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Définition de Renaissance

Etymologie : du préfixe itératif re- et de naissance, venant du latin natus, né, issu de, qui a reçu le jour
de.

Une renaissance est une nouvelle ou une seconde naissance. Ex ; les renaissances du phénix.

En littérature, une renaissance est un renouveau, un renouvellement, une nouvelle vie, un nouvel essor.
Synonymes : réapparition, réincarnation, renouveau, résurrection.

La Renaissance

La Renaissance est une période située entre le Moyen Age et l'époque classique, de la fin du XIVe au
début du XVIIe siècle qui voit une profonde transformation et un grand renouvellement
social, culturel et artistique en Europe occidentale. Apparue dans les cités-Etats de l'Italie, elle gagne
la France, puis le reste de l'Europe.

Le terme "Renaissance" est utilisé en 1855 pour la première fois par l'historien Jules Michelet (1798-
1874) pour évoquer la "découverte du monde et de l'Homme" au XVIe siècle. Jakob Burckhardt (1818-
1897), historien suisse, élargit la notion de Renaissance en 1860 dans son ouvrage "Civilisation de l'Italie
au temps de la Renaissance" (1860), pour en faire le début de l'humanisme et de la conscience
modernes.

La Renaissance trouve son origine dans l'accroissement démographique, le développement des


techniques (l'imprimerie) et des échanges commerciaux, l'urbanisation et l'apparition
d'une bourgeoisie d'affaires. Les changements dans la société et dans l'économie ont entraîné des
mutations politiques importantes avec la fin de la féodalité au profit de la notion d'Etat et
d'institutions centralisées.

Contrairement aux savants du Moyen Age qui n'y voyaient qu'ignorance et barbarie, les penseurs de la
Renaissance, appelés humanistes, voient dans l'Antiquité une période de lumière et louent la gloire
des civilisations gréco-romaines.

La Renaissance est marquée par un essor culturel important avec l'abandon de l'esthétique byzantine et
l'instauration du modelé et du réalisme. En peinture et en sculpture, Léonard de Vinci, Raphaël, Titien, le
Tintoret, Véronèse et Michel-Ange sont souvent associés à l'apogée de l'art de la Renaissance.

En France, la Renaissance, notamment sous le règne de François Ier est la conséquence des guerres
d'Italie. En littérature, Rabelais, Marot, Ronsard, La Boétie, Montaigne et le groupe de la Pléiade
contribuèrent à asseoir le rayonnement de la langue française

La Renaissance est à la fois une période de l’histoire et un


mouvement artistique. Elle voit progressivement le jour en Italie, aux
XIVe et XVe siècles, puis dans toute l’Europe. Elle se termine vers la
fin du XVIe siècle avec le maniérisme. Cette époque marque la fin du
Moyen Âge et le début des Temps modernes.
Un retour vers l'Antiquité

Dans le courant du XV  siècle, les sociétés européennes se transforment, l'art aussi.


e

Dès le XIV  siècle, les artistes italiens vont ramener au grand jour l'héritage de
e
l'Antiquité grecque et romaine. C'est pourquoi cette période est appelée « renaissance
», mot qui vient du terme italien Rinascita, utilisé pour la première fois au XIV  siècle .
e

La production artistique du Moyen Âge était très riche, mais la Renaissance amorce un
grand changement dans la façon de représenter le monde. Ce changement débute
avec Giotto (vers 1266-1337), artiste italien. Il va beaucoup influencer les peintres du
XV  siècle. On redécouvre l’art des anciens grecs et des romains. On s’intéresse aux
e

ruines des monuments romains, on fait des fouilles et on collectionne des antiquités. La
littérature grecque et romaine était déjà étudiée dans les monastères et par l’élite
médiévale qui conservaient ses textes sous la forme de manuscrits très coûteux. Mais,
à partir du XV  siècle, la diffusion de ces connaissances, en Europe, à un plus large
e

public est possible grâce à l'invention de l' imprimerie. On relit les textes de la littérature
antique qui abordent les valeurs humaines et intellectuelles.

L'humanisme

Un courant humaniste naît. Alors que Dieu était au cœur de la pensée médiévale, la
Renaissance place l'homme au centre de ses préoccupations. On s’interroge sur le monde qui
l’entoure. Les humanistes sont des penseurs, des écrivains ou des savants. Ils apprennent les
langues pour traduire, avec exactitude, les textes anciens. Ils sont passionnés par l’antiquité et
veulent changer la place de l’homme dans la société. En Hollande, le penseur Érasme (vers
1467-1536) préconise l’éducation et la lecture des textes pour former l’esprit critique. Les
humanistes sont croyants mais dénoncent l’influence de l’Église sur la pensée et les abus de
pouvoir du Clergé. Ils pensent que l’homme est libre et responsable. Le moine allemand Luther
(1483-1546) s’oppose aux indulgences (pardons donnés aux fidèles, par l’église, contre de
l’argent). Il pense que seule la foi peut assurer le salut. Il veut réformer la religion et créer
l’Église protestante qui ne reconnaît pas l’autorité du pape.

Définition de la Renaissance
Période de renouveau artistique, littéraire et scientifique, la Renaissance débute au
XIVe siècle en Italie du Nord. Véritable révolution de la pensée et de tous les champs
artistiques, ce mouvement diffuse rapidement ses modèles dans toute l’Europe, où il
domine jusqu’à la fin du XVIe siècle. Il transforme radicalement l’art occidental, mais
plus profondément, au-delà des modes de représentation, il s’infiltre jusque dans le
rapport de l’homme à la nature, au monde, à Dieu, à l’autre.
Le mot Renaissance est employé pour la première fois au XVIe siècle par Giorgio
Vasari, père fondateur de l’histoire de l’art des Temps modernes, dans le célèbre
recueil Vies des plus célèbres peintres, sculpteurs et architectes, pour évoquer le
courant artistique apparu en Italie deux siècles plus tôt.

La Renaissance s’épanouit sur près de trois siècles, en trois périodes successives : le


Trecento (XIVe siècle), le Quattrocento (XVe siècle) et le Cinquecento (XVIe siècle).
Dans son ouvrage, Vasari parle de trois âges : celui des précurseurs, Cimabue et
Giotto, celui des initiateurs, Masaccio, Brunelleschi et Donatello, et enfin celui des
maîtres accomplis, Bramante, Vinci, Raphaël et Michel-Ange, qui selon Vasari égalent
et même dépassent ceux de l’Antiquité. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que les
historiens Michelet et Burckhardt étendent le concept de Renaissance à l’ensemble
d’une civilisation.

La Renaissance artistique succède à l’esthétique médiévale, dont il remet en cause les


codes et les canons. Cette nouvelle forme de culture se caractérise en premier lieu par
le regard porté sur l’Antiquité. Sa singularité tient à la restauration d’une grandeur
passée, à la recherche de la leçon antique. Dès le Trecento, les hommes de lettres
italiens Pétrarque et Boccace expriment une aspiration à la renovatio : cette reconquête
trouve à Florence ses premières formes artistiques (voir la partie « Au cœur de la
Renaissance : Florence »).

L’humanisme et la Renaissance
Le renouvellement de la réflexion philosophique du XVIe siècle se caractérise par
l’affirmation d’une libération de l’homme vis-à-vis de Dieu.
La création artistique ne se limite plus au seul service de la religion et au strict respect
de ses canons de représentation. Elle s’ouvre lentement à la représentation humaniste
qui donne une nouvelle place à l’individu. Les artistes ressentent, puis affirment, que
l’homme appartient à la nature, et se dresse au centre de l’univers.
Les personnages représentés ont une nouvelle présence, un poids du corps et de
l’âme. Dans la peinture, les figures ne s’étagent plus sur le fond des panneaux de bois
des retables, elles habitent l’espace qui gagne en profondeur, en perspective, tandis
que les fonds dorés hérités des icônes byzantines ou les tapis de fleurs médiévaux
cèdent doucement la place aux nouvelles lignes de fuites des jardins et des
architectures novatrices. Les signes de la sainteté (mandorles, auréoles), encore
ostentatoires dans la peinture du Trecento, s’effacent pour incarner le divin dans une
nouvelle humanité.

Au XIVe siècle, la pensée humaniste et les nouveaux modèles de représentation se


diffusent encore plus largement et plus rapidement, avec tous les autres savoirs, grâce
à l’invention de l’imprimerie par Gutenberg, à partir de 1468. Ils profitent aussi du
développement des échanges commerciaux et internationaux qui font suite à la
découverte des terres inconnues d’Amérique, le Nouveau Monde, en 1492.

Le retour vers l’Antiquité


La leçon de l’Antiquité est partout. À son exemple, le nu devient pour les artistes de la
Renaissance l’une des formes artistiques les plus accomplies. Au sein de ce grand
mouvement antiquisant, chacun travaille toutefois à l’épanouissement de sa propre
expression. Cette conscience artistique, cette recherche est elle aussi très nouvelle.
Peintres et sculpteurs retranscrivent singulièrement l’influence des classiques et tentent
d’affirmer désormais leurs visions et leurs aspirations à travers leurs œuvres.

La connaissance de l’art antique est à peine amorcée que le sculpteur toscan Donatello
a l’idée, en 1430, de représenter le futur roi David en tout jeune berger terrassant
Goliath, comme le raconte la Bible. Juvénile, le torse encore frêle, ce premier David de
la Renaissance arbore des proportions qui s’affranchissent du canon grec. Plus tard, les
nus de Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange, sculpteur, peintre et architecte toscan,
s’inscrivent plus fermement dans l’héritage grec, mais avec une maniera singulière,
unique, éloignée des stéréotypes (David de 1501), et où s’exprime une humanité, une
émotion et une tension nouvelle.

Le goût pour l’Antiquité reste omniprésent. Artistes et amateurs prennent des leçons de
beauté devant les monuments romains redécouverts, les statues gréco-romaines
collectionnées par les nouveaux mécènes, mais aussi à la source des textes latins et
grecs. Des fouilles de sites antiques sont ouvertes partout, et en particulier à Rome. Les
découvertes archéologiques du Laocoon (1506) et de L’Apollon du Belvédère marquent
l’imaginaire contemporain. Étudiés, copiés, diffusés, ces grands groupes sculptés et ces
modèles classiques inspirent toute une génération d’artistes et leurs ateliers. Mais, au-
delà des similarités formelles qu’il inspire à la Renaissance, l’art classique réconcilie
aussi le christianisme et la culture païenne. Michel-Ange place côte à côte les
prophètes de la Bible et les sibylles antiques. En 1510, Raphaël, peintre et architecte,
représente les grands penseurs de l’Antiquité sous les voûtes de la basilique Saint-
Pierre, à Rome.

De la théorie…
L’innovation la plus précoce et la plus remarquable de la Renaissance sur le plan
architectural est la coupole du Duomo, cathédrale Santa Maria del Fiore à Florence.
Cette prouesse est réalisée par Brunelleschi, « l’homme envoyé par le ciel pour rénover
l’architecture égarée depuis des siècles ».
C’est à cet architecte florentin que revient le mérite d’avoir exposé le premier les
principes de la perspective. Celle-ci définit les structures de la représentation, la
construction de l’image et les lois géométriques qui régissent la représentation des
objets à formes régulières. L’expérience de Brunelleschi propose d’identifier le point de
fuite comme projection du point de vue sur le tableau.
L’architecte Alberti est le premier à avoir ensuite théorisé ce dispositif. Le champ de
l’image, le rapport d’échelle des personnages aux lieux et l’esthétique de la sobriété
sont transformés.

Les nouvelles formes architecturales se diffusent à travers l’Europe à partir de l’Italie du


Quattrocento. Le traité de Vitruve, architecte romain du Ier siècle, imprimé en latin en
1486, est le seul traité d’architecture à avoir survécu jusqu’au XVe siècle. Il réunit un
ensemble d’expériences et de connaissances accumulées avant Vitruve par les
bâtisseurs grecs.
Dès 1450, l’une des figures les plus importantes de la Renaissance, Leon Battista
Alberti, livre un traité d’architecture, De re aedificatoria, qui influence radicalement ses
contemporains et connaît une immense fortune critique. Cet architecte génois,
théoricien de la perspective mathématique et des arts, écrivain et philosophe,
s’intéresse à tous les arts plastiques. Il consacre à la peinture un autre ouvrage
célèbre, De pictura, dans lequel il définit les nouveaux principes de cet art. Ces deux
manifestes joueront un rôle de premier plan.

Au Quattrocento, les architectes, influencés par ces traités, imitent les formes antiques
et s’en inspirent. C’est avec l’œuvre romaine de Bramante (San Pietro in Montorio,
Saint-Pierre de Rome), peintre et architecte de la cour d’Urbino, que le sens des ordres
architecturaux se développe, pour créer un véritable langage ornemental avec lequel
joue ensuite Michel-Ange.

Au cœur de la Renaissance : Florence


Capitale de la Toscane, Florence est le premier foyer de la Renaissance. Grâce au
mécénat de grandes familles de marchands et de banquiers, des Médicis
principalement, les arts connaissent un développement considérable dès le XIVe siècle
et durant tout le XVe siècle. Pour le prince érudit de la Renaissance Laurent le
Magnifique, l’art incarne un nouvel ordre et rentre au service de la politique, au-delà de
la délectation qu’il procure.

Avec Cimabue, la peinture commence à s’affranchir timidement de l’esthétique


byzantine, en deux dimensions, et de la raideur de la commande religieuse. Mais ce
sont avec les œuvres saisissantes de Giotto di Bendone (1266-1337), notamment les
fresques de la chapelle des Scrovegni à Padoue, que l’espace se creuse, presque
illusionniste et tridimensionnel, que les formes deviennent tangibles, que le profane
rencontre le sacré.

Dans la première moitié du Quattrocento, la peinture toscane est d’une grande


diversité. Chaque artiste participe à cet élan dont les innovations portent la marque
encore savante du gothique international ou d’une certaine permanence consacrée :
Gentile da Fabriano, Fra Angelico... Le peintre le plus novateur des années 1420 est
certainement Masaccio (chapelle Brancacci, Santa Maria del Carmne, Forence) : il met
ses personnages en perspective et en volume, comme ses architectures, leur confère
une monumentalité jusqu’alors oubliée. Une grande sobriété caractérise son œuvre,
ainsi qu’une nouvelle humanité, une présence réelle et intense.
L'influence de cet artiste et de cette nouvelle voie picturale est considérable sur les
peintres de sa génération (Fra Angelico, Paolo Uccello), sur la suivante (Filippo Lippi,
Domenico Veneziano, Piero della Francesca) et au-delà, notamment sur Sandro
Botticelli, puis sur les grands maîtres de la Renaissance.

La présence simultanée à Florence, à la fin du XVe siècle et au tout début du XVIe


siècle, de Léonard de Vinci, de Raphaël et de Michel Ange, oriente de façon décisive le
développement de la peinture. Outre La Vierge aux Rochers de 1483 (musée du
Louvre), Léonard de Vinci réalise une grande fresque murale, La Cène, pour le
réfectoire du couvent Santa Maria delle Grazie de Milan. À la fin du XVe siècle, il étudie
les conditions dans lesquelles la perception d’une image coïncide avec celle de l’objet
qu’elle représente, et critique les fondements optiques de la perspective. Il propose en
retour une nouvelle technique qu’il baptise le sfumato (enfumé) et qui consiste à
prendre en compte, dans l’image, les conditions de perception de l’objet. Parfois
qualifiée de perspective atmosphérique, cette technique est fondée sur la superposition
de couches très fines de peinture translucide qui donnent au sujet un contour vaporeux,
correspondant à la vision d’estompement qui se créée avec la distance.

Ensuite, c’est aussi à Florence que le maniérisme s’affirme, au début du XVIe siècle.
Mouvement artistique complexe, raffiné à l’extrême, il désigne le beau style ou en
italien la bella maniera. Il est perçu comme un idéal de beauté qui tend vers
l’exacerbation du style des grands maîtres de la Renaissance.
Le maniérisme implique une pratique intensive du dessin et un goût pour la
déformation. L’œuvre d’art compose alors un espace désuni, privilégie une certaine
acidité de la couleur et des codes iconographiques complexes. Le maniérisme
représenté par Vasari, Bronzino Andrea Del Sarto, Jules Romain, Parmesan ou Le
Corrège, affectionne particulièrement la ligne serpentine et rompt délibérément avec
l’exactitude des proportions.

Rome
Siège de la papauté, Rome devient au début du XIVe siècle, avec les pontificats
imposants des papes Jules II et Léon X, le principal centre politique et artistique de
l’Europe.

Grands mécènes, collectionneurs d’antiques, érudits, ces papes souverains font appel
aux artistes les plus novateurs, et notamment à Michel-Ange (pour la chapelle Sixtine)
et à Raphaël (les stanze ou chambres, au Vatican).
Si les artistes toscans servent de modèles, dès le XIVe siècle, chaque centre artistique
développe sa propre spécificité. De fortes différences régionales persistent aux XVe et
XVIe siècles : la peinture florentine privilégie le dessin, la peinture vénitienne donne la
primauté à la couleur et Rome prend au début du XVIe siècle, avec le mécénat
pontifical et princier, une importance croissante.

Venise
Point de rencontre entre l’Orient et l’Occident, Venise occupe au XVIe siècle un rôle
politique et culturel de premier plan.

Giovanni Bellini est le premier grand maître vénitien de la Renaissance, au XVe siècle.
Il rompt avec le gothique international, abandonne les codes de représentation et
adopte la rigueur de construction qui caractérise la Renaissance. À ses successeurs,
Bellini enseigne l'épanouissement de la forme, les ressources de la couleur,
l’expression de la nature et des sentiments. À sa suite, Tizino Vecellio, dit « le Titien »
représente l’apogée du Cinquecento vénitien. Il est célèbre dans toute l’Europe pour sa
science du portrait et sa virtuosité. Charles Quint le nomme premier peintre de la cour
des Habsbourg.

Les ciels marins changeants et la luminosité délicate de Venise influencent les œuvres
qui y sont réalisées. Les plus importantes sont celles du Titien et de Giorgione. Le XVIe
siècle fait figure d’âge d’or pour la peinture vénitienne. Sa couleur du début de la
Renaissance et sa lumière chaude (Giovanni Bellini, Giorgione, le jeune Titien) est
enrichie par les œuvres maniéristes du Titien, de Tintoret, de Véronèse et de Bassano.

La Renaissance vénitienne est également marquée par l’œuvre de Paolo Caliari, dit
Véronèse, qui s’établit à Venise en 1555.Il s’impose en rivalité avec le Tintoret comme
le grand décorateur de Venise et réalise Les Noces de Cana (1562-1563, tableau
conservé au musée du Louvre) pour le réfectoire de San Giorgio Maggiore. Cet artiste
fait une synthèse de la tradition toscano-romaine et de la tradition vénitienne. Il
recherche un coloris somptueux qui exalte la luminosité de l’image avec des ombres
colorées et des tons superposés. Véronèse se situe à la charnière entre la grande
Renaissance et le maniérisme international.

La Renaissance en Europe
Née en Italie, la Renaissance se diffuse dans le reste de l’Europe.

En France, le roi François Ier fait appel à des peintres et décorateurs italiens, Rosso et
Francesco Primaticcio dit le Primatice, un florentin et un bolognais, pour la décoration
du château de Fontainebleau. La présence de ces artistes à la cour fait de
Fontainebleau un centre de diffusion de la Renaissance artistique italienne en Europe.
Tandis que Primatice travaille à la chambre du roi et de la reine, Rosso décore la
galerie du château. Une véritable Renaissance artistique se dessine alors en France.

Toute l’Europe du Nord laisse bientôt s’éteindre les derniers feux du gothique
international pour épouser les idées et les formes de la Renaissance. Deux régions
développent une expression singulière en s’inspirant des précurseurs italiens : la
Flandre et l’Allemagne du Sud-Ouest.
L’artiste flamand Jan Van Eyck rompt de manière décisive avec le style gothique. Dans
ses tableaux, il tente de capter la lumière, l’espace et les formes du réel. Vasari lui
attribue l’invention de la peinture à l’huile, pourtant connue dès le XIVe siècle.
Ses tableaux abolissent la frontière entre l’œuvre peinte et son environnement. Van
Eyck abandonne également le portrait de profil, hérité des médailles, pour adopter la
vue de trois quarts qui accentue le volume du visage et du corps. Les peintres flamands
les plus illustres, comme Christus et Hans Memling, suivent les traces de Van Eyck tout
au long du XVe siècle et dans la première moitié du XVIe siècle.
La Renaissance s’accomplit différement dans l’œuvre d’Albrecht Dürer, célèbre peintre
et graveur de Nuremberg. Son œuvre Adam et Ève (1504, musée national du Prado,
Madrid) incarne la volonté italienne d’équilibre et une sensibilité profonde à la nature et
à l’humanité.

Cet essor artistique est contemporain d’une réforme religieuse qui entraîne une
profonde mutation dans l’art du nord de l’Europe : en 1517, Martin Luther affiche ses
thèses et entraîne un affrontement entre princes réformés et princes catholiques. La
chrétienté se scinde jusqu’au déchirement (sac de Rome en 1527). En réaction, la
contre-réforme menée depuis Rome par les papes a une influence considérable sur la
pensée religieuse, l’iconographie et tous les champs de la création artistique.

Fin de la Renaissance
De 1570 à 1610, en réaction au maniérisme et comme un signe de temps nouveaux,
l’art change de camp : simplification des compositions et des formes, retour à des
règles classiques, à une spiritualité normée issue du concile de Trente (1545-1563), à
l’origine de la contre-réforme. Ces catholiques ont pour mission de purifier l’Église, de
réaffirmer ses dogmes essentiels, et de contrôler l’art sacré, et donc toute son
iconographie et ses canons. Le concile de Trente réagit contre les raffinements
esthétiques et les sujets profanes du maniérisme. Les œuvres d’art doivent exercer une
action sur les fidèles et stimuler l’émotion, atteindre la compassion par des accents
pathétiques. Ces exigences entraînent d’abord une nostalgie toute classique, puis un
art de persuasion, plus spectaculaire, avec le style baroque, qui atteind sa pleine
maturité au XVIIe siècle.

Conclusion
Redécouverte de l’idéal humaniste, politique, philosophique et artistique de l’Antiquité,
mouvement de rupture avec le gothique, la pensée médiévale et l’assujettissement à
Dieu, la Renaissance installe de nombreux fondements de la pensée moderne et de
l’histoire de l’art.

L'artiste de la Renaissance est un artiste complet, souvent peintre et orfèvre, sculpteur


et architecte, théoricien et poète, comme l'étaient Léonard de Vinci ou Michel-Ange.
L'artiste devient un savant, qui utilise les traités, connaît les règles de la perspective et
s'attache à la connaissance du corps humain. Son statut social évolue au cours du XVe
siècle, au fur et à mesure que la dimension intellectuelle de l'œuvre créée est reconnue.

Parmi les plus grands écrivains de la Renaissance figurent François


Rabelais (mort en 1553), qui a écrit Pantagruel (1532)
et Gargantua (1534), deux chefs-d’œuvre prônant la paix et la
tolérance, qui préfigurent le roman moderne. Les Essais de Michel de
Montaigne (1533-1592), parus en 1580, traitent de nombreux sujets
en tentant de définir la nature humaine. En 1558 paraît le plus célèbre
recueil de poèmes de Joachim du Bellay (1522-1560), Les Regrets,
qui inclut le célèbre poème Heureux qui comme Ulysse. Ami de du
Bellay, Pierre de Ronsard a laissé de nombreux poèmes. En 1550
paraissent Les Odes, qui lui valent le surnom de « Prince des poètes
».
La Renaissance est un vaste mouvement culturel, un essor intellectuel provoqué par le retour aux idées
et à l’art antiques gréco-latins, que l’on discerne déjà en Italie au XIV e siècle. En fait, on abandonne
explicitement les valeurs médiévales, liées à la féodalité, et on tente de faire renaître les valeurs de
l’Antiquité dans la civilisation européenne. Les hommes de la Renaissance ont une ferme volonté de
faire revivre la culture antique sous tous ses aspects – avant tout par l’art, puisque l’aspect artistique est
perçu comme un moteur de progrès pour l’humanité –, ce qui se traduit surtout par un retour aux
canons artistiques et aux thèmes gréco-latins. L’homme a une conscience aiguë et nouvelle du rapport
que l’art entretient avec son époque et celles qui l’ont précédée, c’est pourquoi la production artistique
est au centre de cette « résurrection ».

Les hommes de la Renaissance, pour la première fois de l’histoire, ont parfaitement


conscience d’appartenir à une époque historique particulière, en rupture avec le Moyen Âge,
mais héritière directe de l’Antiquité. De cette prise de conscience naît un enthousiasme nouveau
pour la redécouverte des anciens savoirs et leur confrontation avec les récentes découvertes
scientifiques. En fait, depuis des siècles, l’Église est le maître à penser de l’Europe, et elle a
adopté les conceptions scientifiques d’Aristote. La Renaissance, glorification de l’Antiquité,
trouve tout ce dont elle a besoin comme explications scientifiques dans la traduction d’Aristote
(de la botanique à la géologie en passant par la géographie). C’est un peu contre Aristote que se
développera la pensée moderne. Le Polonais Copernic (1473-1543) est le premier à remettre en
cause le système géocentrique d’Aristote en proposant un système où les planètes gravitent
autour du soleil, sur des orbites circulaires. Il jettera ainsi les bases pour l’Italien Galilée (1564-
1642).
Mais ces nouvelles idées suscitent une résistance passionnée – dont le procès de Galilée est
sans doute l’épisode le plus célèbre. En effet, l’Église sent son autorité, sa puissance menacée
par ces remises en cause de sa Vérité.
L’esprit de l’homme de la Renaissance est caractérisé par un fort désir d’intériorité. En effet, fort de sa
« nouvelle vie » qui ne tourne plus autour de ses relations avec son seigneur, l’homme se découvre
comme une personne. Plus encore, il se découvre comme une personne digne d’intérêt : ce n’est plus
Dieu, mais l’homme qui est au centre des réflexions des savants. Et cet homme a un nouveau rapport au
monde : il a un nouvel appétit de vivre, il refuse une vie abstraite et théorique et souhaite expérimenter.
Ce n’est probablement pas étranger à ce fait si la Renaissance est le début de l’ère des grandes
découvertes, si on y invente l’imprimerie (Gutenberg est le premier à penser à mécaniser l’impression),
entre autres.

L’inventeur du genre est Michel de Montaigne (1533-1592). Si, aujourd’hui, essayer signifie


tenter, expérimenter, risquer – et se tromper, parfois –, ce mot avait pour Montaigne le sens
d’une démarche intellectuelle procédant d’une libre analyse de tout sujet susceptible de retenir
l’attention.
Ce n’est pas pour rien que l’essai est un genre qui fait son apparition à la Renaissance, puisque
c’est seulement à ce moment que la pensée se sent libérée des dogmes, des préconçus. Comme
l’humain devient un nouveau centre d’intérêt, l’expérience personnelle, prend de plus en plus
d’importance, et, pour Montaigne, c’est un lieu où ressourcer sa pensée. C’est ainsi que, quel que
soit le sujet qu’il aborde, Montaigne en fait une réflexion qui part de l’expérience vécue : il se
penche sur la mort à partir d’un accident de cheval qu’il a eu, de l’amitié à partir du chagrin que
lui a causé le décès de son ami Étienne de la Boétie, de l’éducation en se remémorant celle qu’il
a reçue. Mais il ne raconte pas sa vie. Montaigne dépasse la biographie pour rejoindre
l’universel. « D’autres forment l’homme, moi, je le raconte », disait-il.
Ainsi, l’essai appartient à la littérature d’idées ou de réflexion : c’est une nouvelle subjectivité,
une relation personnelle entre le moi et le monde. En fait, l’essai, c’est :

 écrire au « je »
 réfléchir sur soi et sur le monde qui nous entoure
 soigner la forme de son écriture jusqu’à la rendre lyrique.

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