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Université Hassan II de Casablanca

Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociale


Casablanca -Ain Sebaâ

Master Spécialisé : Economie Spatiale et Gouvernance Territoriale

Module : Intelligence et marketing territoriaux


L’intelligence Economique et l’Intelligence Territorial
: Deux notions a finalité identique ?

Par :  BELBALY Chaimaa


 LAONI Youssra
 NOURI Hicham

Sous la direction de :

-Mme. Bouchra BENNANI, Professeure à la FSJES de Casablanca -Ain Sebaâ

Promotion : 2019/2020

1
2
“Là où vos talents et les besoins du monde se rencontrent, l
là se trouve votre vocation.” Aristote

3
Résumé

La région Casablanca- Settat possède plusieurs atouts économiques dont nous pouvons citer,
en particulier, sa superficie de 19 448 km2 - 2.7% du territoire national, le Nombre d’habitants et la
densité : 6.862 milliers d’habitants (RGPH1 2014) soit 353 habitants au km2 et représente 20,3% de
la population totale du pays, ces Les infrastructures de base, Les secteurs productifs( L’agriculture et
pêche maritime, L’industrie : 3.113 unités représentant 39% du nombre total des établissements
industriels),en autre, le Bilan des investissements du CRI en 2017 montre que 112 projets ont été
agréés par la commission régionale des investissements au titre de l’année 2017 contre 119 projets
au cours de l’année 2016 avec un montant d’investissement de 37 milliards de dirhams .

Au niveau national, on voit que la région Casablanca Settat a enregistré un développement des
investissements, Ce développement est favorisé notamment par la croissance de l’économie
nationale et l’amélioration du climat des affaires.

Face à ce contexte, les différentes régions du royaume se retrouvent dans une situation de
concurrence pour l’attraction des investissements nationaux ou étrangers. Aujourd’hui, chaque
région essaie de développer une offre territoriale et de se créer un meilleur positionnement pour
mieux attirer les investisseurs.

L’objectif de ce travail est d’approfondir et de clarifier plus les deux principes qui sont étroitement
liés l’intelligence économique et l’intelligence territoriale. En effet le regroupement de ces deux
aspects constitue un outil majeur pour accompagner le développement économique d’un territoire
et renforcer l’investissement

Mot clés : intelligence économique, l’intelligence territoriale, attractivité et compétitivité


territoriales, investissement, développement économique.

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Liste des figures

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Abréviations
NTIC :
IDE : investissements direct étrangers
IE : intelligence économique
IT : intelligence territoriale
HCP : haut-commissariat des comptes
CVS : centre de veille stratégique
IRES : institut royal des études stratégique
IMIST : l’institut marocaine d’information scientifiques et
techniques
CNRST : le centre national de recherche scientifique et technique
CRI : centre régional d’investissement

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Introduction générale

Le territoire est un système complexe formé notamment d’espace géographique, d’acteurs,


d’histoire et de valeurs. En plus, L’attractivité de territoire et son amélioration constitue à nos jour un
enjeu majeur pour les acteurs territoriaux concernées. En effet, cette attractivité permet d’attirer des
projets d’investissement, par conséquent, déclencher une dynamique de développement territorial.

L’utilisation des stratégies d’intelligence territoriale est aujourd’hui imposée par les mutations de
l’environnement économique mondial. En effet, nous assistons à une véritable internationalisation
dans les processus de production, de distribution, en plus d’un développement important des
réseaux de production et de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication.

Une telle situation rend la concurrence entre territoires plus intense, et la démarche de
développement territorial plus complexe ce qui imposent les pouvoirs publics de s’orienter leurs
politiques vers l’aspect de l’intelligence économique territoriale pour promouvoir les capacités des
acteurs territoriaux à créer un développement durable un climat d’attractivité des investissements
direct étrangers, un champ d’innovation et satisfaire les besoins des citoyens.

Dans un contexte de mondialisation ou la concurrence entre le territoire est de plus en plus forte, les
nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) et les crises socio-
économiques, obligent les pouvoirs publics de conduire leurs politiques vers l’aspect de l’intelligence
économique et l’intelligence territoriale a fin d’inciter les capacités des acteurs territoriaux à créer
un développement durable satisfaisant, un climat d’attractivité des investissements direct étrangers
(IDE), un champ d’innovation et satisfaire les besoins des citoyens

Les Collectivités Territoriales au Maroc font face aux nouveaux enjeux de la mondialisation,
caractérisée par des mutations majeures et une hyper compétitivité, qui les obligent à innover de
nouveaux modes de gestion. Aussi, l’appropriation des outils de la veille stratégique et de
l’intelligence économique et leur déclinaison au niveau des territoires, offrira indéniablement aux
décideurs locaux les conditions idoines pour réussir leur développement territorial.

Dans ce rapport, nous proposons des éléments théoriques et pratiques, qui analysent les principes
de l’intelligence économique et l’intelligence territoriale, faisant répondre à notre problématique de
base, De ce fait, nous pouvons formuler la problématique de recherche suivante : Quelle est l’impact
de l’intelligence Economique et Territorial sur l’attractivité des Collectivités Territoriales : cas de la
région CASABLANCA SETTAT ?

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L’objectif de la recherche
Ce travail de recherche vise à mettre en œuvre une démarche d’intelligence économique territoriale
pour la région de Casablanca-Settat afin de définir une stratégie de marketing territoriale capable de
créer une attractivité territoriale pour cette région et pour attirer plus d’investissement.

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PROBLEMATIQUE ET PLAN DE L’ETUDE

Nous pourrons présenter la problématique de notre travail comme suit : Quelle est l’impact de
l’intelligence Economique et Territorial sur l’attractivité des Collectivités Territoriales : cas de la
région CASABLANCA - SETTAT ?

Le plan adopté pour la mise en œuvre de ce travail porte sur deux partie, la première partie
comporte deux chapitre, le premier chapitre sera consacré à l’analyse du concept de l’intelligence
économique à la présentation de ses processus et de ses dispositifs, dans le deuxième chapitre nous
analysons le concept de l’intelligence territoriale et nous présentons ces processus également , nous
démontrons comment l’intelligence territoriale peut améliorer l’attractivité et la compétitivité
territoriale

Au niveau de la deuxième partie

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Sommaire
Résumé…………………………………………………….…………………………
Liste des figures………………………………………………….………………
Abréviations……………………………………………………………..…………
Introduction Générale.…………………………………………………………….
L’objectif de la recherche…………………………………………………….
Problématique et plan de l’étude ………………………………………………… :
Revue de littérature sur l’intelligence économique et l’intelligence territoriale
Introduction de la première partie…………………………………………………
Chapitre I : concept et processus de l’intelligence économique ………….....………
Introduction……………….…………………………….…………………………
I- Cadrage du concept d’intelligence économique ….…………………………
II- Les principales fonctions d’intelligence économique…… ………………
I II- Processus de l’intelligence économique ..............................................…...
IV- Les dispositifs de l’intelligence économique …………………………….……
V- l’intelligence économique au Maroc …………………………..
Conclusion…………………………...………………………………………
Chapitre II : Champ contextuel et conceptuel de l'intelligence territoriale…….
Introduction……………….…………………………….…………………………
I- définitions et concepts de l'intelligence territoriale………………………….
II- Les enjeux et les objectifs de l'intelligence territoriale…………………..
III-Processus de l’intelligence territoriale.......................................…...
IV- L’attractivité territoriale au sommeil de l'intelligence territoriale…………
V- L’intelligence territoriale au service de développement local …………….
Conclusion…………………………...………………………………………
Conclusion de la première partie……..………………………………………
PARTIE II : CAS PRATIQUE ; Quelle est l’impact de l’intelligence Economique et
Territorial sur l’attractivité des Collectivités Territoriales : cas de la région CASABLANCA
SETTAT ?
Introduction ………………………………………………………………….…….
I-Zones d’étude et méthodologie de recherche………………………………
a- Zones d’étude………………………………………………….
b- méthodologie de recherche…………………………………………..
II- Méthode d’analyse des résultats………………………………..
III-Collecte des données………………………………………………….
IV-Les résultats de l’étude…………………………………………………

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V-Discussion de résultats …………………………………………………..
Conclusion…………………………………………………………………………….
Conclusion Générale…………………………………………………………….
Bibliographie……………………………………………………………....………

11
PARTIE I :
Revue de littérature
sur l’intelligence
économique et
l’intelligence
territoriale

12
Introduction de la première partie

L’intelligence économique territoriale est un processus qui gère l’information et ainsi permet aux
collectivités territoriales d’identifier de nouveaux axes de développements de nouvelles formes de
compétitivité, ou de nouvelles actions sociales à mener, en effet avec la mise en place d’un dispositif
d’intelligence économique territoriale, le territoire et perçu comme un système organisé d’échange
d’informations

Dans cette première partie nous allons mettre la lumière sur les principes de l’intelligence
économique et l’intelligence territoriale, en traitant leur notion, les outils utilisés, les processus, etc.
cette partie est composé de deux chapitre, dans le premier chapitre nous allons traiter la notion de
l’intelligence économique sous six points, définir le concept, présenter Les principales fonctions
d’intelligence économique, montrer le Processus de l’intelligence économique ,finalement présenter
Les dispositifs de l’intelligence économique au Maroc.

Concernant cadre de deuxième chapitre, nous allons également analyser le concept d’intelligence
territoriale. Il s’agit d’un dispositif incontournable pour mieux coordonner les efforts et organiser
l’information au sein du territoire afin d’assurer l’efficacité de la démarche marketing territoriale

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Chapitre I : concept et processus de l’intelligence économique
Introduction
Dans ce chapitre nous allons aborder le concept de l’intelligence économique en traitant les
fonctions, les principes, les dispositifs…etc. Le contexte de la mondialisation, les nouvelles
technologies de l'information et de la communication (NTIC) et les crises socio-économiques,
imposent les pouvoirs publics de s’orienter leurs politiques vers l’aspect de l’intelligence
économique sur le territoire pour promouvoir les capacités des acteurs territoriaux à créer un
développement durable satisfaisant, un climat d’attractivité des investissements direct
étrangers (IDE), un champ d’innovation et satisfaire les besoins des citoyens

I- Cadrage du concept d’intelligence économique

Nous proposons trois définitions du concept de l’intelligence économique, et qui nous


semble les plus précises et pertinentes :
Selon Henri Martre : « L’intelligence économique peut être définie comme l’ensemble des
actions coordonnées de recherche, de traitement et de distribution en vue de son
exploitation, de l’information utile aux acteurs économiques. Ces diverses actions sont
menées légalement (en principe) avec toutes les garanties de protection nécessaires à la
préservation du patrimoine de l’entreprise, dans les meilleures conditions de qualité, de
délai et de coût… »
Le concept d’intelligence économique est issu des travaux d’un groupe de travail du
commissariat général du plan, groupe présidé par Henri Martre en 1994.la notion
d’intelligence économique implique l’interaction entre tous les niveaux de l’activité : depuis
la base (interne à l’entreprise) en passant par des niveaux intermédiaires jusqu’aux niveaux
nationaux, transnationaux (groupes multinationaux) ou internationaux (stratégie d’influence
des Etats-nations) ».
Selon Alain Juillet : « Mode de gouvernance dont l’objet est la maîtrise de l’information
stratégique et qui a pour finalité la compétitivité et la sécurité de l’économie »
Selon C. Revelli : « Processus de collecte, traitement et de diffusion de l’information qui a
pour objet la réduction de la part d’incertitude dans la prise de toute décision stratégique »
II- Les principales fonctions d’intelligence économique

Nous présentons dans cette partie une approche théorique des fonctions de l’intelligence
économique en s’inspirant des recherches réalisées par les précurseurs dont notamment
Cohen Corine et J-L Levet et R. Paturel.
Ces derniers distinguent (1) au moins quatre fonctions que l’intelligence économique doit
remplir :
– la maîtrise des connaissances et des savoir-faire ;
– la détection des menaces et des opportunités ;
– la coordination des acteurs et des activités ;
– la mise en œuvre des stratégies d’influence ;

Chaque fonction est caractérisée par un certain nombre de critères

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 Fonction 1 : maîtrise des connaissances et des savoir-faire

Les connaissances et les savoir-faire de l’entreprise constituent son capital le plus précieux.
C’est pour ce, la maîtrise de ces connaissances nous procure les conditions et les moyens de
renforcer la création et le développement des idées, de monter des projets et de les mettre
en œuvre. Gérer et maîtriser ces connaissances consiste à préparer et mettre en place les
conditions favorables permettant de travailler en réseau en échangeant entre ses membres
les connaissances et savoir-faire disponibles, L’intelligence économique intervient pour
identifier ces connaissance et savoir-faire, les développer et les protéger. Cette première
fonction de l’intelligence économique permet une identification et une protection de
l’acquis, une veille globale de l’existant et un enrichissement permettant un développement
interne et une acquisition externe

 Fonction 2 : capacité à détecter des menaces, des


risques et opportunités

L’intelligence économique est un processus informationnel qui permet à l’organisation de


réduire les risques et les menaces d’incertitude de son environnement et d’anticiper les
opportunités. Cohen Corine, en se réfèrent à la typologie de J-L. Levet, parle des menaces
essentielles suivantes :

– les menaces sur le personnel de l’organisation : débauchage, manipulation,


déstabilisation.

– les menaces sur les services et les produits : piratage de brevet, contrefaçon ;

– les menaces sur les moyens de communication dont les sites d’organisations : intrusion,
écoute, piratage informatique ;

– les menaces sur l’environnement direct de l’organisation : lobbying, le recours au Boycott


par les consommateurs, la corruption ;

– les menaces sur la réglementation : les paradis fiscaux, etc. ;

Cette deuxième fonction de l’intelligence économique permet d’assurer une suite de critères
dont notamment : une maîtrise des techniques de veille, une application du cycle de
l’information, une anticipation des risques, une compréhension de la réalité des rapports de
force, une capacité de détection des réseaux et une capacité de déploiements offensifs

 Fonction 3 : capacité de coordination des acteurs et des activités

Cette fonction est stratégique dans la démarche intelligence économique, dans la mesure où
elle permet à l’organisation de coordonner entre les différentes actions mises en œuvre
individuellement par ses acteurs à travers une démarche collective et concertée. Cette
coordination concerne les connaissances distribuées au sein d’une communauté scientifique
ou / et technologique. Elle est également relative à la possibilité qu’ont les acteurs de
construire des savoirs où Savoir-faire nouveaux. Cette coordination est nécessaire aussi pour
les stratégies, ce qui favorise les réflexions collectives. Pour ce faire, elle suppose :
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– une mise en place d’un sens du dialogue et de l’intelligence collective ;

– un recensement des complémentarités de savoir et de savoir-faire, tant à l’intérieur de


l’organisation, qu’entre organisations (complémentarité au niveau de la recherche et
développement, de la production, de la politique commerciale…) ;

– une culture collective de l’information et la mise en place des circuits prédéfinis de sa


circulation ;

– l’utilisation d’une combinaison opérationnelle de l’information ouverte (information


disponible et connaissance codifiée) et l’information fermée (information terrain, réseau
relationnel…) ;

– la capacité de mobilisation des réseaux et des personnes : elle permet de renforcer


l’adhésion à la politique menée et à la stratégie mise en place.

  Fonction 4 : la mise en œuvre des stratégies d’influence

L’influence (concept que nous développerons davantage dans un cours ultérieur) est un
instrument de la stratégie des organisations confrontées à la mondialisation des marchés.
Elle consiste à procéder à des interventions destinées à agir directement ou indirectement
sur l’environnement en diffusant de l’information auprès de la cible que l’on désire
influencer. Cette information pèse dans le sens des intérêts de l’organisation initiatrice.

Dans ce sens, J-L. Levet identifie deux types d’influence :

– le premier concerne les interactions entre l’organisation et ses partenaires. L’influence est
fonction de la dépendance de l’organisation à l’égard des acteurs de son environnement
pour l’accès aux ressources ;

– le deuxième type d’influence concerne la capacité de l’organisation à organiser et à


conduire des stratégies d’influence. De ce fait, les pratiques de l’influence font partie de
l’intelligence économique, car cette dernière a pour mission d’offrir des informations
actionnables, c’est-à-dire transformables en action.

Les stratégies de l’influence peuvent prendre plusieurs formes. Il s’agit d’utiliser l’influence
économique pour tenter de contourner les obstacles qui empêchent la signature d’un
contrat sur des marchés d’accès difficile. Dans le cas de l’industrie de l’environnement, elle
peut prendre la forme d’un protocole d’accord signé avec un groupe écologique ou d’un
financement indirect accordé au même groupe pour connaître sa stratégie. Il s’agit
également, pour une organisation, d’influencer les pouvoirs publics à réglementer, si la
règlementation envisagée contraint ses concurrents. Ces fonctions nous procurent des
indications adéquates sur les différentes ressources et compétences qui fondent la mission
de l’intelligence économique au sein de l’Organisation

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III- Processus de l’intelligence économique

Cette phase consiste à situer les objectifs et les enjeux du


processus d’une part et à définir les axes de surveillance
Phase d’autre part.
exploratoire

Cette phase consiste à identifier et sélectionner les sources


d’information. Le diagnostic portera sur l’efficience du système
d’information en terme de capacités à capter, traiter et diffuser
Phase de l’information. L’organisation de la structure de la cellule
diagnostic intelligence économique sur le plan humain et technique suit le
diagnostic

Analyser l’information collectée pour la rendre exploitable et


donner un sens à l’action. C’est cette étape qui donne de la
Phase de valeur ajoutée à l’information collectée en capitalisant les
collecte et savoirs et les connaissances.
d’analyse

Phase de Cette phase consiste à diffuser l’information et la rendre


diffusion et accessible et opérationnelle aux acteurs et décideurs cibles
d’exploitatio
n

IV- Les dispositifs de l’intelligence économique

Le Maroc dispose de plusieurs organismes qui contribuent à la mise en place de


ce dispositif, ayant conscience de l’importance de l’IE dans l’essor économique,
ces organismes ne sont que la traduction de la volonté de l’Etat d’aller de
l’avant dans la pratique de l’IE, il s’agit principalement :

 Le Centre de Veille Stratégique (CVS) : Créé en 2006, cet organisme


s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale d'IE, il a été lancé au sein
de la Direction des Investissements. Sa mission principale était
d'observer et surveiller les flux des Investissements Directs Etrangers

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(IDE) dans le monde en rapport avec l'environnement et les secteurs
marocains.

 L’Institut Royal des Etudes Stratégiques (IRES) :

Créé en novembre 2007, a également mis en place de la veille stratégique et


fait de l'observation auprès des entreprises publiques et privées a pour
vocation de contribuer à éclairer la prise de décision stratégique. Sa mission est
de mener des études et des analyses stratégiques sur les questions dont il est
saisi et d'assurer une fonction de veille, au niveau national et international, sur
des domaines jugés stratégiques pour le pays.

 L’Institut Marocain d’Informations Scientifiques et Techniques (IMIST) :

Créé en 2003 à Rabat, il met à la disposition des différents agents économiques


les informations scientifique et techniques disponible, pour suivre la
compétitivité internationale et mettre à niveau l'économie nationale
marocaine.

 Le Centre Nationale de Recherche Scientifique et Technique (CNRST) :

Créé en 1976, ses objectifs sont la contribution à la diffusion des informations


scientifique et technique aussi les travails de recherche, l'établissement de
contrats et de convention avec des établissements et organisations de
recherche publique ou privée dans le cadre d'activité de recherche

V- l’intelligence économique au Maroc

L’intelligence économique s’est imposée dans plusieurs pays du monde comme


moyens puissant du développement de la compétitivité et de la performance.

« L’intelligence économique n’est pas aliénée à un effet de mode, mais


correspond bien à un impératif de premier plan pour les acteurs exposés à la
compétition mondiale. Elle peut être vue comme un outil de performance
économique, un facteur de compétitivité et de consolidation du rayonnement
du Maroc au sein du concert des nations modernes. L’influence devient
possible à travers la mise en place de dispositifs de surveillance, fournissant des
informations fiables, permettant de scruter les concurrents, les opportunités
d’affaires, les technologies et les nouveaux procédés »1°.

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Selon Abdelmalek Alaoui 2°, « Le Maroc ne peut pas échapper à l’intelligence
économique », pratique selon lui qui consiste à « surveiller son environnement
sur trois échiquiers : géostratégique, concurrentiel, sociétal pour l’aide à la
décision stratégique ».

Il énonce les pistes à privilégier pour instituer une démarche nationale


d’intelligence économique qui soit adaptée au modèle de développement du
Royaume du Maroc. Une stratégie nationale d’intelligence économique
viendrait donner un cadre de cohérence aux grands chantiers lancés durant les
dernières années, définir un périmètre de sécurité économique, renforcer la
compétitivité, accompagner les entreprises marocaines dans leur
développement international et identifier les risques informationnels.
Abdelmalek Alaoui voit en l’intelligence économique l’ambition d’une
démarche qui permettrait au Royaume du Maroc de renforcer sa compétitivité,
tout en laissant s’exprimer sereinement la solidarité nationale. La nécessité de
maintenir un niveau de croissance pousse plusieurs agents économiques à des
pratiques agressives et offensives qui peuvent dans plusieurs cas nuire aux
intérêts d’autrui. D’un point de vue historique, l’intelligence économique, ou
plus précisément la veille, a fait son apparition au Maroc dans les années
quatre-vingt-dix. Consciente des enjeux de la compétitivité, la holding privée
Omnium Nord-Africain (ONA), l’Office National d’Electricité (ONE) ou encore
l’Office Chérifien de Phosphate (OCP) et bien d’autres, ont mis en place des
cellules de veille dont le trait commun était le problème d’accès à l’information
utile. L’intelligence économique reste mal formalisée dans une stratégie
nationale globale et intégrée ; le scandale « Ennajate »3° en 2002 est l’exemple
de l’absence de l’intelligence économique au Maroc selon Abdelmalek Alaoui. Il
est évident que le Maroc ne dispose toujours pas d’un modèle d’action unifié
en la matière. L’exemple des babouches marocains et l’attaque chinoise de ce
produit dit du « terroir » fait surgir la nécessité d’adopter une politique
nationale en matière de veille et d’intelligence économique.

Le Maroc n’est pas à l’abri des menaces survenues avec la mondialisation et la


concurrence acharnée entre pays et entreprises. En plus, dans cet
environnement incertain, le décideur Marocain ne dispose pas actuellement de
méthodes et d’outils appropriés pour mettre en place un système d’intelligence
économique adéquat. L’Émergence de l’intelligence économique marocaine est
caractérisée par un engouement pour la veille et des initiatives portées par de
fortes personnalités (Moulay Driss Alaoui Lamdaghri - ancien Ministre - à titre
d’exemple). Se focaliser trop sur les TIC dans un processus d’intelligence
économique est un choix à repenser, la dimension culturelle et Humaine reste
déterminante dans ce processus.

1°Extrait de l’allocution de M. Rachid Talbi El Alimi ex Ministre des affaires économiques et générales et maire de Tétouan
aux rencontres Internationales de Tétouan, 25-26-27 novembre 2004 cité par P. Clerc. L’Intelligence économique au Maroc,
Regards sur l’IE, n° 10, juillet-août 2005, France, pp. 56-58. 2° http://ffa-maroc.org, Forum Francophone des affaires [en
ligne], consulté le 07/05/2011. 6°Une société soi-disant basée aux Emirats Arabes Unis et affichant grand standing abusa du
soutien des pouvoirs publics marocains, aveugles à la forfaiture. Elle proposa plusieurs dizaines de milliers de contrats
d’embauche dans l’industrie du loisir en imposant cependant un « examen » médical surfacturé. L’arnaque de type
Advanced fee Fraud coûta près de 10 millions de dollars à l’économie marocaine.

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20
Chapitre II : Champ contextuel et conceptuel de l'intelligence territoriale

Introduction

Dans ce chapitre nous allons analyser le concept d’intelligence territoriale, Il s’agit d’un
dispositif incontournable pour mieux coordonner les efforts et organiser l’information au
sein du territoire afin d’assurer l’efficacité de la démarche marketing territoriale.

Afin de pouvoir mettre en œuvre une stratégie de marketing territorial de manière


performante, il est nécessaire d’instaurer une organisation territoriale capable d’assurer une
meilleure coordination entre les acteurs du territoire et une exploitation optimale des
connaissances et des informations disponibles. Cela, permet notamment de mieux
programmer les politiques publiques visant à améliorer compétitivité et attractivité
territoriales. « L’intelligence territoriale » constitue un modèle d’organisation territoriale qui
permet d’atteindre cet objectif.

I- Définitions et concepts de l'intelligence territoriale

L’intelligence territoriale est encore une fois un outil prêté du monde de l’entreprise. Elle est
nécessaire pour pouvoir se procurer un positionnement dans un environnement marqué par
la concurrence des autres territoires. Elle constitue une démarche visant à utiliser
l’information, à l’organiser et à l’exploiter afin de mieux pouvoir prendre une décision
stratégique pour le développement du territoire.
L'intelligence territoriale°1 est un concept qui est en pleine évolution au niveau des
démarches adoptées par les acteurs des territoires. Elle peut être définie comme étant «
l’organisation innovante, mutualisée et en réseaux de l'ensemble des informations et des
connaissances utiles au développement, à la compétitivité, à l'attractivité d'un territoire,
collectivement et pour chacun de ses acteurs » °2
L’intelligence territoriale représente une stratégie pour renforcer la compétitivité du
territoire et améliorer sa capacité à générer de la richesse. Elle implique à cet effet une
adhésion de l’ensemble des acteurs du territoire.
Pour saisir le concept de l’intelligence territoriale, on peut proposer la définition suivante :
Selon PELISSIER Maud (2009) «la notion d’intelligence territoriale est apparue au début des
années 2000. Elle s’est développée sur le modèle de l’intelligence économique ou «
compétitive intelligence » aux États-Unis. En effet, l'intelligence territoriale permet à un
territoire donné de bénéficier des avantages que retirent les entreprises privées des
concepts d'intelligence économique, de la veille technologique, du transfert technologique
et d'activités de recherches et développements ».

1° Article de BOUABDALLAH K. et THOLONIAT A., « Pôle de compétitivité et Intelligence économique territoriale


: contours et enjeux d’une nouvelle politique industrielle territoriale », publié dans "8ème Forum Européen IES
2006 Intelligence économique, Veille et Innovation (Nice), 8-10 novembre 2006, consulté sur le lien :
http://hal.archivesouvertes.fr/docs/00/11/56/35/PDF/THOLO_BOUAB.pdf °2 Idem, p11

21
II- Les enjeux et les objectifs de l'intelligence territoriale
L'intelligence territoriale, objet et champ scientifique, se pose à la convergence de
l'information, de la communication et de la connaissance, traduit une relation `Espace-
territoire', succède à la territorialité, en tant que phénomène d'appropriation ou de
réappropriation des ressources, enfin, permet l'énoncé du projet territorial lorsque l'échelon
territorial arrive à le formuler°3.
Pour Philippe CLERC et Agnès BRICARD, à bien regarder se mettre en place cette politique,
quatre enjeux se distinguent, sur lesquels les décideurs et les entreprises devront être
vigilants :

 Le premier enjeu est celui des capacités de diagnostic permanent. Pour cela, l'Etat, la
Région avec les réseaux d'appui économique et technologique et les entreprises,
devront se doter de compétences de pilotage stratégique et d'outils de diagnostics et
d'alerte en temps réel.
 Le second concerne la mise en place de coopérations et de stratégies
interrégionales. Il est essentiel que des coopérations transrégionales se mettent en
place au moins pour partager les diagnostics et les alertes. Ces coopérations ont
également tout leur sens à l'échelle nationale.
 Le troisième enjeu pour l'intelligence territoriale consiste dans l'intégration
progressive des dynamiques de la gouvernance sociale sur les territoires et associant
la société civile par la concertation, à la définition de la stratégie de développement.
 Le quatrième se situe au niveau de la politique de sécurité économique. Les
décideurs territoriaux, économiques et politiques devront veiller en permanence à
garantir deux équilibres : entre l'ouverture indispensable à la compétitivité et la
protection ; entre les entreprises dites du périmètre stratégique et celles qui n'ont
pas ce « label », afin d'éviter que s'établisse « une fracture compétitive » sur les
territoires.
L'issue, par rapport à ces quatre enjeux, se situe dans une modification de fond. Quitter le
champ des politiques traditionnelles d'aide, et entrer dans l'univers de la coproduction de
l'intelligence territoriale, associant citoyens, les administrations, les collectivités territoriales,
les entreprises et les professions, les centres de ressources, et les consultants spécialisés,
experts, avocats…. °4.
Dans la même perspective, Jean-Jacques GIRARDOT et Cyril MASSELOT soulignent cinq
objectifs de l'intelligence territoire à savoir :

 Elle vise à mieux comprendre collectivement pour mieux agir ensemble.


 Elle compare et intègre les connaissances pluridisciplinaires et interculturelles sur les
structures et les dynamiques territoriales.
 Elle adapte les méthodes fondamentales et les outils génériques de large applicabilité
pour analyser les territoires et l'information territoriale.
 Elle évalue les principes de gouvernance qui garantissent une prise en compte
équilibrée des besoins, une distribution équitable et la pérennité des ressources,
grâce au partenariat et à la participation.
 Elle conçoit et réalise des outils avec les acteurs territoriaux qui aspirent à
développer leurs territoires dans le respect de ces principes éthiques°5.
3°Y. Bertacchini, « Intelligence territoriale : Le Territoire dans tous ses états », Collection Les ETIC, Presses Technologiques,
Toulon. ISBN : 2-9519320-1-4 EAN : 9782951932012,2007
4°Philippe CLERC et Agnès BRICARD, « L'EXPERIENCE FRANÇAISE : L'INTELLIGENCE TERRITORIALE AU SERVICE DU
DEVELOPPEMENT LOCAL ». Article publié le 01 Avril 2006 par le journal algérien « Alayam », n° 164.
22
5° Jean-Jacques GIRARDOT et Cyril MASSELOT, op.cit.

23
III-Processus de l’intelligence territoriale

L'intelligence territoriale est l'élaboration de stratégies de réseaux d'acteurs dans l'objectif


de créer, d'orienter et de motiver les liens tissés entres des acteurs au service d'un projet
commun. °6 En outre, ce concept constitue une application des méthodes et des outils de
l’Intelligence économique aux territoires. Dans le cadre de cette démarche cinq principaux
objectifs peuvent être visés°7 :
 Connaître, comprendre, suivre, accompagner le territoire ;
 Identifier et contribuer à mettre en œuvre des projets créateurs de richesse et
d’activité ;
 Mettre en réseau les acteurs publics et privés au service du développement du
territoire ;
 Anticiper les mutations et les évolutions et les facteurs de rupture ;
 Valoriser le territoire.
Le processus d’intelligence territoriale obéit à un cadre stratégique précis qui comporte°8 :

Les moyens
d'actions et le
Les outils pouvoir de mise
techniques de en œuvre d'un
gestion de cette comité de
La liste des opération (outils pilotage ou
partenaires ou de veille, outil de despersonnes
sources qui diffusion,outil de habilitées à
permettront collaboration)
L'objectif de la mettre en œuvre
d'alimenter un
démarche la stratégie
système de veille
d'intelligence éventuel
territoriale
La définition
du champ
d’action de
la stratégie
et des ses
limites

6°Article de BOUABDALLAH K. et THOLONIAT A., « Pôle de compétitivité et Intelligence économique territoriale : contours
et enjeux d’une nouvelle politique industrielle territoriale », publié dans "8ème Forum Européen IES 2006 Intelligence
économique, Veille et Innovation (Nice), 8-10 novembre 2006, p14. Consulté sur le lien : http://hal.archives-
ouvertes.fr/docs/00/11/56/35/PDF/THOLO_BOUAB.pdf 7° Haddad M., « Intelligence territoriale et observatoires
socioéconomiques et environnementaux : un processus d’intelligence territoriale adapté à l’OMH au sud-est tunisien »,
thèse de Doctorat en sciences de l’information et de la communication, Université Paul Verlaine-Metz, 2008, p109

8°Consulté sur le lien : http://www.zeknowledge.com/intelligence_territoriale.html


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Conclusion

L’intelligence territoriale est devenue un outil incontournable pour les acteurs du territoire.
Elle permet de mieux organiser un territoire et l’action de ses acteurs. En plus, elle assure
une meilleure utilisation de l’information et des connaissances du territoire. Cela permet de
garantir plus d’efficacité à la démarche de marketing territorial étant, grâce à ce dispositif,
fondée sur une information pertinente et sur une meilleure coordination de l’action des
acteurs du territoire. L’intelligence territoriale rend ainsi la décision stratégique relative aux
projets de développement territorial à mettre en œuvre plus pertinente. Par conséquent
l’impact sur l’attractivité territorial devient plus significatif

En outre, l'intelligence territoriale cherche à créer une interaction entre la veille et l'action
publique afin d’assurer un développement économique et social du territoire. Dans ce sens,
nous pouvons dire que le marketing territorial constitue un prolongement de l'intelligence
territoriale

Conclusion de la première partie


Au terme de cette partie nous avons pu s’approfondir et de clarifier plus les deux principes
qui sont étroitement liés (l’intelligence économique et l’intelligence territoriale) , Il s’agit
d’un dispositif incontournable pour mieux coordonner les efforts et organiser l’information
au sein du territoire afin d’assurer l’efficacité de la démarche marketing territoriale En effet
le regroupement de ces deux aspects constitue un outil majeur pour accompagner le
développement économique d’un territoire et y favoriser l’innovation,
Dans cette partie on a vu que pour mettre en œuvre une stratégie de marketing territorial de
manière performante qui va garantir l’attractivité de territoire, il est nécessaire d’instaurer
une organisation territoriale capable d’assurer une meilleure coordination entre les acteurs
du territoire et une exploitation optimale des connaissances et des informations disponibles.
Cela, permet notamment de mieux programmer les politiques publiques visant à améliorer
compétitivité et attractivité territoriales. « L’intelligence territoriale » constitue un modèle
d’organisation territoriale qui permet d’atteindre cet objectif.

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