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Royaume du Maroc ‫المملكة المغربية‬

Université Mohammed V ‫جامعة محمد الخامس بالرباط‬


de Rabat
‫كلية العلوم القانونية و‬
Faculté des Sciences ‫االقتصادية واالجتماعية‬
Juridiques Economiques
et Sociales ‫السويسي‬

Droit des La personnalité


sociétés juridique de la
: société.

Réalisé par : Hafssa ANACHAD Encadré par : Pr. Saida JUMAT 2 :


GUENBOUR 2019-2020
R
Sommaire

INTRODUCTION :....................................................................................................................................3
Partie 1 : Le fondement de la notion de personnalité juridique de la société :....................................6
Section 1 : Confrontation de théories : Fiction ou réalité :.................................................................6
A- La théorie de ‘’la Fiction’’ :.........................................................................................................6
B- La théorie de la ‘’Réalité’’ :.........................................................................................................7
Section 2 : La personnalité juridique entre existence et disparition...................................................9
A- L’acquisition de la personnalité juridique :................................................................................9
B- La disparition de la société :.....................................................................................................10
Partie 2 : Les manifestations de la personnalité juridique et ses effets.............................................11
Section 1 : L’identification de la société et la notion de capacité juridique :....................................11
Section 2 : L’autonomie patrimoniale de la société :........................................................................12
Conclusion :..........................................................................................................................................15
Bibliographie :......................................................................................................................................16
INTRODUCTION :

La personnalité morale est l’une des créations juridiques les plus originales. L’homme étant
reconnu comme sujet de droit, il ne tombe pas sous le sens d’accorder cette même qualité a
des rassemblements d’intérêts, placés de ce fait sur le même plan. Ainsi Planiol
s’interrogeait-il : « vraiment a-t-on besoin de créer une seconde catégorie de personnes qui
n’existent dans la nature pour comprendre une seconde forme de la propriété, dans
l’existence est un fait évident ? » (3). Pourtant la personnalité morale est, à l’heure actuelle
une notion accueillie très facilement par tout les esprits et maniées sans traumatisme aucun
par les fondateurs de groupements, par les praticiens, du droit par la grande presse(4). La
personnalité morale semble en réalité ne causer de tracasses qu’aux seuls juristes
préoccupés de théorie.

Bien que son usage soit très répandu, la qualification même de « la personne morale » (5),
crée par Pufentorf , est reprise ensuite par de nombreux acteurs puis par le législateur et la
jurisprudence, dénote l’embarras éprouvé face a cette construction juridique . La
conjonction de ces termes est difficilement compréhensible.

L’effet essentiel de la reconnaissance de la personnalité morale consiste en l’acquisition de la


capacité juridique. La personne morale est de ce fait susceptible d’acquérir les droits et les
obligations propres, ce qui implique qu’elle possède un patrimoine. Ainsi, si un groupement
d individus déjà doté de la personnalité juridique acquiert la personnalité morale, un
nouveau sujet de droit et d’obligation apparait, doté d’une capacité juridique, et d’un
patrimoine distinct de ceux de chacun des membres du groupement.

D’autre caractéristiques sont traditionnellement liés à la reconnaissance de la qualité du


sujet de droit .ce sont les attributs nécessaires à l’individualisation et l’identification du
groupement et donc à la qualification de «  personne morale».

A ce niveau, nous distinguons entre deux sortes de personnes morales :


D’une part, les personnes morales de droit public qui regroupent les collectivités
publiques (l’État, les régions, les départements, les communes), les établissements
publics (universités, les hopitaux …)

Les personnes morales de droit privé  qui sont créées par la volonté de certains individus. la
Société, elle, se définit aux termes de l’article 982 du dahir formant code des obligations et
des contrats : «  un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes mettent en commun
leurs biens ou leurs travail ou tous les deux à la fois en vue de partager les bénéfices qui
pourront en résulter ».
Alors qu’il n’est question que de reconnaitre à des groupements comme une société, la
qualité de sujet de droit et d’obligation, on associe à cette qualité des attributs qui l’ont
aurait pu croire réservés au personne physiques la dénomination et la localisation de la
personne morale, la détermination de son système juridique de rattachement, sont certes
nécessaires à la mise en œuvre de la qualité de sujet de droit de la société.

Ainsi la personnification entrainera aussi l’attribution d’un patrimoine propre sur lequel les
créanciers de la société auront seuls des droits, à l’exclusion des créanciers des créanciers
personnels des membres, et qui par principe supportera seul les poursuites des créanciers
de la société à l’exclusion des patrimoines des membres. Mais nous devons signaler, qu’il
existe des formes de sociétés qui connaissent une absence de séparation du patrimoine.
C’est le cas de la société individuelle.

Dans quelle mesure donc, et sur quel fondement, une société acquiert-elle la personnalité
juridique nécessaire à la manifestation de son existence et à l’exercice de son activité ?

Aussi dit, peut-on considérer que la personnalité juridique continue elle à produire ses effets
même après la disparition de la société ?

Afin de répondre à cette problématique, il convient de traiter dans un premier lieu Le


fondement de la notion de personnalité juridique de la société, et puis dans un second lieu
Les manifestations de la personnalité juridique et ses effets

Faculté des Sciences


Juridiques Economiques et
Plan :

 Partie 1 : Le fondement de la notion de personnalité juridique


de la société 
o Section 1 : Confrontation de théories : Fiction ou réalité
o Section 2 : La personnalité juridique entre existence et
disparition

 Partie 2 : Les manifestations de la personnalité juridique et


ses effets 
o Section 1 : L’identification de la société et la notion de
capacité juridique
o Section 2 : L’autonomie patrimoniale de la société

 Conclusion
 Bibliographie
Partie 1 : Le fondement de la notion de personnalité juridique de la
société :
Section 1 : Confrontation de théories : Fiction ou réalité :

La doctrine classique hésite de faire de l’être humain d’une part, l’unique sujet du droit,
toute autre entité personnifiée étant dés lors une fiction, ou de considérer d’une autre part,
que les groupements sans constituer physiquement des personnes, manifestent une réalité
suffisante pour que le législateur les envisage, sans fiction comme de véritables sujets de
droits.

A- La théorie de ‘’la Fiction’’ :

Déjà présente chez les canonistes du moyen âge, la théorie de la fiction a été systématisée
par le romaniste allemand Savigny en 1984 (1). Selon cette théorie, seule les personnes
humaines peuvent avoir la qualité de sujet de droit. Par conséquence la reconnaissance de la
personnalité juridique à groupement ne pourrait relever que d'une fiction juridique. Le
législateur aurait seul compétences pour mettre en œuvre c'est fiction. Savigny relevait que
en droit romain : « on principe aucune association ne peut se former sans l'autorisation du
gouvernement autorisation rare et difficile à obtenir. »

Les partisans de la théorie de la fiction soutiennent que les personnes morales ne sont que
des créations artificielles, des entités abstraites. L’un des leur arguments est l’incapacité
matérielle d’agir de la personne morale. En effet, les personnes morales, n’étant pas des
individus contrairement aux personnes physiques, ne disposent pas de moyens d’actions
semblables à ceux dont disposent ces dernières, et ne peuvent agir dans la vie juridique que
par l’intermédiaire d’une personne se manifestant en leur nom.

La théorie de la fiction exprime donc les convictions individualistes de la doctrine classique.


Son fondement réside dans l’axiome selon lequel seul l’homme est un sujet de droit (2). La
personnalité morale suppose non seulement une existence biologique qui ne se trouve que
chez l’être humain mais également « une faculté de vouloir et d’agir, qui est liée au cerveau,
aux nerfs, aux muscles ». Mais une personne physique est seule dotée de volonté.

(1)
R .von SAVIGNY , Traité de droit romain,trad. CH. GUENOUX, Firmin-Didot,t. II, 2e éd.,1860,p223 et s.

(2)
V.F.LAURENT, Principes de droit civil,t.I et II 3 e éd .,1878, n 288 et s. ;G.BAUDRY-LACANTINERIE, les
personnes,t.I, LGDJ,1906, n 296 ;L.MICHOUD, la théorie de la personnalité morale et son application en droit
français, t.I et II, LGDJ, 1906-1909 ;2 eéd.,par L.TROTABAS, 2 vol, LGDJ,1932 ;3 eéd.LDGJ,1998.
La théorie de la fiction suscite toutefois trois objections essentielles :

La première, d’ordre théorique, suppose que la notion de volonté ne permet pas de justifier
l’attribution juridique à une personne physique, puisque certains êtres humains, sont dotés
de la volonté mais n’ont pas toujours été des personnes : tel fut le cas dans le passe des
esclaves et les condamnés à la mort civile (abolition de la mort civile en France en 31 mai
1854). Nous trouvons aussi les incapables qui n’ont pas de volonté mais n’en sont pas moins
sujets de droit.

Le deuxième reproche est d’ordre politique : le risque d’arbitraire législatif. En effet l’Etat
pourrait être tenté d’utiliser la personnalité juridique comme une arme, lui permettant de
priver des groupements de toutes facultés d’expression et d’action.

La troisième objection, nous laisse se poser la question philosophique suivante : Si l’Etat est
vraiment l’auteur de personnification, comment lui-même peut-il en bénéficier ?

La théorie de la fiction aboutit ainsi à une impasse.

Pour finir, on évoque Yhering qui considère que la personnalité juridique suppose l’existence
corporelle : seule une personne physique peut être sujet de droit. En conséquence, seule la
loi (l’Etat) peut créer la personnalité morale par artifice, autrement dit, par fiction. C’est
l’attribution légale de la personnalité morale à des groupements que l’on assimile par fiction
à des personnes physiques, sujet de droits. Cette thèse troue un écho tout particulier en
droit des sociétés, puisque les sociétés ne sont dotées de la personnalité morale qu’au jour
de leur immatriculation au registre de commerce.

B- La théorie de la ‘’Réalité’’ :

Selon ladite de théorie, forgée par l'auteur allemand Gierle, l'élément déterminant du droit
subjectif serai la volonté. 

Les partisans de cette thèse ont affirmé que les groupements manifesteraient une volonté
collective, distincte des volontés individuelles de leurs membres. Cette conception semble
avoir également séduit Aubry et Rau, qui prouvaient définir la personne morale comme «  un
être de raison capable de déterminer un patrimoine et d'être titulaire de droits et
obligations ». Cela impliquait que c'est groupements aient une réalité similaire à celle des
personnes physiques.

Pour cette théorie, seule la réalité compte. Or, l’observation de cette réalité montre que la
volonté d’un groupement de personnes, par exemple, est totalement différente de la
somme des volontés individuelles de ses membres. Par conséquent un groupement humain,
s'il atteint un certain degré d'organisation qui lui permet d'exprimer une volonté et d'agir en
conséquence, possède par lui-même une personnalité juridique.
Pour François Geny le fameux jurisconsulte français, la personne morale est une réalité qui
naît de volontés convergentes et dont on doit reconnaitre l’existence. A cette égard pour
certains groupements de fait, la jurisprudence s’est prononcée en faveur de cette thèse en
considérant, à propos des comités d’entreprises que : « La personnalité civile n’est une
création de la loi ; elle appartient en principe, à tout groupement pourvu d’une possibilité
d’expression collective pour la défense d intérêts licites dignes, par suite, d’être
juridiquement protégés . »

Ensuite, Michoud qui, dans son ouvrage de 1906 intitulait « la théorie de la personnalité
morale et son application en droit français  »(3) repris et complété en 1932 par Trotabas (4),
défendait plutôt la notion de réalité technique qui suppose que le droit subjectif ne
protègerait pas la volonté mais l’intérêt vers lequel tend cette volonté.

La réalité technique propose un système cohérent d’attribution de la personnalité morale,


en fondant alors la personnification sur la constatation deux critères objectifs :

D’une part, l’existence d’intérêt distinct des intérêts individuels des membres du
groupement, et d’une autre part, la possibilité pour ce dernier d’exprimer une volonté
collective apte à défendre ces intérêts.

Pour conclure, nous remarquons que, à l’instar d’une personne physique, dont la réalité est
indiscutable, une personne morale dispose d’un nom, d’un domicile et d’une nationalité.
Cela contribue à rapprocher personne morale et personne physique, et donc à affirmer la
réalité de la personne morale.

(3)
L.MICHOUD, La théorie de la personnalité morale et son application en droit français, t. I, 1906, n 45 et s.

(4)
les propositions énoncées par MICHOUD et TROTABAS fait l’objet d’une réédition par la Librairie générale de
Droit et de Jurisprudence en 1998.
Section 2 : La personnalité juridique entre existence et disparition.

A- L’acquisition de la personnalité juridique :

Conformément à la loi 17-95 et la loi 5-96, les sociétés commerciales n'acquirent pas la
personnalité morale dès la signature du contrat de société (les statuts) mais à compter de
leur immatriculation au registre du commerce.

L’immatriculation en registre de commerce marque donc la naissance de la vie juridique de


la société. La création d'une société commerciale au Maroc nécessite une inscription au
Registre du Commerce(5). Chose qui est sans doute précédé par la rédaction des statuts.

Cette inscription doit intervenir dans les 3 mois de la constitution de la société


conformément à l’article 75 du code commerce. Seuls les gérants, les membres des organes
d'administration, de direction ou de gestion peuvent procéder à l'immatriculation de la
société (article 38 c.com.).

En vertu de l'article 39 c.com La demande d’immatriculation au registre de commerce, doit


être déposée directement auprès du greffe du Tribunal de commerce du lieu du siège social
de la société, dans les trois mois de :

 La création ou de la constitution de la personne morale, auprès du secrétariat-greffe


du tribunal dans le ressort duquel est situé le siège ;
 L’ouverture de l’établissement commercial ou de l’acquisition du fonds de commerce
auprès du secrétariat-greffe du tribunal dans le ressort duquel est situé soit son
principal établissement, soit le siège de son entreprise s’il est distinct de son principal
établissement, s’il s’agit d’une personne physique ;
 L’ouverture de la succursale ou agence de sociétés commerciales ou de commerçants
dont le siège social ou l’établissement principal est situé à l’étranger ainsi que l’agence
ou la représentation commerciale, des collectivités ou établissements publics
étrangers.

(5)
Article 37 du code de commerce marocain stipule que : « Sont tenues de se faire immatriculer au registre du
commerce toutes les personnes physiques et morales, marocaines ou étrangères exerçant une activité
commerciale sur le territoire du Royaume. L’obligation d’immatriculation s'impose en outre : 1) à toute
succursale ou agence d’entreprise marocaine ou étrangère; 2) à toute représentation commerciale ou agence
commerciale des Etats, collectivités ou établissements publics étrangers; 3) aux établissements publics
marocains à caractère industriel ou commercial, soumis par leurs lois à l’immatriculation au registre du
commerce; 4) à tout groupement d’intérêt économique. »
Enfin, l’immatriculation a un caractère personnel. Nul assujetti ou société commerciale ne
peut être immatriculé à titre principal dans plusieurs registres locaux ou dans un même
registre local sous plusieurs numéros; le juge procède d’office aux radiations nécessaires. La
demande d’immatriculation doit être déposée auprès du secrétariat-greffe du tribunal dans
le ressort duquel est situé le siège social ou, s'il s'agit d’un commerçant personne physique,
soit son principal établissement, soit le siège de son entreprise s'il est distinct de son
principal établissement.

B- La disparition de la société :

La différence entre dissolution et liquidation est souvent mal comprise, voire méconnue. On


parle souvent de liquidation pour désigner la procédure marquant la fin de vie d’une société.

Pour ce qui est de la dissolution : La dissolution est la première étape de la procédure de


dissolution-liquidation d’une société. Il s’agit de la décision de fermer l’activité prise soit par
les associés, réunis en assemblée générale extraordinaire, soit exceptionnellement par
le juge du tribunal de commerce.

Au vu de l’article 1051(6) du code des obligations et contrats, la société prend fin par :

Causes volontaires Causes légales Causes judiciaires

- Volonté commune des associés. - Expiration de la durée de vie de la S, sauf prorogation. - l’autorité de
Dans certaines formes de Ss, elle - Réalisation de l’objet de la Société, ou l’impossibilité de le faire. justice.
émane d’une décision prise par une - Perte de la moitié du capital social, Sauf reconstitution par les
certaine majorité. Egalement dans le associés ou limitation à la somme existante.
cas d’une fusion, il y a dissolution.
Causes propres aux Sociétés de personnes :
- Volonté d’un seul associé quand la - Le décès, l’absence déclarée ou l’interdiction d’un associé s’il n’a été
société est à durée illimitée. Mais convenu que la société continuerait avec ses héritiers ou
depuis la réforme, les statuts de la S représentants
doivent comprendre sa durée. - La faillite ou la liquidation judiciaire d’un associé.

(6)
L’Article 1051 du DCCM stipule que : « La société finit : 1° Par l'expiration du terme fixé pour sa durée, ou par
l'accomplissement de la condition ou autre fait résolutoire, sous laquelle elle a été contractée ; 2° Par la
réalisation de l'objet en vue duquel elle avait été contractée, ou par l'impossibilité de le réaliser; 3° Par
l'extinction de la chose commune, ou la perte partielle assez considérable pour empêcher une exploitation utile
; 4° Par le décès, l'absence déclarée, l'interdiction pour infirmité d'esprit, de l'un des associés, s'il n'a été
convenu que la société continuerait avec ses héritiers ou représentants, ou qu'elle continuerait entre les
survivants ; 5° Par la déclaration de faillite ou la liquidation judiciaire de l'un des associés ; 6° Par la volonté
commune des associés ; 7° Par la renonciation d'un ou plusieurs associés, lorsque la durée de la société n'est
pas déterminée, soit par le contrat, soit par la nature de l'affaire qui en fait l'objet ; 8° Par autorité de justice,
dans les cas prévus par la loi. »
Quant à la liquidation :

Une fois désigné par le tribunal de commerce ou de grande instance, le mandataire judiciaire a
pour mission de représenter les intérêts des créanciers de l'entreprise en difficulté. Son mandat
comprend tous les actes nécessaires afin de réaliser l’actif et acquitter le passif, notamment
le pouvoir d’opérer le recouvrement des créances, de terminer les affaires pendantes, de
prendre toutes les mesures conservatoires requises par l’intérêt commun, de faire toute
publicité nécessaire afin d’inviter les créanciers à présenter leurs créances, de payer les
dettes sociales liquides ou exigibles, de vendre judiciairement les immeubles de la société
qui ne peuvent se partager commodément, de vendre les marchandises en magasin et le
matériel, le tout sauf les réserves exprimées dans l’acte qui le nomme ou les décisions qui
seraient prises par les associés à l’unanimité au cours de la liquidation.

Une fois que la dernière assemblée générale de liquidation a statué et approuvé les comptes
définitifs, le mandataire se doit alors de publier la clôture de la liquidation aux fins de
radiation. Dès lors la personnalité morale de la société n’existe plus.

Partie 2 : Les manifestations de la personnalité juridique et ses


effets.

Section 1 : L’identification de la société et la notion de capacité juridique :

Ainsi dotée de la personnalité morale, la société peur être individualisée.

Ce sont les attributs de la personnalité morale qui permettent de l’identifier comme un sujet
de droit et d’obligations.

Tout d’abord, la personne morale sociétaire a une dénomination sociale.

C'est le nom sous lequel la société est connue. L’appellation de la société doit être
déterminée dans les statuts. Cette dénomination sociale est toujours suivie de l’indication de
la forme de la société (S.A, SARL, SNC …).

La dénomination sociale est protégée par le droit de la concurrence si elle est « usurpée »par
une autre société qui prétend l’utiliser. Si cette dernière a une activité dans le même secteur
professionnel, la similitude de dénomination sociale peut engendrer une confusion dans
l’esprit du public. Elle sera donc condamnée à verser des dommages et intérêts sur le
fondement d’une action en concurrence déloyale.

Ensuite, la société personne morale, a un siège social. C’est le domicile de la société et qui
doit être indiqué dans les statuts. Le siège social permet de déterminer la nationalité de la
société, la compétence territoriale des tribunaux susceptibles de trancher les litiges
concernant la société, ainsi que le lieu où doivent être faites les formalités
d’immatriculation. Au Maroc, la nationalité de la société est déterminée selon le critère du
siège social : les sociétés dont le siège social est situé au Maroc sont marocaines et soumises
donc au droit marocain.

En outre, la société dispose d’un capital social .Cela correspond à son patrimoine actif et
passif, qui, on le verra, constitue l’atout essentiel de la personnalité morale.

Enfin, il paraît primordial de d’aborder aussi la notion de la capacité de la société.

Pour ce qui est de la capacité juridique de la société, elle est limitée par le principe de la
spécialité des personnes morales. Alors que les personnes physiques vont organiser leur vie
juridique comme elles l'entendent, les sociétés sont créées pour l’exercice d’une activité
déterminée. La personnalité juridique ne leur est reconnue que dans ce but particulier. En
conséquence, une société commerciale ne peut effectuer des actes juridiques qui n'ont
aucun rapport avec son objet prévu dans les statuts. (7)

Quant à la capacité d'exercice, la société doit nécessairement être représentée par une ou
plusieurs personnes physiques, que l’on nomme les représentants légaux, qui vont l’engager
vis-à-vis des tiers.

Section 2 : L’autonomie patrimoniale de la société :

La création d'une société dotée de la personnalité permet, d'isoler l'activité professionnelle


dans une structure juridique possédant son propre patrimoine, distinct de celui du chef
d'entreprise.

- A l’actif du patrimoine de la société , on trouve tous les biens dont elle est propriétaire tels
que les biens apportés au acquis par elle ( comme un fond de commerce qu’elle exploite , un
immeuble pour y abriter une usine, un magasin ou son siège social) ou des biens sur lesquels
elle n’a qu’ un droit de jouissance ( comme un bail commercial pour le local ou la société
exploite son activité commerciale .)

(7)
Illustration : Les statuts d’une société prévoient que l’objet social est l’activité de restauration et toutes
activités similaires. La société ne peut alors acquérir un fonds de commerce de prêt-à-porter ou de librairie. Si
elle veut le faire elle doit modifier son objet social par une modification statutaire.
- Au passif, il y’a d’abord les dettes de la société envers les créanciers (classées selon qu’il
s’agit de créances privilégies ou non) et ensuite les dettes de la société envers ses associés,
c'est-à-dire le capital restant du et qui n’est en principe exigible qu’qu’a la liquidation.
Avec certaines formes de sociétés, cet isolement permet de protéger le patrimoine privé.

A ce niveau, les tiers ne contractent qu’avec la personne morale même si c’est


concrètement une personne physique qu’ils auront en face d’eux ; cette personne n’étant
que le représentant légal de la société. A ce titre, celle-ci agit au nom et pour le compte de la
société qu’elle représente.

D’un point de vue patrimonial, la personnalité morale présente un avantage tant pour les
associés que pour les créanciers. Ces derniers auront en face d’eux une personne morale
d’une surface financière plus importante et en général plus solvable.

En effet, les créanciers de la société ne sont pas créanciers des associés, mais seulement de
la société. Ils n’ont donc aucun droit sur le patrimoine personnel des associés.

L'associé engage alors sa responsabilité financière seulement dans la limite des apports qu'il
fait à la société. Ainsi, au pire risque-t-il de perdre le montant investi.
Mais attention, cette protection patrimoniale n'est pas offerte par tous les types de sociétés.
Seules les sociétés de capitaux y ouvrent droit, à savoir :

- les entreprises unipersonnelles à responsabilité limitée (EURL) ;


- les sociétés à responsabilité limitée (SARL) ;
- les sociétés anonymes (SA) ;
- les sociétés par actions simplifiées (SAS).

Tous les autres types de sociétés, qui composent la catégorie des sociétés de personnes
(sociétés en nom collectif - SNC -, sociétés civiles notamment), n'offrent pas ce confort et ne
protègent pas le patrimoine des associés. Ils sont donc à utiliser avec une très grande
vigilance. 

Prenons l exemple de l'absence de séparation patrimoniale dans l'entreprise individuelle.

Lorsqu'une personne physique décide de créer son entreprise individuelle, nous l'avons vu
précédemment, elle le fait au sein même de son patrimoine. Il y a donc une confusion totale
entre le patrimoine réservé à l'usage professionnel et celui affecté à l'usage privé.
Conséquence de cette confusion : en cas de difficultés financières, les créanciers de
l'entreprise peuvent exiger d'être payés en prélevant des biens d'ordre privé dans le
patrimoine de l’exploitant.
En ce sens, l'entreprise individuelle offre une meilleure garantie aux créanciers, mais elle
présente un risque certain pour le créateur. Si ses affaires tournent mal, si l'activité
professionnelle ne lui permet plus d'honorer ses dettes, son patrimoine privé est engagé.

(On ne parle pas seulement du patrimoine de la société en tant qu’entité dotée de la


personnalité juridique, mais on parle plutôt de patrimoine de la personne physique)

Cela peut même avoir des répercussions durant toute son existence, car les dettes engagées
pendant sa vie professionnelle pourront lui être réclamées bien après l'arrêt de celle-ci. Et
dès que des biens entreront dans son patrimoine, même lorsque ceux-ci seront d'ordre
strictement privé, ils pourront être saisis.
Conclusion :

« Je n’ai jamais déjeuné avec une personne morale ». Cet aphorisme, attribué à Léon
Duguit, auquel le professeur Jean-Claude Soyer répondait : « moi non plus, mais je l’ai
souvent vu payer l’addition », traduit le rôle de la personnalité juridique qui fait de la
société une entité qui peut agir, ester en justice, bénéficier de ces droits, et accomplir des
engagements mais tout ceci par le biais d’un représentant personne physique.

Et parce que la société sous la forme sociétaire a la personnalité morale, qu’elle est dotée
d’un patrimoine, elle est sujet de droits et d’obligations ; autrement dit, elle est
juridiquement responsable de ses actes, aussi bien sur le plan civil que pénal.
Bibliographie :

 Ouvrage :

DEDIER MARTIN « Droit des affaires » TOME 2, 1 ere Edition Almadariss , page 45 à
49.

MARIE-HELENE DE LAENDER « Droit des sociétés », gestion juridique de l’entreprise


sociétaire, Ed. ECONOMICA, 2018.

NATHALIE BARUCHEL «  Personnalité morale en droit privé, élément pour une


théorie », L.G.D.J

BRUNO DONDERO «  Le groupement dépourvus de la personnalité juridique en droit


privé », TOME 1, PRESSES UNIVERSITAIRE D’AIX-MARSEILLE -2006-

DOMINIQUE VIDAL «  Droit des sociétés » 6 ème édition, L.G.D.J , Lextenso édition .

 Cours de droit :

Mr. EL HIALI « Introduction à l’étude du droit »

 Site :

file:///C:/Users/Fatima/Downloads/53357c32a6f2b.pdf

https://business.lesechos.fr/outils-et-services/guides/guide-de-la-
creation/1417/1422-5-consequences-du-choix-de-la-forme-juridique-24596.php

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