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UNIVERSITE DE CARTHAGE

INSTITUT DES HAUTES ETUDES COMMERCIALES

COMMISSION NATIONALE D’EXPERTISE


COMPTABLE

MEMOIRE
EN VUE DE L’OBTENTION DU DIPLOME NATIONAL
D’EXPERT COMPTABLE

SUJET

DETERMINATION DE L’ASSIETTE DE LA
ZAKAT DES BANQUES ISLAMIQUES

Préparé et soutenu par : Mr. Aymen ABASSI

Encadré par : Mr. Mahamed Achraf BOUDAYA

Année universitaire
2017
2017 - 2018
2018

0
DEDICACES

A mes très chers parents qui ont toujours été là pour moi, en témoignage de ma
reconnaissance pour leurs encouragements, que Dieu leur préserve bonne santé
et longue vie ;

A mes chers frères et à mes chères sœurs ;

A ma chère fiancée ;

A mes enseignants ;

A mes meilleurs amis ;

Je dédie ce mémoire.

1
REMERCIEMENTS

Lorsque les idées font défaut, les mots sont un secours


Précieux –
« Johann Wovgang von Goethe »

Je ne saurais, d’abord, commencer ce travail de mémoire sans avoir une pensée


très particulière pour remercier Allah, force suprême, que j’aime ; pour qu’il
soit toujours à mes côtés. Je le remercie pour tout et pour son don de
clairvoyance, que ce travail m’ouvre le chemin de la recherche.

J’exprime mes remerciements et ma gratitude à Monsieur Mohamed Achraf


Boudaya, mon Directeur de recherche pour sa rigueur scientifique et ses
qualités pédagogiques. Qu'il trouve dans ce modeste travail l'expression de mon
profond respect et ma reconnaissance.

Je remercie mon père Monsieur Habib Abassi ainsi que ma mère Mme Saida
Hedhli, qui m'ont énormément soutenu dans l'élaboration de ce travail.

Ma gratitude s’adresse aussi à Monsieur Khaled Thabet, qui m’a aidé et


encadré tout au long de ma carrière professionnelle.
Je tiens à remercier mes sœurs ; Kaouther, Raja et Bochra, mes frères ; Fayçel
et Bechir, ma fiancée, Asma Alaya, mon cousin Chaouki Mejri et mes amis
proches Omar Hadj Salem et Haythem Amraoui pour leur soutien continu tout
au long de ma vie universitaire et professionnelle.

Je souhaite, également, remercier tous ceux qui ont contribué de près ou de loin
à la réalisation de ce travail pour leurs remarques et suggestions.

Enfin, je remercie les membres du jury pour avoir accepté d’évaluer ce


mémoire.

2
SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE ------------------------------------------------------------------------------------------- 5

PARTIE 1 : SPECIFICITES DES BANQUES ISLAMIQUES ET LES ASPECTS


ASSOCIES A LA ZAKAT ----------------------------------------------------------------------------- 11
Introduction à la première partie : ------------------------------------------------------------------------------------------ 12

CHAPITRE 1 : Banques islamiques : Présentation et spécificités ------------------------------------------------- 13


Section 1 : Présentation des banques et des produits financiers islamiques : ---------------------------------------- 13
Section 2 : Spécificités organisationnelles, juridiques et comptables des banques islamiques : ----------------- 32

CHAPITRE 2 : Notion de la Zakat et son aspect comptable : ------------------------------------------------------ 54


Section 1 : Définition, fondement et importance de la Zakat et sa relation avec l’impôt : ------------------------ 54
Section 2 : Aspects jurisprudentiels de la Zakat : ------------------------------------------------------------------------ 67
Section 3 : Aspects Comptables de la Zakat :----------------------------------------------------------------------------- 77
Conclusion de la première partie -------------------------------------------------------------------------------------------- 90

PARTIE 2 : ----------------------------------------------------------------------------------------------- 91

DETERMINATION DE L’ASSIETTE DE LA ZAKAT DES BANQUES ISLAMIQUES


A TRAVERS LE RETRAITEMENT DES RUBRIQUES DU BILAN ---------------------- 91
Introduction de la deuxième partie : ---------------------------------------------------------------------------------------- 92

CHAPITRE 1 : Retraitements des différentes rubriques du bilan ------------------------------------------------ 94


Section 1 : Eléments d’actifs : ----------------------------------------------------------------------------------------------- 94
Section 2 : Eléments du passif et de capitaux propres : ----------------------------------------------------------------121

CHAPITRE 2 : Zakat des banques islamiques tunisiennes : ------------------------------------------------------- 142


Section 1 : Présentation de la Banque de Zitouna : ---------------------------------------------------------------------142
Section 2 : Présentation des états financiers et calcul de la Zakat : --------------------------------------------------154
Section 3 : Contraintes d’ordre comptable attachées à la Zakat des banques islamiques en Tunisie et
perspectives d’amélioration : -----------------------------------------------------------------------------------------------175
Conclusion de la deuxième partie ------------------------------------------------------------------------------------------181

CONCLUSION GENERALE -------------------------------------------------------------------------------------------- 182

Annexes ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 184

Bibliographie ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 190

Table des Matières --------------------------------------------------------------------------------------------------------- 201

Liste des Figures ------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 205

Liste des Tableaux ---------------------------------------------------------------------------------------------------------- 206

3
LISTE DES ABREVIATIONS

AAOIFI : Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions


NCT : Normes Comptables Tunisiennes
IFRS : Normes Internationales d'Information Financière
IAS : International Standards of Accounting
IASB: International Accounting Standard Board
FAS: Financial Accounting Standards for Islamic Financial Institutions
ISA : Normes Internationales d’Audit
BCT : Banque Centrale de Tunisie
FI : Finance Islamique
IFI : Institutions financières Islamiques
IRPP : Impôt sur le revenu des personnes physiques
IS : Impôt sur les sociétés
TVA : Taxe sur la Valeur Ajoutée
TTC : Toute Taxe Comprise
TFP : Taxe de Formation Professionnelle
TCL : Taxe revenant aux Collectivités Locales
FOPROLOS : Fonds pour la Promotion des Logements aux salariés
CNSS : Caisse Nationale de Sécurité Sociale
CCP : Compte Courant Postal
TGT : Trésorerie Générale de Tunisie
DT : Dinar Tunisien
MDT : Millions de Dinars Tunisiens
KDT : Milliers de Dinars Tunisien
SA : Société Anonyme
SARL : Société à Responsabilité Limitée
AC : Poste d’Actif
PA : Poste de Passif
COC : Code des Obligations et des Contrats

4
INTRODUCTION GENERALE

Les institutions financières islamiques, connaissent une émergence progressive dans le monde
entier. En effet, Plusieurs organismes financiers internationaux et à leur tête le Fond
Monétaire International et la Banque Mondiale estiment que durant la période 2003-2013 les
avoirs des banques islamiques ont été multipliés par neuf pour atteindre 1800 milliards de
dollars moyennant une progression de 16% par an. Actuellement, ces avoirs dépasseraient les
2000 milliards de dollars. Plus de 40 millions de personnes dans le monde sont, à présent,
clients d'une banque islamique. Selon plusieurs experts, ce secteur doublerait de volume d'ici
2020 pour atteindre 4000 milliards de dollars1.

En Tunisie, le nombre des institutions financières islamiques et plus particulièrement les


banques islamiques, est en progression.

Ces institutions sont de nature à exiger des particularités sur différents niveaux (nature
d’activité, juridique, comptable…), ainsi que des obligations auxquelles elles doivent se
soumettre.

L'une de ces obligations est le paiement de la Zakat. Cette notion qui est d’importance élevée
dans le système financier islamique. Ce concept est encore abstrait pour ceux qui ne sont pas
suffisamment avertis. Sur le plan religieux, la Zakat est définie comme un devoir pour chaque
musulman sous certaines conditions fixées bien évidemment par la religion. Sur le plan
économique, on peut définir la Zakat comme étant un prélèvement, sur des richesses bien
déterminées et sous des conditions bien déterminées, destiné particulièrement aux pauvres et
aux nécessiteux.

Cette obligation religieuse se dote d’un rôle économique important. En effet, elle entraîne une
réinjection du surplus social dans le circuit économique, stimulant la demande et la
production, surtout celles des produits de première nécessité. Elle permet également de
réduire les inégalités en dotant les catégories défavorisées d'un pouvoir d'achat leur permettant
d'atteindre un niveau de vie décent.

Cette obligation se trouve avec une autre obligation légale à laquelle toute personne physique
et morale, ayant un revenu bien déterminé, est soumise, qui est l’impôt.

1
Gazzane Hayet « La finance islamique pèse plus de 2000 milliards de dollars », novembre 2014.

5
Nous connaissons tous, le rôle économique et social important de l’impôt du moment qu'il
permet de financer le budget de l’Etat afin de faire face aux différentes dépenses d’intérêt
général et qu’il contribue au développement du pays. L'impôt est aussi un régulateur
économique, du fait qu'il permet de détaxer les domaines devant faire l'objet de promotion.

L’impôt et la Zakat ne sont guère deux notions qui se reprochent en apparence, la première est
déjà adoptée et appliquée alors que la seconde demeure abstraite.

Les IFI en général et les banques islamiques en particulier sont redevables au paiement de la
Zakat et doivent aussi suivre les réglementations du pays où ils trouvent en ce qui concerne
l’impôt.

Cela nous appelle à :

• Clarifier les spécificités de la Zakat,

• Dégager les divergences et les convergences entre la Zakat et l’impôt.

• Expliciter si la Zakat et l’impôt réglementaire sont complémentaires ou substituables


dans leurs applications par les banques islamiques.

Et si la Zakat devrait être appliquée par les banques islamiques, cela nécessite un cadre
juridique qui organise et met en place une réglementation spécifique à la Zakat des banques
islamiques.

Sur l’échelle internationale, et dans certains pays, les banques islamiques sont soumises
obligatoirement à la Zakat tel que le cas du Soudan, et dans certains d’autres, elles sont
soumises facultativement à la Zakat avec la présence d’une réglementation la concernant tel
que le cas de la Malaisie.

En Tunisie, l’Association Tunisienne de la Zakat a vu le jour depuis l’année 2012. Elle a pour
mission, la promotion de la connaissance et de la pratique de la Zakat ainsi que l’assistance
des sociétés à calculer leur Zakat. Cette association a élaboré un projet de création d’une
institution tunisienne de la Zakat, en 2016.

Sur le plan comptable, l’AAOIFI (Accounting and Auditing Organization for Islamic
Financial Institutions) étant une Organisation internationale, a été institué pour la conception

6
des normes islamiques comptables et d’audit, a conçu une norme relative à la Zakat qui est la
norme FAS 09.

Cette norme a pour objectifs la détermination des éléments constituant l’assiette soumise à la
Zakat à partir des rubriques des états financiers des institutions financières islamiques.

La norme 09 exige que l’institution calcule la Zakat par action et fournisse cette information
au niveau des notes aux états financiers ;

"‫"يجب اإلفصاح في اإليضاحات حول القوائم المالية عن مقدار الزكاة الواجبة على السھم‬

Cependant, le traitement des rubriques des états financiers du point de vue de la Zakat et la
détermination de l’assiette sur le plan pratique nécessitent des éclaircissements et posent
certaines difficultés.

Il y a lieu aussi de se demander à ce titre, à qui est attribuée la tâche du calcul de la Zakat en
absence de formation à ce titre.

Le premier concerné par cette tâche ne peut pas être quelqu’un autre que celui ayant une
formation comptable, outre les connaissances en droit islamique (Charia) bien évidemment,
car le calcul de la Zakat est étroitement lié à la comptabilité, et ce qui prouve ça c’est que la
détermination de l’assiette se fait à partir des rubriques des états financiers. Cela conditionne
et pour le cas de la Tunisie, une compréhension des Normes Comptables Tunisiennes

En outre, l’information concernant la Zakat par action exigée par la norme 9 suppose
l’existence d’un ou de plusieurs utilisateurs de cette information.

Et comme nous le savons, tout utilisateur d’une information a toujours intérêt à avoir une
assurance de la fiabilité de cette information.

En Tunisie, et si on prend le cas de la banque islamique ZITOUNA banque, un de ses


actionnaires est la banque islamique de développement (BID). L’intérêt de cet actionnaire
dans l’information relative à la Zakat est probablement grand.

A ce niveau, on observe le rôle important de l’expert-comptable qui doit intervenir pour la


vérification de la valeur de la Zakat, soit dans le cadre de sa mission de commissariat aux
comptes si ça entre dans le champ de son intervention et cela est conditionné par l’existence
d’une réglementation, ou bien dans le cadre d’une mission spéciale dans le cas où l’utilisateur

7
de l’information le demande. Tout cela peut étendre le champ d’intervention du commissaire
aux comptes ou peut donner lieu à la création d’autre mission à la profession de l’expert-
comptable.

Et la vérification d’une information est subordonnée à la maîtrise de la démarche ayant


conduit pour sa préparation. D’où la nécessité de maîtriser le calcul de la Zakat des
institutions financières islamiques d’une façon générale et les banques islamiques d’une façon
particulière.

Nous avons jugé que l’application de la Zakat par les banques islamiques nécessite
l’intervention de l’expert-comptable du point de vue comptable et de point de vue contrôle.

Il est important de noter que les banques islamiques ont l’obligation de calculer et fournir une
information sur la Zakat dû par actionnaires et par les titulaires des comptes d’investissement,
toutefois, nous nous intéressons dans notre étude uniquement à la détermination de la Zakat
dû par action.

La question soulevée, alors, dans le cadre de cette étude et que nous essayons d’analyser
profondément on se basant sur les normes comptables tunisiennes, sur la norme comptable
islamique N°9 et la norme de la Charia n° 35 relative à la Zakat est la suivante :

Quelles sont les rubriques du bilan d’une banque islamique qui entrent dans la détermination
de l’assiette de la Zakat dû par les actionnaires et quelles valeurs à prendre en considération
pour sa détermination ?

Le développement de cette problématique permettra de répondre aux interrogations


suivantes :

Dans quelle mesure la Zakat peut jouer un rôle important dans l’économie ? Et est ce qu’elle
représente une forme d’impôt ou une notion à part ?

Quelles sont les spécificités de la comptabilité islamique de l’AAOIFI ? Quelles sont les
principes et les conditions régissant le calcul de la Zakat ? Et Peut-on se baser sur les états
financiers préparés conformément aux NCT pour déterminer l’assiette de Zakat ? Dans quelle
mesure est-il faisable de retraiter la valorisation de certains éléments du bilan du coût
historique à la juste valeur ? Le calcul de l’assiette prendra-t-il en compte les réserves figurant
au niveau du rapport du Commissaire aux comptes ?

8
Qui sont les utilisateurs de cette information ? A qui est attribuée la tâche technique du calcul
de la Zakat en absence de formation à ce titre et qui est le garant de l’exactitude de cette
information ; est-il le commissaire aux comptes dans le cadre de sa mission d’audit légal ou
bien une autre mission spéciale se trouvera-t-elle mise en place ?

Méthodologie de recherche :

L’étude qui suit permet d’apporter des réponses claires et pratiques aux questions ci-dessus
posées et, par conséquent donner une méthodologie à appliquer pour le calcul de la Zakat des
banques islamiques.

Pour répondre à la problématique de notre recherche et réaliser les objectifs qui lui sont
assignés, nous avons structuré notre mémoire en deux parties :

1. Spécificités des banques islamiques et aspects inhérents à la Zakat :

Dans un premier chapitre, et étant donné que le sujet traite la Zakat des banques islamiques,
nous essayerons d’exposer les produits des banques islamiques et de présenter les spécificités
de ces banques du point de vue organisationnel, juridique et comptable. Quant au deuxième
chapitre, il sera consacré pour présenter le fondement et l’importance de la Zakat dans
l’économie, son aspect jurisprudentiel et son aspect comptable en se basant sur la norme
comptable islamique n° 9 relative à la Zakat.

2. Détermination de l’assiette de la Zakat des banques islamiques à travers le


retraitement des rubriques du bilan :

Nous procéderons au traitement des rubriques du bilan des banques islamiques, présentées
selon les normes comptables tunisiennes (NCT), afin de déterminer l’assiette de la Zakat dû
par les actionnaires, illustré d’un cas pratique d’une banque tunisienne. Le premier chapitre
traitera la détermination de l’assiette de la Zakat en retraitant les rubriques du bilan et en se
basant sur les NCT, la norme comptable islamique n° 9, le guide de la Zakat de la Koweït et
sur la norme Charaique n°35 relative à la Zakat. Et le deuxième chapitre sera consacré pour
un cas pratique de calcul de la Zakat d’une banque islamique tunisienne en exposant certaines
contraintes d’ordre comptables et juridiques liées à la Zakat en Tunisie avec des perspectives
d’amélioration.

9
10
PARTIE 1 : SPECIFICITES DES BANQUES
ISLAMIQUES ET LES ASPECTS ASSOCIES A LA
ZAKAT

11
Introduction à la première partie :

Les banques islamiques ont des divergences par rapport aux banques conventionnelles
émanant des fondements et principes des banques islamiques. Ces fondements et principes
sont à l’origine de produits financiers pouvant être offerts par ces banques. Ainsi, les
spécificités de ces produits imposent des spécificités organisationnelles, juridiques et
comptables des institutions offrants ces produits.

Et étant donné que notre mémoire porte sur la Zakat des banques islamiques, nous jugeons
utile de présenter les spécificités de ce type de banques ainsi que les produits financiers y
afférents, car ces spécificités auront un impact sur la qualification des actifs et passifs dans
leur traitement dans la détermination de l’assiette de la Zakat qui fera l’objet d’étude dans la
deuxième partie.

La détermination de cette assiette requiert la compréhension des aspects associés à la Zakat ;


aspects jurisprudentiels et aspects comptables.

Nous nous proposons donc de commencer, dans un premier chapitre par la présentation des
spécificités relatives aux banques islamiques et aux produits financiers islamiques.

Nous présentons dans le deuxième chapitre la notion de la Zakat et ses fondements, nous
démontrons leur importance dans l’économie et procède à la comparer avec l’impôt. Puis,
nous présentons les aspects jurisprudentiels et comptables associés à la Zakat.

12
CHAPITRE 1 : Banques islamiques : Présentation et spécificités

Section 1 : Présentation des banques et des produits financiers islamiques :

Sous-section 1 : Présentation des banques islamiques et leurs principes de


fonctionnement :

1.1 Concept de banque islamique :

« Les banques islamiques sont des institutions dont l'activité principale est l'intermédiation
financière au sens sus développé (Celui qui mobilise des fonds sur la base de partage des
profits, les offrent à des utilisateurs sur la même base). Celles-ci fonctionnent dans l’esprit de
réaliser des profits dans le respect de la charia, tout en reconnaissant le caractère incertain
de l’issue des opérations financées »2

Partant de cette définition, la banque islamique est, donc, une institution financière qui exerce
toute activité bancaire en faisant référence aux règles et préceptes de la Charia. Elle joue un
rôle d’intermédiation, mais cette intermédiation semble être participative du fait qu’elle
permet aux déposants d’avoir une part dans le résultat de l’entreprise dans laquelle la banque
a pris participation.

Le passif de la banque islamique est composé principalement de l’ensemble des fonds


mobilisés selon la formule Mudarabah... Ainsi que l’ensemble des dépôts de la clientèle à
savoir les dépôts à vue, les comptes d’épargne (Hissab Tawfir)... Quant à l’actif, il est
constitué des fonds engagés par la banque soit sur la base du partage des profits et, le cas
échéant, des pertes, soit sur la base d'une créance conforme aux principes de la Charia
(Murabahah, Ijarah…)3

Les différents produits spécifiques constituant l’actif et le passif des banques islamiques, que
nous venons de citer, feront l’objet d’une présentation au niveau des deux sous sections
suivantes.

2
Les banques islamiques : Fondements théoriques, Mr Amine MOKHEFI, Université Mostaganen,
http://elwahat.univ-ghardaia.dz
3
Ibrahim Bukhari, La conversion d’une banque conventionnelle en une banque islamique : rôle
d’accompagnement de l’Expert Comptable, mémoire d’expertise comptable, Université de Manouba ISCAE
Tunis septembre 2015.

13
1.2 Historique :

1.2.1 A l’échelle internationale :

Le système bancaire islamique est un phénomène tout récent qui n’a vu le jour qu’à partir des
années 704. Toutefois, il a connu une rapide expansion et ce depuis les années 80.

Le début de l’histoire du système bancaire islamique a commencé à cause du refus du système


financier occidental par les savants musulmans. Ainsi, d’après la lecture de plusieurs
documents5, nous récapitulons la progression de la prolifération du système bancaire
islamique dans le monde comme suit :

- En 1974, création de la banque islamique de développement BID implantée à Djeddah. Elle


a été créée par 4 pays membres fondateurs : Arabie Saoudite, la Libye, les émirats Arabes
Unis et le Koweit. Et elle est entrée en activité en 1975.

- 1975 a vu le jour la première banque commerciale islamique (Privée), à savoir la Dubai


Islamic Bank. En outre, cette année a connu la naissance de la Kuweit Finance House et le
Bahrein Islamic Bank.

- 1979 Création de l’Association Internationale des Banques Islamiques AIBI ;

- 1979 Le Pakistan islamise son secteur bancaire ;

- 1981 : Apparition de Dar al Maal al Islami ‫ دار المال اإلسالمي‬DMI qui a créé de nombreuses
banques islamiques, et surtout en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Guinée, et Niger)

- 1982 : Création d’Al-Baraka Banking Group qui a été fondé en Bahrein

- 1983 : Le Soudan et l’Iran convertissent leurs secteurs bancaires

- 1980-2000 : La propagation des banques islamiques en Asie de sud et au Moyen Orient

- Depuis les années 1990 : Ouverture de fenêtres islamiques par certaines banques classiques

4
El Mohandiz Abdeslam : Le système bancaire islamique, page 24. 1999.
5
Taoufik LACHHEB : Pratiques et expériences de la finance islamique « le cas d’ALBARAKA BANK
TUNISIA ». Et Dhia Eddine Fki : Audit d’une Banque islamique : Emergence de nouvelles zones de risque et
contrôles spécifiques étendus, Mémoire d’expertise comptable 2011/2012

14
- Depuis l’année 2000 : La propagation des banques islamiques en Nord Afrique et en Europe
notamment au Royaume uni et en Allemagne.

- On comptait en 2008 plus de 300 institutions financières islamiques réparties dans plus de
50 pays.

- En 2015, le secteur bancaire islamique du MENA représente un encours total avoisinant les
990 milliards de dollars.

Nous avons remarqué que le Moyen-Orient et l’Asie sont deux des principaux marchés sur
lesquels les banques islamiques sont propagées ; L’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats
arabes unis, le Koweït et le Qatar, sont actifs au Moyen-Orient suivis de près par l’Égypte, le
Liban, Oman et la République arabe syrienne.

- Actuellement, on distingue 2 catégories de systèmes bancaires islamiques :

• Banques opérant dans un système islamisé à 100% : c’est le cas du Pakistan, Soudan,
Iran…
• Banques opérant dans un système dual ou partiellement islamisé : les banques sont
soumises à deux systèmes de réglementation, c’est le cas des pays de Golf et
notamment le Bahrein.

1.2.2 A l’échelle nationale :

La Tunisie est parmi les pays qui ont accordé une importance à la finance islamique en
général et au système bancaire islamique en particulier. En effet, l’introduction ce système
dans son économie remonte aux années quatre-vingt.

Le système bancaire islamique en Tunisie est passé par les étapes suivantes :

• En 1983 : Création de la banque « Al-Baraka Banque », c’est la première institution


islamique fondée en Tunisie et dans le Maghreb Arabe. Elle a été dénommé « Best
Bank » ou « Beit Ettamouil Ettounissi Essaoudi ». Elle est établie en vertu de la
législation tunisienne et notamment la loi N ° 76/63 du 12 juillet 1976, modifiée par la

15
loi N ° 85/108 du 6 Décembre, 1985 et par la loi N ° 2009 -64 du 12 août 2009
réglementant les institutions bancaires et financières offshore6.
Elle a été impliquée dans plusieurs projets de développement tels que le projet
d’aménagement des berges du lac, le parc d’activités économique de Bizerte…
En 2013, elle a obtenu l’agrément On shore pour devenir une banque résidente.
• En 2008 : ouverture du « Noor Islamic Bank » qui est la représentation de la banque
islamique « Noor des Emirats Arabes Unis » en Tunisie.
• En 2009 : Ouverture de la troisième Banque islamique « Banque Zitouna », il s’agit
d’une banque commerciale universelle qui a commencé ses activités le mois de Mai
2010. La réglementation du secteur bancaire en Tunisie lui est applicable.
En décembre 2014, elle a augmenté son capital en réservant cette augmentation à un
partenaire stratégique qui est la Banque Islamique de développement.
La « Banque Zitouna » gère en 2016 un réseau de 103 agences contre 85 agence en
2015 et elle a exprimé son intention d’ouvrir plus de 100 agences supplémentaires
dans les prochaines 5 années.
• En 2014 : Une première expérience de conversion d’une société de leasing
conventionnelle vers une banque islamique universelle. En effet, à la date du
28/03/2013, la société Al Wifack Leasing a déposé une demande d’agrément pour la
conversion de la société en banque islamique universelle, auprès de la Banque
Centrale de Tunisie. Le mois d’octobre 2014, Al Wifack Leasing a obtenu
l’autorisation de la BCT pour sa transformation en Banque universelle avec un capital
de 150 millions de dinars.
• Ouverture de fenêtres islamiques : D’autres banques conventionnelles ont ouvert des
fenêtres islamiques et commencé à offrir des produits islamiques. C’est le cas de la
Banque Tunisienne de Solidarité qui a commencé à offrir le produit Murabahah à
partir de décembre 2015.

Nous remarquons ainsi, une évolution de l’activité bancaire islamique en Tunisie. Selon un
rapport de Thomson Reuters, il existe une forte demande concernant la finance islamique en

6
Taoufik LACHHEB : Pratiques et expériences de la finance islamique « le cas d’ALBARAKA BANK
TUNISIA »

16
Tunisie, avec un potentiel pouvant atteindre 40% du total des actifs financiers d’ici jusqu’à
20207.

Le développement du système bancaire islamique en Tunisie a attiré, certes, l’attention des


plusieurs intéressés par l’économie dont les analystes économiques, les enseignants
universitaires et les experts comptables. La maîtrise de ce système appelle l’étude et la
compréhension de ses spécificités par tout intéressé. D’où, l’utilité pour l’expert-comptable,
en tant qu’intervenant important dans le circuit économique, de se pencher à la
compréhension des pratiques de ce système.

1.3 Les principes de fonctionnement des banques islamiques :

On s’accorde à dire que les banques islamiques fonctionnent en respectant les principes
fondamentaux qu’exige la Charia. Elle repose ainsi et principalement sur 5 principes qui
sont ; la prohibition de l’intérêt, l’Interdiction du « Gharar » et du « Maysir », l’Interdiction
des investissements illicites, le partage des profits et des pertes et l’adossement à un actif réel.

1.3.1 La prohibition de l’intérêt :

L’intérêt est assimilé au Ribâ par la quasi-totalité des Fukahaa de la Charia ; «La notion de
Ribâ désigne donc l’augmentation de valeur et correspondant à la fois à l’usure et au taux
d’intérêt »8.

Donc un taux d’intérêt fixé à l’avance en relation avec l’argent est considéré comme Ribâ,
rappelons que le Ribâ est expressément interdit par le Coran et par le hadith. Par conséquent,
l’intérêt est interdit, et cette interdiction est le principe central du système bancaire islamique.

1.3.2 Interdiction du « Gharar » et du « Maysir » :

Selon Imane Karich, « Gharar peut (donc) être défini comme la vente d’objets dont
l’existence et les caractéristiques ne sont pas certaines, étant donné le risque qui accompagne

7
https://chroniques.tn/2013/12/les perspectives de la finance islamique en Tunisie, un grand potentiel à
exploiter.
8
La finance islamique : des fondements au système. Fatima Zahra ALIOUI Laboratory Money and Financial
Institutions in the Arab Maghreb (MIFMA), University of Tlemcen, Algeria GUELLIL Zeyneb The Faculty of
Economic and Management Sciences, University of Tlemcen, Algeria, Soufyane BADRAOUI Laboratory
Industrial Enterprise and Society in Algeria (EISA) University of Tlemcen, Algeria.

17
cette probabilité, et qui soumet la validité de la transaction à des conjonctures ».(Karich,
2002)9

C’est le cas notamment :

• D’une vente portant sur un bien (marchandise) qui n’est pas déterminée de
façon précise ;
• D’un prix qui n’est pas clairement fixé ;
• D’une transaction portant sur un bien (marchandise) dont le vendeur ne
possède pas encore ;
• D’un transfert de propriété conditionné à un évènement hasardeux.

Le « Mayssir » désigne tout contrat dont les droits des parties contractantes dépendent d’un
évènement aléatoire. Plus précisément, les termes contractuels tels que le prix, l’objet doivent
être bien définis au moment de la conclusion du contrat.

1.3.3 Interdiction des investissements illicites :

Il s’agit de l’interdiction de financer ou d’investir dans les activités jugées illicites par la
Charia. En effet, le financement ou la prise de participation sous la forme d’actions dans des
activités en relation, par exemple, avec l’alcool, l’armement, les drogues est prohibé dans
l’islam et donc, à exclure de l’univers d’investissement.

1.3.4 Partages de profits et de pertes « Profit and Loss Sharing » :

Le partage des profits et de pertes est tout un système qui caractérise l’activité bancaire
islamique, et il constitue, d’ailleurs, l’élément clé pour la mise en place d’un système bancaire
islamique.

Il s’agit d’associer le capital (fonds…) au travail (expertise, savoir-faire…), et le profit ou la


perte issue de cet partenariat est partagé proportionnellement à la participation ; c’est une
meilleure combinaison entre le capital financier et le capital humain.

« Plus concrètement, un investisseur doit confier ses fonds à un entrepreneur, avec qui il
partagera les bénéfices en fonction de la performance de l’actif sous-jacent, il devra
également partager toute perte éventuelle avec cet entrepreneur si celle-ci n’est pas due à une

9
www.institut-numérique.org/i1-les -principes-de-la-finance-islamique-5266b9258d022

18
négligence ou une faute grave de ce dernier. Ainsi le client d’une banque islamique a
pratiquement un statut d’actionnaire dans les investissements liés à ses contrats et son revenu
prend la forme de dividende »10.

1.3.5 Adossement à un actif réel :

La réalité de l’actif signifie que toute transaction financière doit être obligatoirement adossée
à un actif réel, tangible, matériel, échangeable et surtout détenu (Propriété de la banque).

Toute opération qui est adossée à un actif intangible, immatériel est interdite.

Sous-section 2 : Présentation des produits spécifiques à l’activité de financement :

La présentation de chaque produit relevant de l’activité de financement des banques


islamiques se fait en passant par sa description, la présentation de ses caractéristiques et les
conditions de sa conformité à la Charia.

La présentation concernera les opérations Murabahah, Ijarah, Salam, Istisnaa.

Il convient de noter que les opérations les plus pratiquées par les banques islamiques sont Al
Murabahah et Al Ijarah.

2.1 Al Murabahah :

Les Normes Comptables de l’AAOIFI, définissent le contrat de Murabahah comme suit «


Une vente avec une marge bénéficiaire prédéfinie. Sa principale caractéristique est que le
vendeur doit informer l’acheteur du prix auquel l’actif a été acheté et du profit qu’il envisage
de réaliser en le revendant »

Donc, le contrat « Murabahah » est un contrat entre la banque et le client dont l’objet est
l’engagement de la banque, qui joue le rôle d’intermédiaire commerciale, d’acheter un bien et
de le revendre au client moyennant le coût d’acquisition plus une rémunération convenus
d’avance entre les deux parties.

Le transfert de la propriété du bien intervient après le règlement de la totalité du prix et la


marge par le client.

10
Ridha MEFTAH, Adéquation de la normalisation comptable et prudentielle pour les banques
islamiques en Tunisie, mémoire d’expertise comptable, Mai 2011.

19
L’opération « Murabahah» constitue l’opération la plus importante des banques islamiques.
Figure 1 : Schéma représentatif de l’opération « Murabahah»

Vente du bien à la banque Vente du bien au client

Vendeur Banque islamique Client

Paiement du prix d’achat Paiement du prix d’achat majoré d’une marge

Source : http://www.institut-numerique.org

Et comme présenté par le schéma sus visé, l’opération Murabahah se déroule selon 5 étapes
étant :

• Le client choisit le bien à financer : Il constitue le dossier de financement Murabahah


• Demande de financement du client : le client formule sa demande de financement à la
banque avec tous les justificatifs nécessaires.
• Acquisition par la banque du bien et sa revente au client : cette opération se fait à
travers contrats séparés (fournisseur/banque, banque/client), la banque acquiert le bien
auprès du vendeur et le revend au client.
• Livraison du bien au client : la livraison se fait du fournisseur à la banque, puis de la
banque au client.
• Le règlement du client à la banque : le règlement s’effectue en un ou plusieurs
versements pendant une durée convenue à l’avance.

Pour être conforme à la Charia, ce produit financier nécessite le respect des points suivants:

• L’objet du contrat Murabahah doit être conforme aux prescriptions de la Charia ;


• La détention obligatoire du bien objet du contrat Murabahah par la banque avant de le
revendre au client.
• Le coût d’acquisition, la marge de la banque et le délai de paiement doivent être
préalablement connus et acceptés par les deux parties.

20
• En cas de retard dans le paiement des échéances, la banque peut appliquer au client
défaillant des pénalités de retard qui seront logées dans un compte spécial « Produits à
liquider ». Mais elle ne peut réviser en hausse sa marge bénéficiaire en contrepartie du
dépassement de délai. En outre, en cas de mauvaise foi du client, la Banque est en
droit de réclamer, en sus des pénalités, un dédommagement des échéances non
honorées. Auquel cas, il conviendrait d’évaluer le préjudice par rapport à des critères
objectifs propres à la banque et éviter toute référence aux taux d’intérêts.
• Après la réalisation du contrat Murabahah, la marchandise devient la propriété
exclusive et définitive de l’acheteur final et le demeurera quels que soient les incidents
qui peuvent survenir par la suite.

2.2 Al Ijarah :

Selon les Normes Comptables de l’AAOIFI, « Certains jurisconsultes (Fuqaha) ont défini
l’Ijarah comme étant la possession du droit de jouir de l’usufruit qui découle de l’usage d’un
bien en échange d’une compensation. Certains Fuqaha ont inclut dans la définition la notion
de durée de cette jouissance »

Partant de cette définition, le contrat Ijarah permet au locataire de bénéficier uniquement des
avantages du bien et non pas le bien lui-même pour un prix et une période déterminée.

Cette opération fait intervenir 3 parties :

 Le vendeur ou le fabricant du bien,


 Le bailleur qui pourrait être la banque en achetant le bien pour le louer au client,
 Le locataire/le client.

Pour que le contrat soit valable, les conditions suivantes doivent être respectées :

• La banque reste le propriétaire du bien,


• Le client bénéficie du droit de jouissance pendant toute la durée du contrat de
location,

21
• A la fin du contrat, le client a le droit et non l’obligation de lever l’option
d’achat11.

Figure 2 : Schéma représentatif de l’opération « Al Ijarah»

Vente du bien à la banque Location du bien au client

Vendeur Banque islamique Client

Paiement du prix d’achat Paiement échelonné de l’Ijarah

Pour être conforme à la Charia, ce produit financier nécessite le respect des points suivants :12

• L'objet de la location (l'utilisation du bien loué) doit être connue et acceptée par les
deux parties.
• La location doit porter sur des biens durables, c'est à dire non destructibles du fait de
la jouissance ou de l'utilisation.
• Le bien loué de même que les accessoires nécessaires à son usage, doivent être remis à
l'utilisateur en état de servir à l'utilisation à laquelle ledit bien est destiné.
• La durée de location, le délai de paiement, le montant du loyer et la périodicité doivent
être déterminés et connus à la conclusion du contrat d’Ijarah.
• Le loyer peut être payé d'avance, à terme ou par tranches selon la convention des
parties.
• Les deux parties peuvent convenir d'un commun accord d'une révision du loyer, de la
durée de location et de toutes autres clauses du contrat.
• La destruction ou la dégradation du bien loué d'un fait indépendant de la volonté de
l'utilisateur n'engage la responsabilité de ce dernier que s'il est établi et qu'il n'a pas

11
Mohamed Ali JAZIRI : Les spécificités des institutions financières islamiques, impacts et conformité avec les
référentiels comptables en vigueur, mémoire d’expertise comptable, OECT, juin 2014.
12
http://www.labanqueislamique.fr/idjar.htm.

22
pris les mesures nécessaires pour la conservation du bien avec le soin d'un bon père de
famille.
• Sauf convention contraire, il incombe à la Banque d'effectuer tous travaux d'entretien
et de réparation nécessaires au maintien du bien loué dans un état de servir à l'usage
auquel il est destiné. De même, elle supporte toutes les charges locatives antérieures
au contrat de location. L'utilisateur assure quant à lui l'entretien d'usage du bien loué,
de même que l'ensemble des charges locatives nées à compter de la date de location.

2.3 Vente de Salam (‫ )بيع السلم‬:

Le Salam est une vente à terme ou le paiement se fait au comptant et la livraison à terme.
Dans un contrat Salam, la Banque intervient comme acquéreur, avec paiement immédiat du
bien qui lui sera livré à une date convenue avec le vendeur.

Il existe deux types de contrat Salam :

-Un contrat simple qui répond à la définition suscitée,

-Un contrat Salam parallèle, ou la banque vend une marchandise ayant déjà fait l’objet d’un
contrat Salam, à une tierce partie moyennant un paiement au comptant et livraison à une date
ultérieure.
Figure 3 : Schéma représentatif de l’opération « Salam »
Vente du bien
Vendeur Acheteur
Paiement de l’intégralité du prix d’achat

Livraison du bien à l’acheteur


Vendeur Acheteur

Ainsi, le mécanisme de ce type de financement est le suivant13 :

• La Banque (acheteur) passe une commande à son client pour une quantité donnée de
marchandises, d'une valeur correspondant à son besoin de financement.
• Le client (vendeur) adresse à la Banque une facture proforma indiquant la nature, les
quantités et le prix des marchandises commandées.

13
http://www.labanqueislamique.fr/Salam.htm

23
• Les deux parties, une fois d'accord sur les conditions de la transaction, signent un
contrat de Salam reprenant les clauses convenues (nature des marchandises, quantités,
prix, délais et modalités de livraison et/ou de vente pour le compte de la Banque, etc.).
• Parallèlement, les deux parties signent un contrat de vente par procuration par lequel
la Banque autorise le vendeur à livrer ou à vendre (selon le cas) les marchandises à
une tierce personne. Le vendeur s'engage, sous sa pleine responsabilité à recouvrer et à
verser le montant de la vente à la Banque.
• La rémunération du mandat du vendeur peut être consentie sous forme d'une
commission, d'une ristourne ou d'une participation à la marge dégagée par la vente des
marchandises. Elle peut aussi être décomptée au début de la transaction et intégrée au
montant de l'avance (financement Salam). En tout état de cause, son montant doit être
calculé par référence aux taux de marge pratiqués sur le marché pour des opérations
similaires.
• Le prix de vente des marchandises par le vendeur pour le compte de la Banque, doit
dégager une marge nette (après déduction des commissions et autres frais) au moins
égale au taux de rentabilité annuel minimum tel que fixé dans sa politique de
financement.

Les conditions de validité d’un contrat Salam sont les suivantes :

• Les caractéristiques de la marchandise objet du contrat doivent spécifiées (Par qualité,


quantité, poids ou mesure selon la nature ;
• Le délai de livraison de la marchandise par le vendeur doit être fixé dans le contrat et
connu par les deux parties.
• Le prix (ou la contrepartie) de la marchandise doit être fixé dans le contrat, connu par
les deux parties et payé par l'acheteur (la Banque) au comptant dès la conclusion du
contrat.
• Le lieu de livraison doit être déterminé et connu par les deux parties.
• L'acheteur peut exiger du vendeur une caution pour garantir la livraison de la
marchandise à l'échéance ou toute autre garantie réelle ou personnelle.
• L'acheteur peut mandater le vendeur pour vendre et/ou livrer la marchandise, à
l'échéance, à une tierce personne moyennant une commission ou sans commission. Le
vendeur est alors personnellement redevable vis à vis de l'acheteur du recouvrement
du prix de vente.

24
• L'acheteur ne peut pas vendre la marchandise avant sa livraison par le vendeur.
Toutefois, il est autorisé à le faire par le biais d'un contrat Salam parallèle.

2.4 Al Istisnaa (‫)االستصناع‬:

La norme comptable islamique N° 10 définit Al Istisnaa comme étant : un contrat entre


l’acquéreur (Al mustasni’i ‫ )المستصنع‬et le vendeur (Sani’i ‫)الصانع‬, en vertu duquel, le premier
demande au deuxième de lui fabriquer ou construire un ouvrage moyennant une
rémunération, fixée à l’avance, payée au comptant, de manière fractionnée ou à terme à la
date de livraison.

La formule de l’Istisnaa peut revêtir l’aspect d’une opération triangulaire faisant intervenir
aux cotés de la banque, le maître d’ouvrage et l’entrepreneur dans le cadre d’un double
Istisnaa. Il s’agit donc de deux contrats, qui portent sur le même bien, mais qui sont
indépendants et ont des prix différents, cette formule s’appelle « Istisnaa Parallèle » ‫السلم‬
‫الموازي‬.
Figure 4 : Schéma représentatif de l’opération « Al Istisnaa »
Transfert de la propriété de l’actif Location de l’actif

Producteur Banque islamique Acheteur

Paiement au comptant Paiement de loyer avec option d’achat

Cette transaction se déroule en passant par les étapes suivantes :

 Le client s’adresse à la banque pour la conclusion d’un contrat avec la banque (Fabricant)
pour la fabrication et la livraison des biens spécifiés.
 La banque fabrique et livre le bien au client à la date convenue dans le contrat.
 Le client paie la banque selon les modalités prévues au niveau du contrat.

Les principales caractéristiques de ce contrat qui sont prévues par la norme comptable
islamique 10 peuvent être résumées comme suit :

• Le bien n’existe pas au moment de la vente, il doit être fabricable ou constructible,


• La vente constitue une dette du Sani’i qui apparaît dans son passif du bilan jusqu’à
l’échéance,
• Les caractéristiques du bien livré doivent être conformes à celles convenus d’avance
entre les deux parties,

25
• Le paiement est fixé d’avance entre les deux parties,
• Les matières premières servant à la construction du bien, sont fournies par le bailleur,
• La banque assume les risques de non-exécution ou de mauvaise exécution des travaux
par le producteur.

Sous-section 3 : Présentation des produits spécifiques à l’activité d’investissement :

Les principaux produits spécifiques à l’activité d’investissement qu’on compte présenter sont
Al Mudarabah, les comptes d’épargne, les dépôts à vue et Al Musharakah. Al Mudarabah,
les comptes d’épargne et les dépôts à vue sont plus pratiquées par rapport à Al Musharakah.

Pour chacun des opérations citées, nous allons décrire le produit, présenter leurs
caractéristiques et énumérer les conditions de validité.

3.1 Al Mudarabah :

Selon les normes comptables de l’AAOIFI, la Mudarabah14 « est un partenariat entre un


bailleur de fonds et un entrepreneur. Il peut se développer entre les titulaires de comptes
d’investissements connus en tant que bailleurs de fonds et la banque islamique agissant
comme Mudarib »

Donc, Al Mudarabah est un contrat qui met en relation un détenteur de fonds appelé Rab al
mal, et un entrepreneur appelé Mudarib, ou le premier apporte les fonds et le second apporte
son expertise.

La responsabilité de gestion incombe au Mudarib, et en cas de perte, c’est Rab al Mal qui la
supporte dans la limite de la somme investie sauf en cas de négligence de l’entrepreneur.

Les bénéfices résultant de l’opération sont partagés entre les deux parties selon un ratio
convenu à l’avance dans le contrat.

Il existe 2 types de Mudarabah ;

 La Mudarabah absolue ‫ « المضاربة المطلقة‬par laquelle Rab al Mal délègue la gestion des
opérations au Mudarib sans restriction. Le mudarib dispose alors de larges pouvoirs
discrétionnaires fondés sur son honorabilité et son expertise »15.

14
Mohamed Ali Jaziri : Mémoire d’expertise comptable les spécificités des institutions financières islamiques,
impacts et conformité avec les référentiels comptables en vigueur, IHEC Carthage, Juin 2014.
15
Normes Charaique de l’AAOIFI, norme n° 13 Al Mudarabah page 206.

26
 La Mudarabah restrictive ou limitée ‫ « المضاربة المقيدة‬par laquelle le rab al mal limite l’activité
du mudarib à un lieu ou un domaine d’activité et par tout moyen qu’il juge opportun, à la
condition de ne pas entraver l’accomplissement du travail du mudarib »16

Figure 5 : Principe de fonctionnement de la Mudarabah


Mudaraba

Pour être exécuté, le contrat Mudarabah passe par les étapes suivantes :

 L’investisseur dépose ses fonds à la banque islamique ;


 La banque islamique participe soit directement aux projets d’investissements, soit elle
met les fonds à la disposition des entrepreneurs sur la base d’un contrat Mudarabah,
 La banque islamique partage les profits ou les pertes issues de l’investissement du
capital,

Les conditions relatives au contrat Mudarabah peuvent être résumées, à partir de la norme
comptable Mudarabah de l’OOAIFI, comme suit :

Conditions liées au capital :

• Le capital de la Mudarabah est constitué par des apports en numéraire et des apports en
nature. Les apports en nature sont évalués par des experts, ou selon une méthode convenue par
les parties.

16
Normes Charaique de l’AAOIFI,
AAOIFI, norme n° 13 Al Mudarabah page 206.

27
• Le capital de la Mudarabah ne peut pas être une créance du rab al mal à l’égard du mudarib
ou d’une tierce personne.
• Le capital doit être intégralement ou partiellement libéré.

Conditions liées au profit :

• Les parties doivent, au moment de la conclusion du contrat, convenir des modalités de


répartition du profit afin d’éviter toute ambiguïté et toute contestation.
• La répartition du profit est effectuée sur la base d’un pourcentage indivis du profit convenu
entre les deux parties dans le contrat, et non sur la base d’une somme forfaitaire ou d’un
pourcentage du capital.
• La distribution ne peut être faite qu’après la garantie du capital de la Mudarabah,

Conditions relatives à la gestion du projet Mudarabah :

 Le rab al mal ne peut pas :


• Obliger le Mudarib à travailler avec lui afin de participer aux actes de vente,
d’achat et aux négociations.
• Demander au Mudarib de le consulter à chaque acte ou transaction
• Imposer des conditions qui priveraient le Mudarib du pouvoir de disposition,
tel est le cas de l’obliger à s’associer à autrui.
 Le Mudharib doit :
• Exécuter le contrat Mudarabah de bonne foi
• Garantir une gestion saine et prudente du capital en bon père de famille.
• Accomplir les actes, opérations et transactions relevant de la Mudarabah soit par lui-
même, soit par une tierce personne.
• Le Mudharib ne peut pas :
• Accorder ni prêt, ni cadeau, ni donation à une œuvre caritative sur les biens de
la Mudarabah, sauf autorisation du Rab-el-Mal,
• Renoncer aux droits liés aux opérations de la Mudarabah, sauf autorisation du
Rab-el-Mal.

3.2 Les comptes de dépôts à vue ou comptes courants :

Sont des comptes qui permettent au client de retirer son argent à tout moment par des
différents moyens tels que les virements et les cartes magnétiques etc. Et les retraits ne
peuvent être faits que dans la limite des fonds disponibles.

28
Dans ce type de comptes, la banque peut utiliser les fonds dans le but d’investir et elle est
responsable de toute perte pouvant avoir lieu17.

3.3 Les comptes d’épargne :

Ce sont des comptes de dépôts à terme, basés sur le principe de la participation. L’objectif de
ces comptes est d’inciter les gens à épargner. Ces comptes sont peu répandus. Les modalités
de fonctionnement sont généralement les suivantes18 :

Le client :

• Ne reçoit pas l’intérêt, la banque ne lui garantit ni un rendement déterminé, ni le


remboursement du capital déposé ;
• N’a aucun droit de regard sur la manière dont la banque gère les fonds ;
• Il doit prévoir la banque s’il désir retirer des fonds, le délai de préavis étant préalablement
précisé.

La banque :

• Gère les fonds contre les frais de gestion ;


• Verse une partie de son résultat selon le taux de répartition convenu et le solde moyen du
compte ;
• Est responsable en cas de négligence de sa part dans la manière de gérer les fonds.

3.4 Al Musharakah :

La norme de Charia 12 de l’AAOIFI définit Al Musharakah comme suit : « La charika al-aqd


est l’accord de deux ou plusieurs personnes qui décident de mettre en commun leurs biens,
leur industrie ou leurs obligations en vue de réaliser des bénéfices ».19

Donc, le contrat Musharakah est une forme de partenariat entre la banque et un ou plusieurs
clients visant à mettre en commun leurs capitaux en vue d’investir dans un projet.

17
Dhia Eddine Fki, « Audit d’une banque islamique, émergence de nouvelles zones de risques et contrôle
spécifique », mémoire d’expertise comptable, page 48, faculté des sciences économiques et de gestion de Sfax,
2012.
18
Hassen ben Ouhiba, Mémoire d’expertise comptable : « Les banques islamiques ; Etude de positionnement,
spécificités réglementaire et particularités d’audit » Université de Manouba, ISCAE Tunis », 2014.
19
Norme charaique n° 12 de l’AAOIFI, page 178.

29
Le contrat de Musharakah est similaire à la Mudarabah.. La divergence entre les deux contrats
réside du fait que dans le cas d’un contrat Musharakah,, les deux parties participent dans le
capital et dans la gestion et aussi dans les profits et les pertes réalisés.

Figure 6 : Schéma représentatif de l’opération « Al Musharakah »

« Les profits sont partagés selon des ratios déterminés et convenus par les deux parties, alors
que les pertes sont supportées selon la participation en capital de tout un chacun »20

Le profit revenant à chaque associé doit donc être prédéterminé, au contrat, comme une
proportion ou un pourcentage
tage et non comme un montant fixe.

En se référant à la norme comptable islamique n° 4 de l’AAOIFI, nous pouvons résumer les


conditions de conformité du contrat Musharakah à la Charia comme suit :

• Les biens et prestations, objets de la Musharakah, doivent être conformes aux


prescriptions de l’Islam (licites),
(licites)
• L’apport des parties doit être disponible au moment de la réalisation de l'opération objet de
financement. Toutefois, le paiement peut être différé, dans ce cas,
cas chacune des parties assume
une partie de l’engagement vis-à-vis
vis du fournisseur,
• L’apport de la banque islamique dans ce type de contrat, consiste généralement en
l’émission d’une garantie bancaire (aval, crédit documentaire, etc.),
etc.),

20
Finance islamique : « Evaluation depuis 1970 à nos jours » International Journal of Innovation and Applied
Studies ISSN 2028-9324
9324 Vol. 10 No. 2 Feb. 2015, pp. 726-737
726 737 © 2015 Innovative Space of Scientific Research
Journals http://www.ijias.issr-journals.o
journals.org/

30
• Chacune des deux parties doit accepter le principe de la participation aux pertes et
profits du projet financé,
• Les modalités de répartition des bénéfices doivent être fixées lors de la conclusion du
contrat,
• Le partage des profits ne peut avoir lieu qu’après réalisation effective des bénéfices
(l’anticipation sur les résultats est interdite). Toutefois, des avances peuvent être
prélevées d’un commun accord entre les parties concernées.

31
Section 2 : Spécificités organisationnelles, juridiques et comptables des
banques islamiques :

La spécificité des opérations des banques islamiques ainsi que leurs fondements exigent une
organisation divergente de celle des banques conventionnelles, un cadre juridique leur
applicable et des normes comptables spécifiques aux produits financiers islamiques.

Sous-section 1 : Spécificités organisationnelles et de gouvernance :

Les principes de gouvernance des IFI peuvent être définis comme l’ensemble des règles et des
pratiques qui régissent les relations entre les dirigeants, les déposants, ainsi que d’autres
parties prenantes telles que les salariés et les créanciers.

Les banques islamiques obéissent aux mêmes règles d’organisations et de gouvernance que
les banques conventionnelles avec certaines particularités imposées par le cadre général de
l’activité financière islamique à savoir les normes de gouvernance de l’AAOIFI. En
conséquence, on est face à une double gouvernance21.

Dans une banque islamique « Il [le dirigeant] doit gérer deux systèmes de logique
potentiellement contradictoires à savoir une logique d’efficience et une logique de maintien et
de protection des valeurs éthiques et religieuses. Ces logiques s’expriment à travers le
système de double gouvernance qui caractérise les banques islamiques »22.

L’organigramme des banques islamiques est généralement structuré comme suit :

Figure 7 : Organigramme indicatif des Banques islamiques

21
Mohamed Ali Jaziri ; « les spécificités des institutions financières islamiques, impacts et conformité avec les
référentiels comptables en vigueur ». Mémoire d’expertise comptable, Université de Carthage, IHEC Carthage.
Juin 2014.
22
(Siagh, 2003)

32
AGO Conseil
religieux
Organes de
Gouvernance
Conseil d’Administration

Conformité Comité d’Audit

Directeur Général
Organes de
Gestion
DGA

Organes de Pilotage des


Audit Interne
contrôle risques

1.1 Les organes de gouvernance et de gestion :

Sont composés principalement du conseil d’administration, de la direction générale et des


assemblées générales des actionnaires. Le fonctionnement de ces organes ne présente pas de
grandes divergences par rapport au fonctionnement de ces organes dans les banques
conventionnelles.

1.1.1 Assemblée générale des actionnaires :

On distingue l’assemblée générale ordinaire et l’assemblée générale extraordinaire qui sont


convoqués par le conseil d’administration chaque fois que celui-ci le juge utile. Et peuvent
être, également, convoqués par des actionnaires représentants une part de capital fixée par les
statuts ou par le/les commissaires aux comptes.

a- L’assemblée générale ordinaire a les fonctions suivantes en sous lignant les fonctions qui
sont spécifiques aux banques islamiques par rapport aux banques conventionnelles :

33
• Nommer les membres du conseil d’administration en s’assurant qu’ils sont
musulmans,
• Nommer les membres du comité de supervision de la Charia,
• Discuter et approuver le rapport annuel du conseil d’administration,
• Discuter et approuver le rapport du comité de supervision de la Charia,

b- Les fonctions qui incombent à l’assemblée générale extraordinaire sont similaires à celles
attribuées à l’AGE des banques classiques. En effet, elle examine :
• Toute modification statutaire, les augmentations et les réductions de capital,
• Les modifications relatives à la durée de la société, sa dissolution…

1.1.2 Conseil d’administration :

Le conseil d'administration jouit des pleins pouvoirs pour la gestion de la banque, à


l'exception de ce qui a été réservé expressément à l'assemblée générale. Son action n'est
limitée que par les dispositions légales, statutaires, ou par les recommandations de l'assemblée
générale. Le conseil d'administration fixe la politique générale de la banque et établit les
règlements concernant les opérations financières et administratives, ainsi que le statut des
fonctionnaires. Il a la libre disposition des biens de la banque et peut accomplir n'importe quel
acte d'acquisition ou d'aliénation dans son intérêt et pour son compte23.

Les décisions du conseil sont prises par la majorité de ses membres et les actes accomplis en
contradiction avec les statuts sont nuls.

Etant donné que les transactions de la banque islamique sont régies par la Charia, les
administrateurs ne peuvent être choisis que parmi les musulmans, ça ce qui diffère le conseil
d’administration des banques islamiques de celui des banques conventionnelles.

1.1.3 La direction générale :

Le conseil d’administration délègue une partie de ses pouvoirs à un directeur général choisi
parmi les musulmans, qui exerce ses fonctions sous son contrôle. Il est responsable de ses
actes devant le conseil24.

23
Malika Kettani, « Une banque originale la banque islamique ». Edition dar al-Kotob al-ilmiya (DKI), année
2005, page 94.
24
Malika Kettani, « Une banque originale la banque islamique ». Edition Dar al-Kotob al-ilmiya (DKI), année
2005, page 95

34
1.2 Les organes de contrôle :

A côté des organes classiques qui contrôlent l’activité bancaire classique, s’ajoutent aux
banques classiques le comité de supervision de la Charia et le comité interne de la Charia.

Nous allons étudier ces organes qui sont spécifiques aux banques islamiques, étant donné que
les autres organes classiques ne présentent pas de divergences par rapport à ceux au sein
d’une banque conventionnelle.

1.2.1 Le comité de supervision de la Charia :

 Définition et importance :

La norme N° 1 d’audit des institutions financières islamiques de l’AAOIFI « Désignation


d’un comité de contrôle de la Charia, composition et rapport », définit le comité de
supervision de la Charia (Charia Supervisory Boards) comme étant « un organe indépendant
composé généralement de spécialistes dans la jurisprudence des transactions commerciales
islamiques (Fiqh al Muamalat ‫)فقه المعامالت‬. Il a pour objectif, en amont, d’émettre des avis
juridiques (Fatwa) relatifs aux conditions de licéité des opérations et des produits proposés
par la banque, et en aval, de vérifier et contrôler le respect de la mise en œuvre des préceptes
islamiques et des Fatwas (‫)فتوى‬.

Donc, ce comité est un organe obligatoire dans une banque islamique. En effet, la banque ne
peut pas faire partie de l’Association Internationale des banques islamiques « AIBI » que si
elle dispose du comité de Supervision de la Charia.

Cette obligation est légitime du fait que l’existence de cet organe garantie le respect des règles
et principes de la Charia, par la banque, et en résulte le renforcement de la notoriété et de la
crédibilité de la banque auprès de ses clients.

Il convient de dire, alors, que le comité de supervision de la Charia est un élément clé dans la
structure d’une banque islamique et ses membres peuvent avoir forte influence sur le
développement de la banque.

35
 Composition :

Le comité de supervision de la Charia est composé d’au moins de 3 membres spécialisés dans
la jurisprudence commerciale islamique (‫)فقه المعامالت‬. Ils doivent aussi avoir des
connaissances en matière de finance ce qui rend difficile l’existence de ce profil qui
conditionne des connaissances à la fois dans le domaine religieux et dans le domaine
bancaire.

La nomination de ses membres se fait généralement par les actionnaires dans le cadre de
l’AGO.

 Missions :

Les principales missions du comité, telles que prévues par l’AAOIFI et l’IFSB sont les
suivantes25 :

-Assister les institutions dans l’élaboration des contrats et des produits pour qu’ils soient en
conformité avec les principes du droit musulman ;

- Certifier l’acceptabilité des instruments financiers à travers des fatwas ;

- Vérifier que les transactions sont conformes aux fatwas émises,

- Vérifier le calcul et la liquidation de la Zakat ;

- Distribuer les revenus non conformes à la Charia à des œuvres caritatives.

Le Comité Charia procède à l'explicitation et à l'interprétation des textes sacrés (Coran et


Sunna) en la matière. Il effectue en particulier la transposition de ces textes à la vie concrète.

 Rapport annuel du comité :

Le comité élabore annuellement un rapport présentant l’opinion sur le respect des règles de la
Charia. Ce rapport qui doit être signé par tous les membres du comité, est destiné aux
actionnaires et aux déposants.

25
Hassen BEN OUHIBA : « les banques islamiques : Etude de positionnement, spécificités réglementaires et
spécificités d’audit, Mémoire d’expertise comptable » Université de Manouba, ISCAE Tunis », 2014.

36
L’opinion émis au niveau du rapport émane de différents travaux de contrôle effectués durant
l’exercice concerné tels que :

-La vérification du partage des profits entre les actionnaires et les déposants ;

-La vérification de la non réalisation de revenus prohibés ;

-La vérification de l’exactitude de calcul de la Zakat.

En Tunisie, l’article 54 de la loi N° 48-2016 du 11 Juillet 2016 portant réglementation des


Banques et institutions financières, a prévu l’institution du « comité de contrôle de
conformité aux normes bancaires islamiques », ainsi que ses fonctions et sa composition.

1.2.2 La structure d’audit interne de la Charia:

Une structure d’audit interne de le Charia est créée au sein de la banque islamique soit sous
forme d’une division ou d’une cellule rattachée à l’audit interne, soit sous forme d’une
structure indépendante.

Ce comité a pour objectif de s’assurer de la conformité des pratiques de gestion de la banque


aux règles de la Charia. Elle assure, ainsi, le suivi des avis émis par le comité de supervision
de la Charia et par d’autres instances de contrôles tel que l’auditeur externe.

La structure d’audit interne de la Charia élabore, tous les 3 mois, des rapports qui sont
destinés à la direction générale. Elle communique, également, une copie au comité de
Supervision de la Charia.

Pour garantir l’efficacité de ce comité, ses membres doivent jouir de certaines qualités à
savoir la compétence en matière financière, une bonne formation dans la jurisprudence
commerciale islamique, la loyauté et l’honnêteté.

1.2.3 Relation du commissaire aux comptes avec les deux organes de la Charia :

En se référant aux normes n°1 et n°2 d’audit des institutions financières islamiques de
l’AAOIFI, l’auditeur externe doit communiquer avec les deux structures de contrôle de la
Charia.

37
Sous-section 2 : Spécificités juridiques :

Le fonctionnement des banques islamiques est régi par des principes qui diffèrent de ceux qui
régissent la finance conventionnelle.

L’ensemble des principes éthiques de la Charia qui constituent les piliers de la finance
islamique constitue une particularité de taille qui distingue la finance islamique par rapport à
la finance conventionnelle26.

Les perspectives de développement de la finance islamique demeurent étroitement liées et


largement tributaire de l’instauration d’un cadre réglementaire qui soutient et favorise le
développement de cette industrie financière.

2.1 Les particularités juridiques inhérentes aux banques islamiques :

On entend par particularités juridiques, la réglementation prudentielle, la réglementation


comptable, les particularités juridiques des statuts et les particularités juridiques liées aux
contrats.

2.1.1 Réglementation prudentielle :

Les banques islamiques ont des risques spécifiques par rapport aux banques conventionnelles.
La réglementation prudentielle bancaire conventionnelle inspirée du dispositif Bâlois ne
reconnaît pas ces spécificités en matière de risque. D’où la nécessité d’adapter les normes
internationales aux principes de la finance islamique et de mettre en place d’un dispositif
reconnaissant les spécificités non couvertes par le dispositif bâlois.

Les risques spécifiques aux banques islamiques sont27 :

-Risque de non-conformité à la Charia : C'est le risque lié au non-respect des dispositions et


fondements de la Charia. L'insuffisance de professionnels jouissant de compétences en droit
islamique et montages financiers, l’incertitude et la divergence dans l’interprétation juridique
des contrats, les conflits entre les lois conventionnelles et islamiques et le manque de

26
Lobna Feki, « Comptes de dépôts dans les banques islamiques : Enjeux réglementaires et comptables et
diligences du commissaire aux comptes ». Mémoire d’expertise comptable, Université de Carthage, IHEC Tunis
2015, page 17.
27
Ibrahim Boukhari, « Conversion d’une banque conventionnelle à une banque islamique », Mémoire
d‘expertise comptable, Université de Manouba, ISCAE Tunis, 2015.

38
standardisation et d’uniformité dans les pratiques des banques islamiques sont les principaux
facteurs de ce risque.

Ce risque revêt pour la banque islamique une importance capitale dans la mesure où il peut
porter atteinte à sa réputation et, par conséquent, se traduire par un mouvement de défiance de
certains clients ou de retrait de dépôts visant à sanctionner ce qui peut être interprété comme
non-respect des exigences du caractère islamique de l'institution.

-Risque commercial translaté : Ce risque est inhérent à la concurrence entre les banques
islamiques et les banques conventionnelles. Il a tendance à se concrétiser en cas d'insuffisance
appréciable et chronique du rendement des actifs de la banque islamique. Il peut se traduire
par un transfert des fonds vers les banques conventionnelles censées assurer une meilleure
rentabilité à leurs dépôts ce qui est de nature à accroître le risque de liquidité.

Afin de pallier ces risques, la banque islamique peut opter pour un transfert d'une part des
bénéfices alloués aux actionnaires au profit des déposants en vue d'améliorer la rentabilité de
leurs dépôts et par suite éviter, autant que possible, les crises de liquidité. En d'autres termes,
il s'agit de dissocier le risque normalement affecté aux déposants pour l'attribuer aux
actionnaires dans une opération intitulée translation de risque.

Risques liés aux produits islamiques : Le contrat islamique de financement ou


d'investissement est un contrat qui comporte généralement un ensemble de risques entremêlés
et difficile à dissocier.

Dans un contrat Murabahah, par exemple, la banque se porte d’abord acquéreur du bien, ce
qui l’expose au risque de prix. Après la livraison du bien au client final, elle s’expose à un
risque de crédit sur les paiements attendus. A cela peut encore s’ajouter un risque de change si
l’une de ces étapes requiert un règlement en devise étrangère sachant qu'à chaque risque
correspond une affectation de fonds propres de la banque et une gestion spécifique.

Il en est de même pour le risque de crédit et le risque de marché inhérents au contrat d'Ijarah
qui témoignent d'un enchevêtrement manifeste. Dans les contrats de Mudarabah et de
Musharakah, la frontière entre les risques de participation et ceux de financement est
difficilement reconnaissable.

39
Le besoin d’adaptation des normes internationales aux banques islamiques a accéléré la
création de l’Islamic Financial Services Board (IFSB) en 2002. Basé à Kuala Lumpur en
Malaisie, cet organisme international de normalisation est destiné à promouvoir et à renforcer
la solidité et la stabilité de l’industrie financière islamique à travers la mise en place d’un
corpus de normes prudentielles de surveillance et de réglementation à même de contribuer à
l'intégration du système financier islamique dans la finance internationale28.

2.1.2 Règlementation comptable :

Les normes comptables internationales ne fournissent pas l’information suffisante pour que
les banques islamiques puissent présenter leurs comptes de manière requise par la Charia. Ces
normes ont été conçues pour les banques conventionnelles et nécessitent d’être complétées
par des normes conçues spécialement pour les banques islamiques.

Le mode de fonctionnement de la banque islamique est de conséquence sur le traitement


comptable de ses opérations, la présentation de ses états financiers et la divulgation de ses
informations financières. Ainsi, le principe de partage des risques et des profits implique
nécessairement un traitement spécifique des dépôts reçus par la banque sous forme de
comptes d’investissements participatifs ainsi qu’aux financements et revenus y afférents. La
prohibition des intérêts et du financement des activités illicites, fait que seuls les revenus
conformes à la Charia islamique sont reconnus au niveau de l’état de résultat de la banque.
Par ailleurs, les risques spécifiques encourus par la banque islamique impliquant une prise en
compte des provisions et des réserves spécifiques non reconnus par les standards
conventionnels29.

Des organismes internationaux ont abordé ces questions à savoir, le « Accounting and
Auditing Organization of Islamic financial institutions » AAOIFI, le Malaysian Accounting
Standard Board (MASB) et le Indonesian Accounting Institute (IAI). Ces organismes feront
l’objet de présentation, avec détail, au niveau de la sous-section suivante relative aux
spécificités comptables.

28
Conseil des services financiers islamiques : www.ifsb.org.
29
Ridha Meftah « Adéquation de la normalisation comptable et prudentielle pour les banques islamiques en
Tunisie », Mémoire d’expertise comptable, Université de Manouba, ISCAE Tunis 2011, page 67

40
2.1.3 Particularités juridiques des statuts :

Les statuts des banques islamiques doivent tenir compte de certains éléments qui sont30 :

• L'expression explicite que toutes les activités de la banque doivent être en conformité avec les
dispositions de la Charia ce qui implique, entre autres, l'abolition des intérêts assignés aux
transactions et aux opérations financières.
• Le nom de la banque qui doit refléter la nature des activités bancaires islamiques.
• Les éventuelles divergences avec la loi devant régir les banques islamiques telle que la
stipulation du paiement obligatoire de la Zakat par la banque.

2.1.4 Particularités juridiques liées aux contrats :

La spécificité de fonctionnement des banques islamiques requiert la conception des contrats,


qui doivent concorder avec les principes de la Charia. Ainsi, la validité des contrats
conditionne ce qui suit31 :

Objet du contrat : L’objet du contrat doit satisfaire les conditions suivantes :

• Il doit être licite vis-à-vis la Charia,


• Il doit porter sur des biens susceptibles d’être livrés. Ainsi, les poissons dans l’eau, les
oiseaux dans l’air sont exclus.
• Il doit porter sur des biens qui existent au moment de la conclusion du contrat. De ce
fait, sont exclus une récolte non encore sortie de terre, un produit à naitre d’un animal.
• Il doit être connu par les deux parties,
• Les objets livrés doivent être conformes à ceux indiqués dans le contrat.

La vente de bien d’autrui : la vente d’un bien d’autrui ou d’un bien appartenant à la
communauté est suspendue jusqu’à ratification par l’ayant droit ou par le maitre.

Rééchelonnement : En cas de non-paiement à l’échéance, il existe une possibilité de


rééchelonnement à condition que le montant du financement ne change pas.

30
Attiyat Yézen, « La conversion des banques conventionnelles en banques exerçant en conformité avec les
dispositions de la Charia», thèse de doctorat Jordanie, 2007
31
Mr Dia Eddine Fki, « Audit d’une banque islamique : émergence de nouvelles zones de risque et contrôles
spécifiques étendus », mémoire d’expertise comptable, Université de Manouba, ISCAE Tunis, 2012, page 69.

41
Intérêts de retard : La banque ne peut pas inclure dans le contrat une clause prévoyant
l’application des intérêts de retard en cas de paiement hors délai. Toutefois, certaines banques
prévoient des pénalités pour paiement tardif pour que le client ne soit pas négligent. Ces
pénalités dues à l’écoulement du temps, donc interdites, sont versés à des œuvres de charité.

2.2 Cadre juridique des banques islamiques en Tunisie :

En Tunisie, nous avons remarqué la naissance de certains textes d’ordre juridique qui
concernent l’activité bancaire islamique confirmant ainsi la volonté d’instaurer un cadre
juridique spécifique à la finance islamique d’une façon générale et aux banques islamiques
d’une façon particulière.

2.2.1 Loi bancaire régissant les banques islamiques :

En 2016, la loi n° 48-2016 du 11 Juillet 2016 portant réglementation des Banques et


institutions financières, a prévu un cadre légal pour l’activité bancaire islamique. Cette loi a
prévu, notamment ce qui suit :

- Elle a délimité le cadre législatif de l’activité de banque islamique en Tunisie, définie


comme une finance non basée sur les taux d’intérêt32,

- Elle a défini et précisé le statut des contrats de Murabahah, Ijarah, Istisnaa, et Salam33,

- Elle a défini les dépôts d’investissements basés sur un contrat de Mudarabah ou de


Wakala34,

- Elle a confié à la banque centrale de Tunisie la mission de veiller à la conformité des


opérations se réclamant de la finance islamique aux normes et standards édités par les
principaux organismes internationaux spécialisés35, essentiellement l’AAOIFI, le CIBAFI36,

- Elle a accordé à toutes les banques, la possibilité de distribuer des produits islamiques après
présentation d’une demande et obtention de l’autorisation de la BCT conformément aux
dispositions de l’article 22 de la nouvelle loi.

32
Article 11 de la loi
33
Article 12, 13, 14 et 15 de la loi.
34
Article 16 de la loi
35
Article 11 de la loi
36
General Council for Islamic Banks and Financial Institutions

42
2.2.2 Dispositions fiscales relatives aux banques islamiques :

En 2012, le gouvernement tunisien a proclamé certains changements réglementaires relatifs à


l’instauration d’un régime fiscal spécifique au financement islamique :

« La retenue à la source ne s’applique pas aux montants payés au titre des contrats de
leasing, des contrats Ijarah, des contrats de cession Murabahah, des contrats d’Istisnaa et
des contrats de cession Salam conclus par les établissements de crédit »37.

Les services de l’Etat, des collectivités locales, des entreprises et établissements publics sont
exemptes d’effectuer une retenue à la source au taux de 25% sur le montant de la taxe de la
valeur ajoutée applicable aux montants égaux ou supérieurs à 1000 dinars TTC, payés au titre
des contrats de leasing et des contrats d’ijarah, de vente Murabahah, d’Istisnaa et de vente
Salam conclus par les établissements de crédit et par les institutions de micro finances38.

En outre, la loi de finance pour la gestion 2014 a institué un régime fiscal spécifique à
l’opération Murabahah, aux Sukuks islamiques et aux fonds communs de Sukuks:

« Sont considérés comme des revenus de capitaux mobiliers, les bénéfices nets des sukuks et
leurs revenus ainsi que les produits de liquidation du fonds commun des sukuks prévu par la
législation les régissant »39

« La retenue à la source ne s’applique pas aux montants payés par les établissements de
crédit au titre des acquisitions effectuées dans le cadre des contrats de vente Murabahah, et
ce lorsque les bénéficiaires des dits contrats ne sont pas tenus d’effectuer la retenue à la
source ainsi qu’au titre des acquisitions réalisées dans le cadre du mécanisme des sukuk
prévus par la législation en vigueur »40

En matière de droit d’enregistrement, les différents types de contrats dont l’objet est en
rapport avec les produits financiers islamiques, font partie de la réglementation en vigueur.
Nous citons ainsi ce qui suit :

« Doivent être enregistrés dans un délai de soixante jours à compter de leur date :

37
Code de l’IRPP et de l’IS Article 52, paragraphe g. Article 36-4 de la loi de finances n° 2011-7 du 31/12/2011
38
Code de la TVA, Article 19 bis, Ajouté article 37 de la loi de finance n°7 de l’année 2011 au 31 décembre
2011
39
Code de l’IRPP et de l’IS, Article 34, paragraphe 7, Ajouté art 28 LF N° 2013-54 du 30/12/2013.
40
Code de l’IRPP et de l’IS, Article 52, paragraphe g, Ajouté, Art 81-2 de la loi de finances n° 2013-54 du
30/12/2013.

43
- (…) Les actes sous seing privé portant transmission de propriété, de nue-propriété ou
d'usufruit d'immeubles, de fonds de commerce ou droit à la clientèle ou portant vente de
murabahah relative aux mêmes biens ou cession de droit à un bail ou au bénéfice d'une
promesse de bail portant sur tout ou partie d'un immeuble41.

- Les contrats sous seing privés portant opérations d’Istisnaa relatives à des immeubles42.

- (…) Les actes sous seing privé portant prêts, crédits-bail ou ouvertures de crédit ou
d’ijâra43 »

2.2.3 Textes juridiques Tunisiens relatifs aux produits islamiques :

Certains produits islamiques ont été traités par des textes juridiques. Nous avons récapitulé
ceci comme suit :

- Al Murabahah : Ce produit a été stipulé dans la loi n° 98-39 du 2 juin 1998 relative aux
ventes avec facilités de paiement. Cette loi est compatible avec les règles de la Charia
puisqu’elle a donné des définitions très vastes des parties intervenantes dans une opération de
vente avec facilité et a donné aussi une grande marge de manœuvre aux intervenants par
exemple la loi prévoit que le commerçant peut demander des pénalités de retard qui ne sont
pas envisageables par l’Islam. Avec cette flexibilité, nous pouvons considérer cette loi comme
étant un cadre parfait de ce produit financier islamique.

- Al Mudarabah : le code des obligations et des contrats a consacré tout un titre (30 articles)
pour ce produit de l’article 1195 jusqu’à l’article 1225. Le Mudarabah a été bien définit dans
l’article 1195.

- Al Mousharakah : a été traité de 1249 à l’article 1451 du COC. La législation a fournit dans
ces présents articles un cadre excellent et parfait pour ce produit car notre législation s’adresse
même à des formes spécifiques de contrat Musharakah tel que la société à métayage qui est
connue dans la littérature financière islamique par le contrat Mouzaraah.

41
Code des droits d’enregistrement et de timbres, article 3, paragraphe 3.
42
Code des droits d’enregistrement et de timbres, article 3, paragraphe 3 bis.
43
Code des droits d’enregistrement et de timbres, article 3, paragraphe 12.

44
2.2.4 Formation :

D'un autre côté, beaucoup d’universités en Tunisie sont en train d’aider au soutien de
l’expansion de l’éducation et de la sensibilisation par des programmes de maîtrise en finance
islamique. Al-Baraka Bank soutient actuellement trois universités pour l’organisation d’un tel
programme, alors que l'objectif déclaré de la Banque Zitouna est d'accorder un intérêt
particulier au processus d’éducation par le biais de divers canaux tels que les médias
conventionnels, et les médias numériques.

Les représentants du système bancaire islamique estiment qu'ils seraient sollicités aussi bien
de la part des particuliers que des entreprises, en attendant que de nouvelles lois soient
promulguées et que le niveau de connaissance et de sensibilisation à la finance islamique
évolue. La Banque Zitouna a, en outre, manifesté son intérêt pour une expansion à l’étranger
et particulièrement en Europe où réside une importante communauté musulmane et a exprimé
l’intention d’inaugurer un établissement pour les fonds de placement permettant aux
différentes catégories de détenteurs de fonds d’investir et ce en collaboration avec plusieurs
institutions44.

Sous-section 3 : Spécificités comptables :

On a remarqué l’absence d’une référence, dans les normes comptables internationales IFRS,
pour la traduction comptable de certaines transactions des produits financiers islamiques qui
se distinguent, au niveau de leur structuration et au niveau de leurs objectifs, des produits
financiers classiques.

Les spécificités de ces produits offerts par les banques et les institutions financières
islamiques ont nécessité la conception des normes comptables qui leur sont spécifiques, et ont
amené le monde des spécialistes de la finance islamique à fournir de l’effort pour
l’élaboration d’un référentiel comptable adapté. Le résultat de ces efforts a mené à la création
de l’Accounting and Auditing Organisation for Islamic Financial Institutions (AAOIFI).

D’autres organismes de normalisation comptables des institutions financières islamiques sont


apparus dans le monde et qui sont principalement la Malaysian Accounting Standard Board
(MASB) et l’Indonesian Accounting Institute (IAI).

44
Ibrahim Boukhari « La conversion d'une banque conventionnelle en une banque islamique : Rôle d'accompagnement de
l'Expert-Comptable » mémoire d’expertise comptable, Université de Manouba, ISCAE Tunis, 2015.

45
Dans cette sous-section on essaiera de présenter brièvement les principaux normalisateurs
comptables internationales, de présenter les spécificités relatives aux principes comptables
fondamentaux retenus par l’AAOIFI, les spécificités relatives aux traitements comptables des
produits bancaires islamiques, ainsi que les spécificités de présentation.

3.1 Les principaux normalisateurs comptables islamiques internationales :

Les principaux normalisateurs internationaux de comptabilité islamique sont trois


normalisateurs ; AAOIFI, MASB, IAI.

 l’Accounting and Auditing Organisation for Islamic Financial Institutions (AAOIFI):

L’Audit and Accounting Organisation for Islamic Financial and Institutions est une
organisation à but non lucratif, fondée au Bahrein ayant pour mission l’élaboration des
normes comptables, d’audit, de gouvernance et d’éthique pour les IFI.

L’objectif de l’AAOIFI par la mise en place des normes comptables qui sont applicables à
l’activité financière islamique est la standardisation des pratiques comptables des institutions
financières islamiques afin de rendre ces institutions plus comparables et plus transparentes.

Les normes comptables publiées par l’AAOIFI sont appelées « Financial Accounting
Standards for Islamic Financial Institutions » FAS. Le nombre des FAS publiés,
actuellement, est de 26 normes45.

 Malaysian Accounting Standard Board (MASB):

Le Conseil Malaisien de la Normalisation Comptable ou la Malaysian Accounting Standard


Board une organisation indépendante chargée du développement et de la publication des
normes comptables et de reporting financier en Malaisie. Elle s’est concentrée dans
l’élaboration des normes spécifiques aux produits financiers islamiques depuis l’année 1997.

Elle a publié, jusqu'à présent, 4 publications techniques46 spécifiques aux IFI en complément
aux normes IFRS pour faciliter l’application des normes IFRS pour les opérations financières
islamiques.

45
Source : Salima Bennani & Azzouz Elhamma : La comptabilité en Finance Islamique selon les normes
AAOIFI, éditions universitaires européennes, 2015.
46
Les 4 publications sont les suivantes : Comptablisation de la Zakat, Ijarah, Présentation des états financiers
des institutions financières islamiques, contrats de vente conformes à la Charia.

46
 Indonesian Accounting Institute (IAI) :

L’institut Indonésien de la comptabilité ou l’Indonesian Accounting Institute, créait un conseil


de normalisation comptable selon la Charia, au niveau de sa structure organisationnelle. La
mission de cette structure est la formulation des normes comptables conformément aux
prescriptions de la Charia.

Il a publié 9 normes ; une norme relative à la présentation et la préparation des états financiers
conformément à la Charia et 8 normes relatives aux différents produits financiers islamiques.

3.2 Les principes comptables spécifiques à l’activité bancaire islamique retenus par
l’AAOIFI :

Les principes comptables englobent les hypothèses sous jacentes et les conventions
comptables.

Quant aux hypothèses sous jacentes, l’AAOIFI a maintenus les deux hypothèses comptables
prévues par le cadre conceptuel de l’IASB (International Accounting standards Board) à
savoir l’hypothèse de la continuité d’exploitation et l’hypothèse de la comptabilité
d’engagements.

Quant aux conventions comptables, l’AAOIFI en a retenu la plupart d’entre eux et ne qui sont
pas en contradiction avec les dispositions de la Charia, à savoir :

- la convention de l’entité,

-La convention de l’unité monétaire,

-La convention de la périodicité,

- La convention du coût historique,

- La convention de réalisation des revenus,

- La convention de rattachement des charges aux produits,

- La convention d’objectivité,

- La convention de la permanence des méthodes,

47
- La convention de l’information complète et

- La convention de l’importance relative.

Cependant, d’autres conventions ont été rejetées par l’AAOIFI pour la raison qu’elles peuvent
donner lieu à des circonstances non conformes à la Charia. Nous parlons de principe de la
prééminence du fonds sur la forme et du principe de prudence.

 Principe de prééminence du fonds sur la forme :

Les normes comptables conventionnelles IAS/IFRS exigent que l'information comptable soit
présentée en fonction de sa substance et sa réalité économique et non pas sur la base de sa
forme légale. Ce concept est reconnu sous le principe de la « Prééminence de la Substance sur
la Forme » et n’est pas admis par le référentiel AAOIFI qui rejette ce principe comptable et
énonce que ce principe est à l'encontre de la Charia.

Le fondement de ce rejet provient du fait que la Charia donne beaucoup d'importance aux
accords contractuels qui déterminent clairement les droits et les obligations des parties
contractantes47.

 Principe de prudence :

Ce principe signifie que la situation financière de l’entité ne peut pas être présentée d’une
manière plus favorable qu’elle ne l’est en réalité. De plus les évènements favorables ne sont
généralement pris en compte que lorsqu’ils ont lieu effectivement, et ce contrairement aux
évènements défavorables qui doivent être pris en charges dès que leurs degrés de réalisation
est probable.

Le recours au principe de prudence se trouve nécessaire dans plusieurs situations telles que
l’estimation des montants des créances douteuses.

Le reporting financier islamique est assimilé à un reporting juste et exact qui reflète
réellement la position financière de l’entité. Pour cette raison, le principe de prudence s’inscrit
en opposition aux dispositions de la Charia.

47
Ridha Meftah : « adéquation de la normalisation comptable et prudentielle pour les banques islamiques en
Tunisie », mémoire d’expertise comptable, Université de Manouba, ISCAE Tunis, 2011.

48
3.3 Méthodes d’évaluation :

La norme comptable islamique n°1 (FAS1) de l’AAOIFI « Les obligations de présentation et


d’information des états financiers des IFI » retient, pour la valorisation des actifs et passifs
des IFI, la méthode du coût historique, celle de la juste valeur et la valeur probable de
réalisation.

Toutefois et contrairement aux normes comptables tunisiennes NCT, la méthode basée sur la
capacité à générer des cash flows futurs n’est pas admise par la jurisprudence islamique. Ceci
est impliqué par la non reconnaissance de la valeur temporelle de l’argent par cette
jurisprudence. Pour cela, l’AAOIFI a suggéré la méthode des flux actualisés qui consiste à
évaluer l’actif au prix du marché s’il était vendu au comptant.

3.4 Traitements comptables spécifiques aux produits financiers islamiques :

Nous allons nous focaliser sur les principaux produits à savoir ; le Murabahah, Ijarah,
Mudarabah, Al Musharakah.

 Al Murabahah :

Cette opération est traitée par la norme comptable islamique FAS 2 « Murabahah et
Murabahah pour le compte du donneur d'ordre » qui la définit « comme une opération de
vente de marchandises à son coût plus une marge bénéficiaire convenue ».

Les principales dispositions de cette norme se détaillent comme suit :

- Les actifs acquis dans le but de les vendre sur la base d’un contrat Murabahah, doivent être
comptabilisés, à la date d’acquisition, au coût historique.

- A l’arrêté comptable, deux méthodes d’évaluation doivent être appliquées selon le type de
promesses qui peut exister entre la banque islamique et le client. Si la promesse est
contraignante c'est-à-dire le client est obligé d’exécuter la promesse, l’actif continue à être
évalué au coût historique. Dans le cas contraire, si la promesse est non contraignante, l’actif
doit être évalué à sa valeur de marché, et la différence entre le coût historique et la valeur de
marché est comptabilisée dans le résultat.

49
- Les réductions potentielles à obtenir après l’acquisition de l’actif telles que la remise ou la
ristourne donnent lieu à un réajustement du coût d’acquisition, et ne doivent pas être
considérées comme des revenus.

- La créance est comptabilisée à la valeur nominale, à la date de leur réalisation. A la fin de


l’exercice, elle est comptabilisée à la valeur de trésorerie à recevoir du client diminuée des
provisions pour créances douteuses.

- Les produits sont comptabilisés proportionnellement sur la durée prévue dans l’échéancier.
Toutefois, et sur décision du comité de supervision de la Charia, les produits de Murabahah
peuvent être constatés au fur à mesure de l’encaissement des échéances. Par ailleurs, la
banque peut réduire le montant de la créance et ainsi le montant des produits, et ce dans le cas
d’un règlement anticipé par le client.

- Dans le cas où le client donne une caution (‫)ھامش الجدية‬, cette dernière est constatée parmi les
passifs de la banque. Le montant payé est retourné au client si le contrat Murabahah est
assorti d’une promesse non contraignante . Cependant, le montant de la perte réelle subie
par la banque à cause d’une rétraction du client à l’achat du bien, peut être déduit du montant
de la caution, et ce dans le cas de l’existence d’une promesse contraignante.

 Al Ijarah :

Cette opération est traitée par la norme comptable islamique FAS 8 « Ijarah et Ijarah
acquisitive ». Elle a défini l’Ijarah comme un contrat de location simple sans option d’achat.
Et définit l’Ijarah acquisitive comme un contrat de location avec option d’achat (Le transfert
peut intervenir par don, par transfert de propriété avec contrepartie symbolique ou contre une
somme spécifiée dans le contrat, par transfert de propriété avec un prix équivalent aux
versements restants à recevoir ou par transfert progressif de la propriété de l’actif loué).

Les principales spécificités comptables relatives à ce contrat sont :

- L’actif acquis est comptabilisé dans une rubrique intitulée « Actifs destinés à l’Ijarah » au
coût historique,

- Les coûts engagés et servant à la conclusion du contrat Ijarah sont constatés parmi les
charges de l’exercice sauf si ces coûts sont significatifs, dans tel cas, ils sont répartis
proportionnellement sur la période du contrat,

50
- A la fin de l’exercice, l’amortissement des actifs en question est constaté dans les charges de
la banque, à l’instar des actifs similaires qu’elle détient,

- Les dépréciations de l’actif loué doivent être constatées au niveau des comptes du bailleur.

- Les produits de location sont constatés dans un compte « Revenus Ijarah » déduction faite
des coûts de conclusion du contrat, étalé sur la période du contrat.

 Al Mudarabah :

Le traitement comptable relatif au capital Mudarabah investi par la banque islamique est
prévu par la norme FAS 3. L’opération Mudarabah est un partenariat qui met en relation une
ou plusieurs parties fournissant le capital et une autre partie qui fournit l’expertise ou le
savoir-faire.

Les principales dispositions de la norme FAS 3 se détaillent comme suit :

- L’opération Mudarabah doit être constatée par la banque islamique à la date de la mise à
disposition des fonds par le déposant (Rab al mal), de même ou les versements sont effectués
par tranches, la comptabilisation se fait dans la limite des tranches versés.

- Si le capital Mudarabah est libéré en nature, il doit être évalué à la juste valeur de l’actif
apporté,

- A l’arrêté comptable, le capital doit être évalué. En cas de dépréciation, la banque en tant
qu’entrepreneur (Mudarib), ne constate aucune perte tant qu’elle n’est pas responsable de
cette perte. Toutefois, si cette perte est réalisée avant le démarrage du projet, elle doit être
déduite du capital Mudarabah et constatée dans le résultat de la banque.

- Pour un contrat Mudarabah qui s’étale sur plus d’un exercice, la part de la banque des
profits générés et distribués ainsi que la créance à verser aux titulaires des comptes doit être
comptabilisée pour chaque période séparément. En cas de perte, la part des pertes générées est
à déduire du capital Mudarabah.

 Musharakah :

- Si le financement du projet est effectué en numéraire, la part à comptabiliser dans un compte


« Financement Musharakah » correspond au montant investi par la banque islamique en

51
faveur du projet. Si, par contre, l'apport de la banque est effectué en nature, sa part doit être
évaluée à la juste valeur convenue entre les parties au contrat.

- A l’arrêté comptable, la part de la banque islamique dans le capital doit être évaluée au coût
historique si la Musharakah est de type "Musharakah à durée illimitée". Et si la Musharakah
est de type "Musharakah dégressive", la part de la banque est évaluée au coût historique
diminué du coût des participations cédées au partenaire. La différence entre le coût et la juste
valeur des participations cédées au partenaire doit être constatée dans le compte de résultat
(Profit ou perte).

- La part de la banque dans les profits réalisés par les contrats Musharakah qui portent sur
plusieurs exercices, doit être comptabilisée dès son encaissement au cours de la période en
cours. En cas de perte, la part de la banque doit être constatée et déduite du part dans la
Musharakah.

3.5 Les états financiers des banques islamiques :

A côté des composantes prévues par les référentiels comptables conventionnels qui sont le
bilan, l’état de résultat, l’état des flux de trésorerie et le tableau de variation des capitaux
propres, les états financiers des banques islamiques doivent inclure d’autres composantes
spécifiques pour répondre aux besoins de publication liées aux autres fonctions devant être
assurées par la banque islamique.

La présentation des états financiers des banques islamiques comporte aussi certaines
spécificités par rapport aux états financiers des banques conventionnelles.

 Les composantes des états financiers spécifiques aux banques islamiques :

Etant donné que la banque assure un rôle de gestion des comptes d’investissement participatif
restreint, l’AAOIFI a prévu un état financier intitulé « Le tableau de variations des
investissements restreints ».

Assurant un rôle social, la banque publie les états financiers suivants :

• Etat des ressources et des emplois des fonds de la Zakat et des fonds de la Charité.
• Etat sur les ressources et les emplois des fonds destinés aux prêts gratuits (Qardh Hassan)

52
 Principales spécificités de présentations des états financiers :

Les principales divergences de présentation des états financiers prévues par l’AAOIFI par
rapport aux référentiels comptables conventionnels dont le la norme NCT 21, concernent les
comptes d’investissements participatifs non restreints et les comptes d’investissements
participatifs restreints.

L’AAOIFI exige que fonds relatifs aux comptes d’investissements participatifs non-restreint
soient présentés au niveau du bilan dans un compte séparé entre les fonds propres et les
dettes. Le fondement de cette présentation c’est que ces fonds ne donnent pas à leurs titulaires
une part dans le capital de la banque ni un droit de vote, par conséquent ne peuvent pas être
traités comme des fonds propres. De même, ils ne peuvent pas être traités comme des dettes
(Passif) car il n’y a aucune assurance de leur remboursement par la banque.

Quant aux fonds relatifs aux comptes d’investissements participatifs restreints, ils sont inscrits
en hors bilan.

53
CHAPITRE 2 : Notion de la Zakat et son aspect comptable :

Ce chapitre et divisé en deux sections ; la première sera consacrée pour la définition de la


Zakat, la présentation de son fondement et la mise en exergue de son importance et sa relation
avec l’impôt, alors que la deuxième traitera les aspects jurisprudentiels de la Zakat.

Section 1 : Définition, fondement et importance de la Zakat et sa relation avec


l’impôt :

La définition de la Zakat, la présentation de son fondement et la mise en exergue de son


importance seront l’objet de la première sous-section, et nous procédons à la présentation des
points de convergences et des points de divergence entre l’impôt et la Zakat.

Sous-section 1 : Définition, fondement et importance dans l’économie

Cette sous-section est répartit en 3 paragraphes ; un pour la définition de la notion de la Zakat,


un deuxième pour son fondement et un troisième pour la mise en exergue de son importance
dans l’économie.

1.1 Définition

En arabe, le terme de Zakat signifie : pureté, accroissement et droiture48. En effet, cela est
prévu au Coran par le verset suivant :

« Prélève de leurs biens une Sadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis, et prie pour eux.
Ta prière est une quiétude pour eux ». Sourat Attawba, 103.

Elle peut être donc, définit comme un devoir religieux pour les musulmans avec la
satisfaction de certaines conditions prévues par la Charia.

La Zakât est un mécanisme de distribution des revenus entre deux communautés qui
cohabitent entre elles. Le critère de proximité dans le choix de la population récipiendaire est
fortement recommandé. Il y a, d’une part, ceux qui sont bénéficiaires de
la Zakat majoritairement composée de la communauté des pauvres et des indigents et, d’autre
part, tout le reste de la communauté qui est déterminé par le critère de la possession de biens
marchands ou de la possession d’un quota monétaire qui excèdent leurs besoins usuels.49

48
Razi, Muhammad, (2004) "Mukhtar al-Sihah (Dictionnaire Arabe-Arabe)", Dar al-Kitab al-Arabi, Beirut,
p.119. Disponible aussi sur: http://www.almaany.com/fr/dict/ar-fr/
49
Abderrahmene Lahlou, la ZAKAT joue un rôle dans le développement économique et social.
www.Saphirnews.com

54
Sur le plan économique, la Zakat est définit comme un prélèvement sur toutes les richesses
productives destiné particulièrement aux pauvres et aux nécessiteux50. Elle est en réalité un
droit des pauvres et des nécessiteux.

On constate que la Zakat a un objectif social et un rôle économique. Le premier se manifeste


par la redistribution de la richesse entre les différentes catégories musulmanes, et le deuxième
se manifeste par la promotion de la création de richesses par la consommation.

Le rôle économique de la Zakat fera l’objet d’une démonstration au niveau du 3ème


paragraphe de cette sous-section.

1.2 Sources jurisprudentielles

Etant donné que notre sujet porte sur la Zakat, nous jugeons utile de présenter les fondements
de la Zakat et d’exposer l’évolution de son historique.

 Fondements de la Zakat :

La Zakat est le troisième pilier de l’Islam, et elle est donc l’une de ses obligations. Ceci
trouve son fondement dans le Coran, la Sunna et l’Ijmaâ (le consensus).

Dans le Coran, nombreux et diversifiés sont les versets qui parlent de la Zakat, nous citons à
ce titre les versets suivants :

« Et accomplissez la Salâ, et acquittez la Zakâ, et inclinez-vous avec ceux qui s'inclinent » La


vache 43.

(43 : ‫” َوأَقِي ُموا الص َﱠالةَ َوآَتُوا ال ﱠز َكاةَ َوارْ َكعُوا َم َع الرﱠا ِك ِعينَ “ )البقرة‬:‫قال تعالى‬

« Et accomplissez la Salâ et acquittez la Zakâ. Et tout ce que vous avancez de bien pour vous-
mêmes, vous le retrouverez auprès d'Allah, car Allah voit parfaitement ce que vous faites » La
vache, 110.

ِ َ‫ﷲَ بِ َما تَ ْع َملُونَ ب‬


“ ‫صي ٌر‬ ‫ ” َوأَقِي ُموا الص َﱠالةَ َوآَتُوا ال ﱠز َكاةَ َو َما تُقَ ﱢد ُموا ِألَ ْنفُ ِس ُك ْم ِم ْن َخي ٍْر تَ ِجدُوهُ ِع ْن َد ﱠ‬: :‫قال تعالى‬
‫ﷲِ إِ ﱠن ﱠ‬

(110 :‫)البقرة‬

50
El Kettani, 1997, p.190.

55
« Accomplissez la Salâ, acquittez la Zakâ et obéissez au messager, afin que vous ayez la
miséricorde » Annour, 56.

(56 :‫” َوأَقِي ُموا الص َﱠالةَ َوآَتُوا ال ﱠز َكاةَ َوأَ ِطيعُوا ال ﱠرسُو َل لَ َعلﱠ ُك ْم تُرْ َح ُمونَ “ )النور‬:‫قال تعالى‬

La Sunna a aussi montré que la Zakat est aussi l’un des piliers de l’Islam et qui est une des
obligations de l’Islam.

Dans le Hadith connu d'Ibn Omar, que Dieu leur accorde la satisfaction (DAS), le Prophète,
bénédiction et salut de Dieu sur lui (BSDL) a dit : « L'Islam est fondé sur cinq: la Chahada
(l'attestation qu'il n'y a de Dieu que Dieu et que Mohamed est son Prophète), l'institution de
la prière, le don de la Zakat, le pèlerinage à la Mecque et le jeûne du mois de Ramadhan »51.

‫عن ابن عمر رضي ﷲ عنه قال سمعت رسول ﷲ صلى ﷲ عليه وسلم يقول )بني اإلسالم على خمس شھادة أن ال إله إال‬
52
(‫ﷲ وأن محمدا رسول ﷲ وإقام الصالة وإيتاء الزكاة وحج البيت وصوم رمضان‬

En outre, Ibn Abbas raconte que le Prophète (BSDL) a envoyé Mouâd au Yémen et lui a dit:

« Tu les inviteras à reconnaître qu'il n'y a de Dieu qu'Allah et que Mohamed est son
Prophète, s'ils acceptent, tu les informeras qu'Allah a institué cinq prières dans la journée,
s'ils acceptent, tu les informeras qu'Allah leur a imposé une charité prise dans les biens de
leurs riches pour être restituée à leurs pauvres »

‫ فإذا ﺟئتھم فادعھم إلى أن يشھدوا أن‬، ‫ )إنك ستأتي قوماً من أھل الكتاب‬:‫قال رسول ﷲ صلى ﷲ عليه وسلم لمعاذ بن ﺟبل‬
‫ فأخبرھم أن ﷲ قد فرض عليھم خمس صلوات في كل يوم‬، ‫ فإن ھم أطاعوا لك بذلك‬، ‫ال إله إال ﷲ وأن محمدا رسول ﷲ‬
‫ فإن ھم‬، ‫ فترد على فقرائھم‬، ‫ تؤخذ من أغنيائھم‬، ‫ فأخبرھم أن ﷲ قد فرض عليھم صدقة‬، ‫ فإن ھم أطاعوا لك بذلك‬، ‫وليلة‬
53
(‫ فإنه ليس بينه وبين ﷲ حجاب‬، ‫ واتق دعوة المظلوم‬، ‫ فإياك وكرائم أموالھم‬، ‫أطاعوا لك بذلك‬

Il convient de dire que la Sunna a apporté plusieurs compléments en relation avec la Zakat
tels que le Nissab, l’assiette, la liquidation, le recouvrement etc.

51
Hadith apporté par Al Boukhari et Muslim.
52
Hadith apporté par Al Boukhari et Muslim.
53
Hadith apporté par Al Boukhari et Muslim

56
 Les formes modernes d’investissements de la Zakat :

Traditionnellement, la Zakat est collectée de manière formelle ou de manière informelle. La


manière formelle signifie que la Zakat est recueillie par des établissements officiels reconnus par
l'État. À l'époque du calife Umar ibn al-Khattâb, la Zakat était collectée par le trésor public du
gouvernement islamique (Bayt al-mal) pour être affectée ensuite à plusieurs domaines
(subventions aux pauvres et aux nécessiteux, allocations familiales, etc.).

Actuellement, la Zakat est collectée par des banques publiques sociales ou par des banques
islamiques. Ces dernières ont un service de solidarité sociale dont le rôle est de recueillir la Zakat
et de la redistribuer pour permettre la réalisation de projets de développement tels que la
construction d’hôpitaux, la contribution à l'équipement des universités et des écoles, ou pour offrir
aux pauvres les moyens de faire leur voyage de pèlerinage. Parmi ces banques, on peut citer la
Banque Sociale Nasser en Égypte et la Banque islamique Fayçal. En revanche, la manière
informelle consiste à verser la Zakat à des personnes de confiance chargées de la redistribuer. En
effet, nombreux sont ceux qui doutent de l’efficacité et de l’équité de l’utilisation par le secteur
public de l'argent de la Zakat alors que les personnes de confiance sont plus proches des
nécessiteux et peuvent donc mieux connaître leurs besoins

À cet égard, il existe des formes modernes de gestion de la Zakat qui ne font pas partie du secteur
public mais qui ont les qualités techniques et administratives nécessaires pour bien investir et faire
fructifier la Zakat. Plusieurs pays à majorité musulmane (Émirats arabes unis, Qatar, Arabie
Saoudite, Algérie, Jordanie, etc.) ont instauré des fonds de Zakat. Ce sont des institutions
religieuses et sociales qui œuvrent sous la tutelle du gouvernement pour lui garantir leur
couverture juridique. Leur objectif est de recenser les sommes d'argent de la Zakat pour les
dépenser au profit des familles démunies à travers une allocation trimestrielle, semestrielle ou
annuelle. Elles utilisent également ces ressources pour financer les projets d'investissement en
faveur de pauvres et pour acquérir des équipements pour les petites entreprises54.

1.3 Importance dans l’économie :

Outre le rôle social de la Zakat qui se présente par la réduction des inégalités entre les riches
et les pauvres, elle se dote d’un rôle économique que nous essayerons de le démontrer.

Le rôle de la Zakat dans le développement économique peut être abordé comme suit :

54
Zaïd, A., Abdelkhalek, T., Ouelhazi, Z « La charité islamique, un levier innovant » 2013, Page 16
et 17.

57
- La Zakat stimule la circulation de l’argent et combatte la thésaurisation en réinjectant un
surplus social dans la vie économique. En effet, la catégorie qui dispose d’un surplus est face
à deux alternatives : consommer le surplus qui lui évite de payer la Zakat et dans ce cas, la
demande et l’investissement accroissent, ou bien accepter de payer ce surplus et donc
permettre à l’autre catégorie à faible revenu de dépenser pour consommer.

- La redistribution des revenus issus de la Zakat va accroître le niveau de consommation chez


les personnes à faible revenus ce qui augmentera la demande des biens et services de première
nécessité, et par conséquent, l’incitation des entreprises à la production de masse qui
augmentera à son tour, la demande d’emplois. Le docteur Abdeljabar Bessais a essayé de
justifier ce rôle de la Zakat comme suit : « Comme elle est un élément de la demande globale,
les investisseurs se rendent compte assez rapidement de l’opportunité qui s’offre à eux pour
se mettre à produire des biens au profit de cette catégorie dont le revenu vient à être
augmenté »55. Impulser l’investissement mène donc à l’augmentation du revenu national et
donc la réalisation d’une croissance économique.

- Les bénéficiaires des revenus de la Zakat peuvent utiliser ces ressources pour créer des
projets commerciaux qui sont susceptibles d’améliorer leur niveau de vie et pourront par la
suit même devenir contributeurs à la Zakat. « De nouveau la production et l’emploi se
renforcent et des revenus nouveaux sont distribués à l’occasion de la production et en
conséquence l’assiette de la Zakat s’élargira »56. Ces facteurs mènent à l’augmentation du
revenu moyen par habitant et donc au développement économique.

- L’existence et le développement d’organismes officiels de collecte de la Zakat crée des


postes de travail au sein d’eux et participe ainsi à diminuer le taux de chômage.

- La Zakat s’occupe des problèmes de la santé en affectant un montant pour fournir des
médicaments et garantir les soins nécessaires ce qui rend plus dynamique la
commercialisation des produits médicaux.

- La Zakat peut financer l’établissement d’écoles, de centre de recherche et les bibliothèques


fixes et mobiles, et le financement de bourses d’études supérieurs57.

55
Dr Abdeljabar Bessais, Impact de la ZAKAT sur l’économie.
56
Dr Abdeljabar Bessais, Impact de la ZAKAT sur l’économie
57
Dr Masdour Fares: les objectifs de la ZAKAT dans la vie économique de l’individu.

58
- La Zakat peut, par l’aide accordé aux endettées, aider les personnes à éviter la faillite. Elle
peut être considérée ainsi une forme d’assurance pour l’investisseur, puisqu’elle lui donne la
sécurité contre les risques d’investissement.

Aux Emirats Arabes Unis, les fonds de la Zakat sont utilisés pour le financement de plusieurs
projets au profit de plusieurs catégories de bénéficiaires de la Zakat.

Tableau 1 : Distribution de la Zakat entre 2009 et 2014 par catégorie aux Emirats Arabes
Unis (Les catégories de bénéficiaires ne sont pas exhaustives) (En Dirhams)

Aides aux étudiants


Projets pour Aides
Année Aides qui fréquentent l'école Aides aux
les financières
/Projet médicales primaire ou étudiants
chômeurs aux endettés
secondaire

2009 613 710 5 997 186 1 180 164

2010 5 896 193 10 067 833 8 011 702 2 039 178

2011 1 612 650 7 831 835 12 329 576 6 146 634 1 901 812

2012 3 894 000 7 044 658 12 851 324 7 746 748 2 586 534

2013 4 846 000 4 872 423 12 992 865 6 775 566 2 429 614

2014 7 695 132 7 902 409 15 547 981 4 694 314 3 030 456

Source : Site officiel des fonds de la Zakat aux Emirats arabes unis (En arabe)

À l'échelle mondiale, la fondation américaine « Zakat Foundation of America » (ZF) a pour


mission de collecter la Zakat et les sadaqats des musulmans aux États-Unis pour les affecter
aux aides d'urgence dans les pays pauvres. En premier lieu, elle envoie une équipe de
spécialistes faire le bilan des besoins de la population. Elle envoie ensuite des secours
d'urgence aux victimes ; par exemple, lors du séisme en Haïti, la ZF a envoyé des colis d'aide
contenant des trousses d'hygiène et des abris provisoires aux sinistrés. En Mozambique, la ZF
a récolté des dons pour financer un programme d'alimentation en fournissant des aides
techniques pour améliorer la production agricole. Le montant de la Zakat collecté par ZF a
progressivement augmenté, passant de 3 millions de dollars en 2011 à 7 millions de dollars en

59
2012 et à 9 millions de dollars en 2013. La fondation affecte 91% de cette somme aux
programmes d'aide d'urgence et le reste est alloué aux dépenses administratives58.

Sous-section 2 : Zakat et Impôt : Divergences et convergences :

Etant l’objet du présent mémoire et comme elle est considérée comme un impôt tant qu’elle
est une redistribution d’une partie de la richesse des riches vers d’autres catégories, nous
avons jugé important de consacrer une sous-section pour une comparaison entre la Zakat et
l’impôt.

L’impôt est un instrument procurant aux pouvoirs publics, les moyens financiers nécessaires
pour mener à bien leur politique. Il est ainsi un instrument de redistribution des revenus de la
part des citoyens vers les pouvoirs publics59.

Il y a deux types d’impôt ; direct et indirect. L’impôt direct est l’impôt qui est supporté
directement et en dernier lieu par le contribuable identifié par l’administration et c’est le cas
de l’impôt sur les revenus et l’impôt sur les sociétés. Par contre, l’impôt indirect est l’impôt
qui peut être répercuté par le contribuable sur d’autres personnes, et c’est le cas de la TVA ;
l’entreprise est le redevable légal devant le trésor public alors que le redevable réel est le
consommateur.

Et c’est l’impôt direct institué par l’article 3 du code d’impôt sur les revenus des personnes
physiques et d’impôt sur les sociétés qui nous intéresse pour faire la comparaison avec la
Zakat.

L’impôt jouit de plusieurs rôles. Nous allons présenter brièvement certains de ces rôles. Son
principal rôle est de couvrir les charges de l’Etat. Les services de l’Etat ont un impact positif
indirect sur les différents individus (Santé, éducation, affaires sociales etc.).

Il a un rôle social qui est traduit par la redistribution de revenu et plusieurs rôles
économiques. En effet, les investissements de l’Etat (Infrastructure etc.) constituent un terrain
favorable aux investisseurs et donc contribue à la multiplication des investissements.

58
Charity Navigator. “Zakat Foundation of America: current rating.”
http://www.charitynavigator.org/index.cfm?bay=search.summary&orgid=10986#.UvmNfPldXy5.
59
Bernard JURION, quelques réflexions sur l’évolution du rôle économique de l’impôt, 2010, pages 19 et 20.

60
2.1 Points de Convergences :

Les principaux points de convergence que nous allons présenter sont au nombre de 8 qui sont
comme suit :

 Le caractère obligatoire :

La Zakat et l’impôt ont les deux un caractère obligatoire. Alors que le premier
est un devoir religieux (exigé par Allah) prévu par le Coran et la Sunna60, le
deuxième est un devoir imposé par le législateur61.

 Sans contrepartie directe :

Les deux formes d’impôt sont payées sans contrepartie directe. Le contribuable
en payant l’impôt, il ne s’attend pas à une contrepartie autre que le droit de
bénéficier des services rendus par l’Etat, et en payant la Zakat, il s’attend la
satisfaction de Dieu « ‫» مرضاة ﷲ‬.

 Ayant un rôle économique et social :

L’impôt a rôle économique grâce aux infrastructures destinées à faciliter les


activités des sociétés et il a aussi un rôle social en consacrant un budget pour
aider les familles nécessiteuses ou pour aider les handicapés par exemple. De
même pour la Zakat, elle un rôle économique comme on l’a démontré au
niveau de la sous-section précédente, et un rôle social de la part des catégories
pour lesquelles la Zakat est distribuée dont les pauvres et les besogneux (nous
parlerons des différentes catégories dans la troisième section du présent
chapitre).

 Le principe d’annualité :

Les deux formes d’impôt sont exigibles annuellement. La Zakat doit respecter
al Hawl (le passage d’une année lunaire, et l’impôt conventionnel est établi
chaque année sur le montant total des bénéfices ou revenus réalisés ou perçus
pendant l’année précédente62.

60
Nous avons déjà présenté les sources de cette obligation au niveau de la partie fondements de la Zakat.
61
Article 3 du code d’IRPP et d’IS.
62
Article 7 du code de l’IRPP et de l’IS.

61
 L’existence d’un seuil :

Les deux sont exigibles à partir d’un seuil déterminé. La Zakat est exigible à
partir d’un seuil appelé Nissab (nous en parlerons avec détail au niveau de la
sous-section relative aux conditions de la Zakat) et l’impôt est payé à partir
d’un revenu déterminé prévu par le législateur : un revenu annuel de 5 000
dinars pour les personnes physiques (C’est le cas de la Tunisie).

 Prélèvement n’est pas arbitraire :

Les deux impôts sont prélevés en obéissant à des règles fixées par la Charia ou
par l’Etat ; on parle des conditions d’exigibilité, la nature d’activité etc.

 La retenue à la source :

L’impôt sur les revenus et l’impôt sur les sociétés font l’objet d’une retenue à
la source telle que prévu par le code de l’IRPP et de l’IS63. La Zakat peut être
retenue et payée par la société au lieu de ses actionnaires, par le Mudarib au
lieu de Rab Al Mal dans le cas d’une opération de financement de Mudarabah.

 Variation des taux d’imposition :

L’existence de plus qu’un taux frappant les revenus des personnes physiques et
plus qu’un taux applicable pour l’impôt sur les sociétés. Ainsi, l’impôt sur le
revenu est calculé suivant un barème qui varie entre 19,50% à 35%64, la plus-
value réalisée au titre de la vente des valeurs mobilières sont soumises à un
taux de 10%65, la plus-value réalisée dans le cadre des revenus fonciers est
soumise à un taux de 25% et un autre de 50%66. Le taux d’impôt sur les
sociétés est variable selon la nature d’activité ; un taux de 25% est applicable
en principe, toutefois, un taux de 10 est appliqué pour les entreprises exerçant
une activité agricole, un taux de 35% pour les établissements de crédit67.

63
Article 52 du code de l’IRPP et de l’IS.
64
Article 14 de loi N°78-2016 du 17 décembre 2016 portant loi de finance pour l’année 2017.
65
Code de l’IRPP et d’IS, Article 44, paragraphe 3, 3ème tiret
66
Code de l’IRPP et d’IS, Article 44, paragraphe 3, 2ème tiret
67
Code de l’IRPP et d’IS, article 49.

62
Pour la Zakat, on remarque aussi l’existence de plusieurs taux ; un taux de 10%
ou de 5% pour la récolte et un taux de 2,5% pour la monnaie et les biens de
commerce, et ce à titre d’exemple.

2.2 Points de divergences :

Les principaux points de divergence que nous allons présenter sont au nombre de 11 qui sont
comme suit :

 Bénéficiaire :

L’impôt est payé pour le trésor public alors que la Zakat est collectée et
distribuée à l’une des 8 catégories prévues par le Coran.

 Le caractère restituable de l’impôt :

L’impôt est restituable d’après le code de l’IRPP est de l’IS « L’excédent non
imputable est reportable sur les acomptes provisionnels ou sur l’impôt annuel
exigible ultérieurement et il peut faire l’objet d’une restitution »68. Cependant,
la Zakat, une fois payée ne peut pas faire l’objet de restitution.

 Le caractère fixe ou variable des taux d’impôt :

Le taux de la Zakat est figé et n’est pas progressifs en fonction de la


progression de la base imposable. Par contre le taux d’impôt sur le revenu des
personnes physiques est progressif en fonction de la tranche de la base
imposable comme suit :

Tableau 2 : Barème des taux d’IRPP

Taux à la limite de la
Tranches Taux
tranche supérieure
De 0 à 5 000 dinars 0 0%
De 5 000 à 20 000 dinars 26% 19,50%
De 20 000 à 30 000 dinars 28% 22,33%
De 30 000 à 50 000 dinars 32% 26,20%
Au-delà de 50 000 dinars 35% -

68
Code de l’IRPP et de l’IS, Article 54, paragraphe 1.

63
Les taux de la Zakat sont fixes dans le temps et dans l’espace. Ils ne changent
pas quelque soit l’année de son exigibilité et quelque soit le pays où ils se
trouvent les biens soumis.

Cependant, les taux d’impôt changent d’une année à une autre et d’un pays à
un autre.

 Qualité du contribuable :

La Zakat est applicable uniquement aux musulmans alors que l’impôt est
applicable sur les musulmans et les non musulmans.

 Forme de versement :

L’impôt conventionnel est versé uniquement en numéraire tandis que la Zakat


peut être versée en numéraire ou en nature en fonction de la nature du bien
auquel elle s’applique ; la Zakat des biens commerciaux et de la monnaie est
payée en numéraire alors que celle des animaux et des revenus agricoles, elle
est versée en nature.

 Base de calcul :

L’impôt est calculé sur le revenu alors que la Zakat est dû sur la fortune. Les
fonds qui ne sont pas investis ne sont pas soumis à l’impôt mais ils sont soumis
à la Zakat si les conditions d’imposition se trouvent réunies.

Partant de ces règles et en ce qui concerne les sociétés, l’impôt est calculé à
partir de l’état de résultat tant qu’il frappe le revenu alors que la Zakat est
calculée à partir du bilan tant qu’elle est dû sur la fortune.

 La prescription de l’impôt :

La Zakat dû n’est jamais prescrite et elle reste toujours dû. Par contre l’impôt
conventionnel est prescrit dans un délai de 4 ans pour les impôts ayant fait
l’objet de déclaration et dans un délai de 10 ans pour les impôts non déclarés69.

69
Code des droits et procédures fiscaux, articles 19 et 20.

64
 L’existence d’incitations fiscales :

La Zakat est appliquée aux fonds eux-mêmes quel qu’en soit le propriétaire.
Elle est exigible sur l’ensemble des biens sans exception, si les conditions de
son exigibilité sont réunies

Toutefois, l’impôt accorde des exonérations et des incitatifs à certaines


catégories, au détriment des autres. C’est le cas des avantages fiscaux prévus
par le code d’impôt sur le Revenu des personnes physiques et d’impôt sur les
sociétés.

 Paiement d’avance :

« Les personnes morales passibles de l’impôt sur les sociétés et les personnes
physique soumises à l’impôt sur le revenu exerçant une activité commerciale
sont soumises au paiement de trois avances au titre de l’impôt dû en raison de
leurs revenus ou bénéfices globaux appelés « Acomptes provisionnels70 »

En se référant à l’article ci dessus présenté, l’impôt doit être payé en avance en


totalité ou en partie. Cependant la Zakat ne peut être payée que lorsqu’elle
devient exigible et l’avance ne peut être payée que sous des conditions strictes.

 Valorisation :

Pour la détermination de l’assiette soumise à la Zakat, les actifs sont évalués à


la valeur de marché. Toutefois, pour la détermination de l’assiette imposable, il
n’est pas fait recours à la valeur de marché mais c’est plutôt, le coût historique
est adopté tel est le cas de la dotation aux amortissements qui est calculée sur la
base du coût historique de l’actif amortissable.

 Le caractère personnel :

La Zakat est personnelle car elle tient compte de la personne du contribuable


en prenant en compte les charges familiales du contribuable ou le coût qu’il
supporte pour obtenir un revenu alors que l’impôt ne les prend pas en
considération.

70
Code de l’IRRPP et de l’IS, article 51, paragraphe 1.

65
2.3 Complémentarité entre la Zakat et l’impôt :

Après avoir présenté les principaux points de divergence et de convergence entre la Zakat et
l’impôt conventionnel, la question qui se pose à ce niveau, est ce que le paiement de l’un,
exempte le contribuable du paiement de l’autre ? Ou est ce qu’ils peuvent cohabiter ?

D’après les recherches du 4ème congrès relatif à la Zakat contemporain71, l’impôt exigé par
l’Etat n’exempte pas le contribuable du paiement de la Zakat, vu la divergence entre les deux
du point de vue de la partie imposante, de la fin de chaque impôt, et la partie pour lesquels
sont versés. Il a été ajouté aussi que l’impôt n’est pas déductible de la Zakat dû.

La Zakat est un devoir religieux et elle représente une ressource permanente pour les pauvres
et les nécessiteux. Ses bénéficiaires sont différents de ceux de l’impôt. L’Etat a le droit
d’exiger un impôt dans la limite de l’intérêt public mais ça ne pourrait pas exempter le
contribuable de payer la Zakat72.

L’institution de l’impôt a pour but, la couverture des charges et des investissements publics
qui bénéficient indirectement à tous les contribuables, et il doit être dépensé dans la limite de
l’intérêt public73.

L’impôt reste obligatoire a coté de la Zakat lorsque les fonds de la Zakat ne peuvent pas
couvrir les dépenses et réaliser les objectifs pour lesquelles l’impôt est instauré74.

71
Recherches et travaux du 4éme congrès relatif à la Zakat contemporain. Fatwas et recommandations, Beit
Azzaket all Kuweiti , 1994, page 608.
72
Abu Zayd Mohamed, Massouliyat al Hakem ani Azzakat jamaa wa tafrikan, le Caire, université de Caire,
2004, page 141.
73
Abu Zayd Mohamed, Massouliyat al Hakem ani Azzakat jamaa wa tafrikan, le Caire, université de Caire,
2004, page 141.
74
Youssef Karadhaoui, Fekh Azzakat, partie 2 (Tome 2), page 1076.

66
Section 2 : Aspects jurisprudentiels de la Zakat :

Les aspects jurisprudentiels de la Zakat englobent ses conditions économiques ainsi que ses
principes.

Sous-section 1 : Les conditions économiques de la Zakat :

La Zakat est exigible sous certaines conditions qui peuvent être, telles que mentionnés dans
les ouvrages du Fikh, résumées comme suit :

-Principe d’annualité Al Hawl ‫الحول‬

-L’atteinte du seuil Annissab ‫النصاب‬

-La propriété Intégrale ‫الملكية التامة‬

-La croissance ‫النماء‬.

-Licéité de la source de l’argent.

1.1 L’annualité (Al Hawl) :

Al Hawl est l’aspect temporel du Nissab et il signifie l’année par ce qu’elle passe et se
renouvelle75.

Sa signification quant à la Zakat veut dire la possession du bien, atteignant le Nissab, chez son
propriétaire pendant une année lunaire complète exception faite pour les produits de la terre
tels que les céréales, les fruits, les métaux et minerais dont la Zakat est exigible76.

L’argument de ceci réside dans le Hadith du Prophète Mohamad bénédiction et salut de Dieu
sur lui (BDSL) rapporté par Ali Ibn Abi Taleb disant : « Point de Zakat sur tout bien n’ayant
pas accompli le Hawl »

Partant de cette définition, la Zakat est exigible une fois par année pour ce type de bien
Zakataire. L’année lunaire comporte à peu près de 354 jours.

Pour les produits de la terre, la Zakat y relative est exigible le jour de la récolte.

75
Al Barakati, Ettaarifat al-fiqhia, Page 220
76
Dr Layachi Feddad, Fikh ZAKAT, les biens Zakataires, Page 25

67
1.2 L’atteinte du seuil (Nissab):

Le Nissab est définit comme le seuil ou la quantité minimale requise et connue pour que le
bien soit assujetti à la Zakat77.

Donc le Nissab est la mesure en dessous de laquelle, la Zakat n’est pas exigible. Il diffère
suivant la nature des biens soumis à la Zakat :

-Pour les Ovins : 40 Unités.

-Pour les Chameaux : 5 Unités.

-Pour des Bovins : 30 Unités.

-Pour la monnaie en Or, le Nissab est fixé à 20 dinars d’or qui est équivalent à peu
près à 84 grammes d’or78.

-Pour la Zakat de la monnaie et les biens de commerce, la valeur du Nissab est


variable car il est en fonction du prix de l’or. Le Nissab adopté par la norme 35 de la
Charia de l’AAOIFI est de 84 grammes d’or.

1.3 La propriété intégrale (Milkiya Tamma) :

La propriété intégrale signifie que le propriétaire s’approprie le bien et le possède ce qui lui
confère tous les droits légaux dont : la jouissance ou l’utilité ou de tout autre usage toléré par
la loi.

L’appréciation de son existence (le bien) réside dans son essence même, ou l’utilité, qui
procure à son détenteur (parmi les individus) une satisfaction ou une dédommagement tant
qu’il n’existe aucun interdit à cela79.

Et, le fait de dire que la propriété soit absolue ou totale signifie que le bien doit être la
propriété du seul propriétaire indemne de tout endettement et, la possibilité pour ce dernier
d’en disposer du libre usage. Ainsi, l’utilité de ce bien doit être à l’avantage de son
propriétaire80.

77
Annawawi, Tahrir Alfadh Attanbih, Page 102, Dar al-Qalam
78
Habib Ben Taher, Al Fekh Al Meliki wa Addelatouhou, Partie II, page 36-37
79
Al Karafi, Al Fourouk, T.3, P 208.209
80
Qaradaoui, Fiqh Zakat T1 Page 22

68
En outre, le bien doit être réellement disponible entre les mains du propriétaire (en dispose la
propriété). Ce qui nous amène à dire que les biens doivent être inventoriés pour voir ce que le
propriétaire dispose le jour d’exigibilité de la Zakat et il ne faut pas se limiter aux
enregistrements comptables (actifs du bilan).

1.4. Croissance et possibilité de croissance dans la richesse (Namaa) :

La croissance signifie l’augmentation.

Il existe de type de croissance ; la croissance réelle et la croissance estimative. Quant à la


croissance réelle est le résultat de la multiplication, la reproduction, le commerce et autres.
Tandis que la croissance estimative, elle réside dans la possibilité de l’augmentation de
l’argent par le commerce tant qu’il est entre les mains de son propriétaire.

Cependant, dire que le bien croît ne signifie pas une auto-croissance mais une prédisposition à
la croissance par le commerce ou l'élevage puisque ce dernier permet l'obtention du lait, du
beurre et assure la reproduction. Le commerce permet la réalisation de bénéfices et de là, la
cause se substitue au moyen. C'est ce lien de causalité qui explique leur rattachement quant à
l'exigibilité de la Zakat81.

Ce qui nous amène à dire que les biens qui ne sont pas destinés au commerce que le
propriétaire en est besoin, ne font pas partie de l’assiette de la Zakat, tel est le cas des
immobilisations corporelles qui sont destinées à la production. Ils s’agissent des biens de
production.

Il est à noter cette condition est considérée comme une règle pour la détermination de la Zakat
et elle est devenue un des fondements des biens Zakataires.

1.5. Licéité de la source de l’argent :

L’argent doit être Halal parce que la Zakat est un culte financier. Cela signifie que les argents
provenant d’une activité qui est prohibée par la religion ne sont pas soumis à la Zakat.

Sous-section 2 : Les principes de la Zakat :

Les principes de la Zakat sont au nombre de 3 et qui peuvent être détaillés comme suit :

81
Al Kassani, Badaiyaâ T2 P11

69
2.1 Indépendance des années Zakataires :

Chaque année de Zakat a un début et une fin et elle est indépendante des années suivantes, et
il n’est pas permis d’obliger deux Zakat pendant la même année ou de subir la même Zakat
par l’argent deux fois par an pour éviter le principe de la double imposition et la preuve de
ceci est la parole du prophète Mohamed (‫ )صلى ﷲ عليه وسلم‬: « Il n’y a pas de dédoublement
dans la Zakat ».

2.2 Principe de regroupement des sources de même catégorie (‫ )الضم‬:

Ce principe consiste à associer, les argents satisfaisants les conditions de la soumission à la


Zakat qui sont de la même catégorie, les uns aux autres. Ces argents sont regroupés après
avoir déduit les dettes exigibles pour avoir le Nissab sur lequel la Zakat est appliquée. Un
exemple d’argents de même catégorie c’est d’associer la richesse en monnaie avec les biens
de commerce.

Cependant, il n’est pas permis d’associer les argents qui ne sont pas de même catégorie, c’est
le cas d’associer les biens de commerce aux animaux pour avoir le Nissab.

2.3 Principe de valorisation sur la base de la juste valeur :

Pour les prélèvements Zakataires en nature, les unités et quantités prélevables peuvent ne pas
correspondre à la valeur exacte de ce qu’il faut acquitter, pour cette raison, il est indispensable
de réévaluer les biens non monétaires qui sont soumis à la Zakat afin de savoir leurs valeurs
réelles à la date d’exigibilité de la Zakat.

Au sens de la norme comptable internationale IFRS 13 « évaluation à la juste valeur », la juste


valeur est définie « comme le prix serait reçu pour la vente d’un actif ou payé pour le transfert
d’un passif lors d’une transaction normale entre des intervenants du marché à la date
d’évaluation82 ».

Il existe plusieurs techniques d’évaluation à la juste valeur dont nous nous limitons de
présenter les principales qui sont les suivants :

-Valeur de marché : elle se fonde sur les prix et d’autres informations pertinentes générées par
des transactions de marché sur des actifs, des passifs ou un groupe d’actifs et de passifs83.

82
Norme d’’information financière 13 « évaluation à la juste valeur », paragraphe 9.
83
Norme d’’information financière 13 « évaluation à la juste valeur », paragraphe B5.

70
-Valeur d’utilité par actualisation des flux de trésorerie attendus : Il s’agit d’un outil qui sert à
relier des montants futurs (Des flux de trésorerie ou des valeurs) à un montant actuel au
moyen d’un taux d’actualisation. Cette méthode fait intervenir, principalement, les éléments
suivants :

• Une estimation des flux de trésorerie futurs liés à l’actif ou au passif à évaluer,
• La valeur temps de l’argent,
• Le prix pour supporter l’incertitude inhérente aux flux de trésorerie (C'est-à-
dire une prime de risque)84.

Cependant, ce n’est que la valeur de marché qui est reconnue par la Charia étant donné que
valeur d’utilité basée sur l’actualisation des flux de trésorerie attendus n’est pas admise par la
jurisprudence islamique. Ceci est expliqué par le non reconnaissance de la valeur temporelle
de l’argent par la Charia.

Les éléments du bilan d’une banque islamique nécessitant une évaluation à la valeur de
marché pour les besoins de calcul de la Zakat sont :

-Les actions qui sont acquises en vue de spéculation : la valeur retenue correspond au cours
boursier à la date d’exigibilité de la Zakat. Il faut tenir compte des coûts de vente des actions.

-Le stock des biens acquis en vue de la revente dans le cadre d’une opération de Murabahah :
il peut s’agir des biens tangibles ; meubles (généralement des véhicules), immeubles (terrains,
bâtiments, etc.) ou des biens intangibles à savoir les logiciels.

D’une façon générale, l’évaluation des stocks des biens ci-dessus cités se fait sur la base :

• Des prix sur des marchés actifs pour les biens ayant un marché actif ; on entend par
marché actif « un marché pour lequel sont réunies les conditions ci-après :
• Les éléments négociés sur ce marché sont homogènes ;
• On peut normalement trouver à tout moment des acheteurs et des vendeurs
consentants ; et
• Les prix sont mis à la disposition du public »85.

84
Norme d’’information financière 13 « évaluation à la juste valeur », paragraphe B13.
85
Norme comptable internationale IFRS 13 « évaluation à la juste valeur »

71
• Des prix des marchés d’actifs identiques ou similaires pour les biens n’ayant pas de
marché actif.

Pour garantir une évaluation fiable des terrains et constructions, il est préféré de faire recours
à un évaluateur indépendant possédant une qualification professionnelle pertinente et
reconnue et une expérience récente quant à la situation géographique et la catégorie de
l’immeuble objet de l’évaluation.

De même pour les biens meubles qui restent chez la banque plus qu’une année, le recours à un
évaluateur qualifié, est requis.

-Stocks de bâtiments non achevés construits dans le cadre d’opérations Istisnaa : l’évaluation
doit se faire par le recours à un évaluateur qualifié.

-Les garanties réelles reçues par la banque86 : il s’agit, généralement, des immeubles.
L’évaluation de ces biens est utile car ils sont pris en considération pour le calcul de la
provision des créances douteuses.

Les banques font généralement, recours à une expertise pour évaluer les garanties réelles
reçues, mais cette expertise doit être annuelle pour le besoin de la Zakat, notamment avec la
fluctuation continue des prix dans le secteur immobilier.

Sous-section 3 : La base soumise à la Zakat spécifique à l’activité bancaire :

La base soumise à la Zakat relative aux banques est obtenu après détermination
respectivement de la valeur des actifs soumis à la Zakat et la valeur du passif déductible de
ces actifs.

3.1 Les actifs soumis à la Zakat :

Les actifs sont constitués par les ressources économiques que possède l’entreprise qui sont
capables de générer des avantages économiques futurs et ayant un potentiel de générer des
flux positifs de liquidité ou de réduire la sortie de fonds87.

86
Ils s’agissent des garanties prévues par le code des droits réels et qui sont principalement pour le cas d’une
banque : le gage et l’hypothèque.
87
Cadre conceptuel de la comptabilité, 1996, paragraphe 51.

72
La signification des actifs se reprochent de la signification islamique des biens qui peuvent
être définis comme suit : « tout ce qu’on peut posséder et s’approprier et qui a une valeur
procurant une utilité dans les conditions normales »88.

Dans le contexte de la Zakat, le bien désigne tout ce que peut s’approprier (Actif réel) et qui
est donc sujet à Zakat89.

Les actifs de la banque sont composés, d’après la Norme Comptable Tunisienne NCT 21
« Présentation des états financiers des établissements bancaires »90, des éléments suivants :

AC1- Caisse et avoirs auprès de la BCT, CCP et TGTT

AC2- Créances sur les établissements bancaires et financiers

AC3- Créances sur la clientèle

AC4- Portefeuille-titre commercial

AC5- Portefeuille d’investissement

AC6- Valeurs immobilisées

AC7- Autres actifs

Ces éléments sont présentés par ordre décroissant de liquidité. Nous remarquons que les actifs
peuvent être divisés (classifiés) selon plusieurs critères. Ces classifications sont utiles pour
qualifier si l’actif est soumis ou pas à la Zakat en s’appuyant aux conditions de la Zakat.

-En actifs recouvrables et actifs irrécouvrables91 : les créances sont de deux sortes : des
créances sur un débiteur solvable, appelées dans le vocabulaire comptable « des créances
recouvrables », et des créances sur un débiteur mauvais payeur ou insolvable ; celles-ci sont
appelées dans le vocabulaire comptable « les créances douteuses ». Les oulémas et les
spécialistes contemporains jugent que les premières sont immédiatement soumises à une
Zakat, même si elles ne sont pas encore recouvrées, puisque le contribuable est en mesure de
les recouvrer et d’en disposer, tout comme les dépôts. Quant aux secondes, elles ne sont pas
88
Dr Layachi Feddad, Fiqh ZAKAT, les biens Zakataires, page 17.
89
Youssef Al Qaradaoui, Fiqh Azzaket, T1, page 126.
90
Norme comptable NCT 21, paragraphe 8, Actifs
91
http://islamweb.net/frh, Dr Kawthar abd al-Fattah al-abdjî, le caractère inimitable de la législation sur la Zakat,
s’agissant des règles de l’estimation de la capacité financière et du seuil monétaire minimal, page 20.

73
assujetties à une Zakat, puisqu’il n’est pas certain d’en profiter. Selon ‘Umar ibn ‘Abd al-
‘Azîz, al-Hasan, al-Awza’î et Mâlik, si le créancier les recouvre, il paye leur Zakat pour une
92
seule année .

Ce critère est applicable aux éléments AC2, AC3, AC4 et AC5. Les valeurs ayant un caractère
certain d’être recouvrable, sont soumises à la Zakat. Cependant ceux qui sont douteuses, ne
sont pas imposables car ils perdent la condition de la propriété intégrale.

-En actifs circulants et actifs immobilisés93 : Les actifs circulants sont les biens qui sont
susceptibles de s’accroître avec le travail pour réaliser un rendement économique, profit et
valeur ajoutée, comme les fonds destinés au négoce. Le contribuable peut posséder des biens
susceptibles de croître, mais sous forme d’argent liquide qu’il ne place pas dans des
entreprises. Ces biens seront appelés dans ce cas « des biens tacitement productifs », car ils ne
sont pas exploités, non pas parce qu’ils sont défectueux, mais parce que leur propriétaire ne
les a pas investis. En comptabilité, les biens susceptibles d’augmenter en valeur sont appelés «
les actifs circulants », puisqu’il s’agit de les employer dans un projet qui commence par un
capital en argent liquide qui se transforme en marchandises qui, une fois vendues, se
transforment de nouveau soit en argent liquide, soit en créances, et ainsi de suite dans des
cycles successifs ; et le profit et la croissance résultent de la circulation et de l’emploi de
l’argent. Ainsi, ces facteurs sont à l’origine des bénéfices et représentent l’assiette de la Zakat.

Ces biens immobilisés sont possédés pour l’usage personnel et qui ne sont pas destinés à être
vendus ni être investis. Ces biens, représentés par les constructions, les meubles, le matériel
informatique, les logiciels, etc., ne sont pas soumis à une Zakât.

Maymûn ibn Mahrân, qu’Allah soit satisfait de lui, dit : « Quand le jour où vous devez payer
la Zakât arrive, comptez ce que vous avez de biens et de marchandises destinées à la vente,
puis estimez-en la valeur en monnaie et ajoutez-y vos créances recouvrables ». Ainsi,
l’assiette de la Zakât sera l’ensemble de l’argent, des marchandises destinées à la vente et des
créances recouvrables, soit les actifs circulants dans le langage de la comptabilité ; tout bien
en dehors de ceux-ci est destiné à l’usage personnel et n’est pas soumis à la Zakât, puisqu’il
s’agit d’actifs immobilisés. Samura ibn Djundub, qu’Allah soit satisfait de lui, dit : « Le

92
Ibn Qudâmah, al-Mughni, Partie II, PP. 46-47 ; Dr. Chawqi Ismaïl Chahâtah, Al-Tatbîq al-Mu’âssir lil-Zakât,
Dâr al-Churûq, PP. 130-133.
93
http://islamweb.net/frh, Dr Kawthar abd al-Fattah al-abdjî, le caractère inimitable de la législation sur la Zakat,
s’agissant des règles de l’estimation de la capacité financière et du seuil monétaire minimal, pages 12 et 13.

74
Prophète (Salla Allahu Alaihi wa Sallam) nous ordonnait de payer la Zakat sur ce que nous
destinions au commerce »94. Conformément à ce hadith, les actifs immobilisés, selon le
vocabulaire de la comptabilité, sont exclus de l’assiette de la Zakat95

De ce fait, les avoirs de la banque disponibles chez elle ou chez autres institutions, les dépôts
auprès des autres banques, les biens stockés en vue de la vente dans le cadre de contrat de
financement Murabahah, les placements, les créances nées des dépôts, de la vente, de loyer
émanant des contrats de location Ijarah et Ijarah acquisitive et des placements sont tous
soumis à la Zakat. Toutefois l’élément AC6 valeurs immobilisées, sont à exclure la Zakat car
elles sont improductives.

-La nature des projets dans lesquels les actifs sont investis : les créances émanant des
investissements dans des activités illicites par la Charia ainsi que les créances émanant des
obligations qui sont prohibées par la Charia ne sont soumises à la Zakat. Par contre, les autres
créances sont soumises à la Zakat.

3.2 Les dettes déductibles de la base de la Zakat :

Les passifs sont constitués par les obligations actuelles de l’entreprise, résultant de
transactions ou d’évènements passés, nécessitant le transfert futur à d’autres entités de
ressources représentatives d’avantages économiques96.

Les passifs de la banque sont composés, d’après la Norme Comptable Tunisienne NCT 21
« Présentation des états financiers des établissements bancaires »97 :

-PA1- Banques centrales, CCP

-PA2- Dépôts et avoirs des établissements bancaires et financiers,

-PA3- Dépôts et avoirs à la clientèle,

-PA4- Emprunts et ressources spéciales,

-PA5- Autres passifs.

94
Charh al- Tirmidhi, partie III, page 104
95
http://islamweb.net/frh, Dr Kawthar abd al-Fattah al-abdjî, le caractère inimitable de la législation sur la Zakat,
s’agissant des règles de l’estimation de la capacité financière et du seuil monétaire minimal.
96
Cadre conceptuel de la comptabilité, 1996, paragraphe 51.
97
Paragraphe 8, passifs.

75
Par ailleurs, selon le consensus unanime des jurisconsultes, les biens imposables doivent être
exempts de dettes.

Les passifs de la banque doivent être classifiés (Divisés) selon deux critères :

-Le critère d’exigibilité : les dettes qui sont exigibles sont déduites des argents de la Zakat.
Cette condition est préconisée par la majorité des Fouqahas dans leurs dires concernant les
dettes qui exemptent l'acquittement de la Zakat.

Partant de cette condition, les dépôts de la banque centrale, les dépôts des banques et des
institutions financières, les dépôts de la clientèle, les emprunts et les ressources spéciales
doivent être déduites de la base de la Zakat. Par contre, les dettes qui ne sont pas exigibles
telle que les provisions pour risques et charges sans un jugement judiciaire contre la société
n’est pas déductible.

-Le critère de rattachement du passif à un actif : les dettes qui financent un actif soumis à la
Zakat font l’objet de déduction de l’assiette alors que celles finançant des actifs non soumis à
la Zakat, ne doivent pas être déduites de cette assiette. De ce fait, les dettes qui financent les
opérations de Murabahah, de Mudarabah, des placements, sont déductibles de l’assiette. Par
contre, les fournisseurs d’immobilisations n’en sont pas déductibles.

-Le critère de licéité : les passifs du et correspondant à des revenus générés par des dépôts à
vue qui ne sont pas participatifs, ne sont pas déductibles de l’assiette de la Zakat.

76
Section 3 : Aspects Comptables de la Zakat :

Les aspects comptables de la Zakat touchent la normalisation comptable y relative, les étapes
utiles pour son calcul et les personnes qualifiées ainsi que les outils nécessaires pour son
calcul.

Sous-section 1 : Normalisation comptable relative à la Zakat :

La Zakat a fait partie des réflexions du normalisateur comptable islamique AAOIFI. En effet,
ce normalisateur a élaboré toute une norme relative à la liquidation de la Zakat des institutions
financières islamiques.

Avant de présenter cette norme, il est important de présenter d’abord le normalisateur ayant
émis cette norme qui est l’AAOIFI.

1.1 Présentation de l’AAOIFI

L’Accounting and Auditing Organisation of Isalmic Finance Institutions est une organisation
à but non lucratif qui a été créée en 1995 sous l’initiative de la Banque Islamique de
Développement (BID) avec la participation de 7 autres banques islamiques ayant vu la
nécessité de développer des normes comptables adaptables aux différents produits islamiques.

Les fondateurs de cette organisation sont au nombre de 6 qui sont :

IDB (Arabie Saoudite), Al Rajhi Bank (Arabie Saoudite), Dallah Albaraka (Arabie Saoudite),
Al Bukhari Foundation (Malaisie), Kuweit Finance House (KFZ), Dar Al Mal Al Islami
(Suisse).

Actuellement, l’AAOIFI compte plus de 200 membres dans plus de 45 Pays.

 Structure :

La structure de l’AAOIFI est composée comme suit98:

-Une assemblée générale qui composée des membres fondateurs, associés et


observateurs.

98
Site officiel de l’AAOIFI.

77
-Un conseil s’administration composé de 15 membres nommés par l’assemblée
générale.

-Un secrétariat général constitué des services administratifs et techniques.

-Un conseil de Charia composé des spécialistes en jurisprudence islamique ayant pour
mission le contrôle de la conformité des normes émises avec la Charia.

-Un conseil des Principes Comptables et d’Audit, composé de 15 membres élus pour 4
ans ayant pour mission l’élaboration des normes comptables et d’audit.

 Objectifs :

L’AAOIFI a pour objectifs99 :

-Le développement des réflexions en matière de comptabilité et d’audit des institutions


financières islamiques,

-La préparation, la promulgation et l’interprétation des normes comptables et d’audit


pour les institutions financières islamiques.

-L’élaboration et le développement des normes de gouvernance et d’éthique et la mise


en place des normes charaiques.

-La révision et la modification de ces nomes, le cas échéant.

Les travaux de l’AAOIFI sont exécutés en respectant toujours la conformité à la Charia. Son
but principal est de renforcer la confiance des utilisateurs des états financiers des institutions
financières islamiques qui doivent répondre à ses besoins.

 Travaux de l’AAOIFI et sa reconnaissance internationale :

L’AAOIFI a publié plusieurs normes spécifiques aux institutions financières islamiques :


• 23 normes comptables.
• 5 normes d’audit.
• 6 normes de gouvernance et 2 normes d’éthique.
• 41 normes Charaiques.

99
Site officiel de l’AAOIFI.

78
Ces normes sont adoptées par plusieurs pays comme le Soudan, le Bahrein, le Liban, la Syrie
et la Jordanie, etc.

Tout cela a contribué à une vraie réussite de l’organisation qui est représentée, actuellement
par 200 institutions dans plus de 45 pays.

1.2 Présentation de la norme comptable islamique relative à la Zakat des IFI conçue par
l’AAOIFI :

La Zakat est traitée par la norme FAS 9 de l’AAOIFI. Elle pour but de fixer les règles de
détermination de l’assiette de la Zakat et la divulgation de l’information la concernant au
niveau des états financiers des IFI.

La norme traite les principaux traitements visant à déterminer l’assiette de la Zakat et sa


liquidation. Elle prévoit ainsi, les méthodes de sa détermination et cite les cas où l’institution
est obligée de payer la Zakat et les ou elle n’est pas obligée de la faire.

 Les méthodes de la détermination de l’assiette :

Les méthodes de détermination de l’assiette de la Zakat sont au nombre de deux qui sont les
suivantes :
• La méthode de l’actif net qui est utilisée de la manière suivante :
Assiette de la Zakat= Les actifs soumis à la Zakat- (Les dettes à payer+les
créances des titulaires des comptes d’investissement non restreints+les droits
des minoritaires+les dettes envers l’Etat+les droits des entreprises à but non
lucratif)
• La méthode des Capitaux nets qui est utilisée comme suit :
Assiette de la Zakat= Captal libéré+les réserves+le résultat non
distribué+revenu net+dettes non payables à la fin de l’exercice-(Actifs
immobilisés nets+les investissements acquis pour des fins autres que la
commercialisation+les résultats reportés).

 Traitement de la Zakat au niveau des états financiers de la Banque :

Dans le cas où la banque est obligée de payer la Zakat, la Zakat est considérée comme une
charge qui doit apparaître au niveau de l’état de résultat. Et en cas de non-paiement, elle doit
figurer parmi les passifs de la banque.

79
Les cas où la banque se trouve obligée de payer la Zakat sont :
• L’existence d’une loi obligeant la banque de s’acquitter de la Zakat.
• L’existence d’une clause au niveau des statuts de la société l’obligeant de
payer la Zakat,
• Existence d’une décision de l’association générale de la banque l’obligeant à
payer la Zakat.

Dans le cas où la banque n’est pas obligée de payer la Zakat, le montant de la Zakat dû doit
apparaître au niveau de l’état des ressources et d’emplois des fonds de la Zakat, avec le
montant de la Zakat provenant d’autres sources.

Les cas où la banque ne se trouve pas obligée de payer la Zakat :


• Le cas ou tous ou une partie des actionnaires donne procuration à la banque
pour le paiement de la Zakat à leurs places, dans ce cas le montant de la Zakat
revenant à chaque actionnaire est retenu de son bénéfice distribuable.
• Le cas ou tous ou une partie des actionnaires procurent la banque de payer la
Zakat sans restriction de l’existence de bénéfices leur revenant avec l’accord
de la banque de la payer, dans ce cas, elle est constatée en tant que dette envers
les actionnaires.

 Informations à fournir dans les notes aux états financiers :

-Avis du comité de supervision de la Charia sur les volets relatif à la Zakat et qui ne sont pas
couverts par la norme comptable FAS 9.

-L’indication si la banque, en tant société mère, paie elle-même sa part de la Zakat des les
sociétés lui appartenant.

-L’indication du montant de la Zakat par action, en cas où elle ne paie pas la Zakat

-Indication de la valeur de la Zakat dû par les titulaires des comptes d’investissement.

-L’indication si la banque procède à la collecte de la Zakat et sa distribution au lieu des


titulaires des comptes d’investissements et d’autres comptes.

-L’indication des restrictions émises par le comité de supervision de la Charia pour la


détermination de l’assiette de la Zakat.

80
-Le respect des dispositions de la norme n°1 relative à la présentation et la divulgation des
informations au niveau des états financiers des IFI.

 Les utilisateurs de l’information relative de la Zakat :

L’information relative à la Zakat fournie au niveau des états financiers est grande utilité pour
les parties suivantes :

-Les actionnaires qui sont tenus de payer la Zakat,

-Les titulaires des comptes d’investissement qui doivent savoir la Zakat dû sur leur
investissement majorés des profits générés par ces investissements et leur revenant.

Sous-section 2 : Les différentes étapes utiles pour le calcul de la Zakat :

Le calcul de la Zakat dû passe par certaines étapes nécessaires pour mener à bien ce travail,
ces étapes peuvent être résumées comme suit100 :

Tableau 3 : Récapitulation des étapes de calcul de la Zakat

Numéro
Description de l'étape
de l'étape
1 Détermination de Al Hawl
2 Collecte des informations nécessaires pour le calcul de la Zakat
3 Détermination et valorisation des actifs qui sont soumis à la Zakat
Détermination et valorisation des passifs déductibles de la base de la
4
ZAKAT
5 Détermination de l’assiette
6 Détermination et valorisation du Nissab
7 Détermination taux de la Zakat
8 Comparaison de l’assiette et le Nissab
9 Détermination du montant de la Zakat dû
10 Désignation de la personne qui supporte la Zakat
11 Distribution (Paiement) de la Zakat

2.1 Détermination d’Al Hawl :

C’est la date ou la Zakat devient exigible, donc c’est à cette date, on procède au calcul de la
Zakat.

100
Hassan Houssine Chahata, Guide de calcul de la Zakat, Maison d’impression et d’édition islamique, le Caire,
pages 6 et 7.

81
Pour les sociétés, cette date diffère selon la nature d’activité de la société. Chaque société
choisit la date annuelle qui lui est conforme selon ses circonstances et cette date peut être
celle de la préparation des états financiers (bilan) ou bien une autre date convenue par les
associés ou par le conseil d’administration.

Al Hawl (Annualité) doit avoir un début et une fin et elle dure 12 mois ; pour les sociétés, il
commence à courir le 31 décembre.

A la fin de l’année (Al Hawl), il est procédé à la préparation des états financiers servant de
base au calcul de la Zakat. Le comptable de la Zakat a besoin aussi des états d’inventaire
physique des différents éléments d’actifs qui est prévu par le système comptable des
entreprises101. L’inventaire physique est nécessaire car il n’entre dans l’assiette de la Zakat
que la valeur des actifs existants pour répondre à la condition de la propriété intégrale.

2.2 Collecte des informations nécessaires pour le calcul de la Zakat :

Le comptable de la Zakat collecte toute information qu’il juge utile pour déterminer la valeur
de la Zakat telle que les états financiers, les états d’inventaire physique (Caisse ou stock) etc.

2.3 Détermination et valorisation des actifs qui sont soumis à la Zakat :

Ce sont les biens procurant les conditions de la soumission à la Zakat selon le type du bien, et
on les nomme : les argents de la Zakat ou les argents qui subissent la Zakat ‫الموﺟودات الزكوية‬.

Dans cette étape, le comptable de la Zakat traite tous les éléments inscrits à l’actif du bilan, il
applique ainsi les différentes conditions de la Zakat sur chaque élément afin de juger s’il doit
subir la Zakat. Les conditions sont la propriété intégrale et la croissance. Chaque élément
traité doit subir une évaluation à la juste valeur et c’est cette valeur qui doit être retenue pour
déterminer l’assiette de la Zakat.

2.4 Détermination et valorisation des passifs déductibles de la base de la Zakat :

Ce sont les engagements que subissent les argents mis à la Zakat et qu’ils doivent être retenus,
pour que l’argent subissant la Zakat soit nets des dettes exigibles qui est une condition parmi
les conditions de la Zakat. On les nomme ‫المطلوبات الزكوية‬.

101
Article 17 de la loi n° 96-112 du 30 décembre 1996 relative au système comptable des entreprises.

82
Le comptable de la Zakat traite tous les éléments du passif afin de distinguer les dettes
exigibles de celles qui ne les sont pas.

2.5 Détermination de l’assiette :

Après avoir déterminé les actifs de la Zakat et les passifs déductibles de la base de la Zakat, le
comptable détermine l’assiette de la Zakat (‫ )الوعاء الزكوي‬en déduisant les passifs devant être
retenus des actifs qui sont soumis à la Zakat :

Assiette de la Zakat = Actifs soumis à la Zakat-Passifs déductibles de l’assiette

2.6 Détermination et valorisation du Nissab :

La valeur de la Nissab de la Zakat des sociétés est le même que le celui relatif à la Zakat de la
richesse monétaire. Ce Nissab est lié à la valeur de l’or comme on l’a déjà indiqué (équivalent
à la valeur de 84 grammes d’or) et il est fixé et publié annuellement par le ministère des
affaires religieuses de Tunisie.

Le Nissab fixé au titre de l’année 1439 (2017-2018) est de 8 620,750 DT102.

2.7 Comparaison de l’assiette et le Nissab :

L’assiette obtenue, après les différents traitements effectués sur les éléments d’actifs et de
passifs, est comparée avec le Nissab ; si cette assiette est inférieure au Nissab, il n’y aurait pas
de Zakat dû. Si par contre l’assiette est égale ou supérieure au Nissab, il y aurait une Zakat qui
doit être acquittée.

2.8 Taux de la Zakat :

Le taux de la Zakat est de 2.50 % par année lunaire. Le taux par année solaire est obtenu par
la formule suivante : 2.50% *365/354 jours=2.577%.

2.9 Détermination du montant de la Zakat dû :

La détermination du montant de la Zakat dû est fonction des deux variables déjà cités :
l’assiette imposable et le taux de la Zakat. Il s’agit donc de multiplier les deux variables :

Zakat dû = Assiette de la Zakat*Taux de la Zakat

102
https://www.turess.com/tuniscope/128511

83
2.10 Désignation de la personne qui supporte la Zakat (Zakat par action) :

Le prophète Salla Allahu Alaihi wa Sallam a dit : « On ne doit pas diviser un lot en deux
parties, ni regrouper deux lots distincts pour fuir le paiement de la Zakat. Lorsque deux
associés regroupent leurs apports respectifs, il sera exigé à chacun d’eux un montant
correspondant à sa part ».

La Zakat incombera donc à la société, ce que les oulémas ont considéré comme la
reconnaissance d’une personnalité morale à cette société ; une disposition applicable aux
actionnaires dans les sociétés par actions.

La désignation de la personne qui supporte la Zakat dépend donc de la forme de la société :

-En cas d’une entreprise individuelle : elle est supportée par le propriétaire.

-En cas d’une société de personne103 : elle est supportée par chaque associé au prorata du
nombre de parts sociales détenues par chacun d’eux.

-En cas d’une société de capitaux104 : il est procédé à la détermination de la valeur de la Zakat
par action, et chaque actionnaire supporte la Zakat en fonction du nombre d’actions détenues
par lui. C’est le cas des banques qui ne doivent pas prendre que la forme d’une société
anonyme105.

-En cas d’une opération de Mudarabah : le Mudarib supporte la Zakat pour sa part dans les
profits réalisés, et le Rab Al Mal la supporte pour le capital investit majoré de sa part dans les
profits.

Il est à noter que les actions détenues par l’Etat ne sont pas soumises à la Zakat, donc la part
revenant à l’Etat ne supporte pas la Zakat.

103
Sont les sociétés régies par les articles 54 jusqu’à l’article 159 du code des sociétés commerciales et qui sont
les sociétés en nom collectif, les sociétés en commandite simple, la société en participation, les sociétés à
responsabilité limitée et la société unipersonnelles à responsabilité limitée.
104
Sont les sociétés régies par les articles 160 jusqu’à l’article 407 et qui sont les sociétés anonymes et les
sociétés en commandite par actions.
105
Article 12 de la loi n° 2001-65 du 10 juillet 2001 relatives aux établissements de crédit.

84
2.11 Distribution (Paiement) de la Zakat :

La distribution de la Zakat peut être effectuée par plusieurs manières. En effet, elle peut être
faite directement par le contribuable ou à l’aide d’un intermédiaire.

Les modèles de répartition peuvent être groupés en 3 catégories106 :

-Modèle de distribution directe : il se base sur le fait que la décision d’attribution aux ayants
droit est prise au niveau de l’administration de la Zakat après examen des demandes
formulées par ces derniers. Ce modèle est appliqué au Soudan et en Malaisie.

Certaines sociétés font créer un fonds de Zakat indépendants d’elles, ce fonds est chargé de la
collecte de la Zakat et sa distribution au profit des catégories prévues par la Charia107.

-Le modèle de répartition par le biais du budget de l’Etat : des institutions chargées de la
distribution sont désignées par l’Etat pour allouer les ressources de la Zakat. Ce modèle est
pratiqué en Arabie Saoudite et au Yémen.

-Les modèles de répartition de la Zakat par l’intermédiaire des organismes spécialisés dans la
collecte et la distribution de la Zakat : la distribution effective des fonds est faite par un
organisme chargé de la Zakat et les répartis aux profits des ayant droits. C’est le cas de Beit
Azzaket al Kuweiti ou le cas des comités locaux constitués au Pakistan.

La Zakat collectée est distribuée à l’un des catégories prévues par le Coran « Les ouvres de
charité sont pour les besogneux, et pour les pauvres et pour ceux qui y travaillent et pour
ceux dans les cœurs sont à gagner et pour l’affranchissement des jougs et pour ceux qui sont
lourdement endettés et pour la cause de dieux et pour le voyageur en détresse »108.

Selon le verset ci-dessus cité, les catégories pouvant bénéficier de la Zakat sont au nombre de
8 qui sont :

-Les pauvres : sont les personnes ne possédant pas la nourriture leur suffisant pour une année
ou n’ayant pas un revenu suffisant.

106
Dr Boualem Bendjilali : L’application obligatoire de recouvrement et de distribution de la Zakat, Etude de cas
Pages 177, 178, 179 et 180
107
Hassan Houssine Chahata : Fekh et comptabilité de la Zakat des sociétés, page 44.
108
Sourate Attawba Verset Coranique n°60.

85
-Les besogneux : sont les personnes ne possédant même pas la nourriture d’une journée tels
les handicapés, les malades, les victimes des catastrophes etc…

-Les personnes qui y travaillent : les personnes qui collectent la Zakat ont droit de recevoir
une part de la collecte en contrepartie des efforts fournis.

-Les sympathisants (ou ceux qui dont les cœurs sont à gagner : ce sont les gens dont on veut
gagner leur cœur pour les convertir à l’Islam.

-L’affranchissement des jougs : c’est le recouvrement de la liberté des esclaves.

-Les endettés : il s’agit des personnes qui ont contracté une dette et qui n’arrivent pas, malgré
leur bonne volonté, à le solder.

-Pour la cause de dieu : ils s’agissent principalement des combattants pour la cause de dieu,
les dépenses de guerre, les dépenses du ministère de la défense.

-L’enfant de la route ou le voyageur en détresse : c’est la personne qui se trouve


soudainement, sans abri, loin de sa famille.

Sous-section 3 : La personne qualifiée et les outils nécessaires pour son calcul :

Cette sous section est composée de deux paragraphes ; un premier paragraphe pour démontrer
la formation scientifique de la personne qualifiée pour le calcul de la Zakat et un deuxième
paragraphe pour présenter les outils nécessaires préalablement à ce calcul.

3.1 Formation scientifique de la personne qualifiée pour le calcul :

La personne qualifiée pour la détermination de la base de la Zakat d’une société commerciale


en générale et d’une banque islamique en particulier doit, certes, avoir une formation
comptable, vu que cette tâche ne peut être effectuée qu’à partir des états financiers que cette
personne doit en avoir maitrise. Toutefois, cela n’est pas suffisant car la comptabilité de la
Zakat a d’autres règles dont l’origine est la jurisprudence islamique que nous avons essayé
d’en traiter. Donc, les conditions principales qui doivent être remplis par le comptable de la
Zakat d’une banque islamique sont les suivantes :

-Etre musulman,

-Etre connaisseur de la comptabilité financière,

86
-Avoir de connaissances de la jurisprudence commerciale islamique lui permettant de
comprendre les différents produits financiers islamiques,

-Avoir une connaissance dans la jurisprudence de la Zakat (Principes et méthode de


calcul etc.),

-Etre honnête et d’une façon générale avoir les qualités d’honnêteté et de sincérité.

Le comptable de la Zakat doit être à jour aux Fatwas publiés par les différents organismes
internationales spécialisés en la matière. Il doit ainsi assister à des sessions de formations
ayant pour thèmes la Zakat des sociétés commerciales d’une façon générale et la Zakat des
banques islamiques et des produits bancaires islamiques, et ce en Tunisie ou ailleurs.

En Tunisie, l’Association Tunisienne des sciences de la Zakat contribue gratuitement, à


calculer la Zakat au profit des sociétés.

3.2 Les outils nécessaires :

Les outils nécessaires pour le calcul de la Zakat sont principalement les états financiers, le
rapport du commissaire aux comptes, les états financiers des sociétés filiales, le rapport du
comité de supervision de la Charia et les principales références traitant la Zakat des sociétés
commerciales.

 Les états financiers :

Les états financiers prévus par la loi comptable relative au système comptable des entreprises
comportent le bilan, l’état de résultat, le tableau de flux de trésorerie et les notes aux états
financiers. Ces états présentent la situation financière réelle de l’entreprise, ses performances
et tout changement de sa situation financière109. Les états financiers des banques comportent,
outre ces composantes, un état des engagements hors bilan.

Les états financiers sont établis une fois par année110, ce qui est compatible avec le principe
d’annualité de la Zakat qui doit être acquitté une fois par an.

Les états financiers sont nécessaires pour la tâche de calcul de la Zakat pour les motifs
suivants :

109
Articles 18 et 19 de la loi n°96-112 du 30 décembre 1996, relative au système comptable des entreprises.
110
Article 20 de la loi n°96-112 du 30 décembre 1996, relative au système comptable des entreprises

87
-Le bilan et les notes y correspondant nous informent sur les biens détenus par la banque ainsi
que ses dettes,

-L’état de résultat et les notes y correspondant nous fournit des informations sur la source des
produits de la banque car il faut distinguer les produits illicites de ceux qu’ils ne le sont pas,

-L’état des engagements hors bilan nous informe sur les garanties reçues par la banque pour
couvrir ses créances.

Outre les états financiers, d’autres informations extracomptables sont aussi indispensable telle
que l’inventaire physique des comptes caisses.

 Importance du rapport du commissaire aux comptes :

La désignation d’un ou de plusieurs commissaires aux comptes pour les banques est prévu par
le code des sociétés commerciales111 et par la loi 2016-48 du 11 juillet 2016 relative aux
banques et institutions financières112.

Son rôle est de donner un avis sur les comptes de la banque conformément aux normes
internationales d’audit ISA. Et partant de son rôle vient l’importance de son rapport pour le
comptable de la Zakat. En effet, ses travaux d’audit peuvent donner lieu à des réserves ou des
notes qui sont insérées au niveau de son rapport, ces réserves peuvent être prises en compte
par le comptable de la Zakat dans la mesure ou elles ont impact par exemple, sur la propriété
intégrale de certains éléments d’actifs, ou sur la valorisation de certains éléments de d’actifs
ou de passifs.

Prenons le cas de l’existence d’une réserve sur la valorisation du stock des biens destinés à la
vente dans le cadre d’une opération de financement Murabahah, ça pourrait avoir un impact
sur la valeur à en tenir compte pour le calcul de l’actif soumis à la Zakat.

Nous concluons que le rapport du commissaire aux comptes doit être obtenu pour voir s’il y a
des réserves ou d’observations à en tenir compte pour le calcul de la Zakat.

111
Articles 13 à 13 ter du code des sociétés commerciales.
112
Article 96 de la loi citée.

88
 Les états financiers des sociétés filiales :

La détermination de la valeur soumise à la Zakat correspondante aux titres de participation


conditionne l’obtention des états financiers de la société dans laquelle la banque détient une
participation pour calculer la part de la banque dans la Zakat exigible par les actionnaires dans
cette société. Ce cas est envisageable à défaut d’une information relative à la Zakat par action
préparée par la société détenue.

 Le rapport du comité de supervision de la Charia :

Le rapport du ce comité est important pour le comptable de la Zakat dans la mesure où il


informe sur la régularité des opérations pratiquées la banque. Ainsi, les revenus afférents à
des opérations prohibées par la Charia doivent être exclus de l’assiette de la Zakat.

 Les références traitant la Zakat des sociétés commerciales :

Le comptable de la Zakat a besoin pour calculer la Zakat dû par la banque aux références
reconnues qui traitent la Zakat des sociétés commerciales à savoir la norme comptable FAS
n°9 « la Zakat », la norme de la Charia n°35 relative à la Zakat, les ouvrages qui ont traité la
Zakat des sociétés commerciales ou des institutions financières islamiques, et les différents
Fatwas.

89
Conclusion de la première partie

Cette première partie était consacrée en premier lieu pour la présentation des banques
islamiques sur ses différents aspects dont nous avons jugé utile afin de comprendre les
spécificités associées à ce type de société objet de notre étude. En deuxième lieu, nous avons
abordé les caractéristiques associées à la notion de la Zakat qui vont, certes, servir aux
différents traitements des états financiers pour le calcul de la Zakat.

90
PARTIE 2 :

DETERMINATION DE L’ASSIETTE DE LA ZAKAT


DES BANQUES ISLAMIQUES A TRAVERS LE
RETRAITEMENT DES RUBRIQUES DU BILAN

91
Introduction de la deuxième partie :

Nous avons présenté dans la première partie de ce mémoire et dans un premier temps, les
spécificités associées aux banques islamiques et aux produits bancaires islamiques en général,
et à leurs traitements comptables en particulier. Dans un second temps, nous avons exposé les
principes, conditions et autres aspects associés à la Zakat en général et à la Zakat des sociétés
commerciales et banques islamiques en particulier.

Cette première partie nous servira de base pour le calcul de la Zakat des banques islamiques
qui sera traité dans la deuxième partie.

L’acquittement de la Zakat par la banque peut prendre différentes formes selon le cas :

1. L’institution ou la société est tenue de s’acquitter de la Zakat, si elle y est contrainte


par la loi, les statuts ou une résolution de l’assemblée générale. Si l’institution accepte
le mandat qui lui est donné par tous ou une partie des actionnaires ou des titulaires de
comptes d’investissement, les mandataires doivent mettre à sa disposition les montants
nécessaires au paiement de la Zakat à leur place.
2. En l’absence de l’un des cas sus mentionnés ; la responsabilité de l’acquittement de la
Zakat incombe aux actionnaires et aux titulaires des comptes d’investissement. Le
devoir de l’institution ou de la société se limite alors à déterminer le montant de la
Zakat dû sur chaque action et sur les soldes des comptes d’investissement.

Dans notre cas, nous allons travailler en ligne avec la deuxième forme en l’absence d’une loi,
clause statutaire ou une résolution de l’assemblée générale prévoyant l’obligation de
l’acquittement de la Zakat. Dans ce cas, la responsabilité de la banque se limite dans le calcul
de la Zakat. Ainsi, nous avons 2 méthodes de calcul :

1. La détermination de l’assiette globale la Zakat dû à la fois par les actionnaires et les


titulaires des comptes d’investissement, puis la répartir sur les actionnaires et les
titulaires des comptes d’investissement selon des clés de répartition. Dans ce cas, les
comptes d’investissement ne seraient pas traités en tant que passif.
2. La détermination de l’assiette de la Zakat dû par les actionnaires à part sans passer par
l’assiette globale revenant aux actionnaires et aux titulaires des comptes
d’investissement puis déterminer l’assiette de la Zakat revenant aux titulaires des

92
comptes d’investissement. Dans ce cas, les comptes d’investissement seraient traités
comme des passifs pour la détermination de l’assiette dû par les actionnaires.

Pour la méthode de calcul, nous choisissons dans notre étude la deuxième méthode consistant
à déterminer directement l’assiette dû par les actionnaires et non pas déterminer une assiette
globale incluant la part revenant aux titulaires des comptes d’investissement. Ce choix est
justifié par le fait que si nous déterminons une assiette globale, une partie des actifs,
déduction faite d’une partie du passif déductible serait transférée aux titulaires des comptes
d’investissement alors qu’il revienne uniquement aux actionnaires ; c’est le cas des comptes
d’impôt et de sécurité sociale.

Par conséquent et vu que nous nous limitons à calculer la Zakat dû par les actionnaires, nous
allons traiter les rubriques du bilan servant à déterminer directement l’assiette dû par les
actionnaires en ligne avec la deuxième méthode.

Pour le faire, nous allons suivre la démarche suivante :

- Dans le premier chapitre, nous procédons à la présentation du traitement comptable et le


traitement du point de vue de la Zakat, des comptes du bilan les plus répandues et spécifiques
à l’activité bancaire un par un.

-Dans un deuxième lieu, nous traiterons la Zakat des banques islamiques en présentant un cas
pratique de la banque islamique tunisienne Zitouna qui procède depuis l’exercice 2014 à la
détermination de la Zakat dû par action et par les soldes des comptes d’investissement et à
fournir une information concernant la Zakat dans ses notes aux états financiers. Nous
exposerons aussi les difficultés pratiques associées au calcul de la Zakat dans le contexte
tunisien avec quelques propositions d’amélioration.

93
CHAPITRE 1 : Retraitements des différentes rubriques du bilan

Dans ce chapitre, nous envisageons de traiter les éléments du bilan afin d’identifier les actifs
qui sont soumis à la Zakat, les actifs non soumis, le passif déductible de la base de la Zakat,
les éléments du passif qui ne sont pas déductible de cette base ainsi que leur valorisation du
point de vue de la Zakat. Par valorisation, on s’entend la valeur qui devrait être retenue pour
les éléments d’actifs soumis et pour les éléments du passif à déduire.

Section 1 : Eléments d’actifs :

Cette section comporte 7 sous sections, chacune d’entre elle correspond à une rubrique d’actif
selon la présentation de la norme NCT 21 relative à la présentation des états financiers des
établissements bancaires. Elles sont comme suit ; Caisse et avoirs auprès de la BC, CCP et
TGT, Créances sur les établissements bancaires et financiers, Créances sur la clientèle,
Portefeuille-titres commercial, Portefeuille d'investissement, les Valeurs immobilisées et les
Autres actifs.

Sous-section 1 : Caisse et avoirs auprès de la BCT, CCP et TGT

Nous traiterons respectivement les comptes : caisse, avoirs auprès de la BCT et avoirs auprès
de la CCP et la TGT.

1.1 La Caisse :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

La caisse est composée des billets et monnaies libellés en Dinar tunisien ayant cours légal
ainsi que les billets et monnaies en cours de retrait dont la Banque Centrale continue à assurer
le remboursement, les monnaies et billets de banque étrangers et les chèques de voyages et
valeurs assimilées négociées sur place113;

Les opérations de caisse pour une banque, englobent les opérations effectuées par sa clientèle
dans les différents guichets de la banque. Elle inclut les remises de chèques, les versements et
retraits d’espèces, les virements et les opérations de change de devises.

113
Norme comptable NCT 21 relative à la présentation des états financiers des établissements bancaires.

94
Le solde du compte caisse représente le montant disponible à la caisse à la fin de l’exercice.
Les caisses subissent à la fin de l’exercice, un inventaire physique114 dont le résultat est
comparé au solde comptable. Tout écart positif par rapport au solde comptable doit être porté
dans un compte de passif dont le montant sera servi à des œuvres de charité.

Le solde des caisses en monnaies étrangères doit être évalué en utilisant le taux de change en
vigueur à la date de clôture115.

 Traitement de point de vue de la Zakat:

Les montants disponibles font partie de l’assiette de la Zakat sur la base de l’inventaire
effectif à la fin de l’année116 déduction faite des écarts positifs qui ne font pas partie de la
Zakat et doivent être servi à des œuvres de charité. Le solde des comptes en monnaie
étrangère est converti en utilisant le cours de change à la date d’exigibilité de la Zakat tel que
prévu par la norme Charaique n°35 relative à la Zakat117.

1.2 Avoirs auprès de la BCT :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Ces comptes enregistrent :

-la réserve obligatoire constituée par la banque sous forme de dépôts non rémunérés auprès de
la Banque Centrale de Tunisie118. La valeur de cette réserve est fonction des dépôts collectés
par la banque de la part de sa clientèle et elle pourrait être en dinars ou en monnaie étrangère.
La réserve en monnaie étrangère est évaluée en utilisant le cours de change en vigueur à la
clôture de l’exercice.

-les autres avoirs chez la Banque Centrale119. Ces avoirs sont rémunérés.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Le traitement de cette rubrique se fait de la manière suivante :


114
Article 17 de la loi 96 relative au système comptable des entreprises.
115
Norme comptable NCT 15 relative aux opérations en monnaie étrangère, paragraphe 11.
116
Guide de la Zakat, Beit Azzaket Al Kuweiti, paragraphe n° 97, page 75.
117
Normes Charaïques, page 888, paragraphe 5.1.1.
118
La réserve obligatoire est exigée par la circulaire aux banques n° 2002-05 du 6 Mai 2002.
119
Annexe à la circulaire aux banques et établissements financiers n°93-08 du 30 Juillet 1993.

95
-Pour la réserve obligatoire : dans ce cas, la banque n’a pas la possibilité de se procurer
(‫ )التصرف‬de la réserve obligatoire, nous pouvons dire que la condition de la propriété
complète (tamam al milk) fait défaut. Par conséquent, la réserve obligatoire est exclue de
l’assiette de la Zakat par référence à la Fatwa numéro 2 de la conférence d’el Baraka n° 32
pour l’année 2011120.

Par référence aussi, à la décision n°143 de Moujammaa Al Fekh al Islami ‫مجمع الفقه االسالمي‬
dans sa conférence n° 16 relative au dépôt légal ‫الوديعة القانونية‬121, ce dépôt ne fait pas partie de
l’assiette de la Zakat s’il est permanent, ce qui l’est notre cas de la réserve obligatoire, mais la
Zakat est acquittée pour une seule année en cas de sa récupération.

-Pour les autres avoirs, ils font partie de l’assiette pour le principal. Les revenus y afférents
sous forme d’intérêt n’en font pas partie122. Le montant à ajouter à l’assiette correspond au
solde comptable.

1.3 Avoirs auprès de la CCP, TGT :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Cette rubrique inclus les avoirs dans les comptes ouverts auprès du Centre de chèques postaux
et de la Trésorerie Générale de Tunisie. Ils sont comptabilisés pour la valeur correspondante à
ces avoirs.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Les paragraphes 102 relatif aux dépôts auprès d’autres banques du guide de la Zakat de Beit
Azzaket al Kuweiti123 s’applique à ces avoirs et font donc partie de l’assiette de la Zakat pour
le principal et en excluant les intérêts. Le solde à inclure dans l’assiette est celui comptable.

Sous-section 2 : Créances sur les établissements bancaires et financiers :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

120
http://www.imtithal.com/uploaded/media/fatawa/84132-2.pdf, paragraphe 2.
121
http://www.iifa-aifi.org/2171.html, paragraphe 3.
122
Paragraphe 102 du guide de la Zakat de Beit Azzaket al Kuweiti, page 78.
123
Paragraphe 102 du guide de la Zakat de Beit Azzaket al Kuweiti, page 78.

96
 Traitement comptable :

Selon la norme comptable NCT 21 relative à la présentation des états financiers des
établissements bancaires, ce poste comprend124 :

-Créances sur les établissements bancaires : les avoirs et les créances liées à des prêts ou
avances (principal et intérêts courus) détenus sur les établissements bancaires tels que définis
par les textes en vigueur régissant l'activité bancaire y compris les créances matérialisées par
des titres du marché interbancaire.

-Créances sur les établissements financiers : les avoirs et les créances liées à des prêts et
avances (principal et intérêts courus) détenus sur les établissements financiers tels que définis
par la législation en vigueur, notamment les sociétés de leasing et les sociétés de factoring.

Pour le cas des banques islamiques, ce poste comprend principalement les dépôts sous forme
de :

-Mudarabah interbancaire : est une technique de financement traduisant un partenariat


d’investissement ou la première banque apporte les fonds pour financer un projet et la
deuxième en assure la gestion125. Le référentiel comptable tunisien ne prévoit pas un
traitement au titre de cette opération ce qui nous amène à nous référer sur les normes
comptables de l’AAOIFI. Ainsi, dans ce compte nous trouvons la valeur déposée par la
banque en tant que Rab al Mal ‫رب المال‬. (Propriétaire du capital).

-Wakala Investissement : Dans le cadre d'un accord de wakala (contrat de mandat), la


personne ou l'entité chargée de réaliser les investissements (le wakil) agit en qualité de
mandataire pour le compte du fonds d'investissement et, indirectement, des investisseurs.
Comme dans le cadre d'une Mudarabah, le wakil investit les fonds de l'investisseur pour le
compte de ce dernier. Le wakil peut alors être rémunéré sur la base d'honoraires fixes ou selon
un montant indexé sur les performances des fonds investis, ou bien également selon un
système alliant ces deux modalités de rémunération126.

124
Norme comptable NCT 21 relative à la présentation des états financiers des établissements bancaires, poste
AC2, page 4.
125
L’opération de Mudarabah a été abordée au niveau de la sous-section « présentation des produits spécifiques
à l’activité de financement » de la section 1 du premier chapitre de la première partie du présent mémoire.
126
http://www.labanqueislamique.fr/Fonds%20d%20investissements.htm

97
-Dépôts ordinaires : ils s’agissent des dépôts auprès d’autres banques génératrices de revenu
moyennant un taux d’intérêt.

-Autres créances : ils s’agissent des créances nées à cause des transactions dont le montant
revient à la clientèle de la banque.

-Produits à recevoir afférents à ces dépôts et qui sont liés à l’exercice en question. Ils peuvent
être des profits revenant à la banque à l’occasion de l’opération Mudarabah fonctionnant sur
la base de la technique de partage des pertes et des profits dans le cas où le calcul des profits a
été opéré127 (‫ )المحاسبة التامة للربح‬mais ne sont pas encore distribués. Les produits à recevoir
peuvent être également des intérêts générés par les dépôts classiques dans des banques
conventionnelles ou des commissions générées par des transactions interbancaires

Ces dépôts ainsi que les créances y afférentes peuvent être en dinars comme ils peuvent être
en monnaie étrangère. Les dépôts et créances en monnaie étrangère doivent être évalués en
utilisant le cours de change en vigueur à la fin de l’exercice.

 Traitement du point de vue de la Zakat :

Le traitement des éléments de ce poste se fait comme suit :

-Mudarabah interbancaire : La banque propriétaire du capital peut procurer le Mudarib à


payer la Zakat. De ce fait la banque gestionnaire (Mudarib) devra calculer la Zakat et
déterminer la part des propriétaires du capital Mudarabah. La banque gestionnaire réclame le
montant de la Zakat auprès du propriétaire du capital et assure son paiement. La Zakat est
prélevée sur la base de la valeur des dépôts majorés du profit128.

En absence d’un calcul et du paiement de la Zakat par la banque gestionnaire, le capital


Mudarabah majoré des profits est ajouté à l’assiette de la Zakat de la Banque propriétaire du
capital (Mudarib)129.

-Wakala Investissement : la valeur d’investissement majorée des profits réalisés font partie de
la Zakat.

127
Norme comptable islamique de l’AAOIFI n° 3 relative à la Mudarabah, paragraphe 2.4.2, Cas ou la
Mudarabah dure plus qu’une année.
128
http://www.Imtithal.com, Fatwa n°375 de comité Charaique de la banque Islamique de Dubaï, paragraphe 2.
129
http://www.Imtithal.com, Fatwa n°375 de comité Charaique de la banque Islamique de Dubaï, paragraphe 1.

98
-Les dépôts ordinaires : Le principal est soumis à la Zakat. Dans le cas ou des intérêts sont
servis sur ces comptes bien que prohibés, la Zakat est acquittée sur le principal, alors que les
intérêts sont entièrement affectés à des œuvres de bienfaisance130. C’est le solde comptable
qui est retenu.

-Autres créances : le solde comptable est ajouté à l’assiette de la Zakat.

-Les créances rattachées aux dépôts chez les banques et les organismes financiers : elles sont
soumises à la Zakat s’ils s’agissent des profits générés par l’opération Mudarabah. Dans le
cas contraire et s’ils correspondent à des intérêts usuraires générés par les dépôts classiques
chez les banques conventionnelles, ils ne seront inclus dans l’assiette de cette rubrique pour le
calcul de la Zakat.

Sous-section 3 : Créances sur la clientèle :

Cette sous-section comporte le traitement du portefeuille Murabahah, portefeuille Ijarah,


compte débiteurs de la clientèle, autres financements à la clientèle, les créances rattachées aux
comptes de la clientèle et la provision sur financement de la clientèle.

3.1 Portefeuille Murabahah :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Le portefeuille Murabahah comporte les créances Murabahah c'est-à-dire les biens vendus
par la banque à ses clients après leurs acquisitions. Le portefeuille peut comporter des
créances à titre des biens mobiliers ou des biens immobiliers ou les deux ensembles.

Le référentiel comptable tunisien ne prévoit pas un traitement adaptable à cette opération. De


ce fait, c’est uniquement le principal qui est comptabilisé en tant que créance. Quant aux
revenus, ils sont constatés périodiquement au prorata du montant échu131.

Ce compte doit être retraité conformément à la norme comptable islamique FAS 2 de


l’AAOIFI relative à la Murabahah qui prévoit que les créances Murabahah sont

130
Normes Charaiques, norme 35 relative à la zakat, point 5.1.3.1, pages 888 et 889.
131
Dans ce cas, ce sont les règles de comptabilisation du contrat de location financement prévues par la norme
NCT 41 relative aux contrats de location, qui s’appliquent.

99
comptabilisées, à la valeur de trésorerie (Prix d’achat + marge) déduction faite des provisions
au titre des créances douteuses. De ce fait, la marge doit être ajoutée au prix d’achat du bien.

Cette rubrique peut aussi comporter le financement « Khadamet ». Cette technique est
semblable à la technique de Murabahah, la seule différence est l’objet de l’opération qui est
un service dans le cas d’un contrat « vente Khadamet » au lieu d’un bien.

 Traitement du point de vue de la Zakat :

Selon la comptabilité de la Zakat, le traitement de ce compte se fait comme suit :

-Les créances Murabahah que la Banque peut collecter : Elles sont soumises à la Zakat pour
le prix total, y compris la marge de profit sur la base du prix d’acquisition majoré de la marge
(Profit)132. Ainsi, la marge doit être ajoutée à la valeur inscrite au bilan conformément aux
NCT et qui correspond au prix d’achat.

-Notons que les pénalités de retard constatées au bilan au titre des créances Murabahah, le cas
échéant, ne font pas partie de l’assiette étant donné qu’elles sont prohibées.

3.2 Portefeuille Ijarah:

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Sont enregistrés dans le portefeuille Ijarah les biens acquis et qui font l’objet de location avec
option d’achat (Ijarah acquisitive selon le référentiel comptable de l’AAOIFI).

Ces actifs sont comptabilisés pour leurs coûts historiques en tant que créance selon le
référentiel tunisien. Les revenus y afférents sont constatés en produits financiers à recevoir au
prorata du montant échu133.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ce portefeuille n’entre pas dans l’assiette de la Zakat car il s’agit de biens en location mais y
entrent seulement ce qu’il produit de revenu ou de revenant encaissé durant l’année, et on
nomme ce revenu par : le revenu des locations. Ce traitement est issu de la Fatwa publié par

132
Norme Charaique n° 35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, paragraphe 5.3.4.9.
133
Norme comptable NCT 41 relative aux contrats de location, paragraphes 33 et 34.

100
conférence n° 6 de l’année 1990 d’Al Baraka pour l’économie islamique prévoyant que les
actifs qui sont objet d’un contrat « Ijarah Acquisitive » n’entrent pas dans l’assiette de la
Zakat, sauf les revenus y afférents134. Il est à tenir compte de ce qui a été effectivement
encaissé du client ou à la créance échue et non encore payée135.

Si le revenu est encaissé, il faisait partie de l’assiette parmi les fonds de la banque en caisse, et
s’il concerne une période passée mais n’est pas encore encaissé, il en fait partie parmi les
créances échues.

En cas de cession de certains d’entre ces investissements durant l’année, la valeur entrera
automatiquement dans l’assiette sous forme de liquidité dans la caisse ou sous forme d’une
créance.

3.3 Comptes débiteurs de la clientèle :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Il s'agit indistinctement des comptes débiteurs de la clientèle autre que celle ayant le statut de
banque ou d'établissement financier. Ces comptes correspondent aux comptes débiteurs des
clients ordinaires (Découverts bancaires).

Ils comportent les comptes chèques particuliers, comptes chèques entreprises, compte en
devise, compte professionnel en dinar convertible etc. Ils se caractérisent par une durée de vie
courte ne dépassant pas généralement 3 mois.

Sont applicables au découvert, les caractéristiques des classes 2, 3 et 4 définies à l'article 8 de


la circulaire aux banques n° 91-24 du 17 Décembre 1991 en ce qui concerne la classification
des actifs136.

Les provisions relatives à ces comptes sont présentées au même titre que les provisions de la
clientèle au niveau de la rubrique AC3- Créances sur la clientèle.

134
Ce traitement a été prévu aussi par la conférence 22 de la Zakat de Beit Azzaket al Kuweiti. Document
préparé par Issam Abd Hedi Abu Annasr, Zakat al Oussoul al Mouajjara al Muntahia Bettamlik, page 17.
135
Dr Abdallah Ibn Aissa al Aidhi, Zakat Addouyoun al Mouassir (‫ )زكاة الديون المعاصرة‬, page 140, paragraphe 1.
136
Article 11 de la circulaire aux banques n° 91-24 du 17 Décembre 1991

101
 Traitement de point de vue de la Zakat :

Du point de vue Zakat, ces comptes entrent dans l’assiette sur la base de leurs valeurs
comptables tant qu’elles sont des créances courantes mais les intérêts usuraires servis par ces
comptes ne font pas partie de l’assiette.

3.4 Autres financements à la clientèle :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Sont enregistrés ainsi dans cette rubrique les éléments suivants :

-Les créances douteuses de la classe 2 (Actifs incertains), la classe 3 (Actifs préoccupants) et


la classe 4 (Actifs compromis) déterminées conformément aux normes prudentielles de
division, de couverture des risques et de suivi des engagements objet de la circulaire BCT n°
91-24.

Font partie de la classe 2, les actifs restés en suspens et non apurés dans un délai de 90 jours
et sans dépasser 180 jours.

Font partie de la classe 3, les actifs restés en suspens et non apurés dans un délai de 180 jours
sans excéder 360 jours.

Font partie de la classe 4, les actifs restés en suspens au delà de 360 jours.

Toutefois, une créance classée dans une classe bien déterminée selon la classification
mécanique de la banque centrale (par antériorité des impayés) peut être améliorée ou
détériorée vers une autre classe, si la banque dispose des indicateurs sur la chance de
recouvrer ou non une créance. Par exemple une créance classée en classe 4, peut être reclassée
en classe 1 si la chance de recouvrer cette créance est certaine malgré l’antériorité des
impayés, et vice versa.

La classification des actifs est obligatoire par référence à l’article 8 de la circulaire 91-24 du
17 décembre 1991 relative à la division, couverture des risques et suivi des engagements
« Les banques sont tenues de procéder à la classification de tous leurs actifs quelle qu'en soit
la forme, qu'ils figurent au bilan ou en hors bilan et qu'ils soient libellés en dinars ou en

102
devises. Les actifs détenus directement sur l'Etat ou sur la Banque Centrale de Tunisie ne font
pas l'objet de classification ».

-La valeur des impayées à la 1ère et la 2ème présentation ou chez l’huissier, sur financement
Murabahah, Ijarah etc.

-Les créances arrangées, rééchelonnées et consolidée au profit de la clientèle autre que les
banques et les établissements financiers sur les opérations de financement Murabahah, Ijarah
etc. Les normes objectives établies pour déterminer l’ancienneté des échéances de paiement
restent applicable sur ces créances. Ils ne permettent la reprise des provisions déjà constituées
qu'en cas de la consolidation des garanties et du respect du nouveau calendrier de
remboursement. Dans le cas de nouveaux incidents de paiement, les impayés doivent être
totalement provisionnés. Si le cumul des impayés en principal atteint 25% du total de la
créance, celle-ci doit être inscrite à la classe 4137.

-Les agios réservés : ils s’agissent des produits précédemment comptabilisés au titre des actifs
des classes 2,3 et 4 mais qui ne sont pas payés. Ces produits doivent être déduits des
résultats138.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Cette rubrique comporte les créances douteuses. Le traitement des créances douteuses peut
être effectué selon l’une des alternatives suivantes :

-Ne pas incorporer la valeur correspondante à cette rubrique à l’assiette de la Zakat car les
créances douteuses ne sont soumises à la Zakat que lorsqu’elles sont recouvrées, la Zakat est
alors acquittée pour une seule année139 ; la raison pour laquelle les créances douteuses ne
sont pas soumises à la Zakat est dans ce fait que le principe de la propriété intégrale fait
défaut. Dans ce cas, la valeur des provisions sur le financement de la clientèle 3.6 de cette
section, ne fera pas l’objet de déduction de l’assiette de la Zakat.

-Incorporer la valeur correspondante à cette rubrique dans l’assiette de la Zakat et déduire les
provisions sur le financement de la clientèle qui sera l’objet du paragraphe 3.6 de cette
section.

137
Article 12 de la Circulaire aux banques n° 91-24 du 17 décembre 1991
138
Circulaire aux banques n° 91-24 du 17 décembre 1991, Article 9
139
Norme Charaique N° 35 de l’AAOIFI relative à la zakat version français, paragraphe 5.3.1 page 894.

103
-Incorporer la valeur des créances douteuses sans déduire la provision si l’acquittement de la
Zakat le jour de recouvrement n’est pas possible. La non corporation des créances douteuses
dans l’assiette de la Zakat est conditionné par l’acquittement de la Zakat le jour de
recouvrement de la créance. Toutefois, il n’est pas toujours faisable de s’acquitter de la Zakat
le jour du recouvrement notamment lorsque le nombre de jours de recouvrement est
important.

Pour les banques, le nombre de jours de recouvrement est très important et il dépasse les 200
jours en Tunisie, donc l’acquittement de la Zakat le jour de recouvrement n’est pas
pratiquement faisable. Par conséquent, nous adoptons la troisième alternative qui consiste à
incorporer les créances douteuses sans déduction des provisions y correspondantes. Par
contre, et si cette rubrique contient des intérêts, ces derniers ne font pas partie de l’assiette.

3.5 Créances rattachées aux comptes de la clientèle :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Cette rubrique enregistre les produits échus qui ne sont pas encore encaissés au titre du
financement Murabahah et Ijarah.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Comme nous l’avons précisé au niveau du poste « portefeuille Ijarah », les revenus de
location de bien dans le cadre d’opération « Ijarah acquisitive » entrent dans l’assiette de la
Zakat140. Quant aux produits générés par le financement Murabahah, ils font également,
partie de l’assiette majoré d’une fraction du prix d’achat car le portefeuille Murabahah qui a
été déjà retraité (section 3.1), tient compte que des créances à échoir.

3.6 Provisions sur le financement de la clientèle :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Les provisions sur le financement de la clientèle comportent :

140
Guide de la Zakat, Beit Azzaket Al Kuweiti, point 54, page 53.

104
-Les provisions sur engagement bilan au titre des créances douteuses de la classe 2, 3 et 4
conformément aux normes prudentielles de division, de couverture des risques et de suivi des
engagements objet de la circulaire BCT n° 91-24, qui définit les taux minima de
provisionnement qui sont de 20% pour la classe 2, 50% pour la classe 3 et 100 pour la classe
4. Les taux de provisionnement par classe de risque sont appliqués au risque net non couvert,
soit le montant de l’engagement déduction faite des agios réservés et de la valeur des
garanties obtenues sous forme d’actifs financiers, d’immeubles hypothéqués, de garanties de
l’Etat et des garanties des banques et assurances

-Les provisions collectives régies par l’article premier de la note de la BCT aux
établissements de crédit n° 2012-20 relative à l’évaluation des engagements dans le cadre des
mesures conjoncturelles de soutien aux entreprises publiques. Ces provisions couvrent les
risques encourus sur141 :

• Les créances courantes : sont les actifs dont la réalisation ou le recouvrement intégral
dans les délais paraît assuré.
• Celles nécessitant un suivi particulier (Classe 1) : font partie de la classe 1, tous les
actifs dont la réalisation ou le recouvrement intégral dans les délais assuré et qui sont
détenus sur des entreprises qui présentent l’une au moins des caractéristiques
suivantes :
-le secteur d’activité connaît des difficultés ;
-la situation financière se dégrade.

-Les provisions additionnelles : ces provisions sont constituées sur les actifs ayant une
ancienneté dans la classe 4 supérieure ou égale à 3 ans pour la couverture du risque net et ce,
conformément aux quotités minimales suivantes142 :

 40% pour les actifs ayant une ancienneté dans la classe 4 de 3 à 5 ans ;
 70% pour les actifs ayant une ancienneté dans la classe 4 de 6 à 7 ans ;
 100% pour les actifs ayant une ancienneté dans la classe 4 supérieure ou égale à 8
ans.

L’ancienneté dans la classe 4 est déterminée selon la formule suivante :

141
Circulaire aux banques n° 91-24 du 17 décembre 1991, Article 8.
142
Circulaire aux établissements de crédits n° 2013-21 du 30 décembre 2013.

105
A=N-M+1 avec ; A : Ancienneté dans la classe 4, N : Année d’arrêté des comptes, M= année
de la dernière migration vers la classe 4.

Le Risque net= Valeur de l’actif-agios réservés-Garanties reçues de l’Etat, des organismes


d’assurance et des établissements de crédit- Garanties sous forme de dépôts ou d’actifs
financiers susceptibles d’être liquidés sans que leur valeur soit affectée- Provisions constitués
conformément aux dispositions de l’article 10 de la circulaire aux établissements de crédit
n°91-24.

NB : Les établissements bancaires doivent s’interdire de reprendre les provisions déjà


constituées sur les actifs classés par le recours aux garanties immobilières143.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Le traitement dépend de la catégorie de la provision :

Les provisions individuelles constituées au titre des créances douteuses de la classe 2, 3 et 4 :


Suivant la méthode de traitement des créances douteuses que nous avons choisi, les créances
douteuses ont fait partie de l’assiette de la Zakat, de ce fait et par référence au point 45 du
guide de la Zakat, les provisions au titre des créances douteuses doivent faire l’objet de
déduction à condition de payer la Zakat sur les créances douteuses le jour de recouvrement.

Cependant, l’acquittement de la Zakat le jour de recouvrement dans un contexte bancaire


n’est pas pratiquement faisable vu le nombre important de jours de recouvrement. Donc cette
condition fait défaut et par conséquent, les provisions pour créances douteuses ne sont pas
déductibles de l’assiette de la Zakat.

Il est important de noter que les provisions liées aux créances douteuses pour lesquelles la
chance de recouvrement est nulle ou très faible selon les informations disponibles chez la
banque, peuvent être déduites car la condition de recouvrement est remise en cause et même
si le recouvrement se réalisera, l’acquittement de la Zakat est faisable vu la non fréquence de
ce type de recouvrement. Dans ce cas, la valeur devant être déduites est la valeur totale de la
créance sans déduction de la valeur des garanties reçues car leur propriété intégrale fait
défaut. La condition de s’acquitter de la Zakat au titre de la créance le jour de recouvrement
reste obligatoire.

143
Circulaire aux établissements de crédit n° 2012-09 du 29 Juin 2012.

106
-Les provisions collectives : ne sont pas déductibles de l’assiette car ces provisions ne
correspondent pas à des créances douteuses.

-Les provisions additionnelles : les provisions individuelles liées aux créances douteuses de la
classe 4 ont été déjà traitées. Par conséquent, ces provisions ne Subissent aucun traitement.

Sous-section 4 : Portefeuille titre commercial :

Cette sous-section comporte le traitement des Titres de placement, les créances rattachées aux
titres de placements et les provisions pour dépréciation des titres.

4.1 Titres de placement :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Cette rubrique comporte les placements à court terme qui sont définis au sens de la norme
comptable tunisienne N°7 relative aux placements comme suit : « un placement que
l'entreprise n'a pas l'intention de conserver pendant plus d'un an et qui, de par sa nature, peut
être liquidé à brève échéance144 ». Ce poste comprend145 :

- Titres de transaction : les titres négociables sur un marché liquide, qui sont détenus par
l'établissement bancaire avec l'intention de les vendre dans un avenir très proche, qu'ils soient
à revenu fixe ou variable.

- Titres de placement : les titres, qu'ils soient à revenu fixe ou variable, qui ne sont classés ni
dans la catégorie des titres de transaction (poste AC 4.a), ni dans la catégorie des titres du
portefeuille d'investissement (prochaine sous-section), ainsi que les revenus courus et non
échus qui leur sont rattachés.

Les éléments constituants cette rubrique sont comptabilisés à leur coût, lors de leur
acquisition146. Le coût des placements acquis par l’émission de titres correspond à la juste
valeur des titres émis et non pas à la valeur nominale.

144
Norme comptable Tunisienne n°7 relative aux placements, paragraphe 4.
145
Norme comptable NCT 21 relative à la présentation des états financiers des établissements bancaires, poste
AC4.
146
Norme comptable NCT 25 « portefeuille titres dans les établissements bancaires », paragraphe 23.

107
A la date de clôture, les placements à court terme font l'objet d'une évaluation à la valeur de
marché pour les titres cotés et à la juste valeur pour les autres placements à court terme147. Les
titres cotés qui sont très liquides sont comptabilisés à leur valeur de marché et les plus-values
et moins-values dégagées portées en résultat. Pour les titres cotés qui ne sont pas très liquides
et les autres placements à court terme, les moins-values par rapport au coût font l'objet de
provision et les plus-values ne sont pas constatées148.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Selon la comptabilité de la Zakat, il faut spécifier selon le cas :

-Pour les obligations, la Zakat est dû sur le montant nominal de l’obligation si le la valeur
nominale est inférieure au coût sinon le coût est à retenir ; quant aux intérêts, ils doivent être
affectés en totalité à des œuvres de charité149.

-Pour les bons de trésor : Même traitement que les obligations150.

-Pour les actions à court terme qui sont acquises dans un but de spéculation, il faut distinguer
deux cas :

• Si l’activité de la société dans laquelle la banque détient des actions est illicite,
il fait partie de l’assiette le principal évalué à son coût d’achat151.
• Si l’activité de la société dans laquelle la banque détient des actions est licite, il
faut ajouter à l’assiette de la Zakat la valeur de marché des actions. Toutefois
et en cas ou la société dans laquelle la banque détient participation, a payé la
Zakat sur ses actifs, il faut calculer la Zakat sur la base de la valeur du marché
et l’ajouter à l’assiette et en déduire la Zakat payée du montant de la Zakat de
la banque152.

4.2 Créances rattachées aux titres de placement :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

147
Norme comptable NCT 25 « portefeuille titres dans les établissements bancaires », paragraphe 32.
148
Norme comptable Tunisienne n°7 relative aux placements, paragraphe 4.
149
Guide de la Zakat de Beit Azzaket al Kuweiti, point 28, page 35.
150
Norme Charaique n° 35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, paragraphe 5.1.4.1.
151
Guide de la Zakat de Beit Azzaket al Kuweiti, point 20, page 31.
152
Recherches de la conférence d’el Baraka n°34 en économie islamique, page 17.

108
 Traitement comptable :

Cette rubrique enregistre les créances générées par les titres de placement et qui sont
rattachées à la période clôturée. Ces créances englobent généralement, des intérêts, des
dividendes et des parts de résultat153.

 Traitement du point de vue de la Zakat :

Ces créances sont traitées selon le cas comme suit :

-Les intérêts usuraires (relatives à des obligations, bons de trésor etc.) n’entrent pas dans
l’assiette de la Zakat car ils sont prohibés par la Charia154.

-Les autres créances entrent dans l’assiette de la Zakat si elles sont afférentes à des activités
licites.

4.3 Provision pour dépréciation des titres :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Nous parlons ici des provisions au titre des titres de placement. A la date de clôture, les
placements à court terme font l’objet d’une évaluation à la valeur de marché pour les titres
cotés et à la juste valeur pour les autres placements à court terme. Pour les titres cotés qui ne
sont pas très liquides et les autres placements à court terme, les moins-values par rapport au
coût font l'objet de provision et les plus-values ne sont pas constatées155.

Ces provisions concernent donc les moins-values relatives aux titres cotés qui ne sont pas très
liquides et les autres placements à court terme autres que les titres cotés très liquides.

153
Norme comptable NCT 21, poste AC4, paragraphe 2, page 5.
154
Guide de la Zakat de Beit Azzaket al Kuweiti, point 28, paragraphe 2 et point 29, pages 35 et 36.
155
Norme comptable NCT relative aux placements, paragraphe 15.

109
 Traitement du point de vue de la Zakat :

Pour les actions, étant donné que le calcul de la Zakat se fait sur la base de la valeur vénale,
alors les provisions relatives à ces actifs ne sont pas considérées comme un élément de passif
déductible de l’assiette de la Zakat156.

Sous-section 5 : Portefeuille d’investissements :

Cette sous-section comporte le traitement des titres de participation, les créances rattachées
aux titres d’investissement et les provisions pour dépréciation des titres d’investissement.

5.1 Titre de participation :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Les titres de participations sont des placements à long terme qui sont définis au sens de la
norme comptable tunisienne NCT n°7 relative aux produits de placement comme suit «un
placement détenu dans l'intention de le conserver durablement notamment pour exercer sur la
société émettrice un contrôle exclusif, ou une influence notable ou un contrôle conjoint, ou
pour obtenir des revenus et des gains en capital sur une longue échéance ou pour protéger, ou
promouvoir des relations commerciales157 »

A la date de clôture, les titres de participations sont évalués à leur valeur d’usage. Les moins-
values par rapport au coût font l’objet de provision. Les plus-values par rapport au coût ne
sont pas constatées. Pour déterminer la valeur d’usage, il convient de tenir compte de
plusieurs facteurs tels que la valeur de marché, l’actif net, les résultats et les perspectives de
rentabilité de l’entreprise émettrice ainsi que la conjoncture économique et l’utilité procurée à
l’entreprise158.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Le traitement de la Zakat des titres de participation dépend de l’activité de la société dans


laquelle la banque détient une participation ; si l’activité est illicite vis-à-vis la Charia, la
valeur des titres pour leur coût d’achat, seulement fait partie de l’assiette sans tenir compte

156
Ce traitement a été abordé par le paragraphe 7.2.2 de la norme Charaique n° 35 de l‘AAOIFI relative à la
Zakat.
157
Norme comptable Tunisienne n°7 relative aux produits de placement, paragraphe 4.
158
Norme comptable Tunisienne n°7 relative aux produits de placement, paragraphes 12 et 13.

110
des revenus qu’ils génèrent. Dans le cas contraire, si l’activité est licite, il est procédé
ainsi159 :

- Si la société dans laquelle la banque détient une participation, a fait la Zakat de ses argents
et donc a retenu la part de la Zakat dû par la banque, la banque ne doit pas faire sortir une
autre Zakat pour ses actions empêchant la duplication, et donc rien n’est ajouté à l’assiette
concernant ces participations.

- Si la société dans laquelle la banque détient une participation ne s’est pas acquittée de la
Zakat, le propriétaire des actions doit faire sortir la Zakat comme suit :

• Si la banque a pu savoir de la société ou d’une autre source la part de chaque


action de la base de la Zakat qui provient de la société, il est ajouté à l’assiette
de la Zakat de la Banque, la part de la banque dans l’assiette de la Zakat de la
société.
• Sinon, la banque doit calculer la base de la Zakat de la société dans laquelle
elle détient une participation. La part de la banque dans cette base est ajoutée à
l’assiette.
• Si la banque n’a pas pu calculer la Zakat d’une manière exacte, elle doit
estimer la base de la Zakat à partir des états financiers de la société. Il est à
noter que le code des sociétés commerciales donne le droit pour les sociétés
d’obtenir les états financiers des sociétés dans lesquelles elles détiennent une
participation160.
Il faut noter que si la société ne dispose pas de biens soumis à la Zakat, celle ci
est prélevée sur ce qui reste du dividende net à la fin de l’année161.

5.2 Créances rattachées aux titres d’investissement :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat

 Traitement comptable :

Ils s’agissent de créances correspondantes aux revenus générés par les titres de participation.
Elles pourraient être des dividendes, dont le droit est établi, et non encore échus162.

159
Guide de la Zakat de Beit Azzaket al Kuweiti, point 21, page 32.
160
Article 286 du code des sociétés commerciales.
161
http://www.Imtithal.com Fatwa n° 34/1, conférence d’el Baraka pour l’économie islamique année 2013 &
Norme charaique n ° 35 de l’AAOIFI relative à la zakat, point 4.2.4

111
Elles sont comptabilisées pour la valeur revenant à la banque proportionnellement au nombre
d’actions ou de parts sociales détenues dans la société.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Les créances ne font pas partie de l’assiette car le traitement de la rubrique « Titre des
participation » a pris en compte tous les actifs de la société dans laquelle la banque détient
une participation diminués des passifs. Cependant, les dividendes distribués et non encore
perçus par la banque font partie de l’assiette. Par ailleurs, si la société dans laquelle la Banque
dispose une participation ne dispose pas de biens soumis à la Zakat, mais cette participation a
généré des dividendes, ces revenus sont ajoutés à l’assiette.

5.3 Provision pour dépréciation des titres de participation :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Les provisions pour dépréciation des titres de participation sont constituées lorsque la valeur
d’usage des titres est inférieure à la valeur historique selon la norme comptable tunisienne n°7
relative aux produits de placement163. Le montant comptabilisé correspond à la différence
entre les deux valeurs.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

La valeur des provisions n’est pas déduite de l’assiette164 car le traitement de la rubrique
« Titre de participation » a tenu compte de l’actif réel de la société détenue, diminué de ses
passifs165.

Sous-section 6 : Valeurs Immobilisées :

Cette sous-section comporte le traitement des immobilisations corporelles, les


immobilisations incorporelles, les amortissements des immobilisations corporelles

162
Ces créances sont prévues par la norme comptable NCT 21 relative à la présentation des états financiers des
établissements bancaires.
163
Norme Comptable Tunisienne n°7 relative aux produits de placement, paragraphe 12.
164
Norme Charaique n° 35 de l’AAOIFI paragraphe 4.2.4
165
Point 22 du guide de la Zakat de Beit Azzaket Al Kuweiti

112
6.1 Immobilisations corporelles :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Les immobilisations corporelles sont définies comme suit « sont les éléments d'actif
physiques et tangibles qui :

-ayant un potentiel de générer des avantages futurs, sont détenus par une entreprise soit pour
être utilisés dans la production ou la fourniture de biens et de services, soit pour être loués à
des tiers, soit à des fins administratives et de soutien à leur activité ;

-sont censés être utilisés sur plus d'un exercice »166.

Une immobilisation corporelle doit être initialement évaluée à son coût d’acquisition (sont
inclus le prix d’achat, les droits et taxes non récupérables et les frais directs tels que les
commissions et frais d’actes etc.). Les dépenses postérieures y relatives doivent être ajoutées
à la valeur comptable lorsqu’il est probable que des avantages futurs, supérieurs au niveau de
performance initialement évalué du bien, bénéficieront à l’entreprise167.

« Postérieurement à sa constatation initiale à l'actif, une immobilisation corporelle doit être


comptabilisée à son coût diminué de l'amortissement, à moins que des circonstances ou
événements particuliers donnent à penser que la valeur comptable nette ne pourra pas être
récupérée par les résultats futurs provenant de son utilisation, auquel cas il y a lieu de ramener
la valeur de l'actif à sa valeur récupérable168 ».

Une immobilisation corporelle doit être amortie sur sa durée d’utilisation estimée pour refléter
la consommation des avantages économiques futurs liés à cette immobilisation169.

La rubrique des immobilisations corporelles est constituée des éléments suivants :

-Les immobilisations d’exploitation qui sont nécessaires pour l’activité de l’entreprise mais ne
générant pas de revenus directs telles que les constructions et le matériel informatique etc170.

166
Norme Comptable Tunisienne n°5 relative aux immobilisations corporelles, paragraphe 6.1
167
Norme Comptable Tunisienne 5 relative aux immobilisations corporelles, Paragraphe 13, 14 et 21
168
Norme Comptable Tunisienne 5 relative aux immobilisations corporelles, Paragraphe 40.
169
Norme Comptable Tunisienne 5 relative aux immobilisations corporelles, Paragraphe 27.
170
Norme comptable générale NCT 1, fonctionnement général des comptes, classe 2, comptes d’actifs non
courants, immobilisations corporelles.

113
-Les immobilisations acquises dans le but de réalisation d’un revenu direct, telles que les
immeubles ou les voitures acquis pour être loués dans le cadre d’un contrat de location
« Ijarah » (Location simple)171.

-Les immobilisations en cours : qui sont les immobilisations produites par l’entreprise elle-
même ou par une tierce personne non pas pour l’intention de vente qui et ne sont pas encore
achevées172.

-Les avances et acomptes payés pour l’acquisition des immobilisations corporelles173.

-Les amortissements aux immobilisations corporelles ainsi que les amortissements au titre des
actifs acquis pour être loués dans le cadre d’un contrat « Ijarah »174

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Selon la norme de la Charia n°35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, le traitement de cette


rubrique se fait comme suit :

-Les immobilisations acquises à des fins d’exploitation ne font pas partie des argents de la
Zakat car elles ne sont pas des argents croissants175.

- Les biens immeubles, les moyens de transport et autres immobilisations données à bail. La
Zakat est acquittée sur ce qui reste du loyer à la fin de l’année, en l’ajoutant aux autres
éléments de l’assiette176.

-Les immobilisations en cours n’entrent pas dans l’assiette si elles ne sont pas destinées à la
vente177.

-Les avances et acomptes payés pour l’acquisition des immobilisations corporelles n’entrent
pas dans l’assiette de la Zakat178.

171
Norme comptable générale NCT 1, fonctionnement général des comptes, classe 2, comptes d’actifs non
courants, immobilisations à statut juridique particulier.
172
Norme comptable générale NCT 1, fonctionnement général des comptes, classe 2, comptes d’actifs non
courants, immobilisations en cours.
173
Ils s’agissent des avances prévues par la norme comptable générale NCT 1, fonctionnement général des
comptes, classe 2 comptes d’actifs non courants, immobilisations en cours.
174
Norme comptable générale NCT 1, fonctionnement général des comptes, classe 2, comptes d’actifs non
courants, amortissements des immobilisations.
175
Norme Charaique n°35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, paragraphe 4.1.
176
Norme Charaique n°35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, paragraphe 4.2.1
177
Norme Charaique n°35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, paragraphe 4.2.3
178
http://www.Imtithal.com, conférence d’el baraka pour l’économie islamique : Fatwa n° 31/1 Année 2010.

114
-Les amortissements aux immobilisations corporelles ne sont pas déduits de l’assiette car
l’immobilisation elle-même objet de l’amortissement ne fait pas partie de l’assiette179.

6.2 Immobilisations incorporelles :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitements comptables :

Les immobilisations incorporelles se définissent « comme étant des actifs non monétaires
identifiables, sans substance physique et qui répondent aux critères suivants :

-ils sont obtenus ou contrôlés par une entreprise pour être utilisés à la production ou à la
fourniture de biens ou services, pour être donnés en location à des tiers, ou pour être utilisés
pour les besoins propres de l'entreprise ;

-ils ont été acquis, créés ou mis en valeur en vue d'être utilisés pendant plus d'une période
comptable ; et

-ils ne sont pas destinés à être vendus dans le cours normal des affaires180».

Selon la norme comptable NCT 6 relative aux immobilisations incorporelles, un actif


incorporel acquis ou créé est comptabilisé à son coût mesuré selon les mêmes règles que
celles régissant la comptabilisation des immobilisations corporelles. L’évaluation postérieure
des immobilisations incorporelles est le même que les immobilisations corporelles.

Un actif incorporel doit être amorti sur sa durée d’utilisation estimée pour refléter la
consommation des avantages économiques futurs liés à cette immobilisation.

La rubrique des immobilisations incorporelles est constituée des éléments suivants :

- Les immobilisations d’exploitation qui sont nécessaires pour l’activité de l’entreprise mais
qui ne génèrent pas de revenus directs telles que les logiciels, le fonds de commerce etc.181.

179
Guide de la Zakat de Beit Azzaket al Kuweiti, paragraphe 13, page 27.
180
Norme comptable Tunisienne 6 relative aux immobilisations incorporelles, paragraphe 6.
181
Sont prévues par la norme comptable générale NCT 1, fonctionnement général des comptes, classe 2,
comptes d’actifs non courants, immobilisations incorporelles.

115
- Les immobilisations en cours : qui sont les immobilisations produites par l’entreprise elle-
même ou par une tierce personne non pas pour l’intention de vente mais pour l’investissement
et qui et ne sont pas encore achevées182.

-Les avances et acomptes payés pour l’acquisition des immobilisations incorporelles183.

-Les amortissements aux immobilisations incorporelles.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Le traitement de cette rubrique se fait comme suit :

-Les immobilisations en exploitation ne font pas partie des argents de la Zakat car elles sont
utilisées pour l’exploitation et non pas pour le commerce184.

-Les immobilisations en cours n’entrent pas dans l’assiette185.

-Les avances et acomptes payés pour l’acquisition des immobilisations incorporelles n’entrent
pas dans l’assiette de la Zakat186.

-Les amortissements aux immobilisations incorporelles ne sont pas déduits de l’assiette car
l’immobilisation elle-même objet de l’amortissement ne fait pas partie de l’assiette187.

Sous-section 7 : Autres actifs :

Cette sous-section comporte le traitement des charges reportées, les débiteurs divers et les
comptes de régularisation.

7.1 Les charges reportées :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

182
Norme comptable générale NCT 1, fonctionnement général des comptes, classe 2, comptes d’actifs non
courants, immobilisations en cours.
183
Ils s’agissent des avances prévues par la norme comptable générale NCT 1, fonctionnement général des
comptes par, classe 2 immobilisation comptes d’actifs non courants, immobilisations en cours.
184
Guide de la Zakat de Beit Azzaket al Kuweiti, paragraphe 16, page 29.
185
Norme Charaique n°35 de l’AAOIFI, paragraphe 5.2.6.3
186
Conférence d’Al baraka pour l’économie islamique : Fatwa n° 31/1 Année 2010, Imtithal.com
187
Guide de la Zakat de Beit Azzaket al Kuweiti, paragraphe 13, page 27.

116
 Traitement comptable :

Les charges reportées sont les charges engagées dans un seul exercice mais qui concernent
plus qu’un exercice et elles sont donc portées à l’actif de la société. Ces charges peuvent être :

-Des frais préliminaires : « sont les frais attachés à des opérations conditionnant l'existence,
ou le développement de l'entreprise, engagés au moment de la création de l'entreprise, ou
ultérieurement à cette création dans le cadre d'une extension, de l'ouverture d'un nouvel
établissement ou d'une modification de son capital188 »

Les frais préliminaires peuvent être portés à l’actif du bilan en charges reportées dans la
mesure où ils sont nécessaires à la mise en exploitation de l’entreprise et qu’il est probable
que les activités futures permettront de récupérer les montants engagés.

-Des charges à répartir : « sont les charges engagées au cours d'un exercice, dans le cadre
d'opérations spécifiques, ayant une rentabilité globale démontrée et dont la réalisation est
attendue au cours des exercices ultérieurs189 »

Les charges à répartir peuvent être aussi portées à l’actif du bilan dans la mesure où il est
établi qu’elles ont un impact bénéfique sur les résultats futurs190.

-Les frais d’émission : sont les commissions versées aux agents et établissements financiers,
ainsi que les frais de publicité et d’impression de titres occasionnés par le lancement
d’emprunts191. Pour le cas des banques islamiques, nous pouvons parler des frais d’émission
engagés dans le cadre de lancement d’une opération Mudarabah.

Les charges reportées sont inscrites à l’actif du bilan et doivent être résorbées sur une période
maximale de 3 ans192.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ces charges ne font pas partie des argents de la Zakat parce qu’elles ne répondent même pas à
la définition de l’argent193.

188
Norme Comptable Tunisienne NCT 10 relative aux charges reportées, paragraphe 5.1
189
Norme Comptable Tunisienne NCT 10 relative aux charges reportées, paragraphe 5.2
190
Norme Comptable Tunisienne 10 relative aux charges reportées, paragraphe 18.
191
Norme comptable NCT 10 relatives aux charges reportées.
192
Norme Comptable Tunisienne 10 relative aux charges reportées, paragraphes 20 et 24.
193
Mohamed Megdich, la comptabilité de la Zakat des entreprises.

117
De plus, les amortissements de leur consommation n’affectent pas le compte de la Zakat vu
que l’origine ne subit pas la Zakat194.

7.2 Les débiteurs divers :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Cette rubrique représente les créances certaines de la banque sur des tiers autre que la
clientèle, il s’agit principalement :

-Les créances envers l’Etat telles que les retenues à la source, le crédit de TVA. Ces créances
peuvent faire l’objet d’une demande de restitution de la part de la Banque.195

-Les dépôts et cautionnements constitués par la banque196.

-Les avances versées sur les commandes des fournisseurs197.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Pour le traitement de la Zakat, il faut procéder comme suit :

-Les créances envers l’Etat : ce point n’a pas été abordé par le guide de la Zakat ni par la
norme 35 de la Zakat. Mais s’agissant d’une créance qui pourrait faire l’objet d’une déduction
du passif, éventuellement, ou d’un recouvrement de l’Etat dans le cadre d’une demande de
restitution on procède, elles font donc partie de l’assiette.

-Les avances sur commandes sont traitées selon son objet ; si l’objet de cette avance est un
bien destiné à être revendu (actif fera l’objet d’une vente Murabahah par exemple), dans ce
cas on en tient compte dans l’assiette198. Dans le cas où cette avance est associée à des biens

194
Guide de la Zakat de Beit Azzaket al Kuweiti, point 18.
195
La restitution prévue par l’article 54 du code d’IRPP et d’IS en matière d’impôt et par l’article 15 du code de
la TVA en matière de TVA.
196
Norme comptable générale NCT 1, fonctionnement général des comptes, classe 2, comptes d’actifs non
courants, autres immobilisations financières.
197
Comptes prévues par la Norme comptable générale NCT 1, fonctionnement général des comptes, classe 4,
Fournisseurs et comptes rattachés.
198
Par référence au point 5.3.4.10 de la norme Charaique n° 35 de l’AAOIFI traitant la marchandise de Salam
ayant été acquis mais n’est pas encore réceptionné.

118
et services pour l’exploitation ou pour la génération de revenu tels que des biens pour location
Ijarah, elle n’entre pas dans l’assiette de la Zakat199.

-Les dépôts et les cautionnements ne font pas partie de l’assiette car ils sont bloqués (la
possession n’est pas totale) mais ils font l’objet de la Zakat au moment de leur restitution pour
une seule année200.

7.3 Les comptes de régularisation :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Ces comptes sont utilisés pour le transfert ou la répartition des charges et des produits dans le
temps, de manière à rattacher à un exercice déterminé, toutes les charges et tous les produits
le concernant.

Ils abritent notamment,

-Les dépenses de périodes comptables postérieures à la clôture de l'exercice et qui étaient


imputées précédemment aux comptes de charges ; ils s’agissent des charges constatées
d’avance ;

-Les produits relatifs à la période comptable concernée et qui n'ont pas encore été perçus à la
fin de l'exercice ; ils s’agissent des produits à recevoir pouvant correspondre à des
commissions bancaires ou agios bancaires ;

-Les suspens débiteurs à régulariser qui ne peuvent être imputés de façon certaine à un compte
déterminé ou qui exigent une information complémentaire ;

-Les comptes d’ajustement de devises : la différence de change en moins (ajustement devises)


susceptible d'apparaître à la suite de la réévaluation des avoirs au cours moyen achat et vente
à la date de l'arrêté de la situation et celui appliqué au moment de la comptabilisation201.

199
Youssef Ben Abdallah Chebili, méthodes de calcul de la Zakat des actions et des créances de financement
2013 Page 3. Voir aussi http://www.Imtithal.com Fatwa de la Conférence n° 31 d’el Baraka pour l’économie
islamique, 2010 ayant pour sujet avance sur l’achat des biens en vue de location.
200
Guide de la Zakat, Beit Azzaket Al Kuweiti, paragraphe 51 bis, page 51.
201
Annexe à la circulaire aux banques et établissements financiers n°93-08 du 30 Juillet 1993, comptes de
régularisation, page 3.

119
-Les stocks de fournitures,

Nous pouvons retrouver dans cette rubrique aussi les stocks des biens destinés au financement
Murabahah qui sont comptabilisés au coût historique par référence à la norme comptable
NCT 4 ou à la valeur de réalisation nette si elle est inférieure202.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Le traitement de ces comptes se fait ainsi :

-Les stocks Murabahah entrent dans la base de la Zakat pour la valeur de marché car ils sont
destinés à la vente203.

-Les charges constatées d’avance ne font pas partie de la base car elles ne sont plus propriété
de l’institution204.

-Les produits à recevoir sont assimilés à des créances recouvrables, ils font par conséquent,
partie de l’assiette de la Zakat205.

-Les comptes d’ajustement de devises entrent dans l’assiette car il s’agit d’ajustement sur des
actifs monétaires.

-Les stocks de fourniture ne font pas partie des actifs soumis à la Zakat car ils sont utilisés
pour servir à l’exploitation.

202
Norme comptable NCT 4 relative aux stocks, paragraphe 10.
203
Norme Charaique n°35 relative à la Zakat, paragraphes 5.2.1 et 5.2.2.
204
Guide de la Zakat, Beit Azzaket al Kuweiti, paragraphe 53.
205
Guide de la Zakat, Beit Azzaket al Kuweiti, paragraphe 54.

120
Section 2 : Eléments du passif et de capitaux propres :

Cette section comporte 6 sous sections ; 5 sous sections correspondent à 5 rubriques de passif
et une section relative à une rubrique des capitaux propres, et ce en respectant la présentation
des états financiers prévue par la norme NCT 21 relative à la présentation des états financiers
des établissements bancaires. Elles sont comme suit : Banque centrale et CCP, Dépôts et
avoirs des établissements bancaires et financiers, Dépôts et avoirs de la clientèle, Emprunts et
Ressources spéciales, Autres passifs et Capitaux propres

Sous-section 1 : Dépôts et avoirs des établissements bancaires et financiers :

Cette sous section comporte le traitement des dépôts et avoirs des établissements bancaires et
financiers et les dettes rattachées y rattachées.

1.1 Dépôts et avoirs des établissements bancaires et financiers :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Conformément à la norme comptable NCT 21, ce poste comprend206 :

-les dettes contractées au titre d’opérations bancaires, envers les établissements bancaires y
compris les dettes matérialisées par des titres du marché interbancaire.

-les dettes contractées, au titre d’opérations bancaires, envers les établissements financiers,
notamment les sociétés de leasing et les sociétés de factoring.

Dans le contexte des banques islamiques, ce poste peut enregistrer les opérations de dépôts
participatifs207 suivantes :

-les opérations de Mudarabah interbancaire en dinars conclues avec des banques locales : ces
opérations peuvent être en Mudarabah restreinte208 ou Mudarabah non restreinte.

206
Norme comptable NCT 21 relative à la présentation des états financiers des établissements bancaires, postes
du passif PA1, page 6.
207
Les spécificités jurisprudentielles et comptables de ce type de dépôt ont été traitées au niveau de la première
partie du présent mémoire.
208
En cas d’application des normes comptables de l’AAOIFI, ce type d’opérations est enregistré parmi les
engagements hors bilan.

121
-les opérations de Mudarabah interbancaire en devise auprès des banques non résidentes : ces
opérations peuvent être en Mudarabah restreinte ou Mudarabah non restreinte. Ces dépôts
sont évalués en utilisant le cours de change en vigueur209 à la date de leur constatation. A la
date d’arrêté, ils sont évalués en utilisant le cours de change en vigueur à la date de clôture.

-Les opérations de Mudarabah avec d’autres institutions financières telles que les fonds
communs de placement.

Ces opérations sont comptabilisées pour la valeur de dépôt effectué et effectivement payé et
peuvent diminuer par les pertes réalisées, le cas échéant, qui est supporté par le déposant. Les
dépôts en devise, on leur applique le taux de change en vigueur à la date de clôture.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Les soldes de ces dépôts sont déductibles de l’assiette de la Zakat pour leur valeur comptable
car ils reviennent à leurs titulaires210. Les dépôts en devise doivent être diminués de l’assiette
pour la valeur convertie en utilisant le cours de change en vigueur à la date d’exigibilité de la
Zakat211.

1.2 Les dettes rattachées aux dépôts des établissements bancaires et financiers :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Cette rubrique enregistre les dettes qui correspondent aux profits générés par les dépôts des
banques et des autres établissements bancaires.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Les profits générés par les comptes d’investissement et revenant à leurs titulaires, sont
déductibles de l’assiette au même titre que les dépôts l’ayant généré212.

209
Il correspond, conformément au paragraphe 5.h de la norme comptable NCT 23 relative aux opérations en
devises dans les établissements bancaires, au cours de change au comptant interbancaire publié par la Banque
Centrale de Tunisie.
210
Norme Charaique n°35 relative à la Zakat, paragraphe 6.3.1. Ce traitement a été aussi prévu par le point 112
du guide de la Zakat de Beit Azzaket Al kuweiti, page 82.
211
Norme comptable de l’AAOIFI n° 16 relative aux transactions en monnaie étrangère et opérations en
monnaie étrangère, paragraphe 3.7
212
Guide de la Zakat Beit Azzaket Al Kuweiti, paragraphe 112, page 82

122
Sous-section 2 : Dépôts et avoirs de la clientèle :

Ce poste comprend les dépôts de la clientèle autre que les établissements bancaires, qu'ils
soient à vue ou à terme, les comptes d'épargne ainsi que les sommes dues213. Dans les banques
islamiques nous retrouvons les comptes à vue et les comptes d’épargne fonctionnant selon les
principes islamiques, les comptes d’investissement participatif selon le principe de
Mudarabah ainsi que les autres sommes dues à la clientèle.

2.1 Les comptes à vue :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Les comptes à vue chez les banques islamiques correspondent aux dépôts de la clientèle qui
opèrent sous le principe de la Wadiaa (‫ )الوديعة‬ou Qardh (‫ )قرض‬à la demande. Ces comptes
font partie des dépôts non participatifs car les déposants ne désirent pas investir leurs fonds.
Ils ne génèrent pas de rémunération et la banque s’engage à restituer le montant intégral du
dépôt à la demande du déposant diminués des frais de gestion du compte214.

Les déposants peuvent être des entreprises ou des particuliers. Les comptes de ces déposants
peuvent être en dinars ou en devise, et ils correspondent exactement aux montants déposés par
leurs titulaires.

Les montants en monnaie étrangère doivent être convertis en dinars à la date de l’opération,
selon le taux de change en vigueur à cette date215. Ils sont évalués, à la date de clôture, en
utilisant le taux de change en vigueur à la date de clôture216

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Les soldes comptables correspondant aux comptes à vue en dinar sont déduits de l’assiette de
la Zakat217, et de même pour les soldes comptables convertis en utilisant le taux de change en
vigueur à la date de clôture, pour les comptes à vue en devise. Toutefois et si jamais ces

213
Norme comptable NCT 21 relative à la présentation des états financiers des établissements bancaires.
214
L’AAOIFI considère que ces frais sont la contrepartie des services fournis par la banque tels que l’émission
des carnets de chèque, des cartes magnétiques et de la gestion des mouvements sur ces comptes.
215
Norme comptable Tunisienne n°23 les opérations en devises dans les établissements bancaires, paragraphe
17.
216
Norme comptable Tunisienne n°23 les opérations en devises dans les établissements bancaires, paragraphe
23.
217
Guide de la Zakat, Beit Azzaket Al Kuweiti, Paragraphe 105.

123
comptes produisent des intérêts, ces derniers ne sont pas déductibles de l’assiette. Ces intérêts
peuvent être inscrits au passif du bilan s’ils sont courus et non encore payés, dans ce cas ces
dettes ne sont pas déductibles.

2.2 Les comptes d’épargne (‫ )حسابات التوفير‬:

Ils s’agissent des dépôts permettant à leurs titulaires de retirer de l’argent à tout moment.

Les comptes d’épargne peuvent être de deux natures selon le choix du déposant :

-Comptes sans autorisation d’investissement ;

-Comptes avec autorisation d’investissement. Dans ce cas, les comptes d’épargne peuvent
générer des profits car ils sont investis par la banque islamique.

Et par conséquent, cette rubrique est constituée par la somme des montants des dépôts de la
clientèle. Il faut noter que ces montants peuvent connaitre une baisse en cas d’une perte
causée par l’investissement réalisé par la banque car la perte est supportée par le titulaire sauf
en cas de négligence par la banque.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Le solde de ces comptes est déductible de la base de la Zakat. De même pour les profits
revenants aux épargnants pour les comptes d’épargne avec autorisation d’investissement218.

2.3 Les comptes de dépôts participatifs :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat

 Traitement comptable :

Ces comptes fonctionnent selon le mécanisme de la Mudarabah, et pour cela sont spécifiques
aux banques islamiques et sont régies par le principe de partage des profits et de pertes. La
banque islamique est un gestionnaire de fonds dans cette opération.

Ces fonds sont générateurs de profits pour les déposants si la banque les investit dans des
projets rentables. Toutefois, ils peuvent donner lieu à des pertes, et par conséquent les
montants déposés peuvent baisser.

218
Guide de la Zakat, Beit Azzaket Al Kuweiti, Paragraphe 106, page 79.

124
Ces comptes peuvent être en dinar ou même en devise. Les montants en monnaie étrangère
doivent être convertis en dinars à la date de l’opération, selon le taux de change en vigueur à
cette date. Ils sont évalués, à la date de clôture, en utilisant le taux de change en vigueur à la
date de clôture tout en tenant compte des pertes réalisées, le cas échéant.

Les comptes de dépôts participatifs sont de deux natures :

-Les comptes participatifs restreints : ou le Rab al mal (déposant) autorise le Mudarib (la
banque) à investir dans un projet spécifique ou pour une durée déterminée. Par ailleurs, le Rab
Al Mal supporte les pertes à hauteur de sa proportion dans le capital investi sauf dans le cas où
la perte résulte de la négligence ou la mauvaise gestion du Mudarib.

-Les comptes participatifs non restreints : où le Rab al mal n’impose aucune restriction au
Mudarib concernant les projets à financer219.

Il faut noter qu’en application des normes comptables de l’AAOIFI, les comptes
d’investissement restreints sont enregistrés parmi les engagements hors bilan. Le référentiel
tunisien ne prévoit aucun traitement à ce type d’investissement, pour cela les deux types
d’investissement sont comptabilisés en bilan.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Les comptes de dépôts participatifs font partie du passif déductible de la base de la Zakat ainsi
que les revenus qu’ils génèrent220.

2.4 Autres sommes dues à la clientèle :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Au niveau de cette rubrique, on trouve les éléments suivants :

-La réserve pour péréquation des profits : Selon la norme comptable n° 11221 de
l’AAOIFI « La réserve de péréquation est prélevée de la masse des profits revenants aux
détenteurs des comptes d’investissements participatifs, avant prélèvement de la quote-part de

219
Les spécificités de Mudarabah ont été abordées au niveau de la première partie du présent mémoire.
220
Norme Charaique n° 35, paragraphe 6.3.1 du Guide de la Zakat de Beit Azzaket Al Kuweiti, paragraphe 112.
221
Norme comptable Islamique n°11 relative aux provisions et réserves.

125
la banque en tant que Mudarib ». Donc le montant de cette réserve appartient aux actionnaires
et aux titulaires des comptes d’investissement.

Cette réserve constitue une technique de lissage du taux de rendement des comptes
d’investissement dans les banques islamiques.

-La réserve pour risque d’investissements : Selon la norme comptable islamique n°11 de
l’AAOIFI « La réserve pour risque d’investissement est prélevée de la masse des profits nets
à revenants aux détenteurs des comptes d’investissement participatifs non restreints, après
prélèvement de la quote-part de la banque en tant que Mudarib, pour prémunir les déposants
des pertes futurs éventuelles liées à leurs investissements ». Donc le montant de cette réserve
appartient uniquement aux titulaires des comptes d’investissement.

Cette réserve constitue aussi une technique de lissage du taux de rendement des comptes
d’investissement dans les banques islamiques.

-Les comptes indisponibles : ces comptes représentent les fonds déposés par les sociétés en
création tel que prévu par le code des sociétés commerciales222. Ces fonds ne peuvent pas être
retirés qu’après l’accomplissement de toutes les formalités de constitution de la société.

-Autres provisions constituées par la clientèle : ces comptes comportent principalement :

• Les dépôts de garantie des clients bénéficiant de financement Murabahah


(‫ ھامش )الجدية‬demandés par la banque dans le cas d’un financement Murabahah
avec une promesse d’achat non contraignante pour se couvrir si le client se
rétracte de l’achat de l’actif ;
• Les provisions pour lettres de crédits ; On désigne par une lettre de crédit un
document prouvant un engagement de paiement souscrit par la banque d’un
acheteur vis-à-vis du vendeur. La banque s’engage par ce document à payer le
vendeur pour le compte de l’acheteur, si le vendeur fournit la marchandise
objet de la lettre de crédit. Elles sont comptabilisées pour le prix de la
marchandise.
• Les provisions pour lettres de garantie : Ce sont les montants réservés chez les
banques au dépend de l’obtention des lettres de garantie publiées au profit des
parties intéressés.
222
Articles 96 et 98 du code des sociétés commerciales pour les SARL et articles 167 et 168 pour les SA.

126
• Les cautions constituées par la clientèle au titre des marchés publics ou privés
ou les cautions pour autres motifs.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Le traitement de cette rubrique de point de vue de la Zakat se fait comme suit :

-La réserve pour péréquation des profits : Cette réserve est composée d’une part revenant aux
actionnaires et une autre part revenant aux titulaires des comptes d’investissement.

La part revenant aux actionnaires vient en déduction des profits des actionnaires, elle est donc
assimilée à une réserve des capitaux propres et par conséquent n’est pas déductible de
l’assiette la Zakat.

La part revenant aux titulaires des comptes d’investissement est considérée comme une
déduction du passif dû envers eux et n’est plus par conséquent leur propriété. Elle n’est pas
aussi la propriété de la banque non plus. Vu que cette part n’est pas la propriété de la banque,
elle doit faire l’objet de déduction de l’assiette de la zakat.

-La réserve pour risque d’investissements n’appartient pas à la banque223 et elle vient en
déduction du profit revenant aux titulaires des comptes d’investissement. Cette part prend le
même jugement sur la part des titulaires des comptes d’investissement dans la réserve de
péréquation des profits et elle est par conséquent déductible de l’assiette de la Zakat.

-les dépôts de garantie de la clientèle demandés par la banque au titre de financement


Murabahah (‫)ھامش الجدية‬224 sont déductibles de l’assiette.

-les cautions de soumission exigée pour participer à des appels d’offre et la caution de bonne
fin des appels d’offre sont déductibles des actifs soumis à la Zakat225.

-Les provisions pour lettre de crédit et pour lettre de garantie sont déductibles des actifs de la
Zakat par référence à la norme de la Charia n° 35 relative à la Zakat226.

223
http://www.aliftaa.jo/Decisions.sapx?Decisiond=46#.WVF_JG_LTIY, Décisions de conseil de al Iftaa de
Jordanie, décision n°45 relative au régime du compte des réserves pour risque d’investissement du 25 Avril
2000
224
Ce dépôt de garantie a été évoqué par la conférence N° 16 de Moujamaa Al Fekh Al Islami ‫مجمع الفقه االسالمي‬
de l’année 2005, décision n° 143, point 2.A
225
Même référence (la précédente) que les dépôts de garantie ‫ھامش الجدية‬
226
Norme Charaique n°35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, point 6.3.11

127
-Les comptes indisponibles prennent la forme des cautions, et sont donc déductibles de
l’assiette.

2.5 Les dettes rattachées aux comptes de la clientèle :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Cette rubrique contient les dettes dues à la clientèle et qui sont générés par ses dépôts ;
épargne participatif (compte Tawfir), les comptes de dépôts participatifs restreints et les
comptes de dépôts participatifs non restreints.

En outre, cette rubrique peut comporter des dettes qui correspondent à des intérêts générés par
les comptes de dépôt à vue.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ces dettes doivent être déduites de la base de la Zakat au même titre que les dépôts qui ont
servi à leur naissance, sauf les intérêts usuraires générés par les comptes de dépôt à vue, le cas
échéant227.

Sous-section 3 : Dettes de financements et ressources spéciales :

Cette section comporte le traitement des emprunts de financements et ressources spéciales


ainsi que les dettes y rattachées.

3.1 Emprunts et ressources spéciales :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Ce poste comprend228:

-Emprunts matérialisés : les emprunts émis par l'établissement bancaire et autres emprunts et
dettes matérialisés par un titre.

227
Les dettes correspondantes aux profits générés par les dépôts participatifs sont déductibles par référence au
paragraphe 6.3.1 de la norme Charaique n°35 de l’AAOIFI.
228
Nome comptable NCT 21 relative à la présentation des états financiers des établissements bancaires.

128
-Autres fonds empruntés : les emprunts et autres dettes contractés auprès d'organismes
nationaux et étrangers autres que les établissements bancaires, au sens des textes en vigueur
régissant l'activité bancaire et la clientèle.

-Ressources spéciales : les fonds spéciaux d'origine budgétaire ou extérieure gérés pour
compte et à affectations spécifiques autres que les emprunts définis sous (a) et (b) ci-dessus.

Ils peuvent être en dinar tunisien ou en devise. Les emprunts en devises sont enregistrés dans
la comptabilité ouverte dans chacune des devises. Elles sont ensuite converties et reversées
dans la comptabilité en monnaie de référence229.

A la date de clôture, les emprunts en devise sont convertis sur la base du cours de change en
vigueur à la date d’arrêté230.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Par référence au paragraphe 60 du guide de la Zakat de Bei Azzaket Al Kuweiti, le traitement


de la rubrique des emprunts dépend de l’affectation des ressources de l’emprunt231 :

-Si l’emprunt résulte de l’acquisition d’actifs immobilisés non soumis à la Zakat (‫)عروض قنية‬,
il n’est pas déductible de l’assiette. Même traitement si l’emprunt est contracté pour
l’acquisition des biens en vue de location dans le cadre d’un contrat « Ijarah acquisitive » vu
que le bien lui-même ne fait pas partie de l’assiette.

-Si l’emprunt résulte de l’acquisition d’actifs soumis à la Zakat à vocation commerciale à


savoir les opérations de financement Murabahah, il est donc déductible de l’assiette.

3.2 Dettes rattachées aux emprunts et ressources spéciales :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Les dettes rattachées aux emprunts représentent la rémunération de ces emprunts. Cette
rémunération est sous forme d’intérêts.

229
Norme comptable NCT 23 relative aux opérations en devise dans les établissements bancaires, paragraphe 17.
230
Norme comptable NCT 23 relative aux opérations en devise dans les établissements bancaires, paragraphes
23 et 24.
231
Ce traitement a été aussi prévu par les paragraphes 6.2.1 et 6.2.2 de la norme Charaique n° 35 relative à la
Zakat.

129
Ces dettes sont comptabilisées à mesure qu’elles sont courues, donc elles concernent soit
uniquement l’exercice concerné soit des exercices antérieurs.

Les dettes libellées en devises doivent être converties en dinars en utilisant le cours de change
au comptant interbancaire publié par la Banque Centrale de Tunisie à la date de clôture
conformément à la norme comptable tunisienne NCT n°23 relative aux opérations en devise
dans les établissements bancaires.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

S’agissant d’intérêts usuraires, ces dettes ne doivent pas être déduites de l’assiette car les
obligations prohibées ne sont pas, au regard de la charia, une dette licite et ne sont pas
considérées comme un engagement à payer232.

Sous-section 4 : Les autres passifs :

Par référence à la norme NCT 21, ce poste comprend233 :

-Provisions pour risques et charges : les provisions constituées sur les éléments du hors bilan
ainsi que les provisions pour litiges et autres passifs.

-Compte d’attente et de régularisation : les suspens créditeurs à régulariser qui ne peuvent être
imputés de façon certaine à un compte déterminé ou qui exigent une information
complémentaire ainsi que les comptes de régularisation représentant la contrepartie des pertes
constatées en résultat, relatives à des opérations de bilan ou de hors bilan et les produits
constatés d'avance. Il comprend les produits constatés d’avance, les comptes exigibles après
encaissement et les comptes d’ajustement devise.

-Autres : les dettes à l'égard des tiers qui ne figurent pas dans les autres postes de passif ainsi
que les provisions pour risques et charges qui ne peuvent pas être directement déduites des
postes d'actif à savoir les dettes envers les fournisseurs des biens utilisés dans le cadre de
financement Murabahah et financement Ijarah, les fournisseurs d’exploitation, les
fournisseurs d’immobilisation, les dettes envers l’Etat et les organismes sociaux, les dettes
envers le personnel de l’institution

232
Norme Charaique n°35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, point n° 6.2.4
233
Poste PA5 Autres passifs de la norme NCT 21 relative à la présentation des états financiers des
établissements bancaires, page 7.

130
4.1 Les fournisseurs des actifs commercialisés dans le cadre des opérations de
financement Murabahah :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Ces comptes enregistrent les dettes au titre des biens achetés pour être vendues dans le cadre
de contrats de financement Murabahah. Ça inclut les dettes fournisseurs pour lesquelles les
factures ne sont pas encore parvenues234.

Ils sont comptabilisés pour la valeur devant être payée pour se dégager de l’engagement.

Ces comptes peuvent être en dinar ou en devise. Les montants en monnaie étrangère doivent
être convertis en dinars à la date de l’opération, selon le taux de change en vigueur à cette
date235. Ils sont évalués, à la date de clôture, en utilisant le taux de change en vigueur à la date
de clôture236. Le cours de change correspond au cours de change au comptant interbancaire
publié par la Banque Centrale de Tunisie237.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ces dettes doivent être déduites de l’assiette de la Zakat pour leur valeur comptable vu
qu’elles font partie de l’activité principale de la banque238.

4.2 Les fournisseurs relatifs aux opérations de financement Ijarah :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Ces comptes enregistrent les dettes au titre des biens achetés pour être loués dans le cadre de
contrats de financement Ijarah ou Ijarah acquisitive. Ça inclut les dettes fournisseurs pour
lesquelles les factures ne sont pas encore parvenues.
234
Compte crédité dans le cas de l'inventaire permanent en cours d'exercice momentanément à chaque entrée en
stock avant la réception des factures correspondantes conformément à la norme comptable NCT 1, classe 4, page
56.
235
Norme comptable Tunisienne n°23 les opérations en devises dans les établissements bancaires, paragraphe
17.
236
Norme comptable Tunisienne n°23 les opérations en devises dans les établissements bancaires, paragraphe
23.
237
Norme comptable Tunisienne n°23 les opérations en devises dans les établissements bancaires, paragraphe
5/h
238
Norme Charaique n°35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, paragraphe 6.2.1.

131
Ces comptes peuvent être en dinar ou en devise. Les comptes en devise sont traités de la
même manière que celle présentée pour les fournisseurs de bien dans le cadre du contrat de
financement Murabahah.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ces montants ne sont pas déductibles de l’assiette de la Zakat pour les deux natures de
location ; Ijarah ou Ijarah acquisitive, vu que les actifs qui sont objet de cette dette seront
utilisés pour location et non pas pour commercialisation et vu l’actif lui-même ne fait pas
partie de l’assiette de la Zakat239.

4.3 Les fournisseurs d’immobilisations nécessaires à l’exploitation :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Les dettes envers les fournisseurs d’immobilisations sont les montants non payés au titre de
l’acquisition des immobilisations corporelles et incorporelles qui sont nécessaires à
l’exploitation telles que la construction du siège social, le matériel informatique, les logiciels
etc.

Ces dettes peuvent être en dinar ou en devise. Les montants en devise doivent être évalués à la
date de clôture, en utilisant le cours de change en vigueur à cette date.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ces montants sont des dettes rattachées à des actifs qui ne font pas partie de l’assiette de la
Zakat, et par conséquent, ces dettes ne doivent pas être diminuées de cette assiette240.

4.4 Les comptes fournisseurs ordinaires :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

239
Par référence au paragraphe 6.2.2 de la norme Charaique 35, prévoyant que les dettes correspondant à
l’acquisition des immobilisations qui ne sont pas soumises à la Zakat, ne sont pas déductibles.
240
Guide de la Zakat, Beit Azzaket Al Kuweiti, paragraphe 60.2

132
 Traitement comptable :

Ils s’agissent des dettes naissant de la relation de la banque avec ses fournisseurs ordinaires de
services ou de consommables.

Les dettes sont comptabilisées pour les montants engagés et non encore payés y compris les
dettes dont les factures ne sont pas encore parvenues.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ces dettes sont exigibles et doivent être diminuées de l’assiette241.

4.5 Fournisseurs retenues de garantie :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Ces montants sont retenus par la banque en contrepartie des engagements à exécuter par les
fournisseurs comme la retenue de garantie contre l’exécution des travaux de construction
d’une agence par exemple.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ces retenues sont déductibles pour leur valeur comptable242. Cependant si la retenue de
garantie est associée à une immobilisation corporelle ou incorporelle, elle n’est pas déductible
de l’assiette de la Zakat.

4.6 Les dettes envers l’Etat :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Ces comptes comptables enregistrent les engagements de la banque envers l’Etat. On y


retrouve ainsi243 :

241
Norme Charaique n° 35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, paragraphe 6.3.2.
242
Guide de la Zakat, Beit Azzaket Al Kuweiti, paragraphe 72.
243
Norme comptable générale n°1, classe 4, compte 43 Etat et collectivités locales, pages 58 et 59.

133
-les retenues à la source effectuées par l'entreprise pour le compte de l'Etat sur des sommes
dues à des tiers par le débit de leurs comptes.

-les engagements relatifs à la constatation et à la liquidation de l'impôt sur les sociétés.

-les taxes sur le chiffre d’affaires collectées pour le compte de l’Etat.

-les autres impôts, taxes et versements assimilés à savoir la TFP, FOPROLOS et TCL.

Les différentes dettes autres que l’impôt sur les bénéfices sont payables avant le 28 du mois
qui suit le mois de leur constatation244. L’impôt sur les sociétés est payable avant le 25 Mars
de l’année qui suit celle de sa constatation245.

Si les délais sus indiqués sont dépassés, des pénalités de retard seraient dues par la banque246.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ces dettes sont exigibles et par conséquent sont à diminuer de l’assiette de la Zakat247.
Toutefois, les pénalités de retard ne sont pas déductibles de l’assiette, le cas échéant248.

4.7 Les dettes envers la CNSS :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Ces dettes représentent les cotisations légales au profit de la caisse nationale de sécurité
sociale qui englobe la partie salariale retenue sur le personnel et la partie patronale supportée
par la banque. Elles incluent aussi les cotisations au titre du régime complémentaire.

Ces dettes sont payées trimestriellement dans un délai ne dépassant pas le 15 du troisième
mois suivant le trimestre durant lequel elles ont été constituées249. Passé ce délai, ces dettes
généreraient des pénalités de retard250.

244
Ces dispositions sont prévues par : Article 18 paragraphe 4 du code de la TVA pour la TVA, Article 16 du
code de l’IRPP et d’IS pour la TCL, Article 52 paragraphe 4 du code IRRP et IS pour les retenues à la source.
245
Article 60 paragraphe 2 du code IRRP et IS.
246
Une pénalité de 0.5% du montant de l’impôt par mois ou fraction de mois de retard est prévu par l’article 81
du code des procédures fiscaux.
247
Guide de la Zakat, Beit Azzaket Al Kuweiti, paragraphe 71.
248
Le traitement de la Zakat des pénalités de retard a été traité par Korichi Mohamed Al Akhdhar, Al Itar al
Muhassabi li Zakat Achcheriket Attijaria ‫االطار المحاسبي لزكاة الشركات التجارية‬, mémoire de master, Université
Kasdi Merbah ourgla Algérie 2009 page 177.

134
 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ces dettes sont parmi les dettes exigibles dans une courte période et par conséquent, elles
doivent être déduites de l’assiette251. Toutefois, les pénalités de retard y correspondantes, le
cas échéant, ne sont pas déductibles.

4.8 Les charges à payer :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Ce sont les charges relatives à l'exercice concerné qui n'ont pas encore été réglées à la clôture
de l'exercice.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Les charges à payer sont parmi les engagements à court terme exigibles et ils doivent être
diminués de l’assiette de la Zakat252.

4.9 Les dettes relatives aux intérêts prohibés :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Lorsque des produits prohibés par les normes islamiques sont générés par la banque, ces
produits ne doivent pas être comptabilisés au résultat de l’exercice. Ils sont alors portés dans
des comptes d’attente du passif courant vu que ces produits doivent être distribués dans des
buts caritatifs.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ces dettes ne sont pas déduites de l’assiette de la Zakat car elles sont en contradiction avec
l’un des principes de la Zakat qui est la licéité de l’argent.

249
Loi N° 1960-30 du 14 Décembre 1960 relative à l’organisation des régimes de sécurité sociale, Article 45 et
46
250
Prévue par l’article 105 Nouveau, paragraphe 2 de la loi n° 1960-30 du 14 décembre relative à l’organisation
des régimes de sécurité sociale
251
Dr Hssin Hassan Chahata, Fekh wa Mouhassabat Azzaket des sociétés ‫فقه و محاسبة زكاة الشركات‬, page 56, Caire
Egypte, 2009. "‫" يطرح من األموال الزكوية االلتزامات )الخصوم( الحالّة المستحقة قصيرة األجل وذلك للوصول إلى وعاء الزكاة‬
252
Norme Charaique n°35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, point 6.3.8

135
4.10 Les provisions pour risques et charges :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Cette rubrique compte est destinée à enregistrer les provisions pour risques et charges dont la
survenance est probable dans les douze mois à partir de la date de clôture253.

Ces provisions peuvent être principalement :

-Les provisions sur engagement hors bilan : Les engagements hors bilan sont des « opérations
qui ne donnent pas lieu à l’utilisation en trésorerie ». Toutefois, leur exécution éventuelle
pourrait modifier le montant ou la consistance du patrimoine de la banque254.

Ils sont ventilés entre :

 Engagements donnés en faveur ou d'ordre d'intermédiaires financiers et engagements


reçus de ces deniers ;
 Engagements donnés en faveur ou d'ordre de la clientèle ;
 Garanties reçues de l'Etat ou d'organismes habilités à cet effet.

Par nature, les engagements par signature englobent les engagements de financement, les
engagements de garantie et les opérations en devises255.

Les provisions sur engagement hors bilan sont constituées sur les engagements données dont
le recouvrement n’est pas certain telles que les crédits documentaires, les cautions et avals
donnés par la banque etc. Les mêmes règles de calcul de la provision des engagements
bilanciels (Antériorité de l’engagement) s’applique pour les engagements hors bilan.

-Provisions pour litiges : Sont constituées si un tiers ou un employé lance une affaire juridique
à l’encontre de la banque pour n’importe quel motif. Elles sont comptabilisées pour le
montant objet de l’affaire majoré par les frais encourus par la procédure.

-Provisions pour risque fiscal : Ces provisions sont constituées dans les cas suivants :

253
Norme comptable générale NCT 1, classe 4, page 60.
254
Annexe à la circulaire aux banques et établissements financiers n°93-08 du 30 Juillet 1993, Paragraphe 3.A.
255
Annexe à la circulaire aux banques et établissements financiers n°93-08 du 30 Juillet 1993.

136
• Dans le cas ou la banque n’a pas procédé au paiement d’un impôt à lequel elle
est soumise au titre d’exercices antérieurs (par exemple la taxe sur la valeur
ajoutée, impôt sur les bénéfices ou autres taxes). C’est le cas, d’un impôt non
reconnu par la banque.
Ces provisions sont comptabilisées pour le montant de l’impôt du et non payé
majoré des pénalités de retard.
• Dans le cas d’une taxation issue d’un contrôle fiscal effectué par les services
de contrôle fiscal conformément aux dispositions du code des procédures
fiscaux. Le montant comptabilisé correspond à celui notifié par les services de
contrôle après l’achèvement de leurs travaux. Ces montants ne sont pas
définitifs car ils donnent droit à opposition de la part du contribuable.

-Provisions pour charges de départ à la retraite : sont des provisions constituées pour faire
face aux primes de fin de carrière devant être payées au personnel de la banque. Elles sont
calculées en fonction des années travaillées par chaque personnel au sein de l’institution et
elles sont comptabilisées pour le montant dont la banque estime payer à la fin de carrière de
chaque personnel en tenant compte de l’effet de temps.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

La déduction et la non déduction des provisions pour risques et charges de l’assiette de la


Zakat dépend du type de la provision constituée :

-Les provisions pour engagement hors bilan : les engagements hors bilan sont des
engagements probables non certains et ils sont par conséquent des engagements hors champ
de la Zakat256 . Les provisions pour engagement hors bilan suivent les engagements eux-
mêmes et sont donc hors champ de la Zakat et ne sont pas déductibles de l’assiette.

-Les provisions pour litiges ne doivent pas être diminuées de l’assiette en l’absence d’un
jugement judiciaire définitif à l’encontre de la banque257. Si les montants deviennent exigibles
suite à un jugement définitif, ils deviennent déductibles de l’assiette.

256
Dr Issam Abd Al Hedi Abu Anassr Zakat des engagements hors bilan, faculté de commerce,Université al
Azhar, version Arabe, page 33.
257
Norme Charaique n° 35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, paragraphe 7.3.7 & Guide de la Zakat, Beit Azzaket
Al Kuweiti, paragraphe 75 bis

137
-Les provisions pour charges de départ à la retraite ne doivent pas être diminuées de l’assiette
selon le guide de la Zakat et selon la norme de la Charia n°35 de l’AAOIFI relative à la
Zakat258, tant qu’elles n’ont pas été effectivement payées ou qu’elles sont exigibles durant
l’exercice en cours mais qu’elles ne sont pas encore déboursées.

-Les provisions pour risque fiscal sont traitées comme suit :

• Les provisions pour impôt du et non payé sont déduites de l’assiette259.


Toutefois, les pénalités de retard y correspondant ne doivent pas être
déduites260.
• Les provisions constituées suite à une opération de contrôle fiscal ne doivent
pas être déduites sauf si elles émanent d’un jugement définitif ; par analogie
aux provisions pour litiges.

4.11 Les charges à payer pour congés payés :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Ces charges sont constituées pour traduire comptablement le solde des congés du personnel
qui ne sont pas consommés jusqu’à la clôture de l’exercice261. La charge comptabilisée
correspond au solde de congé non consommé en nombre de jours multiplié par le salaire but
du salarié y compris les charges patronales.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Selon la norme de la Charia n°35 de l’AAOIFI, ces charges ne sont pas déductibles de la
base262 alors que le Guide de la Zakat de Beit Azzaket al Kuweiti prévoit sa déduction263.
Nous adoptons la règle prévue par la norme étant donné que le décaissement de ces charges
n’est pas certain.

258
Guide de la Zakat, Beit Azzaket Al Kuweiti, paragraphe 75 & et norme Charaique n°35 de l’AAOIFI relative
à la Zakat, point 7.3.6. La décision n° 143 de la conférence n° 16 de Mojammaa Al Fekh Al Islami a prévu un
traitement convergent pour ce type de provision.
259
Norme Charaique n° 35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, paragraphe 7.3.11
260
Par référence au paragraphe 7.2.4 de la norme Charaique n°35.
261
Prévu par la norme comptable générale NCT 01, classe 4, section 42 personnel et comptes rattachés.
262
Norme Charaique n°35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, point 7.3.5
263
Guide de la Zakat, Beit Azzaket Al Kuweiti, paragraphe 74.

138
4.11 Les dettes envers le personnel :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Les dettes envers le personnel sont les salaires ou les primes qui ne sont pas encore payés
avant la date de clôture de l’exercice. Elles correspondent généralement au salaire net du mois
de décembre et à la prime nette du 4ème trimestre.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ces dettes doivent être déduites de la base de la Zakat pour leur valeur comptable.

4.12. Produits constatés d’avance :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Ce compte enregistre les montants imputés à des comptes de produits mais qui concernent des
périodes comptables postérieurs. Ces produits peuvent être des commissions de garantie, des
revenus sur vente Murabahah ou des revenus sur location Ijarah etc.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Les produits constatés d’avance ne sont pas déductibles de l’assiette de la Zakat tant que le
service associé à ces produits n’est pas encore rendu264.

4.13. Comptes exigibles après encaissements :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Ces comptes constituent la contrepartie des valeurs reçues à l’encaissement sur la Tunisie et
sur l’étranger. On entend par valeur, les chèques et les effets présentés à l’encaissement.

Les valeurs en devises doivent être converties à la clôture de l’exercice en utilisant le taux de
change en vigueur à la date de clôture.

264
Guide de la Zakat, Beit Azzaket Al Kuweiti, paragraphe 70

139
 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ces valeurs sont déductibles de l’assiette pour leurs valeurs comptables265. Les valeurs en
devises sont déductibles pour la valeur comptable convertie.

4.14. Compte d’ajustement devises :

Le traitement se fera du point de vue comptable et du point de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Ce compte correspond à l’ajustement devises qui représente la différence en plus (gain de


change) susceptible d'apparaître à la date d'arrêté à la suite de la réévaluation des avoirs et des
engagements en devises sur la base d'un cours différent de celui appliqué au moment de la
comptabilisation initiale des opérations266.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Ce compte est déductible de l’assiette car ces montants sont rattachés à des passifs monétaires
qui sont réalisés.

Sous-section 5 : Les capitaux propres

Le traitement des éléments des capitaux propres se fera du point de vue comptable et du point
de vue de la Zakat.

 Traitement comptable :

Les capitaux propres représentent les droits de propriété possédés par les actionnaires de la
banque. Ils sont l'intérêt résiduel dans les actifs de l'entreprise après déduction de tous ses
passifs267. Ils qui sont composés principalement par :

-Le capital social : il représente les apports des actionnaires à la constitution de la société ou
postérieurement à sa création.

-Les réserves : Elles désignent les montants des bénéfices affectés en tant que tels et ils sont
de 3 sortes :

265
Norme Charaique n° 35 de l’AAOIFI relative à la Zakat, point 6.3.6 page 902.
266
Annexe à la circulaire aux banques et établissements financiers n° 93-08 du 30 Juillet 1993.
267
Norme comptable NCT 02 relative aux capitaux propres, paragraphe 5.

140
• La réserve légale : cette réserve est prélevée après chaque exercice à raison de
5% des bénéfices. Ce prélèvement cesse d’être obligatoire lorsque le fonds de
réserves atteint le dixième du capital268.
• Les réserves statutaires et contractuelles, affectées suite à une disposition
statutaire, contractuelle ; et
• Les réserves facultatives affectées suite à des décisions prises par les
propriétaires de l’entreprise269. C’est le cas de la réserve pour fonds social qui
est destinée, généralement, à financer des opérations remboursables telles que
l’octroi des prêts au personnel270.

-Les bénéfices non distribués : sont les revenus de la banque nets des charges après
prélèvement des réserves et avant distribution des dividendes aux actionnaires.

-Les résultats reportés : ils représentent les résultats négatifs ou positifs non distribués et qui
sont relatives à des exercices antérieurs.

 Traitement de point de vue de la Zakat :

Le traitement pour les besoins de la Zakat se fait de la manière suivante :

-Le capital social est une source de financement à long terme mais il n’est pas parmi les
engagements de la société et par conséquent n’influe pas la base de la Zakat271.

-Les réserves font partie des droits des actionnaires, pour cette raison la règle appliquée au
capital social, elle leur s’applique également.

-Les résultats non distribués ainsi que les résultats reportés sont aussi des droits revenants aux
actionnaires qui sont eux même concernés par le calcul de la Zakat, donc ils ne doivent pas
être diminués de la base de la Zakat.

268
Article 140 du code des sociétés commerciales.
269
Norme comptable NCT 02 relative aux capitaux propres, paragraphe 5.b
270
Norme comptable NCT 02 relative aux capitaux propres, paragraphe 16.
271
Guide de la Zakat, Beit Azzaket al Kuweiti, paragraphes 79,80 et 81.

141
CHAPITRE 2 : Zakat des banques islamiques tunisiennes :

Ce chapitre est composé de trois sections, la première sera consacrée à la présentation de la


Banque Zitouna qui sera l’objet de notre étude de cas. Une deuxième section sera dédiée à la
présentation des états financiers et le calcul de la Zakat de cette Banque au niveau de laquelle
nous allons refaire un calcul de la Zakat par action au titre de l’exercice 2016 comparé
parallèlement au calcul effectué par la direction de la banque muni de quelques commentaires.
Et une section troisième dans laquelle nous essayons de mettre en exergue les contraintes
d’ordre comptable attachées à la Zakat des banques islamiques dans le contexte tunisien et les
perspectives d’amélioration.

Section 1 : Présentation de la Banque de Zitouna :

Nous présentons dans cette section la Banque de Zitouna qui sera l’objet de notre cas pratique
pour le calcul de la Zakat. Notre choix de cette banque est principalement dû au fait que cette
banque effectue le calcul de la Zakat depuis l’exercice 2014 et fournie une information dans
ses notes aux états financiers concernant la Zakat. La présentation englobe la création de la
banque et sa structure, ses missions et ses valeurs, son réseau et sa stratégie, activité et
résultats de la banque, son organisation et sa comptabilité. La source de ces informations est
le rapport annuel de la banque de zitouna au titre de l’exercice 2016.

Sous-section 1 : Création de la banque et structure du capital :

Nous présenterons la création de la banque puis sa structure de capital.

1.1. Création :

Banque Zitouna a été créée en 2009 sous forme d’une société anonyme au capital de
88 500 000 de dinars, et régie par la loi n° 2001-65 du 10 juillet 2001 relative aux
établissements de crédit telle que modifiée respectivement par la loi n° 2006-19 du 02 mai
2006 et par la loi n° 2016-48 du 11 juillet 2016 La nouvelle loi bancaire

Elle est passée par les étapes suivantes :

- Octobre 2009 : Création légale de la banque.

- Mai 2010 : Démarrage officiel de la banque et ouverture de 8 agences.

- Janvier 2011 : Mise sous tutelle de la BCT et nomination d’un administrateur provisoire.

142
-Juin 2012 : Réinstauration des instances de gouvernance et nomination d’un président
directeur général.

-Décembre 2014 : Augmentation du capital réservée à un partenaire stratégique : banque


islamique de développement.

-Décembre 2016 : Augmentation du capital social de la Banque, qui passe de 88.5 MD à


120 MD avec une libération d’un tiers en 2016 soit une augmentation de 10.5 MD

1.2 Structure du capital :

Au 31/12/2016, le capital social, est divisé en 120 000 000 actions de 1 DT chacune réparties
comme suit272 :

Tableau 4 : Structure du capital de la Banque Zitouna

Nombre Montant de la
Actionnaires % dans le capital
d'actions participation (DT)

Société Al Karama Holding SA 69 152 535 69 152 535 57,63%


L'Etat Tunisien 2 440 691 2 440 691 2,03%
Société portefeuille Invest 11 389 833 11 389 833 9,49%
Total l'Etat Tunisien Direct et Indirect 82 983 059 82 983 059 69,15%
La banque islamique de développement 25 084 739 25 084 739 20,9%
Poulina Group Holding PGH 2 711 861 2 711 861 2,26%
Centrale laitière du Cap Bon 2 711 861 2 711 861 2,26%
TTS Financière 2 711 861 2 711 861 2,26%
Ulysse Trading & Industrial Companies 2 711 861 2 711 861 2,26%
M. Rafik Bouchammaoui 1 084 742 1 084 742 0,90%
Autres actionnaires 16 16 0,0%
Total actionnaires privés et étrangers 37 016 941 37 016 941 30,95%
Total 120 000 000 120 000 000 100%

La banque Zitouna est une banque islamique qui offre une gamme complète de produits et
services innovants en respect des principes de la Finance Islamique. Elle se veut également
une banque universelle, moderne à forte responsabilité sociale ouverte sur son environnement
et participant activement au développement de la Tunisie.

272
Source, Rapport annuel de l’exercice 2016 de la Banque de Zitouna.

143
Sous-section 2 : Missions et valeurs :

Nous présenterons dans cette section respectivement les missions et les valeurs de la banque.

2.1 Missions :

La mission de Banque Zitouna s’articule de quatre principaux axes :

-Participer activement à la modernisation du système bancaire et financier national et


contribuer au développement économique et social du pays.

-Répondre à une demande de plus en plus accrue des produits et services financiers conformes
aux principes de la finance islamique.

-Accompagner la clientèle dans les différentes phases de financement et/ou de placement.

-Assurer à la clientèle une excellente qualité de service et un conseil dédié.

2.2 Valeurs :

-Ambition : La principale ambition de Banque Zitouna réside dans la concrétisation des


projets de sa clientèle.

-Equité : Banque Zitouna est profondément imprégnée des valeurs de solidarité et d’entraide
qui régissent la société Tunisienne. Son rôle est d’assurer une accessibilité équitable à son
offre de produits et services.

-Innovation : Banque Zitouna vit dans un environnement en perpétuel mouvement ou elle doit
constamment s’adapter à son environnement. En anticipant et en innovant Banque Zitouna est
convaincue de pouvoir proposer les meilleures solutions à ses clients.

-Engagement : Banque Zitouna s’engage à respecter les principes et fondements de la finance


islamique et s’inscrit dans une logique de partenariat avec ses clients et fournisseurs.

-Confiance : La confiance est le fondement même des rapports de Banque Zitouna avec ses
collaborateurs, ses fournisseurs, ses partenaires et ses clients.

-Fidélité : Banque Zitouna veille à proposer des solutions innovantes à ses clients, des
solutions fidèles à leurs valeurs et fidèles aux siennes.

144
Sous-section 3 : Réseau et stratégie de la banque :

Cette sous-section est consacrée à la présentation du réseau et la stratégie de la banque.

3.1 Réseau :

Afin de pouvoir offrir les produits et services de la Finance Islamique à tous les tunisiens,
Banque Zitouna opte pour le renforcement de la proximité clientèle. Elle a ainsi réussi de
porter le nombre d’agence à fin 2016, à 103 agences. En outre, son appareil commercial
compte 9 directions régionales.

3.2 Projets et stratégie de la banque :

Dans le cadre de sa nouvelle stratégie 2016-2020, la banque Zitouna a revu sa vision, sa


mission et ses valeurs.

 Vision :

« Etre la banque de référence en Tunisie et le leader de la finance islamique en Afrique ».

 Missions :

-Assurer une Qualité de service exemplaire ;

-Offrir des produits innovants et conformes à la Charia ;

-Etre le partenaire privilégié pour le développement de la finance islamique en Afrique ;

-Réaliser une croissance créatrice de valeur ;

-Favoriser le développement et l’épanouissement du capital humain ;

-Agir pour un développement socio-économique durable de la Tunisie.

 Valeurs :

Innovation, Transparence, confiance, Ambition, Notoriété.

Après une étude approfondie sur les différents marchés, segments clientèles, le cadre légal et
le changement du contexte économique du pays, Banque Zitouna a décliné sa stratégie en 4
axes stratégiques. :

145
Croissance et rentabilité, Conformité Charaique, Capital humain, Responsabilité sociétale et
environnementale.

Sous-section 4 : Activité et résultats de la banque :

Nous présenterons dans cette sous-section l’activité principale et les meilleurs indicateurs
de la banque.

4.1 Les dépôts de la clientèle :

Sur la période 2010-2016, les dépôts de la clientèle ont augmenté de l’ordre de 31% en
moyenne.

Le graphique ci-dessous retrace l’évolution des dépôts sur cette période : les chiffres sont
exprimés en MD :
Figure 8 : Graphique d’accroissement annuel moyen des dépôts de la clientèle de Banque
Zitouna

Taux d'accroissement annuel moyen: 31%


1 800
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600 Taux d'accroissement annuel
400 moyen: 31%
200
0

4.2 Encours des financements :

Sur la période 2010-2016 les créances à la clientèle ont été marquées par un taux
d’accroissement annuel moyen de l’ordre de 50%.

146
Figure 9 : Graphique Accroissement annuel moyen des encours de financement de Banque
Zitouna

Taux d'accroissement annuel moyen: 50%


1 800
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600 Taux d'accroissement annuel
400 moyen: 50%
200
0

4.3 La structure des financements par produits :

La structure des financements par produit montre que :

-La part des financements Murabahah s’est élevée à 80.9% à fin 2016.

-La part de l’Ijarah s’élève à 15.6% à fin 2016.


Figure 10 : Graphique de Financement par produit de Banque Zitouna

Financement par produit


Mourabaha Ijara Autres

3%

16%

81%

147
Sous-section 5 : Organisation de la banque :

Nous présenterons les organes de gouvernance et les organes de direction.

5.1 Organes de gouvernance :

Les organes de gouvernance constituant la Banque Zitouna sont :

-Le conseil d’administration,

-Comités rattachés au conseil d’administration qui sont :

 Comité permanent d’audit interne :

Il veille à la mise en place et au bon fonctionnement du système de contrôle interne et de la


fiabilité de l’information financière.

 Comité exécutif de financement :

Il est chargé d’examiner l’activité de financements de l’établissement. A ce titre, il donne son


avis au conseil d’administration sur certaines catégories de financement.

 Comité des risques :

Il a pour mission d’aider le conseil d’administration à s’acquitter de ses responsabilités


relatives à la gestion et à la surveillance des risques et au respect de la réglementation et des
politiques arrêtées en la matière.

 Comité de nominations et de rémunérations :

Il a pour mission d’arrêter la politique de rémunération en adéquation avec les performances à


moyen et long terme de l’établissement en matière de rentabilité et de risque. Ce comité a
aussi pour objectif d’assister le conseil d’administration dans l’exécution de missions ayant
pour but de renforcer les règles de bonne gouvernance de la banque.

 Comité de Charia :

Il a pour mission d’approuver l’offre de produits et services et les opérations offertes par
l’institution financière, en termes de caractéristiques produits et de documentation juridique.

148
Le comité Charia veille également à assurer le développement de la supervision de la
conformité Charaique, en interne, afin de lui permettre de vérifier le respect de la conformité
Charaique et la bonne application des décisions et fatwas prises dans le cadre de ce comité.

5.2 Organes de direction :

Les organes de direction sont le management, le comité exécutif et le comité des directeurs.

 Le management :

La direction générale de Banque Zitouna se compose du Chef Business Officer et Deputy


Chef Business Officer.

 Comité Exécutif :

La mission du Comité Exécutif réside dans l’examen et la définition de la stratégie du


développement, de l’organisation et du pilotage de la Banque.

 Comité des directeurs :

La mission du comité des directeurs a pour but d’assurer une meilleure gestion de l’activité
opérationnelle de la Banque axée sur la performance et sur le mécanisme de direction et de
leadership.

Sous-section 6 : Comptabilité de la banque :

Cette sous-section est consacrée pour la présentation du référentiel comptable appliqué par la
Banque ainsi que les principes et méthode comptable utilisés par elle.

6.1 Référentiel d’élaboration et de présentation des états financiers :

Les états financiers de la Banque Zitouna sont préparés et présentés en respectant :

-Les principes comptables généralement admis prévues par le système comptable tunisien des
entreprises,

-Les principes comptables applicables aux établissements financiers islamiques, tels que
promulgués par « the Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions
».

-Et les principes comptables édictés par les circulaires de la Banque Centrale de Tunisie.

149
Le respect de la règlementation en vigueur est établi selon l’ordre suivant :

• Loi n°96-112 du 30 décembre 1996 relative au système comptable des entreprises ;

• Décret n°96-2459 du 30 décembre 1996, portant approbation du cadre conceptuel de


la comptabilité ;

• Les normes comptables du secteur bancaire (NCT 21-NCT 25)

• La norme comptable relative aux contrats de locations (NCT 41)

• La circulaire de la Banque Centrale de Tunisie n° 91-24 du 17 décembre 1991, relative


à la division, couverture des risques et suivi des engagements, telle que modifiée par la
circulaire n°99-04 du 19 mars 1999 ;

• Les principes comptables des établissements financiers islamiques, tels que


promulgués par « the Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial
Institutions ».

Dans les cas de divergence entre les différentes sources, l’établissement des états financiers
respecte dans tous les cas les concepts et les principes prévus par le cadre conceptuel ainsi que
la hiérarchie susvisée.

6.2 Principes et méthodes comptables :

Les états financiers de la Banque Zitouna sont élaborés sur la base de la mesure des éléments
du patrimoine au coût historique.

Les principes comptables les plus significatifs se résument comme suit :

6.2.1 La rémunération des comptes :

A la date de chaque arrêté, les profits encaissés relatifs à des opérations de financement et
d’investissement dont l’origine des fonds au départ était des comptes Tawfir, des comptes
participatifs, des comptes à vue, des contrats Istithmar et/ou du capital libre de la banque, sont
répartis entre la banque et les détenteurs de ces comptes en fonction de la contribution de
chaque intervenant dans ces financements et de la clé de répartition contractuelle.

150
En outre, les principes islamiques de solidarité des exercices et de sauvegarde des intérêts des
déposants, tels que stipulés par la norme 11, prévoie la possibilité de constituer, après accord
des titulaires des comptes participatifs, deux types de réserves spécifiques : une réserve
d’équilibre des profits et une réserve pour risque d’investissement.

• Réserve d’équilibre des profits : Cette provision est prélevée de la masse des profits à
servir aux déposants, avant prélèvement de la quote-part de la banque en tant que
Mudarib. Les montants, logés sous cette rubrique, sont repartis proportionnellement
entre la banque et les déposants.

La quote-part des déposants est rattachée aux dépôts et avoirs de la clientèle.

• Réserve pour risque d’investissement : Cette réserve est prélevée de la masse des
profits à distribuer aux déposants, après prélèvement de la quote-part de la banque en
tant que Mudarib, pour prémunir les déposants des baisses éventuelles des profits dans
le futur.

Les montants, logés sous cette rubrique, sont du droit des déposants et doivent, par
conséquent, être rattachées aux dépôts et avoirs de la clientèle.

6.2.2 La Zakat :

La banque ne procède pas à la liquidation de la Zakat puisqu’elle n’a pas été expressément
mandatée à liquider la Zakat ni par une loi, ni par ses statuts, ni par l’assemblée générale des
actionnaires, ni par les clients.

Toutefois, la Banque procède au calcul du montant de la Zakat dû par les actionnaires et les
titulaires des comptes d’investissement mutlak (titulaires des comptes participatifs, comptes
Tawfir et contrats istithmar) et les titulaires des titres participatifs et ce conformément à la
norme charaique 35 « Zakat : l’Aumône légale » et en concertation avec le comité charaique.
Le calcul de la Zakat vient en application de la norme comptable 9 de l’AAOIFI qui exige de
fournir une information sur le montant de la Zakat dû dans ses notes aux états financiers.

6.2.3 Les règles d’évaluation des créances :

Conformément aux dispositions prévues par les normes comptables sectorielles des
établissements bancaires et par le circulaire n° 91-24 du 17 décembre 1991 de la Banque

151
Centrale de Tunisie, une évaluation de l’ensemble des créances de la Banque est effectuée sur
la base de la situation, à la date d’arrêté, et compte tenu des événements postérieurs à cette
date.

Cette évaluation est accompagnée d’une appréciation de l’ensemble des garanties déductibles
au sens de la circulaire n°91-24 de la Banque Centrale de Tunisie relative aux règles
prudentielles.

Ces deux opérations conduisent la Banque à déterminer un montant de provisions requises, un


montant de la dotation aux provisions et un montant des produits réservés.

Les provisions sont déterminées selon les taux prévus par la circulaire de la BCT après
déduction des garanties considérées comme valables.

(i) Prise en compte des garanties :

Les garanties qui ont été considérées comme juridiquement valables sont :

• Les garanties reçues de l'Etat tunisien, des banques et des compagnies d'assurance,
lorsqu'elles sont matérialisées ;
• Les garanties matérialisées par des instruments financiers ;
• Les hypothèques dûment enregistrées et portant sur des biens immatriculés à la
conservation de la propriété foncière, réalisables dans un délai raisonnable ;
• Les promesses d'hypothèques portant sur des terrains acquis auprès de l'AFH, l'AFI ou
l'AFT ;
• Les hypothèques maritimes dûment enregistrées.

6.2.4 Les règles de prise en compte des produits :

Les revenus sont les produits provenant de l’exploitation de la banque. Un revenu ne peut être
comptabilisé qu’au moment de sa réalisation. La prise en compte du revenu n’est effectuée
que dans l’un des cas suivants :

• Une réalisation du revenu au moment de la transaction ;


• Une réalisation du revenu lors de l’exécution du contrat ;
• Une réalisation du revenu lors du recouvrement des prestations de services

152
Dans ce cadre :

• Les commissions d’études, de gestion et de mise en place de financements, sont prises


en compte dans le résultat de la banque au moment de leur perception.
• Les commissions relatives aux engagements par signature (lettres de crédits, lettres de
garantie, etc.) sont prises en compte dans le résultat à mesure qu’elles sont courues ;
• Les profits, relatifs à des créances courantes, sont pris en compte dans le résultat à
mesure qu’ils sont courus ;
• Les profits échus et non encore encaissés, relatifs à des créances douteuses
(incertaines, préoccupantes ou compromises), sont constatés en profits réservés et
présentés en déduction des "Créances sur la clientèle". Ces profits sont pris en compte
dans le résultat de la banque à mesure de leur encaissement.
• Les produits prohibés par les normes islamiques ne sont pas comptabilisés au résultat
de l’exercice et sont portés dans des comptes d’attente du passif courant (Nafaa
Elaam), en attendant leur liquidation par le conseil d’administration ou l’assemblée
générale de la Banque, sous la supervision du comité Charia.

Les profits relatifs à des créances douteuses comptabilisés précédemment mais non payés,
sont à déduire du résultat de l’exercice. Ces profits sont comptabilisés en tant que profits
réservés et traités en tant que tels.

6.2.5 Les règles de prise en charge des charges :

Toutes les charges ayant concouru à la réalisation des revenus relatifs à l’exercice comptable,
doivent être déterminées et rattachées à ce même exercice.

Le rattachement des charges aux produits s’effectue, entre autres, par le biais des comptes de
régularisation qui sont utilisés pour répartir les charges et les produits dans le temps de
manière à rattacher à chaque exercice seulement les charges et les produits qui le concernent.

153
Section 2 : Présentation des états financiers et calcul de la Zakat :

Nous commençons dans cette sous-section par la présentation des états financiers de la
banque au titre des exercices 2015 et 2016 puis le calcul de la Zakat dû par action au titre de
l’année 2016.

Sous-section 1 : Présentation des états financiers :

Nous présentons le Bilan, l’état des engagements hors bilan, l’état de résultat et l’état de flux
de trésorerie. Quant aux notes aux états financiers, ils seront présentés dans la sous-section
relative au calcul de la Zakat

154
BILAN
En 1000 Dinars

Notes 31/12/2016 31/12/2015


ACTIF
Caisse et avoirs auprès de la BCT, CCP, et TGT 5-1-1 145 527 133 497
Créances sur les établissements bancaires et financiers 5-1-2 293 999 285 661
Créances sur la clientèle 5-1-3 1 706 725 1 252 637
Portefeuille-titre commercial 5-1-4 10 10
Portefeuille d'investissement 5-1-5 10 941 5 941
Valeurs immobilisées 5-1-6 71 309 66 107
Autres actifs 5-1-7 53 800 55 088

TOTAL ACTIF 2 282 311 1 798 941

Notes 31/12/2016 31/12/2015


PASSIF - -
Banque Centrale et CCP
Dépôts et avoirs des établissements bancaires et financiers 5-2-1 56 548 29 500
Dépôts et avoirs de la clientèle 5-2-2 1 947 604 1 532 387
Dettes de financements et Ressources spéciales 5-2-3 6 885 9 861
Autres passifs 5-2-4 92 029 71 078

TOTAL PASSIF 2 103 066 1 642 826


CAPITAUX PROPRES
Capital 99 000 88 500
Primes d'émission 28 500 28 500
Réserves - -
Autres capitaux propres 45 000 45 000
Résultats reportés (5 885) (15 396)
Résultat de l'exercice 12 630 9 511

TOTAL CAPITAUX PROPRES 5-2-5 179 245 156 115


TOTAL PASSIF ET CAPITAUX PROPRES 2 282 311 1 798 941

155
ETAT DES ENGAGEMENTS HORS BILAN

En 1000 Dinars
Notes 31/12/2016 31/12/2015
PASSIFS EVENTUELS
Cautions, avals et autres garanties données 6-1 29 868 16 946
Crédits documentaires 6-2 67 688 38 959
TOTAL DES PASSIFS EVENTUELS 97 556 55 905
ENGAGEMENTS DONNES
Engagements de financement en faveur de la clientèle 6-3 161 445 196 528
Engagements sur titres - -
TOTAL DES ENGAGEMENTS DONNES 161 445 196 528
ENGAGEMENTS REÇUS
Garanties reçues 6-4 660 910 536 803
TOTAL DES ENGAGEMENTS RECUS 660 910 536 803

156
ETAT DE RESULAT

En 1000 Dinars

Notes 31/12/2016 31/12/2015


Produits d’exploitation bancaire
Profits et revenus assimilés 8-1 118 878 90 573
Commissions 8-2 22 876 17 432
Gains sur portefeuille-titres commercial et opérations financières 8-3 6 104 4 617
Revenus du portefeuille d’investissement - -
Total produits d’exploitation bancaire 147 858 112 622
Charges d’exploitation bancaire
Charges encourus et assimilées 8-4 (44 109) (32 564)
Commissions encourues (2 007) (1 627)
Total charges d’exploitation bancaire (46 116) (34 191)

PRODUIT NET BANCAIRE 101 742 78 431


Dotations aux provisions et résultat de corrections de valeurs sur
8-5 (4 130) (6 899)
créances, hors bilan et passif
Dotations aux provisions et résultat de corrections de valeurs sur
- -
portefeuille d’investissement
Autres produits d’exploitation 99 244
Frais de personnel 8-6 (51 170) (38 896)
Charges générales d’exploitation 8-7 (19 038) (15 818)
Dotations aux amortissements sur immobilisations (8 092) (6 863)
RESULTAT D’EXPLOITATION 19 411 10 199
Solde en gain provenant des autres éléments ordinaires 24 (179)
Impôts sur les sociétés 8-8 (5 141) (356)
RESULTAT DES ACTIVITES ORDINAIRES 14 294 9 664
Solde en gain/perte provenant des éléments extraordinaires 8-9 (1 664) (153)
RESULTAT NET DE L’EXERCICE 12 630 9 511

RESULTAT PAR ACTION (DT) 8-10 0.1426 0.107

ZAKAT PAR ACTION (DT) 8-11 0.0310 0.0304

157
ETAT DE FLUX DE TRESORERIE

En 1000 Dinars

Notes 31/12/2016 31/12/2015

ACTIVITES D'EXPLOITATION
Produits d'exploitation bancaire encaissés (hors revenu du portefeuille d'investissement) 155 440 105 075
Charges d'exploitation bancaire décaissées (52 833) (41 707)
Prêts et avances / Remboursement prêts et avances accordés à des établissements
8 977 (67 443)
financiers
Dépôts / Retraits dépôts auprès d'autres établissements bancaires et financiers 26 803 19 657
Prêts et avances / Remboursement prêts et avances accordés à la clientèle (457 648) (346 359)

Dépôts / Retraits dépôts auprès de la clientèle 414 941 380 277


Titres de placement / Titres de transaction - -
Sommes versées au personnel et créditeurs divers (63 875) (49 262)
Autres flux de trésorerie provenant des activités d'exploitation 8 390 (6 223)
Impôts sur les sociétés (676) (91)

Flux de trésorerie provenant des activités d'exploitation 39 519 (6 076)

ACTIVITES D'INVESTISSEMENT
Intérêts et dividendes encaissés sur portefeuille d'investissement - -

Acquisitions cessions sur portefeuille d'investissement (5 000) (900)


Acquisitions cessions sur immobilisations (13 417) (17 790)

Flux de trésorerie net provenant des activités d'investissement (18 417) (18 690)

ACTIVITES DE FINANCEMENT
Emission / Remboursement d'emprunts (2 962) 47 660

Augmentation / diminution ressources spéciales - -


Dividendes versés - -

Encaissement suite à l'émission d'actions 10 500 -

Flux de trésorerie net provenant des activités de financement 7 538 47 660

Incidence des variations des taux de change sur les liquidités et équivalents de liquidités - -

Variation nette des liquidités et équivalents de liquidités au cours de l'exercice 28 640 22 894

Liquidités et équivalents de liquidités en début d'exercice 157 559 134 665

Liquidités et équivalents de liquidités en fin d'exercice 186 198 157 559

158
Sous-section 2 : Détermination de l’assiette de la Zakat :

Notre cas consiste à recalculer la Zakat par action relative aux actions détenues par les
actionnaires de la Banque de Zitouna, en utilisant les outils nécessaires qui sont les états
financiers à savoir le bilan, l’état de résultat et les notes aux états financiers. Les notes aux
états financiers seront présentées au niveau des paragraphes consacrés au traitement des
rubriques des états financiers pour la détermination de l’assiette de la Zakat à savoir les points
« 2.1.1 Présentation des actifs soumis/non soumis à la Zakat » et « 2.2.1 Présentation du
passif déductible de l’assiette ».

Le schéma de calcul de la Zakat tel qu’effectué par la Banque consiste à déterminer l’assiette
brute exigible par les actionnaires et les titulaires des comptes d’investissement puis la valeur
de la Zakat pour chaque groupe selon les clés de répartition. Toutefois, notre schéma se limite
à calculer la Zakat dû par action directement sans tenir compte de l’assiette revenant aux
titulaires des comptes d’investissement en considérant ces comptes d’investissement revenant
aux titulaires des comptes d’investissement des passifs. A cet effet, notre démarche de calcul
consiste à traiter les rubriques d’actifs et les rubriques de passif autres que les comptes
d’investissement suivant la démarche de la banque comparée à notre propre démarche. Nous
ajoutons un commentaire à chaque fois ou le traitement de la banque est divergent à celui que
nous tendons à adopter. Quant aux comptes d’investissement, ils seront déduits de l’assiette
en tant que passif contrairement au traitement de la banque ou ils ne subissent aucun
traitement.

Ce choix est justifié par des raisons de cohérences ; vu que la partie théorique a traité la
détermination de l’assiette de la Zakat par action qui est en ligne avec la norme charaique
n°35 relative à la Zakat.

Ce choix est justifié par le fait que si nous déterminons une assiette globale, une partie des
actifs, déduction faite d’une partie du passif déductible serait transférée aux titulaires des
comptes d’investissement alors qu’il revienne uniquement aux actionnaires ; c’est le cas des
comptes d’impôt et de sécurité sociale.

Notre méthodologie consiste donc à :

-Déterminer la valeur des actifs soumis à la Zakat suivant la démarche de la Banque.

159
-Déterminer la valeur du passif déductible de la Zakat pour le passif autre que les comptes
d’investissement, suivant la démarche de la banque, et traiter les comptes d’investissement en
tant que passif.

-Calculer de la valeur de la Zakat dû par action au titre de l’exercice 2016.

2.1 Détermination de la valeur des actifs soumis à la Zakat :

Pour la détermination de la valeur des actifs soumis à la Zakat, nous allons présenter les
différentes rubriques d’actifs détaillées dans un tableau en mentionnant les éléments soumis à
la Zakat. Des références à des commentaires peuvent être ajoutées afin de donner des
explications relatives aux comptes, ou pour attirer l’attention des cas ou nous tendons à un
traitement divergent de celui fait par la banque.

Les notes relatives au détail de certaines rubriques dont nous jugeons nécessaires pour la
qualification de leur traitement de point de vue de la Zakat, sont présentées sous le tableau en
leur faisant référence à partir du tableau.

2.1.1 Traitement des éléments d’actifs :

La présentation se fera sous la forme d’un tableau à 5 colonnes : une colonne pour les
rubriques détaillées, une colonne pour la valeur comptable, une colonne pour la valeur
soumise à la Zakat suivant le calcul de la Banque, une colonne pour la valeur soumise à la
Zakat suivant notre calcul et une colonne pour une référence à un commentaire le cas échéant.

Tableau 5 : Calcul de la valeur des actifs soumis à la Zakat de la Banque de Zitouna


Valeur Valeur
Valeur soumise à la soumise à la
Référence à un
Eléments comptable Zakat Zakat (Notre
Commentaire
2016 (Calcul de la calcul)
Banque)
Caisse et avoirs auprès de la BCT, CCP et TGT
Caisse 23 342 23 342 23 342
Comptes ordinaires BCT 119 596 133 344 119 596
C1
Chèques postaux 2 589 2 589 2 589
Créances sur les Etablissements Bancaires et
Financiers
Banques résidentes (i) 56 376 41 409 56 376
Banques non résidentes (ii) 115 201 100 234 115 201 C2
Organismes financiers spécialisés (iii) 120 500 2 086 2 086

160
Créances rattachées aux comptes des
1 922 1 922 1 922
établissements financiers et bancaires

Créances sur la clientèle


Portefeuille Murabahah (iv) 1 379 836 1 573 044 1 573 044
C3
Vente Khadamet (v) 1 198
Comptes débiteurs de la clientèle (vi) 1 227 1 227 1 227
Portefeuille Ijarah 266 479 0 0 C4
Total créances douteuses
48 507 0 48 507 C5
Autres financements à la (vii)
clientèle: Valeurs impayées des
10 661 10 661 10 661
créances saines

Arrangements et Murabahah 2 265 2 582 2 582


Rééchelonnements Ijarah 6 363 0 0 C6
Créances rattachées aux comptes de la clientèle 15 249 0 0 C7
Provisions pour créances douteuses (9 226) 0 0
Provisions collectives (8 340) 0 0 C5
Provisions additionnelles (4 897) 0 0
Agios réservés (2 597) 0 0
Portefeuille-Titres commercial
Titres de placement à revenu variable 10 10 10
Portefeuille-Titre d'investissement
Titres de participation 10 603 0 10 603 C8
Emprunt National (sans intérêts) 338 338 338
Valeurs immobilisées
Valeurs brutes des immobilisations 106 092 0 0
Amortissements (34 783) 0 0
Autres actifs
Débiteurs divers:
-Dépôts et cautionnements constitués par
68 0 0
la banque
-Avances sur commandes 1 389 0 0 C9
-Retenue à la source 52 52 52
-TVA déductible 3 797 3 797 3 797
Avance d’impôt au titre
du déficit fiscal
170 170
-Avance sur
490
impôt IS (viii) Acomptes provisionnels
2016
320 320
-Autres Débiteurs divers 4 394 4 394 4 394
-Biens Murabahah 15 540 15 540 15 540
Biens acquis dans le
cadre des opérations de -Biens Ijarah 717 0 0
financement:
-Biens Khadamet 29 29 29

161
-Débits à régulariser et
18 724 17 862 17 862 C10
Comptes de divers
régularisation -Charges payées ou
3 384 0 0
comptabilisées d'avance
-Charges à répartir sur
386 0 0
plusieurs exercices
Non Valeurs
-Frais d'émission des
330 0 0
titres participatifs
Siège, succursale et agences 571 571 571
Biens récupérés destinés à la vente (viii) 3 929 3 929 3 929 C11

Total 2 282 311 1 939 452 2 014 748

(i) Cette rubrique enregistre les opérations de Murabahah interbancaire et les valeurs en
dinars auprès de ces banques.

(ii) Cette rubrique enregistre les opérations de Murabahah interbancaire, de Wakala


investissement et les valeurs en devise auprès de ces banques.

(iii) Cette rubrique est constituée des certificats de leasing placés auprès des sociétés de
leasing.

Ces certificats fonctionnent sur la base de la technique de Mudarabah et ils permettent ainsi à
leurs titulaires d’avoir un pourcentage dans le profit résultant des opérations effectuées par les
sociétés de leasing et comme convenu entre les deux parties.

(iv) Elle enregistre l’ensemble des opérations de financement de biens à court terme, octroyés
à la clientèle via la technique « Murabahah ».

(v) Ce portefeuille enregistre l’ensemble des opérations de financements de service à court et


moyen terme, octroyés à la clientèle via la technique « ventes khadamet ».

(vi) Il s’agit des comptes débiteurs non rémunérés des clients ordinaires. L’octroi de cet
avantage aux clients n’est pas automatique. Il est soumis à une autorisation préalable auprès
de la direction générale. Aucun profit n’est constaté sur les débits en comptes.

(vii) Le solde de cette rubrique est constitué de :


Créance classe 2 13 275
Créance classe 3 2 846
Créance classe 4 32 386
Total 48 507

162
(viii) Suite à la réalisation par voie judiciaire d’un contrat Ijarah et d’un contrat Murabahah,
il a été décidé de reclasser les biens récupérés parmi les biens destinés à la vente.

2.1.2 Commentaires associés aux traitements des rubriques d’actifs :

Les commentaires dont nous avons jugés nécessaires pour apporter plus d’explications au
traitement des éléments d’actifs sont au nombre de 11.

 Commentaire C1 : Comptes ordinaires BCT et chèques postaux :

Le solde retenu par la banque est le solde comptable en tenant compte des suspens. Par contre,
nous considérons que c’est le solde comptable qui doit être retenu vu que les suspens
correspondent à des transactions pour le compte de sa clientèle a un effet nul ; si nous les
ajoutons, le compte y associé au niveau du d’actif ou du passif doivent être de même réajustés
sinon nous aurons un déséquilibre. Par contre les suspens qui correspondent à des
commissions doivent être ajoutés (déduites) du solde comptable. La valeur des commissions
est minime donc nous prenons le solde comptable sans ajustements.

 Commentaire C2- Banques résidentes et non résidentes, Organismes financiers


spécialisés et les créances y afférentes :

Le solde retenu par la banque est le solde comptable en tenant compte des suspens. Par contre,
nous considérons que c’est le solde comptable qui doit être retenu vu que les suspens
correspondent à des transactions pour le compte de sa clientèle a un effet nul ; si nous les
ajoutons, le compte y associé au niveau du d’actif ou du passif doivent être de même réajustés
sinon nous aurons un déséquilibre. Par contre les suspens qui correspondent à des
commissions doivent être ajoutés (déduites) du solde comptable. La valeur des commissions
est minime donc nous prenons le solde comptable sans ajustements.

Pour le solde de la rubrique « Organismes financiers spécialisés » il correspond à des


certificats de leasing qui sont adossés à des opérations d’Ijarah ou leasing pour un montant de
118 414. Ils subissent alors le même traitement que le portefeuille Ijarah et n’entrent pas par
conséquent dans l’assiette de la zakat.

163
Par ailleurs, ces opérations (Murabahah interbancaire, certificats de leasing) peuvent être
entourées par des non conformités vis-à-vis la Charia, donc le recours au rapport du comité de
Charia de la banque est nécessaire pour qualifier les revenus y afférents s’ils sont soumis à
l’assiette de la Zakat. Suivant ce rapport, il n’y a pas de non-conformités signalées à ce titre,
donc même les revenus associés à ces comptes font partie de la Zakat.

 Commentaire C3- Portefeuille Murabahah et Vente Khadamet :

Pour le portefeuille Murabahah, il faut tenir compte des profits non comptabilisés. La marge
n’est pas comptabilisée au bilan en appliquant les normes comptables tunisiennes NCT. La
valeur des profits non comptabilisés est de 192 008 KDT y compris la marge sur vente
Khadamet.

 Commentaire C4- Portefeuille Ijarah :

Le portefeuille Ijarah ne fait pas partie de l’assiette de la Zakat s’agissant d’un portefeuille
destiné à la location. Par contre, les revenus y afférents sont soumis à la Zakat.

 Commentaire C5- Créances douteuses et provisions y correspondantes :

La politique de la banque en matière de traitement des créances douteuses consiste à ne pas en


incorporer dans l’assiette et s’acquitter de la Zakat les concernant le jour de recouvrement de
la créance. En outre, les provisions pour créances douteuses ne subissent aucun traitement,
évidemment.

Notre choix tend à ne pas adopter cette méthode pour la raison que le nombre des jours de
recouvrement des créances au cours de l’année est assez important, donc ce n’est pas faisable
pratiquement de s’acquitter de la Zakat sur chaque créance recouvrée au cours de l’année qui
pourrait pour le faire demander un ou plusieurs personnes dédier à ne faire que cette tâche
(suivi, calcul et paiement), donc il faut dans la mesure de possible déterminer la valeur des
créances douteuse dont les chances de recouvrement sont nulle ou très faible et pouvant être
déduite pour leur valeur totale pour minimiser le problème de l’acquittement de la Zakat au
cours de l’année et pour ne pas sous-estimer la valeur de la Zakat et reporter le paiement
d’une partie de sa valeur.

Notre méthode consiste à :

164
-Tenir compte des créances douteuses dans l’assiette de la Zakat vu le nombre important des
jours de recouvrement,

-Ne pas déduire les provisions correspondant aux créances douteuses car nous n’avons pas
information sur des créances dont la chance de recouvrement est nulle ou très faible,

Idem pour les agios réservés nous tendons à déduire les agios réservés relatives aux créances
pour lesquelles les provisions ont été déduites de l’assiette de la Zakat.

 Commentaire C6- Arrangements et rééchelonnements au titre de l’opération


« Ijarah » :

Le solde correspondant à ces comptes peut comprendre des revenus de location qui sont
soumis à la Zakat et doivent être ajoutés à l’assiette. Nous n’ajoutons pas ce solde à cause
d’impossibilité d’information concernant l’existence d’un montant associé aux revenus de
location.

 Commentaire C7- Créances rattachées aux comptes de la clientèle :

Les créances sont rattachées au financement Murabahah. Elles ont été déjà prises en compte
lors de la détermination au niveau du traitement du portefeuille Murabahah.

 Commentaire C8- Titres de participation :

Pour les titres de participation, la part de la banque dans l’assiette de la Zakat da la société
dans laquelle elle détient une participation doit être ajoutée à l’assiette de la Zakat.
Cependant, la banque ne l’a pas fait à raison de l’absence de cette information. La demande
des états financiers pour la détermination de la Zakat dû par action est indispensable. A
défaut, le paiement de la Zakat se fait sur le nominal.

 Commentaire C9- Avances sur commandes :

Les avances sur commandes n’entrent pas dans l’assiette car elles sont associées à des
immobilisations corporelles.

165
 Commentaire C10- Débits à régulariser et divers :

Le principe de la propriété intégrale a été appliqué pour la détermination des montants


revenant à la banque et soumise à la Zakat et qui correspond au montant pris en compte dans
les actifs soumis.

 Commentaire C11- Biens récupérés destinés à la vente :

Les biens récupérés destinés à la vente sont des biens qui ont fait l’objet d’un contrat de
financement Murabahah ou d’un contrat de financement Ijarah et qui sont par la suite
récupérés par la banque pour défaut de paiement par l’acheteur. Ces biens sont destinés à la
vente et entrent par conséquent dans l’assiette de la Zakat.

166
2.2 Détermination de la valeur du passif déductible de l’assiette de la Zakat :

Pour la détermination de la valeur du passif déductible de l’assiette de la Zakat, nous allons


présenter les différentes rubriques de passif dans un tableau en mentionnant les éléments
déductibles de l’assiette de la Zakat. Des références à des commentaires peuvent être ajoutées
afin de donner des explications relatives aux comptes.

Les notes relatives au détail de certaines rubriques sont présentées sous le tableau en leur
faisant référence à partir du tableau.

2.2.1 Traitement des éléments du passif :

La présentation se fera sous la forme d’un tableau à 4 colonnes : une colonne pour les
rubriques détaillées, une colonne pour la valeur comptable, une colonne pour la valeur à
déduire de l’assiette de la Zakat selon le calcul de la Banque, une colonne pour la valeur à
déduire de l’assiette de la Zakat selon notre calcul et une colonne pour une référence à un
commentaire le cas échéant.
Tableau 6 : Calcul de la valeur du passif déductible de l’assiette de la Zakat de la Banque de
Zitouna
Valeur Valeur
déductible déductible de
Valeur
de l’assiette l’assiette de la Référence au
Eléments comptable
de la Zakat Zakat (Notre Commentaire
2016
(Calcul de la calcul)
banque)
Dépôts et avoirs des Etablissements bancaires et
financiers
Banques résidentes (i) 49 198 49 198 49 198
Banques non résidentes (ii) 416 0 416
Organismes financiers spécialisés (iii) 6 680 1 706 6 680 C12
Dettes rattachées aux dépôts des établissements
financiers et bancaires
254 233 254
Dépôts de la clientèle
Comptes à vue (iv) 627 336 481 441 505 194 C13
Comptes d'épargne (v) 958 896 0 805 473 C14
Autres produits financiers (vi) 200 754 0 168 633 C14
Comptes dépôts participatifs (vii) 110 632 0 92 931 C15
Comptes
11 970 11 970 11 970
indisponibles
Réserve d'équilibre de
profit "PER"
4 758 4 758 0 C16
Autres sommes dues à la Hamesh Eljediyya 3 607 3 607 3 607
clientèle Autres provisions
constituées par la 26 283 26 283 26 286
clientèle

167
Dettes rattachées aux comptes de la clientèle 3 368 1 005 3 368
Dettes de financements et Ressources spéciales
Emprunts et ressources spéciales 6 850 0 0
Dettes rattachées aux emprunts et ressources C17
35 0 0
spéciales
Autres passifs
Charges à payer 9 389 9 389 9 389
Charges à payer sur
titres participatifs
936 936 936
Produits reçus ou
constatés d'avance
73 0 0
Comptes de régularisation
Crédits à régulariser
et divers
11 120 11 005 11 005 C18
Compensation à régler 18 009 18 009 18 009
Comptes d’ajustement
71 71 71
devise
Fournisseurs
20 482 20 482 20 482
Murabahah
Fournisseurs Ijarah 3 675 0 0
Fournisseurs
29 29 29
Khadamet
Créditeurs divers
Autres fournisseurs 5 357 3 144 3 144 C19
Organismes de
3 305 3 305 3 305
prévoyance sociale
Etats, impôts et taxes
12 390 12 390 12 390
(viii)
Autres créditeurs
2 662 2 662 2 662
divers
Comptes exigibles après encaissement (x) 4 304 4 304 4 304
Provisions pour
Provisions pour risques et
créances sur autres 225 225 225 C20
charges
débiteurs divers
Provisions pour créances douteuses hors bilan 2 0 0 C21
Capitaux propres
Capital 120 000 0 0
Prime d'émission 28 500 0 0
Autres capitaux propres (xi) 45 000 0 45 000 C22
Report à nouveau (5 885) 0 0
Résultat net de l'exercice 12 630 0 0
Total Passif déductible de l'assiette de la Zakat 2 282 311 666 152 1 804 961

(i) Cette rubrique enregistre les opérations de Mudarabah interbancaire avec des Banques
résidentes et les valeurs de ces banques ouvertes sur les livres de la banque.

(ii) Cette rubrique enregistre les opérations de Mudarabah interbancaire avec des banques non
résidentes et les valeurs de ces banques ouvertes sur les livres de la banque.

(iii) Cette rubrique est constituée des contrats Istithmar des organismes financiers spécialisés.

168
(iv) Les comptes à vue représentent les comptes en dinars et les comptes réglementés non
rémunérés. Ils se détaillent comme suit :
Comptes chèques entreprises 162 783
Comptes chèques particuliers 269 464
Comptes Réglementés en devises 187 538
Comptes réglementés en dinars 7 551
Total 627 336

(v) Les comptes d’épargne sont analysés comme suit :


Hissab Tawfir 958 861
Comptes Tawfir poste 35
Total 958 896

(vi) Le solde de cette rubrique s’analyse comme suit :


Contrats Istithmar Mouajjah 140 472
Contrats Istithmar 60 282
Total 200 754

(vii) Les dépôts participatifs représentent les comptes participatifs Entreprises et les comptes
réglementés (les comptes en devises et les comptes en dinars convertibles) rémunérés :
Comptes participatifs entreprises 79 719
Comptes en dinars convertibles 8 839
Comptes en devises 22 074
Total 110 632

(viii) Ce montant englobe le montant de l’impôt exigible au titre de l’exercice 2016 de 5 141
KDT et le montant de la contribution conjoncturelle instaurée par la loi des finances pour la
gestion de l’année 2016 et calculé sur la base de 7.5% du résultat avant impôt et ce pour un
montant de 1 477 KDT.

(x) Les comptes exigibles après encaissement se détaillent comme suit :

Comptes exigibles après Encaissement 703 952


Portefeuille encaissement (699 648)
Total 4 304

(xi) La banque a émis en décembre 2015 des titres participatifs « CHAHADET ZITOUNA
2015 » à hauteur de 45 000 000 DT et ce conformément à l’article 370 du code des sociétés
commerciales aux conditions suivantes :

169
-Durée : 7 ans,
-Paiement principal : in fine,
-Taux de profit : Avance 6%+ rémunération variable selon des clés de répartition
prédéterminées et révisables annuellement.
-Paiement profit : annuel, la partie variable après la tenue de l’AGO.

2.2.2 Commentaires associés aux traitements des rubriques du passif :

Les commentaires dont nous avons jugés nécessaires pour apporter plus d’explications au
traitement des éléments du passif sont au nombre de 7.

 Commentaire C12- Banques résidentes et non résidentes, Organismes financiers


spécialisés et les dettes y rattachées

Les opérations relatives à ces rubriques peuvent être entourées par des non conformités vis-à-
vis la Charia, dans ce cas le recours au rapport du comité de la Charia de la banque est
indispensable pour pouvoir qualifier si les dettes y afférentes sont déductibles ou non. Dans
notre cas, nous n’avons aucune réserve signalée à ce titre, et par conséquent les dettes
correspondantes à ces opérations sont déductibles.

 Commentaire C13- Comptes à vue :

Les dépôts à vue sont utilisés pour financer les différentes opérations de la banque. Les actifs
soumis à la Zakat sont financés par les comptes à vue à concurrence du pourcentage
correspondant à la valeur de ces comptes par rapport à la totalité des ressources. La valeur des
actifs soumis à la Zakat et financé par les comptes à vue et qui doit être déductible de
l’assiette de la Zakat est déterminée de la manière suivante :
Libellé Montant
Dépôts à vue 627 336
Comptes dépôts participatifs 110 632
Fonds propres banque 200 245
Emprunt AL BARAKA 6 885
Comptes Istithmar * 1 215 944
Total ressources 2 161 042
Immobilisations 71 309
Part Dépôts à Vue dans les ressources ** 30%
Immobilisation Ijarah 407 139
Immob Ijarah (non soumise à la Zakat) financés par Dépôts à vue 122 142
Autres opérations (soumises à la Zakat) financés par Dépôts à vue 505 194

*Comptes Istithmar = Mudarabah interbancaire+Istithmar des organismes financiers


spécialisés+comptes d’épargne+ Contrats Istithmar= 49 198+416+6 680+958 896+200 754=
1 215 944.

170
**Part des dépôts à vue dans les ressources finançant les opérations de financement de la
banque= Dépôts à vue/(total ressources- Immobilisations de la banque)= 627 336/(2 159 336-
71 309)= 30%

Nous constatons un écart par rapport à au montant calculé par la banque expliqué par la valeur
des dépôts à vue retenue par la banque qui tient compte aussi des dépôts participatifs qui sont
différents de dépôts à vue et qui ont déjà fait l’objet de déduction ; donc il faut en tenir
compte.

 Commentaire C14- Comptes d’épargne et Autres produits financiers :

Le solde des comptes d’épargne peut être utilisé pour financier les opérations de financement
Murabahah comme il peut être utilisé pour financer les opérations d’Ijarah. Le financement
de du premier produit est déductible alors que le deuxième ne l’est pas. Prenons les
proportions de financement des deux produits, nous trouvons que la Banque finance le produit
Murabahah et autres produits similaires à 84%273 alors qu’il finance le produit Ijarah à 16%.
Sur la base de ces taux, nous considérons le montant d’épargne déductible est l’équivalent de
84% correspondant au financement des produits Murabahah, soit 958 896*84%= 805 473
KDT. Même chose pour « Autres produits financiers », 200 754*84%= 168 633 KDT.

Ces dépôts ne sont pas déductibles suivant la démarche de la banque car elle détermine une
assiette globale de la zakat revenant aux actionnaires et aux titulaires des comptes
d’investissement sont assimilés aux actionnaires.

 Commentaire C15- Comptes dépôts participatifs :

Le solde des comptes de dépôt participatif peut être utilisé pour financier les opérations de
financement Murabahah comme il peut être utilisé pour financer les opérations d’Ijarah. Le
financement de du premier produit est déductible alors que le deuxième ne l’est pas. Prenons
les proportions de financement des deux produits, nous trouvons que la Banque finance le
produit Murabahah et autres produits similaires à 84%274 alors qu’il finance le produit Ijarah
à 16%. Sur la base de ces taux, nous considérons le montant d’épargne déductible est
l’équivalent de 84% correspondant au financement des produits Murabahah, soit 110
632*84%= 92 931 KDT.

273
Rapport annuel de la Banque Zitouna au titre de l’exercice 2016, page 35
274
Rapport annuel de la Banque Zitouna au titre de l’exercice 2016, page 35

171
 Commentaire C16- Réserve d'équilibre de profit "PER" :

Ces réserves représentent la quote-part revenant aux titulaires des comptes d’investissement.
La banque opte pour la déduction de ce montant. Toutefois, nous considérons que ce montant
n’est pas déductible car les titulaires de ces montants n’ont pas l’information exacte
concernant le montant revenant à chacun d’entre eux pour qu’ils puissent payer la zakat sur
ces montants.

 Commentaire C17- Emprunts et ressources spéciales et dettes y rattachées :

Ces ressources sont destinées à financer des immobilisations corporelles et par conséquent ne
sont pas déductibles.

 Commentaire C18- Crédites à régulariser et divers :

Pour la rubrique « crédits à régulariser et divers », il faut tenir compte des suspens pour
obtenir la valeur à déduire de l’assiette. La valeur déductible de l’assiette est la valeur
comptable ajustée par les suspens.

 Commentaire C19- Autres fournisseurs :

La rubrique « autre fournisseurs » comporte à la fois des fournisseurs d’exploitation et des


fournisseurs d’immobilisations. Le solde des premiers est déductible de l’assiette alors que
celui des deuxièmes ne l’est pas. Le solde relatif aux comptes de fournisseurs d’exploitation
est de 3 144 KDT.

 Commentaire C20- Provisions pour créances sur autres débiteurs divers :

Les provisions au titre des autres débiteurs divers sont déductibles car la propriété de l’argent
y correspondant n’est plus intégrale.

 Commentaire C21- Provisions pour créances douteuses hors bilan :

« Les provisions pour créances sur engagements hors bilan » ne sont pas déductibles car les
engagements hors bilan sont hors champ de la Zakat.

 Commentaire C22- Autres capitaux propres :

172
Les autres capitaux propres représentent des titres participatifs. Ils ont par implication le
même traitement que les autres comptes d’investissement et ils sont par conséquent
déductibles de l’assiette.

2.3 Calcul de la Zakat dû par action :

Nous présenterons la valeur de la Zakat dû par action tel que déterminée par la banque, la
valeur de la Zakat dû par action tel que déterminée suivant notre calcul et une explication de
l’écart entre les deux résultats.
2.3.1 Valeur déterminée par la Banque :

Valeur de l’assiette de la Zakat = Actif soumis à la Zakat-Passif déductible

La valeur des actifs soumis à la Zakat = 1 939 452 KDT

La valeur du passif déductible= 666 153

Assiette de la Zakat= 1 939 452-666 153= 1 273 298

Zakat dû par action= Assiette de la Zakat* Fonds propres/ (fonds propres+ valeur des comptes
d’investissement+titres participatifs)

Zakat dû par action= 1 273 298 * 121 615/(121 615+ 1 131 919+45000)/99 000*2.577%=
0.0310.
2.3.2 Valeur déterminée suivant notre méthode :

Après avoir traité les éléments d’actifs et les éléments du passif du point de vue de la Zakat,
nous avons pu obtenir ce qui suit :

-Les éléments d’actifs soumis à la Zakat,

-La valeur correspondante à chaque élément d’actif soumis à la Zakat,

-Les éléments du passif déductibles de l’assiette de la Zakat,

-La valeur correspondant à chaque élément du passif déductible de l’assiette de la Zakat.

Ainsi :

-La valeur totale des actifs soumis à la Zakat qui est déterminée à partir du tableau présenté
ci-dessus est de 2 014 748 KDT

173
- La valeur totale du passif déductible de l’assiette de la Zakat qui est déterminée à partir du
tableau présenté ci-dessus est de 1 804 961 KDT

- Valeur de l’assiette de la Zakat = Actif soumis à la Zakat-Passif déductible

Valeur de l’assiette de la Zakat = 2 014 748 - 1 804 961 = 209 787 KDT

Valeur de la Zakat pour exigibles par les actionnaires = 209 787*2.577% = 5 406 KDT

Zakat dû par action= 5 406 KDT/120 000 000 = 0,0451

Etant donné que 69.15% des actions sont détenues directement ou indirectement par l’Etat
Tunisien, la valeur de 3 738 KDT (5 406*69.15%) n’est pas exigible.
2.3.3 Analyse de l’écart :

La valeur de la Zakat par action telle que calculée par la banque est de 0.0310. Un écart de
0.0141 DT par action entre le calcul fait par la banque et notre calcul. Cet écart est expliqué
principalement par la divergence de méthode de calcul adoptée.

La détermination d’une assiette globale mène au partage de certains actifs entre les
actionnaires et les titulaires des comptes d’investissement alors qu’ils devaient être supportés
uniquement par les actionnaires, c’est le cas des comptes d’impôt.

En outre, la divergence de traitement de certains comptes a eu un impact important sur le


l’écart entre les deux résultats. C’est notamment les créances sur les établissements bancaires
et financiers, les créances douteuses et les titres de participation.

174
Section 3 : Contraintes d’ordre comptable attachées à la Zakat des banques
islamiques en Tunisie et perspectives d’amélioration :

Nous essayons dans cette section de présenter des difficultés pratiques associées au calcul de
la Zakat dans le contexte tunisien. Elle comprendra donc 4 sous sections présentant les
difficultés pratiques et une sous-section présentant les perspectives d’amélioration pour
surpasser ces difficultés et les apports de cette discipline à la profession d’expertise
comptable.

Sous-section 1 : Les divergences entre les normes NCT et les normes AAOIFI et
l’absence de référence pour certains comptes :

L’adoption des normes comptables conçues par l’AAOIFI facilite la détermination de la Zakat
des banques islamiques. En effet, la norme comptable islamique n°9 relative à la Zakat, la
norme Charaique n°35 relative à la Zakat ainsi que le guide de la Zakat de Beit Azzaket al
Kuweiti sont en harmonie avec les normes comptables islamiques de l’AAOIFI qui présente
certaines divergences avec les normes comptables NCT.

Nous trouvons certaines rubriques au niveau des états financiers établis conformément aux
normes comptables NCT et qui ne sont pas prévues par les normes comptables de l’AAOIFI,
et vice versa. Les particularités majeures concernent notamment le traitement des provisions
des créances douteuses et le traitement du produit Murabahah.

La particularité comptable des provisions relatives aux créances douteuses conformément aux
NCT ne sert pas facilement à les traiter du point de vue de la Zakat du fait que la provision est
calculée en tenant compte des garanties reçues et en appliquant des taux selon la classe de la
créance, cela nécessite un traitement supplémentaire et des réflexions pour le traitement de la
Zakat.

Quant au traitement comptable du produit Murabahah conformément aux NCT il ne tient pas
compte de la marge sur vente, donc il est nécessaire de recourir aux données extracomptables
pour déterminer la marge sur toutes les opérations Murabahah qui est soumise à la Zakat.

L’adoption des normes comptables islamiques de l’AAOIFI est d’une grande utilité pour une
bonne application des références relatives à la Zakat sur le calcul de la Zakat des banques
islamiques tunisiennes.

175
Une autre contrainte relative à l’absence de référence traitant la Zakat de certains comptes à
savoir, les garanties reçues de la clientèle et la réserve de péréquation des profits et la réserve
pour risque d’investissement. Pour les garanties reçues, la question est de savoir si elles
doivent être prises en compte pour la détermination de la valeur de la provision déductible de
l’assiette de la Zakat. Quant aux réserves, la question est de savoir si elles doivent être
déduites de l’assiette.

Sous-section 2 : Difficultés de calcul de l’assiette de la Zakat liées à la juste valeur :

Nous avons indiqué que les actifs non monétaires doivent entrer dans l’assiette de la Zakat
pour leur juste valeur. Les actifs non monétaires de la banque islamique sont diversifiés et
hétérogènes ; des actions, des biens meubles de différentes natures, des biens immeubles de
différentes natures et géographiquement dispersés. La juste valeur pose quelques difficultés à
savoir le coût d’obtention de l’information et la compétence et l’objectivité qui sont
nécessaires pour la détermination de cette valeur.

 Coûts d’obtention de l’information :

La valeur de marché requiert le développement de certaines ressources pour la détermination


continue des valeurs. Ce qui peut être assez onéreux275.

L’évaluation à la valeur de marché nécessite le recours aux compétences spécialistes en


évaluation276 pour les différents actifs détenus par la banque. Selon la norme d’audit ISA 620
« Utilisation des travaux d’un expert », le terme « expert » désigne une personne ou un
cabinet possédant des compétences, des connaissances et une expérience spécifique dans un
domaine particulier autre que la comptabilité et l’audit. Ainsi, il faut engager :

• Un spécialiste dans le secteur d’automobile pour l’évaluation du stock des


véhicules acquis dans l’intention de la vente dans le cadre de financement
Murabahah,
• Un spécialiste dans l’évaluation des machines industrielles acquis dans
l’intention de la vente,

275
Chiraz Drira Ghhorbel « L’évaluation à la juste valeur et la qualité de l’information comptable », mémoire
d’expertise comptable, Université de Sfax, 2003, Page 81.
276
Anis Wahabi « Evaluation à la juste valeur », mémoire d’expertise comptable, Université de Carthage, IHEC
Carthage, 2005

176
• Un autre spécialisé dans le secteur immobilier qui doit avoir connaissance des
différentes zones géographiques, sinon il va falloir en dégager plusieurs, pour
l’évaluation des constructions disponibles pour la vente ou en cours pour être
vendues dans le cadre de financement Murabahah.

La réévaluation doit se faire annuellement et par conséquent des coûts annuels liés à
l’évaluation devraient se générer.

Le recours à des experts nécessite quelqu’un qui coordonne avec eux, collecte les
informations et les faire saisir, s’assure que tous les biens ont été évalués. Ça pourrait, par
conséquent amener la banque à supporter des coûts supplémentaires en recrutant une personne
qui serait chargée à exécuter ces tâches.

 Compétence et objectivité :

Le besoin en information relative à la juste valeur qui est nécessaire pour servir le calcul de la
Zakat de certains comptes fait appel à des personnes spécialisées. Ces personnes chargées de
la détermination de la juste valeur doivent être à la fois compétentes et objectives pour que la
valeur déterminée servant au calcul de la Zakat soit proche de la réalité.

Sous-section 3 : Insuffisance de la formation académique relative à la comptabilité de la


Zakat :

Le calcul de la Zakat ainsi que sa vérification requiert des connaissances tant au niveau
comptable (étant donné que le calcul passe par le traitement des états financiers) qu’au niveau
de la jurisprudence de la Zakat (Vu que la Zakat obéit à des règles prévues par la Charia).

Le calcul de la Zakat peut se faire par le personnel de la banque comme il peut être confié à
un organe externe. La vérification de l’exactitude de son calcul peut être confiée, sur demande
des actionnaires, à un bureau externe dans le cadre d’une mission d’audit. Par conséquent,
celui qui fait le calcul et celui qui vérifie ont tous les deux besoin d’une formation à la Zakat.

En Tunisie, la notion de la Zakat des sociétés commerciales en général, et les banques en


particulier, n’est pas encore répandue entre les professionnels comptables et certaines
personnes pensent que les sociétés commerciales ne sont pas tenues de payer la Zakat, et ce à
cause de l’insuffisance d’une formation relative à la comptabilité de la Zakat au niveau des
universités. Et même, les programmes des masters de recherche en finance islamique ne

177
comportent pas une matière distincte réservée à l’étude de la comptabilité de la Zakat des
sociétés commerciales ainsi que les problèmes afférents au calcul de la Zakat.

L’expert-comptable en tant que professionnel exerçant ses fonctions en relation directe avec
les différentes formes de société, est censé avoir connaissance des spécificités les touchant
puisque la finance islamique dont la Zakat en fait partie, est en émergence remarquable,
l’enseignement de la Zakat dans les universités ayant des spécialités comptables devient d’une
grande utilité. Ainsi, une matière relative à la Zakat peut être enseignée dans les universités.

En outre, il est recommandé de planifier des programmes de formation du personnel de la


banque sur les aspects de la Zakat. Cette recommandation vise aussi les cabinets d’expertise
comptable car ils seront probablement sollicités soit pour le calcul soit pour la vérification de
la valeur de la Zakat par action des sociétés commerciales.

Les apports de loi bancaire n° 48-2016 du 11 juillet 2016 relative aux banques et institutions
financières, pourraient mener à l’intégration de la vérification de l’exactitude de la valeur de
la Zakat calculée parmi les diligences du commissaire aux comptes du fait que les banques
islamiques auront la possibilité d’appliquer les normes comptables de l’AAOIFI.

Actuellement, l’Association Tunisienne des sciences de la Zakat qui a été créée en 2012 pour
promouvoir la connaissance et la pratique de la Zakat, offre un service d’assistance aux
entreprises et aux particuliers pour le calcul de la Zakat. Elle organise régulièrement des
conférences de sensibilisation sur le thème de la Zakat, ainsi que de formations destinées à
permettre aux participants d’acquérir un savoir-faire pratique pour la définition des types de
revenus soumis à la Zakat, la détermination de l’assiette assujettie, l’identifications des ayants
droits, le calcul du montant de la Zakat, etc277.

Sous-section 4 : Création d’une mission spéciale de calcul de la Zakat des Banques


islamiques :

Diverses missions sont réalisées par les cabinets d’expertise comptable autre que la mission
de commissariat aux comptes. Il y en a ainsi :

Les missions d’assistance des sociétés à savoir l’assistance comptable, fiscale et juridique,

277
Site officiel de l’Association Tunisienne de la Zakat www.atz.tn.

178
Les missions spéciales telles que les missions d’apurement des comptes comptables, les
missions de due diligence à l’occasion de l’introduction d’une société en bourse ou à
l’occasion de fusion des sociétés et les missions d’inventaires physiques des immobilisations.

Les missions d’organisation telles que la mission d’élaboration des manuels de procédures et
l’élaboration des fiches de fonction,

Les missions d’audit contractuel telles que les missions d’audit fiscal et l’audit des projets.

L’apparition de la notion de la Zakat des sociétés commerciales et des institutions financières


islamiques aura probablement comme résultat la création de missions pour le professionnel
comptable ou/et élargir l’étendue de l’intervention du commissaire aux comptes. Ceci est
expliqué par la technicité comptable inhérente à la détermination de l’assiette de la Zakat des
sociétés.

Les missions spéciales pouvant être ajoutées aux cabinets d’expertise comptable sont :

-Une mission d’assistance pour de détermination de l’assiette de la Zakat d’une banque


islamique ou d’une autre société commerciale.

-Une mission d’audit contractuel de vérification de la valeur de la Zakat déjà calculé par le
comptable de l’entité concernée.

Par ailleurs, la mission de commissariat aux comptes des banques islamiques pourrait
s’élargir pour comporter une diligence spécifique qui est la vérification de la valeur de la
Zakat par action déjà calculée et l’émission d’un avis la concernant. Dans ce cas, cela
nécessiterait l’extension des termes de référence et l’augmentation des honoraires à raison du
volume supplémentaire d’intervention et la responsabilité additionnelle.

Dans les différents cas cités, l’expert-comptable peut recourir à un « expert » spécialisé dans
la jurisprudence islamique pour répondre aux différents problèmes associés à la Zakat et
relevant de la Charia. Selon la norme d’audit ISA 620 « Utilisation les travaux d’un expert »,
le terme « expert » désigne une personne ou un cabinet possédant des compétences, des
connaissances et une expérience spécifique dans un domaine particulier autre que la
comptabilité et l’audit. Il peut être engagé par l’entité ou par l’auditeur, ou être employé par
l’entité ou par l’auditeur. Dans ce dernier cas, l’auditeur sera en mesure de s’appuyer sur ses
travaux en tant qu’expert et non en qualité de collaborateur.

179
Dans tel cas, il nécessaire de procéder à :

-Evaluer l’objectivité et la compétence de l’expert désigné,

-Evaluer le caractère approprié et raisonnable de leurs travaux.

S’il décide de ne pas recourir à un « expert » spécialisé, il est particulièrement indispensable


que le responsable de la mission doive, outre la maitrise des normes comptables de l’AAOIFI
pour pouvoir qualifier les actifs et les passifs de la société de point de vue de la Zakat, et ce
dans le cas où l’entité applique ces normes :

-Maitriser les règles de la Zakat,

-Maitriser les règles et principes de la Charia en ce qui concerne les produits financiers
islamiques,

-Avoir une connaissance et une compréhension suffisante des opérations et produits


islamiques ainsi que leur fonctionnement,

Dans une mission d’audit de vérification de la valeur de la Zakat, que ce soit dans le cadre
d’une mission de commissariat aux comptes ou dans le cadre d’une mission spéciale, l’expert-
comptable doit évaluer l’objectivité et la compétence des personnes suivantes qui peuvent être
incluses dans la mission :

-Le responsable de la mission qui doit être objectif et ayant des compétences comptables
relatives au secteur que ce soit bancaire, d’assurance ou d’industrie experts pour maîtriser le
fonctionnement comptable des comptes qui serait utile pour le traitement de point de vue de la
Zakat,

-L’expert en Charia pouvant être appelé pour donner son avis sur le traitement de point de vue
de la Zakat de certains comptes notamment sont qui posent des difficultés. Il doit être objectif
et compétent pour donner son jugement sur la qualité des comptes d’actifs s’ils sont soumis à
la Zakat et les comptes de passif s’ils sont déductibles de l’assiette de la Zakat.

180
Conclusion de la deuxième partie

La deuxième partie a été consacrée aux aspects techniques de la Zakat des banques islamiques
qui est la détermination de l’assiette de la Zakat à travers le traitement des rubriques d’actifs
du bilan présentées conformément aux normes comptables NCT afin déterminer les comptes
faisant partie de l’assiette à la Zakat et pour quelle valeur, ainsi que le traitement des
rubriques du passif afin de déterminer les éléments devant être déduite de l’assiette et pour
quelle valeur également. Cela était fait en traitant les principaux comptes comptables
bancaires, chose qui nécessite une maîtrise du fonctionnement des comptes comptables d’où
la nécessité de l’intervention des spécialistes dans la profession comptable.

Les différents traitements présentés au chapitre premier ont été illustrés d’un cas pratique de
calcul de la valeur de la Zakat dû d’une banque tunisienne en utilisant des données réelles afin
de mieux expliquer et clarifier la démarche de détermination de la Zakat des banques
islamiques appliquant les normes comptables NCT. Nous avons jugé utile de présenter
certaines difficultés associées à la comptabilité de la Zakat des sociétés commerciales (dont
les banques) d’une façon générale et dans le contexte tunisien d’une façon particulière. Deux
missions spéciales relatives à la Zakat des sociétés commerciales pour les experts comptables
ont été proposées ce qui confirme la nécessité de l’intervention de l’expert-comptable dans la
discipline de la Zakat.

181
CONCLUSION GENERALE

La notion de la Zakat est une notion importante dans l’univers de la finance islamique et elle
commence de plus en plus de prendre de l’ampleur dans les sociétés commerciales en général
et dans les banques islamiques en particulier. Ceci peut être démontré par les éléments
suivants :

 Le développement à la fois d’une norme charaique et une norme comptable relatives à


la Zakat,
 L’existence d’un cadre légal relatif à la Zakat dans certains pays,
 L’obligation de s’acquitter de la Zakat dans certains pays du monde,
 Le calcul de la Zakat par action dans les banques islamiques à travers le monde en
général et en Tunisie en particulier
 En Tunisie, l’existence d’un projet de création d’une institution Tunisienne de la Zakat
et l’existence d’une association Tunisienne de la Zakat ayant pour objet l’organisation
des formations en matière de la Zakat et la présentation des services de calcul de
l’assiette de la Zakat au profit des sociétés et des particuliers,
 La demande des utilisateurs des états financiers de savoir la valeur la Zakat dû par
action

L’importance de cette notion suppose une connaissance dans son calcul notamment avec la
divergence dans la détermination de son assiette en fonction de la nature des biens soumis. Le
calcul de la Zakat est déterminé sur la valeur des actifs et comme nous l’avons déjà démontré
pour le cas des sociétés commerciales, le calcul ne peut se faire qu’à partir du bilan ce qui fait
appel nécessairement aux compétences en matière comptable.

Le calcul de la Zakat doit obéir à certaines règles et vu la complexité de la comptabilité des


sociétés commerciales et notamment les banques, nous avons jugé que l’intervention de
l’expert-comptable est indispensable que ce soit pour le calcul de la Zakat ou bien pour
donner un avis sur son calcul.

Tout cela nous a amené à choisir ce sujet qui pourrait apporter une valeur ajoutée puisque ce
travail peut être :

 Un guide pour les experts comptables qui effectue des missions de calcul de la Zakat
pour leurs clients,

182
 Un guide pour les banques islamiques qui effectuent-elles mêmes le calcul de leur
Zakat,
 Un modèle regroupant les traitements comptables selon le référentiel tunisien ainsi
que les traitements de point de vue de la Zakat des différentes rubriques du bilan,
facilement exploitable rendant le calcul de la Zakat aisé et pratique,

A travers ce travail, nous avons essayé de :

 Démontrer que le passage par les états financiers de la société est indispensable pour
déterminer l’assiette de la Zakat,
 Evoquer le problème de traitement de quelques comptes comptables spécifiques pour
lesquels nous n’avons pas pu trouver de références les ayant traités à savoir la
provision pour dépréciation des comptes clients dans le contexte de l’activité bancaire,
les réserves de péréquation des profits et les réserves pour risques d’investissement
relatives aux comptes d’investissement participatif.

En concluant, ce travail est considéré comme un pas incitant les experts à se pencher à ce
sujet et à multiplier les efforts pour faire des recherches et des réflexions additionnelles
concernant des ambiguïtés associées à la Zakat des banques islamiques ou des autres
institutions telle que les sociétés d’assurance et les fonds d’investissements.

183
Annexes

Annexe 1 : Informations à fournir prévues par la norme comptable islamique n°9 relative à la
Zakat
Annexe 2 : Liste des normes Comptables Islamiques
Annexe 3 : Liste des normes Comptables Tunisiennes
Annexe 4 : Liste des normes comptables internationales

184
‫‪Annexe 1 : Informations à fournir prévues par la norme comptable islamique‬‬
‫‪n°9 relative à la Zakat‬‬

‫‪ .3‬متطلبات اإلفصاح‪:‬‬

‫‪ -1-3‬يجب اإلفصاح في اإليضاحات حول القوائم المالية عن الطريقة المستخدمة لتحديد وعاء الزكاة و البنود التي تدخل في‬
‫تحديد ھذا الوعاء‪.‬‬

‫‪ -2-3‬يجب اإلفصاح في اإليضاحات حول القوائم المالية عن رأي ھيئة الرقابة الشرعية للمصرف بشأن الجوانب المتعلقة‬
‫بالزكاة التي لم يشتمل عليھا ھذا المعيار‪.‬‬

‫‪ -3-3‬يجب اإلفصاح في اإليضاحات حول القوائم المالية عما إذا كان المصرف بصفته الشركة األم يقوم بإخراج زكاة‬
‫حصته في الشركات التابعة له‪.‬‬

‫‪ -4-3‬في حالة عدم إخراج المصرف للزكاة يجب عليه أن يفصح في اإليضاحات حول القوائم المالية عن مقدار الزكاة‬
‫الواﺟبة على السھم‪.‬‬

‫‪ -5-3‬يجب اإلفصاح في اإليضاحات حول القوائم المالية عن مقدار الزكاة الواﺟبة على حقوق أصحاب حسابات اإلستثمار‪.‬‬

‫‪ -6-3‬يجب اإلفصاح في اإليضاحات حول القوائم المالية عما إذا كان المصرف يقوم بجمع الزكاة و توزيعھا نيابة عن‬
‫أصحاب حسابات اإلستثمار و الحسابات األخرى‪.‬‬

‫‪ -7-3‬يجب اإلفصاح في اإليضاحات حول القوائم المالية عن القيود التي وضعتھا ھيئة الرقابة الشرعية للمصرف في تحديد‬
‫وعاء الزكاة‪ .‬و من أمثلة ذلك‪ :‬في طريقة صافي األموال المستثمرة عدم تجاوز مجموع صافي الموﺟودات الثابتة و‬
‫اإلستثمارات المقتناة لغير المتاﺟرة مجموع رأس المال المدفوع و اإلحتياطات‪.‬‬

‫‪-8-3‬يجب مراعاة متطلبات اإلفصاح الواردة في معيار المحاسبة المالية رقم )‪ (1‬بشأن العرض واإلفصاح العام في القوائم‬
‫المالية اإلسالمية‪.‬‬

‫‪185‬‬
Annexe 2 : Liste des normes Comptables Islamiques
Date d'entrée
Norme Intitulé
en vigueur
Objectifs de la comptabilité financière des banques et des Octobre 1993
institutions financières islamiques
Concepts de la comptabilité financière des banques et des Octobre 1993
institutions financières islamiques
01 Présentation générale et informations à fournir dans les états Octobre 1993
financiers des banques et des institutions financières islamiques
02 Murabahah et Murabahah pour le donneur d’ordre Février 1996
03 Le financement par Mudarabah Février 1996
04 Le financement par Musharakah Février 1996
05 Information à fournir sur les bases de répartition du profit entre Mai 1996
les actionnaires et les titulaires des comptes d’investissements
06 Les droits des titulaires des comptes d’investissement et des Janvier 1999
comptes équivalents
07 Salam et Salam parallèle Janvier 1999
08 Ijarah et Ijarah acquisitive (Muntahia Bettamlik) Janvier 1999
09 Zakat Janvier 1999
10 Istisnaa et Istisnaa parallèle Janvier 1999
11 Les provisions et les réserves Janvier 2001
12 Présentation générale et informations à fournir dans les états Janvier 2001
financiers des compagnies d’assurance islamiques
13 Informations sur les bases de détermination et de répartition du Janvier 2002
surplus ou du déficit dans les compagnies d’assurance islamiques
14 Les fonds d’investissement Janvier 2002
15 Les provisions et les réserves dans les compagnies d’assurance Janvier 2002
islamiques
16 Les transactions et les opérations libellées en monnaie étrangère Janvier 2002
17 Les investissements Janvier 2003
18 Les services financiers islamiques offerts par des institutions Janvier 2003
financières conventionnelles
19 Les cotisations dans les compagnies d’assurance islamiques Janvier 2004
20 Vente à paiement différé Janvier 2004
21 Informations sur le transfert des actifs Janvier 2005
22 Rapport sectoriel Janvier 2005
23 Consolidation des états financiers Juin 2006278

278
Date d'approbation de la norme.

186
Annexe 3 : Liste des normes Comptables Tunisiennes
Date d'entrée en
Norme Intitulé
vigueur
Cadre conceptuel Janvier 1997
01 Norme comptable générale Janvier 1997
02 Capitaux propres Janvier 1997
03 Revenus Janvier 1997
04 Stocks Janvier 1997
05 Immobilisations corporelles Janvier 1997
06 Immobilisations incorporelles Janvier 1997
07 Placements Janvier 1997
08 Résultat net de l'exercice et éléments extraordinaires Janvier 1997
09 Contrats de construction Janvier 1997
10 Charges reportées Janvier 1997
11 Modifications comptables Janvier 1997
12 Subventions publiques Janvier 1997
13 Charges d'emprunt Janvier 1997
14 Eventualités et évènements postérieurs à la date de clôture Janvier 1997
15 Opérations en monnaies étrangères Janvier 1997
16 Présentation des états financiers des OPCVM Janvier 1999
17 Portefeuille titres dans les OPCVM Janvier 1999
18 Contrôle interne et organisation comptable dans les OPCVM Janvier 1999
19 Etats financiers intermédiaires Janvier 1999
20 Dépenses de recherche et de développement Janvier 1999
21 Présentation des états financiers des établissements bancaires Janvier 1999
22 Contrôle interne et organisation comptable dans les Janvier 1999
établissements bancaires
23 Opérations en devises dans les établissements bancaires Janvier 1999
24 Engagements et revenus y afférents dans les établissements Janvier 1999
bancaires
25 Portefeuille titres dans les établissements bancaires Janvier 1999
26 Présentation des états financiers des entreprises d'assurance Janvier 2001
et/ou de réassurance
27 Contrôle interne et organisation comptable dans les Janvier 2001
entreprises d'assurance et/ou de réassurance
28 Revenus dans les entreprises d'assurance et/ou de réassurance Janvier 2001
29 Provisions techniques dans les entreprises d'assurance et/ou de Janvier 2001
réassurance
30 Charges techniques dans les entreprises d'assurance et/ou de Janvier 2001
réassurance
31 Placements dans les entreprises d'assurance et/ou de Janvier 2001
réassurance
32 Présentation des états financiers des associations autorisées à Janvier 2002
accorder des microcrédits
33 Contrôle interne et organisation comptable dans les Janvier 2002
associations autorisées à accorder des microcrédits
34 Microcrédits et revenus y afférents dans les associations Janvier 2002

187
autorisées à accorder des microcrédits
35 Etats financiers consolidés Janvier 2003
36 Participations dans les entreprises associées Janvier 2003
37 Participations dans les coentreprises Janvier 2003
38 Regroupements d'entreprises Janvier 2003
39 Informations sur les parties liées Janvier 2003
40 Structures sportives privées Saison 2007/2008
41 Contrats de location Janvier 2008
42 Comptabilité simplifiée Janvier 2011

188
Annexe 4 : Liste des normes comptables internationales
Norme Intitulé
IAS 1 Présentation des états financiers
IAS 2 Stocks
IAS 7 Tableau des flux de trésorerie
IAS 8 Méthodes comptables, changements d'estimations comptables et erreurs
IAS 10 Evénements postérieurs à la date de clôture
IAS 11 Contrats de construction*
IAS 12 Impôts sur le résultat
IAS 16 Immobilisations corporelles
IAS 17 Contrats de location
IAS 18 Produits des activités ordinaires*
IAS 19 Avantages du personnel
IAS 20 Comptabilisation des subventions publiques et informations à fournir sur l'aide
publique
IAS 21 Effets des variations des cours des monnaies étrangères
IAS 23 Coûts d'emprunt
IAS 26 Comptabilité et rapports financiers des régimes de retraite
IAS 27 États financiers individuels
IAS 28 Participations dans des entreprises associées et des coentreprises
IAS 29 Information financière dans les économies hyper-inflationnistes
IAS 32 Instruments financiers : présentation
IAS 33 Résultat par action
IAS 34 Information financière intermédiaire
IAS 36 Dépréciation d'actifs
IAS 37 Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels
IAS 38 Immobilisations incorporelles
IAS 39** Instruments financiers : comptabilisation et évaluation
IAS 40 Immeubles de placement
IAS 41 Agriculture
IFRS 1 Première application des Normes internationales d’information financière
IFRS 2 Paiement fondé sur des actions
IFRS 3 Regroupements d'entreprises
IFRS 4 Contrats d'assurance
IFRS 5 Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités abandonnées
IFRS 6 Prospection et évaluation des ressources minérales
IFRS 7 Instruments financiers : informations à fournir
IFRS 8 Secteurs opérationnels
IFRS 9 Instruments financiers
IFRS 10 États financiers consolidés
IFRS 11 Partenariats
IFRS 12 Informations à fournir sur les intérêts détenus dans d’autres entités
IFRS 13 Évaluation de la juste valeur
IFRS 14 Comptes de report réglementaires
IFRS 15 Produits des activités ordinaires tirés des contrats conclus avec des clients
* Retrait complet à partir du premier janvier 2017 et remplacement par IFRS 15.
** IFRS 9 vise à terme à remplacer entièrement IAS 39.

189
Bibliographie

OUVRAGES :

• Jean–Paul Laramée (2009), « La finance islamique à la française : Un moteur pour


l'économie, une alternative éthique »
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• Syed Alwi Mohamed Sultan (2012), « La comptabilité pour les produits financiers
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• Anouar Hassoune, « Enjeux et défis pour la finance islamique », Tunis-Avril 2010.
• Mohammed El Qorchi. (2005), « La Finance Islamique est en Marche : Elle Gagne du
Terrain, mais se Heurte à des Problèmes de Réglementation Particuliers».
• Hebert Smith (2009), « Guide de la finance islamique ».
• Elyès Jouini, Olivier Pastré (2009), « La finance islamique - Une solution à la crise ?
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• Zouheir Obeidi (1988), « La Banque Islamique, Une Nouvelle technique
d'Investissement », Editeur : Dar Al-Rashad Al-Islamiya, 291p.
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• Tarik Bengari, « Comprendre la Finance Islamique : Principes, pratique et Ethique »
• Rachid Boutti (expert accrédité par la Banque Islamique); « La finance Islamique au
Maroc : réalités et perspectives »
• Salima Bennai et Azzouz Elhamma : « La comptabilité en finance islamique selon les
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• Jouini Elyès et Pastré Olivier, « Enjeux et opportunités du développement de la
finance islamique pour la place de Paris », 2008
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‫ دار السالم للطباعة و النشر و التوزيع و الترﺟمة‬.‫ الخدمات المصرفية اإلسالمية‬:‫أشرف محمد دوابة‬ •

Achref Mohamed Dawwaba, Al Khadamet Al Masrifiyya, Dar Assalem li Attiba, Annachr,


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2009 ،‫ دار المكتبي‬،‫ بحوث في االقتصاد االسالمي‬: ‫رفيق يونس المصري‬ •

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2001 ‫ القاھرة‬,‫ دار الشروق‬,‫ الطبعة األولى‬,‫ دور الزكاة في عالج المشكالت اإلقتصادية‬: ‫يوسف القرضاوي‬ •

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première édition, Maison Achchourouk, le Caire 2001

ّ ‫اإلطار الفقھي و المحاسبي‬: ‫عصام عبد الھادي أبو نصر‬


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Issam Abdel Hedi Abu Nassr, al Itar al Fekhi wal Mouhassabi LizZakat, 1999

2009 ،‫ الطبعة االولى‬،‫ القاھرة‬،‫ فقه ومحاسبة زكاة ال ّشركات دار النشر للجامعات‬: ‫حسين حسين شحاتة‬ •

Hessin Hassan Chahata, Fekh wa Mouhassabat Zakat Achcherikat, Dar Annachr Lil Jamiaat,
le Caire, la première édition, 2009

‫ قرارات وتوصيات الندوتين العاشرة والحادية عشرة لقضايا الزكاة‬،‫دليل اإلرشادات لمحاسبة زكاة ال ّشركات‬ •
2001 ‫ الكويت‬،2000،‫ سلطنة عمان‬،‫المعاصرة‬

Dalil Al Irchadet li Mouhassabat Zakat Achcharikat, Qararat wa Tawsiyet nadwatayn 10 wa


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191
‫الزكاة‪ ،‬الجزء الثاني‪ ،‬مؤسّسة الرّ سالة بيروت‪ّ ،‬‬
‫الطبعة الثّانية‪1973 ،‬‬ ‫يوسف القرضاوي ‪:‬فقه ّ‬ ‫•‬

‫‪Youssef Al Karadhaoui, Fekh Azzaket partie II, Mouassassat Arresala, Beirut, deuxième‬‬
‫‪édition, 1973.‬‬

‫الزكاة األسس ال ّشرعيّة وال ّدور االنمائي و التّوزيعي‬


‫نعمت عبد اللطيف ‪ّ :‬‬ ‫•‬

‫‪Neamat Abd Allatif, Azzaket ; Al Ossos Achcharyia wa Addawr Al Inmaii wa Attawziai‬‬

‫أبو حامد الغزالي ‪:‬إحياء علوم ال ّدين‪ ،‬الجزء االول‪ ،‬الدار الذھبية للطبع و النشر و التوزيع‪ ،‬الطبعة االولى‪،‬‬ ‫•‬
‫القاھرة ‪2014‬‬

‫‪Abu Hamed al Ghazali ; Ihyaa Ouloum Addin, Première Partie, Addar Adhdhahabiyya, La‬‬
‫‪caire, 2014.‬‬

‫حسن عبد ‪ t‬األمين ‪.‬زكاة األسھم في الشركات ‪ :‬مناقشة بعض اآلراء الحديثة ‪.‬الطبعة ·األولى ‪.‬المعھد اإلسالمي‬ ‫•‬
‫للبحوث والتدريب‬

‫‪Hassan Abdallah Al Amine, Zakat al Asshom fi Achcherikat, première édition, Al Maahad Al‬‬
‫‪Islami Lel Bouhouth wa Attadrib‬‬

‫حسين حسين شحاتة ‪.‬التطبيق المعاصر للزكاة ‪.‬الطبعة الثانية ‪.‬دار النشر للجامعات‪. 2002 ،‬‬ ‫•‬

‫‪Hassan Hassine Chahata, Attatbik Al Mouasser LezZakat, deuxième édition, Dar Annachr lel‬‬
‫‪Jamiaat, 2002‬‬

‫الصديق محمد الضرير‪ .‬عبد ‪ t‬بن سليمان المنيع‪ .‬شحاتة حسين حسين ‪ .‬أحمد مجذوب أحمد ھبة الزحيلي · زكاة‬ ‫•‬
‫األسھم و السندات و أذون الخزينة أبحاث و أعمال الندوة الحادية عشرة لقضايا الزكاة المعاصرة بيت الزكاة‬
‫الكويتي ‪2001‬‬

‫‪Seddik Mohamed Dhirir, Abdallah Ben Soulayman Mania, Hassan Houssin Chahata, Ahmed‬‬
‫‪Majdhoub, Ahmed Heba Zhili, Zakat al Asshom wa Sanedet wa Oudhoun al Khazina, Abhath‬‬
‫‪wa Aamel Annadwa 11 li Kadhaya Azzaket Al Mouassira, Beit Azzaket al Kuweiti‬‬

‫منذر قحف ‪.‬محمد عثمان شبير ‪.‬زكاة األصول االستثمارية الثابتة ‪.‬أبحاث وأعمال الندوة الخامسة لقضايا الزكاة‬ ‫•‬
‫المعاصرة ‪.‬بيت الزكاة الكويتي‪. 1995‬‬

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1995

‫ سلسلة دراسات وبحوث في الفكر االقتصادي‬،‫ دور فريضة الزكاة في اإلصالح اإلقتصادي‬،‫حسين حسين شحاته‬ •
‫اإلسالمي‬

Hassan Houssine Chahata, dawr faridhat Azzaket fi Al Isleh al Iqtissadi, dirrasset wa


Bouhouth fi al Fekr Al Iqtissadi al Islami

،‫ الزھرآء لإلعالم العربي‬،‫ الطبعة الثانية‬،‫ تنظيم ومحاسبة الزكاة في التطبيق المعاصر‬،‫شوقي إسماعيل شحاته‬ •
‫ م‬1988

Chawqi Ismail Chahata, Tandhim wa Mouhassabat Azzaket fi Attatbik Al Mouasser,


Deuxième édition, Azzahra Lil Ialam Al Arabi, 1988.

‫ دار الشروق‬،‫ التطبيق المعاصر للزكاة‬،‫شوقي إسماعيل شحاته‬ •

Chawqi Ismaïl Chahâtah, Al-Tatbîq al-Mu’âssir lil-Zakât, Dâr al-Churûq,

،‫ دولة اإلمارات العربية المتحدة‬،‫ صندوق الزكاة‬،‫ بدون طبعة‬،‫ العالقة بين الزكاة والضريبة‬،‫عصام أبو النصر‬ •

Issam Abu Annasr, Al Alaqa Bayna Azzaket wa Adhdhariba, Soundouk Azzaket, Emirates

،‫ الطبعة الثانية‬، (‫ اإلطار المؤسسي للزكاة )أبعاده ومضامينه‬،(‫البنك اإلسالمي للتنمية )معھد البحوث والتدريب‬ •
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Banque islamique de développement « Al Itar Al Moassassi Li Azzaket, deuxième édition,


Arabie Saoudite, 2001.

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Normes comptables et d’audit :

• Normes comptables Islamiques : Accouniting, Auditing, & Governance Standards for


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• Norme comptable Islamique n° 9 Comptabilité de la ZAKAT.
• Normes Comptables Tunisiennes
• Normes comptables internationales (IFRS)
• Normes internationales d’Audit (ISA)
• Normes Charaiques pour les Institutions Financières Islamiques, Version Française
Traduite par Al Imtithal for Islamic Finance et l’Associations Tunisienne d’Economie
Islamique, 2017 (publiées par l’AAOIFI, édition 2015)

Lois, code, arrêtés et décrets :

• Loi N° 48-2016 du 11 Juillet 2016 portant réglementation des Banques et institutions


financières.
• Code des sociétés commerciales ;
• Code des obligations et des contrats ;
• Code de l’impôt sur les revenus des personnes physiques et de l’impôt sur les
sociétés ;
• Code de la TVA ;
• Loi 96-112 du 30 septembre 1996 relative au système comptable des entreprises ;
• Loi n° 2001-65 du 10 Juillet 2001 relative aux établissements de crédits telle que
modifiée et complété par la loi n° 2006-219 du 02 Mai 2006 ;
• Arrêté du ministre des finances du 25 mars 1999 portant approbation des normes
comptables sectorielles bancaires N° 21 à 25.

• Loi 1960-30 N° 1960-30 du 14 Décembre 1960 relative à l’organisation des régimes de


sécurité sociale,

194
• Loi n° 98-39 du 2 juin 1998 relative aux ventes avec facilités de paiement

Circulaires et notes aux banques :

• Circulaire aux banques N° 2012-02 relative à l’évaluation des engagements dans le


cadre des mesures conjoncturelles de soutien aux entreprises économiques.
• Circulaires aux établissements de crédits N° 2011-06, relatif aux renforcements des
règles de bonne gouvernance dans les établissements de crédit ;
• Circulaire aux établissements de crédits N° 2006-19 sur le contrôle interne ;
• Circulaires aux banques N° 93-08 du 30 juillet 1993 relative à l’établissement des
situations et documents comptables périodiques communiqués à la BCT.
• Circulaires aux banques N°91-24 du 17 décembre 1991 relative à la division,
couverture des risques et suivi des engagements telle que modifiée par les circulaires
N°99-04 du 19 Mars 1999 et N° 2001-12 du 4 Mai 2001 ;
• Note aux banques et établissements financiers N° 93-23 du 30 juillet 1993 relatives
aux termes de référence pour l’audit des comptes.
• Circulaire 2002-05 du 06 Mai 2002 relative à la réserve obligatoire.

Mémoires :

• LACHEMI, S., « le fonctionnement des organisations dans les milieux de culture


intense, le cas des banques islamiques » Thèse d’administration, HEC Montréal, 2001.
• MOHAMED ALI JAZIRI : « Les spécificités des institutions financières islamiques,
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d’expertise comptable Tunisie, IHEC Carthage, 2014.
• DHIA EDDINE FEKIH : « Audit d’une Banque Islamique : émergence de nouvelles
zones de risque et contrôles spécifiques étendus » Mémoire d’expertise comptable
Tunisie, FSEG Sfax, 2012.
• Résumé mémoire BEN GHODBANE par Souhir KHEMIR : « Place de la finance
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• Chiraz Drira Ghorbel ; l’évaluation à la juste valeur et la qualité de l’information
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• Anis Wahabi ; la comptabilisation à la juste valeur enjeux théoriques et pratiques.
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• Michael Moaté : La création d’un droit bancaire islamique, Thèse pour le doctorat en
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• Ridha MEFTAH, Adéquation de la normalisation comptable et prudentielle pour les
banques islamiques en Tunisie, mémoire d’expertise comptable, ISCAE Tunis, Mai
2011

‫ مذكرة لنيل الشھادة الوطنية للخبرة في‬،‫ المعالجة الزكوية ألصول موازنة الشركات الصناعية‬:‫حسن كعنيش‬ •
‫و‬2015 ،‫ كلية العلوم اإلقتصادية والتصرف بصفاقس‬، ‫المحاسبة‬

Hassan Kaaniche, Al Mouaalaja Azzakawiyya Li Oussoul Mouwaza Achcherikat Assinaiyya,


Mémoire d’expertise comptable, FSEG Sfax, 2015.

‫مذكرة مقدمة إلستكمال متطلبات شھادة‬: ‫اإلطار المحاسبي لزكاة ال ّشركات التجاريّة‬: ‫مح ّمد األخضر قريشي‬ •
2009 ،‫ كلية العلوم اإلقتصادية و التجارية و علوم التسيير الجزائر‬،‫الماﺟستير في علوم التسيير‬

Mohamed Lakhdhar Quraichi « Al Itar Al Mouhassabi LI Zakat Achcharikat Attijariyya »


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• MAHMOUD SAMI NABI : CYCLE DE CONFERENCES DES LAUREATS DU


PRIX DE LA BID: LA CRISE ECONOMIQUE MONDIALE ET LE ROLE DE
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• Jean-Marc Ayrault, Abderazzek Belabbes La problématique d'introduction de la


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https://ribh.files.wordpress.com/2009/11/guide_finance_islamique_fr_240909.pdf

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LAUREATS DU PRIX DE LA BID : « DEFIS DE LA REGULATION ET DE LA
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tn.com/useruploads/files/khoutem_daoud_publication_1.pdf
• Fatima Zahra ALIOUI, GUELLIL Zeyneb, Soufyane BADRAOUI ; LA FINANCE
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http://www.mi.bxb.ro/Articol/MI_33_1.pdf
• Anouar Hassoune, Mohamed Damak Les habits neufs de la finance islamique

https://ribh.files.wordpress.com/2007/11/les-habits-neufs-de-la-finance-islamique-
anouar-hassoune-mohamed-damak-standard-poors.pdf

• Khalil Labniour : Article ; « L’innovation en ingénierie financière islamique », Faculté


des Sciences Juridiques Economiques et Sociales Souissi Rabat
https://ribh.files.wordpress.com/2013/02/publication-khalil-labniouri-linnovation-en-
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• M Umer Chapra, Tariqullah Khan ; Réglementation et contrôle des banques


islamiques, https://ribh.files.wordpress.com/2007/09/reglementation-et-controle-des-
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http://www.irti.org/English/Research/Documents/IES/French/fr010.pdf

• Site officiel des fonds de la Zakat des Emirats Arabes Unis


http://Zakatfund.gov.ae/zfp/web/Page_ZakatIntroduction.aspx

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www.europemaroc.com

• Site Imtithel http://www.imtithal.com/fatawa/search

• http://www.labanqueislamique.fr/Fonds%20d%20investissements.htm

• http://www.aliftaa.jo/Decisions.sapx?Decisiond=46#.WVF_JG_LTIY,

• https://chroniques.tn/2013/12/les perspectives de la finance islamique en Tunisie, un grand


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• www.institut-numérique.org/i1-les -principes-de-la-finance-islamique-
5266b9258d022
Charity Navigator. “Zakat Foundation of America: current rating.”
http://www.charitynavigator.org/index.cfm?bay=search.summary&orgid=10986#.Uv
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• Bernard JURION, quelques réflexions sur l’évolution du rôle économique de l’impôt,


2010,
https//www.google.tn/url ?sa=t&source=web&rct=j&url=http://www.conseilsuperieur
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• http://www.ijias.issr-journals.org/ Finance islamique : Evaluation depuis 1970 à nos jours
International Journal of Innovation and Applied Studies ISSN 2028-9324 Vol. 10 No. 2 Feb.
2015, pp. 726-737 © 2015 Innovative Space of Scientific Research Journals
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200
Table des Matières

INTRODUCTION GENERALE ------------------------------------------------------------------------------------------- 5

PARTIE 1 : SPECIFICITES DES BANQUES ISLAMIQUES ET LES ASPECTS


ASSOCIES A LA ZAKAT ----------------------------------------------------------------------------- 11
Introduction à la première partie : ------------------------------------------------------------------------------------------ 12

CHAPITRE 1 : Banques islamiques : Présentation et spécificités ------------------------------------------------- 13


Section 1 : Présentation des banques et des produits financiers islamiques : ---------------------------------------- 13
Sous-section 1 : Présentation des banques islamiques et leurs principes de fonctionnement : --------------- 13
1.1 Concept de banque islamique : ---------------------------------------------------------------------------------- 13
1.2 Historique : --------------------------------------------------------------------------------------------------------- 14
1.3 Les principes de fonctionnement des banques islamiques : ------------------------------------------------ 17
Sous-section 2 : Présentation des produits spécifiques à l’activité de financement : --------------------------- 19
2.1 Al Murabahah : ---------------------------------------------------------------------------------------------------- 19
2.2 Al Ijarah : ----------------------------------------------------------------------------------------------------------- 21
2.3 Vente de Salam (‫ )بيع السلم‬:-------------------------------------------------------------------------------------- 23
2.4 Al Istisnaa (‫)االستصناع‬: ------------------------------------------------------------------------------------------ 25
Sous-section 3 : Présentation des produits spécifiques à l’activité d’investissement : ------------------------- 26
3.1 Al Mudarabah : ---------------------------------------------------------------------------------------------------- 26
3.2 Les comptes de dépôts à vue ou comptes courants : --------------------------------------------------------- 28
3.3 Les comptes d’épargne : ------------------------------------------------------------------------------------------ 29
3.4 Al Musharakah : --------------------------------------------------------------------------------------------------- 29
Section 2 : Spécificités organisationnelles, juridiques et comptables des banques islamiques : ----------------- 32
Sous-section 1 : Spécificités organisationnelles et de gouvernance : --------------------------------------------- 32
1.1 Les organes de gouvernance et de gestion : ------------------------------------------------------------------- 33
1.2 Les organes de contrôle : ----------------------------------------------------------------------------------------- 35
Sous-section 2 : Spécificités juridiques : ------------------------------------------------------------------------------- 38
2.1 Les particularités juridiques inhérentes aux banques islamiques : ---------------------------------------- 38
2.2 Cadre juridique des banques islamiques en Tunisie :-------------------------------------------------------- 42
Sous-section 3 : Spécificités comptables : ----------------------------------------------------------------------------- 45
3.1 Les principaux normalisateurs comptables islamiques internationales : --------------------------------- 46
3.2 Les principes comptables spécifiques à l’activité bancaire islamique retenus par l’AAOIFI : ------- 47
3.3 Méthodes d’évaluation : ------------------------------------------------------------------------------------------ 49
3.4 Traitements comptables spécifiques aux produits financiers islamiques : ------------------------------- 49
3.5 Les états financiers des banques islamiques : ----------------------------------------------------------------- 52

CHAPITRE 2 : Notion de la Zakat et son aspect comptable : ------------------------------------------------------ 54


Section 1 : Définition, fondement et importance de la Zakat et sa relation avec l’impôt : ------------------------ 54
Sous-section 1 : Définition, fondement et importance dans l’économie------------------------------------------ 54
1.1 Définition ----------------------------------------------------------------------------------------------------------- 54
1.2 Sources jurisprudentielles ---------------------------------------------------------------------------------------- 55
1.3 Importance dans l’économie : ----------------------------------------------------------------------------------- 57
Sous-section 2 : Zakat et Impôt : Divergences et convergences :-------------------------------------------------- 60
2.1 Points de Convergences : ----------------------------------------------------------------------------------------- 61
2.2 Points de divergences : ------------------------------------------------------------------------------------------- 63
2.3 Complémentarité entre la Zakat et l’impôt : ------------------------------------------------------------------ 66
Section 2 : Aspects jurisprudentiels de la Zakat : ------------------------------------------------------------------------ 67
Sous-section 1 : Les conditions économiques de la Zakat : -------------------------------------------------------- 67
1.1 L’annualité (Al Hawl) : ------------------------------------------------------------------------------------------- 67
1.2 L’atteinte du seuil (Nissab): ------------------------------------------------------------------------------------- 68
1.3 La propriété intégrale (Milkiya Tamma) : --------------------------------------------------------------------- 68
1.4. Croissance et possibilité de croissance dans la richesse (Namaa) : -------------------------------------- 69
1.5. Licéité de la source de l’argent : ------------------------------------------------------------------------------- 69

201
Sous-section 2 : Les principes de la Zakat : --------------------------------------------------------------------------- 69
2.1 Indépendance des années Zakataires : ------------------------------------------------------------------------- 70
2.2 Principe de regroupement des sources de même catégorie (‫ )الضم‬: --------------------------------------- 70
2.3 Principe de valorisation sur la base de la juste valeur : ----------------------------------------------------- 70
Sous-section 3 : La base soumise à la Zakat spécifique à l’activité bancaire : ---------------------------------- 72
3.1 Les actifs soumis à la Zakat : ------------------------------------------------------------------------------------ 72
3.2 Les dettes déductibles de la base de la Zakat :---------------------------------------------------------------- 75
Section 3 : Aspects Comptables de la Zakat :----------------------------------------------------------------------------- 77
Sous-section 1 : Normalisation comptable relative à la Zakat : ---------------------------------------------------- 77
1.1 Présentation de l’AAOIFI ---------------------------------------------------------------------------------------- 77
1.2 Présentation de la norme comptable islamique relative à la Zakat des IFI conçue par l’AAOIFI :-- 79
Sous-section 2 : Les différentes étapes utiles pour le calcul de la Zakat : ---------------------------------------- 81
2.1 Détermination d’Al Hawl :--------------------------------------------------------------------------------------- 81
2.2 Collecte des informations nécessaires pour le calcul de la Zakat : ---------------------------------------- 82
2.3 Détermination et valorisation des actifs qui sont soumis à la Zakat : ------------------------------------- 82
2.4 Détermination et valorisation des passifs déductibles de la base de la Zakat : -------------------------- 82
2.5 Détermination de l’assiette : ------------------------------------------------------------------------------------- 83
2.6 Détermination et valorisation du Nissab : --------------------------------------------------------------------- 83
2.7 Comparaison de l’assiette et le Nissab : ----------------------------------------------------------------------- 83
2.8 Taux de la Zakat : ------------------------------------------------------------------------------------------------- 83
2.9 Détermination du montant de la Zakat dû : ------------------------------------------------------------------- 83
2.10 Désignation de la personne qui supporte la Zakat (Zakat par action) : --------------------------------- 84
2.11 Distribution (Paiement) de la Zakat : ------------------------------------------------------------------------- 85
Sous-section 3 : La personne qualifiée et les outils nécessaires pour son calcul : ------------------------------ 86
3.1 Formation scientifique de la personne qualifiée pour le calcul : ------------------------------------------ 86
3.2 Les outils nécessaires :-------------------------------------------------------------------------------------------- 87
Conclusion de la première partie -------------------------------------------------------------------------------------------- 90

PARTIE 2 : ----------------------------------------------------------------------------------------------- 91

DETERMINATION DE L’ASSIETTE DE LA ZAKAT DES BANQUES ISLAMIQUES


A TRAVERS LE RETRAITEMENT DES RUBRIQUES DU BILAN ---------------------- 91
Introduction de la deuxième partie : ---------------------------------------------------------------------------------------- 92

CHAPITRE 1 : Retraitements des différentes rubriques du bilan ------------------------------------------------ 94


Section 1 : Eléments d’actifs : ----------------------------------------------------------------------------------------------- 94
Sous-section 1 : Caisse et avoirs auprès de la BCT, CCP et TGT ------------------------------------------------- 94
1.1 La Caisse : ---------------------------------------------------------------------------------------------------------- 94
1.2 Avoirs auprès de la BCT :---------------------------------------------------------------------------------------- 95
1.3 Avoirs auprès de la CCP, TGT : -------------------------------------------------------------------------------- 96
Sous-section 2 : Créances sur les établissements bancaires et financiers : --------------------------------------- 96
Sous-section 3 : Créances sur la clientèle : ---------------------------------------------------------------------------- 99
3.1 Portefeuille Murabahah :----------------------------------------------------------------------------------------- 99
3.2 Portefeuille Ijarah: -----------------------------------------------------------------------------------------------100
3.3 Comptes débiteurs de la clientèle : ----------------------------------------------------------------------------101
3.4 Autres financements à la clientèle : ---------------------------------------------------------------------------102
3.5 Créances rattachées aux comptes de la clientèle : -----------------------------------------------------------104
3.6 Provisions sur le financement de la clientèle : ---------------------------------------------------------------104
Sous-section 4 : Portefeuille titre commercial : ----------------------------------------------------------------------107
4.1 Titres de placement : ---------------------------------------------------------------------------------------------107
4.2 Créances rattachées aux titres de placement :----------------------------------------------------------------108
4.3 Provision pour dépréciation des titres : -----------------------------------------------------------------------109
Sous-section 5 : Portefeuille d’investissements : --------------------------------------------------------------------110
5.1 Titre de participation : -------------------------------------------------------------------------------------------110
5.2 Créances rattachées aux titres d’investissement : -----------------------------------------------------------111
5.3 Provision pour dépréciation des titres de participation : ---------------------------------------------------112
Sous-section 6 : Valeurs Immobilisées : ------------------------------------------------------------------------------112
6.1 Immobilisations corporelles : -----------------------------------------------------------------------------------113

202
6.2 Immobilisations incorporelles : --------------------------------------------------------------------------------115
Sous-section 7 : Autres actifs : -----------------------------------------------------------------------------------------116
7.1 Les charges reportées :-------------------------------------------------------------------------------------------116
7.2 Les débiteurs divers : --------------------------------------------------------------------------------------------118
7.3 Les comptes de régularisation : --------------------------------------------------------------------------------119
Section 2 : Eléments du passif et de capitaux propres : ----------------------------------------------------------------121
Sous-section 1 : Dépôts et avoirs des établissements bancaires et financiers : ---------------------------------121
1.1 Dépôts et avoirs des établissements bancaires et financiers : ---------------------------------------------121
1.2 Les dettes rattachées aux dépôts des établissements bancaires et financiers : --------------------------122
Sous-section 2 : Dépôts et avoirs de la clientèle : -------------------------------------------------------------------123
2.1 Les comptes à vue : ----------------------------------------------------------------------------------------------123
2.2 Les comptes d’épargne (‫ )حسابات التوفير‬: --------------------------------------------------------------------124
2.3 Les comptes de dépôts participatifs : --------------------------------------------------------------------------124
2.4 Autres sommes dues à la clientèle : ---------------------------------------------------------------------------125
2.5 Les dettes rattachées aux comptes de la clientèle :----------------------------------------------------------128
Sous-section 3 : Dettes de financements et ressources spéciales : ------------------------------------------------128
3.1 Emprunts et ressources spéciales : -----------------------------------------------------------------------------128
3.2 Dettes rattachées aux emprunts et ressources spéciales : --------------------------------------------------129
Sous-section 4 : Les autres passifs : -----------------------------------------------------------------------------------130
4.1 Les fournisseurs des actifs commercialisés dans le cadre des opérations de financement
Murabahah : -----------------------------------------------------------------------------------------------------------131
4.2 Les fournisseurs relatifs aux opérations de financement Ijarah :-----------------------------------------131
4.3 Les fournisseurs d’immobilisations nécessaires à l’exploitation :----------------------------------------132
4.4 Les comptes fournisseurs ordinaires : -------------------------------------------------------------------------132
4.5 Fournisseurs retenues de garantie : ----------------------------------------------------------------------------133
4.6 Les dettes envers l’Etat : ----------------------------------------------------------------------------------------133
4.7 Les dettes envers la CNSS :-------------------------------------------------------------------------------------134
4.8 Les charges à payer : ---------------------------------------------------------------------------------------------135
4.9 Les dettes relatives aux intérêts prohibés : -------------------------------------------------------------------135
4.10 Les provisions pour risques et charges : --------------------------------------------------------------------136
4.11 Les charges à payer pour congés payés : --------------------------------------------------------------------138
4.11 Les dettes envers le personnel : -------------------------------------------------------------------------------139
4.12. Produits constatés d’avance : ---------------------------------------------------------------------------------139
4.13. Comptes exigibles après encaissements : ------------------------------------------------------------------139
4.14. Compte d’ajustement devises : -------------------------------------------------------------------------------140
Sous-section 5 : Les capitaux propres ---------------------------------------------------------------------------------140

CHAPITRE 2 : Zakat des banques islamiques tunisiennes : ------------------------------------------------------- 142


Section 1 : Présentation de la Banque de Zitouna : ---------------------------------------------------------------------142
Sous-section 1 : Création de la banque et structure du capital : ---------------------------------------------------142
1.1. Création : ----------------------------------------------------------------------------------------------------------142
1.2 Structure du capital : ---------------------------------------------------------------------------------------------143
Sous-section 2 : Missions et valeurs : ---------------------------------------------------------------------------------144
2.1 Missions : ----------------------------------------------------------------------------------------------------------144
2.2 Valeurs : ------------------------------------------------------------------------------------------------------------144
Sous-section 3 : Réseau et stratégie de la banque : ------------------------------------------------------------------145
3.1 Réseau : ------------------------------------------------------------------------------------------------------------145
3.2 Projets et stratégie de la banque : ------------------------------------------------------------------------------145
Sous-section 4 : Activité et résultats de la banque : -----------------------------------------------------------------146
4.1 Les dépôts de la clientèle : --------------------------------------------------------------------------------------146
4.2 Encours des financements : -------------------------------------------------------------------------------------146
4.3 La structure des financements par produits : -----------------------------------------------------------------147
Sous-section 5 : Organisation de la banque : -------------------------------------------------------------------------148
5.1 Organes de gouvernance : ---------------------------------------------------------------------------------------148
5.2 Organes de direction :--------------------------------------------------------------------------------------------149
Sous-section 6 : Comptabilité de la banque : -------------------------------------------------------------------------149
6.1 Référentiel d’élaboration et de présentation des états financiers :----------------------------------------149
6.2 Principes et méthodes comptables : ---------------------------------------------------------------------------150
Section 2 : Présentation des états financiers et calcul de la Zakat : --------------------------------------------------154
Sous-section 1 : Présentation des états financiers : ------------------------------------------------------------------154

203
Sous-section 2 : Détermination de l’assiette de la Zakat : ---------------------------------------------------------159
2.1 Détermination de la valeur des actifs soumis à la Zakat : -------------------------------------------------160
2.2 Détermination de la valeur du passif déductible de l’assiette de la Zakat : -----------------------------167
2.3 Calcul de la Zakat dû par action : ------------------------------------------------------------------------------173
Section 3 : Contraintes d’ordre comptable attachées à la Zakat des banques islamiques en Tunisie et
perspectives d’amélioration : -----------------------------------------------------------------------------------------------175
Sous-section 1 : Les divergences entre les normes NCT et les normes AAOIFI et l’absence de référence
pour certains comptes :---------------------------------------------------------------------------------------------------175
Sous-section 2 : Difficultés de calcul de l’assiette de la Zakat liées à la juste valeur :------------------------176
Sous-section 3 : Insuffisance de la formation académique relative à la comptabilité de la Zakat : ---------177
Sous-section 4 : Création d’une mission spéciale de calcul de la Zakat des Banques islamiques : ---------178
Conclusion de la deuxième partie ------------------------------------------------------------------------------------------181

CONCLUSION GENERALE -------------------------------------------------------------------------------------------- 182

Annexes ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 184

Bibliographie ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 190

Table des Matières --------------------------------------------------------------------------------------------------------- 201

Liste des Figures ------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 205

Liste des Tableaux ---------------------------------------------------------------------------------------------------------- 206

204
Liste des Figures

FIGURE 1 : SCHEMA REPRESENTATIF DE L’OPERATION « MURABAHAH» ------------------------------------------------- 20


FIGURE 2 : SCHEMA REPRESENTATIF DE L’OPERATION « AL IJARAH» ----------------------------------------------------- 22
FIGURE 3 : SCHEMA REPRESENTATIF DE L’OPERATION « SALAM »---------------------------------------------------------- 23
FIGURE 4 : SCHEMA REPRESENTATIF DE L’OPERATION « AL ISTISNA’A » ------------------------------------------------- 25
FIGURE 5 : PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE LA MUDARABA ------------------------------------------------------------ 27
FIGURE 6 : SCHEMA REPRESENTATIF DE L’OPERATION « AL MUSHARAKAH » -------------------------------------------- 30
FIGURE 7 : ORGANIGRAMME INDICATIF DES BANQUES ISLAMIQUES ------------------------------------------------------ 32
FIGURE 8 : GRAPHIQUE D’ACCROISSEMENT ANNUEL MOYEN DES DEPOTS DE LA CLIENTELE DE BANQUE ZITOUNA
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------146
FIGURE 9 : GRAPHIQUE ACCROISSEMENT ANNUEL MOYEN DES ENCOURS DE FINANCEMENT DE BANQUE ZITOUNA
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------147
FIGURE 10 : GRAPHIQUE DE FINANCEMENT PAR PRODUIT DE BANQUE ZITOUNA --------------------------------------147

205
Liste des Tableaux

TABLEAU 1 : DISTRIBUTION DE LA ZAKAT ENTRE 2009 ET 2014 PAR CATEGORIE AUX EMIRATS ARABES UNIS (LES
CATEGORIES DE BENEFICIAIRES NE SONT PAS EXHAUSTIVES) (EN DIRHAMS)------------------------------------- 59
TABLEAU 2 : BAREME DES TAUX D’IRPP -------------------------------------------------------------------------------------- 63
TABLEAU 3 : RECAPITULATION DES ETAPES DE CALCUL DE LA ZAKAT --------------------------------------------------- 81
TABLEAU 4 : STRUCTURE DU CAPITAL DE LA BANQUE ZITOUNA ---------------------------------------------------------143
TABLEAU 5 : CALCUL DE LA VALEUR DES ACTIFS SOUMIS A LA ZAKAT DE LA BANQUE DE ZITOUNA ---------------160
TABLEAU 6 : CALCUL DE LA VALEUR DU PASSIF DEDUCTIBLE DE L’ASSIETTE DE LA ZAKAT DE LA BANQUE DE
ZITOUNA --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------167

206