Vous êtes sur la page 1sur 9

Les polluants issus de l'incinération:

mythes et réalités
Pollutants from Incineration of Household Refuse:
myths and realities

Franço is SAVOI E (*)

NDLR. Cet article a fait l'objet d'une intervention à la Journée Scientifique qui s 'est tenue à Pol/utec
le 2 0 octobre 1994.

RÉSUMÉ ABSTRACT

Cet article part d'un constat : alors que le traitement This article begins with an observation : the modern
moderne des déche ts ménagers met en œuvr e des tec h- treatment of the household refuse employs high perfor-
niques de dépollution perform antes et une reche rche mance equipments in depollution and continuous efforts
co nstante d'améliorat ion de l'esthétique des unités, l'op- in improvment of the esthetic of the units : the opposition
posit ion des riverains à de tels projets est croissante et of the unitside residents against that kind of projects is
peut conduire à une implantation qui n'est pas optimale. growing, and may lead to a non optimal setting up.
Cela n'est pas sans conséquences sur les plans éner- The consequences upon energetica/, economical and
gétique, éco nom ique et environnemental. Certes l'his- environmental aspects are rea/. Of course , the history's
toire s'est accélérée depuis dix ans : sévéris ation des rythm is accelerating from ten years ago : reinforcement
normes , chocs et contre- chocs pétrolie rs, saturation des of norms, petroleum crash and eriti-cœsn , dump 's satu-
décha rges , déve loppement du tri et du recyclage, app ro- ration, sorting out and recycling development, depart-
che départementale du problème de traitement, etc. Il est mental approch of the treatment, etc. It's true thet the
vrai également que la perception des rejets par la popu- perception of the pollution by the population is moving.
lation a évo lué.
However performant the recycling technics become in
Quelles que soient les performances à terme des the future, it will always remain a refuse sorting out. That
techniques de recyclage , il existera toujours un « refus de out of norms products will go in dumps , but it is against
tri » . Ces prod uits hors norm es iront donc soit en dé- the history's stream, or treated by Incineration.
charge, ce qui ne va pas dans le sens de l'histoire, soit en
So, it is very important to try to put down that file, in
incinération.
examining the pollutants from Incineration of household
Aussi est-il important de tenter de mettre à plat ce refuse , after boiler and out of chimney : nature and spe-
doss ier, en examinant les polluants de l'incinération des cificity in comparison with other sources, emitted quanti-
déchets ménage rs et assimilés en aval de la chaudière et ties and relativisation, " energetical " reading of that par-
à la so rtie de la cheminée : nature et spécificité par ticular waste which presents a calorific capacity twice
rapport à d'autres sources, quantités émises et relativisa- lower the dry wood, inventory of tools and new approchs.
tion, lecture " éne rgétique " de ce déchet un peu particu-
These tools are classified under the principle of the
lier qui a un pouvoir calorifique deux fois moindre que
cel ui du bois sec, recensement d'outils et de nouvelles three stratum (local, regional and planetary), which is
used for the atmospheric pollutants : that allows ta treat
approches.
this question under different aspects.
Ces outils sont classé s selon le principe des trois
strates (local, régional, planétaire), utilisé par ailleurs
pour les polluants atmosp hériques : cela permet, selon le
type de préocc upations que l'on a, d'aborder cette ques-
tion so us des angles différe nts. (*) Ingénieur à la Délégation Régionale de l'Ademe Rhône-
Alpes, 74, bd du 11 Novembre , 69 100 Villeurbanne.

AVRIL-JUIN 1995 -41 - POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE


Le prix des unités monte régulièreme nt du fait
Introduction que la taille unitaire augmente, que l'approche rnul-
ti-filière conduit à installer les équipements complé -
Le traitement moderne des déchets ménagers
mentaires correspo ndants (tri, compos tage , prise
réunit beaucoup d'atouts : une approche rnulti-fi- en compte des boues de step, etc.), qu'enfin le
Iière qui rend dépassées les guerres de religion du traitement des effluents exige du matériel en con-
recyclage contre l'incinération, de belles unités séquence . En francs coura nts, on peut considére r
agréables à visiter ou à regarder , une pollution que pour les unités de quelqu es dizaines de mil-
traîtée globalement et maîtrisée sous l'œil attentif liers de tonnes/an, le coût à la tonne traitée a
de l'Administration . quintuplé en l'espace de 10 ans.
Pourtant, ces arguments ne suffisent pas, et en
Le maître d'ouvrage hésite, dans ces conditions,
particulier le principe même de l'incinération peut
à sur-investir dans une valorisation énergétique sous
être remis en cause par les riverains du fait des
forme de chaleur, difficilement rentable quand le liné-
rejets atmosp hériques. Nous allons donc tenter de
aire réseaux est trop important : les recettes supplé-
comprendre ce parado xe, puis nous pencher sur la
mentaires correspondantes ne sont pas suffisantes.
composition de ces rejets, en les mettant en pers-
pective avec d'autres (naturels ou non), examiner Environnementales : le fait de ne pas valoriser
l'effet du traitement des fumées , en l'illustra nt par tout le potentiel énergétique contenu dans les dé-
des exemples . chets traités par incinérat ion revient à envoyer
dans l'atmosphère des rejets « inutiles » .
Nous examinerons enfin les outils à notre dis-
position ou à développer, et ils sont nombre ux, qui
doivent nous permettr e de faire avancer la ré- 1.C. Alors que
flexion: pour mener à bien cet exercice , nous se-
rons amenés à croiser des problématiques air, Ce type d'installations a fait l'objet , ces derniè -
énergie , déchets . res années , de beaucoup d'attent ion au niveau
architectural , notamme nt au niveau de l'enve-
loppe ; le cube a fait place à des lignes futuristes
1. Une situation paradoxale ou plus fluides,qu i intègrent les structures , pari
d'autant plus difficile qu'il faut faire « rentrer » de
1.A. Un tr iple consta t plus en plus de matériel. L'insertion dans le pay-
sage a également été prise en compte
L'installation de nouvelles usines de traitement
Les nécessités réglementaires se sont traduites
des Ordures Ménagè res près des habitations,
par un traitement progressi f de l'ensem ble des
voire des entrep rises, rencont re plus d'opposit ion
rejets : ces usines n'ont jamais été aussi « pro-
qu'autre fois, ce phénomène s'accentuant depuis
pres ». La dépollution de l'air peut atteindre les
une dizaine d'années.
30 % du coût total de l'opérat ion
Les riverains s'organisent au sein de structures
associa tives spontanées, qui se créent à l'occa-
sion du projet. 2. Dans un contexte d'accélération
Les problèm es posés porte nt généralement sur de l'histoire
le niveau du tri-recyclage , la noria des camions et
les rejets atmosphériques : pour ces derniers , le
2.A. Sévéris ation des normes
niveau d'émission et l'impact sur le milieu sont des
thèmes qui reviennent souvent. Les questions sou-
1986 marque un tournant au niveau de la régle-
levées sont nombreuses, partois sans réponse
certaine possible , car dépassant le niveau actuel mentatio n « air - , puisque sont pris en compte dé-
de nos connaissances . sormais , outre les poussières , certains métaux
lourds et l'acide chlorhydrique. De nouveau x types
de déchets seront générés , l'évolution des procé-
1.8 . Avec des conséq uences
dés sera rapide et conduira à une approche de plus
Energétiques : alors que trois filières de valori- en plus intégrée du traiteme nt, permetta nt d'éviter
sation énergétique sont possibles (cogéné ration, le piège de transfert de pollution par exemple de
chaleur , électricité), on assiste à un développe - l'air vers l'eau ou le sol.
ment de cette dernière , car un trop grand éloigne-
ment des consommateurs potentiels de chaleur 2.8. Valoris ation énergé tique, chocs
peut conduire à un non raccordement de ceux-ci. et contre- chocs pétrolie rs
Economique s : les Syndicats Inter-co mmuna ux
qui ont en charge l'eau potable , l'assainisseme nt Au début des années 80, le deuxième choc
ou les déchets peuvent avoir l'ensemble de ces pétrolie r, allié à une inflation à deux chiffres , sus-
missions : des priorités en matière de choix d'inves- cite de nombreuses réalisations d'un nouve au
tisseme nt sont faites, sachant qu'on peut atteindre type : les tonnages traîtés sont de quelques dizai-
les limites en matière de pression fiscale locale. nes de milliers de tonnes/ an, la valorisation éner-

POLLUTION ATMOS PHÉRIQ UE -42- AVRIL-J UIN 1995


gétique se fait généralement sous forme chaleur, la 3. Pourquoi une telle situation?
clientèle est du genre ZUP ou industrielle.
Bien que les contextes énergétique (contre choc
3.A. Nimby
pétrolier) et économique (inflation maîtrisée, ren-

La montée en puissance du syndrome de Nim-


by (Not in my back yard: pas dans ma cour), qui
traduit le rejet par les populations de certaines
CO MP ARAISON REJETS installations, a été plus rapide que la perception
des progrès réalisés en matière de maîtrise de la
o Fum ées UIOM, Nature, A ctivi tés h u m aines
pollution. Ce phénomène est une composante de
o Non exh a us tif la politique locale qui est devenu en peu d'années
TYPE NAT URE ACTIVIT ES HUMAINES
incontournable . Le mythe du tout tri (par opposition
-Tout o rg . vivant cone cm t 0 2 -Tranepo rte : d iesel , essen ce
C0 2 -Ch auffage a u fu e l , ga z à celui du tout incinération) a été utilisé comme
-Pr od. va peur avec com bust. Ioea il arme défensive.
-v c tcen •Trans port a : diesel
S02 -Chau ffag e au FOO
-Chauffa ge urba in au FOL 3.B. Perception des rejets
-Ce rta ins Proc888 Ind us triels
HCl -v ol ce n -Prod. Elect. par centrale charb on
-Cen tr ales thermiq ues c h arbo n Le grand public ne peut facilement et cela est
-Volcan, Siro cco -Certaine Proc eael nd uat riel s
POUS.
-Chauffage Fu el, Ga z, Cha rbon
fort compréhensible faire la distinction entre les
-Trens p. : pot êcha pt, freins, pne us fumées d'une décharge qui brûle, celles d'un auto-
MTX l OS -Certaine Prcc esa Indu 81riel'i incinérateur, et celles d'une grosse unité aux nou-
-T ran s port s
-lndu etrle A lum ini um
velles normes. En effet, cela nécessiterait une col-
HF -v ol c an
•Eng rais lecte et un traitement d'informations très spécifiques.
NOX, N20 -F oud re (N20)
-Transports A ériens Il est démun i, donc sceptique.
-Procee e
COV - Fc r êta
-S tatic ns S e rv ices La sensibilité des populations aux rejets atmo-
C H4
- Mara is
-Oêcba rqee sphériques est récente : à l'époque où seules les
-Eleva ge
OIOX.FUR -Toute combustion
poussières étaient prises en compte, le fait de ne
H20 -Tout o rga nisme vivant -To ut e co m b u st io n pas mesurer les autres polluants n'éveillait aucune
curiosité particulière. Le niveau des rejets n'était en
Figure 1. fait pas perçu.
L'apparition des traitements plus complexes a
permis de communiquer sur le thème: fumées =
panache = vapeur d'eau, ce qui était réducteur et
chérissement des coûts à la tonne traîtée) aient une réponse à une première poussée de fièvre de
changé radicalement, le choix de faire de la valori- Nimby.
sation énergétique reste maintenu dans la très
grande majorité des nouveaux projets : on assiste
à une montée en puissance de la solution électricité,
et la taiile des unités est plus importante.
UN EXEM PLE DE
COM P OS IT ION DES FUMEES
2.C. Saturation des décharges
o R ép artiti on en % m as s iqu e
2 types de pression s'exercent sur les décharges :
d'une part, la saturation les guette et d'autre part Rép ut. g én ha l~ A v an l lr ail~m~ nt Ap rh tr ait em ent
l'ouvertu re de nouvelles décharges est difficile. N2 54.6 71.315
H20 13 .2 4.!
C02 13. S
...
12 .1
2.D. Schémas départementaux, tri -recyclage 02 t O.6
En e, p ollu a n t. .s ..<
Le législateur prévoit dans chaque département Tol al 10 0.0 100 .00

une réflexion sur le traitement des déchets ména-


Rtp art Jp o lluanh
gers, avec notamment l'étude des gisements, la
collecte, la mise en place de centres de tri et de
Pou s .
HCl
18.6
12.8 ...
2.7

déchetteries , la création d'unités de traitement par NO X U 1 2."

S02 22 .S
incinération avec valorisation énergétique. Cette 3.3

réflexion, placée sous l'autorité du Préfet, est col-


CO . 7.'

légiale.
Mei x lo u rd s
HF
." .3
.1
P'"
oie x-ruran e P'"
P'"
Tol al 100 .0 1 00 .0

Figure 2.

AVRIL-JUIN 1995 - 43- POLL UTION ATMOSPHÉRIQUE


4. En fait où en est-on réellement?
UN EXEI\1PLE DE
COl\1POSITI ON DES FUMEES 4.A. Quelques précautions

Il ne s'agit pas de prétendre à l'exhaustivité


o Ré partition en ton n ag es annu el s dans les bilans qui vo nt être présentés, mais plutôt
o R elativ isati on de donne r des points de repère,.en précisant les
paramètres essentiels qui délimitent leur validité.
Les exemples sont volontairement variés.

I..N2 " H20 0 C02 ~ 02 " En s.poUI


4.8 . Les reje ts

La première question qui vie nt à l'esprit est : en


quoi les constituants des fumées provenant de
l'incinération des déchets ménagers et assimil és
250000
sont spécifiques ? La figure 1 apporte des élé-
2000 00 ments de réponse, en dressant leur liste et en
150000 recensant des exemples où on peut les trouver
100000
50000
(émis d'une façon naturelle ou résultant d'activités
'f----+---4---4---"--~ 0 humaines).
N2 H20 C02 02 En s. p ot t
Ce premier bilan est qualitatif ; peut-on, sur un
Figure 3. exemp le, à la fois quantifier la compos ition des
fumées de l'incinération et apprécier ce que peut
être l'impact de la réglementation ? Nous avons
Le fait de dispose r de bilans de plus en plus choisi un cas d'incinération mixte üM + boues de
complets nous fait rentrer dans une période plus step avec un traitement des fumées de type hu-
mûre : la pollution zéro est un mythe, c'est en mide qui permet d'atteindre des seuils de concen-
réalité à une maîtrise progressive des rejets que tration égaux ou inférieurs à ceux de la réglemen-
nous assistons. tation de 91, les tonnages annue ls traités sont de
45 000 Van.

3.C. Techn iques

D'une part, comme dans d'autres domaines, le


langage des spécialistes est particulièrement her- REPARTITION EN POIDS DES
métique, notamme nt dans le domaine des unités DIFFERENTS P OLLUANTS
employées (concentrations des polluants , équiva-
lences énergétiques, ...).
o Tonnages annu el s
D'autre part, la technologie employée devient à
o Influence du traitemen t
la fois de plus en plus comp lexe et évolutive et fait
appel aussi bien à de la therm ique industrielle o Cases vi des =q tités i nf. 0.5 tian
qu'au génie chimique.

3.0. Co uple sa nté-environ nement

Le corps médical , qui s'appuie sur des outils


épidémiologiques , affiche une nécessaire pru-
dence quand à l'impact des rejets sur la santé
humaine. La récente synthèse de l'Académie des
Sciences sur les dioxynes furanes.témoigne d'une
vo lont é de diffusion d'une information objective sur
des sujets sensibles.
Poo. . HCL NOX S02 co Meix
Lds

3.E. Le rai sonnem ent « à la chem inée » Figure 4.

Cette approche est réductrice, notamment dans


le cas où une valorisation énergétiq ue sous forme
de chaleur est envisagée. En se polarisant sur la
nouvelle cheminée, on risque de ne pas prendre en Les figures 2, 3 et 4 illutrent cet exemple :
compte le fait que des rejets des chaufferies rac- l'azote, l'eau, le gaz carbonique et l'oxygène re-
cordées doivent être défalqués. présent plus de 99 % , en poids, des fumées et le

POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE - 44 - AVRIL-JUIN 1995


traitement de celles-ci a pour effet de diviser par 10 Il est intéressa nt d'avoir à l'esprit (fig. 5) ce que
le niveau global des polluants émis (fig. 2) ; la sont les conce ntrations des polluants en sortie
figure 3 visualise les tonnages respectifs des cons- chaudière avant le traitement des fumées, ce
tituants. l a figure 4 met en valeur l'influence du qu'impose la régleme ntation actue llement et ce
traitement des fumées, polluant par polluant : on que l'on obtient avec des équipeme nts perfor -
peut constater qu'il est prépondérant pour les mants ; le cas du 8 0 2 est intéressant, car bien que
poussières, l'acide chlorydrique et un peu moins réglementé à une valeur proche du facteur d'émis-
pour l'acide sulfurique, qu'il réduit le niveau des sion naturel, les procédés mis en œuvre qui visent
métaux lourds et bien sûr est neutre, compte tenu un autre acide, l'HCl , permette nt de bonnes per-
de la réglementation en vigueur, vis à vis des formances.
oxydes d'azote et des di-oxynes furanes. l e vide
de certaines cases rend compte du niveau relatif
faible de certa ins polluants (inf. à 0,5 tia n) et non 5. Quelques outils à notre disposition
de leur absence.
5.A. le princi pe des 3 strates

Comme l'explique la figure 6, un certa in nombre


VALEURS BRUTES, REGL, de polluants atmosphériq ues ont été regroupés par
REELLES rapport à leur responsabilité dans certains phéno-
mènes et trois échelles de temps et d'espace ont
o Val eurs expri mées / s ec à 11%02 ou 9%C02 été définies. On y retrouve un certain nombre des
o U nités : mgINm3 constituants des fumées de l'incin ératlon. Nous
o Four su p . à 3tfh ; 1T OM=2000Kwh =6OOJNm3 allons balayer ces 3 niveaux, local, régional et
planétaire en répertoriant pour chacun 'Ies outils
o R ég I. =91 ; R éel1es=P er formant es
(existant ou en cours de développement) qui permet-
"UJArn s .mCW I IUt VAIlU SIf.Cl 1Ul.US.l'lIft l llAlTlS tent de mieux appréhender l'impact de l'incinération.

l'II:S3o111U 5UOG-ilIIII 51 11

.n1JS "-lZl 5 1

"
lU 15 H YP . DE VALORISATION
lCl 1111 51 11 ENE R GE T IQUE
1_ ail
'''-SI' 41

IC+CI lU .1 D IT O M = 2000 KWH[f


... 151 111IT1J
o Re n de me n t four-ch audiere = .7
U.' lU (J C ZI
o Poten tie l valo risatio n = 1400 KWHfT
Ill ml. H Il l " .Jl " 1ITIJ

o Va lorisatio n électriq ue = 400 KWH(f


Figure 5.
o Va lorisation chale ur = 1000 K lyVHf T

o Val ori sat ion pro d. comb iné e = 1200 KWHfT


d on t 1100 cha leur, 100 élec trici té
LES 3 STRATES DE LA
P OL LUT IO N Figure 7.

Echell e Echelle Pri nc i p au x po ll ua nts


Pr o blè me s
d 'es pa ce de te m p s re nc o nt ré s co nc e rn és
5.B. Niveau local : relation émissi on-immission,
502, NOX , CO , COV, etc
modélisation
loca l e h eur es po llutlons u rb ai n es

pl ui es ac ides 502 , NO X Dans quelle mesure une unité d'incin ération


ré gio n ale Jours génère-t-elle un différentiel de pollution au niveau
po ll uti on p ho tochl m . NO X, COY , CO de l'air ambiant perceptible ou prévisible ? l e labo-
ratoire de la préfecture de police de Paris conduit
c o uc h e o z o ne C FC , NO X
actuellement des travaux qui vont dans ce sens en
plané ta ire a n né es
prenant appui sur le réseau de mesures d'Airpa rif.
e ff et s e rre C02, C H4, N20 , Cf C, 0 3
C O , CO V, etc Dans le même ordre d'idées , mais avec des
outils de modélisation, le 8 idefage a étudié l'impact
Figure 6. d'un projet d'U laM sur la qualité de l'air ambiant,
sachant que contrairement à l'exemple précédent

AVR IL-JUIN 1995 -45 - POL LUTION ATMOSPHÉR IQUE


l'implantation était en zone rurale. Il ressort de ces
deux expériences que les différentiels observab les QUELQUES POINTS DE
ou calculés ne semblent pas notables. REPERE
o ligne val. chaleur
o NOX: V.L mis en service après 93
VALEURS DE o S02 : 25 fois moins que FOD à .3%conc . S
CORRESPONDANCE o HCL : équivalen t lOOy. ch arbon importé
o raDS: 3 fois moins que chaudFOL sans
o La jungle des unités dépoussiérage
- fact eurs d' é mi ss io n ex p r, da ns d e n o m bre u ses unit és :
p p m, &llh. &lCj, g/K w h, g/k m, et c Figure 10.
- da n s le cas d es O l\.f : m gINm 3, trad uct io n impé rat if
e n v iro n ne m e nt al
- d' o ù diffi cu lt és d e cho ix d'un it és
o Choix d'une unité de p ontage: le NM3jKV\'H
- in té rê t de po u v o ir co m p a re r sy s tè m e s é ne rgé ti ques s.e. Niveau local: comparaison niveau
o Val eurs ret enues: sy n th èse sources ci tep a, pollution/énergie conventionnelle
ap ave valeurs réell es sur si te ... et ai d e
th ermicien (gaz secs) Les ordures ménagères peuven t être considé-
- G az 1 = N m3fKw h PCI à 3%02 rées comme un combustible, certes particulier
- Fod 1.M = à 3%02 puisqu'il s'agit d'un déch et mais à part entière. Il
- FOL = 1.05 à 3%02 suffit pour s'en convaincre d'examiner le schéma
- Ch ar bo n = 1,275 à 6%0 2
d'installation d'une unité moderne de traitement,
- O M 2.15 = à 11%02
qui n'a rien à envier à celui d'une centrale thermi-
o Atten ti on !! vale urs fo yer
que. Que de chemin parcouru depuis l'époque où
o Su btili té dans le cas des OM incinérer visait surtout à réduire le volume de mise
- in té gr ati on du type d e v al orisat ion é ne rgé t iq ue cf.a u p ra
en décharge de 90%, et parfois à rajouter une
Figure 8. chaudière de récupéra tion. La figure 7 nous donne
la fiche signalétique de cette source d'éne rgie.

Signalons enfin la politique conduite par la Drire


Rhône-Alpes, qui consiste, au niveau de l'arrêté
Préfectoral qui accompagne chaque nouveau pro-
jet, d'imposer des mesures à l'air ambiant.
Souhaitons que le résultat de ces études soit FAMILLE TYPE MODELE
diffusé largement , et que ce genre d'initiative se QUI VIT DANS UNE
multiplie de façon à engranger une base de données.
COMMUNE MODELE
o Ell e se compose d'un papa, d'une maman,
d e 2 enfants
o Elle trie ses d éch ets m énagers, s eule la partie
incinérable partira à l'incinération
(lkgljjpers. à 2000kwhjt)
FACTEURS D'EMISSION
o Ce centre de traitement moderne a rem plac é
EN FO NCTION une d écharge, et valorise matière et énergie
VAL.ENERGETIQUE o Ell e a ach eté en 94 une voiture équip ée d'un
pot catalytique; l es conducteurs ont une
conduite sou p le
o Val. tirées engagt constructeur
o 2 hyp . pour les N OX o Elle hab ite une maison tr ès bi en isolée,
chauffée avec une chau dière bas se tempo
o Calaze sur très bo nne val. én erz éfiu ue
Un ité HeL pous. 502 NOX NOX
o Ell e se situe dans la moyenne d e consom,
électri q ue en éclairage, électr omé na ger
Val réelle mr/NmJ 10 10 40 250 70

Va L foy er 21 21 86 150
o Elle utilise les s erv ices communx ra ccordés à
"'&'K wh 535
u n e chauff eri e FO L TrBT S, éq uipée d'un
v at po te ntje l 31 31 122 785 214
d ép ou s. et d'un brûleur bas N OX
Va L6leet riq ue 107 107 4 28 2675 750
o En résumé elle suit les cons eil s d e l'ADEME
Val chaleur 43 43 171 1070 300
o Qu esti on :
Valprod .comb 36 36 143 891 250
- NIVEAU COMPARE DES REJETS7

Figure 9. Figure 11.

POLLUTION ATMOS PHÉRIQUE - 46 - AVRIL-JUIN 1995


Le fait que les unités soient exprimées sur gaz
REJETS POUBELLE humides ou secs et avec des taux d'oxygène dif-
ANN UELL E FAMILIALE ferents rend très risquées les comparaisons. C'est
pourquoi,nous pouvons retenir une unité de pon-
o NOX : 15 00k rn tage, le Nm3/Kwh , adaptable à l'ensemble des sys-
tèmes énergétiques . (fig. 8).
Il nous reste à intégrer la spécificité facteur
d'émission selon le système de valorisation éner-
gétique de la " source d'énergie » aM: en partant
o S02 : 3 % cha uffage des valeurs à l'émission, après traitement des fu-
mées, on obtient en utilisant le coefficient de pon-
tage précédemmen t défini les valeurs au foyer ; il
suffit alors de s'appuyer sur les hypothèses de
valorisation énergétique (fig. 7) pour aboutir à cel-
les qui corres pondent aux trois valorisations que
o HC L : 1/3 éd . élec tr orn. sont l'électricité, la chaleur, la cogénération (fig. 9).
Quel est l'intérêt d'un tel exercice, quelque peu
fastidieux ? Nous pouvons , par exemple, nous
essayer à des points de comparai son avec des
niveaux d'émission de sources d'énergie conven-
tionnelles , ou de véhicules équipés de pot catalyti-
o POUS. : les serv. que (fig. 10).

Figure 12.
ESTIMATION
SUBSTITUTION REJETS
o Hypotheses
D'une façon très générale, les facteurs d'émis- - C ha uffe ri e FOL TT BT 5, brû leur bas NO X.
sion sont exprimés dans de nombreuses unités : dép o ussi é rage fu mées
certaines ont un caractère purement environne- - UIOM avec p rod .co mb inée, s a ns d énox
mental , traduisant une concentration de polluants o R emar qu e
(ppm, rnq/Nrn", ...), d'autres prennent en compte - La co mpa ra iso n porte s ur 90% des pollu a nt s de l'UI OM
l'unité produite (g/km, g/t, ...) ou se rapportent à la o Unité
quantité d'énergie consommée (g/th, g/kwh, ...). - mg/k wh

LA SUBSTITUTION DES
REJE TS
o Que se p asse -t-il à la che m inée qd
raccordem ent UIO M à Chaufferie RD C

S02 He l POUS. NOX

? ?
Figure 14.

Nous pouvons également étendre la comparai-


son, en mettant en perspective les rejets annuels
d'une poubelle familiale, dont le contenu, après tri
serait incinéré, avec ceux que cette même famille
émettrait par l'utilisation du confort moderne,mais
avec un comportement exemplaire (fig. 11 et 12).
Certaines privations sont à prévoir, si cette famille
Figure 13. décidait de limiter le niveau de pollution à celui de
ses déchets incinérés....

AVRIL-JUIN 1995 -47 - POLLUTION ATMOS PHÉRIQUE


Fait remarquable : on démontre fac ilement que
EMISSIO NS HCL EN F EN 90 l'on améliore la qualité de l'air pour certains pol-
luants (fig. 14). Ce phénomène nouveau est bien
o Sou rce CITE PA sûr esse ntiellement dû aux performances des ins-
o Re mar que : b il an ava n t régle me n ta tio n 91 tallations d'épuration des fumées. l e tem ps est
ve nu où il faut découp ler le type d'é nergie utilisé de
celui des rejets associés , car le niveau de régle-
G ROUP E EMETTEURS HC l (T) menta tio n bouleverse le hit-parade.
Comb . ch a rb o n 27950

Incinératio n OM 30 900
. S.E. Niveau régional: les inventaires
Div ers dont: 7570

Ut il i s at ion es sence
Un ce rtain nom bre d' inven taires so nt réalisés,
D.I. et D.H.
qui permette nt de situer, par polluant, la contrlbu-
S ol va nts c h lor é s tion des diffe rentes sources (fig. 15 et 16) : le parc
Dé capage m étau x d'incinération des OM était, en 90 , le principa l res-
Fa b. a cid e c h lo rhy d. ponsab le des émiss ions d' HC l , donc à une épo-
Ve rr e que où peu d'uni tés étaien t aux normes.
TOTAL 66 420

%. inc. OM 46 .5 S.F. Niveau planét aire: effe t de serre

Figure 15.
ESSAI DE
COM PARAISON/EFFET DE
SER RE
S.D. Niveau local : la s ubstitution des rejet s

Une autre exp loration peut être conduite en se


~
IF ~
posant la ques tion de la subs titution des rejets :
quand on raccorde une UIOM à un réseau de
cha leur, il convient de retrancher les pollua nts qui
ne sont plus émis du fait de la substitution d'éner-
gie (fig. 13).

o D ECHARG E UlüM
280 kg C0 2 800 kg C0 2. J o ni 560 kg fer-rn,
+100 kg C H4 -3 10 kg C 0 2 [racdt FOL)
E ST IM ATIÜ NS EMISSIO NS
1725 êq . kg C0 2 490 éq .kg C02
S02, NOX, CO E N F o HYPOTHESES
o Réf. CüR IN AIR 90 ; S ou r ce C ITE PA » po uvoi r e ffe t J e serre C H4=11 fois C0 2 s u r 100 ans
» va lori sa tio n chale ur (cf s u pra)
GRO U P ES E MET TE UR S S0 2 (kt ) NO X (k t) C O (kt) » pou he lle no n tr iée, d' Lto n ne, de l' C I d e 2000 t!V1
» L tep FOL = 3100 kg C0 2
Pr o du ct ion E le ctr ic it é
3 43.7 1 05 .9 21
C o g é n ., ch auffag e u rba in Figure 17.
C om b . s ec t e u r c o m m er cia l,
11 6.2 8 8 .4 18 7 6 .2
in s tit u tio n n e l, ré si dentiel

C omb . in d u s tri e 51 4 .1 179 .5 575 .3

Pr o e. arti s an au x , i nd ust. 6 68 .3
En considéra nt une poubelle dont les cara cté-
1 1 0.9 30. 5
ristiq ues sont reprises sur la figure 17 , il est possi-
Tr an sport s 145 .3 10 31 .7 70 84
ble de co mparer le pouvoir effet de se rre de sa
A ut re s s o u rc e s mob . 24 .6 138.2 5 38 .6 mise à la déc harge avec celle de son incinération
Tr a it em e nt , é lim in . d é c h e t s 19 .2 23 .9 2 3 2 .2 avec une solution de valorisation énergétique sous
Di ve r s 26 .3 9 1 9 3.9 forme de cha leur. Précisons que cet exercice ne
TOTA L 1607 .1
prend en com pte que deux gaz à effet de serre
13 00 .3 1 11 8 9 .5
(C0 2 et CH4 ) , qu'il permet surtout de toucher du
d ont inci né ra tio n D M 14 .3 1 9.5 5 .6
doigt et d'app rocher d'un e faço n concrète un pro-
% 1.1 1 .2 .0 5 blème planétaire.
1

Figure 16.

POLLUTION ATMOSPH ÉRIQUE - 48 - AVRIL-JUIN 1995


6. Conclusion Bibliograph ie
Les réactions passionnelles qui s'exercent sur
CITEPA : Inventaire CORINAIR 90.
les nouveaux projets d'unités de traitement des
déchets ménagers conduisent parfois à des déci- Ademe : Maîtrise de l'Energie en Chiffres - 1973/1993 :
sions d'implantation qui ne sont pas optimales. Il Données et Références.
convenait donc de tenter d'explorer avec de nou-
APAVE : Correspondance entre les différentes unités.
velles approches l'aspect « rejets atmosphéri-
ques », qui est le fond du problème : tel était l'ob- TIRU : Etude d'impact.
jectif de ce travail, qui a été atteint si le lecteur de Institut Français de l'Energie: la Combustion (Prof. Per-
cet article ne voit plus tout à fait comme avant le dou).
contenu des fumées de l'incinération.
Institut de l'Environnem ent International : travaux com-
mission Energie Environnement.

Ademe : Incinération de demain : plus propre, plus chère,


rencontres et journées techniques d'Angers.

POLLUTION ATMOSPHERIQUE
is the publication of the French As sociation for Air Pollution Preven tion (APPA) and the only Fren ch j ournal dedi cated to air
pollution . The papcrs of all the principal rescarches in the field are publishcd in its pages.
Wishing ID interest readers who do not speak French, titles, summari es and capti ons of table s and figur es will now also he
publishcd in English. Results of air quality research contracts managed by the Mini stry o f Enviro nment will also he published in
English.
T he journal is available to specialists from e ther countries to rclcasc the results of their work to the French spea ki ng
community. Authors should send their papcrs, draftcd cither in English of in French, 10 the Managing Editer , who will .subinh them 10
the Editorial Committcc . If sclected, they will he publishcd in French and English. The journal willlake carc of translation,

pOllUr~O~ EDITOR - ADMIN ISTRATION · ADVERSITING

ArMO§PHE~~QUE
58. RUE DU ROCHER F. 75008 PARIS
Tél. (1) 42 93 62 07 - 4293 6930
Fax (1) 4293 4199

QUARTERLY REVIEW

SUBSCRIPTION FORM
NAM E:
ADDRESS :
wishes ID take out a one year subscription to POLLUTION ATMOSPHERIQUE.
Attached is a cheque for F.: (Payrnent in French Francs only) .
Date
Sub scription 1995 (4 issues) = 665 F.F. Signature For the Union European Enterprises, please ta
indieateyour VAT number.

AVRIL-JUIN 1995 - 49 - POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE