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COURS D’INTRODUCTION AUX

SYSTEMES D’INFORMATION
GEOGRAPHIQUE (SIG)

Licence professionnelle
Génie Civil et Génie électrotechnique

FORMATEC

Préparé par :

Dr. KOKOU K. Azoko

Géographe-cartographe, Spécialiste en SIG et


télédétection

Tél : 90886157
Sommaire
Sommaire ................................................................................................................... 2

Objectifs pédagogiques .............................................................................................. 4

Introduction ................................................................................................................. 5

A- CONCEPTS GENERAUX DES SYSTEMES D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE ........ 7

I. Définitions ................................................................................................................ 7

1. Cartographie ........................................................................................................... 7

2. Géomatique ............................................................................................................ 7

3. Système d’information géographique (SIG) ............................................................ 8

4. Information géographique ....................................................................................... 8

III. Les fonctionnalités des SIG ................................................................................... 9

IV. Modes d’acquisition des données ......................................................................... 9

V. Les composantes des SIG ................................................................................... 10

1. Données géographiques ou spatiales................................................................... 10

2. Primitives graphiques ........................................................................................... 10

3. Données associées ou descriptives...................................................................... 11

Sa position géographique dans l’espace............................................................ 12

Sa relation spatiale avec les autres objets spatiaux : topologie ......................... 12

Son attribut, c’est à dire ce qu’est l’objet (nature) .............................................. 12

VIII. Notion de couche .............................................................................................. 13

IX- Les domaines d’application ................................................................................. 15

I. La notion d’échelle ................................................................................................. 17

II- La mise en œuvre des SIG................................................................................... 17

a/ Le matériel ............................................................................................................ 17

b/ Le logiciel.............................................................................................................. 18

c/ Les données ......................................................................................................... 18

d/ Utilisateurs ............................................................................................................ 18

e/ La méthode........................................................................................................... 18

2
III- La représentation informatique des données géographiques .............................. 18

1. Le mode matriciel ou raster .................................................................................. 19

2. Le mode vectoriel ................................................................................................. 21

3- Les modèles numériques de terrain (la 3D) .......................................................... 22

IV Intérêt et inconvénients des représentations raster et vecteur ............................. 23

1 - Le mode raster .................................................................................................... 23

2 - Le mode vecteur .................................................................................................. 24

3 - Les conversions vecteur-raster ........................................................................... 25

V- Les géodatabases ................................................................................................ 25

VI- Le géoréférencement .......................................................................................... 26

VII-Les systèmes de projections ............................................................................... 28

VIII- Les systèmes de positionnement par satellite ................................................... 29

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Objectifs pédagogiques

Cette unité d’enseignement permet à l’étudiant de

➢ Maîtriser les concepts de base d’un système d’information géographique,

➢ Manipuler et représenter l’information géographique ;

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Introduction

Les systèmes d'information géographique (SIG) regroupent différentes méthodes et


techniques informatiques, permettant de modéliser, de saisir sous forme numérique,
de stocker, de gérer, de consulter, d'analyser, de représenter des objets ou des
collections d'objets géographiques, avec la particularité essentielle de prendre en
compte les caractéristiques spatiales de ces objets au même titre que les attributs
descriptifs qui y sont attachés.

La dénomination « SIG » recouvre une grande variété de réalisations logicielles


construites suivant des choix techniques différents, aux fonctionnalités et aux
performances très diverses. Les systèmes d’information géographique ont la
particularité de faire appel à de nombreux domaines scientifiques et techniques et à
de nombreuses méthodes, allant de la géodésie aux systèmes de gestion de bases
de données, en passant par le traitement d’images, l’algorithmique géométrique, la
modélisation et l’interpolation géométrique, la statistique, la cartographie
automatique, l’analyse spatiale, etc. Construire un système d’information
géographique sans s’éloigner de la rigueur scientifique est une tâche complexe,
aussi bien en termes de définition des concepts, d’organisation fonctionnelle et
d’architecture logicielle.

La vocation principale d’un Système d’Information Géographique est de rassembler


au sein d’un outil unique des données diverses mais localisées dans l’espace
géographique, des outils de mise à jour cartographique, des outils d’analyse des
données, ainsi qu’il offre la possibilité d’élaborer les synthèses nécessaires à la prise
de décision.

Ces données sont souvent utilisées dans les opérations de cartographie,


essentiellement pour l’actualisation de la base de données cartographique, (qui
consiste à produire des cartes mises à jour, à la saisie des différentes données
collectées par les équipes sur le terrain).

Avec l’essor de l’informatique est apparu le besoin de numériser l’information


géographique et d’en confier la gestion à l’ordinateur. Ainsi sont nés les Systèmes
d’Information Géographique (SIG), que l’on peut définir de manière simple comme
des systèmes informatiques de traitement d’informations localisées.

5
« Un SIG est un système informatique de matériels, de logiciels, et de processus
conçus pour permettre la collecte, la gestion, la manipulation, l'analyse, la
modélisation et l'affichage de données à référence spatiale afin de résoudre des
problèmes complexes d'aménagement et de gestion ». Un SIG est donc un
ensemble de données repérées dans l’espace, structurées de façon à pouvoir en
extraire commodément des synthèses utiles à la décision

Au sens large, le SIG comprend aussi bien à l’ensemble des données géographiques
numérisées relatives à une application, que le logiciel qui les manipule. Au sens
restreint du terme, le SIG désignera le seul outil informatique (logiciel à fonctionnalité
spécifique). C’est un Système informatique capable d’assurer la gestion, la
production, l’actualisation et l’archivage des cartes.

Les SIG ont bénéficié des progrès réalisés indépendamment dans les deux branches
importantes de l’informatique :

- D’une part la conception assistée par ordinateur (CAO), dont dérivent le


dessin assisté par ordinateur (DAO) et la cartographique assistée par
ordinateur,

- D’autre part les systèmes de gestion de bases de données (SGBD)

A ces deux catégories d’outils correspondent les deux types de données manipulées
par un SIG : les données (géo)graphiques, objet que l’on représente, et des données
descriptives, porteuses de l’information relative aux premières.

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A- CONCEPTS GENERAUX DES SYSTEMES
D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE

I. Définitions

1. Cartographie

La cartographie est définie comme étant l’ensemble des études et des opérations

Scientifiques, artistiques et techniques intervenant à partir des résultats


d’observations directes ou de l’exploitation d’une documentation, en vue de
l’élaboration de cartes, plans et autres modes d’expression, ainsi que dans leur
utilisation. Elle est aussi définie comme une visualisation de l’information.

La cartographie comporte plusieurs spécialités :

❖ Géodésie et topographie (Opérations de levés et implantation de points de


base)

❖ Photogrammétrie (acquisition de données par les photographies aériennes)

❖ Télédétection (ensemble des connaissances et des techniques utilisées pour


déterminer des caractéristiques physiques et biologiques d'objets par des
mesures effectuées à distance, sans contact matériel)

❖ Cartographie (gestion, production et visualisation de l’information)

❖ SIG et Gestion de base de Données

2. Géomatique

La géomatique regroupe l'ensemble des outils et méthodes permettant d'acquérir, de


représenter, d'analyser et d'intégrer des données géographiques. La géomatique se
résume à trois activités à savoir :la collecte, le traitement et la diffusion des données
géographiques. La géomatique est étroitement liée à l'information géographique.

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Les SIG font partie de la Technologie Géomatique, qui a pour objet la gestion des
données à référence spatiale et qui fait appel aux sciences et aux technologies
reliées à leur acquisition, leur stockage, leur traitement et leur diffusion.

3. Système d’information géographique (SIG)

Un système d’information géographique est un système informatique de matériels,


de logiciels et de processus conçu pour permettre : la collecte, la gestion, la
manipulation, l’analyse, la modélisation, l’affichage de données à référence spatiale,
afin de résoudre des problèmes complexes d’aménagement et de gestion de
l’espace. C’est aussi un ensemble de données repérées dans l’espace, structuré de
façon à pouvoir en extraire commodément des synthèses utiles à la décision.

4. Information géographique

L’information géographique désigne toute information relative à un point ou à un


ensemble de points spatialement référencés à la surface de la Terre. Elle est
d’importance capitale pour tous ceux qui ont à gérer un espace ou des objets
dispersés dans un espace donné. Ainsi l’information géographique (IG) est une
information ayant une référence au territoire, soit sous la forme de coordonnées, de
nom de lieu, d’adresse postale ou autre.

II. Objectifs des SIG

➢ Définir les bases de la référence spatiale,

➢ Développer et utiliser des outils pour localiser les différents éléments du


territoire, existants ou à mettre en place,

➢ Intégrer ou rendre intégrables les données obtenues en fonction des systèmes


de référence choisis,

➢ Offrir des données et information de qualité,

➢ Améliorer leur traitement, stockage et diffusion grâce à l’informatique,

➢ Analyser différents scénarios décisionnels à partir des informations obtenues.

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Pour atteindre ces objectifs, un SIG répond à cinq questions principales :

• OÙ ? « (répartition spatiale des objets) »

• QUOI ? (Proximité, superposition, que trouve-on à cet endroit ?)

• COMMENT ? (Relations qui existent entre les objets = analyse spatiale)

• QUAND ? (Analyse temporelle)

• SI ? (Scénario d’évolution, simulation, études d’impact)

III. Les fonctionnalités des SIG

Les cinq principales fonctionnalités d’un SIG sont : l’abstraction, l’acquisition,


l’archivage, l’ analyse et l’affichage.

Abstraction : modélisation de l'information,

Acquisition : récupérer l'information existante, alimenter le système en données,


Archivage : stocker les données de façon à les retrouver et les interroger facilement,

Analyse : réponses aux requêtes, cœur même du SIG,

Affichage : restitution graphique.

IV. Modes d’acquisition des données

Dans la pratique, les données géographiques proviennent de sources différentes, ont


des modes d’acquisition différents, sont sur des médias différents, on dit qu’elles sont
multi sources. Certaines données sont directement mesurées sur le terrain (levés
topographiques) ou captées à distance (système de positionnement Global GPS,
photos aériennes, images satellitaires), ou saisies à partir de cartes ou de plans
existants, ou récoltées par des organismes de production de données et ensuite
importées. Il s’agira d’intégrer ces données hétérogènes, car de qualité, de fiabilité,
de précision et d’extensions spatiales bien différentes. Les principales méthodes
d’acquisition de données :

➢ Numérisation

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➢ Balayage électronique (Scannérisation)

➢ Photogrammétrie

➢ Images satellitaires (Télédétection)

➢ Import de fichiers

V. Les composantes des SIG

L’information géographique est composée d’information variées, hétérogènes, que


l’on peut scinder en deux « étages » d’information : les objets géographiques et les
variables descriptives de ces objets. Cette dualité, qui n’est pas toujours sensible en
cartographie « manuelle », se traduit à la fois dans l’organisation des données et
dans les fonctionnalités logicielles mises en œuvre

1. Données géographiques ou spatiales


Elles déterminent les caractéristiques spatiales d’une entité géographique. Il s’agit
de :

❖ La localisation : coordonnées par rapport à une échelle graphique de


référence.

❖ La forme : point, ligne, surface.

❖ La taille : longueur, périmètre, surface.

2. Primitives graphiques
L’information géographique fait référence à trois primitives graphiques :

❖ Point : est désigné par ses coordonnées et à la dimension spatiale la


plus petite.

❖ Ligne : a une dimension spatiale constituée d’une succession de points


proches les uns des autres.

❖ Polygone (zone ou surface) : est un élément de surface défini par une ligne
fermée ou la ligne qui le délimite.

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La description des points, des lignes et des polygones représentant les entités
spatiales (objets). C’est la représentation de la structure géométrique du territoire.
Elles varient en fonction de l’échelle. Pour une échelle de 1 :50,000

➢ La maison est un point.

➢ La route ou rivière sont une ligne

➢ La forêt est un polygone

Pour une échelle de 1 :2,000

➢ La maison est un polygone.

➢ La route ou rivière sont deux lignes

➢ La forêt est un polygone dont les parties et sous-parties sont mieux définies

3. Données associées ou descriptives

Elles sont constituées de tableaux spécialisés reliés aux entités spatiales par un lien
(physique ou relationnel). Elles ne peuvent être remplacées par l’usage de couches
thématiques (layers). Elles permettent une rapidité de recherche, facilité d’entretien
et nécessitent un espace de stockage. Par exemple, une forêt peut être décrite par
sa surface, les espèces présentes, le nombre de strates de végétation, etc. Une
route peut être décrite par son nom, sa longueur, son état, etc., une ville par son
nom, sa taille, le nombre d'habitants, sa fonction principale, etc. L’organisation de
toutes ces données et leur gestion est appelée un Système de Gestion de Base de
Données (SGBD). Ce système permet la saisie et l’entretien des tableaux de
données thématiques de même que la sélection et/ou l’extraction d’objets en fonction
d’attributs thématiques.

Le système de gestion de données localisées (SGDL) quant à lui englobe :

• La numérisation des documents analogiques (cartes, photos …),

• La gestion des systèmes de coordonnées (projection, unités, …),

• L’édition cartographique,

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• La sélection d’objets selon leurs localisations.

Les systèmes de gestion de base de données (SGDB) et de données localisées


(SGDL) sont parfois suffisants pour mettre en place un système d'information du
territoire (SIT). Par contre un SIG doit nécessairement comprendre des fonctions
d’analyse complémentaire. Les données associées des entités géographiques
permettent de compléter la représentation géométrique de l’entité spatiale. Chaque
élément de l’espace reçoit un code d’identification qui peut être numérique ou littéral.
Ce code constitue en quelque sorte une étiquette caractérisant le point, la ligne ou le
polygone. Parmi ces données il faut distinguer :

➢ Données de classification : Ces données permettent de ranger le point isolé,


la ligne ouverte ou la ligne fermée, dans une catégorie : limite administrative,
contour de parcelle, bordure de trottoir, arbre d’alignement, conduite de
réseau d’eau...

➢ Données d’identification : Ces données permettent d’individualiser chaque


objet figurant sur le plan : nom propre de l’objet, par exemple nom de la
commune ou numéro permettant de l’identifier : numéro de parcelle...
Données attributaires : Ces données viennent apporter une information
supplémentaire,

➢ Propre à chaque objet identifié : le propriétaire de la parcelle, le diamètre de la


conduite d’eau...

Souvent ces informations sont déjà disponibles sur des fichiers informatiques, où
elles sont liées à l’identifiant de chaque objet.

Une information géographique pour qu’elle soit bien décrite et prête à être utilisée
par un SIG, trois informations doivent être fournies :

➢ Sa position géographique dans l’espace

➢ Sa relation spatiale avec les autres objets spatiaux : topologie

➢ Son attribut, c’est à dire ce qu’est l’objet (nature)

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VIII. Notion de couche
Représentation visuelle d'un jeu de données géographiques dans un environnement
cartographique numérique. Conceptuellement, une couche correspond à une
tranche, une strate de la réalité géographique dans une zone donnée, et peut plus
ou moins être rapprochée d'un élément de légende sur une carte papier. Sur une
carte routière, par exemple, les routes, les parcs nationaux, les frontières politiques
et les fleuves sont autant de couches différentes, (figure n°1).

Une couche est donc un plan réunissant normalement des éléments géographiques
de même type. La notion de couche peut être associée, par exemple, à celle des
couches transparentes portant le dessin des différents éléments retrouvés sur les
cartes topographiques. Une couche peut aussi être vue comme un compartiment
logique du système d'information. Ainsi chaque couche représente un sous-
ensemble "thématique" des informations retrouvées dans le SIG. On dit qu'il s'agit
d'un Planer dans la majorité des cas, les données géographiques incorporées dans
les SIG sont bidimensionnelles. Même si les couches représentent souvent
différents thèmes (ou couches d'information) indépendants, elles peuvent être
recombinées pour analyse ou simplement superposés pour visualisation. Ces
couches sont souvent nommées couvertures (en anglais coverage). La séparation
en couvertures permet d'améliorer la gestion de la base de données et l'efficacité
des requêtes.

Exemple : couche hydrographique regroupant les objets tels que les lacs, les
rivières, les canaux, etc.

Autres exemples de couches :

• la couche topographique

• la couche du réseau routier

• la couche du découpage administratif

• etc…

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Figure n° 1 : les couches d’information

• un ensemble structuré, évolutif, dynamique, permettant la création


d’information utile à différentes pratiques sur le territoire

• avec des composants suivants :

• le matériel (hardware)

• les personnes

• le logiciel (software)

• les institutions (les agences de production et de gestion de données)

• les réseaux (netware)

• … et bien entendu les données

• Les SIG sont des outils informatiques qui permettent de manipuler des
données géoréférées.

Les SIG sont à la croisée de nombreuses technologies : informatique, base de


données, cartographie, réseaux informatiques, etc.

Les utilisations des SIG sont multiples. A l’origine elles ont plutôt concerné le milieu
de la recherche dans le domaine de la géologie et de l’environnement. Mais

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aujourd’hui, sous l’impulsion de produits plus simples à utiliser, comme les logiciels,
les utilisations se sont démocratisées, et concernent des domaines très variés.

IX- Les domaines d’application

Les domaines d’application sont très variés :

• Entreprises de services (gaz, téléphone, TV …),

• Transports et logistique,

• La gestion foncière et cadastrale (recensement des propriétés, calcul de


surfaces)

• La gestion des réseaux (assainissement, électricité, téléphone, de l’eau


potable,)

• Défense,

• Foresterie, agriculture,

• Gestion et protection de l’environnement,

• Services de secours et d’intervention,

• Science,

• Les études marketing (géomarketing),

• L’écotourisme,

• L’exploitation des ressources etc…

Comme on le voit, les SIG sont liés à diverses disciplines, (figure n°2) :

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Figure n°2 : quelques disciplines liées aux SIG

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B- LE FONCTIONNEMENT D’UN SIG
I. La notion d’échelle
L’échelle est le « rapport existant entre une longueur réelle et sa représentation sur
la carte » « rapport entre les dimensions ou distances marquées sur un plan avec les
dimensions ou distances réelles ».

La donnée numérique et les outils de zoom des logiciels permettent une grande
liberté dans les échelles de visualisation de la donnée.

Avec les SIG, on parle plutôt d’échelle d’utilisation, c’est à dire le ratio entre l’échelle
à laquelle la donnée a été numérisée et les limites de son exploitation. L’échelle
d’utilisation dépend de l’usage de la base de données, de la précision géométrique
ainsi que de l’exhaustivité des informations géographiques voulues.

II- La mise en œuvre des SIG

En règle générale la mise en œuvre d’un SIG suit 5 étapes fondamentales à savoir :

a/ Le matériel : il est fondamentalement fondé sur les ordinateurs. Il s'agit


d'une composante indispensable à un S.I.G et l'élément fondamental de cette
composante reste l'ordinateur. Les S.I.G fonctionnent aujourd'hui sur une gamme
très diversifiée d’ordinateurs : des micro-ordinateurs (PC ou Mac) aux stations de
travail sous Unix et des serveurs de données aux ordinateurs de bureaux connectés
en réseau ou utilisés de façon autonome.

Les périphériques : Reliés à l'ordinateur, de multiples périphériques permettent


d'assurer diverses fonctions et deviennent de plus en plus indispensables :

- le matériel d'acquisition des données : scanner, table à digitaliser...

- le matériel de stockage des données : disques durs, CD Rom, disquettes, DVD...

- le matériel de visualisation des données : écrans traditionnels, écrans plats,


portables...

- le matériel d'impression des données : imprimantes, traceurs...

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b/ Le logiciel : c’est une composante essentielle d'un S.I.G mais partir du
postulat qu'un S.I.G n'est constitué que d'un logiciel du fait de sa commercialisation
est faux. Les logiciels S.I.G offrent une panoplie d'outils et de fonctionnalités qui
permettent de stocker, d'analyser et d'afficher des données géographiques.

c/ Les données : Les données géographiques et les données tabulaires


associées peuvent soit être constituées en interne, soit acquise auprès de
producteurs de données.

d/ Utilisateurs : Un S.I.G étant avant tout un outil, ce sont ses utilisateurs (et
le personnel qui entretient et gère le système) qui lui permettent d'exister et de
donner toute l'efficacité dont il peut être porteur. Comment est constituée la
composante humaine d'un S.I.G ?

Les techniciens et ingénieurs chargés de la conception, de l'entretien et de la gestion


du S.I.G,

les techniciens utilisant quotidiennement le S.I.G dans leur travail,

les décideurs utilisant le S.I.G comme moyen d'aide à la décision.

Cependant, avec le développement des S.I.G sur Internet, le nombre d'utilisateurs


potentiels ou réels de S.I.G augmente chaque jour.

e/ La méthode : la mise en œuvre et l'utilisation d'un S.I.G ne peut s'effectuer


sans l'application de méthodes, de règles et de procédures. Ces méthodes
permettent une utilisation rigoureuse et cohérente du matériel, des logiciels et des
données du S.I.G par l'ensemble des utilisateurs et cela afin de répondre aux
objectifs fixés au préalable dans tout projet.

III- La représentation informatique des données géographiques

Les données géographiques sont représentées en informatique en suivant certaines


règles car il s’agit d’abord d’une abstraction du monde réel ou géométrique. La
représentation de l’espace géométrique par le biais de l’informatique présente un
mode d’encodage fonction d’un logiciel à l’autre, aussi les modes de représentation
sont matriciels (rastré, maillé) ou vectoriel ; La qualité des résultats, la précision de la

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localisation et la nature des traitements possibles variant aussi selon le mode de
représentation.

En y regardant de plus près, on discerne de plus en plus de détails, et ceci presque


sans limite d’échelle. En effet, rreprésenter le territoire de façon très précise
nécessiterait une base de données infiniment grande. Les données sont donc
réduites à une quantité finie et manipulable.

1. Le mode matriciel ou raster

Ce mode de représentation divise l’ensemble du territoire en une grille régulière de


cellules (pixel). La localisation d'un pixel et donc de l'objet qu'il est censé représenter
dépend des numéros de lignes et de colonnes. L’image est formée de lignes et de
colonnes et l’espace continu est donc partitionné en unités indépendantes qui ne
contiennent qu’une seule valeur, chaque maille de cette grille ayant une intensité de
gris ou une couleur. La juxtaposition des points recrée l'apparence visuelle du plan et
de chaque information. Une forêt sera "représentée" par un ensemble de points
d'intensité identique.

Ce format nécessite une image par thématique, donc beaucoup d’espace mémoire
(figure n°3).

19
Figure n°3 : la représentation en mode matriciel

Photo aérienne

La photo est la base de nombreuses données géographiques. A partir d’appareil


photo ou de caméra aéroportée (avion, ballon, …) il est possible d’avoir de
nombreux détails de la surface de la terre. Elle peut être :

− Scannée,

− Numérique (directement intégrable sur un disque dur),

− Orthorectifiée (corrigée des déformations d’échelle dues aux différentes


altitudes, à l’assiette de l’avion, … on obtient une orthophotographie)

La précision de la photo aérienne dépend de la dimension du plus petit détail visible


(notion de résolution).

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2. Le mode vectoriel

En structure vectorielle, la représentation graphique de la surface de la Terre, se fait


à l'aide d'une succession de points définis par leurs coordonnées en latitude et en
longitude (x, y) et parfois altitude (z). Pour "dessiner" les objets géographiques en
mode vecteur, on possède trois formes élémentaires : le point, la ligne, le polygone.
Chaque objet spatial est doté d'un identifiant qui permet de le relier à une table
attributaire (figure n°4). Les limites des objets spatiaux sont décrites à travers leurs
constituants élémentaires, à savoir les points, les arcs, et les arcs des polygones.

Les points : Ils définissent des localisations d'éléments séparés pour des
phénomènes géographiques trop petits pour être représentés par des lignes ou des
surfaces qui n'ont pas de surface réelle comme les points cotés.

Les lignes : Elles représentent les formes des objets géographiques trop étroits pour
être décrits par des surfaces (ex : rue ou rivières) ou des objets linéaires qui ont une
longueur mais pas de surface comme les courbes de niveau.

Les polygones : Ils représentent la forme et la localisation d'objets homogènes


comme des pays, des parcelles, des types de sols......

Figure n° 4 : les trois formes élémentaires

Toutefois ce modèle de représentation ne remplis pas nécessairement tout l’espace.


Il se concentre sur où il y a quelques choses et est discontinuité et intrinsèque.

21
Figure n°5 : la représentation en mode vecteur

3- Les modèles numériques de terrain (la 3D)

Les terrains et les modèles numériques de terrain (MNT) permettent de modéliser


l’altitude de surface et d’autres surfaces tridimensionnelles. A chaque couple X et Y
est associé un Z ce qui permet de créer un « squelette » du relief sur lequel on peut
draper des images satellites ou des photos aériennes où les objets du sursol,
maisons, arbres, etc. A partir des MNT, on peut créer des produits dérivés tels que
les courbes de niveau, les classes d’altitude, les cartes de pente, les calculs
panoramiques, les cartes d’intervisibilité, les profils de terrain, etc. (figure n°6).

22
Figure n°6a : un exemple de Modèle numérique de terrain (MNT)

Les deux modes de représentation des objets géographiques ont évidemment leurs
qualités et leurs défauts

Des modèles, plus élaborés prennent en compte les objets du sursol en intégrant un
2ème z, ce sont les Modèle Numérique d’Elévation (MNE).

Figure n°6b ; Visualisation d'un projet immobilier à partir d'un MNE

IV Intérêt et inconvénients des représentations raster et vecteur

1 - Le mode raster

Le mode raster est le plus simple car les données sont stockées sous forme de
matrices et sont, de ce fait, faciles à manipuler par ordinateur. De même, les

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croisements de données sont faciles à réaliser, puisque toutes les données sont
ramenées à la même unité de base, la cellule (ou pixel dans l'image). Enfin, les
données en mode raster se prêtent très bien à certains types de traitements
numériques, classiques en traitement d'images : filtres, convolutions, classifications.

L'inconvénient majeur du mode raster réside dans l'importance de la capacité


mémoire nécessaire à stoker les données : il y a en particulier redondance lorsqu'un
gr d nombre de cellules contiguës sont porteuses de la même information. D'autre
part, du fait que l'espace soit divisé arbitrairement, les mesures de distances et de
surfaces se trouvent faussées. L'erreur dépendra de la résolution (dimension du
pixel).

2 - Le mode vecteur

Le mode vecteur répond au souci de représenter un objet de manière aussi exacte


que possible. L'espace des coordonnées est continu et non discrétisé, la localisation
des objets, leurs dimensions, les distances, sont calculées avec précision. Le
volume de la base de données est fonction de la complexité des arcs et des
polygones, et de la densité des points servant à représenter les arcs.
Analytiquement, le vectoriel est plus puissant. Le vectoriel permet aussi de
conserver précisément la localisation des objets

En contrepartie, les croisements de couches d'information sont délicats et


nécessitent une topologie parfaite : des erreurs (comme un polygone mal fermé),
peuvent poser problème, (tableau n°3).

Tableau n°1 : tableau récapitulatif, modes matriciel vs vectoriel

24
3 - Les conversions vecteur-raster

La conversion de vecteur à raster est très facile et fait appel à des algorithmes
simples. Il en résulte une modification des contours des polygones qui peut
conduire à une perte d'information. La conversion de raster à vecteur est beaucoup
plus délicate, complexe et coûteuse en temps de calcul. Il existe des algorithmes
permettant de lisser les contours crénelés obtenus après vectorisation. L'intégration
raster / vecteur est une fonction particulière de transformation d'une distribution
dans une couche raster en une variable descriptive d'objets vecteurs décrivant la
même zone géographique.

V- Les géodatabases

Base de données ou structure de fichiers utilisée à l'origine pour stocker, interroger


et manipuler des données spatiales. Les géodatabases stockent la géométrie, un
système de référence spatiale, les attributs et les règles comportementales des
données. Divers types de jeux de données géographiques peuvent être collectés au
sein d'une géodatabase, dont notamment des classes d'entités, des tables
attributaires, des jeux de données raster, des jeux de données réseau, des
topologies, etc. Les géodatabases peuvent être stockées dans des systèmes de
gestion de base de données relationnelles IBM DB2, IBM Informix, Oracle, Microsoft
Access, Microsoft SQL Server ou PostgreSQL, ou dans un système de fichiers, tel
qu'une géodatabase fichier.

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VI- Le géoréférencement

Les images de télédétection, les photographies aériennes ou tout plan


cartographique représentent un espace géographique. L’opération qui consiste à
attribuer des coordonnées cartographiques aux pixels de l’image est appelée
géoréférencement. Le géoréférencement d’une surface terrestre fait donc appel à un
système de coordonnées lui-même rattaché à un système de projection. On peut
aussi classer les projections selon leurs propriétés. On distingue ainsi : les
projections équivalentes qui conservent les surfaces, les projections conformes qui
conservent les angles, les projections aphylactiques, ni conformes ni équivalentes.
Elles peuvent être équidistantes, c'est-à-dire conserver les distances sur les
méridiens. Une projection ne peut être à la fois conforme et équivalente. En fonction
des syst-mes de projections les coordonnées d’un point sont différentes. Le tableau
ci-dessous montre les coordonnées de Paris dans différents systèmes, (tableau n°2).

Tableau n°2 : la localisation d’un point selon les différents systèmes de


coordonnées

Système de Code Latitude (en Longitude (en


coordonnées degrés) degrés)

WGS84 EPSG:4326 48,856700 2,351000


ED50 EPSG:4230 48,857615 2,352286
RGF93 EPSG:4171 48,856700 2,351000
NTF EPSG:4807 48,856769 0,014494

La description correcte de l’emplacement et de la forme des entités nécessite une


infrastructure permettant de définir les emplacements réels. Un système de
coordonnées géographiques permet d’associer des emplacements géographiques à
des objets. Un système de coordonnées longitude/latitude global est un exemple de
ce type d’infrastructure, (figure n°10). Il existe également un système de
coordonnées planaires (ou projetées) dérivé de l’infrastructure globale. Le système le

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plus fréquemment utilisé en SIG est le World Geodetic System 1984 (WGS84). C’est
le système également utilisé par le GPS.

Figure n°10 : les coordonnées géographiques d’un point M : latitude et


longitude

Un système de coordonnées est un système utilisé pour mesurer des coordonnées. Il


peut être défini par un ellipsoïde. Un point sera alors localisé par ses coordonnées
géographiques, exprimées par la latitude Ф, la longitude λ, et la hauteur ellipsoïdale
h mesurée suivant la normale à l'ellipsoïde.

La surface de la Terre est très irrégulière et complexe on peut la modéliser de


différentes manières. La sphère est le modèle le plus simple.

L'ellipsoïde est une sphère aplatie aux pôles, plus simple à modéliser. On le définit
généralement par ses demis-axes (a, b et c) et son centre ( O).

Le géoïde est une surface perpendiculaire en tout point à la direction de la gravité (fil
à plomb). Cette surface passe par le niveau moyen des mers. Les altitudes sont
mesurées par rapport au géoïde depuis les années 1960 (altitude normale). On peut
considérer le géoïde comme une sphère cabossée. C'est une représentation exacte
mais compliquée à utiliser, (figure n°11).

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Figure n° 11 : le géoïde est la forme théorique de la terre

VII-Les systèmes de projections

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VIII- Les systèmes de positionnement par satellite

Le plus répandu de ces systèmes étant le Global Positioning System (GPS)


américain. La technique correspondante est dite géodésie spatiale. D'autres
systèmes utilisent la même technique.

Le système russe GLONASS n'a commencé à être réellement opérationnel (avec 8


satellites) qu'en 1993. Sa constellation complète comporte 24 satellites. Il n'est pas
affecté par la dégradation due à l'accès sélectif pratiquée sur le GPS. Les méthodes
de calcul sont différentes, mais la précision apparaît plutôt meilleure.

D'initiative européenne, le système Galileo est actuellement à l'étude, et sa mise en


service est prévue pour 2004.

Pour l'enregistrement des données, certains récepteurs possèdent une mémoire et


une interface qui permet un transfert automatique des données enregistrées sur le
terrain vers l'unité centrale du PC, ce qui permet leur intégration directe au SIG.

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