Vous êtes sur la page 1sur 1

Séance 1 : La confrontation initiale (Pierre Corneille, Le Cid, Acte I, scène 3)

1. Les deux pères évoquent ici le poste de gouverneur du prince de Castille. Les deux hommes briguaient ce
poste. Don Diègue, le père de Rodrigue, vient de l’obtenir.

2. a) Le vers contient un chiasme qui souligne fortement l’opposition entre passé et présent : le verbe « être »
apparait d’abord au présent « vous êtes », puis au passé « je fus » encadrant les deux adverbes de temps
« aujourd’hui » et « autrefois ». Don Diègue représente ainsi l’expérience passée, tandis que le Comte incarne une
action présente.

b) Cette réponse peut être libre, dans la mesure où elle est argumentée. Don Diègue par ce vers souhaite d’abord
souligner l’égalité des deux hommes, afin sans doute d’apaiser le courroux du Comte. Néanmoins, il nous semble
que cet argument s’inscrit plutôt en faveur de don Diègue ; certes, il fut l’égal du Comte, mais il possède en plus
l’expérience, raison pour laquelle le roi semble l’avoir choisi.

3.

Arguments en faveur du Comte : Arguments en faveur de don Diègue :


› Le Prince pourra avec le Comte s’instruire › « L’éclat de (ses) hauts faits » (v. 220), son
d’« exemples vivants » (v. 191) « courage » (v. 222) doit convaincre de le
› Il pourra également faire l’expérience du choisir. › Don Diègue a beaucoup plus
combat sous la protection du Comte : : d’expérience, il a combattu « tout ce grand
• « Le prince à mes côtés ferait dans les nombre d’années » (v. 193).
combats • L’essai de son courage à l’ombre
de mon bras; » (v. 203-204)
› Le Comte est aujourd’hui le grand
défenseur de la Castille (v. 198).

4. a) Les deux hommes, mettant fin à leurs tirades, se répondent alors vers pour vers ; ces stichomythies
accélèrent le rythme du dialogue.

b) Cette accélération montre la colère qui s’accentue chez les deux pères, ils perdent un peu de leur éloquence, en
même temps que leur calme.

5. Le vers 225 se partage en trois répliques, le rythme s’accélère encore, la colère atteint son apogée.

6. a) La violence physique apparait au milieu du v. 226, comme la didascalie nous l’indique : « (Il lui donne un
soufflet) ». b) Juste avant de donner le soufflet à don Diègue, le Comte se met à le tutoyer «  Ton impudence »
(v. 225). Ce changement montre que le dernier rempart du respect vient de céder sous le coup de la colère  ; la
deuxième personne du singulier traduit à la fois la colère et le mépris à l’égard du vieux don Diègue.

7. Après avoir reçu le soufflet, don Diègue dégaine immédiatement son épée afin de provoquer le Comte en duel.
Il considère ce soufflet comme une humiliation qui bafoue son honneur, la vengeance par le combat singulier
semble être la seule réponse possible pour un homme de son rang.

8. Le vieux don Diègue prend conscience de sa faiblesse, il doit donc renoncer à se battre.

9.