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Démonstration :

rhétorique et sophisme

Un procédé RHETORIQUE est un outil dans l’argumentation rationnelle en tant qu’il vise à
démontrer une thèse. Il peut établir la vérité de manière valide si son usage est justifié. Dans
L’Art d’avoir toujours raison Schopenhauer en dresse une liste exhaustive. Si l’usage du
procédé rhétorique est fallacieux, illégitime, ou injustifié ou l’appelle « SOPHISME ». La
rhétorique sert à avoir raison pendant le débat en évitant parfois d’avoir raison sur le fond, car
c’est plus difficile. C’est pourquoi les sophismes sont plus courants que les procédés
rhétoriques valides. Une erreur dans le raisonnement, c’est-à-dire un raisonnement invalide
s’appelle « PARALOGISME ». Les sophismes ont tendance à déplacer la discussion
rationnelle vers une dimension psychologique. C’est pourquoi le sophisme permet de
persuader, et la rhétorique sert à convaincre.

Non sequitur ("ne suit pas") : argument invalide dont la conclusion ne peut être logiquement déduite
suite aux prémisses de l'hypothèse.
Le principe d'asymétrie des idioties ou loi de Brandolini, plus connu sous sa dénomination originale de
bullshit asymmetry principle, formulé publiquement pour la première fois en janvier 2013 par Alberto
Brandolini, un programmeur italien, énonce que : « La quantité d'énergie nécessaire pour réfuter des
idioties est supérieure d'un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire. »
Georges Clémenceau : « Si vous voulez enterrer un problème nommez une commission ou demandez
un rapport. »

Le raisonnement par l'absurde (du latin reductio ad absurdum) ou apagogie (du grec ancien
apagôgê) est une forme de raisonnement logique, philosophique, scientifique consistant soit à
démontrer la vérité d'une proposition en prouvant l'absurdité de la proposition complémentaire (ou
« contraire »), soit à montrer la fausseté d'une proposition en déduisant logiquement d'elle des
conséquences absurdes. Exemple : Dieu n’existe pas car si Dieu existait il ne permettrait pas que
l’injustice, la souffrance et le malheur existent.
Allégorie : figure de style qui permet de mieux comprendre un concept, une idée, une abstraction grâce
à une histoire, une métaphore ou une image transformant ainsi l'abstrait on concret.
Exemple : l’allégorie de la caverne de Platon.
La métaphore, est une figure de style fondée sur l'analogie. Elle désigne une chose par une autre qui lui
ressemble ou partage avec elle une qualité essentielle. La métaphore est différente d'une comparaison ;
la comparaison affirme une similitude : « La lune ressemble à une faucille » ; tandis que la métaphore
la laisse deviner, comme quand Victor Hugo écrit « cette faucille d’or dans le champ des étoiles. » Le
contexte est nécessaire à la compréhension de la métaphore. On crée une association d'idées. Exemple :
le corps et l’esprit sont deux manières différentes d’exprimer une même réalité pour Spinoza, comme
les deux faces d’une même pièce.

Une analogie est un processus de pensée par lequel on remarque une similitude de forme entre deux
choses, par ailleurs de différentes natures ou classes. Dans le discours, une analogie explicite est une
comparaison, tandis qu'une analogie implicite est une métaphore. La comparaison entre deux routes
tortueuses n'est pas une analogie, car ce sont deux objets de même type : c'est une simple ressemblance.
En revanche, dire qu'une route serpente est une analogie : on repère ici la similitude entre deux choses
de type différent. Exemple : le rapport entre la réalité de la pièce et ses deux manières d’exprimer cette
réalité avec ses deux faces est le même qu’entre la réalité humaine d’un côté et le corps et l’esprit de
l’autre.

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L’épouvantail, parfois appelé « argument de l'homme de paille » est un sophisme qui consiste à
présenter la position de son adversaire de façon volontairement erronée. Créer un argument épouvantail
consiste à formuler un argument facilement réfutable puis à l'attribuer à son opposant.
L'expression désignant cet argument fallacieux est une image tirée de la technique d'entraînement au
combat contre un mannequin de paille à l'image de l'adversaire. Se battre contre la représentation
affaiblie de l'adversaire assure une victoire facile. Exemple : la religion chrétienne est fausse car Adam
et Eve n’ont jamais habité au paradis, le ciel est seulement composé de nuages.
Principe de l'association dégradante. On associe le contradicteur à quelque chose de dégradant pour
justifier notre position. Exemple : Le christianisme est mauvais car il y a eu l’inquisition.
└> Dérivé : Criminalisation de la position adverse. On associe la position adverse à une position
criminelle, ou dont les conséquences pratiques seraient criminelles : Racisme, sexisme, homophobie,
transphobie, antisémitisme etc.
Ce procédé est purement rhétorique car pour que le contradicteur y soit réceptif, il faut qu’il adhère aux
valeurs morales qui dénoncent cette criminalisation. C’est-à-dire que la position supposée n’est
nécessairement pas celle du contradicteur pour qu’il soit touché par une association de cette nature.
Autrement il rétorquerait simplement « effectivement c’est bien ma position je suis raciste, sexiste ou
autre... »
Procès d’intention : prêter des intentions au contradicteur qu’il n’a pas pour faciliter le travail de
réfutation ou criminaliser sa pensée.

Délégitimation intellectuelle : on signale à notre contradicteur qu’il n’a pas assez lu, ou qu’il ne
connaît pas suffisamment le sujet et que ce manque de connaissance lui empêche d’avoir raison. Or,
comme le signale Montaigne « il vaut mieux une tête bien faite qu’une tête bien pleine ». Autrement dit,
la vérité n’est ni dans la quantité d’arguments ou de connaissances qu’on détient sur le sujet. D’une
part, un géocentriste peut très bien être armé intellectuellement de telle sorte que seul un intellectuel
diplômé puisse lui apporter la contradiction. Pour autant, sa thèse n’est pas fondée. D’autre part, en
politique il n’y a pas de vérités, il y a des opinions contradictoires et des positions plus ou moins justes.
Donc l’abondance intellectuelle n’est en rien une garantie de la vérité, puisqu’il n’y a pas de vérité toute
faite en politique. Le plus souvent c’est donc un sophisme.
Victimisation : se placer comme victime dans un débat, ce qui a pour conséquence d’interrompre le
désaccord rationnel pour le déplacer vers une sommation. Celle de faire pénitence pour reconnaître son
pêché, celui de défendre des idées qui provoquent des victimes. Ce procédé rhétorique place le
contradicteur dans une vraie difficulté : s’il continue de soutenir son idée, il s’assigne comme bourreau ;
et s’il veut se situer en dehors de ce clivage (sortir de victime / bourreau pour revenir à une discussion
égalitaire entre deux thèses contradictoires) il devra prendre le temps de déconstruire ce clivage ce qui
l’empêche finalement d’argumenter sur ses propres idées.
Attaque ad personam : mettre en cause personnellement son contradicteur à propos de ses activités
privés. Accusez une personne en la nommant lorsqu’on la tient pour responsable d’un choix méprisable
car indigne, immoral, injuste, ou révélant une grande incompétence. Ce procédé rhétorique déplace le
débat rationnel en sommant le contradicteur de s’expliquer sur une action passée en se justifiant, ou en
justifiant le choix de quelqu’un qu’il tient pour estimable dans la discussion rationnelle.
Argumentum ad nominem : « Quand l’adversaire fait une affirmation, nous devons chercher à savoir
si elle n’est pas d’une certaine façon, et ne serait-ce qu’en apparence, en contradiction avec quelque
chose qu’il a dit ou admis auparavant, ou avec les principes d’une école ou d’une secte dont il a fait
l’éloge, ou avec les actes des adeptes de cette secte, qu’ils soient sincères ou non, ou avec ses propres
faits et gestes. Si par exemple il prend parti en faveur du suicide, il faut s’écrier aussitôt : « Pourquoi ne
te pends-tu pas ? » Ou bien s’il affirme par exemple que Berlin est une ville désagréable, on s’écrie
aussitôt : « Pourquoi ne prends-tu pas la première diligence ? » » (Schopenhauer).

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L'argumentum ad hominem « s'écarte de l'objet purement objectif pour s'attacher à ce que l'adversaire
en a dit ou concédé », alors que dans l'attaque ad personam « on délaisse complètement l'objet et on
dirige ses attaques sur la personne de l'adversaire. »

Le monopole du cœur : se présenter comme le défenseur de toutes les souffrances, de toutes les
discriminations et donc comme la position la plus juste en accusant le contradicteur de manquer
d’empathie. Ce procédé rhétorique peut être fondé, mais met fin à la discussion rationnelle puisque la
discussion se déplace sur une accusation psychiatrisante de manque d’empathie, voire criminalisation.

« E pur si muove ! » ( italien. prononcé par Galilée à la foin de son procès)
« Et pourtant elle tourne » Aujourd'hui, cette expression est utilisée lorsqu'une personne se rallie à une
opinion majoritaire tout en gardant une conviction contraire en son for intérieur, notamment lorsque
celle-ci est basée sur des faits contre des croyances.
L’argument d’autorité : on cite un auteur tenu pour estimable dans le débat pour soutenir notre thèse.
Ce procédé rhétorique peut aussi s’associer avec la délégitimation intellectuelle. Il n’est pas valide par
soi car un auteur estimable peut évidemment dire quelque chose de faux ou d’idiot.

Diversion : répondre à un autre argument, proche ou similaire. On attire l'attention sur autre chose pour
contourner le problème, l'impasse, la difficulté rationnelle. Cet autre chose peut être vrai, légitime,
intéressant en soi, il l'est d'ailleurs puisqu'autrement ce serait une mauvaise diversion. Mais le problème
reste irrésolu.

L’anticatastase (substantif féminin) est une figure de style qui consiste à décrire, par ironie ou par
euphémisme, une situation diamétralement opposée à la situation réelle.
L’anticatastase est proche de l'antiphrase, qui consiste à employer un mot ou une expression dans le sens
contraire de son sens habituel.
Exemple : Plan de sauvegarde de l’emploi (en réalité c’est un plan de licenciement).

Euphémisme : Atténuation dans l'expression de certaines idées ou de certains faits dont la crudité aurait
quelque chose de brutal ou de déplaisant.
Objectif moral louable : ne pas blesser.
Objectif politique sournois : masquer la réalité de la violence sociale, permettant à l’État de se
soustraire à ses obligations.
Exemple : Il est parti pour il est mort, ou il y a des dommages collatéraux pour des civils ont été tués.

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