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Hypochlorites et eaux de Javel : unités de

concentration, préparation des solutions


désinfectantes
version 2002

Les différentes formes commercialisées d'eau de Javel


L'eau de Javel est rencontrée sous différentes formes, y compris dans les usages
domestiques. Chaque forme présente des avantages et inconvénients qui dépendent de
l'utilisation de la solution. On trouvera :

o eau de Javel à 100°chl (usage industriel)


o eau de Javel à 48 ou 50°chl
o des berlingots à 36°chl (9,8 %chl)
o des flacons à 9°chl (2,75 %chl)
o des "comprimés" d'eau de Javel

Quelques exemples de formes de commercialisation trouvées au supermarché :


(cliquer pour agrandir)

berlingot

bidon de 5 L
bidon de 2 L
pastilles

non disponible
Les comprimés sont des pastilles de dichloroisocyanurate de sodium
réagissant avec l'eau pour donner de l'hypochlorite et de l'acide
cyanurique (ne présentant aucun rapport avec les cyanures...) selon la
réaction suivante (que l'on peut évidemment écrire sous d'autres formes
en fonction du pH) :

(formule : catalogue Aldrich-Sigma)

Autre nom : Sodium dichloro-S-triazinetrione (CAS 2893-78-9) d'après


bernard tailliez. VOIR

L'acide cyanurique obtenu a peut être un effet antiseptique. Il n'est pas mentionné par les
fabricants donc peu probable.

Les unités
Les différentes unités rencontrées ou possibles sont :

Par rapport à la teneur en chlore

o le degré chlorométrique (français) : une solution à 1° chlorométrique (1°chl)


libère 1 litre de dichlore gazeux (en Conditions normales de température et
pression soit 0°C et 101,3 kPa) par litre, soit 44,64 mmol de dichlore gazeux
(en considérant le dichlore comme un gaz parfait). La réaction chimique
considérée est la suivante :

2 H+ +Cl- + ClO- --> Cl + H2O


2

Cette libération suppose la réaction d'une quantité suffisante d'acide


chlorhydrique. Le degré chlorométrique anglosaxon est probablement exprimé
par kg. CETTE UNITÉ EST ABANDONNÉE EN 2001 LES EAUX DE
JAVEL FRANÇAISES SERONT EN % DE CHLORE ACTIF.

o une expression en pourcentage de chlore actif (%Cl.actif) : cette expression


d'origine anglosaxonne représente la masse de dichlore formée à partir de 100
g de produit. Elle est liée au fait que le stockage du chlore passait par un solide
avant que l'on ne maîtrise le stockage du gaz. Le solide le plus courant était
l'hypochlorite de calcium (Ca2+, 2 ClO-). On trouve aujourd'hui dans tous les
supermarchés, une forme solide consituée de pastilles de dichloroisocyanurate
de sodium.

1 g de dichloroisocyanurate de sodium libère 0,3 g de chlore actif.

o une expression en ppm : cette expression anglosaxonne donne la quantité de


produit en masse par unité de masse multiplié par un million. 1 ppm représente
donc 1 mg par kg. Ici, en considérant que la masse volumique des solutions
diluées est de 1 kg.dm-3, cette mesure équivaut pour 1 ppm à 1 mg.dm-3 de
dichlore libérable. Une solution à 1 % est donc à 10 000 ppm par Litre.
o la concentration massique en dichlore libérable

Par rapport à la teneur en hypochlorite

o la concentration molaire en hypochlorite : c'est bien évidemment la solution la


plus conforme à la logique chimique d'aujourd'hui.
o la concentration massique en hypochlorite
o la concentration massique en hypochlorite de sodium

Tout le problème est de savoir quelle unité utiliser. En bons chimistes, il pourrait
sembler qu'une expression molaire (en mmol.dm-3 par ex.) serait la bonne... L'Europe a
choisi, en 1994, l'expression anglosaxonne en pourcentage de chlore actif.

Conversions entre les unités


Les premières expressions ne posent guère de problèmes de conversion. En
considérant le dichlore comme un gaz parfait, une solution à 1° chlorométrique est,
dans les conditions normales de température et de pression, à 44,6 mmol.dm-3
d'hypochlorite, donc à 3,16 g.dm-3 en Cl2, à 2,30 g.dm-3 en ClO-, et à 3,32 g.dm-3 en
Na+,ClO-.

L'expression en pourcentage de chlore actif est plus délicate à manipuler car la


référence est massique et non plus volumique : la masse volumique de la solution
intervient donc...

Sur les emballages on trouvera l'expression suivante : 36 °chl. correspondent à 9,82 %


de chlore actif mais on ne pourra pas en déduire qu'1° chl. correspond à 0,27 % de
chlore actif car il n'y a pas proportionnalité.

Il faut donc connaître la relation entre masse volumique et concentration pour


convertir °chl en % qui de plus, peut varier selon les matières premières utilisées car il
existe deux matières premières différentes :

o la solution d'hypochlorite de type 50°chl. (13 %) contenant l'hypochlorite de


sodium et le chlorure de sodium en quantités équimoléculaires. Les
concentrations calculées dans l'article sont basées sur ce produit... sans que l'on
puisse savoir lequel est réellement utilisée par le distributeur !
o la solution d'hypochlorite de type 100°chl (24 %) contenant plus
d'hypochlorite de sodium que de chlorure de sodium du fait de l'élimination
d'une partie du chlorure de sodium. Sa masse volumique est donc plus faible à
degré chlorométrique égal...

(sources : Chambre syndicale de l'eau de Javel)

Voici les courbes tracées d'après les mêmes sources (voir tableau en fin d'article)

Le tableau nous permet de déterminer approximativement la masse volumique des


solutions d'eau de Javel (préparées à partir de la solution à 50°chl.) en supposant la
masse volumique égale à la densité à 20°C :

 12,5 % = 48°chl. : masse volumique = 1,216 kg.dm-3


 9,82 % = 36°chl. : masse volumique = 1,162 kg.dm-3 (nouvelle forme
de commercialisation)
 3,61 % = 12°chl. : masse volumique = 1,054 kg.dm-3
 2,74 % = 9°chl. : masse volumique = 1,040 kg.dm-3 (nouvelle forme de
commercialisation)

On en déduit, à partir des données précédentes,


que la solution d'eau de Javel à 36° chlorométriques libère 114,1 g de dichlore par dm3
donc pour 1,162 kg.
100 g libèrent 9,8 g de dichlore, donc que le % de chlore actif est de 9,8 valeur égale
aux 9,8 % annoncés.

De la même façon, la solution d'eau de Javel à 12° chlorométriques est à 3,61 % soit
3,6 %.

Le tableau ci-dessous rassemble les différentes données pour la conversion entre


unités et permet d'effectuer facilement les calculs nécessaires POUR DES
SOLUTIONS DILUÉES :
% de chlore
g.dm-3 en Cl2 g.dm-3 en ClO- g.dm-3 en
°chloromé- mmol.dm- actif
3 (M = (M = Na+,ClO- (M =
triques de ClO- (SOLUTION
70,9 g.mol-1) 51,5 g.mol-1) 74,4 g.mol-1)
DILUÉE)
1,00 44,6 3,17 2,30 3,32 0,316
3,16 141,0 10,00 7,26 10,50 1,00
0,30 13,4 0,95 0,69 1,00 0,10
0,44 19,4 1,38 1,00 1,45 0,14
0,32 14,1 1,00 0,73 1,05 0,10
0,022 1,00 0,071 0,051 0,074 0,007

La solution à 12° chl. contient par dm3:

 40 g de NaClO soit 537 mmol de ClO-


 32 g de NaCl soit 548 mmol de NaCl
 0,6 g de NaOH soit 15 mmol de NaOH
 1,1 g de Na2CO3 soit 10,4 mmol de Na2CO3

Elle est donnée à 3,6 % ce qui est conforme au calcul précédent.

Compléments : outils de calcul :

Voici des polynomes permettant de faire les conversions. Au dessous de 1°chl ils ne sont pas
garantis valides. Mais à des concentrations inférieures à 1 on peut considérer la masse
volumique de la solution à 1 kg/L et alors °chl et %chl sont proportionnels. Les polynomes
sont du 3° degré donnant les y en fonction des x selon les valeurs suivantes :

• pour des solutions de concentration supérieure à 1°chl (0,32%)

      COEFFICIENTS DU POLYNOME
 Y X X3 X2 X -
NORMAL °CHL = F(CHL%) 0,000992 0,041088 3,1666 -0,01068
  F(CHL%) °CHL = 4,06E-06 -1,35E-03 3,16E-01 2,68E-03
CONCENTRÉ °CHL = F(CHL%) 6,09E-04 3,37E-02 3,163 7,90E-03
  F(CHL%) °CHL = 2,77E-06 -1,10E-03 3,16E-01 1,99E-03

(normal = solution de base classique, concentrée = solution à 100°chl)

solution préparée avec


une solution initiale %chl
°chl
classique
solution préparée avec
une solution initiale à %chl
°chl
100° chlorométriques
(pour calculer, introduisez la valeur dans le champ et cliquer sur calculer. Attention, la virgule
est remplacée par un point...)

La détermination de la valeur des coefficients utilise Excel en réalisant un graphe


y=f(x) puis "Ajouter une courbe de tendance" avec les options d'affichage des
coefficients. La courbe polynomiale a été choisie car donnant la meilleure
approximation, à moins de 0,1 % sauf éventuellement aux extrémités. Mieux vaut
évidemment vérifier les données qui ne peuvent ici être garanties.

• Pour des solutions de concentration inférieure à 1°chl (0,32%)

solution préparée avec


une solution initiale %chl
°chl
classique

Comment préparer les solutions en 2002 ?


Pour préparer une solution à 0,94 % (3°chl) :

o à partir de berlingots du commerce (250 cm3 à 9,8 % ou 36°chl.) il suffira donc


de verser le contenu du berlingot dans 2,75 dm3 d'eau.
o à partir de la solution à 2,75 % (9°chl) il suffira de verser 330 cm3 dans dm3 L
d'eau.

Il reste à déterminer les concentrations obtenues à partir des pastilles du commerce qui
représentent une solution intéressante pour la préparation des solutions. Il semble
(d'après un fabricant) qu'un comprimé soit à 1,5 g de chlore actif, soit 211,5 mmol
d'hypochlorite. Un comprimé dans un litre donnera donc une solution à 4,5°chl. et 1
comprimé dans 1,5 litre une solution à 3°chl.

Pour un autre fabricant il faut 7 pastilles dans 1 dm3 pour obtenir une solution à
12°chl. Une pastille contiendrait donc 76 mmol d'hypochlorite. Pour départager il
faudra doser... ou obtenir des renseignements plus précis. Un article du Concours
médical cité plus loin donne 0,3 g de chlore actif par comprimé.

L'utilisation de l'eau de Javel ainsi préparée, que ce soit à partir de berlingot ou de


pastilles, doit tenir compte de la perte progressive d'activité, de l'action éventuellement
destructrice des ajouts (contenus des pipettes par exemple), toutes choses qu'il n'est
pas facile d'appréhender...

Les calculs précédents doivent donc tenir compte de l'imprécision liée à l'instabilité de
l'eau de Javel !

Comment désinfecter ?
La littérature (Chimie appliquée : Lessives, antiseptiques, désinfectants de J.
STEYAERT au CRDP de Grenoble) donne les valeurs suivantes :

o effet bactéricide à 0,005 % soit 0,015 °chl. (5 mg de chlore actif par litre),
o virulicide à la même concentration (sauf pour le Poliovirus II), fongicide à 0,05
% soit 0,15° chl. (0,5 g de chlore actif par litre), et
o sporulicide à 0,5 % soit 1,5° chl. (5 g de chlore actif par litre).

Il semble que l'on puisse conseiller une eau de Javel à 1 % soit 3° chl. pour cet usage
(éventuellement à 0,5 % ou 1,5 °chl.).
La solution de DAKIN est à 5 g de chlore actif par litre soit 0,5 % ou 1,6°chl. Elle est
préparée par dissolution, dans 1 dm3 d'eau froide bouillie, de 15 g
d'hydrogénocarbonate de sodium, de 10 mg de permanganate de potassium et d'eau de
Javel en quantité suffisante pour obtenir 5 g de chlore actif.

Un article de I. Muranyi-Kovacs (INSERM) et P. de Micco (Hôpital Salvador


Marseille) donne des indications plus précises à partir desquelles le tableau suivant est
réalisé. Il tient compte de deux situations, surface propre et surface contaminée par des
matières organiques car il ne faut pas oublier que l'hypochlorite est détruit par les
matières organiques... (ce que l'on peut traduire par "l'activité antimicrobienne est
diminuée en présence de matières organiques")

sur une surface PROPRE


sur une surface PROPRE
durée de
dilution d'eau de Javel à 2,7 % ou 9°chl
contact
1/70
désinfection courante des sols dans
5 à 10 min
le cadre d'un usage domestique
(0,12 °chl- 0,40 g.L-1 - 0,04 %)
désinfection des sols, surfaces de 1/35
travail et du matériel en structures 5 à 10 min
de soin ou laboratoires (0,24 °chl- 0,80 g.L-1 - 0,08 %)
1/15
lavabos, bacs, éviers 10 min
(0,60 °chl- 2,0 g.L-1 - 0,2 %)
1/15 à 1/6
20 min au
désinfection virale (HIV, HBV)
(0,60 à 1,5 °chl- 2,0-5 g.L-1 - 0,2-0,5 moins
%)
1/6 à pur
prions (maladie de Creutz Feldt- plusieurs
Jakob) heures (24 h)
(1,5 à 8 °chl- 5-25 g.L-1 - 0,5-2,5 %)
sur une surface souillée par des matières organiques et
contaminée
sur une surface souillée par
des matières organiques et
contaminée
dilution d'eau de Javel à 2,7 % ou 9°chl durée de contact
désinfection des sols, surfaces 1/7 à 1/2
de travail et du matériel en
10 à 15 min
structures de soin ou (1,2 à 4 °chl- 4-12,5 g.L-1 - 0,4-1,25
laboratoires %)
1/15 à 1/7
lavabos, bacs, éviers 15 à 20 min
(0,6 à 1,2 °chl- 2-4 g.L-1 - 0,2-0,4 %)
1/3 à 1
désinfection virale (HIV, HBV) 20 min au moins
(3 à 9 °chl- 10-29 g.L-1 - 1,0-2,7 %)
pur
prions (maladie de Creutz Feldt- plusieurs heures
Jakob) (24 h)
(12 °chl- 32 g.L-1 - 3,2 %)

Pour les virus HIV et HBV, les auteurs précités indiquent que la neutralisation d'une
goutte de sang contaminé par HIV est réalisée en 2 minutes avec un volume équivalent
d'eau de Javel à 10 g.dm-3 alors qu'il faut 20 minutes pour le HBV.

Il ne faut pas oublier enfin la toxicité de l'eau de Javel, le danger de l'addition d'acide
qui libère le dichlore gazeux, et l'inutilité du mélange avec un autre antiseptique.

Conserver l'eau de Javel


(D’après document Société des produits chimiques HARBONNIÈRES)

L'eau de Javel se détruit de quatre façons :

o par carbonatation par le dioxyde de carbone de l'air qui provoque une


diminution du pH.
o par effet de la lumière.
o par action de l'hypochlorite sur les impuretés provenant de l'emballage ou de
l'eau de dilution.
o par décomposition naturelle dépendant de la température et de la concentration.
Une augmentation de 5°C accélère la vitesse de la réaction de décomposition
par 2.

Il est facile de compenser les trois premières voies mais la dernière est incontournable.

Voici quelques données numériques sur la décomposition en fonction du temps de


l'ion hypochlorite :

eau de Javel à 50° chl conservée à différentes températures


eau de Javel à 12,5° chl conservée à différentes températures

Comparaison de l'eau de Javel à 12,5 et à 50° chl conservées à 40°C, concentrations ramenées à la
concentration de départ.
On remarquera donc qu'il convient de conserver l'eau de Javel au frais pour
limiter sa destruction spontanée. L'eau de Javel diluée semble d'ailleurs moins
sensible à cette réaction.
ANNEXES

Documents Chambre syndicale nationale de l'eau de Javel :

Activité désinfectante de l'eau de Javel :

Concentration
Quantité d'eau de
Norme exprimée en
Activité Javel à 12°chl (3,6
AFNOR % de chlore
%) pour 1 dm3
actif
NF T 72-151
bactéricide 5
(Novembre 0,0036 % 1,3 cm3 par dm3
min.Spectre 5
1987)
bactéricide 15
NF T 72-190 26 cm3 par dm3
min.Spectre 5
(Novembre 0,072 %
Décontamination des
1988)  
surfaces
NF T 72-201
fongicide 15 min.
(Septembre 0,18 % 65 cm3 par dm3
Spectre 5
1987)
Virucide 15 min.
NF T 72-180
0,036 % 13 cm3 par dm3
(Mars 1986)
Spectre 5
Étude Institut
virucide sur le sida 0,36 % 130 cm3 par dm3
Pasteur
2,8 % pur
NF T 72-231 sporicide 5 min. 20 °C
(Aoüt 1988) ou 5 min. 75 °C
0,018 % 6,5 cm3 par dm3
Désinfection des surfaces et du matériel : l'eau de Javel face au virus du sida
(travail établi d'après les travaux de l'INSTITUT PASTEUR

Eau de Javel à 2,74 % Eau de Javel à 2,74 % ou


ou 9°chl. 9°chl.

Durée de contact : 15 Durée de contact : 15 min


min (minimum) (minimum)
Titre chlorométrique de la
Dosage pour 10 L d'eau
solution obtenue
Dose minimale virucide 110 cm3 0,032% ou 0,1 °chl
Dose préconisée par l'Institut Pasteur 0,16 % à 0,55 %
550 à 1350 cm3 (1 dm3)
pour la désinfection des surfaces 0,48° à 1,2° chl
Dose préconisée par l'Institut Pasteur
(1 dm3) 0,40 % ou 1,2°
pour la désinfection du matériel souillé 1350 cm3
chl.
(pipettes, verreries...)

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tableau de correspondance des solutions selon les matières premières utilisées.

Hypochlorite Hypochlorite Hypochlorite Hypochlorite


classique classique 100°chl 100°chl
degré chl (litre
chlore actif densité moyen- densité moyen-
de chlore par % chlore actif % chlore actif
en g par L ne ne
litre)
1 3,17 1,004 0,32 1,004 0,32
2 6,34 1,009 0,63 1,007 0,63
3 9,51 1,013 0,94 1,011 0,94
4 12,68 1,018 1,25 1,014 1,25
5 15,85 1,022 1,55 1,018 1,56
6 19,02 1,027 1,85 1,022 1,86
7 22,19 1,031 2,15 1,025 2,17
8 25,36 1,036 2,45 1,029 2,47
9 28,53 1,040 2,74 1,032 2,77
10 31,70 1,045 3,03 1,036 3,06
11 34,87 1,049 3,32 1,040 3,35
12 38,04 1,054 3,61 1,043 3,65
13 41,21 1,058 3,90 1,047 3,94
14 44,38 1,063 4,18 1,051 4,22
15 47,55 1,067 4,46 1,054 4,51
16 50,72 1,072 4,73 1,058 4,79
17 53,89 1,076 5,01 1,061 5,08
18 57,06 1,081 5,28 1,065 5,36
19 60,23 1,085 5,55 1,069 5,63
20 63,40 1,090 5,82 1,072 5,91
21 66,57 1,094 6,09 1,076 6,19
22 69,74 1,099 6,35 1,079 6,46
23 72,91 1,103 6,61 1,083 6,73
24 76,08 1,108 6,87 1,087 7,00
25 79,25 1,112 7,13 1,090 7,27
26 82,42 1,117 7,38 1,094 7,53
27 85,59 1,121 7,64 1,098 7,80
28 88,76 1,126 7,88 1,101 8,06
29 91,93 1,130 8,14 1,105 8,32
30 95,10 1,135 8,38 1,108 8,58
31 98,27 1,139 8,63 1,112 8,84
32 101,44 1,144 8,87 1,116 9,09
33 104,61 1,148 9,11 1,119 9,35
34 107,78 1,153 9,35 1,123 9,60
35 110,95 1,157 9,59 1,126 9,85
36 114,12 1,162 9,82 1,130 10,10
37 117,29 1,166 10,06 1,134 10,34
38 120,46 1,171 10,29 1,137 10,60
39 123,63 1,175 10,52 1,141 10,84
40 126,80 1,180 10,75 1,144 11,08
41 129,97 1,184 10,98 1,148 11,32
42 133,14 1,189 11,20 1,152 11,56
43 136,31 1,193 11,43 1,155 11,80
44 139,48 1,198 11,64 1,159 12,04
45 142,65 1,202 11,87 1,163 12,27
46 145,82 1,207 12,08 1,166 12,51
47 148,99 1,211 12,30 1,170 12,73
48 152,16 1,216 12,51 1,173 12,97
49 155,33 1,220 12,73 1,177 13,20
50 158,50 1,225 12,94 1,181 13,42
51 161,67 1,229 13,16 1,184 13,66
52 164,84 1,234 13,36 1,188 13,88
53 168,01 1,238 13,57 1,192 14,10
54 171,18 1,243 13,77 1,195 14,33
60 190,20 - - 1,217 15,63
93 294,81 - - 1,309 22,52
100 317,00 - - 1,320 24,02

(la colonne 4 est obtenue en divisant la 2 par la 3 et par 10, la colonne 6 en divisant la 4 par la
5 et 10, et la 2 en multipliant la 2 par 3,17.)

Articles de journaux

LE MONDE (28/02/90)

L'eau de Javel fête ses 200 ans

L'eau de Javel va fêter ses deux siècles d'existence. Elle demeure l'un des désinfectants
les plus actifs. Rien ne lui résiste, pas même le virus du Sida.

Cette vieille dame est là, disponible à tout moment, irremplaçable. Les habitants de la
région de Belfort, dont les nappes phréatiques ont été polluées a la suite des
inondations, viennent d'en faire l'expérience: il leur a été conseillé de verser deux
gouttes d'eau de Javel dans leur carafe d'eau pour s'affranchir de tout danger digestif.

Déjà, durant la Première Guerre mondiale, le Colonel Bruneau Varilla, directeur du


service des eaux de l'armée de Verdun, avait eu recours à l'eau de Javel. Ne disposant
plus d'eau potable, il mélangea un petit stock d'eau de Javel à l'eau de la Meuse pour
abreuver ses troupes assiégées. C'est depuis cette date que l'on appelle cette opération
« procédé de verdunisation ».

Ces vertus désinfectantes ne furent mises en évidence que de longues années après la
découverte de l'eau de Javel qui a son origine dans le blanchiment des toiles. C'est en
s'intéressant au laborieux travail des lavandières que le chimiste Berthollet put, au
début des années 1790, démontrer que cet effet blanchissant était dû à l'oxygène de
l'air.

17 ans plus tôt Schelle avait découvert un gaz verdâtre résultant de l'action de l'acide
muriatique sur le bioxyde de manganèse.

A la manufacture des produits chimiques qui était installée sur le site de l'actuel
quartier de Javel, Berthollet fabriqua l'hydrochlorite de potassium qui reçut dès sa
naissance le nom d'eau de Javel.

Ce n'est qu'en 1811 que Gay-Lussac et Thénard découvrirent que le gaz verdâtre était
un élément chimique qui reçut le nom de chlore (en grec: jaune verdâtre). C'est au
début du 19e siècle que le pharmacien Labarraque mit au point une «liqueur» qui
n'était en fait que de l'hypochlorite de sodium. Plus tard, d'autres solutions plus
complexes furent créées à partir de l'eau de Javel dont certaines comme la liqueur de
Dakin, sont toujours en usage. Mais si l'on sait depuis longtemps que l'eau de Javel est
une excellente arme de guerre anti-bactériologique, on connaissait moins en revanche
son mode d'action.

Il a fallu un microscope électronique explique le Dr André Dodin, professeur à


l'Institut Pasteur pour démontrer l'action de l'eau de Javel à faible dose sur les micro-
organismes. La membrane des germes est comme une sorte d'enveloppe qui les
protège des agressions. En présence d'eau de Javel, cette membrane éclate presque
instantanément, ce qui détruit le germe qu'il soit bactérie ou virus.

In vitro, avec une dilution au centième d'eau de Javel du commerce, toutes les
bactéries sont détruites en 30 secondes.

LES DERNIÈRES NOUVELLES D'ALSACE (18/02/90)

Aux doses utiles, l'eau de Javel est sans danger pour l'homme. C'est à l'hôpital que le
risque infectieux est le plus élevé. Sur 10 sujets hospitalisés, on estime qu'un
contractera une infection au sein même de l'hôpital. L'infection hospitalière qui tue
plus que la grippe, la tuberculose ou le sida, résulte essentiellement de quatre facteurs:

o l'ensemble architectural avec ses circuits «propre» et « sale » qui ne sont pas
toujours suffisamment séparés
o l'état des malades fragilisés, donc réceptifs aux germes
o les actes techniques eux-mêmes de plus ne plus audacieux
o la place faite à l'hygiène très inégale d'un établissement à l'autre

Pour diminuer les risques d'infections, il ne suffit pas de nettoyer, il faut désinfecter.
Parmi tous les désinfectants disponibles, l'eau de Javel est un produit actif aussi bien
sur les bactéries, que sur les champignons, les Ïufs et les kystes de parasites, les virus
les plus résistants tels que ceux des hépatites.

(Yves Buisson, professeur agrégé à l'hôpital d'instruction des Armées du Val-de-Grâce


et chef du laboratoire de biologie clinique)

compléments de la liste hygiène (bernard taillliez) :

Les molécules que vous mentionnez appartiennent à la famille des


isocyanurates chlorés, qui compte trois représentants :

Trichloro-S-triazinetrione
Trichloro(iso)cyanuric acid
CAS No.: 87-90-1
Formule brute Cl3(NCO)3
Masse molaire 232
Chlore disponible >90%

Sodium dichloro-S-triazinetrione
Sodium dichloro-(iso)cyanurate
CAS No.: 2893-78-9
Formule brute NaCl2(NCO)3
Masse molaire 220
Chlore disponible 62.5%

Sodium dichloro-S-triazinetrione dihydrate


Sodium dichloro-(iso)cyanurate dihydrate
CAS No.: 51580-86-0
Formule brute NaCl2(NCO)3,2H2O
Masse molaire 256
Chlore disponible 55.5%

Les isocyanurates chlorés sont des solides cristallins de couleur blanche,


utilisées comme sources sèches de chlore.
Ils sont utilisées dans de nombreuses formulations de blanchiment, de
détergents, de nettoyants et de désinfectants.

Pour en savoir beaucoup plus, vous pouvez accéder au document très complet
(en anglais)
http://www.oxychem.com/products/handbooks/ACLHB.pdf

ou aux fiches de sécurité :

OMS
http://www.cdc.gov/niosh/ipcsnfrn/nfrn0437.html

ou CCHST
http://www.cchst.ca/reponsessst/chemicals/oxidizing/oxidizing_hazards.html