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Crowdfunding

I. C’est quoi le crowdfunding ?


Très utilisé à l’étranger, le « crowdfunding », un mode de financement des
projets par le public n’a pas de cadre législatif au Maroc. Un manque
qu’essaie de pallier le ministère de l’Economie et des Finances qui a déposé
le 21 mars un avant-projet de loi sur le financement collaboratif, sur le site
officiel du Secrétariat général du gouvernement. Le crowdfunding permet de
collecter des fonds auprès d’un large public principalement en vue de
financer l’entrepreneuriat et l’innovation ou de soutenir l’émergence de
projets sociaux, culturels et créatifs. Ce nouveau mode de financement, qui
opère à travers des plateformes internet, permet de mettre en relation directe
les porteurs de projets et les financeurs. Des activités qui prennent trois
formes de financement différentes à savoir le prêt, l’investissement en capital
et le don, précise le texte. Un projet de loi réclamé depuis des années par
des militants marocains, car au Maroc, un frein législatif empêche des
plateformes de crowdfunding d’être créées au niveau national. En effet, une
loi de 1971 impose aux associations de demander une autorisation pour tout
appel aux dons. Tout site marocain spécialisé dans le financement
collaboratif devrait donc solliciter le secrétaire général du gouvernement pour
chaque projet soutenu.

II. Les différents types de financement participatif :

1. Le Don :
C’est une forme de participation sans attente ni contrepartie, qui se fait
par une personne physique ou une personne morale (association,
entreprise). Le don est alors désintéressé, même s’il existe une pratique
de contre-don, tout à fait symbolique.

2. La récompense, aussi appelée don avec contrepartie :


La personne physique ou morale va ainsi participer à la hauteur de son
choix, mais recevra quelque chose en retour. Cette «  récompense » ou
« contrepartie » est une forme de troc, qui peut se manifester
matériellement (offre de cadeaux, d’objets promotionnels) ou de façon
plus symbolique (en nature, en temps accordé, en publicité).

3. Le prêt ou crowdlending ou «  lending crowdfunding »


Ici, on fait référence aux  plateformes de prêts, spécialement conçues
pour le crowdfunding .L’emprunteur s’adresse, par le biais d’une
plateforme web, à une multitude de prêteurs qui vont participer à
hauteur de leurs moyens. la somme se doit d’être remboursée dans des
temps impartis, avec ou sans intérêts (cela dépend de la plateforme)
4. L’investissement en capital ou equity :
C’est une forme de crowdfunding où les particuliers participant à l’effort
collectif deviennent actionnaires du projet (souvent, il s’agit de monter
une entreprise). Ces capitaux sont détenus par ces «petits actionnaires»,
leur donnant un droit de regard, un droit de vote mais également à une
partie des bénéfices futurs. Ce mode de financement est encore appelé
equity crowdfunding.

5. La production communautaire :
C’est lorsque les investisseurs sont aussi coproducteurs. A ce titre, ils
vont percevoir des royalties sur les ventes à venir (parfois, cela peut être
plus symbolique et ne consister qu’en des invitations ou cadeaux
promotionnels). Mais dans tous les cas, il y a contrepartie.

6. Le microcrédit ou microcrédit solidaire :


Il est souvent utile dans le cadre de microprojets : les internautes donnent
de petites sommes afin de favoriser l’essor de l’activité concernée. On
retrouve beaucoup cela dans les pays en développement.

III. Peut on tout financer grâce au crowdfunding ?

Même si le crowdfunding permettait à l’origine de financer plutôt les


projets culturels tels que des films ou encore des albums musicaux, il
s’est depuis diversifié. Les projets personnels des particuliers peuvent
être financés par l’intermédiaire du prêt entre particuliers (Younited
Credit) ou encore par l’intermédiaire des plateformes de micro-crédit ou
de finance solidaire. Les entreprises sont aussi des utilisateurs de cette
forme de financement idéale pour tester de nouveaux produits,
communiquer autour de leur projet ou encore financer des
développements non couverts par les banques traditionnelles. Le
crowdfunding immobilier permet par exemple de financer la promotion
immobilière sur des durées d’environ 18 mois. Le financement participatif
peut aussi permettre de financer la transition énergétique. Certaines
plateformes se sont donc spécialisées dans les énergies renouvelables :
solaire, éolienne, … Ou encore, une spécialisation assez récente en
France permet à certaines plateformes de proposer des prêts étudiants.
Certaines plateformes ultra-spécialisées ont développé des marchés de
niche.
« On peut citer le sport mais aussi la religion. Cette liste n’est bien sûre
pas exhaustive et de nouveaux besoins de financement pourraient être
couverts à l’avenir. »

IV. Que prévoit l’avant-projet de loi :


Le texte prévoit, tout d’abord, la création du statut de gestionnaire de
plateformes de financement collaboratif (PFC) – en l’occurrence les
sociétés de financements collaboratifs (SFC)-, à l’instar des autres
régimes régissant les activités du marché des capitaux.
Il définit également le dispositif d’agrément par l’administration des SFC
et de supervision des activités de financement collaboratif. Un dispositif
assuré par Bank Al-Maghrib pour les activités de prêt et de don et par
l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) pour les activités
d’investissement en capital.
D’autre part, le texte définit les procédures et les modalités de création et
de fonctionnement des PFC ainsi que la définition des engagements et
des obligations des SFC, notamment en matière d’information du public,
de publicité, et de reporting. Il établit les règles à respecter en matière de
vérification préalable des projets à financer, de sécurisation des transferts
et de protection des contributeurs et fixe également l’établissement de
plafonds en termes de montants à lever par projet et par contributeurs
pour les différentes formes de financement. Enfin, le texte prévoit la
définition de règles spécifiques à chacune des trois formes de
financement collaboratif : (investissement, prêt, don).
V. Conclusion :

La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) est la moins développée du monde


en termes d’inclusion financière, notamment puisque seulement 21 % des adultes (42 millions
d’individus environ hors pays du Golfe) ont accès à un compte bancaire. Les initiatives en faveur
de l’inclusion financière ont pour objectif de permettre à tous les ménages et entreprises,
indépendamment de leur niveau de revenus, d’avoir accès à des services financiers adaptés et de
s’en servir. L’expérience du Maroc en matière d’inclusion financière s’inscrit dans une stratégie
globale remontant à 2007, visant un développement intégré du secteur financier à l’horizon 2020
et le positionnement du Maroc comme hub financier régional. Le projet de loi sur le
Crowdfunding porté par le Ministère des finances s’inscrit dans cette perspective stratégique
d’offrir, aux porteurs de projets, une palette diversifiée en matière d’instruments financiers. Le
Crowdfunding viendrait à cet effet, renforcer une offre qui ne cesse de s’étoffer (finance
islamique, fond d’amorçage pour les startups, etc.). Le développement d’outils complémentaires
en matière d’accès au financement favorise l’avènement d’une économie dite inclusive qui ne se
résume pas seulement à une question d’argent. C’est la rencontre, complexe mais féconde, des
problématiques marchandes de l’entreprise avec les préoccupations de réduction de la pauvreté
et de l’insertion socioéconomique des individus. Cette étude complémentaire sur le potentiel du
Crowdfunding au Maroc en vue de l’implication de la diaspora dans le développement du
Royaume, a permis de mettre l’accent sur deux secteurs économiques, que sont l’Economie
Sociale et Solidaire (ESS) et les startups qui se prêteraient facilement au Crowdfunding. En effet,
ce dernier véhicule un certain nombre de valeurs et principes qui sont l’adhésion au projet, la
transparence, l’esprit collaboratif (communauté) que l’on retrouve dans les secteurs de l’ESS et
des startups. Des valeurs de partage qui favoriseront l’émergence du Crowdfunding au Maroc et
permettront d’impliquer la diaspora marocaine qui est davantage sensible aux projets a fort
impact social ou de développement (environnemental, technique ou social). Le Crowdfunding
interviendrait sur des segments qui sont souvent négligés par le secteur financier traditionnel,
comme les startups et les projets innovants. Il pourrait également toucher des porteurs de
projets trop importants pour le micro crédits mais pas assez pour les crédits classiques. Le
secteur bancaire reste un acteur essentiel pour le fonctionnement des activités de Crowdfunding
car toutes les transactions nécessitent un système de paiements en ligne. Comprendre comment
élargir les options de financements disponibles et accessibles aux startups et PME est un défi
majeur pour les décideurs dont la volonté est de favoriser leur développement et de soutenir les
entreprises les plus dynamiques, dans un environnement contraint par le crédit.

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