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Présentée par : Mlle.

TIGZIRI

Table des matières :

Introduction : .................................................................................................................. 2
I. Présentation du corpus: ............................................................................................ 5
II. Choix du sujet: ........................................................................................................ 5
III. Problématique: .................................................................................................... 7
IV. Outil méthodologique : ........................................................................................ 8
V. Plan de travail : ....................................................................................................... 9
Bibliographie : .............................................................................................................. 10
Introduction :

« Le besoin d'affabulation, c'est toujours un enfant qui refuse de grandir. »

Emile Ajar.

2
La littérature contemporaine marque un nouveau tournant dans l’histoire
littéraire en inaugurant une nouvelle écriture. Une écriture de transgression,
d’affrontement et d’éclatement. Les événements sociopolitiques de l’époque
notamment les deux guerres mondiales, lui ont permis de déplacer son regard, de
s’ouvrir aux problèmes de son temps, d’être à l’écoute du monde et de ses
souffrances. Désormais, elle devient confrontation ; confrontation du réel et
exploitation du pathos.

La littérature du XXème siècle fut celle de « l’exacerbation du fameux «goût


moderne du récit de soi» [...], son esthétique fut celle du chaos, de l’inachevé, du
fragmentaire où les différentes citations et procédés s’entrechoquent librement ;
relativisme idéologique qui suppose l’équivalence de toutes les valeurs ;
dépréciation assez radicale de l’homme, de la raison, du langage, etc.1 » Ce
siècle assistera à l’avènement du nouveau roman, connaîtra le succès du roman
autobiographique, du roman mystique, du roman onirique, du roman sombre, du
roman biblique mais aussi celui de l’imaginaire et du fabuleux.

Le roman du XXème siècle édifie une vision symbolique, philosophique et


spirituelle du monde à travers une esthétique nouvelle. Une esthétique
d’emboitement où s’entremêlent peinture, musique, photographie et
littérature, générant ainsi une écriture hybride.

L’affabulation est l’un de ces procédés dont l’usage demeure très répondu dans les
œuvres contemporaines. Dans ces romans, Histoire et fantastique se côtoient pour
confronter les mystères de la vie et de la mort. Ces romans s’énoncent aussi
comme une quête de soi et de l’autre, de bonheur, de repos et de sens dans un
monde où prédomine le mal.

« L’écriture mythologique de Sylvie Germain: anachronisme ou innovation poétique ?“,


1

http://romanistika.ff.cuni.cz/fr/vyucujici/berankova/Ecriture%20mythologique.htm.

3
Au cours de notre cursus universitaire, nous étions souvent amenées à lire cette
littérature et à l’analyser. Cela nous a permis de découvrir la littérature
contemporaine dans toute sa complexité. La coexistence et l’agencement du réel
et de la fiction dans ces textes a particulièrement attisé notre curiosité.

Nos quelques recherches effectuées sur la question, nous ont permis de lire
L’enfant méduse et ainsi de découvrir l’oeuvre foisonnante de l’un des auteurs
phare de notre époque, Sylvie Germain. Cette philosophe, romancière et essayiste
française offre à l’histoire littéraire une nouvelle touche d’originalité. Son écriture
s’imbibe du réel pour dénoncer, sous toutes ses formes, le mal qui régit la vie de
l’homme. Pour ce faire, elle n’hésite pas à emprunter plusieurs registres : lyrique
et épique. Son récit prend la voie du conte, de la légende et de l’épopée et tisse
son texte en s’imprégnant de la poésie et de la peinture.

Son œuvre « se laisse aller à la rêverie et – utilisant une technique qui ne


déplaîrait pas à Gaston Bachelard – elle brode des fantasmes autour d’une scène,
d’un geste ou d’un visage.2“

Ses romans aux timbres polyphoniques, à la richesse thématique et philosophique


ont retenu notre attention. Ce jeux entre le réel et l’affabulation auquel se prête le
narrateur dans L’enfant méduse nous pousse à nous interroger sur le choix de ce
procédé d'écriture. Mais avant d’expliciter cette interrogation, nous préférons tout
d’abord faire une présentation du corpus choisi.

2
Ibidem.

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I. Présentation du corpus:

L’enfant méduse est un roman publié en 1991 par Sylvie Germain 3. Le roman
se compose de cinq parties : Enfance, Lumière, Vigiles, Appels et Patience. Pour
guider son lecteur, l’auteur prélude chaque partie d’une épigraphe empruntée au
texte biblique comme des repères. Chaque composition débute par un texte de
prose poétique qui, met en avant une couleur et une technique picturale, tel un
tableau, à celle-ci succède la partie romanesque sous le titre de « Légende ».
Après les « Enluminures » de l’enfance, le récit devient de plus en plus sombre,
passant du rouge de la « sanguine » au brun foncé de la « sépia », puis au noir du
« fusain », pour aboutir à la fresque de l’épilogue, promesse de rédemption.

L’enfant méduse relate une enfance volée d’une petite fille de huit ans
prénommée Lucie qui doit endurer les abus sexuels de son frère, Ferdinand.
Celle-ci, rongée par ce mal, se transforme en une créature maigre, laide et
agressive. Elle s'ensauvage. Le chant de la terre devient un chant de guerre et de
vengeance. Armée de la seule force de son regard, l'enfant méduse entreprend le
combat de l'ogre. La mort de l’ogre semble ne pas suffire. Il lui faudra longtemps
pour réapprendre à vivre en paix avec ce mal, avec les autres et elle-même.

II. Choix du sujet:

Notre choix du sujet s’est porté sur l’un des romans le plus célèbre de Sylvie
Germain, L’enfant méduse et cela pour diverses raisons. Tout d’abord, pour la
manière purement imaginaire de représenter, transposer les fait réels dans le récit.
Dans L’enfant méduse, l’auteur se fond dans un registre merveilleux afin de
résoudre les maux et frayer un chemin aux souffrances de ces personnages.

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Sylvie Germain est née en 1954 à Châteauroux. Elle est l’auteur plusieurs dizaines de romans et
essais. Nous citerons parmi ces oeuvres phares: Les Livres des nuits en 1985, Opéra muet en 1989,
L’enfant méduse en 1991, Immensités en 1994, Magnus en 2005.

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Des personnages créés comme des modèles archétypiques, comme simulacres du
réel dont par ailleurs il fut inspiré et qui finalement ne transcrivent et relatent que
sa propre image de cette réalité. Le narrateur dans le roman tente lui aussi de faire
éclater le réel par la joncture d‘univers imaginaires (fable, mythe,conte...). Et ainsi
fait installer, par son omniprésence, le fabuleux comme conscience et morale dans
le récit ce qui, en l’occurence, a attisé ce choix.

Cependant la raison pour laquelle nous avons entrepris de travailler sur un tel récit
reste cette confusion entre le réel et l’affabulation resentie dans notre lecture du
texte. La description pictural que fait le narrateur des faits construit peu à peu la
structure stylistique du récit et fait osciller ce dernier tantôt vers le réel tantôt vers
l‘illusion fictionnelle à travers notamment l’écriture symbolique et métaphorique.

Cette confusion entre les univers des personnages et celui du narrateur nous
amène à nous pencher sur au moins deux aspects qui constitueront d’autre part
notre problématique à savoir: le narrateur et l’affabulation.

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III. Problématique:

L‘œuvre romanesque de Sylvie Germain a fait l’objet de nombreuses études


(thèses, mémoire, acte de colloque) :

- Vision et poésie dans l’œuvre romanesque de Sylvie Germain, thèse de


doctorat sous la direction de Monique Gosselin-Noat, Université de Paris
X, Nanterre, 2009. À paraître aux éditions Honoré Champion.
- La figure de l’enfant poète dans Nuit-d’Ambre et L’Enfant Méduse de
Sylvie Germain, Cahiers Robinson, n° 20, 2006 (actes du colloque de
l’Université d’Arras, organisé par Evelyne Thoizet jeudi 26 et vendredi 27
mai 2005)
- L’écriture de l’effacement dans les romans de Sylvie Germain, », in
L’Univers de Sylvie Germain, actes du colloque de Cerisy-la-salle
organisé par Alain Goulet du 22-29 août 2007, en présence de Sylvie
Germain, Presses Universitaires de Caen, 2008.
- Alain GOULET : Cryptes et fantômes dans les romans de Sylvie Germain.
- Mariska KOOPMAN-THURLINGS : Pour une poétique de la mémoire.
- Valérie MICHELET : Les mots dans l'œuvre romanesque de Sylvie
Germain.

Comme nous pouvons le voir L’enfant méduse n’est pas lui-même l’objet de
recherches mais il est souvent associé dans celles-ci comme un élément.

Notre étude s’inscrira par ailleurs dans la continuité par rapport à ces dernières
puisque nous envisageons d’interroger un autre paramètre, celui du narrateur dans
l’Enfant Méduse de Sylvie Germain. Un élément de la narration qui susciterait,
chez tout lecteur averti, l’attention.

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Le narrateur omniprésent prédomine dans l’ensemble du texte tel une voix off.
Manipulant le récit en associant simultanément temps linéaire et temps mythique,
l’auteur de l’affabulation fait ressortir de cette manière un double ancrage du récit
en histoire réelle événementielle et fabuleux. Ce procédé permet d’exprimer
d’autre part un rejet de la réalité et de ce fait une fuite du mal en les transcendant.
Un point de vue qui s’impose dès les premières pages aux lecteurs.

Notre problématique portera ainsi sur la manière dont le narrateur use de


l’affabulation comme outil de répulsion du réel et du mal.

Il convient à présent de s’interroger sur les outils méthodologiques qui vont nous
permettre de répondre à notre problématique.

IV. Outil méthodologique :

Afin de répondre à notre problématique, nous ferons appel à plusieurs théories


notamment celles qui porterons principalement sur les volets suivants: la
temporalité narrative et la rhétorique. Notre approche de la question sera ainsi
pluridisciplinaire et s’appuiera essentiellement sur les travaux qui ont pour objet
de recherches : la temporalité, la narration, la métaphore, le symbolisme, la notion
du réel et du fabuleux.

Nous tenterons dans le point suivant non seulement de faire part de notre plan
mais aussi d’expliquer en quoi ces outils méthodologiques répondront à notre
étude du sujet.

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V. Plan de travail :

Il sera question pour nous, par le biais de ces outils, d’analyser notre corpus pour
faire voir le processus de rejet du réel et du mal par le narrateur. Notre étude
portera sur trois grands axes d’analyse. La première partie sera consacrée à la
métaphore, cette figure, de part sa récurrente présence dans le texte, qui permet au
narrateur d’être plus proche de l’imaginaire et qui devient ainsi le portail vers
l’imaginaire et l’affabulation dans notre récit. La seconde sera quant à elle
entièrement dédiée à la temporalité car le temps raconté dans notre roman attribue
au récit cette illusion de réel et nous permet aussi de dégager les ellipses
narratives, les scènes et les pauses qui mettent en avant cette répulsion du réel et
du mal. Elle est également importante car elle nous permet de distinguer non
seulement les diverses valeurs (dans certains passages) du discours narrativisé et
indirect entrepris mais aussi le temps linéaire du temps mythique. Et enfin il nous
semble notamment important de consacrer la troisième partie au symbolisme, un
symbolisme engendré par des métaphores, allégorie… qui tissent peu à peu le
texte et l’embellissent.

Cependant le plan présenté ci-dessus sera bien sûr remanié plus tard au fil de
notre recherche.

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Bibliographie :

- AUERBACH Éric, Mimésis – La représentation de la réalité dans la


littérature occidentale [1946, trad. 1968], Gallimard, coll. « TEL », 1990
- CHELEBOURG, Christian. L’imaginaire littéraire. [2000]. Paris :
Armand Colin. 2005. 192p.
- Chevalier Jean, Gheerbrant Alain. Dictionnaire des symboles. Paris : éd.
R. Laffont. 1990.
- Colloque Sylvie Germain, http://www.fabula.org/actualites/colloque-
sylvie-germain_16522.php
- Éléonore Pardo. « Le regard médusé », Recherches en Psychanalyse [En
ligne], 9 | 2010, mis en ligne le 27 septembre 2010, consulté le 11
septembre 2011. URL : http://recherchespsychanalyse.revues.org/554
- GERMAIN, Sylvie. L’enfant méduse. [1991]. Paris : Gallimard, 1993.
280p.
- Gardes-Tamine, Joëlle. La rhétorique. Paris: Ed. A. Colin (coll. Cursus).
1996.
La stylistique. Paris: Ed. A. Colin (coll. Cursus).
1996.
- GOULET, Alain. Cryptes et fantômes dans les romans de Sylvie Germain.
Paris : L’Harmattan, 2006.
- KOOPMAN-THURNINGS, Mariska. Sylvie Germain, la hantise du mal.
Paris : L’Harmattan, 2007.
- La figure de l’enfant poète dans Nuit-d’Ambre et L’Enfant Méduse de
Sylvie Germain, Cahiers Robinson, n° 20, 2006 (actes du colloque de
l’Université d’Arras, organisé par Evelyne Thoizet jeudi 26 et vendredi 27
mai 2005)
- « L’écriture mythologique de Sylvie Germain: anachronisme ou
innovation
poétique ?“,http://romanistika.ff.cuni.cz/fr/vyucujici/berankova/Ecriture%
20mythologique.htm.

10
- MILLY, Jean. Poétique des textes.[2008]. Paris: Armand Colin. 2010.
310p.
- Ovide. Les métamorphoses. Mis en ligne en Février 2005. Consulter le 08
Juillet 2011. URL: http://fr.groups.yahoo.com/group/ebooksgratuits.
- Rami, Meryème. “L’imaginaire”. Consulter le 06 juillet 20011. URL:
www.e-litterature.net.

- “Le réel”. www.e-litterature.net (consulter 06/007/2011)

- REUTER, Yves. Introduction à l’analyse du roman. [1991]. Éditions


Dunod (Coll. Lettres Sup). 1996.
- RICOEUR, Paul. La métaphore vive. [1975]. Paris : Seuil (coll. Point
Essaie). 1997.
- Temps et récit. Tome 2, La configuration dans le
récit de fiction [1984]. Paris : Seuil (coll. Point Essaie). 1991. 300p.
- Temps et récit. Tome 3, Le temps raconté [1985].
Paris : Seuil (coll. Point Essaie). 1991.
- Sylvie Germain: le revers du masque. URL :
http://www.fabula.org/actualites/sylvie-germain-le-revers-du-
masque_922.php.
- TADIE, Jean-Yves. La poétique du récit. Paris : éd. P.U.F (coll. Ecriture).
1978.
- Vision et poésie dans l’œuvre romanesque de Sylvie Germain, thèse de
doctorat sous la direction de Monique Gosselin-Noat, Université de Paris
X, Nanterre, 2009. À paraître aux éditions Honoré Champion.

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