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Physionomie du SBM :

La nouvelle configuration du secteur bancaire marocain est le produit d’une


évaluation progressive, continue et ininterrompue.

De sa part, la loi bancaire de 1993 a introduit des innovations sur la structure de


l’environnement bancaire. Elle a doté d’un statut unique toutes les entreprises qui se livrent
à une activité bancaire en introduisant le concept plus large d’établissement de crédit.

Néanmoins, ces établissements présentent diverses disparités quant à leur


dimension, leurs opérations et leur clientèle. Ceci a amené le législateur à les classifier en
distinguant les banques des sociétés de financement et des autres organismes auxquels
l’Etat a confié une mission permanente d’intérêt public.

La loi bancaire de 2006, à l’instar de celle 1993, fait une distinction entre deux
familles d’établissements de crédit d’établissements de crédit : d’une part les banques et
d’autre part les sociétés de financement.

Ces deux catégories d’établissements sont différentes par rapport aux deux critères :

La possibilité qui leur est conférée de recevoir ou non des dépôts à vue ou d’un terme court,
n’excédant pas deux ans.

La facilité d’effectuer librement ou de manière restrictive les différentes opérations prévues


par la loi.

A. Les banques
Le secteur bancaire se partage en trois catégories d’établissements :
 Les établissements bancaires à caractère public ou semi-public :
Créés initialement par l’Etat pour remplir des missions spécifiques en matière
de financement, ces établissements sont énumérés comme suit :
 Bank Al Amal, dont le capital est détenu à 75% par les résidents
marocains à l’étranger et qui a été créée en vue de promouvoir leurs
projets d’investissements ;
 Banque Centrale Populaire (BCP) : constituant le Crédit Populaire au
Maroc (CPM) avec les banques populaires régionales, cette institution
a pour objet principal de financer la PME et l’artisanat. Le Crédit
Populaire du Maroc (CPM) est constitué de la Banque Centrale
Populaire (BCP) et son réseau de banques populaires régionales (BPR).
Organisme public devenu société anonyme en 2002, la BCP est en
cours de privatisation : 21% de son capital a été cédé par l’Etat aux
BPR et 20% introduits en bourse en juin 2004. La BCP est
particulièrement concernée par la collecte de la petite épargne et la
distribution de crédits aux PME. Leader historique jusqu’en 2005
(22,7% de parts de marché), la BCP s’est fait dérober le 1er rang en
2006 par Attijariwafa Bank (23,6%) mais reste incontournable en
termes de collecte des dépôts (27,1% fin 2006).
 CDG capital, filiale à 100% de la CDG, elle a pour objet de dynamiser
les marchés des capitaux marocains et de contribuer au
développement de l’épargne longue
 Crédit Agricole du Maroc (CAM) : initialement Caisse Nationale du
Crédit Agricole (CNCA), cette banque transformée en S .A, continue de
soutenir le financement de l’agriculture et ce, aussi bien au niveau des
investissements qu’en matière de campagnes agricoles ;
 Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH) : Cet établissement concourt au
développement de l’immobilier et des investissements touristiques au
Maroc
 Fonds d’Equipement Communal (FEC): Ce fonds, qui a eu le statut de
banque en 1996, a pour objet de financer les travaux et les
équipements des collectivités locales.
 Et on ne peut citer ces établissements sans évoquer la Banque
Nationale pour le Développement Economique (BNDE) disparu du
paysage bancaire et qui a joué un rôle important dans la promotion
des investissements industriels de 1959 à 2005. Celle-ci aujourd’hui
remplacée par CDG capital.

 Les banques privées :


Ces banques ont déployé d’importants efforts dans l’implantation
d’agences et de succursales au Maroc et à l’épargner ainsi que dans
l’établissement de réseaux de correspondants bien développés.
En outre, elles ont pratiquement toutes une participation
étrangère dans leur capital.
Au nombre de 10 elles sont reprises comme suit : Arab Bank
Maroc, Attijariwafa Bank, Banque Marocaine su Commerce Extérieur (BMCE),
privatisée en 1995, Banque Marocaine pour le Commence et l’Industrie
(BMCI), Casablanca Finance Markets (CFM), Citibank Maghreb (Citibank),
Crédit du Maroc (CDM), Média Finance (MDF), Société Générale Marocaine de
banque (SGMB), Union Marocaine de Banque (UMB).

 Les banques Offshore :

Elles sont régies par la loi n° 58-90 relative aux places financières
offshore (promulguée par le dahir n° 1-91-131 du 26 février 1996). Leur
activité est tournée essentiellement vers les non-résidents (collecte de toute
forme de ressources en monnaies étrangères convertibles, opérations de
placement financière, arbitrage…).
Mais elles peuvent, à l’instar des banques étrangères, réaliser avec les
résidents toutes opérations autorisées par l’Office des changes.
Ces banques doivent obtenir un agrément auprès de Bank Al Maghrib,
régler un droit de licence et s’inscrire au registre de commerce de leur place
financière offshore. Elles sont installées toutes à Tanger, les banques offshores
sont actuellement au nombre de 6 : Attijari International Bank (Attijari. I. B –
BOS), Banque Internationale de Tanger (B.I.T- BOS), BMCI- Groupe BNP (BMCI-
B0S), Chaâbi Internationale de Tanger Offshore (SGT-OS), Société Génerale
Tanger Offshore (SGT-OS), Succurales Offshore de la BMCE (Succ. O.S BMCE)

Celles-ci bénéficient de régimes douanier, fiscal et de change de faveur.

B. Les sociétés de financements

La deuxième composante des établissements de crédit est


représentée par les sociétés de financement que le législateur a soumis,
depuis 1993, au contrôle de Bank Al Maghrib en raison, surtout du
développement important réalisé par ces établissements, notamment dans les
domaines du crédit à la consommation et du crédit bail.
Ces établissements de crédit ne peuvent effectuer, parmi les
opérations liées à l’activité bancaire et définies par les articles 1 et 7 de la loi
bancaire de 2006, « que celles précisées dans les décisions d’agrément qui les
concernent ou, éventuellement, dans les dispositions législatives ou
réglementaires qui leur sont propres ».
Par dérogation, les sociétés de financement peuvent être autorisées,
dans le cadre de leur agrément, à recevoir du public des fonds d’un terme
supérieur à un an (extrait de l’article 11 de la même loi).
Ces différentes sociétés, classées ainsi par métier, sont reprise comme
suit :

 Sociétés de crédit à la consommation : Acred ; Assalaf chaabi,


BMCI crédit Conso, Cetelem Maroc, Crédit Eqdom, Dar Salaf, Diac Salaf,
Finacréd, Fnac, Safacred, Salaf, Salaf Al Moustaqbal, Salafin, Sofac
Crédit, Sonac, Sogefinacement, Sorec Crédit, Taslif, Wafasalaf ;
 Sociétés de crédit immobilier : Attijari Immobilier ; Wafa
Immobilier ;
 Sociétés de gestion de moyens de paiements : Centre Monétique
Interbancaire ; Wafa Immobilier.
 Sociétés de cautionnement : Caisse Marocaine des Marchés (CMM),
Dar AdDamane (DAD).
 Sociétés de crédit-bail (leaising) : BMCI Leasing, Chaâbi leasing, Crédit
du Maroc Leasing, Maghrébail, Maroc-leasing, Sogelease Maroc,
Wafabail.
 Sociétés d’affacturages (factoring): Attijari Factoring, Maroc factoring.

C. Bank Al-Maghrib

BAM occupe une place prépondérante dans le nouveau dispositif


institutionnel, il est présent à un haut niveau dans les organes de consultation.
Pour renforcer son autorité sur le système financier, la Banque centrale a
renforcée son indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics, elle s’est également
retirée de toutes les banques dans lesquelles elle détenait des participations.
Le statut de «juge et partie», dont elle jouissait auparavant, à laisser la place
à un nouveau statut de «contrôleur autonome» qui n’entretient aucune relation
d’affaires avec ce qu’elle contrôle.
La nouvelle loi bancaire de 2006 a conféré à Bank Al-Maghrib un ensemble de
missions dont principalement :

 Exercer le privilège d’émission.


 Veiller à la stabilité de la monnaie et de sa convertibilité.
 Développer le marché monétaire en relation avec la stabilité de la monnaie et
assurer sa régulation.
 Gérer les réserves publiques de change et mettre en œuvre la politique de
change conformément aux orientations du Ministère de Finance.
 S’assurer du bon fonctionnement du système bancaire.
 Assurer le rôle de banquier et d’agent financier du trésor.
 Etablir les statistiques sur la monnaie et le crédit.

Les autorités monétaires ont entrepris une refonte en profondeur des


statuts de Bank Al- Maghreb et de la loi bancaire en vue de les mettre au
diapason des normes internationales et d’accompagner les mutations à
l’œuvre au niveau du marché. Les principaux apports des nouveaux textes, se
déclinent comme suit :

1. Une plus grande autonomie de la Banque Centrale :

Au niveau de la conduite de la politique monétaire : l’objectif de la


politique monétaire est expressément défini comme étant la stabilité
des prix et la responsabilité de sa définition est confiée à la Banque
centrale, aussi bien au niveau du choix des instruments que des
modalités d’intervention sur le marché monétaire. En second lieu, la
composition du Conseil de la Banque a été revue pour en exclure les
représentants de l’Administration, à l’exception du Directeur du Trésor
et des Finances Extérieures qui ne prend pas part au vote des
décisions relatives à la politique monétaire. De même, les possibilités
de financement du Trésor ont été réduites à une facilité encadrée
dans son montant et le temps.

En matière de supervision bancaire : Les attributions de Bank Al-


Maghreb ont été élargies dans le domaine de la réglementation et de
l’octroi des agréments. D’autre part, ses pouvoirs de sanction et ses
moyens d’intervention pour gérer les crises bancaires ont été
renforcés.
L’autonomie de la Banque Centrale a été également consolidée par
l’obligation de son retrait du capital et des instances de gestion des
organismes soumis à son contrôle.

2. L’extension des attributions de la Banque Centrale :

Certaines institutions financières effectuant des opérations à


caractère bancaire en dehors de tout contrôle prudentiel ont été
assujetties à la supervision de BAM en considération de leur possible
impact sur la stabilité du système financier. Par ailleurs, les nouveaux
statuts de Bank Al-Maghrib l’investissent de la mission de veiller au
bon fonctionnement et à la sécurité des systèmes et des moyens de
paiement. A ce titre, BAM est appelée à veiller notamment à la
prévention de l’utilisation du système de paiement à des fins illicites
tout en assurant sa modernisation.
3. Une plus grande flexibilité en matière de conclusion de conventions de
coopération et d’échange d’informations avec les autres régulateurs :

BAM est habilitée à coordonner ses activités de contrôle avec les


autorités de supervision des autres compartiments du marché financier
national et d’échanger avec elles des informations. Elle peut également
conclure des accords similaires avec ses homologues étrangers ; ce qui est
de nature à faciliter l’exercice du contrôle sur base consolidée

4. Elargissement du champ de contrôle de BAM à d’autres organismes


Etablissements soumis nouvellement à la loi bancaire :

 Banques offshore.
 Association de micro crédit.
 Caisse de dépôt et de gestion (gestion de patrimoine et ingénierie
financière).
 Caisse centrale de garantie (octroi de la garantie).
 Services financiers de Barid Al Maghrib (collecte de dépôts).

Pour ce qui est de l’organisation du secteur, on trouve :


 les autorités de tutelle et de contrôle ;
Composées de Bank Al Maghreb et le ministre des finances, les
autorités de tutelle des établissements de crédits, dont
particulièrement la banque centrale, ont vu leurs pouvoirs de
réglementation, de contrôle et de sanction renforcer depuis l’entrée
en vigueur de la loi bancaire du 14 Février 2006.

 Les organes de consultation et de représentations ;

La loi de 2006 à conforter le principe de concertation instaurée.


Auparavant par la loi de 1993 en modifiant ou en élargissant les
attributions de certains organes consultatifs.
Ainsi trois organes sont retenus par la nouvelle loi bancaire :
Conseil national du crédit et de l'épargne (C. N. C. E.), Comité des
établissements de crédit (C. E. C.), Commission de discipline des
établissements de crédit (C. D. E. C.)

 Les organes de coordination ;


En vertu de l'article 25, tout établissement est tenu d'adhérer à une
association professionnelle :

 Les banques et les banques offshore doivent intégrer le


Groupement professionnel des Banques du Maroc (G. P. B. M.)
 Les sociétés de financement sont tenues d’adhérer à
l'Association Professionnelle des Sociétés de Financement
(APSF)

Ces deux organisations professionnelles représentent les


interlocuteurs privilégiés et uniques des autorités monétaires.

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