Vous êtes sur la page 1sur 12

CHAPITRE X : LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE (TVA)

La TVA est une taxe générale sur la dépense, ad valorem et à paiement


fractionné, qualificatifs considérés par les fiscalistes comme étant de qualité. Elle a
été instituée au Burkina Faso en 1993 (loi n°04/92/ADP du 03/12/92) en
remplacement de la Taxe sur le Chiffre d’Affaires (TCA).
En effet avec son mécanisme de paiement fractionné et de déduction, la TVA est un
impôt général prélevé à chaque stade du circuit économique et venant en définitive
atteindre le consommateur final de biens et de services sur l’ensemble de ses
dépenses.

I / CHAMP D’APPLICATION

1) Les opérations taxables


Le champ d’application de la TVA est très large. En effet, la TVA frappe les
importations, les ventes, les travaux immobiliers, les prestations de services, les
transformations de produits agricoles et piscicoles, les livraisons à soi même (LASM)
et d’une manière générale, toute activité lucrative autre que les emplois salariés.
NB : L’agriculture et la pêche sont des opérations imposables par option c'est-à-
dire que les personnes qui les réalisent peuvent décider de les soumettre
volontairement à la TVA

2) Les personnes assujetties


Sont assujetties à la TVA toutes les personnes physiques ou morales exerçant une
activité économique, en principe à titre onéreux, qu’elle soit habituelle ou
occasionnelle et quels que soient le but recherché et les résultats obtenus. Il s’agit
notamment :

- des importateurs ;
- des producteurs ;
- des entrepreneurs de travaux immobiliers ;
- des entreprises de leasing ou de crédit bail ;
- des prestataires de services ;
- des commerçants ;
- des personnes exerçant les professions libérales etc.

3) Territorialité de l’impôt
Les affaires passibles de la TVA ne sont imposables que si elles sont réalisées au
Burkina Faso. Une affaire est réputée faite au Burkina Faso s’il s’agit :

- d’une vente ou de toute opération ayant pour effet de transférer à un tiers la


propriété des biens, lorsque la vente ou l’opération est réalisée aux conditions de
livraison au Burkina Faso ;
- des travaux immobiliers, lorsque ces travaux sont effectués au Burkina Faso ;
- de toute autre opération, lorsque le service rendu, le droit cédé ou concédé,
l’objet ou le matériel loué sont utilisés ou exploités au Burkina Faso.

4) Les exonérations
L’étendue du champ d’application de la TVA est limitée par l’existence de secteurs
non taxés expressément prévus par la loi.
Sont exonérés de la TVA :
a) sous réserve de l’option prévue aux articles 323 et 371 ter du CI :
- les opérations effectuées par les contribuables relevant de la contribution du
secteur informel ;
- les ventes effectuées par les exploitants agricoles, les planteurs, les éleveurs et les
pêcheurs de produits non transformés de leur culture, de leur élevage ou de leur
pêche ;
- les marchandises placées sous un régime douanier suspensif ;
b) les exportations directes de biens, les réexportations en suite de régime douanier
suspensif et les services assimilés à des exportations. Sont assimilés à des
exportations les transports terrestres pour la partie réalisée à l’étranger lorsque les
prestations sont effectuées du Burkina Faso vers l’étranger.
c) les transports aériens internationaux  et les déménagements internationaux par
voie aérienne;
d) l’avitaillement des aéronefs à destination de l’étranger ;

2
e) les ventes, cessions ou prestations réalisées par l’Etat, les collectivités territoriales
et les établissements publics ;
f) les importations et les ventes de produits alimentaires non transformés, frais,
réfrigérés ou congelés destinés à la consommation y compris le poisson ;
g) les importations et les ventes de viande non transformée, fraîche ou réfrigérée
destinée à la consommation, à l’exclusion de la viande congelée ;
h) les ventes de biens d’occasion, à l’exclusion des ventes de biens amortissables
ayant donné droit à déduction effectuée par les assujettis et celles effectuées par les
négociants en bien d’occasion ;
NB. Voir article 325 nouveau pour l’exhaustivité des affaires exonérées de la TVA
Les autres biens et services exonérés sont répertoriés à l’article 331 septiès du CI. 

II / DETERMINATION DE LA BASE IMPOSABLE

La TVA est assise sur le chiffre d’affaire H TVA.


Cette base imposable est constituée :
- pour les importations, par la valeur des marchandises telle que définie à l’article 22
du code des douanes majorés des droits et taxes perçus par le service des douanes
à l’exclusion des taxes spécifiques de consommation ;
- pour les livraisons de produits extraits ou fabriqués au Burkina Faso et autres
échanges de biens, par le prix de vente réclamé au client ou par toutes les sommes,
valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir en contrepartie ;
- pour les travaux immobiliers, par le montant des mémoires, marchés, factures ou
acomptes y compris les travaux confiés à des sous – traitants ;
- pour les prestations de services, par le prix des services ou par toutes les sommes,
valeurs biens ou services reçus, ou à recevoir en contrepartie ;
- pour les livraisons à soi-même, par le prix de revient des biens, services ou travaux.

Sont également à inclure dans la base d’imposition les frais accessoires aux
livraisons (commissions, intérêts, frais d’emballages, de transport et d’assurance
réclamés au client, même s’ils sont facturés distinctement). Ces frais accessoires
sont ceux intervenant jusqu’au lieu du dédouanement de la marchandise.

3
Mais les frais de transport sont exclus de la base d’imposition si la vente est conclue
aux conditions « départ » et si le transport est à la charge de l’acquéreur et rémunéré
distinctement.

Sont exclus de la base :


- les escomptes, remises, rabais, ristournes, etc.
- les indemnités ayant le caractère de dommage - intérêts ;
- les débours dûment justifiés
- les primes et subventions d’équipement affectées au financement d’un bien
d’investissement et les aides à caractère financier entre entreprises etc.
- les sommes perçues au titre des emballages consignés ; mais en cas de
transformation de la consignation en vente, la TVA est due sur ces sommes.

III / LIQUIDATION

1) Fait générateur et exigibilité


Le fait générateur et l’exigibilité sont souvent concomitants ; ils sont constitués :
- pour les importations, par le franchissement du cordon douanier ;
- pour les ventes, par la livraison de la marchandise ;
- pour les travaux immobiliers, par l’exécution des travaux ; pour les travaux
immobiliers donnant lieu à l’établissement de décomptes, le fait générateur et
l’exigibilité interviennent à l’expiration de la période prévue pour le décompte.
- pour les prestations de services, par l’accomplissement du service ; mais en
ce qui concerne des redevables soumis au BNC l’exigibilité n’intervient qu’à
l’encaissement du prix des services ;

Pour les prestations de services et les travaux immobiliers, le versement d’avance ou


d’acompte rend la taxe exigible sur le montant dudit versement, que l’opération soit
matériellement réalisée ou non.
- Pour les LASM, par la première utilisation du bien
Toutefois, s’il s’agit de fournitures ou de livraison à l’Etat ou à ses démembrements
n’ayant pas un caractère industriel ou commercial, les redevables ont l’obligation de
déclarer ses opérations dans les délais prescrits mais un sursis de paiement pourra

4
être accordé par l’Administration fiscale jusqu’au moment du paiement par les
services du trésor (art. 327 bis du CI).

2) Le taux de la TVA
Avec deux (2) taux (réduit de 10% et normal de 15%) à l’institution de la TVA en
1993, il existe depuis le 1 er septembre 1996 un seul taux de 18% qui est applicable à
la base HTVA.
Pour passer d’une base TTC à une base HTVA, on applique un coefficient de
conversion à la base TTC. Ce coefficient s’obtient par application de la formule
100/100+18 = 0,847.

3) Les étapes
La liquidation de la TVA suit trois étapes qui sont :
- La TVA collectée (ou TVA Brute): c’est la TVA facturée aux clients lors de
la vente ou de la prestation de service ;
- La TVA déductible (ou TVA récupérable): c’est la TVA facturée par les
fournisseurs à l’occasion de l’acquisition de biens ou de services sur le marché local
ou importé ;
- La TVA nette (ou TVA à reverser) : c’est la différence positive obtenue en
faisant : TVA collectée – TVA déductible. Cet excédent de la TVA collectée sur la
TVA déductible est à reverser par l’entreprise au Trésor public.
Si la différence est négative c'est-à-dire si la TVA brute est inférieure à la TVA
déductible, il s’agit d’un crédit TVA. Ce crédit est imputable sur la ou les déclarations
ultérieures.
Aucun remboursement n’est autorisé sauf pour :
- les entreprises exportatrices de biens taxables en régime intérieur ;
- les prestataires de services réalisant des opérations exploitées ou utilisées hors du
Burkina Faso sous réserve que des opérations similaires soient imposables en
régime intérieur ;
- les entreprises en extension d’activité agréées au code des investissements ;
- les entreprises ayant perdu la qualité d’assujetti à la TVA ;
- les entreprises de crédit – bail ;
- les organisations à but non lucratif bénéficiaires d’une dérogation accordée par le
ministre chargé des finances pour leurs investissements au profit des populations

5
d’un montant au moins égal à cinq millions (5 000 000) de francs CFA en matière de
développement économique, d’enseignement et de santé.
NB. Par entreprise exportatrice, il faut entendre celle qui réalise plus de 50% de son
chiffre d’affaires à l’exportation.

IV / LES DEDUCTIONS

1) Principe
Aux termes de l’article 329 nouveau du CI, la TVA ayant grevé les éléments du prix
d’une opération imposable est déductible de la TVA applicable à cette opération sous
réserves des conditions et restrictions prévues dans le code.
Ouvrent également droit à déduction dans les mêmes conditions que si elles étaient
soumises à la TVA, les opérations d’exportation taxables en régime intérieur et
assimilées visées à l’article 325 – 2.
Les personnes assujetties à la TVA de plein droit ou sur option sont autorisées à
déduire la TVA qui a grevé le coût des marchandises existant en stock destinées à la
réalisation d’opérations taxables.
Cette déduction intervient à partir de la date à laquelle elles réalisent des opérations
imposables.
Elles sont également autorisées à déduire une fraction de la taxe qui a grevé le coût
des investissements existant à la même date. Cette fraction est égale :
a) pour les biens immeubles, à la différence entre le montant de la taxe qui a grevé le
coût et le produit du dixième de cette taxe par le nombre d’années ou fractions
d’année écoulées depuis l’acquisition de bien ;
b) pour les biens d’investissement, à la différence entre le montant qui a grevé le
coût et le produit du cinquième de cette taxe par le nombre d’années ou fractions
d’année écoulées depuis l’acquisition du bien.

2) Modalités
Le droit à déduction prend naissance au moment où intervient le fait générateur de
la taxe applicable aux biens, services ou travaux immobiliers dont l’acquisition ouvre
droit à déduction.
La déduction de la taxe est opérée par imputation sur la taxe collectée par
l’entreprise au titre du mois au cours duquel le droit à déduction a pris naissance.

6
En cas d’omission, elle peut être opérée au plus tard le 30 avril de l’année suivante.

3) Les exclusions
Est exclue du droit à déduction la TVA sur les biens et services ci-après :
a) les véhicules conçus pour le transport des personnes et les véhicules à
usage mixte dont le nombre de places assises, y compris celle réservée au
conducteur, est supérieur ou égal à trois et inférieur à dix lorsqu’ils ne sont pas
affectés :
- au transport public de personnes,
- au transport du personnel sur le lieu de travail,
- au transport de la clientèle des établissements hôteliers,
- à l’enseignement de la conduite,
- à la location y compris dans le cadre d’une opération de crédit – bail,
- lorsqu’ils ne sont pas destinés à être revendus en l’état.
b) les biens cédés et les services rendus gratuitement ou à un prix
sensiblement inférieur au prix de revient à titre de commission, salaire,
gratification, rabais, bonification, cadeau quelle que soit la qualité du bénéficiaire
sauf lorsqu’il s’agit d’objets publicitaires d’une valeur inférieure à dix mille (10 000)
francs CFA hors TVA ;
c) l’essence d’aviation, l’essence auto, le gasoil et le bio carburant ;
d) les dépenses exposées pour assurer le logement ou l’hébergement à
l’exception de celles profitant au personnel chargé de la surveillance ou de la
sécurité des unités industrielles ou des chantiers de travaux ;
e) les dépenses de réception, de restaurant, de spectacles et de déplacement à
l’exclusion des dépenses de transport engagées en vertu d’un contrat permanent de
transport conclu pour conduire le personnel sur le lieu de travail et des dépenses
exposées pour la satisfaction des besoins collectifs du personnel sur le lieu de
travail ;
f) les objets mobiliers de décoration autre que ceux ayant le caractère de mobilier
et matériel commercial ou industriel, ou de mobilier et matériel de bureau ;
g) d’une manière générale, les services de toute nature portant sur les biens exclus
du droit à déduction de la TVA.

7
NB. On note que les dépenses visées ci – dessus sont constituées pour l’essentiel
des dépenses à caractère personnel, des dépenses à caractère somptuaire et des
dépenses à caractère de libéralité.

4) Les limitations
Elles concernent les assujettis partiels. Ces redevables réalisent à la fois des
opérations taxables et des opérations non taxables. Ex : un pharmacien qui vend des
médicaments exonérés de TVA et des produits de beauté soumis à la TVA ;

La TVA ayant grevé l’acquisition de biens et services est :

- déductible en totalité lorsqu’ils concourent à la réalisation d’affaires imposables


ou à des exportations ;
- déductible partiellement lorsqu’ils concourent à la fois à des affaires taxables et à
des affaires non taxables ;
- exclue des déductions lorsqu’ils concourent à la réalisation d’affaires non
taxables.
La situation est bien simple dans le premier et le troisième cas, mais dans le second
cas, il faut déterminer la portion de TVA déductible admise. On parle de
pourcentage de déduction ou prorata.

4-1 Détermination du pourcentage de déduction


Pour les assujettis partiels, le pourcentage de déduction est déterminé par le rapport
existant entre d’une part les opérations taxables et les exportations, et d’autre
part l’ensemble des opérations réalisées à l’exclusion des recettes exceptionnelles
comme les cessions d’élément d’actif immobilisé, les subventions d’équipement, les
débours, les dommages et intérêts, les indemnités d’assurance ne constituant pas la
contrepartie d’opérations soumises à la TVA.

(Chiffre d’affaires taxable + exportations)


Ce pourcentage =
Chiffre d’affaires global

Il reste entendu que la fraction de la TVA non déductible constitue une charge
déductible pour la détermination du bénéfice imposable .

8
NB : Compte tenu du fait que ce n’est qu’en fin d’année que l’on peut connaître le
chiffre d’affaires de l’année, le pourcentage de déduction de l’année N -1 est
appliqué provisoirement au cours de l’année N ; en fin d’année N, le prorata définitif
est déterminé et une régularisation est faite systématiquement lorsqu’il y a la
moindre différence entre le prorata provisoire et le prorata définitif.

4 – 2 La surveillance du prorata
Lorsque la variation du pourcentage de déduction est supérieure à 5%  par rapport
à l’année d’acquisition, l’assujetti doit opérer la régularisation des déductions
effectuées au titre des immobilisations à concurrence d’une fraction égale :
- au dixième (1/10) du produit de la taxe ayant grevé le prix d’acquisition par la
différence entre le pourcentage de déduction de l’année de dépassement et le
pourcentage de l’année d’acquisition, s’il s’agit d’immeubles. Il convient de surveiller
les immeubles pendant dix ans (y compris l’année d’acquisition).
- au cinquième (1/5) du produit de la taxe ayant grevé le prix d’acquisition par la
différence entre le pourcentage de déduction de l’année de dépassement et le
pourcentage de l’année d’acquisition, s’il s’agit d’autres biens (meuble). Il convient
de surveiller les meubles pendant cinq ans (y compris l’année d’acquisition).

5) Les régularisations particulières


En principe la TVA déduite est définitivement acquise ; cependant, dans certains cas
particuliers, il y a une remise en cause du droit de déduction. Ainsi, la TVA ayant
grevé l’acquisition des biens doit être reversée dans les cas suivants :
- en cas de cessation d’activité ou de la perte de la qualité d’assujetti, s’il s’agit de
biens non soumis à amortissement, le montant de la taxe déduite lors de l’acquisition
de ces biens à concurrence de la partie restant en stock à la date de l’événement
motivant la régularisation de la taxe ;
- en cas de cession séparée à titre gratuit ou à un prix sensiblement inférieur à la
valeur vénale, de destruction ou d’affectation à une activité ou à un usage n’ouvrant
pas droit à déduction, s’il s’agit de biens non soumis à amortissement, le montant de
la taxe ayant grevé l’acquisition desdits biens ;
- s’il s’agit de biens immeubles, une fraction égale à la différence entre le montant de
la taxe qui a grevé le coût et le produit du dixième de cette taxe par le nombre
d’années écoulées depuis l’acquisition du bien ;

9
- s’il s’agit d’autres biens, une fraction égale à la différence entre le montant de la
taxe qui a grevé le coût et le produit du cinquième de cette taxe par le nombre
d’années écoulées depuis l’acquisition du bien.

V / OBLIGATIONS ET SANCTIONS
1) Les obligations
Les redevables de la TVA doivent satisfaire à certaines obligations :
a) Les obligations déclaratives
Toute personne physique ou morale assujettis à la TVA doit dans les 15 jours du
commencement de ses activités ou de l’ouverture de son établissement souscrire
une déclaration d’existence au service des impôts dont elle dépend sur un imprimé
fourni par l’administration.
Une déclaration est obligatoire dans les mêmes délais en cas de cession, cessation
ou modification des activités.
Tout redevable au régime du réel normal d’imposition doit déposer au plus tard le
20 de chaque mois une déclaration sur un imprimé fourni par l’administration auprès
du service des impôts. Cette déclaration doit être suivie de paiement (art. 374 au CI).
Les redevables du RSI doivent souscrire une déclaration trimestrielle au plus tard le
10 du mois suivant le trimestriel.

b) Les obligations de facturation


Toute opération réalisée par un redevable doit faire l’objet d’une facture ou d’un
document en tenant lieu (art. 373 du CI). La TVA pour être déductible doivent figurer
sur un document justificatif (facture, marchés, documents douaniers pour les
importations etc.) distinctement. Les factures en plus de toutes les autres mentions
obligatoires doivent revêtir le numéro identifiant financier unique (IFU) du fournisseur
ou du prestataire.

c) Les obligations comptables


Les redevables soumis au régime du réel doivent tenir une comptabilité régulière en
français comme le prévoit le code du commerce (art. 372).

10
2) Les sanctions
Le défaut de déclaration d’existence est sanctionné par une amende fiscale de
100.000 francs.
L’absence de la mention du numéro d’identification fiscale entraîne l’interdiction de
déduire la taxe facturée chez le client (art. 373).
Le défaut d’établissement de factures, l’omission de la facture séparée de la TVA et
les irrégularités dans le libellé des factures sont passibles d’une amende égale au
montant des droits dus. Cette pénalité est portée à 200% en cas de mauvaise foi
(art. 373 bis 2ème).
Toute TVA facturée est due. La facturation illégale de la TVA est sanctionnée par
une amende égale à 200% du montant indûment facturé. Le redevable qui déduit
cette TVA est solidairement responsable du paiement de cette amende (art. 373 bis
3ème).
Le défaut de déclaration des affaires réalisées dans les délais prévus aux articles
374, 380 bis et 384 entraîne pour son auteur et ses complices l’application d’un
pénalité égale à 25% et majorée de 5% par mois ou fraction de mois de retard
lorsque le service a procédé à une taxation d’office.
Le non respect des articles 374 et 384 place le redevable dans une situation de
taxation d’office assortie de pénalités visées ci-dessus avec un minimum de 500.000
francs.
Toute minoration, inexactitude ou omission d’un ou plusieurs éléments de la
déclaration de chiffre d’affaires fait l’objet d’une procédure de redressement assortie
de pénalités égales à 50% majorées de 5% par mois ou fraction de mois de retard
des droits non déclarés ou dont la perception a été compromise. Cette pénalité est
portée à 200% en cas de manœuvres frauduleuses (art. 375).
Les redevables qui ne s’acquittent pas des droits dus dans les délais prévus aux
articles 374 et 384 bis sont passibles d’une pénalité égale à 5% de l’impôt exigible ;
au cas où ce retard excéderait 15 jours, le taux de pénalité est égal au taux de la
BCEAO majoré de 02 points par mois ou fraction de mois de retard.

FIN DU CHAPITRE X

11
12