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UFR Sciences 2008-2009

Examen Partiel de Mécanique des milieux continus


Licence SPI, parcours Mécanique et Licence de Mathématiques

25/11/2008 – Corrigé succinct


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Chaque candidat doit en début d’épreuve porter son nom dans le coin des
copies qu’il cachera par collage après signature de la feuille d’émargement.
Il devra en outre porter son numéro de place sur chacune de ses copies ou
intercalaires.

1 Questions de cours
1. Qu’est ce qu’une loi de comportement pour un milieu continu solide ? Écrire la
loi de comportement en élasticité linéaire dans le cas d’un matériau isotrope.
2. Le tenseur des contraintes doit satisfaire à des équations de compatibilités. A
quoi correspondent-elles ?
3. Soit T (M, n) un vecteur contrainte en un point M dans la direction unitaire
~n. Exprimer ce vecteur contrainte en fonction du tenseur des contraintes qu’on
notera σ. Précisez comment se décompose ce vecteur contrainte en composantes
normale et tangentielle

2 Exercice
Soit un milieu élastique homogène et isotrope de densité volumique ρ, de module
d’Young E et de coefficient de Poisson ν. Le champ des déplacements ~u de ce mi-
lieu continu en équilibre sous l’action de forces extérieures en petites perturbations est
donné par

ax x

 1 3

1  ax2 x3
~u =
E 2 2 2 2
 − a (x1 + x2 ) + ρg (x3 − h ) − ρ gh(x − h) − νρ g(h − x )2

1 3 1 3
2 2
où a = [(1 − ν)ρ1 g − νρg] et g est la constante de gravitation, ρ1 est une densité
volumique.
1. Calculer le tenseur des déformations du champ de déplacement ~u.
On calcule le gradient du déplacement :
 
ax3 0 ax1
1
∇~u =  0 ax3 ax2 ,
E
−ax1 −ax2 ρghx3 − ρ1 gh + 2νρ1 g(h − x3 )

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d’où le tenseur de déformation :


 
ax3 0 0
1
ε(~u) =  0 ax3 0 .
E
0 0 ρghx3 − ρ1 gh + 2νρ1 g(h − x3 )

2. Vérifier que le tenseur des contraintes σ associé en fonction des données ρ, ρ1 ,


g, ν et E, est donné par
 
−ρ1 g(h − x3 ) 0 0
σ= 0 −ρ1 g(h − x3 ) 0 .
0 0 ρgx3 − ρ1 gh

Il suffit de vérifier que le tenseur proposé satisfait à la loi de comportement


1+ν ν
ε= σ − tr(σ)I,
E E
ou plus précisément:

ax3 = σ11 + ν(σ22 + σ33 )


ax3 = σ22 + ν(σ11 + σ33 )
ρgx3 − ρ1 gh = σ33 + ν(σ11 + σ22 ).

3. Déterminez la force volumique correspondant à l’équilibre de ce milieu et à cet


état de déformation.
De l’équation d’équilibre divσ + f~ = 0, on tire
 
0
f~ =  0 
−ρg

4. Si le milieu continu est une barre cylindrique d’axe ~e3 de hauteur h et à section
S constante, déterminer les forces surfaciques appliquées sur le bord latéral du
cylindre (indication: évaluer d’abord σ~e1 et σ~e2 ).
La force appliquée sur le bord latéral, à l’équilibre, est égal au vecteur contrainte
dans la direction normale extérieure.
Soit ~n le vecteur normal unitaire en un point du bord latéral. Les sections droites
étant constantes, ~n est orthogonal à l’axe de la barre et donc se décompose :

~n = n1~e1 + n2~e2 ,

d’où
σ~n = σ(n1~e1 + n2~e2 )
= −n1 ρ1 g(h − x3 )~e1 − n2 ρ1 g(h − x3 )~e2
= −ρ1 g(h − x3 )~n.

5. Calculer la résultante et le moment, au centre d’inertie des sections, des forces


appliquées sur les extrémités à x3 = 0 et x3 = h.

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Sur l’extrémité S0 à x3 = 0, la normale unitaire extérieure est ~n = −~e3 . Si bien


que la résultante vaut :
Z
R= σ~n
S0
Z
= −(ρgx3 − ρ1 gh)~e3
S0
= +Sρ1 gh~e3 ,

et le moment :
−−→
Z
M= OM ∧ σ~n
S
Z0
−−→
=[ OM ] ∧ σ~n
S0
= 0.

De même sur l’extrémité Sh à x3 = h la normale unitaire extérieure est ~n = ~e3 .


Si bien que la résultante vaut :
Z
R= σ~n
S0
Z
= (ρgx3 − ρ1 gh)~e3
S0
= +S(ρ1 gh − ρ1 gh)~e3 ,

et le moment :
−−→
Z
M= OM ∧ σ~n
ZS0
−−→
=[ OM ] ∧ σ~n
S0
= 0.

6. Si on “oublie” le déplacement au voisinage de la barre en x3 = h, donnez un


interprétation du problème mécanique dont ~u est une solution en déplacement.
On remarque que le torseur des efforts en Sh est égal au poids de la barre et
efforts dûes à la poussée d’Archimède si la barre est plongée dans un liquide de
densité ρ1 . D’autre part on remarque que le point (0,0,h) est fixe est qu’il n’y
a pas de rotation. La solution proposée est donc une bonne approximation, en
dehors du voisinage du bord en x3 = h, au sens du principe de Saint-Venant
pour un problème de barre cylindrique suspendue à la verticale et plongée dans
un fluide.

3 Extraction d’un bouchon


Un bouchon D cylindrique de révolution d’axe (Ox3 ), de rayon intérieur a et de rayon
extérieur b est limité par deux section droites S− et S+ respectivement d’équations
x3 = −l/2 et x3 = +l/2; il est constitué d’un matériau élastique linéaire homogène
et isotrope.

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x3
x1

a b x2

Les forces de volumes sont supposées être négligeables. La surface latérale extérieure
du tube Sa d’équation r = b est maintenue fixe. Les sections droites S+ et S− sont
soumises à une densité d’efforts surfaciques telle que le torseur des efforts sur chacune
des deux couronnes soit nul.
On veut extraire le bouchon en exerçant sur la surface latérale intérieure un effort
1
tangentiel uniformément réparti de densité surfacique 2πal F~e3 où F est une constante
positive donnée.

1. Écrire les équations et les conditions aux limites du problème.

divσ = 0 D
~u = 0 Sb
1
σ~n = F~e3 Sa
Z 2πal
σ~n = 0

−−→
Z
OM ∧ σ~n = 0

2. Montrer qu’un champ de déplacement ~u solution du problème doit nécessairement


satisfaire l’équation de Navier :

(λ + µ)∇(div~u) + µ∆~u = 0

Il suffit d’injecter la loi de comportement d’un matériau isotrope dans l’équation


d’équilibre où dans notre cas, les forces volumiques sont supposées être négligeables.
3. On recherche un champs de déplacements solution de ce problème sous la forme :

~u = f (r)~e3 .

Calculer la représentation du gradient, le tenseur de déformation et le tenseur


des contraintes en coordonnée cylindrique et montrer que l’équation de Navier
se réduit à
∆~u = 0.

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D’après le formulaire, on a en coordonnées cylindrique :


 
0 0 0
[∇~u]cyl =  0 0 0
f,r 0 0

On remarque simplement que div~u = tr(∇~u) = 0. L’équation se simplifie alors


comme indiqué. Par ailleurs on déduit le tenseur de déformation :
 f 
0 0 2,r
ε =  0 0 0 .
f,r
2 0 0

Enfin, en écrivant la loi de comportement en fonction des constantes de Lame µ


et λ :
σ = λtr(ε)I + 2µε
on tire facilement σ = 2µε.
4. En déduire l’équation différentielle que doit satisfaire la fonction f (r).
D’après le formulaire, on a:

∆~u = ∆f~e3
1
= (f,rr + f,r )~e3 .
r
D’où l’équation différentielle :
1
f,rr + f,r = 0.
r

5. Intégrer cette équation et achever la résolution du problème.

1 1
f,rr + f,r = 0 =⇒ (rf,r ),r = 0
r r
=⇒ rf,r = c1
c1
=⇒ f,r =
r
r
=⇒ f = c2 log ,
c1
où c1 et c2 sont deux constantes d’intégration à déterminer.
Or, en Sb , le déplacement est imposé nul, si bien que f (b) = 0 qui donne c1 = b.
1
D’autre part, en Sa , σ~n = 2πal F~
e3 , avec ~n = −~er . Ainsi,

−σ~er = −µf,r (a)~e3


c2
= −µ ~e3
a
1
= F~e3 .
2πal
D’où
−F
c2 = .
2πµl

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Finalement, on a
−F r
u3 = log .
2πµl b
On en déduit immédiatement que
 
0 0 1
− calF 
[σ]cyl = 0 0 0 .
2πµlr
1 0 0

Remarquons de plus que les conditions de torseurs nul sur S± sont bien satis-
faites, puisque les vecteurs contraintes y sont nuls.
6. En quels points du bouchon la contrainte tangentielle maximale atteint-elle sa
valeur maximale. Préciser les directions associés.
Pour déterminer la contrainte tangentielle maximale, nous devons d’abord déterminer
les contraintes normales principales: on calcule le polynôme caractéristique du
tenseur des contraintes. On trouve sans difficulté que les contraintes normales
principales sont
−F F
σ1 = σ2 = 0 σ3 = .
2πlr 2πlr
Si bien que, d’après l’étude des cercles de Mohr, on déduit que la contrainte
tangentielle maximale est :

|σ3 − σ1 | F
τmax = = .
2 2πlr
Elle atteint sa valeur maximale en r = a, puisque la fonction τmax est décroissante
en r.
7. On suppose que la condition d’adhésion le long de S1 est vérifiée tant que :

τmax < τ ∗ , r = b τ ∗ > 0,

où τ ∗ est une certaine constante donnée. Pour quelle valeur de F pourra-t-on
extraire le bouchon ?
Il faut que
F ≥ 2πlaτ ∗ .