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(écriture créative via les cartes, avec François Bon)


Pour ce premier sujet, nous nous intéresserons aux lieux via le web, vus donc via des cartes,
et majoritairement via google earth ou google map

Le dernier livre de François Bon, Une


traversée de Buffalo, est une
interrogation fondamentale de notre
rapport au territoire et à son inscription
– il réfléchit l’ambigüité de ce rapport ;
la carte constitue l’ensemble de signes
fondamental, l’écriture de l’espace –
mais la carte est aussi (c’est très
explicite face aux images satellites de
google earth présentes dans le livre) une
abstraction déconcertante – selon d’où
et comment on la regarde.

Les cartes de google earth accentuent ce


vertige de proximité-versus-abstraction
que nous fait toujours la carte : comme
lorsqu’on se googlise, qui n’a pas, dans son premier usage de google earth, tenté la promenade
dans l’extrêmement familier, et affronté ce trouble essentiel d’y reconnaitre son quotidien vu
d’avion (ceci est ma voiture, ceci est mon jardin, ceci est mon école), et d’aussitôt, collé, s’en être
trouvé détaché, perdu presque : la carte c’est un dessin du monde (et de moi dedans), mais la
carte n’est qu’un dessin, agglomération abstraite de pixels.

® La proposition d’écriture :
« Allez chercher une image de ville inconnue dans google earth ou google map, où
vous n’avez jamais mis les pieds. Puis écrivez un déplacement dans cet espace,
documenté par ce que vous offrent la carte et ses extensions. »

Consignes :

A retourner avant 48h à l'adresse mail suivante : julien.picard-antonelli@mail-edc.com

Format : PDF A4 Recto mis en page avec intégration d'une capture d'image de la carte choisie

Texte : environ 250 mots ou 1600 caractères (espaces compris)

« Où est ta maison ? Reconnais-tu ta maison de toutes les maisons ? As-tu quelque part dans la ville
ou sur l’ensemble de la terre un lieu dont tu puisses dire : ceci est ma maison, ceci est l’endroit où je
suis sur terre ? On habite. On sait décliner la totalité des usages du verbe habiter, les livres nous
l’ont appris. On ne sait pas combien de livres il reste, dans les maisons d’aujourd’hui. On ne sait pas
ce qu’ils font de leurs soirs, dans les maisons de la ville. Et quand tu dis à un ami le chemin pour
rejoindre ta maison, tu le lui expliques comment, tu le lui dessines, tu griffonnes un schéma, tu
donnes simplement la rue et le numéro, à lui de se débrouiller ? Le chemin que tu fais si facilement,
pour retrouver ta maison, tu crois qu’il est facile pour un autre, ou bien c’est simplement cela, la
ville, vivre ensemble, raclés à égalité sur le sol nu de la terre. » François Bon Une traversée de Buffalo