Vous êtes sur la page 1sur 2

Cadre légal

La loi comptable

La loi n° 9-88 relative aux obligations comptables des commerçants dans son article n°4 a

rendu obligatoire pour les commerçants dont le chiffre d’affaires annuel dépassent le
montant

de KDH 7 500 , de disposer d’un manuel décrivant l’organisation comptable au sein de leur

entreprise. A noter que cette loi promulguée le 25 décembre 1992 est entrée en vigueur à

partir des exercices ouverts à compter du 1ER janvier 1994.

Cette obligation a été confirmée par l’article n° 19 du Dahir n° 1-96-83 du 1 ER Août 1996

portant promulgation de la loi n° 15-95 formant code de commerce qui stipule « Le

commerçant tient une comptabilité conformément aux dispositions de la loi n° 9-88 relative

aux obligations comptables des commerçants promulguées par le dahir n° 1-92-138 du

joumada II 1413 (25 décembre 1992) ».

Il apparaît donc que contrairement aux dispositions du CGNC qui ne fixent pas de règles

précises pour soumettre les entreprises à cette obligation, la loi 9-88 a fixé un montant de

chiffre d’affaires au-delà duquel, l’entreprise devient soumise de plein droit à cette
obligation.

Il semble qu’il y’ait une contradiction entre le texte de loi et les dispositions du CGNC ce qui

n’est pas de nature à permettre de mieux définir les entreprises concernées par cette

obligation.

A notre avis et compte tenu de la prééminence de la loi sur la norme, ce sont les dispositions

légales qui devraient être appliquées en premier.

En revanche, pour le commissaire aux comptes et les experts comptables, le respect de la

norme comptable constitue une obligation professionnelle, ce qui les met en situation de
porte

à faux vis-à-vis de cette norme. A ce sujet, plusieurs questions peuvent être posées :

Devraient-ils se contenter uniquement des dispositions de la loi 9-88 ?


Quelle est la responsabilité d’un commissaire aux comptes en cas de non-respect

des dispositions du CGNC ?

Les réponses à ces questions devraient être apportées dans le cadre du conseil national de

l’ordre des experts comptables et celui du conseil national de la comptabilité afin de lever

toute ambiguïté quant aux personnes assujetties à cette obligation.

Le problème existe lorsqu’une entreprise n’ayant pas atteint le plafond du chiffre d’affaires

fixé par la loi, disposant d’un système de traitement relativement complexe ne permettant
pas de réaliser les contrôles en l’absence d’une description détaillée de ce système.

A notre avis, et dans la mesure où l’organisation complexe est la particularité des moyennes
et grandes entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse généralement le montant de KDH
7 500 cette contradiction se trouve relativisée.

D’après la loi 9-88, l’obligation consiste à élaborer un Manuel d’Organisation Comptable

dans le but de « décrire l’organisation comptable » alors que le CGNC exige qu’il y’ait

description des « procédures et l’organisation comptable ». Ceci constitue une autre

contradiction dans la mesure où l’exigence n’est pas la même dans les deux textes

comptables.

Une harmonisation de ces textes s’impose dans l’intérêt des entreprises au Maroc et de
toute

la profession.

Il est toujours regrettable que le choix des entreprises, soumises à l’obligation d’élaboration

du manuel d’organisation comptable, soit basé uniquement sur un critère de chiffre


d’affaires.

En effet, ce critère exonère un certain nombre d’entreprises n’atteignant pas le seuil de


chiffre d’affaires fixé par la loi, mais dont le système comptable peut être qualifié de
complexe.

De l’autre coté, certaines entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse le seuil de KDH 7 500

mais dont le volume d’activité et des opérations traitées est tellement réduit et simple qu’il

n’est pas nécessaire de mettre en place un tel dispositif.