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Master Juriste d’affaires (M1)

MODULE : Droit des sociétés

La Révocation des dirigeants sociaux

Préparé par : CHOUAY Saadia


Sous la direction de : Pr. GUENBOUR SAIDA

Année universitaire : 2018/2019


1
Sommaire

Introduction
Partie 1 : Les modalités de révocation des dirigeants sociaux
Chapitre 1 : La révocation pour juste motif.
Section 1 : Révocation des dirigeants de la SNC.
Section 2 ; la révocation des dirigeants de la SARL

CHAPITRE 2 : la révocation ad nutum


Section 1 : la révocation des dirigeants de la société anonyme à
conseil d’administration.
Section 2 : la révocation des dirigeants de la SA à directoire et conseil
de surveillance.
Partie 2 : le respect du principe contradictoire et conséquences de
révocation.
Chapitre 1 : le respect du principe contradictoire.
Section 1 : exposé du principe de la contradiction.
Section 2 : critique du principe de contradiction
Chapitre 2 : les conséquences de la décision de révocation
Section 1 : conséquences de révocation des dirigeants de la SARL et de
SNC
Section 2 : conséquences de la révocation des dirigeants de la SA
Conclusion

2
Introduction

3
Les dirigeants de sociétés sont choisis parmi les associés ou en dehors de la
société. Dans cette hypothèse le dirigeant est choisi pour ses qualités de
manager et son aptitude à dégager des bénéfices pour les actionnaires.
Cependant il est fréquent que les actionnaires ou les associés de la société
souhaitent changer le dirigeant de la société parce que sa politique n’a pas
produit les résultats escomptés ou encore parce qu’il a commis une faute dans
la gestion.
La révocation du dirigeant d’une société obéit à des règles strictes qui
différent en fonction de la forme juridique de la société. Cette décision n’est
pas sans risques, elle peut entraîner une indemnisation et parfois le versement
de dommages et intérêts.
Précisions déjà que pour les gérants de la SARL, SNC, et SCS les dirigeants ne
peuvent être révoqués que sur un juste motif, autrefois appelé « cause
légitime ».
Constitué par une faute ou un comportement contraire à l’objet social. A
défaut la révocation peut être abusive et préjudiciable et ainsi ouvrir droit à
des dommages et intérêts.
Pour les SA le code de commerce interdit explicitement toute clause limitant la
libre révocation des dirigeants.
Le sujet de la révocation de dirigeants sociaux revêt une importance majeure
du fait de ses conséquences importantes pour la société, tant
Au terme de cout financier que des perturbations liés aux déchirements entre
dirigeants et associés.
La question est de savoir quelles sont les modalités, principes, et conséquences
de cette révocation ?
Afin de permettre une vue la plus satisfaisante possible, sera traité dans une
première partie les modalités de révocation des dirigeants sociaux et dans une
deuxième partie le principe de contradiction et les conséquences de la
révocation.

4
Partie 1 : Les modalités de révocation des dirigeants sociaux

5
La fonction du dirigeant social est précaire. Dans la majorité des sociétés les
dirigeants sont nommés par l’assemblée générale pour une durée fixée à
l'avance.la démission ou l’arrivée du terme du mandat mettent fin aux
fonctions. Il n’existe pas de dirigeants sociaux irrévocables sauf la situation
particulière de l’associé unique gérant d’une EURL ou président de la SASU.
La révocation avant l’échéance du mandat répond à des règles bien spécifiques
suivant le type de société.
Deux modèles de révocation coexistent :
-La révocation sans juste motif et à tout moment dite ad nutum (cas des
administrateurs de SA).
Cette décision n’ouvre jamais droit à indemnisation sauf dans le cas
exceptionnel ou elle est jugée vexatoire ou injurieuse.
-La révocation pour juste motifs : c’est dans les cas de SARL ou pour certain
dirigeants de SA. Ce mode de révocation ne veut pas dire qu’en dehors des
justes motifs la révocation est impossible. Mais la révocation sans juste motif
ouvre droit à des dommages et intérêts1.
Chapitre 1 : La révocation pour juste motif.

Un juste motif de révocation peut être par exemple : non-convocation de


l’assemblée, commande d’un audite inutile et coûteux, justificatifs
De remboursement falsifié, vote d’une personne absente à l’assemblée
générale en faisant croire qu’elle présente…
Considérés également comme juste motifs, des fautes personnelles du gérant
telles que :
-l’abondant de fonctions, le détournement de fonds sociaux, l’absence de
tenue de compatibilité ; un découvert bancaire important de longue durée.
Même en l’absence de faute personnelle du dirigeant, la révocation peut être
justifiée si l’intérêt social la justifie (situation financière compromise et perte
de confiance des associés) mais la révocation ne peut intervenir pour des

1
M. Hélène Monsériéy-Bon, L.Grosclaude "droit des sociétés et des groupements", Montchrestien lextenso
éditions 2009 , p.75

6
causes extérieures à la société (vie privée…) elle serait alors considérée comme
dépourvue de cause légitime et ouvrirait droit à des dommages et intérêts2.
Ce mode de révocation est appliqué dans la SARL ; SNC ; Sociétés civiles et
certains dirigeants de SA.
On prend l’exemple de la SNC et la SARL

Section 1 : Révocation des dirigeants de la SNC.


Les règles applicables à la révocation d’un gérant comportent un point
commun quelle que soit l’hypothèse : lorsque cette révocation est décidée sans
juste motif elle peut donner lieu à des dommages et intérêts. Quant aux
conditions dans lesquelles elle intervient elles varient selon que le gérant est
associé ou non et qu’il est statuaire ou non. Ainsi faut-il distinguer trois
situations3.
Première hypothèse
Tous les associés sont gérants ou un ou plusieurs gérant ont été choisis parmi
les associés et désignés dans les statuts. Dans ce cas, la révocation ne peut être
décidée qu’à l’unanimité des autres associés. Ce qui veut dire que l’intéressé ne
peut par lui-même faire échec au vote pour se maintenir, il s’agit là d’une règle
impérative qui ne saurait être modifiée par le pacte social.
Deuxième hypothèse
Les gérants choisis parmi les associés ne sont pas statuaires dans ce cas chacun
d’eux peut alors être révoqué par une décision des autres associés, gérants ou
non, prise à l’unanimité à moins que les statuts ne déterminent d’autres
conditions et prévoie par conséquent une décision prise à telle ou telle
majorité.

2
M.Hélène Monsériéy-Bon , L.Grosclaude "droit des sociétés et des groupements , op-cite , p.75 - 76
3
Yves chartier, "droit des affaires 2/sociétés commerciales" presse universitaire de France, p. 200 - 201

7
Troisième hypothèse
Les gérants ne sont pas associés même s'ils sont statutaires, ils peuvent alors
être révoqués dans les conditions prévues par les statuts ou à défaut par une
décision prise à la majorité et non à l'unanimité
Il faut ajouter qu’il est généralement admis en doctrine qu’un gérant, quel qu’il
soit pourrait toujours être révoqué en justice. Pour cause légitime à la
demande de tout associé4.
Section 2 ; la révocation des dirigeants de la SARL

L’article 69 de la loi 05-96 dispose que ; le gérant est révocable par décision
des associes représentants au moins trois quart des parts sociales, toute clause
contraire est réputée non écrite.
Si la révocation est décidée sans juste motif elle peut donner lieu à des
dommages et intérêts.
L’expression « juste motif » n’implique pas nécessairement une faute de
l’intéressé mais suppose que la révocation correspond au désir d’améliorer la
gestion social ou de l’orienter dans un sens déterminé auquel l’intéressé se
révélait nettement opposé, plus généralement la notion juste motif se définit
non pas seulement en fonction de l’activité ou du comportement de l’intéressé
mais aussi en fonction de l’intérêt social.
Ainsi est considéré par exemple un juste motif : La nécessité d’obtenir le
renouvellement de la concession vitale pour la société dès lors que par son
attitude personnelle, l’intéressé rendait impossible un tel renouvellement, en
revanche ne constitue pas de juste motif de révocation de gérant Le
changement de majorité intervenu et le désir de nouveau associé de nommer
un gérant de leur choix alors qu’aucune faute de gestion n’est reprochée au
gérant en exercice
Lorsque le gérant d’une société est en même temps gérant d’une filiale de
celle-ci, sa révocation dans la première société ne peut à elle seule, constituer
un juste motif de révocation dans la second, même si elle est composée des
mêmes associés

4
Yves chartier, "droit des affaires 2/sociétés commerciales" op-cite, p.201- 202

8
Des fautes personnelles commises par le gérant, des lors qu’elles n’engagent
pas sa responsabilité en tant que gérant
Des Désaccords d’ordre secondaire, invoqués par les associes qui auraient pu
être surmonté par une démarche amiable 5
La révocation du gérant ne peut avoir d’effet rétroactif
L’absence de juste motifs de révocation ne peut avoir pour effet de remettre
en cause la décision des associes elle se traduit par le versement des
dommages-intérêts au gérant révoqué, dont le montant est fixé par le tribunal
compte tenu notamment
*De la perte des rémunérations auxquelles il pouvait prétendre pour l’exercice
de ses fonctions pendant la durée de son mandat
*Des conditions des lesquelles la révocation est intervenue.
*des circonstances qui risquent de contraindre le gérant-associé révoqué à se
retirer de la société.
L’article 69dispose également que : en outre le gérant est révocable par les
tribunaux pour cause légitime à la demande de tout associé.
Afin d’empêcher l’inamovibilité du gérant associé majoritaire ou égalitaire
contre qui une mesure de destitution ne pourrait être prononcée, faute de
rassembler le nombre de voix nécessaire, tout associé peu importe le nombre
de ses parts, peut demander en justice sa révocation.
Ce genre de révocation doit pour être recevable, reposer sur une cause
légitime qui s’apparente au juste motif requis dans le cadre de la révocation
par les associes. Le demandeur doit mettre en cause la société et les associes.
En cas d’urgence, la révocation peut être décidée par le président du tribunal
de commerce du lieu du siège social statuant en référé6.

5
C.Penhoat "Doit des sociétés " , 2ème édition aengde- clet, p.97
6
D.Gibirila " droit des sociétés" 5ème édition ellipses , p.222- 223

9
CHAPITRE 2 : la révocation ad nutum
" Ad nutum " est une expression latine ou dérivée du latin qui caractérise le fait
que celui qui a confié un mandat à une personne est en droit de retirer les
pouvoirs qu'il a confié à son mandataire sans avoir à justifier des motifs de ce
retrait , ni observer un préavis, même s'il a été convenu à durée indéterminée
et sans que, sauf application des règles de l'abus de droit , il puisse être
contraint à lui verser un dédommagement.
Ainsi dans le droit des sociétés commerciales, alors que les membres du
directoire ne sont révocables que pour juste motif, les membres de conseil de
surveillance sont révocables ad nutum, il en est ainsi du PDG et administrateurs
de sociétés anonymes7.
Une telle décision peut être justifiée par la perte de confiance progressive et
détérioration des relations avec les administrateurs.
Cette révocation ne doit pas être attentatoire à l'honneur du dirigeant et ne
doit pas avoir pour but d'entamer le crédit ou la réputation du dirigeant dans le
milieu professionnel.
Sera traité successivement dans ce chapitre, la révocation des dirigeants de
société anonyme à conseil d’administration, et la révocation de dirigeants de la
société anonyme à directoire et conseil de surveillance.

Section 1 : la révocation des dirigeants de la société anonyme à conseil


d’administration.
Dans Le système classique, la société est administré par un organe collégial
composé de plusieurs membres appelé conseil d’administration, ayant à sa tête
un président auquel la loi a conféré des pouvoirs de direction, et qui peut être
assisté d'un directeur général.
Le conseil d'administration est chargé de l'orientation stratégique de la société
et de sa mise en œuvre. Les principaux pouvoirs qui lui sont attribués sont les
suivants :
* Etablissement des comptes sociaux et rapports de gestion
* Convocation des assemblés généraux
7
Dictionnaire juridique, disponible sur le site : https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/revocabilite-
ad-nutum.php

10
* nomination et révocation du président du conseil (article 63 de la loi 17-95
relative aux sociétés anonymes)
* nomination et révocation du directeur général ainsi les éventuels directeurs
généraux délégués (article 67 de la loi 17-95)
* Autorisation des conventions passées entre la société et l'un de ses
actionnaires dirigeants (article 56 de la loi 17-95)
Plus d'autres fonctions et pouvoirs prévus par les articles (de 69 à 76 de la loi
17-95).
Les administrateurs sont révocables ad nutum, c'est à dire à tout moment. Qu’il
ait été nommé par le statut ou par un assemblé.
La décision de révocation est prise par l'assemblée générale ordinaire, voire
extraordinaire, sur incident de séance, à la majorité simple. Elle n'a pas besoin
d'être motivée. L’assemblé peut prendre cette mesure même si la question ne
figure pas à son ordre du jour.
Cette règle est d'ordre public, et la faculté de révocation ne peut être
supprimée par une clause des statuts
En contrepartie de cette insécurité un administrateur est toujours libre de
donner sa démission sans avoir à fournir des motifs pour justifier sa décision ou
être passible de dommages-intérêts, sauf intention de nuire à la société.
Un administrateur ne peut exceptionnellement être indemnisé qu'en cas de
révocation abusive, c'est à dire décidée dans des conditions portant atteinte à
l'honneur et la dignité de l’intéressé, dans des conditions d'une excessive
brutalité. Ou encore si le principe de la contradiction n'a pas été respecté,
autrement dit, si l'administrateur révoqué n'a pu faire valoir ses observations.
Concernant le président du conseil d’administration, il est aussi révocable ad
nutum par le conseil d’administration, également le directeur général8.

8
F.Lemeunier" société anonyme constitution, gestion, évolution», édition Délmas 2002, p.201-202

11
Section 2 : la révocation des dirigeants de la SA à directoire et conseil de
surveillance.
Cette nouvelle forme d'organisation de l'administration de la société anonyme
repose sur deux organes: le directoire et le conseil de surveillance.
C'est un mécanisme qui se caractérise par la distinction entre un organe chargé
de la gestion social et un organe investi d'une mission de surveillance de cette
gestion, qui ne possède en principe aucun pouvoir d'immixtion dans le
fonctionnement de la société.
Les membres du directoire sont nommés par le conseil de surveillance qui
confère à l'un d'eux la qualité de président ( article 79 de la loi 17-95 relative à
la société anonyme ) , le directoire est investi des pouvoirs les plus étendus
pour agir en toutes circonstances au nom de la société, il les exerce dans la
limite de l'objet sociale et sous réserve de ceux qui sont expressément
attribués par la loi au conseil de surveillance et aux assemblées d'actionnaires9.
Les membres du directoire peuvent être révoqués par l'assemblée générale sur
proposition de conseil de surveillance, si la révocation est décidée sans juste
motif, elle peut donner lieu à des dommages intérêts10
Quant au conseil de surveillance, il n'est pas un organe de gestion et sa mission
est de contrôler la gestion sociale. Ses membres peuvent être révoqués pour
n'importe quel motif à tout moment par l'assemblé général, sans qu'il soit
nécessaire que la révocation soit inscrite à l'ordre du jour.

9
Article 102 al 1 de la loi 17-95 relative à la société anonyme
10
Article 102 al 1 de la loi 17-95 relative à la société anonyme

12
Partie 2 : le respect du principe contradictoire et conséquences de révocation.

13
Bien que régit par le principe de libre exercice faisant obstacle à toute clause
restrictive ou élusive du droit d'évincer un dirigeant, la révocation quel qu'en
soit le mode , discrétionnaire ( ad nutum) ou contrôlé ( avec juste motif ) ne
doit être prononcée d'une façon anarchique ou intempestive.
D'une part la décision doit être prise par l'organe compétent. D'autre part le
droit de révocation ne doit pas être exercé de manière abusive "abus de droit
émanant soit des circonstances vexatoires ou injurieuses de la révocation soit
de l'inobservation du principe de la contradiction
Chapitre 1 : le respect du principe contradictoire.
Un dirigeant peut-il être révoqué sans être préalablement informé et invité à
exposer ses moyens de défenses ?
Bien que le respect du principe de la contradiction puisse se poser à propos du
dirigeant révocable pour juste motif, la question demeure en jurisprudence
essentiellement discutée pour celui révocable ad nutum

Section 1 : exposé du principe de la contradiction.


Le dirigeant dont la révocation est envisagée doit pouvoir bénéficier des
principes des droits de la défense.
Les juges ont en effet introduit cette jurisprudence inspirée de l'article 6 de la
convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés
fondamentales. Laquelle dispose dans son troisième alinéa b que " tout accusé
a droit notamment de disposer du temps et des facilités nécessaires à la
préparation de sa défense «.
Le dirigeant doit donc pouvoir préparer sa défense, connaitre les griefs qui
motivent le projet de révocation et enfin il doit pouvoir développer des
observations (écrites ou verbales) afin de répondre aux accusations dont il fait
l’objet.
L'intéresse doit être régulièrement convoqué par l'organe qui va statuer sur sa
révocation. Cette procédure rappelle la procédure suivie lors du licenciement
d'un salarié. La convocation doit lui être adressé dans un délai raisonnable et
indiquer que sa révocation est envisagée

14
Lors de l'assemblé général par exemple, le délai de convocation doit permettre
au dirigeant de préparer ses éventuelles observations et de préparer sa
défense.
Aussi si le non-respect des droits de la défense constitue une faute susceptible
d'engager la responsabilité civile délictuelle des associés ayant révoqué le
dirigeant, ainsi on peut s'interroger sur les conséquences de la révocation d'un
dirigeant au cours d'une assemblée générale par exemple.
En effet il est possible de révoquer le dirigeant lors d'un incident de séance,
Dès lors celui-ci n'est pas en mesure de présenter sa défense ni de se préparer
pour répondre aux griefs allégués.
Dès lors il est risqué de démettre de ses fonctions un dirigeant lors d'un
assemblé ou une réunion en ce que la technique de l'incident de séance ne
respecte pas les droits de défense. Il serait possible pour le dirigeant révoqué
de demander réparation du préjudice subi du fait de non-respect de ses
droits11.

Section 2 : critique du principe de contradiction


Quels que soient ses mérites, cette orientation jurisprudentielle ne parait pas
conforme à la logique propre au régime de la libre révocabilité, qu'il s'inspire
des règles de la procédure civile ou de celles de droit de travail, le principe de la
contradiction s'accorde assez mal avec les préceptes fondamentaux du droit
des sociétés, notamment la révocation ad nutum des mandataires sociaux. En
outre l’éventuelle inobservation de ce principe traduit non pas une révocation
abusive mais une révocation irrégulière, même si cette dernière apparait
parfois comme abusive
La particularité de la révocation discrétionnaire est précisément de pouvoir
intervenir à tout moment, car bien qu'une assemblée ne puisse en principe
délibérer sur une question qui ne figure pas à l'ordre du jour, elle peut décider
d'une révocation qui n'y est pas inscrite12

11
(http://www.documentissime.fr/dossiers-droit-pratique/dossier-163-la-revocation-des-dirigeants-de-
societes/le-respect-du-principe-du-contradictoire.html
12
D.Gibirila " droit des sociétés" op-cite , p. 390-391

15
Chapitre 2 : les conséquences de la décision de révocation
La révocation d'un dirigeant est une démarche qui peut entrainer des
conséquences importantes pour la société. Tant en termes de coût financer
que de perturbation liée au déchirement entre dirigeants et associés

Section 1 : conséquences de révocation des dirigeants de la SARL et de SNC


Dans une SARL l'allocation de dommages intérêts reste la seule possibilité
offerte au gérant qui estime que son éviction a été décidée sans juste motif ,
sous réserve qu'il fasse le preuve du caractère injustifié de la sanction , mais il
ne peut en aucun cas prétendre d'annulation de la révocation , en outre le non
renouvèlement du gérant parvenu à expiration ne constitue pas une révocation
ouvrant droit à indemnité pour défaut de juste motif.
A défaut d'être évalué par les statuts le montant de l'indemnité est fixé par le
tribunal qui peut d'ailleurs modifier l'éventuelle stipulation s'il estime le
montant manifestement excessif ou dérisoire13.
La révocation de gérant associé titulaire d'un contrat de travail ne met pas fin à
celui-ci.
Pour cela doit intervenir dans les conditions du droit commun la procédure du
licenciement distincte de celle suivi pour la révocation, mais on observe
souvent une coïncidence entre le juste motif de révocation et la cause réelle et
sérieuses de licenciement. Le gérant destitué est habilité à invoquer non
seulement l'absence de juste motif, mais également l'abus de droit incarné par
les conditions brusques et vexatoires de la révocation ou le non-respect des
droits de défense. Il peut donc se placer sur ces deux terrains pour obtenir des
dommages intérêts.
La révocation produit son plein effet dès la décision des associés et non
rétroactivement
On ne saurait donc concevoir que le gérant ou tout autre dirigeant puisse être
en état de cessation de fonction préalablement à toute mesure de destitution.
Lorsque le nom du dirigeant évincé figure dans les statuts, la mention de ce
nom devient caduque au jour de la révocation14

13
D.Gibirila " droit des sociétés" op-cite , p. 322
14
D.Gibirila " droit des sociétés" op-cite , p.323

16
Egalement Pour la SNC la principale conséquence commune aux diverses
hypothèses de révocation est que si la révocation est décidé sans juste motif
elle peut donner lieu à des dommages et intérêts.
La révocation du gérant statutaire associé emporte la dissolution de la société.
Une clause statutaire peut toutefois écarter la dissolution et prévoir la
continuité de la société. De même les associés autres que le ou les gérants
révoqués peuvent décider à l'unanimité de poursuivre l'exploitation sociale.
Si la société a continué le gérant se voit accorder un droit de retrait qui lui
permet d'obtenir le remboursement de ses droits sociaux15
Section 2 : conséquences de la révocation des dirigeants de la SA
La révocation des dirigeants de la SA ne doit être faite de manière abusive,
dans le cas contraire la personne révoqué peut demander à toucher des
indemnités du fait des circonstances dans lesquelles sa révocation est
intervenue.
En pratique les tribunaux considère ainsi la révocation comme abusive dans les
cas suivants:
-lorsque la révocation a lieu dans des circonstances portant atteinte à la
réputation ou à l'honneur du dirigeant
- lorsque la révocation est décidée brutalement sans respecter le principe de la
contradiction
Les dommages intérêts sont en principe versés par la société, cependant si
dans les faits il s'avère que le préjudice subi paf le dirigeant est dû
personnellement à un ou plusieurs associés alors ces derniers sont susceptibles
de devoir l’indemniser.
Que la révocation soit abusive ou sans juste motif les dommages et intérêts à
verser doivent être calculés en fonction du préjudice subi.
Il appartient au juge de fixer le montant des indemnités, elles sont déterminée
au cas par cas en fonction du préjudice subi et ne peuvent être fixé de manière
forfaitaire

15
M.Jeantin " droit des sociétés " , Montchrestien, P. 211

17
Conclusion
La révocation du dirigeant d’une société obéit à des règles strictes qui diffèrent
en fonction de la forme juridique de la société. Cette décision n’est pas sans
risques : elle peut entraîner une indemnisation et parfois le versement de
dommages et intérêts.
Dans tous les cas la révocation ne doit pas être faite dans le but de porter
atteinte aux intérêts du dirigeant révoqué

18
Bibliographie et webographie
Ouvrages
• Michel Jeannin " droit des sociétés " édition Montchrestien
• Marie-Hélène Monsèriè-Bon et Laurent Grosclaude " droit des sociétés
et des Groupements «, lextenso éditions
• Deen Gibirila " droits des sociétés " 5ème édition ellipses
• Yves Chartier " droit des affaires 2/ sociétés commerciales " presse de
France
• F.Lemeunier " sociétés anonymes, constitution, gestion, évolution
• C.penhoat " droit des sociétés " 2ème édition
Texte de loi
Loi numéro 17-95 relative aux sociétés anonymes
Sites internet
http://www.documentissime.fr/dossiers-droit-pratique/dossier-163-la-
revocation-des-dirigeants-de-societes/le-respect-du-principe-du-
contradictoire.html
https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/revocabilite-ad-nutum.php

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