Vous êtes sur la page 1sur 27

L’évolution du lien entre les normes comptables et

prudentielles : une analyse du point de vue parties


prenantes du secteur bancaire

Samira DEMARIA
Université Nice Sophia Antipolis
Laboratoire GREDEG UMR CNRS 7321
Samira.demaria@unice.fr

Grégory HEEM
Université Nice Sophia Antipolis
Laboratoire GREDEG UMR CNRS 7321
heem@unice.fr

Résumé

L’objet de cette communication est de présenter les évolutions récentes des normes
comptables et prudentielles et d’analyser le point de vue des parties prenantes du secteur
bancaire sur ces changements. Nous présentons tout d’abord les principales évolutions
réglementaires depuis la crise financière (norme IFRS 9, Bâle 3) avec les liens éventuels. Puis
à l’aide d’une méthodologie qualitative nous présenterons le point de vue des parties
prenantes relatives à ces changements. Les principaux résultats montrent que la volonté des
parties prenantes n’est pas d’obtenir une convergence du comptable et du prudentiel.
Néanmoins la déconnexion stricte que l’on a connu par le passé semble révolue et les acteurs
du prudentiel souhaitent que désormais les normes comptables se préoccupent davantage des
éventuelles conséquences en matière de stabilité financière.

Mots clés : IFRS, Bâle, Régulation, Banques, Crise financière

1
INTRODUCTION

La récente crise financière a relancé le débat sur la présentation et la comptabilisation des


instruments financiers par les banques, ainsi que sur le provisionnement des crédits. L’activité
bancaire est fortement réglementée, elle doit notamment respecter des ratios prudentiels
permettant d’assurer la stabilité financière du système bancaire. L’information comptable joue
un rôle d’autant plus essentiel qu’elle sert de base aux calculs des ratios prudentiels.
La crise bancaire de 2008 a mis à l’épreuve la comptabilité en IFRS1 et a posé la question de
la comptabilisation des instruments financiers en cas de crise, et a mis au jour les effets
potentiels de la volatilité et de la procyclicité sur les calculs prudentiels. Par ailleurs, la crise a
mis en évidence le sous-provisionnement de nombreuses banques et certains économistes ont
considéré que le mode de provisionnement selon les pertes avérées était procyclique (Amis et
Rospars, 2005) dans la mesure où les banques sont incitées à restreindre leur offre de crédit
dans les périodes de récession en raison du montant élevé des provisions.
Ces questionnement sur le rôle de la comptabilité sont au cœur des discussions menées au sein
des instances internationales telles que le G20 (2008). En effet, parmi les priorités fixées par
le G20 on note la nécessité de faire évoluer les normes comptables sur les instruments
financiers. Conscient des enjeux, l’IASB2 a mis en œuvre, dès 2008, une refonte complète de
la norme sur les instruments financiers (IFRS 9) visant à pallier les lacunes mises en évidence
par la crise (volatilité, procyclicité et sous-provisionnement). Christian Noyer (2011),
Gouverneur de la Banque de France, estime que l’évolution des normes comptables doit se
faire en convergence avec les évolutions réglementaires prudentielles de Bâle afin de
permettre aux utilisateurs de l’information financière, notamment les régulateurs, les analystes
et les intervenants de marché, d’effectuer des comparaisons pertinentes entre les banques.
Pour Versigny (2012) cet appel a été entendu et les travaux en cours au sein des deux
institutions présentent des convergences non négligeables.

Le présent article se propose de répondre à la question suivante : Quelle est le point de vue
des parties prenantes du secteur bancaire sur l’évolution du rapport entre les normes
comptables et prudentielles depuis la crise financière ?

1
Depuis janvier 2005, toutes les sociétés cotées européennes appliquent les normes comptables internationales :
les IFRS.
2
L’IASB est l’organisme qui édicte les normes comptables IFRS.

2
Nous présenterons dans une première partie, l’évolution du lien entre les normes comptables
et prudentielles depuis la crise financière. Puis dans une deuxième partie, nous présenterons la
méthode de recherche et enfin dans une troisième partie les résultats de l’étude qualitative.

1. LE LIEN ENTRE LES NORMES COMPTABLES ET PRUDENTIELLES DANS


LE SECTEUR BANCAIRE ET SON EVOLUTION DEPUIS LA CRISE
FINANCIERE

Dès l’application des IFRS en 2005, les régulateurs prudentiels se sont saisis de la question de
la stabilité des banques. En effet, les données comptables constituent la base du calcul des
ratios de solvabilité.
Pour Amis et Rospars (2005) au-delà des aspects techniques, une part importante des
discussions qui ont eu lieu lors de l’application des IFRS faisait écho à des préoccupations de
stabilité financière, compte tenu des impacts potentiels des IFRS sur le comportements des
établissements de crédit et sur la fonction du système financier dans son ensemble.

1.1. NORMES COMPTABLE ET PRUDENTIELLES : DES OBJECTIFS DIFFERENTS ?

L’objectif des normes IFRS est présenté dans le premier chapitre de son cadre conceptuel qui
a été revu en 2010. Ainsi « L’objectif de l’information financière à usage général est de
fournir au sujet de l’entité qui la présente (l’entité comptable), des informations utiles aux
investisseurs, aux préteurs et aux autres créanciers actuels et potentiels aux fins de leur prise
de décisions sur la fourniture de ressources à l’entité » (IASB, 2010).
Pour l’IASB « Les investisseurs, les prêteurs et les autres créanciers actuels et potentiels ont
donc besoin d’informations qui les aident à évaluer les perspectives d’entrées nettes futures
de trésorerie de l’entité » (IASB, 2010). Afin d’évaluer ces perspectives, le cadre conceptuel
précise que les investisseurs, préteurs et les autres créanciers ont besoin d’informations sur les
ressources de l’entité.
Les états financiers en IFRS doivent fournir des informations sur la situation financière de
l’entité (ses ressources économiques) et sur les variations de sa situation financière. L’analyse
de ces variations est présentée dans l’état du résultat global.
Ils n’ont pas de visée prudentielle. L’IASB précise d’ailleurs que « D’autres utilisateurs, par
exemple les autorités de réglementation et les membres du public, les prêteurs et les autres

3
créanciers peuvent également trouver utiles les rapports financiers à usage général.
Cependant, ces rapports ne visent pas prioritairement ces autres groupes. » (IASB, 2010).
Cette idée est réaffirmée par Philippe Danjou, membre du Board de l’IASB qui précise dans
une note que « Le rôle des IFRS n’est pas d’être un instrument de régulation économique, au-
delà d’assurer la transparence financière qui est une condition de bon fonctionnement des
marchés. » (Danjou, 2013).

Comme l’a rappelé Casta (2003) dans le choix de leurs cadres conceptuels, le FASB, puis
l’IASB ont fait des arbitrages entre différentes conceptions du rôle de la comptabilité (l’aide à
la décision versus la reddition des comptes et la fonction de contrôle), entre diverses
acceptions du concept d’utilisateurs des états financiers (l’investisseur versus la multiplicité
des utilisateurs) et implicitement entre certaines qualités attendues de l’information comptable
et financière (la pertinence versus la fiabilité).

Il a donc été privilégié dès l’adoption du cadre conceptuel en 1989 une vision de la
comptabilité qui privilégie le critère d’utilité de l’information comptable pour la prise de
décision des investisseurs avec une volonté de limiter le pouvoir discrétionnaire des
dirigeants.

Ce rôle assigné à la comptabilité se retrouve dans la théorie de la firme où la mesure


comptable est au cœur des relations d’agence (Jensen, 1976). Ce rôle central assigné à la
comptabilité quant à l’exécution des contrats conduit à formuler le problème du choix des
normes comptables à partir de modèles renvoyant à la rationalité économique des agents
(Casta, 2009).

Un des points de discussion récent, en particulier en France, a porté sur la suppression de la


référence à la prudence dans le cadre conceptuel (Heem et al., 2014). En effet, ce concept
pouvait lier la normalisation comptable et la régulation prudentielle. Comme le précise
Danjou (2013), « L’IASB pose l’hypothèse que l’utilisateur de l’information financière est
suffisamment compétent en matière économique pour savoir agir rationnellement aux phases
d’expansion ou de contraction, sans que soit nécessaire de mettre à sa place, de manière
générale et pour les comptes de toutes les entreprises, un filtre prudentiel. ».

4
L’IASB ne nie pas l’intérêt de mettre en place des filtres prudentiels afin d’influencer le
comportement des banques et des compagnies d’assurance mais elle considère qu’elle n’a pas
un rôle de régulation au-delà d’assurer la transparence financière.

Les objectifs du comité de Bâle sont précisés dans la charte du comité (Comité de Bâle sur le
contrôle bancaire, 2013). Le rôle du comité est d’élaborer des normes de portée mondiale aux
fins de la réglementation prudentielle bancaire. Il a pour mandat de renforcer la
réglementation, le contrôle et les pratiques des banques à travers le monde en vue d’améliorer
la stabilité financière.

Les autorités de supervision justifient la mise en place de ratios et de filtres prudentiels par la
fragilité les établissements bancaires et des assureurs. Par ailleurs au-delà de cette fragilité les
faillites bancaires ont des conséquences négatives sur la société. L’objectif de la
réglementation prudentielle consiste à renforcer la solidité des établissements financiers en les
obligeant à détenir suffisamment de capital. Cette idée est défendue par la Commission
Bancaire dans son rapport de 2005 qui précise que « Indépendamment des choix comptables
retenus pas les établissements, les fonds propres doivent en effet demeurer permanents,
disponibles rapidement pour absorber les pertes, fiables et incontestables sur leur montant. »
(Commission Bancaire, 2005).

Nous le voyons les objectifs affichés par l’IASB et le comité de Bâle sont différents. L’IASB
se préoccupe de produire des normes d’informations financières qui aident les investisseurs à
prendre des décisions. De son coté le Comité de Bâle se préoccupe de stabilité financière.

1.2. DES RETRAITEMENTS NECESSAIRES

Ces préoccupations prudentielles ont porté dès l’origine sur l’application de la juste valeur et
ont conduit les autorités de régulation à mettre en place des filtres prudentiels. Ces filtres
prudentiels sont en fait des ajustements qui permettent de corriger les valeurs comptables pour
le calcul des fonds propres prudentiels des banques.
La Commission Bancaire justifiait dans son rapport annuel 2004 la nécessité d’un
« retraitement prudentiel » (Commission Bancaire, 2004). Parmi les raisons avancées par la
Commission Bancaire figure la nécessité d’avoir des fonds propres de qualité, d’assurer une

5
égalité de traitement entre établissements soumis à des référentiels comptables différents et
également entre ceux qui utilisent des options comptables différents permises par les IFRS.

Au niveau européen, le CEBS (Comité européen des superviseurs bancaires) a publié en 2004
un guide relatif aux filtres prudentiels pour le capital réglementaire (CEBS, 2004). Parmi les
sujets nécessitant des ajustements, on note principalement la frontière entre les dettes et les
fonds propres, le cas des instruments financiers AFS (Available For Sale) ou l’option juste
valeur. Ces enregistrements comptables soumis à des filtres sont présentés dans le tableau ci-
dessous, ils ont été transposés en Europe par les directives 48 et 49 de 2006 et par
l’instruction 2006-01 de la Commission Bancaire.

Tableau n°1 : Opérations comptables nécessitant des retraitements


Opération Objet du filtre
Frontière entre Certains fonds propres prudentiels sont qualifiés de dettes en IFRS
dettes et fonds (certains fonds propres de banques coopératives et certaines actions
propres préférentielles).
Comptabilisation En IFRS les gains et les pertes latentes du portefeuille AFS et du
des actifs portefeuille de négociation sont comptabilisés. L’objet du filtre est de
disponibles à la comptabiliser pour les actions, les pertes attendues alors que les gains
vente (AFS) et du ne sont que partiellement inclus (inclusion partielle dans le ratio Tier
portefeuille de 2). Pour les dettes les gains et pertes non réalisées sont neutralisées.
négociation
(trading)
Option juste valeur Retraitement des plus ou moins values dues à l’évolution du risque de
crédit propre (dette évaluée sur option à la juste valeur).
Instruments dérivés L’impact positif en fonds propres des instruments dérivés sur actions
propres est neutralisé.

Ces « filtres » ou « ajustements » permettent de passer de la notion de « capitaux propres » au


sens comptable qui comprennent le capital et réserves, les gains et les pertes comptabilisées
directement en capitaux propres (écarts de conversion, réévaluations…), le résultat de
l’exercice, à la notion prudentielle de « fonds propres ». Les fonds propres réglementaires des
banques étant composés de fonds propres de base (essentiellement les capitaux propres et les
réserves) et de fonds propres complémentaires (titres hybrides, dettes dont la durée initiale est
supérieure à cinq ans…) et sur-complémentaires.

Ces fonds propres réglementaires doivent pouvoir couvrir les différents risques que prend la
banque à savoir dans la terminologie de Bâle 2 : le risque de crédit, le risque de marché et le
risque opérationnel. Dans une vision prudentielle, ces fonds propres doivent conserver une
6
certaine stabilité d’où la nécessité d’effectuer des retraitements en particulier sur des
instruments comptabilisés en juste valeur. La Commission Bancaire a rappelé en 2005 que les
fonds propres des banques doivent être « permanents, disponibles rapidement pour absorber
des pertes, fiables et incontestables dans leur montant » (Commission Bancaire, 2005).

Nous le voyons, des retraitements importants sont appliqués en termes de valorisation en


particulier sur les plus et moins values latentes sur les actions. Une étude de la Commission
Bancaire au moment du passage aux IFRS faisait apparaitre une baisse du ratio de solvabilité
calculé sur fonds propres de base Tier One de 60 à 80 points de base après effets des filtres
prudentiels (Commission Bancaire, 2005).

Au-delà des ratios de solvabilité, les normes comptables ont une influence sur un point
essentiel de la supervision bancaire depuis Bâle 2 qui est la discipline de marché.
Rappelons qu’avec Bâle 2 au-delà de l’exigence minimale de fonds propres en fonction des
engagements (pilier 1) les banques doivent respecter le pilier 2 qui impose une procédure de
surveillance renforcée et un pilier 3 qui instaure des règles de transparence financière en
améliorant la communication d’informations sur les actifs, leurs risques et leur gestion.

La discipline de marché signifie que les investisseurs ajustent le coût du capital en fonction de
l’exposition au risque. Le fonctionnement de la discipline de marché nécessite que les
actionnaires puissent obtenir les informations nécessaires pour connaitre la situation
financière des banques, les perspectives de gains et les risques.
A ce sujet le comité de Bâle a rappelé en 2010 que « La crise a montré l’insuffisance et
l’incohérence des informations financières communiquées par de nombreuses banques en ce
qui concerne l’exposition au risque et les fonds propres réglementaires. » (Comité de Bâle sur
le contrôle bancaire, 2010). Le comité précise en particulier que l’information sur la
composante des fonds propres est insuffisante pour évaluer leur qualité ou permettre une
comparaison entre banques. Il exige désormais une communication des éléments constituant
les fonds propres réglementaires, les déductions appliquées et un rapprochement avec les
comptes financiers.
Nous le voyons le Comité de Bâle et les instances de supervision ont dès l’application des
IFRS imposé des retraitements prudentiels ainsi qu’une communication renforcée sur ces
retraitements. Mais l’évolution plus récente concerne la modification des normes IFRS dans
un sens qui peut apparaitre comme plus « prudentiel ». Le rapport du comité de Bâle de 2010

7
précise d’ailleurs que « En août 2009, le Comité a publié un ensemble de principes directeurs
de haut niveau pour aider l’IASB à résoudre certaines question ayant trait au
provisionnement et à la mesure de la juste valeur. » (Comité de Bâle sur le contrôle bancaire,
2010).
En réalité, c’est sous l’impulsion du G20 et de leur sommet d’avril 2009 que les pressions sur
le normalisateur comptable se sont intensifiées, l’idée n’étant plus de modifier les filtres mais
de modifier les normes comptables elles-mêmes. Deux points ont été concernés, tout d’abord
le calcul de la juste valeur afin d’éviter la procyclicité et enfin le mode de provisionnement
des créances (ex-post) qui est également perçu comme procyclique.

1.3. LES EVOLUTIONS REGLEMENTAIRES RECENTES : UN RAPPROCHEMENT DU

PRUDENTIEL ET DU COMPTABLE ?

Les évolutions les plus récentes portent principalement sur la question du provisionnement
des crédits et l’évaluation à la juste valeur des instruments financiers.

Tableau n°2 : calendrier des révisions des normes sur les instruments financiers et des
directives européennes CRD3
Date de publication et Type de règlement Impact sur le lien prudentiel /
d’application comptable
12 novembre 2009 / 1er janvier IFRS 9 Phase 1 Utilisation du Business Model pour
2018 classer les instruments financiers.
28 octobre 2010 / 1er janvier IFRS 9 Phase 2 Provisionnement dynamique des
2018 prêts.

Directive 2013/36 / Arrêté du CRD 4 Suppression progressive des filtres


23 décembre 2013 / 1er janvier prudentiels (2015-2017).
2014 Principes de valorisation prudente.

Le classement et l’évaluation des instruments financiers est dicté par les normes IAS 39
«Instruments financiers : comptabilisation et évaluation » et par IFRS 7 « Instruments
financiers : informations à fournir ». Ces normes qui imposent de classer les instruments
financiers en quatre catégories ont été modifiées par la norme IFRS 9 prévue pour une
application en 2018.

3
CRD IV (Capital Requirement Directive) est composé d’une directive et d’un règlement européen qui met en
œuvre Bâle 3 en Europe à compter du 1er janvier 2014.

8
Conformément à la norme IAS 39, les actifs financiers sont classés en quatre catégories :
 Les actifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat (y compris les
titres classés volontairement à la juste valeur) ;
 Les actifs détenus jusqu'à leur échéance (Held to maturity – HTM) ;
 Les prêts et créances (Banking book);
 Les actifs financiers disponibles à la vente (Available for sale – AFS).

Les « actifs détenus jusqu'à l’échéance » ainsi que les « prêts et créances » sont comptabilisés
selon la méthode du coût amorti (coût historique).
Les titres classés dans les autres catégories sont comptabilisés à la juste valeur. Les variations
de valeur sont comptabilisées en résultat pour les actifs comptabilisés à la juste valeur en
résultat (portefeuilles de trading des banques) et en capitaux propres pour les actifs
disponibles à la vente (jusqu'à la cession ou la dépréciation).

Tableau n°3 : Comptabilisation des instruments financiers conformément à l’IAS 39


Catégorie d’actif bancaire Méthode d’évaluation Variations de valeur
Trading book Juste valeur Compte de résultat
Held to Maturity Coût amorti Compte de résultat
Available for sale Juste valeur Capitaux propres
Banking book Coût amorti Compte de résultat

Dans la version première de la norme IAS 39, le choix initial du classement des instruments
financiers était essentiel car les entreprises devaient respecter la règle du « tainting ». En effet,
la norme imposait un reclassement total en actifs comptabilisés à la juste valeur dès lors
qu’une banque procède à des cessions dans son portefeuille obligataire classé en HTM.
Ce mode de classement et d’évaluation a été critiqué dès son application.

Les critiques sur le recours à la juste valeur concernent principalement l’application de la


juste valeur à l’activité d’intermédiation bancaire (Combes-Thuélin et Escaffre, 2004). Dès les
années 2000, les régulateurs ont pointé les limites de cette valorisation en particulier en raison
du fait que cette méthode ne tient pas compte du principe de prudence dans la mesure où elle
traite les bénéfices latents et les pertes latentes de la même façon (Jaudoin, 2001).

9
D’autres auteurs ont démontré les problèmes posés par la juste valeur en termes de volatilité
des résultats et des fonds propres bancaires. Sur un échantillon de grandes banques
américaines, Barth et al. (1995) ont constaté que l’évaluation à la juste valeur telle que
préconisée dans les normes américaines sur les instruments financiers induisait une plus forte
volatilité des résultats qu’avec le coût historique. Ces conclusions sont identiques sur le
marché Japonais (Yonetani et Katsuo, 1998).

En période de croissance des marchés, les établissements bancaires comptabilisent des plus
values potentielles (bénéfices latents) sur leurs portefeuilles de trading. Mais en cas de crise la
situation s’inverse. Les valorisations excessives des périodes d’euphories imposent aux
banques de passer des dépréciations massives qui impactent le résultat et les capitaux propres.
Il s’agit pour Escaffre et Sefsaf (2010) de pertes latentes significatives issues de reprise sur les
gains latents constatés antérieurement sur la base de marchés de capitaux haussiers.

La faillite de Lehman Brothers, quatrième banque d’investissement aux Etats-Unis en termes


de capitalisation boursière, le 15 septembre 2008, va précipiter l’aménagement des normes
comptables internationales sur les instruments financiers. En effet cette faillite provoque une
crise majeure de liquidité.

Le 30 septembre 2008, les autorités américaines par l’intermédiaires de la SEC, réagissent en


premier et publient un document intitulé « Clarifications on fair value accounting ». L’objectif
est de clarifier l’application de la juste valeur dans le cadre de marchés illiquides.

Les Etats européens par le biais des ministres des finances européens à travers le conseil
ECOFIN ainsi que le Forum de Stabilité Financière s’inquiètent de voir les sociétés
européennes défavorisées par rapport à leurs concurrentes américaines en raison de la
possibilité donnée en US GAAP de reclasser des actifs financiers.
Les régulateurs sont alors confrontés à une alternative : recapitaliser les banques pour faire
face aux pertes ou trouver un mode de comptabilisation plus adapté à la conjoncture.

La seconde solution a été retenue par le biais d’un amendement à IAS 39 « Instruments
financiers : comptabilisation et évaluation » et IFRS 7 « Instruments financiers : informations
à fournir » publié par l’IASB le 13 octobre 2008 qui permet le reclassement de certains
instruments financiers.

10
Cette opportunité a été particulièrement intéressante pour les banques car elle leur a permis de
reclasser des actifs du portefeuille de négociation (trading book) vers le portefeuille de prêts
et créances (banking book). L’intérêt était alors de préserver le résultat comptable des pertes
de valeurs potentielles de ces actifs financiers. En effet, le portefeuille de négociation est
évalué à la juste valeur par le résultat alors que le portefeuille bancaire est évalué au coût
amorti (Dufour et Heem, 2012).

Cette évolution normative en pleine crise financière a conduit l’IASB à revoir son mode de
classification des instruments financiers. Désormais avec IFRS 9 la classification des
instruments financiers reposent sur une approche unique pour déterminer la méthode
d’évaluation.

La catégorie comptable doit se définir en fonction de deux critères :


1- Le business model : façon dont l’entité gère ses instruments. L’instrument est-il détenu
pour collecter des flux de trésorerie dans la durée ou bien peut-il être vendu avant son
échéance pour réaliser un gain. Ce critère doit être examiné en premier.
2- Les caractéristiques contractuelles des flux de trésorerie : ce critère doit être examiné
uniquement pour les actifs pouvant être évalués au coût amorti. Pour pouvoir être
évalué au coût, les flux de trésorerie de l’instrument doivent uniquement représenter le
principal et des intérêts calculés correspondant à la valeur temps de l’argent. Dans ce
cas l’instrument est qualifié de plain vanilla.

Dans la première version (novembre 2009) de la norme IFRS 9, l’IASB ne retenait que deux
méthodes d’évaluation : la juste valeur avec variation au compte de résultat et le coût amorti,
supprimant de fait la catégorie disponible à la vente qui permettait une comptabilisation des
variations de juste valeur en OCI. Cette première proposition d’IFRS 9 n’a pas été acceptée
par l’Union Européenne. La version finale de la phase 1 sur la classification des instruments
financiers a été publiée en février 2014. Cette dernière maintient les deux critères permettant
de retenir une méthode d’évaluation, mais réintroduit une juste valeur avec variation en OCI
sur option.

11
Le tableau ci-dessous présente les catégories comptables d’IFRS 9.

Tableau n°4 : synthèse des catégories comptables proposées par IFRS 9


Catégorie au coût Juste valeur par Juste valeur OCI
résultat (option)
Business L’actif est détenu dans un Tout autre business L’actif est détenu dans
model business model dont model un business model dont
l’objectif est de collecter des l’objectif est à la fois
flux contractuels de collecter des flux et
de vente d’actifs
financiers
Cash flow Les termes contractuels de Tous les autres types Plain vanilla cash-flow
l’instrument précisent les de cash-flow
dates qui donneront lieu à
paiement du principal et
d’un intérêt qui représente la
valeur temps de l’argent :
plain vanilla cash-flow
Evaluation Coût amorti Juste valeur avec Juste valeur avec
variations en compte variations en OCI
de résultat

Pour Peter Walton (2013), l’évolution de l’IASB qui proposait à l’origine uniquement deux
catégories, coût amorti et juste valeur par le résultat proviendrait du changement décidé par le
FASB4 qui s’est orienté vers trois catégories (coût, juste valeur par résultat, juste valeur par
OCI). L’idée serait aussi d’obtenir une norme qui pourrait être cohérente avec la future norme
sur l’assurance.

Le deuxième sujet de rapprochement entre la vision comptable et l’approche en termes de


stabilité prudentielle concerne le provisionnement des créances. En effet, depuis de
nombreuses années les banques sont confrontées à la montée des créances douteuses tant sur
le marché des entreprises que sur celui des particuliers. Le mode de provisionnement actuel
des crédits impose aux banques de provisionner les créances lorsque des pertes sont encourues
(incurred loss) alors que dans le cadre d’un provisionnement dynamique les banques
pourraient provisionner lorsque les pertes sont attendues (expected loss).

La question de la modification du mode de provisionnement des créances est déjà ancienne.


En effet en 1995, le CNC (Conseil National du Crédit) défendait déjà une technique de
provisionnement dynamique qui avait pour objectif de constituer un minimum de dotation
obligatoire en fonction du risque prévu sur le portefeuille de crédits (Heem, 1997). Si les

4
Financial Accounting Standard Board, normalisateur américain.

12
sinistres à couvrir se révélaient supérieurs à la provision forfaitaire, une provision ex-post
serait alors constituée.

Au moment du passage aux IFRS en 2005, le normalisateur international a exigé la


survenance d’événements identifiés pour autoriser le provisionnement, s’écartant ainsi du
provisionnement « dynamique » et son calcul de probabilités de pertes attendues.
Or, ce mode de provisionnement est considéré comme procyclique car les banques sont
incitées à restreindre leur offre de crédit dans les périodes de récession en raison du montant
élevé des provisions.

L’idée d’un provisionnement dynamique est donc redevenue d’actualité avec les travaux du
comité de Bâle sur le contrôle des banques (Bâle 3) et la réforme de la norme IAS 39. Ces
travaux ont fait suite aux recommandations du G20 (en raison de la crise financière) en
matière de normes comptables et du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire. La nouvelle
norme IFRS 9 applicable au premier janvier 2018 définit désormais un nouveau modèle de
provisionnement du risque de crédit fondé sur les pertes attendues.

L’idée du provisionnement dynamique consiste à calculer le montant des provisions à


constituer pour la couverture du risque futur contenu dans l’encours de crédit présent. Jusqu'à
présent la position de l’IASB était fondée sur la notion de pertes encourues alors que dans le
cadre du provisionnement dynamique nous passons à une notion de pertes attendues. La
notion de perte attendue qui était déjà présente dans la norme prudentielle Bâle 2 est
désormais introduite dans la norme IFRS 9 ce qui constitue une évolution importante pour le
normalisateur international qui avait toujours refusé un lissage des comptes.

Cette évolution normative devrait conduire les banques à augmenter de façon significative le
montant de leurs provisions. Mais il est intéressant de noter que l’IASB et le normalisateur
américain le FASB n’ont pas la même approche du provisionnement dynamique. Alors que
les américains proposent dans leur exposé sondage de 2013 de calculer la provision sur le
risque attendu sur l’ensemble de la vie du crédit, l’IASB prévoit une mesure moins
contraignante avec la classification des crédits en trois classes d’actifs de même risque (trois
« buckets »).
L’objectif du modèle proposé par l’IASB est de refléter la détérioration des prêts. Dans ce
modèle les crédits sont tout d’abord comptabilisés dans le « bucket 1 » et la provision porte
sur les pertes espérées à 12 mois. Ensuite, en cas d’augmentation significative du risque de
crédit depuis la comptabilisation initiale les pertes espérées à 12 mois sont replacées dans les
« bucket 2 » et « bucket 3 » et calculées sur la durée de vie qui reste au crédit.
La différence entre la classe 2 et la classe 3 vient du fait que l’évaluation est collective pour la
deuxième et individuelle pour la troisième.

13
Tableau n°5 : Le nouveau modèle de provision du risque de crédit avec l’IFRS 9
Bucket 1 Bucket 2 Bucket 3
Classement des actifs
Tous les actifs sont La détérioration de la La détérioration de la
initialement classés qualité de crédit est qualité de crédit est
en Bucket 1 quelle significative depuis significative depuis
que soit la qualité de la comptabilisation la comptabilisation
crédit initiale initiale
Evaluation de la Perte attendue sur 12 Perte attendue sur la Perte attendue sur la
perte mois vie restante de l’actif vie restante de l’actif
Base d’évaluation Calcul sur le Calcul sur le Calcul individuel
portefeuille ou portefeuille
individuel

Cette évolution normative modifie en profondeur la façon de provisionner les risques dans la
mesure où nous passons à un modèle de pertes attendues qui suit la logique du comité de
Bâle. Ceci pose la question de l’évolution du rôle de la comptabilité et la prise en compte de
considérations prudentielles.

Dans un communiqué la fédération des experts comptables européens a estimé qu’inclure un


provisionnement dynamique qui répond à un objectif prudentiel dans des normes
d’information financière à caractère général n’aiderait pas les investisseurs et les autres
parties intéressées à apprécier les résultats de la période concernée ou à évaluer la qualité des
bénéfices (FEE, 2009). Par ailleurs, ce nouveau modèle de provisionnement du risque de
crédit risque d’entrainer des difficultés à modéliser le passage d’un « bucket » à l’autre.

Cette nouvelle vision du provisionnement du risque de crédit bancaire est proche de ce que
préconise déjà Bâle 2 mais le résultat sera différent en raison du fait que Bâle retient une
approche fondée sur des statistiques historiques basées sur un cycle économique (« through
the circle »), alors que pour les IFRS il s’agit d’une prévision à un instant donné (prévision
instantanée à 12 mois dans le « bucket 1 »).

Le troisième point de rapprochement concernant le prudentiel et le comptable concerne la


réforme de Bâle 3 et la communication sur les fonds propres comptables et réglementaires. En
effet, lors de la crise de 2008 il est apparu un manque de clarté sur la qualité des fonds propres
ce qui rendait difficile la discipline de marché.

14
Le dispositif de Bâle 3 instaure désormais un modèle de déclaration que les banques doivent
utiliser, dispositif transposé dans le CRD 4. Le système unifié de reporting SURFI doit
permettre une meilleure comparaison des établissements bancaires au niveau européen. En
parallèle, la transposition de Bâle 3 prévoit la suppression progressive des filtres prudentiels
sur les plus et moins-values latentes. Les fonds propres prudentiels pourraient se rapprocher
des fonds propres comptables et devenir plus volatils. Pour augmenter la solidité des banques
le comité de Bâle aprévu une augmentation du ratio Core Tiers 1 (CECT) qui sera de 4% en
2014, puis de 4,5% les années suivantes (contre 2% auparavant) et des coussins de
conservation et contra cyclique seront créée entre 2016 et 2019. Parallèlement des exigences
minimales de liquidité ont également vu le jour avec Bâle 3.

Nous le voyons sur plusieurs sujets les normes comptables et prudentielles semblent se
rapprocher, on note par ailleurs un dialogue entre l’IASB et le Comité de Bâle en particulier
sur la question du provisionnement des créances bancaires ou celles relatives à l’évaluation
des instruments financiers (Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, 2010).

2. METHODOLOGIE

L’étude repose sur une démarche qualitative à partir de 44 entretiens semi-directifs conduit
entre avril et novembre 2013. Les entretiens ont été réalisés auprès d’acteurs du secteur
bancaire d’auditeur, de régulateurs et normalisateurs. Les entretiens se sont déroulés en
France, en Belgique et au Royaume-Unis. Les personnes interrogées au sein des banques sont
entre autres les directeurs généraux, directeurs financiers et comptables et directeurs des
investissements. Le choix des ces acteurs résulte de la volonté d’interroger les personnes les
plus compétentes sur le sujet dans chacune des organisations. Par souci de confidentialité,
nous n’associons pas dans les citations les noms des sociétés au poste de la personne
interrogée. La diversité des répondants conduit à la collecte d’une quantité d’informations
empiriques suffisantes pour répondre à la question de recherche. Nous avons cessé la
démarche de terrain lorsque nous sommes arrivés à saturation des données. Les entretiens ont
été conduits à partir d’un guide d’entretien. La durée des entretiens a varié entre 40 et 160
minutes. Les entretiens ont été conduits à l’aide d’un guide d’entretien structuré autour des
impacts des normes comptables et prudentielles sur l’investissement des banques.

15
Tableau n°6 : les sociétés d’appartenance des personnes interrogées
Banque Auditeurs et autres Normalisateur-Régulateur
BNPP Investment solutions AF2I ACPR
Crédit agricole Fixage ANC + (ACPR)
La banque postale AM Cabinet Ricol et Lasterie IASB
Crédit agricole 2PM asset management Commission européenne (3)
BNPP Affaires institutionnelles Deloitte EFRAG
BSI bank Insti7 (2) IFRIC
BNPP CBI PWC
BNPP DG (4) Allen & Overy
CDC (5) Premium consulting
Fédération bancaire française OCDE
BPCE Université Paris 10 (Professeur)
BPI France (2)
European Bank of Investment
CDC infra

Dans le cadre d’une démarche exploratoire qualitative, ce panel n’a pas vocation à être
représentatif statistiquement. La difficulté d’accès au terrain et le temps nécessaire au
traitement des données qualitatives ne nous permet pas une démarche de généralisation
statistique. Nos résultats visent à faire émerger des connaissances nouvelles et des régularités
dans le cadre de travaux exploratoires.

Les entretiens ont été intégralement enregistrés, retranscrits en mot à mot, puis validés par les
interviewés. Les transcriptions ont été codées conjointement par les chercheurs à l’aide du
logiciel N’vivo 10.
Cet outil nous permet d'organiser et de rationaliser le codage. Il permet de comparer
facilement et de trouver le thème de données dans le corpus. Dans un premier temps, en
conformité avec les recommandations de Strauss et Corbin (1998) nous avons effectué un
codage ouvert basé sur les thèmes du guide d'entretien, puis dans un deuxième temps, nous
avons réalisé un codage axial pour identifier les relations entre les différents niveaux de
codage et les relier à la question de recherche. La synthèse des résultats correspond au thème
le plus fréquemment soulevé par les répondants.

La méthode qualitative de collecte de données présente des limites en termes de réplication


scientifique. Néanmoins, selon Coleman (2014), la seule façon d’obtenir un aperçu réel d’un
processus de décision est d’en parler avec les parties. Par ailleurs, la démarche de recherche
qualitative fondée sur des entretiens semi-directifs anonymes, nous a permis une relation de
16
confiance avec les acteurs afin d’obtenir des informations ne correspondant pas uniquement
au « discours officiel ».

3. LE POINT DE VUE DES PARTIES PRENANTES DU SECTEUR


BANCAIRE SUR L’EVOLUTION ENTRE LES NORMES
PRUDENTIELLES ET COMPTABLES

Nous avons interrogé les acteurs sur la relation entre les normes IFRS et les règles
prudentielles auxquelles sont soumises les banques, afin d’identifier les difficultés rencontrées
par les acteurs et les éventuelles similitudes entre les référentiels.
Les résultats sont présentés de la manière suivante : d’abord nous abordons la question de la
nécessité des filtres prudentiels (3.1), puis l’évolution des règles de provisionnement
comptable au regard des règles prudentielles (3.2) et enfin le point de vue des parties sur un
rapprochement des normes comptables et prudentielles (3.3).

3.1. DE LA NECESSITE DES FILTRES ?

La détermination des grandeurs prudentielles (niveau de fonds propres et ratios) est effectuée
à partir des états financiers comptables. Ces derniers conformes aux normes IFRS doivent
subir des retraitements afin de répondre aux attentes du régulateur prudentiel. Ces
retraitements aussi appelés filtres font l’objet de nombreux débats. En effet que ce soit leurs
objectifs, leur pertinence ou tout simplement leur existence, les parties prenantes interrogées
ont exprimé des points de vue variés à leur sujet.

D’abord les acteurs reviennent généralement sur la définition d’un filtre prudentiel, ainsi que
sur leur intérêt afin de conduire à une information prudentielle comparable au niveau
international. On constate à ce niveau une homogénéité des réponses.
« Pour moi, un filtre, c’est une disposition réglementaire qui va venir modifier une règle de
valorisation comptable ou l’impact d’une règle de valorisation comptable. » (Chargé de
mission, ACPR)

17
« L’idée des filtres prudentiels, des filtres IFRS c’est de faire en sorte que tous les ratios de
solvabilité soient comparables, que la société soit cotée donc soumise aux IFRS ou à des
Local GAAP, français ou américains par exemple. » (Associé cabinet de conseils)

Néanmoins si cet objectif de comparabilité des indicateurs prudentiels semble justifié, un


interviewé, appartenant à la commission européenne, note que dans les faits des divergences
existent.
« Alors c’est un peu compliqué les filtres, parce que ce n’étaient pas les mêmes d’un pays à
l’autre, par exemple il y a des différences de traitement sur le filtre AFS entre je crois l’Italie
et la France par exemple. » (Chargé de mission, CE)

Pour les répondants le principal objectif des filtres prudentiels est de contenir la volatilité
introduite, dans les états financiers comptables, par l’utilisation de la juste valeur. En effet, les
indicateurs prudentiels ne doivent pas être contaminés par des variations de marchés.
« Les méthodes utilisées pour la valorisation comptables en fair value des instruments
financiers ne sont pas suffisamment prudentes donc on va mettre une couche de prudence
supplémentaire. » (Directeur comptable, Banque)
« Ce qu’on appelle des filtres prudentiels, qui filtrent, en fait, la volatilité qui peut exister
dans les capitaux propres comptables, notamment dans la réserve OCI (…) mais les filtres
n’ont pas complètement supprimé la volatilité, et notamment n’ont pas supprimé la volatilité
qui passait par le compte de résultats. » (Chargé de mission, CE)

Les évolutions en cours des réglementations ont mis au jour la volonté du Comité de Bâle de
supprimer les filtres régissant le passage du bilan comptable au bilan prudentiel, comme nous
avons pu le voir cette suppression sera progressive et pourrait entrainer de la volatilité dans
les fonds propres prudentiels. En effet une indexation complète sur les données en IFRS peut
engendrer une variation des fonds propres prudentiels préjudiciable pour la stabilité bancaire.
Les acteurs interrogés soulignent les effets non désirables de la suppression des filtres, et
l’incertitude de la période réglementaire.

« Je pense qu’avec Bâle 3, la comptabilité revient de manière assez forte, puisque Bâle 3 a
déjà supprimé un certain nombre de filtres prudentiels qui retraitaient les états comptables. »
(Responsable normes comptables et prudentielles, Banque)

18
« La théorie développée, notamment avant la crise – était que les normes comptables
évoluaient et qu’au fur et à mesure de leur évolutions, le comité de Bâle allait faire
disparaître les filtres. » (Directeur comptable, Banque)
« L’optique du Comité de Bâle, qui est très claire dans Bâle 3, est de supprimer les filtres. »
(Chargé de mission, ACPR)
« Sur le cas du filtre prudentiel, je pense que avec les dernières avancées de Bâle 3, il garde
le filtre. Il y aura peut-être un débat avec les comptables mais pour l’instant c’est la victoire
de la (…) stabilité financière. » (Directeur des risques, Banque)
« Au niveau du prudentiel, la logique était de supprimer les filtres, donc en principe on serait
plutôt rapproché de la comptabilité. Sauf que tout ça est mouvant, et que les évolutions
comptables ne sont pas forcément les choses les plus souhaitables en prudentiel… » (Chargé
de mission, ANC)
« La suppression des filtre c’est un petit peu irréaliste. Je pense qu’ils auront toujours besoin
d’avoir des filtres. Le problème c’est d’en avoir peu. Mais éliminer tous les filtres, non. »
(Membre du board de l’IASB)

Comme on le voit même si le comité de Bâle s’est positionné pour une suppression des filtres,
les parties prenantes du secteur bancaire et normalisateur n’y sont pas favorables. En effet, les
banquiers estiment que les effets introduits par les normes comptables IFRS grandement
fondées sur la juste valeur (volatilité, procyclicité, sous-provisionnement) seraient
préjudiciables pour la présentation des fonds propres prudentiels. Tandis que les
normalisateurs estiment que les normes comptables n’ont pas vocation à assurer une stabilité
financière. Malgré cette position des parties prenantes interrogées favorables à un maintien
des filtres, il apparait que la transposition de Bâle 3 en Europe conduit à la suppression
progressive des filtres prudentiels à l’horizon 2017. Cette évolution normative pourrait
conduire à des modifications dans la façon de gérer des instruments financiers.

Les répondants soulignent les effets de la combinaison des règles comptables et prudentielles
sur l’activité bancaire. S’ils font valoir la difficulté de gérer deux référentiels avec des règles
différentes, ils sont conscients des impacts que pourraient avoir un alignement du prudentiel
sur le comptable. En effet, les normes IFRS conduisent à une comptabilisation d’une part
importante des instruments financiers en juste valeur ce qui induit une volatilité des données
comptables dues aux variations de marché qui impacteraient de fait les ratios prudentiels.

19
« Je pense que pour ce qui nous concerne, à un moment donné tout se combine. Parce qu’il y
avait un filtre complet sur les plus et moins-values latentes, et si on vous dit aujourd'hui : on
va vous demander beaucoup plus de fonds propres, et par ailleurs, on va vous mettre des
contraintes de liquidité, et qu’en même temps, vous voyez planer des incertitudes sur la
manière dont pourraient être reconnus les bénéfices de la détention-participation, quand vous
avez de la plus-value latente, vous faites quoi ? Vous avez intérêt à la réaliser ! Parce qu’elle
contribue à vos fonds propres, elle lève l’incertitude et elle lève aussi la contrainte sur la
liquidité correspondant à ce montant de participation. » (Direction gestion financière,
Banque)
Ainsi une intégration des variations de juste valeur dans les ratios prudentiels pourraient
entrainer des fluctuations importantes dans le prudentiel. Dans ce cas afin d’éviter des
variations indues qui serait pénalisantes au niveau réglementaire, les banques risquent d’être
amené à gérer différemment leur placements. Par exemple en réalisant systématiquement les
plus-values malgré l’horizon de détention initial.

3.2. LES REGLES DE PROVISIONNEMENT : RAPPROCHEMENT DU COMPTABLE VERS LE

PRUDENTIEL

La phase 2 du projet d’IFRS 9 est consacrée au provisionnement des crédits. Suite aux crises
financières, l’IASB a décidé de revoir les règles en la matière afin de permettre un
provisionnement qui représente mieux les risques attendus. Ainsi le projet d’IFRS 9 préconise
un provisionnement des pertes attendues et non plus des pertes avérées. Cette évolution
marque un changement radical dans la vision du normalisateur comptable qui se rapproche
ainsi des règles préconisées par le prudentiel.

« Déjà dans Bâle II, le critère de pertes attendues à 1 an est un critère bâlois et il s’appliquait
à l’ensemble des crédits et donc on comparait la perte attendue à 1 an, sur la totalité des
crédits non-encore douteux, avec le montant des provisions constituées sur l’ensemble des
créances. Et si les provisions étaient supérieures, on ne faisait rien, si elles étaient inférieures
à la perte attendue à 1 an, on devait alors réduire les fonds propres prudentiels de ce
montant. Je crois que l’on passait 50 % en fonds propres « Tier 1 » et 50 % en fonds propres
« Tier 2 », quelque chose comme ça. » (Directeur comptable Banque)
« Finalement, IFRS 9 met en place un provisionnement à l’initiation qui peut se voir comme
prudentiel au sens prudence du terme. » (Directeur comptable Banque)

20
« Et on est sur un sujet de savoir si on doit prendre en compte des pertes attendues à un an, à
deux ans, ou plus long, sur les encours sains, et le calibrage de ces éléments-là, de savoir
combien, qu’elle est la perte attendue qu’on va prendre, en fait, va impacter la rentabilité
d’un certain nombre d’activités. Si on doit mettre beaucoup trop de fonds propres, si
certaines activités génèrent beaucoup trop de fonds propres, ça aura un impact prudentiel,
potentiellement très important et un impact sur la rentabilité d’un certain nombre d’activités,
et on est surtout inquiet par le financement des PME. » (Responsables normes comptables et
prudentielles, Banque).
« Le comptable devient plus prudent. Ça ne veut pas dire qu’il se rapproche du prudentiel, ou
par après coup seulement. » (Membre du Board de l’IASB)

Néanmoins cette évolution des normes comptables vers un provisionnement plus « prudent »
ne peut pas être considérée comme un rapprochement vers les règles prudentielles. Les
instances comptables font évoluer leur méthode de provisionnement des crédits afin de pallier
certaines lacunes mises en évidence par la crise et non dans une volonté d’alignement sur les
méthodes prudentielles.

« Maintenant, on est totalement opposés, résolument opposés à dire : tiens, les régulateurs ils
veulent 3 ans de provisions devant, ou ils veulent aller à contre-cycle, ou ils veulent qu’on en
mette de côté dans les périodes de vaches grasses, pour ne pas crever de faim dans les
périodes maigres, ça on dit non. Parce que ça ce n’est plus faire de la comptabilité, c’est
effectivement un rôle de régulateur. » (Membre de l’EFRAG)
« Le prudentiel veut que les banques puissent résister non seulement aux risques attendus,
mais aussi aux cas des scénarios extrêmes, les stress testing, de risques qui sont purement
hypothétiques. Nous, en comptabilité, on ne sait pas provisionner des risques hypothétiques.
On sait provisionner des risques qui ont une probabilité de réalisation suffisamment forte.
Ce que je voulais dire, c’est qu’il y aura toujours en prudentiel, probablement, une couche de
provision en plus de la couche comptable, on appelle ça des provisions, mais en fait ce sont
des réserves plutôt que des provisions, en sens technique comptable. » (Membre du Board de
l’IASB)

Les propos tenus par les acteurs mettent en évidence que les normes IFRS adoptent une
approche plus prudente en matière de provisionnement avec des similitudes avec les règles
prudentielles. Néanmoins cette démarche est propre au normalisateur comptable, sans

21
concertation avec les autorités prudentielles. D’ailleurs les répondants appartenant à l’IASB et
à l’EFRAG soulignent la différence d’objectif qui fait que comptable et prudentiel ne sont pas
voués à s’associer. Cette idée est confirmée par la déclaration du Comité de Bâle qui insiste
sur l’indépendance de l’IASB (Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, 2010), même si le
G20 a demandé au début de la crise financière une modification des normes comptables (G20,
2008).

3.3. UN RAPPROCHEMENT DU COMPTABLE ET DU PRUDENTIEL EST-IL ENVISAGEABLE ?

Les répondants ont insisté sur la volonté du comité de Bâle de supprimer les filtres prudentiels
afin de simplifier et de rendre plus transparents la détermination des indicateurs prudentiels.
Néanmoins, la plupart des personnes interrogées estiment que cet objectif n’est pas réaliste
car les objectifs des deux référentiels sont trop éloignés. Ainsi la comptabilité doit donner au
lecteur des comptes une information utile à la décision financière alors que le prudentiel doit
permettre d’évaluer la solvabilité d’une banque.
« Le côté comptable, comme je vous l'ai dit, c'est pour donner une vision, à un moment donné
aux investisseurs de ce qu'il y a dans cette société, et de la performance qui a pu être dégagée
durant l'année précédente. Donc, le comptable se veut indépendant du prudentiel. Il n'a pas
pour objectif d'assurer la liquidité, de réduire les risques pour les investisseurs, ce genre de
choses. Les normes comptables, c'est juste donner une information de l'état des choses à un
moment donné. » (Membre du Board de l’IFRIC)

« La norme prudentielle est une norme qui est là pour influencer le comportement, alors que
la norme comptable n’est pas là pour influence le comportement, elle doit être neutre au
regard du comportement. Alors que la norme prudentielle, elle est là pour forcer les banques
à agir d’une certaine façon. Les encourager ou les forcer, les contraindre : à limiter la prise
de risques, à être plus prudentes, etc. Et donc, elle a forcément, par rapport à l’information
objective, un biais. Un biais de prudence, un biais de contrainte. Et donc, c’est forcément
incompatible de répondre aux deux objectifs en même temps. » (Membre du Board de
l’IASB)
« Si je raisonne IFRS, évidemment il y a des différences parce que l’objectif et l’approche
n’est pas la même puisque dans un camp on est vraiment sur… comme on l’indique par du
prudentiel donc vraiment s’assurer de la capacité de l’entreprise à faire face à des situations
particulièrement catastrophiques, et puis de l’autre, on a une volonté de traduire à un instant

22
T les résultats et l’activité de l’entreprise donc les objectifs même ne sont pas les mêmes. »
(Directeur des investissements, Banque-Assurance)

Par ailleurs, les répondants abordent les relations entre l’IASB et le comité de Bâle pour
indiquer une absence de relations privilégiées. Ainsi, les deux instances suivent les travaux de
l’autre, en répondant soit au due process de l’IASB ou en ayant des relations de travail au sein
du comité de Bâle. Mais en aucun cas une volonté de travail commun est affichée. Les
répondants estiment donc que dans ces conditions un rapprochement ne serait pas souhaitable
car il ne serait pas concerté et conduirait à calquer le prudentiel sur le comptable. Or, les
normes de l’IASB sont des normes générales et ne prennent pas en comptes les spécificités du
secteur bancaire alors que les règles prudentielles doivent justement être adaptées au métier.

« On n’a pas de siège d’observateur. Mais on a des relations de travail avec le comité
comptable et le comité de Bâle. Des rencontres bilatérales fréquentes. Et par ailleurs, eux
sont observateurs de nos travaux, dans bien des cas, ils sont invités à toutes les réunions
techniques, sur nos projets. Ils répondent aux consultations. » (Membre du board de l’IASB)
« Ils sont fortement incités à se parler, mais je pense qu’ils ne se parlent pas assez. Après,
c’est plus facile à dire qu’à faire, mais effectivement, ils ne se parlent pas assez… L’IASB…
ils participent au groupe de travail Bâlois, enfin ils assistent en observateurs, mais ils veulent
être indépendants. Et les régulateurs prudentiels disent : « je regarde les normes comptables,
je vais regarder ce qui se passe, et puis ensuite, je ferai des ajustements, si possible ». »
(Responsable normes comptables et prudentielles, Banque)

« Après il y a des gens comme ceux qui travaillent à la Commission qui, en principe, peuvent
faire le lien. Mais la difficulté, c’est effectivement que l’IASB considère que les objectifs de la
comptabilité sont complètement différents de ceux du prudentiel, et que l’objectif de la
comptabilité, c’est de traduire les comptes d’une réalité économique, et de donner de la
transparence sur cette situation économique, tandis que le prudentiel c’est vraiment de mettre
de côté, en quelque sorte, de l’argent, des fonds propres, pour encaisser des chocs futurs.
L’objectif n’est pas de traduire une situation économique, mais c’est d’être prudent et d’avoir
des fonds propres et des matelas de sécurité pour encaisser des chocs futurs. » (Chargé de
mission CE)

23
En somme, il apparait au travers des entretiens que même si les régulateurs comptables et
prudentiels se rencontrent, les réflexions restent menées de manière parallèle et non
conjointement.

4. CONCLUSION

La récente crise financière a montré que les normes comptables étaient essentielles pour
rassurer les investisseurs et réduire l’incertitude en période de stress mais qu’elles avaient
également un rôle en matière de stabilité financière (Ackermann, 2008). Les positions prises
par le G20 et le Forum de Stabilité Financière montent que les problématiques de stabilité
financière ne peuvent se régler qu’avec un dialogue étroit entre les normalisateurs comptables,
les régulateurs prudentiels ainsi que les banques centrales.

Pour certains auteurs tels que Escaffre et Sefsaf (2010), les normes IFRS ont sans doute été un
facteur aggravant de la crise financière en prescrivant la juste valeur comme critère
d’évaluation. Dans son rapport au président de la république, Ricol (2008) indiquait que la
procyclicité a de multiples causes dont certaines proviennent de la combinaison des règles
comptables et prudentielles et il appelait à une plus grande cohérence dans ces règles.

L’objet de notre travail de recherche était d’identifier le point de vue des parties prenantes du
secteur bancaire sur les évolutions comptables et prudentielles depuis le début de la crise
financière. La question du rapprochement des deux corps normatifs fait débat au sein de la
profession. L’étude menée à partir de 44 entretiens semi-directifs a permis de mettre en
évidence les oppositions entre la volonté des instances de régulation de supprimer les filtres
prudentiels et le point de vue des praticiens et des normalisateurs comptables pour lesquels les
normes comptables ont des objectifs propres qui ne prennent pas en considération des
objectifs de stabilité financière. Néanmoins, certaines évolutions des normes IFRS, en
particulier sur le provisionnement des crédits, peuvent être vues comme une démarche plus
prudente en ligne avec les attentes des régulateurs prudentiels. Enfin les praticiens interrogés
estiment qu’un rapprochement des deux référentiels ne serait pas souhaitable.

Cette recherche contribue aux travaux théoriques sur le lien entre les règles comptables et les
règles prudentielles. En effet, nous enrichissons cette littérature en proposant une analyse d’un
large panel de responsables du secteur bancaire, de normalisateurs et de régulateurs. Par

24
ailleurs, ce travail présente des apports managériaux en permettant d’appréhender les effets
d’un rapprochement entre les normes comptables et prudentielles sur les métiers bancaires.

Les recherches qualitatives souffrent de limites liées à la réplication et à l’exhaustivité de


l’échantillonnage. Dans ce cas précis, une faiblesse qui peut être attribuée à ce travail est sa
temporalité. Ainsi, les débats sont extrêmement mouvants et les évolutions rapides, il serait
donc nécessaire de procéder à une seconde phase d’entretiens, dès la mise en application des
premières transpositions de Bâle 3 afin d’étudier l’éventuelle évolution de la position des
parties prenantes.

25
BIBLIOGRAPHIE
Ackermann, J. (2008). The subprime crisis and its consequences. Journal of Financial Stability (4):
329-337.
Amis, P., Rospars, E. (2005). Surveillance prudentielle et évolution des normes comptables : Un enjeu
de stabilité financière. Revue de la stabilité financière 7: 49-62.
Barth, M. E., Landsman, W. R., Wahlen, J. M. (1995). Fair value accounting: Effects on banks' earning
volatility, regulatory capital, and value of contractual cash flows. Journal of Banking &
Finance 19 (3-4): 577-605.
Casta, J.-F. (2003). La comptabilité en "juste valeur" permet-elle une meilleure représentation de
l'entreprise ? Working Paper, CEREG - Université Paris Dauphine.
Casta, J.-F. (2009). Théorie positive de la comptabilité. In Encyclopédie de comptabilité, contrôle de
gestion et audit (Ed, Economica). 1393-1402.
CEBS. (2004). Guidelines on prudential filters for regulatory capital. Committee of European Banking
Supervisors.
Coleman, L. (2014). Why finance theory fails to survive contact with the real world: A fund manager
perspective. Critical Perspectives on Accounting 25 (3): 226-236.
Combes-Thuélin, E., Escaffre, L. (2004). Performance et juste valeur : La communication financière des
établissements de crédit. 25e congrés de l'AFC, Orléans.
Comité de Bâle sur le contrôle bancaire. (2010). Réponse du comité de bâle à la crise financière :
Rapport au groupe des vingt. Banque des Réglements Internationaux.
Comité de Bâle sur le contrôle bancaire. (2013). Charte du comité de bâle sur le contrôle bancaire.
Commission Bancaire. (2004). Quel traitement prudentiel pour les nouvelles normes comptables. In
Rapport de la commision bancaire pour l'année 2004: 157-172.
Commission Bancaire. (2005). Les conséquences du passage aux normes ifrs dans les groupes
bancaires français. In Rapport annuel de la commission bancaire pour l'année 2005:
Commission Bancaire, 157-168.
Danjou, P. (2013). Une mise au point concernant les international financial reporting standards
(normes ifrs). IASB.
Dufour, D., Heem, G. (2012). Crise financière et comptabilité : Le cas du reclassement des
instruments financiers dans les banques européennes. Economie et Sociétés, série "Entreprise
et finance" (2): 553-569.
Escaffre, L., Sefsaf, R. (2010). L'impact comptable de la crise financière sur la volatilité des titres
bancaires : Cas de la france, l'italie et l'allemagne. Crises et nouvelles problématiques de la
valeur, 31e Congrés de l'Association Francophone de Comptabilité, Nice.
FEE. (2009). Dynamic provisionning for financial instruments. Federation of European Accountants,
2p.
G20. (2008). Summit on financial market and the word economy. 15 Novembre: 10.
Heem, G. (1997). Vers un pré-provisionnement des créances dans le secteur bancaire français ? La
revue du financier (113): 18-30.
Heem, G., Simon, C., Zimnovitch, H. (2014). Le cadre conceptuel des ifrs. In Normalisation comptable
: Actualités et enjeux: L'Academie des Sciences Techniques Comptables et Financières, 91-
106.
IASB. (2010). Cadre conceptuel de l'information financière 2010.
Jaudoin, O. (2001). Une proposition pour améliorer la stabilité : Le provisionnement dynamique.
Bulletin de la Banque de France (95): 109-120.
Jensen, M. (1976). Reflections on the state of accounting research and the regulation of accounting.
Stanford Lectures In Accounting: 11-19.
Noyer, C. (2011). L’évolution de la régulation en europe et aux états-unis : Convergence ou divergence
Paris - Europlace Financial Forum.
Ricol, R. (2008). Rapport sur la crise financière remis au président de la république française.

26
Strauss, A., Corbin, J. (1998). Basics of qualitative research: Techniques and porcedures for
developping grounded theory. 2nd: Thousand Oks Sage.
Versigny, C. (2012). Convergence des ifrs et de bâle 3 : Quelles solutions pour réduire la procyclicité ?
La lettre OTC: 3-7.
Walton, P. (2013). Des banques européennes plébiscitent le maintien d'ias 39. Revue Française de
Comptabilité (466): 6-7.
Yonetani, T., Katsuo, Y. (1998). Fair value accounting and regulatory capital requirements. Federal
Reserve Bank of New York, Economic Policy Review October: 33-43.

ANNEXE N°1 : MISSIONS DE L’IASB ET DU COMITE DE BALE

IASB Comité de Bâle de la BRI

Date de création 1973 1974


Objectif Développer un jeu unique de Renforcer la solidité du système
normes comptables de haute financier mondial
qualité
Membres 16 membres nommés par Superviseurs de 27 pays
l’IASB Foundation
Qui applique ? Plus de 100 pays Plus de 20 pays appliquent Bâle 2

27

Vous aimerez peut-être aussi