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Approche partenarial

Dans le modèle de gouvernance partenarial, l'entreprise est une construction sociale, réceptacle des
attentes, des objectifs et des intérêts de multiples partenaires, comprenant non seulement la
direction et les actionnaires mais aussi les salariés, les clients, les fournisseurs et toutes les autres
parties qui sont susceptibles d'avoir une certaine influence sur les différentes décisions de
l'entreprise (conception du modèle de partenariat au sens strict) ou être influencées par les décisions
de l'entreprise ; ceci est cohérent avec la conception plus large du modèle de partenariat (Freeman
et Reed, 1983).. Dans Dans la perspective de ce modèle, l'alignement des décisions sur les seuls
intérêts des actionnaires est défavorable car il n'assure pas le développement continu de toute
l'organisation, qui ne peut résulter que qui ne peut résulter que de la convergence des intérêts de
tous les parties prenantes (Donaldson et Preston, 1995).
La théorie des parties prenantes reflète la reconnaissance de la pluralité des objectifs de l'entreprise,
bien plus que la simple maximisation de la richesse des actionnaires. Dans un modèle relationnel de
l'organisation, la relation entre actionnaires et dirigeants n'est plus seulement un cas particulier des
contrats existants dans toutes les entités productives, l’entreprise est alors perçue comme un
ensemble spécifique de contrats, ces derniers s'appliquant aux clients, fournisseurs, employés,
syndicats, apporteurs de capitaux...

La principale limite du modèle de gouvernance partenariale est la multitude d'objectifs hétérogènes


et complexes à atteindre, ce qui pose la question du contrôle de la cohérence des actions de
l'organisation avec ces objectifs.
Ce modèle repose sur une définition large de la propriété basée sur la propriété effective des droits
de décision résiduels et l'appropriation des gains résiduels.
Le statut de propriétaire peut alors être étendu à tous les participants aux contrats. Un employé qui
se voit attribuer un pouvoir de décision résiduel, afin de mieux exploiter ses connaissances
personnelles spécifiques, devient partiellement propriétaire. Il ne sera incité à faire des efforts que
s'il reçoit une partie du rente de l'organisation.
Une telle approche suppose que les relations entre l'entreprise et les différentes parties prenantes
ne soient pas simplement commerciales, mais qu'elles soient co-construites de manière à créer de la
valeur dans la perspective plus large de la valeur partenariale (Charreaux et Desbrières, 1998).
Le modèle de partenariat contractuel est également ancré dans la représentation de l'entreprise en
tant que nœud de contrats entre les différentes parties prenantes. Le développement Le principal
par rapport au modèle financier se situe au niveau de la répartition en remettant en cause le statut
de créancier résiduel exclusif des actionnaires. Ceci conduit à s'interroger sur le partage de la rente
d'organisation.. Les autres parties prenantes supportent également un risque résiduel et ne sont
incitées à contribuer à la création de valeur que si elles reçoivent une partie de la rente.

Quelle théorie pour la gouvernance?


De la gouvernance actionnariale à la gouvernance cognitive et
comportementale
Gérard CHARREAUX* Université de Bourgogne, LEG (FARGO)-UMR 5118

Gérard CHARREAUX et Philippe DESBRIERE « Gouvernance des entreprises : valeur partenariale co

ntre valeur actionnariale », Finance Contrôle et Stratégie, Vol1,2, 1998, p.68-77