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Cytogénétique

I- Rappel sur la division cellulaire

II-METHODES D’ETUDE DES CHROMOSOMES

III-TYPES D’ANOMALIES CHROMOSOMIQUES

IV-ANOMALIES CONSTITUTIONNELES

V - ANOMALIES CHROMOSOMIQUES ACQUISES

Depuis la découverte du nombre exact de chromosomes humains par Tjio et Levan


en 1956, la cytogénétique humaine s'est développée dans plusieurs directions:

1) étude des anomalies chromosomiques constitutionnelles chez des enfants affectés de


malformations et/ou de dysmorphies, chez leurs parents et chez des sujets stériles ;

2) dépistage anténatal d'aberrations chromosomiques ;

3) analyse des anomalies chromosomiques acquises, présentes dans les cancers et les
leucémies, ou consécutives à l'exposition aux radiations ionisantes, à des substances
toxiques ou à des agents mutagènes ;

4) localisation de gènes ou de segments d’ADN sur les chromosomes, dans 1'objectif


d'établir une carte cytologique, puis intégrée, du génome humain.

La Cytogénétique a pour objet l’étude cytologique des chromosomes. Leur analyse est
effectuer au cours d'un stade du cycle cellulaire ou les chromosomes sont bien
individualisés et peuvent être observés au microscope. C'est le plus souvent la métaphase
mitotique qui est observée, mais 1'étude de la méiose est également possible et, plus

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récemment, grâce à des techniques d'hybridation in situ utilisant des sondes d’ADN non
radioactives, s'est développée

I / DIVISION CELLULAIRE

A) MITOSE ET CYCLE CELLULAIRE

Avant de se diviser, la cellule réplique son ADN au cours d’une période du cycle
cellulaire appelée phase S. La réplication est suivie d'une phase G2 qui précède la mitose.
Après la mitose, la cellule entre en phase GI.

La mitose elle-même est divisée en quatre stades. Au cours de la prophase, les


chromosomes deviennent des structures visibles au microscope sous forme de filaments
longs, fins et enchevêtrés, encore partiellement déspiralisés. A la métaphase qui lui fait
suite, la membrane nucléaire disparait et les chromosomes, maintenant condensés et bien
individualisés, se rassemblent au niveau de la plaque équatoriale ; à ce stade, ils sont
formés de deux chromatides réunies au niveau du centromère ; le fuseau cellulaire
commence à être visible. A 1'anaphase, les deux chromatides sœurs se séparent et
chacune migre, le long du fuseau, à l’un des pôles de la cellule. Au cours de la télophase,
les chromosomes se décondensent, tandis que les deux noyaux fils se reconstituent et que
les cytoplasmes des deux cellules filles se séparent. La conséquence de la mitose est une
distribution égale du matériel chromosomique entre les deux cellules filles.

B) MEIOSE

II / METHODES D’ETUDE DES CHROMOSOMES

Deux astuces techniques ont permis le développement initial de la cytogénétique


humaine : 1'emploi d'une solution hypotonique pour faire gonfler les cellules (choc

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hypotonique) et le séchage à l'air qui complète l'étalement des chromosomes. La mise au
point de cultures de lymphocytes au début des années 1960, puis des techniques de
bandes à partir de 1970, a aussi grandement contribué à l'essor de la cytogénétique
moderne, laquelle connait un renouveau avec l'emploi des techniques d'hybridation in situ
en fluorescence.

A-Structure et fonctions chromosomiques

Les chromosomes sont constitués d'une molécule d'ADN associée à de nombreuses


protéines, ils servent donc de support à l’information génétique. Le nombre de
chromosomes par cellule est une caractéristique d’espèce.
Chaque chromosome est constitué de deux chromatides sœurs reliées par le
centromère ou constriction primaire qui définit un bras court (p) et un bras long (q). La
taille de chromosome, la position centromérique et les différentes bandes permettent
son identification.
Les chromatides sont composés d’un télomère qui est un extrémité d’un bras qu’a
un rôle de stabilisation et l’empêchement de la fusion des extrémité et la dégradation
des séquences internes par la présences des séquences répétées CCCTAA /TTAGGG ( 2-
50 Kb soit 300 à 8000 répétitions).Et d’un centromère présente une constriction
primaire chromosomique lors de la métaphase, il constitue de séquence d’ADN satellite
(hétérochromatine). Il joue un rôle de complexe centromère-kinetochore où s’attachent
les microtubules du fuseau mitotique et il assure aussi la ségrégation chromosomique
lors des divisions cellulaires.

Chaque pair chromosomique est caractérisé par une succession de bandes

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longitudinales constantes et le nombre de ces bandes variable selon la condensation de la
chromatine et aussi le marquage variable selon la richesse en AT ou CG des régions
chromosomique.

Chaque pair chromosomique est caractérisé par une succession de bandes


longitudinales constantes et le nombre de ces bandes variable selon la condensation de la
chromatine et aussi le marquage variable selon la richesse en AT ou CG des régions
chromosomique.
Les techniques de bandes les plus courantes qui montrent les meilleurs modèles de
bandes comprennent les bandes G, les bandes en R et Q-bandage. Les bandes R sont
globalement inversées par rapport aux bandes G et marquent mieux la plupart des
télomères et riche en gènes.

D’après la nomenclature ISCN (international system for humane cytogénétique


nomenclature) les bandes sont numérotées selon leur distance au centromère, on peut
différencier des sous-bandes qui apparaissent lorsque les chromosomes sont allongés.
Chaque bras chromosomique est divisé selon sa taille en 1 à 4 régions, chaque région
divisée en bandes et sous bandes de centromère au télomère par exemple 9p22.2 désigne
la deuxième sous bande de la deuxième bande de la région 2 de bras court du chromosome
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B-Tissus permettant l’analyse chromosomique

On peut faire des analyses chromosomiques à partir de toutes cellules sauf les
globules rouges (anucléés). Le choix du tissu dépend du type d’anomalie que nous
recherchons et pour faire un caryotype sanguin il faut partir de :
o Les lymphocytes du sang.
o la villosité choriale (diagnostic prénatale précoce).
o Le liquide amniotique (diagnostic prénatale).
o Le frottis jugal (le cas de mosaïque).
o La moelle osseuse (le cas de pathologie hématologique acquise).
Et chez les végétaux : apex racinaire et pendant la formation de pollen

C- Le caryotype conventionnel

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Le Caryotype est l'analyse numérique et structurale de l'ensemble des
chromosomes d'une cellule et se réalise sur des cellules nucléés capables de se
diviser in vitro ,Cette technique permet d'obtenir une image, en microscopie optique, des
chromosomes d’une cellule au cours de la métaphase ou de la prométaphase de la mitose.
On peut faire le caryotype par la technique classique suivante :

o Prélèvement de sang veineux (des lymphocytes).


o Incubé le sang 48 à 72 heures dans un milieu de culture contenant une lectine
à fort pouvoir mitogène (phytohémagglutinine ou PHA) permettant une
stimulation de la croissance des lymphocytes T
o Blocage des divisions en métaphase (stade ou les chromosomes sont
condensés au maximum)par la colchicine qui empêche la formation du
fuseau achromatique et le blocage des centromères.
o Réalisation d'un choc hypotonique à l'aide d'une solution diluée qui
provoque le gonflement et la lyse des lymphocyte libérant ainsi les
chromosomes métaphasiques.
o Fixation des chromosomes.
o Etalement sur lame.
o Marquage des chromosomes (banding).et coloration des chromosomes
o (Coloration standard et les marquages G, R, Q, NOR,...,).
o Lecture des lames au microscope.
o Classement des chromosomes.

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La classification de ces chromosomes repose sur deux critères qui son :
o La longueur relative des chromosomes qui permet de les classer en trois
groupes : petit ,moyen et grand.
o L'indice centromérique qu'on note IC.
o IC = P (longueur du bras court) / P+q (longueur totale du chromosome)

En fonction de cet indice on a :


o IC environ égal 0,5 : on parlera de métacentrique
o 0,25 <IC < 0,5 : on parlera de submétacentrique.
o IC < 0, 10 : on parlera d’acrocentrique.
Pour établir un caryotype, Les chromosomes sont numérotés et rangés par taille
décroissante et aussi repérés d’après leur taille et leur forme, puis groupés par paires.

Le caryotype humain comporte 46 chromosomes, soit 22 paires d'autosomes et une paire


de gonosomes: en général, deux chromosomes X dans le sexe féminin ; un X et un Y dans
le sexe masculin. Le caryotype normal s'écrit : 46,XX ou 46,XY
Les chromosomes sont classés en fonction de leur taille décroissante et leur indice
centromérique. Les techniques de marquage en bandes aident à identifier chaque paire
chromosomique par le motif des bandes claires et sombres. Les bandes sont répertoriées
dans une nomenclature internationale. Chaque bras chromosomique est divisé, selon sa
taille, en une à quatre régions; chaque région en bandes numérotées du centromère au
télomère. Par exemple, la dénomination 6p12 désigne la deuxième bande de la région 1 des
bras courts du chromosome.

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d-hybridation in situ en fluorescence (FISH)

La cytogénétique moléculaire permet d’améliorer l’efficacité de l’examen


chromosomique (meilleure résolution) avec l'introduction de l'hybridation in situ, une
procédure qui permet aux chercheurs de localiser les positions de séquences d'ADN
spécifiques sur les chromosomes. Depuis les premières expériences d'hybridation in situ
en 1969 (Gall & Pardue, 1969), de nombreuses variantes de la procédure ont été
développées et sa sensibilité a considérablement augmenté. Aujourd'hui, la plupart des
procédures d'hybridation in situ utilisant des sondes fluorescentes pour détecter les
séquences d'ADN, et le processus est communément appelé FISH (hybridation
fluorescente in situ). Une variété de procédures FISH est disponible pour les
cytogénéticiens, qui les utilisent pour diagnostiquer de nombreux types d'anomalies
chromosomiques chez les patients. Le succès de FISH, et toutes les autres méthodes
d'hybridation in situ, dépend de la stabilité remarquable de la double hélice d'ADN.
L’hybridation in situ fluorescence consiste à reconnaitre sur un matériel
histologique, une séquence nucléotidique donnée, ADN ou ARN en utilisant une sonde
nucléotidique. La précision de cette technique est l’accessibilité des sondes de commerce
et sa rapidité (24-48h) en fait est une technique très prisés et qui s’accroît de jour en
jour.

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1) principes
L’hybridation in situ fluorescence fait appel à deux propriétés de la molécule
d’ADN à savoir la possibilité de dénaturé c’est à dire de séparer les deux hélices et la
complémentarité entre les bases des deux brins et de leur tendance à se réassocier.
La technique d’hybridation in situ fluorescence comporte trois étapes :
 Etape de la dénaturation : (1 à 5min) consiste à la séparation des deux brins d’ADN
de la cible chromosome et de l’ADN de la sonde, si ce dernier est sous forme de
doubles brins dans certaines conditions de température (70 à 80°C), de PH ou de
salinité.
 Etape d’hybridation (renaturation) : hybridation d’ADN simple brins avec une sonde
contenant une séquence complémentaire dans des conditions d’environnement précis.
 Etape de révélation : la sonde est marquée directement ou indirectement avec un ou
plusieurs fluochromes, donc l’hybridation des séquences nucléotidiques peuvent êtres
visualisé en fluorescence.

2) principales applications de FISH


 Dénombrement de chromosome : la FISH permet la mise en évidence d’anomalie
de nombre des chromosomes homogènes ou en mosaïque.
 Identification de l’origine d’un fragment chromosomique : la FISH est utile pour
mettre en évidence des remaniements chromosomiques complexes ou de petite
taille.
 Mise en évidence de microdélition : la FISH est utile pour mettre en évidence
des microéditions non vues sur le caryotype standard.

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Les avantages :
 fournit des informations supplémentaires par apport à la carte génétique
 permit l’analyse des chromosomes sur le noyau interphasique
 Utilise des fragments 100Kb et cela cause des contrainte au niveau de noyau
 Rapide par rapport aux autres techniques
 Se caractérisé par un grand choix de sonde

Les inconvénients :
 Appliquer uniquement pour les cellules non viables
 Perde la fluorescence c'est-à-dire le signale au cours de temps
 Nécessite des traitements différents selon la nature d’échantillon analysée
(métaphase, noyau, tissus…)
 Nécessite d’avoir une idée préalable de la région chromosomique ou de gène
étudiée.

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c- Hybridation Génomique Comparative (CGH)

Le test cytogénétique moléculaire qui peut détecter les syndromes de


microdélétion et microduplication est arry CGH (hybridation génomique
comparative). En 1992, l’équipe de Dan Pinkel mit au point cette nouvelle technique de
cytogénétique.

 Ce test peut détecter de nombreuses anomalies génomiques qui ne peuvent pas

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être identifiés par analyse de routine de caryotype. Comprend également la
confirmation des résultats positifs par FISH dans le cas échéant. La résolution de
la CGH sur métaphases reste celle de la bande chromosomique (5–10 Mb), car le
ratio d’intensité des fluorochromes est établi au niveau de chaque bande
chromosomique.

 Ces dernières années, cependant, les chercheurs ont de plus en plus recours à de
nouvelles techniques cytogénétiques. Une telle méthode est l'hybridation par
fluorescence in situ (FISH), une technique qui utilise des sondes marquées par
fluorescence pour localiser les positions de séquences d'ADN spécifiques sur les
chromosomes. Encore le technique de l'hybridation génomique comparative (CGH),
qui fournit un autre moyen de dépistage du génome pour les variations de nombre
de copies. Développé pour détecter les changements de nombre de copies dans les
tumeurs solides, CGH utilise deux génomes, un test et un contrôle, qui sont
différenciés et hybridés de façon compétitive aux chromosomes métaphase.
L'intensité du signal fluorescent de l'ADN de test marqué par rapport à celle de
l'ADN de référence peut ensuite être tracée linéairement sur chaque
chromosome, ce qui permet d'identifier les changements de nombre de copies
(Kallioniemi et al., 1992)

 Schéma de la technique de CGH. Les déviations de fluorescence enregistrées


sur les chromosomes « révélateurs » traduisent la non équiprobabilité
d'hybridation des deux ADN en rapport avec des pertes ou des gains de
matériel chromosomique de la région concernée dans l'ADN à tester.

Le principe de l’arry CGH

 Le principe est basé sur la comparaison entre les nombres de molécules d’une

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même quantité d’ADN de deux individus qui sont marquant par un fluorochrome
différent et suivi par l’hybridation ensemble sur des métaphases d’un témoin.
Après l’étape d’hybridation, les signaux générés par les deux fluorochromes sont
numérisés et un rapport de leur intensité respective – patient sur témoin
(reflétant le rapport du nombre de molécule d’ADN du patient par rapport à celle
du témoin) - est établi au niveau des bandes de chacune des paires
chromosomiques. Le ratio d’intensité des deux fluorochromes au niveau d’une
bande aura une valeur théorique proche de 1 si le nombre de molécules des deux
génomes est identique au niveau de la bande observée. En cas de délétion, ce
rapport théorique sera de 0,5 et de 1,5 en cas de trisomie.

Principe de la CGH sur chromosome

 La CGH arry permet la détection de déséquilibres chromosomiques dont la taille


varie avec la résolution de la puce utilisée. Parce que la CGH est une comparaison
de nombre de molécules d’ADN d’un individu par rapport à un autre, un déséquilibre
génomique de plus de 1 kb détecté par cette technique a été appelé CNV « Copy
Number Variant » ou en français « Variation de Nombre de Copies ».

Les avantages

 L'avantage principal de l’arry CGH est la capacité de détecter simultanément des


aneuploïdes, des suppressions, des doublons et / ou des amplifications de tout

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locus représenté sur un tableau; En fait, un dosage utilisant cette technique
équivaut à des milliers d'expériences FISH, avec les économies de main-d'œuvre
et de dépenses. En outre, arry CGH s'est avéré être un outil puissant pour la
détection d'anomalies chromosomiques submicroscopiques chez les individus
atteints d'un retard mental idiopathique et de plusieurs malformations
congénitales.

Avenir de arry CGH

 Array CGH a propulsé la cytogénétique du microscope vers l'ordinateur, combinant


CGH avec des microarrays à haut débit pour analyser simultanément des centaines
ou des milliers de régions discrètes du génome et identifier les caryotypes
déséquilibrés. Array CGH associe la nature spécifique du FISH aux locus et la vue
génomique globale des chromosomes à haute résolution; Ainsi, cette méthode
représente l'intégration des techniques cytogénétiques traditionnelles et
moléculaires et continuera à permettre le diagnostic clinique des anomalies
chromosomiques à une résolution sans précédent dans les années à venir
.

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III / TYPES D’ANOMALIES CHROMOSOMIQUES

On distingue classiquement les anomalies de nombre et celles de structure. Les


translocations robertsoniennes qui modifient le nombre de chromosomes sont
fondamentalement des anomalies de structure.

III / A- Anomalie de nombre

Chez l’homme, l’euploïdie correspond à un nombre de chromosomes qui est un multiple


exact du nombre haploïde (23 chromosomes). L'état diploïde (46 chromosomes) est
normal dans les cellules somatiques et dans les cellules germinales avant la méiose, l'état
haploïde (23 chromosomes) dans les gamètes. Les cas de triploïdie (69 chromosomes) sont
nombreux parmi les avortements spontanés, la tétraploïdie (92 chromosomes) est plus
rare.

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L’aneuploïdie, ou existence d’anomalies de nombre portant sur un ou quelques éléments de
la garniture chromosomique, est plus fréquente. La cellule normale est disomique pour
chaque autosome. La trisomie correspond à la présence de trois exemplaires d'un
chromosome au lieu de deux dans le caryotype normal, la tétrasomie à la présence de
quatre homologues, la monosomie à un seul exemplaire, la nullisomie a 1'absence complète
d'un chromosome. Des trisomies pour plusieurs chromosomes peuvent aussi être
rencontrées.

La notion d'aneuploïdie peut être étendue aux gamètes, en utilisant les mêmes termes ;
mais alors que la disomie est normale dans les cellules somatiques, la disomie gamétique
est un état anormal. Une trisomie provient de la non-disjonction des deux homologues lors
de la première division méiotique ou de la non-disjonction des deux chromatides reliés au
même centromère lors de la deuxième division méiotique. Si l'accident se produit à la
première division, les gamètes disomiques ont des centromères provenant des deux
chromosomes de l'individu, alors que si l'accident s'est produit à la deuxième division, les
deux centromères proviennent du même chromosome. Il est donc possible en utilisant
divers marqueurs (polymorphismes cytogénétiques des bandes C ou RFLP, par exemple) de
déterminer à la fois l'origine parentale de la trisomie et le moment de l’accident
méiotique (première ou deuxième division).

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Les anomalies du nombre des chromosomes peuvent ne pas être homogènes et
n'intéresser qu'une partie des cellules d'un individu. On distingue les mosaïques et les
chimères. Une mosaïque est définie par la présence d'au moins deux populations
différentes de cellules issues du même zygote (œuf fécondé). Par exemple, la
constitution 46, XY /47, XY,+21 définit un individu possédant une population cellulaire
normale et une population cellulaire trisomique 21, la seule différence entre les deux
populations étant la présence d'un chromosome 21 en excès dans les cellules à 47
chromosomes. Un individu mosaïque peut résulter de deux types de non-disjonction
mitotiques : ou le zygote était trisomique 21 et une cellule, devenue disomique à la suite
d'une non-disjonction, est à l'origine de la population cellulaire avec deux chromosomes
21, ou le zygote était initialement disomique 21 et une partie de la population est devenue
trisomique à partir d'une cellule ayant subi une non disjonction. On admet, dans ce cas,
que la réciproque (cellule monosomique 21), peu viable, n'a pas donné la population
cellulaire monosomique 21 attendue. Une chimère est définie par la présence de deux
populations cellulaires (ou plus) provenant de deux zygotes différents. C’est le cas, par
exemple, de certaines constitutions 46, XX/46,XY provenant de la fécondation de deux
ovocytes suivie de la fusion des deux zygotes. Les deux populations diffèrent dans ce cas,
non seulement par les chromosomes sexuels, mais aussi par les autosomes qui ne
possèdent donc pas nécessairement les mêmes allèles

III / B- Anomalie de structure

Les anomalies de structure sont diverses et se traduisent par des variations de la


longueur des chromosomes, de la position de leur centromère et/ou de la disposition des
bandes. Elles concernent un seul ou plusieurs chromosomes.

III / B-1. Anomalies impliquant un seul chromosome

Les principaux types d’anomalies de structure affectant un seul chromosome.

- Délétion (del) ou déficience : l'absence du segment chromosomique peut être


interstitielle ou paraitre terminale. En théorie, du fait de l'existence des télomères,
toute délétion devrait être interstitielle

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- Duplication (dup) : un segment chromosomique est présent en double exemplaire.

- Inversion (inv) : le remaniement est consécutif à une double cassure suivie de


recollement après retournement à 180° du segment chromosomique encadré par les
cassures. Elle est péricentrique si elle comprend le centromère, paracentrique dans le cas
contraire. La totalité du matériel génétique est conservée et 1'inversion n’est en général
pas délétère par elle-même, sauf si les cassures se produisent dans des régions vitales du
génome. Cependant, les recombinaisons méiotiques chez des individus hétérozygotes de
structure, comportant un chromosome normal et un chromosome inverse, peuvent aboutir
à la formation de gamètes déséquilibrés, ce qui constitue le risque principal des inversions
chromosomiques dans 1'espèce humaine. Le mot déséquilibré désigne le fait que la
garniture haploïde du gamète, ou la garniture diploïde du zygote qui en résulte, ne
possède pas le contenu normal en matériel génétique et comporte des duplications et/ou
des pertes de ce matériel.

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- Les Isochromosomes : Un isochromosome est un chromosome anormal formé de deux bras
longs ou de deux bras courts d'un même chromosome avec perte de l’autre bras. Il peut
être monocentrique ou dicentrique selon le mécanisme de formation. L’isochromosome le
plus souvent rencontré est l’isochromosome pour le bras long de l’X qui constitue une
variante cytogénétique du syndrome de Turner. Un isochromosome peut remplacer un
chromosome normal, ou coexister avec les deux chromosomes normaux de la même paire
réalisant alors une tétrasomie pour le bras dupliqué

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- Chromosome en anneau (r) : les anneaux sont le résultat d'une double cassure suivie de
recollement des extrémités et leur formation est accompagnée d'une double délétion. Un
anneau centrique est pourvu d'un centromère, un anneau acentrique dépourvu. Toute
structure en anneau est instable du fait des remaniements qui s'y produisent au cours
des mitoses successives. Les anneaux acentriques quant à eux sont rapidement perdus au
cours des divisions cellulaires.

III / B-2. Anomalies impliquant plusieurs chromosomes

Les plus fréquentes sont les translocations (t), qui correspondent au transfert
d'un segment de chromosome sur une autre région du génome, il en existe plusieurs types

-Translocation réciproque (trcp) : c'est un échange de matériel entre deux chromosomes


n'appartenant pas à la même paire. II en résulte la formation de nouvelles séquences
d’ADN au niveau des points de recollement. Une translocation de ce type peut être

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équilibrée s'il n'y a pas d'altération quantitative du matériel génétique ou déséquilibrée
dans le cas contraire (monosomie, trisomie partielle)

-Translocation robertsonienne (trob), ou fusion centrique : c'est la fusion apparente de deux


chromosomes acrocentriques (paires 13 à 15 et 21-22) qui aboutit à la formation d'un
chromosome métacentrique. Si elle est équi1ibrée, elle est associée à une hypodiploïdie
(45 chromosomes avec la perte apparente de deux acrocentriques et le gain d'un
métacentrique). La ségrégation des translocations robertsoniennes est exposée avec la
trisomie 21

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-Translocation complexe : elle implique des segments chromosomiques venant de plus de
deux chromosomes différents.

-Insertion (ins) : elle correspond au transfert d'un segment de chromosome dans un autre,
homologue ou hétérologue.

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-Chromosomes dicentriques (dic) ou pluricentriques : ce sont souvent des anomalies acquises
instables.

Chez l’homme, les anomalies chromosomiques sont de deux types bien différents,
constitutionnelles ou acquises. Les premières concernent les anomalies présentes dans le
zygote et transmises à toutes les cellules de l'individu (à l' exception des mosaïques et
des chimères), les secondes sont limitées à certaines cellules ou certains tissus.

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IV / ANOMALIES CONSTITUTIONNELES

Les anomalies chromosomiques constitutionnelles sont étudiées dans des contextes divers
: recherche d'une anomalie chromosomique chez un enfant ou un sujet atteint de retard
mental et de malformations, chez un sujet ayant des anomalies du développement sexuel,
chez des couples présentant des avortements spontanés à répétition, ou encore dans des
familles ou une anomalie est déjà connue. L'investigation est effectuée dans un contexte
postnatal (recherche d'une translocation familiale, par exemple) ou prénatal. Les
problèmes proprement médicaux posés par l'existence de ces anomalies ne sont pas
développés, et seuls sont envisagés quelques aspects intéressant le généticien. D'une
manière générale, la plupart des anomalies chromosomiques constitutionnelles
déséquilibrées (trisomies ou monosomies totales ou partielles) ont pour conséquence des
anomalies de dosage génique. C’est là une caractéristique fondamentale les opposant aux
maladies par mutation génique (anomalies qualitatives du message héréditaire). Les
anomalies autosomiques déséquilibrées sont caractérisées au plan phénotypique par
l'association de débilité mentale de degré variable et de dysmorphies et/ou de
malformations suffisamment caractéristiques de chacune d'elles pour que 1'on puisse les
identifier à 1'examen clinique. Les anomalies de structure équilibrées, quant à elles, ne
sont généralement pas associées à des maladies mais posent la question du risque de
transmission sous forme déséquilibrée à la génération suivante. La fréquence des

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anomalies chromosomiques chez 1'homme est très différente selon que l’évaluation est
effectuée à la naissance chez les nouveau-nés vivants, dans les avortements spontanés, ou
à l’âge adulte. Globalement la fréquence des anomalies chromosomiques est de l'ordre de
0,7 % chez les nouveau-nés vivants, de 7 % au moins chez les enfants décédés dans la
période périnatale, et de 50 % environ dans les avortements spontanés précoces
survenant avant le troisième mois de gestation. Le tableau donne une estimation de la
prévalence des anomalies chromosomiques établie à partir de nombreuses études menées
par différents groupes. Le taux d'anomalies chromosomiques varie aussi chez les
nouveau-nés vivants avec l’âge maternel : de l’ordre de 0,3 % pour les femmes de 35 ans,
la fréquence atteint 2,5a 3 % à 45 ans

4.A- Anomalies autosomiques :

a) Les trisomies

présence de 3 chromosomes homologues au lieu de deux ( 2n+1)

Trisomie 21 :

L’anomalie la plus connue des anomalies du nombre est la trisomie 21, première

maladie chromosomique mise en évidence. Dans le caryotype des malades, le chromosome

21, un acrocentrique très court, figure en 3 exemplaires au lieu de deux, les malades

présentent les signes cliniques du « mongolisme ».

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La fréquence de la maladie est de 1 pour 700 en moyenne, mais l’âge de la mère
intervient dans l’apparition du phénomène. Avant 30 ans le risque pour la mère de mettre
au monde un enfant mongolien est de 1 pour 2000, entre 40et45ans le risque global est de
l’ordre de 2 pour 100.ceci peut s’expliquer un vieillissement, une sur maturation des
ovules. Elle résulte d'une non-disjonction méiotique qui a pu se produire lors de la
première ou de la deuxième division. En dehors de l'effet de l'âge maternel, les facteurs
à l'origine de ces non-disjonctions ne sont pas bien compris

Trisomie 18 :
La trisomie 18 appelé anciennement Edwards syndrome, est une anomalie
chromosomique due à la présence d'un chromosome 18 supplémentaire.

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Au niveau cytogénétique, 95% se sont de trisomie libre, complète, homogène. Et que
généralement non disjonction pendant la deuxième divisions de la méiose, et puis dans
quelque cas on a une trisomie qui va etre libre, complète en mosaïque ( 5%).

Trisomie 13 :
Les trisomies 13 peuvent aussi être la conséquence d'une translocation
robertsonienne équilibrée chez l’un des parents.

b) Les délétions :

Les délétions partielles autosomiques sont beaucoup plus rares que les trisomies.

L'une des premières décrites chez 1'homme est la maladie du cri du chat (qui doit son

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nom au cri particulier du nourrisson porteur de l'anomalie), résultant d'une délétion

partielle du bras court du chromosome 5. Elle associe en outre une dysmorphie

particulière et une débilité mentale profonde, mais ne comporte pas habituellement de

malformation viscérale incompatible avec la survie jusqu'à l’âge adulte. La délétion est de

taille variable selon les sujets, mais la région critique, commune à toutes les délétions,

correspond à la bande 5p15. L'anomalie, le plus souvent sporadique, peut aussi résulter

d'une translocation équilibrée portée par l’un des parents. D'autres délétions partielles

ont été décrites, les plus fréquentes sont celles du bras long du 18 (l8q-), qui peut être

reconnue cliniquement, et celles du bras court du 18 (l8p-). L'emploi des techniques de

bandes à haute résolution a permis de décrire un certain nombre de microdélétions

associées à des syndromes particuliers, parfois désignés comme syndromes de gènes

contigus pour montrer que les anomalies résultent de l'implication de plusieurs gènes

différents. Parmi ces microdélétions, on peut citer celle de la sous-bande 8q24.1,

associée au syndrome de Langer-Giedion, et de la sous-bande l7p13.3, associée au


syndrome de Miller-Dieker.

4. A- Anomalies des chromosomes sexuels :

Les anomalies des chromosomes sexuels sont fréquentes dans l'espèce humaine. Ce sont
surtout des aneuploïdies, mais il existe aussi des anomalies de structure, particulièrement
importantes pour comprendre les mécanismes de la détermination du sexe.

Les anomalies des gonosomes ont, par rapport aux anomalies autosomiques, deux
particularités principales : elles ne sont pas obligatoirement associées à une débilité
mentale; elles sont souvent en mosaïque.

Le caryotype 47,XXY, correspondant au syndrome de Klinefelter, est l'une des


anomalies les plus fréquentes des gonosomes (0,9 p. 1 000 naissance. de garçons). Elle est
caractérisée par un phénotype masculin, une grande taille, un hypogonadisme, une
stérilité. II en existe des variantes, 48,XXXY et 49,XXXXY en particulier. L’anomalie
XXY résulte d'une non- disjonction de la première division méiotique paternelle (50 % des
cas) ou maternelle (33 %: des cas), et pour le reste de non-disjonctions lors de la
deuxième division méiotique ou lors des mitoses zygotiques, ces dernières aboutissant
alors à des mosaïques. La fréquence des non-disjonctions méiotiques, survenant lors de la
première division, augmente avec l'âge maternel.

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L’anomalie 47 ,XYY est aussi fréquente que l'anomalie XXY (0,9 p. 1 000 naissances de
garçons). Elle n'est pas associée à un phénotype particulier, si l’on excepte la grande taille
de l’individu. La fréquence de l'anomalie est anormalement élevé dans les populations
carcérales et asilaires, l'anomalie est aussi tout à fait compatible avec intelligence et une
vie normales. Elle est due à une non-disjonction au cours de la deuxième division méiotique
paternelle. Le problème posé par les garçons XX, comme celui pose par les états
intersexués et les hermaphrodismes vrais, est discuté plus loin.

L'anomalie 47,XXX (1 p. 1 000 naissances de filles) est due à une non-disjonction


méiotique maternelle. Elle n’est pas incompatible avec la fertilité mais entraine souvent un
degré modéré de débilité mentale. Le syndrome de Turner (0,1-0,2 p. 1 000 naissances de
filles) est caractérisé par des dysmorphies et des malformations, une petite taille et un
infantilisme sexuel lié à l’absence de gonades. II correspond à plusieurs caryotypes
possibles, le plus fréquent étant 45,X. Les autres cas comportent un isochromosome pour
le bras long de l'X,i(X)(ql0), et diverses anomalies de structure du chromosome X. Les
anomalies associées au syndrome de Turner sont en mosaïque dans environ un quart des
cas, ce qui contribue sans doute à la diversité du phénotype. L’anomalie 45,X est
fréquente dans les avortements spontanés. Cette mortalité intra-utérine explique
probablement que le syndrome de Turner soit moins fréquent à la naissance que les autres
anomalies des gonosomes.

Le syndrome de Turner (0,1-0,2 p. 1 000 naissances de filles) est caractérisé par des
dysmorphies et des malformations, une petite taille et un infantilisme sexuel lié à
l’absence de gonades. II correspond à plusieurs caryotypes possibles, le plus fréquent
étant 45,X. Les autres cas comportent un isochromosome pour le bras long de
l'X,i(X)(ql0), et diverses anomalies de structure du chromosome X. Les anomalies
associées au syndrome de Turner sont en mosaïque dans environ un quart des cas, ce qui
contribue sans doute à la diversité du phénotype. L’anomalie 45,X est fréquente dans les
avortements spontanés. Cette mortalité intra-utérine explique probablement que le
syndrome de Turner soit moins fréquent à la naissance que les autres anomalies des
gonosomes. Les translocations X; autosome sont des événements plus rares.

V- ANOMALIES CHROMOSOMIQUES ACQUISES

On distingue deux sortes d’anomalies chromosomiques acquises : celles des cellules


malignes et celles résultant de l'action de toxiques (agents chimiques, radiations
ionisantes). Les virus infectieux usuels entrainent des cassures et des pulvérisations des
chromosomes et ne sont pas considérés ici.

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5. A- Anomalies chromosomiques des cancers et des leucémies

Par opposition aux anomalies constitutionnelles, les anomalies chromosomiques des


tumeurs et des leucémies sont acquises. Elles sont donc présentes dans les cellules
anormales, mais ne figurent pas dans les tissus qui ne sont pas impliqués par le processus
tumoral. Ce sont en général des anomalies clonales, c'est-à-dire qu'elles dérivent de la
même cellule initialement remaniée, ce qui n'exclut pas la possible coexistence de
plusieurs sous-clones dérivés et d'un bruit de fond d’anomalies parfois non clonales liées à
1'instabilité chromosomique. On peut distinguer les anomalies qui sont la manifestation
cytologique d'amplifications génomiques et les anomalies clonales qui ont souvent un
caractère non aléatoire.

5. B- Anomalies induites par des agents mutagènes

Les agents mutagènes sont responsables d'anomalies acquises ; chez l'homme, ils
n'affectent que très rarement les cellules de la lignée germinale.

Agents chimiques De nombreux agents mutagènes et/ou cancérigènes provoquent


des cassures chromosomiques. Cette propriété a été utilisée pour effectuer des études
de mutagenèse, en particulier pour détecter l’action des divers agents mutagènes.
L’analyse des échanges entre chromatides sœurs est également utilisée en raison de sa
haute sensibilité. II existe deux types principaux de cassures des chromosomes. Les
cassures de type chromatidique, qui affectent une seule chromatide des chromosomes
métaphasiques, surviennent après la phase S du cycle cellulaire. Les cassures de type
chromosomique se produisent dans les cellules avant la phase S du cycle. Certaines de ces
cassures sont à l'origine de translocations, de délétions de chromosomes dicentriques,
d'anneaux et de fragments.

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LA POLYPLOÏDIE (Anomalie de nombre)

La polyploïdie et la présence de plus de deux lots de chromosome dans un


organisme, désigne aussi les populations ayant plus de deux génome de base (génome :
ensemble de gène d’un organisme dans un état allélique).

La polyploïdie est un facteur important dans l’évolution des génomes des eucaryote ;
cette polypodie est particulièrement élevée chez les plantes .en effet, ils représentent
90% des ptéridophytes, plus de 50% des monocotylédones et 30% des dicotylédone et
aussi 30% à 80% des angiosperme sont semblés issu d’un événement de polyploidisation.
Alors que chez les animaux ce phénomène est le plus souvent létal.

Génétique mendélienne

1 - génétique des autotétraploïdes

La génétique des autotétraploïdes est compliqué par ce que on appelle l’hérédité


tétrasomique : à un locus il existe 4 allèles en même temps.
Si A et a sont deux allèles de même locus il existe cinq états génotypiques :

Cas de dominance A sur a Cas d’absence de dominance


Quadruplex AAAA Monogéneque aaaa ;bbbb
Triplex AAAa Digénique simplex aaab ;abbb
Duplex AAaa Digénique duplex aabb ;aacc
Simplex Aaaa Trigénique aabc ;abbc
Nulliplex Aaaa Tetragenique Abcd
Les génotypes en cas de la présence ou de l’absence de dominance de l’allèle A sur
a

2- ségrégations chromosomiques (allèle proche du centromère)

Pour le cas de duplex la méthode de formation des gamètes peut se faire de la


manière suivante :

A A a a
A _ AA Aa Aa
A _ Aa Aa
a _ aa
a _

Formation des gamètes « cas de duplex »


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3- ségrégations chromatidique (allèle loin du centromère)

Cas d’un locus a deux allèles A et a il existe plusieurs combinaisons possibles : le calcul
de la probabilité pour qu’un gamète issu d’un individu de génotype déterminé soit par
exemple aa peut être effectue de la manière suivante, il y a façons de tirer 2 locus
parmi 8. Si le génotype tétraploïde renferme n fois l’allèle a il y a façons de tirer 2
fois a.par conséquence la probabilité de aa est :

( ) ( )

Le gène se séparera au hasard par rapport au centromère et les gamètes deviendront


selon le cas étudier : simplex, duplex et triplex.

Les gamètes formés :

 simplex : Dans ce cas les gamètes seront : 1 AA, 12 Aa, 15 aa


 duplex : Dans ce cas les gamètes seront : 3 AA , 8 Aa , 3 aa
 triplex : Dans ce cas les gamètes seront : 15AA, 12Aa , 1aa
 quadruplex : Dans ce cas les gamètes seront : AA
 nulliplex : Dans ce cas les gamètes seront : aa

Résumé : Gamète formés pour les deux cas de position du locus :

Ségrégation chromosomique Ségrégation chromatidique


(locus proche de centromère) (locus loin de centromère)

Aaaa 1 Aa 1aa 1AA 12Aa 15aa

AAaa 1AA 4Aa 1aa 3AA 8Aa 3aa

AAAa 1AA 1Aa 15AA 12Aa 1aa


formation des gamètes pour les deux cas de ségrégation chromosomique

EXEMPLE :

Cas de population formée à la génération G0 par les fréquences suivantes : f0 ; f1 ; f2 ; f3 ;


f4

Genotype aaaa Aaaa AAaa AAAa AAAA

Frequence f0 f1 f2 f3 f4

Si on pose : x +

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On peut calculer les fréquences gamétique en fonction de x et de fréquence de l’allèle A
noté p (pour le cas ou le locus est proche du centromère : ségrégation chromosomique)

Genotype (gamètes) AA Aa aa

Fréquence p–x 2x 1-p-x

La structure génotypique de la génération suivante sera exprimée en fonction de x et de


p

Genotype aaaa Aaaa AAaa AAAa AAAA

Fréquence f’0 = (1-p-x)² f’1 = 4x(1-p-x) f’2 =2p(1-p)-2x+6x² f’3=4x(p-x) f’4=(p-x)²

Conclusion : la structure génotypique chez les tétraploïdes par comparaison aux diploïde
peut être obtenu par :
( )

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