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INTRODUCTION GENERALE : LA NOTION DE DROIT

BANCAIRE

I – APPROCHE DU DROIT BANCAIRE

Le Droit bancaire peut être défini comme l’ensemble des règles visant à encadrer le statut des
acteurs et des activités relatifs au commerce de l’argent. Grâce aux banques, le commerce va
se développer dans une relative sécurité. En effet, il devient inutile de transporter de l’argent
pour procéder au règlement des marchandises.

Au sens juridique, le banquier est un commerçant qui spécule sur l’argent et le crédit.
Certes, il ne contribue pas directement à la production, à la circulation ou à la
distribution des richesses mais il aide les industriels et les négociants dans leur
exploitation. L’activité bancaire connaît donc un développement considérable avec des
techniques nouvelles permettant de financer des activités commerciales de toute s natures. Les
banques jouent un rôle essentiel dans le développement des activités économiques, mais aussi
en matière d’investissement et d’épargne. Par ailleurs, elles sont chargées de créer et de faire
fonctionner la monnaie scripturale.

Le commerce de l’argent est central dans la vie de tous, du particulier aux multinationales ou
même de l’Etat. En conséquence, sa régulation est en perpétuelle évolution en raison des
mutations fondamentales qui affectent l’environnement juridique et économique : harmonisation
internationale et sous régionale, dématérialisation de la monnaie, mondialisation des marchés
monétaires et financiers.

Cette évolution se fait dans un contexte marqué par un choc d’intérêts contradictoires des
parties en présence ; les banques sont avant tout des sociétés commerciales à but lucratif qui
entendent tirer profit du commerce de l’argent et les clients doivent pouvoir confier leurs biens
et investir en toute confiance. C’est pourquoi, l’Etat se pose en arbitre de ces intérêts. Toutefois,
l’Etat n’est plus le seul à contrôler l’activité des banques. Bien plus d’ailleurs, il est concurrencé
par les autorités sous régionales dans cette mission.

II – QUELLE EST L'OBJET DU DROIT BANCAIRE ?

Ce qui caractérise le droit bancaire est d’être à la fois le droit d’une profession et le droit d’une
activité.

Le Droit bancaire est donc un droit professionnel et une branche du droit des affaires.

1 - LES OPÉRATIONS DE BANQUE

La notion d’opérations de banque dépend de la qualification de l'établissement de crédit. Il


existe une énumération des opérations de banque et non une définition.

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Le dynamisme économique des banques les a poussées à étendre leurs domaines
d’intervention. Elles ne se bornent plus à proposer des opérations qui relèvent de leur
monopole, mais couvrent de multiples services financiers.

Les opérations de banque comprennent :

- La réception des fonds du public ;

- Les opérations de crédit ;

- Ainsi que les services bancaires de paiement.

Ces opérations relèvent du monopole bancaire.

2 - LES PROFESSIONNELS DE LA BANQUE

Il est question ici des différentes catégories d’établissement s de crédit, notamment les banques
et les établissements financiers à caractère bancaire. L’on y associera aussi certains salariés
de ces établissements, notamment le personnel dirigeant, soumis à des obligations spécifiques.

En effet, les banques constituent un rouage essentiel du commerce de l’argent, de la


distribution des crédits, et sont détentrices des dépôts des particuliers comme des entreprises.
Il faut donc une intervention afin de contrôler à la fois l’accès à l’activité bancaire et les
conditions d’exercice de cette activité.

De ce fait, le droit bancaire vise à réglementer l’accès à la profession bancaire, les


établissements de crédit étant tenus de solliciter un agrément préalable. Ensuite, les banques
doivent respecter l’ensemble des dispositions législatives et réglementaires qui leur sont
applicables, notamment les règles prudentielles, c’est-à-dire celles qui ont pour objet
d’assurer la solvabilité des établissements de crédit, la liquidité et la sécurité des dépôts
bancaires mais aussi le respect des services bancaires proposés à la clientèle.

III – QUELLES SONT LES CARACTERISTIQUES DU DROIT


BANCAIRE

Le droit bancaire est l’une des branches du droit les plus anciennes , car la fonction de
paiement et de crédit est ancestrale, mais également l’une des plus modernes.

Quelques précisions doivent être faites :

1 - LE DROIT BANCAIRE N'EST PAS UNE BRANCHE AUTONOME DU DROIT

Traditionnellement, le droit bancaire relève du droit privé : à ce titre, il est donc considéré
comme une branche du DROIT COMMERCIAL : en effet, les opérations de banque sont des actes

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de commerce et les personnes qui les accomplissent ont la qualité de commerçants. Le droit
bancaire met en relation un professionnel de l’argent, le banquier, qui effectue des opérations
de banque, avec son client1. Les opérations de banque constituent des actes de commerce par
nature2 et le droit bancaire est une spécialité du droit commercial. Aussi, l’on note que le crédit
est un prêt au sens de l’Art. 1900 du Code Civil. Par ailleurs, l’on note que la responsabilité du
Banquier obéit aux règles du droit privé.

Toutefois, le droit bancaire subit l’influence du droit public parce que l’Etat intervient par des
décisions de caractère impératif dans le domaine de l’activité bancaire : cette intervention se
justifie par l’importance stratégique de l’activité bancaire dans l’économie.

En dépit de l’intervention de l’Etat dans le domaine bancaire, il convient de relever que les
textes de lois n’occupent qu’une place limitée parmi les sources du droit bancaire
comparativement aux usages dont le rôle est relativement plus important.

Le Droit bancaire est constitué de règles de nature diverse car il s’agit d’un droit professionnel :
il coexiste donc dans les règles de droit bancaire, des règles de droit privé et des règles de droit
public. C’est un droit en relation immédiate avec l’économie

2 - LE DROIT BANCAIRE EST UN DROIT ORIGINAL

Le droit bancaire est constitué de règles spécifiques : aspect technique, juridique.

Cela se justifie par le fait que les règles du droit civil et du droit commercial ne permettent
pas toujours d'expliquer les mécanismes du droit bancaire.

IV – LES SOURCES DU DROIT BANCAIRE

Les sources du droit bancaire empruntent aux schémas classiques.

En plus de la Loi bancaire, le droit bancaire burkinabé a pour sources :

1 – LA LOI BANCAIRE
Dans le but d’unifier les législations des pays membres de l’UMOA sur les instruments de paiement, les
autorités monétaires avaient adopté une loi uniforme transposée en droit burkinabé par la
Loi burkinabé n°037-97/AN du 17 décembre 1997 les instruments de paiement.

La loi N° 058-2008/AN du 20 novembre 2008 portant règlementation bancaire au


Burkina Faso.

1Philippe Neau-Leduc, Droit bancaire, éd. Dalloz, 4ème édition, p. 2.


2L’acte de commerce par nature est celui par lequel une personne s’entremet dans la circulation des biens qu’elle produit ou
achète ou par lequel elle fournit des prestations de service avec l’intention d’en tirer un profit pécuniaire.

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La loi uniforme aborde :

la définition des banques et des établissements financiers, des opérations de


banque, de crédit et des opérations de placement ;

l’agrément et le retrait d’agrément des banques et établissements financiers ;

les conditions à remplir par leurs dirigeants ;

la réglementation des banques et établissements financiers : forme juridique,


capital et réserve spéciale, autorisations diverses, opérations des banques et
opérations des établissements financiers, comptabilité et information de la
Banque centrale et de la Commission bancaire ;

2 - LES DÉCISIONS DES ORGANES DIRECTEURS DE LA PROFESSION

Dans le contexte burkinabé marqué par une forte intégration aux instruments
juridiques sous régionaux, le droit communautaire joue un rôle fondamental.

L’intervention des autorités communautaires vise la définition du statut des


établissements de crédit. Les règles communautaires visent également la
coordination des dispositions concernant l'accès à l'activité des établissements de
crédit et son exercice : ces règles sont, pour l’essentiel, intégrées dans les
législations nationales des Etats membres de l’UEMOA.

Le Conseil des Ministres de l’UEMOA possède un pouvoir réglementaire par lequel


il fixe les prescriptions aux établissements de crédit.

Aussi, il fixe les règles prudentielles et les ratios et les impose aux établissements de
crédit, sous le contrôle de la Commission bancaire, sous peine de sanction.

Règlement n° 15/2002/CM/UEMOA du 19 septembre 2002 relatif aux instruments de


paiement dans les Etats membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest
Africaine (UEMOA)

2 - LA JURISPRUDENCE BANCAIRE

La jurisprudence est l’ensemble des décisions rendues par les cours et tribunaux sur
une question ou une difficulté de droit donnée. C’est donc l’œuvre de la justice en
tant qu’institution chargée de l’application de la règle de droit.

Le droit bancaire étant une branche du droit commercial, ce sont donc les juges compétents
pour connaître des affaires commerciales qui sont également compétents pour connaître des
litiges nécessitant l’application du droit bancaire.

La jurisprudence a été emmenée à établir en dehors de tout texte le régime juridique de


certaines opérations telles que le compte courant, la lettre d'intention, le crédit documentaire.

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3 - LES USAGES BANCAIRES.

Ils régissent les rapports entre établissements de crédits et clients. Ils occupent une
place importante dans les sources du droit bancaire.

4 – LES SOURCES COMMUNAUTAIRES

Les principales sources du droit bancaire dans l’UMOA sont :


- Les traités : ils sont adoptés par les Chefs d’Etat et de Gouvernement et
ratifiés par les Etas concernés. Dans ce cadre les éléments juridiques qu’ils
inspirent font l’objet d’une application systématique ;

- Les statuts de la BCEAO : au même titre que les traités sus visés, ils
renferment des dispositions juridiques qui constituent les fondements des lois
et règlements applicables au système bancaire ;

- Les lois uniformes ou communautaires : elles sont adoptées par le Conseil


des Ministres de l’Union. Pour donner force de droit à ces lois sur les
territoires des pays membres de l’Union, elles doivent être insérées dans
l’ordre juridique de chaque Etat, par voie parlementaire, ordonnance ou par
décret.

- Les instructions, avis et circulaires : ils apportent des précisions


nécessaires sur les modalités d’application des dispositions juridiques qu’ils
renferment.

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PREMIERE PARTIE : LE CADRE JURIDIQUE DES
ACTIVITES DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT

Les normes juridiques de l’activité bancaire ressortent partout dans le monde


à la fois de règles de droit élaborées dans le contexte propre à chaque pays
(exercice du pouvoir législatif, du pouvoir réglementaire détenu par l’Exécutif)
mais aussi de la réalité du fonctionnement de la banque (usages,
jurisprudence).

Mais alors pourquoi réglementer les activités des établissements de


crédits ?

Trois (03) objectifs :

- d’une part, d’un point de vue économique, l’octroi de crédit contribue


à l’expansion de l’économie et à travers la réglementation, les
autorités étatiques recherchent la maîtrise de cette expansion ;

- par ailleurs il s’agit de contrôler le développement de la masse


monétaire dans la mesure où le crédit est source de création
monétaire ;

- enfin la réglementation vise la protection des épargnants qui ont


déposé leur argent en banque et qui doivent pouvoir en disposer
chaque fois que de besoin.

Dans la zone monétaire ouest africaine, la particularité est la règle


supranationale. Il s’agit d’un élément très fort, qui s’est renforcé au cours des
dernières années, comme en témoigne par exemple l’agrément unique des
banques et établissements financiers dans la zone monétaire.

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CHAPITRE I - LA REGLEMENTATION DES BANQUES ET DES
ETABLISSEMENTS FINANCIERS

Le cadre légal et réglementaire de l’activité des banques et établissements


financiers dans l’UEMOA s’appuie sur le double principe de la sécurisation des
épargnants et la promotion d’une intermédiation saine.

En effet, l’importance du risque systémique que la défaillance des banques et


établissements financiers fait courir à l’ensemble de l’économie justifie leur
statut particulier parmi les sociétés commerciales.

L’édiction de la réglementation bancaire vise à garantir :

- la liquidité et la solvabilité des entreprises de crédit ;

- la protection des épargnants ;

- et de manière générale la sécurité du système bancaire.

SECTION I - PRÉSENTATION DE LA RÉGLEMENTATION

Paragraphe 1 - Les textes régissant l’activité bancaire

I - La loi portant réglementation bancaire

Il s’agit de la loi du 20 novembre 2008 portant modification de la Loi


N°012/96/ADP du 12 Mai 1996 portant réglementation bancaire. Cette loi
donne une définition exacte de ce que doivent être les banques et
établissements financiers ainsi que les opérations de crédit et de placement
réalisées par ces structures. Elle précise également les conditions d’accès et
d’exercice de la profession bancaire et détermine les obligations des banques
et des établissements financiers en matière d’opérations.

Elle fixe enfin le domaine de contrôle de la banque centrale et de la


commission bancaire ainsi que les règles prudentielles de l’union monétaire et
les sanctions en cas de non respect de ces règles.

Aucune distinction n’est faite entre les banques, en fonction de la nature de


leurs activités. Le cadre réglementaire est fondé sur le concept de banque
universelle. Par contre, en ce qui concerne les établissements financiers, la loi
bancaire pose le principe de leur spécialisation. Ainsi un établissement
financier ayant demandé l’agrément pour exercer une ou plusieurs catégories
d’opérations ne pourra exercer d’autres opérations qu’après une demande
d’autorisation préalable adressée au Ministre chargé des finances et cette
demande est instruite comme en matière d’agrément.

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Outre les précisions concernant le champ d’application du dispositif, limité
essentiellement aux banques et établissements financiers, la loi bancaire
définit également les conditions d’agrément de ces établissements 1, avec une
attention particulière à l’adéquation des moyens aux objectifs de
l’établissement.

La loi fixe également les exigences en matière de capital et de réserve


spéciale2.

La loi procède à la répartition des compétences entre les organes de


réglementation et de contrôle de l’activité bancaire et de sanction, de même
que les conditions de leurs interventions. Il s’agit des pouvoirs accordés au
Conseil des Ministres, aux Ministre chargé des Finances, à la Banque
Centrale et à la Commission Bancaire. Les pouvoirs de l’autorité judiciaire sont
également précisés.

La loi insiste sur les règles de déontologie de la profession bancaire,


l’inopposabilité du secret professionnel aux autorités monétaires, de contrôle
et judiciaires, les conditions d’octroi des prêts aux principaux actionnaires, aux
administrateurs et aux dirigeants.

Elle exige la communication d’états financiers certifiés réguliers et sincères par


un ou plusieurs commissaires aux comptes aux autorités monétaires et de
contrôle.

La loi a prévu un éventail de sanctions, allant des sanctions pécuniaires par la


Banque centrale, administratives, disciplinaires par la Commission bancaire et
pénales, par l’Autorité judiciaire, en fonction du degré des infractions
commises. Dans certaines circonstances, le Ministre des Finances peut
procéder à la nomination d’administrateurs provisoires ou de liquidateurs pour
les banques et établissements financiers, en particulier lorsque le
fonctionnement normal de leurs activités n’est plus assuré. Il peut procéder
également au retrait de l’agrément.

II - Les autres textes

A - La Convention portant création de la Commission bancaire

Cette convention portant création de la Commission bancaire a été signée


entre les Etats membres de l’UEMOA le 24 avril 1990. Cette convention est

1 Une attention particulière est faite à l’adéquation des moyens aux objectifs de l’établissement ainsi qu’à la moralité des
actionnaires.
2 Ainsi, le capital libéré doit être utilisé dans l’Etat. L’assiette de la réserve spéciale est constituée par les bénéfices réalisés

après imputation d’éventuels reports à nouveau déficitaires.

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entrée en vigueur le 1er Octobre 1990. Ses dispositions substantielles figurent
dans une annexe qui en fait partie intégrante.

Ce texte définit l’organisation, le fonctionnement et les attributions de l’organe


communautaire de supervision bancaire.

La Commission bancaire est l’organe communautaire de surveillance et de


contrôle des banques et établissements financiers.

Elle est investie de pouvoirs étendus en matière de contrôles sur pièces et sur
place.

Elle a, en outre, la capacité de prendre des sanctions administratives et


disciplinaires immédiatement exécutoires.

B - Le Dispositif prudentiel applicable aux banques et établissements


financiers

La Loi bancaire est complétée par un dispositif prudentiel applicable aux


banques et établissements financiers.

Son objectif est de prémunir le système bancaire contre les défaillances


pouvant entraîner des risques systémiques.

Applicable depuis le 1er Janvier 2000, le nouveau dispositif est constitué d’un
ensemble de règles applicables aux banques et établissements financiers et
portant sur les conditions d’exercice de la profession, la réglementation
comptable, la réglementation des opérations spécifiques effectuées par les
établissements de crédits et les normes de gestion.

1 - Les conditions d’exercice de la profession

Le montant du capital social minimum des banques est fixé à dix milliards
(10 000 000 000) FCFA et celui des établissements financiers, instituions
n’ayant pas d’habilitation générale à collecter des dépôts, est de Trois milliards
(3 000 000 000) FCFA.

Les banques et établissements financiers doivent justifier, à tout moment, de


fonds propres de base au moins égaux au capital minimum fixé dans la
décision d’agrément.

Les banques et établissements financiers sont tenus de constituer une réserve


spéciale dont le taux est fixé à 15%, incluant toutes réserves éventuellement
exigées par les lois et règlements en vigueur, alimentée par un prélèvement
annuel sur les bénéfices nets réalisés, après imputation, le cas échéant, du
report à nouveau déficitaire. Sa dotation est obligatoire, quel que soit le niveau

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atteint par son montant cumulé par rapport au capital social de la banque ou
de l’établissement financier concerné.

Les banques et établissements financiers sont tenus d’organiser leur


comptabilité selon les dispositions prévues dans le Plan Comptable Bancaire
de l’UMOA.

Les banques et établissements financiers doivent se doter d’un système de


contrôle interne permettant notamment de vérifier le respect des dispositions
et usages en vigueur dans la profession et de garantir la qualité de
l’information financière et comptable.
Le PCB est entré en vigueur le 1er janvier 1996. Il a été défini par la BCEAO dans le
cadre du renforcement de la surveillance bancaire, pour se substituer aux anciens
plans comptables qui n’étaient pas harmonisés. Le PCB vise les objectifs
fondamentaux suivants :
- l’intégration des normes généralement admises au plan international en
matière d’évaluation, de comptabilisation et de présentation de l’information
financière ;

- l’actualisation et la fiabilité des données transmises aux Autorités monétaires


et de contrôle ;

- l’incitation des établissements assujettis à se doter d’outils et de techniques


modernes de gestion.

2 - La réglementation des opérations spécifiques effectuées par les banques et


établissements financiers

Il est interdit aux banques et établissements financiers de détenir, directement


ou indirectement, dans une même entreprise, autre qu’une banque, un
établissement financier ou une société immobilière, une participation
supérieure à 25% du capital de l’entreprise ou à 15% de leurs fonds propres
de base.

Le montant global des concours pouvant être consentis par les banques et
établissements financiers aux personnes participant à leur direction,
administration, gérance, contrôle ou fonctionnement, ne doit pas dépasser
20% de leurs fonds propres effectifs.

Le montant global des immobilisations hors exploitation et participations


dans des sociétés immobilières dont les banques et établissements financiers
peuvent être propriétaires, est limité à un maximum de 15% de leurs fonds
propres de base.

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L’ensemble des actifs immobilisés des banques et établissements financiers,
hormis ceux spécialisés dans les opérations de capital-risque ou
d’investissement en fonds propres, doit être financé sur des ressources
propres.

3 – Les normes de gestion

Les normes de gestion sont au nombre de 5 : la couverture des risques, la


couverture des emplois à moyen et long terme par des ressources stables, la
division des risques, la liquidité et la structure du portefeuille.
3.1. La couverture des risques

La règle de couverture des risques est définie par un rapport minimum à


respecter, dit « rapport fonds propres sur risques ». Ce ratio comporte au
numérateur, le montant des fonds propres effectifs de la banque ou de
l’établissement financier et au dénominateur, les risques nets pondérés selon
la qualité ou la catégorie des contreparties. Le pourcentage minimum à
respecter est fixé à 8%1.
3.2. Le contrôle de transformation des ressources

En vue d’éviter une transformation excessive des ressources à vue ou à court


terme en emplois à moyen ou long terme, une disposition réglementaire
impose aux banques et établissements financiers de financer au moins à
hauteur de 75% leurs actifs immobilisés ainsi que leurs autres emplois à
moyen terme et long terme par des ressources stables.
3.3. La Concentration des risques

Le montant total des risques pouvant être pris sur une seule et même
signature, est limité à 75% des fonds propres effectifs d’une banque ou d’un
établissement financier.

3.4. Le Contrôle de la liquidité

Le coefficient de liquidité fait obligation aux banques et établissements


financiers de disposer d’actifs disponibles et réalisables ou mobilisables à
court terme (trois mois maximum) pour couvrir au moins à hauteur de 75% le
passif exigible à court terme ou les engagements par signature susceptibles
d’être exécutés à court terme (trois mois maximum).

1 Les Fonds propres effectifs, comprennent d’une part les fonds propres de base et d’autre part les fonds propres
complémentaires.

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3.5. La structure du portefeuille

Le ratio de structure du portefeuille doit être à tout moment égal ou supérieur à


60% des fonds propres effectifs.

Paragraphe 2 – Autres dispositions réglementaires, régissant les


activités financières et ayant un lien avec les activités bancaires

I – Le Règlement relatif aux relations financières extérieures des Etats


membres de l’UEMOA

Ces dispositions communautaires définissent le fonctionnement des relations


financières extérieures des Etats membres de l’UEMOA. Elles apportent des
précisions concernant notamment les notions d’étranger, d’intermédiaires
agréés dans les opérations de change et de transfert, ainsi que sur les
opérations visées.

II – Les Actes uniformes de l’OHADA

Les banques et établissements financiers de l’UEMOA sont tenus avant de


solliciter l’agrément, de se constituer sous forme de société. A ce titre, les
établissements de crédit sont régis par les dispositions de l’Acte uniforme de
l’OHADA relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
économique1, s’agissant de la gestion de leur structure juridique.

Cet Acte uniforme prévoit pour les sociétés anonymes un capital social d’un
montant minimum de 10 millions FCFA. Concernant les banques le capital
social minimum fixé par le Conseil des Ministres de l’UEMOA est de 10
milliards FCFA et celui des établissements financiers, de 5 milliards.

Par ailleurs, les instances de l’OHADA ont adopté d’autres Actes uniformes
auxquels sont soumis les établissements de crédit pour certains de leurs actes
ou opérations. Il s’agit de l’Acte Uniforme portant :

- sur le droit commercial général ;

- portant organisation des sûretés ;

- portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif ;

- portant organisation des voies d’exécution adopté le 10 avril 1998 et entré


en vigueur le 10 juillet 1998.

1 L’AU – DSC&GIE a été adopté le 17 avril 1997 et entré en vigueur le 1er janvier 1998.

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III – Cadre juridique relatif aux systèmes de paiement dans les Etats membres
de l’UEMOA

Le cadre juridique élaboré pour les systèmes et moyens de paiement dans les
Etats de l’UEMOA vise à répondre aux multiples exigences de sécurité des
paiements et la réduction de leur coût d’exécution. Il s’agit d’accroître les
opportunités en matière de transaction dans l’ensemble de la zone UEMOA,
aussi bien pour les banques que pour leurs clients.

Le système de paiement repose essentiellement sur la mise en place :

- d’un système de règlement brut en temps réel, dénommé « RTGS »,


pour l’échange et le règlement des transactions de gros montants ;

- d’un système automatisé de compensation multilatérale, appelée


« Compensation », pour l’échange et le règlement des transactions de
petits montants ;

- d’un système interbancaire de paiement par cartes à l’échelle régionale,


dénommé « Monétique ».

La partie législative du dispositif s’est achevée le 19 septembre 2002, avec


l’adoption par le Conseil des Ministres de l’Union du règlement n°
15/2002/CM/UEMOA, relatif aux systèmes de paiement dans les Etats
membres de l’UEMOA et de la Directive n° 08/2002/CM/UEMOA, portant sur
les mesures de promotion de la bancarisation et de l’utilisation des moyens de
paiement scripturaux.

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SECTION II - CHAMP D’APPLICATION DE LA RÉGLEMENTATION BANCAIRE
La réglementation s’applique aux banques et établissements financiers qui
exercent leurs activités sur le territoire du Burkina Faso quelque soit leur statut
juridique, le lieu de leur siège social ou du principal établissement et quelque
soit la nationalité des propriétaires de leur capital social ou de leurs dirigeants.

Toutefois, la loi bancaire ne s’applique pas :

- à la Banque Centrale ;

- aux institutions financières internationales (FMI, Banque


mondiale) ;

- aux institutions publiques intégrées d’aide ou de coopération


(CFD - Centre Français de développement-,FED, USAID- United
States Agency for International Development ) dont l’activité sur
le territoire du Burkina Faso est autorisée par des conventions,
des traités ou des accords ;

- L’office national des postes : cependant la loi soumet les


services financiers et des chèques postaux de la SONAPOST
aux mêmes obligations que les banques et les établissements
financiers en matière de demande d’information par la BCEAO et
la commission bancaire ou de demande de communication de
documents formulée par ces deux institutions.

La loi portant réglementation bancaire dispose que « ne sont pas considérés


comme banques et établissements financiers :

a. les entreprises d’assurance et les organismes de retraite ;

b. Les notaires et les officiers ministériels qui exercent leurs


fonctions ;

c. Les agents de change

Cependant ces organismes sont tenus de communiquer à la banque centrale


sur sa demande les renseignements et documents relatifs à l’exercice de se
attributions.

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CHAPITRE II - LA REGLEMENTATION DES SYSTEMES FINANCIERS
DECENTRALISES

SECTION I : OBJECTIFS DE LA MICROFINANCE


Le secteur bancaire comprend également des établissements dotés de statuts
particuliers : certains sont autorisés à accomplir des opérations de banque, d’autres
pas.

La microfinance est un mode de financement destiné aux populations n’ayant pas


accès aux banques classiques.

Les systèmes financiers décentralisés (SFD) regroupent un ensemble d’expériences


en termes d’épargne et de crédit de par leur taille et leur degré de structuration. Ces
variétés d’expériences sont mises en œuvre par les populations à la base avec ou
sans le soutien technique ou financier de l’Etat ou des partenaires financiers au
développement économique durable local.

L’on peut citer :

- Le cas des caisses populaires. Elles bénéficient de dérogation aux


dispositions de la Loi bancaire se rapportant à la forme juridique ;

- Les institutions financières islamiques qui bénéficient d’exemptions qui leur


sont accordées par le Conseil des Ministres de l’UEMOA ou par la Banque
Centrale compte tenu de leur particularité. En effet, ces institutions ne
pratiquant pas de taux d’intérêt mais un système de partage des gains et des
pertes avec les clients,

- Les institutions financières mutualistes ou coopératives d’épargne


crédit. Elles répondent à un besoin d’élargir l’accès du système financier aux
PME et petits épargnants ;

- Les établissements financiers de capital-risque et les établissements


d’investissement en fonds propres. Il s’agit d’entreprises à capital fixe qui
font profession habituelle de concourir, sur ressources propres ou assimilées,
au renforcement des fonds propres et assimilés d’autres entreprises.

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SECTION II - LA RÉGLEMENTATION DES SFD
La réglementation applicable aux SFD diffère selon que les structures concernées
sont constituées ou non sous forme d’institutions mutualistes ou d’institutions
coopératives d’épargne-crédit1.

En 2009, l’Assemblée nationale a adopté le 14 mai 2009 la loi portant règlementation


des systèmes financiers décentralisés au Burkina Faso. Le SFD est une institution
dont l'objet principal est d'offrir des services financiers à des personnes qui n'ont
généralement pas accès aux opérations des banques et établissements financiers
tels que définis par la loi portant réglementation bancaire.

Ce nouveau cadre juridique introduit les innovations suivantes :

- la participation de la BCEAO à l’instruction des dossiers d’agrément à travers


l’avis conforme qu’elle est appelée à prononcer ;

- l’intervention de la BCEAO et de la Commission bancaire de l’UMOA dans le


contrôle des SFD d’une certaine taille ;

- l’instauration d’un régime unique d’autorisation d’exercice (agrément) quelle


que soit la forme juridique de l’institution ;

- le renforcement du dispositif prudentiel et la mise en place de mécanismes de


préservation des ressources de la clientèle ;

- la normalisation et l’unification des pratiques comptables par l’instauration d’un


plan comptable spécifique des SFD ;

- la certification obligatoire des comptes pour les SFD d’une certaine taille.

Ces différentes dispositions déterminent les conditions d’entrée et de retrait dans les
institutions du secteur de la micro finance et précisent les règles qui leur sont
applicables en matière de gestion, de contrôle et de surveillance.

Il faut retenir que les institutions de base sont susceptibles de se regrouper pour
former un organe unique et cet organe financier a pour vocation de centraliser et de
gérer leurs excédents de ressources. Dans ce cas, cet organe est de droit soumis à
la loi bancaire notamment en ce qui concerne l’agrément et les retraits de l’agrément.

1Groupement de personnes, doté de la personnalité morale, sans but lucratif et à


capital variable, fondé sur les principes d'union, de solidarité et d'entraide mutuelle et
ayant principalement pour objet de collecter l'épargne de ses membres et de leur consentir
du crédit.

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Le concept de microfinance fait référence à l’offre de services financiers aux
populations pauvres et à faibles revenus qui ont peu ou n’ont pas accès aux
services financiers bancaires. Les services financiers dont il s’agit ici sont
principalement l’épargne, les crédits, les transferts et de plus en plus les
assurances.

Une institution de microfinance (IMF) ou un système financier décentralisé


(SFD) est une entreprise financière qui offre des services de microfinance et
doit, à terme, couvrir ses charges et dégager une marge sans appui extérieur pour
assurer sa pérennité.

L’activité de la microfinance au Burkina est régie par la loi n° 023-2009/AN du 14 mai


2009 portant réglementation des SFD, le décret n° 2009-839/PRES/PM/MEF du
18 décembre 2009 portant réglementation des SFD ainsi que par les
instructions de la BCEAO. Les SFD sont par ailleurs assujettis à la loi n°18-
97/AN du 30 juillet 1997 qui définit et réprime l’usure.

COURS DE DROIT BANCAIRE – Abdoulaye MAMBONE Page 17 sur 41


DEUXIEME PARTIE : LES OPERATIONS DE BANQUE

Pour l’essentiel, l’activité bancaire consiste à recevoir des fonds du public et à


consentir du crédit. D’une part, un cadre juridique est institué pour la réception des
avoirs, monétaires ou financiers, du client et la domiciliation de ses flux de caisse ;
c’est la relation de compte. D’autre part, des formules de financement sont
proposées pour répondre aux besoins de trésorerie ou d’investissement de la
clientèle bancaire : c’est la relation de crédit.

Constituent des opérations de banque :

 La réception des fonds du public :

Par fonds reçus du public, il faut entendre les fonds qu’une personne recueille d’un
tiers, notamment sous forme de dépôts avec le droit d’en disposer pour son propre
compte ou pour le compte d’autrui, mais à charge de les restituer.

 Les opérations de crédit :

L’opération de crédit est tout acte par lequel une personne agissant à titre onéreux
met ou promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre personne ; prend,
dans l’intérêt de celle-ci, un engagement par signature tel qu’un aval, un
cautionnement ou une garantie.

 La mise à disposition de la clientèle et la gestion des moyens de


paiement.

Les moyens de paiement sont constitués de l’ensemble des instruments, avec


support papier ou magnétique, ou tout système informatique ou télématique,
permettant à une personne de transférer des fonds ou d’en disposer. On y relève les
chèques bancaires, les chèques de voyage, les cartes de paiement et de retrait, les
virements ou avis de prélèvement, les effets de commerce.

L’on retient aussi que l’activité bancaire consiste en un double rôle :

- l’intermédiation dans les règlements ;

- la distribution de crédit.

C’est ce rôle de distribution de crédit des banques qui retiendra dans le cadre de
cette étude notre attention.

Mais avant, il convient d’aborder le compte bancaire, en ce qu’il constitue le support


par excellence de la relation bancaire, quand bien même il est parfaitement possible
de traiter avec une banque sans y être titulaire d’un compte : faire du change de
devises, encaisser un chèque non barré.

COURS DE DROIT BANCAIRE – Abdoulaye MAMBONE Page 18 sur 41


CHAPITRE 1 : LES COMPTES EN BANQUE

Le développement des comptes fait qu’il devient de plus en plus rare que des
opérations soient faites par caisse. Parfois, certaines opérations isolées nécessitent
l’ouverture d’un compte.

SECTION 1 : GÉNÉRALITÉS SUR LES COMPTES EN BANQUE

§1. Notion de compte en banque

Le compte est un tableau de créances et dettes réciproques entre le client et la


banque. Il sert à enregistrer des encaissements ou des paiements effectués par le
banquier pour le compte de son client.

Considéré d’abord comme un document comptable, le compte bancaire apparaît


comme un instrument juridique.

A - Le compte est un document comptable

Considéré ainsi, le compte constate les opérations et en exprime le résultat. Dès que
le compte est ouvert, chaque opération qui y est inscrite devient un article du compte
au crédit s’il est au bénéfice du client, et au débit dans le cas contraire.

Chaque introduction d’article contribue à la formation d’un nouveau solde provisoire


qui indique à tout moment la position créditrice ou débitrice du client.

B - Le compte est un instrument juridique

L’ouverture d’un compte implique l’engagement du banquier de fournir à son client


certaines prestations. Il accepte de recevoir, de garder et de rendre les dépôts
monétaires à vue constitués par le client et disponibles sur son compte. Il en est ainsi
par exemple de la mise à la disposition du client de l’organisation d’un service de
caisse lui permettant de faire ses opérations de retrait de fonds, de la mise à
disposition du client de certains instruments de paiement.

C’est pourquoi, l’on affirme qu’il existe avec l’ouverture du compte, une convention
entre le banquier et son client, parce que cette convention a pour objet la tenue du
compte du client avec l’accomplissement à titre accessoire d’un certain nombre de
prestations de services.

L’étendue des engagements du banquier vis-à-vis du client est déterminée pour une
large part par les usages. L’article 15 du règlement 15/2002 du 19 septembre 2002
relatif aux systèmes de paiement dans l’espace UEMOA dispose que « les conditions
liées à l’usage du compte et des instruments de paiement doivent être clairement
spécifiées au client au moment de l’ouverture du compte et mentionnées
expressément en caractères lisibles dans la convention d’ouverture du compte ».

COURS DE DROIT BANCAIRE – Abdoulaye MAMBONE Page 19 sur 41


§2. Les principaux types de comptes en Banque

(Compte à vue, Compte à terme et Compte d’épargne)

A - Les comptes à vue

Il s’agit des comptes destinés à recevoir des dépôts à vue, c'est-à-dire des fonds
dont on peut disposer à tout moment.

Les comptes à vue sont ceux que les clients utilisent pour effectuer leurs paiements.

Il existe deux types de comptes à vue.

1 - Le compte de dépôt à vue

Il est encore appelé compte ordinaire, en ce que les règles qui lui sont applicables
constituent le droit commun des comptes bancaires.

Le compte de dépôt a pour but essentiel l’enregistrement des opérations de caisse


qui diminuent ou qui augmentent le dépôt initial. Le compte de dépôt peut également
enregistrer des opérations de crédit. Mais ce n’est pas sa vocation première dans la
mesure où ce compte est plutôt ouvert par les banques au profit d’une clientèle de
non commerçants.

Le compte de dépôt est aussi appelé compte chèque.

2 - Le compte courant

C’est le contrat par lequel les parties décident de faire entrer en compte toutes les
créances et dettes réciproques de manière à ce que celles-ci soient réglées
immédiatement par leur fusion dans un solde disponible soumis à un régime unitaire.

Il est ouvert par les banques à leurs clients commerçants parce qu’il se prête mieux à
des rapports entre personnes en relation suivie d’affaires et appelées à conclure
entre elles un grand nombre d’opérations.

En effet, au lieu d’envisager chacune de leurs opérations de façon isolée et dans le


but de simplifier leurs rapports juridiques, ces personnes décident de soumettre tous
les mouvements de fonds qui interviennent entre elles à un régime unitaire. Ainsi,
toute dette ou toute créance entrée dans un compte courant perd son individualité.
Elle se confond avec les autres éléments du compte. Et, il se dégage de cette fusion
un nouveau solde qui n’est exigible qu’à la clôture du compte.

Dans le commerce, c’est un compte fréquemment utilisé par des personnes qui sont
en relations continues d’affaires et qui décident que les différentes opérations
effectuées entre elles feront l’objet d’un règlement d’ensemble. Au lieu que chaque
opération soit réglée séparément, en tenant compte de ses caractéristiques et
régimes propres, toutes les opérations sont inscrites à un compte afin de faire l’objet
d’un règlement global et unique à la clôture du compte. Les parties n’ont plus à
l’esprit le régime et la particularité de chaque créance, ils n’ont à faire qu’au solde

COURS DE DROIT BANCAIRE – Abdoulaye MAMBONE Page 20 sur 41


existant à chaque mouvement, un solde soumis à un régime différent de celui des
créances originaires, un régime unitaire fixé à l’avance. Le compte courant a un effet
de règlement car la créance entrée en compte est considérée comme payée. C’est
un moyen, un mécanisme de règlement de créances.

3 - Les comptes sur livret d’épargne

Ils ont pour objet la constitution d’une épargne. Les comptes d’épargne ne sont
ouverts qu’aux personnes physiques. Il ne peut être ouvert qu’un seul compte par
personne par établissement bancaire

Le compte d’épargne ne peut enregistrer que des opérations de retrait et de


versement de fonds, d’un virement du ou des comptes ordinaire (s) du client, tout
virement au compte des tiers étant interdit.

Il n’est pas délivré de carnets de chèques dans le cadre de l’ouverture et du


fonctionnement du compte d’épargne1.

Le compte d’épargne est rémunéré.

B - Les comptes à terme

Le compte à terme est celui dont le titulaire du dépôt ne peut en disposer


directement ou indirectement avant l’expiration d’un délai préalablement déterminé.
L’ouverture s’opère par la signature d’une lettre de blocage signée par le client
titulaire du compte.

En matière de comptabilisation, un compte différent doit être ouvert pour chaque


opération de dépôt à terme et chaque compte ne peut enregistrer que les écritures
de virement et/ou de versement de fonds à bloquer, les écritures d’arrêté et de
clôture de compte.

Si le titulaire du dépôt à terme est amené à utiliser avant terme la totalité ou une
partie des fonds ainsi disposés, une écriture de retrait ne pourra figurer sur ledit
compte avant la date d’échéance. Toutefois, la banque pourra lui consentir dans un
autre compte spécial, dans la limite du solde de son DAT, des facilités de crédit au
taux du DAT majoré de 1%.

Il convient de préciser que le DAT peut servir à garantir un crédit.

Par ailleurs, il faut noter que le taux d’intérêt servi dépend à la fois du montant
bloqué et de la durée.

1 Chaque opération doit être d’un montant de 5000 F ou un multiple de 5000 F sauf s’il s’agit de retrait des intérêts annuels
ou de prélèvement de solde à la clôture.
Le versement d’espèces porte intérêt le 1er jour de la quinzaine civile suivant le dépôt. En revanche, lorsqu’il s’agit d’un
retrait de fonds, les intérêts courent à compter u 1er jour de la quinzaine civile dans laquelle s’inscrit l’opération.

COURS DE DROIT BANCAIRE – Abdoulaye MAMBONE Page 21 sur 41


SECTION 2 : RÈGLES SUR LES COMPTES EN BANQUE

Il s’agira ici des règles concernant l’ouverture, le fonctionnement et la clôture des


comptes.

§1. L’ouverture des comptes

L’ouverture d’un compte découle d’une convention.

A - Le droit au compte

Toute personne dotée de la personnalité juridique peut ouvrir un compte bancaire.

La convention d’ouverture de compte est un contrat intuitu personae. Le banquier est


donc libre d’accepter ou de refuser l’ouverture d’un compte à une personne qui lui en
fait la demande.

Dans les états membres de l’UEMOA, les dispositions du règlement n° 15/2002 et de


la loi n° 003/2005 AN du 24 mars 2005 portant loi uniforme sur les mesures de
promotion de la bancarisation et de l’utilisation des moyens de paiement scripturaux
font obligation aux particuliers et aux commerçants d’effectuer des paiements par
chèque ou par virement bancaire.

Il a fallu donc trouver une solution qui permette à ces personnes de se faire ouvrir un
compte sans remettre en cause la liberté laissée au banquier de choisir ses clients.

Ainsi, l’article 8 du règlement 15/2002 dispose que toute personne physique ou


morale établie dans l’un des Etats membres, possédant un revenu régulier, a droit à
l’ouverture d’un compte auprès d’une banque.

La notion de revenu régulier est définie par l’instruction N°01-2003 SP de la BCEAO


du 08 mai 2003. Aux termes de l’article 3 de cette instruction : « est considéré
comme revenu régulier, toute somme égale ou supérieure à 50 000 F dont est
susceptible de justifier :

 une personne physique salariée sur une période mensuelle ;

 une personne physique non salariée ou personne morale sur une période mensuelle,
bimensuelle, trimestrielle, semestrielle voire annuelle.

Si pour les particuliers non commerçants, posséder un compte est un simple droit
que l’on peut exiger ou ne pas exiger, il est une obligation pour les commerçants
d’ouvrir un compte aux termes de l’article 9 du règlement 15/2002. Tout commerçant
est tenu d’ouvrir un compte auprès des services financiers de la poste ou d’une
banque établie dans un Etat membre.

En cas de refus d’ouverture de compte opposé par trois banques successives, la


Banque Centrale peut désigner d’office une banque qui sera tenue d’ouvrir un
compte.

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B - Les devoirs de vérifications du banquier

S’il n’y a pas d’obligation pour le banquier d’ouvrir un compte à une personne qui lui
en fait la demande, en revanche il est tenu de procéder à certaines vérifications qui
sont de deux (02) ordres :

 D’abord, il doit vérifier la capacité du demandeur à être titulaire de compte,

 Ensuite, le banquier doit s’assurer de l’identité et de l’adresse de la personne


à laquelle il ouvre un compte à l’aide d’un document officiel.

Si le banquier ne procède pas à ces vérifications, sa responsabilité pourrait être


engagée si des tiers venaient à être victimes d’agissements dommageables du fait
de l’ouverture du compte.

§2. Le fonctionnement du compte


A - La tenue matérielle du compte par le banquier

La tenue matérielle du compte par le banquier implique pour ce dernier que chaque
fois qu’il reçoit un ordre de son client, il doit, avant de l’exécuter, vérifier la validité de
la signature qui y est apposée.

Ensuite chaque opération est transcrite sur le compte dont elle devient un article.

Cette transcription est faite au moyen des mentions suivantes concernant chacune
des opérations :

- Nature de l’opération (versement d’espèces, retrait d’espèces, retrait par


chèque, virement, etc.) ;

- Date de l’opération ;

- Le montant du crédit ou du débit,

- Eventuellement le solde provisoire qui se dégage après l’opération


concernée ;

- La date de valeur de l’opération1

Il convient de souligner que les erreurs matérielles constatées dans les écritures d’un
compte doivent être rectifiées mais ne peuvent être effacées. En effet, le compte doit
être tenu sans rature.

1La date de valeur est le jour où l’opération prend effectivement effet. Selon les usages bancaires, ce jour est généralement
postérieur à la date réelle de l’opération pour les opérations de crédit (J+1) et antérieur pour les écritures au débit (J-1).

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L’ensemble des écritures passées sur un même compte au cours d’une période
donnée fait l’objet d’un relevé encore appelé extrait de compte adressé au client.

Conformément à l’usage bancaire, l’accord du client sur ce solde provisoire peut


résulter de son silence. En général, les relevés de compte précisent un délai maximal
(30 jours dans la plupart des cas) au delà duquel les réclamations ne sont plus
admises.

B - Les droits du client sur le crédit du compte

Le client a contre son banquier une créance égale au solde provisoire du compte si
celui-ci est créditeur.

De ce fait, il peut émettre des chèques, opérer des retraits ou ordonner des
virements à partir de son compte.

Le solde du compte apparaît donc comme un élément du patrimoine du client. Il peut


donc être saisi par ses créanciers. Le banquier saisi est tenu de déclarer au
saisissant la nature du ou des comptes du débiteur ainsi que leur solde au jour de la
saisie.

Echappent à la saisie certaines créances qui ont un caractère insaisissable : c’est le


cas des salaires pour leur portion insaisissable.

§3. La clôture du compte

Les comptes sont en principe à durée indéterminée. Le client peut clôturer le compte
à tout moment en exigeant le remboursement de son dépôt.

Le banquier aussi peut mettre fin à la relation de compte, mais il ne peut le faire de
manière abusive et surtout pas à l’insu du client.

Etant un contrat intuitu personae, le compte est clôturé par le décès ou l’incapacité
du client.

La clôture du compte donne lieu à l’émission d’un arrêté définitif de compte.

SECTION 3. LES COMPTES MULTIPLES

L’hypothèse de base est celle où plusieurs comptes sont ouverts et tenus, dans le
même établissement de crédit, au nom d’un même titulaire.

La règle de droit commun qui gouverne la multiplicité des comptes au nom d’une
même personne est celle de leur indépendance réciproque. Tout se passe comme si
les comptes étaient ouverts à des titulaires différents. L’idée est que chacun des
comptes multiples a pour assise un contrat séparé impliquant une exécution
distincte.

L’indépendance des comptes peut causer gravement préjudice au banquier. Par


exemple, en cas de saisie attribution pratiquée sur un compte créditeur, celui-ci ne
peut se prévaloir de l’existence d’un autre compte en position débitrice.

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Pour remédier à ce type de situation, le banquier et son client peuvent écarter
l’indépendance des comptes par des conventions expresses, soit par acte séparé au
cours même de la relation de compte, soit sous forme de clause dans la convention
fondatrice du rapport de clientèle.

Trois (03) voies juridiques peuvent être dégagées :

 Le compte de garantie

C’est le compte dont le solde créditeur est affecté en gage à la garantie d’un autre
compte. Il s’agit d’un compte bloqué dont le solde sert de garantie.

 La convention de compensation appelée encore lettre de fusion

Par cette convention, le client autorise le banquier à compenser, quand bon lui
semble, le solde créditeur de l’un de ses comptes avec le solde débiteur d’un autre
compte.

 L’accord d’unité de comptes ou lettre d’unité de compte

C’est une convention aux termes de laquelle les parties conviennent que les
multiples comptes formellement ouverts entre elles et matériellement tenus au nom
d’un même titulaire sont réputés constituer de simples divisions fonctionnelles. En
d’autres termes, client et banquier déclarent mettre en place un seul compte, mais
matériellement séparés en deux ou plusieurs sous comptes pour des raisons de
facilités ou de clarté comptable.

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CHAPITRE 2 : LES OPERATIONS DE CREDIT

Aux termes de la loi bancaire UMOA, en son article 6 alinéa 1er,

« Constitue une opération de crédit, pour l’application de la présente loi, tout acte par
lequel une personne, agissant à titre onéreux :

- met ou promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre personne ;

- prend, dans l’intérêt de celle-ci, un engagement par signature tel qu’un aval,
un cautionnement ou une garantie

Sont assimilés à des opérations de crédit, le crédit-bail et, de manière générale, toute
opération de location assortie d’une option d’achat. »

Le crédit bancaire comprend deux types d’opérations ; d’une part les crédits par
trésorerie, donnant lieu à une sortie immédiate de fonds, d’autre part les crédits par
signature qui se distinguent essentiellement par le fait que la banque s’engage par
sa signature pour le compte de son client auprès d’un débiteur dudit client, ce qui a
pour effet soit de lui éviter une sortie de trésorerie soit d’entraîner une entrée de
fonds.

La notion de crédit désigne au départ une pratique non pas une figure juridique. Le
crédit n’est pas une opération juridique de droit commun et la notion de crédit n’est
pas inscrite en tant que telle dans le Code civil qui ne traite que du prêt ; lequel n’est
qu’un des modes de réalisation du crédit

C’est le législateur qui va par l’adoption de la loi bancaire en particulier l’ériger en


notion. Ainsi la loi bancaire stipule que :

« Constitue une opération de crédit pour l’application de la présente loi tout acte par
lequel une personne agissant à titre onéreux met ou promet de mettre des fonds à la
disposition d’une autre personne ou prend, dans l’intérêt de celle-ci, un engagement
par signature tel qu’un aval, un cautionnement, ou une garantie.

Sont assimilés à des opérations de crédit, et, à ce titre, sont placé sous le contrôle de
la Banque Centrale, le crédit-bail et, d’une manière générale, toute opération de
location assortie d’une option d’achat ainsi que le financement de ventes à crédit. »

Sont considérées comme des opérations de crédit, les opérations de prêt,


d’escompte, de prise en pension, d’acquisition de créances, de garanties, de
financement, de vente à crédit et de crédit-bail.

Il existe donc, au regard de cette énumération, une diversité d’opérations de crédit


dont la pratique à titre habituel est réservée aux seuls banques et établissements
financiers.

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Ainsi défini le crédit peut se réaliser de trois manières différentes

- par la mise à disposition de fonds,

- par octroi d’un délai de paiement

- par un engagement de garantie

L’opération de crédit s’avère essentiellement comme une mise à disposition de fonds


rémunérée.

 La mise à disposition de fonds

Elle peut être :

- soit future ; par une ouverture de crédit, une promesse de crédit, une ligne
de crédit ; lorsque le décaissement est seulement promis, sa réalisation
dépendant d’un autre acte qui peut être lui-même être une opération de
crédit ;

- soit immédiate ; lorsque les décaissements qu’impliquent l’opération de


crédit sont contemporains à la conclusion du contrat et ne sont
subordonnés à aucun acte postérieur. La mise à disposition immédiate de
fonds caractérise le crédit de décaissement et est illustrée par le prêt
d’argent qui prend des noms variés dans la pratique bancaire, le crédit de
campagne (financement de besoins de trésorerie résultant d’une activité
saisonnière) ; le crédit de courrier, de très courte durée pour permettre
d’effectuer des paiements avant une rentrée d’argent très proche. ;
l’escompte. Le crédit par mise à disposition de fonds peut prendre de
multiples formes dont la liste n’est pas limitative : le prêt d’argent, la cession
de créance, l’escompte, la subrogation avec l’affacturage, le crédit-bail, le
découvert en compte courant, etc ;

- soit éventuelle ; le décaissement est lié à la défaillance du débiteur ; ce sont


les engagements par signature

 La rémunération du crédit

Le crédit bancaire est accordé à titre onéreux. Le coût du crédit représente les frais
et la rémunération du banquier. C’est la rémunération du banquier qui conditionne en
grande partie la qualification d’opération de crédit. Elle varie selon le type de crédit,
mais comprend toujours deux éléments : l’intérêt et les commissions.

Une partie de la rémunération correspond à l’intérêt de la somme avancée pendant


la période considérée ; c’est l’intérêt que l’on appelle parfois les « agios ». Ils sont
calculés à partir du taux de base de la banque fixé librement auquel sont ajoutés un
ou plusieurs points variant selon la durée du crédit, les risques du crédit et la surface
financière du client.

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Une autre partie de la rémunération est constituée de perceptions rémunérant non
pas le loyer de l’argent mais le service rendu. Ces perceptions forfaitaires s’appellent
« commissions ». Elles peuvent être calculées par le moyen d’un pourcentage ou
faire l’objet d’une perception fixe.

La plupart des commissions rémunère des prestations de service réelles connexes à


des opérations de crédit, mais parfois sans aucun rapport avec une opération de
crédit :

- encaissement d’effets pour le compte de la clientèle ;

- tenue de compte et fourniture de relevés à périodicité régulière ;

- change, opération sur or ou valeurs mobilières ;

- conseil et assistance en gestion de portefeuille ou de patrimoine.

SECTION 1 : CLASSIFICATION DU CRÉDIT

Paragraphe 1 - Classification selon la durée du crédit.


A. Le crédit à court terme qui ne dépasse pas un délai de remboursement de deux
ans.

B. Le crédit à moyen terme qui dure de deux à sept ans.

C. Le crédit à long terme qui peut aller jusqu’à trente ans.

A l’intérieur de ces catégories chaque type de crédit obéit à des règles propres
concernant sa durée ; de sorte qu’un crédit court terme comme l’escompte ne
dépasse pas trois mois ; de même, un crédit court terme comme le découvert peut
durer des dizaines d’années.

Paragraphe 2 - Classification selon la destination.


a. Crédits liés et crédits non liés : les crédits liés sont accordés pour une
opération bien déterminée comme la construction d’une maison d’habitation ou d’un
hôtel tandis que les crédits non liés financent des besoins généraux.

b. Crédits des différents postes du bilan : les crédits de financement des


immobilisations sont à moyen ou long terme tandis que le financement des besoins
de trésorerie est à court terme.

c. Crédits spécifiques : financement des marchés, crédit au commerce


extérieur, etc.

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Paragraphe 3. Classification selon les techniques juridiques
utilisées.
Le crédit, comme le définit la loi, peut se réaliser de trois manières et revêtir des
formes juridiques diverses selon le procédé choisi.

La portée du crédit bancaire va varier selon le caractère de la mise à disposition des


fonds qui est l’élément inhérent à toute opération de crédit

I - La mise à disposition future de fonds

Il y a mise à disposition future de fonds lorsque le décaissement est seulement


promis, la réalisation de celui-ci dépendant d’un autre acte qui peut être lui-même
une opération de crédit. Elle est spécifique aux promesses de crédit par lesquelles le
banquier s’engage à accorder ultérieurement un crédit à son client. Il y a l’ouverture
de crédit, l’épargne logement.

A - L’ouverture de crédit

C’est une promesse de crédit par laquelle le banquier s’engage à consentir une
opération de crédit déterminée, reconnaissant ainsi à son client une option dont la
levée lui permettra d’obtenir le crédit promis.

Avant la levée de l’option, le client ne bénéficie pas des fonds promis ; mais,
l’engagement du banquier étant définitif, la promesse de crédit s’analyse en une
mise à disposition future de fonds. C’est un engagement de mettre des fonds à la
disposition du client qui les utilisera à sa guise.

C’est une convention servant de cadre aux opérations à venir par lesquelles le client
utilisera le crédit ouvert : escompte d’effets, paiement de chèque, virements à
découvert, etc.

L’ouverture de crédit n’est pas un prêt d’argent

- elle n’est pas forcément une promesse de prêt d’argent ;

- c’est une promesse de faire et non de donner comme dans le prêt.

- elle peut avoir plusieurs objets

1) - Caractères :

- c’est un contrat unilatéral parce que seul le banquier est débiteur d’une
obligation. Le client n’est pas obligé d’utiliser l’ouverture de crédit comme il
peut l’utiliser partiellement.

- Le contrat devient synallagmatique lorsque le banquier perçoit une


commission dite d’engagement ou de confirmation

COURS DE DROIT BANCAIRE – Abdoulaye MAMBONE Page 29 sur 41


- c’est un contrat conclu intuitu personae, parce que le banquier a confiance
dans son client, même s’il exige des sûretés.

a- Les conditions de validité d’une ouverture de crédit sont en principe celle du droit
commun.

L’ouverture de crédit peut être écrite ou verbale, expresse ou tacite. Et justement


cette absence d’écrit présente des inconvénients en raison des règles relatives au
taux de l’intérêt conventionnel qui doit être fixé par écrit mais surtout en raison des
difficultés de preuve.

A cela s’ajoute des difficultés relatives à la notion même de promesse.

La notion de promesse

- Promesse et accord de principe : Parfois on n’est pas en présence d’une promesse


mais d’un accord de principe.

En effet, si la promesse est un contrat définitif, un engagement ferme, tel n’est pas le
cas de l’accord de principe qui a besoin d’être confirmé. C’est le cas lorsque le
banquier subordonne son engagement à diverses justifications ou garanties.

Par ailleurs, certaines promesses laissent au banquier le droit de ne pas répondre à


certains appels de fonds ; c’est le cas des ouvertures de crédit d’escompte qui
permettent au banquier de refuser certains effets. C’est encore le cas lorsque le
banquier encourt un risque de responsabilisation par les autres créanciers de son
client en honorant sa promesse.

- Promesse, accord de principe et simple tolérance : Parfois, ce qui est qualifié de


promesse n’est même pas un accord de principe mais une simple tolérance. « Celui
qui tolère, à la différence de celui qui contracte, n’entend pas s’engager pour
l’avenir. » (F. GRUA)

b- La preuve de l’existence de l’ouverture de crédit

Les difficultés de preuve doivent être résolues sur la base du droit commun de la
preuve. La preuve de l’ouverture incombe à celui qui s’en prévaut, le client
généralement. S’agissant de prouver contre un commerçant, cette preuve peut être
apportée par tout moyen.

Les juges se fondent sur un certain nombre ou un faisceau d’indices.

- La constitution de sûretés. Mais elle n’est pas déterminante car la sûreté


peut venir garantir un précédent crédit ;

- La perception et la qualification de la commission d’engagement

- La fréquence des découverts qui exclut une tolérance exceptionnelle. On


distingue entre deux sortes de facilités : les découverts ponctuels de courte
durée qui demeurent l’expression d’une simple tolérance et le découverts
durables et fréquents qui lieraient pour l’avenir.
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2) - Le contenu de l’ouverture de crédit.

Il n’y a pas de difficulté particulière lorsqu’il y a un écrit ; Le renouvellement est la


caractéristique de la promesse de découvert en compte courant. Ce renouvellement
peut être affecté par une revue périodique des conditions.

Mais souvent il n’y a pas d’écrit. Toutefois, quand l’existence d’un acte est reconnue,
la jurisprudence admet que la preuve de son contenu échappe à l’exigence de l’écrit.

Les juges du fond apprécieront souverainement la volonté implicite des parties. C’est
une question de fait. Le décret-loi n°1/45 de 1993 portant Code du commerce au
Burundi édicte que «Indépendamment des moyens de preuve admis par le droit
civil, les engagements commerciaux pourront être constatés par la preuve
testimoniale, ou pas présomptions, dans tous les cas où le tribunal croira devoir
l’admettre et sauf les exemptions prévues par la loi. Dans les mêmes cas, il pourra
être prouvé contre et outre le contenu des actes »

Elle peut se déduire du montant du découvert ; mais la question reste de savoir si


l’on doit retenir le montant moyen du découvert ou bien le plus fort découvert, c’est-à-
dire le solde débiteur le plus élevé. Les hauts magistrats français considèrent que les
juges du fond ne sont pas tenus de considérer le plus fort découvert. L’appréciation
d’une autorisation de découvert doit tenir compte d’une période de plusieurs mois et
du montant moyen du découvert constaté au cours de celle-ci.

On le voit, « en matière d’ouverture de crédit, la volonté ne paraît pas jouer le rôle


important qu’elle a d’ordinaire dans les contrats. Le banquier est facilement engagé
au-delà de ce qu’il désire et de ce qu’il exprime… » F. GRUA page 232.

3) - Durée et révocation

La durée déterminée ou indéterminée influe sur les modalités de révocation

a- Ouverture de crédit à durée indéterminée

Le banquier a le droit de révoquer à tout moment une ouverture de crédit, sauf abus.

- Ce droit existe a fortiori lorsque la situation du client est irrémédiablement


compromise et chaque fois que le maintien du crédit fait courir aux tiers
des risques excessifs.

- Le droit de résilier emporte celui de réduire le crédit ou d’imposer de


nouvelles conditions du crédit.

Mais quand peut-on parler d’abus ? L’abus est unanimement reconnu dans les
modalités d’exercice du droit de résiliation, lorsque celle-ci est brusque. On reconnaît
l’existence d’une obligation générale de préavis. Mais, cela peut comporter des

COURS DE DROIT BANCAIRE – Abdoulaye MAMBONE Page 31 sur 41


risques que le débiteur n’aggrave sa situation. L’essentiel est que le banquier ait fait
part de son intention de résilier en termes non équivoques.

« En cas de brusque rupture, le banquier ne s’expose pas seulement à des


dommages – intérêts. Le juge des référés semble pouvoir ordonner aussi le
rétablissement du crédit, en raison du préjudice imminent ou manifestement illicite
que cause sa suppression : suppression d’emplois, liquidation judiciaire, etc. » F.
GRUA page 260.

b- Ouverture de crédit à durée déterminée

La durée doit être respectée mais des exceptions.

- le crédit peut être révoqué en application de dispositions prévues au


contrat (cessation d’activité, protêts, etc) ;

- cas d’inexécution de ses obligations par le client en application de l’article


1184 du Code civil. (« la condition résolutoire est toujours sous-entendue
dans les contrats synallagmatiques, pour le cas où l’une des parties ne
satisfera point à son engagement…. » ;

- le client ne mérite plus la confiance de la banque ; la confiance pouvant


être considérée comme la cause de l’engagement (doctrine allemande). Ce
point reste en débat.

4) - Refus d’ouverture de crédit

L’ouverture de crédit est un contrat fondé sur la confiance et l’intuitus personae. C’est
pourquoi, il est admis que le banquier demeure libre de la refuser. Il n’est tenu ni de
renouveler une ouverture de crédit à durée déterminée ni d’en proroger l’échéance.
De même, le banquier peut exiger de nouvelles conditions pour la poursuite d’une
ouverture de crédit à durée indéterminée.

La seule limite à la liberté du banquier est l’absence de faute dans la négociation du


crédit où, par application du droit commun, pèse sur le banquier une obligation de
loyauté. Ainsi, il sera en faute s’il laisse croire qu’il accordera le crédit et le refuse par
la suite.

B - L’épargne –logement

Il s’appuie sur un compte d’épargne logement ou un plan d’épargne logement qui


repose sur le même mécanisme. Initialement et généralement doté d’un régime
spécial de promotion de l’habitat, le système est expérimenté par des banques
commerciales avec plus ou moins de succès.

Il s’agit de contrats permettant au souscripteur d’obtenir, à l’issue d’une période


d’épargne, un prêt à la construction.

COURS DE DROIT BANCAIRE – Abdoulaye MAMBONE Page 32 sur 41


Ces contrats sont pour le banquier des promesses irrévocables de crédit qui doivent
être suivies par la conclusion d’un contrat de prêt.

L’engagement du banquier a une contrepartie, l’effort d’épargne du titulaire du


compte qui confère à la promesse du banquier un caractère synallagmatique.

L’épargne est individuelle et rémunérée et c’est son importance qui déterminera


l’étendue du prêt.

C - Le crédit différé

L’opération repose sur deux contrats : un contrat de crédit différé qui est une
promesse de crédit d’une part et d’autre part un contrat de prêt subordonné à
certains versements préalables et à l’expiration d’un délai d’attente.

A la différence de l’épargne logement où l’épargne est individuelle sur le compte du


titulaire, le crédit différé repose sur la constitution d’un fonds commun alimenté par
les versements des clients qui permettront de consentir à chacun d’eux un prêt à
l’issue d’un délai d’attente.

II - La mise à disposition immédiate de fonds

C’est le prêt d’argent, un prêt de consommation défini par l’article 1892 du Code civil
comme « un contrat par lequel l’une des parties livre à l’autre une certaine quantité
de choses qui se consomment par l’usage, à la charge pour cette dernière de lui en
rendre autant de même espèce et qualité. L’emprunteur rembourse l’équivalent de ce
qu’il a reçu.

Le prêt peut s’appeler avance, découvert, facilité de caisse, etc.

Depuis mars 2000, la jurisprudence française considère que le prêt consenti par un
professionnel, en l’occurrence une banque, n’est pas un contrat réel, c’est-à-dire un
contrat qui ne se réalise qu’à partir de l’échange de l’objet du contrat comme le don
manuel. C’est un contrat synallagmatique qui, dès sa signature, oblige le banquier à
délivrer les fonds et l’emprunteur à les restituer.

III - La mise à disposition éventuelle de fonds

Ce sont les cautions bancaires ou crédits par signature. La banque ne procure pas
de fonds mais s’engage à rembourser la personne qui le fait au cas où le débiteur ne
le ferait pas.

COURS DE DROIT BANCAIRE – Abdoulaye MAMBONE Page 33 sur 41


SECTION 2 - LA RÉMUNÉRATION DU BANQUIER DISPENSATEUR DE CRÉDIT
Le taux des crédits est librement négocié entre les banques, établissements
financiers et leur clientèle, sous réserve que le taux ainsi convenu n’excède pas le
taux légal d’usure.

Ce taux est fixé comme suit :

 15% l’an pour les crédits consentis par les banques

 24% l’an pour les crédits octroyés par les établissements financiers, les
institutions mutualistes, les coopératives d’épargne ou de crédit, les autres
systèmes financiers décentralisés.

Par conséquent, constitue une usure, tout prêt ou toute convention dissimulant un
prêt d’argent consenti en toute matière à un taux effectif global excédent les plafonds
ci-dessus.

Le taux d’intérêt doit être fixé par écrit. A défaut, seul l’intérêt légal est dû.

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CHAPITRE 3 - LE FINANCEMENT DES ACTIVITÉS COMMERCIALES

Le financement des activités commerciales fait appel aux crédits à court terme et non
aux crédits à moyen ou long terme plus adaptés au financement des
investissements.

Les opérations de crédit à court terme peuvent être subdivisées en deux (02)
grandes catégories :

- les opérations de crédit interne ;

- les opérations de crédit international.

SECTION 1. LES OPÉRATIONS DE CRÉDIT INTERNE

Paragraphe 1 - L’ouverture de crédit


La convention d’ouverture de crédit est le contrat par lequel un établissement de
crédit promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre personne, en
l’occurrence son client dès première demande de celui-ci.

Ainsi ce contrat se distingue nettement du prêt. Ce dernier est en effet un contrat


réel, qui postule une mise effective des fonds à la disposition du client. Or l’ouverture
de crédit emporte simplement une promesse de mettre des fonds à la disposition du
client.

L’ouverture des crédits constitue donc dans la typologie des actes juridiques un
avant-contrat, c'est-à-dire une convention déjà porteuse d’obligations mais conçue
en préfiguration d’un autre contrat à venir (le prêt).

Contrat préparatoire d’un contrat futur, l’ouverture de crédit présente un caractère


unilatéral en ce que seul l’établissement de crédit est d’ores et déjà obligé à la
réalisation du prêt à venir. En revanche, le bénéficiaire n’assume aucune obligation
de souscrire lesdits prêts. A contrario, l’acte est spécialement destiné à lui ménager
une liberté d’usage du crédit ouvert en lui donnant par anticipation l’assurance de
son octroi.

Paragraphe 2 - Les avances


Ce sont des prêts à court terme consentis par des banques aux particuliers ou aux
entreprises dans le but de leur permettre de faire face à des tensions momentanées
de trésorerie, dans l’attente d’une entrée prochaine de fonds.

On distingue :

 Le crédit de courrier : c’est une avance de très courte durée de l’ordre de


24h à 48h qui permet au bénéficiaire d’effectuer un règlement avant une entrée
imminente d’argent.

COURS DE DROIT BANCAIRE – Abdoulaye MAMBONE Page 35 sur 41


 Les facilités de caisse : ce sont des concours de quelques jours.

 Le découvert : c’est un concours d’une durée plus longue que celle des
facilités de caisse. Il est de quelques mois voire d’un an. Il permet de faire face à une
insuffisance momentanée de fonds.

 Les crédits de campagne. Ce sont une catégorie particulière de découverts.


Ils permettent les approvisionnements saisonniers suivis des transformations.

Paragraphe 3 - Les crédits de mobilisation des créances


commerciales
Ils consistent pour la banque à verser au client le montant d’une créance
commerciale dont le recouvrement prochain lui en assure le remboursement. On
peut citer l’escompte et l’avance sur marché.

L’escompte consiste pour le porteur d’un effet de commerce, en général une lettre de
change, à l’endosser en propriété à son banquier qui en verse immédiatement le
montant nominal, déduction faite d’une somme représentant son prix.

Le prix de l’escompte correspond aux intérêts qui restent à courir jusqu’à l’échéance
de l’effet, auquel s’ajoutent les commissions.

L’escompte, en tant qu’opération de crédit à court terme, apporte aux entreprises


une aide de trésorerie. Il permet aux fournisseurs de mobiliser leurs créances sur les
acheteurs et de reconstituer par anticipation leur fonds de roulement.

Paragraphe 4 - Les crédits par signature


Ici, la banque se contente de s’engager en faveur de son client envers un tiers.

En fait, l’établissement de crédit, par sa signature, garantit l’engagement de son


client envers un tiers : elle n’avance pas de fonds.

On dénombre au titre de ces crédits l’aval, l’acceptation ou le cautionnement


bancaire.

Le cautionnement bancaire s’impose aux opérations économiques dans différentes


situations : en matière douanière, aussi lorsque l’entreprise passe un marché public
ou un contrat de vente d’immeuble à construire.

SECTION 2 - LES OPÉRATIONS INTERNATIONALES DE CRÉDIT : LE CAS DU


CRÉDIT DOCUMENTAIRE

Le crédit documentaire est né de la pratique du commerce international et plus


précisément des échanges de marchandises. Il obéit aux règles et usances
uniformes relatives au crédit documentaire établies par la Chambre de Commerce
International.

COURS DE DROIT BANCAIRE – Abdoulaye MAMBONE Page 36 sur 41


Le crédit documentaire est un instrument par lequel une banque, sur instruction d’un
donneur d’ordre, s’engage à payer un bénéficiaire sur présentation de certains
documents et à l’intérieur de délais déterminés.

Paragraphe 1 - Notions d’ordre général


Dans l’opération de crédit documentaire, la banque s’engage, compte tenu des
exigences de la réglementation des changes de son pays, à payer le vendeur en lieu
et place de l’acheteur contre remise des documents requis par ce dernier.

Ces documents représentent les marchandises expédiées par le vendeur et doivent


être présentés au banquier jusqu’à une date limite fixée par l’acheteur appelée date
de validité.

C’est donc après vérification de la conformité des documents que le banquier


procède au paiement du vendeur au comptant ou à l’échéance.

Le crédit documentaire apparaît avant tout comme un crédit d’importation et se


rattache à la catégorie des crédits par signature.

Paragraphe 2 - Les différentes modalités du crédit documentaire


Après la signature du contrat commercial entre les parties ou du bon de commande
qui en tient lieu, l’importateur demande à son banquier d’établir une lettre de
crédit en faveur de l’exportateur étranger. Si la banque y consent, elle rédige une
lettre par laquelle elle s’engage à effectuer le paiement de la créance en faveur du
vendeur pourvu que celui-ci fournisse dans un délai déterminé un certain nombre de
documents.

Dans ce type de crédit documentaire irrévocable, la banque s’engage de façon ferme


à payer le vendeur pour autant que celui-ci présente dans les délais fixés les
documents stipulés dans la lettre de crédit.

C’est cette lettre, encore appelée ACCREDITIF, qui détermine exclusivement les
droits du bénéficiaire. Ce dernier dispose d’un droit direct à l’encontre du banquier.

Les conséquences de cette situation sont que :

 Le droit du bénéficiaire est indépendant des relations qui existent entre


l’acheteur (donneur d’ordre) et le banquier. La révocation du crédit par l’acheteur ou
encore son décès n’autorise pas le banquier à se soustraire de son obligation ;

 Le droit du bénéficiaire est indépendant des relations qui existent entre lui-
même et le donneur d’ordre (acheteur). A ce titre, le banquier ne peut invoquer pour
échapper à son obligation ni l’inexécution ou encore la mauvaise exécution du
contrat de vente, ni encore son annulation dès lors que les documents offerts par le
bénéficiaire sont ceux exigés dans l’accréditif, sauf cas de fraude commise par le
bénéficiaire.

COURS DE DROIT BANCAIRE – Abdoulaye MAMBONE Page 37 sur 41


Paragraphe 3 - La mise en œuvre du crédit documentaire

I - La réalisation de l’accréditif

La réalisation de l’accréditif comporte deux grandes étapes : la vérification et la levée


des documents et l’exécution par le banquier de ses engagements.

1. L’acheteur (donneur d'ordre) demande à sa banque (banque émettrice)


l'ouverture d'un crédit documentaire irrévocable en faveur du vendeur
(bénéficiaire) auprès de sa banque.

2. La banque de l’acheteur transmet cette ouverture de crédit à la banque du


vendeur (banque notificatrice) en précisant toutes les conditions d'utilisation et
de paiement : montant, date de validité, désignation de la marchandise, date
limite d'expédition, conditions de vente, de transport et d'assurance,
documents exigés, délai de paiement.

Dès lors, la banque émettrice s'engage à payer le vendeur (quelle que soit la
situation de l’acheteur), à condition qu’il respecte scrupuleusement les conditions
fixées, en fournissant notamment tous les documents requis dans les délais prévus.

3. La banque du vendeur lui notifie cette ouverture de crédit, sans engagement


de sa part. Le vendeur peut demander à son acheteur que le crédit
documentaire soit en plus confirmé par sa banque. Cette confirmation, à la
différence d'une simple notification, engage également la banque du vendeur à
le payer, quelle que soit pour elle la difficulté à obtenir le transfert des fonds de
la banque étrangère. Cette confirmation supprime donc pour le vendeur : le
risque de non-paiement qu’il prend sur la banque émettrice, le risque politique
du pays (non transfert des fonds).

4. A réception de la notification du crédit documentaire, le vendeur vérifie que les


conditions fixées sont conformes au contrat commercial conclu avec
l’acheteur, et qu’il peut fournir tous les documents requis dans les délais
impartis.

Vous expédiez la marchandise.

5. Au moment de l'expédition, le vendeur réunit tous les documents exigés dans


l’accréditif et les remet à la banque de l’acheteur.

6. Si les documents sont conformes aux termes de l'ouverture du crédit, trois cas
peuvent se présenter :

lorsque le crédit documentaire a été confirmé par la banque du vendeur


: celle-ci règle le vendeur à la date prévue et adresse les documents à
la banque émettrice ;

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lorsque le crédit documentaire a été notifié au vendeur par sa banque,
la banque du vendeur transmet les documents à la banque émettrice
qui, après vérification de leur conformité, règle le vendeur à l'échéance
prévue ;

Le crédit documentaire a été notifié au vendeur par sa banque et


utilisable à ses caisses, la banque du vendeur réclame les fonds
auprès de la banque émettrice et les crédite au vendeur dès réception.

7. Les documents sont transmis à l’acheteur, qui peut ainsi prendre possession
de la marchandise.

NB : L'engagement de payer des banques repose uniquement sur la stricte


conformité des documents : ils sont donc examinés scrupuleusement, et le
moindre détail (y compris une faute de frappe) peut être considéré comme une
irrégularité.

II - Les recours postérieurs à la réalisation du crédit documentaire

 Dans les rapports entre banques

C’est l’hypothèse où le crédit documentaire fait l’objet d’une garantie supplémentaire


donnée par un autre banquier. Le crédit dans ce cas est confirmé par une banque du
pays du vendeur. En principe le risque est couvert par la banque émettrice qui doit
rembourser la banque confirmatrice.

 Dans les rapports entre les banques et le bénéficiaire du crédit

Le banquier n’a aucun recours contre l’exportateur (vendeur) sauf dans le cas de
paiement sous réserve. Il en va de même lorsque celui-ci s’est rendu coupable de
fraude.

 Dans les rapports entre la banque émettrice et son client (acheteur)

Selon les termes de leur accord, le client approvisionne la banque avant le paiement
ou la rembourse ; dans ce dernier cas, la banque conserve les documents jusqu’à
paiement.

 Dans les rapports entre le vendeur et l’acheteur

En cas de mauvaise exécution du contrat, l’acheteur peut agir en dommages et


intérêts contre le vendeur, voire en résolution du contrat et en répétition du prix.

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SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE : LA NOTION DE DROIT BANCAIRE ......................................................................... 1


I – APPROCHE DU DROIT BANCAIRE ................................................................................................................. 1
II – QUELLE EST L'OBJET DU DROIT BANCAIRE ? ................................................................................................. 1
1 - Les opérations de banque ........................................................................................................................ 1
2 - Les professionnels de la banque .................................................................................................................. 2
III – QUELLES SONT LES CARACTERISTIQUES DU DROIT BANCAIRE..................................................................... 2
1 - Le Droit bancaire n'est pas une branche autonome du droit ................................................................... 2
2 - Le Droit bancaire est un droit original ..................................................................................................... 3
IV – LES SOURCES DU DROIT BANCAIRE ............................................................................................................ 3
1 – La loi bancaire ......................................................................................................................................... 3
2 - Les décisions des organes directeurs de la profession ............................................................................. 4
2 - La jurisprudence bancaire ........................................................................................................................ 4
3 - Les usages bancaires................................................................................................................................ 5
4 – Les sources communautaires .................................................................................................................. 5
PREMIERE PARTIE : LE CADRE JURIDIQUE DES ACTIVITES DES ETABLISSEMENTS DE CREDIT ............................. 6
CHAPITRE I - LA REGLEMENTATION DES BANQUES ET DES ETABLISSEMENTS FINANCIERS ................................ 7
Section I - Présentation de la réglementation ............................................................................................... 7
Paragraphe 1 - Les textes régissant l’activité bancaire ............................................................................................. 7
I - La loi portant réglementation bancaire ........................................................................................................... 7
II - Les autres textes ............................................................................................................................................. 8
A - La Convention portant création de la Commission bancaire .................................................................... 8
B - Le Dispositif prudentiel applicable aux banques et établissements financiers ......................................... 9
1 - Les conditions d’exercice de la profession .......................................................................................... 9
2 - La réglementation des opérations spécifiques effectuées par les banques et établissements
financiers ................................................................................................................................................ 10
3 – Les normes de gestion ...................................................................................................................... 11
Paragraphe 2 – Autres dispositions réglementaires, régissant les activités financières et ayant un lien avec les
activités bancaires ................................................................................................................................................... 12
I – Le Règlement relatif aux relations financières extérieures des Etats membres de l’UEMOA ....................... 12
II – Les Actes uniformes de l’OHADA ................................................................................................................. 12
III – Cadre juridique relatif aux systèmes de paiement dans les Etats membres de l’UEMOA .......................... 13
Section II - Champ d’application de la réglementation bancaire ................................................................ 14
CHAPITRE II - LA REGLEMENTATION DES SYSTEMES FINANCIERS DECENTRALISES .......................................... 15
Section I : Objectifs de la microfinance ....................................................................................................... 15
Section II - La réglementation des SFD ........................................................................................................ 16
DEUXIEME PARTIE : LES OPERATIONS DE BANQUE .......................................................................................... 18
CHAPITRE 1 : LES COMPTES EN BANQUE..................................................................................................................... 19
Section 1 : Généralités sur les comptes en banque ........................................................................................... 19
§1. Notion de compte en banque ........................................................................................................................... 19
A - Le compte est un document comptable .............................................................................................................. 19
B - Le compte est un instrument juridique ................................................................................................................ 19
§2. Les principaux types de comptes en Banque .................................................................................................... 20
A - Les comptes à vue .......................................................................................................................................... 20
1 - Le compte de dépôt à vue ...................................................................................................................... 20
2 - Le compte courant .................................................................................................................................. 20
3 - Les comptes sur livret d’épargne ............................................................................................................ 21
B - Les comptes à terme ....................................................................................................................................... 21
Section 2 : Règles sur les comptes en banque ................................................................................................. 22
§1. L’ouverture des comptes ................................................................................................................................... 22
A - Le droit au compte ........................................................................................................................................... 22
B - Les devoirs de vérifications du banquier............................................................................................................. 23
§2. Le fonctionnement du compte .......................................................................................................................... 23

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A - La tenue matérielle du compte par le banquier.................................................................................................... 23
B - Les droits du client sur le crédit du compte ......................................................................................................... 24
§3. La clôture du compte..................................................................................................................................... 24
Section 3. Les comptes multiples ................................................................................................................ 24
CHAPITRE 2 : LES OPERATIONS DE CREDIT ..................................................................................................... 26
Section 1 : Classification du crédit ............................................................................................................... 28
Paragraphe 1 - Classification selon la durée du crédit. ........................................................................................... 28
Paragraphe 2 - Classification selon la destination. .................................................................................................. 28
Paragraphe 3. Classification selon les techniques juridiques utilisées. ................................................................... 29
I - La mise à disposition future de fonds ............................................................................................................ 29
A - L’ouverture de crédit .............................................................................................................................. 29
1) - Caractères : ...................................................................................................................................... 29
2) - Le contenu de l’ouverture de crédit. ............................................................................................... 31
3) - Durée et révocation ......................................................................................................................... 31
4) - Refus d’ouverture de crédit ............................................................................................................. 32
B - L’épargne –logement .............................................................................................................................. 32
C - Le crédit différé ...................................................................................................................................... 33
II - La mise à disposition immédiate de fonds ................................................................................................... 33
III - La mise à disposition éventuelle de fonds ................................................................................................... 33
Section 2 - La rémunération du banquier dispensateur de crédit ............................................................... 34
CHAPITRE 3 - LE FINANCEMENT DES ACTIVITES COMMERCIALES...................................................................................... 35
Section 1. Les opérations de crédit interne ................................................................................................. 35
Paragraphe 1 - L’ouverture de crédit ...................................................................................................................... 35
Paragraphe 2 - Les avances ..................................................................................................................................... 35
Paragraphe 3 - Les crédits de mobilisation des créances commerciales ................................................................. 36
Paragraphe 4 - Les crédits par signature ................................................................................................................. 36
Section 2 - Les opérations internationales de crédit : le cas du crédit documentaire ................................. 36
Paragraphe 1 - Notions d’ordre général .................................................................................................................. 37
Paragraphe 2 - Les différentes modalités du crédit documentaire ......................................................................... 37
Paragraphe 3 - La mise en œuvre du crédit documentaire ..................................................................................... 38
I - La réalisation de l’accréditif ........................................................................................................................... 38
II - Les recours postérieurs à la réalisation du crédit documentaire.................................................................. 39

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