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Cours d’économie monétaire 2ème année

Cours d’économie monétaire


Deuxième année des sciences économiques

Enseignant : SAWADOGO Hamidou Ph.D/C

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Cours d’économie monétaire 2ème année

Economie Monétaire

Table des matières

Partie I : l’initiation à l’économie monétaire

Introduction générale : la monnaie et l’économie monétaire

Chapitre 1 : les instruments financiers

Chapitre 2 : les institutions bancaires et financiaires

Chapitre 3 : la masse monétaire et ses contreparties

Chapitre 4 : les marches

Partie II : introduction à la politique monétaire

Chapitre 5 : la demande de monnaie

Chapitre 6 : l’offre de monnaie

Chapitre 7 : la politique monetaire

Bibliographie

Jean Marchal et Frédéric Poulin, « monnaie et crédit dans l’économie française », Paris
Cujas, plusieurs éd.

Monique Beziade, « la monnaie », Paris, Masson, 1986

Jacques Henri David, « la monnaie et la politique monétaire », Paris Economica 1986

J.M. Keynes, « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie », Paris, Payot

Objectif du cours

Ce cours vise à transmettre aux étudiants de deuxième année des sciences


économiques des connaissances concernant la gestion financière de la nation
(politique monétaire essentiellement) et des éclairages sur les mécanismes qui sont
derrière la création monétaire. Au préalable, il expose les modalités du financement,
les outils et instruments financiers de l’économie Burkinabé.
Par ailleurs, il est également question de connaître le système monétaire
international dans lequel nous vivons ainsi que ses origines.

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INTRODUCTION GENERALE

De nos jours, il existe plusieurs formes de monnaie qui peuvent être classées en
deux (02) ou trois (03) grandes catégories :

 La forme manuelle, appelée monnaie fiduciaire, parce que basée sur la


confiance. Cette forme de monnaie circule par la remise manuelle, de main
en main. Elle est constituée :
 La monnaie papier ou monnaie Banque centrale
Il s’agit des billets de banque qui représentent une valeur nominale et
qui ont « cours forcé » c’est-à-dire qu’ils ne sont pas convertibles en
métal précieux tel que l’or.
 La monnaie métallique ou monnaie divisionnaire
Elle est constituée par l’ensemble des pièces monétaires. Elle permet
d’assurer les transactions de faible valeur.

 La monnaie scripturale ou monnaie de banque qui prend la forme


d’écriture. Elle est constituée des avoirs dans les comptes à vue. Elle circule
à travers des supports dont les plus connus sont les chèques.

Une troisième forme sera la monnaie dite électronique, monnaie dont les
supports de circulation sont formés d’un ensemble d’instrument comme les
cartes bancaires. Il convient de noter que c’est une monnaie scripturale qui
utilise l’électronique plutôt que le stylo à bille, le stylo à encre ou la machine à
écrire.

Définition de la monnaie
La définition de la monnaie n’est pas un exercice aisé. Cela est en relation avec
les faits suivants.

Historiquement, la monnaie a existé avant qu’on ait cherché à la définir. Elle a


pris à l’origine une forme matérielle pour progressivement se dématérialiser
engendrant du même coup une confusion entre la monnaie et son support qui est
le bien qui l’incarne ou qui l’a incarné, une désorientation lorsqu’elle a pris une
forme immatérielle. L’histoire de la monnaie montre donc un processus
constant de dématérialisation (processus au cours duquel les moyens de
paiement sont devenus de moins en moins physiques).

Monnaie marchandise → Monnaie métallique → Monnaie papier → Monnaie


scripturale→ Monnaie électronique

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Dans certaines économies, il ya eu une multiplicité de circulation monétaire. Ce


qui ne favorise pas une vision unique du phénomène.

Les économistes ont initialement défini la monnaie par ses fonctions, vu qu’une
définition émanant de l’historique ou des mutations de la monnaie paraitrait plus
complexe.

Quand la monnaie avait comme support un bien qui a une utilité propre (toute
forme de monnaie qui a existé avant la monnaie fiduciaire : le bétail, le poisson
séché, le grain de seigle, l’argent, l’or), elle a été défini comme un bien qui a
rempli un certain nombre de fonctions.

Quand elle s’est détachée du bien qui a une valeur intrinsèque pour s’incarner
dans du papier qui n’a pas d’utilité propre ou une valeur intrinsèque assez
grande, on a dit que la monnaie est une chose qui rempli un certain nombre de
fonctions.

Les fonctions de monnaie auxquelles nous faisons allusion sont :

 La monnaie comme unité de compte,


 La monnaie comme intermédiaire d’échange,
 La monnaie comme réserve de valeur.
Nous pouvons synthétiser ces rôles de la monnaie dans le tableau suivant :

Caractéristiques
Rôle Généralité Physique Temporelle
Unité de compte Numéraire Abstrait Immédiat
Intermédiaire des échanges Liquidité Concret Immédiat
Réserve de Valeur Actif Concret Inter-temporelle

 La monnaie comme unité de compte

La monnaie permet de compter les biens, de leur donner une valeur et de faciliter
ainsi l’établissement des rapports d’échange entre les biens pris deux (02) à deux
(02).

Par rapport à une économie ou il n’y aurait pas de monnaie (économie de troc), elle
facilite l’établissement des d’échange.

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Supposons une économie de troc à n biens. Dans cette économie le nombre de


rapports d’échange qui peuvent s’établir entre les n biens est égale au nombre de
combinaisons de ces n biens pris deux(02) à deux (02). On a :

Exemple : Mil, Lait, Viande

Lait

Pml Trois (03) prix relatifs.

Mil Pvl

Pmv Viande

Mil, Lait ; Viande, Sucre, Sel.

Lait

Viande viande sucre

Mil sucre lait sucre Viande Sucre Sel

Sel sel sel

Economie de 100 biens = 4950 prix relatifs

Economie de 1000 biens = 499500 prix relatifs

Supposons que nous soyons dans une économie monétaire à trois (03) biens A, B,
et F CFA dont CFA est la monnaie.

Dans ce cas, le fait de connaitre les rapports de change entre chaque bien et la
monnaie permet d’en déduire le troisième, c.-à-d. entre les deux (02) autres
biens. Si A=10 Fcfa, B=7 Fcfa alors B = (7/10) A.

Il suffit de connaitre (n-1) rapports d’échange pour avoir les n rapports. S’il ya
1000 biens dans la société, il suffit désormais de connaitre les rapports
d’échange entre 999 biens et la monnaie pour en déduire tous les autres
(499500-999). Donc la monnaie facilite l’établissement de rapports dans une
économie à n biens.

Elle résout du même coup les questions de la double coïncidence des


préférences et de divisibilité. Un vendeur de mouton pourra payer une boule de
savon et garder sa monnaie. Sans la monnaie, il faut que le vendeur de mouton

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trouve quelqu’un qui veut du mouton. Cette dernière doit avoir du savon en
échange. Elle doit aussi être capable de payer le mouton entier c'est-à-dire avoir
du savon en quantité pour l’échange. Que les deux conviennent d’un rapport
d’échange (le mouton en boule de savon). Toutes ces contraintes peuvent rendre
impossible l’échange.

 La monnaie comme intermédiaire d’échange

La seconde fonction de la monnaie est le fait d’être un intermédiaire dans les


échanges. Le dire entraine que la monnaie a un pouvoir d’achat immédiat et
général. Le pouvoir d’achat général s’explique par le fait que la monnaie permet
d’acheter, tout bien et non pas un nombre limité de biens.

Le pouvoir d’achat immédiat sans délai est que l’on peut se passer de la
transformation en quoi que ce soit pour devenir un moyen libératoire. Autrement
dit, dès qu’on en dispose, on ne supporte pas un coup (ni en temps, ni en argent)
pour en faire un moyen de paiement.

C’est en ce sens que Keynes dit que « la monnaie est une chose qui a des
attributs dont sa détention confère l’opportunité d’avoir n’importe quelle chose,
bien ou service, en n’importe quel moment et en n’importe quel lieu».

La monnaie est donc la liquidité par excellence. Et on mesure le degré de


liquidité d’un bien par le délai et le coût pour le transformer en monnaie.

Plus le délai ou le coût est court ou faible, plus ce bien tend vers la monnaie et
inversement (or, avoirs dans un compte d’épargne tendent vers la monnaie
tandis qu’une vieille voiture ne sera pas considérée comme monnaie…).

 La monnaie comme réserve de valeur

La monnaie permet de transporter les valeurs dans le temps au taux d’inflation


près. On remarque au passage que 130 F CFA en monnaie divisionnaire (prix
d’une miche de pain au Burkina Faso en 2010) est plus conservable dans le
temps que la miche de pain elle même. La monnaie comme réserve de valeur
peut être vue aussi comme un contrat social entre les générations passées, la
génération présente et les générations futures. Elle permet de transposer le fruit
du travail ou la valeur du patrimoine dans le temps (capitalisation des richesses
dans le temps). Ainsi, les générations antérieures pourront satisfaire leur mode
de consommation à l’époque présente par le biais de la monnaie qui est une
épargne de leur période active.

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En somme on dirait qu’une économie est monétaire s’il existe un bien ou


quelque chose qui remplit parfaitement ces trois (03) fonctions dans cette
économie.

A l’inverse, toute économie qui n’en connait pas ou qui n’en connait
qu’imparfaitement l’existence de cette chose (existence de poche d’économie de
troc, utilisation exclusive de la monnaie fiduciaire, refus de la monnaie
scripturale) est une économie non monétaire ou imparfaitement monétaire.

C’est ainsi que certaines économies africaines particulièrement celles de


l’Afrique noire, sont qualifiées d’économie imparfaitement monétaire.

Le sous-entendu est qu’une économie non monétaire ne peut pas fonctionner sur
la même logique qu’une économie monétaire. On a le rationnel (économie
monétaire) et l’irrationnel (économie non monétaire), le calcul contre son
contraire. En définissant la monnaie par ses fonctions, on a toujours pas défini
ce que c’est que la monnaie, on a fait que dévoiler les fonctions de celle-ci.

En vérité, c’est l’économie monétaire qui engendre la monnaie dont les


mutations, les métamorphoses, s’opèrent en fonction des insuffisances de telle
ou telle forme par rapport aux besoins de l’agent économique ou aux besoins de
l’économie dans son ensemble.

D’où vient donc la monnaie? Quel est son essence?

Si les fonctions de compte et de réserve de valeur peuvent se comprendre dans


n’importe quel type d’économie, la fonction d’intermédiaire des échanges n’est
convenable que dans une économie fondée sur les échanges. Le prototype d’une
telle économie est l’économie fonctionnant sur la base de la propriété privée des
biens. Dans ces économies, naitront des biens ou des choses peut importe leurs
formes :

 Qui seront des unités de compte dans la perspective des échanges,


 Qui disposeront d’un pouvoir d’achat général et immédiat afin de faciliter
les transactions,
 Et qui représenteront la qualité d’être des moyens de transfert de valeurs
dans le temps afin que dans les échanges, l’agent économique puisse avoir
le fruit de son travail au fil du temps.

Par conséquent tout économie de propriété privée est d’emblée une économie
monétaire. Mais qu’est-ce que c’est que la monnaie?

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Banques

Service de la dette

ou destruction de crédit création de la

la monnaie monnaie

Epargne

Entreprises

Consommation rémunération des

Salariés

Ménages

Partons du fonctionnement des économies modernes. Dans ces économies, la


monnaie est créée par les banques au profit des entreprises. Les entreprises
emploient des salariés, distribuent des revenus à ces derniers et produisent des
biens ou des services.

Les ménages consomment les biens et les services produits par les entreprises et
la monnaie revient aux entreprises. Ces ménages peuvent naturellement épargner
si le revenu acquis dépasse les besoins de consommation. On voit donc
l’utilisation d’un revenu global en consommation et épargne.

Les entreprises remboursent aux banques. On peut donc prétendre que la


monnaie créée par les banques correspond à la valeur de la production future. Il
vient donc que les formes diverses de la monnaie sont des signes de la valeur
anticipée de la production.

Pour résumer, et selon l’approche que toute économie de propriété privée est
d’emblée monétaire, on peut donc prétendre que la monnaie est l’ensemble des
signes représentant la valeur anticipée de la production.

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CHAPITRE I : LES INSTRUMENTS FINANCIERS


Les instruments sont constitués d’un ensemble de contrats, écrit ou non, qui
servent de support aux transactions financières. S’il faut en extraire des sous
ensembles, les catégoriser, on peut le faire en fonction :

 du statut juridique de la personne qui l’émet (instrument privé, instrument


public)
 du type d’activité financière dont il est le support (instrument de placement,
instrument de crédit)
 de l’échéance c'est-à-dire de la durée de vie de l’instrument. On distinguera
alors les instruments du court terme dont l’échéance est égale à 2 ans
maximum. Les instruments de moyen terme dont l’échéance est compris
entre 2 ans et 7 ans. Les instruments du long terme avec une échéance
supérieure à 7 ans.

1. LES INSTRUMENTS DE COURT TERME ET DE MOYEN TERME

Ils sont constitués d’instruments de placements et de crédits.


1.1. LES INSTRUMENTS DE CREDITS

Ils sont pour ainsi dire des supports à l’activité de crédit. Il convient cependant
que le crédit est basé sur la confiance et un droit consécutif à la détention d’un
titre. Mais en pratique, l’activité de crédit s’appui sur des titres qui représentent
des créances commerciales ou des droits sur les marchandises.
1.1.1. LES TITRES REPRESENTATIFS DE CREANCES COMMERCIALES

Il existe une multitude d’instruments de créances commerciales mais les plus


courants sont : la lettre de change (traite commerciale) et le billet à ordre
(promesse ou engagement).

1.1.1.1. LA LETTRE DE CHANGE

La lettre de change matérialise le crédit interentreprises (crédit fournisseur). Elle


met en relation trois personnes : un créancier fournisseur appelé tireur, un
débiteur client (tiré) et une tierce personne morale appelée bénéficiaire
(généralement la banque du fournisseur ou le fournisseur du fournisseur).

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Le tireur, émetteur de la lettre de change, donne l’ordre au tiré de payer à une


date donnée telle somme à l’ordre du bénéficiaire. Considérons 03 entreprises
burkinabè qui entretiennent les relations commerciales suivantes :
Créancier de Burkina Moto Bénéficiaire
SIFA Hage peinture

Débiteur de SIFA
Burkina Moto

L’entreprise SIFA (créancier) donne l’ordre à BURKINA MOTO (débitrice) de


payer une certaine somme à une date donnée à l’ordre de HAGE PEINTURE
(bénéficiaire). SIFA vient de régler sa dette vis-à-vis de HAGE PEINTURE en
lui remettant une lettre de change. On dit que la dette a été réglée par voie de
remise. HAGE PEINTURE aurait pu ne pas être intéressé par cette transaction
(si elle n’a pas confiance à BURKINA MOTO). L’opportunité lui est offerte de
donner l’ordre à SIFA de payer à l’ordre de sa banque à elle.

Hage peinture créancier SIFA débitrice

Banque de Hage
Dans la réalité, c’est cette forme qui est courante. Le tireur est un créancier qui
donne l’ordre au tiré (débiteur) de payer une somme à l’ordre d’un bénéficiaire
qui n’est autre que le banquier du tireur. On dit que le créancier tire une traite
sur son débiteur d’où le nom de traite commerciale pour la lettre de change.

La lettre de change peut être accompagnée d’un certain nombre de procédures :

 L’ACCEPTATION : consiste pour le tiré à mentionner à un endroit


prévu à cet effet la mention « accepter » et signer.
 L’AVAL : le tireur peut trouver une autre personne qui s’engage à payer
au cas où le tiré serait défaillant.
 LA DOMICILIATION : elle consiste à indiquer le lieu où la lettre de
change doit être présentée pour être payée.

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 L’ENDOSSEMENT : il consiste à proposer au dos de la lettre de change


la mention ¨payer à l’ordre de…..¨ et signer.
 L’ESCOMPTE : la lettre de change peut être escomptée. L’escompte est
un crédit octroyé par la banque à son client sur la base de la lettre de
change. L’escompte et l’endossement sont translatifs de propriétés. La
lettre de change qui a été escomptée devient la propriété de la banque qui
a accordée le crédit à charge pour elle d’encaisser le produit à l’échéance.
 LE PROTET : contrat juridique que la lettre de change n’a pas été payée
à l’échéance.

La manipulation de la lettre de change est très couteuse pour les banques en


termes de papiers, de procédures, de personnels pour traiter la lettre de change,
etc. D’où l’idée de dématérialiser la lettre de change. Cette dématérialisation se
caractérise avec la création de la lettre de change relevée.

Une lettre de change relevée est une procédure qui utilise l’électronique pour
traiter à la fois un ensemble de lettres de changes et minimiser ainsi l’utilisation
de supports manuels comme du papier. La lettre de change relevé se fonde sur
02 principes :

 la lettre de change peut être recouvrée (réglé) sans qu’il ait besoin qu’elle
circule matériellement.
 on peut faire la preuve de paiement sans qu’il ait besoin de remettre la
lettre de change.

Dans le cadre classique, le circuit de la lettre de change est le suivant :

Tireur Banque du tireur

Tiré Banque domiciliataire

Dans la procédure de la lettre de change relevé, lorsque celle-ci parvient à la


banque du tireur, elle est bloquée, et il est substitué au circuit manuel un circuit
électronique engageant la banque domiciliatrice et la banque centrale à travers
l’ordinateur de compensation.

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D’autres procédures accompagnent la lettre de change. Entre autre, on peut citer


l’encodage, la compensation, le bon à payer assorti d’un accord ou d’un refus,
l’édition d’un relevé de lettre de change à payer.
1.1.1.2. LE BILLET A ORDRE
Il met en relation 02 personnes morales : un tireur qui est en même temps le tiré
et un bénéficiaire. Cette formulation est du type : « au 30 octobre 2010, je
m’engages à payer la somme de…. à l’ordre de …. ». Ce billet à ordre doit
porter une date et une signature. Il peut être escompté. En pratique, le billet à
ordre est rédigé par un client au profit de sa banque qui lui avait accordé un
crédit.

NB : d’autres instruments de créances commerciales existent et l’obligation


cautionnée en est un exemple.
L’obligation cautionnée est un instrument de court terme utilisé pour
collectionner les taxes indirectes (TVA, taxes sur les boissons et alcools, etc.).
C’est un billet à ordre rédigé par le collecteur (l’entreprise agréée en occurrence)
au profit du trésor public. Ce qui lui permet de vendre d’abord ses biens avant de
payer l’impôt. Ce titre doit bénéficier de la caution d’une banque d’où
l’appellation d’obligation cautionnée. Ces genres de titres sont mobilisables
auprès de la banque centrale.

1.1.1. LES INSTRUMENTS REPRESENTATIFS DE DROIT SUR LES MARCHANDISES

Ces instruments procurent des garanties supplémentaires. Ils sont de plusieurs


ordres et de différentes formes mais les plus courants sont le warrant et le
connaissement.

1.1.1.1. le warrant
C’est un billet à ordre présentant la particularité de comporter un droit de gage
sur les marchandises. Gager une chose c’est la remettre pour sûreté de sa dette,
c’est la nantir. Tout bien (corporel ou incorporel) peut être mis en gage.
Le gage peut se faire sans dessaisissement au contraire du gage civil. Dans le
gage traditionnel (civil) il ya dessaisissement de l’objet gagé au profit du
créancier et au détriment du débiteur. Cela est possible grâce à l’existence de
magasins spéciaux. Le dépôt des biens dans ces magasins donne droit à la
délivrance d’un document en deux volets appelé récépissé-warrant.

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Le warrant sans dessaisissement (agricole, hôtelier, pétrolier, industriel) se fait


pour permettre au débiteur de jouir toujours de son matériel afin de pouvoir
générer des flux financiers conséquents pour le remboursement de la dette.
1.1.1.2. Le connaissement:
C’est un titre lié à un transport de marchandises par voie maritime. Il permet la
mise en place d’un type particulier de crédit documentaire. Le connaissement
est un reçu de marchandises chargées par un navire. Il est vu comme un contrat
d’affrètement entre un chargeur et un transporteur. C’est un titre de mise à
disposition des marchandises.
Le crédit documentaire associé au connaissement est appelé ainsi parce qu’il
s’appui sur un ensemble de document dont le connaissement est une pièce
essentielle.

Exportateur Correspondant de la banque de l’importateur

Importateur Banque de l’importateur

La réalisation du crédit documentaire implique la banque émettrice, la banque


notificatrice et le bénéficiaire. On distingue 04 règles de réalisation :
 paiement à vu : paiement au bénéficiaire sans délai dès que les documents
ont été remis, noté D / P (document contre paiement)
 réalisation par acceptation (D/A) : l’émetteur accepte de payer les traites
tirées par le bénéficiaire.
 réalisation par négociation
 réalisation par paiement différé : on permet à l’importateur d’écouler toute
la marchandise avant d’effectuer le paiement chez l’exportateur avec des
échéances de paiement.

1.2. LES INSTRUMENTS DE PLACEMENT

Ce sont des instruments qui permettront de placer des fonds à vu à court terme.
Ces placements sont constitués d’avoirs en compte courant et d’autres titres de
court terme. Le compte courant est un contrat entre une institution financière et
son client pour la remise réciproque de fonds. Dans ces comptes à vu, les fonds
sont disponibles sans grande formalité. A priori, le solde d’un compte à vu est
nécessairement créditeur sauf en cas de facilité de caisse accordé à titre
personnel. Le compte courant peut bénéficier d’un découvert autorisé à

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l’opposition du compte d’épargne. On peut citer quelques exemples de comptes


d’épargnes :
 Les comptes d’épargne classique
 Les comptes à termes (bloqués ou DAT)
 Les comptes sur livret
 Les comptes d’épargne logement
 Les plans d’épargne logement
 Les livrés d’épargnes entreprises

Les titres de court terme dont l’échéance peut aller jusqu’à 7 ans appelés titres
de moyens termes sont constitués de titres publics (bons de trésors) et de titres
privés (bon d’institutions spécialisées).
1.2.1. LES TITRES PUBLICS (les bons de trésor)

Ce sont des titres de court terme émis par l’Etat pour emprunt auprès des agents
économiques non financiers et des institutions financières. Dans certains pays,
ils prennent une forme manuelle (les bons de trésor sur formule) et une forme
scripturale (les bons de trésor en compte courant). Les bons de trésor en
compte courant ont tendance à prendre de l’ascendance sur les bons de trésor sur
formule dans les pays développés comme l’Union Européenne, les Etats Unis,
Etc. L’émission de bons de trésor sur formule est permanente dans les PVD. Il
n’y a pas de plafond. L’émission de bons de trésor en compte courant se fait par
appel d’offre organisé pour le compte du trésor. Généralement cet appel d’offre
est généralement prononcé par la banque centrale.
1.2.2. LES TITRES PRIVES :

 les certificats de dépôts : historiquement, les billets émis par les banques
étaient initialement des certificats de dépôt d’or et constituaient donc bien
des reconnaissances de dettes. Ces certificats de dépôts sont aujourd’hui des
titres émis par les banques en contrepartie des dépôts reçus du public. Leur
échéance peut aller de 10 jours à 7 ans. Ces certificats ne peuvent être
remboursés par anticipation ni comporter de prime de remboursement. Ils ont
une échéance fixe.

 les billets de trésorerie : représentent des titres de créances négociables,


émis par une entreprise anonyme désireuse de s’endetter auprès d’un autre
agent et ce, par l’intermédiaire d’une banque. Ces billets sont émis par une
personne morale autre que l’Etat et une banque. D'une manière générale, ce
sont des émissions à moins d'un an cotées en rendement et non en cours (voir
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Cours d’économie monétaire 2ème année

plus loin); la valeur nominale de ces émissions est plus élevée que dans les
émissions classiques, de sorte qu'elles constituent principalement un marché
de professionnels.

 les bons de caisse (émis par les entreprises en vu de satisfaire leur


trésorerie) : Ce sont des bons nominatifs délivrés par une banque à toute
personne physique en échange de l’argent qui lui est confié pour une
période déterminée à l’avance (minium 3 mois, maximum 5 ans)
moyennant des intérêts. A l’échéance, le client se fait rembourser du
montant du bon sur présentation de ce dernier à la banque. Les intérêts
servis sur les bons de caisse sont calculés sur la base d’une année de 365
jours (année civile).
 les bons des institutions financières spécialisées (BOA, BIRD, BAD,
Etc.) qui ne font pas de crédits classiques mais des crédits de
développement.

NB : Les dépôts en banque procurent des instruments de paiements et/ou des


opportunités de dépenses en contrepartie de la ressource financière. On peut
citer :

le chèque ou le chéquier (cheque bancaire ou postal)

Le cheque bancaire ou postal est un ordre de paiement écrit qui permet au


titulaire du compte(le tireur) d’autoriser à sa banque(tiré) à régler
immédiatement au porteur du cheque (bénéficiaire) la somme inscrite sur celle-
ci. Cette somme est prélevée sur les sommes disponibles au crédit du compte du
tireur. Le cheque est endossable par le bénéficiaire, à un endossataire qui peut
lui-même transmettre le bénéfice à un nouvel endossataire et ainsi de suite.

La carte bancaire (à débit immédiat ou différé)

La carte bancaire permet à son titulaire de régler ses achats chez les
commerçants équipés d’un terminal de paiement, de retirer des billets dans les
distributeurs automatiques de billets ou Guichet Automatique de billets (GAB)
et d’effectuer des paiements ou d’obtenir des devises à l’étranger (si c’est une
carte bancaire internationale)

Le virement bancaire

C’est un jeu d’écriture qui permet de transférer une somme d’un compte à
l’autre. C’est une opération ponctuelle.
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Cours d’économie monétaire 2ème année

L’avis de prélèvement (automatique)

C’est une autorisation permanente donnée par le titulaire d’un compte à sa


banque de régler des sommes à une tierce identifiée. Par exemple le paiement
des factures d’eau, d’électricité, de gaz, de téléphone peut se faire par ce moyen.

Le titre interbancaire de paiement(TIP)

C’est un formulaire utilisé par le créancier et qui doit être signé par le débiteur
afin d’autoriser le virement du compte de ce dernier à celui du créancier. Il
s’agit d’un moyen employé par les entreprises qui perçoivent des paiements
périodiques (SONABEL, ONATEL, les assurances)

On peut également citer les titres individuels de paiement, le mandat,


l’assignation ou cheque circulaire qui sont des titres émis par un établissement
financier ou par la poste d’ordre d’un débiteur envers son créancier, ainsi que les
quittances émises par les compagnies d’assurances pour l’encaissement de leur
prime qui sont mises en recouvrement comme des effets de commerce.
1.2. LES TITRES LONG TERMES

Leur échéance peut aller au delà de 7ans. Les plus courants sont constitué des
actions et des obligations mais depuis un certain temps on assiste au
développement de titres de nature mixte c'est-à-dire qui allient les
caractéristiques des actions et des obligations. On peut également noter les
options comme des titres longs du marché secondaire.

1.2.1. Les obligations : on peut définir une obligation comme un actif financier
négociable incorporant un droit de créance sur l’émetteur selon un échéancier de
remboursements. Plus techniquement une obligation est définie par la
connaissance de son émetteur, du montant total de l’émission, de la devise de
cette émission, du prix d’émission, de la date d’émission, du tableau
d’amortissement (souvent réduit au prix de remboursement) ainsi que du niveau
des coupons successifs. La qualité de l’émetteur joue un rôle important dans la
détermination des conditions d’émission puis dans la fixation du cour d’une
obligation au marché secondaire. Cette qualité fait l’objet de classement
normalisé.
STANDAR ET MOODY’S Signification
POOR’S
AAA Aaa Débiteur sans risque
AA Aa Débiteur presque sans risque
A A Risque possible en cas de marasme économique

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BBB Baa Risque probable en cas de marasme économique


BB Ba Offre de garantie mais à vérifier
B B Léger risque de défaut à l’échéance
CCC Caa Risque élevé de défaut aux échéances
CC Ca Pourrait ne pas savoir payer à l’échéance
C Devrait ne pas savoir payer à l’échéance
C Une échéance d’intérêt a été différé
D Des intérêts et/ou remboursements sont dû(c’est sûre que vous
n’aurez rien de vos fonds)

Ces classements sont appelés rating d’une obligation. Les organismes


qui déterminent ces classements sont indépendants et se basent sur des
analyses approfondies de la situation financière des émetteurs. Les
entreprises n’émettent d’obligation que s’il y a un effet de levier c'est-à-
dire que la rentabilité de leur actif total est supérieure au niveau du taux
d’endettement.

-effet de levier financier :

Une société souhaite emprunter, est-ce avantageuse? La société


dispose des fonds. Soit A l’actif total divisé en fonds propre P et en fonds
emprunts E. les fonds des tiers sont empruntés au taux d’intérêt i. Le
résultat d’exploitation de la société noté R après réduction de toutes les
charges sauf du coût des fonds empruntés permet de calculer un taux de
rentabilité r. le taux d’imposition de la société est t.

De ces définitions, il en découle que : A=P+E ; R=r.A

Le bénéfice net après impôt N constitue le bénéfice distribuable aux


actionnaires. N= (rA-iE)(1-t)

Le résultat d’exploitation brut (B) :

B= R-iE = rA-iE = r(P+E)-iE ⇒ B= rP+(r-i)E

Le résultat d’exploitation avant impôt est . Il est intéressant


d’analyser la rentabilité des fonds propres de la société. Ce taux
s’exprime par :

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Cours d’économie monétaire 2ème année

Le rapport exprime le rapport des fonds empruntés aux fonds


propres. En cas d’endettement nul, il vaut 0. Le rapport est le
rapport entre bénéfice de l’entreprise après impôt et les fonds propres de
cette société. Lorsque augmente, c’est que la société emprunte
davantage. Ceci conduit à ce que le taux de rentabilité des fonds propres
s’écarte de donc du taux de rentabilité de l’actif total après
impôt. Cet écart est favorable pour l’entreprise si (r-i) est supérieur à
zéro et défavorable si (r-i) est inférieur à zéro.

Une société a avantage à emprunter pour ses activités si r, la rentabilité


de son actif total est supérieur à son niveau de taux d’endettement(i).
Tout le problème réside dans la prévision correcte de r qui dépend de
l’évolution de l’entreprise, et de la concurrence.
DETERMINATION DU TAUX DE RENTABILITE (r)

Le taux interne de rentabilité d’une entreprise s’obtiens en égalisant le montant


des investissements (actif total, fonds propres et capital emprunté) avec les flux
financiers futurs actualisés à la date de l’investissement. Dans la pratique on a la
VAN=0

La détermination du taux de rentabilité interne(TRI) :

VAN = 0;

Si les flux financiers futurs sont constants :

18
Cours d’économie monétaire 2ème année

Les obligations sont des valeurs mobilières à revenu fixe en opposition avec les
actions qui sont des valeurs mobilières à revenu variables. Outre les
caractéristiques classiques, les obligations peuvent présentées un éventail de
particularités qui influenceront la détermination de leur prix. D’une manière
générale, l’émetteur cherche à rencontrer un besoin ou à couvrir un risque ;à ces
conditions s’ajoute la recherche du coût minimal en fonction des possibilités de
l’émetteur dans le marché.
OBLIGATION CLASSIQUE A TAUX FIXE

L’émetteur fixe un prix et un montant dans une devise selon ses besoins, un taux
d’intérêt qui serait payé annuellement, une date et un prix de remboursement du
capital initialement souscrit. La simplicité du mécanisme permet à toutes les
parties de savoir avec précision les flux financiers de l’opération mais cette
simplicité comporte de la rigidité. Chacune des parties est exposée aux risques
de fluctuation des taux d’intérêts. L’émetteur ne pouvant pas profité d’une
baisse de ces taux de même que les souscripteurs ne profiteront pas d’une hausse
de ces taux.
1.2.1.2. LES OBLIGATIONS LINEAIRES

Les Etats choisissent ce type d’émissions pour une part importante de leurs
dettes publiques afin de favoriser au maximum la liquidité. L’émetteur fixe un
taux facial pour les intérêts annuels, une date un prix de remboursement
d’émissions successives qui sont souscrites par adjudication. Ceci permet
d’émettre des tranches complémentaires d’emprunts déjà émis en conservant
toutes les caractéristiques, le prix d’adjudication s’ajustant en fonction de
l’évolution du taux du marché. On parle souvent d’emprunt au robinet pour
désigner les obligations linéaires.
1.2.1.3. LES OBLIGATION A TAUX FLOTANT

Comme son nom l’indique, ces obligations comportent une incertitude sur le
taux d’intérêt des coupons. Ce taux sera fixé comme étant le total d’un taux de
référence (Exemple : l’EURIBOR (Euro International Offered Rate)) et d’un
écart (1,8%) éventuellement négatif.

19
Cours d’économie monétaire 2ème année

Lorsque le marché s’attend à une hausse des taux, une émission à taux fixe
rencontrera peu de succès. L’émetteur peut alors faire appel à une émission à
taux flottant pour arriver à rassembler le montant qu’il cherche.
1.2.1.4 OBLIGATION A COUPON ZERO

Ce sont des obligations pour lesquelles il n’y a pas de paiements intermédiaires


d’intérêts. Ces obligations éliminent le problème de paiement des coupons pour
l’émetteur et de leurs réinvestissements pour les porteurs d’obligations.

L’émetteur qui cherche à réunir le financement d’un projet qui ne génère pas un
flux financier suffisant pour assurer le paiement des intérêts avant la fin de sa
réalisation à recours à ce type d’émission. L’investisseur qui considère que les
taux sont historiquement élevés, qu’il n’a pas besoin des revenus d’une somme
dans l’immédiat et qui croit en la devise de l’émission sera attiré par ces
obligations.
1.2.1.5. LES OBLIGATIONS INDEXEES

Ce sont des obligations dont la valeur de remboursement est liée à une autre
valeur boursière (l’or)
1.2.1.6. OBLIGATIONS A CLAUSE DE CHANGE

Dans la plus part des cas, une obligation de ce type est émise dans une devise
mais les intérêts et le capital sont remboursés dans une autre devise moyennant
un taux de change fixé lors de l’émission. L’émetteur fixe un taux d’intérêt qui
s’applique au montant de souscription, calculé dans la devise de l’émission,
converti à un champ fixe et payé dans une autre devise. Il en est de même du
remboursement final. L’investisseur réalisera un gain supplémentaire si la devise
de paiement s’apprécie durant la vie de l’émission. Dans le cas contraire il
s’expose à une perte.

7-Obligations convertibles

Ces obligations sont généralement émises à un taux fixe mais peuvent être
échangées par d’autres titres (obligations ou actions) selon un rapport de
conversion fixé lors de l’émission. Lorsque le porteur d’obligations convertibles
transforme ses obligations en actions, il procède à un échange qui le dépossède
définitivement de ses obligations. Au moment de l’échange, il faut tenir compte
de la perte des intérêts courus plus ou moins composé par la jouissance pleine

20
Cours d’économie monétaire 2ème année

du dividende ultérieure. L’attrait de telle obligation est présidé par les mêmes
arguments que ceux des obligations avec warrant.

Obligations avec warrant

Ce sont des obligations auxquelles est attaché un droit de souscription, à un


autre titre, à un prix défini durant une période déterminé. Parallèlement, un taux
d’intérêt est payé par l’émetteur de sorte que lorsque le warrant est exercé, cette
obligation devient une obligation classique. L’attrait pour l’émetteur, est que
celui-ci peut offrir un taux facial moins élevé dès lors que l'intérêt et le
remboursement final sont garanties et que le droit constitue un ‘’plus
possible’’.
9-OBLIGATION REVERSE CONVERTIBLE

Alors que dans les obligations convertibles classique, ce sont les investisseurs
qui bénéficient d'un droit de change, dans les obligations ‘’reverse convertible’’
ce sont les émetteurs qui s’accordent un droit à savoir celui de pouvoir
rembourser les obligations par des actions plutôt qu’en cash si le cours des
actions est inferieur à un niveau prédéfini.
10-OBLIGATIONS PERPETUELLES

Ce sont des obligations qui n’ont pas d’échéance finale et qui sont donc
assimilables à des capitaux propres pour l’émetteur. Pratiquement, ces
obligations sont émises à un taux flottant. Elles ont donc les avantages des
obligations à taux flottant, mais en l’absence, d’acheteur, inexistence de
remboursement finale réduit le porteur ‘’ à s’assoir, attendre, et pleurer’’.
11- OBLIGATIONS PARTICIPATIVES

Ce ne sont ni des obligations, ni des actions, mais ce sont à la fois des


obligations et des actions. Ce sont des obligations perpétuelles dont la
rémunération est pour une partie un taux d’intérêt fixe ou flottant et pour l’autre
partie lié au bénéfice (consolidé) de l’émetteur.
2.2. LES ACTIONS

Une action est un titre de propriété représentant une fraction du capital d’une
entreprise et donnant à son porteur le droit de vote aux assemblées, le doit à
l’information et au bénéfice (nommé dividende). Il existe en réalité une très
grande diversité d’actions dont nous présenterons quelques unes .
-LACTION CLASSIQUE

21
Cours d’économie monétaire 2ème année

C’est la forme la plus répandue. Ce titre de propriété s’acquiert contre de


l’argent soit au moment de la création de l’entreprise ou d’augmentation du
capital, soit directement sur le marché boursier. Elle est source de 03 droits :

*un droit au pouvoir via un droit de vote lors des assemblées générales

*un droit à l’information

*un droit aux résultats sous forme de dividende. En effet si la société réalise
des bénéfices, l’actionnaire en recevra une partie au prorata du nombre d’actions
qu’il possède.

Depuis 1984, les actions sont dématérialisées (plus de papier mais des codes…).
Un des grands avantages de cette dématérialisation est le renforcement de la
sécurité. Impossible en effet pour un actionnaire de se faire voler ses titres.

 L’action privilégiée : elle offre un privilège qui peut être une priorité lors
des votes dans les assemblées générales ou une priorité lors de la
distribution des dividendes.
 l’action à dividende prioritaire(ADP) : les actions à dividendes
prioritaires ont été crées en 1978. Elles confèrent à leurs détenteurs un
accès privilégié aux dividendes mais elles ne bénéficient pas d’un droit de
vote. Dès lors que le profit est positif, le dividende versé doit garder au
moins 7,5% de la valeur nominale de l’action.
 Certificat d’investissement : est un titre sans doit de vote après la
nationalisation des entreprises en 1981. L’objectif était de permettre des
prises de participation par le public dans les entreprises nationalisées
sans pour autant modifier l’actionnariat et faire perdre des voies à
l’actionnaire principal à savoir l’état.
 Les actions à bon de souscription d’action (ABSA) : Ce sont des
actions qui donnent droit à leurs détenteurs de souscrire à de nouvelles
actions à une date donnée. Elles sont en générale plus chères que les
actions classiques.

NB : comme titres hybrides ont peut citer les actions à bon de souscription
d’actions, et aussi d’obligations.

2.3. Les titres mixtes ou hybrides

A long terme, les obligations peuvent devenir des actions.

22
Cours d’économie monétaire 2ème année

Les produits dérivés


Un produit dérivé est un actif financier dont la valeur dépend de la valeur
d’autres actifs financiers sous-jacents – généralement plus basiques

Les différents produits dérivés essentiels sont :

1. Les contrats à terme : forwards, futures

Un contrat FUTURE ou un contrat FORWARD est en accord entre deux parties


d’acheter / vendre un certain bien (appelé sous-jacent) à une certaine date dans
le futur (échéance) pour un certain prix.

 Exemples

– Accord d’achat de 100 oz. d’or @ US$400/oz. en décembre

– Accord de vente de £62,500 @ 1.5000 US$/£ en mars

– Obtenir un taux d’intérêt de 4% sur un dépôt de 3 mois en US$


dans six mois

La partie qui s’est engagée à :

– ACHETER à ce qu’on appelle une position LONGUE

– VENDRE à ce qu’on appelle une position COURTE

Il y a OBLIGATION à échéance de procéder à la transaction d’achat / vente !

Il n’y a pas de coût d’entrée (valeur initiale du contrat = 0)

Le prix d’un FUTURE ou FORWARD est le prix auquel les parties se sont
accordés à acheter / vendre le bien. C’est le prix de livraison qui s’applique au
contrat. Il peut être différent entre contrats à échéances différentes. En règle
générale le prix est fixé de telle manière à ce que la valeur du contrat soit égale à
zéro au moment de la création du contrat

 Le prix d’un contrat FUTURE

– Est déterminé par l’offre et la demande sur le marché d’échange


(futures)

– Est communiqué

 Le prix d’un contrat FORWARD

23
Cours d’économie monétaire 2ème année

– Est déterminé par l’accord (OTC) entre les deux parties

Les différences entre forward et futur


Forwards : contrats de gré à gré

 Toutes les caractéristiques sont négociables (maturité, taille, qualité, etc)

 Risque de contrepartie future : contrats standardisés échangés sur des


marchés organisés

 Caractéristiques standardisées

 Garanties assurées (chambre de compensation)

 Risque de liquidité

Les FUTURES sont négociés sur des marchés organisés.

Afin d’en assurer le bon fonctionnement l’investisseur doit déposer un déposit –


dépôt de garantie – auprès de la chambre de compensation afin d’assurer le
marché qu’il est effectivement en position d’honorer le contrat. Le contrat est
valorisé au jour le jour (marked to market). En cas de moins-value, et si le dépôt
de garantie franchit le seuil de sécurité, l’investisseur peut faire l’objet d’un
appel de marge. La chambre de compensation le contacte afin qu’il réactualise
son dépôt de garantie en fonction des récentes fluctuations du sous-jacent.

En Janvier: un investisseur prend une position longue sur un contrat à terme


FUTURE 100 oz d’or @ $400/oz en avril.

 Avril: l’or est coté $415 par oz


 Avril: l’or est coté $388 par oz

Quelle est le profit / la perte de l’investisseur ?


2. Les options

Une OPTION est un contrat entre deux parties qui donne à l’une des parties - le
détenteur de l’option le DROIT d’acheter (ou de vendre) un actif sous-jacent à
une certaine date pour un certain prix (le prix d’exercice).

 Un CALL est une option d’ACHAT

24
Cours d’économie monétaire 2ème année

Option call : c’est un titre permettant de réellement acheter un produit au prix


convenu le jour de l’achat de l’option même si le prix devient supérieur au prix
convenu.

 Un PUT est une option de VENTE

Option put: il est utilisé par le vendeur qui peut exiger au client de payer le
produit au prix convenu à l’avance le jour prévu pour l’échange (prix convenu
supérieur au prix du marché)
3. Les swaps
4. Les certificats (trackers, floors, caps, ...)

Les certificats sont en fait le fruit de combinaisons d’options, de contrats à


terme, d’actifs sous-jacents, d’actifs obligataires et / ou de swaps. Les sous-
jacents sont : actions, indices boursiers, matières premières, etc. Par exemple :

 Les certificats traçants (trackers)

 Les certificats multiplicateurs

 Les certificats bornés (floors, caps)


5. Les dérivés émis par les sociétés cotées (bons de souscription, droits de souscription, ...)

Les entreprises émettent parfois elle-même des instruments financiers dont la


valeur dépend du cours d’une (de leur) action. Ces instruments sont souvent
émis lors d’opérations différées sur le capital. Par exemple :

 Les bons de souscription

 Les droits d’attribution

 Les droits de souscription

 Les certificats de valeur garantie

25
Cours d’économie monétaire 2ème année

Chapitre II : les institutions financières


On désigne par institution financière des entreprises à but lucratif ou non dont
l’activité principale réside dans le domaine des finances : financement,
mobilisation de ressources, crédits, gestion de moyen de paiement…
1. Les institutions financières bancaires

Ce sont celles qui peuvent jouer le rôle de banque c'est-à-dire créé de la


monnaie. On a les banques du second rang, le trésor public, la banque centrale.
Ces institutions sont hiérarchisées. La banque centrale exerce la tutelle sur les
autres banques appelées pour cela banques de second rang.

1.1. Définition

La BCEAO considère comme banque « les entreprises qui font pour profession
habituelle de recevoir des fonds qui peuvent être disposés par chèques ou par
virements et qu’elle emploie pour son propre compte ou pour le compte
d’autrui, en opérations de crédits ou de placements » Article 3 de la loi bancaire.

Cette définition présente la banque comme intermédiaire entre 2 catégories


d’agents :

 Ceux qui disposent des fonds et qui peuvent les mettre à la disposition des
banques (Agents à capacités de financement)
 Ceux qui ont besoin de ces ressources pour la réalisation de leurs projets
(Agents à besoin de financement) ; c’est la banque tirelire.
s I
ACF BANQUE tire lire ABF

Une telle présentation occulte une fonction principale de la banque qui est celle
de créer de la monnaie, autrement dit de pouvoir créer ses propres ressources. La
banque centrale européenne (BCE) préfère la notion d’établissement de crédits à
la notion de banque. Ainsi selon la loi européenne « les établissements de crédits
sont des personnes morales qui effectuent à titre de profession habituelle des
opérations de banque… Ils peuvent effectuer des opérations connexes à leur
activité »

Qu’est-ce qu’une opération de banque ?


Les opérations de banque comprennent :

 la réception des fonds du public.

26
Cours d’économie monétaire 2ème année

 les opérations de crédits.


 la mise à la disposition de la clientèle de moyen de paiement ainsi que la
gestion de ces moyens de paiement.
Quelles sont les opérations connexes aux opérations de banque ?

Ils comprennent entre autre :

 les opérations de change.


 les opérations sur or, pièces et métaux précieux
 les placements, les souscriptions, les achats, la garde et la vente des
valeurs mobilière et tout produit financier (exemple des options).
 le conseil et l’assistance en matière de gestion des patrimoines.
 le conseil et l’assistance en matière de gestion financière.
 l’ingénierie financière.
 les opérations de location simple de biens (mobiliers ou immobiliers pour
les établissements habilités à effectuer des opérations de crédit bail.
Sont considérés comme moyen de paiements, tous les instruments qui
permettent à toute personne de transférer des fonds, quelque soit le support ou le
procédé de technique utilisés.
2. Traits caractéristiques des banques du XXIème siècle
A. Des métiers de banque de plus en plus diversifiés

Il n’est plus possible de parler aujourd’hui d’une banque comme d’une activité
unique tant les métiers de banque sont diversifiés.

On peut distinguer :

 les activités des banques de détail (pour les particuliers, les


professionnels, les petites entreprises) .
 les services financiers spécialisés (crédit à la consommation, affacturage,
bancassurance).
 Les services non financiers (immobilier, location de véhicules de
matériels informatiques…)
Les activités de banque d’entreprises (moyennes et grandes) désignés comme
banque de finance et d’investissement (BFI) .

 La banque privée dédiées à la gestion de fortune.


 les activités sur le marché financier.
 les activités de banque d’affaires (fusion, acquisition, introduction en
bourse et marché primaire d’actions).

27
Cours d’économie monétaire 2ème année

 les activités de gestion d’actifs qui regroupent différentes formes de


gestion (OPCVM, mandat de gestion…) et celles de conservation de
titres.
Cette décomposition des différents métiers bancaires n’est pas seulement
formelle.

Elle témoigne du fait que la banque au sens traditionnelle du terme n’existe plus.

Penser la banque aujourd’hui et à fortiori celle de demain comme un tout


homogène simple à définir et à contrôler, relève de la pure chimère.

L’analyse bancaire passe aujourd’hui d’abord et avant tout l’analyse des métiers
bancaires.

B. Une concurrence mondiale de plus en plus intense

Dans la majeure partie des métiers bancaires, la concurrence n’a plus lieu au
plan local ou national, mais continental ou mondial.

L’exemple le plus flagrant est celui des activités sur le marché des changes et les
marchés du taux qui met directement en concurrence les banques du monde
entier. On constate également que les entreprises à la recherche du financement
font des appels d’offre indistinctement ouverts à toutes les banques de la place
ou du monde. Les mandats de gestions d’actifs et également adjugés à l’offre de
la plus attrayante sans préjudice de l’origine de l’offreur.

C. la banque comme une industrie de pointe.

Le secteur financier est sans doute celui qui fait le plus massivement appel aux
technologies de l’information. Dans un pays comme la France, l’industrie
bancaire à géré en 2004 15 millions d’opérations de paiement au plan
interbancaire, c'est-à-dire plusieurs centaines de millions de données au niveau
de chaque grand établissement par jour. Un tel traitement représente par banque,
l’activité de gestion annuelle de données d’une grande entreprise industrielle
comme l’industrie automobile.

Ces traitements lourds s’appuient sur les technologies de pointe, de


l’information numérique et de plus en plus sur les multimédias.

3. Le fonctionnement d’une banque.

La banque se distingue fondamentalement des autres entreprises par le fait


qu’elles n’ont pas besoin de constituer leur passif avant de développer leur actif.

28
Cours d’économie monétaire 2ème année

A travers un simple jeu d’écriture, la banque peut octroyer du crédit sans au


préalable collecter des dépôts. Elles ne connaissent pas la contrainte de devoir
constituer le passif avant de développer l’actif. Elle peut en développant son
actif, développer en même temps son passif ou si l’on préfère que ses activités
développent les ressources nécessaires à leur développement. La banque peut
commencer ses activités de crédits sans un sou de dépôt. Pour cela il lui suffit de
satisfaire une demande de crédit d’un de ses clients. Le crédit va générer des
dépôts nécessaires à son financement. Le mécanisme est le suivant :

 A l’actif de son bilan, elle inscrit le montant de son crédit. Supposons


1000 F
 Au passif du bilan, elle inscrit au poste de dépôt le montant équivalent.
Actif Passif
Crédit : 1000 F DAV : 1000 F

Ainsi l’activité de crédit génère les ressources nécessaires à son financement. La


banque pour le moment n’a rien reçu en dépôt, mais en s’engageant à mettre à la
disposition de son client, le montant du crédit, c’est comme si elle s’est
constituée les dépôts nécessaires à cela (financement).

La banque vient de créer la monnaie (la monnaie scripturale). C’est une création
nette de monnaie qui dégage une quantité supplémentaire de monnaie entre les
mains des autres agents économiques. Elle aurait pu avoir l’occasion de le faire
autrement en substituant une forme de monnaie par une autre à savoir la forme
manuelle par la forme scripturale.

Supposons en effet que la banque reçoit en dépôt dans un compte à vue une
somme de 150F, son bilan va évoluer ainsi :

Actif Passif

Caisse : 150 DAV: 1000

Crédit : 1000 DAV : 150

Total : 1150 Total : 1150

La banque vient de créer de la monnaie par substitution d’une monnaie manuelle


à travers le dépôt en une monnaie scripturale.

Supposons maintenant que le client de la banque désire un montant de 750 F


sous forme de billets de la banque centrale. La banque a la possibilité de se

29
Cours d’économie monétaire 2ème année

procurer les billets auprès de la Banque Centrale si elle n’en a pas en sa


possession, ou auprès de ses consœurs en empruntant.

Considérons qu’elle emprunte auprès de la banque centrale le montant demandé


par son client : 750F. Le bilan de la banque évolue comme suit :

Actif Passif

Crédit : 1000 F DAV : 1000 F + 150 F= 1150 F

Caisse : 150 F

Compte à la banque centrale : 750 F Emprunt auprès de la banque : 750 F

Total : 1900 F Total : 1900 F

Le client qui a manifesté l’intérêt d’avoir de la monnaie banque centrale se fait


payer par son banquier à hauteur de 750 F. Après ce retrait effectif de son client
le bilan de la banque se présent comme suit :

Actif Passif

Crédit : 1000 F Emprunt BC : 750

Caisse : 150 F DAV : 1150-750= 400F

Banque Centrale : 750-750 = 0 F

Total : 1150 Total : 1150

Supposons que la banque reçoit un dépôt de 250F dans un compte d’épargne


(DAT), son bilan se présente comme suit :

Actif Passif

Caisse: 150 + 250 = 400 F Emprunt BC: 750 F

Banque Centrale: 0F DAV: 400 F

Crédit: 1000 F DAT: 250 F

total: 1400 F total: 1400 F

4. Les grands postes du bilan d’une banque.

30
Cours d’économie monétaire 2ème année

Le bilan d’une banque retrace à l’actif l’encours des créances et au passif


l’encours des ressources. L’encours est un stock.

Actif Passif

Caisse Emprunt à la BC

Avoir à la BC, trésor, CCP Emprunt aux autres banques secondaires

Compte chez les autres banques Dépôt à vu (DAV)

Crédit au trésor Dépôt d’épargne (DAT)

Crédit à la clientèle Bon de caisse

Immobilisation Encaissement des valeurs

Fonds propres

Le compte d’exploitation d’une banque :

Débit Crédit

Intérêts versés sur les emprunts à Intérêts perçus sur les prêts à d’autres
d’autres banques banques

Intérêts versés sur les dépôts de la Intérêts perçus sur les prêts aux clients
clientèle

Intérêts créditeurs – Intérêts débiteurs = Marge nette de la banque (Spread de


taux)

Si on soustrait les frais généraux, les amortissements, les provisions et on y


ajoute les retenues nets du portefeuille titre, on obtient le résultat avant impôt.
Après déduction des impôts, on obtient le résultat net.

6. Principe de gestion bancaire

Les banques ont pour objectifs d’assurer la liquidité pour les déposants tout en
cherchant à maximiser le rendement de leur actif et à minimiser le risque du
portefeuille titre.

31
Cours d’économie monétaire 2ème année

6.1 La liquidité

Une banque doit pouvoir convertir les dépôts de ses clients en monnaie banque
centrale. Elle doit pouvoir effectuer des virements pour honorer les chèques tirés
par ses clients au profit des clients d’autres banques (phénomène de fuite de
dépôts).

La banque doit aussi pouvoir collecter des ressources auprès de ses clients,
surtout des ressources stables (ressources d’épargne ou empruntées auprès de ses
consœurs ou auprès de la Banque Centrale. Elle doit à cet égard être en
possession d’effets de très bonne qualité parmi les différents types d’effets
suivants :

 Effets bancables : ce sont des effets qui constituent la norme


 Effets hors banques : ce sont des effets de qualité supérieure aux effets
bancables (les bons de trésor).
 Effets non bancables : ce sont des effets dont la qualité serait inférieure
aux effets bancables.
 Effets de cavaleries : ce sont des effets de qualité très douteuse.

6.2 La rentabilité

Les banques cherchent à maximiser le rendement de leur actif, elles cherchent à


réaliser le maximum de bénéfice possible. La rentabilité et la liquidité sont
intimement liées à savoir qu’une banque liquide est une banque rentable et une
banque rentable est une banque liquide.

Démonstration par l’absurde

Considérons une banque non liquide. Cela signifie une insuffisance de dépôt
d’épargne et/ou une prédominance de dépôts à vue.

Il faudra alors emprunter auprès de ses consœurs sur le marché monétaire (ce
qui est plus cher que la rémunération de l’épargne collectée, taux créditeur de la
banque elle même) ou se refinancer auprès de la Banque centrale (et verser à la
BC des taux d’intérêts directeurs plus élevés par le mécanisme du réescompte).
En plus il faudra supporter les d’importants frais pour la gestion des dépôts à
vue (personnel, paperasse…). Cela exerce en même temps une pression négative
sur la liquidité et la rentabilité donc « une banque non liquide est une banque
non rentable » on en déduit que «une banque liquide est une banque rentable».

32
Cours d’économie monétaire 2ème année

6.3 La gestion du risque

A travers le canal du crédit, les banques sont considérées comme les excellents
investisseurs et par conséquent elles doivent minimiser tout comme les autres
gestionnaires le risque de leur portefeuille titre.

Plusieurs types de risques existent. Nous citerons entre autre :

Le risque de change

C’est la conséquence de tout investissement en devise étrangère, à moins que cet


investissement ne soit justement fait pour annuler un risque de change.

Le risque d’inflation

La réduction du pouvoir d’achat varie selon les époques en réduisant


constamment le rendement réel des placements. L’enrichissement réel d’un
investisseur est effectivement la différence entre l’accroissement de valeur de
son patrimoine et la réduction de pouvoir d’achats due à l’inflation.

Ceci conforte l’adage populaire qui dit que «Pour être riche, il faille s’endetter».
Il est certain qu’un endettement élevé aujourd’hui sera moins conséquent dans
20 ans.

Le risque du taux d’intérêt

En théorie, le rendement à l’échéance d’obligation d’un même niveau de risque


est égal. Par conséquent, toute hausse des taux d’intérêts pour une échéance
d’obligation induit une baisse des cours de ses obligations, donc un
appauvrissement des porteurs d’obligations. La banque détentrice d’obligations
dans ce cas ou de titres assimilables à ces obligations, est victime d’un risque
des taux d’intérêts.

Le risque des marchés

La tendance des marchés est essentiellement fonction des données économiques.


Cependant tout marché est influencé par les comportements psychologiques et
les anticipations des investisseurs. Un investisseur particulier est encore plus
influencé par ces éléments difficilement pondérables. Au moment où un
intervenant veut opérer sur un marché, la liquidité de ce marché peut être
insuffisante. Après que la transaction ait été effectuée la contre partie peut faire
défaut.

33
Cours d’économie monétaire 2ème année

Le risque de l’entreprise

Un émetteur d’obligation peut devenir défaillant. Une entreprise évolue avec


plus ou moins de bonheur dans un secteur, un contrat, une découverte, un
accident…pouvant modifier la valeur d’une entreprise. Ce marché cherche
souvent à anticiper. Ainsi l’annonce d’un événement majeur dans la vie d’une
entreprise n’a pas souvent l’effet escompté sur le prix du marché ;

Exemple sur le marché des motos.

Le risque politique : tout Etat est par essence souveraine. Il peut donc
unilatéralement dénoncer ses engagements.

Exemple : l’emprunt Russe et des pays d’Amérique du sud.

II. Le trésor public

C’est la personnification financière de l’Etat dans le système financier. Il


collecte les ressources de l’Etat et engage naturellement les dépenses de l’Etat.
Pour cela il joue le rôle de banque et gère des comptes courants, les comptes
chèques postaux, les comptes des banques secondaires, les comptes des
institutions non bancaires et par conséquent a le pouvoir de création monétaire.
Il a le pouvoir d’émission de la monnaie. Dans certains pays, il s’occupe même
de nos jours de l’émission de la monnaie divisionnaire.

III. La banque centrale

Le rôle de la banque centrale est essentiellement l’émission monétaire et la


gestion de la politique monétaire. Pour cela elle est la banque des banques. Elle
assure la tutelle des autres banques. Elle conçoit et met en œuvre la politique
monétaire. Elle gère les avoirs extérieurs, donne des conseils aux gouvernements
et émet de la monnaie cours légale.

L’émission monétaire s’obtient par 3 sources :

 Concours à l’économie qui est le financement des banques de second rang


qui ont octroyées des crédits sans mobilisation préalable de l’épargne.
 Concours au trésor public : c’est la création monétaire de la banque
centrale pour financer le déficit publique.
 Création monétaire pour l’achat des devises provenant des exportations.
La banque centrale est la banque des banques car elle est le prêteur en dernier
ressort. Les banques secondaires s’adressent à la banque centrale pour leur

34
Cours d’économie monétaire 2ème année

refinancement après avoir épuisés toutes les possibilités sur le marché monétaire
et sur le marché financier.

Bilan de la banque centrale

Supposons une situation ou le système bancaire accorde 1000F de crédit à sa


clientèle qui en demande 750F sous forme de billets. Il s’adresse alors à la
banque centrale pour cette monnaie manuelle.

Si la banque centrale accède à cette requête, nous avons le bilan suivant :

Bilan du système financier bilan de la banque centrale


Actif passif actif passif

Cpte à BC :750 emprunt : 750 concours aux banques : 750 dépôt : 750

Crédit : 1000 dépôt : 1000

Total : 1750 total 1750

Après le retrait effectif des billets par le client de la banque de second rang, les
bilans seront :

Bilan du système financier bilan de la banque centrale


Actif Passif Actif Passif

Cpte à BC:750-750 = 0 emprunt :750 concours aux banques : 750 billet : 750

Crédit : 1000 dépôt:1000-750 =250 dépôt :0

Total : 1000 total :1000

Suite à une acquisition de devise par un client d’une banque de second rang de
400F on aura les bilans suivants :

Bilan du système financier bilan de la banque centrale


actif passif actif passif

Cpte à BC: 0+400=400 emprunt :750 avoir ext.net : 400 billet :750

Crédit : 1000 dépôt: 400+250=650 concours aux banques : 750 dépôt : 400

Total : 1400 Total : 1400 Total : 1150 Total :1150

L’acquisition des devises conduit à un désendettement du système financier :


35
Cours d’économie monétaire 2ème année

Bilan du système financier bilan de la banque centrale


Actif Passif Actif Passif

Compte à BC : 400-400 = 0 emprunt BC : 750-400 = 350 Avoir extérieur net (AEN): 400 billet : 750
Crédit : 1000 dépôt : 250+400 = 650 concours aux banques : 750-400= 350 dépôt : 0+400-400=0
Total : 1000 Total : 1000 Total : 750 Total : 750

Si la banque centrale accorde du crédit au trésor public de 300F on aura le bilan


suivant :

Bilan du système financier bilan de la banque centrale


Actif Passif actif passif

Cpte à BC : 300 emprunt BC : 0+350=350 avoir extérieur net : 400 billet : 750

Crédit : 1000 dépôt :650+300=950 concours au trésor : 300 dépôt dans les banques : 0

Total : 1300 Total : 1300 concours aux banques : 350 dépôt au trésor= 300

Total : 1050 Total : 1050

Si les clients du trésor demandent la conversion d’une partie de leur crédit


(200f) le bilan se présente comme suit :

Bilan du système financier bilan de la banque centrale

Actif Passif Actif Passif


Cpte à BC: 300-200=100 emprunt BC : 350 avoir extérieur net : 400 billet : 750+200= 950

Crédit : 1000 dépôt : 950-200= 750 concours au trésor : 300 dépôt dans les banques : 0

Total : 1100 Total : 1100 concours aux banques : 350 dépôt au trésor= 100

Total : 1050 Total : 1050

Contrepartie de la Masse monétaire Contrepartie de la Base monétaire


Masse Monétaire base monétaire

36
Cours d’économie monétaire 2ème année

Les grands postes du bilan de la banque centrale.

Actif passif

Avoirs extérieur net (DR devise) billets

DTS (droit des tirages spéciaux dépôts des banques

Crédit intérieur net dépôt des établissements


financiers
Concours aux banques de second rang
dépôt du trésor
Concours aux autres Ets fciers
fonds propres
Concours au trésor (PNG)

Immobilisation (bâtiment, ordinateur,


etc.)

IV. Les institutions financières non bancaires

Ce sont des institutions qui ne peuvent pas créer de la monnaie. Leur


caractéristique commune est qu’elles ne peuvent pas gérer des comptes
mobilisables à vue c'est-à-dire des comptes mobilisables par virement.

On peut citer comme grande famille de ces institutions au Burkina : les


Assurances, les Caisses d’épargne, la CNSS, le Réseau des Caisses Populaire,
etc.

Même si certaines de ces institutions peuvent financer l’activité des crédits de


leurs déposants, elles doivent le faire après mobilisation de l’épargne.

37
Cours d’économie monétaire 2ème année

Chapitre lll : La masse monétaire

l. Mesure du stock de monnaie

Mesurer le stock de monnaie dans l’économie revient à mesurer le potentiel de


demande immédiat sur le marché des biens et services c.-à-d. l’ensemble des
encaisses monétaires des agents non financiers résidents à un moment donné.
Concrètement, mesurer les encaisses monétaires suppose que l’on soit capable
de faire la part dans le patrimoine des agents de ce qui correspond à une réserve
de moyen de paiement et de ce qui correspond à une volonté d’épargne durable.
En d’autres termes, il s’agit de distinguer les actifs monétaires des actifs
financiers. Dans une économie où les marchés financiers sont peu développés
cette distinction est facile à faire alors que dans une économie où les marchés
financiers sont très développés cette distinction est peu évidente vu le rythme
rapide des innovations financières, le coût de transaction pour passer d’un actif à
un autre devenu faible.

Pour mesurer la masse monétaire, les autorités monétaires adoptent une


approche fonctionnelle. Dans cette approche, la masse monétaire représente
l’ensemble des moyens de paiement immédiat où différés et d’actif financiers,
dont leur conversion en monnaie (manuelle) n’implique pas un risque important
de perte en capital, détenu par les agents non financiers résidents à un moment
donné.

La masse monétaire est construite en agrégats emboités du plus liquide au moins


liquide.

 La masse monétaire au sens strict M1 ou disponibilité monétaire : M1=


MF+MS
MF= pièces et billets en circulation détenus par les agents non financiers
Ms= dépôts à vus des agents non financiers auprès des banques et des
coopératives
 La masse monétaire au sens de M2 : M2= M1 + QM
QM (quasi-monnaie)= épargne liquide

A titre d’exemple on trouve dans QM les à terme, les comptes spéciaux


d’épargne, les certificats de dépôts,…

 La masse monétaire au sens de M3 : M3= M2 + EA


EA= épargne affectée

38
Cours d’économie monétaire 2ème année

EA est composé de l’épargne logement, l’épargne projet et investissement, et les


emprunts obligataires.

 La masse monétaire au sens de L (dans certains pays M4) : L= M3 +


ATCN
ATCN= autres titres de créances négociables.

Les ATCN sont composés des titres émis par l’Etat auprès du public, les billets
de trésorerie,….
II. les contreparties de la masse monétaire

Les agrégats monétaires mesurent la masse monétaire en fonction du critère de


liquidité mais ne permettent de rendre compte de l’origine de la création de la
monnaie. C’est pourquoi l’analyse des contreparties est importante car elle
permet aux autorités d’assoir leur politique monétaire. Les contreparties de la
masse monétaire sont les sources de création monétaire par le système financier.
On distingue une contrepartie d’origine externe et une contrepartie d’origine
interne.

1. Contrepartie d’origine externe : les créances nettes sur l’extérieur

Elle traduit l’influence des relations internationales sur la masse monétaire


interne. Elle est affectée par le solde de la balance des paiements.

Demander un très schématique :

Une importation se traduit par une sortie de devise, l’importateur doit convertir
les francs CFA (FCFA) en devise, ces FCFA sont désormais détenus parla
banque centrale. Les devises vont quitter le territoire national pour assurer les
paiements des importations. Résultat, il ya une contraction de la masse
monétaire interne.

Une exportation entraine une entrée de devise, que l’exportation va convertir en


FCFA donc une augmentation de la masse monétaires interne. Les résultats des
échanges extérieurs ne sont pas les seuls à influencer sur la contrepartie
extérieure. Les mouvements de capitaux l’affectent également. Toute entrée de
capitaux entraine l’augmentation de la masse monétaire et toute sortie de
capitaux entraine une contraction de la masse monétaire. Concrètement, la
variation de la masse monétaire interne se traduit par une variation du même
montant des avoirs en or, en devises (€, yen, dollar,…), les droits de tirage
spéciaux (DTS).
39
Cours d’économie monétaire 2ème année

2. contrepartie d’origine interne

Cette contrepartie regroupe les créances nettes sur l’Etat et les concours à
l’économie.

 Les créances nettes sur l’Etat

L’Etat peut être considéré comme un agent économique non financier qui a des
besoins de financement. Il peut bénéficier d’un financement monétaire en faisant
recours à la banque centrale (avances directes, bons de trésor en portefeuille, aux
banques sous forme d’achat de bons de trésor par les banques), et les avoirs des
agents non financiers au trésor (pièces de monnaie en circulation, comptes
courant postaux, et les titres auprès du public).

 Les concours à l’économie

Ce sont des concours de toute nature (sous forme de crédit et de portefeuille


titre) distribués par le système financier autre que l’Etat. Il est à noter que cette
contrepartie représente la part la plus importante.

III. la liquidité de l’économie

1. Mesure de la liquidité de l’économie

Le taux de liquidité de l’économie est le rapport entre le total des encaisses


détenues par les agents non financiers et une grandeur représentative du niveau
de l’activité économique. Lorsqu’une économie est très liquide les ménages et
les entreprises détiennent un volume important de monnaie qui peut alimenter
une forte demande de consommation et provoquer, par là, des tensions
inflationnistes. Au contraire, lorsque l’économie manque de liquidité, il peut en
résulter des tensions sur le financement des entreprises, tensions qui risquent de
compromettre la croissance économique (une déflation).

Dans l’espace UEMOA : K=

2. La circulation monétaire

La monnaie n’a d’importance dans que parce qu’elle circule et parce qu’elle
finance des transactions. Un même stock peut tourner plus ou moins vite et
financer plus ou moins des transactions. Pour mieux appréhender le rôle de la

40
Cours d’économie monétaire 2ème année

monnaie dans l’activité économique il faut donc chercher à mesurer la vitesse de


circulation de la monnaie. Cette dernière est mesurée par le rapport du PIB
nominal et la masse monétaire.

Dans ce cas V exprime le nombre de fois par période de temps (une année)
qu’une unité monétaire entre dans le revenu d’un agent économique. On parle de
la vitesse revenu.

41
Cours d’économie monétaire 2ème année

Chapitre IV : LES MARCHES DE CAPITAUX

On distingue traditionnellement 03 types de marchés de capitaux:

 le marché monétaire
 le marché financier
 le marché de change.

Cette distinction ne correspond plus à l’actualité des marchés des capitaux à


cause du phénomène de globalisation financière marquée par la règle des 03D :
le décloisonnement, la dérégulation et la désintermédiation.

Le décloisonnement : consacre la déspécialisation des opérations et des


marchés à savoir qu’il n’y a plus de distinction entre les banques de dépôts et les
banques d’affaires, entre le marché monétaire (traditionnellement marché des
fonds prêtables à court terme) et le marché financier (traditionnellement marché
des fonds prêtables à long terme) entre le marché des changes au comptant
(marché des monnaies et des devises entres elles au comptant) et le marché à
terme des devises. Le décloisonnement consacre également la suppression du
contrôle des changes et de l’interconnections de toutes les places mondiales.
Comme on assiste à la même évolution au niveau international, on peut affirmer
qu’aujourd’hui, que tout agent économique est libre d’accéder à n’importe
quelle place financière mondiale, et s’il est rationnel, il s’adressera au marché
des capitaux qui lui proposera les meilleurs conditions, en passant d'un titre à
l’autre (de l’obligation en euro à l’obligation en dollars ; de l’action à l’option ;
de l’option au future…). Les marchés particuliers (finance, options, changes,
futures…) sont devenus les sous ensembles du marché financier global lui-
même devenu mondial. On peut donc dire qu’aujourd’hui le marché des
capitaux est unifié et tout agent économique peut s’y adresser et contracter des
prêts et des emprunts à très court terme ou à très long terme et ce, sur un marché
au comptant ou un marché à terme.

LA DEREGLEMENTATION :

Consiste à la suppression des règles qui limitaient la liberté des transactions


financières telles que : l’encadrement du crédit, la bonification des taux
d’intérêts, l’administration des taux d’intérêts qui visait à favoriser telle ou telle
activité.

Appliqué dans les pays industrialisés, la déréglementation financière favorise la


libéralisation et la circulation internationale du capital.
42
Cours d’économie monétaire 2ème année

LA DESINTERMEDIATION:

La désintermédiation financière marque la fin de ce qu’on appelait


l’intermédiation bancaire. L’intermédiation bancaire consistait pour les banques,
à opérer la transformation bancaire, c’est à dire la conservation de l’épargne des
agents économiques à capacité de financement, en prêt accordés aux agents
économiques en besoin de financement. On qualifiait cette fonction bancaire de
financement indirecte. Désormais c’est la finance directe des marchés qui
prévaut. Les épargnants et les emprunteurs se rencontrent directement sur les
marchés financiers internationaux sans avoir besoin d’intermédiaire financier
(bancaire). Par exemple le trésorier d’une entreprise préfèrera se financer par
une émission d’euro-obligations sur la place de Londres plutôt que de s’endetter
auprès d’une eurobanque.

Finalement, la globalisation financière est la convergence de la transformation


des systèmes bancaires, des techniques et des comportements des agents qui
aboutit à un marché financier unique, global et intégré, dans lequel l’espace (les
frontières) et le temps (distinction court terme et long terme) ont fortement
évolués vers une internationalisation des systèmes financiers et la constitution
d’un marché unique des capitaux.

Ainsi dans la distinction traditionnelle des 3 types des marchés de capitaux à


savoir les marchés monétaires, financiers, de changes ; les titres anciennement
réservés à tel ou tel marché servent maintenant de support de transactions sur
tous les autres marchés. Néanmoins pour des besoins de clarté dans le cours,
nous suivrons la distinction classique.

I-LE MARCHE MONETAIRE

C’est le marché des fonds prêtable à cout terme. Par court terme on entend les
opérations généralement de moins d’un an, parfois de moins de deux ans. C’est
le marché ou les intervenants gèrent leurs problèmes de trésoreries. C’est un
marché diffus dans l’économie ; non localisé à un endroit précis, désormais
international. Dans l’interbancaire les intervenants sont essentiellement les
banques de second rang, la banque centrale élargie aux sociétés d’assurances.
Dans le marché monétaire au sens large, qui est un marché informel, on a les
intervenants suivants : trésors nationaux, banques centrales, banques de second
rang, gestionnaires de fonds, assurances, les grandes entreprises, les ménages
fortunés,… c’est agents économiques placent leurs avoirs à court terme ou se
procurent des financements courts.
43
Cours d’économie monétaire 2ème année

Les produits du marché monétaire sont soient des produits au comptant ou des
produits dérivés.

LES PRODUITS AU COMPTANT. Ce sont des instruments directs de


refinancement ou de placement des numéraires. On dénombre entre autres :

LES PRETS INTERBANCAIRES ‘’EN BLANC’’ c'est-à-dire non gagé, qui


sont à la fois des opérations plus risquées et donc fréquentes du marché
monétaire.

LES PRETS INTERBANCAIRES GAGES ou PENSIONS. Sont des crédits


octroyés sur des actifs identifiés mais non livrés à la contrepartie. Ces actifs
restent chez l’emprunteur qui s’engage à ne pas les utiliser, ni les titriser ou les
vendre.

LES PENSIONS LIVREES ou REPO ’’REPURCHASE AGREEMENT’’ : la


pension livrée est le nom juridique de repo. Le nom donné par les Etats-Unis à
ce type d’accord d’achat est ‘’repurchase agreement’’ c'est-à-dire un emprunt
gagé par la vente au comptant simultanément avec livraison d’actifs financiers
négociables (obligations, bons de trésor, certificat de dépôt) qui se dénouent à
l’échéance du prêt du numéraire, par le rachat des même actifs.

LES PRODUITS DIRIVES

Il s’agit en substance des produits crées pour se couvrir des risques qui peuvent
survenir sur le marché monétaire. Ils sont aussi nombreux et divers. Plus liquide
généralement que les instruments au comptant, ils permettent aux intervenants
d’ajuster leurs risques de taux d’intérêts sans avoir à sortir des actifs de leur
bilan ou sans augmenter leurs risques de contrepartie. Les plus usuels sont :

 Le change à terme : c’est un instrument qui correspond à un prêt virtuel


dans une devise et à un emprunt virtuel dans une autre devise dont la date
de signature du contrat et la date de l’opération diffère.
 Le Forward Rate Agreement (FRA): c’est un contrat de gré à gré
permettant de fixer un taux interbancaires dans le futur.
 Les Swaps de taux d’intérêt : c'est-à-dire des contrats d’échanges des
taux d’intérêts généralement d’un taux d’intérêt fixe contre un taux
d’intérêt variable basé :
 Soit sur des taux au jour le jour (spot) constaté et publié par une
banque centrale ou un organisme professionnel.

44
Cours d’économie monétaire 2ème année

 Soit sur les taux des prêts interbancaires en blanc, également


constatés et publiés par une banque centrale ou un organisme
professionnel.

Sur les marchés monétaires les plus importants, on dénombre d’autres contrats à
terme sur des marchés organisés comme le LIFFE (London International
Financial Future Exchange) ou le MATIF (Marché à Terme International de
France).

NB : Définitions de quelques termes.

LES OPTIONS : ce sont des actifs financiers qui confèrent à l’acheteur un droit
temporaire d’acheter (option call) ou de vendre (option put) un autre actif bien
défini (sous-jacent) à un prix déterminé (jusqu’) à une date déterminée. Deux
grandes catégories d’options existent :

 les options européennes qui ne permettent d’exercer le droit attaché à


l’option qu’à l’échéance.
 les options américaine, quant à elles permettent d’exercer le droit à tout
moment jusqu’à l’échéance.

Un contrat d’option a plusieurs caractéristiques :

 la maturité : le temps durant lequel le droit est cédé. Un titre est mature
à l’échéance.
 Prix d’exercice : le prix auquel le sous-jacent peut être acheté (ou vendu).
C’est le prix convenu dans le contrat d’option.
 Le support : nombre d’actions (d’unité d’indice) pour lequel le droit est
cédé.
 La prime : c’est la valeur à verser par sous-jacent par l’acheteur dans la
signature d’un contrat d’option call. Elle peut être vue aussi comme la
valeur versé par le vendeur dans la signature d’un contrat d’option put.

FUTURES : un contrat futur est un achat ou une vente à terme. La simplicité de


cette première définition ne doit jamais être oubliée même si dans la pratique les
marchés de futures présentent souvent une certaine complexité de
fonctionnement. On peut donc définir un contrat future financier comme un
engagement de livret ou de prendre livraison d’une quantité normalisé d’un
instrument financier à une date future précise et à un prix convenu par les
parties.

45
Cours d’économie monétaire 2ème année

LE ROLE DE LA BANQUE CENTRALE SUR LE MARCHE


MONETAIRE

La banque centrale gère quotidiennement de la liquidité bancaire. Elle pilote les


taux d’intérêt à court terme.

Dans certains pays, elle place les réserves d’échange sur le marché financier.
Ces interventions sur le marché monétaire se fait par appel d’offre pour la
cession ou l’acquisition d’effets. Ces appels se font sous la forme d’adjudication
(à la française, hollandaise).

II-LE MARCHE FINANCIER

Il se présente comme un marché sur lequel sont négociés les actifs financiers à
long et moyen terme : les actions et les obligations.

Sur ce marché intervient d’une part tous les agents économiques désireux
emprunter des capitaux à moyen et long terme et d’autre part tous ceux qui sont
désireux de placer leurs avoirs en titres à moyen ou long terme.

Outre le terme de transaction ce qui distingue le marché monétaire du marché


financier est le fait que ce dernier est ouvert à l’ensemble des agents
économiques.

Dans l’espace UEMOA le marché financier est essentiellement caractérisé par la


BRVM qui a son siège à Abidjan et les représentations dans les chambres de
commerce des pays membres. La BRVM apparait comme une forme
d’intermédiation qui permet de drainer les ressources d’épargnes disponibles à
moyen ou long terme et les canaliser vers ceux qui en ont besoin.

Elle permet l’allocation efficiente de ses ressources parmi les divers projets
d’investissements existant. On distingue deux catégories d’intervenants : les
demandeurs et les offreurs de capitaux en moyen et long terme.

LES DEMANDEURS DE CAPITAUX

Les entreprises : une entreprise est une unité de production qui a besoin
d’investir donc qui a besoin de financements. Pour ce faire, les entreprises vont
emmètrent des actions et/ou des obligations pour financer leurs projets.

L’Etat : celui-ci a des projets d’investissements et pour les financer il va faire


appel à l’épargne en s’adressant au marché financier en émettant des emprunts,
des bonds de trésor.
46
Cours d’économie monétaire 2ème année

Les banques, plus précisément les banques d’investissement : le rôle principale


est de susciter la création des entreprises. Les jeunes entreprises ne peuvent pas
accéder directement sur le marché financier, elles s’adressent aux banques
d’investissements qui vont emprunter sur le marché financier pour financer ces
entreprises jeunes.

LES OFFREURS DE CAPITAUX

 Les entreprises : en achetant des actions offertes par les autres entreprises se
voient comme des agents économiques à capacité de financement ;
 Les ménages : l’une des formes des placements de l’épargnent des ménages
est l’achat de titres sur le marché financier via les intermédiaires en bourse ;
 Les instruments de placement du marché financier sont constitués par les
titres de créances (les obligations) et les titres de propriétés ou les titres en
capital (les actions). La BRVM est organisée en deux (02) marchés :
 Le marché primaire : c’est le marché des émissions des titres
financiers qui est ouvert aux émissions nouvelles, une introduction
en bourse pour la première fois ou lors des augmentations du
capital ;
 Le marché secondaire : il assure l’échange des titres déjà émis et
par là, assure la liquidité pour les épargnants.
La confrontation de l’offre et de la demande sur le marché boursier

III- les marchés des changes


Le marché des changes assure la confrontation entre les offres et les demandes
des devises étrangères. Il détermine le cours de chacune d’entre elles. C’est le
marché délocalisé et permanent. Dans les pays développés les acteurs du marché
des changes sont les banques commerciales, les entreprises qui sont engagées
dans le commerce international, les institutions financières non bancaires et les
banques centrales. Les banques commerciales constituent le centre du marché
des changes. Le commerce des devises entre banques appelé marché
interbancaires des changes représente la majeure partie des activités du marché
des changes.
1. La notion du taux de change nominal
Le taux de change peut être déterminé par rapport à une seule monnaie étrangère
auquel cas on parle de taux de change nominal bilatéral (TNB), comme il peut

47
Cours d’économie monétaire 2ème année

être défini par rapport à un panier de monnaie étrangère, auquel cas on parle de
taux de change effectif.
Taux de change nominal bilatéral : c’est la quantité de monnaie locale
qu’il faut pour avoir Une unité de monnaie étrangère. Si on considère 2 pays, le
BF et les Etats-Unis. Combien faut-il céder de CFA pour avoir une unité de
dollar US. Si au 19- 01- 10 on a 1$ = 400 CFA, on notera que le TNB entre le
CFA eu BF et le $ US est :
400 FCFA FCFA
N= = 400 ( )
1$ $

Si N (F CFA/$) croît, cela signifie qu’il faut céder plus de franc CFA pour
le même dollar. On dira alors que le F CFA s’est déprécié par rapport au $.
Si par centre N (F CFA/$) diminue, le F CFA s’est apprécié par rapport au
dollar. Cependant il faut distinguer la dégradation de la dévaluation d’une
monnaie.
La dévaluation est une décision politique qui consiste à diminuer la valeur de la
monnaie nationale par rapport à la monnaie étrangère. On distingue le taux de
change au comptant (spot) du taux de change à terme (future).

Le taux de change à terme(NT) concerne un taux de change qu’on se fixe


aujourd’hui pour un échange qui aura lieu plus tard. On l’utilise dans les
opérations commerciales pour se couvrir contre les fluctuations de change.

Si NT supérieur à N, les opérateurs économiques anticipent une dépréciation de


la monnaie locale (FCFA par exemple) par rapport à la monnaie étrangère (le
dollar par exemple). On dit que le dollar cote un report (over spot) ou que le
FCFA cote un déport.

Si NT inférieur à N, les opérateurs économiques anticipent une appréciation de


la monnaie locale (FCFA par exemple) par rapport à la monnaie étrangère (USD
par exemple), on dit que le dollar cote un déport (Under spot) ou que le FCFA
cote un report.
Si (NT (FCFA/$)-N (FCFA/$)) /N (FCFA/$) 0 on dit que le Cfa cote un déport

Si (NT (FCFA/$)-N (FCFA/$))/N (FCFA/$) 0 on dit que le Cfa cote un report

+LE TAUX DE CHANGE NOMINAL EFFECTIF

Soient les transactions suivantes avec l’extérieur.

48
Cours d’économie monétaire 2ème année

France (30% du commerce extérieur) et supposons le taux de change =656,957

Angleterre (20% du commerce extérieur) et supposons le taux de change =900

Japon (20% du commerce extérieur) et supposons le taux de change =350

Chine (25% du commerce extérieur) et supposons le taux de change =15

Nigeria (5% du commerce extérieur) et supposons le taux de change =3

N effectif= (30x656, 957 + 20x900 + 25x15 + 5x3)/100 =450,988

LES OPERATIONS D’ARBITRAGE SUR LE MARCHE DES CHANGES


L'arbitrage tend à égaliser les conditions financières entre les différentes places, contribuant à
l’efficience des marchés. Si l'arbitrage sur les taux de change tend à éliminer les disparités
spatiales, l'arbitrage sur les taux d'intérêt tend à éliminer les disparités temporelles.

L'arbitrage sur les changes établit un rapport entre les cotations des devises sur les places
financières. En effet, des déplacements de capitaux se produisent tant que les possibilités de
gains n'ont pas été éliminées.

Si à Paris, le prix en USD de l’EUR est 0,91 et si à New York il est de 0,92, il est possible
pour un arbitragiste d’acheter des EUR à Paris à 0,91 pour les revendre à New York à 0,92,
réalisant un gain sans risque de 0,01 par EUR. Un mouvement de capitaux se développe
alors, poussant l’EUR à la hausse à Paris et à la baisse à New-York, jusqu'à élimination des
gains et donc jusqu'à l'établissement des cours identiques sur les deux places.

49
Cours d’économie monétaire 2ème année

CHAPITRE IV : La demande de monnaie

La demande de monnaie est définit comme celle qui est entre les mains des agents
économiques. Ainsi la masse monétaire est la demande de monnaie de l’ensemble des agents
économiques à une date donnée. Elle est un stock.

Dans une économie où les autorités cherchent à contrôler la quantité de monnaie en


circulation dans l’économie, il leur importe au préalable d’évaluer la demande de monnaie de
la part des agents non financiers, ses déterminants et sa stabilité. Les premières théories de la
demande de monnaie ont mis l’accent sur le caractère transactionnel de la monnaie : la
monnaie n’est pas détenue pour elle-même mais parce qu’elle est utile pour effectuer des
transactions. Des approches plus récentes y ajoutent une dimension patrimoniale (dans de
diversification du patrimoine) ; la monnaie est détenue car c’est un actif sans risque.

Par la suite, divers auteurs ont approfondi les fondements microéconomiques de la demande
de monnaie.

I. La détention de monnaie dans une optique transactionnelle

Il faut attendre le 19ème siècle pour que la monnaie soit considérée comme un bien
économique faisant l’objet d’une offre et d’une demande ; en raison de son caractère
intrinsèquement moins utile.

1- La théorie quantitative de la monnaie

Pour les classique voire David RICARDO ; la monnaie n’est détenue que parce qu’elle
facilite les échanges et la monnaie dépensée sera strictement égale aux marchandises qu’elle
permet d’acheter. Une même unité de monnaie pouvant financier plusieurs transactions au
cours d’une période donnée. La quantité de monnaie en circulation dans une économie sera
égale au total de la dépense de la période divisé par sa vitesse de circulation.

Cette théorie quantitative de la monnaie est formulée par Irving FISHER sous la forme
MV=PT.

M=quantité de monnaie en circulation dans l’économie ;

V=la vitesse de transaction c’est à dire le nombre de fois où une unité monétaire est utilisée
dans la transaction au cours de l’année ;

P=le niveau général des prix ;

T=le volume des transactions.

Cette équation des échanges n’est pas une véritable fonction de demande de monnaie. Elle se
traduit par une encaisse monétaire désirée mais une encaisse nécessaire pour effectuer les
transactions des échanges. La monnaie n’est ici qu’un intermédiaire des échanges.

En posant des hypothèses simples, Irving Fisher tire de cette identité une relation de causalité
entre la monnaie et les prix. Si l’on suppose que la vitesse de transaction est exogène (car

50
Cours d’économie monétaire 2ème année

déterminée notamment par les habitudes des paiements des agents), que le niveau de
transaction (T) est hexogène (fixe dans l’économie réelle), un accroissement de la quantité de
monnaie dans l’économie va provoquer un accroissement proportionnel du niveau général des
prix.

2- L’analyse de l’école de Cambridge

C’est avec l’école de Cambridge voire A Marchal ; et A Pigou pour la première fois la notion
de demande de monnaie. L’équation de Fisher est reformulée sous la forme
où P représente le niveau général des prix et Y le revenu national réel qui va
conditionner le volume des transactions que les individus projettent de réaliser ; M représente
l’offre exogène de monnaie. La partie droite de l’équation (kPY) représente la demande
d’encaisse monétaire dans laquelle k traduit un véritable désir d’encaisse. L’accent est mis sur
la volonté de détenir de la monnaie en vue d’une transaction ; la fonction de réserve de
pouvoir d’achat de la monnaie est intégré mais seulement de façon implicite

II. L a détention de monnaie comme composante d’un portefeuille


1. La demande keynésienne de monnaie

La demande de monnaie vise chez KEYNES, à expliquer la détermination du taux de


l’intérêt. La théorie dominante à l’époque de KEYNES soutenait que le taux de l’intérêt était
déterminé par la rencontre entre l’offre de capitaux (l’épargne) et la demande de capitaux
(investissement).

Intérêt (i)

S (épargne ou offre de monnaie)

i*

I (Md investissement)

O Capitaux (K)

C’est cette théorie dite celle des classiques, que KEYNES va attaquer. La théorie classique
montre que le taux de l’intérêt est déterminé sur le marché de la monnaie par la rencontre
entre l’offre et la demande de monnaie. Selon KEYNES, cette théorie est fausse ; l’offre de
monnaie est exogène et dépend des mœurs des dirigeants de la banque centrale. La demande
de monnaie dépend d’un certain nombre de facteurs.

Keynes distingue trois (03) motifs de détention de la monnaie qui détermine à leur tour trois
(03) types d’encaisse :

 Le motif de transaction : La monnaie est détenue comme encaisse disponible à tout


moment pour effectuer des transactions. On trouve ici l’essentiel des fondements de
la demande de monnaie de l’école de Cambridge.

51
Cours d’économie monétaire 2ème année

 Le motif de précaution : La monnaie est également détenue car elle permet de faire
face à toute dépense imprévue.
 Le motif de spéculation : L’évolution future du taux d’intérêt étant incertaine,
l’individu peu dans certain cas préférer garder son épargne sous forme monétaire (la
monnaie étant un actif non rémunéré mais sans risque) que placer cet argent en titre
avec un risque de perte en capital. L’encaisse de spéculation correspond donc à une
épargne conservée sous forme monétaire compte tenu du niveau des taux d’intérêts.

Keynes représente la fonction globale de demande de monnaie sous la forme :

Avec L1 la monnaie détenue pour satisfaire les motifs de transaction et de précaution qui ne
dépend que du revenu Y et L2 le montant détenu pour le motif de spéculation qui est une
fonction décroissante du taux d’intérêt (r).

Si les agents anticipent un risque de perte de capital sur les titres c'est-à-dire si le niveau
actuel des taux d’intérêts est tellement bas qu’il ne peut que augmenter dans le futur, ils
choisiront de ne pas prendre ce risque et de conserver leur épargne sous forme monétaire L2.
Inversement l’anticipation par un agent d’un gain en capital rend nul sa détention d’encaisse
de spéculation.

La demande de monnaie pour motif de spéculation l’emporte sur la demande de monnaie pour
motif de transaction et de précaution.

Par conséquent si on devait faire une représentation graphique du modèle Keynésien, on


obtiendrait le graphique suivant :

(i)

Md

i1

i*

i2

Trappe à liquidité

O Ms1 Ms Ms2 (M)

2 L a théorie friedmanienne

Pour Friedman, la monnaie est un actif patrimonial comme les autres actifs. L’individu doit
repartir sa richesse entre différents actifs monétaires et non monétaires : monnaie, obligations,
actions, biens physiques, capital humain.

Comme dans la théorie du consommateur, la demande de monnaie (ou de tout autre actif) va
dépendre de la richesse totale des agents (contrainte du budget), des rendements de la

52
Cours d’économie monétaire 2ème année

monnaie et des placements alternatifs ainsi que des goûts et des préférences des agents. La
fonction de demande de la monnaie dépendra ainsi de la richesse, du rendement des actions,
du rendement des obligations, du taux d’inflation et du niveau général des prix (qui
déterminent les revenus des biens physiques et le ‘‘prix’’ de la monnaie) ainsi que des
préférences des consommateurs. La monnaie offre quant à elle, un revenu implicite lié à sa
commodité d’emploi et à la sécurité qu’elle apporte.

3 Les approfondissements de l’analyse keynésienne

3. 1 Reformulation de l’encaisse transactionnelle par Baumol

William Baumol économiste américain né en 1922 montre que l’encaisse de transaction, qui,
chez Keynes ne dépend que du revenu, dépend également du taux d’intérêt. Un agent
économique qui reçoit son revenu à date fixe mais qui le dépense de façon progressive fait
face à un cout d’opportunité : l’argent non dépensé pourrait être placé et rapporté un intérêt.
L’encaisse de transaction détenue par un agent diminue tout au long de la période de façon
régulière et devient nul à là fin de celle-ci, date de perception d’un nouveau revenu. L’agent
économique a donc une encaisse maximale en début de période(c) et d’une encaisse nulle en

fin de période. Son encaisse moyenne est alors .

’ é ’ é
l’agent ( ) et du taux d’intérêt (i) auquel il pourrait placer ses encaisses.

Inversement s’il détient des titres, il subit un cout de transaction quand il faut les transformer
en liquidité. Ceci est fonction du nombre de transaction (n) et de leur coût unitaire (frais de
vente, coût administratif, coût de chaussure etc.).

Le cout total lié à la détention d’encaisse transactionnelle s’écrit alors : CT= i+nb ; avec
n= ; T=le revenu de l’agent (égal au montant de ses transactions) ; C=le montant de

53
Cours d’économie monétaire 2ème année

prélèvement monétaire régulièrement effectué ; n= le nombre de prélèvement monétaire


effectué au cours de la période.

On montre que l’encaisse de transaction maximale qui minimise le cout de transaction (C T)

est de la forme : ; avec M1d=demande de la monnaie.

L’encaisse de transaction est une fonction croissante du revenu et une fonction décroissante
du taux d’intérêt.

2 – La notion du taux critique de Tobin

James Tobin économiste américain né en 1918 a approfondi les liens entre monnaie et taux
d’intérêt en s’intéressant à l’encaisse de spéculation. Il détermine le niveau du taux d’intérêt
(appelé taux critique) en dessous duquel l’agent préférera systématiquement détenir de la
monnaie. Dans ce cas l’encaisse de spéculation est maximale et l’agent ne détient pas de titre.
Systématiquement au dessus du taux critique l’encaisse de spéculation est nulle.

L’agent peut détenir son épargne sous forme d’actif rémunéré mais non risqué (la monnaie)
ou sous forme d’actif rémunéré mais risqué (une rente perpétuelle (coupon, dividende, taux
d’intérêt créditeur…)). Le rendement anticipé de la rente perpétuelle (coupon) procuré par un
titre et de sa plus ou moins value en capital lié à la variation anticipée du cours du titre ; elle-
même fonction de l’évolution du taux d’intérêt, entre dans le calcul de l’agent dans la
diversification de ses avoirs. Tobin montre que le taux de rendement anticipé de rente
perpétuelle sera positif si : i1 > avec i1= le taux d’intérêt courant ; = le taux futur

anticipé ; = taux critique. Si i1 > le rendement anticipé de rente est positif. L’individu

54
Cours d’économie monétaire 2ème année

aura intérêt à placer son épargne en titre et l’encaisse de spéculation sera nulle. Inversement si
i1 < l’agent ne détiendra pas de titre mais conservera son épargne sous forme liquide (L2).

Tobin va analyser de façon plus générale la demande de monnaie dans le cadre des choix de
portefeuille. Les agents ont une aversion au risque mais la monnaie a la caractéristique d’être
l’actif sans risque mais à rendement nul. Les agents l’intègrent dans un portefeuille diversifié
combinant de façon optimale les rendements attendus et les risques encourus.

55
Cours d’économie monétaire 2ème année

Chapitre 6 : L’offre de monnaie

Lorsque la monnaie est métallique et qu’elle n’est pas frappée, la circulation


monétaire prend sa source dans les mines d’où le métal dont elle est faite est
extrait. Lorsqu’elle est frappée, la création monétaire part toujours des
conditions matérielles de production du métal choisi comme monnaie (les
mines), mais s’y articule alors de façon complexe la politique de frappe du
souverain.

Lorsque la monnaie est une monnaie dont le support matériel est dépourvu de
valeur (un billet, un compte à vue), une monnaie de confiance ou une monnaie
de crédit, la création monétaire prend sa source dans le système bancaire. Ce
sont alors les banques, les intermédiaires monétaires qui sont à l’origine du
circuit monétaire. La monnaie est alors créée soit par la distribution d’un
crédit à un agent non financier (entreprise, ménage), soit par la transformation
en monnaie, la monétisation, de titres de créances détenus par les agents non
financiers et achetés par les intermédiaires monétaires (l’inverse,
remboursement de crédit à une banque ou vente par une banque d’un actif à un
agent non financier, se traduit par une destruction de monnaie).

La première voie de création monétaire (la distribution de crédit) est la plus


importante, tant sur le plan empirique que sur le plan théorique. Elle s’exprime
habituellement par la formule paradoxale, c’est-à-dire contraire au sens
commun, « les crédits font les dépôts ». Équation en quelque sorte fondamentale
de l’économie monétaire, elle est au principe de l’offre de monnaie. C’est à cette
équation qu’est consacrée cette première partie de l’offre de monnaie. La
seconde partie aura pour objet, les déterminants de l’offre de crédit.

1. Les principes fondamentaux de la création monétaire


Les banques créent donc de la monnaie lorsqu’elles distribuent des crédits à
l’État ou aux agents non financiers non étatiques (ménages et entreprises
principalement), souscrivent à des émissions de titres par ces agents, monétisent
des devises ou achètent des actifs réels.

1.1 Le modèle à une seule banque

1.1.1 Les crédits font les dépôts


En distribuant du crédit les banques créent donc de la monnaie.
Considérons une entreprise X qui doit régler un fournisseur Y et supposons
qu’elle soit à court de liquidités (mais l’affaire est prospère, et même, elle est à
court de liquidités parce qu’elle est prospère, parce qu’elle a du investir et

56
Cours d’économie monétaire 2ème année

embaucher pour faire face à la demande très forte qui s’adresse à elle). Elle se
tourne vers sa banque pour lui demander du crédit. Celle-ci lui accorde,
puisqu’elle est en bonne santé financière.

La variation des bilans (dans la suite, on ne représentera que la variation des


postes des bilans (variation des encours) des agents, et cette variation sera
indiquée par Δ) des agents est la suivante :
Banque Entreprise X Entreprise Y
Actif Passif Actif Passif Actif Passif
Crédits ΔCx=100 Dépôts ΔDx=100 Dépôts ΔDx=100 Crédits ΔCx=100
Dette (X,Y)=100 Dette (X,Y)=100

De la monnaie est bien créée : les dépôts bancaires ont augmenté de ΔDX.
Mais on sent bien que c.est une demi-monnaie qui vient d’être créée. Elle est
trop proche de sa source pour être une vraie monnaie. À ce stade, rien
n.empêche l’entreprise X de se raviser et d’annuler l’opération.
Les choses ne se nouent vraiment, la monnaie en quelque sorte « prend »,
comme on le dit, du Ciment, qu’à partir du moment où l’entreprise X va régler
sa dette à l’entreprise Y.
Après cette opération, les variations des bilans de X et de Y sont les suivantes :
Banque Entreprise X Entreprise Y
Actif Passif Actif Passif Actif Passif
Crédits ΔCx=100 Dépôts ΔDx=100 Crédits ΔCx=+100 Dépôts ΔDy=100
ΔDx=-100
ΔDy=+100
Tel est le modèle fondamental de la création monétaire.
Ainsi, dès l’opération de crédit, le passif de la banque s’est accru de ΔDX=100 F.
Ce passif étant la seule forme de monnaie existante, la quantité de monnaie en
circulation s.est accrue de ΔDX = 100 F. Ce sont bien les crédits (ΔCX) qui font
les dépôts (ΔDX puis ΔDY), il y a bien création de monnaie (les dépôts) par octroi
d’un crédit.

1.1.2 De la monnaie peut être créée par les banques en contrepartie


d’achats de titres ou d’actifs matériels
 Achats de titres
Dans l’exemple précédent, la banque émet un crédit. C’est en réalité un titre
financier particulier, un titre qui ne peut être cédé qu’à un autre intermédiaire
financier (notamment, la Banque centrale) et qui, en général, est cédé à sa valeur
faciale (il ne peut pas donner lieu à des pertes ou des gains en capital).
On peut imaginer qu’en contrepartie du dépôt ouvert dans ses livres, la banque
accepte un titre de dette qu’elle pourra recéder si elle le désire (une obligation ou
un billet de trésorerie) ou même un titre de propriété (une action).
L’opération est identique à la précédente, à condition de substituer l’obligation,
le billet de trésorerie, l’action, au crédit ΔCX du schéma précédent.

57
Cours d’économie monétaire 2ème année

Banque Entreprise X
Actif Passif Actif Passif
Achat d’obl : ΔObl= +100 Dépôts : ΔDx=100 Obligations : ΔOblX=-100
Dépôts : ΔDx=100
 Achats de biens
On peut également imaginer que la banque achète un actif réel, par exemple un
immeuble. Les écritures comptables seront alors les suivantes :
Banque Entreprise X
Actif Passif Actif Passif
Immobilisation : ΔI= +100 Dépôts : ΔDx=100 Immo : ΔIX=-100
Dépôts : ΔDx=100
Ainsi, par simple jeu d’écritures, la banque dispose du pouvoir, de créer ex
nihilo cette chose extraordinaire, totalement immatérielle, sans valeur, une
écriture dans un livre de comptes, qui lui permet de devenir propriétaire d’un
objet matériel possédant une valeur propre.
Cet exemple montre que si le crédit crée les dépôts, que si c’est la voie
principale de création de la monnaie pour des raisons qui seront exposées ci-
après, la monnaie c’est le dépôt, et le dépôt n’est monnaie que parce qu’il est
émis par une banque, et que de ce fait, il sera accepté, en général, en paiement
par une collectivité nombreuse.
Cette approche générale montre que la monnaie se définit autant par ses
conditions que par ses fonctions. Cet exemple suggère également la nécessité de
limiter le pouvoir ainsi conféré aux banques d’acquérir des biens ou des droits
par un simple jeu d’écritures.

La législation bancaire limite en général le montant des actifs réels (immeubles,


actions...) qu’une banque peut acquérir comme contrepartie à la monnaie qu’elle
émet. Les participations prises par des établissements de crédit ne doivent pas
excéder :
 pour chaque participation, 15 % du montant des fonds propres de
l’établissement de crédit prenant la participation ;
 pour l’ensemble des participations, 60 % du montant des fonds propres
de l’établissement de crédit.
Pouvant se constituer des portefeuilles de participations, les banques ne peuvent
donc pas s’approprier, par création monétaire, le capital d’une entreprise.

1.1.3 Création monétaire en contrepartie d’un crédit à l’État ou à


l’extérieur (non résidents) sous forme de devises
À l’évidence, le modèle précédent peut être généralisé aux ménages. Les
banques peuvent créer de la monnaie par distribution de crédit aux ménages. Il
peut l’être également à l’État et aux non résidents.

58
Cours d’économie monétaire 2ème année

 Crédit au Trésor (État)


L’État peut naturellement s’endetter. Il le fait par l’intermédiaire du Trésor qui
est alors son «bras financier», son caissier et son représentant légal. Le schéma
est alors le même que précédemment à deux différences près :
 la créance sur l’État peut être un crédit accordé par la banque à l’État (il
s’appellera alors une avance, un concours au Trésor), mais elle prend
surtout la forme d’un titre public ; soit un titre «monétaire» : bon du
Trésor négociable, soit une obligation d’État ;
 l’État lui-même, parce que son crédit «personnel» est aussi sinon plus
important que celui d’une banque, peut recevoir des dépôts (émettre des
titres sur lui-même servant de moyens de circulation ou de réserves de
valeur).
 Crédit à l’extérieur sous forme de devises
Lorsqu’un résident reçoit des devises (un exportateur par exemple), pourvu
qu’elles soient convertibles, il peut demander à la banque de les convertir en F
CFA. La banque est ainsi amenée à créer de la monnaie contre des devises.
La quantité de monnaie s’est bien accrue à raison de l’accroissement du passif
de la banque. Elle détient à travers ces devises une créance sur l’extérieur dont
elle peut à tout moment demander la conversion en sa propre monnaie (le F
CFA).
Mais il est important de ne pas confondre crédit à l’extérieur et entrée de
devises. Avec la globalisation financière, par exemple, des non résidents
peuvent contracter des prêts en F CFA auprès d’une banque de l’UEMOA (ou
conserver le produit de leurs propres exportations sous cette forme).
Symétriquement, des résidents peuvent s’endetter en dollars ou en euro auprès
des banques non résidentes. Cette distinction est particulièrement importante
pour le dollar, qui est une monnaie internationale.

Le problème fondamental des fuites : la notion de multiplicateur de crédit


Si la règle « les prêts font les dépôts » jouait de façon totale, le banquier pourrait
créer, par ses opérations de crédit, toute la monnaie qu’il désirerait, étant certain
qu’elle lui reviendrait sous forme de dépôts bancaires. Mais dans la réalité, une
fraction plus au moins importante de la monnaie nouvellement créée quitte le
circuit de la banque auquel le banquier doit faire face.

Pour expliquer ceci, nous allons envisager un système bancaire hiérarchisé


constitué d’une banque centrale et de l’ensemble des banques. Ces dernières
sont confrontées à un problème de fuite de la monnaie centrale du circuit
bancaire. Deux possibilités de fuites sont envisagées :

59
Cours d’économie monétaire 2ème année

 Une partie de la monnaie nouvellement créée est convertie en monnaie


centrale. Cette proportion est appelée taux de préférence pour la
liquidité (ou taux de fuite en billets) qu’on notera b. avec
 La banque centrale impose aux banques de déposer chez elle dans un
compte courant non rémunéré une fraction des dépôts restant (ou réflexes)
en monnaie centrale, il s’agit des réserves obligatoires. Le taux de
réserves obligatoires (r) est fixé par la banque centrale. Il est définit
comme suit :

Le Multiplicateur statique :
On écrit les équilibres comptables : B + RES = CBC (1)
CB + RES = D (2)
D’où l’on déduit : B + D = CB + CBC
Cette équation exprime l’équilibre entre la monnaie et ses contreparties et (parce
qu’il n’y a pas d’autre moyen d’épargne que la monnaie) l’équilibre entre les
besoins de financement des uns et les capacités de financement des autres.
On complète ces équations comptables par les deux équations de comportement
citées plus haut: (3)
(4)
On obtient alors un modèle de 5 inconnues à 4 équations. Il manque une
équation, cette relation est celle qui exprime l’hypothèse d’exogénéité du passif
de la Banque centrale appelé base monétaire, soit :
CBC = CBC = B + RES = H (5)
Il faut donc résoudre le système suivant :
 B + RES = CBC (1)
CB + RES = D (2)

 B + D = CB + CBC=M1 déduction comptable

 B
 b= (3)
 M1
 RO
r = (4)
 D

CBC = CBC = B + RES = H (5)
On peut écrire l’équation de la base monétaire comme suit :

60
Cours d’économie monétaire 2ème année

Le Multiplicateur dynamique
Pour illustrer le processus de création monétaire par le système bancaire,
considérons l’exemple suivant :
 un taux de réserves obligatoires r = 10%
 un taux de fuite en billets b = 50%
 une réserve excédentaire initiale RE = 100

Nous allons analyser ce processus en différentes vagues de crédits :

Réserves Nouveaux Billets Nouveaux Réserves


excédentaires (RE) crédits (B) dépôts obligatoires (RO)
ère
1 vague 100 100 50 50 5
de crédit
2ème vague 45 45 22,5 22,5 2.25
de crédit
3ème vague 20,25 20,25 10,125 10,125 1,0125
de crédit
4ème vague 9,1125 9,1125 4,55625 4,55625 0,455625
de crédit
. . . . . .
. . . . . .
. . . . . .
ème
n vague
de crédit
Total . 181,8 90,9 90,9 9,09

1ère étape : Nouveaux crédits1 = Réserves excédentaires1= RE1 ; Fuite en billets1 =


b*Nouveaux crédits1 = b*RE1; Nouveaux dépôts1 = (Nouveaux crédits1- fuite en
billets1)= (RE1 – fuite en billets1) = RE1 - b*RE1 ; RO1 = r*Nouveaux
dépôts1=r*(Nouveaux crédits1- fuite en billets1)=r*( RE1 - b*RE1)
D’où :
RE2= (100 – 0,5*100) – (100 – 0,5*100)*0,1=45
RE2 = (RE1 – b*RE1) – (RE1 – b*RE1)*r = RE1*(1-b)*(1-r)

61
Cours d’économie monétaire 2ème année

2ème étape : Nouveaux crédits2 = Réserves excédentaires2 =Nouveaux dépôts1 –


RO1
Nouveaux Crédits2 =RE2= (RE1 – b*RE1) – (RE1 – b*RE1)*r = RE1*(1-b)*(1-r)
RE2= RE1*(1-b)*(1-r)
RE3= RE2*(1-b)*(1-r)= RE1*[(1-b)*(1-r)]*[(1-b)*(1-r)]= RE1 [(1-b)*(1-r)]2
RE4= RE1 [(1-b)*(1-r)]3
. . . .
. . . .
. . . .
REn= RE1 [(1-b)*(1-r)]n-1
D’où le total de crédit octroyé est donné par :
n 1   (1-b)*(1-r)n 
TC   REi  RE1 *  
i 1  1  (1-b)*(1-r) 
 1   1 
lim TC  RE1 *   avec k= 1  (1-b)*(1-r)   k * RE1
n
 1  (1-b)*(1-r)   

62
Cours d’économie monétaire 2ème année

Chapitre 7 : La politique monétaire

La politique monétaire est l’ensemble des dispositions, des mesures et des


stratégies mises en place par les autorités monétaires (BC et Ministère des
finances), dans le but de réguler la masse monétaire par rapport au niveau réel
de l’activité économique observé à un moment donné. Elle vise à agir de façon
globale sur les variables économiques à l’instar des prix, du niveau de l’activité,
de l’emploi et de l’équilibre externe. Cette action s’exerce par les le truchement
des variables monétaires, qu’elle se donne pour mission de maîtriser. Ce sont
des variables appelées objectifs intermédiaires qui sont l’objet de la politique
monétaire. La grande variabilité des objectifs intermédiaires amène à déterminer
parmi eux les objectifs opératoires qui sont des variables monétaires que les
autorités sont susceptibles d’atteindre de façon efficace en utilisant les
instruments qui sont à leur disposition.

Les objectifs de la politique monétaire


La politique monétaire dans son application cible des objectifs précis. Elle agit
directement sur des objectifs opérationnels afin d’atteindre les objectifs finals
par le biais des objectifs intermédiaires. Raison pour laquelle, les objectifs de la
politique monétaire sont classés, en objectifs opératoires, intermédiaires et
finals.

Les objectifs finals de la politique monétaire


Les objectifs fondamentaux de la politique économique en général et de la
politique monétaire en particulier, se réduisent au « carré magique de
KALDOR » à savoir : la stabilité des prix, un niveau d’emploi élevé, la
croissance économique et l’équilibre externe. Mais, de nos jours, ces objectifs
convergent vers une finalité ultime qui est la recherche de la stabilité des prix
c'est-à-dire :

 stabilité des prix de biens et services,

63
Cours d’économie monétaire 2ème année

 stabilité des taux d’intérêt et,


 la stabilité du système financier

Ainsi dans la zone UEMOA, l’un des critères de convergence de la surveillance


multilatérale (mécanisme qui vise la convergence des économies par la bonne
gestion des finances publiques et de la monnaie), stipule que le taux d’inflation
moyen annuel doit être inférieur ou égal à 2%. La stabilité des prix est donc
souhaitable parce qu’elle permet un ancrage nominal1 et atténue le problème de
l’incohérence temporelle2 rencontré dans les situations où la poursuite par les
autorités d’une politique monétaire discrétionnaire donne de mauvais résultats à
long terme. A contrario une augmentation continue du niveau général des prix
(inflation) créé une incertitude dans l’économie qui peut être préjudiciable à la
croissance économique. Par exemple en cas de variation importante du niveau
général des prix, l’information transmise par les prix des biens et des services est
plus difficile à interpréter. Cela vient compliquer la prise des décisions des
agents économiques, ce qui rend le système financier moins efficient.

Nonobstant ses atouts favorables, l’objectif de stabilité des prix n’est pas dénué
de conséquence. Il y a souvent un conflit, entre, d’un côté, la stabilité des prix et,
de l’autre, celle des taux d’intérêt ou la lutte contre le chômage. La Banque
centrale peut alors se trouver confrontée à l’alternative suivante : s’opposer à la
hausse des taux, en risquant de créer une surchauffe et de favoriser l’inflation ;
ou augmenter les taux d’intérêt pour empêcher la hausse des prix, en risquant de
favoriser une augmentation du chômage à court terme. Ce conflit peut donc la
mettre dans une situation difficile.

1
Il consiste à utiliser un une grandeur nominale (taux d’inflation ou masse monétaire) pour arrimer le niveau
général des prix de telle sorte que sa stabilité soit assurée.
2
Tendance des autorités politiques à annoncer certaines mesures de manière à influencer les anticipations des
acteurs privés, pour ensuite prendre des mesures différentes une fois formées les anticipations et prises les
décisions correspondantes.

64
Cours d’économie monétaire 2ème année

Les autres objectifs de la politique monétaire

Même si la stabilité des prix est l’objectif prioritaire de la plupart des Banques
Centrales, elles s’intéressent aussi à la croissance économique, le plein emploi et
l’équilibre extérieur.

 Politique monétaire expansionniste  ir   I croissance économique.

 Politique monétaire expansionniste  ir   I Croissance Economique du

niveau de l’emploi

 Politique monétaire expansionniste par la Banque Centrale  ir ENX Y.

II. Les objectifs intermédiaires de la politique monétaire


Les objectifs intermédiaires sont des variables monétaires dont le contrôle et la
régulation sont censés permettre d’atteindre les objectifs finaux, et en particulier
l’objectif de stabilité des prix. Leur premier intérêt est d’être des variables
monétaires sur lesquelles les banques centrales peuvent agir. La politique
monétaire peut en effet influencer les fluctuations des agrégats de la monnaie et
du crédit, du taux de change, des taux d’intérêt.

II.1. La stabilité des taux d’intérêt


Le taux d’intérêt est le prix de l’argent prêté par une institution ou un agent non
financier à une autre institution financière ou un agent non financier.

La stabilité des taux d’intérêt est souhaitable parce que leurs fluctuations
peuvent créer une incertitude dans l’économie et rendre plus difficile la prise de
décision pour le futur. Ces fluctuations influencent, par exemple, les décisions
d’achat de logement des ménages : si elles sont fortes, il est plus difficile de
savoir quel est le meilleur moment pour acheter, et cela complique aussi les
décisions des promoteurs immobiliers sur le choix du nombre des constructions
à mettre en route.

65
Cours d’économie monétaire 2ème année

La stabilité des taux d’intérêt contribue aussi à renforcer celle des marchés des
capitaux. En effet, leur variabilité crée une grande incertitude pour les
institutions financières. Un mouvement de hausse des taux, s’il n’est pas
correctement anticipé, peut être à l’origine de pertes importantes sur leurs
portefeuilles constitués par des obligations à long terme et des garanties
hypothécaires, de pertes qui peuvent parfois être suffisamment importantes pour
les ramener à la faillite.

II.2. Le Ciblage des Agrégats Monétaires


D’après Milton FRIEDMAN le principal objectif de la politique monétaire doit
être de maintenir l’évolution de l’agrégat monétaire de référence le long d’un
sentier correspondant à un taux de croissance constant. En effet, en observant
l’existence d’une relation stable entre un agrégat monétaire et les prix, les
autorités monétaires vont chercher à contrôler la croissance de l’agrégat
monétaire pour stabiliser les prix.

Dans le cadre de cette stratégie de « ciblage monétaire », la Banque Centrale


annonce qu’elle va chercher à atteindre un objectif de croissance donné pour un
agrégat monétaire.

Ces cibles monétaires envoient quasi immédiatement des signaux aux publics et
aux marchés sur le caractère de la politique monétaire et sur le contrôle de
l’évolution des prix par les autorités monétaires. Il s’agit d’un « effet
d’annonce » qui obligent les agents économiques a adapté leurs anticipations
inflationnistes à la norme fixée pour la quantité de monnaie. D’autre part, cette
politique de norme, évitera de procurer à l’économie de la monnaie qui
deviendra à la longue superflue et qui ne pourra qu’alimenter l’inflation. Ainsi,
la Banque Centrale exerce facilement sa responsabilité, ce qui lui permet
d’échapper au piège de l’incohérence temporelle.

66
Cours d’économie monétaire 2ème année

II.3. Le ciblage des Agrégats de crédits


L’objectif de l’agrégat de crédit est de stabiliser les montants des crédits à
mettre à la disposition de l’économie. Si l’on recherche la stabilité ou la faible
croissance des agrégats, limiter directement la source essentielle de la création
monétaire est le procédé qui permet d’obtenir les meilleurs résultats. En outre, le
contrôle direct du crédit permet d’échapper aux effets secondaires d’une
politique de la base, la hausse des taux d’intérêt. Un objectif quantitatif obtenu
par l’intermédiaire d’une politique de la base pourrait exiger une raréfaction de
la liquidité bancaire qui ferait s’envoler les taux d’intérêt à court terme,
renchérissant ainsi l’ensemble du crédit. Une politique qui restreint globalement
le crédit n’a pas à s’accompagner d’une hausse des taux d’intérêt. L’économie
ne subit pas de hausse de coût mais la gestion des agents financiers et non
financiers devient moins rationnelle.

Cependant, l’objectif d’agrégat de crédit rend l’économie moins rationnelle. Elle


conduit donc à étendre le pouvoir de contrôle direct de la banque d’émission à
toute institution financière ayant à gérer les ressources à court terme des
ménages. Cela peut conduire à des conflits ou à des impossibilités.

II.4. Ciblage du Taux de change


La politique monétaire peut avoir pour objectif de maintenir le taux de change
de la monnaie nationale avec une monnaie ou un panier de monnaie. La fixité
des taux de change peut être obtenue par la Banque Centrale en vendant ou en
achetant des devises au jour le jour pour atteindre le taux objectif. Les pays
émergents représentent un cas de référence en matière d’objectif de ciblage du
taux de change.

L’objectif de change fournit une règle automatique pour la conduite de la


politique monétaire permettant d’atténuer, voir de résoudre, le problème de
l’incohérence temporelle consistant à rechercher une expansion de la production

67
Cours d’économie monétaire 2ème année

et de l’emploi à court terme en menant une politique monétaire trop


expansionniste.

De ce fait, l’objectif de change, contraint les autorités monétaires à resserrer la


politique monétaire quand la monnaie nationale a tendance à déprécier et à
l’assouplir quand elle a tendance à s’appréciée, de sorte que toute politique
monétaire discrétionnaire est exclue. En effet, une appréciation de la monnaie
nationale détériore la compétitivité des secteurs exposés à la concurrence
internationale, alors que sa dépréciation est un facteur inflationniste. Par contre,
une relative stabilité du taux de change facilite la programmation par les
entreprises et les ménages de leurs achats ou leurs ventes de biens futurs dans le
reste du monde. Par conséquent, le lissage du taux de change (l’élimination de
sa trop forte fluctuation) est considéré comme un objectif important de la
politique monétaire, et cette préoccupation est d’autant plus forte que
l’économie est plus ouverte.

Malgré cela, cet objectif de change a pour inconvénient d’entraîner une perte
d’indépendance monétaire. En plus, les pays qui l’adoptent restent sur la menace
d’attaques spéculatives sur leurs monnaies.

III. Les objectifs opérationnels de la politique monétaire


Les objectifs opérationnels permettent à l’autorité monétaire d’agir de façon
opérationnelle sur des indicateurs, afin d’apprécier l’évolution des agrégats
monétaires et éventuellement de procéder à des ajustements qui s’imposent.
Parmi ces objectifs l’on peut citer le taux du marché interbancaire et la base
monétaire.

68
Cours d’économie monétaire 2ème année

III.1. Taux du marché interbancaire


Le marché interbancaire est le compartiment du marché monétaire dit « fermé »
car l’accès est réservé exclusivement aux banques et aux institutions financières
non bancaires éligibles par la Banque Centrale3.

Le taux du marché interbancaire est le taux auquel les acteurs de ce marché


interviennent pour s’échanger des liquidités entre eux (les banques en excédent
de financement et les banques en déficit de financement). Ce marché fonctionne
au jour le jour, il n’est pas toujours localisé, la Banque Centrale y joue le rôle de
chambre de compensation4.

Les taux du marché interbancaire sont totalement libres et sont déterminés par la
loi de l'offre et de la demande, sans intervention de la BC. Résultant des forces
du marché, le taux d'intérêt du marché interbancaire est un informateur des
pouvoirs publics sur la situation monétaire et un guide pour l'action
conjoncturelle. C'est la raison pour laquelle le coût de la monnaie centrale mise à
la disposition du système bancaire devrait, dans la mesure du possible, tenir
compte des taux pratiqués sur le compartiment interbancaire du marché
monétaire.

III.2. Base monétaire exogène


La politique de la base repose sur la certitude selon laquelle la Banque
d’émission peut contrôler l’agrégat monétaire en contrôlant la base monétaire.
La base monétaire devient l’objectif opératoire de la politique monétaire. Pour
que l’utilisation de cet objectif soit efficace deux conditions doivent être
remplies : il faut que l’institut monétaire soit capable de maîtriser son propre
apport de monnaie centrale, et que le Coefficient m (multiplicateur) soit
constant. Ces conditions conduisent, le contrôle de la base d’agir sur l’agrégat
monétaire M1. M1=m. B

3
Ce sont le Trésor public, la caisse d’épargne postale, les autres institutions financières comme la Caisse
Autonome d’Amortissement (CAA).
4
Arbitre chargé de procéder aux virements des sommes d’argent dues dans les comptes des destinataires.

69
Cours d’économie monétaire 2ème année

Les monétaristes ont élaborés le concept de « Base monétaire exogène » pour


désigner la part de la base monétaire qui dépend uniquement de la banque
d’émission et qu’en admettant une certaine permanence de la préférence des
agents pour chaque forme monétaire (billets, dépôts) et une relation
correctement définie entre les ressources des banques et leurs crédits, ils en
concluaient que les conditions du contrôle de l’agrégat monétaire par la base
étaient remplies.

Mais, Tout dépend alors de la stabilité des comportements des agents financiers
et non financiers. Les fluctuations des besoins des billets et l’influence du taux
d’intérêt sur l’offre de crédit des banques peuvent modifier le coefficient m et
neutraliser l’action exercée sur la base.

VI. Les instruments de la politique monétaire


Les instruments de la politique monétaire sont les variables qui sont directement
sous le contrôle de la Banque Centrale et qui permettent de remplir les objectifs
intermédiaires eux-mêmes moyen d’atteindre les objectifs finaux. Compte tenu
de l’évolution de l’environnement du système financier et la complexité des
objectifs, certains instruments sont devenus moins efficaces et tombés en
désuétude tandis que d’autres gardent encore leurs vigueurs.

A. LES INSTRUMENTS TOMBES EN DESUETUDE


Ces instruments sont tantôt des instruments directs, tantôt des instruments
indirects de la politique monétaire.

1. Le refinancement direct auprès de la Banque Centrale via le taux


de réescompte
D’après le classement classique, cet instrument faisait partie des instruments
indirects de la politique monétaire. Le réescompte est l’opération par laquelle la
Banque Centrale escompte les effets présentés par une banque et déjà escompté
par celle-ci. Le réescompte est utilisé par les banques pour se fournir en liquidité
auprès de la Banque Centrale et pourvoir ainsi à leur refinancement. Ce procédé,

70
Cours d’économie monétaire 2ème année

revenant à une création de monnaie par la Banque Centrale, constitue l’un des
moyens d’intervention de celle-ci sur le volume et l’évolution de la monnaie et
du crédit. Par ce procédé, la Banque Centrale agit directement sur les prix de la
liquidité (le taux de réescompte). En augmentant le taux de réescompte, la
Banque Centrale amène les banques à augmenter leurs taux d’intérêt débiteur et
par là une diminution de la demande de crédit par les agents non financiers.

2. Les taux de pension


Le réescompte peut être fait à titre définitif; dans ce cas l'organisme qui prend
les effets au réescompte les présentera aux tirés à leur échéance. Le réescompte
peut également être fait à échéance conventionnelle; on parle alors de remise
d'effets "en pension", ce qui veut dire que l'institution qui remet ses effets au
réescompte s'engage au même moment à les racheter "repurchase" ou «repo’s»)
à une date convenue, avant l'échéance réelle des effets; elle les présentera donc
elle-même aux tirés lors de cette échéance réelle. On a les opérations de mise en
pension et de prise de pension. La mise en pension est l’acquisition par la
Banque Centrale des instruments financiers sous un contrat qui stipule une date
agréée et un prix spécifié pour la revente de ces instruments. Tandis que la prise
en pension est la vente des instruments financiers par la Banque Centrale sous
un contrat qui stipule une date agréée et un prix spécifié pour leur rachat. De tels
accords sont destinés à fournir un financement temporaire des pénuries de
liquidité et de surplus.

3. L’encadrement de crédit
Traditionnellement classé parmi les instruments directs de la politique
monétaire, cette technique consiste à contrôler la progression du crédit distribué
par les banques. Cette limitation est décidée par voie réglementaire et était
considérée comme très efficace, car elle s’attaque à la source même de la
création monétaire qui est la distribution des crédits.

4. La sélectivité des crédits


C’est un instrument direct de la politique monétaire. La sélectivité vise à
contrôler non la quantité, mais l’orientation des crédits dans le sens voulu par
l’Etat pour encourager les banques et les institutions financières à financer les

71
Cours d’économie monétaire 2ème année

secteurs dits prioritaires. L’Etat utilise diverses formules : avantages fiscaux,


taux bonifiés, ouverture des facilités de refinancement etc, pour la cause.

B. Les instruments plus efficaces et adaptés à l’évolution des objectifs

1. Les opérations d’Open Market


L’open market est classé parmi les instruments dits indirects de la politique
monétaire. Par l’opération d’open market, l’institut d’émission achète et vend
des titres sur les marchés monétaires. L’open market permet à la banque
d’émission d’intervenir sur le marché où les banques s’approvisionnent en
liquidité. Les instruments de l’open market sont généralement les titres publics
(bons du trésor), mais on note aussi les titres privés étant donné que les titres
représentatifs de crédits à l’économie ont toujours formé une part importante
dans le portefeuille de la banque d’émission. Les acteurs du marché sont : la
Banque Centrale, les banques commerciales, le trésor public, les grandes
sociétés, les compagnies d’assurance etc.

L’intervention de la Banque Centrale consiste à la vente des titres afin de retirer


de la monnaie banque centrale ou bien à acheter des titres afin de fournir de la
liquidité au marché.

Ainsi, lorsqu’elle juge les liquidités trop abondantes, la Banque centrale vend
des titres afin d’en retirer de la monnaie selon le schéma ci-après : demande de
la monnaie par Banque Centrale  retrait de monnaie   liquidité des
banques   r (taux d’intérêt)   coûts des crédits   crédits 
ralentissement de la quantité de monnaie en circulation.

Inversement, si la Banque Centrale juge trop insuffisante le montant de liquidité


en circulation, elle intervient en achetant des titres afin d’en fournir au marché
de la monnaie centrale selon le schéma suivant : offre de monnaie par la Banque
Centrale   liquidité des banques   r   coûts des crédits   volume

72
Cours d’économie monétaire 2ème année

des crédits  accélération de la croissance de la quantité de monnaie en


circulation.

Le SEBC distingue les appels d’offres normaux et les appels d’offres rapides qui
ne se différencient que par la durée et le champ des contreparties. Les appels
d’offre normaux sont exécutés dans un délai de 24 heures, les appels d’offres
rapides dans un délai d’une heure, entre l’annonce de l’appel d’offres et la
notification du résultat. Les appels d’offres rapides ne sont utilisés que pour
exécuter des opérations de réglage fin et peuvent n’être ouverts qu’à des
contreparties sélectionnées par le SEBC.
Le SEBC peut choisir de réaliser les appels d’offres soit à taux fixe (ou
adjudications de volume) soit à taux variable (adjudications de taux d’intérêt).
Dans le cadre d’un appel d’offres à taux fixe, la BC indique à l’avance le taux
d’intérêt et les contreparties soumissionnent le montant pour lequel elles
souhaitent être servies au taux fixé. Les offres reçues sont additionnées. Si
l’offre globale dépasse le montant total de liquidités devant être réparti, les
soumissions de chaque banque sont satisfaites au prorata du rapport entre le
montant à adjuger et le montant de l’offre globale de l’ensemble des banques.
Mais la BC peut décider d’attribuer un montant minimum à chaque
soumissionnaire.
Dans le cadre d’un appel d’offres à taux variable, les soumissions des
contreparties portent sur les montants et le taux d’intérêt pour lesquels elles
souhaitent traiter avec les BCN. Dans le cas d’un apport de liquidités par le
SEBC, la liste des soumissions est établie par ordre décroissant des taux
d’intérêt offerts. Les offres sont satisfaites par ordre décroissant du taux d’intérêt
jusqu’à épuisement du montant total des liquidités à adjuger (dans le cas d’un
retrait, les offres sont satisfaites par ordre croissant des taux d’intérêt offerts). La
BCE peut utiliser la procédure d’adjudication à taux unique («adjudication à la
hollandaise») ou la procédure d’adjudication à taux multiple («adjudication à
l’américaine»). Dans le premier cas, un taux d’intérêt unique est appliqué à
toutes les offres, celui auquel le montant global des offres a pu être réparti en
totalité. Dans le second cas, le taux d’intérêt appliqué est égal au taux offert dans
chaque soumission.
Pour ce qui concerne les devises, les taux d’intérêt sont remplacés par les
cotations de point de report/déport.

2. Les Réserves Obligatoires


Cet instrument est l’un des instruments indirects de la politique monétaire. Les
réserves obligatoires sont les quantités de monnaie banque centrale que les
banques du second rang doivent détenir en permanence sur leurs comptes non
rémunérés en Banque Centrale. Le taux des réserves obligatoires varie entre 3%

73
Cours d’économie monétaire 2ème année

et 15% des dépôts dans les banques commerciales dans l’UEMOA et 7% pour
les banques du Burkina Faso. Pour les établissements financiers de la zone, les
coefficients des réserves obligatoires de 5% sont restés inchangés depuis le 1 er
octobre 1993. Si le taux des réserves obligatoires augmente, cela entraîne une
augmentation de la monnaie centrale que les banques doivent maintenir en
permanence sur leur compte à la Banque Centrale, ce qui entraîne une
diminution des marges bénéficiaires qui à son tour entraîne une hausse des coûts
des crédits qui à son tour entraîne une baisse de la quantité de monnaie en
circulation. Les réserves obligatoires sont devenues un véritable instrument de la
politique monétaire. Une variation du taux modifie la liquidité bancaire et par
conséquent les conditions du marché monétaire.
3. Les Facilités Permanentes
Ce type d’instrument est classé parmi les instruments dits indirects de la
politique monétaire. IL est souvent utilisé par la Banque Centrale Européenne
qui permet de fournir ou de retirer de liquidité au jour le jour. Deux facilités
permanentes ont été établis et sont gérées de manière décentralisée : la facilité
de prêt marginal et la facilité de dépôt.

Le taux de facilité de prêt marginal constitue en temps normal, le taux plafond


du marché interbancaire. C’est le taux débiteur qui est appliqué aux banques qui
se refinancent directement auprès du système européen de la Banque Centrale.
Le taux de facilité de dépôt constitue quant à lui en temps normal, le taux
plancher. C’est le taux créditeur dont bénéficient les banques qui déposent leurs
liquidités excédentaires auprès du système européen de la Banque Centrale.

Dans la logique le taux du marché interbancaire doit normalement fluctuer entre


les limites constituées par le taux de facilité de prêt marginal et le taux de
facilité de dépôt.

VI- les canaux de transmission de la politique monétaire

1. Canal du taux d’intérêt

Le canal du taux d’intérêt constitue le principal mécanisme de transmission de la


politique monétaire dans le modèle keynésien de base IS-LM. La conception
keynésienne IS-LM traditionnelle du mécanisme de transmission de la politique

74
Cours d’économie monétaire 2ème année

monétaire peut se résumer par le schéma suivant, qui illustre les effets d’une
expansion monétaire :
M↑⇒r↓⇒I↑⇒Y↑
où M ↑ indique la conduite d’une politique monétaire expansionniste, qui aboutit
à une baisse des taux d’intérêt réels (r ↓) ; celle-ci réduit le coût du capital, ce
qui entraîne une augmentation des dépenses d’investissement (I ↑) et, par là-
même, un accroissement de la demande globale et de la production (Y ↑).

Une caractéristique importante du canal du taux d’intérêt est l’accent qu’il met
sur le taux d’intérêt réel plutôt que nominal, comme étant celui qui affecte les
décisions des consommateurs et des entreprises. Comment se fait-il que des
modifications du taux d’intérêt nominal à court terme induites par une banque
centrale entraînent une variation correspondante du taux d’intérêt réel à court et
à long terme ? Cela s’explique par la rigidité des prix, de sorte qu’une politique
monétaire expansionniste qui abaisse le taux d’intérêt nominal à court terme
réduit également le taux d’intérêt réel à court terme.
Le fait que ce soit le taux d’intérêt réel, et non nominal, qui exerce une influence
sur les dépenses constitue un mécanisme important de la façon dont la politique
monétaire est susceptible de stimuler l’économie, même si les taux d’intérêt
nominaux atteignent un seuil zéro lors d’une phase de déflation. Avec des taux
d’intérêt nominaux au plancher, une croissance de la masse monétaire (M ↑) est
susceptible d’élever le niveau des prix attendu (Pe ↑) et donc l’inflation
anticipée (πe ↑), entraînant par conséquent une réduction des taux d’intérêt réels
(r ↓) même lorsque le taux d’intérêt nominal est fixé à zéro, et une stimulation
des dépenses par le canal du taux d’intérêt ci-dessus, soit :
M ↑ ⇒ Pe ↑ ⇒ πe ↑ ⇒ r ↓ ⇒ I ↑ ⇒ Y ↑
Par conséquent, ce mécanisme indique que la politique monétaire peut continuer
d’être efficace même lorsque les autorités monétaires ont déjà ramené les taux
d’intérêt nominaux à zéro.

2. Canal du crédit
Le canal du crédit bancaire est fondé sur l’idée que les banques jouent un rôle
spécifique au sein du système financier, car elles sont particulièrement bien
placées pour résoudre les problèmes d’asymétrie d’information sur les marchés
de crédit. Du fait de ce rôle spécifique des banques, certains emprunteurs
n’auront pas accès aux marchés de crédit s’ils n’empruntent pas auprès d’elles.
Tant qu’il n’existe pas de parfaite substituabilité pour les banques commerciales
entre dépôts et autres sources de refinancement, le canal du crédit bancaire agit
75
Cours d’économie monétaire 2ème année

de la façon suivante. Une politique monétaire expansionniste, qui contribue à


accroître les réserves et les dépôts bancaires, augmente la quantité de prêts
bancaires disponibles. Compte tenu du rôle spécifique des banques en tant que
prêteurs à certaines catégories d’emprunteurs, cette augmentation du volume de
prêts conduira à une hausse des dépenses d’investissement (et éventuellement de
consommation). De façon schématique, l’effet de politique monétaire est le
suivant :
M ↑ ⇒ dépôts bancaires ↑ ⇒ prêts bancaires ↑ ⇒ I ↑ ⇒ Y ↑
Une conséquence importante de la thèse du crédit est que la politique monétaire
aura une incidence plus forte sur les dépenses des petites entreprises, qui
dépendent davantage des prêts bancaires, que sur les grandes entreprises qui ont
directement accès aux marchés de capitaux, sans avoir à solliciter les banques.

3. Canal du taux de change


Ce canal traduit la transmission de la politique monétaire à travers l’influence
des taux de change sur les exportations nettes. Ce canal fait également intervenir
les effets du taux d’intérêt car la baisse des taux d’intérêt réels nationaux réduit
l’attrait des dépôts nationaux en en monnaie nationale par rapport aux dépôts
libellés en monnaies étrangères, ce qui entraîne une chute de la valeur des dépôts
en monnaie nationale par rapport aux dépôts en devises, c’est-à-dire une
dépréciation de la monnaie nationale (figurée par E ↑). La dépréciation de la
monnaie nationale abaisse le prix des biens nationaux par rapport aux biens
étrangers, ce qui se traduit par une augmentation des exportations nettes (NX ↑)
et donc de la production globale. Par conséquent, le schéma du mécanisme de
transmission de la politique monétaire par le canal du taux de change est le
suivant :
M ↑ ⇒ r ↓ ⇒ E ↑ ⇒ NX ↑ ⇒ Y ↑
Ce canal joue un rôle important dans la façon dont la politique monétaire affecte
l’économie nationale.

V. Le choix de la politique monétaire optimale: le modèle de Poole


Il s’agit d’un modèle IS/LM qui intègre des chocs aléatoires. L’objectif
recherché par ce modèle est de déterminer la politique monétaire optimale
permettant d’atteindre l’objectif final (la stabilité des prix). Pour attendre un tel
objectif, la Banque Centrale a le choix entre utiliser une politique de taux (fixer

76
Cours d’économie monétaire 2ème année

le taux d’intérêt et laisser fluctuer la masse monétaire à travers la fluctuation de


la base monétaire) ou une politique de base (fixer la masse monétaire et laisser
fluctuer le taux d’intérêt).

Le choix de l’une ou l’autre de ces deux politiques va dépendre de la nature du


choc, qu’il soit réel ou monétaire.

Nous supposons que les deux chocs ne se produisent pas au même moment. On
suppose également que les prix sont rigides, le taux d’inflation anticipé est nul et
que l’offre de monnaie est exogène. Les équations IS et LM qui traduisent
respectivement l’équilibre sur le marché des biens et services et sur le marché de
la monnaie s’exprime comme suit :

YIS  a0  a1r  u avec u  N (0,  u )


2

YLM  b0  b1m  b2 r  v avec v  N (0,  v )


2

a1  0 ; b1  0 ; b2  0

Nous allons envisager deux cas : celui d’un choc réel (sur IS) et celui d’un choc monétaire (sur LM ) et
de déterminer la politique optimale.

A. CAS D’UN CHOC RÉEL

On suppose que  u  0 et  v  0
2 2

Cela signifie que la demande de monnaie est stable (l’équilibre du marché de la monnaie est
représenté par LM1) et l’équation sur le marché des biens et services n’est pas stable (il pourrait être
en IS1 ou en IS2) comme le montre le graphique ci-contre :

r
LM1

IS2

IS1
77
Y
Y1 Yp Y2
Cours d’économie monétaire 2ème année

Figure 1 : Modèle IS/LM en présence d’un choc réel


Si la Banque Centrale applique une politique de base monétaire, le revenu va se situer entre
Y1 et Y2.


Si la Banque Centrale applique une politique du taux, fixer r = r*, la courbe LM serait en LM2

r
LM1

LM2
r*

IS2

IS1
Y
Y0 Y1 Yp Y2 Y3
Figure 2 : Modèle IS/LM en présence d’un choc réel

En appliquant une politique qu taux, le revenu va se situé entre Y0 et Y3 on remarque que (Y1 ,Y3 ) 
(Y1 ,Y2) ce qui signifie que la variabilité du revenu est plus important alors que la Banque Centrale
adopte une politique du taux. La meilleure politique à appliquer dans ce cas consiste à fixer l’offre
de monnaie et à laisser fluctuer le taux d’intérêt.

En conclusion, lorsque l’économie est sujette à un choc réel, la politique monétaire optimale est la
politique de base monétaire.

B. CAS D’UN CHOC MONÉTAIRE

On suppose que  u  0 et  v  0 , IS ne subit pas de choc, on sait exactement où il se situe. Si la


2 2

Banque Centrale adopte une politique de base monétaire, dans ce cas la courbe LM se situe en LM 1 ou
LM2 puisqu’elle a subit un choc.

LM1

r
LM2

LM3
r*

78
Cours d’économie monétaire 2ème année

Figure 3 : Modèle IS/LM en présence d’un choc monétaire

Le revenu serait entre Y1 et Y2. Si la Banque Centrale adopte une politique du taux (fixer le taux
d’intérêt au niveau r*), la courbe LM sera au niveau LM3 , le niveau du revenu sera celui de plein
emploi YP. Dans cas la politique monétaire optimale consiste à fixer le taux d’intérêt et à laisser
fluctuer la base monétaire et par là, la masse monétaire.

En conclusion, quand l’économie est sujette à un choc monétaire, la politique monétaire optimale est
celle de taux.

TABLEAU RÉCAPITULATIF

INSTRUMENT OBJECTIF OPÉRATIONNEL OBJECTIF INTERMÉDIAIRE OBJECTIF FINAL DE


DE LA POLITIQUE MONÉTAIRE DE LA POLITIQUE DE LA POLITIQUE LA POLITIQUE MONÉTAIRE
MONÉTAIRE MONÉTAIRE

 Refinancement direct  Taux du marché  Taux d’intérêt  Prix


auprès de la BC interbancaire
 L’Encadrement du  Agrégats  Croissance
crédit monétaires économique
 La sélectivité du crédit
 Les opérations d’Open  Agrégats de  Emploi
Market  Base monétaire crédit
 Les réserves exogène
obligatoires  Taux de change  Equilibre extérieur
 Les facilités
permanentes

79