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UNIVERSITE DE LA MANOUBA

INSTITUT SUPERIEUR DE COMPTABILITE ET


D’ADMINISTRATION DES ENTREPRISES

COMMISSION D'EXPERTISE COMPTABLE

ASPECTS PARTICULIERS DE L’AUDIT MIS EN ŒUVRE DANS LE CADRE DE


LA CERTIFICATION DES COMPTES DES PARTIS POLITIQUES EN TUNISIE

MEMOIRE PRESENTE EN VUE DE L’OBTENTION


DU DIPLOME D’EXPERTISE COMPTABLE

PROPOSE PAR : ENCADRE PAR :


SAMI BOUZAIENE MR. SELIM FRIAA
Expert-comptable
Membre de l’Ordre des Experts
Comptables de Tunisie

Année universitaire
2017-2018
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

REMERCIEMENTS

C’est avec un immense plaisir que j’écris ces quelques lignes en guise de remerciements à
toutes les personnes qui ont contribuées à la concrétisation de ce mémoire.

Mes remerciements vont tout d’abord à Mr Selim FRIAA pour avoir accepté de diriger ce
mémoire, pour les conseils, la confiance et la sympathie qu’il m’a témoignés tout au long de
la période de recherche. Sa disponibilité et ses grandes qualités humaines m’ont permis de
mener à bien ce mémoire.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à mon père pour les conseils et les encouragements
qu’il m’a donné.

Un grand merci aussi à ma mère pour son affection et son soutien moral tout au long de la
réalisation de ce travail.

Un merci spécial à mon frère pour son soutien constant.


Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SOMMAIRE

TABLE DES ABREVIATIONS _______________________________________________ 1

INTRODUCTION _________________________________________________________ 2

PREMIERE PARTIE : LES PARTICULARITES JURIDIQUES, COMPTABLES


ET FISCALES DES PARTIS POLITIQUES __________________________________ 8

INTRODUCTION A LA PREMIERE PARTIE _____________________________________________________ 9

CHAPITRE 1 : DEFINITION, FONCTIONNEMENT ET FINANCEMENT DES PARTIS


POLITIQUES __________________________________________________________________________ 11

SECTION 1 : DEFINITION ET ROLES DES PARTIS POLITIQUES ___________________________ 13

SECTION 2 : ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DES PARTIS POLITIQUES __________ 17

SECTION 3 : ROLE DU MANDATAIRE FINANCIER ET FINANCEMENT DES PARTIS


POLITIQUES _________________________________________________________________________ 24

CHAPITRE2 : LES SPÉCIFICITÉS JURIDIQUES, COMPTABLES ET FISCALES DES PARTIS


POLITIQUES __________________________________________________________________________ 41

SECTION 1 : SPECIFICITES JURIDIQUES DES PARTIS POLITIQUES _______________________ 41

SECTION 2 : SPECIFICITES COMPTABLES DES PARTIS POLITIQUES. ____________________ 46

SECTION 3 : REGIME FISCAL DES PARTIS POLITIQUES _________________________________ 62

CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE ________________________________ 67

DEUXIEME PARTIE : PARTICULARITÉS DE L’AUDIT DES COMPTES DES


PARTIS POLITIQUES ____________________________________________________ 69

INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE ___________________________________________________ 70

CHAPITRE 1 : IDENTIFICATION ET ANALYSE DES PRINCIPALES ZONES DE RISQUE ___ 71

SECTION 1 : ACCEPTATION DE LA MISSION ET ANALYSE DES RISQUES DANS L'AUDIT DES


COMPTES DES PARTIS POLITIQUES ___________________________________________________ 71

SECTION 2 : RECENSEMENT DES PRINCIPAUX RISQUES LIES A L'AUDIT ________________ 81

CHAPITRE 2 : PROPOSITION D'OUTILS D'AIDE A L'AUDIT DES COMPTES DES PARTIS


POLITIQUES __________________________________________________________________________ 96
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 1 : PROPOSITION D'UN PROGRAMME DE TRAVAIL SPECIFIQUE _______________ 98

SECTION 2 : REVUE DES INFORMATIONS ET VERIFICATIONS SPECIFIQUES ____________ 111

SECTION 3 : EVALUATION DES RESULTATS DES PROCEDURES DE VERIFICATION ET


TRAVAUX DE FIN DE MISSION ______________________________________________________ 113

SECTION 4 : PROPOSITION D'UN QUESTIONNAIRE DE FIN DE MISSION _________________ 117

SECTION 5 : PROPOSITION D'UNE LETTRE D'AFFIRMATION SPECIFIQUE AUX PARTIS


POLITIQUES ________________________________________________________________________ 118

SECTION 6. RAPPORTS DU COMMISSAIRE AUX COMPTES _____________________________ 120

SECTION 7 : CONTROLE QUALITE ___________________________________________________ 126

CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE _______________________________ 128

CONCLUSION GENERALE ______________________________________________ 129

ANNEXE : GUIDE METHODOLOGIQUE _________________________________ 132

BIBLIOGRAPHIE _______________________________________________________ 190


Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Table des abréviations

CAC Commissaire aux comptes


CC Cour des comptes
CELP Campagne électorale législative et présidentielle
CI Contrôle interne
CSC Code des sociétés commerciales
D.L Décret-loi
Ed. Edition
Ibid. La même référence
IFAC International Federation of Accountants
IRPP Impôt sur les revenus des personnes physiques
IS Impôt sur les sociétés
ISA International Standards on Auditing
ISIE Instance Supérieure Indépendante pour les Elections
JORT Journal officiel de la République Tunisienne
L. Loi
MI Ministère de l’intérieur
NCT Norme comptable Tunisienne
OECT Ordre des Experts Comptables de Tunisie
OSBL Organismes Sans But Lucratif
SCE Système Comptable des Entreprises
TA Tribunal administratif
TCL Taxe sur les établissements à caractère commercial
industriel ou professionnel
TVA Taxe sur la valeur ajoutée

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

INTRODUCTION

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

« Argent et politique font rarement bon ménage mais ne peuvent pourtant s'ignorer l'un l'autre.
La définition de leurs rapports réciproques est toujours restée marquée du sceau de
l'ambigüité…. » Cette citation de Yves MENY, illustre la relation de plus en plus ambigüe
entre l'agent et la politique.

En Tunisie, la dite relation a connu des développements sérieux à compter de janvier 2011. En
effet, le nombre des partis politiques a augmenté d'une année à une autre pour avoisiner 205
partis politiques à la fin de 2016.

Par ailleurs, les différentes campagnes électorales menées par les partis politiques en 2011 et
2014 et celles qui seront exercées au cours des échéances électorales prochaines, constituent
un « gouffre » d'argent très important. C’est dans ce contexte que s'inscrit le présent mémoire.

La transparence de la vie politique en Tunisie a amené le législateur à légiférer la relation


entre l'argent et la politique. Cette transparence longuement cherchée a comporté l'obligation
faite aux partis politiques de désigner un commissaire aux comptes. Celui-ci aura la
responsabilité de s'exprimer sur la régularité et la sincérité des comptes annuels arrêtés par les
partis politiques.

Avant la révolution du 14 janvier 2011, les partis politiques en Tunisie étaient peu nombreux,
reconnus par la Constitution et dont la réglementation qui les régissent n’a pas été assez
explicite et claire. Après la révolution, le législateur Tunisien a procédé à la conception des
dispositions légales garantissant la transparence de la vie politique afin d’assurer la confiance
du public vis-à-vis du système politique et ce par la divulgation des lois progressives prenant
en considération les changements géopolitiques et juridiques à l’échelle internationale
régissant le financement des partis politiques.

Le financement des partis joue un rôle primordial dans tout système politique dans la mesure
où ces derniers sont des institutions vitales au bon fonctionnement de la société et ce en
assurant le droit d’expression et la diversité des opinions dans le respect de l’intérêt général de
la société.

Certes, la nature des échanges entre l’élu et le citoyen s’est profondément modifiée. En effet,
l’élu communique son message et son profil politique par des méthodes de communication

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

moderne1 (publicité, média). En effet, un tel changement a favorisé l’introduction des


techniques modernes de communication et a incité les partis politiques à se doter des
ressources financières suffisantes pour mener à bien leurs activités sur la scène politique.

Or les ressources des partis politiques (des cotisations, des aides, des dons, des legs, des
revenus des biens des partis politiques et de ses activités…) tarissent face à maintes dépenses
qui ne cessent d'augmenter. Ce déséquilibre entre les emplois et les ressources pousse les
partis à contourner la législation relative au financement de la vie politique ce qui pourra
mettre en péril le processus démocratique.

A ces différentes sources de financement autorisées par la législation s’ajoute le financement


occulte qui peut se pratiquer chez certains partis à travers des voies suspectes. Ces pratiques
ont donné lieu à des scandales dans certains pays.

Les accusations de malversation, de corruption, d’achat des voix et de financement occulte


qui jalonnent les débats électoraux durant les campagnes et après la proclamation des résultats
discréditent et démoralisent l’opération électorale aux yeux du public et portent atteinte au
principe de liberté du suffrage2.Notre pays est-il exempt de ces pratiques ?

En effet, la révélation de ces pratiques constitue une menace sérieuse à la légitimité du


processus démocratique dans notre pays. Ainsi, des mesures législatives importantes ont été
adoptées, par plusieurs pays démocratiques, afin d’assurer la transparence du financement des
partis et des campagnes électorales et de limiter les risques de l’influence de l’argent sur le
processus démocratique.

Dans le monde, les législations à ce sujet se multiplient depuis la fin des années 2000, et
l’encadrement de la vie politique se justifie par la transparence qu’il offre aux publics.

Afin de garantir une démocratie transparente, la Tunisie s’est conduite de la même façon, en
se dotant d'un ensemble de mesures législatives susceptibles de lui garantir la transparence
nécessaire au processus démocratique.

C’est pourquoi l’Etat tunisien, a engagé, depuis 2011, des réformes visant à préserver la
confiance des citoyens dans leur système politique. Au cœur de ces réformes, existe la mise

1
MARTIN Pierre, « Les systèmes électoraux et les modes de scrutin », Montchrestien, collection clefs politiques.
(1997)
2
KARRAY Bassem, « La régularité du financement de la campagne électorale des élections de l’assemblée
Nationale Constituante » Infos Juridiques N°21/121 (Octobre 2011).

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

en place de mécanismes de contrôle des financements, de l’organisation et de la gestion


financière des partis politiques.

A travers cette réforme le législateur vise à atteindre les objectifs suivants :

 Assurer un financement raisonnable pour le fonctionnement des partis en vue d'assurer


la transparence de leurs comptes.
 Garantir l’égalité des candidats aux échéances électorales et l’intégrité du processus
électoral.

Ces mesures sont destinées également à assurer la moralisation des activités politiques et la
transparence des mécanismes de financement.

L’ensemble de cette législation est aujourd’hui regroupé autour :

 du décret-loi n°2011-87 du septembre 2011 qui a abrogé la loi organique n° 88-32 du


03 mai 1988 régissant l’organisation des partis politiques, et la loi n°97-48 du 21
juillet 1997 portant organisation des partis politiques.
 de la loi organique n° 2014-16 du 26 Mai 2014 relative aux élections et aux
référendums.

Ce cadre juridique traite les cinq grands principes suivants :

 intervention financière de l’Etat.


 limitation des dépenses.
 plafonnement des dons.
 contrôle des comptes des partis et sanctions.

Le décret-loi n°2011-87 du septembre 2011, a créé l’obligation pour les partis politiques
d’établir et de publier des états financiers certifiés par un ou deux commissaires aux comptes.

En raison de ces obligations légales, le commissaire aux comptes est amené à intervenir dans
le processus de certification des comptes des partis politiques.

Le domaine des partis politiques est un domaine nouveau en Tunisie qui se caractérise par
l'absence des expériences et où les contraintes culturelles, organisationnelles et surtout
réglementaires sont de plus en plus importantes.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Compte tenu de ce nouveau contexte, le présent mémoire se propose d'apporter des éclairages
aux aspects particuliers auxquels le commissaire aux comptes est appelé à accorder une
attention particulière (identification des zones des risques) et à fixer ses diligences
professionnelles.

Ainsi, ce travail propose aux commissaires aux comptes des partis politiques une approche et
des outils dans le cadre de leurs missions d'audit légal. Il présentera, dans un premier temps
les modalités pratiques de prise de connaissance des particularités organisationnelles et
réglementaires des comptes du parti à auditer.

Puis, il permettra également d'identifier et d'évaluer les principaux risques et de mettre en


œuvre un programme de travail couvrant l'ensemble des aspects significatifs.

Le présent travail a pour objectifs de :

 Présenter les spécificités juridiques, comptables et fiscales des partis politiques ;


 Apporter des précisions sur les particularités de la mission de commissariat aux
comptes des partis politiques se rapportant essentiellement à leurs spécificités
juridique et comptable ;
 Identifier les diligences que le commissaire aux comptes est amené à effectuer en
recensant les difficultés correspondantes ;
 Proposer une démarche d'audit efficace et efficiente, intégrant les risques de fraude et
les financements spécifiques aux partis politiques ;
 Sécuriser l'opinion du commissaire aux comptes ;

Le présent travail s’attachera à répondre à la problématique suivante :

- Quelles sont les particularités d’une mission d’audit des comptes d’un parti politique ?

En vue d’atteindre les objectifs fixés et de répondre à notre problématique, le présent mémoire
sera structuré de la manière suivante :
La première partie sera dédiée à la présentation des particularités juridiques, comptables et
fiscales des partis politiques en Tunisie.

Nous présenterons, dans un premier chapitre, le cadre juridique et les règles d'organisation et
de fonctionnement des partis politiques. Ensuite, et en deuxième chapitre, nous nous
attacherons à décrire les spécificités juridiques, comptables et fiscales des partis politiques.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

La deuxième partie sera réservée à la présentation des conditions particulières d’exercice de la


mission et les contrôles spécifiques de la mission d'audit légal au sein d'un parti politique.

Aussi, nous proposerons des outils d'aide à l'audit des comptes annuels des partis politiques
dans l'objectif d'apporter des solutions concrètes à l'auditeur intervenant chez les partis
politiques et ce afin d’aboutir à une meilleure adéquation entre l’étendue des travaux et
l’estimation des risques d’anomalies significatives.

En dépit de tous les efforts entrepris, ce travail de recherche ne prétend pas tout recenser, il
essai de contribuer à mettre en relief les aspects particuliers de l’audit des états financiers des
partis politiques en Tunisie.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

PREMIERE PARTIE : LES PARTICULARITES


JURIDIQUES , COMPTABLES ET FISCALES DES

PARTIS POLITIQUES

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

INTRODUCTION A LA PREMIERE PARTIE

Depuis l’année 2011, les partis politiques se sont considérablement multipliés. En effet, à la
fin du mois de septembre 2017, environ 208 partis sont présents sur la scène politique
Tunisienne. L'Assemblée des représentants du peuple compte 217 députés.

La vie politique en Tunisie est dominée principalement par deux partis. Il s’agit du
mouvement Ennahdha et NidaaTounes, ces deux partis occupent ensemble environ 63% des
sièges au sein de l’assemblée des représentants du peuple. En second lieu, il vient le bloc Al
Horra et le Front populaire avec respectivement 12% et 7%.

A l’issus des élections de 2014, la répartition des sièges entre les partis se présente comme
suit3 :

Liste Sièges
Nidaa Tounes 86
Ennahdha 69
Union Patriotique Libre 16
Front Populaire 15
AfekTounes 8
Congrès pour la République 4
Autres partis 19
Total 217

A partir de l’année 2016 et suite à la formation des groupes parlementaires, la répartition des
sièges entre les partis est présentée dans le tableau suivant :

Bloc / parti Sièges


Ennahdha 69
Nidaa Tounes 67
Bloc Al Horra 25
Front Populaire 15
Union Patriotique Libre 12
Afek Tounes 10
Bloc social-démocrate 7
Hors groupe 12
Total 217

3
www.arp.tn

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Dans une conférence de presse le Ministre auprès du chef du gouvernement chargé des
Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les organisations des droits
de l’homme, a annoncé que seules quinze partis sur les deux cents huit recensées ont déposé
leurs comptes et rapports financiers auprès de la Cour des comptes.

Cependant, bien qu’ils existent depuis longtemps au sein de la vie politique en Tunisie, les
partis politiques n’étaient pas régis par une législation claire. Toutefois, après la révolution,
une véritable législation sur la moralisation de la vie politique a été mise en place.

Cette législation a porté sur plusieurs aspects : des dispositions législatives relatives à la
constitution et au fonctionnement des partis politiques, la réglementation de financement des
partis, et la mise en place d’un dispositif de contrôle. (Chapitre 1).

En plus, la transparence des partis se traduit par l’obligation de tenir une comptabilité et de
présenter chaque année des états financiers audités. À cet effet l’étude des particularités
comptables et fiscales applicables aux partis, est primordiale (Chapitre 2).

En effet, les particularités objet de la première partie de ce mémoire constituent un outil


précieux pour le professionnel afin de prendre connaissance de cet aspect important de l’audit
d’un parti politique et pour pouvoir fixer en conséquence sa stratégie d’audit financier ainsi
que les programmes de travail adaptés aux circonstances.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

CHAPITRE 1: DEFINITION, FONCTIONNEMENT ET


FINANCEMENT DES PARTIS POLITIQUES

Les polémiques qui ont émaillé l’actualité tunisienne, au lendemain de la révolution de janvier
2011 témoignent que des Tunisiens vont, par le biais des partis qui ont émergé sur la scène
politique, augurer des bouleversements irrémédiables dans les règles des choix politiques
ayant chacun un projet de reconfiguration de la pratique politique en Tunisie.

Les observateurs de la scène politique ont déclaré, à travers les médias, les débats et les
ateliers, une méfiance prononcée vis-à-vis de la prolifération de plus de cent cinquante partis
qui ont émergé sur la scène politique ayant chacun un projet de reconfiguration de la pratique
politique en Tunisie. Il est difficile d’envisager, dans la pratique, une commission de contrôle
totalement impartiale et dénuée de tout esprit partisan.

Le financement de la vie politique fait l'objet d'un cadre législatif récent qui s'est
progressivement consolidé dans le cadre d’un consensus autour de certains principes : la
transparence à la fois pour les partis et le financement des dépenses des candidats, et la
limitation de celles-ci, qui sont sources d'inégalités difficilement acceptables par le citoyen,
avec pour contrepartie l'aide financière de l'État, en vue de limiter les sources de financement
illicite.

Ces accusations sont favorisées dans la plupart des cas, par l’absence d’une législation
avancée en matière de prévention du financement (public et/ou privé) de la vie politique
devenu, après la révolution, parfaitement pluraliste ; et par l’absence d’une autorité
administrative indépendante disposant des mécanismes de suivi et assurant le contrôle de
l'Etat quant à la transparence des financements et des dépenses des partis politiques.

En vue d’assurer la transition démocratique le financement public et privé des partis


politiques tunisiens, d’une part, a été le premier souci de la commission d’élaboration des
recommandations sur la loi de financement des partis politiques tunisiens en prévision de la
campagne électorale pour l'élection de l'Assemblée nationale constituante. D’autre part, il a
fait l’objet des ateliers organisés par la société civile en vue d’élaborer un cadre législatif
relatif à la réglementation des dépenses électorales, à l'organisation de l'activité des partis, et à
leur financement public et privé.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Cette situation politique et juridique est révélatrice de certaines anomalies et de défaillances


lors de l’organisation des élections, dont notamment, de l’insuffisance du contrôle à exercer
sur les comptes des partis. Ce qui prive les commissaires aux comptes de vérifier la correcte
application de la législation et d’investiguer le niveau de transparence prêtant la confiance aux
partis et assurant aux citoyens, au moins relativement, la transition démocratique.

C’est avec l’appui d’un cadre juridique, moralisant les activités politiques et la transparence
des mécanismes des financements des partis, que les législateurs tunisiens ont appréhendé
pour la première fois l’élaboration des textes juridiques relatifs à la transparence financière de
la vie politique. Ce dispositif législatif qui régirait le climat escompté de la vie politique
future est l’objet des lois et décrets suivants :

- Décret-loi n°2011-87 du septembre 2011 qui a abrogé la loi organique n° 88-32 du 03


mai 1988 régissant l’organisation des partis politiques, et la loi n°97-48 du 21 juillet
1997 portant organisation des partis politiques.
- Loi organique n° 2014-16 du 26 Mai 2014 relative aux élections et aux référendums.
- Loi organique n° 2017-7 du 14 février 2017, modifiant et complétant la loi organique
n° 2014-16 du 26 mai 2014 relative aux élections et référendums.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 1 : DEFINITION ET ROLES DES PARTIS POLITIQUES

La constitution de 1959 a consacré dans son article 6 la liberté de création des associations.
Toutefois, la promulgation de la loi 59-154 relative aux associations venait vider l’article 6 de
sa substance puisque elle a conditionné la constitution des associations à l’accord du ministre
de l’intérieur.

Aussi, la loi organique n°88-32 du 3 mai 1988, qui dans son article 4 a instauré l’accord du
secrétaire d’Etat à l’intérieur, était en dessous du seuil minimum d’exercice démocratique.

Après la révolution, le décret-loi venait pallier aux lacunes de la loi n°88-32, en consacrant
dans son article premier le principe de la liberté de création des partis politiques. Ce principe a
favorisé l’existence d’un nombre important de partis dans le paysage politique tunisien.

Le processus de transition démocratique qu’a connu la Tunisie à partir de l'année 2011 a


opéré une réforme législative pour les partis politiques. En effet, la promulgation du décret-loi
n° 2011-87 du 24 septembre 2011, portant organisation des partis politiques a généré des
changements profonds dans le système politique tunisien.

Ce décret-loi qui a abrogé de manière significative la loi organique n° 88-32 du 3 mai 1988,
portant organisation des partis politiques et la loi n° 97-48 du 21 juillet 1997, relative au
financement public des partis politiques, a compté six chapitres et 35 articles répartis comme
suit :

- Chapitre premier : Principes généraux (5 articles)


- Chapitre 2 : la constitution des partis politiques et leur gestion (11 articles)
- Chapitre 3 : dispositions financières (6 articles)
- Chapitre 4 : registres et vérification des comptes (5 articles)
- Chapitre 5 : les sanctions (3 articles)
- Chapitre 6 : dispositions transitoires et finales (5 articles)

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

1.1 D EFINITION DU PARTI POLITIQUE

Selon la définition de l'encyclopédie Wikipédia, dans un pays démocratique, un parti politique


est considéré comme « un groupement organisé qui rassemble des citoyens unis par une
philosophie ou une idéologie commune, dont il recherche la réalisation, avec comme objectif
la conquête de l'exercice de pouvoir ». L’article 35 de la Constitution Tunisienne reconnait la
liberté de constituer des partis politiques, mais elle ne les définit pas.

L'article 2 du décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011 définit le parti politique comme «


une association constituée sur la base d'un accord entre citoyens tunisiens, qui contribue à
l’encadrement politique des citoyens et à la consécration des valeurs de la citoyenneté. Il a
pour objectif la participation aux élections en vue d'exercer le pouvoir au niveau national,
régional ou local ». La constitution française dans son article 4 avance la définition suivante :
« les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et
exercent leur activité librement ».

Compte tenu de ces définitions, il découle que le parti politique est une association
rassemblant des individus ayant un but politique commun et dont son environnement est
constitué de l’ensemble des organes susceptibles d’influencer son activité (Cour des comptes,
ISIE, l’administration publique, société civile, sympathisants, etc...)

1.1.1 L A NATURE ASSOCIATIVE DU PARTI POLITIQUE

Le parti politique est une association. En effet, sous réserves des particularités liées à sa
vocation spécifique, son régime juridique se situe dans la logique du droit des associations.

1.1.2 L A LIBERTE DE CREATION

Les partis politiques peuvent se constituer librement. Ils doivent cependant se déclarer et
déposer leurs orientations et leurs statuts. Ceux-ci jouissent en effet d’une protection
constitutionnelle 4 qui les autorise à se former et exercer librement leur activité dans le respect
des principes de la démocratie.

4
TOLINI Nicolas, « Le financement des partis politiques », thèse pour le doctorat en droit, faculté Jean Monnet,
université Paris XI, Avril 2005, p.4.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

La constitution tunisienne ainsi que le décret-loi 2011-87 ont consacré la liberté de créer des
partis politiques. Selon l’article premier du décret-loi 2011-87 « Ce décret-loi garantit la
liberté de constituer des partis politiques, d'y adhérer et d'y exercer des activités »

Il a pour objectif de consacrer la liberté de s'organiser politiquement, appuyer et promouvoir


le pluralisme politique et de consolider le principe de transparence dans la gestion des partis
politiques »5. Dès lors, l’objectif du législateur était de concevoir un système politique qui
repose sur une conception pluraliste6de la démocratie.

Les partis politiques ne jouissent de la capacité juridique que s’ils sont déclarés auprès du
Premier ministre. Ceci permet aux partis politiques d'ester en justice, d'acquérir à titre
onéreux, de posséder et d'administrer leurs ressources et biens. Ils peuvent également accepter
des aides, dons, donations et legs.

Le parti politique est doté donc de la personnalité morale qui a pour objet un but politique. La
constitution des partis politiques est subordonnée par l'envoi, au Premier ministre, d'une lettre
recommandée avec accusé de réception comportant :

- Une déclaration indiquant la dénomination du parti, son programme, son emblème et


son siège. La dénomination du parti doit être différente de celle des autres partis
légalement constitués.
- Une copie de la carte d'identité nationale des fondateurs du parti,
- Les statuts en deux exemplaires signés par les fondateurs du parti,

La législation actuelle oblige les partis politiques de procéder à la publication de la


constitution à l'Imprimerie Officielle de la République Tunisienne indiquant la dénomination
du parti, son objet, ses objectifs et son siège.

1.2 R OLE DES PARTIS POLITIQUES EN DROIT T UNISIEN

Les partis politiques sont indispensables au fonctionnement des gouvernements


démocratiques modernes. Selon Hans Kelsen « la démocratie moderne repose entièrement sur
les partis politiques, dont l’importance est d’autant plus grande que le principe démocratique

5
Article 1er du décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011 portant organisation des partis politiques, (JORT N° 74
du 30 septembre 2011)
6
ROTSCHILD Claude, « le statut des partis politiques » Pouvoirs, revue française d’études constitutionnelles et
politiques, n°22

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

reçoit une plus large application »7 .L'importance des partis politiques réside dans le fait que
les démocraties ne peuvent fonctionner sans l'existence des partis politiques.

Les partis sont indispensables à une société politique pluraliste et jouent un rôle actif dans
l’information d’un électorat bien informé et impliqué. Par ailleurs, les partis servent
fréquemment de pont entre les branches exécutives et législatives du gouvernement et peuvent
contribuer à identifier efficacement les priorités dans l’ordre du jour législatif au sein d’un
système de gouvernement8.

Le rôle des partis politiques n'est pas défini par la constitution tunisienne. Le rôle des partis a
fait l'objet d'un article, d'une portée limitée, dans le décret-loi n°2011-87 sur les partis
politiques qui stipule que le parti politique « contribue à l'encadrement politique des citoyens
et à la consécration des valeurs de la citoyenneté. Il a pour objectif la participation aux
élections en vue d'exercer le pouvoir au niveau national, régional ou local » (9)

Pour exercer ses rôles, le parti politique doit avoir une autorisation qui lui donne son existence
légale, à cet effet, il importe donc de mettre l’accent sur les procédures constitutives du parti.

7
KELSEN Hans, « La démocratie », librairie du Recueil, Sirey, 2ème Ed. , Paris, (1932)
8
Commission Européenne pour la démocratie par le droit (commission de Venise) « lignes directrices sur la
réglementation des partis politiques », Strasbourg le 25 octobre 2010
9
Article 2 du décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 2 : ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DES PARTIS


POLITIQUES

Les statuts des partis politiques permettent d'organiser leurs modalités de fonctionnement.
Plusieurs organes peuvent être crées afin de gérer le parti au quotidien et mettre en œuvre les
décisions prises par les organes compétents. On peut y retrouver entre autres un bureau
exécutif, un président et un secrétaire général etc...

En Tunisie, les partis politiques :

a) Se forment librement et exercent leur activité ;


b) Jouissent de la personnalité morale ;
c) Ont le droit d'ester en justice ;
d) Peuvent acquérir, posséder et administrer des ressources et des biens.

La liberté d'organisation de la vie politique a été consacrée par la Constitution du 27 janvier


2014. En effet selon l'article 35, « La liberté de constituer des partis politiques, des syndicats
et des associations est garantie. Les partis politiques, les syndicats et les associations
s’engagent dans leurs statuts et leurs activités au respect des dispositions de la Constitution,
de la loi, de la transparence financière et au rejet de la violence ».

2.1 O RGANISATION INTERNE DES PARTIS POLITIQUES

2.1.1 O RGANISATION INTERNE

A contrario de plusieurs législations qui ont réglementé d'une manière très détaillée
l'organisation des partis politiques, la législation tunisienne sur les partis politiques n'a pas
réglementé et n’a pas énoncé d'une manière explicite les règles de fonctionnement interne des
partis politiques.

En effet, le décret-loi 2011-87 est très vague et il n’a pas spécifié des formalités précises. Il
exige seulement que le fonctionnement interne des partis doit s’inspirer des principes
démocratiques. En outre l'article 8 du décret-loi sur les partis énonce que les modes de gestion
du parti sont déterminés par les statuts en respectant les règles de démocratie.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

La législation tunisienne actuelle pose le principe selon lequel il appartient au parti politique
de déterminer ses modes de gestion dans les statuts en observant l'obligation de se conformer
aux principes de la démocratie tout en laissant une large marge d’appréciation dans la mise en
œuvre de cette obligation10.

Par ailleurs, la majorité des partis politiques dispose d'un règlement intérieur qui définit leurs
procédures internes d'organisation et de prise de décision.

Ces procédures internes s'articulent, notamment, sur les aspects suivants :

- La structure du parti ;
- Conditions d’éligibilité à la Présidence ;
- L’élection du président du parti ;
- La hiérarchie des instances ;
- Les conditions d'adhésion ;
- Les droits et les obligations des adhérents ;
- Les règles d’éthique régissant le comportement des membres et du personnel du parti ;
- Les droits des membres, etc.

D'une manière générale, l'organisation interne d'un parti politique peut comprendre les
structures suivantes :

- Le congrès national.
- Le président du parti.
- Le vice-président.
- Le comité exécutif.
- Le bureau politique.
- Le conseil national.
- Le conseil régional.

Cette organisation doit répondre aux objectifs suivants :

- Favoriser l'opinion des membres : le parti doit respecter et prendre en considération


l'opinion de ses membres.

10
DOUBLET Yves-Marie, « les failles du système français du financement de la vie politique ». Paris, Presses
universitaires de France, 1990.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- Garantir la transparence : il consiste à rendre public les statuts et les orientations du


parti.
- Assurer l'obligation de se rendre compte : les organes du parti doivent être
responsables de la mise en œuvre des politiques auprès des membres

L'ensemble de ces objectifs bien qu'ils ne constituent pas des obligations juridiques
contraignantes leur négligence constitue une menace à l'organisation démocratique. Ainsi, les
décisions sont prises, dans une organisation fiable d’un parti politique, selon des procédures
qui aboutissent à :

- Une participation des tous les membres.


- L’expression démocratique d'idées politiques.
- La prise de décision selon les principes démocratiques.

2.1.2 L ES MEMBRES

La législation sur les partis politiques n’a pas imposé des conditions particulières ou des
dispositions impératives pour l’admission des membres ni un nombre minimum requis de
membre pour constituer un parti politique.

Un parti a aussi le droit de refuser un adhérent qui ne lui paraît pas correspondre à ses options
ou qui ne partage pas ses valeurs et idéaux11.

En contrepartie les membres d’un parti politique se réservent également le droit de quitter
celui-ci à tout moment. Cette capacité est un élément clé de la nature volontaire de
l’association12.

Le décret-loi n°2011-87 retient le principe de non-discrimination et par conséquent l’adhésion


aux partis politiques doit être considérée comme un indice de bonne gouvernance. En
pratique, les droits et les obligations des membres doivent être prévus dans les statuts.

Les partis doivent aussi respecter le décret-loi 2011-87 qui interdit certaines personnes
d’adhérer aux partis politiques 13(par exemple les militaires en activité et les civiles effectuant
le service militaire ; les magistrats ; les agents des forces de sécurité intérieure en activité, les

11
Commission européenne pour la démocratie par le droit, code de bonne conduite en matière de partis politiques
adopté par la commission de Venise lors de sa 77ème session plénière (Venise 13-14 mars 2009)
12
ROTSCHILD Claude, op. cit. , p. 56
13
Article 7 du décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

agents de douane…). De même, la législation tunisienne a interdit aux partis politiques


l’adhésion des jeunes qui n’ont pas encore atteint l’âge de 16 ans ou les personnes qui ne
possèdent pas la nationalité tunisienne.

Dans la pratique, il est opportun qu’il soit établi dans les statuts du parti les procédures et les
conditions d’adhésion ainsi que les critères à remplir par les membres. C’est ainsi que l’article
8 du décret 2011-87 a consacré ce principe en laissant aux partis la liberté de déterminer leur
mode de gestion toute en respectant les règles de démocratie14

2.2 S TATUTS

Le parti politique est une structure dotée de statuts régit par le décret-loi sur les partis
politiques. Ces statuts permettent d'organiser la vie du parti notamment les règles de
fonctionnement et ses orientations.

Le décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011, portant organisation des partis politiques a


imposé aux partis politiques l'élaboration des statuts. Ces statuts traduisent son mode
d'organisation et de fonctionnement tout en respectant les règles de démocratie.

A chaque parti, il doit être lié un mandataire financier chargé de l'établissement des états
financiers. Leur désignation est décidée par l'organe habilité par les statuts.

Le parti politique doit mentionner dans les statuts les modalités de suspension provisoire de
son activité, ou sa dissolution ainsi que les règles régissant la liquidation de ses biens et des
actifs lui appartenant.

2.3 P RINCIPES DIRECTEURS POUR LES PARTIS POLITIQUES

La démocratie, l'indépendance de la justice et la protection des droits de l'homme tels que


définis par les conventions internationales ratifiées par la République Tunisienne constituent
des éléments essentiels de la démocratie. Depuis 2011, la Tunisie, a veillé à ce que ces
principes soient appliqués aux partis politiques.

La constitution des partis politiques, ainsi que leurs programmes et leurs modes de gestion et
de financement doivent garantir le respect du cadre constitutionnel et juridique existant. Dès

14
Article 8 du décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

lors, les partis politiques doivent fonctionner dans le respect de certains principes de base de
la démocratie, de la primauté de la loi et la transparence.

Quels sont, alors, les principes que doit respecter le parti et le contenu de ces principes ?

L'article 3 du décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011, portant organisation des partis


politiques dispose que «dans le cadre de leurs statuts, activité et financement, les partis
politiques sont tenus de respecter les principes de la République, la primauté de la loi, la
démocratie, la pluralité, l'alternance pacifique au pouvoir, la transparence, l'égalité, la
neutralité de l'administration, des lieux de culte et des services publics, l'indépendance de la
justice et les droits de l'homme tels que définis par les conventions internationales ratifiées par
la République Tunisienne»15.

a. La primauté de la loi

Les partis politiques doivent fonctionner dans le strict respect de la Constitution et la loi. La
création des partis et leur fonctionnement devraient reposer sur la primauté de la loi et la
protection des droits de l’homme.

Les partis politiques doivent s’engager dans leurs statuts et leurs activités au respect des
dispositions de la Constitution et de la loi16.

b. La démocratie

Les partis politiques constituent un élément fondamental au fonctionnement de la démocratie.


Les activités des partis politiques doivent être fondées sur des principes démocratiques. Ce
principe est prévu dans l'article 8 du décret-loi «Les statuts du parti déterminent ses modes de
gestion en se basant sur les règles de démocratie». La loi exige que l'organisation interne des
partis soit démocratique car si le parti n'est pas organisé démocratiquement peut avoir pour
but d'imposer un système non-démocratique à l'ensemble du pays. En effet, les partis doivent
permettre une démocratie fondée sur la reconnaissance de la légitimité d’une pluralité
effective des partis politiques et de leur alternance au pouvoir.

15
Article 3 du décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011
16
Article 35 de la Constitution Tunisienne

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

c. La pluralité

L’existence des partis politiques est essentielle à la vie politique pour représenter l’opinion
publique. Le cadre juridique, qui repose sur une conception pluraliste,17 consacre aux partis
politiques le principe de la liberté de création et la liberté d’expression.

La pluralité permet à chaque citoyen de choisir ses représentants parmi les tendances
politiques présentes sur la scène politique du pays.

d. L'alternance pacifique au pouvoir

L'alternance pacifique au pouvoir est le principe le plus fondamental d'un paysage politique
transparent et ouvert. L’alternance du pouvoir présume l'existence d'une scène politique
pluraliste ainsi que des élections libres et démocratiques.

Ce principe doit s’étendre au parti politique lui-même dans le sens où le leader du parti
devrait faire passer le pouvoir d’une manière démocratique aux autres candidats du même
parti.

e. La transparence

La transparence est « une condition de moralité »18. Elle doit être illustrée à plusieurs niveaux
à savoir les déclarations, les programmes, les décisions et la comptabilité. En effet, le parti
politique est tenu d’assurer une parfaite accessibilité à toutes les informations et les
documents, ayant trait à son activité, au grand public.

f. L'égalité

Les partis politiques doivent être garants des principes de l’égalité. L’exigence de l’égalité
suppose un traitement égal des partis politiques sans aucune discrimination. En effet, le parti
au pouvoir ne doit pas profiter de sa position pour créer des conditions discriminatoires envers
les petits partis ou les partis représentant des minorités nationales.19

17
ROTSCHILD Claude, op. cit. , p. 33
18
TOLINI Nicolas, op. cit. , p. 364.
19
Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise), lignes directrices sur la
réglementation des partis politiques, Adoptées par la Commission de Venise lors de sa 84e session plénière
(Venise, 15-16 octobre 2010)

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

g. La neutralité de l'administration

La neutralité de l’administration est une obligation qui doit être respectée par les partis
politiques. Cette règle fonde notamment la possibilité de contrôler la transparence et la bonne
gestion des affaires publiques et de garantir l’indépendance des services publics.

Ce principe est consacré par la Constitution tunisienne, en effet l’article 14stipule que
« L’administration publique est au service du citoyen et de l’intérêt général. Son organisation
et son fonctionnement sont soumis aux principes de la neutralité, de l’égalité et de la
continuité du service public, et conformément aux règles de la transparence, de l’intégrité, de
l’efficacité, et de la responsabilité».

h. L'indépendance de la justice et les droits de l'homme

Le décret-loi de 2011 interdit aux partis politiques toute interférence dans la justice. En effet,
la primauté de la loi ne peut être consacrée qu’à travers une justice indépendante.

A ce titre, l’indépendance de la justice a été protégée par la Constitution Tunisienne et ce


grâce au renforcement du rôle du Conseil supérieur de la magistrature qui garantit le bon
fonctionnement de la justice et le respect de son indépendance20

20
Article 114 de la constitution Tunisienne

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 3 : ROLE DU MANDATAIRE FINANCIER ET FINANCEMENT


DES PARTIS POLITIQUES

Outre le fait que la législation a doté les partis politiques de la personnalité morale, l'intérêt
majeur réside essentiellement dans la place qu'elle réserve aux modalités de financement des
partis politiques, en fixant des règles spécifiques.

« Argent et politique ont toujours entretenu des rapports ambigus, souvent sulfureux,
caractérisés par une relation de dépendance réciproque »21 . Cette liaison étroite entre l’argent
et la politique existait depuis que le pouvoir été exercé par la classe aisée. Aujourd’hui, la
politique requiert de grosses dépenses qui ne cessent d’augmenter en contrepartie d’une rareté
des ressources financières. Cette contrainte favorise souvent le recours aux pratiques de
financement occulte et incite les partis politiques à aller chercher des financements occultes.
La nécessité de garantir la probité de la vie politique, justifiait l’ampleur de la mise en place
d’un cadre législatif strict en matière de financement. En effet, l’objectif primordial de décret-
loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011 est de fixer les règles de financement des partis
politiques et la moralisation de la vie politique. Ces dispositions essentielles se résument
comme suit :

- Réglementation des dons effectués par les personnes physiques au profit des partis
politiques.
- Interdiction des dons anonymes et les aides de source étrangère.
- Obligation de dépôt et d'établir des états financiers.
- Certification des états financiers par un ou deux commissaires aux comptes.
- Contrôle par la Cour des comptes.

Cet ensemble de mesures va dans le sens d'une plus grande régularité et d'une plus grande
sincérité des opérations financières réalisées par les partis politiques.

21
TOLINI Nicolas, op. cit. , p. 9.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

3.1 R OLE DU MANDATAIRE FINANCIER

Chaque parti politique doit désigner un mandataire financier. Le mandataire financier est tenu
de :

- Etablir des états financiers annuels ;


- Gérer le compte bancaire ;
- S'occuper des contributions et de s'assurer qu'elles respectent bien les limitations et
les interdictions prévues par la loi ; et
- Remplir le registre des contributions (aides, dons, donations et legs).

La désignation du mandataire financier est effectuée par l'organe dirigeant déterminé par les
statuts du parti. Toutefois, le cadre légal tunisien n’a pas imposé des règles régissant les
compétences requises pour exercer la fonction du mandataire financier.

3.2 F INANCEMENT DES PARTIS POLITIQUES EN T UNISIE

3.2.1 F INANCEMENT EN DEHORS DES CAMPAGNES ELECTORALES

Le décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011, a instauré des mesures pour l’organisation du


financement des partis politiques en fixant les sources de financement, l’interdiction de
certains versements. Ce dispositif législatif a mis en place un système de contrôle et a imposé
des sanctions en cas de violation de la dite loi.

Le financement des partis politiques en Tunisie est principalement basé sur le


subventionnement public mise en place afin de contrebalancer l'interdiction de l'apport de
fonds des personnes morales, puis en second lieu sur les dons et les cotisations des personnes
physiques.

Les recettes des partis politiques font l'objet d'un contrôle attentif de la part de la Cour des
comptes. Ceci s'explique en partie par la possibilité pour les partis de financer sans limite
légale les comptes des campagnes électorales. Pour limiter au maximum tout financement
occulte, l’analyse des financements (public et privé) est donc primordiale.

Page 25
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

a. Le financement public

Avant 2011, la loi n°97-48 du 21 juillet 1997 relative au financement public des partis
politiques, a attribué une subvention de fonctionnement aux partis tout en précisant les
conditions et les modalités de leur octroi. Ce financement s’adresse aux partis politiques
représentés dans la chambre des députés.

De même la loi 99-27 du 29 mars 1999 complétant la loi n°97-48 du 21 juillet 1997 prévoit
une prime additionnelle aux partis politiques pour la subvention de leurs journaux.

Après la révolution, la loi 97-48 a été abrogée par décret-loi 2011-87. C’est ainsi que l’article
21 de ce décret-loi prévoit un financement public à l’intention des partis politiques, mais, sans
préciser ses conditions et ses modalités.

En effet, il apparaît, que l’intervention du législateur est nécessaire pour remédier à ce vide
juridique soit par la modification du décret-loi n° 2011-87 ou par la promulgation d’une
nouvelle loi relative au financement des partis politiques.

b. Le financement privé

Le financement privé des partis politiques est assuré par les dons qui doivent transiter par le
mandataire financier. Cette obligation a pour finalité d'assurer une séparation entre l'action
politique et son mode de financement.

Un compte bancaire séparé et unique doit donc être ouvert afin de recueillir les dons.

 Les dons

Les dons des personnes physiques sont plafonnés à soixante mille (60.000) dinars par
donateur et par an. Il est à noter que la totalité des dons doivent transiter par le compte
bancaire unique.

Page 26
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

 Les cotisations

Les cotisations des adhérents sont plafonnées à mille deux cents (1200) dinars par an. La
cotisation dont le montant dépasse deux cent quarante (240) dinars est versée par chèque
bancaire ou postal ou par mandat postal.

c. Le régime des sanctions

 Les sanctions à l’encontre les partis politiques

En cas de non-respect des lois en vigueur, des sanctions, envers les partis politiques, sont
prévues par le décret-loi sur deux niveaux : sanctions administratives et sanctions pécuniaires.

 Les sanctions administratives

L’article 28 du décret-loi envisage deux sortes de sanctions administratives envers les partis
politiques qui ne respectent pas la loi. Les sanctions d’ordre administrative peuvent être
provisoires, comme la suspension ou définitives comme la dissolution.

Les sanctions provisoires : l’article 28 du décret-loi prévoit que le manquement aux


dispositions du décret-loi n°2011-87 engendre des sanctions envers le parti politique qui
manque à ses obligations légales.

Le président du gouvernement constate l’infraction et procède à la mise en demeure du parti.


Dans ce cas, le parti politique est tenu de régulariser la situation au plus tard dans un délai de
trente jours. La non-régularisation de la situation dans le délai imparti entraîne la suspension
provisoire des activités du parti, par une décision du président du tribunal de première
instance de Tunis sur demande de premier ministre.

Durant cette période de suspension le parti politique a le droit de faire recours contre cette
décision suivant les procédures de référés. Afin d’éliminer toute impression de décision
arbitraire, il est important que des mécanismes de recours existent.22.

22
Commission Européenne pour la démocratie par le droit (commission de Venise) « lignes directrices sur la
réglementation des partis politiques », Strasbourg le 25 octobre 2010.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Les sanctions définitives : Lorsque l’infraction demeure non régularisée par le parti politique
défaillant malgré la mise en demeure, la suspension provisoire de ses activités et après avoir
épuisé tous les moyens de recours contre la décision provisoire de suspension, la dissolution
du parti peut être prononcé par le pouvoir judiciaire suite à une action intentée par le Premier
ministre. La dissolution est la mesure la plus sévère, elle met fin à l’existence juridique du
parti politique.23

 Les sanctions pécuniaires

L’article 29 prévoit des sanctions pécuniaires à l’encontre des partis politiques qui acceptent
des financements d’origine interdite tel que prévue par l’article 18.

Sont particulièrement visées par ce dispositif législatif :

 Le financement étranger, ou de sources anonymes.


 Le financement consenti par les personnes morales : Les personnes morales
nonobstant leur forme juridique sont exclues de financement des partis politiques et,
ne peuvent procurer aucune aide financière, aucun bien ni service à des prix inférieurs
à ceux pratiqués sur le marché. Cette interdiction concerne les personnes morales
publiques et privées.
 Le financement, dans des conditions irrégulières, par les personnes physiques : Les
versements des personnes physiques sont plafonnés. La somme annuelle ne devait pas
excéder les soixante mille dinars par donateur.

D’autre part, et en vertu de l’article 19, il est interdit aux partis politiques d’octroyer des aides
financières ou matérielles aux citoyens.

Le non-respect de dispositions législatives relatives aux financements des activités politiques


peut entraîner pour le parti politique, auteur de l’infraction, le paiement d’une amende égale à
la valeur des ressources obtenues ou données en violation aux articles 18 et 19 du décret-loi
précité.

23
MBAREK Manel, « La pluralisme politique », DEA, FDS, (2009).

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

 Les sanctions envers les dirigeants des partis politiques

L’article 30 du décret-loi-2011-87 punit d’un an à cinq ans d’emprisonnement les dirigeants


qui auraient accepté un financement étranger ou de source inconnue et généralement les
financements interdits par l’article 19 dudit décret.

3.2.2 F INANCEMENT PUBLIC LORS DES CAMPAGNES ELECTORALES

a. Le financement public

La mise en place du système de financement public permet à tous les partis politiques de
pouvoir jouer un rôle dans la vie politique. Ceci va dans le sens du respect de la Constitution
et favorise le bon fonctionnement de la Démocratie. En effet, même si le montant alloué aux
petits partis ayant touché les deux fractions de l'aide publique est faible, il est nécessaire à la
survie de ces partis qui disparaîtraient à défaut de l'aide financière.

En plus, ce type de financement est une solution pour être en mesure de contrôler les fonds
reçus. Le financement public est assuré par l'impôt collecté.

C’est ainsi, une subvention publique forfaitaire au titre de remboursement des dépenses
électorales est versée à chaque candidat (la campagne présidentielle) ou liste candidate
(campagne législative), et ce, après la proclamation des résultats définitifs des élections.
L'article 78 (nouveau) de loi organique n° 2017-7 du 14 février 2017, modifiant et complétant
la loi organique n° 2014-16 du 26 mai 2014 relative aux élections et référendums a instauré
un minimum de 3% pour pouvoir prétendre à la première fraction. Cette loi a renforcé les
contrôles pour éviter les candidatures motivées par des raisons financières.

Aussi il est à noter, que le candidat ou la liste candidate ne peuvent prétendre à la subvention
publique s’ils ne produisent pas le justificatif de dépôt des comptes auprès de la Cour des
comptes et après vérification de leur respect des obligations légales relatives à la campagne
électorale et son financement.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

b. Le financement privé

Outre l’aide publique, les candidats aux élections bénéficient d’un financement privé. Le
financement privé peut être en espèce ou sous la forme d’avantage en nature. On distingue
deux types de financement privé :

- L’autofinancement : il s’agit d’un financement en provenance des ressources propres


de la liste de candidats ou du candidat ou du parti.
- Le financement spécial : étant un mécanisme efficace visant à impliquer et faire
participer le citoyen à la vie politique du pays, le financement spécial est celui
provenant des autres sources autres que la liste de candidats ou le candidat ou le parti.

Le financement de la campagne électorale ne peut parvenir que des personnes physiques de


nationalité tunisienne. En effet, aucun financement en provenance d’une personne morale ou
une personne physique étrangère ne peut être accepté. Le financement privé est fixé à vingt
fois le salaire minimum interprofessionnel garanti dans les secteurs non-agricoles pour ce qui
est des élections législatives. Ce plafond est ramené à trente fois pour les élections
présidentielles ou le référendum.

c. Le régime des sanctions

La loi organique 2014-1624 tel que modifiée et complétée par la loi organique n° 2017-7 du 14
février 2017 a prévu un arsenal25de sanctions financières, électorales et pénales à l’encontre
des partis, candidats ou liste de candidats qui ne respectent pas les dispositions de la loi
électorale. Ces sanctions sont généralement prononcées pour les irrégularités des comptes,
financement illégal, dépassement des plafonds des dépenses ou suite au non-respect des règles
applicables aux campagnes électorales.

24
Articles 98 à 100 et 149 et 162 de la loi organique 2014-16 du 26 mai 2014.
25
JOUAN Barbara, « Évaluation du cadre juridique et des mécanismes de financement de la campagne
électorale », avril 2015.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- Les sanctions financières

Les sanctions financières qui peuvent atteindre les partis, les candidats ou la liste de candidats
sont multiples et sont parfois lourdes :

- Lorsque le dépassement du plafond des dépenses électorales a été relevé, le tribunal


des comptes fixe une sanction pécuniaire qui varie en fonction de l’importance du
dépassement. Cette sanction est équivalente à la valeur de la somme en dépassement
du plafond si le dépassement est de 20% de l’ensemble des dépenses. Toutefois, elle
peut aller jusqu’aux deux fois le dépassement, si le pourcentage du dépassement est
supérieur à 20% et dans la limite de 50%.Au-delà de 50% et dans la limite de 75% le
montant de la sanction est porté à cinq fois le montant du dépassement du plafond.
- En cas de non dépôt du compte financier dans les délais et conformément au modèle
fournit à cet effet, une amende égale à dix fois le montant maximum de l’aide
publique dans la circonscription concernée.
- Une sanction équivalente à cinq fois le plafond des dépenses et la déchéance du
mandat de chaque membre qui s’est porté candidat sur la liste, sont prononcées
lorsque le parti ou le candidat ne dépose pas leur compte financier ou en cas de
dépassement du plafond des dépenses de plus 75%. Par ailleurs, le refus du compte
financier par la Cour des comptes est éligible à amende qui varie entre cinq et sept fois
le montant maximum de l’aide publique dans la circonscription concernée.
- Une sanction allant de 500 dinars à 2500 dinars en cas d’entrave aux travaux du
tribunal des comptes.
- Une sanction allant de 1000 dinars à 5000 dinars en cas de non-conformité aux
dispositions de l’article 99 de loi n° 2014-16 (absence d’un compte bancaire unique,
états synthétiques des recettes et des dépenses, non-production des documents
bancaires…)
- Restitution du montant engagé au titre des dépenses n’ayant pas le caractère électorale.
- Une sanction allant de 5 000 dinars à 10 000 dinars en cas de recours à la publicité
politique pendant la période électorale.26
Une sanction allant de 1000 dinars à 5000dinarsen cas de la propagande pendant la
période de silence électoral.27

26
Article 57 et 154 de la loi organique 2014-16 du 26 mai 2014.
27
Article 69 et 155 de la loi organique 2014-16 du 26 mai 2014.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- Les sanctions électorales

En cas de dépassement du plafond des dépenses électorales de plus de soixante-quinze pour


cent (75%) ou en cas de non-dépôt du compte financier, la Cour des comptes prononce la
déchéance du membre de l'Assemblée des Représentants du Peuple s'étant présenté sur la liste
de candidats.
Dans le cas d’obtention d’un financement étranger pour la campagne électorale, l’inéligibilité
est prononcée à l’encontre de l’auteur de l’infraction. En effet, toute personne ayant bénéficié
d’un financement en provenance de source étrangère sera interdite de participer aux élections
suivantes. L’inéligibilité s’accampagne par la perte de la qualité de membre de l'Assemblée
des Représentants du Peuple, par les membres de la liste bénéficiaire de financement étranger.

- Les sanctions pénales

Le candidat, le parti ou liste des candidats peuvent faire l’objet des poursuites pénales pour
certaines infractions. La nature de la sanction varie en fonction de la gravité de l’infraction
constatée :

- Un emprisonnement de cinq ans à l’encontre des candidats qui auraient accepté des
financements de l’étranger.
- L’article 159 de la loi 16-2014 punit d’un emprisonnement allant de 6 mois à un an à
ceux qui auraient procéder à l’achat des voix.
- L’utilisation des ressources de l’administration, des établissements et entreprises
publiques comportait une peine d’emprisonnement de six mois à un an.

3.2.3 L'INTERDICTION DES DONS DE PERSONNES MORALES

Les dons des personnes morales sont interdits dans le but de mettre un terme et d'éviter au
maximum les affaires de corruption pouvant être liées à ce type de financement. En effet, il
existe un risque que les entreprises font des contributions élevées en contre partie de leur aide
précieuse et attendaient un avantage du parti ou du candidat dépendant de ce dernier. Cela
passait souvent par l'obtention des marchés publics.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

3.2.4 L E PLAFONNEMENT DES DEPENSES

Les dépenses de la campagne électorale sont plafonnées, pour chaque liste, à cinq fois le
montant de la subvention au titre de l’aide publique28.

La limitation des dépenses est en réponse à la hausse des dépenses électorales afin de rétablir
l’égalité des chances entre les partis.

Toutefois il est difficile de distinguer entre les dépenses se rattachant à la campagne électorale
et les dépenses non électorales (régulières) qui restent à la charge des partis. En effet, la Cour
des comptes estime que le cadre légal n’a pas prévu des dispositions claires qui organisent les
activités des partis au cours de la période préélectorale (recommandation n°5)29.

3.2.5 L’ OBLIGATION DE TRANSPARENCE

Aujourd’hui les règles juridiques encadrant le financement des partis politiques constituent
une étape législative significative en posant les fondements de l’encadrement du financement
des partis politiques. Les partis politiques de leur part sont astreints à la transparence de leurs
comptes. Les états financiers sont arrêtés chaque année et certifiés par un ou deux
commissaires aux comptes avant d’être déposés à une commission composée de trois
membres qui sont : Le premier président du tribunal administratif, le premier président de la
Cour d'appel de Tunis et le président de l'ordre des experts comptables de Tunisie. Les états
financiers devraient être publiés dans un quotidien et sur le site web du parti et ce dans un
délai d’un mois à partir de leur approbation30.

Pour les campagnes électorales, le parti politique est tenu de tenir une comptabilité simplifiée
pour chaque circonscription électorale ainsi qu’une comptabilité générale retraçant toutes les
opérations réalisées dans toutes les circonscriptions.

Toutefois la transparence et la régularité financière des partis politiques ne peuvent être


vérifiées sans la mise en place des mécanismes et des organes de contrôle.

28
Article 10 du décret n° 2014-2761 du 1er août 2014, fixant le plafond global des dépenses de la campagne
électorale et le plafond du financement privé ainsi que le plafond du financement public et ses conditions et
procédures, pour les élections législatives de l’année 2014, JORT du 05 août 2014
29
Cour des comptes, « Rapport général sur les résultats des contrôles du financement de la campagne électorale
et législative », Mars 2015
30
Article 26 du décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

3.2.6 L ES ORGANES DE CONTROLE

Le système encadrant le financement de la vie politique définit des obligations comptables


pour les partis politiques, des limitations des recettes et des dépenses des campagnes
électorales. Le respect de ces obligations est soumis à des contrôles.

Les partis politiques et les campagnes électorales sont majoritairement financés par le
subventionnement public et les dons de personnes physiques.

« La dimension financière des campagnes électorales est devenue une donnée fondamentale
des démocraties. Des raisons juridiques, politiques et économiques justifient une
réglementation en la matière, en vue d'assurer une égalité de chance entre les candidats afin
que leurs moyens financiers ne favorisent pas certains aux dépens d’autres31 ». En effet, le
contrôle des partis politiques et des campagnes électorales est primordiale pour consolider la
vie politique et assurer l’égalité des chances entre les partis. Le contrôle de financement des
partis politiques et des campagnes électorales est confié à l’Instance supérieure indépendante
pour les élections (ISIE), et à la Cour des comptes.

Le contrôle complémentaire et chronologiquement successif du financement des campagnes


électorales par l’ISIE et la Cour des comptes qui interviennent ainsi à deux stades distincts du
processus électoral : en amont pour l’ISIE et à posteriori par la Cour des comptes32. En effet,
l’ISIE exerce son contrôle au cours de la campagne électorale. Alors que le contrôle de la
Cour des comptes est à postériori. Un délai de quarante-cinq jours à partir de la date de la
déclaration des résultats définitifs, est accordé aux partis politiques pour déposer les
documents qui feront l’objet du contrôle de la Cour des comptes.

Quant à l'intervention du commissaire aux comptes, celle-ci est régie par les normes
professionnelles et la loi ce qui permet d'avoir un autre niveau de contrôle par rapport à celui
de l'ISIE et la Cour des comptes.

31
TOUVET Laurant et DOUBLET Yves-Marie, « Droit aux élections », Economica, Paris, (2007).
32
JOUAN Barbara, « Évaluation du cadre juridique et des mécanismes de financement de la campagne électorale
de l’année 2014 », Avril 2015.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

a. Les contrôles effectués par la Cour des comptes

La mission principale de la Cour des comptes s'articule autour du contrôle des comptes des
partis politiques et des campagnes électorales.

D’une part, l’article 27 du décret-loi relatif à l’organisation des partis politiques oblige les
partis politiques à présenter auprès de la Cour des comptes un rapport annuel comportant une
description sur les ressources et les dépenses du parti. Toutefois, ce décret ne détermine ni le
délai accordé pour les partis pour le dépôt de ce rapport ni l’étendue du contrôle.

D’autre part, la Cour des comptes exerce un contrôle sur les comptes des campagnes
électorales comme l’indique l’article 91 de la loi organique 2014-16 du 26 mai 2014.

La Cour des comptes peut émettre des avis, qu'il juge nécessaire, sur des points qui lui
semblent être problématiques et propose des solutions dans son rapport de contrôle. Elle
apporte de cette façon des éclaircissements quant à l'application de la législation. Ainsi dans
son rapport datant du mois de juin 2015 sur les résultats du contrôle des financements des
campagnes électorales législatives de l'année 2014, elle a mis en avant des problèmes de
procédure et de fond. Ci-après, nous citons quelques constatations et recommandations de la
cours des comptes33 :

- La nécessité de mettre en place la norme comptable prévue par le décret-loi n°87 du


24 septembre 2011
- Prévoir des sanction en cas de non-respect des dispositions de l'article 87 de la loi
organique n° 2014-16 du 26 Mai 2014 relatives à la publication, par les listes
candidates aux élections législatives ou les candidats aux élections présidentielles ou
les partis aux référendums, de leurs comptes financiers à l'un des quotidiens publiés en
Tunisie dans un délai de deux mois à compter de la date de la déclaration des résultats
définitifs des élections ou du référendum.
- Existence des irrégularités ou des infractions qui ne sont pas assorties de sanctions.
- Prévoir la définition plus stricte de la publicité politique.
- Prévoir la définition plus stricte du compte financier.

33
Cour des comptes, « Rapport général sur les résultats des contrôles du financement de la campagne électorale
et législative », Mars 2015

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- Il conviendrait de mettre en place des dispositions législatives quant aux dépenses


engagées dans la période pré-électorale afin de garantir l'égalité entre les partis et
d'assurer la réalité du coût de la campagne électorale.
- Harmoniser les différentes législations relatives au financement des campagnes
électorales et des partis politiques pour permettre aux différents intervenants une
meilleure compréhension de la législation en vigueur.

C'est à partir de ces points primordiaux se rattachant à la sécurisation de la vie financière des
partis politiques et des campagnes électorales que des améliorations peuvent être apportées.

La mise en œuvre d'une législation efficace prendra plusieurs années. En Tunisie, le temps
entre la prise de conscience et la législation est très court. Toutes les lois ont été décidées dans
l'urgence sous la pression d'événements, cette situation traduit une certaine fébrilité du
législateur à venir modifier les textes en place. Ces textes nécessitent au fil des années des
améliorations. Pour ce faire, ce sont les organes de contrôle tels que la Cour des comptes et
l'ISIE qui ont posé à travers des rapports, les évolutions souhaitées du cadre législatif. En
effet, à partir de ces contrôles que les failles sont détectées et les solutions sont proposées
régulièrement. C'est à travers ces derniers que la vie financière politique tend à s'assainir.

b. Les contrôles effectués par l’Instance supérieure indépendante pour les élections

(ISIE)

l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) a été créée par la loi organique n°
2012-23 du 20 décembre 2012, telle qu’amendée et complétée par la loi organique n° 2013-44
du 1er novembre 2013 et la loi organique n° 2013-52 du 28 décembre 2013, confie à l’ISIE
une compétence générale en matière de supervision des élections, de contrôle financement des
campagnes électorales et de la garantie de l’égalité entre tous les candidats en matière de
financement public.

L’étendue du contrôle de financement de la campagne électorale est prévu par l’article 89 de


la loi organique n° 2014-16 du 26 Mai 2014 relative aux élections et aux référendums, l'ISIE,
pendant la campagne, « contrôle le respect des règles du financement de la campagne
électorale ou du référendum par la liste Candidate, le candidat ou le parti.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Elle contrôle également les moyens de financement et impose la conformité aux règles, en
collaboration avec différentes structures publiques, y compris la Banque centrale, le tribunal
des comptes et le ministère des Finances »

Conformément à la loi organique n° 2014-16 du 26 Mai 2014, l’instance est chargée de :

- Imposer et contrôler les règles et les moyens de financement de la campagne électorale


ou du référendum ;
- Centraliser tous les RIB et noms des mandataires financiers désignés par les listes et
candidats pour gérer les comptes bancaires uniques ;
- Vérifier les procédures d’enregistrement des recettes et dépenses de la campagne
électorale ;
- Contrôler la régularité des recettes collectées par les candidats et les listes ;
- S’assurer du non dépassement du plafond des recettes et des dépenses électorales ;
- Délivrer un registre numéroté et cacheté pour inscrire toutes les opérations débitrices
et créditrices de manière chronologique, sans rature ni modification, tout en inscrivant
la référence du moyen de preuve dans le registre ;
- Annuler les résultats des listes ou des candidats qui n’ont pas respecté les dispositions
en matière de financement de la campagne électorale ou en violation desdites
dispositions ;
- Fournir au tribunal des comptes des informations tel que la liste des comptes bancaires
et les personnes habilitées à gérer ces comptes au nom de chaque parti politique ou
liste candidate.

Pour exercer ses contrôles, l'instance, à part les demandes d'information, elle fait appel à ses
représentations territoriales et elle exerce des visites sur le terrain.

Aussi parmi les rôles de l'ISIE est d'aider les partis politiques à comprendre et à respecter la
loi notamment à travers des séminaires.34

Les résultats du contrôle de l’ISIE peuvent aller jusqu'à l’annulation des résultats. En effet
dans l’exercice de sa compétence, l’ISIE a abouti à l’annulation de certaines listes pour la
campagne législative de 2014.35

34
ISIE, « Rencontre avec les partis politiques sur la présentation des candidatures pour les élections législatives
et présidentielle 2014 », 12 Août 2014.
35
ISIE « Rapport sur les élections de l’année 2014 », www.isie.tn.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

c. Les contrôles effectués par les commissaires aux comptes

Un niveau supplémentaire de contrôle a été mis en place. C'est la mission du commissaire aux
comptes de certifier les comptes annuels du parti politique.

La mission est définie par l’article 26 du décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011. Un ou


deux commissaires aux comptes doivent contrôler les comptes des partis politiques.

La mission de certification a pour objectif d'établir un rapport où ils certifient que les comptes
sont établis en conformité avec les dispositions légales et conformément au système
comptable des entreprises.

La vérification des comptes par un professionnel externe permet au parti politique d'avoir un
avis extérieur sur les problèmes auxquels ils doivent faire face et d'avoir un œil différent sur
ces interrogations. De part ses connaissances de la législation et de son expérience, le
commissaire aux comptes est le mieux disposé pour apporter des informations claires et
objectives.

La certification du commissaire aux comptes est un complément indispensable aux travaux


menés par la Cour des comptes. En effet, les commissaires aux comptes sont invités à
effectuer un maximum de contrôle, à intervenir plusieurs fois dans l'année et à établir des
contacts réguliers avec le parti. La responsabilité des commissaires aux comptes est très forte
car ils certifient que les états financiers sont établis conformément aux dispositions légales et
au système comptable des entreprises.

Le déroulement de la mission du commissaire aux comptes sera traité dans la deuxième partie
de ce mémoire.

3.3 LES LACUNES DU CONTROLE DE FINANCEMENT DE LA VIE POLITIQUE ET

RECOMMANDATIONS

Un dispositif juridique efficace et pertinent doit être en évolution continue de par sa nature,
notamment, des déficiences qui auraient pu y être décelées. Le système juridique relatif au
financement de la vie politique ne déroge pas à ce principe, c’est pourquoi les révisions ne
cessent d’être proposées. Des améliorations peuvent être apportées par le législateur, tel que le
renforcement des mécanismes de contrôle et de pouvoir des sanctions.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Le décret-loi n°2011-87 prévoit la présentation du rapport de contrôle des comptes à une


commission composée par le premier président du tribunal administratif avec la participation
du premier président de la cour d'appel de Tunis et du président de l'ordre des experts
comptables de Tunisie. Toutefois, ce texte important n’a pas connu de suite.

La mise en place d’un financement public pour les dépenses de fonctionnement au profit des
partis politiques justifie l’instauration de cette commission pour vérifier l’emploi de ces fonds.
Aujourd’hui, ce financement n’est pas encore clarifié.

Aujourd’hui, les contrôles des commissaires aux comptes se limitent à vérifier la justification
des dépenses sans se prononcer sur l’opportunité des dépenses. Comme le prévoit la norme
sur la certification des états financiers des partis politiques « Le contrôle des commissaires
aux comptes ainsi défini n'a, en aucun cas, pour objectif de vérifier l'opportunité des dépenses
engagées ou des opérations réalisées par le parti politique ».

Le non-respect des règles de financement pendant les campagnes électorales n’est pas
sanctionné par la suspension. En effet, le texte juridique se limite à la perte de la subvention
publique, sanction qui demeure insuffisante.

Au surplus compte tenu de l’importance de ce manquement, il sera approprié d’exiger la


restitution de l’aide publique pour l’année au cours de laquelle l’infraction a eu lieu.

A ce titre, le législateur peut définir au préalable l’affectation des fonds alloués au titre de
l’aide publique que de laisser aux partis la liberté et le pouvoir discrétionnaire de leur
utilisation.

Le pouvoir de sanction dont dispose la Cour des comptes à l’égard des partis est jugé
relativement insuffisant, c’est la raison pour laquelle le législateur devrait intervenir afin
d’introduire des réformes. De tels manquements à la législation en vigueur ne sont pas
toujours convenablement sanctionnés. Cette problématique a été soulevée à plusieurs reprises
dans le cadre des rapports de la Cour des comptes.

La législation relative au financement des partis politiques malgré ses insuffisances, constitue
aujourd’hui un dispositif juridique important pour la moralisation de la vie politique.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Ces insuffisances peuvent être exploitées par les partis politiques pour la dissimulation des
financements illicites. Pour en remédier des évolutions sont encore nécessaires pour renforcer
les mécanismes de contrôle.

Il est aussi nécessaire d’instaurer des mécanismes de surveillance des conditions de mise à
disposition gracieuse de matériels, locaux et personnels au profit des partis politiques et en
particulier la facturation des prestations de services qui devraient être rendues à la valeur
marchande.

Les relations étroites entre les partis et certaines structures (personnes morales,
associations…) peuvent favoriser les pratiques occultes (fausses factures, prestation gracieuse,
mise à disposition…). Ces relations sont généralement difficiles à détecter notamment lorsque
les services rendus revêtaient le caractère immatériel.

Les derniers rapports de la Cour des comptes attestent les difficultés rencontrées par cette
dernière pour s’assurer de l’absence des financements reçus en provenant des associations
écrans.

L’ensemble des améliorations à apporter à la législation tunisienne peuvent être résumées


comme suit :

- Prévoir une distinction stricte entre les dépenses électorales et non électorales ;
- Définir clairement le rôle des mandataires financiers et fixer les compétences requises
pour leur nomination ;
- Modalité d’attribution de l’aide public ;
- Contrôle par l’ISIE de la campagne à l’étranger ;
- Prévoir des sanctions dissuasives en cas de non publication des états financiers ;
- Revoir le régime des sanctions ;
- Encadrer la valorisation des avantages en nature ;
- Clarifier les modalités et les conditions de financement des partis par les emprunts
bancaires ;
- Le sort des Financements en provenance des sources étrangères ou inconnues ;
- Le contenu du rapport remis par les partis à la Cour des comptes ;
- Le sort des dépassements des limites de financement par les contributeurs.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

CHAPITRE2 : LES SPÉCIFICITÉS JURIDIQUES, COMPTABLES


ET FISCALES DES PARTIS POLITIQUES

SECTION 1 : SPECIFICITES JURIDIQUES DES PARTIS POLITIQUES

Le cadre juridique dans lequel les partis évoluèrent jusqu' à l’année 2011 s’est caractérisé par
ses insuffisances notoires qui deviennent inconciliables avec la place prépondérante prise par
ces organisations dans la vie politique nationale.36

Avant la révolution, les partis politiques ne disposaient pas d’un cadre juridique approprié,
permettant de leur assurer les moyens nécessaires à l’accomplissement de leurs activités.

Dans un souci de sécurisation du financement de la vie politique, la Tunisie a mis en place


une législation encadrant les recettes et les dépenses des campagnes électorales et des partis
politiques.

Le décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011 sur les partis politiques qui abroge la loi
antérieure de 1988 ; loi liberticide sur la base de laquelle s’est construit l’autoritarisme
politique. Ce décret a supprimé le régime de l’autorisation préalable du ministre de l’intérieur
et a remplacé par celui de la déclaration auprès du Premier ministre (articles 6 à 16).

Cette loi présente des limites : d'une part, la restriction de l'aide aux seuls partis politiques
représentait au parlement alors même qu'il existait d'autres courants de pensée, et, aussi la
faiblesse des sanctions en cas de non-respect des plafonds de financement.

Le financement de la vie politique provenant uniquement de l'Etat peut entraver la libre


organisation. Ainsi des nouveaux courants de pensée peuvent donner naissance à des partis
politiques indépendamment d'une représentation éventuelle à l'Assemblée de peuple
(assemblée constituante avant les élections)

Il est à noter à cet égard, qu’en vertu des décrets lois n° 2011-87 et n°2011-88 du 24
septembre 2011, portant respectivement organisation des partis politiques et organisation des
associations, l’octroi d’une autorisation préalable pour la constitution d’un parti ou d’une
association n’est plus exigé, une simple déclaration étant suffisante.

36
TOLINI Nicolas, op. cit. , p. 25.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Le décret-loi 2011 a renforcé les obligations de rendre des rapports, en établissant des limites
sur les contributions des candidats.

Les partis politiques ont l'obligation de tenir une comptabilité et de déposer leurs comptes,
audités par un ou deux commissaires aux comptes, au premier responsable du parti et à une
commission présidée par le premier président du tribunal administratif avec la participation du
premier président de la cour d'appel de Tunis et du président de l'ordre des experts comptables
de Tunisie.

La loi organique n°88-32 du 3 Mai 1988 présente des limites : d'une part, la restriction de
l'aide aux seuls partis politiques représentés au Parlement, alors même qu'il existe d'autres
courants de pensée, mais la représentation est absente. D'autre part, le plafonnement des
dépenses est applicable aux campagnes électorales uniquement ; et enfin la faiblesse des
sanctions en cas de dépenses excessives.

La loi organique N° 88-32 du 3 Mai 1988 a été abrogée ainsi :

 Financement par fonds public généralisé à tous les partis politiques.


 Limitation des cotisations des adhérents à mille deux cents (1200) dinars par an
 Limitation des dons, donations et legs des personnes physiques et à un montant annuel
qui ne dépasse pas soixante mille (60.000) dinars par donateur.
 Obligation de certifier les états financiers par un commissaire aux comptes
 Interdiction des aides, dons et donations des personnes morales publiques ou privées.

1.1 LES FORMALITES DE CONSTITUTION

Lors de sa constitution, le parti politique est sujette à certaines particularités relatives à son
objet, ses dirigeants, ses adhérents ainsi que certaines formalités de constitution.

La constitution et la législation sur les partis politiques ont expressément consacré la liberté
d'association. Toutefois, cette liberté de créer des partis politiques est conditionnée. Dès lors,
la législation actuelle sur les partis politiques est venue clarifier les conditions à observer pour
la constitution des partis. Ainsi la constitution d'un parti politique doit répondre à des
conditions de fond et de forme.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

a. Les conditions de formes

- Les conditions requises relatives aux fondateurs et aux dirigeants

La législation Tunisienne sur les partis politiques dispose que les fondateurs et les dirigeants
du parti politique doivent être de nationalité tunisienne.

Aussi, ils doivent jouir entièrement de leurs droits civils et politiques. En effet les fondateurs
ou les dirigeants d'un parti politique ne doivent pas avoir été condamnés par un jugement
définitif ayant l'autorité absolue de la chose jugée, et ce, pour un délit ou crime à plus de trois
mois de prison ferme ou de plus de six mois de prison avec sursis.

- Les conditions requises relatives aux adhérents

La législation actuelle a imposé des conditions d'adhésion aux partis politiques. En outre
l’article 7 du décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011 énonce que l'adhésion soit ouverte
aux personnes de nationalité tunisienne. La condition d'âge est fixée à seize (16) ans au
minimum.

Le même article a prévu certaines interdictions comme l'impossibilité d’appartenir à plus d’un
parti ou l'interdiction touchant les militaires en activité et les civils effectuant le service
militaire, les magistrats, les gouverneurs, les délégués principaux, les secrétaires généraux des
gouvernorats, les délégués et les chefs de secteur, les agents des forces de sécurité intérieure
en activité et le corps des agents des douanes.

- Les conditions relatives au dépôt du dossier

La constitution d'un parti politique nécessite le dépôt d'un dossier complet auprès du Premier
ministre. Le dossier doit comporter un ensemble des documents à savoir : une déclaration
indiquant la dénomination du parti, son programme ainsi que son emblème et son siège, une
photocopie de la carte d'identité nationale des fondateurs du parti et les statuts en deux
exemplaires signés par les fondateurs du parti. Ces éléments constitutifs du dossier sont
vérifiés, lors de l'envoi de la lettre, par un huissier de justice moyennant l'établissement et la
remise d'un procès-verbal en deux exemplaires au représentant du parti.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

b. Conditions de fond

Les statuts des partis doivent être en conformité avec les dispositions des articles 3 et 4 du
décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011. Ces articles concernent les principes de la
république et de la démocratie. En effet, les statuts doivent être en conformité avec la
Constitution et à la loi et contenir un engagement général sur la transparence (article 3). De
même, les statuts et les programmes des partis ne doivent pas inciter à la violence, la haine,
l'intolérance ou des discriminations basées sur la religion ou la catégorie, ou le sexe, ou la
région (article 4). L’examen du dossier transmis au Premier ministre s'effectue principalement
sur la base des articles 3 et 4. Il s’agit d’un contrôle préalable à l’activité du parti.

Le manquement aux dispositions des articles 3 et 4 ci-dessus mentionnés constitue un motif


de refus de la création du parti.

La décision d’autorisation du parti, par le Premier ministre est prononcée dans un délai de
soixante jours à compter de date de réception de la lettre recommandée, faute de quoi, il s’agit
d’une décision tacite de non-objection à la constitution du parti politique.

1.2 LE CONTENTIEUX DE LA LEGALISATION DES PARTIS

La législation actuelle a consacré aux partis politiques le droit de défense en instaurant la


possibilité de recours contre la décision de refus de la constitution du parti. C’est ainsi l'article
10 du décret-loi permet aux fondateurs de pourvoir contre la décision du Premier ministre par
la voie du recours pour excès de pouvoir prévu par l'article 6 de la loi n° 72-40 du 1er juin
1972, relative au tribunal administratif. Ce contrôle exercé par le tribunal administratif est une
garantie pour les partis, l'objectif du législateur étant donc d'éliminer toute impression de
décision arbitraire.

En Europe, la possibilité de recours a été prévue par le code de bonne conduite en matière des
partis politiques37.

La décision d'annulation de la décision attaquée n'est prononcée par le Tribunal Administratif


que si le recours pour excès de pouvoir est fondé, et ce, conformément aux dispositions de
l'article 8 de la loi n° 72-40 du 1er juin 1972.

37
Adopté par la commission de Venise lors de sa 78ème session plénière, Venise, 13-14 mars 2009)

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

D'autre part l'article 8 de la loi relative au Tribunal Administratif stipule que les décisions
rendues par ce dernier sur recours pour excès de pouvoir ont l'autorité absolue de la chose
jugée.

Lorsque le recours pour excès de pouvoir est reconnu fondé, le Tribunal Administratif
prononce l'annulation de la décision attaquée.

En effet, selon l'article 8 de ladite loi les décisions rendues par le Tribunal Administratif sur
recours pour excès de pouvoir ont l'autorité absolue de la chose jugée lorsqu'elles prononcent
une annulation totale ou partielle ; elles n'ont en cas de rejet des conclusions présentées à
l'appui du recours que l'autorité relative de la chose jugée.

A partir du moment de la réception de l'arrêt rendu par le Tribunal Administratif portant


annulation de la décision, le représentant légal du parti est tenu, dans un délai de sept jours, de
déposer une annonce à l'Imprimerie Officielle de la République Tunisienne indiquant la
dénomination du parti, son objet, ses objectifs et son siège accompagnés d'un exemplaire du
procès-verbal dressé par le huissier de justice ou du jugement du tribunal administratif.

La notion d’un parti politique ainsi que l’encadrement de sa légalisation étant précisés, il
convient d’énumérer les spécificités comptables et fiscales de cette structure.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 2 : SPECIFICITES COMPTABLES DES PARTIS POLITIQUES.

2.1 C ADRE COMPTABLE

La loi organique N°88-32 du 3 Mai 1988 organisant les partis politiques a énoncé
l’obligation, qui pèse sur les partis politiques, de tenir une comptabilité. Toutefois, la version
Arabe de cette loi et qui fait foi, fait référence à une comptabilité de flux. « Recettes et
Dépenses », alors que le texte français prévoit une comptabilité d’engagement.

L’absence de référence directe à la situation patrimoniale des partis politiques dans la


présentation de leurs comptes, montre que l’intention du législateur qui souhaite plus s’en
tenir au contrôle des recettes et l’usage des dépenses qu’appréhender les flux globaux des
partis dans leur conception patrimoniale. Ce problème est résolu par le décret-loi qui
préconise aux partis politiques la tenue d’une comptabilité d’engagement en respectant le
système comptable des entreprises38

Le même décret susvisé prévoit que les normes comptables spécifiques aux partis politiques
sont approuvées par arrêté du ministre des Finances.39

Cependant, il n'existe, à ce jour, aucune norme comptable spécifique régissant la présentation


et l’évaluation des comptes des partis politiques tunisiens. En effet, un expose sondage a été
adressé aux membres de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie par le comité de pilotage
au sein du ministère des finances afin de collecter les avis des professionnels avant de le
soumettre au Conseil National de la Comptabilité.

Compte tenu du caractère particulièrement nouveau de l’obligation de tenir une comptabilité


d’engagement, il va sans dire qu’un certain nombre d’interrogations ont précédé la mise en
œuvre de cette obligation.

En l’absence d’une norme comptable spécifique, nous pensons que l’obligation de tenir une
comptabilité suscite un nombre de controverses. En effet, le souci de transparence affirmé par
la législation régissant la vie politique impose la promulgation de la norme comptable relative
à l’établissement et la présentation des comptes des partis politiques.

38
Article 23, décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011.
39
Ibid.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

2.2 LA COMPTABILITE GENERALE DU PARTI :

Les partis politiques sont tenus de tenir une comptabilité conforme au système comptable des
entreprises. A partir de là, cette tenue doit obéir aux conditions de fonds et de forme prescrites
par la réglementation comptable en vigueur à savoir notamment :

- La tenue des livres comptables et l’élaboration des états financiers : cette tenue doit
être organisée de façon à garantir l’exhaustivité des enregistrements, la conservation
des données de base, leur reconstitution et leur vérification. Les livres comptables
englobant le journal général, le grand livre et le livre d’inventaire.
- Le plan comptable qui définit la nomenclature des comptes et les règles de leur
fonctionnement.
- Les enregistrements comptables appuyés par des pièces justificatives ainsi que leur
conservation pendant une période de dix ans.
- La réalisation d’un inventaire physique des éléments composants les actifs et les
passifs du parti politique.
- La mise en place d’un manuel de procédure comptable.

D’autres prescriptions ont été préconisées par le projet de la norme relative aux OSBL tel que
la mise en place d’une structure d’audit interne et la présentation, par le parti, des budgets au
même titre que les sociétés commerciales.

La présentation des budgets annuels par le parti s’effectuait essentiellement sous forme d’un
budget de fonctionnement, d’un budget d’investissement et un budget de trésorerie.

De même, les partis politiques sont tenus en application du décret-loi n° 2011-87du 24


septembre 2011 à d’autres obligations tel que la tenue des registres suivants40 :

- Le registre des adhésions.


- Le registre des délibérations des organes de direction du parti.
- Le registre d'aides, dons, donations et legs en distinguant ceux qui sont en nature de
ceux en numéraire et en déterminant leurs valeurs ainsi que les noms des donateurs qui
en sont l’origine.

40
Article 24 du Décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011, portant organisations des partis politiques.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

2.3 LA MISE EN PLACE D ’ UN SYSTEME DE CONTROLE INTERNE :

Le contrôle interne au sein des partis politiques doit être conçu conformément aux règles
prévues par le système comptable des entreprises avec des adaptations nécessaires au contexte
particulier. Dès lors, un ensemble des procédures devraient être mis en place pour le bon
fonctionnement du parti et pour garantir l’efficacité de système de contrôle interne. Parmi ces
procédures nous citons celles régissant :

- Le processus d’engagement des dépenses ;


- L’organisation des flux financiers entre le parti et ses structures régionales ;
- La distinction entre les dépenses de fonctionnement du parti et les dépenses afférentes
aux campagnes électorales ;
- Les méthodes de valorisation des avantages en nature ;
- Le recueil des cotisations, l’émission des cartes des adhérents et leur rapprochement
avec les encaissements ;
- L'examen systématique des documents à l'appui des dons et subventions par des
personnes habilitées, pour assurer le respect des obligations imposées par les
donateurs et pourvoyeurs de fonds.41

2.4 LA GESTION BUDGETAIRE

La mise en place d’un système budgétaire au sein du parti permet de mieux optimiser ses
ressources. Le budget permet d’élaborer des situations prévisionnelles et leur confrontation
avec les réalisations et la justification des écarts tout en mettant en œuvre les actions
correctives.

Il va sans dire que l’élaboration du budget est primordiale dans la mesure où sa publication
justifiée les appels aux aides et aux subventions et pourrait inciter les donateurs.

Le projet de la norme comptable relative aux partis politiques recommande que les budgets du
prochain exercice comptable soient annexés aux états financiers de l’exercice clôturé. Il va de
même pour la confrontation des budgets de la saison en cours avec les réalisations.

41
Dispositions du projet de la norme relative aux associations, partis politiques et autres organismes à but non
lucratif.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Les principales phases du processus budgétaire se présentent comme suit :

- La prise de connaissance des objectifs du parti pour le prochain exercice à la lumière


des objectifs fixés ;
- La détermination des besoins et des ressources pour le prochain exercice ;
- L’élaboration du projet des budgets ;
- L’établissement du pré-budget général permettant de garantir l’atteinte des objectifs
fixés ;
- La négociation du pré-budget et ses détails avec les différents intervenants ;
- L’élaboration des prévisions définitives ; et
- Le suivi périodique des réalisations et leur confrontation avec les budgets.

La spécificité du processus budgétaire du parti par rapport à une société commerciale réside
dans le fait que le budget directeur du processus est celui des charges. Ainsi, les procédures
budgétaires aboutissent à l’élaboration des budgets suivants :

- Le budget de fonctionnement qui englobe la budgétisation des charges et des produits


de l’activité courante ;
- Le budget d’investissements ; et
- Le budget de trésorerie.

2.5 LES PRINCIPES COMPTABLES GENERAUX APPLICABLES AUX PARTIS POLITIQUES

En vertu de l'article 19 de la loi 96-112 du 30 décembre 1996, relative au système comptable


des entreprises, les états financiers doivent présenter de manière fidèle la situation financière
réelle du parti, ses performances et tout changement de sa situation financière, et doivent
retracer l'ensemble des opérations découlant des transactions du parti politique et des effets
des événements liés à son activité.

Certes, pour atteindre l’objectif visant la régularité, la sincérité et la transparence de leur


information financière publiée, la comptabilité du parti politique doit être organisée
conformément aux dispositions du système comptable des entreprises, moyennant certaines
adaptations exigées par leur vocation non lucrative et le caractère spécifique de leurs
domaines d’activité.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

2.5.1 L ES HYPOTHESES SOUS - JACENTES

- La continuité d’exploitation :

L’hypothèse de continuité d’exploitation suppose une évaluation des postes de bilan à la date
de clôture dans une perspectiviste de continuité de l’activité. Dans le cas contraire, les états
financiers doivent être préparés sur une base différente42.

- La comptabilité d'engagements

Ce principe est fondamental pour la comptabilisation des opérations réalisées par le parti. En
effet toutes les transactions doivent être comptabilisées dès qu’elles se produisent et non pas
au moment des encaissements ou paiements.

2.5.2 L ES CONVENTIONS COMPTABLES

- Convention de l'entité

La comptabilité financière suppose une nette séparation entre le patrimoine du parti et celui de
ses adhérents ou dirigeants.

- Convention de l'unité monétaire

L'adoption d'une unité de mesure unique pour enregistrer les flux et les transactions d'une
entité. Le système comptable des entreprises retient comme unité de mesure la monnaie
comme unité de mesure (le Dinar) de l'information véhiculée par les états financiers.

En effet les dispositions du système comptable des entreprises dispose que les informations
non quantifiables monétairement et exprimées dans d'autres unités de mesure peuvent être
divulguées principalement dans des notes aux états financiers.

L'analyse de ce principe appelle de notre part la question suivante : il est possible de mettre en
valeur le bénévolat, qui fait la spécificité des partis politiques, dans les états financiers des
partis politiques ?

La réponse à cette question sera développée dans le paragraphe qui traite les aspects
comptables spécifiques des partis politiques.

42
Paragraphe 36 du cadre conceptuel de la comptabilité financière.

Page 50
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- Convention de la périodicité

L'information financière doit refléter l'évolution périodique de la situation financière du parti.


Elle doit être en conséquence, produite et fournie à des intervalles périodiques et réguliers, la
période étant désignée « exercice comptable ». Pour des considérations pratiques, il est admis
que l'exercice comptable couvre une période de douze mois.

- Convention du coût historique

Selon cette convention, le coût historique ou la valeur d'origine sert de base adéquate pour la
comptabilisation des postes d'actif et de passif du parti.

L’application de cette convention nous amène à s’interroger sur la méthode d’évaluation des
immobilisations acquises antérieurement à l’entrée en application du décret-loi 2011-87.
Aussi quelle évaluation à retenir en cas d’absence des pièces justificatives ?

Les dispositions transitoires du projet de la norme comptable préconisent le recensement


exhaustif des éléments de la situation de départ et de procéder à leur évaluation. Les partis
politiques peuvent faire recours à des professionnels extérieurs en vue d’évaluer ces
immobilisations.

- Convention de réalisation du revenu

Les revenus sont évalués à la juste valeur de la contrepartie reçu ou à encaisser. Les
subventions attribuées pour couvrir les charges spécifiques sont à rapporter aux résultats des
exercices ayant enregistrés ces charges. La prise en compte des revenus par le parti s’effectue
lors de sa réalisation.

- Convention de rattachement des charges aux produits

Cette convention consiste à établir une correspondance, directe ou indirecte, entre les produits
et les charges du parti. Lorsque des revenus sont comptabilisés au cours d'un exercice, toutes
les charges ayant concouru à la réalisation de ces revenus doivent être déterminées et
rattachées à ce même exercice. Cette convention est le corollaire de l'autonomie des exercices.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Ce principe est difficilement transposable à l'ensemble de la comptabilité des partis politique.


En effet, les dépenses relatives aux campagnes électorales pour les partis politiques sont
pluriannuels c'est à dire qu'elles peuvent ne pas être entièrement affectables aux seules
charges de l'exercice au cours duquel elles sont engagées.

Convention de l'objectivité

En vertu de cette convention, les transactions et événements pris en compte en comptabilité et


divulgués dans les états financiers doivent être justifiées par des preuves. Quand des
documents probants concernant ces transactions n'existent pas, ou ne peuvent pas exister, les
bases d'estimations retenues doivent être fournies pour permettre la vérification et
l'appréciation des méthodes préconisées. Dans ce cas, il convient de produire les éléments
facilitant la conviction et par conséquent l'évaluation objective des faits.

- Convention de la permanence des méthodes

La convention de la permanence des méthodes exige que les méthodes de prise en compte, de
mesure et de présentation ne doivent pas connaitre des modifications d’une année à une autre.
Cette convention vise l’homogénéité des méthodes comptables.

Selon la Cour des comptes, pour l'exercice 2014, il n'a pas été fait application du décret-loi n°
2011-87 du 24 septembre 2011 par plusieurs partis politiques. En conséquence, les méthodes
d'évaluation, de présentation vont connaitre des modifications sensibles d'un exercice à un
autre. Elles seront difficilement homogènes pendant les premiers exercices.

- Convention de l'information complète

Cette convention établit que les états financiers doivent fournir toutes les informations
nécessaires pour ne pas induire en erreur les lecteurs.

Elle exige, pour éviter toute ambiguïté dans l'interprétation de l'information financière, que les
états financiers comportent des notes et des tableaux explicatifs révélant toute information
pertinente et attirant l'attention sur les événements ou les traitements de l'information qui ont
un impact significatif sur l'évolution des résultats futurs et la situation du parti.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- Convention de prudence

Des incertitudes entourent inévitablement un grand nombre d'événements et de circonstances.


Ces incertitudes sont prises en considération par l'exercice de la prudence dans la préparation
des états financiers. La prudence est la prise en compte d'un certain degré de précaution dans
l'exercice des jugements nécessaires pour préparer les estimations dans des conditions
d'incertitudes, pour faire en sorte que les actifs ou les revenus ne soient pas surévalués et que
les passifs ou les charges ne soient pas sous-évalués. Cependant, l'application de cette
convention ne doit pas engendrer la création de réserves occultes ou de provisions excessives,
la sous-évaluation délibérée des actifs ou des revenus ou la surévaluation délibérée des passifs
ou des charges.

Une campagne électorale peut laisser les comptes du parti devant un déficit financier
important qu'il faudra apurer au cours des prochains exercices.

Cet événement pèse de façon sensible sur les budgets des partis politiques. Il est évident qu'un
seul exercice ne suffit pas à assurer le financement de ces évènements dans leur totalité. Quel
traitement comptable pouvant nous donner à cette situation ?

Nous estimons qu'il est nécessaire de constater des dotations régulières de provision de façon
est ce que chaque exercice supporte une proportion du coût globale de la campagne électorale.

A notre avis, les notes aux états financiers devront comprendre une rubrique qui explique
clairement les bases de calcul retenues.

- Convention de l'importance relative

Les états financiers doivent révéler tous les éléments dont l'importance peut affecter les
appréciations ou les décisions. La production de l'information financière doit être guidée par
la convention de l'importance relative pour le classement et la présentation des éléments
traités par la comptabilité financière. Un fait ou un élément est significatif, si en tenant
compte des circonstances, sa nature ou son montant est tels que le fait de le mentionner dans
les états financiers, ou la manière de le traiter dans les comptes est susceptible d'influencer le
jugement ou les décisions prises sur la base des données comptables.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- Convention de la prééminence du fond sur la forme

La substance des opérations et autres événements n'est pas toujours cohérente avec ce qui
ressort du montage juridique apparent. Pour que l'information représente d'une manière fiable
les transactions et autres événements qu'elle vise à représenter, il est nécessaire qu'ils soient
enregistrés et présentés en accord avec leur substance et la réalité économique et non pas
seulement selon leur forme juridique.

2.6 LES ASPECTS COMPTABLES SPECIFIQUES DES PARTIS POLITIQUES

Les partis politiques présentent des particularités et des règles de fonctionnement ainsi qu'un
mode de financement qui nécessité une adaptation des traitements comptables.

Ainsi, depuis 2011 les partis politiques sont soumis à l'obligation d'établir des comptes
annuels conforme au système comptable des entreprises avec certaines adaptations.

Ces adaptations portent principalement sur les actifs nets, le résultat comptable et son
affectation, les apports affectés à des immobilisations, les contributions en nature, les
contributions bénévoles, le renouvellement des adhésions et les dépenses de campagne
électorale dans les partis politiques.

2.6.1 L A NOTION D ’ ACTIFS NETS

La notion des capitaux propres traité par le système comptable des entreprises, n'a pas de
fondement au regard de cette structure ayant un cadre juridique particulier. En effet s'agissant
que le parti politique est un organisme à but non lucratif, il conviendra de définir une
terminologie spécifique aux partis politiques.

Sur ce point, le projet de la norme relative aux OSBL apporte une réponse. D’après le projet
de la norme, le patrimoine du parti appartient uniquement à la personne morale dudit
«organisme» sans possibilité d’appropriation individuelle. En effet la comptabilisation des
apports dans les partis politiques est différent à celui des sociétés où il prend la notion du
« capital » En outre, le concept de « capitaux propres » est remplacé par celui des « Actifs
Nets»43.

43
Projet de la norme comptable relative aux associations, aux partis politiques et autres organismes sans but
lucratif.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

2.6.2 L A NOTION DU RESULTAT COMPTABLE ET SON AFFECTATION

Partant du principe que le parti politique n'a pas la vocation de réaliser et de distribuer des
bénéfices, lorsque le solde des opérations concourant au résultat de l'exercice est positif,
celui-ci doit être qualifié d'excédent et non de bénéfice.

Si le solde est négatif, celui-ci doit être qualifié de déficit, bien évidement il est appelé déficit
des produits sur les charges de l'exercice et non pas déficit d'exploitation couramment utilisé
en matière commerciale.

Le résultat de l'exercice (excédent ou déficit) doit être porté en réserve ou en report à nouveau
positif en cas où il est excédentaire, ou en report à nouveau négatif s'il est déficitaire.

2.6.3 LES APPORTS

Les apports correspondent à un transfert au profit du parti de liquidités ou équivalents de


liquidités ou d’autres actifs ou au règlement ou diminution d’un élément de passif, sans
contrepartie donnée à l’apporteur44. En conséquence les apports sont effectués à titre gratuit et
ne donne pas la qualité d'adhérent à l'apporteur et ce contrairement aux sociétés où l'apport
donne la qualité d'associé à l'apporteur et lui donne le droit de tirer des bénéfices et la
restitution des biens apportés.

En fonction de leur nature, des besoins du parti, destination et des modalités de leur
utilisation, les apports font l'objet d'une affectation d'origine externe. Les apports peuvent être
des :

- Cotisations
- Dotations
- Apports finançant les investissements
- Apports finançant des projets ou des activités bien définis
- Apports finançant les activités courantes (actifs courants et charges courantes)
- Apports affectés au remboursement d'une dette
- Apports non affectés.

44
NCT 32 relative à la présentation des états financiers des associations autorisées à accorder des microcrédits,
paragraphe 5.

Page 55
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

a. Affectation des apports

Dans le cas où l’apport serait affecté, les dirigeants sont tenus de respecter la volonté des
apporteurs. A ce titre, une information est communiquée dans les notes aux états financiers
précisant les façons avec lesquelles les apports ont été utilisés.

Dans le cas où l'apport ne fait pas l'objet d'une affectation d'origine externe, il sera qualifié
comme un apport finançant les activités courantes et devrait être classé parmi les produits de
l'exercice (élément de résultat).

b. Les règles d’évaluation des apports

Les apports doivent être évalués à leur juste valeur, et à défaut, à leur valeur de réalisation Ces
valeurs sont à déterminer en vertu de pièces justificatives, conformément à la convention
d’objectivité.

Pour la valorisation des apports sous forme d'actif non monétaire, il est nécessaire d’établir un
état descriptif des apports effectués. Cet état doit comprendre notamment :

- un relevé précis des apports,


- le caractère définitif ou non de l’apport (énoncé des conditions suspensives pouvant, le
cas échéant, s’appliquer) et,
- la valorisation des apports (à titre d’exemple, pour les biens immobiliers, cette
valorisation figure généralement dans les actes constatant le transfert juridique).
- Pour la valorisation des apports non monétaires et dans le respect de la convention
d’objectivité, il est recommandé de disposer des éléments justifiant l’évaluation des
apports et leur prise en compte (rapport d’expert par exemple ou en fonction des règles
à arrêter par les autorités compétentes).

c. La prise en compte et la comptabilisation des apports

Les apports sont constatés de façon à les rattacher aux charges correspondantes occasionnées
par les activités qu'ils financent, conformément à la convention de rattachement des charges
aux produits. Ils sont constatés comme suit :

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- les apports sous forme de cotisations sont à comptabiliser parmi les produits de
l'exercice.
- les apports sous forme de dotations n'étant pas liés à aucune charge sont à
comptabiliser en actifs nets.
- les apports finançant les biens amortissables sont constatés en actifs nets et doivent
être rapporté aux résultats des exercices pendant lesquels sont constatées les charges
d'amortissement relatives à ces immobilisations. Ces apports sont rapportés selon le
même rythme que charges d'amortissement.
- les apports affectés à des biens non amortissables assorties de certaines obligations,
sont constatés en actifs nets et sont à rapporter aux résultats du ou des exercices qui
supportent le coût d'exécution de ces obligations.
- les apports affectés à des charges reportées sont constatés au passif à titre d'apports
reportés puis transférés en résultat au moment de la constatation des charges
correspondantes.
- les apports non affectés sont constatés en résultat au cours de l'exercice où ils sont
reçus.

Exemples45

Exemple N°1 :

L'apport accordé pour l'acquisition d'un terrain, alloué sous la condition d'y construire un
immeuble, est à rapporter aux produits en fonction de la durée d'utilisation de l'immeuble.

Exemple N°2 :

Les apports grevés d'une affectation d'origine externe au remboursement d'une dette
contractée pour financer les charges d'un ou de plusieurs exercices futurs sont constatés à titre
de produits de l'exercice ou des exercices au cours desquels les charges correspondantes
seront constatées (c'est-à-dire traiter l'apport comme s'il était affecté à la même fin que celle à
laquelle la dette a été utilisée).

45
Exemples fournis par le projet de la norme comptable relative aux OSBL.

Page 57
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

2.6.4 LES CONTRIBUTIONS EN NATURE

Les contributions en nature sont des apports qui se matérialisent par un transfert non
monétaire de ressources matérielles ou immatérielles (biens ou services) à l’usage du parti.

Les apports en nature sont à comptabiliser parmi les produits ou les actifs nets en contrepartie
de comptes de charges où d'actifs. Ils sont comptabilisés sur la base des pièces justifiant leur
juste valeur ou leur valeur de réalisation)

Les apports dont la valeur est difficilement déterminable de façon fiable, doivent être
présentés au niveau des notes aux états financiers sous forme d’informations qualitatives ou
quantitatives non monétaires. Cette position est à justifier obligatoirement dans lesdites notes.

A titre d'exemple la mise à la disposition du parti d'un espace ou la prise en charge du coût de
transport de biens ou de personnes constitue des apports en nature qui doivent être évalués et
comptabilisés.

2.6.5 LES CONTRIBUTIONS BENEVOLES

Le bénévolat est considéré comme un don de temps librement consenti. D’un point de vue
comptable, le bénévolat constitue une contribution volontaire en nature qui est, par principe,
sans contrepartie et en respectant les orientations et les valeurs du parti.

Le projet de la norme comptable relative aux OSBL définit les contributions bénévoles
comme étant « des prestations fournies, par des adhérents ou non-adhérents, aux activités de
l'OSBL sans aucune contrepartie.

Ces contributions proviennent généralement des services en provenance des salariés, des
consultants et des professionnels libéraux ou des techniciens et artisans non rémunérés ».

D’après ce projet de norme, les notes aux états financiers des partis politiques doivent inclure
une note spécifique aux contributions bénévoles.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

2.6.6 LE RENOUVELLEMENT DES ADHESIONS

La base des recettes des partis politiques est fournie par les cotisations des adhérents.

Conformément à la norme comptable NCT 03 relative aux revenus, les revenus relatifs aux
cotisations sont comptabilisés en compte de résultat.

Pour les revenus liés au renouvellement des adhésions sont pris en compte en résultat de façon
à les rattacher à l'exercice au cours duquel ils sont encourus, sauf si leur encaissement effectif
n'est pas raisonnablement assuré. L’encaissement est considéré comme raisonnablement
assuré lorsqu'il est obligatoire pour les adhérents en vertu du formulaire d'adhésion ou des
textes régissant l'activité du parti politique.

2.6.7 LES DEPENSES DE CAMPAGNE ELECTORALE DANS LES PARTIS POLITIQUES .

Par application de la convention de rattachement des charges aux produits, les charges d’un
parti politique engagées au cours d’un exercice doivent être imputées à cet exercice.
Toutefois, il arrive que certaines charges, tel que les frais des campagnes électorales, peuvent
avoir un impact sur les prochaines exercices. De point de vue comptable le projet de la norme
préconise l’affectation de ces charges à l’actif de la situation financière en charges reportés et
de les imputer sur les charges de l'exercice au cours duquel elles sont engagées et les charges
des exercices suivants46.

Une note explicative devra être fournie dans les notes sur la situation financières. Cette note
porte sur la nature de ces charges ainsi que leur durée d’étalement.

Quant aux revenus des campagnes électorales, ils peuvent être considérés comme « des
apports affectés » et seront comptabilisés au même titre que les charges à répartir.

Il est à noter que le projet de la norme n’autorise pas compensation au niveau des états
financiers entre les revenus et les charges relatifs à la campagne électorale.

46
La norme comptable Tunisienne N°10 relative aux « charges reportées »

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Néanmoins, l’article 84 (nouveau) de loi organique n° 2017-7 du 14 février 2017, modifiant et


complétant la loi organique n° 2014-16 du 26 mai 2014 relative aux élections et
référendums47 prévoit que « Tout parti ou coalition qui présente plus d’une liste candidate doit
tenir une comptabilité consolidée rassemblant toutes les opérations réalisées dans les
différentes circonscriptions électorales dans lesquelles il présente des listes candidates».

Par conséquent, l’exposé sondage relatif au projet de la norme comptable pour les
Associations, les Partis Politiques et les autres Organismes Sans But Lucratif (OSBL)non
encore approuvé par le Conseil National de Comptabilité jusqu’à la date de rédaction de notre
travail, n’a pas tenu compte des nouvelles réglementations publiées préconisant la séparation
entre les comptes des campagnes électorales et ceux des partis politiques.

2.7 P RESENTATION DES ETATS FINANCIERS

Le projet de la norme comptable pour les associations, les partis politiques et les autres
organismes sans but lucratif précise que les états financiers du parti sont composés d’un état
de la situation financière, d’un état des produits et des charges, d’état de flux de trésorerie et
des notes aux états financiers.

2.7.1 L’ ETAT DE LA SITUATION FINANCIERE

L’état de la situation financière fournit une information sur les passifs et les actifs nets du
parti politique. Contrairement aux sociétés commerciales, et en l’absence d’un cycle
d’exploitation pour le parti politique et compte tenu de l'importance qu'occupe les fonds qu'ils
disposent et les engagements financiers qu'ils gèrent, pour les utilisateurs de leurs états
financiers, les éléments de l'état de la situation financière sont présentés selon leur nature en
privilégiant l'ordre décroissant de liquidité pour les actifs et d’exigibilité pour les passifs48

2.7.2 L’ ETAT DES PRODUITS ET DES CHARGES

L’état des produits et des charges récapitule les produits et les charges de l’exercice. La
différence correspond à un excédent ou un déficit.

47
Paru au journal Officiel de la République Tunisienne du 17 février 2017.
48
Dispositions du projet de la norme comptable tunisienne relative aux OSBL

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

2.7.3 L’ ETAT DE FLUX DE TRESORERIE

L’état des flux de trésorerie retrace l’évolution de la situation financière au cours d’un
exercice comptable. Il fournit des informations sur les activités courantes, de financement et
d’investissement du parti, ainsi que sur les effets de ces activités sur sa trésorerie.

2.7.4 L ES NOTES AUX ETATS FINANCIERS

Les états financiers doivent être accompagnés par des notes qui font partie intégrante des états
financiers. Les notes contiennent des informations explicatives et supplémentaires reliées à
l’état de la situation financière, l’état des produits et des charges et l’état de flux de trésorerie.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 3 : REGIME FISCAL DES PARTIS POLITIQUES

3.1 O BLIGATIONS FISCALES A LA CHARGE DU PARTI POLITIQUE

3.1.1 D ECLARATION D ’ EXISTENCE

Les partis politiques se trouvent hors champ d'application de l'impôt sur les sociétés, toutefois
ils demeurent tenus de déposer une déclaration d'existence et d'obtenir un matricule fiscal du
bureau de contrôle compétent pour pouvoir accomplir leurs obligations fiscales telles que les
déclarations mensuelles et la déclaration de l'employeur. Il est à noter qu’à partir de l’octroi
de leur déclaration d’existence, les partis politiques sont tenus de tenir une comptabilité
conformément au système comptable des entreprises prévu par la loi n° 96-112 du 30
décembre 1996 relative au système comptable des entreprises.

3.1.2 D ECLARATION DE L ’ EMPLOYEUR

En vertu des dispositions de l’article 55 du code de l’IRPP et de l’IS, les partis politiques qui
versent des sommes soumises à la retenue à la source en vertu des dispositions de l’article 52
et 53 du même code sont tenus de déposer au bureau ou au centre de contrôle des impôts dont
ils relèvent une déclaration des sommes versées avec l’identité complète de leurs
bénéficiaires, et ce avant le 28 février de chaque année.

3.1.3 D ECLARATIONS MENSUELLES

Les partis politiques sont soumis à l’obligation de dépôt des déclarations fiscales mensuelles.

3.2 R EGIME FISCAL DU PARTI POLITIQUE

Le régime fiscal du parti sera étudié dans ce qui suit au niveau des impôts directs, indirects,
droit d’enregistrement et de timbre, TCL, TFP et FOPROLOS.

Page 62
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

3.2.1 IMPOT SUR LES SOCIETES

« Les partis politiques se trouvent hors champ d’application de l’IS tel que défini par l’Article
45 du Code de l’IRPP et de l’IS. De ce fait, leurs revenus y compris ceux provenant de la
publication de journaux demeurent non soumis à l’impôt sur les sociétés »49.

3.2.2 R ETENUE A LA SOURCE

Montants revenant au parti

Les sommes revenant aux partis politiques ne sont pas soumises à la retenue à la source sous
réserve de la présentation d’une attestation de non retenue délivrée par le bureau de contrôle
des impôts territorialement compétent.

Néanmoins, les revenus de capitaux mobiliers sont soumis à une retenue à la source
libératoire, définitive et non susceptible de restitution, au taux de 20% de leur montant brut.

Montants payés par le parti

Les partis politiques sont, également, tenus d’opérer la retenue à la source sur les sommes
payées qui sont soumises à la retenue à la source conformément aux dispositions des articles
52 et 53 du code de l’IRPP et de l’IS.

3.2.3 E N MATIERE DE TVA

Concernant les opérations réalisées par les partis

Les partis politiques ne sont pas soumis à la TVA au titre des opérations qu’ils réalisent et se
trouvent hors champ d’application de ladite taxe.

« Les concerts organisés par les partis politiques sont, en revanche, soumis à la TVA selon les
taux en vigueur sur la base des sommes encaissées au titre des ventes de tickets d’entrée et des
sommes perçues auprès des sponsors.

49
Prise de position de la Direction Générale des Etudes de la Législation Fiscale (DGELF) n °880 du 11 juin
2011.

Page 63
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Les opérations de composition, d’impression et de vente des journaux et magazines politiques


sont exonérées de la TVA. Toutefois, les annonces publicitaires insérées dans les journaux et
magazines politiques demeurent soumises à la TVA au taux de 18%50 ».

Concernant les acquisitions des partis

Les opérations d’importation, de fabrication et de vente du papier journal sont exonérées de la


TVA et ce sans la présentation d’une attestation à cet effet.

Les achats des biens, marchandises, travaux et prestations effectuées par les partis politiques
demeurent sont soumis à la TVA selon les règles du droit commun et ce sous réserve des
exonérations prévues par la loi en vigueur.

3.2.4 E N MATIERE DE TCL

D’après l’article 35 du code de la fiscalité locale « la taxe sur les établissements à caractère
industriel, commercial ou professionnel est due notamment par les personnes morales
soumises à l'impôt sur les société ». Dès lors, qu’ils se trouvent hors champ d’application de
l’impôt sur les sociétés, les partis politiques ne sont pas soumis à la TCL. Néanmoins, ils
demeurent soumis à la taxe sur les immeubles bâtis abritant leurs activités, calculée sur la
base de la taxe de référence par mètre carré de la superficie couverte et du nombre des
prestations fournies par les collectivités locales et ce conformément au décret 2007-1185 du
14 mai 2007 relatif à la détermination du minimum et du maximum du prix de référence du
mètre carré couvert pour chacune des catégories d’immeubles assujettis à la taxe sur les
immeubles bâtis. Ladite taxe est à la charge du propriétaire du local.

3.2.5 E N MATIERE DE TFP

La TFP a été instituée par les articles 364 et 338 du code de travail tel qu’ils ont été complétés
par l’article 35 de la loi 2002-101 du 17 Décembre 2002.

Selon les dispositions des articles susvisés, sont soumis à la TFP :

- les personnes morales soumises à l’impôt sur les sociétés et qui exercent une activité
industrielle, commerciale, agricole ou une profession non commerciale,

50
Ibid.

Page 64
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- les personnes physiques soumises à l’impôt sur le revenu des personnes physiques au
titre des catégories des bénéfices industriels et commerciaux et des bénéfices des
professions non commerciales.

Du fait qu’ils se trouvent hors champ d’application de l’IS les partis politiques ne sont pas
passibles de la taxe de formation professionnelle.

3.2.6 E N MATIERE DE CONTRIBUTION AU FOPROLOS

En vertu des dispositions de l’article 1er de la loi 77-54 du 3 août 1977, la contribution au
FOPROLOS est à la charge de tout employeur public ou privé, exerçant en Tunisie,
indépendamment de son régime fiscal eu égard de l’IR ou de l’IS et de son statut juridique.

Les partis politiques sont soumis à la contribution au FOPROLOS au taux de 1% du montant


brut des traitements, salaires et rétributions payés y compris les avantages en nature.

3.2.7 E N MATIERE DE TAXE PROFESSIONNELLE AU PROFIT DU FODEC

En vertu des dispositions de l’article 36 de la loi 99-101 du 31 décembre 1999 portant loi de
Finances pour l'année 2000 tel que modifié par les articles 15 et 16 de la loi n° 2010-58 du 17
décembre 2010 portant loi de finances pour l’année 2010 est instituée au profit du fonds de
développement de la compétitivité industrielle une taxe professionnelle due sur les produits
locaux ou importés dont la liste est fixée par le décret. N° 2000-634 du 13 mars 2000 tel que
abrogé par le décret n° 2008-4011 du 30 décembre 2008, au taux de 1% sur le chiffre
d'affaires hors taxe sur la valeur ajoutée réalisé par les fabricants des produits soumis en
régime intérieur et sur la valeur en douane à l'importation.

Les partis politiques sont soumis à la taxe professionnelle au profit du fonds de


développement de la compétitivité dans les secteurs industriel, de services et de l’artisanat au
taux de 1% du montant hors TVA de la production des journaux, magazines et périodiques
politiques relevant du numéro de position tarifaire 49.02 (Le FODEC est dû au stade de la
production par les imprimeurs).

Page 65
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

3.2.8 E N MATIERE DES DROITS D ’ ENREGISTREMENT ET DE TIMBRE

Au cours de la constitution du parti politique

L’enregistrement des documents constituant le dossier pour l’octroi de l’autorisation de


constitution d’un parti politique étant non obligatoire, la présentation volontaire à la formalité
de l’enregistrement de tout document donne lieu à la perception d’un droit fixe de 15 dinars
par page et par copie.

Au cours de la durée de vie du parti politique

Les partis politiques légalement autorisés bénéficient des avantages fiscaux suivants :

- « Exonération du droit de mutation sur la propriété des immeubles nécessaires à leur


activité en cas d’achat, de don ou d’échange.
- L’enregistrement au droit fixe des contrats conclus avec les tiers, relatifs aux
immeubles nécessaires à leur activité (location, partage, etc...).
- Exonération du droit d’enregistrement immobilier en cas de recours devant le tribunal
immobilier 51»

Hormis les exceptions prévues ci-dessus, les partis politiques restent soumis au droit
d’enregistrement conformément à la législation en vigueur.

3.2.9 D ROIT DE TIMBRE

Les partis politiques ne sont pas concernés par le droit de timbre au titre des opérations qu’ils
effectuent.

51
Ibid.

Page 66
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE

Bien que les partis politiques existent depuis longtemps dans la vie politique de notre pays, ils
n’ont jusqu’à la révolution qu’une présence officieuse. C’est à partir de l’année 2011 qu’une
vraie reconnaissance des partis politiques a vu le jour à travers un ensemble des réformes.

Ces réformes ont concerné des divers aspects relatifs aux partis politiques. En effet, le
nouveau cadre juridique les autorise à se former et exercer librement dans le respect des
principes de la République et la démocratie. En contrepartie, des règles en matière du
financement des partis, du financement des campagnes électorales, de la transparence et du
contrôle de la vie politique ont été instaurées.

Ce nouveau cadre légal constitue une première étape vers la moralisation de la vie politique et
vient de combler les lacunes de l’ancienne loi organique n° 88-32 du 3 mai 1988. Toutefois,
malgré ce progrès, la législation de 2011 a fait l’objet de vives critiques par différents acteurs
de la vie politique.

Aujourd’hui, plusieurs lacunes de la législation actuelle ont été identifiées. Ces faiblesses se
traduisent notamment par l’imprécision des textes, l’inefficacité des mécanismes de contrôle,
et l’inadéquation du régime des sanctions.

Au vu des multiples insuffisances de la législation actuelle, la réforme du dispositif actuel


devrait être rapidement entamée par le législateur.

Dans le même ordre d’idées, l’approbation du projet de la norme comptable relative aux
OSBL, est une nécessité qui s’inscrit dans le contexte de la transparence et l’homogénéisation
dans la présentation des états financiers des partis politiques.

Page 67
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

En conclusion, les lacunes de la législation actuelle nous amène à citer les recommandations
suivantes :

 La promulgation d’une législation qui prévoit les modalités de l’octroi de l’aide public
aux partis politiques ;
 L’adoption d’un système comptable fixant la nomenclature, la structure et le contenu
des états financiers propres aux partis politiques prenant en considération les
spécificités juridiques et permettant de présenter une information adéquate sur les
conditions d’utilisation des financements publics et privés ;
 L’encadrement et l’accompagnement des partis et leur personnel apte à effectuer les
tâches nécessaires en matière de tenue de la comptabilité à travers des actions de
formation en la matière ;
 L’énumération des conditions afférentes à la nomination du mandataire financier et
des incompatibilités limitant l’exercice de cette fonction ;
 L’éclaircissement du concept du compte bancaire unique du mandataire financier au
niveau des représentations locales pendant les campagnes électorales ;
 La publication d’un référentiel comptable relatif à l’élaboration des états financiers
consolidés des comptes des partis politiques rattachés à ses différentes structures
réparties sur le territoire Tunisien ;
 L’activation des mesures préconisées au niveau des différents rapports des organes de
contrôle et la prise des sanctions à temps.

Page 68
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

DEUXIEME PARTIE : PARTICULARITÉS


DE L’AUDIT DES COMPTES DES PARTIS
POLITIQUES

Page 69
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE

Les partis politiques tunisiens sont tenus en vertu de l'article 33 du décret-loi n°2011-87 du 24
septembre 2011 de tenir une comptabilité en respectant les dispositions relatives au système
comptable des entreprises.

Le même décret-loi a rendu obligatoire la certification des comptes des partis politiques par
un commissaire aux comptes. Ces partis présentent des particularités organisationnelles et des
contraintes réglementaires liées à leurs activités. La spécificité de ces entités amène les
commissaires aux comptes à adapter leur démarche d'audit pour atteindre l’assurance
recherchée.

Dans cette partie qui s'articule en deux chapitres, nous présenterons les conditions
particulières d'exercice de la mission d'audit légal d'un parti politique.

Le premier chapitre propose les conditions particulières d'exercice de la mission en général et


énumère les principaux risques, propres aux partis politiques, en mettant en évidence ceux liés
à l'environnement du contrôle interne et aux fraudes, le commissaire aux comptes devrait
apporter une réponse aux risques significatifs identifiés.

Dans le deuxième chapitre, nous proposons un ensemble d'outils d'aide à l'audit des comptes
des partis politiques dans l'objectif d'apporter des solutions concrètes à l'auditeur intervenant
sur ce type de mission. Des diligences à mettre en œuvre, des tests spécifiques et des
questionnaires y sont proposés aux professionnels, et ce, à travers un guide contenant toutes
les étapes de la mission de la phase d'acceptation à l'expression d'une opinion sur les comptes
d’un parti politique.

Page 70
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

CHAPITRE 1: IDENTIFICATION ET ANALYSE DES


PRINCIPALES ZONES DE RISQUE

La mission du commissariat aux comptes dans les partis politiques devrait comporter52 :

- La certification des comptes.


- La justification des appréciations.
- Le signalement des irrégularités et des inexactitudes relevées.
- Les vérifications et informations spécifiques prévues par les textes légaux.

Cette démarche implique au commissaire aux comptes de satisfaire à certaines obligations


déontologiques et réglementaires et avoir une bonne connaissance du parti politique à auditer
ainsi que ses risques.

Nous essayons aussi d'y exposer, dans un premier temps, les conditions particulières de la
mission de certification des comptes des partis politiques. Dans un deuxième temps, nous
essayons d'identifier les principaux risques inhérents et leurs incidences sur la démarche
d'audit.

SECTION 1 : ACCEPTATION DE LA MISSION ET ANALYSE DES


RISQUES DANS L'AUDIT DES COMPTES DES PARTIS POLITIQUES

1.1 A CCEPTATION DE LA MISSION

1.1.1 N OMINATION

L'article 26 du décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011, portant organisation des partis


politiques fixe les règles de nomination du commissaire aux comptes.

En effet, lorsque les ressources du parti politique ne dépassent pas un million (1.000.000) de
dinars, un seul commissaire aux comptes doit être désigné soit parmi les experts comptables
inscrits au tableau de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie, soit parmi les spécialistes
en comptabilité inscrits au tableau de la Compagnie des Comptables de Tunisie.

52
Compagnie Nationale des Commissaires aux comptes CNCC, Avis technique « La mission des commissaires
aux comptes dans les partis et groupements politiques entrant dans le champ d’application de la loi n° 88-227 du
11 mars 1988 modifiée », Avril 2012.

Page 71
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Dans le cas contraire, deux commissaires aux comptes devraient être désignés parmi les
experts comptables inscrits au tableau de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie.

Faute de publication des états financiers certifiés par les partis politiques, l'application de cette
disposition n'est pas vérifiée.

Le décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011 n'a pas défini l'organe habilité à nommer le
commissaire aux comptes. Toutefois, nous estimons que cette désignation est décidée par les
organes de délibération du parti politique habilités par les statuts. Il apparaît utile qu’il soit
précisé dans les statuts du parti la personne ou l'organe compétent pour procéder à la
nomination du commissaire aux comptes.

1.1.2 M ANDAT DU COMMISSAIRE AUX COMPTES

Par analogie avec le Code des Sociétés Commerciales, et dans un souci d'indépendance vis-à-
vis des modifications que pourraient connaître les structures dirigeantes, les commissaires aux
comptes sont nommés pour un mandat de trois (3) exercices.

Le commissaire aux comptes doit s'assurer qu'il est nommé pour un mandat de trois ans. De
même, il doit prendre contact avec son prédécesseur pour prendre connaissance des
particularités du parti politique au cours du mandat antérieur et pour vérifier que les sommes
dues à son prédécesseur sont réglées.

1.1.3 INCOMPATIBILITE

Préalablement à l’acceptation de la mission, le commissaire aux comptes doit se conformer


aux principes fondamentaux du comportement professionnel prévus par le Code des Devoirs
Professionnels et les règles du Code d’Ethique des Professionnels Comptables de l’IFAC.
Ainsi, il doit s'assurer qu'il ne se trouve pas dans une situation d'incompatibilité.

En Tunisie, le décret-loi n° 2011-87 n'a pas prévu des dispositions spécifiques pour renforcer
l'indépendance du commissaire aux comptes intervenant chez les partis politiques. Cependant,
en ce qui concerne les incompatibilités absolues, le commissaire aux comptes applique les
dispositions de l'article 174 du code des sociétés commerciales.

Page 72
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Parmi les diverses situations pouvant affecter l'indépendance du commissaire aux comptes, il
convient de citer celles où le commissaire aux comptes serait :

- Un membre d'un organe directeur du parti ; et/ou


- Un mandataire financier.

Il convient également de s'assurer de l'absence des relations familiales, personnelles ou


financières entre le cabinet, les associés, les collaborateurs, éventuellement le réseau impliqué
dans la mission, et le parti audité.

Lorsque l'audit est effectué par deux commissaires aux comptes, il y a lieu de vérifier le
respect de l’article 13 quater du Code des Sociétés Commerciales et complété par la norme de
l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie relative aux missions de Co-commissariat aux
comptes. La situation du Co-commissaire aux comptes devrait être examinée par le cabinet
afin de vérifier que la structure n’est pas en situation de remise en cause de son indépendance.

De même, la norme de l'OECT relative à « la certification des états financiers des partis
politiques » dispose que les co-commissaires aux comptes, ne doivent pas être liés par des
relations d’association, de partenariat, de réseau ou tout autre lien de nature à affecter leur
indépendance.

1.1.4 INDEPENDENCE

Le commissaire aux comptes doit tirer une conclusion sur le respect des règles
d’indépendance prévues par le code des devoirs professionnels et les règles du code d’éthique
des professionnels comptables de l’IFAC adopté par l'OECT.

Il doit vérifier qu'il dispose de l'indépendance nécessaire à l'exercice de la mission de


certification. Cette indépendance s'apprécie à la fois par rapport à un comportement et par
rapport à un état d'esprit. Pour cela, le commissaire aux comptes ne doit pas se trouver dans
une position susceptible d'altérer sa liberté de jugement. Il convient donc d'identifier les
situations qui affectent son indépendance et s’entretenir avec son confrère lors d’une mission
de co-commissariat aux comptes sur le sujet de leur indépendance.

Certes, la prise en considération par le commissaire aux comptes des règles d’éthique, y
compris les règles d’indépendance, reste permanente tout au long du déroulement de la
mission d’audit.

Page 73
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Les règles d'éthique professionnelle édictées par l'IFAC et adoptées par l'OECT s'imposent
aux commissaires aux comptes. Leurs principes fondamentaux comprennent :

- L'intégrité ;
- L'objectivité ;
- La compétence et la diligence professionnelle ;
- La confidentialité ;
- Le comportement professionnel.

1.1.5 L ETTRE DE MISSION

L'acceptation de la mission est formalisée par le commissaire aux comptes au moyen d'une
lettre de mission adressée au parti. Cette lettre de mission est un document dans lequel sont
consignés les termes et les conditions de la mission d'audit convenus avec le parti. Ce dernier
doit la retourner signée avec la mention « Bon pour accord », mention qui entraine
l'acceptation des termes du contrat par lui.

Il est souhaitable que cette lettre soit communiquée suite à un compte rendu d'entretien
qu'aura le commissaire aux comptes avec les dirigeants du parti. Ce compte rendu devra
traduire un bref rappel du cadre législatif, un programme de travail et un planning
d'intervention, ainsi qu’une description sommaire des normes d’audit applicables.

Le programme de travail devra attirer l'attention du parti sur :

- L'appréciation de l'organisation des procédures comptables.


- L'appréciation de l'organisation fonctionnelle des services comptables.
- La vérification du bilan d'ouverture.
- La vérification de la matérialité des dépenses.
- La vérification des plafonds de recettes.
- La vérification des sommes ou moyens mis à la disposition d'un candidat à une élection.

La lettre de mission doit rappeler au parti les textes réglementaires et les normes
professionnelles relatives aux obligations des organes dirigeants et aux obligations du
commissaire aux comptes.

Page 74
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

a. Les obligations des organes dirigeants

- La tenue de la comptabilité et la préparation des comptes : cette disposition rappelle la


responsabilité en matière d'arrêté des comptes du parti et l'obligation de respecter les
textes en vigueur.
- L'organisation du système de contrôle interne : rappelle à l’organe dirigeant de la
nécessité de mettre en place un système du contrôle interne.
- La remise de la lettre d'affirmation au commissaire aux comptes.
- La mise à disposition de tous les documents comptables, pièces justificatives ou autres
documents indispensables pour l’audit des comptes.
- Les évènements importants doivent être signalés au commissaire aux comptes notamment
ceux pouvant avoir une incidence sur les comptes.

b. Les obligations du commissaire aux comptes et les étendus de sa mission

- La communication de la lettre de mission.


- La signalisation des erreurs, les fraudes et les irrégularités : cette disposition explique
comment elles sont signalées au parti politique et la façon dont elles doivent être
traitées.
- La communication de son rapport et le fondement de son opinion.
- La communication des résultats de ses travaux.

1.2 O RIENTATION DE LA MISSION

L'audit permet d'obtenir l'assurance que les états financiers ne comportent pas d'anomalies
significatives. Afin d'atteindre l'objectif de certification, le commissaire aux comptes doit
mettre en œuvre des diligences lui permettant d’orienter et planifier sa mission.

La phase de planification nécessite les diligences suivantes :

- La prise de connaissance du parti et son environnement.


- La mise en œuvre des procédures analytiques.
- La prise en considération des risques de fraude.
- La prise en considération des risques liés au blanchiment d’argent et aux sources de
financement.

Page 75
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

1.2.1 P RISE DE CONNAISSANCE DU PARTI ET SON ENVIRONNEMENT

Selon la norme internationale d’audit ISA 315 paragraphe 4 « acquérir la connaissance de


l’entité et de son environnement est un aspect essentiel de la conduite d’une mission d’audit
conformément aux normes internationales d’audit. En particulier, cette connaissance donne
les bases sur lesquelles s’appuie l’auditeur pour planifier l’audit et exercer son jugement
professionnel sur la façon d’évaluer le risque que les états financiers contiennent des
anomalies significatives ».

Cette phase est essentielle pour aborder la mission de certification des comptes du parti
politique. Elle permet au commissaire aux comptes d'identifier les risques qui peuvent avoir
une incidence significative sur les comptes.

La phase de prise de connaissance permet au commissaire aux comptes d'avoir une vue
d'ensemble sur les travaux à réaliser et ce compte tenu des particularités d'organisation du
parti audité tout en respectant ses obligations en matière d'audit.

Pour ce faire le commissaire aux comptes doit mettre en œuvre les diligences suivantes53 :

o définir la structure du parti politique, sa gouvernance et son fonctionnement.


o prendre connaissance des documents internes propres au parti (statuts, règlement
intérieur, manuels de procédures, documentation informatique, rapports d’activité).
o prendre connaissance des documents précisant les modalités de mise en œuvre des
dispositions légales applicables aux partis politiques (norme comptable relative aux
partis politiques, décisions de la commission d’approbation des comptes des partis
politiques, rapports de la Cour des comptes,…)
o appréhender la conception et le fonctionnement des procédures du contrôle interne
mises en place par le parti politique.
o prendre connaissance des procédures en matière d’engagement des dépenses, de leur
comptabilisation et de leur paiement.
o prendre connaissance de l’existence de bénévoles et leur participation aux activités du
parti politique.
o procéder à la visite des locaux, l’inspection du matériel de bureau, du matériel
informatique, et des moyens de transport etc.

53
Ibid.

Page 76
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

1.2.2 E XAMEN ANALYTIQUE PRELIMINAIRE

Le paragraphe 7 de la norme internationale d’audit ISA 315 « Des procédures analytiques


réalisées en tant que procédures d’évaluation des risques peuvent identifier des aspects de
l’entité dont l’auditeur n’avait pas connaissance et peuvent l’aider dans son évaluation des
risques d’anomalies significatives dans le but de fournir une base pour définir et mettre en
œuvre des réponses aux risques évalués ».

L'examen analytique permet au commissaire aux comptes de comprendre les domaines les
plus significatifs et de détecter les tendances inattendues. La mise en œuvre des procédures
analytiques implique l'examen des variations de certains postes du bilan et du compte de
résultat et leur cohérence avec les données antérieures et prévisionnelles du parti.

Etant donné que le budget occupe une place importante dans les partis politiques, il peut
constituer un instrument de base pour le commissaire aux comptes lui permettant de faire des
recoupements avec les postes des états financiers. Si ces derniers s’écartent significativement
des montants attendus le commissaire aux comptes doit demander des explications et analyser
les réponses reçues.

1.2.3 P RISE EN CONSIDERATION DES LIENS ENTRE LE PARTI ET LES CANDIDATS AUX

ELECTIONS

L’article 84 (nouveau) de loi organique n° 2017-7 du 14 février 2017, modifiant et complétant


la loi organique n° 2014-16 du 26 mai 2014 relative aux élections et référendums54 dispose
que « Tout parti ou coalition qui présente plus d’une liste candidate doit tenir une comptabilité
consolidée rassemblant toutes les opérations réalisées dans les différentes circonscriptions
électorales dans lesquelles il présente des listes candidates. Les écritures comptables ne
doivent contenir aucune rature et doivent être établies dans un ordre chronologique. Les
registres doivent être signés par la liste candidate, le candidat ou le parti, et ce, outre la
comptabilité spécifique à chaque circonscription électorale établie par la liste partisane
intéressée ».

D’autre part, et comme précisé précédemment, l’article 76 de la loi organique n° 2014-16 du


26 mai 2014 prévoit la possibilité aux partis politiques de financer leurs listes de candidats

54
Paru au journal Officiel de la République Tunisienne du 17 février 2017.

Page 77
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

pendant les campagnes électorales législatives uniquement. Toutefois, la dite loi prévoit qu’il
est interdit aux partis politiques de financer leurs candidats aux élections présidentielles.

Par ailleurs, l’article 87 de ladite loi prévoit que : « Les listes candidates, les candidats et les
partis publient leurs états financiers dans l’un des journaux quotidiens édités en Tunisie dans
un délai de deux mois à compter de la date de proclamation des résultats définitifs des
élections ou du référendum, et ce, conformément à un modèle sommaire élaboré par la Cour
des comptes qu’elle met à la disposition des listes candidates, des candidats et des partis, sur
son site web »55 .

Ainsi, les partis doivent présenter des états financiers propres conformément au décret-loi
2011-87et un état financier regroupant les transactions de différentes listes de candidats au
cours des campagnes électorales selon les dispositions des articles ci-dessus mentionnés.

En effet, le candidat tête de chaque liste électorale doit dresser un compte de campagne
récapitulant l’ensemble des ressources et des dépenses se rattachant exclusivement à la
campagne électorale.

Cependant, les opérations liées aux campagnes électorales ne sont pas prises en considération
dans les états financiers individuels du parti.

Les partis politiques et les candidats aux campagnes électorales doivent faire face à diverses
dépenses. Il est à noter qu’outre le financement des campagnes électorales, les partis peuvent
procéder à des mises à disposition du personnel, des locaux, des équipements, la prise en
charge des frais de publicité, de communication, de rédaction , d’impression, de diffusion de
diverses publications etc.

Dans le même ordre d’idées, la Cour des comptes a recommandé dans son rapport sur les
élections électorales relatives à l’année 2014 de veiller à ce que les ressources des partis et des
candidats doivent être transparentes et indépendantes en limitant le recours aux financements
occultes vu les pressions financières et en évitant les risques de non-respect de la loi.

S’agissant des opérations spécifiques entre le parti et ses listes de candidats, le commissaire
aux comptes doit s’assurer de :

55
Article 87 de la loi organique n° 2017-7 du 14 février 2017, modifiant et complétant la loi organique n° 2014-
16 du 26 mai 2014 relative aux élections et référendums

Page 78
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- L’existence des contrôles mis en place par le parti afin d’assurer une distinction
exhaustive des comptes de l’activité courante et ceux se rattachant aux listes de
candidats de chaque campagne électorale ;
- La correcte préparation des états financiers propres conformément au décret-loi 2011-
87 ;
- L’élaboration par le parti « d’une comptabilité consolidée rassemblant toutes les
opérations réalisées dans les différentes circonscriptions électorales dans lesquelles il
présente des listes candidates »56 à partir des états élaborés par chaque tête de liste ;
- L’exhaustivité et la réalité des flux financiers entre le parti et ses listes en procédant à
des examens analytiques préliminaires entre les états élaborés par les têtes de listes et
la comptabilité consolidée et élaborée par le parti ;
- La publication de l’état financier dans les délais impartis (un délai de deux mois à
compter de la date de proclamation des résultats définitifs des élections ou du
référendum) et ce conformément au modèle élaboré par la Cour des comptes ;
- La réalité, la transparence, l’indépendance et la régularité des financements et des
prestations consentis par le parti à ses listes aux élections ;
- La séparation des transactions entre l’activité courante et les campagnes électorales et
des tâches incompatibles entre les différents intervenants ainsi que la correcte
refacturation ou allocation par l’application des clefs de répartition adéquates et
raisonnables des frais engagés par le parti pour le financement des campagnes
électorales (mises à dispositions des équipements, des bureaux et de personnels et
diverses dépenses etc.) qui doivent être basés sur des hypothèses réelles et ne
présentent pas un degré d’incertitude élevé.

1.2.4 L A PRISE EN CONSIDERATION DES RISQUES DE FRAUDE

Selon la norme internationale d’audit ISA 240 « Les obligations de l’auditeur en matière de
fraude lors d’un audit d’états financiers » l'exercice du jugement professionnel est déterminant
pour l'auditeur, pour déterminer s'il est en présence d'un facteur de risque de fraude (cf.
annexe 1). Si c'est le cas, il doit identifier ces facteurs de risques de fraude indiquant
l’éventualité d’anomalies significatives dans les états financiers provenant de fraudes.

Au sein des partis politiques, certains aspects organisationnels peuvent constituer des facteurs
d'opportunités de fraude pour les différents acteurs du parti. Le commissaire aux comptes est

56
L’article 86 (nouveau) de loi organique n° 2017-7 du 14 février 2017.

Page 79
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

amené à apprécier notamment dans quelle mesure l'organisation et le fonctionnement du parti


peuvent être porteur de tels risques.

Parmi les causes qui incitent les organes dirigeants du parti politique à faire des fraudes nous
citons :

- l’insuffisance des ressources financières.


- la limitation des sources de financement imposée par la réglementation en vigueur.

Ces risques peuvent être encourus à travers :

- L'enregistrement d'opérations sans fondement.


- L'abus de confiance.
- L'émission des faux chèques qui peuvent également s'appuyer sur des fausses factures.
- Non-conformité avec les textes légaux en matière de financement des partis politiques
tel que :

o la dissimulation de dons notamment en espèces.


o la perception de dons en provenance de personnes étrangères ou de personnes
morales privées ou dont l’origine est inconnue.
o le dépassement des limites fixées pour les dons des personnes physiques.
o le bénéfice d’avantages en nature y compris les services gratuits.
o l'octroi des avantages aux citoyens.

Pour détecter ces risques éventuels, l’auditeur procède aux contrôles suivants :

- Apprécier l'intégrité des membres du bureau directeur du parti.


- S'assurer que les dépenses concernent l'objet social du parti.
- S'assurer que les actifs ne sont pas exploités que dans le cadre de l’activité du parti
politique.
- Vérifier la destination des fonds.
- Vérifier que les dépenses ne concourent pas à l'achat des voix, à travers l'octroi des
avantages aux citoyens : il doit s'assurer que ce risque n'est pas encours eu regard des
recettes et des dépenses.
- Vérifier le respect des règles d'émission des dons et s'assurer de l'exhaustivité des
informations portées sur le registre des dons.
- Vérifier l'unicité du compte bancaire.

Page 80
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 2 : RECENSEMENT DES PRINCIPAUX RISQUES LIES A


L'AUDIT

Selon la norme internationale d’audit ISA 20057, le risque d’audit comprend le risque lié à au
parti et son environnement et le risque lié aux conclusions de l’auditeur (risque de non
détection). Le risque propre au parti comprend le risque inhérent et le risque lié au contrôle
(les anomalies non détectées par le système de contrôle interne mis en place au sein du parti).

Dans cette section, nous essayons d'identifier les principaux risques liés au contrôle et les
risques inhérents qui peuvent avoir des conséquences sur les états financiers. L'étendue des
procédures d'audit sera en relation avec ces risques identifiés.

Nous allons exposer dans ce qui suit les principaux risques inhérents lors de l’audit des partis
politiques qui différent selon les spécificités de chacun d’eux et qui vont permettre au
commissaire aux comptes de s’interroger sur les contrôles mis en place ou inexistants du parti
politique audité.

2.1 R ISQUES LIES AU SYSTEME D ’ INFORMATION ET DE CONTROLE INTERNE DES PARTIS


POLITIQUES

2.1.1 IMPORTANCE DU CONTROLE INTERNE

La définition du contrôle interne a été présentée au niveau de la norme comptable générale du


système comptable des entreprises, tunisien promulgué par la loi n° 96-112 du 30 décembre
1996. Le contrôle interne est défini « comme étant un processus, mis en œuvre par la
direction, la hiérarchie, le personnel d'une entreprise, et destiné à fournir une assurance
raisonnable quant à la réalisation des objectifs suivants :

- promouvoir l'efficience et l'efficacité ;


- protéger les actifs ;
- garantir la fiabilité de l'information financière ;
- assurer la conformité aux dispositions légales et réglementaires.»

57
Norme internationale d’audit ISA 200 « objectifs et principes généraux en matière d’audit d’états financiers »

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Si la définition du contrôle interne est plus spécifiquement orientée vers le monde


économique, cette définition n'est pas moins pertinente dans le cas d'audit des partis
politiques. Les objectifs du contrôle interne sont principalement :

- Détecter et prévenir les erreurs et les fraudes ;


- Assurer la protection du patrimoine du parti ;
- Permettre l'enregistrement exact de toutes les opérations effectuées ;
- Garantir la réalité et la sincérité des enregistrements comptables et des comptes
annuels qui en résultent.

2.1.2 A NALYSE DE CONTROLE INTERNE ET DES REGLES D ' ORGANISATION COMPTABLE

Il est nécessaire que le commissaire aux comptes procède à une appréciation du contrôle
interne. A cet effet, il doit acquérir une compréhension des activités de contrôle pertinentes
pour l’audit, soit celles qu’il juge nécessaire de comprendre pour évaluer les risques
d’anomalies significatives au niveau des assertions et concevoir des procédures d’audit
complémentaires en réponse à son évaluation des risques. Le commissaire aux comptes
portera une attention particulière aux points suivants :

- Centralisation ou décentralisation de la fonction comptable ;


- Organigramme de la fonction comptable ;
- Système d'enregistrement comptable ;
- Système d’information comptable (périodicité d'enregistrement et de production
comptable, saisie chronologique, justification des comptes, etc.) ;
- Contrôle interne (faible, limité, ou inexistant).

A travers l'analyse de contrôle interne du parti, il en découle principalement, deux catégories


de risques :

- Les risques propres à l'organisation générale du parti.


- Les risques propres aux règles d'organisation comptable.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

2.1.3 R ISQUES LIES A L ' ORGANISATION GENERALE DU PARTI

Le type de l’organisation et le mode de fonctionnement influencent les procédures de contrôle


interne du parti. L'ensemble des procédures mises en place pour atteindre les objectifs de
contrôle interne au sein de l'organisation d'un parti politique et les mécanismes des contrôles
liés nécessiteront un volume d’intervention sur la base des particularités de chaque parti.

Ce travail doit tenir compte :

- du caractère permanent ou intermittent du personnel.


- du caractère salarié ou bénévole du personnel.

« La notion de la hiérarchie dans l’organisation générale, même si elle est officiellement


établie et reconnue dans l'organigramme du parti, elle ne se traduit pas par la mise en œuvre
de procédures rigoureuses »58.

Peut-on, dès lors, en tout état de cause, imposer une série de contrôles au bénévole sans courir
le risque de découragement ou de refus ?

Le commissaire aux comptes devra prendre en considération cette situation qui n'est pas sans
conséquence sur son approche d’audit. En revanche, les points faibles de contrôle interne qui
peuvent découler de cette situation se traduisent par l’absence de :

- Pièces justificatives ;
- Autorisation d'engagement de dépenses ;
- Inventaire physique des actifs et des fonds ;
- Séparation des fonctions.
- Procédures formelles de contrôle et de suivi des événements, activités ou
manifestations organisées par le parti et des recettes et des dépenses qui en découlent.
- Procédures formelles de collecte des cotisations, dons, subventions et autres aides
reçus.
- Procédures de gestion des archives incluant des règles de classement et de
conservation des documents et des pièces justificatives. Absence d'un organigramme
et une définition des tâches et des responsabilités des personnes intervenantes dans les
décisions stratégiques et opérationnelles du parti.

JEAN-YVES « Etablissement et contrôle légal des comptes des partis politiques » Mémoire d’expertise
58

comptable, France, Juin 1992

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- Délégation des pouvoirs en ce qui concerne l'autorisation et l'engagement des


dépenses.
- Délégation de pouvoir pour la collecte des dons, subventions, cotisations et autres
apports.

Cependant, le commissaire aux comptes devra porter une attention particulière au contrôle des
circuits financiers au sein de l'organisation du parti et plus précisément ceux liés aux activités
de financement.

2.1.4 RISQUES LIES AUX REGLES D ' ORGANISATION COMPTABLE

Les risques liés aux règles d'organisation comptable peuvent être répartis en deux catégories :

a. Risques liés au cadre comptable

Le décret-loi n° 2011-87 a mis l'obligation sur les partis politiques de tenir une comptabilité
conformément au système comptable des entreprises prévu par la loi n° 96-112 du 30
décembre 1996, relative au système comptable des entreprises.

Cependant, il n'existe aucune norme comptable spécifique régissant la présentation et


l’évaluation des comptes des partis politiques en Tunisie.

Ce vide normatif est de nature à engendrer un risque de manipulation lors de préparation des
états financiers. De ce fait le commissaire aux comptes devra élargir l’étendue de ses travaux
afin d’acquérir l'assurance raisonnable pour fonder son opinion.

Ainsi, le professionnel doit accorder une attention particulière aux :

 Risques liés à l'évaluation des apports ;


 Risques liés à la comptabilisation des charges liées à la campagne électorale ;
 Risques liés à la valorisation des apports non monétaires ;
 Risques liés à l'évaluation et la comptabilisation des contributions bénévoles.

b. Risques liés au service comptable

L'analyse des rapports de contrôle de la Cour des comptes sur la comptabilité des partis
politiques rend manifeste l'existence de plusieurs irrégularités. En effet, la Cour des comptes

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

affirme que plusieurs partis et listes électorales n'ont pas communiqué leurs comptes dans les
délais et dans les formes requises. En effet, l’organisation des partis politiques en Tunisie se
caractérise par le cumul des tâches entre le financier et le comptable voir même l’absence
d’un service dédié à la comptabilité.

De ce fait l’expert comptable devra vérifier que le parti audité dispose des compétences
nécessaires dans le domaine de la comptabilité et la gestion financière.

2.1.5 RISQUES LIES AUX DOMAINES COMPTABLES SIGNIFICATIFS

c. Risques liés à l'évaluation des dons en nature

Les dons en nature sont composés des avantages consentis au profit du parti politique sans
contrepartie. Le projet de la norme comptable relative aux partis politiques définit les
contributions en nature comme étant « les apports qui se matérialisent par un transfert non
monétaire de ressources matérielles ou immatérielles (biens ou services) à l’usage du parti »

Compte tenu de l’importance des contributions non monétaire (mise à disposition des locaux,
prise en charge d’une réception…etc.), le parti doit mettre en place les procédures adéquates
pour leur valorisation.

Il est difficile de déterminer le montant de ces prestations. Il en est ainsi pour la valorisation
de la mise à disposition de matériel informatique ou l’utilisation d’une voiture personnelle.
Ces avantages devront faire l’objet d’un examen particulièrement attentif par les
commissaires aux comptes.

Les personnes physiques ou morales, peuvent être amenées à mettre, gracieusement, à la


disposition des partis divers moyens humains ou matériels.

Il conviendra de s’assurer de la matérialité de ces dépenses et des valeurs correspondante, ces


dernières pouvant faire l’objet de tarification extrêmement faible de la part des personnes
citées ci-haut.

Aussi, les achats à des tarifs faibles seront considérées comme un financement en provenance
de personne morale, une telle situation est interdite par la loi et devra être contrôlée par le
commissaire aux comptes en se référant au prix du marché et aux tarifs appliqués par d’autres
tiers.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Si, le commissaire aux comptes juge que les prix appliqués paraissent faibles, il peut
demander au parti d’obtenir une confirmation de la part de la société sur les tarifs appliqués et
proposer une écriture d’ajustement en la matière.

d. Risques liés à la comptabilisation des dons reçus par les partis politiques

La limitation des sources de financement et de leurs montants pour les campagnes électorales
ou le fonctionnement même des partis peut se traduire par des comportements en marge du
droit. Le plafonnement des dépenses électorales comme indiqué dans ce qui précède peut
amener les partis politiques à camoufler certains financements.

Dans ce cas le commissaire aux comptes doit s’assurer que les dons sont reçus conformément
à la loi et en conformité avec les plafonnements énumérés par les diverses réglementations.
Par ailleurs, dans le cadre de ses diligences de vérification, il doit s’assurer que l’ensemble
des dons ont transités par le compte bancaire unique et que les dons sont suffisamment
justifiés et documentés et présentent des chemins de révision permettant de détecter le risque
d’existence d’anomalies significatives.

e. Risques liés à la comptabilisation de l'exhaustivité des fonds reçus par les partis

politiques

L’essentiel de la législation relative au financement des partis politiques concerne les fonds
reçus. Dès lors, la comptabilisation exhaustive des fonds reçus est une obligation légale.
Toutefois, il n’est pas facile pour le commissaire aux comptes de vérifier le respect de cette
obligation. Cependant, les partis politiques peuvent recevoir des fonds sans que ceux-ci
transitent par leurs comptes bancaires.

2.2. LES RISQUES INHERENTS PARTICULIERS AUX PARTIS POLITIQUES

La norme internationale d’audit ISA 200 définit le risque inhérent comme étant « la
possibilité qu’une assertion portant sur une catégorie d’opérations, un solde de compte ou une
information à fournir comporte une anomalie qui pourrait être significative, individuellement
ou cumulée avec d’autres, avant prise en considération des contrôles y afférents ».

Ce risque comprend essentiellement les facteurs caractérisant l’activité de chaque parti audité.
Toutefois, des facteurs externes peuvent également influencer ce risque, tels que le

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

changement de la réglementation en matière de financement des partis politiques qui peut


inciter les partis à faire recours à des ressources occultes. Les facteurs de risque qui peuvent
toucher les partis politiques sont liés à :

 Environnement externe (conditions économiques, géographiques, réglementaires,


médiatiques, sécuritaires, politiques, etc.)
 Organisation comptable et système d’information des partis politiques (Manipulations
frauduleuses de l’image fidèle des informations financières, dépenses fictives,
gouvernance du comité directeur, opérations financières avec les adhérents etc.)
 Source de Financement (campagnes électorales, opérations courantes, opérations
suspectes de blanchiment d’argent, intégrité du comité directeur et des principaux
adhérents, organes de régulation [Ministères, Cour des comptes etc.])

La liste ci-dessus mentionnée reprend de manière synthétique les principaux facteurs


spécifiques d’un parti politique et de son environnement pouvant conduire ce dernier à ne pas
suivre son plan stratégique élaboré à priori. Face à cette multitude des factures qui génèrent
des risques inhérents, l’auditeur veille à avoir la connaissance requise de la manière avec
laquelle le comité directeur recense ces risques d’activité.

Dans ce qui suit, nous avons jugé nécessaire d’énumérer les principaux risques d’anomalies
significatives auxquels le professionnel doit en tenir compte lors de l’élaboration de sa
matrice d’évaluation des risques et la fixation de sa stratégie de révision.

2.2.1 R ISQUES LIES AU FINANCEMENT DES PARTIS POLITIQUES

Les partis politiques sont souvent amenés à établir une adéquation entre leurs ressources, qui
sont souvent limitées, et leurs dépenses.

Dès lors, le financement des campagnes électorales ou le fonctionnement même des partis ne
reposent plus sur la seule contribution des adhérents. D’où l'obligation de trouver d'autres
sources de financement qui se traduisent, souvent par des comportements contradictoires à la
loi.

La limitation des sources de financement, amène- t- elle les partis politiques à des pratiques
de corruption et des financements occultes ?

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

La réponse affirmative est confirmée dans le rapport de la Cour des comptes qui a soulevé
certaines pratiques poursuivies par les partis politiques au titre de financement non autorisé
par la loi.

Selon ce rapport, le financement illicite des partis politiques et des campagnes électorales est
pratiqué suivant plusieurs techniques qu'il s'agisse des tierces parties, des mises à dispositions,
des versements directs des fonds à des politiciens ou de financement de source étrangère à
travers des associations satellites.

Ce constat devra bien évidemment être présent à l'esprit du commissaire aux comptes lors de
son intervention qui doit avoir une vision assez éclairée sur les pratiques auxquelles se
rapportent ces financements.

Nous essayons de présenter dans ce qui suit les pratiques les plus connues.

a. Risques de paiement direct en espèce des services rendus aux partis politiques sans

supports justificatifs

L'imposition d'un plafond des dépenses électorales justifie le recours par les partis politiques à
pratiquer des financements en espèce.

La Cour des comptes a relevé l'existence des dépenses payées en espèce et non appuyées par
pièces justificatives telles que des dépenses afférentes au transport, l'acquisition des bannières
et à des appels téléphoniques consignés dans le registre comptable des dépenses et des
recettes.

b. Risques de mise à disposition des partis politiques des actifs appartenant à des

adhérents ou à des tierces personnes

Les partis politiques peuvent bénéficier de la mise à disposition de matériels ou de personnel


soit en provenance de sociétés privées, soit de diverses structures affiliées à ces partis. Les
contributions en leur faveur peuvent être occasionnelles (période électorale) ou permanentes
(fonctionnement du parti).Nous citons à titre d'exemple :

 La cession à titre gratuit ou symbolique de matériels ;


 La prise en charge d'une réception ;
 La prise en charge des frais de déplacement.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

c. Risques de prise en charge par des adhérents ou par de tierces personnes des

services rendus aux partis politiques

L'un des procédés de financement les plus classiques consiste à faire prendre en charge
directement par une autre structure (société commerciale par exemple) des frais liés au
fonctionnement du parti politique.

Les contrôles devront donc s'orienter vers la nature de prestations qui découlent de l'activité
de ce parti et dont il n'est pas fait mention dans les comptes.

Exemple : L'organisation d'une manifestation à caractère politique engendre un ensemble de


dépenses : impression de documents, brochures, affiches, location d'espaces publicitaires,
bureaux, matériels...

Toutes ces dépenses doivent normalement être identifiées dans la comptabilité du parti. En
cas pareil, les contrôles devront permettre de s'assurer :

 Que les contrats de location de locaux ou matériel ont bien été signés par le parti et
font l'objet de correspondance avec les prestataires de service, de devis et de factures...
 Que les taux de facturation des emplacements publicitaires sont justifiables.
 Que les déplacements des responsables du parti font l'objet de pièces justificatives.

Les contrôles auront pour objectif de s'assurer que les charges de l’événement organisé par le
parti sont facilement identifiables et qu’elles sont enregistrées d’une manière exhaustive.

d. Financement par des personnes interposées

Cette pratique consiste à faire financer les campagnes électorales par des personnes
interposées de tel sorte que les dépenses y afférentes soient payées par des tierces personnes
en bon terme avec les partis en question.

e. Financement en espèce des campagnes électorales par des adhérents ou par des

tierces personnes

Il existe une corrélation entre la fixation d'un plafond de dépenses électorales et l'existence
des tierces parties. Imposer, en effet, un plafond de dépenses électorales aux partis pour les

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

campagnes électorales favorise l'existence des tiers (associations, groupes d'intérêts...)


pouvant dépenser de l'argent sans limitation légales pour soutenir un parti ou un candidat.
L'existence de plafond pour les dépenses électorales favorise la prise en charge de ces
dépenses par des tierces parties.

f. Financement étranger des campagnes électorales par le transfert à des adhérents

ou à des tierces personnes des mandats minutes pour des sommes récurrentes

Les financements extérieurs par des individus, des entreprises et voir même des Etats lors des
campagnes électorales pourraient également être une réalité ;

Sur ce point, la Cour des comptes a soulevé dans son rapport de contrôles du financement de
la campagne présidentielle de l'année 2014, le dépôt des fonds en provenance de l'étranger
dans les comptes bancaires de candidats aux élections y afférentes.

g. Financement par le biais des associations satellites

Bien que le décret-loi n° 2011-88 du 24 septembre 2011, portant organisation des associations
interdit aux associations toute sorte de collecte des fonds en vue de soutenir des partis
politiques, le recours aux associations constitue chez les partis une pratique courante pour le
contournement de la législation sur le financement.

La Cour des comptes a attiré l'attention sur ce risque, c'est ainsi que le principe de la
transparence peut être affecté par le biais des circuits financiers alimentant les partis
politiques en provenance des associations.

Sur ce point, la Cour des comptes des comptes, qui a contrôlé les mouvements bancaires de
centaines associations soupçonnées d'avoir des liens avec des candidats, relèvent qu'une
association présidée par un candidat a utilisé des fonds en provenance de l'étranger.

h. Financements à travers l’argent blanchi

En date du 19 janvier 2017, le ministère de finances a promulgué le règlement du Conseil du


Marché Financier (CMF) relatif aux mesures pratiques pour la répression du blanchiment
d’argent et la lutte contre le financement du terrorisme relative à la lutte contre le terrorisme
et la répression du blanchiment d’argent ; faisant référence à la loi organique n° 2015-26 du 7

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

août 2015 ;ayant comme finalité d’empêcher que les fonds soient contournés à des fins
illicites. Par ailleurs, il est à noter qu’après la révolution du 14 Janvier 2011 et selon les
rapports divulgués par la Cour des comptes, plusieurs partis politiques engagent des sommes
anormalement élevées lors de leurs campagnes, congrès et réunions de tout genre dont les
sources de financement sont obscures, douteuses et peuvent être en provenance d’un
quelconque trafic, crime, corruption, évasion fiscale, contrebande etc.

2.2.2 RISQUES TOUCHANT L ’ IMAGE FIDELE DE L ’ INFORMATION FINANCIERE

L’auditeur doit, aux termes de la norme internationale d’audit ISA 315, «acquérir la
connaissance du système d‘information et des processus opérationnels afférents qui ont un
rapport avec l‘élaboration de l’information financière et qui consiste à apprécier :

 les flux d’opérations dans les activités de l‘entité ayant un caractère significatif pour
les états financiers ;
 les procédures du système informatique et des systèmes manuels, pour lesquelles les
opérations sont initiées, enregistrées, traitées et présentées dans les états financiers ;
 les enregistrements comptables y afférents, aussi bien électroniques que manuels,
étayant l’information et les postes spécifiques des états financiers, pour ce qui
concerne le lancement, l‘enregistrement, le traitement et la présentation des
opérations ;
 La façon dont le système d‘information saisit des événements, autres que des flux
d’opérations, ayant un caractère significatif pour les états financiers ;
 le processus d’élaboration de l‘information financière utilisé pour l‘établissement des
états financiers de l’entité, y compris les estimations comptables significatives et les
informations fournies » 59.

Toutefois, dans le cadre de l’audit des partis politiques, le commissaire aux comptes doit
accorder une attention particulière aux opérations pouvant détecter des liaisons formelles et
informelles du comité directeur, des membres, des adhérents, du staff avec l’environnement
externe (sociétés d’impression, d’affichage, de services etc.).

Cependant, il doit s’assurer de la réalité des dépenses engagées par le parti en procédant à des
recoupement et à des revues analytiques pouvant déceler des risques inhérents se rattachant à

Ennouri Imed, « Cours CES Révision Comptable », Institut de Comptabilité et d’Administration des
59

Entreprises, 2006-2007.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

des fausses factures et à des irrégularités relatives à leur présentation et à leur correcte
évaluation.

De même, la Cour des comptes a soulevé dans son rapport sur les résultats du contrôle du
financement des campagnes électorales, l’existence de telles défaillances qui sont de nature à
affecter la crédibilité de documents et à affaiblir leur authenticité comme pièces justificatives
des dépenses afférentes.

Certes, l’auditeur devrait prendre en considération lors de la fixation de sa stratégie d’audit


globale des risques liés à la facturation pour compte d'autrui, à la facturation purement fictive,
à la facturation excessive ne correspondant pas aux tarifs appliqués dans le marché et ne
présentant pas d’utilité pour la bonne marche des partis politiques.

2.2.3 R ISQUES LIES A LA CAMPAGNE ELECTORALE

Selon les dispositions de l'article 77 de la loi organique n° 2014-16 du 26 Mai 2014 relative
aux élections et aux référendums « La campagne ne peut être financée pour la liste de
candidats ou le candidat ou le parti que par les personnes physiques uniquement ».

Cela implique qu'il est interdit pour le parti, qui est doté de la personnalité morale, de
financier la campagne électorale. Cette disposition a fait l'objet d'une note explicative par
l'ISIE en date du 10 novembre 2014.

Cette restriction, présente un risque de mobilisation des dépenses des candidats aux élections
vers le parti politique.

Ce risque est accentué de fait que la législation actuelle n'a pas prévu une distinction stricte
entre les dépenses électorales et les dépenses des partis. Il serait donc nécessaire de
déterminer une période proche de l'élection pendant laquelle toutes les dépenses du parti
seront considérées comme des dépenses électorales.

Le commissaire aux comptes doit procéder à des revues analytiques afin de s’assurer de
l’évolution cohérente des dépenses par rapport à l'activité normale du parti politique et à des
sondages appropriés des dépenses présentent des risques d’anomalies significatives qu’elles
soient propres au fonctionnement des partis ou liées aux campagnes électorales.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

2.2.4 R ISQUES LIES A LA GOUVERNANCE DES PARTIS POLITIQUES

a. Séparation entre le patrimoine personnel des adhérents et celui des partis

Compte tenu des contraintes réglementaires en matière de financement des partis politiques et
des particularités de l'environnement économique tunisien, certains adhérents peuvent mettre
une partie de leur patrimoine personnel à la disposition de leurs partis politiques sans que cela
n'apparaisse au niveau des comptes des partis politiques concernés et sans contrepartie
matérielle.

A titre d'illustration, les éléments du patrimoine personnel des adhérents pouvant être mis à la
disposition, on peut citer :

 Les voitures utilitaires ou de service ;


 Les moyens informatiques ;
 Le personnel dont l'employé de droit est l'adhérent alors qu'il exerce au sein du
parti politique ;
 Le matériel et mobilier de bureau ;
 Les locaux administratifs …Etc.

La prise en considération, par le commissaire aux comptes, d’un tel risque passe par
l’exécution de ces travaux :

 Le contrôle de vraisemblance de certaines charges : l'absence de fourniture de biens ou


de services ;
 Le constat de l'existence physique de certains éléments non constatés en comptabilité ;
 La variation de certaines charges d'un exercice à un autre ;
 L'adéquation des charges constatées en comptabilité avec l'étendu des activités du
parti politique.

Par ailleurs, l'environnement économique tunisien est très favorable à cette confusion du
patrimoine personnel de certains adhérents avec celui de leurs partis politiques.

D’ailleurs, cette pratique ne laisse aucune trace écrite de nature à délimiter les dépassements
de financement des adhérents de leurs partis politiques.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Par ailleurs, elle favorise la constatation des charges au sein des structures respectives des
adhérents.

Cette pratique illégale permet en l'apparence aux partis politiques le respect des dispositions
légales concernant les limites relatives au versement de dons de personnes physiques. Le
professionnel doit leur accorder une attention particulière et s’investiguer sur le respect des
lois de financement.

b. Mise à disposition des partis politiques du personnel payé par des adhérents

Ce risque consiste à mettre à la disposition des partis politiques du personnel payé par des
adhérents ou des sympathisants des dits partis politiques. Le personnel se trouve sur l'état des
salaires payés par l'adhérent, mais travaille en réalité au siège du parti politique.

Cette pratique est apparemment très répondue en Tunisie depuis 2011 et ce au vue de
l'incohérence de la masse sociale figurant au niveau des comptes des partis politiques et du
nombre des intervenants au sein des partis politiques surtout en période de campagne
électorale (2011 et 2014).

Le recours à cette pratique prohibée est motivé à notre avis par :

 Les limites des financements des partis politiques ;


 Les contraintes réglementaires liées à la contribution des adhérents au financement des
activités des partis politiques ;
 Le coût élevé de recrutement du personnel par les partis politiques.

Le commissaire aux comptes est appelé à ce niveau à faire preuve de beaucoup de vigilance
dans un milieu politique constamment appelé à mobiliser énormément des moyens humains.

c. Cumul des taches incompatibles

Le cumul des taches incompatibles favorise les paiements non autorisés.

Les dirigeants du parti doivent veiller à ce qu’il y ait une séparation de fonctions suffisante et
adéquate entre les fonctions de commande, de paiement et d’enregistrement comptable.

La séparation entre ces différentes fonctions permet l’existence d’un contrôle des paiements
en fonction des bons de commande et de la réception des biens ou services.

Page 94
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Lors de la mise en place de cette séparation de fonctions, il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas de
lien hiérarchique entre ces différentes fonctions, car si celui qui autorise le paiement a autorité
sur celui qui enregistre la dépense, cela peut réduire à néant l’efficacité du double contrôle, vu
qu’il pourrait faire pression pour enregistrer un paiement irrégulier.

2.2.5 R ISQUES INHERENTS AUX RELATIONS SUSPECTES ( PARTIES LIEES )

Différentes structures font partie intégrante des organismes liés aux partis politique : sociétés
commerciales, associations...

Le professionnel indépendant devra s'assurer que la totalité des dépenses engagées par ces
entités ne concourent pas de manière indirecte à procurer un avantage financier au parti
politique.

Il est toutefois difficile de concevoir, un ensemble d'investigations qui puisse assurer de


manière exhaustive qu'au-delà de la formulation d'un libellé ou de la sincérité d'une pièce
justificative ne se cache un financement illicite dû à l’application à des tarifs moindres à ceux
appliqués dans le marché.

Par ailleurs, l’auditeur doit vérifier le respect du règlement du Conseil du Marché Financier
(CMF) relatif aux mesures pratiques pour la répression du blanchiment d’argent et la lutte
contre le financement du terrorisme et de la loi organique n° 2015-26 du 7 août 2015relative à
la lutte contre le terrorisme et la répression du blanchiment d’argent.

Il semble donc essentiel de recourir fréquemment à la lettre d'affirmation comme technique de


contrôle. Cette lettre devra être soumise à la double signature du responsable du parti et du
trésorier.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

CHAPITRE 2 : PROPOSITION D'OUTILS D'AIDE A L'AUDIT


DES COMPTES DES PARTIS POLITIQUES

Après avoir recenser les risques formulés au niveau du premier chapitre, le commissaire aux
comptes procède après avoir pris en compte les risques liés à l’organisation, aux règles de
fonctionnement et aux sources de financement du parti politique et aux contrôles mis en place
par le parti à la fixation de l’étendue de son intervention compte tenu de son évaluation des
risques inhérents (R.I) identifiés.

Dans une seconde étape, le professionnel évalue le risque résiduel (R.R) pertinent pour son
audit et qui représente, soit le risque inhérent non identifié par le parti (R.I), soit identifié et
n’ayant pas fait l’objet de contrôles adéquats (R.N.C). En tenant compte de ce risque,
l’auditeur planifie et fixe l’étendue de ses travaux pour réduire le risque d’anomalies
significatives au niveau des comptes du parti à un niveau acceptable tout en respectant les
assertions par catégorie des comptes comptables concernés.

A cet effet, nous proposons dans ce chapitre des outils d'aide à l'audit des comptes des partis
politiques à travers un recensement des diligences à mettre en œuvre, une proposition d'un
programme de travail ainsi qu’un ensemble de questionnaires nécessaires à la mission de
certification sous forme d’un guide méthodologique et ceux suite à des réponses apportées
aux risques identifiés dont les principaux ont été mentionnés au niveau du chapitre précédent.

Pour des raisons de commodité de texte, et en annexe de ce travail, nous allons présenter un
aide-mémoire pour les professionnels pour bien mener leur mission dans un contexte
spécifique à l’audit des partis politiques et qui regroupent les modèles suivants à adopter selon
les spécificités de chaque parti politique :

 Un guide méthodologique dans l’objectif est de tester les idées développées dans le
présent mémoire et d'établir le lien entre les diligences nécessaires présentées au
niveau de ce travail et la manière actuelle d'opérer par les experts comptables
tunisiens.
 Un questionnaire de vérifications spécifiques afin d’orienter les professionnels aux
aspects spécifiques et juridiques des partis politiques.

Page 96
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

 Un modèle de note de synthèse et de questionnaire de fin de mission permettant de


recenser les principaux risques identifiés et les préparatifs pour la rédaction du rapport
du commissaire aux comptes.
 Un modèle de lettre d’affirmation tenant compte des risques spécifiques liés aux
particularités des partis politiques.
 Les différentes formes de rapports de commissaire aux comptes tenant compte de ces
avis sur les vérifications spécifiques.
 Un Check-list de revue indépendante.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 1 : PROPOSITION D'UN PROGRAMME DE TRAVAIL


SPECIFIQUE

Lors de la fixation de sa stratégie globale d’audit, le professionnel prend en considération les


procédures et les contrôles mis en place par le parti politique afin de déterminer l’étendue des
tests substantifs à mettre en œuvre.
En effet, parmi les tests de procédures (cf. annexe 2) dont l’auditeur doit tenir compte on peut
citer principalement :
- Le respect des limites se rattachant à l’acceptation et au versement de fonds de personnes
physiques et au respect des dispositions du décret-loi 2011-87 du 24 septembre 2011 ;
- La séparation des tâches incompatibles lors du traitement des fonds (encaissement des
versements, saisie comptables etc.) ;
- L’absence de postes vacants et la disponibilité des moyens humains pour le traitement des
opérations du parti ; etc.
- Les sources de financement occulte et au respect du décret-loi 2011-87 du 24 septembre
2011 en matière de tenue de registres énumérés par le dit décret ;
- L’enregistrement des recettes reçus et le recours à des tests de contrôles informatiques
(recoupement par donateur, par zone géographique et selon les enregistrements
comptables) permettant de fournir une information détaillée et complète relative à ces
dons. Les contrôles par nature de recettes peuvent être synthétisés dans le tableau
suivant :

RECETTES EXEMPLES DE CONTROLES

 Respect des dispositions statutaires et réglementaires (plafonds,


période, recouvrement etc.) ;
 Tenue des registres de cotisations ;
COTISATIONS  pré numérotation des reçus délivrés et des cartes d’adhésion ;
 Procédure de relance en cas de non versement ;
 Rapprochement périodique des adhésions par référence au registre, à
l’encaissement, à la comptabilité et aux reçus délivrés ;

Page 98
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

RECETTES EXEMPLES DE CONTROLES

 Respect des dispositions statutaires et réglementaires (plafonds,


période, etc.) ;
 Exhaustivité des dons collectés par référence aux reçus pré-
numérotés ;
AIDES ET DONS
 Tenue des registres d’aides et des dons monétaires ;
MONETAIRES
 Rapprochement périodique des dons par référence au registre, à
l’encaissement, à la comptabilité et aux reçus délivrés ;
 Le recours à une séquence numérique continue pour l’édition des
reçus de dons ;

 Recensement, valorisation et classement des contributions en


nature ;
DONS ET
 Comptabilisation exhaustive des charges relatives aux services reçus
CONTRIBUTIONS
à titre gratuit ;
EN NATURE
 Identification des dons et contributions en nature relatifs aux
campagnes électorales.

- L’organisation comptable propre au parti audité et notamment celui de collecte des fonds
à travers le compte bancaire unique. Le professionnel doit vérifier que ces contrôles mis
en place permettent de s’assurer de la réalité, l'exhaustivité et la régularité des dons ainsi
que leur concordance avec le compte du mandataire ;
- La transparence des procédures mises en place pour l’engagement des dépenses, le
respect de la réglementation (limite de remboursement en espèces, absence d’octroi
d’avantages aux citoyens) et la séparation entre les frais propres à l’activité du parti et
ceux afférents aux campagnes électorales ;

Suite à la prise de connaissance du parti politique et son environnement et après avoir défini
un niveau de risque par assertion, le professionnel doit concevoir et mettre en œuvre les
procédures d'audit qu'il juge nécessaire pour obtenir l'assurance raisonnable permettant la
certification des comptes.

Le commissaire aux comptes devra donc définir le calendrier, la nature et l'étendue de ses
diligences à mettre en œuvre en s'assurant que celles-ci permettent de recenser
exhaustivement les risques identifiés au préalable et en prenant en considération son
évaluation des contrôles de procédures mis en place par les partis politiques.

Page 99
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

La norme internationale d’audit ISA 330 « Réponses de l’auditeur à l’évaluation des risques »
stipule que« lorsque, dans le cadre de son évaluation du risque d’anomalies significatives au
niveau des assertions, l’auditeur présume que les contrôles fonctionnent efficacement, il doit
mettre en œuvre des tests de procédure pour recueillir des éléments probants suffisants et
appropriés montrant que les contrôles fonctionnaient efficacement aux moments pertinents au
cours de la période auditée ».

L’adoption d’une stratégie corroborative pour les partis politiques est plus efficace, et ce, à
cause de l’existence de bénévoles et leur participation aux activités du parti politique qui
constitue une des opérations non récurrentes pour l’auditeur nécessitant un élargissement de
des diligences. Cette situation peut être source de plusieurs risques :

- Un risque de détourner les contrôles par le personnel bénévoles, dans ce cas les tests
de procédures peuvent apparaitre inefficaces ;
- Risque liée à la possibilité d’imposer un ensemble des contrôles au personnel
bénévole ;
- Un risque que la hiérarchie même si elle existe, ne soit pas concrétisé par l’application
de procédures rigoureuses ;

Certes, les spécificités réglementaires des partis politiques imposent au commissaire aux
comptes d’accorder une attention particulière aux sources de financement constituant ainsi des
opérations non récurrentes nécessitant le recours à des procédures d’audit complémentaires et
de tests de détails.

L’adoption d’une stratégie corroborative implique la mise en œuvre de contrôles substantifs


étendus pour ramener le risque d’audit à un niveau acceptable. La norme internationale
d’audit ISA 500 « Eléments probants » met à la disposition du commissaire aux comptes un
ensemble des contrôles de substance pour collecter des éléments probants dans le cadre de
l'audit des comptes.

Parmi ces éléments, il y a :

 L'inspection des enregistrements ou des documents, qui consiste à examiner des


enregistrements ou des documents, soit internes soit externes, sous forme papier, sous
forme électronique, ou autres supports.
 L’inspection d’actifs tangibles, qui correspond à un contrôle physique des actifs corporels.

Page 100
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

 L’observation qui consiste à examiner un processus ou la façon dont une procédure est
exécutée par d’autres personnes.
 La demande d’information consiste à se procurer des informations auprès des personnes
internes ou externes.
 La vérification des calculs.
 La réexécution des contrôles, qui porte sur les contrôles réalisés à l'origine par le parti.
 Les procédures analytiques consistent à apprécier les informations financières à partir de
leurs corrélations avec d'autres informations, et de l'analyse des vérifications significatives
ou des tendances inattendues.

1.1 LES DILIGENCES A METTRE EN ŒUVRE PAR LE PROFESSIONNEL

Le commissaire aux comptes doit mettre en place un programme de travail lui permettant de
réaliser des diligences (cf. annexe 3) qu'il estime nécessaires pour fonder son opinion sur les
comptes d’un parti politique.

La norme internationale ISA 300 « Réponses de l’auditeur à l’évaluation des risques », stipule
que « l’auditeur doit établir un programme de travail qui doit inclure une description :

 de la nature, du calendrier et de l’étendue des procédures planifiées d’évaluation des


risques ;
 de la nature, du calendrier et de l’étendue des procédures d’audit complémentaires qui
sont planifiées au niveau des assertions »

a. Diligences mises en œuvre sur les comptes

Le commissaire aux comptes met en œuvre les diligences édictées par les normes
internationales d’audit adaptées au contexte particulier de l’audit des comptes des partis afin
de lui permettre de couvrir le risque d’audit et le ramener un niveau acceptable.

- Diligences sur les recettes

Le commissaire aux comptes doit mettre en œuvre les diligences permettant notamment de
vérifier :

Page 101
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

 le respect des dispositions légales et règlementaires régissant la collecte des dons, des
cotisations et des subventions (plafonds d’acceptation, origines, identités des personnes
ayant versé les dons…) et s'assurer de leur correcte comptabilisation ;
 la conformité aux obligations juridiques en matière de tenue de registre d'aides, dons,
donations et legs ;
 la bonne application des règles en matière d’impression et de gestion des reçus des
dons ;
 l’existence des procédures d’identification des recettes et leur correcte imputation
comptable ;
 la vérification de la concordance des montants encaissés et la comptabilité ainsi que
leur ventilation comptable.

- Diligences sur les dépenses

Les diligences requises sur les dépenses peuvent être énumérées comme suit :

 S’assurer que les dépenses sont en conformité avec l’activité du parti.


 S’assurer que l’engagement des dépenses reste dans le cadre de la loi (Absence
d’avantages accordés aux citoyens…).
 Accorder une attention particulière à certains comptes (dépenses de communication,
impression, téléphones…) notamment pendant les campagnes électorales pour s’assurer
que les charges n’ont pas été engagées afin de soulager les budgets propres des
candidats.
 Mettre en œuvre des procédures analytiques permettant d’identifier les dépenses
présentant des variations anormales par rapport à celles ordinairement engagées.
 Vérifier les taux de facturation des prestations (risque de financement en espèces)
 Mettre en œuvre des contrôles de substance pour détecter d'éventuelles anomalies
significatives.
 Utiliser les demandes de confirmation aux tiers permettant de vérifier l’exhaustivité des
factures et l'existence de la dette à la date de clôture.

Page 102
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

b. Diligences mises en œuvre sur les avantages directs et indirects consentis par des

personnes morales

Le commissaire aux comptes doit vérifier que le parti politique n'a pas reçu de bien, service
ou toute autres avantages directs ou indirects des personnes morales, prohibée par le décret-loi
de 2011 sur les partis politiques.

c. Diligences mises en œuvre sur les opérations ou événements non récurrents

Le commissaire aux comptes doit être attentif à toutes les opérations exceptionnelles réalisées
par le parti politique qui avaient pour conséquence de contrevenir à la loi sur le financement
des partis politiques. Il peut s'agir d'abandon des créances pouvant être assimilées à un don
consenti par une personne morale ou à une négociation d'un contrat faisant apparaître une
politique des prix à des conditions anormales de marché. Le commissaire aux comptes doit
être attentif aux conditions commerciales.

d. Diligence sur le blanchiment d'argent

L’article 92 de la loi organique n° 2015-26 du 7 août 2015 relative à la lutte contre le


terrorisme et la répression du blanchiment d’argent, définit le blanchiment d’argent
comme « tout acte intentionnel qui vise par tout moyen à la justification mensongère de
l'origine illicite des biens meubles ou immeubles ou des revenus provenant directement ou
indirectement de tout crime ou délit passible d’une peine d’emprisonnement de trois ans ou
plus ainsi que tout délit sanctionné en vertu du code des douanes. Constitue également un
blanchiment d’argent, tout acte intentionnel ayant pour but le placement, le dépôt, la
dissimulation, le camouflage, l’administration, l’intégration ou la conservation du produit
provenant directement ou indirectement des infractions prévues par l’alinéa précédent ainsi
que la tentative, la complicité, l’incitation, la facilitation, ou l’apport de concours à le
commettre. L’infraction de blanchiment d’argent est indépendante de l’infraction principale
quant à sa constitution. Elle est prouvée par l’existence de présomptions et de preuves
suffisantes sur l’origine illégale des biens objet de blanchiment 60».

60Article92 de la loi organique n° 2015-26 du 7 août 2015 du 07 Août 2015 relative à la lutte contre le terrorisme et la
répression du blanchiment d’argent.

Page 103
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Par ailleurs, l’article 96 prévoit que les peines citées au niveau de la dite loi « sont étendues,
selon les cas, aux dirigeants des personnes morales, à ses représentants, à ses agents, à ses
associés et aux commissaires aux comptes dont la responsabilité personnelle est établie 61 ».

La loi diffère les peines soit à l’encontre de l’auteur de l’acte de blanchiment d’argent et soit
lorsque l’infraction est commise :
- en cas de récidive ; ou
- par celui qui profite des facilités que lui procure l'exercice de sa fonction ou de son
activité professionnelle ou sociale ; ou
- par un groupe organisé ou une entente.

Le tableau ci-dessous prévoit les différentes peines :

EMPRISONNEMENT AMENDE
Infraction commise par De cinq milles dinars à
D’un à six ans
l’auteur de l’acte cinquante mille dinars
De dix milles dinars à cent
Autres infractions citées De Cinq à dix ans
mille dinars

Dans le même ordre d’idées, l’article 126 de la même loi met à la charge du commissaire aux
comptes la vérification des résultats communiqués par les partis politiques se rapportent aux
opérations et transactions suspectes de formuler un acte de blanchiment d’argent.

D’autre part, le règlement du Conseil du Marché Financier relatif aux mesures pratiques pour
la répression du blanchiment d’argent et la lutte contre le financement du terrorisme cite que
« parmi les personnes exposées aux risques en raison de leurs fonctions :

- les hauts responsables des partis politiques ;


- Chef d’Etat, chef de gouvernement ou membre d’un gouvernement ;
- Membre d’un parlement »62.

61
Article 96 de loi organique n° 2015-26 du 7 août 2015 du 07 Août 2015 relative à la lutte contre le terrorisme
et la répression du blanchiment d’argent.
62
Arrêté de la Ministre des Finances en date du 19 janvier 2017 se rapportant au règlement du Conseil du Marché
Financier relatif aux mesures pratiques pour la répression du blanchiment d’argent et la lutte contre le
financement du terrorisme.

Page 104
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

« Les Professionnels doivent prendre les mesures nécessaires pour vérifier les transactions ou
les opérations occasionnelles que le donateur ne figure pas sur la liste des personnes ou des
organisations dont le lien avec des crimes terroristes est établi par la commission nationale de
lutte contre le terrorisme »63.

Les diligences du commissaire aux comptes face à ces transactions suspectes se résument
principalement comme suit :

- Vérifier que le parti politique s’est doté d’un système d’information fiable (dispositifs
anti-blanchiment, conservation des documents, etc.) le permettant de respecter les
dispositions légales et réglementaires en vigueur relatives à la répression du
blanchiment d’argent et à lutte contre le financement du terrorisme ;
- Investiguer sur l’identité et la moralité des personnes qui dirigent de droit ou de fait le
parti ;
- Analyser les différents rapports communiqués par la Cour des comptes, la commission
nationale de lutte contre le terrorisme et tous autres instances ;
- Vérifier en détails les opérations revêtant un caractère complexe et vérifier qu’elles ont
une justification économique et un objet licite ;
- Suivre de près les transactions ayant des sommes anormalement élevées ;
- S’assurer de la cohérence des actes avec les données d’identification des donateurs ;
- Contrôler l’absence des fonds transférés à partir des pays qui n’appliquent pas ou
appliquent de manière insuffisante les normes internationales en matière de répression
du blanchiment d’argent et de lutte contre le financement du terrorisme ;
- Mettre en place des procédures complémentaires afin déterminer s’il ne s’agit pas de
transactions ou d’opérations suspectes et ce en demandant des informations
supplémentaires des dites opérations ;
- Etablir une cartographie des risques liés au blanchiment d’argent et au financement du
terrorisme et mettre à jour l’étendue de ces travaux afin de fonder son opinion sans
que ses responsabilités civile, pénale et disciplinaire ne soient remises en cause.

63
Article 66 de la loi organique n°2015-26 du 7 août 2015 relative à la lutte contre le terrorisme et à la répression
du blanchiment d'argent.

Page 105
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

1.2 P ROPOSITION D ' UN PROGRAMME DE TRAVAIL SPECIFIQUE

Un programme de travail est proposé dans le présent mémoire (cf. annexe 3) regroupant les
tests à appliquer par les professionnels selon leur évaluation des risques d'audit des états
financiers des partis politiques. Toutefois, il n'est pas exhaustif et il doit être adapté au
contexte particulier de chaque mission et peut servir de base pour le professionnel pour le bon
déroulement de sa mission de certification des comptes.

a. Mise en œuvre des procédures analytiques

Selon la norme ISA 520, « Procédures analytiques » « les procédures de corroboration mises
en œuvre par l’auditeur au niveau des assertions peuvent consister en des tests de détail, des
procédures analytiques de corroboration ou une combinaison des deux. Le choix des
procédures d’audit à mettre en œuvre, y compris la décision d’utiliser ou non des procédures
analytiques de corroboration, repose sur le jugement de l’auditeur quant à l’efficacité et
l’efficience attendues des procédures d’audit dont il dispose en vue de ramener le risque
d’audit au niveau des assertions à un niveau suffisamment faible. »

Le parti politique est un organisme particulier dans la mesure où il n’a pas un but lucratif
(réalisation des bénéfices) ce qui implique une particularité dans la mise en œuvre d’examen
analytique.

Étant donné que le budget est un document essentiel dans la vie des OSBL, il peut servir de
base pour le commissaire aux comptes lui permettant de faire des estimations sur la valeur des
rubriques des charges et des produits. L’examen des écarts permet au professionnel
d’appréhender le processus budgétaire.

Aussi, l’analyse des variations permet au commissaire aux comptes de déceler les
changements importants dans l’activité du parti politique.

D’autre part, l’analyse des évolutions par rapport aux exercices antérieurs permet aussi au
commissaire aux comptes du parti de détecter les zones de risque.

Page 106
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- Examen analytique sur les comptes des produits

 Vérifier la vraisemblance des évolutions des comptes des produits :


Données Données Budget Variation Variation
Les produits Exercice N-1 Exercice N en Valeur en %
Cotisations des adhérents
Legs, dons et autres apports
reçus
...

 Rapprocher les montants comptabilisés avec les calculs théoriques et ce pour les
cotisations et les dons :
Valeur de la
Nombre des cartes Montant
cotisation fixée Solde
Compte d’adhésion obtenu = Ecart
dans les statuts comptable
(1) (1)*(2)
(2)
Cotisations des
adhérents

Montant
Nombre des carnets Valeur de reçu Solde
Compte obtenu = Ecart
utilisés* Nb des reçus (1) (2) comptable
(1)*(2)

Dons

 Elaborer un état des dons et des cotisations et le rapprocher avec le registre.

- Examen analytique sur les comptes de charges

 Vérifier la vraisemblance des évolutions des comptes de charges :


Données Données Variation Variation
Les charges Budget
Exercice N-1 Exercice N en Valeur en %
Achats
Services extérieurs
Charges de personnel
...

 Procéder au recoupement des charges de loyer et des honoraires avec les contrats
correspondants.
 Procéder au rapprochement entre les tarifs des prestations de services par catégorie afin
d’identifier les risques des charges occultes ou des remises inhabituels ;
 Revue analytique des taux de charges de personnel (Charges sociales/salaires bruts).

Page 107
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

b. Mise en œuvre des tests de détails (cf. annexe 3)

- Mise en œuvre des tests de détail sur les recettes

CATEGORIE TESTS SUBSTANTIFS

S'assurer que les origines des financements obtenus directement ou


indirectement sont connues.
S'assurer que les concours, les contributions et les dons reçus sur le budget de
TESTS l’Etat sont accordés selon les conditions et modalités fixées par la
SUBSTANTIFS réglementation en vigueur.
COMMUNS S'assurer que les financements n’émanent pas directement ou indirectement de
AUX
personnes morales privées ou publiques.
OPERATIONS
DE Vérifier la conformité des limites fixées pour les cotisations et dons (plafond,
FINANCEMENT compte bancaire unique etc.) aux dispositions légales et statutaires des partis
politiques.
S’assurer de l’absence de tout financement en provenance de l’étranger ou
d’une personne morale.
Analyser et rapprocher les résultats des examens analytiques des cotisations
avec les données comptables.
Procéder au recoupement entre la liste des membres, le registre des cotisations
et les livres des comptes.
Vérifier le rattachement des cotisations aux exercices en question et procéder à
la justification des exceptions et à leur traitement comptable adéquat.
TESTS S'assurer que le montant d’une cotisation annuelle ne dépasse pas 1.200 DT et
SUBSTANTIFS que si son montant dépasse 240DT, elle est payée par chèque bancaire ou
SPECIFIQUES postal ou par mandat postal.
AUX
COTISATIONS Valider la correcte imputation comptable des cotisations.
Vérifier, par sondage, que les produits constatés d'avances comptabilisés
sont correctement calculés.
Vérifier la cohérence entre les cartes d’adhésion émises et la contrepartie en
comptabilité.
S'assurer que les financements en numéraire ou en nature n’émanent pas
directement ou indirectement d’Etats étrangers ou d’autres sources étrangères.
S'assurer que le montant des contributions, dons et legs qui émanent des
personnes physiques ne dépasse pas 60.000 DT par an et par donateur.
S’assurer la conformité entre les montants des dons encaissés par le
mandataire financier et le montant des reçus et leur cohérence avec les
produits comptabilisés dans le compte de résultat et avec le registre des dons.
TESTS Obtenir la liste des donateurs indiquant les cordonnées des donateurs, le
SUBSTANTIFS
montant et le mode de paiement ainsi que la date de paiement et recouper ces
SPECIFIQUES
AUX DONS
données avec la comptabilité.
MONETAIRES Prendre un échantillon des dons accordés inhabituellement élevés par rapport
aux exercices antérieurs et s’interroger sur l’identité et l’origine du donateur.
Vérifier que le rattachement des dons à l’exercice concerné et ce en procédant
à l’examen des états de rapprochements édités par le parti.
Passer en revue des relevés bancaires et s’enquêter sur l’origine des suspens
comptables.

Page 108
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

CATEGORIE TESTS SUBSTANTIFS

S'assurer de l’existence d’une note aux états financiers détaillant l’ensemble


des dons et legs en nature ainsi que de leur exhaustivité.
S’assurer de la juste estimation de la juste valeur des aides et dons sous forme
de biens et de services et vérifier que l’estimation de leur valeur par le parti a
été effectuée par référence au prix de marché.
TESTS Apprécier le caractère raisonnable des estimations comptables appliquées par
SUBSTANTIFS le parti et vérifier la réalité des hypothèses retenues.
SPECIFIQUES Demander les time-sheet des bénévoles et vérifier la correcte application du
AUX DONS EN tarif horaire lors de l’estimation de cette mise à disposition.
NATURE ET Faire le recoupement entre les time-sheet des bénévoles et les frais de
LEGS déplacement et de restauration enregistrés dans les livres du parti.
Analyser les résultats des inventaires physiques effectués par le parti politique
et identifier les biens mis à disposition gratuitement et faire le recoupement
nécessaire avec la note dédiée aux états financiers.
S’assurer que les amortissements des actifs octroyés gratuitement sont portés
en résultat selon la valorisation adoptée par le parti.

- Mise en œuvre des tests de détails sur les dépenses

Suite à l’accomplissement des examens analytiques visant à s’assurer de la fiabilité des


informations financières au regard de l'évolution du poste de dépenses dans le temps et par
rapport au budget, le professionnel procède en recourant à son jugement professionnel à des
tests de détails qui se présentent principalement comme suit :

 Procéder à l’envoi des demandes de confirmation externe ;


 Vérifier que les dépenses sont dûment justifiées et comptabilisées dans le compte de
résultat du parti ;
 Prélever un échantillon des factures en utilisant les techniques d’échantillonnage
énumérées par les normes ISA et vérifier :

 Que les factures sont datées, libellées au nom du parti et comportent toutes les
mentions obligatoires prévues par la loi ;
 L’exactitude des documents justificatifs et que les dépenses font l’objet d’une
documentation appropriée (devis, bons de commande, bons de livraison,
photocopie des pièces de règlements…) ;
 Que les pièces justificatives sont exhaustives et complètes prouvant la réalité
des dépenses ;
 L’existence des originaux des factures.
 S’assurer de l’adéquation entre les dépenses et les recettes ;
 S'assurer que les dépenses ne dissimulent pas d’avantages accordés aux citoyens ;

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

 S’assurer que les dépenses correspondent à un service fait (les dépenses doivent être
appuyées par des documents internes signés par un responsable du parti à titre
d’attestation du service fait) ;
 S’assurer que les prestations sont rendues à leur valeur marchande et ce par le
recoupement des tarifs appliqués par les différents prestataires de services et que les
facturations ne sont pas au dessous des prix habituellement pratiqués ;
 Sélectionner les factures relatives à des dépenses engagées pendant la campagne
électorale (notamment les dépenses de publicité et de communication) et s’assurer
qu’elles ont fait l’objet de traitement comptable approprié ;
 S’assurer de l’absence des dépenses engagées par des personnes morales publiques ou
privées. (gratuités, prestations avec des prix ou des remises non habituellement
pratiqués…) ;
 Vérifier la correcte application des dispositions fiscales lors des règlements des
prestataires de services ;
 Obtenir le livre de paie et vérifier leur intégration en comptabilité. S'assurer de
paiement des cotisations sociales ;
 S'assurer que les dépenses sont correctement ventilées ;
 S'assurer que les dépenses dont le montant dépasse 500 DT sont effectuées par des
virements ou des chèques bancaires ou postaux.

Page 110
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 2 : REVUE DES INFORMATIONS ET VERIFICATIONS


SPECIFIQUES

La revue juridique du parti est particulière et doit être adaptée à ses spécificités. Les
questionnaires de revue juridiques habituels utilisés lors des missions d’audit doivent être
adaptés.

Nous avons essayé, à partir des particularités juridiques du parti développées dans la première
partie de préparer un questionnaire standard pour la revue juridique de cette structure. Ce
questionnaire doit cependant être enrichi en pratique compte tenu du contexte propre à chaque
mission (cf. annexe 4).

2.1 P RINCIPALES VERIFICATIONS SPECIFIQUES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES

Parmi, les vérifications spécifiques qui peuvent ne pas affecter d’une manière significative les
états financiers, on peut citer :

- La tenue des registres obligatoires à savoir le registre des adhésions, le registre des
délibérations des organes de direction du parti et le registre d'aides, dons, donations et
legs.
- Le respect des lois et réglementations régissant la création, l’organisation et le
fonctionnement des partis politiques ;
- Le respect de la réglementation liée au financement des partis politiques ; etc.

2.2 V ERIFICATIONS SPECIFIQUES POUVANT AMENER LE COMMISSAIRE AUX COMPTES A


PROCEDER A LA REVELATION DES FAITS DELICTUEUX

Parmi certaines vérifications particulières auxquelles devra procéder le commissaire aux


comptes, nous pouvons citer l'examen exhaustif des personnels salariés, l'inventaire des
matériels d'une certaine importance, l'analyse des mises à disposition gracieuses.

- Adéquation entre les rémunérations servies et le travail effectué

Le commissaire aux comptes devra effectuer un recoupement entre les membres du personnel
présent physiquement au sein des différents organes du parti et les dossiers des salariés afin de
constater, si éventuellement, des permanents du parti ne seraient pas absents des journaux de
paie.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Sur le plan pratique, il conviendra d'obtenir un organigramme complet et nominatif des


fonctions du parti. A partir de l'organigramme, il faudra s'assurer qu'il n'y a pas de tâches
accomplies par des personnes absentes d’une manière permanente ce qui amène le
commissaire aux comptes à visiter les différents locaux du parti.

Il conviendra aussi de s'assurer de la cohérence de la rémunération avec le poste occupé afin


de déceler éventuellement le cas d'une rémunération dérisoire financée par des personnes
morales ou par autrui.

- Les mises à disposition gracieuse

Les personnes physiques ou morales, peuvent être amenées à mettre gracieusement à la


disposition des partis politiques divers moyens humains ou matériels. Ces avantages devront
faire l'objet d'un examen particulièrement attentif de la part du commissaire aux comptes.

Les manifestations des partis politiques font l'objet des dépenses spécifiques (location de
salles, du matériel audiovisuel etc.). A ce titre, il conviendra de s'assurer de la matérialité de
ces dépenses et des valeurs correspondantes, ces dernières pouvant faire l'objet de tarification
extrêmement faible de la part des personnes citées plus haut.

En cas d’existence des irrégularités et des inexactitudes liées aux vérifications ci-dessus
mentionnées, le commissaire aux comptes doit les mentionner au niveau de la deuxième partie
de son rapport intitulée « Rapport sur d’autres obligations légales ou réglementaires ».

Page 112
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 3 : EVALUATION DES RESULTATS DES PROCEDURES DE


VERIFICATION ET TRAVAUX DE FIN DE MISSION

A la fin de la mission, le commissaire aux comptes établi une note de synthèse (cf. annexe 5).
La note de synthèse doit mentionner les événements majeurs et leur incidence sur les comptes,
les problèmes techniques rencontrés, une synthèse des ajustements proposés, ainsi que les
domaines qui nécessitent une décision finale du commissaire aux comptes.

3.1 C ONCLUSION DES TRAVAUX ET ELABORATION DE LA NOTE DE SYNTHESE

La norme internationale d’audit ISA 700 « Fondement de l’opinion et rapport d’audit sur des
états financiers » prévoit que : « Pour se former cette opinion, l’auditeur doit déterminer s’il a
acquis l’assurance raisonnable que les états financiers pris dans leur ensemble sont exempts
d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou d’erreurs64». Ainsi, pour
clôturer ses travaux, ce dernier procède aux travaux suivants :

 S’assurer l’exhaustivité des contrôles réalisés par l’équipe d’audit y compris les
procédures analytiques, les tests de détails, les confirmations des tiers, etc. ;
 Revoir l’évaluation du système de contrôle interne mis en place et les déficiences
remédiés par les organes directeurs du parti ;
 Revue les écritures d’ajustement en identifiant ceux qui n’ont pas été pris en compte
par le parti et leur impact sur les états financiers et sur l’opinion ;
 Discuter avec l’équipe d’audit du traitement des points significatifs ou inhabituels
concernant l’audit, les aspects comptables ou les conclusions d’audit signalées ;
 Evaluer la survenance des évènements postérieurs pouvant donner lieu à des
ajustements sur les états financiers et sur les conclusions d’audit ;
 Faire une évaluation finale des estimations comptables faites par le parti, et leur
cohérence avec les autres éléments probants réunis ;
 Effectuer une évaluation définitive des éléments d’audit collectés et évaluer le risque
d’anomales significatives au niveau des assertions et au niveau des états financiers du
parti dans leur ensemble en recourant à son jugement professionnel ;
 Vérifier que tous les documents importants permettant de fonder l’opinion d’audit ont
été bien recueillis, suffisamment documentés et organisés ;

64
Norme internationale d’audit ISA 700 « Fondement de l’opinion et rapport d’audit sur des états financiers ».

Page 113
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

 Formuler les réserves relevées et le projet d’opinion à soumettre aux organes


dirigeants du parti ;
 Effectuer un contrôle qualité sur le dossier de travail et vérifier que la date du rapport
n’est pas antérieure à l’achèvement des travaux ;

3.2 R EVUE DES EVENEMENTS POSTERIEURS A LA DATE DE L ’ EXERCICE

Les événements postérieurs à la clôture pour l’établissement des comptes sont définies par la
norme comptable Tunisienne n°14 «Eventualités et événements postérieurs à la date de
clôture » comme étant « des événements se produisant entre la date de clôture de l'exercice et
la date de publication des états financiers, peuvent rendre nécessaires des modifications de
certains postes de l'actif ou du passif ou entraîner une information complémentaire 65».
Plusieurs faits postérieurs présentant une incertitude significative et pouvant jeter un doute
important sur la capacité du parti politique à poursuivre son activité doivent être mentionnés
au niveau des notes des états financiers du parti, à l’instar de :

 Des ajustements comptables inhabituels ayant été enregistrés ou envisagés ;


 Des événements qui mettent en cause le caractère approprié des méthodes comptables
appliquées pour la préparation des états financiers et qui remettent en cause la
continuité d’exploitation (application anticipée d’une nouvelle norme comptable avant
sa date de son entrée en vigueur, non-respect ou changement des réglementations
régissant les partis politiques, procédures judiciaires à l’encontre du parti etc.) ;
 Des événements se rattachant à l’évolution des procès, contentieux et litiges ou aux
rapports de contrôle des organes régulateurs ;
 Des événements se rattachant à des catastrophes ;

Ainsi, et conformément à la norme internationale d’audit ISA 560 – Intitulée « Evénements


postérieurs à la clôture », l’auditeur doit :

 « Mettre en œuvre des procédures d’audit en vue de recueillir des éléments probants
suffisants et appropriés montrant que les événements survenus entre la date des états
financiers et la date de son rapport, nécessitant un ajustement des états financiers ou
une information à fournir dans ceux-ci, ont fait l’objet d’un traitement approprié dans
les états financiers conformément au référentiel comptable applicable ; et

65
La norme comptable tunisienne NCT°14 intitulée : « Eventualités et événements postérieurs à la date de
clôture ».

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

 Traiter de manière appropriée les événements dont il a eu connaissance après la date


de son rapport et qui, s’il en avait eu connaissance avant cette date, auraient pu le
conduire à amender son rapport66».
Il est à noter que le commissaire aux comptes doit énumérer dans son avis tous les
événements qui n’ont pas été mentionnés par les organes dirigeants du parti et qui doivent
faire partie de l’information à communiquer aux différents utilisateurs de ses états financiers.
Suite à la communication de son opinion, le professionnel n’a plus de démarche « active ».

3.3 C OMMUNICATIONS AVEC LES ORGANES DIRIGEANTS DES PARTIS POLITIQUES

Après l’évaluation des résultats des procédés de vérification et l’accomplissement des divers
travaux de fin de mission, l’auditeur doit notifier au moment opportun les points jugés utiles
aux organes directeurs du parti politique en ce qui concerne l’élaboration des états financiers
et le système de contrôle interne mis en place. Cette communication peut porter sur les
questions suivantes :
 L’approche générale de la démarche d’audit et l’étendue des travaux d’audit ;
 Les faiblesses procédurales significatives non corrigées, les questions touchant à
l’intégrité des membres et au personnel du parti ainsi que les risques d’existence de
fraudes ;
 Le non-respect des dispositions légales en ce qui concerne le financement, le
fonctionnement et l’organisation du parti, les sanctions qui en découlent et son avis au
titre de ces vérifications spécifiques ;
 Le non-respect de la réglementation comptable et son impact sur son avis
professionnel ;
 Les anomalies et les écritures d’ajustements proposées par l’auditeur et qui n’ayant
pas été corrigées par le parti ainsi que leur éventuelle incidence sur son opinion ;
 Les désaccords avec la direction du parti et les limitations de l’étendue des travaux ;
 Les incertitudes importantes liées à des événements survenus avant ou après la clôture
de l’exercice ou à des risques éventuels susceptibles de soupçonner la capacité du parti
à poursuivre son activité ainsi que leurs impacts sur l’établissement des états
financiers et sur son opinion ;
 Les modifications attendues au niveau de son rapport d’audit ;
 Toute autre question convenue dans les termes de la mission d’audit.

66
Norme internationale d’audit ISA 560 « Evénements postérieurs à la clôture ».

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Quelle que soit la forme de communication avec les organes dirigeants du parti, par voie
verbale ou écrite, l’auditeur doit s’assurer que la communication faite a permis à la direction
de pallier aux anomalies relevées ou d’apporter des preuves de leur inexistence. Ainsi, s’il y a
lieu, l’auditeur sera amené à vérifier les preuves communiquées par la direction avant de
donner son opinion argumentée et documentée d’une manière pertinente et de communiquer
son rapport au premier responsable du parti politique, à la commission constituée
conformément aux dispositions de l’article 26 du décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011
qui a été chargée de l’approbation des comptes des partis politiques ainsi qu’au premier
ministre.

Page 116
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 4 : PROPOSITION D'UN QUESTIONNAIRE DE FIN DE


MISSION

Après la rédaction de la note de synthèse, le commissaire aux comptes répond à un


questionnaire de fin de la mission (cf. annexe 6) afin de s'assurer que la démarche mise en
œuvre permet de respecter les normes professionnelles et garantir sa cohérence et qu’elle
touche tous les points significatifs pour l’audit. En effet, ce questionnaire permet de s'assurer
qu'une documentation appropriée du travail effectué figure dans les dossiers et qu'une revue
adéquate a été effectuée avant l'émission du rapport.

Ce questionnaire ne se substitue pas à la revue des feuilles de travail qui doit être effectuée au
cours de la mission.

Les points essentiels de ce questionnaire s'articulent autour des objectifs suivants :

- Le respect du plan de mission, ou justification des modifications ;


- Identification et justification des points non traités du programme de travail en relation
avec les zones de risques du plan de mission ;
- Diligences effectuées sur la recherche de possibilité de fraudes ;
- Evaluation des incertitudes subsistantes ;
- Prise en compte des incertitudes dans la note de synthèse ;
- Rapprochement du seuil de signification et la synthèse des ajustements ;
- L’accomplissement des vérifications juridiques et légales imposées par la loi.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 5: PROPOSITION D'UNE LETTRE D'AFFIRMATION


SPECIFIQUE AUX PARTIS POLITIQUES

En se en application du paragraphe 9 de la norme internationale d’audit ISA 580, le


commissaire aux comptes doit obtenir des membres de la direction de l'entité audité qui sont
investis de responsabilités appropriées par rapport aux états financiers, une déclaration écrite,
à titre d’élément probant, quant à certaines déclarations qu’il considère importantes pour
fonder son opinion. Cette déclaration peut prendre la forme d'une lettre d'affirmation.

Selon la norme sur la certification des états financiers des partis politiques publié par l'Ordre
des Experts Comptables de la Tunisie, le commissaire aux comptes obtient une lettre
d'affirmation signée par le premier responsable du parti et par le mandataire financier unique
désigné en application des dispositions de l’article 22 du décret-loi n° 2011-87 du 24
septembre 2011 et ceux au terme de ses travaux soit à une date proche de la date de signature
de son rapport.

Compte tenu des spécificités juridiques et des particularités des partis politiques, la lettre
d’affirmation en la matière devrait contenir les points suivants :

 Les livres comptables et les registres exigés par les articles 23 et 24 du décret-loi n°
2011-87 du 24 septembre 2011, la documentation afférente ainsi que tous les contrats
ayant ou pouvant avoir une incidence significative sur les comptes, ont été mis à la
disposition du commissaire aux comptes.

 Le respect des dispositions légales relatives au financement des partis politiques


édictées par les articles 17, 19, 20 et 21 du décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre
2011.

 Tous les donateurs ont fait des dons en leur nom propre et non en tant
qu’intermédiaires d’autres personnes ou organismes.

 Le non octroi d’avantages financiers ou en nature aux citoyens.

 L’absence de fourniture de biens ou de services ou autres avantages directs ou


indirects consentis par des personnes morales à des prix inférieurs à ceux
habituellement pratiqués.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

 L’absence des prestations ou des achats à un prix inférieur à celui pratiqué sur le
marché.

 Le nombre de bénévoles et la nature de leur participation aux activités du mouvement


politique.

 Absence de manipulations frauduleuses qui peuvent avoir eu une incidence sur les
états financiers, de même que les résultats de notre évaluation des anomalies
significatives résultant de fraudes.

 Absence d'irrégularité ou de malversation commise au sein du parti par un membre de


l’organe dirigeant et pouvant avoir une incidence significative sur la sécurité de
contrôle interne ou sur la présentation des comptes.

 Tous les événements postérieurs à la date de clôture qui ont une incidence sur
l’information ont été fournies ou ajustées les états financiers ont été comptabilisés.

Cette lettre doit être signée par le premier responsable du parti et par le mandataire financier
unique désigné en application des dispositions de l’article 22 du décret-loi n° 2011-87 du 24
septembre 2011 et adressée au commissaire aux comptes avant la communication de son
rapport.

Nous avons essayé de préparer un modèle de lettre d'affirmation spécifique aux partis
politiques. Ce modèle devra être adapté aux conditions particulières de chaque mission
d’audit (cf. annexe 7).

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 6. RAPPORTS DU COMMISSAIRE AUX COMPTES

6.1 T ERME DE LA CERTIFICATION

Les articles 23 et 25 du décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011, portant organisation des


partis politiques définit trois obligations pour le parti :

- Etablir des états financiers chaque année.


- Les faire certifier par un ou plusieurs commissaires aux comptes.
- Déposer ces comptes à la commission présidée par le premier président du tribunal
administratif.

6.2 LES RAPPORTS AUX ORGANES DELIBERANTS

6.2.1 L E CONTENU DU RAPPORT DU COMMISSAIRE AUX COMPTES

Le commissaire aux comptes rend compte de l'opinion sur les comptes annuels du parti
politique dans son rapport général (cf. annexe 8).

Conformément à la norme sur la certification des états financiers des partis politiques édictée
par l'Ordre des Experts Comptables de Tunisie, et compte tenu de la nouvelle révision des
normes d’audit visant l’amélioration du rapport d’auditeur sur les états financiers, le rapport
général du commissaire aux comptes du parti politique s'articulera de la façon suivante :

LE DESTINATAIRE DU RAPPORT :
Le premier responsable du parti politique, la commission constituée
conformément aux dispositions de l’article 26 du décret-loi n°
2011-87 du 24 septembre 2011 qui a été chargée de l’approbation
des comptes des partis politiques ainsi qu’au premier ministre.

RAPPORT SUR L’AUDIT DES ETATS FINANCIERS


Un paragraphe d’introduction qui doit identifier le parti politique
PREMIERE PARTIE dont les états financiers ont été soumis à audit en indiquant que ces
états financiers ont été audités. Ce paragraphe doit également
identifier l’intitulé de chacun des états compris dans le jeu complet
d’états financiers et spécifier la date et la période couverte par les
états financiers.
L’opinion
qui sera suivi par la mention « avec réserves » ; « défavorable » si
c’est le cas.

Page 120
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Fondement de l’opinion
Fondement de l’opinion avec réserve ou Fondement de
l’opinion défavorable. La justification de l’opinion avec réserves ou
du refus de certification relatant les faits qui font l’objet d’une
réserve ou d’un refus de certifier en incluant une description et une
quantification des incidences financières des anomalies relevées.
Incertitude significative liée à la continuité du parti
Question clés de l’audit
Observation
Autres points
Responsabilité de la direction et de la gouvernance pour les
états financiers
PREMIERE PARTIE La mention de l’organe responsable de l’établissement et la
présentation des états financiers du parti politique conformément au
référentiel comptable applicable.
Responsabilité de l’auditeur pour l’audit des états financiers
La référence aux normes professionnelles applicables en Tunisie en
précisant que ces normes requièrent des commissaires aux comptes
qu’ils se soumettent aux règles d’éthique et qu’ils planifient et
effectuent l’audit en vue d’obtenir une assurance raisonnable que
les états financiers ne comportent pas d’anomalies significatives et
en procédant à une description d’un audit des faits qui font l’objet
d’une réserve ou d’un refus de certifier.
RAPPORT SUR LES OBLIGATIONS LEGALES ET
REGLEMENTAIRE
Efficacité du système de contrôle interne.
Régularité des comptes du parti
DEUXIEME PARTIE Le cas échéant, la mention d’irrégularités relevées pouvant porter
notamment sur les sources de financement du parti politique et qui
n’affectent pas la certification des états financiers.
Autres obligations légales et réglementaires.

La date du rapport.

La signature, l’identification et l’adresse des commissaires aux


comptes.

Page 121
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

6.2.2 F ORMES DE CERTIFICATION

La première partie du rapport général exprime l'opinion des commissaires aux comptes sur les
comptes annuels qui peut être soit une certification sans réserves, soit une certification avec
réserves, soit un refus de certifier.

Certification sans réserves

Le commissaire aux comptes exprime une opinion sans réserve lorsque l’audit des comptes
qu’il a mis en œuvre lui a permis d’obtenir le degré d’assurance demandé, mais non absolue
du fait des limites de l’audit. Son avis comporte sa déclaration d’octroi d’un niveau
d’assurance raisonnable que les comptes, pris dans leur ensemble, ne comportent pas
d’anomalies significatives.

La formulation d'une certification sans réserves pourrait prendre la forme suivante :

Opinion :

« A notre avis, les états financiers du parti …, annexés au présent rapport, sont réguliers et
présentent sincèrement, dans tous leurs aspects significatifs, la situation financière du parti
au 31 décembre …, ainsi que sa performance financière et ses flux de trésorerie pour
l’exercice clos à cette date, conformément à la loi en vigueur relative au système comptable
des entreprises et à la norme comptable relative aux partis politiques »

Certification avec réserves

Dans le cadre de leur mission, les commissaires aux comptes peuvent être amenés à formuler
des réserves lors de l'établissement du rapport, dont l'incidence, bien que significative, sera
insuffisante pour rejeter l'ensemble des comptes annuels. Les réserves sont fondées sur les
notions de désaccord ou limitation.

Réserves pour désaccord

Selon la norme relative à la certification des états financiers des partis politiques, publiée par
l’OECT, les commissaires aux comptes devront mentionner à travers des données chiffrées,
les désaccords se rapportant :

Page 122
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- au caractère approprié des méthodes comptables retenues par la direction du parti


politique, notamment lorsque celles-ci ne sont pas cohérentes avec les dispositions
comptables applicables aux partis politiques ;

- à l'application des méthodes comptables retenues, notamment lorsque cette application


n’est pas permanente ou a donné lieu à une ou des erreurs se rapportant
essentiellement aux financements obtenus et aux dépenses engagées ;

- au caractère approprié ou pertinent des informations fournies dans les états financiers,
notamment lorsque ces derniers ne comportent pas toutes les informations requises par
les dispositions comptables applicables ou lorsque ces informations ne sont pas
présentées conformément aux dites dispositions.

- au non-respect des dispositions relatives au financement des partis politiques


contenues dans le décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011, dès lors que celui-ci a
une incidence significative sur les comptes.

Opinion avec réserve

« A notre avis, à l’exception de l’incidence du problème décrit dans la section « fondement de


l’opinion avec réserve » de notre rapport, les états financiers du parti …, annexés au présent
rapport, sont réguliers et présentent sincèrement, dans tous leurs aspects significatifs, la
situation financière du parti au 31 décembre …, ainsi que sa performance financière et ses
flux de trésorerie pour l’exercice clos à cette date, conformément au système comptable des
entreprises et de la norme comptable relative aux partis politiques ».

Réserves pour limitations

Les commissaires aux comptes doivent indiquer l'origine des limitations, en donner une
description sommaire mais chiffrée en précisant les montants dans les comptes annuels qui
pourraient être affectés par ces limitations. Les limitations peuvent résulter :

- de circonstances en dehors du contrôle du parti politique ;


- de circonstances liées à la nature ou au calendrier des travaux des commissaires aux
comptes ; ou
- de limitations imposées par la direction du parti politique.

Page 123
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Opinion avec réserve

« A notre avis, à l’exception de l’importance du question évoquée dans la section « fondement


de l’opinion avec réserve » de notre rapport, les états financiers du parti …, annexés au
présent rapport, sont réguliers et présentent sincèrement, dans tous leurs aspects significatifs,
la situation financière du parti au 31 décembre …, ainsi que sa performance financière et ses
flux de trésorerie pour l’exercice clos à cette date, conformément au système comptable des
entreprises et de la norme comptable relative aux partis politiques ».

Refus de Certification

Des manquements suffisamment graves conduisent les commissaires aux comptes à émettre
un rapport motivé concluant un refus de certification comme :

- La constatation d'erreurs, d'anomalies, d'irrégularités dans l'application des règles et


principes comptables ;
- L'impossibilité de mettre en œuvre les diligences estimées nécessaires ;
- les incertitudes affectant les comptes annuels d'une importance et rendent impossibles
toute opinion sur ces derniers.

Refus de certification en raison d’un désaccord

Opinion défavorable :

« A notre avis, en raison de l’importance du problème soulevé dans la section « fondement de


l’opinion défavorable » de notre rapport, les états financiers du parti …, annexés au présent
rapport, ne présentent pas sincèrement la situation financière du parti au 31 décembre …, ni
sa performance financière et de ses flux de trésorerie pour l’exercice clos à cette date,
conformément au système comptable des entreprises et de la norme comptable relative aux
partis politiques ».

Page 124
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Refus de certification en raison de limitations

Opinion défavorable :

« Nous avons reçu pour mission d’effectuer d’audit des états financiers du parti….qui
comprennent l’état de la situation au 31 décembre xx, l’état des produits et des charges et
l’état de flux de trésorerie pour l’exercice clos à cette date, ainsi que les notes aux états
financiers, y compris le résumé des principales méthodes comptables »

Nous n’exprimons aucune opinion sur les états financiers ci-joints du parti….

« En raison de l’importance du problème décrit dans la section «fondement de l’impossibilité


d’exprimer une opinion», de notre rapport, nous n’avons pas été en mesure d’obtenir des
éléments probants suffisants et appropriés pour fonder une opinion d’audit sur ces états
financiers »

6.2.4 L A REVELATION DES FAITS DELICTUEUX

L’article 270 du code des sociétés commerciales met à la charge du commissaire aux comptes
de révéler au procureur de la république les faits délictueux dont ils ont eu connaissance.
L'article 271 du code sanctionne le non révélation.

Le champ d'application des articles 270 et 271 du code des sociétés commerciales s'impose-t-
il aux partis politiques ?

La norme de l'ordre des experts comptables de Tunisie dispose que les commissaires aux
comptes communiquent aux organes dirigeants du parti politique les irrégularités et
inexactitudes, affectant ou non la certification des comptes, dont ils ont eu connaissance au
cours de leur mission. Ils attirent notamment leur attention sur la nature et la portée des
sanctions encourues et demandent, lorsque cela leur semble possible, la régularisation des
faits relevés.

Le décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011 est muet sur la question.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

SECTION 7 : CONTROLE QUALITE

7.1 O BJECTIFS ET COMPOSANTES DU SYSTEME DE CONTROLE QUALITE

Conformément à la norme internationale de contrôle qualité ISQC 167 le cabinet doit mettre
en place et maintenir un système de contrôle qualité.

L’objectif de l’auditeur est de mettre en œuvre, au niveau de la mission, les procédures de


contrôle qualité de nature à lui fournir l’assurance raisonnable que68 :

- l’audit est conforme aux normes professionnelles et aux exigences des textes légaux
et réglementaires applicables ;
- le rapport délivré par l’auditeur est approprié aux circonstances.

Le système de contrôle qualité devrait être conçu autour des procédures couvrant les
domaines suivants :

- Le rôle et les responsabilités de l’équipe à laquelle est assigné le système de contrôle


qualité ;
- Les règles de déontologie ;
- L’acceptation et le maintien d’une relation ;
- Les ressources humaines ;
- L’exécution de la mission ;
- La documentation ;
- Le suivi du système de contrôle qualité.

7.2 Q UALITE ET REVUE DU DOSSIER DANS LE CADRE L ’ EXECUTION DE L ’ AUDIT DU PARTI


POLITIQUE

A la fin de la mission, le commissaire aux comptes, doit s’assurer que les procédures de revue
indépendante des dossiers de travail ont été effectuées. Selon la norme ISA 220 cette revue
consiste à s’assurer que :

- Les travaux ont été accomplis par les membres de l’équipe intervenante conformément
aux normes professionnelles et aux exigences des textes réglementaires ;

67
ISQC, International Standards on Quality Control
68
Norme internationale d’audit 220 « contrôle qualité d’un audit d’états financiers »

Page 126
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

- Que l’équipe intervenante a respecté le programme de travail établi ;


- Les différences d’opinions ont été résolues ;
- Les questions importantes ont été relevées pour un examen plus approfondi ;
- Les travaux effectués permettent d’étayer les conclusions dégagées et sont consignés
dans la documentation de l’audit de façon appropriée ;
- Les éléments probants obtenus sont suffisants et appropriés pour étayer le rapport
d’audit ;
- Les objectifs visés par les procédures mises en œuvre au cours de la mission ont été
atteints.

Pour le besoin de la revue indépendante (cf. annexe 9), les documents suivants sont
généralement mis à la disposition du responsable chargé de la revue indépendante :

- La note de planification ;
- La note de synthèse et revue finale des comptes ;
- Le tableau des évaluations des inexactitudes ;
- Le questionnaire de fin de mission ;
- Le questionnaire des vérifications spécifiques ;
- Le questionnaire des évènements postérieurs à la clôture ;
- La lettre d’affirmation ;
- Les supports de réunion ;
- La lettre de mission ;
- Le projet du rapport d’audit.

La revue indépendante doit intervenir dès la clôture de la mission et avant la revue de projet
des états financiers. La revue du dossier doit être bien documentée à l’aide une check-list de
revue indépendante datée et signée par le responsable chargé de la revue indépendante affecté
au dossier. La lecture de cette check-list avant la signature du rapport d’audit est importante.

Page 127
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE

Dans la deuxième partie de cette étude, nous avons essayé de présenter des outils d’aide à
adopter pour permettre au professionnel de collecter des éléments probants suffisants et
adéquats afin de fonder son opinion. L’étendue des travaux du professionnel porte
essentiellement sur :

 La prise de connaissance et l’évaluation du système de contrôle interne au sein du


parti politique ;
 Des tests de procédures et de contrôles pour vérifier l’efficacité et l’efficience du
système de contrôle interne mis en place en vue d’adapter l’étendue des tests de détails
à mettre en œuvre ;
 Les tests de substance à exécuter par le commissaire aux comptes pour pouvoir fonder
son opinion sur les comptes du parti politique.

Au cours de cette partie, nous avons mis l’accent sur les spécificités (transparence financière
de la vie politique, environnement de la vie politique, restrictions légales liées au
financement, absence de norme comptable spécifique pour l’élaboration des états financiers
des partis politiques, le caractère évolutif des lois régissant le fonctionnement des partis
politiques, la distinction entre les comptes des campagnes électorales et les comptes propres à
l’activité du parti politique) que peuvent faire face le commissaire aux comptes lors de
l’exécution de son plan d’audit.

L’approche présentée dans cette partie ne constitue pas un programme de travail exhaustif
mais plutôt une contribution résultant d’une expérience professionnelle qui peut aider
l’expert-comptable dans la fixation de sa démarche d’audit, l’étendue de ses diligences qui lui
permet de fonder une opinion motivée sur les états financiers arrêtés par les organes dirigeants
des partis politiques.

Ainsi, il appartient au professionnel d’adapter sa démarche générale d’audit en fonction des


particularités du parti politique objet de son intervention et de son jugement professionnel sur
l’évaluation des risques d’anomalies significatives, des risques de fraudes et du risque de
financement occulte etc.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

CONCLUSION GENERALE

Page 129
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Le droit tunisien a longtemps négligé les mouvements politiques, et plus encore les règles de
leur financement. Le cadre juridique dans lequel les partis exercent leurs activités jusqu’à
2011 s’est caractérisé par ses insuffisances majeures. La législation de 2011 constitue une
évolution importante. La mise en place de contrôles a permis de freiner le recours aux
financements occultes, d’autant que les subventions de l’Etat ont permis aux partis d’avoir des
recettes substantielles pour leur budget et de respecter les principes de la démocratie
pluraliste.

Ce cadre législatif est articulé autour du contrôle des recettes et des dépenses, de la limitation
des sources de financement, de l’allocation de l’aide publique, de l’établissement et la
publication des états financiers et de la mise en place des mécanismes de contrôle.

En effet, le cadre légal applicable aux partis politiques les oblige à collecter leurs
financements à travers un mandataire financier, à tenir une comptabilité conforme au système
comptable des entreprises et à se doter d’une comptabilité séparée en ce qui concerne les
campagnes électorales. En sus, les fonds qu’ils collectent sont strictement réglementés
(interdictions de certains dons, limite de financement, ….).

Par ailleurs, nous avons essayé de parcourir les travaux de recherches effectués par le
ministère de finances et les professionnels afin de se rapprocher des règles comptables à
suivre par les partis politiques lors de l’établissement de leurs états financiers et ce en
l’absence d’une norme comptable spécifique traitant des différentes particularités régissant le
fonctionnement des comptes des partis politiques. A cet effet, le Conseil National de la
Comptabilité doit approuver le projet de la norme comptable « OSBL » selon les nouvelles
réglementations promulguées par le législateur Tunisien et ce afin de se doter d’un référentiel
comptable garantissant l’image fidèle de l’information financière conforme aux diverses
réglementation en la matière.

Cependant, la création d’une autorité administrative, « ISIE » dotée d’un pouvoir de contrôle
large constitue une étape importante. Celle-ci outre son rôle de contrôle, a assuré le rôle de
conseiller auprès des partis politiques. De même, le contrôle de la Cour de compte sur les
comptes propres du parti reste insuffisant, et la portée de ses d’investigations est limitée aux
campagnes électorales.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Bien que ce dispositif législatif constitue un progrès par rapport à celui de 1988, il demeure
caractérisé par des insuffisances et des ambiguïtés des textes législatives, par l’inefficacité du
contrôle exercé par l’Etat, et l’inexistence de sanctions objectives tenant compte de l’ampleur
et de la gravité de l’infraction.

Ainsi, les lacunes du cadre juridique actuel, soulèvent de nouvelles interrogations bien qu’il
favorise la moralisation et la transparence de la vie politique. Au vu des multiples
insuffisances de la législation actuelle, la réforme du dispositif actuel devrait être rapidement
entamée par le législateur.

En effet, comme exposé précédemment, le cadre légal actuel a mis à la charge des partis
politiques l’obligation de certification de leurs états financiers par un ou deux commissaires
aux comptes. L’intervention du professionnel commissaire aux comptes dans ce type de
mission, présentant des particularités quant à leur fonctionnement et leur environnement,
l’amène à mettre en œuvre une démarche d’audit spécifique.

En prenant en considération ces particularités, nous avons essayé de proposer aux


professionnels des outils d’aide à travers une analyse des principaux risques d’anomalies
significatives allant de l’acceptation de la mission à la revue indépendante.

Nous rappelons que l’identification des zones de risques significatifs, le volume des
diligences, la nature et la conception des tests à accomplir se basent sur le jugement
professionnel qui demeure une évaluation pouvant varier selon les spécificités de chaque
parti audité et d’un auditeur à un autre.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

ANNEXE : GUIDE METHODOLOGIQUE

Page 132
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Ce guide, réservé aux partis politiques, permet au commissaire aux comptes d’approfondir et

de formaliser sa connaissance des règles de fonctionnement et les procédures du parti et

élaborer l’orientation de ses travaux. Préparé de façon approfondie la première année de

mandat, il est mis à jour ultérieurement, lorsque des modifications significatives

interviennent. Ce guide doit être complété et modifié autant que le justifient les particularités

du parti audité. Ce guide regroupe des exemples de questionnaires et programmes de travail

qui peuvent être utilisés par le professionnel lors de son intervention au cours de l’audit des

comptes des partis politiques et qui se rattachant aux phases suivantes de sa démarche

d’audit :

 Acceptation de la mission ;

 Identification et évaluation des risques d’anomalies significatives suite à la prise de

connaissance du parti politique et évaluation de son système de contrôle interne ;

 Programmes d’audit des comptes (Tests substantifs) ;

 La réalisation des vérifications spécifiques ;

 La conclusion de la mission et l’élaboration de la note de synthèse ;

 Questionnaire de fin de mission adopté à l’audit d’un parti politique ;

 Modèle de lettre d’affirmation spécifique ;

 Modèles des rapports du commissaire aux comptes après présentation des différentes

opinions possibles ;

 Check liste de revue indépendante.

Page 133
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

ANNEXE 1

ACCEPTATION DE LA MISSION

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

1 - I DENTIFICATION DU PARTI POLITIQUE : ( FICHE SIGNALETIQUE )

La mise en œuvre de la procédure d'identification du client est une étape essentielle dans la phase
d’acceptation de la mission.

Nom du client : Référence du dossier :


Référence client : Exercice :
Collaborateur : Date :
Associé :
Identification du parti

Dénomination du parti :

Siège :

Téléphone :

Fax :

Adresse Mail :

Site Web :

Date de création :

Date de la publication de l'annonce au Journal Officiel de la République Tunisienne :

Fondateurs :

Dirigeants :

Mandateur financier :

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

2 – Q UALIFICATION DU P ROFIL DE RISQUE ET EVALUATION DE L ’ INTEGRITE DU CLIENT

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Profil de risque et évaluation de l’intégrité du client
Commentaire ou réf.
Questions en rapport avec l’organe de gestion Oui/Non
document de travail

Dispose-t-on d’informations nous laisse à croire que les


dirigeants du parti participent au blanchiment d’argent, au
financement du terrorisme, ou à d’autres activités
criminelles ?

Consulter les derniers rapports de la Cour des comptes.

Les derniers rapports de la Cour des comptes ont-ils relevé


que le parti est soupçonné d’avoir reçu des aides occultes
obtenues de manière frauduleuse ou des dons provenant de
l’étranger ?

Existe-t-il des sociétés, associations ou des structures ayant


une influence sur le fonctionnement du parti ?

Le parti a-t-il fait l’objet d’une affaire judiciaire pour


complicité de financement illégal de campagne électorale ?

Les dirigeants respectent-ils les textes légaux et


règlementaires ?

Existe-t-il une séparation entre le patrimoine personnel des


dirigeants et celui du parti ?

Existe-t-il des associations soupçonnées d'avoir des liens avec


le parti ?

La stratégie d’agenda des dirigeants du parti est-elle fixée en


fonction des recettes et des dépenses du parti ?

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3 – P RISE EN CONSIDERATION DU RISQUE DE FRAUDE

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Prise en considération du risque de fraude
Les facteurs de risque suivants relatifs aux anomalies pouvant Commentaire ou réf.
conduire à l’établissement d’états financiers frauduleux sont-ils Oui/Non
document de travail
d’application ?

L’absence d’un texte régissant la distinction entre les


dépenses afférentes à l’activité courante du parti et celles
afférentes aux campagnes électorales.

Insuffisance des ressources financières.

Non-respect de la réglementation sur le financement des partis


politiques.

Risque d’abus de confiance : existence des dépenses qui


n’entrent pas dans l’objet du parti.

Des mesures insuffisantes pour le contrôle des mouvements


financiers entre le parti et les structures régionales.

Existence d’emploi fictif.

Financement par le biais des associations satellites.

Séparation entre le patrimoine personnel des adhérents et celui


des partis.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Prise en considération du risque de fraude
Les facteurs de risques suivants sont-ils d’application, dans la mesure Commentaire ou réf.
où ils sont susceptibles de générer des anomalies découlant de Oui/Non
document de travail
détournement d’actifs ?

Forte implication des bénévoles dans la structure.

Mauvaise qualification du personnel chargé de la


comptabilité.

Absence d’un système de contrôle interne fiable.

Absence de Séparation des taches.

Insuffisance en termes de documentation des recettes et des


dépenses.

La dissimulation de dons notamment en espèces.

L'achat de biens et de services à des conditions anormales.

L'altération de la comptabilité ou de documents comptables


justifiant des paiements.

Enregistrement d'opérations sans fondement.

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4 – R ESPECT DES REGLES DEONTOLOGIQUES

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Respect des règles déontologiques
Commentaire ou réf.
Oui/Non
document de travail

1- Considérations déontologique
Vérification du respect des principes fondamentaux
d'éthique professionnelle par l'équipe d'audit en place ou
prévue (intégrité, objectivité, indépendance, secret
professionnel, respect des règles professionnelles).
Existence de relations familiales, personnelles ou
financières entre le cabinet, les associés, les
collaborateurs impliqués sur la mission et le parti.
Existence des prestations non directement liées à la
mission du commissaire aux comptes.).
Examen si nécessaire de la situation du Co-commissaire
au regard des prestations et de son indépendance.
2- Concertation du prédécesseur
La concertation du prédécesseur a-t-elle été effectuée ?
Si oui :
Quelle est la raison du changement ?
Le prédécesseur a-t-il des observations professionnelles
à formuler quant au transfert de ce mandat vers notre
cabinet ?
Les sommes dues au prédécesseur sont-ils réglées ?
Est-il demandé au prédécesseur l’accès aux dossiers de
travail ? Si oui, existe-t-il un mémo de réunion ?

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Respect des règles déontologiques
Commentaire ou réf.
Oui/Non
document de travail

3- Capacité du cabinet

Vérifier la capacité du cabinet à accomplir la


mission (le nombre de collaborateurs, nombre
d'heures nécessaire à l'accomplissement des
diligences...)

Vérifier si le cabinet dispose des connaissances


et ressources adéquates.

Vérifier que les collaborateurs qui seront


affectés à la mission disposent des
compétences et de l’expérience suffisante pour
cette mission.

Vérifier si la mission peut être réalisée dans le


délai exigé.

Fonction Nom Date Signature


Responsable du contrôle qualité
interne de la mission
Associé responsable de la mission

Décision Documenter la décision


Acceptation de la mission ........................................................................................

Refus de la mission ........................................................................................

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Procédures en cas d'acceptation de mission

S’assurer que les procédures du cabinet en matière d’acceptation ou de poursuite de mission

sont respectées :

Date Visa

 Lettre au prédécesseur l’interrogeant sur les modalités


de fin de sa mission et les éventuels obstacles rencontrés
à la correcte réalisation de sa mission.

 Lettre mission signée par le parti.

 Notification de mandat.

 Notification à l'Ordre des Experts Comptables.

 Déclaration d’indépendance : déclaration des membres


de l’équipe intervenante sur le respect des règles
déontologiques et notamment l’absence
d’incompatibilité.

 Prise de contact avec le co-commissaire aux comptes et


examen de sa situation au regard de son indépendance.

 Questionnaire d’acceptation d’un nouveau mandat.

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5– P LANIFICATION DE L ’ INTERVENTION

5.1- Contexte de la mission et équipe d’audit

Le décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011, portant organisation des partis politiques a


met l’obligation sur les partis politiques de nommer un ou deux commissaires aux comptes.
Notre mandat consiste à exprimer une opinion sur les états financiers arrêtés au xx/12/xxxx
conformément aux normes de révision et conformément aux normes comptables généralement
admises en Tunisie, promulguées par la loi 96-112 du 30 décembre 1996 relative au système
comptable des entreprises.

La mission se déroulera au …………..sur la période du xx/xx/xxxx au xx/xx/xxxx. L’équipe


d’audit s’est composé de :

Associé signataire : …………………….


Associé chargé de la revue indépendante :…………………….
Directeur de Mission Senior :…………………….
Chef de mission :…………………….
Assistant senior :…………………….

5.2- Organisation de la mission

 Le cabinet informe les responsables (les interlocuteurs clés) du parti de la date


d’intervention tout en leur rappelant des objectifs de la mission.
 L’équipe d’audit est amenée à préparer les dossiers de travail (dossier permanent, le
dossier de l’exercice et le dossier d’intervention intérimaire de contrôle interne…)
 Les tests effectués devraient être matérialisés dans les dossiers de travail.
 Ce guide fait partie intégrante du dossier de travail.

Liste des documents à obtenir :

 La balance générale, le grand livre et les pièces comptables


 Les relevés bancaires et les rapprochements bancaires.
 Le registre des adhésions.
 Le registre des délibérations des organes de direction du parti.
 Le registre d'aides, dons, donations et legs.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

ANNEXE 2

IDENTIFICATION ET EVALUATION DES RISQUES


D’ANOMALIES SIGNIFICATIVES SUITE A LA PRISE DE
CONNAISSANCE DU PARTI POLITIQUE ET EVALUATION
DE SON SYSTEME DE CONTROLE INTERNE

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1– L ISTE AIDE - MEMOIRE DE PRISE DE CONNAISSANCE .

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Liste aide-mémoire de prise de connaissance
Fait Fait Réf. feuille de
Par travail
Oui/Non

Identification et évaluation du risque d’anomalies significatives

 Prendre connaissance des structures composant le parti


politique.

 Définir la structure du parti politique, sa gouvernance et son


fonctionnement.

 Prendre connaissance des documents internes propres au parti


(statuts, règlement intérieur, manuels de procédures,
documentation informatique, rapports d’activité).

 Prendre connaissance des documents précisant les modalités


de mise en œuvre des dispositions légales applicables aux
partis politiques (norme comptable relative aux partis
politiques, décisions de la commission d’approbation des
comptes des partis politiques, rapports de la Cour des
comptes,…)

 Appréhender la conception et le fonctionnement des


procédures du contrôle interne mises en place par le parti
politique.

 Prendre connaissance des procédures en matière d’engagement


des dépenses, de leur comptabilisation et de paiement des
factures.

Page 144
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Liste aide-mémoire de prise de connaissance
Fait Fait Réf. feuille de
Par travail
Oui/Non

Identification et évaluation du risque d’anomalies significatives

 Prendre connaissance de l’existence de bénévoles et leur


participation aux activités du parti politique.

 Visite des locaux, inspection du matériel de bureau, du


matériel informatique, et des moyens de transport…, utilisés.

 Décrire la gouvernance et le mode de fonctionnement du parti


au niveau du siège ainsi qu’au niveau de ses structures.

 Prendre connaissance de l’existence et de l’organisation de


bénévolat et leur degré d’implication dans l’activité du parti
(nature de participation, taches, horaires de travail…)

 Décrire les procédures relatives à l’engagement des dépenses


(ordonnancement, prise en charge, comptabilisation,
paiement…)

 Prendre connaissance des procédures en matière de classement


et d’organisation des pièces comptables.

 Appréciation des procédures de contrôle interne en matière de


collecte des financements (délivrance des reçus, émission des
cartes d’adhésion, encaissement…)

 Appréciation des procédures en matière d’acceptation,


d’évaluation et de comptabilisation des dons en nature.

 S’assurer de l’existence que l’organisation comptable permet


de reconstituer, à tout moment, l’ensemble des flux résultants
de l’activité du parti.

Page 145
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Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Liste aide-mémoire de prise de connaissance
Fait Fait Réf. feuille de
Par travail
Oui/Non

Identification et évaluation du risque d’anomalies significatives

 Entretien avec le mandataire financier et apprécier la


procédure de collecte des recettes (unicité du compte
bancaire).

 S'informer sur la gouvernance et le fonctionnement du parti


politique (mise à jour de la fiche signalétique)

 Existence des procédures de contrôle interne et vérification de


leur efficacité (se procurer les procédures et faire des tests)

 Test de vérification de l'autorisation des dépenses

 Liste des salariés et leur fonction.

 organisation du bénévolat au sein du parti (estimation du


nombre, de leur fonction et audit sur d'éventuels
remboursements de frais).

 Procédures en matière de dépenses (engagement,


comptabilisation et paiement)

 Vérification de la réalité des prestations et des concours


financiers.

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2– G RILLE DE DEFINITION DES FONCTIONS .

GRILLE DE SEPARATION DE FONCTIONS TRESORERIE-RECETTE


PERSONNEL CONCERNE

comptable

Secrétaire
Trésorier
générale

Caissier
général
FONCTIONS
Tenue de la caisse
Détention des chèques reçus des adhérents
Détention des carnets de chèques
Préparation des chèques
Approbation des pièces justificatives
Signature des chèques
Annulation des pièces justificatives
Envoi des chèques
Tenue du journal de trésorerie
Liste des chèques reçus au courrier
Dépôts en banque de chèques ou espèces
Tenue des comptes fournisseurs
Réception des relevés bancaires
Préparation des rapprochements bancaires
Comparaison de la liste des chèques reçus au
courrier avec les bordereaux de remise en banque et
avec le journal de trésorerie
Accès à la comptabilité générale
Tenue du registre des adhésions
Tenue d’un registre d'aides, dons, donations et legs

Page 147
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3– A NALYSE MATRICIELLE DES RISQUES

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Prise de connaissance et analyse des risques généraux

Facteurs de risques Risques identifiés Appréciation du risque


Faible Moyen Elevé

 Degré d’implication de bénévolat dans l’activité


du parti.
L'organisation
générale du parti  Contournement des contrôles par le personnel
bénévoles

 Absence de la hiérarchie dans l’organisation.

 Paiement direct en espèce des services rendus


aux partis politiques sans supports justificatifs.

 Mise à disposition des partis politiques des actifs


appartenant à des adhérents ou à des tierces
personnes.

 Prise en charge par des adhérents ou par de


tierces personnes des services rendus aux partis
politiques.

Risques liés au  Financement par des personnes interposées.


financement des
partis politiques  Financement en espèce des campagnes
électorales par des adhérents ou par des tierces
personnes.

 Financement par le biais des associations


satellites.

 Financement étranger des campagnes électorales


par le transfert à des adhérents ou à des tierces
personnes des mandats minutes pour des sommes
récurrentes.

Page 148
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Prise de connaissance et analyse des risques généraux

Facteurs de risques Risques identifiés Appréciation du risque


Faible Moyen Elevé

 Des factures qui manquent d’authenticité.


Les fausses factures  Les factures ne comportent pas toutes les
mentions obligatoires prévues par la loi.

 Absence d’une procédure formelle en


matière de distinction entre les dépenses
électorales et les dépenses de
Risques liés la fonctionnement. (précision de leur date
distinction entre les d’engagement, leur autorisation, clé de
dépenses de la répartition...)
campagne électorale
et les dépenses du  Mobilisation des dépenses des campagnes
parti. électorales vers le parti politique.

 Existence des dépenses de communication


jugées trop élevées.

 Séparation entre le patrimoine personnel des


adhérents et celui des partis.
Risques liés à la
gouvernance des  Mise à disposition des partis politiques du
partis politiques personnel payé par des adhérents.

 Cumul des taches incompatibles.

 Détention, par les dirigeants du parti, des


participations dans des sociétés
Risques inhérents aux
commerciales.
parties liées

Page 149
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Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Analyse des risques par cycles significatifs

Cycle Risques identifiés Appréciation du risque


Faible Moyen Elevé

Produits

Les cotisations.

Les dons, subventions et autres aides.

Charges.

Dépenses de fonctionnement

Charge de personnel

Page 150
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Synthèse de l'évaluation des risques liés à la conception des systèmes
Enregistrem Evaluation
Réalité Imputatio
Caractère Exhaustivité Evaluation ent bonne de la
Domaine (F, M, n correcte
significatif (F, M, E) Correcte période (F, conception
E) (FI, NFI)
M, E) (FI, NFI)
Charges
Produits
Trésorerie
Créances et comptes
rattachés
Stocks de
fournitures et autres
approvisionnements
Immobilisations
Concours bancaires
et autres passifs
financiers
Autres passifs
courants
Fournisseurs et
comptes rattachés
Apports reportés
Emprunts
Apports affectés à
des immobilisations

Conclusion

Incidence sur le programme de contrôle de fonctionnement du système

Incidence sur le programme de contrôle des comptes :

Risque faible : F Risque Moyen : M Risque élevé : E Fiable : FI Non fiable : NFI

Page 151
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

3.1- Matrices risques inhérents / comptes significatifs :

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :

Risque inhérent

Cycle Assertions
Risque identifié Evaluation

Existence ……………………………. ………

Droit et obligation ……………………………. ………

……………………..
Exhaustivité ……………………………. ………

Evaluation ……………………………. ………

Imputation ……………………………. ………

Evaluation Risque faible : F Risque Moyen : M Risque élevé : E

Page 152
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

3.2- Matrices risques liés au contrôle / comptes significatifs

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :

Existence de
contrôle Risque de contrôle
Cycle Assertions interne

Oui Non Risque identifié Evaluation

Existence  ……………………………. ………

Droit et obligation  ……………………………. ………

………………
Exhaustivité  ……………………………. ………

Evaluation  ……………………………. ………

Imputation ……………………………. ………

Evaluation Risque faible : F Risque Moyen : M Risque élevé : E

Page 153
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

3.3- Analyse des risques liés comptes significatifs

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Incidence sur l’orientation des contrôles
Risque Nature
Compte Assertions RI Evaluation RLC Evaluation
d'audit des tests
Etendus/
Existence Procédures
analytique
Droit et Etendus
obligation
Exhaustivité Etendus
Evaluation Etendus
Imputation Etendus

Evaluation : Risque faible Risque Moyen Risque élevé

Risque d'audit : Maximum Minimum


Nature des tests : Etendus Détection

Nature des tests : procédures analytiques ou étendus (tests de détails).

Page 154
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ANNEXE 3

PROGRAMMES D’AUDIT DES COMPTES

(Tests de substance)

Page 155
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1- Contrôle sur les financements


Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :

Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures

Les financements

 Vérifier l’absence des financements par des personnes morales.


 Vérifier que le montant reçu d’un seul donateur ne dépasse pas
le plafond annuel.
 Passer en revue des relevés bancaires et s’enquêter sur l’origine
des fonds.
 Obtenir la liste des donateurs indiquant les cordonnées des
donateurs, le montant et le mode de paiement ainsi que la date
de paiement et recouper ces données avec la comptabilité.
 Prendre un échantillon des dons accordés inhabituellement
élevés par rapport aux exercices antérieurs et s’interroger sur
l’identité et l’origine du donateur.
 Passer en revue des relevés bancaires et s’enquêter sur l’origine
des suspens comptables.
 S’assurer de l'existence de procédures de rapprochement
régulier entre la liste des adhérents du parti et les encaissements
de cotisations.
 S’assurer de l'existence de procédures d'émission des cartes
d’adhérent selon une séquence numérique continue et contrôlée.
 S’assurer de l'existence systématique d'une procédure
d’acceptation des dons et subventions et d'émission de reçus
et/ou de coupons selon une séquence numérique continue et
contrôlée et une délégation de signature appropriée.
 S’assurer de l’existence d’une séparation de tâches entre les
fonctions d'émission des reçus et d'encaissement des dons.
 S’assurer de l’existence d’une procédure d'examen systématique
des documents à l'appui des dons, et subventions par des
personnes habilitées, pour assurer le respect des obligations
imposées par les donateurs.
 Contrôle sur les avantages directs ou indirects consentis par des
personnes morales.
 S’assurer que le montant annuel des dons, donations et legs des
personnes physiques ne dépasse pas soixante mille (60.000)
dinars par donateur.
 Vérifier que le montant annuel de cotisation ne dépasse pas
mille deux cents (1.200) Dinars par cotisant.

Page 156
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Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :

Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures

Les financements

 Contrôler par sondage le respect de la règle interdisant les


cotisations en espèces supérieures à 240 dinars. Pour cela, les
questions suivantes doivent être analysées :
- Y a-t-il des cotisations faites en espèces dans journal de
caisse ? SI oui des sommes reçus en espèce sont-elles
supérieures à 240 dinars.
- A partir de la base de données, est ce que des montants
supérieurs à 240 dinars apparaissent ? sont-ils concordants
avec les montants trouvés dans le journal de caisse ?

 Procéder à un recoupement entre les membres du personnel


présent physiquement au sein des différents organes du parti et
les dossiers des salariés afin de constater, si éventuellement, des
permanents du parti ne seraient pas absents des journaux de
paie.
 S'assurer que les matériels d'une certaine importance et qui
existent physiquement, ont bien fait l'objet d'une facture.
 S’assurer que les prestations rendues par les personnes morales
ont été facturé à leur valeur marchande.

Conclusion de la section

Page 157
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2- Contrôle des recettes


Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :

Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures

Contrôle des recettes

 Mettre en œuvre les procédures analytiques à travers l’examen


des variations (dans le temps et par rapport au budget).
 Vérifier la pertinence des procédures et tester son application.
 Vérifier la correcte application des procédures préalablement
validées.
 Procéder au rapprochement des dons et des cotisations
enregistrées sur le registre avec la comptabilité.
 Valider la correcte imputation comptable des dons.
 Obtenir les photocopies des reçus de don délivrées aux
donateurs au titre des contributions et les rapprocher avec le
carnet de reçu don.
 Obtenir la liste des donateurs indiquant les cordonnées des
donateurs, le montant et le mode de paiement ainsi que la date
de paiement et recouper ces données avec la comptabilité.
 Vérifier la séquence numérique des reçus des dons.
 Vérifier la valorisation des dons en nature.
 S’assurer qu'aucune personne morale n'a fait un don au parti.
Dans ce cas, il est nécessaire de s'attacher aux vérifications des
points suivants :
- à partir d'un contrôle par sondage des copies de
chèques de dons, y a-t-il des anomalies constatées ?
- y a-t-il une double vérification de la provenance des
chèques de dons au sein du parti politique ?
 S’assurer de l’existence des procédures de paiement par carte
bancaire.
 Vérifier la cohérence entre les cartes d’adhésion émises et la
contrepartie en comptabilité.
 S’assurer que les tarifs de cotisations fixées par le parti sont
correctement appliqués.
 S'assurer de l’existence d’une note aux états financiers détaillant
l’ensemble des dons et legs en nature ainsi que de leur
exhaustivité.
 S’assurer de la juste estimation de la juste valeur des aides et
dons sous forme de biens et de services et vérifier que
l’estimation de leur valeur par le parti a été effectuée par
référence au prix de marché.

Page 158
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Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :

Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures

Contrôle des recettes

 Apprécier le caractère raisonnable des estimations comptables


appliquées par le parti et vérifier la réalité des hypothèses
retenues.
 Demander les time-sheet des bénévoles et vérifier la correcte
application du tarif horaire lors de l’estimation de cette mise à
disposition.
 Faire le recoupement entre les time-sheet des bénévoles et les
frais de déplacement et de restauration enregistrés dans les
livres du parti.
 Analyser les résultats des inventaires physiques effectués par le
parti politique et identifier les biens mis à disposition
gratuitement et faire le recoupement nécessaire avec la note
dédiée aux états financiers.
 S’assurer que les amortissements des actifs octroyés
gratuitement sont portés en résultat selon la valorisation adoptée
par le parti.

Conclusion de la section

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4- Contrôle des dépenses

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures
Contrôle des dépenses

 Procéder à l’envoi des demandes de confirmation externe (ISA


550).
 Mettre en œuvre les procédures analytiques à travers l’examen
des variations (dans le temps et par rapport au budget) pour
s’assurer de la cohérence entre l’évolution des dépenses et
l’activité du parti.
 Enquêter sur les variations inattendues ou l’absence des
variations attendues.
 S’assurer que les dépenses sont en conformité avec l’activité du
parti.
 S’assurer que l’engagement des dépenses reste dans le cadre de
la loi (Absence d’avantages accordés aux citoyens).
 Accorder une attention particulière à certains comptes (dépenses
de communication, impression, téléphones…) notamment
pendant les campagnes électorales pour s’assurer que les
charges n’ont pas été engagées afin de soulager les budgets
propres des candidats.
 Vérifier les taux de facturation des prestations (risque de
financement en espèces)
 Prélever un échantillon des factures couvrant au moins 80% des
dépenses et vérifier :
- Elles sont datées, libellées au nom du parti et comportent
toutes les mentions obligatoires prévues par la loi.
- Vérifier l’exactitude des documents justificatifs et que les
dépenses font l’objet d’une documentation appropriée
(devis, bons de commande, bons de livraison, photocopie
des pièces de règlements…)
- Que les pièces justificatives sont exhaustives complètes
prouvant la réalité des dépenses.
- L’existence des originaux des factures.

 S’assurer de l’existence de l’autorisation requise des dépenses.


 Procéder au recoupement des charges de loyer et des honoraires
avec les contrats correspondants.

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Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures
Contrôle des dépenses

 Procéder au rapprochement entre les tarifs des prestations de


services par catégorie afin d’identifier les risques des charges
occultes ou des remises inhabituels ;
 Revue analytique des taux de charges de personnel (Charges
sociales/salaires bruts).
 Vérifier que les dépenses sont en liaison avec l’activité du parti
et ne dissimulent pas des avantages accordés aux citoyens.
 S’assurer que les dépenses correspondent à un service fait. (les
dépenses doivent être appuyées par des documents internes
signés par un responsable du parti à titre d’attestation du service
fait).
 S’assurer que les dépenses ne dissimulent pas des avantages
accordés aux citoyens.
 Sélectionner les factures relatives à des dépenses engagées
pendant la campagne électorale (notamment les dépenses de
publicité et de communication) et s’assurer qu’il s’agit des
dépenses de fonctionnement.
 S’assurer que les prestations sont rendues à leur valeur
marchande.
 Vérifier l’évaluation et la comptabilisation des concours en
nature et s’assurer s’il existe une attestation de la personne à
l’origine de ces dépenses.
 S’assurer de l’absence des dépenses engagées par des personnes
morales publiques ou privées. (gratuité, prestations avec des
prix ou des remises non habituellement pratiqués…)
 Accorder une attention particulière aux dépenses réglées
directement par des tiers.
 S’assurer de l’existence d’un état détaillé des montants versés
aux structures locales.
 S'assurer que les dépenses dont le montant dépasse 500 dinars
sont effectuées par des virements ou des chèques bancaires ou
postaux.
 Vérifier que les éléments significatifs font l’objet d’une note
aux états financiers.
 Valider le correct rattachement des charges. (charges constatées
d’avance et les factures non parvenues).
 Vérifier la correcte imputation comptable.

Page 161
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :
Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures
Contrôle des dépenses

 Sélectionner les factures relatives à des dépenses engagées


pendant la campagne électorale (notamment les dépenses de
publicité et de communication) et s’assurer qu’elles ont fait
l’objet de traitement comptable approprié.
 S’assurer de l’absence des dépenses engagées par des personnes
morales publiques ou privées. (gratuités, prestations avec des
prix ou des remises non habituellement pratiqués…).
 Vérifier la correcte application des dispositions fiscales lors des
règlements des prestataires de services.

Conclusion de la section

Page 162
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

4- Contrôle des charges de personnel


Nom du client : Référence du dossier :

Collaborateur : Exercice :
Référence client :
Associé : Date :

Fait Nombre
Programme de travail Réf
Par d’heures

Charges de personnel

 Rapprochement des journaux de paie avec la comptabilité.


 Revue analytique des taux de charges de personnel.
(charges sociales/salaires bruts).
 Rapprochement des mouvements crédits des comptes
« personnel rémunérations dues » avec les salaires nets sur les
journaux de paie.
 S’assurer du respect de la réglementation en vigueur en matière
:
- des retenues sociales ;
- d’impôts sur les revenus des personnes physiques ;
- Autres impôts et taxes.

 S’assurer de paiement des charges et des retenues sociales et


fiscales sur salaires.
 Vérifier la cohérence de la masse salariale figurant au niveau
des comptes et le nombre des intervenants au sein du parti.

Conclusion de la section

Page 163
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

ANNEXE 4

L’ACCOMPLISSEMENT DE VERIFICATIONS
SPECIFIQUES

Page 164
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Fait Nombre
Questionnaire de vérifications spécifiques REF
par d’heures

 Vérifier que les fondateurs et les dirigeants du parti politique


possèdent la nationalité tunisienne et jouir entièrement de
leurs droits civils et politiques.
 Vérifier les mandats des membres de la direction et les
conditions de leur nomination.
 S'assurer que les statuts du parti déterminent ses modes de
gestion en se basant sur les règles de démocratie et du
respect des lois et réglementations régissant la création,
l’organisation et le fonctionnement des partis politiques ;
 S'assurer que le parti tient les registres obligatoires à savoir :
- Le registre des adhésions, le registre des délibérations
des organes de direction du parti.
- Le registre d'aides, dons, donations et legs.
 Vérifier le respect de la réglementation liée au financement
des partis politiques.
 Vérifier la tenue à jour registre des délibérations des organes
de direction.
 S'assurer que les adhérents au parti politique possèdent la
nationalité tunisienne et avoir seize (16) ans au minimum.
 S'assurer, éventuellement, que les modifications apportées
aux statuts ont été communiquées au Premier ministre et ce,
dans un délai maximum d'un mois à compter de la date de
prise de la décision de modification.
 S'assurer de la sincérité et la concordance avec les comptes
annuels des informations données dans les différents
documents destinés aux membres du parti.
 Vérifier la cohérence de la rémunération du personnel avec
le poste occupé afin de déceler éventuellement le cas d'une
rémunération dérisoire financée par des personnes morales
ou par autrui ou d’une rémunération sans contrepartie.
 Examiner les mises à disposition gracieuse (des moyens
humains et/ou matériels) et vérifier leur correcte valorisation
par les partis politiques.

Page 165
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

ANNEXE 5

LA CONCLUSION DE LA MISSION ET
L’ELABORATION DE LA NOTE DE SYNTHESE

Page 166
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Procéder à la synthèse des conclusions et constat des travaux du commissaire aux comptes,
suite aux conclusions obtenues par la mise en œuvre des contrôles de substance et des tests
des procédures. Cette étape est nécessaire à la formulation de l’opinion. La note de synthèse
peut être structurée de la manière suivante :

 Synthétiser le plan de mission.


 Reprendre les conclusions sur les contrôles effectués.
 Les anomalies relevées lors du contrôle des comptes.
 Joindre les états financiers du parti politique.
 Reprendre les conclusions de chacun des cycles.
 Vérification des diligences spécifiques.
 Prise de connaissance du parti et de son contrôle interne (anomalies relevées lors de
l’examen du système de contrôle interne).
 Prise en compte de la possibilité de fraude.
 Revue des recettes et des dépenses.
 Vérification des avantages directs et indirects consentis par des personnes morales.
 Vérification sur les opérations ou événements non récurrents.
 Indiquer si la lettre d'affirmation est obtenue ou non.
 Conclusion.
 Avis de l’équipe intervenante.

Page 167
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

ANNEXE 6

QUESTIONNAIRE DE FIN DE LA MISSION


ADOPTE A L’AUDIT D’UN PARTI POLITIQUE

Page 168
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Phase Questionnaire de fin de mission Fait Oui/


N/A
par Non

La prise de connaissance générale du parti a-t-elle été


effectuée ? (fiche signalétique)
PERTINENCE DE LA DOCUMENTATION DE L'AUDIT

Des procédures analytiques sont-elles été mises en œuvre ?

Un seuil de signification a-t-il été fixé ?

Les textes légaux et réglementaires ont-ils été pris en


compte dans la planification ?

L'approche d'audit est-elle en accord avec les zones de


risques déterminées ?

Prend-elle également en considération l’évaluation


prévisible du risque inhérent et du risque lié au contrôle ?

L’évaluation du risque inhérent a-t-elle été prise en


considération dans l’approche d’audit ?

Un programme de travail a-t-il été établi en liaison avec le


plan de mission ?

Au cours de la mission des modifications ont-elles dû être


apportées au plan de mission et au programme de travail ?

Le travail de vérification a été effectué conformément au


programme d’audit.

Les procédures planifiées ont été correctement effectuées ?

Page 169
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Phase Questionnaire de fin de mission Fait Oui/


N/A
par Non

Les travaux effectués et les résultats des tests sont


correctement documentés.

Les conclusions sont appropriées, bien documentées et


supportées de façon adéquate dans les feuilles de travail.

Vérifier que nos dossiers de travail comprennent toutes les


PERTINENCE DE LA DOCUMENTATION DE L'AUDIT

informations relatives à la planification de l'audit, à la


nature, au calendrier et à l'étendue des procédures d'audit
effectuées.

Reconsidérer notre compréhension générale :

- du cadre juridique et réglementaire du parti.


- de la façon dont le parti se conforme à ce
cadre.

Vérifier que les papiers de travail contiennent toutes les


conclusions nécessaires pour fonder l’opinion et sont
préparés de manière à tout autre auditeur n'ayant pas
participé à la mission d'être en mesure de comprendre :

- La nature, le calendrier et l'étendue des


procédures d'audit effectuées dans le respect
des textes légaux et réglementaires et
conformément aux normes d'exercice
professionnel.
- Les résultats de ces procédures et les
éléments collectés.
- Les problématiques concernant les éléments
significatifs des comptes qui ont été relevées.

Vérifier que nos papiers de travail contiennent :

- Les caractéristiques qui permettent


d'identifier les éléments qu'il a testé afin de
préciser l'étendue des procédures mises en
œuvre.
- Les échanges avec la direction du parti au
titre des éléments significatifs des comptes.

Tous les changements dans les procédures prévues sont


bien reflétés dans les programmes de travail.

Page 170
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Fait Oui/
Phase Questionnaire de fin de mission N/A
par Non

Une note définissant l'orientation de la mission a-t-elle été


établie ?

Les procédures effectuées sont suffisantes au regard des


résultats des tests et de toute modification des conditions de
la mission intervenue depuis que ces procédures ont été
planifiées.

Des questions d’audit importantes ont été soulevées en vue


d’un examen plus approfondie.
FINALISATION DU DOSSIER

Les conclusions sont conformes aux résultats du travail


effectué.

Le programme de revue des événements postérieurs est-il


complété.

Assurez-vous que les points suivants ont été discutés avec


les organes dirigeants du parti :

- Tous les ajustements résultant de fraude ou


d'erreurs en fonction de leur nature et de leur
importance.
- Faits relevés ayant pour conséquence
l'inexactitude des états financiers.
- Cas de non-conformité avec la
réglementation et la portée des sanctions
encourues.

Est-il demandé, lorsque cela leur semble possible, la


régularisation des faits relevés.

Le programme des vérifications spécifiques.

Page 171
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Fait Oui/
Phase Questionnaire de fin de mission N/A
par Non

S'assurer, lors de la rédaction de la note de synthèse, que


tous les points importants en matière de risques de
financement, de comptabilité, d'audit et de rapport relatifs
FINALISATION DU DOSSIER

aux domaines importants sont traités de façon appropriée.

Vérifier la concordance des états financiers (y compris les


informations dans l'annexe) avec la balance générale
définitive. Les états financiers sont correctement totalisés et
sont complets.

Que tous les montants significatifs des états financiers ont


été couverts par des procédures d'audit appropriées.

La lettre d'affirmation du client ; cette lettre est complète et


explicite et couvre notamment les points spécifiques pour
lesquels une confirmation écrite du client a été jugée
nécessaire.

Vérifier que le rapport d’audit est cohérent avec la note de


synthèse.

S’assurer que la balance auditée, après ajustements, de


FINANCIERS
REVUE DES

l’exercice considéré, cadre avec les états financiers.


ETATS

Effectuer et matérialiser le contrôle arithmétique des états


financiers (bilan, compte de résultat, annexes).

Page 172
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

ANNEXE 7

MODELE D’UNE LETTRE D’AFFIRMATION


SPECIFIQUE

Page 173
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Tunis, le 22 Septembre 2017

LETTRE D'AFFIRMATION

A l'attention de Mr................................. ou la …

Le commissaire aux comptes

Monsieur,

Cette lettre vous est adressée dans le cadre de vos contrôles relatifs à l’audit des états
financiers du parti « XYZ » arrêtés au 31 décembre N et faisant apparaître à cette date un total
des Passifs et Actifs Nets de xxx xxx DT y compris un excédent (déficit) des produits sur les
charges de l’exercice de xxx xxx DT et en application de vos normes et pratiques
professionnelles.

En tant que responsables de l’établissement des états financiers, de la conception et de la mise


en œuvre des systèmes comptables et de contrôle interne, destinés à prévenir et détecter les
erreurs et les fraudes, nous vous confirmons ci-après, en toute bonne foi et au mieux de notre
connaissance, les informations et affirmations qui vous ont été fournies dans le cadre de votre
mission.

Page 174
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

1. Les états financiers ont été établis de manière régulière et sincère, conformément au
système comptable des entreprises et la norme comptable relative aux partis politiques.

2. Nous avons mis à votre disposition :

 Les livres comptables et les registres exigés par les articles 23 et 24 du décret-loi
n° 2011-87 du 24 septembre 2011 ainsi que la documentation y afférente

 Tous les contrats ayant ou pouvant avoir une incidence significative sur les
comptes, ont été mis à la disposition du commissaire aux comptes.

3. Nous avons respecté toutes les dispositions légales relatives au financement des partis
politiques édictées par les articles 17, 19, 20 et 21 du décret-loi n° 2011-87 du 24
septembre 2011.

4. Tous les donateurs ont fait des dons en leur nom propre et non en tant qu’intermédiaires
d’autres personnes ou organismes.

5. Le non octroi d’avantages financiers ou en nature aux citoyens.

6. Nous n’avons pas reçu des aides ou dons provenant de l’étranger.

7. L’absence de fourniture de biens ou de services ou autres avantages directs ou indirects


consentis par des personnes morales à des prix inférieurs à ceux habituellement
pratiqués.

8. L’absence des prestations à un prix inférieur à celui pratiqué sur le marché.

9. Nous avons communiqué le nombre de bénévoles et la nature de leur participation aux


activités du mouvement politique.

10. Communication de tous les faits importants ayant trait à des fraudes avérées ou
suspectées dont nous avons connaissance et qui peuvent avoir eu une incidence sur les
états financiers, de même que les résultats de notre évaluation des anomalies
significatives résultant de fraudes.

Page 175
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

11. Absence d'irrégularité ou malversation commise au sein du parti par un membre de


direction et pouvant avoir une incidence significative sur la sécurité de contrôle interne
ou sur la présentation des comptes.

12. A ce jour, nous n’avons connaissance d’aucun événement survenu depuis la date de
clôture de l’exercice et qui nécessiterait un ajustement des états financiers ou une
mention dans les notes aux états financiers.

13. Le parti est effectivement propriétaire de tous les actifs qui figurent au bilan. Tous les
actifs, et en particulier tous les comptes de caisse et banques, sont inclus dans les états
financiers. Les hypothèques, nantissements, gages ou toute autre sûreté sur des actifs du
parti sont explicitement indiqués dans les états financiers.

14. Nous n’avons connaissance d’aucun passif éventuel. Tous les passifs dont nous avons
connaissance sont inclus dans les états financiers.

15. Nous n’avons connaissance d’aucun procès encours, poursuite judiciaire ou affaire
contentieuse dont pourrait résulter des pertes latentes.

16. Nous n’avons pas connaissance d’insuffisances significatives de contrôle interne, de


faiblesses ou de déficiences majeures.

17. Nous n'avons ni projet, ni plan de restructuration ou de réorganisation de nature à


affecter sensiblement la valeur comptable ou le classement des actifs et passifs ou
nécessitant une information dans les notes aux états financiers.

Le premier responsable du parti Le mandataire financier

Page 176
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

ANNEXE 8

MODELE DU RAPPORT DU COMMISSAIRE


AUX COMPTES

CERTIFICATION SANS RESERVES

Page 177
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

A Messieurs les membres …………..

Rapport sur l’audit des états financiers

Opinion

En exécution de la mission de commissariat aux comptes qui nous a été confiée par
l’Assemblée Générale du parti …, nous avons l'honneur de vous présenter notre rapport sur le
contrôle des états financiers du dit parti arrêtés au 31 décembre …, tels qu’annexés aux pages
… à … du présent rapport, ainsi que sur les autres obligations légales ou réglementaires
prévues par la loi et les normes professionnelles.

A notre avis, les états financiers du parti …, annexés au présent rapport, sont réguliers et
présentent sincèrement, dans tous leurs aspects significatifs, la situation financière du parti au
31 décembre …, ainsi que sa performance financière et ses flux de trésorerie pour l’exercice
clos à cette date, conformément au système comptable des entreprises et de la norme
comptable relative aux partis politiques.

Fondement de l’opinion

Nous avons effectué notre audit selon les normes d’audit applicables en Tunisie. Les
responsabilités qui nous incombent en vertu de ces normes sont plus amplement décrites dans
la section «Responsabilités de l’auditeur pour l’audit des états financiers» du présent rapport.
Nous sommes indépendants de la société conformément aux règles de déontologie qui
s’appliquent à l’audit des états financiers en Tunisie, et nous nous sommes acquittés des
autres responsabilités déontologiques qui nous incombent selon ces règles.

Nous estimons que les éléments probants que nous avons obtenus sont suffisants et appropriés
pour fonder notre opinion d’audit.

Responsabilité de l’organe dirigeant et des responsables de la gouvernance pour les états


financiers :

L’organe dirigeant est responsable de l’établissement et la présentation sincère de ces états


financiers, conformément au système comptable des entreprises et à la norme comptable
relative aux partis politiques. Cette responsabilité comprend la conception, la mise en place et

Page 178
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

le suivi d’un contrôle interne relatif à l’établissement et la présentation sincère d’états


financiers ne comportant pas d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou
d’erreurs, ainsi que la détermination d’estimations comptables raisonnables au regard des
circonstances.

Il incombe à l’organe dirigeant de surveiller le processus d’information financière du parti.

Responsabilité de l’auditeur pour l’audit des états financiers

Nos objectifs sont d’obtenir l’assurance raisonnable que les états financiers pris dans leur
ensemble sont exempts d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou
d’erreurs, et de délivrer un rapport de l’auditeur contenant notre opinion. L’assurance
raisonnable correspond à un niveau élevé d’assurance, qui ne garantit toutefois pas qu’un
audit réalisé conformément aux normes de la profession applicables en Tunisie, permettra
toujours de détecter toute anomalie significative qui pourrait exister. Les anomalies peuvent
résulter de fraudes ou d’erreurs et elles sont considérées comme significatives lorsqu’il est
raisonnable de s’attendre à ce que, individuellement ou collectivement, elles puissent influer
sur les décisions économiques que les utilisateurs des états financiers prennent en se fondant
sur ceux-ci. Une description plus détaillée des responsabilités de l’auditeur pour l’audit des
états financiers se trouve sur le site Web de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie, à
www.oect.org.tn. Cette description fait partie du présent rapport de l’auditeur.

Rapport relatif aux obligations légales et réglementaires

Dans le cadre de notre mission de commissariat aux comptes, nous avons également procédé
aux vérifications spécifiques prévues par les normes publiées par l’ordre des experts
comptables de Tunisie et par les textes règlementaires en vigueur en la matière.

Efficacité du système de contrôle interne

Nous avons procédé aux vérifications périodiques portant sur l’efficacité du système de
contrôle interne du parti. A ce sujet, nous vous rappelons que la responsabilité de la
conception et de la mise en place d’un système de contrôle interne ainsi que la surveillance
périodique de son efficacité et de son efficience incombe à l’organe dirigeant du parti.

Page 179
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

[Sur la base de notre examen, nous n’avons pas identifié des déficiences importantes du
contrôle interne. Un rapport traitant des faiblesses et des insuffisances identifiées au cours de
notre audit a été remis à l’organe dirigeant du parti.]

[Comme il est décrit ci-après, nous avons conclu à l’existence des déficiences importantes du
contrôle interne.

Décrire les déficiences importantes identifiées

Un rapport traitant des faiblesses et des insuffisances identifiées au cours de notre audit a été
remis à l’organe dirigeant du parti.]

Autres obligations légales ou réglementaires

Sans remettre en cause l'opinion formulée ci-dessus, nous vous signalons les irrégularités
et/ou inexactitudes suivantes, relevées au cours de notre mission : (exposé des irrégularités
et/ou inexactitudes relevées d’ordre juridique et principalement celles liées aux sources de
financement)

Tunis le,...

Le commissaire aux comptes

Page 180
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

MODELE DU RAPPORT DU COMMISSAIRE


AUX COMPTES

CERTIFICATION AVEC RESERVES

Page 181
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

A Messieurs les membres...

Rapport sur l’audit des états financiers

Opinion avec réserve

En exécution de la mission de commissariat aux comptes qui nous a été confiée par
l’Assemblée Générale du parti …, nous avons l'honneur de vous présenter notre rapport sur le
contrôle des états financiers du dit parti arrêtés au 31 décembre …, tels qu’annexés aux pages
… à … du présent rapport, ainsi que sur les autres obligations légales ou réglementaires
prévues par la loi et les normes professionnelles.

A notre avis, à l’exception de l’incidence du problème décrit dans la section « fondement de


l’opinion avec réserve » de notre rapport, les états financiers du parti …, annexés au présent
rapport, sont réguliers et présentent sincèrement, dans tous leurs aspects significatifs, la
situation financière du parti au 31 décembre …, ainsi que sa performance financière et ses
flux de trésorerie pour l’exercice clos à cette date, conformément au système comptable des
entreprises et de la norme comptable relative aux partis politiques.

Fondement de l’opinion avec réserves

Nous avons effectué notre audit selon les normes d’audit applicables en Tunisie. Les
responsabilités qui nous incombent en vertu de ces normes sont plus amplement décrites dans
la section «Responsabilités de l’auditeur pour l’audit des états financiers» du présent rapport.
Nous sommes indépendants de la société conformément aux règles de déontologie qui
s’appliquent à l’audit des états financiers en Tunisie, et nous nous sommes acquittés des
autres responsabilités déontologiques qui nous incombent selon ces règles.

[Description des raisons de la réserve]

Observations

Nous attirons l’attention sur la note X aux états financiers qui décrit (exposé de la question
concernée). Notre opinion ne comporte pas de réserve concernant cette question.

Page 182
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Responsabilité de l’organe dirigeant et des responsables de la gouvernance pour les états


financiers :

L’organe dirigeant est responsable de l’établissement et la présentation sincère de ces états


financiers, conformément au système comptable des entreprises et à la norme comptable
relative aux partis politiques. Cette responsabilité comprend la conception, la mise en place et
le suivi d’un contrôle interne relatif à l’établissement et la présentation sincère d’états
financiers ne comportant pas d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou
d’erreurs, ainsi que la détermination d’estimations comptables raisonnables au regard des
circonstances.

Il incombe à l’organe dirigeant de surveiller le processus d’information financière du parti.

Responsabilité de l’auditeur pour l’audit des états financiers

Nos objectifs sont d’obtenir l’assurance raisonnable que les états financiers pris dans leur
ensemble sont exempts d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou
d’erreurs, et de délivrer un rapport de l’auditeur contenant notre opinion. L’assurance
raisonnable correspond à un niveau élevé d’assurance, qui ne garantit toutefois pas qu’un
audit réalisé conformément aux normes de la profession applicables en Tunisie, permettra
toujours de détecter toute anomalie significative qui pourrait exister. Les anomalies peuvent
résulter de fraudes ou d’erreurs et elles sont considérées comme significatives lorsqu’il est
raisonnable de s’attendre à ce que, individuellement ou collectivement, elles puissent influer
sur les décisions économiques que les utilisateurs des états financiers prennent en se fondant
sur ceux-ci. Une description plus détaillée des responsabilités de l’auditeur pour l’audit des
états financiers se trouve sur le site Web de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie, à
www.oect.org.tn. Cette description fait partie du présent rapport de l’auditeur.

Rapport relatif aux obligations légales et réglementaires

Sans remettre en cause l'opinion formulée ci-dessus, nous vous signalons les irrégularités
et/ou inexactitudes suivantes, relevées au cours de notre mission : (exposé des irrégularités
et/ou inexactitudes relevées)

Tunis le,...

Le commissaire aux comptes

Page 183
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

MODELE DU RAPPORT DU COMMISSAIRE


AUX COMPTES

OPINION DEFAVORABLE

Page 184
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

A Messieurs les membres...

Rapport sur l’audit des états financiers

Opinion défavorable

En exécution de la mission de commissariat aux comptes qui nous a été confiée par
l’Assemblée Générale du parti …, nous avons l'honneur de vous présenter notre rapport sur le
contrôle des états financiers du dit parti arrêtés au 31 décembre …, tels qu’annexés aux pages
… à … du présent rapport, ainsi que sur les autres obligations légales ou réglementaires
prévues par la loi et les normes professionnelles.

A notre avis, en raison de l’importance du problème soulevé dans la section « fondement de


l’opinion défavorable » de notre rapport, les états financiers du parti …, annexés au présent
rapport, ne présentent pas sincèrement la situation financière du parti au 31 décembre …, ni sa
performance financière et de ses flux de trésorerie pour l’exercice clos à cette date,
conformément au système comptable des entreprises et de la norme comptable relative aux
partis politiques.

Fondement de l’opinion défavorable

Nous avons effectué notre audit selon les normes d’audit applicables en Tunisie. Les
responsabilités qui nous incombent en vertu de ces normes sont plus amplement décrites dans
la section «Responsabilités de l’auditeur pour l’audit des états financiers» du présent rapport.
Nous sommes indépendants de la société conformément aux règles de déontologie qui
s’appliquent à l’audit des états financiers en Tunisie, et nous nous sommes acquittés des
autres responsabilités déontologiques qui nous incombent selon ces règles.

[Description des raisons de l’opinion défavorable]

Observations

Nous attirons l’attention sur la note X aux états financiers qui décrit (exposé de la question
concernée). Notre opinion ne comporte pas de réserve concernant cette question.

Page 185
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Responsabilité de l’organe dirigeant et des responsables de la gouvernance pour les états


financiers :

L’organe dirigeant est responsable de l’établissement et la présentation sincère de ces états


financiers, conformément au système comptable des entreprises et à la norme comptable
relative aux partis politiques. Cette responsabilité comprend la conception, la mise en place et
le suivi d’un contrôle interne relatif à l’établissement et la présentation sincère d’états
financiers ne comportant pas d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou
d’erreurs, ainsi que la détermination d’estimations comptables raisonnables au regard des
circonstances.

Il incombe à l’organe dirigeant de surveiller le processus d’information financière du parti.

Responsabilité de l’auditeur pour l’audit des états financiers

Nos objectifs sont d’obtenir l’assurance raisonnable que les états financiers pris dans leur
ensemble sont exempts d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou
d’erreurs, et de délivrer un rapport de l’auditeur contenant notre opinion. L’assurance
raisonnable correspond à un niveau élevé d’assurance, qui ne garantit toutefois pas qu’un
audit réalisé conformément aux normes de la profession applicables en Tunisie, permettra
toujours de détecter toute anomalie significative qui pourrait exister. Les anomalies peuvent
résulter de fraudes ou d’erreurs et elles sont considérées comme significatives lorsqu’il est
raisonnable de s’attendre à ce que, individuellement ou collectivement, elles puissent influer
sur les décisions économiques que les utilisateurs des états financiers prennent en se fondant
sur ceux-ci. Une description plus détaillée des responsabilités de l’auditeur pour l’audit des
états financiers se trouve sur le site Web de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie, à
www.oect.org.tn. Cette description fait partie du présent rapport de l’auditeur.

Rapport relatif aux obligations légales et réglementaires

Sans remettre en cause l'opinion formulée ci-dessus, nous vous signalons les irrégularités
et/ou inexactitudes suivantes, relevées au cours de notre mission : (exposé des irrégularités
et/ou inexactitudes relevées)

Tunis le,...

Le commissaire aux comptes

Page 186
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

ANNEXE 9

CHECK LIST DE REVUE INDEPENDANTE

Page 187
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Client ……………. Code mission……

Préparer par……… Chef de mission…


Signataire 1……… Signataire 2……...
Titre du rapport….

Exercice clos le…. Entité juridique….

Nom - Prénom (en


toutes lettres) Date Signature

Associé

Responsable de la revue
indépendante

Lors de la revue indépendante, a-t-on dû résoudre des


différences d'opinion ? Oui Non

Si oui, commenter :

Documents obligatoires à fournir pour la revue indépendante

Oui Non Commentaire


La note de planification

La note de synthèse et revue finale des comptes


Tableau des évaluations des inexactitudes

Questionnaire de fin de mission

Questionnaire des vérifications spécifiques

Questionnaire des évènements postérieurs à la


clôture
Lettre d’affirmation

Les supports de réunion

La lettre de mission

Page 188
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Oui Non Commentaire


Fiche de maintien de mission signée et approuvée
au niveau adéquat selon le risque
Le projet du rapport d’audit.

Points de la revue indépendante

Acceptée par
Numéro Points de la revue indépendante Réponses
R.I

Page 189
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages :

 BATUDE Danièle, « L'audit comptable et financier », Paris Armand Colin, 1997


 DOUBLET, Yves, « L’argent et la politique en France », Paris Economica. 1997
 KELSEN Hans, « La démocratie » librairie du Recueil, Sirey, 2ème Ed. , Paris, 1932
 MARTIN Pierre, « Les systèmes électoraux et les modes de scrutin », Montchrestien, collection
clefs politiques, 3ème édition, 2006
 SEILER Daniel Louis, « Les partis politiques », Paris Armand Colin, 1993
 TOLINI Nicolas, « Le financement des partis politiques », thèse pour le doctorat en droit, faculté
Jean Monnet, université Paris XI, Avril 2005
 TOUVET Laurant et DOUBLET Yves-Marie, « Droit aux élections », Paris Economica ,2007
 VERDALLE Bernard, « Audit Comptable et Financier », Paris Economica. 1999

Articles et Rapports

 « Atelier sur la législation et le financement des partis politiques en Tunisie : Perspectives


comparatives », Kawakibi Democracy Transition Center, Tunis le 12 et 13 Mai 2011.
 Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise), lignes
directrices sur la réglementation des partis politiques, Adoptées par la Commission de Venise lors
de sa 84ème session plénière -Venise, le 15-16 octobre 2010
 Commission Européenne pour la démocratie par le droit (commission de Venise)-lignes directrices
sur la réglementation des partis politiques - Strasbourg le 25 octobre 2010
 Commission européenne pour la démocratie par le droit, code de bonne conduite en matière de
partis politiques adopté par la commission de Venise lors de sa 77ème session plénière -Venise le
13-14 mars 2009
 « La règlementation comptable des partis politiques est-elle permissive ? » Actuel Expert-
comptable, Juillet 2014.
 « Le financement des élections », revue de presse du Conseil Régional de l'ordre des experts
Comptables Rhône-Alpes, Février 2014.
 « Les lois sur le financement des partis politiques », le monde, Juillet 2007.
 « Rapport de l’instance indépendante pour les élections sur les élections législatives et
présidentielles de l’année 2014 » ISIE, Mars 2015.

Page 190
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

 « Rapport général sur les résultats des contrôles du financement de la campagne électorale et
législative », Cour des comptes, 2014.

 « Rencontre avec les partis politiques sur la présentation des candidatures pour les élections
législatives et présidentielle 2014 », ISIE, 12 Août 2014.
 « Tunisie : les experts comptables auront l'œil sur le financement des partis », Africain Manager,
Mai 2011
 « Une loi organique appelée à se substituer au décret-loi n°2011-87 ».
directinfo.webmanagercenter, 30 Août 2017.

Documents et cahiers de recherche

 DOUBLET Yves-Marie, « Combattre la corruption, Financement des partis politiques » Synthèse


thématique du troisième cycle d’évaluation du GRECO
 DOUBLET Yves-Marie, « les failles du système français du financement de la vie politique ».
Paris, Presses universitaires de France 1990
 JOUAN Barbara, « Évaluation du cadre juridique et des mécanismes de financement de la
campagne électorale », Avril 2015.
 KARRAY Bassem, « La régularité du financement de la campagne électorale des élections de
l’assemblée Nationale Constituante », Infos Juridiques N°21/121 Octobre 2011.
 ROTSCHILD Claude « Le statut des partis politiques », pouvoirs, revue française d’études
constitutionnelles et politiques, n°22.
 VAN BIEZEN Ingrid, « Financement des partis politiques et des campagnes électorales –
Lignes directrices », Université de Birmingham (Royaume -Uni) Editions du Conseil de
l’Europe, 2003

Publications professionnelles :

 Chartered accountants of Canada, « Audit des dépenses de publicité électorale d'un tiers dans le
cadre d'une élection fédérale », 2014
 Compagnie Nationale des Commissaires aux comptes CNCC, « La mission des commissaires aux
comptes dans les partis et groupements politiques entrant dans le champ d’application de la loi n°
88-227 du 11 mars 1988 modifiée », Avril 2012
 Commission Nationale des Comptes de Campagnes et de Financement Politique (CNCCFP),
Norme 7-103 « Certification des comptes des formations politiques »
 Ordre des Experts Comptables de Tunisie, « Norme sur la certification des états financiers des
partis politiques », Octobre 2011

Page 191
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

 Ennouri Imed, « Cours CES Révision Comptable », Institut de Comptabilité et d’Administration


des Entreprises (Année universitaire 2006-2007).
 Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables Français, «Guide des missions dans le cadre
des comptes de campagne» (Edition 2015)

Mémoires :

 MAIZ Marouen « Le financement des partis politiques : Difficultés pratiques et solutions »


Mémoire d’expertise comptable (Année Universitaire 2013-2014)
 MBAREK Manel, « La pluralisme politique », DEA, FDS (2009)
 RHAIEM Sabri « Organisation administrative et comptable des partis politiques : positionnement
du modèle tunisien et rôle de l’Expert-comptable » Mémoire d’expertise comptable (Année
Universitaire 2012-2013)
 YVES Jean- « Etablissement et contrôle légal des comptes des partis politiques » Mémoire
d’expertise comptable, France (Juin 1992)

Lois et Décrets

 Code de l'IRPP et de l'IS.


 Décret-loi n° 2011-87 du 24 septembre 2011 organisant les partis politiques.
 La loi n° 88-33 du 3 mai 1988 relative aux avantages fiscaux au profit des partis politiques
 Loi n° 96-112 du 30 décembre 1996 relative au système comptable des entreprises.
 Loi n° 97-48 du 21 juillet 1997, relative au financement public des partis politiques.
 Loi organique n° 2014-16 du 26 mai 2014 relative aux élections et aux référendums
 Loi organique n° 88-32 du 3 mai 1988 régissant l’organisation des partis politiques.
 Loi 59-154 du 7 novembre 1959 relative aux associations.
 la loi organique n° 2017-7 du 14 février 2017, modifiant et complétant la loi organique n° 2014-16
du 26 mai 2014 relative aux élections et référendums.
 La Constitution Tunisienne.
 Loi organique n°2015-26 du 7 août 2015 relative à la lutte contre le terrorisme et à la répression
du blanchiment d'argent.
 Loi organique n° 2012-23 du 20 décembre 2012, relative à la création de l’instance indépendante
pour les élections (ISIE) telle qu’amendée et complétée par la loi organique n° 2013-44 du 1er
novembre 2013 et la loi organique n° 2013-52 du 28 décembre 2013.
 Arrêté de la Ministre des Finances du 19 janvier 2017sur « le règlement du Conseil du Marché
Financier relatif aux mesures pratiques pour la répression du blanchiment d’argent et la lutte
contre le financement du terrorisme ».

Page 192
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

 Prise de position de la Direction Générale des Etudes de la Législation Fiscale (DGELF) n °880 du
11 juin 2011.

NORMES INTERNATIONALES D'AUDIT

 Normes d'audit Internationales ISA 200, « objectifs et principes généraux en matière d’audit
d’états financiers »
 Normes d'audit Internationales ISA 210, « Accord sur les termes et les conditions d’une mission
d’audit. »
 Normes d'audit Internationales ISA 220, « contrôle qualité d’un audit d’états financiers »
 Normes d'audit Internationales, ISA 240, « Responsabilité de l’auditeur dans la prise en
considération de fraude dans l’audit des états financiers ».
 Normes d'audit Internationales, ISA 250 : « Prise en considération des textes législatifs et
règlementaires dans un audit d’états financiers ».
 Normes d'audit Internationales, ISA 300 : « Planification d’un audit d’états financiers ».
 Normes d'audit Internationales, ISA 315 : « Identification et évaluation des risques d’anomalies
significatives par la connaissance de l’entité et de son environnement ».
 Normes d'audit Internationales, ISA 320 : « Caractère significatif lors de la planification et de la
réalisation d’un audit ».
 Normes d'audit Internationales, ISA 330 : « Procédures à mettre en œuvre par l’auditeur en
fonction de son évaluation des risques ».
 Normes d'audit Internationales, ISA 450 : « Evaluation des anomalies relevées au cours de l’audit
».
 Normes d'audit Internationales, ISA 500 : « Eléments probants ».
 Normes d'audit Internationales, ISA 501 : « Eléments probants – considérations supplémentaires
sur des aspects spécifiques ».
 Normes d'audit Internationales, ISA 505 : «Confirmations externes ».
 Normes d'audit Internationales ISA 560, « Evénements postérieurs à la clôture ».
 Normes d'audit Internationales, ISA 580 : «Déclarations écrites ».
 Normes d'audit Internationales, ISA 700 : «Fondement de l’opinion et rapport d’audit sur les états
financiers ».
 Normes d'audit Internationales, ISA701, « Communication des questions clés de l’audit dans le
rapport de l’auditeur indépendant ».
 Normes d'audit Internationales, ISA 706 : « Paragraphes d’observation et paragraphes relatifs à
d’autres points dans le rapport de l’auditeur indépendant ».
 ISQC, « International Standards on Quality Control »

Page 193
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

Sites Internet

 Bibliothèque de l’Ordre des Experts Comptable Français : www.bibliotique.com.


 Commission Nationale des Comptes de Campagnes et de Financement Politique (CNCCFP) :
www.CNCCFP.fr
 Conseil de l’Ordre des Experts Comptables Français : www.bibliobaseonline.com.
 Cour des comptes Royaume du Maroc : www.courdescomptes.ma
 Site de l’imprimerie officielle de la république Tunisienne : www.iort.gov.tn
 www.actuel-expert-comptable.fr
 Site de l’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections : www.isie.tn
 Assemblée des représentants du peuple : www.arp.tn

Normes comptables

 Système comptable des entreprises.


 Cadre conceptuel de la comptabilité financière.
 La norme comptable tunisienne NCT 14 : « Eventualités et événements postérieurs à la date de
clôture ».
 La norme comptable tunisienne NCT 10 « charges reportées »
 La norme comptable tunisienne NCT« Présentation des états financiers des associations autorisées
à accorder des microcrédits ».
 Projet de la norme comptable relative aux associations, aux partis politiques et autres organismes
sans but lucratif.

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

TABLE DES MATIRES

TABLE DES ABREVIATIONS _______________________________________________________________ 1


INTRODUCTION _____________________________________________________________________________ 2
PREMIERE PARTIE : LES PARTICULARITES JURIDIQUES, COMPTABLES
ET FISCALES DES PARTIS POLITIQUES ______________________________________________ 8
INTRODUCTION A LA PREMIERE PARTIE _______________________________________________________ 9
CHAPITRE 1 : DEFINITION, FONCTIONNEMENT ET FINANCEMENT DES PARTIS
POLITIQUES ____________________________________________________________________________ 11
SECTION 1 : DEFINITION ET ROLES DES PARTIS POLITIQUES ____________________________ 13
1.1 D EFINITION DU PARTI POLITIQUE ____________________________________________________ 14
1.1.1 L A NATURE ASSOCIATIVE DU PARTI POLITIQUE _____________________________________ 14

1.1.2 L A LIBERTE DE CREATION _______________________________________________________ 14

1.2 R OLE DES PARTIS POLITIQUES EN DROIT T UNISIEN _____________________________________ 15


SECTION 2 : ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DES PARTIS POLITIQUES ___________ 17
2.1 O RGANISATION INTERNE DES PARTIS POLITIQUES ______________________________________ 17
2.1.1 O RGANISATION INTERNE ________________________________________________________ 17

2.1.2 L ES MEMBRES _________________________________________________________________ 19

2.2 S TATUTS __________________________________________________________________________ 20


2.3 P RINCIPES DIRECTEURS POUR LES PARTIS POLITIQUES __________________________________ 20
SECTION 3 : ROLE DU MANDATAIRE FINANCIER ET FINANCEMENT DES PARTIS
POLITIQUES ___________________________________________________________________________ 24
3.1 R OLE DU MANDATAIRE FINANCIER ___________________________________________________ 25
3.2 F INANCEMENT DES PARTIS POLITIQUES EN T UNISIE ____________________________________ 25
3.2.1 F INANCEMENT EN DEHORS DES CAMPAGNES ELECTORALES __________________________ 25

3.2.2 F INANCEMENT PUBLIC LORS DES CAMPAGNES ELECTORALES _________________________ 29

3.2.3 L' INTERDICTION DES DONS DE PERSONNES MORALES ________________________________ 32

3.2.4 L E PLAFONNEMENT DES DEPENSES _______________________________________________ 33

3.2.5 L’ OBLIGATION DE TRANSPARENCE _______________________________________________ 33

3.2.6 L ES ORGANES DE CONTROLE _____________________________________________________ 34

3.3 L ES LACUNES DU CONTROLE DE FINANCEMENT DE LA VIE POLITIQUE ET RECOMMANDATIONS 38


CHAPITRE2 : LES SPÉCIFICITÉS JURIDIQUES, COMPTABLES ET FISCALES DES PARTIS
POLITIQUES ____________________________________________________________________________ 41
SECTION 1 : SPECIFICITES JURIDIQUES DES PARTIS POLITIQUES ________________________ 41
1.1 L ES FORMALITES DE CONSTITUTION __________________________________________________ 42

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Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

1.2 L E CONTENTIEUX DE LA LEGALISATION DES PAR TIS ____________________________________ 44


SECTION 2 : SPECIFICITES COMPTABLES DES PARTIS POLITIQUES.______________________ 46
2.1 C ADRE COMPTABLE ________________________________________________________________ 46
2.2 L A COMPTABILITE GENERALE DU PARTI : _____________________________________________ 47
2.3 L A MISE EN PLACE D ’ UN SYSTEME DE CONTROLE INTERNE : _____________________________ 48
2.4 L A GESTION BUDGETAIRE ___________________________________________________________ 48
2.5 L ES PRINCIPES COMPTAB LES GENERAUX APPLICABLES AUX PARTIS POLITIQUES ____________ 49
2.5.1 L ES HYPOTHESES SOUS - JACENTES ________________________________________________ 50

2.5.2 L ES CONVENTIONS COMPTABLES _________________________________________________ 50

2.6 L ES ASPECTS COMPTABLES SPECIFIQUES DES PARTIS POLITIQUES _________________________ 54


2.6.1 L A NOTION D ’ ACTIFS NETS ______________________________________________________ 54

2.6.2 L A NOTION DU RESULTAT COMPTABLE ET SON AFFECTATION _________________________ 55

2.6.3 LES APPORTS __________________________________________________________________ 55

2.6.4 LES CONTRIBUTIONS EN NATURE _________________________________________________ 58

2.6.5 LES CONTRIBUTIONS BENEVOLES _________________________________________________ 58

2.6.6 LE RENOUVELLEMENT DES ADHESIONS ____________________________________________ 59

2.6.7 LES DEPENSES DE CAMPAGNE ELECTORALE DANS LES PARTIS POLITIQUES . _____________ 59

2.7 P RESENTATION DES ETATS FINANCIERS _______________________________________________ 60


2.7.1 L’ ETAT DE LA SITUATION FINANCIERE ____________________________________________ 60

2.7.2 L’ ETAT DES PRODUITS ET DES CHARGES ___________________________________________ 60

2.7.3 L’ ETAT DE FLUX DE TRESORERIE _________________________________________________ 61

2.7.4 L ES NOTES AUX ETATS FINANCIERS _______________________________________________ 61

SECTION 3 : REGIME FISCAL DES PARTIS POLITIQUES __________________________________ 62


3.1 O BLIGATIONS FISCALES A LA CHARGE DU PARTI POLITIQUE _____________________________ 62
3.1.1 D ECLARATION D ’ EXISTENCE _____________________________________________________ 62

3.1.2 D ECLARATION DE L ’ EMPLOYEUR _________________________________________________ 62

3.1.3 D ECLARATIONS MENSUELLES ____________________________________________________ 62

3.2 R EGIME FISCAL DU PARTI POLITIQUE _________________________________________________ 62


3.2.1 I MPOT SUR LES SOCIETES ________________________________________________________ 63

3.2.2 R ETENUE A LA SOURCE _________________________________________________________ 63

3.2.3 E N MATIERE DE TVA ___________________________________________________________ 63

3.2.4 E N MATIERE DE TCL ___________________________________________________________ 64

Page 196
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

3.2.5 E N MATIERE DE TFP ____________________________________________________________ 64

3.2.6 E N MATIERE DE CONTRIBUTION AU FOPROLOS ___________________________________ 65

3.2.7 E N MATIERE DE TAXE PROFESSIONNELLE AU PROFIT DU FODEC _____________________ 65

3.2.8 E N MATIERE DES DROITS D ’ ENREGISTREMENT ET DE TIMBRE _________________________ 66

3.2.9 D ROIT DE TIMBRE ______________________________________________________________ 66

CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE __________________________________________ 67


DEUXIEME PARTIE : PARTICULARITÉS DE L’AUDIT DES COMPTES DES
PARTIS POLITIQUES _____________________________________________________________________ 69
INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE _____________________________________________________ 70
CHAPITRE 1 : IDENTIFICATION ET ANALYSE DES PRINCIPALES ZONES DE RISQUE ____ 71
SECTION 1 : ACCEPTATION DE LA MISSION ET ANALYSE DES RISQUES DANS L'AUDIT DES
COMPTES DES PARTIS POLITIQUES ____________________________________________________ 71
1.1 A CCEPTATION DE LA MISSION _______________________________________________________ 71
1.1.1 N OMINATION __________________________________________________________________ 71

1.1.2 M ANDAT DU COMMISSAIRE AUX COMPTES _________________________________________ 72

1.1.3 I NCOMPATIBILITE ______________________________________________________________ 72

1.1.4 I NDEPENDENCE ________________________________________________________________ 73

1.1.5 L ETTRE DE MISSION ____________________________________________________________ 74

1.2 O RIENTATION DE LA MISSION ________________________________________________________ 75


1.2.1 P RISE DE CONNAISSANCE DU PARTI ET SON ENVIRONNEMENT ________________________ 76

1.2.2 E XAMEN ANALYTIQUE PRELIMINAIRE _____________________________________________ 77

1.2.3 P RISE EN CONSIDERATION DES LIENS ENTRE LE PARTI ET LES CANDIDATS AUX ELECTIONS
___________________________________________________________________________________ 77

1.2.4 L A PRISE EN CONSIDERATION DES RISQUES DE FRAUDE ______________________________ 79

SECTION 2 : RECENSEMENT DES PRINCIPAUX RISQUES LIES A L'AUDIT _________________ 81


2.1 R ISQUES LIES AU SYSTEME D ’ INFORMATION ET DE CONTROLE INTERNE DES PARTIS POLITIQUES
_____________________________________________________________________________________ 81
2.1.1 I MPORTANCE DU CONTROLE INTERNE _____________________________________________ 81

2.1.2 A NALYSE DE CONTROLE INTERNE ET DES REGLES D ' ORGANISATION COMPTAB LE _______ 82

2.1.3 R ISQUES LIES A L ' ORGANISATION GENERALE DU PARTI ______________________________ 83

2.1.4 RISQUES LIES AUX REGLES D ' ORGANISATION COMPTAB LE ___________________________ 84

2.1.5 RISQUES LIES AUX DOMAINES COMPTABLES SIGNIFICATIFS __________________________ 85

2.2. LES RISQUES INHERENTS PARTICULIERS AUX PARTIS POLITIQUES ________________________ 86

Page 197
Aspects particuliers de l’audit mis en œuvre dans le cadre de la certification des comptes des partis politiques en Tunisie

2.2.1 R ISQUES LIES AU FINANCEMENT DES PARTIS POLITIQUES ____________________________ 87

2.2.2 RISQUES TOUCHANT L ’ IMAGE FIDELE DE L ’ INFORMATION FINANCIERE ________________ 91

2.2.3 R ISQUES LIES A LA CAMPAGNE ELECTORALE _______________________________________ 92

2.2.4 R ISQUES LIES A LA GOUVERNANCE DES PARTIS POLITIQUES __________________________ 93

2.2.5 R ISQUES INHERENTS AUX RELATIONS SUSPECTES ( PARTIES LIEES ) ____________________ 95

CHAPITRE 2 : PROPOSITION D'OUTILS D'AIDE A L'AUDIT DES COMPTES DES PARTIS


POLITIQUES ____________________________________________________________________________ 96
SECTION 1 : PROPOSITION D'UN PROGRAMME DE TRAVAIL SPECIFIQUE ________________ 98
1.1 LES DILIGENCES A METTRE EN ŒUVRE PAR LE PROFESSIONNEL __________________________ 101
1.2 P ROPOSITION D ' UN PROGRAMME DE TRAVAIL SPECIFIQUE ______________________________ 106
SECTION 2 : REVUE DES INFORMATIONS ET VERIFICATIONS SPECIFIQUES _____________ 111
2.1 P RINCIPALES VERIFICATIONS SPECIFIQUES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES ______________ 111
2.2 V ERIFICATIONS SPECIFIQUES POUVANT AMENER LE COMMISSAIRE AUX COMPTE S A PROCEDER A
LA REVELATION DES FAITS DELICTUEUX _________________________________________________ 111

SECTION 3 : EVALUATION DES RESULTATS DES PROCEDURES DE VERIFICATION ET


TRAVAUX DE FIN DE MISSION ________________________________________________________ 113
3.1 C ONCLUSION DES TRAVAUX ET ELABORATION DE LA NOTE DE SYNTHESE ________________ 113
3.2 R EVUE DES EVENEMENTS POSTERIEURS A LA DATE DE L ’ EXERCICE ______________________ 114
3.3 C OMMUNICATIONS AVEC LES ORGANES DIRIGEANTS DES PARTIS POLITIQUES _____________ 115
SECTION 4 : PROPOSITION D'UN QUESTIONNAIRE DE FIN DE MISSION __________________ 117
SECTION 5 : PROPOSITION D'UNE LETTRE D'AFFIRMATION SPECIFIQUE AUX PARTIS
POLITIQUES __________________________________________________________________________ 118
SECTION 6. RAPPORTS DU COMMISSAIRE AUX COMPTES ______________________________ 120
6.1 T ERME DE LA CERTIFICATION _______________________________________________________ 120
6.2 L ES RAPPORTS AUX ORGANES DELIBERANTS __________________________________________ 120
6.2.1 L E CONTENU DU RAPPORT DU COMMISSAIRE AUX COMPTES _________________________ 120

6.2.2 F ORMES DE CERTIFICATION _____________________________________________________ 122

6.2.4 L A REVELATION DES FAITS DELICTUEUX _________________________________________ 125

SECTION 7 : CONTROLE QUALITE _____________________________________________________ 126


7.1 O BJECTIFS ET COMPOSANTES DU SYSTEME DE CONTROLE QUALITE ______________________ 126
7.2 Q UALITE ET REVUE DU DOSSIER DANS LE CADRE L ’ EXECUTION DE L ’ AUDIT DU PARTI
POLITIQUE ___________________________________________________________________________ 126

CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE _________________________________________ 128


CONCLUSION GENERALE _____________________________________________________________ 129
ANNEXE : GUIDE METHODOLOGIQUE ____________________________________________ 132
BIBLIOGRAPHIE __________________________________________________________________________ 190

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