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Terminales S Marine et Verte 08/03/2016

Devoir surveillé de physique chimie n°5 (3h30)


Calculatrice autorisée
Le sujet comporte 9 pages
Les exercices seront traités sur des copies séparées

EXERCICE I : CHIMIE ORGANIQUE RELATIVISTE (8 points)

Dans un futur lointain, des lycéens d’un centre étranger, éloigné dans la galaxie, se rendent dans
leur futur lycée après avoir passé leurs vacances d’été sur Terre. Ils s’aperçoivent qu’ils effectuent
leur trajet en navette avec leur nouvel enseignant de sciences physiques. Pour passer le temps,
celui-ci propose à ses futurs élèves de s’avancer dans le cours de terminale S.

Ils s’intéressent à la réaction chimique entre l’eau et le 2-chloro-2méthylpropane

(CH3)3CCl + H2O  Cl– + …….

Les trois parties de cet exercice sont largement indépendantes entre elles. La première partie
permet de trouver la nature du produit de la réaction après une analyse de spectres IR et de RMN
du proton, la seconde partie est une étude cinétique de la réaction, la troisième partie traite de la
relativité restreinte.

1. Étude de la transformation chimique


La réaction chimique entre l’eau et le 2-chloro-2-méthylpropane peut conduire à deux produits P1
ou P2.

Afin de connaître le produit de réaction formé, P1 ou P2, ses spectres IR et de RMN du proton
sont effectués.
1.1. À partir du spectre IR fourni sur le document 1 de l’annexe 1, indiquer la présence ou
l’absence de chaque groupe caractéristique mentionné dans le tableau ci-dessous.
Groupe O – H(1) C – H(2) C – H(3) C=C
Nombre d’onde
3200 - 3400 3000 - 3100 2810 - 3000 1620 - 1680
(cm-1)
(1)
Alcool avec liaisons H
(2)
C lié à une double liaison
(3)
C ayant quatre liaisons covalentes simples
1.2. Identifier le produit de la réaction P1 ou P2 à partir du spectre de RMN du proton fourni en
document 2 de l’annexe 1 et en utilisant éventuellement les résultats de la question 1.2.

Proton C = CH2 C–O–H CH3 – C = C CH3 – C – O

Déplacement
4,5 à 6 0,7 à 5,5(1) 1,6 1,15 à 1,3
chimique  (ppm)
(1)
La position du signal dépend fortement du solvant et de la concentration.
1.3. Ecrire l’équation de la réaction chimique entre l’eau et le 2-chloro-2-méthylpropane.

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1.4. Justifier qualitativement que cette réaction puisse être suivie par conductimétrie.

2. Étude de la cinétique de la réaction

Deux mélanges eau / acétone sont étudiés à différentes températures. L’eau est ici en large
excès, elle intervient donc comme solvant et comme réactif. Les conditions opératoires sont
résumées dans le tableau ci-dessous :
2-chloro-2- Température
Eau Acétone
méthylpropane (°C)
Expérience A1 30 g 20 g 1,0 mL 25
Expérience A2 30 g 20 g 1,0 mL 30
Expérience A3 30 g 20 g 1,0 mL 40
Expérience B 25 g 25 g 1,0 mL 40

Le mélange eau / acétone est introduit dans un bécher de 100 mL qui est placé dans un bain
thermostaté. Lorsque la température à l’intérieur du bécher est stabilisée à la valeur désirée, une
sonde conductimétrique est introduite puis 1,0 mL de 2-chloro-2-méthylpropane est versé dans le
milieu réactionnel sous agitation. Au bout de quelques secondes, l’agitation est stoppée puis la
conductivité de la solution est suivie au cours du temps à l’aide d’un système informatisé. La
durée de l’acquisition est de 20 minutes pour chaque étude.
On suppose que :
(t) = K.x(t)
(t) représente la conductivité de la solution à un instant donné à laquelle a été retranchée la
conductivité initiale de la solution, K est une constante qui va dépendre du mélange considéré et
de la température et x(t) représente l’avancement de la réaction à un instant donné. Les graphes,
placés sur l’annexe 1, représentent (t) en fonction du temps pour différentes conditions
expérimentales.
2.1. En comparant les expériences A1, A2 et A3 et en justifiant brièvement, indiquer l’influence de
la température sur la vitesse de la réaction.
2.2. En comparant A3 et B, indiquer l’influence de la proportion eau / acétone sur la vitesse de la
réaction chimique. Justifier la réponse.
2.3. Définir le temps de demi-réaction.
2.4. Donner la valeur du temps de demi-réaction dans le cas de l’expérience A3.

3. Cinétique relativiste

On imagine que la réaction est réalisée dans la navette spatiale s’éloignant à une vitesse de
v = 0,80.c de la Terre où c est la vitesse de la lumière dans le vide.
Les élèves enregistrent un temps de demi-réaction de 1000 s dans la navette. Un observateur
terrestre peut aussi en déduire une mesure du temps de demi-réaction à l’aide d’un dispositif
embarqué dans l’engin qui va envoyer un signal lumineux à deux balises fixes par rapport à la
Terre, placées dans l’espace, et munies de deux horloges H 1 et H2 synchronisées. Un premier
signal est envoyé au début de la réaction et un second lorsque le temps de demi-réaction est
atteint. L’horloge H est fixe par rapport à la navette.

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3.1. Définir la notion de temps propre.
3.2. Précisez les deux évènements étudiés ici.
3.3. Indiquer les deux référentiels étudiés ici. Précisez le référentiel propre.
3.4. Donner les noms de tm et tp dans la relation tm = .tp.
3.5. Dans quels référentiels sont déterminés respectivement tm et tp ?
3.6. Quel est le nombre suffisant d’horloge(s) qu’il faut utiliser pour mesurer la durée tp ?
2
3.7. Sachant que 1  1  v , calculer , puis la durée inconnue.
2
 2
c
3.8. Comparer tm et tp. Indiquer le phénomène mis en évidence.
3.9. Citer une expérience réaliste qui permet d’observer ce phénomène.
ANNEXE 1 À RENDRE ÉVENTUELLEMENT AVEC LA COPIE

Document 1

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Intensité relative
11,5
11,0
10,5
10,0
9,5
9,0
8,5
8,0
7,5
7,0
6,5
6,0
5,5
5,0
4,5
4,0
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
3,10 3,00 2,90 2,80 2,70 2,60 2,50 2,40 2,30 2,20 2,10 2,00 1,90 1,80 1,70 1,6. 1,50 1,40 1,30 1,20 1,10 1,00 0,90 0,80
Déplacement chimique en ppm

Document 2

Document 3

Document4

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EXERCICE II :GALILEO, SYSTÈME DE NAVIGATION PAR SATELLITE (7 points)

La constellation Galileo désigne le système européen de navigation par


satellite initié par l'Union européenne et l'Agence spatiale
européenne. À terme, elle sera composée de trente satellites répartis en
trois orbites circulaires à une altitude de 23 522 km. Cette
configuration permet de recevoir simultanément en tout lieu de la surface
terrestre et à tout instant, les signaux émis par un minimum de quatre
satellites. Les signaux de Galileo couvriront des latitudes allant jusqu'à
75° nord et sud.

Représentation de la constellation Galileo


d'après le site http://www.cnes.fr

Caractéristiques d'une constellation de satellites

L'altitude du satellite détermine non seulement la durée nécessaire pour faire un tour complet du globe, mais
aussi la taille de la zone de surface terrestre qu'il couvre. Un satellite seul ne peut couvrir qu'une partie du
globe, d'où l'idée de créer des constellations de satellites.

Dans la conception de ces constellations, de nombreux critères entrent en jeu :

• l'altitude des satellites détermine directement la zone couverte et la durée de visibilité d'un
satellite par un utilisateur au sol ;

• le nombre de satellites : au moins quatre satellites doivent être visibles de tout point du globe
pour fournir un service de positionnement. Un nombre plus important de satellites offre de
meilleures performances, en particulier dans les zones urbaines où la transmission peut être
perturbée par la présence d'immeubles ;

• l'inclinaison du plan des orbites par rapport à l'équateur influence directement la visibilité par
les usagers des latitudes élevées proches des pôles ;

• la répartition des satellites dans l'espace influence directement les performances du service de
positionnement.

d'après « GPS et Galileo : Système de navigation par satellites », Éditions Eyrolles

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Caractéristiques techniques de Galileo et de ses concurrents

Pour certains services, Galileo sera compatible avec les deux principaux réseaux de satellites de
radionavigation, le système GPS américain et le système Glonass russe.
Sur le plan technique, il n'y a pas d'innovation majeure ; le relevé de position résultera d'un calcul de
durée de parcours du signal entre quatre satellites émetteurs et l'appareil récepteur. C'est dans la
précision et la robustesse du signal que Galileo compte se distinguer.
Grâce aux horloges atomiques européennes plus précises, embarquées dans les satellites, le système
Galileo aura une précision de localisation en temps réel de moins d'un mètre pour les services de
haute précision et de moins de cinq mètres pour le grand public, ce qu'aucun autre système public
n'autorise actuellement.

Les satellites du système Galileo utilisent plusieurs bandes de fréquence pour transmettre les
différents signaux. Ceci permet de :

• mieux protéger les données lors du passage de l'ionosphère, couche de l'atmosphère


chargée électriquement ;
• limiter les « canyons urbains », zones où les problèmes de réflexion sur les bâtiments sont
propices aux erreurs de calcul de position.

d'après Sciences et Avenir - Juin 2014


Nom du dispositif GALILEO GPS GLONASS

Nombre de satellites 30 24 29

Altitude h de mise en orbite 23 522 km 20 200 km 19 100km

Nombre de bandes de fréquence 3 3 2

Période de rotation d'un satellite 11 h 58 min 11 h 15 min

Données :

 Domaines des différentes ondes radioélectriques ;


Ondes radioélectriques
Supra Haute Ultra Haute Très Haute Haute Moyenne
Fréquence Fréquence Fréquence Fréquence Fréquence
(SHF) (UHF) (THF) (HF) (MF)

1 cm 10 cm 1m 10 m 100 m 
/T
 célérité des ondes électromagnétiques dans le vide : c = 3,00  108 m.s1 ;
 rayon de la Terre : RT = 6380 km ;
 masse de la Terre : MT = 5,98  1024 kg ;
 constante de gravitation universelle : G = 6,67  10–11 m3.kg1.s2 ;
 intensité de la pesanteur : g = 9,81 m.s2.

1. Performances du système Galileo


Les satellites Galileo émettent des signaux d'ondes électromagnétiques générés par leurs émetteurs embarqués.
Chaque satellite transmet trois signaux différents utilisant trois bandes de fréquence centrées sur les valeurs
suivantes: f 1 =1575,42MHz; f 2 =1278,75MHz; f3 = 1191,80 MHz.

1.1. Identifier le domaine commun des ondes radioélectriques auquel appartiennent ces trois signaux.

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1.2. Les «canyons urbains» sont propices aux erreurs de calcul de position. À l'aide des documents,
donner deux critères permettant au système Galileo d'atténuer le phénomène de « canyons urbains » par
rapport à ses concurrents.

1.3. Pour certaines applications, la précision de positionnement visée par le système Galileo est de moins de 1,0 m.
Montrer, en vous appuyant sur un calcul, que cette précision nécessite l'utilisation d'une horloge atomique.

2. Mise en orbite d'un satellite du système Galileo

Les satellites Galileo sont lancés dans l'espace à l'aide d'une fusée. Des élèves cherchent à estimer la durée
nécessaire à la mise en orbite d'un satellite, et ils proposent, après recherche, le raisonnement suivant :

Système étudié : {fusée + satellite + équipement} de masse M constante de 310 tonnes


Référentiel d'étude : terrestre supposé galiléen
Repère d'espace : axe vertical (Oz) orienté vers le haut
Conditions initiales : vitesse nulle (sur la base de lancement) et z(0) = z0 = 0.
Bilan des forces :
• poids P
• force de poussée verticale F , de valeur constante : F = 4  106 N

D'après la deuxième loi de Newton, l'accélération est donnée par :


F
aZ   g
M
Par deux intégrations successives, l'altitude est donnée par :
1 F 
z(t )  .   g  .t 2
2 M 
2.1. Repérer et corriger l'erreur commise dans les expressions mathématiques obtenues par les élèves dans le
cadre du modèle choisi.

2.2. Après correction des expressions mathématiques et en restant dans le cadre de ce modèle, calculer la durée
nécessaire à la mise en orbite du satellite.

2.3. Porter un regard critique sur les hypothèses formulées par les élèves pour construire leur modèle.

3. Étude du mouvement d’un satellite du système Galileo

Dans cette partie, on s’intéresse uniquement au mouvement du satellite sur une orbite considérée comme
circulaire.

3.1. Énoncer la deuxième loi de Kepler ou loi des aires dans le cas général et l’illustrer par un schéma.

3.2. Montrer que, dans l'approximation d'une trajectoire circulaire, le mouvement du satellite est uniforme.

3.3. Comparer qualitativement la période d’un satellite du système Galileo à celles des satellites GPS et
Glonass.

3.4. Vérifier la réponse de la question précédente par un calcul.

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EXERCICE III (5 points) QUELQUES ASPECTS DE LA PHYSIQUE DU VOL AVEC L’A 380
Cet exercice ne concerne pas les élèves de spécialité

Dans cet exercice, on s'intéresse à quelques forces mises en jeu


dans la physique du vol d'un avion telles que la force de poussée, la
portance et la traînée.

L'A380 est le plus gros avion civil jamais conçu et le troisième plus
gros avion de l'Histoire. Surnommé « Super Jumbo», il possède un
double pont qui s'étend sur toute la longueur du fuselage, lui
permettant d'accueillir 555 passagers. D'une masse au décollage de
560 tonnes et emportant jusqu'à 310 000 L de carburant, ce
quadriréacteur offre une autonomie record de 15 200 km (grâce en particulier à l'usage massif de
matériaux composites). La force de poussée maximale d'un réacteur d'A380 vaut 310 kN.

Modélisation de la physique du vol d'un avion à réaction

Dans le référentiel terrestre supposé galiléen, en vol, l'avion à réaction est soumis essentiellement
à l'action de quatre forces:
 ⃗𝑷 ⃗ , le poids de l'avion;
 ⃗𝑭portance, la portance, générée par l'écoulement de l'air autour de l'avion, de direction
perpendiculaire à la direction du mouvement et orientée vers le haut;
 𝑭 ⃗ trainée, la traînée, générée également par l'écoulement de l'air autour de l'avion, de même
direction que celle du mouvement de l'avion et de sens opposé;
 ⃗𝑭poussée, la force de poussée exercée par les gaz éjectés à la sortie des réacteurs. On se
limite à des situations où la direction et le sens de cette force sont les mêmes que ceux du
mouvement de l'avion.

Forces aérodynamiques

La portance et la traînée sont deux forces dites aérodynamiques car elles résultent de l'action
exercée par l'air en mouvement relatif sur la surface de l'avion (essentiellement les ailes).

Des expériences effectuées en soufflerie utilisant un écoulement d'air de vitesse variable permet
d'établir les lois suivantes pour les forces aérodynamiques:

avec : masse volumique de l'air (kq.m-3) ;


v: vitesse d'écoulement de l'air par rapport à l'avion (m.s-1);
Cz: coefficient de portance (sans unité) ;
Cx: coefficient de trainée (sans unité) ;
S: surface utile (m²).

1. Plein gaz au décollage


Caroline est une élève de terminale S curieuse et passionnée d'aviation. Elle se demande si le
fonctionnement des quatre réacteurs est nécessaire lors de la phase de roulage, c'est-à-dire
lorsque l'avion accélère sur la piste avant de décoller.

En lisant un article spécialisé décrivant la phase de roulage de l'A380, elle relève les données
techniques suivantes:
 distance parcourue sur la piste horizontale: AB = 1,8 km ;
 vitesse au début de la phase de roulage (point A) : 0 km.h-1 ;
 vitesse de l'avion à la fin de la phase de roulage (point B) : 320 km.h-1,
Caroline choisit de faire trois hypothèses valables pendant la phase de roulage:

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 la force de poussée Fpoussée est considérée constante;
 la force de traînée est négligeable par rapport à la force de poussée;
 on ne prendra pas en compte les forces de frottement exercées par le sol sur les roues.
1.1. Calculer la variation d'énergie cinétique Ec de l'avion entre le début et la fin de la phase de
roulage.

La variation d'énergie cinétique de l'avion pendant la phase de roulage est égale à la somme des
travaux des différentes forces qu'il subit sur ce trajet:

1.2. Dans le cadre des hypothèses choisies par Caroline, calculer la valeur de la force de poussée
Fpoussée lors de la phase de roulage et justifier la nécessité ou non du fonctionnement des
quatre réacteurs lors de la phase de roulage.

2. Le vol de croisière
En vol de croisière entre New-York et Hong Kong, l'A380 possède les caractéristiques suivantes:
 vitesse de croisière dans le référentiel terrestre: 945 km.h-1 ;
 altitude constante : 10 km ;
 surface utile: 845 m²;
 coefficient de portance Cz = 0,32 ;
 coefficient de traînée Cx = 0,020 ;
 intensité de la pesanteur: g = 9,8 m.s-2.

Durant le vol de croisière sur une durée suffisamment courte, on considère que:
 l'A380 est animé d'un mouvement rectiligne horizontal uniforme;
 sa masse est constante;
 l'atmosphère est supposée immobile dans le référentiel terrestre.
L'étude suivante se fera dans ces conditions.
On assimilera l'avion à un point qui sera considéré comme le point d'application des forces
auxquelles il est soumis.

2.1. Représenter sans souci d'échelle mais en tenant compte de la réalité physique et en justifiant
votre tracé, les forces appliquées sur l'avion en vol de croisière. Indiquer le sens de déplacement
de l'avion.

2.2. Déterminer la valeur de la force de poussée et la comparer à la valeur de la force de poussée


maximale des quatre réacteurs.

2.3. Pourquoi est-il pertinent de voler à haute altitude en vol de croisière?

2.4. Calculer la masse de l'Airbus A380 sur la durée considérée et commenter la valeur obtenue.
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