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Université Mohammed V Rabat, Faculté des sciences juridiques, Economique t sociales

SOUISSI-Rabat

Master : juriste en droit maritime et des transports // Année universitaire : 2019/2020


3éme promotion

Module : - Droit de l’entreprise

Exposé sous le thème :

« L’affectio societatis »

Encadré par : PR GUENBOUR Saida

Réalisé par : ES-SADEQ Oumaima


Introduction

« L’esprit d’association, né avec l’homme, s’est développé à mesure


que ses besoins ont grandi : l’homme isolé est capable de peu de
choses ; mais s’il unit son activité, son intelligence, ses forces à celles
de ses semblables, il accomplira des prodiges ».
La formule de Guillouard de 1891 conserve aujourd’hui son lustre. La
personne de l’associé demeure au cœur du mécanisme de la société –
notamment des sociétés de personnes –, malgré l’évolution qui tend
indéniablement à une certaine déshumanisation et à une personnification
toujours plus grande du groupement. Ainsi, la personne humaine ne
saurait être négligée et, avec elle, tout ce qui la caractérise notamment
l’idée maîtresse qui l’a motivée à s’associer et à sortir de sa bulle
individualiste. C’est dans ce cadre que s’inscrit cette recherche sur le
rôle de cette intention de s’associer et de collaborer si particulière qu’est
l’affectio societatis.1
Le législateur marocain a définit La société aux termes de l’article 982
du dahir formant code des obligations et des contrats :
La société est un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes
mettent en commun leurs biens ou leur travail, ou tous les deux à la
fois, en vue de partager le bénéfice qui pourra en résulter. 2
Il ressort clairement de cette définition que par société, on entend le
contrat de société, et pour que le contrat de société soit valable, il doit
remplir les conditions de droit commun relative à la validité du contrat,
A côté de ces conditions générale d’autres conditions spécifique au
contrat de société existe bel et bien.
____________
1 TCHOTOURIAN, I. (2008). L’AFFECTIO SOCIETATIS EN TANT QUE CRITÈRE DE VALIDITÉ ET DE QUALIFICATION DES SOCIÉTÉS :
L’ILLUSTRATION FRANÇAISE. Revue du notariat, 110 (3), 877–899.
2 Article 982, du Dahir formant code des obligations et des contrats

L’existence de toute société nécessite outre que les éléments


indispensables aux formalités de la constitution de celle-ci, la présence
d’un élément essentiel qui est « L'"affectio societatis". C’est une notion
d'origine romaine non visée par la loi, que la jurisprudence tient pour
essentielle.
L’affectio societatis désigne l'élément intentionnel indispensable à la
formation du lien qui unit les personnes qui ont décidé de participer au
capital d'une société qu'elle soit civile ou commerciale.
L’affectio societatis. À savoir la volonté de s’associer, qui est une
notion d’origine romaine, ne figure pas expressément dans la définition
de l’article 982 du dahir formant code des obligations et des contrats.
Mais la jurisprudence en a fait cependant une composante essentielle
au contrat de société.3
L’affectio societatis exprime l’intention de tous les associés de
travailler ensemble, sur un pied d’égalité au succès, c’est l’élément
psychologique désignant l’esprit qui doit animer les associés.
Autrement dit, la volonté de tous les associés de collaborer ensemble
sur un pied d’égalité à la poursuite de l’œuvre commune.4
Elle peut en outre varier d’une société à l’autre : son intensité est plus
grande dans les petites entreprises.
La jurisprudence est claire, elle affirme de manière constante qu’il ne
saurait y avoir de société sans L’affectio societatis, sans volonté de
s’associe cela permet de distinguer le contrat de société des contrats
voisins, L’affectio societatis se manifeste aussi longtemps que dure la
société, L’exigence de la présence de l’affectio societatis au moment
de la conclusion du contrat de société ne laisse, a priori, nullement
présumer de la nécessité de son prolongement durant la vie de la
société, ou du moins durant le temps que l’associé va passer au sein de
celle-ci.
_____________
3
www.lepetitjuriste.fr
4 J.LAGADEQ, Droit commercial et des affaires, page 99
L’affectio societatis a été considérée comme une condition implicitement
contenue dans l’article 982 du D.O.C, qui énonce de manière exhaustive les
composantes obligatoires du contrat de société.5
L’affectio societatis est mentionné indirectement à l’article 1832 du Code
civil. D’après les termes de cet article, “la société est instituée par deux ou
plusieurs personnes qui conviennent par un contrat d’affecter à une entreprise
commune des biens ou leur industrie en vue de partager le bénéfice ou de
profiter de l’économie qui pourra en résulter (…). Les associés s’engagent à
contribuer aux pertes”. 6 Lorsque des associés ou actionnaires veulent
constituer une société, ils doivent vouloir mettre en commun des biens en vue
de réaliser et partager des bénéfices. Il faut signaler cette volonté de participer
activement à la mise en commun et à l’exploitation d’une activité
commerciale qui constitue l’affectio societatis. Ainsi, pour que le contrat de
société soit valable, chaque associé doit avoir exprimé sa volonté et son
intention de participer à la société, de contribuer aux pertes et de partager les
bénéfices réalisés, car le seul fait de vouloir seulement profiter des bénéfices
réalisés ne résulterait pas d’un contrat de société, moins de l’existence d'un
affectio societatis.

L’intérêt du sujet réside dans le fait que l’affectio societatis est jugée nécessaire
à la formation du contrat de société dont elle est le critère d'identification. Par
conséquent, elle doit exister aussi longtemps que dure la société. L’affectio
societatis permet donc de faire la distinction entre un contrat de société et tout
autre type de contrat, Elle peut en outre varier d’une société à l’autre : son
intensité est plus grande dans les petites entreprises.

_____________
5 Article 982, du dahir formant Code des obligations et contrats

. 6 Article 1832 alinéa 2 du code civil français.


Tout en répondant à la problématique suivante :

Dans quelle mesure l’affectio societatis constitue-t-il un élément


fondamental pour la constitution et la continuité de la société ? Et
qu’en est-il de cet affectio societatis au sein des sociétés de capitaux
où l’on trouve des actionnaires poursuivant un but purement
lucratif ?
•Autrement dit, l’affectio societatis est-il vraiment nécessaire pour la
création et la continuité des sociétés commerciales, malgré les
divergences et les spécificités, dans les différentes formes sociales ?
Pour répondre à cette problématique, on a estimé utile, de traiter en
première partie, L’affectio societatis comme conditions de fond pour
la constitution et la validité du contrat de société,
La deuxième partie sera consacrée à l'utilité et l'intérêt de l’affectio
societatis pour la continuité de la société malgré les divergences et
les spécificités, dans les différentes formes sociales.

Plan
Introduction
Partie1 L’affectio societatis: une composante essentielle du
contrat de société
Chapitre :l’affectio societatis : Une condition de fond pour la
validité du contrat de société
Chapitre 2 : La manifestation de l’affectio societatis durant la
phase de création de la société

Partie2 : La nécessité de l’affectio societatis pour la continuité


de la société
Chapitre 1 : l’intérêt de l’affectio societatis au cours de la vie
social
Chapitre 2: La distinction entre l'affectio societatis dans les
sociétés de personnes et dans la société de capitaux
Conclusion
Bibliographie

Première partie : L’affectio societatis: une composante essentielle du


contrat de société:
Chapitre 1 : l’affectio societatis : Une condition de fond pour la validité du contrat de
société:

Le contrat de société doit répondre à deux séries de conditions. D’une part, les conditions
générales, à savoir le consentement, la capacité, l’objet et la cause, au sens de l’article 2
du dahir formant code des obligations et des contrats. D’autre part, les conditions dites
spéciales parmi lesquelles figurent la nécessité de participer aux pertes, les apports, et
enfin cette affectio societatis.
Toutefois, Il ne suffit pas qu’il y ait apport et participation des associés aux bénéfices et
aux pertes pour que la convention passé soit un contrat de société, Il faut en outre une
volonté des associés de collaborer, une participation à la conduite des affaires sociales
sur un pied d’égalité, un pouvoir de contrôle et de critique et un concours actif à
l’administration de l’affaire. La chambre commerciale Française définit l’affectio
societatis dans un arrêt du 9 novembre 1981 comme « la volonté d’exploiter leur
commerce sur un pied d’égalité, de partager les bénéfices et en cas de déficit, de
contribuer aux pertes »
Cette volonté qui doit animer les associés est appelé « affectio societatis » Elle permet de
distinguer le contrat de société d’autres conventions comportant aussi une mise en
commun de biens ou d’activités et un partage de résultat de l’action commune, Le
contrat de société suppose chez les associes :
1-Le critère de la collaboration effective :
Il est évident que tout contrat de société doit impliquer obligatoirement et en principe une
collaboration effective de la part de tous les contractants à l’œuvre commune. Ainsi,
l’associé ne doit pas se contenter d’une attitude passive, en attendant seulement sa part de
bénéfice. Néanmoins, les auteurs admettent que l’affectio societatis comporte des
comportements diversifiés notamment en fonction de la taille et la forme de la société. 7

___________________
7
Véronique Magnier. Droit des Sociétés. Edition Dalloz, 2008. Page 48.

Notons que ce critère de la collaboration effective est moins intense quand il


s’agit de sociétés de grande taille, comme c’est le cas pour la société
anonyme, car ce type de société ne donne pas l’opportunité à tous les associés
de participer dans les réunions qui se déroulent au niveau du conseil
d’administration, au sein du directoire et au conseil d’administration.
Cependant ce critère quoiqu’il soit moins intense dans ce type de société, il
demeure présent car les associés peuvent exprimer leurs avis par certains
mécanismes tels que le vote par exemple.
Le porté de l’application de ce principe de la collaboration effective réside
dans le fait que la notion de l’affectio societatis sert souvent dans le cadre de
la qualification du contrat de société pour la distinguer d’autres type de
contrat ou des situations juridiques qui lui sont très proches. Ainsi, c’est le
caractère volontaire et effectif de la collaboration entre les personnes qui va
permettre au juge de qualifier le contrat de contrat de société. Il convient de
préciser même que la collaboration doit exister entre les associés, il doit être
exclusif de toute subordination. L’existence du lien de subordination va
permettre au juge du fonds de qualifier le contrat de contrat de travail.8
2-Le critère de l’égalité entre associés :
La collaboration entre associés doit se faire sur un pied d’égalité afin de
réaliser leur intérêt commun. Cela a pour effet d’exclure tout lien de
subordination entre associés. C’est un critère distinctif pour distinguer le
contrat de société et le contrat de travail. Alors que le D .O.C marocain, et
plus précisément, dans son article 982 du dahir formant code des obligations
et des contrats définissent le contrat de société comme suivant: « la société est
un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes mettent en commun leurs biens ou
leurs travail ou tous les deux à la fois en vue de partager les bénéfices qui pourront en
résulter »9, le code de travail marocain à travers l’article 6 précise les éléments
déterminants pour tout contrat de travail. L’article dispose que : « Est
considérée comme salariée toute personne qui s'est engagée à exercer son activité
professionnelle sous la direction d'un ou plusieurs employeurs moyennant rémunération,
quels que soient sa nature et son mode de paiement. » 10

__________
8
YVES GUYON, Droit des affaires et de l’entreprise, page 117.
9
L’article 982 du dahir formant code des obligations et des contrats 8L’article 6 du code de travail marocain.
10
l’article 6 du Code de travail marocain.

Il est évident que le salarié ne court pas le risque de l’aléa dans une relation de
subordination, car il ne participe pas aux pertes subies par l’entreprise dans le cadre de
contrat de travail. Il a en effet un droit de toucher son salaire. Ceci n’est pas le cas quand
il s’agit d’une relation entre associés dans le cadre d’un contrat de société.
Indispensable à l'existence d'une société ou de la qualité d'associé, l'affectio societatis
s'inscrit comme une notion forte du droit des sociétés. Le juge doit œuvrer pour dégager
le critère de collaboration effective et sur pieds d’égalité, pour mieux relever que
l'application de l'affectio societatis dépasse le sentiment, afin de l'encadrer en consacrant
l'existence d'une société.11

Chapitre 2 - la manifestation de l’affectio societatis durant la


phase de création de la société

La constitution est une phase essentielle de la vie de la société, puisqu'elle représente sa


naissance, L’affectio societatis. Correspond ainsi à la volonté de s’associer au sein
d’une structure juridique pour exercer une activité professionnelle grâce à la mise en
commun volontaire de bien ou de travail.
Ensuite, Lorsque des associés ou actionnaires veulent constituer une société, ils doivent
vouloir mettre en commun des biens en vue de réaliser et partager des bénéfices. Il faut
signaler cette volonté de participer activement à la mise en commun et à l’exploitation
d’une activité commerciale qui constitue l’affectio societatis. Ainsi, pour que le contrat
de société soit valable, chaque associé doit avoir exprimé sa volonté et son intention de
participer à la société, de contribuer aux pertes et de partager les bénéfices réalisés, car
le seul fait de vouloir seulement profiter des bénéfices réalisés ne résulterait pas d’un
contrat de société, moins de l’existence d'un affectio societatis
Cette volonté doit donc s’être clairement manifestée par une participation personnelle en
toute connaissance de cause. Les associés doivent avoir voulu atteindre le même
objectif, et ce en œuvrant sur un pied d‘égalité.
L’absence d’affectio societatis lors de la constitution de la société est une cause de nullité
de la société. Une société dont les associés n’ont pas la volonté de se comporter comme
des associés n’est pas une société. C’est en réalité une société fictive.
___________
11
VENZON Christophe, L’AFFECTIO SOCIETATIS, DEA de droit des affaires Université Robert Schuman Faculté de droit, de sciences
politiques et de gestion de Strasbourg. Edition : 2002-2003.

Il existe des règles de formation spécifiques au contrat de société qui met à la charge des
associés des obligations fondamentales et c’est l’exécution de ces obligations qui
manifeste L’affectio societatis
•L’obligation d’apports :
Aux termes de l’article 995 du DOC : Chaque associé est débiteur envers les autres de
tout ce qu'il a promis d'apporter à la société. En cas de doute, les associés sont présumés
s'être engagés à verser une mise égale.
Le contrat de société implique de la part des associés une affectation à l’entreprise
commune sous la forme d’une somme numéraire ou de biens en nature qui concourent à
la constitution du capital. Les apports en industrie sont admis dans certaines formes de
société 12
•L’obligation de partager les bénéfices : Le partage de bénéfice est de l’essence de la
société qui est constituée dans le but de faire des bénéfices. La notion de bénéfice fut
définie par la cour de cassation
Française dans son célèbre arrêt Caisse rurale de la commune de Manigod du 11 mars
1914 comme « tout gain matériel qui ajouterait à la fortune des associés ».13
•l’obligation de contribuer aux pertes sociales:
Les associés contribuent aux pertes sociales. Dans les sociétés ou l’engagement est
limités, comme la société à responsabilité limitée ou la société anonyme, la contribution
de l'associé aux pertes est proportionnelle a sa part dans le capital et donc au moment de
son apport. Dans les sociétés ou l’engagement est illimité comme la société en nom
collectif ou la société en commandite simple, l'associé est tenu indéfiniment et
solidairement au paiement des pertes et des dettes sociales

________
12 J.LAGADEQ, Droit commercial et des affaires, page 153

13
http://www.cours-de-droit.net

Deuxième partie : La nécessité de l’affectio societatis pour la continuité


de la société
Chapitre 1 : l’intérêt de l’affectio societatis au cours de la vie social:
L’affectio societatis se manifeste aussi longtemps que dure la société. L’exigence de la
présence de l’affectio societatis au moment de la conclusion du contrat de société ne
laisse, a priori, nullement présumer de la nécessité de son prolongement durant la vie de
la société, ou du moins durant le temps que l’associé va passer au sein de celle-ci.
L’affectio societatis a été considérée comme une condition implicitement contenue dans
l’article 982 du D.O.C15, qui énonce de manière exhaustive les composantes obligatoires
du contrat de société.
La question de la nécessité du prolongement de l’affectio societatis durant la vie sociale
est donc bel et bien ouverte.
L’affectio societatis est actuellement requise tout au long de la vie sociale, durant tout le
temps du passage de l’associé dans la société. Cette solution apparaît comme
véritablement logique. En effet, l’affectio societatis constitue la volonté de l’associé de
participer à la vie de la société en commun et sur un pied d’égalité avec les autres
associés.
Il s’agit là, bien plus que d’une intention de se comporter en véritable associé, d’un
engagement de le faire, qui est pris au moment de la constitution de la société ou de
l’entrée dans la société. Il est normal que l’élément représentant le plus cette intention et
cet engagement doit subsister par la suite.
Ainsi, la disparition de l’affectio societatis peut être une cause d la dissolution de la
société en tant que juste motif, La mésentente entre associés résulte fréquemment de la
disparition de l’affectio societatis chez l’un des associés, et la paralysie de la société,
élément nécessaire pour que la mésentente soit utilisée par le juge, peut parfois
corroborer cette disparition. Cela peut aboutir, selon l’appréciation du juge sur les
circonstances du cas d’espèce, à une dissolution de la société ou à l’exclusion judiciaire
d’un associé, option qui peut être préférée si la société prospère, notamment grâce au
travail et aux sacrifices financiers des autres associés de la société.
__________
14
VENZON Christophe, L’AFFECTIO SOCIETATIS, DEA de droit des affaires Université Robert Schuman Faculté de droit, de sciences
politiques et de gestion de Strasbourg. Edition : 2002-2003.

15
L’article 982 du dahir formant code des obligations et des contrats

2-La disparition de l’affectio societatis :

L’affectio societatis doit perdurer tout au long de la vie sociale, ou du moins de la présence
de l’associé au sein de la société. Si l’on peut déceler la présence d’une affectio societatis
au moment de la constitution de la société, elle peut disparaître par la suite. De nombreux
cas de figure peuvent survenir, et les conséquences qui en résultent toucheront un ou
plusieurs associés, voire même tous, et/ou la société elle-même.
Concernant la disparition de l’affectio societatis chez un associé (ou éventuellement
plusieurs associés), se pose la question du retrait de celui-ci. Selon le type de société devant
lequel on se trouve, et les dispositions prévues par ses statuts, il peut y avoir, selon les cas,
un droit de préemption des actionnaires en place ou un abandon de celui-ci, une clause de
rachat forcé des actions de l’actionnaire démissionnaire par la société, une obligation pour
le partant de se trouver un remplaçant qui devra ou non-recevoir l’agrément des
actionnaires en place… 16
Il apparaît logiquement qu’un petit actionnaire d’une SA cotée en bourse sortira beaucoup
plus facilement de sa société que l’associé d’une société dans laquelle l’intuitu personae est
beaucoup plus prononcé, type SARL de famille ou SNC.
Concernant la société elle-même, la disparition de l’affectio societatis peut avoir des
conséquences très graves, puisqu’elle peut aboutir à sa dissolution. Il s’agit là d’une
décision qui doit être prise par le juge.

______________
16
VENZON Christophe, L’AFFECTIO SOCIETATIS, DEA de droit des affaires Université Robert Schuman Faculté de droit, de
sciences politiques et de gestion de Strasbourg. Edition : 2002-2003. Page : 13.

Section 2: La distinction entre l'affectio societatis dans les sociétés de


personnes et dans les sociétés de capitaux
1- Dans les sociétés de personnes :
Dans les sociétés de personnes réunissant, de vrais partenaires agissant
pour une œuvre commune, les associés sont animés d’une volonté forte de
participer à la gestion sociale et de collaborer. Plus précisément en droit des
sociétés, l’intuitu personae est particulièrement présent dans les sociétés de
personnes.
Les associés s’y regroupent dans le but de s’associer entre eux. La création
de la société intervient ici parce que les associés, se connaissent, qu’ils se font
confiance. De même, le choix d’un nouvel associé est important, et se fait sur
des critères tenant à sa personne.
2dans les sociétés de capitaux :
En revanche, dans les sociétés par action surtout quand elles sont
publiquement appel à l’épargne, tous les actionnaires ne répondent pas au
même modèle, on y trouve certes des associés tenant à s’impliquer
véritablement dans la vie de la société, utilisant à plein leur droit à
l’information et passant sur le cours de la société par l’exercice de leur droit
de vote. On les appelle parfois les contrôlaire, car leur intention est de
contrôler la société. A l'opposé on trouve la masse anonyme des associés qui
n’ont fait dans la société qu’un placement financier dont ils attendent le
rendement maximal. Ce sont de simples bailleurs de fonds, de simples
investisseurs. 17
Cette distinction repose sur le rôle joué par la personne des associes dans la
constitution et l’organisation de la société. Dans les sociétés de personnes, la
considération de la personnalité des associes est primordiale, tant dans les
rapports des associes entre eux que dans les rapports de la société avec les
tiers.
_____________________
17
-Maurice COZIAN, Alain VIANDIER et Florence DEBOISSY, « Droit des sociétés » 14ème édition, éditions LITEC, 2000, page 66

Dans les sociétés de capitaux, la responsabilité des associes étant


généralement limitée au moment de leur apport, l’élément primordial aux
yeux des tiers est la masse des capitaux groupes en vue de réaliser l’objet
social ; dans les rapports entre , la puissance de chacun d’eux se mesure au
nombre de voix dont il peut disposer dans les assembles générales ; ce
nombre de voix est proportionnel al la fraction du capital qu’il détient, lorsque
l’accent est mis sur le caractère contractuel de la société et que, aussi bien
dans sa constitution que dans son fonctionnement, les associes visent surtout
les rapports existant entre eux, on est en présence d’une société de
personnes , Constituées de personnes qui se connaissent et s’estiment
(caractère « intuitu personae ») 19
Si, au contraire, on met l’accent sur la personne morale ou l’entreprise,
indépendamment des associes dont la mise individuelle ne représente qu’une
fraction minime de l’ensemble, on est en présence d’une société de capitaux,
celle-ci group généralement un nombre important d’associes, désireux de
trouver un placement rentable pour leurs capitaux et de limiter leurs risques
au moment de leur apport. Les parts sociales sont matérialisées par des
actions, titres négociables représentant toutes la même fraction du capital

_________
18
-Maurice COZIAN, Alain VIANDIER et Florence DEBOISSY, « Droit des sociétés » 14ème édition, éditions LITEC, 2000, page 66
19
C.DUPOUY, précis de droit commercial, tome 2 ,page 19

conclusion
L’affectio societatis est une notion utile et à contenu variable pour
laquelle la jurisprudence et la doctrine reconnaissent une flexibilité.
Intégrant des éléments tant subjectifs (une « intention de s’associer »
dans le mécanisme de qualification du contrat de société ou de la
qualité d’associé) qu’objectifs (une collaboration active à la poursuite
d’un objectif commun, une participation égalitaire à la gestion des
affaires sociales et un certain but économique).

•LES OUVRAGES :
-Maurice COZIAN, Alain VIANDIER et Florence DEBOISSY, « Droit des
sociétés » 14ème édition, éditions LITEC, 2000., page 64 à 66
-C.DUPOUY « précis de droit commercial » Tome 2, 3eme Édition Dunod,
page 9 à 35
-Yves Guyon « Droit des affaires et de l’entreprise » page 113 à 118
-Jean Lagadec « Droit commercial et des affaires » Edition Librairie Decitre,
page 97 à 99
-VENZON Christophe, L’AFFECTIO SOCIETATIS, DEA de droit des affaires
Université Robert Schuman Faculté de droit, de sciences politiques et de
gestion de Strasbourg. Edition : 2002-2003
- Véronique Magnier. Droit des Sociétés. Edition Dalloz, 2008. Page 48.

 les textes de lois :


-Dahir formant Code des obligations et des contrats.
-Code civil Français,
-loi 15/95 relative au code de commerce.
-Loi 5?96 sur les autres formes de sociétés.

 Les articles :
TCHOTOURIAN, I. (2008). L’AFFECTIO SOCIETATIS EN TANT QUE CRITÈRE DE VALIDITÉ ET DE
QUALIFICATION DES SOCIÉTÉS : L’ILLUSTRATION FRANÇAISE. Revue du notariat, 110 (3), 877–899.
https://doi.org/10.7202/1045327a

 Webographie:
- www-cde.u-strasbg.fr/da/da/AnnexesMemoires/Promo2003/Venzon.pdf
- www.lepetitjuriste.fr/place-laffectio-societatis-aujourdhui/

Sommaire
Introduction:........................................................................................................................... 2
Plan...........................................................................................................................................6

Première partie : L’affectio societatis: une composante essentielle du contrat de société...7

Chapitre 1 :l’affectio societatis : Une condition de fond pour la validité du contrat de


société ………........………………..………………………………………………………...7
1- Le critère de collaboration effective
2- Le critère de l’égalité entre associés :
Section 2: la manifestation de l’affectio societatis durant la phase de création de la société
………………..….. ..……………………………………………………….….………….....9
1- durant la phase de la constitution
2 - les obligations des associés
La deuxième parti : La nécessité de l’affectio societatis pour la continuité de la
société………………………......…………………………………………………......……..11
Section 1 : l’intérêt de l’affectio societatis au cours de la vie social……...........................12
1- l’utilité de l’affectio societatis
2-la disparition de l’affectio societatis
Section 2: La distinction entre l'affectio societatis dans les sociétés de personnes et dans
les sociétés de capitaux ………… ………………………………… ……………...............13
1-Dans les sociétés de personnes
2-dans les sociétés de capitaux
La conclusion ………………………….………….................................………………...15
La bibliographie ……………………...................................……………………………..16

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