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Christelle REMI

Parce que c’était toi…


… Parce que c’était nous
Le combat de mon enfant handicapé

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Parce que c’était toi…
… Parce que c’était nous
Le combat de mon enfant handicapé

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Du même auteur : Bonjour de Mahana, des enfants
différents. Jeunesse L’Harmattan. 2010

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A Elio

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Prologue

J'ai demandé à la vie de me donner la force : elle m'a


donné des épreuves à traverser...

J'ai demandé à la vie de me donner la sagesse : elle m'a


donné des problèmes à résoudre...

J'ai demandé à la vie de me donner la richesse : elle m'a


donné un cerveau et 2 bras pour travailler...

J'ai demandé à la vie de me donner du courage : elle m'a


donné des défis à relever...

J'ai demandé à la vie de me donner de l'amour : elle a mit


sur mon chemin des gens difficiles à comprendre...

J'ai demandé à la vie de me faire des faveurs : elle m'a


donné des opportunités...

Dans ma vie, je n'ai jamais reçu ce que j'ai demandé mais


j'ai toujours obtenu la force de me relever de toutes
épreuves !

Tiré du livre de Gurmukh, The 8 Human Talents

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Première partie

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Tout commence par l’apparition d’un trait bleu. Un tout
petit trait bleu que je fixe avec émotion. Je suis assise sur
la cuvette des toilettes de l’école où j’enseigne : je n’ai pas
pu attendre de rentrer chez moi pour le faire ce test de
grossesse.

Positif !!! J’ai du mal à y croire. Je sentais bien qu’il y


avait quelques signes, j’ai déjà deux enfants. Mais voilà
quatre ans qu’on essaie de l’avoir le petit troisième, alors
des fausses nausées, des impressions d’être enceinte, j’en
ai eu un paquet. J’en ai dépensé des euros en tests de
grossesse ! Je crois que je les ai tous essayés ; j’aurais pu
appartenir à un panel de consommateurs test.
Et puis, il y avait eu les analyses. De mon côté, tout allait
bien. En revanche le spermogramme de mon mari était des
plus navrants : 6% de spermatozoïdes valides. Et ils vous
les détaillent tous : ceux à une tête, à deux têtes, à trois
têtes, avec flagelle, sans flagelle…
Toujours est-il que parmi ces 6%, il y a eu un vainqueur
puisque le trait bleu est bien visible dans sa petite lucarne.

Bon, je ne vais pas rester dans ces toilettes toute la


journée, j’ai des élèves qui m’attendent. Mais avant je dois
prévenir Pascal, mon mari.
Je l'appelle avant de reprendre la classe. Il me parle de
choses et d'autres et pendant la conversation je lui glisse
un « Je suis enceinte ! » Il ne fait pas vraiment attention
sur le coup et continue à parler. Puis il s'arrête : « T'as dit
quoi ? » Il est fou de joie !

Nous décidons de garder le secret jusqu’à la fin des trois


premiers mois, nous voulons être sûrs que tout danger de
fausse couche est écarté avant d’avertir nos filles et notre
entourage de l’arrivée de ce bébé.

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Ce qui n'est pas une mince affaire car, d'une part, je suis
sur un petit nuage, et d'autre part, comme pour mes
précédentes grossesses, j'ai tendance à prendre rapidement
du poids et je commence à avoir du mal à cacher mes
formes.

Fin décembre, visite chez le gynécologue. Je suis très


angoissée, j'ai peur de la fausse couche encore, j’en ai déjà
fait deux dernièrement. Au moment de l'échographie, j'ai
le cœur qui bat à deux cents à l'heure. Mais il est bien là le
petit point qui bouge, ce petit cœur qui bat à l’unisson
avec le miens. Nous rentrons à la maison soulagés. Il est
temps d'annoncer à nos filles la bonne nouvelle : dans six
mois, elles auront un petit frère ou une petite sœur !

Elles nous regardent d'abord d'un air surpris.

« C'est sûr cette fois, il va tenir le bébé ? »

C’est vrai qu’en février de l’année dernière, nous leur


avions annoncé la venue d’un bébé et elles l’attendaient
avec impatience. Sauf que deux mois après, nous avons dû
leur dire que malheureusement le bébé n’avait pas
« tenu ». Ça a été une grosse déception.
Cette fois, nous les rassurons en leur disant qu'a priori,
tout danger est écarté et qu'il n'y a aucune raison pour qu'il
ne "tienne" pas. Elles sont très heureuses et se mettent
rapidement à faire des projets. Nous nageons dans le
bonheur.

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Ma grossesse se déroule relativement bien si ce n’est le
fait que je suis obligée d’interrompre mon activité assez
tôt. Et oui, des contractions précoces, conjuguées au fait
d'être debout en permanence pendant mon travail, le
médecin préfère m'arrêter ! Après une petite vérification à
l'hôpital, tout va bien mais je dois suivre un léger
traitement d'Utrogestan et me ménager.

Cela me laisse du temps pour préparer l’arrivée du bébé.


Je dis le bébé car nous n’avons pas voulu connaître le sexe
à l’avance. Je peins sa chambre en turquoise, framboise et
chocolat, comme ça, fille ou garçon, ça passera. Je meurs
d'envie d'acheter plein de petites tenues, mais des
vêtements mixtes, il n’y en a pas tant que ça ! J'attendrai la
naissance, ce sera presque les soldes d'été, et j'aurai
certainement des vêtements en cadeau. Je passe un temps
fou sur Internet à trouver des accessoires pour sa chambre,
assortis aux couleurs des murs. Ça m'occupe car les
journées sont de plus en plus longues. Je passe aussi pas
mal de temps sur les forums dédiés aux futures mamans et
je m'y fais quelques copines que je retrouve tous les jours.

Le mois de juin s’éternise. Je m’étais dit que le troisième


arriverait en avance, mais il ne semble pas décidé à sortir.
Il doit se trouver bien au chaud dans mon ventre. Il est très
dynamique, il en fait des galipettes ! Parfois je vois une
bosse se former sur mon ventre, un pied ou une main. Il
me fait un mal de chien en venant s’appuyer sur mes côtes
et je dois le repousser en permanence. Le soir, impossible
de trouver le sommeil, bébé est souvent bien énervé et me
le fait savoir.

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