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Criminologie et politiques criminelles.


Criminologie.

Le crime impose à tous, son encombrante présence. Il est lié à la vie en société
et il remonte à la plus haute entité. Selon Emile Durkheim, le crime ne
s’observe pas seulement dans la plupart des sociétés de telle ou telle espèce,
mais dans toutes les sociétés de tous les types (voir les règles de la
méthodologie 1893 citées par Jean Pradel Droit pénal général 1994 page 20).
Pendant des millénaires, ce trouble social, permanent et universel n’a donné
lieu à aucune étude scientifique systématique. Pour avoir des notions sur les
criminels, il fallait consulter les littéraires, les philosophes et les théologiens.
Ces différents écrits sont sans doute intéressants, mais ils ne peuvent être
considérés comme la base solide d’une science. C’est en 1876 qu’est née la
criminologie avec la publication de l’ouvrage du médecin italien Lombroso
intitulé l’Uomo delinquante (l’homme délinquant) qui a ouvert la voie des
recherches systématiques. La criminologie a pour objet l’étude du phénomène
criminel, de ses causes et de ses remèdes. C’est une science multidisciplinaire
exigeant le concours de la biologie, de la psychologie, de la psychiatrie, de la
statistique du droit pénal. Elle invite à réfléchir sur le crime, la criminalité et le
criminel. Un chapitre premier sera donc consacré à la notion de crime. Un
chapitre deux sera réservé à la criminalité. Enfin, un chapitre trois sur le
criminel.

Chapitre 1 : Le crime.

Le crime est l’objet central de la criminologie, son champ d’observation.


Certains criminologues adoptant le regard du sociologue, font du crime un
ensemble de la déviance. D’autres fondent leur analyse sur la définition
juridique de l’infraction.

Section 1 : Le crime considéré comme un acte de déviance.

Toute société, tout groupement humain doté d’une certaine permanence


engendre ses propres normes. Par exemple : les sociétés édictent des règles de
politesse. Le signe de leur existence étant que les actes jugés grossiers attirent

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sur leurs auteurs la désapprobation et si ceci persiste dans l’impolitesse,
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l’ostracisme.

Paragraphe 1 : La définition de la déviance.

La déviance c’est la transgression d’une norme sociale. Les sociologues utilisent


ce terme pour désigner les états et les conduites qui violent les normes
auxquelles les membres d’un groupe tiennent au point de punir ceux qui les
violent. L’individu qui adopte durablement une conduite déviante a tendance à
être un marginal.

Les sociologues ont réalisés de fascinantes recherches sur plusieurs formes de


déviances, notamment sur le suicide, la consommation de drogue et les
maladies mentales. Ils ont insisté sur le fait que les groupes créent la déviance
en édictant et en sanctionnant des règles. Ils ont développé les notions de
stigmatisation ou d’étiquetage pour décrire le processus au terme duquel un
individu qui est défini comme déviant est exclu du groupe.

La délinquance sous toutes ses formes ; exemple : vol, fraude, violence, est de
la déviance parce qu’elle prend place parmi tous les actes qui contreviennent à
des normes et qui sont sanctionnés.

Paragraphe 2 : Les conséquences attachées aux notions sociologiques des


normes et de déviance.

On peut relever deux conséquences :

 Chaque société se donne les normes qui correspondent à ses valeurs ou


aux intérêts de son groupe dominant. On en déduit que ce qui est
déviant ou criminel varie d’un pays à l’autre. La définition qu’une société
donne de la déviance est relative. La déviance n’est pas une propriété
intrinsèque d’un acte, mais elle est relative au contexte normatif dans
lequel il est posé.
 Les normes et les sanctions font partie intégrante de la vie sociale d’où
elles émergent le plus souvent sans qu’un législateur intervienne. Les
acteurs sociaux en rapport les uns avec les autres sur une base durable
en viennent à s’obliger mutuellement et à se sanctionner en cas de faute.
La normativité inhérente à la vie sociale chez les êtres humains préexiste
aux normes légales. Un législateur n’a pas toujours à créer des

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incriminations de toute pièce. Il lui est possible de puiser dans les
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normes produites en abondance au fil de l’interaction sociale.

Section 2 : Le crime comme infraction.

Le crime peut être défini formellement comme l’acte qui est sanctionné par
une peine.

Paragraphe 1 : La référence à la définition juridique de l’infraction.

La notion d’infraction est tellement commode que plusieurs criminologues et


sociologues s’y rallient. Dans son ouvrage intitulé les règles de la méthode
sociologique, presse universitaire de France 1963, 15ème édition page 35
Durkheim écrivait : « Nous appelons crime tout acte puni et nous faisons du
crime ainsi défini, l’objet d’une science spéciale : la criminologie ». Pour sa part
Picca entend par crime « tout acte prévu comme tel par la loi et donnant lieu à
l’application d’une peine de la part de l’autorité supérieure » (Voir la
criminologie collective que sais-je, 8ème édition presse universitaire de France
année 1984). Etienne E. De Greef adopte le même point de vue lors de son
intervention au 2ème congrès international de criminologie tenu à Paris en 1950
« Je crois disait-il que pour le moment nous devons nous en tenir à ce que nous
disent les juristes ». Aujourd’hui également, des auteurs comme Merle et Vitu
après avoir longuement recherché les traits constants du crime, finissent par
conclure que la seule définition du crime que l’on puisse retenir est la définition
juridique la plus banale (voir Merle et Vitu, Tome 1, Droit pénal général Ujas
7ème édition année 1997 n°7 page 32-33).

Comment comprendre ce retour au droit pénal ? Est-il justifié ? Pour répondre


aux questions posées, il faut procéder à l’examen du critère de l’action
criminelle telle qu’elle est définie et délimitée par le droit pénal.

Paragraphe 2 : Examen du critère de l’action criminelle.

La définition juridique de l’infraction présente des avantages. En outre, elle


exprime les valeurs d’une société.

A) Les avantages.

On peut relever deux avantages :

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En premier lieu, la définition juridique est commode. Il suffit en effet de se
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référer au Code pénal et aux lois spéciales pour savoir ce qui est une infraction
pénale et ce qui ne l’est pas.

En second lieu, le critère est précis. Le principe de la légalité des délits et des
peines et son corollaire, le principe de l’interprétation strict des textes pénaux
permet de déterminer à propos d’une catégorie de comportements déterminés
ce qui est pénalement répréhensible et ce qui échappe à la pénalisation. Outre
les avantages qu’il présente, le concept juridique de l’infraction exprime les
valeurs d’une société.

B) La prise en compte des valeurs de la société.

Le concept juridique du crime auquel renvoient ces criminologues est loin


d’être théorique. Il permet de traduire sur le plan social les conséquences d’un
acte auquel la société ne peut demeurer indifférente en raison du trouble qu’il
lui procure. Ce trouble se situe au niveau des valeurs socio-culturelles et il
importe de le faire cesser. Ces valeurs sont non seulement un modèle proposé
aux membres du groupe, mais elles sont aussi des règles de vie. La violation de
ces valeurs crée dans le groupe des perturbations émotionnelles susceptibles
de déterminer la réaction sociale. Celle-ci est un réflexe de défense et elle
s’exprime dans la peine. Sans nul doute, la définition juridique du crime
concerne tous les pays. Mais, on se gardera de penser que les actes interdits
sont les mêmes en tout temps et en tout lieu. Le propre des incriminations
légales et d’aides sont fluctuantes selon les époques, les nations, les groupes
sociaux et même selon les circonstances.

Les travaux préparatoires du Code pénal français de 1992-1994 sont


particulièrement éclairant à cet égard. Il y est dit à propos des fonctions du
Code pénal que tout Code pénal doit remplir une double fonction. La première
est la fonction répressive qui est remplie par les peines qu’il édicte. Mais la
seconde est la plus secrète. Toute société repose sur certaines valeurs
reconnues par la conscience collective. Ces valeurs se traduisent par des
interdits et ces interdits à leur tour engendrent des peines contre ceux qui les
méconnaissent. Ainsi, la loi pénale exprime-t-elle par les sanctions qu’elle
édicte les systèmes de valeur d’une société ? C’est ce qu’on appelle la fonction

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expressive de la loi pénale (voir projet du nouveau Code pénal présentation par
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Robert Badinter, DALLOZ 1988 page 10 à 11).

Il ressort de cette analyse que le ralliement de ces criminologues est tout à fait
justifié. Les études sociologiques du crime regroupent largement la définition
juridique du crime. Au crime ainsi proposé, il faut opposer la criminalité.
Cependant, ces deux notions appartiennent au même ensemble à savoir la
délinquance.

Chapitre 2 : La criminalité.

Elle est constituée par l’ensemble des infractions qui se produisent dans un
temps et en un lieu donné. Si l’on veut s’attacher dans un pays donné à la
solution du problème de la délinquance, il faut commettre tous les aspects
qu’elle y revêt. Pour avoir une photographie de la délinquance, la criminologie
utilise des méthodes d’investigation dont l’examen mérite une grande
attention.

Section 1 : Les méthodes d’investigation.

Les méthodes sont celles des sciences sociales.

Paragraphe 1 : Les statistiques.

Elles permettent d’étudier les mouvements de la criminalité, ses variations, ses


corrélations avec l’âge, le sexe, les conditions géographiques et sociales. Les
premiers savants qui se sont penchés sur le phénomène de la délinquance ont
été des mathématiciens qui ont utilisé des statistiques criminelles. La plus
ancienne des publications de statistiques criminelles, en France et dans le
monde est le compte général de la justice criminelle établit autrefois à la
diligence des parquets. Le compte général de la justice criminelle repose
aujourd’hui sur l’exploitation des fiches constituant les casiers judiciaires. Il faut
retenir que la justice criminelle n’est pas la seule source de statistique
criminelle. Il y a les statistiques de l’administration pénitentiaire et de
l’éducation surveillée. On y trouve le chiffre des entrées et sorties des
établissements pénitentiaires, la répartition des prévenus et condamnés dans
ces établissements, la nature des peines en cours d’exécution, le nombre de
libérations conditionnelles. Certains ministères et administrations tiennent
aussi des statistiques. Exemple : le ministère de l’intérieur, le ministère des

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forces armées et du ministère du travail. Mais quelle est la portée des résultats
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obtenus à l’aide des statistiques criminelles ?

Les statistiques constituent un élément de travail en criminologie. Elles


permettent de connaître les variations de la criminalité. Les résultats obtenus
sont cependant relatifs, car les statistiques criminelles ne connaissent que la
criminalité apparente (les délits découverts) ou légale (les délits punis), mais
elles ignorent la criminalité réelle (les délits effectivement commis).

Paragraphe 2 : Les biographies.

Les statistiques relatives aux criminels ne règles pas tous les problèmes. Elles
laissent dans l’ombre l’essentiel ; c'est-à-dire le crime lui-même. Celui-ci doit
être approché en tant qu’acte humain. L’étude de l’auteur à savoir le criminel
permettra de comprendre le fait, à savoir le crime. On se trouve alors placé au
cœur de la criminologie. Il s’agit d’étudier la personnalité du délinquant ainsi
que son acte. Pour mener à bien cette étude, il faut des biographies aussi
complètes que possibles retraçant l’histoire d’un sujet (le criminel) et son acte.
Il s’agit donc de l’étude individuelle d’un cas.

Paragraphes 3 : Les follow-up studies.

Les follow-up ou études suivies se proposent de vérifier ce que deviennent


réellement les sujets examinés. Elles retracent la carrière de certains
délinquants. Il s’agit de rechercher l’influence des facteurs individuels ou
sociaux en suivant le fil de l’existence de chaque sujet. Ces études suivies ont
pour but de résoudre les problèmes suivants : que deviennent les anciens
détenus des prisons ? Quels types de coupables persistent dans une criminalité
dangereuse ? L’emprisonnement favorise-t-il ou empêche-t-il la récidive ?

Paragraphe 4 : Les monographies.

Elles sont entreprises sur certaines villes, sur certains quartiers et elles
analysent tous les aspects de la vie sociale. Parmi ces aspects, l’activité
délinquante peut occuper une place et trouver dans le contexte de l’étude de
certaines explications.

Paragraphe 5 : Les enquêtes.

A) Les enquêtes par dépouillement de dossiers et d’archives

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C’est une source de documentation très sûre, mais très difficile. Il faut avoir de
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l’endurance pour faire ce travail. Elle consiste dans un dépouillement du
dossier d’une juridiction ou d’un service ou des archives d’une administration. Il
convient d’établir au préalable un relevé minutieux de tous les points sur
lesquels on souhaite obtenir des éclaircissements. Des conclusions scientifiques
satisfaisantes ne pourront être tirées que d’un nombre de dossiers très
importants. Cette recherche peut avoir un caractère général ; par exemple : la
photographie de la criminalité dans le ressort d’une juridiction donnée
nécessite l’examen de tous les dossiers au greffe de cette juridiction pendant
une période d’une ou de plusieurs années. La recherche peut avoir un objet
limité ; par exemple porter sur une forme de criminalité. On peut s’attacher à
certaines catégories socio-professionnelles ou au prévenu de certaines
agglomérations. Ces dépouillements peuvent se présenter soit comme
exhaustifs, soit comme de simples sondages.

B) Les enquêtes par interview.

Elles sont utiles dans les secteurs qui échappent facilement à l’attention des
droits publics. C’est par des enquêtes menées auprès des directeurs des grands
magasins que l’on peut avoir une idée de l’ampleur des vols commis dans ces
établissements. Sur les avortements on peut aussi s’adresser au service
hospitalier. Cette méthode sur le plan sociologique, peu scientifique, est
fournie par l’historien, des témoignages.

Que retenir, après avoir passé en revue les méthodes d’investigation ? Le


constat est le suivant : la criminologie n’est pas une science exacte, elle a des
limites.

Premièrement, il n’est pas possible de vérifier par des expériences provoquées,


le degré exact des facteurs que l’on croit avoir décelé ; c’est-à-dire il est
impossible de choisir telle ou telle personne présentant tel ou tel caractère
objectif et de la placer dans tel ou tel milieu pour observer si elle doit
commettre telle ou telle infraction. En l’état actuel des connaissances, on ne
peut réaliser de crime de laboratoire.

Deuxièmement, la criminologie ne peut avoir ni la même précision dans les


observations, ni la même rigueur dans les conclusions que les sciences
physiques. Ce sont les caprices de la liberté humaine qui constituent un défi à

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tous les déterminismes et qui faussent les équations et tous les paramètres. Les
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méthodes d’investigation présentent des limites. Mais ce constat ne doit non
pas amener à les écarter de façon systématique. Les résultats des recherches
criminogènes nous permettent de connaître l’importance, les formes,
l’évolution de la délinquance et ses causes.

Section 2 : Les corrélations relevées par l’observation du phénomène


criminel.

Les méthodes d’investigation visent à donner des renseignements sur la réalité


criminelle. Les résultats de ces recherches permettent de comprendre que le
phénomène criminel a des corrélations avec certains facteurs criminogènes.
Ces factions sont au nombre de deux (2) : les facteurs endogènes et les facteurs
exogènes.

Paragraphe 1 : Les facteurs endogènes. (Qui viennent de l'intérieur)

A) L’hérédité.

La théorie héréditaire est née des études de Lombroso. Il a constaté l’existence


d’une disposition à la criminologie. Les études faites aux USA sur les familles
Juskes ont pu montrer que l’ancêtre de cette famille est un délinquant et les
2/3 de ses descendants sont des déchets. Des études de statistique ont pu
révéler que les délinquants avaient une hérédité chargée sur le plan
pathogène : tuberculose, épilepsie, maladie mentale.

Toutes ces études menées sur l’hérédité criminologique présentent sans doute
un grand intérêt. Mais, on a fait remarquer qu’elles sont peu concluantes, car il
est impossible de savoir dans quelle mesure la permanence de la conduite
délinquante est due à une spécificité ou à l’influence permanente du milieu.

B) Le sexe.

La criminalité féminine est moins importante que celle des hommes. Elle tend
cependant à augmenter avec la généralité du travail féminin, l’émancipation
des femmes et l’évolution des mœurs.

Dans les crimes contre les personnes, la criminalité féminine se caractérise par
l’empoisonnement, l’infanticide et l’avortement. La femme généralement n’est
pas orientée vers la délinquance musculaire, mais facilement complice de

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l’homme. Dans toutes les infractions, on dit souvent « il faut chercher la
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femme ».

Dans les crimes contre les biens, les femmes sont tentées par le vol, le recel.

Dans les crimes contre les mœurs, les infractions sont : l’abandon d’enfant, la
débauche de mineur.

On a montré que l’évolution psychologique a un retentissement sur la


criminalité féminine. C’est surtout au moment de la puberté qu’elle atteint ses
plus hautes proportions : prostitution par exemple.

A Dakar, les infractions les plus importantes sont les coups et blessures,
l’infanticide et enfin le vol.

C) L’âge.

Les statistiques mettent en lumière que la répartition de la délinquance varie


selon les tranches d’âge. On a montré que la vie humaine est divisée en
plusieurs périodes :

1- L’enfance (6 à 12 ans).

Les actes qu’on peut relever sont la mendicité et les atteintes contre les biens :
le vol.

2- L’adolescence (12 à 18 ans).

Elle est dominée par la préparation, puis l’acquisition de la croissance qui est
limitée à des phénomènes d’émotivité. Le chiffre de la délinquance est plus
élevé que dans le cas précédent. La délinquance se manifeste dans les atteintes
contre les biens. Le vol y occupe une place de choix.

3- L’état des jeunes adultes (18 à 25 ans).

Voit se terminer la crise psychologique et anatomique de l’adolescence. Les


infractions relevées sont : l’homicide et le vol.

4- L’état d’adultes-jeunes (25 à 35 ans).

C’est une période d’activité et de vie sentimentale. Les infractions commises


sont violentes. Elles sont dirigées contre les biens et contre les personnes.

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5- L’adulte confirmé (35 à 50 ans).

C’est une phase de maturité et d’épanouissement pendant laquelle sont


stabilisées à la fois les instances professionnelles, familiales et sociales. Cette
période marque une décroissance de la criminalité générale.

6- L’âge critique (50 à 60 ans).

On note un ralentissement des activités vitales. La criminalité diminue aussi.

7- A partir de l’âge de 60 ans.

Cette période est traversée par un sentiment d’insécurité due à la perte de la


profession.

Il existe une corrélation entre l’âge et certaines spécificités criminelles. Il est


bien connu que la délinquance des adolescents se manifeste surtout dans le
domaine des atteintes contre les biens. Dans le domaine des mœurs, la
délinquance des mineurs commence pratiquement après 16 ans. On a encore
démontré que la plupart des récidivistes et multirécidivistes ont commencé
leur carrière dès leur adolescence.

D) La race.

Son influence sur la criminalité peut être examinée dans les pays où coexistent
des habitants de races différentes. C’est le cas aux Etats Unis où l’on a pu
comparer la criminalité des individus de race noire ou de race jaune et celle des
individus de race blanche. Parmi les blancs, on a fait des recherches sur les
groupes ethniques au moment de l’immigration britannique, hollandaise,
scandinave. En France, l’étude a été faite sur les non africains. L’intérêt de ces
recherches réside dans le fait qu’elles ont montré que chaque race a son
contingent de délinquants. Mais elles ne permettent pas d’établir la
délinquance de certaines races.

Paragraphe 2 : Les facteurs exogènes. (qui sont dus à des causes externes)

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A) Les facteurs géographiques.
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L’aspect le plus étudié de la géographie criminelle se fonde sur le climat. Il y a
une loi thermique de la délinquance. En Europe, les crimes contre les
personnes prédominent dans les régions du sud et pendant les saisons chaudes
parce que les jours sont plus longs.

Les crimes contre la propriété prédominent dans le nord et pendant les saisons
froides car les nuits sont longues.

B) Les facteurs écologiques.

C’est l’opposition entre criminalité des villes et criminalités des campagnes.


Quantitativement, les milieux urbains sont plus criminels que les milieux
ruraux. Qualitativement, ces deux milieux ont une criminalité différente. La
criminalité musculaire prédomine dans les régions rurales de même que les
incendies et la criminalité sexuelle.

Dans les villes, les auteurs de violence emploient des armes à feu et les armes
blanches. Dans les campagnes, pour le même type d’infraction, on utilise des
armes blanches.

C) Les facteurs économiques.

Les variations de la situation économique générale ont une répercussion sur le


volume et sur les formes de la criminalité. Les périodes de difficultés
économiques voient un accroissement de la délinquance. Par exemple : les
chefs d’entreprise se livre à des agissements irréguliers pour maintenir leurs
affaires. Les chômeurs risquent de se procurer par des moyens illicites des
ressources qui leur font défaut. En cas de guerre ou de troubles sociaux, la
pénurie de denrées et objets indispensables multiplie le vol et les procédés
violents tendant directement à la satisfaction des besoins. En cas de propriété
économique, le développement du luxe multiplie les tentations et crée des
besoins nouveaux. On recherche des capitaux par des moyens douteux (abus
de confiance, escroquerie).

D) Les facteurs culturels.


1- L’instruction.

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Victor Hugo assurait qu’ouvrir une école équivalait à fermer une prison, mais le
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développement de l’instruction n’a nulle part fait reculer la criminalité. Au
contraire, il paraît bien établi qu’elle peut être à l’origine de certaines
aggravations. On a même remarqué que l’instruction facilite le passage de la
criminalité violente ou musculaire aux formes intellectuelles ou rusées de la
délinquance.

2- le rôle des masses médias.

Le phénomène criminel sous une forme véridique ou imaginaire tient une place
considérable plus forte que celle qu’il occupe dans la réalité quotidienne. Dès
1911 en France, le cinéma a été dénoncé. Il faut cependant souligner que les
auteurs n’ont pas la même façon de percevoir l’impact du cinéma sur la
criminalité. Deux thèses s’opposent sur cette question.

 Selon la thèse exemplaire, l’image exerce un entraînement sur le


spectateur en l’incitant à des comportements analogues à ceux de
l’action représentée.
 Selon la thèse cathartique, les films chargés de manifestations d’anti-
socialité exercent une influence apaisante et bienfaisante en permettant
aux spectateurs de se débarrasser sur un plan symbolique des pulsions
que la vie sociale l’oblige à refouler.

Sur cette controverse, il converse d’adhérer à la thèse de la majorité des


auteurs. L’influence néfaste du cinéma ne peut être occultée. Elle consiste à
donner une fausse image de la réalité quotidienne. Qu’il s’agisse de film de
violence ou de film d’amour ou de luxe, ce qui est en toute évidence une cause
de déséquilibre psychologique à effet criminogène.

3- Les conflits de culture.

C’est le problème de l’immigration et de la criminalité des étrangers. Dans les


pays d’immigration comme aux Etats Unis, l’on constate que la criminalité est
plus forte lorsque les immigrants sont isolés au lieu d’être encadrés par une
famille solide ou d’être intégrés dans une communauté. De même, la
criminalité est plus forte chez les enfants immigrants non encore adaptés à la
vie locale et qui ne sont pas pleinement incorporés à la communauté nationale.
Sans même qu’il s’agisse d’immigrants, la présence sur le territoire national

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étranger habituée à d’autres règles, peut créer un conflit de culture. L’étranger
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est surveillé étroitement et doit surveiller son comportement. Les infractions
propres aux étrangers sont celles relatives à la police des étrangers. Rentrent
aussi dans ce cadre les infractions aux arrêtés d’expulsion. Les autres
infractions peuvent être commises aussi bien par les étrangers que par les
nationaux. Mais, on a montré en France que la délinquance étrangère est
élevée en matière de mœurs et en matière de drogue.

E) Les facteurs politiques.

Les périodes de crise qui entraînent un changement de pouvoir sont


hautement criminogènes. Mais, ces délinquants sont des passionnels parce que
muent par des sentiments idéologiques. Dans des proportions variables s’y
mêlent des anormaux psychiques qui trouvent dans les révolutions un terrain
d’élection de la manifestation de leur pulsion. On y trouve également de
véritables délinquants de droit commun. Les juristes de tendances fascistes ont
affirmé de l’autodéfense de l’Etat et ont assimilé les délinquants politiques aux
délinquants de droit commun. Cette solution est grave sur le plan pénitentiaire,
car les délinquants politiques sont soumis à la corruption des prisons.

F) Les rapports entre les délinquants et le milieu.

Selon Pinatel, le milieu social peut être scindé en plusieurs milieux.

1- Le milieu inéluctable.

C’est la famille d’origine. Ce milieu est la source d’une large partie de la


délinquance. Il en est ainsi parce que c’est au foyer familial que se forge la
personnalité de l’individu. Un foyer désuni peut donc avoir des conséquences
néfastes sur le comportement de l’enfant. L’enfant laissé à lui-même ou
n’ayant plus de repère peut s’adonner à des actes de délinquance.

2- Le milieu occasionnel.

C’est le milieu des premiers contacts sociaux. Exemple : le milieu scolaire, le


milieu professionnel, le milieu militaire.

3- Le milieu choisi.

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Le milieu choisi ou accepté présente un double intérêt. D’une part, il renseigne
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sur les goûts et les tendances de l’individu et révèle certains aspects de sa
personnalité. D’autre part, il peut constituer en lui-même un facteur de
criminalité par l’influence qu’il exerce sur ceux qui y adhèrent.

Le milieu choisi est constitué de divers éléments. On peut y ranger les amis, les
groupements politiques, sportifs ou intellectuels.

4- Le milieu subi.

Il faut malheureusement compter le milieu pénitentiaire parmi les facteurs


criminogènes. L’emprisonnement a un objectif : corriger les délinquants,
préparer leur resocialisation. L’emprisonnement manque son but s’il rend les
délinquants plus redoutables ou encore moins adaptés lorsque survient leur
libération.

Après analyse des facteurs endogènes et exogènes, quel est l’enseignement


qu’on peut en tirer ?

Premièrement : il n’existe pas de facteur criminogène objectif spécifique qui


pourrait être le dénominateur commun à toutes les infractions.

Deuxièmement : même en présence de facteur criminogène, la délinquance qui


est à redouter peut ne pas se produire.

Certains des facteurs peuvent être à eux seuls insuffisants pour déclencher
l’infraction, mais accumulent un potentiel criminel considérable qui ne
deviendra réalité qu’avec le concours de certaines circonstances. Ainsi, une
émotion brutale, un besoin matériel venant, une maladie peuvent bien
extérioriser une situation pré-délictueuse de l’attente.

Chapitre 3 : Le criminel.

L’étude du délinquant est la suite normale de la constatation du phénomène


criminel. Ils sont les individus qui enfreignent la loi sociale. En quoi se distingue-
t-il du bon citoyen qui respecte l’ordre public ?

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Pour étudier le délinquant, le criminologue dispose de méthodes
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d’observations. Il faut les présenter avant de passer en revue les classifications
obtenues par la recherche criminologique.

Section 1 : Les méthodes d’observation.

Qu’il soit considéré ou non comme un malade, le délinquant est un sujet


d’observation. La recherche criminologique doit porter sur les caractéristiques
biologiques, psychiatriques et psychologiques du sujet, mais aussi, sur
l’ensemble de son comportement. Ainsi présenté, l’examen du sujet se
rapproche de l’examen médical et il est mené par une équipe ayant des
connaissances variées.

Paragraphe 1 : L’équipe criminologique.

Il est nécessaire d’examiner l’individu de la façon la plus approfondie. Examen


de l’état général des antécédents pathologiques, analyse neurologique,
l’examen psychiatrique est également indispensable et il est confié à un
psychiatre.

L’examen psychologique et l’enquête sur le milieu social et familial s’impose


aussi. L’équipe criminologique est donc constituée de spécialistes. Son rôle
consiste à rechercher les causes de la délinquance et à déterminer la méthode
du traitement qui doit être appliquée aux délinquants.

Paragraphe 2 : Les sujets observés et les conditions de l’observation.

Le criminologue ne connaît que les délinquants au sens légal du terme ; c'est-à-


dire les individus en instance de condamnation ou condamnés qui ont commis
un acte ou une série d’actes répertoriés par les lois du pays. Il est privé par
conséquent de toute possibilité d’observation sur les délinquants qui ont
échappé à la police et à la justice. Il est encore complètement privé de toute
possibilité d’observation sur les non délinquants au sens strict du terme ; c'est-
à-dire ceux qui ne seront jamais délinquants et n’ont aucune incidence à le
devenir, ce qui le gêne considérablement dans son travail de comparaison. On
retiendra aussi que le criminologue n’a pas vraiment le choix des conditions de
l’observation du délinquant. Le droit pénal, la procédure pénale, les règles
pénitentiaires lui imposent des conditions strictes. L’observation existe lors de
l’instruction et après le jugement et généralement sur les détenus ; c'est-à-dire

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sur des individus dont le psychisme est modifié par toutes les conséquences de
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la vie en prison : perte de la liberté d’aller et de venir et influence des
codétenus. Le problème est alors insoluble et l’on doit retenir que l’analyse la
plus fine du délinquant n’aboutira jamais qu’à une approximation.

Section 2 : Les classifications obtenues par la recherche criminologique.

La recherche criminologique concerne les différents aspects de l’individu.

Paragraphe 1 : Les classifications à fondement psychologique.

On peut retenir deux distinctions.

A) Les distinctions reposant sur le caractère.

Plusieurs classifications ont été proposées.

1- La classification de Kretschmer.

Pour lui, il existe des introvertis et des extravertis. Si l’on pousse cette analyse,
chez les introvertis, on trouve les schizophrènes. Les introvertis sont des gens
réservés, renfermés.

Les extravertis sont tournés vers l’extérieur. Ils s’intéressent à la vie sociale.
Mais, ils peuvent osciller entre des phases euphoriques et des phases de
tristesses.

2- La classification de Sheldon (américain).

Trois types d’individus ont été retenus par Sheldon.

Le premier type est viscèrotonique. Il est dominé par la fonction digestive. Son
ventre joue un grand rôle dans sa vie, mais c’est un être qui a besoin des
autres.

Le deuxième type est somatotonique. L’action joue, ici, un rôle important. C’est
un individu qui a le goût du risque. Il aime le pouvoir.

Le troisième type est cérébrotonique. Ce type est affecté d’une aversion


sociale. Il est réservé et il a besoin de solitude.

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3- La classification de Pende (italien).
23
Au point de vue caractériel, cet auteur distingue deux types de sujets. Les
sphèniques : ils sont nerveux et actifs. Les asthéniques : ils sont mous et sans
volonté ; donc ils sont faibles de caractère.

B) Les distinctions reposant sur les différentes fonctions mentales.

On dissocie ici les fonctions intellectuelles, affectives et volitives.

 Les fonctions intellectuelles : c’est grâce à des textes que l’on fixe l’âge
mental du sujet. Le rapport entre l’âge mental et l’âge réel permet de
déterminer le quotient intellectuel de l’intéressé, sa faculté de mémoire,
de raisonnement sa faculté d’analyse, sa faculté de synthèse.
 L’affectivité : ce sont les sensations et les émotions du sujet. Elle affecte
son système respiratoire et son système nerveux.
 Les fonctions volitives : on peut relever quatre caractéristiques
psychiques :
 La capacité : c’est la facilité d’adaptation aux évènements.
 L’énergie : c’est le dynamisme de l’intéressé.
 La solidité : c’est l’impulsivité de l’individu.

Paragraphe 2 : La classification à fondement anthropologique et


morphologique.

A) La structure anatomique.

Elle est différente selon la race à laquelle appartient l’individu. On a divisé les
êtres humains en deux grandes catégories morphologiques.

Les longilignes : ils sont grands et minces.

Les brévilignes : ils sont courts et larges.

On s’est également intéressé aux crânes des délinquants. Durant sa vie


Lombroso a mesuré des crânes et a étudié des criminels vivant. Selon Pinatel, il
en aurait expertisé 5907.

B) Le tempérament.

Hippocrate distinguait quatre tempéraments fondamentaux.

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23
 Les bilieux : ils sont coléreux et anxieux.
 Les lymphatiques : ils sont insensibles à tout. Ce sont des personnes
apathiques.
 Les sanguins : on peut relever chez ces personnes une tendance à
l’emportement à la colère.
 Les nerveux : ce sont des personnes agitées, excitées, irritables.

Sans être tout à fait abandonnée, cette classification est délaissée au profit
d’une autre, qui comporte aussi quatre types :

 Le type musculaire : ce sont des personnes qui ont du nerf, du muscle.


 Le type respiratoire : ce sont des personnes qui aiment la vie.
 Le type digestif : ce sont des personnes qui ont un grand intérêt pour la
digestion.
 Le type cérébral : chez ces personnes, l’intellect prime la sensibilité.

Comment déterminer leur tempérament ? Uniquement par des


constatations externes qui sont faciles à faire. Prendre la tension
artérielle, faire le dosage de certains éléments du sang, des urines, faire
l’électrocardiogramme, l’encéphalogramme et des tests de réflexe
nerveux.

Paragraphe 3 : La classification à fondement psychiatrique.

Les situations envisagées sont les suivantes :

A) Les déséquilibrés légers.

Ces gens ressentent une inadaptation au milieu. Il s’agit de troubles décelables


mais encore faibles qui se traduisent par un comportement s’écartant
sensiblement de ce qui est normal. C’est le cas des anxieux et des gens qui
vivent hors du réel. Par exemple : les mythomanes.

B) Les anormaux graves.

Ces individus sont au stade de la névrose, de l’épilepsie et de la perversité.

 La névrose : l’homme obsédé peut être rangé dans cette catégorie.


L’obsédé peut être en croire à des phobies ou des pulsions qu’il ne

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contrôle pas. Il lutte contre elles. Mais seulement, l’accomplissement de
23
l’acte va le calmer pour le replonger ensuite dans le remords.
 L’épilepsie : les épileptiques peuvent être l’objet de confusion mentale. Il
y a chez eux une excitation de la totalité des cellules cérébrales.
 La perversité : elle peut porter sur les principaux instincts. Par exemple :
l’instinct de reproduction sexuelle, l’instinct de conservation. Le pervers
fait preuve d’une indifférence affective à l’égard d’autrui. Il accomplit par
plaisir des actes immoraux ou cruels.
C) Les aliénés.

Ils ont des troubles au niveau de leur intelligence ou de leur humeur.

 Les troubles de l’intelligence : c’est l’arriération mentale congénitale.


C’est le cas de l’idiot dont l’âge mental est de trois (3) ans, c’est encore le
cas de l’imbécile dont l’âge mental est de six (6) ans.
 Les troubles de l’humeur : un malade peut être l’objet de guettée
pathologique, laquelle peut être coupée de tristesse. Les personnes
mélancoliques peuvent vivre au ralenti et peuvent même arriver à se
suicider.

Conclusion sur la personnalité délinquante.

Il faut déterminer la vision du monde du délinquant. Comment il conçoit ses


rapports avec la société ; comment il comprend la personnalité d’autrui et
comment il juge ses propres actes.

Les recherches psychologiques conduisent à la notion d’une mentalité


dissociable propre au délinquant. Mais, il ne faut pas oublier que la psychologie
moderne met l’accent sur le sentiment de libre arbitre qui subsiste chez le
délinquant et sur la nécessité de ne pas affaiblir la notion de sanction qu’il
considère comme la contrepartie possible de son acte et comme le risque qu’il
pense avoir librement assumé.

Pinatel a tenté de dégager les composantes de la personnalité criminelle. Selon


cet auteur, la personnalité criminelle à quatre caractères fondamentaux :
l’égocentrisme, la labilité, l’agressivité et l’indifférence affective.

 Le délinquant est égocentrique parce qu’il a tendance à tout rapporter à


sa personne et à se considérer comme le centre de l’univers.

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23
 Le délinquant est labile. Il est exposé à tomber, à faiblir à la moindre
secousse. Il est donc incapable d’être inhibé par la menace de la sanction
pénale.
 Il est agressif : c’est ce qui lui permet de renverser les obstacles matériels
et les difficultés de l’emprise criminelle.
 Enfin le délinquant est atteint d’une indifférence affective : c’est ce qui le
rend aveugle et sourd à ce que l’exécution du crime odieux.

La personnalité criminelle ainsi définie ne signifie pas qu’il existe une différence
de nature entre le délinquant et le non délinquant. Entre eux, il n’existe qu’une
différence de degré.

Le criminel est semblable à l’homme normal lorsqu’avant de commettre son


crime il est soumis aux tentations, aux impulsions aux déterminismes, aux
situations criminogènes de la condition humaine. Mais, il devient anormal
lorsqu’il se singularise en cédant à se pousser. A l’instar d’Etienne de Greef, on
peut donc affirmer que le criminel reste toujours un homme et non un monstre
(voir sur cette question Bozat et Pinatel Tome 3 criminologie, DALLOZ 1975 3 ème
édition, n°167).

Politique criminelle.

Introduction.

Le concept de politique criminelle a été employé pour la première fois par le


pénaliste allemand Feuerbach. Il désigne l’ensemble des procédés susceptibles
d’être proposés par le législateur ou effectivement utilisés par celui-ci à un
moment donné, dans un pays donné, pour combattre le phénomène criminel.

Le phénomène criminel n’est pas constitué des seules infractions pénales, à


savoir : les contraventions, les délits et les crimes, mais de l’ensemble des
comportements incriminés ou non par la loi pénale. A l’encontre de ces
comportements délinquants ou déviants, la politique criminelle tente de
proposer une réponse. Ainsi définie, la politique criminelle ne se réduit pas au
droit pénal, à la procédure pénale ou à la criminologie, mais s’inscrit dans un
projet global et une stratégie globale ; la politique sociale d’un Etat donné. La

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politique criminelle, comme réponse de l’Etat au phénomène criminel, n’est
23
pas toujours répressive. Elle a également une dimension préventive.

Vonlizt défendait ce point de vue lorsqu’au début du 20ème siècle il définissait la


politique criminelle comme l’ensemble systématique des principes aux moyens
desquels l’Etat et la société doivent organiser la lutte contre le crime. Le
constat de politique criminelle sera rétréci, mais aussi approfondi par ceux qui,
comme Henri Donnedieu Vabres verront dans la politique criminelle la réaction
de l’Etat contre le crime résumant sa fonction en une réponse répressive au
crime. Ce concept va cependant s’affirmer dans toute sa richesse avec Marc
Ancel et le mouvement de la défense sociale nouvelle. Il est donc clair que ni le
droit pénal, ni les sciences criminelles ne doivent s’approprier la politique
criminelle. Toute politique criminelle est une science explicative, préventive et
répressive.

Section 1 : La politique criminelle comme science explicative du phénomène


criminel.

La politique criminelle est une réflexion épistémologique sur le phénomène


criminel. En d’autres termes, un décryptage du phénomène criminel et des
moyens mis en œuvre pour lutter contre les comportements de déviance ou de
délinquance. Pour percevoir cette question, il faut prendre comme terrain
d’observation : le droit pénal ou le contexte politico-économique et social.

Paragraphe 1 : Le droit pénal comme terrain d’observation.

Le droit pénal classique a créé une théorie de l’infraction que le principe de la


légalité enferme dans un cadre strict qui est garant de la liberté individuelle.
Sur la base de ce principe, le législateur peut multiplier les infractions, mais il
ne doit pas perdre de vue qu’au-delà de la capacité de mémoire humaine, les
menaces se neutralisent et deviennent indifférentes.

La recherche politico-criminelle va s’intéresser au droit pénal et surtout à son


évolution. Les classements retenus par cette discipline juridique ne vont pas
rentrer dans ces préoccupations. Il en va ainsi pour la différence entre tentative
et actes préparatoires. Il en va encore ainsi pour le cumul d’infractions. Sous
cette réserve, la politique criminelle doit se prononcer sur le catalogue répressif
(le code pénal), son contenu et ses variations d’une époque à une autre. Elle

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doit aussi se prononcer sur les peines et leur exécution. Le chercheur doit se
23
préoccuper également des statistiques politiques et judiciaires et vérifier dans
quelle mesure les faits qualifiés crimes ou délits sont considérés comme tel par
la justice criminelle. Enfin, il faut qu’il prenne en compte dans son étude : les
structures procédurales, la détention provisoire, la procédure d’instruction et
même les décisions des juridictions de jugement.

Paragraphe 2 : La prise en considération du contexte politique, économique


et social.

Le système pénal ne saurait être détaché du milieu concret où il s’exerce. Le


milieu exerce et subit la politique criminelle. Il ne s’agit plus de l’appareil
étatique, mais de toutes les composantes d’ordre social qui agissent sur sa
détermination ou son développement. L’opinion publique par exemple, les
grèves, l’expulsion des locataires, l’implantation des grands magasins, sont des
faits qui doivent rentrés dans les préoccupations de la recherche politico-
criminelle.

Section 2 : La politique criminelle est l’art d’organiser la vie en société.

La politique criminelle permet d’avoir un éclairage sur les moyens mis en


œuvre pour répondre au phénomène criminel. Sa réussite dépend cependant
de la réunion d’un certain nombre de conditions.

Paragraphe 1 : La mise en œuvre de moyens pour répondre au phénomène


criminel.

De la politique sans plus de précisions, on peut dire qu’elle est l’art de


gouverner la cité. La politique criminelle qui s’intéresse à un problème
particulier de la cité correspondrait alors à l’art de diriger la lutte contre le
phénomène criminel. Mais, on se gardera de penser que toute réaction contre
le crime est nécessairement une politique criminelle. La prise de texte des
circonstances appelées à satisfaire dans l’immédiat telle ou telle partie de
l’opinion ou telle partie politique, la législation destinée à servir d’alibi aux
insuffisances de la prévention et à la protection des citoyens ne constituent pas
une politique criminelle, mais révèle à l’observateur attentif l’absence de toute
politique criminelle. La politique criminelle est un art et elle suppose la mise en

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œuvre de certains moyens qu’on s’est assigné pour apporter une réponse au
23
phénomène criminel. La détermination de ces moyens et l’utilisation qui peut
en être faite constitue l’épaule de la recherche lorsqu’on analyse la politique
criminelle comme un art. Pendant des millénaires, la lutte anticriminelle s’est
résumée dans l’usage de la force. Elle implique aujourd’hui une connaissance
approfondie de la criminologie.

La criminologie, science jeune et pleine de promesses qui éclaire les zones


obscures du phénomène criminel constitue désormais l’indispensable point de
départ de toute action efficace en cette matière. Il faut appliquer à chaque
délinquant la thérapeutique qui sied ; c'est-à-dire qu’il faut lui appliquer la
mesure qui lui permettra de reprendre sa place au sein de la société.

Paragraphe 2 : Les conditions de réussite d’une politique criminelle.

Toute politique criminelle s’assigne une finalité délibérée. Elle ne peut réussir
que si certaines conditions sont réunies.

A) Il faut une stratégie.

La politique criminelle s’oppose à la politique du coup par coup. Elle exige des
objectifs. Normalement, chaque réforme doit prendre en considération cette
condition ; c'est-à-dire s’intégrer dans le mouvement de politique criminelle
mis en place par l’Etat. C’est le respect même de cette condition qui donne aux
textes pris par le législateur toute leur croyance. Mais malheureusement, le
plus souvent, les promoteurs de réformes désirent des changements
immédiats, d’où l’inefficacité pratique de certaines innovations. On peut citer
dans ce sens la loi sénégalaise de 1967 réprimant les dépenses excessives à
l’occasion des cérémonies familiales.

B) La nécessité d’une détermination du domaine de la politique criminelle.

La politique criminelle doit correspondre aux besoins et à l’échelle des valeurs


d’une société donnée. Pour la mise en place d’une politique criminelle, il est
donc nécessaire de déterminer les actes ou les comportements qui devront
susciter la lutte anticriminelle.

C) La stratégie de lutte doit être possible.

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Toute stratégie anti-délictueuse est enfermée dans les limites de ses
23
possibilités d’action. Il ne sert à rien d’établir abstraitement sur le papier des
normes de conduite ou des plans d’activité législatives, judiciaires ou
administratives, si les moyens font défauts ou si les conditions sociales et
économiques sont telles que toute tentative émise en application est pour le
moment vouée à l’échec. Comme le dit si bien Marc Ancel : « La politique
criminelle comme toute autre sorte de politique n’est que l’art du possible ».

Paragraphe 3 : La science pénitentiaire comme terrain d’action de la politique


criminelle.

La science pénitentiaire traite des délinquants en tant que cas particuliers dans
le cadre d’une politique criminelle qui peut avoir tour à tour des fonctions de
rétribution, d’intimidation, d’élimination ou de réadaptation sociale. Cette
question constituera la deuxième partie de cet enseignement. Mais tout
d’abord, il convient de jeter un regard sur l’orientation de la politique
criminelle du Sénégal depuis l’indépendance.

Première partie : Orientation de la politique criminelle du Sénégal depuis


l’indépendance.

Le législateur sénégalais a voulu faire preuve de maturité. Les textes depuis


l’indépendance ne sauraient être considérés comme une copie du droit
français. Une analyse profonde de ces textes permet de faire deux remarques :

 Le législateur s’est démarqué du droit français.


 Il a entendu adapter la politique criminelle aux réalités du Sénégal.

Chapitre 1 : Démarquage par rapport au droit français.

Section 1 : Les buts poursuivis.

Ils sont au nombre de trois :

1- La simplification de la loi pénale.


2- La protection de l’ordre public.
3- La redéfinition du rôle du juge.

Paragraphe 1 : La simplification de la loi pénale.

Elle concerne les incriminations et les pénalités.

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A) La simplification des incriminations.
23
En matière d’homicide et de coups et blessures involontaires, le législateur
allègue la liste des infractions et retient une seule infraction (article 307 CP). En
ce qui concerne les infractions contre la sûreté de l’Etat, le droit sénégalais se
facilite la tâche, car ne parlant de crimes et délits contre la sûreté intérieure ou
extérieure de l’Etat. Il vise tout simplement les crimes et délits contre la sûreté
de l’Etat.

B) La simplification des pénalités.

En matière criminelle, on a modifié l’échelle des peines. Le Code pénal a retenu


comme peine criminelle : les travaux forcés à perpétuité, à temps, la détention
criminelle et la dégradation civique.

La matière des contraventions est également simplifiée, alors qu’en droit


français, il existe plusieurs classes de contraventions. En droit sénégalais,
toutes les contraventions sont passibles de mêmes peines ; c’est-à-dire
emprisonnement d’un jour à un mois et une amende de 200 F CFA à 20.000 F
CFA.

Paragraphe 2 : La protection de l’ordre public.

A) La sécurité des citoyens.

Pour lutter contre la récidive, le législateur a restreint les effets des


circonstances atténuantes. Le juge ne peut plus dans ce cas prononcer par le
jeu de ces circonstances atténuantes, une peine inférieure au minimum prévu
par la loi (article 375 du Code pénal sénégalais). Cette règle est applicable pour
tous les vols visés aux articles 368, 370 et 372 du Code pénal. Par ailleurs, les
infractions de vol, de vagabondage et de mendicité ont été assimilées en ce qui
concerne la récidive et l’article 347 bis alinéa… du CP précise qu’en cas
d’application des circonstances atténuantes, on ne peut ni substituer l’amende
à l’emprisonnement, ni réduire l’emprisonnement au-dessous du minimum.

B) La protection des intérêts politiques de l’Etat.

On fait jouer au droit pénal une fonction de protection des intérêts politiques
de l’Etat. On tend à défendre l’unité nationale. Exemple :

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23
 L’attentat, le complot dont le but est de faire échapper une partie du
territoire à l’autorité du gouvernement est réprimé dans les articles 72 et
84 du CP. Les peines prévues sont très sévères.
 L’article 262 du Code pénal réprime l’injure commise envers un groupe
de personnes qui appartient à une race ou à une religion déterminée,
dans le but d’inciter la haine entre les citoyens ou les habitants.

Paragraphe 3 : la redéfinition du rôle du juge.

A) L’atténuation de son pouvoir d’appréciation.

Dans certains cas, on interdit au juge de prononcer des sursis. C’est ainsi pour
l’avortement commis par un médecin, pharmacien ou une personne assimilée,
de l’attentat à la pudeur, du viol, de l’homicide et des blessures involontaires
s’il y a délit de fugue ou de fuite. C’est le cas aussi pour le délit douanier ou de
loyer, la pédophilie et tous les délits relatifs aux stupéfiants. Dans certains cas
on oblige le juge à placer l’inculper en détention provisoire. C’est ainsi pour les
infractions contre la sûreté de l’Etat, si le Ministère public requiert que l’inculpé
soit mis en détention provisoire.

En matière de détournement de deniers publics, la loi enlève le bénéfice de


circonstances atténuantes aux prévenus qui, avant jugement n’ont pas restitué
le tiers des deniers détournés (article 155 alinéa 1 du Code pénal).

B) L’accroissement des responsabilités du juge.

En cas d’interdiction de séjour, le juge a un grand rôle. Il lui est possible de


dispenser le condamné de l’interdiction de séjour, totalement ou partiellement
à condition de motiver sa décision (article 36 du Code pénal). Depuis l’an 2000,
le juge dispose de larges pouvoirs d’appréciation. Il peut dispenser le prévenu
de la peine, peut même ajourner le prononcé de la peine. Un ajournement est
un juste rendez-vous judiciaire (un délai pour pouvoir observer le
comportement du délinquant).

 La loi 2000-38 du 22 décembre modifiant le Code pénal du 10 février


2001.
 La loi 2000-39 du 29 décembre 2000 modifiant le Code de Procédure
Pénale, J.O 10 février 2001.

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Section 2 : Les procédés employés pour renforcer la répression.
23
Paragraphe 1 : Les pénalités.

Le législateur a créé un nouvel échelon de peines. En matière délictuelle, la


peine d’emprisonnement peut aller jusqu’à 10 ans (article 33 du CP). En
matière de circonstances atténuantes, le juge ne bénéficie pas d’une grande
liberté (article 432 et 433 du Code pénal). Toutefois, dans le but d’assurer la
répression, on a décidé en matière de récidive que le délit de détournement de
deniers publics, forme avec le vol, l’abus de confiance et l’escroquerie la même
catégorie de délit (article 42 et 44).

Paragraphe 2 : Les pouvoirs du juge.

Sur cette question les procédés utilisés sont les suivants : la


correctionnalisation, l’interdiction de prononcer le sursis et d’accorder aux
délinquants des circonstances atténuantes.

A) La correctionnalisation.

Dans cette dernière, un crime devient un délit. Le but de la correctionnalisation


n’est pas d’adoucir les peines, mais de rendre la répression plus rapide, plus
régulière et plus efficace entre les mains des seuls magistrats. Plus d’une
vingtaine de crimes ont été correctionnalisés :

 Le détournement de deniers, le faux et l’usage de faux.


 Certains vols aggravés prévus à l’article 368 du Code pénal.
 L’infraction de viol.

Dans tous ces cas, la peine d’emprisonnement est de dix ans.

B) L’interdiction d’accorder des circonstances atténuantes.

La loi interdit au juge de prononcer ces circonstances en cas d’actes de torture


et de barbarie (article 288 alinéa 1er du Code pénal). Par ces actes, il faut
entendre des actes inhumains, dégradants ou qui portent atteinte à la dignité
humaine. En matière de vol, l’article 367 du Code pénal prévoit trois (3) cas où
c’est interdit de prononcer des circonstances atténuantes :

1- Lorsqu’il y a vol avec violence, le délinquant encoure la peine des travaux


forcés à perpétuité, si cette violence entraîne la mort.

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2- Si les violences ont entraîné une incapacité de plus de quinze (15) jours
23
ou une infirmité permanente : la peine est celle des travaux forcés à
perpétuité.
3- S’il y a usage d’une arme, même s’il n’a été causé ni incapacité, ni
infirmité, le coupable encoure la peine des travaux forcés à perpétuité.

Chapitre 2 : L’adaptation de la politique criminelle aux réalités du Sénégal.

Le Sénégal a pris une série de dispositions tendant à résoudre les causes de la


criminalité. Ces dispositions ne sont pas toujours répressives. Elles ont aussi un
caractère préventif, mais qui frappe dans la démarche du législateur sénégalais.
C’est l’originalité, car il a parfaitement compris que pour lutter contre la
criminalité, il ne faut pas reprendre les théories, les hypothèses et les
présomptions formulées ailleurs. Il faut prendre en compte les réalités du pays.
Les réponses apportées par le législateur sénégalais sont donc adaptées aux
réalités, au contexte sénégalais. A travers ce texte, il poursuit deux (2)
impératifs : la défense sociale et le traitement de la délinquance.

Section 1 : La défense sociale.

Paragraphe 1 : La lutte contre les stupéfiants.

Dans la lutte contre la drogue, le Sénégal ne disposait que de textes disparates,


dans le cadre de la protection des mœurs. L’article 358 du Code pénal, la loi 63-
16 du 5 février 1963 qui ne concernait que le chanvre indien, la législation
coloniale datant du décret du 26 janvier 1926. En 1972, le Sénégal va se doter
de tout un arsenal législatif concernant la lutte contre la culture, le trafic et
l’usage des stupéfiants. Par le biais de ce texte, le Sénégal a la possibilité de
s’insérer dans le réseau international de lutte contre la drogue, car visant tous
les stupéfiants et non pas seulement le « yamba », le « koubediara » ou « kati
diantabé » qui sont des stupéfiants qui poussent sur son sol.

La loi 1972 a été modifiée plusieurs fois. Elle est aujourd’hui abrogée et
remplacée par la loi 97-18 portant Code des drogues, J.O 20 décembre 1997.

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Ce texte prend en compte les conventions des nations unies en matière de
23
stupéfiant. Il donne un éclairage sur les différentes catégories de drogues et
réprime l’usage, la production, la fabrication et même le trafic de la drogue.

La législation de 1997 contient de nombreuses dispositions destinées à faciliter


l’enquête, les perquisitions et des visites de jour et de nuit, contrôle de services
postaux, les livraisons, écoutes téléphoniques, accès aux services
informatiques, surveillances bancaires. Le Code des drogues est modifié par la
loi 2007-31 du 27 décembre 2007, J.O 16 février 2008 (loi Latif Gueye).

Ce texte prévoit des sanctions sévères pour la culture, la production, la


fabrication, la transformation, le trafic international, le trafic intérieur, la
facilitation de l’usage de drogues. Presque toutes ces infractions sont des
crimes. Leur auteur encoure la peine des travaux forcés à temps de dix (10) ans
à vingt (20) ans.

La loi de 2007 ne peut échapper à la critique pour deux (2) raisons :

1- Elle ne permet pas d’obtenir une répression rapide. Les infractions étend
criminelles, on ne peut appliquer ici la procédure de flagrant délit.
2- Pour toutes ces affaires, l’instruction est obligatoire (article 70 du CPC),
ce qui entraîne comme conséquence, un encombrement des cabinets
d’instruction.

Pour assurer l’impératif de sécurité, il est donc souhaitable d’abroger la loi de


2007 ou de correctionnaliser les infractions qu’elle prévoit (loi Latif Gueye
2007).

Paragraphe 2 : La lutte contre la violence.

La montée de la violence est un problème récent dans les pays d’Afrique où on


avait tendance à parler de sous-criminalité, contrairement dans les pays
occidentaux.

Il était rare de rencontrer des crimes de sang, comme le meurtre et l’assassinat.


Mais, devant le recru d’essence au niveau international et devant les agressions
à mains armées, le législateur a réagi. On peut citer la loi du 25 mars 1976 qui
réprime les agressions contre les biens, voir en matière de vol les articles 267 à
369 du Code pénal.

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Il réprime également les agressions contre les personnes, voir pour la prise
23
d’otages l’article 337 du Code pénal.

A partir de 1999 de nouvelles infractions sont prises en considération par le


législateur. On peut citer : l’excision et la pédophilie.

En 2007, le législateur prenant en compte ce qui se passe sur le plan


international a mis en place un dispositif de lutte contre le terrorisme.

En 2014, de nouvelles infractions sont encore prévues comme : le vol


d’électricité, le captage frauduleux d’images. La loi de 2014 considère
également comme vol aggravé, le vol de bétail.

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