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Introduction :

la procédure pénale constitue la 3èmebranche du droit pénal,   et se distinguent des deux autres branches
voisines, à savoir le droit pénal général et le droit pénal spécial.
La procédure pénale constitue l’ensemble des règles régissant le déroulement  du procès depuis la
constatation de l’infraction pénale, jusqu’au stade d’exécution de la sanction prononcée  le cas échéant. Elle
tend a réaliser une double finalité ; protéger la société contre la criminalité de par  la poursuite et le
jugement de tout délinquant, et garantir l’individu contre l’injustice et l’arbitraire en veillant à assurer à tout
inculpé un procès équitable respectant les libertés individuelles et les droits de la défense (droit d’être
assisté par un avocat, droit  d’être présumé innocent, droit d’exercer les voies de recours…) d’où la maxime
« la procédure est sœur jumelle de la liberté ». Ainsi elle a double préoccupation ; celle de protéger la
société, et de protéger les droits et les libertés individuelles   qui implique   l’obligation pour l’autorité
judiciaire de s’assurer de la culpabilité du prévenu ou de l’accusé. C’est pourquoi la doctrine pénale et les
défenseurs des droits de l’homme invoquent souvent l’adage selon lequel « mieux vaut laisser courir 100
coupables que de condamner un seul innocent ». Delà à dire que la procédure pénale peut être considérée
comme une matière protectrice des droits de l’homme, et ce vue ses diverses institutions et règles de
procédure qui seront étudié ou évoqué à travers ce cours, mais bien entendu, cette préoccupation pour les
droits de l’homme signifie aussi le droit de chacun à la quiétude et la sécurité  et à la justice.

L’expression « procès pénal » vise la poursuite, l’instruction, et le jugement d’une personne pour certains
faits dont elle est accusée. Le dispositif prévu pour rendre la justice pénale recourt parfois à certains actes
qui paraissent contraires aux droits fondamentaux de la personne.

Thème 1 : Le procès pénal équitable entre les conventions internationales et la jurisprudence :

Le procès équitable demeure la base fondamentale de l’Etat de droit, et constitue la principale garantie pour
faire barrière au racisme, à l’atteinte à la dignité humaine. Intimement lié au principe de l’indépendance de la
justice, le procès équitable demeure un droit constitutionnel qu’il faut préserver. Cette étude permet
d’analyser et d’évaluer les obstacles à la réalisation du droit à un procès équitable conformément au droit
international humanitaire et aux normes connexes, ainsi qu’aux problèmes qui se posent à cet égard,
d’identifier également les autres droits essentiels à respecter pour garantir le droit fondamentale à un procès
équitable.

Le procès pénal équitable à la lumière des conventions internationales  :

Au niveau des conventions universelles :

a- La déclaration universelle des droits de l’homme :

Est adoptée par l’assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948 à Paris.Elle précise les droits
fondamentaux de l’homme. Cette déclaration comprend un préambule avec huit considérations reconnaissant
la nécessité du respect inaliénable de droits fondamentaux de l’homme par tous les pays, nations, et régimes
politiques, et qui se conclut par l’annonce de son approbation et sa proclamation par l’assemblée générale des
Nations Unies.

b- Le pacte international relatif aux droits civils et politiques :

-Selon l’article 2 : Les Etats parties au présent Pacte s’engagent à respecter et à garantir à tous les individus se
trouvant sur leur territoire et relevant de leur compétence les droits reconnus dans le présent Pacte, sans
distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de
toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

- L’article 7 dispose : Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants. En particulier, il est interdit de soumettre une personne sans son libre consentement à une
expérience médicale ou scientifique.

-L’article 9 annonce que : Tout individu a droit à la liberté et à la sécurité de sa personne. Nul ne peut faire
l’objet d’une arrestation ou d’une détention arbitraires. Nul ne peut être privé de sa liberté, si ce n’est pour des
motifs et conformément à la procédure prévus par la loi.

Au niveau des conventions régionales :

a- La convention européenne des droits de l’homme 1950 :

L’article 6 de la convention :

Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai
raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des
contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute
accusation en matière pénale dirigée contre elle. Le jugement doit être rendu publiquement,
mais l'accès de la salle d'audience peut être interdit à la presse et au public pendant la
totalité ou une partie du procès dans l'intérêt de la moralité, de l'ordre public ou de la
sécurité nationale dans une société démocratique, lorsque les intérêts des mineurs ou la
protection de la vie privée des parties au procès l'exigent, ou dans la mesure jugée
strictement nécessaire par le tribunal, lorsque dans des circonstances spéciales la publicité
serait de nature à porter atteinte aux intérêts de la justice.
 
Toute personne accusée d'une infraction est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été
légalement établie.
 
Tout accusé a droit notamment à:
 
Être informé, dans le plus court délai, dans une langue qu'il comprend et d'une manière détaillée, de la
nature et de la cause de l'accusation portée contre lui;
 
Disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense;
 
Se défendre lui-même ou avoir l'assistance d'un défenseur de son choix et, s'il n'a pas les moyens de
rémunérer un défenseur, pouvoir être assisté gratuitement par un avocat d'office,
lorsque les intérêts de la justice l'exigent;
 
Interroger ou faire interroger les témoins à charge et obtenir la convocation et l'interrogation des
témoins à décharge dans les mêmes conditions que les témoins à charge;
 
Se faire assister gratuitement d'un interprète, s'il ne comprend pas ou ne parle pas la langue
employée à l'audience.

b- la charte africaine :

Article 6 : Tout individu a droit à la liberté et à la sécurité de sa personne. Nul ne peut être privé de sa
liberté sauf pour des motifs et dans des conditions préalablement déterminés par la loi; en particulier
nul ne peut être arrêté ou détenu arbitrairement.

Article 7 : Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue. Ce droit comprend:
1. le droit de saisir les juridictions nationales compétentes de tout acte violant les droits
fondamentaux qui lui sont reconnus et garantis par les conventions, les lois, règlements et
coutumes en vigueur;
2. le droit à la présomption d'innocence, jusqu'à ce que sa culpabilité soit établie par une
juridiction compétente;
3. le droit à la défense, y compris celui de se faire assister par un défenseur de son choix;
4. le droit d'être jugé dans un délai raisonnable par une juridiction impartiale

Thème 2 : le rôle du principe de la légalité des peines

Chacun connaît, en substance au moins, la teneur du préambule de la nouvelle Constitution de 2011 : « le


Royaume du Maroc s’engage à accorder aux conventions internationales dûment ratifiées par lui, dans le
cadre des dispositions de la Constitution et des lois du Royaume, dans le respect de son identité nationale
immuable, et dès la publication de ces conventions, la primauté sur le droit interne du pays, et harmoniser en
conséquence les dispositions pertinentes de sa législation nationale ». La formule laisserait à penser que cette
suprématie du texte international sur la loi interne concerne tous les domaines du droit, ce qui n’est pas
vraiment le cas.
Si en matière civile, la suprématie des conventions internationales ratifiées par le Maroc, sur la législation
nationale est bien et dûment prise en compte, la matière pénale échappe à cet engagement en raison du
principe de la légalité des peines et des délits, l’un des principes directeurs d’un procès pénal équitable,
exprimé par la citation il n y a pas de délit ni de peine sans texte.

PARTIE I : Les implications du principe de la légalité criminelle

Dans le droit pénal moderne, il n'y a pas d'infraction ni de peine sans un texte légal : Nullum crimen,
Nulla poena sine legé1. C’est le principe de la légalité des délits et des peines, qui répond fondamentalement à
un objectif de protection de l’individu contre l’arbitraire de l’Etat et constitue, par conséquent, une
composante essentielle de l’Etat de droit.
Le principe de la légalité qui s'entend de la nécessité d'un texte pour qu’il y ait infraction, s'applique donc à la
définition des infractions comme à la détermination des peines ou des mesures de sûreté applicables à une
personne déterminée, selon qu'il s'agisse d'un crime, d'un délit ou d'une simple contravention.

1
Le principe de légalité est indispensable à la défense de la société comme à la sauvegarde de la liberté
individuelle. À l’avantage de la société, on fait remarquer que le texte de loi doit avoir par lui-même un effet
préventif, et que cet effet sera d’autant plus sûr que l’incrimination sera plus détaillée et la peine prévue plus
précise. L’ordre public sera mieux respecté si l’individu ne peut se tromper lui-même sur le caractère illicite de
son acte; la nécessité de ne pas laisser dépasser la loi pénale par l’ingéniosité des malfaiteurs, stimulera le
législateur et le rendra particulièrement attentif à l’évolution de la criminalité
Mais c’est surtout la liberté individuelle qui serait menacée par l’abandon du principe. L’application d’un texte
de loi préexistant, connu à l’avance, est une précieuse garantie contre l’arbitraire du pouvoir exécutif ou du
juge. À défaut de cette garantie, l’individu, dans la complexité de la vie moderne, risquerait souvent d’ignorer si
son comportement sera jugé antisocial. Il serait inhibé, ou il serait exposé à des poursuites injustes.

Chapitre I – Signification du principe à l’égard du législateur

Le principe de la légalité n’aurait guère de sens si le législateur pouvait agir selon « son bon plaisir ».
Le principe de la légalité ne peut se contenter d’une seule référence au texte, lequel doit présenter certaines
qualités. Ainsi, ledit principe commande que la plume du législateur soit guidée par la clarté et la précision, afin
de permettre à chacun de faire le partage entre le permis et l’interdit, connaître les sanctions de la
transgression et les conditions dans lesquelles il peut être poursuivi et éventuellement jugé. Ces exigences de
clarté et de précision requises par le principe de légalité en vertu du droit international, valent bien entendu
tant pour les incriminations et les sanctions que pour les règles de procédure.
Le principe en question impose donc au législateur de décrire les actes incriminés dans un langage clair (non
ambigu) et précis, ce qui implique que doit être adoptée une définition étroite de l’infraction punissable,
établissant ses éléments constitutifs (élément matériel dit aussi objectif, et élément psychologique à savoir
l’intention coupable) et les facteurs qui le distinguent des comportements qui ne constituent pas des
infractions punissables ou qui constituent des infractions punissables par des sanctions autres que celles
assorties de l’acte en question, dans la mesure où les textes pénaux trop larges ou bien encore une certaine
ambiguïté textuelle ouvrent la porte aux abus de pouvoir et peuvent par conséquent porter atteinte aux
libertés fondamentales.

Succinctement, pour se garder de l’arbitraire du juge, le législateur se doit d’édicter des textes clairs et précis.
Le libellé de la loi doit énoncer donc clairement les éléments constitutifs de l’infraction. Toutefois, ce libellé ne
doit pas présenter une précision absolue, du coup de nombreuses lois se servent de formules plus ou moins
floues, notamment afin d’éviter une rigidité excessive et de pouvoir s’adapter aux changements de situation.
De même, pour ce qui est des peines, le législateur est tenu de fixer un maximum et un minimum laissant au
juge une certaine marge de libre appréciation fondée et exigée par le grand principe de l’individualisation de la
peine. Venant aux mesures de sûreté, L’état dangereux susceptible d’y donner lieu doit voir ses éléments
fondamentaux définis par la loi

Chapitre II – Signification du principe à l’ égard du juge


Montesquieu, dans son fameux Traité « De l’Esprit des lois »(1748), chapitre VI, livre XI (Des lois qui forment la
liberté politique dans son rapport avec la constitution) note que « Les juges ne sont que la bouche qui
prononce les paroles de la loi, des êtres inanimés qui n’en peuvent modérer ni la force ni la rigueur ».

Ce grand principe de légalité criminelle interdit l’interprétation large et extensive et privilégie l’ interprétation
stricte de la loi pénale, qui en forme le corolaire direct et indispensable.

Si l’interprétation stricte de la loi pénale suscite aujourd’hui encore bien des débats, l’obligation n’en révèle pas
moins une certaine ancienneté. Beccaria, en son temps et à sa façon, l’avait noté en écrivant que « les juges
des crimes ne peuvent avoir le droit d’interpréter largement la loi pénale, pour la seule et bonne raison qu’ils
ne sont pas législateur»

En principe, le respect du texte impose de lui donner tout son sens, ce qui conduit à son interprétation. Pour
cela, le principe de la légalité confie au juge le soin d’assurer l'application concrète des dispositions pénales
dans le respect stricte de la volonté légale. Il s’agit donc d’une interprétation téléologique invitant et
conduisant le juge à chercher la véritable volonté du législateur, en imaginant quelle serait la pensée probable
du législateur s’il était confronté aux éléments nouveaux qui posent difficulté. Par conséquent, est prohibée
l’interprétation littérale, dite aussi restrictive, basée sur un strict attachement à la lettre de la loi.
La légalité de la peine qui avait conduit à introduire des peines fixes, a été considérablement assouplie par suite
de l'individualisation de la sanction, ce qui a ainsi donné au juge le pouvoir d’accorder et mettre en jeu les
excuses légales et les circonstances atténuantes et aggravantes, et donc la jouissance d’une liberté d’action
particulièrement importante dans la mesure de la peine.

En fin, le principe de prévisibilité est-il suffisant pour garantir la prévisibilité juridique ? Dans la pratique le juge
est toujours confronté à un problème de qualification des faits, les difficultés sont liées notamment aux
problèmes de qualification multiples, incompatibles ou alternatives le concours des qualifications.

PARTIE II : les conséquences d’application du principe légaliste

La nécessaire prévisibilité de la loi pénale implique de savoir, d’une part, à partir de quand et jusqu’à quand la
loi s’applique : il s’agit de la question de l’application de loi dans le temps, et, d’autre part, à quel endroit la loi
pénale s’applique, telle est la question de l’application de la loi dans l’espace.

Chapitre I – L’application de la loi pénale dans le temps

Une loi ne peut, à l’évidence, que régir l’avenir, car on voit mal comment il serait possible de punir quelqu’un
pour le non-respect d’un texte inexistant.

Ainsi, la nécessité d’un élément légal pour l’existence d’une infraction entraîne comme conséquence
l’impossibilité d’appliquer une loi pénale nouvelle à des faits antérieurs à sa date d’entrée en vigueur fixée par
la loi promulguée. C’est la question de l’application de la loi pénale dans le temps.

Section -1- La non-rétroactivité de la loi pénale : le principe


Il est évident que la solution des principaux problèmes que soulève l’application du droit criminel dans le temps
réside dans le principe fondamental de la non-rétroactivité. Celui-ci signifie que les lois pénales ne peuvent
s’appliquer qu’aux actes commis postérieurement à leur promulgation.

La non-rétroactivité de la loi pénale, ou bien le conflit des lois criminelles dans le temps ou du droit criminel
transitoire, comme la doctrine moderne préfère l’appeler, est un principe dont la consécration est étroitement
liée au principe de la légalité lui-même au point où il est consacré par la nouvelle Constitution marocaine de
2011, qui prévoit dans le dernier alinéa de son art. 6 que « La loi ne peut avoir d’effet rétroactif ».

Que la règle de la non-rétroactivité de la loi pénale soit donc l’un des corollaires du principe de la légalité, cela
résulte des termes même de l'art. 4 du CPM qui l’expriment : « Nul ne peut être condamné pour un fait qui,
selon la loi en vigueur au temps où il a été commis, ne constituait pas une infraction »

Avec certitude, l’article susvisé interdit la rétroactivité de toute incrimination nouvelle et interdit aux
juridictions du fond de prononcer une peine non prévue au moment de la commission de l’infraction. La loi
nouvelle doit se contenter de saisir les faits commis après son entrée en vigueur. Pour les faits commis au
préalable, il y a donc survie de la loi ancienne.

En fait, le fondement d’un tel principe est des plus simples à cerner. Corollaire indispensable de la légalité
criminelle, le principe de la non-rétroactivité est regardé comme une mesure de justice sociale, une garantie
pour la liberté des individus. Depuis deux siècles, la formule ne cesse d’être affirmée. La Déclaration Universelle
des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 (art. 8), puis, plus tard, la Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme de 1948 (art. 11 paragr. 2), la Convention européenne des Droits de l’Homme (art. 7) et le Pacte
international relatif aux Droits civils et politiques de 1966 (art. 15) ont tour à tour porté l’exigence du principe
et forgé les premières pierres de cet édifice. Le Code pénal marocain n’a fait que poursuivre cette
impressionnante destinée, et parachever ainsi en droit interne cette « tradition séculaire ».

Section -2- La rétroactivité de la loi pénale : l’exception

En droit marocain, le principe de la non-rétroactivité reçoit des atténuations identiques à celles qui
accompagnent sa mise en œuvre dans la majorité des systèmes juridiques comparés. Ainsi, les exceptions au
principe de la non-rétroactivité de la loi pénale sont importantes et sujettes à exposition, comme suit :
- Nul n’a encore oublié notamment le Dahir du 29 Octobre 1959 relatif à la répression des crimes contre la
santé de la Nation (à propose de l’affaire des huiles nocives) dont l’art. 2 étend expressément le domaine
de ce texte à des faits antérieurs à sa promulgation. Ainsi, on en déduit que la loi pénale peut parfois
recevoir une application immédiate où le législateur la déclare lui-même, expressément et délibérément
rétroactive.
- S’y ajoute l’hypothèse des lois interprétatives qui rétroagissent normalement, puisqu’elles ne viennent
que préciser le sens et la signification des d’un texte déjà existant, sans en altérer le contenu.
- Quant au conflit soulevé par les lois temporaires, l’art. 7 du CPM n’a laissé planer aucun doute sur sa
solution, lorsqu’il disposa que « Celles-ci, même après qu'elles aient cessé d'être en vigueur, continuent à
régir les infractions commises pendant la durée de leur application.», et reconnut par-là la souveraine
autorité des ladite loi sur les faits qui tombent sous ses prescriptions dès lors qu’ils ont été commis
pendant la durée de son application.

Aussi, sur le plan des mesures de sûreté, si, après la commission d’une infraction et avant la clôture de la
procédure du jugement, une loi nouvelle crée une nouvelle mesure de sûreté, celle-ci devient applicable même
si elle apparaît plus sévère que celle qui était en vigueur auparavant, et c’est exactement ce qui ressort de l’ art.
8 al. 2 qui énonce que : « Les mesures de sûreté applicables sont celles édictées par la loi en vigueur au
moment du jugement de l'infraction.». Ce dispositif qui trouve son fondement dans la nature particulière des
mesures de sûreté qui sont présumées favorables à l’inculpé car elles visent sa réintégration sociale ou son
traitement2. Tel est le cas par exemple d’une personne atteinte de troubles mentaux qui, par arme à feu, avait
commis un assassinat et une tentative d'assassinat. A ce propos, la chambre de l’instruction a décidé de faire
bénéficier à l’auteur d’une tolérance et ainsi de sa remise en liberté, car elle considérait que les mesures
prévues par la loi du 25 février 2008 à l’égard des criminels atteints de troubles mentaux, notamment
l’hospitalisation d’office, étaient en l'espèce inapplicables, s'agissant de peines qui ne pouvaient s'appliquer à
des faits commis antérieurement à ladite loi. Décision éventuellement cassée par la chambre criminelle qui a
qualifié les sanctions contenues dans les articles soulevés par la chambre de l’instruction, de mesures de
sûreté, et donc elle a reconnu l’effet immédiat des mesures de sûreté et par-là leur applicabilité à des faits
commis antérieurement à la loi nouvelle.

Chapitre II – L’application de la loi pénale dans l’espace

À première vue, chaque loi doit être appliquée sur le territoire sur lequel l’autorité qui l’a édictée est
souveraine. Mais, il importe aussi de tenir compte de certains intérêts.
La question de l’application de la loi pénale dans l’espace est liée en fait à l’existence d’une criminalité qui
dépasse les frontières. Ce phénomène concerne non seulement la criminalité organisée, comme par exemple le
trafic de stupéfiants, traite des êtres humains, blanchiment de capitaux, terrorisme, cybercriminalité, etc., mais
également les infractions présentant un élément d’extranéité. Il suffit d’imaginer le cas d’un ressortissant
marocain qui commettrait un crime ou un délit à l’étranger, ou à l’inverse celui de l’étranger qui accomplirait
son forfait au Maroc. Ces situations présentent toute une série de difficultés amenant à se poser plusieurs
2
Il s’agit de la règle de la territorialité de la loi pénale, prônée et exprimée en termes aussi claires que possible
par l’art. 10 du CPM qui dispose : « Sont soumis à la loi pénale marocaine, tous ceux qui, nationaux, étrangers
ou apatrides, se trouvent sur le territoire du Royaume, sauf les exceptions établies par le droit public interne
ou le droit international.». Se référer donc à ce principe de territorialité de la loi pénale, c’est admettre, sans
retenue, que la loi pénale s’applique à tous les délinquants, quelle que soit leur nationalité ou celle de leur
victime, qui ont commis une infraction sur le territoire de l’État dans lequel la loi est effectivement en vigueur.
questions tant théoriques dominées par le principe de l’application territoriale de la loi pénale, que pratiques
mais plus compliquées dont la réponse dépend d’un haut degré de coalition internationale, et par-là la mise en
place d’un droit pénal international.

Section -1- La territorialité : le principe

La loi pénale marocaine a-t-elle vocation à s’appliquer à toutes les infractions réalisées sur le territoire national,
ces faits fussent-ils commis par des étrangers ? Il est commode à chacun de formuler une réponse affirmative.
Ainsi, en principe, la loi pénale est d’application territoriale, ce qui revient à dire qu’elle s’applique à toute
personne se trouvant sur le territoire marocain.

Section -2- Les exceptions

L’application des lois pénales peut donner lieu à des difficultés dès qu’un élément d’extranéité s’introduit dans
le débat : cet élément peut résulter du lieu où l’infraction a été commise (compétence matérielle), de la
nationalité des personnes qui ont participé à l’infraction (compétence personnelle active) ou de la nationalité
de celles qui en ont été les victimes (compétence personnelle passive), ou encore de la menace de l’ordre
public au sein de l’Etat (compétence réelle).

Compétence matérielle : Dans son application pratique, le principe de la territorialité est affronté à des
difficultés certaines. Outre l’hypothèse où l’infraction est entièrement commise sur le territoire national et qui
entre sans discussion dans la compétence légale et juridictionnelle marocaine, il est des situations complexes
où les éléments constitutifs de l’infraction se réalisent dans plusieurs pays. La solution de ce conflit consiste à
reconnaître compétence aux juridictions marocaines sur les infractions dont l’un des éléments constitutifs est
réalisé sur le territoire marocain, et ce la seule conditions que le Maroc soit saisi des faits en premier.

Compétence personnelle : L’infraction commise par un marocain à l’étranger entre dans la compétence
normale de l’Etat sur le territoire duquel elle est commise ; le principe est celui de l’incompétence de la loi
marocaine car au-delà du territoire national s’arrête la souveraineté. Toutefois, à ce principe de territorialité, le
code pénal apporte une exception en posant dans son art. 12 le principe d’existence d’une compétence des
juridictions marocaines dans cette hypothèse : « La loi pénale marocaine s'applique aux infractions commises
hors du Royaume lorsqu'elles relèvent de la compétence des juridictions répressives marocaines en vertu des
dispositions des articles 751 à 756 du code de procédure pénale ». Ainsi, un marocain pourrait être poursuivi
pour une infraction qu’il a commis à l’extérieur du Maroc dès lors qu’il est sont trouvé sur le territoire du
Royaume (compétence personnelle active). De surcroît, une infraction commise à l’étranger peut léser un
intérêt marocain dans l’éventualité où la victime est marocaine (compétence personnelle passive). Ce qui est
évident donc, c’est que par le principe de la personnalité de la loi pénale, celle-ci s’applique à l’égard de ses
nationaux, qu’ils soient auteurs d’une infraction (on parle alors de personnalité active) ou qu’ils en soient les
victimes (on parle alors de personnalité passive).
Compétence réelle : Par principe, l’infraction commise à l’étranger par un étranger n’a pas à être soumise au
droit marocain. Toutefois, si cet étranger a commis un crime ou délit qualifié d’atteinte à la sûreté de l’Etat
marocain (trahison, espionnage, etc.), de falsification ou contrefaçon de sceaux de l’État, de pièces de monnaie,
de billets de banques nationaux ayant cours légal au Maroc, et donc l’ordre public marocain se trouve menacé,
les juges marocains peuvent en connaître à condition que l’auteur soit arrêté au Maroc ou que son extradition
soit obtenue.

Thème 3 : La présomption d’innocence et son rôle dans le procès pénal équitable  :

La présomption d’innocence se définit donc comme un principe selon lequel toute personne poursuivie et
soupçonnée d’avoir commis une infraction est considérée comme innocente des faits qui lui sont reprochés,
jusqu’à ce que sa culpabilité soit prouvée par la juridiction compétente pour la juger. Cette présomption existe
tout au long de la procédure pénale.

Dans un État de droit, l’innocence est par principe présumée jusqu’au moment où elle est confirmée par la
relaxe ou l’acquittement ou infirmée par une condamnation définitive. Autour de l’affirmation de ce principe se
retrouvent, avec des variantes plus ou moins protectrices, la grande majorité des législations pénales
comparées

Partie 1 : L’arsenal juridique du principe de présomption d’innocence

- Section 1 : A la lumière des conventions internationales

Le principe de présomption d’innocence trouve son fondement dans la Déclaration Universelle des droits de
l’Homme, la Convention Européenne des Droits de l’Homme, et le Pacte international relatif aux droits civils et
politiques.

 La déclaration universelle des droits de l’homme  :

Selon l’article 9 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789: « tout homme étant présumé
innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable... »

Aussi l’article 11 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 de l'ONU :

«Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été
légalement établie au cours d'un procès public où toutes garanties nécessaires à sa défense lui auront été
assurées. »

Cette déclaration constitue le point de départ d’un ensemble d’institutions qui devraient tendre à assurer la
garantie internationale des droits de l’individu. Afin d’assurer leur influence toujours croissante sur l’esprit du
législateur et leur primauté sur la législation nationale dans chaque pays, les principes énoncés dans la DUDH
doivent être incorporés, à titre de garanties fondamentales, dans la Constitution des Etats membres.

 La Convention Européenne des droits de l’Homme  :


La Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales a été signée à
Rome le 4 novembre 1950. Elle reconnaît à toute personne des droits et des libertés dont le respect s’impose
aux États membres du Conseil de l’Europe qui l’ont ratifiée. Actuellement, 41 États se sont engagés à en
respecter les termes.

Son article 6 précise que « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement,
publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui
décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute
accusation en matière pénale dirigée contre elle.

 Le Pacte International relatif aux Droits civils et politiques  :

Le Pacte International relatif aux Droits civils et politiques du 16 Décembre 1966 est ratifié par le Maroc le 8
Novembre 1979. Il reconnait une grande consécration au principe de présomption d’innocence en vertu de son
art. 14 al. 2 où il énonce toute une série de garanties considérées comme les conditions nécessaires d’un
procès équitable et devant être assurées à toute personne accusée d’infraction pénale, en l’occurrence le droit
pour l’accusé d’être présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie.

Le texte international énonce deux règles d’une importance capitale auxquelles se rattachent d’ailleurs d’autres
dispositions: d’une part et selon l’art. 9 paragr. 3 du pacte, l’individu soupçonné ou inculpé d’infraction ne
saurait faire l’objet, avant son jugement, d’une quelconque mesure restrictive de la liberté d’aller et de venir,
notamment la garde à vue et la détention préventive. Ces mesures doivent rester exceptionnelles.

D’autre part le pacte prévoit la possibilité de maintenir ou de mettre en liberté la personne arrêtée en
subordonnant le bénéfice à des garanties assurant la comparution de l’intéressé à l’audience, à tous les autres
actes de la procédure et, le cas échéant, pour l’exécution du jugement.

- Section 2 : Au niveau de la législation national

Au Maroc, pays de droit, le législateur a consacré l’article préliminaire du code de procédure pénale, à la
présomption d’innocence en tant que principe directeur du procès pénal.

L’article premier du code de la procédure pénale dispose que : « Tout accusé ou prévenu est présumé
innocent jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie par une décision ayant acquis la
force de la chose jugée, au cours d’un procès équitable ou toutes les garanties juridiques lui auront
été assurées.
Le doute s’interprète au profit de l’inculpé ».
En effet, le législateur Marocain a délibérément placé ce principe fondamental de la justice en tête du
C.P.P.
Pour garantir son application et son respect, le législateur marocain a consolidé et à renforcé le grand
principe de présomption par plusieurs mesures pratiques, notamment :
 La détention préventive et le contrô le judiciaire (mesures exceptionnelles) ;
 L’amélioration des circonstances de la garde à vue et de la détention préventive assorties du
contrô le des autorités judiciaires ;
 Le droit pour l’inculpé d’être informé des chefs d’inculpations ;
 Le droit de communication avec un avocat au cours de la durée de prolongation de la garde à vue;
 Le droit d’informer sa famille de son placement en garde à vue ;
 L’interdiction de prendre des photographies du détenu menotté ou de publier sa photographie,
son nom ou tout signe l’identifiant sans l’accord préalable et express de l’intéressé.

De toute évidence, le juge est le principal garant des droits de l’accusé, ceci dit : Avant le jugement final
ayant acquis l’autorité de la chose jugée, et tant que la décision n’a pas été prise, l’accusé ne doit pas être
traité comme une personne condamnée, et ce, évidement pour ne pas porter atteinte à son droit à
l’honneur, à la dignité et à la justice crédible, équitable, et indépendante.

A l’instar du code de procédure pénal, la constitution dispose dans son art. que :

« Nul ne peut être arrêté, détenu, poursuivi ou condamné en dehors des cas et des formes prévus par la loi. La
détention arbitraire ou secrète et la disparition forcée sont des crimes de la plus grande gravité et exposent
leurs auteurs aux punitions les plus sévères. Toute personne détenue doit être informée immédiatement,
d'une façon qui lui soit compréhensible, des motifs de sa détention et de ses droits, dont celui de garder le
silence. Elle doit bénéficier, au plus tôt, d'une assistance juridique et de la possibilité de communication avec
ses proches, conformément à la loi. La présomption d'innocence et le droit à un procès équitable sont
garantis. Toute personne détenue jouit de droits fondamentaux et de conditions de détention humaines. Elle
peut bénéficier de programmes de formation et de réinsertion. Est proscrite toute incitation au racisme, à la
haine et à la violence

Partie 2 : La présomption d’innocence au cours du procès pénal équitable

Section 1 : Avant la phase du jugement

- La phase préparatoire du procès

Les enquêtes judiciaires sont le premier pas de la procédure pénale. Elles sont mises en œuvre par les
Officiers de la Police Judiciaire (OPJ). Elles sont extrêmement importantes dans la mesure où elles ont
pour but de recueillir les premiers éléments amenant à la recherche de la vérité. En procédure pénale, il
existe deux types d'enquêtes : l'enquête de flagrance et l'enquête préliminaire.

a. L'enquête de flagrance

L'enquête de flagrance est, par définition, une enquête d'urgence. Elle est enclenchée lorsque les OPJ
prennent un ou plusieurs individus en flagrant délit de vol, de trafic de stupéfiants, de cambriolage, etc.

La flagrance est donc t la situation dans laquelle les policiers assistent à la commission de l'infraction. La
flagrance présumée diffère quelque peu. C'est la situation dans laquelle l'infraction vient juste d'être
commise et dans laquelle des témoins préviennent rapidement la police.

En outre, l'enquête de flagrance donne des pouvoirs importants aux policiers. Ils peuvent procéder si
nécessaire :
- à des interpellations : les policiers, doivent arrêter les auteurs d'infractions pénales ;

- à une garde à vue (GAV): en cas de flagrance, l'individu appréhendé peut-être transporté, dans les
locaux d'un commissariat, afin d'y être entendu durant une période de 24, 48, voire 96 heures s'il s'agit
d'un trafic de stupéfiants ;

- à des perquisitions : c'est le fait, pour la police, de se rendre chez toute personne qui serait soupçonnée
d'une infraction pénale et de recueillir un maximum d'éléments matériels.

- à des réquisitions : toute personne ayant assisté à la commission d'une infraction ou étant en mesure
d'apporter un témoignage clé peut être réquisitionnée par la police.

b. L'enquête préliminaire

L'enquête préliminaire est l'enquête par défaut. Cela signifie que lorsque les OPJ ne sont pas en situation
de flagrance, ils appliquent la procédure classique.

Les OPJ ont quasiment les mêmes droits que dans une situation d'enquête de flagrance. Ce qui fait la
différence, c'est le temps. En effet, à la différence de l'enquête de flagrance, l'enquête préliminaire se
déroule quand l'infraction pénale est déjà commise.

Ainsi, les OPJ peuvent procéder à des auditions de témoins, des GAV, des perquisitions et des réquisitions
de témoins.

- La phase de poursuite

C’est à partir de cette phase que commence à proprement parler le procès pénal. Une fois saisi du rapport
de la police judiciaire, le ministère public déclenche en principe le procès en mettant en mouvement
l’action publique. Le fait que la présomption d’innocence figure dans l’article préliminaire du code de
procédure pénale revêt plus d’une signification relative à son importance ce qui montre et marque
éventuellement le grand privilège dont il est doté. En fait, la manière dont l’article est rédigé permet
d’énumérer l’ensemble des conséquences de la règle présumant l’innocence. Le droit pour l’accusé d’être
présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie figure en bonne place.

- La phase d’instruction

C'est la phase pendant laquelle un juge d'instruction va décider s'il y a matière à poursuivre ou pas l'action
publique. C'est pendant la phase d'instruction que le juge va regarder tous les éléments recueillis lors de
l'enquête de police judiciaire.

Le juge d'instruction, au sein de la Chambre de l'instruction, a alors plusieurs choix :

- il peut considérer que les preuves sont insuffisantes et il classe l'affaire sans suite. Cela a pour
conséquence d'éteindre l'action publique. De cette manière, le juge d'instruction ne renverra pas l'affaire
devant une cour d'assises. Il faut aussi noter que l'action publique peut s'éteindre avec le décès du
présumé innocent.
- ou le juge d'instruction considère qu'il y a assez d'éléments objectifs et renvoie l'affaire devant une cour
où le présumé innocent sera alors jugé.

Section 2 : Devant les magistrats du siège

Une fois que le juge d'instruction a décidé de renvoyer une affaire devant une cour d'assises (pour les
crimes), le présumé innocent bénéficie d'un procès équitable.

Tous les éléments issus de l'enquête de police seront repris et analysés devant le Ministère public et les
jurés. Ces derniers sont des civils, tirés au sort. Ils ont la mission de juger la personne condamnée en vertu
de la justice populaire. En cas de condamnation, et si une partie au procès n’approuve pas la décision
rendue, elle est admise à exercer les voies de recours prévues par la loi. Les voies de recours constituent
un mécanisme, entre autre, pour assurer une meilleure administration de la justice et d’en renforcer le
droit à un procès équitable.

 DROIT A UN RECOURS EFFECTIF

o Chaque individu a droit à un recours effectif devant les tribunaux compétents contre des actes
attentatoires aux droits garantis par la constitution, la loi ou la Charte, même lorsque les actes ont
été commis par des personnes dans le cadre de leurs fonctions officielles.

o Le droit à un recours effectif intègre :


- L’accès à la justice ;
- La réparation des préjudices subis ;
- L’accès aux informations concrètes concernant les violations.

o Chaque Etat a l’obligation de veiller à ce que :


- Tout individu dont les droits ont été violés, notamment par des personnes agissant dans le cadre
de leurs fonctions officielles, dispose d’un recours efficace devant une instance juridictionnelle
compétente ;
- Tout individu qui revendique un droit de recours puisse avoir ce droit déterminé par des
autorités compétentes judiciaires, administratives ou législatives ;
- Tout droit de recours soit mis en œuvre par les autorités compétentes ;
- Tout organisme étatique contre lequel un recours a été introduit ou une décision judiciaire a été
prise se conforme entièrement à cette décision ou ce recours.

 AIDE ET ASSISTANCE JUDICIAIRE

o L’accusé, chaque fois que l’intérêt de la justice l’exige, de se voir attribué d’office un défenseur sans
frais, s’il n’a pas les moyens de le rémunérer.

o Pour déterminer les intérêts de la justice, il faudra tenir compte : dans les affaires pénales : de la
gravité de l’infraction, de la rigueur de la peine encourue.
o Les intérêts de la justice exigent toujours que tout accusé passible de la peine de mort soit représenté
par un avocat, notamment pour déposer un recours en appel ou une demande de clémence, de
commutation de peine, d’amnistie ou de grâce.

Thème 4 : le rô le de la police judiciaire dans le procès pénal

La police judiciaire, elle remplit plutôt une fonction répressive, dans la mesure où son action intervient en
général après la commission d’une infraction. Pour constater cette infraction, réunir des éléments de preuve
pour mener l’enquête. Art 16 et 17 du CPP.

La police judiciaire est exercée sous la direction du procureur du roi et sous la surveillance du procureur
général et sous le contrôle de la chambre correctionnelle de ladite cour. Les officiers de police judiciaire (art
19 CPP) : procureur général du roi, procureur du roi et leurs substituts et le juge d’instruction. Les officiers de
police judiciaires. Les OPJ chargés des mineurs. Les agents de police judiciaire ainsi que certains
fonctionnaires auxquels la loi confère cette qualité.

L’art 20 donne la liste des personnes ayant cette qualité : Directeur général de la sûreté nationale, les préfets
de police, les contrôleurs généraux de police, les commissaires de police, les officiers de police et le directeur
général de l’administration de la surveillance du territoire national, les officiers de la gendarmerie royale, les
pachas et les caïds, les inspecteurs de la police après 3ans d’exercice et les gendarmes ayant 3ans d’ancienneté.

Les attributions de la police judiciaire : Art 18. La PJ a pour mission générale : de rechercher les infractions, de
les constater, d’en rassembler les preuves, d’en identifier les auteurs, de présenter ceux-ci à la justice. Elle est
soumise à certaines obligations : recevoir les plaintes et dénonciations, porter à la connaissance du procureur
du roi les infractions qui lui paraissent avoir été commises afin de lui permettre de mettre en mouvement
l’action publique et observer le secret de l’enquête.

Partie 1 : les compétences de la police judiciaire en cas de flagrance et en cas de l’enquête préliminaire :

 Chapitre 1 : en cas de flagrance :

L’enquête de flagrance est régie par l’article 56 et suivant du CPP qui d’un coté définissent la notion de
flagrance et de l’autre réglementent les opérations pouvant être menées au cours de l’enquête. Quant à la
notion de flagrance, elle englobe en gros 3 situations relativement éloignées les unes des autres, mais elles se
rapportent à la même notion.

- En 1 er lieu, il y a l’infraction flagrante proprement dite, c’est à dire celle qui est entrain de se commettre ou
qui vient tout juste de se commettre. –
- En 2ème lieu, il y a l’infraction réputée flagrante c’est à dire celle dont l’auteur supposé est poursuivi par une
clameur publique ou bien lorsqu’il est porteur d’objets ou d’indices qui laissent supposer sa participation à
l’infraction.

- En 3ème lieu, il y a l’infraction assimilée à l’infraction flagrante qui n’en est pas en réalité, puisqu’il s’agit
d’une infraction quelconque commise dans une maison dont le propriétaire requiert l’intervention du parquet
ou d’un officier de police judiciaire pour la constater. Cette précision apportée par l’article 56 élargit donc
considérablement le concept de l’infraction flagrante et c’est la raison pour laquelle elle a fait l’objet de
nombreuses critiques de la part de la doctrine qui y voit une extension abusive du champ d’application de la
procédure sommaire prévue pour le jugement des infractions flagrantes

Quoiqu’il en soit, lorsque l’infraction est flagrante au sens large du terme, la police judiciaire accomplit un
certain nombre d’actes énumérés aux articles 59 à 78 du code qui sont les suivants :

1- le transport sur les lieux (Article 59 et 60 du CPP) : c’est le fait pour les officiers de police judiciaire de se
déplacer sur les lieux de l’infraction, immédiatement après en avoir été informés, pour procéder aux
constatations le plus rapidement possible et d’éviter de la sorte la disparition ou la destruction des indices, des
éléments de preuve laissés sur les lieux.

2- les perquisitions, saisies et expertises : Il arrive que la police judiciaire soit obligée de pénétrer dans les lieux
de l’infraction pour y faire des perquisitions et éventuellement y procéder à des saisies qui peuvent faire l’objet
d’une expertise. La perquisition est réglementée par les articles 61 à 66 du code, elle peut se faire dans le
domicile de toute personne soupçonnée, au besoin par le recours à la force.

Néanmoins, afin d’éviter les atouts auxquels elle peut donner lieu, la perquisition est interdite la nuit entre 21h
et 6h (Article 62 CPP). En outre, la perquisition ne peut se faire qu’on présence de l’inculpé ou à défaut, en
présence de témoins (article 62)

En ce qui concerne les saisies, l’article 59 et 61 prévoient qu’elles peuvent porter sur les objets qui ont servi à la
commission de l’infraction, ou bien qui sont le produit de l’infraction. De plus, les documents qui sont de
nature à établir la preuve de l’infraction peuvent également être saisis.

Par ailleurs, au cours de l’enquête, la police judiciaire est amenée à interroger un certain nombre de personnes
soit parce qu’elles se trouvent sur les lieux de l’infraction et qu’elles disposent de renseignements susceptibles
d’éclairer la police judiciaire, soit encore parce qu’il s’agit de personnes que la police a des raisons de
soupçonner d’avoir participer à la commission de l’infraction.

La garde à vue

Est considérée par le législateur comme une mesure exceptionnelle et qui ne doit être effectivement appliquée
que dans les cas ou elle est absolument nécessaire. En outre, sa durée est limitée normalement à 48 heures au
maximum (pas de minimum) avec une possibilité de prolongation pour 24 heures supplémentaires en cas de
besoin, ces délais étant doublés pour les infractions en matière de sûreté de l’Etat.

l’article 69 du CPP selon lequel, les officiers de police judiciaire sont tenus de mentionner sur les procès
verbaux d’audition des personnes gardées à vue, la date précise, le jour et l’heure à laquelle la personne a été
appréhendée puis libérée, de même que des registres doivent être tenus par la police judiciaire et par la
gendarmerie sur lesquels doivent être indiquées les dates du début et de la fin de la garde à vue.

 Chapitre 2 : En cas d’enquête préliminaire

On peut définir l’enquête préliminaire ou ordinaire comme la procédure menée par la police judiciaire et
destinée à obtenir sur un probable infraction non flagrance. Le maximum de renseignements ce qui va donner
lieu à une constitution d’un dossier qui sera transmit au parquet.

La police judicaire procède à une enquête réglementée par le CPP dans les Articles 78 et suivant, sous le nom
d’enquête préliminaire. La police y procède, soit spontanément (lorsque des renseignements lui sont parvenus,
laissant présumer la commission d’une infraction),soit sur demande du ministère public (qui a pu être prévenu
de la commission d’une infraction par une autre voie).

Dans le cadre de l’enquête préliminaire la police judicaire peut recueillir des renseignements d’ordre très divers
et employer pour cela des moyens très variés.

1-Auditions : la police judiciaire entendra toutes les personnes qui lui paraîtront susceptibles d’apporter
des renseignements intéressantes, y compris le plaignant et le suspect.

Toutes ces personnes sont entendues sans serment préalable. L’article 6 du CPP dispose que ces
personnes « sont tenues de comparaitre » si elles ne répondent pas à la convocation de l’OPJ, avis en est
donné au parquet qui peut les y contraindre par la force publique.

2-Constatations matérielles : des constatations matérielles seront faites en tant que de besoins, mais elles
doivent être réalisées sans que le policier use de coercition. L’article 64 du CPP permet à l’OPJ d’voir
recours à toutes personne qualifiées, s’il ya lieu de procéder à des constatations ou examens techniques ou
scientifiques qui ne peuvent être différés.

3-Perquisitions, visites domiciliaires et saisies : elles sont en l’occurrence, subordonnées au consentement


exprès et écrit de la personne chez qui elles ont lieu (Article 79 du CPP).Peuvent procéder à de telles
perquisitions et saisies, non seulement les OPJ mais encore les APJ , agissant sous le contrô le des OPJ les
heures légales doivent être respectées (du 6h du matin à 21h Art 62 Du CPP)

Partie 2 : la responsabilité de la pj entre contrôle et sanction :


 Chapitre 1 : le rôle du parquet général et de la chambre correctionnelle

1. Le parquet général :

Le parquet désigne l’organisation, au niveau du tribunal de grande instance, de l’ensemble des magistrats


du ministère public qui sont chargés de requérir l’application de la loi et de conduire l’action pénale au nom
des intérêts de la société.

Au niveau de chaque tribunal de grande instance, le parquet comprend un procureur de la République,


éventuellement assisté de procureurs adjoints, de vice-procureurs et de substituts. Le parquet est chargé de la
représentation du ministère public auprès du tribunal correctionnel, des juridictions pour mineurs, du juge
d’instruction et des formations civiles du tribunal. À l’échelle de la cour d’appel, le parquet est dit «  général » et
il comprend un procureur général assisté d’avocats généraux (qui, en dépit de leur nom, sont des magistrats et
non des avocats). Notons que l’ensemble des magistrats d’un même parquet est indivisible et substituable, ce
qui signifie que chacun d’entre eux peut représenter indifféremment le ministère public au cours de la
procédure.

Les attributions du ministère public :

Le ministère public exerce plusieurs fonctions. Ayant la haute main sur la police judiciaire, le procureur général
du roi et le procureur du roi assurent la direction et la surveillance de l’activité des membres de la police
judiciaire relevant de leur ressort et peuvent à cet effet les requérir et leur donner des instructions concernant
la constatation des infractions et la recherche des délinquants.

Le magistrat du parquet peut d’ailleurs en sa qualité d’officier supérieure de police judiciaire accomplir lui-
même des actes d’enquête et de constatation des infractions et recevoir des plaintes et des dénonciations. Il
peut aussi placer sous mandat de dépôt la personne inculpée d’une infraction punissable d’emprisonnement
lorsqu’il s’agit d’une infraction flagrante ou si l’inculpé ne présente pas de garanties suffisantes de
représentation ou encore s’il est jugé dangereux (art 47 et 74 du code de procédure pénale marocain) ou (art
147).

Le parquet est également chargé de l’exécution des décisions de justice y compris les ordonnances des juges
d’instruction.

D’autres prérogatives ont été introduites par le nouveau code de procédure pénale marocain, ainsi en cas de
crime ou de délit punissable d’un emprisonnement d’une durée égale ou supérieure à 2 ans, le procureur
général du roi et le procureur du roi sont habilités à ordonner pour les besoins de l’enquête préliminaire le
retrait du passeport de la personne soupçonnée et le blocage des frontières à l’encontre de celle-ci. Art 40 et
49
Le procureur général du roi est également admit sous certaines conditions précisées par l’article 108, à requérir
le premier président de la cour d’appel d’ordonner pour les besoins de l’enquête préliminaire des écoutes
téléphoniques, l’enregistrement des communications et l’interception du courrier, tout comme il peut
ordonner lui-même ces procédés sous les conditions prévues par le texte susvisé et notamment en cas
d’urgence

a - Le ministère public : partie principale au procès pénal :

Alors que dans les instances civiles le ministère public fait le plus souvent figure de partie jointe (les articles 6, 7
et 8 du CPC), dans les procès pénaux il agit en principe comme partie principale nécessaire. Certes, ce principe
n’est pas absolu puisque devant la cour suprême le parque peut intervenir comme partie principale lorsqu’il
introduit un pourvoi dans l’intérêt de la loi soit d’office soit sur ordre du ministre.

En tant que partie principale agissant au nom et dans l’intérêt de la société le parquet exerce l’action publique,
procédé qui déclenche le procès pénal.

b-Le ministère public : demande privilégié au procès pénal :

Par rapport aux autres parties au procès pénal, c’est-à-dire, l’inculpé et les parties civiles, le ministère public
dispose de prérogatives particulières et extrêmement importantes :

1. Au stade de l’instruction préparatoire c’est le ministère public qui saisit le juge d’instruction est
directement saisit d’une plainte de la partie civile, il doit la communiquer au chef du parquet pour qu’il
prenne ces réquisitions. En outre le parquet peut à tout instant demandé communication de la
procédure d’instruction à charge de la restituée dans les 24h et doit aussi donner son avis pour la
délivrance par le juge d’instruction d’un mandat d’arrêt et la mise en liberté provisoire de l’inculpé. Il a
également le droit appel de toutes les ordonnances du juge d’instruction à l’exception de l’ordonnance
concernant le recours à une expertise, et ce à la différence des autres parties aux procédures pénales
qui ne peuvent interjeter appel que de certaines ordonnances limitatives par le code de procédure
pénale marocain (art 223).
2. A l’audience le ministère public exerce en tant que demandeur 3 attributions :
 Développe ses conclusions dans un réquisitoire oral
 Présente les preuves de ses prétentions
 Requière selon les cas soit la condamnation de l’inculpé et donc l’application de la peine prévue par la
loi, soit sont acquittement.
3. Après le jugement le ministère public assure l’exécution de la décision rendue. Il peut par ailleurs s’il le
juge utile, exercer les voies de recours contre ces décisions (appel ou pourvoi en cassation selon les cas)
et à cet effet il dispose de délai de recours particulier.

2. La chambre correctionnelle :
Outre ses attributions en matière de contrôle disciplinaires sur les officier de police judiciaire, la chambre
correctionnelle de la cour d’appel qui est composé du premier président ou de son suppléant et de deux
conseillers, et en présence d’un représentant du parquet et d’un secrétaire de greffier, est compétente pour
statuer sur :

-Les demandes de liberté provisoires qui lui sont directement présentés par les inculpés lorsque le juge
d’instruction ne s’y prononce pas dans le délai de 5 jours *art 179 al 4.5*

-Sur les appels interjetés contre les ordonnances du juge d’instruction concernant la mise sous contrôle
judiciaire « mesures qui seront évoqués plus loin », et de manière générale sur les appels présentés contre les
ordonnances du juge d’instruction dans les conditions prévues par les article 222 et suivants du code de
procédure pénale marocain.

-La chambre correctionnelle peut en outre ordonner un complément d’information, soit d’office soit à la
demande de l’une des parties au procès *art 238*, tout comme elle statue sur les demandes d’annulation des
actes d’information *art 210->213*

 Chapitre II : Contrôle et responsabilité de la police judiciaire

La police judiciaire est soumise  au contrôle de l’autorité judiciaire, ses membres fautifs s’exposent à des
sanctions disciplinaires, ils peuvent par ailleurs engager leur responsabilité pénale et civile.

A : le contrôle disciplinaire :

Les membres de la police judiciaire exercent leur mission sous la direction du procureur du Roi, et ils sont
placés dans chaque ressort de la Cour d’appel sous l’autorité du procureur du Roi et sous contrôle de la
chambre correctionnelle de la Cour d’appel articles 16 et 17 du Code de Procédure Pénale marocain.

 Article 16  : La police judiciaire est exercée sous la direction du procureur du Roi par les magistrats, officiers,
fonctionnaires et agents désignés au présent titre.

Article 17  : Elle est placée dans chaque ressort de cour d'appel sous la surveillance du chef du parquet général
et sous le contrôle de la chambre d'accusation. 

Contrôle qui s’étend même aux fonctionnaires et agents administratifs investis de pouvoirs de la POLICE
JUDICIAIRE.
 Ainsi Tout manquement relevé à l’encontre d’un officier  de police judiciaire ou d’un officier ou agent susvisé
dans l’exercice de ses fonctions  de police judiciaire est déféré à la chambre correctionnelle de la Cour d’appel
par le procureur général du Roi auprès de la dite Cour.

Après enquêtes et auditions de mise en cause, si les faits se révèlent fondés, la chambre correctionnelle peut
sans préjudice d’autres sanctions relevant du pouvoir disciplinaire du supérieur hiérarchique, adresser au
membre fautif de la police judiciaire des observations ou prononcer sa suspension temporaire (durée
inférieure  à une année) ou sa déchéance définitive  de sa fonction (art 29  35). La décision prononcée peut
faire l’objet d’un pourvoi en cassation dans les conditions du droit commun (art 30).

B : la responsabilité pénale et civile :

Au cas où un membre de la police judiciaire commet une infraction pénale dans l’exercice de ses fonctions, il
engage sa responsabilité pénale dans les conditions du droit commun. Toutefois des règles de compétences
particulières sont prévues à cet égard par l’article 268 du Code de Procédure Pénale marocain ainsi le premier
président de la Cour d’appel saisie par le procureur général auprès de cette Cour décide s’il le faut d’ouvrir une
enquête, et dans l’affirmative, désigne un conseiller chargé de l’instruction au sein de la Cour ; s’il s’agit d’un
crime, celui là rend une ordonnance  de renvois devant la chambre criminelle, mais s’il s’agit d’un délit, il
renvois l’affaire devant un tribunal de première instance en dehors de la circonscription où l’inculpé exerce ses
fonctions. Lorsque celui-ci est habilité à exercer ses fonctions sur Tout le territoire national, c’est la Cour
suprême qui est compétente à son égard  « Article 267 : Lorsque l'imputation vise un ministre conseiller de la
couronne, un membre du Gouvernement, un magistrat de la Cour suprême, un gouverneur de province, un
premier président de cour d'appel ou un magistrat chef d'un parquet général, la chambre criminelle de la Cour
suprême, sur réquisitions du procureur général près ladite cour, ordonne, s'il y a eu, que l'affaire soit instruite
par un ou plusieurs de ses membres. ». De part cette particularité de procédure, le législateur entend éviter
qu’un magistrat se montre indulgent à l’égard d’un officier  de police judiciaire de son ressort.

Au regard de la responsabilité civile, il n  y a pas de particularité de procédure, Toute personne qui s’estime
être victime de dommages causés par un membre de la police judiciaire, peut mettre celui-ci en cause pour lui
réclamer une réparation dans les conditions du droit commun

Thème 5 : l’indépendance de la justice dans le procès pénal :

Au Maroc « Le principe de l’indépendance du pouvoir judiciaire a été consacré, non pas au bénéfice des
magistrats, mais à l’intention des justiciables et à leur profit » Souligne le Souverain dans un message adressé à
la conférence internationale de haut niveau sur la justice.

Le procès équitable demeure la base fondamentale de L'État de droit, et constitue la principale garantie pour faire
barrière au racisme, et à l'atteinte à la dignité humaine.
Les recommandations antérieures relatives à la réforme du pouvoir judiciaire a pour vocation de faire jouir les
citoyens et citoyennes d’une justice équitable qui leur garantit leurs droits.

En effet, le procès pénal équitable demeure un cas particulier étant donné le droit pénal à un caractère coercitif et
répressif sur l’inculpé en premier temps.

PARTIE 1 : la consécration du principe de l’indépendance du pouvoir judiciaire :


Chapitre 1 : l’indépendance judiciaire sous l’égide de certaines conventions internationales

L’indépendance de la justice c’était d’abord une revendication, avant qu’elle soit un principe consacré
soit par les conventions internationales ou même par la législation nationale des Etats.

Lorsqu’on parle de l’indépendance de la justice on parle directement d’un régime politique qui consacre comme
principe de base la séparation des pouvoirs. C’est-à-dire la séparation du pouvoir judiciaire des pouvoir exécutif
et législatif.

En effet, l’indépendance du pouvoir judiciaire vise à réaliser la justice et l’équité et à éviter toute influence sur
les magistrats de nature à orienter leur mission.

Au regard des grandes déclarations de droits, comme il est prévu par l’article 10 de la déclaration universelle des
droits de l’homme proclamée par l’Organisation des nations unies en 1948, ou encore l’article 14 du pacte
international relatif aux droits civils et politiques qui stipulent de manière générale que : « Toute personne a
droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal
indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en
matière pénale dirigée contre elle »

Chapitre 2 : l’indépendance judiciaire au Maroc : principe constitutionnel

L’indépendance du pouvoir judiciaire peut être considérée comme un principe fondamental sur lequel se
base le procès équitable, car l’exercice de la justice requiert à être tout à fait indépendant des autres pouvoirs
législatif et exécutif.

En effet, le Maroc comme étant un Etat de droit a consacré l’indépendance du pouvoir judiciaire depuis sa
première constitution de 1962, jusqu’à sa constitution de 2011 qui dispose dans son article 107 que «  le pouvoir
judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif », cela apparait très clairement dans la
dernière réforme du Conseil Supérieur des Magistrats qui est devenu le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire
présidé par sa Majesté le Roi3, vu l’ampleur de la responsabilité des magistrats, notamment la protection des
droits et libertés et la sécurité des personnes.

Il semble important à ajouter que les magistrats sont nommés par un Dahir émanant du Roi, et que le Conseil
supérieur du pouvoir judiciaire veille à l’application des garanties accordées aux magistrats notamment quant à
leur indépendance, leur nomination, leur avancement, leur mise à la retraite et leur discipline.

L’indépendance du pouvoir judiciaire est intimement liée au procès équitable, dans la mesure où le juge dans ses
fonctions ne saurait recevoir d’injonction ou d’instruction, ni être soumis à une quelconque pression. De même
est interdite toute intervention dans les affaires soumises à la justice.

Partie 2 : L’indépendance du magistrat lors du déroulement du procès pénal équitable

Il est possible de garantir l’indépendance du magistrat par :


3
La désignation des magistrats : Les juges doivent être libres dans l’acquittement de leurs fonctions sans
pression, menaces ou ingérence directe ou indirecte dans leurs décisions.

Il faut souligner que le droit international ne recommande pas une méthode précise de désignation de juges, ainsi
le dixième principe de l’indépendance du pouvoir judiciaire insiste sur la compétence et l’intégrité du magistrat
comme principale critère de sélection. Il d’ailleurs, a préciser que la désignation des juges par voie de vote dans
certains états des états unis d’Amérique, quoique démocratique en apparence, est fortement critiquée par le
comité des droits de l’Homme, qui recommande qu’une instance indépendante soit désigné a cet effet, et qu’elle
insiste sur les critères de compétence et intégrité dans sa sélection.

La sécurité de l’emploi : Le juge perd son indépendance, s’il n’est pas assuré de resté en fonction pour une
longue période (jusqu'à ca retraite) comme en dispose les principes 11 et 12. On peut relever dans ce sens
l’expérience péruvienne, qui oblige les juges a repasser a intervalles réguliers des examens de ré-accréditation,
qui encore une fois malgré les apparences, est contre-productive.

La sécurité financière : Un salaire équitable et adéquat est une question primordiale, car elle permet d’attirer
des hauts profils a la fonctions de la magistrature, mais aussi, permettre aux magistrats de résister aux différentes
tentations qui peuvent les empêcher de ne pas honorer leur mission.

Un système de promotion équitable fait aussi partie des dispositifs qui permettent au magistrat de mener bien
leurs missions

Le magistrat de bénéficier lui aussi d’un procès équitable en cas d’engagement de sa responsabilité, comme en
dispose le principe 17.

Enfin, selon le principe 8 le magistrat a le droit comme tout autre citoyen de la liberté d’expression et de la
liberté associatif.

Chapitre 1 : L’indépendance des magistrats debout

L’indépendance du ministère public est un sous objectif de l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Cela se traduit comme l’énonce la charte de la réforme de justice :

- La présidence du parquet échoit au procureur général de sa majesté auprès de la cour de cassation

- Le ministère public communique par écrit au procureur général les dispositions de la politique pénal

- Le procureur général notifie par écrit ces instructions ces instructions au procureur généraux du Roi auprès de
la cour d’appel.

- Le procureur général du Roi communique au ministère public les dispositions dans le cadre de la politique
pénal.

- Le procureur général du Roi présente un rapport annuel auprès du conseil supérieur du pouvoir judiciaire.

Ce principe d ‘indépendance du ministère public sera confirmé par :

- La loi organique sur le statut des magistrats.

- Le projet de loi concernant le conseil supérieur du pouvoir judiciaire.

- Loi 33/17 sur le transfert du pouvoir gouvernemental en matière de justice au procureur général du Roi auprès
de la cour de cassation.

Le ministère public n’est pas uniquement indépendant vis à vis du pouvoir exécutif, il est également
indépendant vis à vis de l’administration public, le tribunal, les parties au litige et même envers lui même.
Vis à vis de l’instance de jugement, celle ci ne peut dicter au ministère public des instructions ou observations
exprimant la position de l’instance de jugement. Cette indépendance vis à vis des juges s’étend aussi aux juges
d’instructions : Cela est exprimé par la limitation et la définition claire des taches de chaque appareil.

Vis à vis des parties au litige : le ministère public est partie principale de l’action publique, qu’elle déclenche
selon ce qu’elle dispose de faits constituants un danger pour la société, sans qu’elle soit influencée par les
circonstances personnelles de certaines parties au litige.

Chapitre 2 : L’indépendance des magistrats du siège

Le juge d’instruction

Etape charnière entre la phase de déduction et la phase de jugement

L’instruction préparatoire dans ce sens est une phase préparatoire du jugement où le juge collecte les pièces à
convictions avant de considérer leur pertinence en toute neutralité et indépendance.

L’indépendance du juge d’instruction qui est un magistrat assis, disposant des privilèges d’indépendance que lui
confère ce statut, ainsi il est inamovible et indépendant vis-à-vis du pouvoir législatif et exécutif.

Il est aussi indépendant vis-à-vis du parquet et des justiciables par le fait que ces décisions ne peuvent être
dictées que par son intime conviction et les preuves rapportées et n’est pas tenu de déférer ni aux demandes de
l’inculpé ou de la partie civile.

L’indépendance du juge d’instruction est une donnée incontournable, ainsi les justiciables ou le ministère public
peuvent récuser le juges d’instructions si il y a un risque pour son indépendance et sa neutralité, le juge
d’instruction peut lui-même demander à être dessaisi d’une affaire si il considère qu’il y a un risque à son
indépendance et sa neutralité.

Le juge de jugement

L’article 109 de la constitution pose le principe de l’indépendance des juges de jugement ceux-ci n’acceptent
aucune intervention et ne doivent subir aucune pression, ceci est garantie par le fait que chaque juge qui estime
que son indépendance est menacé peut subir le conseil supérieur du pouvoir judiciaire.

L’article ajoute aussi que les magistrats du siège ne sont astreints qu’à la seule application de la loi et n’est tenu à
se conformer à des instructions ou ordres de tous genres (contrairement aux magistrats du parquet).

Le juge doit aussi tenir à sa neutralité et indépendance au risque d’être tenu d’une faute professionnelle grave.

L’indépendance du juge vis-à-vis du pouvoir exécutif est consacrée par le principe de l’inamovibilité, principale
garantie pour les magistrats du siège, octroyé par l’article 108 de la constitution, ainsi les magistrats du siège ne
peuvent être destitué, suspendus ou déplacés que dans les conditions prévues par la loi.

Thème 6 : LA COMPETENCE MATERIELLE ET TERRITORIALE DANS SON RAPPORT AVEC L’ORDRE PUBLIC.

PREMIERE PARTIE  : LES ASPECTS JURIDIQUES DE COMPETENCE

1- LES TEXTES RELATIFS A LA COMPETENCE MATERIELLE

La compétence matérielle se fait au niveau de la nature du litige, appelée compétence d’attribution, ou par
rapport à son montant (taux de ressort) :

a) Compétence d’attribution: (article 18/CPC)


Pour ester en justice, il convient de déterminer la juridiction compétente en raison de la matière du
litige selon qu’elle est de nature civile, pénale, affaire de la famille, sociale, commerciale, ou administrative.
Ainsi que les juridictions spéciales et les juridictions de proximité. Sachant que l’attribution de
compétence est d’ordre public. Ceci est nécessaire pour que l’action ne soit pas rejetée pour incompétence
d’attribution, soit d’office par le juge, où évoquée par l’une des parties à l’instance.

Si le litige implique l’Etat, il relève des juridictions administratives. Si l’instance concerne des litiges entre
particuliers, il relève des juridictions civiles. Si le litige concerne des infractions à la loi, il relève des
juridictions pénales. Alors que le Tribunal Militaire est une instance spéciale qui traite des crimes commis
par les militaires ainsi que ceux menaçant la sûreté nationale.

La grande majorité des litiges sont du ressort du tribunal de droit commun qui est compétent
dans des actions de différentes natures que ce soit au niveau de la première instance ou à l’appel à travers
les différentes chambres qui les composent. Certains litiges sont jugés en premier et dernier ressort, alors
que d’autres sont susceptibles d’appel. Les TPI comprennent également une chambre dédiée aux
juridictions de proximité qui ont des compétences limités uniquement à certains litiges qui ne
comprennent pas les matières pénales, le ministère public n’y est pas représenté.
Créées par la loi 42-10 du 17 août 2011, les juridictions de proximité sont saisies de droit de toutes les
affaires relevant de leur compétence du ressort du tribunal de première instance.

Les litiges commerciaux sont du ressort du Tribunal Commercial et ses degrés de juridiction, ses
compétences sont précisées par les articles 6,7 et 8 du Code de Commerce.

Alors que les affaires relevant des litiges de la famille, ils sont dévolus à des sections dédiés à cet effet,
elles font partie intégrante des TPI, même si leurs locaux en sont séparés pour que les justiciables soient
plus à l’aise, étant donné que ces juridictions traitent d’affaires privées.

La cour d’appel est considérée comme une juridiction de premier degré à l’occasion de certaines matières
spéciales, par exemple, quand la cour est saisie d’un litige opposant un avocat au conseil de l’ordre de son
barreau, ainsi qu’en matière de règlement de juges, et lorsque deux tribunaux de 1ère instance ont rendus
des décisions irrévocables par lesquelles ils se sont déclarés en même temps compétents ou incompétents.

En matière criminelle, la cour d’appel est compétente pour juger des crimes en premier ressort au sein de
la chambre criminelle de première instance et en appel en tant que juridiction de second degré devant la
chambre criminelle de deuxième instance de la cour d’appel.

a) Compétence du taux de ressort: (articles 11 et 19/CPC)

Cette compétence relève du montant objet de l’instance, elle sera dévolue à une juridiction de droit
commun, le Tribunal de Première Instance en l’occurrence si le montant du litige est inférieur à 20 000
Dirhams
« Si la valeur de l'objet du litige est indéterminée la décision est rendue en premier ressort » Article
12/CPC.

Pour le juge de proximité, sa compétence en raison de la valeur ne doit pas dépasser 5000 Dirhams);

Enfin, et dans la perspective de sauvegarder l’intérêt et l’ordre public, le ministère public est tenu de
représenter cet intérêt lors des audiences et instances dans toutes les juridictions soit en qualité de partie
principale ou partie jointe ou appelée (articles 6,7,8,9 et 10/CPC).

1- LES TEXTES RELATIFS A LA COMPETENCE TERRITORIALE

En règle générale, la compétence territoriale va de pair avec la compétence d’attribution matérielle,


étant donné que le demandeur à l’instance doit faire prévaloir ses prétentions auprès du TPI, de la cour
d’appel, du tribunal de commerce, où du tribunal de commerce compétent en la matière d’abord. Après, il
doit s’adresser à la juridiction de compétence de l’aire géographique de la partie défenderesse, ou selon
les cas cités dans les articles 27 à 30 du CPC.

Le domaine d’intervention des TPI, qui sont au nombre 70 sur tout le territoire du Royaume, est très varié.
Ils jugent de toutes les affaires qui n’ont pas été spécialement attribuées à une autre juridiction. Ce sont
donc des tribunaux de droit commun, à compétences de tout ordre. Ils sont composés de différentes
chambres (chambre de famille ; chambre civile, etc.)

Alors que les cours d’appel qui sont au nombre de 21, elles ont pour mission en tant que juridiction de
deuxième degré de réformer ou rejuger toute affaire renvoyée devant elles. Ou à sont Président par les
parties non satisfaites des jugements en 1ére instance du TPI situé dans sa sphère géographique de
compétence.

Pour les affaires civiles et de droit commun, il faut s’adresser au tribunal du domicile réel ou élu
du défendeur, au cas où il n’a pas de domicile au Maroc, il peut être traduit devant le tribunal de résidence
du demandeur (Article 27/CPC).

En matière pénale, la compétence territoriale est du TPI dans le ressort duquel l’infraction a été commise.

Pour le tribunal militaire qui est une juridiction d’exception il est régi par la loi du 6 octobre 1972, et est
dotée de la compétence pour juger des crimes commis par les militaires ainsi que ceux menaçant la sûreté
nationale.

La Cour de cassation qui est composée de 6 chambres se trouve à Rabat, elle a pour mission de
traiter de tous les renvois en cassation qui lui sont adressés par les Cours d’appels et les TPI. Elle ne
représente pas une juridiction de troisième degré, elle ne traite pas les affaires dans le fond, mais
uniquement quant au respect de loi par les juridictions subalternes.

DEUXIEME PARTIE  : LES COMPETENCES PAR RAPPORT A L’ORDRE PUBLIC


1- LES COMPETENCES MATERIELLES ET L’ORDRE PUBLIC

L'expression "Ordre public" désigne l'ensemble des règles obligatoires qui permettent la vie en
société et l'organisation de la nation. Sans ces règles édictées dans l'intérêt général, les sociétés humaines
ne sauraient survivre. L'ordre public couvre des notions générales comme la sécurité, la morale, la
salubrité, la tranquillité, la paix publique.

Le trouble à l'ordre public est une situation où la paix publique est atteinte de manière
significative. (Ex : tapage nocturne, exhibitionnisme, attroupement ou émeute…). Son rétablissement est
garanti par l'Etat.

L'ordre public est du ressort de la police administrative. Au Maroc, le maintien et le


rétablissement de l'ordre public relève du ministère de l'Intérieur. Ils sont assurés par la Police nationale
et la Gendarmerie Royale, douanes, les forces auxiliaires et les autres agents de certaines administrations
tels que ; Eaux et forêts, ONCF, finances, …etc.

Alors qu’en matière de justice, c’est au ministère public qu’est dévolue la responsabilité de l’ordre
public. Par sa présence dans les audiences et le suivi des procédures dans les différents tribunaux et cours
du Royaume. Ainsi qu’en matière de conduite et de gestion des enquêtes et perquisitions en tant que
partie principale ou intervenir comme partie jointe ou appelée.

Le Code de procédure Pénale donne de larges prérogatives au ministère public : Pour les
compétences matérielles; le parquet est obligatoirement représenté dans tous les procès pénaux, auxquels
il est partie principale. C’est lui qui met en mouvement l’action publique, de l’enquête préliminaire, à
l’enquête de flagrance et reçoit les procès-verbaux, les plaintes et les dénonciations et apprécie la suite à
leur donner; procède ou fait procéder à tous les actes nécessaires à la recherche et à la poursuite des
infractions à la loi pénale appuyé en cela par les officiers de police judiciaire et les agents et auxiliaires de
police judiciaire dépendant de la sphère géographique de son tribunal de compétence. Son autorité peut
s’élargir lors de ses investigations dans des crimes régis par la Cour d’Appel de Rabat, en matière de
terrorisme.

Le CPP à mis à la disposition des magistrats du parquet des collaborateurs représentants de la force
publique pour les épauler dans l’exercice de leur tâche. Une fois le mis en cause présenté en jugement, le
procureur, assiste à l’instance, y débat, assure l’exécution des décisions de justice jusqu’à leur terme.

Ces compétences de suivis des différentes étapes de l’instance permettent aux magistrats du parquet, ainsi
qu’au juge d’instruction d’être attentifs à toute action pouvant perturber l’ordre public de la nation, et
l’application de la loi dans toute sa rigueur tout en préservant les droits des mis en cause et leur défense.

1- LES COMPETENCES TERRITORIALES ET L’ORDRE PUBLIC

Les membres du ministère public sont amovibles et dépendent de leur hiérarchie coiffée par le
Procureur Général du Roi près la Cour de Cassation. Ils forment un corps interchangeable, ses membres
peuvent se remplacer les uns les autres dans les procès se déroulant à travers plusieurs audiences, et
peuvent même se remplacer au cours d’une même audience

Le procureur du Roi représente en personne, ou par ses substituts, le ministère public et exerce, dans le
ressort du tribunal près duquel il est établi, sous l’autorité du chef du parquet général, l’action publique
soit d’office, soit sur les dénonciations de toute personne lésée.
Il doit tenir informé le chef du parquet général des crimes qui parviennent à sa connaissance ainsi que des
événements et infractions graves de nature à troubler la paix publique (Article 37).

Alors que l’Article 41/CPP, dispose : Sont territorialement compétents le procureur du


Roi du lieu de l’infraction, celui de la résidence de l’une des personnes soupçonnées
d’avoir participé à l’infraction, celui du lieu d’arrestation d’une de ces personnes, même
lorsque cette arrestation a été opérée pour une autre cause.

La notion de territorialité de compétence dans cet article comprend le lieu géographique


de commission de l’infraction, celui du lieu de résidence des mis en cause et le lieu de
leur arrestation, même si celle-ci n’a pas de relation avec l’infraction initiale.
Ceci permet au ministère public d’exercer ses prérogatives de gardien de l’ordre public,
même si les mis en cause se trouvent hors de sa juridiction de compétence territoriale.
Le but est de donner une flexibilité territoriale plus étendue à l’action publique en vue
de réduire les possibilités d’échapper à la justice en changeant de zone géographique.

Thème 7 : Les défenses de forme et de fond devant le juge pénal :

" Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement,.. par un
tribunal indépendant et impartial, établi par la loi... ", article 6-1 de la Convention européenne
des droits de l'homme.

Contrairement à ce que beaucoup croient, la défense ne se joue pas, seulement, dans le cadre des
plaidoiries menées lors des audiences, les droits de défense sont présents dès le début du procès. Si les poursuites
ont pour objet de forger la vérité suites aux preuves retenues, la défense à pour objet de changer la forme de cette
vérité en la faveur du prévenu. Toutefois, ce changement ne vient pas comme ça, il faut que l’avocat cherche les
lacunes menant au droit afin de détruire les constructions de police (lors du procès) et du ministère public (lors
de l’audience et du procès dans quelques cas). 
En effet, l’expression « droits de défense » signifie l’ensemble des garanties qui garantissent à l’inculpé la
possibilité d’assurer effectivement sa défense dans le procès pénal et dont les violations constituent une cause de
nullité de la procédure. Pour en clarifier plus la notion,   en se basant sur des considérations terminologiques, il
convient d’en préciser la différence entre « le droit de la défense » in concreto et « le droit à la défense » in
abstracto. Le premier droit est l’effet du deuxième. En d’autres termes, c’est le droit à la défense qui ouvre la
porte au droit de défense.
Pour assurer la légitimité des procédures édictées par la loi, des défenses de fond et de
forme ont été mises à la disposition des parties au procès pénal et surtout le suspect.
L’importance des défenses de forme s’apprécie à deux niveaux. Elle permet d’assurer la
sérénité des mesures prises contre le suspect d’une part. Et d’autre part, de préserver les
preuves en matière pénale.

 1ère partie : Le droit de défense en tant que présumé responsable devant la juridiction pénale

Chapitre 1: Les moyens de défense de forme

L’article 323 du code de procédure pénale dispose, a peine de forclusion, les demandes de renvoi pour
incompétence, si ce n’est en raison de la matière, les exceptions tirées de la nullité, soit de la citation, soit de la
procédure antérieurement suivie, les questions préjudicielle doivent être présentées simultanément avant toute
défense au fond.

La juridiction est tenue de statuer immédiatement sur ces demandes et peut, exceptionnellement, reporter
l’examen par décision motivée jusqu’à la décision sur le fond

Elle poursuit les débats, le droit de recours étant réservé pour être exercé en même temps, que le recours contre
la décision sur le fond

Les défenses de forme constituent l’une des garanties du procès pénale équitable. Cependant, Toute exception
de procédure doit être soulevée par le défendeur avant toute défense au fond, C.à.d. que le défendeur doit
invoquer l’exception avant de répondre aux arguments du demandeur

Les défenses de frome sont tous les moyens qu’une partie peut évoquer pour montrer un vice soit
pendant la poursuite, l’enquête, l’instruction, voire même le jugement. Alors que les défenses de fond
concernent, comme leur nom l’indique le fond, le noyau d’une action pénale ou son action civile accessoire ou
encore l’absence d’un des éléments de l’infraction.

Chapitre 2: Les moyens de défenses au fond

Le législateur marocain n’a pas cherché à limiter les défenses de fond malgré leur différence.
Et donc, le coupable peut invoquer, ce qu’il désire de ces défenses, devant le juge de
l’action.

Étant donné que les défenses de fond concernent le fond de l’action, ses faits et ses
preuves il est impossible de les limiter. Autrement dit, le développement de l’infraction
conduit automatiquement au développement de ces défenses.
 Défenses qui concernent l’absence de l’élément l’égal
L’élément légal permet de situer l’infraction dans un cadre juridique qui détermine à la fois
les éléments constitutifs de l’infraction et la sanction adéquate qui lui est applicable. Donc,
en absence d’un cadre légal l’acte ne peut être considéré comme infraction. C’est ce qu’on
appelle le principe de légalité rappelé par l’article 3 du code de procédure pénale .

 Défenses qui concernent l’absence de l’élément matériel


L’auteur doit avoir commis les actes réprimés par la loi .Pour exister l’infraction doit être
matérialisée par un acte interdit ou par l’omission d’un acte prescrit par la loi.

 Défenses relative aux causes de non-imputabilité


Pour que la responsabilité d’un individu soit engagé il faut qu’il ait commis une faute et que
cette faute puisse lui être imputé, c’est la notion d’imputabilité. L’imputabilité le code pénal
a prévu des cas de non imputabilité qui exonère ou attenue l’agent de sa responsabilité
notamment la minorité, la démence, la contrainte .

 La démence
La démence peut être définie comme une altération totale et durable de facultés mentales
telles que le dément n’a plus conscience de ses actes, en d’autres termes l’individu est privé
de tout discernement. Pour supprimer la responsabilité pénale (Article 134 du code pénal) la
démence suppose deux conditions :

1- Il doit s’agir d’une démence totale ayant aboli le contrôle des actes
2- La démence, il faut qu’elle existe au temps de l’infraction (contemporaine à l’acte
délictuel)
 La contrainte physique
C’est tout fait que l’on ne peut prévenir, c’est le fait d’un individu d’agir sous la pression
d’une force à laquelle il ne peut résister, cette force supprime sa volonté et par conséquent
toute liberté de décision. Il s’agit dans ce cas aussi de cause subjective d’irresponsabilité
pénale.

 faits justificatifs
Il peut arriver qu’un acte contraire à la loi pénale et constituant une faute, soit licite et
n’expose son auteur à aucune condamnation, l’acte est légitime, justifié par la présence d’un
fait justificatif. Les faits justificatifs sont des faits objectifs qui font disparaitre l’acte
délictueux d’un acte. L’article 124 prévoit trois sortes de faits justificatifs :

1- L’ordre de la loi et commandement de l’autorité légitime


2- Légitime défense
3- L’état de nécessité

 Les défenses relatives à la légitimité des preuves :

A cet égard, on parle de nullité et ses conséquences, de contrefaçon ou encore de falsification.

Partie 2  : variété de jugement en fonction de la question tranchée, de la phase procédurale à


laquelle elle intervient  :

Section 1 : Les jugements de procédures 

Ces jugements comme leur non l’indiquent, ne tranchent pas le fond n’acquirent l’autorité de la chose jugée
qu’une fois rendue définitivement sur la question soulevée et ne sont, en principe, attaquables qu’en même
temps que la décision sur le fond (article 401 )

Non seulement ils peuvent être rendu par une même juridiction, mais peuvent intervenir dans une même
affaire .Leurs effets sont déterminants pour la suite du procès et pour les droits des plaideurs  ;il faut distinguer
entre les jugements d’incompétences

A/ Les jugements d’incompétence

Normalement chaque juridiction saisie doit vérifier sa compétence. Le ministère public et les particuliers
restent habilités à le lui demander .Cette incompétence est rare devant la chambre criminelle eu égard à sa
plénitude de compétence. Mais son soulèvement devant la juridiction es soumis à quelques règles
.L’incompétence territoriale doit être soulevé avant tout débat sur le fond, au début du procès, alors que
l’incompétence d’attribution peut être soulevée à n’importe quel moment de la procédure même devant la
cour suprême.

B/Les jugements avant dire droit ;

Ils n’interviennent pas sur le fond, mais s’attaquent à des incidents de contentieux ou
ordonnent des mesures .Ils visent, comme dit une certaine doctrine ,à préparer la solution
finale du procès .Leur nom est significatif puisque ces jugements vont régler ,par exemple un
problème comme celui de la recevabilité de la partie civile ,de la validité d’un acte de
procédure .

Contrairement au jugement d’incompétence, les jugements avant droits ne dessaisissent pas


la juridiction.

Une fois l’incident clos ou la mesure effectuées, les débats reprennent devant la juridiction
C/ Jugements d’irrecevabilité ;
Ils font face a la saisine irrégulière de la juridiction .L’infraction existe peut être mais la juridiction se refuse à la
recevoir pour la simple raison qu’elle est irrégulièrement saisie .Il en est ainsi chaque fois que le plaideur utilise
la citation directe alors qu’il faut une instruction ou que le ministère poursuive sans plainte dans le cas ou celle-
ci est exigée

Ce jugement dessaisit la juridiction et l’appel devant la chambre des appels correctionnels reste possible, mais
la personne garde le droit de s’adresser a la juridiction compétente en réguisant sa demande et pour peu que
le délai de prescription ne soit écoulé .Toutes ces décision en principe, sont susceptibles de cassation devant la
cour de cassation .

Section2 : les Jugements de fond :

Le fait de statuer sur une défense de fond met fin automatiquement et directement au litige pénal. Et par
conséquent, il est impossible et interdit de statuer de nouveau sur la même défense devant le tribunal ayant
rendu le verdict ou devant un autre tribunal.

Cependant, le droit de statuer sur les défenses de fond donne uniquement et exclusivement le droit de faire
appel ou de se pourvoir en cassation dans la mesure où le jugement y relatif bénéfice de l’autorité de la chose
jugée.

Toutes les parties peuvent invoquer le vice de fond. Le juge peut relever d'office le vice de fond pour défaut de
capacité d'ester en justice et doit relever d'office les nullités ayant un caractère d'ordre public.

Contrairement au vice de forme, la nullité d'un vice de fond relatif à un acte de procédure peut être soulevée
tout le long de la procédure.

Il s’agit des décisions qui tranchent l’ensemble du procès en se prononçant sur l’existence de l’infraction de la
responsabilité pénale, la sanction, la réparation civile éventuelle et les charges .

B/ les décisions de relaxe ou d’acquittement :

Qu’il s’agisse d’une relaxe par le tribunal de premier instance ou d’un acquittement par la chambre criminelle,
la personne poursuivie n’est condamnée ni a la peine ni aux dépens, et ce quelle que soit les raisons de la
décision (droit, fait voire doute)

Observons toutefois que le jugement de relaxe reste susceptible d’appel, alors que l’arret d’acquittement ne
peut faire l’objet d’appel ni de pourvoi en cassation sous l’angle de l’action publique

L’effet de la décision sur la libération de la personne relaxée dépend des conditions du jugement et de
l’exercice de l’appel, alors qu’on matière d’acquittement il est immédiat
Il reste nécessaire de noter que le particularisme de l’acquittement ne se justifie plus par les données
législatives de 1974. En effet depuis cette date, la chambre criminelle ne se compose que de magistrats
professionnels dont la décision n’obéit qu’aux règles de droit, criminel.

Thème 8 : L’intime conviction du juge :

La question de la preuve revêt une importance particulière dans le procès pénal. D’abord, l’objet même du
procès pénal est de rechercher la vérité et de rassembler les preuves qui permettent de déterminer si la
personne est coupable. Ensuite, les conditions dans lesquelles les preuves sont recherchées, produites,
discutées, et appréciées peuvent mettre en jeu les droits et les libertés fondamentaux, les règles du procès
équitable en général.
Le droit de la preuve est spécifiquement régit par les articles 286 à 296 du Code de Procédure Pénale, dans la
section « des modes de preuves » (chapitre « des audiences).
L’article 286 dans son alinéa 1 consacre à travers ses dispositions deux principes essentiels  : « les infractions
peuvent être établies par tout mode de preuve, hors les cas où la loi en dispose autrement, et le juge décide
d’après son intime conviction  ». Nous remarquons que l’intime conviction est une règle d’appréciation de la
preuve, celle-ci étant par principe libre. L’absence de hiérarchie entre les preuves permet au juge d’exercer son
pouvoir d’appréciation.
Le système de l’intime conviction repose sur l’existence de juges citoyens
Ce système « absurde » des preuves légales a fini par faire réagir la doctrine. Beccaria (entre autres) souhaite
que ce ne soient plus des professionnels qui décident de la culpabilité. Pour lui, le « simple bon sens est un
guide moins trompeur que tout le savoir d’un juge accoutumé à ne rechercher partout que des coupables, à un
système qu’il s’est fait d’après ses études». De nombreuses séances de la Constituante sont consacrées à
l’étude du système des preuves, au remplacement des magistrats professionnels par des citoyens.
En mettant en place le jury (inspiration du droit anglais), les constituants font disparaître le système des
preuves légales, en le remplaçant par celui de la preuve morale. Le système judiciaire est fondé sur la
conception de l’homme ignorant qui va juger avec bon sens, l’homme libre, forcément intègre. Le système de
l’intime conviction est ainsi fondé sur le jugement par des citoyens ignorants les choses du droit qui se
prononcent par oui ou par non, avec pour seul guide leur conscience, pour seule lumière leur propre raison
et n’ont pas à motiver leur décision. « La loi ne demande pas compte aux juges des moyens par lesquels ils se
sont convaincus. Elle ne leur prescrit pas de règles desquelles ils doivent faire particulièrement dépendre la
plénitude et la suffisance d’une preuve.

Au Maroc en 1959, l’institution du jury était établie. Les 4 assesseurs-jurés disposaient de la


majorité, face aux deux magistrats assesseurs et au président. Le dahir de 1962 avait institué
une égalité plus apparente que réelle (trois contre trois), pour la simple et bonne raison que
la voix du président était prépondérante en cas de partage des voix. 4 Le Dahir de 1974 avait
mis fin à l’existence du tribunal criminel et du jury en matière criminelle. La chambre
criminelle de la Cour d’Appel qui prendra désormais la relève, sera exclusivement composée
de magistrats professionnels, au nombre de cinq.
La règle de l’intime conviction est affirmée dans l’article 286 du Code de procédure pénale. «  Les infractions
sont établies par tout mode de preuves, et le juge décide d’après son intime conviction ». D’ailleurs, la
motivation n’est exigée que depuis 2002.

I- La formation de l'Intime conviction


4
La formation de l’intime conviction est le résultat d’une appréciation (B) normalement
souveraine de la valeur des preuves. Celles-ci étant libres (non déterminées à l’avance par la
loi), légales dans le sens de la légitimité et de la régularité et obligatoirement discutées en
audience (A)

A- Assise sur des preuves libres, légales et discutées.

Le principe de l’intime conviction repose sur la liberté des moyens de preuve, la régularité et la loyauté de leur
administration et leur discussion en audience publique.

La liberté de la preuve.
L’atout de la preuve libre est de n’exclure par principe aucun procédé, laissant à cette vérité tous les moyens
de se manifester.5 Les infractions peuvent être établies par tout mode de preuve, hors les cas où la loi en
dispose autrement.
Le juge doit respecter les principes de la liberté des preuves et leur égale valeur. En l’absence d’une hiérarchie
légale entre les modes de preuves, il n’est certes pas tenu de faire prévaloir telle ou telle preuve, mais pour la
même raison il ne peut davantage sans s’expliquer écarter arbitrairement tel ou tel élément à charge et à
décharge.
Il est des cas où la loi détermine un moyen précis de preuve : les passions pouvant stimuler les accusations les
plus fantaisistes, le législateur veille de cette façon à ce que la sécurité des personnes ne soit pas mise en cause
à la légère. Ce souci de préserver l’individu face à des plaintes injustifiées peut expliquer dans une certaine
mesure la limitation légale des moyens de preuve admissibles à l’encontre de la femme adultère ou de son
complice.
Les cas où « la loi en dispose autrement » : Ex. En cas d’adultère, seuls l’aveu (écrit ou judiciaire) et le flagrant
délit sont acceptés.

b- Fondée en principe sur une libre appréciation de la valeur de la preuve.


La conviction désirée demeure celle du juge et de l’homme.

Appréciation raisonnée :
L’intime conviction est un principe d’appréciation de la valeur des preuves. Les
juges sont libres de tenir compte des éléments de preuve qui leur sont soumis.
On peut penser que cela revient pour le juge de décider d’après ses sentiments,
son intuition affective. De fait, les adversaires du système de l’intime conviction
ont mis l’accent sur son caractère impressionniste. Il s’agit en réalité d’une
méthode beaucoup plus rationnelle. Elle fait appel davantage à la raison
qu’aux sentiments du magistrat. La conviction intime est d’autant moins
d’ordre sentimental que la décision de justice n’est pas une opinion propre au
juge mais bien souvent l’émanation du sentiment collectif du groupe. Dans les
juridictions collégiales, on ne conçoit pas comment la conviction puisse être
partagée par autrui si elle ne prend pas appui sur des bases positives et
objectives. L’article 430 du CPP dispose dans ce sens que les membres de la
chambre criminelle délibèrent sur la culpabilité de l’accusé et sur la peine. De
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plus, toute décision prise par une juridiction doit avoir été délibérée, même s’il
n’y a qu’un seul juge.
II- La justification de l’intime conviction

La décision doit comporter ce qui justifie la conviction du juge conformément au huitième alinéa de l’article
365. (Tout jugement, arrêt ou ordonnance, doit contenir les motifs de fait et de droit sur lesquels le
jugement, l’arrêt ou l’ordonnance est fondé, même en cas d’acquittement.)
Les jugements (arrêts ou ordonnances) sont nuls s’ils ne sont pas motivés.

La justification permet le contrôle de l’ampleur de la motivation (A), mais celle-ci coiffe-t-elle


toute l’intime conviction (B) ?

A- le contrôle de l’ampleur de la motivation


La motivation du jugement est une garantie contre toute forme d’abus de pouvoir par le magistrat,  elle permet
aussi l’appréciation de la cour d’appel qui pourra vérifier le bien fondé du jugement en se référant aux sources
d’inspiration du juge.

Le jugement doit comporter une véritable discussion juridique et rationnelle de la preuve et des moyens de
défense plus généralement. Le juge est tenu de préciser les circonstances de fait dans lesquelles l ’infraction
aurait été commise et d’indiquer la qualification légale des agissements. Si la prévention n’est pas reconnue
fondée, il est nécessaire de mettre la cour de cassation en mesure d’apprécier si, dans l’opinion de la juridiction
qui a statué, la preuve des faits était incomplète ou si ces faits ne constituaient aucun délit.

 Vérification de l’absence de contradiction entre les motifs


Les décisions contenant des motifs contradictoires sont nulles. Il peut s’agir de contradiction des motifs entre
eux, ou bien, entre le dispositif (correspond à la décision finale de la juridiction) du jugement et les motifs. Un
jugement qui énumérerait une longue liste de preuves ne pourrait conclure que les magistrats ne sont pas
convaincus, ni une décision condamner à propos d’un dossier qu’elle révélerait vide.

 La justification du doute
La mise en œuvre de la règle de l’intime conviction et de la maxime in dubio pro reo (le doute profite à
l’accusé) est soumise au contrôle de la cour de Cassation. Si les juges apprécient librement la valeur probante
des éléments qui sont soumis à leur appréciation et décident d’après leur intime conviction, on ne saurait
admettre qu’après avoir énuméré des éléments de preuve apparemment décisifs, ils se bornent à affirmer,
pour prononcer relaxe, l’existence d’un doute sans en donner aucune justification ».
Cependant, une part de subjectivité affective dépourvue de raison objective échapperait au droit.
La motivation : rempart efficace contre la partialité ?
Droit à un juge impartial : exigence du procès équitable

En pratique, les magistrats ne sont pas toujours à l’abri des réactions impulsives. Ils se laissent parfois guider
par les apparences extérieures telles que la physionomie antipathique (ou sympathique) de l’accusé, ses
antécédents judiciaires, son rang social… ces préjugés peuvent être à l’origine de bien des erreurs judiciaires,
dans le sens de la sévérité ou de l’indulgence.

Le préjugé c’est la partialité envers les parties (préjugé raciste par exemple) alors que le pré-jugement serait
plutôt une atteinte à la présomption d’innocence, le juge retenant la culpabilité sans respect des garanties
procédurales.
Les juges ne peuvent arrêter leur intime conviction qu’au terme d’une appréciation impartiale des éléments de
preuve rapportés lors des débats. La juridiction qui ne présente pas les garanties d’impartialité ne peut garantir
aux personnes soumises à sa juridiction un procès équitable. Un procès n’est plus équitable lorsqu’il existe ne
fût-ce que des motifs de douter sérieusement de l’impartialité du juge, de sorte que la conduite du magistrat
appelé à juger autrui doit être au-dessus de tout soupçon.
L’impartialité personnelle ou subjective s’attache aux éléments permettant d’apprécier la conviction
personnelle du juge. Son attitude, sa conduite, son comportement ou encore ce qu’il pensait en son for
intérieur. Il s’agit de vérifier si le juge n’a manifesté aucune prévention, aucun parti pris, aucun pré jugement,
aucun préjugé personnel, aucune idée préconçue, aucune amitié, hostilité ou malveillance quelconque , qu’il
n’a exercé aucune influence injuste sur l’issue de la procédure, qu’il n’a été motivé par aucune considération
personnelle étrangère à la cause.

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