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Mécanique des Milieux Continus

Au sens strict du terme, la mécanique des milieux continus (abrégée M.M.C. parfois) est la branche de
la mécanique qui se propose d'étudier l'étude des mouvements, des déformations, des champs de
contraintes au sein de milieux continus. 

Définition :

D1. Nous désignons par "milieu" tout fluide (solide, liquide, gaz ou plasma selon ce que nous avons
vu en thermodynamique), déformable ou non, quand nous le considérons d'un point de vue
macroscopique, par opposition à une description corpusculaire.

D2. Nous désignons par "milieur continu" un milieu tel que si M et M' appartiennent à un milieu et si
M' appartient au voisinage M, alors quelle que soit la déformation subie par ce milieu, dM'
appartiendra au voisinage de dM.

Cette branche apparaît souvent comme la science de l'ingénieur qui permet de comprendre et de
décrire le monde matériel qui nous entoure et les phénomènes courants qui s'y déroulent: mouvements
de liquides, de gaz, vol des avions, hélicoptères, fusées, satellites, navigation des bateaux,
déformations des corps solides, structure interne des étoiles, etc. Par ses attaches à la mécanique
thermique (thermodynamique), elle s'étend jusqu'à la thermique, l'énergétique, l'acoustique.

Prenant en compte les comportements des milieux continus, elle englobe l'hydrodynamique, la
dynamique des gaz, l'élasticité, la plasticité et d'autres comportements. Elle est la clé de ce que nous
appelons aujourd'hui la "modélisation", qui n'est autre que l'art d'analyser un phénomène physique et
de le décrire en termes mathématiques, ce qui permet de l'étudier avec la rigueur propre à cette
discipline.

Cette section du site est séparée en 4 parties principales: solides, liquides, gaz et plasmas.

Dans chaque partie, nous introduirons les outils mathématiques spécifiques à l'étude de tel ou tel
milieu continu avec une complexité (toute relative) croissante. Cependant, par choix il a été décidé
d'exposer les théorèmes avec les outils mathématiques les plus simples possibles mais tout en arrivant
aux mêmes résultats. Ainsi, par exemple, l'équation de Navier-Stokes qui prendrait 150 pages de
développements mathématiques rigoureux n'en prend plus que 27. Il y a donc un avantage non
négligeable aussi bien pour l'auteur que pour le lecteur à procéder ainsi.

Remarque : concernant les équations de Navier-Stokes, nous donnerons des exemples pratiques de
celles-ci lors de notre étude de la météorologie.

SOLIDES

Des atomes d'un même élément ou d'éléments différents s'assemblent en des édifices spécifiques. Cela
conditionne la force de leurs interactions électriques, qui définissent la structure finale de la substance.
Dans les conditions normales sur notre planète, la matière existe à l'état solide, liquide, gaz ou plasma.
Si les forces interatomiques sont assez intenses , la collection de particules conserve sa forme et son
volume.

Cette propriété de conserver la forme et le volume, ainsi que des propriétés élastiques distinguent les
solides.
PRESSIONS

Les notions de "compression" et "contrainte" (que nous pouvons englober dans le terme de "pression")
sont de première importance en mécanique des fluides. Il convient donc de définir ces différents types
de pression avec le plus de rigueur possible.

D1. Nous appelons "pression de compression" et nous notons traditionnellement le rapport entre la
force qui s'exerce (s'appuie) sur un élément de surface . Ainsi, sous forme scalaire:

Si une force agit sur une surface finie, nous parlons alors de "force répartie".

D2. Nous appelons "pression de contrainte" et nous notons le rapport entre la force qui tire sur un
élément de surface . Ainsi, sous forme vectorielle:

où et sont respectivement les contraintes normales et tangentielles.

Nous pourrions très bien englober les deux définitions ci-dessus en une seule et travailler avec les
signes des forces. Mais par souci de cohérence avec ce qui est enseigné dans les écoles, nous
garderons ces deux définitions qui s'identifient par définition par le fait que leurs forces sont opposées
par rapport à un élément de surface .

ÉLASTICITÉ DES SOLIDES

D'une manière ou d'une autre, une contrainte de compression ou de traction peut déformer le triplet
hauteur, largeur, épaisseur d'un corps. S'attaquer directement à l'étude d'un cas qui déforme ces trois
paramètres est une peu long et sera abordée dans le chapitre traitant de la détermination de
l'expression du module de Young de cisaillement.

Mais il est utile, ne serait-ce que du point de vue du vocabulaire de donner un exemple à partir du cas
le plus simpliste qui puisse être. Si nous imaginons un corps élastique d'une dimension (ayant ni
hauteur, ni largeur mais juste une longueur) sous l'application de deux forces de contraintes
parfaitement colinéaires mais antagonistes, nous pouvons imager que le corps en considération
s'allonge d'un certain facteur.

Définition: la déformation normale sous des forces axiales et antagonistes est donnée par le rapport
entre la variation de longueur du corps sur sa longueur initiale tel que:

Cette relation est une forme extrêmement simplifiée de tous les types de déformations qu'il peut
exister et que nous verrons plus loin en détails.

Il y a nécessairement une relation entre les forces de compression et de traction et la variation de


dimension d'un corps. Cette relation est dépendante de la structure atomique du matériau et devrait
rigoureusement faire appel à la physique quantique pour être déterminée (nous nous en abstiendrons
cependant dans cette section du site). Nous observons cependant suivant les matériaux des
caractéristiques diverses qui intéressent aux plus hauts points les ingénieurs:

Les figures ci-dessus représentent la variation de la contrainte de compression en fonction de la


déformation pour certains matériaux (habituellement nous représentons ces caractéristiques en
inversant les axes). Les matériaux ductiles comme l'acier doux (a), cessent d'être linéaires à la limite
d'élasticité . Sous traction les polymères (b) caoutchouteux s'allongent d'abord en dépliant leurs
molécules (voir la section de chimie sur les polymères) puis en tirant sur les liaisons chimiques (voir
chimie quantique). La plupart des matériaux biologiques (c) sont sous contrainte, même lorsqu'ils ne
sont pas déformés. La peau, par exemple, est comme un gant de caoutchouc enveloppant le corps.
L'élastine (d) est habituellement renforcée de collagène dans les systèmes biologiques tels que les
artères. Un tendon est fait principalement de collagène.

Dans un cas plus général, les ingénieurs ont pour habitude de définir les points représentés ci-dessous
dans leurs mesures d'essais de traction:
La caractéristique ci-dessus comporte une partie linéaire comme c'est le cas d'une certaine classe de
matériaux. Cela signifie que la pente de la caractéristique est une constante, qui reflète la déformation
élastique du matériau sous l'effet de la contrainte croissante. Cette contrainte élastique par unité de
déformation définit le "module de Young" (il n'y a pas de composante tangentielle dans ce cas
d'étude !):

cette relation étant valable aussi bien en contraintes de compression qu'en traction.

LOI DE HOOK

Étant donné les définitions données précédemment, nous définissons la relation:

qui est par définition la "loi linéaire de Hook" en contrainte normale.

Il est assez intuitif de supposer que plus la force de liaison des atomes constituant le matériau étudié
est grande, plus grande est la force à appliquer pour éloigner les atomes, donc pour étirer le corps. Les
solides qui ont des grandes forces de liaisons, ont une haute température de fusion (cela est approfondi
dans le chapitre traitant de la chimie quantique).

Si nous notons :

Nous nous retrouvons avec la loi que nous connaissons:

qui est la force de rappel des ressorts.


Mais il existe plusieurs types de contraintes avec leurs modules respectifs. Ainsi voici la définition des
plus importantes dans la partie linéaire de leur caractéristique:

D1. Nous définissons le "module de cisaillement" ou "module de rigidité":

et le "module d'élasticité de glissement" ou "module de Coulomb" (dont nous démontrerons plus loin
la provenance):

où est l'angle de déformation et le coefficient de Poisson. Généralement cet angle étant petit:

D2. Nous définissons le "module de compressibilité omnidirectionnel", comme le rapport de la


contrainte volumique à la déformation volumique (nous démontrerons plus loin les développement
mathématiques qui amènent au dernier terme de la relation):

Nous pourrions encore définir beaucoup de modules tels que le module de flexion, de flexion pure, de
flexion composée, de torsion… Nous étudierons certains d'entre eux plus loin.

Pour chacune des différentes définitions de modules que nous pouvons envisager, nous pouvons
définir une loi de Hook qui lui est adapté. Cependant, tout cela peut vous paraître assez arbitraire mais
au fait il n'en est rien car toutes les définitions de modules que nous avons vues précédemment sont un
cas particulier d'un relation mathématique généralisée donnée par (nous le démontrerons plus loin) la
relation tensorielle:

Nous espérons pouvoir un jour dans ce site présenter le développement qui nous permet d'arriver à
cette relation. En attendant, les développements qui vont suivre et qui n'utilisent par choix personnel
en aucun cas le calcul tensoriel, doivent suffire aux étudiants des hautes écoles relativement aux
objectifs qui doivent êtres atteints dans leur programme scolaire.
MODULE DE GLISSEMENT

La condition nécessaire pur qu'un solide rigide soit en équilibre statique est comme nous l'avons vu en
mécanique classique, que la résultante des forces que l'extérieur exerce sur le corps soit nul:

Cependant, quand un solide subit des contraintes et qu'il peut en subir, il peut y avoir déformation qui
peut être suivie d'une rupture ou d'une modification similaire. Plus, précisément, il y a "déformation"
d'un corps (non nécessairement solide) quand les distances entre certains points du corps ont changé.

Lorsque dans l'étude théorique de l'élasticité, nous excluons les modifications du corps étudié telles
que les ruptures: nous disons que nous nous restreignons aux "déformations élastiques".

Le géométrie et la physique des déformations peut être complexe. Leur description se déduit de celle
d'un certain nombre de déformations élémentaires dont nous préciserons plus loin les caractéristiques.

Les forces scalaires de contraintes de traction engendrent sur leurs faces respectives des
tensions "normales" (perpendiculaire donc):

En admettant que la force agit seule, la déformation unitaire est par définition :

Lorsqu'un parallélépipède est soumis à un effort de traction , il y a intuitivement contraction des

dimensions dans la direction . Contraction observable de façon tout aussi intuitive pour .
Nous avons alors si agit seul:

où le signe "-" indique une contraction et où est une coefficient appelé "coefficient de poisson".

Si agit seule:

En acceptant le principe de superposition des forces, l'effet produit par plusieurs forces agissant
simultanément est égal à la somme des effets produits par chacune des forces superposées agissant
séparément.

Ceci est admissible, étant donné la linéarité des équations unissant la déformation unitaire et la tension
normale. Nous obtenons alors:

En ayant procédé de manière identique pour les deux autres directions et .

A partir des relations précédentes, il est aisé de trouver les équations unissant  à :

Soit un matériau soumis à des contraintes diverses. A l'intérieur de celui-ci, nous opérons, par la
pensée, l'extraction d'un parallélépipède rectangle. Les faces de celui-ci sont sollicitées par des
contraintes normales et tangentielles (sur le schéma ci-dessous le solide est en équilibre
statique).
Les contraintes normales et de tangentielles représentent les actions du parallélépipède de
matériau ôté mentalement sur les faces de l’élément examiné.

Il est intéressant (dans le sens que cela facilite l'analyse) de rechercher les contraintes qui existent
dans un plan faisant un angle avec l’axe des . Pour ce faire, nous imaginons un triangle de matière
ayant un angle au sommet enlevé hors de la matière mentalement. Nous négligerons l'effet de la
pesanteur.

Soit :

Posons:

et étant l'épaisseur du solide (non représenté sur le schéma précédent).


Sur la longueur , des contraintes apparaissent et se décomposent en contraintes normale et
tangentielles (dites de "cisaillement" ou de "flexion" également) .

Le problème consiste à établir les relations entre et et .

Les conventions de signes sont :

- Les contraintes exerçant une traction sont positives alors que les tensions exerçant une
compression sont négatives.

- Les contraintes ayant tendance à faire tourner le parallélépipède dans le sens des aiguilles d’une
montre, sont positives. Dans le sens anti-horaire, elles seront négatives.

L’équation d’équilibre de projection sur la direction est :

Rappelons que:

Comme et nous avons :

comme :

et

:
alors

Finalement :

Conclusion : en fonction de et , il est possible de calculer la tension normale s qui existe


sur une surface plane quelconque d’angle .

L’équation d’équilibre de projection sur la direction de est:


comme:

Finalement :

Conclusion : En fonction de et , il est possible de calculer la tension tangentielle qui


existe sur une surface plane quelconque d’angle .

Soit, à présent, la situation suivante:

Il s'agit d'un bloc de matière dont l'on extrait virtuellement un plan de forme carré que l'on va étudier
en prenant en première partie qu'un des triangles rectangle le composant pour ensuite étudier
l'ensemble.

Avant la sollicitation, nous considérons donc le losange qui est en fait un carré à suivant la
direction .

Pendant la sollicitation, ce losange se déforme sous l’action des contraintes tangentielles décomposées
de contraintes de cisaillement pur et devient le losange . La diagonale est alors étendue et
la diagonale est comprimée. L’angle en qui valait vaut après déformation (en ).
De même, l’angle en qui valait vaut à présent (Fig. A). 

Remarque : l’angle est appelé "angle de glissement" et nous le considérerons comme faible.
Nous pouvons nous rendre compte de l’effet de la déformation en isolant le losange et en lui faisant
subir une rotation de . Après déformation, nous avons la forme indiquée par les lignes en
pointillées (Fig. B).

L’angle de glissement étant petit, nous avons :

Donc représente le glissement du coté par rapport à divisé par la distance entre les deux plans
et . L'analyse qui vient d'être effectuée reste valable quel que soit le corps solide ou  liquide
considéré.

Soit, à présent, le cas d'un solide élastique obéissant à la loi de Hook. Le problème va consister à
établir la relation entre l'angle de glissement et les contraintes  tangentielles agissant sur les cotés
du losange. 

Soit le triangle rectangle . L'allongement du coté et le raccourcissement du coté pendant la


déformation s'obtiennent à partir des équations suivantes :

Comme:

Nous avons :

et

Donc :

donc la longueur oa' diminue si augment .

donc ob' augmente si augmente.


Du triangle rectangle , nous avons :

Or:

Comme ( est petit) nous avons :

Soit:

Finalement nous avons la formule donnant le module de glissement :

MODULE DE COMPRESSIBILITÉ

Nous reste encore à voir la provenance mathématique de l'expression d'un autre module tout aussi
important que le module en cisaillement: le module de compressibilité .

Soit les équations déterminées dans l'étude précédente:

Si les forces appliquées sur le cube sont égales en intensité nous avons:
Ce qui nous donne:

En sommant les termes selon le principe de superposition linéaire des forces:

Or:

Finalement:

ce que l'on note également:

ou encore:

avec étant par définition le "coefficient de compressibilité".

MODULE DE FLEXION

Pour l'étude du module de flexion considérons la situation ci-dessous:


La figure de gauche ci-dessus représente un matériau à l'état statique. La figure de droite représente le
même matériau mais soumis à un moment de force couplé .

Comme la matériau subit à sa surface à la fois une compression et à l'opposé une tension, il doit donc
exister une frontière (un ligne ou un plan) ou aucune contrainte n'existe. Cette ligne ou ce plan (c'est
rare que nous ayons affaire à un matériau ayant uniquement deux dimensions…) est appelé "plan
neutre" (ou Neutral Plan en anglais, abrégé NP). Ce plan neutre va nous servir de référence pour
définir la contrainte de flexion.

Maintenant que ce plan est défini, considérons les figures ci-dessous:

Soir le rayon de courbure de la barre (cylindre, plaque, parallélépipède, …). La déformation sur le
segment est définie par la relation:

Les longueurs et sont définies par:

et la longueur par:

ainsi l'expression de la déformation devient:


ce qui indique que la déformation varie de façon linéaire avec .

Nous pouvons définir le module de flexion par:

Considérons l'état statique de la barre. La somme des contraintes de traction et compression sont alors
nulles. Effectivement, nous le voyons bien si nous considérons le schéma ci-dessous:

Considérons la force agissante sur un élément de surface . Nous pouvons considérer


l'équilibre des forces à l'état statique tel que:

En substituant l'expression de la contrainte obtenue précédemment:

En supposant linéaire la caractéristique de contrainte en première approximation donc .

En simplifiant un tant soit peu:

Si nous multiplions l'intégrale par alors la relation doit être égale au moment de force appliqué
tel que:

En substituant par l'expression de la contrainte obtenue précédemment:

Ce qui nous amène à définir le terme:


comme ce que les ingénieur nomment "le moment d'inertie de la barre par rapport au plan neutral". Ce
terme représente une mesure de la rigidité de la section transversale de la barre d'un point de vue
géométrique, sans considérations des propriétés matérielles.

Substituant cette relation dans l'équation de contrainte de flexion, nous obtenons le "module de
flexion":

La difficulté pour l'ingénieur consiste souvent à localiser mathématiquement le plan neutral.

LIQUIDES

Les fluides usuels sont de deux types: les liquides et le gaz (les solides sont aussi parfois considérés
comme des fluides...ce n'est qu'une question d'opinion..). Etymologiquement, un fluide est susceptible
de s'écouler. Le liquide adopte la forme du récipient qui le contient tout en conservant un volume
propre à peu près invariable. Le gaz n'a pas de volume propre: il envahit uniformément (mécanique
statistique de Boltzmann) le récipient dans lequel il est maintenu. Une atmosphère en constitue un cas
spécial, du fait qu'elle est maintenue par la gravité à la périphérie d'un astre, ce qui exclut l'uniformité
de la densité ou pression.

La distinction entre liquide et gaz est subtile. Nous pouvons cependant dire que le volume propre des
liquides manifeste l'existence d'une cohésion liée à une densité assez grande (liaisons de Van der
Waals); cette cohésion disparaît avec le volume propre chez les gaz.

Si l'on compare les fluides avec les solides, la première remarque qui s'impose concerne l'isotropie (les
propriétés sont les mêmes dans toutes les directions spatiales) des fluides usuels qui est toujours
réalisée (si l'on agit pas sur le fluide en tout cas!).

Nous allons aborder la théorie de la mécanique des fluides en difficulté croissante et par redondance.
D'abord il va être démontré que les propriétés d'un fluide statique sont isotropes (théorème de Pascal).
A l'aide de ce résultat, il va être plus simple de comprendre le théorème de Bernoulli qui va nous
permettre, entre autres, de définir la concept de "pression hydrostatique". Ensuite, nous construirons
un modèle très important de la dynamique des fluides, connus sous le nom de "équations de Navier-
Stokes", que l'on dans tous les domaines possibles (astrophysique, mécanique quantique,
météorologie,..). Ce modèle de dynamique des fluides est conséquent en développements théoriques et
résultats expérimentaux et peut être considéré comme un terrain difficile. Cependant, pour faciliter la
lecture, nous avons choisi de ne pas aborder celui-ci directement par usage du calcul tensoriel. Nous
avons ainsi fait en sorte que les variables tensorielles apparaissent d'elles-mêmes d'écoulant des
résultats simples de l'analyse vectorielle que nous obtiendrons. Une fois les équations de Navier-
Stokes déterminées et démontrées, nous verrons que nous pouvons retrouver l'expression du théorème
de Bernoulli à partir de ces mêmes équations.

La dynamique des fluides, ou "hydrodynamique", est de loin, le domaine de la mécanique classique le


moins aisé en ce qui concerne la description et la prédiction. C'est pourquoi le théorème de Bernoulli
s'utilise fréquemment, non pour expliquer en détail le comportement d'un fluide, mais pour en faire
une description qualitative.
THÉOREME DE PASCAL

Le résultat qui va suivre est de la plus haute importance pour comprendre l'ensemble de la mécanique
des fluides. Il faut prendre le temps de comprendre !

Si nous considérons les forces s’exerçant, en l’absence de mouvement, sur un tétraèdre élémentaire
de volume élémentaire . Il est toujours possible d’adopter un volume suffisamment petit pour
avoir une pression uniforme s’exerçant sur les faces du tétraèdre.

Soient , les pressions de réaction du fluide dues aux contraintes extérieures sollicitant
les faces respectives , , et de surface . Soient également les
cosinus directeurs (voir le chapitre d'analyse vectorielle du site) du vecteur unitaire normal à la
surface .

Le système étant en équilibre, la résultantes des forces de réaction du système est nulle. Nous
avons donc les équations suivantes résultant de la projections suivant les trois axes de coordonnées:

Par simplification élémentaire il vient:

Nous obtenons alors la relation suivante:


Conclusion importante: en un point quelconque d’un fluide, la pression est indépendante de la
direction de la normale à la surface élémentaire sur laquelle elle s'exerce.

Par le principe de l'action et de réaction de Newton, nous sommes amenés à énoncer le théorème de
Pascal:

Les fluides incompressibles transmettent intégralement et dans toutes les directions, les pressions qui
leur sont appliquées.

Ce théorème est fondamental aussi bien en mécanique des fluides qu'en mécanique des gaz et les
implications pratiques sont énormes (ce théorème explique entre autres, que la pression est
indépendant de la géométrie du contenant du liquide) !

VISCOSITÉ

En mécanique des fluides, il est utile de considérer plusieurs types fluides ayant des caractéristiques
qui les différent. Ceci s'avère particulièrement pratique pour les simulations tout en restant conforme à
l'observation expérimentale.

Nous définissons la "viscosité " par les forces internes s'opposant au déplacement des diverses
couches composant le fluide. Nous distinguons la "viscosité dynamique" et la "viscosité
cinématique" .

1. La viscosité dynamique:

avec étant le coefficient de viscosité dynamique (l'unité étant le Poiseuil ), variation de la


force de frottement entre deux couches infiniment voisines, variation de la vitesse par la distance
entre deux couches infiniment voisines et étant la surface considérée .

Conclusion: le Poiseuil est la viscosité d'un fluide nécessitant 1 Newton pour faire glisser à la vitesse
de 1 mètre pas seconde, deux couches fluides de 1 mètre carré distantes de 1 mètre.

Remarque: anciennement, nous employions comme unité la poise

2. La viscosité cinématique est définie par:

Une transformation de la définition de la viscosité dynamique donne (il faut se rappeler de cette
relation pour plus tard !!):

Soit:
Par définition les fluides ayant les caractéristiques suivantes:

sont nommés respectivement:

- fluides pseudo-plastique (1)


- fluides newtoniens (2)
- fluides dilatant (3)

Il existe encore un 3 autres types de fluide non représenté sur le schéma et dont la viscosité est
supposée nulle (voir chapitre de thermodynamique) :

- fluides parfaits (4)


- fluides semi-parfaits (5)
- fluides réels (6)

Nous reviendrons sur les propriétés de la viscosité dynamique et cinématique lors de la démonstration
des équations de Navier-Stokes-(Reynolds).

LOI DE POISEUILLE

En 1835 un médecin français, Jean Léonard Marie Poiseulle fit une série d'expériences soignées, pour
déterminer comment un fluide visqueux s'écoule dans un tuyau étroit. Son but était de comprendre la
dynamique de la circulation sanguine chez l'homme. Le plasma du sang se comporte comme un fluide
newtonien, tandis que le sang entier ne l'est pas. Presque la moitié du volume normal du sang est faite
de cellules assez grandes pour pérturber l'écoulement laminaire, surtout quand elles entrent en contact
avec les parois des vaisseaux, un phénomène qui prend de l'importance dans le capillaires très étroits.
Néanmoins, l'analyse de Poiseuille s'applique à l'écoulement dans les veines et les plus grosses artères
et elle a une grande valeur, bien qu'elle soit un peu simpliste.

Le résultat de Poiseuille peut être établi en considérant le fluide dans un tuyau comme formé de
couches cylindriques orienté selon un axe de rayon concentriques qui se déplacent à des vitesses
qui vont en décroissant à parti du centre (symétrique circulaire supposée).

Alors la relation définissant la viscosité s'écrit :


Ce qui nous donne la force de viscosité sur le cylindre. La surface de contact de chaque couche
cylindrique de longueur est donnée par et donc :

L'origine de l'accélération (in extenso de la force) ne peut se faire que par une différence de pression
telle que ce qui nous amène à écrire :

En intégrant membre à membre, nous obtenons :

Soit :

La courbe représentative de la vitesse en fonction de est une parabole dont le sommet se situe sur
l'axe centre du cylindre ( ). Le débit volumique transporté par une couche cylindrique entre et
est . Ainsi, le débit total est :

et nous obtenons la loi de Poiseuille pour le débit laminaire visqueux :

Nous trouvons donc le résultat logique que le débit augment avec le gradient de pression et le
rayon du tube, et diminue avec la viscosité.

THÉORÈME DE BERNOULLI

Quand nous discutons du mouvement d'un fluide, l'équation de continuité (cf. chapitre
thermodynamique), qui exprime la conservation de la masse (volumique) du fluide est une notion
importante.

Considérons cette équation dans le cas particulier qui nous intéresse ici un fluide non visqueux en
écoulement laminaire se déplaçant à l'intérieur d'un tube de lignes de courants parallèles (le
mouvement du fluide est de type irrotationnel - voir le chapitre d'analyse vectorielle du site), délimité
par la surface :

Nous sommes en régime stationnaire (l'aspect du mouvement est indépendant du temps) et la masse
n'est ni apportée par une source ni enlevée par un puits à l'intérieur de la région considérée. Le volume
de fluide qui traverse dans l'intervalle  correspond à un cylindre de base , de longueur
et donc de volume . La masse de fluide qui a traversé pendant le temps est donc:

De même:

est la masse de fluide qui a traversé:

pendant le même intervalle de temps. Avec les hypothèses faites, l'équation de conservation de la
masse exige que les deux masses soient les mêmes, ou que exprimé autrement:
 

D'où:

Ceci est la forme de l'équation de continuité dans le contexte qui nous intéresse. De plus, si le fluide
est incompressible, la densité est partout la même et l'équation précédente se réduit à:

Considérons maintenant une région dans un fluide où il y a un flux stationnaire comme l'indique la
figure ci-dessous:
Pendant un court intervalle de temps , le fluide qui, initialement, traversait a progressé jusqu'à
une surface à la distance tandis que le fluide qui traversait se retrouve en à une
distance . Puisque le reste du volume entre les surfaces et reste inchangé, nous allons porter
notre attention sur les deux volumes (égaux) hachurés sur la figure.

Ces deux volumes sont égaux car le fluide est incompressible et l'équation de continuité est valable.
Soient et les forces exercées sur les surfaces et en raison de la pression existant dans le
fluide. A cause de ces forces, le fluide produit ou reçoit du travail en déplaçant les deux volumes. En
, la surface est poussée par le fluide et le travail exercé sur le fluide alors qu'en le fluide
pousse la surface et le travail effectué par le fluide est . Le travail total exercé sur le volume de
fluide situé entre et est donc:

en appelant et les pressions respectives en et et en écrivant: 

d'après la définition de la pression. Comme:

d'après l'équation de continuité et l'hypothèse d'incompressibilité, nous pouvons écrire que:

Le travail extérieur exercé sur le système change son énergie propre comme l'établit la
thermodynamique ( ). Pour le volume de fluide considéré, l'énergie propre des volumes mis
en évidence comprend l'énergie cinétique et l'énergie potentielle de gravitation. Le fluide entre et
gagne de l'énergie dans le volume . Supposons que les deux volumes aient une masse

égale , de nouveau à cause de l'équation de continuité. Alors le gain net d'énergie est:
Puisque nous avons déjà supposé le fluide incompressible, la densité est la même partout et peut
être remplacé par aux deux extrémités. D'où:

En combinant cette relation avec nous obtenons :

ou: 

Comme l'équation ci-dessus concerne des grandeurs prises en deux points arbitraires le long d'une
ligne de courant, nous pouvons généraliser et écrire:

Ce résultat, connu sous le nom de théorème de Bernoulli, exprime la constance de la pression le long
d'une ligne de courant dans un fluide incompressible, irrotationnel et non visqueux (nous reviendrons
là-dessus après avoir déterminé les équation de Navier-Stokes).

Considérons maintenant deux applications importantes du théorème de Bernouilli.

Si le fluide se déplace dans un plan horizontal, l'énergie potentielle de gravitation reste constante et
l'équation de Bernoulli se réduit alors à:

Donc, dans un tuyau horizontal, la vitesse est d'autant plus grande que la pression est plus faible et
réciproquement. Nous utilisons cet effet pour créer la poussée d'un avion.
Le profil d'une aile est construit de telle sorte que l'air a une vitesse plus grande au-dessus de la
surface de l'aile qu'au dessous qu'au dessus, ce qui produit une pression plus forte au-dessous qu'au
dessus. Il en résulte donc une force résultant vers le haut. 

Autrement dit, une spécialiste dans l'aérodynamique dirait:

- à l'extrados : Par effet de courbure, les particules d'air sont contraintes de parcourir une distance plus
grande ;leur vitesse va donc d'abord s'accroître fortement pour diminuer ensuite afin de retrouver au
bord de fuite la vitesse initiale de l'écoulement. Tout l'extrados est donc le siège d'une dépression
locale généralisée. La couche limite, d'abord laminaire, devient peu à peu turbulente, voire
tourbillonnaire lorsqu'on approche du bord de fuite.

- à l'intrados : le profil constituant un obstacle à l'écoulement, l'air va se trouver freiné : nous voyons
donc apparaître une surpression localisée sur l'intrados. En fait, avec la forme des ailes d'avion
actuelle, en position horizontale, l'effet Bernoulli serait négligeable. Pour qu'un avion décolle, il
faudrait que l'extrados ait une surface beaucoup plus grande.

C'est bien mieux ainsi non ?

THÉORÈME DE TORICELLI

Le théorème de Toricelli permet de déterminer la vitesse d'écoulement d'un liquide. C'est un cas
classique d'étude dans les petites écoles.

Considérons un volume fermé contenant un liquide de masse volumique et muni d'un orifice de
surface , duquel le liquide coule vers l'extérieur. Nous voulons déterminer la vitesse
d'écoulement du liquide de cet orifice. Le volume est supposé être assez grand pour que ni le niveau
du liquide, ni la pression au-dessus de sa surface ne varient de façon appréciable pendant
l'écoulement. Comme le tube d'échappement de liquide va de la région de la surface du liquide à
l'orifice ouvert à l'air libre, nous avons . Un liquide coulant à l'air libre est à la pression
atmosphérique , , car le liquide est entouré d'air libre et rien ne peut maintenir une différence
de pression. D'après l'équation de Bernoulli, avec , nous trouvons :

d'où :

De l'équation de continuité ( ), nous déduisons que si alors et est alors


négligeable devant . Dans le cas particulier, mais fréquent, où le réservoir est ouvert à l'air libre (
), la densité d'énergie de pression disparaît. Le fluide coule sous l'effet de la gravité, sans être
poussé par une différence de pression. Nous trouvons alors :
Cette relation constitue le "théorème de Toricelli". Chose curieuse, nous avons déjà vu cette relation
en mécanique classique pour la vitesse de chute libre d'un corps. Il en retourne l'observation faite par
Toricelli : si le jet est dirigé directement vers le haut, il atteint presque le niveau de la surface du
liquide dans le volume. La raison pour laquelle le jet n'atteint pas effectivement ce niveau est une
certaine perte d'énergie à cause du frottement.

EFFET VENTURI

Certaines applications pratiques de la mécanique des fluides résultent de l'interdépendance de la


pression et la vitesse. Il y a une catégorie de situations dans lesquelles la variation d'énergie potentielle
gravitationnelle est négligeable. L'équation de Bernoulli relie alors la différence de pression à la
différence d'énergie cinétique donc la variation du carré de la vitesse.

Nous considèrons un fluide incompressible, non visqueux et de masse volumique . Le fluide s'écoule
en régime permanent dans une canalisation cylindrique de rayon  et de section  suivie par un
tube cylindrique de rayon  et de section . Le raccordement est fait par une canalisation conique
assez longue pour que l'on reste en régime laminaire.

Nous savons (équation de continuité) que :

qui veut dire, comme nous l'avons vu, qu'une diminution de la section traversée par le fluide se traduit
par une augmentation de sa vitesse.

Dans toute situation où le flux entrant est environ au même niveau que le rétrécissement ,
l'équation de Bernoulli s'emploie pour exprimer la différence de pression :

devient :

Utilisant l'équation de continuité, pour éliminer , nous obtenons :

Comme le second membre de la relation est positif et : il y a donc une chute de


pression dans la région étroite. En arrivant à la région divergente à nouveau en , la pression du
fluide augmente de nouveau et la vitesse reprend sa valeur initiale. Cette diminution de la pression qui
accompagne l'augmentation de la vitesse est appelée "effet Bernoulli" ou "effet Venturi".

Remarque : Paradoxalement l'effet Venturi se produit aussi lors du franchissement d'un sommet ou
d'une crête par l'air atmosphérique ou également dans les rues des villes. En effet l'air qui arrive sur la
montagne ou la crête à tendance à "s'écraser" dessus. La section d'écoulement de l'air au sommet est
donc plus faible qu'à la base. Il se produit donc également un effet Venturi : la vitesse du vent est plus
élevée sur les sommets et les crêtes qu'en bas (les professionnels du planeur en savent quelque
chose…).

ÉQUATIONS DE NAVIER-STOKES

Soit un parallélépipède élémentaire extrait d'un fluide statique à l'équilibre de dimensions


représenté à la figure ci-dessous. La matière à l'équilibre composant le parallélépipède est en général
soumise à des forces de volume dans toutes les directions (théorème de Pascal) dont les composantes
sur les trois axes sont représentées sur la figure ci-dessous (ces forces peuvent être de nature
gravitationnelles, électromagnétiques ou inertielles...)

Nous pouvons, comme nous l'avons représenté ci-dessus, décomposer et translater l'ensemble des
forces auxquelles est soumis le parallélépipède aux centre des faces de ce dernier. Nous représentons
bien évidemment chacune des contraintes sur chacune des faces comme la somme des contraintes
normales et tangentielles telles que nous l'avions fait pour l'étude des solides sous contrainte (selon les
trois axes toujours, d'où la somme de trois composantes!).

Au total, nous nous retrouvons avec 18 composantes de contraintes normales et tangentielles:

Nous cherchons à minimiser le nombre de composantes normales afin de déterminer quelles sont les

contraintes suffisantes sur chacun des axes. Ainsi nous poserons:


Donc trois composantes suffisent pour connaître les forces de contraintes normales aux surfaces selon

chaque axe.

Si nous effectuons la somme des moments de forces par rapport aux centres de gravité pour chaque
axe de symétrie du parallélépipède il est évident que sur les 12 composantes
tangentielles, 6 suffisent pour décrire l'ensemble du système.

Ainsi pour le plan passant par le centre de gravité nous avons:

Pour le plan :

Pour le plan :

Donc pour chaque plan , une composante suffit pour décrire l'ensemble de
moments de forces.

Ainsi, par souci de simplification d'écriture, nous poserons (il est plus conforme de faire les
développements avec des indices en minuscules):

et 

Au total, cela nous fait donc 3 composant tangentielle plus 3 composantes normales qui sont
suffisantes et nécessaires pour décrire les contraintes sur le parallélépipède selon chaque axe du plan
de symétrie de ce dernier:
Nous pouvons obtenir les mêmes composantes d’équilibre en considérant cette fois un tétraèdre
régulier élémentaire (extrait du cube ci-dessus) statique. Le but étant de démontrer que nous
retrouvons bien les 6 composantes déterminées précédemment.

Pour connaître l’aire des faces , nous multiplions la surface (notée ci-après:
) par le cosinus de l'angle que forment les vecteurs et .

Effectivement, soit les surfaces:

et

Cependant, nous cherchons à exprimer les en fonction de . Le schéma ci-dessous (coupe du


tétraèdre) devrait aider à comprendre le raisonnement:

et donc:
Finalement:

Le rapport:

d'où:

Le principe d'analyse étant le même pour toutes les autres surfaces telles que:

Nous écrirons donc:

tel que:

Remarque: nous pouvons facilement connaître les valeurs des à l'aide de l'analyse vectorielle.
Effectivement, le plan étant d'équation:

en simplifiant par :

Le vecteur normal au plan étant bien:

pour connaître les cosinus de l'angle du vecteur normal avec les , il suffit d'assimiler ces derniers au
vecteurs de base tel que (trigonométrie élémentaire):
et en procédant de même pour tous les autres .

L'équilibre des forces nous donne:

Après simplification:

Suivant les autres axes:

Soit en résumé:

En utilisant la représentation matricielle, nous obtenons:

Soit en notation indicielle:

avec ( , si )

Nous voyons apparaître une grandeur mathématique ayant 9 composantes, alors qu’un vecteur
dans le même espace en possède 3. Nous connaissons ce genre d'être mathématique que nous
avons déjà étudié en algèbre dans le chapitre de calcul tensoriel. La grandeur est appelée "tenseur
des contraintes du second ordre". En outre, certaines composantes peuvent êtres égales ( , si
) , ce qui le rendrait symétrique. Il ne possède alors plus que les 6 composantes distinctes,
relativement aux nombres de composantes suffisantes pour d'écrire totalement un système à
l'équilibre.

Pour étudier les déformations d’un milieu continu tel qu'un fluide, nous considèrerons d'abord le cas
de très faibles déformations. Les petits déplacements d’un point seront représentés par
parallèles aux axes d’un référentiel . Nous admettons que ces composantes sont des quantités
très faibles variant d’une façon continue dans le volume du corps considéré.

Soit un segment linéaire situé dans un solide avant déformation. Dans un référentiel , nous
noterons et les coordonnées de et .

Pendant la déformation, la ligne devient tel que représenté ci-dessous:

Soient les déplacements du point parallèlement aux axes et

les déplacements du point parallèlement aux mêmes axes.

Les coordonnées des points et sont alors :

et

Avant déformation, soit la longueur :

Après déformation, nous avons une longueur valant :

Si est l’allongement de l’élément pendant la déformation, nous avons:

En effectuant les quelques transformations suivantes:


En développant:

Soit:

En négligeant les termes de déplacement d’ordre supérieur et en tenant compte de la relation:

il vient que disparaît avec ainsi que les termes au carré, nous
avons:

Or, la géométrie analytique (trigonométrie élémentaire; rapport des côtés opposés et adjacents à
l'hypoténuse) donne les relations suivantes :

qui sont les cosinus directeurs de la droite .

Nous pouvons alors écrire:

La variation étant un déplacement faible, nous avons recours à un développement en série de


Taylor (voir section d'algèbre au chapitre traitant des suites et séries) dont nous négligeons les termes
d’ordre supérieur (linéarisation des équations) :

Nous avons également:


La différence donne:

Donc nous pouvons maintenant écrire :

Finalement:

En groupant, nous avons :

Cette expression permet en un point quelconque le calcul de la déformation dans une direction
ayant comme cosinus directeur en fonction des déplacements en ce point !

Soit le cas où la ligne coïncide avec l’axe , nous avons , l’équation précédente
devient alors:

Nous avons, si coïncide avec l’axe ou avec l’axe :

Les grandeurs sont appelées: "déformations normales" et non pas d'unités.

Pour l'interprétation des termes , nous nous référerons à la


figure suivante:
Soient deux segments de droite et situés dans le plan . Avant déformation et
coïncidaient avec le référentiel orthonormé . Après déformation, ils peuvent prendre la position
et . Les composantes du déplacement de sont .

- La composante du déplacement de est calculée comme suit:

avec

car l’angle est faible .

En toute généralité comme , nous écrirons:

- La composante du déplacement de est elle:

Comme avant déformation, l’angle est de , après déformation, l’angle droit est réduit de
. Cette réduction est appelée "déformation de cisaillement" ou "déformation
tangentielle" et est notée par .

Nous procéderons de la même façon pour les autres termes, d’où :


Compte tenu du quadruplet de groupes d'équations démontrés précédemment dans cette section (voir
les déformation des solides):

Nous pouvons résumer:

Généralement, nous posons pour simplifier les notations (il faut cependant pas croire que la
déformation en cisaillement devient une déformation normale ! ce n'est qu'une convention d'écriture
dont le physicien doit se rappeler !):

De même, nous posons:


Soit finalement:

En tenant compte que:

Nous obtenons les tensions de cisaillement comme suit:

Considérons maintenant, pour exemple, un fluide circulant dans la direction de avec un gradient
de vitesse dans la direction de :

En se plaçant au niveau de et au point 1 d’abscisse , nous avons une vitesse et au point 2


d’abscisse , une vitesse:

(avec )

Dans la direction de , il n’y a pas de composante de vitesse donc:

(avec )
Nous supposons maintenant que les tensions de cisaillement sont proportionnelles à à un facteur
près tel que:

avec:

Il donc possible de considérer des déplacements par unité de temps en posant:

En rapprochant cette dernière relation de:

nous pouvons dire alors que initialement valable dans un milieu élastique solide considéré par ses
déplacements est l'analogue de dans le cas d’un fluide visqueux considéré par les déplacement par
unité de temps. Ainsi, nous voyons que les unités sont conservées.

En considérant également les déformations par unité de temps pour les contraintes normales (nous y
reviendrons en détail un peu plus loin), nous avons alors le système d'équations:

Ainsi, nous obtenons une écriture condensée:

où est le symbole de Kronecker :


=

Le tenseur décrit ainsi en partie l'ensemble de contraintes d'un fluide visqueux dans lequel nous
avons supposé dans le cadre de l'hypothèse d'une fluide newtonien qu'il y a des relations linéaires
entre les tensions et les déformations normales.

Nous posons maintenant la somme des contraintes dynamiques sous une forme générale que nous
allons justifier:

où le terme se justifie par le fait que dans le cas statique, une pression dynamique constante
existe toujours en un point d’un fluide que l'on a pas dans le cas d'un solide. Pour justifier le signe
négatif, nous observerons que dans l’expression de , les deux premiers termes du membre de droite
correspondent, dans l’étude précédente ,à des contraintes d’extension, alors que la pression
correspond à une compression du fluide

Il nous reste à présent, à déterminer le coefficient  . Soit , nous avons alors . Il vient
successivement et par addition:

Cette expression doit répondre à un fluide qui est également dans une situation statique tel que:

Il vient alors que dans la cas statique:

Puisque:

Nous avons alors:

L’expression générale des contraintes s’écrit alors pour un fluide newtonien:


Présentement, nous allons introduire les opérateurs de l’analyse vectorielle afin de disposer d’une
expression plus générale. De cette façon, nous pourrons adapter la formulation à n’importe quel
système de coordonnées (cartésiennes, cylindriques, sphériques,...) ce qui facilitera la résolution de
problèmes pratiques.

Nous avons vu que pour un solide, nous avions:

Nous allons déterminer les équations sous la forme indicielle en considérant toujours les déplacements
par unité de temps (vitesses).

tel que et que

Pour nous avons ainsi:

ou

Pour nous avons:

ou

Nous pouvons dès lors écrire:

En effectuant la somme des termes de:

Or, les outils de l'analyse vectorielle nous permettent d'écrire:

Pour le fluide, nous aurons ainsi:


L'équation dynamiques des contraintes générale s'écrira alors sous la forme suivante :

Il est, à présent, utile de repasser sous une forme développée pour l'équation précédente, en se
rappelant que:

Écrivons maintenant le système d'équations de Newton (sommes des contraintes dynamiques internes
et externes à un élément de volume d'un fluide) qui est:

où:

- est la somme des forces externes par unité de volume

- est la somme des forces internes par unité de masse volumique (il est intéressant de noter cela
ainsi, car ce facteur change en fonction de la température)

- est la densité du fluide

Nous avons:

En introduisant les expressions de obtenues dans la relation ci-dessus, nous aboutissons aux
équations:
Ce sont les "équations de Navier-Stokes" de la dynamique des fluides newtoniens. Il en existe deux
formes condensées que nous allons de suite déterminer.

En reprenant la première équation de Navier-Stokes et en la développant, il vient :

Comme:

et que:

Nous obtenons:

En simplifiant, il vient finalement:

En opérant de la même manière pour les deux autres composantes, nous pouvons réduire le système
d'équations de Navier-Stokes à une seule équation vectorielle :

Comme (voir le chapitre d'analyse vectorielle):


Nous avons:

Soit en final:

Remarque: nous trouvons également parfois dans la littérature, une équation contenant une seconde
viscosité , alors que se manifeste rigoureusement que lors du cisaillement pur selon nos
hypothèses, apparaît lors d'une compression omnidirectionnelle s'accompagnant d'une variation
de densité.

L'équation précédente s'écrit alors :

C'est "l'équation de Navier-Stokes" ou aussi appelée "équation de mouvement pour un fluide


newtonnien".

FLUIDE INCOMPRESSIBLE

Dans un fluide incompressible, nous avons par définition . L'équation de conservation qui est
(voir cours de thermodynamique):

s'écrit alors:

soit:

L'équation de Navier-Stokes:

s'écrit alors:
ou autrement:

Si de plus la viscosité est négligeable, nous avons :

C'est équation est appelée "équation d'Euler de 1 ère forme" ou encore "équation locale du bilan de
conservation de la quantité de mouvement".

Il existe une deuxième forme de l'équation d'Euler dans le cadre d'un fluide incompressible et à
viscosité négligeable que nous allons de suite déterminer:

Si , nous pouvons écrire:

Ce qui peut aussi s'écrire:

Ce qui s'écrit encore:

Le premier facteur peut être considéré comme le produit scalaire suivant :

Soit:

La dérivée particulaire peut alors prendre la forme condensée suivante :

L'équation d'Euler de 1ère forme:


devient compte tenu de la dérivée particulaire:

ou encore:

Nous avons vu en analyse vectorielle que:

Si nous posons , nous avons:

Soit:

Finalement, nous obtenons une nouvelle équation appelée "équation d'Euler de 2 ème forme" et qui
s'écrit:

Bien que les deux équations d'Euler soient très importantes, il en existe une forme variée très utile en
météorologie que nous allons de suite déterminer.

Nous nous basons toujours sur l'écoulement d'un fluide incompressible et non visqueux, mais dont les
forces de volume dérivent cette fois-ci d'un potentiel ( étant un potentiel).

Dans ce cas, nous recourons à l'équation d'Euler sous sa 1ère forme:

Puisque les forces volumiques dérivent d'un potentiel , nous avons:

Nous rappellons la relation:


Soit un vecteur , il vient:

donc:

donc nous pouvons aussi écrire:

En reprenant la relation:

L'équation:

devient:

Donc:

et puisque:

Nous pouvons écrire:

Nous savons que donc:

En écrivant le produit vectoriel sous forme développée, nous avons:


Ce qui donne:

Supposons que soit est un vecteur vitesse angulaire constant, nous avons alors:

L'équation:

s'écrit alors:

Nous retrouvons dans cette équation, utilisée en météorologie, l'accélération de Coriolis que nous
avions déterminé en mécanique classique du point matériel rigide.

Si l'écoulement s'effectue à vitesse constante et n'est pas rotationnel (non turbulent)


, alors l'équation précédente se réduit à:

En dynamique classique du point matériel rigide, nous avons montré que dans le cas d'un potentiel
gravitationnel Terrestre:

étant l'altitude d'un point du fluide par rapport à un niveau de référence . Si nous prenons pour
le niveau du sol, l'avant dernière relation devient :

Le terme entre crochet pour satisfaire cette relation doit être tel que:
Nous retrouvons donc bien le théorème de Bernoulli ce qui conforte notre modèle des fluides

FLUIDE COMPRESSIBLE

Dans ce cas est une fonction de la pression (cas des fluides barotropes). Nous considérons
également que la viscosité est négligeable. Il vient alors:

L'équation:

s'écrit alors:

FLUIDE STATIQUE

Dans le cas statique et  l'équation:

devient simplement:

qui est "l'équation de la statique des fluides."

Remarque : Les viscosités disparaissent. La statique des fluides est la même pour les fluides visqueux
ou non visqueux.

NOMBRE DE REYNOLDS

Considérons d'abord, pour simplifier, le cas incompressible. L'équation de continuité, ou de


conservation de la masse, (cf. chapitre de thermodynamique) s'écrit alors:

s'écrit alors:
Nous choisissons maintenant plusieurs grandeurs de références notées par un indice tel que:

et

Alors:

donc l'équation des déformations par unité de temps devient:

Nous avons également:

Restreignons nous à l'étude d'une composante:

En multipliant par la densité :

Ecrivons l'équation de Navier-Stokes pour une composante:

Les termes ou apparaissent les coefficients de viscosité peuvent être réécrits tels que:

Ainsi par correspondance:


En introduisant les variables adimensionnelles:

car comme nous l'avons vu:

d'où:

ou encore:

Nous multiplions la relaiton:

par et la divisons par tel qu'elle devienne:

Au niveau dimensionnel, nous avons:

et

Finalement:
Cette équation différentielle exprimée en variables relatives et sans dimensions est appelé "équation
de Navier-Stokes-Reynolds adimensionnelle"

Le terme , appelé "nombre de Reynolds," représente au niveau symbolique le rapport des forces
d'inerties sur les forces visqueuses.

où est la viscosité cinématique relative.

La viscosité dynamique est donc un terme inversement proportionnel à la valeur du nombre de


Reynolds.

APPROXIMATION DE BOUSSINESQ

Soit la relation déjà démontrée précédemment:

En y remettant le terme contenant la viscosité:

sans oublier qu'au niveau des notations (nous savons… c'est un peu embêtant):

Si le potentiel est de type gravitationnel, il va de soi que:

Donc:

Si l'on peut considérer le contexte de l'expérience tel que la densité volumique est inférieure ou égale à
celle de l'eau et que les vitesses sont petites, alors nous pouvons éliminer les termes de second degré,
tel que la relation précédente s'écrive:
Nous nous plaçons dans le cadre d'un fluide faiblement turbulent, dans lequel la pression et la densité
s'écrivent:

où représentent le terme d'accroissement turbulents par rapport aux valeurs statiques du fluide.

Nous négligeons également les frottements sur les bords et donc la viscosité en supposant que l'effet
des turbulences devient vite prépondérant sur la valeur du frottement.

Donc nous avons le système d'équations:

qui peut s'écrire:

et encore:

ce qui s'écrit aussi:

Mais dans le cas statique:

Il nous reste donc:

En divisant le tout par :

mais encore une fois:

L'approximation de Boussinesq consiste à supposer que le fluide étant bien incompressible et que le
système étant à température constante et peu turbulent, nous ayons:
Ce qui nous donne:

Cette équation s'appelle "équation de Boussinesq" et va nous permettre d'introduire la théorie du chaos

dans le domaine de la météorologie et des fluides dans le cas particulier des cellules de convection.

LOI DE STOKES

La complexité de l'hydrodynamique est un terrain tout désigné pour l'application de l'analyse


dimensionnelle dont nous avons parlé au tout début de notre étude de la mécanique analytique.
L'exemple analysé ici montre clairement les possibilités, mais aussi les limites de la méthode.

Nous envisageons un solide de forme quelconque plongé dans un fluide incompressible animé d'une
vitesse uniforme à grande distance (le problème est équivalent à celui d'un solide qui se déplace à
vitesse constante dans un fluide au repos). Nous cherchons à exprimer la force qu'exerce le fluide
sur l'obstacle, supposée immobile (et notamment dépourvu de tout mouvement de rotation).

La solution analytique est trop complexe pour perdre son temps à résoudre ce genre de problème
pratiques. Il convient de recourir à l'analyse dimensionnelle.

Les paramètre pertinents sont dans notre étude:

- la dimension linéaire de l'obstacle

- la vitesse du fluide à grande distance

- la masse du fluide

- la coefficient de viscosité du fluide

Comme il se doit, tous ces paramètres sont des constantes, bien que la vitesse varie en direction et en
norme au voisinage de l'obstacle: à grande distance, elle es uniforme et sa valeur est bien un
paramètre pertinent.

Nous pourrions nous demander si la pression ne devrait pas compter au nombre de ces paramètres. Ce
n'est pas le cas. La pression est conditionné par la valeur de la vitesse et par celles des paramètres
constants comme nous l'avons voyons dans le théorème de Bernoulli. Inutile donc de rajouter un
terme redondant.

Sans chercher l'unique combinaison sans dimension des quatre premières, nous appliquons la
démarche systèmatique. Nous voulons déterminer tels que:

Comme:
Il vient:

Le système de dimensionnalité s'écrit:

Ainsi:

Dès lors:

et curieusement nous retrouvons ici ce que nous avions vu dans notre développement de
l'approximation de Boussinesq:

Donc la force exercée par le fluide s'écrit:

Dans la littérature nous trouvons la notation:

où dépend de .

Les limites de la méthode analytique dimensionnelle (et même analytique tout court…) apparaît
lorsque l'on confronte ce modèle à l'expérience (évidemment nous pourrions faire des modèles
numériques de l'équation de Navier-Stokes-Reynolds pour l'ordinateur et ainsi l'honneur serait sauf):
Ce graphique correspond à l'écoulement autour d'un cylindre; la vitesse étant perpendiculaire à l'axe
du cylindre. Les régimes sont signalés en chiffres romains: stationnaire (I), périodique laminaire (II),
turbulent avec superposition d'état périodique (III), turbulent (IV).

La courbe à deux caractéristique remarquables:

1. Elle a été obtenue en modifiant de manière indépendante les valeurs des quatre paramètres. Nous
constatons que ne dépend que du seul nombre sans dimension : c'est un succès de l'analyse
dimensionnelle.

2. Il est vain d'espérer trouver une fonction analytique simple qui reproduise la courbe expérimentale.
Il faut donc aller voir de plus près les divers régimes correspondants à cette courbe complexe.

La figure ci-dessous schématise l'écoulement d'un fluide visqueux autour d'un cylindre pour
différentes valeurs du nombre de Reynolds:

Le régime correspondant à la figure (a) est dit "stationnaire". Nous pouvons parler d'un déplacement
"quasi-statique" de la part du fluide où en chaque point l'accélération est négligeable. Nous devons
donc nous attendre à ce que l'inertie du fluide n'intervienne pas dans l'expression de la force. Pour
cela, il faut et il suffit que:

où est indépendant de .
Nous avons donc:

Le paramètre sans dimensions ne peut dépendre que de la géométrie de l'obstacle. Dans le cas où
l'obstacle est sphérique (cas très important en physique avec ), a été déterminé
expérimentalement comme valant tel que:

connue sous le nom de "loi de Stokes".

Dans le régime décrit par (b), deux tourbillons s'installent symétriquement derrière le cylindre. Quand
augmente au-delà de 40, nous distinguons l'allé de tourbillons de von Kármán.

PRESSION HYDROSTATIQUE

Nous avons précédemment démontré sans mal que:

Si la vitesse du fluide est nulle:

Ce qui donne sous forme différentielle:

Si nous mesurons la pression du liquide à partir de sa face supérieur :

Si nous prenons comme référence, nous pouvons poser que:

d'où:

Si nous nous trouvons dans le cas d'un récipient remplis d'un fluide en contacte avec l'atmosphère,
pour calculer la pression dans ce fluide à un hauteur donné, il faudrait prendre en considération la
pression atmosphérique qui "s'appuie" également sur le fluide. Ainsi:
Conséquence: dans un liquide au repos, homogène, les équipotentielles gravifiques sont confondues
avec les surface isobares. Sans quoi, il y aurait mouvement transversal.

POUSSÉE D'ARCHIMÈDE

La poussée d'Archimède, phénomène mondialement connu, est souvent rebelle à l'intuition première.
Au fait, nous avons trop tendance dans les écoles à poser la poussée d'Archimède comme un
"principe" et ce à tort puisque une simple analyse mathématique suffit à la démontrer (nous laisserons
de côté l'analyse de l'énergie mise en jeu dans la cohésion moléculaire de l'élément analysé..).

Si l'on isole une portion arbitraire d'un fluide en équilibre statique, les conditions de cet équilibre
s'écrivent nécessairement (sinon quoi le volume "explose" ou se dissocie) :

désigne le poids ( en première approximation…) de alors que le terme


décrit la résultante des forces de pression exercées sur la surface de : chaque élément de surface
subit une force:

où p est la pression qui s'exerce localement sur . Quant à , il s'agit d'un vecteur unité dirigé
normalement (à la perpendiculaire) à et vers l'intérieur de . La résultant de toutes ces forces se
note historiquement de la façon suivante:

qui exprime donc, comme vous le devinez, la fameuse "poussée d'Archimède" que le reste du fluide
exerce sur l'élément. L'intégrale porte sur toute la surface (cette surface est fermée, d'où l'intégrale
correspondante) de l'élément .

La condition d'équilibre montre que . Nous comprenons que soit dirigé vers le haut: sous

l'effet du champ gravitationnel, augmente avec la profondeur.

Si l'on remplace le fluide contenu dans le volume par un objet fluide ou solide quelconque mais qui
occupe le même volume, la poussée d'Archimède n'est pas modifiée. A cause de la relation
nous avons coutume de dire "qu'elle est équivalent au poids du fluide déplacé".

Dans le cas où la direction et l'intensité dans le temps de est uniforme et constant nous pouvons
écrire:

et nous retrouvons la relation bien connue de tous les écoliers:


Il existe un autre possibilité pour arriver à cette démonstration qui demande moins d'outils
mathématiques et qui est plus abordable. Elle consiste en la suivante: considérons un cylindre de
volume V plongé dans un liquide à la vertical. Les composant horizontales des forces de pression
s'annulent mais la composante verticale au somment du cylindre (proche de la surface) est inférieur
en intensité (sauf cause extérieure) à celle se trouvant à sa base . Nous pouvons donc écrire:

C'est un peu plus simple et ça tient en une ligne…

GAZ

Les solides ont une forme bien définie et sont difficiles à comprimer. Les liquides peuvent s'écouler
librement et leur écoulement est limité par des surfaces autoformées. Les gaz se dilatent librement
pour occuper le volume du récipient qui les contient, et ont une densité environ mille fois inférieure à
celle des liquides et des solides. Ils conduisent peu la chaleur et l'électricité, sauf si nous les ionisons
(formation d'un plasma). Les molécules d'un gaz neutre se déplacent suivant des trajectoires
rectilignes qui changent de direction à chaque collision avec une autre molécule. Contrairement aux
solides et aux liquides, les interactions entre molécules restent faibles. Les propriétés macroscopiques
d'un gaz se déduisent donc directement des propriétés des molécules qui le composent (ou des atomes
dans le cas d'un gaz monoatomique).

TYPES DE GAZ

En théorie des gaz (nous parlons souvent de "théorie cinétique des gaz") nous considérons toujours
deux types de gaz neutres:

GAZ PARFAIT

Il s'agit d'un modèle dans lequel nous négligeons les interactions moléculaires du gaz, à l'exception
des collisions, et dont le volume propre est négligeable devant le volume du récipient.

Lorsqu'un gaz est à faible pression, les interactions entre ses molécules sont faibles. Ainsi, les
propriétés d'un gaz réel à basse pression se rapprochent de celles d'un gaz parfait. Nous pouvons alors
décrire le comportement du gaz par l'équation d'état des gaz parfaits que l'on démontre à l'aide des
outils de la physique statistique:

avec le nombre de moles de gaz, la pression du gaz, le volume occupé par les moles et la
température absolue du gaz. La constante R étant la constante des gaz parfaits.

Cette équation montre que:

- à température constante, le volume d'un gaz est inversement proportionnel à sa pression (loi de
Boyle-Mariotte)
- à pression constante, le volume est proportionnel à la température absolue du gaz (loi de Gay-
Lussac)

- à volume constant, la pression du gaz est proportionnelle à sa température absolue (loi de Charles)

GAZ RÉEL

L'équation d'état des gaz parfaits est approximative. Par exemple, un gaz parfait ne pourrait ni se
liquéfier ni se solidifier, quels que soient le refroidissement et la compression auxquels il est soumis.
Les gaz réels, surtout dans des conditions de pression et de température proches de la transition à l'état
liquide, peuvent présenter des écarts considérables avec la loi des gaz parfaits!; il faut donc l'adapter
aux cas réels. L'équation d'état de Van der Waals est particulièrement utile et bien connue et est
démontrée à l'aide des outils de la physique statistique:

pour une mole, a et b étant des paramètres adaptables déterminés par des mesures expérimentales
effectuées sur le gaz concerné. Ce sont des paramètres qui varient d'un gaz à un autre.

L'équation de Van der Waals peut également être interprétée au niveau microscopique. Les molécules
interagissent les unes avec les autres. Cette interaction est fortement répulsive pour les molécules
proches les unes des autres, devient légèrement attractive pour un éloignement moyen et disparaît
lorsque l'éloignement est important. À pression élevée, la loi des gaz parfaits doit être rectifiée pour
prendre en compte les forces attractives ou répulsives.

THÉORÈME DU VIRIEL

Par définition, l'expression du viriel d'un point matériel est le scalaire:

Par définition, le viriel d'un système composé de N points matériels est:

Soumis à une force centrale, le viriel s'écrit (par les propriétés du produit scalaire):

Théorème du viriel:

Pour un système en équilibre (!), l'énergie interne est égale à l'opposé de son demi viriel total lorsque
toutes es particules sont repérées par rapport é son centre de masse.

Démonstration:

Soit la relation mathématique:


Sa dérivée seconde:

En multipliant par et en sommant sur :

Or:

et:

Donc:

Cette dernière expression est valable quelle que soit la position d'un système de coordonnées adopté.
Cependant, il est intéressant de placer son origine au centre de masse du système car nous ne sommes
plus dépendant de son mouvement.

Si le système est en équilibre, les quantités macroscopiques qui la caractérisent ne sont pas
dépendantes du temps. Nous en concluons alors que la somme de n'importe quelle quantité attachée à
n'importe quel point matériel du système est en fait une quantité dudit système.

Ainsi, est une quantité macroscopique indépendante du temps. Cela implique que:

Ce qui s'écrit encore (nous multiplions par ½ des deux côtés):

Nous avons donc finalement:

Cette expression de l'énergie cinétique est connue sous le nom de "théorème de Viriel": le membre de

droite est aussi appelé "le viriel du système".

Nous noterons que:


où est l'énergie cinétique totale associée à l'ensemble des points matériels du système. Nous
l'appelons "l'énergie interne du système". est l'énergie d'un point matériel quelconque du
système.

Il est possible de retrouver l'expression du viriel à partir d'un système de particules (nuage en
accrétion). Strictement, l'équilibre n'existe pas dans un tel cas. Néanmoins, nous pouvons admettre que
si la contraction gravitationnelle est suffisamment lente alors ses différentes phases peuvent êtres
considérées comme une succession d'états d'équilibre.

Dans le cas d'une force centrale et dérivant d'un potentiel, nous pouvons écrire:

et donc

Si l'énergie potentielle est de la forme (ce qui est le cas pour le potentiel électrique et
gravitationnel) alors il vient:

et il reste:

En résumé, le théorème de viriel nous donne une relation entre les énergies cinétique et potentielle
totales. Pour être valable, le mobile doit décrire une trajectoire autour du centre de force central et
rester indéfiniment dans un volume fini (état lié). Ce type de raisonnement est applicable à un très
grand nombre de phénomène, depuis la structure de certaines galaxies jusqu'au dégagement d'énergie
dans les explosions nucléaires en passant par l'étude du Soleil et le comportement des gaz réels.

Dans un système gazeux, l'énergie potentielle peut s'écrire comme la somme de l'énergie des forces
agissant de l'extérieur plus celle qui sont interne même au gaz. Tel que:

Or les forces internes peuvent s'écrire comme:

Il ne faut pas dans cette somme prendre la force qu'exerce chacune des particules sur elle-même. Tel
que:
Ce qui nous donne:

Dans la double somme, nous pouvons regrouper les termes deux à deux et utiliser le principe d'action-
réaction tel que:

Pour obtenir:

Ce qui finalement nous donne:

Et:

Le premier terme de droite fait intervenir les forces intérieures (interactions) entre les (paires de)
particules et le deuxième terme de droite fait intervenir les forces extérieures.

Considérons maintenant un gaz contenu dans un récipient. Ses molécules ne sont sujettes à des forces
extérieures que lorsqu'elles heurtent une paroi et nous imaginons qu'en moyenne cette force est
perpendiculaire à la paroi (chocs élastiques).

Pour toutes les faces contenues dans les plans définis par les axes, nous avons toujours:
Puisque en moyenne est toujours perpendiculaire à .

Pour les autres faces (BCFE par exemple) nous avons et donc:

où nous appelons la coordonnée selon Oy de l'extrémité de . Dès lors pour chaque face:

Effectivement car la pression étant définie par:

Par le théorème du viriel, en ajoutant les contributions non nulles des faces , et ,
il vient:

Si l'énergie cinétique moyenne d'une molécule est:

L'énergie cinétique moyenne totale pour molécules est alors:

Dès lors:

C'est l'équation générale d'état d'un gaz réel, c'est-à-dire l'équation d'état qui tient compte des
interactions entre molécules.

Si le gaz est parfait, il n'y a pas d'interactions entre les molécules (par hypothèse) et alors:

Nous retrouvons la loi de Boyle-Mariotte. En d'autres termes, les écarts par rapport à cette loi nous
renseignent directement sur les interactions entre les molécules.
Dans un cas particulier, si les interactions dérivent d'un potentiel central:

Il vient ainsi:

Si en outre l'énergie potentielle est du type:

nous avons:

et dès lors:

où est l'énergie totale moyenne du système.

Au fait, il faut bien prendre garde au fait que nous n'avons pas démontré l'équation des gaz parfaits.
Effectivement, lorsque nous avions posé:

Cela supposait implicitement que l'équation des gaz parfaits était déjà connue (…). Cependant nous
avons montré en mécanique statistique qu'il est possible de démonter la l'équation des gaz parfaits.

PLASMAS

Nous définissons le plasma comme un état de la matière dans lequel certaines liaisons électroniques
ont été rompues, provoquant l’apparition d’électrons libres, chargés négativement et d’ions, chargés
positivement. Les gaz faiblement ionisés appelés "plasmas" par abus de langage, possèdent les mêmes
propriétés mécaniques (écoulements, ondes acoustiques, etc.) que les gaz neutres, en revanche leurs
propriétés électromagnétiques (conductivité électrique, indice de réfraction) en diffèrent par suite de la
présence d'électrons libres en leur sein.

Dans leur état normal, les gaz sont des isolants électriques. Cela tient au fait qu'ils ne contiennent pas
de particules chargées libres, mais seulement des molécules neutres. Cependant, si nous leur
appliquons des champs électriques assez intenses, ils deviennent conducteurs. Les phénomènes
complexes qui se produisent alors portent le nom de décharges dans les gaz et sont dus à l'apparition
d'électrons et d'ions libres.
Le résultat d'une décharge dans un gaz est donc la production d'un gaz ionisé contenant par exemple
 électrons,  ions positifs et  neutres (atomes ou molécules) par unité de volume. En général, le
gaz est macroscopiquement neutre. Nous avons alors alors:

Cette neutralité est la conséquence des forces électrostatiques très intenses qui apparaissent dès que
l'on a . La densité de particules est donc la première grandeur fondamentale.

Le degré d'ionisation d'un gaz est défini par le rapport: 

où est la densité (nombre de particules par unité de volume) des neutres et n celle des électrons (ou
des ions positifs). La valeur du degré d'ionisation dans les divers types de gaz ionisés varie en pratique
depuis des valeurs très faibles, de l'ordre de , par exemple, jusqu'à 1.

La deuxième grandeur fondamentale est la température. Lorsqu'on chauffe un gaz à une température
suffisamment élevée ( de l'ordre de ), l'énergie moyenne (voir théorème du Viriel) :

de translation de ses molécules peut devenir du même ordre que leur énergie d'ionisation Ei. Dans ces
conditions, lorsque deux molécules entrent en collision, il peut y avoir ionisation de l'une d'entre elles.

Si le gaz est en équilibre thermodynamique, l'ionisation par collision est contrebalancée par des
processus de recombinaison entre électrons et ions et il en résulte que les trois variables  ne
sont pas indépendantes : l'ionisation est déterminée par la pression et la température, nous disons alors
que le gaz est en "état d'équilibre d'ionisation thermique".

A des températures plus élevées, les atomes du gaz peuvent d'ailleurs s'ioniser plusieurs fois. Dans de
nombreux cas, l'ionisation est due à un champ électrique extérieur, et le gaz n'est pas en équilibre
thermodynamique. Il atteindra souvent un état stationnaire qu'on pourra caractériser par les paramètres
 (température des électrons),  (température des ions) et  (température des molécules).

Les trois températures ainsi introduites sont définies par la condition que  représente l'énergie
cinétique moyenne des particules d'espèce a, dans un repère où elles ont une vitesse moyenne nulle.
L'écart entre ,  et  peut être important : par exemple, dans un tube à décharges typique, nous
pourrons avoir : et . La forte valeur de  est due à l'action du champ
électrique sur les électrons, et l'ionisation est alors produite par les collisions de ces électrons chauds
sur les molécules neutres du gaz.

En conclusion il n'y a que deux grandeurs de base permettant de caractériser un plasma la densité et la
température électronique. Nous allons maintenant nous pencher sur deux autres grandeurs importantes
mais non fondamentales dans le sens où elles s'expriment à partir de la densité et de la température.
Si dans un plasma initialement neutre, nous produisons une perturbation locale sous la forme d'un
excès de charge électrique positive ou négative, celui-ci va tendre à revenir vers l'état d'équilibre de
neutralité. Cependant, nous pouvons voir facilement que la perturbation initiale engendre en général
une oscillation pendulaire non amortie du plasma autour de son état d'équilibre. Considérons par
exemple la situation représentée sur la figure ci-dessous.

    

À l'instant initial la région au centre contient un déficit d'électrons et la région tout autour un excès
d'électrons. Cela produit un champ électrique tendant à créer un mouvement des électrons dans le sens
des flèches. Dans ce mouvement, ceux-ci acquerront une certaine énergie cinétique et ils pourront, au
bout d'un certain temps, dépasser la position d'équilibre. Un trop grand nombre d'électrons ayant quitté
la région externe, il y aura un défaut d'électrons dans cette région et un champ électrique tendant à les
ramener vers elle. Au bout d'un certain temps, la situation initiale est reconstituée et le cycle
recommence. Les vibrations ainsi produites sont appelées oscillations de plasma électroniques.

Nous pouvons étudier quantitativement ce problème en posant les équations générales d'une
oscillation de charge électronique et moyennant les hypothèses simplificatrices suivantes :

1.   Les ions sont supposés immobiles étant donné qu'il sont beaucoup plus lourds que les électrons, et
leur densité uniforme égale à

2.   L'agitation thermique est négligeable

3.   Les collisions sont négligeables

4.   Les oscillations sont de faible amplitude

5.   Il n'y a pas de champ électrique ou magnétique imposé par des sources extérieures

Maintenant, rappelonsq que nous avons démontré dans le chapitre d'électrodynamique que (équation
de conservation de la charge) :

Donc, en notant Q la charge élémentaire, I le courant, V l'unité de volume, S l'unité de surface


traversée, L l'unité longueur, t l'unité de temps et le vecteur perpendiculaire à la surface S nous
avons :
comme les unités de la longueur L sur le temps t sont des celles d'une vitesse, nous pouvons écrire :

relation qui constitue "l'équations hydrodynamiques des électrons".

Rappelons maintenant la deuxième deuxième loi de Newton (voir chapitre de mécanique classique): 

Dans cette dernière relation, nous avons négligé le terme de pression cinétique et le terme de collision
(hypothèses 2 et 3) et négligé le champ magnétique lié à l'oscillation. Nous pouvons simplifier ces
équations en utilisant l'hypothèse 4 sous la forme: 

où est une petite perturbation. Supposons de plus que les quantités variables varient à la
pulsation , nous pouvons donc écrire:

A partir de l'équation de continuité et de Newton, les deux équations hydrodynamiques des électrons
s'écrivent donc :

(1)

(2)

Mais nous avons d'autre part la loi de Gauss (voir chapitre traitant des équations de Maxwell) :

en effet compte tenu de la condition de neutralité du plasma non perturbé nous avons : 

De l'équation (2) ci-dessus, nous tirons : 


en remplaçant dans l'équation (1), nous avons : 

Finalement en remplaçant cette dernière expression dans la loi de Gauss, nous tirons :

Mais dans les oscillations de charges d'espace nous avons par définition . La relation ci-
dessus conduit donc à l'expression de la "fréquence plasma":

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