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Partie de la linguistique qui étudie selon quelles constantes les facteurs sociaux déterminent

les différences dans la langue et dans l'utilisation qu'en font les personnes qui la parlent. –
larousse
« La sociolinguistique prend en compte tous les phénomènes liés à l’homme parlant au
sein d’une société » (BOYER H. 1996) - Dr. BENAZOUZ Nadjiba

Ethnographie - Étude descriptive des activités d'un groupe humain déterminé


(techniques matérielles, organisation sociale, croyances religieuses, mode de
transmission des instruments de travail, d'exploitation du sol, structures de la parenté).
Selon Larousse

Sociolinguistique et ethnographie de la communication


L’ethnographie de la communication est une discipline qui a pour objet l’étude des groupes
humains et leur culture ainsi que des événements de communication. Dell Hymes (1964) estime
qu’une telle approche doit, pour une culture et une communauté donnée, déterminer ce qui est
considéré comme constituant, les événements de parole et examiner les différentes composantes de
ces événements à savoir :
i. Les interlocuteurs et participants à l’acte de communication ;
ii. Les canaux de communication disponible, et l’usage qui en est fait ;
iii. Les divers codes (linguistique, ((paralinguistiques, kinésique = tous les moyens de
communication qui peuvent naturellement renforcer la parole humaine, ils s`agissent des
expressions du visage, de gestes du corps =)), etc.) partagés par différents participants ;
iv. Les cadres et circonstances dans lesquels la communication prend solution, etc.

Les liens entre communication, homme et société font l’objet de diverses approches issues
directement de l’anthropologie linguistique anglo-saxonne, notamment des travaux des ethnologues
qui s’intéressaient au langage en tant que système de pensée ou d’action.
Ainsi est née chez Dell Hymes, l’idée d’une ethnographie de la parole, nouveau domaine de
recherche qui se voulait entièrement consacré à l’étude de la parole en tant que phénomène culturel.
D’où un certain nombre d’idées-forces : étudier les fonctions de la communication en observant la
façon dont les membres d’une communauté se servent de leurs ressources verbales et non verbales.
i. Selon le contexte ;
ii. Examiner la parole en tant qu’activité sociale ;
iii. Tenir compte de l’usage de la langue tout autant que de sa structure et donc procéder à un
examen de la situation de discours.

L’ethnographie de la Communication (Samantha)


L’ethnographie de la communication, une discipline née d’une collaboration entre divers
chercheurs, dont Gumperz et Goffman réunis autour de Hymes, qui tous s’intéressaient à la
communication. Il est très important de noter que dans la tradition américaine, cette dernière
notion est fort proche de ce que les anthropologues désignent sous le nom de Culture et
schématiquement communication=culture.
Son objet est de décrire l’utilisation du langage dans la vie sociale, et, plus précisément de
dégager l’ensemble des normes qui sous-tendent le fonctionnement des interactions dans une
société donnée.

« Elle a pour but d’établir une théorie de la communication en tant que système culturel : théorie
qui se veut à la fois synchronique et diachronique : la description des pratiques langagiers des
divers groupes socio-culturels doit tendre à un tableau comparatif dans le temps et dans l’espace,
du fonctionnement de la parole dans la vie sociale. Bachmann ; Lindenfeld ; Simonin (1981 :53).

Cette discipline va développer le concept de Compétence de


communication qui est liée à celle de Compétence linguistique
développé par Chomsky et observer les faits du langage dans leur
contexte naturel. (NoÉmIa)
Compétence linguistique
Noam Chomsky, (Aspect de la théorie syntaxique, 1965) formule une hypothèse en
réinterprétant la dichotomie saussurienne langues Vs parole. La compétence linguistique ou tout
simplement compétence désigne la capacité de construire et de reconnaitre l’ensemble des énoncés
grammaticalement corrects. Chez Chomsky cette compétence s’oppose à la capacité de produire des
énoncés (Performance). Cette compétence linguistique serait, selon Chomsky, commune à tous les
locuteurs d’une même langue et permet d’interpréter les phrases dotées de sens, les phrases
ambiguës. Aujourd’hui on a presque abandonné ces notions au profit d’une autre plus englobant :
compétence de communication.
Compétence de communication
Avec l’émergence des approches communicatives dans les années 70 à suite des travaux de
spécialistes des sciences du langages et de didacticiens anglo-saxons tels Dell Hymes 1972, Canal et
Swain 1980, Widdowson, 1984, etc. ces approches s’opposent aux méthodes précédentes à savoir le
méthodologies SGAV sur :

i. Le caractère artificiel des échanges choisi dans ces méthodologies ;


ii. Absence de dimension sociale dans les échanges ;
iii. Super valorisation de la compétence linguistique (grammaire, lexique, phonétique, etc.)
iv. Conception de la langue comme structure ;
v. Fabrication de documents à des fins pédagogiques, etc.

Pour Dell Hymes, la compétence de communication est la connaissance des règles


psychologiques, culturelles et sociales qui commandent l’utilisation de la parole dans un
cadre sociale. Depuis cette notion a fait l’objet d’un certain nombre d’analyses visant à
déterminer ses composantes.

Par exemple, pour Daniel Coste (1978 :25-34) la compétence de communication comprend


quatre composantes principales :
i. Une composante de maitrise linguistique : savoir et savoir-faire relatifs aux constituants et
aux fonctionnements de la langue étrangère en tant que système linguistique permettant de réaliser
des énoncés ;
ii. Une composante de maitrise textuelle : savoir-faire et savoir-faire relatifs aux discours et
aux messages en tant que séquences organisées (agencement et enchaînement transphrastiques,
rhétoriques et manifestations énonciatives de l’argumentation ;
iii. Une composante de maitrise référentielle : savoir et savoir-faire touchant aux routines,
stratégies des échanges interpersonnels en fonction des positions, des rôles, des intentions de ceux
qui y prennent part.
iv. Une composante de maitrise situationnelle : savoir et savoir-faire relatifs aux différents
autres facteurs qui peuvent affecter dans une communauté et dans des circonstances données les
choix opérés par les usagers de la langue.
L’ethnographie de la communication s’intéresse aux formes de salutations par exemple, par
exemple, découvrent le caractère rituel du discours quotidien et le symbolisme sociale qu’il
recouvre.
C’est pour cela que l’ethnographie de la communication est une sorte de microsociologie du
langage ordinaire : elle s’efforce de saisir les sous-entendus, les insinuations, les non-dits de la
communication en analysant :

i. Analyse des relations structurelles (rapports de force : dominant/dominé, au cours d’une


interaction, étude de relations symétriques entre participants de même statut et participants de statut
différent
ii. Analyse des relations catégorielles (sexe, âge, fonctions des participants)
iii. Analyse des relations personnelles (observées en contexte)

Méthode d’observation : l’observation participante (InêS)


La méthode d’observation privilégiée par cette approche l’observation directe. Ce n’est
donc pas une linguistique de bureau, mais de terrain, elle ne s’intéresse pas aux phrases
fabriquées pour cause de l’étude, mais au recueil de données en situation.
Exemple d’analyse
Soit l’interaction suivante : à la terrasse d’un café (Voir G-D, De Salins, 1988)

B boit à la terrasse d’un café ; son briquet est en évidence sur la table. A s’approche et
l’échange suivante se déroule :
A : - Vous avez du feu, s’il vous plaît ?
B : - Ça y est, c’est bon.

Si nous restons seulement au seul langage, cela ne nous permettra pas d’analyser ce qui se
produit réellement entre les deux acteurs sociaux de cette interaction. En revanche, si nous faisons
intervenir des éléments kinésiques, gestuels, proxémiques, qui doivent être décrits parce qu’ils sont
langage également.

A : - Vous avez du feu, s’il vous plaît ?


B : (non verbal) Tend son briquet qui se trouvait sur la table de la terrasse de café
A :(non verbale) Le fait un premier essai, négatif et secoue la tête. Au deuxième, il arrive à
allumer sa cigarette.
- Ça y est.

La communication scolaire : une communication


convergente(MuhAmeD)
Dans l’analyse des interactions verbales, vous pouvez, avec Goffman, distinguer deux
principaux, les interactions convergentes et les interactions divergentes.
13.1. Interactions divergentes 
Dans les interactions divergentes, les personnes entrent en interaction de manière
imprévisible. Elles ne sont convenues auparavant d’entrer dans l’interaction. Ce type
d’interaction concerne toutes les rencontres de hasard, comme celles qui se nouent dans les
transportes publics, « chapa », lors des fêtes, dans une file d’attente, etc.
Le fait que ces interactions sont fortuites, ne dispense pas les participants de certaines
obligations.
Les interactions convergentes 
A contrario, les interactions convergentes se définissent par le fait que les participants se
mettent d’accord pour concentrer leur attention sur certains objets de communication.
Il en va ainsi des repas de famille, de la communication en classe, etc. ;
Les règles de communes à la communication, les habitudes, ne s’appliquent pas toujours ; on
dit qu’elles y sont non-pertinentes. En revanche d’autres règles dont l’application ne s’étend au-delà
des cadres de l’interaction convergente, ont cours.

La métaphore du rituel
La face est la valeur sociale positive qu'une personne revendique effectivement à travers une
ligne d'action que les autres supposent qu'elle a adoptée au cours d'un contact particulier, explique
Goffman dans Les rites d'interaction. En interaction avec d'autres, la règle fondamentale que doit
respecter tout individu est de préserver sa face et celle de ses partenaires. C'est la condition de
possibilité de toute interaction, car la face est sacrée. Un travail de figuration assure le respect de sa
face et celle des autres, évitant de les compromettre : c'est le tact, le savoir-vivre ou encore la
diplomatie. Des échanges réparateurs viennent rétablir l'ordre lorsqu'un incident a eu lieu : le(s)
fautif(s) s'excuse(nt), le public lui pardonne, afin de retrouver un équilibre.
Cours 14 : Rôles et faces dans la communication (JuSsA)
Concept de Rôle

Selon la brochure de Sociolinguistique, Le rôle est un modèle organisé de conduite


relatif à une certaine position dans la société ou dans un groupe corrélatif à l’attente des
autres ou du groupe.

Selon Flahault, (dans La parole intermédiaire, 1978), le principe essentiel est la


construction du sujet parlant : « les mots ont le pouvoir de donner existence au sujet qui
les prononcé » dans l’espace de parole, il se forme un rapport de places qui se résume en
un « qui je suis pour toi, qui tu es pour moi ».

Kerbrat-Orrecchioni, Décrire la conversation, 1986 : « le système des places de


constitue au moins en partie dans et par l’échange communicatif lui-même.

Tout énoncé pris sur le vif est donc fonctions des rôles des interlocuteurs ; ceux-ci
dépendent intimement du contexte : le locuteur doit délimiter quelles sont les limites
sociales que son environnement lui impose. Il faut donc doubler la description
linguistique des échanges d’une étude des enjeux relationnels qui fait que chacun
chercher à équilibrer sa place haute ou basse ‘son rôle haut ou bas).

Exemple : vous remarquerez qu’à l’oral, lors d’une interaction verbale avec un collègue
universitaire, plusieurs de réglages sont possibles, qui déterminent des rôles différents :

 Vouvoiement accepté par l’autre (qui vous signifie par-là qu’il accepte le rôle
dominant/haut que vous lui conférez)
 Vouvoiement rejeté de plusieurs manières, soit il commence à tutoyer, soit il
explicite les données de l’interaction (« on se tutoie », ce qui signifie qu’il
n’accepte pas la position haute que vous pourriez lui donner- mais vous n’aurez
jamais l’inverse « on se vouvoie », qui serait une attaque dirigée contre la face
de son interlocuteur.

Le concept de face

La face : c’est l’image de soi exposé à l’autre, dans le but de défendre son propre
territoire (face négative) et de proposer de soi une image valorisante (face positive).
C’est la valeur sociale positive qu’une personne revendique effectivement à travers une
ligne d’action. La face s’exprime au niveau du comportement de l’acteur, dans la tenue.
C’est la mise en scène effective du Moi à travers le maintien corporel, l’habillement, la
façon de parler et de se présenter aux autres. Elle sert à montrer à l’entourage que l’on
est une personne douée de certaines qualités favorables ou défavorables.

Réflexion de Goffman et de ses épigones, Brown et Levinson sur la notion de face, qui
prolonge celle de rôle. Théorie selon laquelle les échanges sont ritualisés de manière à
ménager sa face et ne pas heurter celle des autres.

Sachez qu’il n’y a pas une seule face pour chaque personne, mais bien deux :

i. Face positive, idée que l’on se fait de soi-même, notre narcissisme

ii. Face négative : notre territoire, nos possessions.

Ces deux termes négatif/positif ne sont pas à prendre au sens moral de mauvais/bon,
mais plutôt comme l’on parle de négatif pour une photographie : négatif et positif sont
les deux faces d’une même réalité.

Le concept de face permet d’aborder les actes indirects. Ceux-ci sont réalisés
majoritairement quand entrent en jeu des statuts différents, du bas vers le haut
(impossibilité de l’ordre direct) ou du haut vers le bas (pour louer la face+ de celui en
bas, faire comme si on mettait de côté l’infériorité sociale ; dans ce dernier cas, on joue
avec les places, on fait comme si les hiérarchies étaient renversées).

Cours 15 : Modalités de communication(EuGéNiO)


Moyens de communication

La communication met en jeu différents types de comportements des individus qui


concernent les différents sens de l’homme.

Ainsi pouvons-nous choisir de communiquer par un comportement :

 Vocal : vous faites alors recours aux moyens d’expression linguistiques (double
articulation du langage) et paralinguistiques (ce qui accompagne l’expression
linguistique, l’accent, l’intonation, les cris, etc.) ;
 Kinésique : les mouvements corporels, les postures : corps en avant, en retrait,
tête baissée, sont autant de codes de signification, vous remarquerez que leur
signification est éminemment culturelle et varie d’une culture à l’autre ;

 Tactile: se toucher, au sens réciproque (toucher le bras de son interlocuteur le


plus souvent dans un geste d’accord ou le repousser au niveau des épaules en
attitude de défi, etc. et au sens réfléchi (se passer la main dans les cheveux, se
gratter la tête, se tenir le menton, etc. ;
 Territorial ou proxémique: les délimitations spatiales de chaque participant à
l’interaction verbale ; elles aussi sont très culturelles.

Eduard Hall (1984), montre que les distances entre les individus qui communiquent
sont variables d’une culture à l’autre n’en montre pas moins qu’existent partout quatre
types de distance :

 Intime : celle des rapports affectueux (de 0 à 45 cm) ;


 Personnelle : celle de la conversation (de 45 à 120 mètres) ;
 Sociale : celle des discours, déclamations (120 à 350 cm) ;
 Publique : celle des marques ornementales par lesquelles vous signifiez une part
de votre identité.

Les rapports entre les modalités communicatives(SaRa)

Le message exprimé par elles, se confirme : on dit qu’il y a redondance ;

Elles communiquent des messages de sens différent, voire opposé : on dit qu’il y a
contradiction, par exemple, cela est le cas quand le message exprimé vocalement est
chaleureux, accueillant et que tout le corps de celui qui l’exprime dit le retrait, le refus,
la fermeture.
Références Bibliographiques
KERBRAT-ORRECHIONI, Catherine, Décrire la conversation. Lyon, PUL, 1986,
392p.
FLAHAULT, La parole intermédiaire. Paris, Seuil, 1978, 233p.
HALL, Eduard. Le langage silencieux. Paris, Seuil, 1984