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II

LA VRAIE
RELIGION CHRÉTIENNE
OOIllTEft'll'lT

TOUTE LA THÉOLOGIE
DE LA. NOUVELLE tGLISE
PrMite par le Seigneur dans Daniel, VII, t3, U i et dans l'Apocalyple, m, t, 2.

N.B

ElIIlUA!'tlITEL 8WEDE~BOBG
Serviteur du Seigneur "~• ..(lIuo,,

PA. 01. F. E. LE BOY8 DES GUAY8.


Sur l~itiOD prlncepa (A.llllltnfl", .77t).

SECONDB ÉDITION

TOME SECOND

......
A. la Librairie, t9, rue du Sommerard.
1.0.........
SWIIIBIIIORG SOCIII'I'Y, 36, Bioomsbol'J' Street, V. C.
Wew·I_k
NBw CutllCB BOOK-RooK, 20, Cooper Union.

4878
LA VRAIE

RELIGION CHRÉTIENNE

SAINT-AlIWtiD (Cnu). - IMPnU1ERIE DE DESTENAl


Ruo Lara)'elte, '10.
',11..........-----------------------------------------

LA VRAIE
RELIGION CHRÉTIENNE
COIftBIUIfI'

T·OUTE LA THÉOLOGIE
DE LA NOUVELLE ÉGLISE

PrMite par le Seigneur dana Do.niel, VII, IS, li; et dans l'Apocal;rple, XXI, i, 2.

PAB

E~IIU.l.LW~EL 8WEDB~BOBG
Serviteur du SclgDOIU' "~....autM

1 PA.'. F. E. LE BOYS DES GUA.YS.


Sur l·é.1l11oo prInc.p. (Aaultrdlm. t'l'lt).

SECONDE inlTION

TOME SECOND

......
A la Librairie, i9, rue du Sommerard.
1.0..--
SWl!DIllIOa& SOCIIITf, 38, Bioomsbary Street, V. C.
"New·"York
NEW r.111C11 BOOII:;ROOB, 20, Cooper Union.
4878

LA. VRAIE

RELIGION CHRÉTIENNE
COllTBK.u!'r

TOUTE LA THEOLOGIE

DU NOUVEAU CIEL ET DE LA. NOUVELLE toLiSE

CHAPITRE HUITIÈME

DU LIBRE A.RBITRE

463. Avant que je vienne tout préparé pour exposer le Doctrinal


de la Nouvelle Église sur le LIBRE ARBITRE, il est nécessaire que
je présente d'abord ce que l'Eilise d'aujourd'hui enseisne l'ur ce '
sujet dans ses Livres dOiIDaliques, parce que sans cette précau-
Lion, l'homme qui a une raison saine et de la reliBion pourrait
croire qu'il n'est pas important d'écrire quelque chose de nouvelll
sur ce point, car il dirait en lui-même: «Qui ne sait que l'homme
a le Libre Arbitre dans les choses spirituelles r Autrement, pour-
quoi les Prêtres prêcheraient-ils de croire en Dieu, de se conver-
tir, de vivre selon les préceptes de la Parole, de combattre contre
les convoitises de la chair, ~t de se disposer à devenir une DOU-
nlle créature!» oulre plusieurs autres choses semblables. Cet
homme donc ne pourrait s'emp6cher de penser en lui·même que
ces prédications ne seraient que de vaines paroles, s'il D'y avait
u f.

Id Z ,
!
aucun T.ibre Arbitre dans les choses dll salut. eL qu'il y aurait cie
la folie à nier le Libre Arbitre parce que ce seraiL parler contre le
sens commun. Mais que cependant l'Église d'aujourd'hui marche
dans une route oontraire. et qu'elle jeLte le Libre Arbitre hors de
ses Temples, on peut le voir d'après le Livre appelé FORJIULB DB
CONCORDB sur lequel jurent les Evanséliques. surtout d'après les
passages qui sui\'ent. Qu'il y ait une semblable Doctrine et par
suite une semblable Foi sur le Libre Arbitre chez les Réformés,
ainsi dàns tout le 'Monde Chrétien. par conséquent en Allemagne.
en Suède. en Danemark, en AnBleterre et en Hollande, on le voit
d'aprèa leurs Livres dogmatiques. Voici donc les passaies extrai18
de la FOR)IlILE DE CONCORDE, Edition de Leipsik••nnée 1736.
• .(6\ .• 1. Les Docteurs de la Confession d'AuBsbouri affirment
" que l'homme par la chute de nos premiers parents a été entiè-
• rement corrompu, au point que dans les choses spirituelles. qui
• concerDent notre conversion et notre salllt. il esl avel1&le par
» nalKro, qu'il ne comprend et ne peut comprendre la Parole de
If Dit:~1 lJuand elle est prêcllée, mais qu'il la reiarde comme une

• chose extravagante. et qu'il ne s'approche jamais de lui-même


» ,'ers Dieu, mais que plutôt il est et demeure ennemi de Dieu,
» jn~qu'à ce que par la vertu de l'Esprit Saint, au moyen de la
Il Parole prêcl1ée et entendue, il soit ,converti, Bratifié de la foi,

» ré.;énéré et renouvelé, par pure grâce, sans aucune coopération


» de sa part, pai. 656. Il. Nous croyons que l'entendement, le
Il cœur et la volonté de l'homme qui n'est pas rené ne peuvent

» absolument rien comprendre, croire, embrasser. penser, vou-


» loir, commencer, perfectionner. faire. opérer et COOIJérer. dans
• les cboses spirituelles et Divines par les propres forces oatu-
» relies, mais que l'homme est entièrement corrompu el mort
» pour le bien, au point que dans la nature de l'homme après la
1) clmte, avant la ré~én6ralion, il o'est pal même demeuré u'ne
» étincelle de forces spirituelles, par lesquelles il puisse se prépa-
• rer" la grâce de Dieu. ou la saisir quand elle lui est offerte. ou
» se rendre propre et habile Il la recevoir par lui-même, ou par
Il ses propres forces, contribuer, aiir, opérer ou coopérer de soi-
Il même ou comme de soi-'même ~ sa conversion, soiL en tout, soit
» par moitié, SOil en la plus petite partie; mais que l'homme est
• 1
,1
li

RELlGION· CBR~TIENNE. 3
• l'esclave du péché et le sujet de Salan, par qui il est mis en ac-
.. tio»". d'où il résulte que IiOU Lib,'e arbitre naturel, en raison dos
• forces,corrompues et de sa nature dépravée, est soulement actir
• et efficace pour les choses qui déplaisent et sont contraires l
• Dieu, pag, «US6. III. L'homme dans Jes choses civiles -et natu-
• relIes est industrieux et ingénieux; mais dans les choses spi ri-
• tuelles et divines, qui concernent le salut de l'âme, il est sem-
• blable l une souche, à une pierre, • la statue de sel de la femme
11 de Loth, qui n'onll'usage ni des yeux, ni de la bouche, ni d'au-
• çun autre sens, pag. 66t. ry. L'homme néanmoins a la puis-
• sance de se mouvoir ou de diriger ses membres externes, il peul
,. écouter l'Évangile et en quelque sorte le méditer, mais dans ses
• pens~es secrètes il Il mépris" cependant comme cl10se extrava-
» gante, et ne peut y croire, et en cela il est pire qu'une souche,
• l moins que l'E!lprit Saint ne soit efficace on lui, el qu'il n'en-
D ~amme et n'opère la foi, et les autres vertus approuvées de
D Dieu, et l'obéissance, pag. 862. V. On peut dire, avec quelque
.. raison, que l'homme n'est pas une pierre ou une souche '; la
» pierre ou la souche ne résiste pas, et ello ne ~o!llJlrend pas ou
• ne sent pas ce qui se fait on elle, comme l'boli1we par sa vo-
» lonté résisto à Dieu, jusqu',. ce qu'il ail été tourné vers Dieu;
• et c'ost une vérité que l'hoBIme avant 1.. conversion est une
• creature rationnelle, qui a l'entendement, mais non dans les
• cboses Di\'Ïncs, et la volonté, mais non pour vouloir quelque
» bien salutaire i mais néanmoins Il ne pent contribuer en ri on l
» sa conversion, et en cela il est Ilire qu'une souche ou qu'une
• pierro, pag, 671, 673. VI. Toute la conversion est l'opération,
Il le don ct l'œurre du seul Esprit Saint, qui l'effectue et l'opère

» par sa vertu et sa puissance, au moyen de la Parole, dans l'en-


• tendement, le cœur el la volonté de l'homme comme dans un
• sujet patient, où l'homme n'agit en rien, mais seulement laisse
» agir i toutefois, cela ne Se fait pas comme lorsqu'une statue est
1) formée avec une pierre, ou lorsqu'un sceau est imprimé dans la

1) cire, parce" que la cire n'a ni connaissance, ni volonté, pag. 68t.

" VII, Selon les assertions de quelques Pères et de quelques Doc-


» teurs modernes, gut Dieu attirt ct/IIi gui veut ~"'e attiré, la
• volonté de l'homme serait pour quelque chose dans la conver-l
t ,. 'J 1 1. , , , ,
~ ~. ,, ," '

, LA VRAIE
JI &ion; mais ces assertions ne sont point conformes aux paroles.

JI sacrées, car elles confirmen t une fausse opinion snr les forces
1
III de)' Arbitre humain dans la conversion. paie 58!t. VIII. Dans
1 Il les cho~ el ternes du lJondQ, qui ont été soumises. la raison.
JI il a encore été laissé li l'homme un peu d'entendement, de
1 • forces et de facultés, mais ces misérables restes sont extrême-
• ment faibles, et même quelque petits qu'ils soient ils ont ét~
1 • infectés de venin par la maladie héréditaire, et ils onL été cor-
• rompus, au point qu'ils ne sont d'aucune importance devant
1
III Dieu, pa~. 6U. IX. L'homme da,ns la conversion, d'après la,,:,
» quelle de fils de colère il devient fils de srlice, ne coopère point
» avec l'Ellprit Saint, car la conversioo de l'homme est l'ouvrage
» de l'unique eL seul Esprit Saint, page !t9, 5\ 9 et suiv., 663 et
» suive App. pag, US. Cependant l'homme rené par la vertu de
l JI l'Esprit Saint peut coopérer, quoique sa faiblesse li concourir

» soit encore irande ; et il opère biën selon et aussi lonstemps.


• qu'il est conduit, régi et souverné par l'Esprit Saint; mais néao-
» moins Il ne coopère pas avec l'Esprit Saint de même que deut
Il chevaux tratnent ensemble 110 char, page 6n. X. Le Péché d'o-
» rigine n'est point une sorte de délit qui se commet par acfe,
Il mais il est in timement tenu attaché li la nature,. la substance
JI et li l'essence de l'homme; il est la source de tous les péchés

Il actuels, comme sont les mauvaises pensées, les mauvaises pa-


JI role.o;, les mauvaises actions, page 1$77. CetLe maladie hérédi-

• taire, par laquelle toute la nature a été corrompue, est un bor-


D rible péché, et même le principe et la tête de tous les péchés..

JI d'où proviennent toutes les transgressions comme d'une racine

Il et d'une source, pas. 640. Par ce Péché, comme par une lèpre
JI spirituelle totalement répandue dans les viscères intimes et dans

JI les replis les plus profonds du cœur, la nature est tout entière

» infecte et corrompue devant Dieu ; et • cause de cette corrup-


D lion la personne de l'homme est accusée et condamnée par la

• loi de Dieu, LeUemenL que par nature nous sommes des fils de
Il colère, des esclaves de la mort eL de la damnation, à moins que

JI par le bénéfice du mérite du Christ nous ne soyons délivrés de

• ces maux et sauvés, pas. 639, De 1. il Ya un manque total ou une


» privation totale de la justice orilinelle concréée dans le Paradis
RELIGION CB:IŒTIENNE.
a ou de l'imase de Dieu, et par suite UDe impui~nce, une inep-
• tie et une stupidité, qui rendent l'homme absolument inepte
» pour toutes les choses Divines ou spirituelles. Au lieu de l'imaB8
• de Dieu perdue dans l'homme, il y a une corruption intime,
1) très-mauvaise, très-profonde, impénétrable, indicible, de toute
• sn nature, et de loutes ses forces, surtout des facultés supé-
• rieurss et principale~ de l'âme, daDs le men la!, l'enlendemeDt,
• le cœur et la voJonlé, pas .. 640 •.
465. Tels sont les préceptes, [es dOBQles et les points consacrés
de l'Église d'aujourd'hui sur le Libre Arbitre de l'homme dans les
choses spirituelles et dans les naturelles, et aussi sur le Péché ori-
Binel i ils ont élé rapportés ici, afin que les prépeptes, les d9Bmes
et les points consacrés de la Nouvelle Église sur ces deux sujels 58
présentent avec plus d'évidence, car par ces deux. formes mises
aInsi en regard, la vérité se montre dans la lumière, comme il ar-
rive pour les Tableaux dans lesquels une Figure difforme est mise
l cOlé d'une FiGure belle; en les voyant ensemble. la beauté de
l'une et la ditrormité de l'au Ire se présentent clairement devant
l'œil. Les poinls consacrés de la Nouvelle Église sonl ceux qui
suivent.

.
Les deux Arhres placés dans k Jardin d'Éden, (fin de vie,
l'autre de la science du lJien et du mal, signifient qw le
LilJre Arhitre dans les choses spirituelles a été donné li
lhomme.

466. Que par Adam çt Ève, dans le Livre de Moise, il ne soit


pas entendu des .lJommes créés les premiers de tous, c'est ce qua
beaucoup d'hommes ont cru, et pour le confirmer ils ont présenté
des arguments concernant les Préadamites d'après les computs al
les Chronologies cllez quelques Nations; puis aussi d'après ces
paroles de Cain le Premier-né d'Adam à Jéhovab: Errant et fu-
gitif je ser.ai sur la terre, et il an'ivera que quicOllqU8 me
troUtJera me tuerai c'est pourquoi léhovah mit sur Cain un
signe, pour que quico"gue le trouverait ne le tutit point . • -
-GeD. IV.{~. u. - • Et après qu'il fut sorti de devant les laces
6 LA: VIWE
.de JéhovaA, il habita dans la terre de Nod, el il (.deit une ville. »
- Vers. t 6, t.7 : - ils ont conclu de Il 'Clue la terro avait été lil-
bitée lVant Adam. Que par, Adam et son Épouse il soit entendu.
une Très-Ancienne Ëglise-sur celte Terre, cela a été démontré en
plusieurs enJroits dans les ARCANES CIl:LESTBS publiés par moi l
Londres; il a aussi été démontré, dans cet puvrage, que par le
Jardin d'Éden il estenlendu la sagesse des hommes de ceUe Église;
par l'Arbre de vie, le Seigneur dans l:homme et l'homme daus le
Seigneur j par )' Arbre de la science du bien et du mal, l'homme
Don dans le Seigneur mai& dans son propre, lei qu'est l'homme
qui croit faire par lui-même toutes choses, même le bien; et que
par manger de cet Arbre, il est entendu Il'approprier le mal.
-167. Dans la P:Ïrole il est entendu par le Jardin d'Éden non pas
quelque Jardin mais l'Intelligence, eL par l'Arbre Don pas quelque
Arbre, mais l'homme: que le Jardin d'Éden signifie l'Intelligence
eL la Sagesse, on peut le voir par ces passnges: • DANII TON 11'1-
TELLIGEXCE ET DANS TA SAGESSB tu t'étais fait des richesses ; en
ÉDBN LB JARDIN DE DIEU tu as élé; toute pierre précieuse (était)
ta couverture. » - Ézéch. XXVIU. -l, HI, t3. - Ceci est dit du
Prince etdu Boi de Tyr, à qui la sagesse est attribuée, parce que
Tyr dans la Parole signifie l'Église quant aUI connais.~ances du vrai
eL du bien v"ar leS(IUelles il y a la sagesse; les pierres pré-
cieuses qui étaient sa couverture signifient aussi les connaissances
du vrai et du bien i en effet, le Prince et le Roi de Tyr n'ont point
été dans le Jardin d'Eden. Et ailleurs dans Ézéchiel: a Aschu,.
était un cèdre dang le Liban: les cèdres ne l'ont point caché
dans le JARDIN de Dieu; aucun  rb,'e dans le JARDIN DE nlBU
ne lui fuI pat"eil en 6eaulé; Ile lui éto,i.ent envieux tous les
AURES D'EDEN DANS LB JARDIN DE DIEO. D - XXXI. 3, 8, 9 ; -
et plus loin; • A qui as-tu élé fait semblable ainsi en gloire el
en grandeu,. parmi la ARBRES D'EDBN rD - Vers. S8; - cela
• étédit d'Aschur, parce que dans la Parole il sisnifie la Rationa-
li té el par suite l'llItelligence. Dans Ésaïe: a J éI,ovah consolera
Sion, et il rendra son désert comme EDEN, et sa solitude comme
le JARDI" DB JBHOVAB" JI - LI. 3 ; - là, Sion est l'Église; Éden
eL. le Jardin de Jéhovah sonL la sagesse et l'intelligence. Dans l'A-
poeaJypse: • A celui gui "mncra, je lui donnerai d manger di-
·
~

RELIGION CHRÉTIENNE. . '7


l'ARBRE DB vlIc,.qui est dans le milieu du PARADIS DB DIBU •• -
D. 7. - • Dans le milieu de la place et du fleuve defa el delà
sera (ARBR'I DI VIB. Il - XXII. 2. - D'après ces passages il est
bien évident que par le Jardin en Éden, dans lequel Adam est dit
avoir été placé, il est enlendu l'Intelligence el la Sagesse, puis-
qu'il est dit la même chose de Tyr, d'Aschur 8i de Sion. Le Jar-
cl D signifie l'Intelligence encore 'ailleurs dans la Parole, par exem-
ple dans Ësaie, - LVlU. 12. LXI. 41. Jérêm. XXXI. t!. Amos, IX.
U. Nomb. XXIV. 6. - Ce sens spirituel du Jardin tire son ori-
SiDII des représentations dans le Monde spirituel i il Y apparatl des
Paradis, là où les Anies sont dans l'Intcllisence et dans la 'Sa-
lesse i l'Intelligence même et Ja Sagesse même qui SOllt en eux
par le SeiBneur, présentent de tels objets devant eux i et cela se
fait d'après la correspondance, car toutes les choses qui existent
dans le Monde spirituel sont des Corresllondallces.
468. QUIII' Arbre signifie l'homme, on le voit par ces passages
dans la Parole: Il Tous les Arhres du cl,amp connatlront que
Moi. léhovah, j'humilie r Arhre élevé, j'élève r Arhre humhle,
je fais sécher rArhre vert, et je fais pousser 1',Arhre sec . • -
Ézéch. XVII. il. - cc Heu,-euz celui 9ui. dans la Loi met son pla~
sir, il sera comme un Arhre planté p"ès de ruisseaux d'ear.u;.
gui donnera sonp'uit en son temps . • - Ps. 1. i, 3. Jerém. X\·U.
8. - Il Loueslél,ovah, Arhresfruitiers • • - Ps. CXLVIII. 9. -
• Ils sont rassasiés, les Arhres deléhouah. JI - Ps_ CIV. ,16.-
Il La cognée à la raCÏTte des Arhres est placée, tout ,Arh,-e ne

produisant pas de fruit hon sera coupé. Il - Mauh. DI. iO. VU.
l6 il 21. - Il Ou/aites l'Arhre hon el son frllit hon, ou faites'
•Arbre mauvais et son fruit mauvais. car par le fruit 1Arh,-e
est conTlU . • - Matth. XU. 33. Luc, VI. 43, U. - cc J'allumerai
un feu qui dévorera tout Arhre vert et tout Arhre sec• • - Ézéch.
XXI. 3. - ComlDe l'Arbre sisnifie l'homme, voilà pourquoi il a
êL6 statué, • que le fruit del'Arhre servant d la nourriture dallS
la., Tm-e de Canaan serait circoncis. D - Lévil. XIX. !3, U. -
Comme l'Olivier sisoifie l'hoOlme de l'Ëslise céleste, il est dir des
deor. témoins quI prophétisaient. qu'ils itaient les deuz oliviers
gui se tiennent devant le Seigneur de toute la terre. Il - Apoc.
XI. '. - pareillemenL dans Zach. IV. 3. H, t!; - et dans Da-
.8 LA. VRAIE
vid: Il Moi,je suis UII olivier verdoyant dans ,a maison de Dieu. »
- Pli. LII. t 0 ; - et dans Jérémie: « Olivier verdoyant 6eau par
le fruit Jéhovah avait appeld ton nom. • - XI. f 6. f 7. - et
plusieurs alltres passages, qui sonL en trop grand nombre pour être
rapportés ici.
"69. Quiconque aujourd'hui est intérieurement sage peut per-
cevoir ou conjecturer, que les choses qui onL été écrites sur Adam
et sur son Épouse enveloppent des Spirituels, que personne jus-
qu'à présent n'a connus, parce que le Sens spirituel de la Parole
n'a point été découvert avant ce moment-ci: qui est-ce qui ne
peut entrevoir que Jéhovah n'aurait pas pla"é dans un jardin deux
Arbrcs, et l'un d'eul comme piége, sinon pour une certaine re-
présentation spirituelle rQue pour avoir mangé du fruit d'un cer-
tain Arbre, Adam et tve aient été maudits, el que cetle malédic-
tion ait éLé auacbée à chaque homme aprè.~ eUI, de sorte que
tout le genre Immain ait été damné pour la faule d'un seul homme,
dans laquelle il n'y avaiL aucun mal de convoitise de chair et d'i-
niquité de cœur, cela ne cadre nullement avec la Justice Divine;
surtout, pourquoi Jéhovah n'a-t·i1 pas détourné Adam d'en man-
ser, puisqu'il élait présent et le voyait, et pourquoi n'a-t-il pas
jet~ 1., serpent dans l'Ablme avant qu'il séduisi~ l'homme r .Mais,
mon ami, Dieu ne l'a pas fait, parce qu'il aurait ainsi enlevé 1.
l'llo!DiIle le Libre Arbitre, d'après lequel cependant l'homme est
un homme el non IIne bêle; quand on sait cela, on voit avec clart6
que le Libre Arbitre de l'homme dans les choses spirituelles a été
représenté par ces deul Arbres, l'un conduisant à la vie, l'autre l
la mOI't. En outre, le mal héréditaire \le découle pas de là, mais il
vient de!! Pal'ents, qui tran!;metlent aUI enfams l'inclination au
'mal ddllS lequel ils ont été eux-mêmes; qu'il en soit ainsi, c'est ce
que peut voir quiconque examine les mœurs. les caractères et les
faces tl'enfanls, et m~me de familIas qui proviennent d'un Blême
Père i luais toujours est·i1 que dans la famille il dépend de cbaque
membre. s'il le veut, de s'adonner 1 ce mal ou de s'en retirer,
puisque chacun est laissé à son propre arbitre. Quant fi ce qui est
spécialemen t signifié par l'Arbre de vie et par l'Arbre de Ja science
du bien et du mal, cela a été pleinement exposé. daos le Muou.-
BLE oi-dessus, N° 48, auquel on peut se reporter.

RELIGION CHRJ1:1'IENNE. 9

L'homme n'est point la vie, mais il est un Réceptacle de la vie


qui procède de Dieu.

470. On croit oommunément que la Vie est daus l'homme une


chose qui lui appartient, qu'ainsi l'homme est non-seulement le
réceptacle de la vie, mais aussi la Vie j si l'on croit communément
ainsi, c'est d'après l'apparence, parce que l'homme vit, c'est-lI·dire,
sent, pense, parle et agit, absolument comme par lui-même; c'est
pourquoi ceUe proposition que l'homme est un réceptacle de la .ie
et Don la Vie, ne pêut être considérée que Domme quelque chose
dont on n'a pas encore entendu parl.r, ou comme un paradole op-
posé lIa pensée sensuelle, parce que cela est opposé à l'opparenee,
La callse de celle foi illusoire que l'homme aussi est la vie, que
par conséquent la vie a été créée en l'homme. et a ensuite été en~
gendrée par transmission (per traducem), je l'ai déduite de l'ap-
j,arance, mais la cause de l'illusion d'après l'apparence vient de ce
que la plupart des bommes aujourd'hui sonL naturels, et que trèd-
peu sonL spirituels, et dl! ce que l'homme naturel juge d'après les
appareil ces et par suile d'après les illusions, et que colles-ci sonl
i1iamétralement opposées Il ceUe vérité, que l'homme est seulement
un réceptacle de la vie et non la vie. Que l'homme ne soiL pas la
vie, mais qu'il soiL un réceptacle de la vie qui procède de Dieu, on
le voit par ces témoignages évidents, que Loutes les choses qui ont
été créées sont en elles-mêmes finies, et que l'homme, parce qu'il
est fini, n'a pu être créé que de cboses finies; c'est pourquoi, dans
Je Livre de la Création, il est dit qu'Adam a ëté fait de terre et de
poussière de la terre, d'où lui vient même son nom, car Adam si-
iuifie l'humus de la terre; et tout homme en actuali lé D'est com-
posé que de cboses qui sont dans la terre, et d'après la terre dans
les atmosplièrell; celles qui sont dans les atmosphères d'après la
terre, l'homme les absorbe par les poumons et par las )lores de
tout le corps, et les plus grossières il les prend par les aliments
qui pro\"iennellt de la terre. Quant l ce qui concerne l'Esprit de
l'homme, il a aussi été créé de cholies finies; qu'est-ce que l'es-
prit de l'bomme, sinon le réceptaole de la vie du mental r Les
tO LA VRAIE
choses finies, dont il est oomposé, sont des substances spirituelles,
qui sont dans le IIonde spirituel, et qui ont auui été transportées
dans notre terre, et y ont été renfermées i si elles n'étaient pas en
même temps aveo les subslanoe.'1 matérielles, aucune selDence ne
pourrait être imprésnée par les intimes, ni par suite croitre d'une
manière merveilleuse sans aucLlne déviation depuis le premier jet
jusqu'aux frllits l et jusqu'l de nouvelles semences; et aucun ver
De serait procréé des effluves provenant de la terre, ni de l'exha-
laison des vapeurs des véSéLaUI, dont les atmosphèrt',s ont été im-
prégnés. Qui est-ce qui peut, d'après la raison, penser que l'Infini
PUi5S8 créer autre ehose que le fini, et que l'homme, élant fini,
soit autre chose qu'une forOl; que l'Infini peut vi\'ifier d'après la
vie qu'il a ell lui-même; c'esL là ce qui est entendu par ces pa-
role.'1: flléllOval, Dieu lo,.",a l'homme, poussière de la terre, et
"soufila dans ses1Zarmu une dme de vies. D - Gen, 11. 7. - Dieu J
parce qu'il est Infini, est la Vie en Soi-Même, il ne peut la créer
ni par conséqutlnt la transcrire dans l'homme, car cc serait le faire
Dieu i penser que cela a été fa il, ce fut la Colie du serpent 011 du
diable, et d'après lui celle d'Ève et d'Adam, car le se~pent dit: fi Au,
jou,. où vous mangerez du fruit de cet ArlJre, ouverts seront vos
yeux, et vous serez comme Dieu. D - Gen. Ill. 5. - Que cette
abominable persuasion, que Dieu s'est Iransfu!lé ct transcrit dans les
hommes, ail existé cbez les hommes de la Très-Ancienne ÉSlise
lia fin de celle Église quand elle eut été consommée, c'est ce que
j'ai appris"de leur prollf6 bouche; et ceux-ci, à cause de cetle abo-
minable foi, qu'ils étaient ainsi des dieux, sont tenus cachés dans
une profonde Caverne, près de laquelle personne ne peut appro-
cher. salis être aussitôl saisi d'un vertise intérieur et sans succom-
ber. Que la Très-AnciLnne tglise soit entendue eL décrite par
Adam et par son Êpouse. c'Il3L ce qui a été montré dans l'Article
précédent.
-'7t. Quel est l'homme qui, s'il peut penser d'après la raison-
élevé au-delisus des sensuels du corps, ne voie pas que la vie n'est
pas créable TEn effet, qu'est-ce que la vie. siuon l'intime aClivité
de l'Amoür et de la SaR6Sse qui sODt eD Dieu et qui sont Dieu, ,ie-
qui peut aussi être appelée la tor~e vive même'T Celui qui voit cela
peut aussi voir que cette vive ne peut être transcrite en aUCUD
RF.JJGION érumTIENNE.
- . u
homme, si ce n'est en même temps avec l'amour et la sagesse.
Qui esi-ce qui nie, ou peut lIier, que tout bien de l'amour eUout
vrai de la saiesse viennent uniquement de Dieu, et qu'autant
l'homme les reçoit de Dieu, aulant il vit par Dieu, et est dit né de
Dieu, c'est-li-dire, régénéré; et que "ice "e1'sd. autant l'homme
De reçoit pas l'amour et la saBesse" ou ce qui revient au même, IL
charité et la foi. autant il ne reçoit pas de Dieu la vie qui en soi est
la vie, mais reçoit de l'enfer une vie qui n'est antre que la ,ie ren-
versée. laquelle est appelée mort spirituelle r
~7!_ De ce qui vient d'être dil on peuillercevoir et conclure qUi
les choses qui suivent ne soot point créables. à savoir: t 0 L'infini ~
1° l'amour et la sagesse; 3° et par suite la vie; 40 la lumière et la
chaleur; S-' el de plus. l'activité elle-même. considérée en soi ; mais.
que les Organes qui les reçoivent sont créables el ont été cr6és. Ceci
peut être illustré par ces comparaisons: La lumière n'esl pas créa-
ble, mais son orBane qui est l'œil est créable; le SOli qui est l'ac-
tivité de l'atllJosph~ll'e n'est pas créable. mais son oriane qui est
l'oreille est créable; de même la chaleur. qui est le principal actif.
pour la récel,tion de laquelle ont été créées toutes les choses qui
sont dans les trois Règues de la nature, lesquelles n'a~issent pas,,_
mais sont mises en action selon la réception. C'est une loi de I~
Création, que là où il y a des actifs. il y ait aussi des passifs, et que
ces deux se conjoignent comme en un; si les actifs étaient créa-
hl cs, comme les paliSifs. il n'y aurait pas besoin de Soleil, ni par
eonséquent de chaleur et de lumière, mais touLes les choses créées
subsisteraient sans eux, lorsque cependant s'ils étaient supprimés
l'Univers créé tomberait dans un Chaos. Le Soleil du monde con-
liste lui-même en substances créées dont l'activité produit le feu.
Ceci a été rapporté pour ser,-ir d'illustration. Il en serait de même
de l'homme" si la Lumière spirituelle. qui dans son essence est la
sagesse, et la Chaleur spirituelle, qui dans son essence est l'amonr.
D'influaient pas dans l'homme, et n'étaient pas reçues par l'homme:
l'homme tout entier n'est autre qu'une forme orsanisée pour la ré-
ception de la -chaleur et de la lumière, tant dll Monde naturel que
du Monde spirituel. car elles se correspondent l'une à l'autre. Si
l'on niait qu~ l'homme soit une Formé récipiente de l'amour et de
la salesse procédant de Dieu, on nierait aussi l'influx, et par con-

L
---,
j

Il LA VRAIE
Béquent que tout bien vient de Dieu; on nierait encore la conjonc-
tion lvec Dieu; et par suile ceUe parole, que l'homme peul être
l'habitacle et le temple ~e Dieu. serait une parole vaine.
473, Si l'homme ne sait pas cela d'après quelque lumière de
la nison, o'esl parce que -les illusions provenant de ce que l'OD
croit aux apparences des sens externes du corps, couvrent d'om-
bre cet le lumière. Si l'homme ne sent autrement que comme s'il
vivail de sa propre vie, c'est paree que l'instrumental sent le prin-
cipal comme sien, el qu'ainsi il ne peut distinguer l'un de l'autre,
car 1a cause principale et la cause instrumenta1e font ensemble UDe
seu1e cause, se10n le tbéorême conuu dans 1e Monde savant; la
cause principa1e eslla rie, et la cause inslrumentale est le mental
de l'homme. Il semble aussi que les bêtes possèdenL une vie créée
en el1es, ma\~ c'esL une illusion semblable; en effet, elles 'sonl des
Organes créés pour rece"oir la lumière et la chaleur du Monde na-
turel eL cn même lemps du }Jonde spirituel, car chaque espèce est
. nne forme de quelque amour nalurel, el reçoit la lumière et la
chaleur du Monde spirituel médialement par le niel. et l'enfer, les
hêles douces par le cie1. et 1es bêtes féroces par l'enfer. L'hQmme
seul reçoit la lumière et la chaleur, c'est-à-dire, la sagesse eL l'a-
mour, immédiatement du Seigneur: c'est là la différence.
, "74. Qlle le SeiiDeur soit la Vie en Lui-Même, ainsi la Vie
même, c'est ce qu'il enseigne dans Jean: CI La Parole était ches
Dieu; el Dieu elle élait, la Parole; en Elle la Vie était, et la.
Vie étailla Lumière des hommes. D - 1. t, 4. - Dans le Même:
CI C:omme le Pè,'e a la vie en Lui-MArne, ainsi il a donné au Fils

d'avoir la vie en Lui-MArne. » - V. 26. - Dans le Même: cc Moi.


je su.is le Chemin, la Vérité et la Vie . • - XIV. 6. - Dans le
Même:» Celui qui Me suit aura la Ltlmiè,'e de la Vie. JI -
VIII. ti.

L'homme, tant qu'il vit dans le Monde, est tenu dans le milieu
entre le Ciel et r Enfer, et lù. dans l'Équililn'e spiritu el. qui
flst le Lib,'e Arbil,·e.

4-'7iS. Pour qu'on sache ce que c'est que le Libre Arbitre, et quel
RELIGION CHR~TIENNE. t3
il est, il faut nécessairement sa,"oir d'où il vient i son origine étant
connue, on connaU aussitôt non-seulement qu'il exisle, mais en-
core quel il est. Son origine vient du Monde spirituel où le Mental
de l'homme est tenu par le Seisneur; le lIental de l'homme est
son Esprit qui vit après la mort, et l'esprit de l'homme est conti-
nuelhiment en société avec ceUI qui sont semblables à lui dans le
Monde spirituel, et cet Esprit par le corps matériel, doot il est en-
veloppé de toute part, est avec les hommes dans le Monde naturél.
Si l'homme ne sait pas qu'il est au milieu des Esprits quant l son
Mental, c'est parce que ces Esprits. avec lesquels il est en société
dans le Monde spiriluel, pensent et parlent spirituellement, ail
lieu que l'esprit de l'homme, tant qu'il est dans le corps matériel.
pense et parle naturellement; or, la pensée et le langage spirituels
ne peuvent être ni compris ni perçus par l'homme naturel, et vice
"ersd la pensée el le lansage naturels ne peuvent l'être par les es-
prits; de là vient qu'ils ne peuvent pas non plus être vus; mais
quand l'esprit de l'homme est en société aV'ec les esprits dans leur
Monde, il est alors aussi dans la peRsée et le langage spirituels
avec eUI, parce que son mental est intérieurement spirituel, mais
eltérieurement naturel; c'est pourquoi il communique par ses in-
t6rieurs aVdO eux. et par ses extérieurs avec les hommes; par celle
communication l'homme perçoit les choses. et il les pense analyti-
quement; si cela n'était pas en l'homme, il ne penserait ni plus ni
autrement que les bêtes; comme encore.. s~ tout commel'ce avec
les esprits lui était Oté, il mourrait l l'instant, liais pour qu'on
puisse comprendre comment l'homme peut être lenu dans le mi-
lieu entre le Ciel et l'~nfer, et par là dans l'Équilibre spirituel,
dont résulte pour lui le Libre Arbitre, il va être donné quelques"
Elplications. Le Monde spirituel est composé du Ciel et de l'Enfer;
le Ciel est au-dessus de la Tête, et l'Enfer est là au-dessous des
pieds, non pas cependant dans le miliell d'une Terre habitée par des
hommes. mais au-dessous des terres de ce monde JA, qui aussi sont"
d'origine spirituelle, et est ainsi non pas dans l'étendue, mais dans
l'apparence de l'étendue. Entre le Ciel et l'Enfer il y a un grand
Intervalle, qui apparaIt l ceux qui y s.ont comme un monde en-
Lier i dans cet Intervalle s'exhale de l'Enfer le mal en toute abon-
dance, eL influe du Ciel le bien aussi en toute abondance; c'est aa

=
--
LA VRAIE
suj~t de cet intervalle qu'Ahràbam dilau ricbe dans l'Enfer: a Entre
nous et vous un Gouffre immense a été établi, de sorte gue Ceu:I:
'lui veulent traverser d'ici vers V()U8 ne le peuvent, non plus que
ceu.z tù là vers nous rne peuvent) passer. » - Luc, XVI. 916. -
Au milieu de cet intervalle est tout homlDe quant • son esprit, et
cela uniquement afin qu'il soit dans le libre arbitre. Cet Inter-
valle, parce qu'il est immense eL apparatt • oeI)l qui y sont comme
UD srand monde, est appelé le MONDB DES ESPRITS; il est plein
d'esprits aussi, parce que tont hllmme après la mort vient d'abord
là, et y esL préparé ou pour le Ciel ou pour l'Enfer i il est là en so-
ciété parmi les esprits comme auparavant llarmi les hommes dans
le Monde precédent ; il n'y a poiut là de Pursatoire; le puraatoire
est une Cable inventée par les Catboliques-Romains. liais ce Monde
de$ Ésprils a été spécialement décrit dans le Traité sur le CI"BL B'l'
L'ENFBR, publié à Londre.~, en i 758, NOl Ui à S3S.
4-76. Tout homme, depuis l'enCance jusqu'à la vieillesse, chaose
de lieux ou dc silualio05 dans le Monde des Esprits: PETIT ENFAKT,
il est tenu dans la plage orientale vers le sel)tenlrion i E~ANT, à
mesure qu'il apprend des éléments de la religion, peu à peu du
septentrion il recule vers le midi; ADOLESCENT" à mesure qu'il
commence. penser d'après son mental, il est porté du côté du
midi, eL ensuite quand il devient maUre de tifS opinions et de ses
actions, à mesure qu'il fait des pro~rès intérieurement dans les
choses qui concernent Dieu et l'amour à l'é~ard du prochain, il est
porté dans le midi vers l'orient: mais s'i) est fa\'oralile au mal et
qu'il s'y abandonne, il s'avance du cOté de J'occident: tous, en ef-
fet, dans le Monde spirituel habitent selon les plages i dans 1'0-
R\EtiT, ceux qui sont dans le bien par le Seigneur, car Id esL le So-
leil, au milieu duquel est le Seigneur; dans le SEPTENTRION, ceux
qui sont dans l'isnorance; daos le 1I1D1, ceux qui sont dans l'in-
l'intellisence; et dans l'OCCIDENT, ceux qui sont dans le mal. L',homme
lui-même quant ail corps n'est pas tenu. dans cel Intervalle ou ce
Milieu entre le Ciel et l'Enfer, mais il y est tenu quanL l SOli es-
prit, et selon que son esprit chanse d'état, on s'approchant ou du
bien ou du mal, il est transporté vers des lieux ou des situations
-dans telle ou telle plage, et Il il se met en société avec les habi-
tanis. liais il faut qu'on sache que le Seigneur ne transporte pas
-
,".111.&.14 U 1 V. • ....u."... 411lo~ U H!,. us
l'homme ici ou là. mais que l'homme s'y transporte lui-même de
• dift'érentes manières i s'il choisit le bien, alors l'homme IVOC le
Seigneur, ou plu'tOt le S~igneur avec l'homme transporte son' esprit
veni l'orient i mais ~ l'homme choisit le mal, alors l'bomme avec.
le diable, ou plutOt lé diable avec l'homme transporte BQn esprit
ven l'occident. Il faut observer qu'ici lorsqu'il est dit le Ciel, il est
entendu aussi lé Seigneur, parce que le Seigneur est le tout dans
tous ceux du ciel, el lorsq'lil est dit le diable, il est aussi entendu
l'Eiiler, parce que tous ceux de l'enfer sont des diables.
477. Si l'homme est tenu dans ce grand Intervalle, eL Il conti-
nuellement dans son mirteu, c'est uniquemeot afin qu'il soit dans
le libre arbitre dans les choses spirituelles, car cet équilibre est
l'éqùilibre spirituel, parce que c'est l'équilibre entre le Ciel et l'ED-
fer, ainsi entre le bien et le mal. Te"us ceux qui son't dans ce Brand
o

Intervalle, quant A leur~ intérieurs, ont été conjoints ou avec les


Anses du ciel ou avec les diables de l'enfer, mais aujourd'hui
ou avec les Anges de lIichel ou avec les Anges du dragon. Tout
hom'me après la mort se rend da os cet Intervalle vers les siens, et
s'associe à ceux qui sont dans un amour semblable ail ~ien, car Il
l'Amour conjoint chacun° avec ses semblables, et fait CIlie chacun
respire librement, et est dans l'état de sa vie passée i mais alors le.
externes qui ne font pas un avec les internes sont successivemenl
dépouillés·; ce dépouillement étant fait, le bon est élevé dans le
Ciel, otle méchant se rend dans l'Enfer, chacun vers ceux avec
lesquels il fait un quant l l'amour régnant.
478. liais cet Équilibre spirituel, qui est le Libre Arbitre, peul
être iIlustré pal' des équilibres naturels. JI est comme l'équilibre
d'un homme lié autour du milieu du corps ou par les bras entre
deux hommes de même force, dont J'un 'le tire A droile et l'autre
asauche, alors cet homme peuL librement ,se tourner d'un côt6
ou de J'autre comme s'il D'était poussé par auculle Corce, et s'il se
porte 1 droite, il entraine J'homme ~e sauche l sol avec violence,
jusqu'à ce que cest homme tombe l terre. Il en serait de même si
quelqu'un, même faible, était lié entre trois hommes l droite 81
autant d'hommes de même force A gauche; et de même, si c'étai~
entre des chameaux ou d~ chevaux. L'Équilibre spirituel, qui est
le Libre Arbitre, peut être ~omparé à une balanQC' don' cbacR
16 LA VRAIE
des plateaux contient des poids égaux, si alors on ajoute]e moindre
poids dans ]'un des plateaux, J'axe de ]a balance se met aussitôt
en DlOU\'ement ; il en est aussi de même d'une barre de fer ou d'une
poutre posée par le milieu sur son appui. Toutes et chacune des
chose5 qui sont au dedans de l'homme, comme le cœur, le pou-
mon, l'estomac, le foie.. le pancréas, la rate, les intestins, etc.,
sont dans un pareil équilibre, de Jà vient que chacune peut rem-
plir ses fonctions dans le plus grand repos; il en est de même de
tous les muscles, sans cet équilibre toute action et toute réaction
s'arrêteraient, et l'homme cesserait d'être homme. Puis donc que
toules les choses qui sont dans le Corps sont dans un tel équilibre,
toutes celles qui sont dans ]e Cerveau sont aussi dans un sem-
blable équilibre, et par conséquent toutes celles qui, l~, sont dans
le Menta], lesquelles se réfèrent l la volonté et à l'entendement.
D y a aussi une liberté chez les bêtes. les oiseaux, les poissons et
les insectes; mais ils sont portés par les sens de leur oorps • l'ins-
tigation de l'appétit et de la volupté; l'homme serait assez sem-
blable l eux, s'il avait la liberté de faire comme il a la liberté de
penser, il serait aussi porté seulement par les sens de son corps à
l'instigation de la convoitise et de la volupté; il en est tout autre-
ment de celui qui se pénètre des choses spirituelles de l'Eglise, et
réprime par elles son libre arbitre, oelui-]à est.. par le Seil;neur,
détourné des convoitises et des voluptés du mal, et de leurs avi-
dités innées (connatis), et il a de l'aft'eoLion pour le bien, et de
l'aversion lJour le mal; celui-là est alors transporté par le Sei-
Kneur plus près vers l'orient et en même temps vers ]e midi dans
le Monde spirituel, et il est mis dans la Liberté céleste, qui est vé-
ritablement la Liberté.

De la Permission du mal, dans laquelle est l'homme Interne de


chacun, il résulte évidemment que rhomme a le Libre Âr-
lJitre dans les choses sp;'·ittlelles. •

479. Que l'homme ait le Libre Arbitre dans les choses spiri-
tuelles, c'esL ce qui va être confirmé d'abord par des Notions com ..
1 munes, puis par des Notions particulières, qu'il suffira d'énoncer

t
RELIGION CHR~T1ENNE. n
pour que chacun les admette. Les NO'flONS COIIIIUNSS sont Ctllles-
ci : IOLe plus sage des homlnes, Adam et son Épouse, se sont
laissé séduire par le Serpent. 91 0 Le premier de leurs fils, Cain, a
tué son frère Abel, el Jéhovah Dieu ne l'en a pas détourné en par-
lant avec lui, mais seulement après l'action il l'a maudiL. 30 La
Nation israélite dans le désert a adoré le veau d'or, et cependant
Jéhovah voyait cela du haut de la montasne de Sinaï, et il ne
l'a pas empêché. 40 David a fait le dénombrement du peuple, et
pour cela il fut envoyé une peste qui fit périr plusieurs milliers
d'hommes, et ce fut non pas avanl mais après le dénoinbrement
que Dieu envoya le prophète Gad l David, pour lui annoncer ie
châtiment. 5° Il a été permis à Salomon d'établir des cultes ido-
14lres, 60 EL l plusieurs rois après lui de profaner le Temple et les
choses saintes de l'É~lise. 7· Et enfin il a été permis l celte Na-
tion de crucifier le Seigneur. Il a été permis à Mahomet d'instau-
rer une Religion non conforme en plusieurs points à l'Écriture
Sainte. 80 La Religion Chrétienne a été divisée en plusieurs sectes,
et chaque secte remplie d'hérésies. g. Tant d'impies dans le Chris-
tianisme, et aussi tant de parades d'impiété, tant de machinations
et tant de fourberies, même con Ire les hommes pieux, justes et
sincères! 100 L'injustice triomphe souvent sur la justice dans les
jugements et dans les a1faires. H D Les impies sont élevés aux bOD-
neurs, el deviennent des Grands et des Primats. f ~ Les Buerrt's
sont permises, et alors le massacre de tant d'hommes, et le pillage
de tant, de villes, de nations, de familles, etc. Quelqu'un peut-
il déduire de telles choses a'aulres part que du Libre Arbitre
chez chaque homme? La Permission du mal, qui est connue dans
tout l'univers, n'a pas d'autre oriGine. Que les Lois de permission
soient aus~i des lois de la Divine Providence, on le voit dans le
Traité sur LA. DIVINS PROVlDt:.,CE, imprimé à Amsterdam, en t 76S,
N" 234 l !74, où les notions rapportées ci-dessus ont aussi été ex-
pliquées.
480. Les NOTIONS PARTICULltRES qui montrent que le Libre Ar-
bitre existe pour les choses spritllelles comme pour les choses na-
turelles, sont innombrables. Qlle chacun se consulte s'Hie veut;
ne peu~i1 pas soixante et dix. foix en un jour, ou trois cents fois en
one semaine, penser ADieu, au ~ei,neurJ Al'Esprit Saint et aUl
n J
r
t8 LA VRAIE
Divins qui sont appelés les spirituels de l'Église! Sent-il alon
qllelque chose de conLraint, s'il ~st l,orlé à ces pensées d'après
quelque volupté, et mênle d'après quelque convoitise, et cela, soit
qu'il ait la foi, soit qu'il n'aiL pas la foi! Elamine même, dans
quelque état que tu sois, si tu peus: penser quelque chose saDS le
libre arbitre, soit dans tes discours, soit dans tes prières. Dieu.
loit quand tu prêches, soit quand tu écoules! Est-ce que le Libre
Arbitre n'est pas en tout cela le point essentiel! Bien plus, sans
le Liltre Arbitre dans chaque chose et même dans les plus peLiLe&
chos8.l!, hl ne respirerais pas plus qu'une statue, car la respiration
suit à chaque pas la pensée et par conséquent la parole; je dis. pas
plus qu'nne statue, • et non pas plus qu'une bête, • parce que
&

la hOle l'fspire d'après le libre arbitre naturel, au lieu que l'homme


respire d'après le Libre Arbitre dans les choses naturelles et eD
m~me temps dans les choses spirituelles, car 'homme ne naU pas
CClmme la bête, la bêle nail avec loutes Jes idées, qui Mont les ser-
vllnl~s de son amour naturel, pour les choses qui concerneut la
nourriture et la llrolification; mais l'homme n'a pas d'idées in-
n~es, il naU seulement avec la faculté de savoir, de comprendre
et d'être saie, et nec une illclination à s'aitner el Il aimer le
monde, et aussi le prochain et Dieu; c'est pour cela qu'il est dit,
ft si le Libre Arbitre lui était Oté dans chacune des choses qu'il veut
et pense, il ne respirerait pas plus qu'une statue, • et qu'il" n'est
pas dit, .. il ne respirerait pas plus qu'une bêle, •
481. Que l'bomme ait le Libre Arbitre dans les choses nlltu-
relle.'1, on De le nie pas; mais l'homme n'a ce Libre Arbitre que
d'après son Libre Arbitre dans les choses spirituelles; car le Sei-
. p:neur influe par le supérieur ou l'intérieur cbez tout bomme avec
le Divin Bilm et le Divin Vrai, ainsi qu'il a été montré précédem-
ment; et par là il inspire à l'homme une vie disLincte ile"la vie des
bêtes! et, pour qu'il reçoive ce bien et ce vrai et qu"il agisse d"a-
près eu~, il lui donne de pouvoir et de vouloir, et cela n'est ja-
mais Oté à qui que ce soit; d'où il suit que la volonté perpétuelle
du Seil\neur est que l'homme reçoive le vrai, et rasse le bien, et
ainsi devienne spirituel i c'est pour cela qu'il est né; or, devenir
spirituel, sans le libre arbitre dans les choses spirituelles. est
aussi impossible que de faire passer un chameau par le trou d'une


RELIGION CHIŒTJENNE. t9
aiguille, ou de tOllcher a\'ec la main une étoile du ciel. Qu'il ait
~té donné l cbaque bomme, el aussi aUI dia~les, de pouvoir com-
prendre le vrai et de vouloir le comprendre, et que ce pouvoir eC
.ce vouloir ne soient jamais ôtés, o'est ce qui m'a été montré par
une vive elpérience: Un de ceul qui étaient dans l'Enfer fut trans-
porté uu jour dans le Monde des esprits, et là, il lui fui demandé
-du ciel par des Anges, s'il pouvait comprendre les choses donl ils
s'entretenaient avec lui, c'étaient d611 Divins spirituels; il répon-
-dit qu'il les comprenait; interrogé pourquoi ii ne recevait pas des
Divins semblables, il dit qu'il ne les aimait pas, et que par consé-
.quent il ne les voulait pas: il lui fut dit de nouveau qu'il pOllvait
les vouloir; cela l'étonna, el il dit qu'il ne le pouvait; les Anges donc
inspirèrent dans son entendement la gloire de la réputation avec
son charme, el dès qu'il l'eul reçue, Hies voulait aussi, et même il
les aimait; mais peu après il fut remis dans son état antérieur, dans
1elluel il avait été pillard, adultèl'8 et blasphémateur du prochain,
et alors comme il ne les voulail pas, il ne les comprit plus. D'après
Lout ce qui précède, il est bien évident que l'homme est homme
par le libre arùitre dans les cboses spirituelles, et que sans ce libre
arbitre l'homme serait une souche, une pierre, ou la slatue femme
d,e Loth.
"S!. Que l'homme n'aurait aUCUD libre arbitre dans les choses
civiles, morales et naturelles, s'il n'avait pas un libre arbitre dans
les choses spiriluelll.'-s, on le voit en ce que les choses spirituelles,
qui sont appelées Théologiques, résident dans la supréme région
du ruental de l'homme, comme l'Ame dans le corps; si elles rési-
dent là, c'est parce que là ~st la porte ·par laquelle le Seigneur en-
tre d:ms l'homme i .sous elles sont les choses civiles, morales et
naturelles, qui dans l'homme reçoivent Ioule Jeur vie des spiri-
tuelles qui sont au'dessus ; el comme la vie inDue du Seisneur par
les suprêmes, et que la \"ie de l'homme est de pouvoir librement
penser, voulOir, et par suite parler et faire. il s'ensuit que c'est de
lA et non d'au Ire part qu.'il y a libre arbitre dans les choses politi-
ques el naturelles; d'aprè.o; celle Liberlr spirituelle l'homme a la
perception du bien et du vrai, du juste et du droit daus les choses
ejviles, perception qui est J'entendement même dans SOD esseDce.
Le.libre arbitre de l'homme dans les choses spirituelles est, pour

--
20 LA. VRAIE
employer une comparaison, comme dans le poumon l'air qui,. seloD
tous les changements de la pensée, est attiré, retenu et renvoyé ..
sans quoi l'homme seraIt dans un état pire que celui qui souffre-
d'ùn cauchemar, d'une angine ou d'un asthme. Il est aussi comme
le sang dans le cœur; si le san~ commençait à manquer, le cœur
d'abord palpiterait, et après des convulsions de tout&! sortes il ces-
serait de baLLre. Ce ser~it aussi comme un corps mis en mouve-
ment, qui continue à se mouvoir tant que dure eb lui l'effort, mais
qui s'arrête en même temps que l'effort cesse; il en est aussi de
même du libre arbitre dans lequel est la volonté de l'homme; l'un
et l'autre, en même temps le libre arbitre et la volonté, peuvent
dans l'homme être appelés l'effort vif, car la volonté cessant l'ac-
tion cesse, et le libre arbitre cessant la volonté cesse. Si la libert6
spirituelle était litée à l'homme, ce serait encore par comparaison
comme si l'on litait les roues à une machine, les ailes à un mou-
lin à vent, et les voiles. un navire; et même il en serait de cet
homme comme d'un homme qui rend le souffla quand il meurt i
car la vie de l'esprit de l'homme consisLe en son libre arbitre
dans les choses spirituelles. Les Anges gémissent, quand seule-
menL il est dit que ce Libre Arbitre est nié aujourd'hui par beau-
coup de Ministres de l'Église, ~t ils nominent cela délire sur délire.

Sans le Li6re Ar6itre dans les choses spirituelles, la Parole ne


serait 0: aucun usage, par conséquent rÉglise ne serait rien
non plus.

483. On sait dans tout le Monde Chrétien que la Parole dans le
sens large est la Loi, ou le Livre des lois selon lesquelles l'homme
doit vivre pour obtenir la vie éternelle; or, ce qui est dit le plus
fréquemment dans ce Livre, c'est que l'homme doit faire le bien
et non le mal, et croire en Dieu et non aUl idoles i et il est plein
de commandements et d'exhortations sur ces devoirs, de bénédic-
tions et de promesses de récompenses pour ceUI qui les rem-
plissent, de malédictions et de menaces pour ceux qui ne les rem-
.plissent point. A quoi bon tout cela, si l'homme n'avait pas un
Libre Arbitre dans les choses spirituelles, c'est-à-dire, dans les

RELIGION CHRETIENNE. 21
choses qui concernent le salut et la vie éternelle? Tout cela ne S~
rait-il pas vain el sans aucnne utilité? Et si l'homme s'attachait 1
l'idée qu'il n'a aucune puissance ni aucune liberté dans les choses
spirituelles, que par conséquent il est privé de toute puissance
de volonté dans ces choses~ est-ce que l'Écriture Sainte ne lui
paralLrait pas alors comme U8 papier blanc sans caractères d'im-
pression, ou comme un papier entièr~ment couvert" d'encre, OD
oomme uo papier avec des accenLs" et des points sans lettres, ainsi
~omme uo livre inu lile? Il ne serait pas besoio, il est vrai, de oom-
firmer cela d'après la Parole, mais comme les ÉBlises aujourd'hui
18 soot prononcées pour l"impuissance du mental dans les choses
tpi ri tuelles , et oot mis en avant pour la confirmer quelques pas-
sages de la Parole, qu'elles ont faus.llement interprétés, il est im-
portant de rapporter ici quelques-uos de ceux qui commandent l
l'homme de faire et de croire; les void: fi U Royaume de Dieu
txJru sera dté, et il sera donné à Wle nation qui en fera lu
fruits. " - Matth. XXI. 43. - a Faites des fruits dignes de la
pénitence; déjà la cognél à la racine des ar6res est placée;
tout ar6re qui ne fait pas de fruil. 60n est coupé, et au feu est
jeté. » - Luc, III. 8, 9. - a Jésus dit: Pourquoi M'appeleJ&-
flOUS, Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous point ce que je" dis?
Quiconque vient à Moi, et écoute mes paroles el les fait, est
semhlable à un homme qui bdtit une maison sur le roc; mais
celui qui écoute etn(1 faitpas est sem6la6le à un homme qu&
6dti' une maison ""rl'h'lmus sans fondement. 1) - Lue, VI461
49. - a Jésus dit: Ma Mdre et mes frbes, ce sont ceuz qui
écoulent la Parole de Die" et qui la font. » - Lue, VIII. tt. -
a Nous savons qu, Dieu n'écoute point les pdcheurs, mais si
guelqu'un adore Dieu et fait sa volonté, il l'écoute. » - Jean,
IX. 31. - a Si ces choses VOrtS savez1 heureuz vous dtes, pOUMnl
que vous. les fassiez. Il - Jeao XllI. i 7. - « Celui qui a"mes 1
préceptes et les fait, c'est celui-là qui M'aime, et Moi je l'ai-
merai, » - Jean, XIV. !1. - u En ceci a été glorifié mon Père~
9"" du fruit 6eaucoup vous portiez. 1) - Jean, XV, 8. - « VOU"
mes amis vous dtes, si voru faites tout ce que ;e vous com-
mande. Moi, je vous ai choisis, afin que vous porliez du fruit~
r
et gue votre frl"' reste. »- Jean, XVI U, t6. - fi Faites Ar6re
....

LA VRAIE
J.on,par le fruit est connu r Arlwe.» - Matth.XII. 33. - II.Faite$
des fruits dignes de la pénitence. » .- M'aith. m. 8. - II. Celui qui
dans la terre bonne a été semé, est celui qui e"tend la Parole,
" porte du fruit. Il - Mallb. xui. ta. - Cetui qui moissonne,
récompinlse reçoit, et Ü amasse du fruit pour ta vie éternelle. »
- Jean, IV, 36. - II. Lave&-VOllS, purifiez·vo:"s, éloignes la ma-
lice de '.lOS aiu,..res, apprenes à faire le bien. l' - Ësaie, 1. t 6, t 7.
- II. Le FUs de thomme doit venir dans la gloire de S.01l Père,
et alors ilrendra à chacu" setoll ses œuvres. 1) - Malth. XVI. !i.
- CI Cell:& qui auront fait de !JOnJIeS œuvres sortiront en résu-

re.ction de vie.» - Jean, V. i9. - II. Ils furent jugés seton leurs
œuv,.es. CI - Apoc. XX. ti, t3. - Il Voici,je vie1zs6ientàlelma
récompense avec Moi, afin que je dOlllUJ à chacun selon ses
œur;res. » - XXII. t~. - fil Jéhovah do"t les yeux sont ouverts
pour donner à cIlacun selon ses voies,' selon nos œuvres Ü fait
avec '1Of1S.» - Zach. 1. 6. - I.e Seigneur enseigne aussi la même
choses dans des paraboles; dont un sranll nombre enveloppent ce
Sens, que ceux qui font les biens sont acceptês, et que ceux qui
font les maux sont rejetés; par exemple, dans les Paraboles des
Ouvri~rs dans la Vigne, - Matth. XXI. 33 à .u; - des Talents
el des Mioesqu'on doiLfairevaloir, - Mauh. XXV. {·ust. Luc, XIX.
t3 l !3. - JI en est de même pour la FOI: II. JésllS dil: Celui qui
croit en Moi ne mourra pOillt pour l'éternité, mais Ü vivra. » -
Jean. XI. !iD, !l6. - fil C'est la volonté du Père; que quico,zque croit
au Fils ait ta vie éternelle. Il - Jean, VI. 40, 47.- uCeluiqtticroit
au /'ïls a la vie éternelle; mais celui qui ne croil pas au Fils ne
"erra point ta vie, mais ta colère de Dieu demeure sur lui. Il -
Jean, 111. 36. - II. Dieu a tellement aimé le Motlde. que son Fils
Unique-Engendré ü a donné, afin que quiconque croit en lui ne
périsse point, maù qu'U ait la vie éternelle. » - Jean, III. US, t6.
- Et, en outre: fil Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton
cœur et de toute ton dme, et de tout Ion mental; et III aimeras
ton prochaUl comme ioi-mlme; de ces dew: commandements la
Loi et les PropMtes dépendent. » - Mauh. XXII. 3lS 138 -Mais
ce D'esrlà qu'un très-petit nombre de passages extrait. de la Pa-
tole, et comme qU6lques verres d'eau tirés de la mer.
484. Qui est-ce qui ne voit l'inanité, je D8 veux pas dire la folie"

1
li
RELIGION CHRÉTIENNE. !3
clans les Articles rapportés ci-dessus, ND "6", du Livre Ecclésias-
tique appelé FORK1JJ.E DI CONCORDE' Après avoir lu ces articles,
et quelques passaees çl et 1. dans la Parole, l'homme ne pense-
niL-il pas en lui-même: • Si la chose était comme l'enseipe ce
Livi'e, • savoir, que l'homme n'a aucun Libre Arbitre dans les
tholles spirituelles, que serait la religion, qui consiste. faire 1e
hieu, sinon un vain moll Et sans la relision que serail l'Éslise,
sinon comme autour du bois l'écorce qui n'est .bonne qu'à être
hrO:ée' • Kt ne penserait-il pas encore; • S'il n'y a point d'Église.
parce qu'il n'y a point de religion, qu'est-ce alors que le Ciel el
l'Eufer, sinon des fables in\'entées par les ministres et les cbefs de
l'É~li&e pour s'emparer du peuple et s'élever aUI honneurs émi ..
nenls? De là vient celle sentence abominable qui est dans la
bouche de plusieurs: • Qui peut par soi-même faire le bien, et
qui peuL par soi-méme saisir la foi! • EL d'après celle sentence on
omet l'un et l'autre, et l'on vit en paient
ruais toi, mon ami, fUIS le mal et fais le bien, et crois au Sei-
peur de tout ton cœur et de toute ton ame ; et le Seigneur t'aime-
n, et il te donnera l'amour pour faire et la foi pour croire; et alors
d'après l'amour tu feras le bien, et d'après la foi, qui est la coo-
Bance, tu croiras; et si tu persévères ainsi, il se fera une conjono-
tion réciproque, et celle-ci est la conjonction perpétuelle, qui est
le saluL même et la vie éternelle même. Si d'après les forces qui
lui ont élé données, l'homme ne faisait pas le bien, et si d'après
IOn menLaI il ne croyait pas au Seis-neur, que serait l'homme 1 Ne
aerait-il pas une solitude et un désert, at absolument comme UDe
terre sèche qui ne reçoit pas la pluie, mais la rejeHs; ou comme
un terrain sablonneux dans lequel les brebis ne trouvent point de
plture; ou comme une fontaine tarie; ou COlOme l'eau stagnallLe
d'une fontaine dont la veine a été bouchée; 011 comme une habi-
tation dans un lieu où il ne croU pas de blé et où il n'y a
pas d'eau, dans lequel l'homme mourrait de faim et de soif, s'il ne
le quittait aussilôt, et ne cberchait ailleurs un endroit babi-
table!
LA VRAIE

Sans Je Libre ÂrlJitre dans le, choses 6pÏritue/les, il n'y aurait


rien de f hommtJ par quoi il" pourrait se conjoindre rlci-
proqrlement au Seigneur, et par suite point d'Imputa-
tion; il 11 aurait s"eulement la Prédestination, qui est a6o-
minalJle.
485. Que sans le Libre Arbitre il n'y aurait ni charité ni foi
cliez aucun homme, ni 1 plus forte raison, conjonction de l'une
et de l'autre, c'est ce qui a été pleinement montré dans le Chapitre
sur la Foi; il suit de Ill. que sans le Libre Arbilre. dans les choses
spiriluelles, il n'y aurait rien de l'homme, par quoi le Seiinenr &8
oonjoindrait llui; et cependant, sans conjonction réciproque, il n'y
a aucune rérormation l ni aucune régénération," ni par conséquent
aucune sah'ation. Que sans conjonction réciproque de l'homme
avec le Seigneur et du Seigneur avec l'homme, il n'y aurait aucune
Imputation, c'est Il une conséquence incontestable. Les suites
qui résultent de la confirmation qu'il n'y a aucune Imputation du
bien et du mal, sans le Libre Arbitre dans les choses spirituelI~
sont en grand nombre, et ces suites énormes seront dévoilées"
dans la dernière Partie de cet Ouvrage, où il sera traité des héré-
sies, des paradoxel' et des contradictions, qui découlent de la Foi
d'aujoHrd'hui impulative du mérite et de la justice du Seigneur Dieu
Sauveur.
486. La Prédestination est un fœtus de la foi de l'Église d'au-
jourd'hui parce qu'elle naU de la foi en une impuissance absolue
et en lin manque total de "Jiberté dans les ~hoses spirituelles; de
là et aussi d'une conversion comme inanimée de l'homme, il ré-
sulte qu'il est co~~~ll:e IIne ~u~e, et qu'ensuite il ne sait par au-
cune co1!t;cience si la souche elle-même a été vivifiée par la irace,
ou non; car il est dit que l'élection est faite d'après la pure ir.Ace
de "Dieu, li. l'exclusion de l'action de l'homme, soit que celle-ci
provienne des forces de la nature, ou de celles de la raison; et que
l'élection se fait ou et quand Dieu veut, ainsi selon son bon plai-
sir: les OEuvres qui suivent la Coi comme témoignages, sont, 1 les
bien considérer, semblables aux Œuvres de la ohair, el l'Esprit.
RELIGION CHRÉTIENNE. 23
4ui les opère ne manifeste pas de quelle origine elles sont, mais
il fait qu'elles apparLiennent .. la grâce. ou lU bon plaisir, comme
la foi elle-même. D'après tout ce qui vient d'être dit, il est évident
que le dOlDle de l'Église sur la Prédestination est sorti de là comme
un rejeton sort d'une semence; et je puis dire qu'il est découlé
de cetle foi comme une conséquence à peine évitable; ce qui a
d'abord eu lieu chez les PRtDESTINATIENS j de Il,, la prédesti~a­
tion a été fortement établie par GODESCHALK, ensuite par CALVIN
ër ses partisans. et enfin par le SYNODE DE DORDRECHT. el par suite
elle a été transportée par les l'uPR~LAPS&!RES et par les INFRA.~~- r.(44
1J
SAIRES dans leur Église. comme le Palladium de la religion. au
plutôt comme la tête de la Gorsone ou de Méduse gravée lIur le
bouclier de Pallas. Mais qu'a-t-on pu tirer de plus .pernicieux" et
qu'a-t-on pu croire de pluil barbare à l'égard de Dieu, que la sup-
position qu'il y a dans le Genre Humain des êtres prédestinés à la
damnation! Ne serait-ce pas, en effet, une foi barbare, que de
croire que le Seigneur, qui est l'Amour Même et la Miséricorde
Même, veut qu'une multitude d'hommes naisse pour l'Enfer, ou
que des myriades de myriades naissent maudits, c'est-à-dire,
naissent Diables et Salans; et que par sa Divine· Sagesse. qui est
infinie, il n'a pas pourvu et ne poun'oit pas à ce que ceUl qui
vinnt bien et reconnaissent Dieu, ne soient pas jetés dans un feu
et. un tourment ~ternel ! Le Seigneur cependant est ]e Cr~atcur el
le Sauveur de tous, et lui seul conduit tous les hOlnmes, et ne veut
la mort d'aucun j que peuL-il donc y avoir de plus barbare que de
croire et de penser que des Réunions de nations eL de peuples,
sous les auspices et les regards du Seigneur, soient par prédesti-
Dation livrées au Diable, pour lui servir de proie el pour rassasier
sa voracité! Or, ce dogme est un fœtus de ]a foi de l'Ê~lise d'au-
jourd'hui j mais la Foi de la Nou\'elle Êglise l'a en horreur comme
un monstre.
487. Comme je pensais qu'un dogme si extravagant ne pouvait
jamais être adopté par aucun chrétien. ni à plus forte raison êLra
répandu de bouche, et mis publiquement au jour, - cependant
cela a été rait par l'élite du Clergé dans le Synode de Dordrecht OD
Hollande, et a ensuite été écrit Ivec clarté et lancé dans le public,
- afin donc que je n'en doutasse point, quelques-uns de ceUI qui
26 LA VRAIE
avaient participé aux décrets de ce synode me furent amenés. Quand
je lE's vis près de moi, je dis: • Qui est-ce qui peut, d'après une
raison aine, conclure 1 la Prédestination! Peut-il découler de lA
autre chose que des idées atroces sur Dieu, et déshonorantes SDr
la Reli~ion ! Celui qui a sravé la Prédestination dans son cœur par
des confirmations, peut-il, sur toutes les choses qui appartiennent
Al'Ëslise, ne pas penser qu'elles sont vaines, et qu'il en est de
même de la Parole, et que Dieu n'est que comme un tyran, puisqu'il
1 prédestiné à l'Enfer taot de myriades d'hommes!. A ces mots,
ils me reiardèrent d'un regard sataniqlJe, en disant: • Nous avons
ét! du nombre des Ecclésiastiques choisis pour le Synode de Dor-
drecht i et alors, et eu core plus depuis, nous 1I0US sommes confir-
més sur Dieu, sur le Parole et sur la Religion dans un srand nombre
de points, que nous n'a"ons pas oser divulguer; mais quand nous
avons parlé et enseigué au sujet de la prédestination, nous avons
ourdi eL tres5é la toile de fils de di\'el'ses couleurs, et nous avons
étendu sur elle des plumes empruntées aUI ailes des paons .•
Mais comme ils voulaient alors faire de même, les Anses, d'après
la puissance donnée par le Seigneur, fermèrent les Externes de
leur men lai, et en ouvrirent les Internes chez eux, eL ils furent
forcés de parler d'a}lrès ces Internes i et alors ils dirent: • Notre
foi, que nous avons formée par des conclusions dérivées l'une de
l'autre... été el est encore celle-ci: t· n n'ya aucune Parole de
Jéhovah Dieu, mais il y a une sorte de boursoumage prononcé
par la bouche des prophètes; nous avons pensé ainsi, parce que
la Parole prédesline tous les hommes pour le Ciel, et 'lue seule-
. ment ,'hommo est en faule s'il ne marche pas dans les chemins
qui y conduisent. t Il y a une religion, parce qu'il faut qu'il y en
D

ait une; mais elle est COllllae un grand vent qui apporte une odeur
agréable pour le vulgaire; elle doit par conséquent êlre enseignée
par les Ministres, tanL petils que grands, et d'après la Parole,
parce que cela est sénéralement reçu; nous. avons pensé ainsi,
parce que là où l:l prédestination exisle, la Relision D'est rien.
3- Les Lois civiles de la justice constituent la Relision, mais la
Prédestination a lieu, non pas selon la ,'ie d'après ces lois, mais
purement selon le bon plaisir de Dieu, de même que chez un Roi
d'un pouvoir absolu la faveur est accordée selon SOD caprice.
»

RELIGION CHRÉTIENNE.
,. Toutes les choses que l'Éilise enseiine, excepté qU'IL y A ml
DrIll, doivent être repoussées avec mépris comme des futilités,
et rejetées comme des guenilles. 6 Les choses spirituelles, qui
D

sout prOn6es, ne sont pas plus que des substances éthérées SOllS
le Soleil; si elles pénètrent profondément dans l'homme, elles in-
troduisent en lui le vertise et la stupeur, et le rendent un mons-
tre détestable. devant Dieu •• 6D Interrogés sur la Foi, de laquelle-
ils ont d6duit la Prédestination. s'ils la croyaient spirituelle. ils
répondirent qu'elle devient selon la prédestination, mais qlle, lors·
qu'elle est donnée ils sonL comme des souches d'apl'èS lesquelles,
l la vérité, ils sont vivifiés, mais non spirituellement. Après M
propos abominables ils voulurent se retirer; mais je leur dis ~
• Restez encore un peu, et je lirai devant vous un passaie d'É-
saie •• Et je lus celui·ci: «Ne te réjouis pas, Philiatée tout en-
tière: de ce qu'a été brisée la verge qui te frappait, car de la
,.acine du serpent, est sorti un 6asilic, dont le fruit (est( UII ser-
penh'olant . • - XIV. '9; - etje l'expliquai par le sens spiri-
tuel, • savoir, que par la PhiIi&tée il est entendll l'Église séparée
de la charité; que par le basilic, qui est sorti de la racine du ser-
pent il est entelldu sa doctrine sur trois Dieux, et aur la Coi im-
putative appliquée en particulier il chacun; et que par son frllit.
qui est un serpent volant, il est entendu nulle imputation du bien
et du mal, mais l'immédiate Miséricorde soii que l'homme ait bien
,écu, soit qu'il aiL mal vécu. Après avoir entendu eette explicatï'on,
ils dirent: • Soit; mais de ce Livre que,tu appelles la Sainte Pa-
role, tire·nous quelque chose sur la Prédestination .• Et je l'oD-
nis, et je rencontrai dans le même Prophéte ce passage, qui con-
cordait: • Des œufs d'aspic ils déposent, et des toiles tl arai-
gnées ils tissent; celui qui mange de leurs œufs meurt, et quantZ
on les presse, il en Bort une vipère. » - LlX. lS; - Ayant entendu
ce passage, ils n'en souLinreDt point l'explication, mais quelques-
DDS de ceux qui avalent été amenés. - ils étaient cinq, - s'élan-
cèrent dans un Antre, aulour duquel apparut un feu sombre, signe
qu'ils D'avaient IIi foi ni charité. D'après cela, il est evident que
ce décret synodique sur la Prédestination est non·seulement Ulle-
Hérésie insensée, mais encore une Hérésie atroce; elle doit dODC être
déracinée du cerveau, au pointqu'j) o'en reslepasmême unseulpoinL.
n !8 LA VRAIE
488. La foi affreuse que Dieu prédestine des hommes l l'Enfer.
peut être comparée A la férocité des pères qui, chez quelques nI-
tions barbares, jettent, dans les· rues leurs enfants A la mamelle et
leurs ·petits enfants; et A l'inhumanité de certains ennemis qui
jellenl1es cadavres des vaincus dans les forêta pour qu'ils soient
dévorés par les bêtes sauvages. Elle peut aussi être comparée à
la cruauté d'un tyran qui divise en troupes le peuple qu'il s'est
soumis, et en livre quelques-uns aux bourreaux, en précipite
d'autres au fond de la mer, et d'autres dans le feu. Elle peut encore
être comparée A la férocité de certaines bêtes qui dévorent leurs
pc..iLs ; et aussi A la manie des chiens qui s'élancent sur leurs
images qu'ils voient dans uo miroir.

Sa,u le Libre Arbitre dans les choses spirituelles, Dieu serait


cause du mal, et ainsi Il n'y aurait aucune impntation.

489. Que Dieu soit la cause du mal, c'est la conséquence de la


foi d'aujourd'hui, qui doit sa première origine à ceux qui siégèrent
au Coucile tenu dans la ville de Nicée; dans ce Concile a été ima-
ginée eL forGée l'hérésie encore persistante, qu'il y a eu de toute
étérnité trois Pel'sonnes Divines, et que chacune l'ar elle-même est
Dieu; une fois l'œuf éclos, les sectllLours de celle hérésie ne lJUrent
faire aULrement que de s'adresser en particulier A chaque personne
comme étant un Dieu. Ils ont compilé la foi imput.ative du mérite
et de la justice du Seigneur Dieu Sauveur, et afin qu'aucun homme
n'entrAt dans le m~rite avec le Seigneur, ils onl Oté A l'homme tout
Libre Arbitre dans les choses spirituelles, eL ils en ont induit une
extrême impuissance quant A cette foi; et comme ils avaient tiré
de celle foi seule tout le spirituel de l'Église, ils ont déclaré qu'il
y avait semblable impuissance quant l tout ce que l'Église en-
seigne sur le salut; de lA sont nées d'affreuses hérésies, l'une après
l'autre, fondées sur celle foi, et sur l'impuissance de l'homme
dans les choses spirituelles, et aussi celle très-pernicieuse hé-
résie sur la Prédestination. dont il a été traité dans l'Article pré-
cédent, hérésies qui toules enveloppent que Dieu est la cause du
mal, 011 que Dieu a créé et le bien eL le mal. mais, mon ami, ne la
r RELIGION CnIillTIENNE. t9
fie l aucun. Concile, mais fie-toi à la Parole du Seigneur. qui est
au-dessus des Conciles; que n'est-il pas sorti des Conciles Calho-
liques-RomainsT et que n'est-ri pas sorti du Concile de Dordrecht,
qui a produit la Prédestination, celte vipère horrible! On peut
penser que le. Libre Arbitre, donné à l'homme dans les choses
spirituelles, a été la cause moyenne du mal, que par conséquent
si ce Libre Arbitre no lui eût pas été donné, l'homme n'aurait
pas pu prévariquer; mais, mon ami, arrête-toi ici, et examine si
un homme, pour être homme, a pu être créé sans le Libre Arbitre
dans les choses spirituelles; si ce Libre Arbitre lui était ôté,
ce ne serait ]llus un homme, ce serait seulement une statue:
qu'est-ce que le Libre Arbitre, sinon de pouvoir vouloir et faiJll8,
penser et parler en toute apparence comme par soi-même; comme
cela a été donné à l'homme, afin qu'il vécût homme, voilà pour-
quoi deux arbres ont été placés dans le Jardin d'Éden, l'Arbre de
vie et l'Arbre de la science du bien et du mal, ce qui signifie que
d'après la Liberté qui lui avait été donnée il pouvait manger du
fruit de l'Arbre de vie, el du fruit de l'Arbre de la science du bien
el du mal.
490. Que tout ce que Dieu a créé ait été bon, on le voit claire-
ment par le premier Chapitre de la Genèse, où il eftt dit. Vers. iO,
U, f8. if, t5: • Dieu vit que cela étaithon,» el enfin, Vers, 3i:

\ fIC Dieu vit tout ce qu'il avait lait, et voici, cela était trdl-hon; •

el aussi par l'état primitif de l'homme dans le Paradis: que le mal,


au contraire, doive son origine l l'homme, on le voit par l'élat
d'Adam selon ou après la chute, en ce qu'il fut chassé du Paradis.
D'après cela, il est évident que si le Libre Arbitre dans les choses
spirituelles n'ellL pas é.té donné l l'homme, Dieu elH été Lui-Même
la eause du mal, et non pas l'homme, et qu'ainsi Dieu aurait créé
et le bien et le mal; penser que Dieu a créé aussi le mal es, 1).ne
\ chose abominable. Que Dieu, puisqu'il avai t donné l l'homme le
Libre Arbitre dans les choses spiriluell6S, n'ait pas créé le mal, et
qu'il n'inspire jamais ll'homme· aucun mal, c'ut parce qu'il est
'le Bieu même, et que dans le bien Dieu est tout-prisent, et conti-
Duellement frappe et presse afin d'être reçu, et que s'il n'est pas
reçu, il ne se retire pas cependant, car s'il se retirait, l'homme
lIIourrait • l'instant, bien plus il. tomberait dans le non-être, car
30 LA VRAIE
la vie de l'homme et la subsistance rie toutes les choses don' il se
.compose, viennent de Dieu. Qne Dieu n'ait piS créé le mal, mais
-que ce Boit l'homme qui l'a introduit, cela vient de ce quel'bomme
change en mal le bien qui in8ue continuellement de Dieu, par
cela qu'il se détourne de Dieu el se tourne vers lui-même; quand
il en est ainst, le plaisir du bien reste, et ce plaisir alon devient
le plaisir du mal, car s'il ne restail pas un plaisir qui fût comme
semblable, l'homme ne vÏ\'rait pas, car le plai!!ir fait la vie de son
amour: mais néanmoins ces plaisirs sont diamétralement opposés ;
toulefois l'homme ignore cela tanl qu'il vit dans le Monde, mais
après la mort il le sanra, el même il le pel'cevra olairement, car
alors le plaisir de l'amour du bien est changé en béatitude céleste,
el le plaisir de l'amour du mal en lourmebt infernal. D'après ce
qui vient d'être rapllorlé. on voit que tout homme a été prédes-
tiné pour le Ciel, et que personne ne l'a été pour l'Enfer, mais
que l'homme se livre lui-même à l'Enfer par l'abus de son l.ibre
Arbitre dans le~ choses spirituelles, d'après lequel il embrasse co
. qui s'exhale de l'Ënfer; car, ainsi qu'il a été dit ci·des!lus, tout
homme est tenu dans le milieu entre le Ciel et l'Enfer, afin qu'il
soit dans l'équilibre entre le bien el le mal, et par suite dans le
Libre Arbitre dans les choses spirituelles.
491. Que Dieu ail mis la Liberté non-seulemenl dans l'homme.
ruais aussi dans chaque bêle, el même un analogue de la IiberLé
dans les êtres inanimés, dans chacun pour qu'il la reçoil'e selon
sa nalure, et qu'aussi il pourvoie le bien pour eux tous, mais
que les objets chanient ce bien en mal. c'est ce qui peut êlre
illustré par des comparaisons: Valmosphère donne à chaque
homme la faculté de respirer, pareillement i chaq.ue bêle douce
et à chaque bête sauvaie, et aussi à chaque oiseau, tant au hibou
qu'à la colombe, én J joignant la faculté de voler. et cependilDt
l'atmosphère n'est pas cause que cela soit reçu par de.-; êtres qui
sont d'un Bénie et d'un caractère opposés. L'Océan procure en lui
une demeure et fournit aussi des aliments l tous 1811 poissons,
mais il o'est pas cause que l'un J dévo", l'autrc, et que Ie,.croco-
dile chanse son aliment en un poison qui tue l'homme. Le soleil
poonoit aOI besoins de toOl par la lumière e.t par la chaleur. mais
les objets, qui sonlles di,ers végétaul de la terre, reçoivent de

Li
»

RELIGION CHR~TIE:mE. 31
diverses manières celle lumière et celle chaleur, l'arbre bon êt
l'arbuste bon autremenl que l'épine el le Luisson, et l'herbe sa-
lubre autrement que l'herbe empoisonole. La pluie desoend de la
régiOIJ supérieure de l'atmosphère sur toules les parties de la terre.
et fournit • la terre des eaux pour ohaque arbuste, cbaque
plante et cbaque berbe, et cbaoun d'eux se les appliqud selon le
besoin i ç'est là ce qui est appelé l'analogue du Libre Arbitre, parce
que ces "é,étaul s'en imbibent librement par de peUtes bouches.
des pores et des conduits, qui au temps de la chaleur se tiennent
ouverts; la terre fournit seulement et les humides et les éléments.
et les plantes les auirent selon quelque chose de semblable à la
soif et à la faim. Il en est de même des hommes, en ce que le Sei-
gneur in8ue cbez chaque homme aVilo la Chaleur spirituelle, qui
dans /lOn essence l'.st le bien de l'amour, et avec la Lumière spiri-
tuelle, qui dans son essence astle vrai de la sagesse, mais l'homme
les reçoit selon qu'il se tourne ou vers Dieu ou vers lui-mêmp.;
c'est pourquoi lorsque le Seigneur ~onne des instructions sur l'a-
mour à l'éirard du prochain. il dit: • Afin flUe vous soyez fils de
votre Pèl'e, qui lait lever .!Ion soleil sur méchants et hons, et
envoie la pluie sur justes et injustes, » - Matth. V • -IlS i - el
ailleurs il dit, qu'il veu' le salut de tous .
.&9!. A ce qlli préc.ède j'ajouterai ce Mémorable: l'ai souvent.
au sujet du bien de.la charilé, entendu des paroles envoyées du
ciel en bas, qui Lraversaient le Monde des esprits, et pénétraient
dans l'enfer jusqu'au fond, et dans· leur marcbe ces paroles se
ohanieaient en d'autres qui étaient entièrement opposées au bieD
de la chariLé, eL enfin en des paroles de haine contre le prochain.
indice que tout ce qui procède dn Seigneur est bon, et est changé
en mauvais par les esprits dans l'Enfer. Il en arriva de même de
quelques vrais qui dans leur marche se cbangèrent en faul opposés.
aux vrais; oar la forme qui reçoit obange elle-même ce qui tombe
en elle en choses ooncordantes avec elle.
31 LA VRAIE

Tout spirituel de l'Église gui entre dans la libel,té, et est reçu


d'après la lIberté, ,.este ; mais non, quand il en est aut,.ement.
493. Si ce qui est reçu par l'homme d'après la liberté, reste
chez lui, c'est parce que la Liberté appartient à sa volont6, el
qu'appartenant à sa Volonté elle appartient aussi l son amour,
car la Volonté est le réceptacle de l'amour. comme il a été montré
ailleun. Que tout ce qui appartient à l'amour soit libre, et .que
cela aussi appartienne à la Volonté, chacun le comprend, car OD
dit: ~ le veul. cela parce que je l'aime,. et "ice "erstJ: • Parce
que j'aime cela je le veux aussi i • mais la volonté de l'homme est
double, il J a l'intërieure et l'extérieure, ou celle de l'homme In-
terne et celle de l'homme Ex.terne i c'est pourquoi l'homme fourbe
peut agir et parler d'une manière devant le Monde, et d'une autre
manière avec ses aUlis in times; devant le Monde il aiit et parle
d'après la Volonté de son homme Externe, et avec ses amis in-
times d'après la Volonté de l'homme Interne i mais ici il est en-
tendu la Volonté de l'homme Inlerne, où réside son amour domi-
nanL. D'après ce peu d'explication on voit que la Volonté intérieure
est l'homme lui-même, car il y a là l'être et l'essence de sa vie;
l'Entendement est la form., par laquelle la Volonté rend son amour
visible. Tout ce que l'homme aime, et veut d'après l"amour, est
libre i car tout ce qui procMe de l'amour de la Volouté Interne
est le plaisir de sa vie; et. comme la même chose est l'être de sa
vie, c'est aussi son propre; c'est pour cette raison que ce qui est
reçu d'après la liberté de cetle volonté, reste, car il s'ajoute au
propre. Le contraire a lieu si quelque chose -entre dans la non-li-
berté, cela n'est pas reçu de la même manière: mais il en sera
parlé dans la suite.
494. Mais il faut qu'on sache bien, que les choses Spirituelles
de la Parole et de l'Église qlle l'homme puise d'après l'amour, et
que l'Entendement confirme, restent chez l'homme, mais non de
même les cboses civiles el politiques, parce que les choses spiri-
tuelles montent dans la région suprême du mental, et s·y fonnent;
cela vient de ce que là est l'entrée du Seisneur avec les Divins
RELIGION CBrutTIENNE. 33
vrais et les Divins biens chez l'homme, et l'our ainsi dire le temple
dans lequel il réside; \liais leb clJOlIell ch·Hes et politiques, pilrce
qu'elles appartiennenL au Monde, occupent les inrérieurs du men-
tal, et quelques-unes y sont colDlDe de petits bAtimenLs au dehors
du temple, et d'autres comme les parvis par lesquels il faut en-
trer. Si les choses spirituelles de l'Église babitent dans Ja région
suprême du mental, c'est aussi parce qu'elles sont les. propres de
1'4me, et reirardent sa vie éternelle, et que l'âme est dans les su-
prêmes, el n'a pas pour sa nourriture d'autres aliments que des
choses sllirituelles; c'est pourquoi le SeilOleur se nomme Je Pain,
car il dit: u Moi je suu le Pain viDant, lJuidu Ciel est descend,,;
si guelqu'un mmzge de ce Pain il "ivI'Q éternellement.» - Jean,
VI, St ; - Dans celle région réside aussi l'amour de l'btlmme..
amour qui fail sa béatitude après sa lIIort, et là aussi principale-
ment réside son Libre Arbitre dans .les choses· spirituelles, et de
celui-ci descend loute Liberté que l'homme possède dans les choses
naturelles; el comme son origine est là, elle communique cela.
tous les Libres Arbitres dans les choses naturelles, et par eux l'a-
mour régnanL dans les suprêmes prend tout ce qui lui convient;
c'est une communication comme celle de la veine d'une source
avec les eaUI qui en proviennent, et comme le prolifique même
de la semence avec toutes el cbacune des parties de l'arbre, sur-
lout avec les fruits dans lesquels il se renouvelle. Mais si quel-
qu'un nie le Lib~ Arbitre dans les cboses spirituelles et par suil.
le rejeUe, celui-là se fait une autre source, et il y ouvre une veine.
et cbange la Liberté spirituellle en une Liberté purement natu-
relle, et enfin en une Liberté infernale; cette Liberté devient aussi
comme le prolifique de la semence, lequel aussi passe librement
par le tronc et les brancbes dans les fruits qui, d'apr~ leur source,
80nt pourris en dedans.
49S. Toute Libert~ qui vient du Se:inellr esl la Liberté même,
mais celle qu1 vienl de l'Enfer, et de Il chez l'homme, est l'escla-
vale i toutefois il est impossible que la Liberté spirituelle n'appa-
nisse pas comme un esclavale l celui qui est dans la Liberté in-
fernale, parce que les deul Libertés SODt opposées i cependant fous
ceUI qui sont daDs la Liberté spirituelle non-S8ulement: savent,
mais aussi perçoivent que la Liberté inrernale est un esclavale,
~ 3
1 1
3' LA. VBAl&
c'est pourquoi les Anges )'ont en aversion comme uno odeur 01-
daréreuse, IIU lieu que les Infernaux Il lirent A eUI comme une
odeur llromatique. On sait d'après la Parole du Seigneur que le
Culte qui proeède de la Liberté esl véritablement le Cul Le, eL que
ce qui eSl volontaire plalL au Seigneur; c'esl pourquoi il est dit
dans David: Un sacrifice volontaü'e j'offrirai à Dieu. • - Ps.
LlV. 8; - eL ailleurs: «Les volontaires flmtre les peuples o"t
été assemblés, le peuple du Dieu fi Abraham, • - Ps. XLVIf. t 0;
, - delà, chez les fils d'Israël, il y avail des Sacrifices Volontaires ;
leur culte sacré consistait principalemeDt· dans les saorifices; pour
celle raison que les actes volontaires plaisent. Dicu, il fllL com-
mandé, • que tout homme que 1Jowserait SfA cœur, et glle tnut
homme dont r esprit spontané le ,.emuerait, apport(Jf'ait r obi.
tion'à Jéhovah pour l'œuv"e de la tente, • - Exod. X.XXV.I.
it, 29 ; - et le Seigneur d.it: ft Si vous detUlIre~ dans ma Pa-
rule, véritahlement mes disciples vous seres; et vous connat-
trez la vé7'ité, et la vérité vous fera libres; li donc le Fils vo""
lait libres, vérita61ement libre.~ vous seres; mais quiconqu"
fait le péché est esclave du péché. D - Jtan, VIII. St A36.
496. Si ce qui est reçu d'al)rès la liberté rette, c'est parce que
la volonté de l'homme se l'attache eL se l'alll1'oprie, el parce que
cela entre dans son amour, el que l'amour le reoonnalt comme
sien, el se fOl'me. par lui i mais ceci va être Iluslré Jlar des com-
paraisons; cependant comme elles seronL liries des choses natu-
relles, la Chaleur tiendra la place de l'A mour: On sait que dans
tout "~~êtal les pores sonl ouverts par la cbahur el selon le degré
de la chaleur, el qu'à mesure qu'ils ont été oUI'erts le végétal par-
dedans revient dans la forme de sa nature, reçoit spontanément
sa nourriture, relient ce qui lui convienf, e. augmenlC cn crois-
sance. Il en esl de même de la bête, 10UI ce qu'elle choisit et
man~e d'aprè.~ l'amour de la nourriture, quon appelle allvétit.
s'ajoute. son corps et y reste i si Lont ce lUi couvienl s'ajoule
continuellement au corps, c'est parce que nutes les choses qui
le composent sont perpétuellement renou1elées; qu'il en soit
ainsi, cela est connu, mais de pelr de personl8s. La chaleur aussi
cllez les bêles ouvre toutes les parties de lelr corpa, e.l fa iL que
leur IDlonr naturel asillibremeol; de 1. vien que dans les saisons

l
RELIGlON ClIRltTIENNE.
-du printemps et lie l'été elles vienlleot et retournent dans l'ins-
'Iinot de 1a prolificalion et au·ssi de l'éduclI'lion de lell.,. pelils,
.ce qui est fait d'après la plus grande liberté, parce que cela appar-
.;tient ~ l'amour rélnant introduit en elles par· la création, pour la
oeonservation de l'univers dans l'élat créé. Si la liberlé de l'amour
.esi illustrée par la liberté qu~ la chaleur introduit, c'est parce qlle
1'amour produii la chaleur, ce qui est évident par ses effets, par
exemple, en ce qOlle J'homme s'échauffe, s'embrase et s'enOamme,
.seloll que son amour est exalté en zèle, ou en emportement de 00- •
1ère i la chaleur du sani ou la chaleur vitale des hommes, et en
cénéral des auimaux, ne viellt l'as d'autre part; c'est d'après celle
correspondance que les corporels sont adaptés par la chaleur l
recevoir librement les cboses auxquelles l'amollr aspire. Daus UD
tel équilibre, et par suile dans une telle liberté sont Ioules les
choses qui sont intérieurement dans l'homme; dans IIne telle li-
berté le c~lIr diri~e son sang ésalement en haut et en bas, le mé. ,
sentère son cbyle, le foie élabore le sang, les reins sécrèlenl, les
slandures fillrent, et ainsi du resle; IIi l'équilibre souffrait, le
'nembre lierait malade et aueint de Ilaralysie 011 d'alaxie; l'équi-
libre el la Iiberlé ici son1 un. Dans l'univers créé: il n'y a pas une
substance qui ne tende ll'équilibre pOlir être dans la Iiberlé.

La Volonté et l'Entendement de l'homme sOlll dans ce Li6rfJ


ArlJitre; mais {airfJ le mal, cela a éti ,.éprim~ pat· les lois
dnns l'uu et t'autl'e Monde, le Spirituel el le Natw'el, parcfJ
qu'a1tlrement la Société da11S flm et l'aul1'e périrait.

497. L'homme, en observant seulement sa pensée, peut savoir


tlue chacun est dans le Libre Arbitre dans les choses sl'iriluelle~.
Qui est·ce qui ne pellt, d'après la Liberté, penser à Dicu, à la
Trinité, l la éharité et au Prochain, à la Foi et l son opéralion, l
1. Parole et à lout ce qui en provient, et après qu'il s'est instruit
des dogmes théoloSiques, à chaClun des sujets qu'ils renrero~enl r
Et qui est-ce qui ne peul penser, et même conclure, enseigner et
-';re en faveur de ces sujets ou conlre eUI! Si celte Liberté était
61g 00 scul mooment.à l'homme, esl-ce que sa pensée subsiste-:

L
36 ' LA VRAIE
r:ait' Sa langue deviendrait muelte, sa main serait sans mouve-
ment. C'est pourquoi, mon ami, lu peux si tu le veux, d'après la.
seule observation de ta pensée, rejeter et exécrer celle Ilbsurde
et pernicieuse hérésie, qui aujourd'hui dans le Christianisme '-
frappé de léthargie la Doctrine céleste sur la Charité,el sur la Foi, et:
par conséquent sur le salul et sur la vie éternelle. Voici fes causes.
pour lesquelles ce Libre Al"bitre réside. dans la Volonté et dans
i' Entendement de l'homme: i 0 Parce que ces deux facultés doi-
vent d'abord être réSlées et réformées, eL. par elles les deux facul-
lés de l'homme ex terne d'après lesquelles il lIa rIe et agit. !O Parc&-
que ces deux facultés de l'homme Interne constituent son esprit,
qui vit après la mort. et qui n'est pas sous une autre loi que la Loi
Divine, donl le point principal est que l'homme penSd l la loi.
la fasse el lui obéisse d'après lui-même, quoique c"e 1I0it d'après
le Seigneur. 8° Parce que )"homme. quant • son esprit, est dans
le milieu entre le Ciel et l'Enfer, ainsi entre le bien el le mal, et
par suiLe dans l'équilibre, d'où lui vienL le Libre Arbitre dans
les choses spirituelles, voir' ..ur ceL équilibre, ci-dessus, N'· UIS eL
suiv. ; mais lanL qu'il vit dans le Monde, il est quanL l sop Esprit
dans l'équilibre éDlre le Ciel -eL le Monde, el l'homme alors pour
ainsi dire ignore que, autant il s'éloigne du Ciel et s'approche dl}
Monde, autant il s'approche de l'Enrer; il l'ignore, el cependant
il ne "ignore pas. et cela, afin que sur ce point aussi il soit dans
la liberté, et qu'il soit réformé. ". Parce que ces deux facultés. la
volonté .et l'entendemenL sont les deus. réceptacles du Seigneur,
la volonté le réceptacle de l'Amour el de la Charité. l'entendement
le réceptacle de la Sagesse et de la Foi, et que le Seigneur opère
toul cela dans la pleine liberté de l'homme, afin qu'existe la con-
joncli_on mutuelle et réciproque par laquelle se fail la salvation.
s· Parce qn e tout jugement auquel l'holr.me esL soumis après la
mort est conforme. l'usaie qu'il a fait du Libre Arbitre dans les
choses spirituelles.
(
498. De ce qui vienL d'être dit il résulte ce poiut.. que le Libre

,r
Arb\tre Même dans les choses spirituelles réside en loule perfec-
- tion dans l'lme de l'homme, eL que par suite. comme une veine
dans une source, il inDue dans SOD mental dans ses deux parties,
.qui lont la volonté et l'entendement, et par elles dans les seDI du
1

~
pi

RELIGION CHBËTIENNE. 37
corps et dans les paroles et les acLions. Il '1 a, en effet, trois de-
,rés de la vie chez l'homme, l'Ame, le Menlal et le Corps sensuel;
tout ce qui est dans un degré supérieur est en perfection au-dessus
4Je ce qui est dans le degré inférieur. CeUe Liberté de l'homme est
ce par quoi, en quoi et avec quoi le Seisneur est présent dans
l'bomme, et presse saDS cesse sa réception, saDS jamais cep en-
.cIant" ébranler ou ôter la liberté. puisque, comme il a été dit ci-
dessus, tout ce qui est fait dans les clloses spirituelles par l'bomme
4J'-après la Don-liberté, ne reste point; c'est pourquoi l'on peul
dire que celte Liberté de l'homme est ce dans quoi le Seigneu r
habite chez lui dans son Amo. QuantA ce qu'il a été pourvu :, la
(
répression du mal par les lois dans l'un et l'anlre Monde, le Spi-
rituel et le Naturel, parce qu'autrement il ne subsisterait de So-
ciété nulle part, cela est évident sans explicati'on; mais cependant
cela sera illustré en ce que sans ces liens elternes, non-seulement
il ne subsisterait pas de Société, mais que même tout le senra
humain périrait: En effet, l'homrue est alléché par deul amours.
qui sont l'amour de dominer sur tous et l'amour de posséder les
richesses de tous i ces amours, si 1&1 freins leur sont lâchés, s'é-
lancenl à l'infini: les maux héréditaires, dans lesquels l'homme
nall, SODt principalement sortis de ces deux amours: le mal dans
Adam n'a été autre que d'avoir voulu devenir comme Dieu, mal
qui avait été inru~ en lui par le serpent, comme on le lit; aussi
est-il dit, dans la malédiction prononcée contre lui, que la terre
lui produirait épine. et chardon, - Gen. III. 5, t8, - par quoi il est
entendu tout mal et par suite tout faux; tous ceux qui se sont Ii-
'Yr~s à ces amours se regardent eomme l'unique objet, dans lectuel
et pour lequel tous les autres existent; il n'y a en eux ni commi-
llêration, ni crainte de Dieu, ni amour du prochain, et par suite il
., a inhumanité, férocité et cruauté, cupidité et avidité infernales
de piller et de ravager, astuce et fourberie l)our y parvenir i da
semblables penchants au mal ne lIont point innés chez les bêtes de
Il terre ; si elles tuent et dévorent les autres, ce n'est pas d'après
uo lutre amour que celui de satisfaire ·Ieur faim et de se mettre
hors de danser; l'homme méchant, considéré quant à C8.11 amours.
est donc plus inhumain. plus féroce el pire que toute bête. Oue
l'homme soit intérieuremel)l tel, cela se manifeste dans les trou -
38 LA. VRAIE
bles séditieux, dans lesquels les lienS' de la loi onL élé rompus; el
aussi dans les carnases el les pillaGes, quand il est donné liberté-
d'a,ir avec fureur contre les vaincus et les assiégés; il eD est A
peine, UD qui s'en abstienne, avant que Je tambour ail fait entendre
qu'il faut cesser; d'après cela, il est évhlenl que si aucune crainte
des peiDes infligées par les lois ne retenait les hommes, non-seu-
lement la société serail détruite, mais aussi lout le Genre humain.
Mais tOIlS ces maux ne sont éloignés que par le véritable usage du
Libre Arbilre dans les choses spirituelles, lequel consiste As'ap-
pliquer :\ porter sa pensée sur l'état de la vie après la mort.
499. Cc sujet ~era encere illustré par les comparaisoDs sui-
vantes: S'il n'y nail pas une sorte de Libre Arbitre dans toutes
les choses créées, tant animées qu'inanimées, aucune Création ne
pOllrrait se faire, car sans le libre arbitre dans les choses natu-
relles quaDt aux bêtes, ,il n'y aurait aUCUD choix de l'aliment qui
convienl Aleur nourriture, ni aucllne prolification, ni conserva-
tion de leurs petits, par conséquent aucune bête. S'il D'y avait pas
une semblable liberté daDs les poissons de la mer, et dans les co-
quillages de son fond, il n'y aurait ni poisson ni coquilJage. De
même, s'il n'yen avait pas dans chaque petit insecte, il n'y aurait
ni ver dont on tire la soie, ni abeille dont on Lire le miel et la cire,
ni aucun papillon, qui folalre dans l'air avec son semblable, 50
• nourrit de sucs tirés des Oeurs, et représentel:état heureul de
rhomme dans l'aure céle.'1le, après qu'il a comme le ver dp.posé ses.
dépouilles. S'il ,', avait pas UD analogue du libre arbitre dans
l'bumus de la terre, dans la semeDce qu'on y a jetée, dans loutes
les parties de J'arbre qu'elle a produites, dans les fruits de cel
arbre, et dans les 'nouvelles semeDces qu'ils contiennent, il n'y
aurait aucun végétal. S'il n'y avait pas un analogue du libre ar-
1
bitre dans cbaque métal, el dans chaque pierre, soit précieuse,
( loit vile, il n'y aurait ni mélal, ni pierre, ni même un grain de
sable j car ces objets hument librement l'éther, exhalent leurs.
nalifs, rejetlent les choses qui ne leur sont. plus utiles, et se réta-
blissent par de nouvelles; de lA vient qu'il y a une sphèl"e masné-
tique autollr de l'aimant, ferrugineuse aulour du fer, de cuivra.
autour du cuivre, d'argentautour de l'argent, d'or autour de l'or,.
pierreuse autour de la pierre, nilr.eust! aulo.ur du nitre, sulfureuse
RELIGION CHR~TIENNE. 39
autour du soufre, et variée autour de Loute poussibre de la terre;
de c~tte sllhère s'imprègne l'intime de chaque semence, et le pro-
lifique végète, car sans une telle exhalaison procédant de chaque
particule de poussière de la terre, il n'y aurait aUCUD commence-
ment de germiuation, ni par conséquent autune perpéluil.é de
I"rminalion i d'ailleurs commenl la terre pourrilit-elle pénétrer
Ivec la poussière et l'eau dans l"intillle central du irain semé.
ai ce u'~t par ces e~halaisoDs qui proviennent d'eUe. comme
clans • le grain de sénevé qui est plus petit que toutes les se-
mences; mais quand il a crd, iI.:st plus grand que les légumes.
eti/deuient ar6re.» - Minh. XIII. St, Si. lIarc. iV. 30. 3t,
8i. - Puis donc que la Liberté a été mise dans Lous les sujets
créés. dans chacun selon sa lIature, pourquoi l'homme n'aurait-il
pas reçu un Libre Arbitre selon sa nature, qui consiste en cela
qu'il soit spirituel! C'est de Il qu'il a été donné • l'homme un
Libre Arbitre da liS les choses spirituelles dtlpuis sa naiSSAnce jus-
qu'à son dernier Age dans le Monde. ei ensuite pour l'éternité.

Si les hommes n'avaient pas le Libre Ar6itre dans les choses


apirituelles, ils pourraient 1074S sur le gl06e enlier en un seul
jour ~tre amenés à croire au Seigneur; mais cela ne peut
pas ~lre fait, parce que ce qui ,,'est pas "eçu par homme r
tl aprdi le Li6re Ar6itre ne reste point.

BOO. De la Toute-Puissance Divine non-comprise il lIuit comme


,rai, que, sans le Libre Arbitre dans les cboses spirituelles donné
aUI hommes, Dieu pourrait les amener 10US sur le slobe entier en
un ieul jour à croire en Lui i ceux: qui ne comprennent pas la Toute-
Puissance Divine peuvent croire, ou qu'il n'ya pas d'ordre, ou que
Dieu peut asir éGaiement contre l'ordre eL selon l'ordre, et cepen-
dant sans l'ordre aucune Créalion n'a été possible; le principal de
l'ordre est que l'holDme soit l'image de Dieu. qu'en conséquence
il soit perfectionné par l'amour et la sagesse, et devieune aillsi de
plus en plus celle image; Dieu opère cela continuellement chez
l'homme, mais ce serait en vain sans le J.ibre Arbitre dans les
choses spirituelles par lequel l'homme peut se tourner vers Dieu

b
60 LA VRAIE
et se conjoi,ndre réciproquement ~ Lui, parce qu'il '1 aurai' im-
possibilité; car il y a un ordre, d'aprèa lequel el selon lequel a
été oréé le Monde entier avec toutes el chacune des ob oses qui le
composent; et comme tonte la créalion a été faite d'après et seloo
cet ordre, Dieu pour celte raison est appelé l'Ordre même; c'est
pourquoi soit qu'on dise a,ir contre I~Ordre Divin, soit qu'on dIse
agir contre Dieu, c'est la même chose; bien plus, Dieu Lui-Même
De peut agir contre son Ordre Divin, puisque ce serait agi~ contre
Lui-Même; c'est pourquoi il conduil cbaque hommc selon l'ordre,
qui. est Lni-Même, et dans ceL ordre ceUI qui s'égarent et qui S'8D
échappent, et vers cet ordre ceux qui résistent. Si 1'1Iomme pou-
vait êlre créé sans le Libre Arbitre dans les choses spirituelles,
qu'y aurait·i1 alors de plus facile au Dieu TOUL-Puissant, que d'a-
mener tous les hommes sur le Globe entier ~ croire au SeiBneur r
Ne pourrait-il pas meUre cetle foi chez cllaque homme, lant im-
médiatement que médiatemen" immédiatement, par sa puissance
absolue et par son irrésistible opéràtlon, qui est continuelle, pour
que l'homme soit sauvé; ou médiatemelll, par les tourments jetés
dans sa conscience, par les boulevel'l!ements léthifères du corp.,
et par les forles menaces de la morl, s'il ne reçoit, pas ceLle foi; el
en outre par l'ouverture de l'enfer, et pal' la presence de diables
tenant dans leurs mains des torches effrayantes, 011 par l'évoca-
tion de morlS qu'il a connus, se pré!lentant l lui SQUS l'image de
spectres lerribl&s' Mais l cela il sera répondn par 1e.41 paroles d'A-
braham au riche dans l'enfer: • Si Moise et les Prophètes ils n·~·
coutent'point, lors mArne que quelqu'un des morts ressuscite-
rait, ils ne seront pas nonp/us persuqdés. » - Luc, XVI, 3t.
BOi, On demande aujourd'bui pourqu!)i il ne se fait l'as de Mi-
racles comme autrefois, car on croit que, s'il s'en faisait, chacuD
reconnallrait du fond de son cœur. liais s'il ne s'en fait pas au-
jourd'hui comme précédemment, c'est parce ql1e 18$ Miracles con-
1 traignent, et Oient le libre arbitre dans les choses spirituelles, et
font de l'homuie spirituel nn homme naturel; depuis l'Avénement
du Seigneur tout bomme dans le Monde Chrétien peut deveuir spi-
rituel, et devient spirituel uniquement d'aln'ès le Seigneur par la
Parole, et la facult,é de le devenir serail perdue, si l'homme par
des Miracles était amené A croire, parce que les miracles. comme

- .......
-
RELIGION CHlŒTIENNE.
1 il vienl d'être dit, conlrailnenl el lui Ôtent le libre arbitre dans
les cboses spirituelles; et tout ce qui a été contraint dans ces choses
ae transporte dans l'homme naturel, et ferme comme avec une porte
l'homme spirituel qui est véritablement l'homme Interne, et le prive
de toute puillsanee de voir quelque vrai dans la lumière; c'est pour-
quoi dans la suite il raisonnerait Sltl' let' choses spirituelles d'après
1. lIeul homme naLurel, qui voit à contre-sens tout ce qui est véri-
tablement 8vi ..ituAI. Si, avant J'Avenement du Seigneur, il a été
fait des IIi racles, c'esi parce qu'.lors les hommes de l'Église étaient
des hommes naturels, auxquels les cho$es spirituelles, qui appar-
tiennent A l'Église interne, ne pouvaient pas être ouvertes, car si
elles l'eussenL été, ils les auraient profanés; c'est même pour cela
que: lOlltleur culte consistait cn des Rites qui représentaient et si-
sn~aientles internes de l'Église, et ces homm8a ne pouvaient être
ameups ~ les observer selon les rèsles que par des Miracles; qne
même les miracles aient été insuffisants, parce qu'il y avait dans ces
represenlatifs un interne spirituel, cela est évident d'après les fils
d1sr.lêl dans le désert, qui, bien qu'ils eussent vu de si ,rands Mi-
raoles en Égypte, el le plus grand de tous sur la Mo'ntagne de ~illai,
néaDliloins, après un mois d'absence de 110 ise , dansèrent aUlour
du Veau d'or, et ~"écrièrent que c'était ce veau qui les avait Liré.
d'Égypte; ils en agirent de même Clans la terre de Canaan, quoi-
qu'ils eus~nt vu, de Brands miracles opérés par Élie el l,ar ÉliSée,
. el enRn 10l'llqu'ils virent les Divins Miracles mêmes opérés par l,
Seii~eur. Il ne se rait pas de Miracles aujourd'hui, principalement
par celle raison, que l'Église a ôté à l'homme tout le Libre Arbitre,
et elle l'a ôté, en ce qu'elle a décrét~ que l'homme Ile peut abso-
lument rien faire pOlir recevoir la roi, ni rien faire pour sa COli ver-
1Iion" ni en général pour le salut, voir ci-dessus" Ne 464; l'homme
qui ~roit celi! devienL de plus en plus naturel, et l'homme naLurel,
eomme il vient d'être dit, regarde 11 contre-sens tout spirituel, et
par suile pense contre le spirituel; alors la Région supérieure du
menlal de l'homme, où rJside à la prem ière place le Libre Arbitre
,dans les choses spirituelles, serait rermée, et les choses spirituelles
qui ont élë quasi coufirmées par des miracles occuperaient la Ré-
gion inférieure du mental, qui est purement nalureJle, les faul' sur
a foi. la' conversion et le salut reslant ainsi au-dessus de ceLta

m
...
'2' LA. VRA.IE
région, d'eù il arriverait que les Satans habiteraient au-dessus et
les Anges au-dessous. comme de. vautours au-dessus de la volaille;
de là, après quelque temps, les Salans rompraient la barri~re.
et s'élanceraient avec fUl'lur contre les choses spirituelles qui
onL été placées au.:dessous, et non-seulement ils les nieraient~
mais encore ils les blasph~meraient et les profaneraient; ainsi Je
dernier sort de l'homme deviendrait bien pire que le premier.
601. L'homme qui, par des faui sur les obo"'''llrrltuelles de
l'ÉSlise, esl devenu naturel, ne )leut, au sujet de la Divine Toute-
Puissance, quo penser qu'elle est au-dessus de l'ordre, qu'ainsi
elle est indépendante de l'Ordre; il viendrait donc l tenir ces pro-
pos insenséll: • Pourquoi l'Avènement du Sei~nellr dans le Monde,
et pourquoi uno Rédemption faite de celle maflière, puisque d'.-
près sa Toute-Puissance Dieu pouvait Caire du haut du Ciel celle
rédemption aussi bien que sur lftrre! Pourquoi par la" Rédemp-
tion n'a-t-il pas liauvé tout 10 Genre humain sans excepter un seul
homme, et pourquoi depuis la Rédemption le diable peut-il avoir
cbez l'homme plus de force que le Rédempteur? Pourquoi un EII-
fer r Dieu, par sa Toute-Puissance, n'a-t-i1 pas pu et ne peut-il
pas le détruire, ou en tirer tous ceux qui y sont, et en faire des
anges du ciel r Pourquoi un Jugement Del'nier? Ne peut-il pas
transporter à droite tous les boncs qui sont à gauche, et cn faire
des brebis r Pourquoi a-t-il précipité du Ciel des Anges du dragon
elle Dragon lui-même, "et ne les a-t-il pas changés en Anses de
Micbel? Pourquoi ne donne-t-i1 pas la foi à cenx-Ià cO"lllme à cellX-
ci, ne leur impute·l-il pas la justice du Fils, ne leur remet-il pas
ainsi les péchés, ne les juslifie-l-il pas, et ne les sanctifie-loi! pas t
Pourquoi ne fait-il pas parlt','les bêtes do la terre, les oiseaux du
ciel 6t le~ poissons de la Iller, ne leur donne-t-il pas de l'intel-
ligence, et ne les introduit-il pas dans le Cial avp.c les hommes!
Pourquoi n'a-t-i1 pas fait, ou ne fait-il pas encore, de tout le globe
un Paradis," dans lequel il n'y aurait ni arbl'e de la science du bien
et du mal, ni serpent, et où toutes les collines découleraient de vins
,énéreux, et produiraienll'or et l'argenl, l'un eL l'autre natif, afin
que 10US y vécussent, comme des images de Dieu, dans dei accla-
mations et des cbanls, el ainsi dans dE'.s f~Les et des réjouisliancea
perpétuelles r Toutes ces choses ne seraient-elles pas dignes'd'uD
1

!\
"RELIGION" CHRETIENNE.
Dieu TOUL-Puissant!. Sans parler de Illusieurs autres propos sem-
blables. Mais, mon ami, ce sont Il de- ,'aines paroles; la Divine
Toute-Puissance n'est point"sans l'Ordre; Dieu Lui-même estl'Or·
dre, et comme touta été créé d'après Dieu, tout a étécréé d·après
l'OrdTe, dans l'Ordreet pour l'Ordrei il 1 a un ordre pour lequel
l'homme a été félit, cet ordre est que sa bénédictiou ou sa malé-
diction dépende du Libre Arbitre dans le." choses spirituelles; car,
ainsi qu'il a déjà été dit," l'homme n'a pu être créé sans le Libre
Arbitre, ni même la bête, ni l'oiseau, ni le poisson; mais les Bêtes
sont seulement dans le Libre Arbitre naturel au lieu que l'homme
est dans le Libre Arbitre naturel et en même temps dans 10 Libre
Arbitre spirituel.
• • • ... •
B03, A ce qui précède seron 1 -i"uLeS ces MiliORAULES: "PRE-
.'ER lJi)lORABLE. 1'_,cUOIS annoncer une Réunion," dans laquelle
OD dev:.rt tlelibérer sur le Libre Arbitre de l'homme dans les choses
spirituelles; c'était dans le Monde spirituel; de toutes les plages
il s'y rendait des savants qui, dans le Monde où ils vivaient précé-
demmeut, avaient médité sur ce sujet, et plusieurs de ceux qui
s'étaient trouvés dans des Conciles et des Synodes tant IVant qu'a-
près le Concile de Nicée; ils s'assemblèrent dans UII Temple rond,
aemblable A ce Temple de Rome, qU'OD appelle Panthéon, qui
Ivait d~abord été consacré au Gulte de tous les dieux, et qlli en- "
suite fut inauguré pour le Culte de tous les Saints Martyrs par
l'Autorité Papale i dans ce Temple, contre les murailles il y avait ,
comme des Autels, mai!! ver!! cbaque autel, des siéges sur lesquels
les membres de l'assemblée se placè~ent, et ils appuyaient les
coudes sur les autels comme sur autant de tables i il n'avait pas
été désigné de Président pour diriger la délibération [.armi eux;
mais chacun, quand l'envie lui en prenait, s'élançait au milieu,
parlait avec effusion et déclarait son sentiment; et, ce qui m'é-
lonna, tous ceux.qui' composaient cette Réunion ~taient pleins de
con6rmatiolls en favellr de l'impuissance complète de l'homme
jans les choses spirituelles, et par conséquent tournaient en dé-
rision le Libre Arbitre spirituel. Quand ils Curent assemblés, l'uB
d'eux s'élança aUSditi)t au milieu. eL s'exprima ainsi". baute voix :.

D
LA VRAIE
• Cbez l'homme il n'y a pas plus de Libre Arbitre dans les cboses
spirituelles, qu'il n'yen eut chez la femme de Lotb après qu'elle
eut été changée en statue de sel, car s'il y avait davantase de libre
arbitre chez l'homme, il s'allribuerait certainement de lui-même
la foi de notre Éilise, qui est, que Dieu le Père la donne gratui-
tement, en toute Liberté et Bon Plai~ir, à qui il v~ut et quand il
veut; ce bon plaisir et cette sratuité D'appartiendraient en aucune
manière à Dieu, si d'après quelque liberté ou bon plaisir l'homme
pouvait aussi se l'attribuer. car ainsi notre Foi, qui est un astre
brillant devant nous jour et nuit, sel'ait dissipée comme une étoile
qui file dans l'air.• Après celui-ci. un autre s'élança de son siége,
et dit: «Chez l'homme il n'y a pas plus de Libre Arbitre dans les
CIl oses spiri/uelles, qu'il D'yen a chez la bêle, et même pas plus
que tuo.. 1...hiAn : car si l'homme en al-ait, Il ferait le bien par lui-
même, lorsque cependaln , ....t hien vient de Dieu, et l'homme De
peut rien prendre qui ne lui ait été donutl ,h.. r.is!. • Après lui, un
autre sauta de dessus son siége, et arrivé dans le milleu,"it éleva
la voil cn disant i cr Chez l'homme il D'y a pas 11lus de Libre Ar-
bitre dans les choses spirituelles, même pour les examiner, qu'il
n'yen a chez le hibou pour voir pendant le jour, pas plus même
que chez un poulet encore renfermé dans l'œur; dans ces choses
il est aveugle comme une taupe, car s'il avait des yeus de lynl
pour examiner ce qui concerne la foi, le salut et la vie éternelle.
il croirait qu'il peut lui-même se résénérer et se sauver, el il fe-
rait aus.o;i des efforts pour cela, et ainsi il profanerait, par mérites
sur mliriles. ce qu'il penserait et ce qu'il ferait ..• Un autre courut
encore dans le milieu, et exprima ainsi son sentiment: cr Celui qui
s'imagine qu'il peut vouloir et comprendre quelque chose dans
les sujels spirituels depuis la chute d'Adam, est dans le délire et
·, devient maniaque, parce qu'alors il se croit un delDi-dieu ou une
déité, possédant de son propre droit ulle partie de la puissance
Divine. • Après celui-ci, un autre vint tout essouffié dans le mi-
lieu, portant sous le bras le Livre inlitulé FORJIULE DE CONCORDE~
sur l'Orlhodoxie duquel (c'est le terme dont il se servit) les Pro-
testanls· Évangéliques jurent aujourd'hui; et il l'ouvrit, el en lui
les passa~es suivants·: D L' homme quant au hien est entièrement
corrompu et mort, au point que, dans la nature de rhomrM dt!"
p

RELIGION CHRJi:TIENNE.
puis la clmte, il ne demeure ou reste avant la régéné"ation pas
mArne une éti,zcelle de forces spirituelles, par lest]Uelies il pu;sse
par lui-m~me etre préparé d la grâce de Dieu, ott la saisir quand
elle lui est ollerte, ou e"'e de lui-mbne ou par lui· ~me suscep-
liMe de celle grdce. ou, en fait de choses spirituelles, compren-
dre, croire, embrasser, penser, vouloir, commellcer, achever.
agir, opérer, coopérer, ou s'appliquer ou s'adaptf!l' à la grdce,
ou faire guelque chose pour sa cOllversion soit pour le tout,
pour la moitié ou pour la plus petite partie. L'homme dmu les
choses spirituelles, gui regardent le salut de l'âme, est comme
la statue de sel de la femme de Loth et semblable dune sottche
et à une pierre privées de vie, t]Ui PI'ont tusage ni des lIet1Z, ni
de la bouche, ni d'aucun sens. Néœlmoiru ü a la puissance de
locomotion, ou il peut gouverner ses membres e:rternes, aile,.
dans les Assemblées pflhliques, et entendre la Parole et rÉvan-
gile, • (Ces paroles, dans l'Édition que je possède, se trouvent pa,.
686, 638, 66t, 66!, 663, 61t, 671, 673.) - Après celte lec-
ture, tous furent d'an même avis s'écrièrent ensemble: Il Cela
est véritablement orthodoxe, » 1I0i, j'étais debout eL j'avais prêté
une grande auëntion ~ tout ce qui s'était dit, el comme je bouil-
lonnais en mon esprit, je leur dis d'une voix forte: • Si dans les
choses spirituelles vous faites de l'homme une stalue de sel, une
\ bête" un aveugle, et un insensé, il quoi bon alors vos dOGmes Théo-
logiques r Tous en s~néral. et chacun en particulier, ne sont-ils
pas spirituels r • Après un moment de silence, ils répondirent:
• Daos toute notre Théologie rien de ce que la raison saisit n'est
spirituel; notre Foi y est seule spirituelle; mais nous l'avons soi-
gneusement fermée, afin que personne ne re,arde en dedans, et
nous avons pris de ,randes 'précautions pour qu'aucun rayon spi-
rituel n'en effiue, el ne se montre devant l'entendement; et de
plus, l'homme ne porte pas su .... elle la moindre partie d'une dé-
terminalion venant de lui: nous avons éloigné de lout spirituel la
Charité, et noull l'a\'ons faite purement morale; de même le Dé-
caloiue : lIur la justification, la rémission des péclJés, la régéné-
ration et la salvalion, nous ne présentons rien de spirituel, nous
disons que la Foi les opère; mais comment, nous ne le savons nul-
lement; au lieu de la pénilence, nous avons pris la contrition. et
,1

'LA. VRAIE
pour qu'on ne la croie pas spirituelle, nOlis l'avons éloignée de Ja
fOi quant à lout conlac': sur la Rédemption nous n'avons adopté
que des idées purement naturelles, qui sont, que Dieu Je Père
.avait enveloppé tOUL le Genre humain sous la damnation. et que
son Fils a pris sur Lui OIlle damnation. et s'est laissé suspendre
t la croix. et qu'ailsi il a contraint son Père lia commisératioD.
outre plusieurs autres choses semblables, dans lesquelles tu ne
saisiras rien de spirituel; lU con·traire, tout y est purement natu-
rel. D Alors dans l'ardeur du zèle. dont j'avais d'abord été saisi.
je continuai en disant: • Si l'homme n'avait pas le libre arbitre
dans les choses spiriluelles, que serait-il alors, sinon !me brute!
N'est-ce pas par oe libre arbitre que l'homme s'élève au-dessus
des bêtes bruIes! Sans lui, que serait l'Église, sinon la face noire
d'un escarbot, dans les yeux duqlJel il y a une marque blanche!
Sans lui, que serait la Parole, sinon un livre inulile' Ou'y trouve-
t-on plus fr~quemment dit et commandé, sinon que l'homme doit
aimer Dieu, et qu'il doit aimer le prochaio, el aussi qu'il doit oroire.
et que le salut et la vie sont à lui selon qu'il aime et qu'il croit'
Qui esL-ce qui o'a pas la faculté de comjll'endre eL de faire les
choses qui onl été ordonnées dans la Parole, et les préceples qui
sont dans le Décalosue' Comment Dieu aurail-il pu les prescrire et
les commander, si cette faculLé n'avail pas été donnétt à l'homme!
Dis à qu'el que paysan, dont le mental D'a pas étéfermé par des il-
lusions théolosiques, qu'il ne peut. pas plus qu'une souche el uoe
pierre, rien comprendre ni rien vouloir dans les choses de la foi
et de la oharité, el par conséquent dans les choses du salut, et
qu'il ne peut pas m~me s'y altacher ni se les adapter; est-oe qu'a-
lors il n'éclatera pas de rire et ne dira pas: «Quoi de plus insensé !
que serait alors pour moi un Prl'ltre eL sa prédioation' Que serait
alors un Temple plus qu'une étable T et que S81'8it alors un culte
plus qu'un labourage TOh 1 quelle démence de pal'ler ainsi, o'est
folie sur folie. JI - Qui est-ce qui nie que tOllt bien vienne de Dieu'
N'a-L-i1 pas été donné à l'homme de faire d'après soi-même le bien
d'après Dieu! Il en est de même de oroire. Il En enlendant ces mots.
ils crièrent tous ~ • Nous, nous avons parlé en orthodoxes d'après
les orthodoxes; toi, au oontraire, lU as parlé en paysan d'après
les paysans, • alais tout-à-coup la foudre tomba du ciel ; et. pour

t 1
RELIGION CB.RËTIENNB.
• 47
.qu'elle ne les consumM pas, ils s'élancèrent en foule, et s'enfuirent
de là, chacun dans sa maison.
40.1·. SECOND MtM'ClRABLB. J'étais dans la vue intérieure spiri-
tuelle où son Lles Anl'es du Ciel supérieur, mais en même teml)S
dans le Monde des esprits; el je vis deux Esprits non loio de moi,
éloignés cependant l'un de l'aulI'e, et j'aperçus que l'un d'eux ai-
mait le bien et le vrai, et étaill'ar Il oonjoint au Ciel, et que l'au-
tre aimaft le mal et le faux, et était par li conjoint ll'Enfer i je
m'approohai et les appelai i et, d'après le son de leurs voix el leurs
réponses, je conclus qne l'un comme l'autre pouvait percevoir les
vérités, ....connallre celles qui avaient ét6 perçues, ainsi penser
d'après l'entendement, et aussi déterminer les intellectuels comme
il lui plaisait, et les volontaires selon son l'ré, que par conséquent
ils étaienL l'un etl'auu'e dans un semblable Libre Arbitre quant
:lUX rationnels; et, de plus, j'observai que d'après celle Liberté
dans leurs mentais. il apparaissait une clarté depuis la première
vue qui appartenait l la percelltion jusqu'A la dernière vue qui ap-
parlenait il l'œil; mais qualld celui qui aimait Je mal et le faux
pensait livré à lul-même. je remarquais qu'il s'éle\'ait de l'enfer
coinme une fumée, et qu'elle éteignait la clarté qui était au-des-
sus de la mémoire, d'où pour lui, Il. une obscurité comme oelle
du milieu de la nuit: puis aussi. que celle fumée s'embrasant bnl-
lait comme une flamme, et que ceUe flamme éclairait la région dll
~ental qui était au-desso.us de la mémoire; c'est d'après celle fu-
mée embrasée qu'il pensait des faux énormes provenant des maul:
cfe l'amour de soi. lIais ebez l'Autre qui aimait Je ~ien eL le vrai, jl
voyais, quand il était livrU lui -même. comme une Oamme douce
qui d8scendait du ciel, et qui éclairait la région. de son mental
au-d8Slius de la mémoire. eL aussi la réSioD au-dessous de celte
mémoire jusqu'à l'œil. et que la lueur de celle flamme resplendis-
sait de plus en plus, selon que d'après l'amour du bien il percevait
eL pensait le vrai. D'après ces remarques il fuL évident pour moi
que chaque homme, tant le méchant que le bon, a un Libre Ar-
bitre spiriluel ; mais que l'Enfer l'éteint parfois chez les méchants.
eL que le Ciel l'exalte et l'enOamme chez les bons. Après cela. je
. conYersai avec l'un et avec l'autre. et d'abord avec celui qui limait
1& mal et le faux; et, après quelques questions sur 1I0D sort, lorsque

'8 LA. VRAIE.
je prononçai le mot de Libre Arbitre, il s'emporta, et dit: « Ab!
quelle folie de croire que l'homme ait le Libre Arbitre dans les
choses spirituelles 1Quel homme peut s'attribuer la foi et raire le
bien par lui-même? Le Sacerdoce aujourd'hui n'enseigne-t-il pas
d'après la Parole, que personne ne peut prendre que ce qui lui a
été donné du Ciel, et le Seigneur Christ n'a-t-i1 pas dit l ses dis-
ciples: S:ms lloi, ,ous ne pouvez rien faire Y Et l cel~ j'ajout",
que personne ne peut remuer ni le pied ni la main pour faire
quelque bien, ni remuer la langue pour prononcer quelque vrai
d'après le bien i c'est pourquoi l'Église par ses s,ages a conclu que
l'homme ne peul ni vouloir, ni comprendre, ni penser aucun spi-
rituel, ni même se disposer l le ,'ouloir, l le comprendre etlle
penser, pas plus qu'une statue, une soucbe et une pierre i el que
c"est pour cela que Dieu, qui a Seul une Puissance très-libre et
illimitée, inspire selon son bon plaisir la foi, qui, sans notre tra-
vail et sans notre puissance, par l'opérai ion de l'Esprit Saint, pro-
duit toutes les choses que les ignoranls attribuenl l l'homme .•
Ensuite je convenai avec l'Autre, qui aimait le bien el le vrai, et
après quelques questions sur son sort, lonque je prononçai le Plot
du Libre Arbitre, il dit: • Quelle Colie de nier le Libre Arbitre
dans les choses spirituelles 1 Qui est-ce qui ne peut pas vouloir et
faire le Lien, penser et prononcer le vrai de soi-même d'après la
Parole, ainsi d'après le SeiBneur, qui est la Parole YCar l~ Seigneur
a dit: "Faites des fruits (}(ms, et croyez·en la Lumibe; et aussi:
Aime.z-vous les uns les autres, et aime.z Dieu; puis: Cel1.1i qui
entend et fait mes préceptes, celui-là M'aime, et Moi je laime-
,.ai; outre mille passages semblables dans toute la Parole: A quoi
servirait donc la Parole, si l'homme ne pouvait rien vouloir ni rien
penser, et par suite rien Caire ni rien prononcer de ce qui Y'a été
commandé' Sans cette puissance chez l'homme, que seraient la
Religion et l'Église, sinon comme un vaisseau naufragé, qui est
au fond de la mer, et dont le pilote se tient au haut du mât, et
crie: Je ne peux rien i tandis qu'il voiL les autres marins s'échap-
per dans des barques après avoir hissé les voiles' N'a-t-il pas été
donné l Adam liberté de manger de l'Arbre de vie, el liberté de
manger de l'Arbre de la science du bien et du mal? et comme d'a-
prês sa liberté il a mangé de l'Arbre de la science, une fumée sortie
-
RELIGION CHRETIENNE. '9
du serpellt, c'est-à-dire, tic l'Rnfur, ellim dans son menl:.I, c'est
pour rel a qu'il full:ha:;li~ du lJ,u'adi:s et maudit; et cependanl il ne
perdit pas le Libre Arbilre, car on lit que le cbemin qui conduit à
l'Arl>re de vie fut sa'rdé par un Chérubin, ce qui n'a t'lé faH que
parce qu'il pouvait encore vouloir en manger.. Après qu'il eut
parlé ainsi, celui qui aimait le mal' et le faux répondit: • Je laisse
ce que j'ai entendu, el je garde en moi ce qlle j'ai avancé; qui ne
sait que Dieu seul est vivant et par suite actif, et que l'homme par
lui-même est mort, et par suite purement passin Commcnt celui
qui en soi est Dlort et purement passif. peut-il s'attribuer qllelque
choso de vivant et d'actif' A cela je r~pondis: • L~homme e~l un
Organe de la vie, at Dieu seul est la Vie, el Dieu répand 8:1 vie d:ms
l'O"v;ane ct dans Loules les parties de l'organe, comme le Soleil ré-
parid sa chalem' dans l'AJ'bre et dans Lou tes les parties de l'arbre;
et Dieu donne à l'homme de sentir cotie fie en lui comme sie' ne,
et Dieu veut qu'il la senle ainsi, aBn que, selon les lois de l'ordre,
qui sonl en aussi grand nomb"ë qu'il y li. rle Pl'écerles ,fans ln Pa-
role, l'ho.illl c vh'c comme par Ini-même, el se dispose fi recP,voir
l'Anlour do Dieu; mais uéanmoins Dieu lient contÏllUellemclI1 du
doi«1 le ni,'eJ\ sur la balance, el mOllère, mai!; ne vioie jaf!lais le
Libre AI hare par conlr.linte: l'Arbre ne pent rien recevoir de ce
que la Chaleur du soleil introduit par la. racine, à moins qu'il ne
devienne tiède el cbaud quant A chacun de ses filulIent!1; et les
éléruellis ne peuvent mon 1er par la racine, à moins que cbaeun de
ses fil2ments d'après la cbaleur reçue n'exhale aussi la chaleur, et
ne contribue ainsi au passage; 'de même l'homme d'après la cba-
leur de la vie qu'il a reçue de Dieu; mais l'Homme diffère de l'Ar-
bre en ce qu'il sent celle cbaleur comme sienne, quoiqu'elle ne
lui appartienne paE i tOlilerois, aulalll il croit qu'elle lui apllartient
eL non à Dieu, autant il reçoit la lumière de la vie, mais non la
cbaleur de l'amour prooédant Je Dieu; il reçoit au cODlrair(\ la
cbaleur de l'amour provenant de l'Enfer; el comme celle chaleur
est grossière, elle obstrue et bouche les plus purs rameaux de
l'Oriane, comme un sani in.pur les vaisseaux capillaires du corps i
ainSI de spirituel l'homme se rend purement nalurel. Le Libre
re chez l'bomme vient de ce qu'il senL la vie en sQi comme
Hie leen,nsdcce que Dieu 'laisse l'homme sentir ainsi, afin que se
u. 4

h
so LA VRAIE
fasse la conjonction, qui n'est possible qu'aulant qu'elle est réci-
proque; et elle devient réciproque, lorsque l'bomme d'après la
Liberté a~il absolument comme par lui-même: si Dieu n'811t pas
laissé lI-l'homme celle liberté, l'bornOIe ne serait point homme, et
il n'aurait point la vie éternelle, car la conjonction réciproque avec
Dieu fait que l'homme est homme et non une bête, el fait aussi
qu'après la morl il vit pour l'éternité; le Libre Arbitre dans les
cboses spirituelles produit cet effet •• Après avoir entendu cela.
cet esprit mauvais se relira i une certaine distance, et alors je vis
sur un arbre 110 serpent volant, qu'on nomme dipsade, qui pré-
sentait l quelqu'lin du fruit de cet arbre; et alors je m'approchai
en esprit vers l'endroit; et là, au lieu du serpent, Je vis un homme
monstrueux, dont la barbe couvrait tellement la face, qu'il ne pa-
raissait que le nez; el au lieu de l'arbre, c'était nn tison embrasé
près duquel se tenait celui dans le mental de qlli la fumée était
précédemmtnt entrée, et qui ensuite avait rejeté le Libre Arbitre
dans les choses spirituelles; et tout-l:coup une semblable fumée
sorlit, du tison, et les enveloppa l'lin et l'alltre; et comme ils
furent ainsi soustraits à ma vue, je m'en allai; quant l,celui qui
aimait le bien et le vrai, et qui avail souteDlI que l'homme a le
I.ibl'e Arbitre dans les choses spirituelles, il Ill'accompagna à la
maison.
303. TaolslÈMB MÉMORABLE. Un jour j'entendis un bruit comme
1
le frollement de deux meules de moulin l'une contre l"autre; je
1 m'approchai vers ce bruit, et il cessa, et je vis une porle étroite.
conduisant obliquement en bas vers une maillon vo"Otée, où ilf
avait plusieurs Chambres II.vec des cellules, dans chacune des-
quelles étaient assiM denI Esprits qui recueillaient dans la Parole
des passages confirmatifs de la justi6ccltion par la foi seule, l'lin re-
cueillait et l'autre écrivait, et cela alternativement. Je m'approchai
d'une Cellule, qui était anprès de la porte, et je demandai ce qu'ils
recueillaient el écrivaient. Ils dirent: • Des passages sur. l'ACTE
DB LA JUSTI"CATIO~ 011 sur la FOI EN ACTE, qui est la Foi même
justifiant, vivifiant et sauvant, et la Tête des doctrines de l'Église
dans notre Christianisme. D Et alors je dis l l'un d'eux: • Racont&-
moi quelq,ue signe de cet Acte, quand celle Foi est introduite dans
le cœur del'holnme. » Il répondit: • Le sÏ'Sne de cet .Acte existe
Di

RELIGION CHRltTIENNE. BI
.au moment où l'homme, pénétré de la douleur d'être damné, el
placé dans celte contrition, pense que le Cllrist a Oté la damnation
.de la Loi, et saisit ce mérite du Christ avec confiance et s'adresse,
.avec cela dans la pensée, l Dieu le Père et le prie." Alors je dis:
.. C'est donc ainsi que se fait l'acte, et c'est donc là le moment! •
Et j'ajoutai: «Comment comprendl'ai-je, ce qui esl dit de cet
ACle, qùe rien de l'homme n'y concourt, pas plus que rien n'y
-eonco,urrait, s'il étail une souche ou une pierre; et que l'homme •
.quant l cet Acte, ne peut rien commencer, ni vouloir, ni compren-
odre, ni penser, ni opérer, ni coopérer, ni s'appliquer" ni s'adap-
ter ! Dis-moi comment cel,) s'accorde avec les paroles, que l'Acte
.a lieu lorsque l'bomme pense au droit de la loi, à sa damnation
~tée par le Christ, lia confiance Ivec laquelle il- saisit ce mérite
.au Christ, et qu'il s'adresse, en pensantl cela, l Dieu le Père et
le prie? Toutes ces choses ne se fonl-elles pas par l'homme! ..
Mais il dit: u Elles sont faites par l'bomme, non activement, mais
passivement. " Et je répoldis: «Comment quelqu'un peut-il (len-
ser, avoir confiance et prier passivement! Ote 1 l'homme l'aclif.
et alors le coopératif, ne lui OteS-lu pas aussI le réceptif, ain~ tout,
et avec lout l'Acte lui" même? Qlle devient alors ton ACle, sinon
.quelque chose de purement idéal, qu'on appelle être de raison!
J'espère que tu ne" crois pas, avec quelqu8tl-uns. qu'un leI Acte
D'a lieu que chez les Prëdestiués, "qui ne savent rien de J'infusion
de la foi chez eux; ceux-ci peuvent jeter les dés, et chereher par
Il si la foi a été infusée en eUI, ou si elle ne J'a pa, élé: Crois
donc. mOIl ami, que l'homme, quant à la foi et à la charité, opère
par lui-même d'après le Seigneur, et que sans cette opération Ion
a:lle de roi, que tu as appelé la Têle des Doctrines de l'Église dans
le Christianisme. n'est que la stalue, femme de Loth, ne r.endan t
d'aulre SOli que celui du sel, emeurée par la plume de J'écrivam,
GU par l'ongle de son doigl, - Luc. XVI. 32 i -j'ai dit cela,
paree que vous vous failes vous-mêmes, quant à cel Acte, sem-
blable à des slatues. • Quand j'eus dis ces mots" il saisit brus-
-quemBnt le chandelier pour me le jeter à la face, el alors la chan-
.dello s'étant tout-à-coup éteinte, il le lança au front de son com-
palnon i el je m'en allai en riant.
!S06. QUATRl&MB HiNORABLB. Je vis dans le Monde Spirituel.
n2 LA VRA.IE

deux lroupea1:1x, l'un lie liuu(:s et l'aulre de BRBBIS: je me de-
mandai av~c étonnemenl qui ils étaient; car je s:l\'ais que les Aui-
maux vus dans le Monde ~I)irituel ne sont pas des .\niruau:c, mais
les Correspondancos de!; affections et des pensées de ceux qui sont
là; c'est pourqlJoi j'al'prochai plus près, et l mesure que j'appro-
chai, les ressemblances d;animaux dilZparaissaient, et à leur place
je voyais des Hommes; et il me rut m::mifesté quo ceux qlli com-
posaient le Troupeau des Boucs, étaient ceux qui s'étaient conlir-
més dans la Doctrine da la Justification par la Foi seille; et que
ceux qui composaient h, Troupeau dl's Brebis, éUlient ceux qui
avaient CI'U 'lue la Charité et la Foi SOlit un, COlIIlDe le Bien et le
Vrâi sont UII, Ct alors je conveM;ai avec ceux qui avaient été vus
comme Pour.'!, et jo di~: Pourquoi avez VOliS ét~ ain~1 l'ast:em-
Il

blés!. r:l phll'ar.t étaient des membl'es du Clergé, qui s'étaient


ilorifié.i de leur renolllmée '(('érudiLion. parce qu'ils concaissaient
les Arcanes rie la jll~tilicat ion par la foi seille, Ils dirent qu'ils
étaienL Il!\''olllblés pOlir lenir un Concilo, p:lrce qu'ils avalent en-
tendu dil'c que ce Passage de Paul, - Rom, 111. 28, - L'/tomme
est j ,,:tifié par la Foi salls (;'f:lIvres de loi, n'avait pas été bien
co 1\'iC;·, ea qui était affirmé de la manière suivanle: TIant: ce pas-
sage par 1.. Foi P11U1 a enlenrlu, non ra,~ la .,'oi do J'Église d'au-
JOllrd'hni. qui est en Trois Persqnnes Divines ue toute éleruité,
mais la l,'oi an Sei~ncur Dieu Sau\'eur Jésus-Christ; et par OEuvres
de Loi il a entendu, non pu~ le.'I OEuvres de la Loi du Déca-
logue, mais l'eS OEnvres de la L~i de Iloise, qui élaient pour les
Juifs; el ainsi, de ce peu de IllOts, on a conclu par une mauvaise
interprétation deux éilormes f:lUssetés, qui sonL, d'avoir entendu
la Foi de l'Église d'aujourd'hui, et les OEuvre.s de la Loi du Déca-
logue; que Paul ait entendu, non pas ces OEuvres, mais les OEu-
vres de la Loi de Moïse, qui étaient pour les Juifs, on le voit clai-
rement d'a!lrès-ses paroles à Pierre, auquel il reprochait de judaïser,
quoiqu'il sùt que personne 7I'ftst justifié par des OEuvres de Loi,
mais par la foi de Jésus-Christ, - Gal, II, U, i5, t6; - par
la foi de Jésus-Christ, c'est par la foi en Lui el par Lui, voir ci-
dessus, N° 338 ; e~ comme par des OEuvres de la loi il ·entendait
les Œuvres de la (.oi de Moïse, c'est pour cela 'qu'il fiL une dis-
inclion entre ]a Loi de la foi el la toi des œuvres, el entre les
r RELIGION CHR€TIENNE.
Juifs ei les Gentils, ou enLre la Ciroonoision eL le Prépuce, et par
S3

la Circoncision est signifié le judaïsme, comme partout ailleurs;


et même il conclut par ces mols: Abrogeo7iS-nous donc la Loi
par la Foi? Tant s'en faut, mais nous al!ermis'J01lS la Loi;
il diLloutos ces choses en UDe m~me série, - ROID. Ill. !7, 28, 29,
. 80, 3t ; - el il dit aussi dans le Chapitre qui précède: N(m pas
les auditeurs de la Loi seront justifiés par Diell, mais ceuz qui
fmztla Loi seront justifiés. - Rom. Il. t3; - el aussi: Dieu
rendra à chacu" selon ses œUrJres. - ROID. n. 6 ; - ct encore :
Il faut Sile tous 'wus SOYOIIS manifestés devmlt le Td.hullal de
Christ, afin que cltaczln ,'apporte ce qu'il a fait par le corp."
soit bien, soit mal. - Il. Cor. V. tO i - outre Illusiours autres
passap:e:.; qu'on trouve chez lui; d'où il esl évidcnl que Paul a
rejûlé la roi sans les bonnes Oeuvres, 'comme la rejeue Jacques,
- EpU. H. t7 à 26. - Que Paul ail entendu les OEuvres de la
Loi de i\ oise, qui étaient Ilour les Juifs, c'est ce èlont nous 3\'ons
en oull'" la confirmation, en ce que dans Moise tO!IS les Statuts
pour les Juifs sont al'pclés loi, ainsi œuvres de la Loi, ce que
1I0US voyons d'après ceux·oi: Voilà la Loi de la .llillcltah,-
Lé\'it. YI. 7, tI el suiv. - Voilà la Loi pow' r llolucazLste, pour
la Jf'lzcllalt, pou,' les sacrifices du pécM et du délit, pour les
ImplOtions. - LéviL. YII. 3i. - Voilà la Loi de la 1 t:.e et de
l'Ciç(]" 1. -I.th-il. XI. 46 et s:liv. - l'oilà la Loi de cel/C' 'juien-
fan/o, }JOUI' le /lIs ou pow' la fille. - Lévit. XII. 7. - roil i la
Loi de /0 lèp,'e. - I.évit. XII. 5J. XVI. 2, 32, 1$4, ~7. - Voilà
la Loi de qui est al/ecté de flux . ......:. Lé\"it. xv. 32. - foildla Loi
de la Jalou,çie. - N'omh. V. 29.30. - Voilà la Loi clu !ùl.:;;réim.
- Nomb, VI. ta, 21. - Voilci la Loi de lapllrification. - Nomb.
XIX. (4. - Voilà la Loi sur la Vacllf~ ,'ousse. - Nomb. "'.IX. 2. -
La Loi patti· le Roi. - Deutér. xrn. us li. i9 ; - bien Illus, tout
te Livl'e de ~lloise est appelé la Loi et le Livre de la Loi, - Deu-,
tér. XXXT. 9, H, Hl. 26; et aussi dans I.no, Il. 2~. >.XIV. U.
Jean, 1. 46. VII, 22, t3. VIII. 6 ....... A cela on a ajouté aussi qu'oll
a vu dans Paul qu'il rant vivre selon la Loi du Décalogue, et qu'elle
est accomplie par la Charité, - ROIl1. xm. 8. 9, 10, i t ; - III qu'il
dit qu'il '!I a trois choses, la Foi, l'Espérance et la Cllarilé, et
t}~ la plus grande des trois eslla Charité, - l,' Cor. XW. tS,

n
LA. VRAIE
-" ainsi, ce n'est point la Foi" - Ils dirent que c'était pour ce su~
jet qu'ils avaient été convoqués. Mais pour ne pas les troubler, jlt
me retirai i eL alors ils furent vus encore de loin comme des Boucs-,.
et tantôL comme coucbés, eL tantôt comme debout, mais ils se dé-
tournaient du troupeau de brebis; ils apparaissaient comme cou-
chés quand ils délibéraien t, et comme debout quand ils concluaient;.
je tins mes reBards fixés sur leurs Cornes, et fétais étonné de ,oi~
que les Cornes sur leurs fronts apparaissaienttaDLôt tournées en
avant et en baut tantôt courbées en arrière vers le dos, et enfin
tout à fait recourbées en arrière i eL alors ils se tournaieni subite-
ment vers le Troupeau de Brebis, mais ils apparaissaient toujours.
comme des Boucs; c'est pourquoi je m'approchai de nouveau, et
je leur demandai où ils en étaient. Ils répondirent qu'ils avaient
conclu, que l~ Foi SeuIl produit les Biens de la Charité, comme
l'Arbre produit les Fruits: mais alors un tonnerre se fit entendre~
et la roudre fnt vue en haut i et peu après un Ange apparut, se te-
Dant entre ces deul Troupeaul, et il cria au Troupeau de brebis:
• Ne les écoutez point; ils n'ont point renoncé lIeur ancienne Foi,
qui est que la Foi seule jUliLifie et sauve, et que la charité actuelle
De fait absolument rien i la Foi non plus n'est point l'Arbre, c'est
l'homme qui est l'Arbre i mais faites pénitence et tournez vos re-
gards vors le Seigneur, et vous !lurez la foi; la Foi avant cela n'est
pas une Foi dalls laquelle il y ait quelque chose de vivanl. » Alors
les Boucs ayant les cornes recourbées en arrière voulurent s'ap-
procher des Brebis; mais l'Ange qui se tenait entre eUI divisa les
.drebis en deux Troupeaux. el il dit aux brebis de la sauche: • Joi-
gnez-vous aux. Boucs; mais je vous dis qu'il vien"dr!l un Loup, qui
les ravira, et VOUI' avec eUll:. D
Mais !ll'rès que les deux Troupeaul de brebis eurent été sépa-
rés, et que ceux de la gaucbe curent entendu les paroles mena-
çantes de l'An~e, ils se regardèrenL mutuellement el dirent: • Con-
férons avec nos anciens compagnons .• Et alors le Troupeau de la
gauche s'adressa au Troupt'au de la droite, en disant: • Pourquoi
vons êtes-vous séparés de nos Pasteurs' La Foi et la CbariL6 De
sont-elles pas un, comme l'Arbre et le Fruit sont un r En elet,
l'Arbre par les branches est conLinué dans les fruits i arrachez d&
la branche quelque partie par laquelle l'arbre influe par contiDuité-

l
D

RELIGION CHRETIENNE. IHS


dans le fruit, est-ce que le fruit ne périra point et avec le fruit
ohaque semence qui pourrait donner naissance 1 un autre Arbre r
Demandez l nos Prêtres s'il n'en est pas ainsi. Et alors ils le de·
mandèrent, et les Prêtres regardèrent de tout cOté vers les autres,
qui leur firent sipe des yeux de dire que ceul-ll avaient bien
parlé, et après cela ils répondirent: • Vous avez bien parlé; mais
quant à ce qui concerne la conLÏnuation de la foi dans les bonnes
œuvres, comme de l'arbre dans les fruits, nous connaissons plu-
sieurs arcanes qu'il n'est pas à propos d'exposer ici; dans le lien
ou le fil de la Foi et de la Charité il ya plusieurs petits nœuds que
nous seuls prêtres pouvons délier. • Et alors l'un des Prêtres, qui
élait parmi les brebis de la droite, se leva et dit: • Ils vous ont ré-
pondu que la chose est ainsi, mail! aUI leurs ils disent qu'elle n'est
pas ainsi, car ils pensent autrement .• En conséquence ils deman-
dèrent: • Comment pensent-ils alors r est-ce qu'ils ne pensent pas
comme ils enseiinent. • Ce prétre leur dit: • Non, ils pensent que
lout bien de la charité, qu'on appelJe bonne œuvre, qui est fait par
l'homme pour le salut et la vie éternelle, n'est pas le bien en la
moindre partie, par la raison que l'homme par l'œuvre venant de
lui veut se sauver lui-même, s'attribuant la justice et le mérite ql1i
n'appartiennent qu'au Sauveur, et qu'il en est ainsi "de toute bonne
œuvre, dans laql1elle l'homme sent sa volonté; c'est pourquoi ils
affirment qu'il n'y a absolumènt aucune conjonction de la foi et
de la charité, et que même la Foi n'est ni retenue ni conservée par
les bonnes œuvres •• Mais ceUI du Troupeau de la sauche dirent:.
a Tu profères des mensonges contre eux; est-ce qu'ils ne prêchent
pas ouvertement devant nous"la charité et ses OEuvres, qu'ils ap-
pellent œuvres de la foi r • Et le prêtre rêpondit: • Vous ne com-
prenez pas leurs Prédications, l'homme du clergé qui J assiste
entend seul et comprend; ils pensent seulement une Charité mo-
rale et 'ses Biens civils et politiques, qu'ils appelent biens de la
foi, et qui ne le sont nullement, car l'athée peut les faire pareille·
ment et sous la nême forme; aussi disent-ila unanimement que
personne n'est sauvé par des œuvres, et ne l'esl que par la foi
seulé: or, ils illustrent ceci l,ar des comparaisons; ils disent que
l'Arbre fruiLier produit des fruits; mais si l'homme fait des biens
pour le salut, oomme cet arbre produit des fruits par continuité,
G6 LAVRAl.E
alors ces fruits sont intérieurement pourris el pleins de vers; ils
disent aussi que le Cep produit des raisins, mais que si l'homme
faisaiL des biens spiriLuels, comme le cep fait des raisins, il ferait
des raisins ~auvases. • Alors ils demandèrent: • (luels sont dGnc
pour, eux les biens de la Charité ou les œuvres qui sont des fruits
de la foi? • Il répondit: • Pent-être sont-ce des choses impercep-
tlbles quelque 11art près de la roi, avec laquelle cependant elles
ne sont lias cohérentes i elles sont comme l'ombre qui suit l'homme
par derrière, quand il re~'8rde vers le soleil, ombre qu'il ne re-
marque pas il moinR qU'il ne se retourne; je peux même dire
qu'clles l'ionl cOlllme les queues des chevaux. que l'on coulle au-
jourd'hui en heaucoup de payR, en disanL: A qnoi bon! Ellos ne
servent Q rien, si 011 les laisse au chcval, elles se salissent facile-
meut. »EII enielldllllt ces mols, J'un de CCliX qui élclilluL du [rou-
peau ~auche de hrehis, dit avec indignation: • Il Y a cerlCs quel-
que con jonc lion , autrement comment ces bicns peuvent-ils élre
appelés œuvres de la foi' Pelll-être que les biens de la charité sont
inslIlué:, par Dieu dans Jes œuvres ,'olonlaires de l'boll me par
quelque innul, ainsi par quelque affection, aspiration, inspiration,
incilation eL excitalion de la "OIOllté, rar quelque tacite percep-
tion d'Il'l la pensée, et titi là JIu l'exho,talion, I~ co Ilrilinn et
ainsi pal' la conscience, et par suHo lar obligation (ad( (. in), par
01 ï Il'O au Déor.10 6ue et à la 1al·ole. comme 1 n pcr:l ~ r lL ou
, eOlOllle un sage, ou par quelcJup. antre OIoyon S( 1 !Jlallie il CLIIX-ci;
autrement cGmmenl peuvent-ils êLre aIl clés fI'II;'s da 1:1 foi 1 • Le
PI"être répondit: u Non, et s'ils dillent que cela se rait par quelque
chose de .el, ils le mêle lt toujours lInns leu~ discours a\'oo dos
mots, dont il rtSsulte que ce n'est pas d'3pl'ès 1, roi, 'l1'e1'lIICs-uns
néanmoins donnent de semblables raisor.s, mais COUR simms DE
LA. FOI, ET NON' GOlUIE LIENS PE J.A FOI A\'EC LA CRARITt; cepon-
dant il en ost quelques-uns qui ont imaiiné ulle conjonction par
la Parole. » "EL alors ils dirent: a La conjonction n'6~islerail-eIl8
pas ainsi? • Mais il répondit: • Ils ne le pensent pas; Ir/ais ils pen-
1
sent que c'est seulement par l'audition de la Parole, car ils sou-
tiennent que touL rationnel et tout volontaire de l'homme dans
1 les choses de Ja foi sont Impurs et méritoires, parce que dàns les
choses spirituelles l'homme ne peut comprendre, vouloir, opérer,
RELIGION CHIŒTIENNE. B7
coopérer pas plus qu'une souche. » Irais l'un des membres, ayant
entendu que l'homme est cru lei dans toutes les choses qui appar-
liennentàla foi et au salut, dit: .. J'ai entendu quelqu'un qui di-
sait: J'ai plan lé ulle visne, maintenant je boirai du vin jusqu'à l'i-
vresse; mais un autre lui dit : Ne boiras-tu pas ce vin dans Lon verr~
à J'aide de la main? Et il dit: Non, mais daus un verre invisible l
l'aide d'une main invisible! et l'aUlre répondit: Certes, alors 10
ne t'enivreras pas. Il Ensuite, ce même homme dit: • Mais écou-
tez-moi, je \'ous prie, moi je VOliS dis: Buvez du vin d'après la
Parole OOOlllrise; ne savez-vous pas que le Seigneur est la Parole!
La Parole uc vienl-elle pas du Seigneur' N'est-il pas Lui-IJème
dans la Parole r Si donc vous failes le bien d'après la Parole, ne
le faites-vous pas d'après le Seigneur: d'après sa bouche et d'a ..
t1rè,; sa ,·olooté r Et si aiors vous l,orlez vos regal'ds \'ers le Sei-
1gDeUl', Lui-l'Mme aussi vous conduira et vous enseignera; et vous.
l'OUR forez le Ilien par vous-mêmes d'après le Seigneur; celui qui
f::.it quelqlle chose d'après un Roi, d'après Ja bouche ou l'ordre de
ce Hoi, peuL-il dire: Je fais cela d'après ma bouche ou mon ordre
et d'après ma volonlé ? D Puis il se 100Irna vers le Clergé, et ~it:
. ,,1 inistres de D.eu, ne séduisez )la~ Je Troupeau.» A ces mots,
la plus grande parLie du Troupeau de la Gauche se retira, et alla
se.joiudre au Troupeau de la droite. Quolques-uns du clorgé di-
'8aient m~llIe: • NOlIS venons d'enrendre ce que nClis n'al ions pas
1 encore enlendu; nOlis sommes Pasteurs, nOlis n'abandonnerons
pas les Brebis: » Et ils se retirèrent avec elles; ct ils disaienL: u Cet
1 Homme a parlé selon la vérilable Parole; qui est-ce qui peut dire,
10l'llqu'il fait d'après la Parole, ainsi d'après le Seigneur, d'3prè.~
]a bouche et la volonté du Seigneur: Je fais d'après moi r Qni est-ce
qui dit, lorsqu'il fait d'après ]e Roi, d'après la bouche el la volon lé
de ce Roi: Je fais "d'aprè:; moi YNous, mainteQant, nous voyons la Di-
vine Providence, pourquoi on n'a llas pu trou ver la conjonction de la Foi
et des bonnes Œuvres, qui a été recon!lue lIaI' la Sociélé Ecclésias-
tique i elle n'a pas pli êlre trouvée, parce qu'elle n'a pas pu exister,
oar ce n'éLail pas la Foi au Seigneur 'lui est la Parole, eL par suife
ce n'était pas non plusla Foi d'après lal)arole.» lIais lesautreli Pr6-
·'res, qui étaient du Troupeau de.~boucs, s'en allèrerit; et ils·aGitaient
leurs bonnets et criaient: La Foi Seule, la Foi Seule vivra toujours.
B8 LA. VRA.IE
B07. CINQUlÈIII IIUORABLB. J'étais en conversation avec des
Anges; et, pour dernier sujet, nous parllmes sur la convoitise du
mal dans laquelle chaque homme est par naissance; l'un d'eux
dit: • Dans le Monde où nous sommes, ceux qui sont dans la con-
Il voitise nous apparaissent, à nous anges, c~mJII.!,-fous, mais eux
.:'- • se voient comme souverainement sages; c'est pourqùoi, afin qu'iÎs
loient tirés de leur folie. ils sont mis tantôl dans cette foUe, et
tantÔt dans le rationnel qui chez eux est dans les externes; et
dans ce dernier état ils voient, reconnaissent et avouent leur folie,
mais néanmoins ils désirent ardemment passer de leur élat ralio-
Del dans leur état de folle, et ils s'y élancent aussi comme s'lili
passaient de la co~trainte et du déplaisir dans la lib1rté et dans. le
. plaisi.r; ainSI c'est la convoitise, et non l'inteJligenC8, qui les ré-
(
jouit intérieurement. n y a trois Amours universels, dont tout
homme par Création a été composé: L'Amour du prochain, qui
est aussi l'Amour de Caire des usages, cet amour est spirituèt"; l'A-
mour du IJomte, qui est aussi l'Amour de posséderles richesses,
cet amour.est matériel; et l'Amour de soi" qui est aussi l'amour
de dominer sur les aûtres, et oet amour ~ coreo~: J'homme est
véritablemen..!JlplDme, lor5que l'Amonr du prochain ou l'amour
de faire des usages fait la Têle, que l'Amour du Hon de ou l'a-
mour de posséder des richesses rait la Poitrine et le Venu'e, et
que l'Amour de soi ou l'Amour de d,ominer fait les Pieds et les
Plantes des pieds; mais si l'Amour du monde fait la Tête, l'homme
D'est homme que comme UII bos.-;u ; et si l'AmQ!'!'!, de soi fait la
---' Tête, il est comme un homme q'ui se tieut, non sllr les 'pieds, mais
3 ( sur les paumes des mains, la tête en bas et les jambes en baut.
Quand l'Amour de faire Ilus usages fait-la Tête, et que les deux
autres amours font en ordre le corps et les pieds, cet homme, vu
du Ciel apparait d'une fac" angélique avec un bel arc-en-ciel au-
,tour de la tête; mais si l'Amour du monde on des richesses fait la
2. tête, l'homme vu du Ciel, apparaft d'une face pâle comme celle
d'un mort, avec un cercle jaune autour de la tête; et si l'Amour
de soi ou dominer sur les autres fait la tête, l'homme, vu du
Ciel: apparait d'une race noire em~rasée aveo un oercle blanc au-
tour de la tête. Alors je demandai ce que représentaient les Cer-
li)

cles autour des têtes; ils répondirent: «Ds représentent l'intelli-


RELIGION CHR~TIENNE. 89
pnce; le cercle blanc autour de la tête de la face noire embrasée
repr~sente que l'intelligence de l'homme est dans les extemes, ou
autour de lui, et que la folie est dans les internes ou en lui; et
A même l'homme, qui est tel, est sag~J..Qrsqu~i1 e~t dans le corps, 'et
~ (C!gJQ.llqu~ihst dans l'esj!rit ; et nul homme n'est sage dans l'es..
ft prit, si ce n'est par le Seigneur, ce qui arrive quand il est de nou-
JJveau engendré et créé par le Seigneur." Aprés qu'ils eurent ainsi - - -
par~lé la terre s'ouvrit A ma gauche, et par l'ouverture je vis mon-
ter n DiabÎê 'une race noire embrasée avec un cercle blanc au-
tour de a Tête, et je lui demandai: Cl Qui es-tu! " n dit: Cl Je suis
Lucifer, fils de l'aurore; el, comme je me suis fait semblable au
Très-Baut, j'ai été précipité, comme l'a décrit Ésaie, chap. XIV. »
Toutefois, ce n'était pas Lucifer, mais il croyait l'être; eL je lui
dis: tIC Puisque tu as été précipité, comment peux,.lu t'élever de
l'Enfer! » EL il répondit: or U, je suis Diable, mais ici je suis lin
Ange de lumière; ne vois-iu pas ma tête entourée d'un cercle
~Ianc ; et même, si lu veUl, tu verras que je suis moral parmi
ceul qui sont moraux, et rationnel parmi ceul qui sont .llI.ÛQn-
.nels, et même spirituel parD1i ceul qui sont spirituels i Œ]'u
aussi precher.• Je lui dis: «Comment as-tu prêché! Il répon-
Jl
dit: Il Contre les fo'urbes, contre les adultères, et contre tous les J
amours infernaul; et même alors, moi Lucifer,"'j'ai !p-pelé Lucifer ~

r Diable, et me ~is maudit en le ma~ssant ; et, comblé de louanges


pour cela, j'ai été élevé au Ciel; de là vient que j'ai été appelé ,fils
de l'aurore: et, ce qui m'a étonné moi-même, c'est que, l~~e
j'étais dans la cha~re, je pensais absolument que tout ce que je di-
sais était juste eL bien; mais la cause m'en a été découverte, c'est
que j'étais dans le ex.teJ:pes, et qu'alors 18..41 .externes avaient été
[ séparés de mes interneS i et, quoique cela m'eùt été déeouvert, je
D'ai pu néanmoins me changer, parce que je m'étais élevé au-
dessus du Très-Haut, eL soulevé contre Lui.» Je lui fis ensuite
cette question: • Comment as-tu pu parler ainsi, quand toi-même Il'~
tu es fou,rl!.é et adultère! Il répondit: • Autre je suis qlland je JI
1 më trouve dans les .e~es ou dans Je ~orps et autre, quand je
2. luis dans les interpes ou dans l'esprit; dans le corps, je suis AnBe;
mais dans l'esprit, je suis Diable; car dans le corps, je suis dans
l'entendement; mais dans l'esprit, je suis dana Ja.-!o~é; or,

ft
..

60 LA VRAIE
"entendement me porle en baut, mais la volonté me porte en bas;
et lorsque je suis dans l'entendement, un Cercle blanc entoure ma
Tête, mais lorsque l'enLendement se soumet entièrement à la vo-
lonté et qu'il esttOl~t à elle, ce qui est notre del'nier sort, le cer-
cle noircit et se dissipe; une fois dans cet état, je ne puis plus
monLer dans celle lumière. • Mais lout-ll-coup, ayant vu les Anges
qui étaient cllez moi, sa t'ace et sa voix s'enflammèrent, et il de-
vint noir, même quant ail cercle qui élait autour de sa tête, et
il tcmh, dans l'Enfer par'l'ouverture par laquelle il élail monté.
Ceux 'iui étaient présents tirèrent de ce qu'ils venaient de \'Oir et
d'tlnh~I .. re cetle conclu!loion, que l'homme est lei qu'esl sa Volonté,
,et non tel qu'est SOD Entendement, puisque la "olonté entraiDe
facilemcn lit! son côté l'I~ntendement, ei le soumet. Alors je de-
ma Jai a \ .\nl',es d'où ,'cnaiL 3l'X diables la rnliol'a1ilé; et' ils
dirent lJu'elle venait de la sloire de l'amour de soi, car "amour
, de soi est entouré de gloire, varee quo la gloire c!O.t la splendeur
du feu .le cel amour; et celle Rloire élè"e l'entendement presque
1 d:ws la lumière du Ciel, car l'J~I~.LencJelJient cbez ohaque llomme
est susce"tible d'êlre élevé selon les connaissances, mais -:--. llbID-
:6 lon~é 1 e 1euL êlre élevée que paf la vie selon les vrais de l'Église
ëï<ie la n1ison . de là viem que les A'tlté~ cux-mêmes, qui sont
./ dans Il glOire de la renommée d'après l'alllOur de soi, et par suite
l d'1 lt. r. lI. de l~ propre inLBlIigenoe, jouissenL d'Ille. raLioDalité
pl]!s s,lhlilllO que beaucollr1 d'autres; mais c'est. )O/b4u'ils sonl
dans la pensée de 1'F;n.' Il.!Jmnenl, el Don lorsqu'ils ~Oi1t daus l'a-
mour le Iii. TOlo'llé j et ·l'amour de la Volonté possède l'homme
Intel'lIO, mai~ 13 l'easée dc J' b:ntc!lrlument possèùtl l'homme Ex-
r' tel'[Je. :rfiLl ..yA~.no\ls donna le motif pour lequel l'homme a
été cOUJ:lO~é de ces trois Amour!l, sa~oi\', de l'amo.lr ~e l'U~age.
de l'dllOllr du i\lpnde et de "lIl11our_ (le Soi j c'cst aOn que--fIiOmme
pense d'apI è; Dieu, qlloi,[uC absolu~ent comme d'après lui-même;
ÎlUOIlS IliL que dans le Menlal de l'homme les suprêmes ont été;
" lournés e!l lllli.lL vers Dieu, les ~o~ns en dehors vers le Monde.
_. . et les infillles ell bas vers le corps; et, comme les infimes ont éLt
1 tournés eil bas. l'homme pense absolumenL cpmme d'après lui-
1

méDle. quoique cependant ce !loiL d'après Dieu.


1I08. SlxIEalB IIÉJlonuLE. CI Un jour il m'apparut un Temple
[,
-
RELIGION, CHRÉTIENNE, 6i
» mainifique de forme cllrrée, dont I~ Toit était, à l'instar d'nue
Il couronne, voOté en dessus el élevé tout autour; ses murailles
Il étaient de continuelles Fenêtres de Cristal; sa Porte, d'une sub-
l! stance de perle; à l'intérieur, du côté méridional vers l'occi-
Il dent, était une chaire, sur laquelle à droite reposait la Parole
Il ouverte entourée d'une sphèrc de lumière, dont la splendeur se
» répandait autou,' de Ioule la chaire et l'éclairait; dans le milieu
_ du Temple était le sanctuaire1 devant lequel il y avait un Voile,
_ mais alors soulevé, où se tenait un Chérubin d'or ayaut à la main'
• une épée qui se tournait de côlé et d'autre. Tandis que jo "oyais
)0 ces objels, il influllil dans ma mMitation ce que chacun d'eul
.. sisoifiait, à savoir, que ce Tomple signifiait la Nou\'olle Église; la
_ Porte de substance de perle, l'enlrée dans ceUe Église; lc<:~­
- tres de Cristal, les Vérités qui l'éclairent; la Chail'o, Je Sauer-
!) do ce et les prédications; la l'al'ole ouverte sur la cl.:l!r6 6l éclai-

_ rant la partie supérieure'de celte chaire, la révélJlio,l de son


» sells interne, qui eslle sens spi1'itufll ; le S.. nctuah'e li le Idi-
- lieu du lCllll'lu, I,!L çOBjonclio de cet t"lise av"c l\l l:icl :1.0-
• géIique, le Chéruhin d'or, la P,Jro!e dans le sens do 1:1 leUre;
• l'Épée qui Re ,Lournait dans sa main, signifiait que C:3 s"r~ peut
D êll'tl tou IIc!B de différentes manières, pourvu quo cilla • .)iL t'aiL en
- l'al'pliqu:l.llt à quelque Vérité i le Voile soulevé de\'antlc rI t 1 UbID, '
- siBnifiait (flle maintenant la Parole a été ouverLe. Ensuita, IOl'sque
- je m"pproè-hai plu~ pl'ès, je vis sur la Porte celte Inscril'lioD:
_ MAINTENA~T IL EST PElmIS, ce qui signifiait que maintenant il
, - est permis d'entrer intellectuellement dans les Arcanes de la
• foi. "En voyant celle Inscription, il tomba dans ma pensée, qu'il
- est très-dangereux d'entrer par l'entendement dans les dogmos
- de la foi, qui ont été forgés d'après la propre intelligence. et par
• suite d'après les rallx, et qu'il O!;t encore plus dangereux de les
Il confirmer d'après la Parole; par là l'entendement est ferlpé par

- le bau t, el peu il peu par le bas; et cela, au pOlOt que les choses
D théolosiques sonl non..,seulement dédaignées, mais même obli-

li térées, comme l'écriture d'un papier par les teiines, et la laine


!) d'un drap par les mites, et l'entendement reste seulement dans

., les choses politiques qui concernent la vie de l'homme dans le,


~ sou\'ernemen t sous lequel il est, dans les choses civiles qui

..
.,
82 LA. VRAIE
• apl'artiennent 6 sa fonction, et dans les, choses doml!SLiques
• qui appartiennent à sa maison; dans les unes et les autrell il
• s'attache continuellement à la nature, et d'après les aUrails de
1) ses voluptés il l'aime comme un Idolâtre l'imase d'or qu'il porle

1) danll l'on sein. Comme les dosmes maintenant dans les ÉSliS8S

• Chrétiennes d'alljourd"bui opt été composés Don pas d'après la


• Parole, mais d'après la propre intellisence, et par conséquent
Il d'après des faux, e' ont alssi été confirm6s par quelques pas-

• sages de la Parole, c'est pour ceUe raison que la Parole, d'après


• la Divine Providence du Seisnelir. a été enlevée aux Lai'l!!.8S
• chez les Catholiques-Romains, et que chez les Profestants elle a
» été ouverte, mais néanmoins fermée par cette sentence &énérale
Il toujours dans leur bouche, ·que l'entendement doit etre mis SOll8
• l'obéissance de leur foi, Hais dans la Nouvelle Éslise, c'est l'in-
• verse; il Ya 6Lé permis d'entrer et de pénétrer par l'entendement
• dans tous les secrets de la Parole, et aussi de les coufirmer par
Il la Parole; et cela, parce que ses Doctrinaux sont une chatn~ .cie

• V~rités que le Seisneur a dévoil~es par la Parole, et que les


• confirmations de ces Vérités llar les rationnels font que l'En-
I) lendement tst ouvert par le baut de plus en plus, et est ainsi
1) élevé dans la lumière dans laquelle sont 16S Ang&l du Ciel; et
» celte Lumière dans son essence est la Véri.~é, et dans celte Lu-
• !Di ère la reconnaissance du Seisneur comme Dieu du Ciel et ~e
Il la Terre resplendit dans sa Piloire.1 Cela est entendu par l'Ins-

Il crivtiolJ sur la Porte du TelDple: MAINTENANT IL EST PERMIS,


» eL aussi en ce que le Voile du Sanctuaire devant le Chérubin
• était soulevé; en e'et, la Maxime de la Nouvelle Eglise eSI, que
Il les raus,'letés bouchent l'entendement, et que les vérités l'Oll-
Il vrent, Ensuite je vis comme un enfant au-dessus de ma tête,

• tenant un Papier 6 la main; à mesure qu'il approchait de moi


Il sa SlallJre devenaiL celle d'un homme de moyenne taille; c'était

» un Ange du troiSIème Ciel, où LOUS allparaiS66nt de loin comme


» des Enfants; lorsqu'il fut près de moi; il me tendit le Papier,
Il mais comme il était écrit en leures de formes arrondies, telles

D qu'elles sont dans ce Ciel, je le rendis, et demandai que


., les Anses exprimassent eux-mêmes le sens de son con..
»tenu en mols adéquates aUI idées de ma pensée; et l'ADI'
»
RELIGION CHUTJENNE. 63
• me dit : Voici le conlenu de l'écrit : ENTRBZ DtSOR-
»IIAIS DANS LIS OSTiRBS DB LA PAROLB IIJIIQU'A PRiSENT FBIl-
tt"lIiB, CAR TOIJTES SES ViRITU SONT AUTANT DB MIROIRS DU 8BI-
• Gl'IIEUR.
«

LA. VRAIE

CHAPITRB NEUVIÊME

DE LA PÉ~:TENCE.

lS09. Après les Traités sur la Foi, sur la Charité et sur le Libre
Arbitre, se présente selon l'enchalnement des choses le Traité sur
la Pénitence, puisque la vraie Foi et la Charité réelle ne sont
point posblbles sans la pénitence, el que persoune ne peul faire
pénilence sans le Libre Arbitre: s'il est question· ici de la Péni-
tence, c'est aussi parce qu'ensuite il sera traité Ife la Régéné-
ration, et que personne oe peut être régénéré, avanl d'I\·oir éloi-
lJné les maux énormes qui renclent l'homme détestable devant
Dieu, et ces maux sont éloignés par la Penitence; et qtJ'y a-t-il
de moins régénéré qu'un impénilellt! et l'impénitent n'est-il pas
comme celui qui est en lélhargie TIl ne sait rien du péché. et par
COD.;/! j leuL il le récbaulfe dans lion sein. et il lui donne ohaque
jour des baisers. comme l'adultère A la prostituée qui c:;t dans
son lit. Mais pour qu'on sache ce que c'est que la Péuiteqlle et ce
qll'elle produit. ce Traité va êlre divisé en Articles,

La Pénitence est la Pt:emiè,'e chose de r Église chez l' homme.

MO. La communion, qui est appelée Eglise, est composée d'au-


tant d'hommes dans lesquels est l'Église, et l'Eglise entre chez
l'homme quand il est réiénéré. et l'homme est ré~énéré par cela
qu'il s'abstient des maux du pécM, et qu'il les fuit, comme quel-
qu'uo fuirait des troupes infernales armées de torches qu'il ver-
rait s'efforcer de le surprendre et de le jeter sllr un bûcher. Il y
a plusieurs choses qui, dans les premiers temps de la vie, pré-
parenl l'homme pour l'ÉBlise, et l'y introduisent i mais celles qui
constituent l'ÉSIise chez l'homme sont les acles de la pénitence;

RELIGION CHRiTIENNE. 65
les actes de la pénitence sont lODS ceux qui font que l'homme ne
Yeut plus les Maux, qui sont des péchés contre Dieu, et par suite
ne les fait plus, car avant qu'il en agisse ainsi, l'homme se tient en
debors de la résénération; et alors s'il survient quelque pensée
Bur le salut éternel, il se tourne vers elle, mais peu après il s'en
détourne, car elle n'entre pas dans l'homme plus avant que dans
les idées de sa ~ensée, et de là elle sort dans les mots du langage,
et peut-être aussi dans quelques gestes conformes au langage;
mais. lorsqu'elle entre dans la volonté, elle est dans l'homme, car
Il' volonté est l'homme même, parce que là habite son amour i
mais la pensée est hors de l'homme. Il moins qu·elle ne procède
de sa Volonté; qua,nd cela arrive, alors la volonté, et la pensée
font un, et en même temps elles constituent l'homme. n suit du
Il, que la Pénitence, pour être la Pénitence et produire des effets
dans l'homme, doit appartenir' ~ la volonté eL par suite l la pen-
sée et non à la pensée seule, par conséquent doit être ictuelle et
lion de lèvres seulement. Que la Pénitence soit la Première chose
de l'Éilise, on le voit clairement d'après la Parole: Jean-Baptiste,
qui ful envoyé en avant afin de préparer les hommes pour l'É-
Ilise que le Seigneur devait instaurer, prêcha la pénitence en
même Lemps qu'il baptisaiL; c'est pourquoi son baplême était
appelé baptême de pénitence i et cela" parce que le baptême si-
InitiaiL la lavalion spirituelle, qui es' l'ablution des péchés; il le
fit dans le Jourdain, parce que le Jourdain signifiait l'introduo-
tion d~ps l'Église, car c'était la premi~re limite ,le la terre de Ca-
naan où était l'Église: le Seigneur, a aussi Lui-Même prêché la
Pénitence pour la rémission des péchés; par là il a enseigné que
. la Pénitence est la Première chose de l'Église, et que autant
l'homme fait Pénitence, autant chez lui les péchés sont éloi-
Inés, et autant ils sont éloignés, autant ils sont remis: el, en
oulre, le Seigneur, en envoyant les douze Apôtres, et aussi les
soixante-dix" leur ordonna de prêcher la Pénitence i d'après cela
n est évidenl que la Pénitence eslla Première chose de l'ÉSlise.
Ill. Que chez l'homme il n'y ait pas l'Église IVIDt que chez
lui les péchés aient été éloignés, chacun d'après la raison peul le
conclure, et cela peul être illustré par ces comparaisons: Quel-
qu'un peUL-il meUre des brebis, des chevreaul el des agneaul
n a
66 ,LA. VRAIE
dans des campaBnes ou dans des forêts, où il y a des bêleR féroces
de toute esphce, avant d'avoir chassé ces bêtes! El quelqu'un ·peul_
i! disposer en Jardin une terre remplis d'épines, de ronces el d'or
lies; avant d'avoir arraché ces plantes nuisibles? Ouelqu'un peu t
il établir une forme d'administration de la justice d'après le juge-
j ment, et fonder une cité dans une Ville possédée par des ennemis,
avant d'avoir cllassé ces ennemis! Tl en est cie même des mau x
chez l'homme. ils sont comme des bêtes féroces, .comme des roncei
1 el ries ~pines. et comme des ennemis avec lesquels l'Eglise ne pout
pas plus cohabiter, qu'un hOIDme ne pourrait babi/er dans une
ménagerie où sonl des.tigres et des léopards; ni pas plus qu'il ne
peut coucher dans lin lit parsemé d'herbes empoisonnées et dont
les oreillers en seraient remplis; ni pas l'lus qll'il ne "I,ent dormir
la nuit rIans un Temple sous le pavé duquel sont des tombes rem-
plies de cadavres, les spe(}tres ne l'y infesleraient-ils pas comme dei
furies Y

LA CO:-fTRrrION, QU'ON JlIT APJOl:8D'flUi l'RtCÉUER LA For, ET


itTRE III.!IVIE DB LA. CO:-fSor.A.TION DE J:ÉVA~GlI"P., N'EST PAS I.A
PENITENCE,

Dt 2. Dans le Iionde Chrétien Réformé on parle d'une certaine


espèce d'anxiété, de douleuJ: et de terreur, qu'on appelle CONTRE-
TIOll, qui, chez ceux qui doivent être régénérés. précède leur foi.
et. est suivie de la consolation de l'Évangile; on dit que cette con-
trition chez eux vient de la crainte de la JUSote colère de Dieu, el
par conséquent de la damnation éternelle inhérente l chacun •
cause dll péehé d'Adam et du penchant aux maux par suite de ce
p6ché; que, sans celte contrition, la foi qui est. imputative du mé-
rite et de la justice du Seigneur Sauveur n'est point (lonnée, .el que
ceux qui ont obtenu (}elle foi reçoivent la consolation de l'ÉvaD~
gile, il savoir, qu'ils sont justifiés, c'est-à-dire, innovés, régénérés
eL sanctifiés, sans auculle coopération de leur part, et qu'ils sont
aillsi ~ransférés de la damnation dans une éternelle bénédiction.
qui est la vie ~ternelle" Quant l celle Contrition, il va être 011-
miné, t· Si elle est la Pénitence, 2° Si elle est de quelque valeu,..
1 3° Si elle existe réellement.

1
h'
...
RELIGION CIIRlf:TIENNE. 67
Bt3. CITTB CONTRITION BST-ELLE LA. PtlfITBNCB, OU NI L'EST-
SLLE POINT r On peut le conclure de la description de la Pénitence
~ns ce qui &uit, en ce que la Pénitence n'est pa~ possible, a moins
que l'homme ·ne sache, non-seulement d'une manière universelle,
mais enCOte dans les J'lus petits détails, qu'il est pêcheur, ce que
personne ne peut savoir, s'il ne s'examine, ne voit les maux chez
lui, et ne se condilmne pour ces maUI. Alais la Contrition qu'on dit
nécessaire pour la foi o'a rien de commub avec cela, car elle eSt
.seulement la peosée et par suite la confession qu'on est né dans
le péché d'Adam et dans le penchant aux maux qui en proviennent
comme d'une source; qu'on est pour cela sous la colère de Dieu;
.et que pat' suite on mérite la damnation. l'exécration et la mort
éternelle: il es\ donc évident que cette contrition n'est point la
pénitence.
l'SU. Le second point. à examiner est celui-ci i puisque celle con-'
trition n'est pas la pénitence. EST-ELLE OK QUELQl:K VALEUR r On
dit qu'elle conduit à la foi. conlln~ ce qui précède conduit à ce qui
suil i mais que néanmoins elle n'entre pas dans la foi, et ne se con-
joint pas avec elle, en se lIIêlant; mais celle foi qui suit •. qu'.,st-
elle autre cbose, sinon que meu le Père impute la justice de son
Fils, et alors déclare juste, nou\'8aU et saint, un bOlUme qui n'a
coonailisance d'aucun .de ses péches, et ainsi le revêt d'ulle robe
lavée et devenue blanche par le sang de l'Agneau r Qua·ud JI marche
vêtu de cetLç robe, que sont alorl! les DIaUI de sa vie, sinon comme
.des pierres de soufre jetées au fond de la mer r et que devient alors
Je l,éché d'Adam, sinon !.In péché qui est ou couvert, ou éloigné,
(lU détourné par la juslice imputée du Christ r Quand l'hoinme
d'après celle foi marche dans la justice et en même temps dans
l'innocence du Dieu Sauveur, à quoi sert alors cette contritIon, si-
non à la confaance qu'il est dalls le sein d'Abrallam. et que de là
Il regarde les non-contrits a"ant la foi comme des misérables en
enfor, ou comme des morls, car il est· dit que la foi vive n'est pas
en ceux qui manquenL de contrition' C'est pourquoi 00 peut dire
que ceux-Iii. s'ils se sont plon~és ou s'ils se ploOlent dans des
maux damnables, n'y font pas plus d'attention eL DO les sentent
pas plus que dd jeunes pourceaul, étendus lU milieu de 11 fanle
dans les fossés d'une place, no font attenlion lIa puanteur oL DO
sa '1"l1lI

68 LA VRAIE
la senlent. Il est donc évident que celle contritioD, puisqu'ell~
1 n'est pas la Pénitence, 1I'est d'aucune valeur.
SUS~ I.e troisième point A examiner est celui-ci: CBTTE CON-
'1 TRITION SANS LA pt!UTENCg BXISTE-ELLE RtBLLEMEi'lT! Dans le·
1
Monde spirituel. j'ai demandé à plusieurs qui avaient confirmé·
chez eux la foi impulative du mérite du Christ s'ils a'·aient elt
quelque Contrition; ils m'ont répondu: • A quoi bon la Contrition.
puisque dès l'enfance nous avons cru comme certain que par sa
passion le Christ avait enlevé tous nos péchés r la Contrition ne.
cadre point avec ceUe foi; car la Conlrilion consiste A se jeter
dans l'enfer et A tourmenter sa conscience. et cependan.t l'on sait
qu'on a élé rachet4, et ainsi exempté de l'enfer, et par suite sans
dommage .• A. celol. ils ajoutaient: • Le statut de la (:ontrition n'est
qu'une fiction, qui a été acceptée al,l lieu de la Pénitence, dont il'
est si sQuvent parlé dans la Parole, et dont l'éIécution est en-
jointe; c'est peut-être quelque émotion du mental chr.t; les simples
qui ne savent que peu de choses de l'Évangile, qual!d Ils entendenl
parler des tourments de l'enfer ou qu'ils y"pensent. • Ils me disaient
encore, que la consolation de l'Évangile. imprimée eo eux dè.!! la
première a(lolescence, enle\'ait tellement la ContrilioB, qu'ils eo-
riaient de touL cœur, quand ils en entendent parler. et que l'Enfer
ne pouvait pas plus leur caUKer de terreur,· que le feu du Vésuv~
et de l'Etna n'en cause aux habitants de Varsovie et de Vienne; 011
que les basilics et les !lerpènts des déserts de l'Arabie. ·ou les tigres
et les lions des forêts de la Tartarie, n'en cau$8nt à ceux qui sont en
sûreté. en tranquillité et en repos dans une ville d'Europe; et que
la colère de Dieu ne les effrayait et ne les épouvantait pas plus
que la colère du Roi de Perse ne peut effrayer et épouvanter ceux
qui sont dans ]a Pensylnnie. D'après cela.. et aussi d'après les rai-
. sons tirées de leurs traditions, j'ai été confirmé que la Contrition.
l moins qu'elle ne soit la Pénitence, telle qu'elle est décrite dans
ce qui suit. D'est aulre chose qu'un jeu de la phanLaisld. Si les Ré-
Cormés ont pris la ContritioD A la place de la Pénitence. ce fut
aussi afin de rompre entièrement avec les Catholiques-Romains.
qui insistent pour la Pénitence et en même temps pour la Cha-
I nté; el après qu'ils eurent confirmé la justification 'par la (oi seule.

ils ont donné pour raison, que par la Pénitence comme par la Cha-
1
..'
RELIGION CHRËTIENNE. 6.9
rité il entrerait dans la foi de l'homme quelque ohose qui sent le
mérite, et qui la noircirait.

La seule Confession de Mures qu'on est Pécheur. n'est pas la


Pénitence.

Bi 6. Sur ,celle Confession de lèvres. voici ce que disent les Ré-


formés attachés à la Confession d'Aubours: • Personne ne peut
,. jamais connaUre ses péchés, c'est pourquoi ils ne peuvent être
D énumérés i du reste. il y en a d'intérieurs et de cachés; la con-

e fession serait donc fausse, non certaine. incomplète et IDUtilée;


• or. celui qui confesse n'être tout entier que péché comprend
," tous les péchés, D'en exclut aucun. et n'en oublie aucun. Ce-
D pendant l'énumération des péchés, 'quoiqu'elle ne ·soit pas Dé-

• cessaire, ne doit pas être apolie, l cause d'es conciences tendres


• et timides. mais c'est seulement une forme puérile et commune
• de confession pour les simples et les ignorants, • - FORMOLS
.oE CONCORDE, pas. 3!7, 331, 380. - Cette confession a été ac-
ceptée par les Réformés à la place de la Pénitence actuelle, après
qu'ils se furent séparés des Catholiques-Romains, parce qu'ellé
est fondée sur leur Foi imputative, qui seul" sans la Charité. et par
conséquent aussi sans la Pénitence. opère la rémission des péchés,
et résénère l'homme; et aussi sur ce motif qu'elle est un appen-
dice inséparable de cette foi, qu'il n'y a aucune coopération de
l'homme avec l'Esprit saint dans l'acte de la justification; et sur
-celui-ci, que personDe n'a le Libre Arbitre dans les choses spiri-
tuelles; puis encore sur celui-ci, que toutes choses appartiennent
l la Miséricorde immédiate, eL que rien n'appartient à la tJiséri-
eorde médi:ate opéranl d'après et par l'homme.
Bt7. Parmi plusieurs raisons. que la seule Confession de lèvres
-qu'on est pécheur D'esL pas la Pénitence, se trouve celle-ci, que
chaque homme peut s'écrier qu'il est pécheur. qu~il est impie, et
~ême Diable, et cela avec une dévotion elterne. quand il pense
.aUI tortures de l'enfer qui le menacent "t se présentent à lui.
• mais qui ne voit que cela ne vient d'auoune dévotion interne,
qu'ainsi cela est imasinatif et par conséquent pulmonaire. mai a
70 LA VRAIE
Don volontaire par l'intérieur ni par conséquent cardiaque? ca...
UB impie et un diable sont toujours intérieurement embras~s pal"
les eonvoitises de l'amour de faire le m:ll, pa.r lesquelles ils sont
porlés çà et Il comme des ailes de moulin agitées par une tem-
pête; une telle exclamation n'est donc qu'un artifice pour trom-
per Dieu afin d'être délivr6, ou pOlir en imposer aux simples; car,.
qu'y a-t-il de plus facile que d'ouvrir les lèvres pour crier, que de-
préparer pour cela la respiration de la bouche, et que ·d'élever les
yeul et 185 mains en haut r C'est cela même que ~e SeiGneur dit,
clans Marc: ft Ésaïe a 6ie" prophétisé de tlOUS, hypocrites! Ce
peuple des lèvres M'honore, mais leur cœu,. est bien loin de
Moi. » - vn. 6 i - et dans Matthieu·: « Afa/heur à vous, Scri6e,
el PhorisienJ, pa,.ce que tlOliS nettoyez le:xtérieur de la coupe
et du plat, t.andis que les intérieurs sont pleins de ,.apine et
d'intempérance / Pharisien aveugle, nettoie premièrement t'in-
térieu,. de la coupe et du plat, afin qu'allS,i reztérieur devienne
net. D - nUI. iS, t6, - et plusieurS autres passages dans ce
même Chapitre.
ISt8. Dans lin pareil culte hypocrite sont ceux qui ont confirmé
chez eux la Foi d'aujourd'hui, que le Seigneur par la Passion d~
la croix a enlevé tous les péchés du Monde i et par là ils enten-
dent tous les péché~ de quiconque emploie dans sos prières les
formules sur la Propitiation et la Médiation; quelques-uns d'eux
peuvent, du haut de leur chaire, prononcer d'une voix élevée et
comme avec lin zèle ardenL plusieurs choses sur la Pénitence et
sur la Charité, tandis qu'ils les regardent l'une et l'autre comme
inutiles pour le salut, car ils Il'entendent pas d'autre Pénitence-
que la Confession de lèvresy ni d'autre Charité que la Char.ilé ci-
·vile, mais ils fon~ cela pour le peuple. Ce sont eux qui sont en-
tendus par ces paroles du Seigneur: «Plusieur, Me diront en ce
jour-là: Seigne"r/ Seigne"r / par ton Nom n'avons-nous pas
prophétisé? et en ton Nom des miracle, nom6reuz n'avons-
nous pas fait '1 Mais a/or, ;e leur dirai: le ne vous connais
point, retireJNJOUS de Moi, ouvriers de l'iniquité. D - Matth.
VU. U, !3. - Un jour, dans le Aronde Spirituel, j'entendis quel-
qu'un prier ainsi: • le suis plein d'infection, lépreux, en cor-
~l>tion dès le ventre de ma mère; il n'y a chez moi rien desaiD
RJ!~LlGION caIû:TIENNE. 7t
depuis la tête jusqu'à la plante des pieds; je ne suis pas diine de
lever les yeux en haut vers Dieu, je mérite la mort et la damna-
tion éternelle; aie compassion de moi à cause de Lon Fils, .purifie-
moi pal' son saui; dans ton bon plaisir esL le salut de tous, j'im-
plore ta miséricorde.• Ceux qui .étaient présents, après avoir en-
tendu ceLLe prière, lui dirent: • D'où sais-tu que tu es tel Y• Il ré-
pondit: • Je le sais parce que je rai entendu dire. Il Alors il Cut en-
. "oyé vers les Anses ex.aminateurs, devant lesquels il prononça de·
semblables paroles: et ceux.-ci, après examen fait, ·rapportèrent
que ce qu'il avait dit de lui élait vrai; mais que néanmoins il ne
connaissait aucun mal chez lui, parte qu'il ne s'était jamais exa-
miné, et qu'il avait cru que les Dlaux après la conCession de lè-
vres D'étaient pas plus delS maux devant Dieu, tant parce que Dieu en
détourne les yeul, que parce qu'il est devellu propice; et qu'en
conséquence il ne s'était repenti d'aueun péché, quoiqu'il rùt
adultère de propos délibéré, voleur, Courbe, calomniateur, et
extrêmement vindicatiC; qu'il était tel de volonté eL de cœur; et
que par conséquent il serait tel en paroles et en aCLions, si la
crainte des olois et de la perte de la réputation ne l'arrêlaiL pas.
Après qu'il eût été découvert que tel il était, il Cut jugé, et jeté dans
l'enCer vers les hypocrites.
ISt9. Des comparaisons vonl montrer clairement quels sont ces
hypocrites: II~ sout comme des Temples où il n'y a de rassem-
blés que des esprils du dragon, el ceux qui sont enLendus dans
l'Apocalyp'IJe p.ar le.s sauterelles i et ils sont comme des chaires
dans ces temples où il n'y a pas la Parole, parce qu'elle a été mise
BOUS les pieds. Il sont comme d8!l murailles récl"épies dont l'en-
duit est d'une belle couleur, entre lesquelles, les Cenêtres étant
ouverles, voltisent des hiboux et d'affreux. oiseaux. de nuit. Ils
sont comme des sépulcres blanchis qui renCerment des os de
morls. Ils sont comme des monnaies Caites de marc d'huile ou de
fumier desséché et couvertes d'or. Ils sont comme les écorces et
l'aubier autour d'lin tronc pourri i et comme les habits des fils
d'Aharon autour d'un corps lépreux; et même comme des ulcères
qp'on croit suéris, et en dedans dllsqllels esL la sanie que recouvre
• une peau mince. Qui est-ce qui ne sait quel. saint ex.tel·ne elle
profane interne De peuvent concol'der ensemble YDe tels llommes
LA VRAIE
craipent même, plus que les lutres, de s'examiner i c'est pour-
quoi ils ne lentent pas plus en eux les ohoses vioieusei, qu'ils De
sentent les matières nidoreuses et puantes dans leur estomao et
dans leun intestins, avant qu'elles soient jetées dans les latrines.
liais il faut se garder de oonfondre oe11X dont il vient d'être parl6
jusqu'A présent aveo ceux qui agissent bien et oroient bien; IIi avea
oeul qui font pénitenoe de quelques péohés, et qui en eux-mêmes
parlent 011 prient d'après une pareille confession de lèvres lors-
qu'ils sont dans le oulte, et plus encore lorsqu'ils sont dans une
tentation spirituelle; car cette commune confession non-seulement
pr6oède, mais enoore suit la réformation et la régénération.

L'hommu,aÎl enclin auz rnaw: de tout genre; et, s'ü ne 1"


éloigne en part.e par la pdnitence, il demeltre en tnU, et celui
qui demeure en ellZ ne peut lire sauvé.

lS20. Que tout homme naisse enolin aux maux, tellement que
dès le ventre de sa mère il n'est que mal, oela est notoire dans
l'Église i et oela est devenu notoire, parce que les eflnoiles et les
chefs des Eglises ont affirmé que le péché d'Adam a été transmis
.. toute sa postérité, et que c'est uniquement pour ce péché que
tout homme après Adam a été condamné en même temps que lui.
et que o'est Il ce qui est inhérent l ohacun dès la naissanoe : eu
outre !lur ceUe assertion onL été fondés plusieurs dogmes que les
ÉSlises enseignent, par exemple, que le Bain de 1.. régénératioo.
qui esL appelé baptême, a été institué par le Seigneur pour éloi-
gner ce péohé ; que ce fut Il la cause de l'avènement du Seigneur;
et que la foi en Son Mérite est le moyen par lequel il est éloigné,
outre plusieurs autres doCmes que les Églises ont fondés sur oeLle
asserLion. liais qu'il n'y ait aucun mal héréditaire pro,enant de
cette origine, on peut le voir d'après oe qui a été montré oi-des-
sus, N°l 466 et suivanls i on '! voit qu'Adam n'a pas été le Pre-.
mier des hommes, mais que par Adam et son épouse a été déorite
d'une manière représentative la première Éllise sur ce Globe; par
le Jardin d'Éden, la sagesse de ceLte Église i par l'Arbre de vie,
son regard porté 'ers le Seigneur qui devait venir i et par l'Arbre
RELIGION CBIŒTJENNE. '73
cle la ICience du bien et du mal, son regard porM vers elle-même
el non vers le Seigneur: que cel~e tglise ait été décrite d'une
manière représentative par les premiers Chapitres de la Genèse,
Gela a été pronvé (lar plusieurs passl"ses parallèles tirés de la Pa-
role, danllies ARCANES CÉLESTES," publi~s i I.ondres. Devant ces
preuves comprises et saisies tombe l'opinion jusqu'ici adoptée,
que 'le mal inné dans l'homme d'~près ses parents vient d'Adam,
lonque cependant ce n'est pas de Il mais d!antre part qu'il tire
Ion origine. Que l'Arbre de vie et l'Arbre de la science du bien
el du mal soient chez cbaque homme, et qu'ils soient dits placés
dans un jardin, pour signifier le Libre Arbitre de se tourner vers
le Seigneur et de se Mtourner de Lui, c'est ce qui a été pleine-
ment démontré dans le Chapitre sur le LI8RE ARBITRE.
6!t. Mais, mon ami, le mal héréditaire ne vient pas d'autre
part que des parents, nOD pas le mal même que l'homme commet
en actualité, mais l'inclination l ce mal i que cela soit ainsi, cba-
-CUD le reconnaUra, pourvu qu'il joigne la raison Al'expérience i
qui ne sait que les fils naissent dans une commune ressemblance
avec leurs parents quant aux faces. aUI mœurs et aUI caractères,
et aussi les petils·fils et les arrière-petits-fils dans celle des aïeuls
et de! aieul, et que (lar suite beaucoup de personnes distinguent
les familles, et aussi les nations, par elemple, les nations Afri-
caines d'avec les Européennes, les Napolitains d'avec les Alle-
mands, les Anglais d'avec les Français, et ainsi du "reste? Et qui
ne reconnatt un Juif d'après la face. les yeUlt, le langage et les
lestes! Et "si tu pouvais sentir la sphère de vie qui émane du pen-
chant natif de chacun. lU pourrais pareillement être convaincu de
la similitude des caractères (animorum) et des men laIs. 11 suit
de Il que l'homme naU, non pas dans les maUI eux-mêmes, mais
leulement dans l'inclination aUI maux, mais portée plus ou moins
'ers des maUI particuliers; c'est pourquoi apr~ la mort, nul
n'est jugé d'iprès quelque mal héréditaire, mais chacun est jugé
d'après les maux actuels qu'il a lui-même commis; c'est même
-ce qui est évident par ce statut du Seigneur: u Le pb~ ne mourrtJ
"point pottrle fils, ~lle fils ne mourra point pour le pdre, cM-
eun pour 80n plcké mourra . • - Deutér. XXIV. t 6. - Ceci est
devenu certain pour moi. dans le Konde spirituel. d'après les en-
'li LA VRAIE
fants qui meurent, en 00 que seulement' ils on tune inclinatioD
pour les maUI, ainsi en ce q~e seulement ils les veulent, mais •
néanmoins ne les font pas i car ils sont élevés sous l'auspice
du Seigneur et sont sauvés, Cetle inclinatioD et ce penchaut pour
les maux transmis par les parents aUI enfants et aUI descendants,
sont brisés ulliquement par la nouvelle naissance que donne le
Seigneur, et qui est appelée Régénération: sans elle, celle inolina-
tion Don-seulement demeure ininterrompue, mais s'accroit même
par les parents successifs, et devient plus portée v~rs leli maUI,
et enfin vers toute espèce de maul: de là ,ient que les Juifs sont
encore les iDiages de Judah leur père t qui, par son mariage'avec
une Canaanite, et par son adultère avec Thilluar 113 bru; engendra
ieurs Lrois souches; c'est pourquoi cet héréditaire par le laps du
l temps a tellement été augmenté cbez eUl, qu'ils ne peuvënt Ras ~m­
brasser la religion Chrétienne par la foi du cœur: il est dit qu'ils
ne peuvent pas, parce que la volonté intérieure..!e~ me~al
)\ est opposée, et cette volonté les empêcbe de pouvoir.
3l2i. Que lout mal, s'il n'est éloigné, demeure chez l'bomme,
et que l'homme, s'il demeure dans ses maUl, ne puiNe être sauvé,
ce sont là des conséquences qui découlent d'elles-mêmes; qu'aucun
mal ne puisse être éloi.gné que par le Seigneur chez ceux qui
croient en Lui el aiment le procbain, on peut le voir clairement
d'après ce qui a ~té précédemment dit, surtout d'après ces Arti-
cles dans le Chapitre sur LA FOI: Le Seigneur, la Charité et la
Foi lonl un, comme la vit, lb volonté et fenlendemenl, et s'ils
sont divisés, cllacun es4 perdu, comme une Perle réduite en
pOl,dre; le Seigneur es, oU Charité et la Foi dans fhomme, et
l'humme est la C'harilé, la Foi dans le Seigneur, Mais on de-
mande comment l'homme i)0ut entrer daus celte union; je ré-
ponds que l'homme ne le peul, s'il n'éloigne pas ses maul ell
partie par la pénitence: il est dit que l'homme éloisne, parce que
le Seigneul' ne le Cait pas immédiatement" sans la coopération de
l'homme; c'est aussi ce qui a été pleinement montré dalls le même
Chapitre, et dans le Chapitre suivant sur LE LIBRE ARBITRB.
Si3. On dit que personne ne peut accomplir la Loi, et qu'on
P Jt d'autant moi nt; l'acc.omplir que quiconque prévarique contre
un précepte du Décalosuc, prévarique contre tous: mais celte
RELIGION CHRÉTIENNE. '15
larmule de lanBaBe n'est pas ce qu'eUe paratt, oar cela doit être
entendu de cetLe manière: Celui qui, de propos délibéré ou con-
Brmé, aiit contre un précepte, asit contre tous les autres, parce
que at'jir de propos délibéré et confirmer c'est nier absolument que
el soit un péché i et si l'on dit que c'en est un, c'est le rejeter
comme dc nulle importance; et calui qui ainsi nie et .rejette un
péché, considère comme rien tout ce qui est appelé péché. Dans
ce propos délibéré viennent ceUI qui ne veulent pas entendre par-
ler de la Pénitence. Au contraire, dans le propos délibéré de croire
au Seigneur et d'aimer le prochain viennent ceux qui par la pé-
Ditence ont éloigné quelques Dlaux qui "Sont des péChés; ceul-ci
lont tenus par le Seigneur dans le propos délibéré de s'abstenir
de plusieurs; c'est pourquoi, si par ignorance ou par la prépon-
dérance de quelque convoitise ils péchent, cela ne leur est point
imputé, parce qu'ils ne se le sont pas proposé, et ne le confirment
pas chez eux. Il m'est permis de confirmer ceci par ces expé-
riences: Dans le Monde S piriluel, j'ai rencontré plusieurs esprils
qui. dans le Monde Naturel, anieut vécu de même que d'autres,
en s'habillant avec luxe, se nourrissant avec recherche, tra6quant
avec profit, fréquentant les spectacles, plaisantant sur des sujets
amOUl'8Ul avec une sorte de volupté, et flisant plusieurs autres
actions semblables, et cependantCles Angcs considéraient chez les
uns ces actions comme des manl, et cbez les autres ils ne les coil-
sidéraient pas comme des maUI, et déclaraient ceux-ci innocents
et ceux-lA coupables; interrogés pourquoI ils décidaient ainsi,
puisque les actions étaient pareilles, ils répondaient qu'ils exa-
minent tous les hommes d'après le propos délibéré, l'intention et la
6n, et les distinguent ainsi; et que c'est pour cela qu'eux-même,
excusent ou condamnent ceux que la fin ou excuse ou condamne
parce que la fin du bien est chez tous dans le Ciel, et la 6n du mal
chez tous dans l'Enfe~.
ISU. Mais ceci va être illustré par des comparaisons: Les pé-
chés' retenus chez l'homme impénitent peuvent être comparés avec
diverses maladies qui causent la mort de l'homme, lorsque ·dei
médicaments n'oill pas ·été employés, et que par eux la malignité
D'a pas été enlevée; principalement avec la maladie appelée ian-
Irène, qui, si elle n'est pas iuérie l temps, se répand alentour,
76 LA VRAIE
et donne inévitablement la mort; de même avec les aposthèmes
et les abcès s'ils ne sont pas dissous et ouverts, Qar les empyèmes
ou les amas de pus SI répandraient dans les parties voisines,
et de I~ dans les viscères annexés • oes parties, et enfin da.ns
leoœur, et donneraient la mort. On peut aussi les oomparer avec
des tigres, des léopards. des lions. des loups et des renards.
qui, s'ils rr'étaient pas tenus dans des lo(es, ou liés de chalnes OD
de oordes, se jetteraient sur le menu et le gros bétail, el le re-
nard sur les poules. et les massacreraient: et aussi. des serpents
venimeux, qui, s'ils n'étaient tenus pressés par des pienl, ou si
on ne leur arracbait le. dents. porleraient des coups mortels.
l'homme. Un troupeau qui serait lancé dans un cbamp ob sont
des herbes vén6neuses périraIt tout entier. si le berger ne le con-
duisaiL dans des pâturages non nuisibles; le ver l soie périrait de
même. et aveo lui toute la récolte de soie. si les autres vers n'6-
laient pas cbassés des feuilles de son arbre. On peut encore faire
une comparaison avec du blé renfermé dans des greniers ou dans
des maisons, il deviendrait moisi et obanci, et par conséqueDt
inutile, si l'on ne donnait. l'air la faoilité de passer au milieu, et
d'enlever ce qui est nuisible. Le feu, s'il n'était pas éteint • la
première explosion, ravagerait toute une ville ou toule une forêt.
Un jardin serait entièrdment envahi par les ronces. les chardons
et les épines, si on ne les arrachait. Les jardinier, savent que
l'arbre mauvais de semence et de racine porte ses mauvais sucs
dans le trono de l'arbre bon Brefé ou entt\, et que les mauvais
sucs qni entrent sont changés en SUOR bons, et produisent des
fruits utiles i la même ohose se fait tbez l'homme par l'éloigne-
,ment du mal aa moyen de la pénitenoe, car par elle l'homme est
.U
IUaché Seigneur comme le sarment l'est au cep, et il porle de
bons fruits, - Jean, xv . .f., S, 6.

La connaissance du péché. et l'e:.camen d'un péché ches loi-


mIme, commencent la,pénitence.

5!3. La oonnaissance d'un péché ne peut manquer à aucun


hOMme dans le Monde Chrétien, oar chacun y est instruit, des
RELIGION CHMTIENNE. 77
l'enfance, ~e ce que c'est que Je mal; et dès la jeunesse, de ce
que o'est que le mal du péché; lous les jeuDes sens savent cela
par les parenls et par les' maitres, et aussi par le décaloBue, qUi
est le premier Livre pour tous au-dedans du Christianisme; et
plus tard, quand ils avancent en 4se. ils le savent par les prédi-
cations dans les temples et par les instructions dans les Maisons;
et en plénitude d'après la Parole; et en outre par les lois civiles
de la justice qui enseisnent des choses semblables à celles qui
sont dans le DécalOGue, et l celles qui sont ailleurs dan~ la Parole:
car le mal du péché n'est autre que le mal contre le prochain,
et le mal contre le prochain est anssi le mal contre Dieu, mal qui
est le péché. Toutefois, la connaissance du péché ne fait rien, si
l'homme n'examine pas les actes de sa vie, et ne voit pas s'il n'a
pas fait queillue péché en secr.t ou en public; tout ce qui est avant
cela est seulement de Ja science, et alors ce que le prédicateur
• dit est seulement un son qui, entre dans l'oreille saucbe, passe
dans l'oreille droite el s~enfui1; et enfin cela devient seulement
objet de la pensée et dévotion pulmonaire; el, chez plusieurs, ima-
Binaire et ehimérique. Mais il en est tout autrement si l'homme
s'examine selon ses connaissances du péché, et qu'il découvre en
lui quelque mal particulier. et se dise: Ce mal est un péché i et
que d'après la crainte de la peine éternelle il s'en abstienne: alors
seulement la' Prédication instructive et oratoire dans les Temples
est reçue par l'une et l'aotre oreille, et est porLée dans le cœur i
et de païen l'homme devient Chrétien.
lS!II6. Peut-il '1 avoir quelque chose de plus connu dans tout le
, Monde Chrétien, que l'oblisation pour l'homme de s'examiner
lui-même r car parlout, dan's les Empires et dans les Royaumes
soumis tant l Ja Relisioll Catholiqlle-Romaine qu 'l la Religion
évansélique, on enseigne et on avertit, avant d'approcher vers la
Sainte-Cène, que l'homme aitl s'examiner, l connaltre el à recon-
Daltre ses p6chés, et l ,ivre désormais autrement i et cela avec
de terribles menaces dans Jes Do~inations Anslaises, où, d'après
la Prière qui précède la communion, .le ministre près de l'Autel lit
et prononce l haute voir ces paroles: ~ voici la ,Die et le moyen
li de participer disnement l la Sainte-Cène: D'abord, que oha-
• oun ellmine les actions et les habitudes de sa ,ie selon la rèSle
..
1
'8 LA. VRA.IK
» des comlnandements de Dieu; et quelles que soien' celles dans
• lesquelles il découvre qu'il a failli par volonté, pa'" parole ou
».par Iction, qu'il déplore sa nature vicieuse, et qu'il s'en confesse
D devant Dieu TO\lt-PuiRSan~, aVlc la ferme résolution d'amender

» sa vie; et s'il découvre que ses offenses soient non-seulement


» contre Dieu, mais aussi contre le procbain, alors qu'il se récon-
» cilie Ivec lui, et qu'il soit prompt l lui faire restitution et salis-
• faction. selon tout son pouvoir, pour les injusLices et les maul:
D qu'il lui an ra faits; qu'il soit également prompt l remettre aux

/ Il autres les offenses, comme il veut que ses offenses soient remises

• par Dieu; autrement. la réception de la Sainte Communion ne


1 Il ferait qu'a~sraver sa condamnation. En con!léquence, si quel-

• qu'un de VOliS est un blaspllémateur de Dieu, médisant et se


D moquant de sa ParoI., ou s'il est adultère Oll coupable de ma·
D lice, d'envie, ou de quelque autre énorme crime, qu'il fasse pé-
• nitence de son péché; sinon, qu'il n'approcbe point de la Sainte
• Communion; autremeut, al'rès l'avoIr reçue, le diable eotrera
11 en lui. comme il est entré dans Judas. et il le remplira de toute
• iniquité, et détruin et soo corps et son âme. Il
S!,. Mais cependant il en est quelques-uns qui ne peu\'enl pas
s'examiner, par exemple. les enfants, les jeunes ~arçons et les
jeunes fillos avaut d'avoir alteint l'Ase où l'on jouit de l'illluition:
pareillement les simples. qui sont sans aucune réflexion ; puis
aussi tous ceux qui D'ont point la crainte de Dieu; et oulre celll-
ci quelqu,e.o; malades d'esprit et de corps; et, de plus, ceul qui,
confirmés dans la doctrine de la justification par la seule foi im-
putative du mérite du Christ, se sont persuadé que par l'examen
et la pénitence, il entrerait quelque chose de l'homme qui détrui-
rait entièrement la foi, et sinsi chasserait et jetterait le salut bors
de son unique foyer. Les uns et les autl'eil se servent seulement de
la confession de lèvres, qui n'est point la pénitence, ainsi qu'il a
été montré ci-dessus dans ce Chapitre. l'ais ceux qui savent ce
que c'est que le péché, el plus encore ceux qui d'après la Parole
savent plusieurs choses et les enseiBnent, et qui ne s'examinent
pas, et par suite ne voient aucun péché en eux, peuvent être com-
parés l ceux qui amassent des richesses et les renferment dans
des oassettes et dans des ooffres, sans en tirer d'autre usase que
RELIGION CURltTIENNE. 19
·de les oontempler et de les comptcr; et. ceux qui réunissent eD
trésors des rarelés d'or et d'argent, et les cachent dans leurs caves,
ayant pour seule fin l'opulence; ils sont semblables au marchand
.qui cacba son laient dans la terre, et Il celui qui e·nveloppa. sa mine
dans un lingc. - Mattb. XXV, !lIS. Luc, XIX. to. -Ils SO!!t aussi
• .comme les cllemins baltus et les endroits pierreux, dans lesquels
tombe la semènce, - Manh. XIII. <l, B. - Et" aussi comme des
figuiers qui sont chargés de feuilles et ne portent pas de fruits,-
Marc, XI. t3. - Ce sont des cœurs de diamant, qui ne devIennent
point des CŒl1Jrs de cbair, - Xac~. VII. ft. -lis sont CI commtl
des perd,'iz qui couvent et n'ont poillt pondu; ils font des ri-
chesses mais non avec jugement, au milieu de leurs jOU1'S ilB
les afJandomzent, et à leur fin ils deviennent ir,sensés. » .,- Jé-
rém. XVII. t t. -Ils sont comme les cinq vierges qui avaient des
lampes, et point d'buile, - MIlUh. XXV. t l ft. - Ceux qui tirent
de la Parole beaucoup de cboses sur la cbariLé et sur la pénitence,
qui connaissent une foule de préceptes, et qui n'y conforment pas
leur vie, peuvent être comparés à des gloutons qui mellent par
morceaux les aliments dans leur bouche, el les font pasller saus
les mâcher dans l'estomac, où ils restent indi.gestes, el ainsi.
mal exprimés, corrompent le cbyle el produisent des maladies
lentes, par lesquelles enfin ils meurent misérablement. Comme
de tels hommes sont Rans chaleur spirnuelle, quoique dans la lu-
mière, ils penvent être appelés hivers, terres froides, climats arc-
tiques, et même neiges et glaces.
La pénilence actuelle est de s'e:caminer, de conna·tlre et "econ-
naUre ses péchés, desupplier le Seig1leur, et de commencer-
une nouvelle vie.
528. Qu'il faille absolument faire pénitence, et que de Il dé-
pende le salut de l'homme, on le voit dans la Parole par de nom-
breux passages et d'évidentes déclarations du Sei~eur; en voici
pour le moment quelques-uns: Cf leml pr~cha un 6apl~me de
plniJence, et il dit: Faites des fr'uits dignes de la pénitence. D
- Luc, III. 3, 8. Marc, 1. -1. - li Jésus commença à prAcher et
il dire: Repente~·vous • • -Manb. IV. n, - • Etit dit: Parce
que s'est approcM le Royaume de Dieu, faites pénitent:e• • -
Marc, 1. U, Us. - Puis: li Si vous ne faite, pénitence, tous vous
l,

80 LA. VRAIE
pdrires. D - Luc. xm. 8. - • Jésus dit aw: disciples qu'ilfal-
lait pr~cher en son Nom la Pénitence et la Rémission des pé-
chés parmi tout. les nations. D - Luc, XXIV. ,17. Marc, VI. tl.
:.... C'est'pourquoi, • Pierre pr~cha la pénitence et le 6aptbne.
au nom de Jésus-Christ pour la rémission des péchél. » -
Act. n. 88 ; - et il dit aussi: • Faites pénitence, et convertisses-
"ous, pour que vos pdchés soient e/lacés. D - Acl. Dl. t9. -
Paul «.pr~cha partout d tous, de faire pénitence. » - Act, XVII,
80 - Paul aussi • dans Damas, à Jérusalem, par tout le pays.
de la {udée, et aw: Gentils, a annoncé qu'on fit pénitence..
qu'on se convertit d Dieu, et qu'on fit des œuvres digne. de la
plnitence. D - Act. XXVI. 10. - Et a ilpr~cha aussi tant aw:
Juifs 'qu'aw: Grecs la pénitence envers Dieu, et la foi au Sei-
gneur Jésus-Christ. » - Act. XX. 2t, - Le Seigneur a dit .l'Ë-
sUse d'Éphèse: a J'ai contre toi que ta charité première tu tU
abandonnée; lais pénitence; Sïnoll, je viens d toi; j' dterai ton
chandelier de sa place, si tu ne laIS point pénitence. Il - Apoc.
n. 4,5. -A l'Éslisedans Pergame: aJe COTUlaistes œuvres,fais
pénitence. Il - Apoc.D. 13, t6. - A l'Église dans ThyaLire : D Je
la jetterai dam ralflictiofl, si elle ne lait point pénitence de ses
an,v"es, • - Apoc. Il. 19, If, 23. - Al'Eglise des Laorlioéens:
«Je connais tes œuvres, agis avec zèle, et lais pénitence. » -
Apoo. m. US, t9. - u 1111 a de la joie dans le cielpourunsezc,
pécheur qui fait pénitence.» -Luo, XV. 7 ; - et en ol1tre ailleurs.
D~après ces passages il est évident qu'il faut absolument faire péni-
tence ;' mais quelle pénitence, et commellt la faire, c'est ce qu'oo
verra clairement.dans ce qui suit.
1S19. Qui ne peul, d'après la raison qui lui a été donnée, com-
p.'tmdre que la pénitence ne consisle pas seulement A confesser
de bouche qu'on est pécheur, el1 dire sur ce sujet b~aucoup de
cboses, comme l'hypocrite dQllt il a été p,arlé. ND ISIS; car est·il
rien de plus facile l l'homme, quand il est dans l'angoisse et • l'a-
gonie, que d'élancer de ses poumons et de pousser par ses lèvres
des soupirs et des gémissements, et aussi de frapper sa poiLr.ine,
et de se dire coupable de tous les péchés, lorsque cependant il D'a
la connaissance d'ancun péché ohez lui! Est-ce qu'alors la lourbe
diabolique, qui réside dans ses amours, sort en même temps que
RELIGION CHRÉTIENN~, 81
Je soupir? Est· ce qu'elle ne se moque pas plutôt de ses gémisse-
menls, ut ne resle pas en lui camille dans sa propre maison de
même qu'auparavanl TIl est dOliC évidenL que ce n'est pas une
semblable pénitence qui a élé entendue dans la Parole, mais que
c'est, commo il a éié dit, une pénitence des œuvres mauvaises.
1S30. On demande donc comlllent la Pénitence doit être faiLe,
je réponds qu'elle doit l'êll'e en actualité, et cela consiste à s'exa-
miner, à conna1ll'o eL reconnaître ses pécllés, Il supplier le Sei-
Ineur. et à commencel' une nouvelle .yie: que .Ia Pénitence ne
soit pas possible sans examen, cela a été montré dans l'Article
qui précède; or, à quoi bon l'examen, si re n'e~t pail afin que
l'homme connaisse sos (léchés Tet à quoi bon celte reconnaissance,
si ce n'est afin qu'il reconnaisse qu'ils sont eo lui T Et Il quoi bon
ces tl'ois choses, si ce n'esl afin qu'il confesse ces p~chés devant le
Seigneur. qu'il le supplie de donner des secours. el que par là
il commence une nonvelle vie, qui est la fin pl'opter quem (qu'il
doit S8 proposer) TC'est là la pénitence actuelle. Que ce SOil dinsi
qu'il fanl s'avancer el faire. cbaque homme l)eUl le !lavoir aus~ilôt
après le premier ~ge, et de plus en plus Il mesure qu'il devient
maltre de ses actions el qu'il jouit do sa raison; il peut le savoir
d'après le Baplême, par lequel est onlendue la Régénération. car
dans le baptême le parrain cL- la marraine ont promis pour lui
qu'il rejelteraitle diable eL toules fies œuvres: pal'eillement dOa-
près la Sainle-Cène ; car avant de s'en approcher. tous sont aver-
tis de faire pénitence de leurs. pécbés, de se convertir Il Dieu et
d'entrer dans une nouvelle vie; et en outre. d'après le Décalosue
ou le CaLéchisme. qui est entre les mains de tous les Cill'étiens;
dans sil préceptes du Décalogue Il n'est commandé autre chose
que de ne pas faire les maux; si l'homme ne les éloigne par la pé-
nitence. il ne peut aimllr le prochain. ni à plus forte raison Dieu,
et cependant de ces deul commandements dépendent la Loi et les
Prophètes, c'est-à-dire, la Parole, par conséquent le salut. Si la
pénitence actuelle esL faite de temps Il autr.e, savoir. chaque fois
que l'homme se prépare Il la communion de la Sainte-Cène, et
qu'ensuite il s'abstienne de tel ou lei péché, qu'il • alors saisi
cbez lui. cela est suffisant pour quO il s'iniLie dans l'actualité. et
quand il y est, il est dans le chemin qui conduit au Ciel. car alors
D 6
-
82 LA. VRA.IE
l'homme commence l devenir de naturel spirituel, et l naUre nou-
veau par le Seigneur.
331. Cela peut êtrp. illustré par les Comparaisons suivantes:
L'Homme avant la pénitence est comme un desert, dans lequel
sont de terribles bêtes féroces, des drasons, des hiboux, des
chouettes, des vipères el des serpents venimeux i et dans les
i broussailles des ochim et des lziim, avec des s:uyres qui dansent
ç. et 1. ; mais après que par l'industrie et le travail de l'homme
1 ces êtres ont été chassés, ce désert peut être défriché et labouré,
on peut d'abord '1 semer dë l'avoine, des fèves et du lin. et ensuite
de l'orge et du froment. Cela peut aussi être comparé l la ma-
lice qui règne en abondance chez les hommes; si les méebants
n'étaient pas. selon les lois, cba.tiés et punis par des peines rigou-
reuses ou I,ar la morl, aucune ville ne subsisterait.. ni aUCUD
royaume: l'homme e.~t comme une société dans la plus petite
forme i s'ilu'agissait pas avec lui-même d'une manière spiriluelle.
comlDe on asit avec les. méchants d'une manière naturelle dans
la grande Société, il serait chAtié et puni après la mort, et cela,
jusqu'à ce que par la crainte de la peille il ne fasse pas le mal;
quoiqu'alors il ne puisse jamais être amené' faire le bien d'après
l'amour du hien.

La vJ'aie Pénitence est d'ezommer non-seulement les actes de


8a vie, mais aussi les intentions de sa volonté.

532. Si la vraie Pénitence est d'examiner non-seulement les


actes de sa vie, mais aussi les intentions de sa volonté, c'est parce
que l'Entendement et la Volonté font les actes; en effet, l'homme
parle d'après la pensée, et aBit d'après la volouté, c'est pourquoi
la parole est la pens~e parlante, et l'action est la volonté agis-
sante; et cODlme c'est de là que viennent les paroles et les actions.
il ,'ensuit indubitablement que c'est la pensée et la volonté qui
péchent. quand le corps péche ; et même l'homme peUL faire pé-
nitence des maux qu'il a faits par le corps, et néanmoins penser
et vouloir le mal; mais c'est comme si l'on coupait ]e tronc d'UD
arbre mauvais, et qu'on laissAt en terre ]a racine, d'où ce même

J
RELIGION CHRItTIESNE. 83
mauvais arbre croltrait de nouveau, et s'étendrait j l'entour: mais
il en est autrement quand la racine est arrachée aussi, et cela
se fail dans l'homme, quand en même temps il examine les inten-
tions de sa volonté el éloigne les maux par la pénitence. L'homme
e.umine les intentions de sa volonté, quand il examine ses pen-
sées, car c'est en elles que les intentions se manifestent; ainsi,
quand ses pensées sont portées sur des vengeances, des adultères,
des vols, de.'I faul témoisnages el des cupidités pour ces maux, el
aussi sur des blasphèmes. contre Dieu, la. sainte ·Parole et l'Église.
etc., il veut ces maus: et il les a en intention; si cependant il porte
son attention sur ces maux, et e~amine s'il les ferait en supposant
~u'i1 n'eût à craindre ni la loi ni la perte de sa réputation, el si
après l'examen il pense qu'il ne les veut pas, parce que ce sont
. des péchés, il fait une pénitence véritable eL intérieure; et surtout
-s'il résiste et s'abstient, lorsqu'il est dans le plaisir de ces maux
.el en même temps dans la liberté de les faire; célui qui fait cela
plusieurs fois perçoit comme désagréables les plaisirs des maux
quand ils reviennent, et enfin il les condamne à l'enfer; c'est li
ce qui est entendu par ces paroles du Seignour: CIl Celui qui veut
trouver S01l dme la perdra, et celui qui aura perdu son dme à
.cause de Moi la trouvera. » - l\latth. X. 3D. - Celui-là qui éloi-
Ine les maux de sa volonté par cette pénitence. est semblable l
celui qui arrache de son champ en temps convenable l'ivraie se-
mée IJar le Diable, d'oh il résulte que les sentences qui ont été
mises par le Seisneur Dieu Sauveur .trouvent un humus libre, et
410nnent une abondante moisson, - M'auh. XIII. 25 A st.
333. Il J a deUl amours qui depuis un temps fort reculé on t
été enracinés dans le senre humain; l'amour de dominer sur
tous; eL l'amour de posséder les biens de lous; le premier amour,
~i les. freins lui sont lâchés, s'élance jusqll'à vouloir être le Dieu
4u ciel; et le second amour, si les freins lui sonL lichés, s'élance
jusqu'à vouloir être le Dieu du monde; à ces deul amours ont
élé subordonnés tous les autres amours du mal.' qui en sont les
.armées: mais scruter ces deux amours est très-diffioile, parce
qu'ils résident eL se cachent dans l'intime, car ils sont comme des
vipères qui, cachées dans les trous d'un rocher, retiennent leur
venin jusqu'à ce que quelqu'uo se couche sur ce rocher, et qui
8' LA. VRAIE
alors lancent des coups morlels et se relirent Ils sont aussi
comme les syrènes des anciens, qui allÏl'aienL les hommes pal'"
leur chant, el ensuite les luaient. Ces deur. amours se parent arec
de belles robes et de belles tuniques, dt! même que le diable par
nne phan[aisie magique s'embellit parmi les siens et parmi ceux.
qu'il veut tromper. lIais il faut qu'on saobe bien que ces deux.
amours peuvenL régner davantage chez les petits que ohez les
~rands, ohez les pauvres que chez les riohes, chez les sujets que
chez les Roi~, car ceux-oi sont nés pour la domination el l'opu-
lence, qu'ils ne régardenl que cOlllme un autre regarde les gens
l son sel'Vice et ce qu'il possède, qu'il soil mat,risLrat, adminis-
trateur, ou capitaine de navire, et même que comlDe un pauvre
fermier regarde ce qui lui appartient: :mais il en est autrement
3es Rois qui veulimt dominer sur les Royaumes des autres, Si les.
intentions de la volonté doivent être examinées, o'est parce que
dans la Volonté réside l'amour, car la Volollté en est le récep-
tacle, OODllDe il a été montré oi-dess!!s; tout alDour exhale de là
ses lliaisirs dans les perceptions et les pensées de l'entendement.
car celles-ci ne font rien par elles-mêmes, mais elles agissent
d'après la Volonté; en eff~t, elles la favorisent, et elles agréent
et confirment toutes les choses qui appartiennent l son alDour;
c'est pourquoi la Volonté est la maison m~me, dans laquelle
l'homme habile, et l'Eutendement eSL le vestibule par lequel il
sort eL il entre. Voilà pourquoi il a été dit que les intenlions de
la Volonté doivent être examinées; lorsqu'elles ont été examinées
et éloignées, l'homme est élevé de la VoJonté naturelle. ou sona
embusqués Tes maux héréditaires et aotuels, à la Volonté spiri-
tuelle par laquelle le Seigneur l'éforme et régénère la ,'olonté na-
turelle, et au moyen de celle-ci les sensuels et les volontaires da
corps, ainsi l'homme tout entier
534, Ceux qui ne s'examinent pas ressemblent à des malades
chez qui le saog esL corl'ompu, paroe que les vaisseaux les plus
petits S6 sonL ~oüohés; de lil, l'atrophie, l'engourdissement des
menlbres, les maladies aiguës chroniques qui ont leur origine
dans l'epaississemellt, la ténacité, l'acrimonie (et l'aoidité d(!s 110-
meurs et du sang; mais ceux qui s'examinent même quant aUI
intentious de la Volonté ressemblent A ceux!Cqui ont été guéris de
RELIGION CHRÉTIENNE. 85
ces maladies, et qui reviennent dans la vie qu'ils avaient quand
ils étaienL ·jeunés. Ceul qui s'examinent scrupuleusement sont
comme des navires d'Ophil', chargés d'or, d'ar~enl et de choses
précieuses; mais avant qu'ils se soient examinés, ils sont comme
des navires charsés de sales tonneaux dans lesquels on exporte
les boues et les ol'dures des rlles. Ceux qui s'ex.aminent intérieu-
rement deviennent comme des mines, dont to Il les. les parois res-
plendissent de minerai d'un noble métal; tandis qu'auparavant ils
étaient comme des marais pUatlts, dans lesquels sont des couleu-
vres et des serpents venimeux dont les écailles: brillent, eL des in-
sectes nuisibles dont les ailes reluisent. Ceul qui ne s'examinent
pas sont comme des Os secs dans une vallée; mais après qu'ils
se sont examinés, ils sont comme ces mêmes os, sur lesquels
le Seigneur Jéhovih mit des nerfs, fiL monter de la cbair qu'il cou-
vrit de peau, et ·dans lesquels il mit l'esprit, et qui revécurent.
- Ézéch. XXXVII. i à t-l.

CeZfZ qui ne s' e:caminent point, mais qui néanmoins relUmcent


auz mau:.r: parce qu'ils sont des péchés {Otlt aussi Pénitence;
et cette pénitence a lieu chez ceu:.r: qui {ont par religion les
œuvres de la Chm'ité.
1 835. Comme la Pénitenoe actuelle, qui consiste à s'examiner,
i connaltre et· à reconnattre ses péchés, à supplier le Seigneur et
l commencer une nouvelle vie, est très-difficile dans le aronde
Chrétien Réformé, pour plusieurs causes dont il sera parlé dans
'le dernier Article de ce Chapitre, il va en conséquence être traité
ici d'une espèce de Pénitence plus facile, qui consiste à se dire,
41uand on médite un mal et qu'on y tend: (C Je pense cela, et je tends
.1 cela; mais comme c'est lin péché, je ne le ferai point •• Par là, la
tentation lancée par l'Enfer est brisée, et sa marche pour péné-
trer plus avant est arrêtée. Il est étonnant que chacun puisse ré-
primander un autre qUI tend au mal, et lui dire: • Ne fais pas cela,
parée que c'est un péché; • et cependant ne puisse que très-diffici-
lement se le dire à lui-même; la raison de cela, c'est que le second
.acte meut la volonté, tandis que le premier acte meut seulement
86 LA VRAIE
la pensée la plus proche de l'ouie. On 'a recherché, dans le
Monde spirituel, qui sont ceux qui peuyent se réprimander eux-
mêmes. et il s·en est trouvé IIi peu. qu'iI:J étaient comme des co-
!ombes dans un vaste désert; et quelques-uns dirent qu'à la vérit~
Ils pouvaient se réprimander eux-mêmes. mais non s'examiner. nt
confesser leurs péchés devant Dieu; néanmoins tous ceux qui font
le bien par relision évitent les maux actuels, mais ils réftéchissent
très-rarement sur les intérieurs qui appartiennent ~ la Volonté.
croyanL qu'ils ne sont pas dans les D!aux parce qu'ils 1I0n( dans les
biens, et croyant même que les bieus couvrent les mauI; mais..
mon ami 1la première chose de la Charité est de fuir les maux.
c'est là ce qu'enllei;nenL la Parole, le Décalogue. le Baptême, la
Sainte-Cène, et même la Raison; car comment. quelqu'un peut-il'
fuir les maux et les éloi;ner sans une inluilion de lui-même? et
comment le bien peUL-il devenir bien. s'il n'a pas été intérieure-
ment ,purifié' Je sais que tous les hommes pieul, et aussi tous
ceui qui ont UDe raison saine. en lisant ceci, y donneront leur
acquiescement. et le regarderont comme un vrai réel, mais que
Déanmoins il y en a peu qui le mettront en pratique.
836. Toulefois cependant tous ceux qui font le bien par reli-
sion, non-seulement les Chrétiens, mais aussi les Paiens. ont été
acceptés par le Seigneu~, et sont adoptés après la mort i car le
Seigneur a dit: • J'ai eu faim, et VOlU M'avez dqn"é d manger;
j'ai eu soil. et VOlU M"atJez donnd a !Joire; j'étais dtranger. et
vousM'atJez recueilli; nu. et VOlU M',avez v'tu; malade. et vous
Jl'avez visitd; l dtais en prison, et VOlU ~tes venw vers Moi. Et
il dit: En tant que vous l'avez fait d l'un de ces plw pe"ts de
mes frères, d Moi vous l'avez fait. Venez. les bénis de mon
Père, possédez comme héritage le Royaume préparé pour vou.
d~s la londatioti du blonde • • - Matth. XXV. 34 el suiv. - A
ceci, j'ajouterai celte Nouvelle: • Tous ceui qui font le bien par re-
ligion rejeuent. après la mort, la doctrine de l'É;lise d'aujourd'hui
sur les Trois Personnes Divines de toule éternité. et aussi sa Foi ap-
pliquée à ces trois personnes en ordre, et ils se tournent vers le
SeiiDeur Dieu Sauveur.' st puisent avec volupté toutes les choses.
qui appartiennent • la Nouvelle Église. Quant ~ tous ceux qui
D'ont point eurcé la Charité par reliiion. oe sont des cœu.rs de-

f 1

,
RELIGION CRRItTIENNE. 87
diamant, par oonséquent durs; ceux-ci s'adressent d'abord à trois.
Dieul, eosuite au Père seul, et enfin ils ne s'adressent à auc.un ;
ils regardent le Seigneur Dieu Sauveur seulement comme 6/s ,:e
lIarie, né de son mariage avec Joseph, et non comme 61s de Dieu;
.et alors il~ repoussent tous les biells et tous les vrais de la Nou-
nlle Église, et peu après ils s'adjoignent aux espriLs du dragon,
el sont relégués avec eUI dans les déserts, ou dans les cavernes~
qüi sonl dans les dernières limites du monde nommé Chrétien; el
quelque temps après, comme ils ont été séparés du Nouveau Ciel,
ils se jettent dans les crimes, et sont pal' conséquent précipités
dans l'Enfer. Un tel sort est pour ceux qui ne font pas les œuvres de
la Cbarité par religion, en raison de la, foi que personne ne peut
faire le bien par soi-même ta moins qu'il ne soit méritoire, et qui
. par suite les omettent; ils se réunissent aux boucs qui ont été
damnés et jetés dans le feu éternel préparé pour le diable el pour
&es anges, parce qu'ils n'avaient pas fail les œuvres que les brebis
avaient faite!;, - Matth. XXV. 41 el suiv, ; - lA, il n'esL flas dit
qu'ils avaient fait de ~auvaises œuvre5, Dlais il est dit qu'}ls o'a-
nient pas fait de bonnes œuvres, et ceux. qui ne font pas. de
bonnes œuvres par religioo foot de mauvaises œuvres, a puisque
personne ne peut servir deux Maîtres, à moins qu'il ne naisse
fun et n'aime rautre, et qu'il ne s'attache à fun et ne néglige
'fautre. Il - Mattb. VI. !4r. - Jéhovab dit par Esaie: ft Lavez-
.,ous, purifio!z-vous, éloignez la malice de vos œuvres de devant
mes yeu%, cessez de fair~ le mal, apprenez d faire le bien; et
alors quand seraient vos péchés comme fécarlate, comme la
neige ils dfNiendront blancs; quand routes ils seraient
comme lapourpre, comme la laineils seront,» -1. t 6, t 7, 18 i -
et il.dit AJérémie: • Tie1lS-toi debout d la porte de la maison de
Jéhovah; et là, proclame cette parole: Ainsi a dit Jéhovah
Sébaoth, le Dieu d'lsrall : Rendez bonnes vos voies et vos œu-
.".es; ne VO'lS confie= point sur des paroles de mensonge, en
disant: Le Temple de Jéhovah, le Temple de J éhavah, le Tem-
ple de Jéhovah ici; (c'est-A-dirç, l'ÉGlise) ; est-ce en volant, en
tuant, en commettant adultère, en jurant faussement, que vow
viendrez ensuite, et que vous vous tiendrez devant Moi, dans
cetle Maiscm sur laquelle est nommé mon Nom, et que vous
88 LA. VRA.IE
dire~ : Nous avons été délivrés, tandis que vous faites toutes
ces a6ominaliolll? Est-ce que ceite Maison est devenue une ca-
veme de 6rigauds? Oui, Moi, voici, j'ai vu, parole de J ého-
tlah . • - VII. i, 3, 4, 9, {O, H,
lJëi1, • n faut qu'on sacbe que ceUI qui font le bien par bonté
naturelle seulement, et non en m~me temps par reli~ion, ne son&',
pas acceptés après la mort, parce qu'il y a dans leur Charité le bien
seulement naturel et non en même temps Sl)irituel, et que c'est le
spirituel qui conjoint le Seigneur à l'homme, et non le naturel
sans le spirituel. La Bonté naturelle appartient à la chair seule,
ayant été reçue des parents, mais la Bonté spirituelle appartient
à l'esprit, étant née de nouveau par le Seigneur. CeUI qui font les
; biens de la Charité par religion, et qui par suiLe ne font pas les
maux, ceul-I~. avant d'avoir accepté la Doctrine de la Nouvelle
1 Église sur le Seigneur, peuvent être comparés à des arbres qui
portent de bons fruits, quoiqu'en petit nombre, et aussi à des ar-
bres q~i portent des fruits excellents quoique petits, et' qui néan-
moins sont maintenus dans les jardins: ils peuvent encore être
comparés à des oliviers et à des figlliers dans des forêts; puis.
des plantes odoriférantes et à de." arbustes 'balsamiques sur des
collines: ils sont comme de petites chapelles ou maisons de Diell
dans lesquelles un culle pieux est rendu; car ils sont les brebis
à droite, et les béliers que les boucs attaquent, selon Daniel,-
1
Chap. VUI, ! à toi. - Dans le Ciel, ils ont été revêtus d'habils de
1 couleur rouge, et depuis qu'ils ont été initiés dans les biens de
la Nouvelle ÉGlise, ils sont revêtus d'habits de couleur pourpre,
qui, selon qu'ils reçoivent aUoSSi les vrais, brillent d'un bel éclat,

Il faut que la Confession soit faite devant le Seigneur Dieu Sau-


veur, el qu'il y ait alors supplication pour le secours et pour
1 la puissance de résister azu: maux.

338. Qu'il faille s'adresSer au Seigneur Dieu Sauveur, c'est


parce qu'il est le Dieu du Ciel et de. la Terre, le Rédempteur et le
Sauveur, à qui appartiennent la Toule-Puissance, la Toule-Science,
la: Toute-PréseDce, la Miséricorde Même et eD même temps la
»

RELIGION CHRÉTIENNE. , 89
• Justice,!lt parce que l'homme est sa Créature, et l'tslise sa Ber-
cerie, el qu'il a commandé plusieurs fois dans Ja Nouvelle Alliance
de s'adresser. Lui, de lui rendre un culle, et de L'adorer; il a
enjoint de s'adresser • lui Seul dans Jean par ces paroles: «En
vérité, ell vérité, je vous dis: Celui qui n'entre pas par la porte
dmlS la Bergerie, mais monte par un autre end1-oil, celui-là
est un voleur et un larron; mais cel"i qrli elltre pur la porte
esf 6e1'9er des 6re6is. Moi, je suis la porte: par Moi si quelqu'un
entre, il sera saUvé, et pâtw'e il t,'OUVe1·a. Le voleur ne vient que
pour voler, tuer et détruire, Moi, je S!lis venu pour qu'elles aient
vie eta607l.dance. Moi,jesuis le 60n Berger. »-x. t, t,9, 10. t t.
- Que l'homme ne doive pas monler par un autre endroil, c'est
qu'il ne doit pas s'adresser A Dieu le Père, parce qu'Il est invi-
sible, et par suite inaccessible et inconjonsihle; et c'est pour
cela que Lui-Même est venu dans le Monde, et s'est fait visible,
accessible et conjongibld, ce qui fut uniquement pour celle fin,
que l'homme pût être sauvé; car si dans la pensée on ne s'a-
dresse pas A Dieu comme Homme, toule idée de Dieu périt; elle
tombe de même que la vue dirisée dans le vaste univers, ainsi
dans une sorte de vide, 011 dans la nature, ou dans des objets au
dedans de la nature. Que Dieu· Lui-.Même, qui de toule éternité
est Un, soit venu dans le Monde, on le voit clairement par la nais-
sance du Seigneur Sauveur, en ce qu'il a été, conçu de la vertu 'du
Très-Haut par l'Esprit Saint, el que de lA son Humain est né de
la Vierse Marie, d'où il suit que son Ame était le Divin Même,
qui esL appelé le Père, car Dieu est indivisible, et que l'Humaio
né de lA est l'Humain de Dieu le P~re. qui est appelé Fils de Dieu,
- Lnc, l. 32, 34-, 35: - il suit encore de Ill, que lorsqu'ou s'a-
dresse au Sei~neur Dieu Sauveur, on s'adresse aussi l Dieu le
Père;' aussi répondit-il l Philippe qui demandait qu'il montrAt le
Pèl'e: u Qui Me voit, voit le Pbe, comment donc, toi, dis-tu:
Montre-nousle Père 1 Ne crois-tu pas que Moi Qe suis) dans le
Pdre, et que le Père (estJ en'-Moi 1 Croyez-Moi, que Moi Ge suis)
da)lS le Père, et que le Père (est, en Moi.» - Jean, XlV. 8 ..
H. - Mais sur ce sujet, on voit de plus ,rands détails daos les
Chapitres sur Dieu, sur le Seisneur, sur l'Esprit Saint, et sur la
Trinité.
90 LA VRAIE
1.139: Il Y a deul Devoirs dont l'homme doit s'acquitter après
l'examon. c'est la Supplication et la Confession. La StlPPLléATION
sera que le Seiineur" ait pitié, donne la puissance de résister aUI
blaul dont on s'est repenti, et accorde l'inclination et l'aft'ection
pour faire le bien, puisque smlS Lui l'homme ne peut rien faire,
- Jean, xv. IS. - La CONFESSION sera de voir, connaltre et re-
connaltre ses maul.. et de se tenir pour un misérable pécheur.

~
Devant le Seigneur !I n'est pas besoin de l'énuméral!on d!!~ ~é­
chés, ni de supplier pour leur Rémission; qu'il ne soit pas be-
loin de.l'Énumération des péchés, c'est parce que l'homme les. a
examinés et vus chez lui, et que par suite ils sont présents cfiez le
Seiineur parce qu'ils sont présents chez l'homme i le Seigneur l'a
même diri~é dans l'Examen, il les lui a rail découYrir; efif lui a
inspiré une profonde douleur, et avec celte douleur le dessein de
l'en désistel" et de commencer une nouvelle vie. Si dev~nt le S~i­
Ineur il ne doit pas être rait de supplication pour la_Rémission
Il - d~'péc~~, en voici les raisons ~remiè~c'est que les péchés
(De sont pas annulés, mais sont éloijnés, et qu'ils sont'éleignés

' ) selon que l'h~m~e ensujte y renonce et entre dans IIne nou.!e!le
vie; car il y a d'innombrables cODvoitises qui sont aHacbées comme

i..
l en pelolon A chaque mal, el qui ne peuvent être écartées en un
moment, mais qui le sont successivement.. à mesure que" l'homme
- se laisse réformer et réséoérer.~seconde rai~ c'est que le Sei-

~ coeur, parce qu'il est la Miséricorde Même, rel~!t ~us leurs pé-
chés, el n'en impnte pas uo seul à qui que ce soit, car il dit: «Ils
) ne savent ce qu'ils fOlll ; • .:...- néanmoins ils n'ont pas poureela éïé-
enlevés; - quand Pierre lui demanda combien de ~ois il devait

l
remeltre à son frère SClI fautes, si ce serait jusqu'l sept fois, il lui
répondit: III Je ne 'te di~ I)as jusqu'à sept rois, mais jusqu'hoixante-
dix fois sept fois, D - AJattll. XVIII. ti, !t; - si l'homme doit ra-
Illettre ainsi, l cQ.mbien plus fo~t~ raison le Seiineur ! Touteroi~.
fi D'est pas nuisible que celui donlla;onscience est chargée énu-
mêra, afin d'être soula8é. ses (léchés devant un Ministre de l'É-
f Clise, en vue d'absolution; parce qu'ainsi il est introduit dans
l J~habitude de s'exami,ner, et de réfléchir sur ses maul journaITérs :
Smais celle Confessi~.!!.!st naturelle, tandis que celle qui a été dé-
1crile ci-dessus est spirituelle.

4 l'
RELIGION CBMTlENNE. 91
&60, t Adorer quelqu'un comme Vicaire de Dieu sur terre..
GU invoquer quelque Saint, comme on invoque Dieu, n'a pas plus
d'effet dans le Ciel. que de supplier le Soleil. la Lune et les As-
Ires, ou de demander une réponse l un Devin, et de croire l sa
parole, qui est vaine; ce serait encore comme si l'on adorait le·
Temple et lion Dieu dans le Temple; et comme si l'on demandait.
des distinctions de ,Ioire au se"iteur qui porte à la main le scep-
tre et la couronne du Roi, el non au Roi lui-mênie: et cela &8rail
aussi vain que si, abstraction faite des sujets, on vénérait la splen-
cleur de la pourpre, la sloire, la lumière, les rayons dorés du So-
leil, et le nom seul: c'est pour ceux qui a,issent ainsi que sont.
ces paroles dans Jean: cc Nous demeurons dans la vérité en Jé-
IUS-CIn'Ïst; Lui est le vrai Dieu et la Vie éternelle; mes petits-
enfants, garderrvous des idoles. JI -1 Eplt_ V. 10, ii.

La Pénitence actuelle est facile chez ceu:c qui r on faite quel-


quefois, mais très-f'éfractaire pour ceux qui ne l'ont pliS-
faite,

B6t, La Pénitence actuelle consiste l s'examiner, l connaUre


ses péchés, l se confesser devant le Seisneur, et ainsi l commen-
cer une nouvelle vie i elle eSt" Sëlon la description qui en a été
faite dans les articles précédents. Dans le Monde Chrétien Ré-
Cormé. par lequel sont entendus tous ceul qui sont séparés de-
l'ÉSIi&8 Catholique-Romaine, et aussi dans cette Éslise pour ceux
qui n'ont fait aucune pénitence actuelle, cette Pénitence est très-
réfractaire i la raison de cela, c'est que quelques-uns ne veulent
pas,. et que d'autres craisnent, et que l'habitude de ne pas faire
s'invétère chez l'homme, et amène un non-vouloir, confirmé par
un entendement raisonneur, el cbez quelques-uns du déplaisir,
de l'effroi et de la terreur pour ceUe pénitence. Ce q'Ji fait prin-
cipalement que la Pénitence actuelle est très-réfractaire pour les
Chrétiens Réformés, c'esL leur Foi que la p~nitence et la cbari~é

t La la.cune danl la. lérie du Numérol, deputl lIiO jUlIIlu'è, 11119. el& uue- .
Bimpla erreur de chUfrel; la texte u~ comple~, (Not, d", Trod",ctllU',)
l
Il
92 LA. VRA.I.E
ne contribuent en rien au salut, mais que de l'imputation de la
Foi seule résultent la rémission des péchés, la justification, l'in-
novation, la résénération. la sanctification, et 10 salut éternel,
sans que l'homme coopère par soi-même ou comme par soi-même.
celte coopération élant appelée par leurs dogJ!.la~q!!!ls inutile.
contraire au mérito du Christ, offenSanle el iDJurieuse; et quoique
le Vul«aire ignore les choses mystiques de cette foi, cela a été
semé en lui par ce peu de moLs: " La foi seule sauve i et qui est-
ce qui pëut faire le bien par soi-même r • De là vient que la Pé-
1 f ,nitenes, chez les Rérormés, est commo un nid abandonné aveo
(.les potits par les oiseaux qu'un oiseleur a pris et tués. A cette
raison se joint celle-ci, que l'homme qu'on appelle réformé n'est.
quant A son esprit, dans le ~Ionde spirituel, qu'avec des esprits
semblables à lui, qui portent cetLe doctrine dans les idées de ,'ses
pensées, ct le détournent de chercher à regarder en lui-même'e'
à s'examiner. .
56i. J'ai demandé, dans le Monde IIpiritllel, à beaucoup de
,...., ( Réform~ pourquoi 'ils n'avaient pas fait la pénitence actuelle,
lorsque cependant cela élait enjoint, tanl dans la Parole que dans
le Baptême, et aussi avant la Sainte Communion dans toutes leurs
t,lises; et ils m'on t fait diverses réponses; LES UNS: Qu'il suffit
de la Contrition. accompagnée de la Confession de lèvres qu'on
6s1 pécheur. D'AUTRES: Qu'une telle pénitence, parce qu'elle est
faite par l'homme agissant d'après sa volonté, ne coïncide pas
avec la foi universellement reçue. D'ACT RES : " Qui est-ce qui peut
s'examiner quand il sait qu'il n'est que péché? Ce serait comme
li l'on jetait un filet dans un étang,plein de bourbe depuis le fond
jusqu'à la surface, et rempli d'insectes malfaisants .• D'ACTRES:
" Qu i est·ce qui peul regarder en soi si profondément. qu'il y voie
le péché d'Adam, d'oil. lous ses maux actuels ont jailli r Ces mau:r
n'ont-ils pas été lavés en même lemps que ce péché par les eaux
du b.aplême? N'ont-ils pas été eft'acés el couverts par le mérite du
Ch rist ! Que devient alors la pénitenoe. sinon un&. imposition qui
trouble grièvement. les consciences timorées r Ne sOlUmes-nous
pas d'après l'Évangile sous la grâce. el non sous la dure loi de la
pénilence r etc •• QUELQCES-UNS m'ont dit que, lorsqu'ils cherchent
à s'examiner, l'eff'roi et la terreur s'emparent d'eux, cOlDme s'ils
RELIGION CHRÉTIENNE. 93
voyaient un monstre pr~ de leur lit au point du jour. Par ces ré-
ponses, j'ai \'u clairement pourquoi la Pénitence actuelle, dans le
Monde Chrétien Rérormé, est comme en oubli et rejetée. le deman-
dai aussi, en présence de ceux-là, :i quelques Esprits attachés à la
t (Reli~ion Cat~l~liq~~~!l0lDain~ au sujet de leur Confession actuelle
'de\'ant leurs ministres, si celle confcs:.ion était l'éfractaire pour
eux i ils répondirent qu'après y avoir été initiés, ils ne craignaient
pas de faire l'énumération de leurs fautes devant un confesseur
non sévère, et qu'ils les recueillaie.nt avec une sorte de volupté,
et énonçaient gaiement les- plus légèl'es, mais un peu timidement
les plus lourdes i que chaque année il l'époque élablie par la cou-
tume ils revenaient librement, et se réjouissaient après l'abso-
lution i et qu'enfin tous regardent co:mne impurs ceux qui ne
veulent pas dévoiler les souillures de leur cœur, A ces mots, les
Réformés, qui étaient pr~sents, s'enfuirent, les uns riaient et se
Dloqnaient, les autres étaient étonnés et cependant approuvaient.
Ensuite, s'approchèrent de moi quelques autres qui avaient élé
\. attachés l la.. même Êglise, mais qui, ayant demeuré dans des pays
où il y avait des Réformés, avaicnt fait d'après un usase solennel
parmi eux non pas une Confession spéciale, comme leurs Crères
ailleurs, mais seulement une Confession commune devant leur
cuide spirituel i ceol-ci dirent qu'ils n'avaient jamais pu st! son-
der, découvrir et divulguer leurs maUI aCluels, ni les secrets de
leur pensée, et qu'ils sentaient cola au~si répugnant et aussi eC-
fl'ayant, que de vouloir franchir le fossé d'un rempart, oit se tient
en armes un soldat qui crie: • N'approche point. • D'après ce qui
précède, il est maiotenaant 'vident que la Pénitence actuelle est
facile chez ceux qui l'oilt faite quelquefois, mais très-réfractaire
pour ceUI qui ne l'ont pas faite.
563. On sait que l'Habitude fait une seconde natm'e, et que
par suite ce qui est difficile l l'un est facile l l'autre; de mêQle
aussi s'examiner, et confesser le résultat de l'enmen; qUùi de
plus facile pour un journalier, un porte-fail et un métayer, que de
travailler des bras du matin au soir, tandis qu'au contraire un
homme élevé aux honneurs et délicat ne pourrait pas se livrer au
meme travail pendant une demi-heure sans lassitude et sans sueur J
n est facile à un coureur de' faire avec un bAlon eL des souliers lé-
Il 1

Il 9' LA. Vl\A.IE


1 iers une course de plusieurs milles, tandis qu'un homme habitu6
à aller en voiture peut l peine courir lentement d'une rue dans
l1ne autre. Tout artisan qui se platt l son ouvrage l'accomplit faci-
lement et de bon cœur, et quand il le quitte il désire le reprendre,
tandis qu'un autre du même métier, mais indolent, peut difficile-
menUtre contraint à se mettre • l'œuvre: pareillelDent tout fono,.
tionnaire, et tout homme d'étude. Quoi de plus facile. celui qui
s'applique • la piété, que de prier Dieu et quoi de plus diffiCIle
pour celui qui s'est livré ll'impiété r Quel est le prêtre qui, prê-
chant pour la première fois devant un Roi, n'est pas intimidé!
mais après qu'il s'est remis, il continJl8 avec assurance. Quoi de
plus facile. l'homme-ange que d'élever les yeul au Ciel, et i
l'homme-diable que de porter ses regards vers l'enfer r Cepen-
danl si celui-ci est hypocrite il peut pareillement lever les yeu:r.
vers le Ciel, mais son cœur est à l'opposé: la fin propter guem
(pour laquelle il asit), el par suite l'habitude, font la trempe de
l'homme,

Celui qr'i n'a jamais fait pénitence, ou qui ne s'est jamais r!:"
gardé intérieu7'eTfjent ni scruté, ne sait pas enfin ce que c'est
que le mal qui damne, ni ce que c'Istque le bien qui sauue.

564. Comme dans le Monde Chrétien Réformé il en est peu qui


fasssent pénitence, c'est pour cela qu'il Il été ajouté ici, que celui
qui ne s'est ni regardé intérieurem.ent, Il.i scruté, ne sait pas enfin
ce que c'est que le mal qui damne, ni ce que c'est que le bien qui
sauve; car il D'a pas une religion qui le conduise. celte connais-
sance; en effet. le mal que l'homme ne voit pas, ne connaU pu
et ne reconnatt pas, demeure, el ce qui demeure s'enracine de
plus en plus, jusqu'. obstruer les intérieurs du mental, ce qui
fait que l'homme devient d'abord naturel, ensuite sensuel, el enfin
corporel. et dans l'lin ou l'autre de ces états il ne conn aU aucun
mal qui damne, ni aucun bien qui sauve i il devient comme un
arbre qui. planté sur un dur rocher, étend ses racines parmi ses
fentes, et en611 se flétrit parce qu'il manque d'humeur. Tout
homme bien élevé est rationnel et moral, mais Ur a deux che-

1
~,

1
RELIGION CBRS:TIENNE. 95
mins qui conduisent lia rationalité, l'un d'après le Ilonde, J'autre
d'après le Ciel; celui qui est devenu rationnel et moral d'après le
Monde, et non aussi d'après le Ciel, n'8.'!t rationnel et moral que
~e bouche et de geste, et en dedans c'est une bête brute, et même
une bête féroce, parce qu'il fait un avec ceux qui sont dans l'enfer
où tous sont tels; mais celui qui est rationnel et moral aussi d'après
le Ciel est vraiment rationnel et moral, parce qu'il l'est en même
temps d'esprit, de boucbe et de corps; au dedans du rationnel et du
moral il y a, comme Ame, un spirituel qui met en action Je na-
turel, le senlluel et le corporel, celui-Il fait un aussi avec ceux qui
'Sont dans le Ciel: c'est pourquoi il y a l'homme rationnel et mo-
ral spirituel, et aussi l'homme ralionnel et moral purement na-
turel, et l'un n'est pas distingué de l'autre dans le Honde, surtout
ai l'hypocrisie est passée en habitude i mais les Anges dl!-ns le Ciel
les dIstinguent aussi facilement qu'on distingue les colombes
d'av8& les hiboux, et les agneault d'avec les tigres, L'homme pu-
rement naturel peut voir les maux et les biens chez les autres, et
même reprendre ceux chez qui ils sont; mais comme il I!~ s'~t
ni regardé intérieurement, ni scrl,lté, il ne voit aucun mal chez
lui, et si un autre en découvre un, il le ,·oile au moyen de son ra-
tionnel, comme Je serpent cache sa tête dans la poussière; et il s'en-
fonce dans ce mal, comme le frelon dans le rumier. VoilA ce qut.faJ&
le plaisir d!!,,-,!!al, qui enveloppe cet homme, comme le brouillard
couvre un marais, et absorbe et étouffe les rayons de la lumière i

~
le plaisir infernal n'est pas autre chose; ~plaisir .!I~u!!al est
exhalé de l'enfer, et influe chez tout homme, mais dans les plantes
des pieds, le dos et l'occiput i mais s'il est reçu par la tête dans le
sinciput, et par le corps dans la poitrine, l'homme est asservi l
l'enfer; el cela, parce que. le cerveau humain a été destiné 1_ l'e~­
, te~nt et lia Slses.'1e de l'entendement, pt le Cervelet 1 la vo-
z. l.nté et 1 l'amour de la volonté; de Il vient qu'il y a deul Cer-
,NuX. Mais ce plaisir infernal t'st corrigé, réformé et retourné
uniquement par le Spirituel rationnel et mo~al.
561S. Il va être donné, comme suite, une sorte de description
de l'homme rationnel et moral purement naturel, qui considéré
-en lui-même est sensuel, et qui, s'il continue, devient corporel 011
charnel i mais cette description sera faite en une esquisse com...
96 LA VRAŒ
posée de di\'erses parties. - Le sensuel est le dornier. do la "ie dn
men laI de l'homme, il est adhérent ct cohérent aux cinq sens de
sou corps. - Est dit homme sensuel celui qui porte des jllgements
au sujet de tontes cboses d'après les sens du corps, et qui ne croit
que ce qu'il peUL "oir des yeux. et toucber des mains, disant que
ces objels sonl quelque chose, et rejetant tout le reSle. Les inlé-
rieurs de son mental, qui voient d'après la lumière GU Ciel, ont
été fermés, de sorte qu'il né ,'oil rien du vrai qui appal'tient au
Ciel et A l'Église. Un tel bomme. pense dans les eXlrêmes, et non
intérieurement d'après quelque lumière spiriluelle, parce qu'il
est dans une épaisse lueur naturelle j de là vient qu'inlérieure-
ment il est contre les choses qui concernent le Ciel el l'Eglise,
quoiqu'extérieurement il puisse parler pour elles 8\'80 al'deur,
selon son espoir d'obtenir par elles domination et opulence. - Les
Savants et les Érudils qui se sont confirmés profondément dans
les faux, et plus encore ceux qui sont confirmés contre les vrais
de la Parole, sont plus sensuels que les autres. - Les bOIDm~ sen-
suels raisonnent avec rigueur et adresse, parce que leur pensée
est si près de leur parole, qu'elle est presqu'en elle et comme
dans leurs lèvres, eL parce qu'ils placent toute intelliicncc dans
la parole provenant dc la mémoirc seule; puis, ils peuvell~ adroi-
Lement confirmer les faux, et après les avoir confirmés, ils les
croient des vrais; mais ils raisonnent et confirmenL d':l)lrès les il-
lusions des sens, llar lesquels le vul~aire se laisse prendre eL per-
suader. - Les bommes sensuels sonL plus rusés et onl plus de ma-
lice que tous les autres. - Les anres, les adultères et les fourbes
sont principalement sensuels, lors même qu'aux yeux du )Ionde
ils paraissent ingénieux. Les intérieurs de leur mental sont sales
et corrompus; par ces intérieurs ils communiquent a,'ec les en-
fers: dans la Parole ils sont appelés morls. - Ceux qui sont daDs
les Enfers sont sensuels el d'autanl plus sensuels, qu'ils sont dans
des enfers plus profonds: la spbère dos esprils infernaux se con-
joint avec le sensuel de l'homme par derrière; et dans-la lumière
du Ciel l'occiput parait excavé. - Ceul qui raisonnaient d'après les
sensuels seuls étaient appelés par les anoiens les serpenls de
l'Arbre de la science. - Les sensuels doivent être au dernier rans
et DOD au premier; et, cbez l'homme Silge et intelligent, ils sont
RELIGION 'C8R~TIENNE. 97
lU dernier rang, sous la d6j)eodance des inlérieurs; mais cbez
l'homme insenllé i1& sont au premier rang, el ils dominent Sj les
sensuers sont au dernier raog, par eux est Ollver& le chemin vers
fenlendcmonl . . el les vrais sont perfeclionnés par le mode d'ex·
traction. Ces sensuels sonl très-près dl. Monde, et ils admeLlent
Jes choses qui viennent du monde, el les criblent pour ainsi dire.
- ~e pal' les sensuels cJ!l!l.mllnjljue avec le Aronde, et p~~~
rati.Q..!!E..els avec le Qel, - Les sensuels fourni!lsent les choses Ilui
SArvent aux intérieurs du men laI. II y a des sensuels qui four-
nissent A la partie intellectuelle, ee des sensucls qui fournissent à
la partie volonlaire, - Si !!,penséo n'esl pas élo\'ée au,dessus des
sensuels, l'homme a peu de sagesse, I:homme, quand ~I'~e
est élevée au-dessus des sensuels, vient dans une lueur plus
claire, et eufin d8lls une lumière célesle, et alors il porçoit~
choses qui rléfluent du Ciel. - te dernier dc l'cnlcndement C5118
sCife;ltifiq,ue natürël,"'ëiTedernier de la \'olonlé est 10 )Ihlisir lien-
6uel.
566, L'homme. en tant qu'homme naturel est semblablo à la
bête. il prend l'image de la bôte par sa vie; c'est pOlll' .cela qu'au-
tour de tels homDle~ dans le Monde spil'iluel il apparalt des bê.es
de toule espèce, qui sont de.c; oorrespondances; car, consideré
en lui-même, le naturel de "homme ost purement animal; mais
comme le' spirituel y a été ajouté, il pilut de\'enir homme, et s'il
ne le devient pas d'après la faculté qu'il en a, il peut contrefaire
l'homme, mais il n'est toujours qu'une bêle parlante; car il parle
d'après le rationnel naturel, mais il pense d'après le verti~e spi-
rituel; il agit d':lprès la morale nalurelle, mais il aimo d'alll'ès le
sa Iyriasis tlpiritllel; ses actes, aux yeux de l'homme rationnel
spirituel, ne sont que comme la danse de celui qui a été piqué de
la tarentule, et qu'on nomme danse de St-Vite ou de St-Guy. Oui
ne sail qu'un hypocrite peut parler de Dieu i un voleur, de sincé-
rité i un adultère, de chasteté, et ainsi des autres i mais si l'homme
D'avait pas la faculté de fermer et d'ouvrir la porte entre les pen-
lées el les paroles, el entre les intentions et les actions, el s'JI n'y
avait lA pour portier la prudence ou l'as lu ce, il se précipiterait
avec plus de férocité qu'aucune bête sauvage dans des actes cri-
Dlinels el atroces; mais ceUe porle est ouverte chez chacun après
~ 7

b
98 LA VRAIE
la mort, et alors obacun se montre lei qu'il a éLé; toutefois le mé-
chant est lenu dans un lien par les cbAtimenls et les prisons dans
l'Enfer, c'esl pourquoi, bienveillant Lecteur, re,arde-toi intérieu-
rement, va l la rechercbe de tel ou tel mal cbez toi, et repousse-
]e par motif de Relision i si c'est par un autre motif ou nne autre
fin, III ne le repousses que pour qu'il ne se manifeste pas devant
]e tfonde.
, • • • .. .. •
867. A ce Chapitre serODt joints leE IfltllORABLBS suivants:
PRENIER MtHORULB. Se fus saisi subitement d'une maladie

l
presque mortelle; toute ma Tête était pesante i une fumée P8l-
lilenlielle fut envoyée de la Jérusalem qui est appelés Sodome et
Egy\llfI, - Apoc. XI. 8 i - j'étais. demi-mort souft'rant cruelle-
ment, i'aLlendais ma dernière heure; je· re."tai ainsi étendu dans
mon lit pendant trois jours et demi i tel était de venu mon esprit,
et par suite mon corps: et alors j'entendis autour de moi des voix
de gens q\.,li disaient: .. Le 'Voici élendu morL dans la place -de notre
Ville, celui qui prêchaiL la Pénitence pour la rémission dos péchés,
et le seul Christ homme. • Et ils demandaient l quelqües ecclé-
siastiques, si celui· là était digne de la ~pullure. Ils répondirent:
.. Non; qu'il reste étendu, et qu'il sail en spectacle. • Et ils allaient"
rCfen;lient, se moquaient. Voilà, d'après la vérité, ce qui m'est
arri"é. lorsque j'expliquais le Chapitre XII de l'Apocalyp!,e. On
entendit alors ces moqueurs prononcer des paroles sur lesqnelles
lis appuyaient fortemenL, surtout celles-ci: • Comment peut-on
faire Pénitence sans la foi' Comment le Christ homme peut-il
ôtre adoré comme Dieu! Puisque nous sommes sauvés gratuite-
ment sans ancull mérite de notre part, qu'est-il besoin d'autre
.cbose r[lIe de cette foi seule, que Dieu le Père a envoyé son Fils,
pour Otcr la damnalion de la Loi, nous imputer son mérite. et
ainsi devant Lui nous justifier, et nous absoudre des péchés par
Ja déclaration d'un Prêtre. et alors nous donner l'Esprit Saint. qui
opère lout bien en nous! Ces cboses De sont-elles pas conformes
ll'Écriture, el en outre conformes lia raison'" La fouJe des u-
. siSlants applaudissait Il ces ·paroles. Je Jes entendais ~t ne pou!ais
répondre, parce que j'étais étendu presque mort; mais après trois
jours eL ~e~i mon esprit reprit ses Carces, eL je sortis, quant l

~I
.!do.-'_ __
»
RELIGION CHMTIENNE, 99
mon esprit, de la place, et j'allai dans la Ville, et je dis de nouveau:
• Faites Pénitence et croyez au Christ, et vos péchés seront remis,
et \'OUI serez sauvés; sinon, vous périrez; le Seigneur Lui-Même
Il'a-t-il pas prêché la pénitence pour la rémission des péchés, et
que l'OD crQt en Lui! N'a-t-il pas ordonné aUI disciples de prê-
cher la même chose! Une. complète sécuJj~_ vie n'est-cl.le
pas la suite. du dos-mll ~~.-!.~tte .foi! • Mais ils dirent: • Que si-
C,nifte ce verbiage? Le fils n'a-l.i! pas satisfait! Le Père n'a-t-il
J pas imputé celle satisfaction du Fils, el ne nous a-t·il pas justi-
) fiés, nOlis qui y avons cru! Ne &Gmmes-llous pas conduits ainsi
( par l'esprit de grâce! D.ès lors qu'esl-ce que Je. péché ell.!!..~s!
Dès lors qu'est-ce que la mort a de COlllmun avec nous! Com-
prend~-tu "Cot Évailgilè:" toi, prêcheur du péché et de la péni-
r lence! u Alais alors il sorli~du .Ciel une voix q'!!...Ait: u Ou'est-ce -
J que la foi d~ l:!~énit~nt, sinon une foi morte? La lin vien l, la
, fin vient sur fOUS, qui êles en sécurité, irréprocliables à vos ye~x~
justifiés dans votre foi, satans ! » EL au même histaut un goufFre
s'ouvrit ~u milieu de la ville, et il s'asrandit, et les maisons tom-
bèrent les unes sur les autres, et ils furent engloutis; el bientôt
il sortit de cc vas le gou.II'J'e une eau bouillonnante, et elle inonda
c.elle dévastation,
Lorsqu'ils fureut ainsi submergés et qu'on les viL inondé!!, je
désirai s~\\'oir quel était leur sort daus l'abime ; et il me fut dit du
Ciel: • Tu \"aS voir el entendre, u Et alors les eaux: dont on les
avail vu inonités disparurent de devant mes yeul, car les eaux
4~E.~.JtI Monde Sp~rituel sonl des Correspondances, et apparaissent
par suiLe autour de ceUI qui sont dans les faul ; et alors je les vil
dans qn Fond sablonoeux où étaient des mOllceaux de pierres.
entre lesqllels ils couraient; et ils se lanlentaient de ce qu'ils
avaienl été précipités de leur srande Ville; et ils disaient, en vo-
ciférant et en criant: Pourquoi cela nous eSt-il arrivé? P.!r n~~!8
Il

Foi ne sommes-nous pas nets, purs, justes, saints! Par Dotre Foi
ne sommes-nous pas neUoyés, purifiés, justifi~ et sanctifiés?
Et d'autres disaient: a Par notre Foi ne sommes-nous pas de-
venus tels, que nous soyons devant Dieu le Père réputés et con-
sidérés. et, devant les Anles, déclarés comme neLs, purs, justes
et sainls! N'avons-nous pas obtenu la réconciliation, la pr"pi..
-
100 LA. VRA.IE
tiation, l'expiation, et par là n'avons-nous pas été absous, lavés
et nellol'és des péchés! La damnation de la loi n'a-l-elle pas été
enlevée par le Christ? Pourc\uoi a\'ons-nous donc été jetés ici
( comme des damnés? Nous avons entendu crier dans notre grande
) Ville par un audacieux prêcheur du péché: Croyez au Christ, et
) laites pénitenc~; est-ce que nous nous n'a\'ons pas cru au Chrisl en
[ croyant à son mérite! el n'avons-nous pas fait penitence, lorsque
nOliS avons confessé que nous étions pécheurs! Pourquoi ce mal-
heur nou:; est-il donc arrivé? Mais alors on entendit SUl' le côté
une voix qui leur dit: • Connaissez-\'ouS un seul des pé~és dans
~ l~sqllels VOliS .!!es! Vous êtes-\"o~s jamai& e.!.aminés! Avez-vous
) fui par conséqllent quelque· mal COlllme péché contre Dieu! Or,.
{ celui qui ne Cuit pas un mal comme péché, est dans ce mal. Lit
1 péché n'est-il pas le diable? Vous êtes donc du nombre de ceux dont
} le Seignelll' dil: Alors VOU$ commencerez à dire: Nous avons-
") mangi devant Toi, et nous {wons bu, et dans nos places lu as
{ enseigné, 41ais il dira: Je VOliS dis que je Ile sais d'où. VOllS 8tes.
retirez-volls de Moi vous tous, ouvriers d'iniquité, - Luc, xm.
!6. 27; - COJ.Jlme aussi du nombre de ceux dont il est l'arlé dans
Mallhieu, - VII, 2C!~ 23, - Allez-vous en donc. clfacun en son lieu;
vous voyez des ouvel'lures dans ces cavernes. entrez-y; et il y
sera donné Î\ chacun de vons sa tâche à remplir; el alors chacun
recevl'a do la nourl'itlJl'e à proportion da l'on Iravail ; sinon, la Caim
vous forcera toujours à entrer ••
EII~lIite Ull6 voix du ciel ~~ .fit enlen.dl'e. là, sur celle terre, li
quelques-uns qui 8\'aiel:l élé hors de celle grande Ville, et des-
quels il est aussi parlé, - Apoc. Chap. XI. t3, - et elle leur dil
hautement: Il Gardez-vous, gardez-\'ouS de la consocialion Dvec de
semblables gens; ne pOIl\·ez-vous pas comprendre que les maux,
qui sout appelés pêcllés ct iniquités, rendent l'homme immonde.
et impur! Comment l'homme peut··i1 en être lavé et purifié autre-
ment que par la pénilence actuelle et par la. foi au Seigneur
l Jésus-Christ! La pénilence-actueiié consiste à s'examiner, à con-
, DaILre et reconnaltre ses péché.~. à s'avouer coupable. à les· confes-
ser devant le Seigneur, à implorer du· secours et la puissance
a'y résister, et ainsi l s'en ahslenir et à mener une ,'ie nouvelle,
et à faire toul cela comme par vons-mêmes: laites ainsi une ou
»

RELIGION CHRltTIENNE. 101


~eult fois dans l'année, quand vous approchez de la Sainte Com-
munion ; ct ensuite quancUçs ~éché!l, dont vous vous êtes .vou6s
~ .coupables, revlenn~nt. dites-vous li vous-mêmes: Nous ne vou-
lons pas faire de pareilles choses, parce que ce sont des péchlh
.contre Dieu; voilà ce que c'est que la Pénitence aCluelle. Qui ne
peut comprendre que celui quj-ll~ s'examine p~s et ne voit pas ses
péchés, r~~~J!lJl~.ses._ptcl!és r En effet, lOul mal par naissance
f est un plaisir, car c'est un plaisir de se venger, de commettre
"\ scortalion, de voler, de blasphémer, et ~~rtout_ d~ dQID.Ï!ler d'a-
I près l'amour de soi. N'est-ce pas le plaisir qui fait qu'on ne voit
pas de mal dans ces aclions; et s'il arrive que l'on dise que ce sont
des péchés, le plaisir que vous en ressentez ne vous les fail-il pas

r elcuser? Bien plus, vous avez recours à des faux pour vous con-
fi.~IT!er qu.e ce ne sont pas des péchés; et ainsi vous restez ~ans ~s
péch6!1, et ensuite vous les commettez plus qu'auparavant; et cela,

1 au ll!>in.t de ne pas savoir ce que c'est qu'un péché, ni. mêm!.s~il


en ell!!te. Il en est lout autremeut pour celui qui fait la péni-
tence actuelle i ses maux qu'il a conuus et reconnus, il les appelle
, pécbés; et pour celte raison il commence à les fuir, à les avoir en
\ aversion, et enfin A tro~ver .désagréable l~ plaisir de ces man i
) -et plus cela a lieu, plus il voit et aime les biens, et enfin il en sent
\ le plaisir, qui est le plaisir des anges du ciel: en un mot, a~~t

l
l'~omme rejelle derrière lui le diable, l!.tlt~t il. est adopté par le
Seigneur, et il est par Lui instruit, conduit, détourné des maUI et
tenu dans les biens; voilà le chemin, et il n'en est point d'autre,
ponr aller de l'enfer au Ciel. D C'est une chose étonnante que les
CRéforl!lj"ùient sreffée en eUl, pour la Pénitence actuelle, une
.sorte de répuguance, d'hésitation et d'aversion, qui est si grande,
qu'ils ne peuvent se résoudre ni à s'examiner, ni à voir leurs pé-
.chés, ni à les confesser devànt Dieu; une sorte d'horrellr les sai-
( siL lorsqu'ils se proposent de le faire; j'en ai interrosé plusieurs
sur ce sujet dans le Monde Spirituel, et tous m'ont dit que c'était
au-dessus de leurs forces. Quand ils apprirent que cependant les
CéatholiqueS.;Romains le font, c'est-à-dire, qu'ils s'examinent et
( COnresseiifOllvertemenL leurs péchés devant un Moin~. ils furent
extrêmement élonnés~et d"autant plus que les Réformés ne peu-
vent le faire secrètement devant Dieu, quoique cela leur soit éga-
-
l' 102 LA. VRAIE
lement enjoint aYant que d'approcher de la Sainte-Cène; et quel-
( ques-llns de ceux qui étaient pr6sents en ..Qhercbèrent ~ _~~ison,
et ils trouyèrent q~ Ja foL ~_e!lle était la cause de cet État d'im-
] périitence -el de ceUe disposition du Cœur i et 1Il0rs- il Teu-r -rul
donné de yoir que ceUI des CalholiqueS-Romains qui adorent le·
\ J Christ, et n'invoquent pas les saints, sont sauvé•.
Après cela, on entendit comme un coup de Lannerre, et une
,.. voix qui, parlant du Ciel, disait: u Nous sommes dans l'étonne-
ment; dis A l'Assemblée desQ\éronnéS.: Croyez au Christ el
\ faites pénitence, et vous serez sauvés.,. Et je le dia, et j'ajoutai:
• Le BAPT!MB n'est-il pas un SACREMENT DB .I;NITB:'CB, et par
luite l'Introduction dans l'ÉSlise T Que promettent les Parrains
pour celui qui va être baptisé, sinon de renoncer au diable et •
ses œuvres r La SAINTB-CËNB n'est-elle pas un SACREKBl'IT DB .A-
IflTBNCB, el par suite l'Introductiou dans le Cie] r Ne dit-on pas
aUI communiants de faire entièrement pénitence avant· de s'en
approcher TLe CATAcBISIIB, Doctrine Uniyerselle de l'Éslise Chr6-
tienne, n'enseisne-t-il pas la pénitence r N'y est-il pas dit dans
les sil préceptes de ]a Seconde Table: Tu ne reras point. lei eLlel
liai! et il n'est pas dit: Tu feras tel et tel bien. Par Il vous pou-
vez savoir que, autant quelqu'un renonce au lIai et le déteste. au-
tant il afl'ool ionne· et aime 1. Bien, et gu'auparavant Il Ile sait pas.
ce que c'est que le Bien, ni même ce que c'est que le lIaI. Il
368. SECOND MA)lORABLB. Quel est l'homme pieui et sage, qui
ne veuille savoir le sort de sa yie après la mort r C'est p'ourquoi,
pour qu'il le sache, je vais mettre ici en évidence ce qui se passe
en Bénerai. Tout homme après la mort, dès qu'il sent qu'il vit en-
core et qu'il est dans un autre Monde, et 'lu'il apprend qu'au-
dessus de Ini est le Ciel où ily a des joies éternelles, et lu-dessous
de lui l'Enfer où il y a des douleurs éternelles, est d'abord-.!~mis
dans ses elternes dans lesquels il était dans le Monde précédent,
et alors il croit que certainement il yiendra dans le Ciel, et il parle
avec intellisence el asit avec prudence; et les uns disent: « Nous
avons vécu moralement, nous avons recherché les cboses hon-
Jlêtes, nous n'avons pas fait le mal de propos délibéré.» Et d'au-
Ires disent: • Nous avons fréquenté les temples, entendu des.
messes, baisé les statues dei saints, et fait 1 lenou! beaucoup d.
LA VRA.IE
InLerne? Est-ce que cet homme et l'bomme Externe ne sont pas
un seul et même homme? Nous avons appris de nos &Iinistres, que
l'homme Interne n'est autre chose que la Foi; et que la piété de
la bouche lit la moralité de la vie en lIont les sisnes, parce qu'elles
S en sont l'opération. » Les An~es leur répliquent: Cl La __Jf~i s~J.!i­
l !que est dans l'homme JI!~~!,~e, la Cbarité pl!.r~iIIement, et par
suite il y a dans l'homme Externe la Fidélité et la Moralité Chré-
t:ennes; mais si les convoitises sus énoncées restent dans l'homme
C!.!l,te~, ainsi daus la volonté et par !luite dans la pensée, par con-
séquent si VOUII Ie..q ,aimez intérieur,~.!!I_ent, el que cependant vous
agh:siez et )Jllrliez autrement dans les,6Xt~, alors t'hez fOUS 1.
{
mal ellt au-dessus du bien, et le bien elit au-dessous du mal; c'est
pOllrquoi, de quelque mani~re que VOliS parliez d'après l'entende-
ment et que \'OIIS agissiez d'après l'amour, le ma! est l,.I'in..lérieur,
r et ce mal est ain!li couvert d'un \'oile j et alors vous êtes comme
: des sin~es aell'oits qui fonl des aclëS semblables li ceux des hommes,
_. mais dOllt le cœur en est bien éloiiUé. Quant à voIre homme In-
1 terne, dont vous ne savez rien, parce que _vous ne vous êtes p~s
examinés, et D'avez pas fait pénitence après exa,men, ,ims Yerrez
quel il esl, après le temps \'oulu, quand \'OUS serez dépouillés de
1 l'homm,e Externç, el introeluits dans ~~mme Inl~; et quand
cela arrÎ\'era, vous ne serez, 1,lus reconnuli par vos consociés, Di
_ par vous-mêmes •• - J'ai VII des hommes -moraux, méchants alors
C0I111l1e des bêtcs féroces, regardant le prochain avec des yeux. me-
1( naçants, brûlant d'une haine mortelle, et blasphéma~_t J!ieu, qu.:!!s
avaient adoré dan~ leur homme EXlerne. - Après qu'ils ont en-
lendu ces chosl's, ils se retirent, el alors les Anies disent: • Vous
verrez par la suite le sort de votre vie; car bienlOt l'homme Ex-
terne vous 'sera Oté, et vous entrerez dans (l'homme Intern" qui
maintonant est votre ,E~~ Il -
369. TI\OISIEXE MÉaJOI\ABLE. Chaque Amour chez l'homme
exhale uo plaisir par lequel il se fait sentir, et il l'exhale premiè-
rement dans l'esprit, et par suite dans le co~ps, et le plaisir de
chaque amour de compagnie avec le c~arme de sa peMée fait la
vie de J'homme: ces plaisirs et ces charmes Ile sont seutis qu'obs-
curément ,par l'bomm,,, tant qu'il vit dans le Corps naturel, parce
que ce corps les absorbe et les émousse i mais après la mori,
· RELIGION CHRItTIENNE. 1OlS
10rsque le Corps matériel a été enle\'é, et qu'ainsi la couverture
eu le vêtement de l'esprit a élé éloisné, les plaisirs de l'amour et
les cbar:mes de la pens~e sont pleinement senLis et perçus, et,
chose étonnante, parfois comme des' odeurs; de là vient que lous,
dans le i\londe spirituel, sont consociés selon leurs amours, dans
-le Ciel selon les amours célestes, et dans l'enfer selon les amours
jnfernaux; les odeurs, dans lesquelles sont chaniés les plaisirs des
amours dans le Ciel, sont toutes senlies comme de douces et suaves
odéurs, d'agréables exhalaisons et de délicieuses perceptions, telles
qu'on en senL dans les jardins, les bosquets, les cbamps et les fo-
rê's, le matin, dans la saison du printem.ps; mais le3 odeurs, dans
Ie.'lquelles sont cbangés les plaisirs des amours de cellx qui sont
dans l'Enfer, sont senlies COIllIlli' des odeurs infectes, félides et
puanLes, telles que celles de latrines, de cadavres ot d'ét:lD~s rem-
plis de brindilles eL de fange; et, ce qui est élonnant, les diables
et les satans les senlent comme des odeurs de baume, d'aromates
et d'encens, qui réjouissent leurs nal'Ïnes eL leurs cœurs. Dans le
Monde naturel il a aUfisi été donné aux bêtes, aux oiseaux. et aux ver-
misseaux d'être consociés selon les odeurs, mais il ne l'est
donné aux hommes qu'après qu'ils out déposé leurs corps comme
dépouilles, De là vient que le Ciel a été disl'o&é en ordre très-dis-
tinctement selon toutes les variétés de J'amour du bien, et l'Enter
d'après l'opposé selon tontes les variétés de l'amour du mal; c'est
à cause de celle opposition, qu'enLre le Ciel et l'Enfer il y a un
Gouffre, qui ne peut être franchi; car ceux qui sont dans le Ciel
ne peuvent supporter aucune odeur de l'Enfer, parce qu'elle excite
en eux la nausée et le vomissemennt, et les expose à tomber en
défaillance s'ils l'attirent; il en est de même pour ceux qui sont
dans l'Enfer, s'ils traversent le milieu de ce Gouffre, Je vis une
.rois un diable qui apparut de loin comme un léopard; - il avait
été YU quelques jours auparavant parmi les AnBes du dernier Ciel,
el il possédait l'art de se faire Ange de lumière; - il traversa le
milieu du gouffre, et se tint entre deux oliviers, et ne sentit au-
cune odeur opposée ~ sa vie i cela pro\'eoait de ce qu'il n'y avait pas
d'Anges présents; mais dès qu'il s'en présenta, il fnt saisi de con-
YUlsions, eL tomba ayant tou tes les jointures contractées, et alors
il parut cOlDme un Brand serpent se roulant en anne aux et se pr6-
106 LA VRAIE
cipitant 'enfin A travers le Goufre, el il fut reçu par les siens, et jeté
cIans une Caverne, oh l'odeur infecte de son plaisir le rappela l
la vie. Une autre fois je vis un Satan puni par les sienl i j'en de-
mandai la Cluse, eL il me fut dit, qu'ayant boucbé ses narines, il
s'étaiL approché de ceux qui étaient dans l'odeur du Ciel, et qu'il
6tait revenu, et avait rapporté avec lui celte odeur sur ses vête-
ments, Il est quelquefois arrivé qu'une puanteur cadavéreuse,
sortie de quelque ca,'erne ouverte de l'Énfer, emeurail mesna-
rineS, et excitait en moi le vomissement. D'après ces détails on
peut voir nourquoi dans la Parole l'Odorat sisnifie la perception,
car il e&L uiL très-souven L que Jéhovah a odoré l'odeur a~réable
1 des Holocaustes i il Y est dit aussi que l'Huile d'onction et les
(
Encens étaient prérarés avec des aromales; et que, vice vef's4, il
Ivait été commandé aux fils d'[sraël de porler hors du camp ce
qu'il y avait d'immonde dans le camp, et de faire un trou en terre
pour leurs excréments, et de les couvrir, - Deutér. XXlU. '1.1, US;
- c'était parce que le Camp d'Israël représentait le Ciel, et que le
Désert hors du camp re!JrésenlaiL l'Enfer,
670. QCa\TRltIlB MtJlOI\ABLB. Un jour je convel'sais avec un
Elilprit novice qui, lorsqu'il élait dans le Monde,. avait beancoup
médité sur le Ciel et sur l'Enfer; par Esprits novices sont enten-
dus les hommes nouvellement décédés, qui, parce qu'ils sont alors
hommes spiriluels, sont appelés Esprits. Celui-ci, dès qu'il fut
entré dans le Monde spirituel, commença à méditer, comme au-
paravant. sur le Ciel el st'lr l'Enfer; et il se sentaiL dans J'allé-
gresse, quand c'était sur le Ciel, eL dans la tristesse quand c'était
sur l'Enfer. Lorsqu'il eut remarqué qu'il était dans le Monde spi-
rituel, il demanda aussÏlOI où était le Ciel et oh était l'Enfer, et
aussi ce que c'é~ait que le t:iel et l'Enfer, et quel élait l'un et l'au'"
tl'8 ; et on lui répondit: oc Le Ciel esl au-dessus de ta Ttite, et l'En-.
fer eSL sous tes pieds i car mainlenant lU es dans lé Monde des
esprils, qui tient le milieu entre le Ciel eL l'Enfer i mais ce que
c'est que le Ciel et quel il 8$t, et ce que c'est que l'Enrer et quel il
est, nous ne pouvons te le dire en peu de mols. • Et alors, comme
il bridait du désir de connaitre. il se jeta '1 ,enoul, et il pria
Dieu avec rerveur, afin d'être instruit. Et voici, un Ange appa-
rut Asa droite, le releva el 1ui dit: Tu as supplié afin d'être

RELIGION CHRÉTIENNE. 107
lustruit sur le Ciel el sur l'Erifer; CRBRCHI IT APPRENDS CR QUI
C'EST QUI LI PLAISIR, IT TU CONNAlTR.lS. D Et apràs avoir ainsi parl6,
l'Ange fut enlevé. Alors l'esprit novice dit en lui-même: • Que
si'ni6ent.es paroles: Cherche et appretub ce que C'elt que le
plaisir, e' tu cORna'tras ce que c'est q"" le Ciel, et ce que c'est
gue rEnfer, et quels ils sont? Peu après, quittant·ce lieu, il alla
de tous côl6s ; el, s'adressant l ceux qu'il rencontrait, il leur disait:
• Dites-moi, je vous prie, s'il vous plaU, ce que c'est que le plai-
sir. D Et les uns disaient: • Quelle question nous fais-tu là! Qui
ipore ce que c'estque le Plaisir! N'est-ce pas la joie ... t l'allé-
Iresse? Un plaisir est donc un plaisir, l'un aussi bien que l'autre,
DOUS ne connaissons point de différence,» D'autres disaient: • Le
'Plaisir est le rire du mental, car lorsque le mental rit, la face est
laie, le langage joyeul, le seste plaisant, et l'homme tout entier
dans le plaisir. • Mais d'autres disaient: a Le Plaisir n'est autre
chose que d'être en festin, et de manger des mels délicats, de boire
et de s'enivrer avec un vin lénéreux, el alors de causer de choses
diverses, el surtout des jeul de Vénus et de Cupidon .• Après avoir
entendu ces paroles, l'Esprit novjce indigné se dit en lui·même:
• Ces réponses sont ~rossières et inciviles i ces Plaisirs ne sont ni le
Ciel ni l'Enfer; que ne puis-je trouver des saies 1» Et il quitta ees
Esprits, et alla • la recberche d'Esprits sales; et alors il fut vu
par un Esprit ansélique. qui lui dit: • Je perçois que lu es embrasé
du désir de savoir ce qui est l'Universel du Ciel et l'Universel de
l'Enfer; et comme cet universel est le PLAISIR, je le conduirai sur
une Colline, où s'assemblent chaque jour ceux qui scrutent les Ef-
tels, ceUl qui rechercbent les Causes, et ceux qui e18minent les
Pins; là, ceUl qui scrutent les EfI'ets sont appelés les Esprits dei
sciences, et abstractivement les Sciences; ceul qui rechercbent lei
Causes sont appelés les Esprits de l'intelligence. et abstractive-
ment les Intelligences, et ceUl qui examinenL les Fins sont appe-
lé. les Esprits de la. sagesse, el abstractivement les Sagesses; di-
rectement au-dessus ·d'eux, dans le Ciel, sont les Anges qui d'après
Jes 6ns Toient les causes, et d'après les causes les effets; c'est d'a-
prY cel Anses que ces trois Assemblées ont l'illustration .• Alors.
prenant l'Esprit novice par la main, il le conduisit sur la Colline, ·et
'en l'Assembl6e composée de oeux qui e18minent les Fins, et sont
408 LA. VRAlE
appelés les Sage.'1ses. L'Esp,rit novice leur dit: «Pardonnez-moi
d'être monté vers fOUS ; en voici la raison: Dès ma jeunesse j'ai
médiLé sur le Ciel et sur l'Enfer, el je suis venu depuis peu dans ce
Monde; et quelques-uns, qui alors me furent associés, m'ont dit
qu'ici le Ciel est au-dessus de ma têle, et l'Enfer sous mes pieds;
mais ils ne m'ont pas dit ce que c'est que le Ciel el l'Enfer, ni quels
ils sont; c'est pourquoi, élant devenu inquiet par suile de ma pen-
sée conslante sur ce sujet, j'ai prié Dieu; et alors un Anse s'est pré-
senté etlll'a dit: CHERCHE ET APPREN'DS CE QUE C'EST QUE LE PUI-
SIR, ET" TU cONNAtTRAS; j'ai cberché, mais en vain jusqu'. présent;
je dematJde donc que vous m'appreniez, si cela vous plalt. ce que
c'est que"le Plaisir. JI A ceLle demande les Sagesses répondirent:
u Le Plaisir est le tout de la vie pour tous d.ans le Ciel, et le tout

j de la ,oie pOlir tous dans l'Enfer; pour ceux qui sont dans le Ciel,
c'est un Plaililir du bien et dn vrai, mais pour ceui qui sont dans
l'Enfer, c'est un Plaisir du mal et du faux; car tout Plaisir appar-
tient il l'amour, et l'Amour est l'ttre de la vie de l'homme; c'est
pourquoi, de même que l'homme est homme selon la qualité de
son Amour, de même il est hOlJlme selon la qualité de son Plaisir;
l'activilé de l'amour fait le sens du plaisir; son activité dans le Ciel
est avec la sagesse, et son activité dans rEnfer est avec la folie,
l'une et l'autre flle le Plaisir dans ses sujets; or, les Cieux. et les
Enfers sont dans des Plaisirs opposés, les Cieux dans l'Amour du
bien et par suite dans le Plaisir de bicn faire, et les Enfers dans
l'amour du mal et par suite dans le Plaisir de mal faire; si donc
tu connais ce que c'est que le Plaisir tu connaftras ce que c'est
que le Ciel et I~Enfer, et quel est l'un et l'autre. Mais cherche, et
apprends encore ce que c'est que le Plaisir par ceux qui recher-
chent les Causes et qui sont appelés les Intelligences; ils sont ici
sur la droite .• Et il se retira, et il y alla, et il dit la Cluse de son
arrivée, et il les pria de lui apprendre ce que c'est quele plaisir i et
eux, ravis de sa question, lui dirent: a C'e$t t}ne vérité que celui
qui connalL le Plaisir connalL ce que o'est que l~ Ciel et l'Enfer, et
quel est l'un et l'autre; la Volont6, d'après I~quelle l'homme est
homme, n'est pas même excitéc un seul instant, si ce n'est par le Plai-
sir: car la Volonté, considéree en elle-môme, n'est autre chose que
l'affection de quelque amour, ainsi d'un plaisir, puisque ce qui fait
RELIGION CHRÉTIENNE. l09
fouloir esL quelque chose d'agl'éable et par conséquent qui platL;
.l comme la Volonté pousse l'EnLendement à penser, il n'existe
pas la plus peLite cbose de la pensée. si ce n'est par l'inOux du
plaisir de la volonté; s'il en est ainsi, c'est parce que le Seigneur
P1et en action par Lui-Même au moyen de SOli inOux Lou les les
rhoses de l'AIDe, et toutes celles du mental cbez les Anges, et
cbez les Esprils, et cbez les hommes; eL Il les Olet en action par
l'inOux de ramour el de la sa~esse. et eet inOux est l'activité même,
• a'of! pl'ocMe tout plaisir, qui dans son origine est appelé béati-
tude. boubem' et félicité, el dans sa dél'ivation. plaisir. chal'me ea
aBrément, eL dans un sens universel, hien: mais les ESI"'ils de
J'Enfer changent chazeux Loules choses, ainsi Je Bien en Mal, et le
Vrai en Faux, le Plaisir néanmoins restant continuellement, car
lins la permanence du Phlish' ils n'auraient point de Volonté ni
i1e Sensation, ainsi point de vie; par là on voit claiœlDellt ce que
c'estl)ue le l'iaisir de l'Enfer, quel il est et d'où il vient, et ce que
c'esL que le Plaisir du Ciel, quel il est et d'où il vieut,» Après
avoir elltenclu ces explications, il fut conduit vers la' Troisiéme
AssemMée, où étaient ceux qui scrutenL les Effets, et qui SOllt
appelés les Sciences; et ceux-ci lui dirent; • Descends "ers la
Terre inférieure, et monte vers la Terre supérieure, tu y perce-
vras el sentiras les plaisirs et du Ciel et de l'Enfer, » Mais voici,
alors il une certaine distance d'eux s'ouvril la terre, et par l'ou-
verture montèrent troil! Diables qui paraissaient en feu d'après le
1Ilaisir de leur amour, el comme les AnBes consociés avec J'Esprit
Dovice percevaient que ce..q trois diables étaient montés cle l'Enfer
d'après une Prévision Divine, ils leur crièrent: • N'approchez pas
plus près; mais du lieu où vous êtes, racontez-nous quelque chose
de vos Plaisirs. » Et ils répondirent: • Sachez que chacun, qu'il
soiL appelé bon ou méchant. est dans son Plaisir; celui qui eit
appel6 Bon. dans le sien; el celui qui est appelé Mécllant, daus le
sieD;» el on leur demanda: (1 Qu'esL-ce que votre Plaisir! 1
lis direollJue c·étaitle Plaisir de commettre scortalion, de se ven-
1er, de voler, de blasphémer; et l'on demanda de nouveau: • Quels
IOnl vos plaisirs! D Ils dirent: u Ils sont sentis par les autres comme
des puanteurs d'excréments, et cOlOme des infections de cadavres,
el comme des odeurs d'uriDes croupies. »Et 1'00 demaDda: Il Ce
HO LA. VRAIE
sont dono là des choses alréables pour vous r. ils répondirent:
• Très-a,réables •• Et on leur dit: a Alors vous êtes comme les
bêtes immondes qui vivent dans de pareilles ordures. D Et ils ré-
pondirent: fi Si nous le sommes, nous le sommes; mais ces odeurs
sont les délices de nos narines •• Et on leur demanda: • Qu'avez-
vous encore l raconter TD Ils dirent: a Il est permis l chacun de
DOUS d'être dans son Plaisir, même le plus immonde, ainsi qu'oD
rappelle, pourvu qu'il n'infeste ni les bons Esprits ni les Anses;
mais comme d'après notre plaisir nous n'avons pu faire autrement
que de les infester, nous avons été jetés dans des cachots, où nous
soufl'rons cruellement; être privé et retiré de nos Plaisirs dans
C8II cachots, c'est ce qui est appelé le tourment de l'Enfer i c'est
aussi une douleur iu térieure .• Et on leur demanda:. Pourquoi
avez-vous infesté les bons! lis dirent: • Nous n'avons pu faire
1)

autrement; c'est comme une fureur qui s'empare de nous, quand


nous voyons un Ange, et que nous sentons la Sphère Divine du
Seiinebr autour de lui. • A cette réponse nous d'mes: fi Alors
vous êtes aussi comme des bêtes féroces. D Et peu après, quand
ces diables virent l'Esprit novice avec les Anses, ils furent saisis
d'une fureur qui apparut comme le Feu de la haine; c'est pour-
quoi, de peur qu'ils ne causassent du dommase, ils furent replon-
lés dans l'Enfer. Ensuite apparurenL des Anges qui d'après les
fins voyaient les causes. et par les causes les effets, et qui ~taient
dans le Ciel au-dessus de ces trois Assemblées, eL illt furent vus
dans une lumière éclatante, qui, se développant par des sinuosités
en spirale, porla avec elle une Guirlande de fleurs en forme ronde,
et la posa sur la Tête de l'Esprit novice; eL alors de ceUe lumière
sortit une voix qui lui dit: « Cette Couronne de Laurier t'est don-
liée, parce que tu as, dès ta jeunesse, médité sur le Ciel et sur
l'Enfer ••

, . . .

RELIGION CHmtTIENNE. III

CHAPITRE DIXIÈl'IE

DB LA BI1:.FOBIL\.TION KT DB LA BtGtNÉBA.TIOl'f

r571. Après avoir traité de la Pénitence, il est conforme l l'ordre


~uivi dans cet Ouvraie, de traiter de la Réformation et de la Ré-
,énéraLion, parce qu'elles suivent la Pénitence, et que par la P6-
lIitence ·elles font des progrès. Il J a deul États dans lesquels
l'homme doit entrer, et qu'il doit subir, lorsque. de Naturel il de-
vient Spirituel; le Premier État est appelé RtFORnTloN, et le
Second RtGtNll:nATloN; dans le Premier Elat, l'bomme par son
homme Naturel resarde vers l'homme Spirituel, et il le désire;
dans le second état, il devient Spirituel. naturel; le Premier état
-est formé par les vrais qui appartiendront à la foi, par lesquels il
regarde vers la Charilé ; le Second état est formé par les biens de
la Charité, el par lUI îl enlre dans les vrais de la foi; ou, ce qui
eslla même chose, le Premier état appartient l la pensée d'après
l'entendement, et le Second état appartient à l'Amour d'après la
Volonté i qu:\n<lle second étal commence et fait des progrès, il se
rail un cbanBement dans le Mental, car il se fait un renversement.
parce qu'alors l'Amour de la volonté influe dans l'Entendement.
eL il le pousse et le conduit à penser d'une manibre concordante
ilt couvenable à son amour; c'est pourquoi autant alors le Bien de
l'amouI: tienlle premier rans, et les vrais de la foi le second, lU-
tant l'homme est spirituel, el esl une nouvelle Créalure i el alors il
a~il d'après la cbarilé et parle d'après la foi, el il senl le bieu de
Il charité el perçoit le vrai de la foi, et il est alors dans le Seigneur'
el dans la Paix, et ainsi Résénéré. L'homme qui, dans le Monde.
a oommencé le Premi~r étal, peut après la mort être introduiL
Ù2 LA VRAIE
dans le Second; mais celui qui. dans le Honde, D'est pas entré
dans le Premier état, ne peut pas après la mort ~tre introduit
dans le Second, ainsi ne peut pas êLre rériénéré. Ces deux. Etats
peUtenL être comparés l la progression de la Lumière et de la
Cbaleur pendant le jour dans la saison du printemps, le Premier
au poiot du jour ou au chant du coq, le Second au maLin et 1 l'au-
rore, et la prosression de ce second étatl la progression du jouI'"
jusqu'à midi, et ainsi dans la Lumière et dans la Chaleur, il veut
aussi êlre comparé flla l\JOisSOD, qui d'abord est uue herlle verte,
ensuite croU en tuyaux et eo épis, el enlin darls ceux.-ci devient
blé, Puis ausl;i à rArbre qui d'abord d'après la semence sort de
terre, ensuite devienL uuc tige, de laquelle sortenL des branches.
et celles-ci se parenl de feuilles, et plus lard il neurit, et de l'in-
time des Oeurs il comlDeuce des fruits qui, il mesure tlu'i1s mù-
rissent, 'produisenL de nouvelles semences, comme de Douvelles
lil'jnées, Le premier état, qui est celui de la Réformation, peut aUSSi
etre comparé à l'ét,at du ver à soie. quand il lire de lui et qu'il
développe ses fils de soie i eL après son travail industrieux., il vole
dans l'air. el se nourrit, non de Ceuilles comme auparavant, mais
de sucs dans les fleurs,

L'homme, s'il n'est une seconde lois engendré, et comme créé


de nouveau, ne peut enlrer dallsle Royaume de Dieu,

lin, (lue l'homme, s'il n'est une seconde fois en;endré. ne


puisse entrer dans le Royaume de Dieu, c'esL la Doctrtne du Sei-
gneur dans Jean. où sont ces paroles: u Jésus dit à Nicodème:
E,,, vérité. en vérité. je te dis: Si quelqu'un n'est engendré de
nouveau, il n, peut voir le Royaume de Dieu;. et de recheC:
cc En vérité, en vérité, je te dis: Si guelqu'un n'a pas été en-
gendré d'eau el d'esprit, ü ne peut entrer dans le Royaume de
Dieu; ce qui est engendré par la chaito est Chair, et ce qui est
engendré par tesprit est Esprit . • -III. 3, lS, 6 i - par le
Royaume' de Dieu il est entendu et le Ciel eL l'Éslise; oar le
Royaume de Dieu dans les terres esL l'Église; de même partout,
ailleurs où est nommé le Royaume de Dieu oomme- Mauh, XI~
t
RELIGION CRRËTIENNE. ua
U. XII. t8. XXI. 43. I.IIC, IV. 43. VI. '10. VIII. l, 10. IX. H, 60.
81. XVII. il, eL ailleurs; - être 8n,endré par l'eau et par l'es-
priL signifie par les vrais de la Coi, et par la vie selon ces vrais;
que l'eau signifie les vrais, on le voit dans l'Apocalypse Blvilée,
,,- 30, 6U, au, 683, 93t: que l'esprit signifie la vie selon les
Divins vrais, cela est évident par les paroles du Seisneur dans
Jean, VI. 63 ; par • en vérité, en vérilé, (amen, amen), • iI·est
&isnifié que c'est la vérité; et comme le Seign~ur était la vérité
• • même, c'est pour cela qu'il a tant de Cois employé ~e mOI; Lui-
Même est aussi appelé Amen, - A[loc. III. U. - Dans la Parole,
les Régénérés sont appelés Fils de Dieu, et Nés de Dieu i et la Ré-
,énération est décrite par un nouveau cœur et un nouvel esprit.
S73. Comme III être cl'é~ • si~nifie allssi être régénéré, c'est
pour cela que celle elpression est appliquée à celui qui ~stllne
seconde Cois engeudré et comme créé de nouveau; 'Ille dans la
Parole, être créé ait cette signification, on le voit par ces passages:
«Crie en moi un cœur pur. d Dieu 1 el innove un esprit
ferme au milieu de moi.» - PS, LI. I!. - CIl Tu ouvr~s la main,
elles sont rassassiies de 6ien; lu envoies ton esprit, elles sont
eréées. » - PS, CIV. 28. 30. - a Le peuple qui sera créé louera
:rah.1) - PS, Cil. ~9. - « Voici, Moi, je vais Crier Jérusalem
joie.» -Ésaïe, LIV.t8.- «.AinsiadilJéhovah, Ion Criateur,
" JacofJ 1 et ton Formateur, " lS1'a~11 Jet' ai racheté; quicon-
que est appelé de mon nom, pour ma gloire je l'ai Crél. • -
r
Ésaïe, XLIII. l, 7. - III Afin gu' on voie, gu' on sache, gue on con-
sidère et gue 1'011 comprenne, que le Saint ri Israel a Créé ce/a. »
- Ésaïe, XLI. tO ; - et en outre ailleurs, el dans les passages où
Je Seisneur est appelé Créateur, Formateur el Facteur. Par là il est
facile de voir ce qui est entendu par ces paroles du Seigneur aUI
disciples: • En allant par le Monde entier, pr~c"'es l'Évangile
t1 toute Créature. ,. - Maro, XVI. t IS. - Par les Créatures sont
entendus tous ceux qui peuvent être régénérés; pareillement, Apoc.
UI. U. Il Cor. V. t6, t 7.
S7-4. Oue 1')Jomme doive être résénéré, la raison le montre clai-
rement; en effet, par ses parents il naît dans les maul de tout
Genre, et oes maux résident dans son homme naturel qui, par
lui-même, est diamétralement opposé l l'homlDe spirituel; et ce..
lli 8
, ,1 1

Hi LA "VRAIE
pendant rhomme est né pour le Ciel, et il ne vient pas au Ciel~ IL
moins qu'il ne devienne spirituel. oe qui se fait uniquement pal""
la régénération: de lA il suit néoessairement que l'homme natu-
rel avec ses oonvoitises doit être dompt6, subjuiu6 et retourné.
et qu'autrement il ne peut approcher d'un seul pas vers le Ciel.
mais se précipite de plus en plus dans l'Enfer: Comment ne pas
voir oela, quand on croit que l'homme est né dans les maul de
tout ,enre, et quand on reconnall que le bien et le mal existent.
et que l'un est opposé Al'aulre; et quand on oroit qu'il '1 1 une
vie après la mort, qu'il y a un Enfer et un Ciel, et que les maDl.
font l'Enfer, et les biens le Ciel r L'homme naturel. oonsidéréeo.
lui-même. quant Asa nature ne ditrère en rien de la nature des
bêles. il est pareillement féroce; mais il est tel quant Ala volonté;
néanmoins il différe des bêtes quant Al'entendement; oelui-ci peut
être éle\'é.au-dessus des convoitises de la volonté, et non-seule-
ment les voir, mais aussi les modérer; de là vient que l'homme
d'après l'entendement peut penser, et d'après la pensée parler, ce
que .ne peuvent les bêtes, Quel est l'homme par naissanoe, et quel
il serait s'il n'était résénéré. on peut le ,oir par les bêtes de tout
senre; il serait tigre, panthère, léopard, san~lier, scorpion, ~­
rentule, vipère, crocodile, etc, i si donc il n'était pas par la ré-
génération transformé en brebis, que serait-il autre ohose qU'UD
diable parmi les diables dans l'Enfer r Est-ce qu'alors, si les lois
du Gouvernement oivil n'arrêtaient de tels hommes dans les féro-
cités nées avec eux, ils ue se préoipiteraient pas l'un oontre l'an-
tre, et ne s'égorgeraient pas, ou ne s'arracheraient pas jusqu'A
leurs chemises r Combien "1 en a- L-il dans le genre humain, qui ne
soient pas n6s satyres et priapes, ou reptiles quadrupèdes? et qui
de ceux-ci et de ceux-Il ne devient pas singe, l moins qu'il ne soit
résénéré r C'est l cela que conduit la moralité exteme, qu'ils ap-
prennent afin de cacher leurs intemes,
lms. Ce qu'est l'homme qui D'est piS régénéré, cela peut en outre
être décrit par ces oomparaisons' et oes similitudes, dans Ésaïe:
~ Le pélioan et le oanard le posséderont, et le 'bibou et le corbeau
• "1 habiteront; il étendra sur lui la n,ne du vide' et le niveau du
• vague; de Il monteront sur les autels les épines, le chardon el
D la ronoe dans ses forteresses, et il deviendra un habitaole de dra-
T
RELIGION CHR1!:TIENNEo us
• IOns, et un parvis pour les filles de la chouette: et accourront
• les ziim avec les ijim, et le satyre au-devant de son compagnoD
• ira; lA même se reposera la Iilith; là ferl Ion oid le merle, et
• il pondra, et il couvera, et il fera éclore sous son ombre; et même
• Il seront rassemblés les milans, l'uu a,'ec son compagnon •• -
XXXtV. Il, t3, 14, US.

La "ouvelle Génération ou llouvelle Création ut r œuvre du


Sei9neur seul par la Charité et par la Foi, CO'7lrM les dew:
Moyen" fhomme coopérant,

876. Que la Régénération soit l'œuvre du Seigneur par la Cha-


Titê et par la Foi, c'est (Jne cOli séquence de ce qui a été démontré
dans les Chapitres sur la Charité et sur la Foi, et spécialement dans
l'Article où il est enseigné que le Seigneur, la Charité et la Foi
font un, comlDe la vie, la volonté et l'entendement; 'et que, s'ils
sont divisés, chacun est perdu, comme une perle réduite en
pGudre. Ces deux choses, la Charité et la Foi, sont appelées les
moyens, parce qu'elles conjoignent l'homme avec ]e Seisneur, et
font que la charité est ]a charité, et que la foi est la foi; et cela
ne peut être fait, Amoins que l'homme o'ait part aussi dans ]a Ré-
,énération, c'est pourquoi il est dit: a L'homme coopérant.» Dans
1811 Traités qui précèdent, il a été quelquefois question· de 1a coo-
pération de l'homme avec le St:igneur; mais comme le Mental
humain est tel, qu'il ne perçoit pas cela autrement que comme
fait par l'homm,e d'après sa propre puissance, ce point va être de
nouveau illustré. Dans tout . mouvement, et .par suite dans"toute
action, il y a un actif et un passif, c'est-A-dire, que l'agent agit,
et que le patient agit d'après l'aient, de ]A il se fait d'après l'un
et l'autre une seule action i c'est par comparaison comme la meule
dOaprès ]a roue, le char d'après le cheval, le m'ouvement d'après
]'etrort, l'effet d'après la cause, la force morte d'après la ferce
vive, et en général comme l'instrumental d'après le principal; que
ces deux fassent ensemble une seule acti,on, chacun le sait: qUln t
l ce qui concerne la Charité et la Foi, le Seigneur agit et l'homme
Igit d'après le Seigneur, car l'acUf du Seisneur est dans le passif

b
146 LA VRAIE
de l'holDme ; c'est pourquoi 1:1 puissance du bien _sir vient du
Seigneur, et par suite la volonté d'agir est comme appartenant.
l'homme, parce qu'il est dans le libre arbitre, d'après lequel il
peut ou ai~r avec le Seigneur, et ainsi se conjoindre, ou asir d'a-
pr~s la puissance de l'enfer, laquelle est en dehors, et ainsi se sé-
parer. L'aclion de l'homme concordante avec l'action du Seigneur-
est celle qui est enteudue ici par Coopération i pour que ce point
soit perçu avec plus d'évideuce~ il sera encore illustré dans la suite
par des comparaisons.
1l77. De là, il résulte encore, que Je Seigneur est toujours en ac-
tion pour régénérer l'homme, parce qu'il est tOlljours en action
pour le sauver, et que nul ne peut être sauvé, s'il n'est résénéré,
seJon les paroles mêmes du Seigneur dans Jean: Il Si quelqu'un
n'est engendré de nouveau~ il ne peul voir le Royaume de Dieu. 1)

- Ill. 3, Il, 6: - c'est pourquoi la Résénéralion est le moyende


la salvation, et la Charité et la Foi sont les moyens de la ré,6-
Déralion. Croire que la Résénération suit la roi de l'Église d'au-
iourd'hui~ qui n'admet pas la coopération de l'homme, c'est la va-
Dité des vanjtés. L'action et la coopération, lelles qu'elles ont été
décrites, peuvent être lues dans chaque chose qui a quelque ac-
tivité et quelque mobilité: Telles sont l'action et la coopération du
cœur et de ch.aqlle arl~re; le Cœur agit, et l'Artère d'après ses
enveloppes ou tuniques coophre, de là la circulation i il en est de
même du Poumon, l'air agit d'après la pression selon la bauteur
de son atmosphère, et les cOles coopèrent d'abord avec le POI1-
mon, et bientôt ensuite le poumon avec les cOtes, de là la respi-
ration de chaque membrane dans le corps; ainsi les méninges du
cerveaü, la plèvre, le péritoine, le diaphrasme, et loutes les au-
tres membranes qui couvrent les viscères, et qui composent le de-
dans, agissent et sont mi~es en action, et ainsi coopèrent, car elles
sont élastiques, de là l'existence et la subsistance; il en est de
même dans chaque' fibre et chaque nerf, et dans chaque muscle,
et même dans chaque carLila,e ; qU6 dans chacune de ces parties
il y ait action et coopération, cela ~t notoire. Il y a aussi une telle
coopération dans chaque sens, car les sensoria du corps, de même
que les motona, lie composent de fibres, de membranes et de
l
muscles i mais décrire la coopération de cllacun est inutile, car OD

tp

RELIGION CHRiTIENNE. Il.,


sait que la lumière agit sur l'œil, le son sur l'oreille, l'odeur sur
la narine, et la saveur sur la langue, et que les orSanes s'y adap-
ilnt, d'où résulte Ja sensation: qui est-ce qui de Jl ne peut per-
cevoir que, s'il n'y avait pas une telle action et une telle coopéra-
tion avec la vie qui inOue dans l'organisme spirituel du Cerueau',
la pensée el la volonté ne pourraient pas exisler? En effet, la vie
influe du SeiBneur dans cet organisme; et, parce que cet orga-
Disme coopère, ce qui est pensé est perçu, et pareillement ce qui J
est examiné, conclu est déterminé en acte. Si la vie seule agissait.
et que l'homme ne coopérAt pas comme de lui-même, il rie pour-
rait pas plus penser qu'une ~uche, ou qu'un temple quand le
Ministre prêcbe; le temple peut, il est vrai. sentir comme uo
écho par la répercussion du son sur les ballants des portes. mais
il ne sent rien du sermon: tel serait l'homme s'il. ne coopérait pas
avec le Seigneur quant lIa charité et lia foi.
678. On ·peut aussi illustrer par des comparaisons quel serai
l'homme, s'il ne coopérait pas avec le Seigneur: Quand il perce-
vrait et sentirait quelque spirituel du Ciel et de l'Êilise, ce· serait
comme quelque chose d'antipathique ou de discordant qui in8.ue-
·rait, et comme l'infect pour le nez, le dissonant pour l'oreille, le
monstrueux pour l'œil, et le dégoùtant pOlir la laniue; si le plai-
sir de la charité et le charme de la foi influaient dans l'orsanisme
spirituel du menLaI de ceux qui sont dans le plaisir du mal et du.
faul, ceul-ci par 'l'Intrusion de ces plaisirs et de ces charmes se-
raient tourmentés et torturés. et enfin ils tomberaient en défail-
lance; comme cet organisme consiste en hélices perpétuellès. il
-se roulerait en spirales chez de tels hommes, et se tordrait comme
un serpent sur un monceau de fourmis. Qu'il en soit ainsi, c'est
ce qui est devenu évident pour .moi d'après un Irand. nombre
cl'Clpériences dans le Monde spirituel.

L-
U8 LA VRAIE'

Tous ayant été rachetls, tous peuvmt 'tr, réglnérés, chacun


selon son état.

S79. Pour que ceci soit compris, il Caut auparavant dire quelque
chose. de la RédemptioD': Le· Seigneur est venu dans le mondlt
principalement pour ces deux fins : Éloisner de l'ange et de
l'homme l'enfer, et glorifier son Humain; en efet, avant l'avè..
nement du Seigneur. l'enfer s'était accru au point d'infester lea
aoses du ciel, et d'intercepter par son interposition entre le ciel
et le monde la communicalion du Seigneur avec les hommes de
la terre, d'où il résultait qu'il ne pouvait passer du Seigneur vel'S
les hommes aucun Divin Vrai, ni aucun Divin Bien: de là une
Damnation totale' menaçait tout le Genre Bumain JO el les Anles-
dl1 ciel ne pouvaient pas non plus subsister longtemps dans lel1r
intégrité. Afin donc de repousser l'enfer, et d'enlever ainsi celle
damnation imminente, le Seigneur vint dans le Monde, il él().i~n ..
l'.enCer et le subjugua, et ainsi il ouvrit le Ciel, de sorte qu'il a pu
dans la suite être présent chez les hommes de la terre, et sauver,
œUl qui vivraient selon ses préceptes, par conséquenJ les réiénérer
et les sauver 1 car ceux qui sont régénérés sont sauvés: ainsi est
entendu 'ce point, que tous ayanL été rachetés, lous peuvent être
.régénérés, et que, comme la régénération et la salvalion font un,.
tous peuvent être sauvés: donc ce qu'enseigne l'Éslise, que per-
sonne sans l'avènement du Seigneur n'eût pu être sauvé, doit êtrtt:
ainsi entendu, que personne sans l'avènement du Seigneur n'etl.l
pu être régénéré. Quant l la seconde fin, pour laquelle le Sei-
gneur est venu dans le monde, fin qui consistait Il glorifier 100
Humain, ce fut parce qu'ainsi il devint Rédempteur, RéSénéraleur
et Sauveur pour l'éternité j car il Caut croire non pas que par la Ré-
demption une Cois Caite dans le Monde, tous après celle rédem(r
Lion aient été rachetés, mais que le Seigneur rachète perpétuel-
lement ceUl qui croient en Lui et Cont ses paroles. Sur ce sujet ..
voir de plus grands détails dans le Chapitre sur la Rédemption.
1S8Q. Que cbacun puisse être régénéré selon son état, c'est parce·
qu'il en est autrement des simples que des.savanLl i autrement de:
RELIGION CHRETIENNE. U9-
ceUI qui s'appliquent l des études dift'érentes, et aussi de ceUI qui
IOnt dans des emplois dift'érents ~ autrement d. cetII qui scruteut·
les elternes de. la·Parole, et de ceul qui en scrutent lei internes;
autrement de ceUI qui lont par leurs parents dans le bien naturel
quede ceul qui sont dans le mal; autrement de ceui qui dès l'en-
fance se sont jetés dans les vanités du Monde, et autrement de
ceux qui s'en sont éloi,n6s plus tOt ou plus lard; en un mot, au-
trement de ceux qui constituent l'ESlise 811erne du Seigoeur, et
aulrement de ceUI qui conslituent l'Eglise inlerne ~ celle variét6
est infinie comme cell. d~s' faces et des caracléres, mais néanmoins
chacun peut être régénéré et sauyé selon son état. Qu'il en soit
ainsI, on peut le voir d'après les Cieux, oil viennent lous les régé-
nérés, en ce qu'il Yen a lrois, le Suprême.. le Moyen et le Dernier,
et que dans le Suprême viennent ceul qui par la r6g6néraLion re-
çoiventl'amour envers le Seipeur. dans le Moyen ceUI qui re-
çoivent l'amour à l'égard du prOchain, dans le Dernier ceux qUi
seulemenl s'appliquent à la charité uterne.. et reconnaissent en
même lemps le Seigneur pour Dieu Rédempteur et Sauveur. TOUl
ceul-ci onl élé sau\'és, mais dellifl'érenle manière. Si tous peuvent
être réBénérés et ainsi sauvés, c'est parce que le Seigneur avec
IOn Divin Bien et Ion Divin Vrai est présent chez loul homme; de
là chacun a la vie, el par suite la faculté de comprendre et de vou-
loir, el le Libre Arbitre dans les spirituels i ces cholles ne man-
quent à aucun homrue i et en oulre les moyens ont 61é donnés,
lUI Chrétiens dans la Parole, et aUI GeDliis dans la religion de
ehacun, religion qui ensei,ne qu'il y a un Dieu.. et donne des pré-
certes sur le bien et sur le mal. n suit de là que chacun peut être
Nuvé, que par conséquent si l'homme n'est pas sauvé, c'esL lui,
et non le Sei,neur, qui est en flule; .ll'bomme est en faute, parce
fIII'ii ne c~opère pas.
ISst. Que la Rédemption et la Passion de la croil soient deux
ehQSes distincles, et qui ne doivent pas être confondues, et que
le. Seigneur par l'une el par l'aulre se soit mis en puissance de
ré(énérer el de sauver lei hommes, cela a été monlré dans le
Chapitre sur la RBDEJlPTlON. De la foi reçue dans l'ÉSlise d'au-
jourd'hui sur la Palsion de la crou!., qu, cette Pa'Jsion a été la.
Rédemption même, sont sorties des phalan;es de faussetés bor-
120 LA VRAIE
ribles sur Dieu, sur la foi. sur 18 charité, et sur les autres choses
qui en dépendent dans UD enchalnement continu; par exemple,
sur Dien, qu'il a décidé la damnation du BeDre humain, et qu'il
a voulu être ramené lia miséricorde par la damnation mise sur
le Fils, ou reçue par le Fils en lui-même, et qu'il n'y a de sauvés
que ceux auxquels le mérite du Christ est donné ou par prévision
ou l,ar prédestinai ion ; de cette illusion est aussi sorti le dOBme
de celle foi, que ceui qui ont éLé Bratifiés de cette foi ont élé en
même temps réBénérés, sans qu'ils aient en rien coopéré, et que
même ils ont ainsi été absous de la damn~tion de la loi, et De sont
plus sous la loi, mais qu'ils sont sous la Brâce; et cela, quoique
le SeiBneur ail dit « qu'il n'a pas mIme dt~ un seul acce1Û de la
loi, • - MaLlb. V. 18. t9. 1~lIc, XVI. t7; - et quoiqu'iI aitcom-
mandé aux disciples, • de prlc"er la péPlitence pour la rémil-
sion de péchés. D - Luc, XXIV. 47. M'arc. VI. t,; - et qu'il ait
dit aussi Lui-Même:_. Le Royaume de Dieu s'est approcAI.
faites pénitence, et croyez d rÉvangile . • - Marc, I. f4;-
par l'ÉvanBiJe il est entendu qu'ils peuvent être réGénérés et ainsi
sauvés, ce qui Il'aurait pu être fait, si le SeiBneur n'elll fait la Ré-
demption, c'est-l~dire, s'il n'avait pas enlevé à l'Enfer la puissance
par des combats contre 1111 et par des victoires sur lui, et s'il n'a-
vait glorifié, c'e...t-l-dire, fait Divin son Humain.
58!. Que celui qui pense ralionnellement dise quel serait tout
le Genre humain, li l'on persistait dans la foi de l'ÉBlise d'au-
jourd·hui, l savoir, qU'OD est rachelé par la seule PassioD de la
croil, et que ceUI qui ont été iratifiés de ce m6rite du Seigneur
ne SODt point 10US la damnation - de la loi; que cette foi, dont
l'homme ne sait rien, pas même si elle est en lui, remet les pê--
cbés et résénère, et que la coopération de l'homme dans BOn acte,
c'est-à-dire, quand elle lui est donnée et qu'elle entre, détruirait
entièrement cetLe foi, et enlèverait avec elle le salut, parce qu'il
mêlerait son- mérite au mérite du Christ; que celui, ~is:.ie, qui
pense rationnellement dise si l'on ne rejetterait pas ainsi toute
la Parole. où la résénération est principalement en-seiinée par la
purification spirituelle des maur,- et par les exercices de la cha-
rit~ : le Décalogue, prinCipe de la réformation, seraiL-il alors plus
que le papier qu'on vend aUI épiciers pour en faire des cornets r

11
RELIGION CHRItTIENNE. 121
qUI serait alors la Relilion, sinon une lamentatioD sur ce qU'OD
est pécheur, et une supplication pour que Dieu le Père ail pitié
l cause de la Passion de son Fils, ainsi une supplication de la
bouche seule d'après le poulDon, et rien de l'action provenant du
cœur r et que serait alors la Rédemption, sinon une indullenoe
papale. ou tout au plus la Oalellation d'un moine pour les fantes
de tout son couvent, comme cela Jl8.1!Lt r Si cette foi seule' régé-
nérait l'homme, et que la Pénitence et la Charité ne fissent ren,
que serait alors l'homme Interne, qui est l'esprit de l'homme vi·
vant après la mort r ne serait·i1 pas comme une ville incendiée,
dont les décombres feraient l'homme elterne, ou comme un champ
OU une prairie ravalés par les chenilles et par les sauterelles! Un
tel homme devant les Anges n'apparatL pas autrement que comme
s'il réchauffait dans son sein un serpent, et meltait un babit par
(
dessus pour qu'on ne le vIL pail i puis aussi comme celui qui dort
comme brebis avec un loup, ou COlOme celui qui couche sous une
belle couverture dans irne une chemiRe tissue de toiles d'aralBnêe: et
que serait alors la vie après la mort, quand tous so.t disLins~~
dans le Ciel selon les différences de la ré,énération, et dans l'Enfer
selon les différences du rejet de la rélénération, sinon une vie cbar.
Delle, et ainsi lelle qu'est la vie d'un poisson ou d'une écrevisse!

La Régénération ·se fait alJsolument de la mAme manière fJUtI


r homme est tonçu, est porté dans rutérus, nalt et est élevé.

ISS3. Chez l'homme il y a une perpétuelle correspondance entre


l-es choses qui se font naturellement et celles qui se font spirituel-
lement, ou entre ce qui se fait par le corps et ce qui se fait par
l'esprit i cela vient de ce que l'homme est né spirituel quant l
l'Ame, et est enveloppé du naturel qui fait son corps matériel i c'est
pourquQi quand ce corps est déposé, son Ame revêLue d'un COrpl
spirituel vient. dans le Monde où loutes ch ORes sont spirituelles.
et elle y est consociée avec ses semblables. Maintenant, ~~
le ·corps Sp..!.r!t.~el doit être formé dans le corps matériel, et qu'il
est formé par les vrais et les biens, qui inOu.nt du Seilneur par
le Monde spirituel, et sont reçus par l'homme intérieurement danl
l'

12t LA VRAIE
des choses qui lui viennent du Monde naturel et sont nommées ci-
,iles et morales, OD ,oit clairement de quelle manière se fait sa
formation; et puisque, comme il a ét6. dit, il y a une perpétuelle
correspondance chez l'homme entre les cboses qui se font natu-
rellement et cenes qui se font spirituellement. il s'ensuit qu'elle
est comme la conception, la g.estation, l'enfantement et l'éduca-
tion. C'esl pour cetle raison quo dans la Parole par les Naissances
Daturelles il est entendu les Naissances spirituelles qui sont celles
du bien et du vrai, car tout ce qui eliste dans le seDS de la lettre
de la Parole. C'est-A-dire dans le sens naturel, enveloppe et sisni-
fie un spirituel: que dans toules et dans chlcune des expressions
du sens de la lellre de la ~arole il '1 ait un Sens spirituw, cela a élé
pleinement montré dans le Chaphre sur l'ÉcRITDRI SAINTI. Que
les Naissances naturelles mentionnées dans la Parole enveloppent
des Naissances spirituelles, on le ,oit clairement dans ces pas-
sages: • Nous avons emzçu, nous avons été en travail, now
avons guasi enfanté; de saluts noUl n'avons point fait.» - Ésare.
XXVI. t8. - Il A laprésence du Seigneur, enfante," terre 1" -
PSt cm. 7. - Il Est-ce gue la terre enfantera en un seul jour l'
Est-ce gue Moi je IJ,'iserai et n'engendrerai pas? Est-ce gue je
lerai engendrer et je fermerai? • - Ésaïe, LXVI. 7 à t O. - Il Sin
.era en travail d'enfant, et No sera pr~s de rompre. D - Ézéch.
XXX. US, {6. - a Les douleurs de celle gui enfante viendront su,.
Ëpllraim, lui, fils non sage, parce gue dans le temps il ne 16
lient pas dans futérus des fils • • - Bosée, XIII. ti, t3 ; - pa-
reillement ailleurs en b.}aucoup d'endroits. Comme les générations
Daturelles signifient dans ln Parole les générations spirituelles, et
que celles-ci yiennenl du ~;ei,neur, c'est pour cela que le ~eiBneur
est appelé Formateur, et celui qui tire de l'utérus, a(nai qu'~l est
évident d'après ces passas~s: • Jéhovah ton Facteur .. e( ton ,FQr-
mateur dès fulérw. 1 - Ésaïe XLIV. t. -=-1 Celui~fû,n'à n;., de
lutérus.1 - PSt XXII. to. -- '-S~;' Toilaiélé appuyé dès futé-
rus; des entrailles de ma mère, Toi, tu m'QI tiré. !' - Ps. LXXI.
7. - • Faites attention cl Moi, vOUB,po,·tés dès futérus, soutenUS"
d~s la matrice. D - Ésaïe, XLVI. 3 ; - et en outre ailleurs. Di Il
,ient que le Seiioeur est appelé Père, comme dans Ésaïe, - IX. G"
LXIII_ t 6. Jean, X. 30. XIV. 8, 9 : - et que ceux qui lont par lui
RELIGION CBIŒTIENNE. 123
flans lès biens et dans les vrais sout dits fils et nés de Dieu, et on-
Ire eux·sont appelés Crères, - MaUh. XXIII. 8; - et que l'tSlise
est nommée Mère, - Bosée, Il. l, B. Ézéch. XVI• .&3.
r'&S.&: D'après cela, il est maintenant évident qu'il y a une Cor-
nspondance entre les Générations naturelles et les Générations
spiritueJles j et puisqu'il y a une Correspondance, il s'ensuit que
Don-seulement ·la conception, la gestation, l'enCantement et l'édu-
cation peuvent se dire de la nouvelle Génération, mais qu'elles
existent aussi en actualité pour cette nouvelle Génération; quan'
l ce qu'elles sont, cela va être présenté"en ordre dans cet Article
sur la Régénération. Ici, il sera dit seulement que la semence de
l'homme est conçue intérieurement dans l'entendement, et Cor-
mée dans la volonté, et de là transportée dans le testicule, où elle
s'enveloppe d'une couverture naturelle; et elle est ainsi portée
dans l'utérus, et entre dans 1. Monde. En outre, il y a une cor-
respondance de la résénéralion de l'homme avec toutes les choses.
qui aont dans le RèGne vésétal ; aussi, dans la Parole, l'homme est-
il décrit par un Arbre, son Vrai par la semence, et son Bien par le
fruit. QU'UD mauvais arbre puisse être de nouveau comme engen-
dré, et porter ensuite de bons Cruits et de bonne semence, on le
',oit par les entes et par les sreft'es·; alors, quoique le même- suc
monte de la racine par le tronc jusqu'à l'ente ou·l la srele, néan-
moius il est chan lé en un suc bon, et Cait un bon arbre. Dans l'É-
glise, il en est de même de ceUI qui sont Ireft'és au Selsneur, c'est
ce qu'il enseilne Lui-Même par ces paroles: • Moi, je IUU le Cep,'
tlOUS, les sarments; celui qui demetlre en Moi, et Moi en lui,
celui-là porte du fruit lJeau,coup: si quelqu'tm ne demeure pas
IR Moi, il est ;etl deho,.s comme le sarment, et il sèche, et est
jetl au feu. » - Jean, xv. B, 6.
, B88. Que les vésétations non-seulement des arbres, mais aussi
de tous les arbustes, correspondent aUI prolifications des hommp.s,
c'est ce qui a été enseigné par plusieurs Erudits, c'est pourquoi
rajouterai sur ce sujet quelque chose comme appendice. Dans les
arbres et dans tous les autres sujets du Règne vélétal il n'y a pas
les deul seles, le masculiB et le Céminin, mais chaque sujet y est
masculin; la Terre seule, ou l'humus, est la Mère commune, ainsi
eomlDe- la Femelle i en effet, elle rec;oit les semences de tous les
LA VRAIE
végétaul, elle lei ouvre, les porte comme danl UI utérus, et alors

~I
elle les nourrit. et lei enfante, c'est-l-dire, les produU au jour, et
ensuite elle leur donne des vêtements et des aliments. La terre,
quand d'abord elle ouvre la semence, commence par la racine, qui
est Al'inltar du cœur; de ceUe racine elle envoie et transmet le suo
comme ung, et construit ainsi comme un corps pourvu de mem-
bres i le tronc lui-même est le corps, les branches et 1eR rameaux
en sont les membres; les feuilles qu'elle fait sortir aussitôt après
l'enfantement tiennent la place du poumon, car de même, que le
cœur sans le poumon ne produit ni mouvement ni sens, et ne vi-
vifie pas l'homme par eUl, de même la racine ne donne point de
véjêtalion à l'arbre on i l'arbuste sans les feuilles: les fleurs qui
précèdent le fruit sont les moyens de décanter le suc, qui en est
'~ le sang, et d'en séparer les parties grossières d'avec les parties
pures, et de former pour l'intlux de celles-ci dans leur sein une
nouvelle petite tige par bquelle le suc décanté influe, et ainsi
donoe un commencement et successivement line conformation au
fruit, qui peut être comparé Aun testicule dans lequel les semences
sont perfectionnées i l'ame vésélative, ~ui rèsne intim~ment daDs
toute particule du suc. ou son essence prolifique. ne vient pas
d'autre part que de la cbaleur du Monde spirituel, laquelle. parce
qu'elle procède du Soleil de ce monde spirituel, ne respire que ,é-
nération, et par elle continuation de création i el comme elle res-
pire essentiellement la Génération de l'homme. c'est pour cela
qu'elle donne i tout ce qu'elle eDgendre une certaine ressemblance
de l'homme. QU'OD ne soit pas élonné de ce qu'il 1 été dit que
les sujets du Règne végétal ne sont que mâles. et que la Terre
seule ou l'bumus est -comme la Mère commUDI ou la femelle, cel.
sera illustré par une chose semblable chez les Aleilles i elles n'ont,
selon l'autopsie de SWAMMBRBAI dans ses BIBLIS BI LA l'IATURI,
qu'une seule mère commune. de laquelle est produite toule la li-
gnée d'une rucbe entière i puisqu'à ces insectes il n'est donn6
qu'une seule mère commune. pourquoi n'en se:"ait-il pas de même
pour tous les végétaux r Que la Terre soit la U"ère commune,-c'est
ce qui peut aussi être illustré spirituellemeDt i et cela est illustré,
en ce que la Terre daos la Parole sigllifie l'ÉClise, et que l'É,lise est
1. mère commune. ainsi qu'elle est aussi nommée dans la Parole;
RELIGION CHRli:TIENNE.
que l'on consulte l'APOCALYPSE Rl:vI:Ll~B, on y verra, ~ .. 18S; 90!,
que la Terre signifie l'Église. Si la terre ou l'humus peut entrer
danK l'intime de la semence jusqu'l son prolifique, le faire sortir
et le porter ç~ et Il, c'est parce que chaque petillrain de pous-
sière ou pollen exhale de son essence quelque chose de subtil
OOlDIDe emuve, qui pénètrè la semence; cela Be fait d'après la
force active de la chaleur procédant du Monde spirituel.
B86. Que l'homme ne puisse être régénéré que successivement,
c'est ce qui peut être illustré par toutes et par obacune des choses
qui existent dans le Monde naturel: L'arbre n8 peut pas croUre
en arbre en un seul jour, mais il croit d'abord d'aprèi la semence,
puis d'après la racine, ensuite d'après Bon jetr qui devient trouc,
et de ce tronc sortent des branches avec des feuilles, et enfln des
tleurs et des fruits: le froment et l'orle ne s'élèvent point en mois-
son en un seul jour i une maison n'est point bâtie en un seul jour;
un homme ne parvient pas non plus en un seul jour lia stature
d'bomme, el moins encore lIa sagesse; l'Église non pl~s n'est ni
instaurée ni perfectionnée en un seul jour; et il n'y a aucune pro-
Fession vers une fin. ql!i n'ait un commencement d'où elle part.
Ceux qui conçoivent la résénération autremem né savent rien de
la Charité ni de la Foi, ni de l'accroissement de l'une et de l'au tr,e
selon la coopération de l'homme avec le Seilneur. D'après ce qui
précède il est évident quo la Régénération se fait de la même ma-
nière que l'homme est conçu, est. porté dans l'utérus, naU el est
élevé.

Le premier acte de la nouvelle génération est appelé Réforma-


tion, il appartient à l'entendement; le second acte est appe.le
Régénération, il appartient d la volonté et par suite d l'en-
tendement.

387. Comme ici et danl! ce qui suil il s'Isit de la Réformation


el de la Régénération, et que la Réformation est attribuée à l'En-
tendement, et la Régédration à la Volonté, il est nécessaire qU'OD
.sacbe les différences qu'il y a entre l'Entendement et la Volonté;
ces différences ont é16 données ci-dessus, Ne 397 i il convient
-
{26 LA. VRAIK
donc de s'y reporter avant de lire ce que renferme .cet Article:
Que les maUI dans lesquels naU l'bomme aient été engendrés
dans la Volonté de l'homme naturel, et qne la Volonté porte l'en-
tendement l lui être favorable, en pensant d'une manière con-
forme l ses désiI:s, c'est aussi ce qui a été montré; c'est pourquoi.
pour que l'bomme soit régénéré, il est nécessaire que cela se fasse
par l'Entendement, comme par une cause moyenne; et cela se
fait par les infor.mations qne l'Entendement reçoit, lesquelles
j viennent d'abord d~s parents et des matlres, puis de la lecture
de la Parole, des prédications, des livres et des conversations j les
choses que -l'Entendement reçoit ainsi sont nommées des vrais;
c'est pourquoi il revient ail même de dire que la Réformation se
fait par l'Entendement, ou de dire qu'elle se fait par les vrais que
l'entendement reçoit i en effet, lell vrais enseiGnent l l'homme en
Qui il doi t croire et ce qu'il doit croire, puis ce qu'il doit faire,
ainsi ce qu'il doit vouloir, car ce que chacun fait, il le fait d'après
la volonté s810n l'entendement. Puis donc que la Volonté même
de l'bomme est mauvaise par naissance, et puisque l'Entende-
ment enseigne ce que C'tst que le mal et ce que c'est que le bien,
et qu'il peut vouloir l'un et ne pas vouloir l'autre, il en résulte
que, l'homme doit être réformé par l'Entendement; or, tant qui
quelqu'un voit et reoonnait par le men lai qUI le mal est mal et
que le bien est bien, el qu'il pense que le bien doit êlre choisi"
cet état est appelé Rérormation i mais quand il veut fuir le mal et
faire le bien, l'état de la Régénération commence.
888. Pour cette fin il a 6lé donné l l'bomme la facullé d'élever
l'entendement presque dans la lumière dans laquelle sont les
Anges du ciel, pour qu'il voie ce qu'il lui faut vouloir et par sllite
faiI:8, 'afin d'être en prospérité dans le Iionde pendant le temps,
et heureux après,la mort pour l'éternité i il devient en prospérité
et beure,uI, s'il s'acquiert la sagesse el s'il tient la volon~é sous
l'obéissance de la sagesse, mais il devient sans prospérité et mal-
heureuI, s'il met son entendement sous l'obéissance de sa vo-
lonté; et cela, parce que!! VQ.lonté par naissance incline vers les
maux, même les plus énormes; si donc elle n'était pas réfrénée
par l'entendement, l'homme abandonné l la liberté de sa volonrA
se précipiterait dans des crimes abom~nablell, et d'après la nature
RELIGION CBRiTIENNE.
fél'Oce Ireléa eD lui il pillerait et massacrerait, pour I l propre
·-cause, tOUI ceUI qui De lui SODt pas favorables et D'ont pas de
complaisaDce pour ses cupidités. En outre, si l'Entendement n'a-
nit pas pu être perfectionné séparément, et si la Volonté n'avait
pas pu l'être par l'entendement. l'homme serait non un homme,
mais une .bête; car, sans cette séparation, et sans l'élévation de
l'entendement au-dessus de la volonté, il D'aurait pas pu penser,
ai d'après la pensée parler, mais il aurait seulement pu exprimer
SOD affection par un son i il n'aurait pas pu agir non plus d'après
la raison. mais il aurait agi d'après l'instinct i encore moins au-
rait-il pu connallre les choses qui sont de Dieu, et par elles Dieu.
et ainsi être co~joint à Dieu. et vivre dans l'éternité r en efrot.
l'homme pense et veut comme par lui-même, et ce fi comme par
lui-même. est le récip~oque de la conjonction, car il n'y a pas de .
conjonction sans un réciproque, de wême qu'il n'y a pas de con-
jonction de l'actif·avec le passif sans une adaptation ou sans une
application; Dieu seul asit, et l'homme se laisse mettre en action,
et coopère en toute apparence comme par lui-même, quoique
in~érieurement ce soit d'après Dieu. Par ces choses bien perçues,
on peut voir quel est l'amour de la volonté de l'homme s'il est
élevé par l'entendement. et quel il est s'il n'est pas élevé; ainsi,
quel est l'homme.
1$89. Il faut qu'on sache que la faculté d'élever l'entendement
jusqu'à l'intellisence dans laquelle sont les Anges du Ciel, est par
création d:ms chaque homme, soit méchant, soit bon, et même
dans chaque diable dans l'enfer, car tous ceux qui sont dans l'en-
fer ont été des hommes; cela m'a très-souvent été montré par
vive elpérience; toutefois, s'ils sont, non pas dans l'intelligence.
mais dans la folie quant aUI: choses spirituelles, c'est parce qu'ils.
veulent, non pas le bien. mais le mal; ils ont par conséquent en
aversion de savoir et de comprendre les vrais, car les vrais sont
pour le bien et contre le mal. D'aprœ cela, il est encore évident
que la Première chose de la nouvelle génération est la réception
des vérités par l'entendement, et que la Seconde est de vouloir
faire selon les vérités, et enfin ·de faire les vérités. En effet, per-
sonne ne peut être dit réformé par les connaissances seules des
• vérités, car l'homme d'après la faculté d'élever l'entendement
us LA VRAIE
lu-dessus de l'amour de la volonté peut les saisir, et aussi le5
prononcer, les enseigner et les prêcher; mais celui-I~ est ré-
formé, qui est daus l'IIfJ'ecUon de la vérité pour la véritê, car cette
affection se conjoint avec la volonté i et. s'il continue, il conjoint
la volonté à l'entendement, et alors commence la Régénération:
mais comment ensuite la Régénération avauce-t-elle, et est-eile )Ier-
fectionnée. c'est ce qui sera dit dans la suite.
590. Quant à cette question, quel est l'homme dont l'entende-
ment a été élevé, sans que l'amour de la volonté ait été élevé par
l'entendement, des comparaisons vont l'illustrer: Cet ltomme est
comme un aigle qui vole dans le haut des airs, mais qui, anssitôt
qu'il voit en bas des proies, telles que poules, oisons, eL même des
agneaul, se jette à l'instant dessus et les dévore. n est aussi comme
un adultère qui tient cachée dans une chambre basse de sa maison
~De prostituée, et qui monte parfois à l'éLase au-dessus, et parle
avec sagesse de la chasteté, devant son épouse. AVec ceul qui sont
présents, et ensuite se d~robe l sa société, et va ~J1 bas assouvir
sa luxure avec la prostituée. Il est encore semblable à des mouches
de marais qui volent, en colonne au-dessus de la tête d'un cheval
au galop, et qui, lorsque le cheval s'arrête, tombent et plongent
dans leurs marais. Tel est l'homme qui est dans l'élévation quant
l l'entendement, mais dont l'amour de la volonté, en bas à ses
pieds. reste plongé dans les impuretés de la nature et dansles
déréglements des sens. Mais parçe que de tels hommes brillent
comme de sagesse quant à l'entendement, et que leur volonté est
contre la sagesse, ils peuvent aussi être comparés à des serpènts
dont la peau reluit, et à des cantharides dons les ailes b,'iIIent
comme d'or, puis aussi à des feux follets dans les marais. à des
bois pourris qui éclairent. et à des phosphores: parmi eUI il y en
a qui peuvent se déguiser en anges de lumière, tant parmi les
hommes dans le monde, qu'après la mort chez les anges du ciel;
mais. après un court examen, ils sont dépouillés de vêtements et
précipités tout nus i pareille chose cependant ne peut pas être
faite dans le monde, parce que leur esprit n'y a point été ouvert,
mais a été survêtu d'un visage, tel qu'est celui des comédiens
sur un théAtre; qu'ils puissent par la face et la bouche se déguiser
en anges de lumière, c'ost là une cause, et aussi un indice qu'Us
RELIGION CHRÉTIENNE.
peuvent élever l'entendement presqu'à la sage..,."e angélique au-
dessus de l'amour de la volonlé, ainsi qu'il a élé dit; mainlenant,
comme l'interne et l'externe de J'bomme peuvent ainsi marcher
en sens contraire, el comme le corps est rejelé el que 1'e..'1l'rit
reste. on voit qu'un esprit noir peul habiter sous une face blanche,
et un esprit lout de feu sous un visage doux; c'est pourquoi, mou
ami. forme ton jugement sur l'hommd, non d'après sa bouche,
m'ais d'après son cœur, c'est-à-dire, non d'après son langage.
mais d'après ses aoles; car le Seigneur dil: u Gardez-vou., des
tau:/: propMles qui viennenl d vous en habits de breln"s, mais
(jui au dedans sonl des loups ravissanls j par leurs fruits cou-
naissez-les. D -llaLth. VII. US. tG.

L' homme Interne doil d'abord dire réfo7'mé, el par lui f Ilomme
Exlernej el ainsi l'homme est régénéré,

59L Que l'homme Interne doive d'abord être régénéré, et Ilar


lui l'homme Externe, c'est ce qu'on dil communément aujour-
d'bui dans l'Église; mais par l'homme Inlerne on ne pense autre:-
chose que la foi, qui est, de croire que Dieu le Père impute le
mérite el la juslic.e de son Fils, et qu'il en,·oie l'Esprit Sainl : on
croit que celle foi fait l'homme Interne, el que de lui l'roOlie
l'homme Externe, qui est l'bomme moral-nalurel, et que celui-ci
est un accessoire pour celui:là, comme par comparaison la tJlleue
d'un cheval ou d'un bœuf, ou comme la queue d'un .paon ou d'un
oiseau du paradis. qui s'étend au-delà des patles. Rans qu'il y ait
cohérence; car il' est dit que la charilé suit celle foi, mais que si
la charité entre d'après la volonté de l'homme, celle foi périt. Or,
comme on ne reconnalL pas aujourd'hui dans l'Église un aulre
homme Jntdrne. il n'y a aucun bomme Inlerne, car ·personne ne
sait si celle foi lui a élé donnée; qu'elle ne puisse pas être don-
née, et que par conséquent elle soit imasinaire c'esl ce qui a été
montré ci-dessus: il suit de là qu'aujourd'hui chez ceux qui se
cont confirmés dans cette foi, il n'y a )Joint d'homme Inlerne au-
Ire que cel homme naturel qui par naissance est abondamment
rempli de toute espèce de maux; et, de plus on affirme que la
u 9
'( t -
t30 LA VRAIE
résénération et la sanctification suivent d'elles-mêmes cette foi,
et que la coopération de l'homme, par laquelle cependant se fait
uniquement la régénération, doit être exclue; de là résulte que
la Régénération n'est point connue dans l'Église d'aujourd'hui,
quand cependant le Seigneur dit, que celui qui n'est pas régénéri
ne peut voir le Royaume de Dieu.
lS9!. Mais l'homme Interne et l'bomme Externe de la nouvelle
Église sont absolument autres; l'homme Interne appartient • la
volonté d'après laquelle l'homme pense, lorsqu'il est livré à lui-
même, ce qui arrive quand il est l la maison; el l'homme Externe
est l)ction et le langage qui se produisent par lui dans une As-
semblée, par oonséquent dehors; l'homme Interne est donc Il
charité, parce que celle-ci appartient à la volonté, et il est en même
temps la foi qui appartient à la pensée: l'un et l'Iutre homme
avant la régénération constitue l'homme naturel, qui est ainsi di-
visé en interne et en externe: ce qui est bien évideot par cela
qu'il n'est pas permis à l'homme d'agir et de parler dans une As-
• semblée ou dehors, COlOme lorsqu'il est livré • lui-même, ou à la
maison; la cause de celte division est, que les Lois civiles pres-
crivent des pUllitions pour ceul qui agissent mal, et des récom-
penses pour ceux qui agis.lMlnt bien i et ainsi l'on se contraint à
séparer l'homme Externe de l'homme Interne, car nul ne veul être
puni, et chacun veut être récompensé, ce qui a lieu par des ri-
chesses et des bonneurs; l'homme o'évite pas les peines et n'ob_
tient pas le." récompenses, s'il ne vit pas selon ces lois; de là vient
qu'il y a de la moralité et de la bienveillance dans les externes,
même chez ceux qui o'ont aucune moralité, ni aucune bienveillance
dans les interues'; 'oHà l'origine de toute hypocrisie, de touLe Rat-
terie et de toule dissimulation.
lS93. Quant à ce qui concerne la division d. l'homme naturel
en deux formes, r'est une division actuelle tant de la volonté que
de la pensée cbez cet homme, car toule action de l'homme part
de sa volonté, et tout langage part de sa pensée, c'est pourquoi
one autre volonté a été formée par l'homme au-dessus de la pre-
mière, pareillement urie autre pensée, mais néanmoins cette vo-
lonté et ceUe pensée constituent l'homme nalurel; cette volonté
qui est formée par l'homme peut être appelée volonté corporelle,
RELIGION CBR~TmNNE. nt
parce qu'elle pousse le corps l se mouvoir par des ge!\les moraux,
et celle pensée peut être appelée pensée pulmonaire, parce qu'elle
pousse la langue et les lèvres Il prononcer des paroles qui appar-
liennent à l'entendement. Celle pensée et ceLLB volonté peuvent
être comparées ensemble au liber qui est intérieurement allaché
ll'éeorce de l'arbre, et à la membrane qui est aLlachée à la coque
de l'œuf; en dedans est l'homme interne naturel; s'il est méchant,
il peut être comparé au bois d'un arbre pourri autour duquel l'é-
corce et le liber paraissent en bon état, et aussi à UII œuf gAlé au
dedans d'nne coque blanche. Mais il va être dit quel e!\t l'homme
interne naturel par naissance: Sa volonté incline vers les maux de
lout genre, et par suite sa pensée incline vers les faul aus~i de
tout genre; c'est donc cet homme interne qui doil être régénéré,
car s'il n'e.~t pas régénéré, il n'est que baine contre toutes le"
choses qui appartiennent Il la charité, et qu'emportement con Ire
toutes celles qui appartiennent Il la foi. Il suil de là que l'bomme
interne naturel doit d'abord être régénéré, et par lui l'bomme ex-
terne, car cela est selon l'ordre, mais résénérer l'interne par l'el-
terne est contre l'ordre; en effel, l'interne est comme l'Ame dans
l'externe, non-seulemenl dans le commun, mais aussi dans toul
particulier, par conséquent dans chacun des mots que l'homme
prononce i il Y est, sans qu'il le sacbe; de là vien t que les AngeE
perçoivent par une seule aetion de l'homme quelle esL sa volouté,
et par une seule de ses paroles quelle est sa pensée, soit infernale,
sail céleHte; par là ils connaissent l'homme tout entier, par le son
ils perçoivent l'affection de sa penséc, el par le M'este ou la forme
de l'action ils perçoivent l'amour de sa volonté; ils perçoivent celle
affection et cel amour, quoÏllu'il contrefasse le Chrétien et le ci_
toyen moral.
1S9-'. La régénération de l'homme est décrite dans Ézéchiel par
des Os desséchéH, sur lesquels s'étendirent des nerfli, puis de Ja
chair. el de la peau; et enfin, l'e5priL ayant été soumé sur eux, il!;
revécurent, - XXXVII. t Il U; - que la Régénération ait été re-
présentée l)ar ces os, on le voiL clairement par ces paroles tlu passaGe:
« Ces Os sont toule la maisoll d'Israël. » - Vers. i ~. - Elle y eSl
aussi comparée à des sépulcres, car on /iL: • Qu'ü ouvrira les sé-
pulcres, el en fera mo,~ter les os, et qu'il donnera Bon esP'1t
{3~ LA. VRAIE
en ew:, et gu.'ü les placera sur la terre tllsrael. » - Vers. 1t, t3,
U ; - par la terre d'Israël, là el ailleurs, est entendue l'ÉSlise. Si
la représentation de la régénération a été faite par des os el par
des sépulcres. c'est parce que l'homme non régénéré est appelé
mort. et que le résénéré est appelé vivant, car dans celui-ci il y a
la vie spirituelle, et dans celui-là la lOort spirituelle.
lS95. Dans le Monde, en toule chose cr~ée, tant vivante que
morte, il y a un Interne et un Externe, il n'y a pas l'un sans qu'il
y ail l'autre, comme il D'y a pail d'effet sans cause; et toute chose
créée est estimée selon la bonté interne, et méprisée selon la
mauvaise qualité interne, on méprise pareillement la bonté ex-
terne dans laquelle il y a une mauvaise qualité interne; tout sage
dans le Iionde et tout Ange dans le Ciel juge a~nsi ; mais quel est
l'homme non réiénéré, et quel ellt l'homme ré«énéré, cela peut être
illustré par des comparaisons: L'homme non régénéré, qui con-
trefait le citoyen moral et l'homme cbrétien. peut être comparé à
un cadavre qui est enveloppé d'aromates, el qui néanmoins répand
la puanteur dont il infecte les aromates, laquelle s'insinue dans les
narines et incommode le cerveau: il peut aussi être comparé lune
momie recouverte d'or, ou placée dans un tombeau d'argent, et
qui, lorsqu'on l'examine ~ fond. présente l'aspect difforme d'un
corps noir. Il peut être comparé l des os ou l un squelette dans
un sépulcre embelli de pierre lazuli et d'ornements précieux; il
peut encore être comparé au riche qui était vêtu de pourpre el de
fin lin, et dont cependant l'interne était infernal, - Luc, XVI. {9.
- Il peut enfin être comparé à un poison d'une saveur sucrée, a
de la ciguë en fleur, à des fruits dans des écorces· brillantes, et
dont les amandes ont été rongées par les vers; et aussi l un ul-
cère couvert d'un emplAtre et après cela d'une l,eau mince, dans
lequel il n'y a que de la sanie. L'inlerne peut être estimé d'après
l'externe dans le !Ionde. mais seulement par ceux donL l'interne
n'est pas bon, et qui à cause de cela jugent d'après l'apparence;
mais il en est tout autrement dans le Ciel i en effet, quand le corps
versatile autour de l'esprit, et flexible depuis le mal jusqu'au
bien, est séparé par la mort, alors l'interne reste, car il constitue
l'Esprit de l'homme, et alors il se manife~te, et du loin il apparaît
comme un serpent qui vient de quitter sa peau, ou comme un bois
RELIGION CHRltTIENNE. 133
pourri prIvé du liber ou de l'écorce qui le rendait brilla:: l. ï'.::s lB
régénéré est tout autrement; son Interne est bon, et son Externe
est semblable ll'extern~ de l'autre; toutefois son externe "diftère
de l'externe de l'homme non régénérd comme le ciel diftère de
l'enfer, parce qu'il y a en lui l'Ame du bien; et peu importe que
ce soil un grand de la terre, qui babile dan~ un palais et qui mar-
cbe entouré de gardes. ou que ce soit un simple citoyen qui babite
une maisonnette, et qui n'a qu'un domestique à son service: peu
importe aussi que ce soit un Primat couvert d'llll nlanleau de pour-
pre. et d'une tiare à deux degrés, ou que ce soit un berger qui
conduit quelques brebis dans la forét, et qui n'a sur le corps qu'un
vêtement de paysan, et sur la tête qu'un chétiC bonnet. L'or est"
toujours de l'or, soit qu'approché du feu il brille. soil que placé
au-dessus de la Cumée sa surface se noircisse; ou, soit que mis en
fusion on lui donne la belle forme d'un enfant, ou la vilaine forme
d'un rat; les rab fa ils d'or et placés auprès de l'arche furent ac-
ceptés par Jéhovab et l'apaisèrent, - 1 Sam. VI. 3, 4, 6 et suiv.; -
car ('Or signifie le bien interne. Le Diamant et Je Rubis, dans quel-
que matrice qu'ils soient, calcaire ou boueuse, quand ils en ont été
extraits, sont estimés, d'après leur bonté interne, comme ceux qui
sont dans le coHier d'une Reine; et ainsi du reste. Il est donc évi-
dent que J'externe est eslimé d'après l'interne, et non vice versât

Quand cela arrive. il s'élève un combat entre l'homme Interne


et l'homme Externe, et alm's celui qui est vainqlurur domiue
sur l'autre.

69"6. S'il s'élève alors un combat, c'est parce que l'bomme In-
terne a été réformé par les vrais, et" voit par eux ce qui est mal
et ce qui est faut, ct que Je mal et le faux sont encore dans
l'bomme Externe ou naturel; il s'élève donc d'abord une dissen-
sion entre la volonté nouvelle qui est au-dessus et la vieille vo-
lonté qui est au-dessous; et comme la dissension est enlre les
volontés. elle est eOlre les plaisirs de l'une et de l'autre, car l'on
sait que la cbair est contre l'esprit et l'esprit contre la cbair. J
LA VRAIE
que la ohair avec ses oonvoitises doit ~tre ~omptée avant que
l'esprit puisse aBir, et que l'homme puisse de'enir nouveau i après
oeUe dissension des volontés, il s'élève un tombat, oombat qui
est appelé Tentation spirituelle i toutefois œtte tentation ou oe
oombat se fait, non pas entre Jes biens et les maux, mais entre
les vrais du bien et les faux du mal i oar le bien ne peut pas de
lui-même oombattre, mais il oombat par les vrais, et le mal ne
pelJt pas de lui-même oombattre, mais il collbat par ses faux, de
même que la volont6 ne peut pas non plll~ d'elle-même oom-
battre, mais oombat par l'entendement où sonl Se.1i vrais, L'homme
ne sent pas oe oombat autrement qu'en lui-U1ême, et. comme des
remords de oonscienoe; oependant o'est le S<.iBneur et le diable,
o'est-à-dire, l'enfer, qui combattent dans J'h'Jmme, et ils oom-
ballent au sujet de la domination sur l'hommo, ou l qui le pos-
sèdera; le diable ou l'enfer attaque l'homme eL en évoque les
maux, et le Sei~neur le défend et en évoque les biens. Mais, quoi-
que ce combat se fasse dans le Monde spirituel, toujours est-il
oependant qu'il se fait dans l'homme entre les vrais du bien eL les
faux du mal qui sont en lui, c'est pourquoi l'homme doit combat-
tre absolument oomme par lui-mOrne, car il est dans le libre arbitre
d'asir (lour le Seigneur, et aussi d'agir pour le diable; il est pour le
Seigneur, s'il reste dans les vrais d'après le bien, et pour le diable,
s'il reste dans les faul d'après le mal: il resulte de là que celui
qui e~t Vllinqueur, soit l'homme interne soit l'homme "externe,
domine sur l'aulre; c'est absolnmcnt comme deux. rois ennemis
qui oomhaLtent A qui sera )(altre du royaume dê l'autre; relui
qui est vainqueur s'empare du royaume, et met sous son obéis-
sance tous ceux qui l'habitent; ioi donc si l'homme Interne est
vainqueur, il commande, et il subjugue tous les maux de l'homme
Externe, et alors la régénération est oontinuée; si au oontra1"e,
l'bomme Externe est vainqueur, il oommande, et il dissipe tous
les biens de l'homme Interne, et alors la régénération est détruite.
597. Aujourd'hui, il est vrai, l'on sait q'l'j\ ya des Tentations,
mais il est à peine quelqu'un qui saohe d'ob elles viennent, et quelles
elles sont, et ce qu'elles prorluisent de bien; d'où elles "iennent
et quelles elles sont, o'est ce qui vient d'être montré ci-dessus;
pu~- aussi oe qu'elles produisent lie bien, à snoir, que quand

1
RELIGION CHRÉTIENNE. t3fS
l'homme Inierne est "ainqueur, l'homme Externe esl ~1:hj"C'I~,
et après qu'il a été subjugué. les convoitises sont écartées, et à
leur place les affections du bien et du vrai sont implantées, el tel-
o lement disposées en ordre, que les biens et les vrais que l'homme
veut et pense, il les faIt aussi et les prononce de cœur: outre cela, par
la viotoire sur l'homme externe, l'homme devient spirituel, et alors
il est oo'nsocié par le Seigneur avec les Anges du Ciel, qui tOIlS sout
spirituels. Si jusqu'à présent les Tentations u'ont pas été connues,
et s'il est à peine quelqu'un qui ait su d'où elles viennent et quelles
elles sont, et ce qu'elles produisent de bien, c'est parce que jus-
qu'à présent l'Église n'a pas été dans les vrais; personne n'est
dans les vrais, à moins de s'adresser directement au Seigneur, de
rejeter la foi préoédente, et d'embrasser la foi nouvelle; de là vient
que depuis les si bol es qui ont suivi l'époque où le Synode de Nicée
• introduit la foi de trois Dieux, nul n'a été admis dans auoune
tentation spirituelle, oar si quelqu'un y eOt élé admis, il aurait
aussitôt succombé, et ainsi se serait précipité plus profondément
dans l'Enfer: la Contrition, que l'on dit précéder la Foi d'aujour-
d'hui, n'est pas la Tentation; j'ai interrogé un grand nombre
d'Esprits sur cette contrition et ils m'ont dit que c'est un mot eL
,rien de plus, à moins que ce ne /loit peut·être cllez les simples
qllelque pensée craintive au sujet du feu de l'Enfer.
698. L'homme, la Tentation étant passé. est quant à l'homme
Interne dans le Ciel, et par l'homme Externe dans le Alondo; c'est
pourquoi par les tentations obez l'homme il se fait une oonjonotion
dll Ciel et du Monde, et alors le Sei~neur gouverne ohez lui selon
l'ordre son monde d'après le oiel. Le oontraire arrive, si "l'homme
reste naturel, alors il désire ardemment louverner lui-même le
Ciel d'après le Monde; tel devienL tout homme qui est dans l'a-
mour de dominer d'après l'amour de soi; si cet homme est CIa-
miné à l'intérieur, il ne oroit en aucun Dieu, il oroit en lui seul;
et après la mort, il croit Dieu oelui qui l'eml,orte en puis~nce sur
les autres; telle est la Colio dans l'enCer, eL elle s'est augmentéc
au point que quelques·uns se disent Dieu le Père, d'aulres Dicu
le Fils, et d'autre Dieu l'Esprit Saint, eL parmi les Juifs quell]ues-
uns se disent le l\ofes.o\ie. Par là on voit ohliremcnl oe que l'homme
deviont après la mort, si l'hommo naturel n'est pas régénéré, par
U6 LA VRAIE
conséquent ce qu'il deviendrait dans sa phantaisie, s'il D'~lait pas
illstaure par le Seigneur une nouvelle Église, dans laquelle les
vrais réels sont enseignés: c'est là ce qui est entendu par ces pa-
roles du Seigneur: CIl Daru la consommation du siècle, D c'est-l-
dire, dans la fin de l'Église d'aujourd'hui, Il il'!l aura urIe affliction,
telle que point il n'yen a erl depuis le commelzcemenl du Monde,
et point il n'yen aftra: c'est pOUl'guoi si n'étaient a6régél ces
jours, neserait sauvée aucune chair. Il - Matth. XXIV. li, ii.
lS99. Dans les combals ou tentations des hommes le Seignenr
opère une Rédemption particulière, comme il en a opéré une géné-
rale quand il était dans le Monde; le Seigneur dans le Monde par
les combats elles tentations a glorifié son Humain, c'est-à-dire, l'a
rait Divin; de même maintenant dans le particulier chez l'homme,
pendant q'u'i1 est dans les tentations, il combat en elles pour lui
et dompte les esprits infernaux qui l'infestent, et après la tentatioD
il le glorifie, c'est-à-dire qu'il le rend spirituel. Le Sei~ellr, après
sa Rédemption universelle, a remis toutes choses ell ordre dans le
Ciel et dans l'Enfer; il agit de même avec l'bomme après la tentation,
c'est-A-dire qu'il rellret dans l'ordre toutes les choses qui appar-
tiennent au Ciel et au Monde chez lui. Le Seigneur après la Rédemp-
tion a instauré une nouvelle Église; de même aussi il instaure chez
l'homme les eboses qui appartiennent à l'Église, et il fail qu'il est
une Eglise dans le particulier. Le Seigneur après la Rédemption
a iiratiflé de la Paix ceux qui ont cru en Lui, car il a dit: Il PaÏ3:
je vous laisse, ma Paix je vous do,me; non pas comme le Monde
donne, Moi je VOliS donne, 1) - Jean, XIV. i7; - de même après
la tentation il donne à l'homme de sentir la paix, c'est à-dire, J'al-
légresse de l'esprit (anima) et les cODt:olations. Par là, il est évi-
dent que le Seigneur est Rédempteur pour l'éternité.
600. L'howme Interne résénéré, sans que l'homme Externe le
soit aussi, peut.être comparé Il un oiseau qui vole dans l'air sans
avoir de demeure sur ·un terrain sec, mais qui s'arrête seuleme
dans un marai&, où il est infesté par les serperJts et par les gr.,-
nouilles, c'esl pourquoi il s'envole et meurt de lassitude. JI peut
aussi ~lre comparé à un clgne qui nage au milieu de la mer, sans
pouvoir atteindre le rivage et construire un nid, en conséque,1lC8
les œufs qu'il pond tombent dans les eaUI, et sont dévorés pat les
RELIGION CHRÉTIENNE. 137
poissons. II peut être comparé à un soldat sur une muraille qui,
s'écroulant sous ses pieds, le précipite en bas, el l'écrase sous ses
ruines. Il peut encore être comparé à un bel Arbre transplanté
dans une terre fangeuse, où une foule de vers rongent sa racine.
ce qui fait qu'il se flétri et meurt. Il peut être comparé à une mai-
son sans fondement, et aussi A une colonne sans piédestal. Tel est
J'homme Interne réformé seulement, sans que J'homme Externe Je
soit aussi, car il n'a en lui aucune délermin;llion pour faire le
bien.

L' Homme régénéré a une nouvelle Volonté et un nouvel En-


Iendeme7lt.

60t. Que l'homme ré«énéré soit un homme renouvelé ou nou-


veau, l'Égl ise d'aujourd'hui le sait, lant d'aprè.llla Parole que d'a-
près la raison i D'APRts LA PAROLE, par ces passages: .. Failes-vous
un cœur nouveau et un esprit nouveau; pourqu~i mounies-
vous, maison flIsraëll D -Ezéch. XVIIl. St. - Ille vous donne-
rai un cœur nouveatt, et un esprit nouv~au au milieu de vous;
et j'tJlerai le cœur de pierre de votre chair, el je vous dOJln(!1'ai
un cœur de chair, et mon esprit je donnerai au milieu de vous. Il
- Ézéch. XXXVI. !6. 27. - • [}ds maintenant nous ne connais-
sonspm'sonne selon la chair; si donc quelgr," un est en Christ, il est
une nouvelle Créature. D -li Cor. V. ~ 6, t 7; -là, par lecœurnou-
veall il est entendu la volonté nouvelle, et l'espril nouveall l'en-
tendement nOllveau, car dans la Parole le Cœur signifie la volonté, et
l'esprit, quand il est employé avec le cœur ,si gnifie l'IIntendement.
D'APRtS LA RAISON: Si l'homme régénéré a une volonté nouvelle,
e.t un nouvel entendement, c'est paree .que ces deux facultés fOllt,
l'homme, et que ce sont elles qui sont régénérées; c'est pourquoi
tout homme est tel qu'il est quant à ces facultés, méchant si sa
volonté est mauvaise, et plus méchant si son entendement favo-
rise sa volonté; mais bon, si c'est l'opposé. La religion seule re-
Douvelle et régénère J'homme, elle occupe la place suprême dans
le mental humaIn, et voit sous elle les choses civiles qui appar-
tiennent au monde; elle passe aussi par ces choses en monlant,
138 LA VRAIE
comme le suc pur monle par l'Arbre jusqu'à son sommet i el de
celte hauteur elle regarde les cboses naturelles, comme celui qui
est sur une tour ou sur une montagne re~arde les campagnes qui
sont en bas.
60i. Toutefois~ il faut qu'on sacbe 'que l'homme, quant l l'en-
tendement peut s'élever presque dans la lumière dans laquelle sont
les Anses du Ciel, mais que s'il ne s'élè\'e pas aussi quant l la vo-
lonté, il n'est toujours que le "ieil homme, el non le nouveau;
qUllDL à la manière dont l'entendement élève la volonté avec lui
de plus en plus~ il en a été parlé ci-dessus; c'est pourquoi la régé-
n6ration se dit principalement de la volonté et en second ordre de
l'entendement: en effet, l'entendement chez l'homme est comma la
lumière dans le Monde, et la volonté comme la chaleur; que la
lumière sans la chaleur ne vivifie pas et ne rasse pas pousser les
végétaul, mais qu'il faille III lumière conjointe lia cbaleur, cela
est connu; l'entendement aussi, quant fi la région inférieure dans
le Uenlal, est même en actualité dans la lumière du Uonde, et daus
la lumière du Ciel quant à la région supérieure; si donc la volonté
n'est pas élevée de la région inférieure dans la résion supérieure.
et n'y est pas conjoint. l'entendement, eUe reste dans le Monde.
et alors l'entendement vole en baut et en bas, mais chaque nuit vers
la volonté en bas, et il y couche, et ils se conjoisnent comme un
homme et une prostituée, et ils produisent des fœtus l deul têtes.
D'après cela il est encore ~vident que si l'homme n'a pas une nou-
velle volonté et un nouvel entendement, il n'a pas été réGénéré.
603. I.e Mental bumain a été distingué en trois régions, l'in-
fime est appelée naturelle, la moyenne spirituelle, et la suprême
céleste i l'bomme par la régénération est élevé de la région in-
fime, qui est la naturelle, dans la réSion au·dessus, qui est la
spiriLuelle, et par celle-ci dans la céleste; qu'il y ait trois résions
du mental, cela sera démontré dans l'Article suivant: c'est de là
que I"bomme non régénéré est appelé naturel, et l'bommtl régé-
néré, spirituel: d'après cela il est évident que le mental de l'bomme
régénéré est élevé dans la région spirituelle, et que de celle région
supérieure il voit ce qui se passe dans le mental inférieur ou na-
turel. Que dans le melltal humaiu il y ait une Région inférieure
el UDe Région supérieure, cbacun )leut, avec une légère attention
RELIGION CHRÉTIENNE. i39
sur ses pensées, le voir et le reconnaltre, car il voiL ce qu'il pense,
c'est pourquoi il dit qu'il a pensé ou qu'il pense telle ou telle chose:
cela ne serail pas possible, s'il n'y avait pas une pensée intérieure,
qu'on nomme perceptton, qui regardAt dans la pensée inférieure
qu'on nomme simplement pensée. Quand un Juge a entendu ou
lu les raisons présentées en longue série par un avocat, il les ras~
semble en une seule intuition dans la région supérieure de son
mental, ainsi en une idée universelle, et ensuite de là il porte fla
vue en bas dans la région inférieure qui appartient l la pensée
naturelle, et Il il diipose les arguments en ordre, et il prononce
une sentence et juge selon la vue supérieure: qui ne sait que
l'homme peut en une ou deux minutes penser et conclure des
choses qu'il ne peut exprimer par la pensée inférieure en une
demi-heure! Ceci a été rapparté, afin qu'on sache que le Mental hu-
main a été distingué en rélions inférieures et supérieures.
60 •. Quant Ace qui concerne la nouvelle Volonté, elle est au-
dessus de la vieille volonté, dans la r~gion spirituelle; il en est de
même du nouvel entendement; il est avec elle, et elle avec lui;
dans cette région ils se conjoignent, et examinent conjointement
ce qui se passe dans la volonté vieille 011 naturelle, et ils y dispo-
sent toutes choses afin qu'elles obéissenl. Qui ne peut voir que si
dans le Mental humain il y a"ail seulement une seule Résion, et
que les maux et les biens, les faux et les vrais, y flissent mis et
mêlés ensemble, il s'y ferait un combat comme si des loups et des
agneaux, des tigres et des veaux, des éperviers et des colombes,
étaient mis ensemble dans une même loge TN'y aurait-il pas alors
une cruelle boucherie, et les bêles féroces ne déchireraient-elles
pas les bêtes douces! C'est pourquoi, il a été pourvu fa ce. que les
biens avec leurs vrais fussent rassemblés dans la région supé-
rieure, afin qu'ils pussent subsister en sûreté ot empêcher l'assaut,
et mOrne par des cha'n6S et par d'autres luoyens subjuiUer et en~
suite dissiper les maux avec leurs faux. C'est cela même qui a été
dit dans un précédent arlicle, que le Seisneul' gouverne par]e Ciel
les cboses qui appartiennent au Monde chez l'homme régénéré.
La Région supérieure ou sp1rituelle dl! mental humain est aussi
le Ciel dans la plus petite forme, et la Ré~ion inférieure ou natu-
relle est le Monde dans la plus petite forme; c'est pour cela que .
UO LA VRAIE
l'homme a été appelé microcosme (petit monde) par les anciens,
et il peut aussi être appelé miCl'o-urane (peLit ciel).
60lS. Que l'homme résénéré, c'est-à·dire, renouvelé quant à la
volonté eL à l'entendement, soit dans la chaleur du Ciel, c'est-à-
dire, dans l'amour du ciel, eL en même temps dans la lumière du
ciel, c'est-fil-dire, flans la sagesse ~u cial, eL que vice versd l'homme'
nOh-régénéré soiL dans la chaleur de l'enfer, c'est-l·dire, dans l'a-
mour de l'enfer, eL en même temps dans les ténèbres de l'enfer,
c'est-A-dire, dans les folies de l'enfer, cela aujourd'hui est connu
et néanmoins est inconnn; et la raison de cela, c'est que l'Église,
qui existe aujourd'hui, a fait de la régénération un appendice de la
foi, dans laquelle aucune raison ne doit être admise, ni par con-
séquent dans quoi que ce soit de soo appendice qui esL, ainsi qu'il
vioot d'être di L, la régénération et la rénovation; celles-ci avec la
foi elle-même soot pour ceUe Église comme une niaison, don.t les
portes et les fenêtres ont été fermées, de sorte qu'on ignore ce
qu'il y a dans l'intérieur de ceUe maison, si seulement elle est \'a-
cante, ou si elle est pleine de génies de l'enfer ou d'anges du· Ciel.
En outre, ce qui a mis la confusion en cela, c'est l'illusion qui pro-
vient de ce que l'homme par l'entendement peut s'élever presque
dans la lumière du Ciel, eL par suile d'après l'intelligence penser
eL parler des choses spirituelles, quel que soit l'Amour de sa volOIlLé i
comme on ignore celle vérité, tout ce qui concerne la régénération
el la rénovation est aussi devenu inconnu.
606. De tont ce qui précède on peut tirer ces conclusions1 que.
l'homme non régénéré est comme celui qui voit des apparitions pen·
dant la nuit, et croit que ce sont dos hommes i qu~ensuit8, quand
1 il est r~généré, il est comme ce m"ême homme qui le matin' recon-

1 ~ . nall que ce qu'il a vu la nuiL était un jeu de l'Imagination; et que.


plus tard, lorsqu'il a été régénéré, il est comme ce même homme
qui dans le jour reconnal1 que c'était nn délire.. L'homme non ré-
généré est comme celui qui rêve, ell'bomme régénéré est comme
celui qui veille; dans la Parole, la vie naLurelle o.'It aussi comparée'
ail sommeil, et la vie spirituelle à la veille. L'homme' non régénéré
est sisnifié par les Vierges insensées qui avaient des lampes et qui
n'avaient point d'huile, et le régénéré est signifié par les Vierges
prudentes qui avaient des lampes et en même temps de l'h.uile ;
RELIGION CHRÉTIENNE. Ut
par les lampes sont signifiées les choses qui appartiennent à l'en-
tendement, et par l'huile celles qui appartiennent à l'amour. Les
régénérés sont comme les lampes allumées du Chandelier dans le
Taberna"cle ; ils sont aussi comme les pains des faces avec l'encens
posé dessus; et ce sont eux qui resplendiront comme la splendeur
de l'étendue, et brilleront comme les éLoiles pendant le siècle et
l'éternité, - Daniel, XII. 3. - L'homme non régénéré est comme
celui qui est dans le jardin d'Éden, et mange de l'Arbre de la:
science du bien et "du mal, et est pour cela même chassé du jar-
din, bien plus il est cet Arbre même; mais l'homme régénéré est
comme celui qui est dans ce jardin, "t Illange de l'Arbre de vie;
qu'il" lui soit donné d'en manser, on le voit par ces paroles dans
l'Apocalypse: • A celui qui vaincra, je lui donnerai à manger
r
de Arbre de vie, gui (est) dans le milieu du Pm'adis de Dieu. »
- Il. 7 ; - par le jardin d'Éden ellt entendu l'intelligence dans
les choses sprituelles d'après l'Amour du vrai, voir L'ApOCALYPSE
RÉVÉLÉE, Na 90. En un mot, le non régénéré est le Fils du mé-
chant, et le résénéré est le Fils du Royaume, - Maltb. XIII. 38;
- là, le fils du méchant est le fils du diable, et le fils du Royaume
est le Fils du SeilJneur.

L' Homme régénéré est en communion avec les Anges ctu Ciel, et
le non-régénéré en communion avec les Esprits de l'Enfer

607. Si tout homme est en communion, c'est-à-dire, en COIISO-


ciation avec les AnlJes du Ciel ou avec les Esprits de l'Enfer, c'est
1>arce qu'il est né pour devenir spirituel, et que cela n'est pas pos-
sible, à" moins qu'il ne soit dans quelque conjonction avec ceux
qui sont spirituels; "que l'homme quant au mental soit dans l'un
et l'autre Monde, le naturel et le spirituel, cela a été montré dans
le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER; mais l'homme, l'Ange et l'Esprit,
ne savent rien de cette copjonction; et cela, parce que l'homme,
tant qu'il vit dans le Monde, est dans un état naturel, et que l'Ange
et l'Esprit sont dans un état spirituel, et qu'en raison de la diffé-
rence entre le naturel et le spirituel, l'un n'apparalt pas à l'autre;
cette différence, telle qu'elle existe, a été décrite dans le Traité de
E

l
u.t LA. VRA.IE
L'AIIOUR CON1UGAI., dans le Mémorable ND. 326 la 329 i d'où il ré-
SIl ILe évidemment qu'ils sout conjoinls, non pas quant aux pen-
sées, mais quant aux affections i et sur celles-ci à peine quelqu'un
réfléchit-il, parce qu'elles ne sont pai; dans la lumière dans la-
quelIe est l'entendement et par suite la pensée de l'enteBdement,
mais elles sont dans la chalenr dans laquelle est la volonté et par
luite l'aft'ection de l'amour de la volon Lé i la conjonction par les
affections de l'amour entre les hommes elles Anses et Esprits est
si étroitei que si elle était rompue, et que par soite ils fussent sé-
parés, les hommes tomberaieot fi l'instant en défaillance, et que
si elle n'étail pas réparée, el qu'ils ne fussent pas conjoints, les
hommes expireraient. S'il a Oté dit que l'homme par la régénéra-
lion devient spirituel, il est entendu par U, non pas qu'il devient
spirituel, tel qu'est l' Anl;e en lui-même, mais qu'il devient spiri-
tuel-naturel, c'est- à-dire que le spirituel est inlél'ieurement dans
son naturel, de la m~me manière que la peusée est dans la parole,
et la volonté dans l'action, car l'une cessant l'autre cesse; de
même est l'Esprit de l'homme dans chacune des choses qui se
font dans le corps, et c'est lui qui l>ou58e le nalurol à faire ce qu'il
faiL; le naturel considéré en lui-même est le passif ou la force
morte, et le spirituel estl'aclif ou la Corce ,'ive; le passif ou la
force morte ne Ileut pas asïr de soi-même, mais il faut qu'il soiL
mis en action par l'actif ou la force vive. Comme l'homme vit con-
tinuellement en cOlDlllunion avec les habitanls du Monde spiri-
tuel, c'est pour cela même que, lorsqu'il sort du Monde naturel il
se trouve aussitôt avec ses semblables avec qui il était en commu-
nion dans le Monde i de là .,-ient que chacun après la mort s'ima-
gine ,ivre encore dans le Monde, car alors il vienl dans la com-"
pagnie de ceUI qui lui ressemblent quant aux affections de sa
volonté; et Hies reconnaît, comme lès parents et Jes alliés reCOD-
naissent les leurs dans le Monde, et c'est pour cela que, dans la
Parole, il est dit de ceux qui meurent, qu'ils ont été assemblés
et recueillis 'ers les leurs. D'après ce qui vient d'Gtre dit, on peul
voir que l'homme régénéré est fon communion avec les Anges du
Ciel, et le non-régénéré en communion avec les esprits de l'enCer.
608. n raut qu'on sacho qu'il y a lrois Cieux distincts entre eux
selon les trois desrès de l'amour èt de la sagesse; que l'homme,

Î
RELIGION CHEŒTIESNE. U3
selon la régénération, est en communion avec les Anges de ces
trois oieux; et que, aela étant ainsi, le Mental humain a été dis-
tingué en trois degrés ou régions selon les cieux; mais sur ces
trois ci8Ul et sur leur distinction selon les trois des rés de l'amour
et de la sagesse. voir dans le Traité DU CIEl. BT DB L'ENFER,
NOl t9 et suh'., el aUlisi dans l'Opuscule DU COUEReE DE L'AllI
IT DU CORPS, NI' t6, t 7. Ici, il sera seuleme~l illustré par une
comparaison quels sont les trois degrés selon Ie.qquels ces cieux
ont été dislinlués: Ils sonl comme la tête, le corps elles pieds
dans l'homme; le Ciel suprême railla T'Le, le Ciel moyen rait le
Corps, et le dernier Ciel fail les pieds; car le Ciel enlier est de·
vant le Seigneur comme un seulbomme: qu'il en soit ainsi, c'est
oe qui m'a été prouvé par démonstration oculaire; car il m'a élé
donné de voir une Sociélé du Ciel, composée d'une myriade
d'anges, comme un seul homme; pourquoi le ciel enlier ne se-
raiL·il pas ainsi devant le Seisneur! Sur celle vive expérience,
voir dans le Trailé DU CIEL ET DE L'ENFER, Nil 39 et suiv. - D'a-
près cela. on vok clairement de quelle manière est entendu ce
dogme connu dans le Monde Chl'élien, que l'Église fait le Corps
du Christ, et que le Christ est la vie de ce corps: par là aussi peul
être illustré ce poinl, que le Seigneur est lout dans toutes les
ohoses du ciel, car il est la vie dans ce corps; de même le Sei-
gneur est l'Église chez ceux qui Le reconnaissent Lui Seul pour
le Dieu du Ciel el de la Terre. et croient en Lui; qu'il soille Dieu
du Ciel et de la Terre, il l'enseigne Lui-Même dans MaUhieu, -
XXVIII. t8 ; - et qu'il Caille croire en Lui, ill'~nsejgne dans Jean,
-Ill. US, 36. VI. 40. XI. 913, 16.
609. Ces trois degrés dans lesquels sont les cieux, par consé-
quent dans lesquels est le Mental humain, peuvent aussi en quel-
que sor le être iJIuslrés par des comparaisons avec les choses ma-
térielles dans le Monde: Ces trois degrés sont colllme l'Or, l'Ar-
gent et le Cuivre sont entre eux par leur valeur; il e.~t fait aussi
une comparaison avec ces métaux dans la Statue de Nébuchadné-
zar, - Dan. Il. st et suiv. - Ces trois degrés sont encore dis-
lingués entre eux, comme le sont en pureté et en bonlé le Rubis,
le Saphir el l'Agate; et aussi comme l'Olivier, le Cep et le Fi-
Buier, et ainsi du resle; et même, dans la Parole, l'Or, le Rubis eL
LA. VRAIE
l'Olivier siinifiellt 1e bien céleste, qui esL le bien du Ciel suprême;
l'Arient. le Saphir et le Cep signifient le bien spirituel; qui e.llt le
bien du Ciel moyen ; et le Cuivre. l'Agate et le Figuier SiGnifient
le bien naturel. qui est le bien du dernier Ciel: qu'il y ait trois de-
grés. le céleste. le spirituel elle naturel, cela a été dit plus haut.
6t O. A ce qui a été dit précédemment il sera ajouté ceci, que
la Rélénération de l'homme se fait non pas en un moment. mais
successivement depuis le commencement jusqu'à la fin de la vie
dans le Monde, el est ensuite continuée et perfectionnée; et comme
I"homme est rHormé par des combats et des victoires sur les maux
de sa chair, c'est pour cela que le Fils de l'homme dit i chacune
des sept Églifies, qu'il fera des dons Il celui qui aura vaincu; ainsi.
~ l'Église d'Éphèse: • A celui qui vaincra, je lui donnerai à
manger de rArbre de vie . • - Apoc.ll. 7. - A l'Eglise des Smy ...
néens: • Celui qui vaincra ue recev"a aucun dommage de la
mort seconde . • - Vers. li. - A l'Église dans Pergame: • A ce-
lui qui vaincra. ;e lui donnm'ai à manger de la manne cachée. »
- Vers. 17. - A. l'Église dans Thyatire: • Celui qui vaincra. je
lui donnerai pouvoir sur les nations. D - Vers. 16. - A l'tilise
dans Sarde.lI: Celui qui vaincra. il se"a reudtu de vdtements
Mancs. » - Ill. 5. - A l'Église dans Philadelphie: « Celui qui
vaincra, je le ferai une colonne dans le Temple de Dieu.» -
Vers. il. - A l'Église des Laodicéens: • Celui qui vaincra. je
lui donne'l'ai de s'asseoir avec Moi en mon Trd7Ze• • - Vers. !II.
- En dernier lieu il sera ajouté ceci; que, autant l'bomme' est
régénéré. ou autant la régénération esL perfectionnée chez lui,
autant il ne s'attribue rien du bien el du vrai, c'est-l-dire. de la
charité el de la foi. et attribue Lout au Seigneur; car les vrais qu'il
puise successivemenL le lui ensei~nent d'une manière manifeste.

Ât41ant r Homme esl régénéré. autant sonl éloignés les péchés.


el ccl éloignement eslla Rémission des péchés.

6t i. Si. autant J'homme est régénéré. autant sont éloignés les


péchés., c'e..t parce que la régénération consiste è. réprimer la

~I
.. •

RELIGION CHRÉTIENNE.
chair pour qu'elle ne domine pas, et 6 dOlnpler le \'ieil homme
IVec ses convoitises pour qu'.il ne se relève pas, et ne détruise pas
l'intellectuel; car celui-ci étaut détruit, l'homme n'est plus sus-
ceptible de réformation, laquelle ne peut se faire, 6 moins que
l'esprit de l'homme, qui est au-dessus de la chair, Ile soit instruit
et perfectionué. Quel est l'homme, dont l'elliendement est encore
sain. qui ne puisse d'après cèla conclure que de telles choses ne
peuvent pas être faites en un moment, mais qu'elles le sont suc-
"cessivement, de la même manière que l'homme est conçu, est
porté dans l'u~rus, natt et est êtevé, selon te qui a été montré ci-
dessus? en effet, les choses qui appartiennent 6 la chair ou au
vieil homme sont Inhérentes par naissance, et construisent la pre-
mière maison de son men laI, dans I~qnelle les convoitises ha-
bitent coinme des bêtes féroces dans leurs loges; et elles habilent
d'abord dans les vestibules, et entrent parfois comme dans des par-
ties souterraines de cette maison, et ensuite elles montent par des
escaliers et se construisent des chambre.o; ; 'ce qui a lieu successi-
vement, l musure que l'enfant croft, devient petit garçon et en-
!luite adolescent, et qu'alors il commence • penser d'après son
propre entendement, et 6 agir d'après sa propre volonté; qui est-
ce qui ne voit pas que cette maison jusqu'alors construite dans le
mental, et dans laquelle les convoitises se tiennent par la main et
dansent comme des ochim, des' jiims et des satyres, ne peul pas
être d6truite en un moment, et qu'une nouvelle maison ne peut
en un moment être construite 6 sa place? (Jes convoitises qui se
tiennent par la main, et qui se divertissent ainsi, ne doivent-elles
pas' d'abord être éloignées, et de nouveaux désirs concernant le
bien et le vrai ne doivent-ils pas être introduits 6 la place des cu-
pidités qui appartiennent au mal et au faux' Que ces choses ne
puissent être faites en un moment. tout ,homme sage ]lenL le' ,'oir
par cela seul que tout mal est composé d'inllombrables con\'oi-
tises, et qu'il est comme un fruit qui eil dedans de sa l'ellicule est
plein de vers au corps blanc eL 6 la tête noire, et aussi 'en ce que
les maux sont nombreux et conjoinls entre eux, comme une li-
Inée d'araisnées lorsqu'elle sort du ventre cie la 111ère; si donc les
maUl ne sont pas mis dehors l'un après l'aulre, et cela jusqu'il 'ce
que la Hsne ait été brisée, l'homme ne l'ellt pas devenir nouvcau.
u ro
148 LA VRAIE
Ces détails ont été dQnnés, afin qu'on sacbe que, autant quelqu'un
est régénéré, autant sont éloignés ses péchés.
6i!. L'bomme par naissance incline vers les maux de tout
Benre, et d'après l'inclination il les cOHl'oite, el m~me autant qu'il
en est libre il les Cail i car par naissance il convoite la domination
sur les autres et la possession des biens des autres, deux choses
qui briStlntl'amour ll'égard du prochain i et alors il prend en
haine quiconque s'oppose l lui, et d'après la haine il respire la
vengeance, qui intérieurement fomente le meurtre; de I~ vient
aussi qu'il resarde comme rien les adult~res, comme rien les dé-
prédations qui sont des yols clandestins, ei comme rien lei bla..
ph~mes qui sont aussi des faux témoignages i et celui qui regarde
ces maUI comme rien est aussi un athée de cœur i tel est l'bomme
par naissance; il est donc évident que par naissance il est l'enCer
dans la forme la plus petite. Maintenant, comme l'homme quant
aux intérieurs de son mental est n6 spirituel., tout autremellt que
la bête, par conséquent est né pour le ciel, eL que cependant son
homme naturel ou externe estl'enCer dans la forme la plus petite,
ainsi qu'il vient d'être dit, il s'ensuit que le.Ciel ne peul pas ~tre
implallté où est l'enfer, si l'enfer n'est pas éloigné.
61S. Celui qui sait comment le Ciel et l'Enfer sont entre. eUI, et
comment l'un est éloigné par l'autre, peul savoir commenll'homme
eSl régénéré, et aussi quel homme.a été régénéré i pour que cela
SOil compris, il sera exposé ell sommaire, que tous ceux qui sont
dans le Ciel regardent le Seigneur par la face, et que tous ceux qui
sont dans l'Enfer détournent leurs faces du Seigneur i c'est pour-
quoi, lorsque du Ciel on regarde l'enfer, ceux·ci apparaissent seu-
lement par l'occiput et par le dos; bien plus ils apparaissent m6me
ren\'ersés, comme les antipodes, les pieds en haut et la tête en
bas i el cela, quoiqu'ils. marchent sur les pieds, et lournent la face
de côté el d'autre, car c'eSt la direction opposée des inlérieurs de
leur mental, qui produit cette vue; ces choses étonnantes, je les
rapporte comme témoin oculaire, Pu là il m'a élé découvert de
quelle manière se Cait la résénération, à savoir, qu'elle se Cait ab-
solument de même que l'Enfer est éloii11é el ainsi séparé du Ciel;
car, ainsi qu'il a éLé dit ci-dessus, l'homme quant à la premi~re
nature qu'il tient par naissance est l'enfer dans la forme la plus
RELIGION CHIŒTIENNE. 147
petite, etoquant ~ la seconde nature qu'II liimt d'ulle second~ naifl-
sance il est le Ciel dans la forme la plus pelite. 1\ tluit de là 'lue le~
maux chez l'homme Ront éloignés et séparés de même qu'il en est
• l'égard du Ciel et de l'Enfer dans la grande forme,o et que les
mallX, ~ mesure qu'ils sont éloignés, se détournent du S.eigneur
et se renversent succe.~sivement, et que cela se foit au même de
sré que le Ciel est Implanté. c'est-A-dire, l mesure que l'hommo
devient nOUfeau. A cela il sera ajouté pour illustration, que chaque
mal chez l'homme a une conjonction avec ceux qui dans l'enrer
soot dans un semblable mal, et que vice versâ chaque bien chez
l'homme a une conjonction avec ceux qui dans le Ciel sont dans
un semblable ~ien.
6i 4. D'après ce qui vient d'être rapporté, on peut voir que la
rémission des péchés n'en est ni l'extirpation ni le nettoiement,
mais que c'enOest l'éloisnemf:nt et ain!li la séparation; puis aussi
que tout mal, que l'homme s'est en actualité approprié, resle; et
comme la rémission des péchés en est l'éloignement et la sépara-
tion, il s'ensuit qile l'homme est par Je Seig"!leur détourné du mal
et tenu dans le bien; et que c'est cela qui e5t donné Al'homme
par la ré(énéralion. Un jour, j'entendis dans le dernier Ciel quel-
qU'lin qui se disait exempt de péchés parce qu'ils avaient été nel-
toyés, ajoutant que c'était par le sanK du Chrisl; mais comine il
étail Ilu-dedans du Ciel, et que cetle erreur provenait de l'igno-
rance, il fut plongé dans ses propres péchés, el Amesure qu'ils
revinrent, il les reconnut i alors il accepta la nouvelle foi, qui était.
que tout homme, comme tout Ange, est par le Seigneur détourné
des maux et tenu dans les biens. n'après cela, on voit clairement
ce que c'est que la Rémission des péchés, qu'elle n'est point ins-
tantanée, mais qu'elle suit la régénération selon ses progrès. L'é-
loignement des péchés, qui est appelé rémission des péchés, peut
être comparé au rejet des immondices hors du Camp d811 61s d'Is-
raël dans le désert qui était alentour, Ocar leur Camp représentait
le Ciel, et le D~er( l'Enfer. Il peut aussi être comparé Il l'éloi-
Inement des nations d'avec les fils d'Israël, dans la terre de Cha-
naan, et des Jébuséens hors de Jérusalem; ces nations fure.nt non
pn rejetées, mais séparées. lIopeut ê,lre comparé l Dagon, le Dieu
des Philistins, qui, après que l'Arche eut été introdui:e dans son
-
U8 LA VRAIE
temple, tomba d'abord lterre sur ses faces, et ensuite ful trouvé
sur le seuil la tête et les mains coupées, ainsi non rejeté, mais
éloigné. Il peut être comparé aux démons envoyés par le Seipeur
dans des pourceaux, qui ensuite se précipitèrent dans la mer; par
la mer, ici et aillours dans la Parole, est signifié l'enfer. Il peut
aussi être comparé l la troupe du dragon, qui, sélllrée du ciel,
s'empara d'abord de la terre, et fut ensui.~e précipitée dans l'en-
fer. Il peut encore être comparé à une forêt, où sont en grand
nombre des bêtes sauvages i quand la forêt est coupée, les bêtes
sauvages se sauvent dans les halliers d'alentour, et albrs la terre
aplanie dans le milieu est cultivée en champ.

La Régénération n'est point pfnsi6le sans le Li6re Ar6itre dans


ks choses spirituelles.

6US. Qlli ne peut voir, l moins .d'être stllpide, que l'homme,


sans le Libre Arbitre dans les choses &piriluelles,· ne peut être ré-
généré r Sans ce Libre Arbitre peut-il s'adresser au Seigneur, et
Le reconnaitre pour Rédempteur et Sauveur, et pour Dieu du Ciel
et de la Terre, comme le Seigneur l'enseigne Lui-Même? - Manh.
XXVIII. t 8. - Sans ce Libre Arbitre, qui est-ce qui peut croire,
c'ost:-à-dire, regarder le Seigneur par la foi et L'adorer, s'appli-
quer à recevoir de Lui les moyens et les bienfaits du salut, et coo-
pérer d'après Lui pour les recevoir?Sans le Libre Arbitre, qui est-
ce qui peut faire quelque bien au prochain, et exercer la Chari lé,
outre plusieurs choses qui appartiennent à la Foi et l la Charité,
les introduire dans la IJ8nsée el dans la volonté, les en faire sortir,
It les mettre en acte' Autrement que serait la Résénération, si-
non un simple moL échappé de la bouche du Seigneur, - Jean,
III, - mot qui, ou reste dans l'oreille, ou passapt dans la bouche
d'après la pensée la plus proche du langage devient un son arti-
culé, de douze leures saulement, lequel son ne peut être élevé
par aucun sens dans aucun région supérieure du mental, mais
tombe dans l'air où il se dissipe!
616. Dites, si YOUS le pouYe~. si jamais il peut exister sur I~
Régénération IIne s\upidité plus aveugle que celle qu'on trouve
RELIGION CHRÉTIENNE, U,9
chez ceUl!: qui se confirment dans la Foi d'aujourd'hui, ~ !I:n·oir.
que la foi est infusée dans l'homme lorsqu'il est comme une souche
ou comme une pierre, ef qu'alors celle foi infuse est suivie de la
justification, qui 8st la rémission des péchés, la réiénéralionl outre
plusieurs autres dons i et que l'opération de l'homme doit être ab-
solument exclue, afin qu'elle ne porlo aucune violence au mérite
du Christ: pour que ce dOime fùt établi encore plus solidement.
ils onl c')té • l'homme tout libre arbitre dans 18s choses spirituelles,
en admettant une oomplète impuissance pour ces choses i et pour
lors comme si Dieu opérait seulemcut de son cc')té, et qu'il n'eût été
donné à l'homme aucune puissance de coopérer du sien, et ainsi
de se conjoindre i que serail alors l'homme quant • la réiénéra-
lion, sinon comme ayant les mains et les pieds 1iés~ semblable à
ceUI qui sont enchalnés dans les vaisseaux apl,elés salèr8ll. el
comme eUI puni et condamné à mort, s'il se déS3seail des me-
noLles et des fers aux pieds, c'est-à-diro, si d'après le lib,'e ar-
bitre il faisait du bien au prochain, el si d'après lui-même il crol'ail
en Dieu pour cause de ~alut r Que serait l'bomme confirmé dans de
tels dosmes, el cependant dans un pieux 4ésir du Ciel, sinon une
sorte de fantôme se tenant dans celle vision, à savoir, si celle foi
avec ses bénéfices a été infusée, ou, en cas qu'elle ne liait pas été,
si elle s'in~use, par conséquent si Dieu le Père a eu pitié. ou si
son Fils a intercédé, ou si l'Esprit Saint occupé ailleurs n'a Ilas
opéré i et enfin d'après sa complète isnorance cesserait de s'en
occuper et se consolerait, en diclant: u Peut-être que celte ,rAce
est dans la moralité €le ma vie, dans laquelle je suis et je reste
comme auparavant, et par conséquent Slliote en moi, mais profane
en ceUI qui n'ollt pas obtenu celle roi; afin donc que la sainteté
reste dans ma moralité, je me sarder:ai bien par la suite d'opérer
de moi-même la foi et la cbarité, etc. » Quiconque pense à la Rt!-
génération sans le Libre Arbitre dans les cboses spirituelles de-
vient un semblable fantôme, ou, si on le préfère, une semblable
statue de sel.
6t'7. L'homme qui croit que la Régénération peul exister saDS
aucun libre arbitre dans les spirituels, aillsi sans coopération, de-
vient, quant à lous les vrais de l'Eslise. f,'oid comme un caillou, el
s'il s'écbauffe, il est comme dans \In foyer le tison qui brûle )lar leK
LA VRAIE
matières combustibles qu'il contient, car il brille de convoitises. n
est, par comparaison, comme un palais qni s'enfonce dans la terre'
jusqu'au toit, et est inondé d'eaux bourbeuses, et après cela il ha-'
bite, lui, sur le toit nu, et s'y construit ulle tente avec des roseaux
de marécage, eL enfin le toit s'enfonce aussi, et lui-même est sub-
mergé. Il est encore semblable à un navire, où il y a des marëhan-
dises l)récieuses de toùte espèce, tirées de la Parole comme d'une
tréllorerie, qui sont ou rongées par les rats et par les miles, ou
jetées à la mer par les matelots, et ainsi les marchands sont pri-
vés de leurs biens. Les érudits, ou ceux qui sont riches des m~
tères de celle Coi, sont semblables à des marchands ambulants
qni, dans les auberges vendent des statues d'idoles, des fruits et
des Oeurs en cire, des coquillages, des vipères dans des bocaux,
et d'autres objets semblablea. Ceux qui na veulent pas regarder
en haut par une puissance spirituelle quelconque, appliquée à
l'homme et donnée par le Seigneur, sont en actualité comme les
bêtes qui resardent de la téte en bas, et cherchent seulement
des pâturases dans les forêts; et s'ils viennelit dans les jar4ins, ils
sont comme les, vers qui dévorent les Ceuilles des arbres; ct s'ils
voient des yeux les fruits, et pillS encore s'ils les touchenL des
mains, ils les remplissent de ,'ers: et enfill ils deviennent comme
des serpents à écailles, leurs illusions sonnent et brillent comme
les écailles de ces serpents; et ainsi du reste.

Ln Régénération n'est pas possihle sans les vrai~, par lesquels


est formée la Foi, et avec lesquels se conjoint la Charitê.

6i8. L'homme est régénéré par ces trois, Il savoir, le Seigneur,


la Foi et la Charité, ces nois seraient cachés comme les choses du
plus haut prix enfouies en terre, si les Divins Vrais de la Parole
ne les !DeLtaient pas en évidence; il Ya plus, ils restent caches
J'our ceUl qui nient la coopération, lors même qu'Jls liraient la
Parole des ceDlaines ou des milliers de fois, quoique ces trois y
soient dans lino lumière claire. Quant • ce qui concerne le Sei-
;neur, quel est l'homme, conlirmé dans la foi 'd'aujourd'hui, qui y
,'oit à œil ouvert que Lui eL le Père sont un. qu'il est Lui-Même
RELIGlON CHRÉTIENNE. HU
le Dieu du Ciel et de la Terre, et que la volonté du Pèrr r!lf '111'00
croie au Fils, outre d'innombrables vérités semblables sur le Sei-
gneur dans l'un et l'autre' Teslament! cela vient de ce que de tels
hommes ne 80nt pas dans les vrais, ni par conséquent dans la lu-
lDière d'après laquello les vérités de ce genre peuvent être vues; et
si la lumière était donnée, les faux néanmoins l'éteindraient. et
alors ils passeraient sur ces vérités comme sur des phrases couvPorles
de ratures, ou cOlDlDe on passe sur des conduits soulerrains sans
s'apercevoir qu'on marche dessus: ceci a été dit, afin qu'on !lache
que sans les vrais -ce point principal de la réiénération n'est pas
vu. Quant à ce qui concerne la Foi. elle ne peut pas non plus exis:-
ter sans les vrais, car la Foi et le \"rai font une seule chose; en ef-
fel, le bien de la foi est comme l'âme, el les vrais en fon't le corps;
c'est pourquoi dire qu'oll croit ou qu'on a la foi, et ne connaitre
aucun vrai de la foi, c'est comme extraire l'Ame du corps, el par-
Ier avec celle Ame, qu'on ne voil pas; de plus, tous les vrais qui
font le corps de la foi émeLlent d'eux-mêmes la lumière, éclairent
et prédenLent sa face à la vue. Il en est de même de la Charité, elle
émet d'elle-même la chaleur, avec laquelle la lumière du vrai se
conjoint, ainsi que fait la chaleur avec la lumière dans la saison
du printemps dans le Monde; par la conjonction de celle-ci les
animaux et les yégélaux de la terre reviennent dans leurs proli6-
ques: il en est de m~me de la Chaleur el de la Lumière spirituelles,
elles se conjoignent pareillement dans l'homme, lorsque celui-ci
est dans les vrais de la roi et en même temps dans les biens de la
charité; car, ainsi qu'il a été dit dans le Chapitre sur la Foi, de
chacun des vrais de la foi effiue IIne lumière qui illustre, el de cha-
oun des hiens de la charité effluo une chale,ur qui embrase; puis, la
Lumière spirituelle dans son essellce est l'Intellisence, el la Cha-
leurspirituelle dans son essenoo est l'Amour, elle Seigneur sculles
conjoint tdotes deux chez l'homme, quand il le régénère; en effet,
le Seii;oeur a dit: • Les parales que Moi je pron071ce sont esp"it
et 80nt vit. » - Jean, VI. 63. - Il Croyez en la Lumière afin
q"e fils de lumière vous soyes; Moi, Lumière, dans le Monde
je suis venu . • - Jean, XII. 36, 46. - I.e Seigneur e~t 10 Soleil
dans le lIonde spirituel i d~ ce Soleil l,rocèdenl toute IU1l1iè."0 oL
toule chaleur spirituelle; eL celle lumière éclaire et celte chall,llli'
US2 LA VRAIE
embrase, et la conjonction de l'une et de l'autre vivifie et régénère
l'homme.
It9. D'après ce qui précède, on p'eut voir que sans les 'rais il
n'y a pas de connaissance du Seigneur; et aussi, que sans les vrais
il n'y a point de Foi, et ainsi 'Point de Charité, que par conséquent
sans les vrais il n'y a au~une Théologie; et, où il n'y a pas de théo>-
logie, il n'y a pas non plus d'Église: telle est aujourd'hui l'Assem-
blée des peuples qui se nomment chrétiens, et se disent dans la
lumière de l'Évangile, quand cependant ils sont dans l'obscurité
même i car les vrais y sont autant cachés sous les faux, que l'o!!,
l'argent et les pierres précieuses ensevelies parmi les os dans la
vallée de Hinnom : qu'il en soit ainsi, c'est ce que j'ai vu claire-
ment dans le Monde spirituel par les sphères qui erouent du Chris-
tianisme d'aujourd'hui et se propagent. La première sphère con-
cerne le Seigneur, c'est de la Plage méridionale, où sont les savants
d'enLre le clergé el leb érudits d'entre les laïques, qu'elle s'exhale
et se répand; elle va de louf côté, s'insinue dans les idées, eL chez
plusieurs elle Ole la croyance ~ la Divinité de l'Humain du Seigneur,
chez plusieurs elle l'affaiblit, et che~ plusieurs elle en faiL une fo-
lie; et CClla, parce qu'elle introduit en même temIls la croyance l
trois Dieux, et qu'ainsi loul est confondu. La seconde sphère, qui
concerne la foi, est comme dans la saison de l'hiver un nuage noir
qui répand les ténèbres, change les pluies en neiges, dépouille les
arbres, gèle les eaux, et enlève toute pâture aux brebis; cette
sphère conjointe Ala pr4)mière introduit une sorte de léthargie au
sujet de Dieu un, de la régénération et des moyens de salut. La
troisième sphère, qui concerne la conjonction de la foi et de la
charité, esL si forte qu'on ne peut y résisler, mais aujourd'hui elle
eSI abominable, eL comme une peste elle infecte quiconque l'aspire,
el brise tout lien entre ces deux moyens de salut établis dès la créa-
tioll du }(onde, et renouvelés l'ar le Seigneur; celle sphère' envahit
aussi les hommes dans le l'Tonde naLurel, et éteint les torches con-
jusales entre les vrais et les biens; rai senti cette sphère, et alors
comme je pensais l la Con jonc lion de la fo.i et de la charité, elle
s'est inLerposée entre elles, et s'est violemment efforcée de les sé-
parer: les Anges se plaignent de ces spllères, et prient le Seigneur
de les dissiper i mais ils onL reçu pour réponse qu'elles ne peuvent
RELIGION CBIŒTIENNE. usa
être dissipées tant que le Dragon est sur la terre, puisqu'elles pro-
cèdent des Espri ts du dragon, car il est dit du Dragon, qu'il fut jeté
sur la terre. et alors il est ajouté: u A cause de cela, réjouissez-
"ow, Ciel/tE; et malheur à cew; gui ha6ilent la terre 1» - Apoc.
XII. t 2. - Ces trois sphères sont comme des atmosphères poussées
par une tempête, elles ont pour origine les sou mes des Dragons;
et, comme elles sont spirituellt!s, elles envahissent les mentais el
Jes assujettisent. Les sphères des vérités spirituelles J sont en-
core en pelit nombre, seulement dans le Nouveau Ciel. et sons le
Ciel chez ceux qui onL été séparés d'avec les Esprits du Dragon:
voil~ pourquoi ces Vérités aujourd'hui dans le Honde chez les
hommes ne sont pas plus visibles, que ne le sont des Vaisseaux
dans la mer Orientale pour des Pilote:; et des Matelots qui navi-
guent sur la mer Occidentale.
6!0. Que la Régénération ne soit pas possible sans les vrais par
lesquels est formée la foi, c'est ce qui peut être illustré par ces
comparaisons; elle n'existe pas plus que le Mental ,humain n'existe
sans l'entendement, car l'entendement est Cormé par les vrais, et
par conséquent enseigne ce qu'il faut croire, et ce qn'il faut faire,
et aussi ce que c'est que la Régénération, et comment elle se fait.
La Régénération sans le:;· vrais n'est pas plus possible, que la vivi-
fication des animaux et la végétation des arbres sans la lumière
du soleil; car si le soleil ne donnait pas la lumière en même temps
qu'il donne la chaleur, il d~viendrait, ainsi qu'il est décrit dans
l'Apocalypse, comme un sac de poil, - VI. t 2, - et noirci, - Joël,
In. .l, - et ainsi il J aurait d'épaisses ténèbres sur la terre - JoCl,
IV, US; - il en' serait de même de l'homme sans les vrais qui émet-
tent d'eul-mêmes la lumière; car le Soleil, d'où proOuent les lu-
mières des vérités, est (e Seigneur dans le Monde spirituel; si la
lumière spirituelle n'influait pas de là dans les mentais hamains,
l't,lise serait dans d'épaisses ténèbres, ou dans l'ombre produite
par une perpétuelle éclipse. Une Régénération, qui se ferait par la
foi et la charité sans les vrais qui enseignenL et conduisent, serait
comme une nRvigation sur le grand océan sans gouvernail, ou sans
boussole ct sans cartes; et comme une cavalcade dans une forêt
épaisse au milieu de la nuil. La vue irlwrne du mental chez ceux
qui sont non dans les vrais mais dans. les hm, et qui croient que
LA. VRAI~
ces faul sont deR vrai~. peut être comparee l la vue de ".eeul cbez
qui les nerfs optiques ont été obstrués. et dont l"œil ptrall néan-
moins sain et voyant. quoiqu'il ne voie rien. cécité que les Méd!,:,
cins appeiIent Amaurose et GOoutte sereine; car cbez eux le ration-
nelon l'intellectuel est obstrué par cn baut. et seulement ouverl
par en bas, d'où il suit que la lumière rationnelle est comme la
lumière oculaire, el par suite tous I~s jugements sont seulemen.l
imaginaires et liés ensemble par de pures illusions: et alors les
hommes seraient comme des Astrologues qui se liennent dans les
places publiques avec de longues lunettes, et font de vaines pré-
dictions; tels deviendraient lOUS ceux qui fonl leur ~tude de la
Tbéoloiie. si les Vrais réels procédant de la Parole n'étaient pu
onverts par le Seigneur,
. ..
... ...
6tt. An explications de ce Cbapitre seront joints ces !ftIlO-
RABLES: PJlEIlIER MtMORABLE. Je vis une Assemblée d'.Esprils,
tous l genoux, priant Dieu de leur envoyer des Anges. avec qui
ils pussent parler boucbe l boucbe, et oUJ.rir les pensées de leur
cœur; et, quand ils se relevèrent, lrois Aoges ,'étus de 6n lin fu-
rent vus debout en leur présence, el direnl : • Le Seiiueur J~us­
Christ a entendu 'os prières, el nous a en conséquence envoyés
,'ers vous i décourrez-nolls les pensées de votre cœur, Il Et ils ré-
pondirent: « Les Prêtres nous ont dit que, dans les matières Th60-
lo,iques, c'est la foi qui a de la force.. et non l'Entendement. et
que la Foi intellectuelle dans ces matières n'est d'aucun lvantage,
parce qu'elle vient et tire sa sagesse de l'homme et non de Dieu •.
Nous sommes Anglais, el nous avons appris de notre Saint Minis-
tère plusieurs cboses que nous avons crues, mais quand oo.u, avops
conversé avec d'autres qui .e disaien~ ~ussi Réformés, et avec d'au-
tres qui se disaient Calholique.c;..Romaios, el en outre avec des sec-
taires. ils nous paraissaient tous savant~, qUQique cepeudan' en
beaucoup de choses ils ne s'arcordassent pas; et néanmoins tous
nous dirent: CROYEZ-KOUS i et quelque.c;-uns: Nous SOIiIiES LIS
MINISTRES DE Du:u, IT NOUS POSSEDONS LA. SCIENCE, Mais comme
nous savons que les D!vines Vérités, qui sonl appelées vérités de
la foi et qui appartiennent à l'E~lise, ne sonl chez aucune personne
d'après le sol natal, ni d'après l'héréditaire, mais vienppnl de Dieu
RELIGION CHRÉTIENNE. I!SS
par le Ciel; et comme ces v~rité5 montrent le chemin qui conduit
l

lU ciel, et entrent dans la vie avec le bien de la charité.. et ains


conduisent à la vie éternelle.. nous sommes devenus inquiets, et
DOUS avons adressé il ~eIlOUI des prièl'es à Dieu, " Alors les Anges
répondirent cc Lisez la Parole, et croyez au Seigneur, et vous ver-
rez les Vérités qni devront apparlenir à voire foi ell votre vie;
lous da os le Monde Chretien puisent leurs Doctrinaux dans la Pa-
role comme dans la source unique, • l'lais deux Esprits de l'As-
sembléll dirent: • Nous avons lu, et n01l1 n'avons pas compris, • El
les Anges répondirent: • Vous ne vous êtes point adressésau Sei-
gneur.. qui. est la Parole; et en ontre, auparavant, vous vous étiez
confirmés dans des fauI.. Et los Anges ajoutèrent:. Qu'est-ce
que la foi sans la lumière T et qu'est-ce que penser sans con:.pren-
dre TCela n'est pas Humain; les corbeaux et les pies peuvent aussi
aIJprendre :\ parler sans l'entendement; nous pouvons vous. assu-
rer que Lout homme, dont l'âme désire, l'eut voir les vérités de la
Parole dan!! la lumière; il n'y a pas d'animal qui ne cODnaisse la
nouriture qui convient il sa vie, quand il la voit; el l'homme est
un Animal rationnel et spirituel, il voit la nourriture qui convient
i sa vie, nOD pas du corps, comme le simple animal, mais de l'ame,
nourriture qui est le vrai de la foi, s'il en est affamé el qu'il la de-
mande au Soigneur; en outre, tout ce qui n'est pas reçu par l'en-
tendement ne s'attache pas lIa mémoire quant l la chose, il s'y
attache seulement quant aux mots; c'est pourquoi, quand du ciel
nous avons porté nos regards sur le Monde, nous n'avons rien vu,
mais seulement nous avens. entendu des sons, la plupart discor-
danLs: mais nous allons exposer certaines choses, que les &avanls
du Clergé ont éloigltées de l'entendement, ne sachant pas qu'il y
a deux chemins qui conduisent :\ l'Entendement, l'un venant du
Monde, ct l'autre du Ciel, et que le Seigneur relire hors du Mond.
l'Enlendement quand il l'éclaire ; mais si l'Entendement est fermé
d'après la Religion, le chemin qui vient du Ciel lui est fermé, et
alors dans la Parole l'homme ne ,'oit pas plus qu'un aveugle; nous
I\'ons VII plusieurs de ccux-Ià tomber dans des fosses dont ils ne
solit (loint sortis, Soient des Exemples pour iIIuslra/ion: Ne [lou-
vez-vous Il as comprendre ce que c'est que la Charité, et ce que
c'rst que la Foi; que la Charité est de bien agir avec le prochain,
aq

156 LA. VRAIE


eL la foi de penser sainement de Dieu et des choses essentielles de
l'Église, et que par conséquent celui qui agit bieu et pense saine-
ment, c'est-A-dire, qui viL bien et croit sainement, est sauvé f III A
cela ils dirent: • Nous le comprenons •• Les Anses ajoutèrent:
• Ne pouvez-vous pas comprendre qu'il faut que l'homme fasse
Pénitence de ses péch~s pour qu'il soit sauvé.; que si l'homme ne
faU pas pénitence, il resie dans les péchés dans lesquels il est né i
et que faire pénuence, c'est ne point vouloir les Dlaux parce qu'ils
sont contre Dieu. et une fois ou deux par an s'examiner, voir ses
maux, les confesser devant le Seis"eur, implorer du seconrs, re-
noncer aux péchés, et commencer une nouvelle vie, et qu'autant
il fait cela et croit au Seigneur, autl4nt les péchés lui sont remis f •
Alors ceux de l'Assemblée dirent: • NOliS comprenons cela, et par
conséquent nous coml,renons aussi ce que o'est que hl Rémission
des péchés .• Et alors ils prièrent les Anges de les instruire en-
core davantage, et même eu ce moment sur Dieu, sur l'immorla-
lité de l'lme, sur la Régénération et sur le Bapt~me;. celle de-
mande les Anges répolldirent: fi: ·Nous ne dirons aucune chose
que vons ne puissiez comprendre, autrement nos paroles lombe-
raient comme la pluie sur le sable et sur les semences qui y sonl,
lesquelles, quoiqu'arrosées par les eaux du ciel, dépérissent et
meurenl .• Et ils dirent. l'égard de Dieu: • Tous ceux qui vivent
dans le Ciel y obtiennent une place, et par suite une joie éternelle
selon l'i.tée qu'ils ont de Dieu, parce que celte idée règne univer-
sellement dans toules les choses du Culle; l'idée de Dieu comme
Esprit, quand on croit que l'esprit est comme l'éther ou le vent,
est une idée vaine; mais l'idl§e de Dieu comme Homme est une
idée juste; car Dieu est le Divin Amour et III Divine Sasesse avec
toute leur qualité, et leur Sujet est l'Homme, et non l'éther 011 le
vent; l'idée de Dieu dans le Ciel est l'idée du Seigneur Sauveur;
Lui-Xême est le Dieu du Ciel et de la Terre, comme il l'a ensei-
gné ; que votre idée de Dieu. soit semblable à la nôtre, et nous se-
rons consociés .• Pendant qu'ils prononçaient ces paroles. leurs
faces resplendissaient. Sur l'bIIlOIlTALI'1~ DE L'AME ils dirent:
fi: L'homme viL éternellement. parce qu'il peut être conjoint il Dieu

par l'amour et par la foi; chacun le peut; que celle Possibilité fasse
l'immorlalilé de l'âme. vons pouvez le comprendre pour pe" que
RELIGION CBR~TIENNE. US7
vous '1 pensiez profondément • Sur la RtGÉlItSATION ils direnl:
• Qui ne voit que cbaque homme a la liberté de penser à Dieu,
eL de n'y pas penser, pourvu qu'il soit instruit qu'il '1 a un Dieu,
qu'ainsi cbacqn a la liberté dans 189 cboS85 spirituelles de même
que dans les choses civiles el naturelles P Le Seisneur donntl con-
tinuellemeut cette liberté ~ tous les bommes; aussi l'homme de-
vient-il coupable, s'ii n'y pense pas i l'bomme est bomme parce
qu'il peul penser l Dieu, et la bête est bête p~rce qu'elle ne le
peut pas; o'est pour cela que l'bomlne se peut réformer et régéné-
rer comme par lui-même, pourvu qu'il reconnaisse de cœur que
c'est par le Seignenr i tout hOR!me qui rail pénitence el croit au
Seisneur est réformé et réiénéré; l'homme doit Caire J'un et l'au-
tre comme par lui-même, mais COIIMB PAR LUI-RtME, c'est par le
Seisneur. Il est vrai que l'homme de lui-même ne peut nullement
y contribuer, pas même en la moindre chose; cependant vous n'a-
vez pas été créés statues, mais vous avez été créés Hommes, pour
faire cela par le Seigneur comlne par vous; c'esl là l'uuique récit
proque de l'amoJlr el da la foi que le Seigneur veut absolument
que l'homme accomplisse envers Lui; en un mot, faites par vous-
mêmes, et croyez que c'est.par le Seisneur, de celle manière vous
faites comme par vous-mêmes.» Mais alors ils demandèrent si
faire comme par soi-même a été mis dans l'homme par création;
l'Ange répondit: • Cela n'y a point été mis, car faire par sol-m~me
appartienlll Dieu Seul, mais cela est donné continuellement, c'est-
à-dire, est adjoint conlinuellement ; et alors en tant que l:homme
faille bien et croille vrai comme par lui-même, il est 'ID Anse du
ciel i mais en tant qu'il Caille mal et par suite crolL le faux, ce qui
aussi est comme par lui-même, il est un Esprit de l'enfer; qua ce
soit aussi comme par lui-même. vous en êtes étonnés, mais néan-
moins vous le voyez, quand en prianl vous demandez Il être préser-
vés. du diable, de peur qu'il ne vous séduise, qu'il n'entre en vous
comme dans Judas, qu'il ne vous remplisse de toute iniquité, et
qu'il ne détruise et votre Ame et votre corps: mais quicollque croit
qu'il agit par soi-même, soit qu'il fasse le bien soit qu'il fasse le
mal, devient coupable, tandis que celui qui croit qu'il agit comme
par soi-même ne devient pas coupable i car si celui-là croit que le
bien vient delui, il s'arroge ce qui appartient à· Dieu i el s'il croil
• l
US8 LA. YRAIR
que le mal vient de lui, il s'attribue ce qui appartient au diable .•
Sur l~ BAPTillE, ils dirent: • C'est une Ablution spirituelle, qui
est la Réformation et la Régénération, et l'Enfant est réformé et
régénéré quand, devenu adulte, il rail ce que ses Par.rains ont llro-
mis pour lui, à savoir, ces deux. cboses, la Pénitellce et la Foi en
Dieu J car ils promettent: t· qu'il renoncera au diable et à tou~s
ses œuvres; 2° qu'il croira en Dieu; tous les Enfants dans le Ciel
sont initiés dans ces d~ul choses, mais pour eUI le diable est l'en-
fer, et Dieu est le Seigneur: de 1\lus, le Baptêmc est un siine de-
vant les Anges que l'homme est de l'EBlise. JI Après avoir entendu
ces explications, ceUI de l'AssenllJlée dil'ent: Il Nous comprenons
'cela •• lIais alors une voix rut entendue sur le, cOté, criant: • Nous
ne comprenons l'as. • Et une autre VOil: • Nous ne voulons pas
comprendre .• EL l'on rechercha de qui étaient cc~ VOil; et l'on
décou\'riL qu'ellcs \'enaient de ceux qui avaienl confirmé cbez eux
les faux de la foi, et avaient voulu qu'on Jes crdt comme des ora-
cles, ct qu'ainsi on les adorât. Les All~e!i dirent: Il Ne vous en éton-
nez point; il Yen a beaucoup aujourd'hui qui laur ressemblent;
du Ciel ils nous apvarau;.o;ent comme des sLatues faiLes avec un tel
art, qu'elles peuvent remuel' les lèvres, et produire des sons comme
de véritables orBlnes, et ils ne savent pas si le soume d'après le-
quel ils produisent les sons vient de l'Enfer, ou s'il vient du Ciel,
parce qu'ils ne savellt pas si c'est le faux ou si c'est le vrai; ils rai-
sonnent et raisonnellt, puis ils confirment et confirment, et ils ne
voient jamais si la chose est ou n'est pas; mais sachez que le Gé-
nie bumain peut confirmer tout ce qu'il veut, au point de le Caire
paraUre comme s'il elistait réellement; c'est pourquoi les béréti-
ques le peuvent. les impies le peuvent et même les ath~es peu\'ent
confirmer qu'il n'y a point de Dieu, et qu'il n'ya que la Nature.•
Ensuite ceLte Assemblée d'Anglais. bralant du désir d'être sage,
dit aux Anses: Il On parle de la SA1ICTE-CiNE de tant de manières
différentes, dites-nous la \'érité sur çe sujet. Les Anses répon-
dirent: • La Vérité est que l'homme qui porte ses regards vers le
Seigneur, et qui fait pénitence, est par celte chose très-sainte con-
ioint au Sei~neur et introduit dans le Ciel. • liais ceUI de l'Assem_
blée dirent: «Ceci est un mY!ltère .• Et les Anges répondirent:
• C'est un myllLère, mais il est tel cependant. qu'il peut être com-
RELIGION CHRÉTIENNE. tS9
pris; le Pain et le Vin ne font point ce mystère, il n'y a rien de
'saint en eux i mais le'Pain matériel et le Pain spirituel se corres-
pondent'mutuellement, et aussi le Vin matériel et le Vin spirituel;
et le Pain spirituel est le Saint de l'amour, et le Vin spiritual esl
le Saint de la foi, procédant l'un et l'autre du Seigneur, et étant
l'un et l'autre le Seigneur; de l~ la conjonction du Seigneur avec
l'homme, et de l'homme avec le Seigneur, non avec le pain elle
\'Ï'n, mais avec l'amour 'et la foi de l'homme qui a- rait pénitence;'
et la conjonction avec le Seigneur est aussi l'introduction dans le
Ciel •• Et après que les Anges leur eurent donnr quelques ius-
1ructions sur la Correspondance, ceUi de l'Assemblée direnl:
• Maibtenant I)our la première rois nous pouvons aussi comprendre
cela .• Et comme ils prononçaient ces paroles, voici, une ftamme
descendant du ciel avec une grande lumière les consocia avec les
Anges, et ils s'aimèrent mutuellement.
6!2. SECOND Mt_ORABLE, Tous ceUI qui ont élé préparés pour
le Ciel, ce qui se rait dans le Monde des esprits, situé dans le mi-
lieu entre le Ciel el l'Enfer, désirenl avec soupir le, Ciel, aprè.'l.que
le temps 'est achevé, et incontinent leurs yeux sont ouverts, el
ils voient un chemin qui conduit ~ quelque société dans le Ciel;
ils entrent dans ce chelllin, et ils monten't; et dans la montée il '1
1 une porte, l laquelle est placé un garde; ce garde ouvre la porte,
et ils entrent; alors au-devant d'eux \'ient un Examinateur q",i
leur dit, de la part du Modérateur, d'entrer plus avant, et de cher-
cher s'il y a quelque part des l'tl aisons qu'ils reconnaissent comme
étant l eux, car pour chaque Ange novice il y a une maison nou-
velle; et s'ils en trouvent, ils le déclarent et i1t1 y demeurent; mais
s'ils n'en trouvent pas, ils reviennent et disent qll'ils n'en ont pas
.u j et alors il est examiné par un Sage si la Lumière qui esl en
eu'x concorde avec la Lumière qui est dans la société, et principa-
lements'i1 y a concordance de Chaleur; car la Lumière du Ciel
dans son essence est le Divin Vrai, et la Chaleur du Ciel dans son
essence est le Divin Bien, l'un et l'aulre procédant du Seigneur
comme Soleil dans le ,Ciel; s'il ya en eux UDe autre Lumière et
UDe autre Chaleur que la Lumière el la Chaleur de ceUe Société,
c'esl-l-dire, s'il y a lin autre Vrai et un aulre Bien, ils ne sont pas
reçus i en conséquence ils se retirent, et vont par des chemins
1 -
t60 LA VRAIE
ouverts dans le Ciel entre les Sociélés ; et cela, jusqu'à ce qu'ils
trou\'ent une Société absolumenL conforme à leurs affections, et
ils y font leur habitation pour l'éterniLé i car ils sont là au milieu
des leurs comme au milieu d'alliés et d'amis qu'ils aiment de tout
cœur, parce qu'i1s'sont dans IIne semblab]e affection; et li ils sont
dans ]e bonheur de leur vie, et dans le délice de toute leur poitrine
par la paix de l'Ame, car il y a dans la Chaleur et la Lumière du
. Ciel un délice ineffable qui est communiqué; voilà ce qui arrive à
ceux qui deviennent Anges. Quant à ceux qui sont dans les lDaUI
et dans les faux, ils peQ\'enl par permission monter dans le Ciel i
mais dès qu'ils entrent, ils commencent à baleter et à respirer pé-
niblement, et peu après leur vue s'obscurcit, leur entendement
se trouble, leur pensée cesse, une sorte de mort se présente à leurs
yeux, et ainsi ils restent ·debout comme des souclles i et alors
le cœur commence i l.mllre, la poitrine à se serrer, el le mental à
êlre saisi (l'angoisse et de plus en plus torturé, et dans cet état ils
se lordenl comme des serl,cnls nlis près tl'un foyer, aussi s'éloi-
guent-i1s de là en se roulant, et s'élancent-ils en bas par un préci-
pice qui alors devient visible Ilour eux; et ils ne se reposent que
lorsqu'ils sont avec leurs semblables dans l'Enfer, où ils peuvent
respirer, et où leur cœur bat librement. Ensuite ils Ollt cn baine le
Ciel et rejeLlentle \'fai, ot dans leur cœur ils blasphèment le Sei-
gneur, croya,it que leurs tourments et leurs tortures dans le Ciel
venaient de Lui. Par ce court exposé, on peut voir quel est le sort
de ceux qui ne font aucun cas des Vérités appartenant Il la foi,
quoiqu'elles fassent la lumièrll d;lIIs laquelle s~nt les Anses du
ciel, et qui ne font aucun cas des .Biens appartenan l à l'Amour et
, lia Charité, quoique ce." biens fassent la chaleur de la vie dans
laquelle sont les Anges du Ci cl : 011 peut encore voir par là dans
quelle erreur sont ceUI qui croient que cbacun peut jouir de la
béatitude céleste, pourvu qu'il soit admis dans le Ciel; car la foi
aujourd'hui, c'est qu'on est reçu dans le ciel d'après la Miséri-
corde seule, et que la réception dans le ciel esl comme celle d'un
homme qui, dans le Monde, esl invité dans une l'faison de Noces,
et s'y livre alors à la joie et à l'allésresse a\'ec les con\'jves i mais
qu'on sache que dans le Monde spirituel il y a communication
des affections de l'amour et des pensées qui en provienllent, car
RELIGION CHRÉTIENNE. tSt.
l'Homme alors est uo Esprit.. eL la Vie de l'Esprit esL l'affection
de l'amour el par suite la pensée; el que l'affection homog~ne
conjoint. et l'aft'ection hétéroB~ne &t'pare. et que ce qui est bétéro-
,ène cause des tourmenL.;, au diable dans le Ciel, et à l'anBe dans
l'Enfer; c'est pour cela qu'ils on 1 été soigneusement séparés selon
les diversités, les variétés et les dift'érence& des affections qui ap-
partiennent à l'amour.
6!3, TROISIÈME MËMORADLE. Un jour, il me fut donné de voir
irois cents Ecclésiastiques et Laïques. tous savants et érudits,
parce qu'ils avaieut su confirmer la Foi seule jusqu'à la juslifica-
tion, et quelque~-uns avaient même élé au-d"là; eL comme chez
eUI il y aYaitla foi, que le Ciel est seulement une admission par
,race, il leur fut accordé de monter dans une Société du Ciel. qui
cependant o'était pas une des sociétés supérieures: et pendant
qu'ils montaient. ils étaient \'us de loin comme des VeaUI ; el quand
ils entrèrent dans le Ciel, il!! furent reçus avec ci\'ilité j,ar les Anges.
mais t:mdis qu'ils conversaient, uo tremblement s'empara d'eux,
puis un frisson, et enfin une torture comme celle de la mort, et
alors ils s'élancèrent précipitamment en bas, et dans leur chute
ils furent vus comme des Chevaux llIorts. Si en monlant ils al'pa-
rurent comme des Veaux, c'est parce que l'affection naturelle de
voir et de savoir se manifestant avec joie apparatl d'après la cor-
respondance comme un Veau; el si dans leur chule ils apparurent
comme des Chevaux morts, c'est parce que l'Entendement du vrai
apparah d'après la"correspondance comme un Cheval, et que l'En-
tendement nul du vrai qui appartient à l'Eglise apparalt comme
un Cheval morL.
Au-dessous d'eux il y avaiL des enfanls qui les virt'nt descendre,
et auxquels ils apparurent, en descendant. comme des Chll'"aux
R.orts; et alors ces enfants détournèrent leurs faces, ct ils
dirent à lour Mallre qui était a\"ec eux: cc Qu'est-ce que ce pro-
dige r Nous avons yu des hommes, et JlJaintenant au lieu d'hommes
ce sont des Chevaux morlS ; comme IIOUS ne pouvions pas les re-
sarder. nous avons détourné nos faces; l'aUre, ne restons pas
dans ce lieu. mais allons nous-en.» El ils s'en allèrent. Et alol's
le MatLre. dans le chemin. les instruisit de ce que c'est qu'un Che-
val mort, en lenr disant: « Le Cheval si~nifie l'Entendement.du
n Il
16t LA VRAIE
vrai d'après la Parole i tous les Chevaul que vous avez VUI ODt si-
Inifié cet entendement i en effet, quand l'homme va méditant d'a-
}lrlM; la Parole, sa Méditation apparall de "loin comme un Cheval
vigoureul et vivant selon qu'il médite spirituellement, et au COD-
traire chétif et mort selon qu'il médite matériellement, » Alors les
enfants demandèrent ce que c'était qlle méditer spirituellemen&
et méditer matériellement d'après la J'arole; et le MaItre répon-
dit: ft Je vals illustrer cela par des es.cmples: Qui est-ce qui, pen-
dant qu'il lit saintement la Parole, ne pense pas intérieurement
en soi à Dieu, au Prochain et au Ciel! Quiconque pense Dieu *
seulement d'après la Personne, et non d'après l'E&Sence, pense
matériellement; celui qui pense au Prochain seulement d'après la
forme externe, et non d'après la qllalité, pense matériellelDtlnt;
et celui qui pense au Ciel seulement d'après le lieu, et non d'après
l'imour et la sasesse qui fout que le Ciel est le Ciel, pense eneore
matériellement, • Mais les enCanis dirent: • Nous, nous aVODI
pensé à Dieu d'après la Personne, au Prochain d'après la Forme,
en ce qu'il est homme, et ail ciel d'après le Lieu, en "ce qu'il es'
au-dessus de nous, est-ce que pour cela, quand nOlis avons lu la
Parole, nous avons alors apparu l quelqu'un comme des chtlvaul
morts f" Le maltre leur nit: • Non ; ~ous êtes encore des enfanta,
et vous ne pouyez pas penser autrement; mais j'ai perçu chez vous
l'affection de savoir et de comprendre, et celle affection étant spi-
rituelle, vous avez aussi pens6 spirituellement, car il y a une pen-
sée spirituelle intérieurement cachée dans votre pensée matérielle,
ce que vous ne savez pas encore, Mais je reviens à ce que précé-
demment je disais, que celui qui pense matériellement, pendant
qu'il lit la Parole, ou qu'il médite d'après la Parole, apparaU de
loin comme un Cheval mort, tandis que celui qui pense spirituel-
lement apparatt comme un Cheval vivant i et que celui qui pense
à Dieu seulement d'après la Personne, et non d'après l'essence.
y pense matériellement i car il y a plusieurs Attributs de la Divine
Essence, comme la Tou Le-Puissance, la Toule-Science, la Toule-
Présence, l'Éteruité, \' Amour, la Sagesso, la Miséricorde et la'
Gl'Ace, et d'autres i et il y a des ALtributs procédallt de la Divine
Essence, qui sont la Création et la Conservation, la Rédemption
et la Salvation, l'Illustration et l'Inslruction, Quiconque pense à
""
r RELIGION CHBETIENNE. 163
Dieu d'après la Personne. fait trois Dieu~. en disant, qu'il y a un
Dieu qui est Créateur et Conservateur. un autre qui est Rédemp-
teur et Sauveur, el un Troislèm~ qui est Illustrateur et Instruc-
teur; mais quiconque pense. Dieu d'après l'essence, fait un Seul
Dieu. en disant: Dieu nous a créés. et ce même Dieu nous a ra-
~hetés et nous sau\"e. et lui aussi nous illustre et nous instruit;
fie Il vient que ceUI qui pensent l la Trinité de Dieu d'après la
Personne, et ainsi matériellement, ne peuvent d'aprè.o; les idées
-de Jeur pensée, qui est matérielle. que faire d'un Seul Dieu Trois
Dieux, mais néanmoins ils sont tenus, contre leur pensée. de dire
qu'il y a Union de ces Trois Dieux par l'Essence. parce qu'ils ont,
comme. tra\'ers un treillis, pensé aussi l Dieu d'après l'essence;
c'e.'1t pourquoi, mes Elèves, pensez d'après l'Essence, et d'après
elle a la Personne, car penser d'après la Personne·1 l'Essence,
C'8.lIt peuser matéritlllement aussi à l'Essence, tandis que penser
d'après l'Essence à la Personne, c'est peuser spirituellement aussi
lia Personne: les Gentils Anciens, parce qU'ilR ont pensé maté-
riellement l Dieu, et par conséquent aussi aUlL AUributR de Dieu,
ont fait non-seulement trois Dieux, mais une multitude de Dieux
jusqu'. plus de cent. car de chaque Attribut ils faisaient un Dieu:
sachez que le matél'iel n'entre pas dans le spirituel, mais que le
spirituel entre dans le matériel. Il en est de même ~e la pensée sur
le Prochain d'après sa forme externe, et non d'après sa qualité·;
et de même aussi de la pensée sur le Ciel d'après le lieu, et non
d'après l'Amour et la Sagesse qui constituent le Ciel. Il en est de
même de toutes et de chacune des choses qui sont dans la Parole i
c'est pourquoi celui qui conse"e une idée matérielle sur Dieu, et
aussi sur le Prochain et sur le Ciel, ne peut rien comprendre dans
la Parole, elle est pour lui une leUre morte; et lui-même, quand
il la lit, ou qu'il médite d'après elle, apparatt de loin comme un
ClIeval mort: ceux que vous avez VilS descendre du ciel. et qui
sont devenus devant vos yeui comme des Chevaux morts. étaient
des hommes qui ont bouché chez eux et chez les aulres la vue ra-
. tionnelle, quant aux choses Théologiques ou spirituelles de l'É-
Blise, par ce dogme particulier, que l'Entendement doit être mis
sous l'obéissance de leur foi, sans penser que l'entendement ferm6
par la Reli~ion est aveugle comme une taupe, et qu'il '1 a en lui
,
LA VRAIE
Dne pure obscurité, et ,une telle obscurité, qu'elle rejette 10iD
d'elle toute lumière spirituelle, en abaisse l'influx qui vient dit
Seisneur et du Ciel, et pose pOlir cet influx une barre dans le sen-
Buel corporel, bien au-dessous du rationnel dans les cboses de la
foi, c'est-à-dire qu'elle la pose près du nez, et la fixe dans son
cartiJaBe, de sorte qu'ensuite Hile peut pas, même sentir les choses
Fpirituelles ; de ]~ quelques-uns sont devenus tels, que, quand il,
sentent l'odeur provenant des choses spirituelles, ils tombent en
défaillance; par l'odellr j'enlends la perception. Ce sont ceux-là
qui font Dieu Trois; ils disent, • ]a vérité, d'après l'Essence, que.
Dieu est Un, mais néanmoins quand ils prient d'allrès lem' Foi.
laquelle est que Dien le Père a compassion. cause du Fils et en-
voie l'Esprit Saint, ils font manifestement trois Dieux; ils ne peu-
'Vent faire autrement, cari]s prient l'Un d'avoir compassion àcause
de l'Autre, et d'envoyer le Troisième, • Et alors leur MaUre leur
ensei~Da ail sujet du Seigneur, qu'il est le Seul Dieu en Qui est la
Divine Trinité.
6~U. QUATRltxE )JÈ)lORABLE. Ayant été réveillé de mon som-
meil lU milieu de la DUit, je vis • une eertaine hauteur vers l'O-
rient un Ange tenanl dans la main droite un Papier qui, d'après
le Soleil, apparaissait d'uDe blancheur éclatante; il '1 avail au mi-
lieu une Écriture en lettres d'or; et je vis écrit: MARIAGE DU BIEN
ET DU VRAI; de l'Écriture sortit lIne sillendellr qui forma un large
cercle autour du Papier; ce cercle ou contour appanlt ensuite
oomme apparatt l'aurore dans la saison du' printemps, Après cela, '
je vis l'Ange descendre avec le Papier. la main, et à mesure qu'il
descendait, le Papier Illparaissait de moins en moins brillant, et
celte Ecriture, à S3\'oir: MARIAGE DU BIE:( ET Dt' VRAI apparais-
sait changée cie couleul' d'or en cOlileur d'argent, el ensuile eD
couleur d'airain, )luis en couleur de fer, enfin en une couleur de
rouille de fer el de rouille d'airain; el enfin je vis l'Ange enll'8r
dans un Nuage obscnr, et arriver ~ lra\'ers le Nuage sur la Terre;
et là, quoicille ce Papier fl\l encore dans la main de l'Ange, je ne
le vis pas; cela se ll:ls'lail dans le lIonde des espril~. dans lequel,
arrivent d'abord t01l:ol les hommes après la mort; et alors l'Anse
me parla, en disant: u Demande à ceux qni viennent ici, s'ils me
voient, ou s'ils ,'oient quelque chose dans ma main .• Il vint une
r RELIGION CHR~TIENNE" 165
multitude d'esprits, les uns de l'orient, d'autres du midi, d'autres
cie l'occident, d'auLres du septentr:ion, et je demandai l ceul qui
venaient de l'Orient et du Midi, - c'étaient ceul qui dans le Monde
..'étaient livrés. l'érudition, - s'ils voyaient quelqu'un près de
moi, ou s'ils voyaient quelque chose dans sa main i tous dirent
.qu'ils ne voyaient absolument rien i ensuite je fis la même ques-
lion à ceUI qui venaient de l'Occident et du SelltenLrion, - c"6-
caient ceul qui dans le l'Ion de avaient cru aux paroles des érudits,
- ils dirent qu'ils ne voyaient rien non plus: cependant les der-
niers d'enLre eux, qui dans le Monde avaient été dans la foi simple
d'après la charité, ou dans quelque vrai d'après le bien, après que
les premiers se furent retirés, dirent qu'ils voyaient un Homme
avec un Papier, l'Homme vêtu élé;amment, et le Papier avec des
leures tracées dessus; et, lorsqu'Ils eurent approché les yeul, ils
dirent qu'ils lisaient MA.RIAGE DU BIEN ET DU VRAI; et ils s'adres-
sèrent 11'Ange, en le priant de dire ce que cela signifiait; et il
dit: a Toutes les choses qui existent dans le Ciel entier, et toutes
eellp.s qui existent dans le Monde entier, ne sont par. création que
le Mariage du bien et du vrai, parce que toutes et chacune d'elles,.
tant celles qui vivent et sont animées, que celles qui ne vivent
point et ne sont point animées, ont été créé du Mariase du bieD.
et du vrai et pour ce Mariage; il n'existe rien de créer pour le Vrai
seul, ni rien pour le dien seul, le bien seul ou le vrai seul n'est
t'ien, mais par le Mariage ils elistent et deviennent quelque cbose
-de tel qu'est un mariage. Dans le Seilneur Dieu Créateur le Divin
Bien et le Divin Vrai sont dans leur Substance même, l'ttre de la
Substance de Dieu est le Divin Bien, et l'Exister de la Substance de
Dieu est le Divin Vrai; en Lui aussi ils sont dans leur Union même,
car en Lui ils font un d'une manière infinie; comme ces deui sont
un dans Dieu Créateur Lui-Même, c'est pour cela qu'ils sont aussi
un dans toutes et dans chacune des choses créées par Lui; par Il.
aussi le Créateur a été conjoint avec toutes ses créatures par une
alliance éternelle comme par une alliauce de Mariage. ,,"De plus.
l'Ange dit: • L'Écriture Sainte, qui a été dictée par le Seigneur,
est dans le commun et dans la partie le Mariage du bien et do
vrai, - voir ci-dessus, NOl '48 l t33 i - et comme l'É,lise qui
est formée par les Vrais de la Doctrine, et la Religion qui est for-
168 LA VRAIK
mée par les Biens de la vie selon les Vrais de la Doctrine, sont..
cbez les Chrétiens, uniquement tirées de l'Écriture Sainte, 00.
peut voir que l'Église aussi dans le commun et dans la partie en
le Mariage du Bien et du Vrai •• - Ce qui a été dit ci-dessus d~
lIariage du Bien et du Vrai, a été dit aussi pour le )lARlACE DE ....
CBARITi ET DE LA FOI, parce que le Bien appartient l la Charité,
et le Vrai appartient à la Foi. - Après que l'Ange eut ainsi parlé, il
s'éleva de terre, et porté 1 travers le nuage il monta dans le Ciel;
et alors, l mesure qu'il montait. le Papier brillait comme auparll-
vant; et voici, alors le Cercle. qui auparavant avait apparu comme
l'aurore. s'abaissa; et il dissipa le Nuase qui avait répandu des té-
nèbres lIur la Terre. et le temps devint clair et serein.
6i3. CINQUIf:JldU:JlORABLB. Un jour, pendant que je méditais.
sur le Second Avénemellt du Seigneur, il apparut tout l coup un
Irand éclat de lumière qui me frappa fortement les yeu; c'est.
pourquoI, je regardai en haut. et voici, tout le Ciel au-dessus de
moi ~pparut lumineul ; et de Il de l'Orient ll'Occident sans aucune
interruption se faisait entendre une GLORIFICATIOI'f; et un Ang&
se présenta,.et dit: a Cette Glorification est la Glorification du
Seigneur l cause de son Avéaement ; elle est faite par les Anges.
du Ciel Oriental et du Ciel Occidental .• On n'entendait du Ciel Mé-
ridional et du Ciel Septentrional qu'un doux murmure; el comme
r Ange avait tout entendu, il me dit d'abord que ces Glori6cations.
It ces Célébrations du Seigneur se faisaient d'après la Parole; et.
peu après il lOe dit: Maintonant ils glorilient et célèbrent 1&
Seigneur en particulier par ces paroles qui sont dans le Proph~te­
Daniel: u Tu (U vu le 1er melé avec fargile de potier, mais iII
ft'auront point de cohérmce: et erl ces jours /e Dieu des Cieu.
fera surgir un Royaume qui dam les siècles ne périra point; il
6risera et consommera tous ces Royaumes. mais lui, il sulJsÏl-
tera dans les siècles• • - Dan. II. "3, 44r. -.Aprèscela, j'enten-
dis comme le bruit d'un chant, et plus avant dans l'orient je vis.
un éclat de lumière plus resplendissant que le premier; et je de-
mandai lI' AnIe quelles étaienl les paroles de cette slorification;
il me dit que c'élaient celles-ci dans Daniel: 1 Voyant je fus en
Disions de nuit, et voici avIC les Nuées du Ciel comme un Fu."
DB L'BOIIII~ gui venait; et ü Lui fut donné la Domination It l,
RELIGION CHIŒTIENNE. 161
Royaume, et tOU3 les p~pl~s et nations Le serviront; sa Domi-
Mtion (sera) une Domination du siècle, laquelle ne passera
,oinl i et son Royaume ·(un Royaume) qui ne périra point. D -
Dan. VU. 13, U. - En outre, ils célébraient le Seigneur d'apr~
ces paroled dans l'Apocalypse: a A Jésus-Christ soit la gloire et
la force i voici, il vient avec les N lIées ; Il est r Alpha et r Oméga,
k Comme1.u:emenl et la Fin, le Premier et ltr Dernier, Qui Est,
et Qui Était et Qui·doit Venir, le Tout·Puissant. Moi, Jean, j'ai
entendu cela du FILS DE L'HoIlUIR, du milieu des sept chande-
liers. » - Apoc. I. 6,6,7. tO, H, n, t3. XXII. 13. Matth. XXIV.
30. 3!. - Je portai de nouveau mes regards vers le Ciel Oriental. et
le cOté droit resplendissait de lumière, et la splendeur lumineuse
entra dans l'Ëtendue Méridionale. et j'enlendis un son -doux; el je
demandai il l'Ange quel était Iii le sujet de la ilorifiration du Sei-
gneur; il me dit que c'étaient ces paroles dans l'Apocalypse: a Je
vis un Ciel Nouveau et une Terre Nouvelle, et je vis la .Jtil/e,
la Sainte Jérusalem Nouvelle, descendmlt de Dieu par le Ciel.
parée comme URE FIANCÉE OllNtB POUR. 80N:1IARIi et j'entendit
tlfte voiz grande du Ciel, disant: V oiei le' TalJernacle de Dieu
avec les HOMMBs, et il habitera avec euz. Et rAnge me parlll,
et il dit: VierlS. je te montrerai la FIANCËB, DB L'AGNE.lU L'Ë-
POUSE; et il m'ellleva en esprit sur une Montagne grande et
élevée, et il me montra la Ville, la Saulte Jérusalem. - Apoc.
XXI. t, 2. 3, 9, i O. - Et aussi celles·ci : a Moi, Jésus, je suis
1Étoile /J,illante et du matin; et 1Esprit et la FIANCÉE disent:
VIE~S. Et il dit: JE VIENS BIENTÔT; Amen / Oui, VIENS, SBIGNEUR
JÉSUS 1 • - Àpoc. XXU. f 6, t 7, !O. - Après ces glorifications et
plusieurs aUlres, on entendit une commune Glorificalion de l'O-
rient il l'Occident, et aussi du Midi au Septentrion; et je deman-
dai il l' An~e qu'elles étaient alors les paroles; et il dit que o'étaient
celles-ci, prises dans les Prophètes: a Afin qUfi sache toute chair,
gue Moi Ge suis) JËHov.U( TON SAUVEnR ET TON RÉDEMPTEUR. » -
Ésaïe, XLIX. ~6. - a Ainsi a dit Jéhovah, le Roi d' IS7'~I. et
ION RÉDIID'TBUR JÉHOVAH SWHO'fB: Moi, le PREMIBR ET LE
DERNIER, ET EXCEPTÉ MOI. POINT DE DIEU. D -Ësaie, XLIV. 6.
- te JI fera dit en ce jour.là: VOICI, NOTRB DIEU (esl) CELUI-cr,
gue nou3 avons atter,du pour qu'il nous délivre i CELUI-CI (est)
n . ,
168 LA VRAIE
JtRonR QUE NOUS AVONS ATTENDU •• - Ésaïe, XXV. 9. - Il Une
voiz (il est) de qui crie dans le désert: Prépares le chemin à
Jéhovah; VOICI, LE SEIGNEUR Jtoovm EN FORT VIBNT; comme
PASTEUR son troupea,~ il paIera. D - Ésaïe, XL. 3,11, to, t t • -
« Un enfant nous est né, un Fils nous a été dom,é, dont sera
appelé le nom AdmiralJle, Conseiller, Dieu, Héros, PÈn D'É-
TERNI'rt, Pr;'lCe de paiz. • - Esaie, IX. 15. - a Voici, les jours
vie"dronl, et je su!citerai à David un Germe juste, qUi régnera
Roi, el voici son Nom: JiKOVAB NOTIlE JUSTICB. ft - J6rém.
XXIII. IS, 6. XXXIII. U, tG. - «JéhovahSébaoth(est)son Nom,
et TON RIl:DEMPTEUB, LE SAINT D'ISRAEL, DIBU DE TOUTB LA TEBU
SERA APPELi. D - Ésaïe, LlV, 5. - fil EN CE JOUB-LA SEllA JiRO-
VAK EN ROl SUR TOUTS L.l TERRS; SN CE .I0UB-LA, SERA JÉHOVAH
UN, KT SON NOK UN. D - Zach. XIV. g. - Ayallt entendu et com-
pris ces choses, mon cœur bondit, et j'allai avec joie à la maison,
et là j~ rentrai de l'état de l'esprit dans l'état du corps, dans le-
quel j'ai écrit ce que j'avais vu el entendu.
f' RELIGION CHRltTIENNE. t69

CHAPITRE ONZIÈME

DB L'IIlPu'rATION.

La Foi de r Église d' aujourrl hui, qui seule est dite justifier, et
r Imputation, font un,

6-!6, Si la Foi de l'É~liS8 d'aujourd'hui, qui seule est dite jus-


tifier, est l'Imputation; ou. si la Foi eL l'Impulation dans l'Église
d'aujourd'hui font un, c'est parce que l'une appartient l l'autre,
ou que l'une entre dans l'autre, mutuellement et réciproquement,
et fait qu'elle exisle ; car si l'on dit la foi et qu'on n'ajoute pas
l'imputatioD, la foi est simplement un son, et si l'on dit l'Imputa-
tion et qu'oll n'ajoute pas la foi, c'est encore IID simple son; si,
au contraire, on diL les deul conjointements, il y a quelque chose
d'articulé, mais encore sans aucun sens; afin donc quel'entende-
ment perçoive quelque sens, il faut nécessairemcnt qu'on ajoute
un troisième terme, qui est le mérite du Christ, ce qui présente
une senLence que l'homme peut énoncer avec une sorle de raison:
en effet, la foi de l'Église d'aujourd'hui est, que Dieu le Père im-
pute la justice de son Fils, et envoie l'Esprit SainL pour en opé-
rer les effets,
6i1. Ces trois choses, la Foi, l'Imputation et le Mérite du Christ~
dans l'Eglise d'aujourd'hui, sont donc un, et peuvent être appetées
triun i en eft'et, si l'une des trois était ôtée, la Théologie d'aujour-
d'hui deviendrait nulle; car elle dépend des trois perçues comme
lin, de même qu'nnelongue chaine dépend du crochet qui la file;
ainsi, !loi l'on lIu.it ou la foi, ou l'imputation, ou le mérite du Christ,
toutes les choses qui lIont dites de la justification, de la rémissioD
des péchés. de la vivification, de l'innovation, de la régénéra-
tion, dela sanctification, et aussi de l'évangile, du libre arbitre.
1
170 LA VRAIE
de la cbarité el des bonnes œuvres. et même de la vie éternelle,
deviendraient comme des villes ilésertes, ou comme les décombres
d'un Temple, et la foi elle-même, qui est la clef de vollle, ne serail
rien, et ainsi l'Église enlière serait un désert et une désolation.
Par 1"1 on voit sur quelle colonne a ~té fondée la Maison de Dieu
aujourd'bui, et que si cette colonne était détachée, la Maison s'é-
croulerait comme celle dans laquelle les salrapes des Philislins et
trois mille hOlDmes du peuple se divertissaient, et dont Samson
détacha eo même temps les deux colonnes, ce qui les fit périr sous
Jes décombres. - Jug. XVI. !!9. - Ceci est dit, parce que dans ce
qui précède il a été montré, et que dans l'Appendice il sera mon-
tré, que celle Foi n'est pas la Foi Chrétienne, parce qu'elle n'est
pas d'accord avec !a Parole, et que l'imputation de cette foi est
vaine, }larce que le mérite du Christ n'est point imputable.

L'Imputation appartenant à la loi flalljo'.lrrlhui est dou61e,


l'une du Mérite du Christ, et l'autre du Salut qui en résulte.

6iS. Daus toute l'Église Chrétienne on dit que la justification


et par suite la salvation sont faites par Dieu le Père au moyen de
l'imputation du mérite du Christ 1100 Fils, et que l'imputation est
faite par' Brice QDAI!iD ET ou IL VEUT, ainsi l son sré, et que ceux
l qui le mérite du Christ est imputé sonl adoptés au nombre des
fils de Dieu i et comme les cltefs de l'Éilise n'ont pas porté leurs
pas au-delà de celle imputation, ou n'ont pas élevé leur mental
au-dessus, ils sont tombe·, Ile ce Choix de Dieu, déterminé il son
sré, dans des erreurs énol Ioles et fanatiques, et enfin dans la dé-
testable errt'ur de la PI'éu.:stination, et dans cette erreur abomi-
nable, que Dieu ne fait l'as altentiob aUI actions de la vie de
l'homme, mais qu'il cOllsidère seulement la foi sravée dans les
intérieurs de son meutal ; si donc l'erreur de l'Imputation n'était
pas déu'uite, l'Athéisme em'ahirait tout le Christianisme, et alors
sur les chrétiens réineraille Roi de l'ablme, dont cc le nom en
4é6reu est A6addon, et qui en g"ec a nom Apollyon •• - Apoc.
IX. t. t. i - par Abaddon et par Apollyon est signifié le destruc-
teur de, l't,lise par les faul. el par ('abllDe l'enfer où bont ces
RELIGION CHIŒTIENNE. 171
faul ; voir l'APOCALYPSB Rtv:iLiB, N°l Ut, .&40 et 442; de là il
est évident que c'est sur ce faux, et sur les faul qui en dérivent
dans une longue série, que rèine ce Destructeur; car.. ainsi qu'il
vient d'être dit, tout le systéme Lhéololique aujourd'hui dépend
de celte Imputation, comme une longue chaIne dépend du cro-
ohet qui la fixe, et comme un homme avec tous ses membres dé-
pend de la Téle; et puisque cette Imputation rèlne partout, il ar-
rive ce que dit Ésaïe: • Le Seigneur retranchera d'Isra~lla t6te
et la queue j celui qui est honoré est lIJ t6le, et le docteur de
mentloo.ge est la queue. » - IX. ta, U.
6!9.11 est dit que l'Imputation de la foi d'aujourd'hui est dou-
];Ie, toutefois non pas double comme Dieu et la Miséricorde envers
tous, mais comme Dieu et la Miséricordc envers quelques-uns;
ou, non pas double comme 'Un père et son amour envers tous· ses
enfants. mais comme un père et son amour envers l'un ou l'autre
d'entre eUI ; ou, non pas double comme la Loi Divine et son com-
mandement ra tous, mais comme la ,Loi Divine et son commande-
ment à un petit nombre i c'est pourquoi l'un de ces doubles est
étendu et non-divisé, l'autre est restreint et divisé, eL celui-ci est
. rée11emenL double, mais celui-là est unilé; car on enseigne qu'il y
1 imputation du mérite du Chriat d'après une élection arbitraire,
et qu'il y a imputatiou du salut pour ceux qui sont choisis, qu'ainsi
quelques-uns sont adoptés .et tous les autres rejetés; ce qui serait
comme si Dieu élevait quelques-uns dans le sein d'Abraham, ut li-
\ vrait les autres en pâture ail diable; lorsque cependant la vérité est,
que le Seigneur ne rejette ét ne livre personne, mais que l'homme
18 livre lui-même.·
630. Qu'on ajoute à cela, que l'Imputation d'aujourd'hui ôte à
l'homme Loute puissance provenant de quelque libre arbitre dans
les choses spirituelles, et ne lui en laisse pas même assez pour
pouvoir éteindre le feu pris à ses vêtements et en préserver son
corps.. ou éteindre avec de l'eau sa maison en feu et en arracher
la famille, lorsque cependant la Parole, depuis le commencement
jusqu'à la JIn, enseigne que chacun doit fuir les maul parce qu'ils
lont du diable et viennent du diable,' et faire les biens parce qu'ils
tont de Dieu et viennent de Dieu, et qu'il doit les faire par lui-
même, le Seigneur opérant. liais la puissance de faire ainsi, l'Impu-
r
lU LA. VRAIE
tation d'aujourd'hui la proscrit comme mortelle pour la foi et par
suite IIOU le salut; et cela. afin que rien de l'homme n'entre dans
l'imputatioB, ni par conséquent dans le mérite du Christ; ce dogme
établi, il en est résulté cette maxime satanique, qu'il y a pour
l'homme impuissance absolue dans le." choses spirituelles, ce qui
est comme si l'on disait: • Marche. quoique tu n'aies poinl de
pieds, pas même un seul; lave-toi. quoique les deux mains soient
coupées i Il ou, a fais le bien. mais dors •• ou,. nourris-toi, mais
sans langue, Il Et c'est encore comme s'il él.ait donné à l'homme
une volonlé qui ne fOt pas une volont6; ne peut-il pas dire: • Je
ne peul pas plus que la statue de sel femme de LOLh, ni plus que
DaBon le Dieu des Philistins, quand dans son temple fui intro-
duite l'arche de Dieu; je crains que, comme il lui est arrivé.
ma têle eL ml!S mains séparées de mon corps ne soient jelées sur
Je seuil. -1 Sam. V. "; - ni plus que Béelzébub le Dieu d'Étron,
qui d'aprè& la signification de son nom ne peut que chasser les
mouches? D Que l'on croie aujourd'hui à ceUe impuissance dans
les cboses spirituelles, on le voit d'après les Extraits donnés dans
le Chapitre sur le Libre Arbitre, N° "64.
63t. Quant à ce qui resarde la première partie de ce double
de l'Imputation conCernant la Salvation de l'homme. c'est-à-dire,
l'Imputation du mérite du Christ arbitrairement faite, et l'Impu-
tation du salut qui en résulte, les dogmatistes sont d'avis diffé-
renls; quelques-uns disent que celte rmputation est absolue d'après
un libre pouvoir. et se fail pour ceux dont la forme externe ou la
forme interne platt; d'autres disent que l'Imputation se fait d'a-
près la prescience pour ceux chez qui la grâce'a été infusée etl
qui cette foi peut être appliquée; mais néanmoins ces ~eul opi-
nions visent au même but. et sont co~me les deul yeux qui onl
pour objet une même pierre. ou comme les deux oreilles qui onl
pour objet un même chant i A la première vue il semble qu'elles
se séparent rnutuellement, mais tOI/Jours est-il qu'à la fin elles se
conjoignent et sont d'intelligence pour tromper; car lorsque de
part et d'autre on établit une complète impuissance dans les
chos8fI spirituelles, et qu'on exclut de la foi toul ce qlli appartient
à l'homme, il s'ensuit que celte grAce réceptrice dé la foi, infusée,
ou d'apl'ès UII libre pouvoir, 011 d'après la prescience, est un~ I\e:D-
r RELIGION CnIŒ:TIENNE. 173
blable élection; car si celle grâce, qu'on appelle prévenante, était
universelle, il s'y joindrait une al'plication de l'homme d'après
quelque puissance propre. laquelle cependant est rejetée comme
nne lèpre. De là vient clue personne ne sait si cette foi lui a été
donnée d'après la grAce; il ne le sait pas plus qu'une souche ou
une pierre, auxquelles il se compare quand elle est infusée i car il
D'existe pas de signe qui en soit un témoignaie, quand la charité,
la piété, l'éLude d'une nouvelle vie. et la libre faculté de faire le
bien comme le mal, sont déniéea à l'homme: les signes qu'on diL
être des témoignages de cette foi dans l'homme sont tous ridicules,
et ne diftèrent pas des augures des anciens par le vol des oiseaux,
ou des prédictions des astrologues par les astres, ou de celles des
tireurs de cartes. Quant à la jusLice imputée du Seigneur, qui est
introduite dans l'homme élu en même temps que la foi il laquelle
on donne le nom de ceLLe justice, Ie& signes qui la suivent sont du
même &enre et encore plus ridicules.

La Foi, qui est imputative du mérite et de la justice du Christ


Rédempleur, est tl ahord sortie des décrets du Synode de
Nicée sur les TroIS Personnes Divines de toute éternité, foi
qui depuis cetle époque iwqu'à présent a été reçue par tout
le .Monde Chrétien.

63j. Quant il ce qui concerne ce Synode de Nicée, l'Empereur


Constantin-le-Grand, à la persuasion d'Alexandre, évêqne d'Alexan-
c!rie, le lint dans son ~alais de Nicée, ville de Bithynie, a'p~
avoir convoqué tous les Evêques en Asie, en Afrique et en Europe, ~
pour combattre et condamner.. d'après l'Écriture Sainte, l;hé"résie
d'Arius•.,prêlre d'Alexandrie, qlli niait la DiviniLé de Jésus-Christ i
cela eut lieu l'an du Christ Si 8. Qu'il ait été conclu par les Évê-
ques convoqués.. qu'il y a eu de toute éternité trois Personnes Di-
vines, le Père. le Fils et l'Esprit Saint, on peut le voir principale-
ment par les deux Symboles, appelés Symbole de Nic~e et Symbole
d'Athanase i dans le Symbole de Nicée on lit: « Je crois en un
/Jeul Dieu le Père Tout-Puissant, qui a lail le Ciel et la Terre;
et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, uniqûe-m-
----
ni tA VRAIE
gendré du Pdre, né_tmant tOU$ les ~i~EI~s, Dieu_~_Di~-'-.!on­
Btl6stantiel au Père, qui est descendu des Cieuz, et a été incarné
dt l'Esprit Saini"par la Vierge Marie; et à rEsprit Saint, Sei-
gneur et Y;vifian/" qui procdde du Pdre et du Fils, gui est q,dor..é
\ et glorifié avec k Père et le Fils. » Dans le Symbole d' Atban.!s.,
sont ce.~ paroles: a La Foi Catholique est que nous fJénbiiiTis un
seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l' fInitl, sani con-
~fondreles Personnes et sans séparer la su6stance; maIS C017&1M
• nous sommes lorcés par la fJmlé "CArétienne de confesser cha-
que PerS01lne Die" et Seigneur en particulier, de mdme nous
sommes empdcMs pœ la Religion Catholique de dire troü
Dieuz ou trois Seigneurs. Il C'est-~-dire, qu'il est permis de con-
(esser trois Dieu~ et trois Sei~neurs, mais qu'il est défendu de le
dire, et cela parce que la religion défend l'un, et que la verilé dicte
l'autre; ce Symbole d'Athanase fut composé, aussitôt après la
tenue du Concile de Nicée, par un ou plusieurs de ceux qui avafent
assisté àce Concile, et fi fut aussi accepté comme OEcuménique ou
Catholique. D'après cela, il est évident qu'alors il a été décr~tê
Ifqu'on doit reconnattre trois Personnes Divines de toute éternité,
et que, quoique chaque Personne en particulier fOt Dieu par elle-
même, il faut néanmoins dire, non pas trois Dieux ni trois Sei-
Ineurs, mais un Seul.
633. (lue depuis ce temps la foi des trois Personnes Divines ait
été reçue, et qu'elle ait été confirmée et prêchée jusqu'au temps
présent par tous les Évêques, par les divers Cb(lfs de l'Éilise dans
]es bauts degrés et par les Prêtres, cela est notoire dans le Monde
Chrétien: et comme de là est émanée la persuasion mentale de
trois Dieux, il n'a pu sortir d'autre foi que celle qui était appliquée
à ces Trois dans leur ordre, c'est-à-dire, qu'il faut s'adresser à
Dieu le Père el l'implorer, afin qu'il imr,ute la justice de son Fils,
011 qu'il ait piti~ à caule de la passion de la croix du F.ils, et qu'il
envoie !"Esprit Saint pour opérer les effets moyens et derniers du
salut. Cette foi esL le fœtus né de ces denx symboles; mais sitOt
que les langues sont déroulé.~, il se présenta non pas 'un s~ul Dieu
mais trois Dieux, d'abord conjoints comme par -embrassement,
mais bientôt séparés, car on pose en principe que l'EsSèiice le.~
conjoi~t, mais que les propriétés, qui sont la création, la rédênip-
RELIGION CHRËTIENNE. 175
tion et l'opération. ou l'imputation. la justice imputée et l'etreclua-
tion, les séparent: c'est ce qui fait que, quoique de trois Dieul.
ils aient compoj;é un seul Dieu. néanmoins des trois Personnes ils
Il'en ont point fait une seule; et cela, afin que l'idée des trois
Dieux ne fOt point effacée i car tandis que chaqu~ Personne en
particulier est crue Dieu, comme il est dit dans le SYlDbole, si alors
'par une conséquence nécessaire les trois Personnes devenaient
une seule Personne, toute la maison fondée sur les trois comme
sur des colonnes tomberait en un monceau de ruines. Si ce synode
.a introduit trois Personnes Divines de toule éternité, c'e~t parce
que ceux qui le composaient n'avaient pas bien scrul~ la Parole, et
que par suite ils n'ont pas trouvé d'autre refuge contre les Ariens.
Si ensuite ils ont réuni 80 un seul Dieu ces Lrois Personnes dont
chacune est Dieu par elle-même, ce fut dans la crainte d'être incul-
pés de croire en trois Die}lx, et d'être anathématisés par tout homme
rationnel reli,ieux dans les trois Parties de la Terre. S'ils ont
enseisné la foi appliquée aUltrois en ordre, c'est parce que de c.~
princin.e il ne~uvait ~ découler une autre foi: qu'on ajoute à
cela, que si l'un des trois était omis. le troisième ne serait pas envoyé.
~t qu'ainsi toute op~ration de la ,râce Divine deviendrait sans effet.
63.4-. Mais la vérité va être mise au jour: Quand la Foi en trois
Die~x a été introduite dans les tglises Chrétiennes. ce qui est ar-
rivé du temps du Synode de Nicée,. on a banni tout bien de la cha- ,
r~t(eftout_ vrai de la foi, c.ar ce bien et ce vrai ne séjournent en
aucune maniàre avec le culte mental de trois dieux joint au culte
oral d'un seul Dieu. puisque le Ment~.!..nie ce que la bouche pro-
Donce, et que la bouche nie ce que le Mental pense, d'oil il arriva
qu'il n'y"a ni la foi de trois Dieux. nl la foi d'un seul Dieu,. De là
il est évident que, dès ce temps, le Temple ChréLien était non-seu-
lement léz!rdé. mais tombé èn un monceau de décombres; et gue
dès ce temps" fut ouvert le 'puits de l'abime. d'où monta une fu-
_mée comme un~ fumée d'une ,rande fournaise, et furent obscurcis
le soleil et l'air. et de là sortirent des sauterelles sur la terre, . -
Apoc, IX, !l, 3; - voir l'Explication de ces 1'3roles dans l'APOCA-
LYPSI RivJ1:LÉE; de plus. dès ce tel!!PS _a ~ommencé et s'est accrue
la Désolation prédite par Daniel. - Mauh. XXIV. U. - et
vers ceUe foi et l'imputation de cette foi se sonL rassemblés les ai-
176 LA VRAIE
Sles. - Vers. 28 du mêlue Chapitre; - là, par les aigles sont en-
iendus I~ priflcipaux de l'Église comme lynx. Si l'on dit que le
Concile, dans lequel siégeaieni tant d'Évêques eL d'hommes dis-
tingués, a décrété cela par d'unanimes suffrages, je répondrai:
Quello confiance peut-oll avoir dans des Conciles, quand les Con-
- cil es Catholiques-Romains ont .décrété aussi par ~'.~n_aJllmeSSuf­
frages le VJ!:.Jriat Papal, l'invocation. des_~inLS, la vénératiol!..!!es
,. statues et desos. la division de la -Sainte Eucb.arislie. le pl!!lta-
·toire, les lndulgen.ce~. etc, ! Et quelle confiance peui·on avoir
Jo daris des ConciieS, quand celui de Do_rdrec.ht a décrété aussi par
d'unènimes suffrages l'abominable Prédeslination, et l'a procla-
mée comme le Palladium de la religion. Mais. mon cber Lecteur,
ne crois point anx Conciles, mais crois à la Sainte Parole, et a~r~e­
toi au Seigneur, et tu seras illustré i car le Seigneur &&t la Parole,
c'est· à-dire, le Divin Vrai même dans la Paroi••
63!s. Cet arcane va enftn être dévoilé: La Consommation dit
l'Éilise d'aujourd'hui est décrite dans Sept Chapitres de l'Apoca-
lypse, de la même maIlière qu'est décrite la dévastation de l'É-
gypte, eL l'une eL l'autre par de semblables plaies, dont chacnne
signifie spirituellement quelque faul qui en a étendu la déva~ll­
Lion jusqu'à la destruction complète; c'est pourquoi celle Eglise,
qui aujourd'hui esL enLièremeut détruite, est aUliSi appelée spiri-
tuellemenL ÉsypL~, - Apoc, XI.,8. - Les plaies enÉSYllIe ont été
celles-ci: Les eaux furent changées en sang, ce qui fit mourir tout
poisson. eL puer le neuve, - Exod. VlI : - il est dit la même chose
dans l'Apocalypse, Chap. VllI.8. Cbap. XVI. 3; par le sang est
signifié le Divin Vrai falsifié, voir l'AI'OCALYPSE REVELEE, NOl 379,
40-1. 681, 687 , 688 ; et l)ar les poissons, qui alors moururent, sont
signiûé... les vrais pareillement morts dans l'homme naturel, NOII 190,
"'05. Dans l'Egypte les grenouilles pullulèrenL sur la terre, - Exod.
VllI: - il est· .lit aussi quelque chose des grenouille:! dans l'A-
pocalypse, Cllap. XVI. 13: par les grenouilles sont signifiés~s
l
I.:aisonnemenls qui proviennent de )a cupidité de falsifier les !fais,
voir l'APOc. REVEL, N°' 702. Dans l'Egypte il yeut sur ('homme et
sur la bête de... ulcères malins, - EIOd. lX; - l'areillement dans
l'Apocalypse, Chap. X.VI. 2; par les ulcères fIOnt signifiés les maux
et les faux. intérieurs qui détruisent )e bien et le vrai dans )'Êglise,
RELlûroN CnR~TlENNE. f77
voi,. l' Aroe. R~vtL. N° 6i8. Dans J'Égypte il y ellt une grêle mê-
lée de feu, - Exod. JX; - pareillement dans l'Apocalypse, Chap.
vm. 7. Char. XVI. Il; la grêle signifie le faux inrernal, voir
Aroe. RÉvÉL. N°· 399, iU.. Dans l'ÉgYllIe il fut envoyé des ~aute­
relies, - Exod, Xi - pareillement danlll' Apocalypse, Chap. IX. t
?il t 1 i les 5aUlerelles signifient les faux dans les extrême:;, voi,.
Apoe. REV~I.. N- 424, 430. Dans l'Égypte il y eut d'éflaillses ténè-
bres, - Exod. X; -pareillement dans l'Apocalypse. Cha(l. \111. 12;
les lénèbres si~nifientles faux qui tirent leur origine so:t de l'i-
Bnoranee, ~oit des faux de la religion, soit dflii nlau.li cJP. la vie,
vOIr "poe RtVÉL, N°l 110, 413, 695. Ellfin les Êp.YI)tiens péril'ent
dans 1.1 !Der de Surh, - Exod, XIV i - dan~ l'Apocalypse le Dl'agon
et le faux Prophète furelll précipités dans l'étang de feu et de
soufre, Cbap. XIX. !!O. Chap. XX. 10; l'une et l'autre, la mer de
Suph et cel étang, signifient l'Enfer, Si les mêmes ehose:ol sont dites
de l'Ép.ypte et de l'f:glise dont la eonsommalion ct la fin sont dé·
crites dans l'Apocalypse, C'l.!lIl parCIl que par l'Égyrte e.~t entendue
nne Église qui dans son COlIIlIJencement ti/ait d'une excellence
supérieure, c'est pourquoi l'Égypte, a\'allL que lIOn Égli!\e ait été
dévastée, est comparée au jardin d'Eden et au j3rdin de Jého\'ah,
- Gen. xm, 10. Ézjch. XXII. 8, 9, et esL aussi appelée Pierre
angulaire des tribns, Fils des sages et des rois de l'antiquité, -
Ésaïe, XIX. li, t3. - Voir, dans l'ApOCALYI'SE RtvEI.ÉE, N° 303,
plusieurs choses sur l'Égypte 9311S son état primitif, el dans son
élal dévasté.

La Foi imputative du mérite du· Christ n'a point élé C01mue


dans nJ:glise Apostolique, qui a précédé le Concile de Nicée,
et elle n'est entendue nulle part dalls la Parole.

636. L'Églisl.', qlli a préeédi! le Synode de Nie~e, a été appelée


l'Église Apostolique. eL elle s'était étenllue et propagée dUlIs I(!s
trois pnrties du Globe, J'Asie, l'Afrique et l'Europe, ainsi qu'on le
voit d'après l'Empereur Constantin-le·Grand et sa Monarchie com-
posée de plusieurs Royaumes de l'Europe, plus lArd divi~és, et de
contrées voisines bors de l'Eu~ope, en e~ qu'il fut Chrétien, et zéJé
n. fi
178 LA VRAIE
pour la religion; aussi convoqna-t-il, comme il a été dit ci-dessus.
les É\'êques d'Asie, d'Afrique. et d'ElJrope dans son palais de Ni-
cée, ville de Bithynie, afin de rejeter dë son empire les scandales
d'Arius. Cela est arrivé par la Divine Providence du Seigneur,
1parce que, si la Divinilé du Seigneur est niée, l'Eglise Cbrétienne
, e~pire, et deVient comme un sépulcre orné de celle Épitaphe: Hic
jacet, Ci-git L'Eglise 'lui existait a,-ant ce temps a été appelée
Apostolique,- el lés Écrivains remarquables de cetle Éilise étaiont
appelés Pères, et les vrais Cbrétitms il leur suite, frèl'es, Que céue
Église n'ait pas reconnu trois Personnes Divines, ni par consé-
quent UII Fils de Dieu de toule éternité, mais seulement un Fils
de Dicu né dans le temps, on le ,'oit par le Symbole qni, en raison
de leur Église, a été nommé Apostolique" où on lit ces paroles:
u Je Ct'ois en Dieu le Père TOlll·Puissant, Cl'éaleuro d" Ciel et
de la Terl'e; et en Jésus-Christ son Fils unique, notre Seigneur
qui a été conçu de r EspJil Satnt, est né de la. Vierge Marie;
je crois à tEsprit SaÏJll, (1 la sainte Église Catholique,!l
la communitm des saÏJzts. Par là il est évident qu'Ils n'ont re-
connu _d!a!1tre Fils de Dicu que celui qni a été conçu de l'Esprit
Saint et est né de la Vier~e Marie, et nullement un Fils @1?ieu,
né de toute éterniLé, Ce Symbole, ainsi que les deux autres, a été
reCOllilU comme iJurelllent Catllolique par toute l'I~glise Chrétienne
jusqu'à ce jour.
68i. Que dans ce temps primitif, tous dans ce ~Ionde Cbrétien
aient reconnu que le Seigneur Jésus-Christ était Dieu, à qui a
été dOlmé tout pouvoir daus le Ciel et sur Terre, et puu\'oir sur
toute chair, solon ses propl'es pal'oles, - üIaull, x.x:\" 1. 'IB, Jeall,
'"(, II. 2; - el qu'ils aient cru en Lui scIon son commandemont
d'al"'~ . Pieu le Père, - Jean, lIl. VÎ, 1.6, 35, VI. 40. Xl. 25,23,
c'esL c.lcore ce qui est bien évident d'après la convo{:ation cIe tous
ILs I\-.'q:.les par l'Empereur Constantin-le-Gl'and, dans 10 but de
co 1 Ure par les saintes écritures et de condamner Arius ct ses
secf'llrllrS, qui ninicnt la DÏ\'init~ du co; 'ijneur SaU\'Cl1r né de la
Vierge .i.t!"al'ie ; cula a été fait, il esL vrai, mais ces 1~\'êlJues pour
éviter un loup tombèrent sous UI1 lion; ou, comme dit le proverbe..
tomllèl'Cll1 de Cbaryhcle en Scylla, en imaginant un Fils de Dieu
de touLe éternité qui est descendu et a: -pris l'Humain, croyant.

....
r RELIGION CHRÉTIENNE.
p~r là revendiquer et restituer au Seigneur la Divinité, ne sachant
119

pas que Dieu Créateur de l'univers était Lui-Même descendu, pour


devenir Rédemllteur; et ainsi de nouveau Créateur. selon ces pas-
sages explicites dans l'Ancien Testament, -Ésaïe, xxv. 9. XL. 3.
rs, tO, H, XLIII. U. XLIV. 6, !4. XLVm.i, XLVIII. 17. XLIX. 7.
"!6, LX. t6. LXIII. ~ 6. Jérém. L. 34. Bosée, XIII. 4. Ps. XIX. US;
ajoutezaussi Jean, IX. 33, 37,
638. CeUe ÉGlise Apostolique, parcp. qu'elle adora le Seigneur
Dieu Jésus-Christ, el alors en même telllps en Lui Dieu le ·Père•.
peut être comparée au Jardin de Dieu; el Arius, qui alors s'éleva.
au serpent sorti de l'Enfer; eL le Concile de Nicée, à l'Ëpouse d'A-
\ d'am qui présenta le fJ'uit à son mari et le ,séduisil, d'où il addnf.
qu'après en avoir mangé ils se virent nus, et couvrirent leur nu-
dité avec des feuilles de figuier; Ilar leur nudité il est entendu
l'innocence dans laquelle ils avaient d'abord été, et par les Ceuilles
de figuiers les Hais dè l'homme naturel qui furent suocessivement
falsifiés. Cetle primitive Eglise peuL même être comparée au cré-
puscule et à l'aurore; de là Je jour s'a,'an~a jusqu'à la dixième
heure, mais alors survint une nuée épaisse seus laquelle le jour
s'avança ters le S(lir, et aprè.'I le soir dans la nnit, pendant'laquelle
la Lune se leva pour quelques-uns, qui l sa lueur virent quelque
chose d'après la Parole, et tous les autres marchèrent dans l'obs-
enriLé _de la nuit jusqu'à ne plus rien voir de la Divinité dans l'Hü-
manilé du St'igneur, quoique Paul dise que dans J,!sus-Christ
tOtlte la plérutude de la Divinité habite corpor'ellement, - Co-
loss. U. 9; - ct que Jean dise que le Fils de Dieu, envoyé dans le
/J(J1Ide, est le vrai Dieu ella vie éternelle, - 1Éptt. V, 20" 21 • -
L'~glis(l pri,nHÏ\'s ou Apostolique n'a jamais }lU présager qu'il
viendrl!it 3~rès elle une Éslise qui adorllrait plusieurs dieux de
cœur eL un !clIl d3 bouche, qui séparerail 11 charité d'avec la foi.
1ia rémission d;;s péchés d'avec la péniLollC'6 el l'étudo d'une oou-
"elie' vie, el qui admeLLrait une lofale irnpui. Jnce dans les choses
spiJjtueUcs; ni, il plus Corte raison, qu' ln certain Arhls làverait la
t~te, el qu':\près sa mort il reparailrait CL dom:ncrn.it seol'èlement
jusqu'à la fin.
639. Qu'aucune Foi imputaLive du mérile du Christ n'ait ét6
entendue dans la Parole, c'est ce qui résulte clairement de ce que
180 LA. VRAIE
cette foi n'a pas été connue dans l'É~lise. avant lIue le Synode de
Nicée eût introduit les trois Personnes Divines de toute éterniié i
or, quand cette foi eut été introduite et eut parcouru 'tout le Monde
Chrétien, toule autre foi fut rejetée dans les lén~,~res i c'est pour-
quoi maintenant quiconque lit la Parole, et voit la foi. l'impulalioQ.
et le mérile du Christ, tombe de lui-même dans ce qu'il a unique-
ment cru, semblable Acelui qui voit l'écriture d'une seule paSe,
et en relte l~, sans la tourner et sans voil" autre CllOse ; ou, sem-:
blable à celui qui se persuade que telle chose est vraie, quoiqu'elle
soit fausse, et qui la confirme seule; al~rs il voit le faux· eomme
vrai et le vrai comme faux. et plus tard il serrerait les dents, et se
moquerait de quicouque J'improuverait, el il lui dirail: Tu es sans
(C

intelli~ence ; » son men laI est en lui entièrement entouré d'un calus,
qui rejeue comme bétérodoxes toules les choses qui ne cadrënt
pas avec ses crdyallces qu'il appelle orthodoxes; car sa mémoire
est comme une lalllette sur laquolle il D'y a de gravé que Cl!
point théologique dominant; si quelque autre cbose y entre, il n'y
a point de place pour l'insérer, c'est pourquoi il la rejeue comme
la bouche rejette l'écume. Par exemple. dis à un Naturaliste con-
firmé, qui croit, ou que, la Nature s'est créée elle-mème, ou que
Dieu a existé après la nature, ou que la Nature et Dieu sont UIl,
dis-lUI qne c'est absolument le contraire, ne te regardera-t-il pas
comme une dupe des fables des prêtres, ou comme un simple, ou
comme UD hébété, ou comme un homme en démel!C8 T Il eD est
de même de toutes les choses que la persua~ion et la confirmation
ont gravées, elles apparaissent ennn comme des tapisseries peintes'
attacbees par beaucoup de clous à une muraille composée de pier-
railles usées.

L'Imputation du mérieeel delajustice du Ch,'istest impossible.

640. Pour qu'on sache que l'Imputation du Mél'iLe et de la Jus-


tice de Christ est impossible, il est nécessaire de savoir c" que
c'est que le Mérile et la Juslice du Seigneur: Le Mérite du Se.i-
peur notre Sauveur est la Rédemption i ce quia été 13 Rédemp-
Sion, OII le voit dans le Chapitre qui la concerne, Nol t t4 à tSS;
r RELIGION CHRÉTIENNE.
il Yest montré qu'elle a été la subjugation des Enfers et l'ordina-
181

tion des CieuI, et ensuite l'Instauration de l'Église, et qu'ainsi la


Rédemptioll a été une OEuvre purement Divine; il Ya aussi été
montré que le Seigneur par la Rédemption s'est mis en puissan~e
-de régéné.!'er el sauver les J~~mes qui croient en Lui et fonL ses
préceples, et que sans cetLe Rédemption aucune Chair n'aurait pu
-être sauvée. Maintenant, puisque la Rédemption a été une OEuvre
purement Divine et l'OEuvre du Seigneur seul, et qu'elle eslle Mé-
rite du Seigneur, H s'ensuit que ce mérite n'est applicable, addi-
cable ni imputable l aucun homme, ~ p'lus que la Création el la
ConS8"ation de l'Univers; la Rédemption a même été une soI1e
de Création du Ciel Ansélique il nouveau, et aussi de l'Église. Que
l'Eglise d'aujourd'hui attribue ce mérite du Seigneur Rédempteur
@ceul gui par grAce obtiennent la Foi, cela résulte évidemment
des dogmes de celte Eglise, parmi lesquels celui-ci est le principal;
car il est dit par les cbefs de cette Eilise et par ceul qui les sui-
vent, tant da~s l'Eglise Catbolique-Romaine que dans les Ëglises
des Réformés, que par l'Imputation du lIérite du Christ ceul qui
ont obtenu la l!'oi, non-seulement sont réputés justes et saints.
~ais le sont réellement, et que leurs péchés ne sont point des pé-
chés devant Dieu, pal'Ce qu'ils ont été remis, et qu'eul ont été
justifiés, c'est-à-dire, réconciliés, innovés, régénérés, sanctifiés, et
inscrits dans le Ciel. Que toute l'Eglise Chrétienne enseigne au-
jourd'hUI ces mêmes cboses, on le voit clairement par le Synode
de Trente, par les Confessions de WilLemberg et d'Augsbourg•.et
par les commentaires annexés et en même temps acceptés. Des
cboses dites ci-dessus, el transportées dans cette foi, que découle-
t-i1, sinon que la posse.c;sion de cette foi est ce mérite et cette jus-
tice du Seigneur, qu'ainsi son possesseur est un Christ dans une
autre personne' car il est dit que le Christ Lui-Même ~t la Jus-
tice, et que celle foi est la justice, et que l'imputation, par laquelle
sont aussi entendues l'addication et l'application, fait que non-
seulement on est réputé juste et saint, mais qu'on l'est réellement.
1{ Ajouteseulementla TRANSCRIPTION à l'imputation, à l'appl~on
-et ill'addicalion, et tu seras un vicaire Pape. -
641. Puis donc que le Mérite et la Justiee du Seigneur sont pure-
ment Divins, el que les purement Divins sont lels, que s"i1s
-
182 LA VRAIE
étaient appliqués et addiqués, l'homme mourrait à l'instant, et
serait consumé, comme une Mche jetée dans le Soleil nu, de sorte
qu'à peine en resterait-il une étincelle, c'est pour cela que le Sei·
,neur avec son Divin s'approche des An~es et des hommes par
une lumIère tempérée et modérée selon la faculté et la qualité de
chacun, ainsi par quelque chose qui est aMqual et accommodé; il
en est de même quant à la chaleur. Dans le Monde spirituel il y a
un Soleil, au milieu duquel est le Seigneur; de ce Soleil le Sei-
Ineur influe par la lumière et par la chaleur dans tout le Monde
spirituel, et dans tous ceUI. qui y sont; toute lumière et toute
chaleur dans ce Honde vient de là: de ce Soleil le Seigneur influe
aussi avec la même lumière et la même chaleur dans les âmes el
dans les men lais des hommes; celte chaleur dans son essence est
Je Divin Amour du Seigneur, et cetLe lumière dans son essence est
.sa Divine SaGesse; le Seigneur adaple celte lumière et cette chaleur
l Ja faculté et à la qualité de l'Ange et de l'homme qui reçoivent,
ce qui se fait par des aures ou atmosphères spirituelle!J qUI les pOI'"-
tent ct transportent; le Diviu même qui entoure immédiatemcDt
le Seigneur constitue ce Soleil. Ce Soleil est distant des Ange!,
-eomme le Soleil du Monde naturel est di~tant des hommes; et cela,
afin de ne pas les touoher à nu, ni par conséquent immédiatement,
car ainsi ils seraient consumés comme une bûche jetée dans le
Soleil nu, ainsi qu'il vient d'être dit. D'après cela, on peut
voir que le mérite et la justice du Seigneur, parce qu'ils sont pu-
r,ement Divins, ne peuvent nullement être portés par imputatiol
dans aucun ange ou dans aucun homme; et même, si quelque
étincelle de ce mvin, non modérée ainsi qu'il vient d'être dit, les
touchait, aussitOt ils se tordraient comme ceux qui luUent avec la
mort, leurs pieds se disloqueraient, leurs yeux s'écarteraient, et ils
seraient privés de la vie, Cela a été connu dans l'Eglise Israélite, en
ce qu'il lui a été dit que personne ne peut voir Dicu et vivre. Le-
Soleil du Monde spirituel, tel qu'il est depuis que Jéhovah Dieu 1
pris l'Humain, et y a ajouté la Rédemption et la Justice nouvelle,
est même décrit en ces termes dans Ésaïe: • La Lumière du So-
leil sera septuple, comme la Lumière de sept jours, au ;ou,
fUe Jéhovah 6anclel'a la fract'W'6 de son peuple, • - XXX. !6 t
- daos ce Chapifre, depUls le commencemen\ jusqu'. la fin. i1
r RELIGION CHRÉTIENNE.
s'agit de l'avénement du Seigneur. Ce qui al'riverait, si le Sei-
{S3

Ineur descendait et approchait de quelque impie, est aussi décrit par


ces paroles dans l'Allocalypse: Cl Ils se cachèrent dans les cavernes
et dans les rochers des" montagnes; et ils disaient auz "monta-
gnes et auz rochers: Cacher,.nous de la lace de Celui qui est
assis sur le Trdne, et de la clllère de rAgneau. Il - \'1. Hi, t6 ;
- il est dit de la colère de l'Agneau, parce qu'ainsi leur apparais-
sent la terreur et lelourment à l'approche du SeiKneur. Cela de-
vient encore évident en ce que, IIi quelque impie est introduit dans
le Ciel. où règnent la charité ct la foi au Seigneur. les ténèbres
s'emparent de ses yeux, le vCflige et la folie saisissent son men-
tal, la douleur et la torture envah issant son corps, et il devient
comme prh'é de vie; que serah-ce alors si le Sei~neur Lui-MêlUe
avec son Divin Mérite, qui est la Rédemptioll, et avec sa Divine
Justice, entrait dans l'bomme. Jean l'apôtre ne soutint pas non
plus lui· même la présence du hcigneur, car on lit que, \1 lorsqu'il
flit le Fils de l'homme au milieu des Si'pt Chandeliers, il tomba
ci se& pieds comme mort. Il - Apoc. 1. t7.
,. 64~. Il est dit dans les Décl'I:ts des Conciles," et dans les Arti-
cles des Confessions sur lesqu~ les jurent les Réformés, que Dieu
par l'infusion du m~rile du Cluist justifie l'impie, lorsque cepen-
dant le bien d'un Ange ne Pp.ut pas Dlême être communiqué" à
l'impie, ni à plus forte raison lui êlre conjoint, sans que ce bien
Je soit rejeté el ne rebondisse comme une balle élastique lancée
contre une muraille, ou ne soil enGlouti comme un diamant jeté
dans un marais i et même si quelque chose de vérilablement bQn
é~ait introduit en lui, ce serail comme si une perle était attachée
an Iroliin d'un pourceau; car 'lui ne sait que la clémence ne peUL
être introduite dans la férocilt, ni l'innocence dans la vengeance,
ni l'amour dans la baine, ni III concorde dans la discorde, ce qui
S8!"ait pour ainsi dire meUre eLsemble le Ciel et l'Enfer! L'homme
noo-réBénéré est, quant à SI.n esprit, com.me une panthère ou
comme un hibou, et peut être comparé à l'épine ou à l'ortie; mais
l'homme réiénéré est comm~ une brebis ou comme une co-
lombe, et peut être compart à l'olivier ou au cep; pensez, je
YOus prie, comment un hOl1me-panthère peut être chansé en
UD homme-brebis, ou de bibou devenir colombe, ou d'épine dove-
tBi LA. VRAIE
nir olivier, ou d'ortie devenir cep, par quelque imputation, addi-
cation, application de la justice Divine, qui le damnerait plutOL
qu'elle ne le justifierait? pour que la conversion se fasse, ne faut-
il,pas auparavant ôter le féroce de la panthère et du hibou, ou le
nuisible de l'épine eL de l'ortie, eL implanter a la place ce qui est
véritablement humain et nOD nuisible.! Comment cela s'effectue.
le Seigneur l'ensei.;ne dans Jean, - XV. 1 A7.

Il'!I a Imputation, mais du bien et .lu mal. et ell mAme temps


de la foi.

643. Que ce soit l'Imputation du bien et du mal, qui est enten-


due dans la Parole, quand il y est question d'imputation, on le
,oit par d'innombrables passage:;, qui même ont déj~ été rappor-
tés en parti,,; mais pour que chacun soit certain qu'il n'y a pas
d'autre Imputation, il sera encore présenté ici quelques citaLions
tirées de la Parole:.. Le Fils de fhomme doit venir. et ators il
rendra à chacun selon ses œuvres:» - !Iallh. XVI.!7. - « Ceuz'
qui ont fait de bonnes œuvres sortiront pOUl' une résurrec-
tion de vie. et cellZ quien 01Jl fait de mauvaises, pOlll' une résurrec·
tion de jugement. » - Jean, V. 29. - u Un Livre fut ouvert.
qlli est (le LiVl'e) de la vie, et il& furent jugés tous selon leU1'$
œuvres. 1.1 -Apoc. IX. It, 13. - Il V!Jici,jet'iens 6ient8t. et ma
récompense avec Moi, afin que je donne à cl,acWl selon SOI
œuvre. • - Apoc. XXII. it. - u le ferai la visite sur ses voies,
~i ses œuvres je llii l'étl'ibuerai. » - Hosée, IV. 9. Zach. 1. 6.
Jérém. XXV, H. XXXII. t9. - a Dieu, dans le jour de sa colèle
et de son juste jugement, rendra à cl,acun selon ses :Buvt'es. D -
Rom. U. 3. 6. - a Il nous faut tOllS comparattre devant le nib",-
nal de Ch,'ist, afin ql,e chacun t'eçoive, .elon ce qu'il a fait par le
corps, soit 6ien, soit mal. » - Il. Cor. V. 10. -II n'y a point ~u
~'alllre Loi d'imputatloll dans le commencement de l'Eglise, et il
n'y e,l aura poinL d'aulre dans sa fin ; qu'il n'y en aiL point eu d'u-
tre dans le commencement de l'Église, on le voit par Adam et par
son Épouse, en ce qu'ils ont été condamnés, parce qu'ils avaient
fait le mal en mangeant de l'arbre de la science du bien et d~
RELIGION CHRETIENNE. ' t81S
mal, - Gen. Il et III; - etqu'iI ne doive pas y en avoir d'au tre dans
1. fin de l'ESlise, on le voit clairement par ces paroles du Sei-
sneur: a Quand viendra le Fils de l'homme daM la gloire de
son Pdre, alors il s'assiét"a sur le Trdne de sa gloire, et il dira
au:.r: brebis qui seront à Sil droite: Venez, les bénis de mon
Père, et possédez comme Mritaqe le Royaume préparé pour
IJOW dès la fondation du Monde; t:ar j'ai el' faim, et vous M'a-
"e.z dormé ci manger; j'ai eu so if et val" M'avez donné tl bo;"'e ;
j'étais él"anger, et vous M'avez recueilli; nu, et vous M'aves
vhu ; j'étais malade, et vous M'avez visité: j'étais en prison,
el vous ~tes venus vers Moi. Mais il dü'a au:.r: Boucs placés d sa
gauche,parce qu'ils n'ont pas fait de bonnes qmvres: Retire:&-
t'OUS de JJoi, maudits, dans le feu étemel, préparé au dia6le et
ci ses anges. D - !Iallb. XXV. St eL suiv, - D'après ces paroles,
quiconque a les yeux ouverts peut voir qu'il y a imputation du
bien et du mal. Qu'il y ait aussi Imputation de la Foi, o'est parce
que la charité qui appartient au \lien, et la foi qui appartient DU
vrai, sont ensemble dans les bonnes œu\'res, et que si elles ne soot
pas ensemble, les OEUH6S ne sont pas bonnes, voir ci-dEsssus,
N°l 3i3 A3ii ; c'est pourquoi Jacques dit: Il Ab"aham notre père
Ize fut-il pas justifié par des OEuvres, lorsqu'il offrit son fils sur
f autel? Ne 'Vois-tu pas que la Foi coopérait avec ses œuvres,
et 'lIce par les OEuvres la Foi fitt connue pOlir parfaite, et
qu'ainsi fut accomplie l'Écriture, qui dit: A braham a cru en
Dieu, et cela lui a été imputé à justice? » - Itptt. Il. 21, 22,
2S.
6U. Si par l'Imputation dans la Parole les Chefs des Eglises
Chrétiennes, et par suite leurs subalternes, ont entendu l'Imputa-
tion de la Foi dans laquelle la Juslice et le Mérite du Christ ont
été inscrils, et par conséquent, attribués ft l'homme, c'est parce
que pendant quatorze siècles, c'est-~·dire, depuis le Conoile de
Nicée, on n'a pas voulu entendre parler d'uoe autre foi; cella foi
seuJe s'est donc établie, comme organisée dans leur mémoire, et
par suite dans leur mental; et, depuis ce temps, elle a empruuté
une lumière.. telle qu'est celle d'uu incendie pendant la nuit, lu-
mière d'apràs laquelle cet le foi fut vue comme le vrai théologique
,même, d'où dépendent enchatnés en série tous les autres dogmes,
-
186 LA VRAIE
qui tomberaient en lambeaux, si cette tête ou celle colonne était
ôtée: si donc ils pen!laient à une autre foi qu'à celte foi impula-
live, quand i1tlisent la Parole, c.lle lumière avec toute leur Théo-
10Biqne s'éteindrait, et il s'élèverait des ténèbres dans lesquelles l'E-
,lise Chrétienne Ioule elltière disparaitrait, c'est pourquoi celle
foi a été laissée, comme une souche de racines en terre, après
que larbre a été coupé et détruit, jU8qu'à ce que les sept temps
soient passés, - Daniel. IV. !5. !6, - Aujourd'hui dans l'Église,
parmi les Chefs confirmés, qui est celui qui, lorsque cetle foi est
attaquée. ne se bouclle pas les oreilles comme avec du coton,
de orainte d'entendre parler contre elle? Mais, mon cher Lecteur,
ouvre les oreilles, et lis la Parole, el tu percevras clairement une
foi autre et ulle imputation autre que celles dont lu liS eu jusqu'à
présent la persuasion,
64-"S. Il esl ~tonnalll que, quoique la Parole, depuis le commen-
cement jusqu'à III fin. soit pleine de témoignages et de confirma-
tions qu'à chaque homme sonl imputés son bien et son mal,
néanmoins les dogmatistes de la Religion Chrétienne aienl bou-
ché leurs oreilles comme aveo de la cire, el oint leurs yeux
comme d'un collyre, en sol'le qu'ils n'aient entendu ou n'aienl
vu, el qu'ils n'entendent ou ne voient d'autre Imputai ion que celle
de leur Foi, dont il vient d'être parlé; et cependant celte Foi petit
êtl'e cOR\'cllablemcnl comparée t. la Maladie de l'œil, qui est appe-
lée GOUTTE SEREI!iE. et doit même être Ajuste titl'e nommée ainsi;
celle mliladie est une cécité abgolue de l'œil, produite par robs-
truct:on du Nerf optiqut, el cependant l'œil semble voir complè-
temcnt ; il en e!l~ de mêll l' de ceus: qui sont dans celle foi, ils
marchent comme ayant Il ~ yeux ouverts, et devant les autres il
mble qu'ils voienl tout. tandis que cependant ils ne voient rien,
puisque l'homme ne sait rilm de celle foi quand elle entre, car il
est alors comme une souche, et ensuite il ne fiait si elle est en lui,
et ne sait si en elle il y a quelque chose; et dans la suite il leur
semble même voir très-clairement celte foi concevoir et enfanter
les nobles fœtus de la Justification, t. savoir, la Rémission des pé-
chés, la Vivification, l'Innovation, la Régénération, la. Sanctifica-
tion, lorsque cependant il~ D'en ont vu et n'en peuvent voir aucun
ligne.
T RELIGION CHRÉTIENNE. 187
646. Que le bien qui est la charité, et le mal qui est l'iniquité,
soient imputés après la mort. c'est ce qui m'a été prouvé par toute
mon expérience sur le sort de ceul. qui de ce Monde passent dans
l'autre i chacun. après y être resté quelques jours est examiné
quel il est, par cons~quent quel il a été dans le Monde précédent
quant ~ la religion: cela fait. les examinateurs en font le rapport
. au Ciel, et alors il est transporté vers ses semblables~ par consé-
quent vers les siens; ainsi se fait l'Imputation. Qu'il y ait impu-
tation du bien pour tous ceux qui sont dans le Ciel, et imputation
du mal pour tous ceux qui sont dalls l'Enfer, cela est devenu évi-
dent pour moi d'après l'ordination du Ciel et de l'Enfer par le Sei-
Ineur; tout le Ciel a été disposé en ordre dans des sociétés selon
toutes les variétés de l'amour du bien. et tout l'Enfer selon toutes
les variétés de l'amour du mal. L'Ëglise dans les terres a été pa-
reillement disposée en ordre par le Seisneur, car ulle correspond'
au Ciel i sa religion est le bien. De plus. demande à n'importe quel
homme, ayant de la relision. et doué en même temps de raison,
de quelque partie du Globe qu'il soit. quel est celui qu'il croit
devoir aller au Ciel, et quel est celui qu'il croit devoir aller en
Enfer i et tous répondt:ont d'un commun accord que ceux qui font
le bien iront au'Ciel, et que ceux qui font le mal iront en Enfer.
En outre. qui ne sait que celui qui est vraiment bomme aime un
homme, une réunion d'hommes, une ville et un royaume d'après
, le bien qui est en eux. et non-seulement les hommes, mais en-
core les bêles~ et aussi les choses ·inaniDl~es, telles que maisons.
possessions. champs, jardins, arbres. forêts. terres. mêDle les
métaux et les pierres, d'après leur bonté et leur lisage. le bien et

l'usage sont un? Etle Seigneur n'aimerait pas l'homme el l'Eglise
d'après le bien 1
188 LA. VR.UE

La Foi et l' lmputatitJII. de la Nouvelle Église ne peuvent nu/le-


me'" ~tre de compagnie avec la foi e' l'imputation de la prl-
cédente Église; e' si elles sont ensem61e~ il se lait une telle
collision et un tel conflit, que le tout de l'Église cha l'homme
périt,

647. Si la Foi el l'Impulation de la nouvelle Eslise ne peuvent


êlre de compagnie avec la foi et l'imputation de l'Eglise précé-
dente ou qui dure encore, c'est parce qu'elles ne sont pas d'accord
en ulle tl'oisième partie, ni même en une dilième; car la foi de la
précédente Église enseigne que de toute éternité il a existé trois
Personnes Divines. dont chacune en particulier ou par elle-même
serait Dieu, tout autant de Créateurs; mais la foi de la DOllvelle
Eglise est. que de toute éternit~ il ya eu lieulement une seule Per-
sonne DÎ\rine. ainsi un seul Dieu, et qu'outre ce Dieu il n'yen a
point d'autre: la foi de la précédente Eglise a donc présenté une
Divine Trinité divisée en trois Personnes; mais la foi de la nou-
velle Eglise présente une Uivine Trinité unie dans une seule Per-
sonne, La foi de la précédente E~lise a été en un Dieu invisible,
inaccessible et inconjongible. dont elle a eu une idée telle que
celle qu'on a d'un Esprit, c'est-à-dire, telle que celle qu'on a de
l'éther ou du vent; mais la foi de la nouvelle Eglise est en Dieu
visible, accessible et conjongible, dans lequel il y a, comme l'âme
est dans le corps~ Dieu invisible, inaccessible et inconjonsible, du-
quel elle a l'idée d'un homme parce que Dieu un, qui a été de
toute éteruité, a· été Cait Homme dans le temps. La Coi de la précé-
dente Eslise attribue au Dieu invisible la toute-puissanee~ et
l'ôte au Dieu ,risible, car elle enseigne que Dieu le Père impute la
foi, et par eUu donne la vie éternelle, et que le Dieu visible inter-
cède seulemont, et que l'un et l'autre, ou selon l'Eglise Grecque
Dieu le Père donneà l'Esprit Saint, qui est dans l'ordre un ll'oi-
sième Dieu par lui-même, toute puissance d'opérer les eft'ets de
cette foi; mais la foi de la nouvelle Eglise allribue ~ Dieu "isible,
dans lequel est Dien invisible, tonle puissance d'imputer et all~i
d'opérer les effets du salut. La, foi de la précédenLe Eslise est
T RELIGION CHrutTIENNE. i89
principalement en lin Dieu Créateur, et non en même temps en
~ui comme Rédempteur et Sauveur i mais la foi .de la nouvelle
Eglise est en un seul Dieu, qui est tout il la fois Créateur, Ré-
dempteur et Sauveur. La foi de la précédente Eglise esL que 13. Pé-
Ditence, la Rémission des péchés, la Rénovation, Ja Régéuération.
la Sanctification et le Salut suivent d'eux-mêmes la foi donnée et
imputée, et cela, sans que rien de J'homme y soit mêlé ou con-
joint; mais la foi de la nouvelle Eglise enseigne la pénitence.]a
réformation, la ré~énération, et ainsi la rémission des péchés,
l'homme y coopérant. La foi de la précédente Eglise affirme qu'il
y a imputation du mérite du Christ, implltalion que la foi donnée
embrasse; mais la foi de la nouvelle Eglise enseigne qu'il y a im-
putation du bien et du mal, et en même temps de Ja foi, et que
celle imputation est conforme il l'Ecriture Sainte, mais que l'autre
y est contraire. La précédente E~lise soutient qu'il y a donation
de la foi, dans laquelle est le mérite du Christ, quand l'bomme
est cOlllme IIne souche ou une pierre, et soutienL aussi qu'il ya
totale impuissance de l'homme dans les choses spirituelles i mais
la nouvelle Eglise enseigne une toute autre foi qui est non dans Je
mérite du Christ, mais en Jé!lus-Christ Lui-!Iême Dieu Rédemp-
teur et Sauveur, eL soutient qu'il y a libre arbitre tant pour s'ap-
pliquer il la réception que pour coopérer. J.a précédente Église ad-
joint il. sa Coi la charité comme appendice, mais non comme salvi-
fique. et constitue ainsi la religion; mais la nouvelle Eglise con_
joint la Coi au Seigneur et il. la charilé il l'égard du prochain, comme
deul choses in5éparables, et constitue ainsi la Religion; sans par-
ler de plusieurs autres discordances.
648. Par celle courte revue' de discordances ou dissentiments,
il est évident que la foi et l'imputation de la nouvelle Église ne
peuvent nullement être de compagnie avec la foi et l'imputation
de l'Église précédente ou qui dure encore; et comme il y a entre
la foi et l'imputation de l'une et de l'autre Église une teUe discor-
dance et un tel dissentiment, il y a une complète bélérogénéité;
si donc elles étaient ensemble dans le mental de l'homme, il se
ferail une telle collision el un connit, que le tout de l'Église
périrait. et que dans les choses spirituelles l'homme tomberait ou
en délire ou en défaillance; de Il il ne saurait ce'que c'est que l'E-
-
190 LA. VRAIE
glise, ni s'il y a une Église i est-ce qu'alors il saurait quelque chose
d. Dieu, quelql1;e chose de la foi, et quelque chose de la cbarité r La
foi dela précédente Église, parce qu'elle a exclu toute lumière pro-
venant de la raison, peuL être comparée à une chouette i mais la foi
de la nouvelle ÉSlise peut être comparde à ulle colombe qui vole en
plein jour, et voit par 1a lumière du ciel i c'est pourquoi leur con-
jonction dans un même mental serait comme la conjonction d'une
choueLle et d'une colombe daus un même nid, où la chouetle pon-
drait ses œufs, et la colombe les siens; après l'incubation les pe-
lils écloraient, et alors la chouette déchirerait les petits de la co-
10\JJbe, et les ,lonnerait en llilture à ses petits; car la chouette est
un oiscau \'orace. La foi de la précédente Eglise étant décrite dan s
l'Apooalypse, Chap, XII, par le dragon, et la Coi de la nouvelle
Église. par la femme enveloppée du soleil, sur la tête de laquelle
est une couronne de douze étoiles, on peut conclure de la compa-
raison, quel serait l'état du mental de l'homme, si elles étaient
ensemble dans la même maison, à savoir, que le dra'gon s'arrête-
raiL devant la femme prête d'ae.coucher pour dévorer son enTant.
eL qu'après que la femme se serait envolée dans le désert, il la
poursuÏ\'rait, et lancerait de l'eau comme un fleuve sur elle. afin
qu'elle fût submergée.
61-0. Semblable chose arriverait, si quelqu'un embrassait la foi
dc la nouvelle Eglise, el relenait la Coi de la précédente Église sur
l'Imp Italion du mérite cl dela justice du Seigneur; car de cetLe foi-
ci, corume racine, repousseraient comme rejetons lous les dogmes
de la pl'écédente Eglise: si cela arrivait. ce serait, par comparai-
son. comme si quelqu'un sc dégageait de cinq cornes du dragon
et s'engageait dans les cinq autres; ou cotnme si quelqu'un fuyait
un loup, et tombait sous un tigre i ou comme si quelqu'un. sor-
tant d'une COAse où il Il'y a point d'eau. tomb:lit dans une fosse
pleine d'ean, où il serait suJ>ruergé; car ainsi il reviendrait facile-
ment dans loutes les erreurs de la précéJ~nLe Coi, qui ont été e1-
pOS~3S ci-dessus. et alors dans cetle erreur d1rnnable de s'imputer
et dt. s'appliquer les Divins mêmes du Seigneur, 'lui SOilt la Ré-
demption el la Justice, .qu'on peut adorer et non s'appliquer; ear
si l'homme se les imputait el se les appliquait. il serait consumé
comme s'il élait jeté dans le soleil DU, dont cependant la lumière
r RELIGION CHRÉTIENNE. 191
et la chaleur le fonl voir et vivre par le corps: que le Mérite du
Seiineur soit la Rédemption, el que la Rédemption et la Juslice
du Seiioeur soienL d~Ul Divins, qui ne penvent être conjoints il
'l'homme, c'est ce qui a été montré ci-desslls. Qne chacun se garde
donc de transporter J'imptllation de la précédente Église dans
l'imputation de la nouvelle Église, puisque cela serait une source
d'effets tragiques qui s'opposeraient à son salut.

~ Seigneu'l' impute à tout homme le 6ien, et f Enfer impr,te à


tout ho."me le mal.

650. Que le Seisneur impute l l'homme le bien et ne lui IIn-


, rute aucun mal, et que le diable, par lequel est entendu l'Enfer,
impute fi. l'homme le mal et ne lui impute aucun bien, cela est
nouveau dans l'Église; si cela est nouveau, c'est parce que dans
la Parole on liL en beaucoup d'endroits que Dien se met en colère,
se venge, a de la haine, damne, punit, jette dans l'enfer, tente,
toutes choses qui appartiennent au mal, ot par slIite sont des
maux; mais que le sens de la lettre de la Parole ait été composé
de choses, qui sont appelées apparences eL correspondance, dans
le buL qu'il y ait conjonction de l'Église EXlerne avec. l'Église In-
terne, par ~nséquent du Monde avec le Ciel, cela a été monlré
dans le Chapitre sur l'Écriture Sainte; et il y a aussi ét6 montré
que, quand de telles expressions sont lues dans la Parole. les ap-
. parenees du vrai, en passant de l'homme jusqu'au Ciel. sont elles-
mélOes cllangéell en des vrais réels, qui sont, que jamais le Sei-
Bncur ne se met en colère, De se "eugc, n'a do la haine, ne damne.
ne punit. ne jette dans l'enfer, ne tenle, que par conséquent ja-
mais il ne fait de mal fi. l'homme; j'ai très-souvent remarqué cette
transmutation et ce r8m'ersemenL dans le 1I10nde Spirituel.
61H. La raison elle-même convient que le Saigneur ne peut
faire de mal à aucun bomme, ni par conséquent lui imputer le
mal. car le Seigneur est l'Amour Même, la l\lisdricorde Même,
ainsi le Bien ~Iême, et ces qualilés appartiennent l sa Divine Es-
sence; c'est pourquoi attribuer au Seigneur le mal ou quelque
ebose du mal, ce serail contraire l sa Divine Essence, et ainsi
192 LA VRAIE
contradictoire, et ce serait aussi abominable que de conjoindre le
Seisneur U8C le diable, et le Ciel avec l'Enfer, quand cependant
« tcn gouffre immense a été étaMi entre eltz, de sorte gue ceuz
qui veulellt traverser de celui-Id d celui-ci ne le peuvertt, non
plus gue de celui-ci d celui-là on ,te peul passer. D - Luc,
1 i XVI. 26. - Un AnBe du Ciel ne peut pas même Caire du mal à
,1 quelqu'un, parce que l'essence du bien provenant du Seigneur
est en lui; et vice versd un esprit de l'enfer ne peut faire que du
mal ~ autrui, parce que la nature du mal provenanL du diable est
en lui i l'essence ou la nature que quelqu'un s'esL appropriée dans
le Monde ne peuL pas être changée après la mort. Pense, je te
prie, quel serait le SeigDeur, s'il regardait les mécllanls avec co-
,1ère et les bons avec clémence i il Ya des méchants par myriades
de myriades, et des bons par myriades de myriades '; et s'il sauvait
ceux-ci par grâce eL damnait ceux-là par vengeance, et considé-
rait les uns et les autres d·uo œil si différent, doux et dur, pi-
toyable et impttoyable, que serait alors le Seigneur Dieu! Qui
est-ce qui n'a pas été instruit par les prédications dans I~s Temples,
que tout bien, qui est en lui-même le bien, vient de Dieu, et qu'au
contraire tout mal, qui est en lui-même le mal, vient du diable 1
Si donc quelque homme recevait ct le bien et le mal, le hiq,n d'a-
près le Sei6neur, et le mal d'après le diable, et l'un et l'autre par
volonté, ne deviendrait-il pas ni froid ni chaud, et ne serait-il pas
ce tiède, qui est vomi, selon les paroles du Seigneur dans l'Apo-
calypse r -III. US, t6.
6S!, Que le Seigneur impute le bien • tout homme, et n'im-
pute le ID al • qui qlle ce soit, qu'ainsi il ne condamne personne
à l'Enfer, mais élève vers le Ciel tous les bommes, en tanL que
l'homme le suit, on le voit par ses propres paroles: • Jésus dit:
Quand j'aurai élé ~levé de la terre, tous les hommes i' attireraI
vers Moi, • - Jean, XII, 32. - cc Dieu a envoyé SO'll Fils dans
le Monde, non pour juger le Mon'de, mais pour gue le MOllde
soil sauvé par Lui; celui gui croie en Ltci n'est point jugé, mais
celui qui ne croit point a déjd élé jugé. D - Jean, Ill, t 7, -18,
- • Si guelqu'u,., enlend mes paroles et cepe7ldant '~e croil
point, Moi, je ne le juge paine; car je suis venu nOll pour juger
le Monde,' mais pou,. sauver le Monde; celui gui Me mépr,ise,

RELIGION CHRÉTIENNE. ,193
et ne reçoit point mes paroles. il a qui le juge, la Parole que
j'ai prononcée le jugera au dernim·jour . • - Jean, XII. 47. 48.
- ft Jésus dJt: Moi, je ne juge pel·sonne. » - Jean, VIII. ilS;
- par le Jugement. ici et ailleurs dans la Parole. il est entendu
le jugemenlilour l'Enfer. c'est-à-dire, la damnation; mais à "é-
sard de la salvation, il est dit la résurrection l la vie, et non le
jugement. - Jean, V. 2.1. !9, Ill. :t 6 i - par la Parole qui jUiera,
il est entendu la Vérité. et la ,'érilé est que lout mal vient de
l'Enfer, et qu'ainsi le mal et l'Enfer sont un; c'est pourquoi pen-
dant que le mêchant est éle\'é par le Seigneur nrs le Ciel, son
mall'entralne en bas; et comme il aime le mal, il la suit lui-mêmo
de son plein gré: c'est lIu5si une vérité dans la Parole, que le Bien
est le Ciel, c'est pourquoi pendant qlle le bon est élevé par le Sei-
gneur vers le Ciel. il monte lui-même comme de son plein gré. et
il est introduit; les bons sont diLS avoir été écrits dans le Livra de
vie •. - Dan. lU. t. Apoc. lm. 8. XVII, 8. XXI. !7. - Il ya en ac-
tualité une sphère l'ar laquelle tous sont élevés vers le Ciel, ell e
procède cORtinuellement du Seigncur, et rcmplit tout le l\follde
spirituel et tout le Monde naturel; et elle est comme une forte
veine dans l'Océan. qui, sans qu'on ie sacbe, entraine le navire; •
tous ceux qui croient au Seigneur, et vivent selon ses préceptes,
entrent dans cctte sphère ou veine, et sont élevés; mais ceux qui
ne croient pas ne veulent pas y entrer; ils se rejettent sur les
CÔlés, et ils y sont saisis par un torrent qui cOllduit ll'Enfer.
633. Qui ne sait que l'agnean ne peut agir que comme un
agnea u. et la brebis que comme une brebis; que d'un autre côté,
le loup ne peut agir que comme un loup, elle tigre que comme un
tigre? Si ces bêles étaient mêlées ensemble. le loup ne dé\'ore-
rait- il pas l'agneau, et le tigre la brebis? C'est pour cela qu'il y a
des bel'gers pour veiller. Qui ne sait qu'uoe fontaine d'eau douce
ne peut faire jaillir de sa source des eau!. amères, et qu'un arbro
b on ne peut produire des fl'uiis mauvais; que le cep ne peut pi-
quer comme l'épine. la fleur de lis causer une douleur vive comme
l'ortie, ni l'hyacinlhe déchirer comme le chardon r et vice vm'sd;
c'est pourquoi ces mauvaises plantes soot arrachées des champs.
des vignes et des jardins. et sont jetées en monceaui dans le feu.
Il en est de même des méchants qui arrivent dans Je Monde Spi ..
Il. l3.
-
t9' LA. VRAIE
rituel, selon 163 paroles du Seigneur. - Mallh. XIII. 30. Jean. XV.
6. - Le Seigneur a dit aussi aUI Juifs: • Race de vipères, com-
ment pouvez-vous de lJo7lnes choses prononcer, puisque méchants
vous ~tes ? L' homme bon dit bon trésor de SOli cœur tire de
60rtnes choses, et l'homme méchant de son mauvais trésor tire
de mauvaises choses • • - Malth. XD. 34, 3S.

La Foifait la sentence à !égard de ce avec quoi elle se conjoint;


si la vraie foi se conjoint avec le bien, la se7&tence est pour
la vie éternelle; mais si la foi se conjoint avec le mal. la sen-
tence est pour la mort éternel/e.

634. Le.; œuvres de la charité qui sont faites par le chrétien, et


celles qui sont faites par le paien, se présentent slmhlables dans la
forme elterne; car l'un, de même que l'autre, fail Al'égard du COD-
citoyen les biens de la civilité et de la moralité, qni eu I,artie sont
semblibles aux biens de la charité l l'égard du prochai. i et même
ils peuvent, l'un comme l'autre, donner aux pauvres, secourir les
• indigents, el entendre les instructions dans les temples; mais qui
est-ce qui peut par là juger si ces biens externes lIont selDblables
dans la Corme interne, ou si ces biens naturels sont aussi spiri-
tuels r Sur ce point, on ne peut conclure que d'après la Coi, car la
foi les qualifie; eD efret, la Coi rait que Dieu est dans ces biens el
les conjoint avec lui dans l'homme in~rne, d'où il arrive que les
biens naturels deviennent inLérieurement spirituels. Qu'il en soit
ainsi, on peut le voir plus pleinement dans le Chapitre sur la 'Foi,
où sont démontrées les propositions suivantes: La Foi ne vit pas
avant If avoir été conjointe à la charité. La charité devient spi-
rituelle par la foi, et la loi devient spirituelle par la charit/.
La foi sans la charité, parce qu'elle n'est pas spirituelle. n'est
point la foi; et la charité sans la foi, parce qu'elle ne vil pas,
R'est point la charité. La foi et la charités'appliquent et" con-
joignent mutuellement et réciproquement. Le Seigneur,. la CA.,
r
rité et la Foi fonl un, comme la vie, la volonté et entende..
ment; et, s'ils sonl divisés, chacun est perdu, comme une perle
réduite en poudre.
RELIGION CHRaTIENNE 195
666. D'après ces propositions, en peut VIiI' que la foi en un
leul et vrai Dieu fait que le bien est Je bien aussi dans la forme
interne, et qu'au contraire la foi eq un faul Dieu fait que le bien
est le bien seulement dans la forme exteroe, ce qui n'est pas le
bien en lui-même; ainsi était autrefois la foi dis ientils en Jupiter.
Junon et Apollon, celle dc:s Philistins en Daion. et des autres en
Baal et Baalpébor, celle de Biléam le 'Iagicien en son Dieu, et celle
des ËCPliens en un S'rand nombre' de dieux. Il en est tout autre-
ment de la foi au Seigneur, qui est le vrai Dieu et la vie éternelle,
selon Jean, - Éplt. V. il ; - et en qui toute la plénitude de la
Divinité habite corporellement, selon Paul, - Éplt. Coloss. Il. 9.
- Ou'esl-ce que la. Coi en Dieu, sinon l'aspect et par suite la pré-
sence de Dieu. et en même temps la confiance qu'il aide! et qu'est-
ce que c'est que la vraie foi. sinon la foi au vrai Dieu et en même
temps la confiance que lout bien vient de Lui, et qu'il fait que son
bien devient salvifique? C'est poul:quoi, si cette Coi se conjoint avec
le bien. la sentence est pour la vie éternelle; il en est lout autre-
ment si elle ne se conjoint pas avec le bien, et l plus forte raison
si elle se conjoine avec le mal.
6S6. Quelle est la conjonction de la charité et de la foi chez
ceux qui croient en trois Dieux, et cependallt disent croire en un
seul, cela a été montré ci-dessus, l Saloir, que la charité se con-
joint avec la foi seulement dans l'homme externe-naturel; et cela,
parce que son mental est dans l'idée de trois Dieux, et que sa bou-
che est dans la confeslion d'un seul Dieu; si done Je mental s'in-
Cusait à l'inslant même dans la confession de la bouche, il chas-
serait l'énonciation d'un seul Dieu et il ouvrirait les lèvres et en
Cerait sortir ses trois Dieul.
657. Que le mal et la foi en un seul et vrai Dieu ne puissent
être ensemble" chacun d'après la raison peut le ,'oir. car le mal
est contre Dieu, et la foi est pour Dieu; or le mal appartient lia·
volonté, et la foi 1 l'entendement, et la volonté influe dans l"eo-
tendement et le fait penser. mais non vice versd; l'entendemenl.
enseigne seulement ce qu'il faut vouloir et·ce qu'il faut faire; c'es&
pourquoi le bien. qU'UD tel homme fait. est 8n lui-même le mal;
c'est comme un os brillant dont la moelle est pourrie; c'est comme
sur le thé4tre un histrion qui repr6sente un srand personnage;
.
!96 LA VRAIE
c'est oomme le visage graoieux d'une prostiluée surannée; c'est
comme un papillon aux ailes argentées qui dépose ses œurs sur
les feuilles d'un bon arbre, ce q~i cause plus tard la perle de toul
'. son fruit; o'est comme la Cumée odoriférante provenant d'une
herbe empoillonnée ; enfin, o'est oomme un brigand moral, et un
délateur pieu! : o'est pourquoi son bien, qui en lui-même est le
mal, esL intérieurement dans la chambre, tandis que sa Coi, qui
.marohe et résonne dans le \·ëstibule, est UDe pure chimère.. un
fantôme et une bulle de savon. D'après oela on voit olairement la
vérité de celle proposition, que la foi Cait la sentence à l'éiard do
bien ou du mal, qui lui est oonjoint,

La Pensée n'est imputée à personne.. mais la Volonté est


imputée.

65ft Tout homme Érudit sait 'qu'il y a deux facultés ou deux


parties du Mental, la Volonté et l'Entendement, mais il en est peu
qui sachent avec jnstesse les discerner, en .examiner séparément
les propriétés, et ensuite les conjoindre; oeux qui ne le peuvent
pas, ne peufent non plus acquérir sur le mental qu'une notion
très-obscure; si donc les propriétés que chacune de oes deux fa-
cultés a par elle-mème ne sont pas d'abord déorites, celle propo-
sition, que la pensée n'est imputée à personne, mais que la volonté
est imputée, ne sera pas saisi~, Les propriétés de l'une et de l'autre
.sont, en abrégé, oelles-ci: 1° L'amour lui-même, et les ohoses qui
appartiennent à l'amour, résident dans la volonté; la science,
1'intelligenoe et la sagesse résident dans l'entendement, et la vo-
lonté leur inspÏl'e son amour, et produit la faveur et l'assentiment;
il en résulte que tel est l'amour et par suite l'intelligence, tel est
.l'homme. 2° De là résulte encore que tout bien, et aussi tout mal,
appartient à la volonté; en effet, lout ce qui procède de l'amour
est appelé bien, quand même ce serait le mal, oar 10 plaisir qui
fait Ja vie .de l'amour produit oela; la Volonté par ce plaisir en Ire
dans l'entendement et produit le consentement. 30 La Volonté est
do no l'être ou l'essence de la vie de l'homme, ell'EnlendemenL
en est l'exister ou l'existence: et comme l'essence D'est rien si
T
RELIGION CHImTIE~NE. t9T
elle n'est pas dans une forme. de même la volonté D'est rien si
elle n'est pas dans l'entendement; c'est pourquoi la volonté se
forme dans l'entendement, et ainsi se produit dans la lumière.
4·, L'Amour dans la volonté est la fin. et dans l'entendement il
cherche et trouve les causes par lesquelles il s'avance vers l'eft'et i
et comme la fin est ce qu'on se propose et ce qu'on a en intention,
elle est aussi ce que se propose la volonté, et par l'intention ella
entre dans l'entendement, et le pousse il. tourner et retourner les
moyens, et l conclure des choses qui tendent aUI effets. Ba Tout
propre de l'homme est dans la volonté, et ce propre est le mal par
la première naissance, et devient le bien par la seconde; la pre-
mière naissance vient des parents, mais la seconde vient du Stti-
sneur. D'après cet exposé sommaire on peut voir que, autre est
la propriété de la Volonté, et autre celle de l'Entendement, et que
par création elles ont été conjointes comme l'être et l'exister; qne
par conséquent rhomme est homme en premier lieu par la vo-
lonté, et en second lieu par l'entendement; de Il vient qu'à
l'homme est imputée la volonté, mais non la pensée, par consé-
quent le mal et le bien, parce que, comme il a été dit, le"lIIal et
le bien résident dans la volonté, et par suite dans la pensée de l'en-
tendement.
639. S'il n'est imputé à l'homme aucun des maUI qu'il pense,
c'est parce que l'homme a été créé de tello manière, qu'il peut
eomprendre et par suite penser le bien ou le mal, le bien d'après
le Seigneur, et le mal d'après l'EnCer, car il est dans le milieu, eUI
a la Caculté de choisir l'uu ou l'autre d'après le libre arbitre dans
"les choses spirituelles, dont il a été traité en son lieu i et comme
il Il la faculté de choisir nec liberté, il peut vouloir et ne pas 'fOU-
loir, et ce qu'il veut est retu par la volonté et est approprié. mais ce
qu'il ne veut pas n'est pas reçu et par conséquent n'est pas appro-
prié. Tous les maux vers. 16llquels l'homme incline par naissance
out été inscrits dans la volonté de son hemme naturel; ces maux,
en tant qu'il en tire de là, influent dans les pensées; de même les
biens avec les vrais y inftuent d'en haut par le Seiineur ; et ils "1
sont pesés comme des poids dans les plateaux d'une balance; si
alors l'homme adopte les maUI, ils sont reçus par la volonté ao-
. eienne, et ils s'ajoutent aux maUI de celte volonté; mais s'il adopte
-
LA VRAIE
les biefis avec les vrais, il est Cormé par le Seigneur une nouvelle
l'olonté et un nou\'el entendement au-dessus de la volonté an-
cienne, el le Seigneu; y implante successivement de nouveaUI
biens par des vrais, et par ceul-ci il subjuBue les maui qui sont
au-dessous et les éloiine, et il dispose toutes choses dans l'ordre.
D'après cela, il est encore évident que la pensée est ce qui purifie
et tamise les maux qui viennent des parents; si donc les maul
que l'homme pense étaient imputés, il ne pourrait être fait ni ré-
formation, ni régénéralion. "
660. Puisque le bien appartient à la volonté el le \'rai ll'en-
tendemenr, et que dans le Monde une multitude de choses cor-
respon~ent au bien, comme les fruits eL les usages, et que l'im-
putation elle-même correspond à l'estimation et au prix, il s'en-
suit que ce qui a été dit ici de l'imputation peuC être comparé
avec toules les choses créées; car, ainsi qu'il a déjil été montré ç4
et là, tout dans l'univers se rétère au bien et au \'rai, et, dans un
autre sens, au mal et au faux, "La comparaison peut donc ~tre
faite avec l'Ëglis.e, en ce qu'elle est réputée Église d'après la cha-
rité et la foi, et non d'après les rituels qui y sont adjoints La
.comparaison peut aussi être faite avec un ministre de l'Église,
en ce qu'il est estimé d'après sa volon lé et son amour, et en
même temps d'après son entendement dans les choses spiriluelle~.
et non d'après son affabilité et son vêlement. 11 y a au~si compa-
raison avec le culte et le lemple dans lequel" il est fait; le ciJlte
lui-même se f.dt dans la V0101lt6, et dans l'entendemeut comme
dans son temple, eL le temple est appelé saint non d'après lui-
même, mais d'après le Divin qu'on y enseigne; il Y a' encore com-
paraison avec un Gouvernement, qui est aimé, quand le bien règne
et en même temps le vrai, mais non qu-and l'ègne le \'-rai sans le
bien. Qu"i est-ce qui juse d'un roi d'après ses gardes, ses chevaux
el ses chars, et non d'après le Sentimel!t Royal qu'on sait exister
en lui? le Sentiment Royal appartient à l'amour et li la prudenc..
de gouverner. Dans un triomphe, qui est-ce qui ne regarde pas le
Conquérant eL a'après la conquérant la pompe, au lieu de juger
du conquérant d'après la pompe? on juse donc d'allrès l'essentiel
le formel, et non d'après le formel ['essentiel; la volonté est l'es-
sentiel, eL la pensée est le Cormel j eL personne ne peuL imputer
RELIGION CBIŒTIENNE. 199
lu rormel qne ce qu'il lire de l'essentiel, ainsi on impute l celui-ci et
lion à celui-là.•
• • • • ..
66t. Aux" explications de ce chapitre j'ajouterai ces MÉMORA-
BLES: PRElllER MÉMORABLE. Dans la Plage septentrionale supé-
rieure près de l'Orient, dans le Monde Spirituel, il y a des lieus.
d'instruction pour lea enfants, il y en a pour les jeunes bommes,
il y en a pour les hommes adultes, et aussi pour les vi~illards ;
tous ceux qui meurent dans leur enrance sont envoyés dans ces
lieux, et leur éducatioD se rait dans le Ciel j là aussi sont envoyés
tous ceux qui arrivent nouvellement du Monde, et qui désirent
des connaissanc!ls sur le Ciel et sur l'Enrer : celle Contrée est"prèi
de l'Oriont. afin que tous soient instruits par l'inftux procédant du
Seigneur; car le Seigneur est l'Orient, parce qu'il esll.\·dans le
Soleil, qui par Lui est pur Amour; de là, la Chaleur de ce Soleil
est dans son essence l'Amour, el la I.umière qui en procède est
dans son essence la Sagesse; ces deux I:hoses procédant de ce
Soleil sont inspirées par le Seigneur à ceux qui sont instruits, çt
elles sont inspirées selon la réception, el la réception est selon l'a-
mour d'être sage. Après le temps d'instruction, ceux qui sont de-
venus intellisents sont congédiés et sonl appelés disciples du Sei-
Ineur ; ils sont d'abord envoyés de là dans l'Occident, et ceux qui
ne resto pas dans cette pla~o sont envoyés dans le !Iidi, et quel-
ques-uns par le Midi dans l'Orient, et ils sont introduits dan s les
Sociétés où doivent être leurs demoures. Un jour, pendant que
je méditais sur le Ciel et sur l'Enfer, je commençai à désirer
une universelle connaissance sur l'élat de l'un et do l'autre, sa-
cbant que celui qui connaU les universaux peuL ensuite saisir les
singuliers. parce que ceux-ci sont dans ceux-l~ comme des parties
sont dans le commun. Dans ce désir, je portai mes re~ards vers
celle Contréc dans la plage septentrionale près de l'Orient, où
étaient les Lieux d'instruction; et, par un chemin qui me fut alors
OU\'ert j'y allai, et j'entrai dans un ColléBe oil étaient de jeunes
hommes; et je m'adressai aux principaux Maltres qui instrui~
saient, et je leur demandai s'ils connaissaient des universaux sur
le Ciel et sur l'Enrer; et ils répondirent: Il Nous en connaissons
peu; mais si DOU! resardons du côté de l'Orient vers.le Seisneur.
-
200 L.~ VRA.IE
nous serons illustrés et nous saurons. Et ils regardèrent du côt6
JI)

de l'orient vers le Seigneur, et ils dirent: • Il Ya trois Universaux


de l'Enfer; mais les Universaux de l'Enfer SODt diamétralement
opposés aux Universaux du Ciel; les Universaux de l'Enfer sont
ces trois Amours: L'Amour de dominer d'après l'amour de soi ;
l'Amour de posséder les biens des autres d'après l'amour du
monde; et l'Amour scortatoire: les Universaux. du Ciel qui leur
sont opposés sont ces trois amours: l'Amour de dominer d'après
l'amour de l'usage ; l'Amour de posséder les biens du monde d'a-
près l'amour de faire des usages par ces biens; et l'Amour vrai-
ment Conjugal. • Après ces paroles et un souhait de paix, je m'eD
allai et revins chez moi. Lorsque je fus chez moi, il me fut dit du
Ciel: u Examine ces trois UnÏ\'ersaux en dessus et en dessous, et
ensuite. nous les ,'efl'ons dans la main •• Il m'était dit: u Dans ta
main," paree que toutes les choses que l'homme el8mine par
l'entendement apparaissent aux. Anges comme inscrites dans les
mains. C'est pour cela que, dans l'Apocalypse, il est dit recevoir
un Caractère sur le front et sur la main, - Chap. XIII. t6. XIV. 9.
XX.4.
Aussitôt, j'examinai le Premier Amour universel de l'Enfer, qui
était l'Amour de dominer d'après l'amour de soi, et ensuite l'A-
mour universel du Ciel, qui y correspond, c'est-à-dire, l'Amour de
dominer d'après l'amour des usages; en etret, il ne me fut pas
permis d'examiner l'un de ces amours sans examiner J'autre,
parce qne l'Entendement ne perçoit pas l'un sans l'autre, car ils
son t opposés; c'est pourquoi, pour que l'un et l'autre soient per-
çus ils doivent être placés en opposition, l'un contre l'autre; car
un visage beau et régulier brille avec éclat quand on lui oppose un
visage Jaid et difforme. Lorsque j'eus bien examiné l'Amour de
dominer d'après l'amour de soi, il me fut dOdné de percevoir que
cet Amour était infernal au suprême degré, et par suite chez ceux
qui sont d~ns l'Enfer le plus profond; et que l'Amour de dominer
d'après l'amour des usages était céleste au suprême degré, et par
suite chez ceux qui sont dans le Ciel suprême. Si l'Amour de do-
miner d'après l'amour de soi est infernal au suprême degré, c'est
parce que dominer d'après l'amour de soi, c'est dominer d'après
le propre; or le propre de J'bomme est par naissance le mal même~
T
RELIGION CHRÉTIENNE. !Ol
et le mal même est diamétralement contre le Seigneur; c'est pour-
quoi plus on fait de progrès ·dans ce mal, plus.on nie Dieu et les
choses saintes de l'Eglise et plus on s'adore soi-même et la nature;
que ceux qui sont dans ce lDal examinent cela en eux, je les en
prie, et ils verront: cet amour aussi est tel que, autant on lui lA-
che les rênes, ce qui arrive lorsque l'impossible n'y fait pas ob-
stacle, autant il s'élance de degré en degre, et jusqu'lin plus baut ;
et il ne se borne pas là, mais s'il n'y a pas lin degré plus élevé, il
se plaint et gémit. Cet amour, chez les Politiques, Illonte au point
qu'ils ,-ou draient être Rois et Empereurs; et, s'il était possible,
dominer sur le monde entier, et être appelés rois des rois et empe-
reurs des empereurs; et, ebez les Ecclésiastiques, ce m~me Amour
monte li un tel point, qu'ils voudraient être des dieux, et en tant
qu'il est possible, dominer sur le Ciel entier, et être appelés dieux.
Que ni les uns ni les autres ne reconnaissent de eœur aucun Dieu,
on le verra dans re qui suit. Mais, au contraire, ceux qui veulent
dominer d'après l'amour des usages, veulent dominer non d'après
eux-mêmes, mais d'après le Seigneur, parce que l'Amour des
usages vient du Seigneur, et est le Seigneur Lui-Même; ceux-ci
ne regardent les dignités que comme des moyens pour faire des
uS3Bes; ils placent les usages bien au-dessus des dignités, tandis
41ue les premiers placent les dignités bien au-dessus des usages_
Pendant que je méditais.sur ce sujet, il me fut dit par un Ange
d'après le Seigneur:•• Maintenant. tu vas ,·oir. et d'après la.vue
tu te confirmeras quel est cet Amour inCernal. • Et alors la terre
s'ouvrit tout-l-coup li gauche, et je ,ois monter de l'Enfer un dia-
hie la tête couverte d'un bonnet carré enfoncé sur le Cront jus-
qu'aux yeux, la face pleiQe de pustules comme celles d'une fièvre
ardente, les yeux hagards, la poitrine gonflée en rhombe; de sa
boucbe il lançait de la fum~e comme une fournaise, ses lombes
étaient entièrement i~nés; au lieu de pieds il avait des ta!ons os-
seux sans chair, et de son corps s'exhalait une cbalellr infecte et
immonde_ A sa \'ue je fus effrayé, et je lui criai: • N'approche
point; dis-moi d'où tu es .• Et il répondit d'une voixrallque: cc le
suis des enfers, et j'y demeure avec deux ceuts autres dans une
Société, qui est la plus éminente de toutes les sociétés; là, nous
sommes tous empereurs des empereurs, rois des rois, ducs des
202 LA VRAIE
ducs, eL princes des princes i nul n'y est simplement empereur.
simplement roi, duc, prince; nous y sommes assis sur les trônes
des trOnes, et de 11 nous envoyons nos ordres sur tout le globe,
et au-delà •• Alors je lui dis: • Ne vois-lu pas que la fantaisie de
la prééminence te fait déraisonner! • et il me répondit: • Comment
peul-tu parler ainsi? car nous nous voyons nous-mêmes tels, et
IIOUS sommes aus.~i reeonDlIS tels par nos compagnons. 1) A celle
réponse, je ne voulus pas ]oi dire de nouveau: Tu déraisonnes ;
parce que la fantaisie le faisait déraisonner: et il me fut donné de
connallre que ce diable, quand il vivait dans le monde. avait seule-
ment ét6 intendant d'une maison, et qu'alors il s'était enorgueilli
en son esprit au point qu'il méprisait tout le genre bumain en
le comparant à lui-même, et se complaisait dans la fanLaisie qu'il
était plus capable qu'un roi, et même plus capable qu'un empe-
reur; d'après cet orgueil il avait nié Dieu. et considéré toutes les
choses saintes de l'Église comme rien pour lui, mais comme de
quelque utilité pour la stupide populace, entln je lUI dis: u Vous,
qui êtfls là deux cents, combien de temps vous glorifierez-vous
ainsi entre vous? • Il dit: • Eternellement; mais ceUl de nous
-.,ui 10urmentenL les autres, paree qu'ils nient notre prééminence,
sont enaloutis; car il nous est permis de 1I0US slorifier, mais nOD
.de faire du mal à qlli que ce soir. • Jalui fis encore ceLte question:
• Sais-tu qnel est le sorL de ceux qui sont eD~loutis! • 11 me répon-
dit: • Ils tombent dans IIne sorte de prison, oil ils sontlppelés
plus vils que les Vilf, ou les plus 'ils; et ils travaillent. .. Alors je
dis à ce di3ble: • Prends donc garde, toi, d'être aussi englouti. •
Après cela, la terre R'ouvrit de 1I0uveau, mais à droite i eL je
vis mon 1er un ImITe diable, sur la tête duquel il y avait une sorle
de Tiare entourée des replis d'une espèce de couleuvre dont la
tête brillait au sommet; sa face élait couverte de lèpre depuis le
front jusqu'au menton, et aussi l'une et l'autre main; ses lombes
-étaient DUS et noir~tres comme de la suie, au trayers de laquelle
a passé le feu $Ombre d'un foyer, el Jes lalons de ses pieds élaient
comme deux: vipères: le premier diable l'ayant aperçu se jeta l
senoux et l'adora: je lui demandai: • Pourquoi fais-tu cela y .. Il
dit: • Celui-là est le Dieu du ciel et de 1.1 terre, el il est lout-puis-
sant. Il El alors je dis à l'autre diable: • Toi, que dis-tu l cela r If
T " RELIGION CHRIi:TIENNE. :a03
n répondit: • Que dh'ai-je! tout pouvoir sur le Ciel et sur l'Enfer
est l moi i le sort de toutes les 4mes est dans ma main, li Je lui
demandai de nouveau': • Comment celui-ci, qui est empereur des
empereurs; plut-il ainsi se soumettre! Et loi. comment peUl-lU
recevoir son adoration f • Il rép9ndit: a C'est néanmoins mon ser-
viteur; qu'est-ce qu'un empereur devant un Dieu f j'ai dans ma
"droite la foudre d'excommunication, • Et alors je lui dis: « Com-
ment peux-tu déraisonner ainsi; dans le Ilonde tu n'étais qu'un
chanoine i et parce que tl1 as été tourmenté de la fantaisie que tu
avais les clefs. et par suite le pouvoir de lier et de délier. tu as
porté ton esprit à un tel degré de folie, que maintenant tu crois
être Dieu m~me_ • Indigné de ces paroles, il jura qu'il l'était. et
que le Seigneur n'a aucun pouvoir dans le Ciel; • car, • ajouta-
t-il, • il a transporté tout pouvoir en nous; nous n'avons qu'à com-
mand~r, et le Ciel et l'Enfer obéissent respectueusement; si nous
envoyons quelqu'nn dans l'enfer, les diables aussitôt le reçoh"ent i
de même les Anges reçoil'ent celui que nOlis envoyons dans le
Ciel, • Ensuite je lui demandai: • Combien êtes-volls dans votre
société! • Il dit: cc Trois cents; et tous, là, nous sommes dieux;
mais moi. je suis le. dieu cles dieux, » Apl'ès cela, la terre s'ouvril
IOUS les pieds de l'un et de l'autre. et ils tombèrent profondément
dans leurs enfers i et il me fut donné de ,"oir que sous leurs en-
fers il y avait des prisons où. tombaient ceux qui font du mal aux
autres; en effet. dans !"'enfer la fantaisie de chacun lui est laissée,
et même la manie de s'en ~Iorifier, mais il n'est pas permis de faire
du mal à autrui: si là ils sont tels, c'est parce qu'alors l'homme
est dans son esllrit, et que l'esprit. après avoir été séparé du corps,
vient dans la pleine liberté d'agir selon ses affections et selon les
pensées qui en proviennent. Ensuite il me fut donné, de regarder
dans leurs enfers; et l'enrer où. étaient les empereurs des e~pe­
reurs et les rois des rois était rempli de choses immondes. et
ceux qui l'habitaient lUe parurent comme diverses bêtes féroces,
aux yeux ~enaçants: de même dans l'autre enfer où étaient les
dieux et le dieu des diéuI, et dans celui-ci je vis voler autour
d'eux de féroces oiseaux de nuit. qlJi sont appelés ochim et ijim:
o'est ainsi que les images de leurs fantaisies m'étaient représen-
tées. Par lA je vis clairement quel est l'Amour de soi chez les Po-
.,

20' LA VRAIE
litiques, et quel est l'Amour de soi chez les Ecclésiastiques; que
~Iui-ci consiste 1 vouloir être des dieux, et celui-là 1 vouloir être
des empereurs, et que c'est ainsi qu'ils veulent, et 1 cela qu'ils
aspirent, en tant que les freins sont lâchés 1 ces amours.
Après avoir vu CI.'S tristes et ,bideux spt'.ctacles, je portai melJ
regards autour de moi, et je vis non loin de moi deux Anges de-
bout et conversant t'nsemble ; ['un était vêtu d'uce robe de laine
resplend!ssante d'une couleur pourpre enflammée, et avait sous
cette robe une tunique de lin d'une blanclleur éblouissante; l'autre
avait de semblables vêtements en écarlate, avec lino tiare, dont
Je côté droit était enrichi de quelques escarboucles; je m'appro-
chai d'eux, et leur donnai le salut de pail; et je leur fis d'un Lori
respectueux celte question: CI Pourquoi êtes-\'OIlS ici en bas! » Et
ils répondirent: • Nous sommes descendus du Ciel ici par l'ordre
du Seigneur. pour nous entretenir avec loi sur le sort heureux de
ceux qui veulent dominer d'après l'amour des usages; nous, nous
sommes des adorateurs du -Seigneur; inoi, Prince d'une Société;
lui, Grand-Prêtre de la m~IDe société. • Et le Prince dit qu'il était
le ser\'iteur de sa société. parce qu'il la servait en faisant des
usages; et l'alltre dit qu'il J était ministre de l'Église, parce qu'il
servait ses consociés en leur faisant connattre les choses saintes
pour les usages de leurs Ames; qu'ils étaient Lous deux dans de
perpétuelles joies provenant de la félicité éternelle qui est cn eur.
par le Seigneur; et que dans celte société tout est resplendissant
et magnifique, resplendissant par l'or et par les pierres précieuses.
et magnifique par les palais el par les paradis; el ils ajoutèrent:
• Cela vient de ce que notre amour de dominer procède, non de
l'amour de soi, mais de l'amour des usages; et comme l'amour des
usages vient du Seigneur, c'est pour cela que tous les bons usages
dans les cieux resplendissent et brillent avec éclat; et comme
dans notre société nous sommes tous dans ceL amour, c'est pour
cela que l'atmosphère J apparatt de couleur d'or d'après la lu-
mière qui Il lient de l'enOammé du Soleil, et l'enflammé du So-
leil correspond à cet amour •• Après qu'ils eurent prononcé ces
paroles, je vis aussi aulour d'aulllne semblable sphère. el je sen-
tis une odeur aromatique qui en sorlait; je lelellr dis mê'me, et
e les priai d'ajouter quelque chose de plus à ce qu'ils avaienl dit
r RELIGlON CHRÉTIENNE.
de l'amour de l'usage; et ils continuèrent en disant: " Les digni-
tés dans lesquelles nous sommes, nous les avons ambitionnées,
205

il esL vrai, mais ce n'a été pour aucune autre fin que de pouvoir
faire plus pleInement des usages et de les étendre plus largement;
et mêm., nous-sommes environnés d'honneur, et nous l'acceptons,
Don pour nons, mais pour le bien de la société; car nos confrères
er. consociés qui sont d'entre la foule savent à peine autre cbose,
sinon que les honneurs de nos dignités sont en nous, et qu'en
conséquence les usages que nous faisons sont de nous; mais nous,
nous sentons autrement, nous sentons que les honneurs des digni-
tés sont hors de n'ous, et qu'ils sont comme des habits dont nous
sommes re\'êtus, mais qne les usages que nous remplissons procè-
dent de l'amour des useges en DOIIS par Je Seigneur; et cet amour
reçoit sa béatiLude de la communication avec d'autres au moyen
des usages; et DOUS savons par l'expérience, qu'autant nous fai-
sons les usages d'après l'amour des usages, autant cet amour s'ac-
croit. eL avec l'amour la sagesse d'après laquelle se faiL la eommu-
nication; mais qu'autant nous retenons en nOlis les usages et ne
les communiquons pas, autant périt la béatitude; et alors l'usal;e
devient comme un aliment renfermé dans l'estomac, et qui, ne
s'étant pas dispersé çà et U.. ne nourrit ni le corps ni les parties
du corps, mais reste sans être digéré, d'où résulte le vomissement:
en un mot, tout le ciel n'est que le conlenant de l'usage depuis
ses premiers jusqu'à ses derniers: Qu'est-ce que l'usage, si ce
n'est l'amour actuel du proc11ain? et qu'est-ce qui maintient les
cieux. si ce n'cst ceL amour! • Après avoir entendu ces elplica-
tions. je leur fis celle question: cr Comment quelqu'un peut-il
savoir s'il fait les usages d'après l'amour de soi, ou d'après l'amour
des usages? tout homme. Sllit bon, soit méchant, fait des usages,
er. il fait dos usages ,d'après IID amour; qu'on suppose que dans le
Monde il y ait une Société entièrement oomposée de diables, et
une Société entièrement composée d'Anges; et je crois que les
diables, dans leur société, feront d'après le feu de l'amour de soi,
et d'après la splendeur de leur gloire, aul.:lnt d'usages que les An-
Bes dans la leur; qui donc peuL savoir de quel Amour eL de quolle
origine proviennent les usages? A 'cela les deux Anges répondi-
rent: " Les diables font les usages pour eux-ruêmes et pour la
9

206 LA. VRA.IE


réputation, afin d'être élevés aux Iionneurs, ou d'acquérir des ri-
cbesses ; mais les Anses font les USISes, non pour de tels motifs,
mais pour les usages d'après l'amour des usages; l'homme ne peut
discerner ces usases, mais lp. Seigneur les dicerne ; quiconque
croit au Seigneur, et fuit les maux comme p~chés, fait les usages
d'après le Seigneur i mais quiconque ne croit pas au Seigneur, et
ne fuit pas les maux comme péchés, fait les usages d'après soi-
même et pour soi-même: c'est Il la dislinction entre les usages faits
par les diables et les usages faits par les Anges. »Les deux Anges,
ayant ainsi parlé, s'en allèrent; el de loin ils furent VilS porlés sur
un char de feu comme Élie, el enlevés dans leur Ciel.
662. SECOND MÉMORABLE. Après un certain espace de temps ..
j'entrai dans lIn Bois, et je m'y promenai en méditant sur ceux
'lui sont dans la convoitise el par suite dans la phantaisie de pos.~
der les choses qui sont du monde; et alors 11 quelque distance de
moi je vis deux Anges qui causaient ensemble et parfois me re-
gardaient; c'est pourquoi je m'approcbai pills près, et tandis que
je m'approchais ils m'adressèrent la parole, en disant: • Nous
avons perçu en nous que tu médites sur uu sujet dont nous nous
entretenons, ou que nous nous entretenons d'un sujet sur lequel
tu médites, ce qui provient d'une communication réciproque des
affections •• En conséquence, je leur demandai de quoi ili par-
laient; ils répondirent: fi De la Phantaisie, de la Convoitise et da
l'Intelligence, et pour Je moment même, de ceux qui se délectent
de la vision et de l'imagination de posséder toutes les choses du
Monde. » Et alors je les priai de meUre en évidence leur mental
sur ces trois sujets, la Convoitise, la Phant:aisie et l'Intelligence ;
et ayant commencé Aparler, ils dirent: fi Chacun est dans la Con-
voitise intérieurement par naissance, mais dans l'Intelligence
extérieurement par éducation; et personne D'est dans l'Intelli-
ience, ni l plus forte raison dans la Sagesse, intérieurement,
ainsi quant ll'esprit, 1 moins que co ne soit par le Seigneur; car
tout homme est détourné de la convoitise du mal, et tenu dans
l'intellisence. selon qu'il regarde vers le Seigneur, et en même
temps selon la eonjonction avec le Seigneur; sans cela l'~omme
D'eSt que convoitise; mais néanmoins dans les externes. ou quant
ID corpi, il est dans l'intelligence par éducation; en effet, l'homme

,
T RELIGION CHRÉTIENNE, 207
COI\'oite les honneurs et les richesses, ou la prééminence el,l'o-
pulence i et il n'acquiert ni l'une ni l'autre, à moins qu'il ne se
montre moral ct spirituel, par conséquent intelligent et sage; et
il appl'end dès l'enfance l se montrer ainsi; c'est là. c.; qui fait
que, dès qu'il vienL parmi les hommes ou qu'il entre dans la so-
ciété, il rtltourne son esprit et l'éloigne de la convoitise; il parle
et agit d'après les choses décentes et honnêtes qu'il Il apprises
dès l'enfance, et qu'il retient dans la mémoire du corps i et il
prend surtout garde qu'il ne se manifeste rien de la folie de la
convoitise dans laquelle est son esprit: de li tout homme, qui
n'est pas intérieurement conduit par le Seigneur, est dissimulé.
trompeur, hypocrite, ainsi homme en apparence, et non homme
cependant; on peut dire de llli que son écorce ou son corps est
sage. et que son noyau ou son esprit est fou; que son elterne est
d'un homme, et que son interne est d'une bête; de tels hommes
regardent par l'occiput en haut, et par le sinciput en bas; ainsi.
ils marchent la tête penchée en avant, et le visa~e incliné vers la
terre, comme ceux qui sont en proie l un violent mal do tête;
quand ils se dépouillent du corps et de\'iennenl espriL~, el qu'alors
ils sont affranchis, ils deviennent les folies de leur con\'oitise : car
ceOl qui sont dans l'amour de soi désirent ardemment dominer
sur l'univers, et même en étendre les limites, afin de rendre plus
erande la domination, ils ne voient jamais de bornes; ceul qui
lont dans l'amour du monde désirent ardemment poss6der toot
ce qu'il renferme, et ils sont en proie au chagrin et à l'envie, s'il
'SI de.1I des trésors renfermés chez d'autres; de peur donc que ceux
flui sont tels ne deviennent purement des convoitises, et ainsi
ne cessent d'être hommes, il leur est donné dans le Monde spiri-
tuel de pen 11er d'aprês la crainte de la perte de la réputation, el
plr conséquent de la perte de l'honneur et du gain, comme aussi
d'après la crainte de la loi et de la peine qu'elle inflige; er il leur
est anssi donné d'appliquer leur mental l quelque ét,ude OD à
quelque oDnase, par lesquels ils sont teous dans les eltel'D~ et
ainsi dans un état d'hitellisence, quoiqu'ils soient intérieurement
dans le délire et dans la foli.e, » Ensuite, je leur demandai si lODS
ceUI qui sont dans la cODvoitise, sont aussi dans sa phantaisie ; ils
répondirent que dans la phantaisie de leur convoitise sont ceux
............

208 LA. VRAIE


qui pensent intérieurement en eux-mêmes, et qui se livrent trop
l leur imagination en parlant :nec eux-mêmes; car ils séparent
presque leur esprit du lien a"ec le corps, et il. inondent leur eo-
tendement de visions, et s'en réjouissent follement comme s'ils
possédaient l'univers; dans ce délire est plongé aprés la mort
l'homme qui a détaché du corps son esprit, et n'a pas voulu aban-
donner le délice de son délire, en pensalJt d'après la religion quel-
que chose sur les mauJ. et les fauI, et en ne pensant. point du
lout, au sujet de l'amour effréné de soi, qu'il est destructif de
l'amour envers le Seigneur, el au sujet de l'amour effréné dll
moode, qu'il est destructif de l'amour à l'égard du prochain.
Après cela, il survint aUI deux Anges et aussi à moi un désir
de voir ceux qui sont d'après l'amour du monde dans la convoi-
tise visionnaire ou phantaisie de posséder toutes les richesses; et
DOUS perçumes que ce désir nous était inspiré afin qu'ils fussent
connus: Leurs Domiciles étaien t sous la terre ob se trounient nos
pieds, mais au-dassus de l'enCer; c'est pourquoi nous nous rosar-
dâmes réciproquement, eL nOlis dimes: • Allons.• Et nous vlmes
une ouverture, et là un escalier par lequel nous·descendlmes; eL
il nous fut dit qu'il Callait les aborder par l'orient, afin de ne point
entrer dans le brouillard de leur pllantaisie, et de n'être point plon-
gés dans l'ombre quant à l'entendement et en même temps quant
à la \"De ; et voici, nous ,'Imes une Maison construite eo roseaux,
ainsi pleine de Cenles, au milieu d~un brouillard qui, comme une
fumée, emuait continuellement par des Centes sur trois côtés du
bâtiment; nous entrAmes et vimes cinqllante personnages d'un
côté, et cinquante de l'autre, assis sur des bancs; et, tournant le
dos à l'Orient et au llidi, ils regardaient vers l'occident et vers le
septentrion; devant cbacun d'eux il y avait une table, et sur la
table des bourses étendues, et autour des bourses une grande
quantité de pièces d'or; ct nous leur dîmes: • Sont·ce là les ri-
CIl esses de tous les habitants du Monde 7 D Et ils répondirent:
« Non pas de tous les llabilants du IIonde, mais de tous ceux du
Royaume. 10 Le son de leur ,'oix était simant; eux-mômes appa-
raissaient aveo une face ronde, qui reluisait comme la coquille
d'un limaçon; et la pupille de l'œil, dalls un plan nrt, lançait
comme des éclairs, ce qui provenait de la lumière de la phantaisie;
RELIGION CHRËTl&'NE. 209
DOUS nous tlnInes debout au nlilieu d'eux, et nous dtmes: ft Croyez-
VOliS posséder toutes les ricbesses du Royaume! • Et ils répon-
dirent: • Nous les possédons .• Ensuite nous leur demandâmes :
• Qui d'entre vous? • Ils dirent: • Chacun •• Et nous dlmes: cc Com-
ment, chacun t n'êtes-vous pas en Brand nombre! • Ils répondirent:
ft Chacun de nous sait qlle tout ce qu'il a est à moi; il n'est permis l

aucun de penser, et encore moins de dire: Ce qui est à moi n'est


pas l toi; mais il est permis de penser et de dire: Ce qui est l toi
est l moi. » Les pièces de monnaie sur les Tables apparaissaient
comme l'or pur, même devant nous; mais quand nous eûmes fait
tomber sur eUes la lumière venant de l'orient, c'4Haient de petits
Brains d'or, qu'ils rendaient ainsi plus Iros par la réunion de la
phanlaisie commune; ils disaient qu'il faut que chacun de ceux qui
entrent, apporte avec lui un peo d'or, qu'ils coupent en petits mor-
ceaux, et les petits morceaUI en petits grains, et par ]a force una-
nime de la phantaisie ils les étendent en pièces de monnaie du plus
grand module: et alors nous dlmes: • Est-ce qlle vous n' ~tes pas
nés hommes raisonnables? d'où vous vient celte folie visionnaire! »
Ils dirent: cc Nous savons que c'est une vanité imaginaire; mais
com me elle fait le plaisir des intérieurs de notre mental, nous en-
trons ici, et nous y trouvons des délices comme si nous possé-
dions tout; cependant nous n'y restons que quelques beurelà, après
lesquelles nous sortons, et chaque fois alors le bon sens nous re-
vient; mais néanmoins notre amusement visionnaire revient al-
ternativement, et fait que successivement nous rentrons eL res-
sortons; ainsi, nous sommes alternativement sages et fous. NOliS
savons aussi qu'un sort cruel attend ceUI qui par ruse enlèvent
aUI autres lenrs biens .• NOliS leur demandAmes quel était ce sort;
ils dirent: ft Us sont ensloutis, et sont jetés nus dans une prison
infernale, où ils sont obligés de travailler pour le vêlement et.
pour la nourriture, et dans la suite pour quelques petites pièces
de monnaie, dans lesquelles ils mettent la joie de leur cœur; mais
s'ils font du mal l leurs compagnons, il faut qu'ils donnent une
par/ie de cette monnaie pout amende, »
663. TROISIE»B MEUORABLE, Un jour, je me trouvai all milieu
des Anges, et j'entendis leur convcrsation; leur conversation était
sur l'Inlellilence et sur la Sagesse; ils disaient que l'homme ne
Il U.
-
210 LA. VRA.IE
sent et ne perçoit pas autrement, si ce n'est qu'elles sont rune et
l'auLre en lui, et qu'ainsi tout ce qu'il veut et pense vieut de lui,
'andis que cependant de l'homme il ne vient pas la moindre chose
de l'intelligence et de la sagesse, il n'a que la faculté de les r8C&-
,1
voir; entre plusieurs autres choses qu'ils dirent, se trouvait aussi
celle-ci, que l'Arbre de la science du bien et du mal dans le Jar-
din d'Éden signifiait la foi que l'Intelligence et la Sagesse venaient
ie l'hem me ; et qu~ l'Arbre de vie signifiait la foi que l'Intelli-
len.ce et la Sagesse venaient de Dieu; el qu'Adam, à la persuasion
du serpent, ayant mangé du premier arbre, croyant ainsi qu'il
était ou deviendrait comme Dieu, c'était pour cela qu'il avait été
chassé du Jardin et condamné. Pendant que les Angt's s'entrete-
naient de ce sujet, il vint deux. Prêtres avec un Homrr.e qui dans
le Monde avait été Ambassadeur d'un Roi, et je leur racontai ce
que j'avais entendu dire par les. Anses sur l'Intelligence eL sur la
Sagesse. Dès qu'ils eurent entendu ce que je leur rapportais, ils
se mirent l discuter tous trois sur l'une et sur l'autre, et aussi
sur la Prudence. afin de décider si elles venaient de Dieu ou de
l'homme; la discussion était vive; tous les trois croyaient égale-
ment qu'elles viennent de l'homme, parce que la sensaLion elle-
même et par suite la perception le conlirment; mais les Prêtres,
qui étaient alors dans le zèle théologique, soutenaient que rien
de l'Intelligence ni de la Sagesso, et pjlr suite rien de la Prudence,
ne "enait de l'homme; et ils confirmaient cela par ce passage dans
]a Parole: Un homme ne peut prendre rien, à moins qu'il ne
lui ait été donné du Ciel. » - Jean, III. 27 ; - et par celui-ci:
fi Jésus dit aux. disciples: Sam moi voua ne pouvez faire rien .•

-Jean, xv. 5; - mais comme les Anges avaient perf;u que,


quoique les Prêtres parlassent ainsi, ils anient néanmoins de
cœur la même croyance que le Diplomate, ils leur dirent: «Otez
vos vêtements, et prenez des vêlements de Ministres Politiques.
et croyez que vous êles ces Ministres. » Et ils firent ainsi; et alors
ils pensèrent d'après leur intérieur, et ils parlèrent d'après les ar-
guments qu'ils avaient intérieurement elilbrassés, lesquels ütaient,
que toute sagesso et Ioule intelligence habitent dans l'homme, et
qu'elles lui appartiennent, disant: • Qui est-ce qui a jamais senti
qu'elles aienL influé de DieU'! • Et ils se regarelaient mutuellement..

........
f RELIGION CHRÉTIENNE. 211
et ils se ci>nfirmaient. n y1 cela de particulier dans le Monde spi-
rituel, c'est que l'Esprit s'imagine être le personnage dont il a
sur lui le vêtement. par la raison que là l'entendement revêt cba-
cun. En ce moment il apparut un Arbre aupl'ès d'eux, et il leur
fut dit: • C'est)' Arbre de la science du bien et du ma!.; gardez-
YOUS d'en manger. D Mais eUI. ,infatués de la propre intelligence,
bnllaient du désir d'en manger; et ils se disaient entre eux: ft Pour-
quoi nOD! n'est-ce pas un bon fruit? D Et il, s'approchèrent et eD
mangèrent. Après que le Diplomate l'eut remarqué, ils se réuni-
rent et devinrent amis de cœur. et ils prirent ensemble. en se te-
Dant par les mains, le chemin de la propre intelligence. qui con-
duisait en Enfer i mais néanmoins je les eD vis revenir. )larce qu'ils
n'étaient pas encore préparés,
66-1. QUATRIËJlE Mfi:JfORABLB. Un jOlJr. je portai mes regards
dans le Monde spirituel à droite. et j'aperçus quelques-uns des
Étus qui conversaient ensemble, et je m'approchai d'eux. et je dis:
.le vous ai vus de loin, et autour de vous UDe sphère de lumière
~Iesle, ce qui m'a fait connallre que, vous êles de ceux qui dans
la Parole sont appelés Élus; en conséquence je me suis approché
pour entendre ce que vous dites de céleste entre vous.. Et ils
répondirent; ft Pourquoi nous appelles-tu Élus? • Et je répliquai:
« Parce que dans le Monde. où je suis de corps. on ne sait autre
chose. sIDon que par les Élus dans la Parole il est entendu ceux
qui avant d'être nés, 011 après qu'ils sont nés. sont choisis et pré-
destinés par Dieu pour le Ciel. et qu'à eux seuls est donnée la Foi
comme marque d'Élection. et que tous les autres sont réprouvés
et abandonnés à eux-mêmes afin qu'ils aillent. par le chemin qu'ils
voudront, ,,-ers l'Enfer; et moi, cependant, je sais qu'il n'y a aucune
ÊlecLion avant la naissance, ni après la naissance, mais que tous
sont élus et prédestinés pour le Ciel, parce que tous ont été appe-
lés. et que le Seigneur après la mort choisit ceux qui ont bien
vécu et sainemenL cru, et ceux-ci, il les choisit après qu'ils ont été
examinés: que cela soit ainsi, c'est ce qu'il m'a été donné de sa-
voir par un grand nombre d'expériences; et comme je vous ai VilS
la têle ceinte d'une sphère àe lumière céleste, j'ai perçu que vous
éiiez du nombre des Élus qui sont préparés pour le Ciel. » A cela
ils répondirent: ft Tu rapportes là des choses que nous n'avions
-
212 LA. VRAIE
jamais entendues auparavant; qui ne sait qu'il ne natt aucuD
bomme qui ne soit appelé pour ]e Ciel, et qu'après]a mort sont
cboisis ceux: qui ont cru au Seigneur et vécu selon ses préceptes,
et que reconnaUre une autre Élection. c'est accuser le Seigneur
Lui-Même non-seulement d'impuissance de sauver. mais encore
d'injustice !
665. Après cela, il fut entendu uDe voix du Ciel, venant des
A.nges qui étaient immédiatement au-dessus de nous. disant:
• Montez ici. et nous interrogerons l'un de vous. qui est encore
dans le Monde naturel quant au corps. sur ce qu'on sait dans ce
monde sur la CONSCIENCB. ,. Et nous montâmes i et après que nous
fûmes entrés, quelques sages vinrent à. notre rencontre, et ils me
demandèrent: «Que sait-on dans Ion Monde sur la Conscience! »
Et je répondis: • Si YOUS le trouvez bon. descendons, et nous
convoquerons un nombre de Laïques et d'Ecclésiastiques d'entre
ceui qui sont répulés sages; nous nous placerons perpendiculaire-
ment au-dessous de vous, et nous les interrogerons; et vous, de
cette manière, vous entendrez. de vos oreilles ce qu'ils répon-
dront. » Et il fut fait ainsi i et l'un des Élus prit une trompette, et
il en sonna au Midi, au Septentrion, à l'Orient et à l'Occident; et
alors, après une petite heure, il s'en était rassemblé un si grand
nombre, qu'ils l'emplissaient presque l'espace d'un stade; mais
d'en haut les Anges les rangèrent lous en quatre Assemblées.
l'une composée de Politiques, la seconde d'Érudits, la troisième
de Médecins. et 13; quatrième d'Ecclésiastiques i ainsi ran~és. nous
Jeur dimes: Excusez-nous de nous avoir convoqués; en voici ]a
raison: Des Anges, placés directement au-dessus de nous. désirent
nec ardeur savoir ce que. dans le Monde où VOlIS étiez précédem-
ment, vous avez pensé sur la Conscience. et par suite ce que vous
en pensez encore, puisque vous retenez encore les idées que vous
aviez sur de tels sujets; car il a été rapporté aux Anges que dans
le Monde la Connaissance de la Conscience était au nombre des
connaissances perdues. D Après cet exposé, nous commençâmes;
et d'abord, nous uous LournAmes du côté de l'Assemblée qui était
composée de Politiquee" et nous leur demandâmes de nous dire
du fond du cœur, s'ils le voulaient bien. ce qu'ils avaient pensé
et ce que par suite ils pensaient encore de la CO~SCIENCE i Ils 6-

.....
RELIGION CHUTlENNE. ·~U3

rent, l'un après l'autrd, l celle question des réponses, dont le ri-
sumé était, qu'ils ne savaieut sur la Conseience autre chose, sinon
qu'elle consiste l savoir avec soi-même, c'est-l-dire, ~ co-savoir.
~ ce qu'on a projeté, pensé, fait et dit; mais nous Jeur dlmes:
• Nous ne vous avons pas demandé l'étymologie du mot Conscience,
wais nous vous avons interrogés au sujet de la Conscience.» Et
il!! répondirent: • La Conscience ne peut être que la douleur pro-
nnaut d'une crainte préconçue des périls de l'bonneur ou des ri-
chesses, et aussi des périls de la réputation l cause de l'honneur
et.des ricbesses i mais celle douleur est dissipée par les reras, les
rasades de bon vin, et les propos joyeux sur les plaisirs de Vénus
et de son fils. » Nous leur dtmes: « VOliS voulez plaisanter j dites.
s'il vous platt, si l'un de vous a senti quelque anxiété venant d'autre
part.» Ils répondirent: • Qu'est-ce qui aurait pu nous inquiéter
d'autre part? Je Monde entier n'est-il pas comme un Théâtre..
sur lequel chacun joue son rOle, comme les comédiens sur le leur!
nous avons joué et circonvenu par leur propre convoitise tous ceux
avec qui nous avons eu· de.1 relations, les uns par des plaisànte-
ries, d'autres par des flatteries, d'autres par des fourberies, d'au-
tres par une feinte amitié, d'autres par une feiote sincérité, et
d'autres par quelque autre artifice politique et par quelque autre
appât j nous o'éprou,"ons pour cela aucuno douleur du mental.
mais ail contraire nous en retirons une saieté et une allé;resse
que nous exhalons de notre poitrine tacitement et néanmoins plei-
Dement i nous avons, il est vrai, eu tendu dire l quelques esprits
de notre société, que parfois il leur survient une anxiété et una
.angoisse qui semblent partir du cœur et de Ja poitrine, et par suite
.comme une contraction du mental; mais lorsqu'ils ont consulté des
pharmaciens sur ce sujet, ils ont appris que cela ,ient d'une bu-
meur mélancolique produite par des malières indigestes dans l'es-
lomac, ou par un état maladif de la rate; et nous avons entendu dire
par quelques-uns d'ellx qu'ils avaient été rendus lIeur précédente
.gaieté par des médicamenls. » Après avoir entendu ces réponses.
nous nous tournâmes vers l'Assemblée qui était composée d'Eru-
dits. parmi lesquels il y avait aussi plusieurs physiciens· habiles;
et, leur adressant la parole, nous dtmes:.. Vous qui avez étudié
Jes sciences, et qui par suite avez été regardés comme des Oracles
LA VRAIE
de la sagesse, dites-nous, s'il vous plalL, ce que c'est que la Con-
science T» Et ils répondirent: Quelle est cette proposition T NOlis
aYons, il est vrai, entendu dire que chez quelques bommes il y a
une tristesse, un cbasrin et une anxiété qui infestent non-seule-
meut les régions ga!ttriques du corps, mais aussi les habitacles du
mental; car nous, nous croyons que les deux cerveaux sont les
habitacles du mental; et comme le mental consiste en fibres conti.
nues, nous croyons que c'est quelque humeur acre qui agace,
mord et ronge ces fibres, eL comprime ainsi la sphère des pensées •
du mental, de telle sorte qu'Il ne peut s'épancher par des vari'tés
dans aucun amusement, d'où il résulte que l"homme ne s'attacbe
qu'Il une seule obose, ce qui détruit la ten~ibilité et l'élasticité de
ces fibres; de là leur raideur et leur rigidité, d'où provient le
mouvemeut irréiulier des esprits animaux, qui est :appelé par les
Médecins Ataxie, et aussi la faiblesse dans leurs fonctions, qui est
appçl~e Lipothymie: en un 100t, le Mental est alors comme as-
siégé par des troupes ennemies, et ne peut pas plus se tourner çà
et là, que ne le peut une roue attachée par des clous, et que ne
le peUL un navire engravé sur des bancs de sable: ces angoisses
du )Iental el de la Poitrine se font sentir en ceux chez qui l'A-
mour r~gnant souffre une perte; si cet amour esL allaqué, les fi-
bres du Cerl'tau se contractent, et celle contraclion empêche que
1e Mental ne fasse librement des excursions, et ne recherche des
délices dans des formes nouvelles; quand ces hommes sont dans
celle crise, ils sont en proie, chacun selon son tempérament, à
des phantaisies, il des démences et à des délires de divers senre,
et quelques-uns dans les choses rèligieuses Il des affections céré-
brales, qu'ils appellent remords de Conscience. • Ensuite DOUS
nous tournA mes vers la troisième Assemblée qui se composait de
Médecins, parmi lesquels il y avait aussi des Chirurgiens et des
Pharmaciens; et nous leur dlmes: '1 Vous savez peut-être, vous,
ce que c'est que la Conscience i si c'est une douleur nuisible qui
saisit et la Tête et le parellchyme du Cœur, et par suile Jes Ré-
gions ËpiFgaslrique et Hypogastrique étendues a~-dessous; ou si
c'est antTe chose.• Et ils répondirent: • J.a Conscience n'est ab-
solument que celte dou1eur i nous, mieux que tODS les autres, nousen
connaissons les origines; car ce sont des Maladies contingentes,

RF..LIGION CHRÉTIENNE, tUS
qui infestent leI! parties organiques du corps, et aus&i les parties
organiques de la T~te, par conséquent aussi le Mental, puisque le
mental a son siége dans les organes du Cerveau comme l'araignée
a le sien au centre des fils de sa toile; par ces organes il fait des
81cursions et court pareillement; ces maladies, nous les nommons
orsaniques, et quand elles reviennent de temps en temps, nous
les nommons chroniques: quant l la douleur telle qu'elle est dé-
crite devant nous par les maladea comme douleur de Conscience,
ce n'est autre chose qu'uue Mala~ie hypocondriaque, qui prive
d'abord la Rate, et e.nsuite le Pancréas eL le Mésenthère, de leurs
fonctions propres; de Il dérh'ent des Maladies d'Estomac, et en·
tre autres la Cacochymie; car il se fait autour de l'orifice de l'es-
tomac une compression qui est appelée Car~ialgie; de Il provien-
Dent des humeurs imprégnées de bile noire, jaune ou verte, qui
tordent les très-petits nisseaux sanguins appelés vaIsseaux capil-
laires, ce qui produit la cachexie, l'atrophie et la sympbysie, et
aussi la Péri pneumonie Mlarde d'après une pituite lanle et ulle
lymphe ichoreuse et rongeanle dans toute la masse du sang: de
semblables effets viennent aussi de l'épanchement du pus dans le
sang et dans sa sérosité par la résolution d'empyèmes, d'abcès et
d'aposthèmes dans le corps; quand ce sang monte par les caroti-
des dans la tête, il frolle, ronGe et mord les parties médnllaires,
les parties corticales et les méninges du Cen'eau, et excite ainsi
les douleurs qui sont appelées douleurs de Conscience, • Après
avoir entendu cette explication, nous leur dlmes : • Vous parlez
la lanGue d'Hippocrate et de Galien, c'est pour nous du grec, nous
ne comprenons pas; ce n'est pa~ sur ces Maladies que nous vous
avons interrOGés, mais sur la Conscience. qui appartient au Men-
tal seul. D Et ils dirent: • Les maladies du mental eL les maladIes
de la tête sont les mêmes, et celles-ci montent du corps, car la tête
et le corps sont colJêrents comme deux étaSe.s d'une maison entre
lesquels il y a un escalier pour monter et descendre; aussi sayons-
DOUS que l'état du mental dépend inséparablement de l'état du
corps; or ces pesanteurs de tête ou Céphalalsies, que vous, comme
nous nous en somm'es aperçus, \'ous prenez pour des couscieo-
ces, nous les avons guéries, les unes par des emplâtres et des vé-
sicatoires, d'autres par des infusions et des émulsions, et d'autres
"'. -
2t6 LA VRAIE
par des condiments. et par des anodins.. Quand donc nous leur
eûmes entendu dire encore plusieurs autres choses de ce genre~
nous nous détourn4mes d'eux, et nous tournant vers les Ecclésias-
tiques, pous leur dlmes i • Pour vous. vous savez ce que c'est
que la Cons~ience i dites-le dOIlÇ, el instruisez ceul qui sont pré-
sents. » Et ils répondirent: • Ce que c'est que la Conscience, nous
le savons, et nous ne le "savons pas; nous avons cru que c'était la
CONTRITION qui précède l'Election t c'est-A-dire, le moment où
l'homme est Bratifié de la foi, par laquelle il a un nouveau cœur
et un nouvel esprit et est régénér~ ; mais nous nous sommes aper-
çus qu'il y en a peu qui aient eu celle Contrition, seulemenC quel-
t ques-uns ont ressenCi une peu r et par suite une an:dét6 pour le feu
inCernal, et à peine quelqu'un en a-t-il ressenti pour ses péchés et
" pour la juste colère de Dieu i mais nous, Confesseurs, nous les
avons 8uéris par la Borlne Nouvelle que le Christ par la Passion
de la croix a enlevé la damnation, eC ainsi a éteint le feu inCernal,
.t a ouverC le ciel à ceux qui ont été gratifiés de la Coi, dans laquelle
l'imputation du mérite du Fils de Dieu a été inscrile .. Il y a d'ail-
leurs dans toute Religion, vraie ou fanatique. des bomines d'une
conscience timorée, qui se fonl des scnlpules dans les cboses du
salut, non-seulement dans les essentielles. mais aussi dans les
formelles, et même dans celles qui sont indifférentes i c'est pour-
quoi, comme nous venons de le dire, nous savons qu'il y a une
Conscience, mais ce qu'est et quelle est la vraie conscience, qui
doit être tout à fait spirituelle, nous ne le savons pas. »
666. Toutes ces réponses, qui furent failes par les quatre as-
, semblées, les AnBes qui étaient au- dessus de nous les avaient en-
tendues, et ils dirent entre eUI: « NOUlI percevons que dans le
Christianisme il n'y a"personne qui sache ce que c'est que la Con-
science, envoyons donc run de nous pour le leur apprendre. »Et.
tout à coup. au milieu des Assemblées se présenta un Ange vêtu
de blanc, dont la tête était enlourée d'une auréole brillante, dans
laquelle il y avait de très-petites étoiles i et, s'adressant aux quatre
Assemblées, il dit: • Nous avons entendu, dans le ciel, que vous
avez présenté en ordre vos sentiments sur la CONSCIENCE, et que
tous \'OUS avez pensé que c'était quelque douleur du mental qui
ïnfeste de pesanteur Ja Téte et par suite le Corps, ou le corps el
f RELIGION CHRÉTIENNE.
par suite la Tête; mais la Conscience, considérée en elle-même,
217

n'est pas une douleur, a'est une bonne-volonté spirituelle d'asir


selon ce qui appartient à Ja Religion et à la Foi j de Il vient que
ecu!. qui jouijsent de la Conscience sont dans la tranquillité de la
p~ix et dans une béatitude interne, quand ils agissent selon la
conscience, et dans un certain trouble quand ils agÏlisent contre
.elle; la douleur du mental, que vous avez cru être la Conscience.
n'est donc pas la Conscience, mais c'est une Tentation, qui est le
combat entre l'esprit et la chair, et quand celte tentation est spi-
rituelle elle tire sa sourCe de la conscience, mais si elle est seu-
lement naturelle, elle tire son origine des maladies, dont les Hé-
-decins viennent de parler. Quant 1 ce que c'est que la Conscience,
.cela peut être illustré par des exemples: Un Prêtre, en qui il y a
la bonn8-volonté spirituelle d'enseigner les vrais, afin que son
"Troupeau soit sauvé, a de la conscience, mais celui qui les en-
seigne pour tout autre cause n'a point de conscience: le Juge qui
considère uniquement III Justice el la rend avec jugement a de la
conscieqce; mais celui qui considère en premier Jieu les présents.
J'amitié èt la faveur, n'a pas de conscience: de plus, tout hOllllDe
qui a cbez lui les biens d'un autre sans qlle celui-ci le SIche, et
41ui peut ainsi en profiter sans crainte de la 10,i, ét sans craindre
.de perdre l'honneur et la réputation, mais qui néanmoins, parce
qu'ils ne lui appartiennent pas, les rend A l'autre, celui-là a de la
eonscience, car il fait le juste à cause du juste. Soit encore un
exemple: Celui qui, pouvant parvenir à une fonction, sait qu'un
autre, qui la recberche aussi, est plus ulile à la société, celui-li a
une b()nne conscience s'il lui cède la place pour le bien de la 50-
~iété; il en est de même pour tous les autres cas. Tous ceux qui ont
de la conscience disent de cœur ce qu'ils disent, et font de cœur ce
qu'ils font, car ils ont le Mental non-divisé, puisqu'ils disent et
font ce qu'ils comprennent et croient être le vrai et le bien. Il suit
de là que chez ceux qlli sont plus que les autres dans les vrais de
la foi. et plus que les autres dans une perception claire, il peut
J avoir une conscience plus parfaite que chez ceux qui ont été
moins illustrés, et sont dans une perception obscure. Dans la vraie
Conscience est la Vie spirituelle même de l'homme, car la Foi y
est conjointe à la Charité; c'est pourquoi pour ceux qui onl celte
-
218 LA VRAIE
conscience, agir d'après la conscience, c'est agir d'après leur Vie
spiritutlle, et agir contre la conscience, c'est aiir contre leur Vie
spirituelle. En outre, qui est-ce qui ne sail pas, d'après le lan-
lage ordinaire, ce que c'est que la Conscience, comme lors-
qu'on dit de quelqu'un: Cet homme a de la conscience? Esl-ce
qu'alors on ne 'eut pas dire aussi: Cet homme est juste! Et réci-
proquement, quand on dit de quelqu'un: Cet homme n'a pas
de conscience; est-ce qu'alors on ne veut pas dire aussi: Cet
homme est injuste! • Quand l'Ange eut dit ces paroles, il fut tout
i coup enlevé dans son Ciel, et les quatre Assemblées se réunirent
. en une seule i et après qu'ils eurent parlé quelque temps entre
eux sur ce que l'Ange avait dit, voici, ils se séparèrent de nou-
veau en quaLre Assemblées, mais non composées comme précé-
demment; dans la première s'étaient placés ceux qui avaient
compris les paroles de l'Ange, et les avaient approuvées; dans la
seconde, ceux qui ne les avaienl pas comprises, mais qui néan-
moins les appuyaient; dans la troisième, ceux qui n'a\'aient pas
voulu les comprendre, disant: • Que nous importe la Cuùscience!.
et dans la quatrième, ceux qui s'en moquaient, disant: .. Qu'est-
ce que la Conscience, sinon un souffle? Et je "is ces Assemblées
1)

se séparer les unes' des autres, et alors les deux premières se di-
riger à droite, et les deux dernières à gauche, et celles-ci des-
cendre, el celles-là monter.
T RELIGION CHIŒTIENNE. il9

CHAPITRE DOUZIEME

DU DAPTÈME.

Sans la connaissance du Sens spiriluel de la Parole. personne


ne peul savoir ce que les deux Sacrements. le Baplême el la
Sainte Cène, enveloppent el ellecluenl.

667. Que dans toules et dans chacune des choses de la Parole


il y ail un Sens spirituel, et que ce sens ait été inconnu jusqu'à
présent, et ail été ouvert aujourd'hui pour la Nouvelle Eilise qui
doit êlre instaurée par le Seigneur, c'est ce qui a été montré dans
]e Chapitre' sur l'ECRITURE SAINTE; on peut voir quel est ce sens,
non-seulement dans ce Chapitre, mais aussi dans le Chapitre SUI·
]e Décalogue, qui mtlme a été expliqué ~elon ce sens. Si le sens
spirituel n'avait pas été ouvert, qui est-ce qui penserait sur e.es
deux Sacrements, le Baptême et Ja Sainte Cène, autrement que
selon le sens naturel. qui est le sens de la lettre, et par suite ne
dirait ou ne murmurerait en lui-même: Qu'est-ce que le Bap-
tême, sinon l'action de verser de J'eau sur ]a têle d'un enfant! et
a
A quoi tel sert-il pour le salut!» Puis:. Qu'est-ce que la Sainte
Cène, sinon l'action de prendre du pain et du viII! et à quoi ·cela
sert-il pour le l'alut! • Et, de plus: • Où est en eux le Saint, à moins
qu'il ne vienne de ce qu'ils ont été reçus et cO!Dmandés comme
Saints Divins par l'Ordre Ecclésiastique! Et sont-ils en eux-mêmes
autre chose que des Cérémonies, au sujet desquelles les Eglises
disent que, lorsqu'à ces Éléments s'ajoute la Parole de Dieu. ils
deviennent des Sacrements r J'en appelle aux Laïques, et même
JO

aux Ecclésiastiques, ont-ils d'esprit eL de cœur perçu autre chose


sur ces deux Sacrements? ont-ils perçu qu'ils les vénéraient
comme Divins pour des caU58~ et des raisons différentes! Et ce-
pendant ces deux Sacrements, considérés dans le Sens Spirituel,
220 LA VRAIE
lon\ les choses les plus Saintes du culte: qu'ils soient lels, on la
l
verra dans ce qui suit, où leurs Usases seront présentés. liais
comme les us;ges de ces Sacrements ne peuvent nullement tom-
ber dans 1. mental de qui que ce soit, 1 moins que le Sens spiri-
tuel De les découvre et ne les développe, il s'ensuit que sans ca
Sens personne ne peut en savoir autre chose, sino.n que ce sont
des Cérémonies qui sont Saintes, parce qu'eU~ ont été instituéea
d'après un Commandement.
668. Que le Baptême ait été commandé, on le voit clairement
d'après le Baptême de lean dans le Jourdain, auquel accoururent
toute la Judée et Jérusalem, - Matth. DI. 5, 6. AIarc, 1. -l, 5.-
Puis, en ce que le Seigneur notre Sauveur fllt Lui-Hême baptisé
par Jean, - }(atth. III. f8 A t7 ; - et en outre, en ce que le Sei-
~neur commanda aux disciples de baptiser toutes les nations,-
lIatili. XXVIII. 19, - Qui est-ce qui, s'il veut voir, ne voit pas
que dans cette Institution il y a un Divin qui a été caché jusqu'l
présellt, parce que le Sens spirituel de la Parole n'avait pas en-
core été révélé ! et ce sens a été révélé aujourd'bui, parce que
c'est maintenant que commence l'ESlise Chrétienne. telle qu'elle
est en elle-même; la précédente Eglise a été Chrétienne de nom
seulement, mais non en réalité ni en essence.
669. Les deux Sacrements, le Baptême 6& la Sainte Cène, sont
dans l'Eglise Chrétienne comme deux Joyaux sur le sceptre d'un
Roi; mais si leurs usages ne sont pas COllnus, ils sont seuleJUent
comme deux: figures d'ébène sur lin bâton. Ces deux Sacrements
dans l'Eglise Chrétienne peuvent aussi être comparés .. deux Ru-
bis.ou Escarboucles sur l, Manteau d'un Empereur; mais si leurs
usages ne sont point connus. ils sont comme deux carnéoles OD
deux cristaux sur un manteau vull'jaire. Sans Jes usages de ces
deu:r Sacrements, révélés par le Sens spirituel, on ne formerait
sur ces sacrements que des conjectures, comme celles que Cont
ceux qui prédisent d'après les Astres, et même cODime celles que
Caisaient autrefois ceux t{ui prédisaient d'après le vol des oiseaux
ou les entrailles des victimes. Les usages de ces deux: Sacremellts
peuvenL être comparés à un Temple qui, par le laps du temps,
s'est enfoui en lerreet a été entièrement couvert de ruiDes jus-
qu'au toit, et sur lequel jeunes GeDs et vieillards marchent. v~nt
>

RELIGION CBMTIENNE. 22t


en voilures el • cbeval, sans savoir que sous leurs pieds est cach6
un pareil Temple, où il y a des Autels d'or, des murailles intérieu-
remeot recouvertes d'argent, et des ornements en pierres pré-
oieuses, lrésors qui ne peuvent êlre retirés de terre et produils
• la lumière que par le sens spirituel, qui a été dévoilé "aujour-
d'bui en faveur de la Nouvelle Eglise pour l'usase du culle du Sei-
Ineur. Ces Saèrements peuvent aussi être comparés A un double
Temple, dont l'un est en bas, et l'autre au "dessus ; dans le Tem-
ple d'en bas est pr6cbé l'Evan sile du Nouvel Avénement du Sei-
coeur, etaussi la Résénération et par conséquent la Salvation par
Lui; et de ce Temple, près de l'Autel, on peut monter dans le
Temple d'en baut où est célébrée la Sainte Cène et de là passer
dans le Ciel où l'on est reçu par le Seigneur. Ils peuvent encore
être comparés au Tabernacle, dans lequel après l'entrée se pré-
sente la Table où sont placés en ordre. les pains des races, et aussi
l'Autel d'Or pour les parrums, et au milieu le Cbandelier a'"ec ses
lampes allumées dont "l'éclat rend toutes ces cboses visibles; et
enfin pour ceUI qui se laissent éclairer s'ouvre le Voile qui couvre
le Saint des saints, où, A la place de l'Arcbe dans laquelle était
le Décalogue, est déposée la Parole au-dessus de laquelle il yale
Propitiatoire IYec les Cbérubins d'Or. Ce sont là des Représenta-
tions de ces deux Sacrements avec leurs Usages.

Par rAIJ/ution, qui est appelée Bapt~me, il est e'itendze l'Ahlu-


tion spü'ituelle qui est la Purification des maux et des taux,
et ainsi la Régénération.

670. Que des" Ablutions aient été ordonnées aux fils d'Israël, 1
cela est notoire d'après les statuts portés par Moise i ainsi, Aba-
ron devait se laver avant de revêtir les habits du ministère, -
U,"It. X\,. 4, 24; - et avant d'approcber de l'Autel pour y rem-
plir ses fonctions, - Exod. XXX. t8 • Il. XL. 30, 3t ; - pareil-
lemenL les Lévites, - Nomb. VIII. 6. 7;""': et aussi ceux qui étaient
devenues impurs par des péchés, el ils sont dits sanctifiés par les
Ablutions, -Exod. XXIX. 4. IL. t2. Lévit. VIII. 6. - C'est pour·
quoi, afin qu'ils se lavassent, la 11er d'airain et plusieurs Cuves,
..,
222 LA. VRAIE
avaient ét~ placées près du Temple, - 1 Rois, vn. t3 l 39 j - et
même on InaUles vases et ustensiles, lels que tables, bancs, lits,
plats et coupes, - LéviL XI. 3t. XIV. 8.9. XV. lU it. XVII. US,
i6. Marc, VII . .6. - Mais les Ablutions, et plusieuxs autres choses
semblables, avaient été enjointes et ordonnées lUI fils d'Israêl,
par cette raison que chez eUJ: l'Eglise avait été instituée E,lise re-
présentative, et qu'elle Cut instituée ainsi pour figurer l'ESlise
Chrétienne l venir; c'est pourquoi, lorsque le Seigneur vint dans
le Honde, il abroiea les représentatifs, qui tous étaient des elter-
nes, et il institua' une Eglise dont toutes les choses devaient être
des internes; ainsi le Seigneur dissipa les figures, et révéla les er-
figies elles-mêmes, comme celui qui ôte un voile ou qui ouvre une
porte, et fait que non-seulement on voit les intérieurs, mais que
même on eu approche: de toutes ces figures le Seigneur n'en a
retenu que deux, qui devaient contenir dans un seul complele
toutes les choses del'EgUse interne; c'est le Baptême au lieu des
Ablutions, et la Sainte Cène au lieu de l'Agneau, qui était sacri-
fié chaque jour, et généralement à la Fête de Pâques.
6it. Que les Ablutions, mentionnées ci-dessus, aient figuré et
ombré, c'est-à-dire, représenté les Ablutions spirituelles, qui sont
les purifications des lDaUI et des CauI, on le voit clairement par
ces passages: a Lorsque le ;:;eigneur aura lavé rezerément des
filles de Sion, et aura nettoyé les sangs pfJf' un esprit de juge-
ment etparun esprit de purification.» - Esaie,lV. 4.. - .Quand
tu te laverais avec d" nitre, et que tu multiplierais pour toi le
savon, toujours ton iniquité retiendrait des taches. » - Jérém.
Il. Ii. Job. IX. 30, 31, - « Lave-moi de mon iniquité, et plus
que la neige 6lanc je serai. » - Ps. LI, ", 9: - • Nettoie de la
malice ton cœur, Jérusalem, afili que ta sois sauvée. • - J érém •
11. U. - a Lavez-vous, purifiez-vous. éloignez la malice de vos
œuvres de devant mes yeux, cessez de laire le mal. » - Esaie,
1. t6. - Que l'ablution de l'esprit de l'homme ait été entendue
par l'ablution de son corps, et Que les Internes de l'Eglise aient
été représenlées par les Extornes. tels qu'ils élaient dans l'Eglise
Israélite, on le voit clairement par ces paroles du Seisneur: • Les
Pharisiens et les Scri6es aymzt vu ses Disciples manger des
pains avec des mains non-lavées, ils les 6ldmèrent; car les
RELIGION CHRltTlENNE. 223
Pharisiens et tous les luifs. sans s'Itre lavé les mains à poi-
gnée. ne mangent pas j et beaucoup d'autres choses il '!I a qu'il.
ont reçues pour les retenir. comme les a6lutions des coupes et
des pots; et des vases d'airain et des lits. Le Seigneur s'adres-
,ant il euz ~t il la foule. leur dit : Écoutez-Moi tous, et compe-
ms;: Il n'va rien au dehors de l'homme, entrant en lui. qui
puisse le souiller; mais les choses qui sortent de lui, ce sont
telles-là quile souillent• • - Marc. VII. t, !. 3, ". U, US. Matlh.
XV.!. H.n. tS, t9.!0; -etaill~urs: a Malheur à vous. S~
bes et Pharisiens. parce que ~ous nettoyez l'e:ctérieur de la
toupe et du plat, tandis que les intérieurs sont pleins de rapine
#lt d'intempérance. Pharisien aveugle, nettoie premièrement
1 intérieur de la coupe et du plat, afin qu'aussi l'e:ctérieur de-
,'ienne net. • "- Matth. xxm. !3, !6. - D'après ces passages il
est évident que par l'Ablution, qui est appelée Baptême. il fl.st en-
tendu l'Ablution spirituelle qlJi est la Purification des DlaUI et des
fauJ:.
671. Quel est l'homme. d'une raison saine, qui ne puisse voir
41ue se laver la face, les mains. lts pieds. tous les membres. et
même tout le corps dans un bain. ne fait autre chose que d'enle-
ver la crasse pour se présenter propre dans la forme humaine de-
nnt les hommes r et qui est·ce qui ne peut comprendre qu'au-
cune ablution n'entre dans l'esprit de l'homme, et ne le rend net
dlune semblable manière f car tout fril,on, brigand ou voleur. peut
le laver jusqu'l être d'une extrême propreté; est-ce que pour cela
le penchant l la friponnerie, au bri,andage et au vol sera effacé!
est-ce que ce n'est pas l'interne qui influe dans l'externe, et y
opère les effets de sa volonté et de son entendement, et non l'ex-
leme dans l'interne! en effet; l'influx de l'externe dans l'interne
est contre la nature. parce qu'il est contre l'ordre, mais l'influx de
l'interne dans l'externe est selon la nature. parce qu'il est selon
l'ordre.
673. Il s'ensuit que les Ablutions. et aussi les Baptêmes. si l'In-
1erne de l'llomme n'est pas purifié des maux et des faux, ne font
pas plus que les [lois et les plats nettoyés par les Juifs; et il s'ensuit
aussi que. de même qu'eux.' on est comme des sépulcrcs qui au
dehors paraissent beaux. mais au dedans sont pleins d'os de morts
LA. VRAIE
et de toute pourriture, - Manh. IXIll. ilS ll i8. Cela est encore
évident en ce que les enfers sont pleins de Salans qui avaient été
des hommes, les uns baptisés, eL les autres non. Quant l' ce que
produit le Baplême, ou'le verra dans ce qui suit; c'est pourquoi.
sans ses usages et sans ses fruits, il ne contribue pas plus au salut.
que la triple Tiare sur la tête du Pape elle Signe de la croix sur
ses mules ne contribuent à sa suréminence ponti6cale i pas plus
que le vêlement de pourpre dll Cardinal ne contribue l sa dignité;
ou le pallium de l'Évêque, Il la vraie fonction de son ministère;
ou le TrOne, la Couronne, le Sceptre et le Manteau du Roi, à
son pouvoir Royal i ou le bonnet de soie sur la tête du Docteur
lallréal, Il son intelligence; ou l'étendard d'un escadron de cava-
lerie, à la bravoure des cavaliers dans le combat; et même on
peut encore dire qu'il ne purifie pas plus l'homme, que l'eau ne
nettoie une brebis ou un agneau avanL qu'ils soient tondus j car
l'homme naturel lJéparé de l'homme spirituel est purement ani-
mal; et même. comme il a déjl été montré, il est plus bêle féroce
que la béte féroce des forêlS i quand donc on le laverait avec de
l'eau de pluie, de l'eau de rosée, de l'eau des fontaines les plus
renommées, ou, comme disent les prophétes, quand on le nettoie-
rait avec du nitre, de l'hysope, du smegma ou savon, chaque jour,
on ne le purifierait cependant pas de ses iniquités, sinon par les
moyens de la Régénération, dont il a été traité dans les Chapitres';
sur I~ Pénitence, el sur la Réformation et la Régénération.

Comme la Circoncision du cœur était représentée par la Cir-


concision du prépuce, le Bapt'me ~ dlé institué à la place de
la Circo1~cision, afin que r Église Interne succéddt à l'Église
Externe qui, dans toutes et dans chacune de ses clloses, étaie
tmt! figure de l'Église Interne.

674. Dans le Monde Chrétien on sait qu'il y a un homme In-


terne et un homme Externe, et que l'homme ExterlJe est le même
que l'homme Naturel, et l'homme Interne. le même que l'homme
Spiriluel, parce que dans celui-ci est l'esprit de l'homme j et que~
comme l'Eglise se compose d'hommes, il ya ulle Eglise Interne et

~ 1

.....

RELIGION CHRÉTIENNE, 225


Dne Eglise Externe; et si l'on examine les successions des Eglises
dans leur ordre depuis les temps anciens jusqu'au temps présent,
on verra que les Eglises précédentes ont été des Eglises Externes
c'est-à-dire que leur Culte se composait d'Externes qui représen-
taientles Internes de l'Eglise Chrétienne, qui a été fondée par le
Seigneur, quand il était dans le Monde, et qui, maintenant pour
]a première fois, est édifi~e par Lui. Ce qui a principalement dis-
tingué l'Eglise Israélite des autres Eglises dans le 1I0ude Asiatique,
et plus tard de l'Eglise Chrétienne, a été la Circoncision; et comme,
ainsi qu'il a été dit, toutes les choses de l'Eglise Israélite, qui
étaient des Elternes, étaient des figures de toutes les choses de
l'Eglise Chrétienné, qui sont des Internes, c'est pour cela que le
principal signe de l'Eglise Israélite a été intérieurement semblable
au signe de l'Eglise Chrétienne, car la Circ'oncision signifiait le
rejet des convoi Lises de la chair, et ainsi la purificalion des maux;
c'est aussi ce que signifie le Baptême; de Il il I!st évident que le
Baptême a élé commandé à la place je la Circoncision, non-seule-
ment pour que l'Eglise Chrétienne fdl distinguée de ('Eglise
Juive, mais encore pour qu'il fdt ainsi connu de plus près que c'est
une Eglise Interne et cela est connu d'après les Usages du Bap-
t1~me, dont il sera parlé dans ce qui suit,
17S, Que la Circoncision ait été instituée comme un signe que
les hommes de l'Église Israélite étaient de la postérité d'Abrallam,
d'Isaac et de Jacob, on le voit par ces passages: « Dieu dit à
Abraham,' Ceci (est) mon Alliance, que vous garderez entre
Moi et VOltS, et ta seme1tce après toi: Que soit ciI'concis d'entre
'Vous tout mdle; et vous circollcirez la chair de vot,'e prépuce,
afin que ce soit en signe de falliance entre J.1I0; et vous, » -
Gen, XVII, i 0, t t, - Que l'alliance ou le signe de l'alliance ait
plus tard été con6rm6 par Moïse, on le voit, l.évit XII, f, 2, 3.
- Et comme celle Éilise était distinguée des autres p3r ce signe,
voilà. pourquoi, avant que les fils d'I&raël eussent tra\'ersé le Jour-
dain il avait élé commandé de leg cÏl'concire de nou\'eau; - Jos,
V'; - et cela, parce que la terre de Cnnaan représentait l'Égli~8,
el le fleuve du Jourdain l'introduction dans "Église: et, de plus,
afin que dans la terre de Canaan ils se ressouvinssent de ce signe,
"Voici ce qui leur fut commandé: « Quand vous serez venus dans
fi. t5
-
226 LA. VRAIE
la Terre, et que votU aurez planté quelque arbre ,",iner, vou.
~tere.z son prépuce, son frleit j pendant trois ans il vous sera
incirconcis, vous n'en mangef"e.z point. J) - Lévit. XiX. 23.-
Que la Circoncision ait reprét'enté et par suite signifié le rejet des
convoitises de la chair, et ainsi la purification des maux, la même
chose que le Baptême, on le "oit dans la Parole par les passages
où il est dit de circoncire le cœur, par exemple, par ceuI-ci :
cc Moise dit: Circoncise.z le prépuce de votre cœur. votr, cou
n'endurcissez point.» - Deutér. X. t6. - cc Jéhovah Dieu cir-
concira ton cœur, et le cœur de ta semence, pOlir que tu aima
Jéhovah ton Dieu de tout tou cœur, de,toute tOll dme, afin que
~ vives. » - Deutér.:XXX. 6. - EtdanslérélDie: If Circoncise.
vous à Jéhooall, afin q14'il éloigne les prépuces de vob;e cœur.
homme de J ehudah et Ilabitallu de Jérusalem, de peu,. que ne
sorte comme un feu ma colère à cause de la maltce de vos ŒU-
V1',es.» -IV . .f.. - Et dans Paul: ct En Jbus-Cllrist ni If, Cir-
concision n'a aucun, force, ni le Prépuce, mais il faut la Foi
opé7'ant par la Charité, et ~tre une nouvelle Créature.» - Gal.
V. 6. VI. US. - D'après ces passages, il est maintenant érident
que le Baptême a été institué à la place de la circoncision, (larce
que la circoncision de la chair représentait la circoncision dn
cœur, qui sisnifie ~u..ssi la .l!!l]'ificati0l!..des m~l, car les mauL,!e
( l!!LI~nre s'élèvent d~air, ~lle prépuc!.sÎ1nif!!!es.~ftl9urs
impurs de la cbair; comme la circoncision et l'ablution du bap-
tême signifient la même chose, c'est pour cela que dans léremie
( il est dit: • Circoncise.z-vous à Jéhovah. et éloignez lesprépzcce.
de votre cœur. li) - IV. t ; - et peu après: «Nettoie de la ma-
lice ton cœur, Jérusalem, afin que lu sois sauvée . • - Vers. U.
- Ce que c'est que la circoncision el l'ablution du cœur, le Sei-
sneur l'enseigne dans Matthieu, Chap. XV. ts, tg.
676. Il Y en a eu beaucoup cbez les fils d'Israël, et il J en a
beaucoup alljour.d·~ui cbez les Juifs, qui croient avoir élé élus de
préférence l...!Q.!.1S, parce qu'ils ont été circoncis, et parmi les Cbré-
tieus, parce qu'ils Qnl été baptis~s, lorsque cependanlla Circon-
cision et le Baptême so.!!!.seulemenL donnés en Signe el en Mémo-
rial, afin qu'on soil purifié des maux, el qu'ainsi l'on devienne
élu. Qu'est-ce que l'E~lerDe sans l'Into~e cbez l'homme Y o'est-

..........
RELIGION CHIùi.TIENNE. !!27
ce pail comme un Temple sans l, Culte, Temple qui n'est uLile à
personne, • ~noins qu'il ne serve d'étable? Et, de plus, qu'est-ce \'H 7
4I'Je ]'ExLerne sans l'Interne! n'esL-ce pas cornille un Champ cou-
vert de tuyaux de blé sans Irains dans l'épi; comme une Vigne
remplie de ceps el de feuilles sans raisins i comme le fiKui~r .&aJJS
·Wit,_qUJÙJLSeiGneur a maudit; - IlaLlb. XII. i9 ; - comme les .
lampes sans huile dans les mains des vierges insensées, - Manh.
nv. 3; - et même comme un Iogementdans un Mausolée où il
y a des cadaVl'6S sous les pieds, des os autour des murailles, et
des fantOmes nocturnes qui volent sous le toit; ou comme un char
Iratné par des léopard~, a ant un ]ou,tpour cocher, el dans le-
.quel est un fou TEn efl'e l'homl!!.~~~~n'est jas l'ho~me, il
jlest seulement la (jlure de 'homme, car l'Interne, qui consiste à
-êlre sage par Dieu, raif1'homme j il en est de même du circoncis
et du baptisé, A moins qu'il ne circoncise ou ne. lave son cœur.

Le premier Usage du Bapt~me est f Introduction dans f Eglise


Chrétienne, et en mAme temps finsertion parmi les Chrétiens
dans le Monde spirituel.

6;;. Que le Baptême sait l'Introduction dans l'ÉSlise Ç,hrétienne,


il y a de cela plusieurs preuves, par eseml1le, celles-ci (1. Le Bap-
tême a été institué à la place de la Circoncision, et de même que
la Circoncision a élé le sisne qu'on élait de l'Église Israélite, de
m6me le Baplê:ne est le signe qu'on est de l'Église Chrétienne,
eomme il a été montré dans l'Article précédenl ; et !e ~i,ne est ~eu-
@!!en~..1!()u..!' qu'on soit connu. comme des Janges de couleur diffé-
( rente mis sur les enfants de deux mères, pour qu'ils soient distin-
gués l'un de l'autre et ne soient point cbanGés. II. C'e~!. ~~I~.ID!;nt
le si~ de l'introduction dans l'ÉGlise, comme il.est évident en ce
4Ju'on baptise les enfants qui ne jouissent encore d'aucune raison,
et ne sont pas plus capables de recevoir quelque chose de la "roi,
que les nouvelles branches d'un arbreQ!!: Non-seulement les En-
fants sont bapLisés, mais aussi les étrangers prosélytes .qui sont
convertis à la religion chrétienne, tant peUls que grands; et cela,
-avant qu'ils aieDt été instruits, l'0ur\'u Q..U'ils confessent vouloir
"
-
!.Ii8 LA VRAIE
embrasser le ChristianislDe. auquel ils sont inaugurés pal' le Bap-
tême; c'est aussi ce que firent les apôtres, selon les paroles du
Seigneur CI de taire clisciples toutes les ':tations et de les bapli-
ser. -MatLh. XXVIII. i9. -IV. «Jean baptisait dans le Jour-
li)

dain tous ceux qui venaient à lui de la Judée et de Jérusalem. D


- MaUb.III. 6. Marc. 1.6; - s'il baptisait dans le Jourdain, c'est
parce que ce fleuve était l'entrée dans Ja terre de Canaao. et que
la terre de Canaan si.-;nifiait l'Eglise, parce que l'É~lise y était,· et
qu'ainsi le Jourdain signifiait l'Intl'oductioll dans l'Éilise; que
celte Terre ait signifié l'El;Ii~. et. le Jourdain l'IntroducLion dans
1 l'Éghse, on le voit dans l'ApOCALYPSE BEVELEE, N° 283. Cela a lieu
2. dans les terres, Alais, dans les Cieux, les Enfants pal' le Baptême
sont introduits dans le Ciel ëhréliell ; et là le Seigneur leur assigne
des Auges qui prennent soin d'euI; c'est pourquoi. \ dès que les
Enfanls ont été baptisés. ils sont sous la direction d'Anses, par
lesquels ils sont tenus dans l'état de recevoir là foi au Seigneur;
mais il. mesure qU'Ils grandissent, et qu'ils jouissent de leur indé-
pendance et de leur raisoll. les Anges leurs tutel!rs les abandon-
nent, et ils !l'adjoignent eux-mêmes à des esprits qui fonl un avec
leur vie et avec leur Coi i de là il est évÏllenl que I~ Baptëme est
l'insertion parmi les Chrétiens. même dans le Monde spirituel.
678. (lue non-seulement les enfanLs, mais tous aussi soient in-
sérés par le Baptême parmi les Cbrétiens dans le Monde spirituel,
c'est parce que dans ce Monde-là I~ Peuples e~ ~~~ !,~tillns .QnJ été
distingués selon leurs Religiosités; les Cbrétiells"sont dans le mi- '
I1eu~ les Mabométansl-alltour d'eux. les ld(;i,Ures\ie divers gen"i'8S -
après les malwmétans, et les Juifs\ur les côtés. En ouLre, tous."
ceux de la même Religion oiiL été disposés en Sociét~p, dans le"
Ciel selon les affecLions de l'amour envers Dieu eL de l'amour à
l'égard du prochain, dans l'Enfer en congré~alions selon les affec-
tions opposées à ces deut amours, ainsi selon les cOn\'oilises du
ma\. Daus 10 Monde spirituel par lequel noull entendons elle Ciel
et· l'Enfer, loutes choses oot été Lrès-distinctement mises en ordre
dans le commun eL daus touLe partie, ou en KODre eL eu toulO es-
pèce; 4e ceLLe or.'!inatioo distincte y ~épend la cql2~omltion ~e
tout l'uuivers et celte distinction n'est pas possible. fi. moins que
chacun, aprtls qu:i1 cst né, n'ait quelque signe par lequel on Qon-
f RELIGION CHRËTIENNE. !!9
lIaisse qu'il appartient aux Assemblées de telle religion: en efret. ./
sans le signe Ch~.wm, qui est le Baptême, quelque Esprit ~-" 2-
m.1!.an, ou quelque Esprit d'entre les Idolâtres, pourrait s'a ttacher J
l des enfanls Chrétiens nouveau-nés, et aussi l des enCants du
second Age, et""leur insuffler IID penchant ['our sa relig!.Qn:et.ainsi
l,artllger leur atLention et les détourner" du Christianisme, ce qui
serait gêner et détruire l'ordre spirituel.
679, Quiconque suit avec soin les effets jusqu'à leurs causes peut
savoir que la consistance de toutes choses dépend de l'ord!e,. et
qu'il y a des Ordres de plusieurs sortes, communs et particuliers;
qu'il en est un qui est le plus Universel dt> tous, et de qui dépen-
dent en série continue les communs et les particuliers; que l'O~-
dl! le "pl~s Universel entre dans tous ces ordres comme l'essence
même dans les Cormes, et que c'est ainsi, et non autrement, qu'il~
[ font un i c'est cette unité qui fait la cOg§ervation du tout, qui au-
trement s'~r~~!:ait, et retomberait non-seulement dans le pre-
mier chaos, mais dans le géant. Qu'en serait-il de l'homme, si
dans son corps toutes et chacune des parties n'avaient pas été
très-distinctement mises en ordre, et si leur communauté ne d~­
pendait pas d'un cœur et ~'nn poumon! sans cela, y aurait-il autre
chose que confusion Yest-ce qu'alors l'Eslomac remplirait ses fonc-
tions ; le Foie et le Pancréas, les leurs; le )Iésentère et le Méso-
colon les leurs; les Reins et les Intestins, les leurs Yc'est d:a~s
r.Q.r:r!!'e en elles et entre elles que toutes et chacune des parties s!
l'résentent comme un, devallt l'hommc, Sans un ordre distinct
dans -i8 aïë"ütal oÜÎ'Esprit de l'bomme, si l'ensemble du "mental
fie dépendait pas de la Volonté et de l'Entendement, y aurait-il
autre chose que confusion et désordre Y sans cet ordre l'homme
pourrait-il penser et vouloir plus que son portrait Iloint ou sa sta-
tue dans sa maison! que ~erait l'homme, sans l'i"ntlux tœs-ruen
réglé du Ciel, et Kans la réception de cet infiul ! et que serait cel
.Î!.ln~l, ~ns l'ordre le plus Universel, dont dépend le gouverne-
ment du tout et de ses parties, par conséquent si toutes choses ne
procéda}ent de Dieu, et n'étaient, Ile vivaient et ne se mouvaient
en Lui et par Lui Y Ceci peut être illustré devanll'homme natu-
rel par d'innombrables choses; par exemple, par celles-ci: Que
serait un Empire ou un ROJa~me sans l'Ordre, sinon une--11Qupa
l
t30 LA VRAIE
d.e b~iK!m9S. dont le plus grand nombre, rassemblés, massa-
( creraient des milliers, et un petit nombre enfin exterminerait ces
premiers! Que serait une Ville sans l'ordre ! !!.!!lém~ que ser~it
une MaisoD_ sans l'ordre! et que serait .un royau.!.De, une ville.
«1 une maison. s'il n'y avait pas quelqu'un qui en eQt la suprême
11 direotion !
680. En outre, qu'est-ce que l'Ordre sans la distinotion, et
qu'est-ce que la distinction sans des indices, et qu'est-ce que des
indices sans des si snes par lesquels sont connues les qualités! car
saM la oonnaisanoe des qualités 1'.Qrdre n'est point con~u c()m~e
ord~e: les signes ou marques distinctives dans les Empires et dans
les Royaumes sont Itt..~ Titres dos diini~és elles droi.ls ~'adminis­
tration qui y son~ attachés, de là les subordinations au moyen. des-
quelles lous sont coordonné!; comme ell un ; de celle manière le
1'1(/ Roi exerce son pouvoir royal distribué ~lon l'ordre ,entre plü:
/1 sieurs, ce qui fait que le Royaume devient Reyaume. Il en est de
même dans un très·grand nombre d'.autres choses, par exemple,
" dans les Armées; l quoi servirait leur valeur, si elles n'étaient
'2. distinguées avec ordre en brigades, les brigades cn ré~iments, les
.3 régiments en 1't.!!~~lons, et s'ii D'y avait pas l la tétè de-chaque
~Ï\'ision des chefs moins élevé:;, el pour lous un chef ~!l!!.ê.!De ? et
l qnoi serviraient ces Ordinations sans dc!s siglJes, 'lu'.Q.Q. lIomme
Drapeaux ou Ëlendards, qui in~iquent l chacun la...l,laçe qu'il d~it
tenir? par ces moyens tous dans les combats aKis~ç~!.. cOl~ll!!..!n ;
et sans eux, ils se l>récipiteraient contre l'ennemi comme des 1
meules de chiens avec la bouche béante, aveo des hurlements et
u_ne fureur vaine, et alors tous sans force seraient massacrés ...ear
un ennemi ransé en ordre de bataille; car ql!e peuve~!..d~s
\f hommes divisés contre des hommes unis Y Par ces exemples se
trou\'e illustré ce premier usage 'dübaptême, l sa\·oir, que o'est
un signe, dans le IIonde spirituel qu'on es~ du nombre des Chré-
tiens, chacun y étant inséré dans des sociétés et dans des congré-
gations, selon la qualjté du Christianisme en..!ui ou hors de lui.

""",
RELIGION CHR~TIENNE. 231

ILe second Usage du BapUme est que le Chrétien connaisse et


reco7Ula;sse le Seigneur Jéslls-Christ Rédempteur et Sauveur,
el qu'il Le suive.

68i. Ce second usaie du Baptême, qui est de connallre le Sei-


iDeur Rédempteur et Sauveur Jésus-Christ, suit inséparablement
le Premier, qui est l'Introduction dans l'Eglise Chrétienue, et ('in-
sertion parmi les Chrétiens dans le Monde spirituel; et que serait
le premier usage sans ce second qui le suit? ce serait seulement
un nom; et ce sel'ail comme un sujet qui s'attachc au Roi et rejeue
cependant les lois du roi ou de la Ilatrie, pour s'attacher ~ un Roi
étranger el le servir; ou colD~e un valet qui se mel au service
d'un maître, en reçoit des habits comme livrée, et s'enfuit pour
servir avec ces babits un autre maUre; ou comme uu porte-dra-
peau qui part avec son dralleau, le mel en pièces, et en jette les
morceaux en l'air ou SOIIS les pieds des soldats pour le leur faire
fouler. En un mOl. l'rendre le nom de ebrétien ou de disciple du
Christ, et ne pas Le reconnaUre et Le suivre, c'est-~-dire. ne pas
"ivre selon ses commandcments" c'est l,rendre un nom allssi jnu-
tile que l'ombre, quo la fumée, et qu'une peinture noircie; car le
Seigneur dit : • Pourquoi 1I1'appelez-vous Seigneur, Seigneur,
et ne faites-vous T'as ce qae je dis ? • - Luc. VI. 46. et sui,. -
• Plusieurs Me diront en ce jlJur-là : Seigneur, Seigneur 1 Mais
alors je leur dirai ouvertement: le ne vous connais point. D -
Mattb. VII. !!, t3 .
. 682. Par le Nom du Seigneur Jésus-Christ il n'est pas entendu,
dans la Parole, autre chose que la reconnaissance du Seigneur et
la vie selon ses préceptes; que ce soit là ce que siinifie son Nom,
• on en voit la raison dans l'Explication du liOOond Précepte du Dé-
calogue: Tu ne porteras point le Nom de Dieu en 1)ain. Il n'est
pas enten~u autre chose par le Nom du Sei,n~ur dans ces pas-
. sages: fi Jésus dit: Vous serez hais de toutes les nations d cause
de mon Nom. D - Matth. X. !2. XXIV. 9, to. - « Où deux ou
trois sont assem61és en mon Nom, là je suis au milieu d'eux. •
- Mattb.1.Vm. 20. - « A tous ceu:.r: qui L'ont reçu, il leur a
-
2:12 LA VRAIE
donné pouvoir d'Aire fils de Die", a ceuz qui croient en son
Nom. D - Jean. 1. i t. - • Plusicurs crurent eruon Nom . • -
Jean. U. t3. - a Celui qui ne croit pas a déjd été jregé, parce
qa'il n'a pas cru al' Nom de f Unique-Engendré Fils de Dieu. »
- Jean. m. i7, t8. - Cf Cellz qui croient auront la vie en Son
Nom . • - Jean. XX. tl. - a Pour mon Nom tu tu travaillé, et
tu ne t'es pOirlt découragé. - Apoc. Il. 3, et ailleurs. - Qui
ne peut voir que par le Nom du Seigneur dans ces passages il est
enteudu. non pas seulement Je Nom, mais la reconnaissance du
Seigneur, qu'il est Rédemptour el Sauveur. et en même temps
l'obéissance. et enfin la foi en Lui ~ en elfet, dans le Baptême, l'En-
fant reçoit Je signe de Ja croix sur le front et s~r la poitrine. ce qui
est le signe de l'inauguration dans la reconnaissance et dans le
culte du Sei~nellr. Par le Nom il est aussi entendu la qualité de la
personne. et cela, parce que dans le Monde spirituel chacun est
nommé selon sa qualilé ~ c'est pourquoi par le Nom de Chrétien il
est entendu qu'on pos.~e par le Christ la foi au Christ el la Cha·
rité à l'égard du prochain ~ c'est là ce qui est entendu par le Nom
dans l'Apocalypse: • Le Fils de fhomme dit: J'ai qtle/quepeude
Noms dans Sardes, qui n'ont point souillé lem's vAtements, etüs
marclu!ro't,t avec Moi en (\'êlemenls)6/ancs, pa"ce qrle dignes ils
SOl1t. Il - Ill. " ; marcher a\'oc le Fils de l'homme dans des vête-
Dlents blancs, signifie suivre le Seigneur et vitre selon les vrais de
sa Parole. La même chose est entendue par le NÔOl dans Jean:
« Jésus dil: Les brebis ma voi:J: entendent, et mes propres 6re-
6i! j'appelle par leur Nom. et je les fais sortir; devant el/es je
marche, el les hrehis Me S'llitJent, parce qu'elles connaissent
ma voi:t; mais un étranger, el/es neles14went pas. parce qu'elles
11e connaiesent point des étrangers la voix. " - X. 3, "', 0; -
par le nom, c'est par la qualit.é par laquelle ils sont Chrétieus; et
Le suivre, c'est entendre sa "oix, e'e.~t-à-dire, obéir à ses com-.
mandem6nls; ce Nom, tous le reçoivent dans le Baptême, car il
est dans le signe.
683. Qu'est-ce que le nom sans la chose! N'est-ce pas quelque
... chose de vain, un son comme celui que rendent les arbres d'une
forllt ou les lambris d'un appartement, el qu'on nomme écbo, ou
comme le SOD presqu'inanimé de ceux qui rêvent. ou comme ,Je
r RELIGION CHR~TIENNE.
bruit dll vent, de la mer, ou d'une machine, lequel n'est d'aucune
233

utilité! et même qn'est-ce que le nom de Roi, de Général, de Con-


sul, d'Évêque, d'Abbé, de Moine, sans la fonction qUI est attachée
au Nom? n'estoCe pas une vanité? ainsi, qu'est-ce que le Nom de
Chrétien, si l'on vit en barbare et contre les préceptes du Christ f
D'est-ce pas comme la marque du signe de Salan au lieu du signe
du Christ, c1ont. le Nom cependant a été tissé en fils d'or dans le
baptême! Que sont donc ceux qui, après avoir reçu le sceau du
Christ, se moquent ensuite de son culte, glapissent en entenc1ant
son Nom, et parlent de Lui non comme du Fils de Diell, mais comme
du Fils c1e Joseph? Ne sont-ce pas des rebelles et des régicides, et
leurs paroles ne sont-elles pas des blasphèmes contre l'Esprit
saint, qui ne peln'ent être remis ni dans ce siècle, ni dans le siècle
à ,'enir? Ceux·ci, semblables à des chiens, mordent la Parole et Ja
déchirent l belles dents; chez eUI, contre le Christ et contre son
Culte, • toutes les taMes sont pleines d'un vomissement tléva-
cualÏon. D - Ésaïe, XXVIII. 8. Jérém. XLVIII. t6; - lorsque
cependant le Seigneur Jésus-Christ est le Fils du Dien Tr~-Haut.
- Lnc, 1. 3i, 31S, -l'Unique-Engendré, - Jean, 1. i 8.111. t6;-
le Vrai Dieu et la Vie éternelle, -1 Jean, V. 20, !U ; - dans Le-
quel habite corporellement toute la plénitude de la Divinité, -
Coloss. n. 9; - et n'est point le fils de Joseph, - Mauh. 1. !il3 ;
- outre mille autres passages,

Le troisième Usage du Bapt6me, qui est fusage final, c'est que


r
homme 80it régénéré.

684. Cet usage est l'Usage méme pour lequel a été institué le
Baptême, ainsi c'ellt l'usage final; et cela,. pal'Ce que le "rai Chré-
tien connait et reconnalt le Seigneur RMempteur Jésus-Christ,
qui puisqu'il est Rédempteur, est aussi Régénérateur; car la Ré-
demption et la Régénération font un, comme on le voit dans le
Cbapitre sur la Réformation et la Régénération. Art. Ill; puis,
parce que le chrétien possède la Parole dans laquelle sont décrits
les moyens de la Régénération, et ce,1l moyens sont la Foi au Sei-
Ineur et la Charité à résard du prochain: c'est la même chose que
r

234 LA. VRAIE


ce qui est dit du Seigneur, qu'. Il ~aptise d'Esprit saint et tù
Feu. -lIaLlh. III. H. Marc, 1. 9 l H, Luc. III. t6. Jean, 1. 33 i
- par l'Esprit saint il est entendu le Divin Vrai dd la foi, et par le
Feu le Divin Bicn de l'amour ou de la Cbarité, l'un eL l'autre pro-
cédant du Seigneur; que par l'Esprit saint il soit entendu le DivÏll
Vrai de la foi, on le voit dans Ic Chapitre sur L'ESPRIT SAINT i et
que par le Feu il soit entendu le Divin Bien de l'amour, on le voit
dans l'ApOCALYPSE REVELEE .. N" 468, 393; c'est par l'un et l'autre.
que le Seigneur opère toute Rég~nération. Si le Seigneur Lui-
Mêm~ a été baptisé par Jean, - lUattb. III. t3 l t i. Marc, 1. 9.
Luc, III. !t, 12, - c'était non-seulement afin d'inlltiLuer le Bap-
tême pour l'a\'enir, et d'cn donner le premier l'exemple, mais.
aussi parce qu'il a glorifié son Humain et L'a l'endu Divin, comme
il rfgénère l'homme et le rend spirituel.
683. Par ce qui précède et par ce qui est dit maintenant, on
peut voir que les trois Usages du baptême sont cohérents en un,
comllle la caullo prsm ière, la cause moyenne qui est efficieq Le, et la
cause dernière qui est l'eO'et et la fin même pour laquelle sont les
deux premières; en effet, le premier usase est que l'homme soit
nommé Chrétien; le second, qui en est la suite, c'est qu'il connaisse
et reconnaisse le Sai,;Dcur Rédempteur, R~générateur et Sauveur;
et le troisièmo, C'tl:it qu'il soit régénéré par Lui; et quand cela se
fait, il est racheté et sau\·é. Puisque ces trois usages se suivent
en Qrdre et s~ conjoignent dans le dernier, et que par suite dans
l'idée des Anges ils sont cohérents comme un lIeul, c'est pourquoi,
quand un baptême esL rait, quand ce mot est lu dans la Parole,
et quand il est prononcé, les Anies qui sout présents entendent
non pas le baptême, mais la Régénération; c'est pourquoi, par ces
paroles du Seigneur: Celui qui aura cru et aura été baptisé
Il

8era sauvé, mais celui ~Zla n'aura pas cru sera condamné. D -
Marc, XVI. t6, - il est 8ntendu par les Anges dans le Ciel que
celui qui reconnalt le Seigrleur et est régénéré et sauvé. De I~
vienL aussi que le Baptême est, appelé BAIN DB RÉGÉNËRATIO! par
les ÉSlises t:hrétiennes sur la terre; que le Chrétien sache donc
que celui qui ne croit point au Seigneur ne peuL être régénéré,
quoiqu'il ait ~té baptisé, et que la Cérémonie du baptême sans la
toi au Sei,neur ne fait absolument rien; voir ci-dessus dans ce
r RELIGION CHRETIENNE:"
Cbapitre, Arl. Il. Na 6i3. Que le Baptême enveloppe la purifica-
tion des maux, eL ainsi la RéBénération, c'est ce que lout Chrélien
peut très-hi en connalLre, car lorsqu'un EnCant est baptisé, le
prêtre Cait avec son doigt sur le Cront et sur la poitrine le signe de
)a croil. comme mémorial du Seigneur, et ensuite se tourne vers
les parrains. et demande si l'enCan t renonce au diable et ~ Loules
ses œuvres, et s'il re(oit la Coi, questions aUlquelles le parrain
répondent pour l'enCant: • Oui i. le renoncement au diable, c'est-
l-dire, aUI maUI qui viennent de l'enCer, et la Coi au Seigneur,
font entièrement la régénération.
686. Dans la Parole il est dit que le Seigneur Dieu, n,otre Ré-
demptelir, baptise d'esprit saint el de Ceu, ce par quoi il est enten-
du qne le Seigneur régénère l'homme par le DivID Vrai de la Coi et
par le Divin di en de l'amour ou de la charité; voir ci-dessus dans
cet Art. Na 68-1. Ceul qui ont élé régénérés par l'Elilprit saint,
c'est-à-dire, par le Divin Vrai de la foi, ont dans les Cieux été dis-
tinlués de ceux qui ont été régénérés par le Feu, c'est-à-dire,
par le Divin Bien de l'amour. Ceux qui ont élé régénérés par le
Divin Vrai de la foi marchent dans le Ciel en vêlements blancs
de 6n lin, et sont appelés Anges spirituels; mais ceux qlli ont élé
régénérés par le Divin Bien de l'amour marchent en vêlements.
de pourl)re, et sont appelél Anges célestes: ceux qui marchent
en vêlements blancs sont entendus dans ces passages: • Les Ar-
mées suivaient r Agneau. vdlues d'un fin lin Maru: et p'U1'. D
- Apoc. XIX. U, - Ils ma,'cheront avec Moi e11 vdtemtmts
Il

!Jlaru:s. - Apoc. III. 4; eL aussi VII. U. - u Les Anges, dans'


Je sépulcre du Seigneur, furent vus en vdtements blancs et
resplendissll'l'es.
ft - Matth. XXVUI. 3. Luc, XXIV." i - c'é-
taient des Aoge5 spirituels, car le fin lin signifie 'es justices des
saints, - Apoc. XIX. 8, où cela est diL ouvertement. - Que les V~
tements dans la Parole sigqifient les vrais et les Vêlements blancs
lit de fin lin les Divins vrai5, on le voit dans l'ApOCA.LYPSE Rivi-
LiB, Na 379, où cela a élé montré. Si ceux qui ont aussi été ré . .
sénérés par le Divin Bien de l'amour sont en vêlements de pour-
p,re. c'est parce que la pourpre est la couleur de l'amour qu'il tire
du feu du Soleil el de son rouge, par lequel e!lt siinifié l'amour;
'Voir l'APOCALYPSB RivËLtB, Nal 468, urs. Comme les vêlements
236 LA VRAIE
signifient les vrais, c'est pour cela que celni qui, parmi les invités,
fut trouvé non vêtu d'ull habit de noces, fut chassé et jeté dans les
1· ténèbres extérieures, - MaUb. XIII. H, {t, t3.
687. En outre, le Baptême, comme Régénération, est repré-
1 senté tant dans le Ciel que dans le Ilonde par un grand nombre
de choses; dans LB CIBI., par exemple, ainsi qu'il vient d'être dit,
par des vêtements blancs et des vl?tements de pourpre, et de plus
par les noces 4e l'Église avec le Seigneur. puis par le Nou\eau
Ciel et la Nouvelle Terre, et par la Nouvelle Jérusalem qui en des-
cend, de laquelle Celui qui était assis sur le trOne a dit: Voici,
toutes choses nouvelles je fera;. - Apoc. XXI t -A .6 5; - el par
le Fletu'e d'eau de la vie sortant du Trdne de Dier, et de l'A-
gneau, - Apoc. XXII. t, !; - et aussi par les cinq vierges pru-
dentes, qui avaient des lampes et de l'huile, et qui enlrèrent avec
le Fiancé aux noces, - M'aub. XXV. t, 2, tO. - Le baptisé, c'esl-
à-dire, le régénéré, est entendu par la Créature, - Marc, XVI.
U. Rom. VIII. t9, 910, tt: - et par la nouvelle Créature, - n.
Cor. V. {7. Galal. VI, US; - car Créature se dit de ce qui a été
créé, et être créé signifie aussi être régénéré; voir l'ApOCALYPSB
RÉVÉLÉB, N° 234. Dans LE MONDB, la Régénération est représentée
par diverses choses, ainsi par la fleuraison de tous les végétaux de
la terre dans la saison du printemps, et par leur accroissement
successif jusqu'à, la fructification; de même par l'accroissement de
chaque arbre, de chaque arbrisseau et de chaque fleur depuis le
premier jusqu'au dernier mois de chaleur; elle esL aussi représen-
tée par la maturité progressive de tous les fruits depuis son com-
mencement jusqu'à, son plein; elle est encore représentée par les
pluies du mutin et du soir, et par les rosées; les flenrs s'ouvrent
quand elles tombent, et elles se replient quand· viennent les ténè-
bres de la nuit; elle est encore représentée par les exhalaisons odo-
riférantes des jardins et des champs i eL. aussi par l'arc-en-ciel dans
la nuée, - Gen. IX. U l t 7; - et par les resplendissantes couleurs
de l'Aurore; et en général par la continuelle rénovation de toutes
choses dans les Corps au moyen du cbyle et de l'esprit animal, et
par suiLe au moyen du sang, dOlltla purificaLion des parties vieilles,
la rénovalion, et pour ainsi dire la régénération, sont perpé-
tuelles. Si l'on porte son aLLention sur les animanx le plus vils da
RELIGION CHRli:TIENNE. 23'7
la terre, l'ima,e de la réiénération se manifeste dans la merveil-
leuse transformation des vers 11 soie et de plusieurs autres vers en
nymphes et ell papillons, et de ceux qui après un certain temps se
décorent d'ailes; on peut encore à ces comparaisons en ajouter
de plus léGères, la régénéra Lion est représentée par le désir de
certains oiseaux de se plonger dans l'eau pour se laver et se net-
toycr, après quoi ils retournent comme le. rossignols à leurs ra-
mages. En un mot, le Monde entier, depui6 ses premiers jusqu'à
ses derniers, est plein de représentations et de types de la régé-
n~l'ation.

Par le Baptême de Jecm a été préparé le chemin pour que


JéllOVah le Seigneur pzU descendre dans le Monde, et ac/,ever
la Rédemption, .

688. On lit daos Malachie: « Voici, Moi, j'euvoie mon Ange,


qui préparera le chemin devant Moi, et incontinent viendra
vers son Temple le Seigneur que vous cherchez, et l'A71ge de
1alliance que vous désirez; qui soutiendra le jour de son avè-
nement? et qui subsistera quand il apparaltra? D -lU. :l, ! ; -
eL de nouveau: li Voici, Moi, je VallS enverrai Elie le prophète,
avant que vienne le jour de Jéhovah, grand et terrible, de peUl'
que je ne vient&e, et que je ne frappe la terre d'anatMme.. -
1II. 23, 24, - Et Zacharie, père de Jean, prollhétisant sur son fils:
li Toi, petit e7&fant, propMte du Très-Haut tu Set'as appelé;

tu iras detlant la face du Seigneur pour préparer ses chemins. J)

- Luc, 1. j6. - Et le Seigneur Lui-Même dit de ce Jean: li C'est


celui de qui il a été écrit: Voici, Moi, j'em'oie mali Ange de-
vant ta lace, lequel préparel'a ton chemin devant Toi. JO -Luc,
"II. 2i. - D'après ces passages il est évident que ce Jean a été
le prophèle qui ful envoyé pour préparer le chemin à Jéhovah
Dieu qui devait descendre daos le Monde, et achever la Rtidemp-
tion, et qu'il a préparé ce chemin par le Baptême, et alors en an-
nonçant l'Avènement du Seigneur, et que sans celle préparation
tous là auraient été frappés d'anathème, et auraient péri.
689. Si le chemin a été préparé par le Baptême de JcaD, c'est
238 LA. 'VRAIE
parce que rar ce Baptême, ainsi qu'il vient d'être montré, on était
introduit dans l'Eglise ruture du Seigneur", et i~ré dans le Ciel
l)armi ceux qui avaient attendu et désiré le Messie. et qu'ainsi on
était gardé pal' les A.nges, :llin que les Diables ne s'élançassent
point de l'Enfer. et qu'on ne fQt point perdu j c'est pourquoi il est
dit dans Malachie; • Qui soutiendra le jour de son avènement? »
Et: Il De peur que Jéhovah ne vienne, et ne frappe la terre fi a-
nathème.1) - III. l, 24. - De même dans Ésaïe: • Yoicilejour
de Jéhovah vient, cruel. et d'indiqnation et d'emportement de
colère: ;'é6ranlerai le Ciel, lit la teN'e sera remuée de sa' place
au jour de femportement de sa colère•• - XIII. 6. 9. t.3. t!l.
XXII. K. lt. - De même dans Jérémie, ce jour est appelé jour
de vllStalÏOIJ, de vengeance, et de destruction, -IV. 9. VII. 31,
XLVI. 10. ll. XLVII. 4. XLIX. 8, !6. - Dans ÉZéchiel,jour de
co~ère de nuage et d'o6scurité. - XIII. B. xxx. !l, S, 9. XXXIV.
H. li. L'tXVIII. 14. t6, t8, 19. - Pareillement dans Amos,-
V. t3, U, !lO. VIII. 3, 9. i3 - Daml Joël: « Grand (esl) le jour
de Jéhovah. et terri61e; et qui le soutùmd"a ?» - Il. t. t. Il.
Ill. 3, 4. - Et dans Sépbanie: «En ce jotl, ...là il 11 aura une voi:c
de cri; le gra,zd jour de Jéhovah est p"oche,' jour d'emporte-
ment, ce jour-là; jour d'angoisse et de détresse, jour de vas-
talion et de dévastation; au jour de r emportement de Jéhovah
sera dévorée toute la terre, et il fera consommation avec tous
les ha6ilams de la terre • • - 1. 7 • 8 ; - ~t en outre dans beau-
coup d'autres endroits': d'après ces passages il est évident que si
le chemin de Jéhovah, desceodant dans le Moude, n'elll pas été
préparé par le Baptême de Jean. dont l'effet dans le Ciel fut de
fermer les Enfers, les Juifs 0' auraient pu être préservés' d'une en-
tière destruction: Jéhovah dit aussi • Moise: Il En un moment,
si je montais au milieu de toi, je consumerais ce peuple. » -
EIOd. XXXIII. 3. - Qu'il en soit ainsi. on le voit clairement par
Jes paroles de Jean lIa foule qui venait pour être baptisée par lui:
!I Race de t.ipères. qui vaw a montré d /tcir la colère à V61.ir?"
- MalLh. Ill. 7. Luc, III. 7. - Que Jean ait aussi annoncé le
Christ et son avènement~ quand il baptisait. on le voit dans Luc~
. - m. tG. Jean, I. !S. t6. 31. 3t. 33. m. t6. - D'après cela, il
est facile d,e voir comment Jean a préparé le chemin.
RELIGION CHRÉTIENNE. !39
600. Quant l ce qui concerne ie Baptême de Jean, il représen-
taitla purification de l'homme externe; mais le Bapt~me, qui est au-
jourd'hui chez les Chrétiens, représente la purification de l'homme
Interne, c'est-à-dire, la Régénération i aussi lit-on que Jean bap-
tisait d'eau, mais que la SeilIneur baptise d'esprit saint et de feu,
et c'est 'pour cela que le baptême de Jean e~t appelé baptême de
'pénitence, - Matth. Ill. t t. Marc, I. "' et suiv, Luc, III. 3, t6.
Jean. I. ilS. !6, 33. Act. I. n. X. 37. XVIII. 2lS. - Les Juifs,
.qui ~Iaient lIaptisés. étaient des hommes purement Externes, et
J'homme externe sans la foi au Christ ne peut devenir interne;
.que ceux qui furent baptisés du baptême de Jean soient devenus
hommes internes, lorsqu'ils eurent reçu la foi au Christ, et qu'a-
lors ils aient été baptisés au Nom de Jésus, on le voit dans les
Actes des Apôtres. - XIX. 3 l 6.
691. Moise dit i Jéhovah: • Montre-moi la gloire; lehovak
J"i dit: Tu ne peuz voi,. mes faces, parce que ne peut Me voir
1 homme. el vivre; et il dit: Yoici un lieu où tu te tiendras sur
le rocher, et je te mettrai dans lafente du rocher, etie te cou-
vrirai de ma main jusfJu'à ce que je sois passé; et lorsque je
ntirerai ma main. tu Verf'1lS mes derrières, et .mes faces ne
seront point vue,. » - Exod. XXXllI, 18 i !3. - Si l'homme ne
peut voir Dieu et vh're. c'est parce que Dieu est l'Amour lIême,
et que l'Amour Même ou le Divin Amour apparaIL dans le Monde
spirituel devant les Anses comme un Soleil, distant d'eul comme
le Soleil de notre monde est distant des hommes j si donc Dieu,
qui est au milieu de ce Soleil, approchait près des Anges. ils péri-
raient, de même que les hommes périraient si le Soleil du monde
approchait d'eul, car il est élIalement ardent; c'est pourquoi il ,
a de perpétuelles tempéra.tures qui modifient et modèrent J'ar-
deur de cet amour, afin qu'il n'influe pas dalls le Ciel comme il
est en soi, car les AnBes en seraient consumés i aussi lorsque 181
Sei~neurse manifeste dans une plus grande présence dans le Ciel.
les impies qui sont :lu-dessous du Ciel commencent-ils l se lamen-
ter, la être tourmentés et à perdre la respiration, c'cst pourquoi
ils s'enfuient dans les cavernes et dans les rochers des montagnes.
en criant: cc Tombez sur DOUS, et cacbez-nous de la face de Celui
qui est assis sur le TrOne, io - Apoc. VI. t 6. Ésaïe. II. 19,21 :-.
zq

240 LA VRAIE
ec n'est pas le Seisneur Lui-l\Mme qui descend, mais c'est un
Ange ayant autour de lui la sphère de l'amour procédant du Sei-
gneur: j'ai vu quelquefois des impies terrifiés par çctle descente
comme s'ils voyaient la mort devant leurs yeuI, les uns se préci-
pitant dans l'enfer de plus en plus profolldément, et d'autres tom-
bant en furie. Ce fut pour cela que les fils d'Israël se préparèrent
pendant trois jours, avant la 'descente de Jéhovah le Seigneur sur
la .montagne de Sinai, et que la montagne fut entourée d'une bar-
rière, afin que personne n'en approcb:lt et ne mourût, - EIOd.
XIX. - Il en a été de même de la Sainteté de Jéhovah le Seigneur
dans le Décalogue qui fut alors promulgué, et graré du doigt de
Dieu sur deux Tables, et ensuite déposé dans l'Arche, sur laquelle
dans le Tabernacle avait élé placé le Propitiatoire, et sur le pro-
pitiatoire I.es Chérubins, afin que personne ne touchat immédia-
tement de la main ou do l'œil celte Sainteté i Aharon' ne pouvait
pas non plus en approcher, si ce n'est une seule fois par an, après
qu'il s'élliit expié par des Sacl'ifices et des Fumigations. Ce fut
pour cela que Jes Ëkronites et les Bethschémites moururent par
milliers, seulement (larce qu'ils avaient porLé leurs yelll sur l'Ar-
che, - 1Sam, V. :1.1, 12. VI. i 9; - et aussi Uzzah, parce qU'ill'a-
vait touchée, - Il Sam, VI. 6, 7. - Par ce peu d'exemples, il a
été manifesté de quel anathème eL de quelle destruction auraient
«lté frappés les Juifs, S'i!1S D'avaient pas été préparés par le Bap-
tême de Jean à rece"oir le Messie, qui était JéIJo"alJ Dieu dans
une forme humaine, et si Jéhovah Dieu n'avait pas pris l'Humain,
et ne s'était pas révélé de cette manière; ils furent pr~parés par
cela que, dans le Ciel, ils furent inscrits et mis au nombre de
ceux qui de cœur avaient attendu et dtsiré le Messie, ce qui fit
qu'alorlS des Anges Curent envoyés et devinrent leurs gardiens.
• • • • •
692. A ce Chapilru j'ajoulerai ces MÉllORABLES: PIIElilER lUÉlIO-
RAilLE.Lorsqu'après avoir assisté au Jeu de la S3gesse, 1 je re-
tournais chez moi, je vis dans le chemin un Ange en vêtement
de coulour hyacintllo; il se mit à mon cOté, et dit: «Je vois que
tu sors du Jcu de la sasesse, et que tu es ravi de ce que lu yas

1 VoirIe MiliOBABLE ND 18. (Note du Trtld.)


p
RELIGION CllUTIENNE. 2U
entendu i et comme je perçois que tu n'es pas pleinement dans ce
lIonde, parce que tu es en même temps dans le Monde naturel,
.et que par conséquent tu ne connais pas nos Gymnases Olym-
piques, où les anciens Sages s'assemblent, et apprennent de ceux
4.lui arrivent de ton Mondo les changements et successions d'état
que la Sagesse a subis et subit encore i si tu veUl, je te conduirai
dans un lieu où habitent plusieurs de ces anciens sages et plu-
sieurs de leurs fils, c'est-~-dire, de leurs disciples •• Et il me con-
duisit Vl'rs 1e.'1 confins entre le Septentrion et l'Orient, et tandis
que là JC regardais d'un lieu élevé, voici, je vis une ville, et à l'un
de ses cOtés deux Collines i et, la. plus proche de la ville, moins
éle\'ée que l'autre'; et il IDe dit: • Cette Ville est appelée Athénée ;
la Colline la moins Mute, Parnasse; et la plus haute, Hélicon;
elles sont nommées ainsi, parce que dans la ville et aux alentours
habitent d'anciens Sages de la Grèce, comme Pythagore, Socrate,
Aristippe, Xénophon, avec leurs disciples et ceux de leur
école. » Et je m'informai de Platon et d'Aristote; il me dit qu'eux
et leurs seclateurs habilaient dans une autre réBion, parce qu'ils
avaient enseigné les choses rationnelles qui appartienneBt à l'en-
tendement, tandis que les autres avaient enseigné les cboses mo-
rales qui. appartiennent à la vie. Il me dit que de la Ville d'Athé-
née il est fréquemment envoyé des Esprits studieux vers les let-
trés d'entre 1e.'1 Chrétiens, pour qu'ils rapportent ce qu'on pense
aujourd'hui concernant Dieu, la Création de l'Univers, l'Immor-
talité de l'Ame, l'Élat de l'homme comparé à celui des bêtes, et
d'autres sujets qui appartiennent à la sagesse intérieure; et il me
dit qu'aujourd'hui le béraut avait annoncé une assemblée. ce qui
était UQ indice que les envoyés avaient rencontré de nouveaux
venus de la terre, de qui Ils avaient appris des cboses curieuses;
el nous vlmes un grand nombre d'esprits qui sortaient de la ville
et des environs. quelques-uns ayant des couronnes de laurier sur
la tête, d'aulres Lenant des palmes dans leurs mains, d'autres
avec des livres sous les bras, et d'autres avec des plumes sous les
cheveux de la tempe gauche. NOliS nous mêlâmes parmi eUl, et
nous montAmes ensemble; et voici, sur la Colline il y avait un
Palais octosone. qu'ils appelaient Palladium, et nous entrâmes i
et voici, là, huit réduits hexagones. dans chacun desquels il y
II. to
!42 LA VRAIE
avait une petite Bibliothèque, et aussi une Table, près desqu,Is
prirent siél;e ceux qui avaient des couronnes de laurier; et dans
le Palladium même je vis des bancs de pierre ciselés sur lesquels
les autres se placèrent; et alors à gauche s'ouvrit une porte, par
laquelle deux nouveaux venus de la terre furent introduits, et
après qu'ils eurent été ~alués, l'un de ceux qui étaient couronnés
de lanrier leur demanda; • Qu'y A-T-IL DE NOU\'EAU DE LA TERRE? D
Et ils dirent: u Il y a de nouveau, qu'on a trouvé dans les boia
des hommes qui sont comme des bêtes, ou des bêtes qui sont
comme des llOmmes; llIais d'après leur face et leur corps on a
connu qu'ils élaient nés hommes, et avaient élé perdus ou aban-
donnés dans les bois à l'âge de deux ou ll'ois aus; ou dit qu'ils ne
peuvent 6X(lrinler pal' le son rien de ce qu'ils pensent, ni ap-
prendre à articulor 10 SOD en aucun mot; qu'ils ne s;lvent pas non
plus discerner, comme le savent les bêles, la nourriture qui leur
convient. et qu'ils mettent dans leur bouche les choses lant saines
que malsaiues qn'i1s trouvcnt dans les bois: on raconte encore
plusieurs autres pai'licularilés ; de là quelques tl'udits parmi nous
ont ccnjeoturé t:t quelques aull'es ont eouclu (llusieur:; choses sur
l'état des hommes oOlllparé à celui des bêles. • A ces mOLS.. quel-
ques-uns des anciens Sages demandèrent ce qu'ils en avaient
conjecluré et conclu; et les deux nouveaux venus r~po!ldirent:
• Beancoup de choses, qui cependant peuvent se réduire a ce qui
Buit: iO Que l'homme d'apr,ès sa nature, et aussi d'après sa nais-
sance, est plus stupide et par suite plus vil que la bête, et qu'il le
devient pareillement s'il n'est pas instruit; 2° qu'il peut êlre ins-
truit, parce qu'il a appris à produire des sons articulés, et par suite
l parler, el que par Il il a commencé l manifester des pensées, et
cela successÏ\'ement de plus en plus, au point qu'il a pu exprimer
Jes lois de la société, dont plusieurs cependant out élé <<l'avées
dans les bêtes dès la naissance; 3' que les bête!4 Gnt la Rationa-
lité de même que les hommes; '" si donc les bêles IJ'OuvaienL par-
ler, elles raisonneraient sur chaque chose aussi subtilement que
les hommes; ce qui l'indique, c'est qu'elles pensent d'après Ja
raison et la prudence aussi bien que les hommes; 5° que l'Enten-
dement est seulement une modification de la lumière du soleil.
avec la coopération de la chaleur, au moyen de l'éther, de Borte
r RELIGION CRIŒTIENNE. 2i3
que c'est seulement une aclÏ\'ilé de la nalure intérieure, et que
celle aCIÏ\'it6 peut être exaltée al/ point de sc monlrer comme sa-
lesse ; 6~ qu'il esr par conséquent ridicule de croire que l'homme,
après la morl, vive plus que la bête, si ce n'est que peut-être pen-
dant quelques jours après le décès il peut, d'après l'exhalaison de
la vie du corps, apparaitre comme nimbe sous la forme d'un fao-
tômo, avant qu'il soit dissipé dans la nature, à peu près comme
une branche brùlée, retirée des cend res, se fait voir sous la res-
semblanre de sa forme; 7° qu'en conséquence la Religion, qui en-
seigne une vie ap\'è.~ la mort, est une pure invention, afin 'lue les
simple:! soieut tellus intérieurement liès par les lois religieuses,
comme ils le sont eXlérieurement par les lois civiles. » Ils ajoutè-
rent que Ct! sont les hommes purement ingénieux qui raisonnen 1
ainsi, (t nOll les hommes Intelligents; et on leur demanda: • Com-
ment raisonnent les Intelligents r • Il,, dirent qu'ils ne les avtlient
pas en rendlis, mais qu'ils ont d'eu" celle opinion.
Apr~ cet exposé. IOUS ceux qui étaient près des Tah:ct; s'écl'iè-
rent: Il Oh 1 quels lemps aujourd'hui sur la Terre 1 liéla:;! quelles
vicissitudes la Sagesl'e a éprouvées! n'a-t-elle pas été tournée en
llDe folle adresse ingénicose! le Soleil est couché; et, sous la terre,
nest diamétralemen t opposé à son midi. D'après ceux qui ont été
abandonnés et trouvés dans les bois, qui est-ce qui ne peut savoir
que semblablo est l'homme non inslruit? Est-ce qu'il n'est pas
selon l'instruction qu'il reçoit? Ne nalt-i1 pas dans l'ignorance pl~s
que les bêtes! Ne doit-il pas apprendre l marcher et ~ parler? S'il
D'apprenait pas l marcher, se dresserait-il sur les pieds! Et s'il
D'apprenait pas à parler, exprimerait-il par des sons quelque chose
de la pensée? Tout homme n'est-il pas selon qu'il a été enseigné;
insensé, si c'est d'après des raux, et sage, si c'est d'après des
vrais; et insensé d'après les Caux ,avec la, phantaisie d'êlre pins
sage que celui qui est sage d'après les vrais! N'y, a-t-il pas des
hommes fous et extra~agant8. qui ne sont pas plus bommes que
ceux. qui out été trouvés dans les bois! Ceux qui sont privés de la
mémoire ne leur lIont-ils pas semblables! Pour nous, nous avons
Conclu de lout cela que l'homme sans l'instruction n'est ni un
hpmme, ni une bête, mais qu'il est UDe forme qui peut recevoir
ID soi ce qui fait l'homme, et qu'ainsi ilue oait pas homme, mais'
--
2U LA. VRAIE
qu'il devient homme; et" que l'llomme natt une teUe forme, pour
qu'il soit un organe récipient de la vie qui procède de Dieu, afin
d'être"un sujet dans lequel Dieu l)Ui~e introduire tout bien. et
par l'nnion avec lui le rendre heureux pour l'éterniLé. Nous per-
cevons par votre ral)port que la sagesse aujourd'hui est tellement
éteinte ou de\'enue folle, qu'on ue sait absolument rien de l'état
de la vie des hommes dans sa relation avec l'étaL de la vie des
bêtes; de là vient qu'on ne connait pas non plus l'état de la vie
de l'homme après la mort i quant à ceul qui ]leuvent le connattre.
mais ne le veulent pas, et par suite le nient, comme fo·nt beau-
coup de vos Chrétiens, nOlis pouvons les assimiler à ceul qui ont
été trouvés dans les bois, non pas qu'ils soient devenus ainsi stu-
pides par privation d'instruction, mais parce qu'elllt-mêmes se sont
rendus ainsi stupides par les illusions des sens, qui sont les ténè-
bres des vérilés ••
lIais alors un des assistants, qui se tenait debout au milieu du
Palladium, ayant à la main une palme, dit: • Développez, je vous
prie, cet arcane: Comlllent J'homme créé forme de Dieu, a-t-il
pu être changé en forme du diable? Je sais que les Anges du Ciel
sont des formes de Dieu, et que les anges de l'enft:r sont des
formes du diable; et t.es deux formes sont opposées entre elles,
celles-ci sont des Folies, celles-là des Sagesses i dites donc com-
ment l'homme, créé forme de Dieu, a pu passer du jour dans une
telle nuit, qu'iJ en soit arrivé à nier Dieu et à la vie éternelle? • A
cet.te question les Maltres répondirent dans- cet ordre, d'abord
les Pythagoriciens, puis les Socraticiens, et ensuite les autres:
mais l'arnli eUI il J avait un Platonicien, celui-ci parla le dernier,
et son opinion prévalut i elle consistait en ceci: • Les hommes de
l'âge de Saturne ou du siècle d'or, savaient et reconnaissaient
qu'ils étaient des Formes récipientes de la vie qui procède de
Dieu, et par conséquent ·la sasesse était Bravée dans leurs Ames
et dans leurs cœurs; et par suite d'après la lumière du vrai ils
voyaient le vrai, et par les vrais ils percevaient le bien d'après le
plaisir de l'amour du bien i mais à mesure que les hommes, dans
les Siècles suivants, s'éloignèrent de la reeonnaissance que tout
vrai de la sagesse, et par suite tout bien de l'amour chez eux, in-
fluait continuellement de Dieu, ils cessèrent d'être des habitaclu
RELIGION CHRÉTIENNE.
de Dieu, et alors cessa aussi leur entretien avec Dieu, et leur con-
sociation avec les Anges i car les intérieurs de leur mental, de
leur direction qui avait été élevée en haut Yers Dieu par Dieu,
furent pliés vers une direction oblique de plus en plus en dchors
dans le Monde, et ainsi vers Dieu par Dieu au moyen du Monde,
et enfin furent retournés dans la direction opposée qui est en bas
vers soi-même; et comme Dieu ne peut être regardé par l'homme
intérieurelDen~ retourné eL ainsi Lourné dans un sens opposé, les
hommes se séparèrent de Dieu, -et devinrent des formes de l'En-
fer, et par conséquent du diable. JI suit de là que, dabs les pre-
miers Ages, les hommes reconnurent de cœur et d'Ame que tout
bien de l'amour, et par suite tout vrai de la l'agesse, leur venaient
de Dieu et appartenaient à Dieu en eUl, et qu'ainsi ils étaient
eux-mêmes de purs réceptacles de la vie procédant de Dieu, ce
qui fit qu'ils ont étls appelés Images de _Dieu, Fils de Dieu, -et Nés
de Dieu i mais que, dans les Ages qui suh'irent, ils reconnurent
cela non de cœur ni d'âme, mais par lins certaine foi persuasive,
el ensuite par une foi bistorique, et enfin -seulement de bouche;
et reconnaître cela seulement de boucbe, c'est ne point le recon-
naUre; bien plus, c'est le nier de cœur. Par là on peut voir quelle
est aujourd'hui ]a &asesse sur la terrI chez les Chrétiens, puisque
ceux-ci, quoiqu'ils puissent d'après la l\évélation écrite êlre ins-
pirés de Dieu. ne connaissent piiS la différence qu'il y a entre
l'homme et la bête; et que par suite plusieurs croient que _si
l'homme vit après la mort, la bête aussi doit vivra, ou que si la
-bête ne vit pas après la mort, l'homme non plus ne doit pas vifre;
Dotre lumière spirituelle, qui éclaire la vue du mental, n'est-elle
pas devenue obscurité chez eux; et leur lumière naturelle, qui
éclaire seulemellL la vue du corps, D'est-elle pas devenue pour
eux une lumière éclatante! •
Après cela, ils se tournèrent tous vers les deux nouveaux ve-
DUS, et ils les remercièrent de ce qu'ils s'étaient rendus au milieu
d'eux et du récit qu'ils avaient fait, et les prièrent de rapporter l
leurs frères ce qu'ils venaient d'entendre: et les nouveaux venDS
ré pondirent qu'ils confirmeraient les leurs dans cette vériLé. qu'au-
tant on aLtribue au Seigneur et non à soi tout bien de la charité et
tout vrai de la foi, autant on est h~mme et on devient Ange du Ciel.
...,

246 LA. VRAIE


693. SECOND MiIORABLE. Quelques semaines après, j'entendis
UBe voix du Ciel qui me dit : CI Voi(li de nouveau une Assemblée
au Parnasse; approche, nous te montrerons le chemin:. Je m'ap-
prochai, et quand je fus auprès, je vis sur l'Hélicon quelqu'un to-
Dant une trompette avec laquelle il annonçait et indiquait ,'As-
semblée. Et je vis, comme précédemment, des esprits monter de
la Ville d'AtMnée eL des environs, et au milieu d'eul trois No-
vices du ~fonde i ils étaient tous trois d'entre les Chrétiens, l'un
Prêtre, l'autre Politique, et le troisiême Philosophe; on les égayait
en chemin par une conversation sur divers slljets, principalement
lur les Sagês Anciens qu'on designait par leur nol,D; ils deman-
dèrent s'ils les verraient; ou leur répondit qu'ils les terraient, et
·que, s'ils le voulaient, ils leur présenteraient le salut. attendu
qu'ils étaient affables. lis s'informèrent de Démosthènes, de DIo-
iène et d'Épicure. On leur dit i« Démosthènes n'est point ici, il
est auprès de Platon; Diogène, avec ceux de son école, demeure
sous l'Hélicon, par celte rais0!l qu'il regarde les choses Itondain6i
comme rien, et ne s'occupe que de cboses célestes; Epicure habite
il l'occident sur les confins. et n'entre pas chez nous, parce que
DOUS, 110 us distinBuons entre les affections bonnes et les affections
mauvaises, et nous disons que les affections bonnes sont avec la
sagesse, et les affections mauvaises contre la sagesse.• Quand ils
eurent monté la colline du Parnasse, quelques gardes y appor-
tèrent de l'eau de la fontaine dans des vases de cristal, eL dirent:
cc C'est de l'eau de la fontaine, que, selon les réèits de l'antiquité,
le chenl Pégase avait fait jaillir en frappant la terre avec la corne
41e son pied, et qui fut ensuite consacré aUI neuf Vierges; or,
par le Cheval ailé, Pésase, ils désignaient l'Entendement du vrai
par lequel existe la sagesse i par la corne de son pied, les expé-
riences par lesquelles on acquiert l'intelligence naturelle; et par
les neuf Vierges, les connaissances et les sciences de tout genre;
ces cho!l6S1ujourd'hui soutappelées fables, mais elles étaient des
correspondances, d'après lesquelles s'exprimaient les bomlDes de
l'antiquité. »Ceux qui accompasnaient les trois nouveaux venus
leur diren t: cc Que cela ne vous élonne pas, les Bardes ont été ins-
truiLs à parler ainsi; eL nous, par boire de l'eau de la fontaine
1I0US entendons être instruit des vrais, et des biens au moyen
F
RELIGION CHRI1:TIENNE. 2'1
~es vrais, eL ainsi avoir la saKesse. Il Ensuite ils entrèrent dans
Je Palladium, et avec eux les trois Novices du Monde, le Prêtre,
le Politique et le Philosophe; et alors ceux qui étaient couron·
Dés de laurier, et assis près des tables, demandèrent: Qu'y A-
T-IL DE NOUVEAU DE LA URBI? Et ils répondirent:. Il Y a de
nouveau, qu'un homme prétend con\"erser avec les Anges, et avoir
la vue ouverte pOlir le Monde spirituel comme il J'a ouverte pour
le l'lande naturel; et il en rapporte plusieurs ehoses nouvelles,
entre autres celles-ci: Que l'homme vil homme après la mort,
comme il a ,"écu précédemment dans le Monde; qu'il voit, en-
tend, parle comme auparavant dans le Monde; qu'il est vêtu et
paré d'ornements comme auparavant dans le Monde; qu'il a faim
eL soif, mange et boit comme aupara,"ant dans le Monde; qu'il
jouit du délice conjugal comme auparavant dans le Monde; qu'il
dort eL veille comme auparavant dans le Ilonde; qu'il y a là des
terres et des lacs, des montagnes et des collines, des plaines et
des vallées, des fontaines et des fleuves, des jardins et des bo-
cages; et qu'il y a aussi là des palais et des maisons, des villes et
des villa~es, comme dans le Monde naturel; qu'il y a aussi des
-écritures et des livres, des emplois et deJi commerces, des pierres
précieuses, de l'or et de l'argent; qu'en un mot, il y a là, en gé-
néral et en particulier, toutes les choses qui sont sur la terre; el"
41ue, dans les cieux, elles sont infiniment pluli parfaites, avec la
seule ditrérence que toutes les choses qui soot dans le Alonde spt-
rituel sont d'origine spirituelle et par luite spirituelles, parce
qu'elles procèdent dll Soleil spirituel qui est pur Amour, tandis
-que toutes les ehoses qui sont dans le Monde naturel sont d'ori-
gine naturelle el par suite naturelles et matérielles, parce qu'elles
procèdent du Soleil naturel qui est pur fell; qu'enfin l'bomme
après la mort est parfaltemenL homme, et même plus parfaite-
ment homme qu'auparavant dans le Monde, car auparavant dans
Je Monde il était dans un corps matériel, tandis que dans le Mond,
spirituel il e!'\t dans un corps Ilpiriluel.» Après qu'ils eurent ainsi
parlé, les Sages anciens leur demandèreut ce qu'on pense de cela
lur la terre. Ils dirent tous trois: cc Quant l nous, nOliS savons que
cela est vrai, puisque DOUS sommes ici. et que nous avons tout
visité et tout examiné; nous dirons donc comment on en a parlê
'4.8 LA. VRAIE
et comment on im a raisonné sur la terre. JI Et alors le PRÈTRE
dil: • Aussitôt que ceux qui sont de notre ordre eurent entendl1
ces récits, ils les ont traités de visions, et ensuite de fictions, puis
ils ont dit qu'il avait vu des Cantômes, et eufin ils ont hésité. et
ont dit: Croyez, si vous voulez; pour nous, jusqu'à présent nous
avons enseisné que l'homme. après la mort, ne sera pas dans un
corps avant le jour du jugement dernier. D Et l'on demanda au
Prêtre s'il n'y avait pas parmi eul. quelques hommes Inlelligents
qui pussent leur démontrer et leur faire reconnaUre celle vérité,
que l'homme vit homme après la mort. Le Prêtre r~pondit: If Il Y
en a qui la démontrent, mais ils ne convainquent pas; ceux qui la
démontrent disenl, qu'il est contre la saine raison de croire que
l'homme ne vit pas homme avant le jour du jusemenL dtlrnier, et
que J'Ame en attendant ce jour e&t sans corps; qu'est-ce alors que
l'Ame, et où est-elle pendan t ce temps! Est-ce un soume, ou un
vent qui voltige dans l'air, ou un être renfermé au centre de la
terre ?Où est son Ouelque part (Pu)? ESL-ce que les Ames d'Adam
et d'Ève, et de tous ceux qui Obt vécù après eux, depuis six mille
ans ou soixaute siècles, voltigent encore dans l'univers, ou sont
tenues renfermées dans le centre de la terre, et attendent le lu~
sement dernier! Quoi de plus pénible et de plus mb.érabltl qu'une
.telle attente! Leur sort ne pourrait-il pas être comparé au sorl de
ceux qui sont en pl'ison les Cers aux mains et aux pieds? Si tel
était le sort qui attend l'bomme après ]a mort, ne ,'audrait-il pas
mieux nailre âne que de nattre homme? N'esHI. pas aussi contre
la raison de croire que 1'4me peut être de nop\'eau re\'élue de SOD
corps? Le corps n'a-l,il pas été rongé par les vers, par les rats.
par les poissous! Et des os brûlés au soleil ou réduils en pous-
sière pourraient-ils rentrer daus ce nODveau corps r Comment dlls
mlltières cadavéreuses et inCecles se rassembleraient-elles et s'u~
niraient-elles aux Ames! A ces raisonnements, ceux qui les en-
tendent ne répondent rien de raisonnable, mais i1s1'llsleut atta-
chés à leur foi, disant: Nous soumettons la taison l l'obéissance de
]a Coi. Quant à la réunion de lous les morlS sortant des lombeaux
au jour du jUS8ment dernier, ils disent: C'est l'œuvre de la Tout~
Puissance: et quand ils nomment la 'Ioute-Puissance et la Foi, la.
rai$on est bannie; et je puis dire qu'alors la saine raison es'
r
RELIGION CHRiTIENNE. 249
comme rien, el pour quelques-uns d'enx comme un spectre; et
même ils peuvent dire à la saine raison : Tu déraisonnes. 1) A ces
mots, les Sages de la Grèce dirent: • Ces paradoxes ne SB dissi-
pent-ils pas d'eux-mêmes comme contradictoires! Et cependant
aujourd'hui dans le 1I0nde ils ne peuvent être dissipés par la
saine raison; que pent-on croire de plus paradoul que ce qui est
rac~nté du Jugement Dernier, que l'Univers pér.ira, et qu'alors les
étoiles du ciel tomberont sur la terre, qui est plus petite que les
étoiles; et que les corps des bommes, alors ou cadavres, 011 mo-
mies triturées par les hommes, ou réduits à rien, seront réunis
à leurs Ames? Nous, lorsque nous étions dans le Monde, nous
avons cru à l'immortalité des âmes des hommes, d'après les in -
ductions que la raison 1I0US fournissait i et en outre nous avons
désigné pour les bienheureux des lieux que nous a\'ons appelés
Champs-Élysées; ct nous avons cru que ces Ames étaient des effi-
gies ou formes humaines. mais tenues parce qu'elles étaient spi-
rituelles .• Après avoir alOsi parlé, ils se tournèrent vers le se-
cond nouveau venu, qui dans le Monde avait éLé POLITIQUB i ce-
lui-ci avoua qu'il n'avait pas cru à la vie ilprès la mort, et qu'au
sujet des choses nouvelles qu'il en avait entendu dire il nait
pensé que c'étaient des fictions et des im'entions: ft En méditant
sur celle vie future, je disais: Comment des tlmes )leuvent-elles
être des corps? Tout ce qui appartient à l'bomme n'est-il pas
étendu mort dans le tombeau YSon œil n'y est-il pas; comm'ent
peut-il voir! Son oreille n'y est-elle pas i comment peut-il en-
tendre YD'oh a-t-il une bouche pour parler Y Si quelque cho~e de
l'homme vivait apràs la Alort, serait·ce autre chose qu'un spectre?
Commeut un spectre peut-il manger et boire, et comment peut-il
jouir du drlice conjugal YOù prend-il des vêtements, une maison,
des aliments, et le reste YEt les spectres, qui sont des effigies aé-
riennes, apparaissent comme s'ils existaient, et cependant n'exis-
tent pas, J'avais dans le !londe C6d pensées et d'autres semblables
sur la vie des hommes après la mort i mais à présent que j'ai tout
vu, et tout touché do mes mains, je suis convaincu par les sens
eux-mêmes que je suis homme comme dans le Monde. au point de
ne savoir autre 'cbose sinon que je \'is comme je vh'ais. avec la
différence que maintenant ma raison est pl liS saine; j'ai sou\'ent
250 LA VlWE
eu honte de mes pensées antérieures.» Le PUILOSOPHE raconta
sur lui·mOme des choses semblables, avec celte différence cepen-
dant, qu'il avait rangé ces nouveautés, qu'il entendait dire sur la
vie apl'ès la lDort, au nombre des opinions et des hypolhèses qu'il
avait recueillies des Anciens et de.~ Modernes. Les Sages élaient
stupéraits de ce qu'Ils venaient d'entendre; el ceux qui étaient de
l'tcole de Socrale dirent que, d'après ces Nouvelles de la Lerre,
ils percc,"aient que les intérieurs des mentais humains avaient été
successivement boucbés, et que maintenant dans le Monde la foi
du raux brille comme la vérité, et l'extravagance du génie comme
la sagesse, et que la lumière de la sagesse, depuis les temps où. ils
vivaient dans le M6nde, s'était abaissst3e des intérieurs du (;!er-
veau sur la bouche au-des:ious du nez, oÏl celle lumière se montre
devan t les yeux comme éclat de la lèvre, ct par suiLe le lanBale
de la bouche comme sagesse. Après noir entendu ces mêmes
choses, l'un des élèves de celte école dit: Il Combien sont stupides
aujourd'hui les mentais des habitants de la terre! Oh! si nous
avions ici des Disciples de Démocrite et d'Héraclite, dont les uns
rieut de tout, et les autres se lamentent de tout, que de rires et
de lamentations nous entemlrious! Celte séance de l'assemblée
Il

ayant été levée, ils donnèrent aUI trois No,"ices de la terre des
marques de leur autorité; c'étaient des lames de cuivre sur les-
quelles quelques Hiéroglypbes avaient été gravées; et les Novices
"Se retirèrent aveo ces lames.
" 69', TROISIË!IIE MEMORABLB. Quelque temps après, je porlai
IDes regards vers la Ville d'A tbénée, dont il a été dit quelque
chose dans le premier aIémorable, et j'enlendis provenaot de là
une clameur extraordinaire; il Y avait en elle quelque chose du
rire, dans le l'ire quelque chose de l'indignalion, eL dans l'indigna-
tion quelque chose de la tristesse! néanmoius celle clameur n'élait
pas pour cela dissonnante, mais il y avail consonoance, parce qua
ce n'était par un son avec un autre, mais c'était un son au-dedans
d'un autre i dans le Monde spiri.tuel on perçoiL distinctement dans
le son la variété et le mélange de." affections, Je demandai de loiD
ee que c'élait i eL 00 me dit: Il Un m6lSsager e~t arrivé du lieu où.
apparaissent d'abord les nouveaux venus du IloIlde Chrétien, di-
saDt que là il a,'ail appris de Trois nouveaux venus, que dans le
r RELIGION CHR~TLENNE. 231
Monde d'où ils sont arrivés, ils ont cru avec tous les autres, que
ceux qui jouiraient du bonheur et de la félicité seraient dans un re-
pos 'complet sans aucun travail, et que comme les administrations,
les emplois et les occupati~ns sont ces travaux, il y aurait repos
l l'égard de ces charges; et comme ces trois Novices viennent
d'être amenés par notre Émissaire, et qu'ils sont à la porte et at-
tendent, une clameur s'est élevée, et aprés en noir délibéré, on
a décidé qu'ils seraient introduits. lion pas dans le Palladium sur
le Parnasse, comme les précédents. mais dans le grand Audiloire,
pOUl' y faire connattre leurs Nouvelles du Monde Cbrétien; et
quelques-ulls de nous ont été députés pour les introduire avec
solonnité.» Comme j'étais en esprit, et que pour les esprits les
disLances sone selon les états de leurs affections; et comme alors
j'avais l'affection de les voir et de les entendre, je me vis là pré-
sent, eL je les vis introduire et les entendis parler, Les plus An-
ciens ou les plus Sases s'assirent dans l'Auditoire sur les côlés,
et tous les autres étaient III milieu; et devant ceux· ci il y avait
une estrade : c'est là que les trois nouveaux venns a\'ec le messa-
1er, accompagnés solennellemeut par les plus jeulles, furent con-
duits ltravers le milieu de l'Auditoire i et quand on eut fait si-
lence, ils furent salués par un des plus Anciens, et il leur de-
manda: u Qu'y A'T-IL DE NOUVEAU DE LA. TERRE? • Et ils dirent:
«11 y a he!lucoup de Nouvelles, mais dis, je te prie, iiur quel su-
jet.• Et l'Ancien répondit: «Qu'y A.-T-IL De NOUVEAU DR LA.
TERRE AU SUJET DE reOTItE 1I0NDE ET DU CIEL? Et ils répon-
-dirent: • En arrivant tout récemmeut dans ce Alonde, nous avons
appris qu'ici el daus le ciel il y a des Administrations, des Char-
«es. des Fonctions. des Commerces, des Études de sciences, el
, -des Occupations admirables; et cependant nous aviolls cru qu'a-
près notre émigration ou translation du Monde natul'el dans ee
Monde spirituel, nous viendrions da us un repos éternel sans aucun
travail; or, que sonlles fonctions sinon des lra\'lUl! • Alors l'An-
eien leur dit: • Est-ce que par un repos élernef sans aucun tra-
vail vous avez f'ntendu une éternelle oish'eté, dans laquelle vous
'Seriez colltinuellement assis e~ couchés. aspirant les délices par la
poitrine, et bumant les joies par la bouche! • A ce~ mots. les trois
'Nouveaux venus souriant légèrement dirent qu'ils s'étaient figuré
-
252 LA VRAIE
quelque chose de semblable; et alors 011 leur fit cette réponse:
a Qu'est-ce que les joies et les délices, et par suite la félicité, ont
de coinmun a,-ec l'oisiveté! Par l'oisiveté le mental s'affaisse et ne
s'étend point, ou bien l'homme tombe dans un état de mort et
D'est point vivifié i qu'on sUPl'0se quelqu'un assis dans une oisi-
veté complète, les bras croisés, les yeux baiss~s ou élev6s, et qu'on
suppose qu'il soit en même temps entouré d'une atmosphère d'al-
légresse, un assoupissement profond ne s'emparerait-il pas et de
sa tête et de son corps, l'expansion vitale de la face ne s'étein-
drait-elle pas, eL enfin les fibres se rel4chant ne chancellerait-il
pas de plus en plus, jusqu'à ce qu'il tomb:ll par terre! Qu'est-ce
qui lient dans l'expansion et danll la tension le systbme de tout le
corps, si ce n'cst la contention de l'esprit (animz) ? Ét d'où vient
la contention de l'e.'Spl'it, si cc n'est des choses il administrer et
des occupations, quand on s'y livre avec plaisir! C'est pourquoi jet
YOUS apprendrai une Nouvelle du Ciel, c'est que là il Ya des ad-
ministrations, des ministèl'p's,- des tribunaux ;rands et peli/s, ct
aussi des métiers et des occupations.» QU;lDd les trois nOUfeaux
venus apprirent que dans le Ciel il y avait des Tribun:1U1. grands
et petits, ils dirent: Il Pourquoi ces tribunaux! Est-ce quc tOIlS dans
le Ciel ne sont Jla~ il/l'l'irés et conduits par Dieu, et par suite ne sa-
vent pas ce que c'est que le juste et le droit? Qu'est-il alors besoin
de juges! D Et le Sage ancien répondit: CI Dans ce Monde, l'on
nous enseisne et nOlis apprenons ce que' c'est que le bien elle
vrai, et aussi ce (Ille c'est que le juste ~t l'équitable, comme dans
]e 'Monde naturel, et nous l'apprenons non pas illunmédiatement de
Dieu, mais médiatement par les autres; et lout Ange, de m~me
que tout homme, pense Je vrai et fait 10 bien comme par lui-
même; et cela est, selon l'élat de l'Ange, mélangé et non l'as pur;
et parmi les Ange~ il y a aus~i des simples et des sages, et les
sages doivent juger, lorsque les simples par simplicité et par igno-
nnce sont dans le doute sur le juste ou s'en éloignent. Uais VOUII,
puisque vous êtes récemment arrivés dans ce Monde, suivez-Dloi
dans notre ville, si cela VOliS est agréable, et nous vous montrerons
tout. " Et ils sortirent de l'Auditoire, et quelques-uns des anciens
Sages les accompagnèrent aussi; et d'abord ils l'ntrèrent dans
une vaSle Bibliothèque qui était, sel~n les sciences, divisée en
r RELIGION CHRÉTIENNE. 233
Bibliothèques plus petites: les trois nouveaus: venus, en voyant
tant de livres, furent très .. étonnés, el dirent: «II y a aussi des
Livres dans ce Monde 1 011 prend-on le parchemin et le papier!
d'où tireZ-VOlis les plumes et l'encre YIl Les Anciens leur répon-
dirent: Il Nous percevons que vous a,'ez cru, dans le Monde d'où
vous venez, que ce IIonde-ci est vide, parce qu'il est spirituel; el
si lOUS avez cru cela, c'est parce que \·ous avez entretenu au su-
jet du spirituel une idée abstraite du matériel; et ce qui est abs-
trait du matériel vous a &emblé comme rien, ainsi comme vide;
. et cependant ici est la plénitude de toutes choses j ici toutes les
ehoses sont SUBSTANTIELLES et non ma térielles, et les choses ma-
térielles lirent leur origine des substantielles; nous qui sommes
ici, nous sommes hommes spirituels, parce que nous sommes
substantiels et non matériels; de là. vient qu'ici il y a dans leur
perfection toules les choses qui sont dans le Monde naturel, même
des livres et des écritures, et beaucoup d'autres cboses encore. »
Qunad les trois nouveau venus entendirent parler de choses
SUBSTA.NTIELLES, ils pensèrent que cela devait être ainsi, tant
parce qu'ils avaient vu les Livres écrits, que parce qu'ils avaient
entendu celle senlence, qlJe les malières vit'nnent originairement
des sU))Slances. Afin qu'ils fussent encore confirmés dans ces vé-
rités, ils furent conduits dans les Demeures des écrivains qui co-
piaient des exemplaires d'ouvrages composés par les sages de la
ville, et ils examinèrent les écritures, et ils furent étonnés de les
voir si netles et si brillantes. Ensuite ils furent conduits dans les
Musées, Gymnases et Colléges, et dans les lieux où se tenaient
leurs Jeus: littéraires, dont quelques-uns étaient nommés jeux
des lIéliconides; d'autres, jeux. des Paroassides; d'autres, jeux
dlHl Athénéides ; et d'autres, jeux. des Vierses de la fontaine; on
leur dit que ceux-ci sont ainsi appelés, parce que les Vierges si-
pifient les affections des sciences, et que chacun a de l'intelli-
gence selon l'affection des sciences; les Jeux ainsi nommés étaient
des exercices et des luttes spirituels. Ensuite ils furent conduits
dans la ville chez les Gouverneurs, les Adminisll'ateuJ'S et leurs.
Officiers, et par ceux-ci auprès des ouvraies merveilleux qui sont
eléculés d'une manière spirituelle par des artistes. Après qu'ils
eurent toul vu, le Sage ancien s'entretint de nouveau avec eux.
LA VRAIE
sur le Repos éterntll de tr,naux, dans lequel viennent ceux qui
jouissent de la béatitude et de la félici1é après la mort, et il leur
dit: u Le Repos élernel n'esl point l'oisiveté, paree q1le de l'oisi-
veté résultent pour le menlal, ct par suite pour tOllt le corps, la
langueur, l'engourdis.'1ement, la stupeur et l'assoupissemellt. el
c'est là la mort et non la vie, et encore moins la vie éternelle, dans
laquelle sont les Anses du Ciel; c'est pourquoi le Repos éternel
est un repos qui chasse ces inconvénionts et fait que l'homme vit;
et cc n'est autre chose que ce qui élève le mental; c'est donc une
étude et un ouvrage d'aprl's lesquels le mental est excité, vivifié
ei réjoui; etl.'ela fe rait selon l'usage d'après lequel, dans lequel
et pOlir lequel on opère; de là vient que tout le Ciel est regardé
par 10 Seigneur (OlUnle le contenant des usages i.t chaque Ange
est Ango selon l'usage qu'il faiL; le plaisir de l'usage le pousse
comme un courant fa"orablo entralne un navire, eL fait qu'il est
dans une paix éLtrnelle. et dans le repos de la paix; c'est ainsi
q,,'e~t cnldnlili la repos élcr'lel de travaux. Oue l'Ange soit vivi-
fié selon l'étude du mental d'après l'usaga, cela est bien évident
en cc qlle cllaqne Anse a l'Amour conjugal avec sa force, sa puis-
sance cl ses délices, selon I"étude de l'usage réel dans lequel il
est. D Après que ces trois nouveaux venus eurenl été confirmés
que le repos éternel est, non pas l'oisi\"eté. mais le plaisir de. raire
quelque chose qui soit pour l'usage. quelques Vierges vinrent avec
de la broderie et du filet, ouvrages de leurs mains, et enes leur
en firent présent i eL quand ces esprits novices se retirèrent. . les
Vierses chantèrent une ode, par laquelle elles exprimaient avec
une mélodie angélique l'affection des œuvres de l'usage avec ses
charmes.
692S. OUATRIEME lIËlIORAULB. Aujourd'hui, la plupart de ceux
qui croient à la vie après la mort, croient aussi que dans le Ciel
leurs Pensées ne seront que des pensées de Dévotion. . lellrs Paroles
que des Prières. et que les unes elles autres avec l'expression de
)a race et les actes du corps ne seront que des Glorifications de
Dieu, qu'ainsi leurs Maisons serolt autant de liaisons de culte
ou de Chapelles sacrées. et que par conséquent .I0us deviendront
Prêtres de Dieu. Mais je peux affirmer que lA les choses saintes
de l't,Use n'occupent pas plus les Men lais et les Maisons que

1
r .
RELIGION CHIŒTIENNE •
dans le Monde où Dieu est célébré par un culLe, quoique là le cu Ile
soit plus pur ct plus intérieur, mais que les diverses choses qui
concernent la Prudence civile, et celles qui concernent l'Érudi-
lion rationnelle, y bont dans leur excellenee. Un jour, je fus éle\ é
au Ciel, et conduit dans une Société où il y avait des Sages qui,
dans les Siècles anCiens, a\'aient excellé cn érudition d'après lenrs
veilles et leurs méditations sur les clloses qui concern:J.ieul la rai-
IIQn et en même temps l'usage, et qni étaient maintenant dans
Je Ciel, parce qu'ils uaient cru en Dieu et que maintenant ils
croient au Seh;neur, et parce qu'ils avaient aimé le prochain
comme eux-mèrues; et ensuite je fus introduit dans laur .t\ssem-
bJée, et là on me demanda d'où j'étais; et je leur déclu:J.i que
de Corps j'étais dans le Monde naturel, et par 1'~~;I!'H dans leur
Monde spiriluel ; en appl'enant cela, CtlS Anges fureut ,::'ns la joie,
et ils IDe dirent: u Dans le Monde où lu es CIe corlw, que sait-on
de l'I:m.n, el qu'entend-on par là! Il Et alors, apres a\'oir ras-
semblé ce que j'C.l a\'ais puisé CI:ms les discours et les ~crHs des
luleurs célèbres, je répondis qu'on ne connait encore aucnn In-
Oux du }Zondo spiriwel dans le Monde naturel, mais qU'Oil parle
de l'Jnl1ux de la Nalure dans los choses provenant de I:t nature,
p:lr exemple, lle l'InfluI de la Chaleur et de la Lumière du Soleil
dans les Corps animés, comlDe aussi dans les Arbres et les ar-
brisseaux, d'où provient la vivification des uns et des :lutres, et
réciproquement de l'Influx du froid dans ces mêmcs êtres d'où
provient leur état de Dlorl; el, oulre cela, de l'In~ux de ]a lu-
mière dans les Jeux, d'où résulle la vue; de l'Influx du son dans
les oreilles, d'où résulte l'ouie i de l'Influx de l'odeur dans les Da-
rines, d'où rt~~uIte l'odorat, el ainsi du reste. De plus, les Erudits
de ce siècle l'3isonnent de diverses manières sur l'Influx de l'Ame
dans le Corps et dn Corps dans l'Ame, el sont divisés sur ce s\lj~t
en Irois parties, à savoir: S'il ya un Influx de l'Ame dans le Corps.
inftux qu'ils Dommcnt Occasionnel, d'après l'occasion des inci-
denls sur les sens du corps; ou, s'il y a un Influx du Corps dans
l'Ame, influx qu'ils nomment Physique, parce les objets fr3p-
pén t les Sens e~ par les sens l'Ame; ou, s'il y a un Influx simul-
tané et instantané dans le Corps et en même temps dans l'Ame,
influl qu'ils appellent Harmonie préétablie; toutefois, chacun
1
!1S6 LA VRAIE
pense de son Influx qu'il existe au dedans de la NaLure j quelques-
uns croient que l'Ame est une particule ou goulLe d'Éther i d'au-
tres, que c'est un globule ou une parcelle de Chaleur et de Lumière;
d'autres, que c'est une sorte d'être (ens) se tenant caché dans le
cerveau; cependant, quel que soit ce qui pour eux est l'Ame, ils
rappellent spirituel, mais par le spirituel ils enlendent un naturel
plus pur" car ils ne savent rien du Monde lIpiriLuel, ni de l'InOux
de ce Monde dans le Monde naLurel" aussi reslent-ils au dedans
de la sphère de la NaLure; eL, placés dans celle sphère, ils mon-
tent et descendent, el ils s'61èvent en elle comme les aiSles dans
l'air; et ceul qui resLent dans la Nature sonL comme les indigènes
d'une lie, au milieu de la mer, qui ne savent" pas qu'il exilite d'au-
tres contrées au-delà de leur lIe ; ils sont aussi comme les poissons
d'un fleuve, qui ne savent pas qu'au-dessus de leurs eaUI il y a de
l'air; C'8lIi pour cela que, dès que l'on dit qu'outre leur Monde il
existe un monde qui en est distinot, où babitentles Anies et les
Esprits, et d'où provient tout Influx dans les hommes, et aussi UR
Influl intérieur dans les arhre.~, ils resLent touL surpris, comme
,'ils entendaient raconter des apparitions de spectres, ou des sor-
neUes d'Astrologues. Exceplé les Philosophes, les hommes d'au-
jourd'hui sur le Globe, où je suis de corps, ne pensent el ne
parlent d'aucun autre inftux que de l'Influx du vin dans les verres,
de l'In6.uI des aliments et des boissons dans le ventre, et du ,00t
dans la lansue" et peut-être aussi de l'In OUI de l'air dans le pou-
mon, ct ainsi do resl.e; mais si ceux·ci enLeodent dire quelque
chose de l'Inllul du Moode spiri tuel dans le Monde spirituel naturel, il
disent: • Qu'il influe, s'il inDue i l quoi sert-il de savoir cela 7 et
quel profit en relire-t-on 7 D Et ils s'en vont; et plus lard quand
ils parlens de ce qu'ils ont entendu dire de cetlnOul, ils s'en
amusent. comme quelques personnes s'amusent avec des galets entre
les doigts.
Ensuitc j'eus avec ces Anges un entretien sur les Meneilles qui
doivent leur elistence l l'lnOul du Monde spirituel dans le Monde
naturel; par exemple, sur celles des chenilles quand elles de-
viennent papillons, puis sur celles des alJeilles et des iuêpes: et
sur les merveilles des vers l soie, et aussi sur celles des araignées.
et sur ce que les habiLaols de la lerre les aLlribuent li la lumière
»

RELIGION CHRETIENNE. 257


et ,il la chaleur du soleil, et ainsi il la Nature; et, ce qui m'a sou-
vent surpris" par ces merveilles ils se confirment pour la Nature,
et par les confirmations pour la Nature, ils introduisent dans
leurs mentais le sommeil et la mort, et deviennent Athées. En-
suite, je parlai des merveilles des vésétaux, en ce «lu'elles se sui-
vent toutes dans un ·ordre résulier depuis la semence jusqu'A de
nouvelles semences" absolument comme si la terre savait ajuster
et accommodQr ses éléments au prolifique de la semence, en faire
sortir le Berme, le dilater en tise, tirer de la tiie des branches,
les revêtir de reuilles, les orner ensuite de Oeurs, et des in~érieurs
des Oeurs faire sortir et produire des fruits, et par ceux-ci des
&ewences comme postérité, afin que le vésétal renaisse: mais
comme ces .:hoses, par un continuel aspect et par un perpétuel
retour, sont devenues familières, ordinaires et communes, ils les
resardent non pas comme des merveilles, mais comme de purs
effets de la nature; et ils en jugent ainsi par la seule raison qu'ils
ignorent qu'il y a un Monde spirituel, et que ce Monde par l'inté-
rieur opère et actionne toutes et chacune des choses qui ex.istent
et sont formées dans le Monde de la nature, et sur la Terre natu-
relle, et a,it de même que le Mental humain dans les Sens et les
Mouvements du Corps, et que toutes les choses de la nature sont
comme des tuniques, des ,aines et des chemises qui enveloppent
des choses spirituelles et produisent le plus près les effets corres-
pondants il Ja fin que s'est proposée le Dieo Créateur.
696. CINQUlDI MtIlORABLE. Un jour, je suppliai Je Seisneur
qu'il me fût donné de parler avec des Disciples d'ARISTOTE, et en
même temps avec des Disciples de DESCA.RTES et des Disciple. de
LIIBNITZ, dans le but de puiser les opinions de leur mental sur
le Commerce de l'Ame et du Corps: aprèl' ma suPplication, il se
présenta neuf Hommes, trois Aristotéliciens, trois Cartésiens et
trois Leibnitziens" et ils se tinrent autour de moi, ABauche les
adorateurs d'Aristote, à droiLe les sectateurs de Descartes, et der-
rière eux les fauteurs de Leibnitz; au loin Aune certaine distance,
et séparés par des intervalles, je vis trois hommes qui sem~laienL
eouronnés de laurier, et d'après une perception qui inOuait du
Ciel je reconnus que c'étaient res Chefs ou les MaUres eux-mêmes;
derrière Leibnitz étalt quelqu'un qui tenait lIa main le pan de son
~ U
.....

238 LA. VRAIE


habit, et il me fut diL que c'était Wolf. Ces neuCUommes se re-
gardant mutuellement se saluèrent d'abord d'un tOD poli, et se
mirent ~ convp.rser. Mais bienLllt après il s'éleva des Enrers un
Esprit avec une petite torcbe dans la main droite, el ill'aiita de-
vant leurs faces; dès lors ils devinrent ennemis trois contre trois,
et se re~ardaient d'un air menaçant i en effet, la fureur de con-
tredire et de disputer s'était emparée d'eux; et alors les Aristoté-
liciens, qui étaient aussi Scbolastiques, commencèrent en di!lant:
cc Qui ne voit point que les objets intluent par les sens dans l'Ame,
de la même manière qu'un homme entre par la porle dans la
chambre,' et que l'Ame pense selon l'InRux! Quand un Amant voit
sa jeune Amante ou sa Fiancée, son œil n'étincelle-t-il pas, et
ne porte-t-il pas son amour a. l'Ame' Quand nn A"are voit des
bourses pleines d'arsent, ses Sens ne s'entlammenL-ils pas, et par
suite ne portent-ils pas celte flamme dans l'Ame, et n'y exoitent-
ils pas un ardent dé/lir de les posséder! Quand uo Orgueilleux
s'entend louer par quelqu'u.l, n'écoute-Looil pas altenliveme!1I, et
ses oreilles ne portent-elles pas ces louanges à l'Ame! I.es ~ens
du corps oe sont-ils pas comme d'es vestibules par lesquels sc riiit .
uniquement l'entrée vers l'lme Y qui peut, d'après cela et mille.
autres exemples semblables, ne pas conclure que l'Influx vient ~d
la nature ou ~t physique YD Les Sectateurs de Descar.t8S, qui te-
naient leurs doillS au-dessous du front, et qui alors 1.. retirèrent,
répondirent à ces arguments, en disant: • Hélas 1vous parlez d'a-
près les app'arences; ne. sivez-vous pas que ce n'est pas de soi-
même, mais d'apr~~ r Am:e, que l'œil aime la jeune Ama~to ~u l,
Fiancée! Que ,ce D'esl pa~ nOD plus ~'el1x-lDêmes, mais d'a~rè$
rAme" que les Sens du corps désirenl ardemment les bourses
ple1nes d'arlent! Què de mêm~ l~ oreilles ne saisiSsent pas ·non.
plus autrement les louan,es diS D!lll~urs! N'est-ce pas la percep:- .
tiop qui fait '~ntir, et la perception ','~ppartienl-elle pas l,l'Am~
et non l rorgane!. D~t~, si ,o.us.l~ P9u,~z, est-.il autre chose. qu~
la pensé~, qui f~sse _parler la lansqe elles lèvres? et ~ulr~ chose ,..
qu~ la yol!)Dt6 qui r~Ss~'~gii" lès.~liDs! o~,.la pen~ée ~t la voI'oll.~6.
o'appartiennent-elIês' :ea~ i l'Am.~! . par cODséq~~~t,' ,est-:il ~ut~ .
.
eh!)se que rAPle'.!lulfassé q~~ l'~il 'qi" qut! J~ 0~ei.11es ~~~.,~~,i1~,
eL que tous les aut".org~Ii~,ileil~D'1 sont ~lt~~iCs ~~ se to~~~eD~.
c • •l 'II ••• .. ~ .' 1. ri.
• '. l ' .,

l
l'
1
RELIGION CHRÉTIENNE. !59
vers les objets T D'apr~s ces arguments et mille autres sembla-
bles, quiconque s'élève par Il sagesse au-dessus des sensuels do
eorps conclnt. qu'i.l n'y a pas un Influx. du corps dans l'a.ane, mais
qu'il y a un Influl de l'AIDe dans le corps, influl que nous nom-
mons, nous, occasionnel, et aussi spirituel." Les troi~ Bommes
qui se tenaient derrière. les triades précédente", et qui «haient des
(auteu·rs de Leibnitz, ayant entendu ces paroles, élévèrent la voix,
en.disant: "Nous avons entendu les argumonts présentés de part
et d'autre, et nous les avons comparés, et nous avons perçu qu'eo
plur-ieurs points les seconds prévalent sur les premier:!, et qu'en
plusieurs ('oints les premiers prévalent sur les seconds; si donc '
vous le permellez, nous allons vous mettre d'accord •• Interrogés
comment, ils répolldirent: • II n'y a ni Influx de l'Arue dans le
Corps, ni Influi du Corps dans l'Ame, mail il ya une opération
unanime et instantanée de l'un it de l'autre ensemble, opération
que nOlre célèbre Auteur a signalée par un beau Dom, en l'appe-
lant Harmonie préétablie. D Aprèl cetle discussion, le méme El!-
prit apparut de nouveau llYec sa petite torcbe l la main, mais il
l'a,ait IIi0rs dans la main gaucbe, et il l'agi la derrière leur occiput;
)JIr suite les idées de tous devinrent confuses, et ils s'écrièrent
ensemble: • De quel parti nous rangerons-nous T notre Ame, ni
Ilotre corps, ne le sait; tranchons donc ia question par le Sort, et
DOUS adhèrerons au Sort qui sortira le premier •• Et ils prirent·
trois petits billets', et écririrent sur l'un INFLCI PHYSIQUE, sur
l'autre INF~[jX SPIRITUEL, et sur je troisième HAnMoNIB PRitl'1-
JlLIE; et ils les mil'6Dt tous trois au (ond d'un bonnet i el ils cboi-
sirenll'un d'entre aUI pour tirer; et celui-ci Iyant plongé la m!lin
lira le billet sur lequel" avait 6t6 éeritllnU1 SPIRITUEL: ce billet
ayllit été vu el lu, touil dl,ren1, lei uns·cependant d'uo ·soo cltir
et eoulant, les. antr.es d'Ilo IOD obscur et contncté: • Adhérons l
I"InQul spirituel, ,puisqu·i1 est sDrti le premier. " Mail aussitôt gd
ADC' le présenta et dit: Il Ne croyëz pas que le bill~1 pour 1'11-'
rua SPIRITUEL lOi' sorti par hasard, mais c'est parce qu'il:y a,
'''·'Poun"; YOUS, ln d'el, parce quë yous. êtes dans d.s idéea
coof'uies, YOUS De "~yez pu la Yé,riL6 de ,cil Int1D~ mais la Vérité'
l'ut· présentée elle-même :à la main~ el cela, afin que vouS' '1
adhêr.iez; ..
..
260 LA. VRAIE
.697. S111tMI MÉMORABLI. Cn jour, non loin de moi; je \lis un:
lIétéore; je vis une nde divisée en petits nuages, dont quelque&- l
uns étaient bleus, et d'autres sombres; et je les vis COIDmeiSe.
heurtant les uns contre les autr81 i l travers ces nuages brillaieiil~
disposés en stries~ -des rayons: qui. paraissaient, tantOt. poÎnttîs
comme des épées, .ta~tô~ émoussés comme des épées brisées; ces
stries ·tantOt s'élan.çaient en avant, tantOt se relfliaient sur élles-
mêmes, allsolument COlDme des athlète!!; aiosi ces petits nuages
de 4iverses couleurs paraissaient comballr~ les uns contre ies '!lU-
t~, mais c'était· un ~~. Et comme ce Météore se présentait non
,loin de moi, je leVlli les .yeuI, et je. regardai atlenth'emeDt, et je
vis ~enfants, des jeun_ lens et des vieillards entrer dans· une
Maison qui était construile· en marb"re,. et dont les fondements
étaient de porphyre; ce phénomène étaient au·dessus de cette liai·
son ; el alors m'adressant • l'un de ceUl qui entraient, je lui de-
mandai ce qu'il y avait là j et il me répondit: • Il Ya un Gymna.5e.
où les je~I!~p'nj sont i_n!!lés dans ~ ~iverses cboses '{!Ii con- i
1cerDeot la sagesse. D Ayant entendu cette réponse, j'eotrai avec
eUI; j'étais en esprit, c'est-à-dire, dans un état semblable .. caJut
où sont les hommes du Monde Spirituel~ qoi soot appelés Esprit!\
1et Anges; et ,oici, daos ce Gymnase, je ,is sur le devant une ..
Chaire j au milieu, des bancs·; sur les cOtés tout autour, des siéees; .
et ay-ftessus de l'entrée.. un Or~bestre: (il Chaire, était. pour les
jeunes geDsqlii devaient ceueToiS répondre sur un Problème qui'
allait être proposé @. ~~C!)'taient pour.les auditeurs ~6Ke~ .
sur les côtés our ceux qui avaient" précédemment répondu avec
sagesse, et Orchest.r~. pour les Anciens qui devaient être arbitr. :
'l et juges; au miliëü de l'Orc~estr.e il J avait u~e Trib1!~ où ~i' .
assis un Sage" qu'on _app~~!!l_ le_.Qr.!lnd-M~tre,. qui proposait les .
problèmes sur lèsquels de la' Chaire devaient répondre les jeunes .

~
lens ; et après que tous furent assemblés, l'H~miDe de' ~ll.-!1j~!.D8 .
se levILe!jil: «Répondez maintenant, je vous prie, sur ce Pro- .
blème, et résolvez-le si vous pouvez: QO'EST.:CB Qum L'AME, 'ET ..
QOELLE EN EST LA. QUALITÉ y. A cette proposition, tous furent
très··étonnés, el il .y eut ·ehuchollement, et quelques-uns ~AS-
SëiiiliTêei. parmi ceux qui étaient sur les bancs, s'écrièrent: «Qui
èl'enlre les hommes, depuis le siècle de Saturne jusqu'au nOlre, a

......
. RELIGION CHRÉTIENNE. 26l
,pu par une p.ensée de la raison voir et concevoir ce que c'est que
: l'Ame, et qui plus est, quelle cn est la qualité? Cela n'est-il. p'u
·a_u-d~sus de I~phère de l'entendement de tous y. Mais à cette
· exclamation en réponditcre.:: l'àrèliestr~: • Cela est non pas au-
l dessus de l'Entendement, mais dans l'Entendement el devant lui.
répondez maintenant.. Et les jeunes gens, choisis ce jour-là 'pojlr
mon 1er ~an.!- !.a~laire ~t ré~o!.ldre sur le Pr~È.!!me, se levèrent;
.ils étaient cinq, qui avaient été ·examinés par les Anciens et trou-
1vés pourvus de sagacité, et ils étaient alors anis sur des)ils aUI:
côtés de~hairè,,; eux donc monLèrent ·ensuite dans l'ordre selon
lequel ils 'laient assis. et ch!c!1n~'!tl:l.!LJlual"!d i1}nol!~!t, s~re-
/ ( vêtait d'une tunique de sole coureur ~pale, sur laquelle il mettait
" f une. robe de fine laine brodée 8n tleurs, et ~ur sa tête U..D._bgnll.!'t
au sommet ~u quel était un bouquet de roses entouré de petits sa-
phirs. Et je vis monter ainsi vêtu le Premier, qui dit: • Depuis le _r4
jour de la Création il n'a été r~vélé A personne ce que c'est que
l'Ame, ni quelle en est la qualité, o'est là un arcane dans les tré-
sors d8 Dieu leul ; toutefois, ce qui a élé découvert, ~'est que l'Ame
réside dans l'homme comme .une Reine; mais où est la cour de
cette reine? des Erudits ont donné sur ce sujet leurs inspiralions;
quelques-nns ont conjecturé que o'est· dans ,un petit tubercule
entre le Cerveau et le Cervelet, qu'on nomme Glande pinéale; ils
se sont figuré le siége de l'Ame dana celle glande, par la raisoB
que l'homme tout entiér est lOPvQJllé d'après cesjeUlL Cerveaox
et que o'est oe tubercule ((lIi les dispose; ce qui dispose l son gré
~es cerveaux. dis~ose~Do au~ l'bomme tout entier de la tête
aUI pieds •• Et·!1 aJoQta-.:. Il Cela par oonséquent a semblé vrai ou
vraisemblable à 'plusieurs "dans le Monde, mais a élé, u~~i~~le
nrès, rejelé co~me une fiction .• Quand il eut ainsi parlé, il ôta
la robe, la tunique et le. bonnet, dont se revêtit le Second del_ r...
jeunes gens choisis. et celui-ci entra dans la chaire; son senti- -
ment sur l'Ar· e fut que. dans t" Ciel entier et dans le Monde en-
1
Jier .00 ignore ce que c'~t que l'Ame, ët quelle en esl la qualité•
. On sait que l'~me eliste" et qu'elle est dan~ r~C)J!lme ; mais où?
,on cnrcbe .. le deviner; ce qu'il y a de certain, c'est quelle est
dans la Tête, puisque là l'Entendeillent pense, eUa Volonté a l'in-
&enlion, et que sur le? devant, dans la faoe de la Têle. il y a les Or-

L
262 LA VRAIE
(anes des' cinq sens de l'homme; rien ne donne Ja ,\'ie aux uns et
iUI ,alltres, sinon "1' Ame qui réside intérieurement da!l.!.J!.Jète;
mais oh y lienl-elle sa Cour? je n'oserais le dire; cependant j'ni
penché tantôl pour ceUI qui lui oal assigné son sié(e dans !es
trois Ventricules du, Cerveau, lanlôt pour ceux qui l'ont placé Ut
dans les Corps slriés. tantôt pOlir ceux: qui l'ont placé dan~ la Sl!b-
stance médull;aire de l'un et l'autre Cerveau, tantôt pour ceux qui
l'ont placé dans la Substance codicale, lantôt pour ceux qui l'ont
plaCê dans la "Dur.e-Mère ; car le~ sllfl'rage~ résullant d~s confirma-
tions pour chacun de ces si~ies, n'onl pas manqué, Pour les trois ~
Ventricules du Cer\'eau, les suft'rases pro\'enaient de ce lu~s
ventricules sOlltJes réceplacles des esprits animaux e~~e tOlltc~ les
lymphes dl! Cerveau: pour les Corps strié.<;. les sllffrages pro\'enaient ~ ...
de ce que ces corps font la Iloelle par laque!le s9J1ent les..!!errs.
et la Moelle par laquelle l'un et l'autre Cerveau se prolonge dans
rÉpine, et que de l'une et de l'autre émanent les fibres dont tout
le co."s a été tissu: pour la Substance médullaire de l'un el l'autre - 1
Cerveau, les suO'rages provenaient de ce qu'olle est la réunion el
l'assemblage de toutes les fibrea.. qui sont les commencements de
tout l'homme: Jlour' la Substance corticale, les sulfrases proye- - 1,
naient de ce que l~ SOllt les fins premières eL dernières, et par
suite les principes dIS toutes Ids filJres, et par conséquent des sens
el des mouvements: pour la Dure·Mère, les suft'rages provenaient -
de ce qu'elle est le tégument cOQimu~.de l'un et de l'autre Cerveau.
et que de Il par une cerlâine- continuité elle s'étend sur le cœur
el sur les viscères du corps. Quant l moi, je ne me décide pas plus
pour l'un que pour l'autre de ces siéges i vous, je vous prie, exa-
minez, et choisissez celui qui est préférable. D Après qu'il eut
, aînsi parlé. il descendit de la Chaire, et il donna la tunique. la rob&
(ï - elle bOllnet au Troisième; qui, montant dans la Chaire, s'exprima
en ces lermes: • Que puis-je, moi jeune homme, en présence d'un
• "lb"éorême si sublime! j'en appelle lUI Él'udils qui siégent ici SUl"
. ies cOtés; j'en appelle A vous, Sages, qui êtes dans l'orchestre; et
inêine j'èn appelle. aux Anges du Ciel suprê!De; est-il quelqu'un
( qui, d'après 111 lumière ralionnlSlle, puisse se former une idée de
l'Ame? Quant au siége de l'Allie dans l'homme. je puis, moi,
. comme d'aulres, tirer des conjectures;" el fe conjecture qu'il est
RELIGION CHIŒTIENNE. 263
~aDs le Cœur. et par suite dans le Sang; ma conjecture est ba-
sée sur ce que le cœur par son sang gouverne et le Corps et la
Tête, car il envoie dans tout le Corps une grande artère appelée-
Aorte, et dans toute la Tête des artères appelées Carotides i de là
il est généralement admis que l'Ame d'apr.ès le cœur soutient•
• nourrit, vivifie par le sang tout le système organique et du Corps.
et de la Tête i • l'appui de celle assertion ajoutez que dans l'Écri-
lure-Sainte il est très-souvent dit l'Ame elle Cœur, par exemple,
qu'il faut aimer Dleu de toute Am~ et c!!..t~uLÇ~ur ; et q.ue Dieu
crée en l'homme une Ame nouvelle et un Cœur nou~eau, - Deu-
tér. VI. IS. X. n. XI. t3. XX.VI. t6. lérém. XXXII. 4t. Mallh.
XXII. 37. Marc, XII. 30. 33. r~uc, X. !7, et ailleurs i - et il esL dit
ouvertement que .1.~L~ang est l'Ame de la cJ!air. - Lévil. xviI.. 1.1..
t 4. - • Quelques-uns, après avoir entendu cés citations, élevè- )
renL la voix en disant: • Bien! bien 1 • c'élaient des prêtres. En-
®-- suite le Quatrième, ayant pris les vêtements de celui-ci, et étant
entré dans la Chaire. dit: a Je soupçonne aussi, moi, qu'il n'y a
per!lonno d'un génie si subtil et si pénétrant. qu'il puisse découvriJ.."
ce que c'est que l'Ame, et quelle en est la qualité i c'est pourquoi
je pense que chez celui qui veut la scruter la subtilité ne sert.
rien; mais néanmoins depuis mon enfance je suis resté dans la
foi du 'sentiment, dans leguel étaient les Anciens, que l'Ame de
1'hoDuoe ~l't dans le lout et dans cbaque partie de l'homme. et
a"inl'i tant dans la Tête et dans chacune de ses parties que dans le
Corps et dans chacune de ses parties. et que Qest unes invention
{ frivole de la part des Modernes d'assigner à l'Ame un siége en
quelque endroit et non partout i de plus, l'Ame est lIne sub!~~nce
~u.eJle ~ laquelle s'applique non pas l'extension ni le ~ieu,
mais l'JlabUation etl'implélion i et même qui est-ce qui ne eom-
.prend la vie. quand il nomme l'Ame ? la vie n'est-elle pas ~!D~Je
~t et dans chaque partie!. Ce sentiment fut approuvé par un
0- Brand nombre dans l'Auditoire. Après celui-ci le Cinquième· se
leva, et décoré des mêmes insiines il prononça de la Chaire ces
paroles: • Je ne m'arrête pas à dire où est l' Ame, SI elle est dilns
quelque partie, ou si elle est de lout côté dans. le tout; mais d'a-
pres ce que je lrouve en moi je découvrirai mon sentiment sur
cetle proposition: Ou 'est-ce que PAme et quelle en ·est la qualité?
26' LA. VRAIE
Quand quelqu'un pense l l'Ame, il n'y pense que comme Il quel-
que chose de pur, qui peut être assimilé 11'éther, ou à l'air ou au
vent, dans lequel il yale vital d'aprb la..!'!li,!)nalité que l'homme
possède de plus que les bêtes: j'ai fondé cette opinion sur ce qu'on
dit de l'homme, qu"and il elpire, qu'il rend le souffle ou qu'il rend
l'Ame ou l'esprit; de Ihussi l'on croit que l'Ame qui ViL après la
mort est un tel souffle, dans lequel il y a une Tie cogitative qu'on
appelle Ame; quelle autre cbose l'Ame peut-elle être! Mais comme
j'ai entendu dire de l'Orchestre que le problème concernant l'Ame,
ce qu'elle est, et quelle en est la quali lé, n'est pas au-dessus de
l'entendement, mais qu'il esf dans l'entendement et devant lui, je
vous prie et vous suppJje de dévoiler vous-mêmes cet él~rnel Ar-
C? -- cane. JI Et les Anciens dans l'Orchestre portèrent leurs regards·
~r le Grand-Maitre qui Ivait proposé ce_pro~lême, et qui comprit
par leurs signes qU'lis désiraient qu'il descendit et instruisit l'As-
semblée; et aussitôt il descendit. de la Tribune, traversa l'Audi-
toire et monta dans la Chaire i et là, étendant la main, il dit: • É-
coutez, je vous prie; qui est-ée qui ne croit pas que l'Ame est l'!n-
time et_très-subtile E~ence de I.'homme! Mais une Essence sans
Forme, qu'est-ce autre chose qu'un être de raiso'o! l'Ame est donc
IIne Forme; mais quelle forme; c'est ce que je vais dire: C'est la
, forme ~e ioutes l~s choses qui appartiennent à l'amour et de toutes
f
cenes qui appartiennent l la. sag~!se ; toutes celles qui appartien-
llent à l'amour sont appelées affections, et toutes celles qui ap-
o partiennent à la sagesse sont a"Pjrelées perceptions; les percep-
tions proviennent das affections, et ainsi font avec elles un~ seu~e
formo, d~.ns J~qt.1e!l.e des choses in~ombrables sont dans un t~1
ordre.a u.ne lelle série et une telle cohérence, qu'eJJ~__p~uven t
\1 êtreJ!0mméesJn; et elles peuvent être nommées un, parce que
néo n'en peut être retranché, ni rien ne peut y être ajouté, afin
qu'elle soit telle; qu'est-ce que l'Ame humaine, sinon une telle
forme r Toules les choses qui appart_ennent à 1~~J!lQg"r ~t. toul~
r celles qui appartiennent 1 la Sagesse ne sont-elles pas les essen-
tiels de celle forme! et ces essentiels chez l'hom me sont dans
l'Ame, et ~'après l'Ame dans la Tête et dans le corps: vous, vous
~o êtes appelés Esprits et Anges, et vou~':!"ez cru _dans Je ~onde .!l~e
1./\ les Esprit et les Anges étaient comme des venls ou des éthers, eL
RELIGrON CHRltTIENNE. 265
ainsi des Mentais (Mmtu et Animi); et maintenant vous voyez
Z Il clairement que vous êtes dritablement, réellement et en aclua-
'lité des hommes, qui dans le Monde avez vécu et penH dans UD
corps matériel, et avez su que ~e n'est pas le _Corys ma~~riel q~i
Ah ( 'lli eL~se, D!.~is _que c'es~ l!ne Substan_ce _spiritu~ll~ dans.. ce
~S, et avez appelé Ame cette Substance dont vous ne connais-
siez pas la forme, et cependant vous ravez vue à présent et vous
la voyez; vous tous vous êtes des Ames.· sur l'immortalité des-
quelles, vou"iaVëz- entend~ penSé, ditet écrit tant de choses; et
eomme vo~s des formes de l'amour et d.!1J~e procédant
de Dieu, voqs-..!le "pouvez._poin~ m~urk.J1.~nÙ·~lernité: l'A!De ~t A
do~_la forl~e bum~!ne, de laquelle rien ne peut être retranch6. l\
et l laquelle rien ne peut êlre ajouté, et elle est la forme intiI!J8
de t~~tes les for~es dll~ps entier; et comme les for'!les 'lu~ sont , _ 1 !l
au ~ehors reçoivent de la forme intime et l'essence et la forme, ~
c'est pour cela que vous, ainsi que vous apparaissez devant vous-
mêmes et devant nous, vous êtes des Ames; en uo mot, l'Ame est )
l'h9mme lui-même, parce qu'elle est l'homme intime; c'est pour-
quoi sa forme est pleinement et parfaitement la forme humaine i
J
eependant elle n'est point la vie, Dlais ell!. est le plus p.1'.9.~he rê-
eep~~cle de la vie procédant de Dieu, et ainsi ·l'habitacle de Dieu .•
quelques-uns disaient: II: Nous examinerons.• Moi, alors, je m'en
allai à ma demeure; et voici., sur ce Gymnase, ail lieu du pre-
mier Météere, iI_apparut une Nuée blan~he sanll stries ou sans
rayons combattant entre elll i celle Nuée, traversant le toit, entrl
e~ éclair!..I~Lrquraill.es; et j'appris qu'ils voyaient desÉcrilures.
et entre autres aussi celle-ci: • Jéhovah Dieu souffla dans le,
1 narines de f I,omme une AilE DE VIES, et fut fait f Homme en
)
lbE VlVANTB." - Gen. II.7.

L
266 LA VRAIE

CIiAPITRE TREIZIEME

DB LA S,urcTB CtNB.

Sans la" c01&1uzissance de.' Correspondance, de, choses natu-


relles avec les cl,Qses spirituelles, persollne ne peut co/uzaÎtre
les frUil' de fusage dè la Sainte Cène.

698. Ceci a été expliqué eo partie dans le Chapitre du BAP-


dME, où il a été montré que sans la connaissance du Seus spiri-
tuel de la l'arole, on ne peut pas savoir ce qu'enveloPllent, ni ce.
qu'üpèrent les deux Sacrements, ILBapt~!.nê' el 1~~"_Cène,
"oir N°l 667 A669. Ici il est dit, sans la connaissance des CorreK-
pondances des choses natllrlllies avec les choses spirituelles, ce
qui revient au m8ma, parce que le Sens naturel de la Parole est
changé en Sen~irituel pllr les- Correspondances dans le Ciel;
c'est de lA que ces deux Sens se correspondent mutuellement; ce-
lui dOliC qui oonnait les Correspondancu peul connallre le Sens
spirituel. Or, ce que c'esL que les Correspondances, et quelles ell~
sonL, on Ileut le voir dans le Chapitr" sur l'ÉCRITURE SAI~TB de-
puis )e commencement jusqu'A la fin, el aussi dans l'ExPL1CATION
DU DECALOGUB depuis le l,remier Précepte jusqu'au dernier, et
particulièrement cians l'ApOCALYPSE REVELEE.
699. Quel elSt J'homme véritablement Chrétien qui De recon-
lIaisse pas que ces deux Sacrem~nts sont sainLs, el même qu'i1"~_
sont les choses les plus saintes du~e dan.!....~Çhrlsliani~me f
mais qui est-ce qui connait où r~side leur sainteté, ou d'où elle
vienl! Dans l'Institution de la Sainte Cène, d'après le sens natu-
rel, on sait seulement que la Cbair du 'Christ est donnée Aman-
ger, et que son Sang est donné Aboire, et qu'au lieu de la Chair
r RELIGION CHRItTIE~NE.
et du Sanl c'est le Pain et le Vin; qui donc peut peoser autre-
ment, sinon qu'elle est Sainte seulemont à cause du commande-
261

ment donné par le Seigneur! c'est pourquoi ceux de l'Église qui


Ivaient le plus de S3gaciti\ ont enseigné que le Sacromenl se fait
quand la Parole se joint l l'Élément: mais comme celte oAsine
de sa sainteté ne tomhe pas dans l'entendement, et n'appar:llt pas
dans les éléments ou symboles du Sacrement, mais entre seule-
ment dans la ménloire, c'est pour cela que quelques-uns se pré-
sentent l la Sainte Cène, d'après la confiance que par ello les pé-
chés sont remis; d'autres, parce qu'ils croient qu'elle sanctifie;
d'autres, parce qu'elle corrobore la foi, et par conséqueut fait
avancer au~i le salut; mais ceux qui J pensent avee légèreté la
fréquentent d'après la seule habitude contractée dè!l l;enfance ; et
quelques-unos la négligent, parce qu'ils n'y voient rien de con-
forme 01 la raison; 'Juant aux impies, ils s'en détournent, et disent
en eux-mêmes: • Ou'estoce que ce Sacrement, sinon une oCérémo-
nie l laquelle le Clergé R attaché la sainteté! car qu'estoce qu'il
y a U, sinon du Pain et du Vin! et qu'est-co que cela, sinon une
fiction que le Corps du Christ, qui a été suspendu sur la croix, et
que son Sang, qui alors a été répandu, sont distribués en même
temps que le Pain et le Vin l ceux qui communient! D Sans parler
de plusieurs autres sUGsestions.
700. De telles idées sur ce Sacrement le plus Saint sout em-
bras.~es a:Jjourd'hui dans tout le Christianisme, IIniquement parce
qu'elles coïncident avec le sens de la leure de la Parole, et que le
sens spirituel a été caché jusqu'l présent et o'a été décou\Oert que
d'aujourd'hui, sens dans lequel seul le fruit de l'usage de la Sainte
Cène est considéré dans sa vérité. Si ce sens a été découvert au
°jourd'hui pour la première fois, c'est parce qu'auparavant il J a
eu seulement Christianisme quant au nom, et chez quelques-uns
quelque ombre du Christianism~; car jusqu'à présent on ne s'est
pas adres.o;é et on n'a pas rendu un culte immédiatement au Sau-
-yeur Lui.. alême, comme Punique Dien, dans lequel oH J a la Divinoe
-Trinité, mais seulement médiatement, ce qui est, nlln pas s'adres-
ser llui ni lui rendre uo culte, mais seulement le vénérer comme
°la cause pour laql!elle le salut est l l'homme, cause qut est non
pas la cause essentielle, mais la cause moyenne, laquelle est au-
268 LA. VRAIE .
dessous et en dehors de la cause ISSentielle. Mais comme mainte-
Dant pour la première fois le Christianisme lui-même se lève, et
que maintenant il est installré par 1. SeiGneur une Nouvelle Église.
Qui 8st entendue dans l'Apocalypse par la Nouvelle Jérusalem.
dans laquelle Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu l'Esprit Saint sont
reconnus comme un, parce qu'ils sont en nne seule Personne, il
a plu au Seigneur de révéler le sens spirituel de la Parole, afin
que celle Éslise vienne dans le fruit même de l'usage des Sacre-
ment du Baptême et de la Sainte Cène, ce qui arrive quand on
voit des yeux de l'esprit, c'est-à-dire, par l'entendement, la Sain-
teté qui y est intérieurement cachée, et qu'on se l'applique par
les moyens que le Seigneur a enseignés dans sa Parole.
70f. Sans l'ouverture du Sens spirituel de la Parole, ou, ce
qui est la même chose, sans la révélation dès correspondances des
choses naturelles avec les choses spirituelles, la Sainteté du Sa-
cremen', dont il est ici traité, ne peut pas plus être intérieure-
lDent reconnue, qu'un trésor caché dans un champ qui Il'est es-
timé que comme un champ ordinaire; mais quand on découvre
que dans ce champ il ya un trésor, ce champ est estimé à un prix
élevé, el l'acquéreur alors s'en approprie la richesse; et il est en-
core plus estimé qlland on connau qu'il renrenne un trésor plus
précieux que tout l'or du monde. Sans le sens spirituel, ce Sacre-
ment est comme une Maison fermée, pleine d'objets précieux et
de trésors, devant laquelle on passe comme devant. une autre mai-
son de la rue i toutefois eomme le clergé en a recouvert" de marbre
les murailles, et de lames d',or la toiture, la vue des passants est
porté à regarder, llouer el à estimer; il en est bien autrement,
quand cette Maisop a été ouverte, el que chacun a la faculté d'en-
trer, el que le gardien de ces trésors en d"onne aux uns en prêt,
auJ, autres en présent, l chacun selon qll'iL en" est digne; il est
dit en présent, parce que les choses précieuses qu'elle renferme
sont inépuisables ot se renouvellent continuellement; il en est de
même de la Parole, quant à ses choses spirituelles, et des Sacre-
ments quant l leurs choses célestes. Sans la révélation de la sain-
teté qui est intérieurement cachée en lui, le Sacrement dont il
s'agit i~i se présente comme le sable d'un fleuve, dans lequel il y
a eD grande quantité des petits Brains, d'or invisibles; m:lis quand
r RELlGION .CHRÉTIENNE.
sa sainteté a 6lé révélée, il est comme l'or recueilli dans ce sable,
!69

fondu· en lingot et mis en œuvre sous de belles formes. Sans sa


o ce
sainLèté'dévoilée et vue, Sacrement est comme un coffret et un
écrin de hêtre ou de peuplier, où sont renfermés des diamants.
des rubis et beaucoup d'autres pierres précieuses. placés en ordr-e
dans des cases; qui est-ce qui n'estime pas ce coffre et cet 6crin,
quand il connalt que de ·tels objets y sont renfermés, et 1 plus'
forle raison quand il les voit, ~t aussi quand ils sont distribués
Iratuitement r Ce Sacrement, sans la rév6lation de ses Correspon-
dances avec le Ciel. et ainsi sans la vue des choses célestes aux-
quelles il correspond, est comme uo Anie vu dans le Monde sous
1 un ,êtemenl vulgaire; il n'est honoré que selon le vêtement; il
en est tout autrement quand on sait que c'est un Ange., quand on
entend de sa bouche un lanllge Ingélillue, et qu'on "oit les me....
veilles qui résultent de ses actiols. QueUe est la Sainteté seule--
ment prêchée, et quelle est la Sainteté vue, c'est ce qu'il m'est
permis d'illustrer par cet exemple vu et entendu dan!! le ·Monde
spirituel: Une Épttre êcrite par Paul. pendant qu'il voyaseait dans
le Monde. mais non publiée, fut iue SaDS que personne stU qu'elle
,tait de· Paul; elle fut d'abord décla-ilnée par les auditeurs. mais
lorsqu'il fut déclaré que c'était une des Épltres de Paul, elle rut reçue
avec joie, et tout le contenu en fut adoré. Par Il, je vis clairement
que la seule prédication de la sainteté de Il!- Parole et des Sacre-
ments, quend elle est fatte par les Chefs du Clergé, imprime, il est
vrai, la sainteté, mais qu'il en est bien autrement, quand la sain-
teté elle-même se dévofle et se fait voir devant les yeux, ce qui
arrive par la révélation du sens spirituel; d'après ce sens la Sain-
teté externe devient interne, et ce qui était seulemen·t une assertion
devient une
..:\. reconnaissance. Il en est de même de la sainteté du Sa..
crement.de la Cèle.

•. '1 .'
4

270 LA. VRA.Œ

D'ap"ès la connaissance de. Correspondances on sait ce qui est


tmtendu par la Chair et par le Sang dr. Seigneur, et qu'üest
entendu la m~rM chose par le Pain et pt"" le Vin, c'est-à-
dire que par la Chai,. du Sezgneur et par le Pain il est en-
tendu. le Divin Bien de son A.mour et aussi tout Bien de la
Chm·itd, et que par le Sang du Seigneur et par le Vin il est
entendu. le Divin Vrai de la SagelSe, et aussi lout Vrai de la
Foi, et parla Manducation fappropriation.

'70t. Comme aujourd'hui le sens spirituel de la Parole :1 été dé-


cou\'ert, et qu'en même temps que lui les Correspondances ont
. été dévoilées, parce que celles-ci sont leH moyens, je vais seule-
lOent rapporter les passas. de la Parole, par lesquels on peut
voir 'clairement ce qui est entendu dans la Sainte Cène par la
Chair et le Sang, et par le Pain et le Vin; mais avant je présen-
terai l'Institution même de ce Sacrement l'ar le Seigneur; eL aussi
sa Doctrine sur sa Chair et son Sans, et l'ur le Pain et le Vin.
703. Il'ISTITOTION DB U SAII'ITI etH! PAR LB SEIG~BIJR. Jésus
nt la Pâque n~ ses Disciples. et quand le soir rQt venu. il se ~it
à &able avec euJ.; a or. pendant qu'ils manseaient. Jésus prenant
le PAIN, et bénissant. {le) rompit e.t (le) donna aux Disciples,.et
il dit: ?renez. manrez, ceci ~t· )ION CoRPS. Et. prenant la CoUPS
el rendant grâces. il (la) leur donnl. di~ant: Buve~-en tous; çeci
e~t MOI SANG. celui de la ~ouvelle Alli~nce, . qui est répandu p,our
UD gr.and nombre •• - lIatt~. XXVI, !6, !7. t8~ .lIa.rcj XIV. '1.
!~, ~". :L"c. XXII •.tO. tO,
~DOCTBINE DO ~IIGNlun SDI,l ~ .ÇUlft ET SO.. SAlIIG. ·BT lUI LI
PAIN BT LB VUI •• Travaillez Don pour la nourriture qui péJ.til, ma~
pour la nourriture qui demeure pour la vie éternelle, laquelle (no."..
riture) le Fils de l'homme vous donnera. En vérité.. en ,érité. je
VOUI dis: Moise ne 'OUI a point dond le Pain du Ciel, mais mou
P~re vous dbnne le pain du Ciel. l, véritable; car le Pain d, Dieu est
Celui qui descend du Ciel. el donne la vie au Ifonde. lIoi, jesuil le
PaiD d. vie; oelui qui vien' l Moi D"aura point f.ÏJD. et ~lui qui croit
eD Moi D'aura jamais soir. lIoi, je suis le Pain qui est descendu du
RELIGION CHR~TIENNE. 271
Ciel. En ,-ériLé, en vérité, je vous le dis: Celui qui croit en Moi a
l~ yie éternelle. Moi. je suis le l'ain de ,'ie. Vos pères ont mansé
la Manne dans le désert, et ils sont morts. Celui-ci est le Pain qui
du Ciel est descendu, afill 'que quiconque en mange vive et ne
meure point. Aloi, je suis le Pain vivant, qui du Ciel est descendu;
si quelqu'un mange de ce Pain, il vivra pour l'~ternité ; le Paio que
Moi je donnerai, C'Ollt ma Chair, que Iloi je donnerai pou.r Ja vie
du Monde. En vérité, en vérité, je vous dis: Si vous ne maniez la
Gbair du Fils de l'homme et ne buvez son Sang, '-ails n'aurez:
po.int la vie eu vous-mêmes. Qu~ manse ma Chair, et boit mon
sans, Il la vie éternelle, et M9i je le ressusciterai au dernier jour; ,
oar ma Chair est Y6ritableme~t uni Nourriture, et mon Sanr est
véritablement un Breuiase. Qui mange ma Cbair eL boiL mon
Sang, en Moi demeure, el Moi en lui .• - Jeao, VI. !7, 3!, 33,
3S, ,t, 47, .&8, -19, 30, ~t, 33, 34, ISS, 56.
704. Quiconque a été iIIustr.é du Ciel peuL percevoir eo lui-
même que. dans ces pusaaes, (lar la Chair il n'est pas entendu
de la chair. ni par le Sang, du sanr; mais que par l'une et l'autre
daps le SENS NATURBL il est entendu la Passion.de la croix. dont
il fallt se lIouvenir; c'est pourquoi le Seisneur 1 dit, en instituant
cette Cène de la dernière PAque lui"e et de la pr~mière PAqu.e
Chrétienne: ft Faites ceci ~ louv.enirde Moi• • - Luo, XIII. t9.
1 C.orintb. XI. !., !S ~ - q\le pareillement par le P~in il n'est (las
el)tend.u d~ pa.iD, J1i p~r le Vin., 4.u .yjo ~.mais que par ~'uo et l'autre
dalls l~ SENS NATUREL il est enltmdQ la mêl1le chose que par la
C~ai~ elle Sanr. o'esl-l,-dire. Ifa Passion .de la croix. car on lit:
• .I!nu ,.ompit Il Pain. et (le) donna aU:l: Disciples, et.ildil:
Ceci ~s~mo1' CorpI; ~tl 11"enq.n! la Coupe. il (la) leur donna.
dis.ar.'t: Cee, est mtm Sang." -1I~t~. XXV,. Ilarc. m. Luo,
X~l.: - p'.st pourquoi le Sei,neur. a au~i ~ppelê Coup.e.la Pas-
lion' 4e la crois. - )farci XIV. 36. 1810 •. x,vm. 1t .
1.
.'io~. QI:J.e ppar ~tlsqJ!air. ~\loses. ·Chàir. le Sanl•.Ie Pa~ Il Je
v~~ il Iqit enle~du. I~ SpiritueJ_ et lès ,Célestes qui y cprresp~l" ,
df;~J, P;II pe"l Je ,oir.~an. l, parole J)u les passaGes où ~ q~ ..
IOD~ ~omm6es ..Q~, par la ç~"'lJl;.~anl I..J J»a~ole i~ soi~ .entendu 1,
Sp.i,f.ituel et le.C~.Iesle. OB peUl. la ~oir pal; ce~ .passaSCl:': • Yenes .
et flIIem61ei-"ow p~ ~.·~p~PIB ~JI ,"~~D. ~I~, afin pe·(lOf!$.
272 LA. VRAIE
mangiez Chair; de rois, et Chairs de kiliarqlles, et Chairs de
toru, et Chairs dl chevauz et de ceuz qui les montet", et Chairs
de tous, libres et esclaves, petits et gr:ands. JI - Apoc. M. t 7,
tS. - Et dans Ezéchiel: «Rassemblez-'Vous rl alentour sur liON
SACRIFICE, gue Moi je sacrifie pOUf' vous, SACRIFICE GRAND sur
les montagnes rl Isr~l, afin lJUe vous mangiez de la Chair et
~ vous buviez du Sang: Chair de foru vous mangerez, ,t
Sang des princes de la terre vous boirez; et vous mangerez de
la graisse à satiété, et boirez du San'}, jusqu·à fivresse, de
mon Sacrifice; et vous serez rassasiés sur ma table, de cheval
et de char, de fort et de tout homme de guerre. Ainsi je don-
nerai ma gloire parmi les nations. JI - ~XIX. i 7 à Il. -Qui
De voit que, dans ces passages, par la Chair et par le" Sang il est
entendu, non de la chair ni du Slng, mais les spirituels et lescé-
lestes qui y correspondent! autrement, qae serait-il autre chose
que des expressions vaines et surprenantes, cet appel pour man-
Ier des chairs de rois, de kiliarques, de forts, de chevaui et de
eaUI qui les montent, ~t pour se rassasier sur la tahle, de chenl
de char, de fort et de tout homme de lU erre ; et pour boire du
sang des princes de la terre, et du Slng jusqu'à l'ivresse! que cu
paroles aient été dites de la Sain le Cène du Seigneur, cela est bien
évident, car il y est parlé du souper du grand Dieu, et aussi d·uo
sacrifice grand. Comme tous les spirituels et tous les célestes se
réfèrent uniquement au bien et ail vrai, il s'ensuit que par la Chair
il est entendu le Bien de la charité, et par le Sang le Vrai de la
foi, et dans le sens suprême le Sei,neur quant au Divin Bien de
l'Amour et quant au Divin Vrai de la Sagesse. Le Bien spirituel est
aussi entendu par la Chair par ces paroles dans Emohiel: a Je
leur donnerai un seul cœur, et un esprit nouveau je donnerai
au mili.u de vous, et je retirerai le cœur de pierre, et je leur
donnerai un cœur de Chair. JI -Ezéch. XI. t9. XXXVI. 26;-
par le cœUI·, dans la Parole, il est signifié l'amour, ainsi par lB
cœur de chair, l'amour du bien. Que par la Chair et le Sang il soit
entendu le bien et le vrai, l'un et l'autre spirituel, on le voit, en
outre, plus clairement d'après la signification du Pain et du Vin
dans" ce qui va suivre, puisque le Seigneur dit que sa Chair est du
Pain, et que son Sang est le Vin qui était bu dans la Coupe.
...
RELIGION CHRÉTIENNE. 273
706. Si par le ~ani du Seigneur il est entendu le Divin Vrai dll
Seigneur et de la Parole, c'est parce que par sa Chair il est en-
tendu spirituellement le Divin Bien de. l'amour ; el ces deux choses
dans le Seigneur sonl unies. Il est notoire que le Seigneur est la
Parole; et il ya deux choses, le Divin Bien elle Divin Vrai, aux-
quelles toutes celles de la Parole. se réfèrent; si donc la Parole esl
prise p.our le Seigneur, il est évident que ces deux choses sont
entendues nar sa ClIair et par son Sang. Que par le Sang il soit
entendu le Divin Vrai du Seigneur ou de la Parole, on le "oit par
plusieurs passages. ainsi le Sani a été appelé le Sang de rallianca,
et l'alliance est la conjo.nction. et celle-ci est faile par le Seisneur
lU moyen de son Divin Vrai. par e.lem~le, dans Zacharie: te Par
.Ie SANG DB TON ALLIANCE je tirerai les ~challlês de la {olte. »
- IX. t t ; -. et dans Moise: a Après que Moise eut lu le livre
de la loi auz oreilles du peuple, il répandit la moitié du Sal1g
sur le peuple. et il dit: VOICI LE S.l.l'fG DE L'ALLIA:-fCE qzl'11,
traitée lêhovah avec vous sur toutes ces paroles. » - Exod.
XXIV. 3 à U. - a Et Jésus. p"enaut la Coupe, (la) leur donna,
disant: Ceci est mon Sang, celui de la Nouvelle Alliauce." -
lIallh. XXVI. 27, !8. Mar..,. XIV. !.f.. Luc, XXII. !O: - par le
sang de la Nouvelle Alliance ou du Nouveau Testament, il n'est
pas si~ifté autre chose que la Parole. qui est appelée Alliance et
Testament, Ancien et Nouveau, ainsi le Divin Vrai qu'elle ren-
ferme. Comme le Sang signifie cela, le Seigneur leur a donné le
Vin, en disant: Ceci est mon Sanr; et le Vin signifie le Divin Vrai;
c'est· pourquoi ce Vrai est aussi appelé Sang des raisius. - Gen.
XLIX. H. Deutér. XXXII. U. - Cela est encore évident par les
paroles du Seigneur: • En vérit!., en vérité, Je vous dis: S, vous
Re mangez la Chair du Fils de r homme et ne buvez son Sang,
vous n'aurez point la vie en vous-mdmes. car ma Chair est vé:..
ritoblementune Nourriture, et mon Sang est véritablement U11
Breuvage: qui mange ma Chair et boit 7n07J Sang. en Moi de-
meure. et Moi en lui. » - Jean, VI. SO à SB: ....:.. qulief.,.,.,.·le.Sang
il soiL enlendu Je Divin Vrai de la Parole, cela est bien évident.
puisqu'il est dit que celui qui boit a la vie en soi, et qu'il demeure
dans le Seigneur, et le Seigneur en lui; que ce soit le Divin Vrai.
eL la vie selon ce vrai, qui fassent cela, et que la Sainte Cène le .
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276. LA VRAIE
confirme, c'e!'t ce qui peut être connu dans l'Éslise. Climme Je
Sang sisnifiait le Divin Vrai du Seisnenr, Vrai qui est aussi le Di-
yin Vrai de la Parole, et que ce \"rai est l'Alliance même et le Tes-
tament Ancien et Nouvoau, c'est pour cela que le Sang a été Je
Representatif le plus Saint de l'Église cllez les fils d'Israël, Église
dans laquelle toules et cbacune .des parties du culte, étaient des
Correspondances des choses naturelles avec les choses spirituelles ;
ainsi: Ils prirent du Sang Pascal, et en mirent sur Jes poteaw:
et ltD' le linteau des maisons, afin que la plaie ne vint pas sur
eux. - EIOd. XII. 7, t 3, !!. - Le Sang de fll.Olocauste étail
r
répandu sllr Autel, sur ses fondements, et sm' Aharon et s.
fils, et sur leurs habits. - EIOd. XXIX. tt, i6, 20,21. Lévit.l.
3, H, US. III. 2, 8, U, IV. !IS, 30, 34. YlII. US, U. XVII. 6.
Deulér. xn. 2; : - puis, sur le Voile qui ~tait sur r A. re/le, sur
le Propiliatoire, et stlr les cornes de l'Autel des parfums. -
J.êvit.IV. 6, j, t7, t 8. XVI. tt, 13, 14, IlS. - Par III San~ d~
J'Agneau il est signifié la même chose dans l'Apocalypse: « Cellz-
ci 01l.t lavé leurs r06es, et les ont 6lanchies dans le Sang de rA-
gneau. Il - VII. U, - et daos· cot autre passage: «JI SI fil un
com6at ,fans le Ciel;" Michel et ses Anges com6attirent C01llre
le Dragon" et ils le vainquit'e7it par le Sang de l'Agneall, et par
la Parole de son témoignage • • - XlI. 7, t t. - En effet, on ne
peut pas penser que Michel et ses Anies aient vaincu le Dragon
par autre chose que par le Difin Vrai du Seigneur dans la Parole;
car les Anges dans le Ciel ne peuvent pas penser l du sang, ils ne
pensent pas non plus l la Passion du Seisneur, mais ils pensent
a son Dh-in Vrai et à sa Résurrection; Jors donc que l'bomme
pense au Sang du Seisneur, les Anges perçoivent le Divin Vrai de
sa Parole, el lorsqu'il pense à. la Passion du Seilneur, ils perçoi-
vent la Glorification du SeiGneur, et alors seulement sa Résurrec-
tion ; "que cela soit ainsi, e'est ce qu'il m'a été donné de connattre
par de nombreuse~ expériences. Que le Sang silnifie le Divin Vrai.
on le '-oit encore par ces paroles dans Dafid: «Dieu sauvera les
4mes Je$ indigents; précieu:r: sera leur Sang à ses yeuz, et ils
"ivront, el il leur donnera de l'or de ScM6a. » - PS, LXXn.
!B, 14, i3, t6; - le Sang précieux aux yeux de Dieu, c'est le
.Divin Vrai chez eux; l'or de ficlléba est la sagesse qui en provient;
p

RELIGION CHRItTIENNE 2715


.eL dans Éz6cbiel : fi Rassemble~-vou. pour un .acrifice grand
'"" les montagnes d'[.ra~l, afin que vou. mangie~ de la Chair,
et gue vou. buviez du Sang; du -Sang des princes de la terr.e
tJou, boire~; et vou. boü'e~ du Sang jusqu'a l'ivresse; ainsi je
donnerai ma gloire parmi le. nations. 1) - XXXIX. 17 l il; - •
Il, il s'agit de l'Êglise que le Seigneur devait instaurer cbez les
Nations i que par le Sang ici il ne puisse pas être entendu du Sang,
mais que ce soit le Vrai procédant de la Parole cbez les Gentils,
on ,ient de le voir ci-dessus.
707. Que par Je PAIN il soit signifié Ja même chose que par la
Cbair, on le voiL clairement par les parolesdu Seigneur: • Jésus,
prenanl le Pain, le rompit et le donna, disant: Ceci e.t mon
.eorps. D - M'attb. XXVI. M'arc, XIV. Luc, XXII; - puis: • Le
PA.IN gue Moi je donnerai, c'est ma Chair, gue Moije donnerai
pour la vie du Monde, • - Jean, VI. SI; - eL le Seigneur dit
aussi: • Je suis le PAIN DB VIB, celui gui mange de ce PAIN VIVRA.
POUR L'ËURNlTt. » - Jean, VI. 48, (SI, 68. - C'est aus.4\i ce Pain
qui est enlendu par les Sacrifices qui sont appelés le Pain dans
les passages suivants: fi Le Prdtre les 6rt1lera SUf' fautel, (ce
aera) LB PAlK D'IGNITION A U:aOVAB. D - Lévit. III. t l, 16.-
ft Les fi" fi' Aharon seront .aints d leur Dieu, et il. ne profa-

neront poi"t le Nom de leur Dieu, parce gu'ils offrent, ouz, le.
IGNITIONS AltHOVAB. LE. PAIN DB LEUR DIEn. Tu le .anctifieras,
parce gu'il offre, lui, LB PAIN DB TON Dllm. L'homme de la se-
mence d'Aharon, en gui il '!I aura une tache, ne s'approchera
point pour ollrir LE PA.IN DB SON DIEU. » - Lévit. XXI. 6, 8, t 7,'
~l. - ft G'ommmldeauzfilstl [sraDl, et dis· leur : Mon Oblation,
·!fON PAIN, POUlt LES IGNITIONS D'ODEUR DB REPOS, vou. observe-
re~, pour Me l'ol/Ioir art temps fixé, JI - Nomb. xxvm. 2. -
« Celui gui aura touché fimpur ne mangera poi"t des choses
'(lnctifiées, mais il lavera sa chair dll7u f eau, et ensuite il
mangera des choses sanctifiées, PARCE Qt:K C'EST I.A. SON PAIN, »
- Lé,'it, XXII. 6, 7; - manger des choses sanctifiées, c'était
manger de la Chair des sacrifices, laquelle ici est aussi appelée
Pain i et en ou tre dans Malachie, - 1. 7, - Dans les sacrifices,
les·llincbabs, qui étaient faites de fine fleur de froment, ainsi
étaient du Pain, ne signifiaient pas non plus..aulre cbose, - Lévit.
-
276 LA VRAIE
II. t à 1t. VI. 6 à 14. VII. 9 à t 3, et ailleurs. - Les PAINS sur la
Table, dans le Tabernacle, qui étaient appelés Pains des faces et
de proposition. ne sigllifiaient.pas non plus autre chose. - Exod.
XXV. 30. XL. t3. Lévit. XXIV. 3 à tO. - Que par le Pain il SOil
entendu~ non pas le pain naturel. mais le Pain céleste. on le voit
clairement d'après ces passages: cc Non par le Pai" seulement
'Vit r homme. mais par lout ce qui sort de la bouche de Dieu vit
l'homme . • - Deutér. VilI. t. 3. - {I J'enverrai une famine en
la terre, non pm famine pour le Pain, et no', pas soif pour les
eaux, mais pour enlendre les paroles de Jéhovah . • - Amos.
VIII. t 1. - En outre, par le Pain il est entendu toute Nourriture.
- L~viL. XXIV. 3 à 9. Exod. XXV. 30. XL. !t3. Nomb. IV.7.1
Rois, VII. 48. - Que ce soit aussi la Nourriture spirituelle, on le
'Voit clairement par ces raroles du Seigneur: • Travailler. mm
pour la Nourriture qui péril, mais pour la Nourriture qui
demeure pour la 'Vie éternelle, laquelle (nourriture) le Fils de
1 homme vous donnera . • - Jean, VI. t7.
708. Que par le VIN il soit entcndu la môme chose que par le
Saug, on le voit clairemen t par les paroles du Seigneur: • Jésus.
pre7lant la COUPE. dit: Ceci est motl Sang. D - Maub. XXVI,
Marc, XIV. Luc, XXII; - puis, par celles-ci: cc lilave dans le
VIN son vêtement, et dans le SANG DES RAISINS son marlteau ••
- Gen, XLIX. t t ; ces paroles ont été dites du Seigneur. ft Jé-
hovah Sé6aoth fera à tous les peuples' un festin de graisses, lin
festin de VIN DELICAT. D - Ésaïe, XXV. 6; - celles-ci ont été
dites du Sacrement de la Sainte Cène qui devait être illstitué par
le Seigneur. Dans le Même:. Quiconque a soif, allez vers les
eaux; et quiconque n'a point fi a"gent, alle=, achetez et man-
gez, et achetez sans argent le VIN. D - LV. t. - Par LE FRUI,T
DU CEP, qu'ils boiront nouveau dans le ROyllume céleste, - I\Iauh.
XXVI. t9. Marc, XIV. t5. Luc, XXII. n, t8, - il n'est pas en-
tendu autre chose que le Vrai de la Nouvelle Églisc' el du Ciel;
c'est même pour cela que dans un grand nombre de passages de
la Parole l'Église est appelée VIGNE, - }~5aie, V. i, 2, 4. MaUh.
XX. t ,. t3, - et (lue le Seigneur SE NOtIlIE LE '"RAI CEP, et ap-
pelle SARMENTS "les hommes qui sont ~refl'és sur lui, - Jean, xv.
i, 5 ; - sans parler de plusieurs passages ailleurs,
r
RELIGION CHRtTIENNE. 277
709. D'après ces explications on peut maintenant voir ce qui est
elteodu par la Chair et le Sang du Seignour, et paf le Pain et le
Vin, dans le triple Sens, Naturel, Spirituel et Céleste. Tout homme