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Les banques islamiques réalités et

perspectives

Option : Management Bancaire


et Finance Participative.

Année universitaire: 2017/2018


Sommaire

Introduction .............................................................................................................................. 2
I. Historique de la finance islamique : ................................................................................ 4
1. Les origines : .................................................................................................................. 4
2. La finance islamique contemporaine : ........................................................................ 4
3. La normalisation de la finance islamique : ................................................................. 6
II. Les outils de la finance islamique................................................................................. 6
1. La Mudarabah ou Qirad : ............................................................................................ 6
2. La Moushâraka : ........................................................................................................... 7
3. L’Ijâra : ......................................................................................................................... 7
4. L’Ijâra wa iqtinâ : ......................................................................................................... 7
5. La Murabaha : ............................................................................................................... 8
6. L’istisnâ’ et le salam : ................................................................................................... 8
7. Les Sukuks (obligations islamiques) :.......................................................................... 9
8. Le développement progressif des produits : ............................................................. 10
III. Comparaison des banques islamiques et celles conventionnels : ............................ 10
1. La finance islamique : ................................................................................................. 10
2. La finance conventionnelle : ....................................................................................... 11
IV. les freins empêchent le succès de la finance islamique au Maroc : ......................... 11
V. Gestion des risques : ....................................................................................................... 16
Conclusion ............................................................................................................................... 18

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Introduction

Longtemps taboue, l'arrivée au Maroc des techniques bancaires conformes aux


préceptes de l'islam est désormais une réalité. Bank Al-Maghreb a enfin annoncé l'introduction
de nouveaux produits bancaires conformes à la Charia dès le mois d'octobre 2007, cette annonce
a été faite par le wali du Bank Al-Maghreb Abdellatif Jouahri lors d'une conférence de presse
tenue à Rabat mardi 23 Mars 2007.

L'introduction de ces produits « "Ijara", "Moucharaka" et "Mourabaha" » devrait


permettre d'élargir la gamme de services bancaires et de contribuer à une meilleure
bancarisation de l'économie », a relevé M. le wali dans une déclaration publié par l'agence de
presse MAP.

Il a aussi souligné que les nouveaux produits financiers autorisés concernaient


uniquement le financement, et non les dépôts. Il a indiqué que 53 pour cent des dépôts en
espèces dans les banques marocaines se faisaient sous la forme de dépôts non productifs et qu'il
n'y avait donc aucune raison pour les citoyens préférant conduire des transactions sans intérêt
d'avoir des réserves sur les dépôts bancaires. Il convient aussi de signaler que l'offre de ces
produits, afin qu'elle s'aligne avec les standards internationaux, a donné lieu à la signature de
contrats établis sur la base des règles édictées par «The Accounting and Auditing Organization
for Islamic Financial Institutions», organisme basé à Bahreïn, qui compte 130 membres,
représentant 29 pays.

L'introduction au Maroc, de ces trois techniques de financement qui sont parmi les
opérations islamiques les plus répondu dans le monde, vient d'une part dans un contexte
international dans le quelle la présence des techniques de financement islamiques dans le
marché est de plus en plus pesante, plus de 800 milliards de dollars gérées selon la charia surtout
après le boom pétrolier des années soixante-dix qui a entraîner une grande disponibilité de
pétrodollars et de ce fait la création du premier grand établissement islamique de financement,
et une croissance de plus de 25 % sur six ans . La finance islamique, jusque-là laissé à quelques
institutions financières du Golfe du Pakistan ou de Malaisie, s'avère receler un énorme potentiel
qui intéresse de plus en plus les occidentaux notamment en grande Bretagne « l'Islamic Bank

2
of Britain » et les Etats-Unis dans laquelle le Dow jonce a par exemple créé un indice de
placement islamique. Et d'autre part ces techniques vont répondre à une demande interne de
plus en plus ascendante pour ce type de financement, par les citoyens comme par les
investisseurs venus du moyen orient, surtout après une vaste renaissance de l'islam et de ces
valeurs dans le monde musulmans.

Rappelons brièvement les principes fondamentaux de la théorie économique islamique :

 Interdiction de l'intérêt ;
 Encouragement à la participation aux bénéfices et aux pertes dans les
investissements ;
 Condamnation de la thésaurisation ;
 Valorisation du travail.

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I. Historique de la finance islamique :

1. Les origines :

La finance islamique trouve sa source dans la religion musulmane : l'islam. Cette


dernière aurait été révélée au prophète Muhammad à partir de l'an 610.

L'islam prévoit dans ces textes (Coran et Hadiths), un ensemble de préceptes afférant
aux échanges économiques entres les hommes. Ainsi pouvons-nous voir apparaitre les grands
principes de la finance islamique dans la charia. Cependant nous ne pouvons pas dire qu'il
s'agisse de la finance telle qu'on la connait. En effet le Coran décrit certains comportements à
avoir lors de transactions commerciales, mais ne définit pas un système aussi complexe que
celui que l'on connait aujourd'hui.

Les premières traces d'un système comptable organisé en terre d'islam se situeraient à
l'époque des premiers Khoufala (à partir de 634). Cette époque fut le début de l'expansion de la
religion musulmane. Les institutions islamiques de cette période furent très rigoureuses sur la
gestion des ressources des Etats. L'enjeu majeur fut de canaliser correctement la Zakat. Déjà à
cette époque la religion musulmane se voulait transparente en matière de finance. En 1969
Subhi LABIB décrit cette période comme la naissance du capitalisme islamique. Effectivement,
dans un article du journal of economic history, il rappela qu'à cette époque un système
économique musulman verra le jour. Ce système sera basé sur le dinar. Ce sera à partir de ce
moment que nous pourrons voir apparaitre de nouveaux instruments financiers (tels que les
chèques, les lettres de changes, les opérations de transferts de fond internationaux....).

2. La finance islamique contemporaine :

La finance islamique telle que nous la connaissons ne verra le jour que dans les années
1970. En effet, ce n'est qu'en 1963 que naquit la première caisse d'épargne musulmane. Cet
évènement se déroula dans le village égyptien de Mit Ghamr et fut déclenché par l'économiste
Ahmad EL NAGGAR. La population locale, très croyante, exprima une méfiance vis-à-vis des
banques classique. C'est pourquoi ils décidèrent de fonder un système tontinier d'entraide
musulman (par le biais du microcrédit), afin de subvenir à leurs besoins. Au départ, il n'était
pas question d'un système islamique à proprement parler. Il s'agissait simplement d'un
rassemblement d'agriculteurs souhaitant mutualiser leurs ressources pécuniaires. Cette caisse
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d'épargne, qui fut la première initiative du genre dans le monde musulman, draina une grande
partie des revenus des villageois. Fidèles à leurs principes, les villageois ne pratiquaient aucune
distribution ou prise d'intérêts. Ils favorisaient plutôt les prises de participations et les
financements directs. En ce sens on peut dire que la finance islamique moderne vit le jour à
cette époque. Bien que cette première expérience fût une véritable réussite elle ne dura que 4
ans, et dû prendre fin pour des raisons politiques.

Cette initiative aura inspiré la création de plusieurs leviers islamiques :

 En 1969 la Malaisie créa un fond islamique d'entraide appelé le Tabung Hadji. Ce fond,
toujours en activité, a pour mission d'aider financièrement les pèlerins (partant pour la
Mecque). Aujourd'hui encore ce fonds joue un rôle économique très important en
Malaisie
 En 1969, toujours, se créa le Dallah Albaraka Group. Un conglomérat d'entreprises
puissant dont fait partie l'Albaraka Banking Group. Ce dernier ayant des filiales,
« charia compliant », spécialisées dans la banque de détail et la banque d'investissement.
 En 1970, on observe la naissance de la première sharia board, « le sharia supervisory
board ». Celui-ci fut indépendant, et fut l'initiateur de la gouvernance bicéphale des
banques islamiques (nous y reviendrons plus tard dans notre étude).
 En, 1972, on assista à la création de la Nasser Social Bank. Il s'agissait de la première
banque destinée aux gens modeste en Egypte. Le concept était de proposer des services
conventionnels et parallèlement proposer des services islamiques tels que la collecte et
la redistribution de la Zakat ou le financement du Hadj.

D'une manière générale, on peut dire que c'est dans les années 1970 que l'on vit apparaitre
un ensemble de pratiques financières conformes aux préceptes de l'islam. Cela à plus grande
échelle. Ce mouvement verra le jour grâce à l'OCI (Organisation de la conférence islamique)
qui décida en 1973 de créer l'Islamic Development Bank. Elle démarra son activité 2 ans plus
tard, en même temps que la banque privée Dubai Islamic Bank. Ce mouvement fut appelé
« Islamic Finance ».

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3. La normalisation de la finance islamique :

Nous sommes en Mars 1981. La Dar Al Maal Al Islami est fondée. Son siège se situe à
Genève. Le président de cette banque se nomme Mohammed AL FAISAL AL SAOUD. Son
activité se décompose en 2 grandes parties :

 Les services commerciaux islamiques : dépôts, cartes chèques, gestion d'actifs, gestion
de portefeuilles etc...
 Les services corporates : investissements, fusions et acquisitions, assurances islamiques
etc...

Ce groupe constituera un poids lourd de la finance islamique. En effet il est présent dans
une dizaine de pays (Royaume-Uni, Emirats Arabes Unis, Bahamas, Bahreïn, Egypte, Pakistan,
Niger, Suisse, Sénégal, Luxembourg).

II. Les outils de la finance islamique

1. La Mudarabah ou Qirad :

C’est un contrat par lequel la banque ou plus généralement l'apporteur du capital


financier dit "Rab al mal" apporte l’ensemble des capitaux financiers nécessaires au projet à
l’entrepreneur dit "Moudarib" qui lui va apporter son capital travail. En cas de perte la
banque/l'apporteur des capitaux financiers subi une perte financière et l’entrepreneur (Mudarib)
subi une perte de son coût d’opportunité (temps et travail). C’est une alternative au prêt à intérêt
destiné à l'investissement.

Cette solution permet ainsi à l'épargnant, détenteur de capitaux, d'investir, et à celui qui
veut travailler de bénéficier de capitaux financiers. Mais, contrairement au prêt à intérêt, ici
celui qui apporte le capital partage les profits et les risques avec celui qui va travailler ; par
exemple : '60% des bénéfices iront au bailleur de fonds, 40% iront au propriétaire de
l'entreprise'. Le Moudarib et Rab al mal conviennent ainsi de pourcentage (dans la répartition
des bénéfices) et non d'un montant défini.

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2. La Moushâraka :

Contrat d’association par lequel la banque contribue au financement (formation ou


augmentation du capital ou prise de participation) de projets ou d’opérations ponctuelles
moyennant une répartition des résultats (pertes ou profits). La récupération de son concours
indépendamment des résultats ou l’anticipation sur les résultats est nulle.

Ce contrat fonctionne comme le MUDARABA à la différence qu’il y a plusieurs apporteurs


de fonds et que l’entrepreneur fait également un apport en capital. Les bénéfices ainsi que les
pertes sont partagés en proportion des apports de chaque partie.

On distingue deux types de MUSHARAKA :

 MUSHARAKA définitive ou continue : Le but pour les partenaires étant de rester


impliquer dans le projet de façon définitif.
 MUSHARAKA moutaniquissa (dégressive) : Les apporteurs de fonds ont l’intention de
se retirer du projet. L’entrepreneur remboursera selon un échéancier prédéterminé les
apports des autres parties.

3. L’Ijâra :

Contrat de location qui permet à la banque d’acheter des biens et de les mettre à la
disposition du client. La durée de location varie selon la nature de l’objet et les besoins du client.
A la fin du contrat la banque récupère le bien afin de le mettre à la disposition d’un autre client.

4. L’Ijâra wa iqtinâ :

L’Ijara wa Iqtina est un Contrat de Crédit-bail (Leasing)، pour le financement de moyen-


long terme، dans lequel la banque achète un actif qu’elle loue (Ijâra) à une entreprise. Cette
dernière effectue des paiements périodiques en contrepartie du rendement généré par
l’exploitation de l’actif.

Le bailleur (la banque) garde la propriété de l’actif avec les droits s’y attachant pendant la
période de location (Ijâra). Le droit de propriété du bien revient à la banque durant toute la
période du contrat, tandis que le droit de jouissance revient au locataire.

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La seule différence avec le contrat crédit-bail classique réside d'une part dans le fait que la
banque ne peut pas se permettre de facturer des intérêts au cas où le client n’honore pas ces
engagements dans les délais prévus. D'autre part, si l'option d'achat est exercée, le prix ne doit
pas être déterminé à l'avance! Il doit y avoir un contrat de vente séparé tenant compte de l'état
du bien et sa valeur sur le marché à ce moment.

5. La Murabaha :

Cette technique consiste en l’achat par la banque d’un actif qu’elle revend à terme à ses
clients avec une marge préétablie. Le remboursement peut s’effectuer en une fois ou selon un
échéancier fixé lors de la conclusion du contrat. Il est essentiel que la banque soit propriétaire
de l’actif avant de le revendre. La marge doit être acceptée par les 2 parties signataires du
contrat.

Il est à noter que pour ce type de financement deux contrats distincts sont signés. (Achat
/Vente)

En pratique, la banque islamique dans le cadre du contrat Murâbaha, a tout intérêt à


vouloir se protéger du risque que le client n'honore pas ses engagements en exigeant un
Rahn(caution) et/ ou kafâla(garantie) et elle peut proposer à son client des formules de Takâful
(assurance mutuelle islamique).

6. L’istisnâ’ et le salam :

On sait qu'en Islam on ne peut vendre une chose qui n'existe pas encore et qu'on ne possède
pas.

L'exception est le contrat Salam avec ses conditions. Ce contrat est licite et validé pour
faciliter la vie des gens (qui ont grand besoin de ce contrat) et aussi en se basant sur le Hadîth
Sahîh: « Celui qui fait le SALAM(SALAF), qu’il le fasse pour un volume connu, pour un poids
connu, et pour un délai connu »

Ainsi, quand la vente est contractée sur une chose bien décrite (en quantité, caractéristiques)
-mais non existante encore- c'est du Salam (vendre quelque chose de bien décrite, qu'on ne
possède pas encore, et qu'on a prévu de livrer à un terme fixé). On ne peut pas retarder le
paiement (prix), mais il doit être donné dans la séance du contrat.

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7. Les Sukuks (obligations islamiques) :

Sukuk est un produit financier adossé à un actif tangible et à échéance fixe qui confère un
droit de créance à son propriétaire. Celui-ci reçoit une part du profit attaché au rendement de
l’actif sous-jacent.

 Pas de taux d'intérêt pour ce qui est des Sukûk.


 L'actif tangible (le sous-jacent) doit être obligatoirement licite.
 Selon l’AAOIFI1, au moins 14 modalités de structuration des sukuks sont possibles.

Dans la pratique, les plus usitées sont:

 Sukuk al ijara
 Sukuk al wakala/mudaraba
 Sukuk al musharaka
 Sukuk al istisna

Le Sukuk est ainsi un produit financier qui a une échéance fixée d'avance et est adossé
à un actif permettant de rémunérer le placement. Les Sukuk sont structurés de telle sorte que
leurs détenteurs courent un risque ‘de crédit’ et reçoivent une part de profit et non un intérêt
fixe.Les produits sous-jacents des Sukuk peuvent être représenté par des contrats tels l’Ijara, la
Musharaka ou la Mudaraba

Les Sukuk étant par nature adossés à des actifs sont en mesure de financer le
développement des infrastructures, et de nombreux pays émergents envisagent de financer leurs
projets par l’émission des Sukuk…

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AAOIFI: Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions
8. Le développement progressif des produits :

Figure 1:Le développement progressif des produits

III. Comparaison des banques islamiques et celles conventionnels :

En tant que consommateur, il n’est pas toujours facile de choisir les solutions bancaires
dont on souhaite véritablement bénéficier, souvent à cause de la complexité du sujet, ou parfois
encore à cause du manque de temps.

En effet, dans notre vie trépidante, comment savoir clairement ce qui différencie la
Finance islamique et la finance conventionnelle par exemple ?

 Petit comparatif :
1. La finance islamique :

Tout comme la finance conventionnelle, la finance islamique traite les opérations


d’investissement, de commerce, de transactions, de prêt et de produits financiers 100 % Halal.
Ainsi, comme son nom le laisse supposer, la finance islamique respecte les préceptes de la
religion musulmane tout en s’adressant à un public sans distinction de religion et de couleur.

Concrètement, le consommateur qui choisit de confier son argent à la finance islamique est
protégé des intérêts (Ribâ), de la spéculation (Maysir et Qimâr), de l’incertitude (Gharar) et
l’illicite (Haram).

En finance islamique, les banques ont l’interdiction formelle d’investir l’argent qui leur a
été confié dans des domaines Haram, tel que l’industrie du tabac, pornographie, érotisme,
l’industrie de l’alcool et du vin (et bien sûr les drogues), les jeux de hasard, l’industrie porcine

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et de l’alimentaire non licite, l’armement (exception faite pour les États), l’industrie bancaire
(excepté l’industrie bancaire islamique), etc.

Plus clairement, la finance islamique cherche à simplifier l’accès à l’argent pour les
musulmans et non-musulmans qui souhaitent :

 Le partage de risque,
 La matérialité des échanges,
 L’absence de pénalités de retards de remboursement
 Et le non-financement des transactions interdites par les préceptes de la religion
musulmane

Pour résumer, la finance Islamique est une alternative qui permet la répartition juste de la
richesse et de la prospérité grâce à des activités commerciales et d’investissements moralement
acceptables, dans un esprit participatif et éthique. Ce principe se rassemble sous l’appellation
des 3P : partage – pertes – profits !

2. La finance conventionnelle :

En finance conventionnelle, les décisions sont prises pour optimiser le principe de risque-
rentabilité, plus connues sous le terme de « performance ».

De plus, une banque conventionnelle paie des intérêts à ses épargnants tout en percevant
des intérêts à son tour, sur les crédits qu’elle prête : il s’agit des revenus de la banque !

Pour résumer, la finance conventionnelle pratique :

 Les produits dérivés financiers ;


 La spéculation ;
 Les intérêts (sur l’épargne, les crédits, les pénalités) ;
 Les produits dérivés qui jouent le rôle d’assurance ;
 Le profit à court terme.

IV. les freins empêchent le succès de la finance islamique au Maroc :

Les professionnels des quatre banques ayant intégré l’offre des produits islamiques dans
leurs services considèrent que le fonctionnement de la banque islamique est « pervers » par
rapport aux banques conventionnelles. En plus, ils ajoutent, « la banque classique vous octrois

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un crédit à un taux inférieur par rapport à celui des banques islamiques, alors que elle se lave
les mains de toute éventuelle échec.

Au Maroc, il existe quelques banques purement islamique, c’est le cas du B.I.D2, mais
ils ont un statut particulier, en effet cette banque dont le capital est entièrement publique, elle
ne finance que les grands projets de l’Etat marocain, Or le Maroc nécessite aussi une banque
qui participant au financement du secteur prive de même principe de coopération. Alors que,
les banques islamiques ont bien intégrer les systèmes financiers occidentaux, nous constatons
ils rencontrent des barrières d’entrer dans certains pays, dont figure le Maroc, nous les
évoquerons dans ce qui est suit de notre analyse.

En effet, la réglementation marocaine ne permet pas l’émergence d’une banque


islamique proprement dite. Aussi que le public marocain ignore l’existence de ce type de
banques, en effet les marocains ont intégrer la culture des crédits avec intérêt, en simplifiant le
crédit en étant un crédit remboursable en plusieurs traites sur plusieurs années sans tenir compte
la marge de la banque. Une raison plus informelle explique, pourquoi dans un pays
démocratique comme le Maroc, les banques islamiques n’arrivent pas à émerger.

1. Le faible engagement du secteur bancaire :

Plusieurs spécialistes affirment que les banques conventionnelles se sont organisées en


lobby à fin d’empêcher la création ou l’émergence du système bancaires islamique. En effet, si
l’on se réfère au succès que les banques islamiques ont eu dans les autres pays musulmans. Les
banques classiques marocaines ont des bonnes raisons de se porter contre. Par ceci de rentabilité
et de concurrence, ces banques refuses toute partage ou diminuions de leurs parts sur le marché
bancaire. Même si la banque centrale, BAM à autoriser la commercialisation des produits
alternatifs depuis 200, jusqu’à nos jours seul quatre banques ont intégré ces produits dans leurs
offre bancaire, alors que ATTIJARI a créé toute une entité indépendante « DAR ASSAFA »3,
les trois autres (BMCI, BMCE, BP) banques ont montré un faible engagement envers le
lancement de ces produits. Les clients d’autres banques n’ont pas le choix car leurs banques ne
proposent que les produits classiques. Ajoutons à cela que même les banques engagées dans la
commercialisation des produits alternatifs ne le commercialisent pas en totalité.

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B.I.D banque islamique pour développement 12
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Dar Assafa, entité créée depuis 2010 dont le capital est de 300000 DH, banque spécialisé dans la
commercialisation des produits alternatifs.
Cependant, le choix du consommateur est influence par les conditions de concurrence
appliquée sur le marché. Le droit de concurrence se base sur des éléments comme la libre
formation des prix, le libre accès au marché, la transparence, la loyauté dans les relations
commerciales et le renforcement des règles d’information et de protection des consommateurs.
Or, le produit alternatif, spécifique par sa nature, est concerné par des pratiques non équitables
comparativement aux produits conventionnels et les prix restent assez élevés.

Pour plusieurs analystes, les autorités bancaires marocaines craintes un déséquilibre sur le
marché bancaire par l’introduction de banques géantes spécialisées dans ce genre de
financement. Elles peuvent concerner aussi le souci de protectionnisme des banques marocaines
aux fins d’apprentissage de l’expertise ou le besoin d’observation de la réaction qu’adopterait
le consommateur marocain face à ces nouveaux produits.

2. L’absence d’une compagnie de communication d’accompagnement :

La publicité est un élément décisif pour rapprocher un nouveau produit auprès du large
public. Dans le cas des produits alternatifs nous constatons qu’il n’y avait pas de publicité de
lancement en faveur de ses produits, en effet il est très difficile de trouver des affiches
publicitaires ou des brochures destinées à la clientèle sur ce sujet.

En outre, il est rare voire impossible de trouver des brochures de publicité des produits
alternatifs dans les agences bancaires que nous avons visite, dans ce cadre les dépliants des
produits alternatifs sont stockes dans des caisses en revanche des produit classiques qui sont
exposés dans toute l’agence voir même sur les murs. Ces derniers sont fortement présents sur
les divers mass medias (TV, Radio, presse écrite).

A ces constatations s’ajoute la clause relative à la publicité des produits alternatifs


interdisant toute utilisation des arguments religieux comme élément de commercialisation, pour
le gouverneur de BAM, l’utilisation de ces arguments religieux risque de donner l’impression
que les produits classiques sont illicites.

3. Absence de l’autorité de contrôle de conformité aux préceptes de la charia :

Parmi les atouts de des produits alternatifs est le label de conformité à la charia,
cependant dans le cas marocain, la conformité des produits bancaires alternatifs est confiée à
une institution au BAHRAIN, alors qu’il fallait instaurer une autorité de contrôle assurant la
conformité des produits aux principes de la charia.

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Outre, Ces produits ne communiquent pas sur l’avis de conformité à la charia obtenue
de l’institution internationale en finance islamique (AAOIFI). Le comité Raquaba dont la
mission est de surveiller de manière régulière la conformité des produits devant être labellises
comme islamique par rapport aux principes de la charia .Cela tient au fait qu’il y a souvent un
écart entre la conception et la pratique pouvant remettre en question la qualité de conformité
des opérations de financement.

4. L’exclusion des véhicules utilitaires non éligibles aux alternatifs :

Une grande parties des clients marocains sont exclus de contracter des crédits alternatifs,
pour acquérir des véhicules utilitaires tels les camions ou toute véhicules autre que les voitures
de tourisme, les professionnels n’ont pas d’autre option que le crédit conventionnel. Cette
restriction a privé les professionnels d’acheter des équipements du transport ce qui en résulte la
réduction de l’assiette des biens mobiliers éligibles aux financements alternatif et compromet
la réussite de ce mode de financement.

5. L’imposition des contrats préétablis, standards et des contrats en faveur de la


banque :

Les contrats des produits des divers acteurs sont établis d’une manière quasiment
standard auprès des divers acteurs, les clauses des contrats visent la protection des intérêts de
la banque, le client est devant un contrat préétablie.

Or, et comme nous l’avons bien évoqué dans le premier chapitre dans l’islam les contrats
doivent être conclus mutuellement entre les deux partis en négociant chaque clause voir même
les termes utilise. Outre, le contrat doit être équilibré et favorisant l’intérêt des deux partis.

En effet la marge commerciale de la banque est indiscutable le client ne peut pas


négocier cette marge ainsi qu’il n’est pas informer sur la base de calcul de cette marge, d’après
nos entretiens avec les directeurs des agences la marge est calculé sur la base de :

 L’âge des demandeurs de crédit (comme dans le cas d’intérêt) ;


 Le salaire du client ;
 Le montant du bien acheté ;
 Le nombre des échéances et le nombre des années de remboursements.

Ce qu’en résulte, une marge calculer sur le temps (âge échéance salaire) ce qui dit le temps
dit automatiquement le taux d’intérêt, ce qui remit en cause la conformité de ces produits à la

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charia. En plus le client est oblige de contracter une assurance classique et non une assurance
islamique Takafoul. En plus, la police d’assurance est payée sur le montant total du bien finance
y compris sur le montant apporte par le client. En fin et en cas de décès du client, le bien n’est
pas automatiquement transfère aux héritiers, il n’est qu’en application d’une procédure
compliqué qui s’appuie sur des conditions parfois ambigües4.

6. La conformité religieuse des produits alternatifs :

La commercialisation de ces produits est une réponse économique ainsi que politique
aux attentes de plusieurs composantes de la société marocaine, cette dernière qui naturellement
sensible à tous ce qui est lier a la religion. La Concepción de ce produit est fondée pour le but
de permettre à une grande partie de la société marocaine d’accéder au financement bancaire en
toute conformité à leurs convictions religieuses. En revanche, de ce constat, les produits réputés
alternatifs sont fondes essentiellement pour éviter la riba ou le taux d’intérêt interdit par la
religion. Une grande problématique se pose envers l’appellation de ces produits.

7. L’exclusion de la micro-finance dans le monde rural :

Sachant que la mission principale des établissements de micro-crédit est d’améliorer la


situation de la population la plus défavorisé surtout pour la population vulgarisé. Pourtant, les
associations du micro-crédit ont comme but le financement des petits projets dont l’impact
socio-économique est remarquable. Or la BAM, a limite le champ de travail de ces associations
dans la promotion de certains de caractère sociale, en imposant un guide du secteur régis par la
loi n°58-03145. Malgré leurs performances et leurs succès surtout dans les années de lancement
résultats enregistrés. Les associations de micro finances ne sont pas autoriser à commercialiser
les produits alternatifs, ce qui en résulte l’exclusion de du monde rural de ce mode de
financement. Alors que la population est la partie la plus concernés par ce mode tante que elle
très sensible à la question religieuse, ainsi qu’il nécessite un accompagnement financier, surtout
avec la mise en œuvre des plan Maroc vert visant la valorisation et la modernisation de
l’agriculture marocaine.

8. La cherté des produits alternatifs :

Certes que le système bancaire marocain est l’un des systèmes bancaires les plus
développé en Afrique, mais il est réputé comme le plus cher dans toute la région de MENA, En
effet les services bancaires sont facturer a des prix assez cher par rapport au prix des mêmes

4 15
Les conditions internes et au contraires du produit classique.
services dans les autres pays Arabes. Outre, le cout des crédits octroyer par les banques
conventionnelles marocaines est souvent cher, en effet le taux n’a jamais baisser de moins de
4%. Contemporains.

A l’arrivée des produit alternatifs, les quatre banques opèrent dans le nouveau niche ont
appliqué la même politique, surtout que la marge(le profit de la banque) est fixe librement par
la banque elle-même. Depuis, le premier jour de la commercialisation de ces produits, les clients
ont révélé une cherté énorme.

V. Gestion des risques :

La gestion des risques est devenue une fonction centrale et transversale dans les
institutions financières, y compris islamiques.

Pourquoi?

 Les banques, islamiques ou non, sont des machines spécialisées dans le traitement et la
transformation des risques;
 Ces risques sont plus divers, plus complexes et plus interdépendants que jamais; les
crises sont plus soudaines, plus nombreuses, et plus intenses;
 Gérer les risques, c’est à la fois les définir, les identifier, les mesurer, les tarifer, et in
fine tantôt les assumer, tantôt les réduire avec des outils adéquats, mais c’est aussi une
culture organisationnelle, et un instrument de différenciation stratégique

La gestion des risques est devenue une fonction centrale et transversale dans les institutions
financière. Les institutions financières islamiques ne font pas exception.

En effet, non seulement les banques islamiques se trouvent sujettes aux mêmes catégories
de risques que leurs consœurs conventionnelles, mais de surcroît elles font face à une série de
risques spécifiques à leur nature.

L’enchevêtrement des risques d’actifs dans les banques islamiques :

 Les contrats financiers islamiques concentrent des catégories de risques différentes :

Il est souvent difficile de faire la part des différentes classes de risques dans un contrat de
financement ou d’investissement islamique.

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Exemples: dans les contrats d’ijara, de murabaha, d’istisna’, les risques de rédits et de marché
sont enchevêtrés; les risques de documentation ne sont pas négligeables. Dans les mudharaba
et les musharaka, la frontière est ténue entre risques de participation et risquesde financement.

 Les banques islamiques gèrent des risques de contrepartie, mais aussi des risques de
valeur résiduelle des biens financés, ainsi que des risques de portage d’actifs sur leur
bilan en cas de non-dénouement des opérations de crédit.
 La comptabilité des banques islamiques ne permet que difficilement, à elle seule,
d’identifier et de séparer les classes de risques assumées.
 Les risques opérationnels, juridiques et d’exécution sont nombreux :

On reproche souvent aux banques islamiques la lourdeur de leurs procédures


administratives et leur manque de flexibilité opérationnelle.

Comme on l’a vu, la multiplication des transactions d’achat, de vente et de location


accumule les risques de documentation.

 Les risques opérationnels s’en trouvent augmentés, d’autant plus qu’ils sont nourris par
les risques juridiques qui découlent de l’inflation contractuelle.
 De surcroît, les risques d’exécution des contrats sont plus élevés que pour de simple
opération de débours de liquidité.
 Enfin, les effets de viscosité organisationnelle induits par d’insuffisante de flexibilité
des processus peut dilater le temps de réaction des banques islamiques, qui constitue
aujourd’hui un avantage concurrentiel: les risques stratégiques s’en trouvent accrus
 Allocation d’actifs et gestion de la liquidité: à la fois contraintes et garde-fous :

Toutes les classes d’actifs ne sont pas éligibles à la « Charia compatibilité », ce qui
constitue tantôt une insuffisance, tantôt une chance…

 Une insuffisance: le rétrécissement des classes d’actifs éligibles crée des risques de
concentration; le continuum de liquidité des actifs n’étant pas linéaire, les banques
islamiques ont tendance à être moins liquides, mais plus rentables; la gestion dynamique
des actifs de bilan est (presque) impossible.
 Une chance: par définition, les banques islamiques ne peuvent pas octroyer de crédits
surprime, ni porter des expositions à effets de levier (via un endettement
surdimensionné), ni acquérir de produits structurés risqués, ni investir dans des
instruments ré-packagés manquant de traçabilité.

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Conclusion

Le développement des banques islamiques dites « participatives » au Maroc, permettra


d’augmenter le taux de bancarisation, d’attirer et d’accompagner l’investissement au Maroc et
de participer au développement du marché financier marocain. Le développement de la finance
islamique d’une manière générale présente un moyen additionnel pour le financement
économique surtout en période de crises. Cependant, et comme tout secteur naissant, ce secteur
devrait relever plusieurs défis afin de pouvoir prendre sa place dans l’économie nationale. Il
faut mettre en place un cadre juridique, fiscale et réglementaire approprié, un Chariaa Bord et
surtout la formation des ressources humaines qualifiées. Saadallah (2013) conclut que la finance
islamique offre de multiples avantages qui stimulent ensemble un développement stable et que
le fort potentiel de développement que renferme le modèle de la finance islamique mérite d’être
pleinement mobilisé.
Toutefois, il y a lieu de se demander sur le fonctionnement du système économique dans
le cadre de la cohabitation des deux systèmes bancaires « conventionnel » et « participatif »
dans une économie à population musulmane. Les banques islamiques sont soumise à la fois à
des règles de gouvernance du droit islamique, du droit international (normes comptables et
prudentielles) et des règles de la gouvernance partenariale.

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