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SERVICES PSYCHOSOCIAUX

COMMUNAUTAIRES DANS LE
DOMAINE DE L’AIDE
HUMANITAIRE
GUIDE DU FACILITATEUR

Version 2, Mai 2005


www.svenskakyrkan.se/psychosocialservices
SERVICES PSYCHO-
SOCIAUX
COMMUNAUTAIRES
DANS LE DOMAINE DE
L’AIDE HUMANITAIRE
GUIDE DU FACILITATEUR

VERSION 2, MAY 2005 I


Services psychosociaux communautaires dans le domaine de l’aide humanitaire – Guide
du facilitateur
Version 2, mai 2005
_____________________________________________________________________
Copyright
Ce document est un guide pour ceux impliqués dans le développement de services
psychosociaux pour aider les populations à faire face aux effets psychologiques qui resultent des
désastres. Il est permis de revoir, de prendre des extraits, de traduire et/ou de reproduire le guide
entier ou des parties du guide à des fins non commerciaux en conformité à son objectif, . Merci
de bien vouloir citer ce guide à chaque utilisation.

Merci de nous envoyer les copies traduites de façon à les rendre disponibles lors de situations de
catastrophe à venir.

Les comptes-rendus des experiences d’utilisation du guide ainsi que les remarques et les
corrections pour son amélioration sont les bienvenues . Merci d’envoyer toutes remarques
et traductions à:
maria.lundberg@svenskakyrkan.se

illustration de couverture: Christina Jonsson, Fingerprint Illustration & Form


Mise en page: Kerstin Oehman, Immix

www.svenskakyrkan.se/psychosocialservices or www.act-intl.org

II VERSION 2, MAY 2005


TABLE DES MATIERES

Outils

remerciements

1. Introduction

2. Ici le service psychosocial communautaire!

3. Code de conduite

4. Prendre en compte la dimension de genre - agir d'


une façon purement humanitaire

5. Réactions normales à des situations anormales

6. Èvaluation des besoins de la communauté en matière de soutien psychosocial

7. Bonnes idées pour le terrain

8. VIH/Sida en situation d'


urgence

9. Conflit, médiation et résolution

10. Se sentir invité dans une autre culture - collaborer avec un partenaire local

11. Partenaires locaux - renforcer les capacités

12. Evaluation psychosociale individuelle

13. Vie spirituelle lors de catastrophes

14. Gérer les risques du métier

15. Glossaire et abréviations

VERSION 2, MAY 2005 III


OUTILS

Accidents fatals, faire face 13-6


Aide psychologique d’urgence pour les équipes 5-13
rencontrant les sinistrés.
Animer des petits groupes, animer 11-24
Boîtes de la mémoire 8-7
Code de Conduite sur l’exploitation sexuelle pour les 3-12
membres dE L’ALLIANCE ACT INTERNATIONAL
Comportement, document de contexte: principes de 2-6
comportement pour la croix rouge et le croissant rouge et
les ONGs lors de la mise en oeuvre du programme en
situation de catastrophe
Conseils pour former une équipe 14-14
CoopÉration, Déclaration ACT de 3-9
Désamorcer et débriefer 14-20
Deuil, les étapes du 13-10
Deuil, pratiques de 13-11
Ecoute active 10-8
Enfants, communiquer avec des enfants en détresse 7-19
Epuisement, Liste des symptômes de l’ 14-26
Evénements stressants, faire face à des – Conseils pour la 5-15
famille et les amis.
Exercices en genre 4-14
Faire face au stress – Faire face à des événements 5-17
absolument inattendus.
Former une équipe, bonnes idées pour 7-34
Groupes d’auto-assistance 7-35
GUIDE DE Relaxation 7-15
Idées-Jeux, liste d’ 7-23
Kit de Survie personnel, Check-list de ce qu’il faut 14-12
emporter en mission
Livre de la mémoire 8-7
Matériel – liste du 7-17
Ne pas nuire 10-12
Notification d’un décès 13-9
processus du puzzle 5-19
Projet Photo 8-8

IV VERSION 2, MAY 2005


Questions de genre, petits conseils pour les mettre en avant 4-11
Questions de genre spécifiques pour des situations 4-10
d’urgence, exemples de
Questions importantes concernants les politiques et les 3-18
contrats des membres de l’équipe ACT
Quilt du souvenir 8-8
Renforcement des capacités 11-6
Sentiments, identifier 7-22
Services Psychosociaux 11-7
Des soins procurés à la maison 8-8
Sujets de discussion de genre 4-12
traumatisme spécifique (Viol, Torture, traumatisme chez 5-23
l’enfant)

VERSION 2, MAY 2005 V


VI VERSION 2, MAY 2005
REMERCIEMENTS

Trois membres de l’Alliance Action by Churches Together (ACT) – Church


of Sweden/Lutherhjalpen, Presbyterian Disaster Assistance (PDA) et la
Norwegian Church Aid (NCA) – ont pris l’initiative d’établir un guide sur les
services psychosociaux communautaires lors d’urgences complexes ou de
catastrophes.

De nombreuses personnes ont été impliqués dans l’élaboration de ce guide.


Nos remerciements vont à Kathy Angi, PDA, qui a contribué le plus au
contenu. Goran Tesfai Skoglund et Per Mossegard du centre de Varsta pour
les crises et les catastrophes de l’église suédoise ont commencé ce travail en
collaboration avec Kathy et ils ont également apporté leur contribution au
contenu et à la démarche. Sophie Gabbe Nygaard de la NCA et Maria
Lundberg de la Lutherhjalpen ont participé au comité de rédaction et ont
apporté leur contenu. Eva Ekelund de la Lutherhjalpen a proposé le contenu
sur le genre et Erik Berggren sur le VIH/Sida.

Merci tout spécialement à Magnus Jacobson qui a accompli le travail


éditorial du contenu et à Elsa Doehlie qui a partagé ses commentaires solides
sur le contenu. Nous désirons aussi remercier tous les acteurs expérimentés
de terrain qui ont contribué au travail par leurs commentaires et leurs
réactions.
De nous avoir permis d’utiliser leurs ressources, nous remercions John H.
Ehrenreich du centre pour la résolution des conflits du Cap (ecoute active),
l’action pour le droits des enfants (UNHCR), Bret Mc Michael (liste de
jeux), le Diakonia Council of Churches d’Afrique du Sud (Identications des
sentiments) et le Dr U. Gauthamadas, ADEPT (groupes d’auto-assistance).

Uppsala/Budapest/Oslo Mai 2005

VERSION 2, MAY 2005 VI I


Les Auteurs
Kathy Angi. Kathy est pasteur et travailleuse sociale. Elle travaille
aujourd’hui dans une mission de la PDA basée à Budapest mais elle travaille
aussi dans d’autres endroits. Elle a ainsi vecu? dans les Balkans et en
Afrique. Elle est l’auteur principal de ce guide.

Sophie Gabbe Nygaard. Sophie est la directrice du département urgences


de la NCA. Elle est enseignante et éditrice de formation, elle a travaillé pour
différentes ONG norvégiennes et pour le UNHCR dans différents pays
africains.

Maria Lundberg. Maria est la chargée “urgence” de l’église


suédoise/Lutherhjalpen. Elle est diacre et sage-femme de formation et elle a
travaillé pour différentes organisations ecclésiastiques et autres dans la corne
de l’Afrique.

Per Mossegard. Per est le formateur en chef au centre de Varsta pour les
crises et les catastrophes de l’église suédoise. Il a contribué à l’établissement
de la démarche du guide et à son contenu.

Goran Tesfai Skoglund. Tesfai était le directeur du centre diaconal de


Varsta quand il a amené l’idée originale de faire ce guide. Il a beaucoup
travaillé en Afrique et dans les Balkans.

Eva Ekelund. Eva est officier de projet à l’église suédoise/Lutherhjalpen.


Elle a de léxperience de L’amerique du Sud, et elle a travaillé pour Unifem
au Mexique.

Erik Berggren. Erik est prêtre et il travaille comme conseiller en matière de


politique sur le VIH/Sida à l’église de Suède. Erik connait l’Afrique depuis
son poste d’aumônier d’hôpitaux en Afrique du Sud.

Pour les commentaires et les réactions

Ce guide a été écrit sous la compréhension qu’il y ai bien des acteurs qui ont
plus d’expérience que les auteurs dans ces domaines. Tout commentaire ou
suggestion seront donc les bienvenus.

Sophie Gabbe Nygaard, Norwegian Church Aid, sgn@nca.no


Kathy Andress Angi, Presbyterian Disaster Assistance,
angikathy@yahoo.com
Maria Lundberg, Lutherhjalpen, maria.lundberg@svenskakyrkan.se

VI II VERSION 2, MAY 2005


Les Organisations

www.nca.no/

Norwegian Church Aid (NCA) est une organisation non-gouvernementale,


oecuménique qui travaille pour les droits fondamentaux des gens. Se basant
sur la foi chrétienne, NCA fournit de l’aide à ceux qui en ont le plus besoin,
sans discrimination sexuelle, politique, religieuse ou ethnique.

NCA se place à la fois sur l’assistance dans l’urgence de court terme et sur
l’aide au développement à plus long terme. Dans les situations d’urgence,
NCA envoie à la fois du matériel et du personnel qualifié. NCA œuvre aussi
à faire changer les attitudes et les décisions des personnes.

NCA est présente dans plus de 70 pays et coopère avec ses partenaires
locaux partout dans le monde. NCA a un budget annuel d’environ 70
millions de Dollars US. Les fonds sont issus de milliers de donateurs privés,
d’autres organisations et du gouvernement norvégien.

La devise de la NCA c’est “ensemble pour un monde juste”. Cette devise


décrit l’engagement à travailler ensemble avec des organisations partenaires,
les paroisses et les individus en faveur d’un monde de compassion, de
justice, de participation, de gestion durable de la Création divine et de paix.

www.pcusa.org/pda

La Presbyterian Disaster Assistance (PDA) est le programme de réponse aux


catastrophes et à l’urgence de l’église presbytérienne (U.S.A.) il joue son
rôle à l’étranger ainsi que dans les Etats Unis pour apporter de l’aide lors de
catastrophes. La PDA s’est engagée à respecter le code international de
conduite et elle se met au service de ceux qui sont dans le besoin sans
distinction de race, de foi ou de sensibilité politique.

La PDA est un petit programme dans la croissance qui se concentre


exclusivement à l’urgence. Le budget annuel du programme est d’environ 7
millions de dollars US. Tous les fonds sont d’origine privée et proviennent

VERSION 2, MAY 2005 IX


principalement de nos membres. La PDA n’est pas actuellement enregistrée
en tant qu’ONG et n’est donc pas en position de recevoir des fonds du
gouvernement américain. L’aide au développement de plus long terme est du
ressort de notre programme jumeau, le Presbyterian Hunger Program.

Nous proclamons que notre devoir est d’apporter aux survivants d’une
catastrophe Dieu dans sa plénitude afin qu’ils puissent être fortifiés et
encouragés pour rebâtir leurs communautés et leurs moyens d’existence. De
plus en plus, l’accent que nous avons mis sur la vision biblique du Shalom
(plénitude) a amené la PDA à accroître ses efforts pour approfondir son
expertise dans le domaine de l’assistance personnelle aux survivants et à
ceux qui les aident en fournissant à la fois une aide pastorale et
psychosociale.

Nous ne travaillons pas seuls. La PDA travaille avec les églises locales, les
conseils œcuméniques et les ONG locales. La PDA est membre de Church
World Service aux Etats-Unis. (l’agence de développement et de secours
oecuménique) et de l’Alliance ACT à l’étranger.

www.svenskakyrkan.se/lutherhjalpen

Lutherhjalpen est l’expression du diaconat international de l’église de Suède


et oeuvre pour rendre les conditions de vie plus dignes et pour déceler et
combattre l’injustice, la pauvreté et l’oppression. L’accent est mis sur le
développement et la coopération avec des organisations confessionnelles ou
non. Lutherhjalpen a également le mandat et la charge d’apporter de l’aide
aux réfugiés.
La coopération réciproque à long terme au sein du conseil mondial des églises
et de la Fédération luthérienne mondiale a la priorité. Au cours d’opérations
d’urgence, la Lutherhjalpen travaille d’abord en concertation avec le réseau
ACT.

www.act-intl.org
Le NCA, la PDA et la Lutherhjalpen sont membres du réseau ACT
International (Action by Churches Together). ACT International réunit les
églises et les organisations membres du Conseil mondial des églises et de la
fédération luthérienne mondiale et coordonne la mise en place des opérations
d’aide d’urgence dans le monde entier.

X VERSION 2, MAY 2005


1. INTRODUCTION

Pourquoi un guide sur les services


communautaires psychosociaux dans le
domaine de l’aide humanitaire?
Ce guide souligne la nécessité d’identifier et d’aider les gens en s’occupant
de leurs besoins psychosociaux consécutifs à une urgence grave ou une
catastrophe majeure. Répondre à ces besoins est aussi important que de
répondre aux besoins plus évidents de nourriture, de vêtements et de
logement.

Les équipes de terrain du réseau ACT ont fait l’expérience d’une prise de
conscience grandissante du besoin d’offrir des services en situation
d’urgence et de catastrophe. Beaucoup de travail a été accomplit dans ce
domaine même si souvent il n y a pas été étiqueté en tant que travail
psychosocial. En consequence ces efforts ont été répertoriés et diffusés.
L’intention de ce guide est de répondre au besoin de fournir une formation
aux travailleurs communautaires en charge des services de nature
psychosociale en situation d’urgence ou de catastrophe.

Le choix des sujets que contient ce guide relève de notre expérience


commune de ce qui est le plus essentiel pour sensibiliser et former en aide
psychosocial dans l’humanitaire.

Le contenu est d’ordre général, ce qui signifie qu’il doit être adapté au
contexte ou à la situation donné.

Comment l’utiliser?

Ce guide n’a pas été conçu pour être lu de la première à la dernière page. Son
intention est de fournir des éléments pertinents pouvant être employés au bon
moment.

VERSION 2, MAY 2005 1- 1


INTRODUCTION

Chaque chapitre commence par une introduction au sujet traité et se poursuit


par une boîte à outils. Cette boîte à outils présente des exemples et des idées
sur la façon dont on puisse mettre en œuvre le contenu dudit chapitre.

Le contenu de chaque boîte à outils est disponible au début du chapitre mais


il se trouve aussi au début de ce guide sous la forme d’une liste. .

La boîte à outils recèle des documents importants ainsi que des explications
et des outils pratiques pour le terrain.

A qui s’adresse-t-il?

Ce guide est destiné à ceux dont le métier est susceptible de les amener à
intervenir lors de catastrophes ou de situations durgence complexe. Il a été
écrit pour les humanitaires expérimentés qui se concentrent sur les services
psychosociaux ainsi que pour les équipes engagées dans tous les domaines
du travail d’assistance. Garder à l’esprit les aspects psychosociaux est
essentiel dans toutes sortes de situation d’aide urgente.

Bien que certaines parties du guide puissent sembler être adressées à des
travailleurs internationaux, tous les personnels, nationaux ou internationaux,
impliqués dans l’aide d’urgence peuvent faire usage de ce quiest proposé. Le
guide peut aussi servir de support de formation pour les équipes locales.

Le Guide ne se veut pas un manuel dans la prise en charge de la santé


mentale ou de psychothérapie.

Questions transversales

Il existe dans le domaine humanitaire des questions importantes qui sont de


nature transversale. Cela devrait être gardé à l’esprit dans toute activité ou
intervention. Certaines des ces questions sont développées en profondeur
dans le guide mais ils sont à inclure dans toute programmation ; toute
formation ou toute autre activité. Il s’agit de:
Codes de conduite (cf. chapitre 3)
Genre (cf. chapitre 4)
Prévention du conflit (cf. chapitre 10)
Le VIH et le Sida (cf. chapitre 8).

1- 2 VERSION 2, MAY 2005


2. ICI LE SERVICE PSYCHOSOCIAL
COMMUNAUTAIRE!

Mythe: “toute victime d’un conflit armé ou d’une catastrophe a


besoin de conseils pour retrouver le bon chemin”
Réalité: Le service psychosocial n’est pas une thérapie
individuelle, il s’agit du travail que nous effectuons en aidant les
communautés affectées qui se remettent collectivement.

Ce chapitre:
Définit le service psychosocial communautaire.
En décrit les objectifs.
Présente des exemples des besoins de chaque phase d’une catastrophe.

Boîte à outils:
Pour des exemples de méthodes concrètes, veuillez-voir le chapitre 7,
Bonnes idées pour le terrain.
Déclaration de Coopération entre l’OMS et les ONG d’aide humanitaire, y
compris les réseaux ACT, santé mentale des réfugiés, des déplacés et des
populations affectées par des situations de conflit ou suivant un conflit.

VERSION 2, MAY 2005 2- 1


ICI LE SERVICE PSYCHOSOCIAL COMMUNAUTAIRE!

Service psychosocial communautaire

Ce guide participe à la définition commune de ce qui signifie le travail


psychosocial communautaire au sein du réseau ACT. Dans cette perspective,
une communauté est considérée comme le fondement social et
psychologique pour un individu et ne pas seulement comme l’environnement
physique, la base de la sécurité, de la vie, du travail, de l’éducation et de la
santé. Il devient patent en situation d’urgence que la communauté soit le
point de départ dans un sens très large.

Le service psychosocial ajoute au concept traditionnel de l’aide humanitaire


les dimensions de la santé mentale et sociale. Notre définition du service
psychosocial se base sur l’expérience et la prise de conscience quant à la
nécessité d’apporter un soutien psychologique et social aux personnes
victimes de situations de catastrophe. Pour répondre aux besoins de ces
personnes au cours d’expériences traumatisantes, il est essentiel d’établir des
lieux où les gens peuvent se rencontrer et ou ils peuvent partager des
expériences et des moments de vie spirituelle.

Le service psychosocial est un travail de groupe ayant comme base la


communauté. Il ne s’agit pas d’une psychothérapie individuelle. Ce
travail est rendu aisé grâce aux efforts des populations touchées et en
travaillant avec les programmes existants chaque fois que cela est
possible.

Nous avons foi dans les gens

La base de tout travail psychosocial communautaire réside dans la foi en la


capacité de la communauté affectée à se remettre et à résister. C’est pourquoi
le défi posé au travailleur psychosocial est d’aider les populations affectées
et de faciliter leurs efforts à retrouver leur pleine marche en bâtissant leurs
forces. Ce travail doit avoir une perspective basée sur les droits, y
compris ceux des enfants et il doit être sans ambiguïté sensible à la
dimension de genre.

Il est également nécessaire de reconnaître que ceux qui portent le secour sont
eux-mêmes profondément touchés par le spectacle qui s’offre à leurs yeux et
par les histoires qu’ils entendent. Il faut absolument empêcher que ces
personnes-ci deviennent les victimes de leurs expériences personnelles.

2- 2 VERSION 2, MAY 2005


ICI LE SERVICE PSYCHOSOCIAL COMMUNAUTAIRE!

Objectif
Afin d’aider les personnes affectées à retrouver une vie et un fonctionnement
stable, à recouvrer l’espoir, la dignité, un bien-être mental et social ainsi que
restaurer un sens de la normalité, la connaissance et la prise en compte de la
notion de service psychosocial doivent être présent à tous les niveaux du
travail d’aide, s’agisse t-il des donateurs, des acteurs, des personnels locaux
ou des équipes de terrain. Il faut donc mettre en place des formations et
identifier des personnes ressources locales pour atteindre cet objectif.

Perspective
Des groupes différents ont des besoins différents à différents moments: Le
processus de l’aide psychosociale englobe 4 dimensions:
Comportements et approche: l’éthique et l’esprit du service
psychosocial.
Pré-conditions et obstacles survenant dans les circonstances particulières
d’une catastrophe, le lieu et le moment de l’événement et l’impact du
type de catastrophe.
Prise en compte de la perspective du long-terme de l’action.
Méthodes culturelles spécifiques de la société touchée mises en place
pour affronter les événements, y compris la prise en compte d’un timing
approprié.

Exemples de besoins psychosociaux selon


les différents moments de la réaction face à la
catastrophe
La liste ci-dessous présent différentes approches et activités psychosociales.
Les approches adéquates varieront en fonction de chaque situation.

Avant l’événement, préparation des organisations internationales et des


communautés locales:
Formation et éducation du staff.
Mise en place d’une structure de soutien psychologique.
Mise en place d’un programme d’assistance au staff et d’éducation au
soutien post-catastrophe.
Intégration de la dimension psychosociale dans les secteurs liés à la
gestion de catastrophe (santé, développement, hygiène/eau).

VERSION 2, MAY 2005 2- 3


ICI LE SERVICE PSYCHOSOCIAL COMMUNAUTAIRE!

Phase d’urgence aiguë lors de la catastrophe:


Assurer les besoins essentiels: eau, nourriture, abris.
Définir les priorités en tant que besoins médicaux et psychologiques.
Garder les familles rassemblées et réunir les familles qui ont été
séparées.
Conserver un équilibre hommes-femmes dans le recrutement des équipes
locales afin d’identifier les besoins et les points forts des groupes cibles.
Prendre un soin spécial des personnes âgées, des enfants et des
personnes les plus vulnérables physiquement et psychologiquement.
S’assurer qu’il existe des endroits sûrs pour les femmes et les enfants
afin d’empêcher les violences.
Traiter chaque individu avec dignité et respecter les droits de l’Homme.
Prévenir les conflits, favoriser l’établissement de la paix et la
réconciliation.
Limiter la durée de service à trois mois dans les situation difficiles.
Imposer des congés brefs et obligatoires. Fournir un soutien sur place si
possible.

Phase d’urgence non-aiguë:


Rendre prioritaire la réouverture d’écoles. Cela constitut un outil
important du service psychosocial.
Ouvrir des lieux de rencontre sûrs où le partage des expériences peut
avoir lieu. Ces lieux revêtent une grande importante pour ceux dont on
n’entend pas souvent les voix, c’est-à-dire les femmes et les enfants.
Donner des renseignements sur la situation en général et surtout sur les
stress traumatiques et les réactions normales consécutives.
Créer des espaces de récréation, d’amusement pour les enfants, des
manifestations sportives et des activités sociales pour les plus âgés.
Faire appel à la participation locale pour l’organisation et la construction
de camps. Identifier les gens qui sont facteurs de paix et de
réconciliation. Inclure dans les programmes le renforcement des
capacités des leaders communautaires, des femmes meneuses et de
l’équipe locale.
Créer les conditions pour faciliter la pratique de la vie spirituelle et du
culte.
Fournir une assistance pour les questions légales telles que le droit
d’asile et la propriété de la terre.
Mettre en place le soutien pour l’équipe. S’il y en ait besoin, mettre en
œuvre le relâchement et le débriefing. Soulager et soutenir (voir chapitre
13, Gérer les risques du métier , page 1, pour plus de détails)

Phase de développement:

2- 4 VERSION 2, MAY 2005


ICI LE SERVICE PSYCHOSOCIAL COMMUNAUTAIRE!

Evaluer les besoins psychologiques. Créer et offrir la possibilité de


participer à des groupes de partage et d’échange d’expériences et
développer les qualités qui aident à tenir bon. Entendre en petits groupes
et individuellement. Traiter et référer pour thérapie les cas spéciaux de
ceux qui ont développé des syndromes psychiatriques ou qui ont des
maladies psychiatriques chronique. Créer un réseau de soutien
psychologique.
Bâtir des systèmes d’entraide avec la coopération et la participation des
populations locales, en utilisant les manières traditionnelles et culturelles
de faire face et de prendre en mains les traumatismes et la détresse.
Encourager le travail de réconciliation, identifier les facteurs de paix,
établir des lieux où ceux qui s’opposent peuvent se rencontrer.
Proposer des programmes d’enseignement et de formation: compétences
pratiques pour accroître l’indépendance financière (Technologie de
l’information, couture, agriculture, enseignement des langues, etc.)
Accroître la prise de conscience concernant les différents secteurs qui
posent des problèmes. Par example: les mines, VIH/Sida.
Soutenir le développement communautaire: favoriser une formation qui
tend vers l’autonomie et la prise de décisions collectivement.
S’assurer de la formation et de la prise en compte des lois humanitaires
internationales y compris les droits de l’Homme.

Le service psychosocial profite d’une approche et d’une réflexion basée sur


l’apport de plusieurs professions. Développer des systèmes et des réseaux à
tous les niveaux.

Des aspects plus approfondis du service psychosocial et des idées de


programmation sont développés au chapitre 7 pour les bénéficiaires et au
chapitres 13 pour les intervenants.

VERSION 2, MAY 2005 2- 5


BOITE A OUTILS ICI LE SERVICE PSYCHOSOCIAL COMMUNAUTAIRE!

> BOÎTE À OUTILS <

> DO C UM ENT S D ’ AP PU I: D ÉC L AR AT IO N DE C O O P ÉR AT I O N
ENT R E L ’O M S ET L E S O NG H UM AN IT AI R E S, Y CO M PR I S L E S
RE S E AU X ACT <

ET

S ANT É M ENT AL E D E S R ÉF UG I É S , D ES D É PL AC É S ET
D’ AUT R E S PO P UL AT I O N S T O U CH É E S P AR D E S S IT U AT IO N S
DE C O NF L IT ET D E P O ST - CO NF L IT

Introduction

1. Les conflits soumettent les gens à des violations fréquentes et brutes de


leur droits humains. L’occurrence de nouveaux types de situations violentes,
doublées des défauts du système légal international et du mépris des règles,
excluent des millions de gens de la protection et de l’aide humanitaire. Les
plus vulnérables sont victimes à une pression physique et psychologique
acroissante. Il s’agit des enfants, des mineurs non-accompagnés, des
orphelins, des enfants chefs de famille, des handicapés physiques et
mentaux, des personnes âgées seules, des survivants de violence organisée,
de tortures, de violence sexuelle, des détenus et des prisonniers de guerre. Il
faut répondre à leurs besoins spécifiques. Les femmes sont de plus en plus
les cibles de dures persécutions tout en payant un prix très élevé concernant
leur famille, de la dislocation sociale et des responsabilités supplémentaires
consécutives à la situation.

2. Cette déclaration a pour but de représenter un instrument pratiqueet


utilisable. Elle fournit un cadre susceptible d’amener un consensus et des
coopérations à propos des modèles opérationnels, qu’il s’agisse des
stratégies, des politiques ou des programmes. Elle vise à faire la promotion
des approches communautaires, complètes, prouvées, efficaces qui puissent
être rapidement mises en œuvre.

VERSION 2, MAY 2005 2- 6


ICI LE SERVICE PSYCHOSOCIAL COMMUNAUTAIRE! BOITE A OUTILS

3. Enprenant en compte l’ampleur et la nature du problème, le fait que les


réactions des populations touchées par un conflit soient des réactions
prévisibles face à des situations extrêmement perturbantes, ainsi qu’en
prenant en considération les défauts des autres modèles, les approches
psychosociales communautaires sont à recommander. Il faut qu’elles
prennent en compte la dimension de genre, la culture et le contexte. Il faut
également qu’elles se basent sur le soutien, l’autonomisation, ainsi que sur la
mobilisation des réfugiés et des autres populations touchées, afin de leur
permettre de continuer à se sentir responsables de leur propre vie et de
renforcer la cohésion sociale au sein des communautés.

4. La déclaration se veut en accord avec les pratiques internationales en


vigueur concernant la protection et l’aide humanitaire, les droits de
l’Homme, de l’enfant, des femmes et des groupes vulnérables.

5. L’Organisation Mondiale de la Santé fait appel aux gouvernements, aux


organisations et aux institutions afin qu’ils adoptent et mettent en oeuvre les
mesures concrètes qui suivent, en relevant le défi de prévenir et de réduire
les problèmes de santé mentale, de redonner l’espoir, la dignité, le bien-être
social et mental et la normalité dans la vie des réfugiés, des déplacés et des
autres populations touchées par un conflit.

Prévention et réaction

Article 1. Il est reconnu que les conflits, les violations des droits de
l’Homme et les déplacements contraints ont un impact très négatif sur la
santé mentale et physique de millions de personnes. Il s’agit là d’un grave
enjeu de santé publique qui réclame des actions prioritaires lors de l’urgence
et par la suite afin de pallier les conséquences des traumatismes, de prévenir
les handicaps psychosociaux et la dépendance collective et personnelle et de
contribuer à prévenir de futurs conflits.

Article 2. Il est établi que la majorité des populations déplacées de force est
constituée par des femmes et des enfants. L’intégrité physique, la santé, la
protection psychosociale et le développement des enfants doivent constituer
la priorité. Les politiques et les programmes traitant de santé mentale doivent
bien prendre en compte le contexte, être attentifs aux divers besoins des
femmes et à leur culture. Ils doivent également éviter l’écueil de la
stigmatisation et du cycle des représailles. Il est admis que les femmes ayant
des besoins particuliers doivent recevoir protection et assistance, tandis
qu’un équilibre doit être conservé par rapport aux besoins essentiels d’ autres
groupes.

VERSION 2, MAY 2005 2- 7


BOITE A OUTILS ICI LE SERVICE PSYCHOSOCIAL COMMUNAUTAIRE!

Article 3. Les plans et les politiques à l’échelle locale, régionale ou


internationale doivent mettre en place des formations sur la santé mentale à
long terme qui puissent se baser sur les modèles répondant aux besoins du
plus grand nombre, ne laissant pas de côté les personnes qui ont des besoins
spécifiques. C’est pourquoi, au moment d’établir ou de rebâtir les systèmes
de soin en santé mentale, il faut donner la priorité aux programmes
communautaires psychosociaux adaptés à chaque phase et attentifs aux
femmes et aux cultures. Ils doivent faire le lien de façon cohérente entre la
phase d’urgence et le développement. Les interventions cliniques
spécialisées pour des besoins individuels sont limitées. Elles doivent être
bien pesées car elles ne répondent qu’aux besoins de certains individus,
peuvent contribuer à stigmatiser les personnes ; elles s’attaquent au
problème de façon isolée et elles sont chères et non durables. En plus de la
fourniture de traitement, les professionnels de la santé mentale doivent se
présenter comme des personnes ressources pour le repérage précoce des gens
qui ont besoin de soin d’urgence, pour le renforcement de capacité, pour un
soutien sur le terrain, le suivi et la coordination.

Article 4. Dans les services du pays, dans les camps ou les structures mis en
place pour les déplacés, le personnel de la santé de base doit être mobilisé et
donné une formation de base dans le domaine de la santé mentale, tenant en
compte l’attention à la culture, au contexte ou aux préjugés existants. Les
ressources humaines disponibles au sein de la communauté touchée par un
conflit, telles que les leaders dans les camps, les personnels et les volontaires
des agences en tous genres (OG, ONG, Nations-Unies) doivent recevoir
cette formation. D’autres acteurs des domaines sociaux, de l’éducation, de
l’emploi, de la police et de la justice, les responsables de programmes d’aide,
les administrateurs concernés, la presse locale et les médias de masse
doivent également bénéficier de la formation. Cela devrait être mis en
oeuvre dans toutes les situations d’urgence, aussitôt que la phase initiale
critique des secours commence à s’apaiser. Des mécanismes doivent être
établis pour permettre à ces professionnels de travailler ensemble à
l’amélioration quant à la prise en charge de la santé mentale et des activités
psychosociales et au développement d’une prise en charge bien coordonnée,
durable et pluridisciplinaire.

Article 5. Dans la phase d’urgence, une évaluation rapide des besoins


initiaux en santé mentale et des ressources disponibles doit avoir lieu en
collaboration avec les autorités locales, les professionnels et les groupes
concernés pour définir les priorités et identifier les ressources disponibles
(psychologiques, sociales et économiques), les groupes sévèrement atteints
et les aspects communautaires et environnementaux. Cela contribuera à
l’élaboration et la mise en œuvre de programmes adaptés.

2- 8 VERSION 2, MAY 2005


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Article 6. Dans la phase de consolidation de long terme, la reconduction et


l’amélioration des programmes les plus utiles doivent être poursuivies en
menant à bien les adaptations nécessaires aux diverses situations. Dans la
phase de reconstruction, la santé mentale des réfugiés et des populations
touchées doit être intégrée à la formation continue des personnels essentiels
et dans les cursus des formations secondaires et supérieures concernées. Cela
est particulièrement important pour les enseignants, les travailleurs sociaux,
les infirmiers, l’enseignement professionnel, les sages-femmes, les
médecins, les psychologues, les psychiatres et les professions de service. Des
efforts doivent être accomplis pour intégrer les ressources pédagogiques
extérieures aux systèmes locaux d’éducation chaque fois qu’il est faisable.
L’établissement de systèmes éducatifs parallèles doit être évité. Ils ne
servent qu’à compléter temporairement les systèmes locaux.

Article 7. La coopération et le partenariat entre les gouvernements, les


organisations internationales et non-gouvernementales, les agences des
Nations-Unies, les communautés touchées, les communautés hôtes, les
scientifiques, les donateurs et les autorités sanitaires sont essentiels à la
bonne marche de programmes en santé mentale peu coûteux et durables. Le
fait de mieux rassembler et partager l’information entre les agences doit
aider à éviter les doublons en termes d’évaluation et de programmes.
L’utilisation des points forts comparés des agences doit être accentuée pour
réduire les coûts, la concurrence et les retards en vue de limiter le risque de
traumatiser à nouveau les communautés concernées et d’accélérer la mise en
œuvre des activités.

Article 8. l’Information sur les droits des gens et sur les conséquences
psychosociales de la violence doit être diffusée auprès des populations
victimes de conflit et des communautés hôtes grâce aux moyens médiatiques
appropriés et à d’autres types d’activités. La communication avec la famille
et les proches et les retrouvailles doivent être facilitées car il s’agit là de
méthodes très efficaces pour le bien-être mental et pour rassurer les gens et
surtout les enfants. Il faudrait garantir l’accès des réfugiés et des personnes
déplacées à un service d’interprétariat quand ils ont affaire avec les autorités,
divers services ou les agences.

Article 9. Pour organiser immédiatement une information sur place, ce qui


suit résume les activités essentiels à mener dans le domaine de la santé
mentale et dans les autres secteurs sociaux par les organismes locaux et
internationaux:
Évaluation rapide des besoins en santé mentale et des ressources disponibles;
(1)
Formation de formateurs en santé, santé mentale et des autres acteurs
engagés dans la protection et l’assistance, ce qui multiplierait les
connaissances et les compétences; (2), (3)

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Formation sur le terrain, supervision, soutien, suivi et évaluation ;


Ateliers de soutien technique à l’élaboration, à la planification, au suivi et à
l’évaluation des projets de santé mentale;
Mécanismes de coordination des activités;
Campagnes de sensibilisation et d’information;
Création d’équipes mobiles spécialisées en santé mentale là où il est
pertinent de le faire;
Soutien aux activités pertinentes et existantes au sein de la communauté
affectée par un conflit, au sein des services de pays, des ONG et des
agences des Nations-Unies;
La protection du personnel local et expatrié travaillant dans les zones de
conflitest fondamentale, car ils risquent de subir des violences en
exprimant leurs opinions en étant neutre ou en étant perçu comme des
témoins potentiels. Les agences doivent fournir au personnel des
directives et des systèmes de protection et de prévention des
comportements à risque. Ces systèmes doivent prendre en compte la
prévention et la prise en charge de traumatismes latents et d’épuisement.

Article 10. Dans les situations de conflit prolongé, de vie dans les camps, de
déplacement ou de rapatriement, des politiques et des plans nationaux
doivent être élaborés en vue de contribuer à la continuité et à la cohérence
d’objectifs atteignables en ce qui concerne la réadaptation psychosociale et
la réduction de la dépendance. La participation de la communauté affectée
dans la planification et la mise en œuvre de programmes de réhabilitation est
essentielle.

Survivants à la violence extrême

Article 11. Les survivants aux tortures et violences sexuelles doivent


bénéficier sans condition d’une protection physique et de conseils en matière
légale. Ils doivent également bénéficier d’un environnement sûr pour leur
intégrité physique et psychologique leur permettant de parler de leurs
expériences s’ils choisissent de le faire. Un soutien médical, psychologique,
affectif et social, selon le code d’éthique professionnelle et de
confidentialité, doit leur être apporté. Toutes les interventions envisagées
dans ces cas doivent prendre en compte le sexe de la personne et les
contextes politique et culturel. Ceux qui ont été détenus dans les camps de
concentration, les prisons ou des structures carcérales doivent avoir la priorité
et toute attention requise.

Les femmes

Article 12. les interventions en santé mentale, dans l’éducation, en matière


d’emploi ou de soutien économique doivent viser l’autonomie effective de
toutes les femmes touchées par un conflit afin qu’elles jouent un rôle actif

2- 1 0 VERSION 2, MAY 2005


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dans la prise en charge de leurs vies et dans la réduction de la dépendance.


De tels efforts sont cruciaux pour les femmes des groupes à hauts risques
comme les veuves, les femmes enceintes, les mères célibataires, les fille
chefs de famille et les survivantes de violence organisée, de violence
sexuelle et domestique et de torture. Le principe de l’égalité des droits doit
être appliqué.

Enfants et adolescents

Article 13. In full respect of the best interest of children and adolescents,
and the Convention of the Rights of the Child and other internationally
recognized conventions and instruments, and because conflict, forced
displacement, family and social disruptions are serious dangers to their
psychosocial development and well-being, mental health support should
be an integral part of their protection, health care and education.
Female children face the risks of both children and women. Enrolment
of children in military or paramilitary forces must be forbidden.
Demobilized child soldiers should receive equal care as other children,
although initially they might require special rehabilitation programs.

Article 14. La réunion des familles aussitôt que possible, l’accès à la


communication avec les membres absents de la famille, le soutien aux
familles d’accueil et la prise en charge par les groupes pairs doivent être
considérés comme des priorités depuis la phase d’urgence jusqu’au
rapatriement. De plus, les personnels impliqués dans la prise en charge de
santé mentale, de l’éducation, du bien-être social, des activités récréatives,
culturelles et sportives doivent focaliser leurs efforts sur:

Le bien-être physique, mental et social des enfants;


La prévention contre l’institutionnalisation;
La promotion du respect des droits de l’Homme;
L’encouragement aux capacités de résistance;
L’attention aux besoins spécifiques des familles dont le chef est un enfant;
La prévention de la violence contre et parmi les enfants et les adolescents;
La prévention de la délinquance et autre comportement anti-social ;
La prévention de l’abus de substance ;
La prévention de la violence et de l’exploitation sexuelles;
La prévention de la séparation d’avec la famille et l’école;
La prévention de l’exploitation au travail; et du travail dangereux
L’organisation d’activités culturelles, créatives et récréatives;
L’introduction d’activités psychosociales en santé mentale pour les enfants
dans des structures éducatives ou d’autres types de structures;
L’introduction d’activités de résolution des conflits.

VERSION 2, MAY 2005 2- 1 1


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L’intégration locale

Article 15. les pays d’asile à faibles revenus, qui souhaitent offrir aux
réfugiés une intégration à long terme ou la citoyenneté, sur des bases
individuelles ou au groupe, doivent être assistés en moyens techniques,
matériels et financiers afin de faciliter une intégration en douceur et prévenir
tout préjugé à l’encontre des populations du pays. L’intégration doit se faire
sur la base du volontariat.

Rapatriement

Article 16. Dans l’élaboration des politiques et des programmes de santé


mentale post-conflictuelle, les décideurs doivent prendre en compte la
possibilité d’incompatibilité des buts à atteindre pour ce qui concerne à la fois
le retour, la récupération des biens et la reconstruction. Il faut développer des
objectifs de transition réalistes pour éviter de peser par des objectifs
excessivement ambitieux sur la santé des populations déjà traumatisées et qui
sont physiquement et mentalement épuisées.

Article 17. Dans la mesure où elle affecte péniblement les vies des réfugiés
et des déplacés, leur situation ne doit pas être normalisée. Pour tous les
réfugiés et déplacés, le rapatriement volontaire n’est qu’un droit mais il est
essentiel et ne doit donc être facilité de toutesles façons possibles. Le
rapatriement forcé ne doit pas être executé. Qu’ils restent dans un pays en
guerre ou qu’ils fuient, la plupart d’entre eux ont été les témoins d’atrocités
qui les ont profondément affectés ainsi que leurs familles et leurs sociétés.
Parce que le retour comprend la recherche de la réconciliation nationale dans
un pays qui a changé et qui s’est appauvri, il y existe un risque de
traumatisme. Le rapatriement précipité d’individus ou de groupes doit être
évité. Les opérations de rapatriement doivent être bien coordonnées entre le
pays d’asile et le pays d’origine, les agences onusiennes et les organisations
non-gouvernementales en prêtant attention aux groupes vulnérables. Il faut
que les efforts satisfassent tous les aspects du problème et soient justes pour
empêcher davantage de dégâts.

Article 18. Les programmes de rapatriement doivent inclure une préparation


adéquate de la communauté sur place et des réfugiés pour empêcher la
discrimination, la vengeance et les actes de violence entre eux. Les
programmes comprendront également la coordination et la mise en œuvre
des activités de santé mentale pour les personnes chroniquement malades et
traumatisées. Toutes les précautions doivent être prises pour éviter
l’exclusion involontaire des plus démunis parmi les groupes vulnérables.

2- 1 2 VERSION 2, MAY 2005


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Ethique

Article 19. les agences d’aide humanitaire, la presse, les médias de masse,
les personnels des institutions universitaires et de recherches, les
professionnels de santé et de santé mentale et les autres personnes travaillant
dans les zones de conflit doivent adopter et suivre les codes de conduite et
l’éthique fondés sur les mêmes principes qui régissent leur profession dans
leurs pays. En même temps, il faut qu’ils se montrent attentifs aux normes
culturelles du pays dans lequel ils travaillent. Les individus travaillant seuls
doivent faire de même. Il faudrait promouvoir le fait de se conformer à ces
règles par des formations ou d’autres moyens efficaces. Cela permettra de
prévenir des dégâts plus importants, les phénomènes de stigmatisation et
d’exploitation et les entorses au principe general de la confidentialité qui
peuvent résulter de la dépendance des réfugiés ou des communautés ou
encore de l’appartenance des réfugiés et des prestataires de services à des
groupes socioculturels ou politiques très différents. Ne pas traumatiser à
nouveau est essentiel. Les agences sont responsables d’empêcher que les
traumatismes se reproduisent ainsi que de soutenir leur personnel. Des
solutions pour une neutralité éthique doivent être recherchées. La recherche
doit être orientée vers le bénéfice des populations touchées. Les normes
éthiques de la déclaration d’Helsinki1 doivent être appliquées.

Article 20. Les financements gouvernementaux ou non, les agences des


Nations-Unies et les organisations internationales doivent assurer l’équité dans
l’allocation des ressources financières pour la prise en charge de la santé
mentale et la réhabilitation psychosociale des réfugiés, des déplacés et des
populations touchées par un conflit.

1 Helsinki Declaration on Action for Environment and Health in Europe, 1994, Second
European Conference on Environment and Health, Helsinki,
www.euro.who.int/AboutWHO/Policy/20010825_2

VERSION 2, MAY 2005 2- 1 3


3. CODE DE CONDUITE

Mythe: “Souvent, nos règles de conduites doivent s’appliquer


avec beaucoup d’attention à la culture et en accord avec les
coutumes locales.”
Vérité: Le code de conduite n’est pas sujet à compromis et il
correspond plutôt aux constitutions des pays où nous
travaillons.

Ce chapitre:
Décrit les codes de conduite qui orientent et encadrent notre travail.
Présente et donne les raisons à la base du:
1. Code de conduite du mouvement de la croix rouge et du croissant
rouge international et des ONG lors des secours en situation de
catastrophe.
2. Code de l’ACT sur l’exploitation sexuelle, les abus de pouvoir et la
corruption.

Boîte à outils:
Ces deux codes sont développés plus en profondeur dans les principes de
conduite des mouvements de la croix et du croissant rouges
internationaux et des ONG pour les programmes d’interventions lors de
catastrophes.
Code de conduite sur l’exploitation sexuelle pour les membres de l’alliance
internationale ACT.
Questions abordées dans les contrats et les politiques pour les équipes ACT.
Exemple de contrat du terrain

VERSION 2, MAY 2005 3- 1


CODE DE CONDUITE

Tout travail effectué par des personnes employées par un membre de l’ACT
est commandé par les codes de conduite et de performance et le code ACT
sur l’exploitation sexuelle. Le staff international tout comme le staff local
doit se conformer à ces règles.

Les codes de conduite sont valables dans le travail au quotidien et


représentent la base des valeurs humanitaires de l’organisation et de
l’individu qui sont le propre de notre travail de professionnels.

Il est essentiel que tout travail se déroule en conformité avec ces règles.
Enfin, il s’agit d’une question de confiance avec les personnes que nous
essayons d’assister dans les situations d’urgence. C’est pourquoi ces codes
constituent des conditions fondamentales pour un travail d’aide efficace. Les
codes de conduites relèvent plus de valeurs intérieures que de termes légaux.

Les membres de l’ACT doivent respecter ces codes sans se soucier des
traditions locales et de la culture en place. Ces règles ne sont pas tangibles et
ne doivent pas s’ajuster à des notions en vigueur dans les coutumes locales.
Chaque fois qu’elles sont remises en cause, il faut se référer à la constitution
du pays. La plupart du temps, celle-là sera, à ce qui cencerne les aspects les
plus importants, un bon soutien aux codes de conduite.

Code de conduite pour le Mouvement


international de la Croix-Rouge et du Croissant-
Rouge et pour les ONGs lors des opérations de
secours en cas de catastrophes.

Historique

Le code de conduite des mouvements de la croix et du croissant rouges


internationaux et des ONG pour les programmes de secours en cas de
catastrophe.est utilisé par la communauté international en tant qu’instrument
de moniteur de leurs propres normes d’intervention lors des situations
d’urgence. Il se trouve également utile pour encourager d’autres agences
d’agir d’une façon pareil.

Le présent Code de conduite a pour objet de préserver nos principes de


comportement. Il n'
aborde pas les questions opérationnelles de détail, telles

3- 2 VERSION 2, MAY 2005


CODE DE CONDUITE

que la façon de calculer les rations alimentaires ou d' installer un camp de


réfugiés. Il vise en revanche à sauvegarder les critères élevés d'indépendance
et d'
efficacité auxquels aspirent les ONG fournissant des secours en cas de
catastrophe et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du
Croissant-Rouge. Il s' agit d'
un code volontaire, dont l'application repose sur
la détermination de chacune des organisations qui y adhère de respecter les
normes qu' il définit.

En cas de conflit armé, le présent Code de conduite sera interprété et


appliqué conformément au droit international humanitaire.

Il existe toujours dans bien des pays l’idée selon laquelle apporter de l’aide
lors des catastrophes soit de la charité et que tout est accepté au nom de l’aide
aux victimes de catastrophes.Cela est pourtant bien loin de la vérité. Les
agences expérimentées ou néophytes peuvent commettre des erreurs, être
mal orientées et parfois faire mauvais usage à dessein de la confiance placée
en elles. L’assistance durant les catastrophes n’est plus une affaire
négligeable. Aujourd’hui, même en excludant ceux engagés en guerres, il y a
chaque année environ 250 à 300 millions de personnes touchées par des
catastrophes. Ce chiffre augmente d’environ 10 millions par an.

L’urgence de la catastrophe conduit souvent les ONG à subir une pression


interne qui induit des actions inapproprié et à courte vue.

Les facteurs suivants sont la cause de ce genre de travail:

Programmes basés sur les apports et l’expertise étrangers.


Projets qui font peu de cas des coutumes et de la culture locale
Activités qui se préoccupent de tâches faciles et médiatiques en laissant
aux autres les secteurs plus difficiles et peu attractifs concernant la
prévention et de la réhabilitation.

Les ONG trouveront ce code de conduite utile et voudront s’engager


publiquement pour s’y tenir. Les Gouvernements et les organismes
donateurs peuvent s’en servir comme garde-fou pour juger du comportement
des agences avec lesquelles ils collaborent. Enfin les communautés affectées
ont le droit de s’attendre à ce que les agences qui cherchent à les aider se
conforment à ces règles.

Code de conduite

Principes de comportement pour le Mouvement international de la Croix


Rouge et du Croissant Rouge et pour les ONG dans l' exécution de
programmes de secours en cas de catastrophe

1. L'
impératif humanitaire est la priorité absolue

VERSION 2, MAY 2005 3- 3


CODE DE CONDUITE

2. L'aide est apportée sans aucune considération de race, de croyance ou de


nationalité du bénéficiaire, et sans discrimination d' aucune sorte. Les
priorités en matière d'
assistance sont déterminées qu’en fonction des besoins

3. L' aide ne saurait être utilisée au service de convictions politiques ou


religieuses, quelles qu'
elles soient.

4. Nous nous efforcerons de ne pas servir d'


instrument à la politique
étrangère des gouvernements.

5. Nous respecterons les cultures et les coutumes.

6. Nous chercherons à fonder nos interventions sur les capacités locales.

7. Nous nous emploierons à trouver des moyens d'


associer les bénéficiaires
des programmes à la gestion des secours.

8. Les secours doivent autant viser à limiter les vulnérabilités futures qu'
à
satisfaire les besoins essentiels.

9. Nous nous considérons responsables, tant à l' égard des bénéficiaires


potentiels de nos activités que vis-à-vis de nos donateurs.

10. Dans nos activités d'information, de promotion et de publicité, nous


présenterons les victimes de catastrophes comme des êtres humains dignes
de respect, et non comme des objets de commisération.

Code de Conduite sur l’exploitation


sexuelle, les abus de pouvoir et la corruption
pour les membres d’ACT
Contexte

La pauvreté, le conflit et les déplacements affaiblissent inévitablement les


structures sociales et politiques qui sont conçues pour le respect et la
protection des individus de la communauté où ces conditions ont prévalu ou
prévalent encore. Les ressources disponibles pour les populations et la
communauté humanitaire présente pour les assister sont souvent
insuffisantes pour répondre aux besoins de base. Souvent priorité n’est pas
donné aux mécanismes de protection. Dans ce contexte, les populations se
trouvent en position d’être exploitées ou victimes d’abus. De plus, un tel

3- 4 VERSION 2, MAY 2005


CODE DE CONDUITE

environnement peut presenter l’occasion d’abus de pouvoir et de corruption


de la part du personelle humanitaire.

En vue de lutter contre de telles pratiques, ACT international, dont les


équipes travaillent avec des groupes tels que les réfugiés et les déplacés
partout dans le monde, a réalisé avec l’apport de ces membres un “code de
conduite”. Ce code de conduite se présente comme un guide dont le
personnel d’ACT peut se servir afin de prendre des decisions plus ethique. Il
est conçu de façon à mieux comprendre les obligations liées à leur
comportement.

Ce code a été établi sous l’idée de renforcer, de compléter et d’élever les


“codes de conduites” déjà existants plutôt que de s’en éloigner.

Code de Conduite pour les équipes ACT

Les membres du personnel de l’alliance ACT International se doivent de:

1. Respecter et promouvoir les droits de l’Homme fondamentaux sans


discrimination d’aucune sorte, qu’elle concerne le statut social, la race,
l’ethnie, la couleur, la religion, le sexe, l’orientation sexuelle, l’âge, le statut
matrimonial, l’origine nationale, l’affiliation politique ou le handicap.

2. Traiter tous les réfugiés, les déplacés, les bénéficiaires, les communautés
touchées, les groupes cibles et les autres personnes de façon équitable, avec
respect, courtoisie, dignité dans le respect de la loi locale, des lois
internationales et des coutumes locales.

3. Créer et maintenir un environnement empêchant l’exploitation et les abus


sexuels, les abus de pouvoirs et la corruption et favorisant la mise en œuvre
de leur code de conduite. Les responsables quel que soit leur position ont
une charge particulière quant aux systèmes qui permettent de créer et de
maintenir cet environnement.

4. Maintenir les normes les plus élevées en termes de responsabilité,


d’efficacité, de compétence, d’intégrité et de transparence dans la fourniture
de biens et de services lors de l’exécution de leurs tâches.

5. Ne jamais commettre ni acte ni forme de harcèlement qui pourrait avoir


pour conséquence des souffrances ou des blessures physiques, sexuelles et
psychologiques aux personnes et spécifiquement les femmes et les enfants.

6. Ne jamais exploiter la vulnérabilité d’aucun groupe cible, spécialement les


femmes et les enfants, et ne jamais permettre qu’une ou plusieurs personnes
puissent se trouver dans des situations compromettantes.

VERSION 2, MAY 2005 3- 5


CODE DE CONDUITE

7. Ne jamais se permettre des activités d’ordre sexuel avec des enfants


(moins de 18 ans) quel que soit l’âge de la majorité ou des tolérances locales.
Se tromper ou être trompé sur l’âge d’un enfant ne peut être considéré
comme une excuse.

8. Ne jamais prendre les groupes cibles (hommes, femmes et enfants) pour


des objets d’exploitation ou d’abus sexuels. Cela constituerait une série
d’actes inacceptables et signifierait donc le renvoi de l’employé.

9. Ne jamais échanger de l’argent, un travail, des biens ou des services pour


avoir des relations sexuelles ou toute autre faveur d’ordre sexuel. Toute
forme de comportement humiliant, dégradant ou d’exploitation sont
interdits. Cela comprend le fait de monnayer l’assistance due aux
bénéficiaires.

10. Ne jamais abuser de leur poste pour refuser l’assistance humanitaire ni


accorder de passe-droits dans le but d’obtenir des faveurs sexuelles, des
cadeaux, de l’argent ou des avantages. L’employé doit être soucieux de ne
pas tirer parti de sa position et ne doit pas accepter de dons (sauf en ce qui
concerne les petites marques de reconnaissance) ou de pots-de-vin.

11. Ne jamais entretenir de relations sexuelles avec les bénéficiaires. De


telles relations sont fortement découragées du fait qu’elles sont basées sur
des inégalités de pouvoir intrinsèques. Ces relations contribuent à saper la
crédibilité et l’intégrité de l’aide humanitaire. (cette règle s’applique à la fois
pendant et après les heures de travail).

12. Ne pas accepter, ne pas solliciter ou ne pas être impliqué dans « l’achat »
ou « le profit » de services sexuels. Cette règle s’applique à la fois pendant et
après les heures de travail.

13. S’assurer que toute information confidentielle (y compris les rapports


faisant état d’entorse à ces règles par des collègues) obtenue par
l’intermédiaire des bénéficiaires ou des collègues est transmise correctement
et traitée avec la plus extrême confidentialité.

14. S’assurer que les rapports faisant état d’entorse à ces règles sont
immédiatement transmises à la direction ou au Directeur des Ressources
Humaines (ou selon les procédures établis par l’agence) qui doit
entreprendre sans délai des investigations.

15. Toute entorse à ce code de conduite aboutira à une action disciplinaire en


fonction des termes, conditions et directives respectif de chaque agence.

3- 6 VERSION 2, MAY 2005


CODE DE CONDUITE

16. Tout membre du personnel qui proférerait à dessein de fausses


accusations d’entorse à ce code à l’encontre d’un autre membre du personnel
sera également l’objet d’une action disciplinaire engagée à la discrétion de
l’employeur.

Le soussigné (ou le membre du personnel) a lu, compris et est en accord


avec le contenu de ce document et spécifiquement avec les articles 1 à 16
de la section C, le code de conduite, susceptible d’être révisé périodiquement.
Le soussigné accepte également les conséquences d’une quelconque violation
de l’un de ces articles du code de conduite ci-dessus.

Exemple de contrat établi sur le terrain:

CODE DE CONDUITE POUR LE PROGRAMME DARFOUR


ACT/CARITAS

A. En tant que personnel d’ACT/CARITAS, je suis pleinement


informé qu’ACT/CARITAS se conforme aux principes et codes
de conduites ci-dessous. Je m’engage à promouvoir ces
principes et ces codes de conduite comme exprimés en annexe
de cette déclaration.
• Code de Conduite CICR/FICR/ONG
• Charte humanitaire SPHERE et standards minimaux en
situation de catastrophe.
• Politique SCHR sur les relations des agences humanitaires
avec les militaires.
• Principes de Partenariat de CARITAS
• Déclaration de coopération entre l’OMS et les ONG
humanitaires ; Santé mentale des réfugiés, des déplacés et
des populations touchées par des situations de conflit et
d’après conflit.

B. En tant que personnel d’ACT/CARITAS, j’ai la responsabilité


de me conformer au code de conduite ci-après tout au long de
ma période de travail au sein du programme pour le Darfour
d’ACT/CARITAS:

• Je me comporterai en permanence d’une façon conforme


aux buts et valeurs issus de la foi chrétienne d’ACT et
CARITAS.
• En tant que personnel d’ACT/CARITAS pour le
Programme Darfour, je me conformerai strictement et je
ferai la promotion de mon appartenance à
ACT/CARITAS sans prendre en compte l’organisation
qui m’a recruté pour ce programme.

VERSION 2, MAY 2005 3- 7


CODE DE CONDUITE

• Je m’engage à observer et à me comporter selon « le


Code de l’ACT sur l’exploitation sexuelle pour le
personnel de l’Alliance ACT international » en date du
10/12/02, et « la politique de protection de l’enfant » de
CARITAS afin de protéger les enfants et les jeunes gens
des abus et de l’exploitation sexuels.
• Je respecterai les lois, les normes, les coutumes et les
traditions du Soudan. J’entreprendrai des efforts
sincères pour développer de bonnes relations avec mes
collègues, mes partenaires et les populations locales.
• Je prendrai mes précautions en ce qui concerne les lois
nationales sur l’alcool et me limiterai à une
consommation modérée et discrète. Je ne consommerai
pas de drogues illicites.
• Je n’accepterai ni ne solliciterai des services sexuelles
pendant et après les heures de travail.
• Je ne profiterai pas de ma position lors de mes échanges
avec les partenaires ou les employés. Je n’accepterai pas
de dons de la part des partenaires, des employés ou des
collègues, sauf s’il s’agit de marques d’estime. Je
n’accepterai ni ne proposerai de pots-de-vin et je ne
participerai pas à des activités générant un profit
personnel (vente, achat, troc, etc…)

Signature……………….

Date…………………..

3- 8 VERSION 2, MAY 2005


CODE DE CONDUITE BOITE A OUTILS

> BOITE A OUTILS<

> DO C UM ENT D ’ AP P UI: PR IN CI P E D E CO ND UIT E PO U R L E


M O UVEM ENT INT E RN AT IO N AL D E L A C R O IX- RO UG E ET D U
CRO I S S ANT - R O UG E ET PO U R L E S O NG S L O R S D E S
O P É R AT IO N S D E S E CO U R S E N C AS D E C AT AST RO P HE S <

1. L'impératif humanitaire, priorité absolue.


Le droit de recevoir et d' offrir une assistance humanitaire est un principe
humanitaire fondamental dont devraient bénéficier tous les citoyens de tous
les pays. Membres de la communauté internationale, nous reconnaissons
l'
obligation qui nous incombe d' apporter une assistance humanitaire partout
où le besoin s' en fait sentir. Il en découle que l' accès sans restriction aux
populations sinistrées revêt une importance fondamentale pour l' exercice de
cette responsabilité. La raison primordiale de nos interventions en cas de
catastrophe est de soulager les souffrances des victimes les moins aptes à en
supporter les conséquences. En fournissant une aide humanitaire, nous
accomplissons un acte qui n' est ni partisan, ni politique, et qui ne doit en
aucun cas être considéré comme tel.

2. L'aide est apportée sans aucune considération de race, de croyance ou de


nationalité du bénéficiaire, et sans discrimination d' aucune sorte. Les
priorités en matière d' assistance sont déterminées en fonction des seuls
besoins.

Nous nous engageons, dans toute la mesure du possible, à fonder l' apport des
secours sur une évaluation approfondie des besoins des sinistrés et des
capacités locales existantes pour y pourvoir. Nous tiendrons compte, dans
chaque composante de nos programmes, du principe de la proportionnalité.
Les souffrances humaines doivent être soulagées où qu' elles se manifestent;
la vie est également précieuse en tout lieu. Nous apporterons donc nos
secours en fonction de l' ampleur des souffrances qu' ils visent à soulager.
Nous sommes pleinement conscients, en appliquant ce principe, du rôle
crucial qu' assument les femmes dans les communautés exposées aux
catastrophes, et nous veillerons à ce que nos programmes d' aide, loin
d'affaiblir ce rôle, le renforcent. La mise en oeuvre d' une telle politique,
universelle, impartiale et indépendante, requiert la possibilité, pour nous-
mêmes et pour nos partenaires, d' avoir accès aux ressources nécessaires pour

3- 9
BOITE A OUTILS CODE DE CONDUITE

apporter de tels secours de façon équitable, ainsi que la possibilité d'


accéder
à toutes les victimes des catastrophes, sans distinction.

3. L' aide ne saurait être utilisée au service de convictions politiques ou


religieuses, quelles qu'elles soient. L'
aide humanitaire est fournie en fonction
des besoins des particuliers, des familles et des communautés. Si toute
IHNG2 peut légitimement professer des convictions politiques ou religieuses,
nous déclarons qu' en aucun cas l'assistance ne saurait dépendre de l'
adhésion
des bénéficiaires à ces opinions. En aucun cas nous ne lierons la promesse, la
fourniture ou la distribution de l' assistance à l'
adhésion à des convictions
politiques ou religieuses déterminées ou à leur acceptation.

4. Nous nous efforcerons de ne pas servir d' instrument à la politique


étrangère des gouvernements. Les IHNG sont des institutions qui agissent
indépendamment des gouvernements. Nous définissons donc nos propres
lignes de conduite et nos stratégies d' application, et nous nous abstenons
d'appliquer la politique de quelque gouvernement que ce soit, sauf dans la
mesure où elle coïncide avec notre propre politique, formulée en toute
indépendance. Ni sciemment, ni par négligence, nous ne permettrons que nos
institutions, ou le personnel que nous employons, soient utilisés pour réunir,
à l' intention de gouvernements ou d' autres instances, des informations
délicates de portée politique, militaire ou économique qui pourraient être
utilisées à des fins autres que strictement humanitaires; de même, nous ne
servirons pas d' instrument à la politique étrangère des gouvernements
donateurs. Nous utiliserons l' assistance qui nous sera remise pour répondre
aux besoins; cette assistance ne saurait être guidée par la nécessité pour les
donateurs de se débarrasser de leurs excédents, ni par les intérêts politiques
de tel ou tel donateur. Nous apprécions et encourageons les dons volontaires
en services et en espèces offerts par des particuliers soucieux d'
appuyer nos
activités, et nous reconnaissons l'indépendance d' une action fondée sur cette
motivation. Afin de sauvegarder notre indépendance, nous tenterons de ne
pas dépendre d' une seule source de financement..

5. Nous respecterons les cultures et les coutumes. Nous nous appliquerons à


respecter la culture, les structures et les coutumes des communautés et des
pays dans lesquels nous menons nos activités.

6. Nous chercherons à fonder nos interventions sur les capacités locales

Même sous le coup d' une catastrophe, toutes les populations et les
communautés recèlent des capacités, alors même qu' elles apparaissent
vulnérables. Nous prenons l' engagement de renforcer ces capacités chaque
fois que cela sera possible, en recrutant du personnel local, en achetant des

2
IHNG: institution humanitaire non gouvernementale

3- 1 0 VERSION 2, MAY 2005


CODE DE CONDUITE BOITE A OUTILS

matériaux disponibles sur place et en traitant avec des entreprises locales.


Nous collaborerons dans toute la mesure du possible avec les IHNG locales
pour associer nos efforts en matière de planification et de mise en oeuvre de
nos opérations, et nous coopérerons avec les pouvoirs locaux si nécessaire.
La bonne coordination de nos interventions en cas de catastrophe sera pour
nous une tâche prioritaire. Pour être efficace, cette coordination doit être
assurée sur place par les personnes les plus directement engagées dans les
opérations de secours; il convient d'y associer des représentants des organes
compétents des Nations Unies.

7. Nous nous emploierons à trouver des moyens d' associer les bénéficiaires
des programmes à la gestion des secours. L' assistance en cas de catastrophe
ne doit jamais être imposée aux bénéficiaires. Pour garantir l' efficacité des
secours et une reconstruction durable, les bénéficiaires potentiels doivent
être associés à la conception, à la gestion et à l'exécution du programme
d'assistance. Nous chercherons à assurer la pleine participation de la
communauté à nos programmes de secours et de reconstruction.

8. Les secours doivent autant viser à limiter les vulnérabilités futures qu' à
satisfaire les besoins essentiels. Toutes les opérations de secours exercent un
effet - positif ou négatif - sur les perspectives de développement à long
terme. Nous chercherons donc à mettre en oeuvre des programmes de
secours qui limitent la vulnérabilité des bénéficiaires à l' égard de
catastrophes futures et qui les aident à subvenir à leurs besoins. Nous
accorderons une attention particulière aux préoccupations relatives à
l'
environnement dans la conception et la gestion des programmes de secours.
En outre, nous ferons tout pour réduire au minimum les effets négatifs de
l'
assistance humanitaire, en cherchant à prévenir la dépendance durable des
bénéficiaires à l'égard de l'
aide extérieure.

9. Nous nous considérons responsables, tant à l' égard des bénéficiaires


potentiels de nos activités que vis-à-vis de nos donateurs. Nous faisons
souvent fonction d' intermédiaire entre ceux qui souhaitent offrir une
assistance et les victimes de catastrophes qui ont besoin d' aide. Nous nous
considérons par conséquent investis d' une responsabilité envers ces deux
groupes. Tous nos rapports avec les donateurs et les bénéficiaires seront
marqués par une attitude de franchise et de transparence. Nous reconnaissons
pleinement la nécessité de rendre compte de nos activités, tant sur le plan
financier que sur celui de l' efficacité. Nous reconnaissons l' obligation de
contrôler strictement les distributions de secours et d' en évaluer
régulièrement les effets. Nous chercherons en outre à rendre compte
ouvertement de l' impact de nos activités et des facteurs qui limitent ou qui
favorisent cet impact. Nos programmes s' appuieront sur des critères très
sévères de professionnalisme et de savoir-faire afin de réduire au minimum
le gaspillage de ressources précieuses..

VERSION 2, MAY 2005 3- 1 1


BOITE A OUTILS CODE DE CONDUITE

10. Dans nos activités d' information, de promotion et de publicité, nous


présenterons les victimes de catastrophes comme des êtres humains dignes
de respect, et non comme des objets de commisération. Les victimes d' une
catastrophe méritent en tout temps le respect et doivent être considérées dans
nos activités comme des partenaires à traiter sur un pied d' égalité. Dans nos
campagnes d' information du public, nous donnerons une image objective de
la catastrophe en mettant en valeur, non seulement les vulnérabilités et les
craintes des victimes, mais encore leurs capacités et leurs aspirations. Tout
en coopérant avec les médias afin de sensibiliser au mieux le public, nous ne
permettrons pas que des demandes externes ou internes de publicité prennent
le pas sur l'
objectif de développer au maximum les secours. Nous éviterons
toute compétition avec d' autres organisations de secours pour gagner
l'
attention des médias au cas où cette publicité risquerait de porter atteinte
aux services fournis aux bénéficiaires, à la sécurité de notre personnel ou à
celle des bénéficiaires

> CO D E D E CO ND UIT E S UR L ’ EX P L O IT AT I O N S E XU E L L E PO UR
L E S M EM BRE S D E L ’ AL L I AN C E AC T INT E RN AT IO N AL <

A. Introduction

Contexte

La pauvreté, le conflit et les déplacements affaiblissent inévitablement les


structures sociales et politiques qui sont conçues pour le respect et la
protection des individus de la communauté où ces conditions ont prévalu ou
prévalent encore. Les ressources disponibles pour les populations et la
communauté humanitaire présente pour les assister sont souvent
insuffisantes pour répondre aux besoins de base. Souvent priorité n’est pas
donné aux mécanismes de protection. Dans ce contexte, les populations se
trouvent en position d’être exploitées ou victimes d’abus. De plus, un tel
environnement peut presenter l’occasion d’abus de pouvoir et de corruption
de la part du personelle humanitaire.

En vue de lutter contre de telles pratiques, ACT international, dont les


équipes travaillent avec des groupes tels que les réfugiés et les déplacés
partout dans le monde, a réalisé avec l’apport de ces membres un “code de
conduite”. Ce code de conduite se présente comme un guide dont le
personnel d’ACT peut se servir afin de prendre des decisions plus ethique. Il
est conçu de façon à mieux comprendre les obligations liées à leur
comportement.

3- 1 2 VERSION 2, MAY 2005


CODE DE CONDUITE BOITE A OUTILS

Ce code a été établi sous l’idée de renforcer, de compléter et d’élever les


“codes de conduites” déjà existants plutôt que de s’en éloigner.
Repetition de page 37!

Environnement

L’exploitation sexuelle peut survenir dans différents environnements.


Pourtant, lors de crises humanitaires, la dépendance des populations
affectées vis-à-vis des agences humanitaires pour les besoins élémentaires
engendre une responsabilité morale et un devoir de soulagement particulier
pour le personnel de l’ACT. Les directeurs ont la responsabilité de s’assurer
que tout le personnel connaît ce code de conduite et ce qu’il signifie
concrètement en termes de comportement et de faire en sorte que les
mécanismes permettant de prévenir et de réagir à l’exploitation sexuelle sont
en place. ACT International en collaboration avec d’autres agences
humanitaires doit mener tous les efforts pour favoriser un environnement où
de telles pratiques ne sont pas tolérées. Cela est tout particulièrement
nécessaire étant données les spécificités des crises humanitaires décrites ci-
dessus:

a) Le manque d’emploi pour les populations déplacées peut amener


l’exploitation sexuelle commerciale, l’un des seuls moyens de survenir aux
besoins élémentaires.

b) Au cas où les communautés bénéficiaires arrivent d’un environnement où


la violence envers les femmes existe, des protections adéquates doivent être
mises en place puisque les violences peuvent se poursuivre, voire
s’exacerber dans les camps de réfugiés.

c) Les protections sociales habituelles ne sont pas en place ou ne


fonctionnent plus. Les niveaux de sécurité sont généralement faibles, les
services de justice et de police n’existe souvent pas dans l’environnement
des déplacés.

Travailleurs Humanitaires

Ce groupe est plus large que les seules équipes internationales des
organisations d’aide humanitaire. Des milliers de personnes sont engagées
dans diverses tâches, allant des volontaires, des travailleurs occasionnels, des
chauffeurs, des magasiniers aux décideurs au niveau de l’état, de la région
ou au niveau global. Grande parti de ces personnels viennent des
communautés bénéficiaires elles-mêmes. Cela peut rendre floues les
distinctions entre le domaine professionnel et le domaine privé en contact
avec d’autres membres de la communauté. Pourtant, en acceptant de

VERSION 2, MAY 2005 3- 1 3


BOITE A OUTILS CODE DE CONDUITE

travailler pour des agences humanitaires, le travailleurs humanitaires doivent


aussi assumer des responsabilités spécifiques qui accompagnent le travail.

Les équipes internationales ACT sont particulièrement responsables quant à


la tenue des normes exprimées dans le code de conduite qui suit ci-dessus.
Ils doivent également montrer le bon exemple et créer un environnement de
travail qui aide le personnel et qui les rend autonome.

B. Termes importants et définitions

Les définitions suivantes seront utilisées dans le code de conduite:

Travailleur Humanitaire: l’expression “ travailleurs humanitaires” englobe


tous ceux qui sont engagés par des agences humanitaires, sur place ou à
l’étranger, ou recrutés au sein de la communauté bénéficiaire de façon
formelle ou non, afin de mener à bien les activités de l’agence qui les
emploie. De plus tout travailleur qui est directement ou indirectement
impliqué aux côtés des communautés réfugiées doit être rangé sous ce terme.
Violence sexuelle contre les femmes (Sexual and gender based violence -
SGBV): Il s’agit de la violence physique, sexuelle et psychologique se
produisant dans la famille ou la communauté comme les violences
physiques, l’abus sexuel sur les petites filles, les violences liées aux dots, le
viol par le mari, les mutilations génitales féminines et toute autre pratique
nuisible aux femmes, la violence extra-conjugale, le harcèlement et
l’intimidation sur les lieux de travail, à l’école ou ailleurs, le traffic de
femmes, la prostitution forcée et les violences perpétrées ou volontairement
ignorées par l’Etat. (Articles 1 et 2 de la déclaration des Nations-Unies sur
la Violence contre les femmes, 1993)

Genre et pouvoir: “Gender” (genre) est le mot anglais qui sert à décrire les
différences culturelles et sociales entre les hommes et les femmes en terme
de rôles, de responsabilités, d’attentes, de pouvoir, de privilèges, de droits et
de facilités. Le genre se rapporte aux différences hommes-femmes qui sont
enracinées dans la culture, la tradition, la société et la religion. Le genre
s’apprend dès le plus jeune âge. La perspective d’un individu ou d’une
société en matière de genre peut évoluer.

Les relations qui ne sont pas d’égal à égal peuvent être à l’origine de
l’exploitation et des abus sexuels. Du fait du statut d’inégalités, les femmes
et les filles sont particulièrement exposées à ces risques. Par ailleurs, il est
important de voir que les garçons aussi sont vulnérables.

Exploitation sexuelle: coercition sexuelle et la manipulation (incluant tout


type d’acte sexuelle) exercées par une personne dans une position de
pouvoir, fournissant tout type d’assistance en échange d’actes sexuels. Dans

3- 1 4 VERSION 2, MAY 2005


CODE DE CONDUITE BOITE A OUTILS

ces situations, la victime potentielle pense qu’elle n’a pas d’autres choix que
se plier, il ne s’agit d’un consentement mais il s’agit bien d’exploitation.
Quelques exemples, la liste n’est pas exhaustive:
Travailleur humanitaire exigeant ou acceptant une relation sexuelle en
échange d’assistance, de faveurs ou de privilèges.
Professeur exigeant ou acceptant une relation sexuelle en échange de notes
ou d’un passage dans la classe supérieure.
Un leader réfugié exigeant ou acceptant une relation sexuelle en échange de
faveurs ou de privilèges.
Un agent de sécurité exigeant ou acceptant une relation sexuelle pour laisser
le passage.
Un chauffeur exigeant ou acceptant une relation sexuelle pour emmener une
femme.

L’exploitation, c’est abuser de l’autorité que donne sa position, de


l’influence ou du contrôle de ressources pour forcer ou manipuler quelqu’un
en vue de lui faire faire quelque chose contre sa volonté ou sans qu’il le
sache, en le menaçant de conséquences négatives telles que retenir l’aide
d’un projet, ne pas approuver les demandes d’aide d’un(e) employé(e),
menacer de calomnier un(e) employé(e) en public, etc.

L’exploitation sexuelle a lieu quand il y a abus de la position de vulnérabilité,


de la différence de pouvoir ou de la confiance à des fins sexuelles; cela
comprend les bénéfices pécuniaires, sociaux ou politiques ayant pour origine
l’exploitation sexuelle d’une autre personne.

Abus de pouvoir: l’abuse de pouvoir inclut tout comportement abusif


(physique, psychologique, sexuel ou affectif) de la part d’une personne qui a
l’autorité et la confiance liées à sa position contre une autre personne qui est
dans une situation de vulnérabilité et/ou de dépendance.

Harcèlement sexuel: Il s’agit de toute avance sexuelle importune,


d’exigence sexuelle explicite ou non, de gestes ou de plaisanteries déplacés
ou tout autre façon de communiquer ou de se comporter de nature sexuelle
(paroles, écrits, signes visuels) de la part d’une personne sur une autre
personne dans le cadre du travail. Le harcèlement sexuel peut être dirigé
contre des personnes du même sexe ou du sexe opposé et comprend le
harcèlement basé sur l’orientation sexuelle. Le harcèlement sexuel peut se
produire entre un ou plusieurs individus, employé ou bénéficiaire, quelque
soit leur relation de travail.

Abus sexuel: Un abus sexuel est constitué quand il est avéré ou quand il y a
menace d’intrusion physique de nature sexuelle, comme le fait de toucher de
façon inappropriée, de force ou en présence de conditions d’inégalités ou de
coercition.

VERSION 2, MAY 2005 3- 1 5


BOITE A OUTILS CODE DE CONDUITE

Harcèlement: Le harcèlement est constitué par tout commentaire ou


comportement agressif importun, humiliant, rabaissant, désobligeant ou tout
autre attitude qui ne respecte pas la dignité d’un individu. Le harcèlement
peut être commis envers ou par un bénéficiaire, les partenaires, les
prestataires ou tout autre individu rendant visite ou faisant des affaires avec
une agence.

Mineur: personne âgée de moins de 18 ans (Enfant selon la définition de la


Convention pour les Droits de l’enfant, CDE).

Protection: Elle assure que les droits élémentaires d’un individu, son bien-
être et son intégrité physique sont reconnues, protégés selon les normes
internationales.

Etre responsable et rendre compte: Aujourd’hui, rendre compte du


comportement du personnel n’existe que dans certaines agences et diffère
entre les agences. Il faut accorder davantage de considération à l’adéquation
des systèmes internes avec le maintien des normes comportementales. Une
entorse au code de conduite réclame des sanctions établies selon les règles
administratives et les procédures des agences respectives.

Discrimination: Discrimination signifie l’exclusion d’individu, le traitement


qui lui est fait, les actions prises contre lui sur la base de son statut social, sa
race, son groupe ethnique, sa couleur, sa religion, son sexe, son orientation
sexuelle, son âge, son statut matrimonial, sa nationalité d’origine, ses
accointances politiques ou son handicap.

3- 1 6 VERSION 2, MAY 2005


CODE DE CONDUITE BOITE A OUTILS

> Q U E ST IO N S AB O R DÉ E S D AN S L E S CO N T R AT S ET L E S
PO L IT IQ U E S P O U R L E S ÉQ UI P E S ACT . <

Tous les personnels, expatriés, recrutés locaux ou issus des communautés


bénéficiaires, doivent signer le code de conduite (CdC) sur l’exploitation
sexuelle, les abus de pouvoir et la corruption.

Il est de la responsabilité de l’employeur/superviseur de lire en détails avec


l’employé le CdC et les définitions, afin de s’assurer de la parfaite
compréhension du CdC, des conséquences de toute entorse à celui-ci et des
procédures qui accompagnent une allégation d’entorse.

Une allégation ou un souci concernant l’exploitation, les abus ou la


corruption doit être rapporté si possible par écrit à la direction.

Il est de la responsabilité de la direction de:


Initier les investigations qui conviennent
S’assurer qu’elle-même est correctement informée en permanence de
comportement suspect, de la façon dont la situation est traitée, d’où en
est l’investigation, des conclusions et du type de mesures à prendre.
¨s’assurer que toutes les informations sont traitées avec la plus grande
discrétion et avec confidentialité, afin que la (les) victime(s), le(s)
témoin(s) et le(s) suspect(s) ou autres ne subissent de représailles
d’aucune sorte.
Mettre en oeuvre les actions nécessaires à l’encontre d’un membre du
personnel durant le temps de l’enquête qui le concerne.
Prendre les mesures disciplinaires appropriées dès que l’exploitation sexuelle,
l’abus de pouvoir ou la corruption est suffisamment étayé et prouvé.
Pour les cas où un acte criminel est suspecté, initier une enquête de police et
les procédures disponibles de poursuites.
Faire savoir aux bénéficiaires des programmes où et comment ils peuvent
déposer des plaintes.

Lorsque les allégations ou les suspicions sont soulevées et que le nom


du(des) suspect(s) est révélé, le(s) suspect(s) doivent dans des conditions
normales être relevés de leur fonction jusqu’à ce que les investigations
aboutissent. En fonction de la gravité des charges, le gel des salaires et/ou
des autres avantages est à considérer.

Les informations concernant le licenciement seront transmises aux autres


organisations humanitaires afin d’empêcher le réemploi dans l’humanitaire
dans les cas où l’employé a été licencié pour cause d’exploitation sexuelle,
d’abus de pouvoir et de faits de corruption dûment étayés et prouvés.
Approuvé par le comité exécutif d’ACT, 10.12.2002.
Exemple d’un contrat de recrutement sur le terrain (P.39°)

VERSION 2, MAY 2005 3- 1 7


BOITE A OUTILS CODE DE CONDUITE

Lectures complémentaires
Step by Step Guide for Protection Officers. UNHCR disponible sur:
www.unhcr.org/
Choose With Care, Best practice compilation of Codes of Conduct,
procedures, recruitment, and induction. Childwise/ECPAT, Australia.
Disponible à: Ecpat@ecpat.org
Policy of the Presbyterian Church in Canada for Dealing With Sexual Abuse
and/or Harassment. Disponible auprès du bureau coordonnateur de
l’ACT. act@act-intl.org
Declaration by Person under (Voluntary or Remunerated) Contract/Mandate
with the Terre des Hommes Foundation. Disponible en français
Terre des Hommes Code of Conduct. Disponible en français, espagnol et
allemand. Disponible auprès du bureau coordonnateur de l’ACT.
act@act-intl.org
Child Safety Policy. United Methodist Committee on Relief (UMCOR)..
Disponible auprès du bureau coordonnateur de l’ACT. act@act-intl.org
Child Protection Policy. Christian Aid. Disponible auprès du bureau
coordonnateur de l’ACT. act@act-intl.org
Else Skjonsberg. Gender and Empowerment – Impact assessment Manual.
Norwegian Church Aid (NCA). Disponible auprès du bureau
coordonnateur de l’ACT. act@act-intl.org

3- 1 8 VERSION 2, MAY 2005


4. PRENDRE EN COMPTE LA
DIMENSION DE GENRE - AGIR D'
UNE
FAÇON PUREMENT HUMANITAIRE

Mythe: “Il s’agit d’une urgence. Tout le monde aura la même


chose. Il n’y a pas de temps pour se soucier de la dimension de
genre.” L’ idée selon laquelle la notion de genre soit puisse être
prise en compte soit simplement ignorée est largement
répandue.

Réalité: le genre est toujours essentiel. Hommes et femmes


sont touchés différemment lors d’urgences à cause de leur rôle
social construit qu’il leur a été assigné d’après leur sexe. Avoir
« la même chose » n’existe tout simplement pas.

Ce chapitre:
Présente le concept de genre.
Pose le débat de savoir pourquoi il s’agit d’une dimension à appliquer
dans tout notre travail.
Présente des conseils sur la façon dont il faut intégrer cette perspective
dans notre pratique quotidienne.

Boîte à outils:
Exemples de questions liées au genre dans les situations d’urgence.
Petits conseils sur la façon de prendre en charge les questions de genre.
Sujets de discussion de genre.

Tenir en compte la perspective de genre fait partie du respect pour toutes les
différences humaines naturelles. Il faut l’intégrer au comportement de tous
les personnels. Il faut en faire partie de notre attitude dans la vie.

VERSION 2, MAY 2005 4- 1


P R E N D R E E N C O M P T E L A D I M E N S I O N D E G E N R E - A G I R D 'U N E F A Ç O N P U R E M E N T H U M A N I T A I R E

La construction sociale des sexes


Une catastrophe naturelle n’affectepas les femmes et les hommes de la
même façon. Au fond de cela sont les disparités entre les sexes quant à
l’accès et au contrôle des ressources comme les terres, la participation à la
prise des décisions et le savoir.

Les femmes constituent la grande majorité des personnes déplacées dans les
zones de conflit. Leur rôle reproductif – la prise en charge des enfants, des
malades et des personnes âgées – restreint leur mobilité et leur capacité à se
protéger.

Il existe juste quelques exemples des raisons pour lesquelles les guerres et
les situations d’urgence ont des effets différents sur les hommes et les
femmes.

L’une de ces raisons réside dans le concept de genre, dans la construction


sociale de ce que signifie homme et femme. Naturellement, il existe d’autres
facteurs qui jouent sur les effets: l’âge, le groupe ethnique, la classe et les
croyances religieuses. Le genre se construit différemment en fonction du
contexte et cette construction change au cours de l’histoire et selon la
structure culturelle, socioéconomique et politique. Cela est une des raisons
pour laquelle il est bien plus constructif de considérer le genre plutôt que le
sexe.

Considérer le genre n’est pas synonyme de considérer et cibler les femmes.


Pourtant, les organisations internationales ont souvent échoué à chausser les
lunettes genre, et ont ainsi ignoré les besoins et les droits spécifiques des
femmes. Il existe un parti-pris masculin dans l’assistance quand l’évaluation
des besoins et les interventions posent les hommes à base de réflexion. Cela
est parfois appelé « la cécité-genre » (gender-blindness) et les inégalités
qui en résultent constituent ce qu’on appelle « le fossé-genre » (the gender
gap).

4- 2 VERSION 2, MAY 2005


P R E N D R E E N C O M P T E L A D I M E N S I O N D E G E N R E - A G I R D 'U N E F A Ç O N P U R E M E N T H U M A N I T A I R E

Expériences liées au genre dans les


situations d’urgence
Risques dans les conflits armés

Les hommes dépassent les femmes en nombre de victimes (tués ou blessés)


de conflits et subissent plus directement les violences de combat, pourtant 80
% des victimes de petites armes à feu sont des femmes et des enfants. Le
nombre de femmes et d’enfants victimes dépasse le nombre de victimes
militaires. D’après l’UNHCR, les femmes sont plus exposées à la
discrimination dans les situations de conflit. Elles reçoivent moins de
nourriture et supportent le poids affectif et physique de prendre en charge la
famille. Cela s’applique également aux jeunes gens. Il y a trois fois plus de
garçons sur les bancs de l’école que de filles. Les filles doivent souvent aider
aux travaux domestiques ou attendre les distributions de nourriture ou de
matériel.

Violence en genre

Ce type de violence se produit à la fois en temps de paix et de guerre. La


violence domestique ne se limite pas aux catastrophes et aux conflits mais
peut augmenter dans des contextes violents où les gens sont contraints de
vivre dans la promiscuité avec peu de ressources. Le stress consécutif pèse
beaucoup sur les familles. Beaucoup de pays disposent d’une législation
contre les violences domestiques mais la violence au sein d’un foyer n’est
que rarement rapportée et pas aussi exposée que la violence et les crimes
commis dans la sphère publique.

Les statistiques peignent une image sombre: 94% des foyers déplacés au
Sierra Leone ont vecu l’expérience de violences sexuelles: qu’il s’agisse de
viols, de torture ou d’esclavage sexuel. En 1994, au moins 250 000 femmes
ont été violées au Rwanda. Le viol, engendrant des grossesses, a été employé
comme arme du nettoyage ethnique au Kosovo et au Rwanda. Les crimes
contre les femmes et les enfants sont commis dans la sphère publique en
période de guerre mais aussi dans la sphère privée. Les femmes ne sont pas
souvent au courant de leurs droits et les violences sont accompagnées par la
honte. Les rôles sont aussi mis en évidence lors des conflits quand les
hommes sont victimes d’abus de la part des forces armées ou des occupants.
Cette violence se répercute souvent au niveau de leur relation avec les
femmes et les enfants.

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P R E N D R E E N C O M P T E L A D I M E N S I O N D E G E N R E - A G I R D 'U N E F A Ç O N P U R E M E N T H U M A N I T A I R E

Trafics et abus sexuels

Les conflits et la guerre laissent des familles dont le chef est une femme. Les
femmes, qui dans la plupart des cas assurent les revenus de la famille dans le
secteur informel dans des activités non rémunérées, sont souvent amenées à
rechercher d’autres sources de revenus quand elles sont déracinées ou quand
l’économie est bouleversée du fait de la guerre, de la famille ou d’autres
situations d’urgence.

Les programmes d’aide internationaux qui ne considèrent pas les femmes


comme des actrices importantes courent le risque de les exposer au trafic et
aux abus sexuels. Les femmes peuvent devenir travailleuses du sexe ou elles
peuvent avoir des rapports sexuels en échange de sauf-conduits, d’un refuge
ou de nourriture. Souvent, les milices, les forces armées et les agences d’aide
internationales envoyées pour protéger les droits des femmes et des hommes
sont celles qui commettent les violences contre les femmes. Cela s’est
produit en Bosnie et un rapport récent de l’UNHCR et de Save the Children
UK sur la situation en Afrique de l’Ouest fait état de plusieurs histoires de
prostitution et d’abus sexuel perpétrées par des agences d’aide
internationales, souvent contre du matériel et de la nourriture.

Le trafic de femmes en dehors des zones de guerre est aussi en


augmentation. Beaucoup de femmes sont attirées dans les réseaux par la
promesse d’un emploi bien payé. Les femmes sont enlevées et vendues ou
contraintes à l’esclavage sexuel. Ces filles et ces femmes sont souvent
rejetées par leurs familles et beaucoup d’entre elles n’ont pas les moyens de
retourner chez elles quand l’occasion se présente.

Les réfugiés et les personnes déplacées

On estime à 40 millions le nombre de réfugiés et de personnes déplacées à


travers le monde. Il est difficile d’obtenir des données sur les réfugiés et les
déplacés qui prennent en compte la répartition hommes/femmes. Mais
environ 80 % d’entre eux sont des femmes. Le déplacement a des
dimensions genre spécifiques. Les femmes déplacées sont souvent
responsables des enfants, prenant soin dans des conditions très difficiles des
orphelins, des plus âgés, des blessés et des malades.

Le HCR a développé des principes spécifiques pour les déplacés tenant


compte de la dimension genre mais en pratique l’aide humanitaire fait
preuve de cécité en matière de genre. Aucun accent particulier n’est mis sur
les besoins différents des hommes et des femmes et leurs rôles impartis. Les
droits des déplacés ne sont pas suffisamment traités dans le droit
international. Néanmoins, ne pas se faire l’écho des violences commises

4- 4 VERSION 2, MAY 2005


P R E N D R E E N C O M P T E L A D I M E N S I O N D E G E N R E - A G I R D 'U N E F A Ç O N P U R E M E N T H U M A N I T A I R E

contre les femmes et ne pas les en protéger constituent une violation de leurs
droits. Les principes qui nous guident sont tirés de la déclaration universelle
des droits de l’Homme et du droit humanitaire. Ces principes militent pour la
participation des femmes à l’éducation et à la formation et soulignent leurs
besoins psychosociaux et la nécessité qu’elles puissent accéder à ces
services. Ne pas reconnaître les besoins des femmes peut aboutir à l’échec
des programmes. Le silence et le respect muet de la vie privée des individus
pourrait, en fait, constituer un acte criminel.

Pourquoi s’occuper de genre?


Il y a deux raisons principales pour s’occuper de la demension genre. La
première raison est liée à l’égalité des droits, la deuxième à l’efficacité du
travail d’assistance.

Une question de droits de l’Homme.

Durant les années 1990, plusieurs conférences et déclarations des Nations-


Unies ont mis en forme des plate-formes et des cadres légaux qui ont
clairement demandé à ce que le genre soit inscrit dans tout projet de
développement humain. Il s’agit des déclarations et de la plate-forme
d’actions de Pékin, de la convention pour l’élimination de toutes formes de
discrimination envers les femmes (CEDAW) et la déclaration pour
l’élimination de la violence contre les femmes.

En 1998, la cour criminelle internationale pour le Rwanda (ICTR) a


reconnue le viol comme un crime contre l’humanité et comme un
instrument de génocide. Il s’agit là d’une déclaration fondatrice pour les
femmes exposées aux guerres et conflits. Pour la première fois, viol et
violence sexuelle ont été définis dans le droit international.

En 2000, la résolution 1325 du conseil de sécurité des Nations-Unies a


reconnu que la guerre affecte les femmes d’une manière différente des
hommes, que la protection des femmes est négligée et que leur contribution
au rétablissement de la paix est sous-estimée.

La résolution 1325 contient 4 volets majeurs d’actions à mener: la


participation des femmes aux processus de paix, la formation en genre dans
les opérations de maintien de la paix, la protection des femmes et des filles et
le respect de leurs droits et l’intégration du genre dans les rapports et le
système de fonctionnement des Nations Unies en ce qui concerne les
conflits, la paix et la sécurité.

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P R E N D R E E N C O M P T E L A D I M E N S I O N D E G E N R E - A G I R D 'U N E F A Ç O N P U R E M E N T H U M A N I T A I R E

La résolution 1325 souligne la participation des femmes pendant et après le


conflit armé. Elle met l’accent sur le savoir-faire et la participation active des
femmes lors d’un conflit armé, des négociations de paix et de la
reconstruction. Un conflit armé a un impact démesuré sur les non-
combattants. Les femmes constituent la majorité des déplacés et la résolution
reconnaît les femmes comme des cibles lors d’un conflit armé. Elle reconnaît
également les besoins spécifiques des femmes et donc leurs droits. Elle met
en avant la nécessité de la pleine participation des femmes à tous les niveaux
des négociations de paix pour rendre possible les processus de paix qui sont
dépourvus des structures de pouvoir étant à l’origine du conflit au premier
chef.

La résolution 1325 peut servir de moyen efficace pour faire connaître les
droits et les besoins particuliers des femmes. Elle peut servir à plaider pour
la reconnaissance de la contribution des femmes dans le rétablissement de la
paix. Elle peut également aider à faire comprendre les structures de pouvoir
qui constituent une société et qui encouragent les hommes à perpétrer des
violences et les femmes à les subir. Elle peut donc être utile pour mieux
comprendre la nécessité de changer ces structures.

Les états membres des NU ont l’obligation légale de se conformer à la


résolution qui identifie 18 étapes devant être mises en œuvre par le
Secrétaire Général, le conseil de sécurité, les états membres et toutes les
parties impliquées dans un conflit armé.

Ces engagements et déclarations doivent être suivis par les humanitaires et


les acteurs du développement. (Veuillez-voir les détails de ces documents à
la fin du chapitre.)

Une question d’efficacité pour le travail d’assistance

L’idée qu’il n’est pas utile d’exclure un groupe de l’assistance prend de


l’ampleur. L’exclusion d’un groupe est de fait inefficace. En négligant les
femmes, l’efficacité du redressement, de la réconciliation et des projets de
rétablissement de la paix est affaiblie. Les femmes possèdent de grandes
qualités d’organisatrice au sein de la communauté. Jusque’à présent,
l’attention a surtout été portée sur leurs différents rôles productif et
reproductif et sur leur vulnérabilité mais ne pas sur leurs capacités à
organiser, à élever et à éduquer efficacement la communauté.

Les femmes sont souvent associées aux enfants et considérées dans leur rôle
de mères. Etant donné que les femmes sont plus souvent que les hommes
contraintes de se déplacer, elles ont à leur charge de veiller sur les autres et
elles deviennent ainsi responsable de la survie de la famille. Cela les expose
à des dangers physiques et à une insécurité spécifique. Les femmes sont

4- 6 VERSION 2, MAY 2005


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souvent considérées comme le problème alors qu’on ferme les yeux sur les
criminels. Les femmes deviennent plus vulnérables en situation d’urgence si
leurs droits et leurs besoins sont négligés. Cette situation de vulnérabilité
découle de leur statut social et économique moindre et de leur rôles
traditionnels. Il est de notre responsabilité de nous assurer que les droits et
les besoins des femmes ne soient pas ignorés. Les femmes ne doivent pas
être regardées en spectateur comme des cas d’espèces. Si l’on n’applique pas
consciemment une analyse en genre sur le terrain d’opérations, notre vision
sera biaisée par les règles masculines sous-jacentes et ne prendra pas en
compte la situation des femmes.

Etant donné que les femmes s’occupent des autres, leur propre santé
physique et mentale est négligée. On parle de la santé des femmes quand il
s’agit de leur aptitude à se reproduire ou en la comparant à celle d’enfants.
En évoquant la vie d’une personne, on traite les différents soucis de santé
mais en parlant des femmes on ignore ceux-ci.. En vue d’adopter une
approche véritablement complète, il faut considérer tout le cycle de la vie et
ne pas seulement les années fertiles d’une femme.. La préoccupation
d’assurer un accès équitable aux services de santé physique et mentale fait
aussi partie des questions à considérer en matière de genre.

Obstacles au travail en matière de genre dans nos organisations

Comme dans tout changement de comportement, il existe un conflit implicite


quand en tant du travail en matière de genre: il s’agit du préjugé sous-jacent
que l’on privilégie un groupe et que l’autre est désavantagé.

La perception prévalente dans les équipes du terrain est souvent que la


perspective “genre” est encore une composante imposée par le siège. Nos
organisations se caractérisent souvent par une hiérarchie basée sur le genre.
En conséquence, beaucoup de postes de haut niveau sont occupés par des
hommes. 80 pour cent des postes à décision des Nations-Unies sont occupés
par des hommes. Les femmes ont tendances à travailler dans des secteurs
sociaux comme tout ce qui touche à la santé ou à la médiation. Les
organisations qui emploient un vocabulaire à connotation militaire (stratégie,
task force, cible, etc…) renforcent des concepts masculins. Des processus
plus lents comme le dialogue, la guérison et la réconciliation sont difficiles à
mesure et en conséquence ils n’attireent autant de fonds extérieurs. En
faisant des questions de genre une affaire de femmes sans prendre en compte
sa dimension masculine, on court le risque de négliger la moitié de
l’humanité. Prendre en compte la dimension de genre, c’est d’agir d’une
façon purement humanitaire.

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Comment mettre en oeuvre l’approche


sensible au genre dans le domaine
humanitaire.
Les deux genres sont composés d’êtres ignorés. Il ne faut pas ignorer la
contribution des hommes dans la mise en place de l’égalité entre les genres.
En tant que concept, « les hommes » représentent ce qui est considéré
comme la norme et le « genre » masculin est souvent ignoré ou rendu
invisible. Pour mettre en place un partenariat efficace et l’égalité, hommes et
femmes doivent tendre vers ce but. Comment par exemple travailler sur les
questions de violence en matière de genre, si la masculinité –le machisme –
n’est pas objet de discussion? Souvent, les questions de viol et de violence
domestique doivent être traitées dans des groupes du même sexe mais il est
aussi essentiel d’impliquer les hommes dans les discussions sur le genre et
les valeurs se trouvant derrière les comportements attendus des femmes et
des hommes, surtout dans des phases post-conflictuelles et dans les phases
d’urgence et de stress extrêmes.

Quelques outils et conseils spécifiques aux situations de conflits et de


catastrophes sont énumérés ci-dessous. Mettre en œuvre une approche en
matière de genre ne doit pas seulement se limiter à une question
d’application technique telle que « la perspective de genre dans la
planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation d’une activité ».
Mettre en œuvre une approche en matière de genre tient plus au fait de
sensabiliser les attitudes aux relations de genre et par conséquence devenir
plus conscient du système de pensée qui nous régit: c’est à dire nos valeurs
et nos règles. Ceci implique de mettre en doute des structures et les normes
oppressantes etrend important la mise en oevre des propositions de ce guide.
. dans des situations où les règles et les systèmes traditionnels maintiennent
des valeurs et des normes contraires à nos politiques d’égalité en genre et
aux accords internationaux, cela peut poser des difficultés.

La mise en œuvre d’une approche sensible au genre réclame la connaissance


et la reconnassance des accords internationaux et des politiques de
l’organisation dans le domaine de l’égalité des genres. Il réclame de plus et
avant tout l’adoption d’une certaine attitude. Nous ne pouvons pas tous être
experts donc, dans le doute il faut faire appel à l’expertise!

4- 8 VERSION 2, MAY 2005


BOITE A OUTILS
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> BOÎTE À OUTILS <

> E X EM PL E S D E Q U E ST IO N S L I É E S AU G E NR E D AN S L ES
SIT U AT I O N S D ’U RG E NC E <

Information: Les femmes ont-elles accès à la même information que les


hommes? Avons-nous connaissance des informations que les femmes
détiennent et qui pourraient améliorer l’efficacité de l’intervention?

Autonomisation: Est-ce que les bons leaders sont identifiés? Qui participe à
la prise des décisions?

Santé: L’accès aux soins et aux médicaments, est-il équitable? Quelle est
l’état général, physique et mentale des femmes et des hommes? En quoi
diffèrent-ils?

Abri, protection et sécurité: Où se trouve l’abri? Est-il bien éclairé?

Education et formation: Les femmes et les hommes bénéficient-ils de la


même façon de l’instruction? Quels sont les niveaux d’alphabétisation des
femmes et des hommes? Est-ce que les formations ont lieu à des moments où
hommes et femmes sont disponibles pour y assister?

distribution en nourriture: Qui est inscrit? Les rations et les compositions


sont-elles appropriées? Prennent-elles en compte les besoins des femmes
enceintes ou allaitant?

Eau et assainissement: Où se trouvent les toilettes, les latrines et les puits


dans les camps? Sont-ils en nombre suffisant? Sont-ils utilisables et
protégées contre les attaques? Sont-ils conçus de sorte que les parents
puissent aider leurs enfants? Est-ce que les besoins spécifiques des femmes
ayant leurs règles ont été pris en compte??

Emploi: Qui assure les besoins pour la famille? Est-ce que nous ne
négligeons pas la contribution des femmes à l’économie du foyer? Y a-t-il
des moyens de survie tels que la prostitution, la vente d’enfants ou la
consommation à crédit employés, qui peut rendre esclave?

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BOITE A OUTILS
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Violence: De quels systèmes disposons-nous pour faire part et agir contre les
violences domestiques?
.
P ET IT S CO N S E IL S S UR L A F AÇ O N D E P R EN DR E EN C H AR G E
L E S Q U E ST IO N S D E G E NR E <

Faire usage des accords internationaux et du droit international. Utiliser une


approche basée sur les droits, même dans les environnements
culturellement délicats.
Formuler des directives et des codes de conduite locaux en incluant la
dimension de genre.
Veiller au recrutement et à son leadership
Repérer des alliés, hommes et femmes haut placés qui ont une perspective
sur les questions de genre.
Parler et débattre des rôles de chaque genre
Parler de ce qui signifie d’être un homme ou une femme.

4- 1 0 VERSION 2, MAY 2005


BOITE A OUTILS
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> S UJ ET S D E D I SC U S SIO N E N M AT I E R E DE G E NR E <

l’attitude du staff: En quoi nos préjugés en matière de genre influencent-ils


notre programmation? Est-ce que nos préjugés influencent nos choix des
personnes à qui nous demandons de l’aide, des qualités de leader, du
confort? Prenons-nous le temps de discuter du genre? Peut-on se
permettre de négliger ces questions? Qu’aurions-nous à perdre si nous
négligions ces questions?
Pourquoi nous intéresser au genre et pas au sexe des personnes. Quelle est la
différence?
Pourquoi les femmes sont-elles affectées de façon aussi disproportionnée par
les graves catastrophes? Qu’est-ce qu’ont les femmes qui les rend aussi
vulnérable? Les hommes, sont-ils toujours ceux qui commettent les
violences envers les femmes? En quoi les hommes sont-ils vulnérables?
Avez-vous jamais été victime de discrimination à cause de votre sexe?
Comment avez-vous réagi? Vos options ont-elles été limitées?
Comment?
Y a-t-il un problème pour identifier le leadership local? Y a-t-il des leaders
formels et informels au sein de la communauté? Y a-t-il des gens qui ne
peuvent pas être des leaders publics mais qui détiennent beaucoup de
pouvoirs? Le leadership local, peut-il représenter une autre structure
d’oppression en plus de celles qui existent déjà? Y a-t-il des traditions
qui font qu’un tel peut ou non être un leader pour différents bureaux ou
organisations?
Quels sont les avantages et les inconvénients de faire en sorte que tout le
monde bénéficie des mêmes opportunités? Est-ce que chacun a la même
chance de réussir? Est-ce que certains personnes ont besoin de plus que
d’autres pour pouvoir rivaliser à armes égales? Par exemple, est-ce que
les femmes ont besoin de plus de formation pour pouvoir postuler avec
des chances `de réussite?
Comment aborder l’impunité, là où certains marchent de façon flagrante sur
les droits des autres? Comment apporter la réconciliation?
Quand remettons-nous en cause les structures d’oppression? Comment
rendre autonomes les femmes sans déclencher de conflits internes à la
famille et sans exposer les femmes aux menaces de violence? Est-ce
possible de pousser en faveur du changement de manière à ce que tous,
hommes et femmes, en profitent?
Est-ce que les généralisations ci-dessous sont toujours valides? Qu’est-ce qui
peut être ajouté ou retiré?

Femmes Hommes
Sphère privée Économie productive formelle
Au niveau du foyer Prise de décision formelle
Secteur informel Représentants formels
Leadership et réseaux informel Directement exposés aux

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BOITE A OUTILS
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communautaire traumatismes et à la violence du


Moins mobiles combat
Reproduction
Exposées à la violence domestique

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BOITE A OUTILS
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> E X E RC IC E EN M AT I ÈR E D E G EN R E <

Dites au groupe que vous voulez savoir comment ça marche dans la culture à
laquelle vous avez affaire. Qu’est-ce qui définit un « vrai homme »? Qu’est-
ce qui définit « une femme bien »? Faire noter les contributions sur un
papier en plaçant une liste sous chaque rubrique.

Une fois que cela est achevé, en espérant avoir couvert divers domaines de la
vie (famille, sexualité, travail, vie publique, apparence, etc..) la discussion
peut s’orienter dans différentes directions:

Qui a créé ces éléments? Dieu ou les humains? La nature ou la société? Si un


homme n’est pas « un vrai homme », est-ce que cela signifie que
biologiquement il n’est pas un homme? En général la réponse est non: Ces
éléments sont créés par les Hommes et ne sont pas biologiques, un homme
ne perd pas son corps masculin s’il ne remplit pas les critères du « vrai
homme ».

La réponse peut aussi prendre la forme d’une plaisanterie: « eh bien, c’est un


homme mais ce n’est pas un homme, vous voyez… » Toute réponse peut
être utilisée pour illustrer la différence entre sexe et genre et la façon dont le
genre est une création humaine et peut donc être changé par les Hommes.

Imaginez-vous assis au paradis (ou sur une autre planète ou encore sur la
lune). Vous n’êtes jamais venu dans ce monde. Dieu est là avec vous et dit
qu’il va vous envoyer sur la planète Terre. Il dit: « Je t’enverrai sur Terre
pour y vivre comme un humain. Sur la Terre, il n’y a que deux types
d’humains: les hommes et les femmes. Tu peux choisir si tu veux vivre la vie
d’un homme ou d’une femme ».

Vous ne savez rien de ce qu’est un homme ou une femme et vous lui


demandez quelle est la différence. Il vous montre une liste et dit: « Regarde!
Si tu choisis d’être un homme, voilà ce que tu auras. Si tu choisis d’être une
femme, voilà ce que tu auras. »

Qu’allez-vous choisir? Pourquoi?


Et si vous vouliez autant de pouvoir et de liberté que possible: pour quoi
allez-vous opter? Imaginons que vous n’êtes pas intéressé par le pouvoir et
la liberté et que vous êtes une personne timide, attentionnée et sensible, et
Dieu vous dit que vous serez un homme. Apprécierez-vous cela?
?
Cette activité peut être utilisée pour montrer les avantages et les limites
respectifs de chacun des deux sexes.

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BOITE A OUTILS
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Après l’exercice, il est possible de sortir l’une de ces déclarations politiques


longues et apparemment compliquées sur le genre, de la faire comprendre
aux participants et de les motiver à l’apprecier.

Lectures complémentaires
Johnson Sirleaf, Ellen and Rehn, Elisabeth. Women, War and Peace: The
Independent Experts Assessment on the Impact of Armed Conflict on
Women and Women’s Role in Peace-building. UNIFEM. 2002.
Kirleis, E. and Ynoetani, M. “Challenges to agencies working for develop-
ment and humanitarian aid” in Gender and Violent Conflict, Good
Conference report 12-14 September 2001. APRODEV. 2001.
Nordstrom, C. Women and Girls in War Zone, Troubling Questions. Life &
Peace Institute. 1997.

Refugees, 2002:126 (UNHCR, 2002)


World Disasters Report 2002 (UNHCR, 2002)

Déclarations internationales et cadres légaux

déclaration et plate-forme de Pékin pour l’action


www.un.org/womenwatch/confer/beijing/reports/plateng.htm
Déclaration universelle des Droits de l’Homme.
www.un.org/Overview/rights.html
Convention sur le statut des réfugiés. (1951 Refugee Convention).
www.unhcr.ch
Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination contre
les femmes (CEDAW) et protocole additionnel.
www.un.org/womenwatch/daw/cedaw
Engagement international sur les droits civiques et politiques (International
Covenant on Civil and Political Rights - ICCPR).
www.unhcr.ch/html/menu3/b/a_ccpr.htm
Engagement international sur les droits économiques, sociaux et culturels
(International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights -
ICESCR). www.unhchr.ch/html/menu3/b/a_cescr.htm
Convention sur les droits politiques des femmes.
www.unhchr.ch/html/menu3/b/22.htm
Déclaration sur l’Elimination de la Violence contre les femmes.
www.unhchr.ch/huridocda/huridoca.nsf/(Symbol)/A.RES.48.104.En?Op
endocument
Protocole pour la prévention, l’éradication et la répression des trafics de
personnes, spécialement les femmes et les enfants.
www.uncjin.org/Documents/Conventions/dcatoc/final_documents_2/con
vention_%20traff_eng.pdf

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BOITE A OUTILS
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Cour pénale international pour le Rwanda. www.ictr.org/


Résolution 1325 www.unifem.org

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BOITE A OUTILS
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4- 1 6 VERSION 2, MAY 2005


5. RÉACTIONS NORMALES EN
SITUATIONS ANORMALES

Mythe: “En plus de l’inaptitude initiale d’une personne à faire


face à une situation, les effets sur la personne sont plus tard
d’assez profondes cicatrices émotionnelles et des troubles de
santé mentale. Un choc paralysant est suivi de symptômes de
traumatismes personnels.”
Réalité: La majorité de la population dans une zone de
catastrophe est susceptible de présenter des degrés divers de
réaction au stress et de symptômes psychosomatiques.
Pourtant, de telles réactions de stress n’entame pas vraiment la
volonté et la capacité des gens à prendre des initiatives et à
répondre aux besoins de la communauté, en particulier lors de
la période de convalescence.

Ce chapitre:
Donne une définition du traumatisme.
Décrit les réactions qui suivent immédiatement des événements
traumatisants.
Décrit comment les réaction sont susceptibles de changer et de durer au
fil du temps.
Esquisse les facteurs qui tiennent compte du ressort des individus.
Pointe les groupes spécifiques de gens qui encourent des risques
particuliers.
Décrit l’impact des traumatismes sur les relations sociales.

Boîte à outils:
Soins émotionnels d’urgence pour les équipes rencontrant les personnes
touchées.
Faire face à des événements angoissants. Petits conseils pour la famille et les
amis.
Faire face au stress. Se confronter à des événements impossibles à prévoir.
Le processus du puzzle
Traumatismes spécifiques (Viol, torture, traumatismes chez l’enfant).

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RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

La plupart d’entre nous fait assez régulièrement l’expérience d’événements


stressants . Nous les gérons et trouvons une certaine forme d’équilibre.
Quelques uns parmi nous s’en sortent même bien dans ce genre de situations,
y trouvant des défis à relever. Mais certains événements surpassent les
capacités à faire face de presque tout le monde. Ces événements
traumatiques hors du commun tels que les catastrophes naturelles, les
attaques terroristes, les accidents très graves et les guerres ont plusieurs
éléments en commun.

Ils sont au-delà de l’expérience et de l’imagination de la plupart des


gens.
Ils sont incontrôlable par qui que ce soit.
Ils inspirent une grande peur, un effroi, un sentiment d’impuissance ou
de l’horreur.
Ils menacent les individus et les gens qu’ils aiment de mort ou de
blessures graves.

Parfois ces événements traumatisants sont brefs dans le temps (tornades ou


accidents graves). D’autres sont répétitifs (inondations, répliques d’un
tremblement de terre). D’autres encore comme les guerres se poursuivent
apparemment pendant des jours et des mois qui n’en finissent pas. Quelques
catastrophes, comme la famine, sont progressives au début.

Le mot Traumatisme est utilisé dans tout événement causant la détresse


majeure d’une personne. Le traumatisme peut être physique (blessure) ou
morale (deuil, danger extrême).

Réactions qui suivent immédiatement des


événements traumatisants
Les réactions qui suivent des événements traumatisants sont considérées
dans toutes les facettes du comportement humain: physique, émotionnelle,
(connaissance de soi), relationnelle et spirituelle. La réaction physique
apparaît souvent la première, même si nos pensées et nos sentiments sont
souvent en compétition à mesure que nous nous rendons compte de
l’urgence et que nous essayons de préserver la vie.

La liste qui suit présente les différentes réactions dont les gens font
l’expérience. Quelques unes parmi elles sont contradictoires mais elles sont
vécues par différentes personnes à différents moments.

5- 2 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

Il est normal de réagir à la suite d’une expérience traumatique. Il serait


dangereux de n’avoir aucune réaction! Nos symptômes jouent un rôle
important de protection qui nous permet de survivre et de nous remettre.

Symptômes physiques:
Rythme cardiaque élevé
Tension élevée
vertiges
Sueurs
Nausée, diarrhée
Fatigue
Manque d’énergie
Déploiement de force
Vision rétrécie
Sensibilité au bruit
Tension musculaire
Haut niveau d’activité

Symptômes émotionnels/cognitifs:
Sens en alerte
Engourdissement émotionnel
Peur, anxiété
Irritation/colère
Détresse/impuissance
Joie d’avoir survécu
Proximité avec tous
Difficulté de concentration
Stupéfaction, hébétude
Troublé
Déni “ce n’est pas arrivé”
Passivité/docilité

Relations sociales:
Leadership
Dépendance
Besoin d’être relié
De suivre le groupe
Méfiance

Symptômes spirituels:
Besoin de prier
Sentiment d’être puni
Conscience de la présence de Dieu

VERSION 2, MAY 2005 5- 3


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

Il est caractéristique des réactions qui suivent des événements traumatiques


qu’elles changent souvent. Il est fréquent que les gens se sentent vidés après
que la décharge initiale d’adrénaline s’estompe. Les sentiments qui
accompagnent les traumatismes sont d’habitude plus intenses que les
sentiments du quotidien. Cette intensité est aussi une raison de l’épuisement
raconté par les gens.

Les symptômes que les gens présentent à la suite d’une catastrophe jouent un
rôle important pour les aider à survivre à l’intensité du traumatisme. Certains
aident les personnes à faire face rapidement (Hyper attention, vision rétrécie,
tension musculaire). D’autres permettent d’adoucir l’impact de l’événement
(difficultés de concentration, besoin de prier, engourdissement des émotions).
Parfois les gens ont honte de leurs réactions. Les travailleurs humanitaires
peuvent être énervés par certaines réactions telles que la méfiance. A plus long
terme, ces réactions sont très utiles et permettent de se réadapter. La plupart des
gens survivent aux expériences traumatisantes et mènent des vies tout à fait
saines et épanouissantes.

Réponses dans la durée


Il est assez commun que les gens continuent à ressentir pour quelque temps
les effets émotionnels des traumatismes. De nouvelles réactions sont
susceptibles d’émerger des semaines après l’événement au moment où les
gens commencent à se sentir en sécurité et où la vie reprend son cours
normal. Les recherches montrent que plus de 50% des gens présentent des
effets émotionnels liés à la catastrophe plusieurs mois après. Ces effets
s’estompent petit à petit. Pourtant, après une ou deux années, il y a toujours
un grand nombre de gens qui présentent des stress liés à l’événement. Des
souvenirs stressants peuvent encore survenir après 10 ans ou plus pour des
traumatismes tels que ceux liés à la guerre.

La fréquence avec laquelle les souvenirs et la détresse émotionnelle affectent


les gens qui ont vécu des événements traumatiques nous enseigne qu’il s’agit
là de réponses humaines normales à ces événements. Des récits sur les
réactions émotionnelles à travers les cultures partout dans le monde, mettent
en avant le caractère habituel de cette expérience. Il est utile de rappeler ce
fait aux intervenants des services psychosociaux car il est fréquent que les
gens pensent qu’ils deviennent fous ou qu’ils ne sont plus eux-mêmes.

Les recherches ont été menées pour déterminer les raisons pour lesquelles
certaines personnes survivent à un traumatisme avec peu de séquelles à long-
terme et d’autres luttent pendant des mois voire des années. Cette qualité
s’appelle le ressort ou la résilience. Il semble y avoir trois groupes de
caractéristiques contribuant à la résilience:

5- 4 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

Le premier groupe comprend une combinaison de savoirs innés et acquis


comprenant l’indépendance, le contact social, le sentiment d’avoir une
valeur, la créativité, la capacité à faire face à des défis difficiles, etc.
Le second groupe est constitué des relations familiale qui entourent une
personne.
Le troisième groupe représente le réseau dans lequel les gens évoluent.

De toute évidence, les qualités essentielles d’une personne combinées avec


le soutien social disponible sont cruciaux en ce qui concerne la capacité à
rebondir d’un individu. Réfléchir à cette donnée nous apprend que des
actions peuvent être entreprises qui amélioreront la capacité des gens à faire
face à des événements traumatisants. Encourager les réseaux de soutien,
faire attention aux structures familiales, favoriser maîtrise et compétences,
tout cela contribue à renforcer la résilience. Ces facteurs favorisant la
résilience sont incluses au chapitre 7 « idées pour le terrain ».
Une grande variété de réactions émotionnelles continue de se produire
quelques mois après l’événement. Dépression, chagrin récurrent, anxiété et
culpabilité sont très communs. Des cauchemars sur l’événement ou des
flash-backs provoquant le réveil font sentir que l’événement se produit
encore une fois. Certains font face à leur irritabilité, l’hostilité envers autrui,
la méfiance et la difficulté à contrôler leur colère. Beaucoup de gens se
trouvent en détresse à la suite de leurs difficultés à faire confiance aux autres
ou en Dieu, de la rupture des relations sociales et du sentiment d’être
différent des autres. On entend souvent cette lamentation que la vie ne sera
plus jamais la même. Les gens se demandent souvent si eux-mêmes seront
jamais les mêmes à nouveau.

Des expériences traumatisantes nous forcent souvent à repenser notre


interprétation du monde. Devons-nous penser que tout ira bien, qu’il y aura
un lendemain? Est-il utile d’aimer et de s’attacher à des gens si cela fait
aussi mal de les perdre? Y a-t-il vraiment un Dieu qui se soucie de notre
bien-être? Est-ce la volonté d’Allah que nous souffrions? Le Mal l’emporte-
t-il sur le bien? Ces questions fondamentales sont souvent déclenchées par
les tragédies et doivent être résolues pour que le deuil se fasse
complètement.

Retrouver confiance et intimité est souvent une lutte pour les survivants.
L’intensité de la douleur a tendance à faire que celui ou celle qui survit se sent
isolé(e), que personne d’autre ne peut vraiment comprendre. La profondeur de la
douleur est souvent difficile à verbaliser et parfois les personnes renoncent à
exprimer avec des mots. Cela affecte les mariages, contribuant à rendre le taux
de divorce plus élevé chez ces personnes. La sexualité est souvent affectée
durant les mois consécutifs à la tragédie et elle est différente du passé.

VERSION 2, MAY 2005 5- 5


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

Les survivants à des traumatismes prolongés ou répétés ou à des chocs


violents ont des difficultés particulières à se remettre. Cela peut comprendre
des difficultés à régler ses sentiments ou la sensation qu’ils sont débordés
par ces mêmes sentiments. Leur identité peut changer. Les survivants
peuvent sentir qu’ils n’ont plus la même valeur ou qu’ils ne sont plus les
mêmes. Il peut y avoir des épisodes de troubles de la conscience comme des
amnésies ou des pensées obsédantes. Ces épisodes font croire aux personnes
qu’ils sont en train de devenir folles. Les pensées et les sentiments qu’ils ont
au sujet de leurs bourreaux peuvent être altérés. Ces nombreux symptômes
peuvent persister de façon dérangeante, perturbant les relations avec la
famille et les amis proches.

Certaines personnes expriment leur détresse en somatisant. Leur inconfort se


manifeste par des maux de tête, de ventre, de dos, des problèmes cardiaques,
une faiblesse, des sensations de chaud et de froid, etc. Les gens consultent
pour ces symptômes dont il est essentiel de ne pas minimiser l’importance.
Il est nécessaire de faire la différence entre la douleur causée par une
blessure survenue lors du traumatisme et les symptômes résultants d’une
détresse émotionnelle post-traumatique.

Les relations familiales pâtissent souvent de cette détresse post-traumatique.


Les gens parlent de leur distance vis-à-vis de leur conjoint. La violence
domestique augmente à mesure que le stress prend la forme d’un
comportement agressif envers les enfants et les conjoints. L’usage d’alcool
et de drogues est souvent en augmentation afin d’essayer d’atténuer les
sentiments. Les familles capables d’exprimer leur détresse avec des
méthodes sûres et du soutien mutuel permettent à leurs membres de se
remettre plus rapidement.

De même, les communautés ont souvent des difficultés résultant


d’événements traumatisants. En plus des destructions matérielles, la perte de
leadership et d’organisation handicape le fonctionnement communautaire. La
douleur et la détresse prennent la forme de conflits de voisinage. Les gens sont
plus méfiants, en particulier si l’événement a connu des troubles civils. C’est à
ce moment-là qu’existe la possibilité pour de nouvelles personnes d’émerger
en tant que leaders et pour les gens d’apporter une aide significative. Il peut
s’agir là d’actions qui permettent à toute la communauté de se remettre. Cela
fait partie des facteurs de résilience mentionnés plus haut dans ce chapitre.

Différences de l’impact des événements


traumatisants
Les événements traumatisants n’affectent pas tous les gens de la même
façon. Différents groupes de personnes ont des points forts et des points de

5- 6 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

vulnérabilité. Une planification psychosocial efficace doit tenir compte des


caractéristiques particulières des groupes de façon à ce que toute la
communauté en profite.

Les descriptions qui suivent sont des généralisations qui ne couvrent pas les
variations pour chaque groupe. En comprenant les thématiques communes à
chaque groupe, nous sommes à même de mieux comprendre les points
faibles à l’intérieur de ceux-ci.

Chez les hommes

Les hommes sont censés fournir la force, le leadership et les décisions


prioritaires dans les situations d’urgence. Ces forces représentent un service
immense pour la communauté prise dans son ensemble. Mais les hommes sont
vulnérables par le fait qu’ils sont souvent mal à l’aise quand il faut gérer les
émotions intenses accompagnant un traumatisme. Ce qu’ils ressentent peut se
traduire par la colère et l’agressivité orientée vers ceux qui les entourent. La
consommation d’alcool et de drogues peut représenter une tentation
permettant de gérer ces sentiments.

Chez les femmes

Les femmes apportent leur contribution à la communauté grâce à leurs


talents à organiser les gens, à remplir les besoins basiques de tout un chacun
et à s’occuper de ceux qui ne peuvent pas se prendre en charge (enfants,
personnes âgées, malades).

Les femmes sont particulièrement sujettes à la violence. Elles sont souvent la


cible de viols en situation de guerre. Elles font l’objet de violence
domestique. Elles sont moins mobiles puisqu’elles s’occupent des enfants et
des plus âgés. Elles ont tendance à être victimes de situation traumatisante
(famine, inondation, etc.) Les femmes sont vues souvent comme causant
plus de problèmes que les hommes. On leur fait honte également d’avoir été
violées. Cette attitude rend responsable les femmes de se mettre au service
de la communauté, c’est en effet en prodiguant des soins que les femmes se
trouvent dans des situations plus risquées! Les accabler est aussi un moyen
de dégager les criminels de leurs responsabilités.

Les enfants

Les enfants réagissent de façon sensible et appropriée aux catastrophes, en


particulier s’ils sentent la protection, le soutien et la stabilité de leurs parents
et des autres adultes de confiance. Comme les adultes, ils font preuve d’un
grand éventail de symptômes en réaction à leur détresse.

VERSION 2, MAY 2005 5- 7


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

Enfants en bas âge: l’anxiété et les peurs se manifestent par une difficulté
accrue de se séparer des parents et des autres adultes qui prennent soin
d’eux, par la peur des monstres et des « étrangers ». Les enfants raconteront
souvent en mimant leurs inquiétudes, répétant sans cesse leurs histoires
d’obsèques ou de traumatismes. Parfois le jeu sera très réduit ou les enfants
peuvent apparaître moins intéressés à jouer qu’à la normale. Les jeunes
enfants peuvent aussi régresser à des comportements de plus jeunes qu’eux
en « oubliant » comment on se nourrit ou on s’habille ou en ayant de
nouveau besoin de couches.

Enfants en âge d’aller à l’école: des comportements de régression (faire


comme si on était plus jeune) sont très fréquents en phase post-traumatiques.
Les enfants de cet âge parlent souvent ou rejouent les événements
traumatiques de manière directe ou symbolique. De même que les
inquiétudes grandissent; les comportements agressifs et rebelles augmentent
et sont assez communs. La perte de gens, d’animaux ou d’objets chers sont
très difficiles à ces âges. On constate également des difficultés de mémoire
et de concentration à l’école, des pensées gênantes et des comportement
d’évitement.

Adolescents: les adolescents peuvent apporter des contributions positives au


cours des chocs traumatiques, en fournissant du savoir-faire et de l’énergie à
un moment difficile. Ils sont aussi sensibles au bouleversement, à la
frustration, la colère ou la culpabilité. Les émotions des adolescents sont
souvent intenses et ils peuvent avoir besoin pour les gérer. Le risque de
suicide est plus grand chez eux que chez d’autres groupes d’âge. Les
relations avec leurs pairs sont très importantes. La sympathie des ami(e)s et
l’assurance que leurs sentiments et leurs peurs sont normales les aide à
s’adapter.

Tous les enfants ont besoin du soutien et de la protection de leurs parents et


des adultes de confiance. Il est malheureux de constater que les enfants sont
victimes d’exploitation de bien des façons et qu’à cause de leur innocence,
ils sont incapables d’anticiper ces dangers et de s’en protéger.

Les enfants isolés, ou les enfants séparés de leur famille, courent


particulièrement le risque de faire face à de longues difficultés. La séparation
des parents est sans nulle doute le plus grand facteur de stress pour les
enfants. Tous les efforts doivent être entrepris pour réunir enfants et familles.
Quand les parents sont absents, les enfants doivent être gardés auprès de leur
phratrie, de leurs grand-parents ou de ceux qui les soignent dans une
situation stable où leurs besoins peuvent être pris en charge.

5- 8 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

Les personnes âgées

Les personnes âgées ont une grande contribution à apporter du fait de leur
expérience de vie et de leur sagesse. Pourtant, leurs capacités physiques qui
diminuent et leur mobilité de ce fait limitée les mettent en grand danger lors
des catastrophes. Quand les personnes âgées sont déplacées de leur
environnement familier, il est important qu’ils restent avec leur famille
chaque fois que c’est possible et qu’ils se rappellent des traitements ou des
autres soins de santé qu’ils ont à suivre. La dépression et le trouble sont
souvent notés en particulier quand les personnes âgées sont séparées de leurs
familles et de leurs familiers. Les gens âgés risquent aussi d’être victimes de
gens sans scrupules à la suite d’une catastrophe. Il n’est pas rare qu’ils disent
être trop vieux pour recommencer après un traumatisme qui a changé leur
vie et qu’ils considèrent la mort comme une meilleure solution.

Handicapés physiques et mentaux

Bien que les gens qui sont handicapés physiquement, malades ou retardés
mentalement ont tous des besoins différents, ces trois groupes sont
particulièrement en danger lors des catastrophes. Pour eux, les formes
normales de soin et d’assistance qu’ils reçoivent sont interrompues au
moment des catastrophes. Les catastrophes perturbent leur environnement et
leur niveau de fonctionnement normal. Les médicaments, les équipements
tels que les chaises roulantes ainsi que les soignants traditionnels et les
programmes de soin alors en vigueur deviennent donc indisponibles. Cette
situation est susceptible de réduire considérablement leur qualité de vie.
L’anxiété et le stress résultant de la situation entraînent des troubles et la
détérioration de leur état sanitaire.

Cette population n’est pas capable de s’occuper d’elle-même. Elle court


donc un plus grand danger de marginalisation et d’isolement. La
malnutrition consécutive à une catastrophe, les maladies infectieuses et le
manque de soins appropriés sont des risques particuliers puisque leur
capacité à se défendre est très limitée.

Populations provenant d’environnements violents ou de situation de


guerre

Les personnes qui ont subi des traumatismes dans ces environnements
présentent des points faibles particuliers. La violence commise par d’autres
êtres humains détruit bien souvent la confiance et la capacité à recevoir de
l’aide. Les facteurs utiles pour se remettre d’un traumatisme cités plus haut –
famille, réseaux, sens de la responsabilité ou compétence – sont détruits par
la violence infligée par les Hommes. En ce sens, la sécurité est de la plus
haute importance.

VERSION 2, MAY 2005 5- 9


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

Le rétablissement de la confiance se produit lentement mais disparaît


aussitôt par des phénomènes comme les promesses non-tenues et la
perception d’intrusions. L’installation dans un camp de réfugiés consécutive
à un conflit peut créer une série de problèmes supplémentaire résultants de la
faible qualité des logements et du manque d’intimité. Cette accumulation de
traumatismes risque de mener à un développement du ressentiment à
l’encontre des autorités, des travailleurs humanitaires ou des groupes ciblés à
l’intérieur du camp ou du voisinage.

Il est aussi fréquent parmi ceux qui arrivent de situations de guerre de


ressentir une grande incertitude face à l’avenir. Alors que les gens étaient
autrefois des membres qualifiés et oeuvrant pour une communauté, tout est
désormais remis en question. Pourrai-je un jour rentrer chez moi? Comment
vais-je faire pour subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille? Pourrai-je
partir pour un autre pays et recommencer ma vie? Du fait de cette
incertitude, les gens sont susceptibles d’être agités, désespérés, déprimés,
affligés, troublés et très réticents à espérer quoi que ce soit.

Enfants soldats

De plus en plus fréquemment des enfants sont malheureusement directement


impliqués dans les combats. On trouve des enfants de 9 ans à qui l’on a
menti ou qui ont été kidnappés par des combattants. Une fois sous le
contrôle des belligérants, ils sont forcés de commettre des crimes contre leur
propre famille ou contre leurs voisins afin de s’assurer qu’ils n’essaieront
pas de revenir chez eux. On drogue les enfants de façon à ce qu’ils ignorent
la crainte et ne montrent aucune pitié. Ces enfants sont ensuite envoyés au
combat ou deviennent des esclaves sexuels, des cuisiniers, des serviteurs ou
encore portent l’équipement. Ces horreurs durent des semaines et des mois
voire parfois des années.

Après cela, ces jeunes sont terriblement traumatisés. Ils ont été privés de ce
que la plupart des gens font quand ils sont enfants: aller à l ‘école, jouer avec
les amis, avoir des parents qui s’occupent d’eux. Quand ils essaient de
rentrer chez eux, les gens ont peur. Pendant de semaines voire des mois, ils
ont été des brutes ou amis avec des gens brutaux, terrorisant tous ceux qu’ils
rencontraient. Ils doivent désormais faire face à une réalité dans laquelle il
faut apprendre à faire la paix avec leurs anciennes victimes. Ils doivent
trouver des solutions pour faire confiance aux autres, coopérer avec les
voisins et faire amendable honorable pour leur passé de façon à pouvoir
reprendre une vie en tant que membre à part entière de la communauté.
Toutes les caractéristiques du traumatisme sont présentes chez eux:
cauchemars, désespoir, sentiment d’insécurité et ainsi de suite, mais elles

5- 1 0 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

sont souvent masquées par un comportement et des attitudes durs. Ces


enfants ont vraiment besoin de soins psychosociaux.

L’Impact des Traumatismes sur les


relations sociales
Les familles, les relations d’amitié, les communautés et les organisations
sont toutes constituées d’individus. Quand un événement traumatique les
frappe, toutes ces relations sont touchées. Les relations sont une grande
source d’énergie et de force face au traumatisme. Il y a beaucoup d’histoires
d’amitié qui ont conduit des gens à se montrer héroïques lors d’une
catastrophe. On a déjà souligné que la famille et les réseaux de personnes
sont une composante essentielle dans la survie au traumatisme sans séquelles
de long –terme. Les organisations religieuses sont des points de repères pour
beaucoup de communautés après des événements terribles, elles fournissent
parfois des années après le drame de l’aide aux gens touchés. Pourtant,
malgré ces exemples impressionnants, nous savons que ces relations sociales
ont changé.

Les événements traumatisants sont de nature à se situer au-delà de


l’imagination et de l’expérience des gens. En conséquence, les relations s’en
trouvent changées. Les familles surtout ressentent ce changement. Souvent
les modifications sont radicales. Des pères sont décédés et les plus âgés sont
pris en charge par des foyers différents. Les femmes prennent de nouvelles
responsabilités en tant que chef qui gagne la vie du foyer. Les revenus de la
famille peuvent s’en trouver changés suite au handicap d’un membre de la
famille ou la perte d’une affaire familiale. La famille est aussi susceptible
d’avoir besoin de trouver des moyens pour faire face à la honte d’un viol ou
à la naissance d’un enfant issu de cet événement. Les membres de la famille
auront peut-être besoin de trouver des réponses pour comprendre le
comportement inattendu de l’un d’entre eux au cours de la crise.

De telles modifications dans les relations au sein de la famille peuvent


représenter une grande somme d’énergie et de force. Le stress qui s’ensuit
peut se traduire par des conflits, des violences domestiques, des séparations
ou de la toxicomanie ou de l’alcoolisme. Le soutien apporté aux familles
pendant et suite à un traumatisme augmente considérablement la chance que
la famille survivra en tant que telle.

Organisations et communautés changent suite à des événements traumatisants.


L’effet des attaques du 11 septembre sur New York continue à évoluer. Des
communautés se réorganisent et trouvent un nouveau souffle et un nouvel
esprit. D’autres voient surgir des conflits paralysant la communauté. Les

VERSION 2, MAY 2005 5- 1 1


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

leaders n’existent plus et de nouveaux sont choisis. Un afflux d’aide et


d’argent amène de grands défis mais aussi fournit des occasions de corruption.
Comme un immense puzzle, les communautés et les organisations sons
disloquées et reformées à nouveau différemment. Ces changements sont
traumatisants et rendent plus difficile la confiance dans les relations du passé.

Réagir au traumatisme
Rendre un service psychosocial c’est apporter une réponse au traumatisme à
bien des niveaux d’une façon qui respecte les gens et qui envisage un avenir
meilleur pour eux. Les chocs sont causes de grande détresse. Pourtant, nous
pensons qu’avec de l’attention et du respect, la plupart des gens s’en
sortiront très bien. Une réponse sensible peut prévenir des traumatismes
prolongés.

Il ne faut jamais sous-estimer l’importance de donner l’occasion d’agir sur la


situation. L’expérience montre que la donnée la plus importante est de
conserver son identité et ses compétences dans ces situations, d’être capable
d’agir dans un contexte qui a du sens, de faire partie d’une équipe et d’avoir
une base pour repartir.

Les possibilités de participer et de faire quelque chose de bien préviennent


les traumatismes et contribuent au processus de guérison. Même s’il peut
sembler plus facile et plus compatissant de faire à la place des populations
touchées, l’inverse est habituellement vrai. Faire à la place de quelqu’un
contribuera à des souffrances accrues et une efficacité réduite de l’aide.

Le pense-bête de ce guide contient des informations sur la grande diversité


des réponses à apporter à la suite de catastrophes.

5- 1 2 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES BOITE A OUTILS

> BOÎTE À OUTILS <

> SO IN S ÉM O T IO NNE L S D ’U RG EN C E PO U R L E S ÉQ U I P ES
RE NC O NT R ANT L E S P ER SO NN E S T O UC H É E S <

Ces premières étapes générales réduisent les symptômes de stress et mettent


en avant les réadaptations suite à la catastrophe.

Quand les gens se trouvent en pleine catastrophe ou dans les moments qui la
suivent, ils apprécient souvent qu’il y ait des structures pour les guider. En
fournissant cette structure au lieu de laisser le soin aux gens de la trouver,
nous pouvons atténuer l’impact du stress et les aider à retrouver contrôle et
responsabilité.

Sécurité et protection: un endroit sûr avec abris, nourriture et eau.


Les rassurer sur leur sécurité.
Donner aux gens du temps en privé.
Ne pas prendre pour soi-même les expressions de la colère et de la
frustration.
Répondre aux besoins et aux priorités des familles: regrouper les familles,
les soutenir pour qu’elles retrouvent leur estime et leur espoir.
Encourager les gens à raconter. Etablir une communication avec la famille,
les groupes (femmes, enfants), les pairs et les conseillers afin de faire
parler et de faire exprimer les expériences. Pouvoir raconter « son
histoire » aux autres qui sont intéressés et concernés est un soulagement.
Les processus de guérison commencent et le groupe donne aux
participants le sentiment de ne pas être seul face au traumatisme. Les
récits leur donnent un soutien social. Raconter doit être une action
volontaire, tout le monde n’est pas prêt à raconter son histoire au même
moment. La sécurité est la priorité.
Prendre du temps pour écouter les gens, ne pas promettre d’écouter si on n’a
pas le temps.
Il ne faut pas pousser les gens à raconter leurs expériences, il faut d’abord
découvrir les moyens traditionnels de faire face à des événements comme
ceux-là. Donner l’occasion d’en parler, mettre en place des endroits sûrs à
cet effet. Il est parfois nécessaire d’organiser des groupes dont les
participants sont de même sexe.

VERSION 2, MAY 2005 5- 1 3


BOÎTE À OUTILS RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

Impliquer les gens, les laisser prendre part aux décisions regardant leur
situation.
Rendre les gens actifs, la passivité est nuisible. Encourager les gens à
prendre part aux opérations d’urgence telles que les distributions de
vivres, les réparations de route, de maisons et d’autres types de
structures. Organiser des tournois de football/basket, etc.
Ne pas oublier que la situation présente peut engendrer de la mauvaise
humeur et des violences à la maison et au sein de la communauté.

5- 1 4 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES BOÎTE À OUTILS

> F AI R E F AC E À D E S É V É N EM ENT S AN G O IS S AN T S. P ET IT S
CO N S E IL S PO UR L A F AM IL L E ET L E S AM I S <

Ces conseils peuvent être transmis aux familles touchées (voir Boîte à outils
pour la documentation). Attention: vérifier bien que l’activité correspond à la
culture et aux modèles indigènes.

Etre proche et présent, montrer que vous êtes disponible et que vous
compatissez et participez aux efforts. Oser exprimer votre chagrin et
votre consternation. N’hésitez pas à entrer en contact, à être sûr de vous
sans être importun. Aider aux tâches ménagères (nettoyage, cuisine,
attention aux plus petits).
N’essayez pas de consoler en utilisant des phrases telles que « ça va aller »,
« ça pourrait être pire ». Ces phrases peuvent être perçues comme des
moqueries. Ne vous étendez pas sur votre propre expérience. Aider la
personne à faire son deuil.
Ecouter activement. Ecouter, enregistrer et confirmer les émotions. Participez
sans faire de commentaire ou sans remettre en question ce qui est dit. Il faut
écouter plus que parler.
Entrer en contact physiquement, quand il n’y a plus rien à dire, vous pouvez
toujours donner la main ou serrer dans vos bras (selon la culture).
Accepter les émotions, les gens ont le droit de se sentir mal, donnez-leur ce
droit.
N’ayez pas peur des émotions. Elles sont le moyen d’expression du corps.
Elle s’expriment par des larmes, de la colère ou encore par des rires. Si
vous les retenez, vous retenez également l’émotion et elle reviendra plus
tard, parfois des années après.
Les mots peuvent aider. Demander avec sympathie ce qui s’est passé et
comment cela a été ressenti. Un bon moyen de dépasser son chagrin est
de l’exprimer verbalement. C’est aussi un bon moyen de démarrer le
processus de faire face à l’événement.
Ne les laissez pas tomber. Soyez disponible au moment où vous aviez
promis de l’être.
Garder le contact. Prenez la responsabilité de vérifier comment les gens
vont.
Soyez vous-même, n’essayez pas de jouer un rôle. Nous nous cachons souvent
derrière nos métiers sans le savoir. La compassion et l’empathie sont
essentielles.
Faites en sorte que les personnes affectées retrouvent leur routine
quotidienne, non dans le but de bloquer les émotions mais pour que le
corps travaille. L’exercice physique lié aux activités normales de la
personne est bénéfique.
Soyez honnête. Ne cachez pas la réalité aux gens, car ils devront y faire face
tôt ou tard, il est plus facile de faire face à la réalité qu’à des fantasmes.
Plus les gens se confrontent tôt à la réalité, mieux c’est. Néanmoins il ne

VERSION 2, MAY 2005 5- 1 5


BOÎTE À OUTILS RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

s’agit de vouloir à tout prix montrer la réalité aux gens qui ne sont pas
prêts à l’accepter.
Eviter de critiquer les autres ou d’acquiescer aux accusations de tiers. Il est
important que les gens expriment leurs émotions mais il ne faut pas les
laisser s’enfermer dans la recherche d’un bouc émissaire. Concentrez-
vous sur la situation présente.
Faites passer une approche optimiste. Essayez d’être positif sans être trop
débordant. Montrez que vous savez que les choses iront mieux.
Admettez vos propres limites, vous avez parfois besoin de pauses, vous ne
pouvez pas tout régler. Certaines choses peuvent parfois être trop intimes
et douloureuses.

5- 1 6 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES BOÎTE À OUTILS

> F AI R E F AC E AU ST RE S S <
S E CO NF RO NT E R À DE S É V ÉN EM ENT S I M PO S SI BL E S À
PR É VO IR

Conseil pour les personnes touchées/ Choses à essayer

Ces conseils doivent être utilisés avec la plus grande prudence. Ne les
utiliser pas sans vous demander au préalable en discutant avec les
représentants locaux, les professionnels, les soignants et les docteurs, etc
s’ils sont adaptés aux manières traditionnelles de faire face à un événement.
Faites les ajouts et les adaptations nécessaires.

A Faire:
Prendre chaque jour à la fois. Le temps est crucial mais difficile à gérer.
Chaque jour est l’occasion à saisir pour se remettre.
Prenez du temps pour vous-même, pour parler, pour exprimer votre peine,
votre colère, pour pleurer ou rire selon vos besoins. Prenez du temps
pour faire de l’exercice, pour prendre du repos ou vous distraire.
Concentrez-vous sur ce qui est aujourd’hui le plus important pour vous et
votre famille.
Apprenez et comprenez ce dont vous faites l’expérience, souvenez de ce qui
est important et ne retenez pas ce qui ne l’est pas. Essayez de ne pas
vous soucier de ce que vous ne pouvez pas changer (en fonction de ce
qui cause du souci: exemple: manque de papier toilette ou le fait que vos
enfants ou votre conjoint soient displacés).
Essayez de comprendre ce que ces expériences signifient dans votre vie.
Faire quelque chose peut soulager en apportant le sentiment que l’on peut
avoir un contrôle sur les choses. Attention à l’hyperactivité qui peut être
dangereuse en réprimant les émotions. Prenez des décisions au
quotidien, par exemple décidez quand et où manger. Cela vous aide à
retrouver le sentiment que vous avez un peu de contrôle.
Acceptez la réalité. Accepter la réalité vous aidera à mieux digérer
l’événement. Par exemple, voir le corps, aller aux funérailles, retourner à
l’endroit de la catastrophe, rendre visite aux malades et aux blessés.
Parlez de vos expériences et de ce que vous ressentez. Cela vous aidera à
écouter ceux qui ont été touchés. La parole est le remède le plus efficace.
Il est souvent bénéfique de parler à quelqu’un d’autre qu’à votre
conjoint. Ne faites pas porter de fardeau trop lourd à l’un de vos proches.
Partager avec les autres au sein de la communauté, à l’église et dans les
groupes de prières.
Rechercher l’intimité. Vous avez besoin d’intimité pour vous relaxer, dormir
et prendre du temps pour penser et sentir.
Sachez que chacun s’exprime de sa propre manière. Les gens traversent les
phases de crise à des rythmes différents.

VERSION 2, MAY 2005 5- 1 7


BOÎTE À OUTILS RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

Combinez exercices, relaxation et repos. Cela apaisera quelques unes des


réactions physiques. Pensez à manger et à boire régulièrement même si
vous n’en avez pas envie.
Faites ce qui vous fait vous sentir bien.
Essayez d’écrire votre journal si vous avez des insomnies. Transcrivez vos
pensées et vos sentiments qui vous trottent dans la tête seulement pour
vous-même, inutile de partager cela avec les autres.
Autorisez vos enfants à retourner à l’école et à reprendre leurs activités dès
qu’ils sont prêts.
Soyez attentifs à la consommation de café, de cigarettes, d’alcool et de
drogues. Elle est susceptible de prolonger le processus qui permet de
s’en sortir.
Utiliser les façons traditionnelles de se sortir du stress et des catastrophes.

A ne pas faire:
Ne faites de grands changements de vie (patientez 30 jours).
Ne vous considérez pas comme anormal. Vous vivez des réactions normales
provenant d’une expérience anormale.
Ne réprimez pas vos pensées et vos émotions.
Ne luttez pas contre les pensées récurrentes, les rêves et les flash-back pour
les éloigner. Ils diminuent avec le temps. Partagez-les avec quelqu’un et
ils perdront leur pouvoir.
N’évitez pas les occasions de parler ce qui s’est passé.
Ne reportez pas votre frustration sur votre famille, votre conjoint(e) et vos
enfants. (contrôlez votre mauvaise humeur. Débarrassez-vous de vos
frustrations de façon à ce que personne d’autre ne soit blessée).

Attention! Après un stress sévère, les accidents et les maladies sont plus
fréquents, c’est pourquoi il faut:
Conduire plus prudemment.
Faire plus attention aux mesures de sécurité.
Continuer son traitement médical normal.
Faire attention à son alimentation et à sa santé physique, faire des activités
physiques.
Faire plus attention à la caféine, aux cigarettes, à la consommation d’alcool
et de drogue.

5- 1 8 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES BOÎTE À OUTILS

> L E PRO C E S SU S D U P UZ Z L E <

1. La société n’est pas encore touchée par une catastrophe. Tout est intact
(les infrastructures, les systèmes politique et financier, etc.). Les gens vivent
dans leur contexte culturel traditionnel.

Society preconditions: conditions préexistantes de la société.


Crisis coping traditions: traditions permettant de faire face à une crise
Basic needs: besoins essentiels
Healing tradition: tradition permettant de se remettre
Reconcialition skills: capacité à se réconcilier
Infrastructure, economy: infrastructure, économie
Society, food providing system: société, système d’approvisionnement
Building construction: construction

VERSION 2, MAY 2005 5- 1 9


BOÎTE À OUTILS RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

2. Quand la catastrophe ou l’événement survient, la structure normale de la


société éclate et tombe en morceaux. Les mécanismes normaux qui
permettent de faire face sont susceptibles de ne plus fonctionner. Le cadre
qui structure la société peut aussi changer, rendant encore plus
problématiques la reconstruction et la convalescence.

Disaster/event: catastrophe/événement

5- 2 0 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES BOÎTE À OUTILS

3. Quand l’aide d’urgence se met en place, les organisations nationales et


internationales peuvent être alertées et impliquées. Parfois elles ont œuvré en
matière de développement dans la zone où l’urgence est survenue mais leur
expérience de l’urgence et leur formation peuvent être limitées.

La façon dont l’aide d’urgence est mise en oeuvre doit être adaptée au cadre
qui structure la société affectée. Les pièces doivent être faites pour être
assemblées dans ce cadre, en prenant en compte le contexte culturel et en
essayant de considérer les besoins de la communauté touchée.

Une situation d’urgence fait surgir plusieurs questions:


Est-ce que quelqu’un bénéficie de cet événement?
Où réside le pouvoir?
Qui fait quoi parmi ceux qui apportent l’aide?
Comment est-ce que la société fait habituellement face au traumatisme?
Quel est le contexte culturel? Qu’est-ce qui est perçu comme comportement
adéquat et qu’est-ce qui ne l’est pas?

Reconcialition skills: capacité à se réconcilier


Basic needs: besoins essentiels
Reconcialition: réconciliation
Safety, shelter, food:sécurité, logement, nourriture
Crisis intervention: intervention en cas de crise
Rebuilding reconstruction: reconstruction

VERSION 2, MAY 2005 5- 2 1


BOÎTE À OUTILS RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

4. Quand une catastrophe ou une urgence sévère ont frappé une société,
celle-ci change. Les gens ont fait de nouvelles expériences et peut-être ont
subi des traumatismes qui les ont transformés, la société quant à elle a été
reconstruite physiquement et socialement. Les gens peuvent se sentir égarés
mais cela peut aussi représenter un nouveau départ pour la société, un
nouveau départ vers quelque chose de meilleur qu’auparavant.

Crisis coping traditions: traditions permettant de faire face à une crise


Basic needs: besoins essentiels
Healing tradition: tradition permettant de se remettre
Reconcialition skills: capacité à se réconcilier
Infrastructure, economy: infrastructure, économie
Society, food providing system: société, système d’approvisionnement
Building construction: construction

5- 2 2 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES BOÎTE À OUTILS

> T R AUM AT I SM E S S P ÉC IF IQ U E S ( VIO L , T O RT UR E,


T R AUM AT I SM ES C H E Z L ’ E NF ANT ) <

Quelques groupes au sein de la société ont besoin d’une attention spéciale du


fait qu’ils courent plus de risque d’etre soumise à des violations des droits de
l’Homme, d’attaques physiques et d’autres problèmes de protection. Il s’agit
des enfants, en particulier des mineurs non-accompagnés, des femmes,
spécifiquement des femmes enceintes, des mères de jeunes enfants et des
chefs de foyer, des personnes handicapés et des personnes âgées. Ces
groupes courent des risques spécifiques dans les phases d’urgence
complexes, les conflits internes, les guerres et les catastrophes naturelles.

Viols et tortures deviennent monnaie courante en temps de guerre. Les


trafics et la prostitution sont des problèmes qui s’aggravent en affectant les
femmes, les jeunes filles et garçons.

Le traficking et la prostitution viennent souvent à la suite de la guerre et des


catastrophes et sont présents au moment où les groupes nombreux de l’aide
internationale sont acheminés pour les secours. C’est pourquoi il est
important de connaître les principes et les valeurs du code de conduite et le
principe de base: Ne pas faire de tort.

Les hommes sont aussi susceptibles d’être violés. Les hommes violés ont à
faire face à un phénomène de stigmatisation différent de celui que vivent
femmes et enfants. Le fait qu’un homme n’ait pas pu se défendre rend
difficile le fait d’admettre avoir été violé.

Ce guide présente quelques conseils de base sur la façon d’aborder ces


victimes mais il ne s’agit d’un guide complet sur la question du traitement des
victimes de viols. Pour plus de détails, se référer au document de l’OMS Santé
Mentale des Réfugiés, p.123.

Les séquelles d’un viol sont terribles pour la personne victime, en particulier
parce qu’elles sont souvent abandonnées ou montrées du doigt. Dans
certaines cultures, les victimes de viol sont bannies de la société. Ce
traumatisme supplémentaire augmente les problèmes psychologiques de la
personne touchée.

Les personnes victimes de torture et/ou de viol ont très souvent besoin d’une
attention spéciale, d’une thérapie physique et de protection. Les gens
abandonnés de leur famille ont besoin d’une nouvelle forme de soutien
familiale ou social. Il est important que ces personnes comprennent que leurs
réactions sont tout à fait normales pour des gens qui ont été victimes de ce
type de traumatism. Ces gens ont besoin d’aide de la part des autres.
Voilà quelques réactions typiques à la suite d’un viol:

VERSION 2, MAY 2005 5- 2 3


BOÎTE À OUTILS RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

Sentiments de honte et de déshonneur.


Culpabilité due au déshonneur apporté à la famille.
Peur des inconnus.
Sentiments de résignation face au sort ou au destin.
Sentiment d’être sale et souillé.
Risque de suicide.
Aide et soutien

Aborder ces personnes avec sensibilité en connaissant les conséquences


culturelles de leur traumatisme. Leur préparer un lieu où ils peuvent se sentir
en sécurité. Les encourager à rencontrer ceux qui partagent les mêmes
expériences. Il est essentiel d’être écouté et aidé par les autres et cela
favorise la révélation de ce qui s’est passé. Il faut faire spécialement
attention aux blessures physiques, aux maladies sexuelles éventuellement
transmises, aux grossesses et à la perte de la virginité qui a des conséquences
profondes dans certaines cultures. Il est important de garder une stricte
confidentialité. Toute documentation doit être conservé en sûreté pour
empêcher des représailles sur ceux qui témoignent.

Petits conseils pour aider les victimes de viol:


La confidentialité est essentielle.
Savoir qu’il est commun pour une personne abusée de se sentir honteuse.
Encourager les examens médicaux pour tester une grossesse et des maladies
sexuellement transmissibles. Ils doivent être encouragés mais faits sur la
base du volontariat.
Apporter un soutien. Ecouter et ne pas prononcer de jugements moraux.
Permettre à la victime de parler quand il ou elle est prête. Ne pas pousser.
Ne pas faire répéter à la personne son histoire plusieurs fois.
Trouver des solutions pour rompre l’isolement social de la victime.
Organiser des groupes de soutien pour les victimes.
Fournir une aide aux équipes travaillant avec les patients traumatisés. Mettre
en place des groupes de soutien est un bon moyen de répondre à ces
besoins.
Collaborer avec les personnes ressources locales pour faire passer
l’information.
Plaider en faveur de la sécurité et des témoignages en justice.

Victimes de torture

Ce guide vous fournira des conseils de base pour aider les gens qui ont subi
des tortures. Pour plus de détails, se référer au document de l’OMS Santé
Mentale des Réfugiés, p.110.

La torture a cours dans un tiers des pays. En cas de guerre ou de conflits, de


nombreux personnes, parfois toutes réfugiées, sont victimes de torture. Les

5- 2 4 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES BOÎTE À OUTILS

signes et les symptômes de la torture sont les mêmes que ceux présents lors
de catastrophes, bien qu’ils soient souvent plus sévères. La défiance envers
les autres et les difficultés relationnelles sont fréquentes.

Il est souvent utile de rassembler les victimes, sur la base du volontariat et en


petits groupes (6 à 10) pour parler et partager.

Quand on a affaire avec des personnes torturées, le réseau et le soutien des


gens qui aident sont essentiels. Les aidés doivent eux-mêmes disposer d’un
groupe leur permettant de se confronter aux expériences que les membres du
groupe des victimes de tortures relatent et leur permettant d’être capables de
mener à bien le processus du groupe des victimes.

Venir en aide aux victimes de la torture peut être un processus long; il s’agit
souvent de bâtir la confiance. A cause des blessures et des problèmes
physiques, l’aide dépend aussi de la coopération avec les équipes médicales
et les médecins. Quelques conseils de base:
Se sentir en sécurité est essentiel.
Aider à faire le tri entre ce qui est médical, physique, social, existentiel, etc.
Etre conscient de ce que tout cela est intimement relié.
Bien savoir que les victimes ont besoin de reprendre le contrôle. S’ils ont
besoin d’aide à ce niveau, trouver des moyens de les soutenir.
Connaître les éléments de l’environnement qui peuvent déclencher des
réactions. Des exercices de relaxation peuvent parfois être un soutien.
Des blessures à la tête peut avoir des conséquence sur les processus cognitifs
et émotionnels servant à s’exprimer et à faire face.
Soutenir la rechercher nécessaire de la justice.
Donner l’occasion aux gens de raconter leur histoire.

Les expériences des gens qui ont été exposés et qui ont reçu de l’aide pour
surmonter leurs traumatismes montrent que les résultats les plus importants
consistaient en le rétablissement des sentiments de respect de soi-même et de
confiance dans l’environnement en plus du soutien social et psychosocial.

Réactions d’enfants

La plupart des enfants réagissent de façon sensible et appropriée aux


catastrophes, en particulier s’ils reçoivent la protection nécessaire, le soutien
et la stabilité des adultes de leur environnement. Comme les adultes, ils
réagissent en fonction de leur individualité. Certains sont mieux protégés que
d’autres.

“La menace de long terme au développement de l’enfant réside dans


l’accumulation et l’interaction d’expériences traumatisantes et de facteurs de

VERSION 2, MAY 2005 5- 2 5


BOÎTE À OUTILS RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

stress secondaire chronique qui sont presque toujours liés à la perte ou à la


destruction partielle de la famille.”3

Etre séparé des parents et des frères et sœurs au cours de catastrophes


représente l’une des causes de stress les plus communes et les plus
importantes pour les enfants. Ils sont également exposés à des traumatismes
secondaires, à cause de la séparation, des conditions de vie dans le camp ou
par la façon dont les humanitaires les traitent. Il existe des cas où les
humanitaires interrogeant les enfants leur ont fait raconter leur terrifiante
expérience exacerbant ainsi leurs sentiments, et puis les ont laissés sans aide
ni soutien de long terme.

Les enfants peuvent réagir de façons très diverses. Leurs réactions vont du
retrait et de l’apathie jusqu’à l’agressivité et à l’explosion de colère et de la
dépendance au refus du contact. Les réactions dépendent aussi de l’âge. Les
enfants réagissent souvent en fonction des adultes qui les entourent.

Communiquer avec des enfants en détresse (ARC4)

1. Permettre à l’enfant de trouver le rythme.


2. Accorder suffisamment de temps à l’enfant.
3. Donner à l’enfant un soutien émotionnel et l’encourager.
4. Accepter les émotions de l’enfant, telles que la colère et la culpabilité.
5. Ne jamais rassurer faussement.
6. Parler des situations difficiles peut permettre aux enfants de trouver leurs
propres solutions.
7. Il est parfois nécessaire de permettre la régression.

Les points suivants sont particulièrement importants dans le processus


d’aide.
Soutien de la part de leur famille (ou des substituts).
Restauration de la structure de leur vie quotidienne (l’école joue un rôle
crucial), possibilités de jeux et de moments de récréation.
Soutien de la part des autres adultes et enfants au sein de leur communauté.

Si les enfants continuent à montrer des signes et des symptômes de détresse au


cours d’un laps de temps prolongé, ils peuvent avoir besoin d’une prise en
charge plus professionnelle.

3
Save the children: Promouvoir le bien-être psychosocial chez les enfants
victimes de conflits armés et de déplacements. Principes et approches

4
Action for the Rights of Children (ARC) Working with Children- Revision
Version 01/01, www.savethechildren.ch

5- 2 6 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES BOÎTE À OUTILS

Important! Si une thérapie est envisagée, des précautions extrêmes doivent


être prises pour s’assurer que l’aide est apportée d’une façon qui prend en
compte la culture. La plupart des approches et des méthodes ont été
développées dans les pays occidentaux et ne peuvent pas toujours facilement
s’adapter à des sociétés différentes. Mettre en place un traitement spécifique
sans prendre en compte le contexte culturel peut être contre-productif voire
causer des dommages aux enfants.

Soutien spécifique aux enfants

Enfants en bas-âge: Remettre en place la routine, donner des occasions


pour exprimer de façon verbal ou non sentiments et pensées.
Permettre à l’enfant de dormir près d’un parent pour une période de temps
limitée.
Fournir l’occasion d’exprimer les émotions par le jeu.
Permettre de rejouer la catastrophe par l’intermédiaire de représentations
imaginaires en laissant les parents clarifier ce qui s’est vraiment passé.

Enfants en âge d’aller à l’école: Encourager les expressions et les


représentations de leurs expériences.
Reprendre les activités normales aussi tôt que possible mais être moins strict
sur ce qu’on attend traditionnellement.
Offrir des occasions de donner des tâches et des responsabilités qui soient
structurées mais pas exigeantes.
Encourager l’activité physique.
Répondre aux questions concernant la catastrophe honnêtement et
simplement.
Eviter de donner aux enfants accès à des descriptions très crues de
l’événement afin de ne pas les bouleverser.
Permettre aux enfants de discuter leur mal-être en reconnaissant vos propres
peurs.

Adolescents: Favoriser les discussions de groupes entre eux et avec des


adultes est efficace pour réduire le sentiment d’isolement et pour rendre les
sentiments de l’enfant normaux.
Donner l’occasion de faire de l’activité physique (de préférence avec leurs
pairs) afin de contribuer à réduire la tension.
Etre rassurant quant au fait que la faculté à se concentrer reviendra.
Baisser temporairement les attentes quant au niveau de performance à
l’école et à la maison.
Encourager la participation aux efforts de convalescence à la maison et dans
la communauté.
Encourager l’expression des émotions.

VERSION 2, MAY 2005 5- 2 7


BOÎTE À OUTILS RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

Encourager les adolescents à maintenir le contact avec leurs amis et à


reprendre les activités sportives et sociales.
Encourager la discussion entre pairs autour des expériences liées à la
catastrophe.
Les discussions de groupe sont utiles pour normaliser les émotions.
Favoriser l’expression saine des sentiments d’agressivité: crier sur un
oreiller, frapper sur un punching-ball, marcher et courir.

Travailler avec des enfants dans un contexte culturel sensible

Un des aspects essentiels pour se remettre d’un traumatisme est de


comprendre ce qui s’est passé et de donner une signification à ces
événements. Il faut en tirer un sens. Les croyances religieuses et la
spiritualité peuvent représenter des sources importantes de compréhension
pour faire face aux expériences traumatisantes. Les tradi-praticiens et les
rituels traditionnels peuvent parfois jouer un rôle utile. L’idéologie politique
peut aussi s’avérer efficace.
On peut opter pour la thérapie ou la consultation en tant que relation sûre qui
permet de tirer du sens de ce qui s’est produit. Quelle que soit l’approche
choisie, elle doit être le reflet du contexte de la société touchée.

L’aide doit se construire sur des approches communautaires qui prennent en


compte les traditions et les comportements culturels qui permettent de faire
face à ces crises. Beaucoup de sociétés disposent de règles et de traditions
sur la façon dont il faut exprimer les émotions. Parfois il est en effet honteux
pour les hommes et les garçons de pleurer. Dans certaines sociétés, il est
irrespectueux voire insultant qu’un étranger demande à quelqu’un de parler
d’expériences douloureuses.

Dans quelques sociétés où les enfants vivent dans un contexte


communautaire, leur sens de l’identité est imbriqué dans la communauté. On
a fréquemment observé que dans les cultures collectivistes, les gens tendent
à vivre les événements traumatisants d’une manière non pas tant individuelle
que collective. Beaucoup de systèmes locaux de récupération mettent l’accès
sur la communauté et sur la dimension spirituelle.

Récupérer d’une catastrophe est « un processus de transition vers un sens, un


équilibre, un lien et une plénitude plus grands, que ce soit au niveau des
individus et au niveau de leur relation avec leur environnement ».

Beaucoup de systèmes médicaux qui n’appartiennent pas au monde


occidental ne distinguent pas le corps, l’esprit et le moi. Les relations
sociales sont considérées comme la clé de la santé et du sens de bien-être de
l’individu. En aidant les enfants à gérer leurs expériences, il est important de
bien connaître le contexte culturel et de s’en servir comme base du soutien.

5- 2 8 VERSION 2, MAY 2005


RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES BOÎTE À OUTILS

Ces approches traditionnels sont les pierres d’angle de tous système de


soutien.

VERSION 2, MAY 2005 5- 2 9


BOÎTE À OUTILS RÉACTIONS NORMALES EN SITUATIONS ANORMALES

Lectures complémentaires
sites web

David Baldwin’s Trauma Pages. www.trauma-pages.com


National Center for PTSD. www.dartmouth.ed/dms/ptsd
Institut pour la santé mentale lors des catastrophes. www.ncptsd.org
Société internationale d’études du stress traumatisant(ISTSS). www.istss.org
National Hazard Center. www.colorado.edu/hazards/
PILOTS database. ncptsd.org/research/pilots/index.html
Ehrenreich, John H. faire face aux catastrophes. www.mhwwb.org
Ehrenreich, John H. Souci des autres, souci de soi. www.mhwwb.org
Action pour les droits des enfants (ARC). www.savethechildren.ch/
Académie pour la gestion des catastrophes, l’éducation, la planification et la
formation. www.disaster-management.info/
Organisations

Fédération Internationale des sociétés de la croix rouge et du croissant rouge


17, Chemin des Crets
BP372
1211 Genève 19
Suisse
tel. + 41-22-730 42 22
www.ifrc.org

UNICEF
3 UN Plaza
New York
NY 10017
USA
www.unicef.org

Organisation mondiale de la santé


Division de la santé mentale
OMS
CH-1211 Genève 27
Suisse
www.who.int/en

5- 3 0 VERSION 2, MAY 2005


6. EVALUATION DES BESOINS DE LA
COMMUNAUTE EN MATIERE DE SOUTIEN
PSYCHOSOCIAL

Mythe: “Le moral de la communauté est au plus bas dans les


zones frappées par la catastrophe. Puisque ces zones sont
pleines de gens désorganisés, hébétés et incapables de se
prendre en charge et de groupes paralysés, leur futur semble
morne et incertain.”
Réalité: Nous nous attendons généralement à ce que le moral
des victimes de catastrophe soit au plus bas. Pourtant, il
semble qu’il soit plus teinté d’optimisme que de désespoir.

Ce chapitre:
Présente les outils permettant d’évaluer les besoins de la communauté en
matière de soutien psychosocial.
Propose des suggestions sur la façon de collecter une matière précise et
complète.

Ce chapitre ne comprend pas de boîte à outils distincte. Il est en lui-même un


outil.

VERSION 2, MAY 2005 6- 1


EVALUATION DES BESOINS DE LA COMMUNAUTE EN MATIERE DE SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

Les membres de la communauté


connaissent mieux que personne les besoins
de la communauté
Très tôt dans une situation d’urgence, il est essentiel d’évaluer les besoins
des populations touchées en matière de soutien psychosocial afin de mettre
en place la planification des programmes. L’expérience nous a appris que la
majorité des personnes affectées retrouveront leur capacité de fonctionner au
quotidien une fois que leur communauté aura retrouvé sa stabilité et qu’elle
sera capable de remplir son rôle.

Quand la communauté commence à mettre en place des écoles pour les


enfants et des marchés où acheter de la nourriture, alors les systèmes
normaux de récupération démarrent. Les parents partagent leurs soucis à
l’école, les enfants présentent moins de symptômes, l’information circule,
les plaintes sont échangées au marché et les attentes de comportements
normaux commencent à émerger de nouveau. Connaître les besoins de la
communauté demande que nous ayons une compréhension très claire de
l’histoire, de la situation présente et des ressources disponibles au sein de la
communauté.

Les gens qui connaissent le mieux les besoins de la communauté en sont des
membres. L’évaluation doit donc être conduite par des membres de la
communauté. Il faut faire tout particulièrement attention à ce que tous les
groupes de la communauté soient représentés au sein de l’équipe
d’évaluation (les anciens, les femmes, les hommes, les jeunes, les enfants,
les tribaux, les églises, les castes, etc.).

Après avoir rassemblé l’information, les besoins doivent être hiérarchisés.


Les membres de la communauté doivent là encore guider les étrangers dans
la décision. Il est dommageable de faire à la place d’une communauté ce
qu’elle peut faire pour elle-même. Après l’évaluation, on peut déterminer
le besoin d’aide supplémentaire de façon à ce que l’aide extérieure puisse
être amenée pour bénéficier à la communauté.

Une évaluation des besoins doit être faite à différents moments du projet.
Ces évaluations doivent se tenir tous les six mois et inclure nécessairement
des sections permettant de mettre à jour l’état de la population touchée
(situations politique, économique et sanitaire ou toute autre information qui a
changé depuis la première évaluation). Ces évaluations complémentaires
fournissent la base pour la mise à jour des objectifs du programme ainsi que
pour la poursuite ou l’arrêt de l’assistance extérieure supplémentaire.

6- 2 VERSION 2, MAY 2005


EVALUATION DES BESOINS DE LA COMMUNAUTE EN MATIERE DE SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

Les questions suivantes décrivent le type d’informations qui doivent être


collectées lors d’une évaluation psychosociale.

Toutes les questions ne sont pas pertinentes pour toutes les situations.
Pourtant, plus il y aura de renseignements, plus le service sera efficace.
Ces renseignements permettront également d’économiser temps et
argent.

Information générale sur la situation

Quelle est la situation en cours qui provoque cette évaluation?


Quelle est la situation géographique et environnementale dans laquelle
se déroulent les événements?
Quelle est l’histoire de la région qui joue un rôle dans les événements en
cours?
Quels sont l’environnement politique, le type d’administration au niveau
du pays, de la région et du lieu et les conflits touchant à la situation? S’il
s’agit d’une urgence due à un conflit, il faut préciser les détails du conflit
et les développements attendus.
Qui sont les décideurs (formels ou non)? De quelle façon la société
civile participe-t-elle aux décisions?
Des mouvements de population sont-ils attendus? Se sont-ils produits?
Quelle est la situation au niveau de la sécurité? Quels sont les types et le
degré de violences? Les cibles, y compris la violence envers les
femmes?
Quels sont les besoins de base? Décrire la situation:
– Nourriture, adaptation et distribution.
– Disponibilité et qualité de l’eau.
– Questions relatives aux logements: disponibilité et qualité.
– Disponibilité et qualité des sanitaires.
– Morbidité (causes et distribution par tranche d’âge).
Quelle est la situation économique? Les gens peuvent-ils trouver des
emplois? Y a-t-il des groupes exclus? La richesse est-elle sous le
contrôle d’une minorité ou d’un seul groupe? Quels sont les différents
groupes?
Dans quel état se trouve les système éducatif? Pour qui est-il disponible?
Les fournitures sont-elles disponibles? Les enseignants sont-ils présents?
Qu’est-ce qui empêche les gens d’aller à l’école?
Quel est l’état général de la communauté dans son ensemble? Les gens
travaillent-ils ensemble? Y a-t-il différents types de société? Quelles sont
leurs poids dans la culture? Y a-t-il des problèmes récurrents qui
compliquent la situation?
Quels sont les différents problèmes identifiés par les différents groupes
socio-économiques? Par les femmes et par les hommes?

VERSION 2, MAY 2005 6- 3


EVALUATION DES BESOINS DE LA COMMUNAUTE EN MATIERE DE SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

Décrire les populations touchées

Estimations de la population (âge, sexe et vulnérabilité).


Orphelins, mineurs isolés, enfants des rues.
Enfants/adolescents chefs de famille.
Enfants soldats démobilisés, ex-soldats, combattants en activité, ex-
« combattants pour la liberté ».
Mères célibataires.
Survivants de tortures et de violences sexuelles.
Veuves.
Personnes âgées.
Malades mentaux chroniques internés, en famille ou ailleurs.
Personnes handicapées physiques ou présentant un retard de
développement.
Taille moyenne d’un foyer.
Composition ethnique et région d’origine des populations touchées.
Situation de la population touchée. Camps, centres de transit, villages ou
villes assiégés. Environnement: rural, urbain, désert, jungle, tropical.
Accessibilité: facile, difficile, dangereuse, etc.
Carte de la situation et estimation du nombre des différents types des
populations touchées.
Situation et nombre des personnes habitant avec des proches ou des
habitants dans les zones rurales et urbaines.

Besoins en santé mentale

Décrire les expériences de la population touchée.

Au cours de conflits armés:


L’action a-t-elle soudaine ou progressive?
Quand et comment les réfugiés sont-ils parvenus aux endroits où ils se
trouvent? Qu’ont-ils enduré?
Massacres, exécutions, disparitions.
Violence quotidienne/en cours, harcèlement exercé contre tous ou contre
des groupes ciblés (femmes, groupe ethnique ou religieux).
Torture.
Violence sexuelle à l’encontre des adultes ou des enfants.
Violence domestique, comprenant les violences envers les enfants.
Attaques armées, bombardements d’artillerie, attentats
Séparation des cellules familiales.
Personnes forcées à commettre des violences contre leur propre famille,
communauté ou nation.
Type d’interruption des rituels culturels et sociaux les plus importants et
type de fracture de la structure familiale et communautaire.

6- 4 VERSION 2, MAY 2005


EVALUATION DES BESOINS DE LA COMMUNAUTE EN MATIERE DE SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

Enlèvements.
Emprisonnement, détention en camps de ré-éducation, etc.

Lors de catastrophes naturelles:


Quand s’est produite la catastrophe? A-t-elle été soudaine? Y avait-il un
système d’alerte?
Séparation des familles.
Des gens ont-ils été témoins de la mort de proches ou d’amis? Ont-ils
identifié des corps?
Leur propre vie a-t-elle été en jeu? Y a-t-il des blessures graves? Les
gens ont-ils bloqués en attendant les secours?
Perte du logement, des moyens de subsistance, du bétail.
Soucis persistants concernant la sécurité physique.
Etendue du désastre – villages entiers détruits, destruction massive.
Retard dans l’arrivée de l’aide, morts supplémentaires pendant l’attente.
S’agit-il d’une nouvelle occurrence d’autres catastrophes (inondations,
famines, etc.).

Catastrophes rampantes (famine, pandémie du sida, etc.):


Des gens ont-ils été témoins de la mort de proches ou d’amis, etc.
Conscience que sa propre mort est inéluctable.
Croyance que l’aide est distribuée de façon injuste ou retenue.
Perte du logement, des moyens de subsistance, du bétail.
Perte de la dignité/valeur après avoir mendié ou s’être prostitué pour
obtenir de la nourriture, etc.
Gens désemparés face à la force de la catastrophe.

Décrire la situation présente

Quelles sont les problèmes qui ont un impact sur les besoins et l’arrivée de
l’aide?

Structures sociales:
Caractéristiques communautaires avant et après l’urgence: forces et
faiblesses.
Organisation sociale: clans, tribus, ethnies, religions, voisinages, etc.
Quels sont les rôles culturels des femmes et des homes?
Structure familiale: matrilinéaire, patrilinéaire, étendue, répartition des
rôles, gestion financière, prise de décision, etc.
Structures régissant les normes culturelles pour les rituels accompagnant
les funérailles, les naissances, etc. (anciens, groupes religieux, etc.
S’il y a eu déplacement de population, quels sont les rapports entre les
populations d’accueil et les réfugiés, au cours de l’histoire et de la
situation présente?

VERSION 2, MAY 2005 6- 5


EVALUATION DES BESOINS DE LA COMMUNAUTE EN MATIERE DE SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

Décrire le flot d’informations en provenance du gouvernement sur la


situation, les membres disparus des familles, l’aide affluant, sur la façon
de la récupérer et sur les risques et la sécurité.

Structures politiques:
Quels groupes politiques se battent pour le pouvoir et utilisent l’urgence et
les secours pour accroître leur influence au sein de la communauté?
Sont-ils ceux qui ont intérêt à ce que la situation ne se règle que
lentement?
Est-ce que chacun a voix au chapitre dans le débat politique?
Y a-t-il des conséquences négatives à craindre quand on exprime une
opinion divergente?
Des groupes sociaux, des associations ou des parties émergents existent-
ils? Décrivez.

Structures religieuses:
Quelle est la composition religieuse de la communauté?
Quel rôle la vie spirituelle/la religion joue-t-elle dans le quotidien des
gens? Au cours des naissances, des décès, etc.?
Quelle est la relation des prêtres, des imams, des moines ou des religieux
avec le reste de la communauté?
Qui sont les leaders religieux dans cette communauté? Comment peut-on
les contacter?
Est-ce que la communauté religieuse a la capacité et l’intention d’aider à
répondre à l’urgence?
Les pratiques religieuses ont-elles repris depuis la catastrophe?
Les rituels sont-ils organisés en réponse à la catastrophe? Qui y
participe?
Y a-t-il des tabous concernant des sujets spécifiques, des traditions, des
rituels et d’autres interactions sociales (décès, enterrement, deuils, viols,
vengeances, sexualité, etc.)?
Les pratiques religieuses et spirituelles de la population d’accueil sont-
elles semblables ou en conflit avec celles de la population réfugiée?
comment se déroule la situation?
Y a-t-il sur les aspects religieux des interprétations sur les catastrophes
ou la santé mentale que les travailleurs sociaux doivent comprendre?

Structures socio-économiques:
Quelle était la source de revenus pour les survivants avant la catastrophe
(hommes et femmes)? De quelle façon a-t-elle été interrompue?
Quel est le niveau de vie de la communauté? Par rapport à l’économie
du pays? Quel est le seuil de pauvreté?
Quelle sorte de production et de gestion des ressources existe au niveau
des familles, du district/du camp et du pays?
Qui profite économiquement de la catastrophe actuelle?

6- 6 VERSION 2, MAY 2005


EVALUATION DES BESOINS DE LA COMMUNAUTE EN MATIERE DE SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

Y a-t-il un système de formation/d’emplois ou de ressources susceptibles


de fournir un revenu modeste aux plus démunis?
Quelle est la grille de salaries pour les professionnels de santé et de santé
mentale, les secrétaires, les traducteurs, les chauffeurs, etc.? Cette
information est nécessaire pour permettre la conception des budgets.

Sources de pouvoir:
Qui doit être consulté au sein de la communauté avant le démarrage d’un
projet? Quels sont les leaders officials ou officieux, y compris les
femmes?
Y a-t-il des gens qui ont une influence et dont la caution a du poids?
Qui détient le pouvoir économique dans la communauté?
Y a-t-il des rituels à observer lors des rencontres avec les gens qui
disposent du pouvoir (partager un café, une boisson, etc.)?

Normes culturelles:
Au sein de cette culture, est-ce l’individu ou le groupe qui prime?
Quand il y a des conflits, comment s’expriment-ils et comment se
résolvent-ils? Y a-t-il des rituels qui signalent la fin d’un conflit?
S’il y a plus d’une culture au sein de la communauté, comment
fonctionnent-elles ensemble? Ont-elles un rôle distinct? Un pouvoir
distinct?
Comment les gens font-ils face aux catastrophes, à la souffrance, à la
violence?
Qu’enseigne la culture à propos de l’organisation familiale, le rôle des
genres, les relations avec les étrangers, la sauvegarde des traditions etc.?
Comment s’expriment les émotions/les pensées (par exemple, la
tristesse, la colère, la joie, la suspicion, la peur, les désaccords,
l’intolérance, les préjugés, etc.)?
Les gens réclament-ils de l’aide ou un soutien psychologique quand ils
en ont besoin? Si oui, comment sont-ils perçus par leur communauté?
Comment la communauté considère/considérait les gens présentant un
handicap physique?
Dans le contexte actuel, y a-t-il des situations dans lesquelles les
traditions et les rituels ne peuvent pas être pratiqués? (par exemple:
enfants nés d’un viol, disparus, personnes enterrées sur le chemin de
l’exil ou décédées en se cachant).

Ressources disponibles au sein de la Communauté pour répondre aux


besoins psychosociaux

Existe-t-il un bureau national pour la santé mentale, une politique en


cette matière, une organisation de professionnels? Y a-t-il un plan
nationale de réponse aux catastrophes? Y a-t-il des services

VERSION 2, MAY 2005 6- 7


EVALUATION DES BESOINS DE LA COMMUNAUTE EN MATIERE DE SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

communautaires? Comment contacte-t-on les personnes qui en sont


chargées?
Y a-t-il eu d’autres évaluations des besoins en santé mentale? Qui les a
conduites? Sont-elles disponibles?
Qui coordonne les services de santé mentale dans cette situation
d’urgence? Comment peut-on contacter ces personnes? Y a-t-il des
mises à jour régulières sur les changements de situation?
Est-ce que la communauté religieuse apporte une réponse à la crise?
Comment contacter une de ces équipes? Disposent-ils de personnes
formées à la prise en charge pastorale qui puissent être mobilisées?
Y a-t-il des professionnels parmi les victimes capables d’aider leur
propre communauté (enseignants, travailleurs sociaux, psychologues,
infirmiers, aides à domicile, prêtres, pasteurs, tradi-praticiens, etc)?
Y a-t-il des ressources matérielles au sein de la communauté qui peuvent
être utilisées pour mettre en œuvre des programmes psychosociaux
(locaux, véhicules, livres, aires de jeux, photocopieuses, ordinateurs
etc)?
Y a-t-il des ressources environnementales disponibles (terrains, eau,
forêts)?
Quelles pratiques traditionnelles du groupe peuvent l’aider à sortir de la
crise (structures familiales, activités génératrices de revenus, capacité à
s’organiser en petits groupes d’entraide, rituels de guérison, etc.)?
Des activités éducatives formelles ou non, existent-elles?
Y a-t-il communication entre les tribus, les groupes politiques ou
ethniques etc.? Cela s’étend-il à la coopération pour des projets menés
d’un commun accord?
Est-ce que la communauté montre de la cohésion/solidarité ou y a-t-il
des factions en compétition?
Y a-t-il des groupes d’entraide qui se forment dans la communauté des
réfugiés (femmes collaborant pour s’occuper des familles, groupes
d’enfants qui jouent, etc.)?

Conclusions et Recommandations

Selon la perception de la communauté, quels sont les services


psychosociaux les plus nécessaires qui lui permettent de redémarrer? Il
est important de noter quel groupe de la communauté fait telle ou telle
recommandation.
Quels sont les efforts mis en oeuvre localement pour fournir des services
à la communauté qui peuvent être soutenus ou étendus?
Quels besoins de formation y a-t-il pour que les gens puissent aider leur
propre communauté?
De quoi ont besoin les familles pour aider leurs proches (commodités du
foyer, repas pris ensemble, activités pour les enfants de façon à ce que les
parents puissent se consacrer aux démarches administratives)?

6- 8 VERSION 2, MAY 2005


EVALUATION DES BESOINS DE LA COMMUNAUTE EN MATIERE DE SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

Quelles sont les ressources nécessaires pour compléter les ressources


déjà disponibles?
Dresser une liste des agences impliquées susceptibles de devenir des
collaborateurs.
Décrire les obstacles majeurs, les contraintes, les risques etc.
Recommandations pour empêcher que la concurrence avec les gens
formés sur place n’entraîne la rupture des services.
A quoi faut-il se consacrer en premier lieu?

VERSION 2, MAY 2005 6- 9


EVALUATION DES BESOINS DE LA COMMUNAUTE EN MATIERE DE SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

Lectures complémentaires
Voir le chapitre sur l’action en faveur des Droits des Enfants, Boîte à outils
du chapitre 7.
Passport to Mainstreaming a Gender Perspective in Emergency Programmes
(SEAGA: socio-economic and gender analysis programme. FAO/WFP)
www.fao.org/sd/seaga/downloads/En/passporten.pdf
The Sphere project: www.sphereproject.org

6- 1 0 VERSION 2, MAY 2005


7. BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

Ce chapitre:
Présente les possibilités de programme pour les enfants, les adultes, les
personnes âgées et vulnérables.
Détaille l’information et la communication au sein des communautés
affectées.
Esquisse les aspects psychosociaux dans les autres secteurs de l’aide
d’urgence (SPHERE): Site: agencement et logement, Vivres,
assainissement, éducation et santé.

Boîte à outils:

Voici quelques suggestions. Amendez ou ajoutez vos propres idées. Ces


exemples tiennent plus du pense-bête, ils ne sont pas une recette pour
garantir la réussite des services psychosociaux. Adaptez-les à la situation du
terrain.

Guide de Relaxation: petits exercices de relaxation guidée et de relaxation


musculaire.
Liste des fournitures.
Communiquer avec des enfants en détresse (ARC).
Identifier des sentiments.
Liste d’idées de jeux.
Grandes lignes des services psychosociaux.

VERSION 2, MAY 2005 7- 1


BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

Possibilités de Programme
Le but des programmes psychosociaux est de remettre le fonctionnement
individuel et communautaire à un niveau au moins équivalent à celui qui
existait avant la crise. L’éventail des programmes nécessaires pour atteindre
cette vaste ambition est assez large. Plusieurs facteurs contribuent à la
guérison des personnes et des communautés et nous soutenons ce processus
de différentes façons.

Les exemples de programmes suivants sont présentés pour élargir le champ


de l’imagination de l’équipe chargée de la planification. L’utilité de ces
programmes doit être déterminée par l’évaluation des besoins et des atouts
de la population locale.

Avant de commencer le processus de planification, il est nécessaire de


procéder à une évaluation rapide et complète des besoins psychosociaux.
Cette information est peut-être déjà disponible auprès du bureau de l’OMS. Il
est aussi nécessaire de savoir ce que les autres ONG font pour éviter les
chevauchements et renforcer les forces des uns et des autres.

Chaque catastrophe est différente et réclame un ensemble différent des


programmes. De plus, chaque culture est unique et possède ses propres
forces qui apportent du soutien aux gens. Il est essential que les forces et les
caractéristiques culturelles soient reconnues et qu’elles viennent en appui à
chaque programme qui sera développé. La population locale doit prendre
part à la planification, à la mise en œuvre et aux processus d’évaluation du
travail psychosocial. Ce processus ayant pour base la communauté est partie
intégrante de la guérison.

Lors de toute catastrophe, il y a plusieurs moments qui déterminent le type


de services à fournir. Ces moments peuvent être répertoriés comme suit:
Phase d’urgence aigue – rétablir la sécurité.
Phase d’urgence non aigue – rétablir la sécurité, stabiliser la communauté,
favoriser le deuil.
Phase de développement – reconstruire la confiance, rétablir l’identité
sociale et la société civile.

Programme pour les enfants

Education:
Education primaire pour tous les enfants âgés de plus de 5 ans.
Programme de stimulation pour les enfants en bas âge.

7- 2 VERSION 2, MAY 2005


BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

Ecole itinérante pour apporter l’éducation dans des zones où elle n’existe
pas.
Education en commerce pour les adolescents ou les enfants, chefs de
famille.
Education à la résolution des conflits/ médiation par les pairs.
Education agricole.
Education environnementale.
Programmes d’éducation culturelle (enseignement de la musique locale,
la danse, les traditions).
Classes de langue seconde.
Sensibilisation aux mines antipersonnelles.

Programme pour stabiliser et développer la routine:


Soins aux enfants en situation de catastrophe.
Equipes d’animation pour les enfants.
Célébration des fêtes et jours fériés.
Programme d’activités manuelles et artistiques.
Projection de films.
Tournois de sport.
Heures du conte/des histoires organisées régulièrement.
Rétablir des heures régulières de repas, de sommeil et d’école.

Aide au retour à un fonctionnement “normal”:


Rétablissement des moments en famille – repas, tâches du foyer.
Soutien à l’autorité/l’enseignement des parents.
Groupe d’art expressif – raconter nos histoires.
Groupes de soutien/d’enseignement pour apprendre à faire face à des
sentiments intenses.
Centre pour le deuil afin de soutenir et de normaliser le processus de
deuil.

Communauté en développement:
Etablir des équipes de services: patrouilles chargées de ramasser les
ordures ou pour porter de l’eau aux personnes âgées.
Soutenir l’observation des coutumes locales.
Développer des formations en médiation par les pairs pour les enfants.
Soutenir le développement du culte ou de l’éducation religieuse.
Etablir des groupes ou des équipes de jeux pour inclure les orphelins ou
les enfants en marge.
Considérer le rétablissement de la paix par le théâtre.

Vie spirituelle:
Rendre l’éducation religieuse disponible pour les familles désirant y
participer.

VERSION 2, MAY 2005 7- 3


BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

Établir des écoles pour l’étude biblique, coranique, etc ou des activités
d’enseignement informel.

Programmes pour dépenser de l’énergie:


Tournoi de Sport.
Aires de jeux sûres (UNICEF).
Occasions de récréation.
Sorties (au zoo, à la plage etc.).

Services médicaux:
Cliniques pédiatriques pour les diagnostiques.
Programmes de vaccination.
Education à la santé à l’école.
Yoga facile.
Massage.

Services juridiques:
Faciliter le contact avec la croix rouge pour réunir les familles.
Faciliter le contact avec l’UNHCR pour les enfants demandant l’asile ou
cherchant à immigrer.
Plaider pour la protection et les droits de l’Homme.

VIH/SIDA:
Informer. Intégrer cette dimension avec les activités du programme
chaque fois qu’il estpossible.

Programme pour les Adultes

Education:
Alphabétisation.
Formation professionnelle.
Classes de langue étrangère(Anglais/portugais/Français/Espagnol/autre).
Agriculture durable.
Droits de l’Homme et violence domestique.
Santé et assainissement.
Education en santé de la reproduction.
Education en traumatisme communautaire.
Information pour les parents: comment aider les enfants lors des
traumatismes.
Formation pour permettre à certaines personnes de devenir des
personnes ressources pour la communauté lors de traumatismes.
Information sur le moyen d’obtenir de l’aide pour reconstruire et
recommencer à vivre.
Sensibilisation aux mines antipersonnelles.

7- 4 VERSION 2, MAY 2005


BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

Stabilisation et routine:
Programmer des visites de routine à la clinique.
Programmer des sessions de lessive au lavoir communautaire.
Rétablir les routines familiales.
Etablir des groupes de soutien aux femmes.

Retour à la normale:
Préparation familiale du repas.
Efforts pour réunir les familles grâce à la croix rouge.
Horaires d’école pour les enfants.
Guérison des traumatismes et réconciliation.
Construire la paix par la théâtre et les arts.

Communauté en développement:
Établir des petites structures de voisinage au sein des populations
déplacées.
Développer des centres d’information communautaire.
Mettre en place des lieux de rencontre (café, marché, etc.).
Favoriser les activités culturelles
Mettre en ondes un programme radio avec des informations, des
divertissements et des programmes éducatifs.
Développer un fonds communautaire géré par les femmes pour des petits
prêts.
Mettre en place des groupes de résolution de conflits.
Encourager les groupes de socialisation.

Vie spirituelle:
Donner les moyens d’accomplir les rituels conformes aux traditions
locales afin de faire face aux conséquences de la catastrophe.
Offrir la possibilité de rendre le culte selon les traditions locales.
Favoriser l’accès aux leaders religieux.
Encourager l’éducation religieuse volontaire.

Dépenser de l’énergie:
Activités sportives.
Danse/chant.
Yoga.
Massage.
Travail sur la respiration.

Services médicaux:
Clinique gynécologique.
Permanence pour les soins.

VERSION 2, MAY 2005 7- 5


BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

Services juridiques:
Contact avec l’UNHCR pour l’immigration et les informations sur le
droit d’asile.
Garantir l’accès au personnel récoltant les informations pour la court
pénale internationale.
Information sur les droits et les processus légaux disponibles.
------------------------------------------------------
VIH/SIDA:
Intégrer les informations sur le VIH/SIDA dans les activités chaque fois
qu’il est possible.
Mettre en place des programmes pour vivre avec le SIDA, soutenir les
soignants volontaires.

Programme pour les personnes plus âgées

Education:
Enrôler les réfugiés les plus âgés comme enseignants d’histoire
culturelle.
Les personnes âgées peuvent être encouragées à raconter des histoires.
Faciliter l’accès aux services pour aider les plus ages à recommencer à
vivre.
Donner des informations sur le développement des petits commerces.
Donner des informations sur les traumatismes et leurs effets.
Former des personnes au conseil communautaire lors des traumatismes.

Stabilisation et routines:
Fixer des heures pour les repas, rassembler les personnes seules pour les
repas.
Fixer des heures par activité pour structurer la journée.
Apparier les personnes âgées avec des partenaires qui les écouteront,
relaieront leurs demandes, les aideront dans les tâches physiques.

Retour à la normale:
Fournir à ceux qui sont seuls des équipes de travail et de cuisine.
Voir s’il est possible d’organiser des potagers communautaires.
Regrouper les familles dans un même voisinage et favoriser les grands-
parents.
Mettre en place des programmes de guérison et de réconciliation.

Communauté en développement:
Publier un journal local.
Mettre en place une radio avec information, divertissement et pro-
grammes éducatifs.
Faire en sorte qu’une personne âgée soit la personne qui informe ceux
qui n’ont pas de radio.

7- 6 VERSION 2, MAY 2005


BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

Enseigner les traditions et la musique.


Rétablir les systèmes de justice traditionnelle de la communauté.
Fournir un lieu de rencontre pour que les gens parlent, jouent aux dames,
aux échecs et à des jeux locaux.

Vie spirituelle:
Donner les moyens d’accomplir les rituels conformes aux traditions
locales afin de faire face aux conséquences de la catastrophe.
Offrir la possibilité de rendre le culte selon les traditions locales.
Favoriser l’accès volontaire aux leaders religieux.

Services médicaux:
Soins de Routine.
Services auxiliaires de vie (volontaires communautaires).
Repas pris en groupe là où c’est nécessaire.
Transport assisté là où c’est nécessaire.
Massage.
Yoga.
Tai Chi.

Services juridiques:
Soutenir les systèmes de justice traditionnelle au sein de la communauté.
Rendre l’information disponible sur les processus juridiques.

VIH/SIDA:
Intégrer les informations sur le VIH/SIDA dans les activités chaque fois
que c’est possible.
Mettre en place des programmes pour vivre avec le SIDA, soutenir les
soignants volontaires.

Programme pour les personnes médicalement et psychologiquement


vulnérables

Education:
Mettre en œuvre les programmes cités plus haut en fonction de leur
pertinence.
Proposer des formations pour améliorer la bonne compréhension de
l’urgence et son impact sur ce groupe.
Encourager les gens à se prendre en charge et à la gestion des
symptômes de leur état.

Stabilisation:
Etablir des routines dans les consultations avec les docteurs ou les
soignants.

VERSION 2, MAY 2005 7- 7


BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

Faciliter l’assistance dans le quotidien (par les volontaires


communautaires).
Retrouver une routine quotidienne et des lieux sûrs.
Mettre en place un personnel soignant stable et fournir une nourriture,
des endroits et des routines familières.

Retour à la normale:
Voir très vite s’il y a une possibilité de transfert vers des commodités de
plus long terme.
Augmenter le degré d’autonomie de façon appropriée.

Communauté en développement:
Inclure les personnes vulnérables dans les activités communautaires
chaque fois qu’il est possible (projection de film).
Maintenir les personnes vulnérables dans leur famille quand il est
possible et quand il est conseillé, soit les maintenirdans un groupe stable.

Vie spirituelle:
Donner accès aux leaders spirituelles de leur propre tradition. Cela est
essentiel pour répondre aux questions.
Respecter les rituels de chaque tradition.

Services médicaux:
Fournir des services médicaux et psychiatriques réguliers.
Si les services ne sont pas disponibles, déplacer les personnes avec leur
famille afin d’atténuer le traumatisme.
Suivre et évaluer la qualité des services.

Services juridiques:
Assurer que le contact avec l’UNHCR et l’OMS est disponible.
Voir si une évacuation médicale grâce à l’UNHCR est possible quand il
est approprié.

VIH/SIDA:
Intégrer l’information sur le VIH/SIDA dans les activités du programme
chaque fois que possible.
Mettre en place des programmes pour vivre avec le SIDA, soutenir les
soignants volontaires.

Information et Communication
Information, communication et documentation représentent des
partsimportantes dans le processus permettant de faire face à une catastrophe
ou àun conflit complexe. Le fait d’être informé et capable de communiquer

7- 8 VERSION 2, MAY 2005


BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

donne l’occasion de se confronter à ses sentiments. Elles sont aussi un


moyen de fournir la sécurité, l’identité et des signes d’espérance.

Présentation

Il faut donner les informations concernant les SPS (Services Psychosociaux)


et ses objectifs:
au staff
aux autorités
aux réseaux
aux bénéficiaires

Préparer du matériel présentant les SPS, ses objectifs, son organisation et son
équipe. Ne pas oublier les coordonnées. On peut le faire sur les tableaux
d’information, les tracts, les cartes de visite et les sites web.

Des informations sur la situation générale et le programme régulier doivent


être donnés au staff et aux bénéficiaires.

Il faut également trouver l’organisation qui s’occupe des programmes de


recherche pour les familles séparées.

Information

Déterminer quels sont les agences et les réseaux qui travaillent dans les
domaines de l’information et de la communication. Souvent, il existe des
ONG qui travaillent dans le but de coordonner l’information lors d’une
catastrophe ou d’un conflit.

Mettre en place des structures où les bénéficiaires et les autres peuvent


rencontrer les représentants des SPS de façon régulière.

Permettre un accès à l’information publique médiatique pour le staff et les


bénéficiaires (TV, radio, Internet, journaux et magazines).

Communication

Trouver des personnes capables d’être des porte-parole pour disséminer


l’information. Les porte-parole doivent représenter les différentes parties des
communautés. (leaders communautaires, femmes, hommes, personnes âgées,
jeunes et autres représentants).

VERSION 2, MAY 2005 7- 9


BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

Mettre en place des points d’information (tableaux, lieux de réunion, centres


informatiques de communication). Prévoir les fournitures et les ressources
pour ces centres (papiers, stylos, craies, ordinateurs, appareils photo). Faire
en sorte que les bénéficiaires soient responsables de la gestion des points
d’information.

Chaque fois que cela est possible, essayer de mettre en place des
communications avec le monde extérieur (communautés, familles, amis,
autorités). Utiliser les services postaux, les téléphones, les messages
électroniques.

Documentation

Impliquer le staff et les bénéficiaires dans la collecte d’information sur la


situation. Cela fait aussi partie du processus de résolution du traumatisme.

Aspects psychosociaux dans d’autres


secteurs de l’aide
Aide alimentaire

Il ne faut pas sous-estimer en situation d’urgence l’importance d’avoir de la


nourriture de qualité en quantité suffisante. Disposer de nourriture est une
priorité. Sans une nourriture suffisante, les autres interventions humanitaires
ont moins de chances d’être efficaces. Comme il est décrit dans le projet
Sphere, « le but des programmes d’aide alimentaire, aussi bien que des
programmes des autres secteurs, découle d’un objectif plus large qui
represente la pierre d’angle de l’action humanitaire. Ce but est d’alléger les
souffrances humaines infligées par des catastrophes naturelles ou des conflits
en protégeant la vie avec dignité et en permettant une convalescence
durable. »

Afin d’éviter de faire plus de mal que bien, il est important d’analyser en
continu la situation de façon à disposer d’une vision claire de l’ensemble de
la situation. Il est essentiel d’analyser les raisons derrière le manque de
nourriture, le meilleur moyen d’acheminer l’alimentation et la population
dans la communauté:
Est-ce que la taille des familles a changé à cause de l’urgence?
Est-ce que la proportion hommes-femmes a été modifiée?
Est-ce que la pyramide des âges a été modifiée?

7- 1 0 VERSION 2, MAY 2005


BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

Y a-t-il des besoins nutritionnels spécifiques? Se pencher sur les cas des
enfants sévèrement touchés par la malnutrition, des femmes enceintes ou
allaitantes, des séropositifs, des personnes âgées et des malades.

L’enregistrement au programme d’aide alimentaire doit se faire de façon


transparente en clarifiant les critères d’enregistrement pour toute la
communauté. Il est également essentiel que les informations concernant les
personnes en charge de l’enregistrement soient claires. Les gens ont besoin
de savoir pourquoi ils ont été choisis pour accomplir cette tâche. Si les
explications ne sont pas claires, il y a risque de conflits au sein de la
communauté.

Les personnes enregistrées au programme doivent avoir des informations


très claires concernant:
Les conditions du programme.
Les quantités de nourritures qui seront distribuées.
Les types d’aliments qui seront distribués.
La fréquence des distributions.
La durée pendant laquelle la nourriture sera distribuée.

Connaître ces informations aide les gens à s’organiser, leur donne un


sentiment de sécurité et réduit le niveau d’angoisse parmi les bénéficiaires.
Cela peut aussi accroître les initiatives pour trouver des solutions alternatives
et assurer la subsistance des familles. Ces solutions doivent être encour-
agées, si possible.

Faire les distributions une occasion de transmettre et de propager


l’information. S’assurer que ces occasions ne deviennent pas des tribunes de
propagande politique ou religieuse (voir le Code de Conduite, au chapitre 3).

L’implication personnelle des gens affectés dans l’opération est capitale. Les
impliquer permet de les rendre plus dignes. Cela peut encourager la
créativité et l’initiative personnelle.

Agencement du site et logement

Le logement est l’un des besoins les plus importants lors de la phase initiale
d’une urgence Il accroît non seulement la résistance à la maladie et la
protection contre l’environnement mais il entretient aussi la dignité des
Hommes et soutient la vie familiale et communautaire dans des
circonstances difficiles. Pour cette raison le logement est d’une haute
importance en terme de services psychosociaux.

VERSION 2, MAY 2005 7- 1 1


BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

La plupart de ces points sont abordés dans le Sphere Project “Minimum


Standards in Shelter and Site Planning” (standards minimaux pour abris et
agencement du site). En voici les objectifs:
Répondre aux besoins physiques des individus, des familles et des
communautés pour un espace de vie sûr et confortable.
Répondre aux besoins sociaux primordiaux, en incluant autant que
possible dans le processus l’autonomie et l’autosubsistance.
Les interventions doivent être conçues et mises en oeuvre de telle façon
qu’elles limitent les impacts négatifs sur les populations d’accueil ou
l’environnement.

Il est essentiel d’insister sur l’importance d’impliquer les personnes


déplacées dans l’agencement du site et de se conformer aux standards
minimaux de Sphere afin de renforcer les gens affectés. Cela leur permet de
se sentir responsable de leur propre situation.

Un soin spécial doit être accordé aux femmes et aux enfants pour garantir
leur sécurité. La parité homme-femme dans le personnel du camp doit être
prise en compte.

En planifiant l’agencement du site, il est important de garder à l’esprit la


nécessité de prévoir les aires de jeux. Les aires de jeux améliorent la capacité
des enfants à faire face à l’atmosphère stressante.

Il est important de prévoir un lieu de culte. Il faut connaître les religions


représentées dans le camp et prendre en compte les besoins spécifiques de
chacune. S’adresser aux gens pour connaître ces besoins.

Si les déplacés présentent des différences ethniques, politiques ou


religieuses, cela peut générer des conflits dans le camp. Il est important de
faire face à ces difficultés. Les discussions aideront les gens à se sentir plus à
l’aise et plus en sécurité. Les gens ont souvent de bonnes solutions pour
répondre aux nombreux problèmes ; il faut faire appel à ces ressources!

Eau et assainissement

Lors d’une intervention d’urgence, savoir respecter la dignité et la sécurité


des gens est capital. De même qu’il est essential de respecter la culture et les
traditions. Un bon moyen de répondre à ces besoins est d’impliquer les gens
dans la planification et les activités. Très souvent dans les camps, ce sont les
femmes qui sont à la tête des foyers. Cela signifie que les femmes supportent
de lourdes tâches et doivent assumer de grandes responsabilités. La
localisation des points d’eau, des toilettes, des douches et des lavoirs doit
prendre en compte les besoins et la sécurité de leurs utilisateurs. Les endroits

7- 1 2 VERSION 2, MAY 2005


BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

isolés fournissent des occasions où s’exprime la violence spécialement à


l’encontre des femmes et des enfants.

Education

L’éducation permet d’affranchir les gens et leur donne les moyens de décider
de leur propre avenir. L’éducation est au centre des programmes
psychosociaux. Elle est nécessaire pour tous les enfants. L’alphabétisation
ou la formation professionnelle pour les adultes est aussi importante.

L’éducation de base pour les enfants doit reprendre aussitôt que possible
après le début de la situation d’urgence. L’établissement d’horaires fixes et
connus et l’institution scolaire ont un effet apaisant sur la communauté
entière. L’école aide les enfants dans leur appréhension psychologique de la
catastrophe, elle promeut un réajustement social, elle dissémine les conseils
basiques pour la survie et elle encourage le développement de compétences
académiques de base. La fréquentation de l’école permet aux parents d’avoir
du temps pour répondre aux besoins vitaux de la famille.

L’éducation primaire doit être coordonnée avec le ministère de l’éducation


du pays d’où sont originaires les réfugiés. Cela facilitera une meilleure
réintégration lors du retour des communautés chez elles. La coordination
avec le ministère de l’éducation du pays où les réfugiés se trouvent peuvent
également être bénéfiques. Les enseignants doivent, autant que cela se peut,
provenir de la population réfugiée. Cela permet une transition douce entre la
scolarisation d’avant la crise et la future scolarisation des enfants dans leur
pays d’origine. Employer des enseignants réfugiés aide aussi à dissiper le
sentiment d’impuissance qui prévaut à la suite d’une catastrophe. Ce
sentiment d’impuissance mine le processus de rétablissement.

Les activités pédagogiques peuvent démarrer de façon informelle grâce au


développement de groupes d’activités introduisant des informations
culturelles, de la musique, du théâtre et des activités récréatives. Au même
moment, une équipe incluant des travailleurs psychosociaux et des réfugiés
peut rassembler des fournitures, du matériel et des livres. Ces fournitures
sont disponibles auprès de l’UNICEF et du ministère de l’éducation. Ce
matériel permettra d’assurer l’uniformité du programme scolaire. Il faut
développer un mécanisme pour enregistrer le travail des élèves. Cela
permettra que leur travail soit reconnu par leurs écoles d’origine.

L’éducation pour les adultes est également une priorité. Il est habituel que
les gens prennent des responsabilités et des rôles nouveaux à la suite d’une
urgence. Apprendre de nouvelles compétences aide les gens à se remettre.
Voici quelques idées d’apprentissage qui peuvent être proposées aux adultes

VERSION 2, MAY 2005 7- 1 3


BONNES IDEES POUR LE TERRAIN

après la catastrophe. Cela est très important surtout s’il y a une période
d’attente avant que les gens puissent retourner chez eux.
Alphabétisation et mathématiques élémentaires.
Education sur la Reproduction et/ou le VIH/SIDA.
Activités génératrices de revenus (confection, compétences
informatiques de base, etc.).
Anglais/Portugais/Français/espagnol Langue étrangère.
Agriculture durable.
Hygiène de base et assainissement.
Compétences en premiers secours (surtout là où le sida est présent).
Développement de l’enfant.
Sensibilisation aux mines antipersonnelles.
Comment obtenir de l’aide.

L’éducation pour les adultes doit refléter les compétences dont les
apprenants ont besoin pour retrouver leur vie communautaire. Il faut tenir
compte au maximum et en priorité des changements intervenus: à la tête des
ménages, dans les structures communautaires et dans les revenus. il faut
utiliser les formateurs issus de la population réfugiée pour développer les
capacités locales. On peut faire appel à des volontaires des communautés
locales ou des pays donateurs.

L’éducation pour adultes et enfants doit être coordonnée avec les ONG
travaillant dans la zone. Des programmes similaires sont souvent proposés et
une collaboration permet de mieux servir les gens à moindre coût.

7- 1 4 VERSION 2, MAY 2005


BONNES I DEES POUR LE T ERRAI N BOÎTE À OUTILS

> BOÎTE À OUTILS <

Voici quelques suggestions. Amendez ou ajoutez vos propres idées. Ces


exemples tiennent plus du pense-bête, ils ne sont pas une recette pour
garantir la réussite des services psychosociaux. Adaptez-les à la situation du
terrain.

> G UI D E D E R EL AX AT IO N <

Exercices guidés de relaxation

Le guide de relaxation qui suit combine respiration et relaxation musculaire. Il


faut le lire au patient lentement avec une voix calme et donner du temps au
patient d’inspirer, de retenir son souffle et d’expirer lentement ainsi que de
tendre et de relâcher ses muscles lentement comme indiqué dans le guide.

Fermez vos yeux et prenez une position dans laquelle vous êtes à l’aise.
Vous pouvez changer de position maintenant ou pendant que nous ferons
l’exercice chaque fois que vous en aurez besoin. Faire des gestes calmes ne
perturbera pas votre relaxation.

Permettez à votre corps de commencer à se relaxer doucement. Respirez


lentement et profondément. Maintenant prenez une profonde inspiration.
Retenez-la et comptez mentalement jusqu’à trois, cinq ou dix. Prenez tout le
temps qu’il faut pour retenir votre respiration et vous sentir bien. Ensuite
expirez lentement et de façon apaisante. Inspirez à nouveau et retenez
quelques secondes… et quand vous êtes prêt(e), expirez de nouveau. En
même temps que vous expirez, imaginez que c’est la tension de votre corps
que vous expirez par votre nez et par votre bouche. Expirez la tension en
vous à mesure que vous expirez. Faites-le de nouveau, inspirez lentement….
retenez…. et expirez.

Je vais maintenant vous apprendre une méthode de relaxation facile. Serrez


fort les poings … très fort… sentez la tension dans vos avant-bras.
Maintenant, relâchez tout d’un coup…. Remarquez la sensation de
relâchement coulant vos bras…Serrez à nouveau les poings… et relâchez d’un
coup. A nouveau , ressentez le relâchement dans vos bras. Votre esprit va alors
diffuser cette sensation de relaxation des muscles le long de vos bras… par vos

7- 1 5 VERSION 2, MAY 2005


BOÎTE À OUTILS BONNES IDEES PO UR LE T ERRAIN

épaules… dans votre poitrine… dans l’estomac… à travers vos hanches.


Continuez à focaliser sur cette sensation de relaxation…. Déplacez-la dans le
haut de vos jambes… puis à travers vos genoux …. Vers le bas de vos
jambes… vos chevilles et vos pieds. Maintenant laissez cette sensation
agréable de relaxation se déplacer de vos épaules à votre cou…. A vos
mâchoires, votre front et votre crâne. Respirez profondément et quand vous
expirez, vous pouvez vous sentir encore plus profondément relâché … Vous
pouvez approfondir votre relaxation en pratiquant cet exercice à nouveau.
[Répéter ce texte une deuxième fois].

Ce que vous sentez maintenant est tout à fait bien. Au fur et à mesure que
vous vous relaxez encore plus, continuez à vous laisser aller vers une aisance
encore plus confortable… sûre et sereine…. Quand vous vous relâchez,
comme maintenant, vous êtes en mesure de penser plus clairement et
simplement. Ressentez ces sensations de confort, de sérénité et de calme.
Après cette relaxation, attendez-vous à vous sentir plus vif et plus énergique
dans quelques temps… vous pouvez ressentir un sensation plus grande de
confiance en vous-même et de contrôle sur la façon dont vous vous sentez,
dont vous pensez et sur ce que vous croyez. Vous pouvez vous sentir plus
calme, plus à l’aise et plus à même de contrôler ce qui est important pour
vous…

Quand vous êtes prêt(e), vous pouvez ouvrir les yeux, vous pouvez vous
sentir vif ou tranquille ou sentir tout ce qui a du sens pour vous en ce
moment. Alors que vous ouvrez vos yeux, vous voulez peut-être vous étirer
doucement comme si vous vous éveillez d’un bon sommeil.

Bref exercice de relaxation musculaire

L’exercice suivant concerne la respiration et la relaxation musculaire et peut


se faire rapidement. Il ne doit pas être employé jusquà ce que le patient soit
capable de réussir l’exercice précédent. Comme pour le texte plus long, il
faut lire celui-ci lentement d’une voix calme qui permette au patient de
prendre le temps de suivre les consignes.

Respirez deux ou trois fois profondément. Chaque fois, retenez votre


respiration pour quelques secondes et expirez lentement en vous concentrant
sur la sensation de l’air qui quitte votre corps.… Maintenant serrez les
poings et tendez les muscles de vos avant-bras et de vos biceps. Retenez la
tension cinq ou six secondes… Maintenant relâchez les muscles. Quand vous
relâchez la tension, faites-le d’un coup comme si vous éteignez la lumière.
Concentrez-vous sur les sensations de relaxation dans vos bras pendant 20
secondes. Maintenant tendez les muscles de votre visage et vos mâchoires…
Retenez cinq ou six secondes… Maintenant relâchez et concentrez sur la

7- 1 6 VERSION 2, MAY 2005


BONNES I DEES POUR LE T ERRAI N BOÎTE À OUTILS

relaxation 15 à 20 secondes… Maintenant cambrez votre dos et pressez votre


ventre en même temps que vous respirez profondément… Retenez… et
relâchez… Maintenant tendez vos cuisses, vos mollets et vos fesses…
Retenez… et maintenant relâchez. Concentrez-vous sur les sensations de
relaxation partout dans votre corps en respirant lentement et profondément.

Pour les personnes âgées ou les gens qui ne sont pas aptes, il serait mieux
d’employer des exercices de relaxation plus doux sans tension du corps.

> L I ST E D E F O U RN IT UR E P O U R L E S PRO G R AM M E S
P SY C HO SO CI AU X <

Une liste de fournitures, constituée de choses pratiques et de matériel, peut


être ajoutée à cette boîte à outils. Les éléments standards peuvent être
emportés avec soi.

Bureau:
Ordinateurs (ordinateurs portables, PDA) avec accès Internet et imprimantes.
Photocopieuses.
Téléphone et portables, pour les équipes et les patients.
Flip chart ou tableau blanc, trépied, marqueurs.
Papier et stylos.

Soins:
Mouchoirs.
Espace pour des conversations privées.
Feuilles d’information/brochures sur les réactions normales à distribuer aux
patients.
Médicaments, sédatifs, anti-psychotiques s’il y a du personnel disponible
pour suivre leur utilisation.

Social/récréatif:
Echecs/dames/dominos.
Ballons, craies.
Papier et marqueurs.

Education:
Mallette scolaire (UNICEF).
Flip chart ou tableau blanc, trépied, marqueurs.
Papier, stylos, crayons.
Equipement pour la formation des adultes – en fonction des possibilités, des
sujets, ou des demandes (matériel de coiffure, ordinateurs, machines à
coudre, etc.).

Vie spirituelle:

VERSION 2, MAY 2005 7- 1 7


BOÎTE À OUTILS BONNES IDEES PO UR LE T ERRAIN

Rechercher quels sont les besoins locaux y compris auprès des leaders
religieux.

Soins médicaux:
Fournitures médicales de base (en particulier pour le staff).

7- 1 8 VERSION 2, MAY 2005


BONNES I DEES POUR LE T ERRAI N BOÎTE À OUTILS

> CO M M UNIQ U ER AV EC D E S ENF AN T S E N D ET R E SS E ( AR C 5) <

1. Permettre à l’enfant de suivre son rythme. Les enfants ne doivent pas


être forcés à parler ou à révéler leurs expériences et l’initiative doit toujours
en revenir à l’enfant. Permettez à l’enfant d’imposer le rythme de l’entretien
et soyez attentive aux signaux non-verbaux qui indiquent que l’enfant ne
souhaite pas continuer. Il se peut qu’il soit nécessaire d’arrêter l’entretien ou
s’il est essential d’obtenir une information, de faire une pause et d’y revenir.

2. Donner le temps nécessaire à l’enfant. Ne vous attendez pas à ce


qu’il/elle révèle toute l’histoire dès la première session. Très souvent il est
préférable pour l’enfant de révéler ses souvenirs douloureux peu à peu. Ne
vous précipitez pas pour combler les silences. Ils peuvent fournir des espaces
privilégiés pour réfléchir tranquillement.

3. Procurer un soutien affectif et des encouragements à l’enfant, en


fonction de ce qui est en accord avec la culture de l’enfant et de son étape de
développement.

4. Accepter les émotions de l’enfant, telles que la culpabilité et la colère,


même si elles vous semblent être des réactions illogiques à l’événement.
Parler des expériences douloureuses peut permettre à l’enfant de les voir
sous un nouveau jour, en laissant de côté par exemple la responsabilité de ce
qui s’est passé. Parler d’événements qui ont abouti à son abandon, par
exemple, peut permettre à l’enfant de réaliser la situation à laquelle ses
parents ont dû faire face. Cela peut aboutir à ce que l’enfant se décharge des
sentiments de colère et d’amertume. Il est souvent utile de faire comprendre
à l’enfant que les sentiments qui l’envahissent sont tout à fait normaux et
compréhensibles.

5. Ne jamais rassurer faussement. Par exemple, dire à un enfant isolé que


“nous allons bientôt retrouver ses parents” éveille des attentes qui, si elles ne
sont pas satisfaites, vont accroître chez l’enfant la solitude et le manque de
confiance envers les adultes. Aider l’enfant à se confronter à la réalité de sa
situation est presque toujours préférable que de l’éviter, étant donné que cela
se fait dans une atmosphère de confiance et de soutien.

6. Parler de situations difficiles peut permettre aux enfants d’inventer


leurs propres solutions, en particulier pour les enfants plus âgés et les
adolescents. Ecouter simplement de manière attentive et attentionnée peut se
révéler extrêmement utile. Si les jeunes peuvent arriver à faire leurs propres
décisions (ce qui est aussi le cas pour les adultes), cela est souvent plus

5
Action for the Rights of Children, www.savethechildren.net/arc/index.html.
Action pour les droits des enfants.

VERSION 2, MAY 2005 7- 1 9


BOÎTE À OUTILS BONNES IDEES PO UR LE T ERRAIN

satisfaisant que de se voir proposer des conseils d’adulte. Par exemple, il est
parfois plus utile pour un enfant séparé de ses parents qui ne fréquente pas
l’école de parler de sa situation et de parler des avantages et des
inconvénients d’aller à l’école plutôt que de s’entendre simplement
conseiller par un adulte d’y aller.
7. Parfois il est utile de permettre la régression. La régression est un
retour à un comportement caractéristique des jeunes enfants. Par exemple,
enfants ou adolescents peuvent avoir besoin d’attention personnelle,
d’affection et de contact physique typiques chez les jeunes enfants afin de
surmonter les problèmes émotionnels auxquels ils font face.

Réagir face à un enfant qui ne communique pas

Quel est le problème? Est-ce un manque de confiance en l’adulte ou bien


cela est-il lié au problème de l’enfant?
Identifiez les raisons possibles:
Est-ce que l’adulte s’attend à ce que l’enfant se confie à lui avant que
s’établisse la confiance mutuelle?
A-t-on expliqué à l’enfant le rôle de l’adulte et le but de l’entretien?
Est-ce que la langue utilisée n’est complètement comprise par l’enfant?
L’adulte est-il malaise ou embarrassé par le silence, par les émotions de
l’enfant ou bien parle-t-il trop ou répond-il d’une façon qui est perçue
par l’enfant comme étant critique?
Est-ce que les expériences de l’enfant évoquent à l’adulte des souvenirs
douloureux de sa propre expérience qui sont difficiles à affronter?

Si la raison de cette mauvaise communication semble se trouver chez


l’enfant, les points suivants peuvent aider à la débloquer.
Etre patient et donner du temps pour bâtir la confiance. Procurer beaucoup
de messages de chaleur et d’acceptation.
Employer des jeux, des activités, des dessins, des écrits, des sorties, etc pour
développer la confiance et ouvrir des pistes de communication.
En apprendre plus sur l’enfant de ceux qui le connaissent.

Action pour les Droits des Enfants

L’action pour les Droits des Enfants (Action for the Rights of Children-
ARC) a été initiée en 1997 par l’UNHCR et l’alliance Save the Children
pour répondre directement à l’étude des Nations-Unies sur l’impact des
conflits armés sur les enfants. Le premier objectif d’ARC est d’accroître la
capacité des équipes de l’UNHCR, des gouvernements et des ONG à
protéger et s’occuper des enfants, des adolescents, depuis la phase d’urgence
jusqu’à l’arrivée de solutions durables.

7- 2 0 VERSION 2, MAY 2005


BONNES I DEES POUR LE T ERRAI N BOÎTE À OUTILS

Grâce à ce projet, toute une série de mesures ont été développées pour faire
porter l’attention sur les droits et les besoins des enfants déplacés ou
réfugiés. Chaque série comprend des notes explicatives, de la matière pour
une formation participative comprenant des études de cas et des aides pour la
formation qui encourage les équipes du siège et du terrain à intégrer leur
expérience aux situations de l’endroit où elles se trouvent. En supplément,
un kit pour le facilitateur donne aux facilitateurs potentiels des idées sur les
approches participatives en formation.

Questions essentielles abordées par le contenu Arc:


Enfants séparés de leur famille.
Enfants soldats.
Infirmité.
Education.
Sensibilisation aux mines antipersonnelles.
Santé sexuelle et reproductive.
Abus et exploitation.

On peut trouver les contenus sur www.savethechildren.net/arc/index.html.


Pour les trouver rapidement, chercher “Children”. Sur cette page vous
trouverez l’ARC et quand vous l’ouvrirez, vous verrez alors toute la série de
documents concernant les contenus de formation pour enfants.

VERSION 2, MAY 2005 7- 2 1


BOÎTE À OUTILS BONNES IDEES PO UR LE T ERRAIN

> ID E NT IF I E R D ES S ENT IM ENT S 6 <

But: Permettre aux participants d’identifier leurs sentiments dans différents


contexts.
Contenus: Une copie pour chaque participant de la page qui suit intitulée «
Comment vous sentez-vous? »
----------------------------------------------------
Ces visages peuvent être employés au moment de faire les présentations au
sein d’un groupe. Ces visages peuvent exprimer votre humeur et l’exercice
peut être répété au cours du processus afin de comprendre ce qui vous arrive
en tant qu’individu traversant une période difficile.

Epuisé, désorienté, extatique, coupable, soupçonneux


en colère, hystérique, frustré, blessé, confiant
embarrassé, heureux, méchant, écoeuré, surpris
enragé, honteux, prudent, suffisant, déprimé
accablé, plein d’espoir, seul, amoureux, jaloux
ennuyé, effrayé, angoissé, choqué, timide

6
Bartsch, Karl and Evelyn. Stress and Trauma Healing, A Manual for Care-
givers.

7- 2 2 VERSION 2, MAY 2005


BONNES I DEES POUR LE T ERRAI N BOÎTE À OUTILS

> L I ST E D ’I DE E S D E J EU X <

Noter que tous les jeux qui nécessitent de dessiner peuvent se faire en
utilisant du papier, des tableaux ou même le sol (en prenant un bâton comme
outil pour écrire).

Jeux de présentations (pour briser la glace)

Mélange: pendant qu’on entend la musique, les gens se déplacent et parlent,


mais quand la musique s’arrête, les gens doivent se régrouper selon un
nombre spécifique (entre 3 et 7 personnes). Ceux qui restent, c’est-à-dire
ceux qui ne sont pas en nombre suffisant pour constituer un groupe, doivent
quitter le jeu. Puisque les groupes sont constitutes, vous souhaitez qu’ils
discutent de différente choses: d’où ils viennent, ce qu’ils aiment manger, ce
qu’ils aiment faire etc. Ceux qui sont sortis du jeu peuvent aussi discuter de
cela entre eux. Il n’y a pas de vainqueurs dans ce jeu, il s’agit simplement
d’amusement.

Pruni: On désigne un enfant qui conservera les yeux ouverts mais ne dira
rien pendant le jeu. Pendant ce temps les autres enfants conservent les yeux
fermés et marchent dans l’espace pour essayer de serrer les mains des autres.
Chaque fois qu’ils serrent la main d’un autre enfant, ils disent “pruni”. Mais
lorsqu’ils serrent la main de l’enfant qui n’est pas autorisé à parler, ils se
tiennent par la main et ils deviennent à leur tour silencieux. Ainsi le groupe
qui n’est pas autorisé à parler grossit. A la fin tous les enfants se retrouveront
dans le groupe silencieux. C’est la fin de la partie.

Je m’appelle…: les enfants se présentent en donnant leur prénom et ensuite


en nommant une chose qu’ils aiment manger et qui commence par la même
lettre que leur prénom, par exemple « je m’appelle Anne et j’aime manger
des Ananas ». D’autres possibilités: Un lieu et un aliment. “Je m’appelle
Thomas, je suis de Toulouse et j’aime les Tomates.” Pour les plus ages, on
peut render le jeu plus complexe en leur demandant de se souvenir de tous
les prénoms, de tous les aliments (et de tous les lieux) des enfants qui sont
passés avant eux. Ainsi la dernière personne répète tous les prénoms des
enfants et le reste. Pour les enfants plus jeunes, il est plus simple de faire
répéter le prénom de celui ou celle qui a précédé.

Reconnaître la voix: Une fois que les enfants ont eu l’occasion de faire
connaissance entre eux et d’apprendre les noms des autres, faites-leur fermer
les yeux et demandez leur d’identifier les voix de leurs camarades.
L’animateur de jeu marche lentement et tape légèrement sur l’épaule d’un
enfant. Celui-ci dit “ bonjour”. Les enfants lèvent la main et l’animateur en
choisit un. Si l’enfant donne le bon prénom, il gagne le droit de désigner

VERSION 2, MAY 2005 7- 2 3


BOÎTE À OUTILS BONNES IDEES PO UR LE T ERRAIN

l’enfant suivant qui dira “bonjour”. Pour rendre le jeu plus complexe et
drôle, demandez aux enfants de travestir leurs voix!

Prénoms à la rime: Chaque enfant donne son prénom au groupe et soit lui-
même soit les autres essayent de penser à un mot qui rime avec son prénom.

Jeux simples sur l’identité: Les enfants en cercle se lancent la balle. Au


premier tour, chacun dit son nom au moment où il saisit la balle. Au
deuxième tour les enfants disent le nom de la personne à qui ils veulent
lancer la balle. Au troisième tour, ils disent le prénom de la personne qui leur
a envoyé le ballon.

Trouve quelqu’un qui…: Chaque enfant ou chaque équipe reçoit une liste
sur laquelle sont écrites certaines caractéristiques comme “trouve quelqu’un
qui…. aime nager, a déjà vu la mer, a dix ans, a des cheveux frisés, joue au
piano, etc. Le premier qui remplit la liste sans répéter de prénoms a gagné!

Jeux de Ballons

En plus des jeux classiques de football, de basketall, de handball et de


volleyball, il y a plein d’autres jeux qu’on peut organiser avec des ballons!

La Patate chaude: Les enfants forment un cercle et se passsent rapidement


la balle l’un à l’autre (vers la droite ou vers la gauche) ou les enfants peuvent
la lancer au hasard dans le cercle. On ne doit pas retenir la balle plus de 2
secondes sans quoi on est « brûlé » et éliminé. On est aussi éliminé si on fait
tomber la balle. (Attention, le lanceur doit passer la balle de façon
appropriée. Si le meneur sent que le lanceur a envoyé la balle de façon
inappropriée, le lanceur peut être éliminé.)

Baseball avec une raquette: Il s’agit de jouer au baseball avec une raquette
de tennis au lieu d’une batte. (Il est plus simple pour les enfants de frapper la
balle.) Employer une balle en mousse pour éviter les bobos. On est éliminé si
l’adversaire attrape la balle quand elle est en l’air ou si l’on est touché par la
balle. (attention la balle ne doit pas être lancée contre les joueurs). Si les
enfants sont plus âgés ou s’ils sont de bons joueurs, on peut aussi les
éliminer quand ils font tourner la balle ou s’ils la manquent trois fois (ou
plus au choix). Si la balle est touchée mais qu’elle part vers l’arrière, il y a
faute, le joueur doit réessayer. Après trois joueurs éliminés, l’équipe qui est à
la batte doit céder sa place à l’autre équipe. Un joueur marque un point pour
son équipe quand il court tout autour des bases.

La balle au mot: Les enfants forment un cercle et lancent la balle au hasard


ou bien se la passent entre voisins. Quand un enfant reçoit la balle, il doit
dire un mot qui appartient à une certaine catégorie. Si la catégorie concerne

7- 2 4 VERSION 2, MAY 2005


BONNES I DEES POUR LE T ERRAI N BOÎTE À OUTILS

les fruits, il doit citer un fruit (cerise, banane, orange). Les enfants doivent
faire attention à ne pas répéter ce qui a déjà été dit. Celui qui répète un mot
déjà prononcé est éliminé. D’autres categories possibles: animaux
domestiques, animaux marins, legumes, jouets, noms de garcon, villes du
pays, personnalités célèbres, modes de transport, marques de voitures et de
sports, vêtements.

Touché-éliminé: Une équipe forme un cercle tandis que l’autre équipe se


tient à l’intérieur. Cette équipe doit éviter le ballon lancé par l’autre équipe.
On est éliminé quand on est touché par le ballon. L’enfant éliminé doit
attendre en dehors du cercle. Le dernier à être dans le cercle gagne la partie.
On change alors la place des équipes. REGLES: Les enfants ne doivent PAS
lancer la balle avec violence, viser la tête ou essayer de faire trébucher les
joueurs. Il est mieux d’employer un ballon mou pour ce jeu ou de faire
agrandir le cercle si nécessaire.

Balle aux prisonniers: Dans ce jeu, les deux équipes se font face à face et
sont séparés par une ligne. Comme dans le jeu ci-dessus, les joueurs sont
éliminés s’ils sont touchés (sauf à la tête). Mais les enfants peuvent tenter
d’attraper la balle. S’ils réussissent, le lanceur est éliminé! S’ils ne
réussissent pas, ils sont eux-mêmes éliminés. L’équipe qui gagne est celle à
qui il reste un joueur sur le terrain. Attention si un enfant dépasse les lignes
de son camp ou pénètre dans le camp adverse, il est éliminé
automatiquement.

Kick Ball: Le Kick ball se joue comme le baseball sauf qu’à la place de la
balle on utilise un ballon. Le joueur peut se retrouver éliminé si le ballon est
attrapé en l’air ou s’il est touché par la balle (sans que la balle soit lancée
directement vers le joueur). Si le joueur frappe et manque, il faut le faire
recommencer. S’il/elle est plus âgé(e), on peut décider l’élimination (3 coups
manqués entraînent l’élimination. Si la balle est touchée mais qu’elle part
vers l’arrière, il y a faute, le joueur doit réessayer. Après trois joueurs
éliminés, l’équipe qui est à la batte doit céder sa place à l’autre équipe. Un
joueur marque un point pour son équipe quand il court tout autour des bases.

Le drapeau: Deux équipes d’un nombre égal de joueurs se font face alignés.
Les joueurs se donnent des numéros de façon à ce qu’il y ait deux numéros.
Il est préférable que les joueurs qui portent les mêmes numéros soient l’un
en face de l’autre. On demande aux joueurs de se souvenir de leurs numéros.
Un ballon (ou tout autre objet) est placé au centre entre les deux lignes. Le
meneur appelle un numéro, 4 par exemple. Un des joueurs portant ce numéro
court et essaie d’attraper le ballon avant que le joueur de l’autre équipe ne
s’empare de la balle. Celui qui prend la balle en premier est le vainqueur.

VERSION 2, MAY 2005 7- 2 5


BOÎTE À OUTILS BONNES IDEES PO UR LE T ERRAIN

Une variation pour rendre le jeu plus difficile: Le joueur qui a attrapé la
balle peut être à son tour attrapé par celui qui ne l’a pas eue. Ainsi, le joueur
doit non seulement s’emparer de la balle avant son adversaire, mais il doit
aussi repartir en toute sécurité vers la ligne où attend son équipe. S’il y
parvient, il gagne. S’il est attrapé, c’est alors l’autre équipe qui gagne ce
tour. On peut rendre ce jeu encore plus intéressant en appellant 2 joueurs ou
plus ou en faisant appel à des connaissances mathématiques, Exemple: 2+3,
les numéros 5 devront alors courir, etc.

Passer dessus/dessous: Les enfants forment des equipes d’un nombre égal
de joueurs. Se tenant en ligne et regardant tous dans la même direction, les
enfants passent la balle entre les jambes, d’abord par devant, ensuite par
derrière. Les enfants passent ensuite la balle au dessus de leur tête, d’abord
devant, ensuite derrière. Finalement les enfants passent la balle à la fois sous
les jambes et au-dessus de la tête. Après s’être entraînés, les équipes peuvent
s’affronter!

Bowling: Les enfants essaient de renverser des objets en employant une


balle. Les objets du quotidien peuvent faire l’affaire, bouteilles en plastique,
morceaux de bois, bâtons plantés peu profonds dans le sol, etc. Employer un
ballon de la taille et du poids d’un ballon de volley. Il est préférable que le
terrain de jeu soit plat et qu’il y ait peu ou pas d’herbe.

Pétanque-ballon: Le meneur lance une boule marquée sur un terrain plat


peu herbeux. Les enfants essaient de faire rouler ou de lancer des boules le
plus près possible de cette boule marquée sans la toucher. Ils peuvent aussi
toucher les boules de leurs adversaires pour les éloigner de la boule marquée.
L’enfant ou l’équipe qui a la boule la plus proche de la boule marquée
gagne. Les boules doivent être de la même taille ou du même poids mais on
n’a pas besoin de boules spécifiques.

La cible: Le meneur trace des cercles concentriques sur le sol. Les enfants
doivent essayer de faire rouler ou de lancer leurs boules vers le centre du
cercle pour obtenir le maximum de points. Le cercle le plus petit vaut le
plus. En dehors des cercles, il n’y a pas de points. Celui qui a le plus de
points gagne. Les boules doivent être de la même taille ou du même poids.

Mini-Golf: Les enfants utilisent des bâtons trouvés dans la nature pour
envoyer les boules dans les zones qu’on appelle trous. Il peut s’agir de vrais
trous creusés par le meneur ou de boîtes en carton, de verres en plastique
couchés. On peut aussi employer des bols en plastique placés dans des zones
de terrain plus basses. Les enfants démarrent d’un point précis et essaient
d’envoyer leurs boules dans les trous en un minimum de coups. Le meneur
du jeu peut utiliser comme obstacles les éléments naturels (herbes hautes,
sable, petits monticules, pierres, flaques, etc.).

7- 2 6 VERSION 2, MAY 2005


BONNES I DEES POUR LE T ERRAI N BOÎTE À OUTILS

Balle en boîte: Les enfants doivent lancer la balle dans une boîte qui peut
être posée au sol, sur une table ou sur un arbre (pas trop haut et attention aux
branches qui barrent le lancer). On peut même la tenir en l’air. Des points
peuvent être accordés en fonction du niveau de difficulté du lancer ou du
placement de la boîte. Ainsi, l’enfant marque plus de points s’il se trouve
loin de la boîte.

Passe-passe!: Les enfants envoient la balle au travers de trous percés dans


un bout de carton. Il est mieux d’employer du bois mais cela est aussi plus
long et difficile à faire! Les trous les plus grands valent moins de points, les
plus petits sont plus gratifiants.

Frappe des mains: Un enfant lance une balle en l’air et avant de la rattraper,
il frappe des mains. S’il réussit, il la relance mais cette fois avant de la
rattraper, il essaie de frapper deux fois dans ces mains. Chaque fois qu’il
réussit, il doit frapper une fois de plus dans ses mains. Quand il manque la
balle ou ne peut pas frapper une fois de plus qu’au lancer précédent, il donne
la balle au joueur suivant. Le joueur qui arrive à frapper des mains le plus de
fois sans manquer la balle gagne.

Jeux de course

Je t’attrape: l’animateur commence le jeu en demandant aux enfants de


s’aligner de façon à ce que leurs épaules se touchent. On demande aux
enfants de courir de l’autre côté du terrain quand l’animateur nomme un
élément qui les caractérise; exemple “ceux qui portent un T-shirt bleu”.
Pendant qu’ils courent, ils doivent éviter d’être touchés par l’animateur.
Ceux qui sont touchés sont éliminés et attendent en dehors des limites du
terrain. Ensuite l’animateur appelle d’autres personnes du groupes avec
différentes caractéristiques, exemples: « ceux qui ont des cheveux bruns »,
« toutes les filles », « ceux qui ont neuf ans », et ainsi de suite. A la fin tous
les joueurs sont soit éliminés, soit de l’autre côté du terrain. L’animateur
continue à appeler mais cette fois, les enfants doivent retraverser le terrain.
On continue jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Le vainqueur devient le
nouvel animateur du jeu ou peut désigner quelqu’un d’autre. Si l’enfant a des
problèmes pour attraper les gens, l’adulte peut autoriser l’enfant à avoir un
auxiliaire.

Le triangle: Un enfant désigné comme le “yé” doit essayer de toucher un


autre enfant. Cet enfant peut se mettre en sécurité s’il rejoint un groupe de 3
enfants qui se tiennent la main. Mais quand il rejoint le groupe, l’enfant qui
est à l’autre bout de la chaîne doit en partir. Le « yé » doit maintenant
toucher cet enfant-là. Si un enfant est touché, il devient le “yé” à son tour.

VERSION 2, MAY 2005 7- 2 7


BOÎTE À OUTILS BONNES IDEES PO UR LE T ERRAIN

Jeux de mémoire et de réflexion

Jeu des allitérations: L’animateur choisit une lettre et les enfants doivent
nommer des choses qui commencent par cette lettre, exemple « b » banane,
bébé, boisson, bisous…etc.

Mémoire: Des paires de cartes représentant deux images similaires sont


mélangées et présentées faces cachées. (Mettre les cartes en colonnes rend le
jeu plus facile). Les enfants individuellement ou en équipes essaient de se
retrouver les paires de cartes en retournant deux cartes en même temps. Ils
essaient de se souvenir de l’emplacement de certaines images. Si une paire
est reconstituée, ils la prennent et recommencent. Si la paire n’est pas
reconstituée, ils remettent les cartes au même endroit. Le vainqueur est
l’enfant ou l’équipe qui a le plus de paires. Pour des enfants jeunes, utilisez
peu de paires (de 6 à 10), pour ceux qui sont plus âgés on peut en prendre
plus (de 16 à 20).

Mémoire vivante: Il s’agit d’une version du même jeu mais au lieu de


prendre des cartes, ce sont les enfants eux-mêmes qui seront l’objet du jeu de
mémoire. L’animateur divise le groupe en trois. Deux groupes seront
adversaires et le troisième s’assoit sur l’aire de jeu en rangs. L’animateur
chuchote à l’oreille de chaque enfant du troisième groupe l’objet, l’animal,
etc. qu’il est. De même que dans le jeu de mémoire normal il y a des paires
de cartes, de même dans ce jeu les enfants vont par deux. Quand quelqu’un
des deux groupes qui s’affrontent appelle un enfant, celui-ci doit se lever,
mimer, produire un son ou dire ce qu’il est. Le joueur appelle deux enfants à
chaque tour. Si la paire est reconstituée, le point va alors à l’équipe et les
deux enfants quittent l’aire de jeu. Si la paire n’est pas reconstituée, les
enfants se rassoient et l’équipe adverse choisit une autre paire. L’équipe qui
a reconstitué le plus de paires remporte la partie. Pour permettre à tous les
enfants de participer, les équipes tournent.

Qu’est-ce qui a disparu?: L’animateur a en possession une grande variété


d’objets (petits jouets, clés, pièces de monnaie, feuilles, cailloux, bâtonnets,
trombones, crayons, etc.) qu’il étale sur la table ou par terre devant les
enfants. Une fois que les 10 premiers sont étalés, les enfants doivent fermer
les yeux pendant que l’animateur en enlève UN. Il est mieux de faire mettre
les mains sur les yeux et de faire baisser la tête aux enfants. Les enfants
ouvrent les yeux et doivent nommer l’objet qui manque. L’animateur
continue à augmenter le nombre d’objets pour rendre le jeu plus excitant.
C’est encore plus difficile si les objets sont réarrangés de temps en temps
quand les enfants ont les yeux fermés.

7- 2 8 VERSION 2, MAY 2005


BONNES I DEES POUR LE T ERRAI N BOÎTE À OUTILS

Une drôle d’image: les enfants essaient d’identifier ce qui est illogique,
incorrect ou incohérent dans une image. Exemple: une enfant portant des
vêtements d’hiver sur une plage en été, un homme qui chevauche à l’envers,
une porte à l’envers dans une maison, un homme assis sur un crayon.

Histoire en séquences: Les enfants regardent une série d’images et essaient


de les mettre en ordre pour consituter une histoire logique. Exemple: une
image de graine, puis une image de germe, une petite plante, une plante
portant une fleur en bouton, et enfin une fleur qui s’est épanouie.

20 Questions: Un enfant du groupe pense à un objet, n’importe lequel et les


autres enfants essaient de deviner grâce à des questions fermées (oui/non) ;
exemple: est-ce qu’il se trouve dans la mer? est-il fait de plastique? On
limite généralement les questions à 20, d’où le nom du jeu.

Associations: Un groupe de cartes avec des images est placé devant les
enfants. Les cartes contiennent des paires d’images qui sont liées les unes
aux autres. Ces paires doivent être mélangées. Les enfants essaient de
retrouver les paires et d’expliquer pourquoi les images sont reliées.
Exemples: crayon et papier, « on utilise l’un sur l’autre », chien et os, « l’un
mange l’autre », oiseau et nid, « l’un vit dans l’autre », scène d’hiver et
manteau, « l’un rend l’autre nécessaire » etc.

Improvisation Association: d’un paquet de cartes représentant des images


au hasard, les enfants en tirent deux. Les cartes sont toutes faces cachées.
Les enfants essaient de trouver ou d’expliquer le lien entre les deux cartes.
Par exemple, le premier enfant dessine sur les cartes des images d’une
montgolfière et d’une moto, il explique qu’il s’agit de deux moyens de
transport. Il aurait pu dire aussi que les mots commencent tous les deux par
la lettre M. Le second enfant prend deux cartes, une voiture et un tigre et
explique que les deux peuvent aller vite. Il aurait pu dire aussi que les deux
sont dangereux si on ne les maîtrise pas correctement! On peut aussi
demander à l’enfant suivant de ne tirer qu’une carte et d’essayer de la relier
avec les cartes jouées précédemment.

Créer une histoire avec des cartes: Les enfants tirent des cartes d’un
paquet. Les cartes représentent différentes images. Le premier enfant tire une
carte et commence une histoire basée sur l’image représentée sur la carte. Le
deuxième enfant tire alors une carte et continue l’histoire que le premier
enfant a commencée en utilisant l’image qu’il voit sur la carte. Cela continue
jusqu’à ce que toutes les cartes aient été tirées. L’enfant qui tire la dernière
carte finit l’histoire.

Créer une histoire à partir de rien: les enfants s’assoient en cercle.


L’animateur commence l’histoire en demandant aux enfants quel est le type

VERSION 2, MAY 2005 7- 2 9


BOÎTE À OUTILS BONNES IDEES PO UR LE T ERRAIN

d’histoire qu’ils souhaitent: histoire drôle, qui fait peur, d’aventures. Ensuite
il commence l’histoire: celle qui fait peur: « Il était une fois un marécage
sombre et glaçant que tout le monde évitait à cause du/ de la/des……… qui
y vivai(en)t » Le premier enfant continue alors l’histoire de la façon qu’il
souhaite, et ainsi de suite jusqu’à ce que tous les enfants aient contribué. Si
l’enfant n’arrive pas à finir, l’animateur peut aider, ou bien les enfants
peuvent proposer différentes fins et voter pour leur favorite.

Enigmes: L’animateur décrit un objet d’une façon drôle et déconcertante.


Les enfants doivent deviner ce que c’est. Par exemple, “ qu’est-ce qui a un
visage et des mains mais pas de jambes? “ “ une horloge”. “Qu’est-ce qui
bouge, qui n’est pas vivant et qui est invisible?” “ le vent ”.

Mémoire Photographique: L’animateur dessine des chiffres et des figures


simples sur des morceaux de papier distincts. L’animateur les montre aux
enfants pendant 2 ou 3 secondes. Les enfants essaient alors de dessiner exac-
tement ce qu’ils ont vu. Il est mieux de commencer avec des images simples
et ensuite d’augmenter la difficulté petit à petit. Si l’animateur le souhaite, il
peut éliminer les enfants qui ont fait des erreurs. Des exemples possibles:
lettres retournées, formes incohérentes, une maison, une fleur, une personne
ou une voiture.

Personnage célèbre: Un enfant quitte la pièce tandis que les autres


choisissent un personnage célèbre que l’enfant représentera. Quand il revient,
il doit deviner qui c’est en posant des questions fermées (oui ou non). La
personne choisie peut être vivante ou historique. Les questions peuvent
inclure: suis-je un athlète? est-ce que j’ai des cheveux noirs? Suis-je mariée?
Suis-je célèbre au cinéma? Quand l’enfant devine correctement qui c’est, le
tour est fini et l’enfant peut choisir la prochainne personne à quitter la pièce.

Enchanté! M./Mme Machin: Un morceau de papier sur lequel est écrit le


nom d’une personne célèbre est skotché dans le dos de chaque enfant.
L’enfant ne voit pas le papier et donc ne sait pas qui c’est. Les enfants se
mêlent et voient les noms des autres et leur donnent des indices liés aux
personnages qu’ils sont. Un enfant peut représenter Thomas Edison. Un
autre le rencontrant peut lui dire: « enchanté! Je pense que votre invention
était une idée brillante »

HOP!: Les enfants peuvent être debout ou assis pour ce jeu, en general il est
mieux qu’ils soient en cercle. L’animateur choisit un multiplicateur: par
exemple 3. Les enfants comptent mais au lieu de prononcer les multiples de
trois, ils disent: “HOP!”. Ainsi la série sera “1, 2, HOP, 4, 5, HOP, 7, 8…”
alors que pour 4 cela sera “1, 2, 3, HOP, 5, 6, 7, HOP…” Après de
l’entraînement, les enfants qui donnent la mauvaise réponse doivent se retirer.
Le dernier gagne.

7- 3 0 VERSION 2, MAY 2005


BONNES I DEES POUR LE T ERRAI N BOÎTE À OUTILS

Jeux de perception

Identifier le son: Les enfants entendent une série de sons en direct ou


enregistrés et doivent identifier l’origine. Le jeu est plus simple pour les
jeunes enfants s’ils ont des images qu’ils peuvent observer en écoutant les
sons.

Qu’est-ce qui manque?: Les enfants regardent différentes images que


l’animateur a dessinées et essaient de determiner ce qui manque. Par exem-
ple on peut dessiner un visage sans nez, une télé sans boutons, un chien sans
queue, une guitare sans cordes ou une chemise sans boutons.

Qu’est-ce qui est semblable, qu’est-ce qui est différent: Les enfants
regardent des images de différents objets et essaient d’identifer les deux qui
sont semblables et les deux qui sont différents.

Touche et devine!: Les enfants doivent deviner sans regarder l’objet qu’il
touche dans une boîte. Par exemple: clés, pièces, trombones, gommes,
stylos, petites voitures, figurines, cassettes audio, boutons, calculatrices,
règles, éponges. On peut placer les objets dans une boîte de plastique que
l’on glisse dans une longue chaussette, de façon à ce que les enfants ne
voient pas ce qui est à l’intérieur et puissent y plonger la main facilement.

Différencie les sons!: Les animateurs remplissent des boîtes avec des objets
différents. Toutes les boîtes doivent se ressembler. Il faut qu’il y ait des
paires de boîtes contenant le même type et la même quantité d’objets pour
produire le même son. Les enfants agitent les boîtes et essaient de retrouver
les paires. Pour les enfants les plus jeunes, on peut employer 4 ou 5 paires et
plus pour les plus âgés. Assurez-vous que les boîtes n’aient pas un poids trop
différent, afin que les enfants ne différenciront pas en fonction du poids mais
du son.

Qui a l’argent?: Les enfants répartis en deux équipes égales sont assis à
table les uns en face des autres. L’équipe numéro 1 passe une pièce de
monnaie parmi eux sous la table. En même temps l’équipe numéro 2 regarde
attentivement mais ne regarde pas sous la table. Pour rendre le jeu plus
excitant, les joueurs de l’équipe 1 peuvent faire semblant de se passer la
pièce même s’ils ne l’ont pas en leur possession. Quand l’équipe 2 le décide,
ils comptent « un, deux, trois! ». Alors tous les joueurs doivent poser leurs
coudes sur la table et montrer les mains en l’air poings fermés. Alors
l’équipe 2 compte à nouveau « un, deux, trois! » Les joueurs de l’équipe 1
posent simultanément leurs mains sur la table, les paumes vers la table. Il
faut faire claquer les mains sur la table de façon à ce que l’équipe 2 ne puisse

VERSION 2, MAY 2005 7- 3 1


BOÎTE À OUTILS BONNES IDEES PO UR LE T ERRAIN

pas déterminer qui a l’argent. Si les joueurs ne font pas attention, on peut
entendre le son que fait la pièce. L’équipe 2 a trois chances pour découvrir
qui a l’argent et dans quelle main la pièce se trouve. Après un peu
d’entraînement, l’animateur peut réduire le nombre de chances à deux voire
une! Si l’équipe 2 devine correctement, elle peut avoir la pièce à son tour et
l’équipe 1 doit deviner. Sinon l’équipe 1 conserve la pièce et l’équipe 2 doit
deviner à nouveau.

Jeux d’entraide

Il est important de bien préparer les enfants pour ces types de jeux.
Expliquez-leur le but de chaque jeu et les précautions élémentaires de
sécurité. Quand une partie est finie, demandez aux enfants comment ils se
sont sentis et ce qu’ils ont pensé pendant le jeu. Demandez-leur ce qu’ils ont
appris au cours du jeu.

Le siège: Les enfants se tiennent debout en cercle. Ils ont tous l’épaule
gauche tournée vers le centre du cercle et l’épaule droite vers l’extérieur. Ils
doivent se tenir aussi proches que possible les uns des autres. Quand
l’animateur compte « trois », tous les enfants doivent s’asseoir
simultanément. Ainsi, chaque enfant est assis sur les cuisses de l’enfant
derrière lui tandis que l’enfant devant lui est assis sur ses cuisses. Attention,
cette activité doit parfois se faire avec des groupes de garçons ou de filles
exclusivement, spécialement pour les adolescents.

Chute en confiance: Les enfants se tiennent debout en cercle et regardent


vers l’intérieur. Un enfant volontaire accepte de se laisser tomber dans
n’importe quelle direction et de faire confiance à ses pairs pour le rattraper.
Attention, il faut s’assurer que la personne qui sera rattrapée ne soit pas trop
lourde pour ceux qui sont dans le cercle.

Marche à l’aveugle: Les enfants se mettent par deux. Un enfant dans


chaque paire accepte d’être aveuglé ou de fermer les yeux pendant que
l’autre le guide dans une aire donnée. La zone doit avoir quelques obstacles
tels que des escaliers, des murs, des meubles si ce jeu se joue à l’intérieur ou
des pierres, des montées ou des bûches s’il se tient à l’extérieur. Celui qui
guide avertit l’enfant quand ils vont vers ces obstacles. Alors les enfants
changent de rôle.

L’aviron: Les enfants se mettent par deux. Chaque enfant s’assoit sur le sol
en faisant face à son partenaire. Ils se prennent les mains et se tirent en allant
et venant, les jambes droites.

7- 3 2 VERSION 2, MAY 2005


BONNES I DEES POUR LE T ERRAI N BOÎTE À OUTILS

Debout dos à dos: les enfants se mettent par deux. Chaque enfant s’assoit
par terre avec son touchant celui de son partenaire. Ils se prennent par les
coudes. Chaque enfant pousse sur le dos de son partenaire. En même temps,
chaque paire essaie de se mettre debout sans faire tomber son partenaire.
Après un peu d’entraînement, on peut organizer des petites compétitions
pour voir quelle paire se met debout le plus vite.

Un bout d’île: On donne aux équipes d’un nombre égal de joueurs une
brique ou un bloc sur lequel se mettre debout. Tous les joueurs doivent se
mettre debout sur leur brique. Les joueurs devront définir un moyen de faire
tenir tout le monde sur la brique sans que personne tombe. L’animateur peut
décider d’une limite de temps. Par exemple, tous les joueurs d’une équipe
doivent être debout sur leur brique en 3 secondes sans tomber.

La corde raide: Les enfants se répartissent en équipes. Tous les joueurs


d’une équipe traversent une corde ou une perche longue en se tenant la main.
Si l’un des joueurs tombe, toute l’équipe est alors disqualifiée. Tout le
monde doit s’efforcer de conserver l’équilibre de toute l’équipe.

Défaire le noeud!: Les enfants sont debout en cercle. Tous les enfants se
tiennent à la main, mais ils ne doivent pas prendre les mains de l’enfant
immédiatement à leur gauche ou à leur droite; ni ne peuvent pas prendre les
deux mains d’un même enfant. Sans lâcher les mains, tous les enfants
doivent travailler ensemble pour défaire le noeud ainsi créé.

VERSION 2, MAY 2005 7- 3 3


BOÎTE À OUTILS BONNES IDEES PO UR LE T ERRAIN

> G R AN D E S L IG N E S DE S S ER V IC E P SY CH O SO CI AU X <

Cette charte, venue d’Albanie, montre comment organiser et structurer les


services psychosociaux en situation d’urgence. Elle décrit comment établir
un système de suivi pour savoir qui est responsable de chaque activité. Les
services de vie quotidienne seront différents d’une situation à l’autre.

Services de vie quotidienne Personne Date Camp/ Date Organ- Date


responsable Secteur isation
Soins médicaux (généraux)
Hôpital
Clinique pédiatrique
Problèmes des femmes
Activités récréatives
Enfants
Adolescents
Femmes
Hommes
Agé(e)s
Evénements spéciaux
Journaux
Films etc
Education
Maternelle
Primaire
Secondaire
Crèche
Médiation/éducation à la paix
Rapatriation (re. mines)
Besoins
Coiffeurs/barbiers
Tailleurs
Contacts familiaux en dehors du
camp
Centre d’aide:
Soutien familial
Soins mère/enfant
Centre de culte
Orthodoxe
Catholique
Evangélique
Musulman
Programmes Psychologiques
Evaluations initiales
Services de soutien et de

7- 3 4 VERSION 2, MAY 2005


BONNES I DEES POUR LE T ERRAI N BOÎTE À OUTILS

débriefing:
enfants
adolescents
Hommes
Femmes
Agé(e)s
services de soins intensifs
Enfants
Adultes
Prise en charge aiguë
Patients externes de psychiatrie
Patients internés en Psychiatrie

> G RO U PE S D ’I NIT I AT IV E P ER S O N NE L L E 7 <

Les groupes d’initiative personnelle et de soutien sont des outils intéressants


pour une aide pratique, pour rassembler de l’information, pour faire passer
des idées et ils offrent souvent une bonne occasion pour fournir de personne
à personne des conseils qui aideront les survivants à dépasser leur chagrin.

Groupes d’Initiative Personnelle (GIP):


Rassemblent: des groupes semblables (idée de “communauté”).
Créent: un climat propice pour que les messages soient entendus.
Le Message:Ce que les gens sont en train d’expérimenter est normal. Ils
peuvent se remettre et ils pourront revenir à leurs activités (idée
“d’attentes”).

A. Consultation pour ceux qui en ont le plus besoin en priorité


Fixez vos priorités de manière à ce que ceux qui ont été engagés de près dans
la catastrophe puissent bénéficier les premiers d’une consultation. De cette
façon, vous vous assurez que votre énergie va à ceux qui en ont le plus
besoin. Vous n’avez qu’un montant limité d’énergie et de ressources.
Employez-les avec prudence.
B. Consultation pour des groupes homogènes
Pour que les GIP fonctionnent, les individus ont besoin de se sentir en
sécurité. Recevoir séparément en consultation ceux qui étaient présents lors
de l’événement ou qui en ont été témoins de ceux qui n’y étaient pas. Ceux
qui étaient présents se sentent souvent mal à l’aise quand participent des
gens qui n’ont pas été directement impliqués dans l’événement. De même,
les details mentionnés pendant une session peuvent traumatiser inutilement

7
voir www.disaster-management.info

VERSION 2, MAY 2005 7- 3 5


BOÎTE À OUTILS BONNES IDEES PO UR LE T ERRAIN

ceux qui n’étaient pas presents. Une bonne manière de s’en assurer est de
recourir à la consultation entre pairs.
Composition du groupe
Afin de favoriser la discussion, la composition du groupe doit être
homogène.
Qui doit être regroupé lors d’une séance de GIP?
Quiconque se trouve associé à un événement traumatisant peut participer à
une séance d’un GIP. Le problème: Qui regrouper avec qui?
La personne importante pour le groupe:
Cette personne est reconnue ou identifiée comme un élément important pour
aider le groupe.
Nombre de participants
Un groupe doit être limité à un maximum de 12 participants ou moins si la
charge émotionnelle est extrêmement lourde.
Climat
La rencontre doit se dérouler dans une atmosphère favorable de soutien et de
compréhension. Les réactions de chaque personne sont offertes au groupe et
acceptées.
Règles pour les rencontres GIP
Liberté de parole
Chacun est libre de rester silencieux si cela est son choix mais tout le monde
est encouragé à participer.
Respecter les autres
Ne pas relater de détails qui pourraient embarrasser les autres participants.
Egalité
Durant la session, tous les participants sont égaux.
Respecter les aspects culturels
L’aspect culturel d’un groupe doit être pris en consideration. Certaines
traditions, croyances et coutumes peuvent influencer l’expression des
émotions.
S’exprimer pendant la session
Les participants sont fortement encouragés à s’exprimer pendant la session.
Faire attention aux participants silencieux
L’attention doit être portée sur ceux qui ne parlent pas et qui semblent per-
turbés. Ils peuvent être pris en charge séparément plus tard, dans le cas où il
s’agit simplement de personnes qui sont réticentes à s’exprimer devant un
groupe.
Pas de critiques:
UNE REGLE DE BASE: Personne n’est autorisé à critiquer quiconque.

Types de sessions

Sessions d’information
Les sessions d’information présentées conjointement avec les organisations
impliquées sont destinées à toute la communauté. Ils consistent à fournir des

7- 3 6 VERSION 2, MAY 2005


BONNES I DEES POUR LE T ERRAI N BOÎTE À OUTILS

informations générales pour faire face brièvement aux difficultés courantes,


aux réactions des survivants, ainsi que des informations sur les services
disponibles et les problèmes typiquement associés au retour à la normale.
Les activités suggérées pour les sessions d’information sont toutes
facultatives. Aucune n’est obligatoire, ni pour les survivants de la
catastrophe ni pour les membres de leurs familles ou les témoins de
l’événement. Pendant ces sessions, les messages suivants sont parmi ceux
qui sont donnés avec en tête les réactions physiques et émotionnelles:
• Les symptômes physiques et émotionnels font partie des reactions de
stress et sont considérés comme normaux.
• Ces symptômes occurent chez la plupart des gens dans une situation
de stress, de menaces ou de perte. Il s’agit de réactions primitives de
l’esprit et du corps et leur but est d’aider l’individu à survivre.
• Les syndromes de stress, bien que normaux, peuvent néanmoins
présenter des risques pour la santé s’ils persistent car ils peuvent
consommer l’énergie des gens et les rendre vulnérables à la maladie.
Dans certains cas, ils peuvent même avoir des répercussions sur la
vie entière d’une personne.
• Il existe plusieurs façons de traiter les réactions de stress: s’entourer
de gens avec qui on se sent bien et à qui on peut facilement parler de
ce qu’on a vécu, faire des exercices physiques intenses ou utiliser
des techniques de relaxation
• La façon la plus efficace de soulager le stress est de participer à des
séances de verbalisation sur l’événement.

Séances de Verbalisation
Les séances de verbalisation sur l’événement sont une méthode simple mais
efficace à aider les populations et les acteurs à faire face et à continuer à
vivre normalement. Une séance de verbalisation permet habituellement de
soulager les réactions aiguës de stress afin de réduire ou de prévenir des
réactions à retardement.
Cette méthode est un moyen rationnel de faire face aux réactions de stress.
Trois objectifs spécifiques sont visés:
1. Aider les gens à exprimer leurs besoins.
2. Aider les gens à comprendre leurs reactions émotionnelles et leur
comportement.
3. Promouvoir le retour à un état équilibré pour chacun.

VERSION 2, MAY 2005 7- 3 7


BOÎTE À OUTILS BONNES IDEES PO UR LE T ERRAIN

Lectures complémentaires
Jackson, H.: AIDS in Africa, Continent in Crisis, SAFAIDS 2002.

One Step Further – Responses to HIV/AIDS, Sida studies no 7, 2002.


www.sida.se/
Steps for the Future, facilitators guide. www.steps.co.za/The Sphere project:
www.sphereproject.org
Interagency Network for education in Emergencies (INEE):
www.ineesite.org
ALNAP-learning, accountability in Humanitarian Action:
www.alnap.org/index.html/

7- 3 8 VERSION 2, MAY 2005


8. VIH/SIDA EN SITUATIONS
D’URGENCE

Mythe: “En situation d’urgence, on n’a pas de temps pour


mettre l’accent sur le VIH / Sida”
Réalité: “Il est de la plus grande importance de toujours inclure
la perspective du VIH/Sida et ses effets au moment de planifier
et d’analyser un programme d’aide”

----------------------------------
Ce chapitre:
Donne des informations de base sur le VIH/sida et sa transmission
Souligne l’impact de la stigmatisation
Décrit l’importance d’identifier les groupes vulnérables
Souligne l’importance d’une attention psychosociale spécifique pour les
personnes infectées par le VIH/sida

Boîte à outils:
Boîtes de la mémoire
Livres de la mémoire
Soin à domicile
Quilt du souvenir (sida)
Projet photo

Il n’y a pas d’autres exemples dans l’histoire d’une infection qui a eu tant
d’impact sur la vie humaine que le VIH/sida. Le VIH /Sida est la plus grande
catastrophe des temps modernes. L’épidémie était d’abord limitée à certains
groupes à risque mais aujourd’hui elle s’est répandue à des sections plus
grandes de la population. Le virus est dans quelques régions la principale
cause de mortalité et il peut, en soi, être considéré comme une urgence en
attente de réponse.

Le manque de connaissance, les déséquilibres en genre, la pauvreté, le rejet


et l’usage sont les causes les plus communes de la propagation rapide du

VERSION 2, MAY 2005 8- 1


VIH/SIDA EN SITUATIONS D’URGENCE

virus. Parce que le VIH a une longue période asymptomatique, aucun effet
n’apparaîtra longtemps après l’infection. Une bonne compréhension de
l’épidémie est nécessaire afin de combattre la propagation du VIH ainsi que
pour atténuer les conséquences négatives.

L’épidémie du VIH comprend trois phases s’étalant sur quelques années, ce


qui dépend du soutien, de la nourriture, des soins et du bien-être. Aucun
impact majeur n’est visible sur la plan de la santé, et aussi longtemps que les
gens ne connaissent pas leur sérologie, il n’y a pas d’impacts
psychologiques. Quand les gens ont connaissance de leur infection par le
VIH, ils expérimentent traumatisme et déni. Se faire dépister est important
afin de se protéger d’infections par d’autres maladies et de protéger les
autres de l’infection.

La phase suivante est celle du début du Sida, les gens décèdent et un soutien
spécial est nécessaire à la fois pour les personnes infectées et leurs familles.
La dernière phase se produit quand les conséquences deviennent visibles
dans la société. Les parents sont décédés, le système éducatif est déficient,
les traditions importantes sont perdues et les sociétés sont en déséquilibre.
Les différentes phases peuvent avoir lieu en même temps dans un pays et
même au sein d’une famille. Il est important d’évaluer l’étendue de
l’épidémie dans la société afin de planifier de façon pertinente l’assistance et
de renforcer les capacités pour répondre aux besoins.

Au cours des urgences, les services normaux de santé sont interrompus, le


stress est accru et les comportements de prudence diminuent. Chez les
réfugiés, les contacts sexuels entre des partenaires qui ne se connaissaient
pas avant sont plus communs que dans une société qui n’est pas désintégrée.
Les contacts sexuels peuvent augmenter parmi les victimes de la catastrophe
comme parmi les travailleurs humanitaires. Le comportement culturel
ordinaire est aussi affecté, dans les sociétés d’instabilité sociale de nouvelles
pratiques voient le jour ce qui accroît le risque d’infection par le VIH / Sida.

Transmission
La transmission du VIH peut survenir quand le sang, le sperme, les
sécretions vaginales ou le lait d’une personne infectée entrent dans le corps
d’une personne qui n’est pas infectée. Une personne déjà infectée peut être à
nouveau infectée par un autre type de VIH qui influence l’état du corps. Le
IVH peut pénétrer dans le corps par une veine (en cas d’injection ou d’usage
de drogues) ; par l’anus ou rectum, le vagin, le pénis, la bouche ou d’autres
muqueuses (les yeux, l’intérieur du nez) ou par des coupures ou des plaies.
Une peau intacte et saine est une barrière excellente contre le VIH et les
autres virus et bactéries. Le VIH peut aussi se transmettre par la transfusion

8- 2 VERSION 2, MAY 2005


VIH/SIDA EN SITUATIONS D’URGENCE

de sang ou de plaquettes infectés. Le réemploi d’instruments contaminés tels


que les seringues ainsi que le partage d’aiguilles augmentent aussi le risque
de transmission.
-----------------------

Santé
Les politiques et les directives nationals en matière de VIH/Sida sont
souvent existantes et doivent être fournies lors de la planification en phase
d’urgence. Différentes formes de mesures préventives sont importantes:
affiches, brochures, programmes radiodiffusés et déclarations publiques des
leaders. Il faut débattre des préservatifs et parfois des aspects culturels et
religieux controversés. Il faut établir un dialogue avec les divers leaders pour
éviter toutes confrontations. La disponibilité des préservatifs ne se traduit
pas forcément par son acceptation et son emploi mais elle peut être une
excellente protection contre les IST et le VIH, en particulier pour les
femmes.

Si un bon traitement, une nourriture suffisante et un soutien psychosocial et


sprirituel sont présents, la situation des personnes infectées peut s’améliorer
et la vie peut alors s’allonger. Les personnes infectées peuvent continuer à
prendre responsabilité de leurs famille et mettre en place des projets pour
l’avenir. Un soutien adéquat a un impact énorme et peut prolonger la vie.

Dans certains endroits, des antirétroviraux sont disponibles. Le traitement a


montré de bons résultats même dans les zones les plus démunies et les
patients se sont remis et ont recommencé une vie plus normale. Le traitement
antirétroviral possède de nombreux aspects positifs en allongeant la vie et en
réduisant fortement la quantité de virus, ce qui réduit également le risque de
transmission mais il présente également de nombreux problèmes. Quand le
traitement a commencé, il faut qu’il continue sans interruptions. Une
assistance médicale doit être disponible pour un traitement durable. S’il
manque de médicaments ou si le traitement est interrompu, une résistance se
crée et peut rendre de futurs traitements impossibles. Les patients qui
reçoivent des antirétroviraux ont de plus besoin d’une alimentation saine
pour renforcer le traitement.

Un des moyens essentiels pour stopper l’épidémie consiste à rendre le test


VIH facilement accessible aux gens. Si le test montre un résultat négatif, la
personne peut prendre toutes les mesures pour rester séronégative. En cas de
séropositivité, le test peut aider le patient à prendre conscience de ce qu’il
convient de faire pour se ménager et pour protéger les autres. Les kits de test
rapide sont simples à utiliser et donnent le résultat en quelques minutes. Les
tests peuvent se faire à partir de salive, de sang ou d’urine. Les consultations
pré- et post- test sont importantes et doivent faire partie intégrante de la

VERSION 2, MAY 2005 8- 3


VIH/SIDA EN SITUATIONS D’URGENCE

procédure de test. Les personnes infectées doivent bénéficier d’un soutien


individuel ou de groupe. Une consultation avec les membres de la famille
facilite l’ouverture et contrecarre le rejet ou le déni. Le secret professionnel
est essentiel afin de prévenir les rumeurs et la stigmatisation. Quand les
personnes sont informées de leur séropositivité, elles présentent souvent le
même schéma réactif que dans les autres traumatismes.

Stigmatisation
Le VIH/Sida n’est peut-être pas en situation d’urgence l’objet immédiat de
l’attention mais il est un facteur qui réclame une attention spéciale. Les
communautés doivent être informées sur le VIH et les effets de sa
transmission afin de prévenir la stigmatisation et la discrimination. Parfois
on néglige ou on oublie l’équipe qui n’a pas toutes les informations
nécessaires pour aborder l”épidémie. Hormis ses énormes conséquences
socioéconomiques, l’épidémie est la cause d’une grande souffrance pour
ceux qui sont infectées et surtout pour ceux qui ont développé la maladie. La
souffrance est également pénible pour les familles. Le virus ne fait pas que
détruire le corps, il cause aussi l’exclusion du corps social, la disgrâce et la
stigmatisation.

La stigmatisation a un impact dévastateur sur la vie des personnes infectées.


Alors que beaucoup de maladies sont acceptées par la société, le VIH est
souvent relié aux comportements et aux styles de vie malsains. La
stigmatisation contribue à la propagation du virus en rendant les gens muets.
Ils ont peur de révéler leur sérologie et le virus devient indiscernable et en
consequence il peut poursuivre ses ravages sans obstacle. Les mythes se
créent et on en vient à douter de l’existence du virus. Ceux qui sont infectés
deviennent les détenteurs d’un secret et se retirent de la société à cause de la
peur, c’est un comportement qui aboutit souvent à la dépression. A cause de
l’ignorance des gens et à cause de l’association du VIH à la mort, les
personnes infectées ont peur d’être rejetées par leur famille des événements
sociaux et des autres activités. Il se peut aussi qu’ils aient peur que leur
famille soit isolée. Le rejet peut être le coup fatal, car alors personne ne
s’occupera des personnes infectées qui ont développé la maladie. Les
insultes verbales sont aussi un risque pour les gens dont le statut sérologique
a été rendu publique, cela est un facteur d’angoisse.

Il est très tentant d’employer des méthodes simplistes de prévention dans une
situation de propagation du VIH mais elles peuvent provoquer de la
stigmatisation. Les méthodes de prévention doivent spécifiquement prendre
en compte la protection des femmes et des enfants. Si la prévention n’est pas
correctement faite, la stigmatisation s’emparera plutôt des groupes
vulnérables.

8- 4 VERSION 2, MAY 2005


VIH/SIDA EN SITUATIONS D’URGENCE

Groupes Vulnérables
Il est important d’identifier les groupes vulnérables dans la société pour leur
assurer un soutien psychosocial spécifique, des distributions de nourriture et
une protection. Les femmes, les enfants, en particulier les filles, dans
beaucoup de pays deviennent de plus en plus vulnérables à l’infection par le
VIH. Le déséquilibre de pouvoir dans les relations sexuelles réduit la
capacité des femmes et des filles à contrôler leur propre sexualité. La
violence sexuelle peut exposer les femmes à l’infection par le VIH.

Des mécanismes de survie se développent dans face à des menaces. Quand la


nourriture et d’autres éléments nécessaires à la vie sont rares, il se peut que
la seule possibilité pour les femmes de gagner leur vie est la prostitution qui
accroît le risque de transmission du VIH. Leur vulnérabilité et les
changements de comportement dus à l’urgence augmentent la violence
sexuelle ainsi que l’exploitation des femmes et des enfants. De plus, les
femmes sont biologiquement plus vulnérables à l’infection par le VIH à
cause de l’exposition plus grande de leur muqueuse. Les abus sexuels sur les
enfants isolés et les enfants en soutien de famille sont fréquents en situation
d’urgence, ce qui les expose tout particulièrement aux infections.

Les Orphelins, les enfants séparés de leur famille ou les enfants rejetés sont
extrêmement vulnérables et sont des cibles faciles. Une attention particulière
doit se porter sur les enfants esseulés. S’il y a des enfants en soutiens de
famille, de parents malades ou des enfants séparés, d’autres types de
communautés peuvent être organisés, des familles élargies. Les familles ne
doivent pas être séparées de façon à assurer une protection. Les enfants
doivent être encouragés à parler de la situation. Ils doivent également être
informés au sujet des abus sexuels et de leurs droits légaux. Une réponse
complète incluant la protection de la communauté est cruciale pour répondre
aux besoins des enfants.

L’usage de drogue est courant en situation d’urgence ou de post-urgence. A


côté de l’augmentation de la violence, y compris sexuelle, l’injection de
drogue en intraveineuse représente un autre risque élevé d’infection par le
VIH. Le partage des aiguilles et des seringues est un moyen typique de
transmission de l’hépatite et du VIH. Un éventail complet de services et de
programmes est nécessaire afin d’apporter une réponse efficace. Cela
comprend des programmes d’éducation, des traitements de substitution et
des services de soins appropriés.

VERSION 2, MAY 2005 8- 5


VIH/SIDA EN SITUATIONS D’URGENCE

Assistance Psychosociale
Les gens infectés par le VIH/sida et les membres de leur famille craignent
souvent la discrimination, car ils sont associés à la maladie et parfois aux
comportements malsains. Le soutien psychosocial brise souvent le silence
entourant le VIH/sida et peut amener l’acceptation, le soin et la
compréhension de la part des membres de la famille et de la communauté.
Des groupes de soutien peuvent être créés et des centres de consultation
peuvent être établis pour apporter de l’aide aux personnes infectées. Ceux
qui reçoivent du soutien psychosocial et spirituel ont davantage de
possibilités de se sentir bien et de continuer à mener une vie normale.

Le soutien psychosocial et émotionnel, ainsi que les consultations pour les


personnes infectées et leur famille sont essentiels et connus pour permettre
l’amélioration de la qualité de la vie. La consultation individuelle ou en
groupe est importante pour les adultes infectés de façon à ce qu’ils puissent
prendre en mains leur situation et conseiller leurs enfants qui comprendront
la maladie de leurs enfants ou des membres de la famille. Les enfants
doivent aussi être préparés au deuil et avoir la possibilité d’exprimer leur
chagrin. Les personnes qui ont déjà développé le sida doivent se préparer à
la mort et être soutenues pour les préparatifs. Une aide juridique et une
information sur les droits de succession de propriété ou sur tout autre aspect
juridique est essentielle pour les enfants qui sont soutiens de famille, les
veuves et les grand-parents.

8- 6 VERSION 2, MAY 2005


VIH/SIDA EN SITUATIONS D’URGENCE BOÎTE À OUTILS

>BOÎTE À OUTILS<

> B O ÎT E S D E L A M E M O IRE <

Dans beaucoup de pays, les boîtes de la mémoire ont été développées de


façon à transmettre aux enfants leur histoire mais aussi comme moyen de
faire face à l’infection par le VIH. Cela se fait préférablement en groupes.
Une boîte de la mémoire peut prendre de l’importance si les enfants sont
petits et n’ont pas la possibilité de comprendre et d’apprendre leur histoire
avant la mort de leurs parents. La boîte peut être une vieille valise, une malle
ou une boîte en bois. Des cartons usagés sont parfaits. La boîte peut contenir
l’acte de naissance de l’enfant et les carnets de santé, les volontés et les
photographies des parents, de la famille, de la maison, la description ou le
dessin de l’arbre généalogique, une lettre des parents de l’enfant et tout autre
objet important tel que des petits souvenirs, des dessins de l’enfant, des
cassettes audio ou vidéo avec des chants, des musiques préférées, des
discussions, des histoires et des messages directs.

Faire une boîte de la mémoire, c’est faire un voyage personnel et privé mais
faite en groupe, la boîte offre un très bon moyen de témoigner et de partager
sa vie avec les autres. Les participants seront capables de travailler et de
réfléchir sur la situation des personnes infectées par le VIH. Fabrication et
discussion simultanées représentent une bonne méthode thérapeutique et
apporte aussi un sens à la vie et à l’avenir de l’enfant. Les groupes “boîte de
la mémoire” ne concernent pas tant la mort que la vie. La fabrication des
boîtes procure un soutien aux personnes infectées au niveau communautaire.
Le travail de groupe peut s’achever par une cérémonie où les participants
montreront leurs boîtes de la mémoire aux autres et partageront ce qu’ils y
ont mis ainsi que leurs sentiments.

> L I VR E D E L A M ÉM O IR E <

Il est important que les parents aient l’occasion d’exposer leurs pensées,
leurs rêves et d’autres problèmes importants qu’ils auraient aimé partager
avec leur enfant. Cela peut se faire dans une lettre ou dans un Livre de la
Mémoire. Un format type peut aider les participants à envisager différents
aspects de leur famille et de leur histoire. Des débuts de phrases pourraient

VERSION 2, MAY 2005 8- 7


BOÎTE À OUTILS VIH/SIDA EN SITUATIONS D’URGENCE

être: Notre Famille vient de… Vos grand-parents s’appelaient… Tu as


marché à l’âge de… J’étais heureux quand tu es né(e) et … Quand tu étais
petit, tu aimais… J’aimerais te raconter une histoire…
Il est mieux que le document contienne des petites histoires plutôt que des
faits brefs.

> SO IN S A DO M IC IL E <

Les soins à domicile ne sont pas un nouveau concept et font partie de


nombreuses cultures pour délivrer des soins à la maison plutôt qu’à l’hôpital
ou pour pallier le manque d’autres formes de soins. Les soins à domicile
désignent généralement toute forme de soins apportés aux malades dans leur
propre demeure. Cela implique tous les soins apportés par les voisins, les
amis, les familles ou les travailleurs de santé pour améliorer le confort de
vie. Ces soins peuvent être plus ou moins structurés par la communauté ou
des organisations. Le développement de programmes de soins à domicile et
d’autres programmes de ce type est une bonne façon de rendre la
communauté actrice de la vie en société lorsque les hôpitaux et les autres
structures de santé ne peuvent pas gérer les conséquences de l’épidémie. Les
programmes de soins à domicile impliquent généralement la formation des
volontaires, des visites à domicile, la fourniture de kits avec des savons, des
draps propres, des gants, des serviettes, des médicaments, des compléments
alimentaires, des articles pour l’hygiène, une offre de consultation pour le
patient et sa famille.

> Q UI L T DU SO U V E NI R <

Les quilts (couvertures) du souvenir ont été développés aux Etats-Unis


quand les gens ont commencé à mourir du sida. C’est un moyen pour les
amis et les membres de la famille de se souvenir et d’avoir du temps pour le
deuil. Un quilt du souvenir est un morceau de tissu en coton ou en popeline
d’une taille de 90 cm sur 180 cm (verticalement ou horizontalement). Le
quilt doit avoir le nom de la personne à commémorer, des photos et d’autres
informations telles que la date de naissance et de décès, la ville d’origine, les
talents spécifiques. Les techniques qui peuvent être employées sont par
exemple l’appliqué, la peinture et le collage. Plus d’informations peuvent
être obtenues auprès de l’AIDS Memorial Quilt Project Foundation.

> P RO JET P HO T O <

Les enfants infectés par le VIH ou qui sont orphelins ont besoin de
rencontrer d’autres enfants dans la même situation. On peut employer des
appareils photo jetables avec lesquels les enfants peuvent prendre des photos
les uns des autres et de leur vie quotidienne. Quand les photos sont
développées et exposées, les enfants se rassemblent pour raconter leur

8- 8 VERSION 2, MAY 2005


VIH/SIDA EN SITUATIONS D’URGENCE BOÎTE À OUTILS

histoire avec l’aide des photos. C’est une très bonne façon de combiner
blagues et discussions sérieuses sur la situation et le chagrin des enfants eux-
mêmes. Le soutien psychosocial aux enfants est parfois négligé. Le projet
photo est une façon de faire quelque chose d’attractif, d’intéressant et de
créer à la fois une occasion pour les enfants de partager leurs expériences.

Lectures complémentaires
Understanding and Challenging HIV Stigma, Toolkit for Action
www.changeproject.org

Community Home-Based Care in Resource Limited Settings


www.who.int/chronic_conditions/en/community_home-
based_care_res_limited_setting.pdf

United Nations Program on HIV and Aids. A Report of a Theological


Workshop Focusing on HIV- and AIDS-related Stigma and Guidelines for
HIV/Aids interventions in emergency. www.unaids.org

Global Network for people Living with HIV/Aids. www.gnpplus.net and


www.icw.org/tiki-view_articles.php

World Vision ADP Toolkit for HIV/AIDS Programming: Home Based Care
www.cuaha.info/documents/17_V-B2_4-03.pdf

The AIDS Memorial Quilt Project Foundation. www.aidsquilt.org


How to make a panel www.aidsquilt.org/images/makeapanel.pdf

HIV/Aids and humanitarian Action.


www.odi.org.uk/hpg/papers/hpgreport16.pdf

Code of Good Practice for NGOs Responding to HIV/AIDS


www.ifrc.org/cgi/pdf_pubs.pl?health/hivaids/NGOCode.pdf

INEE. www.ineesite.org/inclusion/difficult.asp

Bibliographie sur les boîtes de la mémoire

Philippe Denis, “Memory Boxes: Helping Aids orphans to remember,


Bulletin for Contextual Theology in Africa 7/1 (March 2000), pp. 34-36.

Building resilience by remembering, ChildrenFirst. A Journal on Issues

VERSION 2, MAY 2005 8- 9


BOÎTE À OUTILS VIH/SIDA EN SITUATIONS D’URGENCE

Affecting Children and their Carers, vol. 4, Nr 34 (December-January 2001),


pp. 23-25.

Oral History in the Context of Aids: Memory Boxes as a way of Building Up


Resilience in Orphans and Traumatised Children in KwaZulu-Natal, Journal
of Constructive Theology 7/1 (July 2001), pp. 17-30.

Sharing family stories in times of Aids, Missonalia 29/2 (August 2001), pp.
258-281

Faire mémoire au temps du sida: l’expérience des boites de la mémoire au


KwaZulu-Natal”, Face à face. Regards sur la santé. N° 5 (March 2003).
http://www.ssd.u-bordeaux2.fr English edition with summaries of papers
written in French. Face to Face. Another look at health http://www.ssd.u-
bordeaux2.fr/faf/uk/index.htm

Are Zulu Children Allowed to Ask Questions? Silence, Death and Memory
in the Time of AIDS”, in B. Carton, J. Sithole and J. Laband, eds, Zulu
Enigmas. Emerging Interpretations of Zulu Pasts and Presents.
Pietermaritzburg: Natal University Press (forthcoming). Also available
online: www.history.und.ac.za/Sempapers/Denis2003.pdf
Denis, Philippe &Makiwane, Nokhaya, “Stories of Love, Pain and Courage.
Aids Orphans and Memory Boxes”, Oral History 31/2 (Autumn 2003), pp.
66-74.

8- 1 0 VERSION 2, MAY 2005


9. CONFLIT, MEDIATION ET
RESOLUTION

Mythe: “Quand un conflit surgit, la meilleure chose à faire est


de le mettre au grand jour, de confronter les adversaires pour
résoudre la situation.”
Réalité: Gérer le conflit se fait différemment dans les
différentes cultures. Sauver la face et conserver sa dignité sont
de la plus haute importance dans beaucoup de communautés,
ce qui requiert une gestion en douceur des conflits.

Ce chapitre:
Décrit les types de conflit et les types culturels.
Liste les sources de conflit.
Détaille comment prévenir le conflit.
Présente les compétences requises pour gérer les conflits et les aborder
avec sensibilité.

Boîte à outils:
Les étapes de la médiation

VERSION 2, MAY 2005 9- 1


CONFLIT, MEDIATION ET RESOLUTION

À chaque occasion qu’il y a plus d’une personne impliquée dans quoi que ce
soit, il y a la possibilité de l’occurrence de conflit. S’il est bien géré, un
conflit peut être constructif en tant qu’apporteur de confiance dans des
relations. Dans ses formes les plus bénignes, le conflit est une différence de
points de vue, de comportement ou de sentiments entre deux personnes.
Dans ses formes les plus intenses, la violence surgit. Les situations
d’urgence sont intenses. En conséquence, les conflits peuvent facilement
émerger.

Faire face au conflit est une question de timing et de communication. La


sensibilité signifie être attentif à son propre rôle dans l’interaction sociale et
comprendre les priorités et les valeurs des autres.

Conflit et types culturels


Bien que les conflits soient communs à toutes les cultures, il existe un large
spectre de façons dont le conflit se vit, s’exprime et se résout. Une attention
aux règles locales du conflit permet des réponses respectueuses des
coutumes et une plus grande probabilité que le conflit puisse se résoudre de
façon constructive. Souvent il est très utile de disposer d’une personne qui
peut interpréter les coutumes et les traditions locales.

Culture individualiste et culture communautaire

Cette typologie de styles cultures indiquent là où se trouvent la propriété, la


prise de décision et les moyens de résoudre les problèmes. Dans les cultures
plus individualistes, l’individu fait ses choix, il/elle est responsable des
résultats et il/elle aborde le conflit personnellement. Dans les cultures plus
communautaires, l’harmonie du groupe est de la plus haute importance et le
conflit est perçu comme une menace pour cette harmonie. Le groupe, ou une
personne agée, travaillera pour réduire les conflits qui ont lieu pour le bien
de tout le groupe. Les souhaits et les besoins de l’individu sont secondaires.

Sens intérieur de l’honneur et sens extérieur de l’honneur

L’honneur et la dignité sont des problèmes majeurs lors de la résolution des


conflits. Pour les cultures occidentales, l’estime ou la valeur d’une personne
est ressentie en soi et détermine comment elle entend être traitée. Dans bien
d’autres cultures, l’estime, la valeur et l’honneur sont conferrés par le groupe
et ne sont, par conséquent, pas directement sous le contrôle de l’individu. La
position, le respect et la dignité sont des attributs qui sont des faits donnés
par la communauté. Cela est un concept crucial pour comprendre les conflits
et leurs résolution dans les diverses cultures.

9- 2 VERSION 2, MAY 2005


CONFLIT, MEDIATION ET RESOLUTION

Aborder les désaccords de manière à préserver la dignité, l’honneur et la


perception publique est une compétence essentielle dont il faut faire preuve
dans beaucoup de cultures dans le monde. Les conflits graves, vus comme
des violations de l’harmonie du groupe, peuvent aboutir à l’exclusion. Il
s’agit d’une punition grave et cela signifie que le soutien qui permet à une
personne de mener sa vie (faire ses courses, obtenir l’aide des tradipraticiens
locaux ou de ses voisins) lui est retiré. La perte de sa place au sein de la
communauté peut présenter une menace fatale ou conduire à la fermeture de
ses affaires.

Direct et indirect

Dans les cultures dites individualistes, les gens abordent directement les
conflits avec les personnes en désaccord avec eux. Cela permet une
résolution rapide et privée des disputes. Il s’agit d’une méthode qui est
susceptible de connaître une escalade rapide. Dans les cultures dites
communautaires, le désir de conserver l’harmonie implique que ce soit un
tiers qui s’adresse à la partie offensée de manière calme de façon à prévenir
toute escalade des émotions. Le rôle de cette tierce personne va de celui du
médiateur neutre, au conseiller, à l’avocat ou à celui qui dirige en fonction
de la culture et du statut des personnes impliquées. Le tiers a pour fonction
de sauver la face d’une personne impliquée ou de la déshonorer si
nécessaire.

Sources de Conflit
Conflits de pouvoir

Le pouvoir est convoité, désiré et on se bat pour l’obtenir. Le pouvoir s’exerce


au niveau de la prise de décision. Quand est-ce qu’une communauté doit
recevoir de l’aide? Quel type d’aide? Le pouvoir s’exerce au moment de
distribuer les ressources. Qui doit recevoir quel type de matériel? Le pouvoir,
c’est aussi l’équipement. Ceux qui possédent leur propre véhicule, des
ordinateurs, des téléphones et des bâtiments détiennent du pouvoir. Ceux qui
contrôlent les sources d’eau et d’électricité ont du pouvoir. Le pouvoir est
judicieusement employé par certains et le pouvoir sert aussi à exploiter les
autres.

Dans beaucoup de communautés, les conflits pour savoir qui détient le


pouvoir couvent durant des générations. Parfois ces conflits dégénèrent en
guerres. A d’autres moments, un groupe visible de personnes impuissantes
vit grace à ceux qui contrôlent les ressources. Ceux qui n’ont pas d’accès
aux ressources sont ceux qui sont le plus durement affectés par les
catastrophes.

VERSION 2, MAY 2005 9- 3


CONFLIT, MEDIATION ET RESOLUTION

Dans les situations d’urgence, ceux qui contrôlent l’aide ont beaucoup de
pouvoir. Ce pouvoir est une source de tension à l’intérieur des communautés
puisqu’il bouleverse l’équilibre du pouvoir antérieur. Il est crucial que les
humanitaires soient conscients de ces problématiques de pouvoir dans le
contexte de l’urgence. Afin de ne pas nuire, il est important de comprendre
quel’impact du pouvoir sur les ressources contribue à faire durer ou à créer
un conflit soit à rapprocher la communauté.

Conflits d’institutions

Il n’est pas rare en situation d’urgence que différentes organisations donnent


différents messages sur la mission des travailleurs humanitaires. Par
exemple, une agence peut envoyer un travailleur au sein d’une autre agence
plus grande et découvrir que cette agence a d’autres projets pour ce
travailleur. Des conflits peuvent apparaître avec les partenaires locaux quand
ceux-ci ont une analyse différente des besoins à combler. Les partenaires
locaux peuvent aussi avoir des soucis concernant les conséquences à long-
terme du travail. Les bénéficiaires de l’aide n’ont peut-être pas été consultés
dans la précipitation de l’urgence et ne veulent peut-être pas, ou n’ont peut-
être pas besoin des interventions planifiées.

Il y a peut-être aussi des conflits institutionnels entre des agences


internationales telles que l’UNHCR, l’OTAN et les ONGs. Le gouvernement
local peut être en désaccord avec la communauté internationale sur ce qui
doit être fait. Les situations de conflit peuvent limiter la capacité des
travailleurs humanitaires à faire leur travail.

Conflits au sein du projet

Les projets internationaux d’urgence rassemblent des gens qui ne se sont


jamais rencontrés, des gens de cultures et de formations différentes. En très
peu de temps, ce groupe de gens doit former une équipe de travail capable
d’accomplir des tâches complexes dans des circonstances difficiles.

Attendez-vous à des conflits! Attendez-vous à trouver un moyen de les éviter


ensemble. Les différences de méthode, de priorité, de culture et de genre
vont concourir à provoquer des conflits. Soyez réactif et cherchez des
chemins pour des solutions. Il n’est peut-être pas possible de parler des
conflits directement dans certaines situations du fait des différences
culturelles, mais le conflit peut être abordé par des tiers. C’est souvent en
résolvant les conflits que se développent la confiance et les bonnes relations
de travail.

9- 4 VERSION 2, MAY 2005


CONFLIT, MEDIATION ET RESOLUTION

Conflits parmi les beneficiaries du projet

Une situation qui change rapidement conduit fréquemment à des sentiments


intenses de frustration, de colère, de peur et de désespoir. Ces sentiments
peuvent alimenter les conflits. Il y a souvent un manque de ressources
nécessaires (nourriture, abris, stabilité, confort, reconnaissance). Les conflits
surviennent suite à la compétition pour obtenir des resources, ils ont aussi un
moyen d’évacuer les émotions et les problèmes non résolus du passé. Bien
que les situations d’urgence soient mûres pour les conflits, les gens pensent
que les urgencies leur permettent de voir les choses de manière différente et
de mettre un terme à d’anciens griefs.

Prévention du conflit
Les dégâts occasionnés par les conflits peuvent être atténuées quand les
relations se construisent et sont vivantes. Prendre du temps pour écouter les
autres, pour apprendre les traditions locales et comprendre les intentions des
autres parties permettra de prévenir efficacement les conflits superflus. Dans
l’urgence, les décisions rapides et les situations qui changent constamment
conduisent à des jugements et à des déclarations qui irritent et offensent les
autres. Une gestion efficace du temps passe par le désamorcement des petits
problèmes sur une base quotidienne, avant qu’ils ne prennent de l’ampleur.
Se préoccuper des relations dans l’équipe permet à la confiance et au respect
de grandir.

Quelques règles simples aideront à éviter et à gérer les conflits dans les
situations d’urgence:
Respecter la dignité des autres.
Respecter les coutumes locales.
Eviter d’exiger des autres.
Enquêter avec soin pour comprendre plutôt que juger.
Employer des formules avec « je » plutôt que les formules accusatrices
avec « tu » ou « vous ».
Etre patient dans la mise en œuvre.
Faire appel à un tiers si nécessaire.

VERSION 2, MAY 2005 9- 5


CONFLIT, MEDIATION ET RESOLUTION

Savoir-faire pour la gestion du conflit –


aborder le conflit avec sensibilité
Le conflit peut renforcer les relations et accroître la confiance entre les gens
s’il est bien géré. Cela ne peut se faire que lorsqu’il est abordé avec attention
et respect. Les idées suivantes peuvent y aider.

Atténuer l’intensité d’un conflit en faisant intervenir un médiateur

Un médiateur est une personne qui transmet l’information d’une personne à


l’autre sans l’intensité des émotions qui ne sont pas liées au sujet. Un
médiateur peut être formellement demandé ou employé de façon informelle
par quelqu’un qui sait que l’information sera transmise. Les médiateurs
peuvent être des personnes qui ont d’autres roles au sein de la communauté
(par exemple un ancien, un homme d’affaires respecté, un leader religieux
ou un voisin connu pour sa sagesse.)

Idéalement un médiateur est une personne respectée par les deux parties.
Cela est particulièrement important si le médiateur doit faire des
recommandations pour le processus de résolution. Le rôle précis du
médiateur peut être défini. Par exemple, un chef peut déterminer quelle
partie est fautive ou un tiers neutre peut avoir la tâche de conserver
l’équilibre dans le processus de négociation. Un médiateur peut avoir un rôle
moins défini comme dans le cas où il s’agit d’un médiateur informel qui est
simple porteur d’un message. Il est bénéfique que le médiateur aide les
parties à avoir une bonne compréhension de la position de l’autre avant de
rechercher une solution.

Faire attention à la tentation de manipuler le médiateur en en faisant « ma »


personne ressource.

En faisant appel à un médiateur, les parties acceptent de délaisser un peu de


leur pouvoir.

Adopter une position inférieure

En adoptant une position inférieure, une personne recherche volontairement


l’aide d’une autre pour résoudre un problème. Il peut s’agir de l’autre partie du
conflit. Souvent, demander de l’aide permet d’éviter que l’autre soit
embarrassée. Parfois cette demande est formulée à la voix passive: « un
problème m’est arrivé, et si vous acceptiez de m’aider, je ne perdrai pas la face
devant mes collègues ». En adoptant cette position, il est possible d’éviter les

9- 6 VERSION 2, MAY 2005


CONFLIT, MEDIATION ET RESOLUTION

remontrances et ainsi de donner à l’autre l’occasion de résoudre le problème


avec dignité.

Il faut faire attention à ne pas se retrouver l’obligé de l’autre. Parfois il est


par une générosité ou une déférence apparentes qu’une personne offrira des
cadeaux généreux à une autre, la mettant ainsi dans une position où elle se
doit se rendre la pareille, de façon parfois inconfortable.

Ecouter et employer des histoires ou des paraboles locales

Les histoires et les paraboles ont été employées pour résoudre un conflit
depuis des siècles. Jésus était un maître de cet art. En utilisant les histoires,
les sujets sont abordés indirectement. Les auditeurs peuvent être sensibles à
n’importe quelle partie de l’histoire qui se rapporte à la situation. Cette
méthode offre la possibilité de sauver honneur et dignité.

Silence/inaction/mauvaise gestion

Les méthodes de réponse décrites ci-dessus peuvent causer davantage de


frustrations chez des personnes habituées à des méthodes plus directes.
Pourtant, dans certaines cultures, il est déshonorant de refuser la demande
d’un invité ou d’un hôte de marque. S’il existe une raison pour laquelle la
personne ne peut honorer la demande d’un hôte, il est mieux pour elle de
répondre par le silence ou l’inaction que par le refus. Parfois on inventera
une excuse qui est moins déshonorante que le refus opposé à la demande.
Pour l’invité, le silence à propos de cette inaction peut être bénéfique pour
plus tard car l’autre personne n’a pas été humiliée. Trouver un plan alternatif
évite la honte à tous.

VERSION 2, MAY 2005 9- 7


CONFLIT, MEDIATION ET RESOLUTION

> BOÎTE À OUTILS <

> L E S ET AP E S D E L A M EDI AT I O N 8 <

Etape 1. Présentation (Assurer la sécurité)

Saluer, s’asseoir et présenter les participants.


Enoncer les objectifs, en insistant sur le fait qu’il s’agit d’une processus
volontaire auquel les parties adhèrent pour trouver un accord mutuel.
Décrire le rôle du médiateur qui doit aider les parties à dialoguer sans juger
ou apporter des réponses.
Décrire le processus: chaque partie parle à son tour, les deux parties se
mettent d’accord sur les problèmes de base et les abordent un à un en
apportant des suggestions pour leur résolution.
Obtenir l’engagement sur les règles de base: pas d’interruption, garantie de
la confidentialité, respect mutuel.

Etape 2. Récit, Compréhension

Dégager le point de vue de A sur la situation et le résumé du médiateur,


identifier ses espoirs et ses inquiétudes.
Dégager le point de vue de B sur la situation et le résumé du médiateur,
identifier ses espoirs et ses inquiétudes.
Ecouter les problèmes et souligner ce qui est commun.

Etape 3. Résoudre le problème, permettre l’appropriation

Clarifier les problèmes.


Identifier les inquiétudes communes et établir un terrain commun.
Se pencher sur un problème à la fois, commencer par les problèmes les plus
faciles à résoudre.

8
source Peace Skills: A Manual for Community Mediators by Ronald S.
Kraybill with Robert A. Evans and Alice Frazer Evans. Copyright 2001 by
Jossey-Bass, San Francisco, CA.

9- 8 VERSION 2, MAY 2005


CONFLIT, MEDIATION ET RESOLUTION

Maintenir le contrôle en dressant la liste des problèmes et en interrogeant


chaque partie à son tour.
S’éloigner des exigencies des parties et focaliser sur les intérêts sous-jacents
de chaque camp.
Proposer des options, invitant les parties à formuler leurs suggestions pour la
résolution.
Evaluer les options ensemble.
Choisir les options et planifier la mise en œuvre.

Toujours rechercher des occasions de:


Souligner les points communs et les intentions qui vont dans le bon sens.
Reconnaître les blessures, la colère et la frustration.
Suggérer que les parties se parlent directement (gérer le dialogue direct).
Affirmer les éléments constructifs et mettre en valeur les progrès accomplis.

Etape 4.Recherche d’un accord durable

Résumer les accords conclus.


S’assurer que les détails sont abordés: qui, quoi, quand, où, comment.
Etre réaliste, clair et simple.
Maintenir l’équilibre dans les responsabilités des parties.
S’assurer que l’accord est juste et qu’il garantie la dignité de chacune des
parties.
Se mettre d’accord sur les moyens de gérer les problèmes futures qui
surviendraient.
Demander aux parties de déclarer leur intention de soutenir l’accord.
Ecrire l’accord et faire signer les parties.

Si le conflit est profond, il faut donner l’occasion aux parties de se parler


selon des modes qui les aideront à délaisser le passé et à restaurer leurs
échanges.

Si on n’aboutit pas à la résolution, il faut rappeler aux parties leur accord sur
la confidentialité, résumer le niveau de compréhension atteint et leur
proposer de se rencontrer de nouveau.

VERSION 2, MAY 2005 9- 9


CONFLIT, MEDIATION ET RESOLUTION

Lectures complémentaires
Kraybill, Ronald S., Evans, Robert A., Evans, Alice Frazer. Peace Skills: A
Manual for Community Caregivers. San Francisco, CA. 2001.
Beer, Jennifer E. and Stief, Eileen. The Mediator’s Handbook. Gabriola
Island, BC, Canada. 1997
Elmer, Duane. Cross Cultural Conflict: Building Relationships for Effective
Ministry. Downers Grove, IL. 1993.
Anderson, Mary B. (ed.). Options for Aid in Conflict, Lessons from Field
Experience. www.cdainc.com

9- 1 0 VERSION 2, MAY 2005


10. SE SENTIR INVITÉ DANS UNE
AUTRE CULTURE - COLLABORER AVEC
UN PARTENAIRE LOCAL

Mythe: “les gens restent les gens où que ce soit. Ce qui est
important c’est d’être vrai avec soi-même”
Réalité: Vrai dans un sens, mais faux également. Les
interactions entre les gens varient grandement entre les pays,
les cultures et même au sein des communautés. Ne pas se
conformer aux coutumes locales peut engendrer conflit ou
incompréhension et faire obstacle au travail humanitaire.

Ce chapitre:
Décrit les compétences relationnelles de base qui sont essentielles pour
travailler dans une culture différente.
Décrit l’importance des liens avec les partenaires locaux.

Boîte à outils:
Bonnes idées pour former une équipe.
Communication: écoute active.
Ne pas nuire.

Le mot "culture" est ici employé dans un contexte large et ne renvoie pas
seulement au fait de venir d’un autre pays. En arrivant de l’extérieur, que ce
soit d’un autre pays, d’une autre communauté, d’une autre ville etc., nous
sommes des invités extérieurs et nous devons en être conscients.

VERSION 2, MAY 2005 10- 1


SE SENTIR INVITÉ DANS UNE AUTRE CULTURE - COLLABORER AVEC UN PARTENAIRE LOCAL

Les qualités relationnelles sont


essentielles
Etre un invité dans une autre culture exige de se comporter mieux que chez
soi. Il est essentiel que le personnel participant à l’effort de secours
montre de bonnes qualities relationnelles dans tous leurs travaux. Cela
est vrai dans les relations avec les partenaires, dans le travail avec les autres
membres de l’équipe et dans les contacts avec la population touchée.

Les qualités relationnelles sont des outils essentiels pour faciliter la prise en
charge psychosociale. C’est là que réside notre espoir de faire en sorte que la
prise en charge psychosociale restaurera la capacité des gens à prendre
pleinement leur part dans leur communauté. Nous espérons que les familles,
dans le sens le plus large du terme, redeviendront fortes et prendront en
charge leurs enfants et leurs anciens.

Chaque urgence est unique. En consequence il est difficile de proposer des


directives rigides sur la manière dont il faut se comporter. Ce qui suit est un
rappel des règles de base.

Culture

Apprendre les coutumes locales de bonnes manières et d’attitude adéquate


est essentiel pour le travail. Le regard direct dans les yeux est essentiel dans
certaines cultures mais inconvenant dans certaines autres. Les femmes
doivent éviter de porter des pantalons dans certains endroits. Il faut utiliser la
main droite dans toutes les actions. Certains sujets ne sont pas abordés entre
hommes et femmes. Si l’on veut que le travail soit un succès, il faut tenir
compte et intégrer les coutumes locales! L’exception réside seulement dans
les cas de violations des droits de l’Homme. Pour apprendre, rien de tel que
de faire d’un de ses collègues un interprètre culturel. De plus amples
informations à ce sujet sont présentées dans la section concernant l’écoute.
Soyez également sensible aux aspects culturels en matière de genre.
Renforcez les traditions positives mais lorsque vous rencontrez des
comportements ou des traditions discriminatoires, il vous faut trouver des
moyens de les mettre en lumière.

Dignité

Dans beaucoup de cultures, la dignité est essentielle aux individus. C’est


pourquoi il faut agir de façon à la préserver:
Faire participer les autres à la prise de décision.

10- 2 VERSION 2, MAY 2005


SE SENTIR INVITÉ DANS UNE AUTRE CULTURE - COLLABORER AVEC UN PARTENAIRE LOCAL

Donner aux autres l’occasion de sauver la face quand vous êtes en


désaccord.
Consulter les gens concernant leurs priorités, leurs projets, leur histoire
et leurs soucis.
Respecter les rituels culturels, en particulier les deuils et les funérailles.
Essayer de ne pas embarrasser les autres.
Donner aux autres l’occasion d’être fiers d’eux-mêmes.

Limites

Il s’agit ici des limites du territoire, de l’espace ou de la responsabilité d’une


personne. C’est une triste réalité des situations d’urgence que de voir des
gens bien intentionnés empiéter sur les responsabilités ou l’espace des autres
dans un vrai désir de bien faire. Cela a des conséquences malheureuses:
colère, conflit ouvert avec les gens que nous souhaitons aider (Voir la
section « ne pas nuire » dans la Boîte à outils).

Quand vous travaillez à l’étranger, demandez-vous et demandez aux


membres de votre équipe:
Qui servez-vous?
De quelle priorité s’agit-il? Est-ce mon besoin d’aider ou leur demande?
Qui détient la responsabilité d’habitude? Nous ont-ils donné la
permission?
Qui voit son avenir changer? Qui doit faire ce choix? Ont-ils été con-
sultés?
A qui est le pays? Qui choisit le gouvernement?
Je travaille dans l’espace de qui? Je suis un invité ici.
Quelles sont les croyances de mes hôtes? Est-ce que je les respecte?

Ecoute

L’écoute est la forme basique du respect d’autrui. En écoutant, nous nous


mettons de côté pour un moment et essayons de comprendre une autre
personne. Ecouter est à la fois un art et une compétence essentielle. Nous
devons acquérir cette compétence pour être efficace dans notre travail.

L’écoute des autres, comme bien d’autres choses, est influencée par la
culture. Dans certaines cultures, les gens se parlent directement et
experiment par des mots leurs pensées et leurs sentiments. Dans d’autres
cultures, les gens “parlent” indirectement en faisant passer les messages par
un tiers, par des symboles ou par le silence. En écoutant quelqu’un d’une
autre culture, il est important de disposer d’un interprètre culturel de
confiance. Cette personne est celle qui connaît “les règles” de la culture hôte
et qui est capable de les expliquer à des étrangers. Cela aide à interpréter non
seulement les mots prononcés mais aussi les silences, les récits indirects et

VERSION 2, MAY 2005 10- 3


SE SENTIR INVITÉ DANS UNE AUTRE CULTURE - COLLABORER AVEC UN PARTENAIRE LOCAL

ainsi de suite. Cette personne nous aide aussi à faire passer ce que nous
voulons dire d’une façon adéquate au contexte culturel.

Malheureusement, écouter prend du temps et le temps est une denrée rare en


situation d’urgence. Par définition, il y a plus à faire dans l’urgence qu’il n’y
a de temps pour le faire. Les décisions doivent être prises rapidement et les
tâches accomplies pour sauver des vies. Pourtant, ne pas prendre le temps
d’écouter peut s’avérer très coûteux. Des méprises engendrées par une
mauvaise écoute peut déclencher la colère, l’opposition et paralyser
totalement une opération d’urgence.

Conflit

Le conflit s’insinue dans notre travail, en particulier dans les situations


d’urgence quand il nous faut rapidement sauver des vies. Que nous soyons
du staff local ou de l’extérieur, il est crucial d’être conscient des conflits
potentiels. Il est également nécessaire pour nous d’avoir à l’esprit qu’en tant
que membre du staff, nous avons des avantages dont les bénéficiaires ne
disposent pas. Les conflits ou le ressentiment peut alors survenir. En en étant
conscient, vous pouvez éviter de créer des troubles dans le travail.

Soyez conscient des conflits potentiels, en particulier pendant les crises.


Présumez que chacun fait de son mieux dans ces circonstances.
Faites attention à votre propre comportement. Etes-vous irascible,
fatigué, frustré, exigeant ou impolit?
Prenez des pauses brèves pour reprendre la maîtrise de vous-même.
Respirez. Marchez. Buvez quelque chose.

Ensuite écoutez attentivement:


S’agit-il d’un malentendu?
S’agit-il d’une difference de style?
Y a-t-il des questions de dignité en jeu?
Y a-t-il un différend sur les priorités?

Quelle est l’importance de ce problème? S’il se poursuit, envisagez d’avoir


recours à un tiers. Dans beaucoup de cultures qui ne sont ni européennes ni
nord-américaines, les conflits se résolvent indirectement. (voir le Chapitre 9
pour plus d’informations).

Pouvoir

Savoir où reside le pouvoir dans une communauté est essentielle pour


travailler en son sein. Voici quelques questions à poser:

10- 4 VERSION 2, MAY 2005


SE SENTIR INVITÉ DANS UNE AUTRE CULTURE - COLLABORER AVEC UN PARTENAIRE LOCAL

Qui doit être consulté, formellement ou non, pour obtenir que quelque
chose se fasse? Les femmes et les hommes?
De qui recherche-t-on l’opinion? Les femmes et les hommes?
Où est-ce que mène la piste financière?
Y a-t-il des gens que les autres ont peur de croiser? Femmes et Hom-
mes?
Comment le pouvoir est-il conféré et conservé?
Quels types de pouvoir sont en place (influence, financier, spiritual,
violent)?

Coopération

Le travail d’assistance ne peut réussir sans coopération entre:


Les membres de l’équipe.
Les partenaires locaux et les experts internationaux.
Les bailleurs de fonds.
Les ONG investies dans la même zone ou avec les mêmes populations.
Le gouvernement local et les operations de secours.
La population locale et les victimes de la catastrophe.

La coopération doit être entretenue et encouragée à tous les niveaux. Il existe


beaucoup d’occasions de conflit dans les opérations d’urgence. En con-
séquence:
Toujours recherchez à s’intégrer auprès d’une église ou d’un partenaire
local. Développez de bonnes relations avec les partenaires locaux n’est
pas seulement important pour le court terme mais implique également
les effets de long terme. Les programmes d’urgence se transforment
souvent en programmes de long terme. Le climat pour l’avenir s’établit
souvent tôt dans le processus. L’appropriation locale des projets doit
s’accomplir aussi tôt que possible de façon à ce que ces programmes
soient durables.
Prenez l’initiative pour rencontrer les partenaires potentiels.
Participez, quand cela est possible, aux activités du partenaire: vie
sociale et spirituelle. Présentez-vous à l’église ou à la congrégation
locale.
Si les partenaires locaux ne vous invitent pas aux réunions inaugurales,
prenez l’initiative d’y assister.
Formalisez la coopération. Aussi tôt que possible collaborer avec votre
partenaire local sur le dévelopment d’un accord concernant la mission en
commun.
Encouragez le leadership local et essayer d’apprendre comment il
fonctionne. Etablissez une liste de personnes à contacter. Il est essentiel
d’établir de bons contacts avec les autorités locales qui ont un lien avec
le projet.

VERSION 2, MAY 2005 10- 5


SE SENTIR INVITÉ DANS UNE AUTRE CULTURE - COLLABORER AVEC UN PARTENAIRE LOCAL

Soutenez les autres programmes et mettre en place des services ou des


programmes complémentaires.
Apprenez les compétences pour résoudre les conflits.
Développez une sensibilité à la culture et renseignez-vous sur la société,
la culture et la religion de l’endroit. Développez une stratégie avec votre
partenaire local sur la gestion des différences de perception. Bâtir la
confiance contribue à éviter les conflits.
Soyez un médiateur neutre.
Trouvez des stratégies pour une bonne communication.
Soyez prêt à accepter l’hospitalité.
Soyez transparent dans la gestion des services et des finances.
Evitez les passe-droits.
Partagez les informations.

10- 6 VERSION 2, MAY 2005


BOITE A OUTILS
SE SENTIR INVITÉ DANS UNE AUTRE CULTURE - COLLABORER AVEC UN PARTENAIRE LOCAL

> BOÎTE À OUTILS <

> BO N N E S ID E E S P O UR L A F O RM AT IO N D ’U NE EQ UI P E <

Pour former une équipe, il faut s’y mettre avec toutes les équipes avant le
début de la mission. On peut le faire près de la zone de la catastrophe. Il
s’agit d’un temps bien employé, même en le comparant avec d’autres tâches
devant être accomplies. Donner aux membres de l’équipe des outils pour
gagner du temps en équipe quand l’opération démarre réellement et il faut se
concentrer sur un groupe spécifique et leurs tâches.

La formation de l’équipe avant la mission peut se faire en un jour ou deux.

Les objectifs de la formation sont de:


construire la sécurité dans le groupe en aidant les membres à se connaître.
Mettre en place une connaissance commune de l’objectif et des méthodes pour
l’atteindre.

Quand on travaille à former une équipe, il faut essayer d’aborder


l’intégration et les approches culturelles. Il faut discuter des problèmes
suivants:
Manières communes de s’adresser l’un à l’autre.
Quand et comment s’excuser.
Comment s’habiller pour prévenir les embarras et éviter d’offenser les autres.
Connaissance des religions et des comportements culturels différents. Des
conflits peuvent émerger à cause d’un manque de compréhension.

Ces questions doivent être présentées en considérant la culture afin d’éviter


d’offenser ou d’embarrasser un membre du groupe.

Former une équipe ne se fait pas en un clin d’oeil mais c’est un processus
continu. Prenez en compte ces façons de maintenir l’équipe:
Mener des réunions d’équipe journalières.
Partager l’information sur la situation dans la zone.
Discuter de qui fait quoi.
Rappeler régulièrement aux membres de l’équipe le but commun.
Encourager des activités conviviales regulières.

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BOITE A OUTILS
SE SENTIR INVITÉ DANS UNE AUTRE CULTURE - COLLABORER AVEC UN PARTENAIRE LOCAL

Se soucier de chacun grâce à des rencontres régulières durant les heures de


travail et de repos.

> CO M M UNIC AT IO N: EC O UT E ACT IV E <

L’écoute active est une compétence de communication employée par les


médiateurs et les facilitateurs pour améliorer la communication. L’écoute
active aide les gens à produire des messages clairs et à savoir qu’ils ont été
correctement reçus. Améliorer les compétences de communication facilite le
travail des praticiens pour la résolution de conflits et accroît sa pertinence.
Les acteurs du domaine des droits de l’Homme peuvent aussi bénéficier de
ces competences. Ils sont souvent engagés dans des négociations et des
interviews de témoins. Le développement des competences des gens
contribue à leur capacité à agir avec efficacité.

Des chercheurs disent que 80 pour cent de la communication passent par le


corps. Le langage du corps inclut ce que nous faisons avec notre corps, notre
visage, nos yeux et le ton de notre voix. Chaque culture a son propre langage
du corps et les médiateurs doivent avoir une approche critique de la façon
d’employer le langage corporel permettant de faire clairement passer le
message « Je suis impatient de vous entendre et de vous comprendre ».

Objectifs de l’écoute active

Montrer à celui qui parle que son message a été entendu.


Aider celui qui écoute à recevoir clairement le continu et les émotions du
message.
Aider ceux qui parlent à s’exprimer et les encourager à expliquer dans le
détail leur approche de la situation et de leurs sentiments.
Encourager le fait que l’expression des émotions est acceptable et qu’il est
utile de comprendre en profondeur les sentiments.
Créer un environnement dans lequel celui qui parle se sent libre et serein
pour parler d’une situation.

Procédures pour l’écoute active

Sachez écouter les signes verbaux ou non-verbaux.


Essayez de faire la distinction entre le contenu et l’émotion du message
envoyé.
D’abord, insistez sur l’émotion du message. Evaluez l’intensité de l’émotion
que la personne fait passer et renvoyez ce niveau d’intensité à la
personne.

10- 8 VERSION 2, MAY 2005


BOITE A OUTILS
SE SENTIR INVITÉ DANS UNE AUTRE CULTURE - COLLABORER AVEC UN PARTENAIRE LOCAL

Laissez la personne qui s’exprime reconnaître si oui ou non vous avez


renvoyé la bonne émotion et son intensité. Si ce n’est pas la bonne,
posez des questions pour clarifier l’émotion et renvoyer une émotion
différente à la personne qui parle.
Quand la personne se rend compte que vous entendez le contenu émotionnel
de ses paroles correctement, l’intensité de son émotion tend à diminuer
et à ce point le contenu du message devient plus important.
Quand cela se produit, il vous faut adopter les techniques de paraphrase, de
recadrage et de clarification.

Principes étayant l’écoute efficace

Que l’atmosphère créée pour que la personne s’exprime soit sure, en


particulier pour réduire le risque de rejet des messages dispensés.
Que celui qui écoute soit bien focalisé sur ce que la personne essaye de lui
communiquer.
Que celui qui écoute soit patient et ne tire pas de conclusions hâtives sur le
message.
Que celui qui écoute puisse montrer une véritable empathie envers la
personne qui s’exprime.
Que celui qui écoute emploie des techniques permettant à la personne de
vérifier ou de corriger l’émotion et le contenu du message.

Techniques pour l’écoute active

Maîtriser l’art de l’écoute active est difficile car il requiert une stricte
attention de celui qui écoute et une capacité à être objectif dans des
situations qui sont souvent embrouillées avec de fortes émotions. Employer
les techniques illustrées ci-dessous ne signifie pas que ceux qui écoutent
soient d’accord ou pas avec ce qui est dit, ou ce à quoi ils sont confrontés.
Cela signifie plutôt qu’ils doivent se concentrer à garder ouverts les chemins
de la communication et à bâtir la confiance entre celui qui parle et celui qui
écoute.

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BOITE A OUTILS
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Technique But Comment s’y prendre Exemples


Encourager Montrer de l’intérêt. Ne soyez pas d’accord « Pouvez-vous m’en
Encourager l’autre à ou en désaccord. dire plus à propos …? »
parler. Employez des mots « Je sais qu’il est
neutres. difficile de parler de
Variez le ton de la voix. ça. »
S’assurez que le
langage du corps est
ouvert.
Clarifier Vous aider à être clair à Posez des questions de « Quand est-ce que cela
propos de ce qui a éte façon appropriée et non s’est passé? »
dit. pas interrogative. « Depuis combien de
Reformulez les temps cela dure-t-il? »
interprétations « Alors vous aviez
incorrectes pour l’impression que …? »
encourager la personne
à expliquer davantage.
Renvoyer Montrer que vous Renvoyer ou “réfléchir“ “Vous semblez boule-
comprenez les comme un miroir les versé.”
sentiments de la sentiments de la « C’est comme si vous
personne qui parle. personne. étiez très en colère »
Aider la personne à
évaluer ses propres
sentiments après les
avoir entendus
exprimer par quelqu’un
d’autre.
Résumer Vérifier les progrès. Reformuler les idées « Voyons où nous en
Rassembler les idées et principales et les sommes? »
les faits importants. sentiments exprimés. « Voilà ce qui semble
Etablir une base pour être les idées
des discussions plus principales que vous
approfondies. avez exprimées ».
« Vous avez parlé de A
et B. Pouvez-vous me
parler plus de C? »

Comment atteindre les objectifs de l’écoute active.

A faire:
Etre attentif.
Etre en alerte et ne pas être distrait.
Avoir de l’intérêt pour les besoins de la personne, et lui faire savoir que vous
vous souciez de ce qui est dit.
S’abstenir de juger, de critiquer.

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BOITE A OUTILS
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A ne pas faire:
Ne pas utiliser des phrases clichés comme « ce n’est pas si grave », « ne
vous en faites pas » , « vous vous faites une montagne de rien »,
« relaxez-vous », etc.
Ne pas se faire prendre par les émotions –colère, tristesse, controverse. Ne
pas laisser ses propres valeurs ou ses préjugés interférer avec ce que
vous comprenez de ce qui est dit.
Ne pas répéter dans votre tête.
Ne pas tirer de conclusions ou de jugements hâtifs.
Ne pas mener un interrogatoire ou donner des conseils.

Moyens pour écouter efficacement:


Utiliser votre corps pour créer une atmosphere positive grace à votre langage
corporel:
Contact oculaire adéquat.
Faire un signe de la tête, utiliser les expressions du visage et les gestes.
Corps orienté vers la personne (tête, bras et jambes).
Ton de la voix.
Encourager les réponses: « Dites m’en plus » ou « J’aimerais vous entendre
sur …. »
Résumer les points de vue de base de la personne tels que vous les avez
entendus. Un résumé est une reformalution des points clé de
l’information donnée par la personne qui parle. Employer le résumé pour
souligner les déclarations de chaque partie en termes de questions et de
problèmes qui peuvent être résolus plutôt que de personnalités et pour
conserver les parties dans le fil du processus.
Prenez des notes brèves sur votre carnet pour conserver le fil mais ne vous
laissez pas noyer par les notes!
Paraphraser ou reformuler avec vos propres mots.

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BOITE A OUTILS
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> N E P AS NU IR E <

Bien qu’il soit clair que l’aide en soi ne cause ni ne mets fin aux conflits, elle
peut être un facteur important dans les contextes conflictuels. L’aide peut
avoir des effets importants sur les relations entre les groupes et sur le cours
de leur conflit.

Au début des années 1990, un certain nombre d’ONG internationales et


locales collaborèrent au “Local Capacities for Peace Project (LCCP)”- Projet
des aptitudes locales pour la paix afin d’en apprendre plus sur la façon dont
l’aide apportée lors de conflits influe sur les conflits. Il est connu que l’aide
est souvent employée – de mauvaise façon – par les belligérants pour
conserver l’avantage politique et militaire. Grâce au LCCP, il a été possible
d’identifier des schémas très clairs sur comment l’aide et le conflit
interagissent. Ces leçons sont rapportées dans le livre « Do No Harm: How
Aid Supports Peace – Or War9 » - « Ne pas nuire: comment l’aide soutient la
paix – ou la guerre ».

L’expérience montre qu’il est possible et utile d’appliquer les


recommandations « Do no harm – Ne pas nuire » dans les situations de
conflit potentiel, de conflits en cours ou dépassés.

Etre conscient du « Do No Harm- ne pas nuire » aide à:


Identifier les façons dont l’aide humanitaire internationale ou l’assitance au
développement données en situation de conflits puissent être fournies de
manière à ce que, plutôt que d’exacerber le conflit, elle aide les
populations à se désengager des combats et à développer des systèmes
pour faire face aux problèmes qui génèrent le conflit au sein de leurs
sociétés.
Développer des moyens pratiques permettant à l’assistance humanitaire de
contribuer à dissiper les tensions et à promouvoir la paix, en soutenant
les initiatives, les capacités et les actions locales. Cela permet aussi
d’influencer les changements de politique pour favoriser ces objectifs.

Et, en conséquence, le processus:


Nous permet d’identifier les choix de programmation quand les choses vont
mal. En fait, beaucoup de gens impliqués disent qu’ils étaient au courant
depuis quelques temps des impacts négatifs de leurs programmes mais
qu’ils étaient inévitables. ‘Do No Harm’ est justement utile car il nous
apporte un outil pour trouver de meilleurs moyens – des choix de
programmation – pour fournir l’assistance.
Nous incite à identifier plus tôt les impacts de l’aide qui exacerbent les
conflits que ce qui se passe traditionnellement sans analyse.

9
Anderson, Mary B.(ed.): Options for Aid in Conflict, Lessons from Field
Experience www.cdainc.com

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BOITE A OUTILS
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Renforce notre sensibilité aux relations entre les groupes dans les zones des
projets et nous permet de jouer un rôle plus conscient pour aider les gens
à se mettre autour d’une table.
Révèle les interconnections entre les décisions de programmation: où
travailler, avec qui, comment établir les critères pour les bénéficiaires de
l’aide, comment procéder à l’embauche sur place, comment gérer les
relations avec les autorités locales.
Définit un point de référence commune pour envisager les impacts de notre
assistance lors de conflit, ce qui amène une nouvelle cohésion au sein de
l’équipe et dans le travail avec les partenaires sur place.

L’expérience montre que les accomplissements de l’aide d’urgence ou de


développement dans les situations de conflit sont mitigés. Même quand cette
assistance atteint ses objectifs déclarés: sauver des vies grâce aux vivres et
aux médicaments, contribuer à renforcer les capacités des gens à se prendre
en charge économiquement de façon durable, cette assistance donc peut
involontairement exacerber les tensions générant le conflit et ainsi le
renforcer et l’alimenter. Une analyse ”Do No Harm” vise à découvrir
comment l’aide peut être apportée de façon à ce que le résultat soit différent.

Comment est-ce que les réalités d’un conflit peuvent être intégrées comme
facteur dans la conception d’un programme pour faire en sorte que
l’assistance humanitaire atteigne ses objectifs déclarés et qu’elle donne en
même temps un espace de parole aux populations locales pour s’engager sur
la voie de la paix plutôt que du conflit?

‘Do No Harm’ fournit un cadre d’analyse des façons dont les questions
suivantes peuvent affecter le conflit:
Avec qui et pour qui travailler.
Qui embaucher (staff).
Avec qui collaborer (partenaires).
Quels biens et services fournir (leur qualité et leur quantité).
Comment faire parvenir l’aide.
Comment travailler avec les autorités sur place sans pour autant légitimer
leur pouvoir ou leur violence.

Le cadre analytique procure un outil pour mieux percevoir les interactions de


l’aide avec le conflit et peut être utile pour planifier, suivre et évaluer les
programmes d’aide humanitaire et d’assistance au développement. Il n’est
pas prescriptif, cela est un outil descriptif qui:
Identifie les catégories d’informations dont l’expérience a montré qu’elles
étaient importantes pour la compréhension de l’effet de l’aide lors d’un
conflit.
Organise ces catégories de manière synthétique soulignant leurs relations
actuelles et potentielles.
Nous aide à prévoir les impacts des différentes décisions de programmation.

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BOITE A OUTILS
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Il y a deux facteurs essentiels dans l’analyse qu’il s’agit de trouver: ce qui


divise et ce qui connecte.
Exemples d’éléments qui divisent:
Relations économiques.
Géographie.
Démographie.
Politique.
Religion.

Certains peuvent faire totalement partie de la société mais d’autres peuvent


être manipulés par des puissances étrangères. Comprendre ce qui divise les
gens est essentiel pour comprendre comment les programmes d’aide
nourrissent ou amoindrissent ces forces.

Quand une société connaît un conflit, les gens qui sont divisés restent
connectés par d’autres éléments. Certains de ces éléments sont:
Les marchés.
Les infrastructures.
Les expériences communes.
Les événements historiques.
Les symboles.
Les comportements partagés.
Les associations formelles et informelles.

Tout cela représente la continuité avec la vie d’avant le conflit et d’avec les
anciens collègues même quand ils sont aliénés par un conflit.

De même, toutes les sociétés disposent d’individus et d’institutions dont le


rôle est de maintenir la paix entre les groupes. Cela inclut:
Les système de justice (quand ils sont opérationnels).
Les forces de police.
Les groupes d’anciens.
Les professeurs.
Le clergé et autres figures respectées.

Même dans les sociétés où une guerre civile impliquant les citoyens
déchirent les schémas quotidiens, il reste beaucoup d’aspects de la vie qui
continuent à rassembler les gens. Voici quelques exemples:
Une histoire commune.
La culture.
La langue.
L’expérience.
Les valeurs et les institutions communes.
L’interdépendance économique et politique
Habitudes de pensée et d’action.

10- 1 4 VERSION 2, MAY 2005


BOITE A OUTILS
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En plus de cela, toutes les sociétés ont des systèmes de gestion des désaccords
et des tensions non-violents

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BOITE A OUTILS
SE SENTIR INVITÉ DANS UNE AUTRE CULTURE - COLLABORER AVEC UN PARTENAIRE LOCAL

10- 1 6 VERSION 2, MAY 2005


11. PARTENAIRES LOCAUX –
RENFORCER LES CAPACITES

Mythe: “ On ne peut pas s’attendre à ce que les victimes d’un


conflit ou d’une catastrophe prennent une part active dans le
travail d’aide. C’est pourquoi la communauté internationale doit
intervenir!”
Réalité: Le travail d’aide consiste avant tout à faciliter les
efforts des communautés touchées pour faire face à la situation
et se remettre. Tout ce qui est fait doit l’être en étroite
collaboration avec les gens de la communauté. Personne ne la
connaît mieux que ses propres membres.

Ce chapitre:
Décrit les principes de coopération avec un partenaire local.
Présente des petits trucs concernant les méthodes de renforcement des
capacités locales dans le domaine des services psychosociaux.

Boîte à outils:
Activités psychosociales (fiches pour la formation).
Animer des petits groupes.

11- 1 VERSION 2, MAY 2005


PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

Renforcer les capacités – une part


importante du travail d’aide
Renforcer les capacités est une part importante des activités des humanitaires
internationaux. Quand nous respectons le Code de Conduite (voir le chapitre
3 pour le détail) les points suivants sont tout spécialement à appliquer:
Nous devons respecter la culture et les coutumes.
Nous devons essayer de baser la réponse à la catastrophe sur les
capacités locales.

Les travailleurs humanitaires doivent avoir accès à la population touchée par


une catastrophe ou un conflit. Dans le cas des réfugiés, il est aussi important
d’avoir accès à la communauté hôte et ses institutions et organisations.

Les travailleurs internationaux peuvent s’attendre à:


Travailler avec les organisations locales identifées avant leur
recrutement.
Identifier des partenaires locaux (institutions, églises ou gouvernement
locaux).
Identifier des personnes ressources au sein de la population affectée et
créer une équipe de travailleurs sociaux. (voir Boîte à outils).

En arrivant et en offrant de l’aide, il est essentiel d’être sensible à la culture


et de coopérer avec les soutiens traditionnels de la société.

Coopération sur le terrain

Tout renforcement de capacités doit être planifié et exécuté en étroite


coopération avec l’équipe du partenaire local et les représentants de la
population touchée. Cela comprend les survivants de la catastrophe, les
réfugiés ou les déplacés. Cherchez les personnes ressources – vous en
trouverez toujours! Même si vous êtes expérimentés et si vous arrivez de
l’extérieur, les gens sur place sont toujours les experts. Ils le sont de leur
culture, de leurs mécanismes de protection et de leurs façons de
communiquer. Il faut donc toujours impliquer des personnes telles que les
professeurs, les leaders communautaires, les tradi-praticiens, les prêtres, les
médecins et les infirmières. Inclure des femmes et écouter les enfants!

Les personnes ressources peuvent former une nouvelle équipe de travailleurs


sociaux. Un atelier peut les réunir autour des buts de l’intervention
psychosociale et les encourager à démarrer les activités qu’ils jugent
nécessaires et utiles. (voir la Boîte à outils pour les détails)

11- 2 VERSION 2, MAY 2005


PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

Comment préparer et démarrer une formation avec les partenaires


locaux.

Former une équipe de planification. Présentez-vous à l’équipe et dites-leur


pourquoi vous êtes là.

Dans beaucoup de cas, les besoins en matière psychosociale sont ressentis de


manière implicite. Les gens ne disent pas toujours comment ils se sentent.
Dans d’autres cas, vous rencontrerez des travailleurs sociaux parfaitement
formés qui sont partie intégrante d’une culture qui reconnaît et affronte les
besoins psychosociaux. L’équipe a besoin de connaître les complexités
culturelles et émotionnelles. Le dialogue avec l’équipe est crucial à un bon
atelier.

Il y a beaucoup de questions à envisager:


Quelle est la manière traditionnelle de faire face à un traumatisme:
raconter des histoires, parler, mettre une chape de plomb?
Existe-t-il une perspective genre?
Quelles sont les manières traditionnelles de donner du sens à ce qui est
arrivé: Dieu, le karma, le destin ou un châtiment?
Comment est-ce que la communauté aborde et explique les symptômes
de la maladie et de la détresse?
Comment sont vus les gens qui sont en détresse? Qu’est-ce qu’on attend
des membres de la communauté?
Qu’est-ce que les gens attendent de ceux qui viennent aider: un secours
immédiat, des médicaments ou la distribution de nourriture et de
denrées?

L’équipe de planification décidera si une formation de formateurs ou


d’acteurs du terrain est nécessaire. L’équipe doit:
Définir les qualifications minimales des participants avant de les inviter.
Le travailleur international doit essayer de savoir qui profite et qui est
exclu du projet. Soyez attentif au possibilités des projets d’aggraver le
conflit et les tensions.
Identifier localement les personnes compétentes qui peuvent contribuer à
l’atelier.
Préparer un ordre du jour et un emploi du temps.
Discuter et inclure les attentes des participants ainsi qu’une évaluation
de l‘atelier.
Organiser les aspects matériels de l’atelier, y compris le budget.

VERSION 2, MAY 2005 11- 3


PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

La méthode participative

Il est essentiel de parler de l’expérience et des attentes des participants. La


meilleure façon de motiver et de respecter les participants est de reconnaître
leurs capacités et leurs compétences.

La méthode doit être participative et équilibrée entre le travail de groupe, la


théorie et les exercices.

Les ateliers de formation de formateurs doivent comprendre:


Des compétences de base en communication pour sensibiliser sur la
façon dont les messages sont transmis et reçus.
Des compétence de base sur la façon d’organiser des ateliers:
présentation des participants, activités pour se connaître, attentes, emploi
du temps et création d’une atmosphère favorable.
Comment préparer et présenter les activités de groupe.

La meilleure façon d’enseigner ces compétences est de les mettre en


pratique, ce qui permet aux participants de les observer et de les articuler.

Formation continue – formation sur la terrain

Dans la plupart des cas, les formateurs et les stagiaires ressentiront que 3
jours de formation sont insuffisants. Une des solutions est de laisser les
participants commencer à pratiquer sur le terrain sous la direction d’un
travailleur expérimenté et d’organiser des sessions régulières de débriefing
en groupe.

Contenu des ateliers/ des séminaires

Voici quelques sujets importants que l’équipe de planification devra mettre


dans l’ordre des priorités.

Les principes de base des services communautaires et de l’assistance


psychosociale sont les suivants (voir Boîte à outils pour la fiche):
La dignité et la valeur des êtres humains.
Le droit de chacun à vivre dans la dignité.
Le droit de chacun à recevoir de l’aide (assistance basée sur les droits).
Traumatismes et réactions aux traumatismes.
La Résilience est la capacité et la force de chacun à récupérer quelle que
soit la situation.
Promouvoir et soutenir les activités d’aide à soi-même.
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11- 4 VERSION 2, MAY 2005


PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

Mesures concrètes pour assurer l’accès à d’autres services par la


médiation/le plaidoyer au niveau local et par la communauté des ONG.
Coopération avec ceux qui sont responsables du secteur de la santé pour
référer les individus qui sont mentalement malades.
Paix et réconciliation sont liées à la normalisation de la vie.
Mécanismes traditionnels mis en place pour faire face à la situation:
détecter la créativité de la communauté, obtenir des suggestions
concernant les moyens de générer des revenues et planifier les besoins
en termes d’encadrement et de matériels de formation.
Moyens de rétablir les structures communautaires.
Situations des enfants, y compris la gestion des questions épineuses des
enfants séparés, des enfants soldats et de l’éducation de base.
Personnes vulnérables: analyser la situation et la solution des problèmes.
Envisager les attitudes et les moyens pour aider les handicapés, en
particulier les enfants.
Envisager les attitudes et les moyens pour faire face aux abus sexuels et à
l’exploitation.

Sujets pour les activités de groupe liées à des questions théoriques:


Réactions aux traumatismes et interventions: échanger les expériences
personnelles.
Facteurs de résilience: faire des descriptions d’individus basées sur des
photos ou des dessins.
Traumatisme et résilience dans le contexte culturel et religieux
spécifique: échanger les histoires, plus ou moins connues de tous, et les
commenter.
Séance de brainstorming: échange libre d’idées pour trouver une
solution à un problème.
Jeu de rôles: un outil pour exprimer des problèmes personnels.
S’entraîner à l’écoute active.

VERSION 2, MAY 2005 11- 5


BOITE A OUTILS PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

> BOÎTE À OUTILS <

La boîte à outils de ce chapitre commence par 7 fiches d’ateliers de


renforcement de capacités. Elles ont pour but de faciliter le travail du
formateur au moment de la préparation de l’atelier.

Les fiches doivent seulement être distribuées après que les thèmes aient été
présentés et débattus entre les participants. Elles peuvent aussi servir
d’illustration lors d’une présentation.

“Animer des petits groupes” est une liste de recommandations pour travailler
en groupes. Le travail de groupe est un outil important pour encourager la
participation active de tous.

11- 6 VERSION 2, MAY 2005


PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES BOITE A OUTILS

> ACT I V IT E S P SY CH O SO CI AL E S <


F IC H E 1

Une approche complète: corps, esprit et âme vu dans un


contexte social. Les situations complexes d’urgence
affectent les êtres humains physiquement, mentalement,
socialement et de façon existentielle.

But:
Que les gens se sentent et fonctionnent mieux.
Que les groupes plus faibles ou vulnérables soient plus
forts.
Que la vitalité et l’énergie soient restaurées.
Que les compétences locales pour le travail
psychosocial soient renforcées.
Que l’on construise la paix et réconciliation.

Principes importants:
Se baser sur les ressources propres des gens.
Retrouver une situation normale.
Coopération entre et avec les partenaires locaux.
Approche intégrée.
Focaliser sur la communauté et les groupes.

Niveaux de l’intervention psychosociale:


Conseil.
Activités de soutien personnel et mutuel.
Renforcement du réseau.
Activités locales.
Soutien psychologique et repérage de cas
problématiques
Intervention physique pour la survie.
Intervention politique.

VERSION 2, MAY 2005 11- 7


BOITE A OUTILS PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

Plaidoyer.

11- 8 VERSION 2, MAY 2005


PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES BOITE A OUTILS

> T R AUM AT I SM E, U N E R E ACT IO N NO RM AL E AU X S IT U AT IO N S


AN O RM AL E S <
F IC H E 2 ( P AG E 1 SU R 2)

Traumatisme

Une situation qui va au-delà de l’expérience


ordinaire est un événement stressant pour
presque tout individu. La situation est une
menace pour votre intégrité physique et
psychologique. Quand vous êtes exposé vous-
mêmes ou quand vous êtes le témoin d’une
situation où les autres sont exposés.

Le traumatisme s’en prend à votre/vos:


Sens de la réalité (trouver une explication)
Autonomie
Emotions
Pensée

Conséquences:
Manque de valeur et de respect pour soi-même
Méfiance envers les autres
Désemparement
Solitude
Sentiments bouleversants
Sens de la continuité

VERSION 2, MAY 2005 11- 9


BOITE A OUTILS PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

> T R AUM AT I SM E, U N E R E ACT IO N NO RM AL E AU X S IT U AT IO N S


AN O RM AL E S <
F IC H E 2 ( P AG E 2 SU R 2)

Désordre de Stress Post-Traumatique (DSPT)

L’événement traumatique est revécu:


Flashbacks
Cauchemars
Comportement répétitif

Période d’éveil accrue:


Sursauts
Irritabilité
Troubles du sommeil
Réactions aggressives
Tension Musculaire
Anxiété

Comportement d’évitement:
Retrait
Isolement
Engourdissment, sensation de vide
Dépression
Sens de la réalité altéré

11- 1 0 VERSION 2, MAY 2005


VERSION 2, MAY 2005

PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES


Domaine Qu’est-ce que le Réactions au intervention Effet
traumatisme? traumatisme

> S E R EM ET T RE DU T R AUM AT I SM E – G R AN D S PR IN CI P E S <


Réalité Evénement Déconnecté, confus. Ecouter, être Reconnecté
extérieur, menace. témoin

Autonomie. Soudain, inattendu, Manque Se concentrer sur Reinstaller le


Libre d’agir. incontrôlé. d’autonomie, l’action, le contrôle sur
sentiment d’être une contrôle. soi.
victime.

F IC H E 3
Sentiments. Douleur, peur, choc, Sentiments de Partager, accepter Etre plus
chagrin , colère. bouleversement. et normaliser. tolérant pour
les sentiments

BOITE A OUTILS
Pensée Insignifiant, Difficile de penser Trouver un sens, Reconstruire la
chaotique. et de comprendre. en parler. capacité de
11- 1 1

penser.
BOITE A OUTILS PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

> C RI S E S ET C AT AST RO PH E S <


F IC H E 4 ( P AG E 1 SU R 2)

La Nature a engendré:
La faim et la sécheresse
Les inondations
Les séismes

Les hommes ont inventé:


La guerre
Les migrations forcées
Le nettoyage ethnique
Le harcèlement sexuel, le viol, la violence et
les abus sur les enfants
La torture
Les persécutions
la politique et la religion

11- 1 2 VERSION 2, MAY 2005


PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES BOITE A OUTILS

> C RI S E S ET C AT AST RO PH E S <


F IC H E 4 ( P AG E 2 SU R 2)

Conséquences

Dommages physiques:
Blessures et mort
Epidémies et maladies
Malnutrition
Réactions psychologiques:
Chagrin
Irritabilité et aggressivité
Anxiété et dépression
Troubles du sommeil, cauchemars et
flashbacks
Tension musculaire

Dommages dans les relations sociales:


Familles et réseaux sociaux détruits ou
changés
Méfiance envers les autres
Manque de respect pour soi-même

Difficultés existentielles/réactions:
Sensation de vide et d’absence de sens
Pas d’espoir pour l’avenir
Apathie
Jugement de Dieu
Chaos politique/ confusion et méfiance

VERSION 2, MAY 2005 11- 1 3


BOITE A OUTILS PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

> M AÎT R IS E R L A C RI S E <


F IC H E 5 ( P AG E 1 SU R 3)

Debriefing

Une séance tout de suite aprèsl’événement:


Que s’est-il passé? Envisager à la fois les
événements et l’information. Se souvenir de
l’information par tous les sens.
Qu’avez-vous pensé?
Comment vous êtes-vous senti et comment
avez-vous réagi? Considérer à la fois les
reactions du moment et celles qui ont lieu
plus tard.
Qu’est-ce que vous faites? Donner des conseils
généraux.
Mobiliser les reactions pour faire face.

11- 1 4 VERSION 2, MAY 2005


PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES BOITE A OUTILS

> M AÎT R IS E R L A C RI S E <


F IC H E 5 ( P AG E 2 SU R 3)

G RO U P E S

Pourquoi utiliser des groupes?


S’occuper de plus de gens.
Créer un contact et une relation sociale.
Réaliser que les autres ont le meme problème.
Apprendre les uns des autres et developer des
competences pour faire face.
Cela aide d’aider les autres.

Comment former un groupe:


Avoir quelque chose en commun.
Faire quelque chose ensemble.
Partager l’information et la motivation.

VERSION 2, MAY 2005 11- 1 5


BOITE A OUTILS PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

> M AÎT R IS E R L A C RI S E <


F IC H E 5 ( P AG E 3 SU R 3)

F AC IL IT AT E R L E P R O C E SS U S D E R ÉC U P ÉR AT IO N

Montrer de l’empathie.
Laisser les gens parler.
Employer une écoute active et attentive.
Adopter la perspective de l’autre.
Donner de l’espoir.
Faire le lien avec ici et maintenant.
Ne pas condamner.
Souligner les ressources et les capacités.
Soyez direct et honnête avec vous-même.

11- 1 6 VERSION 2, MAY 2005


PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES BOITE A OUTILS

> R É SI L I E NC E <
F IC H E 6 ( P AG E 1 SU R 6)

Le mot « résilience » nous vient des science


physiques. Il décrit la capacité d’un objet à
retrouver sa forme d’origine après qu’on l’a
étiré, comprimé ou tordu. La résilience est la
caractéristique qui permet aux personnes
traumatisées de revenir à leur point de depart
sans séquelles graves. Il est établi que des
individus résilients semblent avoir grandi ou
être sortis renforcés de ce qu’ils ont traversé.

Facteurs de résilience

Quels sont les facteurs qui font qu’une


personne est résiliente? Ils peuvent être divisés
en 3 groupes:
Les qualités innées de l’individu.
La famille.
Le réseau auquel l’individu est relié.

VERSION 2, MAY 2005 11- 1 7


BOITE A OUTILS PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

> R E SI L I E NC E <
F IC H E 6 ( P AG E 2 SU R 6)

Facteurs de résilience individuelle

Si l’on se penche sur les facteurs de résilience


individuelle, nous pouvons faire la liste
suivante:
Ressources innées. Elles peuvent être
physiques, émotionnelles et intellectuelles.
La capacité à se maîtriser et à faire face à des
défis difficiles.
Indépendance.
Sociabilité, avoir un caractère facile.
Sentiment d’avoir de la valeur.
Expérience du sens, de la continuité et de la
coherence.
Créativité.
Loisirs et centres d’intérêts.
Contrôle interne, confiance en soi, sens de sa
propre valeur et de sécurité.
La capacité de venir en aide aux autres.

11- 1 8 VERSION 2, MAY 2005


PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES BOITE A OUTILS

> R E SI L I E NC E <
F IC H E 6 ( P AG E 3 SU R 6)

Facteurs externs de résilience pour la protection des individus

Famille:
Structures claires.
Règles et rituels.
Limites sensibles.
Valeurs communes.
Liens forts avec la famille élargie.

Réseau:
Identité du groupe.
Valeurs communes.

VERSION 2, MAY 2005 11- 1 9


BOITE A OUTILS PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

> R E SI L I E NC E <
F IC H E 6 ( P AG E 4 SU R 6)

comparaison Traumatisme et facteurs de résilience

Traumatisme Facteurs de résilience


pertinents
Perte de l’estime, du respect de Sentiment favorable de sa propre
soi-même et de la dignité. valeur.
Perte de contrôle, impuissance. Sens intérieur de contrôle, de
maîtrise et de récupération.
Perte de cohérence et du sens. Sens de la cohérence. Le monde
est compréhensible et fait sens.
Emotions bouleversantes. Débouché pour les émotions, les
symboles et la créativité.
Solitude – perte et rupture des Appartenir à quelque chose/ à
relations. quelqu’un, à une communauté,
avec des relations proches.
Rupture de l’expérience de la Expérience de la continuité,
continuité du temps. planification, projection.

11- 2 0 VERSION 2, MAY 2005


PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES BOITE A OUTILS

> R E SI L I E NC E <
F IC H E 6 ( P AG E 5 SU R 6)

La maîtrise peut amener:


Une expérience du contrôle.
La capacité de contrôle.
Une expérience de la capacité à apprendre.
Un changement positif dans la valeur même de
la personne.

La créativité peut amener:


L’accès à l’expression créative et un debouche
pour les émotions.
Un nouveau moyen de communiquer ses
sentiments aux autres.
De nouvelles idées.
A renforcer la capacité à symboliser.

VERSION 2, MAY 2005 11- 2 1


BOITE A OUTILS PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

> R E SI L I E NC E <
F IC H E 6 ( P AG E 6 SU R 6)

La Communauté influence le sentiment:


D’appartenance.
D’affirmation.
De partage.
De compréhension mutuel et de sens.
De compréhension d’une histoire commune
(lien avec la communauté).

Continuité:
Prévention contre la fragmentation.
Continuité dans l’identité et les relations.
Continuité du sens et de l’histoire.
Création d’une expérience du temps qui est
une réalité en mouvement et non figée.

11- 2 2 VERSION 2, MAY 2005


PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES BOITE A OUTILS

> CO M M UNIC AT IO N V ER B AL E ET NO N- V ER B AL E <


F IC H E 7

Réponse non verbale Réponse non verbale peu


souhaitable souhaitable
Echange de regard. Irritabilité.
Faire les bons gestes. Apathie.
Expression du visage. Actions du type: frapper sur la
Toucher. table, regarder sa montre.
Mouvements négatifs.
Réponse verbale souhaitable Réponse verbale peu souhaitable
Montrer son intérêt. Inquiétude exagérée.
Compréhension. Expression de la surprise.
Acceptation. Discours moralisateur.
Volonté d’aider. Critiques, mépris.
Réassurance. Faire de fausses promesses.
Faciliter la direction et le flot de Interruption intempestive.
la conversation. Imposer ses propres valeurs.
Faciliter le flot de la parole. Sous-estimer, rejeter.
Etre trop curieux.
Débattre et se répandre plus
qu’écouter.
Forcer la personne à parler contre
son gré.

VERSION 2, MAY 2005 11- 2 3


BOITE A OUTILS PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

> AN IM E R D E S P ET IT S G RO U P E S <

Expliquer le rôle de l’animateur aux membres du groupe. Dire clairement


que vous n’êtes pas une autorité détenant toutes les réponses. Le rôle de
l’animateur est simplement d’organiser le groupe de façon à ce que tous
les membres puissent pleinement participer. Chacun participe pour aller
vers la guérison.
Mener le groupe démocratiquement. Tous les membres méritent le même
respect.
Développer une atmosphère de confiance réciproque et des encouragements.
Etablir les limites des discussions; et recadrer les participants qui s’éloignent
du sujet. L’animateur qui structure bien sent quand il faut donner de la
latitude et quand il est mieux de redonner les limites.
Donner au sujet une dimension universelle aide les membres du groupe à se
rendre compte de ce que les inquiétudes et les blessures sont partagées
par tous.
Le Feedback est le processus par lequel les participants obtiennent les
réactions des autres. Cela aide aussi les membres à s’affranchir des
tabous sociaux qui entourent l’expression des sentiments. Qu’il s’agisse
par exemple de la douleur et de la blessure que crée une situation
d’apartheid.
Résumer aide les membres du groupe à comprendre ce qui a été exprimé, et
connaître leurs propres sentiments aide chaque participant dans son
chemin vers la guérison.
Les sentiments ne sont pas bons ou mauvais. Ils sont ! tout simplement. Les
participants doivent être encouragés à exprimer leurs sentiments et à
accepter ceux des autres de façon sensible et respectueuse.
Les problèmes fréquemment rencontrés dans les groupes sont:
Ceux qui monopolisent la parole, ce sont les gens qui doivent être le
centre de l’attention.
Prouvez-le, les gens qui se livrent à ce jeu visent à défier l’animateur.
Bla-bla-bla les gens qui parlent sans cesse et de façon intempestive.
Essayez de me convaincre, ces personnes ne s’engagent que
partiellement vis-à-vis du groupe et du processus.
Ceux qui intellectualisent, tout se passe au niveau de la tête, il n’y a pas
d’émotions.
Oui, mais…, les persones qui trouvent un problème dans chaque
solution ou suggestion.
Les gens qui s’endorment.
Soyez très conscient de votre propre langage corporel et décryptez celui des
participants.
Six petits utiles à partager avec le groupe:
Soyez patients et avancez pas à pas.
Encouragez-vous les uns les autres.
Soyez responsables de votre propre comportement.

11- 2 4 VERSION 2, MAY 2005


PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES BOITE A OUTILS

Ne vous éloignez pas du sujet.


Impliquez-vous dans le fil de la discussion.
Répartissez équitablement le temps.
Briser la culture du silence. Les gens ont besoin de confiance en eux-mêmes
pour parler de leurs émotions, cela est pourquoi il est important qu’ils
sachent que ce qu’ils ressentent est de grande valeur.
La confiance s’établit par le dialogue. Se fier aux autres pour parler de nos
souvenirs les plus douloureux est très difficile. C’est pourquoi il faut non
seulement parler de l’importance de la confidentialité, mais aussi se la
jurer.
Les gens doivent être rassurés quant au fait qu’ils sont vraiment acceptés
comme ils sont et qu’il est sûr d’exprimer ses sentiments profonds. Une
personne parle à la fois. Ne pas rabaisser; ridiculiser ou faire se sentir
mal les gens.
Un groupe ne devient jamais une communauté à moins que ses participants
prennent l’habitude de s’écouter avec un profond respect.
Le silence fait du bien. Il est important que l’animateur ne se précipite pas
pour reprendre la parole quand il y a silence. Les animateurs doivent
apprendre qu’il n’est pas nécessaire de remplir tous les moments de
silence.
Pour une écoute efficace, il est important de ne pas débattre, de ne pas
interrompre, de ne pas juger, de ne pas conseiller ni tirer des conclusions
hâtives.
Essayez de vous souvenir de l’écoute qui renvoie un message. Montrer que
vous essayez de comprendre et d’aider la personne à clarifier et à définir
ses sentiments.
Souvenez-vous que les gens racontent leurs histoires et révèlent leurs
blessures, l’animateur doit les respecter. Il s’agit d’un moment
sacrosaint.

VERSION 2, MAY 2005 11- 2 5


BOITE A OUTILS PARTENAIRES LOCAUX – RENFORCER LES CAPACITES

Lectures complémentaires
Sur la page www.savethechildren.ch ARC Project, vous trouverez du
matériel compréhensible utilisable au travail du groupe, ainsi que des
chapitres sur le travail avec enfants et sur l’intervention psychosocial.
Academie des interventions en cas de crise, education, planification et
formation.. www.disaster-management.info/

11- 2 6 VERSION 2, MAY 2005


12. EVALUATION PSYCHOSOCIALE
INDIVIDUELLE

Ce chapitre:
Présente les principes de l’aide psychologique d’urgence.
Décrit les facteurs de risque psychologique.
Présente les réponses pour face faire à ses risques.
Liste les facteurs de risque pour les enfants.
Souligne les moyens d’aider les enfants.

Il n’y a pas de boîte à outils séparée ajoutée à ce chapitre. Le chapitre lui-


même est un outil. Les expériences traumatisantes peuvent créer des
personnes traumatisées. Répondre de façon sensible et attentive dans les
premiers moments qui suivent une catastrosphe contribuera à une bonne
récupération. Cela sera suffisant pour la plupart des gens. Pourtant, certains
qui se trouvent en plus grande détresse aurant besoin d’une attention
individuelle.Voici quelques conseils simples.

Aide d’urgence et Thérapie


Apporter des réponses sur le terrain est déjà une forme d’aide d’urgence. Il
n’y a pas assez de stabilité, ni de sécurité, ni de personnel et de temps pour
faire plus. Notre première tâche est de protéger ceux qui ne peuvent pas se
protéger leur-mêmes. Cela comprend les personnes vulnérables
psychologiquement, les personnes qui sont sous assistance psychologique et
celles qui sont à la merci d’autres personnes. C’est la communauté qui est
sur le terrain la base des soins. Nous organisons et nous éduquons la
communauté à fournir le confort, l’atmosphère, la communication et
l’assistance.

Les personnes identifiées comme vulnérables au sein de la communauté


doivent être vues par un professionnel de santé mentale chaque fois que
possible. Quand cela n’est pas possible, l’aide psychologique d’urgence doit
être employée jusqu’à ce qu’un professionnel soit disponible.

Aide psychologique d’urgence:

VERSION 2, MAY 2005 12- 1


EVALUATION PSYCHOSOCIALE INDIVIDUELLE

réconforter et consoler les personnes touchées.


Protéger les gens de menaces plus grandes.
Se soucier des besoins matériels immédiats (nourriture, boisson, abris,
repos et soins médicaux).
Assister et encourager une planification de court terme.
Faire se retrouver les familles et les communautés.
Donner l’occasion aux gens de parler de leurs histoires sans qu’ils
subissent de pressions.
Aider au développement d’un système de soutien sur le long terme.
Fournir des occasions de faire ses preuves et de maîtriser cette
expérience.
Identifier les besoins plus importants et référer les gens aux personnes
ressources adéquates.

Quand vous êtes en presence de quelqu’un qui a besoin de plus que l’aide
psychologique d’urgence, il est nécessaire de recourir à un médecin. Parfois,
il est possible pour une famille de s’occuper et de surveiller quelqu’un de
très fragile. Parfois, c’est un groupe d’amis qui assure cette tâche. Un
médecin peut aussi administrer un sédatif si les désordres psychologiques ne
peuvent pas être pris en charge par une communauté. Quels que soient les
choix, il faut se rendre compte que lors de catastrophes, les gens sont
mobiles et libres de leurs mouvements n’importe quand. Prenez en compte le
fait que les patients puissent ne pas être là pour des soins et une surveillance
continus.

Facteurs de risque psychologique

Il est normal, et même sain, de réagir à des événements traumatisants tels


que les catastrophes. Ces réactions n’indiquent pas que l’on est en train de
devenir fou mais plutôt que l’on est « normal ». Dans les premières heures
ou les premiers jours qui suivent un évévement traumatisant, il est très
commun de voir les réactions suivantes:
Sens très en alerte ou hypervigilance.
Angoisse générale.
Brouillard psychique.
Instabilité émotionelle ou changements rapides d’humeur.
Culpabilité du survivant.
Sentiments partagés concernant le fait de recevoir de l’aide, défiance
envers les autres, sentiment d’être différent.
Trous de mémoire, difficulté de concentration.

A mesure que le temps passe, les réactions se poursuivent, faisant surface


des jours, des semaines ou même des années plus tard. Il s’agit là de
réponses normales qui d’habitude s’effacent au fil du temps. Elles peuvent
augmenter de nouveau quand surviennent des éléments qui rappellent le

12- 2 VERSION 2, MAY 2005


EVALUATION PSYCHOSOCIALE INDIVIDUELLE

traumatisme, tels que l’anniversaire de l’événement traumatisant. Pourtant


ces réactions disparaissent à la fin.

Quelques réactions nécessitent une réponse immédiate de la part des


professionnels de santé. Trois groupes de personnes sont à risques et
nécessitent un soutien plus important que la moyenne des survivants du
traumatisme.

Les plus en danger: Les personnes qui présentent un danger pour eux-
mêmes ou les autres: les personnes suicidaires, violentes envers les autres et
les personnes qui négligent le danger et adoptent des comportements à hauts
risques.

En danger: Les personnes incapables de se protéger ou de répondre à leurs


besoins essentiels: Les gens choqués, très passifs, ceux qui entendent des
voix, ceux qui ne mangent ni n’assurent la satisfaction de leurs besoins de
base et les enfants dépendants séparés de leurs familles.

Ceux qui ont besoin de soutien: Les gens capables de satisfaire leurs
besoins mais pas ceux des autres, en particulier les enfants. Ce groupe
comprend les gens qui ne prennent pas les bonnes décisions ou les gens qui
ne mesurent pas les conséquences de leurs choix. Ces personnes font preuve
de peu de communication interpersonnelle, peuvent être isolées et sont
enclinées à avoir de nombreux désaccords avec les autres.

Le soutien à ces personnes doit se faire par la communauté des soignants en


santé mentale ou par la communauté médicale si aucun professionnel de
santé mentale n’est disponible. Pour trouver ces professionnels, il faut
souvent faire appel à la représentation locale de l’OMS.

Faire appel à la famille, aux amis et aux


voisins
On peut souvent observer la capacité de fonctionner d’une personne. Les
personnes qui sont les groupes en danger décrits ci-dessus feront preuve d’un
comportement qui les distingue de la communauté. La communauté, la
famille et les voisins remarqueront souvent de tels comportements et les
rapporteront à l’attention de l’administration locale, du personnel de
l’hôpital, de la police ou des autorités du camp.

Certaines personnes ayant besoin d’un soutien ne sont pas visibles. Une
attention particulière au moment de l’enregistrement aidera à localiser
certaines de ces personnes. Une forme de répresentation au sein de

VERSION 2, MAY 2005 12- 3


EVALUATION PSYCHOSOCIALE INDIVIDUELLE

l’administration du camp permettera aux représentants élus de chaque


voisinage de demander de l’aide pour ceux qui en ont besoin. On peut aussi
procéder à un examen sur les sites de distribution alimentaire.

Quand vous avez reçu l’information, il est essentiel d’avoir un contact direct
avec la personne concernée. Essayez autant que possible de savoir ce qui a
inquiété les autres. Renseignez-vous sur:
La fréquence du comportement.
Le contexte dans lequel ce comportement a débuté.
L’histoire familiale de la personne.
Le fait que cette personne est seule ou dispose d’un système de soutien.
Le fait que ce type de comportement a déjà eu lieu auparavant.
Ce que ce comportement signifie dans cette culture.

Au moment d’évaluer le comportement, il faut toujours prendre en compte


l’aspect physique de la personne.
Cette personne mange-t-elle et dort-elle normalement?
A-t-elle été blessée lors de la catastrophe ou est-elle atteinte d’une
maladie qui peut être indépendante de la catastrophe et qui cause ces
symptômes chez elle?
Est-ce que cette personne suit normalement un traitement qui n’a pas pu
se poursuivre à cause de la catastrophe?

Des renseignements provenant de personnes qui connaissent la personne en


question peuvent être d’un grand secours dans l’évaluation de son
comportement. Il faut poser des questions directes avec respect et sensibilité.
En tant que travailleur humanitaire, n’hésitez pas à employer votre interprète
pour rassembler davantage d’informations. Il est impératif que la collecte
de l’information soit effectuée de façon à éviter de traumatiser cette
personne à nouveau. Rassemblez l’information à petites doses, et vérifiez
régulièrement comment cette personne se porte pour minimiser les
traumatismes supplémentaires.

Quand vous rassemblez de l’information au sujet de la communauté de la


personne, organiser vos questions sera utile.

Quelles étaient les caractéristiques de cette communauté avant la


catastrophe actuelle?
Quelle était leur structure sociale – clans, tribus, groupes ethniques?
Quelle était la structure familiale?
Qui dans la famille s’occupaient des finances ou des problèmes?
S’agissait-il d’un système de famille élargie ou multigénérationnelle?
Quels types d’expérience le groupe a-t-il connu depuis le début de la
catastrophe? Y a-t-il eu des déplacements, des violences contre les civils,

12- 4 VERSION 2, MAY 2005


EVALUATION PSYCHOSOCIALE INDIVIDUELLE

des destructions de domicile, de bétail, de l’insécurité alimentaire ou des


décès de membres de la famille?
Y a-t-il des sanctions ou des tabous concernant des sujets spécifiques,
des traditionns, des rituels ou des interactions sociales telles que les
décès, les enterrements, les deuils, le viol, les actes de vengeances, la
justice ou la sexualité? Posez vos questions avec respect! Faites appel à
votre interprète culturel.

Il est très commun qu’un comportement étrange qui a été signalé ait une
explication très simple. Cette personne va peut-être bien. Il est important de
vérifier les rumeurs ou les préjugés qui ont été portés à l’attention des
services psychosociaux pour empêcher que les gens soient stigmatisés ou
considérés comme des boucs émissaires. Notre but est de faciliter le retour
des gens à leur plein rendement!

Réponses pour soutenir les personnes à


risques
En plus de l’aide psychosociale d’urgence décrite plus haut et du traitement
assuré par les professionnels de santé mentale, d’autres petites choses
peuvent être accomplies.

Créer un système d’assistance sociale. Les gens ont besoin du réconfort et du


soutien des autres, en particulier quand se produisent des événements
extraordinaires. Mettre en place une mini-communauté stable amène un
grand réconfort à la personne vulnérable. Chaque fois que possible, ces
personnes doivent appartenir à la famille, au voisinage et au groupe ethnique
de la personne vulnérable.

Encouragez la personne fragile à demander ce qu’elle veut et ce dont elle a


besoin. Pouvoir demander pour soi après une catastrophe est un pas décisif
vers la guérison.

Protéger les personnes vulnérables de traumatismes supplémentaires autant


que possible, tels que la stigmatisation des boucs émissaires ou le fait de
devoir recommuniquer leurs histoires si elles n’y sont pas prêtes.

Facteurs de risques pour les enfants


Les enfants et les adultes sont traumatisés au cours d’événements hors du
commun. Les signes qu’un enfant a besoin d’aide sont un peu différents des

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EVALUATION PSYCHOSOCIALE INDIVIDUELLE

signes présentés par les adultes. Cela est dû en grande partie au fait que les
enfants sont limités pour s’exprimer verbalement.

Les symptômes suivants sont caractéristiques des enfants en détresse:


Manque d’intérêt ou d’énergie.
Retrait des relations avec les adultes ou les autres enfants.
Dépendance excessive envers les proches.
Tristesse prolongée ou anxiété généralisée.
Perte d’appétit.
Troubles du sommeil.
Maux de têtes ou autres plaintes somatiques.
faible concentration, agitation, changements soudains d’humeur.
Comportement sexuel inapproprié pour l’âge.
Comportement aggressif ou destructif.
Préoccupation doublée de violence, de souffrance ou de rejet du jeu.

Les enfants qui ont connu des expériences stressantes trouvent souvent la
meilleure aide auprès de leurs familles et de leurs communautés. Il est en
particulier important de:
Fournir un soutien auprès de la famille ou de la famille de substitution.
Restaurer la structure du quotidien par l’école primaire ou maternelle,
par des heures de repas régulières, des occasions de jouer, des
récréations et de la routine.

Les enfants ne doivent pas être séparés de leurs familles. En cas de


séparation, il faut essayer de les réunir aussi rapidement que possible.

Si les enfants font montre de détresse sur des périodes de temps prolongées,
ils ont peut-être besoin de l’aide de professionnels spécialisés formés à
travailler avec les enfants au sein de cette culture. Une grande prudence
doit être de mise si l’on prend la décision qu’une thérapie est nécessaire.
Seuls des professionnels formés qui sont capables de travailler au sein de la
culture de l’enfant doivent entreprendre cette thérapie. L’enfant doit être
dans une situation stable qui permet de prendre suffisamment de temps pour
achever la thérapie au rythme de l’enfant et assurer le suivi.

12- 6 VERSION 2, MAY 2005


13. VIE SPIRITUELLE LORS DES
CATASTROPHES

Mythe: “le travail d’aide doit se focaliser sur les besoins


essentiels à la survie: nourriture, eau et abris.”
Réalité: les situations d’urgence causent souvent de grands
gouffres dans les communautés. Les gens perdent leurs
repères et leur identité. Le besoin d’être en lien avec la
transcendance, avec Dieu, est bien plus pressant que dans les
circonstances ordinaires.

Ce chapitre:
Met l’accent sur le fait que partout dans le monde les êtres humains sont
unis par leurs similitudes et leurs besoins spirituels.
Détaille l’importance qu’il y a à assister et à faciliter les possibilités de
vie spirituelle en situation d’urgence.
Définit le rôle du travailleur spirituel.

Boîte à outils:
Gérer les accidents mortels.
Notification d’un décès.
Les étapes du deuil.
Pratiques de deuil.

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VIE SPIRITUELLE LORS DES CATASTROPHES

La spiritualité est universelle


Nos amis anthropologues nous ont aidé à réaliser que les êtres humains, d’où
qu’ils soient, sont unis par des ressemblances spirituelles. « Il existe dans les
contextes religieux de toutes les cultures des relations entre un sens de la
transcendance, les valeurs morales, une forme d’éternité symbolique, des
explications de la présence du bien et du mal dans l’existence et des moyens
de comprendre les forces du destin quand arrive la rencontre avec l’au-delà.
L’intérêt égoïste de l’être humain – qui est considéré comme la racine du
péché dans toutes les grandes religions dans le monde – semble être
universel chez tous les Hommes depuis longtemps. » (Augsburg, 1986)

Notre vie spirituelle reflète la manière dont nous comprenons le monde et les
raisons qui gouvernent les événements. Les gens qui croient en Dieu
trouvent un lien entre les événements et la relation de Dieu au monde. Quelle
que soit la religion, les gens possèdent un sens du bien et du mal. C’est
pourquoi quand les situations d’urgence évoluent, les gens cherchent
universellement à trouver un sens en fonction de leurs traditions religieuses
et de leur culture.

L’impact de la catastrophe sur la vie


spirituelle
Quand l’impensable arrive, qu’il s’agisse de famines, de guerres , de séismes,
de glissements de terrain ou d’inondations, nous demandons pourquoi. Ce
processus de recherche de réponses nous améne au coeur de la vie
spirituelle, de la théologie. Est-ce Dieu la cause de tout ceci, Dieu nous a-t-il
abandonné, Dieu entend-il mes prières, suis-je châtié(e)? Ces questions sont
sans fin et souvent douloureuses, puisqu’elles reflètent une perte
fondamentale de sécurité et/ou de confiance.

Rechercher du réconfort est un souhait universel quand les vies sont


déchirées par l’urgence. Les peurs sont souvent présentes et réalistes. Les
routines familières et les visages ne sont plus là. La douleur est souvent une
réalité quotidienne. Dieu est-il présent parmi ces gens durant ces
circonstances?

Les catastrophes causent souvent de grandes perturbations au sein des


communautés. Les populations sont déplacées, au moins pour un temps.
L’infrastructure, telle que l’adduction d’eau ou la fourniture en électricité,
les magasins et les transports, ne fonctionne pas normalement. Les écoles
sont souvent fermées ou employées à d’autres fins. Les gens se sentent

13- 2 VERSION 2, MAY 2005


VIE SPIRITUELLE LORS DES CATASTROPHES

désorientés et perdent leur sens d’appartenance. Leur identité a été modifiée


par l’urgence. Le besoin d’être relié à la transcendance, avec Dieu, est plus
pressant que dans les circonstances ordinaires.

Les choses auxquelles les gens se fiaient sont remises en question. Est-ce
que Dieu viendra vraiment en aide aux gens? Dieu est-il plus puissant que le
mal? La vérité et le bien triompheront-ils à la fin? Est-ce que je peux faire
confiance aux gens envoyés pour m’aider? À mon gouvernement? À Dieu?

Soutien psychosocial et vie spirituelle


Le soutien psychosocial met l’accent sur l’aide apportée aux gens pour
récupérer ou améliorer leur capacité à fonctionner dans leur culture. Trouver
des réponses aux question spirituelles et retrouver la foi et la tradition est vital
dans le processus de retour à la normale.

Dans la vie spirituelle, comme dans l’éducation ou la santé, l’équipe des


services psychosociaux doit localiser et coordonner ceux qui sont les
leaders de la tradition spirituelle des gens qui sont touchés par la catastrophe.
Donner aux survivants l’occasion de prier, d’avoir accès aux livres (bibles,
corans), de disposer d’un espace de rencontre, fait partie des services
psychosociaux de base. Les survivants de la catastrophe savent ce dont ils
ont besoin pour se remettre et leurs voix doivent être entendues.

Le soutien pastoral, qui est une composante du soutien psychosocial, est


simplement là avec les gens (on le nomme Ministère de la Présence dans
certaines traditions). Ce ministère se pratique dans beaucoup de traditions et
de fois. Le ministère comprend des représentants de la tradition
physiquement présents pour les gens dans les suites de la catastrophe. Leur
rôle est de soutenir, d’écouter et de prier avec et pour les gens, tandis que les
survivants cherchent à trouver du sens dans ce qui est arrivé. Parfois, ce
service n’est pas mis en place de peur que les leaders religieux essaient
d’évangéliser les gens et qu’il y ait des pressions exercées sur les gens pour
se convertir à tel ou tel prêche. Il s’agit là d’un souci légitime et une grande
attention doit être apportée à bien spécifier le type d’aide requise au moment
de recruter les leaders religieux. En tous les cas, le Ministère de la Présence
est une fonction importante dans le processus de récupération des survivants
des tragédies.

Composantes du soutien spirituel lors des catastrophes

Ministère de la Présence: Les survivants des catastrophes ont besoin d’avoir


accès aux leaders religieux de leur foi quand ils en font la demande. Il est

VERSION 2, MAY 2005 13- 3


VIE SPIRITUELLE LORS DES CATASTROPHES

essentiel que les gens puissent faire sens des événements présents avec leur
système de croyances.

La sécurité est essentielle. Dans les situations d’urgence, bien des choses
échappent au contrôle des gens. Il est essentiel que les gens soient capables
de contrôler quand et de qui ils reçoivent l’information religieuse.
L’évangélisation est inappropriée dans une situation d’urgence (comme
mentionné dans le Code de conduite). Les questions venant des gens doivent
avoir une réponse honnête et prompte. En tous les cas, essayer de vendre un
système de croyances quand les gens sont vulnérables est une forme d’abus.

Le réconfort est nécessaire. Une des fonctions du ministère de la Présence est


d’apporter le réconfort de savoir que Dieu est présent, même au mileu de
l’inimaginable. Il est réconfortant de voir pratiquer des traditions familières
quand le reste de la vie connaît le chaos.

Le soutien spirituel au cours des catastrophes comprend des relations plus


personnelles que les autres services procurés aux survivants. En tant que tels,
les leaders religieux peuvent devenir des avocats, des camarades, des
éducateurs et des acteurs de l’écoute pour les individus, les familles ou les
groupes. Ce soutien personnel est d’une immense valeur pour les survivants
et doit être maintenu quand il est adéquat.

Le culte est une composante essentielle de beaucoup de traditions


religieuses. L’occasion de rendre le culte doit être disponible pour tous ceux
qui le désirent. Quand plusieurs traditions religieuses cohabitent au sein des
populations touchées, toutes les traditions doivent pouvoir rendre le culte.
Aucune préférence ne doit être donnée à une tradition sur une autre.

Aider les gens à enterrer leurs morts selon leur religion et leurs traditions.

Rôles des travailleurs spirituels

Ecoute active – avec des compétences d’entretien:


Donner à la personne une pleine attention.
Poser les questions appropriées – en particulier si la personne n’est pas
d’une confession que vous connaissez.
Essayer de ne pas diriger la conversation.
Employer prudence et discrétion quand les gens se révèlent.

Camarade:
Accompagner de façon appropriée les survivants dans les lieux ou les
rencontres difficiles. Cela peut inclure la morgue pour identifier un corps
ou le premier contact avec les officiels.

13- 4 VERSION 2, MAY 2005


VIE SPIRITUELLE LORS DES CATASTROPHES

Accompagner à distance peut aussi être utile. Rendez-vous disponible si


besoin est en étant à proximité ou joignable par téléphone.

Animateur de groupe:
Les groupes de survivants peuvent souhaiter discuter sans qu’il y ait de
débriefing formel, de leurs expériences et de leurs choix. On peut agir
comme facilitateur d’un tel groupe.

Facilitateur du culte, de préférence en coordination avec les leaders locaux:


En collaboration avec les leaders confessionnels locaux.
S’assurer que les rituels religieux appropriés comprenant la participation
des survivants et des familles des morts sont accomplis en prenant en
compte les besoins de la communauté et de la famille.
Cela signifie avoir plus d’une observance ou d’un service religieux.

Educateur:
Aider les survivants à accéder à leurs propres ressources pour
commencer leur convalescence et leur restauration.
Fournir une information précise et opportune sur les services
disponibles, les organisations et les lieux où les ressources sont
disponibles.

Autre:
Consultant pour les agences extérieures pour la confession.
Conseiller ou soutien au personnel local impliqué dans la gestion de
l’urgence.
Coordonnateur des leaders confessionnels communautaires.

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VIE SPIRITUELLE LORS DES CATASTROPHES

> BOÎTE À OUTILS <

Gérer les accidents mortels.

Même quand nous sommes aussi prudents que possible, nous ne sommes pas
certains que les accidents n’arriveront pas. Une mort accidentelle crée le
chaos. Il est utile pour gérer ces situations d’avoir un ensemble de directives.

Si un accident mortel se produit, avoir de l’empathie est important. Les


questions pratiques liées à la mort peuvent être diverses, au cas où l’accident
implique un membre de l’équipe locale ou un expatrié.

Ce type de situation nécessite une coordination, une solidarité et une loyauté


très forte. On attend plus de la personne en charge. Il y aura une exigence
d’information et il est de la plus grande importance de partager ces
informations de façon calme et correcte sans prendre en compte les rumeurs.

Equipe locale

Les traditions et les règles locales doivent être suivies. Contacter un


représentant religieux quand il le faut.

Les parents doivent être informés d’une manière qui correspond aux
traditions locales. Des représentants de l’équipe doivent exprimer leurs con-
doléances aux parents, si possible en leur rendant visite.

Equipe internationale

Les parents doivent être informés de l’événement aussi tôt que possible. Il
faut éviter de le faire par téléphone. Contacter l’organisation qui emploie la
personne décédée. Elle doit contacter les parents du défunt. S’assurer que
cette organisation possède les informations complètes et correctes. Cela doit
comprendre le contact d’une personne sur le terrain. Cette information doit
être transmise aux parents.

Dans la plupart des pays, un médecin établira un acte de décès qui doit
inclure la cause de la mort. Assurez-vous que le corps est clairement

13- 6 VERSION 2, MAY 2005


VIE SPIRITUELLE LORS DES CATASTROPHES

identifié et porte une marque de l’identité. Faites le relevé du cours des


événements.

Contacter l’ambassade ou le consulat du défunt. Ils vous aideront et vous


conseilleront pour les détails pratiques.

Contacter l’organisation qui a envoyé le défunt. Elle se chargera des contacts


avec les parents et arrangera les problèmes pratiques tels que l’arrivée du
cercueil dans le pays d’origine.
Contacter une entreprise locale afin de préparer le corps au transport. Suivez
les règles locales qui régissent les décès. Choisissez quelqu’un pour
accompagner le cercueil dans le pays d’origine.

Soutien aux membres de l’équipe impliqués

Ceux qui ont été directement impliqués dans l’accident doivent être
débriefés après quelques jours. Tous ceux qui ont un lien d’une façon ou
autre avec l’événement doivent être réunis aussi tôt que possible. Essayez
d’établir une atmosphère chaleureuse et calme. Parlez lentement et
soigneusement pour créer la confiance. Donnez des informations sur ce qui
va se passer par la suite. Essayez d’être aussi exacts que possible.
L’information réduit l’anxiété, même quand il s’agit de mauvaises nouvelles.
Même dire qu’on manque de nouvelles diminue le niveau d’anxiété.

Il est particulièrement important d’écouter les gens impliqués et de les aider


à parler de leur perception de l’événement. Les personnes touchées auront
besoin de quelqu’un qui écoute avec toute l’attention possible. Un contact
physique léger peut être apaisant et accroître le sentiment de présence. Il est
adéquat de donner de brèves informations sur les réactions normales à la
crise. Cela comprend les sentiments d’irréalité, la négation et l’incrédulité.
Parfois quand les gens sont choqués, il peut y avoir quelques signes
extérieurs des sentiments qu’ils expérimentent. Cette information peut être
donnée individuellement ou en groupe.

Inviter à une cérémonie du souvenir

Si une cérémonie du souvenir est prévue, les parents peuvent vouloir y


participer. Veillez à ce qu’ils soient informés et qu’ils puissent s’y rendre.
S’ils veulent participer, la cérémonie devra peut-être être reportée
ultérieurement. Dans ce cas, vous pouvez envisager d’organiser un
rassemblement informel avant la cérémonie formelle. Essayez de vous
conformer aux coutumes locales. Une information peut aussi être fournie sur
ce qui se passera dans les jours à venir.

VERSION 2, MAY 2005 13- 7


VIE SPIRITUELLE LORS DES CATASTROPHES

Si les funérailles ont lieu loin du site de travail, il est bien de les
commémorer en programmant un moment de silence.

Assurez-vous qu’il y ait un suivi approprié avec les parents et les collègues
de travail.

Ces directives s’appliquent aussi si une personne décède d’une maladie.

13- 8 VERSION 2, MAY 2005


VIE SPIRITUELLE LORS DES CATASTROPHES

> NO T IF I C AT IO N D’ U N DE C E S <

On vous demandera peut-être de notifier un décès. Il s’agit là d’une des


tâches les plus difficiles qu’on puisse vous demander d’accomplir. En tant
que messager d’une mort inattendue, vous pouvez être la cible de sentiments
exacerbés. Ces sentiments comprennent colère, déni et insensibilité. Votre
rôle est de recevoir ces sentiments sans critiquer ou faire la morale. Il n’est
pas d’offrir un avis pratique ou d’essayer d’adoucir les choses. Pour
quelques temps, vous allez devoir accueillir désespoir et anxiété et recevoir
les sentiments tourmentés que le message a causés.

Vérifiez et vérifiez encore l’information concernant le décès. Essayez


d’obtenir autant d’informations que possible afin de répondre aux
nombreuses questions que l’on peut vous poser.

Quand vous transmettez votre message, faites-le avec une grande dignité.
Delivrez-le aussi tôt que possible, sans trop de paroles inutiles, et en
personne, si possible. Si vous avez reçu le message par fax ou par e-mail,
apportez le message si c’est approprié de façon à ce que les gens à qui le
décès est notifié puissent le lire de leurs propres yeux.

Après avoir transmis le message, ne laissez pas la/les personne(s) seule(s).


Assurez-vous qu’il y ait quelqu’un qui puisse rester avec la famille. Essayez
d’y retourner le lendemain de manière à ce que les informations données la
veille soient bien comprises.

Conseils pratiques:
Vérifiez à deux fois le fax, l’e-mail ou l’appel.
Essayez de trouver les numéros de téléphone utiles.
Transmettez la notifition en privé.
Veillez à ce que les personnes touchées aient un visa valide. Fournissez un
billet d’avion.
Veillez à ce que les personnes touchées aient la possibilité de téléphoner.

Avant d’accepter de transmettre le message, évaluez si vous avez la capacité


ou non de le faire. Si vous avez récemment fait l’expérience du décès d’un
proche, cela pourra s’avérer difficile pour vous et produira un stress difficle
à gérer. Si vous n’êtes pas capable de transmettre le message, trouvez
quelqu’un d’autre qui puisse se charger de la faire.

Veillez à ce qu’il y ait à qui vous confier ensuite. Soyez prêt(e) à connaître
des émotions fortes survenant longtemps après l’événement. Vous serez
touché(e) plus que vous imaginez. Cela vous prendra beaucoup d’énergie.

VERSION 2, MAY 2005 13- 9


VIE SPIRITUELLE LORS DES CATASTROPHES

> L E S ET AP E S DU D E UIL <

Expérience du choc et déni.


Expérience d’explosions émotionnelles.
Incapacité à se concentrer sur autre chose que la perte.
Expérience de la détresse physique.
Expérience de la dépression et de l’obscurité totale.
Sens de la culpabilité.
Hostilité.
Refus de participer aux activités normales.
Réalisation progressive: retour aux réalités.
Retour au cours de la vie.

13- 1 0 VERSION 2, MAY 2005


VIE SPIRITUELLE LORS DES CATASTROPHES

PR AT IQ U E S D E D E UI L <

L E S P R AT IQ U E D E D EU IL V AR I E NT D’ UN E CO M M UN AUT É À
UN E AU T R E . IL E ST DO N C IM PO RT ANT D E CO N SUL T E R L E S
T R AD IT IO N S L O C AL E S ET P AS S E U L EM E N T S E F I ER AU X
DE S CR I PT IO N S G ÉN ÉR AL E S D E S T R AD IT IO N S E N F O N CT IO N
DE L A G ÉO G R AP H IE O U D E L A R E L IG IO N.

Sud de l’Afrique

Voici les descriptions des pratiques coutumières du sud de l’Afrique. Il y a


quelques variations en fonction des communautés et des traditions religieuses,
mais il y a aussi des éléments communs.

Quand un homme meurt: Le corps est transférée à la morgue. Sa chambre


est vidée de tous ses biens, sauf une paillasse. Sa veuve reste dans sa
chambre jour et nuit jusqu’aux funérailles. Les autres peuvent lui rendre
visite et s’occuper d’elle. Quand toute la famille se réunit, elle revêt ses
habits de deuil. Cela peut prendre jusqu’à deux semaines. Le deuil dure un
an. Pendant cette période, la veuve porte ses vêtements de deuil. Elle ne peut
pas aller aux champs, serrer des mains, aller dehors après le coucher du
soleil, se remarier ni avoir de relations.

Quand une femme meurt: Le mari fait un feu dans la cour et se tient
debout à côté et parle avec les autres hommes qui viennent lui rendre visite.
Il organise les funérailles, commande un cercueil et sacrifie une vache pour
nourrir les invités aux funérailles. Toute la famille se réunit pour les
funérailles. L’homme porte un manteau de deuil ou un brassard noir pour
signifier son chagrin après l’enterrement de sa femme. Il ne peut pas avoir de
relations pendant une année.

Quand un enfant meurt: Les parents restent dans la maison jusqu’aux


funérailles et portent des brassards noirs après les funérailles.

Quand un parent meurt: La fille aînée s’assoit sur le lit ou la paillasse du


parent défunt avant les funérailles. L’enterrement est déterminé par le
moment où la famille peut se réunir. Les membres de la famille se rasent la
tête et portent des brassards noirs. Certaines communautés portent un certain
type de perles au cou pour signifier leur deuil. Les membres de la famille
évitent les moments de joie ou les activités récréatives en respect pour la
défunt.

VERSION 2, MAY 2005 13- 1 1


VIE SPIRITUELLE LORS DES CATASTROPHES

Bouddhisme tel qu’il est pratiqué au Népal

Le bouddhisme est communautaire par nature et les fêtes et la solidarité


communautaire en sont une partie intégrante. Il y a des rituels stricts pour la
toilette du mort, les funérailles et le deuil. Un moine ou un prêtre doit mener
le rite et il faut fournir tous les efforts nécessaires pour contacter les gens de
la communauté ou du clan du défunt.

Après la mort, le corps doit être purifié selon les rites. Certaines
communautés embaument le corps; d’autres enveloppent le corps dans un
linceul blanc ou le revêtent de vêtements neufs. Le corps est toujours
incinéré.

Au septième jour suivant le décès, on célèbre la fin de la période durant laquelle


les gens sont impurs. Avant cela, il y a des règles précises concernant le toucher.
Hommes et femmes ont des rôles précis à remplir. Les fils se rasent et portent
des habits blancs pendant un an. Les filles pendant trois mois.

Pratiques Hindoues en Inde et au Népal

La mort et les funérailles chez les Hindous présentent des similitudes avec
les pratiques bouddhistes. Les rites de purification sont nécessaires.
L’incinération est la règle. Il est mieux de demander aux gens comment il est
possible d’être utile dans le contexte de leurs croyances religieuses.

Rituels musulmans10

Lorsqu’une personne se rapproche de la fin, sa famille ou un autre musulman


doit tourner son visage vers la Mecque selon la qibla, et prononcer la
première shahada, « Il n’y a de Dieu que Dieu ». Aussitôt qu’une personne
est morte, le corps doit être lavé et préparé pour l’enterrement. Si la personne
décède le matin, l’enterrement doit avoir lieu le même jour mais si elle
décède dans l’après-midi, l’enterrement aura lieu le lendemain matin. Aucun
embaumement n’est autorisé. Le corps enveloppé doit contenir les
indications de l’endroit où se trouvent les pieds et la tête de façon à ce qu’il
soit allongé dans la tombe sur le bon sens, avec le visage en direction de la
Mecque.

La “salat” prière est menée soit par un proche de sexe masculine ou par un
imam. Que le corps se trouve dans un cercueil ou en bière, le défunt est placé
devant les fidèles. Toute la cérémonie consiste à réciter debout quatre takbirs
(en disant “Allah akbar” – “Dieu est grand ”).

10
Fredrick Mathewson Denny. An Introduction to Islam. 1985.

13- 1 2 VERSION 2, MAY 2005


VIE SPIRITUELLE LORS DES CATASTROPHES

L’enterrement doit avoir lieu rapidement en accord avec les mots du Prophète.
« Si le défunt était un juste, vous l’enverriez plus rapidement vers le Bien et si le
défunt était autrement, vous laisseriez de côté le Mal ».

La bière est d’habitude portée sur les épaules de quatre hommes. La tombe
est profonde d’un mètre à un mètre cinquante. Une niche est creusée sur le
côté pour recevoir le corps dont la tête fait face à la Mecque. La niche est
alors recouverte, d’habitude par des briques crues et le trou principal est
rempli de terre. Chaque personne en deuil y lance trois poignées de terre.

Le deuil est observé pendant 40 jours après les funérailles et à des moments
précis par la suite. La véritable période de deuil est seulement de trois jours
après l’enterrement au cours desquels la famille du défunt ne doivent pas
porter de bijoux ou de parfum ou de vêtements souillés. Les veuves doivent
ainsi porter le deuil pendant quatre mois et dix jours.

VERSION 2, MAY 2005 13- 1 3


14. GERER LES RISQUES DU METIER

Mythe: “La formation et la volonté des travailleurs humanitaires


leur donnent plus de ressources émotionnelles que les
survivants à la catastrophe. Leurs besoins sont moins
importants que ceux qui sont directement touchés. Se soucier
de ces besoins relève de la fantaisie.”
Réalité: Les gens qui oeuvrent dans les situations d’urgence
sont exposés à des contextes et des réactions hostiles et ils ont
besoin de soutien de la préparation à l’après-démobilisation.

CE CHAPITRE:

Décrit les causes des traumatismes et de l’épuisement des travailleurs


humanitaires pendant et après leur mission.
Explique comment s’aider soi-même.
Détaille le type de soutien que vous pouvez attendre de votre
organisation.
Explique les rôles et les responsabilités des soignants auxiliaires.

Boîte à outils:
Kit de survie personnel – checklist de ce qu’il faut apporter en mission.
Petits trucs pour faire face.
Désarmorcer et débriefer.
Liste des symptômes de l’usure

VERSION 2, MAY 2005 14- 1


GERER LES RISQUES DU METIER

Traumatisme secondaire
Les travailleurs humanitaires sont aussi vulnérables aux événements
traumatisants que n’importe qui. En conséquence, ils peuvent être victims de
ce qu’on appelle le traumatisme primaire. Mais ils sont exposés aux risques
d’un traumatisme secondaire.

Le traumatisme secondaire est le traumatisme dont on fait l’expérience


quand on est exposé aux traumatismes des autres, que ce soit à cause de sa
profession ou de sa mission. Cela peut être le prix à payer quand on
rencontre des gens ou des survivants traumatisés d’une manière ouverte,
engagée et énergique. Le travail en situation de catastrophe peut être très
significant et gratifiant mais il peut être aussi difficile et douloureux.

Il est important d’être conscient que meme si vous êtes préparé, bien
formé et expérimenté, tout le monde possède un point de rupture.

Les travailleurs humanitaires sont comme les survivants des catastrophes ou


des urgences complexes. Ils sont différemment préparés et réagiront d’une
manière individuelle. Pourtant, le personnel est souvent protégé par sa
profession. Il est plus conscient de ce à quoi faire face et il a le temps de se
préparer mentalement. Il a une expérience et des competences pour faire face
derrière lui, il est capable de voir le sens par leur expérience. Il existe des
facteurs contribuant au stress du personnel qui posent moins de soucis aux
survivants. Ces facteurs sont:

Travail physiquement épuisant:


Longues périodes de travail.
Prises de repas et de boisson irrégulières.
Exigences implicites de longues heures de travail (provenant de nous-mêmes
souvent).
Facteurs dus à l’organisation:
Organisations parallèles: manque de coordination qui aboutit à la duplica-
tion ou au chevauchement du travail.
Travail au sein d’un groupe nouveau et avec un autre type de
fonctionnement, travail avec d’autres organisations et professions.
Antagonisme entre les groupes au sein du personnel: expérimenté contre
inexpérimenté, ou professions différentes. L’antagonisme peut trouver
son origine dans l’histoire ou les demandes précises du metier au cours
de la situation présente.
Manque de clarté concernant la responsabilité de la gestion financière.
Performance du leadership, compétition entre les leaders; etc.

Facteurs personnels de stress liés au travail dans une culture étrangère


inconnue:

14- 2 VERSION 2, MAY 2005


GERER LES RISQUES DU METIER

Perte des routines, du réseau social et des relations.


Nouvelle culture, nouvelles habitudes et coutumes.
Etre le témoin de la pauvreté, des cruautés, des traitements injustes des
gens ou des animaux sans pouvoir intervenir.
Problèmes éthiques; disposer de nourriture et de sécurité tandis que les
autres n’ont rien.
Pression du groupe et relations avec les collègues et les leaders. Normes
et habitudes de travail qui heurtent vos valeurs et vos convictions
personnelles.
Obstacles d’organisation, relations avec les ONG et les OG. Problèmes
avec la bureaucratie, les politiques ou la corruption.
Menaces, provocations, vols, chantage ou exigences irréalistes. Cela
peut se produire directement ou indrectement. Vous pouvez devenir la
cible directe d’aggressions.
Expériences et dangers traumatisants. La circulation représente un grand
risqué dans la plupart des catastrophes et des conflits.
Congés courts ou difficultés pour avoir du temps libre. Il peut être
difficile de trouver du temps ou des lieux de relaxation et de détente.
Problèmes chez soi. Les problèmes domestiques ont tendance à croître
avec la distance. Il est difficile de résoudre les problèmes en les
délaissant, ils vous rattraperont. Les problémes peuvent sembler plus
graves qu’avant.

Réactions suite aux traumatismes


secondaires
Emotionnelles:
Sentiment de vulnérabilité.
Anxiété.
Peur.
Colère.
Identification avec les victime.
Irritabilité.
Culpabilité.
Apathie.
Sentiment d’isolement/d’abandon.

Comportementales:
Hyperactivité.
Inefficacité.
Incapacité à se reposer.
Colèreux.

VERSION 2, MAY 2005 14- 3


GERER LES RISQUES DU METIER

Spirituelles:
Difficulté à comprendre comment Dieu peut autoriser ce qui s’est
produit.
Confiance en Dieu chancelante.
Sens de la vie ébranlé.
Cela peut être le terreau pour beaucoup des reactions comportementales et
émotionnelles décrites ci-dessus.

Réactions après avoir accompli le boulot:


Choc.
Engourdissement.
Logorrhée, besoin de parler de ce qui s’est produit.
Retrait, besoin de se sentir seul et refus de parler.
Hyperréactivité aux sons et aux odeurs.

Réactions en lien avec le retour à la vie quotidienne:


Frustration, colère si l’on n’accorde pas de valeur à ce qui a été fait.
Difficultés à se détendre.
Nostalgie des amis du terrain, souhait de garder le contact avec les
victimes.
Sentiment d’aliénation, hostilité envers ceux qui n’ont pas participé.
« Personne d’autre ne peut comprendre ».
Se sentir étranger en recontrant la famille et les amis.

Faire face au stress et au traumatisme


Choisir une stratégie pour faire face

Quand vous êtes confronté à une situation nouvelle, faites une première
évaluation: En quoi est-ce important pour moi? Cela peut se terminer par une
menace, une perte de valeur ou un impact sur moi. Faites ensuite une
seconde évaluation: dans quelle mesure puis-je agir dans cette situation? Est-
il possible d’influencer la situation?

A partir de ces evaluations, employez l’une de ces stratégies:


Emotionnelles: Etre positif ou prier.
Résoudre les problèmes: rechercher l’information et agir.

Faire face de façon appropriée nécessite d’employer la bonne stratégie.


Quand vous pouvez faire quelque chose après une seconde évaluation, alors
agissez. Si vous ne pouvez pas, ne faites rien. Si la situation vous importe sur
la base de la première évaluation, vous pouvez décider d’agir.

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GERER LES RISQUES DU METIER

Trucs pour faire face

Conserver un régime approprié. Equilibrer exercice et repos. Les moments


de récréation sont essentiels. Les travailleurs humanitaires bénéficient d’une
formation professionnelle adéquate pour leur travail. Garder le contact avec
les collègues, profiter des visites de suivi sur site de votre employeur pour
parler de vos expériences de traumatismes secondaires.

VERSION 2, MAY 2005 14- 5


GERER LES RISQUES DU METIER

Efforts préventifs:
Définir et explorer les facteurs de stress dans la situation que vous
appréhendez. Enquêtez sur l’histoire et l’incidence du traumatisme.
Discuter et préparer vos rencontres avec les locaux, les habitants et les
organisations. Soyez au courant des problèmes avec les partenaires peu
fiables.
Ayez des attentes raisonnables vis-à-vis du leadership et des chefs. Ils
sont aussi des êtres humains.

Vie quotidienne sur le terrain:


Parler de la situation: qu’est-ce qui est arrivé en fait? Mener des séances
pour relâcher la pression dans le groupe.
Ecrivez vos pensées et vos sentiments. Parfois vous n’aurez personne à
qui parler. Tenez un journal pour vous seulement. Cela est un processus
efficace pour faire face et vous apporter un soulagement.
Combiner exercices physiques et relaxation. Ils peuvent être limités par
des soucis de sécurité.
Maintenir une bonne hygiene de vie (nourriture, repos).
Envisager d’autres activités récréatives; jeux de cartes, lecture, jeux de
société, puzzles.
Maintenir un équilibre entre le travail et les loisirs. Assurez-vous de
prendre du temps pour les loisirs. On ne peut pas être productif 24
heures sur 24. Trouvez quels sont les règlements au sein de
l’organisation locale.
Quand les conflits réapparaissent dans le groupe; il faut les gérer
immédiatement. Ne les laissez pas devenir personnels et laids.
Evitez la tentation de l’alcool et des drogues. N’adoptez pas de
comportements à risque. Si vous sentez que vous avez besoin de cela
pour survivre, demandez de l’aide.
Faites des pauses. Eloignez-vous du lieu de travail quand cela est
possible.
Evitez de vous exposer à des visions et à des odeurs horribles. Il n’y a
pas de raison de s’exposer si cela n’est pas nécessaire. Notez bien! Il ne
s’agit pas de se mettre des œillères.

Obligations de l’organisation qui vous


envoie
Même si les travailleurs humanitaires connaissent les risques de
traumatismes et les facteurs de stress sur le terrain et sont responsables
d’eux-mêmes, l’organisation qui les envoie a l’obligation de s’occuper de ses
employés.

14- 6 VERSION 2, MAY 2005


GERER LES RISQUES DU METIER

Un soutien au staff peut être organisé dans les secteurs suivants:


Préparation.
Description des tâches pour les travailleurs des services psychosociaux.
Soutien au cours de la mission.
Programmes post-mission et suivis.

Préparation

Le soutien le plus utile aux travailleurs est une bonne préparation. Cela
comprend la connaissance de ce à quoi ils devront faire face. Ils doivent
disposer de l’information sur le pays dans lequel ils seront postés en ce qui
concerne notamment la sécurité et les codes culturels. Ils doivent recevoir
l’information sur les réactions de stress normal et les petits trucs pour faire
face.
Votre orientation doit inclure la connaissance des processus de formation du
groupe et de l’équipe. Cela aide les travailleurs humanitaires à se réadapter
quand ils reviennent.

Un programme de formation de base avant la mission peut être conçu


comme suit si l’on adopte le point de vue psychosocial:
Travail en situation de catastrophe dans d’autres cultures, avant une
mission spécifique, des données concernant le pays affecté.
Coopération avec d’autres ONG, travail spécifique.
Descriptions du travail.
Termes et conditions de licenciement.
Travail en équipe pour la mission spécifique.
Gestion du travail en équipe. Compétences et outils pour coopérer et
communiquer.
Résolution de conflit.
Arrière-plan et attitudes organisationnels.
Sécurité personnelle incluant les informations sur les mines anti-
personnelles et le comportement de l’otage.
Traumatismes primaire et secondaire.
Stress accumulé dans l’urgence et techniques pour y faire face.
Connaissances logistiques, matériels, véhicules, connaissances
informatiques et en communication. Utilisation de la radio, du
téléphone-satellite, de la vidéo.
Présentation du manuel du terrain.
Documents structurels: évaluation, plan du projet, rapport narratif.
Budgetisation et compétences basiques en comptabilité.
Participation.
Gestion de la corruption.
Communiquer des attentes réalistes sur les capacités des organisations
d’accueil.
Techniques de désamorçage et de débriefing.

VERSION 2, MAY 2005 14- 7


GERER LES RISQUES DU METIER

Préparation au retour à la maison.

Description du rôle du travailleur des services psychosociaux

L’organisation qui vous envoie doit avoir négocié avec les partenaires
locaux ce qu’on attend des travailleurs humanitaires internationaux. Il faut
que vous ayez en votre possession une description de vos tâches et vos
responsabilités sur le terrain. Voici les principaux éléments des termes de
référence:
Information sur le contexte.
Objectifs de la mission, y compris les responsabilités de programmation
et de mise en oeuvre des services psychosociaux sur le terrain.
Champ d’activités.
Identification des personnes ressources au sein de la population affectée.
Elles doivent provenir des différents groupes: femmes, enfants, leaders.
Formation du personnel de soin local.
Identification des problèmes et des besoins de la population.
Etablissement de liens avec les autres secteurs. Santé, eau,
assainissement, planification du site et distribution de nourriture.
Responsibilité budgétaire et coûts.
Animer des activités conduisant à la normalisation de la vie de la
communauté en assurant la participation des différents groupes de la
population.
A qui rendre des comptes.
Durée de la mission.

Avant de se rendre sur le terrain, le travailleur doit recevoir le maximum


d’information sur le lieu de la mission, les organisations internationales et
nationales présentes, les conditions de vie et les mesures de sécurité.
L’organisation qui l’envoie doit mentionner la documentation disponible.
Des équipements tels qu’ordinateur portable, téléphones portables ou
satellitaires, trousse de premiers secours doivent être disponibles.

Soutien au cours de la mission

Au cours de la mission, il faut mettre en place un système de soutien au


personnel. Cela signifie:
Suivie et évaluation au cours de la mission.
Informer l’équipe (contacts, aides concernant les procédures, etc.).
Réunions régulières, sur place et dans l’organisation d’accueil.
Souvent la paroisse locale peut être impliquée dans ce soutien. Se
soucier de la famille restée en arrière est une chose importante, inclure la
personne sur le terrain dans ses prières en est une autre. La paroisse doit

14- 8 VERSION 2, MAY 2005


GERER LES RISQUES DU METIER

être incluse dans la liste d’adresses pour l’envoi d’information de la part


de l’organisation.
Soignants auxiliaires pour l’aide sur place en cas de brefs congés, de
congés de maladie ou de séances de débriefing (pour ce qui concerne
l’après-mission, cf section suivante).
Préparation au retour.

Accompagnement au retour après la mission

S’occuper de son équipe signifie aussi s’occuper d’eux quand ils reviennent
et ne pas seulement les déposer à la maison avec un « merci bien ».
L’organisation qui a envoyé le travailleur a normalement un planning pour le
retour incluant des considérations individuelles. La façon d’adapter le
programme dépend de l’individu qui revient, de ses expériences particulières
et des circonstances dans lesquelles il a travaillé. La situation qu’il retrouve
doit aussi être examinée. C’est un moyen de rendre ses expériences utiles
aux autres qui travaillent ou travailleront sur le terrain.

Un programme d’accompagnement peut consister en:


Evaluation du travail accompli.
Rapport du travailleur.
Désamorçage et débriefing.
Bilan médical.
Rappel sur les réactions normales du retour.
Suivi supplémentaire si nécessaire.

Accompagner les travailleurs humanitaires est parfois une tâche délicate.


Parfois eux-mêmes refusent cet accompagnement, pensant qu’être
accompagné indique une faiblesse de leur part. Les organisations peuvent
aussi être réticentes, considérant qu’il s’agit d’un travail qui nécessite un
temps précieux pour faire autre chose. L’envoi de soignants auxiliaires a un
coût et cela peut aussi être une cause de résistance. Les bénéfices semblent
pourtant outrepasser les coûts, quand on considére la longévité des
travailleurs expérimentés et formés sur le terrain.

Rôle et responsabilités des soignants


auxiliaires
La responsabilité des soignants auxiliaires est de s’occuper directement de
l’équipe quand ils visitent le terrain. Ces soins prendront différentes formes
telles que définies par les besoins de l’équipe et les circonstances. En
général, les soins peuvent être de ce type:

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GERER LES RISQUES DU METIER

Remplir des tasses vides

Apporter une réponse dans les situations d’urgence exige de longues heures
à s’occuper des besoins des autres. Beaucoup de travailleurs humanitaires ne
remarquent pas leurs propres besoins quand ils travaillent. Au fil du temps,
leur « tasse » émotionnelle se vide et ils se « déssèchent ». A ce moment-là,
les gens se retrouvent à faire ce qu’ils ont à faire sans le prendre à coeur,
sans énergie et parfois en étant contrarié par les besoins sans fin de ceux
qu’ils sont là pour servir. Il s’agit d’une réaction normale à une situation
anormale. Les soignants auxiliaires s’occupent de ces besoins émotionnels
souvent de façon tout à fait ordinaire par l’écoute, en cuisinant les plats
préférés, en priant avec les travailleurs, en donnant un temps de retraite, en
amenant des nouvelles de la maison et en apportant des nouvelles du
travailleur chez lui.

Enlever les petits cailloux des chaussures

En général, dans les situations d’urgence, rien ne marche bien. Les téléphones
ne marchent pas ou les lignes sont encombrées, les items de base sont rares, il
y a un grand désordre, ce qui devait arriver n’arrive pas à l’heure dite, ou
arrive ailleurs. Le soignant auxiliaire écoute attentivement ce qui est la
source de la frustration et se fait l’avocat des gens là où c’est possible pour
résoudre ce qui peut l’être. Parfois, les sources de frustration des uns
proviennent du fait qu’elles ne sont pas des priorités pour les autres. Parfois
aussi, la frustration grandit à cause d’un manque de communication. Etant
étranger au système, un soignant auxiliaire peut court-circuiter les canaux de
communication traditionnels et améliorer le flot de l’information.

Négocier une trêve

Les conflits sont aussi normaux dans les urgences que l’est la confusion.
C’est là un rôle important des soignants auxiliaires d’écouter toutes les
personnes impliquées et de les aider à s’écouter. Ce rôle de médiation réduit
souvent la tension et permet aux choses d’avancer de nouveau. Aider les
personnes directement impliquées dans la mise en œuvre des services à
établir des mécamismes de résolution des conflits permettra de prévenir de
nouveaux conflits.

Compétences pédagogiques

Très souvent, en face de l’urgence, nous oublions ce que nous avons appris
et nous faisons ce qui nous est naturel. Souvent, cela signifie que nous nous
oublions nous-mêmes et nous nous poussons jusqu’à l’épuisement de sorte
que notre efficacité est compromise. Les soignants auxiliaires nous
rappellent les bases pour faire attention à soi-même. Ils conseillent les

14- 1 0 VERSION 2, MAY 2005


GERER LES RISQUES DU METIER

travailleurs humanitaires sur la façon de faire entendre leurs demandes


personnelles, de poser ses limites, de trouver des moyens efficaces de
relaxation, de se relier à Dieu, de mettre fin à l’isolement et d’acquérir
d’autres manière de s’occuper de soi. Ils aident à faire passer les théories à la
pratique du moment.

Soin spirituel

Les catastrophes ramènent inévitablement la question du rôle de Dieu dans


l’existence du mal. Les travailleurs humanitaires qui écoutent les histoires de
ceux dont la vie a été anéantie par la catastrophe, sont confrontés à ces
questions au quotidien. Où est Dieu au cœur de la misère humaine? Les
soignants auxiliaires doivent être prêts à lutter aux côtés des humanitaires
dans ce domaine de la théologie. Ils doivent être prêts à affronter les
questions difficiles et à tolérer ce mystère en paix. Le travail d’urgence est
très difficile pour la vie spirituelle des travailleurs. Mais c’est aussi une
possibilité de profonde croissance. De même qu’il est possible de perdre
Dieu dans la catastrophe, de même il est possible de le voir dans le travail de
bien des façons étonnantes. La vie spirituelle est au coeur des catastrophes et
doit être abordée autant de fois que les humanitaires le désirent.

Vérifier les risques et l’usure

Les soignants auxiliaires doivent savoir qu’il est possible que certains
humanitaires puissent avoir besoin d’un retrait temporaire de leurs activités.
Quand les travailleurs sont usés, ils sont inefficaces et présentent un danger
pour eux-mêmes. Les travailleurs occupant des postes risqués (démineurs
par exemple) peuvent faire des erreurs fatales s’ils sont usés. Il est important
d’aider les travailleurs à reconnaître leur propre épuisement et de travailler
avec l’organisation pour qu’elle fasse attention aux besoins des travailleurs
(repos et récupération loin de l’intensité du terrain d’opérations). Se faire
l’avocat des besoins du travailleur est essentiel. Il est très utile d’éduquer les
organisations à la sagesse qu’il y a à s’occuper de ses travailleurs et aux
bénéfices qu’elle en retire à long terme.

VERSION 2, MAY 2005 14- 1 1


BOÎTE À OUTILS GERER LES RISQUES DU METIER

> BOÎTE À OUTILS <

> KIT P ER SO NN E L D E S UR V I E – CH E CK L I ST D E C E Q U ’IL


F AUT AP P O RT E R E N M ISS IO N <

Les vêtements dépendent de la culture et du climat. Soyez sensible au code


vestimentaire de l’endroit où vous vous trouverez, que vous soyez une
femme ou un homme. N’emportez pas de bijoux qui vous soient chers.

Essayez de savoir ce que vous pouvez trouver comme produits sur le terrain.
Il est conseillé d’emporter des produits essentiels de façon à ce qu’il ne vous
faille pas employer un temps précieux à chercher des effets personnels.

La Check-list doit être validée par le partenaire local:


Articles de toilette y compris le repulsif anti-moustiques
Crème solaire et baume pour les lèvres
Papier toilette
Tasse, assiette, couverts
Nécessaire à couture
Poudre à laver
Lunettes de soleil
Pelotte de ficelle
Sacs en plastique
Serviette
Briquet
Lingettes
Copie du passeport (pages importantes)
Copie de la carte d’identité
Carte d’assurance
Radio à ondes courtes (avec une bonne antenne)
Horaires et fréquences de RFI/ BBC
Portefeuille ou ceinture porte monnaie
Jumelles de poches
Boussole
Montre
Cadenas
Bouteille Thermos et bouteille d’eau
Moustiquaire

VERSION 2, MAY 2005 14- 1 2


GERER LES RISQUES DU METIER BOÎTE À OUTILS

Sac de couchage ou substitut


Trousse de premiers secours
Torche
Outil à multiple usage
Petit sac à dos
Kit de purification d’eau
Cartes
Livres de bord
Photos d’identité supplémentaires

VERSION 2, MAY 2005 14- 1 3


BOÎTE À OUTILS GERER LES RISQUES DU METIER

> P ET IT S T RU CS PO UR F AI R E F AC E <

Essayer de trouver du soutien auprès des gens

Parler de la situation ou de l’événement traumatisant. Qu’est-ce qui s’est


vraiment passé? Qu’a été cette expérience pour vous? Etablissez une réunion
hebdomadaire de désamorçage au sein du groupe.

Dieu nous a donné une communauté. Dans la Bible, il n’y a presque pas
d’exemples de personnes envoyées pour travailler seules. On travaille mieux
en étant soutenu. En tant que personnes qui pensent aux autres, nous
donnons beaucoup de nous-mêmes chaque jour. Nous avons besoin d’être
aimés, qu’on se soucie de nous, qu’on nous écoute, en plus de l’attention que
nous portons aux autres.

Chacun de nous doit trouver quelques personnes qui nous écouteront et nous
accepteront comme nous sommes et ne pas pour ce que nous pouvons faire
pour eux. Souvent, notre conjoint est notre soutien principal mais si notre
conjoint est notre seul soutien, nous mettrons beaucoup de pression sur notre
mariage. Nous devrions tous avoir une personne, deux ou trois
supplémentaires qui nous accepteront aussi comme ami. Ceux qui nous
soutiennent peuvent aussi être nos partenaires dans la prière. Ces personnes
ont aussi leurs vies, leurs combats et leurs besoins. A deux, vous pouvez
vous mettre d’accord pour prier pour l’un et l’autre quand le besoin s’en fait
sentir. En faisant cela, recontactez-le après quelques jours et voyez comment
il/elle va. Soyez un soutien indéfectible pour l’un l’autre. Dieu nous enseigne
d’aimer notre prochain comme nous-même. Notre travail nous appelle à
aimer notre prochain. Nous devons aussi nous rappeler que nous avons
besoin d’être aimé aussi.

Exprimez-vous en écrivant ou en dessinant

Ecrire ses pensées et ses sentiments est un bon complément à la discussion


car parfois vous n’avez personne à qui parler. Parler avec les autres depend
de la confiance mutuelle. Tenir un journal, pour vous-même, est très utile
pour faire face et cela vous soulagera.

Au fil du temps, les choses s’accumulent dans votre esprit. Il s’agit


d’expériences marquantes. Elles peuvent revenir vous perturber chaque fois
que vous retrouvez une situation semblable. Il est souvent utile de trouver un
moyen de parler de ces choses de façon à ce qu’elles n’interrompent pas nos
vies de manière impromptue. Parfois, il est utile de parler à un thérapeute ou
un conseiller formé à l’écoute. Cette personne peut nous aider à évacuer
certains de nos souvenirs et pensées.

14- 1 4 VERSION 2, MAY 2005


GERER LES RISQUES DU METIER BOÎTE À OUTILS

Souvent il n’y a pas de personne formée disponible. Nous pouvons nous-


mêmes faire le ménage dans notre esprit. Ecrire au sujet de ces expériences
ou les dessiner est très utile. Ce processus pour exprimer ce dont nous nous
souvenons nous aide à réduire le poids des souvenirs dans notre esprit. Il est
recommandé de ne pas dépasser 15 à 20 minutes d’écriture par jour si les
souvenirs sont très bouleversants. Quand vous avez fini, laissez ce que vous
avez écrit de côté pour le reste de la journée.

Vous exprimer vous permettra de ne pas vous sentir perturbé par vos
souvenirs. Vous trouverez peut-être qu’un temps plus court vous va mieux
ou qu’il est mieux pour vous d’écrire une fois par semaine seulement. Il ne
faut pas vous accabler vous-même. Vous devez arrêter si vous vous
sentez submergé. Assurez-vous que vous avez le soutien de vos amis quand
vous travaillez là-dessus, même si vous ne leur parlez pas de vos souvenirs.
Il ne faut pas faire ce travail sans être soutenu. Passez du temps entre
amis: marchez, riez, faites ce que vous aimez faire afin de contrebalancer le
difficile travail qui consiste à faire le ménage dans votre esprit. Votre
production écrite ou vos dessins doivent être conservés en lieu sûr. Si vous le
souhaitez, vous pouvez les détruire lors de votre départ. L’idée est de vous
aider à évacuer certains de ces souvenirs et rien d’autre.

Priez et méditez

Il est très facile d’oublier de prier et de prendre du temps avec Dieu quand
on est surchargé. Parfois, ce moment semble être un luxe qui en fait s’avère
essentiel. Des gens différents ont des styles différents de prière. Dieu nous a
créé uniques et nos prières reflètent cela. Trouvez ce qui est le mieux pour
vous. Voici quelques suggestions:

De façon périodique, passez un temps plus long avec Dieu, peut-être


plusieurs heures ou une journée. Ce temps ne doit pas être passé entièrement
à parler à Dieu. Passez un moment calme et laissez Dieu vous parler. Vous
serez alors surprise parfois de regarder les choses d’un oeil different. Des
idées nouvelles vont vous venir à l’esprit. Votre coeur peut s’adoucir envers
les autres. Laissez Dieu vous parler aussi. Si vous n’êtes pas habitué à prier,
la méditation et le calme peuvent vous aider. Vous trouverez des exemples
de techniques de méditation dans ce livre.

Tenez un journal de vos prières. Ecrivez des lettres à Dieu. Parfois nous
prions et nous oublion ce pour quoi nous avons prié, c’est alors que nous ne
remarquons pas quand Dieu répond. Si vous écrivez vos prières et les relisez
plus tard, vous remarquerez combien d’entre elles ont reçu une réponse.

VERSION 2, MAY 2005 14- 1 5


BOÎTE À OUTILS GERER LES RISQUES DU METIER

Prenez du temps pour méditer sur les Ecritures ou sur Dieu ou simplement
sur votre respiration. Cherchez un endroit calme et confortable. Relâchez
votre respiration. En même temps que vous respirez, pensez à l’une des
phrases suivantes:
“Laissez aller et laissez Dieu faire.”
“Jésus Christ , fils de Dieu, prends pitié de moi.”
“Oh Seigneur, tu es ma force.”
“ Oh Seigneur, tu es mon Dieu.”
Laissez ces phrases envahir votre esprit ou répétez-les pour vous-même. Vous
pouvez aussi trouver une phrase que vous trouvez dans les Ecritures. Faites
cela pendant plusieurs minutes ou plus longtemps. Reposez-vous en Dieu. Si
vous ne vous sentez pas à l’aise avec ce type d’exercice, concentrez-vous
simplement sur votre respiration et répétez les phrases suivantes:
« je m’aime et me respecte. »
« Comme je suis, je suis bien. »

Quand vous lisez les Ecritures, arrêtez-vous quand une phrase attire votre
attention. Fermez les yeux et pensez simplement à cette phrase, et laissez
Dieu s’adresser à vous par cette phrase. N’essayez pas d’en forcer la
compréhension. Appréciez-la comme on peut apprécier une jolie fleur.

Exercice physique

Les exercices physiques doivent tenir compte de la situation et des exigences


de sécurité. Ils peuvent être combinés avec des exercices de relaxation.

Quand nos vies et notre travail sont stressants, le stress s’accumule dans nos
corps. Nos épaules nous font mal, nous avons mal au ventre, à la tête, nous
faisons de l’hypertension et à la fin nous tombons malades. Il est important
de trouver le moyen de se débarasser du stress qui monte dans nos corps.

Quand nous sommes en colère, en particulier si nous ne pouvons pas changer


la situation, il y a souvent beaucoup d’énergie dans notre corps qui
s’extériorise en criant sur les gens, en frappant quelque chose, en jetant des
choses ou en tapant le chien. Nous pouvons choisir de laisser passer cette
colère dans des façons qui n’ont pas un effet aussi destructif sur nos
relations. Quand nous sommes en colère ou énervés, nous pouvons courir,
faire des tractions, des abdominaux, nous pouvons aller dans un champ et
jeter des pierres, crier, marcher jusqu’à épuisement, frapper un ballon de foot
ou faire toute autre activité qui nous débarasse de notre énergie. En faisant
cela, nous nous soucions de nos corps et de nos relations. Nous sommes plus
à meme de parler des problèmes et d’essayer de trouver des solutions après
avoir lâché un peu d’énergie.

14- 1 6 VERSION 2, MAY 2005


GERER LES RISQUES DU METIER BOÎTE À OUTILS

Quand notre corps est raidi par le stress, il faut s’étirer pour relâcher les
muscles. Lentement inclinez votre tête de chaque côté, en avant et en arrière.
Chaque fois laissez vos muscles s’étirer. Tendez vos bras au-dessus de votre
tête et penchez votre corps de chaque côté et inclinez le plus possible selon
votre confort vers l’avant. Faites toujours des mouvements lents. En gardant
vos pieds en place, tournez votre corps d’un côté et de l’autre. Faites tourner
vos épaules de haut en bas. Etirer vos jambes et vos pieds.

Une autre façon de relaxer votre corps s’appelle la relaxation progressive.


Asseyez-vous sur un siege confortable avec vos pieds bien à plat sur le sol et
vos mains sur vos cuisses. Fermez les yeux quand vous êtes à l’aise. Pensez
à vos pieds. En restant calme, sentez l’endroit où ils touchent l’intérieur de
vos chaussures. Pensez à vos mollets, sentez-les être suspendus à vos
genous. Pensez à vos cuisses et à la façon dont elles sont en contact avec
votre siège. Faites-les adhérer au siège. Pensez au bas de votre dos. Sentez
l’endroit où il touche le siege. S’il est raide, déhanchez-vous un peu pour
être plus à l’aise. Sentez votre ventre, relaxez-le. Sentez-le bouger quand
vous respirez. Sentez vos épaules, sentez le poids de vos bras sur vos
cuisses. Si vos épaules sont raides, inclinez votre tête d’un côté et de l’autre
lentement ou tournez vos épaules et relaxez-les. Pensez à votre nuque.
Bougez votre tête pour que votre cou soit à l’aise. Pensez à votre mâchoire.
Êtes-vous en train de serrer les dents? Déserrez votre mâchoire. Pensez à
votre visage. Relâchez vos muscles comme quand vous dormez. Reposez-
vous maintenant. Pour quelques temps ou jusqu’à ce que vous soyez prêt à
ouvrir les yeux et revenir au présent.

Un autre moyen, pratiqué par beaucoup, est de se détendre avec un bon livre.
Dans un endroit calme, seul, pourquoi ne pas lire la Bible, ou un ouvrage du
Dalaï-Lama ou de Deepak Chopra? Cela vous donnera aussi de bons
conseils.

Rire, se dérider

Le rire est un bon médicament. Le rire, en particulier le rire qui vient de


notre ventre, améliore notre santé. Le rire détend notre corps, diminue notre
tension et améliore notre sensation de bien-être. Trouvez du temps pour rire.
Cherchez le côté amusant des choses. Regardez les enfants. Regardez les
animaux. Il y a beaucoup de choses risibles autour de nous.

Chanter et danser ont un effet similaire sur les gens. Prenez du temps pour
chanter. Profitez du rythme de la musique. Détendez-vous.

VERSION 2, MAY 2005 14- 1 7


BOÎTE À OUTILS GERER LES RISQUES DU METIER

Soins corporels, manger et se reposer, hygiène

Energie, rendement, sommet et extinction. Ce que nous mettons à l’intérieur


de notre corps constitue son énergie. Que mangez-vous? Que buvez-vous?
Est-ce que vous fumez ou est-ce que vous avez des activités qui sont
potentiellement dangeureuses? Les fumeurs fument plus quand ils sont dans
des circonstances stressantes. Il existe un vieux proverbe qui dit que « nous
sommes ce que nous mangeons. » Faire usage de bon sens à propos de ce
que nous ingérons nous rendra en meilleure santé et plus à l’aise. Nous
sommes souvent plus attentifs à ce que nous mettons dans notre voiture qu’à
ce que nous ingérons. Malgré la tentation après une journée longue et
stressante, il nous faut être prudent avec l’abus d’alcool. Un verre de vin ou
une bière peuvent être suffisants. Même si l’alcool peut apporter un
soulagement temporaire de la tension, le coût sur le long terme peut être très
élevé. Employez d’autres méthodes pour relâcher la tension et la colère.

Le rendement est l’activité que nous rendons avec notre corps. Si notre
travail nous colle à notre bureau la plupart du temps, notre corps n’a pas les
moyens de relâcher le stress qu’il accumule. Si nous n’utilisons pas nos
muscles, ils s’atrophient et s’étiolent. Marcher, courir, nager, pratiquer les
arts martiaux, jouer au foot ou danser est très bon pour tous. Nous devons
tous faire de l’exercice en fonction de nos capacités.

Au sommet signifie rester au mieux de nos besoins médicaux. Ignorer les


petits bobos leur donne l’occasion d’empirer, négliger les moustiques est une
invitation pour la malaria. Nous savons tous ce dont notre corps a besoin et il
nous faut prendre du temps pour s’occuper de notre corps.

Extinction renvoie au fait d’éteindre notre corps dans le sommeil. Le


sommeil est essentiel à notre corps. Une fois par semaine, si possible,
donnez à votre corps l’occasion de dormir jusqu’à ce qu’il se réveille
naturellement. Nous connaissons tous des gens qui travaillent 16 heures par
jour mais en fait nous ne sommes pas faits pour cela. Quelques uns d’entre
nous arrivent à travailler avec moins de 7 à 8 heures de sommeil par nuit
pendant longtemps. Nous ne travaillons pas à 100 %¨de notre efficacité si
nous ne dormons pas assez. Si le café ou le thé vous empêchent de vous
endormir, limitez votre consommation. L’alcool endort d’abord les gens
mais il perturble leur sommeil par la suite. Dormez autant que nécessaire.

Autres activités récréatives: jeux de cartes, lecture, mots mêlés, dessin.


Equilibrez temps de travail et temps de loisirs. Assurez-vous de prendre du
temps pour les loisirs. Il est impossible d’être efficace 24 heures par
jour.
Quand un conflit émerge dans le travail de groupe, gérez-le sans attendre
avant qu’il ne devienne personnel et peu sympathique.

14- 1 8 VERSION 2, MAY 2005


GERER LES RISQUES DU METIER BOÎTE À OUTILS

Parler avec assurance, c’est parler des besoins et des problèmes de façon
qu’on puisse y répondre. Parler avec assurance n’est pas parler avec
aggressivité. Ce n’est ni blessant ni méchant et cela ne vise pas à ôter
l’autorité de ceux qui sont en charge. Au contraire, quand on parle des
besoins et des problèmes de façon respectueuse et polie, ceux qui détiennent
l’autorité peuvent résoudre les problèmes. Quand on ne parle pas de ce qui
doit être changé, on ne peut rien résoudre. En tant que chrétiens, nous
pouvons devenir trop passifs parfois. Bien que nous cherchions à rendre
grâce à Dieu dans toutes les situations, nous sommes aussi invités à montrer
nos besoins à Dieu. Ce principe vaut aussi dans les relations humaines.

Evitez la tentation de l’alcool ou des drogues ou les comportements à risque


(sexe, conduite, etc.). Si vous en avez besoin pour survivre, demandez de
l’aide. Attention: Suite à des situations très stressantes, les accidents et
les maladies sont plus frequents, c’est pourquoi il faut:
Conduire plus prudemment.
Observer les mesures de sécurité habituelles.
Continuer les traitements médicaux normaux.
Faire attention à votre régime et à votre santé physique. Faire de l’exercice.
Faire plus attention avec la caféine, les cigarettes, l’alcool et la prise de
drogue.
Faire des pauses si possible loin du terrain.

Il y aura toujours plus à faire que ce que nous pouvons faire. Nous sommes
appelés à aider et à servir ceux qui sont en détresse. Nous ne sommes pas là
pour tout faire pour tout le monde. Comme tout le monde, nous avons nos
limites et nous devons les respecter. Ce que nous pouvons faire à 20 ans est
différent de ce que nous pouvons faire à 40. Nos niveaux d’énergie sont
différents et les expériences que nous partageons sont aussi différentes.
Sachez ce que vous êtes capables de faire et ce que vous ne pouvez pas faire.
Dieu est celui qui a la charge. Nous sommes invits à être les auxiliaires de
Dieu et non pas Dieu. Notre travail est de coopérer avec Dieu et de laisser
les autres se rendre compte de ce qu’il faut faire pour aider. Laissez la charge
à Dieu.

VERSION 2, MAY 2005 14- 1 9


BOÎTE À OUTILS GERER LES RISQUES DU METIER

> D E S AM O RC E R ET DE BR I EF E R <

Le désamorçage est une procedure informelle pour aider les groupes de


travailleurs humanitaires à gérer leurs réactions à des incidents spécifiques.
Cela doit être organisé dans les 24 heures suivant l’incident.

Le débriefing spécifique du stress dû à des incidents critiques (Critical incident


stress debriefing - CISD) est une technique structurée qui permet d’aider les
individus et les groupes à digérer leur expérience de la catastrophe. La
technique vise les humanitaires ainsi que les victimes de la catastrophe. Elle
doit être utilisée de temps en temps avec les humanitaires. Avec les victimes, il
faut employer cette technique de plusieurs jours à une année après la
catastrophe.

Désamorcer

Désamorcer une situation peut être fait en réponse à un incident inattendu


dans le travail d’aide. Par exemple, cela peut arriver après un accident ou la
découverte macabre d’un corps défiguré au cours d’une opération de
sauvetage. On peut aussi l’employer pour un conflit entre deux travailleurs
humanitaires, entre un travailleur et un superviseur ou entre un travailleur et
une victime. Désamorcer offre une chance pour ceux qui sont touchés par
l’incident de bien définir le problème et de développer des stratégies de
sortie qui préservent la productivité de l’équipe.

La séance de désamorçage peut être menée avec un groupe d’individus


impliqués dans un incident ou une situation ou avec une seule personne.
Quand la situation implique un conflit entre deux personnes ou plus
(exemple entre les humanitaires et les victimes), il est préférable au moins
initialement de travailler avec les deux parties séparément.

Lors d’une séance de désamorçage, la personne ou le groupe affectés


rencontre un conseiller spécialisé dans les situations d’urgence. La séance
dure en general entre 20 et 40 mintes.

Etape 1: Preparer le terrain. Faites savoir aux humanitaires que le but est
qu’ils retournent au travail aussi tôt que possible. Essayez de savoir ce qui
est arrivé. Demandez aux members du groupe de parler de l’événement qui a
conduit à cette rencontre.

Etape 2: Explorer les pensées, les sentiments et les réactions de plusieurs


individus impliqués. Rassurez les membres du groupe sur leurs sentiments.
Montrez votre soutien:
Qu’avez-vous pensé quand cel est arrivé?

14- 2 0 VERSION 2, MAY 2005


GERER LES RISQUES DU METIER BOÎTE À OUTILS

Comment vous êtes-vous sentis quand cela est arrivé?


Quel a été le pire moment pour vous?
Comment vous sentez-vous maintenant?
Etape 3: Explorer les stratégies dont les membres du groupe disposent pour
faire face à la situation, en utilisant les questions suivantes:
Comment gérent-ils l’événement ou l’incident?
Ont-ils toujours des besoins auxquels il faut répondre?
Qu’est-ce qui les aiderait tout de suite?
Quels sont leurs idées pour gérer cet événement (ou des événements
semblables) à l’avenir?
Qu’est-ce qui serait utile à l’avenir?

Etape 4: Dans certains circonstances, une petite pause ou une diversion


comme une tasse de café, une petite marche ou un exercice de relaxation
guidé ou le fait de visualiser peut permettre à la personne de retrouver ses
esprits et son sens de la responsabilité.

Etape 5: Suivi: entretenir les attentes de la personne concernant son retour


rapide aux activités qu’elle a besoin de mener. Là où le retour d’un
humanitaire au travail est le résultat attendu d’une intervention, il est peut-
être approprié d’effectuer un suivi dans les 20 premières minutes.

Débriefing spécifique du stress dû à des incidents critiques (CISD)

Le débriefing a d’abord été développé pour être employé dans les situations
d’urgence pour les humanitaires en tant que partie intégrante d’un
programme plus large d’interventions destinées à limiter l’émergence de
symptômes handicapants ou à minimiser leur effet à long terme. Son emploi
avec les victimes directes des catastrophes est assez controversé. Il ne doit
pas être employé seul sans autre forme de suivi ou de soutien ou s’il ne
comprend pas d’instructions pour faire face au stress. L’emploi habituel du
CISD avec les victimes qui ne montrent pas de signes inhabituels de détresse
ou qui ne sont pas considérés comme spécialement en danger est discutable.
Il est également inapproprié dans les situations où danger et stress graves
continuent. Il a été employé, avec des résultats prouvés, sur des groupes de
victimes identifiées comme ayant des symptômes ou étant particulièrement
en danger.

Le CISD est une discussion de groupe structurée. Son objetif est d’aider les
gens à reprendre l’ascendant leurs expériences traumatisantes de manière à
contribuer à prévenir les émotions intenses découlant de ces expériences et le
repli sur soi prenant la forme de symptômes handicapants. Il permet aux
gens de partager des sentiments très fortement chargés de colère, de désarroi,
ou de peur d’une manière qui aide à les désamorcer. Les gens apprennent

VERSION 2, MAY 2005 14- 2 1


BOÎTE À OUTILS GERER LES RISQUES DU METIER

que ces réactions sont partagées par les autres aussi et qu’elles sont
normales. Ils apprennent que, même s’ils ont eu des experiences de nature
différente lors de la catastrophe, ils ne sont pas seuls.
------------------------------------
Le débriefing se fait d’habitude en groupe. Il peut être constitué de l’équipe
des humanitaires, une équipe préexistente, un groupe de voisins, une famille
ou un groupe de survivants rassemblés pour l’occasion. Le groupe peut
comprendre jusqu’à environ 15 membres.

Le débriefing a lieu au moins quelques jours après le traumatisme. S’il a


lieu tout de suite après la catastrophe, les réactions émotionnelles
d’incrédulité, de déni, de perte du sens de la réalité, des réactions à
retardement et le souci de faire face avec les problèmes matériels peuvent
interférer. Répéter les histoires de la catastrophe peut renforcer un sens de
désarroi. On peut mettre en œuvre parallèlement d’autres techniques pour
aider les gens à retrouver un réseau de soutien, à réduire l’anxiété et à
rétablir un sens de contrôle des événements.

Le débriefing peut continuer à s’avérer utile des mois voire des années
après la catastrophe. A ce point, corriger les victimes sur les distorsions de
leurs connaissances, les évaluations imprécises de leurs rôles, les estimations
imprécises de ce qui les menace, enseigner les réactions communes et gérer
les réactions au processus de récupération devient plus important.

Le débriefing consiste en general en une séance qui dure 2 à 3 heures. Si les


participants montrent des réactions persistantes ou particulièrement intenses,
des séances supplémentaires peuvent être programmées ou bien une
consultation individuelle peut être employée pour assurer le suivi. Si
nécessaire, une version raccourcie peut être menée. Des séances multiples
plus courtes sont souvent proposées pour les humanitaires qui sont en
permanence exposés aux traumatismes.

Quand c’est possible, il est utile d’avoir deux consultants par groupe. L’un
conduit le processus de discussion, pose les questions, écoute et donne des
informations, l’autre est disponible pour passer du temps avec tout
participant qui a besoin de quitter le groupe à cause de sa détresse ou pour
assurer la bonne marche du groupe. Cela présente aussi l’avantage d’offrir la
possibilité aux deux consultants de s’écouter l’un l’autre au sujet des
réponses apportées à la séance.

Le CISD procède par une série de phases pré-établies. Il peut être modifié de
différentes manières, pour prendre en compte les besoins de chaque victime,
les différences culturelles et les effets des différents types de catastrophes.
Les orientations qui suivent ont pour but de suggérer plutôt que de servir
d’un ensemble rigide de règles.

14- 2 2 VERSION 2, MAY 2005


GERER LES RISQUES DU METIER BOÎTE À OUTILS

Phase 1: Introduction: Présentez-vous et expliquez le but de la séance.


Donnez une vue d’ensemble du processus. La séance durera environ deux
heures. On demandera aux gens de raconter leurs histoires liées à la
catastrophe et à leurs réactions..Une information concernant les réactions
normales aux catastrophes sera dispensée. Décrivez les buts de la séance …
aider les gens à comprendre ce qui leur arrive et pourquoi, aider les gens à
faire face à leurs réactions plus efficacement et avec le moins d’anxiété et
avec moins de conséquences sur leur vie. Cherchez à normaliser les
expériences des gens: il faut s’attendre à des symptômes émotionnels
inhabituels, même si le manque de symptômes est aussi normal. Répondez
aux questions. Abordez les peurs des participants et les possibles idées
fausses. Expliquez que cette séance n’est pas une psychothérapie et que
participer ne veut pas dire que les participants sont anormaux.

Les règles de la séance doivent être édictées:


Personne n’est obligé de parler, même que tout le monde y est encouragé.
Juger ou blâmer les autres n’est pas autorisé.
Chacun doit écouter les autres et les laisser parler.
Les participants doivent parler pour eux-mêmes, pas pour les autres.
Si quelqu’un est très bouleversé, il doit quand même essayer de rester au
sein du groupe. Si quelqu’un doit quitter le lieu pour se remettre, il peut
partir en étant accompagné par l’un des deux animateurs (s’il y en a
deux) mais il lui faut revenir rapidement.
La réunion est confidentielle: personne ne peut parler en dehors du groupe
de ce que les autres ont dit. Les commérages ne sont pas autorisés.

Phase 2: Les récits: dans cette phase, le but est de partager des faits et de
créer collectivement une image de ce qui s’est passé. « Dites-nous qui vous
êtes et ce qui s’est passé d’après votre point de vue. Qui souhaiterait
commencer? » Inclure la version de chaque personne sur ce qui lui est
arrive. Les participants peuvent passer leur tour s’ils le choisissent. Evitez de
vous focaliser sur les réactions psychologiques. Si les participants
commencent à parler de leurs réactions, dirigez-les doucement vers les
« faits ». Avec les travailleurs humanitaires, le point de départ peut être de
leur demander quel est leur tâche, depuis combien de temps sont-ils présents
et s’il y a eu des situations troublées.

Phase 3: Réactions: Lors de cette phase, on développe un inventaire des


pensées et des sentiments. Les participants apprennent que les autres
partagent leurs symptômes, ce qui diminue les sentiments d’isolement et de
honte. Ils apprennent également que les pensées et les sentiments sont liés et
que les changements dans la compréhension peut amener des changements
dans les sentiments.

VERSION 2, MAY 2005 14- 2 3


BOÎTE À OUTILS GERER LES RISQUES DU METIER

Promenez-vous dans la salle et enquérez-vous des réactions cognitives des


gens au moment de l’incident:
Quelles étaient vos premières pensées?
Qu’avez-vous pensé ensuite?
Qu’avez-vous fait alors?
Ensuite parlez des réactions dans les moments qui ont suivi les événements.
Qu’avez-vous pensé une fois que l’événement s’était terminé?

Maintenant parler des sentiments, plutôt que des pensées. Demandez aux
participants de décrire leurs sentiments, en les reliant à leurs pensées et leur
évaluation de la situation:
Comment vous êtes-vous senti alors?
Quelle est la chose la pire dans cette expérience d’après vous?
Quel aspect de l’événement vous cause ou vous a causé le plus de peine et de
chagrin?

Posez des questions sur les réactions de la famille du participant et des autres
personnes importantes dans leurs vies. Recherchez chaque émotion qui
montre que le fait pour ces gens-là de ne pas comprendre ce qui leur est
arrivé a augmenté leur anxiété par la façon dont ils ont exprimé leur
angoisse. Recherchez quelles ont été les réactions qui ont suivi (« cette nuit-
là » ou « le lendemain »), posez des questions sur les réactions physiques
ainsi que sur les symptômes émotionnels.

L’expression des émotions durant cette phase (et éventuellement durant les
autres) est attendue. Cela peut se comprendre et s’accepter mais il faut la
retenir. Si un participant n’est pas capable de contenir ces émotions à un
niveau où il devient difficile pour le groupe de continuer, on doit lui
demander de quitter la salle (en compagnie d’un des animateurs du groupe)
jusqu’à ce qu’il ou elle retrouve la maîtrise de lui-même. On doit s’attendre à
ce qu’il ou elle revienne après quelques minutes.

Continuez à rechercher la séquence de pensées et d‘émotions dans les jours


ou les semaines qui ont suivi l’événement jusqu’au moment présent.
Maintenant commencez à vous éloigner des émotions. Recherchez les
stratégies mises en œuvre pour faire face:
Comment avez-vous géré la situation?
Comment la gérez-vous maintenant?
Que faites-vous quand vous vous sentez de cette façon?
Qu’est-ce qui vous a aidé à d’autres moments pour faire face à vos
problèmes?
Qu’est-ce que vous pourriez faire pour vous-même la prochaine fois que
vous vous sentez comme ça?
Y a-t-il eu des aspects positives à cette experience? (avec les travailleurs
humanitaires, il est particulièrement important d’aider à identifier des

14- 2 4 VERSION 2, MAY 2005


GERER LES RISQUES DU METIER BOÎTE À OUTILS

souvenirs positifs ou utiles, car cela peut les aider à repartir sur le
terrain).

Phase 4: Education: Dans cette phase, on se penche de façon plus formelle


sur l’éducation, bien que ce genre d’intervention puisse se conduire tout au
long du processus. « Qui veut commencer? » Prenez en compte le récit de
chaque personne (même si de nouveau les participants peuvent choisir de
passer leur tour). Evitez de vous focaliser sur les réactions psychologiques.
Si les participants commencent à parler de leurs réactions, dirigez-les
doucement vers les « faits ». Avec les travailleurs humanitaires, le point de
départ peut être de leur demander quel est leur tâche, depuis combien de
temps ils sont présents et s’il y a eu des situations troublées.

VERSION 2, MAY 2005 14- 2 5


BOÎTE À OUTILS GERER LES RISQUES DU METIER

> L I ST E D E S SY M PT O M ES D E L ’U S UR E <

Fatigue excessive.
Perte de « l’esprit », de la motivation.
Incapacité à se concentrer.
Symptômes somatiques (maux de tête, problèmes gastriques et intestinaux).
Troubles du sommeil.
Croyance exagérée en sa propre importance et dans sa mission
(comportements héroïques mais imprudents, ostensiblement dans
l’intérêt des autres mais en négligeant sa propre sécurité et ses besoins
physiques: par exemple adopter un style “macho” qui consiste à ne pas
dormir, à ne pas prendre de pauses).
Cynisme.
Inefficacité.
Défiance envers ses collègues et superviseurs.
Consommation excessive d’alcool, de caféine et de tabac.

14- 2 6 VERSION 2, MAY 2005


GERER LES RISQUES DU METIER BOÎTE À OUTILS

Lectures complémentaires
Andersson, Tedfeldt and Larsson. Avlastningssamtal och debriefing,
handbok for handledare. Studentlitteratur, Lund, Sweden. 2000.
Brune, Michael MD. “Psychosocial Work in Disaster Areas”. Article
presented to Varsta. 2001. Available at www.varsta.se/
Ehrenhreich, John H. PhD. A Guide for Humanitarian, Health Care and
Human Rights Workers. Center for Psychology and Society, State
University of New York College at Old Westbury. 2002.
www.mhwwb.org/disasters.htm
Ehrenhreich, John H. PhD. Coping with Disasters, a Guidebook to
Psychological Intervention. 2001. www.mhwwwb.org/
Flannery, Raymond B. “Treating Family Survivors of Mass Casualties, a
CISM Family Crisis Intervention Approach” in International Journal of
Emergency Mental Health 1(4) 243-250. 1999.
Saakvitne, Karen and Pearlman, Laurie Anne. Transforming the Pain: A
Workbook for Vicarious Traumatization. Norton and Co., New York,
NY. 1996.

VERSION 2, MAY 2005 14- 2 7


15. GLOSSAIRE ET ABREVIATIONS

ACT: Action by Churches Together – coalition d’église pour les pro-


grammes d’urgence.
Acteurs de la mise en oeuvre: Organisations qui travaillent sur le terrain
pour faciliter et dispenser directement les services et les secours.
AHNG: Agences humanitaires non-gouvernementales.
Analyse en genre: Processus d’évaluation qui vise à déterminer le rôle des
genres et les conséquences de ces rôles.
Appropriation locale: Principe selon lequel les bénéficiaires des
programmes sont aussi leurs propriétaires. Cela est pourquoi les
décisions concernant les programmes, leur maintien et leur bonne
adéquation à la communauté doivent venir des partenaires locaux et des
gens eux-mêmes.
ARC: Action for the Rights of Children – Action pour les Droits des
Enfants.
Autonomie: Perspective qui retient que chaque personne ou communauté
peut prendre ces propres decisions sur la façon de se gouverner. Il s’agit
d’une pierre d’angle de la démocratie.
Bailleurs - Donateurs: Organisations qui fournissent des biens financiers ou
en nature pour les secours suite à une catastrophe.
Catastrophe: Un événement bouleversant d’origine naturelle ou humaine
qui chamboule les capacités d’individu ou d’une communauté à
s’occuper de soi-même.
Cécité en genre: Tentative pour s’occuper de tous les gens sans faire
attention à leur sexe. (Cela est utile à l’occasion mais dans les situations
d’urgence, elle échoue souvent à prendre en compte les rôles et les
besoins différents des hommes et des femmes.)
Cliniques mères-enfants: Service medical pour les nourrissons, les jeunes
enfants et leurs mères. Ces cliniques sont centrés sur la vaccination,
l’éducation et le dépistage de problèmes de santé avant qu’ils ne
prennent de l’ampleur.
Débriefing: Forme d’entretiens, souvent menés en petits groupes, qui
permet aux témoins d’une catastrophe de parler et d’organiser leurs
pensées sur ce qu’ils ont vécu. Ils permettent aussi d’informer les gens
sur les réactions typiques auxquelles ils sont confrontés.
Désamorçage: Entretien structuré durant lequel les gens parlent de ce qui
s’est passé et essaie de prendre de la hauteur. L’idée est que les gens

VERSION 2, MAY 2005 15- 1


GLOSSAIRE ET ABREVI AT IONS

retournent au travail avec une perspective meilleure en sachant


demander de l’aide, en sachant faire attention à leur fatigue et en sachant
mettre en place une routine, etc.
Détresse: Type de stress qui est vécu comme très déplaisant et qui cause
différentes reactions chez l’individu.
Développement du site: Cela se réfère au processus de changement
physique de l’espace qui devient alors utilisable pour un camp de
réfugiés ou pour un autre usage humanitaire.
Dispenser les secours: Processus de distribution, d’assistance ou activités
destinées à fournir de l’aide et du soutien à ceux qui sont en détresse.
Don en nature: Tous dons excepté l’argent (nourriture, fournitures,
équipement et autres matériels utiles).
Donateurs secondaires: Sources de dons ou fonds qui sont donnés via une
autre organisation donatrice (A donne de l’argent à B qui le transmet à C
comme son propre don)
Droit d’asile: C’est l’un des droits internationalement définis qui permet à
un individu de fuir une situation dangereuse et de se voir accorder la
sécurité dans un autre pays. Il existe des directives légales spécifiques
pour les types de situations qui permettent d’octroyer le droit d’asile à
quelqu’un. Normalement la demande d’asile peut être faite
immédiatement en arrivant dans un pays.
Droit humanitaire: Ensemble de réglements internationaux qui décrivent
les droits fondamentaux des gens et les lois qui protègent ces droits.
Pour plus d’information, consulter www.unhcr.ch/
Droits universels de l’homme: Les droits de tous les hommes établis par les
Nations-Unies. Ces droits peuvent être ou ne pas être reconnus par
différents gouvernements.
Emancipation: Effort conscient pour donner aux gens des pouvoirs tels que
le pouvoir de décider pour ceux qui n’avaient pas ce pouvoir auparavant.
Equilibre en genre: Ratio d’hommes par rapport aux femmes. Lors des
secours, l’équipe doit montrer l’équilibre hommes-femmes de la
population des bénéficiaires. Les décisions doivent être prises avec un
souci de conserver cet équilibre.
Equipe de terrain: Personnes recrutées par les organisations chargées de la
mise en oeuvre pour assurer la bonne marche de leurs programmes.
Evaluation des besoins: Processus d’évaluation qui cherche à determiner
les besoins perçus d’une situation de façon à pouvoir établir un plan de
réponses à ces besoins. Les besoins peuvent être déterminés grâce à une
liste objective des besoins possibles ou selon la perspective de celui de l’
interviewer ou encore selon la perspective du bénéficiaire potentiel. Les
problèmes de genre peuvent poser des difficultés quand les personnes
d’un sexe ignorent une partie des besoins de l’autre sexe.
Expériences traumatisantes: Evénements de la vie d’une personne qui sont
au-delà de l’expérience ou de l’imagination de la plupart des gens et au-

15- 2 VERSION 2, MAY 2005


GLOSSAIRE ET ABREVI AT IONS

delà du contrôle de qui que ce soit. Ils causent une grande peur, un
sentiment d’horreur, du désespoir, de la terreur et menacent la vie.
Exploitation sexuelle: Terme générique qui décrit l’abus d’une autre
personne pour recevoir des faveurs sexuelles. Les personnes détenant du
pouvoir négocient souvent leur pouvoir contre des faveurs sexuelles de
personne dans le besoin.
Fédération Internationale: Fédération Internationale de la Croix Rouge et
du Croissant Rouge.
Fossé en genre: En general, il s’agit des différences de pouvoir, d’accès aux
ressources disponibles, de choix et ainsi de suite entre les hommes et les
femmes seulement basées sur leur genre.
Foyers déplacés: Lors de catastrophes, des foyers entiers (familles et autres
personnes vivant avec elles) sont obligés de partir pour trouver des
endroits plus sûrs et éviter les blessures ou la mort.
Groupes cibles: Sous-groupes désignés au sein de la population générale
dont les besoins particuliers sont le centre de l’attention.
HCR: Haut-Commissariat pour les Réfugiés, www.unhcr.ch/
Impératif humanitaire: Principe qui nous commande de répondre aux
besoins des gens sans faire attention à leur âge, leur sexe, leur race, leur
nationalité, leurs croyances, etc.
Information sur les mines anti-personnelles: Programme éducatif qui
enseigne aux gens les indices pour identifier la présence de mines, leur
aspect, les endroits où elles peuvent se trouver et savoir à qui s’adresser.
Avant tout, il insiste sur la PRUDENCE qui consiste à Ne pas toucher!
Interventions: Actions choisies en réponse à des besoins.
Machisme: Approche masculine qui exhibe des actes de pouvoir, la virilité,
la vantardise, la competition avec les autres males, etc.
Médiateur: Personne qui accepte d’écouter deux parties en conflit et de
faciliter leur écoute réciproque avec le but avoué de rechercher des
points d’accord possibles et une éventuelle résolution. Le médiateur peut
être institute formellement ou pas, payé ou volontaire.
Nettoyage ethnique: Effort systématique pour éradiquer un groupe ethnique
particulier par le massacre, par le viol des femmes qui donneront
naissance à des enfants d’un autre groupe ethnique, par l’élimination des
traditions culturelles, etc.
OCHA: Office for the Coordination of Humanitarian Affairs.(Nations-
Unies)
OMS: Organisation Mondiale de la Santé
ONG: Organisation non-gouvernementale
PAM: Programme Alimentaire Mondial
Partenaires locaux: Organisations issues des communautés locales qui
joignent leurs efforts à ceux d’organisations extérieures pour distribuer
l’aide. Dans le cas de l’ACT, beaucoup de nos partenaires locaux sont
des églises.

VERSION 2, MAY 2005 15- 3


GLOSSAIRE ET ABREVI AT IONS

Perspective à long terme: Cette perspective/approche considère quel sera


l’effet des actions ou de l’inaction des années après, si l’on éduque ou
pas.
Perspective basée sur les droits: Présomption selon laquelle tous les
individus ont les mêmes droits de base. Les Nations-Unies définissent
ces droits: droits à la vie, à la sécurité, à accéder à la nourriture, à un
abri, à un travail, etc. En conséquence, fournir tout cela à un individu
devient un dû à chaque personne et non plus un privilège accordé à
quelques uns.
Préparation à la catastrophe: Anticipation et planification des catastrophes
possibles avant qu’elles n’aient lieu, cela comprend la formation du
personnel.
Prévention des conflits: Les conflits ne peuvent jamais être totalement
prévenus. Pourtant on peut faire un effort pour résoudre les questions ou
les petits désaccords et pour anticiper les désaccords potentiels de façon
à réduire les possibilités d’un conflit plus large ou d’un conflit larvé qui
rendent les relations professionnelles très compliquées.
Programmes: Activités et services de divers types qui sont offerts par une
organisation à différents groupes de personnes.
Programmes de formation: Activités éducatives organisées pour le staff,
les bailleurs, les survivants aux catastrophes, la communauté ou ceux qui
veulent apprendre.
Programmes de suivi à la trace: Programmes menés par une organisation
designée (souvent le Comité International de la Croix Rouge) pour aider
à la recomposation des familles et des autres personnes qui ont été
séparées en fuyant la catastrophe.
Projet durable: Il s’agit d’un projet dans lequel on a pris soin de planifier
bien à l’avance ce qui se passera après la fin du financement present
pour assurer que le projet dispose de moyens de financement
indépendants et qu’il peut donc être poursuivi par la communauté locale.
Psychothérapie: Processus de récupération qui aborde les problèmes
émotionnels et sociaux du point de vue de l’individu. Diverses modalités
peuvent être utilisées: discussion, médication, travail de groupe.
Réhabilitation de long terme: Suite à une urgence, il y a une phase de
réponse en urgence qui se focalise sur les besoins immédiats (nourriture,
abris, eau). Après cette phase, vient la phase de développement qui se
concentre sur la reconstruction des structures et des capacités de la
population locale. Cette seconde phase est aussi appelée rehabilitation de
long terme.
Renforcement des capacités: Efforts intentionnels d’une organisation
extérieure pour développer les compétences techniques et l’organisation
au sein des organisations locales de façon à ce qu’elles soient capables
de répondre plus efficacement aux besoins dans leur proper zone.

15- 4 VERSION 2, MAY 2005


GLOSSAIRE ET ABREVI AT IONS

Résilience: Terme qui décrit le processus visible d’une personne qui a


expérimenté une épreuve de la vie mais qui semble retrouver son état
d’origine sans séquelles graves.
Rôle productif: Rôle actif par lequel une personne contribue à son échelle
au mieux-être de la communauté plus large.
Rôle reproductif: Partie de la vie d’une femme qui comprend la naissance
et l’éducation des enfants. On peut aussi employer ce terme pour les
pères.
Santé mentale: Etat émotionnel dans lequel l’individu est à même de
profiter de relations sociales épanouissantes, de prendre des
responsabilités au travail ou à l’école, de s’occuper de lui-même selon
son âge et de gérer les plaisirs et les déceptions normaux.
Santé sexuelle et de la reproduction: Domaine médical spécifique. C’est
aussi un sujet qui peut être enseigné aux étudiants avec de l’information
sur la sexualité et la reproduction humaine.
Secteur informel: Personnes qui ne font pas partie des organisations
formellement reconnues et qui peuvent spontanément organiser une
réponse dans les situations d’urgence.
Sensibilité au genre: Conscience des tâches dévolues aux différents rôles de
chaque genre et des avantages et des inconvénients qui en résultent.
Sensibilité culturelle: Une conscience et un respect pour les différences de
perspective, des rituels, des priorités, des traditions et des tabous de la
part d’un groupe de gens envers un autre.
Services Psychosociaux: Programmes, activités, écoles, approches
organisées pour favoriser la récupération psychologique et sociale des
personnes touchées.
Situation d’urgence: Evénement à la suite ou au cours duquel une réponse
immédiate doit être apportée pour préserver les vies et/ou la propriété.
SPHERE: Projet qui a développé un ensemble de standards universels
minimaux dans les zones essentielles de l’aide humanitaire pour
améliorer la qualité de l’assistance fournie aux personnes affectées par
les catastrophes.
SPS: Services Psychosociaux
Trafic humain: Processus illégal d’achat et de vente d’êtres humains
(souvent des femmes et des enfants) pour les employer en général
comme esclaves ou dans la prostitution. Il est souvent bien organisé et
lié aux groupes du crime organisé. Les réfugiés et les mineurs isolés sont
tout particulièrement vulnérables.
Traumatisme: Mot utilise pour tout événement qui est la cause d’une
grande détresse chez une personne, qu’elle soit physique, émotionnelle,
spirituelle, etc.
Travail de secours: Activité qui a lieu immédiatement après une urgence et
qui se concentre sur la fourniture d’abris de fortune, d’eau, de nourriture
et de soins médicaux pour préserver la vie des victimes. C’est là le
prélude au travail de développement et de reconstruction.

VERSION 2, MAY 2005 15- 5


GLOSSAIRE ET ABREVI AT IONS

Travail humanitaire: Travail accompli pour ou avec ceux qui ont besoin
d’aide et en leur nom.
UNICEF: Fonds des Nations Unies pour l’Enfance et l’Education,
www.unicef.org/
Urgences complexes: Une situation d’urgence (qui menace la vie ou la
propriété) qui a des impacts sur les communautés à des niveaux
multiples, c’est-à-dire au niveau de la sécurité, des dégâts sur
l’infrastructure, des troubles civils, des systèmes sanitaires débordés.
Violence basée sur le genre: Violence dirigée contre une personne qui en
général n’aurait pas lieu contre une personne du sexe opposé (viol,
violence domestique, etc.)

15- 6 VERSION 2, MAY 2005