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Raffinage-Pétrochimie-Chimie-Ingénierie

———

ENTRETIEN INSPECTION DES ÉQUIPEMENTS STATIQUES


DES INDUSTRIES CHIMIQUES ET PÉTROLIÈRES

Module 3 :
Mise en œuvre des matériaux
Contrôles non destructifs et destructifs

DÉFAUTS DE SOUDURES

I - SOUDURES À L’ARC MANUEL AVEC ÉLECTRODES ENROBÉES ...................................... 1


1 - Fissures........................................................................................................................................ 1
2 - Cavités .........................................................................................................................................3
3 - Inclusions solides .........................................................................................................................4
4 - Manque de fusion .........................................................................................................................4
5 - Défauts de forme.......................................................................................................................... 6

II - DÉFAUTS DES SOUDURES TIG ........................................................................................... 10

III - DÉFAUTS DES SOUDURES MIG ET MAG............................................................................ 12


1 - Défauts de forme........................................................................................................................ 12
2 - Défauts internes .........................................................................................................................13
3 - Fissuration.................................................................................................................................. 15

01226_A_F- Rév. 1 19/01/2004

 2004 ENSPM Formation Industrie - IFP Training


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I- SOUDURES À L’ARC MANUEL AVEC ÉLECTRODES ENROBÉES

1- FISSURES
a - Fissures à chaud

Les fissures à chaud se forment au début du processus de refroidissement. Elles sont presque
toujours longitudinales en plein milieu du cordon car le refroidissement des bords s’effectue en premier
lieu grâce à la proximité du métal de base.

D MAC 1295 A
Fissures à chaud

Pour les éviter, il faut utiliser un métal de base approprié qui soit bien un métal “soudable”. D’autres
précautions sont à prendre :

- éviter les soudures bridées


- éviter les soudures profondes et étroites ou, si ce n’est pas possible, les exécuter en
plusieurs passes
- choisir des électrodes basiques puis, à un degré moindre, les rutiles
- un bain très chaud se refroidissant moins vite, il est bon d’utiliser une intensité plutôt forte et
d’adopter une vitesse d’avancement modérée
- un martelage très prudent sauf pour les passes de fond

b - Fissures à froid

Fissures qui se forment à la fin du processus de refroidissement. Il peut arriver que dans la zone de
liaison, une partie du métal de base ait été chauffée jusqu’à atteindre la température de transformation
en austénite ; si la vitesse de refroidissement dépasse une certaine valeur critique, il se forme de la
martensite, de grande dureté mais peu susceptible d’allongement. Cette structure ne pouvant suivre
les déformations de retrait, la rupture du joint est probable.

Les fissures sont presque toujours longitudinales mais courant le long du cordon.

Pour éviter ces fissurations, il faut empêcher la vitesse de refroidissement d’atteindre sa valeur critique
et on adopte des dispositions limitant l’effet du retrait. On peut par exemple :

- éviter les assemblages bridés


- vérifier la composition du métal de base et tenir compte de l’épaisseur des pièces : plus elle
est forte, plus le danger est certain
- dans tous les cas, éviter de souder sur du métal trop froid. Si la température ambiante est
inférieure à 0°C, il faut préchauffer jusqu’à atteindre 35 à 40°C

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- en soudage multipasses, examiner avec un soin particulier la passe de fond pour laquelle la
vitesse de refroidissement est la plus élevée
- dans la mesure du possible, utiliser des électrodes de gros diamètre
- souder sans interruption
- ne pas hésiter à préchauffer et même à post-chauffer si les conditions sont défavorables
- éviter l’amorçage de l’arc sur une surface froide

c - Fissures transversales

Dans la zone fondue, ce sont des fissures à froid provoquées par le retrait longitudinal. Elles peuvent
se propager dans le métal base si sa composition est défectueuse. Elles peuvent apparaître dans le
métal de base seul, par suite des contraintes internes, surtout si l’épaisseur est forte.

d - Fissures de pointage

Le métal déposé pour pointer les pièces est soumis à un refroidissement particulièrement rapide. Le
risque de fissuration y est considérable, ce qui nécessite des précautions spéciales.

On pointe avec des électrodes de diamètre plutôt petit, après préchauffage si la composition et
l’épaisseur de la pièce l’exigent. Les points doivent être étroits et longs.

e - Fissures de cratère

Ces fissures, fines et courtes, apparaissent à la surface du cratère qui termine un cordon de soudure.
Leur origine est un refroidissement trop rapide dû au fait que le soudeur a allongé son arc trop
brusquement en finissant son cordon.

f - Microfissures

Il apparaît :

- des microfissures sous cordon dans la zone de transition, dues à la présence d’hydrogène
libre dissous ou combiné

- des microfissures le long des lignes de grains, qui sont provoquées par les contraintes
s’exerçant sur la soudure. Elles apparaissent surtout dans les soudures profondes en une
seule passe et dont la structure est basaltique

On peut éviter les secondes en adoptant les soudures multipasses lorsque cela est nécessaire, par
exemple lorsque la largeur est inférieure au double de l’épaisseur.

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2- CAVITÉS
a - Soufflures

Cavités formés par du ou des gaz. Selon leur forme on peut distinguer :

- les soufflures sphéroïdales qui sont sensiblement sphériques


- les soufflures allongées qui sont des soufflures non sphéroïdales dont la dimension
principale est parallèle à l’axe de la soudure
- les soufflures vermiculaires, en forme de galerie de ver et qui sont dues au cheminement
des gaz
- les piqûres, qui sont des soufflures de petite dimension débouchant en surface

Ces soufflures peuvent être uniformément réparties, groupées en nid de soufflures ou encore alignées
ou en chapelet.

Ces soufflures sont constituées par des bulles de gaz qui n’ont pu se dégager lorsque le bain était
liquide et restent occluses dans la masse du cordon. Elles affaiblissent le joint, réduisant surtout sa
résistance à la fatigue.

Les gaz occlus dans ces soufflures sont composés principalement de CO provenant de la réduction de
l’oxyde de fer par le carbone CO2 , SO2 et éventuellement de O 2 , d’H2 ou de N2 . Ces gaz proviennent
soit de réactions chimiques entre les matériaux des enrobages, soit de l’air et de l’humidité ambiante.

Les principales causes de la formation de soufflures sont :

- la composition du métal de base et du métal d’apport, notamment si les éléments


désoxydants sont insuffisants

- le décapage insuffisant des pièces à assembler

- la faible fluidité du bain de soudure. Plus le bain reste liquide longtemps, plus les gaz ont de
facilité pour parvenir à la surface

- la décomposition dans l’arc de la vapeur d’eau en oxygène et hydrogène. Ce dernier gaz


est très soluble dans l’acier liquide mais une partie se dégage pendant le refroidissement ;
le reste donne des soufflures

- le mauvais choix de l’intensité du courant de soudage : trop faible, le bain est trop froid et
manque de fluidité ; trop forte, la quantité de gaz en solution dans le bain augmente
rapidement

b - Autres cavités

On rencontre également :

- les retassures qui sont des cavités dues au retrait du métal au moment de la solidification

- les retassures de cratère, cavités ou dépression en fin de passe ou dans une reprise, non
éliminées avant ou pendant l’exécution de la passe suivante

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3- INCLUSIONS SOLIDES
Il y a inclusion solide lorsqu’un corps solide étranger est emprisonné dans la masse de métal fondu. Il
peut s’agir :

- de laitier
- d’oxydes
- de particules métalliques

a - Le laitier

Il peut arriver que des particules de laitier restent incluses dans la masse de la soudure. Ces inclusions
se présentent sous forme de lignes discontinues le long des rives de cordon ou amas irréguliers au
milieu du cordon. De tels défauts sont graves, car ils réduisent la résistance mécanique du joint.

Dans le cas des soudures en une seule passe, ces défauts sont généralement dus à une mauvaise
technique opératoire (balancement incorrect, soufflage magnétique non compensé par une inclinaison
de l’électrode, …) ou l’emploi d’une électrode trop grosse qui provoque une fusion si rapide que l’arc
n’a pas le temps de chasser le laitier.

Dans le cas du soudage multipasse, la cause la plus fréquente est une mauvaise élimination du laitier
provenant des passes précédentes.

b - Les inclusions d’oxyde

Les inclusions d’oxyde proviennent de l’oxydation des éléments métalliques formant le bain de fusion.
Ce genre de défaut est favorisé par un arc trop long ; sa détection est difficile et sa correction se fait
comme pour les inclusions de laitier.

4- MANQUE DE FUSION
Le manque de fusion se manifeste par :

- le collage qui est un manque de liaison entre le métal déposé et le métal de base ou entre
deux couches contiguës de métal déposé

- le manque de pénétration qui est une absence partielle de fusion des bords à souder,
laissant subsister un interstice entre ces bords

a - Collage

Dans le collage, le métal déposé fondu est en contact avec un métal de base qui n’a pas été porté à la
température de fusion par la chaleur de l’arc, de sorte que, au moins par endroits, il n’est pas lié au
métal de base. Ce défaut est important car il affecte sérieusement la résistance mécanique du joint.

Les causes principales sont une mauvaise tenue de l’électrode, l’emploi d’électrodes de trop petit
diamètre ou le choix d’une intensité trop réduite.
D MAC 1280 A

Collage

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b - Manque de pénétration

Le manque de pénétration constitue à la fois une diminution de section du joint et une amorce de
rupture. C’est un défaut fréquent et grave qui prend des aspects différents selon les types de joint. Les
exemples suivants montrent les principales causes du manque de pénétration.

• Soudure bout-à-bout à bords droits en une seule passe

Les causes possibles sont :

- une mauvaise préparation des bords, écartement trop petit ou égard à l’épaisseur
- un courant de soudage trop faible ou arc trop long
- une vitesse d’avancement trop rapide
- un diamètre de l’électrode trop grand
- une épaisseur des tôles trop forte, compte tenu du type d’enrobage et du diamètre choisis
pour permettre une préparation à bords droits

D MAC 1281 A
• Soudure bout-à-bout à bords droits avec reprise à l’envers

Les causes possibles de ce défaut sont les mêmes que dans le cas précédent.
D MAC 1282 A

• Soudure bout-à-bout avec chanfrein en V sans reprise à l’envers

Les causes de ce défaut sont les mêmes que ci-dessus.


D MAC 1277 A A

• Soudure bout-à-bout avec chanfrein en V avec reprise à l’envers

Le défaut est dû à un courant trop faible ou à ce que la racine du premier cordon n’a pas été gougée
avant reprise à l’envers.
D MAC 1278 A

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• Soudure bout-à-bout avec chanfrein en X

Le manque de pénétration est dû à un courant de soudage trop faible ou à la présence d’un méplat
trop haut entre les deux chanfreins.

• Soudure d’angle en T avec chanfrein en demi V

Le manque de pénétration est dû à un écartement trop faible, un angle de chanfrein trop petit ou un
diamètre d’électrode trop fort.

D MAC 1279 A
• Soudure d’angle en T sans chanfrein

Il faut incriminer ici l’intensité trop faible ou le diamètre d’électrode trop fort.

D MAC 1283 A

5- DÉFAUTS DE FORME
a - Caniveaux et morsures d’arc

Il s’agit d’un manque de métal en forme de sillon s’étendant sur une certaine longueur des bords de la
soudure (caniveaux) ou d’un manque de métal localisé (morsure d’arc). Les caniveaux peuvent
également se trouver à la racine de la soudure (caniveaux à la racine).

La présence de caniveaux est rarement susceptible d’amoindrir la résistance mécanique statique du


joint, mais elle peut compromettre sa résistance à la fatigue.

Les caniveaux sont dus à un courant de soudage trop intense et à une technique de soudage
défectueuse.
D MAC 1284 A

Caniveaux

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b - Surépaisseur excessive - Convexité excessive

Il y a excès d’épaisseur du métal déposé dans les passes terminales d’une soudure ou, dans le cas
d’une soudure d’angle, un profil exagérément convexe.

b a s

D MAC 1285 A
s

Surépaisseur excessive - Convexité excessive

L’excès de métal ne compromet généralement pas la résistance du joint aux contraintes statiques,
mais il réduit sa résistance aux efforts dynamiques et cela d’autant plus que le cordon se raccorde à la
surface de la tôle par un angle vif a ou un recouvrement b qui produisent un effet d’entaille.

Ce défaut est dû à une vitesse trop lente ou une intensité trop forte ; si l’excès de métal apparaît à la
racine du joint, il est dû, le plus souvent, à un écartement trop important.

c - Excès de pénétration

C’est un excès de métal à la racine pour


une soudure exécutée à partir d’une seule
face ou à travers le métal déjà déposé
pour une soudure en plusieurs passes. Si
ce défaut est localisé, on l’appelle goutte.

Dans le premier cas, un écartement trop


D MAC 1286 A

grand et plus généralement une


préparation incorrecte, une intensité trop
forte, un type d’électrode non approprié et Excès de pénétration
même une mauvaise manipulation de
l’électrode peuvent être à l’origine du
défaut.

d - Manque d’épaisseur

Il y a insuffisance locale ou continue de métal déposé conduisant à un profil de cordon en retrait par
rapport au profil correct. Ce défaut peut se manifester de diverses façons.

• Cordon creux

On peut incriminer une mauvaise pénétration,


D MAC 1287 A

un pointage trop espacé, un courant de


soudage trop intense ou un type d’électrode
mal adapté.

Si le manque de métal apparaît à la racine, il


Cordon creux
s’agit d’un manque de pénétration.

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• Soudure d’angle trop plate

Le cordon n’est pas symétrique par rapport à la


bissectrice de l’angle ; il s’est effondré en a et
a
étalé en b. Il est fréquent qu’en pareil cas il y
ait collage en b sur du métal froid.
b
Le défaut est dû à une mauvaise inclinaison de

D MAC 1288 A
l’électrode.

Soudure d'angle trop plate

• Cratère mal rempli

Le cratère termine le cordon de soudure déposé par une même électrode ; il constitue un point faible.
En courant continu, on évite ce défaut par un redressement progressif de l’électrode qui permet de
s’opposer au soufflage magnétique.

• Fusion des arêtes

Ce défaut est presque toujours dû à une mauvaise technique opératoire : courant trop intense,
électrode trop grosse ou d’un type non approprié.

D MAC 1289 A

Fusion des arêtes

e - Mauvais aspect du cordon

Ce défaut accentue les risques de corrosion et de rupture par fatigue. Divers paramètres tels que
longueur de l’arc, intensité du courant et mode opératoire défectueux accentuent ce défaut.

Cordon normal Intensité trop élevée


Vitesse trop lente
D MAC 1290 A

Arc trop court


Vitesse trop rapide
Arc trop long
Intensité trop Faible

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f - Défaut d’alignement - Déformation angulaire

Le ressaut qui apparaît dans le cadre du défaut d’alignement introduit des contraintes secondaires de
flexion, et ce défaut peut donc réduire la résistance aux contraintes en service.

D MAC 1291 A
Dénivellation

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II - DÉFAUTS DES SOUDURES TIG


Les principaux défauts pouvant être rencontrés en soudage TIG ainsi que les causes et remèdes dans le
tableau suivant.

Défauts observés Causes et remèdes

Cordon grisâtre Métal d’apport non décapé


Protection d’argon insuffisante (rentrée d’air, vent)
Composante continue insuffisamment compensée

Ondes en forme de V allongé Courant trop intense, vitesse trop grande

Cordon creux Baguette d’apport de diamètre trop petit

Caniveaux Baguette de diamètre trop petit chanfrein trop fermé (en


montant : courant trop fort)

Pénétration inexistante Courant trop faible


Vitesse trop élevée
Bain de fusion insuffisant au départ

Pénétration irrégulière Vitesse d’avancement irrégulière


Inclinaison irrégulière de la torche
Chanfrein irrégulier (talon de hauteur variable)

Manques de pénétration Soudures de pointage mal refondues (elles doivent se


présenter en cuvettes)
Début du cordon non repris

Manque de liaison à l’envers malgré des Carres non abattues (alliages légers)
bourrelets importants Mauvais décapage à l’envers
Mauvais accostage
Dénivellation des bords

Inclusions de tungstène Diamètre d’électrode insuffisant


Qualité de l’électrode mal choisie
Électrode entrée en contact avec le bain de fusion

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Défauts observés Causes et remèdes

Fissurations

1 - Longitudinales au milieu du cordon Mauvais choix de l’alliage d’apport


Cordon insuffisamment rechargé
Bridage exagéré
Refroidissement excessif par les supports (cas des tôles
minces bridées)

2 - Longitudinales sur les bords du cordon Alliage impropre au soudage


Apport de chaleur excessif
Bridage excessif sans préchauffage

3 - Au début du cordon Il aurait fallu amorcer l’arc sur un talon ou sur une tôle
auxiliaire
On peut reprendre en partant de 15 à 20 mm en arrière
après gougeage

4 - Isolées en étoile En fin de cordon, arrêt trop brusque de l’arc


Fin de cordon insuffisamment nourrie

Porosités non alignées Tôles mal décapées ou mal dégraissées


Humidité (sur la torche, les tôles ou la baguette d’apport)
Circuit de refroidissement non étanche
Rentrée d’air sur le circuit de gaz

Porosités alignées Pénétration incomplète


Refroidissement trop importante provenant des organes
servant à brider ou à supporter

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III - DÉFAUTS DES SOUDURES MIG ET MAG


Les soudures obtenues avec fil électrode fusible et en particulier sous gaz de protection, peuvent présenter
divers défauts qu’il importe d’identifier. Ces défauts ne diffèrent pas, par leur forme ou leur nature de ceux que
l’on peut observer dans les soudures à l’arc manuel avec électrodes enrobées.

La différence entre les deux procédés est que la fréquence des défauts n’est pas la même, les porosités, par
exemple, étant plus fréquentes en MIG et MAG, tandis que les inclusions de laitier ne se rencontrent guère
qu’en soudage avec électrode enrobée. L’origine des défauts et la manière de les éviter sont également très
différentes d’un procédé à l’autre.

1- DÉFAUTS DE FORME
Cette catégorie de défauts comprend :

- les dénivellations
- les surépaisseurs excessives (cordons trop bombés)
- le manque de métal (cordons creux ou affaissés, cratère mal rempli)
- les mauvais aspects de cordons (surfaces irrégulières)

Dans ces divers cas, on peut incriminer la mauvaise préparation des bords (absence de supports,
écartements trop larges ou trop serrés), un mauvais réglage de l’appareil ou une technique opératoire
défectueuse. Le tableau suivant précise les divers cas.

Défaut Aspect Cause et remède

Dénivellation Mauvaise préparation


Aligner les bords et les maintenir pendant le
soudage

Surépaisseur excessive Tension à vide trop basse


Vitesse de soudage trop faible
Inclinaison de la torche incorrecte
Diamètre de fil trop fort

Manque de métal Vitesse de soudage trop grande ou tension trop


faible pour la vitesse de soudage adoptée
(surtout en arc court)
Balancement excessif
Inductance trop faible

Mauvais aspect Souder en gouttière si on opère avec un arc


long. Ajuster la tension
D MAC 1292 A

Fil cintré ou trop long en dehors du tube-contact


Vitesse du fil incorrecte

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2- DÉFAUTS INTERNES
Cette catégorie de défauts comprend :

- les manques de pénétration


- les excès de pénétration
- les manques de fusion (collage)
- les caniveaux
- les inclusions de laitier
- les porosités
- les fissurations

Les quatre premiers de ces défauts, ainsi que les causes et remèdes, sont décrits dans le tableau
suivant ; les trois autres font l’objet des paragraphes suivants.

Défaut Aspect Cause et remède

Manque de pénétration Écartement irrégulier ou insuffisant


Inclinaison de la torche incorrecte
Tube-contact usé
Vitesse du fil trop faible par rapport à la
tension ou à la vitesse de soudage

Excès de pénétration Vitesse de fil trop forte


Mauvaise inclinaison de la torche
Écartement trop large

Manque de fusion (collage) Écartement trop faible


(surtout en arc court sous
Vitesse de fil trop faible
CO 2 )
Il faut buriner la soudure et la refaire

Caniveaux Vitesse de soudage trop rapide (ce défaut


D MAC 1292 B

facile à détecter visuellement doit être


corrigé aussitôt par le soudeur)

a - Inclusion de laitier

Le risque existe surtout avec les fils fourrés, celui-ci peut provenir des éléments désoxydants présents
dans le fil, en général des silicates. Il est donc recommandé de brosser soigneusement les cordons,
surtout en soudage à arc court multipasses.

b - Porosités

C’est le défaut le plus fréquent et le plus difficile à éviter des soudures sous gaz de protection. Il a pour
origine les bulles de gaz qui ne peuvent s’échapper au refroidissement et restent emprisonnées dans
le métal refroidi. Les bulles contiennent soit de l’azote, soit de l’hydrogène, soit de l’oxyde de carbone,
mais surtout de l’azote.

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L’azote des soufflures peut provenir du gaz de protection, sous forme d’impuretés. Si la teneur en
azote dépasse 3 %, il y a certitude que des porosités apparaissent. C’est pourquoi la teneur en azote
du gaz de qualité “soudage” est beaucoup plus faible, de l’ordre de 0,5 % ce qui élimine cette origine
de porosités.

Cependant de l’air ambiant a pu atteindre le bain du métal en fusion ou les gouttelettes en cours de
transfert. Cette irruption d’air ambiant est favorisée par des circonstances diverses :

- torche tenue trop inclinée. Elle ne doit pas faire un angle de plus de 15° avec la
perpendiculaire à la surface

- buse encrassée. Les projections de métal fondu qui restent collées à l’intérieur de la buse
provoquent une forte turbulence qui facilite le mélange de gaz avec l’air ambiant

- débit de gaz incorrect : trop fort ou, plus souvent, trop faible. Cela provient d’un mauvais
réglage. Il peut aussi arriver qu’on ait poussé trop loin la vidange de la bouteille. On peut se
baser sur la règle : débit de gaz en l/min égale le diamètre de la buse en mm

- jet de gaz mélangé d’air. Cela peut arriver même si la bouteille contient un gaz de pureté
convenable. On peut incriminer plusieurs causes :

• défaut d’étanchéité des tuyaux souples ou de leurs raccords

• défaut de concentricité du tube-contact par rapport à la buse

• géométrie défavorable du joint

• balancement exagéré de la torche

• soufflage d’arc ; ce phénomène commun à tous les procédés utilisant le courant


continu peut et doit être combattu par les procédés connus mais l’inclinaison de
l’électrode ne doit pas être excessive

• existence d’un vent latéral ; le soudage sous gaz craint les courants d’air en atelier
aussi bien que sur chantier ; dans ce dernier cas, il faut prendre les dispositions
nécessaires pour pouvoir effectuer l’opération en air calme

- épaisseur des tôles et vitesse d’avance. Ces caractéristiques ont une influence non
négligeable sur la formation de porosités. Si on avance vite, l’effet protecteur du gaz cesse
alors que le métal déposé est à l’état plastique et peut encore absorber les gaz de l’air.
Cette persistance de l’état plastique est plus marquée pour les faible épaisseurs. Il est alors
recommandé de souder avec un film fin et un courant modéré

L’hydrogène des porosités est dû à la présence d’humidité soit dans le gaz, soit à la surface du fil ou
des pièces ; les surfaces oxydées sont d’ailleurs souvent hydratées. L’hydrogène peut aussi provenir
de traces de lubrifiants et notamment de celles qui peuvent subsister entre le fil d’acier et le fil de
cuivre qui le recouvre. Enfin, si l’air ambiant est humide, une protection insuffisante par le gaz peut
donner naissance à la porosité par l’hydrogène.

L’oxyde de carbone, qui crée le dernier type de porosités, est formé par la réaction dans le bain entre
le carbone et l’oxyde de fer ou l’oxygène provenant de la décomposition du CO2 . Ce type de porosité
n’apparaît pas si le fil contient une proportion de silicium suffisante pour qu’il en reste environ 0,3 %
dans la soudure. Le risque est d’ailleurs d’autant plus faible que l’on travaille sous une tension plus
basse et que le métal de base est moins effervescent.

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3- FISSURATION
Lorsqu’on soude à plat, avec de forts courants sous CO2, on obtient des soudures très profondément
pénétrées qui présentent souvent des fissurations axiales.

Ce défaut, particulier au procédé, peut être évité si l’on s’astreint à ne pas dépasser une profondeur de
soudure égale à 1,2 fois sa largeur. Il convient en outre d’éviter de souder dans des chanfreins trop
fermés. À cet égard, les chanfreins en J sont supérieurs aux chanfreins en V pour les fortes
épaisseurs.

D MAC 1293 A
Fissuration axiale

Les points de fixation sont aussi une source de fissuration. Il est préférable de les exécuter sous CO2
en arc court plutôt qu’avec des électrodes enrobées. Ils doivent être meulés sur les bouts de façon à
prendre la forme de la figure suivante.

D MAC 1294 A
Meulage des points de fixation

La fissuration des passes de fond lors du soudage des tubes peut généralement être évitée en
employant les fils de composition appropriée, contenant, par exemple, de l’aluminium.

Les fissurations de la zone de transition, en dehors de la zone fondue, peuvent être également liées à
la présence d’hydrogène et à un refroidissement trop rapide. L’origine de l’hydrogène est la même que
celle indiquée plus haut pour la porosité ; le refroidissement trop rapide peut provenir d’un
préchauffage incorrect ou d’un apport d’énergie insuffisant par centimètre de soudure. De toute façon,
le risque de fissuration à froid est minime dans le cas de soudage sous CO2 d’acier à faible teneur en
carbone.

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