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Chapitre 2  : Le Sénégal : quel avenir pour le

tourisme
A l’heure où nous somme le monde est confronté à de nombreux phénomènes notamment
environnementaux. En effet, nous constatons une détérioration continue de notre
environnement ce qui influe de plus en plus sur notre milieu social mais aussi sur notre façon
de vivre. Dans cette logique le développement durable s’impose comme une solution
éventuelle de ces problèmes. Ainsi avec la croissance des flux touristiques, selon l’OMT le
nombre de touriste a augmenté de 4,4% en 2015, environ 1,2 milliards de personnes, il est
indispensable de penser que le tourisme tel qu’il est pratiqué actuel à des conséquences
considérable sur l’environnement mais aussi sur le comportement de la société. L’Organisation
Mondiale du Tourisme souligne que l’avenir du tourisme serait le tourisme durable et ceux qui
devraient en bénéficier le plus seraient les pays en développement. Conscient de cela une
stratégie dynamique de développement pourrait permettre au secteur touristique sénégalais
de relever de défis considérables en le positionnant comme la locomotive économique du pays.

Toutefois il est important de préciser l’aspect concurrentiel de notre environnement tel que la
sous-région avec l’émergence de nouvelles destinations touristiques comme la Mauritanie, le
cap vert …les efforts d’investissements et de promotions que l’Etat devrait mettre à la
disposition, leur pérennisation devrait passer par une grande prise en considération de la
durabilité dans l’ensemble des prestations et services offertes à la clientèle potentielle.

Cette durabilité est un enjeu énorme, qui devrait être le centre de la différenciation et de
positionnement de la destination touristique sénégalaise et devrait se voir renforcer avec une
implantation d’une nouvelle stratégie de développement durable pour les années à venir.

La mise en œuvre d’une démarche intégrée plaçant la durabilité au cœur de la stratégie de


développement touristique doit être l’adoption d’un modèle spécifique du tourisme durable,
de plus cela pourrait être une opportunité stratégique pour se différencier de nos concurrents
de la sous-région et même plus large en Afrique, pour se faire il faudrait parvenir à un bon
équilibre des fondements du tourisme durable qui sont impératifs :

 La préservation des ressources naturelles


 L’exploitation de façon optimum des ressources de l’environnement
 Le respect de l’authenticité socio-culturelle du pays visité
 Et enfin le développement socio-économique et le bien être des communautés
d’accueils.
Section 1  : Etude Générale du tourisme actuel au Sénégal
Le tourisme au Sénégal est l’un des secteurs les importants, la deuxième source de devises et
s’est imposé comme le véritable moteur de l’économie, après la pêche. Au lendemain des
indépendances le tourisme se lance dans une perspective de développement se basant
essentiellement sur le balnéaire. Le tourisme se voit comme un facteur de développement, qui
ne cesse de croître. L’accroissement massif de touristes, tout type inclus, s’est quasiment
multiplier par quatre entre les années 60 et 2000. Cette période se fait surtout marquer par les
transactions touristiques qui ont atteint environ 10% de la valeur globale du commerce
extérieur du pays. Malheureusement, ces dernières années, la destination Sénégal est
fortement concurrencée et son image n’est pas belle, stigmatisée par la mauvaise réputation de
ses stations balnéaire notamment Sally Portudal. Pour faire face à une telle situation qui
devient de plus que difficile, les autorités sénégalaises tentent éperdument, depuis bientôt une
dizaine d’année de trouver des éléments de réponse à la lancinante problématique du tourisme
de masse par la mise en œuvre d’une politique permettent la diversification de l’offre
touristique sénégalaise en pensant aux nouvelles formes alternatives, notamment le tourisme
durable.

Il est important de savoir qu’aussitôt après la Seconde Guerre mondiale plusieurs pays se sont
pencher sur le tourisme pour refaire leurs économies mais aussi développer une industrie
touristique forte centrée et dominée principalement par le tourisme balnéaire. Ainsi depuis
quelque année, conscient d’une dégradation continue de l’environnement une culture visant à
protéger l’environnement voit jour, ce qui est d’une importante répercussion sur ce forme de
tourisme qu’est le balnéaire, causant même une perte considérable et une forte décroissance
dans certaines destinations touristiques spécialisées sur ce forme de tourisme. Cependant Il est
nécessaire de souligner le cas du Sénégal même si son tourisme repose sur de nombreux
atouts, il semble être très loin derrière de nombreux pays touristiques comme le Maroc.

Ainsi pour redresser le tourisme sénégalais il est important de penser à une offre très riche et
diversifiée se basant sur les divers attraits naturels, géographiques, climatiques et humains, de
plus nous pouvons citer un ensoleillement continuel de 365 jours, ainsi qu’une multitude de
parcs nationaux et de réserves, une culture riche et variée, grâce à une diversité ethnique et
linguistique, et la « TERANGA» qui symbolise l’hospitalité légendaire nationale.

Pour matérialiser tout cela lors de sa visite économique dans la région sud du Sénégal, un des
pôles touristiques majeurs du pays, le Président de la République, en réponse aux cris de
détresse des acteurs du tourisme avait envisagé des mesures tendant à supprimer certaines
taxes relatives à l'exercice de l'activité touristique. 
Dans son adresse à la Nation le 3 avril 2015, le Président avait annoncé, à cet effet, la
suppression du visa d'entrée, la baisse de 50% de la parafiscalité sur le billet d’avion ainsi que la
suppression du droit de timbres, la possibilité, en relation avec les compagnies aériennes, de
réduire la surcharge carburant et la mise en place d'un fonds de crédit de 5 milliards de FCFA
pour accompagner le secteur hôtelier, entre autres. 

Dans une perspective de développer le tourisme, le pays est divisé en 6 zones de


développement touristique qui accordent la priorité à quatre pôles littoraux, à savoir Dakar,
Saint-Louis, Thiès et la Basse-Casamance.

1.1  : Les 6 grands pôles stratégiques


Le Sénégal s’est engagé dans sa nouvelle politique de développement du secteur touristique de
disposer, d’ici à 2023 d’une capacité d’hébergement suffisante et en répondant aux standards
et normes internationales selon les dires de l’ancien premier ministre Aminata Touré.il faut
savoir que cela n’est pas du tout facile Pour se faire, il est important de rendre le segment
hôtelier sain en régularisant de nouveaux lits d’ici la fin 2017. Et en 2018, il compte à exploiter à
nouveau 10 000 réceptifs touristiques “issus des programmes d’aménagement touristique des
sites de Pointe Sarène, de Mbodiène, Joal Finio et Saint-Louis” selon Mme Aminata Touré.

Le Sénégal offre divers types de tourisme : d’affaires, culturel, balnéaire, religieux, de


découverte, l’écotourisme... Mais il faut mettre plutôt l’accent sur l’écotourisme qui est une
branche du tourisme responsable et durable.

Ainsi dans une perspective de développement du tourisme, le territoire est en effet, subdivisé
en six grands pôles : Dakar, Nord, Sine- Saloum, la petite cote /Diourbel, Sénégal oriental et le
pôle de la Casamance.

 Le nord
Au Nord du Sénégal, là où mer et fleuve s’unissent dans un panorama de paysages fabuleux,
vous découvrirez un territoire au passé prestigieux, héritage de la colonisation française, dont la
richesse culturelle et naturelle est prodigieuse.
 Sénégal oriental
C’est la région la plus vaste et la plus enclavée du pays avec des paysages pittoresques et
somptueux, entre savane, collines, chutes, etc. Terre des royaumes mandingues dans le passé,
le Sénégal oriental est un carrefour de civilisations. Un véritable échantillon de l’Afrique dans
son état le plus authentique et fascinant, avec une grande concentration de faune sauvage, des
cultures locales ancrées dans la tradition. C’est une destination idéale pour les passionnés du
safari, de l’observation d’animaux ou d’oiseaux, du tourisme cynégétique.
 Casamance
Un voyage en Casamance vous emmène à la découverte d’une région envoûtante. Majestueuse
de par ses forêts d’arbres géants. Mystérieuse de par ses rites et traditions animistes.
Débarquez au Port de Ziguinchor et à pied, en VTT, en kayak ou pirogue, baladez-vous dans les
villages nichés au fond des rizières et des vergers, ou blottis sur les plages de sable blanc de
l’Atlantique. Et pour les amoureux d’un tourisme durable et solidaire, cette destination est une
occasion de passer des vacances de rencontres et de partages

 sine Saloum
Bienvenue en pays sérère ; là où l’Afrique se déploie dans ce qu’elle a de plus fabuleux et de
plus irréel. Un territoire entre terre et mer où le calme et la sérénité règnent en maîtres. Un
écrin de nature, royaume des oiseaux et des poissons où vit une population accueillante aux
traditions ancestrales.
 Dakar
Symphonie du passé et du présent, la Presqu’île du cap vert est nichée sur une bande de terre
qui s’ouvre sur l’Océan Atlantique. Elle abrite la capitale Dakar et forme, dans son ensemble, un
kaléidoscope de paysages panoramiques, sites historiques, attractions culturelles et curiosités.

 petite cote
De grands baobabs dessinent un chemin fabuleux vers ce territoire unique qui vous offre, en un
seul lieu, du soleil à volonté, des plages de sable fin et des excursions dans la vie sauvage et
traditionnelle du Sénégal.
2.1 Les problèmes du tourisme au Sénégal
Le tourisme secteur stratégique de l’économie sénégalaise, est à la traine depuis quelques
années. Même si le secteur pèse 7% du PIB, il confronte de nombreux problèmes. Ainsi quel
serait l’impact du tourisme tel qu’il est pratiqué actuellement au Sénégal ?

 Un tourisme mal organisé, un Impact sur l’environnement et sur


la société
Avec une demande touristique importante à satisfaire, le Sénégal puise essentiellement dans
ses ressources frontières mais aussi marines. Cela génère d’énormes revenues mais aussi
favorise une surexploitation des ressources naturelles.

L’artisanat sénégalais compose principalement d’objet d’art en bois en raison de la demande


croissante des voyagistes, il est nécessaire pour la fabrication d’un « djembé » par exemple
coupé un arbre et cela favorise une déforestation constante.
De plus le bois et le charbon de bois représentent 84% de la consommation d’énergie des
ménages qui n’ont pas accès à l’électricité ce qui impacte sur le couvert végétal qui a diminué
de 42% depuis 1960 selon l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture.
La perte de la biodiversité, de la désertification, de la sècheresse en ont quelques impacts
néfastes sur l’environnement.

En parallèle des problèmes environnementaux, la baisse de la qualité des services et du


vieillissement des parcs, l’absence d’un mécanisme adapté au financement du tourisme, le
manque de la diversification des produits et des marchés à cause du déficit organisationnel et
de l’absence d’une véritable politique de promotion touristique et une faible compétitive de la
« destination Sénégal » selon le Forum Economique Mondiale (WEF) le Sénégal est classé 104e
sur 139 montrent les difficultés de l’émergence du secteur.

De plus le déficit d’infrastructures routières, sanitaires et aéroportuaires et la faible implication


des nationaux dans le développement du tourisme ne nous laissent pas indiffèrent.

Il est bien connu que les voyagistes qui commercialisent le Sénégal proposent des voyages à
forfait s’appuyant sur leurs hôtels, favorisant la multiplication des grands hôtels haut ou moyen
de gamme, les fameuses usines à vacances ,Les hôtels de bord de mer forment des plates-
formes en contrebas qui ne sont accessibles qu’à leurs clients. La construction massive d’unités
hôtelières le long du rivage exclut la population autochtone à l’accès à la mer et à la plage qui
deviennent des « propriétés privées ». Ce sont là autant de facteurs qui nécessitent de
reconsidérer les logiques touristiques et les stratégies de développement de ce secteur
d’activité au Sénégal. En effet, l’incursion de l’activité touristique sur le littoral sénégalais
rappelle trois attitudes complémentaires qui se traduisent en termes d’anarchie dans laquelle
elle s’est développée, de son coût économique du fait de sa concentration dans l’espace et
l’inflation qui s’en suit, et de son coût social par les atteintes culturelles et paysagères et la
privatisation de l’espace public qu’elle entraîne.

Le bilan du tourisme de masse au Sénégal est plus que mitigé. Il a des coûts socioculturels non
négligeables sur les sociétés d’accueil. Il est considéré comme une source de pédophilie, de
proxénétisme, de prostitution, de toutes les tares et déviances. Ce modèle touristique
longtemps construit sur les trois « S » (sun, sand, sea) est en passe de faire croire que le
Sénégal, plus particulièrement les stations littorales, sont des destinations du tourisme sexuel.
En effet, l’écart se creuse entre ce que les touristes sont supposés venir chercher au Sénégal.

En effet, les retombées économiques du tourisme balnéaire profitent peu aux populations
locales. Il est d’ailleurs en train de vivre la plus grave crise de son histoire en raison des
mécanismes de domination économique et de dépendance sur lesquels l’activité s’est
développée. Tous les investissements proviennent de l’extérieur. Les clientèles sont également
en majorité envoyées par les voyagistes français, italiens ou espagnols qui ont mis en place un
circuit économique fermé qu’ils contrôlent du début à la fin. Pour mieux les contenir dans leur
bulle, les voyagistes préparent les touristes à éviter les éventuels contacts avec le milieu
extérieur au site d’hébergement et de villégiature. À l’intérieur des hôtels de type
« tout inclus », les loisirs sont organisés de manière à ce que les touristes ne ressentent
nullement la nécessité de sortir de leur « paradis ».

Une grosse partie des bénéfices générés par l’activité appartient à ces multinationales
étrangères qui contrôlent la quasi-totalité des structures hôtelières littorales où sont favorisés
en vase clos des modes de vie des Français, Italiens ou Espagnols fondés sur leur propre
système de références et sur leur interprétation du désir des touristes. Dans l’ensemble, le
contrôle de l’activité touristique échappe aux pouvoirs publics locaux dont le rôle ne se limite
qu’à la perception de taxes et d’impôts.

Aujourd’hui, la situation globale du tourisme balnéaire est devenue alarmante. Les flux
touristiques ne cessent de dégringoler, voire de stagner. Le tourisme sénégalais, notamment le
balnéaire, est confronté à d’énormes difficultés, au point que les acteurs sont unanimes à
penser que c’est tout « le secteur qui est malade »). Depuis quelques années, l’État et les
professionnels cherchent éperdument à soigner l’image du pays à l’extérieur, mais également à
mettre en place une politique cohérente, dynamique, pour relever le secteur de sa léthargie
totale. Des plans et programmes semblent être pilotés à vue sans planification stratégique
réelle de l’activité.

Les modalités de développement actuel de l’activité posent de profonds déséquilibres socio-


économiques. En analysant la valeur et la richesse des potentialités touristiques et en les
comparant avec les recettes générées par le tourisme balnéaire, on est frappé par le niveau de
pauvreté des populations locales, tant en milieu urbain qu’en milieu rural. Dans les zones à
vocation touristique, elles ne comprennent pas encore ce qu’est le tourisme.

En effet, les industries nationales sont exclues de la compétition au profit de grandes firmes
internationales.

Les besoins des établissements touristiques ont été si massifs que s’est développée une forte
immigration de travailleurs. Pourtant, tourisme et agriculture peuvent trouver une parfaite
symbiose en ce sens que les métiers du tourisme et les travaux agricoles se succèdent dans le
calendrier annuel (haute saison d’octobre à avril et basse saison de mai à novembre, ce qui
correspond à la saison agricole). Toutefois, invité pour servir de panacée à la création
d’emplois, le tourisme littoral n’est plus en mesure de répondre véritablement aux attentes des
populations.
Les pertes d’emplois touristiques se chiffrent entre 2001 et 2007 à plus de 40 %. En plus, la
ségrégation sur le plan de l’emploi s’accentue entre expatriés et résidents locaux. Ces derniers,
souvent employés par les hôtels comme des « éternels » saisonniers, sont réduits à n’obtenir
que les emplois subalternes moins qualifiés et moins rémunérés. Les emplois qualifiés sont
tenus par un personnel étranger, français notamment, car ils exigent un niveau de formation
plus élevé que celui de la population locale

En effet, le développement du tourisme a très peu d’impact sur l’amélioration des conditions de
vie des Sénégalais. Ses effets sur l’économie nationale restent donc faibles et ses performances
sont très en deçà des potentialités du marché mondial du fait d’énormes difficultés et de
contraintes à la fois structurelles, institutionnelles et conjoncturelles. Les indicateurs de
performance sont également loin d’être satisfaisants avec, par exemple, des taux d’occupation
de lits de 35 % en 2010 et une durée de séjour qui tourne autour de 3 à 4 jours.

Le tourisme de masse a profondément contribué au bouleversement de la société sénégalaise,


et littorale en particulier. Son développement a provoqué une mise en tourisme des cultures
locales qui participe à leur « folklorisation » Il a éliminé les vieilles habitudes traditionnelles en
modernisant l’habitat et en facilitant la pénétration des modes de vie des sociétés occidentales.
Les contacts entre touristes et habitants locaux étaient jadis très faciles, car ils étaient attachés
aux vieilles valeurs d’hospitalité. Cependant, aujourd’hui, avec la prolifération effrénée des
installations hôtelières et d’autres infrastructures touristiques au seul bénéfice des touristes,
des manifestations d’hostilité se multiplient de la part de divers groupes de pression comme
des associations de jeunes et de femmes protestant contre la mainmise d’étrangers sur leur
terre. En même temps, il n’est pas rare de voir certaines personnes s’insurger contre des
touristes pour la simple visite d’un lieu public ou la participation à une fête locale.

Par ailleurs, la hausse du niveau de vie dans les zones touristiques littorales, avec les progrès de
l’aisance et du bien-être induit par l’importance de l’argent, incite à la remise en cause du
système de valeurs traditionnelles. La richesse était jadis fondée sur la terre et sur sa valeur
agricole .Aujourd’hui, la valeur touristique des zones littorales procurent des gains énormes à
ceux qui se lancent dans la spéculation foncière et immobilière.

Le tourisme a aussi contribué à transformer le caractère des régions littorales et à détruire le


patrimoine culturel et environnemental. Il participe activement à l’urbanisation littorale. En
effet, selon la Banque Mondiale dans un document publier en 2014,il est noté que les
problèmes du tourisme sénégalais en partie artificielle (impôts élevés, manque
d’investissement ,publics mauvaise gestion…) Mais il est noté aussi que la disparition des plages
demeure le problème le plus sérieux, toujours , selon l’étude le problème ne date pas
d’aujourd’hui c’est depuis les années 80 ,malheureusement, il n’était pas pris au sérieux. il est
noté que les causes principalement de ces phénomènes seraient l’emprise humaine sur le
littoral et l’élévation du niveau de la mer entrainant l’érosion côtière. Aujourd’hui une zone sur
quatre est à haut risque d’érosion côtière, risque qui parait s’élever à 75% d’ici 2080 si rien
n’est fait.

Inquiets du recul de l’activité touristique, les hôteliers accusent l’État d’être le seul responsable
de cette situation en autorisant les résidences para-hôtelières sur le littoral. Les autorités
s’activent à chercher des voies de solution, notamment par la diversification du produit. À ce
propos, diverses actions de promotion sont menées à l’étranger. Cependant, ces mesures
seront-elles suffisantes alors que le pays doit faire face à une concurrence vive ? L’atteinte de
l’objectif de 3 000 000 touristes passe nécessairement par une meilleure planification et une
intégration du secteur dans une dynamique de développement durable.

Le tourisme est généralement considéré comme une activité de sociabilité et de rencontre qui
ne saurait se développer sans les populations d’accueil. En effet, il est généralement admis que
lorsque les populations locales sont responsabilisées, elles s’investissent mieux dans les projets
de développement qui touchent directement leur vécu.

Toutefois, le constat fait jusqu’ici révèle que les possibilités actuelles d’implication des
communautés locales dans le processus de développement touristique sont limitées. Ces sites
balnéaires à travers les structures internationales s’inscrivent dans une logique internationale
où les perspectives de participation des populations sont réduites. C’est dans ce contexte que
s’impose la réflexion sur la recherche de nouvelles alternatives mieux ancrées dans les
territoires et les sociétés d’accueil pour un véritable projet de développement touristique
durable.

3.1 : Les potentialités du Sénégal


 La capacité de recevoir du Sénégal
Le Sénégal compte 744 réceptifs, 34 062 lits, 345 licences d’agences de voyages et 531 guides
touristiques dont 21 titulaires. Des offres que notre pays veut améliorer à l’horizon 2018 avec
15 000 nouveaux lits et 10 000 réceptifs.

“Le Sénégal doit encore augmenter ses capacités d’hébergement et améliorer l’accessibilité aux
sites d’hébergement touristique par des voies aériennes ou par la construction de pistes”. C’est
l’appel du Premier ministre lancé au cours du conseil interministériel sur le tourisme. L'objectif
annoncé est d'aligner les capacités sur les normes internationales pour faire face à la
concurrence. 
D’après l’étude d’élaboration du plan stratégique de développement touristique, le Sénégal
“comptabilise un total de 744 réceptifs en 2013”. Parmi ces réceptifs, les hôtels représentent
33,60% du parc, les auberges 31,04%, les campements 24,43% et les résidences 10,93%. Le
nombre de lits est estimé au total à 34 062. Un nombre, précise le document, qui ne prend pas
en compte les nombreux établissements touristiques non autorisés. Les régions de Thiès et de
Dakar se taillent la part du lion avec 22 540 lits à elles deux.

Par ailleurs, souligne la note, le Sénégal a, au total, 345 licences d’agences de voyages et de
tourisme dont 256 sont dans la région de Dakar et 60 dans la région de Thiès. En Casamance,
avec l’effet du conflit vieux de plus de 3 décennies, le document fait état de la fermeture de six
réceptifs touristiques dans la région de Ziguinchor ainsi que le manque d’hôtels à Sédhiou. En
ce qui concerne les restaurants touristiques, la région de Dakar arrive en tête avec 231 unités,
suivie de la région de Thiès. A cet effet, le cabinet Isdl/Attract signale l’absence de restaurants
touristiques dans des régions comme Fatick et Sediou.

 Les différents sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO   


 Les cercles mégalithiques de Kaolack

A Nioro du Rip, dans la région du Centre, sont érigés plus de 1000 cercles concentriques  avec
plus de 30 000 pierres. Il s’agit des vestiges funéraires d’une civilisation qui eut cours de l’an
200 avant J.C jusqu’au XVIème siècle.   

 Le Parc National du Delta du Saloum

Classé réserve mondiale de la Biosphère, le Delta du Saloum est une invitation à la


contemplation, à la sérénité et à la douceur. Les pirogues qui sillonnent le dédale de bolongs
(bras de mer étroits) mènent à la découverte de la multitude d’îles, de milliers d’oiseaux
(pélicans, flamants roses, …)et des mammifères (hyènes, chacals, phacochères, dauphins).   

 L’île de Gorée à Dakar

Trait d’union entre le passé et le présent, Gorée exerce une fascination extraordinaire sur ses
visiteurs, célèbres ou anonymes, qui, en déambulant dans les ruelles de l’île, marchent sur les
empreintes laissées par les fantômes du passé. Un lieu unique chargé d’émotion où les maisons
en vieux rose laissent deviner, à travers leurs volets, l’histoire de l’esclavage.   

 L’Île de Saint Louis

Ile située dans le delta du Fleuve Sénégal reliée à la terre par le mythique Pont Faidherbe, Saint
Louis, ou « Venise de l’Afrique », fut l’ancienne capitale de l’Afrique Occidentale Française. Son
passé colonial s’admire à travers ses maisons colorées aux balcons en fer foré. A pied ou en
calèche, des excursions dans la ville dévoilent toute l’élégance de la société et la richesse de son
patrimoine culturel.   

 Le Parc National des Oiseaux de Djoudj

Situé à 70km de Saint Louis, le parc est la troisième réserve ornithologique au monde.  Il
s’étend sur 16 000 hectares et compte près de trois millions d’oiseaux migrateurs  dont environ
400 espèces ont été répertoriées (flamant rose, pélican blanc, aigrettes, héron cendré, grands
cormorans, …)   

 Le Pays Bassari

Aux pieds du Fauta Jalon, un territoire sauvage et montagneux abrite le peuple Bassari. Une
communauté atypique dont la découverte de la culture est un voyage au cœur des rites
africains originels. L’osmose avec la nature se traduit dans les rites, les cérémonies d’initiation,
l’architecture des habitations.   

 Le Parc National de Niokolo Koba

Sur une superficie de 950 000 hectares vivent près de 350 espèces d’oiseaux et 80 espèces de
mammifères, dont des lions, des léopards et des éléphants. On y trouve également des buffles,
des hippopotames, des singes, des antilopes, et des crocodiles dans les cours d’eau

 La gastronomie
Si la cuisine du Sénégal est l’une des plus réputés du continent africain, c’est une grande partie
pour ses multiples influences et les nombreuses cultures dont elle est issue. On retrouve dans
nos assiettes :

Tiebou dienne
Le  soupou kandja

Il est une sauce à base de gombos et d'huile de palme, accompagnée de riz blanc.
Le bissap

 Il est un jus de couleur pourpre obtenu à partir des fleurs d’hibiscus (Hibiscus sabdariffa),
additionné d'eau, de sucre, parfois de ...

Le thiakri

C’est une préparation à base de fins granulés de mil ou de blé cuits à la vapeur mélangés à du
lait caillé.  Il se déguste frais. 
Le Café Touba

C’est du café aromatisé aux clous de girofle. Typique de la ville sainte de Touba, le café Touba a été
introduit par le fondateur du mouridisme Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké.
Section 2  : le tourisme dans l’économie sénégalaise
Le Sénégal possède la quatrième économie de la sous-région ouest africaine après le Nigéria,
la Côte d'Ivoire et le Ghana. Le Sénégal est la deuxième économie en Afrique de l’Ouest
francophone derrière la Côte d’Ivoire. Son économie est très tournée vers l'Europe et l'Inde. Ses
principaux partenaires économiques sont la France, l'Inde, l'Italie, la Chine et les États-Unis. . .
Comparé aux autres pays du continent africain, le Sénégal est très pauvre en ressources
naturelles. Ses principales recettes proviennent de la pêche du tourisme et de l'aquaculture
mais compte tenu de sa situation géographique et de sa stabilité politique, le Sénégal un atout
considérable sur ces concurrents.
Aujourd’hui « Un touriste rapporte en moyenne 450 dollars par séjour au Sénégal", ce qui fait
que le secteur du tourisme "représente actuellement un chiffre d’affaires évalué à 300 milliards
de francs CFA », selon l’Organisation Mondiale du Tourisme.
Sur la période 2013-2014, le Sénégal avait bénéficié d’un taux d’occupation hôtelière de 35% en
moyenne, sur l’ensemble du pays, avec une durée moyenne de séjour hôtelier de 3,5 jours
contre 20% dans les autres pays, selon toujours les données de l’Organisation mondiale du
tourisme (OMT).
Ce qui est important aussi a souligné c’est que seul Dakar concentre 51% de la capacité
d’hébergement contre 20% pour la Petite-Côte et le Sine Saloum, 14% pour la Casamance et
15% pour les autres zones du pays, La force touristique de Dakar se situe dans le fait que la
capitale sénégalaise "est à la croisée du tourisme d’affaires et celui de loisirs avec notamment
plusieurs rencontres et colloques régionaux et internationaux et aussi ses plages et lieux
historiques”, selon le rapport .
Il faut mettre toutefois en exergue "certains défis et challenges à relever pour que le tourisme
puisse tenir sa promesse", à savoir offrir "plus de 50 milles emplois dans l’année en
cours",2015.
1.2 : Le tourisme moyen pour un développement économique ?
Le tourisme est aujourd’hui à la base de la croissance économique de la Petite-Côte et de la
Basse-Casamance. En l’espace d’un quart de siècle, il a su s’imposer comme la deuxième source
de revenus du pays après la pêche. Les flux touristiques, essentiellement balnéaires,
représentent près de 54 % des arrivées touristiques au Sénégal et assurent l’essentiel des
retombées économiques du tourisme. Selon les estimations du ministère de l’Économie et des
Finances en 2003, le produit intérieur brut (PIB) du pays a progressé en moyenne de plus de
5 % par an depuis 1995. Cette performance est imputable à l’amélioration du cadre macro-
économique et règlementaire, et surtout à la stratégie de développement du secteur privé.

L’intérêt du tourisme sur l’économie sénégalaise, dans le contexte actuel, est particulièrement
apprécié. Il génère une manne financière importante à l’économie par les consommations, les
subventions et les investissements extérieurs. La part du tourisme dans le PIB est de l’ordre de
2,5 %. Ainsi, avec plus de 101,4 milliards de francs CFA en 1999 à environ 234 milliards en 2004
(OMT, 2003) actuellement on parle de 300 milliards de francs CFA selon les études de l’OMT, le
secteur du tourisme (balnéaire) demeure le second pourvoyeur de recettes en devises après la
pêche. En outre, les recettes fiscales provenant du tourisme littoral représentent près de 75 %
des recettes globales générées par le secteur. En effet, sur les 25 000 emplois directs et
75 000 emplois indirects créés par l’activité touristique, les trois quarts seraient localisés en
milieu littoral (OMT, 2003). Le tourisme apparaît alors comme un instrument de lutte efficace
contre la pauvreté et pour la promotion des femmes qui occupent en grand nombre des
positions subalternes dans les hôtels et autres infrastructures touristiques.

2.2 : La cible sénégalaise


Le gouvernement veut faire du Sénégal un pays touristique. Malgré le potentiel touristique que
notre pays dispose, il reste la 35ème destination privilégiée des Français, la 48ème pour les
Belges.... et la 111ème pour les Allemands. Une situation que le Sénégal veut renverser avec un
objectif de 3 millions de touristes à l’horizon 2022.

Le Sénégal veut faire du tourisme un levier important pour son développement économique et
social. Un secteur dans lequel il dispose d'un potentiel unanimement reconnu, qui en fait une
destination privilégiée pour les touristes européens. Aujourd'hui, le premier marché émetteur
de touristes au Sénégal reste la France. L’ancienne puissance colonisatrice génère en effet près
de 43% des arrivées. Elle est suivie par la Belgique (3,3%), l’Espagne (3%), l’Italie (2,3%).

D’après le rapport du cabinet Isdl/Attract, le “Sénégal est en volume la 35e destination


privilégiée des Français, c'est-à-dire seulement 0,5% des départs internationaux depuis le
territoire français, la 22e pour les Luxembourgeois, la 48e pour les Belges, la 59e pour les
Espagnols, la 72e pour les Italiens et la 111e pour les Allemands”.

Cette tendance, les autorités veulent la renverser et se fixent pour l’horizon 2022 un objectif de
3 millions de touristes. Un objectif qui pourrait être atteint grâce au nouveau plan stratégique
de développement durable du tourisme. Car, il ressort du diagnostic de l’étude d’élaboration de
ce plan que le secteur a du mal à décoller à cause d'une certaine politique touristique.

Celle-ci est caractérisée par “un manque de mobilisation des ressources financières”, par une
“faible emprise du ministère du Tourisme de mettre à disposition des ressources financières”.
Cette situation n’a pu être relevée par la lettre de politique sectorielle de développement du
tourisme (2005-2015) qui avait un objectif de 1,5 million de touristes en 2010. Ce qui est loin
d’être atteint, car en 2012, le Sénégal était à 980 000 touristes.

Selon l’ancien Premier ministre, Aminata Touré, qui présidait un conseil interministériel sur la
question, l’ambition du gouvernement est de faire du secteur un puissant moteur de croissance
économique, au 2e rang après l’agriculture. D’après l’ancienne Premier Ministre, le tourisme
impacte positivement de manière transversale sur plusieurs secteurs, dont l’élevage,
l’agriculture, l’artisanat, la pêche. D'où l'urgence de “développer ce secteur à haute valeur
ajoutée”.
Section 3: projet pour un tourisme responsable

1.3 : Coût de la perspective : pour un tourisme rentable et durable


d’ici 5 ans
Grâce au nouveau plan stratégique, l'Etat vise à l’horizon 2022 un chiffre de 3 millions de
touristes, 2 millions en 2018 et un intermédiaire d’1,5 million en 2016. Selon un document du
ministère de tutelle, le coût global du projet sur 5 ans est estimé à 472,250 milliards de FCFA.
Pour le chef du gouvernement, le Sénégal doit “améliorer la gouvernance touristique” et
“rendre la destination Sénégal moins coûteuse” en faisant de sorte que les visas d’entrée ne
soient pas des facteurs décourageants. Cette facilitation doit passer, selon le ministre Oumar
Guèye, par un “assouplissement de la délivrance des visas”.

Le plan stratégique vise également à “consolider notre position sur le marché français” et à
“redynamiser les marchés espagnol, italien, belge et allemand” tout en positionnant le Sénégal
sur les nouveaux marchés des BRICS (Brésil, Russie, Chine et Afrique du Sud…)

2.3  : politique de mise en œuvre d’un tourisme alternatif durable


comme avenir du tourisme sénégalais
Le tourisme est certes une source de gains, mais il impose de lourdes dépenses aux pays et aux
régions concernées, tant en termes de promotion que d’entretien des infrastructures qui lui
sont destinées. Le tourisme au Sénégal crée un effet dualiste et antinomique. Les succès et les
problèmes résultant de la mise en tourisme se résument tant en termes de retombées positives
qu’en termes de perturbations socioéconomiques et environnementales.

Le tourisme littoral a contribué à donner conscience de l’identité et des responsabilités aux


populations des zones dans lesquelles il s’est développé. C’est ainsi que dans le Delta du
Saloum, par exemple, il a aidé à l’affirmation d’une conscience régionale et de la nécessité de
gérer l’espace, le capital nature. Dans ce contexte, le changement de l’offre touristique
principale est-il possible ?

Le Sénégal offre une gamme de produits touristiques liée à la richesse et à la diversité de ses
milieux naturels et culturels. Ces potentialités naturelles constituent une niche écologique
contribuant à maintenir la biodiversité avec des composantes en interrelation qui fondent son
microclimat (les trois systèmes dunaires blanches, jaunes et rouges), la végétation, les eaux
douces, et les eaux salées. La Langue de Barbarie, la lagune de Somone et Mbodienne, les sites
sacrés de la Petite-Côte, du Sine Saloum et de la Casamance, les sites archéologiques de
Diorom Boumack, les villages traditionnels du Delta, de la Petite-Côte, de la Casamance et du
pays Bassari, et le littoral offrent des possibilités de découverte, de balade, et de randonnées
équestres ou pédestres ou d’activités aquatiques

La fréquentation touristique littorale peut être limitée, à travers la définition de la capacité de


charge de chaque site, pour éviter un certain nombre de conflits récurrents liés à l’usage du sol.
Il est tout aussi nécessaire de rechercher, au-delà des transformations de la société locale
littorale sur près d’un quart de siècle de tourisme intensif, des variantes susceptibles de
structurer durablement l’activité touristique au Sénégal.

Dès lors, l’intérêt majeur est porté sur le tourisme durable. Le ministère du Tourisme a pris
conscience que le développement du secteur est une affaire de mieux-être pour les populations
et que ce mieux-être passe par la préservation des ressources globales, l’évaluation des risques
et la recherche d’une meilleure utilisation de l’espace.

Autrement dit , le tourisme durable permet d’éviter la dégradation des milieux fragiles. Il
couvre les randonnées et les observations de la nature. Ces formes de loisirs attestent d’un
souci de respecter l’environnement. Il s’agit notamment d’exploiter de façon optimale les
ressources de l’environnement qui constituent un élément clé de mise en valeur touristique, en
préservant les processus écologiques essentiels et en aidant à sauvegarder les ressources
naturelles et la biodiversité. Cette recherche d’équilibre favorise un type de tourisme durable
où les modes de consommation tiennent compte des possibilités à long terme.

Il est évident que la marche reste longue, mais le tourisme sénégalais peut saisir les
opportunités qu’ouvre l’écotourisme grâce à sa tradition de protection de la nature. Les
activités de tourisme en milieux naturels peuvent couvrir au total 1 613 790 ha, soit environ 8 %
du territoire national. D’ailleurs, en Afrique de l’Ouest, le Sénégal reste l’un des rares pays qui
peut offrir en dehors du balnéaire autant de produits touristiques durables et culturellement
riches. L’atteinte des objectifs d’un tourisme maîtrisé à travers les flux de visiteurs, sain,
respectueux des mœurs et profitable à l’économie, passe nécessairement par un tourisme plus
soutenable et l’émergence d’activités touristiques novatrices capables de retenir les
populations dans leur terroir.

Aussi, les ressources naturelles sont pour l’essentiel les matières premières du tourisme
sénégalais (faune, flore, plage et climat). Il faut donc songer à les préserver. Il est indispensable
d’envisager de nouvelles approches touristiques, complémentaires et originales, mieux
intégrées aux milieux et aux sociétés d’accueil. À cet égard, il s’avère impératif de s’inscrire
dans une logique durable.
Le Sénégal a opté pour une réorientation de sa politique touristique à travers la vulgarisation du
tourisme durable qui représente un remède durable pour allier développement économique et
protection de l’environnement.

Ainsi, parler durabilité, c’est évoquer un concept holistique, une activité globalisante. Le terme
est susceptible de recevoir des acceptations diverses, puisque les activités du tourisme durable
sont de formes multiples.

Les enjeux économiques et environnementaux se situent à tous ces niveaux. C’est pourquoi une
éducation à l’environnement est une exigence.

À ce propos, le tourisme étant une ressource économique de premier plan pour le Sénégal, il
mérite d’être soutenu, ce qui ne se fera pas sans une prise en compte de l’environnement. Pour
ce faire, il s’avère nécessaire de savoir comment on peut tirer un meilleur parti de cette activité
pour les sociétés locales et mieux gérer les ressources environnementales dans une perspective
durable.

Le gouvernement sénégalais pourrait ainsi inviter l’ensemble des acteurs touristiques à réfléchir
sur les orientations à privilégier pour asseoir le tourisme durable au niveau de la « destination
Sénégal ».Pour le Sénégal, les opportunités à saisir dans le développement de cette forme de
tourisme sont énormes, eu égard aux immenses potentialités écologiques et culturelles dont il
regorge.

Le tourisme durable valorise les atouts culturels et traditionnels et contribue à l’entente et à la


tolérance interculturelle. Il ne connaît ni choc de cultures ni phénomène de rejet réciproque de
réalités culturelles même dissemblables. Il s’épanouit plutôt dans le dialogue des cultures. Au
même titre que l’environnement, le potentiel socioculturel constitue un substrat ou fondement
de l’activité touristique durable. Il s’agit d’envisager une activité économique viable sur le long
terme, offrant à toutes les parties prenantes des avantages socio-économiques réels et
équitablement répartis en termes de création d’emplois stables, de possibilités de bénéfices et
de services sociaux pour les communautés d’accueil, en somme une contribution à la réduction
de la pauvreté. La préservation des ressources naturelles et culturelles permet de gérer
durablement dans la mesure où elle est un atout immense dans le développement du secteur.
Quelques images des offres infinies variétés de paysages du Sénégal

Le Sénégal jouit d’une grande diversité de paysages, de parcs naturels, de repaires


ornithologiques et d’aires protégées qui offre d’innombrables possibilités  pour pratiquer
l’écotourisme. Les amateurs pourront apprécier la vraie nature et leurs randonnées, en pirogue,
à pied, à vélo ou en calèche les mèneront dans des lieux magiques, reposants, dans des
écosystèmes rares faits de bélongs, mangroves et de savane. Vous pourrez aussi contribuer, à
l’instar de nombreux voyageurs, aux projets 
Conclusion de la 2eme partie
Le tourisme sénégalais est en quête d’une nouvelle identité pour plusieurs raisons que nous
avons évoquées plutôt. En gros, il y a une forte concentration de l’activité touristique sur la
côte, ce qui est à l’origine de l’occupation anarchique de l’espace qui n’a profité qu’aux
promoteurs étrangers. Dès lors, le contexte ne saurait être mieux choisi pour le tourisme
sénégalais de s’orienter vers le tourisme durable. Cette nouvelle orientation, qui est inévitable,
trouve également son explication au niveau local. En effet, des dommages au triple plan
environnemental, socioculturel et économique sur toute l’étendue de la côte sénégalaise, au
point même que certains en arrivent à établir une relation de cause à effet entre tourisme et
pauvreté dans ces zones côtières très vulnérables.

Le tourisme durable peut être la matrice du tourisme sénégalais, un complément indispensable


qui est apte à prolonger le séjour des touristes, mais surtout à perpétuer l’activité touristique
même tout en ne pas oublier l’exemple le plus concret le Maroc, qui aujourd’hui a fait du
tourisme durable sa priorité en lançant même la perspective 2030, qui est totalement durable
dans l’ensemble.

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