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Définition : l’information stratégique

L'information stratégique est la matière première indispensable à toute décision qui affecte
directement le sort de l'entreprise, sa survie ou son développement , et son performance
section 2 : l’environnement informationnel d’une organisation
                . Présentation
                . Exemple  
                . la relation entre information et stratégie 

L’environnement est une contrainte nouvelle pour les entreprises industrielles que
la réglementation rendra prochainement incontournable.. Mais loin de n’être qu’un
coût externe supplémentaire, l’environnement peut être l’occasion de rechercher un
avantage concurrentiel durable à moyen et long terme, dans la mesure où sa prise
en compte accroît la fiabilité des process industriels et la valeur des produits et
services livrés à la clientèle.

Cette note fait le point sur le lien entre stratégie et environnement, ainsi que sur les
éléments à prendre en considération pour la création d’une fonction environnement.

L’ÉVOLUTION DE L’ENVIRONNEMENT :

Slide 8 : perception de l’environnement :

https://fr.slideshare.net/LineBoudreault/les-12-facteur-de-lintelligence-stratgique?qid=c6474a1e-
ac1d-44a6-86ff-f1f4323d1e05&v=&b=&from_search=22

vielle informationnele

https://fr.slideshare.net/drevonelsa/cossi-2015-veille-informationnelle-et-veille-stratgique-dans-un-
contexte-dorganisation-durable?qid=c6474a1e-ac1d-44a6-86ff-
f1f4323d1e05&v=&b=&from_search=25
https://fr.slideshare.net/giorgiop5/linformation-comme-ressource-stratgique?qid=c6474a1e-ac1d-
44a6-86ff-f1f4323d1e05&v=&b=&from_search=23
comment l’entreprise peut exploite son environnement en matière d’information

https://books.openedition.org/pufr/718

L’avènement de l’Internet, le phénomène de mondialisation et la globalisation des échanges


ont engendrés une véritable accélération de la volonté des organisations pour intégrer les
nouvelles technologies. Conscientes de l’importance de ces outils, les PME se trouvent face à
des situations où l’apport des nouvelles technologies fait partie de la stratégie globale de
l’organisation (TARD 91]. Reste que l’identification des besoins réels dans le domaine
technologique relève plus de l’expertise « technique » que de l’expertise « métier ». Certes
ces derniers possèdent des compétences nécessaires à leurs activités mais sont loin d’être tous
en mesure d’identifier des besoins pouvant être couverts par ces technologies.

Les sources d’information ;

https://culturenum.info.unicaen.fr/resourceDisplayer/displayResource?resourceId=ksjmild5q7b

https://www.cairn.info/revue-management-et-avenir-2007-2-page-49.htm

section 2 : l’environnement informationnel d’une organisation


                . Présentation
                . Exemple  
                . la relation entre information et stratégie 

L’environnement est une contrainte nouvelle pour les entreprises industrielles que
la réglementation rendra prochainement incontournable.. Mais loin de n’être qu’un
coût externe supplémentaire, l’environnement peut être l’occasion de rechercher un
avantage concurrentiel durable à moyen et long terme, dans la mesure où sa prise
en compte accroît la fiabilité des process industriels et la valeur des produits et
services livrés à la clientèle.

Cette note fait le point sur le lien entre stratégie et environnement, ainsi que sur les
éléments à prendre en considération pour la création d’une fonction environnement.
L’ÉVOLUTION DE L’ENVIRONNEMENT :

Slide 8 : perception de l’environnement :

https://fr.slideshare.net/LineBoudreault/les-12-facteur-de-lintelligence-stratgique?qid=c6474a1e-
ac1d-44a6-86ff-f1f4323d1e05&v=&b=&from_search=22

vielle informationnele

https://fr.slideshare.net/drevonelsa/cossi-2015-veille-informationnelle-et-veille-stratgique-dans-un-
contexte-dorganisation-durable?qid=c6474a1e-ac1d-44a6-86ff-
f1f4323d1e05&v=&b=&from_search=25

https://fr.slideshare.net/giorgiop5/linformation-comme-ressource-stratgique?qid=c6474a1e-ac1d-
44a6-86ff-f1f4323d1e05&v=&b=&from_search=23

http://www.cnam.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?
ID_FICHIER=1295877018139#demarche : Niveau 2 : il s’agit du niveau de l’information stratégique
relative à la politique financière et d’investissement, aux conditions économiques générales aux
tendances du marché, à la politique gouvernementale, aux orientations en matières d’études et
recherche ou de gestion du personnel. Ces informations sont concentrées au siège des entreprises.

Définition : l’information stratégique

L'information stratégique est la matière première indispensable à toute décision qui affecte
directement le sort de l'entreprise, sa survie ou son développement , et son performance .

II - Les types d'informations dont l'entité à besoin pour sa veille

Col lecter et maîtriser l 'information pour prendre les bonnes décisions au bon moment ,

anticiper face aux évolutions du marché, saisi r des opportunités.


Gérer une organisation est avant tous avoir la bonne information. Acquise de l'extérieur ou de
l'intérieur, quelque soit la sources, quelque soit sa forme, elle demeure la matière première de
toute décision, ce qui signifie qu'elle doit impérativement faire l'objet d'une organisation
particulière consacrant la notion du système d'où le système d'information.

REIX, système d'information et management des organisations, Vuibert, Paris, 2000, 3èmè
édition, P3.

de la stratégie à l'information

L'être humain veut savoir pour réagir. Toute reaction est précédée par une décision. C'est donc
l'information qui est l'élément de base de la prise de décision. Cette relation devient plus forte
lorsque les condiditions de la prise de décision deviennent plus complexes. Le choix de
l'information s'opére suivant le type de décision (décision stratégique, décision administrative
ou décision opérationnelle -Ansof). Ce chapitre traite ces éléments tout en mettant en
evidence la relation entre l'information, la décision et la décision stratégique en particulier.

I - Les sources internes de l'information 

Pour être informer l'entreprise doit développer un bon système d'information interne, qui
consiste à fournir aux membres de l'organisation une représentation de l'état et du
fonctionnement de l'entreprise.
Face à son environnement, le système d'information interne de l'entreprise doit être flexible de
façon à permettre à l'entreprise d'acquérir ou créer l'information, la traiter, la mémoriser, la
stocker et la communiquer.

Dans l'entreprise, les informations sont repérées et examinées avec chacun des services qui les
produisent (service commercial, service publicité, l'administration, bureau d'études, et
direction générale.) exemple : la comptabilité de l'entreprise, la situation des stocks, les
informations d'un compte rendu annuel d'activité et les notes mensuelles etc.

II - Les sources externes de l'information 

Il s'agit de l'ensemble des informations que le manager doit chercher dans un environnement
externe à l'entreprise et chez les différents partenaires afin de l'aider à optimiser ses choix
stratégiques, c'est ainsi que nous distinguerons trois groupes de fournisseurs d'information
externes pour l'entreprise.

Premièrement, ceux pour lesquels l'entreprise exerce son activité : il s'agit essentiellement
des clients et des sous-traitants etc.

Deuxièmement, les groupes avec lesquels l'entreprise se trouve en relation du fait de sa


nature et de ses activités. C'est un ensemble d'organismes qui se trouvent dans les champs
d'action de l'entreprise et avec lesquels cette dernière entretient des relations régulières
(exemple : les centres de formation continue et les organismes professionnels tel que les
fédérations, chambres de commerce de l'industrie et des services etc.).

Troisièmement, les consultants et les experts : se sont ceux auprès desquels l'entreprise
cherche l'information dans le cas ou cette dernière n'est pas disponible au sein de son système
d'information interne ou auprès des deux sources citées ci-dessus.

On peut distinguer aussi d'autres sources d'informations externes qui permettent d'alimenter
l'organisation de l'information nécessaire :

Les centres de documentations et d'information qui ont pour but d'informer et de faciliter
l'accès aux informations.

Bibliothèques spécialisées : se sont des organismes dont la mission est de regrouper et gérer
les documents susceptibles d'informer sur tel ou tel secteur ou branche d'activité.

Les banques de données : c'est un ensemble de bases de données reparties, regroupant des
informations spécifiques à un centre d'intérêt particulier (par exemple : recherche nucléaire,
génétique, informatique, etc.)

Les banques de données informatisées sont supportées par les serveurs informatiques avec des
possibilités d'accès à distance à travers des répertoires de données.

La recherche de l'information est inutile sans traitement. C'est ainsi, que nous allons procéder
dans la section suivante à la présentation des différentes modalités de traitement de
l'information.

Conclusion :
http://participavenir.fr/le-management-de-linformation-en-entreprise/

Dans les deux cas, il s’agit de comportements qui impactent fortement le fonctionnement de
l’entreprise et qui peuvent être à l’origine de tensions ou de conflits.

cLes sociologues du travail, et en particulier Crozier et Friedberg (Cf. L’acteur et le système),


ont d’ailleurs montré que la maîtrise de l’information conditionne le pouvoir : celui qui sait ce
que les autres ne savent pas détient un certain pouvoir qu’il peut utiliser à son seul profit au
détriment de l’entreprise et de la cohésion d’équipe.

A l’inverse, ceux qui sont inondés d’informations ou qui en sont privés développent un stress
qui dégrade leur qualité de vie et leur performance au travail.

On voit donc que la gestion des informations n’est pas du seul ressort des informaticiens, mais
qu’il s’agit d’une question de management global.

L’innovation technologique est synonyme de réduction de coût de production et d’une grande


qualité des produits fabriqués. La survie et la croissance des entreprises dépendent de leur capacité
d’adaptation à l’environnement des affaires. C’est-à-dire savoir décoder et analyser l’information
stratégique, pour mieux susciter l’innovation et supporter la prise de décision. Aujourd’hui avec les
progrès réalisés dans la circulation et le traitement de l’information grâce à l’évolution l’Internet,
toute entreprise doit savoir surveiller les activités de ses concurrents et anticiper les nouvelles
tendances. Le présent article vise à présenter ce que c’est que la veille stratégique avec un regard
sur la qualification de l’information

A- De veille stratégique : la veille peut être définie comme une : « activité continue et en
grande partie itérative visant à  une  surveillance  active  de  l’environnement technologique, 
commercial,  etc., pour  en anticiper  les  évolutions. »
La veille stratégique fournit des informations analysées et qui permettent de prendre des
décisions ayant une portée stratégique, elle  permet d'alerter les directions stratégiques des
entreprises par la diffusion d'alertes sur des dangers ou des opportunités de courts terme, ce
n'est pas une boule de cristal, elle ne prédit pas l'avenir, elle donne uniquement des
approximations de l'environnement actuel de l'entreprise ou de son futur proche.

les problématiques de validation et de qualification des


informations et des sources

La littérature édicte 5 critères traditionnels d’évaluation de l’information

• L’exactitude

• L’autorité intellectuelle de l’auteur ou de l’éditeur


• L’objectivité

• L’actualité (information mise à jour)

• La couverture (sujets traités superficiellement ou en profondeur)

Selon l’expert, l’enjeu de cette évaluation est d’apporter une méta-information permettant de
pondérer l’importance à accorder à une information avant que cette dernière ne soit prise en
compte dans une décision. Ne pas se laisser désinformer, tout simplement.

Bien que cela puisse sembler être une évidence, de trop nombreux dispositifs de veille
n’intègrent pas de qualification des sources ou des informations. Pourtant il existe des
moyens, ou en tout cas des bons réflexes à avoir, afin, dans la mesure du possible, de répondre
aux questions aussi essentielles que : cette source est-elle fiable ? Quelle est son autorité ?

Cette information est-elle exacte ?


L’exactitude d’une information est fortement liée à la source qui l’édicte. Les qualités liées à
l’éditeur d’un site web permettront souvent de considérer que l’information produite sur ce
site hérite de toute ou partie de ces mêmes qualités (Martinet).  Il s’agit donc ici  d’établir un
critère d’autorité intellectuelle de l’auteur dont le préalable nécessaire demeure son
identification. La première des choses à faire est donc de regarder sur le site en question si
figurent des rubriques du type : « Qui sommes nous ? », « Mentions légales », …comme le
souligne Frédéric Martinet.

Une fois l’autorité intellectuelle de l’auteur établie, il convient savoir comment la thématique
est abordée par l’auteur en se posant des questions sur la pertinence et l’objectivité du sujet. Il
s’agira de savoir si l’information a été validée par un comité de rédaction ou si elle a fait
l’objet d’analyse par un expert dans son processus d’élaboration. C’est le point le plus critique
et le plus délicat pour la validation et/ ou la qualification d’une information. L’actualité et la
couverture du sujet représentent les dernières étapes. L’actualité fait appel à la mise à jour du
sujet traité et couverture du sujet nous renseigne sur la profondeur du traitement du sujet.

La recherche d’information sur Internet est un exercice qui demande parfois un minimum de
concentration et de capacité d’analyse afin de gagner en efficacité. Il est plus profitable pour
une entreprise de disposer de meilleures informations dans un délai raisonnable.
L’information décisionnelle représente l’élément déterminant dans le processus de croissance
des entreprises. Ainsi trouver la bonne information revient à surveiller tous ce qui nous
entoure en tant que organisation dans un contexte de plus en plus compétitif. Faire de la veille
stratégique est devenu un capital pour la survie des entreprises.

http://arnesta.over-blog.com/pages/Les-entreprises-a-l-heure-du-numerique-
veille-strategique-et-l-information--2427535.html
https://www.cairn.info/revue-management-et-avenir-2007-2-page-
49.htm : La finalité et l’utilité de la veille stratégique

 Réagir plus vite : être prêt au bon moment, donc anticiper en amont ;
 Soutenir la décision
 Augmenter la capacité d’innovation de l’entreprise par l’interprétation collective des
informations :
o Pour détecter suffisamment tôt à quel changement il faudra (peut-être) s’adapter ;
o Pour économiser des ressources, car « trop tard c’est plus cher »;
o Pour anticiper les ruptures et éviter les surprises stratégiques mauvaises ;
o Pour réduire les risques et augmenter la sécurité ;
o Pour gagner des clients nouveaux, etc.

Donc pour assure ces finalites (on est besoin de quoi avotre avis. Oui bien sur une information
strategique).

Innovation par rapport à notre article

23Les informations reçues (traquées ou provoquées) et interprétées peuvent aider à déclencher


une diversité d’idées et amorcer des innovations. C’est à dire que sous certaines conditions, le
processus d’innovation peut prendre naissance grâce à des informations de terrain recueillies
par des traqueurs capables de s’étonner et, de manière collective, de relier des bouts
d’informations entre eux.

24La plupart des auteurs s’accordent sur les principales phases du processus de veille
stratégique, à savoir la définition des besoins en informations, la collecte, la communication et
le stockage, l’analyse, la diffusion des informations et des boucles de feed-back.

Seulement la définition des besoins en informations requière un caractère de commande, dans notre
sujet, il s’agit du mode proactif, exigeant que l’on aille au-devant des informations anticipatives en
ouvrant bien grand ses yeux, ses oreilles et en activant tous ses autres sens. Parfois il faut même
provoquer des informations.

3 – Faire une représentation anticipative de l’environnement via


l’obtention d’information

27La notion de représentation anticipative est rattachée à ridée de fournir un éclairage sur
l’environnement futur de l’entreprise (Gilad et Gilad, 1988 ; Lesca, 1994), et non pas sur le
passé ou le présent. L’objectif est de détecter de manière précoce des menaces et des
opportunités liées aux actions entreprises par les acteurs de l’environnement. Il ne s’agit pas
de réaliser des analyses de tendances, mais d’accepter l’utilisation d’informations tournées
vers le futur et vers l’extérieur de l’entreprise (Blanco, 1998).
3.1 – Les modèles pour se faire une représentation de
l’environnement
28De nombreux auteurs ont proposé des modèles ou des méthodes pour la réalisation de veille
stratégique, en utilisant des appellations diverses comme les suivantes :

 Stratégic information scanning system (Aaker, 1983)


 Strategic Scanning Process (Aguilar, 1967)
 Strategic environmental scanning (Stoffels, 1982)
 Business intelligence (Gilad et Gilad, 1986)
 Competitive Intelligence (Jaworski et Wee, 1993)
 Surveillance de l’environnement (Thiétart, 1984)
 Environmental scanning (Jain, 1984 ; Lenz et Engledow, 1986 ; Choo, 2002)
 Environmental intelligence (Stoffels, 1982 ; Lenz et Engledow, 1986)
 Environmental analysis (Lenz et Engledow, 1986)
 Environmntal Uncertainly (Sawyerr, 1993)
 Chief Scanning Behaviour (Daft et al., 1988)
 Structure de Surveillance Sectorielle Systématique (Jakobiak, 1992)
 Scanning Behaviour (Elenkov, 1997)
 Strategic intelligence systems (Montgomery et Weinberg, 1998).

Dans ce qui se suit, nous en montrons quelques-unes. Nous positionnerons ces contributions à la
lumière de notre méthode, pour pointer les différences, complémentarités ou proximité. Nous
pointerons aussi, lorsque ce sera pertinent, l’originalité (les différences) de notre méthode.

Processus de surveillance de l’environnement (Thiétart, 1984 : 98)

29

 Thiétart n’avait pas pour objectif principal de parler de Veille Stratégique, mais plutôt de
Stratégie et d’obtention d’information stratégique.
 Bien que nous utilisons le mot « veille stratégique », pour des raisons de difficulté
d’expression, nous ne nous intéressons pas spécialement à la stratégie. Nous ne cherchons
pas a formuler des stratégies, puisque par exemple le directeur des achats peut aussi bien
nous intéresser que le directeur du personnel…, qui peuvent avoir besoin d’anticipation.
C’est donc, une différence importante! Notre « client » n’est pas obligatoirement le directeur
de la stratégie.
 Cependant, Thiétart évoque la nécessité d’identifier une liste de sources d’informations
stratégiques et en propose quelques-unes. Son point de départ est « le besoin en
information », qui varie et doit être adapté aux demandes formulées par les décideurs (mode
commande), tandis que pour nous, ce n’est pas ainsi.
 Nous privilégions le mode alerte (et même encore plus, le mode provocation), en ce sens que
les traqueurs sont ouverts à des données qui n’existeraient pas sans leur propre intervention.
 Thiétart : mentionne la fourniture de l’information stratégique au décideur concerné. Il ne
présente pas une idée de mise en commun ni d’interprétation collective.
LA VALEUR DE L’’INFORMMATION :
https://journals.openedition.org/communicationorganisation/855?lang=en

Travaillant sur la question cruciale de la valeur de l’information, Pierre Chapignac estime que celle-ci
est déterminée par son intégration dans un ensemble que l’on peut nommer «  l’action pensée  ». En
d’autres termes, la valeur de l’information se définit dans le contexte de l’action. Si cette valeur peut
se juger bien évidemment sous l’angle du contenu, elle peut l’être également sous l’angle de la
redondance, de la diversité et de la quantité. La valeur de l’information est déterminée par son usage
et non par sa nature ainsi que par le service rendu.

  Pour ma part, explique Edgar Morin, je n’ai jamais considéré l’information seule, mais toujours
encadrée par l’organisation et par la communication.  » (Laulan, Perriault, 2007, p. 187).
L’information ne devient stratégique que si elle apporte de l’eau au moulin de la connaissance. Toute
la difficulté est alors de créer un cycle vertueux d’apprentissage organisationnel. La clé est donc
politique. Car qu’est-ce que cette intelligence dont nous parlons tant si ce n’est justement la capacité
à relier ce qui est épars et transformer l’information en connaissance, à piloter une dynamique
d’apprentissage (Senge, 1991) en étroite relation avec son environnement mais aussi à désapprendre
ce qui pourrait paralyser la pensée et l’action (Baumard, 1995).
I- Dimensions stratégiques de l’information dans l’entreprise

1-1.L’information : un impératif de la stratégie des entreprises

Dans ce monde économique rendu hostile à l’activité organisationnelle et entrepreneuriale par


la diversité sans cesse croissante des produits,  il devient nécessaire de savoir gérer. Pour
savoir gérer, nous avons besoin de savoir maitriser les techniques de recherche de
l’information et produire de la connaissance. Il est même souligné que l’homme cultivé est
celui qui  « sait s’informer, se documenter, et qui a acquis une méthode de recherche et de
travail pour pouvoir se faire une idée par lui-même » (Pochet, Thirion, 1999).  ›Consulter la
page Chris Argyris d'Amazon

L’entreprise doit faire face au libéralisme, alors, modèle type dominant avec toute la latitude
d’agir aussi bien aux plans national, régional qu’international, à la compétition comme moteur
de l’économie mondiale et à la concurrence rayonnant tous azimuts. Dans cet effroyable
contexte,  il ne reste aux managers, armés de la bonne information, que leur intelligence pour
se défendre et être compétitifs. Ainsi, l’appropriation de l’information devient stratégique
pour stimuler l’innovation et la création, afin d’anticiper la concurrence ou contracter de
nouveaux marchés, elle doit être nécessairement accompagnée de la maitrise de l’usage des
nouvelles technologies pour être plus performante. L'information est donc le levier à actionner
pour la réussite, la performance et la prospérité des entreprises, lorsqu’elle est récente et
traitée avec pertinence pour pouvoir agir avec efficacité au moment opportun. II s’agit là, de
la transformation de cette information en une connaissance utile et exploitable pour suivre la
cadence du développement des choses, ce qui implique la dimension humaine qui seule peut
permettre ce passage devenu incontournable, comme nous l’avons déjà souligné il ne reste
plus que la matière grise de l’homme pour affronter ce combat. De cette nouvelle conception
de l’information est née la dénomination « d’intelligence économique », ou « business
intelligence », dont nous allons tracer les contours.

1-2.Contours de l’information stratégique ou de l’intelligence économique

Une information stratégique des entreprises ou l’intelligence économique est une information


qui sert à dissiper toute incertitude dans la prise de décisions managériales, en revêtant les
propriétés suivantes :

 Information à valeur ajoutée : Pour certains auteurs dont(Gilles, F. ; Cleveland, H.),
l’information est considérée comme une matière première stratégique,       drainée et
sélectionnée par un bon système d'informations et surtout transformable, c’est à dire que
l’on peut  traiter pour la rendre opérationnelle,en vue de son exploitation au profit de
l’entreprise. Jack, Hirshleiffer l’évalue à partir de cinq critères : son applicabilité par
opposition à 1'information générale, sa certitude, son contenu, et surtout sa pertinence pour
la décision et l'importance de sa diffusion en sachant  que sa  nouveauté a un impact direct
sur sa valeur et par voie de conséquence sur son adoption. Evaluation que Barry Epstein et
William Kinget renchérissent en lui attribuant d’autres critères tels que la rentabilité, la
possibilité de comparer ou la possibilité de quantifier. Ainsi, seules la sélectivité et la
précision de l'information seraient d'importantes valeurs ajoutées utiles à la prise de
décision. Elles peuvent être puisées dans des produits innovants, brevets, découvertes,les
évolutions techniques ou technologiques, publications scientifiques et techniques 
(abonnements choisis en fonction de leur crédibilité scientifique), appels d’offres,
concurrence, structures de marchés avec les nouvelles pratiques d’achats et
d’approvisionnement, comportements stratégiques, mouvements financiers, les bases
commerciales traditionnelles, Internet, ses sites, ses blogs, ses listes, recherches
géographiques et pour finir dans les lois, propositions de lois, décrets, nouvelles normes,
labels, etc… Cependant, si internet et les différents outils en ligne restent une source
d’informations de choix, il importe de prendre en considération les autres sources
d’informations : les réseaux sociaux, les idées des collaborateurs après une session de
formation, un séminaire, une conférence, une manifestation professionnelle, une réunion
créative, etc…

 Information mise à jour : pour rester compétitives, il faut d’abord que les entreprises
commencent par définir  leurs besoins en information, car si ces derniers  ne sont pas
clairement définis en amont, les recherches apporteront des informations inutilisables. Il faut
savoir également identifier les forces et les faiblesses des concurrents, connaitre lesnouveaux
concurrents, et les nouveaux produits. A cet effet,les entreprises doiventcontinuellement
avoir une longueur d’avance sur les autres, en anticipant la représentation de l'état futur de
leur entité. Ce qui impose de disposer d’une information à jour et immédiatement
exploitable. Pour mettre leur entreprise au diapason de la modernité les décideurs sont
contraints de recueillir les informations les plus récentes qui ont trait à leur activité, à leurs
partenaires, clients et fournisseurs.

 Information pertinente et disponible au bon moment : A repérer en apprenant à gérer


judicieusement le flux informationnel par la lecture et la recherche à fréquence régulière
dans les sources déjà énumérées. Disposer également des moyens techniques, notamment 
un  poste connecté à Internet et équipé d’un navigateur standard pour un accès facile et
rapide à l’information recherchée.

 Information accessible par la bonne personne : L’information doit être orientée vers la mise
en application de manière proactive, grâce à son interception par la personne qui a une
bonne compréhension de l’environnement socio-économique de son entreprise, une
formation interdisciplinaire pour croiser les informations afin de détecter les plus crédibles,
les saisir et les communiquer  en temps réel, parfois quelques minutes suffisent pour
décrocher de gros marchés, on dit bien que : « le temps c’est de l’argent ».

1-3.Veille informationnelle : un outil au service de l’usage de l’information

La création et l’originalité demeurent un facteur de croissance incontestable dont aucune


entreprise ne peut plus se passer. Aussi, pour demeurer concurrentielle, l’entreprise doit
forcément intégrer dans sa stratégie la veille étant, jusqu’à présent, le seul moyen capable de
lui permettre de constituer un fonds informationnel nécessaire à son développement et à son
avenir, car élaboré en fonction de son domaine d’activité, en y consacrant le moins de temps
possible, puisqu’elle permet de guetter les « signaux d'alerte »  avec la mise en place d’un
processus automatisé de surveillance régulière et personnalisée, dans la perspective de saisir
des opportunités de marché et de développement. La veille  sert également à réduire les
risques liés à l'incertitude et aux menaces liées au manque d’informations sur l’évolution des
produits.

 Typesde veille informationnelle 

     La veille technologique : opération active menée par l’entreprise pour    surveiller les
évolutions relatives aux  découvertes scientifiques, aux innovations technologiques (produits
et services),  aux procédés de fabrication et à l’apparition de nouveaux matériaux issus de la
recherche fondamentale appliquée. Cette opération suit indéfiniment la boucle suivante :

-       Ciblage d’informations ;

-       Récolte et analyse de ces dernières ; 

-       Diffusion du produit obtenu et ainsi de suite.

     La veille concurrentielle : outil de benchmarking,  selon  Rouach : « Elle permet de pister
les démarches actives,  déploiements  vers  d'autres  secteurs d'activités, fausses pistes et
leurres destinés à égarer les curieux, intrusions diverses, dépôts de brevets, travaux de
recherche et ce de la part de concurrents directs et indirects » (Rouach, D., 2004).

Au terme de cette  approche de  la notion  d’intelligence économique, brossée à grand trait
nous  pouvons affirmer qu’il  s'agit  non  seulement  de collecter  l'information,  de  vérifier
son authenticité, de  l'actualiser  en  lui  donnant de la valeur,  pour  anticiper le futur et  enfin
l'exploiter sans aucune menace d’être dépassé par les évènements en cours, d’une part  d’autre
part  impliquer  dans le processus  des  personnes compétentes pour passer de l’information à
l’intelligence. Ne dit-on pas que : ‘L'information c'est du pouvoir’.  Ceci dit, nous avons
abordé le premier aspect de notre travail, reste à savoir maintenant : quelle analyse peut-on
faire de la culture de  l’information dans  notre système de formation ?  soit en Algérie, et 
quelle  stratégie  de formation peut-on  adopter  pour  une  meilleure  maitrise  de  cette
culture afin d’amener les cadres gestionnaires à mieux la saisir et l’exploiter.

2. Enquête auprès des cadres gestionnaires de la ‘SONELGAZ’

Pour essayer de répondre à nos interrogations, nous avons entrepris une étude qualitative pour
évaluer la culture de l’information chez un échantillon de 25 cadres gestionnaires de
l’entreprise ‘SONELGAZ’ dans la wilaya de Constantine. Un entretien semi-directif a donc
été arrangé basé essentiellement sur les cinq indicateurs de performance établis par l’ACRL
(Association of College and Research Libraries) et qui définissent une personne dotée de la
culture de l’information. Ces indicateurs sont les suivants :

 Premier indicateur : Etre capable de déterminer la nature et la dimension du besoin en


information
 Deuxième indicateur : Etre capable d’accéder d’une façon efficiente à l’information
recherchée
 Troisième indicateur : Etre capable de résumer les idées maitresses à extraire de
l’information collectée
 Quatrième indicateur : Etre capable d’utiliser efficacement l’information, individuellement ou
en groupe, pour réaliser un projet
 Cinquième critère : Etre capable de comprendre certains aspects économiques, sociaux et
juridiques autour de l’accès à l’information et à son utilisation.

3.   Analyse et discussion

Pour ce qui est du premier indicateur, les cadres gestionnaires, éléments de notre échantillon,
démontrent qu’ils savent, pour la plupart, exprimer leur besoin en information, et ont la
capacité d’expliquer comment l’information est produite, organisée et disséminée. Tous, à
l’unanimité, affirment qu’ils sont conscients quant à l’importance de l’information. Ils
ajoutent également qu’ils ont la capacité de réévaluer leur besoin en information. Concernant
le deuxième indicateur, nous constatons à ce niveau que les obstacles commencent vraiment à
surgir face à nos répondants qui à 80% trouvent des difficultés à mener des enquêtes pour
collecter et accéder à l’information. Ils ne connaissent pas assez les outils de repérage qui
peuvent les aider à accéder aux documents tels que : les catalogues, les bibliographies, les
bases de données, les outils de méta-recherche, le web invisible … Leur maitrise des TIC
(Technologies de l’Information et de la Communication) pour accéder à l’information est très
modeste. Ils expliquent qu’ils sont souvent embarrassés dès qu’ils sont forcés à faire une
recherche documentaire. Ils ne semblent pas au courant des diverses approches d’analyse de
données qu’il est utile de maitriser. L’importance quant à construire une stratégie de
recherche est pour eux une formule très complexe qu’ils ne sont pas prêts à assimiler. Le
troisième indicateur qui consiste à résumer les idées maitresses à extraire de l’information
collectées est loin d’être maitrisé par plus de 80% de nos répondants. En effet, savoir exploiter
les fonctionnalités de l’ordinateur pour étudier les interactions et recoupements entre les
divers faits, phénomènes ou concepts relève pour ces gestionnaires de ‘tâches spécifiques aux
spécialistes en informatique’, alors que « le savoir-chercher s’apprend dans toutes les
disciplines »(Duspaire, 2004).Ils ne savent pas qu’une stratégie de recherche est toujours apte
à être révisée. Comment évaluer les multiples sources d’information est un autre aspect qui
n’est pas connu pas nos gestionnaires bien qu’il soit essentiel : ‘réputation de l’auteur’,
‘fiabilité des sources’ et ‘qualité du contenu des sources’.Quand nos répondants exploitent un
fonds documentaires, ils ne semblent nullement orienter leur vision vers la détermination de la
valeur ajoutée de la connaissance. 60% de nos répondants ont des difficultés à maitriser la
communication électronique qui pourtant s’impose d’une façon substantielle dans tous les
secteurs de la vie active.

Pour ce qui est du quatrième indicateur ayant trait à l’utilisation efficace de l’information pour
réaliser un projet individuel ou en groupe, nous constatons que nos cadres gestionnaires, à
l’unanimité, ne produisent pas de l’information. Ils n’en sont que consommateurs. Ils ne
semblent pas préoccupés par la nécessité d’avoir un jugement critique lors de l’exploitation
d’une information. Ils ont également des lacunes en matière d’exploitation de textes
numériques et de documents audio-visuels pour communiquer les résultats de travaux via les
TIC. Ils ne sont nullement motivés à travailler en groupe. Cela ne les incite pas à développer
une culture de l’échange de l’information et de son partage. D’ailleurs Simondon Gilbert
explique bien que l’individualisation  « ne se délaye pas dans le collectif », bien  au contraire,
elle se renforce et s’amplifie pour mieux défendre les valeurs fortes de cette singularité
(Simondon, G.  1989). La notion de formation tout au long de la vie est certes importante pour
eux, mais ils affirment bien qu’’elle n’est pas un enjeu de taille’. Le cinquième et dernier
indicateur nous démontre que nos gestionnaires sont, en grande majorité, conscients de la
dimension économique de l’information et son importance dans les divers types de
transactions. Par contre, peu de répondants donnent une importance à la dimension sociale de
l’information. Le pire est que nos cadres gestionnaires, en grande majorité, refusent
d’accepter le principe suivant : Lors d’une recherche documentaire, toute information dont on
ignore la provenance doit être écartée. Pour eux, ‘l’essentiel est de pouvoir trouver et collecter
de l’information dès qu’on en a besoin’. Le référencement ne semble pas les préoccuper.
Lorsqu’on leur parle de ‘plagiat’, ils réagissent autrement affirmant que ‘cela n’est pas une
bonne chose’. Néanmoins, ils ajoutent que ‘souvent les conditions de travail  poussent au
plagiat’ ; ceci explique pourquoi l’acquisition d’un jugement critique n’est pas nécessaire aux
yeux de nos répondants. Le concept de droit d’auteur est très mal assimilé chez nos cadres
gestionnaires.
Déjà Claude Baltz en 1997 déclarait : « Pas de société d'information sans culture
informationnelle » (Baltz, C. 1998).Ceci va nous aider  à mieux  comprendre certains résultats
de notre enquête et la situation de la culture de l’information en Algérie. Il importe d’abord de
partir du poids d’un héritage, de certains enjeux réels reliés directement à des faits historiques
vécus par les citoyens dans le pays, notamment, le rôle des premiers espaces où l’on pouvait
apprendre à lire et à écrire : les Zaouïas, ce sont des structures religieuses pédagogiques
apparues au Maghreb entre le XI et XIII siècle, initialement édifiées pour dispenser
l’apprentissage de la lecture et de l’écriture à travers les versets du Coran, accueillir des
étudiants étrangers ou venus de localités lointaines et d’auspices aux voyageurs. Face à
l’occupation ottomane et française, elles ont pris une autre tournure, celle de lutter pour
conserver l’identité arabo-musulmane, en formant des esprits afin de préparer des personnes
lettrées capables de se soulever et de conduire la révolution  (A titre d’exemples, nous
pouvons citer L’Emir Abdelkader, Cheikh Bouamama, Lala Fatima N’Soumer, Cheikh
Ahedad qui ont été les précurseurs de la révolte anti colonialiste).  Les Zaouïas étaient
réputées pour leur hostilité aux colons et à l’évangélisation du peuple algérien. Elles sont
devenues des centres de rencontres et de préservation des trois principaux piliers de l’identité
algérienne : la langue, l’histoire et la religion. Au regard de l’influence positive des Zaouïas,
dans l’éducation des indigènes, en dispensant le savoir et provoquant ainsi l’éveil nationaliste,
les français ont combattu ces dernières pour en faire des lieux de culte des saints. Ce
phénomène va se répandre et atteindre toutes les couches sociales, accentué par la politique
coloniale dont le maraboutisme est devenu un véritable allié pour jeter cette population dans
l’obscurantisme le plus total  comme le soutient Dermenghem. (Dermenghem, E., 1954). 

Cette  histoire de la culture informationnelle va évoluer en passant de la parole du cheikh de la


Zaouïa ou Médersa à celle du maître pour ceux qui avaient la chance de pouvoir être inscrits
dans une école pour fatalement être stoppés au cours fin d’études, seuls quelques-uns
échappés à ce triste sort, excellents, issus de familles plus ou moins nanties, ils ne pouvaient
être recalés, ont eu recours à l’utilisation de documents en plus du cours magistral. Cette
introduction de ce nouveau support de l’information dans l’enseignement va révolutionner la
méthode pédagogique jusque-là employée en confrontant directement l’élève avec la source,
ce qui de facto va amener ce dernier à développer des compétences  informationnelles,
capables de le conduire à la recherche, sélection, traitement et maîtrise de l’information. Ce
rapport apprenant, chercheur / document va à son tour connaître un profond  bouleversement
engendré par l’arrivée et l’utilisation des nouvelles technologies où la fascination de l’écran,
la rapidité, la richesse des sources documentaires vont confronter ces derniers à une nouvelle
méthode dans la recherche bibliographique, soit autrement dit apprendre à articuler entre
production, diffusion et appropriation des données distribuées sur le web. Situation à laquelle
à aucune étape de leur socialisation ils n’ont été préparés, parents pour la plupart illettrés,
environnement peu propice à la lecture en raison de l’absence de modèle à suivre et des lieux
culturels et d’une politique nationale qui demeure au stade des déclarations d’intention. Les
efforts consentis dans le domaine semblent être comme une sorte de course poursuite derrière
l’édification de nouvelles structures nées du dernier ressort des techniques, en laissant pour
compte la maîtrise de l’information qui reste non ou mal enseignée et des enseignants,
documentalistes, bibliothécaires, gestionnaires avec des programmes peu compatibles avec la
réalité, alors que les moyens existent, toutefois à eux seuls, ils ne peuvent doter les apprenants
de compétences intellectuelles requises pour repérer, identifier, discerner, évaluer l’origine, la
fiabilité, la qualité et la pertinence de l’information trouvée.  Ces compétences multiples 
acquises permettent d’accroitre la « faculté d’adaptation à des stratégies plus
compétitives »(Duouis, P., 2001). Les déficiences majeures quant à l’acquisition de cette
culture incombent en grande partie au système éducatif national au niveau de tous les cycles. 
Le ministre de l’enseignement supérieur Mebarki lui-même  clarifie bien dans un de ses
ouvrages que: « la formation à l’enseignement  n’est pas soutenue par un programme  national
de recherche en pédagogie» (Mebarki, M., 2003).La situation de la culture informationnelle
est également ruinée par un  manque de pression de la part du lectorat pas habitué à la
fréquentation de ces lieux et donc pas en mesure de déterminer et d'exprimer ses besoins
devant un service médiocre de ces dernières qui ne ressentent pas la nécessité de s'améliorer
face à des lecteurs passifs, résultat d'un apprentissage social qui n’a été à aucun moment de
leur vie dans le sens de développer chez eux le gout de la lecture ; ce n'est qu'au stade de
l'université que la lecture devient un impératif.

Cette apparition tardive de la lecture chez l'algérien est donc suscitée par un besoin, car ils
n'ont acquis auparavant aucune tradition dans ce domaine et ne manifestent par conséquent
aucune exigence quant aux services rendus par ces institutions. Ce réel a forcément des
conséquences fâcheuses sur les pratiques pédagogiques et didactiques, sur la qualité de
l’enseignement et le rôle des apprenants dans l’action d’apprentissage. Vient s’ajouter
l'inefficacité des bibliothèques qui n'entreprennent aucune action pour faire accéder leurs
usagers au document, leur offrir ce qui vient d'être édité, leur fournir l'information qu'il
souhaite recevoir, en un mot les éveiller à la culture. La responsabilité de cette quasi-absence
de la lecture chez l'algérien est donc partagée entre ce lecteur occasionnel, docile et ces
bibliothèques qui n'essayent pas de se mettre au diapason de la nouvelle politique de la
communication de l’information, alors que maintenant, il faut qu'elles parviennent à allier
entre les deux fonctions : enrichissement des fonds documentaires, conservation et
communication des documents d'une façon plus élaborée, c'est à dire dans le cadre d'un réseau
structuré et efficace.  Nous ne saurions mettre un terme à cette ethnographie, brossée à grand
trait, de la notion de culture de l’information dans le contexte algérien, sans soulever la
question des difficultés des bibliothèques à améliorer leurs prestations de services dues en
grande partie à un manque de savoir, de savoir-faire et de savoir-être des agents, à une
absence de sens des stratégies communicationnelles du manager pour motiver les acteurs de
cette entreprise dont en dépend le succès et à une inadéquation de la gestion mise en œuvre, 
alors que le changement attendu s’inscrit dans une conjoncture favorable. Nous comprenons
par-là que la prolifération des ressources électroniques a « fait émerger de nouveaux
paradigmes de services et de nouveaux rôles pour le personnel » (Curran, M., 2006). À
présent,les hiérarchies concernées conscientes du rôle primordial de la documentation
répondent favorablement aux demandes en matière d’équipements, plus particulièrement en
équipement informatique, et de formation des agents entre autres.

Conclusion

Cet aperçu de l’environnement algérien de la culture informationnelle, nous laisse


comprendre, combien l’impact du contexte socioculturel est important dans la construction
d’une éducation liée à la recherche de l’information, car il exerce une autorité sur l’individu
dans tous ses comportements. Si nous nous sommes attachés à mettre en évidence l’hostilité
du contexte socioculturel de l’Algérie quant à la culture de l’information, c’est en raison de
l’importance de la connaissance de ses causes qui peuvent nous servir d’indicateurs pour
formuler des projets appropriés à notre société et capables de développer une politique
nationale globale de l'information pour servir d'assise au système et réseau envisagés, afin de
réduire le fossé qui sépare grandement les connaissances théoriques et pratiques des pays
industrialisés de celles des pays émergeants, système qui fait appel à l’intelligence humaine
tout en maintenant la cohésion sociale. Est-il possible d’accepter à ce que nos entreprises,
quelle que soit leur envergure, soient gérées par des personnes qui ne disposent même pas de
bases fondamentales de la culture de l’information ? Il faut commencer par suivre la tendance
actuelle en concevant un enseignement digne de cette discipline dont l’objectif est de
développer des compétences informationnelles.Alexandre Serres dit à ce propos : « que la
culture informationnelle devrait englober, du moins mieux articuler les trois cultures et les
trois formations, info-documentaire, informatique et d’éducation aux médias» (Serres, A.,
2008). Aménager des espaces didactiques où il est possible d’acquérir une culture de
l’information, ce qui relève d’une démarche anthropologique centrée sur le comportement des
bénéficiaires. Ce travail  est possible à travers une perspective socio-éducative en portant un
double regard qui reconstituerait l’objet étudié et qui mettrait en relief aussi bien les
déterminations matérielles de cet environnement de plus en plus structuré par les nouvelles
technologies, la création de nouveaux produits et services, de nouveaux rôles, de nouvelles
tâches et modes d'organisation, un système élaboré en fonction des spécificités de notre
société qui va de pair  aujourd’hui avec la performance technologique : elle concerne la mise
en valeur ou le développement des équipements propageant l’information avec leur
appropriation en sachant faire le tri et retenir que celles qui nous intéresse, en créant à cet
effet des centres culturels de proximité, c’est-à-dire dans les différents quartiers des
agglomérations urbaines. Ces lieux doivent devenir dans leur intégralité tout accueil : accueil
humain, accueil technique et accueil esthétique, des laboratoires d’apprentissage de la culture
de l’information.C’est avec toute cette infrastructure et des compétences de gestion efficiente
que les personnes peuvent « participer à la construction d’une info-culture »(Morizio, C.,
1997). Il est grand temps de comprendre que le levier d'action de cette société d'information
que nous commençons à peine à percevoir se situe dans un développement technologique que
s'il est assorti d'une politique d’appropriation par le public des usages qu'il entraine et d’une
communication inhérente à la notion de culture qui lui permet de penser de fabriquer l’unité
des individus, car la compréhension des valeurs fortes que véhiculent ces derniers lui permet
non seulement de s’adapter à son milieu, mais aussi d’adapter celui-ci à lui-même, à ses
besoins, à ses projets. Autrement dit le respect des croyances culturelles rend possible la
transformation, l’adaptation, la modélisation des comportements humains.

Bibliographie

Baltz, C., « Une culture pour la société de l'information ? Position théorique, définition,
enjeux », Documentaliste – Sciences de l'information, 35, 1,1998.

Benasayag, M. Connaître est agir, paysages et situations. Paris : La découverte, 2006. 

Curran, M. « The 8’R’s and training needs », ARGOS, 35, 2, 2006.

Dermenghem, E. Le Culte des saints dans l'islam maghrébin. Gallimard, Paris, 1954.

Duouis, P.  « La gestion des connaissances: des humanités aux pratiques organisationnelles »,
ARGUS, 30, 1, 2001

Duspaire, J.L. « La documentation : une fonction essentielle du système éducatif ». ARGOS,
36, 2004.

Fischer, G.; Harlan, C. Information stratégique à valeur ajoutée – Enssib,


2008. www.enssib.fr/.../61310-l-information-strategique-a-valeur-ajoutee-l-inf.

Mebarki, M.  Sauver l’université. Oran : Dar-El-Gharb, 2003.


Morizio, C.  « Les technologies de l’information au CDI : une mutation documentaire et
professionnelle ». Les Dossiers de l’Ingénierie Educative, Déc 1997.

Pocher, B. et Thirion, P.  « Formation documentaire et projets pédagogiques », Bulletin des


Bibliothèques de France, 44, 1, 1999.

Oubrich, M. L’intelligence économique : la nécessité d’un fonds d’investissement pour


soutenir les PME, 2005. http://www.lematin.ma/journal/article.asp?id.

Rouach, D. La Veille technologique et l'intelligence économique. Paris : Presses


Universitaires de France, 2004.

Serres, A.  « Educations aux médias, à l’information et aux TIC : ce qui nous unit est ce qui
nous sépare ». Colloque international de l’ERTé :  L’éducation à la culture informationnelle,
Lille,16-18 octobre, 2008.

Simondon,  G.  L’individuation psychique et collective. Paris : Auber, 1989. 

Auteurs

Teboura BENKAID-KESBA
Maitre de conférences 
Université d’Oum-El-Bouaghi

Azzedine BOUDERBANE
Professeur 
Université Constantine 2

Nadjia GAMOUH
Professeur 
Université Constantine 2

Citer cet article   

Benkaid-Kesba, T., Bouderbane, A. et Gamouh, N. (2014).La culture de l’information : un


prérequis dans la gestion de l’entreprise. Actes de la 6ème  édition du COSSI "L'utopie de la
communication", 17-19 juin 2014 - IAE de Poitiers, France.

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