce sont des pôles d’ordre 1. On


a donc que leurs résidus sont donnés à l’aide de la proposition 11.5 (poser
p(z) = z 2 et q(z) = 1 + z 6 ce qui implique q ! (z) = 6z 5 ) par
& ' n+1
z2 1 1 −i(2n+1)π/2 (−1)
Részn = = e = i, n = 0, 1, 2.
1 + z6 6zn3 6 6
Théorème des résidus : corrigés 261

Le théorème des résidus nous permet donc d’écrire


5 5 5 2
# π
f (z) dz = f (z) dz + f (z) dz = 2πi Részn (f ) = .
n=0
3
γr Cr Lr

Comme
5 5r 5∞
x2 x2
f (z) dz = dx −→ dx quand r → ∞
1 + x6 1 + x6
Lr −r −∞
5
f (z) dz −→ 0 quand r → ∞ ,
Cr

(cf. la deuxième question), on déduit que


5∞ 5
x2 π
dx = lim f (z) dz = .
1 + x6 r→∞ 3
−∞ γr

13. i) Soit z = r eiθ = r cos θ + ir sin θ, on obtient alors


6 iz 6 6 ir cos θ−r sin θ 6
6e 6 = 6e 6 = e−r sin θ ≤ 1

car r sin θ ≥ 0 (r > 0 et θ ∈ [0, π]).


ii) Par l’inégalité du triangle, on a
6 6 6 6
616 + z 4 6 ≥ 6z 4 6 − 16 = r4 − 16.

iii) En combinant les deux premières questions, on déduit, si r > 2, que


6 6
6 eiz 6
6 6 1
6 16 + z 4 6 ≤ r4 − 16 .

iv) Soit f (z) = eiz /(16 + z 4 ) ; alors si r → ∞, on obtient


6 6 6 π 6
65 6 65 6
6 6 6 . iθ / iθ 6
6 f (z) dz 6 = 6 f re ir e dθ6
6 6 6 6
6 6 6 6
Cr 0
5π 5π
6 . iθ /6 r
≤ 6f re 6 r dθ ≤ dθ −→ 0.
r4 − 16
0 0

v) Soit r > 2 et γ r = Cr ∪ Lr où Cr est comme dans la deuxième question


et Lr est le segment de droite [−r, r] sur l’axe réel. On cherche ensuite les
singularités de f (z), elles sont données par

z 4 + 16 = 0 ⇐⇒ z 4 = −16 = 16 ei(π+2kπ)
⇐⇒ zk = 2eiπ(2k+1)/4 , k = 0, 1, 2, 3.
262 Théorème des résidus : corrigés

Ce sont clairement des pôles d’ordre 1 et les seuls qui soient à l’intérieur de
γ r sont z0 et z1 . Leurs résidus sont calculés à l’aide de la proposition 11.5
(poser p(z) = eiz et q(z) = 16 + z 4 ce qui implique q ! (z) = 4z 3 )
√ √
eiz0 ei 2(1+i) e 2(−1+i)
Rész0 (f ) = 3 = .√ /3 = √
4z0 4 2(1 + i) 16 2(1 + i)i
√ √
eiz1 ei 2(−1+i) e 2(−1−i)
Rész1 (f ) = 3 = .√ /3 = √
4z1 4 2(−1 + i) 16 2(1 − i)i
√ 0 √ √ √ √ 1
e− 2 cos 2 + i sin 2 cos 2 − i sin 2
Rész0 (f ) + Rész1 (f ) = √ +
16 2i 1+i 1−i

e− 2 ! √ √ "
= √ cos 2 + sin 2 .
16 2i
On a donc par le théorème des résidus
5 5 5
eiz eiz eiz . /
dz = dz + dz = 2πi Rész0 (f ) + Rész1 (f )
16 + z 4 16 + z 4 16 + z 4
γr Cr Lr

e − 2 ! √ √ "
=π √ cos 2 + sin 2 .
8 2
Comme
5 5r 5
+∞ 5
+∞
eix cos x sin x
lim f (z) dz = lim dx = dx + i dx,
r→∞ r→∞ 16 + x4 16 + x4 16 + x4
Lr −r −∞ −∞

on a que l’identité précédente combinée au résultat de la quatrième question


nous permet d’écrire

5
+∞ √ 5
+∞
cos x e− 2 ! √ √ " sin x
dx = π √ cos 2 + sin 2 et dx = 0.
16 + x4 8 2 16 + x4
−∞ −∞
Chapitre 13

Applications conformes :
corrigés

1. i) On écrit pour z = x + iy

x − iy
f (z) = = u + iv
(x + iy)(x − iy)

et on trouve donc

x −y
u= et v = .
(x2 + y 2 ) (x2 + y 2 )

ii) On a
1 1
w= =⇒ z =
z w
et donc, comme précédemment,

u −v
x= et y = .
u2 + v 2 u2 + v 2

(On peut procéder aussi en éliminant x puis y dans les équations u =


x/(x2 + y 2 ) et v = −y/(x2 + y 2 ).)
iii) a) A1 représente la droite x = y ; et en remplaçant dans les expressions
de u et de v, on obtient

x 1 −x −1
u= = et v = = =⇒ u + v = 0.
2x2 2x 2x2 2x
264 Applications conformes : corrigés

On a ainsi que f (A1 ) est une droite passant par l’origine (fig. 13.2),
$ %
f (A1 ) = w = u + iv : Im(w) = − Re(w) .

y v
(plan z) (plan w)

x u

A1 f (A1 )

Fig. 13.2

b) A2 est une droite dont l’équation est Re(z) = x = 1. On trouve donc


& '2
u 1 1
x=1= 2 =⇒ u + v = u =⇒ u −
2 2
+ v2 = ,
u + v2 2 4
et par conséquent f (A2 ) est un cercle passant par l’origine (fig. 13.3),
2 6 62 & '2 <
6
6 1 66 1 1
f (A2 ) = w = u + iv : 6w − 6 = u − +v =2
.
2 2 4

y v
(plan z) (plan w)

1 x 1 u
2

A2 f (A2 )

Fig. 13.3

c) A3 est un cercle, passant par l’origine, défini par l’équation (x − 1)2 +


y 2 = 1 (⇒ x2 + y 2 = 2x), et on obtient donc
& '2 & '2
u −v 2u 1
+ = 2 =⇒ u = ,
u2 + v 2 u2 + v 2 u + v2 2
Applications conformes : corrigés 265

et ainsi f (A3 ) est une droite ne passant pas par l’origine (fig. 13.4),
, -
1
f (A3 ) = w ∈ C : Re(w) = .
2

y v
(plan z) (plan w)

1 x 1
2
u

A3 f (A3 )

Fig. 13.4

d) A4 est un cercle, ne passant pas par l’origine, défini par l’équation


(x − 1)2 + y 2 = 4. On déduit donc que
& '2
u v2
− 1 + = 4 =⇒
u2 + v 2 (u2 + v 2 )2
. /2
=⇒ u2 − 2u(u2 + v 2 ) + (u2 + v 2 )2 + v 2 = 4 u2 + v 2
& '2
1 4
=⇒ 3(u2 + v 2 ) + 2u − 1 = 0 =⇒ u + + v2 = .
3 9
Ainsi f (A4 ) est un cercle ne passant pas par l’origine (fig. 13.5)
, 6 6 -
6
6 1 66 2
f (A4 ) = w ∈ C : 6w + 6 = .
3 3

y v
(plan z) (plan w)

−1 1 3 x −1 − 13 1 u
3

A4 f (A4 )

Fig. 13.5
266 Applications conformes : corrigés

iv) On a vu que si f (z) = 1/z, alors


f x −y
x + iy −→ u + iv = +i 2
x2 + y 2 x + y2
et réciproquement
u −v
x= et y = .
u2 + v2 + v2
u2
On va distinguer différents cas.
Cas 1. L’image d’une droite passant par l’origine est une droite passant par
l’origine, en effet
αx + βy = 0 =⇒ αu − βv = 0.
Cas 2. L’image d’une droite ne passant pas par l’origine est un cercle passant
par l’origine. Plus précisément si γ %= 0 et si
γ
αx + βy = ,
2
alors
αu βv γ
− 2 = =⇒ γ(u2 + v 2 ) − 2αu + 2βv = 0
u2 +v 2 u +v 2 2
& '2 & '2
α β α2 + β 2
=⇒ u − + v+ = .
γ γ γ2
2 2
Cas 3. L’image d’un cercle passant par l’origine ((x − α) + (y − β) = γ 2
avec γ 2 = α2 + β 2 ) est une droite ne passant pas par l’origine. Ceci suit de
& '2 & '2
u −v
−α + − β = γ 2 =⇒
u2 + v 2 u2 + v 2
. /2 . /
=⇒ γ 2 u2 + v 2 = α2 + β 2 (u2 + v 2 )2 + u2 + v 2 − 2 (αu − βv) (u2 + v 2 )
=⇒ 2βv − 2αu + 1 = 0.
2 2
Cas 4. L’image d’un cercle ne passant pas par l’origine ((x − α) +(y − β) =
γ 2 avec γ 2 %= α2 + β 2 ) est un cercle qui ne passe pas par l’origine. Plus
précisément, on trouve à l’aide du cas précédent
. /2
(γ 2 − α2 − β 2 ) u2 + v 2 = (u2 + v 2 )(1 − 2αu + 2βv) =⇒
2αu 2βv 1
=⇒ u2 + + v2 − 2 = 2
γ 2 − α2 − β 2 γ − α2 − β 2 γ − α2 − β 2
& '2 & '2
α β γ2
=⇒ u + + v − = .
γ 2 − α2 − β 2 γ 2 − α2 − β 2 (γ 2 − α2 − β 2 )2
2. i) On cherche une application du type
az + b
w(z) = .
cz + d
Applications conformes : corrigés 267

En imposant les conditions données, on trouve

b a(1 + i) + b
w(0) = = −1, w(1 + i) = =1
d c(1 + i) + d
a(1 − i) + b
w(1 − i) = = −1 + 2i,
c(1 − i) + d
c’est-à-dire,
c−a 1−i
b = −d, b= (1 + i), c=a = −ai,
2 1+i
d’où, en prenant c = 1,

a = i, b = 1, d = −1.

On a ainsi
iz + 1
w(z) = .
z−1
ii) L’application cherchée est z → 2/z, car, en procédant comme dans l’exer-
cice 1, si w(z) = 2/z, alors x + iy → u$+ iv, avec u2 + v%2 = 4/(x2 + y 2 ) et
l’on voit bien qu’elle
$ % envoie le disque z ∈ C : |z| < 1 sur l’extérieur de
w ∈ C : |w| > 2 .
az + b
3. Soit f (z) = .
cz + d
Choisissons les points −1, 0, 1 de ∂Ω et associons-leur par f les points −1,
i, 1 de ∂D (fig. 13.6). On a donc
−a + b b a+b
f (−1) = = −1, f (0) = = i, f (1) = = 1.
−c + d d c+d
On trouve facilement que

c = b = ai et d = a.

y v
(plan z) i (plan w)

D
1
−1 0 1 x u

Fig. 13.6
268 Applications conformes : corrigés

Ceci nous conduit à


az + ai z+i
f (z) = = .
aiz + a iz + 1
Il reste à vérifier si l’intérieur de Ω est envoyé sur l’intérieur de D. Par
exemple
3i
2i ∈ Ω =⇒ f (2i) = = −3i ∈/ D.
−1
Par conséquent, la bonne transformation est (car on sait que f (z) = 1/z
envoie l’extérieur du disque unité sur son intérieur, et réciproquement)

iz + 1
g(z) = .
z+i
4. On peut procéder de deux façons.
1a) On va écrire f = f2 ◦ f1 où
$ %
f1 : Ω → A = z ∈ C : |z| > 1
f2 : A → D.

On a vu que f2 (z) = 1/z est bien une application


. qui envoie
/ A sur D. De
même, on voit immédiatement que f1 (z) = z − 2(1 + i) /2 envoie Ω sur A.
Par conséquent,
. / 2
f (z) = f2 f1 (z) = .
z − 2(1 + i)
1b) Son inverse est donnée par

2 2(1 + i)w + 2
w= =⇒ zw = 2(1 + i)w + 2 =⇒ z = .
z − 2(1 + i) w

2a) Si on n’a pas vu la décomposition immédiate, on se fixe trois points


quelconques de ∂Ω et on leur associe trois points de ∂D. Puis on vérifie si
on a bien envoyé un point de l’intérieur de Ω sur un point de l’intérieur de
D (si ce n’est pas le cas il suffit alors d’inverser). On cherche donc

az + b
g(z) = : g (2i) = −1, g(2) = −i, g(4 + 2i) = 1.
cz + d
On a alors, après calcul,

az − 2(1 + i)a z − 2(1 + i)


g(z) = = .
2a 2
6 6 √
/ D car 6g(0)6 = 2 > 1. Donc
On constate que 0 ∈ Ω et g(0) = − (1 + i) ∈
la bonne transformation est
1 2
f (z) = = .
g(z) z − 2(1 + i)
Applications conformes : corrigés 269

On retrouve ici la même que précédemment, mais on aurait clairement pu


en trouver une autre si par exemple on avait choisi

f (2i) = −1, f (2) = i, f (4 + 2i) = 1

(il y a une infinité de possibilités).


2b) La fonction inverse est à déterminer de cas en cas.
5. i) Tout d’abord, on va montrer que f est bijective. On va commencer par
montrer l’injectivité. On a

az1 + b az2 + b
f (z1 ) = f (z2 ) ⇐⇒ =
cz1 + d cz2 + d
⇐⇒ acz1 z2 + adz1 + bcz2 + bd = acz1 z2 + bcz1 + adz2 + bd
⇐⇒ (ad − bc)z2 = (ad − bc)z1 ⇐⇒ z1 = z2 .

(Noter qu’on a utilisé l’hypothèse ad − bc %= 0.)


On va prouver que f est surjective. On a

az + b
f (z) = w = ⇐⇒ (az + b) = w(cz + d)
cz + d
−dw + b
⇐⇒ (cw − a)z = b − dw ⇐⇒ z = f −1 (w) = ,
cw − a
qui (comme ad − bc %= 0) appartient à D et, par conséquent,

f (D) = D∗ = C\{a/c}.

De plus, f est holomorphe car c’est le quotient de deux fonctions holo-


morphes dont le dénominateur ne s’annule pas.
Finalement la dérivée est donnée par

ad − bc
f ! (z) = 2 %= 0.
(cz + d)

ii) Lorsque ad − bc = 0, on s’aperçoit immédiatement que f ! (z) = 0 et donc


f est constante, en effet,

az + b b(cz + d) b
f (z) = = = .
cz + d d(cz + d) d

6. i) Soit f (z) = u + iv. On va déterminer u et v. On trouve

1 x − iy
u + iv = x + iy + = x + iy + 2 ,
x + iy x + y2

et donc & ' & '


1 1
u=x 1+ et v = y 1 − .
x2 + y 2 x2 + y 2
270 Applications conformes : corrigés

ii) Cas 1 : a = 1. Dans ce cas u = 2x et v = 0 et comme |z| = a implique


que −a ≤ x ≤ a, on déduit que l’image par f du cercle donné est le segment
(sur l’axe réel) [−2a, 2a].
Cas 2 : a %= 1. On a
& ' & '
1 1
u=x 1+ 2 et v = y 1 − 2 ,
a a

donc
a4 u 2 a4 v 2
+ = x2 + y 2 = a2 ,
(a2 + 1)2 (a2 − 1)2
c’est-à-dire l’ellipse d’équation

u2 v2 1
+ = 2.
(a2 + 1)2 (a2 − 1)2 a

7. i) On doit vérifier que f : A → Ω a les propriétés suivantes :


– f injective : soient z1 , z2 ∈ A tels que f (z1 ) = f (z2 ) alors ez1 = ez2 et
donc z2 = z1 + 2inπ ⇒ Re z2 = Re z1 et Im z2 = Im z1 + 2nπ. Comme
0 < Im z1 , Im z2 < π, on déduit que z1 = z2 et donc f est injective.
– f surjective : soit w ∈ Ω, on veut trouver z ∈ A tel que f (z) = w. Il suffit
de prendre z = log w. On a bien Im w > 0 ⇒ Im z ∈ (0, π).
– f holomorphe : on sait que f (z) = ez est holomorphe ∀z ∈ C et que

f ! (z) %= 0 ∀z ∈ C.

Par conséquent, f : A → Ω est bien conforme.


ii) On a donc, en combinant l’exercice 3 (en posant g (z) = (iz + 1)/(z + i))
et la question précédente, que

f g
h = g ◦ f : A −→ Ω −→ D
. / iez + 1
h (z) = g f (z) = z
e +i
est conforme.
8. i) On cherche g = u + iv holomorphe. Pour qu’un tel g existe, il faut que u
et v satisfassent les équations de Cauchy-Riemann vx = −uy et vy = ux ou,
en d’autres termes,

grad v = (vx , vy ) = (−uy , ux ) = Φ = (ϕ, ψ).

Or, comme R2 est convexe et donc simplement connexe, une condition


nécessaire et suffisante pour qu’un tel v existe est que rot Φ = ψ x − ϕy = 0,
ce qui est bien le cas car u est harmonique et donc
. / . /
rot Φ = ux x + uy y = uxx + uyy = 0u = 0.

On a ainsi trouvé v et donc une fonction holomorphe g telle que u = Re g.


Applications conformes : corrigés 271

ii) Comme u est harmonique, on a, par la première question, qu’il existe g


holomorphe telle que u = Re g. Par conséquent,

u ◦ f = Re(g ◦ f )

et g ◦ f est holomorphe, et ainsi u ◦ f est harmonique (cf. exercice 6 du


chapitre 9).
9. i) On peut invoquer le fait que h (O) = D (cf. plus bas), la proposition 13.3
et remarquer que
$ %
O = {z : Im z > 0} ⊂ C \ {−i} et D = z : |z| < 1 ⊂ C \ {1}

pour obtenir le résultat, à savoir que h est conforme de O sur D. Nous allons
toutefois le remontrer une fois de plus et donc établir les quatre assertions
suivantes :
– h est holomorphe dans C \ {−i} et par conséquent dans O.
– h est injective car

z1 − i z2 − i
h(z1 ) = h(z2 ) =⇒ = =⇒ z1 = z2 .
z1 + i z2 + i

– h est surjective car

z−i
w= =⇒ zw + iw = z − i =⇒ z(w − 1) = −i(w + 1)
z+i
w+1
=⇒ z = −i = h−1 (w)
w−1

et de plus

(α + 1) + iβ β − i(α + 1)
h−1 (w) = h−1 (α + iβ) = −i =
(α − 1) + iβ (α − 1) + iβ
−2β (1 − α2 − β 2 )
= 2 +i = Re h−1 + i Im h−1 .
(α − 1)2 + β (α − 1)2 + β 2

Observer que comme α2 + β 2 < 1 (car w ∈ D), on a bien Im h−1 (w) > 0
et donc h−1 (w) ∈ O.
2
– h! (z) = 2i/ (z + i) %= 0.
ii) Pour vérifier que g : Ω → O est conforme, il nous faut vérifier les quatre
propriétés suivantes.
– g(z) = z 2 est évidemment holomorphe.
– g est injective dans Ω. Pour cela on doit montrer que si z1 , z2 ∈ Ω et si
g(z1 ) = g(z2 ) alors z1 = z2 .
2
x21 − y12 = x22 − y22
g(z1 ) = g(z2 ) =⇒
x1 y1 = x2 y2
272 Applications conformes : corrigés

comme xi , yi > 0 (et donc %= 0), on a


 x1 y1 
 y2 = x2

  y2 = x1 y1
& '2 =⇒ x2
 x1 y1  4

 x1 − y1 = x2 −
2 2 2 x2 − x1 x2 = x21 y12 − x22 y12
2 2
x2

 y2 = x1 y1
x2 =⇒ x21 = x22 =⇒ x1 = x2
 2 2 x2 (=0 x1 ,x2 >0
x2 (x2 − x21 ) = −y12 (x22 − x21 ) y1 (=0
2
x1 = x2
=⇒ =⇒ z1 = z2 .
y1 = y2
– g est surjective. En effet, soient w = α + iβ ∈ O, i.e. β > 0, et z = x + iy ;
on déduit alors
2
α = x2 − y 2
w = z 2 =⇒ α + iβ = x2 − y 2 + i2xy =⇒
β = 2xy
et par conséquent
03 11/2 03 11/2
α2 + β 2 + α α2 + β 2 − α
x= et y = .
2 2

On aurait pu aussi écrire, si z = |z| eiθ et si w = |w| eiϕ , que


,
|w| = |z|2
w = z =⇒ |w| e = |z| e =⇒
2 iϕ 2 2iθ
ϕ = 2θ + 2kπ
puis calculer et on aurait retrouvé
 03 11/2

 α2 + β 2 + α


 Re g (α, β) =
−1

2
03 11/2

 α2 + β2 − α

 Im g (α, β) =
−1

 .
2

On a bien que g −1 (w) ∈ Ω.


– g ! (z) = 2z %= 0 si z ∈ Ω.
iii) Il suffit de prendre
g h
f = h ◦ g : Ω −→ O −→ D,
cést-à-dire
z2 − i
f (z) = .
z2 + i
10∗ . Si une telle
6 application
6 f existait, alors f serait holomorphe et bornée
(puisque 6f (z)6 < 1). Par le théorème de Liouville, f serait alors constante,
ce qui est absurde.
Chapitre 14

Séries de Fourier : corrigés


1. i) On trouve après calcul
52π 5π
1 1
an = e(x−π) cos nx dx = ey cos(ny + nπ) dy
π π
0 −π


(−1)n 2 sinh π
= ey cos ny dy = .
π (1 + n2 )π
−π

52π 5π
1 1
bn = e (x−π)
sin nx dx = ey sin(ny + nπ) dy
π π
0 −π


(−1)n −2n sinh π
= ey sin ny dy = .
π (1 + n2 )π
−π

ii) Grâce au théorème de Dirichlet, si


∞ & '
sinh π sinh π # 2 cos nx 2n sin nx
F f (x) = + −
π π n=1 1 + n2 1 + n2

alors on a
F f (x) = f (x) si x ∈ (0, 2π) .
iii) En particulier, si x = π, on a
0 ∞
1
sinh π # 2(−1)n
1= 1+
π n=1
1 + n2

d’où
#∞
(−1)n π 1
= − ,
n=1
1 + n 2 2 sinh π 2
c’est-à-dire
#∞
(−1)n π π
= = π .
n=2
1 + n 2 2 sinh π e − e−π
274 Séries de Fourier : corrigés

2. On a
52π 5π
1 1 2
a0 = (x − π) dx =
2
y 2 dy = π 2
π π 3
0 −π

52π 5π
1 (−1)n 4
an = (x − π)2 cos nx dx = y 2 cos ny dy = 2
π π n
0 −π

52π 5π
1 (−1)n
bn = (x − π) sin nx dx =
2
y 2 sin ny dy = 0 .
π π
0 −π

La série de Fourier est donc



π 2 # 4 cos nx
F f (x) = + .
3 n=1
n2

Le théorème de Dirichlet nous assure (noter que f est continue en x = 0 et


x = 2π) alors que
F f (x) = f (x) si x ∈ [0, 2π]
et donc, quand on prend respectivement x = 0 (f (0) = π 2 ) et x = π
(f (π) = 0), on trouve
#∞ #∞
4 2π2 1 π2
= =⇒ = .
n=1
n2 3 n=1
n2 6
#∞ #∞
(−1)n π2 (−1)n π2
4 2 =− =⇒ = − .
n=1
n 3 n=1
n2 12
3. On observe que f est une fonction impaire et donc an = 0. On trouve par
contre, comme f est 2π-périodique, que
52π 3π/2
5
1 1
bn = f (x) sin nx dx = f (x) sin nx dx
π π
0 −π/2

 1
5π/2 
 2 si n = 1
1
= sin x sin nx dx =
π 
 2n cos 12 πn
−π/2  − si n ≥ 2.
π n2 − 1
On a donc dès que n ≥ 2 (b1 = 1/2)

 0 si n = 2k + 1 (i.e. impair)



 −2n
si n = 4k (i.e. un multiple de 4)
bn = π(n2 − 1) .



 2n
 si n = 4k + 2 (i.e. pair mais pas un multiple de 4).
π(n2 − 1)
Séries de Fourier : corrigés 275

4. On a par définition
52
1
cn = x e−iπnx dx.
2
0

Si n = 0, on trouve c0 = 1, alors que si n %= 0, on obtient après intégration


( )2 52
1 x e−iπnx 1 i
cn = + e−iπnx dx =
2 −iπn 0 2iπn πn
0

et par conséquent
i # eiπnx
F f (x) = 1 + .
π n
n(=0

Remarque : Comme n peut être négatif, on constate que le membre de droite


de F f (x) est bien une fonction réelle.
5. i) Comme f est impaire, on a
2
x(π − x) si x ∈ (0, π)
f (x) =
x(π + x) si x ∈ (−π, 0)

et donc ak = 0 et
5π 5π
2 2
bk = f (x) sin kx dx = x(π − x) sin kx dx.
2π π
−π 0

On a alors
5π ( )π 5π
cos kx cos kx
x(π − x) sin kx dx = −x(π − x) + (π − 2x) dx
k 0 k
0 0
( )π 5π
sin kx sin kx
= (π − 2x) 2 +2 dx
k 0 k2
0
( )π
2 2 2
= − 3 cos kx = − 3 (−1)k + 3 .
k 0 k k

On trouve donc

4 8 9  0 si k est pair
bk = 1 − (−1) =
k
πk 3  8 si k est impair
πk 3
et on obtient alors ∞
# 8 sin(2k − 1)x
F f (x) = .
π(2k − 1)3
k=1
276 Séries de Fourier : corrigés

En utilisant l’idendité de Parseval, on trouve



# 5π 5π
64 1 6f (x)62 dx = 2
6 6 π4
= x2 (π − x)2 dx =
π 2 (2k − 1)6 π π 15
k=1 −π 0

et ainsi

# 1 π6
= .
(2k − 1)6 960
k=1
1 1
6. f (x) = cos2 x = + cos 2x, ce qui implique que les coefficients de Fourier
2 2
sont
1
a0 = 1, a2 = , an = 0 si n %= 0, 2 et bn = 0 ∀n.
2
On a donc par 2π-périodicité et par l’identité de Parseval
5π 52π ( )
. /2 . /2 1 1 3π
f (x) dx = f (x) dx = π + = .
2 4 4
−π 0

7. i) Tout d’abord on remarque que la fonction est paire, par conséquent bk = 0.


On trouve que
52π 5π 5π
2 1 2
a0 = f (x) dx = |x| dx = x dx = π.
2π π π
0 −π 0

52π 5π
2 2
ak = f (x) cos kx dx = x cos kx dx
2π π
0 0

2 :x ;π 2 2 8 9
= sin kx − sin kx dx = 2
(−1)k − 1 .
π k 0 kπ πk
0

On obtient ainsi 
 0 si k est pair
ak =
 −4 si k est impair
πk 2
et donc finalement

π # 4
F f (x) = − cos(2k + 1)x.
2 π(2k + 1)2
k=0

ii) En utilisant l’identité de Parseval, on obtient


52π 5π ∞
2 . /2 1 2π 2 π2 # 16
f (x) dx = x2 dx = = +
2π π 3 2 π 2 (2k + 1)4
0 −π k=0
Séries de Fourier : corrigés 277

et on en déduit donc

16 # 1 π2
= ,
π 2 (2k + 1)4 6
k=0

c’est-à-dire

# 1 π4
= .
(2k + 1)4 96
k=0

En utilisant le résultat précédent, on a



# ∞
# ∞
# ∞
1 1 1 1 # 1 π4
= + = + ,
k4 (2k)4 (2k + 1)4 16 k4 96
k=1 k=1 k=0 k=1

et par conséquent

# 1 π4
= .
k4 90
k=1

8. i) On observe que la fonction donnée est paire, par conséquent bn = 0. On


trouve que

52π 5π/2 3π/2


5
1 1 1
an = |cos x| cos nx dx = cos x cos nx dx − cos x cos nx dx.
π π π
0 −π/2 π/2

Faisons un changement de variable et posons y = x − π dans la deuxième


n
intégrale (on rappelle que cos(z + nπ) = (−1) cos z), on obtient ainsi

3π/2
5 5π/2
cos x cos nx dx = cos (y + π) cos n(y + π) dy
π/2 −π/2

5π/2
= (−1) n+1
cos y cos ny dy .
−π/2

Par conséquent en revenant à an , on a

5π/2
1 + (−1)n
an = cos y cos ny dy
π
−π/2

et on déduit immédiatement que si n est impair alors an = 0. Par conséquent


en posant n = 2k et en utilisant le fait que 2 cos y cos 2ky = cos (2k + 1) y +
cos (2k − 1) y, on obtient
( )π/2
1 sin (2k + 1) y sin (2k − 1) y 4 (−1)k+1
a2k = + = .
π 2k + 1 2k − 1 −π/2 π 4k 2 − 1
278 Séries de Fourier : corrigés

On a ainsi la série de Fourier



2 4 # (−1)k+1
F f (x) = + cos 2kx .
π π 4k 2 − 1
k=1

ii) En prenant x = π/2, on a cos 2kx = cos kπ = (−1)k et f (π/2) = 0, donc



# 1 1
= .
4k 2 − 1 2
k=1

9. Comme f est 2π-périodique et paire, on a bn = 0 et


52π 5π
2 2
an = f (t) cos nt dt = sin 3t cos nt dt
2π π
0 0

1 8 9
= sin (3 − n) t + sin (3 + n) t dt .
π
0

Si n %= 3 (si n = 3 on a immédiatement a3 = 0), on obtient alors


( )π
1 cos(3 − n)t cos(3 + n)t
an = − −
π 3−n 3+n 0
( )
1 (−1) 3−n
(−1)3+n
1 1
= − − + +
π 3−n 3+n 3−n 3+n

 0
 si n est impair
= ( )
 1 2 2 12
 + = si n est pair.
π 3−n 3+n π (9 − n2 )
La série de Fourier est alors donnée par

2 12 # cos 2kt
F f (t) = + .
3π π 9 − 4k 2
k=1

10. i) Tout d’abord on remarque que la fonction est paire, par conséquent bk = 0.
On trouve que
5π 5π
2 2
ak = cos αx cos kx dx = cos αx cos kx dx
2π π
−π 0


1 8 9
= cos(α + k)x + cos(α − k)x dx
π
0
( )
1 sin(α + k)π sin(α − k)π
= +
π α+k α−k
( )
(−1)k sin απ 1 1 (−1)k sin απ 2α
= + = .
π α+k α−k π α2 − k 2
Séries de Fourier : corrigés 279

Par conséquent, ∀x ∈ [−π, π),



sin απ 2α sin απ # (−1)k−1
F f (x) = + cos kx.
απ π k 2 − α2
k=1

ii) Comme f est continue, on obtient en prenant x = π


* ∞
+
2α sin απ 1 # (−1)k−1 (−1)k
cos απ = + ,
π 2α2 k 2 − α2
k=1

d’où, pour tout α ∈


/ Z,

# 1 1 π
= − .
k 2 − α2 2α2 2α tg απ
k=1

11. i) En utilisant la notation complexe, on trouve


1
cn = f (x) e−inx dx

−π
 
−π/2
5 5π/2 5π
1  
=  (−π − x) e−inx dx + x e−inx dx + (π − x) e−inx dx .

−π −π/2 π/2

On effectue les changements de variable respectifs u = x + π et v = x − π ;


on obtient alors
−π/2
5 5π/2 5π/2
(−π − x) e −inx
dx = inπ −inu
−u e e du = (−1)n+1
u e−inu du
−π 0 0

5π 50 50
(π − x) e −inx
dx = −v e −inπ
e −inv
dv = (−1) n+1
v e−inv dv
π/2 −π/2 −π/2

et ainsi

5π/2 (& ' )π/2


1 + (−1)n+1 1 + (−1)n+1 ix 1
cn = xe −inx
dx = + 2 e −inx
.
2π 2π n n −π/2
−π/2

On trouve immédiatement que si n est pair cn = 0, alors que si n est impair


(n = 2k − 1, alors e−i(2k−1)π/2 = −ei(2k−1)π/2 = (−1)k i), on obtient

(−1)k 2i
c2k−1 = .
π(2k − 1)2
280 Séries de Fourier : corrigés

Comme f est continue, on a pour x ∈ [−π/2, π/2],

+∞
2i # (−1)k
x= ei(2k−1)x .
π (2k − 1)2
k=−∞

ii) Si on prend x ∈ [−a, a], on a (π/2a)x ∈ [−π/2, π/2] et par conséquent

+∞
#
4 (−1)k
x = 2 ia eiπ(2k−1)x/2a .
π (2k − 1)2
k=−∞

iii) En particulier, pour x = a, on obtient

+∞
# 1 π2
= .
(2k − 1)2 4
k=−∞

12. i) On trouve après calcul que

2
F3 f (x) = π + 2 sin x − sin 2x + sin 3x
3
et par conséquent

F3 f (−π) = π, f (−π) = 0 =⇒ f (−π) − F3 f (−π) = −π


! π" 4 ! π" π ! π" ! π" 4 π
F3 f − =π− , f − = =⇒ f − − F3 f − = −
2 3 2 2 2 2 3 2

F3 f (0) = π, f (0) = π =⇒ f (0) − F3 f (0) = 0


!π " 4 ! π " 3π !π " !π " π 4
F3 f =π+ , f = =⇒ f − F3 f = −
2 3 2 2 2 2 2 3
F3 f (π) = π, f (π) = 0 =⇒ f (π) − F3 f (π) = −π.

Remarque : On a f (π) = f (−π) par 2π-périodicité et donc f (π) = 0 mais


f (π − 0) = 2π alors que f (−π + 0) = f (−π) = 0.
ii) Par 2π-périodicité et par l’exercice ci-après, on a

52π 5π * 3
+
6 6
6f (x) − F3 f (x)62 dx =
. /2 a20 # . 2 /
f (x) dx − π + an + b n
2
2 n=1
0 −π

5π * +
(2π)2 4
= (x + π)2 dx − π +4+1+
2 9
−π

2 3 49
= π − π ≈ 3, 567.
3 9
Séries de Fourier : corrigés 281

13∗ . i) Commençons par calculer

52π
FN f (x) cos kx dx =
0
 
52π N 
# 52π 52π 
a0
= cos kx dx + an cos nx cos kx dx + bn sin nx cos kx dx ,
2 
n=1

0 0 0

ce qui donne ∀k = 0, 1, . . . , N

52π 52π
FN f (x) cos kx dx = πak et FN f (x) sin kx dx = πbk .
0 0

En utilisant à nouveau la définition de FN f et le résultat précédent, on a

52π
. /2
FN f (x) dx =
0
 
52π N  52π
# 52π 
a0
= FN f (x) dx + ak FN f (x) cos kx dx + bk FN f (x) sin kx dx
2  
0 k=1 0 0
2 N
<
a20 # . 2 /
=π + ak + b k 2
.
2
k=1

On obtient de manière semblable

52π
f (x) FN f (x) dx =
0
 
52π N 
# 52π 52π 
a0
= f (x) dx + an f (x) cos nx dx + bn f (x) sin nx dx .
2 n=1
 
0 0 0

En utilisant la définition des an et bn , on déduit que

52π #N
a20 . 2 /
f (x) FN f (x) dx = π+π an + b2n .
2 n=1
0
282 Séries de Fourier : corrigés

En combinant tous ces résultats, on déduit


52π
6 6
6f (x) − FN f (x)62 dx =
0

52π 52π 52π


2 . /2
= (f (x)) dx − 2 f (x) FN f (x) dx + FN f (x) dx
0 0 0

52π * N
+
. /2 a20 # . 2 /
= f (x) dx − π + an + b n .
2
2 n=1
0

ii) Il suffit d’observer que

52π
6 6
6f (x) − FN f (x)62 dx ≥ 0
0

et donc, de l’égalité précédente, on a

N 52π
a20 # . 2 / 1 . /2
+ an + b2n ≤ f (x) dx.
2 n=1
π
0

On obtient l’inégalité voulue en passant à la limite lorsque N → ∞, i.e.

∞ 52π
a20 # . 2 / 1 . /2
+ an + b2n ≤ f (x) dx.
2 n=1
π
0

14∗ . i) Soit n ≥ 1. En utilisant la définition de an et en intégrant par parties, on


trouve
 
5T 2nπ T 5T
2 2nπ 2 sin t 1 2nπ
T 
an = f (t) cos t dt = f (t)  − f ! (t) sin t dt
T T T 2nπ nπ T
0 0
T 0

5T
1 2nπ
=− f ! (t) sin t dt .
nπ T
0

On obtient ainsi
5T 6 6 5T
1 6 ! 66
6f (t)6 6 sin 2nπ 6 1 6 ! 6
6f (t)6 dt = c
|an | ≤ 6 t 66 dt ≤
nπ T nπ n
0 0
Séries de Fourier : corrigés 283

avec (se rappeler que f est C 1 et donc f ! est bornée)

5T
1 6 ! 6
6f (t)6 dt.
c=
π
0

On procède de manière analogue pour bn .


ii) La démontration de cette dernière partie est très semblable à la précé-
dente. Le résultat est obtenu en intégrant par parties k-fois.
Chapitre 15

Transformées de Fourier :
corrigés
1. Comme f = 0 pour x < 0, on a
5∞
1 1 1 1 1 − iα
F(f )(α) = √ e−x−iαx dx = √ =√ .
2π 2π 1 + iα 2π 1 + α2
0

2. a) On calcule d’abord
P 5∞
2
Fc (f )(α) = f (x) cos(αx) dx.
π
0

On trouve
P 5∞
2
e−x cos x cos(αx) dx =
π
0
P 5∞ ( )
2 cos (α + 1) x + cos (α − 1) x
= e−x dx
π 2
0
P *8 9
2 e−x cos(α − 1)x + (1 − α) sin(α − 1)x
= − . /
π 2 1 + (α − 1)2
8 9 +∞
e−x (1 + α) sin(α + 1)x − cos(α + 1)x
+ . /
2 1 + (α + 1)2
0
P
2 2+α 2
= .
π (2 − 2α + α2 )(2 + 2α + α2 )
b) On détermine maintenant
P 5∞
2
Fs (f )(α) = −i f (x) sin αx dx.
π
0
286 Transformées de Fourier : corrigés

On obtient
P 5∞ P 5∞
2 2 sin (α + 1) x + sin (α − 1) x
e cos x sin αx dx =
−x
e−x dx
π π 2
0 0
P *
8 9
2e−x (1 − α) cos(α − 1)x − sin(α − 1)x
=
π 2(1 + (α − 1)2 )
8 9 +∞
e−x (1 + α) cos(α + 1)x + sin(α + 1)x

2(1 + (α + 1)2 )
0
P
2 α 3
= .
π (2 − 2α + α )(2 + 2α + α2 )
2

3. On écrit
5∞
1
F(f ! )(α) = √ f ! (y) e−iαy dy

−∞
 
8 5∞ 
1 9
−iαy ∞
= √ f (y) e + iα f (y) e−iαy dy .
2π  −∞ 
−∞
6 6
Comme par hypothèse on a lim|y|→∞ 6f (y)6 = 0 et par ailleurs |e−iαy | = 1,
on obtient 8 9∞
f (y) e−iαy −∞ = 0
et donc
5∞
1
F(f )(α) = iα √
!
f (y) e−iαy dy = iα F(f )(α).

−∞

En itérant le processus, on montre également que

F(f (n) )(α) = (iα)n F(f )(α), ∀α ∈ R, n ∈ N.

4. Soit
g(x) = e−ibx f (ax)
on a alors, en posant z = ay,
5∞
1
F(g)(α) = √ e−iby f (ay) e−iαy dy

−∞

5∞ & '
1 1 −i α+b z 1 α+b
= √ e a f (z) dz = F(f ) .
2π a a a
−∞

(On n’a considéré ici que le cas a > 0 ; lorsque a < 0, il suffit d’inverser les
bornes d’intégration.)
Transformées de Fourier : corrigés 287

5. i) On écrit

√ 5∞ 5∞
2π F(f )(α) = f (y) cos(αy) dy − i f (y) sin(αy) dy.
−∞ −∞

Or, comme f (y) est paire

y → f (y) cos(αy) est paire et y → f (y) sin(αy) est impaire,

on déduit
5∞ 5∞ 5∞
f (y) cos(αy) dy = 2 f (y) cos(αy) dy et f (y) sin(αy) dy = 0.
−∞ 0 −∞

On obtient finalement
P 5∞
2
fQ(α) = F(f )(α) = f (y) cos(αy) dy
π
0

(on notera en particulier que fQ est paire).


En procédant de la même façon, on déduit également, dans le cas où f est
impaire,
P 5∞
Q 2
f (α) = F(f )(α) = −i f (y) sin(αy) dy
π
0

(on notera en particulier que fQ est impaire).


ii) La formule d’inversion donne

√ 5∞ 5∞ 5∞
2πf (x) = Q
f (α)e dα =
iαx Q
f (α) cos(αy) dy + i fQ(α) sin(αy) dy.
−∞ −∞ −∞

On a vu ci-dessus que lorsque f est paire, fQ est paire et donc le même


raisonnement que précédemment conduit à
P 5∞
2
f (x) = fQ(α) cos(αx) dα.
π
0

De façon analogue on déduit que si f est impaire, fQ est impaire et donc


P 5∞
2
f (x) = i fQ(α) sin(αx) dα.
π
0
288 Transformées de Fourier : corrigés

6. Cet exercice est essentiellement contenu dans le précédent. Utilisons la


définition
5∞
Q 1
F(f )(α) = f (α) = √ f (y) e−iαy dy

−∞

pour déduire

5∞
. / . / Q 1
F F(f ) (t) = F fQ (t) = fQ(t) = √ fQ(α) e−iαt dα.

−∞

Par hypothèse, f est paire et, par la suggestion (cf. aussi l’exercice précé-
dent), on déduit que fQ aussi est paire, i.e. fQ(α) = fQ(−α). Alors, en utilisant
la formule d’inversion, on obtient

5∞ 5∞
. / Q 1 1
F F(f ) (t) = fQ(t) = √ fQ(α) e−iαt dα = √ fQ(−α) e−iαt dα
2π 2π
−∞ −∞

5∞
1
= √ fQ(α) eiαt dα = f (t).

−∞

7. On discute seulement le cas n = 1, la même démarche donne le cas général


n ≥ 1. On suppose aussi que tous les calculs formels ci-dessous sont permis
 
5∞ 5∞
d  1 1 d 8 −iαx 9
F (f )(α) =
!
√ f (x) e −iαx
dx = √ f (x) e dx
dα 2π 2π dα
−∞ −∞

5∞ 5∞
1 −i
= √ (−ix)f (x) e −iαx
dx = √ xf (x) e−iαx dx
2π 2π
−∞ −∞
. /
= −i F xf (x) (α),

c’est-à-dire
. /
F xf (x) (α) = i F! (f )(α).

8∗ . On a (les hypothèses nous permettent de permuter les intégrales)


 
5∞ 5∞
1
F(f ∗ g)(α) = √  f (y − t) g(t) dt e−iαy dy

−∞ −∞
 
5∞ 5∞
1
= √  f (y − t) e−iαy dy  g(t) dt.

−∞ −∞
Transformées de Fourier : corrigés 289

On pose y − t = z et donc
 
5∞ 5∞
1
F(f ∗ g)(α) = √  f (z) e−iα(t+z) dz  g(t) dt

−∞ −∞

5∞ 5∞
1
= √ f (z) e −iαz
dz g(t) e−iαt dt

−∞ −∞

= 2π F(f )(α) F(g)(α) .
Chapitre 16

Transformées de Laplace :
corrigés

1. i) D’après la définition, on obtient pour Re z > 0

5∞ ( )∞ 5∞
cos(kt) e−zt k
L(f )(z) = cos(kt) e −zt
dt = − sin(kt) e−zt dt
−z 0 z
0 0
 
( )∞ 5∞
1 k  sin(kt) e−zt k
= − + cos(kt) e−zt dt
z z −z 0 z
0

1 k 2
= − 2 L(f )(z)
z z
ce qui implique
5∞
z
L(f )(z) = cos(kt) e−zt dt = .
z 2 + k2
0

ii) On a par définition


5∞ 5∞
L(f )(z) = te αt −zt
e dt = t e(α−z)t dt
0 0
( )∞ 5∞
t e(α−z)t 1
= − e(α−z)t dt
α−z 0 α−z
0
5∞ : ;∞
1 1 1
=− e(α−z)t dt = − e (α−z)t
=
α−z (α − z)2 0 (z − α)2
0

(valable pour Re(α − z) < 0 ⇒ Re(z) > α).


292 Transformées de Laplace : corrigés

iii) On obtient immédiatement


5α ( )α ( )
1 −zt 1 e−zt 1 1 − e−αz
L(fα )(z) = e dt = = .
α α −z 0 α z
0

Par la règle de l’Hôpital, on a

lim L(fα )(z) = 1.


α→0

2. On commence par décomposer F en éléments simples


( )
1 1 1
F (z) = − .
b−a z−b z−a
Comme
1 1
L(eat )(z) = et L(ebt )(z) = ,
z−a z−b
on trouve
1 8 9 1 8 bt 9
L(ebt ) − L(eat ) = F (z) =⇒ f (t) = e − eat .
b−a b−a
3. On utilise d’abord la propriété de linéarité de la transformée de Laplace
(puis le formulaire) pour écrire
3z 30
L(3 cos 6t − 5 sin 6t) = 3L(cos 6t) − 5L(sin 6t) = − .
z 2 + 36 z 2 + 36
Finalement, comme
1
L(e−2t )(z) = ,
z+2
on a par la formule du décalage (avec a = 1 et b = 2)
. / 3(z + 2) − 30 3z − 24
L e−2t (3 cos 6t − 5 sin 6t) = = 2 .
(z + 2) + 36
2 z + 4z + 40

4. i) En utilisant l’exercice 1, on a
& '
z
L−1
(F )(t) = 4L −1
(t) = 4 cos 8t.
z 2 + 64

ii) On écrit
z 2 1
= − ,
(z + 1)(z + 2) z+2 z+1
et par conséquent
& ' & ' & '
z 1 1
L−1 (t) = 2L−1 (t) − L−1 (t)
(z + 2)(z + 1) z+2 z+1
= 2 e−2t − e−t .
Transformées de Laplace : corrigés 293

5. On procède comme dans l’exemple 16.7.


Etape 1. On définit
z2
F4 (z) = ezt .
(z + 1)2
2

Les singularités de F4 sont en z = ±i et ce sont des pôles d’ordre 2. On


trouve, après un calcul élémentaire que nous ne détaillons pas, que
* +
2 zt
d z e t eit − i eit
Rési (F4 ) = lim =
z→i dz (z + i) 2 4
* +
4 d z 2 ezt t e−it + i e−it
Rés−i (F ) = lim = .
z→−i dz (z − i)2 4

Etape 2. On procède ensuite exactement comme dans l’exemple (ici on doit


prendre γ > 0, par exemple γ = 1) avec Γr = Cr ∪ Lr et
$ %
Cr = z ∈ C : |z − 1| = r et Re z < 1

Lr = {z ∈ C : Re z = 1 et − r < Im z < r} .

Le théorème des résidus donne


5
1 t eit − i eit t e−it + i e−it t eit + e−it 1 eit − e−it
F4(z) dz = + = +
2πi 4 4 2 2 2 2i
Γr
t 1
= cos t + sin t .
2 2
Etape 3. Comme dans l’exemple, on a
5
lim F4(z) dz = 0
r→∞
Cr

et par conséquent
5
+∞
−1 1
L (F )(t) = F (1 + is) e(1+is)t ds

−∞
5
1 t 1
= lim F (z) ezt dz = cos t + sin t .
2πi r→∞ 2 2
Lr

Finalement, grâce au théorème 16.3, on trouve que



 t cos t + 1 sin t si t ≥ 0
f (t) = 2 2

0 si t < 0

est la fonction cherchée.


294 Transformées de Laplace : corrigés

6. On remarque tout d’abord que la fonction g(t) = tf (t) est continue par
morceaux (g (t) ≡ 0 si t < 0) et, si Re z > γ 0 (i.e. z ∈ O), alors
5
+∞ 5
+∞
6 6 6 6
6f (t)6 e−γ 0 t dt < ∞ =⇒ 6g(t) e−tz 6 dt < ∞
0 0

(noter en passant que cette implication n’est pas nécésairement vraie si


Re z = γ 0 ). Le calcul suivant peut alors facilement être rendu rigoureux
5
+∞ 5
+∞
d d . −tz /
F (z) =
!
f (t) e −tz
dt = f (t) e dt
dz dz
0 0

5
+∞

=− e−tz tf (t) dt = −L(g)(z), ∀z ∈ O.


0

7. On a
5
+∞ 5
+∞
8 9
−tz ∞
L(f )(z) =
!
f (t) e
! −tz
dt = f (t) e 0
− f (t)(−z e−tz ) dt.
0 0

Comme Re z > γ 0 , on déduit que


6 6 6 6
6f (t) e−tz 6 = 6f (t)6 e−t Re z
6 6
= 6f (t)6 e−γ 0 t e−(Re z−γ 0 )t ≤ c e−(Re z−γ 0 )t −→ 0, si t → ∞ .

On obtient par conséquent


5
+∞

L(f )(z) = z
!
f (t) e−tz dt − f (0) = z L(f )(z) − f (0) .
0

7 6
+∞ 6
(Noter que l’hypothèse 6f ! (t)6 e−γ 0 t dt < ∞ a été utilisée pour s’assurer
0
que L(f ! ) est bien définie si Re z > γ 0 .)
Pour montrer le cas général, on procède par induction (le cas n = 1 vient
d’être démontré). On suppose que le résultat est
6 vrai pour6 n − 1, on va le
prouver pour n. On a (comme précédemment 6f (k) (t) e−tz 6 → 0, si t → ∞,
et Re z > γ 0 )
5
+∞

L(f (n)
)(z) = f (n) (t) e−tz dt
0

: ;∞ 5
+∞

= f (n−1)
(t) e −tz
− f (n−1) (t)(−z e−tz ) dt
0
0
Transformées de Laplace : corrigés 295

2 n−2
<
#
=z z n−1 L(f )(z) − z k f (n−k−2) (0) − f (n−1) (0)
k=0
n−1
#
= z n L(f )(z) − z k f (n−k−1) (0) − f (n−1) (0)
k=1
n−1
#
= z n L(f )(z) − z k f (n−k−1) (0).
k=0

7t
8. Comme ϕ(t) = f (s) ds, alors ϕ ∈ C 1 (R+ ), ϕ(0) = 0, ϕ! (t) = f (t), et de
0
plus par hypothèse
5
+∞ 5
+∞
6 ! 6 −γ t 6 6
6ϕ (t)6 e 0 dt < ∞ et 6ϕ(t)6 e−γ 0 t dt < ∞ .
0 0

Par ailleurs, comme z ∈ O et γ 0 ≥ 0, on déduit que z %= 0. On est donc en


mesure d’appliquer iii) du théorème 16.2
L(f )(z) = L(ϕ! )(z) = z L(ϕ)(z) − ϕ(0) = z L(ϕ)(z) ,
et ainsi
L(f )(z)
L(ϕ)(z) = , ∀z ∈ O.
z
9. On a immédiatement que si ϕ (t) = e−bt f (at), alors
5
+∞ 5
+∞

L(ϕ)(z) = e f (at) e
−bt −tz
dt = f (at) e−t(b+z) dt
0 0

5
+∞ & '
1 (b+z) 1 b+z
= f (s) e −s a
ds = L(f ) ,
a a a
0
. /
qui est bien définie pour Re (b + z)/a ≥ γ 0 .
10. On commence par observer que, comme
6 6
6f (t)6 e−γ 0 t ≤ c, ∀t ≥ 0 ,
on a, si Re z > γ 0 ,
6 +∞ 6 6 +∞ 6
65 6 65 6
6 6 6 6 6 6
6F (z)6 = 6 f (t) e −tz 6 6
dt6 = 6 f (t) e −t(Re z+i Im z)
dt66
6
6 6 6 6
0 0

5
+∞ 5
+∞
6 6 −t Re z c
≤ 6 6
f (t) e dt ≤ c e−t(Re z−γ 0 ) dt = .
Re z − γ 0
0 0

Le résultat découle en laissant tendre Re z → ∞.


296 Transformées de Laplace : corrigés

11. On a vu (cf. exercice 7) que

5
+∞

zF (z) − f (0) = L(f ) (z) = f ! (t) e−tz dt .


!

i) Par ailleurs, de l’exercice 10 appliqué à f ! , on déduit que

5
+∞

lim L(f ) (z) =!


lim f ! (t) e−tz dt = 0 .
Re z→∞ Re z→∞
0

Le résultat suit alors immédiatement, i.e.

lim zF (z) = f (0) .


Re z→∞

ii) On commence par observer que les hypothèses nous assurent que

5
+∞ 5
+∞

lim f ! (t) e−tz dt = f ! (t) dt = lim f (t) − f (0),


z→0 t→∞
0 0

c’est-à-dire
lim zF (z) = lim f (t) .
z→0 t→∞

12 . Tout d’abord on remarque que, comme f ≡ 0 et g ≡ 0 si t < 0,


5
+∞ 5t 5t
(f ∗ g)(t) = f (t − s)g(s) ds = f (t − s)g(s) ds = f (s)g(t − s) ds .
−∞ 0 0

On a en permutant les intégrales (les hypothèses nous le permettent)


 
5
+∞ 5t

L(f ∗ g)(z) =  f (s)g(t − s) ds e−zt dt


0 0
 
5
+∞ 5
+∞

= ds  f (s)g(t − s) e−zt dt .


0 s

On pose t − s = x et donc
 +∞ 
5
+∞ 5
L(f ∗ g) (z) = f (s)  g(x) e−z(x+s) dx ds
0 0

5
+∞ 5
+∞

= f (s) e −zs
ds g(x) e−zx dx = L(f )(z) L(g)(z).
0 0
Transformées de Laplace : corrigés 297

13∗ . i) On a

5
+∞ (n+1)T
5

#
L(f )(z) = f (t) e−zt dt = f (t) e−zt dt
0 n=0 nT

5T 52T 53T
= f (t) e −zt
dt + f (t) e −zt
dt + f (t) e−zt dt + · · ·
0 T 2T

Si on pose t = u + nT , on trouve (en utilisant la périodicité de f à savoir


f (u + nT ) = f (u))
(n+1)T
5 5T 5T
f (t) e−zt dt = f (u + nT ) e−z(u+nT ) du = e−nT z f (u) e−zu du .
nT 0 0

On obtient ainsi
0 ∞
1 5T
#
L(f )(z) = e −nT z
f (u) e−zu du .
n=0 0
6 6
Comme par ailleurs Re z > 0, on a 6e−T z 6 = e−T Re z < 1 et on utilise la
suggestion pour déduire le résultat

5T
1
L(f )(z) = f (t) e−zt dt .
1 − e−zT
0

ii) On va utiliser le résultat de la partie i) avec T = 2π. On obtient

52π 5π
1 1
L(f )(z) = f (t) e −zt
dt = e−zt sin t dt
1 − e−2πz 1 − e−2πz
0 0
( )π
1 e−zt (−z sin t − cos t) 1
= = .
1 − e−2πz z2 + 1 0 (1 − e−πz )(z 2 + 1)

14 . Rappelons que f est continue, f (0) = 0 (et f ≡ 0 si t < 0). Posons g(t) =

f (t) e−γt et observons que pour s ∈ R on a

5
+∞
1
F(g)(s) = Q
g(s) = √ g(t) e−its dt

−∞

5
+∞
1 1
= √ f (t) e−(γ+is)t dt = √ F (γ + is).
2π 2π
−∞
298 Transformées de Laplace : corrigés

Toutes les hypothèses du théorème 15.3 sur la formule d’inversion de la


transformée de Fourier sont satisfaites et on obtient donc pour tout t ∈ R

5
+∞
1
√ g(s) eits ds = g(t),
Q

−∞

c’est-à-dire
5
+∞
1 1
√ √ F (γ + is) eits ds = e−γt f (t).
2π 2π
−∞

On déduit donc
5
+∞
1
F (γ + is) e(γ+is)t ds = f (t).

−∞
Chapitre 17

Equations différentielles
ordinaires : corrigés
1. On procède formellement (pour que le calcul suivant soit rigoureux il faut
des hypothèses appropriées sur les coefficients et sur f ). On appelle

F (z) = L(f )(z), Y (z) = L(y)(z)

les transformées de Laplace de f et de y respectivement. On utilise ensuite


les propriétés de cette transformation pour avoir
n−1
# n−1
#
L(y (n) )(z) = z n L(y)(z) − z k y (n−k−1) (0) = z n Y (z) − z k yn−k−1
k=0 k=0
..
.
L(y ! )(z) = z L(y)(z) − y(0) = zY (z) − y0 .

On a par ailleurs
0 n 1 n
# #
L al y (l)
(z) = al L(y (l) )(z) = L(f )(z) = F (z),
l=0 l=0

c’est-à-dire
n
* l−1
+
# #
al z l Y (z) − z k yl−k−1 + a0 Y (z) =
l=1 k=0
n
# n #
# l−1
= al z l Y (z) − al z k yl−k−1 = F (z).
l=0 l=1 k=0

On obtient ainsi
R R
n l−1
F (z) + al z k yl−k−1
l=1 k=0
Y (z) = Rn .
al z l
l=0
300 EDO : corrigés

La solution du système donné est obtenue en appliquant l’inverse de la


transformée de Laplace, i.e.
y(t) = L−1 (Y )(t).
2. Méthode 1 : On résout par la transformée de Laplace
 !!
 y (t) + λy(t) = 0

y(0) = y0

 !
y (0) = y1 .

Soit donc Y (z) = L(y)(z). On sait que L(y !! )(z) = z 2 Y (z) − zy0 − y1 . On a
donc
zy0 + y1
z 2 Y − zy0 − y1 + λY = 0 =⇒ Y = 2 .
z +λ
On étudie séparément les cas λ = 0, λ < 0 et λ > 0. On applique ici les
résultats établis dans l’exemple 17.2.
Cas 1 : λ = 0. On a alors que la solution est trivialement donnée par
y(t) = y0 + y1 t.
Comme par ailleurs on veut que y(0) = y(2π) et y ! (0) = y ! (2π), on trouve
y1 = 0.
Conclusion : Si λ = 0, on a bien une solution non triviale et elle est de la
forme
y(t) = α0 .
Cas 2 : λ < 0, c’est-à-dire λ = −µ2 . On a vu dans l’exemple que
y1
y(t) = y0 cosh µt + sinh µt.
µ
Par ailleurs, on veut y(0) = y(2π) et y ! (0) = y ! (2π), c’est-à-dire

 y0 cosh 2πµ + y1 sinh 2πµ = y0
µ
 y µ sinh 2πµ + y cosh 2πµ = y .
0 1 1

Ce qui est impossible à moins que y0 = y1 = 0 (ce qui nous donne la solution
triviale).
Conclusion : Il n’y a pas de solution non triviale du problème si λ < 0.
Cas 3 : λ > 0, c’est-à-dire λ = µ2 . On trouve comme dans l’exemple que
y1
y(t) = y0 cos µt + sin µt.
µ
Par ailleurs, on voudrait que y(0) = y(2π) = y0 et y ! (0) = y ! (2π) = y1 , ce
qui donne 
 y0 cos 2πµ + y1 sin 2πµ = y0
µ
 −y µ sin 2πµ + y cos 2πµ = y .
0 1 1

Ceci n’est possible que si µ = n ∈ N et donc λ = n2 .


EDO : corrigés 301

Conclusion : Si λ = n2 (n = 1, 2, 3, . . .), le problème a une solution qui est


de la forme
y(t) = αn cos nt + β n sin nt.
Méthode 2 : On procède par calcul formel. On cherche des solutions de la
forme

a0 #
y(x) = + (an cos αn x + bn sin αn x) ,
2 n=1

αn > 0. En dérivant, on obtient



a0 #
y !! (x) + λy(x) = λ + (λ − α2n ) (an cos αn x + bn sin αn x) = 0.
2 n=1

On distingue alors différents cas :


Cas 1 : λ = 0. Dans ce cas, on déduit que an = bn = 0, ∀n ≥ 1 et donc
y(x) = a0 /2. Comme
y(0) = y(2π) ,
on a qu’il existe une solution non triviale et elle satisfait

y(x) ≡ a = constante.

Cas 2 : λ %= 0 et λ %= α2n , ∀n ∈ N. Alors an = bn = 0 et, par conséquent, il


n’existe pas de solution non triviale, i.e.

y(x) ≡ 0.

Cas 3 : λ %= 0 et ∃ n : λ = α2n . Alors an = bn = 0, ∀n %= n, tandis que pour


n=n
y(x) = an cos αn x + bn sin αn x.
Si on veut de plus 2
y(0) = y(2π)
y ! (0) = y ! (2π),
on trouve
2
an = an cos(αn 2π) + bn sin(αn 2π)
bn αn = −an αn sin(αn 2π) + bn αn cos(αn 2π).

Ceci n’est possible que si αn = n ∈ N et donc λ = n2 . Par conséquent, le


problème donné a une solution de la forme

y(x) = an cos nx + bn sin nx.

3. On commence par résoudre le problème


2
v !! (x) + 2v ! (x) + (1 + µ)v(x) = 0
(17.6)
v(0) = 0 et v ! (0) = α.
302 EDO : corrigés

On trouve par l’exemple 17.1, si V est la transformée de Laplace de v,


3
α α |µ|
V (z) = 2 = 3 .
z + 2z + 1 + µ |µ| (z + 1)2 + µ

On trouve donc que les solutions de (17.6) sont données par




 αt e−t si µ = 0

 3α e−t sin t3|µ|

si µ > 0
v (t) = |µ|
 α
 3

 3 e−t sinh t |µ|
 si µ < 0.
|µ|

Pour résoudre notre problème, il faut encore que v (π) = 0. Pour cela seul
le cas µ > 0 peut se présenter et on trouve donc
3
sin π |µ| = 0 ⇐⇒ µ = n2 .

En conclusion, les solutions non triviales de notre problème sont données


par µ = n2 et (αn étant des constantes)

vn (t) = αn e−t sin nt .

4. Il suffit de vérifier que la solution donnée satisfait bien l’équation. Nous al-
lons expliquer toutefois une méthode heuristique pour trouver cette solution
quand n ∈ N. On commence par considérer le cas n ≥ 1. On cherche des
solutions de la forme

#
fn (r) = ak r k .
k=−∞

En dérivant (deux fois) fn (r) et en introduisant son expression dans l’équa-


tion donnée (r2 f !! (r) + rf ! (r) − n2 f (r) = 0), on obtient

#
ak (k 2 − n2 )rk = 0.
k=−∞

Comme l’équation doit être satisfaite pour tout r > 0, on déduit que si
n %= |k|, alors ak = 0. Si n = k, alors une solution non triviale de l’équation
est donnée par
an rn + a−n r−n .
Quand n = 0, la méthode ci-dessus ne donne que la solution a0 . Toutefois
une intégration immédiate de l’équation rf !! + f ! = 0 donne la solution

a0 + b0 log r.

En résumant, on a bien
2
an rn + a−n r−n si n = 1, 2, 3 . . .
fn (r) =
a0 + b0 log r si n = 0.
EDO : corrigés 303

5. i) Comme f est paire et 2π-périodique, on trouve bn = 0 et

52π 5π 5π
1 1 2
an = f (x) cos nx dx = |x| cos nx dx = x cos nx dx ,
π π π
0 −π 0

ce qui donne a0 = π et, quand n ≥ 1,


( )π 5π
2 x sin nx 2 sin nx 2 : cos nx ;π
an = − dx =
π n 0 π n π n2 0
0

−4
2 8 9  si n est impair
= (−1) − 1 =
n
πn 2
πn2 
0 si n est pair.

On a ainsi

π 4 # cos(2k + 1)x
F f (x) = − .
2 π (2k + 1)2
k=0

ii) On cherche des solutions de la forme



a0 #
y(x) = + (an cos nx + bn sin nx).
2 n=1


R
On a y (iv) (x) = n4 (an cos nx + bn sin nx). En retournant à l’équation,
n=1
on trouve

d4 y(x) a0 # . 4 /. /
− αy(x) = −α + n − α an cos nx + bn sin nx
dx 4 2 n=1

π 4 # cos(2k + 1)x
= − .
2 π (2k + 1)2
k=0

On identifie les coefficients (ceci n’est possible que si α %= 0 et α %= (2k + 1)4 ,


k ∈ N) et on trouve
π
a0 = − , a2k = 0, b2k = b2k+1 = 0
α
4 1
a2k+1 = − . /.
π (2k + 1)2 (2k + 1)4 − α

La solution correspondante est donnée par



π 4 # cos(2k + 1)x
y(x) = − − . /.
2α π (2k + 1)2 (2k + 1)4 − α
k=0
304 EDO : corrigés

6. On cherche une solution de la forme



a0 #
x(t) = + (an cos nt + bn sin nt) .
2 n=1

En dérivant, on trouve
!
π" # :
∞ ! π" ! π ";
!
x t− = −nan sin n t − + nbn cos n t − .
2 n=1
2 2

Comme
! π" π π
sin n t − = sin nt cos n − cos nt sin n
2 2 2
! π " π π
cos n t − = cos nt cos n + sin nt sin n ,
2 2 2
il nous faut distinguer quatre cas : n = 4k, n = 4k − 1, n = 4k − 2 et
n = 4k − 3. On a respectivement
! π" ! π"
sin n t − = sin 4kt cos n t − = cos 4kt
2 2
! π " ! π "
sin n t − = cos(4k − 1)t cos n t − = − sin(4k − 1)t
2 2
! π " ! π "
sin n t − = − sin(4k − 2)t cos n t − = − cos(4k − 2)t
2 2
! π " ! π "
sin n t − = − cos(4k − 3)t cos n t − = sin(4k − 3)t .
2 2
On a ainsi

a0 # S8

9
x(t) = + a4k−3 cos(4k − 3)t + b4k−3 sin(4k − 3)t
2
k=1
8 9
+ a4k−2 cos(4k − 2)t + b4k−2 sin(4k − 2)t
8 9
+ a4k−1 cos(4k − 1)t + b4k−1 sin(4k − 1)t
8 9T
+ a4k cos 4kt + b4k sin 4kt

! π"
x! t − =
2
#∞ S
8 9
= (4k − 3)a4k−3 cos(4k − 3)t + (4k − 3)b4k−3 sin(4k − 3)t
k=1
8 9
+ (4k − 2)a4k−2 sin(4k − 2)t − (4k − 2)b4k−2 cos(4k − 2)t
8 9
+ −(4k − 1)a4k−1 cos(4k − 1)t − (4k − 1)b4k−1 sin(4k − 1)t
8 9T
+ −4k a4k sin 4kt + 4k b4k cos 4kt .
EDO : corrigés 305

L’équation donnée devient


! π"
x! t − + x(t) =
2
a0 # S 8

9
= + (4k − 2)a4k−3 cos(4k − 3)t + (4k − 2)b4k−3 sin(4k − 3)t
2
k=1
8
+ (a4k−2 − (4k − 2)b4k−2 ) cos(4k − 2)t
9
+(b4k−2 + (4k − 2)a4k−2 ) sin(4k − 2)t
8 9
+ (2 − 4k)a4k−1 cos(4k − 1)t + (2 − 4k)b4k−1 sin(4k − 1)t
8 9T
+ (a4k + 4k b4k ) cos 4kt + (b4k − 4k a4k ) sin 4kt = 1 + 2 cos t + sin 2t .

En identifiant les coefficients, on trouve a0 = 2 et


2
2 si k = 1
(4k − 2)a4k−3 = (4k − 2)b4k−3 = 0 ∀k ≥ 1
0 si k ≥ 2

a4k−2 − (4k − 2)b4k−2 = 0 ∀k ≥ 1,


2
1 si k = 1
b4k−2 + (4k − 2)a4k−2 =
0 si k ≥ 2

(2 − 4k)a4k−1 = (2 − 4k)b4k−1 = 0 ∀k ≥ 1
a4k + 4k b4k = b4k − 4k a4k = 0 ∀k ≥ 1.

On en déduit a0 = 2 et

a1 = 1, a4k−3 = 0 ∀k ≥ 2, b4k−3 = 0 ∀k ≥ 1
2 1
a2 = , b2 = , a4k−2 = b4k−2 = 0 ∀k ≥ 2
5 5
a4k−1 = b4k−1 = 0 ∀k ≥ 1, a4k = b4k = 0 ∀k ≥ 1

et finalement
2 1
x(t) = 1 + cos t + cos 2t + sin 2t .
5 5
7. On cherche une solution de la forme

a0 #
x(t) = + (an cos nt + bn sin nt).
2 n=1

En dérivant, on obtient

#
x (t) =
!
(−nan sin nt + nbn cos nt)
n=1
306 EDO : corrigés


# . /
x! (t − π) = −nan sin(nt − nπ) + nbn cos(nt − nπ)
n=1

# . /
= −nan (−1)n sin nt + nbn (−1)n cos nt
n=1

#
= n(−1)n (bn cos nt − an sin nt)
n=1


# . 2 /
x!! (t) = −n an cos nt − n2 bn sin nt .
n=1

En revenant à l’équation on déduit


x!! (t) + 5x! (t − π) − x(t) =
a0 # S8

9
=− + −an + 5n(−1)n bn − n2 an cos nt
2 n=1
8 9 T
+ −bn − 5n(−1)n an − n2 bn sin nt

= 2 + cos t − 3 sin 2t.


On trouve que an = bn = 0, ∀n ≥ 3 et
2 2
−a1 − 5b1 − a1 = 1 −a2 + 10b2 − 4a2 = 0
a0 = −4,
−b1 + 5a1 − b1 = 0, −b2 − 10a2 − 4b2 = −3.

On a ainsi
2 5 6 3
a0 = −4, a1 = − , b1 = − , a2 = , b2 =
29 29 25 25
et donc
2 5 6 3
x(t) = −2 − cos t − sin t + cos 2t + sin 2t.
29 29 25 25
8. i) On a vu dans l’exercice 9 du chapitre 14 que (f est continue)

2 12 # cos 2kt
f (t) = F f (t) = + .
3π π 9 − 4k 2
k=1

ii) On cherche donc une solution de la forme



α0 #
x(t) = + (αn cos nt + β n sin nt)
2 n=1

(comme on veut que x (t) soit paire, il faut que β n = 0) et par conséquent

α0 # 8 9
x(t − π) = + (−1)n αn cos nt .
2 n=1
EDO : corrigés 307

On trouve ainsi

α0 # 8 9
x(t) − 2x(t − π) = − + αn (1 − 2(−1)n ) cos nt
2 n=1

2 12 # cos nt
= + .
3π π 9 − n2
n pair

On déduit donc que αn = 0 si n est impair et si n est pair

4 12
α0 = − , αn = − .
3π π(9 − n2 )

La solution est donc donnée par



2 12 # cos 2kt
x(t) = −f (t) = − − .
3π π 9 − 4k 2
k=1

9. i) On cherche à nouveau des solutions de la forme



a0 #
x(t) = + (an cos nt + bn sin nt) .
2 n=1

On déduit ainsi que



a0 # . /
x(t − π) = + an (−1)n cos nt + bn (−1)n sin nt
2 n=1


#
x! (t) = n (−an sin nt + bn cos nt) .
n=1

On développe f en série de Fourier



α0 #
f (t) = + (αn cos nt + β n sin nt) .
2 n=1

En revenant à l’équation donnée, on peut écrire

x! (t) + 2x(t − π) =

# 8. / . / 9
= a0 + nbn + 2(−1)n an cos nt + −nan + 2(−1)n bn sin nt
n=1

#
α0
= + (αn cos nt + β n sin nt) = f (t).
2 n=1
308 EDO : corrigés

En égalant les coefficients, on trouve


α0
a0 = , nbn + 2(−1)n an = αn , −nan + 2(−1)n bn = β n ,
2
soit
α0 2(−1)n αn − nβ n nαn + 2(−1)n β n
a0 = , an = , bn =
2 4 + n2 4 + n2
ii) Si f (t) = 1 + 4 sin 6t, alors on a que αi = 0 ∀i %= 0, α0 = 2, β i = 0 ∀i %= 6,
β 6 = 4. La solution est alors

1 3 1
x(t) = − cos 6t + sin 6t.
2 5 5
10. On développe f en série de Fourier (les coefficients an et bn sont alors
connus)
∞ ( & ' & ')
a0 # 2πn 2πn
f (t) = + an cos t + bn sin t ,
2 n=1
T T

puis on cherche une solution de la forme (les coefficients An et Bn sont


inconnus)
∞ ( & ' & ')
A0 # 2πn 2πn
x(t) = + An cos t + Bn sin t ,
2 n=1
T T

∞ (
# & ' & ')
2πn 2πn 2πn 2πn
x! (t) = Bn cos t − An sin t .
n=1
T T T T

En revenant à l’équation, on a
∞ (& ' & '
αA0 # 2πn 2πn
x! (t) + αx(t) = + Bn + αAn cos t
2 n=1
T T
& ' & ')
2πn 2πn
+ αBn − An sin t .
T T

On égale les coefficients et on déduit ainsi


a0 2πn 2πn
A0 = , Bn + αAn = an , αBn − An = bn ,
α T T
et donc
2πn 2πn
a0 αan − bn an + αbn
A0 = , An = & T , Bn = &T '2 .
α '2
2πn 2πn
+ α2 + α2
T T
EDO : corrigés 309

On va maintenant appliquer ce résultat au cas où T = 2π, α = 1 et f est la


fonction donnée. Tout d’abord, on détermine les coefficients de Fourier de f
5π 52π* & '2 +
1 ! π "2 1 3π π2 π2
a0 = x− dx + − x− + dx =
π 2 π 2 2 2
0 π

et pour n ≥ 1
5π ! 52π* & '2 +
1 π "2 1 3π π2
an = x− cos nx dx + − x− + cos nx dx
π 2 π 2 2
0 π

5π !
1 − cos nπ π "2 1 − cos nπ (1 + cos πn) π
= x− cos nx dx = =0
π 2 π n2
0

5π ! 52π* & '2 +


1 π "2 1 3π π2
bn = x− sin nx dx + − x− + sin nx dx
π 2 π 2 2
0 π

5π ! 52π . /
1 − (−1)n π "2 π −4 1 − (−1)n
= x− sin nx dx + sin nx dx = .
π 2 2 πn3
0 π

On trouve ainsi
π2
A0 = , A2k = B2k = 0,
2
8 −8
A2k+1 = . / , B2k+1 = . /.
π(2k + 1)2 (2k + 1)2 + 1 π(2k + 1)3 (2k + 1)2 + 1
11. A l’aide du formulaire, on trouve
P
2 1 −iα −α2 /4
fQ(α) = et gQ(α) = √ e .
π α2 + 1 2 2
Si on dénote par yQ(α) la transformée de Fourier de la fonction inconnue y,
on obtient
F(y !! )(α) = −α2 yQ(α)
 ∞ 
5
8 !! 9 . /
F y (τ ) − y (τ ) f (t − τ ) dτ  (α) = F (y !! − y) ∗ f (α)
−∞
√ . / √ . /
= 2π F (y !! − y) (α) F(f )(α) = 2π −α2 − 1 yQ(α)fQ(α) = −2Q
y(α) .
En appliquant la transformée de Fourier aux deux membres de l’équation,
on trouve
−iα 2
3Q
y(α) − 2Q
y(α) = yQ(α) = Qg(α) = √ e−α /4 .
2 2
En utilisant à nouveau le formulaire, on trouve
2
y (t) = g (t) = t e−t .
Chapitre 18

Equations aux dérivées


partielles : corrigés
1. Etape 1 (Séparations des variables). Cet exercice correspond à l’exemple
18.1, avec L = π, a = 1 et f (x) = cos x − cos 3x. On a vu que la solution
générale de l’équation est

# 2
u(x, t) = αn sin nx e−n t .
n=1

Etape 2 (Condition initiale). Il nous faut encore choisir les αn pour que

#
u(x, 0) = f (x) = cos x − cos 3x = αn sin nx.
n=1

On doit alors avoir



2 8 9
αn = cos x sin nx − cos 3x sin nx dx
π
0

1 8 9
= sin(n + 1)x + sin(n − 1)x − sin(n + 3)x − sin(n − 3)x dx.
π
0

Si n %= 1 et n %= 3,
( )π
1 cos(n + 1)x cos(n − 1)x cos(n + 3)x cos(n − 3)x
αn = − − + +
π n+1 n−1 n+3 n−3 0
( )
1 1 − (−1) n+1
1 − (−1)n−1
1 − (−1)n+3
1 − (−1)n−3
= + − − .
π n+1 n−1 n+3 n−3
Donc αn = 0 si n est impair (n %= 1 et n %= 3). Si n est pair, alors
( )
2 1 1 1 1
αn = + − −
π n+1 n−1 n+3 n−3
( )
4n 1 1 −32 n
= − = .
π n2 − 1 n2 − 9 π(n2 − 1)(n2 − 9)
312 EDP : corrigés

Par ailleurs, on a

1
α1 = [sin 2x − sin 4x + sin 2x] dx = 0
π
0


1
α3 = [sin 4x + sin 2x − sin 6x] dx = 0.
π
0

Donc la solution est donnée par


−32 # n 2
u(x, t) = sin nx e−n t .
π n pair (n2 − 1)(n2 − 9)

2. Etape 1 (Séparations des variables). On cherche des solutions de




 ∂u ∂2u
 = x ∈ (0, π) , t > 0
∂t ∂x2 (18.23)

 ∂u (0, t) = ∂u (π, t) = 0

t>0
∂x ∂x
de la forme u(x, t) = v(x)w(t). On a


 v !! (x) w! (t)
 v(x)w! (t) = v !! (x)w(t) ⇐⇒ = −λ =
v(x) w(t)

 ∂u ∂u
 (0, t) = v (0)w(t) =
!
(π, t) = v (π)w(t) = 0,
!
∂x ∂x
c’est-à-dire 2
v !! (x) + λv(x) = 0
(18.24)
v ! (0) = v ! (π) = 0
et
w! (t) + λw(t) = 0. (18.25)
Les solutions non triviales de (18.24) sont données (cf. exemple 17.4) par
λ = n2 avec n = 0, 1, 2, . . . et
! a0 "
vn (x) = an cos nx n = 0 ⇒ v0 (x) = .
2
2
Les w correspondants, solutions de (18.25) sont donnés par wn (t) = e−n t .
En résumant, les solutions de (18.23) sont données par

a0 # 2
u(x, t) = + an cos nx e−n t .
2 n=1

Etape 2 (Condition initiale). On veut de plus



a0 #
u(x, 0) = cos 2x = + an cos nx
2 n=1
EDP : corrigés 313

ce qui implique que an = 0, ∀n %= 2 et a2 = 1. Par conséquent, la solution


est donnée par
u(x, t) = cos 2x e−4t .
3. Etape 1 (Séparation de variables). On cherche des solutions de la forme

u(x, t) = f (x)g(t)

satisfaisant

 ∂u ∂2u
(2 + t) = x ∈ (0, π) , t > 0
∂t ∂x2

u(0, t) = u(π, t) = 0 t > 0.

On obtient 
 (2 + t) g (t) = −λ = f (x)
! !!

g(t) f (x)

f (0) = f (π) = 0.
Il faut donc résoudre les deux systèmes
2
f !! (x) + λf (x) = 0 g ! (t) λ
et =− .
f (0) = f (π) = 0 g(t) (2 + t)

On trouve que le premier problème a des solutions non triviales si λ = n2


et ces solutions sont données par

f (x) = an sin nx.

Une solution de la deuxième équation est alors


. /−n2
g(t) = 2 + t .

La solution générale est donc



# . /−n2
u(x, t) = an sin nx 2 + t .
n=1

Etape 2 (Conditions initiales). On veut par ailleurs que



# 2
u(x, 0) = an 2−n sin nx = sin x + 4 sin 2x
n=1

ce qui implique a1 = 2, a2 = 26 et an = 0, si n %= 1, 2. On a donc trouvé


que la solution du problème est

2 sin x 26 sin 2x
u(x, t) = + .
2+t (2 + t)4
314 EDP : corrigés

4. Etape 1 (Séparation des variables). On cherche des solutions de


 2

 ∂ u ∂2u
 2
= x ∈ (0, 1), t > 0
∂t ∂x2

 ∂u (0, t) = ∂u (1, t) = 0

∂x ∂x
de la forme u(x, t) = v(x)w(t). On trouve
 !!
 w (t) = −λ = v (x)
!!

w(t) v(x)
 !
v (0)w(t) = v ! (1)w(t) = 0 .
Les deux systèmes à résoudre sont donc
2
v !! (x) + λv(x) = 0
(18.26)
v ! (0) = v ! (1) = 0
et
w!! (t) + λw(t) = 0. (18.27)
On a vu (cf. exemple 17.4) que les solutions non triviales de (18.26) sont
données par λ = (nπ)2 où n = 0, 1, 2, . . . et vn = cos nπx. Par ailleurs, les
solutions de (18.27), pour λ = (nπ)2 , sont données par

 a0 + b 0 t si n = 0
wn (t) = 2 2

an cos nπt + bn sin nπt si n ≥ 1.
La solution générale est alors
#∞
a0 b0
u(x, t) = + t+ [an cos nπt + bn sin nπt] cos nπx .
2 2 n=1

Etape 2 (Conditions initiales). Comme u(x, 0) = 0, on a an = 0, ∀n ≥ 0.


Par ailleurs,

∂u b0 #
(x, t) = + (−nπan sin nπt + nπbn cos nπt) cos nπx
∂t 2 n=1

et on obtient donc

∂u b0 #
(x, 0) = + nπbn cos nπx = 1 + cos2 πx
∂t 2 n=1
& '
1 1 3 1
= 1+ + cos 2πx = + cos 2πx
2 2 2 2
ce qui implique b0 = 3, b1 = 0, 2πb2 = 1/2 et bn = 0, ∀n ≥ 3. La solution
du problème est ainsi donnée par
3 1
u(x, t) = t+ sin 2πt cos 2πx.
2 4π
EDP : corrigés 315

5. Etape 1 (Séparation des variables). On cherche des solutions de



 ∂u ∂ 4 u


 + 4 =0 x ∈ (0, π) , t > 0
 ∂t ∂x
u(0, t) = u(π, t) = 0 t>0


 ∂2u
 ∂2u
 (0, t) = (π, t) = 0 t>0
∂x 2 ∂x2
de la forme
u(x, t) = y(x)z(t).
Comme u(0, t) = u(π, t) = ∂ 2 u(0, t)/∂x2 = ∂ 2 u(π, t)/∂x2 = 0, on obtient

y(0) = y(π) = y !! (0) = y !! (π) = 0.

Par ailleurs, comme

∂u ∂ 4 u d4 y
+ 4 = 0 =⇒ y(x)z ! (t) + z(t) 4 = 0 ,
∂t ∂x dx
on déduit
1 d4 y z ! (t)
4
=λ=− .
y dx z(t)
On doit donc résoudre
 4
 d y(x)
− λy(x) = 0
dx4 et z ! (t) + λz(t) = 0.

y(0) = y(π) = y !! (0) = y !! (π) = 0

On montre facilement que le premier problème a des solutions non triviales


seulement si λ = n4 et elles sont alors données par y(x) = αn sin nx. La
4
deuxième équation a alors comme solution z(t) = e−n t . La solution générale
est donc

# 4
u(x, t) = αn sin nx e−n t .
n=1

Etape 2 (Condition initiale). On veut aussi



#
u(x, 0) = 2 sin x + sin 3x = αn sin nx
n=1

ce qui implique α1 = 2, α3 = 1 et αn = 0 sinon. La solution cherchée est


alors
u(x, t) = 2 sin x e−t + sin 3x e−81 t .
6. Etape 1 (Séparation des variables). On commence par résoudre seulement

 ∂u ∂2u ∂u
= 2
+2 + 2u x ∈ (0, π) , t > 0
∂t ∂x ∂x

u(0, t) = u(π, t) = 0 t > 0.
316 EDP : corrigés

On cherche des solutions de la forme u(x, t) = v(x)w(t). On a donc

u(0, t) = v(0)w(t) = u(π, t) = v(π)w(t) = 0 ∀t.

On en déduit v(0) = v(π) = 0. Par ailleurs, l’équation devient


. /
v(x)w! (t) = v !! (x) + 2v ! (x) + 2v(x) w(t)

ce qui donne, en séparant les variables,


v !! + 2v ! + 2v w!
= −λ = ,
v w
c’est-à-dire
2
v !! (x) + 2v ! (x) + (2 + λ)v(x) = 0
et w! (t) + λw(t) = 0.
v(0) = v(π) = 0

Le premier problème a été discuté dans l’exercice 3 du chapitre 17 (avec


µ = 1 + λ) et a des solutions non triviales seulement quand λ = n2 − 1 et
elles sont données par

vn (x) = αn e−x sin nx.


2
En revenant à l’équation en w, on trouve wn (t) = e−(n −1)t
. Donc la solution
générale de l’équation est