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L e t e m p l e d ’a c c u e il

DU COMPLEXE FUNÉRAIRE
DU ROI OUNAS
Audran LABROUSSE et Ahmed M. M OUSSA

L e TEMPLE D’ACCUEIL
DU COMPLEXE FUNÉRAIRE
DU ROI OUNAS

IN STITU T F R A N Ç A IS D 'A R C H É O L O G IE O R IE N T A LE
Bibliothèque d ' étude 111 - 1996
û f i ï W

© INSTITUT FRANÇAIS D’ARCHÉOLOGIE ORIENTALE, LE CAIRE, 1996.


ISBN 2-7247-0168-2
ISSN 0259-3823
PRÉFACE

1 armi les fouilles que l ’Organisation des antiquités


de l ’Égypte (OAE) mène sur le plateau de Saqqara se distinguent celles du temple
d ’accueil d ’Ounas, le dernier pharaon de la V dynastie; l ’étude et la publication
de ces ruines étaient depuis longtemps attendues. Après une suite de dégagements
commencés dès 1937, M . le directeur général Ahmed M. Moussa y a mené une
série d ’enquêtes au cours des deux dernières décennies.
Dans le complexe funéraire d ’Ounas lui-même, le temple haut a été en 1977
l ’objet d ’un volume publié en commun par Audran Labrousse, Jean-Philippe Lauer
et moi-même. En complément à celui-ci, on trouvera dans le présent ouvrage une
perspective axonométrique, qui au temple haut ajoute d ’ailleurs, dans leur position
réciproque, les appartements funéraires de la pyramide.
Par contraste avec les temples hauts, les temples bas ou temples d ’accueil
de l ’Ancien Empire demeurent particulièrement mal connus. Pour la vingtaine de
souverains qui ont régné de la IV e à la VIe dynastie, nous ne connaissons cet
élément du complexe funéraire que pour cinq d ’entre eux. Les plus célèbres et les
mieux conservés sont, à Gîza, ceux de Khéphren et de M ykérinos, publiés
respectivement par Uvo Hölscher en 1912 et par George A. Reisner en 1931.
Cependant, c ’est avec les monuments de Néouserrê et Sahourê, plus proches dans
le temps et connus depuis 1907 et 1910-1913 grâce aux publications de Ludwig
Borchardt, que le monument d ’Ounas présente le plus d ’affinités. Bien des chaînons
manquent ensuite pour parvenir au dernier exemple de la série, celui de Pépi II,
publié par Gustave Jéquier en 1940.
On n ’a pas encore entièrement élucidé la fonction précise du temple d ’accueil
qui jouait un rôle essentiel lors des funérailles, puis continuait à être en usage
pour le culte funéraire : tente de purification, salle d ’embaumement, chapelle de
l ’ouverture de la bouche; lieu d ’actions effectives ou symboliques, le temple
d ’accueil, point de passage obligé, s ’est prêté selon les auteurs à bien des
interprétations diverses.
- 2 -

Entre M . le directeur général Ahmed M . Moussa, actuellement chef du cabinet


du président de l ’Organisation des antiquités de l ’Égypte, et Audran Labrousse,
directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique, la colla­
boration s ’est avérée exemplaire. Aboutissement d ’un travail d ’équipe exception­
nellement bien réussi, ces enquêtes ont bénéficié de l ’appui sans défaut du président
de l ’Organisation des antiquités de l ’E gypte, le Dr Mohammed I. Bakr, du
directeur général le D' Salah el-Naggar, et du D' Zahi Hawass, directeur des
sites de Gîza et Saqqara.
Souhaitons que ce climat d ’amitiés confiantes puisse longtemps se poursuivre
entre Ahmed M. Moussa et Audran Labrousse, pour le plus grand bénéfice d ’une
meilleure connaissance du site essentiel de Saqqara à l ’Ancien Empire, et qu ’en
particulier paraisse bientôt un volume consacré à la fameuse chaussée d ’Ounas.

Paris, le 11 novembre 1992.

Jean L eclant
Secrétaire perpétuel
de l ’Académie des inscriptions et belles-lettres
I. RECHERCHES ET FOUILLES

L e déblaiement du complexe funéraire d ’Ounas


[fig. 1] a commencé avec l’ouverture de sa pyramide le 28 février 1881 *. Puis ce
furent, de 1899 à 1939, les recherches au temple haut12 [fig. 2], de 1937 à 1949
celles de la moitié est de la chaussée 3, avec, en 1937 puis 1949, la découverte de
deux simulacres de barque en pierre k.
La fouille du temple d’accueil et son installation portuaire a connu trois étapes
principales : commencée en 1937-1938 par Sélim Hassan assisté de Zakaria
Ghoneim, elle a été reprise de 1941 à 1949 par Abd el-Salam M. Hussein et
achevée dans sa partie orientale par Ahmed M. Moussa, assisté de Yacoub
Memdouh de 1971 à 1981.
Dans le cadre des publications des complexes funéraires des pyramides à
textes de Saqqara6, des relevés systématiques ont été entrepris de 1986 à 1990
par Ahmed M. Moussa et Audran Labrousse, tant de l ’architecture du temple
d’accueil d ’Ounas que des quelques vestiges de sa décoration sculptée.

1. Nous avons retrouvé l ’inscription 4. Ibid., p. 10. Le relevé des deux barques
«ouverte par Maspero le 28 février 1881» a été effectué par Salah cI-N ag g a r : cf.
inscrite au crayon au sommet de la paroi G. G oyon , « Les navires de transport
est de la glissière de la herse nord, d ’Ounas», BIFAO 69, 1971, p. 36-37, pl. IL
cf. G. M aspero, RecTrav III, 1882, p. 177, 5. Sur la publication des temples hauts,
repris dans id., Les inscriptions des pyramides voir J.-Ph. L auer , J. L eclant , Le temple
de Saqqarah, Paris, 1894, p. 1. haut du complexe funéraire du roi Téti, 1972;
Ç j A. L abrousse, J.-Ph. L auer , J. L eclant , A. L abrousse, J.-Ph. L auer , J. L eclant ,
Le temple haut du complexe funéraire du roi Ounas, 1977. Sur l’étude architecturale des
Ounas, Le Caire, 1977, p. 1-9. pyramides à textes, voir A. L abrousse, thèse
3. Ibid., p. 9. de doctorat en cours de publication.
- 4 -

A. DÉBLAIEMENTS DE SÉLIM HASSAN EN 1937-1938.

Avant les fouilles, comme en témoigne la carte du Survey Department of Egypt


de 1914 [fig. 3 ] 6, rien n ’indiquait topographiquement l ’emplacement du temple
d ’accueil d ’Ounas. Seul un vaste marécage résiduel, coupé en deux par la digue
d’accès au site de Saqqara, pouvait suggérer la présence d ’un port funéraire
avec deux bassins nord et sud. Aussi ce n ’est qu’en suivant la pente de la chaussée
depuis la porte d’entrée du temple haut, d ’abord dégagée dans sa partie ouest
sur 250 m de longueur puis reconnue dans sa partie est par des traces
encore visibles sur le terrain, que Sélim Hassan, assisté de Zakaria Ghoneim,
put identifier au niveau de la vallée les premiers éléments du port.
Il s’agissait du mur nord du bassin nord, reconnu en partie haute sur
100 m de longueur, et de son retour ouest dégagé entre 40 et plus de
50 m 7. Les travaux s’arrêtèrent avant que le temple d ’accueil ait pu être
reconnu 8.

B. DÉBLAIEMENTS DE ABD EL-SALAM M. HUSSEIN DE 1941 À 1949.

Chargé par Étienne Drioton en 1941 de localiser le temple d ’accueil,


Abd el-Salam M. Hussein commença par préciser, grâce à trois sondages, la
moitié est de la chaussée. Son point de départ, à la jonction avec le temple
d ’accueil, enfoui sous une grande quantité de déblais, ne put cependant être
identifié. La poursuite des fouilles permit toutefois de préciser l’élévation du mur

6. Survey Department, Atlas o f Egypt I, réensablement du mur et dans son plan


Lower Egypt, pl. 93, Gîza Pyramids. (pl. XXXII) n ’en dessinera plus que
7. AÀA I, 1938, p. 182; Sélim H assan, 89 m. En 1986, la partie est du mur
« Saqqarah, Fouilles du Service des nord était depuis longtemps recouverte
Antiquités, 1937-1938, III : Le temple de la par une route asphaltée. Nous n ’avons pu
vallée », CdE XIII, 1938, p. 283 (100 m et l ’étudier que sur 52 m. La longueur totale
plus de 40 m); id., « Excavations at Saqqara du mur ouest (ibid.), 40 m et plus de 50 m,
(1937-1938), III : The Valley Temple », ne sera atteinte qu’autour de 1949 par
ASAE XXXVIII, 1938, p. 520-521 (100 m et Abd el-Salam M. H ussein . Elle est de
plus de 50 m). L ’indication des 100 m du 66,02 m (126 coudées).
mur nord est importante; en effet, plus 8. É. D rioton , « Fouilles sur la chaussée
tard, en 1943, Abd el-Salam M. H ussein d ’Ounas (1941-1943) », ASAE XLIII, 1943,
(« Fouilles sur la chaussée d ’Ounas », p. 439.
ASAE XLIII, 1943, p. 441) constatera un
Fig. 1. Plan de situation du complexe du roi Ounas (éch. 1/5 000).
Quadrillage, coordonnées et lignes de niveau: carte CONSORTIUM SFG/IGN-FRANCE, 1978.
Fig. 2. Plan d’ensemble de la pyramide et du temple haut (éch. 1/1 000).
Source : L abrousse , Lauer , Leclant , Ounas, fig. 3.
Fig. 3. Le site du temple d’accueil en 1906.
Carte: II Survey Department, Atlas of Egypt I, Lower Egypt, pi. 93, Giza Pyramids. Le Caire, 1914 (ech. 50 000).
- 8 -

nord du bassin nord du port funéraire 9, puis de découvrir enfin le portique sud
du temps d ’accueil avec sa colonne ouest, brisée mais complète, gravée au nom
d ’Ounas ,0. Cette découverte sera alors quelque peu éclipsée par celle du
sarcophage et de deux canopes du prince, fils de roi, Ptahchepsès, identifié
par la boucle de la ceinture en or qui ornait sa momie ". Les travaux de

9. Abd el-Salam M. H ussein, ASAE 11. É. D rioton, BIE XXVI, 1943-1944,


XLIII, p. 439-442 et pl. XXVII1-XXXII. La p. 81-90, fig. 3-7; Zaky I skandar «Liquid
relation du bassin et de la chaussée apparaît found in the Sarcophagus of Pth-$pss,
pl. XXXI; plan et élévation de l’angle Saqqara», ASAE XLVI, 1944, p. 259-262 ;
nord-ouest du bassin : pl. XXXII; pho­ G. B runton, « The Burial of Prince
tographie d ’une partie du mur nord : Ptah-Shepses at Saqqara », ASAE XLV1I,
pl. XXIX B, sondage n° 4; vue générale : 1947, p. 125-133, p. xv; E. D erry, «The
pl. XXX. Selon Abd el-Salam M. H ussein, Bones of Prince Ptah-Shepses », ASAE XLVII,
le mur (de quai) nord, qui subsiste sur neuf 1947, p. 139-140, pl. XV-XVIII; A.M.
assises en élévation, commence à la cote Donadoni-RovERi, I Sarcofagt egizi dalle
18,52 m. Cette cote pourrait être celle du origini alia fine dell’ Antico Regno, Rome,
quai. Le mur du quai est dit reposer sur 1969, p. 130, B 52. Dimensions externes
plusieurs assises de fondation commen­ du sarcophage : 2,28 m x 0,865 m x 0,63 m
çant à la cote 16,42 m. Il y aurait donc + 0,125 m (couvercle); PM III/2, p. 645.
2,10 m de fondation, soit quatre assises J.-Ph. L auer, Saqqarah, la nécropole royale
de 1 coudée que l’on pourrait décomposer de Memphis, Paris, 1977, p. 152, a vu dans
en une assise de dallage du quai et trois Ptahchepsès «probablement un fils d ’Ounas,
assises de fondation. Le niveau de l ’eau dont le mastaba voisin aurait été profané, et
alors repéré à la cote 17,80 m se trouve dont le sarcophage aurait été placé en lieu
donc à 0,72 m en deçà du quai. Nos cotes, sûr par les prêtres du culte funéraire de ce
reprises depuis le seuil de la porte du roi, dans l’une des salles du temple bas,
temple haut (55,36), étant à 0,33 m plus jusqu’à ce que le monument eût pu être
bas que celles de Abd el-Salam M. H ussein, restauré ». Cette hypothèse a été combattue
il y a lieu de restituer le quai du mur nord par A. D odson, « On the Burial of Prince
à la cote 18,19 m. Le niveau des eaux Ptah-Shepses», GôttMisc 129, 1992, p. 49-51,
d'infiltration relevé le 19 avril 1986 indiquait qui verrait plutôt en Ptahchepsès un
la cote 17,47 m : il semble que la nappe descendant de Pépi II pour lequel on aurait
phréatique soit remarquablement stable. (ré)utilisé un sarcophage de la fin de la IVe
10. É. D rioton, « La ceinture en or dynastie, installé dans le temple d ’accueil
récemment découverte à Sakkarah (Note d ’Ounas à l ’époque troublée de la Première
préliminaire)», BIE XXVI, 1943-1944, Période intermédiaire. Si É. D rioton (BIE
p. 80-81, fig. 1 : plan du portique sud avec XXVI, 1943-1944, p. 81) est avare de
ses deux colonnes, sa terrasse et sa rampe renseignements concernant le lieu de la
d ’accès et d ’une partie du mur ouest du trouvaille (« sur le dallage de la terrasse
bassin attenant; fig. 2 : photo de l ’angle ainsi mise au jour [...] près d ’un segment
sud-ouest du palier de la rampe, derrière le de muraille (le soubassement sud du temple)
mur ouest du bassin; M.A. R aslan, dont il ne subsiste que l’arasement »),
« Academie and Applied Paper on the History Abd el-Salam M. H ussein (ASAE XLIII,
of Architecture », ASAE LXI, 1973, 1943, fig. 1) représente le sarcophage in situ.
fig. 10 (a) pour la colonne ouest du portique L ’échelle est malheureusement assez petite
sud au moment de la découverte. (1/50 000 environ). Le sarcophage était
9 -

Abd el-Salam M. Hussein se poursuivront jusqu’en 1949 avec la découverte


de la partie ouest de la digue qui sépare les deux bassins nord et sud du port funé­
raire, puis de la rampe du portique nord avec le quai ouest du bassin nord 12.

C. DÉBLAIEMENTS DE AHMED M. MOUSSA DE 1971 À 1981.

Pendant dix ans, Ahmed M. Moussa, avec la collaboration de l ’architecte


en chef Yacoub Memdouh, allait peu à peu dégager toute la partie orientale
du temple de la vallée [fig. 4 ] 1S.
Les fouilles commencèrent par la recherche du départ de la chaussée 14, puis
s’étendirent à la digue 15 et au portique nord 16. La découverte du portique est
avec sa rampe d ’accès 17 et les salles dallées d ’albâtre qui lui succèdent à l’ouest18

disposé approximativement dans le massif (vraisemblablement 1949) : fig. 1. C ’est à ce


est du portique est du temple d ’accueil moment qu’est redressée par M.A. R aslan
[fig. 33-34]. Cela pourrait indiquer un couloir et Yacoub M emdouh la colonne ouest du
interne à ce massif conduisant à un escalier portique sud : fig. 10 (a-f).
desservant les terrasses. La destruction du 13. J. L eclant, Orientalia 41,1972, p. 255;
dallage à cet endroit, dans l ’intention de 42, 1973, p. 401; 43, 1974, p. 181; 44, 1975,
recueillir des outils en cuivre conservés dans p. 181; 46, 1977, p. 241; 47, 1978, p. 277;
une fissure, ne permet plus de vérifier cette 49, 1980, p. 364-365; 51, 1982, p. 65.
hypothèse. Seul subsiste le témoignage de 14. Id., Orientalia 41, 1972, p. 255.
« Saqqarah, Fouilles du Service des Antiquités 15. Id., Orientalia 42, 1973, p. 401; Ahmed
(1943) », CdE XX, 1945, p. 82 : « Dans M. M oussa, « Excavation in the Valley
l’une de ces chambres en ruine, on a trouvé, Temple of King Unas at Saqqara », ASAE
posé à sa place antique sur le dallage de LXIV, 1981, pi. II, a; id., «Excavation in
calcaire, un beau sarcophage en schiste vert the Valley Temple of King Unas at
veiné de blanc », et de G. Brunton, op. cit., : Saqqara (II)», ASAE LXX, 1985, pi. I; 6.
« The tools where, so I am told, in a crack
16. Ahmed M. M oussa, ASAE LXIV,
between the paving stones underneath the
1981, pi. I, b, au premier plan : base est du
sarcophagus. »
portique nord; plus loin : le linteau de sa
12. Plan de l ’état en 1949, dressé en 1970
porte basculé sur le sol.
par M.A. R aslan, ASAE LXI, 1973, fig. 2;
le relevé étant au 1/20 000 sur l’échelle, 17. J. L eclant, Orientalia 47, 1978, p. 277;
lire 100 m au lieu de 1000 m; la digue Ahmed M. M oussa, ASAE LXIV, 1981,
semble se retourner vers le nord à 40 m pi. II; 6, III; a.
du mur ouest du bassin sud, mais il 18. J. L eclant, Orientalia 49,1980, p. 364-
doit s’agir du bord de fouille. Photographies 365; Ahmed M. M oussa, ASAE LXIV,
de la digue (1970) : fig. 10 (f); rampe du 1981, pi. III, b.
portique nord et quai ouest du bassin nord
Fig. 4. Le site du temple d’accueil en 1978. Carte: CONSORTIUM SFG/IGN-FRANCE (éch. 1/5 000).
- 11

permit enfin de restituer le plan du temple dans sa moitié e s t19. Parallèlement


aux fouilles, une campagne de restauration fut entreprise, comportant la
réédification de la colonne est du portique sud : la base et une partie du
chapiteau, seules conservées, furent ainsi reliés par un fût moderne20.

D. RELEVÉS ET ÉTUDES PAR AHMED M. MOUSSA ET AUDRAN


LABROUSSE DEPUIS 1986.

À la suite de la publication par Ahmed M. Moussa et Hartwig Altenmüller


de documents provenant du temple d ’accueil et de ses alentours, qui témoignent
d’une persistance du culte du roi Ounas à la XIIe dynastie21, il apparut nécessaire
de publier le temple lui-même. En 1986 et 1987, le relevé du plan [fig. 5], puis
des élévations des parties fouillées22, fut effectué, grâce à un nettoyage général,
par A. Labrousse qui, de 1988 à 1992, a copié les blocs de décoration conservés
sur place ou dans les réserves de Saqqara 23.

19. Plan schématique par G. G oyon, 21. Ahmed M. M oussa, « A Stela from
«Les ports des pyramides et le grand canal Saqqara of a Family Devoted to the Cult
de Memphis», RdE 23, 1971, fig. 3; Salah of King Unis», M DAIK 27, 1971, p. 80-84;
el-NAGGAR, « Étude préliminaire du plan du Ahmed M. M oussa, H. A ltenmüller , « Ein
tombeau de Boccoris à Saqqara», EVO I, Denkmal zum Kult des König Unas am
1978, p. 42, donne les contours du temple Ende der 12. Dynastie», MDAIK 31, 1975,
et la partie ouest du bassin nord, l’intérieur du p. 93-97.
monument n ’étant pas encore dégagé. Le 22. Ahmed M. M oussa, « Le temple d ’ac­
plan schématique de la partie orientale du cueil du roi Ounas », DossArch, 146-147,
temple apparaît d ’une part avec Ahmed 1990, p. 36-37; J. L eclant , Orientalia 58,
M. M oussa, ASAE LXX, 1985, fig. 1, et 1989, p. 360; 59, 1990, p. 361; 60, 1991,
d’autre part, relevé par A. L abrousse, avec p. 186; 61, 1992, p. 244.
Ahmed M. M oussa, ASAE LXIV, 1981, 23. L ’encrage d ’une partie de ces copies
après la p. 77. a été effectué par Mmc E. G haly -M ajerus
20. Ahmed M. M oussa, ASAE LXX, pour les fragments de reliefs et par Mmc
1985, pi. I : restauration de la base; id., I. P ierre pour les inscriptions architecturales
ASAE LXIV, 1981, pi. I a-b, II, III : étapes conservées sur place.
de la restauration complète.
Fig. 5. Plan d’ensemble du temple d’accueil et de l'installation portuaire (éch. 1/1 000).
II. DESCRIPTION ARCHITECTURALE
DU PORT FUNÉRAIRE

C e que nous appelons le temple d ’accueil du complexe


funéraire du roi Ounas est la partie du complexe située au niveau de la vallée
où abordait la dépouille royale. Le temple d ’accueil a donc une fonction plutôt
passagère l, alors que la pyramide et le temple haut, situés sur le plateau de
la nécropole, qui servent respectivement à préserver la momie et à assurer le
culte funéraire du roi, ont une fonction permanente.
Le secteur bas du complexe funéraire comprend deux parties : le port, puis
le temple d’accueil proprement dit, relié par une chaussée ascendante au reste
du complexe [pl. XVI].
Lieu d ’accostage et débarcadère2, le port funéraire devait être rattaché au
canal de Memphis 3, par une dérivation latérale d ’orientation est-ouest. Le plan

1. Le rôle du temple d ’accueil lors des manente comme pourraient en témoigner les
funérailles royales reste assez hypothétique. niches conservées au temple d ’accueil de
B. G rdseloff (Études égyptiennes I, 1941) et Néouserrê, lieu possible d ’un culte de statues
É. D rioton (ASAE XL, 1940, p. 1007-1014), (L. Borchardt, Ne-user-re' I, pl. 5, 28).
semblent y placer la tente de purification (sur 2. C ’est le port qui accueille tout d ’abord
le pavage de la toiture pour B. G rdseloff), le roi défunt sur sa barque funéraire avant
la salle d ’embaumement et la chapelle de l’accostage au temple d ’accueil.
l’ouverture de la bouche. Hypothèses appa­ 3. G. G oyon, RdE 23, 1971, p. 137-153;
remment partagées par P. Barguet (RdE 24, id., Le secret des bâtisseurs des grandes
1972, p. 7-11). Sur l’état actuel de la question pyramides, Khéops, Paris, 1977, p. 131-135,
des trois cérémonies, réelles ou symboliques, fig. 41. L ’existence du canal de Memphis a
cf. I.E.S. E dwards, The Pyramids of Egypt, été mise en doute par K.W. B utzer , Early
Londres, 1985, p. 136-138. Il ne faudrait pas Hydraulic Civilization in Egypt, Chicago,
oublier cependant que le temple d ’accueil 1976, p. 46, n. 2, qui admet cependant des
pouvait avoir également une fonction per­ canaux transversaux à travers la plaine.
- 14 -

d’eau du port, avec ses deux bassins d ’orientation nord-sud, offrait alors avec
l’arrivée du canal de dérivation l’image d ’un T 7'.
La plus grande partie du port est toujours sous les déblais; les éléments
dégagés permettent cependant de restituer un bassin nord et un bassin sud
séparés par une digue.

A. LE BASSIN NORD [pl. XVI].

Trois de ses côtés sont dégagés en partie haute : les murs des quais nord et
ouest, ainsi que la digue sud.

1. LE MUR D U QUAI NORD [pl. X V I]45

Il est visible actuellement sur une longueur de 52 m 6. Ses assises ont


1 coudée de haut. En 1943, neuf assises de son élévation étaient dégagées
au-dessus de ses fondations7, situées à 6 coudées au-dessous des dallages
du temple d’accueil8. Par analogie avec la restitution du mur du quai ouest,
on peut rétablir son chemin de ronde à 6 coudées également au-dessus des
dallages du temple. Sa hauteur totale, sans compter le parapet, aurait donc
été de 12 coudées (6,29 m). Ses deux parements sont talutés à 6 gr; son
épaisseur à mi-hauteur est de 2,62 m (5 coudées).

2. LE MUR DU QUAI OUEST [pl. XVT]

Il mesure à mi-hauteur 66,02 m (126 coudées) de longueur, depuis l ’angle


nord-ouest du bassin jusqu’au temple d ’accueil. Sa base est aujourd’hui réensablée.
Cependant, vers la fin des années quarante, on pouvait voir encore à son pied

4. C ’est ainsi que É. D rioton, ASAE XL, 6. En 1937, Sélim H assan (CdE XIII, 1938,
1940, p. 1011, interprète le déterminatif qui p. 283; id„ ASAE XXXVIII, 1938, p. 520-
accompagne parfois la tente de purification- 521; id„ AÂA I, 1938, p. 182) l’avait dé­
jbw qui sert aux funérailles; sur le schéma gagé sur une longueur de 100 m. En 1943,
en T : J.-Cl. G oyon, « Transports par voie Abd el-Salam M. H ussein, ASAE XLIII,
d ’eau et organisation étatique dans la vallée 1943, pl. XXIII, lui attribuera 89 m.
du Nil à l ’époque pharaonique», TMO 11, 7. Abd el-Salam M. H ussein , ibid., p. 441.
1986, p. 55, fig. 1. 8. Voir notre calcul p. 8, n. 9. La cote
5. Abd el-Salam M. H ussein, A S A E X U U , du dallage du temple d ’accueil est à 21,35 m.
1943, pl. XXIX B, XXX. Voir p. 12.
15 -

deux quais de longueur différente sépares par une cale 9 perpendiculaire au centre
du mur101. Le quai, au sud de la cale, se prolongeant par une rampe de la façade
latérale sud du temple, devait mesurer comme elle 4 coudées de largeur.
Le quai au nord de la face pouvait avoir une largeur double. La cote exacte
des quais reste inconnue.
Le sommet du mur du quai est détruit. Son épaisseur au niveau des dal­
lages du temple d’accueil est de 2,62 m (5 coudées). Ses deux parements
sont talutés à 6 gr. Les assises mesurent 1 coudée de hauteur.
L’angle nord-ouest des deux murs du bassin, bien conservé, montre que les
appareils respectifs sont liés n .

3. RESTITUTION DU CHEMIN DE RONDE DES MURS DU QUAI [fig. 6].

À l’exception de la coupure du canal latéral et du temple d ’accueil, les murs


de quai devaient entourer tout le port en l’isolant de la plaine; un chemin de
ronde devait donc être nécessaire pour surveiller les mouvements des bateaux.
On peut avoir une indication de sa hauteur aux points de contact avec le
temple d’accueil. En effet, si le chemin de ronde communiquait avec les terrasses
des toitures du temple, ce ne pouvait être qu’à travers les massifs ouest des
façades latérales nord et sud [fig. 7]. La porte percée dans chacun de ces massifs
devait avoir au moins 4 coudées (2,10 m) de hauteur. Avec un linteau
situé directement sous la corniche des façades latérales, son seuil se retrouve
à 6 coudées (3,14 m) au-dessus des dallages du temple [fig. 6]. En comparant
les murs du quai nord et est, on obtient ainsi une hauteur de 12 coudées
entre le quai et le chemin de ronde. Le mur ayant vraisemblablement été à
l’origine dessiné en plan (avec une épaisseur de 5 coudées) au niveau des dallages
du temple, on a pu, en effet, lui attribuer en élévation, de part et d’autre du
plan de base, un même nombre de six assises.

9. Cale : « Plan incliné permettant de 1943, p. 442, indique : « Depuis son point
hisser hors de l ’eau un bateau que l ’on doit d ’intersection avec l ’autre mur perpendicu­
réparer, ou de mettre à l’eau un bateau que laire, le mur nord-sud est doublé sur sa
l’on vient de réparer ou de construire», face ouest par un contrefort en moellons,
Voc. de l ’Arch., p. 176. de 1,80m d ’épaisseur, auquel s’appuie, comme
10. M.A. R aslan , ASAE LXI, 1973, un arc-boutant, un autre contrefort en bri­
fig. 1-2; on pourrait deviner (fig. 1) des jam­ ques crues de moitié moins large. C’est
bages de portes appuyées contre le mur du peut-être là un dispositif pour garantir
quai, correspondants peut-être à des vestiges la muraille des chutes d'eau tombant de la
d’entrepôts. montagne (du plateau) pendant les orages. »
11. Abd el-Salam M. H ussein , A SA E XLIU, Plan et coupe du dispositif pl. XXXII.
Fig. 6. Elévation de la façade nord et coupe est-ouest sur le mur de quai nord (éch. 1/2001
Ouest

10 20 M
- 18 -

Le chemin de ronde devait être bordé d’un parapet. La largeur du sommet


des murs restitués est de 4 coudées (2,10 m). On peut supposer du côté
extérieur un parapet, arrondi au sommet, d’une largeur et d ’une hauteur de
2 coudées, laissant un passage utile de 2 coudées. Cette restitution s’inspire
de celles des murs d’enceinte des pyramides12. On pourrait cependant
éventuellement imaginer deux parapets plus petits, du type de ceux des terrasses
du temple 13.

4. LA DIGUE SUD [pl. XVI]

D ’orientation est-ouest, elle est dégagée sur une longueur de 36,10 m


depuis la terrasse de la façade latérale sud 14. Sa base reste à fouiller, son sommet
est détruit. Les assises mesurent 1 coudée de hauteur. Du côté nord, trois
assises sont visibles au-dessous de quatre assises détruites; leur fruit est de 11 gr.
Du côté sud, une assise est visible au-dessous de cinq assises détruites; son
fruit est de 6 gr. Ces vestiges permettent de restituer le sommet de la digue,
à la cote des dallages du temple, avec une épaisseur hors tout de 5 coudées
(2,62 m). Le passage utile entre les parapets devait être de 4 coudées (2,10 m),
les parapets étant construits en prolongement de ceux de la terrasse de la
façade sud 15.

B. LE BASSIN SUD [pl. XVI].

Seuls ses côtés nord et ouest sont partiellement fouillés. Au nord, il est limité
par la digue précédemment décrite. À l’ouest, le mur de quai n’est visible que
sur une longueur de 9,50 m depuis la façade latérale sud. Il est décalé de 1 cou­
dée vers l ’ouest par rapport au mur du quai ouest du bassin nord, avec un
fruit plus fort (11 gr au lieu de 6 gr). Deux assises subsistent au-dessus du
niveau du dallage du temple. Il devait, sans doute, en posséder six au niveau
du chemin de ronde, comme pour les murs de quai du bassin nord.

12. J.-Ph. Lauer, J. Leclant, Téti, p. 42, 14. Ahmed M. Moussa, A SAE LXIV,
pl. XXXVII. 1981, pl. II a.
13. Cf. infra, p. 31, fig. 31. 15. Cf. infra, p. 45.
19 -

C. ESSAI DE RESTITUTION DU PORT FUNÉRAIRE.

1. RESTITUTION DES DEUX BASSINS [fig. 8 à 10]

La dimension nord-sud du bassin nord est de 115,26 m (220 coudées)


[fig. 9]. Sa dimension est-ouest semble avoir été d ’au moins 100 m 16, soit
190 coudées (99,56 m). Dans cette hypothèse, le bassin entouré de ses murs
de 5 coudées de largeur aurait mesuré 225 coudées du nord au sud et 200
coudées d’est en ouest. Le mur nord du bassin nord est à 91,90 m (175 coudées)
de l’axe est-ouest du temple d ’accueil, qui devait situer la limite symbolique
du domaine du nord.
En appliquant cette même longueur de 175 coudées pour la dimension
nord-sud du bassin du sud 17, on obtient pour l ’ensemble des deux bassins
une longueur nord-sud de 400 coudées et une largeur est-ouest de 200 coudées
[fig. 9 ] 18*. Cette proportion de 1/2, soit deux carrés juxtaposés, se retrouve
dans le temple d ’accueil lft.
En avril 1989, une rapide prospection électromagnétique entreprise grâce au
mécénat technologique de E D F 20 a tenté de mieux définir ces hypothèses [fig. 10].
Le mur sud du bassin sud a pu être repéré entre 85 m et 91 m depuis la digue
sud, ce qui correspondrait bien à une longueur de plan d’eau de 165 coudées
(86,46 m augmentée d ’un mur de 5 coudées soit 170 coudées = 89,08 m). Du
côté est, l’emplacement des fouilles menées par Sélim Hassan ayant été mal­
heureusement mis en culture, la prospection a été plus difficile. Cependant,
à environ 100 m (200 coudées) de l ’angle nord-est du bassin nord, la

16. Sélim H assan, CdE XIII, 1938, p. 283; 19. C’est la proportion du tracé d’implan­
id., ASAE XXXVIII, 1938, p. 520. tation des trois portiques.
17. Dimensions hors tout, y compris 20. Prospection exécutée sous la super­
la digue de 5 coudées de largeur qui, vision de M. Jacques M ontluçon (chargé
aboutissant au portique sud du temple de mission à la Direction des études et
d ’accueil, devait faire partie du domaine du recherches de EDF) par M. Pierre D eletie
sud. (ingénieur-géologue de EDF) et MM. Yves
18. Il subsiste cependant le léger décalage L emoine et Jean-Pierre B aron (Compagnie
de 1 coudée vers l’ouest du mur ouest du de prospection géophysique française) que
bassin sud par rapport au mur équivalent du nous remercions ici pour des recherches
bassin nord. Le fruit des murs, respectivement exécutées dans des conditions particulière­
de 11 et 6 gr, devait accentuer cette différence ment difficiles.
qui reste à expliquer.
Fig. 8. Plan du temple d’accueil et de l’installation portuaire, avec les dimensions principales exprimées en coudt
/

:es (éch. 1/400).


Fig. 9. Proposition de restitution de l’installation portuaire.
Carte CONSORTIUM SFG/IGN-FRANCE, 1978 (éch. 1/2 500). en avril 1989. Carte CONSORTIUM SFG/IGN-FRANCE, 1978
(éch. 1/2 500).
- 22 -

découverte d ’une zone légèrement résistante pourrait indiquer le retour de son


mur est à l ’endroit envisagé. À 50 m plus à l ’est, mais plus proche du canal
de dérivation restitué, une deuxième zone beaucoup plus résistante pourrait
indiquer d ’autres vestiges archéologiques mieux conservés 21.

2. RESTITUTION DU CANAL LATÉRAL [fig. 9]

La digue est-ouest ne saurait indéfiniment cheminer vers l ’est en direction de


la plaine. Atteignant le bord est du bassin sud, elle devait se transformer en
chemin de halage22 le long du canal latéral et atteindre ainsi le canal de
Memphis. La distance de la digue à l ’axe est-ouest du temple d ’accueil étant
de 26,20 m (50 coudées), on pourrait, pour des raisons de symétrie, attribuer
au canal latéral une largeur de 100 coudées (52,40 m) qui le placerait dans l ’axe
du temple d ’accueil.
On obtient ainsi dans l ’hypothèse de cette restitution un port funéraire, orienté
du nord au sud, de proportions simples, soit 400 x 200 coudées, desservi par
un canal orienté d ’est en ouest, large de 100 coudées [fig. 9].
La particularité la plus remarquable de cette installation est la digue qui sépare
les deux bassins. Elle devait nécessairement comporter un p ont23 pour permettre
le passage de l’eau et des bateaux. Le bon état de conservation de sa base
pourrait augurer d ’une découverte intéressante.
En plus d ’une dominance du bassin nord sur le bassin sud (le bassin nord
bénéficie du débouché du canal de dérivation), on peut remarquer également une
hiérarchie dans les accès au temple d ’accueil [pl. XVI], Si la rampe axiale est,
la plus large, semble dévolue au pharaon, la rampe nord avec les quais du bassin
nord paraît avoir la prééminence sur la rampe sud. En effet, la rampe nord
située dans le même bassin que la rampe axiale est, mène directement dans
le hall principal du temple. La rampe sud, isolée par la digue dans le bassin sud,

21. S’il s’agit bien là de vestiges d ’époque 22. G. G oyon, RdE 23, 1971, p. 147-148.
pharaonique, pourrait-on y voir un témoi­ 23., Des petits ponts existent aux môles
gnage de la ville de pyramide, qui devait du temple d ’accueil de Khéphren; cf. ibid.,
nécessairement se situer à proximité du p. 138-142, fig. 1 et 2; E. O tto , LÀ I, 6,
temple d ’accueil (cf. R. S tadelmann, RdE 33, 1974, col. 871-872. Remarquer le mât baissé
1981, p. 73)? du doc. 27, A et B, p. 79.
- 23 -

ne conduit qu’à un hall secondaire qu’il faut traverser pour atteindre le hall
principal. On peut penser que le bassin sud et la digue qui était le seul accès
par voie de terre au temple d ’accueil devaient pouvoir être contrôlés24.

24. Après avoir joué peut-être un rôle bassins par un mur de quai au lieu d ’une
symbolique au moment des funérailles royales, digue. À son extrémité ouest, ce mur de quai
le bassin sud et la digue auraient-ils pu être tournerait vers le nord pour buter contre
ensuite utilisés lors de pèlerinages (J. Y oyotte, le massif est de la façade latérale sud.
«Les pèlerinages dans l’Égypte ancienne», Un parallèle pourrait être trouvé à Sahourê
SourcOr 3, 1960, p. 49-52)? La digue devait (L. Borchardt, Das Grabdenkmal des Königs
certainement être empruntée par les prêtres S ’aïhu-Re' I, pl. 3). Il faut cependant remar­
du culte funéraire qui résidaient dans la quer que les fruits des parois ne participent
«ville de pyramide» située à proximité du pas à la composition d ’ensemble des bassins :
temple d ’accueil. au nord, nous avons 11 gr pour la digue
La destruction du sommet de la digue et 6 gr pour les murs de quai nord et
permettrait, évidemment, de lui substituer un ouest; au sud, 6 gr pour la digue et 11 gr
mur de quai. En effet, la largeur de la digue pour le mur de quai ouest. Enfin, le
au niveau des dallages du temple est de 5 bassin sud étant desservi par le canal situé
coudées comme pour les murs de quai. dans le bassin nord, les bateaux devraient
Le fruit de ses parois, soit 11 gr du côté passer à travers un mur de quai, ce qui est
nord, 6 gr du côté sud, se retrouve délicat. Une digue ménageant un accès par
ailleurs dans le fruit des murs de quai ouest. voie de terre paraît alors préférable.
Il serait donc possible de séparer les deux
гггтттгпнтттгг
III. DESCRIPTION ARCHITECTURALE
D U TEMPLE D ’ACCUEIL

Présentation du program m e [fig. 11 et 12].

Édifié au centre du port funéraire, sur l ’axe est-ouest de la dérivation du canal


de Memphis, le temple d ’accueil est construit en partie saillant sur l ’eau et en
partie sur la nécropole. La moitié lacustre du temple en constitue l ’accès composé
d’une façade principale à l ’est et de façades secondaires au nord et au sud,
donnant toutes sur des halls d ’entrée. La moitié terrestre du temple permettait
l’accueil puis l ’introduction à la chaussée.
N écropole Sud îjc Nécropole Nord
- 26 -

Présentation du p a rti [fig. 12 à 15].

L’étude des vestiges architecturaux, complétée par la redécouverte des tracés


d ’implantation permet de restituer l ’ensemble du monument avec une quasi-
certitude. La composition est centrée et symétrique de part et d ’autre de deux
axes : un axe principal est-ouest et un axe secondaire nord-sud *.

Fig. 13. Tracé d’implantation du bâtiment principal (éch. 1/800).

1. Si l’axe est-ouest, celui de l’accès puis témoignent, à cette époque, les portes sud
de l ’accueil, mène du monde des vivants au et nord du temple d ’accueil de Khéphren
monde des morts, l ’axe sud-nord pourrait (U. H ölscher, Das Grabdenkmal des Königs
joindre les domaines des deux déesses Chephren, p. 16-17, fig. 7-8, pl. VIII).
d ’accueil, Hathor et Bastet, comme en
27 -

Le parti présente un corps de bâtiment principal à portique octostyle en façade


est, flanqué au nord comme au sud d ’ailes latérales secondaires [pl. XVI],
Ces ailes, à portique distyle [pl. I], sont symétriques par rapport à l ’axe
secondaire nord-sud.
Le corps de bâtiment principal [fig. 12 et 13] mesure 72 coudées de longueur
nord-sud sur 60 coudées de largeur est-ouest, soit une proportion de 6 x 5 2.
Il se compose de deux parties [fig. 12 et 14]. À l ’ouest s’étend une série de salles
couvertes occupant toute la longueur disponible : 72 coudées pour une largeur
de 42 coudées, soit une proportion de 12 x 7, ou deux triangles juxtaposés
du nord au sud de proportion 6 x 7 34. À l’est, en avant des salles couvertes,
s’étend la façade principale du bâtiment longue de 72 coudées du nord au sud
et large de 18 coudées d ’est en ouest, soit une proportion de 1 x 4, ou quatre
carrés juxtaposés.
Haut de 19 coudées, le corps de bâtiment principal domine les ailes secon­
daires latérales qui ne mesurent que 13 coudées de hauteur h. La longueur des
façades latérales correspond à la largeur du bâtiment principal [fig. 12 et 15] :
72 coudées, leur largeur est de 7,5 coudées, soit une proportion de 1 x 8 ou
huit carrés juxtaposés d ’est en ouest5.

2. 6 x 5 est la proportion utilisée pour la axonométrique pl. 4. Cette dernière, avec


pente de l’apothème de la pyramide satellite un bâtiment unique, semble cependant
de la pyramide sud de Snéfrou à Dahshour improbable : elle place un mur taluté est
et de la pyramide de Sahourê à Abousir au-dessus des petits portiques latéraux pour
(J.-Ph. L auer , Le mystère des pyramides, rattraper la hauteur du portique principal.
Paris, 1974, p. 342-343; 1988, p. 358-359). Le poids du bourrage destiné à renforcer
3. 6 x 7 est la proportion utilisée pour la le mur taluté repose donc directement sur
pente de l ’arête de la pyramide satellite de la couverture du portique latéral, puis
la pyramide sud de Snéfrou à Dahshour et sur les deux colonnes. Plus tard, au temple
de la pyramide de Sahourê à Abousir (ibid.). d ’accueil de Néouserrê, L. B orchardt ,
4. Cette restitution repose sur la différence Das Grabdenkmal des Königs Ne-user-re' I,
de hauteur des colonnes des corps de pl. 3, 5, 28 résoudra le problème en évidant
bâtiment : 15 coudées pour le bâtiment la maçonnerie au-dessus du portique, avant
principal, 10 coudées pour les ailes latérales. de se résoudre à différencier les corps de
La différence de hauteur des colonnes indi­ bâtiment au temple d ’accueil de Sahourê,
que sans aucun doute celle de la hauteur L. B orchardt , S ’alhu-Re’ I, pl. 3, 8, 16.
des bâtiments. Un bâtiment unique aurait, 5. Il convient de remarquer que les dimen­
en effet, entraîné des colonnes semblables. sions totales du temple, soit 87 coudées
La solution d’Ounas avec une colonnade nord-sud sur 60 coudées est-ouest, ne corres­
principale est, flanquée au nord comme au pondent pas à un rapport simple (29 X 20).
sud de portiques latéraux plus petits, se ren­ Elles ne s’expliquent que par la composition du
contre déjà au temple solaire de Néouserrê : monument, formé d ’un bâtiment principal
F. W. von B issing , L. B orchardt , Das flanqué de bâtiments secondaires latéraux,
Re-Heiligtum des Kônigs Ne-woser-re\ plan tous de proportions simples.
pl. 2, 6, coupes pl. 4 et reconstitution
3
Fig. 14.
Tracé d’implantation du portique
du bâtiment principal (éch. 1/800).
- 29 -

A. LA PARTIE LACUSTRE DU TEMPLE OU L ’ACCÈS 6.

1. LA FAÇADE PRINCIPALE EST [fig. 16]

La façade principale est construite en retrait de 5,25 m (10 coudées) par


rapport au soubassement du temple formant ici une terrasse desservie par une
rampe axiale. Cette façade présente un long avant-corps à portique octostyle
flanqué des retours des façades latérales.

a. Le soubassement principal est [flg. 16].


Si ses angles nord-est et sud-est sont détruits, le soubassement subsiste dans
sa partie centrale de part et d’autre de la rampe axiale et partiellement, en retour,
au nord et au sud. Sa base n ’a pu être dégagée. Son sommet, partout détruit,
peut cependant être restitué au point d ’intersection avec la rampe, à la cote
21,35 m. Les parements sont partout talutés avec un fruit de 18 gr en façade est
et de 11 gr sur les retours nord et sud. Son appareil est en calcaire, les
assises mesurant 1 coudée de hauteur.
En façade, du côté sud de la rampe axiale, quatre assises sont actuellement
visibles au-dessous de trois assises disparues : la longueur maximale conservée
est de 13,90 m au lit d’attente de l ’assise la plus basse. Du côté nord de
la rampe axiale, deux assises sont visibles au-dessous de quatre assises disparues;
la longueur maximale conservée est de 7 m environ au lit d ’attente de
l’assise la plus basse. En retour du côté nord [fig. 6], trois assises sont visibles
au-dessous de quatre assises manquantes; la longueur maximale conservée est
de 9,50 m au lit d ’attente de l ’assise la plus basse, depuis l’angle avec le
soubassement du portique sud.
Toutes les assises sont en parement d ’une épaisseur maximale de 2 coudées
au lit de pose. Ce parement est doublé vers l ’intérieur, à une distance variant
de 1,40 m (façade) à 1,20 m (retour nord), par un massif taluté qui sert
de fondation à l ’ensemble du temple. Ce massif [fig. 11], dont le fruit suit
celui du soubassement (18 gr en façade est, 11 gr pour le retour nord), est
constitué d ’un parement en moellons de calcaire siliceux local grossièrement

6. Dans la description du temple, nous composition (le parti), celle-là primant sur
avons préféré suivre l’architecture par sa celle-ci.
fonction (le programme) plutôt que par sa
Sud

Fig. 16. Élévation de la façade principale est (éch. 1/200)


PRUHRIism mrm

Nord

0 1 10 201
- 31

équarris et liés au mortier de boue. Le remplissage interne est un mélange de


moellons grossiers, chutes de taille et cailloux7. Entre le parement du
soubassement et le massif taluté, des moellons de calcaire siliceux liés à la boue
forment des backing stones. Depuis son angle nord-est, seul visible actuel­
lement, le sommet conservé du massif taluté mesure 12 m du côté est et
5,30 m du côté nord. Son sommet d ’origine devait vraisemblablement
correspondre au sous-dallage du temple.

b. Restitution du soubassement principal est [fig. 8, 11, 16 et 17].


Sa base n ’ayant pas été atteinte, on
ne peut lui restituer qu’un minimum de
sept, assises (3,67 m) de hauteur8. En
revanche, ses dimensions générales, prises
à son sommet, peuvent être rétablies
[fig. 8] : il mesurait 88 coudées (46,11 m)
en façade est et, par suite de la dissy­
métrie des soubassements des portiques
nord et sud, 14 coudées (7,34 m) en
retour nord, 26 coudées (13,62 m) en
retour sud.
De la terrasse qu’il supportait ne sub­
sistent que quelques éléments de dallage
et de sous-dallage en calcaire du côté
Fig. 17. Coupe nord-sud sur le parapet sud. Elle devait être bordée du même
de la rampe est (éch. 1/20). genre de parapet que la rampe axiale est.

c. La rampe principale est.


Construite au centre du soubassement, sur l’axe de symétrie est-ouest du temple,
sa pente est de 13 g r 9; sa largeur hors-tout est de 4,19 m (8 coudées), la
largeur utile, entre parapets, étant de 3,14 m (6 coudées) [fig. 8].

7. Ce remplissage s’est progressivement 9. La pente de la rampe équivalente


tassé, sans doute à la suite d ’infiltrations. du temple d ’accueil de Néouserrê est
De nos jours ce tassement, répercuté sur de 1 coudée / 1 palme = 8° = 8,89 gr.
les dallages, atteint 0,59 m dans le hall L. B orchardt , Ne-user-re' I, p. 35;
principal du temple. V. M aragioglio , C. R inaldi, L ’architcttura
8. Le sommet restitué du soubassement est delle piramidi memfite VIII, Rapallo, 1970,
actuellement à 3,88 m au-dessus de l ’eau. p. 36-37.
Une huitième assise, à la base, ne dépasserait
l’eau que de 0,31 m.
3 A
- 32 -

Les murs d ’échiffe1012 sont talutés à 9 gr. Leur appareil est lié en pro­
longement de celui du soubassement. Le départ de la rampe, à l’est, n ’a pu
être atteint; son arrivée à l’ouest est détruite u . Le mur d ’échiffe nord est visible
sur six assises au-dessous d ’une assise manquante au sommet de la pente [pl. II A].
Le mur d ’échiffe sud conserve quatre assises au-dessous de deux assises
manquantes [pl. Il B]. Le sol est fait de grandes dalles de calcaire d’orientation
générale nord-sud.
La rampe est bordée au nord comme au sud par un parapet encastré (de 5 cm
environ) situé à 25 cm des murs d’échiffe [fig. 17, pl. III]. Épais de 39 cm,
sa hauteur au-dessus du dallage est de 50 cm en moyenne (1 coudée). En partie
haute, il présente un arrondi en anse de panier caractéristique de cette partie
du temple ,2. Le parapet est conservé sur une longueur de 10,50 m au nord
(minimum), comme au sud. Le ravalement du dallage exécuté après la pose
du parapet a créé du côté sud-est un petit socle artificiel de 4,5 cm d’épais­
seur maximale.
Actuellement, la rampe ressemble à une cale 13. Pouvait-il cependant y avoir
un débarcadère 14?

d. Le portique principal est [fig. 8, 11, 14, 16, 18 à 21].


Ce portique, avec les deux massifs qui le flanquent, est construit sur l’axe
est-ouest du temple. Il est actuellement détruit jusqu’au niveau du dallage, mais
il subsiste suffisamment d ’indices pour qu’on en tente la restitution.

— L es vestiges du portique [fig. 11].


Sa limite est fournie par le lit d ’attente de la façade principale, visible sur
quelques dalles au sud de la terrasse. Son angle sud-ouest est repérable par une

10. Mur d ’échiffe : « Mur montant de fond, À Ounas, la hauteur de 1 coudée est la
dont le faîte porte la rampe; le mur d'échiffe même que celle relevée aux parapets de
est souvent prolongé au-dessus de la rampe Néouserrê qui sont cependant moins épais
par le garde-corps ». Voc. de l ’Arch., p. 38. (4 palmes = 0,30 m); cf. ibid., p. 35;
11. Ahmed M. M oussa, ASAE LXIV, V. M aragioglio , C. R inaldi, op. cit.,
1981, pl. II b, et III a. p. 36-37.
12. Ailleurs, aux façades latérales nord et 13. Cf. supra, p. 15, note 9.
sud, le sommet du parapet est en demi-cercle. 14. La rampe est, située sur le grand axe
Ces types de parapets arrondis sont différents est-ouest du canal et du temple d ’accueil,
de celui des temples d ’accueil de Sahourê devait en effet permettre l’accostage de la
(L. B orchardt , S ’aihu-Re' I, p. 32, fig. 24) barque funéraire, puis le débarquement du
et Néouserrê (L. B orchardt , Ne-user-re' I, catafalque royal.
pl. 3, 5) qui sont coupés en arc de cercle.
- 33 -

trace de ravalement sur deux pierres de dallage, le mur latéral sud étant de plus
indiqué par l’arrêt de quatre dalles de fondation du massif sud. La distance
entre l’angle sud-ouest du portique et l ’alignement de la façade d ’une part,
l ’axe de symétrie est-ouest du temple d ’autre part, est de 1,43 m (18 coudées).

— R estitution du plan du portique [fig. 8].


Nous possédons suffisamment d’indications pour restituer la moitié sud du
portique. Pour des raisons de symétrie par rapport à l ’axe est-ouest du temple,
on peut lui rendre ses 18,86 m (36 coudées) de longueur totale nord-sud, sa
profondeur au sol est-ouest étant de 9,43 m (18 coudées), soit une proportion
de 1/2 obtenue par la juxtaposition de deux carrés [fig. 14].
Le dallage, conservé partiellement dans l’angle sud-ouest, était en calcaire.

— L es vestiges des colonnes du portique [PI. XVI].


Le couvrement du portique était supporté par huit colonnes. La base de la
colonne sud-ouest est encore en place : elle est constituée par la partie inférieure
d’un chapiteau palmiforme en granit de très grande taille, utilisé ici en réemploi.
Les neuf palmes du chapiteau sont à nervure médiane en relief sans folioles
latérales. Sur le lit d ’attente de la base, les traces du fût d ’une colonne d ’un
diamètre de 1,05 m (2 coudées) sont encore visibles. Elles sont situées à
2,62 m (5 coudées) des traces des parois ouest et sud du portique.
Au pied du soubassement de la façade, devant le portique, quatre fragments
de colonnes en granit ont été retrouvés : au nord, en bas de la rampe, un
fragment de fût (n° 7); plus au sud, contre le mur d ’échiffe de la rampe, un
fragment de chapiteau [pl. IV B] et un fragment de base de fût (n° 6); puis,
contre le soubassement de la façade, la partie supérieure d ’un chapiteau [n° 5,
pl. IV A]. Les fragments du chapiteau sont du type à neuf palmes avec nervure
médiane en relief sans folioles latérales. Ces divers fragments proviennent, sans au­
cun doute, tous du portique, tant en raison de l’emplacement de la découverte qu’à
cause du diamètre des fûts qui est celui des abaques : 1,05 m (2 coudées). Par
commodité d ’étude, nous les avons attribués à la colonne restituée la plus proche.

— Restitution du plan de la colonnade [fig. 8].


À partir de la base sud-ouest in situ, il est facile de replacer, en symétrie par
rapport à l ’axe est-ouest du temple, une colonne distante également de 5 coudées
des parois nord et ouest du portique. L’espace résiduel entre les deux colonnes
ainsi restituées est de 22 coudées, soit trois entrecolonnements de 6 coudées et
deux colonnes de 2 coudées.
La rangée ouest de colonnes se déduit alors de la rangée est en conservant
un entrecolonnement de 6 coudées. Il reste entre la base de la façade et la
rangée de colonnes ouest une distance de 3 coudées.
3 A.
34 -

— Restitution de l ’élévation de la colonnade [fig. 16, 18-21].

Le diamètre des fragments de fût retrouvés, qui correspond au côté de l’abaque


des chapiteaux, est important : 2 coudées (1,05 m) [fig. 18]. Entre les quatre 1516
types de colonnes provenant du complexe funéraire d ’Ounas (cour du temple
h aut1G, portique sud et fragments du portique est du temple d ’accueil) ou
supposés en provenir (Metropolitan Muséum of Art, n° 07 229 2 ) 17, on voit
immédiatement qu’il n ’existe pas de rapport précis entre diamètre et hauteur 18.
En comparant cependant les proportions des différentes colonnes [fig. 19], on
serait tenté d ’attribuer à celles du portique est du temple d ’accueil une hauteur
de 15 coudées. Ce chiffre devient convaincant si on analyse les proportions
du portique sud du temple où pour un entrecolonnement de 4 coudées les
colonnes mesurent 10 coudées de haut. Cette proportion de 2/5 19 appliquée
à l ’entrecolonnement du portique est, qui est de 6 coudées, exige bien des
colonnes de 15 coudées de hauteur.
Ces huit colonnes devaient être les plus grandes jamais taillées20; c’est sans
doute à leur transport et leur arrivée au chantier du temple d’accueil que se
rapportent trois blocs de la chaussée qui figurent des navires de transport venant

15. La colonne de quartzite qui pourrait àS ah o u rê, (L. Borchardt , S ’alhu-Re I, pl.8).
provenir de l ’antichambre carrée du temple 20. Les colonnes du temple de Sahourê
haut est trop fragmentaire pour être utilisée. ne dépassent pas 12 coudées de hauteur.
A. L abrousse , J.-Ph. L auer , J. L eclant , Ibid., p. 43-44, fig. 10, p. 42-48, pl. 9.
Ounas, p. 47, pl. XVII A. Une inscription de la chaussée d ’Ounas
16. Ibid., p. 23-29, fig. 13 et 14, pl. IX-XI. publiée par H.G. F ischer (« Two Tantalizing
17. Ibid., p. 26 et n. 5, p. 27; BMMA Biographical Fragments of Historical
XXXIII/2, 1975, fig. p. 111. Notre dessin de Interest», JEA 61, 1975, p. 33 et note 3)
la colonne reprend un relevé communiqué par signale des colonnes de 20 coudées
Mrae Chr. L iliquist , que nous remercions (10,48 m) de haut. De telles colonnes, égales
pour son aide obligeante. Les deux fragments à celles du grand temple de Tanis, exigent
conservés permettent de restituer avec vrai­ un diamètre et un abaque de 1,43 m /
semblance une colonne de 12 coudées de 1,46 m (P. M ontet , Les nouvelles fouilles
haut. 11 n ’y a pas, dans l ’ensemble du de Tanis (1929-1932), Paris, 1933, p. 64,
complexe funéraire d ’Ounas, d ’emplacement fig. 1). Elles ne peuvent, par conséquent, pas
pour une telle colonne. Pourrait-il s’agir convenir au portique est du temple d ’accueil
d ’une colonne prévue pour la cour du temple d ’Ounas, dont le diamètre des colonnes
haut et abandonnée avant retaille? est de 1,04 m (2 coudées). Le décalage entre
18. Même si les colonnes de la cour du les 20 coudées idéalement proclamées pour
temple haut sont visiblement retaillées. les colonnes de la chaussée et les 15 coudées
19. La proportion est de 1/3 pour la cour de celles exécutées pour le portique, pourrait
du temple haut d ’Ounas, (A. L abrousse , procéder du genre bien connu de l’allégorie
J.-Ph. L auer , J. L eclant , Ounas, p. 24 numérique (M.A. B onhême, L ’art égyptien,
(hauteur) et p. 30 (entrecolonnement), et de 2/4 Paris, 1992, p. 27-28).
9. Comparaison des élévations des colonnes du complexe funéraire (éch. 1/80).

15 COUDEES
8 .M

12 COUDÉES

10 COUDÉES

0
TEMPLE HAUT, Cour METROPOLITAN MUSEUM TEMPLE D'ACCUEIL TEMPLE D'ACCUEIL
(Louvre E 10959) OF ART, n° 07.229.2. P ortique E st P o rtiq ue Sud
Es*

Fig. 20. Coupe sur l’axe est-ouest du temple d’accueil (éch. 1/200)
N03 01 lо

Jsanо 4«Э
- 37 -

d’Assouan, chargés chacun de deux colonnes palmiformes21.


Si on suppose une architrave de section à peu près carrée, surmontée d ’une
corniche de hauteur égale, l’ordre complet du portique est, colonne et entablement,
atteignait 19 coudées (9,96 m) de hauteur, ce qui devait correspondre au sommet
du corps de bâtiment principal [fig. 16]. En arrière de la corniche, les dalles
de couverture devaient avoir 1 coudée d ’épaisseur22, la terrasse du portique
étant alors située à 18 coudées au-dessus des dallages [fig. 20]. Si, en plan, la
proportion du portique est celle de deux carrés juxtaposés du nord au sud, en
élévation, elle correspond donc à la succession de deux cubes.

— Restitution de l ’élévation des m assifs du portique [fig. 14, 16 et 21].


La longueur intérieure du corps de
bâtiment principal (dont la limite nord
est visible sur le terrain par l’arrêt des
dallages) peut être restituée, par sy­
métrie à partir de l ’axe est-ouest du
temple, à 62 coudées. Si l ’on suppose
des murs épais de 5 coudées, ce qui est
un minimum, la largeur extérieure de
l ’avant-corps est atteint 72 coudées. La
façade avec le creux du portique est
(large de 36 coudées et profonde de
18 coudées) libère alors, au nord comme
au sud, des massifs de 18 coudées de côté.
Fig. 21. Profils des stores verticaux de la L’ensemble, portique et massifs, aurait
façade principale est (éch. 1/10). ainsi été implanté à partir de quatre carrés
a. massif nord. b. massif sud.
juxtaposés du nord au sud [fig. 14].

21. J.-Ph. L auer , Le problème des py­ op. cit., p. 33-35, fig. 2 (bloc n° 1);
ramides d ’Égypte, Paris, 1948, p. 98, J.-Ph. L auer , Saqqarah, Paris, 1977, p. 141,
pi. XIII, 2 (bloc n° 2); Sélim H assan, Z À S fig. 125 (bloc n° 2); PM I1I/2, p. 418;
80, 1955, p. 137-138, fig. 1 (bloc n° 1); C. R inaldi, Le Piramide. Un’indagine suite
B. L andstrôm , Ships o f the Pharaohs, New techniche costruttive, Milan, 1983, fig. 86
York, 1970, p. 62 (bloc n° 1); G. G oyon, (bloc n° 2); J.-Ph. L auer , RdE 40, 1989,
BIFAO LXIX, 1971, p. 11-41, pi. Ill (bloc fig. 3 (bloc n° 2); Chr. Z iegler , Catalogue
n° 1), IV (bloc n° 2), V (blocs nos 2 et 3 des stèles, peintures et reliefs égyptiens de
jointifs), pi. VI (reconstitution d ’un navire l'Ancien Empire et de la Première Période
portant des colonnes palmiformes); id., intermédiaire, Paris, 1990, p. 15 (bloc n° 1).
Khéops, Paris, 1977, fig. 38 (bloc n° 1) et 22. La corniche mesurant 2 coudées de
fig. 40 ( = BIFAO LXIX, 1970, pi. IV); hauteur, il subsistait donc du côté des terrasses
J.-Ph. L auer , Le mystère des pyramides, du temple un petit parapet de 1 coudée
Paris, 1974, p. 271, fig. 57; ibid., 2e éd., de haut formé par la partie supérieure de
1988, p. 205, fig. 66 (bloc n° 2) ; H.G. F ischer , la corniche.
- 38

Le fruit des massifs est connu : c ’est celui du mur extérieur du temple repéré
à son point de jonction nord avec le mur du quai, soit 6 gr. Comme
l’indiquent les fragments des tores d ’angle retrouvés à l ’emplacement des massifs
nord et sud [fig. 21, pl. V] et qui mesurent 0,22 m de diamètre2324, les tores
horizontaux, d ’un diamètre égal, devaient être couronnés d ’une corniche à gorge,
le tout totalisant 2 coudées de hauteur2,1. C ’est la hauteur de la corniche
que nous avons restituée au portique. Rien n ’empêche donc de faire filer une
corniche de même épaisseur [fig- 16] sur l ’ensemble de l ’avant-corps est. La
différence de pente entre la corniche des massifs qui devait en épouser le fruit
de 6 gr et celle de la corniche du portique qui est verticale pouvait être
absorbée par le retrait du portique, qui est au sol de 3 coudées et qui devait
être au niveau de la corniche de 1 coudée [fig. 20].

— Restitution de l ’avant-corps est.


La restitution que nous proposons d ’un portique de huit colonnes flanqué
par deux massifs talutés correspond aux usages de la Ve dynastie : c’est un parti
adopté aux temples d ’accueil de Néouserrê et Sahourê. La restitution des parties
hautes rejoint les solutions généralement proposées pour ce type d ’édifice25.

— Restitution des dimensions du corps du bâtim ent principal [fig. 13].


Sa longueur, qui est celle de la façade restituée, est de 72 coudées. Sa largeur
mesurée sur les traces des dalles qui subsistent dans la partie sud est de
31,40 m, soit 60 coudées (31,35 m), d ’où une proportion de 6 x 5. Sa hauteur
devait être celle de la façade principale avec une corniche périphérique régnant
à 19 coudées.
À l ’arrière de la façade principale, épaisse de 18 coudées, il subsiste un espace
de 72 coudées de long sur 42 coudées de large pour loger les salles couvertes
du bâtiment. Cette proportion est, nous l ’avons vu, celle de deux triangles
juxtaposés de proportion 6 x 7 [fig. 14].

23. Soit l ’exacte dimension des tores par rapport au portique principal est en
équivalents du temple d ’accueil de Sahourê, décrochant la maçonnerie au-dessus du
L. B orchardt , S'aihu- Re I, p. 32; portique. Au temple d ’accueil de Sahourê,
V. M aragioglio , C. R inaldi, L ’Architectura il adopte le parti de celui de Néouserrê (ibid.,
dette piramidi menfite VIII, p. 80-81. pl. 1), qu’il abandonne ensuite pour ramener
24. Ce sont les proportions de la corniche les massifs au niveau du portique (id.,
à gorge qui couronne le temple haut. S ’aîhu-Re' I, pl. 3, 8, 16). La suppression
A. L abrousse, J.-Ph. L auer , J. L eclant , de la surélévation des massifs sera adoptée
Ornas, p. 21, fig. 10. par V. M aragioglio et C. R inaldi, tant
25. Au temple d ’accueil de Néouserrê, au temple d ’accueil de Néouserrê, op. cit.,
L. B orchardt , Ne-user-re' I, pl. 3, 5, 28, pl. 7, Ibis, fig. 1, qu’à celui de Sahourê, ibid.,
surélève considérablement les massifs latéraux pl. 7, fig. 4.
- 39 -

2. LES BÂTIMENTS LATÉRAUX SECONDAIRES [fig. 12]

Les vestiges montrent que si chaque bâtiment est symétrique par rapport à
l’axe secondaire nord-sud, ils sont également symétriques entre eux par rapport
à Taxe principal est-ouest. En revanche, le soubassement et les terrasses de ces
bâtiments, adaptés aux bassins nord et sud du port, sont d’une conception
différente.

a. Le bâtiment latéral nord [fig. 6, 11, 15, 22 à 24].


Construit en retrait d’un petit soubassement formant une terrasse en longueur
orientée d ’est en ouest, ce bâtiment est relié aux quais du bassin nord par une
rampe nord-sud qui descend à l’extrémité ouest de la terrasse.

— L e soubassement [fig. 6].


Il s’appuie au sud contre le soubassement principal est, à l’ouest contre le
mur du quai du bassin nord. Ses faces dégagées, nord et est, sont talutées à
18 gr. L’appareil, en assises de calcaire d ’une coudée de hauteur, est lié à
l’appareil du soubassement principal est qu’il prolonge.
Les faces nord et est restent à fouiller en partie basse et sont détruites en partie
haute; cependant, trois de leurs assises sont visibles au-dessous de quatre assises
détruites. Ces assises partout conservées permettent de restituer le profil haut
du soubassement formant terrasse, d ’une longueur hors tout de 8 coudées du
nord au sud et de 35,5 coudées d’est en ouest. La terrasse était recouverte de
dalles en calcaire, qui subsistent encore partiellement dans sa moitié ouest. Elle
devait être bordée au nord comme à Test par un parapet du type de celui de
la rampe nord-sud.

— La rampe nord [fig. 11].


Son départ, issu du quai ouest du bassin nord, est réensablé26, son arrivée
sur la terrasse est détruite. Son mur d’échiffe est, taluté à 9 gr, conserve
cependant trois assises visibles au-dessous de trois assises au sommet de la
pente. Ces assises sont liées à l ’appareil de la terrasse qu’elles prolongent. La
pente de la rampe est de 14 gr. Sa largueur hors-tout est de 2,10 m (4 coudées),
la largeur utile du passage étant de 1,63 m (3 coudées = 1,57 m). Elle s’appuie
sur toute sa longueur contre le mur du quai ouest du bassin nord sans que, de
ce côté, les appareils respectifs soient liés.

26. Pour le point de jonction, voir M.A. R aslan , A SAE LXI, 1973, p. 151-169, fig. 1.
Fig. 23. Doc. 1: Inscription du linteau de la porte du portique nord (éch. 1/10).
Ouest
- 43 -

en calcaire sont encore disposés près de la base ouest. Le fût des colonnes était
en retrait de 1 coudée sur la base de la façade.
Le linteau de granit de la porte sud du portique est gît à peu près à la verticale
de son emplacement [fig. 23]. Son extrémité est brisée, mais la symétrie de son
inscription permet de restituer la largeur de la porte entre embrasures exté­
rieures, soit 1,05 m (2 coudées), la hauteur devant être de 5 coudées [fig. 2 4 ]29.
L’inscription [Doc. 1] est gravée en creux : elle présente, limités par deux
traits horizontaux, deux textes opposés (-^) et (j-). À droite, vers l ’ouest,
faisant face au nom d ’Horus du roi Ounas et lui tendant l ’anneau-fn : « la déesse
Nekhbet, maîtresse de la chapelle Nekhen. » À gauche, vers l’est : « la déesse
Ouadjit [de Pe et de] Dep, maîtresse de la chapelle de Per-nou » devait tendre de
façon symétrique l ’anneau-jw vers le nom d ’Horus aujourd’hui disparu du roi
Ounas. Au centre de la composition : « puisse-t-elle donner vie et force » [fig. 24].
Un fragment en calcaire de soffite étoilé [Doc. 2, p. 68], retrouvé à proximité
du portique, montre des étoiles disposées en quinconce, gravées en léger relief,
à cinq branches et petit cœur précisé. Le cadrai des étoiles est de 15,5 cm 30.

— Restitution, en plan , du bâtim ent latéral nord [fig. 8 et 15].


Le portique mesure 7,5 coudées de profondeur, entre la façade nord et la base
restituée du bâtiment principal. L’entrecolonnement étant de 4 coudées, on
est tenté de mettre la même distance entre les colonnes et les murs latéraux du
portique qui atteindrait alors, avec 15 coudées de largeur est-ouest [fig. 8], une
proportion de 1/2 ou deux carrés juxtaposés : c ’est en effet la proportion du
tracé d’implantation du portique principal est.

29. C’est la hauteur de la porte nord du rejoint — au nom près — celle proposée
temple haut (A. L abrousse, J.-Ph. L auer , par H ôlscher pour le temple d ’accueil de
J. L eclant , Ounas, p. 42-43, fig. 26). Pour Khéphren (ibid., pl. VIII). Cependant, à
la restitution de l ’inscription de cette porte Khéphren, la porte étant d ’orientation nord-
du temple d ’accueil [fig. 24], nous avons sud, la déesse Ouadjit se trouve à gauche, vers
adopté une partie du texte conservé sur le le sud, et la déesse Nekhbet à droite, vers
jambage est de la porte équivalente du le nord. À Ounas, la porte étant d ’orientation
temple haut (ibid., Doc. 16, p. 43, fig. 27) : est-ouest, l ’ordre des deux déesses est inversé :
« Le roi de Haute et Basse-Égypte, florissant la déesse Ouadjit est à gauche, vers l ’est, et
comme les deux Maîtresses, l’Horus d ’or la déesse Nekhbet à droite, vers l ’ouest.
florissant, le fils de Rê Ounas... », complété 30. Les portiques des temples d ’accueil de
du texte « aimé de Bastet, qu’il vive éter­ Sahourê et de Néouserrê étaient ornés d ’étoiles
nellement », conservé sur la porte nord du jaunes sur fond bleu. L. B orchardt ,
temple d ’accueil de Khéphren (U. H ôlscher , S ’aïhu-Ré I, p. 7; ici., Ne-user-ré I, p. 36;
Chephren, p. 18, fig. 8). La restitution de M aragioglio et R inaldi, op. cit., vol. VII,
l’ensemble de l’inscription de la porte nord p. 82-83, et vol. VIII, p. 38-39.
du temple d ’accueil d ’Ounas (linteau inclus)
h
- 44 -

Le massif nord-ouest est partiellement conservé. Sa largeur de 7,5 cou­


dées est celle du portique. Sa longueur est visible sur 10,60 m. Il manque
1,19 m pour atteindre la façade ouest du bâtiment principal. À moins de
couper le massif à 2 coudées (1,048 m) en deçà de cette façade est, ce que rien
ne justifie 31, il est raisonnable d ’aligner les façades est et ouest du corps du
bâtiment principal avec les retours des façades des ailes latérales32.
Le bâtiment latéral nord serait ainsi, selon notre restitution, composé d’un
portique de 15 coudées de large sur 7,5 coudées de profondeur, soit une
proportion de 1 x 2 ou deux carrés juxtaposés d ’est en ouest [fig. 8], flanqué
de part et d ’autre par deux massifs mesurant chacun 7,5 coudées de largeur,
sur 22,5 coudées de longueur, soit une proportion de 1 x 3 ou trois carrés
juxtaposés d ’est en ouest. Tout le bâtiment serait tracé à partir de huit carrés
placés côte à côte le long de la façade nord du bâtiment principal [fig. 15].
Pour la restitution en élévation du bâtiment latéral nord, nous ne possédons
que la porte et les deux bases des colonnes du portique, ce qui est insuffisant.
Cependant la symétrie des vestiges conservés avec ceux du bâtiment latéral sud
par rapport à l’axe est-ouest du temple autorise à concevoir deux façades latérales
semblables (cf. infra, p. 50).

b. Le bâtiment latéral sud [fig. 8, 11, 25 à 30, pl. VII].


Il est construit, comme le bâtiment latéral nord, en retrait d ’un petit soubas­
sement formant une terrasse orientée d ’est en ouest. Cependant la terrasse est ici
plus large : elle reçoit à l’est la digue qui sépare les deux bassins nord et sud du
port funéraire et au centre une rampe descendant d’ouest en est vers le bassin sud.

31. En effet, dans les autres exemples de Néouserrê, cependant, il résoudra le problème
la Ve dynastie, il n ’y a pas de décrochement, en faisant supporter le tore vertical de l’angle
en plan, entre le corps de bâtiment principal du bâtiment supérieur par la corniche du
et les bâtiments latéraux secondaires bâtiment plus petit (L. B orchardt ,
(voir Bissing, Borchardt, Ne-woser-re', pl. 2 Ne-user-re' I, p. 36, fig. 14; repris par
et 6; Borchardt, S ’aihu-Re' I, pl. 3, 16; V. M aragioguo , C. R inaldi, op. cit.,
id., Ne-user-re' I, pl. 3, 28). vol. VIII, pl. 7 et 7 bis, fig. 2, 5). Il n ’y a pas
32. Cet alignement de deux bâtiments de à cette époque, comme en témoignent les
hauteurs différentes pose le problème de la vestiges conservés du temple de Sahourê
superposition des corniches respectives. Ce (L. B orchardt , S ’aihu-Re' I, pl. 16), de
problème apparaît pour la première fois à décrochement vertical à l ’aplomb de la
Sahourê : Borchardt (S ’aihu-Re' I, pl. 3) corniche inférieure, tel qu’on en verra plus
l’esquive alors en couronnant le bâtiment tard aux portes des pylônes.
plus petit par un parapet en demi-cercle; à
- 45 -

— L e soubassement [fig. 11]33.


Il s’appuie au nord contre le soubassement principal est, à l’ouest contre le
mur du quai du bassin sud. Ses faces dégagées, sud et est, sont talutées à
11 gr à l ’est et 9 gr au sud. L’appareil en assises de calcaire d ’une coudée de
hauteur est lié à celui du soubassement principal est et au mur de quai sud.
La base de la face reste à fouiller. Elle est détruite en partie haute; cependant,
une assise est visible au-dessous de six assises détruites. Si la base de la face sud
reste également à fouiller, son sommet, au niveau de la terrasse, est ici
intégralement conservé. On peut ainsi mesurer la largeur nord-sud de la terrasse
qui est de 5,76 m (11 coudées) et restituer sa longueur est-ouest à 25 cou­
dées (13,10 m) [fig. 8], soit 10,5 coudées de moins que la longueur du
soubassement de la façade latérale nord 34.
Le dallage en calcaire est bien conservé
dans la partie ouest. La terrasse devait
être bordée du côté est par un parapet
du type de celui du portique nord. Du
côté sud, on lit la trace du parapet
disparu sur le mur du quai : son som­
met est en demi-cercle, il est épais de
40 cm, haut de 50 cm (1 coudée).
Mais là il est construit directement en
prolongement du soubassement dont
il épouse, du côté extérieur, le fruit
(9 gr) sans le retrait qu’on rencontre
ailleurs. Du côté intérieur, il est vertical
[fig. 25].

Fig. 25. Coupe nord-sud sur le parapet


du portique sud (éch. 1/20).

33. É. D rioton, BIE XXVI, 1943-1944, limité par deux jetées parallèles ou môles»;
fig. 2; U. Binder-H agelstange, Ägypten. darsine : « petite darse ». Une entaille ver­
Ein Reiseführer, 1966, Olten, Freiburg im ticale (pl. VII) creusée dans la digue à
Brisgau, fig. p. 322. l’entrée de la darsine suggère une butée de
34. Cette différence crée, entre la digue porte (à l’opposé, le soubassement principal est
et le retour sud du soubassement principal, détruit). Cette clôture éventuelle pouvait-elle
une darsine qui mesure en partie haute 25,5 protéger une petite barque? Sur les barques
coudées de longueur sur 6 coudées de utilisées pour des livraisons aux temples, cf.
largeur. Voc. de l ’Arch., p. 176, s.v. darse : P. P osener-K riéger , Néferirkarê-Kakaï II,
« Compartiment à l’intérieur d ’un bassin, Le Caire, 1976, p. 512-513.
- 46 -

— La rampe sud [fig. 8].


D ’orientation est-ouest, la rampe est
appuyée à la digue sans que les appareils
respectifs soient liés. Son départ reste à
fouiller. Sa pente est de 14 gr. Sa largeur
hors tout est de 2,62 m (5 coudées),
la largeur utile du passage étant de
2,10 m (4 coudées). Elle aboutit à un
palier carré qui se projette en avant du
soubassement dans l ’axe du portique
Fig. 26. Coupe nord-sud sur le parapet sud. Le mur d ’échiffe ouest du palier
de la rampe sud (éch. 1/20). est vertical. Le mur d’échiffe de la
rampe est taluté à 9 gr. Ces deux murs
sont bien conservés au-dessous des deux
assises manquantes au sommet du palier. Les assises visibles sont liées à l’appareil
sud de la terrasse qu’elles prolongent.
La rampe est bordée au sud par un parapet aujourd’hui brisé en partie haute
[fig. 26]. Son côté extérieur, situé à 9 cm du mur d’échiffe en reprend le
fruit (9 gr). Son côté intérieur est légèrement plus relevé avec un fruit de
5 gr. Son épaisseur à la base est de 44 cm. Le dallage de la rampe est
fait de dalles de calcaire d ’orientation nord-sud. Son départ reste probléma­
tique : la rampe monterait-elle depuis un quai est-ouest appuyé contre
la digue?

— La façade [fig. 11].

Cette façade symétrique de celle au nord, par rapport à l ’axe est-ouest du


temple, était comme cette dernière orientée d ’est en ouest et constituée d ’un
portique à deux colonnes flanqué par deux massifs. Construite également à
cheval sur la berge, elle recevait le mur de quai sud.
Il ne subsiste actuellement rien de la façade sud proprement dite, si ce n ’est
son alignement avec le sommet du parement sud, restitué, du soubassement
principal. Le portique est mieux indiqué. Les bases circulaires biseautées de
deux colonnes palmiformes en granit ont été retrouvées en place, entourées de
quelques éléments du dallage en calcaire 35. Le fût et le chapiteau de la colonne

35. M.A. R aslan , ASAE LXI, 1973, fig. 10 (a).


E s*

0 1 5__________ 10 20 M
oí s iо
Ouest
- 49 -

ouest, cassés en plusieurs morceaux, ont pu être reconstitués par M.A. Raslan 3G
[pi. VIII]. Le chapiteau de la colonne est a été replacé par Memdouh Yacoub
à sa hauteur d’origine sur un fût rapporté3637. L’entrecolonnement rétabli est
de 2,10 m (4 coudées).
La colonne ouest [fig. 28] est d ’une
hauteur totale de 5,21 m (10 cou­
dées). Sa base a un diamètre au sol
de 1,55 m; elle dépasse de 11 cm le
niveau des dallages, ce qui correspond
à sa partie biseautée. Le fût, taillé dans
le même monolithe que le chapiteau, est
haut de 3,86 m. Son diamètre inférieur
est de 0,83 m, son diamètre supérieur de
0,70 m, ce qui lui donne un fruit de
1 gr environ. Le sommet du fût est
enserré dans cinq liens superposés qui
sertissent les palmes du chapiteau. Ces
liens totalisent 32 cm de haut. Au-
dessous des liens pendent sur l ’axe
Fig. 29. Doc. 3 : Inscription de la colonne principal de la colonne deux bou­
ouest (n° 9) du portique sud (éch. 1/10). clettes emboîtées d ’un modèle plus
petit. Sur l’axe des bouclettes, un peu
au-dessus de la moitié du fût [fig. 29],
est gravé en creux un panonceau
[Doc. 3] limité par deux sceptres-oms soutenant un signe du ciel et reposant
sur une ligne de terre. Ce panonceau contient quatre colonnes de légende
opposées deux à deux : à gauche, le serekh du nom d ’Horus est suivi des noms
de Nebti et d ’Horus d ’or; à droite sont disposés le nom du roi de Haute et de
Basse-Égypte, « le fils de Rê Ounas » et la déesse dont il est aimé : « Nekhbet ».
À la partie inférieure du panonceau, on lit sur une ligne horizontale, de façon
symétrique par rapport au centre, les signes de la formule traditionnelle : « doué
de vie, stabilité et force»; celle-ci est complétée à droite par l’indication « l ’aimé»,
à gauche par « éternellement » 38.
Au-dessus des cinq liens du fût, l’ensemble du chapiteau, haut de 1,24 m.
offre un décor sculpté de neuf palmes qui s’épanouissent autour de l ’abaque,

36. Ibid., fig. 10 (b-f); Ahmed M. M oussa, 37. Ahmed M. M oussa, ASAE LXIV,
ASAE LXIV, 1981, pi. I a-b, II a, III a; id., 1981, pi. I a-b, II, III a.
ASAE LXX, 1985, pi. I a-b; B in d e r - 38. Ahmed M. M oussa, ASAE LXX,
H agelstange, op. cit., p. 322. 1985, pl. IL
4A.
- 50 -

Elles sont disposées de façon à ce


qu’une palme soit sur l ’axe principal
de la colonne. Ces palmes ne présentent
en relief qu’une nervure médiane sans
les folioles latérales figurées à Sa-
hourê39401. L ’abaque mesure 0,84 m de
côté (1,5 coudée = 0,786 m), 0,26 m de
hauteur. Son lit d ’attente est creusé de
deux mortaises cylindriques d’un diamètre
de 90 cm pour une profondeur de 6,5 cm.
Les mortaises, alignées dans le sens des
architraves, recevaient les goujons de
fixation de ces dernières. Enfin, détail
extrêmement important, la face d ’abaque
sur l’axe principal présente un fruit de
11 gr, ce qui indique, en prolongement,
une architrave à fruit M [fig. 30].
Un fragment de calcaire d ’un soffite
Fig. 30. Coupe nord-sud sur l’abaque
étoilé a été retrouvé à proximité du
du chapiteau est (n° 10),
du portique sud (éch. 1/25). portique [Doc. 4, p. 68]. Comme pour le
fragment similaire retrouvé à proximité
du portique nord, les étoiles sont disposées en quinconce, gravées en relief, à
cinq branches et petit cœur précisé. Là encore le cadrai est de 15,5 cm M.

— Restitution de l ’élévation de la façade [fig. 27].


Si l ’extrémité ouest de la façade, au-delà du mur de quai, reste à fouiller,
la plus grande partie peut être reconstituée en élévation.
La symétrie des vestiges des façades latérales nord et sud, par rapport à l’axe
est-ouest du temple, permet d ’adopter pour la façade sud la reconstitution du
plan proposé pour la façade nord 42. On retrouve donc là un portique large de

39. L. B orchardt , S ’aïhu-Ré I, p. 44-45, cependant être adaptées au domaine du sud,


fig. 44-46, pl. 9. avec la déesse Nekhbet à gauche, tournée
40. Le fruit de l’abaque est important,mais vers l’est, la déesse Ouadjit à droite, tournée
on ne peut le mesurer que sur une petite vers l’ouest, en accord avec les inscriptions
distance de 13 cm, le sommet de l’aba­ des colonnes. L ’inscription des jambages
que étant cassé. La pente pouvait se devait, après « le fils de Rê Ounas », se
redresser jusqu’à 6 gr pour amorcer celle terminer par «aimé de Hathor, qu’il vive
de l ’architrave. L ’important est que l ’a­ éternellement», comme l’inscription conser­
baque n ’ait pas été vertical. vée sur la porte sud du temple d ’accueil
41. Cf. supra, p. 43. de Khéphren (U. H ôlscher , Chephren,
42. La porte devait être identique à celle p. 16-17, fig. 7, pl. VIII).
du portique nord. Ses inscriptions devaient
- 51

15 coudées et profond de 7,5 coudées, flanqué de massifs longs de 22,5 coudées,


épais de 7,5 coudées, d ’un fruit de 6 gr [fig. 8].
Les colonnes du portique étant en retrait d ’une coudée par rapport à la
façade, le fruit de cette dernière rejoint les colonnes au niveau de l ’abaque qui,
nous l ’avons vu, présente également un fruit.
Il faut donc restituer une architrave et une corniche'43 avec un fruit de 6 gr.
L’architrave, de section carrée, soit 1,5 coudée, devait être surmontée d ’une
corniche de hauteur égale. L’ordre complet, avec une colonne de 10 coudées
et un entablement ainsi restitué de 3 coudées, atteint 13 coudées de haut
[fig. 27].
Cette reconstitution montre que les portiques des façades latérales nord et
sud n’étaient pas décrochés par rapport aux massifs latéraux comme dans le cas
de la façade principale est. Filant au-dessus des massifs et de l’architrave du
portique, une corniche continue couronnait l’ensemble de chaque façade latérale.
La reconstitution des façades latérales du temple d ’accueil permet de com­
prendre le volume de la façade principale e stM, étirée sur 87 coudées de longueur
totale (45,59 m) avec un bâtiment principal haut de 19 coudées (9,96 m), flanqué
d’ailes en retrait [fig. 31] hautes seulement de 13 coudées (6,81 m).

3. LA PARTIE EST DU CORPS DU BÂTIMENT PRINCIPAL


[fig. 8, 11, 12, 31 à 34]

Immédiatement derrière la façade principale est, on trouve du nord au sud


un hall principal et un hall secondaire donnant accès aux autres pièces qui
constituent à l ’ouest la partie d ’accueil du temple.

a. Le hall principal [fig. 8, 11 et 32].


Il est situé au nord-ouest du portique est. D ’orientation nord-sud, il mesure
18,34 m (35 coudées) de long sur 4,19 m (8 coudées) de large [fig. 8].
En cheminant d ’est en ouest sur l’axe principal du bâtiment, on gravissait
la rampe axiale du temple et, après avoir traversé la terrasse et le portique
octostyle est, on pénétrait dans le hall par une porte située dans son mur est.
En venant du nord, après avoir longé le quai ouest du bassin nord, on gravissait
la rampe du portique nord qu’on traversait pour pénétrer dans le hall par une

43. Le bâtiment principal étant couronné 44. Le jeu des décrochements de la façade
d ’une corniche, il devait très vraisemblable- n ’est, en effet, pas visible en plan,
ment en être de même pour les ailes latérales.
Sud Nord

Sud Nord

F ig . 3 2 . C ou p e sur l ’axe nord-sud du tem p le d ’a c c u e il (éch . 1 /2 0 0 ). 20 M


Nord

20 30 40_________ 50 M

Nord
- 53

porte située dans son mur nord. En venant du sud, soit par la rampe sud, soit
par la digue, on franchissait le portique sud, puis un hall secondaire, avant de
pénétrer dans le hall principal par une porte située dans son mur sud. Le hall
principal est ainsi le point de convergence des trois accès au temple d’accueil
et le passage obligatoire pour atteindre la chaussée. On pouvait se diriger vers
elle en franchissant une quatrième porte disposée dans le mur ouest du hall.
Enfin, il devait nécessairement y avoir une cinquième porte menant aux escaliers
des terrasses. Cette porte pourrait avoir été située dans l ’angle nord-est du hall
de façon à desservir la terrasse située à 14,5 coudées de hauteur, par un escalier
principal creusé dans le massif nord du portique est. Branché sur le couloir de
l’escalier principal, un escalier secondaire, creusé dans le massif est du portique
nord, devait en desservir la terrasse située plus bas à 12,5 coudées de hauteur
(cf. infra, p. 44 et 50).
Sauf à l’extrémité nord, le sol est bien conservé. Il est constitué de grandes
dalles d’albâtre soigneusement ajustées. Une ancienne restauration de fortune
faite de fragments de dallage et de dalles de calcaire subsiste dans la partie
centrale du côté ouest45.
Le mur du petit côté nord, qui est également celui de la façade latérale du
bâtiment principal, devait mesurer 5 coudées d ’épaisseur. Le mur du petit côté
sud, situé à l ’intérieur du bâtiment, vers le hall secondaire, pouvait être plus
mince avec 3 coudées d ’épaisseur. Du mur nord subsiste le linteau de la porte
du portique nord (cf. infra, p. 43). Le vantail s’ouvrait vers l ’intérieur du hall.
Du mur sud, il reste un bloc de fondation en calcaire et une dalle du seuil en
albâtre de la porte. Cette porte, comme celle du mur est, devait avoir les dimen­
sions de celle du portique nord (2 coudées de large sur 5 coudées de haut) et
ouvrir également vers l’intérieur du hall.
Les murs des grands côtés, à l ’est et à l’ouest, ont une épaisseur considérable :
4,72 m (9 coudées) à l ’est, 4,36 m à l’ouest. Ils sont marqués par l’arrêt du dallage
d’albâtre et quelques pierres calcaires de fondation.
Le mur ouest est percé à 9,43 m (18 coudées) depuis l ’angle sud-ouest
d’une porte [fig. 11] dont sont conservés le seuil et une partie du jambage
sud46. Le passage est long de 4,36 m, large de 1,30 m. Les embrasures
extérieures, vers le hall, sont larges de 1,76 m; elles sont profondes de
1,60 m. Le seuil est ici dallé de calcaire. La feuillure gauche, du côté sud,
recevait le vantail de la porte dont il subsiste la cavité de la crapaudine ornée au
sommet d’un très beau bandeau saillant en demi-cœur. On tirait donc le vantail
à soi, de droite à gauche, pour pénétrer dans la pièce suivante. Après la ruine

45. Peut-on l ’attribuer au Moyen Empire?


46. Ahmed M. M oussa, ASAE LXIV, 1981, pl. III b.
- 54 -

du vantail, une porte de fortune a été installée lors d ’une restauration ancienne47.
On voit encore sur le dallage le trou d’une petite crapaudine d’un diamètre
de 8,5 cm, percé en dehors de la cavité de la crapaudine d’origine. Le
nouveau vantail était large de 0,87 m, comme en témoignent les traces de
frottement sur le seuil.
Au-delà du vantail, la largeur entre les embrasures intérieures est d’abord
de 1,30 m sur une profondeur de 1,70 m, puis après un ressaut, elle croît
à 1,74 m, retrouvant l’alignement des embrasures extérieures sur une pro­
fondeur de 1,06 m.
Le seuil continue à être en calcaire jusqu’au milieu du passage; au-delà, vers
l’ouest, il est en albâtre. Des jambages du passage, il ne subsiste qu’un bloc de
granit du côté sud formant la feuillure et une partie de l ’embrasure intérieure.
Il est haut de 0,23 m.
On voit que cette porte est très élaborée. Sa grande largeur évoque celle de
la partie intime du temple haut48. Ici, elle devait conduire à la salle de culte
et à la chaussée.
La très grande épaisseur des murs est et ouest oblige à concevoir un couvrement
(une cour aurait en effet réclamé des murs de clôture plus minces). La partie
à couvrir est considérable pour l ’Ancien Empire : 8 coudées. Les linteaux les
plus grands du complexe funéraire ne dépassent pas 6 coudées de côté (dans
la salle aux cinq niches à statues du temple haut et dans la chapelle nord de
la pyramide)49. Il faut donc envisager un système de couvrement à l’aide de
dalles placées en porte-à-faux sur les murs et se rejoignant dans l ’axe de la
pièce [fig. 20]. Un tel système a été appliqué au couvrement de la chaussée sous
forme de dalles à intrados p lat50*et au couvrement du hall et du sanctuaire du
temple haut sous forme de dalles à intrados curviligne61. Cette dernière solution
semble préférable. En effet, les pièces du temple d ’accueil qui présentent une
grande largeur de couvrement sont précisément des halls d ’entrée et, plus à
l’ouest, vraisemblablement une salle de culte. La similitude de fondation de
ces pièces avec celles du temple haut, hall et sanctuaire, couverts en fausse-
voûte, suggère une similitude de couvrement. On peut donc imaginer, pour le

47. Cf. supra, note 45. A. L abrousse, J.-Ph. L auer , J. L eclant


Ounas, p. 61.
48. A. L abrousse, J.-Ph. L auer , J. L eclant ,
Ornas, p. 46, fig. 32. 50. M.A. R aslan , A SAE LXI, 1973,
p. 155-156, fig. 6-7; J.-Ph. L auer , «Travaux
49. La salle aux cinq niches à statues est sur la chaussée d ’Ounas», BSFE 33, 1962,
détruite à Ounas. Elle devait être semblable p. 13-14, fig. 2.
à celle de Téti, cf. J.-Ph. L auer , J. L eclant , 51. A. L abrousse, J.-Ph. L auer, J. L eclant ,
Téti, p. 27. Pour la chapelle nord, cf. Ounas, p. 19-20, 50, fig. 34.
- 55

temple bas, un hall couvert de dalles d ’un porte-à-faux de 4 coudées, avec un


intrados curviligne de 1,5 coudée de flèche, d ’une épaisseur de 2 coudées à la
clef52 et placées à 11 coudées au-dessus des dallages53.
La hauteur de la terrasse du hall atteint ainsi 14,5 coudées, celle, sous intrados,
de la fausse voûte étant de 12,5 coudées, soit la hauteur de la terrasse du
portique nord. On peut alors tailler dans le mur nord du hall, depuis le niveau
de la terrasse du portique, le biais d ’un soupirail d’éclairage 54 [fig. 32].
Cette reconstitution a l’avantage d ’expliquer la différence d ’épaisseur des
murs est et ouest du hall. Une dalle en porte-à-faux à intrados curviligne
exige un lit d’attente sur le mur qui la supporte, au moins égal au porte-à-faux.
Ce dernier est, ici, de 4 coudées. Le mur est du hall, composé du mur péri­
phérique du bâtiment principal épais de 5 coudées augmenté d ’un lit d ’attente
de 4 coudées, mesure donc 9 coudées d ’épaisseur. Le mur ouest du hall qui
forme lit d ’attente de deux porte-à-faux, celui tourné vers le hall et celui
tourné vers la salle de culte et son antichambre, mesure donc 8 coudées
d’épaisseur.
De la décoration du hall principal, il ne subsiste presque rien de certain. Un
bloc fragmentaire décoré en relief d ’un faucon planant et où se lisent deux
allusions à la chapelle-y'//\i du sud et au dieu Seth a pu appartenir au sommet
de la paroi est, dans l ’angle nord-est [Doc. 31, p. 81]. On pourrait y adjoindre
un autre fragment, mentionnant également la chapelle du sud, trouvé au même
endroit [Doc. 32, p. 82].

b. Le hall secondaire [fig. 8, 32-34].


Il met en communication le portique sud et le hall principal. Il ne subsiste
que quelques pierres de fondation de ses murs nord et est [fig. 11]. La restitution
des éléments qui l’entourent (portiques sud, est et hall principal) permet cepen­
dant d ’en définir le plan : orienté d ’est en ouest, de 24 coudées de longueur
sur 8 coudées de largeur [fig. 8].

52. La fausse voûte, remarquablement de cette période atteignant vraisemblablement


conservée, du temple haut de Pépi Ier pré­ 11 coudées de haut, on peut penser qu’il
sente, pour un porte-à-faux de 5 coudées, en était de même pour ceux du hall du
une flèche de 2 coudées et une épaisseur temple d ’accueil; J.-Ph. L auer , J. L eclant ,
de 2,5 coudées à la clef. En appliquant ces Téti, p. 12, 45.
proportions à un porte-à-faux de 4 cou­ 54. Les proportions et les pentes du
dées, on obtient une flèche de 1,6 coudée soupirail du hall du temple haut de Téti
et une épaisseur à la clef de 2 coudées. conviennent ici parfaitement; cf. ibid.,
53. Les murs du hall des temples hauts p. 13-14, fig. 2-3, pl. VII et XXXVIII.
Fig. 33. Proposition de restitution, en plan, des escaliers des terrasses sud (éch. 1/100).
- 58 -

Cette pièce n ’est en fait que le prolongement du hall principal dont elle devait
épouser les 11 coudées de hauteur intérieure, le couvrement55 et le système
d ’éclairage [fig. 32].
Sa porte nord, vers le hall principal, et sa porte sud, vers le portique sud,
sont certaines et devaient être identiques à la porte du portique nord 56.
À partir de l ’angle sud-est du hall secondaire, une troisième porte devait
conduire, comme pour le hall principal, aux escaliers des terrasses. C ’est très
vraisemblablement dans le couloir qui reliait les deux escaliers qu’aurait été
déposé le sarcophage du prince Ptahchepsès [fig. 33-34]5758.
De la décoration du hall secondaire, peu de chose subsiste. On peut cependant
lui attribuer de façon presque certaine deux blocs d ’angle fragmentaires, décorés
en léger relief et situés sans doute au sommet des parois dans les angles. L’un
est orné de deux scènes où apparaît chaque fois un faucon planant [Doc. 36,
p. 83], l’autre mentionne la chapelle et la plante du sud [Doc. 33, p. 82].

B. LA PARTIE TERRESTRE DU TEMPLE OU L ’ACCUEIL [fig. 35-36].

Si le temple d ’accueil d ’Ounas est d ’abord un lieu de passage dans sa partie


lacustre (que nous avons appelé l’accès), c ’est aussi un lieu de purification (la
toiture?) et, dans sa partie qui repose sur le terrain de la nécropole, un lieu
d ’accueil.
Les exemples des temples d ’accueil de Khéphren et de Mykérinos montrent
que cette fonction d ’accueil pouvait être dévolue à l’époque à deux divinités
féminines, Hathor pour le domaine du sud, Bastet pour le domaine du nord B8.

55. En restituant la terrasse de la partie d ’accueil de Khéphren (PM II1/2, p. 20;


centrale du temple à 14,5 coudées de U. H ölscher , Chephren, p. 17, fig. 7) et
hauteur au-dessus des dallages, on obtient triade de Mykérinos où le roi, qui devait
ainsi une cour surélevée entourée d ’une regarder l ’est, a la déesse à sa droite du
enceinte (le couronnement du bâtiment côté sud (PM III/2, p. 27-29; G. R eisner,
principal situé à 19 coudées au-dessus Mycerinus, the Temples o f the Third Pyramid
des dallages) haute de 4,5 coudées (2,36 m). at Giza, Cambridge (Massachusetts), 1931,
Un tel espace pourrait éventuellement p. 109 (9, 10, 11, 12) et 110 (13), pl. 36-46;
convenir à un rite de purification ou d ’em­ J. V andier , Manuel III, p. 22-24, pl. IV,
baumement : É. D rioton , « Compte rendu 1-4). Bastet: porte d ’entrée nord du temple
de B. G rdseloff, Das ägyptische Reinigungs­ d ’accueil de Khéphren (PM III/2, p. 20;
zelt», ASAE XL, 1940, p. 1007-1014; U. H ölscher , op. cit., p. 17, fig. 8) et dyade
P. Barguet , RdE 24, 1972, p. 8; J. Vandier , de Khéphren où le roi, qui devait regarder
Manuel II/l, p. 54. l’est, a la déesse à sa gauche du côté nord
56. Cf. supra, p. 54-55. (PM 1II/2, p. 22; J. V andier , Manuel III, p. 18;
57. Cf. supra, p. 8. L. B orchardt , Statuen und Statuetten I,
58. Hathor : porte d ’entrée sud du temple Berlin, 1911, p. 11-12, pl. III, 11).
- 59 -

La partie du temple d ’accueil bâtie sur la nécropole est malheureusement très


détruite. On peut cependant reconnaître une antichambre et restituer avec
vraisemblance une salle de culte et des magasins.

1. L’ANTICHAMBRE [fig. 8 et 35]

Cette pièce, d ’orientation nord-sud, desservie à l’est par le hall principal,


devait ouvrir au sud sur la salle de culte et à l’est sur la chaussée.
Elle n ’est conservée que dans sa partie nord [fig. 35] où subsiste un beau
dallage d ’albâtre. La largeur est-ouest de la pièce est de 4,10 m (8 coudées =
4,19 m). Sa longueur nord-sud 5960pourrait avoir été de 20 coudées [fig. 8].
Le mur nord, marqué par l’arrêt du dallage, est celui du corps de bâtiment
principal : il devait avoir 5 coudées d ’épaisseur.
Les murs est et ouest sont repérables par quelques dalles calcaires de fondation.
Le mur est, qui sépare la pièce du hall principal, mesure 4,36 m de large
(8 coudées = 4,19 m). Le mur ouest atteint 4,72 m (9 coudées). Le mur sud,
qui séparait l ’antichambre de la salle de culte, pourrait avoir été large de
3 coudées et avoir présenté une porte axiale [fig. 8].
Là encore, comme pour le hall principal, la très grande portée du couvrement
(4,10 m) oblige à restituer un système d ’énormes dalles en porte-à-faux à
intrados curviligne, les hypothèses de hauteur des murs (11 coudées) et d’éclairage
restant les mêmes.
On retrouve également et pour les mêmes raisons une différence d ’épaisseur
des murs est et ouest. Le mur est, épais d ’approximativement 8 coudées, était
composé des deux lits d ’attente des dalles en porte-à-faux de 4 coudées du hall
principal et de l’antichambre. Le mur ouest, épais de 9 coudées, additionne
un lit d ’attente épais de 4 coudées et l ’épaisseur du mur d’enceinte du bâtiment
principal qui est de 5 coudées.

2. LA SALLE DE CULTE AUX TROIS NICHES [fig. 8, 35 et 37]

Cette salle, entièrement détruite reste conjecturale. Cependant, si l’on considère


les parallèles connus antérieurs et postérieurs au temple d ’accueil d ’Ounas, son
existence ne fait aucun doute [fig. 37]. L’espace qui pourrait lui être attribué
mesurerait 16 coudées de long pour 8 de large [fig. 8], comme au temple
d ’accueil de Néouserrê, exemple le plus proche d ’Ounas fi0. En suivant ce modèle,

59. C’est l ’espace qui subsisterait entre la salle de culte restituée et le mur nord du
bâtiment principal.
60. L Borchardt, Ne-user-re’ I, pl. 5, 28.
5
- 60

on pourrait également restituer trois niches creusées dans la paroi ouest de la


salle; la niche centrale, disposée exactement sur l ’axe est-ouest du temple, étant
plus large que les deux autres61. Au temple de Pépi II, antichambre et salle aux
trois niches semblent confondues6263; l’état lacunaire des vestiges autoriserait
cependant une restitution semblable à celle du temple d ’accueil de Néouserrê6:i.
La salle de culte, comme les halls et l ’antichambre, ne pouvait être couverte
que par des dalles en porte-à-faux à intrados curviligne [fig. 20]. La comparaison
avec les sanctuaires des temples hauts de cette époque autorise peut-être une
hauteur de mur de 12 coudées, soit 1 coudée de plus que dans l’antichambre64.

3. LES MAGASINS [fig. 8]

Au sud de la salle aux trois niches que nous venons de restituer, subsiste
un espace long de 20 coudées du nord au sud et large de 16 coudées. Cet
espace est défini par ses murs périphériques : au nord par un mur de 3 coudées
qui le sépare de la salle de culte; au sud comme à l’est par le mur d’enceinte du
bâtiment principal épais de 5 coudées; à l’ouest par le mur du hall secondaire
épais des 4 coudées nécessaires au lit d’attente de la fausse voûte. On peut
également remarquer que cet espace est axé sur la direction nord-sud de
l’antichambre et de la salle de culte restituée. Dans ces conditions, il devient
possible de le mettre en communication avec la salle de culte par une porte
axiale et d ’y envisager des magasins associés au culte des statues des trois
niches 65. Dans les 16 coudées de largeur disponibles, on ne peut précisément

61. Si l’on suit les hypothèses proposées axée sur le jeu des terrasses de l ’installation
par P. P osener-K riéger (Néferirkarê- portuaire. Le reste du temple est décalé vers
Kakaï II, p. 45) pour le temple haut, les le sud. Ceci s’explique si l’on divise en deux
niches extrêmes auraient pu accueillir des parties la pièce qui, vers l’ouest, fait suite
statues du roi du nord et du roi du sud. au hall. On obtient alors une antichambre
La niche centrale, dont la largeur est, ici, et une salle aux trois niches axée d ’est en
le double de celle des niches latérales, aurait ouest sur le temple d ’accueil dont le décalage
pu accueillir un groupe. Dans cette hypothèse, est ainsi justifié.
on pourrait envisager une triade avec au 64. J.-Ph. L auer, J. L eclant, Téti, p. 50.
centre le roi coiffé d ’un némès orné de On peut cependant remarquer que le sanc­
l’uraeus, encadré des deux déesses de tuaire du temple haut d ’Ounas ne mesure que
l’accueil : à sa droite du côté sud, Hathor, 11 coudées de haut, sa largeur étant réduite
et à sa gauche du côté nord, Bastet. à 9 coudées au lieu des 10 habituelles
62. G. J équier , Le monument funéraire (A. L abrousse, J.-Ph. L auer J. L eclant,
de Pépi U 3, Le Caire, 1940, pl. 2. Ounas, fig. 33).
63. Dans le plan du temple d ’accueil de 65. Sur le culte des statues royales, cf.
Pépi II, on remarque un décalage d ’axe P. P osener-K riéger , op. cit., I, p. 52-56; II,
est-ouest. La salle d ’entrée hypostyle est p. 544-549.
partie terrestre du temple ou l’accueil proprement dit (éch. 1/200).
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У /
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Fig. 36. Restitution hypothétique de la salle de culte aux trois niches, d’après BORCHARDT, Ne-user-re\ pl. 28 (éch. 1/125).
N ÉO U SER RÊ

N O R D ------------ ►

Fig. 37. Comparaison des plans des principaux temples d'accueil connus de l’Ancien Empire (éch. 1/1250)
- 65

placer que trois magasins, un par niche, larges de 4 coudées et séparés par
des murs de 2 coudées d ’épaisseur 66. La longueur de 20 coudées permettrait
d’envisager des magasins profonds de 17 coudées desservis par un couloir large
de 3 coudées. La hauteur sous plafond étant de 11 coudées 67, la hauteur des
terrasses atteint 12 coudées, et c ’est alors la seule possibilité pour éclairer la
salle de culte par un soupirail percé dans son mur sud au-dessus de la terrasse
des magasins.
Si le volume général et la forme de l’architecture du temple d’accueil d ’Ounas
sont tout à fait caractéristiques de la Ve dynastie, comme en témoignent les
exemples conservés d ’Abousir, son plan est particulièrement intéressant. Il atteste,
en effet, une ampleur nouvelle qui annonce celle de la fin de la VIe dynastie
[fig. 3 7 ]68.
Désormais, comme on le verra au temple bas de Pépi II, le portique ne donne
plus directement sur la salle de culte, mais sur un hall d ’où partent les escaliers
des terrasses, la partie proprement dite de l’accueil et du culte étant reportée
plus à l’ouest sur le terrain même de la nécropole [fig. 38 et 39].

66. Ce sont les dimensions des magasins 67. Cf. J.-Ph. L auer, J. L eclant, Téti, p. 49.
nord du temple intime du complexe (I à IV) 68. Le plan d ’Ounas s’inscrit bien dans
appuyés contre la pyramide; cf. A. L abrousse, l ’évolution proposée par H. R icke, «Bemer­
J.-Ph. L auer, J. L eclant, Ornas, p. 52 et kungen zur Baukunst des Alten Reiches»,
fig. 32. BÄBA 5, 1950, p. 88-89, fig. 37-38.
Fig. 39. Perspective axonometrique trir,
au premier plan, les tombeaux
Der Unas'-Friedhof Nord-West
I coudée) >
et du temple haut (éch. 0,125 mm =
enout sont inspirés de MONRO,
о
í (ээрпоо \ = ШШ Ç
M D « 'íl'O-Ч Ч»Ъ*« >Р «|Ш!Э!М» > *цг>лпв
IV. LA DECO RATIO N D U TEMPLE

I l subsiste très peu d’éléments de la décoration du


temple d ’accueil d ’Ounas. Le monument est actuellement réduit à des arasements
lacunaires. Des éléments architectoniques inscrits, seuls existent encore sur le
terrain la colonne ouest, redressée, du portique sud et la plus grande partie du
linteau de la porte du portique nord, basculé sur le sol.
Lors des différentes étapes du dégagement du temple, divers fragments ont
été recueillis en nombre restreint et sans lien entre eux. La plupart peuvent être
attribués à la décoration d ’origine des parois du monument, d ’autres proviennent
de monuments voisins ou appartiennent à une restauration du temple exécutée
à la XIIe dynastie *.
Lors de la description architecturale du temple, nous avons signalé les rares
fragments décorés qui pouvaient être remis, avec certitude, à leur emplacement
d’origine. Nous en reprenons l ’inventaire en y ajoutant quelques fragments errants.
Dans une seconde section, nous avons rassemblé les fragments décorés qui
semblent provenir des parois du temple, tant celles des portiques que celles des
salles internes. Le programme iconographique des temples d’accueil de l’Ancien
Empire étant inconnu, il est impossible de proposer une place d ’origine à ces
blocs. Aussi avons-nous classé ces fragments en quelques grandes catégories.
Dans une troisième section, nous avons placé trois blocs appartenant vrai­
semblablement à un ou deux mastabas, mais découverts dans les ruines du temple
d’accueil.
Enfin, dans une quatrième section, nous avons joint l’inventaire des blocs
réutilisés dans la pyramide d ’Amenemhat Ier à Licht et qui ont pu être attribués
au temple de la vallée d ’Ounas.1

1. Ahmed M. M oussa, ASAE LXIV, n° 6, pi. VIII b; n° 8, pi. X; n° 9, pi. XI;


1981, p. 76-77, n° 1, pi. IV; n° 2, pi. V a-b; n° 10, pi. XII, a-c; n° 11, pi. XIII; n° 14,
n° 3, pi. VI; n° 4, pi. VII a-c; n° 5, pi. VIII; pi. XVI; n° 17, pi. XVIII.
- 68

Nous avons adopté pour la description des fragments décorés les conventions
proposées par Jean-Philippe Lauer et Jean Leclant2. La largeur des blocs est
indiquée avant la hauteur, puis est donnée la profondeur maximum de la partie
conservée. Le sens de la flèche indique la direction suivant laquelle sont tournés
tant les personnages que les signes hiéroglyphiques, c ’est-à-dire pour ces derniers
l’inverse de la direction de lecture. Les dessins sont à l ’échelle unique de 1/10.
C’est aussi à cette échelle que sont présentées les photographies des blocs
de décoration (pi. IX à XV).

A. DÉCORATION DES ÉLÉMENTS ARCHITECTONIQUES [Doc. 1-8].

Doc. 1 [fig. 23, pi. IX] (voir p. 41).


— Inscription de la porte du portique nord, face nord, linteau, —
2,03 m x 1,05 m x 0,90 m.

Doc. 2 [fig. 40]. — Fragment de calcaire. —


0,34 m X 0,37 m X 0,25 m. Cadrai des
étoiles : 15,5 cm. Trouvé près du portique
nord. Reste de décoration en relief sans
trace de peinture.

Doc. 3 [fig. 29] (voir p. 49).


— Inscription de la colonne ouest du portique sud.

Doc. 4 [fig. 41, pl. IX]. — Fragment de calcaire. —


0,21 m X 0,32 m x 0,11 m. — Cadrat des
étoiles : 15,5 cm. Trouvé près du portique
sud. Reste de décoration en relief sans
trace de peinture.

2. J.-Ph. L auer , J. L eclant , Téti, p. 59; cf. A. L abrousse , J.-Ph. L auer , J. L eclant ,
Ounas, p. 75.
- 69 -

Doc. 5 [fig. 42, pi. IX], — Fragment de quartzite. —


0,18 m x 0,28 m x 0,16 m. Gravure
en creux. Fragment de jambage de porte
sur lequel sont gravés les derniers signes
de l ’intitulé de légende habituelle : ( j-*) :
« éternellement ».

— Fragment de quartzite. —
0,16 m X 0,14 m x 0,08 m. Gravure
en creux. Fragment de jambage de
porte décoré d ’une inscription à petite
échelle (-J) : «Le roi de Haute et Basse-
Égypte» au-dessus du contour supérieur
d’un cartouche.

Doc. 7 [fig. 44, pi. IX], — Fragment de calcaire. —


0,27 m x 0,18 m x 0,38 m. Lit d ’attente.
Reste de décoration en creux sans trace
de peinture. Fragment d ’inscription hori­
zontale (-<—) : sous une ligne de limitation,
«L e roi de Haute et Basse-Égypte», et
dans un cartouche « le fils de Rê ».

B. DÉCORATION DES PAROIS DU TEMPLE [Doc. 8 à 51].

Dans l ’impossibilité de proposer une place d ’origine aux quelques blocs


subsistants, nous les avons répartis en quelques grandes catégories.
1. Représentation du roi [Doc. 8 à 10];
2. Personnage de grandes dimensions [Doc. 11 à 14];
3. Défilés de divinités de moyennes dimensions [Doc. 15 à 18];
4. Personnage en attitude de jubilation [Doc. 19];
5. Processions de personnages courbés, en attitude respectueuse [Doc. 20 à 22];
6. Processions de porteurs d ’offrandes [Doc. 23 à 25];
7. Processions de bœufs [Doc. 26];
8. Scènes de navigation [Doc. 27 A et B à 30];
9. Éléments de légendes [Doc. 31 à 51];
10. Divers [Doc. 52].
- 70 -

1. REPRÉSENTATION D U ROI [Doc. 8 à 10]

Doc. 8 [fig. 45, pi. X].

— Fragment de calcaire. — 1,36 m x 0,37 m X 0,46 m. Bloc cassé au sommet.


Lit de pose, faces de joint des côtés droit et gauche, trouvé à l’emplacement
du départ de la chaussée 3. Reste de décoration en relief sans trace de peinture.
Fragment provenant peut-être d ’une scène de fête-sed. Conservé du torse au
genoux, le roi (J-) est vêtu d’un pagne court à queue animale recouvert d’un
tablier à plissé ( ?) vertical4. Dans la ceinture du pagne est glissé un poignard
à pommeau hémisphérique. Le roi tient, de la main droite pendante, une massue
horizontale et de la main gauche, le bras légèrement fléchi, un bâton de sceptre
presque vertical. Devant lui, conservée également du torse aux genoux, une
divinité masculine (-J), vêtue d’un pagne court à queue animale, lui présente
de la main droite une tige de palme verticale (rnp.t ) symbolisant l ’année. Derrière
le roi, une autre divinité ( j-*-) dont seule subsiste la main gauche, fait le même
geste. Derrière la divinité masculine, une tige de palme verticale devait encadrer
avec une tige symétrique disparue l’ensemble des trois personnages. À l’extrême

3. Bien que trouvé à l’emplacement de la 4. On peut rapprocher ce plissé de


façade du temple, au départ de la chaussée, la broderie de perles du pagne royal
ce fragment présente, à l ’exception du sceptre conservé sur un fragment du temple haut
légèrement biais que tient le roi, une ortho­ (A. L abrousse, J.-Ph. L auer , J. L eclant ,
gonalité parfaite entre les éléments de décor Ounas, doc. 37, p. 88-89, fig. 63, pi. XXXIII)
verticaux et le lit de pose du bloc. Ce dernier qui reproduit une décoration connue par
devait donc être horizontal, ce qui exclut deux fragments du temple d ’accueil de
qu’il ait pu appartenir à la pente de la Néouserrê (L. B orchardt , Ne-user-re', p. 38,
chaussée. Pourrait-il provenir de l ’anti­ fig. 18).
chambre?
- 71

droite sont gravés trois filets verticaux. Le plus à droite devait appartenir à
une bande de séparation de scène. Il est douteux que les deux autres filets aient
pu border une colonne de légende verticale conservée plus haut et interrompue
précisément à cet endroit; on pourrait plutôt y voir deux supports d ’enseignes
divines 5.
Il ne semble pas qu’il y ait à l’Ancien Empire de scène équivalente conservée.
Cependant, sur une représentation du second hall hypostyle de Séti Ier à Abydos 6, \ J
Horus et Isis encadrent le roi et tendent chacun trois tiges de palme symbolisant
les millions d ’années de la fête-sed (ailleurs, les tiges, simples à la base, deviennent
trifides au sommet); il est possible d ’envisager ici, pour Ounas, une fête semblable 7.
Dans cette hypothèse, les deux divinités qui encadrent le roi pourraient, tout
en lui tendant d ’une main une tige de palme, lui présenter de l ’autre main levée
un collier8.

Doc. 9 [fig. 46, pi. X], — Fragment de calcaire —


0,18 m x 0,13 m x 0,07 m. Reste de
décoration en relief sans trace de pein­
ture. Fragment du devanteau du pagne
royal —) cachant une massue horizontale
dont dépasse la tête piriforme 9.

Doc. 10 [fig. 47, pi. X], — Deux fragments de calcaire jointifs.


— A : 0,14 m x 0,17 m x 0,11 m. Lit
d’attente. — B : 0,23 m x 0,18 m x
0,13 m. Face de joint gauche. Reste
de décoration en relief sans trace de
peinture. Représentation royale de petite
dimension (*—) : à gauche, bande verti­
cale. À la partie droite figurent deux
personnages superposés.

5. Un encadrement de scène analogue L auer, J. L eclant, Ounas, Doc. 29-35,


apparaît au deuxième hall hypostyle du p. 85-87, fig. 55-61, pl. XXI).
temple de Séti Ier en Abydos (M. C alverley, 8. Pour la divinité masculine qui précède
The Temple o f King Sethos I at Abydos IV, le roi, en effet, cette main n'apparaît pas
The Second Hypostyle Hall, Chicago, 1958, au niveau conservé du torse.
pl. 8). 9. L. Borchardt, S ’aïhni-Re' II, pl. 40-41
6. Ibid., pl. 13. (temple haut, où le roi porte le même type
7. Six fragm ents du temple h au t font de pagne à fines rayures).
allusion à cette fête (A. L abrousse, J.-Ph.
- 72 -

En haut, partie inférieure d’un personnage debout, vêtu d ’un pagne court, avec,
à l ’arrière, la retombée de la queue animale. Il porte une massue horizontale.
En dessous, est la partie supérieure d ’un pharaon, coiffé de la couronne rouge,
brandissant un fouet dont la retombée pend en arrière 101. Il s’agit probablement
d’une scène de f ête-sed : au registre supérieur, le roi porterait alors la couronne
blanche; au registre inférieur, il se dirigerait vers un palais ou une chapelle.

2. PERSONNAGES DE GRANDES DIMENSIONS


[Doc. 11 à 14]

Doc. 11 [% 48, pi. X]. — Fragment de calcaire. —


0,26 m X 0,20 m x 0,22 m. Lit de pose, face
de joint du côté droit. Trouvé à l’empla­
cement du départ de la chaussée. Reste
de décoration en relief sans trace de
peinture. Fragment d ’une grande finesse
conservant le bas du visage et l ’épaule
droite d ’un personnage (*—) au cou orné
d ’un large collier. Sur l’épaule, vestige
d ’une bretelle avec trace de nœud ".
Pourrait-il s’agir du roi?

Doc. 12 [fig. 49, pi. X]. — Fragment de calcaire. —


0,42 m x 0,30 m x 0,23 m. Reste de
décoration en relief sans trace de peinture.
Fragment d ’un large collier. La rangée
externe de perles en goutte, auxquelles
sont ajoutées des perles sphériques, semble
inhabituelle 12.

10. A. L abrousse, J.-Ph. L auer, J. L eclant, le roi Pépi II dans deux scènes de son temple
Ounas, p. 87, doc. 33, fig. 59. funéraire : sur la paroi ouest de l’anticham­
11. L. Borchardt, S ’aifiu-Re' II, pl. 18 bre (G. J équier, Pépi II 2, pl. 51) et sur
(temple d ’accueil), 20-21. la paroi sud (la paroi nord étant lacunaire
12. Un collier de ce type est porté par à cet endroit) du sanctuaire (ibid., pl. 63-64).
- 73 -

Doc. 13 [fig. 50, pl. X], — Fragment de calcaire. —


0,14 m x 0,29 m x 0,25 m. Lit de pose,
face de joint gauche. Reste de décoration
en relief sans trace de peinture. Main
gauche pendante d ’un personnage (~J )
portant le signe-ankh.

Doc. 14 [fig. 51, pl. X ] 1314.

— Fragment de calcaire. — 0,14 m x 0,29 m x 0,25 m. Lit de pose, face


de joint droite. Reste de décoration en relief sans trace de peinture. Personnage
féminin de grandes dimensions (~|). Il en subsiste les cuisses revêtues d ’une
longue robe collante et l ’avant-bras gauche pendant à l’arrière, orné d ’un bracelet
à décor géométrique. La main tient le signe-ankh. Derrière le personnage féminin,
bande de limitation de scène. Il pourrait s’agir d ’un angle de pièce iU.

13. Ahmed M. M oussa, ASAE LXIV, (temple d ’accueil), salle intime; déesse à
1981, p. 77, n° 14, et pl. XVI. gauche, également placée dans un angle.
14. L. Borchardt , S'cîihu-Re II, pl. 18
- 74 -

3. DÉFILÉS DE DIVINITES DE MOYENNES DIMENSIONS


[Doc. 15 à 18]

Des théories de divinités, disposées en général sur plusieurs registres et se


dirigeant vers le roi, se retrouvent par ailleurs dans deux temples d ’accueil :
celui de Sahourê 15 et celui de Pépi II 16.

Doc. 15 [fig. 52, pl. XI]. — Fragment de calcaire. —


0,22 m x 0,18 m X 0,16 m. Lit de pose,
face de joint gauche. Reste de décoration
en relief sans trace de peinture. Vestiges
de deux colonnes d ’inscription verticales
au-dessus d ’une tête de faucon (J-*-).
À droite, sans doute un ûgne-ankh suivi
du signe de la plante du sud; à gauche,
peut-être « la ville de Pe » au-dessus de ce qui serait alors une représentation
du dieu Horus.

Doc. 16 [fig. 53, pl. XI].156 — Fragment de calcaire. —


0,18 m x 0,27 m x 0,21 m. Reste de
décoration en relief sans trace de peinture.
Fragment d ’un défilé de divinités (]-).
Il subsiste le bras droit de l’une d’elles
qui devait tenir le signe-ankh. Derrière
elle sans doute un mât de chapelle17
suivi d’un élément d ’inscription.

Doc. 17, A et B [fig. 54, pl. XI]. — Fragment de calcaire. —


0,36 m x 0,19 m x 0,12 m. Trouvé à
l ’emplacement du départ de la chaussée.
Reste de décoration en relief sans
trace de peinture. À droite, inscription
horizontale de moyenne dimension (-j ) :
« doué de vie, force, toute joie », suivie
de deux éléments architecturaux (?)

15. L. Borchardt, S ’alhu-Re' II, pl. 19 17. G. J équier , Pépi II 2, pl. 50, 52-53
(temple d ’accueil, salle intime). (antichambre du temple haut).
16. G. J équier, Pépi II 3, pl. 5-6.
- 75

cannelés, avec, sur le premier, le tracé conservé d’un lien horizontal. À gauche,
arrière-train d ’un canidé allongé dont la queue pend à l’arrière et dans
le dos duquel semble fichée une plume ou un emblème. Étant donné l’arrondi
qui semble subsister en dessous, s’agirait-il de la coiffure d ’une divinité surmontée
d ’un canidé allongé 18?

Doc. 18 [fig. 55, pl. XI]. — Fragment de calcaire. —


0,40 m x 0,16 m x 0,48 m. Lit d ’attente,
face de joint droite. Reste de décoration
en relief sans trace de peinture. Fragment
d ’un défilé de divinités (-j ). Deux d ’entre
elles sont séparées par une bande ver­
ticale d’inscription (*-|) portant une
légende terminée par «éternellement».
De la première subsiste la queue animale
qui pendait à sa ceinture et le signQ-ankh qu’elle devait tenir de sa main gauche.
De la seconde (féminine?), plus grande, on aperçoit les pieds joints et une partie
du sceptre-oway qu’elle présentait dans sa main droite.

4. PERSONNAGE EN ATTITUDE DE JUBILATION [Doc. 19]

Doc. 19 [fig. 56, pl. XI]. — Fragment de calcaire. —


0,22 m x 0,28 m x 0,09 m. Lit d’attente.
Reste de décoration en relief sans trace
de peinture. Fragment d’une scène de
jubilation. On voit un bras gauche rejeté
en arrière (*—), orné d ’un bracelet au
poignet19.

18. Cf. W. VON BlSSING, L. BORCHARDT, Ounas, Doc. 52, p. 99-100, fig. 78, pl. XXXIV :
Ne-woser-re\ vol. II, pl. B = ibid., vol. III, il s’agit d ’un personnage hiéracocéphale;
pl. 13, 228-229, 232, où il s’agit de prêtres. G. J équier , P épi II 3. pl. 5 (temple
19. A. L abrousse, J.-Ph. L auer , J. L eclant , d’accueil).
6
- 76

5. PROCESSIONS DE PERSONNAGES COURBÉS,


EN ATTITUDE RESPECTUEUSE [Doc. 20 à 22]

Les défilés de personnages courbés devant le roi sont fréquents dans les
monuments funéraires de cette époque. Ils sont notamment associés à des défilés
de divinités20, comme ici dans les Doc. 15 à 18 ou à des scènes de navigation21
[Doc. 27 A et B à 30]. Des fragments de processions de personnages, mais hors
contexte, ont été repérés dans le temple d ’accueil de Sahourê22.

Doc. 20 [fig. 57, pi. XI]. — Fragment de calcaire. —


0,18 m x 0,37 m x 0,14 m. Face de joint
du côté gauche. Reste de décoration en
-TV— > relief sans trace de peinture. Élément
\ /7 ’
d’une procession de personnages courbés
/,(LÿÂJ A en attitude respectueuse, tenant chacun
obliquement un long bâton (j-). Du
premier, à droite, conservé des épaules
aux pieds, on aperçoit le pagne à re­
tombées triangulaires à l’arrière et la
partie supérieure du bâton; il ne sub­
siste que l ’avant du second, précédé de
son titre et de son nom : sm r k(î) 23 Le troisième personnage se manifeste par
l’extrémité de son bâton oblique.

Doc. 21 [fig. 58, pi. XI], — Fragment de calcaire. —


0,23 m x 0,19 m x 0,17 m. Reste de
décoration en relief sans trace de peinture.
Fragment d’un personnage courbé en
attitude respectueuse (|-*-). Il est conservé
des épaules aux genoux, avec son pagne
à devanteau, son bras droit et une partie
de son bras gauche qui pend.

20. G. J équier , Pépi II 2, pl. 46, 50, un fragment, hors contexte, provient de la
54, 58 (temple haut, antichambre et hall, circulation est de la cour: pl. 32; autres
mais alors associés à une scène de capture fragments divers : pl. 35, 49 en bas.
d ’hippopotame : ibid. 3, pl. 32-34 et frag­ 22. Ibid., pl. 49 en haut (temple d ’accueil,
ments divers, pl. 35). salle intime).
21. L. B orchardt , S ’aïhu-Re' II, pl. 11-12 23. Cf. H. R anke , P N I, 307, 18; PM III/2,
(temple haut, circulation ouest de la cour); p. 67, 231.
- 77 -

Doc. 22 [fig. 59, pl. XI]. — Fragment de calcaire. —


0,26 m x 0,08 m x 0,21 m. Lit de pose.
Reste de décoration en relief sans trace de
peinture. Fragment d ’une procession de
personnages courbés en attitude respec­
tueuse ( j~). Du premier, à droite, subsiste
la jambe droite et la ceinture dont le pan
est rejeté à l’arrière entre les cuisses et
la main droite qui tient l ’amorce d ’un
bâton à l’oblique. Du second personnage,
à gauche, il reste une partie du bâton
oblique et l’épaule gauche.

6. PROCESSIONS DE PORTEURS D ’OFFRANDES


[Doc. 23 à 25]

Le temple d ’accueil étant un lieu de culte, il est normal d ’y trouver des


représentations de défilés de porteurs d’offrandes convergeant vers le roi. Au
temple d’accueil de Sahourê, seize fragments, certains jointifs, ont été retrouvés
sur une surface assez étendue qui englobait la partie sud de la salle de culte
et le mur sud-ouest du portique principal 24.

Doc. 23 [fig. 60, pl. XI]. — Fragment de calcaire. —


0,24 m x 0,17 m x 0,10 m. Reste de
décoration en relief; le signe-è et les
chairs du personnage sont peints en
brun-rouge. Fragment d ’une procession
de porteurs d ’offrandes (-J).
À droite, pagne et genoux d ’un person­
nage tenant une volaille dont subsistent
les pattes; devant lui, une colonne de légende avec son nom (-[) : nswt-m rw -ntr 25,
précédé de vestiges de signes qui pourraient être ceux du titre hry-hb (prêtre-
lecteur) 26. À gauche pendent les tiges d ’un bouquet que devait tenir le porteur
précédent.

24. L. B orchardt , S ’aihu-Re' II, pl. 58. Reiches, Le Caire, 1964, p. 41, pl. 69 :
25. H. R anke , P N I, 212, 26. n° 1569 A et pl. 70 : n° 1570 B (mastaba de
26. L. Borchardt , Denkmàler des Alten Ptah-ouaset, D 38 de Mariette, Ve dynastie).
- 78

Doc. 24 [fig. 61, pl. XI], — Fragment de calcaire. —


0,24 m x 0,26 m x 0,25 m. Lits d’attente
et de pose, face de joint du côté
droit. Il pourrait s’agir d ’un fragment
de pièce rapportée. Trouvé à l ’empla­
cement de la chaussée. Reste de déco­
ration en relief sans trace de peinture.
Fragment d’une procession de porteurs
d’offrandes ( - |) . Un porteur, conservé
du torse aux chevilles, tient vraisemblablement sur l’épaule un bouquet. Devant
lui, on peut voir le mollet du porteur précédent.

Doc. 25 [fig. 62, pl. XI], — Fragment de calcaire. —


0,18 m x 0,15 m x 0,06 m. Reste de
décoration en relief sans trace de peinture.
Fragment d ’une procession de porteurs
d ’offrandes ( j-). Fin de registre avec une
bande de séparation de scène à gauche.
Pagne et genoux d’un personnage tenant
par les ailes une volaille qui se débat.

7. PROCESSION DE BŒUFS [Doc. 26]

La conduite des bœufs destinés au sacrifice cultuel est une scène bien connue
des complexes funéraires. On a pu en attribuer une au temple d ’accueil de
Khéops27. Elle apparaît également au temple haut de Sahourê28.

Doc. 26 [fig. 63, pl. XI]. — Fragment de calcaire. —


0,25 m x 0,29 m x 0,09 m. Face de joint
du côté gauche. Reste de décoration en
relief sans trace de peinture. Fragment de
scène de bovidés passants (-j). Arrière-
train d’un bovidé et corne du bovidé
suivant29.

27. H. G oedicke, Re-used Blocks from the (thèse de d octorat, à paraître), une relecture
Pyramid o f Amenemhet I at Lisht, New York, du texte renforcerait la seconde hypothèse.
1971 p. 18-19, n° 4 (MMA 22 1 3), relie 28. L. B orchardt , S ’aihu-Re' II, pl. 55.
cette procession soit à une scène de défilé de 29. Ibid., pl. 55 (tem ple haut), où l ’on
tributaires ou de captifs, soit à une représenta­ voit, parm i d ’autres anim aux, des bovidés
tion des dotations funéraires. Pour V. D obrev conduits en file.
79 -

8. SCÈNES DE NAVIGATION [Doc. 27 A et B à 30]

Une des scènes de navigation les plus connues de l’Ancien Empire est l’arrivée
de la barque royale au temple d ’accueil de Sahourê 30. On pourrait y joindre
la même scène provenant des blocs réutilisés dans la pyramide d ’Amenemhat Ier
à Licht, mais l’attribution au temple d ’accueil d’Ounas est loin d ’être assurée 31.

Doc. 27, A et B [fig. 64, pi. XII]. — Fragment de calcaire. —


0,30 m x 0,27 m x 0,23 m. Reste de déco­
ration en relief ; traces de peinture. Scène
supérieure : bleu-vert au niveau de l’eau;
scène inférieure : traces jaunes dans la
voile, brun-rouge sur les chairs du rameur.
Fragment d ’une scène de navigation
sur deux registres. Au registre supérieur,
cassés au niveau des épaules, deux ra­
meurs (j-) sont en position d’attaque.
Debout sur le pont arrière d’un bateau,
leur pied droit est caché par le
plat-bord sur lequel ils posent le pied gauche. Ils devaient tenir à deux mains
les manches d ’aviron inclinés à l’oblique, sans doute vers l ’avant du bateau.
Leur vêtement consiste en une ceinture dont les pans sont rejetés à l’arrière
entre les cuisses. À gauche, on aperçoit un des supports verticaux de la drosse
du hauban d ’arc avec l’extrémité d’un stick de tension et un des deux poteaux
qui aidaient à recevoir le mât couché 323. Le très long manche d ’aviron oblique
devait appartenir au gouvernail. Au registre inférieur, sous le mât abaissé et
la voile carguée avec la vergue supérieure à étrier, on aperçoit une partie de
la drosse du hauban d’arc d ’un bateau. La tête et les épaules de deux rameurs
(j-) subsistent; ils tenaient à deux mains des manches d’aviron. Au-dessus de
la voile, fragment d ’inscription horizontale 33 (*—) : jw sh r ; pourrait-on lire jw
sh r(y), «le capitaine du bateau v ie n t» 34?

30. L. B orchart , S'alhu-Re' II, pl. 9 la marche du bateau. Cette inversion se


(temple d ’accueil, paroi nord de la pièce retrouve sur des blocs réutilisés dans la
intime). pyramide d ’Amenemhat Ier à Licht et qui
31. Cf. infra, p. 89. proviennent peut-être du temple d ’accueil
32. L. B orchardt , S'aïhu-Re’ II, pl. 12. d ’Ounas (H. G oedicke , Re-used Blocks,
33. On remarque que les signes sont n° 50, p. 89-91 et, semble-t-il, n° 52, p. 93-94).
tournés vers la gauche, en opposition avec 34. Wb IV, 260, 17.
0 A
- 80 -

Doc. 28 [fig. 65, pl. XII]. — Fragment de calcaire. —


0,135 m x 0,13 m x 0,14 m. Reste de
décoration en relief sans trace de peinture.
Fragment d’une scène de navigation. À
droite, deux rameurs (J~) debout sur le
pont d ’un bateau. Le premier n’est indiqué
que par la retombée des pans de sa cein­
ture rejetée à l’arrière entre les cuisses.
Le second rameur, conservé des épaules aux chevilles, tient à deux mains un
manche d ’aviron incliné à l ’oblique, sans doute vers l’avant du bateau. Derrière
les deux rameurs, à gauche, on aperçoit le support vertical d ’une partie de la
drosse du hauban d’arc avec un stick de tension et un des deux poteaux qui
aidaient à recevoir le mât couché.

— Fragment de calcaire. —
0,19 m x 0,14 m x 0,28 m. Reste de déco­
ration en relief sans trace de peinture.
Fragment d ’une scène de navigation dont
subsistent cinq rameurs (j-) en position
d ’attaque. Les rameurs sont debout sur
le pont d’un bateau, les pieds cachés par
le plat-bord. Ils tiennent à deux mains un
manche d ’aviron incliné à l ’oblique, sans doute vers l’avant du bateau. Les trois
rameurs centraux, entièrement conservés, portent une coiffure courte à petites
ondulations précisées; ils sont vêtus d ’une ceinture dont les pans sont rejetés à
l’arrière entre les cuisses. Du premier rameur, à droite, il ne subsiste que le
pan de la ceinture; du dernier, à gauche, il reste la moitié avant.

Doc. 30 [fig. 67, pl. XII]. — Fragment de calcaire. —


0,35 m x 0,135 m x 0,09 m. Fragment de
pièce rapportée : lit de pose, face de joint
du côté droit. Reste de décoration en
relief; traces de peinture brun-rouge sur
les jambes du personnage de gauche.
Sur la proue d’un bateau (J-), derrière
le plat-bord est étendu un personnage
(—*) appuyé sur ses avant-bras. Il est coiffé d ’une perruque ronde à mèches
courtes et porte le costume des M edjaiou lorsqu’ils montent sur le mât pendant
- 81

la fête -se d 3b. Derrière lui, on aperçoit les jambes et le pagne, orné en bas d’une
bande horizontale, d ’un second personnage portant un élément vertical (vrai­
semblablement une enseigne) dont subsiste la base. Sous la proue du bateau,
le signe représentant la main (—►) constitue le début d’une colonne d’inscription
disparue.

9. ÉLÉMENTS DE LÉGENDES [Doc. 31 à 51]

Doc. 31 [fig. 68, pl. XII]

I
— Fragment de calcaire. — 0,98 m x 0,53 m x 0,76 m. Lits de pose et
d’attente, face de joint gauche. Reste de décoration en relief sans trace de
peinture. Scène limitée à gauche par une trace de bandeau vertical. Il pourrait
s’agir d ’un bloc d ’angle. Au-dessus d ’un faucon planant (J-*), tenant dans ses
serres l'anneau-.?« ou le signe-ankh, ligne de légende (—►) : « La chapelle-ytr.t du
sud. >> Derrière l’oiseau, une colonne de légende faisant peut-être allusion au
dieu Seth « qui préside à Sou » 3536.

35. G. J équier , Pépi II 2, pl. 12-25. Doc. 49, fig. 75, pl. XXXIV (d’une scène
36. H. G authier , DG II, p. 131; de couronnement du roi par Horus et Seth);
G. G oyon , BIFAO LXVIII, 1969, pl. XXXIX, J.-Ph. L auer , J. L eclant , Téti, p. 72, Doc. 19,
en bas (Isési-Djedkarê); A. L abrousse, fig. 34, pl. XXVII, C; G. J équier , Pépi I I 2,
J,-Ph. L auer , J. L eclant , Ornas, p. 97, pl. 46-47 (antichambre du temple haut).
r

- 82 -

Doc. 32 [fig. 69, pi. XII]. — Fragment de calcaire. —


0,32 m x 0,22 m x 0,21 m. Lit de pose,
face de joint à droite. Trouvé à l’extrémité
nord du hall principal. Reste de décora­
tion en relief sans trace de peinture.
Fragment de légende mentionnant (—►):
« la chapelle du sud ».

Doc. 33 [fig. 70, pi. XII]. — Fragment d ’angle en calcaire. —


0,245 m x 0,515 m x 0,33 m; 0,37 m
I x 0,515 m x 0,90 m. Lits de pose
et d ’attente, face de joint du côté
gauche. Trouvé près du hall secondaire.
Reste de décoration en relief sans trace
de peinture. De part et d’autre d ’un
angle, deux fragments de légende limités
au sommet par une bande horizontale
d ’étoiles et latéralement par un bandeau
vertical de bordure; à droite (—») : «la
chapelle du sud », à gauche (-<—), « la
plante du sud».

I
Doc. 34 [fig. 71, pi. XII]. — Fragment de calcaire. —
0,22 m x 0,21 m x 0,10 m. Reste de
décoration en relief sans trace de peinture.
Sous un bandeau horizontal, colonne
de légende de grande dimension (-J ) avec
ce qui pourrait être un jo n c37. Dans ce
cas, ce pourrait être le début du nom
de la déesse Nekhbet38.

37. A.H. G ardiner , Grammar, sign-list, 38. A . L abrousse,J.-P1 i .L auer ,J .L eclant ,


n° M 22-23. Ounas, Doc. 122, p. 126, fig. 147.
- 83 -

Doc. 35 [fig. 72, pl. XIII], — Fragment de calcaire. —


! 0,275 m x 0,175 m x 0,19 m. Lit d ’at­
tente, face de joint du côté droit. Trouvé à
l’extrémité sud du hall secondaire. Reste
de décoration en relief sans trace de pein­
ture. Fragment d ’inscription de grande
dimension. Au-dessous d’un bandeau
horizontal, signe-/.

Doc. 36 [fig. 73, pl. XIII].

— Fragment d’angle en calcaire. — 1,92 m x 0,18 m x 0,56 m. Face de joint


du côté droit et du côté gauche, en retour d ’angle. Trouvé à l’extrémité sud
du hall secondaire. Reste de décoration en relief sans trace de peinture. Sous
un bandeau horizontal, face à un faucon planant (j-), quatre colonnes de
texte (~|). Au sommet des deux premières : «Paroles à dire : qu’il donne39. »
Au sommet des deux autres colonnes, le signe-#nt. À droite, faucon planant
(j-») appartenant à une autre scène.

Doc. 37 [fig. 74, pl. XIII]. — Fragment de calcaire. —


0,35 m x 0,4 m x 0,32 m. Lit de pose,
face de joint droite. Reste de décoration
en relief sans trace de peinture. Fragment
de légende verticale de grande dimen­
sion (j-) : « sur le trône d’Horus». Filet
d ’encadrement à gauche.

39. G. J équier, Pépi II 2, pl. 54-55 (antichambre du temple haut).


- 84 -

Doc. 38 [fig. 75, pl. XIII]. — Fragment de calcaire. —


0,28 m x 0,28 m x 0,22 m. Lit d ’attente,
face de joint droite. Reste de décoration
en relief sans trace de peinture. Frag­
ment de légende verticale de grande
dimension (j-).

— Fragment de calcaire. —
0,17 m x 0,22 m x 0,24 m. Lit d ’attente,
face de joint du côté droit. Reste de
décoration en relief sans trace de peinture.
Fragment de légende de grande dimen­
sion d’une finesse de gravure exception­
nelle ( J-) ; « qu’il soit (à la tête des
ka) ? » Le signe-« a une graphie très
resserrée.

Doc. 40 [fig. 77, pl. XIII]. — Fragment de calcaire. —


0,32 m x 0,06 m x 0,16 m. Lit d ’attente.
Reste de décoration en relief sans trace
de peinture. Fragment de légende de
grande dimension sur deux colonnes ( j-).

Doc. 41 [fig. 78, pl. XIII]. — Fragment de calcaire. —


0,51 m x 0,31 m x 0,17 m. Reste de
décoration en relief sans trace de pein­
ture. Fragment de légende horizontale
de grande dimension (—>-) conservée sur
deux lignes.

40. L. B orchardt , S ’alhu-Re II, pl. 8; fig. 43, pl. XXVIII, C (sous l ’extrémité de
L. Borchardt , W. v. B issing , Ne-woser- l’aile d ’un oiseau); G. J équier, Pépi II 3,
re' III, pl. 26 : 399 (derrière le roi); J.-Ph. pl. 12-13 (départ de la chaussée, scène de
L auer , J. L eclant , Téti, p. 75, Doc. 28, triomphe, derrière le roi en sphinx).
- 85 -

Doc. 42 [fig. 79, pl. XIII]. — Fragment de calcaire. —


0,40 m x 0,10 m x 0,22 m. Lit d ’attente,
face de joint droite. Reste de décoration
en relief sans trace de peinture. Fragment
de légende de grande dimension (—-),
peut-être : « comme (Rê), éternellement».

Doc. 43 [fig. 80, pl. XIII]. — Fragment de calcaire. —


0,17 m x 0,10 m x 0,05 m. Reste de
décoration en relief sans trace de peinture.
Fragment de légende verticale de grande
dimension («-[) avec en finale le signe-?
suivi du signe de l’arrière-train du lion41.

Doc. 44 [fig. 81, pl. XIII]. — Fragment de calcaire. —


0,25 m x 0,20 m x 0,18 m. Reste de
décoration en relief sans trace de peinture.
Fragment de légende de grande dimen­
sion sur une colonne ( j--). À droite,
fin de la légende « toute joie ».

Doc. 45 [fig. 82, pl. XIII]. — Fragment de calcaire. —


0,26 m x 0,20 m x 0,06 m. Reste de
décoration en relief sans trace de peinture.
Fragment de légende de grande dimen­
sion sur deux colonnes : à droite,
«toute jo ie» ; à gauche, mention des
archives.

Doc. 46 [fig. 83, pl. XIV]. — Fragment de calcaire. —


0,27 m x 0,14 m x 0,075 m. Reste de
décoration en relief sans trace de peinture.
Fragment de légende de grande dimen­
sion ( -| ) : « doué de (tout)e vie ».

41. A.H. G ardiner, Grammar, sign-list, n° F 22.


- 86 -

Document 47 [fig. 84, pl. XIV]. — Fragment de calcaire. —


0,18 m x 0,11 m x 0,09 m. Reste de
décoration en relief sans trace de peinture.
Fragment montrant un cobra dressé de
grande dimension faisant vraisemblable­
ment partie d ’une représentation de la
déesse-serpent de la Basse-Égypte..

— Fragment de calcaire. —
0,44 m x 0,29 m x 0,15 m. Lit d ’attente,
face de joint gauche. Reste de décoration
en relief sans trace de peinture. Fragment
de légende de grande dimension occupé
par une touife de plantes de la Basse-
Égypte, accompagnée du signe-ankh.
À droite, bande de séparation verticale.

Doc. 49 [fig. 86, pl. XIV], — Fragment de calcaire. —


0,35 m x 0,95 m x 0,12 m. Lit d’at­
HUY') tente, face de joint du côté droit. Reste
i m i r ^ i 1 de décoration en relief sans trace de
L-— J"
peinture. Fragment de légendes de petites
dimensions sur trois colonnes (j-).
Dans la colonne de droite, on reconnaît le signe-/z 42, suivi de celui des régions
désertiques 43. Au centre, on lit deux signes de l’homme assis 4445au-dessus d ’un
n 4B. À gauche, subsiste : « voir » sous ce qui pourrait être éventuellement un
vestige de la base de cartouche 46.

Doc. 50 [fig. 87, pl. XIV], — Fragment de calcaire. —


0,10m x 0,19m x 0,05m. Pièce rapportée.
Reste de décoration en relief sans trace
de peinture. Fragment d ’une légende

42. A.H. G ardiner , Grammar, sign-list, des colonnes, graphie) du bloc MMA 09 180 4,
n° O 4. H. G oedicke , Re-used Blocks, p. 24-26;
43. A.H . G ardiner , Grammar, sign-list, cf. infra, p. 100. Ces deux blocs pourraient
n° N 25. provenir du même texte. Cependant rien ici
44. Ibid., sign-list, n° A 1. n ’invite à replacer notre bloc sur la chaussée,
45. Ibid., sign-list, n° N 35. les colonnes étant représentées perpendicu­
46. Ce bloc semble très proche (largeur laires au lit d ’attente.
- 87 -

horizontale de petite dimension (—■») mentionnant Sih (Orion)47 au-dessus d ’une


limitation horizontale.

Doc. 51 [fig. 88, pi. XIV]. — Fragment de calcaire. —


0,15 m x 0,07 m x 0,11 m. Lit de pose.
Reste de décoration en relief sans trace
de peinture. Fragment d ’inscription ver­
ticale de petite dimension sur deux colonnes (-J). Dans la colonne de gauche,
fin d’une légende « doué de vie ». Dans la colonne de droite, il subsiste le
signe-/?48.

10. DIVERS [Doc. 52]

Doc. 52 [fig. 89, pi. XIV]. — Fragment de calcaire. —


0,25 m x 0,12 m x 0,07 m. Reste de
décoration en relief sans trace de peinture.
Fragment d ’un personnage passant (j-)
vêtu d ’un pagne à devanteau oblique et
tenant, sans doute de la main droite,
un sceptre-sekhem horizontal.

C. BLOCS DE MASTABAS RETROUVÉS DANS LE TEMPLE.


[Doc. 53 à 55 A, B et C].

Doc. 53 [fig. 90, pi. XIV], — Fragment de calcaire. —


0,40 m x 0,21 m X 0,15 m. Pièce rap­
portée. Reste de décoration en relief sans
trace de peinture. Fragment d ’inscrip­
tion de petite dimension limité à gauche
par un bandeau vertical. Deux colonnes
( j-*) surmontent une inscription horizon­
tale (—►). La colonne de droite se termine
par : « (P)tah », suivi de la représen­
tation du dieu dans son naos. Il est
figuré, selon la tradition, coiffé d ’une calotte, pourvu d ’une barbe postiche
et étroitement gainé dans un vêtement serré qui laisse juste apparaître les deux

47. Wb IV, 22, 1.


48. A.H. G ardiner, Grammar, sign-list, n° V, 28.
- 88

bras tenant un sceptre-owas; dans la colonne qui suit, on lit le nom de Sokar
suivi de l’image du dieu-faucon sur sa barque-traîneau; au-dessous, une
ligne précise : « au beau nom de Bbib » 49. Il pourrait s’agir d ’un bloc de
mastaba.

— Fragment de calcaire. —
0,24 m x 0,19 m x 0,07 m. Lit d ’attente.
Reste de décoration en relief sans trace
de peinture. Fragment d ’inscription de
petite dimension. Sous un bandeau hori­
zontal, une ligne de légende ( —») sur­
montant trois colonnes de texte (*j). On pourrait lire dans la ligne une suite
de titres : nht hrw, «employé aux cham ps»50, rf} nswt, « le connu du r o i» 51,
suivi d ’un canidé couché sans doute sur une chapelle. Sous la ligne de texte,
on pourrait voir une liste d’offrandes; de la colonne de droite, il ne subsiste
presque rien; dans la colonne centrale, ce pourrait être « gâteau » 52; dans la
colonne de gauche, on lit : « une fois ».

Doc. 55 A, B et C [fig. 92, pl. XIV]. — Fragment de calcaire. —


0,31 m x 0,31 m x 0,10 m. Face de joint
du côté droit. Reste de décoration en relief
sans trace de peinture, sur deux registres.
Au registre supérieur, fragment d’une
scène paysanne présentant un couple (-^ )
et deux enfants. De l ’homme, à gauche,
on voit la tête coiffée d ’une perruque
courte, une partie du torse, le haut du
pagne et les pieds. Sa main gauche
ramenée sur la poitrine tient un long
bâton qui repose sur son épaule.
Derrière lui, une femme vêtue d ’une longue robe collante à bretelles est penchée
en avant. Coiffée d ’une longue perruque, elle porte peut-être sur son épaule
un sac en peau animale. De sa main droite tendue, elle saisit par le bras un

49. L. Borchardt, Statuen und Statuetten I, 50. Wb II, 318, 11.


p. 110, 151 (mastaba de Bbib, B 13 de 51. Wb II, 447, 4.
Mariette); H. R anke, PN I, 95, 11; II, 351. 52. fVb IV, 418, 2.
- 89 -

enfant (]-). Ce dernier, dont il ne subsiste que la tête coiffée d’une perruque
courte, le bras gauche et les pieds, esquisse vers sa mère un geste d ’appel.
Derrière la femme marche un deuxième enfant (~J), un garçon conservé à l’avant,
de la tête aux cuisses. Au-dessus et à l ’avant de l’homme, reste de légende (<—) :
après un signe indistinct, un signe-iv5354, que l’on retrouve devant les pieds de
l’homme. Au registre inférieur, une ligne de légende (-<—) ouvrant sur un titre
féminin m jtr .t54 suivi probablement du titre fréquent : « connue du roi » 55.

D. BLOCS RÉUTILISÉS DANS LA PYRAMIDE D ’AMENEMHAT Ier


À LICHT ET PROVENANT PEUT-ÊTRE DU TEMPLE D ’ACCUEIL
D ’OUNAS.

Parmi les blocs que l’on a pu attribuer au complexe funéraire d ’Ounas,


six fragments proviennent peut-être du temple d ’accueil.
D ’eux d ’entre eux (MMA 15 3 1163 et MMA 22 1 14 : Goedicke, nos42 et 55)
ont pu faire partie d ’une même scène. Ils montrent des soldats courant, surmontés
d ’une représentation de la barque royale56.
Quatre fragments (MMA 22 16, MMA 09 180 26 a et b, MMA 09 180 130,
L 8-9 : 23 ; Goedicke, nos 49 à 52) font partie de scènes de navigation57.

53. A.H. G ardiner, Grammar, sign-list, représentation du roi en sphinx ou griffon


n" G 43. terrassant les ennemis (ibid., pl. B). Cette
54. Wb II, 45, 6. scène, alors orientée d ’est en ouest,
55. Ibid, 447, 4. pourrait-elle représenter, à Sahourê comme
56. H. G oedicke, Re-used Blocks, p. 68-74 à Ounas, l’arrivée de la barque royale au
et 97-100. Le parallèle relevé par Goedicke temple d ’accueil? Dans cette hypothèse,
entre ces deux blocs et les fragments cette dernière voguerait sur le canal trans­
représentant la barque royale trouvés dans versal accompagnée de groupes de dix
le temple d ’accueil de Sahourê (L. Borchardt hommes et d ’un commandant courant le
S ’aïhu-Re' II, pl. 9) est frappant, malgré long de la berge sud du canal.
quelques dissonances (le gouvernail et le 57. H. G oedicke, Re-used Blocks, p. 86-94.
déterminatif placé après ssp). H. G oedicke, G oedicke (ibid., p. 88-91) relève des simili­
op. cit., p. 73, observant le sens de navigation tudes avec des scènes du temple haut de
des barques, de droite à gauche, replace Sahourê, sans exclure un parallèle (ibid.,
(pour Sahourê) la scène à droite d ’une porte p. 88) avec la chaussée d ’Ounas, ou une
du temple d ’accueil. L. Borchardt, attribution (ibid., p. 91) au temple d’accueil.
S ’alhu-Re' II, p. 22, fig. 4, l’avait attribué La découverte dans le temple d ’accueil
à la paroi nord de la pièce centrale du temple d ’Ounas des Doc. 25-28 renforce l’hypothèse
d ’accueil (gestaffelter Raum), au-dessus d ’une d ’une appartenance à ce dernier monument.
V. LE DÉPART DE LA CHAUSSÉE

A
l ’ouest de l ’antichambre, il ne subsiste aucun
vestige ni de l ’alignement de la façade du temple, ni du départ de la chaussée.
On peut, cependant, suggérer avec vraisemblance deux hypothèses de restitution.

A. PREMIÈRE HYPOTHÈSE DE RESTITUTION [fig. 93].

Le plan du départ théorique de la chaussée peut être déterminé avec précision


si l ’on prolonge les murs encore visibles aujourd’hui du sondage n° 2
de Abd el-Salam M. Hussein *. Restituée en volume selon les hypothèses
de Jean-Philippe Lauer12, la chaussée partirait alors à 5,30 m au sud de l’angle
nord-ouest du temple, avec un angle très fermé de 58 gr vers le nord 3. Une
porte creusée dans le mur est du temple pourrait faire communiquer l ’anti­
chambre et la chaussée. Cette porte, située à 4 coudées de l’angle nord-ouest
de l’antichambre, formerait alors une chicane assez harmonieuse avec la porte
ouvrant depuis le hall principal et située à 4 coudées également de l’angle
sud-est de l ’antichambre [fig. 93].
Une telle restitution rencontre cependant deux obstacles : d ’une part celui
de l ’angle excessivement fermé situé entre la chaussée et le temple, d’autre part
celui de l’emplacement de la porte.
Dans tous les exemples connus à l ’Ancien Empire, l ’angle que forment la
chaussée et le temple d ’accueil varie d ’un règne à l ’autre selon les nécessités
de la topographie. L’angle le plus fermé, qui est de 79 gr, appartient au

1. Abd el-Salam M. H ussein, A S A E K U ll, 2. J.-Ph. L auer, BSFE 33, 1962, p. 13-14,
1943, pl. XXVIII B et XXXI; É. D rioton, fig. 1-2.
BIE XXVI, 1943-1944, fig. 1. 3. Ahmed M. M oussa, ASAE LXIV, 1981,
fig. p. 78; LXX, 1985, fig. 1.

7
- 92 -

monument de Pépi II h. L’angle observé à Ounas, de 58 gr, est encore


plus aigu (21 gr) que celui constaté à Pépi II. Il devient alors pratiquement
impossible de sortir du temple d ’accueil sans buter contre la paroi sud
de la chaussée [fig. 94]. En outre, l ’emplacement du seuil de la porte est
partiellement occupé par des blocs de fondation de mur. Le traitement des
lits d ’attente de ces blocs, inégalement dégrossis, ne permet pas d ’y voir un
seuil de porte.

B. DEUXIÈME HYPOTHÈSE DE RESTITUTION [fig. 94].

Devant les obstacles rencontrés par notre première hypothèse de restitution,


il devient alors nécessaire, sans changer le tracé général de la chaussée, de
déplacer son point de départ ainsi que la porte attenante. La seule façon de
réaliser cette opération est de courber la chaussée.
Il existe un précédent à la pyramide sud de Snéfrou à Dahchour, où la chaussée
bute contre le mur d ’enceinte de la pyramide, formant un angle extrê­
mement fermé de 41 g r 45, soit 17 gr de moins que l’angle pourtant très
aigu observé à Ounas. On constate alors que, juste avant d ’atteindre le mur
d ’enceinte, la chaussée de Snéfrou change de direction pour arriver perpen­
diculairement au mur. La cassure qui aurait pu résulter de ce changement
est évitée par une courbure généreuse G. On peut constater également l ’utilisation
de courbes sur la chaussée d ’Ounas. En effet, en comptant le départ, il y a trois
changements de direction. Seul visible aujourd’hui, le troisième changement,
de 16 gr sud, conservé sur deux assises nord, est adouci par une courbure
[fig. 95-96] qui permet ici de ne pas briser le plan des reliefs 1*.
Il devient tentant, à l ’aide de ces deux exemples, après un petit dé­
part perpendiculaire au temple d ’accueil 8, de courber de 58 gr nord la

4. G. J équier , Pépi II 3, pl. 2. 6. Ibid., p. 105-106, fig. 59.


5. G. J équier, « Rapport préliminaire 7. Comme on peut le voir sur deux assises
sur les fouilles exécutées en 1924-1925 dans de décoration conservées sur place, à la
la partie méridionale de la nécropole verticale de leur emplacement d ’origine.
memphite», ASAE XXV, 1925, p. 75 et . 8. Solution déjà adoptée par J.-Ph. L auer,
fig. 5 (repris par J. Vandier, Manuel II/l, Guide Nagel, 1969, plan face, p. 336; id.,
p. 21 et fig. 12); Ahmed F akhry, The Saqqarah, la nécropole royale de Memphis,
Monuments o f Seneferu at Dahshur I : the fig. 1 ; reprise par Salah el-NAGGAR, EVO I,
Bent Pyramid, Le Caire, 1959, fig. 5. 1978, p. 42.
n (

Fig. 94. Le départ de la chaussée. Deuxième hypothèse de restitution (éch. 1/200).


- 94 -

chaussée d ’Ounas 9. Dans ces conditions, la porte d ’accès à la chaussée doit


être déplacée vers le nord. Pour éviter les blocs de fondation du mur est de
l’antichambre, cette porte ne peut se loger que dans son angle nord-ouest,0.
C’est exactement le parti qui sera adopté plus tard au temple d ’accueil de
Pépi II La chaussée partirait alors à 7,5 coudées de l ’angle nord-ouest du
temple d ’accueil, soit précisément dans le prolongement de la façade nord du
bâtiment principal [fig. 94].

Fig. 95. Le troisième coude de la chaussée. Fig. 96. Le troisième coude de la chaussée.
Mur nord, paroi sud (éch. 1/25). Mur nord, paroi nord (éch. 1/25).

9. La pente du terrain mesure ici 15 gr 10. La face de joint nord des deux plus
(Abd el-Salam M. H ussein, A SAE XLIII, gros blocs de la fondation est alors alignée
1943, pl. XXXI; É. D rioton, BIE XXVI, avec l’embrasure intérieure sud de la porte.
1943-1944, fig. 1); l’angle de 58 gr permet à la Cette face de joint, exceptionnellement dressée
chaussée de monter en biais selon une à ' l a pointe, suggère le contact d ’un seuil
pente plus faible qui ne mesure plus que fait dans un matériau différent de la fondation
5 gr. en calcaire, ici, peut-être de l’albâtre.
11. G. J équier , Pépi II 3, pl. 2.
VI. LA DÉCORATION DU DÉPART
DE LA CHAUSSÉE

E n 1990, lors du dégagement de l’emplacement


supposé de la chaussée, dix fragments décorés ont été découverts dans les remblais.
Six d ’entre eux appartiennent sans aucun doute aux scènes qui devaient orner
des parois de la chaussée. En effet, d ’après les exemples découverts aux complexes
funéraires de Néouserrê 12et de Pépi II -, cet emplacement devait être réservé à
une grande scène de triomphe où les dieux conduisent à pharaon les captifs et
le butin représentant les nations soumises. Trois fragments d’Ounas [Doc. 56,
57 et 60] correspondent bien à ce thème; les éléments verticaux (sceptre-oway,
lignes de séparation des colonnes de légende) de deux d ’entre eux présentent
en outre la particularité de faire avec le lit d ’attente du bloc un angle
de 97 gr, ce qui permet d ’attribuer à ce dernier une pente de 3 gr qui devait
correspondre à celle de la chaussée 3. Trois autres fragments trouvés au même
endroit [Doc. 58, 59 et 61] présentent le même effet de biais et peuvent être égale­
ment attribués à la chaussée.
Les quatre fragments restants [Doc. 8, 11, 17 A et B et 24], découverts près
de la façade ouest du temple, qui présentent un autre thème [Doc. 8, 11 et 24],
une échelle différente [Doc. 17 A et B], ou une absence de composition biaise
[Doc. 8], pourraient provenir soit de l ’antichambre soit de la salle de culte du
temple.
La composition générale de la chaussée se déroulant dans le sens de la montée,
d ’est en ouest, en suivant la pente des lits de blocs, nous avons pu attribuer
les fragments aux parois nord et sud respectivement.

1. L. Borchardt, Ne-user-re', pl. 8-11. mais cela ne correspond qu’à une valeur
2. G. J équier , P é p i H 3, pl. 12-14. moyenne : comme on peut le constater aux
3. La pente générale du départ de la chaus­ secteurs conservés plus haut, vers l ’ouest,
sée semble être de 5 gr (Abd el-Salam elle devait légèrement onduler.
M. H ussein, ASAE XLIII, 1943, pl. XXXI),
- 96 -

Enfin, nous avons placé en appendice un bloc réutilisé dans la pyramide


d’Amenemhat Ier à Licht et qui a pu être attribué à la chaussée d ’Ounas.

A. PAROI NORD [Doc. 56 à 59].

Doc. 56 [fig. 97, pl. XV],

— Fragment de calcaire. — 1,30 m x 0,54 m x 0,70 m. Bloc cassé du côté


droit. Lits de pose et d ’attente, face de joint du côté gauche. Trouvé à l’empla­
cement du départ de la chaussée. Reste de décoration en relief sans trace de
peinture. Fragment d ’un défilé de divinités (“-j ). Cinq d ’entre elles sont plus
ou moins bien conservées. De la première à gauche, subsistent les hanches et
les jambes; le dieu est Vêtu d ’un pagne dont le pan arrondi est souligné par
un galon qui se retourne au-dessous de la ceinture; son bras gauche pendant
à l ’arrière tient à la fois un ûgns-ankh et une corde qui nous permet d’imaginer
qu’un prisonnier ligoté était représenté à l’assise en dessous u. Du deuxième dieu,
on aperçoit la silhouette conservée des épaules aux chevilles; les mains ont
disparu, mais elles devaient tenir un sceptre-oms actuellement cassé aux deux
extrémités; une queue animale pend à l ’arrière de son pagne. Le troisième dieu
n’est signalé que par sa main droite tenant un sceptre-oms. Du quatrième dieu,
il reste une partie du profil arrière et le bras gauche pendant qui devait tenir
un signe-ankh. La dernière divinité préservée, à droite, est une déesse vêtue4

4. L. B orchardt , S ’a lfiu - R e ' II, pl. 5-7 (départ de la chaussée).


- 97 -

d’une longue robe collante conservée des hanches aux chevilles; dans sa main
droite, au bras légèrement fléchi, elle tenait un sceptre-owas et de la gauche,
pendant à l ’arrière, un signe-ankh.
L’angle que font les trois sceptres-ouas conservés avec le lit d’attente (97 gr)
permettrait d’attribuer à ce dernier une pente de 3 gr, ce qui confirmerait l’ap­
partenance du bloc à la chaussée. Dans cette hypothèse, il proviendrait de la
paroi nord.

Doc. 57 [fig. 98, pl. XV]. — Fragment de calcaire. —


0,54 m x 0,53 m X 0,65 m. Extrémité

i
a droite d ’un bloc. Lits de pose et d ’attente,
face de joint à droite. Trouvé à l ’empla­
cement du départ de la chaussée. Reste
de décoration en relief sans trace de

a
peinture. Fragment d ’une scène de
triomphe et de tribut commémorant la
défaite d ’ennemis (*-| ). Trois registres
sont partiellement conservés. Au registre
supérieur, quatre prisonniers, dont man­
quent les épaules et la tête, sont agenouil­
lés à la file, les bras liés derrière le dos.
Ils sont vêtus d ’un pagne arrivant aux
genoux. Les torses sont sans ornements. Les deux premiers prisonniers conservés
à gauche présentent leurs dos. Les liens du premier enserrent ses poignets, ceux
du second ses coudes. Le second prisonnier porte en outre un bracelet à chaque
poignet et la ceinture de son pagne retombe à l ’arrière. À droite, le torse du
troisième prisonnier est figuré de profil, un lien attachant ses poignets. Le
quatrième prisonnier, à l ’extrême droite, reprend exactement la position du
premier prisonnier, à l ’extrême gauche. Rien dans la figuration de la scène
conservée n ’indique l ’origine des captifs. Il pourrait s’agir d ’un simple motif
de soumission
Au-dessous de la scène des prisonniers, figure, sur deux registres dont le début
est conservé du côté gauche, une partie du butin : des troupeaux capturés. Au
registre supérieur est d’abord représenté un troupeau de bovidés avec un veau
léché par sa mère dépourvue de cornes, puis quatre animaux cornus redressés,5

5. J. L eclant, « L a “ famille libyenne” au temple haut de Pépi Ier», MIFAO CIV,


1980, p. 52-53.

.1
- 98 -

tous semblables. Au-dessus du troupeau, on lit : « 201 000 ». Un troupeau de


chèvres apparaît derrière les bovidés; la partie antérieure de trois bêtes est seule
conservée. La première penche la tête vers le sol, les deux suivantes sont redressées;
le nombre des bêtes saisies manque. Le registre inférieur commence avec un
défilé d ’ânes dont les pattes devaient être gravées sur le bloc directement au-
dessous. Le premier âne penche la tête vers le sol, les autres sont redressés.
Au-dessus du troupeau, on lit : « 121 000 ». Suivent les brebis dont sont conservées
quatre têtes; la première est sans cornes. Au-dessus, on lit un chiffre incomplet
qui ne devait cependant pas être inférieur à 200 000.
À l ’avant des deux registres présentant des troupeaux capturés, se trouvent
les vestiges d’une légende de grande dimension (j-) : sous un signe indistinct,
on lit un s; ces vestiges pourraient appartenir au tableau bien connu du roi
en sphinx piétinant les ennemis 6.
Cette scène de triomphe, en dehors des scènes semblables découvertes dans
les temples hauts de l’époque 7, correspond bien au programme décoratif attendu
au départ de la chaussée8.

Doc. 58 [fig. 99, pl. XV]. — Fragment de calcaire. —


0,25 m x 0,07 m X 0,19 m. Lit d ’attente.
Trouvé à l’emplacement du départ de la
chaussée. Reste de décoration en relief
sans trace de peinture. Personnage marchant (-[), conservé au niveau des
genoux. Il devait tenir un bâton passant devant son pied droit. L’angle
du bâton et du lit d'attente (91 gr) permettrait d’attribuer à ce dernier
une pente de 9 gr, ce qui confirmerait l’appartenance du bloc à la chaussée.
Dans cette hypothèse, il appartiendrait à la paroi nord.

Doc. 59 [fig. 100, pl. XV]. — Fragment de calcaire. —


0,10 m x 0,13 m x 0,10 m. Lit d’at­
tente, face de joint biaise du côté droit.
Il Trouvé à l’emplacement du départ de la
chaussée. Reste de décoration en relief sans trace de peinture. — Fragment de
légende sur deux colonnes verticales (~-[ ). À droite on peut lire « paroles à dire ».

6. L. Borchardt, S ’aîhu-Re' II, pl. 1, 8 7. Ibid., pl. 1-4 (cour hypostyle).


(départ de la chaussée). 8. Ibid., pl. 5; J équier, Pépi II 3, pl. 12-14.
- 99 -

À gauche, on aperçoit encore le dos d ’un serpent-d. L’angle de la ligne de


séparation de la colonne et du lit d ’attente (92 gr) permettrait d ’attribuer
à ce dernier une pente de 8 gr, ce qui confirmerait l ’appartenance du bloc
à la chaussée. Dans cette hypothèse, il proviendrait de la paroi nord.

B. PAROI SUD [Doc. 60 et 61].

— Fragment de calcaire. —
0,41 m x 0,38 m x 0,50 m. Lit d’attente.
Face de joint à gauche. Trouvé à l’em­
placement du départ de la chaussée.
Reste de décoration en relief sans trace
de peinture. Fragment d ’un défilé de
divinités (j-). On aperçoit les genoux
et l ’extrémité du pied gauche de l’une
d’entre elles qui devait tenir un sceptre-
ouas. Devant, il y a une colonne de légende
où l ’on devine la bordure d ’un cartouche.
L’angle que font le sceptre-owiw et la ligne de séparation de la colonne avec
le lit d ’attente (97 gr) permettrait d ’attribuer à ce dernier une pente de 3 gr,
ce qui confirmerait l’appartenance du bloc à la chaussée. Dans cette hypo­
thèse, il proviendrait de la paroi sud.

Doc. 61 [fig. 102, pl. XV]. — Fragment de calcaire. —


0,22 m x 0,16 m x 0,07 m. Trouvé à
l ’emplacement du départ de la chaussée.
Reste de décoration en relief sans trace
de peinture. Dans l ’angle formé par un
fragment de plinthe limité à droite par
un bandeau, queue d’un serpent-e? (<—) 9. L’angle entre la plinthe et le bandeau,
qui est de 98 gr, permettrait d ’attribuer à ce dernier une pente de 2 gr, ce qui
confirmerait l’appartenance du fragment à la chaussée. Dans cette hypo­
thèse, il proviendrait de la paroi sud.

9. A.H. G ardiner, G ra m m a r , sign-list, n° I 10.

7B
- 100 -

C. BLOC RÉUTILISÉ DANS LA PYRAMIDE D’AMENEMHAT Ier À


LICHT ET PROVENANT PEUT-ÊTRE DE LA CHAUSSÉE D’OUNAS.

Parmi les blocs que l ’on a pu attribuer au complexe funéraire d ’Ounas, l’un
aurait pu avoir comme origine la chaussée. Il s’agit d ’un grand bloc inscrit
(MMA 09 180 4, Hans Goedicke, n° 8) qui pourrait avoir appartenu à un récit
historique 10.

10. H. G oedicke, Re-usedBlocks, p. 24-26. posséder encore ses deux lits d’attente
G oedicke rapproche ce bloc des fragments et de pose. On remarque alors que les lignes
de texte historique trouvés dans le temple de séparation des colonnes font un angle
d’accueil de Sahourê (L. Borchardt, d’environ 97 gr avec le lit d’attente, ce
S ’aîhu-Re', pl. 72); mais en l’absence de qui permet d’attribuer à ce dernier, les
vestiges de décoration connus au temple colonnes devant être verticales, une pente
d’accueil d’Ounas, il préfère l’attribuer à la de 3 gr. Nous avons déjà observé ce
chaussée. biais sur les Doc. 56, 58-61, trouvés à
La découverte des fragments décorés du l’emplacement du départ de la chaussée.
temple d’accueil permettrait certes de lever Dans ces conditions, le bloc n° 8 de G oedicke
l’hypothèque. Il faut pourtant remarquer pourrait provenir de la paroi sud de
que le bloc, haut de 49 cm, presque 1 cou­ la chaussée. Les signes sont alors tournés,
dée, doit être intact dans sa hauteur. D’après comme il convient, vers l’ouest, dans le
la photographie publiée par G oedicke sens de la montée.
(op. cit., p. 25), le bloc semble bien
t

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LISTE DES FIGURES

Page

1. Plan de situation du complexe du roi Ounas. Quadrillage, coordonnées


et lignes de niveau : carte CONSORTIUM SFG/IGN-FRANCE, 1978.
(1/5000) ............................................................................................................ 5
2. Plan d’ensemble de la pyramide et du temple haut. Source : L abrousse,
L auer et L eclant , Ounas, fig. 3 (1/1000)....................................................... 6
3. Le site du temple d’accueil en 1906. Carte : Survey Department, Atlas of Egypt I,
Lower Egypt, pl. 93, Gîza Pyramids. Le Caire, 1914 (1/50 000)................. 7
4. Le site du temple d’accueil en 1978. Carte : CONSORTIUM SFG/IGN-
FRANCE, 1978 (1/5000)..................................................................................... 10
5. Plan d’ensemble du temple d’accueil et de l’installation portuaire (1/1000). 12
6. Élévation de la façade nord et coupe est-ouest sur le mur de quai nord.
( 1 /2 0 0 ) ............................................................................................................... 16
7. Proposition de restitution, en plan, de l’escalier du mur de quai nord (1/125). 17
8. Plan du temple d’accueil et de l’installation portuaire, avec les dimensions
principales exprimées en coudées ( 1 /4 0 0 )....................................................... 20
9. Proposition de restitution de l’installation portuaire. Carte CONSORTIUM
SFG/IGN-FRANCE, 1978 (1/2500) 21
10. Relevé des anomalies géophysiques identifiées par Électricité de France en
avril 1989. Carte CONSORTIUM SFG/IGN-FRANCE, 1978 (1/2500) .. 21
11. Plan du temple d’accueil : la partie lacustre du templeou l’accueil (1/200). 24
12. Désignation des différentes parties du temple d’accueil (1/800)................. 25
13. Tracé d’implantation du bâtiment principal ( 1 /8 0 0 ) ................................ 26
14. Tracé d’implantation du portique du bâtiment principal (1/800)................. 28
15. Tracé d’implantation des façades latérales secondaires ( 1 /8 0 0 ) ................ 28
16. Élévation de la façade principale est (1 /2 0 0 )............................................... 30
17. Coupe nord-sud sur le parapet de la rampe est (1/20)................................ 31
18. Coupe est-ouest sur le profil de l’abaque du chapiteau n° 5 du portique
principal est (1/25)............................................................................................. 35
L IS T E D E S F I G U R E S
Page
19. Comparaison des élévations des colonnes du complexe funéraire (1/80).. .. 35
20. Coupe sur l’axe est-ouest du temple d’accueil ( 1 /2 0 0 ) ................................ 36
21. Profils des tores verticaux de la façade principale est. à) massif nord.
b) massif sud (1/10)............................................................................................. 37
22. Coupe est-ouest sur le parapet de la rampe nord (1/20) 40
23. Inscription du linteau de la porte du portique nord : Doc. 1 (1/10) .. .. 41
24. Reconstitution de l’élévation de la porte du portique nord (1/40) .......... 42
25. Coupe nord-sud sur le parapet du portique sud (1/20)................................. 45
26. Coupe nord-sud sur le parapet de la rampe sud (1/20)................................. 46
27. Élévation de la façade secondaire sud (1 /2 0 0 ).................................... 47
28. Élévation des colonnes du portique sud (1/40).................................... 48
29. Inscription de la colonne ouest (n° 9) du portique sud : Doc. 3 (1/10) .. 49
30. Coupe nord-sud sur l’abaque du chapiteau est (n° 10) du portique sud (1/25). 50
31. Essai de restitution de la façade principale est du temple d’accueil et de
l’installation portuaire (1/400) ...................................................................... 52
32. Coupe sur l’axe nord-sud du temple d’accueil (1 /2 0 0 )..................... 52
33. Proposition de restitution, en plan, des escaliers des terrasses sud (1/100) .. 56
34. Proposition de restitution, en coupes nord-sud et est-ouest, des escaliers des
terrasses sud (1/125)............................................................................................ 57
35. Plan du temple d’accueil : la partie terrestre du temple ou l’accueil
proprement dit ( 1 /2 0 0 ) ..................................................................................... 61
36. Restitution hypothétique de la salle de culte aux trois niches, d’après
B orchardt , Ne-user-re , pl. 28 (1/125) 62
37. Comparaison des plans des principaux temples d’accueil connus de l’Ancien
Empire (1/1250).................................................................................................... 63
38. Perspective axonométrique trimétrique du temple d’accueil et de l’installation
portuaire (éch. 0,125 mm = 1 coudée) ...................................................... 64
39. Perspective axonométrique trimétrique de la pyramide et du temple haut
(éch. 0,125 mm = 1 coudée); au premier plan, les tombeaux des reines
Nebet et khenout sont inspirés de Monro, Der Unas-Friedhof Nord-West I,
plan 2, en a n n e x e ............................................................................................ 66
40. Doc. 2 .................................................................................................. . .. 68
41. Doc. 4 68
42. Doc. 5 69
43. Doc. 6 69
44. Doc. 7 69
45. Doc. 8 70
46. Doc. 9 ....................................................... - ................................................ 71
47. Doc. 10 71
48. Doc. 11 72
49. Doc. 12 72
L IS T E D E S F I G U R E S
Page

50. Doc. 13 73
51. Doc. 14 73
52. Doc. 15 74
53. Doc. 16 74
54. Doc.17 A-B ...................................................................................................... 74
55. Doc. 18 75
56. Doc. 19 75
57. Doc. 20 76
58. Doc. 21 76
59. Doc. 22 77
60. Doc. 23 77
61. Doc. 24 78
62. Doc. 25 78
63. Doc. 26 78
64. Doc.27 A-B ...................................................................................................... 79
65. Doc. 28 80
66. Doc. 29 80
67. Doc. 30 80
68. Doc. 31 81
69. Doc. 32 82
70. Doc. 33 82
71. Doc. 34 82
72. Doc. 35 83
73. Doc. 36 83
74. Doc. 37 83
75. Doc. 38 84
76. Doc. 39 84
77. Doc. 40 84
78. Doc. 41 84
79. Doc. 42 85
80. Doc. 43 85
81. Doc. 44 85
82. Doc. 45 85
83. Doc. 46 85
84. Doc. 47 86
85. Doc. 48 86
86. Doc. 49 86
87. Doc. 50 86
88. Doc. 51 87
89. Doc. 52 87
90. Doc. 53 87
Planche I
Vue générale des ruines du temple d’accueil,
depuis l’emplacement supposé de la salle de culte, vers les colonnes du portique sud.
P la n c h h II
Rampe principale est.

A. Mur d’échiffe nord.

B. Mur d’échiffe sud.


P l a n c h e III
Rampe principale est. Parapet sud.
P lanche IV
Fragments de chapiteaux du portique principal est.

A. Colonne n° 5.

B. Colonne n° 6.
P lanche V
Fragment de tore du massif sud de la façade principale.
Planche VI
Bases des colonnes du portique nord.
Planche VII
Bâtiment latéral sud : entaille du mur sud de la darsine, suggérant une butée de porte.
Planche VIII
Colonne ouest (n° 9) du portique sud.
P lanche IX

Doc. 1

Doc. 4 Doc. 5

D o c. 6 D oc. 7
Planche X

Doc. 8

S J
Doc. 9 Doc. 10

m
m

Doc. 11 Doc. 12 Doc. 13

v
D o c . 14
P lanche XI

¿ J f tiL

Doc. 15 Doc. 16 Doc. 17

Doc. 19 Doc. 20 Doc. 21

Doc. 22 Doc. 23
P lanche XII

Doc. 31

D o c . 33
P lanche XIII
P lanche XIV

Doc. 52

B lo cs de m astabas retro u vés dans le t e m p le :


P lanche XV
P lanche XVI
LISTE DES PLANCHES

I. Vue générale des ruines du temple d’accueil, depuis l’emplacement supposé de


la salle de culte, vers les colonnes du portique sud.

II. Rampe principale est. A : mur d’échiffe nord; B : mur d’échiffe sud.

III. Rampe principale est, parapet sud.

IV. Fragments de chapiteaux du portique principal est. A : colonne n° 5 ; B : colonne


n° 6.

V. Fragment de tore du massif sud de la façade principale.

VI. Bases des colonnes du portique nord. A : base de la colonne ouest (n° 11);
B : base de la colonne est (n° 12).

VII. Bâtiment latéral sud : entaille du mur sud de la darsine, suggérant une butée de
porte.

VIII. Colonne ouest (n° 9) du portique sud.

IX. Doc. 1, 4-7.

X. Doc. 8-14.

XI. Doc. 15-26.

XII. Doc. 27-34.

XIII. Doc. 35-45.


L IS T E D E S P L A N C H E S

XIV. Doc. 46-55.

XV. Doc. 56-61.

XVI. Plan de la partie fouillée de l’installation portuaire (e = 1/400).

C r é d it s p h o t o g r a p h iq u e s :

Ahmed M. M o u s s a : pl. IX : Doc. 5-7; pl. X : Doc. 9, 12; pl. XI : 10 A et B, 14;


pl. XII : Doc. 15-16, 17 A-B, 18; pl. XVI : Doc. 37-38; pl. XVIII : Doc. 50.

Audran L a b r o u s s e : pl. I-VIII; pl. IX : Doc. 1, 4; pl. X : Doc. 11 ; pl. XII : Doc. 17 A,
19; pl. XIII : 26; pl. XIV : Doc. 27 A-B, 28-30; pl. XV : 33-34; pl. XVI : Doc. 39;
pl. XVII : 45; pl. XVIII : Doc. 46-49, 51; pl. XIX : 54-55 A-C; pl. XX : Doc. 56;
pl. XXI : 58-61.

Jean-François G o û t : pl. X : Doc. 8; pl. XV : Doc. 31-33; pl. XVI : Doc. 35-36;
pl. XX : Doc. 57.
TABLE DES MATIERES

Page
P r é f a c e ............................................................................................................................... 1

I. RECHERCHES ET FOUILLES
A. D éblaiements de Sélim H assan en1937-1938 ............................................ 4
B. D éblaiements de A bd el -Salam M.H ussein de 1941 À 1949...................... 4
C. D éblaiements de A hmed M. M oussa de1971 À 1981 9
D. R elevés et études par A hmed M. M oussa et A udran L abrousse
depuis 1986 .............................................................................................................. 11

IL DESCRIPTION ARCHITECTURALE DU PORT FUNÉRAIRE

A. Le bassin n o r d ............................................................................................ 14
1) Le mur du quai n o r d ............................................................................. 14
2) Le mur du quai o u e s t ............................................................................. 14
3) Restitution du chemin de ronde des murs du quai ........................ 15
4) La digue s u d ............................................................................................ 18
B. L e bassin s u d .............................................................................................................. 18
C. E ssai de restitution d u po r t f u n é r a i r e .................................................... 19
1) Restitution des deux bassins...................................................................... 19
2) Restitution du canal latéral.......................................................................... 22

III. DESCRIPTION ARCHITECTURALE DU TEMPLE D’ACCUEIL

— Présentation du programme.................................................................................. 25
— Présentation du p a r t i......................................................................................... 26
T A B L E D E S M A T IÈ R E S
Page
A. L a partie lacustre du temple ou l ’a cc ès ....................................................29
1) La façade principale e s t ..................................................................................... 29
a ) L e so u b a sse m e n t p r in c ip a l e s t ............................................................ 29
b) R e stitu tio n du so u b a sse m e n t p r in c ip a l e s t ............................................31
c) L a ra m p e p rin c ip a le e s t ............................................................................. 31
d ) L e p o r tiq u e p r in c ip a l e s t .....................................................................32
— Les vestiges du portique ..................................................... .. 32
— Restitution du plan du portique ............................................33
— Les vestiges des colonnes du portique ................................... 33
— R estitution du plan de la colonnade ........................................... 33
— Restitution de l ’élévation de la colonnade ............................ 34
— R estitution de l ’élévation des massifs du portique .. .. 37
— R estitution de l ’avant-corps e s t ......................................................... 38
— Restitution des dimensions du corps du bâtim ent
p r in c ip a l..............................................................................................38
2) Les bâtiments latéraux secondaires ............................................................ 39
a) L e b â tim e n t la té r a l n o rd .....................................................................39
— Le s o u b a s s e m e n t...................................................................................39
— La ram pe nord .....................................................................................39
— La façade................................................................................................... 40
— Restitution, en plan, du bâtim ent latéral nord ...................43
b ) L e b â tim e n t la té r a l s u d ..............................................................................44
— Le s o u b a s s e m e n t................................................................................. 45
— La ram pe s u d ......................................................................................... 46
— La façade.................................................................................................. 46
— R estitution de l ’élévation de la f a ç a d e ................................... 50
3) La partie est du corps du bâtim ent p rin c ip a l............................................51
a ) L e h a ll p r in c ip a l .........................................................................................51
b ) L e h a ll s e c o n d a i r e .........................................................................................55

B. L a partie terrestre du temple ou l ’a c c u e i l ............................................58


1) L ’a n tic h a m b r e ................................................................................... .. .. 59
2) La salle de culte aux trois niches ............................................................ 59
3) Les m a g a s i n s ........................................................................................................... 60

IV. LA DÉCORATION DU TEMPLE


A. D écoration des éléments architectoniques [D oc. 1 - 7 ] ........................ 68

B. D écoration des parois d u temple [D oc. 8 -5 1 ]........................................ 69


1) Représentation du roi [Doc. 8-10] ....................................................... 70
T A B L E D E S M A T IÈ R E S
Page
2) Personnages de grandes dimensions [Doc. 1 1 - 1 4 ] ....................................72
3) Défilés de divinités de moyennes dimensions [Doc. 1 5 -1 8 ]................... 74
4) Personnage en attitude de jubilation [Doc. 19] ....................................75
5) Procession de personnages courbés, en attitude respectueuse
[Doc. 20-22] 76
6) Processions de porteurs d ’offrandes [Doc. 2 3 -2 5 ]....................................77
7) Procession de bœufs [Doc. 2 6 ] .....................................................................78
8) Scènes de navigation [Doc. 27 A-B, 28-30] ............................................ 79
9) Éléments de légendes [Doc. 31-51] 81
10) Divers [Doc. 5 2 ] ..................................................................................................87

C. Blocs de mastabas retrouvés dans le temple


[Doc. 53, 54, 55 A, B et C] .................................................................................. 87

D. Blocs réutilisés dans la pyramide d ’A menemhat I er À L icht et


PROVENANT PEUT-ÊTRE DU TEMPLE D’ACCUEIL D’OUNAS ........................... 89

V. LE DÉPART DE LA CHAUSSÉE

A. P remière hypothèse de restitution ..........................................................................91

B. D euxième hypothèse de restitution ......................................................................... 92

VI. LA DÉCO RA TIO N D U D ÉPA R T DE LA CHAUSSÉE

A. P aroi nord [D oc. 5 6 - 5 9 ] .......................................................................................... 96

B. P aroi sud [D oc. 60-61] 99

C. B loc réutilisé dans la pyramide d ’A menemhat I er À L icht et


PROVENANT PEUT-ÊTRE DE LA CHAUSSÉE D’OUNAS............................................... 100

Bibliographie ..........................................................................................................................101

Liste des figures ..................................................................................................................105

P l a n c h e s ......................................................................................................................... i - xvi

Liste des p l a n c h e s ..................................................................................................................109

T able des m a t iè r e s ..................................................................................................................111

94
M in istère d e l ’É d u cation n a tio n a le , P a r is. - P u b lica tio n d e l ’In stitu t fra n ça is d ’a rch éo lo g ie
o rien ta le. D ép ô t lé g a l : 1*' trim estre 1 9 9 6 ; num éros d 'éd iteu r e t d ’im prim eur IF 7 6 6 / 2 94.

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