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IOÏ

TROISIESME
UVRE

DES INSTRVMENS A CHORDES.

PREMIERE PROPOSITION.

QUELLE EST LA MATIERE;


DETERMINER
la figure y f accord & de
Í^Jage ÎEpnette.

'E P i N E T T E tient lè premier, óu le second lieu entre les Iri-


j||ìÊ3g|M|
harmonieux, c'est à dire qui expriment
^ffllìii ssrumensquisont plu-
Mi l^fiW sieurs sons ensemble, 6c qui chantent plusieurs parties. & font
diuerses consonances; ie dis le premier , ou lesecondlieu,
'aj^g' parce
0i0&&^&& si on la considère bien, & fil on iuge de la dignité des Irtr
que
par les mesmes
strumeris de Musiqué raisons Ion iugeroitdelabonré
que
des voix, fans doute on la préférera au Luth, est son Corhpeditcùr ; mais
qui
la commodité du Luth j fa bonne grâce, & fa douceur luy ònt donné sâuari-

tage. , -. - . • v - • ,
Or comme il fautdei'Ëpiriette, nous deuòns considérer íà
pour parler
matière, fa ses parties, ses chordes > ses sons, son harmonie & son vsa-
figure,
ez concerts, lòrs qu elle est considérée toute seule, ce que nous
getarit que
& le plus clairement qu'il nous
ferons succinctement, serâ possible.

Quant à là Matière, il fàut considérer tiróis choses aux Instrumens à chor-


de , & comme les Anatomistes diuisent
le corps humain en la teste, au thorax
&aux membres, dont la teste est le siège dé la raison, 6c le domicile des sens,
& le thorax est le lieu des parties vkales,aussi peut-on diuiser toute sorte d'In-
Itrumensde en corps, en table 6c en manche, comme font les ou-
Musique
uriers.
Le Corps du Luth est ce que l'on appelle les ccliffes, ledos,ou la dôme du Luth:
hiais en 1 c'est le coffre, qui se peut fàire de toute sorte de bois : enco-
Epinettc,
re ait aux ouuriers
que l'experience & la raison appris qu'il faut faire vne gran-
de distinction entre les bois,pârce désirent d'estre & maniez
qu'ils employez
car les plus 6c les 6c qui par
diuerscment, poreux, plus résineux, conséquent
tiennent de l'air, oht d'àutres en la fabrique des instrumens
plus vsages que
ceux matériels & plias terrestres.
qui sont plus denses, plus
Il faut donc ait eígard à deux choses il fait
que sommer quand les Instru-
hiens, à sçauoir à l'harmonie ou résonance de l'Instrunient, 6c à la force 6c so-
lidité . sont deux choses demandent le bois contraire en car
qui qui qualité,
l Hatmonie & conséquemment a se demen-
le demande délié, sujet
fragile,&
tlr y & la solidité or ce
le demande espais & grossier, qui est grossier est sourd.'
Et les ouuriers donnent de son aux Epinettes, les rendent de
qui beaucoup
peu de duree, de là vient fáut tráuailler ; & ceux qui
qu'il y perpétuellement
trop massiues, les rerident sourdes & incommodes. Par conséquent
J*font
ilfaiit imiter lá nature en la structure
hlonyeutrairelecorpsdel'Epinette,
& grossiers du corps 3 telea
dcUnimal, qui fait ies os durs pourlesoustiert
Muscles molets 6c délicats des mouuemens.
pour l'víàge
k
io2 Liure Troifieíme

Les deux harres du trauers, 6c tous les sommiers font au lieu des os,& les
quatre
ais qui doiuent estre déliez, sont au lieu des muscles.
ils íont ordinairement de bois de hestre, ce
Quant Awxsommiers par que ce
bois est bien dur 6c bienliant, ce que n'ont pas le buys, l'ebene, l'iuoire ou
les a utres bois durs.
Lésais du costé sont de tillot, ou de bois blanc, afin
quelqu'autre que
soit autrement ils estre de tel âutre bois
l'Epinette plus legere: peuuent que
l'on veut >pourueu soit àla dureté du bois, car
quelespaisseur proportionnée
le plus dur 6c le plus solide doit estre plus délié ,6c le plus tendre doit estre
afin fassent autant de corps l'vn que l'autre.
plus efoais, qu'ils
de tel bois que l'on voudra,
Le fonds mais les ouuriers
peut aussi estre le
font de sapin aux grandes Epinettes, & le font espais d'vn doigt, afin
qu'elles
soient 6c plus porratiues.
plus legeres
à la table> elle doit estre de bois résineux, comme de
Quant cyprezoude
cèdre, 6c principalement de sapin, est le plus estimé de tous les bois
qui pour
cet vsage. Son espaisseur est d'vne ou enuiron, 6c elle est bien
ligne quand
collée 6c appuyée sur les tringles ou sommiers, c'est elle proprement
qui
l'instrument, car si l'on tend des chordes íur vne table de sapin de
compose
encore qu'il n'y ait derrière
cette espaisseur, elle rend du son, ou dessus nulle
boete, nul cossre, ou corps d'instrumens, le reste ne scruant
quasi que pour
la tenir en estât, afin qu'elle la tension des chordes.
puisse supporrer
Toutesfois les parois d'alentour en augmentent le son, 6c luy donnent
en le rendant plus doux,plus aigre,plus perçant, plus creux,
quelque qualité,
ou pi us sec, & mieux prononçant qu'il ne seroit autrement.
De chercher la raison cela doit estre ainsi, ce seroit ce qui
pourquoy repeter
a esté dit ailleurs.

Que si quelqn'vn demande si en faisant la table de bois de cliesne, l'instru^


ment n'auroit de son.il luy faut resoondre en auroit,
point qu'il pourueu que
lesparrois & le fonds de l'instrumerit fussent plus espais ,& plus
forts qu a
l'ordinaire, & que les chordes fussent &
beaucoup plus grosses, plus longues
le son seroit au dessous de la por-
plus fortes. Neantmoins peu intelligible,&
tée de la voix.
Car il faut que les chordes ay ent la force d'ébranler la table de Vinstrumenr,'
&l'air est au derrière, pour rendre du son; par conséquent si la table est
qui
bien solide, il faut que la chorde soit bien forte : 6c si la table est immobile el-
le ne fera point de son.
L'on peut dire la meíme chose de toute autre sorte de matière, comme du
métal, despierres,»du verre, qui auroient par dessus le boisdechesne, qu'il
Sien
aysé de les assembler,
seroit mal a raison ces matières ne se lient
que pas
ensemble : 6c tout au plu« on pourroit faire vne meschante
Epinetteaucc
de temps, d'industrie, de & d'argent : comme il est arriuéa
beaucoup peine
Luth & peu bon.
celuy de nostre temps, qui afaitvntrcs-beau d'or,
La table des Epinettes doit estre percée de ouuertures arrangea
plusieurs
ou en bíais tout au trauers d'icelle
en eícharpc, pour faire passer lessauteredH*.
quitouchént pour les faire trembler
les chordes & sonner.
La prominence excède le corps de l'instrument, 6c qui semble conti-
qui
est appellée #
nuer ledit en droite ligne, le manche ouuriers,
corps parles
ioueurs d'instrumens, 6c sert pour estendre les chordes dessus, afin qu'elles
des Instrumens à chordes. 103
6c que le Musicien dessus pour
vent vne longueur suffisante, pose les doigts
diuersitez de tons à vne mesme chorde ; or il y a autant de cheuilles
raire fairc
qu'il y a de chordes
manches fur l'instrument, afin qu'on les puis-
boutdes
ou baisser à volonté, comme l'on void au luth, aux violes, aux
se haulser
aux guitcrres & aux violons j Et bien semble man-
mandorcs, que l'Epinetté
nuer de manche,sa figure estât toute d'vne venue 6c vniforme, 6c n'ayánt au-
si nous considérons
l'vsage du manche, nous
cune prominence,neantmoins
que le sommier qui reçoit les cheuilles, fait le mesme office
treuuerons que
fait au luth; 6c les Clauecins ont vne queue
laqueuëdumanche quasi toute
v finalementledit sommier a deu estre vn manche continu & vni-
semblable
à raison de la multitude des chordes.
forme à la table,
Mous parlerions icy des chordes de l'Epinetté, de la matière dont elles doi-
6c de leurs grosseurs, 6c tensions : mais il faut
uent estre faites, longueurs
comme elle doit estre touchée, car encore
premièrement expliquer que l'on
qui sert à toucher
fasse l'archet la Viole ou le Violon, sont mon-
âpres qu'ils
tez de leurs chordes, il n'en est pas de mesme de l'Epinetté, dont il faut faire

lc clavier, 6c les sautereaux qui luy seruent comme d'archet, auan t que de po-
ser & de coller la rable en sa place.
Or ce que l'on appelleleClauier en l'Epinetté, est composé de plusieurs
de bois longs 6c plats parle bout,
morceaux qui sont arrangez selon Tordre
des tons 6c des demy tons de Musique, & se meuuent de haut en bas enttans
dans le corps de l'Epinetté; & fur l'extremité du bout, qui est caclíéaude-
a vn autre petit morceau de bois sert à toucher les chordes, &
dans,ily qui
à cause de ion car il faute on iouëde
qui se nomme satttereau, víàge, quand
'Epinette.
Quant au clauier, il a esté ainsi nommé à cause
qu'il contient toutes les clefs
mais il est difficile de l'expliquer, 6c malaisé à comprendre à
elaMusique:
eux qui n'en ont point veu, c'est pourquoy i'en donneray la figure dánsles

ropositions qui suiuent.


Or l'on donne telle figure l'on Veut à l'Epinetté, car il en àrriue de mes-
que
e ou au Soleil, tracer 6c descri-
qu'aux horloges scioteriques, que l'on peut
edetelle figure que l'on veut, sens preiudicier aux heures l'on yamar-
que
uees. Mais pourueu à la difposi*
que la figure de l'Epinetté ne nuise point
ion des chordes il importe fort peu qu'elle soit ronde,
nécessaires, quarreè,
no\id\c, ou parallélogramme y qui est fa forme ordinaire. Et la largeur de cé
ou parallélogramme est d'vn pied 6c demy ou enuiron, & fa lon-
Ktrrèlonguet,
ueur selon
que l'on veut allonger la chorde, 6c baisser le ton auquel on lá
eutmettre. Certainement il ne seroit pas inutile de rechercher la figure lá
de toutes
pour ay der les sons,
Impropre 6c d'expérimenter silaronde,qui
tant de és autres seroit la meilleure
priuileges choses, pour cet esset : ce qui
c
peut aussi rechercher pour la figure des autres instrumens, mais i'en laisse
a curieuse recherche aux ouuriers.
Les chordes de l'Epinetté font l'ordinaire de leton 6c d'acier, carde
pour
9. chordes
que l'on tend fur l'Epinetté commune, les 30. premières ou plus

r<jffes sont de leton, 6c les autres plus déliées sont d'acier ou de fer, parce
"c les
montent leurs soient
plus haut que celles de leton, encore qu'elles
gales en 6c comme nous auons remarqué au discours de
longueur grosseur,
différence des sons de toutes sortes de métaux.
que font les chordes
K ij
Liure Troisieíme
104
On mettre des chordes de boyau,desoye,d'or &
peut aussi d'argent fur ì'ç
de boyau ne sont
pinette, mais l'on expérimente que celles pas si propres nUc
celles de leton, facilement de ton en
parce qu'elles changent trop temps (Cc
& humide, 6c ne sont pas fi vniformes & fi esgales en toutes leurs parties
qUe
celles de métal: & celles de sont encore celles de
soye plus inégales que boyail
il n'est pas nécessaire
à celles d'or 6c d'argent, de les employer
Quant auxùv
strumens, d'autant celles de leton ne leur cèdent en rien ,&
que qu'elles
montent haut.
plus
Le nombre des chordes au nombre des touches, de sorte
estesgal que (ì
l'on les vnes, il faut aussi augmenter les autres: par exemple,íi l'on
augmente
fait vne Epinetteiuste, toutes les consonances, 6c les dissonances
qui ayt en
leur perfection ,ilfàut 73. chordes ,afin octaue en ait 15?. cornme
que chaque
nousmonstreronsen les clauiers de l'Epinetté, & au traicté de
expliquant
où nous ferons voir qu'il faut 97. chordes fur l'Epinetté, fc
l'orgue parfait,
sortes de tons, toutes
autant de tuyaux fur l'orgue pour iouér à toutes fortes
de de Musique, 6c pour vser du genre chromatic 6c enarmonic.
pièces
Quant à la tension des chordes, elles doiuent estre rendues fur les deux che-
ualets sont collez fur la table.
qui
Or les ouuriers ont seulement de7 ou 8 grosseurs de chordes, 6c consc.
font seruir vne mesme à 6. ou 7. sons differens. Maisli
quemment grosseur
l'on vouloit monter vne Epinette auec toute sorte de perfection selon les rè-

, il faudroit autant de différentes de chordes


gles harmoniques grosseurs
comme l'Epinetté a de sons, à sçauoir 49; car la proportion de ces grosseurs
& longueurs doit suiure la raison des interualles, qui sont entre les sons: de
sorte si la plus a \6. parties en fa circonférence, la moindre doit
que grosse
seulement auoir vne partie, 16. estai, comme le son
parce que plusgrauede
est au plus aigu.
TEpinette
Il faut dire la mesme chose de la des chordes, dont la proportion
longueur
est vn mieux
peu gardée par les ouuriers, que celle de la grosseur, mais non
Or il n'est
pas besoin ces proportions
parfaitement. d'expliquer plus parti-
culièrement, dépendent de la cognoissance du monochorde,
parce qu'elles
auonsdeíia
dont nous parlé dans vn autre lieu. Et qui fçait la raison des de-

grez de l'octaue, à sçauoir


d'v* ,resmi la raison des grosseurs
,fa ,[ol, eiresçait
6c des longueurs qu'il faut
donner aux chordesj par exemple, si la plus lon-
est de quatre pieds, la plus courte doit estre d'vn demy
gue pied.
Il faut dire la mesme chose de la dont les chordes sont eígalement
Harpe,
disposées,
de sorte
que l'on peut dire que l'Epinetté est vne harpe couchée &
ou au contraire,
que la harpe
renuersce, est vne Epinette renuersee quantaux
chordes, car elles sont différentes aux autres choses: m ais ieferayvn
quant
discours de la & grosseur doiuent auoir les chord
particulier longueur que
de l'Epinetté, 6c des autres instrumens rendre
vne harmonie
pour parfaite,
deux tables
donneray pour ce soj et dans la fuite de ce Liure.
Ie viens maintenant au de f à celu
tempérament Epinette, qui est semblable
dp l'orgue, aussi a-elle autant de touches fur chaque octaue comme l'orguf
c'est pourquoy iediray seulement l'on doit approcher le plus pr
icy que
que l'on peut de la vérité de chaque consonance, à laquelle butte toute 1^
de car iereserue le reste le traicté des
tempérament, pour Orgues.
Quant à îaccord, dudit il n'est pas aysé de ksí
qui dépend tempérament,
des Inflrumens à chordes: 10
j
que les Maistres se scruent de différentes méthodes pour
rcfenter,tant parce
que par ce que cet accord vne oreille iuste 6c dé-
accorder l'Epinetté, suppose
nulle science à accorder cet instrument sans le
licate , n'y ayant qui apprenne
de l'oreille, si ce n'est au bout de chaque
incrément que les poids attachez
donnent tous les sons iustes, mais les chordes tous-
ckotde nous s'astongent
subsister sens rompre;& elles deuroient
:ourSj&nepeuuent long-temps puis
en longueur 6c en grosseur, 6c vne parfaite es-
auoir vne parfaite proportion
finalement les poids apporteroient embarras & trop
galité, & vntrop grand
d'incommodité , neantmoins i'expliqueray âpres ce qui appartient à ces
aux tensions donnent aux chordes.
poids, 6c qu'ils
dire que sçachant la grosseur des cheuilles, 6c la lon-
Quelqu'vn pourroit
l'ceil íànsl'oreillepourroit la tension de cha-
gueur des chordes, tefmoigner
en voyant combien de tours seroit la chorde autour de chaque
que chorde,
& par conséquent combien chorde auroit.de tension, la-
cheuille, chaque
semble estre auflì grande comme le volume de la chorde s est dimi-
quelle
que la chorde que Ton bande, deuient
nué. Car il faut remarquer plus déliée
à proportion que l'on la bande dauantage : de sorte
que si, par exemple, elle
deuient plus courte de moitié par la tension, elle sera aussi plus deiieede moi-

tié qu'au parauant.


Maisierefponds que l'ceil n'est pas assez subtil quoy qu'ay
dé du compas^
óu des autres instrumens , pour discerner combien la tension de chaque
chorde la rend plus déliée que deuant, n'y quelle longueur de chorde enui-
ronne les cheuilles. Et puis quand l'on sçauroit ces particularitez, elles ne sof-
firoient pas pour venir à l'accord de l'Epinetté, d'autant qu'il yades chordes
de tours de cheuille les autres, 6c
qui font plus que conséquemment qui de-
uiennent encore ne montent comme demon-
plus déliées, qu'elles pas tant,
aux chordes qui montent
stre ('expérience plus déliées, haut à
beaucoup plus
que ne font les plus grosses, ne leur donnepas
encore tanc
proportion, qu'on
de tours de cheuille : mais ie parleray encore de cette manière d'accorder.
0 r c'est chose asseuree qu'il n'y a point d'autre meilleur moyen d'accorder
vne bonne oreille, entende la iustesse des ac-
l'Epinetté qu'en supposent qui
cords: ce en cette Premièrement il faut commencer à
que l'on fait manière.
touche ou chorde de la seconde octaue, 6c accorder les io. ou u.
lapremiere
chordes en montant de Quinte en Quinte: de sorte l'on
qui suiuent que ap-
plus prés de la iuste Quinte qu'il sera possible pour treuuer
prochele les autres
accords.Puis il faut tellement diuiscr les Quintes en Tierces maieures 6c mi-
neures , vn peu assoiblies, & les mineures
que les maieures soient vn peu
plus
fortes : ou
que ne désire leur iustesse & ces io. IÌ. touches estant d'accord l'on
doit mettre les autres à leurs O ctaues:mais il faut
expliquer plus particulière-
ment de méthode l*on doit vser poúr accorder cet instrument bien vi-
quelle
"e & ce que lesioiieurs estiment vn grand secret de Fart : car puis
iustement,
tjue nous traictons les sciences libéralement, nous ne deuons rien oublier de

cequi peut seruir àla perfection de la C'est pourquoy


Musique. nousappor-
terons la manière la & la plus prompte de toutes celles ont esté
plus iuste, qui
expérimentées à maintenant en la figure de l'Epinetté.
iusques expliquant
®x k consiste à sçauoir l'on doit
secret du tempérament qu'elles consonances
temriustCS) fortes, oufoibles,afin de routle le Clauier:
tempérer Systeme,ou
c CK
note, ou chaque son qu'il faudra fortifier, ou dimi-
pourquoy chaque
K iij
io5 Liure Troisieíme

nuer, ou tenir iuste, aura marque l'vne de ces


dictions, trois
pour sort,iuJlt
\\fautmaintenant voir si l'on mettre les ieux
oufoible. peut différents,qUe'
d'introduire dans l'Epinetté, commel'onafaitdansl'or.
plusieurs òntessayé
afin toutes sortes d'instrumens à chorde, comme l'or,
gue, qu'elle comprint
contient toutes sortes d'instrumens à vent, mais l'vn n'a
gue pas réussi com,
me l'autre, Panodions & autres instrumens l'on ayt
quelques que inuenté
pour ce sujet.
Or le ieu des Violesest le plus excellent de tous ceux y peut au?- que l'on
car quanta & desHarpes,l'Epinette les imite
menter, celuy des Luths assez
lors de chordes à boyau. Mais auant
qu'elle est montée que de résoudre si l'on
y peut ioindre le ieu des V ioles, il faut considérer tous les ieux que l'on
y pra.
le ieu commun,
tique maintenant. Et premièrement qui est le fondement
des autres, on adiòuste
peut estre appelle ieufondamental,au<\ue\ quelquefois
vn semblable ieu à l'vnisson, ou vn autre à l'octaue, afin de le
rendreplus
d'harmonie, & afin qu'il ayt vn plus grand effet dans les concerts &
remply
fur les auditeurs. L'on encore adiouster vn autre ieu de Tierce ou de
peut
Quinte, dont les vns pourront auoir des chordes de luth. 6c les autres de le-
ton ou d acier. Voila tous les ieux dont on s'est seruy iusques à les-
présent,
quels on peut appeMeï double, ou triple Epinette. Et ces ieux se ioiient tous en-
semble, ou separément comme l'on veut, en les ouurant ou fermant
par de
certains ressorts & registres l'on tire, ou l'on selon la volonté
que que pousse
du facteur 6c du Musicien.
au ieu de fioles, l'on se seruir de chordes à boyau ou de leton,"
Quant peut
mais la difficulté consiste à treuuer le moyen de faire vn archet, toucheles
qui
chordes aussi fort, ouaussi doucement l'on désire. Or la main du Musi-
que
cien à cela, car à proportion l'on baissera ou que l'on haus-
peut suppléer que
sera les chordes, afin de rencontrer l'archet, elles seront touchées rude-
plus
délicatement. Et l'on peut s'imaginer vnmouuement
ment, ou~plus par des
auec le pied, qui fera tousiours cheminer afin
ressorts,ou l'archet, qu'il tou-
che chaque chorde aussi long-temps que l'on voudra. Mais ie ne croy
pas que
l'on les gentillesses de la main & les
puisse suppléer gauche, ny lés fredons,
douceurs 6c rauissements des coups de l'archet, dont les excellens ioueurs de
Violes 6c de Violons, comme les Sieurs Maúgards, Lazarin,Bocan,Constan«
tin, Leger 6c quelques autres, rauissent des auditeurs.
l'esprit
Les Allemans sont pour l'ordinaire plus inuentifs & ingénieux dans les Me-
autres
chaniques que ies Nations, 6c particulièrement ils réussissent mieuxà
l'inuention des instrumens de Musique: confirmer la ma-
cequeiepeux par
nière ont treuuee faire ouyr desieuxen-
qu'ils depuis quelque temps, pour
tiers de Violes fur seul homme en touche le clauier,
lesClauecins,quoy qu'vn
comme autre Epinette.
celuy 4'ync
Mais ib n'ont nul besoin d'archet, d'autant mettent ou cinq
qu'ils quatre
roues parallèles aux touches, or ost
quoy que plus hautes que les touches:
les chordes si peu que l'on veut for lcscìites roues, durer le son
presse qui font
aussi long-tempsque le ou
doigt demeure fur latouçhe, 6c qui le renforcent
l'assoibliiTént selon que l'on làtpuche moins fort. La circon-
presse plusou
férence des roiies est couuerte de cuir bien collé pour seruir d'archet, & on 1£*
1
fait tourner auec le pied par le moyen d'autres roiies 6c d'autres
ressorts.^J
font cachez souz les roues. Ce qui est mal ayfë à com prendre fans en voir'*
dont ie parleray
figure, âpres.
des Instrumens à chòtfdes;
to^r
à l'vsage de elle a cela d excellent, seul homme fait
Quant l'Epinetté, quVn
les parties d'vn concert, ce qu'elle a de commun auec 6c le
toutes l'orgue
ses accords & ses tons approchent
luth : mais plus prés de la iuste proportion
ne font fur le luth-, 6c l'on fait
jí;l harmonie qu'ils plus aysément plusieurs
fur l'Epinetté, fur ledit luth.
partis que
à la Harpe,elle semble l'Epinetté, en ce qu'elle retient les
Quant surpasser
sons de resonnement plus long temps, car ses sons
s'amortissentparledrap
est prés de la plume, quoy que
l'on puisse dire
que ce resonnement de la
qui
nuir plustost ne sertà l'harmonie,si le ioiieur nel'estcintaucc ses
Harpe qu'il
doi<ns, ausquels les petits morceaux de drap dé l'Epinetté,
suppléent quia
cela par dessus l'orgue, qu'elle ne dépend point du vent ny des soufflets,
qui
les Organistes à auoir de I'ay de pour iotier, dont l'Epinetté n'a
contraignent
car elle représente fans beaucoup de bruits tout ce
nullement besoin, qui se
fait sor l'orgue ; 6c puis elle est plus ay see à toucher & à accorder^ joint qu'elle
coustcbeaucoup moins.
Elle peut semblablement estre mcstce auec toutes" sortes d'instruments,
comme enseigne 6c mesmeauecles voix, 6c qu'el-
l'experience, qu'elle règle
le maintient dans le ton ; mais elle se meste auec les Violes,
particulièrement
qui ont le son de percussion 6c de resonnement comme l'Epinetté.
On peut dire la mesme chose des Clauecïns & des Manichordions, dont celuy
l'Epinetté, & celuy-là est fort pour l'ordi-
cyestplusfoibledesonque plus
naire. Aquoy l'on peut adjouster la façon & pour la forme,
pour quelecla-
uierestàl'vnedesextremitezduclauecin, & que dans l'Epinetté &dans le
Manichordion il est au milieu. Or à la bonté de l'Epinetté, elle dé-
quant
pend de plusieurs conditions & particularitez , mais particulièrement des
barres met dessouz la table , d'autant est difficile de barrer
qu'on qu'il parfai-
ctement les Epinettes, 6c est l'vn des plus secrets de Fart, dont ie laisse
grands
la recherche aux Facteurs.;-

..'PROPOSITION' n;

Expliquer lafigufe detEfmette, &> la science du Clauier tantparfaicl, quimparfaiÏÏ,


& estre pour touer toutes fortes de de
quelildoit compostions Musque

dans leur tfer du
parsaifte iustesse,sans tempérament.

core le discours précédent soit assez clair, & aysé à entendre à ceux
que
EN & à ceux qui en sçauentl'vsege, il est raison-
qui ont veu des Epinettes,
nable d'en mettre afirì que ceux qui n'en ont iamais veu la com-
icy la figure,
car l'experience m'a souuent fait voir
prennent entièrement: qu'il n'y a nul
discours dont on
puisse
tiret tant de lumière, que de la figure 6c delà
rëpre*
íentation des choses dont on parle, & dont on veut s'instruire. ; x, :

91 i ay choisi la moindre de toutes celles l'on a coustume de


Epinette que
faire, pour en représenter icy la figure: car fa plus; grosse chorde naguère
Su vn pied de long entre ses deux cheuàlecs.. Elle 31. márchedans son
n'áque
chnier, sautant dé chordes. fur fa table*, de sorte qu'il y a cinq touches ca-e
c"ees à raison de la pérspectiue, à sçauoir trois des principales, 6c deux fein-
les > dont la
première est couppee eh deux 5 mais cés feintes scruent pouii déf-
endre à la à la Quartede la première marche, ou duCsoì,zïii\íà ar*
Tierce,&
K nij
Liure Tróific&aiè
ib8

car les 18. marches font seulement h


Haeriusquesàla J.octaue, principales
Dix-huictiesine, c'est à dire la Quarte fur deutf octaues.
Cette estant de son point de perfpectiue est si facile à com-
figure regardée
n'est
prendre, qu'il pas besoin d'vn plus long discours. Ilfautsculementrc-
l'on se met au milieu en sonner, au lieu l'on se met au
marquer que pour que
bout du clauecin, comme l'on void dans fa figure : mais la des c»:
disposition
uiers monstre assez de costé l'on se doit mettre les toucher.
quel pour
Or ACBDmonstrentlecorpsdecet instrument,dont le couuerclee"
Z Y à l'ais úù derrière auec des crampons mis en A, #cn
AC,quiscioint
des instrumens à chordes. 109
LeschordesH N M sont attachées par vn bout aux petites pointes de fer
Q
void au long du dos fur la table EGMC,& de l'autre bout elles
que l'on
aux cheuilles de fer E F: mais leur qui scrtàl'har-
font entortillées longueur
6c déterminée par le cheualet dont les deux bras font
monse eft bornée EN,
vn angle obtus,& L M monstre l'autre cheualet chargé de petites pointes qui
la longueur, & Iharmoniedes chordes. G H fait voir ses mortaises
bornent
les sautereaux.Le P &FO seruent de couuercle aux deux petits
par où passent
cossres, efquels on met les chordes, le marteau de
l'Epinetté, ou ce que l'on
veut. Quant au Clauier, ( qui contient toutes les marches, dont les principa-
les ou diatoniques sont marquées de leurs propres lettres ) i'ay osté tais de
dessus, qui se pose fur la ligne VX, afin que Fort veist le bout des
petites
de fer les marches,dont les
pointes qui attachent Chromatiques ou les Fein-
tes sont beaucoup plus estroites.
Or chaque O ctaue de l'Epinetté a 13. notes, comme l'on void aux 13.
qui
fur l'ais Q R, lequel se leue fermer le clauier, 6c
sontgrauees pour qui appar-
tiennent à la première octaue marquée par Csol w fa: ce qui est si aysé à en-
tendre n'est pas besoin de nous y arréster:car il suffit d'auoir des yeux
qu'il
voir les 11 demy tons efquels cette octaue est diuisée par le moyen des
pour
sont entre les nores diatoniques, 6c les feintes du
dicses,qui qui représentent
clauier. Mais il ne faut pas oublier l'accord de cet instrument
qui iert aussi
6c pour le Manichordion, &
qui monstrela
pour le Clauecín méthode 6c la
dont vsent les plus grands Maistres de cet art.
pratique
le dis donc premièrement l'on peut prendre le ton, ou le son de Fa Ví
que
de l'accord. En second
pour le fondement lieu qu'il faut faire le Quinte foi-
ble en haut, c'est à dire que la t. note qui est en Csol ne monte pas iusques à
la Quinte iuste du monochorde. Cette diminution est signifiée par la lettre*/,
les notes,sur il se rencontre,
qui enseigne que toutes lesquelles doiuent estre
alfoiblies & diminuées. Quant aux Octaues entre les Quintes,
qui.paroissent
elles sont tousiours iustes. Or les règles d'enhaut contiennent l'accord
cinq
des marches comme celles d'en bas contiennent l'accord des
diatoniques,
feintes, c'est à dire des marches Chromatiques. Apres que l'on a accordé la
première Quinte de F à C, l'on accorde le C d'enbasàl'octaue, 6c de ceCon
monteà la Quinte en G, duquel on passe au G d'enhaut i 6c puis on accorde
leDdedessusàlaQuinte auec le mesme G. Èn7.1ieu on descend de ce D à
loctaue en bas: & de ce D d'enbas on monteà FA d'enhaut, auec lequel il fait
la 6c de cet A l'on monte
Quinte, àl'Asoperieur pour faire FoctaUe. En 8.
lieu l'on monte du D inférieur à la Qujnte en E,duquel on descend à l'octaue,
c'est à dire à l'E d'enbas: & finalement l'on monte de cet E àla Quinte en itj»/,
Q,ui fait le douziesme rang
de ces
cinq lignes.
L'on à l'accord des Feintes en commençantà FF supérieur, auec
vientapres
lequel il faut accorder le
hfaï.
la QuIÉíte: mais cette Quinte doit estre
augmen-
lieu que les ont esté diminuées : c'est mis la
jeeau précédentes pourquoyi'ay
dessouz doit estre forte, de mesme
kttref pour signifier qu'elle que celle qui
luit. Quant aux trois autres elles sont doiuent
marquées par d, parce qu'elles
elhediminuées. LC71. ou dernier rang de notes signifie
le defautde l'accord
ou du
clauier. O r l'on peut faire les Epinettes aussi que
l'on veut,
par
grandes
de 4. ou 5. de long > mais ce désirer en celle-
exemple pieds que l'on pourroit
cyj si clairement dans le traicté du Clauccin
s'expliquera qui fuit, qu'il n'est
pas nécessaire ce dsscours»
d'allonger
no Liure Troisiesme

PROPOSITION in.

la figure, les parties, le Clauier & du Clauecin.


Expliquer testenduè

T T E figure le double Clauecin, comme l'on void aux


représente dei^
CË de chordes contient, dont le premier est entortillé aux
rangs qu'il pte.
mieres cheuilles Z Z, & l'autre aux secondes L L. De là vient
qu'il y a quatre
cheualets,àsçauoirdeuxdroitsNM, 6c? O : & les deux autres, à sçauoir S
T 6c V X,
qui déterminent la longueur harmonique des deux rangs de chor.
des. On les appelle cheualets à crosse à raison de leur figure.
Les moindres chordes sont arrestées 6c les plus gran-
par les pointes TT,
des par celles B H &c. ne
qui suiuent la ligne G B, dont celles de dessouz
pa.
roissent raison du costé du Clauecin G F E lignifie
pas,à qui les couure. leco.
sté continué, n'a peu estre veu íàns mettre le Clauecin de biais & de
lequel
trauers, comme il est icy en Perspectiue.
Quant aux
sautereaux R Q, qui sont quasi au second cheualet
parallèles
droit, ils sont fort ils entrent trous, dont on
duquel proches, par 49. petits
vne règle de bois or sautereau à deux
perce qui s'appelle mortaise,- chaque
morceaux d escarlate ou d'autre afin d'estouffer 6c d'amortir le son des
drap,
deux de chordes. Et la perspectiue n'a de les re-
rangs parce que pas permis
présenter de telle sorte ceux n'en ont point
veu puissent
que qui comprendre
leur i'en ay mis vn tout entier à costé à sçauoir KO,
figure, gauche, qui por-
te sur le boutkde
perpendiculairement lamarcheg/>ii:,dontg£estlebour,
fur le le fàire baisser, 6c pour faire sauter Ie sautereau
Jequelfrappe doigt pour
KO, mais l'on double le bout de la marche K d'vn morceau de drap, afin
le saurereau ne fasse de bruit en retombant: i monstre le lieu dela
que point
arreste la marche.
pointe qui
Quantau sautereau, il est difficile de comprendre toutes ses parties, si l'on
ne le considère de bien car il est composé de à sçauoir du
pres, sept pièces,
bras K O, de la languette Im, qui a vn petit ressort fait de soy e de de
porc,ou
autre crin assez fort, va rencontrer la pointe/,
quelque lequel aprcsqu'iU
esté passé par deux petits trous que l'onfàit dans le sautereau, fort pres du pe-
tit bois / m. La quatriesme est vne pointe de fer le fau*
partie qui passe à trauers
tereau 6c le petit bois, il sert d'essieu -, la plumew est la
auquel cinquiesme qui
touche les chordes & les fait sonner. La sixiesine consiste en vn petit morceau
de cuir collé sur la graueure du basde la vuideurc, afin d'empescher le bruit de
la pointe est
/,qui retombe dessus âpres auoir
frappé la chorde, & la scptieime
le morceau de drap », est dans vn trait de sie fait au haut de l'vne des dents
qui
du sautereau.
Le cossrc, du Clauecin estEFGHBDK,&CAIestlo
ou-Fassemblage
lieu fur lequel sont les marches, dont les branches à la branches,
esgales
sont cachées la piece de deuant, fur
par laquelle i'ay mis Festendiie du clauief
les lettres ordinaires de lamain C D E F, &c.
par harmonique qui signifient
C faix, D foire, 6cc. 6c qui aux o«
appartiennent 19. marches principales,
qui sont marquées des nombres 1, z,j, 6cc. Quant zuifeintíS
Diatoniques,
ton*>
qui sont entre les grandes marches, 6c qui seruent pour faire les demy
ouïes degrez chromatiques,
il y en a
vingt,dont
la
première est la feinte deO
ïu Liure Troisieíme

c'est il est marqué d'vn c auec vne dièse, ce qui arriue


pourquoy semblable
ment aux feintes qui suiuent à celle de D, de F, &c.
par exemple
Or âpres auoir cxpliquéles principales parties du Clauecin, quia ordinal
rement cinquante marches,il ne faut pas oublier le marteau/ct^puis
qu'il fcrt
à l'accorder & à la monter,car l'on fait les boucles de la chorde auec son
petit
«rocher, comme l'on void à la chorde b. Sa teste c sert à ftap per sur les
cheuillcs
L L, &ZZ dansle a en marque la
pour les faire entrer sommier: panne, $
efìe manche qui est percé en quarre au bout/", afin qu'il torde les
eheuiUes
sont rondes,fans couler.
qui qu'elles puissent
L'estendiie du Clauecin, 6c conséquemment de l'Epinetté à
grand clauier
est en bas par les notes qui représentent les quatre O ctaues du,
marquée cinq
dit clauier, car il y a vne O ctaue de la première ou plus bassenoteà la secon-
des puis vne autre O ctaue de la secondeà la troisiesme,&c. ce
quemon-
strent les nombres fur les notes, dont le 4. sign ifie que la note finale
qui sont
fait la Vingt-neuficsme, c'est à dire quatre O ctaues auec la première ; ce
qui est
à comprendre des trois clefs différentes de cet accord.
tres-ayfé par le moyen
Lesinstrumens à sçauoir
antiques qui sont en haut, S Z Y, &/>^rmon.
strent les formes particulières de leurs Harpes ou Cithares, qui ont estépri.
scssorles marbres anciens d'Italie, comme desia dit en les au-
i'ay expliquant
tres. Mais celle qui a ses chordes disposées en 6c qui commencent
triangles,
à w, est extraordinaire. Or il n'est nécessaire de
pas remarquer que l'onfait
maintenant des Clauecins, ont sept ou huict sortes de ieux > & deux ou
qui
trois clauiers, & que ces ieux se varient, de se tirent, se soignent, méfient
ensemble comme ceux de l'Orgue, parle moyen de plusieurs
petits registres^
cheuilles 6c ressorts, ne touchent
qui font que les sautereaux quVn seul
rang
de chordes, ou en touchent deux, ou plusieurs, par ce que laveiiejj
qu'ils
l'experienec en sera le discours: c'est pourquoy ie viens
plus comprendre que
à l'explication d'vne autre sorte d'Epinette, dont on n'vsc pas en France, &

qui est en vsage dans l'Italie, âpres auoir remarqué que plusieurs ayment
mieux se seruir du seul Clauier se pousse, 6c se tire lesieuxj
qui pour changer
que des fusil its ressorts, qui ne lbnt pas ordinairement
si iustesj
que d'autres
vsent de t. ou 3. clauiers pour varier les ieux, 6c qu'il y a encore plusieurs in.

uentionsquise peuuent adiousterà cet instrument, dans lequel on a remar-

qué plus de quinze cens pièces toutes différentes. Mais


i'expliqueray plu-
sieurs autres choses qui appartiennent à l'Epinetté dans le discours de la Prati-

que , dans lequel ie monstreray tout ce


qui
se
peut
faire dessus, 6c particuliè-
rement les plus diminutions, dont les sont 1«
grandes doigts capables pour
accords, se peuuent faire des deux mains, 6c toutes les gentillesses que
qui
l'on acoustume de pratiquer.

COROLLAIRE
desïnstmmcnsàchòrdíesJ
tij

COROLLAIRE.

Vne nouuelle d1Epinette dont on vfe en halie\


Expliquer firme

fi-
CEtte guremo-
stre la forme
de l'Epinetté
DABC£5dot
il n'y a que 19
marches qui
sevoyér,mais
il ne faut pas

prendre gar-
de à ce nom*
bre,ny à ce-

luy des chor-


des j par ce
suffit
qu'il
serue
qu'elle
en com-
pour
la cò«
prendre
{miction. Or
elle se tient

perpendicu-
lairement co-
rne la
Harpe,
lors que l'on
iouë: de forte

quelcsfaute-
rcaux K N
viennent
par
vn mouue-

mentpatalle-
lede derrière

cndeuâr,lors
qu o pèse fur
1« marches
D M. II n'y a
Point d'autre
table
que FH^
G)dont I est
a
Rose, car
*« chordes
sont toutes
Perpendicu-
Jairesen l'aîr,

^sorteqtfcl.
H4 Liure Troisieíme

les font vne tres-douce harmonie, le vent à les frapper,


vient 6c
quand q\x\\
des sautereaux. L'on peut
ay de aux sons naturels que
font les plumes faire vne
infinité d'autres sortes dont ie laisse la recherche aux
d'Epinettes, Facteurs
afin d'expliquer plus particulièrement ce qui est en vsage, tant en 1a
France
quedans les autres lieux de FEurope Chrestienne.

PROPOSITION IV.

la figure, la matière, & les parties du Manichordion.


Expliquer

Manichordion a son clauier de neuf ou cinquante touches


quarante
LE ou marches, comme le Clauecin, qu'il soit diffèrent en
quoy beaucoup
de choses, comme l'on void dans cette figure A B CD, dont les deuxcostez

sontACE,&CHT B, &les deux autres,quisontdeBàDj&deDàEne


paroissent pas. La table R D Msoustient les cinq cheualets,
marquez pan,
i, 3,4,6c 5,dont le premier est le plus haur, & les autres vont en se diminuant,
Les 7©. chordes sont entortillées aux 79. cheuilles RS, & toutes les chordes

passent & sont appuyées íìir les cheualets. Les sept


petites mortaises M K fer-
uent pour faire sortir les sons, &les chordes vont aboutir à P QO.
Mais il faut remarquer ce quiest de plus particulier en cet instrumenta
sça-
uoir les morceaux d'escarlatte ou d'autre drap, qui cpuurent toutes les chor»
des dans l'espace compris entre ONPMj& qui estoussent tellement leur
son, qu'il ne se peut entendre de loin, 6c qu'il est fort doux : c'est
pourquoy
il est fortpropre pour ceux qui désirent d'apprendre à ioiier de l'Epinetté fans
voisins le puissent de là Vient
que les apperceuoir; que l'on peut la nommer
ou muette.
Epinette foutde,
Or encore qu'ilyayt 70. chordes, neantmoins marche ou saute-
chaque
reau n'a la sienne d'autant a plusieurs
pas particulière, qu'il y rangs de deux
chordes a l'vnisson, & que lej7. 6c 38. n'ont qu'vn mesme rang de chordes:
ce arriue semblablement à la j o. 40.42.43.44.47.47. 48.6c 49. Toutes
qui
les autres marches ont vn rang particulier de chordes. Quant aux cheualets,
le premier porte six rangs de chordes, c'est à dire 1v Lé second en a 9. rangs,
ou 18. dont les 8. premières sont redoublées 6c retorçes, de sorte
qu'ilyazo,
chordes en double.Le j. chçualet soustient 8. rangs déchprdes>c'est à dire 16.
Le 4. contient trois rangs, où 6. chordes, 6c le cinquiesme
ena9.rangs:or
Fon peut faire vn seul cheualet au lieu de ces
cinq.
Il faut encore remarquer que la perspectiue cache les mar-
cinq premières
ches, car le clauier est eígal à celuy du Clauecin. Mais les marches
qui
font
auec les pointes de fer I L, n'ont
attachées pas des sautereaux comme luy,
mais ils ont des crampons comme celuy d'airain Y V, qui touchent & haus-
sent les chordes. L'on void les 49. crampons dans la
ligne M N. X monstre
la pointe de la marche Z, que l'on met dans le diapason, qui paroist vnpeu
delà les crampons, R L monstrent les pointes qui attachent ies marchesâ
par
vne barre de dessouz: & les lignes tortues
qui vont depuis ces pointes iusques
aux crampons, les branches des marches. A BI & H ser-
signifient peuuent
uir de coffrets pour mettre des chordes, des cheuilles, vn marteau & plusieutf
autres choses.
Quant aux chordes, leur son est déterminé par la
partie est depuis KJ
qui
ì\6 Liure Troisieíme
aux cheualets, car la partie qui reste entre les
crampons iusques crampons >&
l'efcarlate ne sonne : de là vient meíme chorde
point qu'vne peut seruir ì
chacun
dont fait vn son diffèrent selon la
plusieurs crampons, distances
où il touche la chorde, au cheualet de ladite chorde.
point iusques
Il n'est l'estendue de cet instrument
pas nécessaire d'expliquer qui est eil
de clefs d'auec
par ce qu'elle
bas, ne diffère qu'en disposition celle du Claue,

cin, c'est pourquoy ie viens à son estenduë d'enhaut, laquelle i'ay mise tout
au long sans laisser aucune note : c'est à dire que i'ay remply les
quatre Octa.
ues d'en bas, en mettant onze notes entre les deux notes de
chaque Ocìaue
Les 19. nombres, dont chacun est vis à vis de chaque note,monstrent l'or!
dre de l'autre
qui toutes
desdites
notes, sont eíloignéesl'vne d'vn
demy ton;
de sorte ie ne pense y ayt autre chose nécessaire
que pas qu'il pour entendre
tout ce à cet instrument.
qui appartient
Ilfaut encore le petit cheualet droit O P, est couuertdc
remarquer lequel
de fer. déterminent la longueur harmonique des chordes,
pointes qui quj
où leurs boucles sont attachées a d'autres
passentiufquesàQO, pointesde
fer. Quantaux morceaux de drap qui sont signifiez par tous les points com-
pris entre P O N, on les entortille autour des chordes, afin de les assourdir
& d'empefcher ne sonnent le drap iusques aux
quelles depuis crampons
dans la N M,dont chacun est de leton semblable au
marquez ligne crampon
Y V. L'on a coustume de leuer le petit couuercle D S pour mettre des choN
des dans son cossre:mais ces menues pratiques de la volonté
petit dépendent
du Facteur.
IcviensaucouuercIcEGF D, surlequell'on void vne Octauegrauee,la-
est remplie de tous les degrez & Enhar.
quelle Diatoniques, Chromatiques,
ou seruir
à perfectionnera:
moniques que l'on peut s'imaginer, qui peuuent
['harmonie, & les gentillesses des instrumens: car
augmenter chaquetony
est diuisé en quatre dièses, 6c chaque demy ton en deux. Par le pre-
exemple
mier V T R E.qui est de C solen la
D/ô/,comprend cinq notes,dont premiè-
re est estoignée de la seconde d'vne seule dièse, c'est pourquoy
i'ay marque
cette dièse d'vne croix, comme la 3. note d'vne double croix, à raison
simple
est estoignée de la première note de deux dièses. Semblablement vne
qu'elle
triple croix precedela 4. note, par ce qu elle en est estoignée de trois dièses;
reste dièse de la4. àla 5. note
de sorte qu'il ne plus qu'vne pour acheuerle
ton. Mais il faut remarquer vfé de trois sortes de notes, afin qu'elles
que i'ay
monstrent de chaque
la distinction & que l'on voye dans vn moment
degré,
à quel genre chaque note appartient : car toutes celles qui valent vne mesure,
6c que l'on appelle semibreues, ou blanches (ans queue, au
appartiennent
Diatonic, dont elles constituent les 8. sons. Les Minimes ou blanches
genre
a queue les cinq sons du Chromatic, 6c les douze noires ap-
signifient genre
douze
aux sons : de sorte
partiennent Enharmoniques que cette Octauea
15. sons, & conséquemment 14.. interualles : ce qui est si aysé à comprends*

qu'il n'est pas besoin d'vn discours.


plus long
des Instrumens à chorde s; n/

PROPOSITION v,

trois sortes de Clauiers ordinaires de les Consonances,


Ixpsiwer l'Epinette, qui font
tsr les autres interualles dans leur plus grande iustesse*

est certain que l'on peut faire vne aussi grande diuersité de Clauiërs,com-

IL me il y a de disserens Systèmes, mais ie veux icy me restreindre à la Practi-


6i monstrer toutes les Consonances iustes
que, premièrement qui se peu-
uent rencontrer fur les clauiers ordinaires, en ils sont 6c
quoy imparfaits,
Consonances leur manquent : c'est ie fais
quelles pourquoy premièrement
voir la première Octaue du clauier de TEpincttc en fa d'où
propre grandeur,
facilement est la grandeur de son clauier,
oniugera quelle qui contient 4.

ctaues semblables à cclle-cy, a treze marches,dont les cinqd'cn-


laquelle
aut s'appellent Feintes, à raison sont entre les degrez
qu'elles Diatoniques^
commence de $600.
ontla première par C qui est marqué
Car i'ay mis les nombres.Harraoniques de chaque son, ou de chaque chor-
eíur lés 15. marches, afin que l'on sçache la distance des sons, & que l'on
iustement de l'Epinetté, si l'on
qu'il est impossible
oyeclairement de ioùer
émet vn plus grand nombre de marches fur son clauier. Car soit l'on
que
interualles íuiuant les nombres de ce premier clauier,
isposeles quifontmr
ou selon les nombres de cet autre clauier c*est cho-
haque marche, qui fuit,

easseurcequeFonne peut trouuer les Tierces & les Sextes,tant maieures


uc en plusieurs
mineures, endroits, où elles sont néceflàires} ce que i'expli-
ue tres-clairement dans le liure des : c'est ie n'en parle
Orgues pourquoy
as
icy.
le
diray seulement faut adiouster les deux Clauiers 6c n'en
qu'il precedens,
Kequ'vn des deux, lì l'on veut auoir toutes les Tierces & les Sextes iustes,
ornme ie monstre dans la table qui fuit, dans laquelle i'explique les interual-
6c toutes les consonances
qui sont iustes
sdcchaque marche, dans ce troi-
me Clauier des deux precedens} d'où il sera ayfé de conclure ce
composé
Ul
à l'vn 6c à l'autre. Car la comparaison des nombres
banque qui sont des-
Sa«cc ceux de ce troisiefme Clauier ou Système, monstre les raisons de
L iij
n8 Liure Troisieíme

consonant ou dissonant, comme l'on void dans


chaqueinterualle cetróìsiçf,
me Clauier a dix-sept touches, afin de contenir les Feintes des
qui deuxprc.

: mais il faut trouuer


parce que tous ne fçauent pas comme
cedens les raisons
de ces nombres, ie les explique n est
icy si clairement qu'il pas quasi possible
ne les entende.
qu'on

Csol vt fa 1 Car l'on void


les interualles,
7 zoo qui sont entre
Semiton mineur note, ou diction, 6c conséquemment
chaque
les touches,
#mi 7680 qui font les Consonances, ou les
demi ton Dissonances dans leur iustesse :
moyen cequei'expli-
B fa 8100 que encore dans la table qui fuit, 6c qui com-
demiton maieur mence par le Csolvtfa d'enbas.
A mi lare 8640
demiton mineur du Clauier, ou de s O Slaue marches.
Vsage qui aij.
Xa 9000
dièse . DeC DeF
ontf axe Tierce mineure à xà Tierce mineure
Xg
demiton mineur àE Tierce maieure à A Tierce maieure
C resol Vt 9600 àF à*B Quarte
Quarte
demiton à G Quinte à C Quinte
moyen
X g 101 z j axa Sexte mineure àx d Sexte mineure
dièse à A Sexte maieure La maieure
manque
xf 10J68 àC Octaue à F Octaue
demiton mineur De D De G (manque
Fvtfa 10800 à F Tierce mineure La Tierce mineure
demiton maieur àxf Tierce maieure à $ Tierce maieure
Emila iijz La Quarte iuste à C Quarte
manque
demiton mineur à A Quinte à D Quinte
Xe 1100 à B Sexte mineure aXe Sexte mineure
dièse La maieure à E Sexte maieure
manque
xd 11188 à D Octaue à G Octaue
demiton mineur DeE De A
D la resol iz8oô à G Tierce mineure à C Tierce mineure
demiton moyen maieure à X c Tierce maieure
àxgTierce
xd 13500 à A Quarte La Quarte manque
dièse à jç Quinte à E Quinte
Xc 13814 àC Sexte mineure à F Sexte mineure
demiton mineur àxc Sexte maieure à xfSexte maieure
Csolvtfa 114400 J àE Octau« à A Octaue
des Instrumens à chordes;
"9
Deif La Quinte manqué
à D Tierce mineure à G Sexte mineure
à xd Tierce maieure àxgSextemaieure
à E Quarte à it Octaue

De des Feintes les Consonances*


tVsage pour

Dexc àxc Quinte


à E Tierce mineure àxf Octaue
àx f Quarte
, DeXs
^
Quinte a Xd Quarte
àxg
à A Sexte mineure àxe Quinte
àxcOctaue à F Sexte maieure
Dexd à Xg Octaue
à F Tierce maieure
DeXg
ìx à Xc Quarte
g Quarte
àxa Quinte àxd Quinte
à B Sexte maieure à E Sexte mineure
àx d Octaue Octaue
àXg
Dexd Dexa
Quarte à C Tierce maieure
àxg
à % Sexte mineure àxd Quarte
àxd Octaue àXe Quinte
DeXc à F Sexte maieure
à G Tierce maieure à Xa Octaue
àxa Quarte DeB
à C Sexte maieure àxd Tierce mineure
àXe Octaue à F Quinte
DeXf Sexte mineure
àxg
à A Tierce mineure à B Octaue.

H est bien toutes les Dissonances,


aysé de marquer puis qu'elles se trouuent
cn tous les endroits
que ie n'ay pas mis. Mais puis qu'il y a tant de touches ou
delettres pas toutes
n'ont les Consonances, & que la Quarte ou la Quin-
qui
te , ou l'vne des Tierces 6c des Sextes fi souuent, il est euident
manquent que
cc Clauier n'est pas assez parfait, 6c faut encore adiouster de nouuelles
qu'il y
touches, si l'on veut pratiquer le genre Diatonic en fa perfection : corrimeil
arriuera si l'on ou de l'Octaúe
vfe du Clauier, qui a dix-neuf marches, dont
dans les discours que i'ay fait des trois genres
i'ay expliqué de Musi-
l'vfage
que : c'est pourquoy ie n'en parle pas icy, 6c Fon peut voir cc
quei'en dis dans
lc Liure des
Orgues.
le seulement que Ie Clauier ne doit
remarqueray pas estre estimé parfaict
lu»ques à ce que chacune des touches principales, ou chaque lettre Diatoni-
que fasse toutes les Consonances iustes tant en bas haut. Maisielere-
qu'en
leruc
pour le traité des Orgues, d'où l'on le peut icytransporter, si l'on désire
parfaite Quant au Clauier & tempéré dont on
a^oirvne Epinette. imparfait
v,Ç)ilest représenté par les deux premiers, dont chacun n'aquetrezetouches
ai Octaue:
que Fon nombres
pourueu n'ayt nulesgardaux qui sont furies
maïches, & qUj jeur 0stent ic tempérament, dont ie traicté si clairement dans **
•• •

no Liure Troisieíme
d'en pari er icy,
le liure des Orgues, qu'il n'est pas besoin l'Epinetté n'ayai)t
aussi dans leurs Clauiers.
rien de particulier qui ne soit

PROPOSITION VI.

Déterminer de
quelle longueur O* grosseur doiuent estre les chordes d'Ep'nettc p0Ht
rendre vne parfaite harmonie.

y a ordinairement O ctaues entières fur l'Epinetté, 6c vingt-neuf


quatre
IL touches surson Clauier, sans conter les Feintes,
qui sont simples ou dou.
blés .-quand elles sont simples, il y en a cinq fur chaque Octaue , de forte
est diuisee en treize sons, ou marches:
que FÔctaue de l'Epinetté chordes,
il faut que les treize chordes soient toutes différentes en lon-
par conséquent
6c grosseur, si l'on veutauoir vne parfaire harmonie j 6C parce
gueur qu'ilya
neuf marches en quarre Octaues, il faut quarante neuf sortes de
quarante
chordes, dont les longueurs 6c les grosseurs diminuent tousiours depuis ]a
à la plus déliée, car bien que la tension puisse suppléer la
plus grosse iusques
ou la grosseur, comme Fon expérimente sur les Epinettes, les Har-
longueur
autres instrumens dont on vfe maintenant : neantmoinj
pes, 6c les à chorde,
Fharmonie sera plus parfaite, si Fon obserue les raisons à la lon-
harmoniques
, & à la grosseur des chordes. Quant à la longueur, elle
approche
gueur plus
la différence de ces ne soit
pres de cette proportion, quoy que longueurs pas
n'est
harmonique, caria chorde qui fait Cfavt, pas scfquidixiesme
de ce le,

quifait D fol re, 6c celle- cy n'est pas sesquineufielme de celle qui fait YEUm,
6cc. Quantàlagtosseur, on obserue encore moins la proportion harmoni-
des grosseurs, celle des longueurs, car les chor-
que dans la différence qu'en
des de mesme seruent souuent à sept ou huict touches : au lieu
grosseur qu'el-
les dturoient la mesme raison que les longueurs, pour rendre vne par-
garder
faite harmonie.
La table fuit contient les & les que doiuent auoir,
qui grosseurs^ longueurs
leschordes;maisilfautsuppoíerla longueur, 6c la grosseur de
lapremiere,
c'est à dire de la plus grosse, afin de régler toutes les autres sor elle. L'on
peut
aussi la derniere, c'est à dijc la plus déliée, 6c la plus courte fon-
prendre pour
dement de fharmonie, car l'on peut commencer par telle chorde l'on
que
& qui suppose a J de
voudra. O r la table qui fuit, que la plus grosse chorde
comme a
ligne, 6c 5. pieds delongueur, pour Fordinaire la plus
grosse chorde
des Epinettes 6c des Clauecins, monstre la & la longueur de chaque
grosseur
chorde ; car la première colomne contient le nombre des chordes : la secon-

de, la proportion les chordes ontentr'elles,c'està dire la proportion des


que
sons;lâtroisiesme, la longueur des chordes :1a la grosseur des-
quatriesme,
dites chordes diuisees en miliefmes, c'est à dire en mille parties: la
cinquiesme
reduit les nombres de la précédente en moindres termes: la nxiesme
grands
les diamètres desdites chordes : &h
contient qui font diuisez en miliefmes
les reduit en moindres nombres.
scptiesme
O r puis que le diamètre de lai, ou plus chorde est j de soit h
grosse ligne,
en 1000. parties, le diamètre de ladite chorde sera ioo,& son
ligne diuisee
Tour ou sa grosseur sera 619.6c ainsi des autres chordes iusques à la 4.0ctauc
en haut,selon la proportion auec la réduction en moindres
qui fuit, partis
de proche en
proche.
des Instrumens à chordes. 121

1 II III' IV r v VI 1VII
2 V. Grosseur des chor-Redu- Diamètre
Njornbre Proportion Jj Redu-J
des chor-des chordes
*g- £-; » des en IOOO". de li-ction. cmooo. ctson.
*
entr'elles. 8 de ligne.
^ | gncs.
Lógueur.
, 10 5 619 \ zoo $
*
% 9946 566" f, 180
2 8 16 4 505 i* 160 ti
9 If 3 9 47* \ I50 .7
4
8 10 j 4 419 í '$
5 133
£ 9 9J 377 I »ìo "«
8 16* i 8 335 I07 %
7 |
8 10 15 r 6 314', 100 ,'«,
£
9 9913 i»3 ,î 90 ;,
10 16 8 i ijl » 5 ^o ?Í
n 15 9 1 M £ 75
p
u 10 8 1 10 6 LOpl \ 66\ „
9918 188 t ,'7 60 ]7
13
16 8 1 6 167 *% *9 551 »
14
ij 15 10 1 4 ij7 ,'o 50 U
16 9 9 13 l4l\ » 45
17 8 16 i 1 U6 £ 40 \s
18 «i 118 ,', 37 [
9 15 3 \7
19 8 ÌO 10 lor 10 3J ^ jo
10 9 9 9 94 » 30 »
Zl 8 1É> V 84 ,7 Î7
*7
u 10 15 76 79 4'o 15 U
*3 9 9 6 9 71 1' " 4$
16 8 6 6} *0 io
14. ;«
M Í/ 9 59 59 ;, 19 ;,
16 10 8 5 5*1 * 161 £.
*7 9 9 4 * 47 4 J5 í7
18 \6 8 4 4* ,4 J3Î ;4
*? • • 39 i sò Ï2-1 i»
i; 3 9 i

de 35de
Maisparcequelcschordessont quelquesfois plusgrossesque ligne,
ommeilarriueaux Clauecinsdeu,dci5,oude20. pieds, iemetsicy vncau-
de la table
par la plus grosse chorde de
rerable, qui commence précédente
de
ligne, 6c contient toutes les chordes qui ont meíme raison cntr'ellcs que
« sons des instrumens
-, 6c parce qu'il ne se rencontre tout au plus que quin-
c différentes deux autresColomnes
grosseurs dechordes,i'adiousteray dans
«te dont la première est pour le nom*
table,afin qu'elle ayt sept colomnes,
re des chordes: la seconde la moindreest
pour la grosseur, dont de \ de
ligne:
^troifiesme donne la meímechoseenmoindrestcrmes: la quatriesme con-
lent leur diamètre en grands & la cinquieímc les reduit en moindres
termes,
crn\es; or toutes ces Colomnes aux quatre dernieres colom-
appartiennent
be la table auec elles pouuoient estre continuées.
précédente, lesquelles
Quant à la 6. Colomne de cette table, elle contient le diamètre des chordes
122 Liure Troisieíme

de l'Epinetté diuisé en 80. parties, de forte nombre représente


que chaque
combien le diamètre de chorde contient de 80. : 6c parce
chaque parties qu/fl
fortes de nombres,
n'y a que quinze
à raison qu'il n'y a que quinze grosseur$
dechòrdes, lemesinc nombre monstre à combien de sons, &pour combien
de chordes seruir : par exemple , 4. estant
chaque grosseur peut repeté
que la chorde,
trois fois j & 3. quatre fois, &c. signifie dont le diamètre
est de 840peut seruir pour trois chordes de l'Epinetté, & celíe dont le diamètre
est de g',» pour chordes, &c. La scptieíme Colomne contient la
quatre gros,
80 ; de forte
seur de chaque chorde, qui est semblablement expliquée par
contient £, la seconde a \\, 6c ainsi des autres à la
que si la première iusques
findelatable.
I II 1 { IV V VI VII
JJI
I 629 \ zoo < 16 50
^
*
z 670 114 \ 14 45
754 *4Q \ 15 40
3
« Í66 12, 38
^ 838
5>44 7 300 \ 11 34
5
6 Ì006 » îj 10
310 3O
1
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9 1340 418 7
10 I i 480 i 6 19
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12, 188O ì 6O0 ïtf
7 *5
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13 201 z £ 640 5 15
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1164 z 7*o 4 ï3
14
2. » 800
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16 z68o z x 11
* 850 94
1ouen- *
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I7 3Ò1Í 3 J
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18 335* 3 ,' I0ff4 |J 3 9
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zi 1 4 1440 * 7
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$032 ^
l l
j I 1711 7. 6
Z3 5360 ^
6OÌ% 6 1910 a z
24 5
6 *lz^ x *> 5
zy '6704 t %
6 z * 1
26 75ZO \ Z400 4
Z7 8048 $ % 1560 z ! 4
jj
• »
z8 905^ 8 z88o z 1 3
%9 100*4 9 ,* 3100 3 \ I I 3

Or ce que i'ay dit de la grosseur, & du diamètre des chordes de l'Epinetté,


dans ces deux tables, du Luth,
6c de la Harpe peut estre appliqué aux chordes
leurs chordes ne soient différen-
& des Violes, quoy que pas ordinairement
6
tes en : car lî l'accord des Violes va de Quarte en Quarte, la second
longueur
doit estre moins tiers que la première ; c'est à dire que si la prernic*
grosse d'vn
re chorde a quatre de grosseur, la seconde endoitauoir trois? & si !'aC*
parties
des Inílrumens à chordes;
123
rd estoit de ton en ton, comme dans
la Gamme, ou de demy ton en
demy
fur seconde chorde doit estre moins
ton, côme l'Epinette,la grosse que la pre-
jnicre d'vne huictiesme, oiul'vne quinziesme partie \ c'est à dire que la dimi-
fuit lá saison
nution des grosseurs des interualles
harmoniques,
si l'on veut
rende vne parfaite lors
a.jc l'instrument harmonie,particulierement que Fon
chordes à vuide, comme
touche les Fon fait fur la
Harpe , 6c fur l'Epinetté, &
furie Luth, fur la Viole, 6c fur la Guiterre.
quelquefois

PROPOSITION VIL

accorder le Luth, la Viole, Y


y n homme sourd peut Epinette, & les autres instrumens
à chorde, & t reuuer tels sons quil Voudra, s'ilcognoist la longueur i çj?\ la grosseur
des chordes : de là vient la Tablature des sourds.

N peut auoir de plusieurs sortes de chordes,


qui soient eígales en Ion-
L'O crueur 6c grosseur, comme celle des Monochordes;
ouinesgáles en lon-
ueur& eígales en ou ineígales en & grosseur, comme
grosseur: longueur
eilesdes Harpes & de l'Epinette;ou en en gros-
esgales longueur &inesgales
cur, comme celles des Violes, 6c du Luth. Or de manière
quelque qu'elles
oient différentes, l'homme sourd les peut mettre à tel accord
qu'il voudra,
ourueu qu'il sçache leurs différences tant en matière,
qu'en longueur, 6c
rosseur. Ce que iedemonstre premièrement aux chordes > qui font eígales
n toutes choses , afin de commencer les
par plus simples, parce que lors
u elles font tendues des forces esgales, elles font l'vnisson, cho--
par puisque
esesgalesadioustees a choses esgales, les laissent
eígales.
Orvoicy les règles générales, dont il faut vser pour faire toutes sortes d'ac-
ords, leíquelsscruiront icy de preuue, 6c de Démonstration, d'autant que
ousauons fait voir ailleurs, qu'elles sont véritables & infaillibles.
Première Règle.
Si les chordes sont en 6c grosseur -, 6c que Fvne fasse le son
esgales longueur
raue qui est en elle est tendue auec le poids d'vne il fàut
Cfa vt, quand liure,
endre l'autre auec liures pour la faire monrer à Foctaue* d'autant
quatre que
es
poids font en raison doublée des interualles
harmoniques, aufquelson
aitmonterles chordesi or Finterualle del'octaueestdez.a i. dont la raison
«4 ài.estdouble'e. Seconde Règle.
H faut encore adiouster au susdit la seiziesme du plus
poids partie grand
oids, ou ;du afin que Faccord soit iuste: il fàut
plus petit, par exemple,
diouster onces aux liures
quatre quatre précédentes pour faire l'octaue iuste:
arconsequent4pliures contre i, estant suspendues à deux chordes eígales
°nt l'Octaúe
parfaite.
TroifiefmeRègle.
Quand les chordes sont eígales en & en longueur, &
grosseur, ineígales
ucl'on veut les mettre à l'vnisson, les forces les chordes,
qui tendent doiuent
l«een raison doublée de la longueur des chordes : par si Fvne a
exemple,
eu*
pieds de long, 6c l'autre vn pied ,& soit tendue
que celle-cy par vne for-
e> celle-là auec 4. liures, 6c adiouster
djàuttendre \ de liure, comme i'ay dit
ans 1 autre
règle, pour la faire monter de l'Octaúe
qu'elle faisoit en bas, iuC.
Ues a l'vnisson
de la
plus courte.
Liure Troisieíme
124

Quatriesme Règle.
les chordes sont esgales en & esgales en longueur, ses fot.
Quand grosseur,
ces qui ont meíme raison les mètrent à l'vnisson; par exei^,
que grosseurs,les
& l'autre 3. 6c que la première soit tendue
pie, si Fvne aï. de grosseur, aucc
z. forces, la z. estant tendue auec 3.forces sera à l'vnisson : 6c sila chorde
estojc
cent fois plus grosse, la force centupie la metteroit à l'vnisson.

Cinquiefme Règle.
Si les chordes sont en 6c en longueur,il fautrecompcnserh
esgales grosseur
6c la grosseur mettre à F vnisson,suiuant la simple
longueur, pourles raison
& la raison doublée des mesmes
des interualles pour la grosseur, interualles

pour la longueur ; c'est à dire que la raison des forces doit estre composée dela
6c de la doublée des interualles. Par exemple, si l?vne est
simple raison, gros.
les mettre
se &
longue
comme % ,6c l'autre comme 1, 6c que l'on vueille à l'y,
celle qui est comiii6
nisson, si celle qui est comme 1. est tendue" par vne liure,
z. doit estre tendue par pliures, parce quela
raison d'vna 6\ est com posée
de la raison d'vn à deux, îa double de la chorde, &
qui recompense grosseur
de celle d'vn à 4 \, qui recompense la double longueur.
Sixiesme Règle.
Si les chordes sont en 6c inesgales en grosseur : par exem-
eígales longueur,
est grosse de tt ois parties, & l'autre & que l'on vueille faire
ple) si Fvne d'vne,
ou monter celle de trois à quelque interualle, comme à l'Octaúe,
descendre,
les mettre à l'vnisson en tendant
par la 4. règle,
il faut premièrement celle de
auec 5. liures, & celle d'vne auec vne liure; 6c pour faire monter la
3. parties
chorde de trois à celle d'vne, la raison de la force doit estre doublée delarai-
son de l'Octaúe, & conséquemment il la faut tendre auec la force, ou le poids
de douze liures, & de douze onces, ou de la seiziefme partie de douze liures,
Et si l'on veut la faire descendre à l'O-
comme i'ay dit dans la seconde Règle.
ctaúe d'enbas, la force doit estresousquadruple de trois, à sçauoir 11. fonces,
car il faut diminuer douze onces d'vne seiziefme partie, comme il faut aug-
menter douze liures d'vne seiziefme Finalement, si Fon veut faire
partie.
monter la chorde 1. à FOctaue en haut, dela chorde j, quand ellessontàlV
il la faut tendre auec 4^ forces, si l'autre est tendue auec trois.
nisson,
Septiesme Règle.
Si les chordes font en grosseur & longueur, il les faut première-
inesgales
ment mettre à l'vnisson, la cinquiefme il faut prendre lesi.
par Regle;puis
vne
qui sont à l'vnisson,
chordes de cette 5. Règle, F vne est tendue par
quand
estre en raison
par 6 \. En troisiefme
liure, 6c l'autre lieu les forces doiuent
doublée des interualles, on veut faire monter Fvne des chordes: par
ausquels
Fon veut monterla chorde tenduëauec<í* liures iusquesàl'Octa*
exemple,si
ue ,il la faut tendre auec 16. liures ,6c 9. onces, car 16. J liures contiennent 4»

fois 6 \ liures, & la seiziefme de 15. liures.


partie
HuicTtesmeRegle.
Il fàut obseruer la mesme Méthode dans la diminution des fbrces,des poids»
ou des tensions,quand on lasehe les chordes
les faire descendre,laquellc
pour
des poids, les mesmes chorcte
qui font
on garde monter
àl'augmentation
mais il faut que les raisons soient soudoublées des interualles reconv
pour
6c non comme deuant: c'est*
penser les différentes longueurs, doublées,
dire qu'il faut diminuer lesforces en mesme raison que l'on les augmentoif»
de so»f
des Instrumens à chordes.
ny
baisser les chordes, il faut faire en diminuant, ce que Fon
JC forte que pour
en augmentant, les hausser.
faisoit pour
NeufesmeRegle.
Si les chordes sont de disserente matière; exemple de leton, de
par boyau,
d'or 6c d'argent, il faut les mettre à l'vnisson auec des
d'acier, premièrement
puis il faut soiure les règles Or pour les mettre
forces cogneuës, précédentes.
ie suppose qui monstre
à l'vnisson, l'experience, que le son de celle d acier
tenduëauec 3 liures à mesme raison au son des chordes d'or, 6c de
d'argent
vis à vis de chaque
qui font
nombres chorde de la table
cuiure,queles qui
ori void que For fait la Quarte en bas auec celle
fuir, par lesquels d'argent,que
celle d'argent fait le ton maieur auec Facier, fait le semi-ton maieur en
qui
haut auec celle de cuiure, kquelle fait le Triton auec For, qui fait la Quinte
auec Facier ; les lettres
E, A, B, $ monstrent
fin 288* E que
Or
le son de la chorde d'or est en Emila, de l'argét en
fin 1160 A Amilare,du cuiureen Bfa,6cde Facier en ^ w/. Mais
Argent
les mettre à l'vnisson,
pour supposé que la chorde
Cuiure 2025 B d'acier soit tendue
il faut tendre auec
celle
3 liures,
d'or auec 6pliures, &/tf : c'est à dire 6 onces, vn
Acier 192.0 if
gros 6c demy, qui font 7 liures, 2 onces, vn gros,

&[: celle d'argent doit estre tendue* auec vn poids, quisoita 3 liures, comme
81 est à64, suiuant la raison doublee du ton maieur, & ainsi des autres. Or la
tablature qui fuit,
contient 4 tables pour seruir aux sourds, laquelle est si fa-
cile qu'il n'est pas besoin de l'expliquer.

Tablature harmonique pour les sourds*

£• f Tableî. Tablell. TablelII. TablelV;


£^ |
fíj La tension des chor- La grosseur des chor- La longueur des *La Tension des
'5J£J *"*'
j2 des proportionnées des proportionnée se-chordes propos chordes pròportió-
*£ £>
p ti S* o* selon la raison dou-Ion la raisoii simple données selon la nées selon la raison
cóí 1 CTQ bléc des interualles. des interualles. raison simpledes simple des interual-
ií* c o • les.
interualles.

S- s. S "B B.
1 §3 I £.5 g: E § § g

ï '
VT 1000 10 4 o o z. o o o
ton mi.
î RE 1 p t ) 1 u i&
4 15 54 5 7 58
ton mai.
3 Ml 1 io o 8 2. 4 1
9 j 4j 2 $ 43
sem.mai.
|
4 FA 114251 7'4 3001800
ton mai.
5 SOL 2.640 6* 14
280155
ton mi.
6 RE t 6
14 ] ;i t 4 9/ 1 3 3 14
ton mai.
7 Ml Ir 12, 18 z, 1 1 1 1
3 5; 7; 5
° semi.maj.
FA t o o
4J40I0 5 o|i |o|o
M
r-»
126" Liure Troisieíme

W des Tables
sage précédentes.

Premièrement si les chordes font en 6c longueur, il fau|.


esgales grosseur
leurs tensions suiuant la première table, i. si elles font
proportionner eígales
en 6c tension, il faut proportionner leur longueur suiuant la i, ta-
longueur
ble. 3. si elles font inesgales en 6c tension, âpres auoir pro-
grosseur, longueur
la la z table ,& la longueurpar la 5,il faut
portionné grosseur par proportion-
ner les tensions suiuant la 4. table. Or encore la raison de la tension
que des
chordes en longueur & grosseur doiue estre composée des raisons
inesgales
6c doublées des interualles estre mises à rvnisson, neàntmoins
simples, pour
la raison suffit pour les mettre aux interualles de l'Octaúe suiuant
simple la^
Table, sans que la pratique dela 5, 6c 6 règle soit nécessaire : car si les chordes
A & en grosseur font tendues de mesme force, 6c cjue B soit double
Befgales
d'A en longueur, la chorde B faitl'O ctaue en basauec A ; & si la chorde C es-
à B en mais double en grosseur est mise à l'vnisson de B par vne
gale longueur,
doubleforce,Cferai'OctaueauecA, si elle est tendue d'vne
forcequisoit
double de la force qui tend A.
A Quant aux chordes de différentes il
matières,
B — ne faut point d'autre table que celle des tensions,
C —-—----------—---«-- les mettent à l'vnisson j parce que lors qu'elles
qui
font à l'vnisson il faut seulement obseruer ce que nous auons dit des autres.

PROPOSITION VIII.

QucY on peut sçauoir & lalongueur des chordes fans les mesurer,
lagrojfeur,
# & Jans lesVor, par le moyen dessons.

N façons treuuer la &la
peut s'imaginer plusieurs pour longueur,
des chordes par le compas,
L'O : premièrement dont on vse pour
grosseur
mesurer la grosseur, & la longueur de toutes sortes de corps, mais les chordes
des instrumens font si déliées, le ne peut seruir treu uer leur
que compas pour
diamètre: 2. l'on car en les marnant on
iugedeleurgrosseurparletoucher,
de combien les vnes font mais cer
iuge à peu pres plus grosses que les autres}
6c trop incertain. des
examen est trop grossier, 3. on les mesure par les trous
les sils,ou les chordes 6c qui font tirées mesme
filieres,car qui passent, par vn
sont d'esgale des
trou grosseur j mais parce que l'on ne sçait pas la proportion
trous de la filière ,& que quand on la cognoistroir, on n'a point ordinaire-
ment de filière, ny de trous pour mesurer la des chordes, 6c que cet
grosseur
instrument nesert qu'aux chordes de métal, cette manière ne peut estre vtile
aux Musiciens. 4. on les peut mesurer par l'eau, 011 par les autres liqueurs,car
celle fera sortir deux fois autant d'eau d'vn vase plein, sera deux fois auíli
qui
fi elles font de mesme : mais les chordes de boyau se gastent
grosse, longueur
dans l'eau, & cette façon de mesurer les corps est & trop inccf'
trop difficile,
car ceN
taine pour plusieurs raisons, que ie déduis ailleurs. 5. par les balances,
le deux fois autant, sera deux fois aussi si elle estdernesfltf
qui pèsera grosse,
matière, & de mesme longueur:
mais le
poids d'vne chorde d'instrumeWi
a-
de la chanterelle d'vn Luth, est si l'on a de la peine
par exemple, petit, que
des Instrumens à chordes.
127
les différences du poids de telles chordes. C'est il faut se
remarquer pourquoy
d'vne autre manière mesurer la grosseur desdires chordes
seruir pour , car
il est tres-facile de les sçauoir
quancaux longueurs, par le seul compas,ou par
des vnes aux autres. Orcettemaniere
la comparaison peut estre appellée har-
se
moniqite,
d'autant qu'elle pratique par les sons en cette façon.
Si l'on veut sçauoir combien de deux chordes de meíme & de
longueur,
matière fvne est plus il faut tendre la plus déliée
mesme grosse que l'autre,
& il y aura meíme raison de fa à celle de l'autre,
auec vne force, grosseur que
force à la force mettra la à l'vnisson
de la précédente qui plus grosse ; par exé-
déliée est rendue d'vne 6c l'autre de u,
ple, si la plus liure, celle-cy fera plus
On treuuera la mesme chose si l'on commence
crrosseufois. par la grosse; 6c
il on ne veu t pas pren dre la peine de les tendre, 6c de les mettre à l'vnisson, ri
l'interualie de leurs sons, 6c leurs poids, car si celle
suffit de remarquer qui est
a le son plus aigu,elle
tendue d'vn moindre poids, est plus déliée ; or Ton treu-
uera la proportion de leurs en considérant la raison des 1 6c
grosseurs poids,
elles font tendues
des s sons; par exemple, quand par vn mesme poids, sise
son de la plus déliée fait la Quinte en haut, fa grosseur sera à celle dela
plus
comme mais parceque nous
grosse 4 àp, supposons que leurs tensions font
il fauttreuuer la raison de leurs tensions ; ie suppose donc
inesgales, que la pe-
tite ayt 3 de tension, & la plus grosse 4, leurs tensions seront comme $ à 4, &
leurs grosseurs seront comme 1 à 3^d'autant
conséquemment que la raison
de la raison doublée de l'interualie de leurs sons,
triple est composée & de la
de leurs tensions.
sesquialtere
Ces proportions font fondées fur les règles de la précédente
Propositions
est pourquoy il n'est pasnecessûrede les expliquer car l'on
plus amplement,
treuuer
peut se seruir desdites pour toutes sortes de de chor-
règles grosseurs
vser d'autre mesure de celle des sons,
des,fans que qui est la plus iuste de tou-
en vfe comme
que l'on
tes, pourueu ilfaut. Quant aux longueurs, elles ne
font pas plus difficiles à treuuer les grosseurs, car
que supposé que l'on co-
gnoisse la proportion des grosseurs, l'on treuuera les longueurs par les sons;
par exemple, si les chordes de mesme grosseur sont à I'O ctaue i'vne de l'autre
auec mesme celle qui fait l'Octaúe en haut est plus courte de moitié;
poids,
ais si les sont différents, il en faut sçauoir la différence, toutes
poids puis que
sortes de chordes différentes tant en estre
grosseur qu'en longueur peuuent
misesà l'vnisson, ou à tel interualle l'on voudra,
que par le moyen des diffé-
rentes tensions. O r la seule application des règles de l'autre oste
proposition
toutes les difficultez, rencontrer fur ce sujet, 6c chacun
quipeuuentse peut
«fesser des tables semblables aux précédentes, treuuer toutes sortes de
pour
longueurs, & de grosseurs de chordes leurs sons.
par

PROPOSITION IX.

"sçauoirsi s on la grosseur d'vne chorde cYinstrument de en


peut cognoistre Musique sans
auec d'autres chordes.
faire comparaison

E sen ne nous la resolution


peut seruir de cette difficulté, d'autant
j pour
^e nous ne pouuons la chorde auec d'autres chordes, auec
comparer ny
stressons; 6c les íònt mesurer le diamètre des
compas trop grossiers pour
M
ij
n8 Liure Troisieíme

sèment aux instrumens, comme il faut


chordes, qui i'ay desia remarqué; donc
de la mesme chorde, 6c les arranger les vncs
prendre plusieurs parties pres des
autres, à ce qu'elles couurent notable d'vn
iusques quelque partie pied de
Roy, ou de quelqu'autre mesure cogneue; exemple,
par supposé qu'il Faille
3chordes couurirvne est la,»partie d'vn la chorde
pour ligne, qui poulce,
* de
ligne de diamètre
aura : 6c ce qui n'estoitpas assez sensible
proposée pout
estre mesuré, sera rendu tres-sensible, 6c facile à mesurer en cette façon ;Ce

qui arriue semblablement à plusieurs autres choses ; par exemple, l'on a dela
& à mesurer vn grain de fable tr es-menu, onle
peine à voir, &quand prend
auec plusieurs autres, il est facile à mesurer. Mais si l'on veut empeícher
que
la chorde ne se gaste, il faut auoir vn cylindre, fur lequel le de
pied Roy s0ic
& diuiíé d'enuironner ledit cylindre de plusieurs tours
marqué enlignes,afin
de chorde couurir tout le pied de Roy, ou vne partie notable, comme
pour
le poulce ,1a ligne, &c.
Si l'on veut se seruir de l'eau pour treuuer la grosseur d'vne chorde qui soit,
de cuiure, il faut remplir le vaisseau, dans l'on veuten-
par exemple, lequel
foncer la chorde,ou le lieu de dedans le vaisseau touche
marquer auquel l'eau,
afin de voir combien elle fera sortir
ou monter d'eau, car ayant treuué la ba-
se , ou le diamètre du Cylindre d'eau esgal en hauteur à la chorde, l'on aura la
de la chorde. L'on encore mesurer la grosseur des chordes de
grosseur peut
en les reduisant ou en globe,
métal premièrement en Cube, par Ie moyen de
la fonte : mais les chordes de m étal, &
puis que la première manière conserue
de boyau en leur entier, elle est la plus vtile 6c la plus facile, encore
qu'elle ne
soit pas Géométrique, d'autant tournant les chordes autour du cylin-
qu'en
dre de bois, ou de métal, l'on
peut plus ou moins presser leurs circonuolu-
fur le pied de Roy, selon la force
tions,&fairequ'ilyenayt plus ou moins
dont elles font pressées ; neantmoins l'on approchera plus pres de leur vérita-
ble grosseur nul autre, ce qui suffit en cette matiere,où
par ce moyen, que par
les choses ne peuuent trouuées
pas estre plus exactement par la mechanique.
Mais de la différente manière de for-
ieparlerayplus amplement peser toutes
tes de corps, 6c d'en sçauoir la de l'eau dans le liure des
grandeur par le moyen
Cloches: & l'on peut voir ce que i'en ay dit dans les liures de la Théorie.

PROPOSITION X.

Déterminer fi l'on peut accorder le Luth, la Viole,YEpinette gr les autres instrumens*


chordes dessons, nydes oreilles, par la cognoiffancedes
,fansseseruir diffèrent
alongemens quesouffrent les chordes.

a besoin de dont la vente


proposition quelques suppositions,
CETTEdépend de l'experience 6c de la raison, car il faut sçauoir raison 1'
qu'elle
au g"*
y a des differens racourcissemens des chordes aux sons differens quant
uc & à l'aigu, c'est à dire qu'il faut cognoistre combien il faut tourner la che-

uille pour faire monter la chorde au second ,.trois, 6c quatriesme ton, supp0*
au
sé que l'on sçache combien il la faut tourner pour la mettre au premier,ou
second : & si, vne force la fait racourcir d'vn doigt, combieni>
par exemple,
l#
3, ou 4 forces, &c. la feront racourcir: cecy estant posé, l'on peut marquer
chordes auec de petits à chaque lieu, afin les points
points que respost«lentíl
des Instrumens à chordes*
i2p
qui feront
lieux de l'instrument, voir les chordes seront dac-
certains quand
vne seule marque fur la chorde suffit pour
cord, mais imprimée cognoistre
de tons elle monte, ou descend,
Je combien pourueu que l'on puisse mesurer
ousort dé cette ou
sonracourcissement, alongement par lemoyen marque,
de la cheuille-, ce que l'on fera ay sèment si l'on compare la
des tours marque
auec de la Table de l'instrument*
de la chorde quelqu'autre marque qui ferà
combienla chorde ou se doit à
recognoistre s'alonge, álôhger chaque Éon,
ou demy-ton.
que la chorde,
Neantm oins parce dont on s'est desia s'est et
seruy,&qui
souffert de l'alteration, & qu'elle s'estend
tendue & alongée,à plus facilement
fois la première, 6c la troisiefme fois facilement
la seconde que plus que la se-
comme
, 6c ainsi
conde conséquemment, on remarque à toutes fortes de
de plus en plus auec le temps, encore ne leur
chordes, qui s'alongent qu'on
donne point de nouuelle tension, il n'est d'accorder vn instru-
pas possible
ment par la cognoissance des premières tensions l'on a expérimentées
que
aux chordes, si quant 6c quant l'on ne fçait de combien l'extensiort decha-
doit estre à la 2,3, ou $ fois, qu'à la première
chorde plus grande : c'est
que
il suffit icy de remarquer combien chorde s'estend
pourquoy chaque depuis
son ton plus graue à son plus aigu > auant
iusques qu'elle rompe,afin que l'on
par la diuision
conclure de l'extension en esgales corhbicrt cha-
puisse parties,
fait plus, ou moins estendre la chorde:toutes-fois
que ton ou demy-ton les
extensions ne font pas tousiours esgales, encore que l'on y adiouste des for-
ces esgales, car les dernieres sont quasi tousiours plus grandes les premiè-
que
res. Inexpérience fait voir les chordes de Luth s'estendent le moins
que pour
d'vne vingtiesme car la chanterelle a cinq
partie,auant qu'elles rompent, qui
& que l'on tend auec vne demie s'estend de trois
pieds de long, liure, poul-
ces ou enuiron, l'extension reçoit de cette demie liure
depuis qu'elle iusques
par la force
à ce qu'elle de trois liures 6c demic.Et est ten-
rompe âpres qu'elle
due par vne demie liure, la seconde demie liure Ton y adiouste la faict
que
d'vn demy poulce, 6c la troisiefme la fait encore alonger d'vn aurre
alonger
6c ainsi conséquemment à ce qu'elle se rompe,n'y
demy poulce, iusques ayant
sinon que les derniers
point d'autre différence, sont vn peu plus
alongemens
grands que les premiers.
Quant aux chordes de leton, 6c des autres métaux, elles s alongent beau-
de boyau, d autant ne sent
coup moins que celles que leurs fibres pas susce-
ptibles de si grands alongemens, quelcsfilamens de celles de boyau qui sV
longent de la mesme façon quela glus, & les filets des arraignées, par-
quasi
ce sont composez d'vne multitude de parties Oc
qu'ils grande Ipermatiques.
puisque le racourcisseraent &ï'alongemcnt des chordes peut seruir pour co-;
gnoistre l'air est sec ou humide toutes & quantesfois que l'on
combien veut
l la
e*perimenter, il faut fuiure est dans la proposi-
méthode'qui expliquée
tion ie ne doute nullement l'on ne puisse
qui fuit; quoy que que prescrire
méthode ces deux dont ie parleray
^qu'autre pour recognoistre qualitez,
Plus amplement dansvn autre lieu > 6c dont on peut faire obserua»
plusieurs
tons des difficultez de la Physique, & particulière-
pour l'esclaircissement
ment pc-ur remédier aux accidens qui empeschent le mouuement&lc "
que
jeu des machines ne réussisse selon l'entreprise, 6c la volonté des Ingénieurs,
M nj
Liure Troisiefme
130

PROPOSITION XI.

Déterminer de combien Yair est plus sec , ou plus humide iour le


chaque par moy^
des sons, & des chordes.

fait voir les chordes de la Viole montent


que plus haut
L'EXPÉRIENCE
en temps humide le temps est sec, car elles se haussent d'vn ton
que quand
d'vne Tierce, ou d'vne Quarte, le temps est humide & pluuieux :ce.
quand
ou le temps soit d'autant
cy posé, il fautvoirsil'on peut dire quel'air, plus hu.'
chordes montent c'est à dire,si
plus haut: vne chorde
midequeles quand
monte Tierce dont la raison est de 4 à 5, l'air est
plus haut d'vne maieure, plus
car le
humide d'vne quatriesme partie qu'il n'estoit deuant; plus grand terme
de la Tierce maieure est plus grand d'vn quart que son moindre terme, or la
de cette Tierce en temps sec fait son
qui faisoit se moindre
chorde terme
plus
terme en temps 6c conséquemment elle bat
grand humide, cinq fois l'air en
humide, ne battóit fois en temps sec.
temps qu'elle que 4 1
Ce qui arriue parce que le temps numide l'enfle 6c l'acourcit, ou la tend da-

uantage qu'elle n'estoit tendue en temps sec, de forte qu'on peut dire
que
faut
rhumiditélaracóurcitd'vnequatriefmepartie, puisqu'il qu vne chor-
de soit plus longue d'vn faire la Tierce bien
quart pour maieure, que cc ra-
courcisscmentne paroisse pas en longueur,d'autant qu'vneplus grande ten-
sion récompense ce racourcissement $ car ie parle icy des chordes, qui sont ar-
restées deux cheualets, & qui ne peuuent H n'est pas besoin de
par s'alonger.
considérer si la chorde est plus en temps humide, car cela n'est pas sen-
grosse
sible, & si peu de grosseur de différence au son : c'est
n'apporte quasi point
il faut seulement considérerla tension de la chorde, à
plus grande
Í>ourquoy le temps humide autant comme si on augmentoit fa tension,
àquelle apporte
chorde est tendue
par le poids
car vne d'vne liure, il fàut la tendre par
quand
vne liure & p onces pour la faire monter à la Tierce maieure, d'autant qu'il
la raison de cette Tierce, comme Et si elle monte
fujt doubler i'ay dit ailleurs.
dvnton maieur, elle fait autant comme si l'on adioustoit £ d'vne liure au
de la liure en temps
poids qui la tendoit sec.
11 est t r es-aysé de treuuer tout es les autres tensions que font les différents

degrez de l'humidite, en doublant les raisons comme i'ay dit: mais il est tres*
difficile de sçauoir si les de cette humidité suiuent les raisons des sons,
degrez
ou des c'est à dire si l'humidite est comme 9, & 8, quand elle fait les
poids;
deux sons du ton maieur, ou si elle fuit la raison doublée du ton, ou la raison
des solides, de forte dire que le temps est plushumidfi
triplée qu'on puisse
d'vne huictiefme partie, quand la chorde se hausse d'vn ton ; ou plus humid{
de 17 parties fur 64, la raison estant doublée fàitk
parce que sefquioctaue
fur dix-sept soixante ou
plus humide
raison partislahte de 217 parneJ
quatre:
íùr ju, la raison estant donne la raisons^
parce que sefquioctaue triplée
deux cens dix-sept partissante cens douze.
cinq
Çeux fuiuront la simple raison des tiendront la première opi-
qui lignes,
nion -, ceux choisiront la raison doublée des quarrez, fuiuront la second'
qui
& ceux qui prendront la raison des fuiuront la troisiefme. L ott
triplée solides,
encore voir s'il vaut mieux toutes ces raisons les vnesaued^
J>eut composer
des Instrumens à chordes;
13Ï
de les prendre en particulier. Mais il faut considérer d autres cho-
autres, que
différente matière des chordes, car les chordes de boyau, ou de fil
ses dans la
s'altèrent, 6c s'enflent plus facilement, & plus sensiblement
de chanure que
ou d'argent : d'autant que les métaux
d'acier, d'airain, ne sont pas
les chordes
6c si mois comme les chordes de boyau > c'est pourquoy il faut se
si poreux j
iuger si l'air est plus humide ou plus
seruir de çelles-cy, pour sec, parce que
ne changent si facilement
pas leur son sor l'Epinetté, celles
celles d'airain que
fur la Viole. E)"ailleurs la chorde de boyau
de boyau peut auoir vne si
grande
se laschera ne se tendra ce
humidité, qu'elle plustost qu'elle j qui monstre
difficile d'establir chosede certain sur cet accident, 6c for cet-
qu'il est quelque
Or l'on peut icy considérer deux OU troisaccidens des chordes,
te expérience.
ou plus grosses, ou elles font vn son
car elles deuiennent plus courtes, plus ai-
à leur racourcissemcnt on remarque les chordes, dont on vse
gu. Quant que
les cloches, sont plus courtes à l'hyuer ce
pour sonner qu'à lesté, qui arriue
semblablement à celles qui font suspendues aux Voultes des Eglises pour ab-
baister les lampes, comme l'on dans les Eglises Cathédrales, dont
remarque
les voultes sont fort esteuées, dans lesdites chordes s'acourcissent
lesquelles
Ambassadeur à
àrhyuerd'vnetoise,ouenuiron. Busbeque Constantinople
Roy des Romains,
Ferdinand recite vne chose fur ce
pour tres-remarquable
dans fa première à sçauoir ingénieur, qui auoit
sujet Epistrc, qu'vn entrepris
deleuervri fur vn piédestal, ayant recogneu que les chordes de
obélisque
ses Machines estoient d'vn poulce, les arrosa d'eau , laquelle les
trop longues
feist accourcir autant comme il falloit faire réussir heureusement son en-
pour
donna crédit le peuple,
treprise , ce qui luy vn grand parmy qui commen çoit
à se mocquer de luy ; 6c ce qui fait voir la différence d'vn ingénieur ordinaire*
d auec celuy la nature des choses.
qui cognoist
Quanta la grosseur> on peut trouuer de combien elle s'augmente, lors

que l'on fçait le racourcissemcnt i car supposé, par exemple, qu'elle s'acour-
cisse d'vne ao. elle se grossira aussi d'vne 20. partie ; & si elle s acourcic
partie,
de moitié, elle se grossit de moitié ; si ce n'est reçoiue feulement des
qu'elle
condensations différentes souz mesme volume, de sorte qu'elle soit tousiours
de mesme cette soit seulement
grosseur, 6c que grosseur plus rare en temps
íec ,& en temps humide.
plus dense & solide
Quant à la tension, l'on en peut iuger en deux façons, premièrement par
le son, car si la chorde instrument de Musique monte
d'vn plus haut d'vne
Quarte,elle de combien se tension s'est augmentée, c'est àdire
enseignera
<]ue la tension de la chorde en temps humide sera à la tension de la mesme
chorde en 16 est à p,car il faut que les tensions,
temps sec* comme & les forces
qui font les tensions, soient doublées des simples raisons
que gardent
les in-
terualles comme dans vn autre lieu.
harmoniques, i'ay dempnstré
Mais si l'on à
que la chorde deúienne plus grosse en temps humide
suppose
mesme il faudra autant fa tension,
proportion qu'elle s'acourcit, augmenter
comme la s'est augmentée: e'està dire que si fa grosseur s'est augmen-
grosseur
te d'vne il faudra
vingtiefme au gmenter se tension d'vne vingtiesine
partie,
partie pour les
interualles, la chorde est montée. Par
expliquer auíquels
exemple, au lieu les tensions de \6 a 9 à la chorde susdite, si la
d'appliquer
chorde s'est d'vne 20 il faudra adiouster la raison de 21 à ao à h
grossie partie,
rauondei6 à p, la tension de la chorde en temps humide, car les
pour sçauoir
M iiij
Liure Troisieíme
IJ*
raisons des tensions les différentes grosseurs des chor^
simples récompensent
des. Si les sons montent à meíme les chordes des
proportion que cloches,^
les autres s'acourcissent en temps ou enhyucr, il est facj.
que toutes humide,
le de sçauoir combien les chordes des instrumens monteront, car si elles
sc
racourcissentd'vne8. les instrumens auront monté
d'vn ton maieur
partie,
d'autant que la chorde
a 9 parties en temps sec, 6c n'en a que 8 en temps hu.
mide : il est facile d'adiouster autres exemples.
plusieurs
L'on donc conclure combien les chordes des instrumens s*acourcù
peut
roient, si elles.n'estoient détenues par les chèuìllesjpar exemple,elles s'acour-
ciroient d'vne elles montent d'vn semiton
qninziefme partie, quand maieur,
Semblablement l'on dire de combien les chordes, qui s'acourcissent à
peut
raison font; libres, receuroient vne plus grande tension, si elles es,
qu'elles
toientarrestées, car la raison doublée des longueurs de la chorde en
temps
sec & humide donnera la tension : par exemple, si la chorde s'acourcit d'vne
la raison de sa longueur en sec& humide sera de
quinziefmepartie, temps
16 à 1 j, laquelle estant doublée donne la raison de 25 6 à 2,25, c'est à dire
qua-
si de 17 à 15 j par conséquent la chorde de la Viole
qui monte
d'vn demy-ton,
est plus tendue de deux parties fur 15, qu'elle n'estoit deuant, supposé qu'elle
il faut adiouster de
par la tension,
ne grossisse autrement autant
point degrez
à la susdite tension, comme Miumidité a adiousté de nouuelles à fa
parties
grosseur.
Or l'on les chordes en deux manières pour treuuer les
peut disposer propor-
tions, &les différences des humiditez du temps; en les suspen-
premièrement
dant, comme sont les chordes descloçhes 6c des car si l'on gradue la
lampes,
muraille ou le bois ,àqui elles refpondent, c'est adiré, si l'on diuise le plan,vis
à vis duquel elles font en plusieurs dont la plus
suspendues, parties esgales,
basse soit à niueau du bout de la chorde,quand elle a se plus grande
longueur,
& la plus haute soit à niueau du lieu, où la chorde est la plus cou r te, les degrez
du milieu les différents racourcissements de la chorde, 6c con-
marqueront
les différents de 1 humidité, ou de la seicheresse, comme
séquemment degrez
les
que l'on appelle
les degrez du Verre Calendaire, montrent
Themofcope,
du froid & du chaud; ce chordeABC, dont la
degrez que i'explique parla
A est A C, 6c la moindre A B, de forte qucllea
plus grande longueur
t espace son racourcissement, on peut diuiser efl
BC, pour lequel
tant de parties l'on voudra, afin de sçauoir si le temps est plus hu-
que
mide de i, j, ou 4, degrez, la chorde s'acourcit d'autant de
quand
~~
B parties.
Secondement, on peutseseruir des chordes, font arrestées par
qui
* - les deux comme sont celles de la Viole, du Luth & des autres
bouts,
- - instrumens à chorde, car si on suspend vn poids au milieu de la chor-
C - - de,& diuise le plan, vis à vis duquel la chorde descend CJUÌ
qu'on
tient le poids de sorte la basse diuision soit à niueau d u
suspendu, que plus
on verra les différents de lnumiditc efleua-
poids, degrez par les différentes
comme on les différents de lumière, 6c de
tions du poids, recognoist degrez
différentes esteuations du Soleil. Mais nous ne s$*
chaleur par les parce que
les chordes el-
uons pas si de tous les degrez d'humidité chacun fait racourcir
à dire si le i degré les fait autant racourcir comme le i,le $.coin-
galcmcntjC'est
me Ie 2,&c. l'on ne peut déterminer cetee difficulté les du*
qu'en gênerai pour
ferents d'humidité.
degrez
des Instrumens à chordes.
*33

COROLLAIRE L

tiennent vn grand secret ce semble


Quelques-vns pour qu'il que l'on petit
de cette proposition, à sçauoir leuer toutes fortes de far-
déduire qu'on peut
du Soleil,
deaux par le moyen car si on attache vn châble à vn fardeau en
6c au Soleil, la chorde s'acourcira lors
temps sec, que le temps deuiendra
6c que la lumière ne sera plus présente j &l'on
plus humide, pourra cepen-
le fardeau à la mesme efleuation ou il se rencontrera,
dant arrester afin de l'at-

tacher denouueauàlachorde, quand leSolcill'ilIuminera; cc que l'on


peut
à ce qu'il soit esteuéau lieu oùil doit demeurer : par exem-
poursuiure iusques
le faut esteuer de ioo. toises, 6c que la chorde s acourcisse
ple, s'il tousiours
d'vne toise ,1e Soleil leuera le fardeau dans l'efpacede ioo. iours. Mais si le far-
deau est trop grand, il y a grande qu'il les acourcisse-
apparence empefchera
mcns du chable ,& ce secret est inutile*
conséquemment que

COROLLAIRE IIt

les chordes s'acourcissent il semble


Quand par í'humidité, que toutes leurs
se r'acourcisscnteígalement, que l'air
supposé les enuironne soie
parties qui
humide partout, car il n'y a nulle raison empesche cette es-
esgalement qui
la chorde librement en bas, ou vn fardeau
galité lors que pend qu'elle porte
bien leger : mais lors qu'elle est arrestée 6c tendue fur le Monochorde ^ ou fur
les autres instrumens, elle peut s'enfler vers le milieu, ou il semble
dauantage
est plus molle en ce lieu
quelle endure m oins de violence, parce qu'elle que
elle est plus de I'humidité
pres des cheualers,& conséquemment susceptible
de l'air; obiecter
quoy que l'on puiflè que la chorde est plus ouùerte & plus
aux lieux où elle est la plus dure, 6c où elle est, ce semble,
poreuse plus ban-
dée , mais toutes ces difficultez sont traictées dans vn autre lieu*

COROLLAIRE III.

II semble renflement des chordes se fait ou par les Vapeurs'


que par l'eau,
quis'insinuent dans les pores des chordes,quand elles ne s'acourcissent point,
ce les parties de la chorde
qui fait que toutes endurent vne plus grands vio-

lence,parce partie d'humidité contraint parriedelachor-


que chaque chaque
de de fort ou en d'autres
luy faire place, 6c de s'estendre plus que deuant,
lieux & qui luy estoient & naturelsjmais
que celuy qu'elle occupoit, propres
quand elles s'acourcissent, il semble fassent la mesme chose
qu'elles qu'vn
nomme se racourcir, & qui rassemble les parties de son corps le mieux
qui qu'il
peut lors qu'il a froid, ou qu'il se prépare au combat: ce que l'on re-
grand
semblablement auxinsectes, & aux vers qui rampent fur lá terre, car
marque
*« se ramassent 6c s'acourcissent se rendre euiter les coups
pour plus forts,pour
^pourseconsetuen
Orapresauoir considéré toutes ces des chordes, il faut voir
particularitez
de
quelle elles doiuent estre fur l'Epinetté, &fur les autres instru-
longueur
mfns pour faire des sons dont iuger, 6c comme l'on peut deter-j
l'oreillepuisse
^.ner leur ton l'oreille ne peutl'apperceuoir.
quand
Liure Troisieíme
134

PROPOSITION XII.

Déterminer &* longueur doiuent auoir les chordes des instrumens


quelle grosseur, p0kt
faire des sons agréables, & dont on puiffe iuger à Yoreille: & comme lon peutsça-,
uoir le ton, ou le son de toutes sortes de chordes, quand elles font trop longues,
ou trop courtes pour faire des sons, quipuiffmt estre ouys.
trop lafches,

p ERIEN CE longues, ou
faitvoirquelescbordesquisonttrop trop
de ton sensible, ou
qu'il n'est pas agréable
L'Ex courtes nefont si elles CQ
point
font j par exemple, si l'on estend vne chorde de Luth de 12 pieds de
long, cl|e
ne peutfaire de son dont l'oreille c'est pourquoy ceux quifont
puisse iuger,
lesinstrumens de Musique les proportionnent à la longueur & à la grosseur
des chordes. Or la chorde dont le diamètre est^, ou) de ligne, comme est Ia
des Epinettes ordinaires, à 4, ou 5 pieds de long, 6c les autres font
grosse
de celle-la,
{)lus
ongues 6c grosses à proportion qui leur sert dérègle: de forte
la de la chorde soit à fa grosseur comme 3456 à i, puis
qu'il faut que longueur
a H,66de &sil'on mesure les plus
qu'ily ligne dans 4 pieds: grosses chordes des
Tuorbes,& des Lurhs, l'on trouuera n'ont
plus grands qu'elles pasplusde^
l'on sçaura la raison de leur
pieds de long le sillet iusques au cheualet,&
depuis
à leur grosseur, lors quçl'on aura pris leur diamètre. Mais pour sça-
longueur
uoir la vraye raison que doit auoir la longueur de la chorde à sa
grosseur pour
faire les meilleurs sons de tous les possibles, il faut supposer l'experience;&
les Epinettiers disent les chordes de mesme
parce que que grosseur que les
de l'Epinetté, ou du Clauecin ordinaire sonnent
plus grosses parfaitement
on leur donnes, ou 4 & demy, ou 5 pieds de long, l'on peut rerenit
quand
l'vnc de ses proportions ;& parce que la chorde de 5 pieds de
long peut auoir
\, ou J de ligne en diamètre, la meilleure dela longueur à la gros-
proportion
seur sera de 2440, oudetiéoài.
'
Quant àla seçondeparrie de la Proposition, elle est tres-aysée à résoudre,

puis que nousauons la manière de sçauoir combien chorde


expliqué chaque
donnée tremble de fois en vn temps donné, c'est à dire combien elle fait de
tours 6c de retours ; car puis que le graue, ou l'aigu du son est mesuré & dé-

par les nombres


terminé des tremblemens de chaque chorde, l'on ne peuteo
ledit nombre,
gnoistre que l'on ne sçache quant 6c quant la qualité du son,
c'est à direquel lieu il tient dans le Système harmonie. Ce que l'on compren-
dra plus ay sèment par exemples, que par de plus longs discours. Ie suppose
donc qu'vne
chorde de Luth ou d'Epinette ayt 15 pieds de long, & qu'elle so«

pour iuger auec l'oreilledu son qu'ellefait: or si onlatendauec


trop longue
vne force de 6 liures, elle fera 10 retours dans vne sceondeminute, 6c parce
le son qui respond au ton de Chappelle est fait
par 60 retours dans l'esp**
que
ce de ladite l'on sçaura de 10 retours
que le son
seconde, est basdvnc
plus
dix-neufiefme que ledit ton de Chappelle, puis que les sons sont auxsott
comme les retou rs aux retours, 6c qu'il y a mesme raison de 60 à 10, quede»
la raison de la Dix-neufiesine.
ài, qui contient
Semblablement si Ja chorde est 6c qu'elle
trop courte, n'ayt qu'vn poulce.
c esta dire la douziesme d'vn pied deRoy, c'est chose asseurée cjUJ
que partie
l'oreille ne pourra si on 116
du son fera, mais donne l'estefld
iuger quelle luy
des Instrumens à chordes.
13 j
6c que l'on treuue qu'elle tremble 10 fois cómme deuant, l'on
jei< pieds,
son ton par la règle de 3, car les retours de la chorde d'vn poulce de
•ouuera
aux retours de celle de 15 pieds, comme 15 est à/,, c'est à dire com-
I „ sont
1 ) c'est pourquoy la chorde d'vn fera .800 retours, tandis
me 180 estì poulce
de 15 pieds n'en fera que 10,6t le son de la chorde
nue celle conséquemment
sera de 180, de la chorde de 15 de sorte
7-vn poulce quand celuy pieds serai,
feront la
uC ceS deux sons Cinquante-troisiefme, c'est à dire la Quarte aug-
d'vn comma fur 8 O ctaues. d'accommoder ce dis*
mentée Orilesttres-aysé
sortes d'autres
cours à toutes chordes, puisqu'iln'yanulsonsigraue^usi
l'on nc puhTe treuuer par le moyen des tremblemens & des retours.
ai<ru, que
commence à de l'aigu
Ou il seut encore remarquer quel'oreille iuger du son
a deux de long, 6c
de la chorde, qui poulçes conséquemment qui est 9 6 fòis
plus longue que large} supposé qu'elle ayt \ de ligne en diamètres parce que
de cent, l'on peut fondement de ce dis-
ce nombre approche prendre pour
cours ,que la longueur des chordes doit estre centuple de leur diamètre pour
c'est à dire le plus aigu, dont l'oreille
faire le premier son, puisse iuger.
que la chorde
Dabondant n'a point de son qui entrer dans
parce puisse
ou de le moins
l'harmonieen qualité d'agréable, passable, qu'elle n'ayt pour
de long, il s'enfuit doit estre2,88
demy pied qu'elle plus longue que large pour
à rendre de l'harmonie soit
commencer qui supportable;& parce que ce nom-
bre approche de 300, l'on dire que la des chordes doit estre
peut longueur
de leur diamètre faire leur premier son: finalement
trecentuple pour parce
mesmes chordes faire des sons dont l'oreille en-
que les peuuent peut iuger,
core qu'elles 12 pieds de long, l'on peut dire que les chordes font des
ayent
pas la capacité
ne surpassent de l'oreille, leur longueur est à
sons,qui quand
leur diamètre, comme 6912. estai. Etparcequece nombre approche deyoo,
l'on peut mettre ce nombre pour les bornés de la longueur des chordes,
par
où l'on peut déterminer raison il y a de la longueur doiuent a-
quelle qu'elles
uoir pour faire le meilleur son,áuecleur plus grade 6c leur moindre
longueur.

PROPOSITION XIII.

les vnesque
déterminer pourquoy ily a des chordes meilleures les autres fur les instrtt*
niensi ce qui rend les chordes fausses: comme Yon peut sçauoir fi Vne chorde sonne
autres : &> comme
mieux fur vn instrument que fur les
Yon cognoist les chordes fausses.

les chordes sonnent mieux


pour lesquelles
ÍLyadeuxprincipalesraisons
les vnes dont l'vnc se tient de la part des chordes,
que les autres, à sçauoir
lors
qu elles sont mal-faites, soit quela faute vienne de la part de l'ouurier, ou
«u tem
ps mal propre dans lequel elles ont esté faites, ou de la matière
qui est
trop seiche, ou ttop humide, ouquia d'autres mauuaises qualitez quiren-
dent la chorde fausse: de là vient
ineígale& que l'on rencontre des chordes
dont on ne à raison
peut nullement vser, que l'on ne peut leur faire prendre
Vnton
qui soit propre à la Musique,parcequeleson en est trop sourd & trop

°D|cur. O r l'on cognoist qu'vne


chorde est fausse auant que
de la tendre fur
CS'nftru
lors qu'estant tirée par les deux bouts, elle ne fend
mens, pas l'air es- 1
jplwncnt, 6i quelle ne fait pas paroistre vne figure semblable à vn
plan pa-
Liure Troisiefme
156
rallelle ou à l'horizon, la tension dela chorde est ll0
perpendiculaire quand
rizontale ou perpendiculaire.
Mais l'ceil n'est fouuent assez subtil la fausseté
pas pour remarquer dch
chorde, & la main la treuue en se toutes ses parties,
qui esgale trompe s0ll
uent : car si elle est plus molle ou plus dure, plus rare, ou plus dense & plusscj,
ou plus humide en vn lieu qu'en vn autre, elle ne rendra
che, pas vn son e£
la chorde
que le boyau dont est faire, n'est pas
gai 6c vniforme, parce esgal ^
toutes ses soit qu'il y ayt vne plus grande multitude de fibres dansl'y.
parties,
ou que la faute vienne de la
ne que dans l'autre, part de l'ouurier.
Quant aux chordes sont toutes bonnes, & dont les vnes sonnent
qui miein
sor decertainsinstrumens fur les autres, cela arriuer à
que peut causequ'e|,
les sont mieux aux vns autres: delà vient
proportionnées qu'aux que lésois
chordes rendent d'harmonie fur les grands
grosses plus Luths, que fur ses pe.
tits-, & qu'il se rencontre ordinairement vne chorde fur instrument
chaque
mieux 6c qui a vn ton entre
que toutes les autres, rous ceux
qui sonne qu'elle
ou ses differens
peut auoir par ses différentes tensions, racourcissemensjqui
tous les autres : ce qui arriue estre lors
que la chorde
peut est à l'vnis.
surpasse
son de la table du Luth, & conséquemment les meilleurs tons de ceux
qu'elle
fait âpres doiuent estre à l'Octaúe, 6c àla Douziesme de ladite table, ce
qu'il
faut entendre lors que la chorde est assez longue, car si elle estoit courte
trop
à proportion de fa grosseur, ou trop à proportion de ce qu'elle est
longue
mince & déliée, ses tons, encore
elleneferoitpasouyrlemeilleurde qu'elle
fustà l'vnisson de la table du Luth, ou des autres instru mens.
Or i'ay monstre dans la douziesme Proposition, la proportion qu'il faut
de la longueur des chordes à leurs rendre vn bon soii,&
garder grosseurs pour
ailleurs comme il faut trouuer le ton de la table de toutes sortes d'in-
iediray
il suffit
strumens» c'est
pourquoy icy de conclure que l'on sçaura quelle
chor
de sonne le mieux de toutes les autres survn instrument proposé, lorsqu
l'on le ton de la table de l'instrument, car celle lalon
cognoistra qui ayant
6c la tension sera à l'vnisson de ladite table rendra Iemeille
gueur, requise
son: & s'il s'en rencontre plusieurs de mesme grosseur, 6c tensio
longueur
soient à l'vnisson, celle dont les seront vniformes sonnera
qui parties plus
mieux j&sitoutes les parties des vnes sont aussi celles des autre
esgales que
elles sonneront esgalement.
Si ceux fontaussi estât d'vne bonne chorde de tout l'instni
qui grand que
ment la de treuuer le ton de la table, i'estime auront
prennent peine qu'ils
du contentement à comparer ces deux vnissons, & qu'ils aduouëront quelv
nisson estle 6c le plus excellent de toutes les consonances, com
plus puissant,
me dans les liures dela Théorie, se faitd
i'ay prouué puis quel'vnion qui
ton de la table auec celuy de la chorde rend vne harmonie rauissanre,car
ne se fait mesme son
des deux reiett
quasi qu'vn ; quoy que ie ne vueille pas
les autres raisons exersl
que l'on peut apporter de la bonté des chordes, par
l'air enfermé dans le de l'instrument doit estre tres-bienp*
pie que corps
à la longueur de la chorde,
qui ne doit pas trouuer vne trop gW
portionné
de quantité d'air à esbranster, &c.
Or il est aysé de prouuer que l'instrument ay de à la bonté de la chordesîB
1
tant qu'elle n'est plus si bonne, elle est mise sur vn autre instrui«el
quand
se rencontre d'autres chordes font^
d'esgalegrandeur, quoy qu'il qui
boflfl
des Inftrumens à chordes. 337
, comme estoit la première chorde fur l'autre : mais
neS sUr cet instrument
ne plaist pas à ceux qui touchent le Luth & l'Epinetté, il leur
s ette raison
d'en chercher vne meilleure. Il faut cependant
C\\ nennis remarquer que l'on
chorde de la Viole est ordinairement la meilleure, 6c
nt que la troisieíme
semblablement la mesme différence de bonté dans les
ue l'on remarque
dont il y en a quasi tousiours tous
uvaux de l'O rgue, quelqu'vn qui surpasse
dans le liurede
les autres :mais i'en parleray plus amplement l'Orgue. Quant
il est assez facile de remarquer leur meilleur ton en les touchant
aux chordes,
ou en vsant des touches, 6c lors que l'on a le ton de la table, l'on peut
à vuide,
si le ton de la chorde se fait auec les touches est meilleur
expérimenter qui que
à vuide, ou à l'ouuert,quand des touches fait l'vnisson,
celuy qui se fait celuy
consonance auec la table: quoy que le doigt, qui touche la
ou quelqu'autre
estre cause qu'elle
puisse souuent ne sonne pas si bien
chorde sur le manche,
car il est difficile de toucher si bien de la main cecon-
qu'a vuide, gauche,que
tact ne nuise pas dauantage à son harmonie, que si elle estoit touchée à vuide

fur vn nouueau sillet.


COROLLAIRE.

Sil'on veut sçauoir ce que les accords de la table apportent aux chordes, il

faut remarquer de quelle manière vne mesme, ou plusieurs sonnent à l'vnik


6c à la Quinte de la table, &c. 6c si la bonté de la chorde ten-
son, à l'O ctaue
la bonté de celle à la Quinte,
due! l'vnisson surpasse autant qui est comme la

bonté, ou la dou ceur de l'vnisson la douceur de la Quinte.


surpasse

PROPOSITION XIV.

Déterminer combien Yon peut toucher de chordes, ou de touches du clauier dans Yej^ace
,cest àdirecornbienYonpeutfaire dénotes àla
d\nemesure mesure fur l'Epinetté',
grfiYarchetvaausiivistesurlaViolc, & sur le Violon-, ou fila langue &*
lesautres quifont lespajfages, &*lesfredons
organes peuuent faire
autant de notes à la mesure que YEpinette.

N peut toucher les chordes de Luth, & de TEpinette en deux maniè-


L'O res , à toutes, ou plusieurs en mesme comme il arriue lors
sçauoir temps,
que l'on abbaisse plusieurs touches du clauier en mesme
temps, pour faire
plusieurs consonances ou dissonances j ou l'vne âpres l'autre, comme l'on fait
aux & auxfredoris, & c'est de cette manière
passages que ie parle icy. Or il
faut
que les Musiciens ont inuenté des notes toutes
remarquer pour signifier
leurs mesures, c'est à dire tous les temps, ou toutes les eípeces de durée qu'ils
donnent aux sons & aux voix, dont ils composent toutes sortes de chansons
&demotets : & que celle qui signifie vne mesure est blanche, &sert comme
de
pied, de diapason & de règle à toutes les autres,
qui augmentent ou dimi-
òrdinairem ent leurs valeurs de moitié en moitié, de forte ^ vaut
nuent que la
la moitié d'vne
mesure, la troisiefme le quart, 8 partie, la 5 la \6 partie,
la4la
Ja 6 la
& la 7 la 64 partie,
32 partie, qui est la moindre de toutes celles qu'ils
ontinuentées, chanter vne no*
parcequ'ilsontiugéque l'onnepouuòit pas
te envn
moindre la 64. partie d'vne mesure,
temps qu'en
il fdut encore 1
remarquer qu'ils font durer vne mesure plus ou moins) com-
N
i}8 Liure Troisiefme
me ils veulent : mais il est nécessaire d establirvn certain &
temps
détermina
la mesure, si l'on veut sçauoir combien l'on peut faire de sons, c'est à di.
pour
re combien l'on peut chanter de notes dans d'vne mesure: &
leremps parce
les Astronomes ont diuisé minute de temps en 60 parties, 6c ql)e
que chaque
60 partie de nomment à vn battement
chaque minute,qu'ils seconde,cf\ esgale
ordinaire du poux, comme ie suppose
i'ay desia dit ailleurs, maintenant qu'y.
ne mesure dure vne seconde minute, & dis qu'il n'y a point de main si viste
qui
puisse toucher de 16 fois vne mesme chorde, ou ^ny voixqui
plus plusieurs
puisse chanter plus de 16 notes ou doubles crochues dans le temps d'vnese-.
conde minute, 6c conséquemment ceux font 32 notes à la mesure
que qui
1 secondes & que ceux
employent dans la mesure, qui en font 64 font la me-
sure de 4 secondes ou de 4 battemens de poux: ce que i'ay obserue dans l'ex-

perience desmeilleurs loueurs de Viole 6c d'Epinette, 6c ce que chacun re-


en faisant
marquera réflexion sur le ieu de.ceux que l'on estime auoir la main
tres-viste & ils vscnt de toute la vistesse
tres-legere,quand qui leur est possible.
D'où il s'enfuit nul ne peut toucher de 960 fois vne, ou plusieurs
que plus
chordes dans d'vne minute d'heure, ou 17600 dans vne heure. Quant
l'espace
àla comparaison de la vistesse dont on vfe sur la Viole, sur l'Epinetté, ou sur
les autres instrumens, il est tres-difficile d'en autre chose, sinon
iuger que
ceux en ioiient en les toucher d'vne vistesse.
qui perfection peuuent esgale
i'adiouste la voix6c la gorge ne peuuent aller si viste
Aquoy que que les in-
strumens: ce que l'on sera contraint d'aduoiier auoir vn excel-
âpres comparé
lent loueur ou de Viole, auec vn excellent Chantre.
d'Epinette

PROPOSITION XV.

fi Yon peut toucher


Déterminer les chordes des instrumens, ou leurs touches fi
vifie que
Yoreille ne le d'autres
puisse discerner si fon est composé sons differens,
ou s'il est gr continu.
vnique

difficultéme semble l'on peutacquerir vnetres-


tres-grande,car
CETTE grande vistesse de main ^1 long exercice, 6c l'on n'a peut-estrepas
par
encore toute la puissance de l'art en cette matière. Or nouspou-
expérimenté
uons de quelle vistesse il faudroit toucher les chordes pourfairevnson
iuger
de plusieurs sons de différentes chordes, la vistesse des retours,
composé par
tel le ment le son à l'oreille, ne peut discerner s'il est
qui représentent qu'elle
fait d'vn seul tremblement, 6c s'il est continu, ou s'il est faict par plusieurs
tremblemens les chor-
interrompus. L'experience enseigne que plus grosses
des des plus grands instrumens, celles de l'Epinetté 6c desTuor-
par exemple
bes, descendent à l'vnisson d'vn tuyau de 8 pieds de long,&
iusques d'Orgue
leur son se fait par 30 retours ; or l'oreille ne
conséquemment que ou^enuiron
c'est à dire
peutapperceuoir
si ce son est fait de différents retours, par vnmou-
uement ou par vn mouuement d'ou ie conclus u
inrerrompu, continu, que
vne mesme se feront,que
l'on touche chorde 30 fois, tandis que ces 30 retours
l'oreille ne pourra si elle est touchée plusieurs fois, & qu'elle ap-
distinguer
ce son comme s'il estoit 6c continu, car
préhendera vnique puis quel'onne
ou les tours & retours de la chorde à l'v-
peut discerner
les battemens, qui est
nisson d'vn de 8 l'on ne semblablement discernera
tuyau pieds, pourra
des Instrumens à chordes.
iy$
de l'archet, touchera vne mesme chorde ausli souucnt, 6c
nouuemens qui
comme se font lesdits Car si l'archet, ou le doigt
' flj viste
retours. qui íè meut
seconde faisòit vn son que l'on peust
o fois dans vne minute, ouyr, c'est cho-
seroit à l'vnisson de ladite
se asseurée qu'il chorde, puis que leurs retours se-
l'on auroit deux sons à l'vnisson, à sçauoir
roienteígaux,& conséquemment
6c celuy de l'archet,
celuy de la chorde, qui seroit beaucoup plusfoible que
qu'il toucheroit moins d'air ; quoy
celuy de la chorde, parce que l'on puisse
dire qu'il ne se seroit qu'vn mesme son composé du mouuement de la chor-

e,& de celuy de l'archet : d'autant que ses allées & ses venues responderoient
uítement au x tours & retours de la chorde.

Sila chorde estoit si fust à l'vnisson d'vn tuyau de


longue qu'elle d'Orgue
6c qu'elle ne batist l'air que dix fois dans d'vne seconde,l'o-<
4 pieds, l'espace
sonne seroit
eille pourroit apperceuoirquele pas continu, puis que l'ceil dis-
erne tellement ces io retours l'on les neant-
que peut nombrer,supposé
oins que le son de chaque retour soit distinct 6c discontinu, & qu'il y ayt vn
ussi grand nombre de ions différents y a de retours,car si le son du
qu'il pre-
ìier retour est continu auec le son du second, 6c que tous les sons des tours
des retours ne fassent mesme son continu, l'oreille ne peut pas nom-
qu'vn
rer, ou cognoistre du son que fait chaque tour ÓV retour, si ce
chaque partie
du son par fa différente
'est qu'elle iuge de chaque partie force ou grandeur.
io retours
puis que le fonde la chorde, qui fait
Par exemple, dans vne fe-<

onde, s'affoiblit en mesme que les retours de la chorde se dimi-<


proportion
uent, si le second retour est moindre que le premier d'vne dix-neusiesme
artie pour le moins, 6c que les autres retours se diminuent tousiours en mefc
comme ie il s'ensuit
eproportion, suppose maintenant, que si la première
2
artie du son a 20
degrez
de force, que la partie n'aura que 19 degrez de for-
c, que la troisiefme n'en aura que 18 '10, 6c ainsi des autres, &
conséquent
l'oreille ces parties, comme si elles faisoient des sons
entque distinguera
ifferents, si elle est assez délicate ces petites différences.
pour apperceuoir
Mais ie ne rencontre des oreilles si iustes
croy pas que l'on qu'elles puissent
la diminution de chaque du son d'vne chorde j c'est
emarquer partie pour-*
uoy ie viens à l'autre considération de plusieurs chordes différentes en lon-
sons différents
qui font des
ueur, ou tension, au graue & à
grosseur, quant
de remarquer la vistesse de l'archet, ou du
aigu,&'dis qu'il est plus aysé doigt
r ceschordes différentes mesme
cjue fur vne chorde, parce ont de
qu'elles
lus différences, & que le graue 6c l'aigude leurs sons ne peuuent
grandes
cllemenrseioindre l'oreille n'en la différence,
que apperçoiue particuliere-
ent lors font des dissonances; de là vient ne
que les chordes que l'on peut
°ucher les chordes d'vn instrument si viste, ne
que l'oreille iuge que l'on en
ouche la vistesse soit esgale au toucher
plusieurs, encore que qui se fait de
'"sieurs chordes en mesme Mais elle peut estre si grande,
temps. quel'o-
c,Hene si elles sont touchées les vnes les autres ou toutes
pourra iuger âpres
Mernble, soit difficile de déterminer doit estre cette vi-
quoy qu'il quelle
esse 6c pour faire receuoir
pour tromper l'oreille, qu'elle croye plusieurs^
0ns en mesme se font en des temps différents.
temps, qui

N
ij
Liure Troisieíme
140

PROPOSITION XVI.

des instrumens
Déterminer de quelle vistesse les chordes se doiuent mouuoir

pour faire vnson.

T T E proposition est l'vne des plus difficiles de la Musique, d'autant


CE ne peut sons qui sont
que l'oreille apperceuoirles trop foibles, comme
l'on en plusieurs, ont ou moins subtile,
expérimente qui l'ouye plus quoy
du son, particulière,
quel'onpuissedirequetoutesortedemouuementfait
soit peu est
que l'air est tant
mentlors violenté. Mais parce qu'il difficile, &
de prouuer fasse vn
peut-estre impossible que le mouuement son, quand nul-
le oreille ne le peut il mffit de monstrer doit estre le mouuement
ouyr, quel
des chordes faire des sons ce qui est tres.
pour que l'oreille puisse apperceuoir,
si l'on ce que car puis que l'experiencefait
aysé comprend i'ay dit ailleurs,
voir les retours des chordesse diminuent
la proportion selon
de ia à 115&
que
monstre que le 131 retour n'est que la cent milliesme de la
que i'ay partie pre-
miere traction, & que l'on oyt assez clairement le son d'vne chorde
l'espace
de a, ou 3 secondes minutes, quoy qu'elle soit touchée tres-foiblement,&
la première traction ou impulsion ne soit que du quart d'vne
que ligne, il
que les chordes font des sons fort sensibles, encore
s'enfuit que leur mouue-
ment soit bien car supposé oy e lesdits l'on
sons tandis
tardif, que que la chor*
detremble 131 fois, elle ne fera
pas l'espace d'vn poulce dans Ie temps d'vne
seconde minute, 6c conséquemment elle ne fera de
pas l'espace cinq pieds
le temps d'vne qui dure
dans minute, assez faire vne
long-tem ps pour prome-
nade de soixante encore l'on marche assez lentement, comme cha-
pas, que
cun peut expérimenter.
Il faut donc conclure suffit les chordes se meuuent aussi viste
qu'il que qu'v-
neTortuë, qui fait l'espace d'vn le poux bat vne fois, veu
poulcetandis que
l'on peut encore
mesme diminuer cet de moitié & dauantage:de
que espace
sorte si l'on la peine de calculer le chemin font les retoursdes
que prend que
chordes touchées,l'on trouuera suffit fassent
grosses légèrement qu'il qu'elles
le chemin d'vne dans vne seconde minute faire vn son sensible.
ligne pour

PROPOSITION «XVII.

defouleschordesduLuth, de YEpinette, des Violes &^,


Uonpetttsçauoircombien
autres instrumens battent Yair : c'est à dire, combien de ou com-
fou elles tremblent,
bien elles font de tours & de retours durant Vn concert, ou en tel autre

temps que Yon Voudra déterminer.

est tres-aysé de cognoistre le nombre des battemens, ou retours detofl


IL tes les chordes de tel instrument l'on voudra
a compris i si l'on
que ccq<j
i ay dit de ces tremblemens dans vn autre
lieu, pourueu que l'on sçachd
nombre des instrumens dont on vse, 6c l'espace du temps dure le con
que
cert. Ncantmoinsie veux icy repeter ce qui est nécessaire l'intellig6^
pour
de cette 6c premièrement la chorde, l'vnisson d
; que est à
proposition qui 1
tuyau de 4 pieds ouuert, fait 48 retours dans de la troisnf
d'Orgue l'espace
des Instrumens à chordes.
141
c'cft £ ^re jans d'vnesecondemi-
fixcentiefmepartied'vneheure, i'espace
la durée d'vn battement ou du poux tres-lent
nute, qui est du cceur, & paref-
les retours des chordes se multiplient en mesme
relix Secondement, que pro-
les sons deuiennent & conséquemment lors que l'on
portion que plusaigus;
nombre des retours d'vne chorde, dont on cognoist le son, on sçait
içaitle
& quant le nombre des retours de toutes sortes de chordes
quant 5 dont on
les sons.
çoernoist
estant veux dresser vne table,
Qrcecy presoppoféjïe par le moyen de la-
l'on cognoistra tout aussi tostcombien les chordes de tous les instru-
quelle
font de retours, ou combien de fois elles battent
mens d'vn concert l'air i6c

période de la chorde son allée & son retour, le


parce que chaque comprend
des battemens d'air est deux fois plus grand de ses retours,
nombre que celuy
c'est pourquoy la table fuit, monstrera seulement les retours, dontles
qui
nombres doublez donneront le nombre des battemens.
Et pareeque les concertsà contiennent ordinairementl'e-
plusieurs parties
de a, 3, ou 4 O ótaues, 6c que tous les instrumens
stendu'é pris ensemble peu-
uent Octaues, comme monstre dans vn diseours
s'estendreiusquesà8 i'ay
; la table qui fuit contient 8 colomnes, dont chacune a vne Octa-
particulier
Mais ìl faut la première
ue entière. remarquer que colomne, qui est à la mar-
de conduite aux 8soiuantes, dont les nombres les
ge, sert qui représentent
retours, ou les battemens des chordes, sont en mesme raison que ceux de la-
dite colomne-, à la première colomne des retours, elle comprend la
quant
& la huictiefme contient la plus aiguë.
plus basse Octaue,
aipchordes, notes, ou caractères, d'autant ne
OrchaqueOctaue qu'on
la Musiqueà fans se seruir
de ce nombre dans
peut marquer plusieurs parties
O ctaue, comme i'ay prouué dans vn autre lieu. Quant à de
chaque l'vsàge
il est si aysé, n'est quasi pas besoin
cette table, de l'expliquer, car le pre-
qu'il
mier nombre dela première colomne, à sçauoir 6, signifie le fon le
que plus
le son du tuyau de 32 pieds,
graue de tous les instrumens, à sçauoir d'Orgue
les 6 retours de la chorde, iz fois l'air dans
qui bat l'espace d'vn bat-
fefaitpar
tement de coeur; & les autres nombres tantdans cette
qui suiuent, Octaue,
tousiours le nombre des retours de
que dans les 7 autres, représentent chaque
chorde, à chaque note, ou lettre de l'Octaúe, est marquée
qui refpond qui
àla le premier ou le moindre nombre de la 8 Octaue
marge: par exemple,
signifie que la plus basse chorde de la 8 Octaucfait 768. retours dans l'espace
d'vn battement de poux, c'est à dire dans le tem ps d'vne seconde minute : &
1c inombre de la mesme à sçauoir 800, la chorde
colomne, signifie que qui
ace son, fait 800 retours dans le mesme temps.
D'où il s'enfuit l'on fçaura combien de fois l'air est battu
que par chaque
chorde en cette table, car si l'on veut le nombre des
regardant cognoistre
battemens de chorde de l'vne des Octaues, de la Cin-
chaque par exemple
des il faut les nombres de
qui monstre
quiefme, le nombre retours, prendre
la 6 sont doubles de ceux de la f, d'autant desia
Octaue, qui que i'ay ditque
chaque période de la chorde est composée du tour retour, 6c du & consé-
quemment contient deux battemens d'airrmais si l'on prend l'vne des colom-
nes
pour les battemens, & non pour les retours, la colomne précédente don-
nerale nombre des retours:par si la 6 colomne est prise pour le
exemple,
nombre des battemens, la 5. donnera le nombre des retours, quifonttous-
N iij
Liure Troisieíme
142

Tablature du nombre des tremblemens les chordes.


que font

1 1 I » II III IV \ V VI VII VIII .


j
F 12 24 48 96 191 384 768 1536
5760
demy-ton mai.
E 5400 22* 45 90 180 360 720 1448
n«4
demy ton min.

;Xc 5.84 u j, tx| 45Î U\ 172.? 345! «91! «}8i;


comma
Xd 5120 10?, n?, 4z 76 85 ^ 170* 341; 6St) 1365;
demy-ton mai.
D 10 io 40 80 160 310 640 iz8o
4800
demy-ton min.
xd 4608 9\ 19 \ 385 76î *53 î 307; 6l4* HÌ8J
dièse
9I 150 600 izoo
xc 4J00 18^ 37; 75 300
demy ton min.
C 9 18 36 144 188 57Í 1152
432-0 72
demy-ton min.
it 4050 8 "4'i6Y, 33I «7i '35 '70 540 1080
comma
1
xb 4000 S, i6tft\66) 133 î ií<s; 533; 1066;
min.
demy-ton
B 3840 8 16 32 64 124 148 496 992

demy-ton mai.
A 3600 7 L 6*0 120 240 960
15 30 480
min.
demy-ton
*.» 5456 7 % 14Ï. »8j, 57; n4 s "p; 45*; 9»s;
dièse

7 î« 115 n« 9°*
*g 3375 148 18; 56", 452
demy ton min.
•G 6 \ 27 108 i\6 432. 864
3240 13; J4
comma
G 32,00 6% z6l 106 î 2135 853;
tii% J5; 42^;
min.
demy-ton
• 102
xg 3072. 670 u;? i5j0 ÇI 1 io4; 4OQ; 819 ;
lele
*
3000 6 12 i 15 50 100 100 800
Xg 400
demy-ton min.
F 2880 6 12 I 24 48 96 192. 384 708 I

de sorte co-
jours la moitié de chaque nombre des battemens, que les deux
se touchent, font de ces8,
lomnes qui réciproques. Orpuis que les nombres
colomnes ou contiennent les raisons des degrez de la Musique, l'on
suiuent,
en peut vser pour telle l'on voudra, comme nous nous
composer piece que
ont les mesmes le
sommes íeruis ailleurs d'auttes nombres, raisons, pour
qui
mesme ont le de mon strer tous ks
sujet jpardeísuslesquelsceux-cy priuilege
des Inílrumens à chordes.
143
de chaque chorde, 6c tous les battemens d'air, dont se forment les
atours
la Musique, font
Çons6c &consequemmenrils pluspropres pour expliquer
que nuls
del'Harmonie, nombres. autres
j nature
mieux
Mais3** 11 que l'on comprenne l'vsege de cette table, par exemples
ie prends l'vn des airs du Sieur BoeíTet l'an 1630*
due par discours, imprimé
par ces paroles,D/«/'»e est à 4 5 dont cha-
nui commence Amaryllis, qui parties
22 mesures fans pauses.
cune chante
ou la note la plus graue de laBaíse est fur Fvtfa ; & parce
La voix, que ceux
la Basse dans ne vont
la chambre, pas ordinairement
qui font plus bas qu'vn
de 4 pieds ouuert, est à l'vnisson de la plus grosse chorde
tuvau d'Orgue qui
de long, il s'enfuit
del'Epinette, qui a 3 pieds que la plus basse note de l'air
au premier, ou moindre nombre de la 4 O ctaue,
susdit respond qui est dans
de la table c'est à dire au nombre 48.
la4Coloiaine précédente,
à la voix plus aiguë du Dessus, elle est plus haute d'vne
Quant Vingtiefme
de la Basse, & conséquemment
que la voix
maieure précédente les 4
parties
de cet air com prennent la 4 & 5 colomne toutes entières, 6c la 6 à son
iusques
Jmiìare. Or la table qui suit,fait voir ies meíures de Partie, & les re-
chaque
tours de chaque chorde, car la colomne de chaque
première partie represen-
c les chordes, ou les lettres d'ou les notes; la seconde contient le
dépendent
ou la mesure des notes qui font fur chaque lettrej& la troisiefme com-
emps,
des retours les chordes
rend le nombre que font quiappartiennentàla mes-
Or parce les parties chantent tousiours
que toutes
ne lettre. ensemble sens se
elles ontehacune 22 mesures, comme l'on void enadioustant tou-
epofer,
es les mesures de chaque partie.

Mature des retour s oumouuemens chor des, ou les voix qui chantent Yait
que fontles
Intendant de la Musique de la cham-
d'AnthoineBóèjfet
bre du Roy, O* de la Reyne.

Basse. í Taille. \ Haute-contre. Dessus.


Jp 3 o o*3 «2*3* 22*3 2
M »—* o E? »—j o -t £Tj 2 ^ tíi 2
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3 ; 252 4\ 500 994 3 J

B G C x '* xf
3 Ȓ>i 5 ; 606 312. ) 66)
A 1 60 F 2. ; 216
xf î 33 ;
G * ; E no
136 F 11 215 ;
* I »
z'. 120
somme somme378i. somme
1570. somme3oo7. 4101;.
N iiij
Liure Troisiefme
144
Or si l'on adiouste les battemens j ou retours de ces
4 parties, l'on en trou.:
de cette : ce qui est si
j, & l'on
uera aura tous les retours chanson
12560 aysé £
de nous
faire à ceux qui sçauent 1' Arithmétique, qu'il n'est pas besoin y arre,
ster.
COROLLAIRE I.

U faut le tremblement des chordes cesse la mesure'


icy supposer que âpres
c'est à dire si to st que l'on a leué les doigts, ou l'archet de dessus les chordes
car si elles tremblent encore comme il arriue ordinairement aux chor.
âpres,
des des Luths & des & que l'on vueille sçauoir le nombre de tous ces
Violes,
tremblemens,il faut combien de temps elles trem.
premièrement cognoistre
blent leursfons; car la durée de ces tremblemens estant fera
âpres fupposee,il
aussi de treuuer le nombre de tous les tremblemens,comme de ceux
aysé qui
se font les sons íuiuent la mesure. Et si l'on
cet chante airauec
pendant que
X4 Luths, Violes,ou Violons: de forte que chaque partie ayt six instrumens,
il faut multiplier le nombre précédent des retours par 6, 6c l'on aura 75362^
les chordes desdits instrumens dans
toursqueferónt letempsdc22mesures,
Or il faut remarquer le d'vne mesure ne doit durer
que temps qu'vnesecon-
de minute, c'est à dire la 3 600 partie d'vne heure, 6c que si elle dure dauanta-

2, ou 3 secondes, comme il arriue faut dou-


tage, par exemple souuent,qu'il
bler ou le nombre des retours, comme il est trcs-ayse de
tripler précédent
conclure de ces discours.
COROLLAIRE II.

L'on tirer de l'vtilitc de ces tremblemens, 6c particulièrement la com-


peut
desmouuemerfs du coeur & du 6c de plusieurs autres choses
paraison poux,
naturellesaueclesdits tremblemens; or l'on considérer de combien cha-
peut
de Musique doit faire de retours l'vne
que partie plus ou moins que l'autre
rendre vn concert difficulté ne soit pas différen-
pour parfait ; quoy que cette
te de celle que l'on propose, lors demande combien les partiesdoi-
qu'on
uent estre esloignées les vnes des autres, c'est à dire combien elles doiuent
estre ou faire vne exceHente les sons
graues aiguës pour Musique, puis que
se font la multiplication, ou l'addition des retours, comme les
plus aigus par
se font la diuision ou la fouz-traction des mesmes retours, cat
plus graues par
toute la Musique n est autre chose ou la foubstraction desdits
que l'addition,
retours, ou des battemens de l'air, comme i'ay desia dans vn autre
remarqué
discours.
COROLLAIRE III.

U y a de l'apparence ceux à efleuer leur 1


que qui prennent plaisir esprit
Dieu, & qui désirent de offrir autant de mouuemens de leuramouróí
luy
d'actes d'adoration, comme les chordes des instrumens font de
qu'ils oyent,
retours, ne diront la cognoiilànce du nombre des battemens d'air
pas que
soit inutile, 6c queceux auront assez de iugement
considérer quel»
qui pour
n'est autre choie
le nombre battemens l'air) #
des differens
de
Musique que
à proprement la natutf
que le son, parler, n'est rien, si Torcille ne luy donne
du son, & qu'il seroit plus véritable de dire
que
nous sentons des
mouuenief>j
d'air, de dire nous des sons, aduoiiront franchement qul!
que que oyons
des Instrumens à chordes;
14J
d auoir vne parfaite de la Musique, & mesme
n'est Pas p°flìble cognoissance
ne peut cognoistre ses si l'on ne fçait ce nous auons
ûuel'on principes, que
6c des battemens.
dit des retours

COROLLAIRE 1111.

Or s'il faut conclure de cette proposition,


que si quelques-vns pouuoiené
G4 crochues dans d'vne
toucher l'espace mesure, qui dure lio de minute, qu'ils
les la main, ou l'archet autant de fois comme la chorde
rnouueroient doigts,
de B fa, qui est dans la 3.0 ctaue de la table précédente, fait de tours & de re-
tours dans vne seconde minute, 6c conséquemment
qu'il
ne seroit
pas possi-
ble de distinguer ou de conter les mouuemens de l'archet, ou des ou
doigts,
feroient lesdites 64crochues:
lesfredonsdelagorge, que carl'imagination
ne peut conter distinctement que 10 battemens de la chorde dans vne seconr
deminute, l'on puiíse iuger confusément d'vn plus grand nombre.
quoy que
Mais il est difficile comme se fait le son de la chorde
d'expliquer que l'archet
touche 6*4 fois dans vne mesure, car si cette chorde ne tremble pas dauanta-
<re de fois qu'elle est touchée, il semble Ie mouuement de l'archet, ou du
que
touche la chorde, soit vne mesme choseauec leíHits tremblemens:
doigt qui
en fuite dequoy il faut dire la chorde auroit le meíme son, quoy
que qu'elle
netremblast point,d'autant que celuy qui la touche, supplée le tremblement;
de la tension de la chorde, puis qu'il luy fait faire 64 tours 6c autant
qui vient
de recours dans l'espace d'vne mesure : mais ie de cette difficulté
traicteray
dans le discours de la Lyre.

COROLLAIRE V:

Sil'on la tablature du retour, ou du battement des chordesj'ori


comprend
peut dire le son que peut faire chaque chorde, encore que l'on noyé nulle-
mentle son qu'elle a, pourueu quel'on voye Ces retours j car si, par exemple,
elle fait seulement 6 retours dans l'espace de la messire de ladite tablature, on
est asseuré fait la Vingt-deuxiesine contre la plus basse note de l'air pré-
qu'elle
cédent : & si l'on tendoit vn chable qui ne feist trois retours dans le mes-
que
me temps, il seroit v n son plus basde 4 Octaues la plus basse note dudit
que
air jmais difficulté dans la 12.
i'ay desia traicté de cette Proposition.

COROLLAIRE VI.

Cc
qui a esté dit iusques à présent peut aussi seruir pour la tablature du trem-
blement ou frémissement des cloches, 6c du mouuement de tous les autres
du mouuement des fueilles des oyseaux
corps, par exemple d'arbres, qui vol-
lent, & des autres corps qui battent l'air, parce que lors qu'vn corpsbat au-
tant de fois l'air des instrumens,
que les chordes l'on peut dire qu'il fait l'vnis.
s°n auec lesdites chordes. De là vient que l'on ne peut apporter d'autre raison
formelle & immédiate, vne cloche a le son plus graue ou plus aigu
pourquoy
3Uelautre, sinon parce que les parties del'vne frémissent plus viste, 6c con-
séquemment battent l'air plus souuent. Il faut neantmoins remarquer que
* on
n'oy t pas les battemens d'air de toutes sortes de corps, quoy qu'ils soient
14*> Liure Troisieíme
aussi ceux de la chordeduLuth, de la Viole 6c des Cloches'
fréquents que
comme il arriue l'air battu n'est pas enfermé, & que ses mouuemens
quand
ne sont comme ils font par la table 6c par le corps des instiu_
pas réfléchis,
mens : de là vient que l'on a de la peine à ouyr les chordes de Luth
qui semeu,
uent dans vn air libre, tandis que l'on les tient par les deux extremitez auec
d'autant son n'estant n'est pas assez fort
lesdoigts, que le pasrerlechy pont
estre ouy, comme i'ay desia remarqué dans vn autre lieu.

COROLLAIRE VII.

11 est aysé de conclure de tout ce discours que l'on peut déterminer les sons
les consonances 6c les dissonances font lesmouuemens du vent, du ton.
que
boulets de canon,
&desfleícbes,
nerre,delagreíle,des pourucu que l'on
combien de fois l'air est battu
par ces corps : car on le
cognoisse cognoist
nombre de ces battemens, on oyt le son ou le bruit desdits
quand corps, si
l'on a l'oreille assez bonne pour iuger dç la grauité, ou del'aigu du son. Il
faut conclure la mesme chose du bruit que fait la flamme de la chandelle, &
des bruits différents dans l'art, ou dans la nature
que l'on remarque : ce
qui
des corps
peut encore seruir pour iuger de la légèreté 6c de la pesanteur
qui se
meuuent, ou de la forcedont ils font poussez ; comme ie monstre dans vn au-
' '
tre discours.
COROLLAIRE VIII.

Mais afin l'on ne pas ce diseours fans en retirer quelque profit,il


que quitte
me semble les Musiciens doiuent considérer les chordes
que que puis que
touchent, ne leur refusent iamais leurs mouuemens, 6c qu'elles
t qu'ils obeys-
íent tr es-promptement à leur à se rompre , quand il leur
volontéiufqucs
en íuiuant la vo-
plaist, qu'ils doiuent imiter cette obeyssance si ponctuelle
lonté de Dieu, & les bons mouuemens leur don ne pour faire le bien&
qu'il
poureuiterlemal: car puis qu'il n'y a nul mouuement qui ne conduiscau
il est tres-raisonnable dont on reçoit
premier moteur, que les mouuemens,
de si contentemens, 6c d'où l'on tire vne si grande harmonie, nous
grands
mènent à celuy, dont la Prouidcnce bat incessam ment la m esure de l'harmo-
. nie de l'Vniuers, & gouuerne le concert le monde,dep«ur
de tout
grand
soit dit dans l'Eternité les Musiciens ont
esté plus stupides & plusir-
qu'il que
raisonnables les créatures inanimées, 6c qu'ils foientsi mal-heureux que
que
les chordes, dont ils ont tiré tant d'harmonie, seruent au iour du Iqge-
grand
ment les lier & les affliger, s'ils ont si 6c de qu'ils
pour peu d'esprit iugement
de
ne rapportent pas l'harmonie de leurs chordes, 6c de leurs voix à la gloire

celuy seul mérite les louanges de toutes les Créatures, quele Prophète
qui
Royal exhorte à leur deuoir par ses dernieres paroles, omnis fpiritus laudet D<^
minum.
des Instrumens à chordes. 147

PROPOSITION XVIII.

du monde feront chanter Vne mesme piece de Musique selon Yinten-


OKSles Muftc^ns
tion d» Compositeur, c'est à dire au ton qu'il Veutquelleséchante ,pourueu qu'ils co-
naturedu son. Vne nouueíle manière de
gnoiffentla marquer,
& de battre la Mesure est icy expliquée.

ET TE proposition est l'vne des plus belles de la car


Musique Pratique,
si l'on enuoyoit vne piece de Musique de Paris à eri
Constantinople,
erfe,àlaChine, ouautrepart, encorequeceux qui entendent les notes, &
ui fçauent la com position ordinaire, la puissent faire chanter en la
gardant
esure, neantmoins ils ne peuuent sçauoir à quel ton chaque partie doit
omniencer, c'est à dire combien la première, ou les autres notes de la basse
oiuent estre graues ou aiguës, d'autant si les Chinois, ont
que par exemple,
voix plus graue 6c plus basse que les François, ils commenceront
chaque
artie plus bas que nous ne faisons, 6c s'ils l'ont plus aiguë ils commenceront
lus haut, le sçay que l'on peut aduertir au commencement de la
piece de
doit estre chantée au ton de Chappelle, ou plus haut ou
uíìque qu'elle plus bas
vn dem y-ton, 6cc. Mais plusieurs ne fçauent que c'est que le ton de Chap-
elle, & il est trop difficile de transporter vn tuyau d'Orgue, ou quel
qu'autre
strumenr, 6c bien qu'on l'enuoyast en telle façon qu'il ne perdist nulle-
il parleroit le vent
entíaforme, plus haut ou plus bas selon que l'on luy
ucdonner, 6c conséquemment l'on n'auroit
pas vne entière certitude da

aue&delaigu du son Orle Compositeur donnera vn signe certairi&vni-


rseldu ton, il désire sa
auquel que l'on chante Musique, ou telleautre
qu'il
udra, s'il met vis à vis de l'vne des notes de la Basse, ou des autres parties, le
óbre des battemens de l'air qui fait le son; par exemple s'il mer 96 vis à vis de

première note de l'air du Sieur Boèsset, dont i'ay dans la Proposition


parlé
ccedcnre,tousceuxquisçaurontlanatureduson, ou la manière dont il se
it,chanteront la Musique proposée selon son intention, ou celle de qucl-
ùutre 6c chaque partie prendra le ton suiuant leur désir.
Compositeur,
kn effet l'on ne mieux le son
peut représenter parlenombredesditá
que
nesont nullement differens du
démens, puis qu'ils son, que l'on appelle
™bre sonant ou sonore, 6c si l'on vouloit auec desnotes de
composer
cime valeur, auec celles l'on
par exemple que nommesemibreues, qui valent
dinairement vne mesure entière, l'on pourroit vser de toutes sortes de
nips> en faisant que la valeur des notes
suiuist legraue, ou l'aigudes sons,
ft à dire la multitude des battemens de l'air -, ce qui peut arriuer en deux fa-
nSj car l'on la valeur des notes en mesme
peut diminuer raison que le nom-
cdes battemens le Dessus ira plus viste
s'augmente; d'oùils'ensuiuraque
e'aBasse, car
quand
le Dessus chantera plus haut d'vne Octaue, lanote
"breue ne vaudra minime, c'est à dire vne demie mesure ; & s'il chan-
qu'vne
ge elle vaudra d'autant le nom-
Quinziefme, feulements démesure, que
c des
battemens le Dessus est 2. ou 4 fois des
qui font plus grand que celuy
KemcnsqmfontlaBasse.
!a,sii n'est pas nécessaire de sçauoir Ie nombre des battemens pour faire
Ulr les
mesmes notes à des temps différents, car il suffit de sçauoir combien
Î48 Liure Troisiefme

les notes sont hautes,


plus & plusaiguës les vnes que les autres
pour diminuer
leur valeur d'autant
de degrez, l'on leur L'on
que augmente aigu. peutsc,n
blablement la valeur des notes à proporrion
augmenter que leur aigu s'au»
mérite ; 6c si l'on veut on augmentera ou l'on diminuera la valeur deídites no
tes en raison doublée, ou triplée du nombre des battemens de l'air,
qui f0rit
les sons de chaque Partie: or la manière la plus naturelle, clont on peut vser
la valeur des notes,ou des voix 6c des sons, est celle qui donne les mesu,
pour
les les plus lentes 6c plus tardiues aux notes dela Basse,& les plus vistes à cellcs
du car puis que les battemens des sons du Dessus sont
Dessus, plus vistes q^
ceux de la Basse, il est raisonnable que le mouuement decesnotessoit aussi
viste, afin ces deux vistesses de l'vnisson
plus que s'approchent qu'ellesfe.
roient, si le mouuement des notes estoit aussi viste des battemens
que celuy
de l'air. Quant à lamaniere dont on vfe pour trouuer le son, lors que l'on ale
nombre des battemens d'air dans vn temps donné, ie I'ay dans vn
expliquée
autre lieu, c'est pourquoy ie diray seulement icy qu'vne chorde de
longue
48, ou de 24 pieds estant tendue force donnée, ou par vn poids co-
parvne
tel que l'on voudra, monstre le nombre d es battemens d'air,
gneu qui font
car les battemens se multiplientà
chaque son, proportion que l'on accourcit
la chorde : de sorte elle bat trois fois l'air
que si dans vn moment, lors qu'elle
a 14 de long, elle ne le bat que 71 fois elle n'a plus
pieds quand qu'vn pied
de long.
COROLLAIRE I.

Puis les Musiciens combien il faut de battemens d'air pour


que cognoissent
de sons, il est
par le moyen
faire toutes sortes des propositions précédentes,
raisonnable offrent autant de mouuemens de leur cceur, 6c aurant d'a-
qu'ils
ctes de reuerence 6c d'adoration à Dieu, est le premier moteur, & dont
qui
Tordre & la conduite est nécessaire à chaque tremblement de chorde, &ì

chaque mouuement d'air$& que le mouuement des chordes qui est si prompt
& si viste que l'on ne le peut ou mesurer, nous fasse haster le pas
apperceuoir
nous de celuy à tous nos mouuemens &
pour approcher qui appartiennent
toutes nos pensees.
COROLLAIREII.

Sil'on veut déterminer le ton de lavoix, l'on la note ,o


veut
auquel que
la partie se chante, il n'y a nul
moyen & plus alîèur
proposée plus gênerai
vn nom à chaque ton, qui soit pris du nombre des bat
que de donner propre
témens d'air qui font toutes sortes de tons, ou de sons. Par exemple, fil' 0

veut chanter l'air précédent du Sieur Boèsset, 6c que l'on vueille commence
note de la Basse, il faut dire est au ton de 48, d'auta»
par la première qu'elle
fait ce son, tremble 48 fois dans le temps d'vne mesures
que la chorde qui
dure *„ de minute, c'est à dire dans vne seconde.
Et si ie voulois faire chanter ce vers hexamètre François au mesme tons
ie le chante, lors que ie le commence à vn ton plus haut d'vne Tierce maie"

& que ievoulusse


requeleplùsbastondemavoix, que les Chinois léchai
ton de
tassent au mesme ton il suffiroit le
que moy, qu'ils cogneussent que
de ce ton ire
première note vaut 5© , parce que la chorde qui est à l'vnisson
ble5ofoisdànsvne seconde -, c'est pourquoy 50 est se propre characterc?
des Instrumens à chordes.
14 9
de la première note de cet air; caril
ie propre
nom n'y a point de mesure si
mesurer le 6c l'aigu des sons, les nombres,par
oroprepour graue que lesquels

'
O Seigneur mon Dieu que tu es grand en tou te grandeur. -,±

le ou la dès
les Médecins peuuent remarquer tempérament complexion
aux differens tons de leurs voix, ou auxdisterens battemens de leur
hommes
decc discours
poux.
L'on peut
donc conclure que le nombre des retours es-

que tous les hommes


vis à vis de chaque note, du monde com-
tant marque
& chanteront la mesme de Musique au mesmeton,
menceront piece &qué
verront 50 àla marge du papier, dans lequel le vers précédent se-
sitost qu'ils
le chanteront en mesme ton moy. Où il faut
ra eícrit, qu'ils que remarquer
nombres de tremblemens seruir au lieu des notes, ou de la
que ces peuuent
Tablature ordinaire des voix 6c des instrumens*

COROLLAIRE I Ì L

la manière de chantertoute sorte


i'ay monstre
Puis de au meí-
que Musique
me ton le Compositeur désire soit chantée en tous les lieux dix
que qu'elle
monde, il faut encore comme l'on peut garder la mesme mesure
expliquer
suiuant l'intention du mesme Compositeur, qiioy qu'il soit mort ou absent.
d'vnechorde dont
Cequiesttres-ayíé parle moyen suspendue, i'ay donné
les víàges ailleurs, caril suffit que le Compositeur ou se Maistre de Musiqué
la longueur de la chorde à là dé la composition, dont
marque marge chaque
retour monstre le tem ps de la mesure. Par s'il veut que chaque me-
exemple,
il
sure dure feulement vne seconde, marquera 3* qui signifie que la chorde
tient vn poids attaché à l'autre
pendue* à vn clou , & qui bout, fait chacune dé
ses allées, ou chaque retour dans vne secòde minute. Si l'on veut haster la me-

sure, & qu'elle ne dure qu'vne demie secondé, il faut accourcir la chorde eii
raison souz-doublée des temps ou des mesures, c'est à dire qu'il faut la faire 4
fois plus courte; & si l'on veut qu'elle dure t secondes, il la faut faire de
qua-
torze durer elle aura z 8 pieds*;, 6c pour
pieds ; si elle doit 5 secondes, 4 sceon-
des, elle aura 52 pieds, &c. car les longueurs des chordes sont en raison dou-
blée des
temps.
Or si tous les Musiciens du monde se CommUniquoient les differens
temps
de leurs mesures, 6c les tons de leurs compositions en cette manière, ils íçau-
roient sont propres donner du plaisir à toutes sortes
quels mouuemens pour
d dont ils pourroient les inclinations: car 50, qui est à la
hommes, sçauoir
margedu Chant du z Corollaire, le ton, & 14 le temps dela
signifie signifie
mesure.
COROLLAIRE IIIL

L on encore la mesure, selon òn veut faire chanter


peut marquer laquelle
,a on vfe
j par les battemens ou les tremblemens des chordes, dont
Musique
P°ur représenter le tompar l'on veut que chaque mesure dure ,'„ de
exemple,si
c'est à dire a secondes, 6c que le ton de la première note soit 50, il
jflinute,
«ut seulement à costé de la Musique, la me*
marquer 100 pour signifier que ~"
O
Liure Troisieíme
150
sure dure cent tremblemens de la chorde: &silamesure dures", il fàut
mar>
quer 150,
COROLLAIRE V.

Or l'on faire seruir vne droite faire entendre à toutes


peut ligne pour sortes
d'hommes la dela chorde
marque les secondes minutes,
longueur qui car(J
l'on prend vne chorde ou vn filet, la longueur
dont soit 14 fois aussi
longUc
est à la 4 partie d'vn de c'està dire
que la ligne A B, laquelle esgale pied Roy,
vne chorde de 3 pieds & demy, elle marquera iustement les mesures telles
— B
A que l'on voudra. Mais puis
quele
Soleil fait les heures assez esgales, & que l'on peut les marquer aux Estoil.
les hommes du monde
les, &conscquemment que tous peuuent obscruer la
dela chorde, dont les tours sont esgaux à vne seconde, ou à telle
longueur
autre de temps l'on voudra, l'on peut vser de l'ombre ou des disse.
partie que
rentes 6c mouuemens du Soleil ce fuiet, & pour
hauteurs, pour signifier le
ton qu'il faut prendre.
COROLLAIRE VI.

íl n'importe donné le nombre exact des retours de la chordes


pas quei'aye
dont 6c ailleurs,
i'ay parlé dans les 2 dernieres Propositions, parce qu'il suffit
de sçauoir la méthode de le trouuer précisément. Or il est si aysé d'accommo-
der la tablature des retours à tel nombre que l'on, voudra,
précédente qu'il
n'est besoin de la règle de trois, ou de proportion pour ce foiet. Par exem-
que
si au lieu de 48, qui signifie le F vtsa de la Basse d'Amaryllis, l'on descend
ple,
d'vne Octaue 6c prendre la 3 colomne de la ta-
plus bas, ilíaut marquer 24,
blature.
COROLLAIRE VII.

Il n'y a nulle difficulté à trouuer le nombre des retours de chorde


chaque
car si on l'estend de 10 ou 12 toises de
long
íur vn Monochorde,ou
proposée,
si on la suspend de haut en bas, de sorte soit
íùrquelqu'autreplan,ou qu'elle
attachée 6c arrestée parles deux bouts, soit des deux costez auec deux cheua-
lets , soit d'vn costé auec vn clou, 6c de l'autre auec vn poids, l'on conteraay-
sément ses retours, d'autant en fera vn fort petit nombre, par exem-
qu'elle
ou 3 exa-
ple 2 ou 3 dans chaque seconde. Maisilfaut estre2 pour remarquer
ctement le nombre de ces retours, dont l'vn conteles retours tandis quel'au-
tre contera les secondes, car si l'on diuise le n ombre des secondes
par celuy
des retours, l'on fçaura combien elle en fait en chaque seconde.
Et si l'on estend vne chorde d'Epinette
ou de Luth de 100, ou de izo pieds,
comme i'ay fait, l'on trouuera que
retour de cette chorde se fait dans
chaque
vne seconde, & que la moitié de la meíme chorde fait deux retours envnese-
le quart en fait
conde, que 4, la huictiesme partie 8, la seiziefme \6, las-»
trente deux, 6c ainsi des autres, car le nombre de ces retours croist en mesme
raison que la longueur de la chorde se diminue : de sorte la chor'
que quand
de de 100. pieds de long fait vn retour dans vne seconde, ou dans vn batte-
ment du coeur &dupoux, elle en fait 100. lors n'a plus qu'vn piedde
qu'elle
elle n'a plus qu'vn cestc>
long, 6c 200. quand demy pied : mais i'ay expliqué
tours si dans vn autre lieu,qu'il n'est pas nécessaire d'en parler ic)'»
amplement
des Instrumens à chordes.
151

COROLLAIRE VIII.

Il faut encore remarquer que lors que i'ay dit qu'vne chorde de Luth fait
de retours,par
n certain nombre exemple,quand celle
qui est à l'vnissondVn
8 pieds ouuert fait 24 retours dans vne seconde,
Uyau de que cela s^ntend
dont chacun est composé d'vne allée & d'vne
e24 retours, venue, que l'on
au flux 6c reflux de la mer : ce que
eut comparer i'explique par cette figure A
CD j dans la chorde A B eitant
laquelle
irée en C retourne en D , 6c de D en F, 6c

infi conséquemment iusques à ce qu'elle se


manière le chemin
epofe •*de que qu'elle/
aitdeDenC,&deCenD,sc prend pour
n seul retour > d'où il s'enfuit qu'il y a tou-
ìours deux fois autant de battemens d'air

uedcretours,&quequandlachordeA B frappe 14. fois le point D, óul es-


ace qui est entre E&D, bat48fois l'air au E, puis
qu'elle point qu'ellebat
C autant de fois que le point D.
epoint

PROPOSITION XIX.

'on peut monter Y de chordes £or, de cuiure & des autres métaux,
Epinette d*argent,
dont
lesplmpesansde'fendentplus bas, c'est à direfont les sons
plus graues, à raison
qu'ils ont plus de mercure, & moins defouphrefixe*

Eprouue cette 6c par la raison:


Proposition par l'expérience que i'ay faite,
quanta l'experien ce, elle fait voir que les métaux plus pesants ontleson
lus car si l'on rend des chordes d'or, de cuiure ou de fer,
graue, d'argent,
uiíoient parfaitement en grosseur 6c en fur deux cheua-
eígales ìongueur,
ets, & que l'on laisse pendre vn poids eígal à l'exrremité de chorde,
chaque
fin soient bandées l'on trouue
qu'elles eígalement, que le son de l'or est plus
raue,& ainsi des autres. Voicy les expériences que i'ay faites auec des chor-
es passées le mesme trou de la filière, 6c qui íont aussi esgales en grosseur
par
longueur que l'art des hommes les peut eígal erdeur longueur est d'vn pied
demy de Roy : Ie poids que i'ay attaché
à chaque chorde pour la faire ban-
er& sonner est de trois liures ; le de chaque chorde est dans la table
poids
ussuit; les balances auec lesquelles les chordes ont esté font siiustes,
pesées
u elles ont le : en fin la
grain diuisé en et4 parties qualité des métaux est telle
ue ie m'en
vay la descrire. L'or fin, dont ie me suis scruy, est à 23 carats 6c de-
y>& vaut cette année 1525. à Paris, 36. liures l'once:l'or detrauailestà22.
arats J car il a deux deniers moitié de cuiure rou & m oitié 6c vaut
ge d'argent,
-Hures l'once. fin, qui est à u deniers, vaut 24. liures le marc.L'ar-
L'argent
cntdetrauail,quiài2 grains decuiurefurvn marc, c'est àdire denier
demy
al!°é> vaut 22. liures. Ie ne mets point la qualité du cuiure,
ny du fer, carie
eluis
íeruy du commun. Voyons maintenant le poids, & les sons de toutes
es
chordes, dont chacunea son diamètre de la sixiesme d'vne
partie ligne : 8c
. c"0rde de
boyau, dont Ie diamètre est de * de qui fait l'vnisson auec 2
ligne,
,urcs &
demiei& celle qui a? de ligne,le fàit auec trois liures neuf onces & \.
1$1 Liure Troisieíme

Métaux I Poids des chordes. Sons des chordes,

'
Or fin. 14. &g' 100
grains,

Ordetrauailoumesté. 13. grains \l s>8

Argent fin. 15. grains « 7 6 \

de trauail. 15. grains lt 76 [


Argent

Cuiure franc, ou rouge. n. grains | 69

Cuiure iaune,airain ou leton. n., grains ln 69

Fer. ] 9. ,} 6 6
grains

Or il faut les plus grands nombres signifient les sons


remarquer que plus
sourds ou plus 6c les moindres les plus 6c qu'il est tres-facile de
graues, aigus:
sçauoir consonances ou dissonances font tous ces métaux les vns auec
quelles
les autres, car puis que l'on void les nombres qui représentent
leurs sons, il
faut seulement considérer la raison de ces nombres.

Quant de l'oreille, la chorde d'or fait la Quinte forte auec la


auiugement
chordedefer: auec l'or mefléfait la Quinte foible. L'argentfait leton
lequel
maieur auec léser, auec lequel le cuiure fait Iesemiton maieur :l'argent auec
le cuiure fait le ton mineur. L'orfinfait la Quinte diminuéeauecle
cuiure,qui
fait le Triton auec l'or mesté. Finalement l'orfinfait la Quarte iuste auecl'ar-
la diminuée auec l'or meflé: maissil'on veut trouuer ces comparai-
gent,&
sons plusiustement par l'oreille, il se faut seruir des nombres qui ont
que
tous esté
marquez par le moyen de l'vnisson ; ce que les Practiciens compren-
dront plus ay sèment par les notes qui suiuent, & qui monstrent le son de cha-

que chorde du métal, dont le nom est dessouz.

Or fin. Or de trauail. Argent fin & de trauail. Cuiure & leton. Fer.

Il est facile de trouuer


quel poids il faut adiouster aux trois liures susdites,'
faire monter les chordes d'or, &c. au son de celles de cuiure
pour d'argent,
ou de fer ; 6c combien il faut diminuer le poids de trois liures,afin la chor-
que
de de fer descende à l'vnisson de la chorde d'or ; 6c comme il faut
proportion-
ner les poids pour mettre toutes ces chordes à l'vnisson, ou pour les faire
monter ou descendre à tel son font
que l'on voudra ; car la table des poids qui
hausser les chordes àtous les interualles de la vn son donne
Musique depuis
Octaue sert treuuer le à lâches
iufquesàson pour poids qu'il faut adiouster
de d'or pour la mettre à l'vnisson auec celle
de fer, ou de cuiure,**
d'argent,
Vn seul exemple fufsit faire entendre trois»*
pour cecy : ìesiipposc donc que
»
ures font monter la chorde de fer à vne Quinte haut
plus quecelled'or,
prends la raison doublée, à sçauoir la est entsfi
sesquialtere sesquiquarte, qui
des Instrumens à chordes.
153
m
si 4. donnent 9. combien 3. ( qui est le poids à la chor-
o 5c 4, & dis, suspendu
de fer j me donnera-il? 6 faut
de d'or 6c i'auray liures^qu'il suspendre à la
d'or pour la faire monter à l'vnisson de celle de fer: il
chorde par conséquent
3 liures* au poids de 3 liures. Il faut de la meíme ma-
faut adiouster procéder
trouuer les sons des autres rnetauxr& si l'on veut sçauoir combien
nière pour
des 3 liures suspendues à la chorde de fer pour la faire descen-
ilfautditninuer
de celle d'or, c'est à dire vne Quinte
dre à l'vnisson plus bas, il faut prendre
soit souz-double
vnnombrequi souz-sesquiquartedes3liures,quiíònrlus-
au fer, & l'on treuuera vne liure ;, qui mettra la chorde de fer à IV-
pendues
ce que l'on peut à la chorde
iiiíTon de celle d'or : appliquer d'argent 6c de cui-
les raisons des poids faire descendre les ions en mesme
ure, en diminuât pour
que l'on les augmente les faire monter. De forte
proportion pour que l'on
ou accourcir lesdites seront
peut tellement allonger chordes, qu'elles toutes à
car puis que la chorde a le son
l'vnisson, d'or, par exemple, plus bas d'vne
chorde de fer, si l'on diuife celle d'or en trois parties ,6c que
Quintequela
l'onl'accourcistè d'vn tiers, afin qu'elle n'en ayt plus que deux de
longueur,
elle fera à l'vnisson auec celle de fer} 6c si l'on diuisc la chorde de fer en deux
& que l'on l'alonge de l'vne de ces parties, afin en ait3.
parties esgales, qu'elle
elleíera à l'vnisson de celle d'or.
Il faut dire la mesme chose des autres chordes suiuant le rapport qu'elles ont
entt'elles, d'où il est aysé de conclure choses en faueur de
plusieurs l'Epinetté,
& premièrement tensions les chordes des differens métaux, donc
quelles
nous auons doiuent receuoir faire les 50 sons du soit
parlé, pour Clauecin,
les face toutes en longueur, & différentes en ou
qu'on eígales grosseur, qu'el-
les ayent differenres suiuant les raisons dont
longueurs, harmoniques, i'ay
donné des tables. En second lieu l'on sçaura la pesanteur de toutes les chor-
des dont l'Epinetté sera montée.& l'experience enseignera combien
detemps
fans de ton,& de combien le son de l'vn est
chaque métal demeure
changer
6c plusfbrt ou plus foible Ie laisseles
plusagreable, que l'autre, autres consi-
les sons différents des métaux
dérations, afin de remarquer qui ne peuuent
étirer par les trous de la filière, à raison s'eschauffent 6c se fondent ;&
qu'ils
bien comme fait l'estain sin, que l'on appelle
qu'ils se peussent tirer, d'Angle-
eïrcoudeGornuaille, neantmoins estant tirez, il n'est de les
pas possible
bander assez fort fur les cheualets faire son, car ils se rompent
pour quelque
press'estre allongez.
C'est pourquoy i'ay fait fondre des picces de tous ces
ìetaux dans vn mesme moule, afin de treuuer la raison de leurs poids, &de
curs comme elle se void dans la table
sons, que i'ay treuuée qui fuit.
Or l'estain fin vaut 12. sols la liure: l'estain sonanr a vne liure de cuiure rou-
j & vne liure d'estain de fur cent liuresde fin estain, & couste
Ç glace lésois.
, etain commun est composé de 14. liures de plomb, fur cent liures d'estain
n»& vaut iosols, 6c l'estain de glace vaut21 sols la liure ; les balances, dontie
c sois neantmoins elles sont assez iustes.
feruy,n'ont pas le grain diuifé,
Métaux. Poids, Sofís.
Estain fin. vne once & demie, 19 i
Estain sonant. vne once 6c demie & 35.grains, zo
Estain commun. vne once 6c demie,& 2. grains, *3
Est ain de 16
glace. vneonce, 6gros,&7i. grain,
! Plomb. deux onces, 6c 16. grains. 35 ;
O iij
i j4 Liure Troisieíme

les espreuues des estains ne peuuent estre comparées auec lCs


Mais puis que
les comparer ensemble, le dis donc
chordes des autres métaux , il faut que
6c le commun font la Quinte diminuée, l'estain de & fc
l'estain de glace glace
la Tierce maieure iuste, 6c l'estain de glace & le sin la Tierce ma,
sonant font
diminuée: l'estain commun fait la Tierce mineure diminuée auec le s0,
ieure
6c auec l'estain fin la Tierce mineure iuste -, en fin l'estain sonant fàictlc
nant,
mineur c'est à dire la dièse à 6c plus d'vn comma
semiton diminué, peu pres,
auec l'estain ou de Cornuaille, c'est à dire le sin estain.
d'Angleterre
de ces estains les notes ordinaires en faueurdes
O rie mets icy les sons par
nulle à comprendre ce discours.
Practiciens, afin qu'ils n'ay ent peine

Plomb. Estain de Estain sonant. Estain sin. Estain commun-


glace.

U faut maintenant la seconde de cette Proposition,


expliquer partie laquelle
sons des métaux de Mercure, ont leurs sons
enseigne que les qui ont plus plus
des sons plus aigus3&
qui ont plus de souphre
; que ceux fixe, rendent
graues
que
le corps est plus pesant qui a plus de mercure, & que celuy qui a plus de
est plus leger, 6c conséquemment sons suiuent la
souphre queles aigus légè-
reté , & les graues la pesanteur des corps.
Ce que i'explique en supposant a des métaux, 6c d'au-
premièrement qu'il y
tres du mercure ou du les vns que les au-
corps<jui participent plus souphre
tres , comme l'on void l'on fait la viue anatomie & la
par expérience, quand
des principes;encore soit tres-difficile
de sçauoir quelle
séparation qu'il quan-
tité il y a de souphre, ou de mercure en chaque 6c particulièrement
corps,
qui est si parfaitement
dans l'or, meflé, qu'il est impossible ou tres-difficile
de séparer son mercure de son souphre, encore se raréfie envnetres-
qu'il
bellé teinture de tout autre dissoluent 6c mestange, ne peut
séparée laquelle
en corps esté passée
rcuenir ayant par la cornue.
Ie en second lieu lemetail est moins suiet à corruption,qui
íuppose que
de mercure & moins de souphre,&
contient plus que celuy qui contient plus
de souphre & moins de mercure, est pius imparfaites Car
plus corruptible.
les qualitez du mercure, à sçauoir le froid 6c l'humide, sont directement op-
à celles du feu. D'abondant la nature tousiours les parties impu-
posées sépare
res &souphreuscs, tant 6c ne laisse
qu'elle peut, quclepoidsdesouphrequi
soífit le mercure, & le reduire en receuoirla
de
pour figer vnepaste capable
dureté 6c la compaction Elle reiette semblablement l'excez dc$
métallique.
naturelles du mercure, à vn tempérament si parfaite
qualitez pourarriuer
ces deux substances & de leurs conseruer le corps con-
qualitez, qu'elle puisse
tre la preuue& la violence du feu, 6c des autres choses tiennent dela na-
qui
ture du feu, comme de l'antimoine 6c de l'eau regale, 6c c'est cc que l'on ap'
Mais la matière del*
pelle fixation. quand métallique estsigée par les accidens
minière auant soit bien le métal est trop de souphre
qu'elle purifiée, rcmply
& combustible, est cause que les parties du métal ne se Iien
superflu lequel
pas bien & font à séparer p
ensemble, conséquemment qu'elles plus faciles
des Instrumens à chordes.
15 j
ou par d'autres agens, ou moins selon le degré de leur
j^fcu plus imperfe-
,#ion. Cecy estant polé, l'onpeutconclurequei'orestantlc plus parfait des
a plus de mercure que de souphre; 6c que les autres métaux vont en
r/setaux
selon leurs imperfections, 6c la plus de
diminuant grande quantité souphre
Or l'experience nous apprend que les métaux
contiennent. les plus par-
qU'ils
les plus pelants, 6c qu'ils rendent des sons plus graues; ceux
frjts font &que
de souphre, font des sons plus d'autant que le souphre est
qui ont plus aigus,
6c participe de la nature de l'air que le mercure,
íec& chaud, plus qui est
humide &froid:de là vient que les corps sont plus rares, &ontleurs
aqueux,
6c plus mestées 6c d'air, ce
parties plus eíloignées d'impuretez qui les rend
le son : le mercure au contraire fait que les parties du corps sont
propres pour
& plus serrées, 6c qu'elles ne sont pas mestées de tant de
plus compactes par-
est le principal suiet du son.
ties d'air, lequel
L'on peut neantmoins faire vne obiection en faueur du plomb, qui est plus
& qui rend vn son plus sourd que les autres métaux, encore
qu'il soit
pesant,
ía solidité ; toutesfois il n a
plu s imparfait qu'eux, quanta métallique pas cet-
te imperfection à raison de l'abondance du souphre combustible , mais à
cause de la crudité de son mercure a lesautres métaux
qu'il plus grande que
c'est pourquoy il a le son aussi graue ou plus car comme
imparfaits: quel'or,
l'excezduchaud&; du sec fait que le corps àlesonaigu, de mesme l'excez de

l'humide, du froid 6c de l'aqueux, se trouue au piomb, fait a le son


qui qu'il
6c plus sourd.
plus graue
au cuiure il est plu? parfait & moins
Quant franc, fouphreux que le cuiure
iaune, a plus de souphre aérien, impur & combustible: ensuitte
qui dequoy
auoirleson encore
que l'on
il doit, ce semble, plus sourd, ne remarquepas
de différence entre les sons dela chorde de cuiure 6c de leton, à cause, peut-
estre, qu'elle n'est non la différence de leurs
pas sensible, plus que poids,
comme l'on peut voir aux tables précédentes.
que le mercu
L'on peut encore obiecter te purifié est plus peíànt
que l'or, 8c
neantmoins si parfait, mais il suffit
qu'il n'est pas de dire que le mercure na-
turel ne pèse Ie surpasse
pas tant qui d'vne sixiesme car le mer-
quel'or, partie,
cure contient 6c inflammables, 6c d'autres a-
quelques parties souphreuses
& humides se dissipent aisément au feu i l'on tient
queuses par excez, qui
neantmoins mercure est le plus parfait.
quele d'Espagne
mercure sont plus en-
Orcesimpuretezfontquelespartiesdu estoignées
tr elles & moins serrées, 6c que son corps est moins souz meíme esten-
pesant
estoit le peut tellement
duecjues'il purisiérmaisl'art purisierjqu'il approchera
de la du mercure de l'or: car le feu peut consumer la crudité & toutes
pureté
les ordures se rencontrent dans le mercure, encore ne soit pas fixé,
qui qu'il
que le souphre
puis qu'il faudroit métallique l'arrestast, comme il fait dans les
autres métaux : 6c ce mercure vulgaire peut tellement estre purifié qu'il pesc-
ra d'autant
plus que l'ord' vne vingtiefme partie, quel'ora du souphre qui le
fend moins s'il n'auoit son mercure, c'est il est
pesant que que pourquoy
moins pesant mercure commun est aussi
quele parfaitement purifié, lequel
pesant & au ssi parfait de l'or qui est nature.
que celuy putifiépar
Si en veutfaire il faut remplir deux
quelqu'vn l'experience, tuyaux esgaux,,
1 vn d'or
&c l'autre de mercure sept fois sublimé, 6c peser l'or 6c le mercure

^ncunàpart, mais il faut reietter les parties volatiles du mercure à chaque


- * —
O.... inj
i$6 Liure Troisiefme

sublimation, &reseruer seulement la partie la plus solide


,maflìue,chrystak
Iine& , qui se treuue à chaque fois séparée d'auec l'autre au sebli.
métallique
matoire, à la derniere sublimation, fait monter le mercure
iusques qui entie:
rement sans aucune différence des parties.

COROLLAIRE.

Si les nous donner la certaine


Alchymistes pouuoient cognoissance du
de chaque par leurs trois principes: par exemple,
tempérament corps quej
en l'homme, a 4. degrez de cholere, de ioye, ou de
principe prédomine qui
& supposé homme combien il a de liures de
tristesse; qu'vn pèse cent liures,
de sel, combien de souphre 6c de mercure tant en poids
chaque efpece qu'en
i quel principe se diminue, s'alrere ou s'augmente en toutes fortes
grandeur
de maladies 6c de passions de l'ame, combien chaque les trois
repas augmente
combien il s'en tous les iours; en & en quelle
principes, dissipe quel poids
les trois se doiuent rencontrer en celuy a les qualitez
quantité principes qui
d'vnMusicien,& en quelle quantité 6c en quel poids ils sont en chaque métal
ils nous &nousobligeroientà suiurela maniè-
soulageroienr grandement,
re de raisonner tant en ce qui appartient aux sons 6c aux pesenteurs,
qu'aux
autres des corps, dont desia traicté dans les liures de la Théorie
qualitez i'ay
selon leurs
principes.
Mais si Ion veut donner la raison de la diuersité des sons íàns sortir de la
ou de la Médecine ordinaire, il faut dire que le son le
Philosophie, plus graue
vient du métal, ou du corps le plus terrestre & le plus pèsent, & qui à
plus
d'eau meflée auec se terre, & que le son aigu vient du feu 6c de la chaleur
qui
est dans car l'on
chaquecorps: experimenreque plus vn homme àdebile&
de cholere, 6c plus il parle haut & aigu ; ce qui est représenté par les chordes
des instrumens qui sont les plus déliées 6c les plus courtes, 6c par toutes fortes
de mouuements sont & légers.
qui brusques

PROPOSITION XX.

la proportion de toutes les parties de Y & du Clauecin,


Expliquer Epinette,
& leur construction.

N fait des Epinettes de différentes mais elles sont dif-


grandeurs, peu
L'O férentes en leur façon, il suffit d'expliquer la manière d'en
c'estpourquoy
faire vne de deux & demy de long, & de 16 poulces en dans ceu*
pieds large
ure, & de remarquer ce les plus ont de particulier. Ie dis donc
que grandes
premièrement que celle que icy a son assemblage
ie descris de
quatre poulces
& demy de hauteur, & que les ais dont on fait Ie, fonds 6c le tour du coffre
sont assemblez à queue d'aronde. Et puis que l'on colle les deux barres B N,

& A E à trauers le fonds visa vis du bout des deux coffrets O & N, de forte
sont.vn la du clauier. Elles ontvst
qu'elles peu plus efloignées que longueur
& 17 lignes
poulce d'efpaisseur dchauteur.En âpres l'on place le sommier que
le costé droit de l'assemblage à hauteur du íert
, l'on colle contre tringlage, qui
se colle à 14 lignes L'on
à porter les cheuilles, &qui pres des bords du coffre.
attache encore le sommier 6c les tringles auec de petites l'on riue,
pointes que
des Instrumens à chordes*
i$?
tout en tienne ferme,
plus & l'on met des cales fous le sommier
fin que pour
'-,on co^e au^
'a pieceà
qui sert pour
pointes, porter le clauierj
le supp<>rter-
de i lignes 6c demie 6c de 16 de largeur : & âpres
0n la fait d'efpaisseur, lignes
d'autant de trous l'on fait auec vn poinçon, comme il y à
rauoir percée que
6c defeintes doiuent dessus, on y met les pointes à tra-
de marches qui porter
& l'on perce 6c quant toutes les marches y fai-
uers vn petit drap, quant pour
lesdites bien à I'ay se, afin qu'elles fassent librement la bacu-
re entrer pointes
touche ioiier de l'Epinette,comme l'on void aux points
Je lors qu'onles pour
-ui sont entre E F. Maisonadioustevneliziere de drap souz ie bout du der-
mettre le clauier à niueau. Etala fin des mesmes
rière des marches pour bouts
G H, quientrent dans les traitsdesie du
on met les petites pointes Diapason
tient le clauierdroit& en estât, & lequel on fait de la hauteur des
1K, lequel
barres, 6c de 8 ou io lignes d'efpaisseur.
Lestrous des pointes du clauier E F sont percez au tiers de la des
longueur
afin de donner la basseculc au derrière : 6c puis l'on le clauier
marches, sépare
°u dont onretrecist le derrière de demie marche fur cha-
en49- 5o- touches,
auec lemitan de ses marches
que l'on
costé. C'est le Diapason
que marque
la conduite da clauier ; mais il faut ses traits de siefinissent en s'eflar-
pour que
à queue d'aronde, afin les 50. pointes du bout des marches
gissant que ayent
touchent
du iour, 6c qu'elles ne pas aux costez.
Or tandis le clauier n'est encore d'vne il faut le fur la
que que piece, poser
aux &l'arrester bouts les deux
deux auec mises à la
piece pointes, par pointes
& à la derniere marche, afin de le percer 6c de faire les trous au mi-
première
tan des marches; les trous des feintes doiuent estre à quatre
quoy que lignes
des marches. Il faut austí marquer la piece aux mortaises
plus haut quecelles
furies bouts des marches, 6c tracer les mortaises dessus & dessouz -, 6c puis il la
fautsier en deux, afin d'en coller vne moitié fur la table, 6c l'autre fur vne pe-
titetable de l'on colle bien droit visa vis de la première sor les
fapin,quc âpres
deux barres du fonds: 6c ce fuiet onfait cette est de hestre bien
pour piece,qui
doux, d'onze de l'on rabotte à ce soit tres-»
lignes large, que iusques qu'elle
mince & déliée. ,
11 faut cette table de sepin, les mortaises par Ie de-
percer &eflargirvn peu
dans: & vn morceau de peau de mouton l'on coupe
puis on colle dessus, que
nettement de la grandeur desdites mortaises auec vn petit fermoir : 6c parce

qu'il n'y en a que 15, l'on y met de petits entre-deux de grosses chordes d'E-
à trauers par des trous
pinette , quelon fait entrer faits auec vn poinçon d'ai-
L'on
par dessouzla
guille, & puis onlesriue table. le cheualet droit
metapres
£G le de la piece à mortaise, dont, la première d'en bas F est es-
long pointe
loignée de trois de la plume du premier sautereau, ou de la première
poulces
corde K. L'autre cheualet est brisé en deux, comme l'on void en BHI,dont
lepetu bout l est d'auec le bout du cheualet droit
efloignéd'enuirÓ3 poulces
"• HI est de de
quatre poulces long.
Apres a estésiéil le faut coller en sa ou il a esté mar-'
quele Diapason place
Reparle bout des marches : puis il fàut arrester 6c coller la à mortai-
piece
se dessouz bien à plomb, for le Diapason, 6c partie furies
partie barres,
les seutereaux des autres, il faut
Jnn que n'empruntent pointlesvns lesquels
«'rcdecormier ou de poirier; 6c puis il les faut par nombres, afin
marquer
de les
ils se meslent ensemble : or il est aysé de les dresser
recognoistre quand
158 Liure Troisieíme

par le bout d'en haut, 6c de les tracer auec leurs languettes par le
moyen d'vn
efchantillon. Ces doiuent estre de charme 6c leur ressort,
languettes quife
fait d'vn
poil de porc,ne doit afin les renuoyedouce.
pas estre trop fort, qu'il
ment. On fait vn trait de sie au haut du íàutereau, afin d'y mettre
âpres vu
morceau de drap amortir & esteindrele son de la chorde. U faut
pour tel|e.
ment taillerles plumes n'excèdent les chordes
qu'elles que de leur espaisseyr.
6c afin soient toutesde mesme il faut les
qu'elles longueur, espacer chordes
su r les cheualets le plus
y mettre
pour les pointes eígalement que l'on pourra
Tout cecy estant fait, on barre la table de 3 barres fur lederriere, dont l'y.
ne se met en bas le dela entre
long piece à mortaise le cheualet,& ladite piece:
elle a vn de & ^de hauteur : les deux autres biaisent
pied long plus petites par
derrierelecheualet, l'vne d'vn coïté 6c l'autre de l'autre. On y colle encore
vne autre barre de mesme qui commence vis à vis du milieu
grande longueur
du clauier, & va iusques à 10 sautereaux du bout d'en-haut, mais on y fait
pres
trois eschancrures dessouz, 6c deux aux moindres barres, afin
perites qu'elles
donnent plus d'harmonie à l'instrument.
On metencore la piece de dessouz pour porter la table deuantvisî
parle
vis du clauier à la hauteur du trin glage: c'est pourquoy on la colle contre les
coffrets, les triangles 6c le sommier, & on 1 attache encore auec des
pointes,
afin tienne mieux. l'on a placé les feintes
qu'elle Apres que &quetoutest
bien sec, on releue le clauier afin de nettoyer les barres & les marches, & de
les polirauecdelapresie,&decollerlatableàdemeurer;&pourcesuieton
vfe de poin çons & d'estraignoirs tout à l'entour pour la faire ioindre bien iu-
son espaisseur elle est seiche,
stement: n'est que d'vne ligne. Quand on y
adioustedes moulures en haut & en bas: & puis on espace les pointes àtenit
les chordes leurs oeillets, 6c les cheuilles du sommier pour les bander. On
par
a auísi coustume de ratisser la table 6c de la polir auec dela Prefle, ce l'on
que
fait semblaolement au clauier.
Il ne faut ausli oublier de mettre des morceaux de fur les endroits
pas drap
des marches, les sautereaux & battent, afin qu'ils ne sas-
surlesquels portent
de bruit, mais il faut seulement le? coller par les deux bouts, afin
sentpoint
plus mois 6c au milieu qui touche les sautereaux.
qu'ils sojent plus doux Cecy
estant fait on remet le clauier en sa place, 6c puis on emplume les
languette^
& l'on coupe les sautereaux à mesore les fait parler; de sorte n'ya
qu'on qu'il
monter de bonnes chordes iaunes & blanches. Lesiau-
plus qu'à l'Epinetté
nés font la premièreOctaue, dont les 4 premières doiuent estre dela
pour
troisiefme
(que les Facteurs du numéro trois) les suiuantes
grosseur, appellent
de la seconde, 6c lescjerniercs de la première :6c celle des autres Octaues plus
hautes doiuent estre des 3 autres des blanches. Or cette de
grosseurs Epinette
deux & demy est à l'Octaúe du ton de Chapelle; & celle l'on faict
pieds que
de 3 pieds 6c\ de long, dei7 de large, 6c de 5poulces denaut encol-
poulces
ure, est à la Quarte dudit ton de Chappelle, descend celle de cinq
auquel
de long. Mais le sommier de ces plus n'est tout
pieds grandes Epinettes pas
moitié, il biaise & VJ
droit,carapresauoircostoyél'aisducostéiufquesàla
trouuer la piece de derrière les tringlages 16 lignes d'en-
plus bas que Ie bord
haut. Ie laisse plusieurs choses dans la 1*
qui font íìayséès Practique, qu'on
dans vn moment, ne faut les trous
comprend par exemple, qu'il pas percer
des cheuilles, Ie*
ou de la piece aux pointes auec vn vieil-brequin, que
parce
des Instrumens à chordes.
159
pas les pointes
ne tiennent 6c les cheuilles assez fort, mais auec vn
tous poin-
^e k°*s d'vn vseil hrequin, afin que le bois des trous ne se man-
çon W's ^ans
6V: qu'il se presse tellement reuienne contre les cheuilles,àla
çcpoint, qu'il
lestenirplusfermes. Et puis qu'il faut limer lesdites
înaniered'vn ressort,pour
en tournant la lime en forme d'hélice ou de vis,asin tiennent
cheuille qu'elles
leurs trous, 6c les puisse tirer viste 6c
mieux dans qu'on plus plus ay sèment
les chordes, & mille autres choses que l'exercicc Il
pour changer apprendra.
l'vri des principaux scerers de l'Epinetre consi-
fautseulement remarquer que
la table, dont la bonté de l'excellente barrure, a esté
ste à barrer dépend qui
par Anthoine
en perfection Potin, & Emery ou Mederic,
pratiquée que l'on
auoir esté les meilleurs Facteurs dé France, ausquels les meilleurs
recognoist
de maintenant, à sçauoir lean Breton, &Iean Denysont
Facteurs Iacquetje
uccedé, sont excellents en leur art : & peut-estre cesiecle en
leíquels que
de nouueaux de nouueaux charmes
qui adiousteront
roduira secrets,& aux
'nstrumens: l'on faire toucher les chordes
par exemple, peut par quelques
imiteront la douceur des 6c l'harmonie du Luth; l'on
orps qui doigts, peut
miter les battemens, le flattement & tous les autres charmes des autres instru-
montent de chordes de Luth, afin
enssurl'Epinetté, que quelques-vns
'en rendre l'harmonie douce.
plus
aux Clauecins, íbnt semblables aux Epinettes en plu-
Quant puis qu'ils
il suffit de monstrerenquoy ils sont différents, cé
leurschoscs, que l'on void
n partie dans les figures ien ay donné : ie dis donc
que premièrement que le
lauecín doit auoir 6c trois de long, deux 6c trois
cinq pieds poulces pieds
oulces de large vers lc clauier, 6c
sept poulces parlapointe, dix-huictpoul-
es le bout où cômence l'efchancrure circulaire,oú la piece ronde : on luy
par
onne sept poulces de hauteur, 6c l'on met vn coffret au bout. Son clauier a
4 poulces en bas, 6c u en haut.L'on met de petites calles fur le boutdesmar-
nes où les sautereaux, afin de les ieux, ce suietóst
posent changer &póuf
urdonneio de íong& 4 d'efpaiíseur, & puis on les colle à li-
lignes quatre
nes des marches. Ledit clauier est porté fur vn châssis
pres du bout qui se ri-
;& pour ce fuiet on fait la piece aux pointes qui est de bois dehestre,deic*
18 lignes en largeur, 6V de ííx en hauteur ou La a mortaises
espaisseur. piece
aufli de hestre fort doux, 6C a 17 lignes èn & 5 en afin
largeur, espaisseur,
estre siée en deux, auoir esté marquée surleclauierà 4 lignes du
âpres pres
outdes marches. auoir le clauier de demie marche sor
Apres estrecy chaque
sté du derrière, on le sépare en 50. parties auoir la feinte de B
pour coupée
>& puis on trace les mortaises vis à Vis des marches aux seu-
pour rapporter
rcaux, comme i'ay dit en parlant de l'Epinetté,

COROLLAIRE.

Si l'onvouloitcontcrtoutes les pièces différentes entrent


qui dans leCîa-
ec,n> l'on en trouueroit de 1500, car il a cent chordes, dont les oeillets
plus
à cent íl a cent
cheuilles, 6c 100. fur ses 4 chc-
pochent pointes, pointes
alets; ses deux de seutereaux ont 700. différentes. Le double
rangs parties
n§ des mortaises est diuisé 50 fils de leton, le clauier a 50 marches
r 5o par posées
6c les bouts du derrière des marches ont 50 pointes
pointes, qui entrent
ns ks
50 traits de sie du Diapason, comme ceux de deuant ont 50 morceaux
\6o Liure Troisiefme

d'iuoire& d'ebene; au sq u elles si l'on adiouste


partie partie lesmorceauxde
drap 6c de peau de mouton, toutes les pointes qui feruent à faire tenir lesom
mier, le tringlage& les autres de bois, & toutes les barres 6c
pieces moulures
différentes, il n'y a nul doute l'on trouuera de quinze cens
que plus pieces
dans le Clauecin ou dans à deux de chordes.
l'Epinetté rangs j*

PROPOSITION XXI.

les nouueUes inuentions auoir à Y


Expliquer que nostrefiecle semble adiouste Epinette
C2r aux Clauecins.

semble ceux de l'autre siécle n'ont eu de Clauecins,


que point ny d'Epi,
IL nettes àdeux ou ieux, comme nous
plusieurs enauonsmaintenant,quiont
ieux, 6c quatre de chordes, 6c l'on nomme
quatre rangs que Eudisharmoste,
dotìt le plus au it pieds de le second est à l'O ctaue,
grand respond l'Orgue,
le 3 à la Douziesme, &le4àlaQuinziesme en haut, soit
qu'ils n'ayent qu'vn
clauier,ou en ayent doux ou trois. L'on peut encore y adiouster vn nou.
qu'ils
ueau ieu à la Tierce maieure, ou à la Dixiesme ou
plustost Dix-scptieímema.
les de ladite Tierce : ce qui pourroit seruir à la
ieure, qui sont répliques spécu-
considérant deux chordes à la Quin-
lation de la nature,en pourquoy qui sont
te n'azardent, & quel effet ont celles font la Tierce soit maieure ou mi.
qui
Or encore ieux dansl'Eudifarmoste,nc^
neure,&c. qu'il n'y ayt que quatre
antmoins on les varie en plusieurs manières suiuant le nombre des combina-

tions, conternations & conquaternations se peuuent faire de cho-


qui quatre
ses différentes > dont fort dans le liure des Airs &des
i'ay parlé amplement
Chants.
L'on à nostrc l'inuention des tambours ou
peut encore rapporter temps
barillets, dont on vfe pour faire ioiier de Musique furies
plusieurs pieces
fans l'industrie de la main , car les Allemands sont si ingénieux
Epinettes
font ioiier de $o. pieces différentes par le moyen de plusieurs res-
qu'ils plus
des balets à plusieurs fautent &le
sorts, quifontmofmedancer figures qui
meuuent à la cadence deschansons, sens qu'il soit besoin de toucher l'instru-

ment, auoir bandé ses ressorts. Et ie ne doute l'on ne puisse


âpres pas que
vne ville touteentiere de de sorte n'y auranullemai'
remplir Musique, qu'il
son qui son harmonie, lors lasehera ressort, dont ie par-
n'ayt qu'on quelque
dans le liure des L'on a semblablement inuenté d#
leray peut-estre Orgues.
rouets filer & pour deuider le fil, chantent ou fêtai'
harmoniques pour qui
sent quand on veut j 6c chaque artisan mefler la Musique dans ses ouiira-
peut
le des roiies, des maniuelles, des des lanternes & w
ges par moyen pignons,
sortes de ressorts, les Automates, chacun nom-
plusieurs qui composent que
me comme il luy plaist, Mador 6c Quelques-vn*
par exemple Angélique.
font deux de chordes auec vne seule d'vn soutereau,*
parler rangs plume
les íàutereaux si délicatement des
d'autres emplument que l'harmonie choj'
des en est beaucoup rauissante,& ie ne doute nullement l'on ne pu 1'
plus que
se encore adiouster délicatesses, 6c plusieurs ieux aux Clauecin'
plusieurs
dont la recherche aux Facteurs.
appartient

PROPOSITIO
des Instrumens à chordes. \6i

PROP OSITION XXII.

des de Y & la manière de toucher le Clauecin,


xpYiqMf les figures parties Epinette, &
tout ce que Yon peut ioue'r desjus.

VANT la manière de toucher le Clauecin, il faut


que d'expliquer icy
les figures à l'intelligence de la construction
qui serucnt
mettre de l'E-
d'autant ne font pas dans la ao. Proposition, ne peutes-
inette, qu'elles qui
lans elles. Ie dis
re entendue
onc que la figure A B C D re-

ssente le dedans d'vne Epi-


ctte, c'est à dire qui n'est pas
ncore couuerte de fa table.En

econdlieu, D B peut estre


que
ris pour le sommier sur
lequel
ortent les cheuilles,quoy que
e l'aye appelle la barre, dans
a 20.Proposition, comme C
Les marches dont on ne
oid que la moitié sont faites d'vn seul morceau debois, on diuise
lequel
les lignes Les noires les feintes
pres par qui sont icy marquées. signifient que
on couure d'ebene, ou de bois noircy, C F monstre la piece aux pointes, 6c
le lieu des trous, 6c les entrent dedans.
espetits points signifient pointesqui
F est Ietiers de la marche, dont F M lesl : ces marches, se retr-e-
comprend
a autant de petits
iíTentpeu à peu en approchant du Diapason IK, qui traits

eíìe, dans lesquels les pointes l'on void au mitan du bout des marches
que
titrent à I'ay se. G H est la dont chacune est taillée dela lar-
piece à mortaises,
eur dedeux & diuisee fil de leton,
marches, en deux parties esgales par vn
fin serue à deux estre entendu
qu'elle sautereaux. Tout le reste peut paf îa
o. dont en partie de celle-cy.
Proposition, Imtelligencc dépend
Quantàl'autre elle représente le dedans & le dehors, car
figure qui suit,
Ile monstre le lieu, la largeur & la disposition des règles, dont sabárrure est

omposée, comme l'on void à sa


lus barre com-
grande , qui
ence vis à vis du milieu des
va finir à
archesàp& q. Les 3
oindres sont n o, r f, & t u: les

°intsGC,&CFmonstrent
esendroitsdes tié-
pointes qui
dies oeillets des chordes. FG
ftlecheualetdroit,&DHB
cheualet brisé, bornent des chordes. DB
qui ladongueur Harmonique
°nstrent les endroits des cheuilles, & finalement E K D est la piece aux
ointes à celle du dedans
esgale qui se void aussi dans la figure précédente.
e viens
maintenant à l'autre de cette 6c dis que les me-
partie Proposition,
manières de toucher les instrumens sont aussi différentes
c Jjdesôcles
es d que
escrire, car l'on ceux touchent le Luth & l'Epinec-
remarque que qui
P
i6i Liure Troisiefme
te sont aussi differens à leur toucher leurs Mais
quasi qu'à vseges. quoy Q„M
en soit, il suffit de ce est nécessaire le beau toucher 1
remarquer qui pour
Clauecin Î lequel consiste à potter tellement les
premièrement deuxma;n,
ensemble fur le clauier, ne soient nullement forcées
ny contrefais
qu'elles
& que leur mouuement ne donne de contentement
réglé pas moins qUe|'
son des chordes. En second touche ou
que la gauche
lieu, deux, trois [w
accords, lors la droite fait des diminutions 6c des passages, 6c
que aucon^
re. En troisiefme lieu, il faut faire les cadences tant doubles
simples que $
si nettement la confusion n'en obscurcisse la
triples, que point beauté, &|CS
charmes. En lieu, il faut garder la mesure le plus
quatriesme iustementqUjfc
puisse faire, & l'on doit passer \6 doubles, ou 31
triples cro.
conséquemment
chues en meímé dans la mesure 6c 12 doubles
temps que 4 noires binaire, ou
14 triples crochues dans la ternaire en mesme l'on en fait ^
temps que
noires. Quant aux tremblemens, battemens, martelemens, myoleniens
accents l'on les faire fur le clauier comme sorleman'
plaintifs,&c. peut quasi
che du Luth, dont il n'est pas besoin de les discours dansle
repeter quisont
liure précédent.
Or il faut encore de lamain est fort différente dt
remarquer quela légèreté
fa vistesse, car ont lamain neantmoins
plusieurs tres-viste, quil'ont bienpc-
fante, comme dureté 6c la rudesse de leur ieu. Or ceux
tefmoignela qui ont
cette de la main estre Maistres absolus de leurs
légèreté peuuent appeliez
mains 6c de leurs dont ils pèsent si peu qu'ils veulent sor les marches,
doigts,
afin d adoucir le son de comme l'on fait celuy du Luth.-defott
l'Epinetté
qu'ils font ouyr des Echo tres-doux, 6c d'autres-fois des sons si forts, qu'o
ses, compareaufoudre 6c au tonnerre, comme il arriue lors 0
qu'ils triplent
quadruplent la cadence en faisant ou 64 quadruples crochues au
j1 triples,
du aux cadences 6c quadruples, dont on Void plusieurser
rpassages, triples
«rùpjes dans la piece dans laquelle les tremblemens, se fonte
qui fuit, qui
se marquent se font en montant
descendant, par cette virgule ,& ceux qui
,par cette autre, qui ressemble à la lettrée:
quoy qu'on
les puisse marquera
uectelsautres caractères
que l'on voudra. le laisse plusieurs gentillesses qu
les maistres font fur le clauier, de certains da
grands par exemple passages,
deux sons conioints s'entendent en mesme tandis l'v
lesquels temps, que
des tient l'vne des marches abbaissées, afin la chorde aest
doigts que qui
touchée conscrue son resonnement. faii
Et cette industrie peut seruir pour
«ritendre accords tres-doux sor l'Epinetté feront <1
plusieurs qui composez
íèulsresonncmens, 6c la douceur d
' conséquemment qui efgaleront quasi
ï.uth.
PROPOSITION xxin:

la Tablature du Clauecin, £r tout ce qui luy appartient.


Expliquer

N peut vser des lettres de la tablature du Luth, de des


autresinstru
L'O mens du second liure celle de tous ces m
pour l'Epinetté , puis que
011
strumens diuisent l'Octaúe en<louze mais l'onac
demy-tons, puis que
stumed'vser des notes ordinaires de la Musique, tant le Clauecin f
pour
pour l'Orgue, ie ne veux cette ceux quin °1
pas changer pratique,quoy que
la Musique se seruir ou de lettres, cars
point apris pimTent dénombres,
deslnstrumens à chordes.
ifisj
Sarcnes ^ans k Clauecin, nombre mar-
AU il y"a 5° chaque signifiera chaque
40 le son de
la 40, & ainsi
Or la des autres.
che par exemple représentera
qui fuit a esté composée par le Roy, & mise en tablature
0iece de Musique
de la Barre
par Monsieur 6c ioiieur du Roy
Wpinette Organiste d'Epinette
dont le beau toucher
£ ^ ja Rey ne, peut seruir d'exem pie 6c de règle à ceux
la perfection de cec instrument, dont on peut conclure
cjui désirent acquérir
il y a
par cette composition, dans laquelle mesoresàji,
^excellence plusieurs
c'est i'vsc de triples 6c
& à 64 notes: pourquoy quadruples crochues pour
vistesse de la main
qui touche
la grande souuent 32, ou 64 notes ou
marquer
du clauierdans le temps d'vne mefore, comme souuent
touches i'ay expéri-
ie donne icy le temps de cette mesure
menté, c'est pourquoy qui dure vn peu
seconde minute, c'est à dire que la 3600. partie d'vne heure, de
moins qu'vne
forte que l'autheur de cette tablature touche souuent 31 notes, 6c
quelque-
fois 64 dans le temps d'vn battement de coeur, ou de ce
poux: quiesttres-
rcmarquable.
Il y a encore autres choses dans cette tablature doiuent estre
plusieurs qui
considérées, & particulièrement de tremblemens, enrichissent
quantité qui
lamaniere de ioiier, & y apportent des charmes est difficile de s'imagi-
qu'il
ner sil'onneles a entendus : neantmoins l'on s'en vne bonne
peut figurer
le discours fait des tremblemens du Luth.
partie par que i'ay
lelaisse choses à l'Epinetté,
plusieurs qui appartiennent par exemple que
l'on en peut mettre deux ou trois furvnemefmetable; les peut faire
qu'on
aussi bas que les plus grosses
descendre pédales de l'Orgue: que la diuision du
en douze
ton, ou de l'Octaúe demy-tons eígaux ne peut íeruir à cet instru-
ment , à raison son accord de la seule tension des
chordes, 6c se
que dépend
fans que la veuë ou le toucher íì ce n est
iuge par l'oreille, y puissent remédier,
chordes
que l'on su p pose des & inaltérables, 6c que l'on vfe de
treseígalcs
poids pour les tendre suiuant les proportions dont
harmoniques i'ay parlé
dans la tablature des sourds, monstre la possibilité de cet effet
qui plustost
que fa réalité 6c son existence. II y a semblablement plusieurs choses à consi-
dérer dans l'aItération font les différentes
impressions de l'air fur les
que
chordes, 6c dans la diuersité des sons deladiuersitédes raines
qui dépend
dont on tire le cuiure 6c les autres métaux faire les chordes.
pbur
Quant àla manière à toucher faut premièrement
d'apprendre l'Epinetté,il
comprendre l'estenduë du clauier, &accoustumer les deux mains à toucher
toures sortes de marches faire toutes sortes de sons aussi viste
que l'on
pour en
peut auoir simagination. Et puis il faut apprendre
à toucher lesaccordsdes
deux 6c à les faire tant contre les marches
mains, promptement Diatoniques
&
qui font
naturelles, ordinairement blanches, que contre les feintes ou

Chromatiques qui sont noires. En troisiefme lieu, il faut s'accoustumeraux


tremblemens, & à toutes sor tesdemartelem en s, de coulemens, &d'adou-
ussemens, 6c à diminuer toutes sortes de soiets & de parties, tantost à 8 cro-
& à 1^32, & à 64 pour la mcsorebmairei&pui^^
ies,
«mesure ternaire.
L on
peut encore vser d'autres sortes de mesures, par exemple
de la
fesqui-
tere, & de la sesquitierce comme faisoient les anciensjfurquoy il fautremar-
Muer que l'on se l'on la mesure binaire
trompe, lors croit est en rai-j
que que
°n
d°uble, & la ternaire en raison ou sesquialtere, car la binaire est en
triple
Liure Troisieíme
Ì64
raison comme l'vnisson, 6c la sesquialtere
d'esgalitè desPractìciensenraison
double comme l'O de sorte que l'on n'vse maintenant
ctaue, que de ces deu v
espèces de mesure. Carpourvser de la sesquialtere, il faudroit que le frappet
durast vnefois 6c demie autant leucr : ou au contraire, c'est à dire
quele qu'j|
faudroit faire deux notes contre & conséquemment
trois, que la mesure \$
de cinq à la raison du Diapente
composée notes, pour refpondre que l'on ap,
pelle Hemiolia: & pour faire la mesure triple àla
qui respond Douziesme, j|
faudroit que le battement durast trois fois autant que le leuer,& quei'on
feist trois notes contre vne : 6c finalement battre la mesure
pour fesquiderce
il faudroit faire 4 notes en baissant, contre 3 notes en leuant, afin de
comp0. *
serla mesure de 7 notes, & d'imiter la raison du Diatessaron dans le
temps.
Et si l'on vouloit outre trouuer les deux Tierces, 6c les deux
passer pour
Sextes dans l'ordredes mesures 6c des diminurions, il faudroit faire
cinq ou
six notes en baissant ou 8 notes en leuant: ce
contre 3,4, qui n'est pas si mal-
6c les doigts:
que l'on ne puisse y accoustumer
aysé l'imagination & l'on en
trouue desia vns qui font tel nombre de notes l'on veut en
quelques que
baissant contre tout autre nombre en leuant. orne-
proposé Maispe principal
ment du beau toucher,& de l'entretien faitdes beaux chants
dépend quel'on
l'on fait entendre
qui doiuent seruir de sujet, tandis que les
perpétuellement
différentes & les contre-batteries, autrement tout ce que l'on fait réf.
parties,
semble à vn corps fans ame, & à vn tintamare qui fait plus de bruit qu'il ne
donne de plaisir à ceux qui cherchent la proportion dans l'harmonie,
&qui
préfèrent l'ordre à la confusion.
Or la perfection consiste à toucher de certains tons, & de
particulièrement
certaines chordes si a propos de l'auditeur en soit charmé 6c rauy,
que l'efprit
6c qu'il ne désire plus autrè chose que d'aller au Ciel pour iouyr des plaisirs in-

explicables l'on a de voir D ieu tres-clairem ent, 6c pour ioindre l'harmo*


que
nie de. ses chants à celle des bien-heureux. Ce fàut aussi entendre de tous
qu'il
les autres instrumens dontnousauons &dontnousferons d'autres dis-
parlé,
cours, car chacun a des si particulier es qu'il est difficile
de sçauoir ce-
grâces
luy que l'on doit préférer aux autres : quoy qu'il en soit ie donne icy la piece
de Musique à 4 donti'ay desia parlé, afin que l'on voye vne partie de ce que
faire touchée des plus excellens
peut l'Epinetté MaistreS}elle peut semblable-
ment estre ioiiée sur la Harpe, puis n'est renucrsée,
qu'elle qu'vne Epinette
c'est ie ne donneray point cet instrument} 6c par-
pourquoy d'exemple pour
ce que le clauier de l'Orgue n'est il n'y*
pas diffèrent de celuy du Clauecin,
nul doute que les Organistes la toucher, de certai-
peuuent quoy qu'il y ayt
nes particularitez au toucher de l'O ne sont pas à celuy de l'Epinetté,
rgue qui
comme iediray dans vn liure dans ie donneray vn autre
particulier, lequel
monstrer ce & ce qui lùy est propre
exemple pour que peutfàire l'Orgue,
Mais l'on ne peut vne plus à l'Epinetté &'
apporter grande perfection qu'en
sent durerses sons autant 6c en rendaflt
que ceuxdela Viole, ou de l'Orgue,
la diuision de son clauier, 6c de ses demy tons si iuste qu'elle respondeala
1
Théorie. Quant à la durée de ses sons, i'en ay desia parlé, 6c les Allemansfon
voir les Clauecins sont de faire
par expérience que capables ouyr d'excellé^
concerts de Violes des roiies les traits de l'archet*
parle moyen qui suppléent
ce qui se peut faire en plusieurs la iustesse des interualles & aeS
manieres,mais
du clauier d'vne bonne oreille, & de choses qul/
degrez depend plusieurs
des Instrumens à chordes,'
í5$
de nouuelles &feihtes
doiuent contribuer, par exemple marches, que l'on y
suiuant ce quei'ay dans le discours dés clauiers
doit adiouster, remarqué j les
doiuent aussi estre bien choisies, car il s'en rencontre de si fausses &
chordes
j que l'on ne les peut mettre d'accords Or plusieurs
desiniauuaiscs croyent
chordes montent haut auant
que les d'Epinette plus que de rompre, lors
& on les veut
qu'onlesbandepeuàpeu, qu'elles rompent plustost quand
tout d'vn à leur ton, mais il fe rencontre des Pra-
monter coup iusques
le contraire
ticiens qui expérimentent
: quoy qu'il en soit, il est certain
qu'il
choses dans la de la 6c de là
y a plusieurs Practique qui dépendent dextérité,
bonne maindes Maistres 6cdesFactears.

PROPOSITION XXIVi

la figure, Yaccord, Yesíenduë, & de la Harpe.


Expliquer Yvsage

N peut former difficuitez sor cet instrument, à


plusieurs par exemple,
L'O sçauoir si la Harpe de Oauid, les Hebrieux Cinor, estoit
que appellent"rco
semblable à la nostre, 6c à la cithare des Grecs,mais ne nous
puis qu'il paroist
nul vestige de l'antiquité, d'où nous conclure ce qui en est, il fùffic
puissions
icy la nostre, est représentée
de descrire laquelle par cette figure composée de
dont l'vne le clauier, est marqué
troisparties, s'appelle lequel par A B, &D.
L EI rep re (entent la moitié dela table, fur laquelle on void les deux rangs de
cheuilles D H, dont chacune est semblable à S V : on les peut bou-
appcller
tons, & scruent tenir les chordesfermes dans leurstrous,
pour quel'onbou-
chedeces boutons, auoir fait vn noeud afin
âpres auboutdechaquechorde,
ne Mais il faut les chordes ne tou-
qu'elles puistenteschapper. remarquer que
chent pas leurs cheuilles à íasortie de leurs trous, comme elles font loxs que
l'on vfe ou de cheuilles
d'harpions, crochues, qui les font n'azarder, dont on a
euiter cette
quittél'vfage pour imperfection.
L'on adiouste encore vn fil de leton soignant chaquebouton, pres duquel
on l'attache fur la table à l'issuë de trou, afin que les chordes
chaque portent
dessus ,6c le bois de la table ne s'viepas. Or la des chordes se
que longueur
prend depuis ces fils de leton, comme autant de cheualets aux
depuis iusques
cheuilles deferquel'on void dans le clauier A B, qui en a trois rangs, dont le
monstre comme les chordes s'cntortillent.Leur est semblable
femier figure
atacheuille «0, dont la première est quarrée, 6c se mer du costé du
partie*
clauier on tourne lesdites cheuilles auec la clef
qui ne paroist pas, par lequel
ABC: ce que l'on fait en prenant les deux branches C B de la main droite
pour mettre le bout de la cheuille * 0 dans le trou A de la troisiefme
quarre
branche. chordes,celles du premier des boutons s'attachent
Quantaux rang
au du clauier, celles du secon d aU second, 6C
premier des cheuilles rang
rang
Cejles du troisiefme au troisiefme ; mais le troisiefme rang des boutons ne
pa-
roist pas moitié de la table est cachée.
> parce que la
Les deux autres ne aux i 6C
rangs de chordes paroissent pas aussi entortillez

rang des cheuilles du clauier, afin d'euiter l'embarras 6c la consosion des
dont il n'y a icyque deux à sçauoir les ordinaires des sim-
Cordes, rangées,
P'cs dont ton n'est pas d iuife en deux
Harpes, chaque demy-tons, lesquelles
0uc
entortillées au premier rang
des cheuilles, par le bout 0 > qui est rond, &
des Instrumens à chordes. 170
d'vn on la chorde, de peur qu'elle
qui est percé petit trou, par lequel passe
comme l'on fait aux cheuilles du Luth, 6c des autres instrumens.
fl'eschappe,
Les quatre de bois sont entre E 6c H, monstrent la moitié du
pans qui
sor lequel la table est posée, & conséquemment
corps extérieur, signifient
de huict
qu'il
est composé pans, quoy que l'on le puisse faire rond, ou de tel-
l'on voudra. F & G monstrent les ouyes, faites en
leautrefigure que qui font
forme de treffle. Or il y a 29 chordes dans ce premier font
rang, lesquelles 4
comme celles de l'Epinetté; de sorte
Octaues entières, que l'on peut dire qua
la Harpe est vne Epinette renuerfée, à l'on peut accommoder vn cla-
laquelle
uier semblable à celuy du Clauecin, afin de la faire íeru ir comme
d'Epinette,
font quelques Italiens, qui la nomment Gratte-cymbale, 6c d'imiter
l'Epigonë
d'Ambraciotte, ou le Simice, dont Vincent Gaìiléedonneles
figures àla4o,
& 41. pages de ses de la Musique.
Dialogues
les demy-tons
Le second rang de chordes qui font paroist icy, & est attaché
au a. rang des boutons, de sorte que l'on a 57 chordes dans cette Harpe : mais
les 29 du j. rang,qui fòntàl'vnisson des 27 du premier, ne sont
pas marquées,
d'au tant qu'elles font du costé de la table est caché} de sorte
qui que cetté
Harpe, que l'on appelle triple, auroit 86 chordes, n estoient les demy-tons
sc rencontrent dans le Diatonic, qui diminuent îé hombredeschord.es
qui
du second car puis que chaque Octaue a deux demy-tons, 6c qu'il y a
rang,
O ctaues fur la Harpe, il s'enfuit faut oster huict chordes du se-
quatre qu'il
cond 6c par ne faut 78 chordes monter la
rang, conséquent qu'il que pour
à trois en perfection.
Harpe rangs
L'on pourroit encore adiouster vn 4. rang de chordes à l'vnisson du second,
ou à l'O ctaue du premier, Tharmonic, mais l'em barras des
pour augmenter
chordes seroit si grand les doigts ne pourroient fournir à vne telle
que
multitude, si l'on n'vsoit d'vn ou deux clauiers, comme on fait sor les Claue-
cins, quionttroisou rangs de chordes disserentes, l'on varie en
quatre que
six ou
sept manières pour
auoir plusieurs ieux différents, comme i'ay dit cy-
Ceux la
dessus. qui ont ouy Flesle qui touche Harpe en perfection, ne
fçauent s'ils la doiuent préférer au Luth, fur
lequel
elle a cette
prerogatiue,
que toutes ses chordes se touchent à vuide, 6c que son accord peutapprocher
Qe du Luth ; car quant à
plus pres de la iustesse que celuy l'imperfection que
l'on dansle son de ses chordes, ne
expérimente qui s'esteignant pas assez vi-
ste faic souuent des dissonances auec les autres chordes
que l'on touche, il est
ayíé de le faire cesser comme celuy des chordes de l'Epinetté,
par le moyen des
doigts dont on touche les chordes.
le laisse toutes les mignardises, 6c les délicatesses dont on vser en
t peut
touantde la d'autant luy peut vne
partie de celles
Harpe, qu'on appliquer
qui se pratiquent sur les autres instrumens, quoy que la manière de la tou-
cher, 6c de pinser ses chordes soit fort différente de celle dont on touche les
outres, car les deux mains la touchent de meíme façon. Certes si l'on confi-
ée les tremblemens du manche du Luth, dont la Harpe est priuée, ie croy
l'on auouera est plus charmant,&
<jue qu'il qu'il mérite d'estre appelle le R.oy
^instrumens, soit libre à vn chacun d'en croire ce qu'il voudra*
quoy qu'il
Quant à l'accord de la Harpe, il est semblable à celuy de l'£pinette,car tou-
vontde demy-ton en demy-ton, de sorte qu'elle contient28
^feschordes
demy-tons, dont il n*est pas aysé de déterminer les grandeurs,
qui peuuent
des Instrumens à chordes. 171
ou différentes selon le tempérament leur donne, dont il
asC esgales qu'on
est pas besoin
de parler icy, d'autant que i'en ay traité amplement dans les
du Luth, de l'Epinetté, 6c de l'Orgue : d'où l'on conclura si l'on
discours peut
fur la Harpe.Sa tablature ordinaire n est
icttre le genre Enharmonique pas
i notes de Musique, puisse vser dunombredefes
fferentedes quoy quel'on
ce fuiet : par exemple, l'on peut marquer l'Octaúe i & 13, la
chordes pour par
d'autant chorde fait l'Octaueauec la 13,
Quinte par i6c6,6cc. que lapremiere
auec la 6 ;& parce qu'ily a 49 chordes, à sçauoir celles des deux
M la Quinte
qui toutes ont leurs sons différents, il faut vser de 49 nom-
premiers rangs,
chacun tousiours fa propre chorde; or l'on
bres, dont signifiera peut corn-
ìencer par la plus courte, que l'on appelle chanterelle, 6c sinirà la plus lon-

ue A K , qui sert de bourdon 6c de Profiambanomene, comme parlent ses


de fuiure Tordre autres
recSjafin que l'on gardeaux instrumens ; quoy que
on puisse semblablement commencer à conter 1,2,3, &c. par la plus grosse
horde, comme font les Italiens, puis qu'elle sert de base 6c de fondement aux
utres chordes, comme l'vríité aux nombres.

Quanr aux pieces qui scioiient sur la Harpe, elles ne sont point différentes
fur sEparette, c'est pourquoy l'on peut
ecellesquiseiouentsurleLuth&
celles que i'ay mises cy-dessus. Mais ie donne encore vne autre fi-
cy repeter
ured'vne Harpe, afin que l'on considère la façon des anciens Har-
simple
certain frémissement aux chordes, & les
ionsquidonnentvn désagréable
aisons de 15 interualles des 14 chordes qui font caries
laVingt-quatriesinej
ombres sont à la droite fur le corps les expliquent. L'on void aussi les
qui
10ms que les Grecs ont donné à chorde dans l'escriture
chaque qui est entre
esditeschordes; les characteres qui sont au haut des lignes ònt esté pris 4c
6c des autres Auteurs Grecs anciens : mais i'ay mis les lettres de hò^
orphyre
ordinaire sur les cheuilles, afin que l'on
reEsçhele comprenne par cette
eule figure comme Guy Aretin a accommodé les characteres
del'Alphabet
atin aux chordes des Grecs, dont les vnes estoient mobiles, à sçauoir tou-
es celles vis à vis ie n ay pas mis la diction W»Í, qui signi-
desquelles Grecque
e immobile, chordes
parce que les qui ont cette diction demeuroient tousi-
ours au mesme ton fur les instrumens.au lieu que toutes les autres
pouuoient
stre haussées ou baistées selon la différence des genres & de leurs
espèces.
Quant aux Musiciens de nostre siécle, ils altèrent toutes les chordes en
«tant des b mois en toutes sortes de clefs,quoy retiennent
qu'ils quasi tou-
«ours tons intiariables, par exemple les chordes du mo-
quelques principales
e comme
qu'ils traitent, 6c qu'ils appellent Modales, i'ay dit ailleurs. D'où
on cette seruir vne bonne
peut conclure que Harpe peut pour apprendre
artie de la des Grecs, & de celledes Modernes. Ie laisse la an-
Musique Harpe
ique grauée au bas de celle-cy, d'autant que i'en donne autres
plusieurs figu-
mieux faites dans la Proposition qui fuit: mais l'on
^beaucoup peut icy
onfiderer les notes ou caractères des nouueaux Grecs, auec leur
interpreta-
ion
que l'on void vis à vis, encore que nòus n'en sçachions pas i'vsage 6c la
'ray e explication, l'adiou ste encore que l'on fait les Harpes de telle grandeur
Ucl'on veut, de ou de cinq pieds ;& a par-
par exemple quatre que le Luth
e'sos elle mais en l'on toiiche
qu'il est: plus portatif, recompence vnplus
r<1nd nombre fur la Harpe
de parties que fur le Luth.
P
172 Liure Troisieíme

PROPOSITION XXIV.

les figures antiques de la Harpe, & des autres instrumens des


Expliquer
Grecs or des Romains.

i s désirent sçauoir les coustumes de l'antiquité,ie ne vc^


que plusieurs
PV pas obmettre les instrumens dont les Grecs,les Romains,6cles J£g»
si les marbres d'Italie, 6c les médailles ne nou$
ptienssesontíeruis, antiques
dont les figures suiuent ont esté prises, & m'ont esté
trompent, qui enuoyéej
Naudé, tous deux excellens Personnages. Orlcs
parMessieursGaffarel&
trois premières font en bas, à sçauoirfdg, hi96cmnlo,6c les deux
figures qui
d'enhaut IK L, 6c M N O monstrent les différentes figures de leurs Citht.
tes, ou ou des instrumens qu'ils appelloient Testudo, Chelys, Phor.
Harpes,
e6c m font voir le ventre & le dos delaTortuë,ou Ie dessus 6c le des.
mynx,6cc.
souz de se coquille,car l'on rapporte la première inuention de cet instrument
à Mercure, vuidé la Tortue en perça la coquille, la monta de
lequel ayant
les deux branches void dans nosfi.
chordes de boyau, & y adiousta que l'on
afin d'y attacher les chordes, au son desquelles il accorda fa voix,com.
gurcs,
me Homère dans son hymne. Horace luy donne le nom de
remarque Lyre
dans laio Ode de son premier liure : mais il est tres-difficile, 6c peut-estre
im possible de sçauoir si leur Cithare, vns croyent estre la Gui-
que quelques
terre , estoit différente de leur Lyre à lept ou à neuf chordes ; c'est pourquoy
il soflSt de lire ce qu'en dans Ces notes sor l'Amphionde
rapporte Vigenere
Philostrate, où il met deux figures antiques, 6c où il don ne vn sens Moral &
à toutes les parties de cet ancien instrument. Il faut seulement re-
Physique
le ton n'est comme il suppose trouuer
marquer que pas consonance, pour
son septénaire dans les consonances, car il est l'vne des dissonances de la Mu-

sique ; il eust deu mettre l'vnisson, au lieu du ton ; ce qui n'empeíche pas que
nous ne soyons redeuables à cet excellent homme,qui aenricny
grandement
nostre d'vn si nombre tirez de 1 & de plu-
langue grand d'ouuragcs antiquité,
sieurs expériences désirent les notesdepto
qu il donne. Ceux qui sçauoir
sieurs in stru mens & de leurs inuenteurs, lire le traité
peuuent quePlutarque
a fait de la Athénée, Pollux, ôc tous les Autheurs anciens, &atten
Musique,
drele traite a fait le sieur Saumaise.
particulier qu'en
aux parties de ces instrumens anciens d, h,l,6c\ est le trauers, est
Quant qui
lié aux branches, ou aux cornes/,^, n,o,6c qui tient les cheuilles h l, dont on
bande les chordes. La coquille sert de table, laquelle est droite dans la figure
hi, pres de laquelle on void le Pleêlrum des anciens,
lequel n'est autre choie
baston dont ils frappoient les chordes, comme l'on fait maintenant au
qu'vn
Pfalterion, ie donneray la figure 6c
duquel l'vsage.
Les trois instrumens du milieu sonnent la main
lorsque qui lesempoigw
par leurs manches R, V, &<t les secoue & les esbranle: Z d font voit
RQ^&
la forme des Cistres anciens, vsitezen Mais il faut remarquerq^
Egypte.
les barres de fer, ou de leton, ou de
quclqu'autre matière S T, 6c bc se nwo*
Ci-
u ent horizònta lement de S en T 6c de T en S, afin de frapper le corps du
stre Q & des Cym
Z, & de faire des sons à l'vnisson,comme font les anneaux
bales,ou triangles d'acier dont on vfe maintenant. L'instrument V X se ^cih
des Instrumens a chordes. 173

Perpendiculairement de X en V, & d'V en X, afin que les petits morceaux


leton ou d acier Y, &c. se frappent &meinent le bruit ils sont de-
jk auquel
stinez & Monsieur Naudé m'a vne d'vn sacrifice
appropriez. enuoyé figure
l'vn de ceux tient cette
ancicn, dans laquelle qui y font représentez, figure
Parlc manche V. Quant à l'animal furie Cistre R Q^ à sçauoir si
représenté
c cft
vne chate, vn lyon, ou vnbeeuf, suiuantles différentes opinions quel'on
P »j
Liure Troisieíme
honorer leur Isis,
adecequeles^ïgyptiensrepresentoientdessus pour i'ei^
laisse la recherche aux Critiques, caril suffit ie donne fidèlement tout
que ce
trouuer dans les marbres 6c dans les médailles antiques.
que i'ay peu
Lesflustes A C&B D sont 6c peuuent estre toutes
embous deux
esgales,
par E F, elles
AB. Leurs lumières font représentées n'ont
chéespar chacune
par les barres
trous, 6c sont attachées 6c arrestées ensemble G & H.
que cinq
L'on encore voir d'autres instrumens dans les de
peut antiques Dialogues
de Harpe de 35 chordes
Vincent Galilée, page 40 6c 41, où il met vne forme
6c vne autre de 40 nomme : 6c l'on trou.
qu'il appelle Simique, qu'il Epigonion
uera encore d'autres faites dans le premier liure Latin des
remarques que i'ay
instrumens. Pour le nombre des chordes de la Lyre dont nous a-
antique,
mis les àla 129. pagede cet
uonsicy figures quifontaussirapportées Autheur,
il n'y en a ne pouuoient estre sonnées qu'àvuideou
que sept:& parce qu'elles
elles ne celles qui
àl'ouuert, pouuoient pas faire d'autres varietez,que dépen-
dent de leurs sept sons, ou de leurs six interualles, des lieux differens où elles
estoient touchées, 6c des percussions fortes ou plus legeres, comme il ar-
plus
riue maintenant à nostre Pfalterion, dont ie m'en vais expliquer la
figure,
estre l'vn des plus anciens de tous les instrumens.
puis qu'il semble

PROPOSITION XXV.

la figure, Yaccord, Yeïlendue, la Tablature, & du Pfalterion.


Expliquer Yvfage

est souuent dans l'Eseritureíàincte de cet instrument, lesHe-


parlé que
IL brieux
appellent
hnì
nebel, mais nous ne fçauons pas la forme qu'il leur

donnoient, ny le nombre de ses chordes : car encore que le Decachorde pré-


cède le Pfalterion, 6c luy serue neantmoins
qu'il semble qu'il d'epithete, plu-
sieurs ce sont deux instrumens différents. en soit,
croyent que Quoy qu'il
cette dont on vfe maintenant, fur lequel on met trei-
figure représente celuy
ze rangs de chordes, dont chacun à deux chordes à l'vnisson ou à l'Octaúe,
en pourroit adiouster d'autres à la Quinte, &à la Quinziesme
ausquelleson
l'harmonie. Sa figure G H K C monstre vn tri-
pour augmenter triangulaire
on peut faire ouisoscele, ou de telleautre
angle tronqué, lequel équilatéral,
l'on voudra. Les nombres
qui vont
manière en montant lesij
que signifient
des chordes, en contiennent 26* Leur accord est marqué
rangs qui parles
de la Gamme, le G «
qui sontà
lettres main gauche, dont la première signifie
fol y qui est plus bas d'vne Quarte que la seconde lettre C, afin que
le second
G Octaue en bas. Mais les autres lettres se suiuent
resol aytson par degrez
conioints, & monstrent les sons 6c les interualles de chorde, comme
chaque
l'on void dans la table monstre laiustessc de tous les degrez,
qui fuit, laquelle
& des interualles tant consonans quedissonans.
Les deux costez du Pfalterion E G, & K D monstrent les triangles de bois,
seruent de cheualets aux la derniereC G, vn die-
qui chordes, excepté quia
4. Or cette chorde sert de bourdon, & est at-
ualetàpartmarquédelalettreB
tachée a l'vne des pointes de fer
qui sont tout au
long du costé K C, comflw
les autres & de l'autre costé aux cheuilles, à cel-
chordes, qui sont semblables
111
les des & qui seruent bander les chordes auec le marte
Epinettes, pour 6
«0J* -, ce qui se fait en tournant /2^ lors que l'on a fait entrer la cheuille dast*'
des Instrumens à chordes. «74

g resol 80 trou D où l'on peut


quarrett. conclure
ton que
maieur
ce marteau se au Guindax ou Ca-
fvtfa $0 rapporte
bestan, ou à l'vne des autres machines dont
demy-ton maieur
tmila 96 i'ay traitédans les
mechaniques.
ton maieur Or ce marteau
peut estre de fer, ou de le-
dlaresol 108 ton , ou de telleautre matière
ton mineur • que l'on vou-
dra. Le haut de son manche,à sçauoir y sert
csolvtfa 110
ton maieur pour tordre les chordes, 6c pour faire leurs
Bfa boucles ou anneaux s'attachent aux
135 qui
demy-ton maieur M & L monstrent les deux
pointes defer.
Amila 144 roses de cet instrument, encore
ton mineur que l'vne
Gresol des deux suffire: mais il faut remar-
160 puisse
ton maieur la manière de sonner de cet in-
quer que
"fa 180 strument est différente celle des
de
autres,
demy-ton maieur
d'autant
1toi la que l'on vfe du baston «C, que Ion
i^z
tient de la main par le manche,
droite ou la
. ton maieur
Dhre ne g pour en les chordes auec
frapper
ton mineur e bout
()OÌgnée courbe £ , que l'on laisse tomber
r
'-folvtfa 140 doucementsor les chordes, afin faflç
qu'il
r quarte de petits en
Grcsolvt bonds, qui soppleent quelque
3zo
façon les tremblemens des autres instru-
mens j de sorte l'on mettre le Pfal*
que peut
Liure Troisiefme

terion entre les instrumens de encore l'on puisse tou


percussion, que cher sc
chordes auec la plume ou les doigts, comme la Harpe, la Mandore, 6c |cq
stre. La lettre P signifie
la profondeur, ou l'espaisseur du Pfalterion,
que 10]1
faire de toutes fortes de car l'on donner
peut grandeurs, peut cinqoufjx
d'estenduë" à la plus chorde , comme l'on fait à celle des pl^
pieds grosse
Clauecins, l'on leur donne seulement vn pied de
grands quoy que Ion?ucur
afin qu'ils soient portatifs.
dechaquecostéouenuiron,
Les fers N trois sontfaits en forme
qui ont
petits O, rrous, 6c qui de
liS)íc.
tachent le couuercle le Pfalterion, a ce
qui ferme lequel priuilegepardeflu$
les aurres instrumens, l'on a en sonner dans d'vne
que apprend l'espace ou
deux heures, ce qui lésait estimer deceux n'ont pas
qui dauantagede ternps
à cet ex ercice. Or ces premières chordes sont de leton, & ]c,
pour l'employer
autres & gfryeté
d'acier, lesquelles ont vne certaine pointe qui ne sc rencon.
dans les autres instrumens, tant à raison sautsdes 6c reiallifsc.
trépas petits
la briefuetc & tension des chordes,
mensdubaston, que de qui sont capa.
blés de toutes sortes de chansons, l'on y mettetoutes les chor.
pourueu que
des nécessaires ; car encore soit accordé paibmol, il est
que certuy-cy tres-ay.
íé de l'accorder fi l'on veut sonner deux ou plusieurs
pavfy quarre, pairies en-
semble fur cet instrument, l'on auoir deux bastons, ou touchervne
peut 1
ou plusieurs de la main tandis
deux, parties gauche, que la main droite
frap*
pelés chordes auec le baston.
fa matière elle n'est de celle de
Quanta fabrique &àsa pas différente l'Epi-
netté, dont Mais l'on peut faire le Pselterion double ou tri-
ieparleray âpres.
ple, trois ou plusieurs cheualets trauersans, afin déformer
parlemoyende
les trois de Musique fur vn mesme
genres instrumentai! peut auísi seruir pour
à chanter 6c à entonner iuste. Or on le peut toucher auec tant
apprendre
d'industrie ne donnera
& d'adresse, qu'il pas moins déplaisir quelesautres
in strumens. à fa Tablature on la peut marquer
Quant par les notes de la Mu-

sique, ou par les lettres de la main A, B, C, Ócc. ou parles


Harmonique,
nombres dont sc seruent en chantant <vn, deux,
quelques-vns trois,qtMtrt,
cinq,, &c. au lieu d'vr, re, mi ,fa ,[ol, 6cc. de sorte nom*
que les treize premiers
bres seruir tous les chants, donteet instrument est capable.-cat
peuuent pour
l'on scache.se son de chorde, l'vnité seruira au plus gra-
pourueu que chaque
ue , le binaire au second, le ternaire au troisiefme, 6c ainsi des autres iusques
autreziefme le son le plus aigu.
qui signifie
Certes l'harmonie de ce Pfalterion est fort agréable, à raison des sons claifi
& argentins rendent ses chordes d'acier: 6c ie ne doute nullement que
que
l'on n'en receust autant ou de contentementque de ou dela
plus l'Epinetté,
s'il sc rencontroit
Harpe, quelqu'vn qui le touchast auec autant d'industnf
comme l'on touche le Clauecin. en soit,
Quoy l'on peut receuoir<to
qu'il
de cet instrument à bon 6c bienmarché
plaisir commodément, puis quí
l'on le peut auoir auec toute fa science vn escu, & que l'on peut le po"er
pour
dans la poche. Or quelques-vns mettent vne diuision de haut en bas parc

miíieu, ou par tel autre lieu des chordes veulent,afin d'auoirdeuxPfr''


qu'ils
terions dans vn, & de toucher dessus, des
6c l'on Duo le monter"
peut
chordes de tous les métaux dont i'ay parlé dans la ip. Proposition de cc liuft
cC'
afin de combien le son des vns est plus harmonieux quf
d'expérimenter
de l°yc'
luy des autres. L'on
peut
aussi le monter de chordes de boyau,ou
des Instrumens à chordes.
17J
les autres instrumens. Or auoir des instrumens l'on
comme âpres parlé que
des & qui ont des clauiers, ilfaut tout ce
touche doigts, expliquer qui appar-
à ceux sc touchent df l'archet, ce nous faisons dans le liure
tient qui que qui
Car à la Harpe, 6c au Pfalterion du 6c de tous
fuit quant Prophète Royal,
lesautres instrumens, dont il est parlé dans la seinctcEscriture, les
plus íça-
uans Rabinsconfessent qu'ils n'en peuuent sçauoir les vrayesfigures, ny la
manière dont on les touchoit : 6c ie n ce traité le remplir
ay pas entrepris pour
deconiecturcs,oupour deuiner, mais demonstrer ce qui subsiste, 6c
pour
ce qui ne peut estre nié par ceux qui ne renoncent pas aux sens, à l'experien-

ce, & à la raison.


PROPOSITION XXVI.

,Umatiere, les parties, Y accord, O* des de bois,


ExpliquerUfigure Yvfage Regales
l'on
que appelle ClaqueboU,Patouìlles,c*Efchelettes.

VIS que les Flamands sc seruent de morceaux de bois pour faire des Ré-
P semblables aux & que ie ne veux de toutrien obmettre
gales Epinettes,
ce qui est en víàge chez nos voisins, il est raisonnable de représenter cet in-
de dix-sept afin
strument composé battons, qu'il ayt l'estenduë d'vne Dix-
dont le son le est fait par ÀC, doit estre fois
septieíme, plus graue qui cinq
leurs deux sons suiuent la raison de
auíïilongqueBD, puis que cinq à vn;

quoy qu'on adiouster autant de battons comme il y adechordessur


y puisse
l'Epinetté.
A B G H monstre Ie parallélogramme contient les dix-sept marches
qui
du dont chacune est semblable à la marche E F mise à part,
clauier, que i'ay
afin nue l'on comment la teste F frappe les battons de ce Claquc-
comprenne
°ois lors abbaisse la palette El Or les battons sont attachezàdes
que l'on
clous, ou à des cheuilles en * & /3, & sous A & C, afin qu'ils tiennent ferme
lors à la matière on les fait d'vn bois reson-
qu'ils font tendus en l'air. Quant
ou de tel autre bois mais si on les sai-
naiK, comme de hestre, que l'on veut ;
de leton, ou d'argent, ils rendroient vne harmonie
sit d'acier, plus agréa-
ble. L'accord de ces battons de leurs faut propor-
dépend grandeurs qu'il
tionner selon les loix dans les liures de la Théorie : mais leur
que i'ay prescrit
de la lumière à la Physique, encore ceux qui en vscnt
jfage peut apporter que
du plaisir reçoiuent des sons, ou de lapprcntissage qu'ils
contentent qu'ils
tonc auec cet instrument toucher les carillons des cloches, dont
pour apres
176 Liure Troisiefme

ils se'seruent en Flandre pour ioiier toutes sortes de chansons


6c de concerts
comme iemonstreray dans le liure des Cloches} d'autant que l'on peut dé-
terminer est le ton de toutes sortes de corpus par le moyen de ces
quel Rega.
les, 6c par conséquent l'on peut sçauoir la raison leur à auee
que pesanteur
leurs sons, afin de conclure de nouuelles choses de leurs qualitez manifestes
ou ocultes;par si l'on fait desCylindres de plusieurs sortes de pierres
exemple
les sons plus aigus feront voir celles qui íeront
plus dures,plus sciches,ou pllls
6cc. l'adiouste encore la figure B D E pour l'eschclle
legercs, représenter
dont les Turcs 6c plu heurs autres íc
seruent en frappant dessus auec vn
pe-
tit baston au bout on met vne
duquel
boule.Cet instrument est com-
petite
posé de douze bastons qui vont tous*
jours en se diminuant Ie 12 D
depuis
E iniques au premier AB. Le
plus
baston a ordinairement 10 pou-
grand
6c
cesdelongueur, consequemment
le dernier doir estre de trois &
pouces
de la Douziesme
\, afin faire dont la
raison est de3a!, encore les Fa-
que
cteursles diminuent si peu
quele pre-
mier est seulement double du der-

nier,parce récompensent
qu'ils lalon-

gueur par l'efpaisseur ; mais ie mon-


dans
streray plus exactement les liures
de la Théorie, quelle proportion ily
a entre les corps solides 6c leurs sons.

Quant àla base de ces bastons Cy-


elle a coustume d'estre El-
lindriques,
tel-
liptique, quoy
qu'elle puisseauoir
le autre
figure que l'on voudra:parex«
la ronde, ou la quarrée, car on
Temple
ies peut faire parallélépipèdes, en for-
me de prismes, &c. L'on peut sçauoir
la quantité de chaque baston en trouuant laire de l ellipse de leurs bouts,
dont diamètre est *, ou f„ partie de longueur, 6c le moindre est
le-plus grand
du plus car la hauteur ou longueur du Cylindre
sesq uialtere grand, multipliée
donnera la solidité, 6c la du baston.
par se base consequemment quantité
Il faut aussi remarquer baston vers ses deux extremi-
que l'on perce chaque
tez, afin de les attacher tellement ensemble qu'ils
séparez par le moyen
soient
d'vne ou boule, de peur qu'ils ne se touchent,autrement
petite patenostre l'ojj
les vns âpres comme"
pas les frapper
ne pourroit si distinctement les autres
en leurs fons,qui donnent autant de plaisir ceitf
est requis pour distinguer que
lors qu'on fait les diminutions & les fredons dont cet-
des autres instrumens,
te esehelle est capable. Or ie viens aux instrumens qui se touchentaueclar-
chet, afin qu'il ne manque rien dans cet ccuure.
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IV.
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