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LA REDACTION SCIENTIFIQUE

Plan

1. Pourquoi la rédaction scientifique

2. Qualités du style scientifique

3. Le stage de fin d’études

4. Le mémoire de fin d’études

Pourquoi la rédaction scientifique ?

 Préparer à la rédaction du mémoire de fin d’études

 Initier à la rédaction d’articles, de rapports et autres documents scientifiques

 Contribuer la préparation à la vie professionnelle, notamment scientifique

 Apprendre à rédiger permet d’apprendre à mieux lire. L’intérêt scientifique d’un texte bien
rédigé, c’est-à-dire précis, clair et concis, apparaît facilement. L’expérience montre qu’il y a
souvent une cohérence entre le fond et la forme : « Ce que l’on conçoit bien s’énonce
clairement ».

 Une présentation soignée est une composante essentielle de la qualité d’un travail
scientifique; elle en rend la lecture facile et agréable, met le lecteur dans une disposition
d’esprit favorable pour apprécier le contenu.

 La rédaction scientifique a pour objectif :

- de transmettre un message scientifique;

- d’être lu.

Qualités du style scientifique

 Les principales qualités d’un travail scientifique sont :

- La précision

Elle traduit la rigueur scientifique. Celle-ci doit marquer un travail scientifique depuis son élaboration
jusqu’à son terme. Elle doit marquer aussi bien le matériel et les méthodes que les résultats.

- La clarté

Un travail scientifique n’est pas seulement destiné à être publié; il est surtout destiné à être lu. Il
importe d’écrire dans un langage clair et simple (utiliser des mots et une syntaxe simples, justes)
- La concision (brièveté)

Elle permet d’éviter les répétitions, les redondances, les expressions creuses. Il convient de ne pas
répéter les résultats dans la discussion ou des passages de l’introduction dans la discussion.

LE STAGE DE FIN DE CYCLE

 Pourquoi le stage ?

 Le stage permet aux étudiants de confronter les connaissances théoriques à la réalité


pratique du milieu rural, de prendre connaissance de leurs insuffisances ou des adaptations
qu'elles supposent en fonction de la réalité.

 L'étudiant passe du "milieu scolaire" à celui du "paysan" où l'expérience prime. Il doit en


résulter une attitude de modestie et d'humilité des étudiants devant leur savoir scolaire. Il
est important de prendre connaissance de la relativité des connaissances acquises, de la
nécessité de les actualiser en permanence ou de les adapter aux situations variées de toute
vie professionnelle.

 Le stage offre l'occasion d'une observation approfondie du milieu rural

 Il développe l'esprit d'analyse et de synthèse chez l'apprenant

 Il est l'acquisition d'une expérience professionnelle

 Il aboutit à la confection du document final pour l'obtention du diplôme.

Ü Avant le stage

 Réussir à la première phase des examens

 Participer à la rencontre Direction des études - finalistes

 Retirer la fiche de stage et la convention de stage

 Chercher un lieu de stage

 Se préparer psychologiquement à aller sur le terrain

 Se préparer matériellement :

 Habillement

 Équipement

 Fournitures …

Ü Pendant le stage

1. Observer :
l'organisation et le fonctionnement du service (de même que sa place et son rôle, ses liaisons avec
d'autres services);

- les documents utilisés, les méthodes de classement de ces documents;

- les méthodes de travail (leur rapidité, leur efficacité).

2. Participer à la vie du service :

- étudier le climat social, les relations humaines et hiérarchiques;

- exécuter le travail confié;

- réclamer du travail éventuellement;

- s'informer (ne pas hésiter à prendre contact avec tous ceux qui peuvent fournir une
information).

3. Se documenter :

- sur le service (historique, organigramme, statut…);

- sur le thème (livres, articles, études, rapports, cartes, enquêtes, interviews).

4. Organiser son travail (avec l'aide du Directeur de stage)

- déterminer le sujet;

- élaborer un plan détaillé;

- tenir des fiches ou un cahier de stage.

Par exemple

Date Activités Objectifs Résultats Observations

Ü La redaction

C’est la phase la plus ardue de la réalisation d’un document scientifique.


L'utilisation d'un micro-ordinateur est aujourd’hui indispensable.
La tendance naturelle est de retarder le plus possible le moment de la rédaction. Il convient
aucontraire de rédiger au plus tôt les sections déjà prêtes et de soumettre ces premiers textes
pour avis au directeur, afin de profiter de ses remarques sur la manière de rédiger.

- Prévoir suffisamment de temps


- Respecter les normes et consignes données

- Corriger

- Multiplier

- Relier

- Déposer à temps
CHAPITRE 7
LA RÉDACTION
ET LA RÉALISATION MATÉRIELLE
Idéalement, un mémoire, une thèse ou un article scientifique doivent rendre compte d’un
travail
de recherche, mais non de l’histoire de cette recherche, des hésitations rencontrées dans le
choix
du sujet ou de la question principale, des hypothèses qui se sont révélées fausses, des
difficultés à les vérifier, etc. Dans un document scientifique, le chercheur expose sa démarche
et
ses résultats, comme s’il avait réussi d’emblée à se poser les bonnes questions et à y répondre
correctement en trouvant les bonnes pistes à explorer avec les bons outils. Mais en pratique,
on
est parfois obligé de raconter un peu la cuisine interne de la recherche pour justifier des
résultats
encore insuffisants et une thèse trop peu étayée.
I — LA RÉDACTION
C’est la phase la plus ardue de la réalisation d’un document scientifique. Celle qui consiste à
orchestrer un matériel toujours trop abondant et foisonnant. Alors que la recherche
documentaire
et la réflexion visaient à élargir les horizons, il faut maintenant au contraire faire des choix
et converger vers un texte cohérent.
L’objectif moyen pour un mémoire de DEA est d’écrire environ 60 à 80 pages tapées en
interlignes simples. L’essentiel est cependant moins la quantité que la qualité : 50 pages de
bonne qualité peuvent suffire. Pour une thèse, la tendance est à la réduction du nombre de
pages : 300 pages est désormais la norme. L'utilisation d'un micro-ordinateur est aujourd’hui
indispensable.
La tendance naturelle est de retarder le plus possible le moment de la rédaction. Il convient au
contraire de rédiger au plus tôt les sections déjà prêtes et de soumettre ces premiers textes
pour
avis au directeur, afin de profiter de ses remarques sur la manière de rédiger.
Il ne s’agit pas d’écrire un article pour un quotidien ou un magazine, ni un livre grand public,
mais de rédiger un texte scientifique destiné à un jury composé de chercheurs confirmés ou,
pour un article, des lecteurs avertis.
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1. LA STRUCTURE
Elle est conventionnelle et logique. Il convient de s’y plier.
Le plan
On distingue en général, par ordre d’importance décroissante, les parties, chapitres, sections,
sous-sections et paragraphes. Ces cinq niveaux suffisent pour des textes même très longs.
Pour
qu'un plan soit cohérent, chaque niveau de titre doit pouvoir se lire de façon logique : par
exemple, en lisant successivement les titres des parties, on doit comprendre le raisonnement
d'ensemble suivi. De même, en lisant les titres des chapitres dans une partie, puis des sections
d'un chapitre, etc.
Il ne faut pas chercher à tout prix à faire un plan académique en trois parties à chaque niveau
de
titre. Mais il convient néanmoins d’éviter un nombre trop foisonnant de parties et de chercher
à
équilibrer le poids de chaque partie (éviter notamment le dernier chapitre croupion).
Les titres
Le titre du mémoire est évidemment capital. Il doit exprimer à la fois le sujet du mémoire et la
thèse défendue. Une solution simple consiste à donner un titre pour le sujet et un sous-titre
pour
la question principale ou la thèse. Il faut l’arrêter au tout dernier moment en même temps que
l’introduction et la conclusion.
Les titres des parties, chapitres, sections et paragraphes doivent avoir comme seul but
d’informer le lecteur sur le contenu du texte qui suit et non à capter ou à relancer l’attention
comme le font les journalistes. C’est pourquoi, il ne faut
• pas de phrases, mais des substantifs,
• pas de questions, mais des affirmations,
• pas d’expressions familières ou communes, mais des concepts…
Par exemple, au lieu de « La banquise régresse », préférer « Une régression de la
banquise ». A la place de « La fréquence accrue des tempêtes est-elle dû à l’effet de
serre ? », écrire plutôt « Les conséquences probables de l’effet de serre sur la fréquence
accrue des tempêtes ». Remplacer « Le mauvais temps » par « Les perturbations
climatiques »…
Les tableaux, schémas, graphiques et encarts
Ils en disent parfois plus qu'un long texte indigeste et ont le grand mérite de varier la
présentation.
Mais ils sont à manipuler avec précaution :
• Les tableaux synthétisent, ordonnent ou résument les situations, les évolutions ou les
raisonnements. Mais ils ne peuvent pas se substituer à une réflexion bien étayée.
• Les schémas visualisent les phénomènes, les interrelations et sont souvent très séduisants.
Mais ils doivent être rigoureux et comporter une légende.
• Les graphiques illustrent en général des modèles. Ne pas oublier de préciser l’abscisse et
l’ordonnée.
• Les encarts mettent en valeur un raisonnement, des solutions méthodologiques, un exemple
ou une longue citation particulièrement remarquables.
Ils doivent tous comporter un titre et pouvoir se lire indépendamment du texte. Il est souvent
commode de les numéroter pour mieux s’y référer.
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L'introduction
Elle présente :
• le sujet du mémoire et ses limites,
• les raisons qui expliquent le choix d’un tel sujet : actualité, enjeux…,
• un premier et bref état de la réflexion sur le sujet,
• la thèse qui sera défendue (pas question de la présenter enfin après des dizaines de pages),
• le plan du mémoire.
Il vaut mieux la rédiger en dernier.
La conclusion
Elle doit être consistante et ne pas se réduire à une page.
• Elle rappelle et résume les principaux résultats obtenus et indique notamment dans quelle
mesure la thèse a pu être démontrée.
• Elle ouvre des perspectives nouvelles :
– recherches complémentaires nécessaires ou possibles,
– interrogations sur le devenir de la question traitée,
– généralisations probables…
Les annexes
Elles servent trop souvent de fourre-tout. Il convient d’éviter de les surcharger et de n’y
insérer que des documents exemplaires, trop longs pour être cités dans le texte sans le
déséquilibrer, mais qui méritent une lecture intégrale : un questionnaire, des comptes-rendus
d'entretiens, des
documents d'entreprise, des textes juridiques, des données statistiques…
2. L’ÉCRITURE
L’écriture est toujours un moment long et difficile. La première version est rarement la bonne.
Il est normal de réécrire plusieurs fois un texte avant d’en être satisfait. Réussir à écrire 5
pages satisfaisantes par jour est un bon rythme. C’est aussi l’avis de Michel Beaud.
Le style et la syntaxe
Il ne faut pas chercher à écrire avec style. Seul le mot juste compte, l’idée clairement exposée,
même si on a l’impression que le terme est fade, la phrase un peu plate. Le style vient tout
seul,
avec l’habitude de l’écriture.
Ainsi, éviter :
• les clichés (« le pays du Soleil levant »…),
• les expressions toutes faites (« les Trente glorieuses »…),
• les néologismes (« non réponse » pour dérobade…),
• les anglicismes (« opportunité » quand occasion suffit, « challenge » pour pari,
« profitabilité » pour rentabilité…),
• les pléonasmes (« comme par exemple », « car en effet », « comparer ensemble », « la
conjoncture actuelle », « un don gratuit », « enfin pour conclure », « la marche à pied »,
« le monopole exclusif », « des perspectives d’avenir », « une panacée universelle »,
« des phases successives »…),
• l’inflation de sigles et d’abréviations,
• les adverbes trop nombreux (essentiellement, incontestablement…).
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Pour tout cela, le dictionnaire est un outil indispensable. Le Robert est préférable au Larousse
parce qu’il précise en outre l’étymologie et les synonymes. Nous avons tous des tics de
langage
qu’il faut apprendre à découvrir et à traquer. Exemple de tic fréquent : « En effet… ».
Les phrases trop longues ou compliquées doivent être considérées a priori comme suspectes :
elles mélangent souvent confusément plusieurs idées. S’efforcer de limiter la longueur des
phrases est une manière très efficace de clarifier leur contenu. Ainsi, les conjonctions de
subordination sont à écarter (bien que…, alors que…, puisque…, autant que…), l’usage des
adverbes à limiter, les listes d’adjectifs à réduire, les énumérations à éviter (voir l’encadré).
Pour construire des phrases claires, il existe une règle fort simple : « Sujet - verbe –
complément. Sujet - verbe - complément… ». Et il vaut toujours mieux écrire au présent, pour
éviter les difficultés de concordance des temps.
Les énumérations sont toujours la preuve d’un raisonnement insuffisant
Quand l’auteur présente en vrac une liste d’éléments, de faits, de caractéristiques ou même
de facteurs explicatifs ou d’arguments, c’est toujours le signe d’une incapacité à
distinguer l’important du secondaire, à construire une typologie, à montrer les relations
entre ces termes, à mettre les résultats en perspective.
Certains auteurs vont jusqu’à asséner qu’ils ont découvert l’existence de « sept facteurs
clefs de succès » pas un de plus, pas un de moins, ou bien d’exactement « cinq forces de
la concurrence », sans donner la preuve qu’il n’en existe pas d’autres. C’est l’occasion
pour le lecteur de s’interroger et d’approfondir l’analyse. A chacun d’appliquer cette règle
à ses propres écrits.
Il est vrai qu’il est parfois difficile d’aller plus loin qu’une énumération, faute de temps ou
par manque de connaissance. Il convient alors d’indiquer que l’on est conscient de cette
insuffisance.
De même, quand un paragraphe est trop long (plus de 10 lignes), c’est que son contenu est
souvent trop riche et mélange plusieurs raisonnements. Il faut s’obliger à le diviser et à
remanier
son contenu.
Enfin, les transitions réclament un soin particulier. Il n’est pas nécessaire de commencer
toutes
les phrases avec des mots de transition (Ainsi…, En revanche…). La simple juxtaposition de
phrases courtes suffit souvent pour comprendre l’enchaînement d’un raisonnement. Mais il est
essentiel que le texte se déroule de façon logique, d’annoncer ses intentions en début de
section
ou paragraphe et de conclure à la fin.
La distinction entre faits et commentaires
Elles est essentielle et doit être sans équivoque, en utilisant par exemple des paragraphes
différents. Dans un premier temps, l’exposé des faits – une situation, une évolution – doit
reposer autant que possible sur une accumulation raisonnée de données chiffrées ou au moins
d’indices. Dans un deuxième temps, un commentaire expose les diverses interprétations
possibles. Il convient cependant d’être prudent et d’éviter le piège de l’induction : une
généralisation abusive à partir de quelques exemples (voir chapitre 4).
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La distinction entre les points de vue
Pour tout sujet controversé, il est important qu’apparaissent clairement les différents points de
vue en présence :
• en les présentant séparément et successivement,
• en précisant les auteurs ou les écoles de pensée qui défendent chaque point de vue,
• en résumant chaque point de vue et en l’illustrant au besoin par des citations,
• en insistant sur les différences entre les points de vue,
• en ajoutant en définitive un point de vue personnel qui peut soit être original, soit rejoindre
celui d’un auteur, soit encore tenter une synthèse entre certains points de vue.
L'utilisation des sources et les citations
Un mémoire mobilise toujours des sources d’information fort diverses et nombreuses. Une
source peut faire l’objet soit d’une synthèse, soit d’une citation. Dans les deux cas, le respect
de la déontologie scientifique et l’honnêteté intellectuelle imposent de citer clairement
son origine, que ce soit dans le texte ou en note.
Dans le cas d’une synthèse, il ne faut pas hésiter à écrire en début de paragraphe une phrase
du
type : « Nous résumons dans ce paragraphe le remarquable travail de Tartignol (2001)… ».
Dans le cas d’une citation, il est préférable de citer largement l’auteur, en n’hésitant pas à
reprendre un paragraphe entier plutôt qu’un bout de phrase, pour éviter toute accusation de
manipulation. Mais l’excès de citations peut alourdir un texte.
S’il s’agit de reprendre une citation trouvée au cours d’une lecture sans avoir lu le document
original de celui qui est cité, il est impératif de le préciser en écrivant après la citation, par
exemple : « (Tartignol, 2001, p. 10, cité par Duchmol, 2002, p. 23). On peut mettre en
bibliographie et Tartignol, 2001 et Duchmol, 2002.
L'utilisation des notes de bas de page
Elles servent à alléger le corps du texte tout en apportant un complément d'information
(rappel
d’un débat, d’un contexte…), ou un point de vue particulier (une nuance, une critique…).
Pour
faciliter leur lecture, elles doivent être numérotées et en bas de page (et non en fin de chapitre
ou
de document). Il ne faut pas trop en abuser.
II — LES EXERCICES IMPOSÉS
Dans tous les mémoires et thèses, il existe des passages obligés que le lecteur s'attend à lire et
destinés à montrer que l’auteur possède bien son sujet.
1. UNE LARGE BIBLIOGRAPHIE
Elle doit comporter tous les auteurs et documents reconnus sur le sujet abordé, tant sur les
plans
théorique qu’empirique. L’étudiant montre ainsi sa bonne connaissance de la littérature.
L’enseignant, qui commence très souvent sa lecture par la bibliographie, a tout de suite une
idée
du degré de maîtrise du sujet.
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2. UN HISTORIQUE DE LA QUESTION ABORDÉE
Au début du document, une section ou un chapitre rappelle les origines du sujet traité – dans
quel contexte le phénomène étudié est apparu, comment il a commencé à être perçu en tant
que
tel, comment il a d'abord été étudié – puis les développements qui ont suivi. Cette mise en
perspective contribue à bien cadrer le sujet. Il en découle naturellement une définition précise
des frontières du sujet.
3. UNE SYNTHÈSE RAISONNÉE DES PRINCIPALES LECTURES
L’étudiant doit montrer non seulement qu'il connaît la littérature, mais aussi qu'il maîtrise les
principaux auteurs. Il doit être capable de résumer clairement leurs raisonnements et surtout
de
préciser leurs positions relatives, de dresser une sorte de carte du débat dans le domaine
étudié.
4. UNE DÉFINITION DES CONCEPTS ET DU CADRE D'ANALYSE
Les principaux concepts doivent être définis sans équivoque en n'hésitant pas à annoncer :
« Voici la définition finalement retenue : le …… est ……… ». Chaque terme d'une définition
est soigneusement pesé et expliqué. Les concepts s'articulent entre eux et définissent le cadre
d'analyse.
5. UNE PRÉSENTATION DE LA PROBLÉMATIQUE
La question principale et la thèse défendue doivent apparaître nettement dès l'introduction.
Puis
sont présentées (parfois dès l'introduction ou dans un chapitre spécifique) les hypothèses de
travail, le mode d'investigation, les résultats obtenus. Il ne faut pas hésiter à paraître scolaire
en
présentant le plus clairement possible ces aspects. Il s'agit d'un exercice académique et non
d'un article dans la presse.
III — LA RÉALISATION MATÉRIELLE
Les règles à suivre sont nombreuses et s’y plier paraît fastidieux. En fait, elles ne visent qu’à
améliorer la lisibilité du texte et à faire respecter les règles déontologiques. Autant les
connaître
dès le départ pour les appliquer sans état d’âme.
1. LA PRÉSENTATION
Voici dans l’ordre, la façon habituelle de présenter un mémoire.
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La couverture
Par convention, on écrit en général de
façon assez logique :
• en haut : l’institution dans le cadre de
laquelle le mémoire a été réalisé :
Université, UFR…
• au centre : le titre du mémoire,
• en bas : le diplôme préparé, le nom de
l’auteur, le nom du directeur, la date
de réalisation et pour une thèse la
composition du jury.
Voir l’exemple ci-contre.
Certaines institutions impose des règles
précises un peu différentes.
Université de Lille V
UFR de zoologie
La sexualité des crapauds du lac de Paladru
mémoire pour le DEA de zoologie préhistorique
réalisé par Claire SAUVAGE
sous la direction du Professeur Gilles LANCIEN
septembre 2005
La table des matières
Elle doit être détaillée et comprendre tous les titres et pagination des parties, chapitres,
sections,
paragraphes, y compris les titres et pagination des annexes. On peut la mettre au début comme
le font les anglo-saxons ou à la fin comme il est d’usage en France.
Les remerciements
Il est habituel de remercier sobrement toutes les personnes qui ont fortement contribué à
l’avancement
du mémoire. Ne pas oublier en particulier les personnes extérieures à l’Université qui
ont accepté de répondre à des questions : responsables ou membres d’entreprises,
d’administrations
ou d’institutions diverses.
La numérotation des titres
Elle doit être la plus simple et la plus
claire possible. Par exemple :
Le système suivant est plus analytique,
mais un peu moins lisible :
CHAPITRE 1 : L’USINE
I — LA TECHNOLOGIE
A/ L’automatisation
1. Les robots
2. Les capteurs
B/ L’informatisation
II — L’ORGANISATION
A/ L’agencement…
1. L’usine
11. La technologie
111. L’automatisation
1111. Les robots
1112. Les capteurs
112. L’informatisation
12. L’organisation
121. L’agencement…
Les tableaux, schémas, graphiques et encarts
Ils doivent évidemment être bien lisibles et comporter :
• un titre (en général au-dessus) ;
• une source (en général en dessous). Si l’auteur du mémoire en est le créateur, indiquer :
« réalisé par l’auteur » ou bien l’indiquer dans le texte sans ambiguïté : « Nous avons
réalisé ci-dessous un schéma qui résume… » ;
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• une légende si nécessaire ;
• une numérotation s’il peut y avoir une confusion avec un autre tableau, schéma, graphique
ou encart. Cette numérotation sera utilisée dans le texte pour les signaler au lecteur.
Les citations
Elles doivent toujours être entre guillemets et respecter scrupuleusement ce qu’a écrit l’auteur
cité. Pour éviter d’utiliser de façon détournée son texte, mieux vaut le citer largement, par
phrases entières. Si on tient à citer très largement un auteur, on peut créer un encart ou même
une annexe.
Pour indiquer une source, le plus simple est d'utiliser la méthode américaine (comme dans ce
document) : mettre entre parenthèses le nom de l'auteur du document, l'année de parution, et
éventuellement la page d’où est tirée la citation. Exemple de texte avec une citation suivie
d’une
référence :
L’avenir des exportations de Maroilles en Papouasie s’annonce radieux, car il est bien
connu que : « Les Papous adorent le Maroilles » (Tartignol, 1997, p. 14).
La référence renvoie à la bibliographie où l’on trouve :
TARTIGNOL Alice, 1997, « L'exportation du Maroilles en Papouasie », Revue Française
du Fromage, mars, pp. 4-34.
Ainsi, il est inutile de citer dans le corps du texte ou en note de bas de page la référence
complète de l'auteur cité. Cela signifie aussi que le lecteur commence la lecture du mémoire
par
la bibliographie.
Les annexes
Chaque annexe doit comporter un titre clair – qui sera repris dans la table des matières – et la
source complète. Par exemple :
Entretien avec M. Trucmuche, Directeur de la Société Bidule, le 1er avril 2000 à 9 h, à
Trifouilli-les-Oies, durée 1 h 30.
Extraits du décret n° 98-828 du 14 septembre 1998 relatif à la circulation des cycles et
modifiant le code de la route.
Le glossaire des sigles, abréviations et termes techniques
Pour certains sujets assez techniques, un tel glossaire est indispensable. Pour les autres sujets,
il se révèle souvent bien utile.
Les références ou la bibliographie
Il est d’usage de regrouper à la fin d’un document scientifique la liste complète des
références
citées dans le document. Pour que le lecteur puisse retrouver facilement une référence,
il est simple et logique d’adopter un ordre alphabétique par nom d’auteur, sans chercher à
distinguer les différents types de documents : livres, articles, communications à des colloques,
études, textes de loi…
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On peut souhaiter cependant présenter une bibliographie qui ne se limite pas aux seules
références citées dans le texte. Dans ce cas, la bibliographie représente un travail de recherche
en soi. Elle peut alors être classée par thème ou selon les parties ou chapitres et
éventuellement
commentée. Un classement par catégorie de document (ouvrages, articles…), présente en
général peu d'intérêt sauf dans quelques cas particuliers.
Pour la présentation d’un document dans une liste de références ou une bibliographie, la
forme
générique est la suivante :
• nom(s) de l’auteur (des auteurs) en majuscules,
• prénom(s) ou au moins initiale(s) du (des) prénom(s),
• année de parution,
• titre du chapitre, de l’article, de la partie ou de la communication entre guillemets,
• titre du livre, de la revue, de l’étude, du colloque, de la table ronde ou du congrès en
italiques (ou s ouligné s ),
• nom de la maison d’édition, n° de la revue, mois de parution, date précise de tenue du
colloque, de la table ronde ou du congrès,
• lieu d’édition,
• nombre de pages ou pagination.
Exemples :
• pour un article :
TARTIGNOL Alice, 1997, « L'exportation du Maroilles en Papouasie », Revue Française du
Fromage, mars, pp. 4-34.
• pour un livre :
TARTIGNOL Alice, 1998, L'exportation du Maroilles dans la zone pacifique, Presses
Universitaires
de Lille, Lille, 728 p.
• pour une communication à un colloque :
TARTIGNOL Alice, 1996, « La Papouasie, terre d’élection du Maroilles », congrès
international
des producteurs de Maroilles, Le Touquet, 3-4 nov., 54 p.
Ces règles peuvent paraître fastidieuses. En fait, elles ont toutes leur intérêt :
• Placer le nom en premier facilite le tri de la bibliographie lors de la mise en page (en
utilisant
l’outil « Trier » du logiciel de traitement de texte), puis la consultation des références par le
lecteur.
• Préciser le prénom ou au moins son initiale permet de distinguer, par exemple, les
innombrables
Martin ou autres Taylor.
• Indiquer l’année tout de suite après l’identité de l’auteur permet à la fois de situer dans le
temps les contributions d’un auteur et de classer ces contributions (toujours avec l’outil
« Trier »).
• Bien préciser le titre de la communication renseigne évidemment sur le contenu du
document.
• Signaler l’éditeur, le nom de la revue et son numéro, le titre, la date et l’organisateur d’un
colloque est important pour savoir comment se procurer le document cité.
• Préciser le nombre de pages donne une indication sur l’importance du document.
2. LA FRAPPE
Grâce aux logiciels de traitement de texte, la frappe de certaines parties du mémoire –
bibliographie,
annexes, un premier chapitre… – peut commencer très tôt.
La typographie
Elle doit faciliter la lisibilité du texte. D’où les recommandations suivantes.
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Il existe deux grands types de polices de caractères :
• les caractères droits (exemple, la police Helvetica),
• les caractères avec jambage (exemple, la police Times). Ce sont les plus lisibles et c’est
pourquoi tous les journaux les utilisent.
Une taille de caractères de 12 points est suffisante.
Il convient d’éviter toute surcharge du texte : l’emploi trop fréquent et fatigant pour le
lecteur de mots en gras, en italique ou soulignés, l’encadrement des titres, etc.
La ponctuation et les espaces
• Pas d’espace avant : ) , . …
• Pas d’espace après : ( ‘
• Un espace avant : ( « ? ! : ; % _ £ $ = + – h min s
• Un espace après : ? ! : ; , . … n° p . = + –
• Un espace après : ) » %
sauf s’il faut mettre une virgule, un point ou des points de suspension.
• Pas de double espace.
• Pas de ,… mais …
• Pas de ponctuation à la fin d’un titre (point ou double point…) .
Exemple de ce qu’il ne faut pas faire (les erreurs sont soulignées) :
Quan d l e chat n ’ e s t pas l à , 30 % des s ouris ( g rise s ) d ensen t !
Il est facile de nettoyer un texte de ses erreurs typographiques avec l’outil « Remplacer par…
»
d’un traitement de texte. Beaucoup de ces erreurs proviennent d’habitudes anglo-saxonnes
différentes.
L’orthographe et la grammaire
Voici quelques-unes des fautes les plus classiques qui ne sont souvent pas détectables par le
dictionnaire électronique d’un traitement de texte :
• les s qui manquent : chiffre d’affaires et non chiffre d’affaire, eux-mêmes et non
euxmême…,
des comptes-rendus, l’offre et la demande globales, maître de conférences, un
relais… ;
• les s inutiles : ci-joint (invariable), des savoir-faire (invariable)…
• les accords de participes passés :
– avec l’auxiliaire avoir, accord seulement si le COD est avant le verbe ;
• les erreurs d’accents : cela et non celà, événement et non évènement, réglementation et non
règlementation, tâche pour un travail (tache pour une saleté), a priori et non à priori, idem
pour a fortiori, a contrario, a posteriori, dû (participe passé de devoir), grâce à… ;
• les espaces qui manquent : quel(le)(s) que soit et non quelque soit, parce que et non
parceque… ;
• les traits d’unions qui manquent :
– dans certains mots : c’est-à-dire, au-delà, au-dessous, savoir-faire, main-d’oeuvre, vis-àvis,
compte-rendu, Etats-Unis, quelques-uns, quelques-unes, lui-même, elles-mêmes…,
– à la forme interrogative : Avez-vous… ?, A-t-elle… ? et non A t’elle…,
– avec « sous » avant un mot : sous-investissement, sous-emploi, sous-entendu…,
– avec « quasi » avant un nom, mais pas avant un adjectif : quasi-rente mais quasi
complet ;
La réalisation d’un document scientifique — Frédéric HÉRAN — Université de Lille I
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• les traits d’unions ou espaces inutiles :
– dans les noms composés commençant par anti, archi, auto : pas de trait d’union sauf
devant i,
– dans les noms composés commençant par sur, super, hyper : surestimer, supermarché,
hyperinflation…
– quelquefois (et non quelques fois), quoique (pour bien que), ledit, ladite, lesdits,
lesdites ;
• les majuscules qui manquent pour désigner :
– les institutions : l’Etat, la Sécurité sociale, l’Internet …,
– les noms propres de personnes ou de lieux : l’Ile de France, le Bas-Rhin, la Seine, le
Japon, les Japonais mais la qualité japonaise…
– les abréviations de titres : M., MM. (messieurs), Mme, Mmes, Mlle, Mlles, Me (maître) ;
• les majuscules inutiles : janvier et non Janvier (anglicisme), ministre, maire…, japonais
(adjectif de nationalité), n°, p., sauf bien sûr si ces mots ou abréviations sont au début d’une
phrase ;
• les anglicismes à éviter : M. Tartignol et non Mr Tartignol (M. = Monsieur, Mr = Mister),
occasion et non opportunité, 53,2 et non 53.2, courriel et non e-mail, formation en ligne et
non e-learning, coentreprise et non joint-venture… ;
• en voiture, en train, mais à moto, à vélo…
L’utilisation du correcteur orthographique du traitement de texte et une bonne grammaire,
comme le Bescherelle, s’avèrent bien utiles…
Les sigles et abréviations
Ils doivent être évités au maximum. A défaut, il convient de les détailler lors de leur première
utilisation, voire de proposer un glossaire en fin de document. Il est inutile d’ajouter des
points
entre chaque lettre (INSEE et non I.N.S.E.E.). Il faut écrire 1997 et non 97. Quelques
exemples d’abréviations classiques utilisables :
Suppression de la fin du mot Condensation du mot en quelques lettres
• ex. pour exemple, (l’abréviation ne prend pas de point)
• fig. pour figure, • fg pour faubourg,
• coll. pour collection, • n° pour numéro,
• p. pour page, • NB pour nota bene,
• etc. pour et cetera et non etc… (redondance). • PS pour post-scriptum.
La mise en page
Elle est à réaliser au dernier moment.
Il faut prévoir une marge suffisante de tous côtés (par exemple 2,5 cm) notamment à gauche
pour éviter que la reliure ne mange le texte (attention aux tableaux et aux schémas qui
dépassent).
Une interligne simple suffit. La règle de l’interligne un et demi date de l’époque des machines
à
écrire et visait à faciliter les corrections. A l’heure des logiciels de traitement de texte, on peut
s’en abstraire… Le texte doit être aligné à gauche et à droite pour être plus facile à lire.
Chaque partie et chapitre doivent commencer sur une nouvelle page. Les titres ne doivent pas
se
trouver au bas d’une page. L’utilisation des styles titres évite ce problème, car les titres sont
alors solidaires du paragraphe qui les suit. Pour les paragraphes, on peut adopter au choix la
présentation française : retrait pour la première ligne du paragraphe et pas de saut de ligne
entre
La réalisation d’un document scientifique — Frédéric HÉRAN — Université de Lille I
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les paragraphes ou la présentation américaine plus simple : pas de retrait pour la première
ligne
mais un saut de ligne entre les paragraphes. Il faut éviter de mélanger les deux méthodes.
Exemple de mise en forme des paragraphes
Présentation française Présentation américaine
Le terme « urbanisme » est une création
récente. Il est apparu dans la langue française
au cours des années 1910 pour désigner une
discipline nouvelle, née des exigences spécifiques
de la société industrielle.
L’urbanisme se présente alors comme la
science de l’organisation spatiale des villes.
Le terme « urbanisme » est une création récente.
Il est apparu dans la langue française
au cours des années 1910 pour désigner une
discipline nouvelle, née des exigences spécifiques
de la société industrielle.
L’urbanisme se présente alors comme la
science de l’organisation spatiale des villes.
Enfin, ne pas oublier d’ajouter la pagination avant l’impression. A mettre de préférence en bas
de page pour être plus lisible.
3. L’IMPRESSION ET LE TIRAGE
L’impression en recto verso est autorisée pour les mémoires (mais pas pour les thèses !).
L’impression
en recto facilite cependant la duplication. Pour l’impression, la photocopie est la moins
chère et la plus simple des solutions. Une reliure spirale est suffisante. La reliure par
encollage
est plus pratique et plus élégante mais plus chère.
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CHAPITRE 8
LA SOUTENANCE ET LA VALORISATION
D’UN MÉMOIRE DE DEA
Le mémoire fini, il ne faut pas négliger les deux ultimes étapes.
1. LA SOUTENANCE DU MÉMOIRE
Elle consiste à présenter brièvement le mémoire en général devant un jury de deux personnes

le directeur et un membre du corps enseignant de l’UFR ou de la Faculté – puis à répondre
aux
remarques et questions posées. La soutenance est publique.
La présentation ne doit pas excéder dix minutes, un quart d’heure. Elle consiste à rappeler
l’intérêt du sujet et à présenter d’emblée les principaux résultats : la thèse principale
défendue et les multiples considérations qui en découlent. Il ne faut donc pas résumer le
mémoire.
Les membres du jury posent ensuite quelques questions ou formulent des remarques qui
portent
– et c’est normal – sur les faiblesses du mémoire plutôt que sur ses qualités. Il n’y a pas lieu
de
s’en étonner, voire d’en perdre tous ses moyens. Le directeur du mémoire laisse toujours
l’autre
membre du jury s’exprimer en premier. L’étudiant doit attendre que le jury se soit
complètement
exprimé avant de répondre. Il est donc nécessaire de prévoir du papier et un crayon pour noter
les observations, puis de tenter d’y répondre.
Une bonne présentation orale et des réponses de qualité peuvent améliorer l’appréciation
générale du mémoire. Cela vaut la peine de bien préparer la soutenance.
2. LA VALORISATION DU MÉMOIRE
Le mémoire est enfin terminé, soutenu et jugé correct, voire excellent. C’est le moment de le
valoriser au maximum. Un mémoire peaufiné à l’aide des ultimes remarques du jury peut se
révéler un très bon passeport pour un emploi futur, à glisser dans les mains d’un recruteur lors
d’un entretien d’embauche. C’est une compétence rare que de défendre de façon raisonnée,
argumentée et cohérente un point de vue personnel sur un sujet d’actualité, en mobilisant un
ensemble d’informations de source variée et le tout rédigé en bon français…

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