Vous êtes sur la page 1sur 305

LA

SAGESSE ANGÉLIQUE
StR LE

DIVIN AMOUR
ET SUR LA

DIVINE SAGESSE

PAH E~IMANUEL SWÉDENBORG.

TH \D(;IT DU L\l'DI

PAIt J.-li'.-E. LE BOYS DES GUAYS

Sur J'Edition princeps (Amsterdam, 1763).


DlW\li lm 1.01'1'10:\

Revue par C. H.

PAB 1S,
L1I3HAIlUE DE LA NOUVELLE JERUSALEM
:12, RUE THOUIN.
1892
L.L\ SAGESSE A~GÉLIQUE
sur le.

DIVIN AMOUR.
SAINT-A~IAND_ - IMPRIMERIE DU lvOUVELLIS1'E
31, flUE POnTE-MUTI~, 3L
LA

SAGESSE At~GtLIQUE
SUH. LE

DIV 1N Af,1 0 UR
ET sun 1..\

HI\"INE SAGESSE

PAH F.\IM.\ ~UF.L S"VÉDENDOnG.

l'IlADt;1T DU LATi~

PAR J.-F.-E. LE BOYS DES GL\ YS,

~ur l'Fdit;on prlncrps (Am~lprdam, 1763).

Revue par~ C. II. •

P'\.RI~,
LlBnAIRIE DE LA NOUVELLE JÉRUS.1 U::.lI
12, RUE THOUIN.
1890.
LA SAGESSE ANGÉLIQUE
SUR LE

DIVIN AMOUR

PREMIÈRE PARTIE.

L'Amou?' est la Vie de l'homme.

1. L'homme sai t que l'amour existe, mllis il ignore ce que


c'est que l'amour; que l'amour existe, il le sait d'après le
langage commun, par exemple, en ce qu'on dit: Un tel
m'aime; le Roi aime ses sujets; et les sujets ai men t leur Roi,
le mari aime son épouse, et la mère ses enfants, et récil?ro-
quement; et aussi: Tel ou telaimela patrie,lesconcitoyens,
le prochain; de même pour les choses, abstraction faiLe de la
personne, pal' exemple: Il aime telle ou Lelle chose. Mais,
quoique dans le langage il soit si universellement questiçn
de l'amour, toujours est-il qu'il est à peine quelqu'un qui
sache ce que c'est que l'amour; quand l'homme médite sur
l'amour, comme il ne peut alors s'en fOl'mer aucune idée
de la pensée, il dit ou que ce n'est rien, ou que c'est seule-
ment quelque chose qui influe de la vue, de l'ouïe, du tou-
cher et de la fréquentation, et ainsi émeut; il ignore absq-
Jument que c'est sa vie méme, non-seulement la vie com-
mune de Lout son corps, eL la vie commune de toutes ses
pensées, mais même la vie de tous les singuliers du corps
et des pensées: c'est ce que peut percevoir le sage, quand
on dit: Si lu éloignes l'affection qui appartient a l'amour,
peux-tu pensel' quelque chose, et peux-tu faire quelque
cl1ose? la pensée, la parole et l'action ne se refroidissenl-
elles pas selon que se refroidit l'affectioll qui appartien t à
l'amour, et ne s'échauffent-elles pas seion que cette affec-
tion s'échauffe? mais le sage le perçoit, non d'après la con-
6 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

naissance que l'amour est la vie de l'homme, mais d'après


l'expérience que cela al'1'ive ainsi.
2. Personne ne sait ce que c'estque la vie de l'homme, à
moins qu'on ne sarhe que c'est l'amolli' i si on ne sait pas
cela, l'un peut Cl'oire que la vie de l'homme, c'est seule-
ment senlir et agil' i l'autre, que c'est peIlser i quand cepen-
dantla pensée est le premier effet de la vie, eLla sensatlOn
t}tl'acLion le second etl"et de la vie. Il est dit que la 'pensée
est le pl'emier effet lIe la vie, mais il ya une pensee inté-
rieure et une plus intérieur'e, et aussi ulle pensée exté-
rieul'e et une plus extérieure i la pensée intime, qui est la
perception des fins, est en actualité le pl'emiel' effet de la
vie: mais il en sera parlé ci-dessous, quand il s'agira des
deO'rés de la vie.
3.Par la chaleur du soleil dans le monde, on peut avoit'
quelque idée que l'amour est la vie de l'homme i que celle
chaleur soit comme la vie commune de toutes les végéta-
tions de la terre, cela est connu; car par elle, 10l'squ'elle
commence à se faire sentir, ce qui anive dans la saison du
printemps, les végétaux de tout gell\'e sortent de terre,
s'ornent de feuilles, puis de tlelll's, et enfin de fruits, et
ainsi sont comme vi\'ants i mais quand la chaleur se retire,
ce qui arl'ive dans les saisons de l'automne el de l'hiver,
ils se dépouillent de ces signes de leur vie, et se tlétrissent.
11 en est de mème de l'amoUI' chez l'homme, car l'amour
et la chaleur se correspondent mutuellement; c'est pour-
quoi aussi l'amour est chaud.

Dieu seul, ainsi le Seigne'l.t1', esll'AmOtt1' même, parce qu'il


est la Vie même; et les Anges et les hommes sont les
1'écipients de la vie.

4. Ce sujet Sf~ra illustré par un grand nombre d'explica-


tions dans les Traités sur' LA DIVIKE PHOVlDEKCE et SUI' LA
VIE; ici il sera seulement dit que le Seigneur, qui est le
Dieu de l'Univers. est Incréé et Infini, mais que l'homme
et l'ange sont créés et.finis i et CJmme le Sei,s'neur est
Incréé et Infini, il esll'Etre même, qui esL appeleJéiJovah,
el il est la Vie même ou la Vie en soi: nul n.e peut être
créé immédiatement ùe l'Incl'éé,de l'Infini, de l'Etre même,
ni de la Vie même, parce quo le Divin est un et non divisi-
SUR LE DIVIN AMOUR 7
ble, mais il faut que chacun le soit de choses créées et
finies. tellement formées que le Divin ruisse être en elles:
comme tels sont les hommes et les anges, ils sont des ré-
cipients de la vip. : c'est poul'quoi si un homme par la
penséfl se laisse entraîner au point de C1'oire qu'il n'est
pas un récipient de la vie, mais qu'il est la vie, il ne peut
être détourné de la pensée qu'il est Dieu: si l'homme sent
comme s'il était la vio, et si par suite il cl'oit qu'il est la
vie, c'est d'apl'ès une illusion; car dans la cause instru-
mentale la cause principale n'est pel'(:ue que comme étant
une avec elle, Que le Seigneur soit la Vie en soi. ill'ensei-
gne Lui-même dalts Jean: Comme le PJl'e a la Vie en Lui-
,lféme, ainsi il a aussi donné au Fils d'avoir la vie en l.ui-
M~me, - V, :W; - il enseigne aussi qu'il pslla Vieméme,
- Jean, XI. 2:). XIV, 6, - Mailltenant, puisque la Vie et
l'amotir sont un, comme il est évident d'apl'ès ce qui vient
d'êt, e dit, N°' 1. ~, il s'ensuit que le SeigneUl', parce qu'il
est la Vie même, est l'Amour même,
5, Mais pour que cela tombe dans l'enlendement, il faut"
absolument qu'on sache que le Seigneur, parce qu'il est
l'Amour dans son essence mê~e, c'est-fi-dire, le Divin
Amour, apparat. devant les AnD'es dans le r.iel comme
Soleil, et que de ce Soleil procèdent une Chaleur el une
Lumière; que la Chaleul' qui en pl'ocède est dans son es--
S<:lnce l'am OUI' j que la Lumièl'e qui en pl'ocède esl d'ms
son essence la sagesse; et que, autant les anges sont des
récipients de cette chaleur spirituelle el de celte lumière
spirituelle, autant ils SOllt des amours et des sagesses,
non des am ou roi et des sagesses d'après eux-mêmes, mais
d'apr,"'s le ~eigneur, Celle chalE'ur spirituelle et celte lu-
mièrp spiriLuètle lion-seulement influenl chez les anges et
les affectent. mais aussi intluenl chez les hommes et les
affectent, absolulll~nt selon qu'ils deviennent des réci·
pients; et ils deviennenl ùes l'écipients selon leur amour
envers le Seigneul' et lem' amour il l'pgard du pl'ochain,
Ce Soleil lui-même, ou le Divin Amour, ne peut par sa
chaleur et sa lumièl'e cl'èer quelqu'ull immédiatement
d'après soi, car ainsi il serail l'Amour dans son essence,
qui est le ~eifmeur Lui-Même j mais il peut le créel' d'a-
pl'ès des substances el. fies matièl'es tellement formées,
qu'elles puissenll'ecevoil' la chaleul' même el la lumière
même, par compal'aisoa comme le Soleil du monde ne
8 t.A' SAGESSE ANGÉ'iI~UE

peut par la chaleur ella lumière produire immpdialement


des ger'minations dans la terr'e. mais les produit d'après
des matii'res de l'humus dan8 lesquellcs ri peut N,'e pal'
la chaleur et la lumièr'e, et donner'la \'égélation, Que le
Divin Amolli' du Seigneur apparaisse romme Solpil dans
le Monde spirituel, pt que de ce Soleil pr'ocèdent une
chaleur' spiriluelle ct une lumii~re spiri tuelle, d'apri·s les-
quelles les ..\ nges on t l'amour et la sage8se, on le \'oi t
dans le Traité ou CIEL ET OE L'E:-:FEII, N°s HU à 1!~O,
6, Puis donc que l'homme n'est pas la vie, mais est un
récipienL de la vie, il s'ensuit que la conception de l'homme
par le père n'est pas la concepLion de la vie, mais est seu-
lement la conception de la première et de la plus pure
forme qui peut rpcevoir' la vie, forme ,i laquell<>, comme à
un ~anevas ou à un commencement, se joignent successi-
vement dans l'uLél'US les c;uuslances et les matii~l'es adap-
tées dans des for,nes pOUl' la rèceplion de la \'ie dans lpur
ordre et dans leur degl'é,

Le Divin n'est point dans l'espace,


7, Que le Divin ne soit point ùalls l'espace, quoiqu'il soit
Toul-Présent, et chez chaque homme dans le monde, et
chez chaque Ange dans le Ciel. et chez chaque esprit sou~
le Ciel, t.:cla ne peul pas être saisi par' l'idée purcment nu-
lUl'elle, mais peull'êtr'e par l'iMe spir'iluelle : si cpla ne
peut pas êlre saisi par' l'idée naturelle, c'est parce qu'en
elle il y a l'espace; cal' elle a élé formée d'après des ~hoses
qui sont dans le Illon le, ell'e<;pace est dans touLes et dans
cllacune des choses qui sont vues des yeux; n, tont ce qui
est grand et tout ce qui est peLit appartient il l'espace;
lout ce qui est long, lar'ge el haul appa!'Lient à l'espace;
en un mot, toute meSUI'e, figul'e el forme apparlient a l'es-
pace; c'est pour' cpla qu'il a été dit que par l'iMe pure-
menl naturelle on ne peul pas saisi!' que le Divin n(' soit
poinl dans l'espace, quand on dit qu'il pst pari out ~éan­
moins l'homme peul le saisir par' la pens(\e nalurelle,
pourvu qu'en elle il arlmeLte quelque chose de la lumière
spirituelle; c'esL poul'quoi, il ser'a d'abOi'd dit 'luelqut'
chose sur l'idée spil'i Luelle, eL ensuite sur la pensée spi ri·
luelle : L"idée spil'ituelle ne Lil'e rien de l'espace, mais elle
tu'e son tout ùe l'état; J'état se dit de l'amou!', de la \'ie,
SUR LE DIVIN AMOUR 9
de la sagpHse, des ::tfferlions, riesjoips qui rn pro"jpnnenl,
en génél'al du bien cl du 'Tai; l'iul'l' \'('rilablemonl spiri-
tuelle SUI' ces choses n'a l'jon de commun :wec l'esp::tcp,
elle esl sup:'I'ieul'e, el elle regardr Ips idées d'espace sous
elle cOlllme le ciel regal'de lu lerl'e, ~[ais COlllme lc~ anges
el les espl'Îls voient pades yeux de Ull'lIle que Ips hommes
dans le monde, el comme les objp ls np peuvent êlre ,·us
que dans l'espace, c'esl pOUl' cela qnp dans le ~Ionde spi-
rituel, où sont les esprits el les anges, il appal'ait ries ps-
paces semblalJles aux e:;paces sur lel'I'e, mais nèanmoins
ce ne sonl pas des pspacps, CP so1l1 des appal'pncps. cal' il~
ne sont ni fixes ni délerminés comme SUI' lel"l'r ; en pffel ils
peuvent êll e allong('s el l'PtI'('cis, i\~ peU\'enl êll'c chang('s
et vnl'il':::;; cl comme ainsi ils ne pemenl êlre délel'lniné~
pal' la mt>sure, ils ne peuvent èll'e saisis la pal' aU('lIl1e idép
nalul'elle, ils le sOlll seuleJlIenl pm' l'idée spirilurlle, qui
sur Ips dislallces de lespace n'esl poinl allll'(' qne coml1H'
clle esl SUI' les dislanres du bien ou SUI' les dis lances du
vrai, qui sont des affinit(·s et Jes ressemblances selon
leUl's rlals,
8, D'ap!'ès cela on peul "oil' que 11101111111', par une i(lt1e
purempnt natUl'ellp, 11(> peul pas saisir que le Divin soit
parloul pl cependant ne soi l pas dans l espaee; el que les
anges pl Ips psprils le saisisselJt ('Juir ~lIIent; que par COfl-
séquE'nl 1 hommc aussi peul le saisil', pOlll"\'U quP dall~ sa
prnsée il allmelle quelque chose de la 11II11ièl'e spil'iLul'lle ;
si l'homllle peul le saisil', c'esl pal"ce quc> ("e~l l/on pas SOli
corps qui pense, mais son psprit, ail/si nOll pas SOli llalu-
l'el. lllais son spil'iluel.
9. :::ii plusieLu's ne le saisissent poinl, c'es: Pal'l'P qu'ils
aimetille nalul'pl, PL que pal' cela méme ils Ill' \'eulcul pas
élever dans la lUlllii.'rp spil'ituelle au-dessu~ du nalmelles
pens('es <1<> leUl' elJlendl'llll'lJI eL ('('UX qui 11(' le veulenL
pas ne peuvenl pellsel' que d'apI+s l'espace, même ô\ Dipu;
et pensel' à Dieu d'aprl's l'espare. r est ~. P('IISP\' J'après
l'élendue de la nalure. Cp(:i ('sl dOTlIll" ('OlJlllle [lr'(;liminail'p,
pal're que sans la scienre pL salJS (IUrllI'le POI'c('plioll que
le Divin n'pst pas dans l'pspaef', on ne pput rien ('ol1ll))"(>n-
, lh'e SUI' la Di\'ine Vie, qui est l',\.llJoul· el la Sagesse, dont
il s'agil ici; et qLW par' suile on ('olllpr'endl'aiL pou, si lou-
Lefois l'on comprenaL quelque c!lOse, SUI' la Di\'iIlP,Pl'Ovi-
dence, la Toule-Pl'èsence, lu Toulo-Science, la Toule-Puis-
10 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

sance, l'lnfilliLé eL l'EterniLé, dont il sera traité en série,


ID, IL a été dit que dans le Monde spirituel il apparaît
des espaces comme dans le ~Ionde naturel, pal' conséquent
aussi de:; disLances, mais que ce sont des apparences scIon
les aflinités sp Ïl·itue lles qui appartiennen t a 'l'amour et il. la
sagesse, ou au bien et au vrai: Jelà vient que le SeigneUl',
quoiqu'il s.)it dans les cieux:. chez les anges partout, appa-
rait néanmoins en haut au-dessus J'eux comme Soleil: et
comme la réception de l'amour et Je la sagesse fuit l'affi-
ni té avec Lui, c'est pour cela que les Cieux, où les anges
sont d'après la réce~tion dans une afdnité plus prOChe.
appal'aissen t plus pres de Lui que ceux:. oÎ1les anges sont
~~ns une,affinité ~lus él~i~n~e ,: de ~à vipnt aussi que, les
Cleux."qUl sont troIs, ont p te distIngues ent,r'c eux, P:ll'Pllle-
IUent les Sociétés de chaque Ciel; et que les Enfers sous
les Ci~ux sont éloignés selon le l'ejet de l'amoUl' et de la
sagesse, Il en est de même des homme~, en qui et chez
({ui le Seigneur est pI'ésent SUI' tout~ la Lerre, el l;ela pal'
l'unique l'aison que le Seigneur n'est point dans l'espace,

Dieu est l'Homme Même,

11. Dans tous les Cieux il n'y a d'autre idée de Dieu que
l'idée d'un Homme; cela vient de ce que le Ciel dans le
lout et dans la partie est dans la forme comme un Homme,
et de ce que le Divin, qui est chez le,> anges, fait le Ciel; or
la pensée s'étend selon la forme du Ciel; c'est poul'quoi
penser autl'ement de Dieu estimpossible aux anges: c'est
de là que dans le monde tous ceux:. qui ont étÉ' conjoinLs
au Ciel pensent pareillement de Dieu, ql\and ils pensent
llltél'ieUl'cment en eux 0.1 dans leuI' espl'il. De ce que Dieu
est lIomme, tous les anges et tous les espl'its sont hommes
dans une forme parfaite; ce qui fait cela, c'est la fOl'me
du Ciel, laquelle dans les très-grands el!l<J!1s les tr"'s-petits
est semblable a elle-même: que le Ciel dans le lout et dans
la partie soiL dans la fOl'me comme un Homme, 011 le voit
(lans le Tl'aité nu GIEL ET DE L'ENFER, N°' 5,) à ~'i; et que les
pensées s'étendent selon la forme du ciel, on le voit, Nu'
:203, J04, t,.lue, les hommps aient été crMs à l'image et à la
l'essemblance de Dip,u, cela est notoire d'après la ,Genèse,
- 1. :,36" 2;; - on sail aussi que Dieu a été vu comme Hom
SUR LE DIVIN AMOUR 11
me par Abraham et par d'autres. LE's Anciens, depuis les
sages jusqu'aux simples, n'ont pas pensé de Dieu aulre-
ment que comme d'un Homme, et enfin quand ils onl com-
mencé à adorer plusieul's dieux, comme à Athènes et à
Rome, ils les ont Lous aclo~és comme hommes, Ceci peut
Ml'e illustré par ce passage extrait d'un Opuscule publié
dernièrement (1) : 1 Les nations, surtout les Africains, qui
f reconnaissent el adorent un seul Dieu Cré!lleur de l'u-
c nivers, ont de Dieu l'idée d'un Homme; ils disent que
c personne ne peut avoiI' de Dieu une autre idée: quand
c ils entendent dire que plusieurs se forment de Dieu une
« idée comme d'une petite Nuée dans un milieu,ils deman-
1 rient où sont ceux-là; et quand on leur dit qu'ils sont
e parmi les Chrétiens, ils nient que cela soit possible; mais
f on leUl' répond qu'une telle idée leur vient de ce que
, Dieu dans la Parole est appelé ESPI'H, et qu'ils ne pen-
e sent d'un espl'it que comme d'une particule ùe nuée. ne
• sachant pas quo tout esprit et tout ang-e est homme: ce-
l pendant il a été examiné si leur idée spirituelle est sem-
, blable à leur idée natUl'elle. et il a été découvert qu'elle
« n'esl pas semblable chez ceux qui reconnaissent inté-
• rieUl'ement le Seigne m' pour Dieu du ciel et de la ten'o.
r J'ai entendu un Prêtre d'entr'e les Chrétiens, qui disait,
, que personne ne peul·avoir une idée du Divin Humain;
, et je l'ai vu transporté vel's ditIérentes Nations, succes-
c sivemellt de plus en plus intérieUl'es, etaussi vers lems
, Cieux, et enfin vers le Ciel CllI'étien, et partout il lui fut
1 donné communication de leur perception intérieuresur
.. Dieu, et il remarqua qu'en eux il n'y avait d'autre idée
, de Dieu que l'idée d'un Homme, qui est la mème que
c l'idée du Divin Humain. 1
12. Dans le Christianisme l'iùée populairp de Dieu est
comme d'un Homme, parce que Dieu est nommé FER"SONNE
dans la Doclrine de la Tl'ini té Athanasienne : cependan 1.
ceux qui se croient plus sages que le peuple déclarenL
Dieu invisible; et cela, parce qu'ils nA peuvent ni saisil'
commenl Dieu, conme Homme, aurait pu cI'éer le Ciel et
la Tel're, et remplir l'univers de sa présence, ni saisir' plu-

(1) La CONTINUAoTION SUR LE JUGEMENT DERNII-:II,No 74; publiée la


même anuee, 1763, il. Amsterdam. (Note du Traducteur.)
12 LA 'SAGESSE ANGtLIQUE

sieurs autres choses qui ne peuvent pas ~omber dans l'en-


tendement, tant qu'on ignore que le Di vin n'est point dans
l'espace, Mai!'; ceux qui s'adrcsspnt au Srigneur seul con-
çoiventle Divin Humain, ainsi Diou comme Homme,
13, Combien il est impol'tant d'avoir une juste idée de
Dipu, on peutIe voir eil ce que l'idée de Dieu fa il l'in lime
de la pensÉ'e chez tous ceux qui ont (le la l'pligioll, cal' tou-
tes les choses de la religion et toutes celles du culte re-
gardent Dieu: et comme Dieu est universellement et sin-
gulièl'ement dans toutes les choses de la l'eligion et du
culle, il e-n résulte que s'il n'y a pas une juste idéo de Die:J,
il ne peut pas y avoiJ' communication avec les Cieux: c'es t
de là que chaque Nation dans le :lIonde spirituel obtient
une place selon l'idée de Dieu comme Homme, rar d~n"
cette idée, et non dans une autre, il y a l'idée du Seigneur.
Que l\')tat de la vie de l'homme apres la mOl't soit selon
l'idée de Dieu affirmée chez lui, on le voit clairempnt pal'
son opposé, en ce que la négation de Dieu. et dans le
Christianisme la négation de la Divinité du Seigneul',
faill'enfcl' .

L'tt1'e et l'Exister dans Dieu-Homme sont distinctement nn.

1'1, Où est l:Êtl'e. là est l'Existel' ; l'un Il 'est pas sans


l'autre; car l'Etre Est par l'Exister', et non sans lui. Le Ha-
~iollnel saisit cela, quand il pense s'il p3ut y avoil' quelque
ELl'e qui n'Existe pas, et s'il peut y av Jir un Exister sinon
d'apI'ès 1'!l.tI'8; et puisque l'un est donné uvec l'autre et
non sans l'aulre, il s'en suit qu'ils son!. un, mais distinc-
tement un. Ils sont distinctement un comm(~ l'Amour et
la Sagesse; l'Amour aussi est l'Être, et la Sage"se est
l'Exh,tel', cal' il n'y a point J'AmouI' sinon dans lu Sagesse.
et il n'y a point ùe Sagesse sinon d'après l'.\moul', c'est
pourquoi qualld l'AmoUl' est dalls la Sa.~cssc. alOI':; il Existe:
ces deux sont tellement un, qu'ils peU\'en L. il esL vrai, être
(li<;Lin,!!ll'~s par' ln pensée, mais Hon en fail ; et comme ils
peu\ ent être dislingués par la pensee .pt non en fait, yoila
r pourL1uoi il est dit: Distinctement un, L'EII'e etl'Existpr dans
) Dipu-Homme sont distinctement un aussi comme l'Allie et
le Coc'[ls ; il n'y a poini d'Ame sans SOli COI'pS, ni deCol'!J~
) S,lIIS son AmQ : c'est la Divine Allie de Dieu, Homme qui
SUR LE DIVIN AMOUR 13
est entendue pal' le Divin Ê,tI.'fl l et c'est son Divin Corps qui
est entendu par le Divin Exister. Que l'âme sans le corps

l
puisse exister, et qu'elle puisse penser et être sage, c'est-
là une erreur qui provient d'illusions; cal' 19u~ âme
d'homme est dans un corps spirituel, après qu'elle a l:e-
jeté les dépouilles matérielles qu'elle portait autour d'elle
dans le monde.
15, Que l'Êtl'e ne soit point l'Être à moins qu'il n'Existe,
c'est parce qu'auparavant il n'est pas dans une forme; et
s'il n'est pas dans une forme, il n'a pas de qualité; et ce
qui n'a pa~ de qualité n'est pa~ quelque chose. Ce qui Existe
d'.après l'Etre fait un ayec l'Etre par cela qu'il vient de
l'Etl'e, c'est de là qu'il y a union en un, et c'est de LI que
l'un appartient à l'autre mutuellement et vice ve1'sû, et que
l'un est tout dans toutes les choses de l'autre comme en
soi.
16, D'après ces explications, on peut voir que Dieu est
Homme et que par là il est Dieu Existant, Existant non pas
d'après Soi, mais en Soi: Celui qui existe en Soi est Dieu,
de Qui procèdent toutes choses,

Dans Dieu-Homme les Infinis sont distinctement un.

17. On sait que Dieu est Infini; en effet, il est appelé In-
fini; mais il est appelé Infini. p:lrce qu'il est Jnfini: il est
Infini, non pas pal' cela seulement qu'il est l'Eire même et
l'Exister même en soi, mais parce que les Infinis sont en
Lui; l'Infini sans les Infinis en Lui n'est Infini que quant
au nom seul. Les Infinis en Lui ne peuvent être dils ni in-
finiment nombreux, ni infinimf'nt tous, à cause de l'idée
naturelle altachpe aux expressions nOmb1'ellX et tous, cal'
l'idée na tmelle d'infiniment nombreux est limitée, et celle
d'infinimeut lous est, il est vrai, illimitée, mais elle tient
aux choses limitées dans l'univers : c'est pourquoi l'homme,
parce qu'il est dans l'idée naturelle, ne peut pas par ~ubli­
mation ni par approximation venir dans la perception des
Illfinis en Dieu; mais l'Ange, parce qu'il est dans l'idée
spirituelle, peut par sublimation et par approximation ve-
nir au-dessus du degl'é de l'homme, non cependant jus-
qu'à cette perception,
18. Que les Infinis soient dans Dieu, c'est ce dont peut
trouver la preuve chez soi quiconque croit que Dieu est
14 LA SAGESSE A~GÉLIQUE

Homme: Puisque Dieu est Homme, il a un corps, et tout ce


qui appartien t au corps; ainsi, il a une Face, une Poitrine,
un Ventre, des Lombes, des Pieds, car sans ces parties il
ne serai t point Homme; et puisqu'il a ces parties, il a aussi
des Yeux, des Oreilles, des NaJ'ines, une Bouche, une Lan-
gue; puis aussi les parties qui sont intérieurement dans
l'Homme, comme le cœur et le Poumon, et celles qui en
dépendent, qui toutes prises ensemble font que l'homme
est homme: dans l'homme créé ces parties sont en grand
nombre, et considérées dans leurs contextures elles sont
innombrables; mais dans Dieu-Homme elles sont infinies,
rien n'y manque, de là chez Lui l'infinie perfection. S'i! est
fait une comparaison de l'Homme Incréé, qui est Dieu, avec
l'homme créé, c'est paree que Dieu est Homme, et parce
qu'il est dit par Lui, que l'homme du monde a été créé à
son image (~t selon sa ressemblance, - Gen. I. 213,27.
19. Que les infinis soient dans Dieu, c'est ce qui est bien
plus évident pOUl' les Anges d'après les Cieux dans lesquels
ils son t : Le Ciel en tier, qui consiste en des myriades de
myriades d'Anges, est dans sa forme universelle comme
un Homme; chaque sociéLp du Ciel, tant grande que petite,
pareillement; de là aussi l'Ange est homme. car l'Ange est
le Ciel dans la forme la plus peti te ; qu'il en soit ainsi, 011
le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 51 à 87. Le
Ciel dans le tout, dans la partip et dans l'individu. est dans
une telle forme d'après le Divin que les Anges reçoivent,
car autantl'Ange reçoit du Divin, autant il est homme dans
une forme parfaite: c'est rie lit qu'il est dit que les Anges
sont dans Dieu, et que Dieu est dans eux, et aussi que Dieu
est leur tout. Il est impossible de décrire quelle multitude
de choses il y a dans le Ciel; et comme le Divin fait le Ci pl
et que par conséquent cette multitude inexprimable de
choses procède du Divin, il devient bien évident que les
Infinis sont dans l'Homme Même, qui est Dieu.
20. On peut d'après l'Univers créé til'er une semblable
induction, quand on le considère par les usages et par
leurs correspondances: mais avant que cela puisse être
compris, il faut que des prpliminaires l'illusll'enl.
21. Puisque dans Dieu-Homme, il y a les Infinis, qui,
dans le Ciel, dans l'Ange et dans l'Homme, apparaissent
comme dans un miroir, et puisque Dieu-Homme n'est point
dans l'espace, ainsi qu'il a été montré ci-dessus, N0s 7,8,
~UR LE DIVIN AMOUR 15
9. '10, on peut en quelque sorte voir et salSlr COlllment
Dieu peuL être Tou L-PI'ésent, Tout-Sachant et 'l'ou L-Prévo-
yant, et comment il a pu comme llomme créer touLes cho-
ses, eL peuL comme Homme Lenir éLemellemenL dans leur
ordre toutes les choses créées par Lui.
2'2, Que lrs Infinis soienL distinctement un dans Dieu-
Homme, on peut encore le voir comme dans un miroir
d'apl'ès l'homme: Dans ['homme il y a des parLies en gran-
de quan LiLé eL innombl'ables, comme il a déjà été dit, mais
néanmoins l'homme les sent comme un; pal' le sem; il ne
sait rir>n de ses Cerveaux, de son Cœur, de son Poumon,
de son Foif', de sa Itatr, de son Pancréas; ni rien des pal'-
ties innombl'ables qui sont dans les Yeux, dans les Ol'eil-
les, dan~ la Langue, dans l'Estomac, dans les Membres de
la gpnél'ation, et dans touLes les autres choses qui le cons-
Lituent; et parce que pal' le sens il n'en sait l'ien, il est
pOUl'lui-méme comme un, La cause de cela, c'est que Lon,
tes ces choses sont dans une telle fOl'm-e, qu'il ne peut pas
en manquer une seule; Cal' il esL une forme récipiente Je
la vie qui prl)rède de Dieu-Homme, comme il a été démon-
Lré ci-dessus, N°' 4,5.6; d'après l'ordre etla connexion de
Loutes ces choses dans une tf'lle forme se présente lesens
et pal' suiLe lïdpe, comme si elles étaient non pas en gl'an-
de quantiLé et innombrables, mais un, De là on peut con-
clure que ces parties en g1'andp quantité eL innombrables
qui font comme un d&.ns l'homme, sont distincLement eL
même très-disLiIl~tement un dans l'Homme Même qui est
Dieu,

Il Y a un seul Dieu-llomme de Q'ri p?'ocèdent toutes choses.

23. TouL cr qui appartienl il. la Raison humaille se l'punit


eL pour ainsi dirtJ se concenLre en ceci, qu'il y a un seul
Dieu Créateur de l'univers; c'est poul'quoi ['homme qui a
de la raison ne pense et ne peul, penser autl'emenl d'aprps
le commun de son entendement: Dis à qllelqu'un, quijouit
d'une l'aholl saine, qu'il y a deux Créateul's de l'univrrs, et
tu découvl'Îl'as de sa part une répugnance contre toi. el
peul-êLI'e d'après le son seul du langage dans l'oreille: il
esL donc évident que tout ce qui appartient à la Raison
humaine se réunit et se concentre en -.:eci, qu'il y a un
16 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

seul Dieu: qu'il en soit ainsi. il y a pour cela deux causes;


la Premtè1'e, c'est que la faculté. même de penser l'ationnel-
lement, considérée en elle-même, appartient non pas à
l'homme, mais à Dieu chez l'homme; de celte faculté dé-
pend la Raison humaine dans lc conlmun, et le commun
fait que l'homme voit cela comme par lui-même. La Se-
. conde, c'est que l'homme, par celle faculté, ou est dans la
lumièl'e du ciel, ou en til'e le commun de sa pensée; et
l'universel de la lumière du Ciel est qu'il ya un seul Dieu.
Il en esl autrement si l'homme, d'après celLe faculté, a
pel'\'erti les infériems de l'en lenclement, celui-Ill. il est vrai.
jouit de cette faculté, mais par la torsion des infél'ielll's il
l'a tomnée dans un auLre sens, de là sa Haison cesse d'êlre
saine.
24. Toul homme, sans qu'il le sache, pense d'une Assem-
blée d'hommes comme d'un seul homme, c'esl même pOUl'
cela qu'il perroit aussitôt, quand on dit qu'un Hoi est la
Tête. el les sujets le COI'PS, et aussi quand on dil que tel
ou lei est dans le Corps commun, c'est-a-dire, dans le Ro-
yaume.1l en est du Corps Spirituel comme du Corps Civil;
le COI'PS spil"i tuel es ll'Eglise, sa l'pt.e est Dieu-Homme; de
Li. on voit clairement commenl dans celte percepLion l'E-
glise appal'ail.raiL comme Homme. si l'on ne pensait pas il
nn seul Dieu Crpaleur el COlIsünllcUI" mais qu'an lieu de
penser n un Seul on pen!:ltl t il Plusienrs; dans celte percep-
tion ellE' apparaîtrait comme un seul Corps sm lequel il y
amait plusieurs Têtes, ainsi non comme un Homme mais
comme un ~Ionslre. Si l'on disait que ces Têles ont une
seule Essenre, el que pal' là elles fonlensemble une seule
Tête, il n'en pounait réslllLer d'autre' idc"e, sinon qu'une
Tête a plusiems fa~es. 011 que plusieurs Têtes ont une
seule f::lce, ainsi l'Eglise dans cet Le perception se présen-
terait difforme: et cependant un. seul Dieu est la TêLe, eL
l'Eglise est le Corps, qui agit au gl'é'Cle la TêL!>. el non par
soi, comme il al"riye aussi dans l'homme. De là vient
aussi que dans un Royaume il n'y a qu'un seul Hoi; car
plusieurs dpcllil'el'aient, mais un sevi peut maintenir.
2~. Il en serait de même dans l'tglise répandue sur
tout le globe, laquelle est nommée COlllmunion, parce
qu'elle est comme un seul Corps sous une seule Tête: on
sait que la Tèle dirige à son gl'é le Corps qui est salis elle,
ca~ dan~ la Tête résidentl'enlendement et la volonté, et
SUR LE DIVIN AMOUR 17
le corps est mis en action d'après l'entendement et la
volonté, au po.i.nl que le ,Çorps e~t seulement une obéis-
sance: le corps ne peut rien faire que d'après l'entende-
ment et la vqlonte, qui sont dan~ la Tête; de même
l'homme de l'Eglise ne peul 1'Ïen faire que d'après Dieu;
il semble que le corps agisse de lui-même, par exemple,
que les mains et les pieds en agissant se meuvent d'eux-
mêmes, et que la bouche et la langue en parlant se
remuent d'elles-mêmes, lorsque cependant ils ne font rien
d'eux mêmes, mais agissent d'après l'affection de la vo-
lonté et par suite d'après la pensée de l'entendement, qui
sont dans la Tête. Pense maintenant: Si sur un seul corps
il y avait plusieurs têtes, et que chaque tête flit indépen-
dante quant il son en'tendement et il sa volonté, est-ce que
le corps pourrait subsister? entre elles il n'y aurait pas
l'unanime tpl qu'il apparlient à une seule lête. De même
qu'il en est dans l'Eglise, de même il en est dans le Ciel,
qui se compose de myriades de myriades d'Anges; si tous
et chacun ne portaient pas leUl's regards vers un seul Dieu,
ils tomberaient l'un par l'autre, el le Ciel serail dissipé:
c'est pourquoi dès qu'un ang'e du ciel pense seulement à
plusieurs dieux, il esl aussiLûl séparé, car il est jeté dans
les derniers confins des cieux, et il tombe.
26. Comme tout le Ciel el loules les choses du Ciel se
réfèrent à un seul Dieu, c'esl pour cela que le langage
angélique esl leI, que par un certain accord découlant de
l'accord du Ciel il se termine en un; indice qu'il est impos-
silJle aux anges de penser aulrement qu'à un seul Dieu, car
le langage procède de la pensée,
27. Quel homme, dont la raison est saine, ne doit pas
percevoir que le Divin esl indi"isible, eL qu'il n'y a ni plu-
sieurs Infinis, ni plusieurs Incréés, ni plusieurs Tout-Puis-
sants, ni plusieurs Dieux! si quelqu'autre, pri"é de la rai-
son, disait que plusieurs Infinis, plusieurs Incréés, plu-
sieurs Tout-Puissanls, cl plusieUl's Dieux sont possibles,
pourvu qu'ils aienlune même essence, pt qu'ainsi c'est un
seul Infini, un seul Incréé, un seul Toul-Puissant et un seul
Dieu; e~t-ce qu'une m('>me essence n'est pas une même
chose! pl une même chose peut-elleêlre chezplusipurs~ si
l'on disait que l'un procède de l'auh'e, alors celui qui pro-
cède d'un autre n'est pas Dieu en soi, et cependant Dieu en
2
18 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

soi est Dieu de Qui procèdent toutes choses, voir ci-des-


sus N° 16.

La Divine Essence même est l'Amour et la Sagesse.

28. Si tu rassembles toutes les choses que tu connais, et


que tu les places sous l'in luit ion de Lon menlal, el que
dans une certaine élévation de l'espriL tu recherchcs ce que
c'est que l'univel'sel de toules. choses, tu ne pourras faÎl'e
auLl'emenl que de conclul'e que c'est l'AmoLlrct la Sagesse;
CaI' ce sonL là les deux essentiels de louLes les choses de la
vie de l'homme; touL son Civil, tout son Moral eL tout son
Spirituel dèpenden 1 de ces deux, et sans ces deux ils ne
sont rien: de même taules les choses de la vie de l'Homme
composé, qui est, comme il a déjà été dit, une Sociélé sail
grande soit peLite. 'un Royaume eL un Empire, l'Eglise, et
aussi le Ciel Angélique. Otes-en l'amour et la sagesse, el
pense alors s'ils sont quelque chose, et lu découvriras que
sans l'amour et la sagesse, comme (principes) dont ils pro-
cèdent, ils ne sont rien.
29. Que dans Dieu il y ail l'Amour et en même temps la
Sagesse dans leur essence mpme, personne ne peut le nier,
car d'après l'Amour en Soi Dieu aime tous les hommes, eL
d'apl'ès la Sages sc en Soi il les conduit tous. L'Univel'S
Créé, considéré d'après l'Ordrc, est même tellement plein
de la Sagesse procedant de l'Amour, qu'on dirait que tou-
tes choses dans le complexe sont la sagesse même; cal'
elles y sonL indéfiniés dans un tel ordl'e, successiyement et
simultanément, que prises ensemble elles font un; c'est de
là, et non d'auLre part, qu'elles peuvenl être contenues et
être perpétuellement consf'I'vées.
sa. De ce que la Divine Essence même est l'Amolll' et la
Sagesse, il resulte que chez l'homme il y a deux Facultés
de la vie, d'après l'une desquelles il u l'EntendemenL, et
d'après l'aulre la Volonté; la facullé, d'après laquelle il a
l'Entendement, tire tout ce qui lui appartient ùe l'intlux de
la Sagesse procédaut de Dieu, et la faculté, d'apl'ès laquelle
il a la VolonLè, lire touL ce qui lui appartient de l'influx de
l'Amour procédant de Dieu: de ce qUf' l'homme n'est pas
sage el n'aime pas, comme il le devrait. cela n'ôLe pas les
faculLés, mais seulement cela les ferme, el Lant qu'elles sont
SUR LB DIVIN AMOUR 19
fermées, l'entendement, il est vrai, est appelé entendement,
et la volonté est appelée volonté, mais toujours est-il
qu'essenliüllempnt ce n'est ni l'entendement ni la volonté;
c'est pourquoi, si ces facultés étaient ôtées, alors périrait
tout humain, qui consiste à penser et d'après le penser à
parlel', et aussi à vouloir et d'après le vouloir à agir. De
là il est évident que le Divin chez l'homme réside dans ces
cieux facultés, qui sont la facullé d'ètre sage et la faculté
d'aimer, c'esl-à-dire que l'homme peul. Que pouvoir être
sagE' el pouvoir aimer soit dans l'homme, quoiqu'il ne
soil pas sage et qu'il n'aime pas ainsi qu'il peut. c'e::.t ce qui
est venu à ma connaissance d'apI'ès de nomlwcuses expé-
riences, que l'on vena ailleurs en abondance.
3'1. De CP que la Divine Essence même es.t l'Amour et la
Sagesse. il résulLe que loutE'S choses dans l'L'ni vers se rofè-
rent au Bien p\ au VI'ai; cal' tout ce qui procède de l'Amour
est appelé bien, el loul ce qui procède de la Sagesse est
appelé \Tai; mais il sera donné oi-dessous de plus gl'ancls
détails SUl' Cl' sujet.
3~. Ile ce que la J)j\'ine Essence même est l'Amour et la
Sagesso, il résulte que ITnÏ\'ers et toutes les choses qu'il
rpnfprme, tant vivantE's que non vivanles, subsistent d'a-
près la ClwlPUI' E't la Lumière; cal' la Chalem correspond à
l'amour, et la Lumière conesponü à la sagesse; c'est même
pour cela que la Chalcur spirituelle est l'Amour, et que la
Lumière spirituelle est la Sagesse: mais sur ce sujet il
sel'a aussi donné ci-dessous de plus grands détails.
33. Du Divin Amour et de la Divine Sagesse, lesquels
font l'Essence nll'llle qui ('st Dieu, tirent leur origine toutes
les affections et toules les pensées chez l'homme, ùu Divin
Arnoul' les aft'cclions, et de la Di':ine Sagesse les pensées;
et toutes el chacune des choses ùc l'homme ne sont qu'af-
fection et pensèc, ces deux sont comme les sources de tpu-
les les chosf's de sa vie; de l'atTeclion el de la pensée pro-
yiennen t tous les plaisi l'S et tous les charmcs de sa vie, de
l'affection de son amolli' l('s plaisirs, et de la pensée de cette
afl'ection les chal'l11Ps. ~Iail1lE'nant, comme l'homme a été
cl'éé pour être l'écipipnt, et qu'il est récipient en tant qu'il
aime Dieu, el qUE' d'après l'amom envers Dieu il a de la
sagesse, c'est-à-dil\~. en tant qu'il a de l'affection pOUl' les
choses -qni procèdent de Dieu, et en tant qu'il pense d'après
LA. ,SAGES,?E- ANGEl..IQUE

c~lte a(feclion, il s'ensuit que la Divine Essf'nce, qui est


GrëatÎ'ice, est le Divin Amour et la Divine Sagesse.

Le Divin Amou?' appartient à la Divine Sagesse, et la


Divine Sage,'çse appartient au Divin AmoU?"

3i. Que le Divin Être eLle Divin Exister dans Dieu-Homme


soient disLinctemel}t un, on le voit ci-dessus, N°s 14 à 16 ;
f't comme le Divin Etre est le Divin Amour, et que le Divin
Exister est la Divine Sagessp, c'est pour cela que le Divin
Amour et la Divine Sagesse sont de même distinclement un.
Ils sont dits distinctement un, parce que l'Amour et la
Sagesse sont deux choses distinctes, mais tellemefll unies,
que l'Amour appartient à la Sagesse, et la Sagesse à l'A-
rnour; car l'Amour Est dans la Sagesse,et la Sagesse Existe
dans l'Amour: et comme la Sagesse tir'e son Exister de
l'Amour, ainsi qu'il a été dit ci-d~ssus, N° 15, il en résulte
que la Divine Sagesse est aussi l'Etre; il suit df'.là que l'A-
mour et la Sagesse pris ensemble sont le Divin EITe ; mais
que, pris disLinclemf'nt, l'Amour est appelé Divin Etre, et la
Sagesse Divin Exister. Telle est l'idée Angélique sur le
Divin Amour et SUI' la Divine Sagl'sse.
35. Puique telle est l'Union de l'A,mour avec la Sagesse,
et de la Sagesse avec l'Arnoul' dans Dieu-Homme, la Divine
Essence est une; car la Divine Essence est le Divin Amoui'
parce que cet Amour appartient à la Divine Sagesse, et elle
est la Divine Sagesse parce que celte Sagesse appartipnt au
Divin Amour: et puisque telle est leul' union, c'est aussi
pour cela que la Divine Vie est une: la Vie est la DivirlC
Essence. Si le Divin Amoul' et la Divine Sagesse sont un,
c'e'st parce que l'Union est réciproque, 0t que l'union réci-
proque fait l'tmité. Mais il en sera dit davantage ailleurs
sur l'union réciproque.
:m. L'union de l'ArnoUl' et de la Sagess0 est aussi dans
toute Œuvre Divine; de celle union vient la perpétuité et
même l'éternité de l'œuvre. S'il y avait plus de Divin ArnoUl'
que de Divine Sagesse, ou plus de Divine Sagesse, que de
Divin Amour dans quelqut' œuvre créée, pl!r ne subsiste-
rait qu'en tant qu'il y aurait autanL dt' l'un que do l'autl'e;
ce qu'il y a dr surplus passe'.
37. La Divine Providence dans l'action de réformer, régé-
SUR BE DIVIN AMOUR 21
nérer et sauver les hommes participe également duDivin
Amour eL de la Divine Sagesse; avec plus de Divin Amour
que de Divine Sagesse, ou plus de Didne Sagesse que de
Divin Amour, l'homme ne peut être ni réformé, ni l'égé·
nél'é, ni sauvé: le Divin Amour veuL sauver tous lf's hom-
mes, mais il ne peut sauver que par la Dh'ine Sagesse et à
la Divin~ Sagesse appartiennent tauLes les lois par lesquel-
les se fait la saI YU Lion, eL l'Amour ne peut transgresser
Cf'S lois, puisque le Divin Amour eL la Di\"Ïne Sagesse sont
un, et agissent en union.
38. Le Divin Amoul' el la Divine Sagesse dans la Parole
sont entendus par la .Justice elle Jugement, le Di\'in Amour
par la Justice, et la Divine Sagesse par le Jugement; c'est
pourquoi daus la parole il est ùit Justice et .Jugement en
parlant de Dieu; par exemple, dans David: « La Justice
et le Jugement (sont) le soutien de ton Trône .• - Ps.
LXXXIX. 15. - Dans le ~Iême : , Jéhovah {em sOf'tù'
comme la lltlniè1'e ta Justice et ton Jugement comme le
midi . • - Ps. XXXVII. 6. - Dans 1I0schée: , Je me (iance-
rai à toi pOU1' l'étemité en Justice et Jugement . • -II. 19.
- Dans .Jél'émie: « Je suscitemi à David un ge1'mejuste:,
qui 1'pgnem Roi; et ilfe1'Ct Jugl'lment et Justice en la ter1'e. ,
- XXIll. U, - Dans Esaïe: , Il sem assis .su?' le t1'ône de
David et sur son 1'oyaume pour l'affermir en Jugement et
en Justice . • - IX. 6. - Dans le même: • Exalté sera Jé-
hovah pa1'ce qu'il a ?'empli Sion de Jugement et de Justice .
• - XXXIII. 0. - DansDavid : « Quand j'aurai appris les
Jugements de ta Justice: sept {ois dans le jour' je te loue sm'
leg Jugements de ta Justice. • - Ps. CXIX. 7, 16l. - La
même chose est entendue par la Vie et par la Lumière dans
Jean: « En Elle la We était, et la Vie était la Lumière des
hommes. 1 - 1. 4; - là, par la Vie est entendu le Dh'in
Amour du Seigneur, et par la Lumière sa Divine Sagesse.
La même chose est encore entendue par la Vie et par l'Es·
prit ùans Jean: , Jésus dit: Les pa1'oles que Moi je vous
prononce sont Esp,'it et sont Vie . • - Vl. 6:3.
39. Dans l'homme, l'amour et la sagesse apparaissent
comme deux choses séparées, mais néanmoins en elles-
mêmes elles sont dislincLement un, parce que chez l'homme
la sagesse est telle qu'est l'amour, el l'amour tel qu 'est la
sagesse; la sagesse qui ne fait point un avec son amour,
apparait comme s·i sIle était la sagesse, et cependant elle
22 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

ne l'est point; et l'amour qui ne fait point un avec sa sa-


gesse, apparaH commp s'il étaill'amoUl' de la sagosse, quoi-
qu'il ne le soiL pOillt, car l'un doit tirer de l'uulre son es-
sence 0t sa vip, récipl'oquemenl. Si la sagesse pl l'amour
chez l'homme appal'aissenl comme deux choses sépm'ées,
c'est parce que la faculté de comprendre chez lui est sus-
ceptible d'êLI'o élevée dans la lumière du ciel, mais non la
faculté d'aimer, si ce n'est qu'on tant que l'hommo fait de
même qu'il compl'end; c'est pourquoi la chose de la sa-
gesse apparente, qui ne fait point un avec l'amour de la
sagesse, l'elombe dans l'amour qui fait un, lequel peut èLI'P
l'amour de la non-sagesse, et lll(>mp l'amour dl' la folie;
cal' l'homme peut d'[IJ)I'ès la sagesse savoir qu'il lui fauL
faire telle ou telle chose, et néanmoins il ne la fait point,
parce qu'il ne l'aime point; mais autant d'aprè's J'amoul'il
fait ce qui appartient à la sagesse, autant il esll'image de'
Dieu.

Le Divin Amott1' et la DÙJine S(Jgesse sont une Substance


et une F01'lIw.

40. L'idée que les honunel, vulgaires ont de l'Amour et


de la Sagesse, pst comme de quelque chose de> yolatil el de
tluanl dans l'air' subLii ou éther, ou comme d'une exhalai-
son de quelque chose de semblable; et à peine est-il quel-
qu'un qui pense que cet Amour et celle Sagesse sont en
réalité et en actualité une :::>ubstance el une Forme. Ceux
qui voient que c'est une substance et une forme, pel'coi
vent néanmoins ramour pl la sagpsse hors d'un sujet
comme profluant de lui, et cc qu'ils perC'oivenL hors cl 'un
sujet comme protluant de lui, quoiqup COlllllle volatil et
fluant, ils le nomment aussi substance et forllle, ne sa('hant
pas que l'amour et la sagesse sont le sujcl lui-même, et
que ce qui est percu hors de ce sujet COlllme voh.LiI et
fluant, est seulement l'apparence de l'état ùu·sujet en lui-
mème. Si cela :î'a point élé vu jusqu'il présent, il y en a
plusieurs raisons; entre autres, c'est quI' les apparences
sont les premièl'es choses dont le Menlal humain forme
son entendement, el qu'il ne peul les dissipel' que pal' la
recherche de la cause; et si la cause est profondémenl
cachée, il ne peut la rechercher, à moins qu'il ne liennp
SUR LE DIVIN AMOUR 23
long-Lemps l'entendement dans la lumièrespiriluelle, dans
laquelle il ne peut pas le tenir' longtemps à cause de la
lumière natUf'elle qui continuellement le retire,
Néanmoins, la vérité est, que l'amour et la sagesse sont
une substance et une t01'1ne réelles el actuelles, qui cons-
tiluent le sujet lui-même.
H. Mais comme ceLLe vérité est contre l'appal'ence, elle
peul être considérée comme ne mérl tan t pas la confiance, à
moins qu'elle ne soitdémonlrée, etelle ne peut être démon-
trée que par des choses que l'homme peut percevoir d'a-
près le sens de son corps; elle va donc être démontrée par
ces choses. Il ya chez l'homme cinq sens externes, qui
sont nommés le touchm', le goût, l'odorat, l'ouïe et la vue.
Lf' sujet du Toucher est la Peau, dont l"homme est enve-
loppé ; la substance même P.t la forme même de la peau
fOllt qu'il sent les choses qui y sont appliquées; le sens
du toucher n'est point dans les choses qui son t appliquées,
mais il est dans la substance et dans la forme de la peau,
lesquelles so1l1 le sujet; ce sens est seulement l'affection
du sujet produite pal' les choses qui ont élé appliquées, Il
en est de même du Goût; ce sens est seulement l'affection
de la substance et de la forme qui appar·tiennent à la lan-
gue, la langue est le sujet. Il en estde même de l'Odorat;
on sai t que l'odeUl' affecte les narines, qu'elle est dans les
narinos, et qu'elle est l'affection des narines d'après les
chuses odoriférantes qui lps louchen t. Il en est de même
de l'Ouïe; il semble que l'ouïe soit dans le lieu où le son
coml11f'lnce, mais rouie esl dans l'oreille, el elle est l'affec-
tioll de la substance et de la forme de 1 oreille; que l'ouïe
soiL il distance de l'oreille, c'est là une apparence, Il en est
de même de la vue; lorsque l'homme voit des objets il unp
distllnce, il semble que la vue soit là, mais néanmoins elle
est dans l'œil qui est le sujet, et pareillement elle est l'af,
fection du sujet: le distant vipnt seulement du jugement
qui conclut SUI' 1 espace d'apl'ès les intermédiaires, ou d'a-
près la diminution !Jl paI' suite d'après l'obscurcissement
de l'objet, dont l'image se présente intérieurement dans
l'œil selon l'angle d'incidence: de là il est évident que la
vue ne sort point de l'œil "ers r objet, mais que l'image de
l'objet entl'e dans l'œil, et eD. affecte la substance et la
forme: en etTet, il en est de la vue comme de l'ouïe; l'ouïe
ne sort pas non plus de l'oreille pour saisi l' le son, mais le
24 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

son entre dans l'oreille, et il l'affecte. D'après ces explica-


tions, on peut voir que l'affection de la substance et de la
forme, qui fait le sens, n'est point quelque chose de sé-
paré du sujet, mais qu'elle fait seulement en lui un chan-
gement, le sujet restant sujet alors comme auparavant
et après; il suit de là que la vue, l'ouïe, l'odora t, le goût et
le toucher, ne sont point quelque chose de "olatil eftluant
de leurs organes, mais qu'ils sont les organes considérés
dans leur substance et dans leur forme; quand la sub-
st.ance et la forme sont affectées, le sens se fail.
42. Il en est de même de l'Amour Rt de la Sagesse, avec
la seule différence que les substan(;es et les formes, qui
sont l'amour et la sagesse, ne paraissent pas devant les
yeux, comme les organes des sens externes; mais néan-
moins personne ne peut nier que les choses de l'amour et
de la sagesse, qui sont nommées pensées, perceptions et
affections, soient des substances et des formes, et non des
êtres (entia) volatils et qui t1uent du néant, ou des abs-
trâctions sans substance ni forme réelles et actuelles, subs-
tance et fOl'me qui sont les sujeLs : en effeL, il y a dans le
cerveau d'innombrables subslances el j'innombl'ables for-
mes, dans lesquelles réside Lout sens intérieur qui se ré-
fèl'e à l'enLendement et à la volonté. Que toutes les affec-
tions, les perceptions et les pensées n'y soient point des
souffles exhalés de ces substances et de ces formes, mais
qu'elles soient en actualité et en réalité des sujets qui n'é-
meLLent rien d'eux-mêmes, mais qui seulement subissent
des changements selon les aftluants qui affectent, c'est ce
qu'on peut voir d'après ce qui vient d'être dit dos sens
externes. Il en sera dit davantage ci-dessous sur les
aftluants qui affectent.
43. D'après ces explications, on peut d'abord voir que le
Divin Amour en 'loi et la Divino Sagesse en soi sont une
Substance el une Forme, car ils sont l'Ètl'e même et l'E-
xister même; et si un tel Être et un tel Existel' n'étaient
pas, comme ils le sont, une subslance et une forme, ils ne
seraient qu'un êlre de raison, qui en soi n'est rien,
Le Dwin Amow' et la Divine Sagesse sont la Suhstance en
soi et la FOl'me en soi, ainsi le Soi-;J!éme et l'Unique,

44. Que le Divin Amour et la Divin~ Sagesse soient une


SUR LE DIVIN AMOUR 25
Substance et un~ Forme, c'est ce qui vient d'être confirmé;
et que le Divin Etl'e et le Divin Exister soient l'l'..tre et
l'Exister en soi, c'est aussi r~ qui a étÉ> dIt ci-dessus, Il ne
peut pas /HI'e dit que c'est l'Etre et l'Exister d'après soi,
pal'ce que rela enreloppe un commencement, et même
d'après, quelqu'un en lui qui est l'~tre et l'exister en soi;
mais l'Etre même et l'Exister même en soi est de toute
éternité (ab œterno); l'Être même et l'Exister même en soi
est aussi incréé. et tout créé ne peut être que d'après l'In-
créé, et ce qui a été créé, est fini aussi, et le fini ne peut
non plus exister que d'après l'Infini.
4~,. Celui qui. par quelque pensée, peut conce\'oir et sai-
sir l'Etre et l'Exister en soi, conccvl'a etsaisira pleinement
que c'est le Soi-Même et l'Unique; est appelé le Soi-Même
ce qui seul Est, et l'Cnique ce dont procède tout autre.
Maintenaat, comme le Soi-'Iême et l'UniquC' est une Subs-
tance et une Forme, il s'en suit que c'est la Substance
même et unique et la Forme même et unique; et comme
ceLLe Substance même et cette Forme même est le Divin
Amour et la Divine Sagesse, il s'en suit que c'est l'Amour
méme et unique e.t la Sagësse même et unique, que par
conséquent c'est l'Essence même et unique, et aussi la Vie
même et unique, car l'Amour et la Sagesse, c'est la Vie,
~6, D'après cela, on peut voif' combien pensent sensuel-
lement. c'est-à-dire, d'après les sens du corps, et d'après
les ténèbres de ces sens dans les choses spil'i tueUes, ceux
qui disent que la Nature est d'après elle-même; ils pen-
sent d'après l'œil, et ne peuvent penser d'après l'entende-
ment; la pensée d'après l'œil ferme l'entendement, mais
la pensée d'après l'entendement oun-e, l'œil: ceux-là 111>
peuvent pas pensel' quelque chose sur l'Etl'e et l'Exister en
soi. ni penser que c'est l'Éternel, l'Incréé et l'Infini; ils ne
peuvent pas non plus penser quelque chose sur la Vie, sinon
comme sur une chose volatile qui tombe dans le néant, ni
autrement SUl' l'ArnOUl' et la Sagesse; ils ne pensent nul-
lemenl que c'est de l'un el de l'autre que procèdent loutes
les choses de la nature. Que toutes les choses de la nature
procèdent de l'amour et de la sagesse, on ne peut pas nOIl
plus le voir, à moins qU8 la nature ne soit considérée d'a-
pl'ès les Usages dans leU!' série et dans leur ordre, et non
d'après quelques-unes de ses fOf'm8s, qui sont les objets
de l'œil seul; car les usages ne proviennen t que de la vie,
26 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

et !pur série et leU!' ordl'e ne proviennent que de la sagesse


f'L de l'amour. mnis les fOI'IllOS sont les contenants des usa-
ges; si do ne on ne considère que les forllles, on no peut
pas dans la natme "Oil' quelque chose de la vie, ni à plus
forte l'aison quelque chose de l'anIOUI' et de la sagesse, ni
pal' conséqul'nt quelque chose do Dieu,

Le DÙlin A 1110 ur et la Divine Sagesse ne peuvent qt~' être


et e.l'Ïslel' dans d'((ttll'es, Gréés pal' eux,

47, Le soi-ll1p:ne de l'amour n'est pas de s'aimOl', mais


c'est J'aimel'les autl'esetd'ètre conjoint à eux pal' amour;
le soi-mplllE' de l'amour est am.,si d'êtl'(> aimé des autres,
car ainsi il est conjoint; l'essence de tout amolli' consiste
dans lu conjonction; de plus, dans la conjonction consiste
sa vie qu'on appelle plaisil', chal'llw, délice, c\ouceUl', béa-
ti tude, bonheUl' et félicité, L'amour consiste en cela, que
le sien soiL il un autre, el qu'il sente le plaisil' de l'autre
comme un plaisir en soi, c'est là aimer; mais sentir son
plaisir dans un autre, ct non le plaisir de l'aull'e en soi, ce
n'est point aimer; car ceci est s'aimer soi-même, mais cela
est aimer le pl'ochaill : ces deux gel1l'es d'amoul' sont dia-
métralement opposps : l'U'l etl'autl'e genres conjoi,!!nent, il
est nai, el il Ile semble pas qu'aimer le :;ien, c'esL-à-dire,
SOi-llll'me d;ll1s un autre, disjoigne, 100'sque cepenJanl cela
disjoillt au point, qu'autant quelqu'un a ainsi aimé un
aull'e. autant ensuiLe il l'a en haine; cal' ceLLe conjollction
est dissou te pal' soi SUC('l'ssÎ\'clllen t, et alors l'amoUl' de-
vienl haille dans le même degré.
48, Comment celui qui peu t considé,'el' l'essence de l'a-
mour, peul-il ne pas voir cela 1 qu'esl-ce, en ptTel, qu'ai-
mer soi seul. et non hors de soi qLH~lqu'un de .qui on ,:;oit
aimé en l'eLour ~ n'est-ce pas plutôt une dissolution qu'une
conjonctioll? la cOlljonctioll de l'amoUl' exisLe pal' le l'èci-.
pl'oque, et il n'y a point de l'éciproque dans soi seul; si
l'on cl'oil que cela a lieu, c'est pal' Ull réciproque il1lagi-
natif dans l('s autl'es, D'après ces explications, il est évi--
ùont que le Di\'ill AmoU!' ne peut qu'êtr(' et exister dans
d'auLl'e~, qu'il aime el dont il soit aimè; CUl' puisque cela
esL ùans lout amour, CE'l;t doit êtl'e pl'ÎllcipalelIlenL, c'csl-
à-dire, infiniment, dans l'Arnoul' Même.
SUR LE DIVIN AMOUR 27
49, Quant à ce qui conr.erne Dieu, aimer et être récipro-
quement aimé né peul pas uvoÎl' lieu dans d'autres, flans
lesquels il y aUl'aiL quelquo chose de l'infilli, ou qaelque
cho:>!:' de l'esseIH'e el de la \"if' de l'amour en soi, ou quel-
que chos(' ùu Di\"in ; car si lIuelllue chose de l'infini, ou
de l'essellce el LIe la \'io dl' l'amour en soi, c'est-il-dil'e,
quelque <,hose du Divin, était en OUX, 1110l'S il ne serait pas
aimé par d'autres, mais il S'aimeraiL lui-même; cal' l'in-
fini ou le Divill est unique; si c'élait dans d'auli'es, ce
serail le Soi-Même, et ce serait l'amour mème fie soi, dont
il ne peut. y a\'oit' la l1loindl'o chose clans Dieu; Cal' c'est
absolumpnt l'opposé de l'EssencE' Divine; c'est pOlll'quoi
cela doit. avoir lieu dans d'autres c1alls lesquels il n'y ail
l'ion du Djyin Cil soi: que cela ail lieu dans LIes étl'os cI·éés
par le Divin, on le vena plus bas, !lIais pOUl' que cela ait
lieu, il faut qu'il y ail la Sagesse IlItillie qui fasse un avec
l'Amoul' Infini, c'esl-il.·dÎl'e qu'il faut qu'il y ail le Divill
Amour de la Di"ille Sages~e oUa Viville Sagesse du Divin
Am OUI', dont il a pLp Ll'ailé ci-dessus, Nos 34 il. 39.
50. De la pel'cepLion pt de la cOllnaissance de celArcane
dépendenlla perception .et la connaissance de toulcs les
choses de l'ExisLence ou de la Création, puis de touLes
celles de la Subsistance ou de la t:onsel'valion par Dieu,
c'ost-il.-dil'o, de Loules les œuvres de Dieu dans l'L'ni\"el's
cr{'é, desquelles il sera tl'aité dans ce qui sui L,
5'1, ~Iais, je L'Pli prit', Ile mêle Les idées ni avec le TerniJs
ni a\'ec l'Espace; ell effet, auLanL il y a du Lemps pL de l'es-
pace dans les idées quand tu lis cc qui suit, auLalil Lu ne
le comprends pas, car le Divin lI'esL ni dans le Lemps ni
dalls l'espacp ; OllIe vena clairement dans la <'9ntinuatioll
de cel OU\'l'age, spécialclll('llt au suje~ de l'ELernité. de
l'lnfiuilé et de la 'l'ouLe-Présence,

Totltes choses dans l' flnive1's ont été (~'ééei> pm' le Divin
Amour et par la Divine Sagesse de Dieu-Homme,

52, L'Unh'crs dans h's tl'i~s-gl'allds el. dans les Lrès·peLils,


dans Ips pl'emiers ol dans les dE'I'niet's, esL tellemenL plein
du Di\'Ïn AmoU!' eL de la Di\'ÎliC Sagpsse, qu'on peul dire
qu'il esL le Divin Amour el la Di\'Ïne Sagesse en image:
qu'il en soit ainsi, on 1(' voiLmallifesternent d'après la COI'-
28 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

l'espondance de toutes les choses de l'Univers avec toutes


celles dp l'Homme: Toutes et chacune des choses qui
existent dans l'Univers créé ont une telle cOl'l'espondance
avec touLes et chacune des choses de l'homme, qu'on peut
dil'e que l'hommp aussi est un univers; il Y a corl'espon-
dance de ses affeclions et de ses penspes avec toutes les
choses du Hègne animal, de sa volonté et de son entende-
ment avec toutes celles du Bègne végétal, et de sa vie
Dernière avec toutes celles du R(>gne minéral. Qu'il y ait
une telle correspondance, personne ne le voit dans le
Monde nal'tlrel, mais cela est visible dans le Monde spil'i-
luel pOUl' qUÏ<'.ollque y fait attention; dans ce ~Ionde il ya
toutes les choses qui existent dans les trois Hègnes du
Monde naturel, et elles sont les correspondances des affec-
lions et lIe8 pensées. de!' afl'eeLions d'apl'ès la volonté et
des pensres tl'après l'entendement, et aussi des dernières
choses dp la \'ie de ceux qui y sont; et les unes pt les au-
tres apparaissent eutour d'eux dans un aspect tel qu'est
celui de l'Ullivel'S créé, avec cette difl'érenro que c'pst dans
une plus petite effigie, Pal' là il est bien évident pour les an-
ges que l'Univers créé esL l'Image représontalire de Dieu-
Homme, et que c'est SOIl Amour et sa Sagesse qui se pré-
sentent en image dans l'Univel's, non l)as que l'Univers
cI'pé soit Dieu-Homme, mais par'ce quï vient de Lui; car
rien dans l'Univers cl'éé n'est substance eL forme en soi,
ni vie en soi, ni amour et sagesse en soi; et même l'homme
nort plus n'est ]Jas homme en soi; mais lout vient de Dieu,
qui est J'Holllme, la Sagesse et l'Amoul'. la FOl'we et la
Substance en soi; ce qui est en soi. est Incréé et Infini:
mais r.e qui vient de Dieu, cela, np tenant chez soi rien
qui soit en soi, a été créé el fini, et cela l'epl'ésente l'image
de Celui Même par Qui cela es! el existe:
53, L'ètrp et l'exister, puis la subslance et la forme,
comme aussi la vie, et même l'amour et la sagesse, pt-u-
vent se (lire des objets créés el finis, mais toutes ces cho-
ses sont cl'éées et finies; si elles peuvent se dire de ces
objets, ce n'est pas que quelque Divin soit à elles, mais
c'psl qu'elles sont dans le Divin et que le Divin est tians
elles: en effet, tout ce qui à été créé est en soi inanimé et
mort, mais il est animé et vivifié pal'cP que le Divin est
dans les choses créées et finies, et qu'elles sont dans le
Divin,
54. Le Divin n'est pas dans un Rnjet autremenl,que dans
un autre, mais un sujet créé est différent d'ull autl'e, cal'
il n'yen a pas deux qui soient le même, et pal' suite cha-
que contenant diffère d'un autre; de là résulte que le Di-
vin dans son image se présente varié. Dans la suite, il
sera paJ'lé de la présence du Divin dans les opposés.

Toutes choses dans l'Unive'l's créé sont des ,'écipients du Divin


Amour et de la Divine Sagesse de Dieu-Homme.

55. Il est connu que toutes et chacune des choses de


l'UnÏ\'ers ont été crMes par Dieu; l'UnivPrs, par cOllRé-
quent, avec toutes et chacune ùes choses qu'il contient est
appelé, dans la Parole, l'OEuvre des mains deJf'hovah. On
dit que le Monde dans son complexe a été créé du néant,
et l'on conserve du néant l'idée d'un néant absolu, lorsque
cependant d'un néant absolu rien n'est fait, ni aucune
chose ne peut être faite; cela est une vél'ité constante;
c'est pourquoi l'Univers, qui est l'image de Dieu, et pal'
~mite plein de Dieu, Ifa pu êtl'e créé qll.e dans Dieu pal'
Dieu; car Dieu est l'Etre même, et de l'Etl'e doit venir ce
qui est; du néant qui n'est point, créerceqlli est. cela est
absolument contradictoire. Mais néanmoins ce qui a été
créé dans Dieu. pal' Dieu n'es~ point une continuité de Dieu,
cal' Dieu est l'Etre en soi, et dans les objets créés il n'y a
r.as quelque chose de l'être el). soi; si dans les objets cl'éés
Il y a\'aiL quelque chose de l'Etre en soi, ce serait une con-
tinuité de Dieu, et une continuité de Dieu est Dieu. L'idée
angélique SUl' ce sujet est, que ce q:lÎ a été créé dans Dieu
par Dieu, est comme la chosf' cI·éé dans l'homme, que
l'homme a tirée de sa vie, mais de laquelle la vie a été ex-
traite, chose qui est telle, qu'elle est convenable à la vie de
l'homme, mais néanmoins n'est point sa vie: les Anges
confirment cela d'après plusieurs choses qui existent. dans
leur Ciel, où ils ùisent qu'ils sont dans Dieu et que Dieu
est dans eux, et que cependant ils n'ont dans leul' être
rien de Dieu qui soit Dieu: dans la suite, il sera rapporté
plusieuI's autres raisons, d'apl'ès lesquelles ils confirment
cela; que ce qui est diLici soit seulement pour la science.
56. Tout ce qui a été cl'éé d'après celte origine est tel
dans sa nature, qu'il est un récipient de Dieu, non pal' con-
30 LA SAGESSE ANG~UQUE

tinuité mais pm',rontiguïté; c'est pm' le contigu et non


Pal' le continu qu'il est susrpplible d'être conjoint, car il
ost convenable parce qu'il a été cr'é(~ dans Dieu par Dieu;
el parce qu'il a élè CI'(>É> ainsi, il esl un analogue, el par
celte conjonction il est romme l'image de Dieu dans un
miroir,
57, De là vient que les Auges ne sont point Angl's par
eux,mêmes, mais qu'ils sont Anges pm' celle conjonc lion
avec llieu-lIomlJ1f', et retle conjolldioll est selon la r('('ep-
tiOll du Divin Biell,el. clu Divin Vrai, qui l-10nt Dieu, pl ap-
pamissellt pl'oc-ériAr de Dieu. quoiqu'ils soient dans Dieu;
et la l'écepLion est selon qu'ils appliquent les lois de
l'OI'dl'e, qui sunt les Dirines rél'iLés, a eux-mêmes, rI"lIn'ès
la li bel,té de p('nsel' el de vouloil' selon la l'aisoll. faeuIL(·s
qu'ils tiellnenl du Seignelll' comme si elles leur appal'le-
naient; pal' là il ya pOUl' eux rt'ceplioll du Divin Dipn et
du Divin Vl'ai c-omme pal' eux-mêmes, el par là il yale l'é,-
cipI'oque ,dp l'amol1l'; ('al', aillsi qu'il a ùl'ja 0té dit, J'amour
lI'existe pas s'il Il'est pas l'éciproq:ue, Il ell esl de même des
hOllllll0S SUI' tel're, D'a!))'ès ce llui \'it>nt d'etre rlit, on peut
cl'abol'cl \'oil' que toulps les ('hoses dp l'Um\'ers Cl'éé SOllt
des l't'l'ipienls du Divin AmouI' et de la Divine Sagesse de
Dipu-lloIl1I11t>,
1)8, \lu(' lontes les ('ltoses de lTnÏ\'el's, CJui ne sonl ni
('ommp Ips allgf>s, ni COIllIllP 10S hommes. soiellt aussi des
récipients du Di\'Ïn AmOllI' 'et de la Divine' Sagpsse de
lJirll-Homlllc. ainsi ccUPS (lui SOllt:W dpssous des homllles
daus le Hi>gnp Hni::~al, celles qui sont au-([pssous des alli-
lIlaux dans le Hègl1l' vég<'Lal. el, cpllps qui sonl au-dessous
des v('géLaux dans le Hi·,!~'1w millél'al, ("esl ('e qui Ile peul
pas encol'o êtl'C exposè ([pvunl l'PlltelldeUlellt, cal' il y a
aupal'a\'êllli plusieurs expli('ations à donner sm If>s dPt~Tés
cie la vie. (~t ~ul' les dpgl'{"'i (/ps récipients df> la vic, La ('on-
jonclion uvec ('es l'ho ses esl selon IpUl's usages; cal' tous
les usagps bons ne tirent lpur ol'igillP ([UP d'ulle (,olljonc-
lioll semblable a\'(~c Dieu, mais dissemlJlable splon 1('8 de-
grés, cOlljollction qui successivement dans la dpscente dc-
\ ipnl L(·lle, qu'il n'y a ('Il CPS l'hases rien de la libprlé,
pm'cp qu'ilu'y a ripn dpla raison, el panmile l'ieB dl' l'ap-
pal'ence de la vip. mais lIt'anm'jins elles sOllL l!ps réf'ipiplIts:
comme elles sonl des )'('cipients, ell('~; sonl aussi, l'éagissan-
tes, car' pal' ~ela qu'elles sont l'éagissuulOs, elles sont des
SUR LE DIVIN AMOUR 31
conlenanls. Quant à la conjonct.ion avec les usages qui ne
sont pas bons. il en sel'a parlé apl'I~s que l'origine du mal
aura été montrée.
59. D'après r.es explications on peu t voir que le Divin
est dans toutes et dans chacune des choses de l'Univel'S
cl'éé, et que par consrquenll'UniveJ's créé esll'Œuvl'e des
mains de Jéhovah, comme il est dit jans la Parole, c'est-
Ïl-dire, l'Œuvre du Divin ArnOUl' et de la Divine Sagesse,
car cel Amour et celte Sag-.:Jsse sont entendus pal' les
mains de Jéhovah: el quoique le Divin soil daus touLes el
dans chacune des C!IOS0S de l'UniVCl'.{ Créé, rependant il
n'y a l'ien du Divin en soi dans leur éll'e, caI'l'Univers créé
n'esl POilll Dieu, mais il es: pm' Dieu; et parce qu'il est
pal' Dieu, il y a pn lui l'image de Dieu, COlllllle il y a l'i-
mage de l'homme dans un mÎl'oir, clans lequel l'homme
apparaît, il est vrai, mais néanmoins dans ceLLe image il
n'y a rien de l'homme,
GO. J'ai entf'ndu clans le Monde spiritupl plusieUI's es-
priLs qui pal'Iaient autour de moi, disant, il est nai, qu'ils
voulaient rpconnaill'e que dans toutes el clans chacune ùes
choses de l'Univel's il yale Divin, parce qu'ils \'oyaielll.
en ellps des choses merveillpuses de Di!:'u, pI d'autant plus
merveilleusps qu'ellps sont rues plus illL('rioUl'ement; mais
néanmoins quand ils eUI'ent <lDprisque dans toutes el dans
('\WCUlle des choses de l'UnÎ\'ers cl'éé il y a en aclualité le
Divin, ils furent indignés, indice qu'ils disaient cela, il
est vrai, mais qu'ils ne le cl'oyaient pas, C'est pOUl'quoi il
leur ful demandé s'ils ne pouvaient pus le "oil' ::;pulement
d'aprè~ l'aùmÎl'ablefacu\L" qu'ily a daBs touLe somel1ee de
produire SOli végélal dans un ordre admirublp jusqu'à de
nom'elles semencos ; et en ce que dans nue semenc!' quel-
conque il y a l'idée de l'infini et de 1'('t01'l1el, CaI' dans les
spmences il y a une telldance à se mulLipii!:'I' el à fl'Uctifipr
à l'infini el élernpllemenL; puis, d'Upl'ès clwqlle animal,
mèrne le plus lwLit, en ce qu'il y a en eux des ol'ganes c1es
sens, ües cel'veaux, des cœUI'S, des pOlllllons, et !ps autres
yisc<'res, uvec des arll'I'es, dps ,'eines, des fiur'ps, des m us-
des, elles actes qui en résultent, outl'e les ('hoses lJlor-
veilleuses que présellte leur caI'actère su:' lequel des Li-
vres enLiel's onl étr {'cl'ils, Toules ces mel'veilles viennent
do Dieu, mais les formes dont elles ont été reyêLues pro-
viennent des matières de la ler1'e; de ces malières pl'O
32 LA. SAGESSE ANGID.IQUE

viennent les végétaux, et dans leur ordre les hommes; c'est


pourquoi il est dit de l'homme, qu'il a 8té créé de l'humus,
et qu'il est poussière de la terre, et qu'une âme de vies
a été soufflée dans ses narines, - Gen, II. 7; - d'où il est
évident que le Divin n'est pas à l'homme, mais qu'il lui a
été adjoint.

Toutes les choses qtti ont été créées rep1'ésentent l'homme


dans une sorte d'image.

61. On peut le voir d'apl'ès toutes et chacune des choses


du Règne animal, et d'après toutes et chacune des choses
du Règne végétal, et d'après toutes et chacune des choses
du Bègne minéral. Le 1'appo1't avecl' homme dans toutes et
dans chacune des choses du Règne animal se manifeste en
ceci: Les Animaux de toutgenrp ont des membres par les-
quels ils se meuvent, des ol'ganes par lesquels ils sentent,
pt des viscères pal' lesquels ils fon t les opérations qui leur
sont communes avec l'homme; ils ont aussi des appétits
etdes affections semblables aux appétits et aux affections
naturels chez l'homme; et ils ont des sciences innées (con-
natm), cOl'l'espondan les à lems affections; dans quelques-
unes de ces sciences on voit comme un spirituel, qui se
montre plus ou moins devant les yeux chez les bêtes de
la te l're , cliez les oiseaux du ciel, chez lès abeilles, les
vers à soie, les fommis etc: c'est de là que les hommes
purement naturels font les êlre:=; animés de ce Hègne sem-
blables à eux, au langage près. Lp 1'apport avec l'homme
par toutes et pm' chacune des choses du Règne végétal se
manifeste en ceci: Les végétaux tirpnt leur existence d'une
semence, ct d'après elle ils progressent successivement
dans leurs âgps ; il Y a chez e'ux quelque chose qui res-
semble au mariage, et après cela prolification ; leur âme
végétative est l'usage, dont ils sont les formes; sans par-
ler d~ plusieurs autres choses, qui sont des rapports avec
l'homme, rapports qui ont même été décrits pal' plusieurs
auteurs. Le rapport avec l'homme par tOtttes et pa?' chacune
des choses du Règne milléml se montre seulement dans la
tendance à produire des formes qui représentent, lesquel-
les sont, comme il a été dit, toutes et chacune des choses
SUR LE DIVIN AMOUR 33
du Règne végétal, et par con!>équent à remplir des usages;
en effet, dès que la semence tombe dans le sein de la terre,
la terre l'échauffe, et lui donne d'elle-même de toute part
des moyens pOUl' qu'elle germe, et qu'elle se montre dans
une fOl'me représentative de l'homme; qu'il y ait aussi
une semblable telldance dans les objets secs de ce règne,
on le voit clairement par les coraux dans le fond des mers,
et pal' les eftlorescences dans les mines, là pal' les miné-
raux, et aussi par les métaux. L'effOI·t pour se végéter, et
aiusi pour remplir des usages, est le dernier qui procède
du Divin dans les choses créées.
62. Comme il ya dans les minéraux de la terre un effort
pour se végéter; de même il y a dans les végétaux un effort
pour se yivifier; de là les insectes de divers genres qui cor-
respondenl aux exhalaisons odoriférantes des végétaux:
que cela provienne non pas de la chaleur du soleil du
monde, mais de la vie pal' cette chaleur selon les récipients,
on le vena dans la suile.
63, Qu'il y ait un rapport rle toutes les choses je l'Uni-
vers créé avec l'homme, on peut le savoir, il est vrai, d'a-
près ce qui vient d'êLre exposé, mais on ne peut le voir
qu'ohscurément, tandis que dans le Monde spirituel on le
voit clairement; là sonl aussi toutes les choses des trois
Règnes, au milieu desquelles est l'Ange; il les voit autour
de lui. et il sait aussi qu'elles sont ses représentations;
bien plus, quand l'intime de son entendement est ouverl,
il se connait, el voit son image en elles, à peu près comme
dans un miroir.
64. Par ces rapports et par plusieurs autres concordan-
ces, que je n'ai pas le loisir d'exposer ici, on peut savoir
avec certitude que Dieu est Homme, el que l'Univers créé
est l'image de Dieu; car il y a un rapport commun de
loules choses avec Lui, de même qu'il y a un rapport par-
ticulier avec l'homme.

Les Usages de toutes les choses qui ont été c1'éées montent par
degrés depuis les dernier'sjusqu'à l'homme, et pa1'l'homme
jusqu' Ct Diet~ C1'éateur, A QUo (de qui toul proc~de).

65. Les DERNIERS sont, comme il a déjà élé dit, toutes et


chacune des choses du Règne minéral j ces choses sont les
3
34 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

malières de divers genre, pro\'enant de substan~e pier-


reuse, saline, huileuse, minérale, mrtallique, enveloppée
d'un humu.i consistant en déb"is de végétaux et d'anim3ux
réduils en poussière très-menue; dans ces malipres est
cachée la fiu et aussi le principe de lùus les usages qui
procèden t de la vie; la fin de tous les usages est l'effoI"l
pOUl'les produire, el le principe est la force qui aait d'a·
près cel effort; ceci est puur le ltègne minéral. Les ~IOYE:-lS
sont toules et chacune d3S choses du Hègne végétal; ces
choses sOiitles gramens elles herbes de tout genre, les
planLes et les a,'brisseaux de tout gelll'e, et les 31'bres de
lout genre; leurs usages sont pOUl' tous et pOUl' chacun
des êlres du Règne animal, tant imparfaits que pm'faits ;
ils les nourrissent, les délectellt et lps vivifient; ils nour-·
rissent leurs corps par les matières. ils délecLen tleul's sens
par la saveur, l'odeur. la beauté, et ils vivifientleUl's affec-
tions: l'effort pour cela es: aussi en eux pal' la rie. Les
PREMIERS sont toutes et chacune des choses du Hègne ani-
mal; les infimes dans ce Hègne sont nommées vers et
insectes; les moyens, oiseaux et bêles; etlcs suprêmes,
hommes; car dans tout Règne il y a les infimes, les moyens
et les suprêmes; les infimes pour l'usage des moyens, et
les moyens poul'l'usage des suprêmes: les usages de tou-
les les choses qui ont été crééps montent ainsi en ordre
dc'puis les derniers jusqu'a l'homme, qui esl le premier
dans l'ordre.
66. Il ya trois deg-rés d'ascension dans le Monde natUi'el,
et il Y a li~ois degres d'ascension dans le Monde spirituel:
tous les animaux sont des récipienls de la vie; les animaux
plus parfaits sont des ,'écipients de la vic des lrois degrés
du Monde naturpl, ceux qui sont moins parfaits soul des
récipients de la vie de deux degrés de ce ~Ionde, ('1 les
imparfilils sont des récipients de la vie d'un seul degré:
mais l'homme seul est un rècipient ur la vie des trois
degr('>s, nOIl seulemenl du :'Ilonde nall1l'el, mais aussi des
tl'ois degr'és du Monde spirituel: de là vipnL que l'homme
peut être éle\'é au-dessus de la nature, ditl"érant en cela
de tout animal; il peut penser analytiquemenL et ration-
nellemellt sur les choses civiles el mOl'ale~ qui sont au
dedans de la natm'p, el il le peut aussi sur les choses spi-
rituelles et célestes qui sont au-dessus de la nature; il
peut même être éleyé dans la sagesse jusqu'au point de
SUR LE DIVIN AMOUR 35
voir Dieu. Mais il sera, dans un article spécial, traité des
six Degrés, pal' lesquels les usages de toutes les choses
qui ont élé créées mon lent, dans leur ordre, jusqu'à Dieu
CI'éaleUl', D'après cet exposé sommaire, on peut voir que,
de toules les choses qui ont été créées, il y a ascension
vers le PI'ernier, qui seul eslla Vie, el que les usages de
loules les choses sont les récipients mêmes de la vie, el
que de lit viennent les formes des usages.
67, 11 sera dit aussi en ppu de mols comment l'homme
monte, c'esl-à-dire, psl élevé, ùu demiel' degré au premier:
L'·homme nait dans le dernier' degré du monde nalurel;
il est ensui le éle\'(~ par lrs sciences dans 18 second degré,
el selon que pal' les sciences il perfectionne son entende-
ment il esl élevé dans le troisième degré, et aL)["s il devient
rationnel: les ll'ois degrés d'ascension dans le Monde spi-
rituel sont dans l'homme au-dessus des trois degrés natu-
rels, et ne se'l1Ionlrf'nt pas avant qu'il ait dépouillé le corps
tpl'l'estre; après qu'il l'a dPpouillé, le pl'e::-.ier degré spi-
l'iluellui pst ouver'l, ensuite le second, et enfin le troi-
sième, mais celui-ci seulement cbez ceux qui deviennent
Anges du lroisième Cirl, ce sont eux qui voient Dieu: ceux
cbez qui le second et le demier degré peuvent êlre om'erls
deviennenl Anges du seconù el du dernier Ciel: lout degré
spll'iluel chez l'homme est ouverl selon la réception du
Di"in Amour el de la Divine Sagesse procédant du Sei-
gneur; ceux qui en l'e<:oÏ\'enl un peu viennent dans le pre-
mier ou derniel' degré spÏl'iluel; ceux qui en reçoÏ\'ent
davantage, viennent dans le second ou moyeu degré spiri-
tuel; et ceux qui en re(:oivenL beaucoup viennent dans le
lroisième ou suprrrhe df'gré ; mais ceux qui n'en reçoivent
rien resLent dans les degrés naLUl'els, et ne tb'eut des
degl'és spirituels que ce qui est indispensable pour qu'ils
puissent penser eL pal' suite pader, ct vouloir eL par suile
agir, ma:s non avec intelligence.
68. Sur l'élrvation drs intérieurs de l'llomme qui appar-
Liennent à son mental, il faut encore qu'on sache ceci:
Dans tout ce qui a été créé pal' Dieu il y a une réaction; a
la Vie seule, pst l'action, el la réaclion est excitée pal' l'ac-
tion de la Vie: celte réaction semble apparle~lir à la chose
créée en ce qu'elle exisle quand la chose est actionnée;
ninsi dans l'homme elle semble lui appartenir, parce qu'il
sent absolument comme si la vic lui appartenait, lorsque
36 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

cependant l'homme est seulerr.enl un récipient de la vie.


De celle cause il l'ésulte que l'homme d'apr'ès son mal
hérédita1re réagit contre Dieu: mais aulant il croit que
toute sa vie vient de Dieu, et que loul bien de la vie viont
de l'action de Dieu, et tout mal de la vie, de la réaction do
l'homme, autanlla réaction devient de l'action, et l'homme
agit avec Dieu comme par soi-même, L'équilibre de toules
choses vient de l'action et en même temps Lle la réaction,
el il faut que tout soit dans l'équilibre. Ceci a élé dit, afin
que l'homme ne cl'oie pas que c'est par lui-même qu'il
monte vers Dieu, mais qu'il croie que c'est par' le Sei--
gnour.

Le Divin 1'emplit tous les espaces de l'Unille1'S sans espctce.

69_ Il Y a deux pl'opres de la Nature, l'ESP.\CE elle TEMPS;


d'après eux l'homme dans le Monde naturel forme les idées
de sa pensée, et par suite son enlendement; s'il reste dans
ces idées. el qu'il n'élève pas son mental au-dessus, il ne
peul jamais percevoir rien de spirituel ni de Divin, car il
enveloppe le spirituel et le Divin d'idées qui tiennent à
l'espace et au temps, el autanl il fail cela" autant la lueur
cie son entendement devient pur'ement naturelle; penser
d'après l'espace et le temps en raisonnant sur les spirituels
et sur les Di\'ins, c'est comme penser d'après l'obscurité
de la nuit sur' les objets qui appal'aissent seulement dans
la lumière du jour; de là vient le naturalisme, Mais celui
qui sai t éteyer son men tal au-dessus des idées de la pen-
sée, qui tÏl'nnent à l'espace el au temps, passe de l'obscu-
rité à la lumière, et il goûte les spirituels eL les Divins, et
voit enfin les choses qui sont en eux et qui en pl'ocèc\ent;
et alors d'aprè!'o celte lumièr'e il dissipe l'obscurité de la
lueur na~urell(', et il en r'elè~ue les illusions du miliou
sur les c61és, Tout homme, qUl est doué d'entendement,
peut penser, el pense aussi en aClualiLp, au-dessus de ces
propres de la nature, t't alo['s il affirme el yoiLque le Divin
parce qu'il l'st Toul-Présent, n'es.t point dans l'espace; et
il peut aussi affil'mel' el \'oir les choses qui ont été expo-
sées ci-dessus: mais s'il nie la Divine Taule-Présence,
a
et atlribue taule chose la NatUl'e, alors il ne "eul pas êlre
élevé, quoiqu'il le puisse.
SUR LE DIVIN AMOUR

70, Tous ceux qui meurent et deviennent Anges se dé-


pouillent de ces deux propres de la NatUl'e, qui, ainsi qu'il
a été dit, sont l'espace et le temps; car ils entrent alors
dans la lumièr'e spirituelle, dans laquelle les objet::: de la
pensée son lies vl'ais, et les obj ets de la vue sont semblableS'
a ceux du Monde naturel, mais cOl'respondants à leurs
pen"ées, Les ohjet~ de leur pensée, qui, ainsi qu'il a été
dit, sont les vrais, ne liI'ent absolument l'ien de l'espace ni
du temps; quant aux objets de leur vue ils apparaissent,
il est vrai, comme dans l'espace et dans le temps, mais
néanmoins eux ne pensent pas d'après l'espace et le temps;
et cela, parce que les espaces et les temps n'y sont point
fixes comme dans le Monde natUl'el, mais varient selon les
étaLs de leU!' vie; pal' suite dans les idées de leur pensée,
au lieu des espaces et des temps, il y a les états de la vie;
au li,eu des espaces, les choses qui se rapportent aux états
de l'amour; et au lieu des temps, les choses qui se rappoI'-
ten t aux états cj.e la sagesse: de la vient que la pensée spi-
rituelle et par suite aussi le langage spirituel diffèrent
tellement de la pensée etdu langage naturels, qu'ils n'ont
rien de commun, sinon quant aux intérieurs des choses,
intérieurs qui tous sonlspit'ituels; il sera donné aillems
de plus grands détails SUI' cette diffél'ence. Maintenant,
comme les pensées des Anges ne tirent rien de l'espace,
ni rien du temps, mais tirent tout des états de la vie, il est
évident que les Anges ne comprennent pas, quand il est
dit que le Divin rpmplitles espaces, car ils ne savent lias
ce que c'est que les espaces, mais qu'ils comprennent clai-
rcment quand, sans l'idée d'aucun espaœ, il est dit que
le Divin remplitloutes choses,
7'1. Pou)' qu'il soit bien évident que l'homme purement
naturel pense d'après l\space aux spiritu,els et aux Divins,
et que l'homme spirituel y pense sans l'espace, soit ceci
pour illustration: L'homme purement naturel pense par'
les idées qu'il s'est acquises d'après les obj ets de la vue,
qui tous on t une figure tenant du long, du large et du haut,
el terminée (j'apl'ès la forme pat' ces dimensions, laquelle
est ou angulaire ou circulail'e ; ces figUl'es et ces fOI',nes
sont pvidemment dalls les idées de sa pensée sur les objets
visibles de la terl'e, et sont aussi dalls les idPes de sa pen-
sée sur les choses non-Yisibles, telles que les choses civi-
les et les choses morales j il ne voit pas celles-d, il est
'38 LA SAGESSE ANGELIQUE

vrai, mais néànmoin's elles y sont comme continuités d€'s


objets visibles, II en est autrement de l'homme spirituel,
et pl'incipalement de l'ange du ciel; sa pensée n'a rien de
commun avec la figure el la forme tenant quelque chose
, du long, du large et du haut (le l'espace, mais elle esl SUl'
l'état de la chose d'après l'éLal de la vie; par conséquent,
au lieu du long de l'espace Il pense le bien de la chose
d'après le birn de la vie; au lieu du large de l'espace, le
vrai de la chose d'après l€' vrai de la vie; et au lieu du haut,
les degrés du bien eL du Vl"ai; ainsi, il pense d'après la
correspondance qui existe enLre les spiriLuels et les natu-
reis; c'C'sL d'après ceLLe cOl'J'espondance que, dans la Par'ole
'la longueur signifie le hien de la ('hose, la largeur le vrai
de la chose, et la hauleul'les degrés du bien et du vl'ai.
'D'après cela il est évident qne l'Ange du ciel, quand il
" pense a la Toute-Présence Divine, ne peut que penser que
le Divin remplit toutes cbos(>s ~~ms pspace ; ce que l'Auge
pense est le vrai, pmce que la Lumière qui éclail'e son
enLendpment est la Divine Sagesse,
72, C'pst là la pensée fOlldamenlale sur Dieu, car' sans
elle les choses qui seron t di Les sUl'la cl'éal ion de rUnivel's
par Dieu-Homme, SUl' sa PI'o\'idence, sa Toule-Puissance,
sa Toute-Présence eL sa TouLe-Science, pem'enl, il est vrai,
être compl'ises, mais néanmoins ne peuvent être l'etenues,
parce que l'homme purement natul'el, quand il les com-
prend, retomhe touj ours dans l'amoul' de sa vie, lequel
appartient à sa volontp, et cet amour les dissipe, et plonge
'la pensée dans l'espace, dans lequel est sa lueur, qu'il
apprlle le raLionnel, ne sachant pas qu'auLant il les l\1e,
autant il estinationnel. Qu'il pn ~oit ainsi, on peut le con-
firmel' pal' l'idée rIe ce nar, QI"E DIEU EST HO)J~IE ; lis, je le
prie, a\'ec aLLenLio'l ce qui a plé dit ci-dessus, N°S 11 à 13,
eL ce qui a Hé écrit ensuite, alors tu comprendras qu'il en
est ainsi; mais remets ta pensée dans la lueUl' nalUl'elle
qui tienL à l'espacp-, ne verl'as-tu pas ces ('hoses comme dl's
paradoxes, et si tu l'y remets beaucoup, ne h's rejeLLeras-
tn pas? C'esL pOUl' ceLLe raison qu'il est dit que le Divin
remplit tous les espaces de ITnh"el's, eL qu'il n'est pas dit
que Dieu,Homme les rpmplit, cru' si ceci était dit, la lueur
pUl'emenl naturelle n'y ~cqlliescc\'UiI poinL; mais s'il est
'dit que le Diyin les remplit, elle y acquiesce, parce que
cela concorde ayec ceLLe fOl'mule du langage des Théolo-
SUR LE DIVIN AMOUR 39
. ,
giens, que Dieu est Tout-Présent, et qu'il entend et sait
tout. Voir sur ce sujet ce qui a été dit avec plus de détails
ci-dessus. N°' 7 il 10.
Le Divin est dans tout temps sans temps.
73. De même que le Divin est dans tout espace sans es-
pace de mpme il est dans tout temps sans temps; en effet,
aucun pl'opr'e de la nature ne peut se dil'e du Divin, et les
propres de la nature sont respace et le temps, L'espace
dans la nature est mesul'able, il en est de même du temps;
le temps est mesuré par les jours, les se naines, les mois,
les années et les siècles; le jour pal'les heures, la semaine
et le mois par' les JOUI'S, l"année par les quatre saisons, et
les siècles par les années, La Nature til'e cette mesure du
mouvement llpparent de rotation et de circunvolution du
Soleil du monde, Mais il en est autrement dans le Monde
spirituel; là, les progl'essions de la vie apparaissen t pareil-
lement dans le temps, CaI' les habitants y vivent entl'e eux
comme les hommes du monde entre eux, ce qui n'est pas
possible sans l'apparence Ju temps; mais le temps n'y est
pas distingué en des temps comme dans le monde, car
leur Soleil est à son Orient constamment, jamais déplacp,
puisque c'est le Divin Amour du SeigneuI' qui leur appa-
l'ait comme Soleil; ainsi il n'y a point pour eux de jours,
de semaines, de mois. d'annél>s. de siècles, mais a la place
il y a des étals de la vie, par lesquels se fait la distinction,
qui ne peut pas être appelée distinction en temps, mais
peut être appelée distinction en états: de là vient que les
Anges ne savent pas ce que c'est que le temps, et que
quand il est nommé, à sa place ils perl:oi"ent rétat; et
quand l'état détPI'mine le temps,le temps est seulement une
apparence, car 1(' plaisir ùe l'eLat fait que le temps apparaît
COUl't, et le déplaisir fait que le temps apparaît long; d'a-
pI'ès cela il est évident que le temps n'est absolument là
que la qualité de l'éLat. C'est de là que, dans la Parole,
par'les helll'es, lesjolll's, les semaines', les mois et les an-
nées, sont signifiés les états et les progressions des PLats
dans la série et dans le complexe; et que, quanù les temps
se disent de l'Eglise, par le matin est entendu son pre-
mier état, par midi SOli plein, paI' le soir son déclin, et pal'
la nuit sa fin : de semlllabl('s choses sont entendues par
40 LA SAGESSE ANGÉLIQUE!

les quatre saisons de l'année, qui sont le printemps, l'été,


l'automne et l'hiver.
74. D'après ces explications on peut voir que le Temps
fait un avec la pensée pl'océdant de l'affection, cal' la qua-
lité de l'état de l'homme en pl'ovient. Que les distances
dans les progressions pal' les espaces dans le Monde spi-
rituel fassent un avec les progressions des temps, c'est ce
qui peut être illustré par plusieurs obseryaLions, car là les
chemins sont en actualite abrégés selon les désirs qui ap-
partiennent à la pensée procédant de l'affection, et sont
vice ve1'sâ pl'olongés : c'est de là qu'on dit aussi espaces
de temps. Dans de semblables circonstances, quand la
pensée ne se conjoint pas avec l'affection propre de l'hom-
me, le temps n'apparail point; pal' exemple, dans le som-
meil.
7tî. Maintenant, comme les temps, qui sont les propres
do la natUl'e dans son monde, sont de pUl'S élaLs daus le
Monde spiL'Huel, qui là apparaissent progressifs, paI'ce que
les Anges et les Esprits sont finis, on peul "oit, que dans
Dieu ils ne sont point progressifs, parce qu'il est Infini, et
que les Infinis en Lui sont un, selon ce qui a éLé démontré
ci-dessus N°' 17 à 22 : de là résulte que le Divin est dans
tout temps sans temps.
76. Celui qui ne saiL pas et ne peut Ras, d'apl'ès quelque
perception, penser de Dieu sans le temps, ne peut absolu-
ment percevoirl'ElerniLé que comme une éterniLé de tomps,
et alors il ne peuL qu'extl'avaguel' dans sa pensée sur Dieu
de toute éternité, CUI' il pense d'apl'ès un commencement,
et le commencemont aPl?ul'tient uniquement au temps:
son délire consiste alol"s a penser que Dieu a existé par
soi, d'olt il tombe facilement dans l'origine de la nature
par soi; il ne peut êtl'e détaché de cette idée que par l'idée
spirituelle ou angélique SUI' l'éternité, idée qui est sans
le temps; et quand l'idée est sans le temps, l'Etel'Di té et
le Divin sont une même chose; le Divin est le Divin en
soi, et non par soi; les Anges disent qu'ils peuvent, il est
vrai. perce\'oir un Dieu de Loute éternité, mais d'aucune
manière une nature de toule étol'Dilé, encore moins une
naLme par soi, et nullement une !lature qui serait nature
en soi; cal' ce qui est ep soi est l'Etre même. de qui toutes
choses procèdent, et l'Elre en soi est la vie même, qui est
le Divin Amour de la Divine Sagesse et la Divine Sa-
SUR LE DIVIN AMOUR 41
gesse du Divin Amour. C'est là pour les Anges l'Éternité,
ainsi elle est abstraite du temps, comme l'Incréé est abs-
tmiL du cl'éé, ou comme l'Infini est abstrait du fini, entre
lesqupls il n'y a pas mMle de l'apport.
Le Divin est le méme dans les très-grands et dans les
t1·ès-petils.
77. Cela résulLe des deux Articles qui précèdent, savoir:
Le Divin est dans tout espace sans espace, et le Divin pst
dans tout temps sans temps, or il y a de plus grands et de
très-grands espaces, el de moindres et de très-peLits espa-
ces; et comme les espaces et les temps fOllt un, ainsi qu'il
a été dit ci-dessus, il en est de même des temps. Si en eux
le Divin est le mème, c'est pal'ce que le Divin n'est ni va-
riable ni muable, comme est tout ce qui apparlient à l'es-
pace et au temps, ou tout ce qui appartient à la natme,
mais il est invariable et immuable, par conséquent il est
partout et toujours le même.
78. Il semble que le Divin ne soit pas dans un homme
le même que dans un autl'e, ainsi il semble q:.t'il soit autre
dans le sage que dans le simple, et autre dans le vieillard
que dans l'enfanl; mais c'est une illusion provenant de
l'apparence, l'homme est autre, mais le Divin n'pst point
autre dans lui; l'homme est un l'écipient, et le récipient ou
réceptacle est différent; l'homme sage est un récipient d Il
Divin Amour et ùe la Divine Sagesse d'ulle manière plus
adéquate, ainsi plus pleinement que l'homme simple; et le
vieillard, qui aussi est sage, pLus pleinement que le pelit
enfant et l'enfant; mais néanmoins le Divin est le même
dans l'un et dans l'autre, Pareillement, c'est une illusion
d'après l'apparence si l'on croit quo le Divin eSl ditrérent
chez les Auges du ciel et chez les bommes de la terre,
parce que les Anges du ciel sont dans une sagesse inetra-
ble, et non do mèllle los hommes: mais la différence appa-
rente est dans les sujets selon la qualité de la réception
du Divin et non dans le Seigneur,
79. Que le Divin soit le même dans les très-grands et
dans les très-peti ts, cela peut êtl'e ilLusLI'é d'après le Ciel
et l'Ange dans le Ciel; le Divin dans le Ciel entier ot le
Divin dans un Ange est le mèmo; c'est aussi pour cela que
le Ciel enlier peut apparaltre comme un seul Ange. 11 en
42 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

est de même de l'Église et d'un homme de l'Église: le


très-gl'and dans Ipquel est le Divin, c'est le -Ciel entier et
on même temps l'Eglise entière, le très-petit; C'E'sl un ange
du ciel el un homme de l'Eglise, Quelque fois il m'est
apparu une société entière du ciel comme un homme
ange; et il m'a rté dit qu'ellC' pouvait appal'aitre comme
un homme grand, 101 qu'un géant, et comme un homme-
pelit, tel qu'un enfant; et cpla parce que Le Divin est le
même dans les très-grands C't dans les très-petils.
80. Le Divin est atbsi le même dans Ips très-gTands et
dans les très-pelits de toutes les choses qui ont été créées
el. ne vivent pas; cal' il'est dans lout bien de Leur uSilg'e;
si elles ne vivent pas, c'est parce qu'elles sont, non pas
des formes de Iii vie, mais des formes des usages; et la
forme est diffrrente selon la bonté de l'usage. ~Iais com-
ment le Divin est en elles, c'est ce qui sora diLdans la suite
quand il s'agil'a de la CI'èalion.
81. Fais abstraction de l'espaco, et nie absolument le
vide, el alors pense du Divin Amour ct de la Divine Sil,
gesse, qu'ils sont l'Essenee mêmo abstraction faitE' de l'es-
pace et le "ide nié; pellso ensui le cl'après l'espace, et lu
percevras que le Di\'Ïn est le même dans les très-grands
el dans les lr'ès-petils de l'espace; car clans l'Essence,
abstraite de l'espace, il ya non le grand ni Le pelil, mais
le même.
82. Il sera dit ici quelque chose sur le Vide: Un JOUI',
j'ai entendu c1es Anges s'pntl'etenil' avec "Kewton sur le
Vide; ils disaient qu'ils ne SUppol't'3.ient pas l'idée du \ ide
COrInne néant, parce que dans leur ::\fonde, qui est spiri-
tuel, et en dedans 011 au-dessus des espaces et des temps du
\ Monde naturel, ils ont également la sensation, la pensée,
1 l'affection, l'amour, la volonté, la respiralion et même la
parole et l'action, toutes choses absolumpnL impossibles
ùans le vidc comme néalll, pal'co que J'ien n'C'st ripn, et
) quo quelque chose ne peut pas se dil'e du néant. Newton
Ipur dit qu'il ~a\'ait que 10 Divin qui Es'!' l'cmplit toul, et
que lui-même était saisi d'horreur il l'irlét' du néant à pro-
pos du "ido, pilrco que celle idée cst <!pslrurlÏ\'e de tout,
exhortant ceux qui parlaient a\'ec lui SUl' le ,'id!' à se garder
de l'idée du néant, l1ppelant cette idée une cléfaillance, parce
que dans le néant il n'y a aucune> aclualité dn mental.
LA SAGESSE ANGÉLIQUE
SUR LE

DIVIN Ar.10UR

SECONDE PARTIE,

Le Divin All/om' et la Divine Sagesse appamissent dans le


il/onde spi1'ituel comme Solpil,

83, Il Y a deux Mondes, le Spirituel et lp Naturel; et le


~londe spirituel nE} tire rien du ~Iollde naturel, ni le ~Ion­
de naturel rien du Monde spiriluel, ils ~onL entii'l'ement
distincts; ils communiquent seulement par les Correspon-
dances, dont la quali té a été mo:llrée ailleurs dn plusieurs
endroits: iJour illuslrer ce sujel, soit cet exemple: La
ChaleU!' dalls le Monde naturP! cOl'l'espond au bien de la
chmité dans le Monde spirituel, et la Lumièl'e dans le
Monde naturel cOITPspond au wai de la foi dans le )'Ionde
spirituel; qui t'st-ce qui ne \'oit pas que la chaleU!' et le
bien de la cha1'Ïté, et que la lumii'l'e pt le vrai de la fois ont
absolument distincts '1 à la prclIlii>\'(' inspection ils a ppa-
l'aissent aussi distincls que deux choses absolullwnt diffé-
l'en les; ils apparaissent ainsi quand on pense: Qu'est-ce
que le bien de la charité a de eommun avec la cItaleur, et
qu'est-ce que le \Tai de la foi a de commun a\'ec la lumièrc'!
El cepenùant la Chaleul' spirituclle est ce bien, et la Lu-
mièl'e spirituelle est ce vrai. Quoiquo cps choses soient
ainsi distinctes en elie s-mù11Ies, elles font néanmoins un
pal' la COI'l'cspouùance ; ellps font IplIement un, que quand
l'homme, dans la Pal'ole, lil 1:1 Cha lem et la Lumihe, les
Esprits et les Angps qui sont chez l'homme, au lieu de la
chaleur perçoivent la cha1'Ïté, et au lieu de la lumière la
44 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

foi. Cet exemple a été rapporté, afin qu'on sache que les
" deux Mondes, 10 Spirituel et le NatUl'el, sont tellement dis-
tincts, qu'ils n'ont I"ien de commun entre eux, mais néan-
moins tellement créés, qu'ils communiquent et mêmo
sont conjoints par les corresponùallces.
S'1. Puisque ces deux Mondes sont ainsi distincts, on
peut voit' clairement que le ~Jonde spil'Huel est sous un
autre Soleil que le ~Ionde naturel, cal' dans le Monde spi-
rituel il y a Chaleur et Lumière comme dans le Monùe na"
turel; mais la chaleur y est Spirituelle, et la lumière pa-
l'eillornen~; et la chaleUl' Spirituelle est le bien de la clta-
rité, et la lumière Spirituelle le vrai de la foi. Maintenant,
comme la chaleur el la lumière ne peuvent Lirer leur ori-
gine que d'un Soleil, il devient évident quP dans le ~fonde
Spirituel il y a un !lutre Soleil que dans le ~Ionde naturel;
puis aussi, que le Soleil du monde spirituel pst tel, dans
son essence, que d"après lui la chaleur et 1:). lumière spiri-
tuelles peuvent exü:ler, et que le Soleil du monde naturf'l
est td, dans son essence, que d'après lui la chaleur (et la
lumière) naturelles peuyent. exisler : tout Spil'ituel. qui se
réfère au bien et au nai, ne peut venir d"autre palot que
du Dh"in Amour et de la Divine Sagesse, CUi' tout bien ap-
pal'tient fi. l'amour, et tout vrai apparU en t à la sagesse:
qu'il ne vienne pas d'autre part, tout homme sage peutIe
voÏl'.
85, Qu'il y ait un autre Soleil que le Soleil du monde nu-
turel, c'est ce qu'on a ignoré jusqu'à pl'ésenl; et celil,
parce que le Spirituel de l'homme a lellcUlent passé dans
son nal urel, qu"on ne savait pas ce que c'est que le spil'i-
tuel, ni pal' conséquent qu'il y a un Monde spil'ituel, dans
lequel sont les Esprits et les Anges, autl'e que le Monde
naturel et ditl'érent. Comme le )londe spil'iluel est restp. si
longtemps caché à ceux qui sont dans le Monde naturel,
il a plu au Seigneur d'ouvrir la vue dp mon esprit, afin
quc je visse les choses qui sont dans ce ~Ionù(' comme je
vois celles qui sonl dans le )Ionde naturel, et qu'ensuite
j'en donnasse ulle descriplion, ce qui a pté fait dans le
Traité DU CIEL El' ilE L'ENFEH, oü, dans un .\l'Licie spécial, il
a aussi été parlé du Soleil d~ ce Monde: en eHet,je l'ai vu,
et il m'apparu dans une grandeur semblable à celle du So-
leil du monde naturel, et aussi pareillemen t COITlme igné,
mais plus brillant; et Hm'a été donné de connailI'e que le
SUR LE DIVIN AMOUR 45
Ciel angélique tout en Lier est sous ce Soleil; et que les Anges
du Troisième Cid le voient continuellement, les Anges du
Second CielLI'l>s-souvent, elles Anges du Premier ou Der-
nier Ciel quelquefois. Que toute Chaleur et toule Lumière
chez les Anges, el aussi toutes les choses qui appar'aissent
dans ce Monde, proviennent de ce Soleil, on le "erra dans
la sui te.
86. Ce Soleil n'est pas le Seigneur Lui-Même, mais il pl'O-
cède du SeiO"neur; il est le Divin Amour et la Divine Sa-
grsse pl'océdanls, qui apparaissent comme Soleil dans ce
Monde: et comme l'Amour et la Sagesse dans le Seigneur
sont un, ainsi qu'il a été montré dans la Première Partie,
il est dit que ce Soleil est le Divin Amour; en etï'et, la Di-
vine Sagesse appartient au Dirin Amour, par conséquent
elle es{ aussi l'Amour.
87. Si ce Soleil appm'ait devant les yeux des Anges
comme igné, c'est parce que l'Amour elle Feu se cones
pondent; cal' de leurs yeux ils ne peuvent voir l'amour,
mais au lieu de l'amour ils yoient ce qui y correspond; en
et'frt, les Anges ont comme les hommes un interne et un
externe; c'esl leur interne qui pense et est sage, et qui
veut et aime, et c'est leur externe qui sent, voit, parle et
agi t ; et tous leurs externes sont des correspondances des
internes, mais des correspondances spirituelles, et non pas
naturelles. Le Divin amour aussi est senti comme un feu
par les Spirituels; c'est de là que le Feu, quand il est non).-
mé dans la Parole. signifie J'amour; le feu sacré dans l'E-
glise Israélite le sigllifiait; de là vient que dans les pl'ières
qu'on ad l'esse à Dieu on emploie celte formule ordinaire:
Que le feu céleste, c'est-à-dire, que le Divin Amour em-
brase le caJUr !
88. Puisqu'il y a une telle diffél'ence enll'e le Spiriturl et
le Naturel, ainsi qu'il a été montré ci-dessus, No 8o, il ne
peut par conséquent passer dans le Monde spiriluelrien de
ce qui procède du Soleil du Monde nalurel, c'est-à-dire,
rien de sa lumière et de sa chaleUl', ou rien d'aucun objet
de la terre; la lumière du monde naturel y est obscmité,
et sa chaleur y est la mort; mais néanmoins la chaleur du
monde peut êlre viyifiée par l'influx de la chaleur du ciel,
et la lumièl'e du monde peut être illustrée par l'influx de
la lumière du ciel; l'influx se fai t par les l:orrespondances
et ne peut pas se taire par le continu.
46 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

lJu Soleil, fj1ti existe d'apl'ès le Divin A mour et la Divine


, Sagesse, procèdent une Chaleur et tme Lwnière.
89. Dans le Monde spirituel, où sont les Anges et les
Esprils, il ya aussi une Chaleur et une Lumière, comme
dans le MOBde naturel, où sont les hommes; et aussi la
Chaleur est sen tie comme c!wleur. et la Lumièl'e est vue
comme lumière pareillement; mais nÉ>anmoins la Chaleur
et la Lumipre du Monde spirituel et celles du Monde natu-
rel diff'èl'enL tellement, qu'elles n'ont rien de commun,
ainsi qu'il a été dit ci-dessus; elles diffèrent entre elles
tomme le ,:ivant et le mOI'l; la Chaleur du Monclo spiI'ituel
esl en soi vivante, pareilll"merlL la Lumière, et la Cllaleur
ùu ~lollde BalUl'el €'slen soi morlp. pal'pillenwn lia Lumière;
car la ChaleUl' el la Lumiple du Moncle spiriluel procèdenl
du Soleil qui eslle Pl\[' Amour, el la ChalC'Ul' el la Lumièl'o
du Monde nalurel protèclent du soleil qui l'st le pUl' Feu;
or. l'Amour est Vl\'allt, el le Di,'in .\moul' est la Vip elle-
mème; (,t le Feu esl mort, et le feu Solaire est la morl elle-
même; il peut être ap)wlé ainsi, par la raison qu'en lui il
n'va ahsolument riell do la vie.
"90, Les Anges. parce qu'ils sont spirituels, ne peuvent
pas ,'ivre dans uue autre chaleur. ni dalls une autrl' lumière
que dans la chalelll' et la lumière spirituelles, et les Hom-
mes ne peuvent pas vivre dans une autre chaleur ni claBs
une au tre lUlni('re que dans la chaleul' et la lumière natu-
l'eUes. cal' le Spiriluel convienl au Spirituel, elle Naturel
au Naturel; si l'Ange tirait la plus pelile parcelle de cha-
leur et de lumière nalUl'elles, il pél'irait, cal· rela ne con-
\'ienl nullemenl à sa vie. Chaque h01l1me, quanl aux intÉ>-
rieUl's de son mental, esl un Esprit; quand l'holJlme meurt,
il sort entièrement du Monde de la nalUl'e el laisse lout ce
qui appartient à la natul'e, et il enh·e dans un Monde olt il
n'y a rien cie la nature; el dans ce Monde-Il il vil tellemenL
sépal'é de la nature, qu'il n'existe aucune communication
pal' le con tinu, c'est-à-dil'e, comme en tl'C un plus pur ct un
plus grossier, mais il y eu a ulle comme entl'e un alllél·iclll'
el un poslérieUl', dont la communicalioll n'a lieu que pal'
les conesponclances, Dr. là on ppul voir que la Chaleu!'
Spirituelle n'esl pas une chaleur naturelle plus pUI'e, el
que la Lumièl'e Spirituelle n'est pas une lumièl'e naturC'lle
plus pure, mais qu'elles sonL absolument d'une auüe
SUR LE DIVIN AMOUR 47
essence, car la chaleur et la lumière spirituelles tirent leur
essence du Soleil qui est le pur Amour, lequel est la Vie
elle-même, tandis que la chaleur et la lumière naturelles
til'ent lem' essence du Soleil qui est le pUI' Feu, dans lequel
il n'y a absolument rien de la \"ie, comme il a été dit ci-
dessus.
91. Puisqu'il y a une telle diff6l'ence entre la chah'ur et
la lumipre J'un Monde et celles de l'aulre )londe, on "oit
bien clairement pourquoi ceux qui sont dans un ~londe 110
peuvent pas voir ceux qui SOllt dans l'aulre; car les yeux
de l'homme qui voit d'après la lumic're ua turelle sont de la
substance de sou Monde, el lp,s Y('UX d(' l'ange sont de la
substance de son ~londe, aillsi forlllés de part et d'autre
pour recevoir d'uue manière adéquate leU[' lumière. D'a-
près cela on peut ,"oir a\'I.'C quelle profonde ignorance pen-
sent ceux qui n'admettent point dalls leU[' foi que les an-
ges et les esprils soient hommes, parce qu'ils ne les voient
point de leurs yeux,
9.2, Jusqu'il présent on a ignoré que les Anges etles Esprils
sont dans une toul aulre lumière et ulle tout autre cha-
leur que les hommes, ot mêmo 011 a ignoré qu'il ya une
autre lumière et une aull'e chaleUl'; ell effet, l'homme Il'a
:pas pénétré pal' sa ponsée p1.us pl'ofondément que dans les
intél'ieurs de la nalme, ou dans des choses plus pUl'es de
la nature; c'est mèllle pour cèla que beaucoup d'hommes
se son t figUl'é los demeures des anges I~ Ldes esprits dans
l'éther, et quelques-uns dans les éloiles, ainsi ell Jedans
de la nature, et non pas au-dessus ou en dehors de la natu-
re; el cependant les .\nges elles Esprits sonl absolument
au-dessus ou en dehOl's de. la nature, el dans leur Monde
qui est sous un autre Soleil: et coml1le dans Cl' Monde-la
les espaces sont des appUl'cnces, ainsi qu'il a É't{, dÉ'monLl'é
ri-dessus, on ne peut pas pal' conséquent dit'e qu'ils sont
dans l'éther, ni qu'ils sont dans les étoiles; en effet, ils
sont en mème Lemps avec l'homme, conjoints à l'aft'eclion
et a la pensée de son ESPl'j[ ; cal' l'homme est ESPI'il, c'est
d'après l'esprit qu'il pense et vent; le )Ionde Spil'iluel est
donc où est l'homme, et nullement distant de lui: en un
mol, toul homme quant aux intél'iems d(~ son menlal est
da,ns le ~Ionde spirituel au milieu des Esprilseldes Anges
qui y sont, et il pense d'après la lumière cie ce monde, et
aime d'après la chaleur de ce monde.
48 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

Ce Soleil n'est point Diett, mais il est le procédant du Divin


AmoU?' et de la DilJine Sagesse de Dieu-Homme: il en
est de même de la Chalew' et de la Lumiè7'e
. procedant de ce Soleil,

93, Par ce Soleil visible pour les Anges, d'après lequel


ils onlla ChalcUI' et la Lumière, il n'est pas entendu le
Seigneur Lui-même, mais il est entendu le premier procé-
dant du Seigneur, c'esl-à-dil'e, le plus hau t degré (summum)
de la chaleur spiI'iluelle; le plus haut (degré) de la chaleur
spirituelle est le feu spirituel, qui eslle Divin Amour et la
Divine Sagesse dans leur premiPl'e correspondance: c'ost
de là que ce Soleil apparaît igné, et qu'aussi il est igné
pour les Anges, mais non poul'les hommes; le feu qui est
feu pOUl' les hommes n'est pas spiriluel, mais il est naturel;
entre le feu spirituel et le fou naturel il y a la même ditï'é-
rencc qu'entl'e le vivant otle mort; c'est pourquoi le Soleil
spirituel pal' la chaleur vivifie les éll'es spiI'i tuels el renou-
velle le~ chosps spiI'iLu pIles; le Soleil nal urel agit de même,
il esl vrai, SUI' les êtres naturels ct sur les choses naturel-
les, mais ce n'est pas d'après lui-même, c'ost par l'influx
de la chaleUl' spirituelle, à laquelle il porte un secours
secondaire,
94. Cc Feu spirituel, duns lequel est aussi la Lun~i('re
dans son ol'igino, devient une chaleur et une lumière spi-
rituelles, qui décroissent en procédant, et le décrois~emont
se fait pal' des degrés, dont il sera parlé dans la suiLp.
C'est ce que l('s Anciens ont rep('(~senté ~ar des Corcles
bl'ilImlts de f('u ct resp10nclissants de lumiere autour de la
Tète de Dieu; celle représentation est encore commune
aujourd'hui, quand dans des tableaux on. présente Dieu
comme Homme.
95, Que l'ArnoUl' produise la chaleur, et la sagesse la
lumière, on le voit manif('slement d'après l'expérience
même; quand l'homme aime il devient brillant, et quand il
pense d'après la sagesse il voit los choses comme dans la
lumière: de là il est évident que le premier procédant de
l'amour est la chaleur, pt que le pl'emier procédant de la
sagesse est la lumière. Que ce soient aussi des cOl'l'ospon-
dances, cela e<;t évident, car la chaleur n'exisle pas dans
l'amour lui-même, mais d'après l'amour elle existe dans la
SUR LE DIVIN AMOliR 49
volonté et par suitr dans le corps; et la lumièl'e n'existe
pas dans la sagesse, mais elle existe dans la pensée de
l'entendement et pm' suite dans le langage, L'amour el la
sügesse SOllt dOllC l'essellce et la vie de la chaleur et de la
lumière, la chaleU!' et la lumièl'e sont des procédanls, et
comme rlles sont des procédants, elles sont aussi cles cor-
respondances,
96, Que la Lumière spil'ilueHe soit absolumrnl distincte
de la Lumière naturelle, chacun peut le savoir, s'il fail
attention aux pensées de SOIl 111Pntal; en effet, quand le
mental pense, il voit ses objels dans la lumière, el ceux
qui pensent spidluellpllH'nl "oieut les vl'ais, et cela au
milieu de la nuit aussi biell que dalls le jour; c'est lllême
poU!' cela que la lUl1lii're se dit de l'enlendement, ct que
l'enlelldement ('st dit VOil', cal' lorsque quelqu'un parle SUI'
un sujet, parfois un aulre dit qu'il voit que la chosp est
ainsi, c'esl,il-dire, qu'il cOlllprPlld; l'enL('ndement, éLant
spirituel, ne lwut voir aill~i d'apr!'s la Illmièrt' lIaturelle,
cm' la lumière natlU'(·Il!' n'est point inh{'rente, mais elle
s't'n',1 avec le soleil: il est donc évidont que l'entendemelll
jouit d'une lumière aull'(, que celle dont jouill'œil; eL que
cpUe lumière est d'une aull'e origine,
97, Qu'on se garde de penser que le Soleil du monde
:;pir'iluel soil Dieu Lui-~U>llle ; Dieu Lui-Même est Homme;
1(' premier procédant de son AmOlli' el de sa Sagesse est
l'Igné Spirit uel qui [lf'pat'uil devallllesAnges comme Soleil:
c'est pourquoi, lorsque le Seigneur se manifesle aux anges
en Personne, il se manifesle comme Homme, et cela, par-
fois dans le Soleil, pat'fois hOl's 'du Soleil.
98. C'est d'après cptlü cOl'l'rspondance que le Seigneur,
dans la Parole, non-seulement est appr lé Soleil, mais au~si
Feu et Lumière; et pal' le Solpil est enlendu le Seigneur
quan t au Di"in Amour et à la j)ivil1l~ Sa,gesse ensemble;
par le Feu, le SeiglleUl' quant au Divin Amour; el pal' la
Lumière, le Seigneur quant il la Divine Sagesse.

La Cltalettr Spirituelle et la Lwniè?'e Spirituelle en procé-


dant du Seigneur comme Soleil font un, comme sou
Divin Amom' et sa Divi1tc Sagesse font un.

99, Dans la Première Partie, il a été dil commenLle Divin


50 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

Amour et la Divine Sagesge dans le Seigneur font un; la


Chaleur et la Lumière font pal'8illemenL un, parce qu'elleg
en procèdenl, et les choses qui en procèdeut font un par
la cOl"l'espondance ; en eUet, la chaleul' cOI'J'8spond à l'A-
mour, el la Lùmièl'e à la Sagesse: Il s'en suit que, de même
que le DÏ\'in Amour esL le DiYin Elre, eUa Divine Sagesse
le Divin Existel', comme ci-dessus, l'\u> '14 à '16, de même la
Chaleur spirituelle esl le Divin procédant du Divin Êtl'e,
et la Lumiere spil'ituelle le Divin pl'océ.dant du Divin Exis-
ler; c'e:;L pourquoi, de melUe que paI' celle union le Divin
AIl'OU)' appartient à laDivine ::;agessc, et la Vhine Sagess(--
au Divin Amour, comme ci-dessus, N"':;4 il :'>9, de mème
la Chalclu' spirituelle apparliellt à la Lum;èJ'e spirituelle,
et la Lumière spiI'ituelle a la Chaleul' spil'i!uelle; el pal'ce
que lelle est l'union, il s'ell suil que la C!laleul' el la Lu-
mière en )1I'océdallt du Seigneur COlllllle Soleil sont un,
~Jais, dalls la suile, on vena qu'elles Ile sO[ll pas re~'ues
eOllune un pal' les anges ni par les hOlTlmes,
'100, La Chaloul' ella LUllIiüe, 'lui procèdent du ::;eigneUl'
cOlIlme Soleil, sont ce qui est PlIIillellllllPrlL appelé le Spiri-
tuel, et eIJe~ SOllt appelées le :Spirituel au sing'ulier, parcr
qu'elles SOllt un; c'est poul'quoi, dans ce qui suit, 10l'squ'il
pst di t le Spil'ituel, il est entelldu l'une el l'autre ensemble,
L', st à euuse de ,'e Spirituel que tout ce Monde est appelé
Spiril.uel, toutes les clIoses de C8 Monde-lil til'ent pdr ce
::-pit'iLuelleul' ol'igille, et pal' suite aussi Ipur dénomina-
lion, Si ceLLe chaleur et ceLLe lumièrE' sont Hppplées le
Spirituel, c'est pu l'ce que Dieu est apptl0 E~prit, eL Di(~u
('omme Espri t esl ce l'I'océdalll; Dieu d'aprl's SOli Esseme
même est appelé Jèhovuh ; niais pal' ce Pl'océt.lant il vivifie
et illuslre les Allges du Ciel et les lIolIllues de l'Eglise;
c'esl même pour cela que la vivificalioll el l'illuslration
SOllt dites êlre faites par l'Espl'jt de Jého\'ah,
101. Vue la Chaleul' et la Lumiè['e, c'est à-dire, le Spiri-
luel pl'Océdant du Seigneul' cOlIIme Soleil, fassenl un, c'est
ce qui peut être illuslré par la chalC'ul' et la lumièrE' qui
pl'ocèdent du Soleil du Monùe nalUl'el; ces deux aussi fonl
uu en sortant de ce Soleil: si elles ne fonl ras un l'ur
terre, cela vien t 11011 pas de ce Soleil, mais de la Tel'l'e; car
celle-ci roule chaque jour autoul' ,de son axe, el elle est
tl'unsportée clwque ullnee selon l'EdiuLÎquo; de là vient
l'apparence que la Chaleur el la Lumière ne font pas un,
SUR LE DIVIN A:'IroUR 51
car au milieu de l'été il y a plus ùe clialGur que do lumiilre,
et au milieu de l'hiver il y a plus de lumière que de cha-
leur: il en est de même dans le Monde spirituel; là cepen-
dant la terl'e n'a ni lllouvement de rotation ni mouvement
de translation, mais les Anges se tournent plus ou moins
vers le Seigneur, et ceux qui se lOUl'nent davanlage reçoi-
vent plus de chaleur et moins de lumièl'e, et ceux qui se
tournent moins vers le Seigneur reçoivent plus de lumière
et moins de chaleur; de là vient que les Cieux, qui se corn·
posent d'Anges, ont été distingués en deux Royaumes,
dont l'un est appelé Céleste, etl'autre Spil'Ïtuel; les Anges
célestes reçoivent plus de chaleur, et Ips Anges spirituels
plus de lumière, C'esl aussi selon la réception de la cha·
Ipul' el de la lumiè['c pal' eux qu'apparaissent les terres sur
lesquelles ils habilelll. La COITPspondance est complète,
pOUI'VU qu'au lieu du mouvement de la terre on prenne le
changement dl' l'élat des anges. '
10::l. Que considérés on eux-mêmes tous Ips spirituels
qui ont leur origine pal' la chaleur et la lumière de leur
solpil, fassent aussi pareillemen t un, mais que considérés
comme pl'océdanLs des atTectlons des Anges, ils ne fassent
point un, c'est cc qu'on verra dans la suile : quand la cha·
lem ct la lumière font un daus les Cieux, c'es t comme la
saison du printemps chez les Anges, mais quand dies ne
font point un, c'est ou comme un teml1s d'été, ou comme
un temps d'l1ivt![', non pas comme un Lemps d'hiver dans
les zùnes fl'oides, mais comme un temps d'hiver dans
les zônes chaudes; cal' la réception de l'amour et de la
sagesse pal' égale quantité, c'est l'angélique même; c'est
pourquoi l'ango est ange du ciel selon l'ullion de l'amou r
eL de la sagesse chez lui. Il en est de même de l' homme de
l'Eglise, si chez lui l'amour et la sagesse, ou la charité et
la foi, font UB.

Le Soleil du monde spirituel appa?'aît, à une hauteur moyen-


ne, distant des Anges, comme le Soleil du monde
naturel appa?'ait distant des hommes,

103. La plupart drs hommes emportent avec eux du


Monde l'idée que Dieu est au-dessus de la tète en haut, et
que le Seigneul' est dans le Ciel parmi les Anges. S'ils
52 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

emportent l'idée que Dieu est au-dessns de la tête en


haut, c'est parce que Dieu dans la Parole est appelé le
Très-Haut, et qu'il est dit qu il habite en lIaut; c'est pour-
qlloi,'quand ils supplientpt adorent, ils lhentles yeux et
les mains en haut, ne sachant pas que RaI' le Très-Jlaut il
est signifié l'intime, S'ils emportenllïdée que le Seigneûr
est dans le Ciel parmi les Anges, c'pst parce qu'ils ne pen-
sl'Ill de Lui que comme d'un autl'e homme, et quelques-
uns que comme d'un Ange, ne sachant pas que le SeigneUl'
pst le DLeu, ~I{>me et Unique qui gouve1'l1e ITnivel's; s'il
était parmi les Anges dans le 'Ciel, il ne pounait pas avoÎl'
1 univel's sous son intuition, ni sous son auspice et sous
SOli gouvernement; el s il ne brillait pas comme Soleil
devant ceux qui sont dans le Monde spiriluel, les Anges
ne pourr'lient avoir aucune autl'e lumière; car les Auges
sont spil'ituE'ls, ct par cOlls{>qnrnt aucunc lumièrc que la
lumii.'I'e spil'ilurlle ne COil\'il'llt à leur essence; que dans
les cieux il y ait une 11llnii'I'c qui slll'passe illlJl1ensémellt
la lumièl'e sm terre, c'est ce çu'on velTa ci ,dessous quand
il s'agira des degrés,
104, Quant il CE' qui conccl'llC le Soleil. d'apI'ès loquelles
Anges ont la lumièl'e el la chaloU!', il appm'aiL au-dessus
des terres sur lesquelles habitent les Anges, à une éléva-
lion d'envil'on qu;u'unte-einq degl'ps, qui est la moyenne
hautem; ct en outre il appal'ull distunt dps Anges, comme
le Soleil dll monde appal'alt dislant de,3 hommes. Ce Soleil
appm'ait COllstamment il cette hauteur et il cette distullce,
et il ne se déplace point; de là vient que les Anges n'ont
point de temps distincls en jours et en années, ni aucune
progression dujour allant du matin par le midi vers le soir
dans 11 nuil, ni pro!.!'I'cssion de l'<1.nnée allanL du pl'intemps
pm' l'élé \'el'S l'autolllne dans l'liivel' ; mais il y u une per-
pétuelle lumière et un perpétul"l printemps; c'est pOUl'-
quoi, au lieu de temps, il y a làdcs éluts,aillsiqu'iladéjà
été di t.
10:';, Si le Soleil du ~ronde spÏ1'ituel appal'ail à une mo-
yenne haull'ur, il y il pl'incipalernenL pour cela les raisons
suivantes; La PIIEMIÈIIE, c'est qu'ainsi laChal('Ul' et la Lu-
mière, qui pl'ocèdenl de ce Soleil, sont dans leur moyen
degl'é, et de là dans leur égalité, el pal' conséquent dans
leUl' juste lempérature; cal' si le Soleil appal'aissail au-
dessus de la moyenne hauteur, il serait per~u plus de
SUR LE DIVIN AMOUR 53
cha leur que de lumière,el s'il apparaissail au-dessous,
il serait perc:u plus de lumièl'e que de chaleur, comme il
arrive sur terre 10l'sque le Soleil est au-dessus ou au-des-
sous du milieu du ciel, lorsqu'il est au-dessus la chaleur
l'emporte sur la lumièrc, et lorsqu'il pst au-dessous la
lumièl'e l'empol'te sur la chaleU!'; car la lumière reste la
m~me dans la saison de l'~lé el dans celle de l'hiver, mais
la chaleur augrr,ente ou diminue selon les degl'és de hau-
teuI' du Soleil. La SECONDE raison pOUl' laquelle le Soleil du
Monde spiri luel apPUl'ail il une moyenne haulenr au-des-
sus du Ciel Angélique, c'est pal'ce qu'ainsi il y a dans tous
les cieux angéliques un prinlpmps .pel'pétuel, d'après le-
qnelles Anges sont dans l'plat de paix, car cet état cOI'I'es-
pond à la saison du printemps SUl' tet're. La TROISIÈME l'ai,
son, c'est qu'ainsi les .\nges peuvent tourner continuelle-
ment leurs faces yers le SeigneuI" et Le voir de leurs yeux,
car cie qUf'lque côlé que les Anges tOUl'nent.leurs corps, ils
ont devant leurs faces rOl'ient, ainsi le Seignour; cela est
pal'Liculiel' à ce Monde, ct cela n'aurait pas lieu si le Soleil
de ce Monde apparaissait au-dessus ou au-dessous du
milieu; ni il plus forle l'nison s'il appal'aissail ftu-dessus de
la têle nu zénith,
106. Si le Soleil du ~Ionde spirituel n'apparaissait pas
dislant des Anges, comme le Soleil du ~Ionde nalurel ap-
parait distant des hommes, tout le Ciel Angélique, el sous
lui l'enfel', c'l sous l'un ct l'autl'e noll'c globc' tCi'l'aqué, ne
seraient poillt sous l'intuition, l'Auspice, la Toute-Pl'ésen-
l'e, la Toute-SciC'nre, la Toute-Puissance et la Proyidencl"
[lu Seigneur: c'est par comparaison comme le Soleil de
lIotre Monde, si ce soleil n'était pas à celte distance de la
terre, où il appal'Uit, il ne pOlll'rait êlre ni pl'ésent ni puis-
salit pat' la chaleul' et la lumièl'e sul' toute la lelTe, ainsi
il np pOlll'rai t pas fOUl'nir un SCCOlll'S secondaiI'e au Soleil
du )Ionde spi1'Ïluel.
10ï. Il esl tl'PS nécC'ssaire qu'on sacllf' qu'il y a deux
Soleils, l'un :-;pil'ituel et l'autre Natlll'e J ; le Soleil spil'ituPl
pOUl' ceux qui sont dans le ~Ionde spirituel, rt lc Soleil
nHtul'rl pouI'ceuxqui sont dans le ~Iollde natUl'el : si on nI'
If' sail pas, on ne pent rien comprcndl'e avec justesse SUI'
la Cl'éalion ni sur l'Homme, sujc·ts dont il sera traiLé ci-
dessous; on peut, il est vl'ai, ,'air les effets, mais si les
54 LA SAGESSE ANG~LIQUE

causes des effets ne sont pas vues on même temps, les


eilets ne peuvent apparaître que comme dans la nuit.

La distance ent?'e le Soleil et les Anges dans le Monde spiri-


tuel est une appa?'ence selon la J'éception du Divin
Amou?' et de la Divine Sagesse pa?' eux.

108. Toutes les illusions, qui règnent chez les méchants


et chez les simples, ont leur origine dans des apparences
confirmées: tant que les apparences l'estent apparences,
elles sont des véri Lés apparentes, selon lesquelles chacun
peut venseret parler, mais quand elles sont reçues comme
des vCl'ités mêmes, ce qui al'rive quand elles sont confir-
mées, alors les vérités appar'entes deviennent des fausse-
tés et des illusions, Par exemple, c'est une apparence, que
le Soleil tourne chaque jour autoUl' de la terre, et s'avance
chaque année selon l'Ecliptique; tant que cola n'est pas
confirmé, c'est une vérité apparente, selon laquelle chacun
peut penser et parler; car on peut dire que le Soleil se
Ipve et se couche, et que par là i faille matin, le midi, le
soir et la nuit; et aus~i, qur le Soleil est maintenant dans
tel ou tel degré de l'EclipLique ou de sa hauteur, et que
par là il fait le printemps, l'Mé, l'automne et l'hiver ; mais
quand on confirme que cette apparence ost la vérité même,
alo\'3 celui qui le confirme pense et dit une fausseté d'a-
près une illusion. Il en est de même des autres apparen-
ces, qui sont innombrables, non-seulement dans les cho-
ses naturelles, civiles et morales, mais aussi dans les cho-
ses spil'Huelles.
109. Il en est de même de la distance du Soleil du Monde
spirituel, soleil qui est le premier procédant du Divin
Arnoul' et de la Divine Sagesse du Sei&neur; la vérité est
qu'il n'y a aucune distance, mais que la distance est une
apparence selon la réception du Divin Amour et de la Di-
vine Sagesse dans leur degl'é par les anges: que les dis-
lances dans le Monde spirituel soient dl's apparences, on
peut le voir d'après ce qui a été démontl'é ci-dessus, pal'
exemple, N°S 7 a 9, que le Divin n'est point dans l'espace:
et No> 69 à 72. que le Divin J'emplit tous les espaces sans
espace; or s'il n'y a poinl d'espaces, il n'y a point non plus
de distances, ou, ce qui est la mème chose, si les espaces
SUR LE DIVIN AMOUR 55
sont des appm'cnccs, les distances sont aussi des appa-
rences, car les distances appartiennent à l'espace,
110, Si le Soleil du Monde spiri luel apparaît à une dis-
tance des anges, c'est parce que le Divin Amour et la Di-
vine Sagesse sont reçus pm'eux dans un drgréadequat de
r.haleur et de IUlnièl'e ; car l'Ang-e, pal'ce qu'il est eréé et
fini, ne peut recevoir le Seignrur dans le pl'emier degré
de chaleur et de lumière. tel qu'il est dans le Soleil. car
alors l'Ange serait entièrement consumé; c'est pourquoi
le Seigneur est re~u par eux dans un degré de chaleur et
de lumière correspondant à leur alllour et à leur sagesse,
C'est ce qui peul èlre illustré par ceci: Un Ange du der-
niel' Ciel ne peut monter \'el's les Anges du Lroisième Ciel,
car s'il monte et entre dans leur dei. il tombe comme en
<!rfaillallcP, et sa vie est dans une lulle comme avec la
mort; et cpla, parce qur 1 amoul' et la sagesse sont en lui
dans un Illoindl'e de6'I'è, et que ia chaleur de son amour et
la lumière de sa sagessL sont d<lns ce mêllle degl'é: que
serail-ce alol's si un Ange montai! jusque vers le Soleil et
cntl'ait dalls son feu? Les différences de réception du Sei-
gneur pm' les Anges font aussi que les Cieux apparaissent
llisLincts pnLre eux; le Ciel suprême, qui esL appelé 'l'J'oi
siJ:ne Ciel, appal'ait au-dessus du Second, et celui-ci au-
dessus du Premier; ce n'est pas que les Cieux soienl dis-
tants l'Lm de l'autl'e, mais c'esl quïls apparaisseJll êLre
dislunls; cal' le Seignem est présent chez ceux qui sont
d,ms 10 Dernier Ciel, comme il l'esl chez ceux qui sont
dans le Tl'oisième ; ce qui faitl'appm'er\('e de la distancoest
ùuns les !iuj els, qui sonlles Anges, el non dans le Seigneur,
1'1 l, Qu'il rn !ioil aillsi. c'est ce qui ne peul être tacile-
menL saisi par l'iMe mllul'elle, parce qu'en elle il y a l'es-
)):lce, mais rela peut èlre saisi par' l'idée spirituelle, pêu'ce
qu'ell elle il n'y a poinll'espace ; dalls celLe idée sont les
Anges, Npanmoins on pput sai!iir par l'idée nalurelle que
1 Amour et la Sagrsse, ou, ce qui rbvienl au même, que le
Seigneul' qui est le Divin Amour el la Divine Sagesse, ne
peul pas s'avancer par des espaces, mais qu'il esl chez
elIacun selon la réception, Que le Seigneur soit présent
cllez Lous, Lui-Mémc l'ensrigne dan!'> Mathipu, - XXVIII,
~O; - et qu'il fassr sa dplOeure ('!lE'Z coux qui L'aimenl,
il l'enseigne dans Jean, - XIV. 23,
56 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

112. Mais cola. ayant été confirmé par les Cieux et par les
Anges, peut êtl'e considéré comme d ·une sagesse supé-
rieure; néanmoins la même chose est chez les hommes;
les hommes, quant aux intérieUl"s de leur mental. sont
échauffés el illustrés par ce m(>nw Soleil, pal' sa chaleur
ils sont éChauffé's, et par sa lUllllère ils sont illustrés, en
tant qu'ils l'e<:oivent du Seigneur l'amour et la sagesse:
la différence entt'C les anges et les hommes, c'est que les
anges sont seulement sous ce Soleil, landls que les hom-
mes sont non-seulement sous ce Soleil, mais aussi sous le
Soleil du monde; car les corps des hommes, s'ils ne sont
pas sous l'un et l'autre Soleil, ne peuvent ni oxisler 1Ii
subsister; il en est autrement des corps dcs Anges, qui
sont des corps spirituels.

Les Anges sont dans le Seigneur, et le Seigneur est dans


eux; et comme les Anges sont de,ç récipients, !~ Seigneur
Selll est le Ciel.

1'13. Le Ciol est appelé l'Hahitacle (le Dieu, et aussi le


Tl'ône de Diou, et dn là on croit que Dieu y cst, comme
un H.oi esl dans son HoyaumE' ; mais Dieu, c'esl-à-dil'e 10
SeignE'ur, esl, dans le Soleil au-dessus des Cieux, el par
sa présence dans la ChaleUl" et dans la Lumièt'e il est dans
les Cieux, ainsi qu'il a été montré jans les deux Articles
préc(;dents. et quoique le Seigneur soit de celte manière
dans le Ciel, il y est néanmoills comme en soi; car, ainsi
qu'il vient d'être démontré, N°'108 à 1l~. la distance entre
le Soleil et le Ciel n'est point une distance, mais elle est
une apparence de distance; puis donc que ceUe distance
n'est qu'une appal'enC'e, il s'en suit que le Seigneur Lui-
Même est dans le Ciel, car il est dans l'Amour et dans la
Sagesse des Anges du Ciel; et puisqu'il est dans l'Amour
et dans la Sagesse de tous les Angos, et que les Anges
conslilupnt le Ciel, il est dans I.out le Cirl.
114. Que le Seigneut' sail non-seulement dans le Ciel,
mais qu'il soit aussi le Ciel même, e'esL pat'ce que l'amour
et la sagesse font l'Ange, et que c('s deux choses appar-
tiennent au Seigneur chez les Anges; il suit de là que le
Seigneur est le Ciel. En effet, les Anges ne sont point An-
ges pal' leur propre, leur propre est absolument comme
SUR LE DIVIN AYfOUR 57
celui de l'homme, propre qui esL le ~,al; que ce soiL là le
propre des anges, c'esL parce que tous les angAs ont éLé
des hommes, eL que ce propre leur est inhérenL par nais-
sance; il esl seulement élvigné, et. autanL il esl éloigné,
auLanL ils l'eçoivenLI'amour cL la sagesse.c'est-à-dire,le Sel-
gneur dans cux. Chacun peuL yoir, pOUl' peu qu'il élève
son entendemenL, que le Seigneur ne peuL habiLer chez
les anges que dans cr qui lui appartient, c'est-à-dire, dans
son propre, qui esL l'Amour et la Sagesse, eL nullemenL
dans le propre dos anges, qui esL le mal; de là vienL qu'au-
LanL le mal esL éloigné, autant le Seigneur est dans eux,
eL autant eux sont anges; l'angélique même du Ciel esL le
Divin Amour eL la Divine Sagesse; ce Divin est nommé
Angélique tanL qu'il est dans les anges; de> là il est do
nouveau évident que Ifls Anges sonL Anges par le Seigneur,
ct non pal' eux-mêmes; pal' conséqucll t aussi le ciel.
1'1;;. Mais on ne peuL pas saisir commenL le Seigneur est.
dans l'Ange, et l'Ange dans le Seigneur, si l'on ne sail pas
quelle est la conjonction; il Y a conjonction du Seigneur
a\"ec l'Ange et de l'Ange a\"ec le Seigneur. la conjonction
est dunc réciproque; de la pal·t de l'Ange elle est comme
il suit: L'Ange ne per('oiL pas autrement, sillon qu'il est
dans l'amour et dans la sagesse par lui-même, pareille-
men LCOmlllE! lïlOmme, et par consôquent comme si l'amour
et la sagesse lui appartenaienL, ou étaient siens; s'il ne
perceyaiL pas ainsi, il n'y aurait aucune conjonction, ainsi
le Seigneur ne sorait pas ùans lui, ni lui dans le Seigneur;
et il n'est pas possible que le Seis'neur soit dans quelque
ange ou dans quelque homme, a moins que celui dans
lequel il est nvec l'amour et la sagesse, ne pel·çolve> et ne
sente cela commo sien; par h le Seil!neur non seulement
est reçu, mais encore nprès :n"oir éLé reçu il est retenu, et
en outre il est ai né rôciproqucment; aussi est-ce pal' là
que l'Ange est sage, et reste sage; qui peut vouloir aimer
le Seigneur pl lt~ prochain, et qui peut vouloil' ètre sage,
sÏl ne sen t et ne pel"c:oit comme sien co quÏl aime, apprend
et puise? qui peut autrement retenir cela chez soi? s'il
n'en était pas ainsi, l'amoul' ella sagesse qui influent n'au-
raient aucun siège, car ils se répandraient au dehors et
n'affecteraient pas; ainsi l'ange no serait point ange,
l'hom:ne ne serait poinL homme, et même il ne serait que
commo quelque chose d'inanimé. D'après ces explications,
58 LA SAGESSE ANGt.LIQUE

on peut voir que pour qu'il y ait conjonction il faut qu'il y


ait le réciproque.
116. Mais comment se fni t-il que l'A nge pel'<,'oive et sente
cela comme sien, eLainsi reçoive et retienne, quand c(,pèn-
dant cela ne lui appar·tient pas, rai' il a été dit ci-dessus
que l'Ange est Ange non par ce qui lui appartient, mais
par les choses qui chez lui viennent du Seignf:'ur? c'est ce
qui va mainlpnanl être dit; voici quelle est 1;). chose en
elle-même: Il y a chez chaque ange une Liberté pt une
Hationalité; ces deux. choses sont chez lui atin qu'il soit
susceptible de rece\'oü' l'amour et la sagesse qui Pl'ocè-
dent du Seigneur; mais l'une et l'autre, tan t la Liberté
que la Hationalité, appartiennent non pas nlui, mnis au
Seigneur chez lui; cependant comme ces d('ux choses ont
été intimement conjointes:i S:J vie, et si intimement, qu'on
peut les dire jointes dans la vie (injunrta ùitœ), c'est pour
cela qu'elles apparaissent comme s('s propres; d'apl'ès
('lies il peut penser el vouloir. parler ct agir, ct ce que
d'après elles il pense. veul, dit et fait, npparaîl comme si
c'était d'après lui-J11~m"; c'est là ce qui fait le réciproque,
pal'lequel il y a con jonc lion. Mais nt>anmoins nulantl'.\n-
ge croit que l'amour et la sagesse sont en lui, et ainsi se
les aLtribue comme sipns, autant l'Angèlique n'est point
en lui, et autant par' suite il n'y a point conjonction de lui
avec leSeigneur, car il n'est point dans la vf.ril~; et cOllime
la \'éril~ fait un a\,('c la lumipl'e du cipl, autant il ne peut
être dans le ciel; car par là il nic qu'il vive par le SeignpUJ',
et il croit qu il \'il par lui mê;Tw, par cons~qLlent que la
Divine essence est a lui; c'est dans ces deux choses, la
Liberté ct la Hationalité, que consiste la vie, qui est appe-
lée aY)~élique el humainc. D'après cesexIJlications on peut
voir que l'Ange a le réciproque pour la ronjonction avec le
Seigneur, mais que le rpcipI'oque, consi dél'é da ns sa facul té,
apparLienl non pasà lui mais au Seigneur: de là vient que s'il
abuse de ce récipl'oque, par lequpl il per~oi te t sent comme
sien ce qui est au Seigneur, ce qui arI'ive quand il se l'appl'o-
prie, alors il dpchoi t de l'angnlique. Qut> la conj onction soit
récipl'oquP, le Seigneur l'enseigne Lui-Même dansJ('an. -
XIV, 20 à 2'!.XV. 4,5,6; - et que lu conj onction du SeigIlPUI'
avec L'homme, et de l'homme avec le Seigneur, soit dans
les ch9ses qui appartiennent au Seigneul'. lesqllellps sont
appelées ses paroles, on le voit dans Jean, - XV. 7.

SUR LE DIVIN AMOUR 59


117. Il Y en a qui cl'oient qu'A.dam a été dans une tf'lle
Liberté ou un tpl Libl'e Arbitre, qu'il a pu d'apr'0s lui-
même aimer Dieu et être sagp, et que ce Libre Al'bill'e a
été entièl'ement perdu dans ses descendanls; mais c'est
là une erreul'; CUl' l'homme n'est point la vie. mais il esl
le récipient de la vie. voù' ci-dessus, N"s It à 6. 55 à (;0; et
celui qui est le récipient de la vie ne peut ni aimer ni êlre
sage d'après quelque chose du sien: aussi lui-même quand
il a voulu aimer et èll'e sage d'après ce qui était sien. est-
il déchu de la sagesse el de l'amour, el a-t-il élé chassé du
P:ll'adis.
113, Ce qui vienl d'êlre dit de l'Ange doit pareillement
êll'e dit du Ciel qui se ('0111pose d'.\.nges, puisque le Divin
est le même dans les lrès-gr'ands et dans les tl'ès-peti ts,
ainsi qu'il a été démontré ci,dessus, Nu' 77 a 82. Ce qui a
olé dit de l'Ange ,et du Ciel doit. pareillpmt>nl être dit de
l'Homme et d8 l'EglisE', cal' l'ange du Cipl et l'homme de
l'Eglise font un par la conjonc lion ; t<t aussi 1 homme de
J'Efrlise, quanl aux intérieul'S qui appal'Iiennen l, à son
mental, est un ange: mais pal' l'homme de l'Eglise il
est entendu l'homme dans lequel il y a l'Eglise.

Dans le il/onde spirituel l'Orient est où' appamU le Seigneu1'


comme Soleil, et de là dépendent les autres Plages.

119. Il a élé traitr du Soleil du Monde spirituel et de son


essence, de sa Chaleur et de sa Lumièl'e, et dp la Présence
du Seigneur provenant de Il; maiIltenaIlt il sera trailé
aussi des Plag'cs de ce Monde, S'il est tr'aité de ce Soleil et
de ce Monde, c'ec;L parcp qu'il est ll'aité de Dieu, et de l'A-
mour et de la Sagesse; or, traiter ces sujets autl'ement que
d'après l'origirH' elle-mêmE', se sel'ait en tl'aitel'd'ap"ps les
effets ct non d après les causes; el cependant les etl'el.s
n'enseignent que dps pffets, el examinés s('uls ils ne met-
ten l en évidence nucul1r ('ause ; mais les causes mel tent en
évidence les effets; et savoir les effels d'après les causes,
c'est rlre sage; au conLrail'f', rechercher Ips causes d'a-
pr'ès les ell'els, c'est ne pas être sage, pal'ce qu'alors il se
prr~p.nl(> des illusions, qU(~ celui qui fail des recherches
appelle cause, el c'est la l'elldl'e insensée la sagesse; en
effet, les causes sonlles antérieurs, et les efîets sont les
60 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

postérieurs; et d'après les postél'ieurs on ne peut pas voir


les antérieul's, mais ù'apl'ès les antérieurs on peut voir
les postérieUI's; c'e:;;t là l'ol'dre. Voilà la raison pour laquelle
iciilesl tl'aiLéd'abord du~ronde spil'ituel, carlilsont toutes
les causes; et, plus tard, du )londe naturel, Oll toutes les
choses qui apparaissent sont des effets.
120. Ici donc il sera parlé des Plages dans Ir) Monde spi-
luel : Là il Y a pal'eillement des Plages comme dans le
Monde naturel; mais les Plages du MondE' spirituel comme
le ~Ionde lui-meme sont Spirituelles. et les plages du Mon-
de natUl'el comme le Monde lui-même sont naturelles,
aussi sont-elles si différentes, qu'elles n'ont rien de com-
mun. Dans l'un et dans l'autre Monde il y a quatre Plages,
qui sont appelées l'Ol'ient, l'Occidl'nt. le Midi et le Septen-
trion : ces quatre Plages dans le Monde ruüul'el sont cons-
tantes, détel'minées par le soleil à Midi, par devant est le
septentrion, SUI' l'un des côtés l'orient, SUI' l'autre l'occi-
dent; ces plages S01'll déterminées pal' le midi de chaque
lieu, cal' la posi tion du Soleil à midi est touj ours la même
partout. et par conséquent fixe. Il en est autrement dans
le Monde spiJ'i tuel ; là, les Plages sont déterminées paI' le
Soleil, qui apparaît constamment dans son lieu; et oil il
apparail,c'est rOI'ienl; c'est pOUI'quoi la détermination des
plages dans ce monde n'est pas d'après le Midi comme
dans le ~Ionde natUl'el, mais elle est d'après l'Ol'ient; pal'
devant est )'O('cident, sur l'un ùes côtés le )lidi, sur l'autre
le septentrion. )'lais qU8 ('es Plages proviennent non pas du
Soleil du Monde spirituel, mais des habitants de ce MO.1de
qui sont les Anges et les ESPI'its, c'est ce qu'on verra dans
lu suite.
121. Puisque ces Plages d'après leur origine, qui est le
Seigneur comme Soleil, sont Spirituelles, les Habitations
des Anges et des Esprils, qui loulE'S sont selon ces Plages,
sont aussi par conséquent SpiI'iluelles; el elles sont Spi-
rituelles, pm'ce que les ange,; et les esprits habitent selon
les réceptions de l'amoUl' el de la sagesse procédant du
Seigneur; dans rOrienL habitenl ceux qui sonl, dans un
dcgr'é supérieur de l'AmoUl', cI:lns l'Occident reux qui sonl
dans un degré inférieUl' de l'ArnoUl', dans le ~Iidi ceux qui
sont dans un degré:! supérieul' de la Sagesse. ct dans le
Septenlrion ceux qui sont dans un degré intéI"ieur de la
Sagesse. De là vient que, dans la Parole, pal' l'Orirmt il
SUR LE DIVIN AMOUR 61
est entendu dans le sens suprême le Seigneur, et dans le
sens l'ei'>pectif l'amolli' enVeI'S Lui, pal' l'Occident l'amolli'
omers Lui en décl'oissemcnt,pm'le Miji la sagesse dans la
hunière, et pal' le SeptenLrion la sugpsse dans l'ombre;
ou, des choses semblables respectivement à l'état cie ceux
dont il s'agi l.
1:22. Comme c'est d'après rOdent que toutes les Plages
dans le Monde spirituel sont détorminées, et que pal' 1'0-
l'ient il esl enLendu dans le sens suprème le Seigneur, et
aussi le Divin Amour, il est éyident que c'est du Seigneur
et de l'amour envers Lui que procèdent toutes choses, et
que, auLanL quplqu'un n'est pas dans cet amour, auLant il
est éloigné du Seigneur, el habite soit dans l'occidenL, soit
dans le midi, soit dans le septentrion, à des distances là
selon los réceptions de l'amour,
123, C'est parco que le Seigneur comme Soleil esl cons-
tamment à l'orient, que les Anciens, chez qui loules les
clIoses du culLe étaiont des représentatifs des spiriLuels,
toul'llaien t leurs facps vers l'orient dans leurs adorations ~
et que, pOUl' faire la même chose dans tout culte, ils tOUl'-
nèrent aussi leurs Temples de ce cùlé ; de là yient que les
Temples aujoul'd'hui sont aussi bàLis selon la même di-
rection.

Ll's Plages dans le lIlonde spi1'ituel p1'oviennent, non pas dl'


Seigneu1' comme Soleil, mais des Anges selon la 1'écep-
lion,

124. Il a été dit que les Anges habilent distinctement


entre eux, les uns daus la Plage orientale, d'aull'es dans
l'occidentale, d'au Lres dans la lIIèridionale, etd'autres dans
la sepLentrionale>; et que ceux qui llabilenL dans la plage
orientale sont dans un degré supél'iülll' ùe l'amour, ceux
de la plage occidentale clans un degr'(\ inf(~rieUl' de l'amolli'
ceuxde la plage méridionale clans la lumière de la sagesse,
et ceux de la pla(!(> septenLrionale dans l'ombre de la sa-
gesse. CeLLe diversité ù'lwLilafions semble proyenir du
tlcigneur comme Soleil, lorsque cependanL elle provient
des Anges; le SeigneUl' n'est pas ùans UII plus ou moins
g'I'and degré d'amour et de sagesse, ou, Lui-~[~lIIe comme
Soleil n'est pas dans un plus ou moins grand degl'é de
62 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

cllUleui' et de lumière citez l'un que chez l'auLl'e, car il e:sl


Pal'tout le même; mais il n'est I?as recu pal' l'un et par
l'aulre dans un semblable degro ; el cela fait qu'ils appa-
raissent entre eux êtl'e plus ou moins distants, et ditIérem-
ment aussi selon les plages: il suit de la que les Plages
dans le ~Ionde spirituel nr son t auLre chose que les récep-
tions différentes de l'amollI' el de la sagesse, el pal' con-
séquent de la chaleur et de la lumière qui prorèdent du
Seigneur comme Soleil: qu'il en soit ainsi, onle voitclai-
l'ement d'aprps ce qui a éLé dÉ'l1lonLré ci-dessus. N°S 108 à
1-12, que les Distances dans le Monde spirituel sont des
apparellces',
1~1:i. Puisque les Plages sont les HéccpLions différentrs
dr l'amour et de la sagesse pal' les anges, il sera parlé de
la diffél'ellce d'après laquelld cptL~ apparence existe. Le
Seigneur est dans l'ange et l'ange esL dans le Seigneur,
ainsi qu'il a été mon LI',) dans l'Artide pi'éc6dent; mais
parce qu'il semble que le Seigneur' comme Solc'il soit hors
de l'all~'e, il semble aussi que le Seignrlll'ie voit du Soleil,
ct <lue lui voit 10 :::3rignelll' dam le :::3o!eil, ce qui est à peu
pr~s comUH' l'imnge qui so présente clans le llIiroir; c'est
pourlluoi, s'il faut pm'ler d'api'i's (;ClLe appal'cucc, telle esl
alors la chast' : Le SeigneuI' ~oit et regarde chacun eu
face, lllais il n'rll esl pas récipl'O(;UCIlH'llt ainsi pour les
Anges à l'é'ial'd duSeigneUl'; C0UX qui sont pal'Io Srigneur
dans l'amOlli' em'81'S Il' ~li';lleur Le voient directement,
aussi sout-ils rlalls l'Ol'iC'lIt el dans l'üccidC'lh; mais ceux
qui sont da\ alltage daus la sa,!.!;es:-e \'oient Je Seigneur
obliquemellL à droite, el ceux qlli SOllt moins dans la sa-
gesse Le "oient ohliquomellL il f!.'auche, c'esl pourquoi
ceux,ci sonl dans le tieptentl'iOll cl reux-là dans 10 .Midi.
S'ils sont dans Ull aspect oblique, c'est parce que l'amoUl' et
la sagesse procèdenL comme un du SeigncUl', mais ne sont
pas reçus commo un pal' les Anges, ain:-i qu'il a aussi été
dit ci-dessus, et que la sagesse qui est en plus g"l'ande abon-
d<tllCe que l'amour appal'uit, il esL vrai, comml' sagesse,
mai:-; néanmoll1s n'est point sagesse, pm'ce que ùans la
sagesse sUI'abondante il n'y a point la vie procédant de
l'amour, D'après ces explications on \'oiL clail'enll'nt d'ol!
vient la différencc' ùe récoption, cOllforlll('lllent à laquelle
les habitations des Ange::; appal'Uissent selon les Plages
dans le lllonde spiriLuel.
SUR LE DIVIN AMOllP.. 63
1:26, Que la rl'cepLion difî'él'ellle de l'êllIlOUI' eL ùe la sa-
gesse fasse la plage dans le Monde spirituel, on peuLle voir
ell ce que l'Ange change de plage selon l'accf'oissement el
le décroissement de l'amour chez lui, d'où il est évidenl
que la plage pl'ovient non pas du Seigneur comme Soleil,
mais de l'Ange seloB la réception, Il en est de même de
J'homme quant à son esprit, il est quant à l'pspri Ldans une
des plages du àlollde spit'iLuel, quelle que soit la plage du
Monde naturel dalls laquelle il est; cal', ainsi lIU'il il été
dit ci-dessus. les plages du ~lollr\.e spirituel n'ont rien de
commun avec les plUbes du Monde natlll'el; l'homme est
dans ceiles-ci quant au corps, cl dans celles la quant à
l'esprit.
1 ~7, Pour que l'amoul' C'l la sagesse fassent un chez
l'an~e eL chez l'hùmlLe, tout est pur paires dalls loutes les
choses de son corps; il Y a deux yeux, dpux oreilles et
deux narin('s ; il Y a rieux mains, deux jumbes et deux
pieds, le con"eau a été di \'isé en deux hémisphères. le cœur
ell cieux chambres, le poumon en deux lobes, pal'cillerrt(>llt
toutes les autres choses; ainsi duns l'ange pL d:1l1s 1'l!Olll-
IlW il y a une droiLe <::t ulle gaucIJe; et toules les par·ties
droiLes se réfèrent a l'alllour d'olt procèJe la sagesse, et
touLes les parties gauches à la sagesse procéd;mL de l'a-
moUl', ou, ce qui est la même chose, touLes les par'l ies
droites se réfèrent au bien d'où procédr le Vl'ui, eL toutes
les parties guucbes au \Tai procédant du bien, Crs pail'es
sont dans l'angr et dans l'homnH,, pOUl' qlle l'amoul' et la
sagC'sse, ou le bien el le "Tai, fassent un, et pour qu'ils
regat'dent comme un vers le Scignelll': mais, dans la suite,
il en s('ra dit r1anlflla~e SUl' ce sujeL.
128. D'at)l'ès cela, on peul ,"oir duns quc'lle illusion el
pal' suite dans quelle funsseté sonL cpux qui cl'oipnt l/ue le
SeigneUl' donne à son gré le ciel, ou qu'il dOline à ~on gJ'é
à l'un d'ètl'p plll~ sa~e et d'aimel' plus qu'un auLI'e; 101's-
que ('.ependau t le Selgnülll' veut é,!-!alement que l'un comme
l"autl'e soil sa,!-!l' et soit sauvé; cal il pour\'oiL à des moyells
pOUl' Lous ; CiWCUll s('lon q.,'il reroit ces moyens el y con-
fOl'me sa vie esl sagp el est samé. (:al' le Seigneur est le
mrme chez. l'uu pt cll('z 1 autr'e; mais les r0cipieuts, qui
sont les anges eL les hommes, sont différenLs d'apl'ès une
réceptioJl différenLe et une de différente. Qu'il en soit
ainsi, on peut le voir par ce qui vient d'ètl'e dit des plages
64 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

et des habitations des anges selon les plages, à savoir, que


cette ditl'él'ence provien t non pas du Seignelll', mais de
ceux qui l'eçoi\,enL.

Les Anges tournent continuellement leur race vers le Sei-


gneur comme Soleil, et ont ainsi le midi à dl'oite, le
septeatrion à gauche, et l'occident del'riè1'e eux.

129. 'l'oules les choses qui sont dites ici des Anges et de
leur com"ersion Yel'S le Seigm'ur comme Soleil, doiyent
être aussi entf'nduC's de l'homme quant à son esprit, cal'
l'homme quant il "on melltal c"t un esprit, et s'il C'st clans
l'amour ct dans la sagesse, il est UII ange'; c'cstaussi puur
cela qu'après la mOl"t, 10l'squ'il a dé[louillô ses extel1le~
qu'il avait tÏl'és du monde naturel, il deviellt espl"it ou
allge : et comme les anges tournent conLinuellèment la
face rel"S l'Orient du so]ril. aillsi vel's le Spil.melll', il est
dit aussi je l'homme. qui est pal' le Seigneur dan" l'amolli'
el la sagesse, qu'il \'oi l Dieu, qu'il tOUl"ne ses regards yeni
Dieu, qu'il a Dieu devant 1<,,, yeux, expre~sions pal' les-
quellc>s il cst entendu qu'il vit comme un Ange: on s'ex-
prime ainsi dans le mondr. tant parce que cps chosps exis-
tent en arLllalité (lans le ciel, que pal"ce qu"elles exi"tonl
en actualité dans l'psprit oC' l1Jomme; qui est-ce qui ne
voit pas Dipu de"ill1L :,;oi, lorsqu'il pri(', quelle que soit la
pla!.!'e n'I's laquelle est tournée sa face?
130. Si les Anges tomnpn! continuellement lems faces
vers le Seigneur comme Soleil, c'est parce que les Anges
sont dans le Spigneur el que le Seignem ('st d:ms eux. rt
parce que le Seigneur conduit inlériemernenL lems utlec-
Lions et leurs pensées, cl les tourne' conlinudlement vers
Lui; ainsi ils ne peuveut faire autrement quP do l'efwl'd('r
vers rOI"ient, où appal'ait le Seiglleur comme Soleil; de
là il est évident que les Angrs 11(' sr tOUl'n('nt pas vers le
Seigneur, mais que le :::leigneur les tOUl'l1e vers Lui: en
effe t, quand les Anges pensen tin Lél'iourenH'llt au SeigneUl"
alors ils ne pensrnt p~s à Lui autrement que comme étant
dans eux, la pensée intérieure elle-mêlllp Il(> fail point la
distance, mais la pensée extèl"ieure, qui fait un avec la HIC
des yeux. produit la dislance ; et cela, paree que la pensée
extérieure est dans l'espace, mais non l'intérieure, et là
SUR LE DIVIN AMOUR 65
olt elle n'est pas dans l'espace, comme dans le Monde spi-
rituel, elle est néanmoins dans l'apparence de l'espace.
Mais ces choses ne peuvent pas être facilement comprises
par l'hommo qui pense à Dieu d'après l'espace, car Dieu
est partout, et cependant n'est pas dans l'espace, ainsi il
est tant en dedans qu'en dehors de l'ange, et par suite
l'ange p.3U t "oir Dieu, c'est-à-dire. le Seigneur, et en de--
dans de soi et en dehors de soi; en dedans de soi quand
il pense d'a~rès l'amour et la sagesse, en dehol"s de soi
quand il·pense à l'amollI' et à la sages3e. Mais il sera parlé
spécialement de ce sujet dans les traités sur LA TOUTE-PRÉ-
SENCE, LA TOUTE-SCIENCE ET L.\ TOUTE-PUISSANCE DU SEIGNEUR.
Que chacun se garde hi en de tomber dans ceLLe hérésio
exécrable, que Dieu s'est infusé dans les hommes, et qu'il
est dans eux el n'est plus dans soi, lorsque cppendant Dieu
est partout tant en dedans qu'en dehol's de l'homme, cal'
il est dans tout espace sans espace, comme il a été montré
ci-dessus, NOb 7 à 10, et 6U à 72; CUl' s'il était dans l'homme
il serait non seulement divisible mais encore renfermé
dans l'espace; bien plus. l'homme pOllI'rait même alors
penser qu'il est Dieu: cette hérésie est si abominable, que
dans le monde spirituel elle pue comme un cadavre.
13'1. La conversion dp8 Anges vers le Seigneur est telle,
que dans toule conversion de leur corps ils ont leurs re-
gards vers le Seigneur comme Soleil devant eux: l'Ange
peut se tourner de tous les côtés, et voir aiIlsi los différents
objets qui sont autour ùe lui ,mais néaull10insle Seigneur
comme Soleil apparaît continuellement devant sa face.
Cela peut pm'aHre étonnant, mais cependant cela est la
vérite ; jl m'a aussi été donné de voir ainsi le Seigneur
comme Soleil; devant ma face je Le vois, et pendant plu-
sieurs années, vel's quelque plage du Monde que je me
sois tourné, je L'ai YU pareillement.
132. Puisque le Seignpur comme Soleil, et ainsi l'Orient,
est devant les faces de tous lps Anges, il s'ensuit que pour
eux à droite est le midi, à gauche le septentrion, et par
del'l'ière l'occident, par conséquent aussi dans toute con-
version de leur corps ; car, ainsi qu'il a déjà été dit, toutes
les plages dans le :\Ionclc spirituel ontéLé déterminées par
l'Orient; c'est pourquoi ceux pOUl" qui l'Orient est devant
les yeux, sont dans les plagps mêmes, bien plus ils en sont
eux-mêmes les déterminations; car, ainsi qu'il a été mon-
fi
66 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

tré ci-dessus, N°S 124 à 128, les plages proviennent non


pas du Seigneur comme Soleil, mais des anges selon la
réception.
133. Or, comme le Ciel se compose d'Anges, et que les
Anges sont tels, il s'ensuit que le Cieltout entier se tourne
vers le Seigneur, et que par cette con version le Ciel est
gouverné comme un seul Homme par le Seigneur, de même
qu'aussi le Ciel est sous le regard du Seigneur. Que le Ciel
sous le regard du Seigneur soit comme un seul Homme,
on le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'EN~'ER, ~o6.59 à 87 :
de là viennent aussi les Plages du Ciel.
134. Puisque les Plages sont ainsi comme inscrites dans
l'Ange et aussi dans le Ciel tout entier, c'est pour cela que
l'Ange connaît sa maison et son habitation, en quelqu'en-
droit qu'ilaiHe, toutautrementque l'homme danslemonde;
si l'homme ne connaît ni la maison, ni l'habitation d'après
la plage en soi, c'est parce qu'il pense d'après l'espace,
ainsi d'après les plages du monde naturel, qui n'ont rien
de commun avec les plages du monde spiriLuel.Mais néan-
moins chez les oiseaux et chez les animaux il ya une sem-
hlable science, cal' il a été insité en eux de connaitre leurs
maisons et leurs habitations d'après eux-mémes, comme
on le sait par un grand nombre d'expériences; indice qu'il
y a quelque chose de semblable dans le monde spirituel;
car toutes les choses qui existent ùans le monde naturel
sont des effets, et toutes celles qui existent dans le monde
spiril.uel sont les causes de ces effets; il n'existe pas de
naturel qui ne tire sa cause du spirituel.
Tous les intél'ieu1's tant du mental que du C01'PS des Anges
ont été tou1'nés ve1'S le Seigneur comme Soleil.

135. Les Anges ont un entendement et une volonté, ils


ont une face et un corps, et ils onl aussi les intérieurs de
l'entendement et de la volonté, et les intérieurs de la face
et du corps: les intérieurs de l'entendement et de la vo-
lonté sont les choses qui app3.rtienncnl à leur affection el
à leur pensée inlérieures ; les intérieurs de la face sont les
cerveaux, et les intérieurs du corps sont les viscères, dont
les principaux sont le cœur et le poumon: en un mot, il
y a chez les Anges toules et chacune des choses qui sont
chez les hommes sur terre; c'est par ces choses que les
SUR LE DIVIN AMOUR 67
Anges sont des hommes; ce n'est pas la forme externe
sans ces internes qui fait qu'ils sont des hommes, mais
c'est la forme externe jointe à ces internes, ou plutôt pro-
venant de ces internes; autrempnt ils seraient seulement
des images d'homme, dans lescluelles il n'y aurait point la
vie, parce qu'en dedans il n'y aurait point la forme de la
vie.
136. On sait que la volonté et l'entendement gouvernent
le corps à leur gré, car ce que l'entendement pense la bou-
che le prononce. et ce que la volonté veut le corps le fait;
il est donc évident que le corps est la forme correspon-
dante à l'entendement et à la volonté, et comme la forme
se dit aussi de l'entendement et de la volonté, il est de
même évident que la forme du corps correspond à la forme
de l'entendpment et de la volonté; mais quelle est l'une et
l'autre forme, ce n'est pas ici le lieu de le décrire; il Y a
même des choses innombrables dans l'une et l'autre, et ces
choses innombrables de part ct d'autre font un, parce
qu'elles se correspondent mutuellement: de là vient que
le Mental, on la volonté eU'entendement, gouverne le corps
à son gré, ainsi absolument comme il se gouverne lui-
même. Il s'ensuit que les intérieurs du mental font un
avec les intérieurs du corps, et que les extérieurs du men-
tal font un avec les extérieurs du corps. Il sera parlé plus
loin des intérieurs du mental, apl'ès qu'il aura été traité
des degrés de la vie, et alors il sera pareillement parlé des
intérieurs du'corps.
137. Puisque les intérieurs du mental font un avec les
intérieurs du corps, il s'ensuit que lorsque les intérieurs
du mental se tournent vers le Seigneur comme Soleil, les
intérieurs du corps font aussi de même; et puisque les
extérieurs dp l'un et de l'autre, tant du mental que du corps,
dépendent de leurs intérieurs, il en résulte qu'eux aussi
font de même; en effet, ce que l'externe fait, il le fait d'a-
près les internes, car le commun tire son tout des particu-
liers dont il se compose. D'après cela il est évident que,
puisque l'Ange LOUl'ne la face et le corps vers le Seigneur
comme Soleil, tous les intérieurs de son mental et de son
corps ont aussi été tournés vers le Seigneur, Il en est de
.même de l'homme, s'il a continuellement le Seigneur
devant les yeux, ce qui art'ive s'il est dans l'amour et dans
la sagesse, alors non-seulement il Le regarde des youx et
68 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

de la face, mais aussi de lout son mental et de toul son


cœur, c'est-a-dire, de toutes les choses de la volonté et de
l'entendement, et en méme temps de toules celles du
corps.
138. Cette conversion vers le Seigneur est une conver-
sion actuelle, c'est une certaine élc'vation ; en effet, on est
éleyé dans la chaleur et la lumière du ciel, ce qui se fait
en ce que les intérieurs sont ouverts; quand ils ont été
ouverts, l'amour eL la sagesse influent dans les intérieurs
du menLal, et la chaleU!' et la lumière du ciel influent
dans les intérieurs du corps, de la l'élévation, qui est
comme si l'on passait d'un nuage épais dans l'air, ou de
l'ait' dans l'éther; et l'amour eL la sagrsse avec leur
chaleur et leur lumièl'(' sont chez l'homme. le Seigneur,
qui, ainsi qu'il a déja été dit, le tourne vers Lui. C'est le
contraire chez ceux qui nf' sont point dans l'amour et la sa-
gesse, et encore plus clH'z ("eux qui SOllt contre l'amour
et la sagesse, leur's inté!'ieurs, tant du mental que du
COl'pS, ont été fermés, et quand ils ont été fer'més, les exté-
rieUl's réagissent contre le Seigneur, car une telle nature
esL en eux; de la vient qu'ils tournent le dos au Seigneur,
et tourner le dos au Seigneur, c'est se tourner vers l'en-
fer.
139. Cel.le con n'l'sion aclurlle vers le SGigneur provient
de l'amoui' ct en mènw Lemps de la sagesse, non de l'a-
monr srul, ni de la sag<'ssl' senlr ; l'amolli' seul est comme
1'6tre sans son exister, Cal' l'amolli" existe dans la S2 gesse;
et la sagesse sans l'amour pst comme l'exisler sans son
êtl'c, cal' la sagesse existe d'après l'dmour. Il y a, il est
vrai, un amoU!' sans la sagesse, mais cet amour appartient
à l'homme et non au Srigneur ; et il y a au:;;si unf' sagesse
sans l'amour, crUe sagesse \·ient, il est vrai, du SeigneJr,
mais elle n'a pas le SC'igneur en rUe, car elle est comme
la lumière dllÏver qui vient, il est vrai, du soleil, mais l'es-
sence du soleil, qui est la chaleur n'est pas en elle.

Chaque ESP1'it 'quel qlt'il soit se tourne pm'eillement vel'S


son arnmw dominant

140. Il sera d'ahord dit ce que c'est qu'un esprit, et ce


que c'est qu'un ange: Toul homme, après la mort, vient
SUR LE DIVIN AMOUR 69
d'abord dans le Monde des Esprits, qui tient le milieu entre
le Ciel et l'Enfer; el là. il l'emplit ses temps ou ses élats,
et selon sa vie il est préparé ou pOUl' le Ciel, ou pour l'En-
fel': tant qu'il l'este dans cc ~Iondp, il est appelé esprit:
celui qui de ce Monde a été élevé dans le Ciel est appelé
Ange, et celui qui a été précipité dans l'Enfer est appelé
satan ou diable; tant que les mêmes sont clans le Monde
des esprits, celui qui est préparé pOUl'ie Ciel est appelé
Esprit angélique, et celui qui est préparé pOUl' l'Enfer Es-
prit infernal: pendant cette préparation l'Esprit angélique
a été conjoint avec le Ciel, et l'Esprit infer'nal avec l'Enfer.
Tous les Esprits, qui sont dans le Monde des esprits, ont
été adjoints à des hommes, parce que les hommes quant
aux intéricUl's de leur mental sont pareillement entre le
Ciel el l'Enfer, et par ces Esprits ils communiquent aYec le
Ciel ou avec l'Enfer, selon la vie. II faut qu'on sache que
autre est le ~IO~DE ilES ESPRITS, et aulre le MONDE SPIRITUEl.;
le Monde des esprits est celui dont il vient d'être parlé;
mais le Monde spirituel est dans le complexe et ce Monde
des esprits et le Ciel el l'Enfer.
141. Il sera dit aussi quelque chose des Amours, puisqu'il
s'agit de la conversion des anges et des esprits d'après
leurs amours vers leurs amours. Le Ciel tout entier a été
distingué en Sociétés selon toutes les différences des
amoUl'S; pareillement l'Enfer; et pal'eillement le Monde
des esprits: mais le Ciel a été distingué en Sociétés selon
les ditTél'ences des amoUl's célestes, l'enfer selon les diffé-
rences des amours infernaux, ct le ~londe des esprits selon
les diffrrences des amours, lant. célestes qu'infernaux. Il
y a deux Amours, qui sont les Têtes de tous les autres, ou
auxquels se réfèrent tous Ips aull'es amours: l'Amour qui
est la tèle, ou auquel se réfèrent tous les amoUl'S célestes,
est l'Amour envers le Seigneur; et l'Amour qui est la tête,
ou auquel se raèrent tous les amours infel'naux, est l'A-
mour de dominer d'après l'amour de soi: ces deux Amours
sont diamétralement opposés l'lin il l'autre,
142. Puisque ces deux Amours, l'Amour envers le Sei-
gneUl' et l'Amour de domillPl' d'après l'amour de soi, sont
entièrement opposés l'un à l'autre; et que tous ceux qui
sont dans l'Amour envers le Seigneur se toument vers le
Seigneur comme Soleil, comme il a été montré dans l'Ar-
ticle précédent, on peut voir que tous ceux qui sont dans
70 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

l'Amour de dominer d'après l'amour de soi tournent le dos


au Seigneur; s'ils se tournent ainsi dans un sens opposé,
c'est parce que ceux qui sont dans l'amour envers le Sei-
gneur n'aiment qu'à être conduils parle Seigneur, et veu-
rent que le Seigneur seul domine, tandis que ceux qui
sont dans l'amour de dominer d'après l'amour de soi n'ai-
ment qu'à être conduits par eux·mêmes, et veulellt domi-
ner seuls, Il est dit l'amour de dominer d'après l'amour de
soi, parce qu'il y a ramour de dominer d'après l'amour de
faire des usages, amour qui, parce qu'il fait un avec l'a-
mour à l'égard du prochain, est l'amour spirituel; toute-
fois, cet amour ne peut pas être appelé l'amour de domi-
ner, mais il doit être nommé l'amour de faire des usages,
143, Que chaque esprit, quel qu'il soit, se tourne vers
son amour dominant, c'est parce que l'amour est la yie de
chacun. comme il a été montré dans la Pl'ornière Partie,
Nos 1, 2, 3 ; et que la vie tOUl'ne ses réceptacles, qui sont
appelés membres, organes et viscères, ainsi l'homme tout
entier, vers cette soci&té qui est avec lui dans un amour
semblable, ainsi olt est son amour.
144, Comme l'amour de dominer d'après l'amour de soiest
entièrement opposé à l'amour envers le Seigneur,c'est pour
cela que les esprits, qui sont dans cet amour de dominer
toul'nentla face en arrière du Seigneur, et par suite reg-ar-
dent des yeux vers l'Occident de ce Monde; et parce qu'amsi
ils sont quant an corps en sens contraire, ils ont derrière
eux l'Orient, à droite le Septentrion, et il gauche le Midi;
ils ont derrière eux l'Orient parce qu'ils haïssent le Sei-
gneur, à droite le Septentrion parce qu'ils aiment les illu-
sions et 'par suite les faussetés, et à gauche le Midi parce
qu'ils mpprisent la lumière de la sagesse. Ils peuvent se
tourner dans tous les sens, mais toutes les choses qu'ils
voient autour d'eux apparaissent semblables à leurarnour,
Tous ceux-là sont naturels-sensuels, et quelques-uns sont
tels, qu'ils croient qu'eux seuls vivent, et qu'ils l'egardent
les autres comme des images: ils se croient sages au-des-
sus de tous, quoiqu'ils soient insensés.
145, Dans le Monde spirituel, il apparait des chemins,
frayés comme les chemins dans le Monde naturel, quel-
ques-uns conduisent au Ciel, et d'autres à l'Enfer; mais
les chemins qui conduisent à l'Enfer n'apparaissent point
à ceux qui vont vers le Ciel, et les chemins qui conduisent
SUR LE DlVlN AMOUR . 71
au Ciel n'apparaissent point à ceux qui vont vers l'Enfer;
ces chemins sont innombrables, car il y en a pour chaque
société du Ciel, et pour chaque société de l'Enfer; chaque
esprit entre dans le chemin qui conduit à la société de son
amour, et ne voit point les chemins qui tendeut ailleurs:
de là vient que chaque esprit marche aussi en avant, à
mesure qu'il se tourne vers son amour dominant.

Le Divin Arnouret la Divine Sagesse, qui procèdent du Sei-


gneul' comme Soleil, et font la chaleur et la lumière
dans le Ciel, sont le Divin procédant, qui est
l'EsPl'it-Saint,

146. Dans la Doctrine de la Nouvelle Jérusalem sur le Sei-


gneur, il a été montré que Dieu ~st un en Personne et en
Essence, dans lequel est la Trinité, et que ce Dieu est le
Seigneur; et aussi que la Trinité du Seigneur est nommée
Père, Fils, et Esprit-Saint, et que le Divin a Quo (de qui
tout procède) est nommé Père, le Divin Humain Fils, et le
Divin procédant Esprit-Saint. Il est dit le Divin procédant,
et néanmoins personne ne sait pourquoi il est dit Procé-
dant; si on ne le sait pas, c'est parce que jusqu'à présent
on a ignoré que le Seigneur devant les Anges apparaît
comme Soleil, et que de ce Soleil procède une Chaleur qui
dans son essence est le Divin Amour, et une Lumière qui
dans son es~ence est la Divine Sagesse; tant que cela a eté
ignoré on n'a pas pu savoir autre chose, sinon que le Divin
procédant était Divin pal' soi, c'est pourquoi aussi, dans
la Doctrine Athanasienne de la Trinitp, il est dit que, autre
est la Personne du Père, aull'e celle ùu Fils. et autre celle
de l'E3prit-Saint: or maintenant, quand on sait que le Sei-
gneur apparaît comme Soleil, on peut avoir une juste idée
du Divin procédant, qui est appelé l'Esprit-Saint, à savoir,
qu'il est un avec le Seigneur, mais qu'il procède de Lui,
comme la Chaleur et la Lumière procedent du Soleil: c'est
même pour cela que, autant les Anges sont dans l'amour
et dans la sagesse, autant ils sont dans la Divine Chaleur
et dans la Divine Lumière. Sans la connaissance que le
Seigneur dans le Monde spirituel apparaît comme Soleil,
et que son Divin procède ainsi, on ne peut jamais savoir
ce qui est entendu par procéder, par exemple, si c'estseu-
72 LA SAGESSE ANGtLIQUE

lement communiquer les choses qui appartiennent au Père


et au Fils, ou seulemenL illustl'er et ensl'i~nel' ; mais tou-
jours esL-il qu'ainsi il n'est pas d'une raison illustrée do
l'econnaiLre le Divin P]'océdant comme DiYin par soi, et
de l'appeler Dieu, et de le distinguer, quand aussi il. esl
connu que Dieu est un, et qu'Il est TouL-Présent.
147, Il a été montré ci-dessus que Dieu n'esL pas dans
l'espace, et que pm' cela même il l'st Toul-Présent; et
aussi, que le Divin est le même partout, mais que son
apparence différente dans les anges et (lans les hommes
vient d'une réception différente: mainLenant, puisque le
Divin Pl'océdant du Seigneur comme Soleil est dans la
Lumière et dans la Chaleur, et que lalumii're eUa chaleur
intluent d'abord dans les récipienLs univOl'sels, qui dans le
Monde sont appelés atmosphères, et que celles-ci sont les
récipients des nuées, on peul voir que, do même que les
intérieUl's qui appUl'tiennent à l'entendement chez l'homme
ou chez l'ange ont élé enveloppés de tellrs nnées, de même
l'est le réceptacle du Divin procédant; pal' les nuées sont
entendues les nuées spil'itueltcs, qui son l les pensées,
lesquelles sont en concordance avec la Di\"Ïne Sagesse si
elles viennent des vrais, el sont en discordance si elles
viennenl des faux; c'est même pour cela que les pensée~
d'après les vrais dans le Monde spirituel, quand elles se
présentent à la vue appm'aissent comme des nuées blan-
ches, et les pensées d'après les faux comme des nuées noi-
res, D'après ces explications, on peut YOil' que le Divin
procédant esL, à la vél'ité, dans tout homme, mais qu'il est
différemment voilé par chacun,
148. Comme le Divin même est présent dans l'ange et
dans Ihomme par la chaleU!' et la lumière spiri tuelles, c'est
pour cela qu'il est dit de ceux qui sont dans les vrais de la
Divine Sagesse rt dans les biens du Divin Amour, quand
ils en SOllt affcclés et que pal' l'affection ils pensent sur
ces vrais el ces biens d'après ces vrais et ces biens, qu'ils
sont embrasés de Dieu, co qui arrive mômt> pal'fois jusqu'à
la pel'ceplion et à la sensation, comme lorsqu'un Prédica-
teU!' pade d'après le zèle: il est dit aussi des mêmes, qu'ils
sont éctai?'és de D/:elt, parce que 10 SeignruI' pal' son Divin
procédant non-seulement embrase la volonté pal' la Cha-
leur Spil'iLuelle, mais éclaire aussi l'entendement par la
Lumière spirituelle,
SUR LE DIVIN AMOUR 73
Hg. Que l'Esprit-saint soit le même que le Seigneur, et
qu'il soi t la Véri lé même d'après laquelle il y a pour l'homme
illustration, cela est évident par ces passages dans la Pa-
role: « Jésus dit,' Quand sera ventt L'EsPRIT DE 1..1 VÉRITÉ, il
vous conduira dans tottle la VÉRITÉ; il ne parlera pas d'a-
près lui-méme, mnis tout ce qu'il am'a entendu il p1'onon-
cera. ~ - Jean XVI. 13. - c Ltti Me glorifiera, pm'ce que
du ldien il recevra, et il VOltS l'annoncera. ') - .Jean, XVI.
14, '15: - ( Il demeurera chez les Disciples, et il sera en
eux. ) - Jean, XIV. 17. XV. 26. - « Jésus dit: Les pa1'oles
que ie vous p1'ononce sont Esprit et sont Vie" - Jean, VI.
63; - d'après ces passages, il est évident que la Vérité
même, qui procède du Sei~neur, est appelée Esprit-saint;
et, parce qu'elle est dans la lumière, elle illustre.
150. L'illustration, qui est altl'ibuée à l'Espri t-sain~, est, à
la vérité,dans l'homme par le SeigneUl" néanmoins elle se
fait par le moyen des esprits el des anges; mais quelle est
cette médiation, c'esl ce qui ne peut pas encore être décrit;
il sera dit seulement que les anges elles esprits ne peuvenL
nullement illuslrer l'homme d'après eux-mêmes, car eux
sont illustrés de même que l'homme par le Seigneur; et
comme ils sont pareillement illustrés, il s'ensuit que touLe
illustration vient du Seigneur seul: si elle se fait par le
moyen des anges ou des esprits, c'est parce que l'homme,
qui est dans l'illustration, est alors placé au milieu rIe cm'-
tains anges et de certains esprits, qui re<;,oivent du Seigneur
seull'illusLration plus que les aulres.

Le Seignem' a créé l'Unive1's et toutes les e1wses de l'Univers


au moyen dtt Soleil, qtti est le p1'emie1' p1'océdant du
Divin Amour et de la Divine Sa.gesse.

101. Par le Seig'neur il est enlendu Dieu de toute éter-


nité ou Jéhovah, qui esl appelé Pi're et Créateur, parce que
le Seigneur est llll avec Lui, comme il a été montré dans
LA DOCTRl!Œ DE L.\ ;\!OUVELLE JÉHU8.\I.EM SUR LE SEIGNEUR; c'est
pourquoi, dans la suite, où il s'agit aussi de la Création, il
est nommé le Seigneur.
152. Que toutes choses dans l'Univers aient été créées
par le Divin Amour et par la Divine Sagesse, c'est ce qui
a été pleinement montré dans la Première Partie, spécia-
'14 LA SAGESSe ANGÉLIQUE

lement N°S 52, 53 ; ici maintenant il sera montré que c'est


au moyen du Soleil, qui est le Premier procédant du Divin
ArnoUl' et de la Divine Sagesse. Quiconque peut voir les
efl'ets d'après les causes, et ensuite voir pal' les causes les
effets dans leur ordre et dans leur série, ne peul nier que
le Soleil ne soit le premier de la création, car par lui sub-
sistent toutes les choses qui sont dans son Monde; et
comme elles subsistent par lui, elles ont aussi existé par
lui, l'un conclut et atteste l'autre; en effet, elles sont tou-
tes sous son aspect, parce qu'il les a placées pour qu'elles
y soient; et les tenir sous lui, c'est les placer continuelle-
ment; c'est pourquoi il est dit aussi que la subsistance
est une perpétuelle existence; si même quelque chose
était soustrai t entièrement à l'influx du soleil par les
atmosphères, cela serait sur-le-champ dissous; car les
atmosphères, qui sont de plus pures en plus pures, et
mises activement en puissance pal' le soleil, contiennent
chaque chose dans un lien; maintenant, puisque la sub-
sistance de l'univers et de toutes les choses de l'univers
vient du Soleil,il est évident que le Soleil estle premier de
la création a Quo (duquel tout procède). Il est dit du Soleil,
mais il est entendu du Seigneur pal' le soleil, car le soleil
aussi a été créé par le Seigneur.
153. Il Y a deux Soleils, par lesquels tout~s choses ont
été créées par le St3ignelu', le Soleil du Monde spirituel et
le Soloil du Monde naturel; toutes choses créées viennent
du Seigneur par le Soleil du Monde spirituel, mais non
pal' le Soleil du Monde naturel; car le Soleil naturel est
loin au-dessous du Soleil spirituel; il est à une moyenne
distance, au-dessus "de lui est le Monde spirituel, et au-des-
sous de lui est le Monde naturel; et le Soleil du Monde
naturel a été créé pour porter uu secours secondaire; dans
la suite, il sera parlé de ce secours.
154. Si l'Univers et toutes les choses de l'univers ont
été créées par le Seigneur au moyen du Soleil du Monde
spirituel, c'est parce que ce Soleil est le premier procé-
dant ùu Divin Amour et de la Divine Sagesse, et que tou-
tes choses viennent du Divin Arnoul' et de la Divine Sa-
gesse, comme il a été démontré ci-dessus, N08 52 à 82.
Dans tout objet créé, tant dans le plus grand que dans le
plus peli t, il Y a lI'ois choses, la Fin, la Cause et l'Effet; il
n'y a point d'objet créé dans lequel ces trois ne soient:
SUR LE DIVIN AMOUR 75
dans le plus Grand ou dans l'Univers ces Trois existent
dans cet ordre: Dans le Soleil, qui est le Premier procé
dant du Divin Amour et de la Divine Sagesse, est la Fin
de toutes choses; dans Je Monde spirituel sont les Causes
de toutes choses; et dans le Monde naturel sont lesE1Iets
de toutes choses: mais comment ces trois sont dans les
Premiers et dans les Demiers, c'est ce qui sera dit dans
la suite. Maintenant, puisqu'il n'y a pas d'objet créé, dans
lequel ne soient ces trois, il s'ensuit que le Seigneur a
creé l'Univers et toutes les choses de l'Univers par le Soleil,
où est la fin de toutes choses.
155, La Création elle-même ne peut pas être mise à la
portée de la conception, si l'espace et le temps ne sont pas
éloignés de ~a pensée; mais s'ils sont éloignés, elle peut
être saisie: Eloigne-les, si Lu peux, ou autant que tu peux,
et tient le men LaI dans une idée séparée de l'espace et du
temps, et Lu perceveras que le très-grand de l'espace elle
lt'ès-petit de l'espace ne ditl'èrent en rien, et alors tu ne
pourras avoir de la Création de l'univers qu'une idée sem-
blab\e à celle de la Création des singuliel's dans l'Univers,
et tu verras que la diver'sité dans les objets créés vient de
ce que les Infinis sont dans Dieu-Homme, et par conséquent
les indéfinis dans le Soleil, qui est le premier procédant
de Dieu, et de ce que ces indéfinis existent comme dans
une image dans l'Univers créé; c'est de là qu'il ne peut y
avoir en aucun endl'oit une chose qui soit la même qu'une
autre; de la vient la variété de toutes choses, variété qui
se présente devant les yeux avec l'espace dans le Monde
naturel, et dans l'apparence de l'espace dans le Monde
spirituel; et la variété concerne les communs et concerne
les singuliers. Ce sont là des choses qui ont été démon-
trées dans la Prpmière Partie; par exemple, que dans
Dieu-Homme les Infinis sont distinctemen t un, N°s 1i a 22;
que toutes choses dans l'Univers ont été créées par le
Divin Amour et par la Di\'ine Sagesse de Dieu-Homme,
N°s 52, 53; que touLes choses dans l'Univers créé sont des
récipients du Divin Arnoul' et de la Divine Sagesse de
Dieu-Homme, N°' 55 à 60; que le Divin n'est point dans
l'espace, N°~ 7 à '10 ; que le Divin remplit tous les espaces
sans espace, N°s GI:} à 72; que le Divin est le même dans
les très-grands et dans les tI'è~-petits, No' 77 à 82.
156. On ne peut pas dire que la création de l'Univers et
76 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

de toutes les choses de l'univers ait été faite d'un espace


à un espace et d'un temps à un temps, ainsi progressi \'e-
ment ~tsuccessivement, mais on doit dir:e qu'elle a éLé faiLe
de l'Eternel et de l'Infini, non. de l'Eternel du temps,
puisqu'il ù'y en a point, mais de l'Etemel du non-temps,
car c'est la même chose que le divin. ni de l'ln fi ni de l'es-
pace, puisqu'il n'yen a point non plus, mais de l'Infini
du non-espace, ce qui (~st aussi la même chose que le
Divin. Je sais que cela sUl'passe les idées des pensées qui
sont dans la lumière naturelle, mais cela ne sUl'passe pas
les idées des pensées qui sont dans la lumière spirituelle,
car dans celles-ci il n'y a rien de l'espace ni du temps:
et même eela ne surpasse pas non plus absolument les
idées des pensées dans la lumière naturelle, ('ar lorsqu'on
dit qu'il n'y pas d'infini de l'espace, chacun l'affirme
d'après la raison; il en est de mème de l'éternel, car
c'est l'infini du temps; si l'on dit étel'l1ellement (in œter·
nton), cela est saisi d'après le temps; mais de toute éter-
nité (ab œte1'no), n'est saisi que si le temps est écarté,

Le Soleil du JJ/onde naturel est pur {eu, et par conséquent


mm't; et comme la Nature tire son o1'igine de ce Soleil
elle est morte.

un. La Création elle-même ne peut en rien être attri-


buée au Soleil du Monde naturel, mais ellu doill'être tout
entière au Soleil du Monde spil'Huel, puisque le Soleil
du Monde naturel est enU(.'remelü mort. Lundis que le
Soleil du Monde spirituel est vivant, car il esL le premiel'
Procédant d!l Divin Amour' et cie la Divine Sagesse, et
puisque ce qui est mort n'agit point par soi-mème, mais
est mis e;1 action; c'est pOUl'quoi lui attribuer quelque
chose de la cl'éation, ('e serait comme si l'on attribuait à
un instl'ument, mis en action par les mains d'un ouvrier.
l'ouvrage que fait l'oU\Tiel'. Le Soleil du Monde naturel
est un pur Feu dont a été séparé touL ce qui appartient à
la vie; mais le Soleil du Monde spirituol est un Feu dans
lequel est la Vie Divine. L'idée Ang&lique sur le feu du
Soleil du Monde naturel, et SUl' le Feu du Soleil ùu ~ronde
spirituel, c'est que la Vie Divine e~t intérieurement dans
SUR LE DIVIN AMOUR 77
le Feu du Soleil du Monde spirituel, ('t extérieurement
dans le Feu du Soleil du }fonde naturel. Pal' là on peut
voir que l'activité du Soleil naturel vient non pas de lui,
mais de la force vive procédant du Soleil du 1IIonde spiri-
tuel; si donc la force vive> de ce Soleil était re tirée ou ôtée,
le Soleil naturel tomberait. De là vient que le culte du
Soleil est le plus bas de Lous les culles de Dieu, car c'est
un culte absolument 1110rt, commë le Soleillui-mème ; c'est
pourquoi dans la Pm'ole ce CUlLfl est appelé une abomina-
tion.
158. Puisque le Soleil du 1IIonde naturel est pur feu, et
que pal' conséquent il est mort, la ChaleUI' qui en procède
est donc morte aussi; de même est morte la Lumière qui
en procède; de même sont mortes les Atmosphères, qui
sont appelées éther et air, el qui rE'~Divent dans leur sein
el transportent la chaleur et la lumière de ce Soleil. Puis-
que tout cela est mort, toutes et chacune des choses du
globe terresLre, qui sont au-dessous et sont appelées tel'-
res, sont mortes aussi: mais néanmoins loutes ces choses,
en général et en par'ticulier, onl été enveloppées de spiri-
tuels qui proeèdent et profluent du Soleil du Monde spiri-
tuel; si eUes n'en avaient 118S èté en,oeloppées, les terres
ne pourraient pas être mises en action, ni produire des
formps des usages qui sonLles végétaux, ('t des formes de>
la vie qui sont les animaux, ni fournil' les matières pm'les-
quelles l'homme existe et subsisteo
100. ~faintenant, comme la NaLure commence par ce
Soleil, et que tout ce qui existe et subsiste d'apl'ès lui est
appelé Natul'el, il s'ensuit que la Nature, avec toutes el
chacune des choses qui la composent, est morle. Si la
Nalure appal'aîL dans l'homme el. dans l'animal comIlle
vivante, c'est d'après la Vie qui l'accompagne et la met en
action.
160. Puisque les infimes de la Nature qui constituenl les
terres sont morts, el qu'ils ne sonl ni muables ni vaI'iables
selon les états des affections et des pensées, comme dans
le Monde spirituel, mais so:lt immuables et fixes, c'est
pour cela que dans la NatUl'e il y a des espaces et des dis-
tances d'es[Jaces: il y a d(' telles choses, parce que la
créalion finit là, et y subsisle dans son rcpos. D'après
cela, il est évidenl que les <,spaces sont les propres de la
nature; el puisque les espaces n'y sont point des appal'en-
'78 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

ces d'espaces selon les états de la vie, comme dans le


Monde spirituel, ils peuvent aussi être appelés mOI'ts.
161. Comme les Temps sont pareillement fixes et cons-
tants, ils sont aussi les propres de la natUl'e, car le temps
du jour est constamment de vingt-quatre heures, et le
temps de l'année est constamment de trois cent soixante-
cinq jours et un quart: les états mêmes de la lumière et
de l'ombl'e, de la chaleur et du froid, qui val'ient ces temps,
reviennent constamment aussi; les états qui reviennent
chaque jour sont le matin, le midi, le soir et la nuit, et
ceux qui rf'viennent chaque année sontle printe'mps, l'été,
l'automne et l'hiver; les états de l'année varient. constam-
~ent aussi les états des jours: tous ces états, n'étant
point des états de la vie, comme dans le Monde spirituel,
sont morts aussi; car dans le .Monde spirituel il y a une
Lumière continuelle et une Chaleur continuelle, et la Lu·
mière correspond à l'état de la sagesse, et la Chaleur à l'état
de l'amour chez les anges, ce qui rent! vÏ\'ants lpurs états.
162. Par là on peut voir la folie de ceux qui aLtl'ituen t
toutes choses à la Nature; ceux qui se sont confirmés pour
la Nature ont introduit en eux cet état, qu'ils ne veulent
plus élever le mental au-dessus de la nature, c'est pour-
quoi leur ~rental est fermé par le haut et est ouvert par le
bas, et ainsi l'homme devient naturel-sensuel, c'est-à-dire,
spiI'ituellement mort; et comme alors il ne pense que d'a-
près les choses qu'il a puisées dans les sens du corps, ou
dans le monde par ces sens, il', nie Dieu aussi de cœur.
Al0rs toute conjonction avec le Ciel étant rompue, il se fait
ulle conj onction avec l'Enfer, les facultés de pensel' et de
vouloir l'estant seulement, la faculté de penser d'après la
l'ationali té, et la faculté de vouloir d'après la liberté, facul-
tés qui son t pal' le ~p,igneur chez chaque homme, et ne son t
point ôtées: ces deux facultés sont chez les diables comme
chez les anges, mais les diables les appliquent à extra-
vagueret à mal faire, eLlesangesàêtresages età bien faire.

Sans deux Soleils, l'un vivant et l'autre mort, il n'y a


point de c1'éation.

1613. L'Univers en général a été distingué en deux Mon-


des, l'un SpiI·ituel et l'autre Naturel; daw~ le Monde spirj.
SUR LE DIVIN AMOUR 79
tuel sont les Anges et les Esprits, dans le Monde naturel
sont les Hommes: ces deux Mondes sont absolument sem-
blables quant à la face exlerne, et tellement semblables
qu'ils ne peuvent être disl.ingués, mais quant à la face
interne ils sont absolument différents; les hommes eux-
mêmes qui sont dans le Monde spirituel, lesquels, comme
il a été dit, sont appelés Anges et Espl'its, sont spirituels;
et, parce qu'ils sont spirituels, ils pensent spirituellement
et parlent spirituellement; mais les hommes qui sont
dans le Monde naturel sont naturels, et par conséquent ils
pensent naturellement et parlent naturellement, et la pen-
sée spirituelle et le langage spirituel n'ont rien de com-
mun avec la pensée nat.urelle et le langage naturel. De là il
est évident que ces deux Mondes, le spirituel et le naturel,
sont absolument distincts entre eux, au point qu'ils ne
peuvent en aucune manière être ensemble.
164. Maintenant, puisque ces deux Mondes sont ainsi
distincts, il est nécessail'e qu'il y aiL deux Soleils, l'un dont
procèdent tous les spirituels, et l'autre dont procèdent
tous les naturels; et comme tous les spiri tuels dans leur
origine sont vivants, et que tous les naturels d'après leur
origine sont morts, et que les Soleils sont les Origines, il
s'ensuit que l'un des Soleils est vi\'ant et que l'autre est
mort, et aussi que le Soleil mort a lui-même été créé pal'
le Seigneur au moyen du Soleil vivant.
165. Si le Soleil mort a été créé, c'est afin que dans les
derniers toutes choses soient fixes, déterminées et cons-
tantes, et que par là existent les choses qui doivent se per-
pétuer et durer longtemps; ainsi et non autl'ement est
fondée la Création: le Globe terraqué, dans lequel, sur
lequel et autour duquel sont de telles choses, est comme
la base et l'affermissement, car il est le dernier ouvrage
dans lequel tout se termine, et sur lequel tout. se repose:
qu'il soit aussi comme une Matrice, de laquelle les effets,
qui sont les fins de la création, sont produits, c'est ce qui
sera dit dans la suite.
166. Que le Seigneur ait cl'éé toutes choses par le Soleil
vivant, et n'ait rien créé par le Soleil mort, c'est ce qu'on
peut voir en ce que le vivant dispose le mort sous sa dé-
pendance, et le forme pour les usages, qui sont ses fins,
mais non réciproquement. Il n'y a qu'un homme privé de
la raison qui puisse penser que toutes choses viennent de
80 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

la nalure, el que la vie en vient aussi. celui-là ne sait pas


ce que c'est que la vie; la nature ne peut disposer la vie
pour quoi que ce soit, car la nature est, en elle-même ab-
solument inerte; que le mort agisse dans le vi"ant, ou la
force morle dans la force vive, ou, ce qui est la même
chose, le naturel dans le spirituel, c'esl absolument contl'e
l'ordre, et par ct>nséquent penser cela est contre la lueur
de la saine raison. Il est vrai que le mort ou le na lurel peul
être renversé ou changé do plusieurs manières pal' ùes ac-
cidents externes, cependant toujOUI'S est-il qu'il ne peul
agir dans la vie, mais la vie agit en lui selon le change-
ment de forme introduit; il en est do cela comme de l'in-
tlux physique dans les opél'ations spil'ituclles de l'àme;
on sait que cpl intlux n'existe pas, parce qu'il n'est pas
possible.

Dans les del'I~idl's ('.ciste la (ln de la création, qui est, que


toutes clioseiS j'etoument au Créateul', et qu'il
y ait conjonction.

'167. Il sera d'abord dit quelque chosecles Fins: Il yen a


trois qui so suivent on orJl'e, lesquelles sont appelées
Fin première. Fin moyenne et Fin dernière; elles sont ap-
pelées Fin, Cause et Effet: ces Irois doÏ\'eIllêll'e ensemble
dans tout sujet pour qu'il soit quelque chose, CUl' il n'y a
pas ùe Fin premièl'e sans une Fin moyenne, el en même
temps sans une Fin clernièl'e, ou, ce qui estla même chose,
il n'y a pas de Fin seule sans une cause ct sans un effet;
pal'eillement il n'y a pas de Cause l'ioule sans une fin ùont
e Ile pl'oYienne, et sans un el1'ot dans lequel elle soit;
pareillement il n'y a pas d'Effet seul, ou d'Effel sans cause
et sans fin. Qu'il en soit ainsi, on peut le saisil', si l'on
pense que la Fin sans l'etTet, ou séparée de l'effet n'est
point quelque chose qui existe, aussi n'esl-ce qu'un mot;
carla Fin, I?our qu'en actualité elle soit une fin, doit avoir
élé tCl'minee, et elle a été lerminée dans l'effet, dans lequel
le pl'emiel' est appelé Fin parce qu'il eslla Fin: il semble
que l'agent ou l'efficient existe par soi, mais cela est une
apparence provenant. de ce qu'il est dans un 'effet, mais
s'il est séparé de l'effet, à l'inslanl il disparail. D'après
ces explications, il est évident que ces trois, la Fin la
SUR LE DIVIN AMOUR 81
Cause et l'EfIet, doivent être dans tout sujet, pour qu'il
soi t quelque chose.
168. De plus. il faut qu'on sache que la Fin est le tout
dans la Cause, et aussi le tout dans l'EtIet : c'est de là que
la Fin, la Cause et l'Effet, sonL appelées Fin première, Fin
moyenne et Fin dernière. Mais pour que la Fin soit le tout
dans la cause, il fauL qu'il y ait quelque chose d'après la
fin. dans lequel elle sera; eL pOUl' qu'elle soit le tout dans
l'effet, il fauL qu'il y ait quelque chose d'après la fin pal'
la cause, dans lequel elle sera; car la fin ne peut pas être
en soi seule, mais elle doit être dans quelque chose exis-
tant par soi, dans lequel quant à son tout elle puisse être
et efficiel' en agi::;sant, jusqu'à ce qu'elle ::;uhsiste ; ce dans
quoi eUe subsiste est la Fin dernière, qui est appelée
Effel.
169, Dans l'ünivers créé, tant dans ses très-grands que
dans ses tri)S-peLit~, il y a ces ~rois. savoir, la fin, la cause
et l'effet; si ces trois sont dans les très-grands etdans les
très-petits ùe l'Univers créP, c'est parce que dans Dieu
Créateur, qui est le SeigneUl' de toute étel'l1ité, il y a ces
trois; mais comme il est Infini. et que les infinis dans
l'Infini sont distinctement un, ainsi qu'il a été démontré
ci-dessus, N°' 17 à 22, c'est pour cela aussi que ces trois
dans le Seigneur et dan::; ses infinis, sont distinc.Lement
un; de là vient que l'Univers. qui a été créé par l'Etre ju
Seigneur, et qui, considéré quant aux usages, est l'image
du Seigneur, a obtenu ces li'ois dan::; toutes et dans cha-
cune de ses choses.
170. La fin universelle ou de toules les choses de la
création, c'est qu'il y ail une conjonction éternelle du
{ Créateur avec l'Univel's créé; et celte conjonction n'est
pas possihle, à moins qu'il n'y ail des s!!.i~s dans lesquels
( le Divin ùu Créateur puisse être comllle dans soi, ainsi
) dans lesquels il puis::;e lwhiter et demeurer; ces s_ujets,
pour qu'ils soient ses hahitacles et ses demeures. ooivenl
t'llre des récipients ùe son ArnoUl' et de sa Sagesse comme
1 pal' eux-mêmes, ainsi ùoivent comme par eux-mêmes s'é-
lever vers le Créateur, ct se conjoindre a\"ec Lui; sans ce
réciproque il n'y a point Ùl' conjonction. Ces sujets sont
les IIommes, qui peuv('nt romme par eux-mêmes s'élever
eL sël:onJoindl'e : que les hommes soient de tels sujets,
et qu'Hs soient des récipients du Divin comme par eux-
6
82 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

mêmes, cela a été démonlré ci-dessus plusieurs fois. Par


celle conjonclion le SeigneUl' ('sl présent dans toute œU\Te
créée par Lui, car tout objet créé est finalement pour
l'homme; c'est pourquoi les usages de loutes les choses
qui ont été créées monlent par degrés depuis les derniers
jusqu'à l'homme, et pal' l'homme jusqu'à Dieu Créateur
a Quo (de qui lout pl'ocèùe), comme il a été monlré ci-
dessus, N°S 65 à 68.
171_ La créalion va continuellement vers cette dernière
fin par ces trois, qui sont la.Jj.n, la cause et teffE)t, parce
que ces trois sont dans le Seigneur Créal.eur, ainsi qu'il
vient d'être dit; et parce que le Oi\"in est dans tout espace
sans espace, N°S 69 à 72; et est le même dans les tl'ès-
grands et dans les lI'ès-pelits, N°" 77 à 82; dE' là il est é\"i-
dent que dans la commune progression vers la fin dernièl'e
l'univers créé est la fin moyenne respectivement; cal' les
formes des usages dans leur ordre sonl continuellement
éleypes de la terre par le Seigneur Créateur jusqu'à
l'homme, qui, quanl à son corps, vient aussi de la tene :
l'homme ensuite est élevé par le Seigneur au moyen de la
réception de l'amolli' et de la sagesse; et pour qu'il reçoive
l'amour et la sagesse, les lIloyens ont tous élé pourvus;
et il est fail de telle manière qu'il peut recevoir, pourvu
qu'il veuille. D'après ce qui vient d'êtl'e dit, on pE'ut voir.
quoique ce ne soil f'ncore que d'une manièl'e commune,
que dans les derniers existe la fin de-la création, qui est.
que toutes choses retournent au Créaleur, et qu'il y ait
con jonc lion.
172. Que ces trois, la Fin, la Causeel l'Effel, soient clans
toules el dans chacune des choses qui ont élé créées, on
peut encore le voir en ce que tous les effets, qui sonl appelés
fins dernières, deviennent de nouveau tins premièl'es dans
une continuelle srrie à partir du Premier, qui est le Sei-
gneur CI'cateur, jusqu'au dernier, qui est la conjonction
de l'homme ayec Lui. Que toutes les fins demières devien-
nent de nouveau fins pt'emières, cela est évident en ce
qU'i! n'existe pas une chose lellement inerle et morte,
qu'il n'y ait rien d'efficient en elle; même d'un grain de
sable il sort une exhalaison qui aide à produire quelque
chose, par conséquent à efficier quelque chose.

-,_ - - .....
82 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

mêmes, cela a été démonLré ci-dessus plusieurs fois. Par


ceLLe conjonclion le Seigneur ('sL présent dans toute œuvre
créée par Lui, car toul objel créé est finalement pour
l'homme; c'est pourquoi les usages de loutes les choses
911i ont été créées monlenl par degrés depuis los derniers
Jusqu'à l'homme, et pllr l'homme jusqu'à Dieu Créateur
a Quo (de qui tout procède), comme il a été montré ci-
dessus, N°l 65 à 68.
f 7f" La création va continuellement vers cette dernière
fin par ces trois, qui sont ln Jin, la cause et l'eff!}t, parce
que ces trois sont dans le Seigneur Créal.eur, ainsi qu'il
vient d'être dit; et parce que le Divin est dans tout espace
sans espace, Nol 69 à 72; et est le même dans les très-
grands et dans les très-petits, NUI! 77 à 82 ; de là il est é,"i-
dent que dans la commune pl'ogression vers la fin dernièl'9
l'univerS créé est la fin moyenne respecthrement; cal' les
formes des usages dans leur ordre sont continuellement
élevpes de la Lerre par le Seigneur Créateur jusqu'à
l'llomme, qui, quanl à son corps, vient aussi de la terl'e :
l'homlTle ensuite est élevé parle Seigneur au mOyE'n de la
réception de l'amour et de la sagesse; et pour.qu'il reçoive
l'amour et la sagesse, les moyens ont tous elé pourvus;
et il est fait de telle manière qu'il peut recevoir, pourvu
qu'il veuille. D'après ce qui vient d'être dit, on peut voir,
quoique ce ne soit encore que d'une manière commune,
quo dans les derniers existe la fin de" la création, qui est.
que toutes choses retournent au Créateur, et qu'il y ait
con.i onction.
f 72. Que ces trois, la l~in, la Causeet l'Effet, soient dans
toutes eL dans chacune des choses qui ont élé créées, on
p~ut encore le voir en ce que tous les effets, qui sonl appelés
fins dernières, deviennent de nouveau fins premières dans
une continuelle série à parth' du Premier, qui est le Sei-
gneur CréaLeur, jusqu'uu dernier, qui est ln conjonction
de l'homme avec Lui. Que toutes les fins dernières devien-
nent de nouveau fins pl'9mières, cela est évident en ce
qu'il n'existe pas une chosE' tellement inerte eL morto,
qu'il n'y ait rien d'efficient en elle; même d'un grain de
sable il sorL une exhalaison qui aide à produire quelque
chose, par conséquent à efficier quelque chose.

• •
LA SAGESSE ANGELIQUE
SUR LE

DIVIN AMOUR

TROISIÈME PARTIE

Dans le Jlonde spil'ituel il y a des Atmosphères, des Eaux


et des 7'm't"es. comme dans le J.lJonde naturel; mais elles
sont spirituelles, tandis que dal~s le Monde naturel
elles sont naturelles,

173, Que le lIonde spiritup) et le Monde nalurel soient


semblables, avec ln seule llitl'él'ence que loutes et chacune
des choses du Monde spiriluel sonL spirituelles, eL que
tauLes et chacune des choses du Monde naturel sont natu-
relles, cela a été dit dans ce qui précède, el monLré dans
le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER. Puisque ces deux Alond('s
sont semblables, il y El par conséquent dans l'un eL dans
l'autres des Atmosphères, des Eaux eL des Terres, qui sont
les communs par lesquels eL d'après lesCJuels toutes et
chacune des choses existent avec une varieté infinie, .
174. Quant aux Atmosphères, qui sonl appelées Éthers
et Airs, elles sonl semblables dans l'un et dans l'autre
Monde, le Spirituel et le Naturel, avec ceLt... différence que
dans le Monde syirituel elles sont spirituelles, et que dans
le Monde nature elles sonL natur~LIes: elles sont spil'ituel-
les, 'parce qu'elles exislent par le Soleil qui est le
premler procédant du Divin Amour et de la Divine Sa-
gesse du Seigneur, el parce que de Lui elles reçoivent en
elles le Divin Feu qui est l'Amour, et la divine lumièl'e qui
est la Sagesse, ettransporlRnll'un et l'autre vers les Cieux
où sont les Anges, et y font ln présence de ce Soleil dans
les très-grands eL dans les très-petils. Les Atmosphèrlis
spirituelles sont des substances discrètes, ou des fOl'mes
lI'ès-petites, qui LirenLleur origine du Soleil; eL comme elles
84 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

reçoiven t particulièrement le Soleil. il en résulte que le


feu du Soleil, divisé en tant de substances ou de fOl'mes
et quasi enveloppé pal' elles, et tempél'p pal' les envelop-
pes, devient une Chaleur adéquate enfin à l'amour des
Anges dans le Ciel et des espri ts sous le ,ciel; il en est de
même de la lumière du Soleil. Les Atmosphères naturelles
sont semblables aux Atmosphèl'es spil,ituelIes, en cela
qu'elles sont aussi des substances discI'ètes et des formes
tl'ès-peLites, qui tirent leur origine du Soleil du Monde na-
tUI'el,lesquelles aussi reçoivent particulièrement le Soleil,
l'enferment son feu en elles, le tempèrent ,et le tr'anspol'-
tenl comme chaleur vers la telTe où sanlles hommes; el
de même pOUl' la lumière.
175. La dift'él'ence en tre les A tmosphèl'es spirituelles et
les Atmosphèl'es natUi'elles, c'est que les Atmosphères spi-
l'ituelles sont les rrceptacles du Divin Feu et de la Divine
Lumière, ainsi de l'Amour et de la Sagesse, cal' elles les
contiennent intérieurement en elles, tandis que les Atmos-
phèl'es natUl'elles sont les réceptacles, non pas du Divin
feu ni de la Divine lumière, mais du feu et de la lumière
de leur Soleil, qui en soi est mOl't, comme il a été montl'é
ci-dessus; c'est poul'quoi il n'y a intérieurement eu elles
rien du Soleil du Monde spirituel, mais néanmoins elles
sont environnées dp,s Almosphèl'es spirituelles qui procè-
dent du Soleil spiriLuel. Qu'il y ait cette diffél'ence entre
les Atmosphères spil'i tuelles et lE's Atmosphères naturelles,
c'est un objet de L.\ S.\(iES~E ANGÉLIQUE.
HG. Qu'il y ail des Atmosphères dans le ~Ionde spirituel,
comme dans le Monde natul'el, on peut le ,'oir en ce que les
Anges et les Esprits reSpll'ent, parlent et entendent com-
me les hommes dans le Monde naturel, et la respiratioll
se fait par la dernièl'e atmosphère, qui est appelée Air, pa-
reillement le langage et l'audition ; puis, en ce que les
Anges et les Esprits voient comme les hOlllmes dans le
Monde natUl'cl, et la \"Ue n'est possible que par une atmos-
phère plus pure que l'ail'; puis, en ce que les Anges et
les Espl'ils pensent et sont affectL's comme les hommes
dans le Monde naturel, et la ppnsre et }'affeclion ne sont
possibles qu'au moyen d'almo~phères E'neore plus pures;
et enfin, en ce que toutes les choses du corps des anges
et des esprits, tant celles qui sont externes que celles qui
sont internes, sont contenues dans un lien, les externes
SUR LE DIVIN AMOUR 85
par l'atmosphèl'e aérienne, et Ips internes par les atmos-
phères éthérées; il est évident que sans la pression que
ces atmosphères exercent en tous sens, et sans leur ac-
lion, les formes intérieures et extél'ieures du COl'pS se ré-
pandraient de côlé et d'autre. Puisque les Anges sont spi-
rituels, et que toutes el chacune des choses de leur corps
saut contenues dans un lien, dans une forme et dans un
urdre pal'les Atmosphèr'es, il s'ensuit que ces Atmosphè-
res sont spirituelles; elles sont spirituelles, parce qu'elles
tirent leur origine du Soleil spil'ituel, qui est le premier
procédant du Divin Amolli' et de la Divine Sagesse du Sei-
gneur.
177, Que dans le Monde spil'ituel il y ait aussi des Eaux
et des Terres comme dans le ~Ionde naturel, avec cette
différence que les eaux et les terres du Monde spirituel
sont spiri tuelles, c'est ce qui a été dit ci-dessus, et montré
dans le Traité DU CLEr, ET DE L'ENFEU; et comme elles sont
spirituelles, elles sont mises en action et modifiées par la
chaleur et la lumière du Soleil spirituel au moyen des at-
mosphères qui en proviennent, absolumen t comme les
eaux et les tenes dans le monde naturelle sont par la cha-
leur et la lumièl'e du Soleil de leur Monde au moyen des
atmosphères de ce monde.
178, Il est parlé ici des atmosphèl'es, des eaux et des ter-
res, parce que ces trois sont les communs par lesquels et
d'après lesquels toutes et chacune des choses existent avec
Ulle \'ariété infinie; les atmospllpI'es sontles forces actives,
les eaux sont les fOl'ces moyennes, et les tel'res sont les for-
ces passives, d'apl'ès lesquelles existent tous les effets:
que ces trois soient de telles forces dans leur série, c'est
uniquement d'après la Vie qui procède du Seigneur comme
Soleil, et qui fait qu'elles sont actives.

Il Y a des Degl'és de l'amour et de la sagesse, etpar suite il


y a des IJegl'és de la chaleul' et de la lumiè1'e, puis des
Degrés des atmosphèl'es,

179, Si l'on ne sait pas qu'il y a des :Qegr~s. ni ce que


c'e::;t, ni quels ils sont, ce qui va suivre ne peut pas être
compris, cal' il y a des degrés dans toute chose créée,
ainsi dans toute forme; c'est pourquoi dans cette PARTIE
86 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

DE LA S.lGESSE ANGÉl.IQUE, il sera lraité des Degrés. Qu'il y


ait des Degl'és de l'amour et de la sagesse, on peutIe voir
clail'ement d'après les Anges des trois cieux; les Anges du
Tl'oisième Ciel l'emportent en amolli' el en sagesse slll'l~s
Anges du Second Ci~l, et ceux-ci SUI' les Anges du Dernier
Ciel, au point qu'ils ne peuvenl pas êlre en!'oemble; les
degl'és de l'amour et de la sagesse les dislinguen t et les
séparenl: de là vient que les Anges des cieux inférieurs
ne peuvent pas monter \'ers les Anges ùes cieux supé-,
rieurs; et s'il leur est donné d'y monter, ils ne les voient
point, ni rien de ce qui est chez eux: ce qui fail qu'ils ne
les voient point, c'est que l'amour et la sa~esse ùes anges
des cieux supérieurs sont ùans un degre supérieul' qui
surpasse la perception des anges des cieux inférieurs: en
effet, chaque ange est SOli amour et sa sagesse, et l'amour
uni avec la sagesse est homme dans sa forme, parce que
Dieu, qui est l'Amour ~Iême el la Sagesse Même, est
Homme. Il m'a été donné quelquefois de voir que des
Anges du Dernier Ciel montaient vers des Anges du TI'oi-
sième Ciel; et lorsqu'ils y éLaient élevés avec eifod, je
les entendais se plaindre de ce qu'ils n'en voyaient aucun,
et néanmoins ils étaient au milieu <l'eux; et ensui Le ils
étaienL insLrui ts que ces anges n'avaient pas été visi bIcs,
pal'l:e que l'amour et la 'sagesse de ceux-ci n'étaient pas
perceptibles pOUl' pux, el que l'amolli' et la sagesse fonL
que l'Ange apparait comme homme,
180. Qu'il y ait tles Degl'és de ramolli' et de la sagesse,
on le voit encore plus manifestement d'après l'amour el
la sagesse des Anges respectivement à l'amour et à la
sagesse des hommes: que la sagesse des Anges soill'es-
pectivement ineffable, cela est connu; qu'elle soit même
incompréhensible pour les hommes, quand ils sont dans
l'amour naturel, on le vel'l'a dans ce qui snit: si elle sem-
ble ineffable et incompréhensible, c'est pat'ce qu'elle est
dans Ull degré supérieur.
181. Puisqu'il y a des Degrés de l'amoU\' ct de la sagesse,
il y a aussi des degré~ de la chaleur et de la lumière: pal'
la chaleur eL la lumièl'e sont entendues la chaleur et la
lumière spirituelles, telles qu'elles sont chez les anges
dans les Cieux, et telles tfu'elles sont chez les hommes
quant aux intérieurs qui appartiennent il leur Mental, CUI'
chez les hommes il y a une chaleur de l'amour et une
SUR LE DIVIN AMOUR 87
lumière de la sagesse, semblables à celles qui sont chez
les Anges. Dan~ les Cieux la chose se passe ainsi: Tel et
aussi grand est l'amour chez les Anges, telle et aussi
grande est chez eux la chaleU!'; pm'eillement la lumière
quant à la sagesse; cela vient ùe ce que chez eux l'amour
est dans la chaleur, et la sagesse dans la lumière, comme
il a été mon tré ci-dessus: il en est do même sur terre chez
lrs hommes, cependant avec celte différence, que les Anges
sentent cette chaleu!' et voient cette lumière. tandis qu'il
lI'en est pas ainsi de~ hommes; eL cela parce que les
hommes sont dans la chalellr et la lumière naturelles, et
Lant qu'ils y sont, ils ne sentellt la chaleur spirituelle que
par une sOl'te de plaisil' ùe l'amoul', .et ne voien tla lumiere
spirituelle que pal' la percepLion du vrai. Maintenant,
comme l'hvwme, tant qu'il est dans h chaleur et la lumière
naturelles, ne sait rieu de la chaleur et de la lumière spi-
rituelles chez lui, et que cela ne pout être su que pal' l'ex-
périence que donne le Monde spirituel, il va, par celle rai-
son, ptre prillcipalement parlé ici de la chaleur et de la
lumière dans lesquelles sont les Anges et leurs Cieux;
c'est du Monde spil'ituel, et non d'autre pal't, qu'il y a sur
ce sujet illustl'ation.
182, Toutefois, les degrés de la chaleur .3pirituelle ne
peuvent pas être décl'its d'après l'expérience, parce que
l'amour auquel correspond la chaleur spirituelle ne tombe
pas ainsi sous les idées de la pensée, mais les degrés de
La lumière spirituelle peuvent être décI'ils, parce que la
lumière y tombe, car elle appartient à la pensée; néan-
moins par les ùegrés de la lumière on peut comprendre
les degrés de la chalem spirituelle, car elles sont dans un
degl'é pareil. Or, quant à ce qui concorne la Lumiilre spi-
rituelle dans laquelle sont les Ange'3, il m'a été donné' de
la voir de mes yeux: la Lumière chez les Anges des Cieux
supérieurs est d'une blancheur si éblouissante qu'elle ne
peut être décrite, pas même par la blanc.heur de la neige,
et en outre si éclatante qu'elle ne peut non plus être dé-
crite, pas même par l'éclat du Soleil du monde; en un
mot, celte Lumière surpasse des milliers de fois la lumii>re
de midi sur tel'1'e. Mais la Lumière chez les Anges des cieux
inférieUl's peut en quelque sorte être décrite par des com-
paraisons, néanmoins elle sUl'passe la lumière la plus
grande do notre monde. Si la Lumière des Ange~ des
88 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

Cieux supérieurs ne peut être décrite, c'est parce que leur


Lumière fait un avec leur sagesse, ct comme leur sagesse
relativement à la sagesse des hommes est ineffable, il en
résulte que la lumière l'est aussi. D'après re peu d'expli-
cations, on peut voir qu'il ya des degrés de la hunière ;
et ~uisque la sagesse etl'amour sont dans un semblable de-
gre, il s'ensui t qu'il y a de sem blables degrés de la chaleur.
183. Puisque les Atmosphères sont les réceptacles et
les contenants de la cllaleur et de la lumière, il s'ensuit
qu'il y a autant de degl'és fies atmosphères qu'il y a de
degres de la chaleur et de la lumière, et qu'il y en a aussi
autant qu'il y a de degrés de l'amour et de la sagesse.
Qu'il y ait plusieurs Atmosphères, et qu'elles soient dis-
tinguées entre elles pal' des degrés, c'est ce que j'ai vu
clairement par un gl'and nombl'e d'expériences dans le
Monde spirituel, surlout par celle-ci, que les l\nges deR
cieux infprieurs ne pem'ent pas reRpirer dans ln région des
Anges supérieurs, et qu'ils scmblen t tü'er le souftlr. cOllune
le tirent ordinairement les êtres vivants qui sont élevés de
l'air dans l'éther, ou comme les êtres qui vivellt dans les
eaux quand ils sont exposés dans rail' ; les Espl'its au-des-
sous des cieux apparaissen t même comme dans un brouil-
lard épais. Qu'il y ait plusieul's atmosphèl'es, et qu'elles
soient distinguées entre elles par des degl'és, on le voit ci-
dessus, N° 176.

Il Y a des Degrés de deux genres, Deg·rés de hautew' et


Degrés de largeur,

18-i. La science des degrés est comme une clef pour ou-
vrir les causes des choses, et pour y entl'el'; sans cette
science on peutt\ peiI).e savoir quelque chose de la cause,
car sans elle les objets et les sujets de l'un et de l'autl'e
Monde apparaissent univoques, comme s'il n'y ayait en
eux que ce que l'œil y voit, tandis que cepelldant cela
n'est, relalivement aux choses qui sont intérieurement
cachées, que comme un est à des milliers, et même à des
myriades. Les intérieurs qui ne se manifestent pas ne
peuvent jamais être découverts, si l'on ne connaît pas les
degrés; car les extérieul's vont vers les in tél'ieul's et par
ceux-ci "ers les intimes par des degrés, non par des degrés
SUR LE DIVIN AMOUR 89
continus, mais par des degrés discrets, Sont appelés Degr~
continus les décroissements ou les diminutions riu plus
épaISau plus léger, ou ùu plus dense ::m plus rare, ou
plutôt les accroissements ou les augmentations du plus
léger au plus épais, ou du plus rare au plus dense, abso-
lument comme de la lumière à l'ombre 0".1 de la chaleUl'
au ft'oid, Mais les Degrés discrets sont tout à fait diffé-
rents ; ils sont comme les antérieurs, les postéi'Ïeu:'s et les
derniers, ou comme la fin, la cause et l'effet; ces degl'és
sont nommés discrets, parce que l'antél'ieur est pai' soi,
le postérieur par soi, et le dernier pal' soi, mais néanmoins
peis ensemble ils font un, Les Atmosphères, appelées
éthel's et airs, depuis le haut jusqu'au bas, ou depuis le
Soleil jusqu'à la terre, son t distinguées en dl' tels degrés;
et elles sont comme les choses simples, les assemblages
de ces choses, et les assemblages de ces assemblages, qui
pris ensemble sont nomm~s un composé: cesDegr(~ssont
discrets parce qu ils existent distillctl'lllent, et ils sont
entendus par Drgrés de llauteUl'; mais les autres Degl'ps
sont continus, parce qu'ils croissent continuellement, cL ils
sont entendus par Degrés de largeur.
'185. Toutes et chacune des choses qui existent dans le
Monde spirituel, et de celles qui existent dans le Monde
naturel, coexistenL d'après les degrés discrets et en même
temps d'après les degres continus, ou d'après les degrés dl'
hauteur et les degrés de largeur; cette dimension qui
consiste en degrés discrets est appelée hauteur, et celle
qui consiste en degrés continus est appelée largeur; leur
position )'elaLivement à la vue de l'œil ne change l10inL la
dénomination. Sans la connaissance de ces :qegrés, on ne
peut rien savoir de la ditfél'enco entre les trois Cieux, ni
dc la différence entre l'amour et la sagP8se dps Anges de
ces cieux, ni de la dill'él'cnce entre la chaleur ct la lumière
dàns lesquelles ils sont, ni de la différence entre les atffios-
phères qui les entourent et les contiennent. Sans la con-
naiss2nce de ces Degrés, on ne peut non plus rien :,avoir
de la ditl'érence des t'acultés dos intérieurs qui apparLien-
nrnt au Mental chez les hommes, ni par conséquent do
leur état quant à la rrformation et à la régénération; ni
de la différence des facull('s des extérieurs qui appartien-
nent au corps, tant chez ll's anges que chez les hommes;
ni absolument rien de la différence eutre le spiriCuel ot le
90 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

naturel, ni par suite rien de la cOlTespondance; ni même


rien d'aucune ditl"érence de la vie entl'e les hommes eL los
bêtes, IIi ùe la diffél'enr:e ollh'e lt>s bêtes plus parfaites et
les b(:'tes moins \Jarfaites; ni <les ditr~rences entl'e les for-
mes du Hègne vegétal et lps matièl'es du Itègne mi!1él'ul.
D'après cela, il devient évident que ceux qui ignorellt ces
D~gl'é;; ne peuvent, d'après aucunjugement;voil' les cau-
ses; ils voient seulement les etrets, et jugent les causes
d'après ces effets, ce qui se fait le plus souvent par une
induction continue d'effets,' lorsque cependant les
'causes produisent les effets non pur le continu, mais par
le discret; car autre dlOse esL la cause, eL aufl'e chose
cst l'eft'et; il Y a une différence comme entre l'antérieur
et le postél'ieur, ou commo entre ce qui forme ct ce qui
est formé.
186, Pour qu'on saisisse mieux ce que c'est que les Degl'és
discrets, quels ils sont, et quelle ditrérence il y a enfre
cux et les Degrés continus, soient pOUl' exemple les Cieux:
Angéliques: Il y a ll'ois Ciel.!X cl ils ont été dislingués par
les Degl'és de hauteur; c'est pOUl'quoi ces Cieux sont l'un
au-dessous cie l'autre; et ils no communiquent elÜl'e eux
que par linflux qui vient du Seigneur' par les Cieux daI~s
l~re .i~squ'au plus bas, et non l'écipl'oquement. ~Iais
chaque Ciel pal' lui-l1lême a été (;i.;;tingué non par les
degrés d!' hauteur, mais pal' les de~~Tés de lal'geur; ceux
qui sont au milieu ou au centre sont dans lu lumièl'c de
la Sagesse, mais ceux qui sont dans los périphéries jus-
qu'aux limites sont dans l'ombl'e de la sagesse; ainsi la sa-
gesse décl'oit jusqu'à l'ignorance comme lalumièl'e décroît
jusqu'à l'ombre, ce qui se fait {Jal' le continu. 11 en est de
r même chez les hommes; les illtel'ieurs qui appartiennent â
) leUl' Menlal ont éléuistingués eu aulant de Degrés que (e
sont les Cieux Angéliques, et ces DJg'l'és sonll'ull au-des-
) sus de l'aull'e ; c'est poul'quoi les intérieUl's des hommes,
qui appartiennent illeUl' Mental, ont été distingués par les
degl'es discr'els ou de hauleur ; de là \'ient que l'homme
peut être dans le degl'é infinw, puis dans le supérieur, et
aussi dans le suprême selon le degl'é de sa sagesse; et
que, quand il est seulement dans le degré intime, le -degré
f supérieur a été fermé, et que ce degro est ouvert selon
\ que l'hOlTIlne reçoit du Seigneur la sagesse. Irya aussi
1 chez l'homme, comme da'ns le Ciel, dos degrés continus
SUR LE DIVIN AMOUR 91
ou de largeur. Si l'homme est semblable aux Cieux, c'est
paref' que, quant àûX inLérieurs de son ~Iental, il est J9
r Cilll dnns la fOl'fie la plll~ petite, en tanl qlÏÎ1 est par le
, Seigneul' dans l'amour et dans la sagesse: que l'homme
quanl. aux intérieurs de son mental soit le Cipl ùans la
.) forme la plus petite, on le voit dans le Traité DU CIEI.ET))E
L'E:"lFER. N°S 51 à 58.
187. D'après ce peu d'explications on peut voir que celui
qui ne sait rien des Degrés discrets ou de IwuteUl', ne pelit
non plus rien savoir de l'état de l'homme quant à su ré-
formation et à sa régénération, qui se fontJJUl' la récep-
tion de l'amour et cie la sagesse proc~dant u SeigneUl',
ct pal' l'ouverture alors des degrés intérieurs de son men-
tal dans leur ordre; il ne peut non plus l'ien savoir cie
l'int1ux procédant du Sei~neur pal' les Cieux, ni l'if'n de
l'ordre dans lequel il a éte créé; car si quelqu'un pense a
( ces choses, non d'après les degTés discrets ou de hauteur
) mais d'après les degrés continus ou cie lal'geur, il ne'
peul en voir quoi que ce soit que d'après les effets, et il
) ne voit rien d'apr(>s les causes; or, voir d'après les elrel s
seuls, c'est ,"Oil' d'apl'ès des illusions; de là des enoms,
l'une après l'autre, qui par des inductions peuvent êlre
multipliées à un tel point, qu'enfin d'énormes faussetés
soient appelées vérités.
188, Je ne sache pas que jusqu'à présent ou ait eu quel-
que connaissance des Degrf's discrets ou de l1auteUl',
mais on connait seulement les degrés con tinus ou de lar-
geUl'; et cependant ripn de ce qui conCf'I'ne la causf' ne
peut se montrer dans sa vérité sans la connaissance dlos
~grés de l'un et de l'autre genre; c'est pourquoi il e11
serall'aiLé dans toute cette troisième Pal'tie; car le but d,e
( cet Opuscule est, quP If'S ('auses soien t d(','oiléps, el que
'i d'apres elles on ,'oie les etl'et.s, et qu'ainsi soient ,dissipées
les ténèbres dans lpsquelles est l'homme de l'Eglise au
~ujet de Dieu et du Seignpur, et en général au sujf't des
Divins qui sont appplés Spiriluels ..Je peux rapPOl'ler ceci,
( que les Anges sont dans la tristesse à cause des ténèbres
\ qui sont SUI' la Lene; ils disent qu'ils y ,'oient à peine de
la lumière quelque part, et que Ips hommes saisissent avi-
demcnt les illusions et les confil'lnent, et pal' là entassent
l faussetés sur faussetés, et que pour les confirmer ils re-
cherchent, par des raisonnements ti\'ps de faux et de vrais
\
92 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

falsifiés, des paradoxes qui ne peuvent être dissipés en


)'aison cles ténrbrcs SU)' les causrs et de l'ignorance ~u)'
I('s vérités: ils se plaignent principalement des confirma-
tions sur la foi sépm'ée d'avec la chm'Hé, et sur la jusLifi-
catioll pm' celLe foi; et aussi ùes illées sur Dieu, sur les
Anges et sur les Esprits, el de l'ignorance SUl' ce que c'est
que l'amour et la sagesse,

Les De{j/'és de hauteur sont homogènes, et dé1'ivés l'un de


l'allt1'e en sé1'ie, cOI/une la (ln, la caltse et l'effet,

189, Puisque les Degrés de largeur ou continus sont


comme ceux de la lumière à l'ombre, du chauù au froid,
ÙU dur au 1Il0U, du dense au rare, de l'épais au ténu, et
ainsi du reste, et puisque ces degrés sont connus d'après
l'expérience des sens et des yeux, Landis qu'il n'en esL pas
de mêmE' des Degl'Ps ùe hauteur ou discrets, c'est princi-
palement de ceux-ci qu'il sera traité aans cette Partie, cal'
sans la connaissancE' de ces DegTés 011 110 peuL pas vOÎl'
les cau~es, On sait, il est Yrai~ que la tin, la cause eL l'effet
se sUI\'eol en ordre, comme l'antérieur, le postél'Îeul' el
lA dernim', et que la tin p)'oduiL la cause, et par la cause
l'etfet, pour que la fin existe, pt 1'00 s'liL aussi plusieurs
autres choses sur ce sujet; cependant les savoir', el ne
pas IE's "oir par ùes applicaLiow, sur ce qui existe, c'est
seulpment savoÎl' des choses ahstraites, qui ne reslent
qu'aulant de temps que dans la peilsée il y a dps choses
~nalytiques tirées de la )'Iél.aphysique ; de la virnt que,
quoique la fin, la cause eL l'ell'et marchenL pal' lps Qeg):~s
discrets, cependant duns le Monde on sait peu de chose
SUl' cp,s Deg)'és, si toutefois on en sait quelque chose; car
la seule connaissance des choses ab",tl'è1ites ost comme
une sode d'objet aérien qui s'envole. mais si les choses
absLraites sonL appliquées à des choses qui sont ùaus le
monde, elles sont comme un objet que l'on voit des yeux
SUl' la terre, t3t qui l'esLe dans· la mémoire.
190. Toules les choses qui existent ùans le Monde, aux-
quelles s'appliquent les trois dimensions, ou qu'on nom-
me des composés, consistent en dps Degr'ps de hauteur ou
discrets; mais des exe:;;ples vont illuo;trer ce sujet: On
sait d'après l'expérience oculaire que chaque Muscle dans
SUR LE DIVIN AMOUR 93
le COl'pS humain consiste en de très-petiLes fibl'es, ot que
celles-ci composées en faisceaux présentent des fibres plus
grandes, qui sont appelées motrices, et que par les fais-
ceaux de ces fibres motrices existe un compose', qui est
appelé Muscle. li en est de même des Nerfs; dans les nerfs,
de très-petites fibres en forment de plus grandes, qui sc
présentent comme des filaments, et de la réunion de
celles-ci se fOl'me le Nerf. Il en est ùe même de tous les
autres assemblages, faisceaux eLréuniolls, ÙOIIL sontcom-
posés les Organes et les Viscères, car les organes el les
viscères sont des compositions de fibres et de vaisseaux
diversement conforml's par de semblables ÙPgl'~S, Il en
est Ilussi de mème ùo LouLes ks choses du Itègne \'égptal
el de toutes les choses ùu Règne minél'al, en général et en
particuliE'r; dans les bois, ce sont des assemblages de fi-
laments dans un Ol'dre triple; dans les n\()laux el clans les
pierres, ce sonL des pelotons de parties aussi dans un or-
dre triple. Pal' la on voit clairement quels sont les Degrés
discrets, à s'lvoir, que d'une chose rll vient une autl'e, et
de celle· ci ulle troisième, qui est appelée un composé; et
que chaque Degré a été sépat'é d'nn autre J)rgré.
191. De ces objets visibles on peut conclure à ceux qui
ne se montrent pas devant les yeux, parce que c'est la
même chose pour eux; par exemple, pour lrs substances
ol'ganiqucs, qui sontlCls réceptacles et les habitacll's ùes
pensées et des affectiom; dans les Cpl'veaux; pour les AI,-
mosphères; pOUl' la Chaleur et la Lumière; et pour l'A-
mour ct la Sagesse. En effet, les Atmosphrl'es sont les l'é-
ceptacles de la Chaleur et de la Lumièl'e; et la Chaleur et
la Lumière sOIltles réceptacles de l'Amour et de la Sagesse;
c'esL pourquoi, puisqü'il y a des degrés ù'Atmosphères, il
ya aussi de semblables Degrés ùe Clwleul' el de Lumière
et de semblables Degrés d'Amour et de Sagesse; car il
n'y a pas entl'e ceux-ci un autre rapport qu'entrE' celles-là.
192. Qu.e ('es Degrés soient homogènE's, c'est-à-dire, de
même caracl.ère et de même nalmE', on le ,"oit d'a pres ce
qui viE'nL d'êtrE' dit: les fibres motrices des muscles, les
très-peti tE'S, les grandes et les ll'ùs-gl'anùes, sont homogè-
nes; les fibl'es nE'rveuses, les tl'ès-petites, les grandE's eL
les très-grandes sont homogènes; les filaments ligneux,
depuis les plus petits jusqu'à leur composé sonL homogè-
nes; les parties pi'errouses etmétalliquesdl> chaque gE'nre,
94 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

pareillement: les subslances organiques, qui sont les ré-


ceptacles et les habitacles dps pensées et des aft'ections,
depuis les plus simples jusqu'à leU!' assemblage commun
qui est le Cel'veau, sont homogènes: les Atmospbères de-
puis le pur ether jusqu'à l'ail' sont homogènes: les Degrés
de la chaleur el de la lumière dans la série selon les De-
gl'és des Almosphères sont homogènes; et pal' :,mite aussi
les Degrés de l'amour et de la sagpsse SOllt homogènps,
Les choses qui ne sont point ùe même caractère ni de
même nature sont hétérogènes, et ne concordent point
avec les homog-i1nes; ainsi, elles ne ppuvent pas prrsen tel'
avec elles des Drgrés discrets; mais elles n'en peuvent
présenter qu'avec les leurs, qui sont de IlJ(>me caractère
et de mème nature, avec lesquelles plies sont homogènes.
193. Que ces choses soient daus leU!' ordre, comme les
tins, les causes et les effets, cela est évident; carle pré-
miel', qui ost le plus peLit, fait sa cause par 10 m..9y~n, èL
son effet pal' le dernier.
191. Il faut qu'on sache que chaque Degré a été distin-
gue> d'un auh'(' pal' des· enveloppes proprf's, el que tous
les Degn's ensemble ont été distingués pal' une Enveloppe
commune; et que l'En\"ploppe commune communiqtiè
avec les int(~ri('urs et avec les intimes dans leur ordre; de
là vient la conjonction de tous el l'action unanime.

Le pl'emie?' De[Jl'é est le tout dans toutes les choses des


Degrés suivants.

1n;i, Cela vient de ce que les Degrés de eltaque sujet el


de chaque chose sont homogènes; et ils sont homogènes,
parce qu'ils Ollt été produits pal' le premicl' ùegré: en
eftet, leU\' forma lion cst telle, que le premier par des fais-
ceaux ou des pelotons, en un mot, par cles assemblages,
produit le seeond, et par celui-ci Ip troisième; et elle sé-
pare l'un de l'au Ire par une e:lveloppp qui l'entoUl'e: de
( là, il est éviden Lque le premier degl'é est le principal et
) celui qui règne uniquement dans les suivants; qu'ainsi
) le premier degré esi, le Lout dans toutes les choses des
degrès suivants.
196.11 est dit que tels sont les Degl'és entre eux, mais
il est entenrlu que telles sont les substance~ dans leurs
SUR LE DIVIN AMOUR 95
dcgré~; la locution par les Degrôs est une locution abs-
traite, qui est uni"cl'.:ielle, par conséqucnt applicable à
chaque sujet ou à chaque chose, qui est dans des Degres
de relLe sorLe.
197. L'application peut être fai te à toules les choses
dont il a été parlti dans l'Article lwécédent; ainsi, aux
Muscles, aux Nerfs. aux Matières et aux Pal'ties des Hè-
gnes végétal et minéral, aux Substances organiques qui
sont les sujets des pensées et des affections dans l'homme,
aux Atmosphères, à la Chaleur et à la Lumière, et à l'A-
r mour et à la Sagesse: dans toutes il y a un premier qui
1 lj3gnC' llninuf'n1Pnt dans Ips suivants, et même il cst uni-
) qlle pn em.; el pUl'ct' 4.11 Il est unique ent'ux, il est le t0ut
! Cl, eu:CQu'il en soit ainsi, e'est em:ore re qu'on' voit clai-
I:emellt d'après ce qui est connu, savoil', que la fin est Ip
Lout de la cause, et que pal' la cause elle est le to!!t~e
l'offet; et voilà pourquoi lafin, la cause et l'effet sont ar-
r petees tin première, fin moyenne et fin dprnière; puis on
) voifc{llP la cause de la cause est aussi'la cause du ré sul-
\ lat de la cause (cattsatum); et que dans Ips causes il n'y
{ a rien d'essentiel que la fin, et dans le mouvement rien
d'essentiel que l'effort: et enfin qu'il y a une substance
unique. qui est la substance en soi.
198. D'après ("ela, on peut clairement voir que le DÏ\'in,
( qui est la substance pn soi,ou l'unique ct seule substance,
1 pst la substance de laquelle procèdent toutps et chacune
des choses qui ont été cr<"ées, qu'ainsi Dipu e<;t le tout
dans toutes les cboses de l'Univers, selon ce qui a éLé dé-
) montré dans la première Parlie; savoir, que le Divin
Amour et la Diville Sagesse sont une substance et une
forme, NoS I~O à 43; que le Divin Amour et la Divine Sa-
r gesse sont la substance en soi et la forme en soi, ainsi le
\ soi-même ct l'unique, N°s 4!~ à 46; que toutes choses dans
l'Univers ont été cl'pées pal' le Divin Amour el par la Divine
Sagesse; N°S 52 à 60; que pm' suite tout l'univers créé est
) l'image du Seigneur, N°s (B à Gti; ct que le Seigneur seul
est le Ciel, où sont les Anges, N°S 113 à H8,

Toutes les pe?'fections c1'oissent et montent avec les lJegl'és


et selon les Degrés,
199. 11 a été montré ci-dessus, N0s 184 à 188, qu'il y a
96 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

des degrés de deux genres, degrés de largeur et degrés


de hauteur; el q:uo les degrés de largeur sonl comme
ceux de la lumiere qui décline vers l'ombre, ou comme
ceux de la sagosse qui décline vers l'ignorance, tandis
que les degrés de hauteur sont comme la tin, la cause et
l'effet, ou comme l'antérieur, le postél'ieur et le dernier:
de ces deg!'és-ci il esL dit qu'ils monlent ou descendent,
car ils appartiennent à la hauteur; mais de ceux-là il est
,dit qu'ils croissent ou décroissent, cal' ils appartiennent
à la la!'geu!', Les uns ditl'èrent tellement des autres, qu'ils
n'ont rien de commun, aussi doivenl-ils êlro dislinctemen t
pel'çus, et nullement cOllfondus,
200, Si loules les perfpcLiollS croissent cl monlent avec
les dpgl'és et solon les degrés, c'est parce que Lous les at-
tributs suivent lou!'s sujels, el que la perfeclion eL l'il1l-
pel'fection sonl des attributs comrnulls; cal' elles se di-
sonL de la vic, clos fOl'ces et cles fOl'llles. L.\ l'ERFECTlO~ ilE
l.\ VlE est la pC'rfection ùe l'ArnoUl' el de la Sagesse; et
comme la volonté etl'enlendcment en sonLles réceptacles,
la perfection de la "il' esl aussi la perfection de la volonté
eL do l'enLendement, et pal' suiLf' celle des affections ol
des pensél''> ; et camille la clialeur spirituelle esLle con te-
liant de l'Amoul', et la lumipre spil'ilupllp le contenant de
la Sagesse, lour pel'ff'clion peut aussi être rapportée il la
perfection do la \'Ïe, L.\ PE1UECTIO~ DES FORCE" ost la por-
fection cie taules los choses ulti sonLmises en aclion et eu
mOllvernollt pal' la vie, dans iesquellf's cependant il n'y a
point la vic; les utrnusphèl'CS quant à leurs actions (actua-
lilales) sont ùe telles fOI'ces; les substances ol'ganiques
illtél'ieul'ü,,; et extérieul'es chez l'homme, puis aussi citez
les .allilllaux ~le touL genre, sont aussi de telles forces;
touLes les choses, dans 10 Monde na tUl'el, qui obtiennenL
immédiaLement et médialement des urtivilés pa!' le soleil
de ce mondp. sont encore de lcacs fOl'ces, LA PERFECTIOl'\
DES l'OmIES et" la porfecLion des forc.!s font un, cal' lolles
sonlles forces, telles sonL les fOI'llles. avec la seule <litl'é-
rence que les formes sont dos substances, taudis que les
forces en sonlles activités, c'est pourquoi il y a pour les
unos eL pOUl' les autres de sf'mblables dOgl'és de pm-fec-
tion : le.,; formes qui ne sont pas cn mi'me temps des for-
ces sout p1).l'faitcs aussi selon les degrés.
201. Il ne sera pas parlé ici des perfections de la vie,
SUR LE DIVIN AMOUR 97
des fOI'ces et des formes, qui croissent ou décroissent se-
lon les degrés de largeur ou continus, parce que ces de-
grés sont connus dans le Monde; mais il sera parlé dûs·
perfections de la vie, des forces et des formes, qui mon-
tent ou descendent selon les degrés je hauteur ou discrets,
parce que ces degrés ne sont point connus dans le Monde.
Or, de quelle manière montent et descendent les perfec-
tions selon ces degrés, cela peut être connu quelque peu
par les choses visibles dans le Monde naturel, mais claire-
ment par les choses visibles dans le Monde spirituel; par
les choses visibles dans le Monde naturel, on découvre
seulement que plus on les considère intérieurement, plus
.on y rencontre de mer\,t'illes; comme, par exemple, dans
les yeux, dans les oreilles, dans la langue, dans les mus-
cles, dans le cœur, le poumon, le foie, le pancréas, les
reins, et dans tous les autres viscères; puis, dans les
semences, les fleurs et les fruits; et aussi dans les métaux,
les minéraux et les pierres; que dans tous ces objets on
rencontrE' d'autant plus de merveilles, qu'on les considère
plus intérieurement, cela est notoire; mais par cetle ins-
pection il est peu venu à la connaissance qu'ils soient inté-
rieurement plus parfaits selon les degrés de hauteur ou
discrets, l'ignorance de ces degrés tenait cela caché. !vIais
comme ces mêmes degrés dans le Monde spirituel se pré-
sentent manifestement, cal' tout ce Monde, depuis le su-
prême jusqu'à l'infime, est dbtinctement divisé en ces
degrés, il en résulte qu'on y peut puiser leur connaissan-
ce; ensuite d'après ces degrés on peut conclure sur les
perfections des forces et des formes. qui sont dans de
semblables degrés dans le Monde naturel.
202. Dans le Monde sl?irituel,j! y a troiLCi~_ux disposés
en ordre selon les Degres de hauteur; dans le Ciel suprême
. les Anges sont dans toute perfection au prix des Anges
qui sont dans le Ciel moyen, et dans le Ciel moyen les
Anges sont dans toute perfection au prix des Anges du
Ciel infime. Les degrés des perfections sont tels, que les
Anges du Ciel infime ne peuvent monter jusqu'au premier
seuil des perfections des Anges du Ciel moyen, ni ceux-ci
jusqu'au premier seuil des perfections des Anges du Ciel
.§gprême: cela semble un paradoxe, mais cependant C'est
la vél'ité : la raison de cela, c'est qu'ils ont été consociés
selon les degrés dis~ts, et non selon les degrés conti-
7
98 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

OUSt Il m'a été donné de connaltre par expérience, qu'en-


tre les Anges des Cieux supérieurs et les Anges des Cieux
inférieurs, il y a une telle différence des affections et des
pensées, et par conséquent du langage, qu'ils n'ont rien
de commun, et que la communication se fait seu1ement
par des correspondan~es, qui existent par l'int1J!LiwJ.Tl.é- .J)
qgt du Seigneur dans tous les Cieux, et par l'influx médiat
par le "Ciel suprême dans le Ciel infime. Comme ces diffé-
rences sont telles, elles ne peuvent être exprimées pal'
une langue naturelle, ni par conséquent être décrites, car
les pensées des Anges ne tombent point dans le" idées
naturelles, puisque ces pensées sont spirituelles; elles
peuvent seulement être exprimées et décrites par eux dans
leurs langues, leurs mots et leurs écritures, et non par
les langues, les mots et les ér.ritul'es des hommes: de là
vient qu'il est dit que dans les Cieux l'on entend et l'on
voit des choses ineffables. Ces différences peuvent être sai-
( si~s quelqu~ peu par ceci, que les pensées aes b-nges du
1 Ciel :-\uprême ou troisième Ciel sont les pensées des fins;
les pensées des Anges du Ciel moyen ou seconù Ciel, les
pensées des causes; elles pensées des Anges du Ciel infi-
) me ou premier Ciel, les pensées des effets. Il faut qu'on
sache que, autre chose est de penser d'apI'ès les fins, et
\ autre chose de penser sur les fins; puis autre chose de
penser d'après les causes, et autre chose de penser sur
, If's causes; et aussi autre chose de penserd'après les effets,
l et autre chose de penser sur les effets: les Anges des cieux
inférieurs pensent SUI' les causes et SUI' les tins, mais les
Anges des Cieux supél'ieurs pensent d'après les Causes et
d'après les tins, et penser d'après les causes et d'après les
fins appartient à la sagesse supérieure, tandis que penser
sur les causes et sur les fins appartient à la sagesse infé-
rieure. Penser d'après les fins, c'est de la sagesse; penset'
d'après les causes, c'esl Ge l'intelligence; et penser d-'-.a-
près les effets, c'est ùe la science. Par ces explications, il
esl évidenfque toute perfection monte eL descend avec
les degrés ct selon les degrés.
203. Comme les intérieurs de l'homme, qui appartien-
nent à sa volonté et a son entendement, sont semblables
aux r.ieux quant aux degrés, car l'homme quant aux inlé-

i rieurs qui appartiennent à son Mental est le Ciel dans la


forme la plu~ petite, c'est pour cela que leurs perfections
SUR LE DIVIN AMOUR 99
aussi sont semblables: mais ces perfections ne se mani-
festent à aucun homme tant qu'il vil dans le Monde, car
alors il est dans le degré infime, et d'après le degré infime,
les degrés !'.upérieJ!!'s ne peuvent pas être connus; mais
( aprés la mort ils sont connus, car alors l'homme vient
) dans le degré qui correspond à son amour et à sa sagesse,
puisqu'alors il devient Ange, et qu'il pense et dit des cho-
ses qui étaient ineffables pour son homme naturel: en
) effet, il y a alors élévation de toutes les choses de s~n
mental non en raison simple, mais eD raison triple; en
l'aison triple sont les degres de hauteur, elen raison sim-
ple les degrés de largeur. Mais dans les degrés de hauteur
!!? montent et ne SOllt éleyés qtgl ceux qui, dans le Monde,
ont été dans les vrais et les ont appliqués à la vie.
20/t. Il semble que les Antérieurs soient moins parfaits
que les Postérieurs, ou que les simples soient moms par-
\ faits quP les composés; mais néanmoins les antérieurs
d'où proviennent les postérieurs, ou les simples d'où pro-
viennent les composés, sont plus parfaits; et cela, parce
que les antérieurs ou les simplC's sont plus nus, et moins
) )J'oilés de substances et de mlüières privées de vie; et ils
SJ)nt comme plus Dmps, aussi sont-ils plus près du Soleil
spirituel, où est le Seigneur; car la perfection même est
( dans le Seigneur, et par suite dans le Soleil, qui est le
1 premier ProcéJant du Divin Amour et de la Divine Sagesse
du Seigneur; et de là, dans les choses qui suivent de plus
près, et ainsi en ordre jusque dans les infimes, qui sont
l plus imparfaites selon leur distance. Si tIans les antérieurs

~
et les simples il n'y avait pas celle éminente perfectfOn,
ni l'homme,-ni aucun animal, n'auraient pu exister d'après
une semence, ni ensuite subsister; et les semonces des
arbres et des arbrisseaux n'auraient pu ni végéter ni proli-
fier: car tout antérieur est d'autant plus exempt de domma-
) ges qu'il est plmlantéljeur, et tout simpleen estd'aulant plus
exempt qu'il est plus simple,parce qu'ils sont plus parfaits.

Dans l'Ord1'e successi{ le p,'emie,' Degré {ait le suprême, et


le troisième l'infime; mais dans l'Ordre simultané le pre-
mie1' Deg1'é {ait l'intime, et le t1'oisième l' eitime.

205. Il Y a un Ordre successif, et un Ol'dre simultané;


100 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

l'Ordre successif de ces degrés est depuis le suprême jus-


qu'à l'infime, ou depuis le haut jusqu'au bas; dans cet
Ordre sont les Cieux angéliques, le l1'oisiè!1l(3 Ciel y est le
suprême, l~ second le moyen, et le_premier l'infime; telle
'1 est entre eux leur situation: dans un semblable Ordre suc-
i cessif y sont les états de l'amour et de la sagesse chez les
Anges, puis ceux de la chaleur et de la lumière, comme
aussi ceux des atmosphères spirituelles; dans un sembla-
ble Ordre y sont toutes les perfections des formes et des
forces. Puisque les Degrés de hauteur ou discrets sont
dans un Ordre successif, ils peuvent alors être comparés
à une Colonne divisée en trois degrés pour monter et des-
cendre, dans l'étage_ sl!périeur de laquelle il y a des cho-
ses très-parfaites et très-belles; dans celui du milieu, des
choses moins parfai tes et moins belles; et dans 1e _plus
b~l>, des choses encore moins pal'hites et moins belles.
- Mais l'Ordre simultané, qui consiste en de semblables de-
grés, est dans une autre lIPQarence; dans celui-ci, les suprê-
mes de l'Ordre successif, qui sont. comme il a été dit,
t.rès-parfaits et très-beaux sont dans l'intime, les inférieurs
dans le moyen, et les infimes dans le contour; ils sont
comme dans un solide consist.ant en ces trois degrés, au
milieu ou au centre duquel sont les parties les plus subti-
les, autour de ce centre les parties moins subtiles, et dans
les extrêmes qui font le contour les parties composées
de celles-là et r.ar suite plus grossières: c'est comme cette
colonne, dont 11 vient d'être parlé,s'affaissant sur un plan,
de laquelle le_sl).prê,!!le fait l'intime, le moyen fait le moyen,
et l'infime fait l'extrême.
1 206. -Comme le suprême de l'Ordre successif devient l'in-
time de l'ordre simultané, et que l'infime devient l'extime,
c'est pour cela que dans la Parole par le supérieur est
signifié l'intérieur, et par l'inférieur l'extérieur; de même
par en haut et en bas, et aussi par l'élevé et par le profond.
207. Dans tout dernier il y a les degrés discrets en ordx:e
simultané: les fibres motrices dans tout muscle, les fibres
dans totit nerf, puis les fibres et les petits vaisseaux dans
tout viscère et dans tout ol'gane, sont dans un tel ordre;
intimement en eux il y a les parties les plus simples qui
sont les plus parfaites, l'extllne en est le composé. Il y a
un Ordre semblable de ces degrés dans toute semence et
dans tout fruit, puis aussi dans tout métal et dans toute
SUR LE DIVIN AMOUR 101
pierre; telles sont leurs parties dont résulte le ~out;""" le~
i~es, les moyens et les extimes des parties sont dans
ces degrés, car ce sont de successives compositions, ou de
successifs assemblages et pelotons provenant des simples,
qui sonlleurs premières substances ou matières.
( 208. En un mot, il y a de tels degrés dans tout dernier,
) ainsi dans tout effet; car tout dernier se compose des anté-
rieurs, et ceux-ci se composent de leurs premiers; et tout
) effet se compose de la cause, et celle-ci de la fin, et la fin
est le tout de la cause, et la cause est le tout de l'effet,
ëomme il a été démontré ci-dessus, et la fin fait l'intime,
la cause le moyen, et l'effet le dernier. Qu'il en soit de
même dos degrés de l'amour et de la sagesse, de la cha-
leur et de la lumière, puis aussi des formes organiques
des affections et des pensées chel. l'homme, on le verra
dans la suite. Il a aussi été traité de la série de ces degrés
dans l'Ordre successif et dans l'Ordre siqmltané, dans la
DOCTRINE DE LA NOÛVELLE JÉRUSALEM SUR L'EcRITURE SAINTE,
\ N° 38, et ailleurs; il a été montré qu'il y a de semblables
, degrés dans toutes et dans chacune des choses de la Pa-
t role.
Le dernie,' Degré est le complexe, le contenant et la base
des deg1'és antérieurs.
r209JLa Doctrine des DegIil_s, qui est donnée dans cette
~ a eLe illusfh'ieJusqu'à présent par diŒérentes cho-
ses qui existent dans l'un et l'autre Monde; ainsi, par les
degrés des Cieux où son t les Anges, par lei> dpgrés de la
chaleur et de la lumière chez les anges, par les degrés des
atmosphères, et par différentes choses dans le corps
humain, et aussi dans le Règne animal et dans le ltègne
minéral. Mais cette doctrine est d'une étendue plus ample;
{. elle s'étend non-seulement aux choses Naturelles, mais
2 a!l~i aux choses Civiles, Morales et SpiritueIIes, et à tout
ce qui les concerne, tant en général qu'en particulier. 11
y a deux raisons pour lesquelles lil doctrine des degrés
s'étend aussi à ces choses; la P1'emiè1'e, c'est que cians l' 1 _
f to.!!.!:s~ dont on peu! parler U. Y.â..!!!!_JriI)e, qui est appelé y
l fin, cause et effet, et que ces trois choses sont entre elles
selon les degrés de hauteur. La Seconde raison, c'est que
tout Civil, tou! Moral et tout.Jlpirituel, n'est point une
102 LA SAGESSE ANGtLIQUE

'~ abstraction, mais est une substance~ car de même que l'a-
mour et la sagesse sont non pas des choses abstraites,
mais J:lf.Le_substaIlce, comme il a été démontré ci-dessus,
.NOR 40 il /.3,oe même aussi toutes les choses qui sont apJ?e-
lées civiles, morales et spirituelles; 6n peut, il est vrai, y
tJ'J. - ( penser en faisant abstraction des substances, mais 1ôu-
) j ours est-il qu'en elles-mêmes elles ne sont point dcllbs-
( tractions: ainsi, par exemple, l'affection et la pensée, la
charité et la foi, la volonté et l'entendement; en effet, il
en est de ces choses comme de l'amour et de la sagesse,
) c'est-il-dire qu'elles n'existent point hors ù~s S~S0U:!i
'tlrÂ. sont des substances, mais qu'elles son LIes eLi~s Jl~ suje~s
6 - ou substances; que ce soient leurs changements qUllllam-
festent les val'Îations, on le verra dans la suite. Par subs-
tance il est aussi entendu la forme, cal' il n'y a pas de subs-
tance sans forme.
210, De ce qu'on a pu penser et de ce qu'on a pensé sur
la volonté et l'entendement, sur l'atl'ection et la pensée,
et sur la charité et la foi, en taisant abstl'action des subs-
Il tances qui en sont les sujets, il est arrivé qu'ona perdu
la juste idée de ces choses, savoir, qu'elles sont les états
des substances ou des formes; absolument coiïi"IilëSi:lnt
les sensations et les actions, qui ne sonl p~s n2..~ plus des
(choses apstraites des organes sensoria et moloria; abs-
J traites ou séparées de ces organes, elles ne sont que des
êtres de raison; car elles sont comme la vue sans l'œil,
i comme l'ouïe sans l'oreille, comme le goût sans la langue,
et ainsi du reste.
211. Puisque toutes les choses civiles, morales et spiri-
tuelles font leur progression pal' les degrés, comme lès
choses naturelles, non-seulement pal' les degrés continus,
mais aussi par les degrés 9.iscrets, et que les progressions
, des degrés discrets sont commë les progressions des fins
3 aux causes, et des causes aux elfets, j'ai voulu que la pro-
positiOn présente, qui est, que le dernier DE'gré est le
complexe, le contenant et la base des degrés antérIeurs,
fût illustrée et confirmée par les choses décrites ci-des-
) sus, savoir, par celles qui appartiennent il l'amour et à la
sagesse, à la volonté et à l'entendement, à l'affection et à la
pensée, à la charité et à la foi.
212. Que le dernier Degré soit le complexe, ~ cOl}tenant
et la base des degrés antérieurs, on le voit craIrement
SUR LE DIVIN AMOUR 103
d'aprè3 la progression des fins et des causes vers les
efl"ets; la raison illustrée peut saisir que l'effet est le com-
plexe, le contenant et la base des causes et des fins, mais
elle ne peut pas de même saisir clairement que la fin avec 1-
tout ce qui lui appartient, et la cal!..se avec tout ce qui lui t
appartient, sont en actualité dans l'e~t, et que l'efl'et en J
est le plein complexe. Que la chose soit ainsi, on peut le voir
( pal' les propositions déjaprésentées dans ceLLe Partie, sur-
I tout par celle-ci, que l'un procède de l'autre dans une tri-
) pie série; et que l'effet n'est autre que la fin dans sonDer-
( nier; et comme le dernier estle complexe, il s'ensuit que le
dernipr esUe contenant, et aussi la base.
-1 213. Quant à ce qui concerne l'Amour et la Sagesse, l'A-
a mour est la fin. la Sagesse est la cause pe1' quant (pal'
3; laquelle l'ArnoUl' agit,)et l'Usage est l'elIet; et l'Usage est
le complexe, le contenant et la base de la sagesse et de
f l'amour; or, l'usage est un tel complexe et un tel conte-
nant, qu'il y a en lui en actualité toutes les choses de l'a-
) mour et toutes celles de la sagesse, il en est le simultané .
.Mais il faut qu'on sache bien que toutes les choses de l'a-
mour et de la sagesse, qui sont homogènes et concorŒan-
tes, sont dans l'usage, selon ce qui a eté dit et montré ci-
dessus,aa-ns l'Article N°S 189 à 194.
r 214. Dans une série de semblables degrés sont aussi
'2. l'Affection, la pensée et l'Action, parce que toute :lffection
3 se réfere à l'amour, toute pensée à la sage~e, et toute
action à l'usage. Dans une série de semblables degl'és sont
la charité, la foi et la bonne œuvre, car la charité appar-
tient à l'affection, la foi à la pensée, et la bonne œuvre à
l'adion. Dans une série de semblables degrés sont aussi
la volonté, l'entendement et l'exercice, car la volonté
appartient à l'amour et par suite à l'affection, l'entende--
ment à la sagesse et par suite à la foi, et l'exercice à l'u-
sage et par suite à l'œuvre. De même donc que dans l'_~­
sage il y a toütes les choses de la sagesse et de l'amour,
de même dans l'action il y a toutes les choses de la pensée
et de l'affection, dans la bonne œuvre toutes les choses
de la foi et de la charité, et ainsi du l'este; mais toutes
l~hoses homogènes, c'est-à-dire, concordantes.
21g) Que le dernier de chaque série, qui est l'usage,l'ac-
tl • l'œuvre et l'exercice, soit le complexe et le ~onte~@t
de tous les antérieurs, c'cstre qui n'a pas encore été connu;
104 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

il semble que dans l'usage, dans l'action, dans l'œuvre et


dans l'exercice, il n'y ait rien do plus que ce qui est dans
le mouvement, mais néanmoins il y a en actualité en eux
tous lrs antérieurs, et si pleinement-----qu'11 n'y manque
rien; ils y sont renfermés comme le vin dans son tonneau,
) et comme des meubles dans une maison. Si ces antérieurs
n'al?paraissent point, c'est parce qu'ils. sorlt considérés
) extrrieurement, et que considérés ext.érieurement ils sont
l seulement des activités et des mouvements: c'est comme
lorsque les bras et les mains se meu vent, et qu'on ignore
que mille fibres motrices concourent à chacun de leurs
) mouvements, et qu'à ces mille fibres motI'ices correspoI)-
dent des milliers de choses appartenant à la pen§ée et à
l affection, qui excitent les fibres motrices; et comme elles
l agissent intimement, elles n'apparaissent devant aucun
seIlS du corps: cela est notoire, que rien n'est mis en ac-
lion dans le corps ou par le corps que d'après la volonté
par la pensée, et comme l'une et l'autre agit, il n'estl?as
' possible que toutE'S ct chacune des choses de l~olonte et
\ de llLpensée ne soient pas dans l'action; elles ne peuvent
pas êtres:epa~ées,: c.!!.la vient que c'~st d'après les faits
t ou les ŒUVl'eS qu on Juge-d ll 1a pensre de la volonte de
l'homme, qu'on nomme intention. Il est devenu notmre

~
pour moi, que les Anges d'après un seul fait ou une seule
œuvre de l'homme perçoivent et voient le tout de la v'o-
lonté et de la pensée de celui qui agit; les anges du Lroi-
sième ciel perçoivent et voient d'après la volonté la fin
propte?· quem (pour laquelle on agit), et les anges du
second ciel la causo pal' laquelle la fin agit. C'est de là
que, dans la Parole, los œuvres et les faits sont tant de
( fois commandés, et qu'il est dit que l'homl}1e est connu
par ses œuvres et par ses faiLs.
216. C'est un point de la sagesse angélique, que si la

~
volonté et l'entendement, ou l'affection et la pensér, et
aussi la charité ellaîoi, ne se couvl'ent et ne s'envelop-
pent des œuyres ou des faits, q!land il est possible, elles
ne sont qUe\fomme des souftles qui passent, ou comme
des images dans l'air qui se perdent; et qu'elles ne jemeu-
rent chez l'homme et nr deviennent ("hases de sa vie, CI.!l.e
qillilld'l'homme opère rI, l(>s fait: la raison de cela. c'est
que le dernier est le complexe, le contenant et la base des
antérieurs.(!Jn tel souftl~ el une telle image, c'est la foi
SUR LE DIVIN AMOUR 105
( sépal'ée d'avec les bonnes œuvres, et c'est aussi la foi et
) la charite sans leUl's exercices, avec la seule ditl'érence que

~
ceux qui admeUelllla foi et la charité savent et p~t
vouloir faire les !2~~s, mais non ceux qui son t dans la foi
sé..Qarée d'avec la charité.

Les Degrés de hautew' dans leur De?'nier sont dans le plein


et dans la puisSance,

217, Dans l'Article pl'é13édent il ~ été montré que le der-


nier Degré est complexe et le contenallt des degl'és anté-
rieurs; il suit de là que dans leur dernier les Degrés an-
. térieUl's sont dans le plein; cal' ils sont dans leur effet, ct
t.9_ut effet pst le plein des causes,
~18. Que ces Degl'és ascendants et descendants, qui sont
aussi appelés antérieurs et postérieurs, puis Degrés de
hauteur et discrets, soient daus leur puissance dans leur
Dernier, c'est ce qui peut être confirmé par tout ce qui a
été rapporté dans les Articles précédents d'après les cho-
ses sensibles et pel'ceptibles pOUl' confirmations; mais ici
je veux seulement le confirmer par les Efforts, les Forces
et les Mouvements dans les sujets morts etdans les sujets
vivants, On sait que l'EtIOl'L ne fait rien de lui-même,
mais qu'il agit par des forces correspondantes à lui, et
que par elles il manifeste le mouvement; et qu'il résulte
de là que l'effort est le tout uans les fONes, et par les
forces dans le mouvement; et que, comme le mouvement
est le dOl'niel' degl'é de l'effort, c'est pal' lui que l'effort
met en ae Lion sa puissance; l'effort, la force et le
mouvement n'ont été conjoints que selon les degrés de
hauteur, dont la con jonc Lion exi~te non pas par le
continu, puisqu'ils sont discl'ets, mais par les corres-
pondances; car l'effort n'est pas la force, et la force
n'est pas le mouvement, mais la force est produite
par l'effort, puisque la force est l'effort excité, et le mou-
vement est produit par la force; c'est pOUl'quoi il n'y a ay- )
cune jluissance dans l'effo!,~ spul, ni dans la force seule,
mmsla puissance pst dans le mouvement qui en est le .
pl'oduil. Qu'il en soit ainsi, c'est ce qui sembl .... encore
douteux, pal'ce que cela n'a pa'l été illustré par des appli-
cations aux choses sensibles et perceptibles dans la nature;
106 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

mais neanmÜ'inS telle est leur progression à la puissance,


219, lIIais soit une application de ceci il l'effort vif, il la
force vive et au mouyement vif: L'etfort vif dans l'homme,
qui est un sujet vivant, est sa volonté unie à son entende-
ment; les forces vivps dans l'homme sont les parties qui
en rledans constituent son corps, dans toutes ces parties
il y a des fibres motrices entrelacpes de diverses maniè-
l'es; et le mouvement vif dans l'homme est l'action, qui
est produite par ces forces d'après la volonté unie à l'en-
tendement; car les intérieurs qui appartiennent à la YO-
lonté et à l'entendement font le premier degré, les in té-
rieUl's qui appartiennent au corps font le second, et tout le
corps qui en est le complexe fait le troisième degré: que
les intérieurs qui appartiennent au mental ne soient dans
aucune puissance sinon pal' les forces dans le corps, et
1 que les forces ne soient non plus dans aucune puissance
sinon par l'action du corps lui-même, cela est notoire, Ces
trois agissent non pas par le continu, mais par le discret,
( et agir par le discret, c'est agir par les correspondances:
\ les intérieuJ's qui appartiennent. au mental cOITespondenl
aux intérieurs du corps, et les intérieurs du corps corres-
\ pondent à ses extérieurs,par lesquels existent les actions;
1c'est pourquoi les deux antérieurs sont dans la puissance
par les extérieurs du corps Il peut sembler que les efforts
et les fOl'ces dans l'homme soient dans quelque puissance,
quoiqu'il n'y ait pas action, comme dans le sommeil et
dans les états ùe repos, mais néanmoins alors Ips détermi-
nations des efforts et des fOl'ces sont dans les moloria com-
I1lUnS nu corps, qui sont le Cœur et le Poumon; cepen-
dant l'action du cœU!' et du poumon cessant, les forces
cessent aussi, et avec les forces les eIforts,
2'20. Comme le tout ou le corps a déterminé ses puissan-
ces principalement dans les hras et dans les mains, qui
sont les derniers, c'est pour celaJIue par les hras etj)~r
les mains, dans la Parole, est signifiée la puissance, et par
la maiIl druite une puissance Supél'ieure, Le déroulement
et le développemeIll des degrés VCl'S la puissance étant
tels, voilà pourquoi cI:.après une seule action, qui est faite
par les-mains, les Anges qui sont chez l'homme et dans
la correspondancfj de toutes les choses de l'homme, con-
naissent quel il est quant à l'entendement et à la volonté,
et aussi quant à la charilé et à la foi, ainsi quant à la vip
SUR LE DIVIN AMOUR 107
iT)~et:ne gui appartient à son mental, et quant à la vie ex-
terne qui d'après celle-là est dans le corpsJ Qu'il y ait chez
les Anges une' telle connaissance d'..mll:ès une seule_action
du corps parlps mains. c'est ce qui m'a"Très-souvent éton·
ne, mais toujours est-il que cela m'a été montré quelque-
fois par vive expérience, et il m'a rté dit que c'est de 1:1
f que les inaugurations dans le ministère se font par l'im-
l po.s.iUon des mains, et que par toucher avec la main il pst
. signifir communiquer, outre plusieurs autres choses sem- }
blables. De là a été tirée cette conclusion que le lout de la
charité et.de la foi est dans les œuyres, et que la charitp
et la foi sans les œuvres sont COlllme auLour du soleil les
arcs-en-ciel qui s'évanouissent et sonl dissipés par une
nuée; c'est pour cela que, dans la Par'ole, il esL si souvent
( parlé des ŒU\'l'PS, el qu'il est dit de faire, et que le Salut
) de l'homme en dépend; et même celui qui fait est appelé
. \ sage, et celui qui ne fait pas est appelé insensé. Mais il
1 raue savoir que par les œuvres ici sont entendus les u~a­
( ges, ..rrui sont faits en actualité; car dans ces usages et s~-
Ion ces usages eru.Uout de la charité et de la fÇ>i; avec
les usages il y a celle correspondance, parce que celte
correspondance est spirituelle, mais elle se fait_par le.s
substanc,es et les matièr~s, qui s.o.!.lt les sujelÉ"
2M. ICI peuvent être I·evéles deux Arcanes, qui tombent
dans l'ente:ldement par les explications données ci-dessus:
Il /"' Le PREMIER ARC.\NE est, que la Parole, dans le sens de la

~
lettre, est dans son plein et dans sa puissance: en effet,
dans la Parole, il y a trois sens selon les trôis degrés, le
sens céleste, le ·sens ~.p.i!ituel ~t le sens nat~el; comme
ces sens selon les troIs degres de hauteur sont dans la
) Parole, pt que leur conjonction se fait pal' les correspon-
dances, c'est pOUl' cela que le dernier' sens, qui est le na-
f turel et est appelé le SOliS de la lettre, non-seulement est
} le complexe, le contenant et la base des seus intérieurs
correspondants, mais aussi est la Parole dans le dernier
) sens dans son plein et dans sa puissance. Qu'il en soil
ainsi, cela a été lIlontré el confirmé en plu~ieurs <;>ndroiLs
dans la DOCTI\INE DE LA NOüVELLE .JÉRUSALIŒ SUR J,'ECRITURE
S,\l1'\TE, N°S 27 à 36, 37 il 49, 50 à 61, 62 à 69. Le SECONI) AR-
CANE est, que le Seigneur est venu dans le Monde el a pris
l'Ilumain, pour su mettl'e pn puissance de subjuguer les
enfers, et de rétablir toules cbose~dans 1'0rQ]'e; tàrit dans
108 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

les Cieux que SUl' Terre. De cet Humain il a survètu SOIl


Humain AntérieUl' : l'Humain, ùont il s'est sUl'vêtu dans
le Monde, a été comme l'Humain de l'homme dans 10
Monde, l'un el l'autre cependant Di\'ins,et par suite infini-
ment au-dessus des lIumains finis des anges et des hom-
m('~ : et comme il a pleinement glorifié l'Humain NatUl'el
jusque dans ses derniers, \'oilà pourquoi il est ressuscité
avec tout le COl'PS, autrement que ne ressuscite lout hom-
( me : par cela qu'il a pris cet Humain, il s'est revêtu de la
) Toute-Puissance Divine nOll-seulement de subjuguer les
) Enfers et de rétablir les Cieux dansTorare;mais encore
l de tenir les Enfers éternellement subjugl!és, et de sauver
les hommes, Celle Puissance eS[ entendue par étl'e assis à
la droite de la puissance et de la vertu de Dieu. Commek
J Seigneur en preuant l'humain naturel s'est fait le Divin
) Vrai dans les derniers, il est pour cela même appelé la
( Parole, et il est dit que la Parole a été faile Chair, et le
Divin Vr'ai dans les del'lliers est la Parole quant au sensue
la lettre; il s'est fait le Divill Vrai en accomplissant toutes
ies choses de la Parole dites de Lui dans :\Ioïse et dans les
Prophètes. En effet tout homme es~ son bien et son vrai,
f l'homme n'est point homme d'autre part; mais lêSèi-
gneur, parce qu'il a pris l'hUlr.ain naturel, _est le Divin
( Bicll Même et le Divin Vrai ~f(>me, ou, ce qui est la même
) cllose, il est le Divin Amour Même et la Divine Sagesse
Même, tant dans les Pl'eilliers que dan,:; les DernIers: de
) la vien~ que depuis son avènement ùans le Monde il appa-
rait dans les Cieux Angéliques comme Soleil avèc un plus
vif éclat et une plus grande splendeur qu'avant son avene-
ment. C'est là un Arcane qui, par la Doctrine des degrés,
peut tomber sous l'entendement. Dans la suite TIsera parlé
de la Toute-Puissance du Seigneu:' avant son avènement
dans le Monde.

Les Deg1:is de l'un et de l'aut1'e genre sont dans les très


-g1'ands et dans les t1'ès-petits de toutes les choses
qui ont été c1'éé~s,
2 J ,
222. Que les très-grands eommllos très-petits de toutes
les choses consistent en degrés discrets et con Linus, ou
de hauteur et de largeur, cela ne pe".lt pas être illustré
SUR LE DIVIN AMOUR 109
pal' des exemples pris dans les choses yisibles, parce que
les tl ès-petits ne se présentent pas devanLles yeux et que
les très-grands qui se présentent ne se montrent pas dis-
tingués en degrés; ce sujet ne peut donc être démontré
que par des universaux; et comme les Anges sont dans la
sagesse d'après les universaux; et par suite dans la science
sur les singuliers, je vais rapporler ce qu'ils en disent.

~
223. Ce que disent les Anges sur ce sujet,c'est qu'il Il'Y
a pas un tellemen( très-petit; dans lequel il n'y ait )Jls d_e- - -?
D'ré.§ de l'un et de l'autre genre; ainsi pas un très-petit
âans aucun animal, ni un très-petit dans aucun végétal.
ni un très-petit dans aucun minéral, ni un très-pelit dans
l'éther et dans l'air; et comme l'éther et l'air sont les ré-

l ceptacles de la chaleur et de la lumière, pas un très-petit


de la chaleur et de la lumière; et comme la chaleur spiri-
tuelle et la lumière spirituelle son t les réceptacles de l'a-
mour et de lasagesse, pas un très-petit non plus de l'amour

i et de la sagesse, où il n'y ait les degrés de l'un et de l'au-


tre genre. De ce que disent les Anges il résulte aussi, que
le très-petit d'une affection, et le tl'ès-petit d'une pensée,
el même lé très· petit d'une idée de la pensée, consiste en
( des degrés de l'un et de l'autre genre, et que le très-petit
) qui ne consisJ.? pas e~ ces degr_éLn~est !i~n, car_ il nra
poinLde forme, par consequent point ae qualité, ni aucun
) état qui puisse être changé et varié, et par là exister. Les
Anges confirment cela par ce vl'ai, quo les Infinis dans
Dieu Créateur, qui ~stle Seigneur de toute éternité, sont
distinctement un, el qu'il y a des infinis dans ses infinis,
et que dans les infini mon t infinis il y a les degrés de l'un
ct de l'autre gCll1'e, qui aussi sont distinctement un en
Lui; et comme ils sont en Lui, et que toutes choses ont
été créées par Lui, et que les choses qui ont été créées
r présentent dans une sorte d'image celles qui sont en Lui,
) il s'ensuit qu'il n'y a pas un très-petit fini, dans lequel il
),~Y ait dejels degr~s. S~ ces degrés, sonnlans--Ies tr~-
1 petits comme dans les tres-grands, c est parce que le Di-
vin est le même dans les très-grands et dans les très-petits.
Que dans Dieu-Homme les infinis soientdistinclement un,
on le voit ci-dessus, N°S 17 à 22; et que le Divin soit le
méme dans les tl'ès-grands et dans les très-petits, on le
voit N°S 77 à 82,ce qui a été encore illustré N°S 155,169,171.
224. S'il n'y a pas un très-petit de l'amour eL de la sa-
110 LA SAGESSE ANGELIQUE

gesse, ni un très-petit de l'affection et de la pensée, ni


même un très-petit de l'idée d'une pensée, où il n'y ait les
degrés de l'un et de l'autre genre, c'est parce que l'amour
( et la sagesse sont une substance et une forme, comme il
) a été mon-tÏ'é ci-dessus, N°s 40 à .f3, pareillement l'affection
et la pensée: eL comme il n'y a pas de forme, où ne soient
\ pas ces degrés, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il s'ensui t
1qu'il y a de semblables deg't'és dans C8S choses. car sépa-
l'er d'une substance dans une forme l'amour et la sagesse,
puis l'affectiun et la pensée, c'est les annihiler, parc~ @~
ces choses n'exisLent pas hors de leurs sujets, carce qui
\ variation,ce sont leurs. états perçus par l'hommt:: dans la
lèS-fixe,
225.C!~es très-grands dans lesquels sont .les degrés de
l'un et de l'autrr geme, c'est l'Univers dans tout son com-
plexe; c'est le ~londe NaLurel dans son complexe, et c'p,st
le MondA SpiriLuel dans le sien; c'est ~haque Empire et
chaque Royaume dans leur compll'xe ; c'est Lout leur civil,
tQut leur moral eL tout leur spirituel, dans leur corn plexe;
tout le Hègne animal, tout1e Hègne végétal eL tout le Hè-
gne minéral, chacun dans son complexe; ce sont toutes
les Atmosphères de l'un et de l'auLre Monde, prises ensem-
ble, puis lems chaleurs eL leurs lumières. Pareillementles
moins commutUl; comme l'homme dans son complexe,
tout animal dans le sien, tout arbre et tout arbl'isseau dans
le leur, puis aussi toute pierre eL touL mélal dans le leur.
Les formes de ces cl!.Qses sont semblables en ce qu'elles

~
consistent en des uegrés de l'un et de l'auLre genre: la rai-
son de cela, c'esL que le Divin, par qui elles ont été créées,
est le méme dans les tl'ès-grands pI dans le~'es-petits,
comme il a éLé démontré ci-dessus, N°S ï7 à 8:2. Les singu-
liers et les très-singuliers de toutes ces choses sont sem-
blables aux communs eL aux très-communs, en cela, qu'ils
sont des formes des des:r.és de l'un et de l'autr~enre,
. 226. De ce que les-rres-grand~e4.1es très-petits sont des
formes, des degrés de l'un et 11e l'autre genre, il ya entre
eux une connexion depuis les premiers jusqu'aux derniers,

i
car la ressemblance les conjoint. Mais néanmoins il n'y a
aucun très-petit qui soille même qu'un autre, parlà existe
la distinction de tous les singuliers eL de tous les trés-sin-
guliers, S'il n'y a aucun très-petit dans quelque forme. où
parmi quelques formes, qui soit le mème qu'un àutre,
SUR LE DIVIN AMOUR 111
c'est'pal'ce que danstres ~rès-grand8'il y a des semblahles
degres,et que.res très-grands consistent en de très-petits;
puisque de telsaegrés sont dans @s très-grandS; et que
selon ces degrés il y a des ditIérences perpetuelles depuis
le haut jusqu'au bas, et depuis le centre jusqu'aux péri-

l phéries, il s'ensuit qu'il n'y a aucun de leurs plus petits


ni de leurs tt'ès-petits, dans lesquels sont de semnlaOTes
dègrés, qm soit le même qu'un autre.
227. C'est encore un point de la sagesse angélique, que 1
la perfection de l'Un~vers créé vient de la ressemblance l
des communs et des particuliers, ou ((les très-gran®l et
des tl'ès-peti~ quant à ces degrés, car arOl~ l'un regarde f
l'autre comme son semblable, avec lequel il peut être COB-
.i oint pOUl' tout usage, et fixer touLe fin dans l'effet.
228. Mais ces propositions peuvent paraître comme des
paradoxes, parce qu'elles ne sont pas démontrées pal' des
applications à des choses visibles; cependant, toujours
est-il que les proj)ositio!l'~__abstl'ai~es, étant universelles,
sont ordinairement mieux saiSleSque les pr9posilions 2P-
pliquées, car celles-ci sont d'une variété perpétuelle, et la
variété obscurcit,
229, Quelques-uns prétendent qu'il ya une substance si
( simple1 qu'elle n'a pas de fOl;me venant ae formes plus
) petites, et que de cette substance résultent pal' entasse-
ments les substanciés ou composés. et enfin les substan-
ces qui sont appelées matières; mais néanmoins de telles

1 substances très-simples n'existent pas: car. qu'est-ce


qu'une substance sans unE' forme? c'est quelque chose
dont rien ne peut se dire; et d'un- (;tre (eus) dont rien ne
peut se dire, il ne peut pas être composé quelque chose
pal' entassements. Qu'il y. ait des choses innombrables
dans les premières substances créées de toutes choses,
qui sont très-petites et trps-simples, on Ir verra dans la
suite, lorsqu'il s'agira des formes,

Les tt'ois Degl'és de hauteur sont infinis et ùzc1'éés dans le Sei-

---gn~l',er ~s degrf.s sont finis et créés dans l'homme.

230. Que dans le Seigneur les trois degrés de hauteur


soient infinis et incréés, c'est parce que le Seigneur est
l'A.mour Même et la Sagesse Même, comme il a été pl'écé-
112 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

demment démontré; et puisque le Seigneur est l'Amoul'


Même el la Sagesse Même, il est par cons6quenlaussi
l'Usag~ Même; ca!' l'Amour a pour fin l'usage, qu'il pro-
duit par la sagesse; en effet, l'amour et la sagesse sans
r l'usage n'ont point de but ou de fin, ou n'ont point de domi-
) cile; c'est pourquoi, on ne peut pas dire qu'ils sont et
î existent, à moins qu'il n'y ait l'usage in Q~o (d.ms l~quel
( ils soient et existent), Ces trois constituent les trois degros
de hauteur dans les suj~s de la vie: ces troIs sont comnle
la fin première, la fin moyenne qui est appelée cause, et
la fin dernière qui est appelée effe t: que l<Lf!n, l~u!?e
eL l'effet constituent les trois degrés de hauteur, c'est ce
qui a été montré ci-dessus et confil'mé plusieurs fois.
231. Que ces trois degrés soient dans l'homme, on peut
le voir d'après l'élévation de son mental jusqll'";'lUX degrés
de l'amour et de la sa~esse, dans lesquels sont les Anges
du second et du troisieme ciel. car Lous les Anges sont
nés hommes, et l'homme quant aux intérieurs qui appal'-
tiennent à son mental est le ciel dans la forme la plus
petite; autant donc il y a de Cieux, autant il y a de degr'és
de hauteur chez l'homme par la création; l'homme aussi
est l'image et la ressemblance de Dieu, c'est pourquoi
c~s tl'oi~c~r,Çs ont été gravés dans l'homme. parce qu'ils
sonf(fans Dieu-Homme, c'est-à-dil'e, dans le Seigneur.
Que ces trois Degrés dans le Seigneur soient infinis et in-
créés, etqueâansl'homme ils soient finis et créés, on
peut le "oir d'après ce qui a été démonll'é dans la Pre-
, mière Partie, par exemple, d'après ces proposiLions, qu.)
le SeigneUI' est l'amour en Soi et la Sagesse en Soi; et
'"!.. que l'homme est le récipient de l'Amour et de la Sagesse
procédant du Seigneur; puis aussi, que du Seigneur on
ne peut rien dire que d'Infini, et de l'homme rien dire que
de fini.
23~. Ces trois Degrés chez les Anges sont nommés CÉ-
( J.ESTE, SPIRITUEL et NATUREL; et pour eux le Degré céleste
) est le Degré de l'amOlli', le Df'gré spirituel est le Degré de
la sagesse, et le Degré naturel est le Degré des usages.
) Si ces Degrés sont ainsi nommés, c'est pm'ce que les Cieux
ont été distinguE's en deux Hoyauqies, l'un nommé Hoyau-
me céleste, et l'autre Royaume spirituel, auxquels est
adjoint un troisième Hoyaume, oit sont les hommes dans
le Mondo, c'est le Royaume naturel. Et même les Anges
SUR LE DIVIN AMOUR 113
dont est composé le Royaume céleste sont dans l'amour,
et les Anges dont est composé le Hoyaume spirituel sont
dans la sagesse; mais les hommes dans le Monde sont
dans les usages; et c'est pour cela que ces Royaumes ont
été conjoints, Dans la Pm'tie suivante, il seradiLcomment
il faut entendre que les hommes sont dans les usages,
233, Il m'a été dit du Ciel que dans le Seigneur de toute
éternité, qui est Jéhovah, ayant qu'il eût pris l'Humain
dans le jlonde, il y avait les deux Degrés - antérieursen
( actualité, elle troisième Degré en puissance, tels qu'ils
sont aussi chez les Anges, mais qu'après avoir pris l'Hu-
main dans le jlonde, il s'est survêtu aussI Qri- trofSteme

I Degré, qui est appelé Naturel, et que par là il a été fait


Homme semblable à un homme dans le Monde, avec celle
différence cependant, que ce Degré, comme les Degrés
antérieurs, est Infini ct incréé, tandis que ces Degrés dans
l'Ange et dans l'homme sont finis et créés. En effet, le
Divin qui avait rempli tous les espaces sans espace, N08 69
à 72, a pénétré aus§ijusqu'aux derniers·de la nature; mais
avant qu'il eût pris l' Humain il y avait danITe aegré natu-
rel un influx Divin médiat par les Cieux Angéliques, tan-
dis que depuis qu'il a pris l'Humain il y a un influx: immé-
diat venant de Lui: c'est pour cette raison que toutes les
Eglises dans le )Ionde avant son avènement avaient été
représentatives des spirituels et des célestes, mais qu'a-
près son avènement elles ont été faites naturelles-spiri-
tuelles el naturelles-célestes, et que le Culte repré-
sentatif a été aboli: ce fut aussi pour cette raison que
le Soleil du Ciel angélique, qui est, comme il a déjà été
dit, le premier procédant de son Divin Amour et de sa
Divine Sagesse, a brillé d'un plus vif éclat et d'une plus
grande splendeur depuis qu'Il a eu pris l'Humain qu'avant
qu'il l'eût pris: c'est aussi ce qui est entendu pal' ces paro-
les dans Esaïe: c En ('e jour-là sem la lumière de la Lune
comme la lumière du Soleil, et la lumiè?'e du Soleil sera
septuple comme la lumière de septjom's . • - XXX. 26;-
ces paroles ont été dites de l'état du Ciel ct de l'Eglise après
l'avènement du Seigneur dans le Monde: et dans l'Apoca-
lypse: , La face du Fils de l'/tomme (ut vue de même que
le soleil brille dans sa puiss(tnce. » - 1. 16; et ailleurs, par
exemple, Esaïe, LX. 20. II Sam. XXIII. 3, 4. MaLLh, XVII. 1,
2. - L'illustration média!e des hommes par le Ciel Angé-
8
114 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

lique, illustration qui existait avant l'avènement du Sei-


gneur, peut être comparée à la lumière de la Lune, qui est
la lumiere médiate du Soleil; et comme après l'avènement
du Seigneur l'illustration est devenue immédiate, il est dit
dan s Esaïe, que la lumière de la Lune Sera-Comme la lu-
mière du Soleil; et dans David: , Dans Son iour fleurira
le iuste, et beaucoup de paix, jusque là qu'il n'y aura point
de Lune,. -Ps, LXXII. 7; -cela a été dit aussi du Seigneur,
234, Si le Seigneur de toute éternité, ouJéhovall., s'est sur-
vêtu de ce troisième degré en prenant l'Humain dans le
Monde, c'est parce qu'iin'a p"u entrer dans le Monde que pal'
(une nature semblable à la nature humaine, ainsi il n'a pu y
\ entrer, qu'en étant conçu de son Divin, et en naissant
d'une vierge; car de ceLLe manière il a pu se dépouiller de
la natm:e, qui en elle-même est morte, et néa!!Qloins un
) réceptacle du Divin, et revêtir le Divin, Cela est enlendu
par les deux états du Seigneur dans le Monde, qui sont
appelés état d'Exinanition et état de Glorification, don t il
a ét~ traité dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALE~ SUR
LE SEIGNEUR.
235, Ces choses qui concernent la triple ascension des
Degrés de hauteur ont été dites en général, mais comme
ces Degrés sont1dans les très-S'randS et6ans les très petits.
ainsi qu'il vient d'être montre dans l'Article précédeiït,il
n'en peut être rien dit ici en particulier; excepté ceci, qu'il
y a de tels Degrés dans toutes et dans chacune des choses
de l'Amour, et pal' conséqueut ue tels Degrésâans toutes
et dans ëhacune des choses de la Sagesse, el d'après ceux-ci
de tels Degrés dans toutes et dans cllacune des clloses de!:i
f l).~ag~s ; mais que dans le Seigneur tous ces degrés sont
Infims, tandis que dans l'ange et dans l'homme ils sont
) finis. Mais comment ces Degrés sont dans l'amour, dans
la sagesse et jans les usages, cela np. peut être décrit et
développé qu'en série.

t;!s t1'oi~gr~s de hauteu1' sont dans chaque homme dès la


naissance; ils peuvent successivement être ouve1:ts, et selon
qu'ils sont ouve1'ts, l'homme est dans le Seigne1tr,
et le Seigneur est dans l'homme,

236. Que les trois Degrés de hauteur soient dans chaque


SUR LE DIVlN AMOUR 115
homme, c'est ce qu'on a ignoré jusqu'à présent; et cela,
parce que ces Degrés n'étaient pas connus, et que, tant
( que ces Degrés sont cachés, on ne peut connaître d'au-
) tres Degrés que les Degrés continus; 01', quand on ne con-
\ nait que les Degrés conlinus, on peut croire que l'amour
1 et la sagesse chez l'homme ne croissent que par le continu.
f Mais il faut qu'on sache que chez chaque homme dès la
na.il>sance il y a les trois degrés de hauteur ou discrets,
) l'un au-dessus ou au dedans de l'autre, et que chaqueoe-
gré de hauteur ou discret a aus3i des Degrés de largeur
ou continus, selon lesquels il croît par le continu, cal' les
Degljs de l'un et do rautre genre son t'élans les très-grand~
et dans les très-petits de toules choses, comme il a ète
montré ci-dessus, N°' 222 à 229; en ellet, il ne peut pas y
avoir des Degrés d'un genre sans les Degrés d~ l'autre
genre.
237. Ces Lrois Degrés ùe hauteur sont nommés Naturel,
Spirituel et CélesLe, comme il a déjà été dit, No 23:2: quand
l'homme nait,ilvient d'abord dans le Degré naturel, et
ce Degré chez lui cl'oit par le continu selon les sciences,
et. selon l'enleIldement acquis par elles. jusqu'au plus haut
Il point de l'f'ntendcment, qui est appelé rationnel: mais
neanmoins pal' là n'est point ouvel't le second Degré qui
2- ost appelé Sp.irituel, celui-ci est ouvert par l'amour des
usages d'aprcs les inleUecluels, mais pal' l'amour spiri-
luel des usages, am OUI' qui est l'amour à l'égard du pro-
clIain ; ce Degré peul pareillement croître par le continu
du Degré jusqu'à son plus haut point, et il croît par les
connaissances du vrai eL ùu bien; ou par les vérités spiri-
3 tueUos. Toutefois cependant par ces vérités n'est point
ouvert le troisième Degré, qui est appelé céleste, mais
celui-ci est ouvert par l'amour céleste de l'usage; amour
( qui est l'amour envers le Seigneur; et l'amour envers le
, Seigneur n'est autre chose que d'appliquer à la vie les pré-
cep Les de la Parole, qui en somme éonsistent à fuir les
) maux parce qu'ils sonL infernaux et diaboliques, et à faire
les biens parce qu'ils sont célestes et Divins. Ces trois
degrés sont ainsi ouverts successivement chez l'homme.
238. Tant que l'homme vit dans le Monde, il ne sait rien
de l'ouverture de ces Degrés chez lui; eL cela, parce qu'alors
il est dans le Degré naturel, qui est le dernier, et que c'est
d'après ce Degré qu'alors il pense, veut, pal-le et agit; or,
116 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

le D~gré Jlpil'ituel, qui est intérieur, communique avec le


Degre naturel non pas par le continu mais par les corl'es-
pondances, et la communication par les correspondances
n'est point sentie. Mais néanmoins, quand l'homme dé-
l' pouille le Degré naturel, ce qui arrive lorsqu'il meurt, il
vien t alors dans ce Degré qui chez lui a été ouvert dans le
o Monde, dans le Degré spirituel celui chez qui a été ouvert

le Degré spiritu~l, dans le Degré céleste celui chez qui a


") été ouvert le Degré céleste; celui qui vient après la mort
dans le Degré spirituel pense, veut, parle et agit spirituel-
lement, et non plus naturellement; et celui qui vient dans
( le Degré cé leste pense, veut, parle et agit selon son degré:
) et comme la communication des trois Degrés enlre eux
n'existe que par les correspondances, c'est pour cela que les
différences de l'amour, de 111. sagesse et de l'usage, quant
l à ces degrés, son 1 telles, qu'ils n'ont en tre eux rien de
commun par aucun continu. D'après ces explications il est
éviden t que les trois Degrés de hauteur sont chez l'homme,
et qu'ils peuvent être ouverts successivement.
239. Puisqu'il y a chez l'homme trois degrés de l'amour,
trois degrés de la sagesse el par sui te trois degrés de l'u-
sage, il s'ensui t qu'il y a chez lui trois degrés de la Volonté,
trois degrés de l'Entendemen t et par suite trois degrés du
Conclusum, et par conséquent trois degrés de la Determi-
nation à l'usage; car la Volonté est le récepTaCle de l'a-
mour, l'Eniendemellile réceptacle de la sagesse, et le Can-
1 clusurn appartient à l'usage qui provient de l'amour et de

la sagesse: il est donc évident que chez chaque homme il


ya une volonté et un entendement naturels, une volonté et
un entendement spiriluels, une volonté et un entendement
célestes, en puissance dès la naissance, el en acte lors--
\ qu'ils sont ouverts. En un mot, le Mental de l'homme qui
se compose de la volonté etdel'entendement, estdes trois
degrés d'après la création, et pal' suite d'après la naissance,
de sorte que dans l'homme i y a un Mental naturel, un
Mental spirituel et un Mental céleste, et que l'homme pai'
là peut être érevé dans la sagesse angélique, et la possé-
der quand il vit dans le ~Ionde, mais cependant ne vient
en elle qu'aprrs la mort, s'il devient Ange, et alors il dit
des choses ineffables et incompréhensibles pour l'homme
naturel. J'ai connu un homme médiocrement savant dans
le Monde, et après sa mort je l'ai vu et me suis entretenu
SUR LE DIVIN AMOUR 117
avec lui dans le ciel, et j'ai clairement perçu qu'il parlait
comme un Ange, et que les choses qu'il disait n'étaient pas
perceptibles pour l'homme naturel: cela venait de ce que,
dans le Monde, il avait appliqué à la vie les préceptes de la
Parole, et adoré le Seigneur, et par suite avait été élevé par le
Seigneur dans le troisième degré de l'amour et ùe la sages-
se. Il est )mportant que celle élévation du mental humain
soit co.nntre, car Pëntendement de ce qui suit en dépend.
240. Il Y a chez l'homme par le Seigneur deux fac:ultés,
par lesquelles l'homme est distingué des bêtes; l'une de
) ces facultés, c'est qu'il peut comprendre ce qui est vrai el
tl l ce qui est bien, celle faculté est appelée Ralional~té, et
c'est la faculté de son Entendement; l'autre faculté, c'est
5 qu'il peut faire le vrai et le bien, cette faculté est appelée
2-1 LiQerté, et c'est la faculté de sa volonté; en effet, l'homme
peut d'après sa rationalité penser ce qu'il lui plaît, tant
pour Dieu que contre Dieu, et tant pour le prochain que
contre le pl'ocllain, et aussi il peut vouloir et faire ce qu'il
pense, mais lorsqu'il voit 1..e mal et craint la punition, il
peut d'après la liberté s'abstenir de faire. L'homme d'après
ces deux facultés est lIomme et est distingué des bêtes.
Ces deux facultés chez l'homme procèdent du Seigneur,
et elles en procèdent continuellement, et ne peuvent lui
J être ôtées, car si elles lui étaient ôtées, son humain péri-
rait. Dans ces deux facultés le Seigneur est chez tOllt
( homme, non-seulement chez le bon, mais aussi chez le
) m~clIant, elles sont la dememe du Seigneur dans le Genre
) HumaIn; c'est de là que tout homme, soit le bon, soit le
méchant, vit éternellement. Mais la demeure du Seigneur
( chez l'homme est plus proche, selon que l'homme au mo-
l yen de ces facultés ouvre les degrés supérieu~'s ; car par
) leur ouverture il vient dans les Degrés supérieurs de l'a-
mour et de la sagesse, ainsi plus près du Seigneur. D'a-
près ces explicalion3 on peut voir que selon qüe ces Degrés
sont ouverts, l'lIomme est dans le Seigneur, eLleSeigneur
éSf dans l'homme.
241. Il a été dit ci-dessus que les trois Degrés de hau-
teur sont comme la fin, la cause et l'effet, et que selon ces
Oegrès succèdent l'amour, la sagesse et l'usage, c'est
pourquoi ici en peu de mots il sera dit de l'amour, qu'il
est la fin ; de la Sagesse, qu'elle est la cau~e ; et de l'usa-
ge,qu'il est CQ.ffet. Quiconque consuTte sa raison, lors-
118 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

qu'elle est flans la lumière, peut voiI' que l'al!lour de


! l'homme est la fi.n de toutes les choses qui sont en lui, car
)
) ce qu'il aime il le pense, il le conclulet il le fait, par con-
séquent il l'a pOUl' fin ; l'homme aussi d'après sa raison
2 peut voir que la sagesse est la cause, car lui, ou son amoul'
1qui est la fin, cherche dans l'entendement les moyens pal'
lesquels il peut parvenir à sa fin, ainsi il consulte sa sa-
) O'e~se, et ces moyens font la cause pm' quam (par laquelle
3 fi parvient) ; que l'usage soit l~tJ!lt, on le voit clairement
sans explication. :Mais l'amour c1iez un homme n'est pas
le même que chez un autre, pareillement la sagesse chez
l'un n'est pas la même que chez l'autre, ni par conséquent
l'usage; et comme ces trois sont homogènes, ainsi qu'il a
été montré ci-dessus, N°!> 189 à 19-1, il s'ensuit que tel est
l'amour chez l'homme, telle est chez lui la sag-esse et tel
en
esITùsage. 11 est dit la sagesse, mais il est Lendu ce qui
appartient à son entendement.

La Lumit:?'e spirituelle in/lue pa?' les trois lJ.eg?'és chez


l'homme, mais non la Chaleu?' Spirituelle, si ce n'est
en tant que l'homme fuit les maux comme
péchés, et se tourne vers le Seignew',

242. D'après ce qui a été démontré ci·dessus, on voit que


du Soleil du ciel, qui est le pr'emier procédant du Divin
Amour et de la Diyine Sagesse, dont il a été traité dans la
Seconde Partie, procèdent la Lumière et la Chaleur; de
Sa Sagesse, lit Lumière; et de Son Amour, la Chaleur ;
que la Lumière est le réceptaclo de la Sagesse, et la Cha-
leur le réceptacle de l'Amour; qu'autant l'homme vient
dans la sagrsse, autant il vientd:ms ceLLe Diyine Lumière,
et qu'autant il vient dans l'amoul'. autant il vient dans
celte Divine Chale~ll', D'après Cl' qui a été démontré ci-des-
( sus, on voit encore qu'il y a trois degrés do la lumière et
trois degrés de la chaloU!', ou trois dl'gl'és de la sag-esse
et trois ~legrés de l'am OUI', el que ces d0gl'és ont étè for-
més chez l'homme, afin que l'homme fût 10 réceptacle du
Divin Amour el de la Divino Sagesse, ainsi le réceptacle
du SeiO'neur. Ici maintenant il faut démontrer que la Lu-
mière Spirituelle influe par ces trois deg\'és chez l'homme,
mais non la Chaleu\' Spirituelle, si ce n'est en tant que
SUR LE DIVIN AMOUR 119
(l'homme fuit les maux comme péchés, et se tourne vers
) le Seigneur; ou, ce qui est la même chose, que l'homme
, peut recevoir la sagesse jusqu'au troisième degré, mais
J non l'amour, à moins qu'il ne fuie les maux comme péchés,
et ne se tourne vers le Seigneur; ou, ce qui est encore la
même chose, que l'entendement de l'homme peut être
élevé dans la sagesse, mais non sa volonté, si ce n'est en
tant qu'il fuit les maux comme péchés.
243. Que l'Entendement puisse être élevé dans la lumière
( dU. Ciel, ou dans la sagesse angélique, et que la volonté
ne puisse être élevée dans la chaleur du Ciel ou dans l'a-
mour
) et ne seangélique si l'homme ne fuit les maux comme péchés
tourne vel'S le SeigneUl', c'est ce qui est devenu
pour moi bien évident d'après l'expérience dans le Monde
L (spirituol; j'ai plusieurs fois vu et perçu que les Esprits
) simples qui ont seulement su qu'il y a un Dieu, et que le
Seigneur est né homme, sans avoir su à peine autre chose,
) ont pleinement compris les arcanes de la sagesse angéli-
que, presque comme les Anges ;\et non-seulement eux,
2.. mais même plusieurs de la tourbè diabolique; toutefois
Cils comprenaient quand ils les entendaient prononcer,
mais non quand ils pensaient avec eux-mêmes, car lors-
qu'ils les entendaient. la lumière entrait par le haut, mais
quand il~ pensaient avec eux-mêmes, il ne pouvait ~ntrer
d'autre lumière que c·elle qui correspondait àîeur chaleur
ou a leur amour; c'est pourquoi aussi, après avoir entendu
prononcer ces arcanes et les avoir perçus. aussitôt qU'ils
avaient détoumé les oreilles, ils n'en retenaient rien; bien
plus, ceux qui étaient de la tourbe diabolique les reje-
taient alors et les niaient entii~rement; et cela, parce que
le feu de leur amour et sa lumière, qui étaient chiméri-
ques, introduisaient des ténèbres, par lesquelles était
éteinte la Lumière céleste qui entrait par le haut.
24i. La même chose arrive dans le Monde; quand l'homme -
r qui n'est pas complètement stupide, et qui n'a pas con-
\ firmé les faux chez lui par le faste de la propre intelli-
gence, entend ceux qui discourent sur des sujets élevés,
ou quand il lit des choses semblables, s'il est_dans quel·
) que affection de savoir, il les comprend alors, et même11
les retient, et ensuite il peut les confirmer ;(Je méchant'le - Z,
peut aussi bien que le bon; et même le méchant, quoi-
qu'il nie de cœur les Divins qui appal'tiennent à l'Eglise,
120 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

peut néanmoins les compl'endre, et aussi en parler et les


prêcher, et même les confil'mel' dans de savants écrits;
mais quand il pense liYré à lui-même, il pense contre eux
d'après son amour infernal, et il les nie: il est donc évi-
dent que l'entendement peut être dans la lumière spiri-
tuelle, quoique la volonté ne soit pas dans la chaleur spi-
rituelle. De là résulte aussi que l'entendement ne conduit
pas la volonté, ou que la sagesse ne produit pas l'amour,
mais que seulement elle enseigne et montre le chemi_n,
elle enseigne comment l'homme doit vivre, et montre quel
chemin il doit suivre. De là l'ésulLe encore que la volonté
conduit l'entendement, et fail qu'il a'dt comme un avec
elle; et que l'amour, qui appartient à 'ra volonté, appelle
sagesse dans l'entt>ndüment ce qui concorde avec lui. Dans
la suite on velTa que la yolonté ne fait l'ien par elle-même
sans l'entenriement, mais que tout ce qu'ell.} fait, elle le
fait en conjonction avec l'entendement; et que la volon~é
fait venir l'entendement en société avec elle pal' l'influx,
mais non réciproquement. -
2q,J. Maintenant il sera dit quel est l'influx de la lumière
dans les ll'ois degrés de la vie qui appartiennent au Men-
tal, chez l'homme: Les formes, qui sont les réceptacles
de la chaleur et de la lumière ou de l'amour et de la sa-
gesse chez lui, et qui sont, comme il a été dit, dans un
ol'dre triple ou des trois degrés, sont diaphanes dès la
naissance, et transmettent la lumièl'e spirituelle comme
le cristal transmet la lumière naturelle; de là vient que
l'homme peut, quant ft la sagesse, être élevé jusque dans
le troisième degré. Toutefois ('ependant ces formes ne
sont ouvertes que quand la chaleur spirituelle se conjoint
à la lumière spiri tuelle, ou l'amour à la sagesse; par cette
eonjonction ces fOl'lnes diaphanes sont ouvertes selon les
Degrés. Il en est de même de la lumière et de la chaleur
du Soleil du Monde quant aux végétaux sur la terre; la
lumière d'hiver, rrui est aussi éclatante que la lumière
d'été. n'ouvre rien dans la semeuce ou dans l'arbre, mais
elle ouvre quand la chaleur du pl'Ïntemps se conjoint à la
lumière: la chose est semblable, car la Lumière spirituelle
correspond à la lumière natUl'elle, et la Chaleur spirituelle
correspond à la ('haleur naturelle.
2~G. Cette Chaleur spirituelle n'est acquise qu'en fuyant
les maux comme péchés, et alors en se tournant vers le
SUR LE DIVIN AMOUR 121
Seigneur; car tant que l'homme est dans les maux, il est
aussi dans l'amour de ces maux, puisqu'il est dans une
concupiscence pour eux, cl l'amour du mal et la concupis-
cence sont dans l'amour opposé à l'amour et à l'affection
spirituels; 01' cet amour ou cette concupiscence ne peut
être éloigné qu'en fuyantles maux comme péchés, et comme
l'homme ne peut les fuir pal' lui-même, mais qu'il les fuit
d'après le Seigneur, il doit pour cela se tourner vers le
Seigneur: lors donc quïlles fuit d'après le Sei~neUl', l'a-
mour du mal et sa chaleur Hont éloignés, et à leur place
sont introduits l'amour du bien et sa chaleur, par laquelle
le Degré supérieur est ouvert: en effet, le Seigneur influe
par le haut et il l'ou vre, et alors il conj oint l'amour ou la
chaleur spirituelle à la sagesse ou à la lumière spirituelle,
et pal' cette conjonction l'homme commence à fleurir spi-
rituellement, comme l'arbre dans la saison du printemps.
247. Pal' l'influx de la lumière spirituelle dans les trois
Degrés du Mental, l'homme est distingué des bêtes, et
l'homme peut, de plus que les bêtes, penser analytique-
ment, voit'les vrais, non-seulemen t les naturels, mais aussi
les spirituels; et 101'Squïl les voit, il peut les reconnaitre
et ainsi être réformé et régénéré. La faculté de recevoir
la IJ!Illière spirituelle est celle qu'il faut entendre par la
Rationalité, dont Il a été parlé ci-dessus, qui est parle Sei-
gneur chez chaque homme, et qui ne lui est point ôtée,
car si elle lui était Mée, il ne pourrait pas être réformé:
G'est d'après cette faculté, qui est appelée Rationalité, que
l'homme peut non-seulement penser, mais parler d'aprrs
la pensée, ditTérent en cela des bêtes; et ensuite d'après
son autre faculté, qui est nommée Liberté, dont il a aussi
été parlé ci-dessus, il peut faÎl'e ce qu'il pense d'après ['en-
tendement. Comme il a été traité ci-dessus, N° 240 , de ces
deux facultés, la Hationalité et la Liberté qui sont propres
à l'homme, il n'en sera pas par conséquent parlé davan-
tage ici.

L'homme devient naturel et sensuel, si chez lui le Degré


Supé1'ieur, qui est le spirituel, n'est point ouvert.

248. n a été montré ci-dessus qu'il y a trois DeO'rés du


mental humain, qui sont nommés naturel, spirituel et cé-
122 LA SAGESSE ANG~LIQUE

leste, et que ces Degrés chez l'homme peuvent successive-


ment s'ouvrir: puis, il a été montre que le degré naturel
est d'abord ouvert, et onsuite lE' degré spirituel, s'il fuit les
maux comme péchés et se tourne vers le Seigneur, et en-
fin le degré céleste. Comme ces degrés sont successive-
ment ouverts selon la vie de l'homme, il s'ensuit que les
deux degrés supérieurs peuvent aussi ne pas être ouverts,
et qu'alors l'homme reste dans le degré naLurel, qui est le
dernier, On sait aUSSI dans le Monde qu'il y a l'homme
naturel et l'homme spirituel, ou l'homme externe et
l'homme interne, mais on ne sait pas que l'homme natu-
rel devient spirituel par l'ouverture d'un degré supérieur
chez lui, et que l'ouverture se fait par la vie spirituelle,
qui est la vie selon les préeeptes Divins, et que sans la vie
selon ces préceptes l'homme l'este naturel.
249 11 Y a trois espèces d'hommes naturels; la première
espèce se compose de ceux qui ne savent rien des précep-
tes Divins; la seconde, de ceux qui savent qu'il y a des
préceptes divins, mais qui ne pensent rien de la vie selon
ces préceptes; et la troisième, de ceux qui les méprisent
et les nient. Quant à ce qui concerne la Première Espèce,
composée de ceux qui ne savent rien des pl'éceptes Divins,
ils ne peuvent que restel' naturels, parce qu'ils ne peuvent
pas être instruits par eux-mêmes; tout hOJ:1me est instruit
sur les préceptes Uivins par d'autres qui les connaissent
d'après la religion, et n'est point instruit par des révéla-
tions immédiates; voir sur c~ sujet, rlans la DOCTRINE DE
L.\ NOUVELLE JERUSALEM SGR L'ECRI'fVHE SAINTE, les N°· 114 à
1'18. Ceux de la Seconde Espèce, qui savent qu'il y a des
préceptes Divins, mais qui ne pensent rien de la vie selon
ces préceptes, restent naturels aussi, etne s'occupent que
de ce qui concerne le monue ct le corps; après la mort, ils
deviennent des domesticités et des servitudes, selon les
usages qu'ils peuvent remplir auprès de ceux qui sont
spirituels; car l'homme naturel est domestique et servi-
teur, et l'homme spii'Ïtllel est maître et seigneur, Ceux de
la Troisième Espèce, qui méprisent et nient les préceptes
Divins, l'estent non-seulement naturels, mais deviennent
même sensuels selon le mépris et le reniement: les sen-
suels sont les naturels les plus bas, qui ne peuvent penser
au-dessus des appUl'ences et des illusions des sens du
eorps ; ceux-ci après la mort sont dans l'Enfer.
SUR LE DIVIN AMOUR 123
250. Comme dans le Monde on ignore ce que c'est que
l'homme Spirituel et ce que c'est que l'homme Naturel,
et que la plupart appellent spirituel celui qui est entière-
ment naturel et vice ve1'srî, il faut par conséquent dire
d'une manière distincte :(J)Ce que c'est que l'homme na-
turel, et ce que (fest que l'homme spirituel. Qi:" Quel est
l'homme naturel chez qui le Degré spiJ'ituel a été ouvert.
~ Quel est l'homme naturel chez qui le degré spirituel
n a pas é,.té ouvert, mais néanmoins n'a pas été fermé.lIT:
Quel est l'homme naturel chez qui le degré spirituel a été
entièrrment fermé.~~ Enfin quelle différence il y a entre
la vie de l'homme absolument naturel et la vie de la bête.
251.({~Ce que c'est que l'homme natw'el, et ce que c'est
que l' homme spirituel. L'homme est homme non d'après
la face elle corps, mais d'aprrs l'entendement et la volonté;
c'est pourquoi par l'homme naturel et par l'homme s,Piri-
tuel, il est entendu que l'entendement et la volonle de
l'homme sont ou naturels ou spirituels. L'homme naturel
quant à son entendement et à sa volonté est comme le
Monde naturel, et peut aussi êlr~ appelé Monde ou micro-
cosme; et l'homme spirituel quant à son entendement et
à sa volonté est comme le Monde spirituel, et peut aussi
être appelé Monde spirituel ou Ciel. D'après cela. il est
évident que l'homme naturel, étant dans Ulle sorte d'image
le Monde naturel, aime les choses qui sont du Monde na-
turel; et que l'homme spirituel, étant dans une sorte d'i-
mage le Monde spirituel, aime les choses qui sonl du
Monde spirituel ou du Ciel: l'homme spirituel, il est vrai,
aime aussi le monde naturel, mais non autrement qu'un
maître aime son domestique, par qui il remplit des usages;
selon les usages aus:;;i l'homme naturel devient co mm e
spirituel, ce qui arrive quand l'homme naturel sent le
plaisir de l'usage d'après le spirituel; cet homme naturel
peut l'tre appelé naturel-spiI'itllel. L'homme spirituel aime
les vrais spirituels, il aime non-seulemen t les savoir elles
comprendre, mais encore HIes veut, landis que l'homme
natmel aime à parler de ces \Tais, et aussi à les faire;
faire les vrais, c'est remplir les usages. Celte subordination
vient de la conjonction du Monde spirituel et du Monde
naturel; car tout ce qui apparaît et se fait dans le Monde
naturel tire sa cause du Monde spirituel. D'après ces ex-
plications, on peut voir que l'homme spirituel est absolu-
124 LA SAGESSE ANG~UQUE

ment distinct de l'homme naturel, et qu'il n'y a entre eux


d'autre communication que comme entre la cause et l'effet.
252.@ Quel est l' homme natu1'el chez qui le Degré spiri-
tuel a eté o·uve1't : on le voi t clairemen t d'après ce qui vient
d'être dit; il faut y ajouter, que l'homme naturel est un
homme complet, lorsque le De~ré spirituel chez lui a été
ouveJ·t; car alors il est consocie aux Anges dans le Ciel,
et en même temps consocié aux hommes dans le Monde,
et quant à l'une et l'autre consociation il vit sous les aus-
pices du Seigneur; car l'homme spirituel puise les com-
mandements dans la Parole d'après le Seigneur, et il les
exécute par l'homme naturel. L'homme naturel dont le
degré spirituel a été ouvert ne sait pas qu'il pense et agit
d'après son homme spirituel, car il lui semble penser et
agir d'après lui-même, lorsque cependant ra n'est pas d'a-
près lui-même, mais c'est d'après le Seigneur. L'homme
naturel chez qui le degré spirituel a été ouvert ne sait pas
non plus que par son homme spirituel il est dans le Ciel,
lorsque cependant son homme spirituel est au milieu des
Anges du Ciel; parfois même il apparaît aux Anges, mais
parce qu'il se retire vers son homme naturel, il y disparaît
après peu de temps. L'homme naturel chez qui le degré spi-
rituel a été ouvert ne sait pas non plus que son mental spi-
rituel est rempli par des milliers d'arcanes de la sagesse, et
par des milliers de plaisirs de l'amour procédant du Sei-
gneur, et qu'après la mort il vient dans ces arcanes et dans
ces plaisirs, quand il devient ange. Si l'homme naturel ne
sait pas cela, c'est parce que la communication entre
l'homme naturel et l'homme spirituel se fait par les corres-
pondances, et que la communication parles correspondan-
ces n'est perçue dans l'entendement qu'en ce que les vrais
sont vus dans la lumière, et n'est perçue' dans la volonté
qu'en ~.que les usages sont remplis d'après l'affel:tion.
253.~~ Quel est l'homme naturel chez qui le Degré spi-'
rituel n a pas été ouvert, mais néanmoins n'a pas été fermé.
Le Deg-ré spirituel n'a pas été ouvert, maiR néanmoins n'a
pas éte fermé chez ceux qui ont mené une sorte de vie de
la charité et cependant ont su peu de chose du vrai réel;
cela vient de ce que ce Degré est ouvert pal' la conjonc-
lion de l'amour et de la sagesse, ou de la chaleur avec la
lumière, l'amour seul ou la chaleur spirituelle seule ne
l'ouvre pas, ni la sagesse seule ou la lumière spirituelle
SUR LE DIVIN AMOUR 125
seule, mais l'un et l'autre en conjonction l'ouvrent; c'est
pourquoi, si les vrais réels, dont provient la sagesse ou la
lumière, ne sont point connus, l'amour ne peut pas ouvrir
ce degré, mais seulement il le tient en puissance pour
pouvoir être ouvert; ce qui est entendu par. n'a pas été
fermé. ~ Il en est de même que dans le Règne végétal; ce
n'est pas la chaleur seule qui donne la végetation aux se-
mences et aux arbres, mais c'est la chaleur en conjonction
avec la lumière qui opère cela. Il faut qu'on sache que tous
les vrais appartiennent à la lumière spirituelle, et tous le~
biens à la chaleur sfirituelle; et que le bien ouvre par les
vrais le degré spirituel, car le bien opère l'usage par les
vrais, et les usages sont les biens de l'amour, qui tirent
leur essence de la conjonction du bien et du vrai. Le sort
de ceux chez qui le Degré spirituel n'a pas été ouvert, et
néanmoins n'a pas été ferm(!, consiste après la mort en ce
que. comme ils sont toujours naturels et non spirituels,
ils sont dans les infimes du Ciel, où parfois ils souffrent
des choses dures, ou bien ils sont dans un des Cieux su-
périe"J.rs sur les limites, où ils sont comme dans une lumière
du soir; car, ainsi ~u'il a été dit ci-dessus, dans le Ciel
et dans chaque societé du Ciel la lumière décroît depuis
le milieu jusqu'aux limites, et dans le milieu sont ceux
qui, plus que tous les autres, sont dans les Divins vrais,
et SUl' les limites ceux qui sont dans peu de vrais; et dans
peu de vrais sont ceux qui, d'après la religion, savent seu-
lement qu'il y a un Dieu, que le Seigneur a souffert pour
eux, et que la charité ella fJi sont les essentiels de l'Église,
et ne !\'empressrnt pas do savoii' ce que c'est que la foi et
ce que c'est que la charité; cependant la foi est dans son
essence la vérité, et la vérité est multiple. et la charité est
toutf' œuvre de fonction, que l'homme fait d'après le Sei-
gneur; il la fait d'après le Seigneur, alors qu'il fuit les
maux comme péchés. C'est absolument, comme il a déjà
été dit, parce que la fin est le tout de la cause, et l'effet
le tout de la fin pal' la cause; la fin est la charité ou le bien,
la cause est la toi ou le vrai, et l'effet, ce sont les bonnes
œuvres ou l'usage; de là il est évident qu'il ne peut pas
plus être mis de charité dans les œuvres, qu'en tant que
la charité a été conjointe aux vrais qui sont appelés vrais
de la foi; par eux la charité entre dans les œuvres f't les
qualifie.
126 LA SAGESSE "ANGÉLIQUE

254.@ Quel est l'homme natu1'el chez qui le Degré spi-


1'ituel a été entiè1'ement fe1'mé. Le Degré spirituel est fer-
mé chez ceux qui sont dans les maux quant à la vie, et
encore plus chez ceux qui, d'après les maux, sont dans
les faux; il en est de cela comme de la fibrille d'un nerf
qui se contracte au moindre toucher d'un corps hétérogè-
ne; pareillement se contracte toute fibre motrice d'un
muscle, bien plus le muscle lui-même, et aussi tout le
corps au toucher d'un objet dur ou froid; de même aussi
les substances ou les formes du Degré spirituel chez
l'homme à l'approche des maux et des faux provenant du
mal, parce qu'ils Gont hétérogènes; car le degré spirituel,
étant dans la forme du Ciel, n'admet que les biens et les
vrais qui proviennent du bien; les biens et les vrais lui
sont homogènes; mais les maux et les faux qui appartien-
nent au mal lui sont hétérogènes. Ce degré se contl'acte,
et pal' la contraction est fermé principalement chez ceux
qui dans le Monde sont d'après l'amour de soi dans l'a
mour dc' dominer, parce que cet amour est opposé à l'a-
mour envers le Seigneur; il est fermé aussi chez ceux qui
sont d'après l'amour du monde dans la cupidité effrénée
de posséder les biens des autres, mais il n'est pas autant
fermé; si ces amours ferment le degré spirituel, c'est
parce qu'ils sonlles origines Jes maux. La contraction ou
la fermetUl'c de ce degre est comme la retorsion d'une spi-
rale en sens opposé; c'est puur cela que ce degré, après
qu'il a été fermé, repoui:ise la lumière du Ciel; dès lors,
au lieu de la lumière du Cipl, il y a la obscurité; par con-
séquent la vérité, qui est dans la lumière du Ciel, excite
le dégoût. Chez ceux-ci est fermé non-seulemenl ce degré
lui-même, mais aussi la région supérieure du degré natu-
rel, qui est appelée région rationnelle, au point qu'enfin
il n'y a d'ouvert que la région la plus basse du clegré natu-
rel, qui est appelée région sensuelle, car celle-ci t:st la
plus proche du monde el des sens externes du corps, d'a-
près lesquels l'homme ensuite pense, pade et raisonne.
L'homme naturel, qui est devenu sensuel par les maux et
pal' les faux du mal, apparait dans le Monde spi1'Ïtuel,
dans la lumière du Ciel, non pas comme un homme, mais
comme un monslr(', el même avec le nez eu retraite; s'il
apparait avec le Hez en rell'aite, c'est parce que le nez cor-
respond à la perception du vrai: celui-là ne supporte pas
SUR LE DIVIN AMOUR 127
même un rayon de la lumière du Ciel; ils n'ont dans leurs
cavernes d'autre lumière que celle qui ressemble à une
lueur de charbons embrasés. D'après ces explications, on
voit clairement qui sont et quels sont ceux chez qui le de-
gré spirituel a été fermé.
2aa.® y
Quelle différence il a ent1'e la vie de l'homme
naturel e~ la vie de la bête: il sera parlé spécialement de
cette différence dans ce qui suit, lorsqu'il s'agira de la
Vie; ici, il sera seulement ditque celte différence consiste
en ·ce qlue chez l'homme il y a trois degrés du Mental, ou
trois degrés de l'Entendement et de la Volonté; que ces
degrés peuvent être successivement ouverts; et que,
comme ils sont diaphanes, l'homme quant à l'Entende-
ment peut être élevé ùans la lumière ùu ciel, et voir les
vrais, non·seulement les vrais civils et moraux, mais
même les vrais spirituels, et de plusieurs vrais vus con·
clure des vrais en ordre, et ainsi perfectionner éternelle·
ment l'entendement. Mais chez les bêtes il n'y a point les
deux Degrés supériems, il y a seulement les Degl'és na-
turels, qui, sans les degrés supériems, ne donnent aucune
faculté de penser sur quoi que ce soi t de civil, de moral
et de spirituel; pt comme leurs degrés naturels ne sont
pas susceptibles d'être ouverts, ni par conséquent d'être
élevés dans une lumière supèrieure, elles ne peuvent pas
penser dalls un ordre succe:;sif, mais elles pensent dans
un ordre simultané, cc qui est ne point penser, mais agir
d'après une science qui correspond à leur amour; et
comme dIes ne peuvent pas penser analytiquement, ni
voir la pensée inferieure par quelque pensée supérieure,
elles ne peuvent pas pal' conséquent parler, mais eUes
peuwmt produire des sons d'une manière conforme à la
science de leur amour. Mais tOUjOUI'S est-il que l'homme
sensuel, qui est naturel au dernier !'ang, ne diffère de la
bête que parce qu'il peut l'emplir sa mémoire de scientifi·
ques, et d'après eux penser et parler, ce qu'il tient de la
faculté propre il. chaque homme, consistant il. pouyoir com-
prendre le nai, s'il le veut; c'est cette faculté qui fait la
distinction; mais néanmoins plusieUl's pal' l'abus de cette
faculté se sont rendus inférieurs aux bêles.
128 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

Le Degré naturel du Mental humain, considé1'é en lui-même,


est continu; mais pour la cOl'respondance avec les deux
Degrés supé1'ieurs, lorsqu'il est élevé, il se
montre comme discret.
256, Quoique cela puisse difficilement être saisi par
ceux qui ne sont pas encore dans la science des degrés de
hauteur, il faut cependant le révéler, pal'ce que cela appar-
tient à la Sagesse Angélique; et bien que l'homme ne
puisse pas penser sur cette Sagesse de la même manière
que les Anges, il peut cependant la saisir par l'entende-
ment, lorsque l'entendement est élevé jusqu'au degré de
la lumière dans laquelle sonlles anges, car l'entendement
peut être élevé jusque-là, et être illustré selon l'élévation.
Toutefois, l'illustration du Mental naturel ne monte point
par les degrés discrets, mais elle s'accroît par le degré
conLinu; alors à mesure qu'elle s'accroit, il est illustré
par l'intérieur d'après la lumière des deux degrés supé-
rieurs, Comment cela se fait, on peut le saisir d'après la
perception des degrés de hauteur, en ce que l'un est au-
dessus de l'autre, et que le degré naturel, qui est le der-
nier. est comme l'enveloppe commune des deux degrés
supérieurs; alors à mesure que le Degré naturel est élevé
vers le Degré du supérieur, le supérieur agit par l'intérieur
dans l'extrrieur naturel et l'éclaire: l'illumination, il est
vrai, se fait par l'intérieur d'après la lumière des degrés
supérieurs; mais le degré naturel, qui enveloppe et qui
entoure, la reçoiL par le continu, ainsi plus clairement et
plus purement selon l'ascension; c'est-à-dire que le degré
naturel est illustré par l'intérieur, d'après la lumière des
degrés supérieurs, d'une manière discrète, mais en soi d'une
m2nière continue. D'après cela il esté\'ident que l'homme,
tant qu'il vil dans le Monde. et est par là dans le degré
naturel, ne peut pas être élevé dans la sagesse même telle
qu'elle est chez les Anges, mais peut seulement être élevé
dans la lumière supérieure jusqu'aux Anges, et recevoir
l'illustration pal' leur lumière, qui influe et éclaire par
l'intérieur. Mais ceci ne peut pas encore ètre décrit plus
clairement; les effets peuvent mieux le faire saisir, car
les effets mettent en eux-mêmes les causes dans la lumière,
et ainsi illustrent, pourvu qu'auparavant on connais~e un
peu les causes.
SUR LE DIVIN AMOUR 129
257, Les effets sont ceux-ci: 1° Le Mental naturel peut
être élevé jusqu' à la lumière du r.iel, dans laquelle son t
les Anges, et percevoir naturellement ce que les Anges
perçoivent spirituellement, ainsi non aussi pleinement
que les Anges; mais néanmoins le mental naturel de
l'homme ne peut pas être élevé dans la lumièl'e Angéliqlle
même, 2° Pal' son mental naturel élevé a la lumière du
ciel, l'homme peut penser avec les Anges, et même parler
avec eux, mais alors la pensée et le langage des anges in-
fluent dans lb. pe-nsée et le langage naturels de l'homme,
et non réciproquement, c'est pourquoi les Anges parlent
avec l'homme dans une langue naturelle, qui est la ~lan­
gue propre de l'homme, 3° Cela se fait par l'influx spiri-
tuel dans le natUl'el, et non par quelque influx naLurel
dans le spirituel. 4° La sagesse humaine, qui est natu-
relle, tant que l'homme vit dans le Mond~ naturel, ne peut
en aucune manière ètre élevée dans la Sagesse Angélique,
mais elle peut l'être dans une sorte d'image de cette sa-
gesse: et cela, parce que l'élévalion du mental naturel se
fait pal' le continu, comme depuis l'ombre jusqu'à la lu-
mière, ou depuis le plus épais jusqu'au plus pur. Mais tou-
jours est-il que l'homme chez qui le degré spirituel a été
ouvert vient dans celte sagesse, quand il melll't, et il peut
aussi y venir par l'assoupissement des sensations du corps,
et alors par l'influx venant du supérieur dans les spiri-
tuels de ce mental. 5° Le mental naturel de l'homme est
composé ue substances spirituelles et en même temps de
subtances nal.lrelles; la pensée se fait d'après les subs-
tances spirituelles, et nOI1 d'après les substances naturel-
les; ces substances-ci s'écartent quand l'homme meurt,
mais non les substances spirituelles; c'est pourquoi ce
même mental après la mort, quand l'homme devient es-
prit ou ange, reste dans une forme semblable à celle dans
laquelle il élait dans le monde. 6° Les subtances naturel-
les de ce Mental qui s'écartent par la mort, ainsi qu'il
vient d'être dit, font l'enveloppe cutanée du corps spiri-
tuel, dan.~ lequel sont les espl'its et les anges. Par une
telle enveloppe, qui a été Liree du Monde naturel, subsis-
tent leurs corps spiriLuels, car le naturel est le dernier
contenant: c'est de là qu'il n'y a pas un seul esprit ni un
seul ange, qui ne soit né homme. Ces arcanes de la Sagesso
Angélique sont rapportés ici, atin qu'on sache quel est chez .

9
130 LA SAGESSE ANGELIQUE

l'homme le Mental naturel, dont il est encore davantage


question dans les Articles suivants.
258. Tout homme nait dans la faculté de comprendre
les vrais jusqu'au degré intime dans lequel sont les Anges
du li'oisième Ciel; car l'entendement humain s'élevant
par le continu autour des deux de~rés supérieurs reçoit
la lumière de la Sa~esse de ces aegrés. de la manière
don t il a été parlé ci.âessus, N° 256; c'est de là que l'homme
peut devenir rationnel selon l'élévation; s'il est élevé au
troisième degré, il devient rationnel du troisième degré;
s'il est élevé au second degré, il devient rationnel du se-
cond degré; et sïl n'est point élevé, il est rationnel dans
le premier degré: il est dit qu'il devient rationnel de ces
degrés, parce que le degré naturel est le commun l'écep·
tacle de leur lumière. Si l'homme ne devient pas ration-
nel jusqu'au plus haut poin t, comme il peut le devenir,
c'est parce que l'amour, qui appartient à la volonté, ne
peut pas êtl e élevé de la même manière que la sagesse
qui appartient à l'entendement; l'amour qui appartien t à
la volonté est élevé seulement par cela qu'on fuit les maux
comme péchés. et alors par les biens cie la charité, qui
sont les usages, que l'homme d'après le Seigneur remplit
ensuite; si donc l'amour qui appartient à la volonté n'est
pas en même temps élevé, la sagesse qui apparLient à l'en·
tendement, quoiqu'elle soit montée, retombe jusqu'à son
amour; de là vient que l'homme, si son amour n'est pas
élevé en même temps dans le degré spirituel, n'est t.ou-
jours rationnel que dans le dernier de~ré. Par ces expli-
cations on peut voir que le rationnel ae l'homme est en
apparence comme des trois degrés: Hationnel d'après le
céleste, rationnel d'après le spirituel, et )'ationnel d'apl'ès
le naturel; et que la rationalité, qui est la faculté de pou-
voir être élevé, est toujours chez l'homme, soit qu'il s'é-
lè,!e ou qu'il ne s'élève pas,
259, II a été dit que tout homme naît dans celte faculté
ou dans la rationalité, mais il est entendu tout homme
chez qui les externes n'ont point pté lésés par quelque
acciden t, soit dans l'utérus, soit après la naissance par
une maladie, ou par une blessure à la Lête, ou par un
amour effréné qui éclate el lâche les freins; chez ceux-ci
le rationnel ne peut être élevé; cal' chez eux la vie, qui
appartient à la volonté et à l'entendement, n'a point de
SUR LE DIVIN AMOUR 131
limites dans lesquelles elle se termine, par conséquent
disposées pOÜI' qu'elle puisse selon l'ordre opérer"les der-
niers actes, car elle opère selon les dernières détermina-
tions, et non tl'après elles; que le rationnel ne puisse pas
non plus être éle\"é clIez les pelits enfants, ni chez les en-
fants, on le voi t plus bas, N° 266 fin.

Le Menlalnatw'el, étant l'enveloppe et le contenantàes degrés


supérieurs dtlilIental humain, est réagissant, et si les de-
grf..s sttpé1'ieurs ne sont point ouverts il agi(ç:ontre
eux, mais s'ils sont ouverts il.agit avec e~.

260. Dans le précédent Article il a été montl'é que le


Mental naturel, étant dans le dernier degré, enveloppe et
renferme le Mental spi:'ituel et le Mental céleste, qui sont
supérieurs quant aux degrés: ici maintenant il faut démon-
trer que le Mental naturel réagit contre les MentaIs supé-
rieUl's ou intérieurs: Ce qui fail qu'il réagit, c'est qu'il les }
enreloppe, les l'enferme et les contient, el cela ne se peut
fail'e sans réaction, cal' s'il ne l'éagissait pas, les intérieurs
ou les choses renfermées se relàcheraient, et se lance-
raient delIol's, et ainsi se l'épandraient de côté et d'autre:
ce serail comme si les Tuniques autour du Corps humain
n'ét8.ient pas e:l réaction; les viscèl'es qui sont les inté-
rieurs du corps s'échapperaient, et ainsi se répandraient
ça et là; et ce serait commcsi la ~lembrane qui enveloppe
les fibres motrices d'un Muscle ne réagissait pas contre
les forces de ces fibres dans les actions; non-seulemellt
l'action cessel"ai t, mais encore tous les tissus intérieurs se
dissoudl"aienl. Il en est de même de tout dernier degré
des degrés de hauteur, pal' conséquent du Mental naturel
respectivement aux degrés supérieurs; car, ainsi qu'il a
déjà été dit, il Y a trois degrés du Mental humain, le natu-
rel, le spirituel et lE' céleste, et le Mental naturel est dans
le dernier degré. Si le Mental naturel l"éagiL con-
tl'e le Mental spirituel, c'est aussi parce que le Mental
naturel est composé non-seulement de substances dU,Mon-
de spirituel, mais encore de substances du Monde natu-
rel, comme il a été dit ci-dessus, N') :i57, et que d'après
leur nature les substances du Monde naturel réagissent
contre les substances du Monde spil'iLucl, car les sllbs-
182 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

tances du Monde naturel sont en elles-mêmes mortes, et


sont mises en action au dehors par les substances dUMon!ie
1
spirituel, et les substances qui sont mortes, et mise::. en
action au dehors, résislent d'après leur nalure, et ainsi
réagissent d'après leur nature. D'après cela, on peut voir
que l'h2mme naturel !~ag!l contre l'hom_m~spiritu~l, et
qu'il y a combat: c"'ëst la même chose de dire l'homme
natul'el et l'homme spirituel, ou de dire le Mental naturel
et le Mental spirituel.
261. On peut voir par ces explications que si le Mental
spirituel a été ferme, le Mental naturel agit ,continuelle-
ment contre ce qui appartient au Mental spirituel, el craint
qu'il n'en influe quelque chose qui tl'Ouble ses états: tout
ce qui influe par le Mental spirituel vient du ciel, car le
Mental spirituel dans la forme est le Ciel; et tout ce qui
influe dans le Mental naturel vient du Monde, car le Men-
tal nalurel dans la forme est le monde; d'où il suit que le
Mental na turel, quand le Menlal spil'ituel a été fermé, réagi t
contre toutes les choses du Ciel, et ne les admet en lui
qu'autant qu'elles lui servent, de moyens pour acquérir et
posséder les choses qui appartiennent au monde; et quand
les choses qui appartiennent au Ciel servent de moyens au
mental naturel pour s.,s fins, alors ces moyens, quoiqu'ils
apparaissent célestes, deviennent néanmoins naturels; en
etl'et, la fin les qualifie, car ils deviennenl comme les scien-
tifiques de l'homme naturel dans lesquel~ intérieurement
il n'y a rien de la vie, Mais comme les Célestes ne peu\'ent
pas être conj oints aux naturels de manière qu'ils fassent
UII, ils se séparent par conséquent, et les célestes cbez les
hommes entièrement naturels se placent en dehors dans
le circuit autour des naturels qui sont en dedans: de là
vient que l'homme entièrement naturel peut parler des
célestes et les prêcher, et même les feindre pal' des actes,
quoiqu'intérieurement il pense contre eux; il agit de cette
manière-ci quand il est seul, et de l'autre quand il est
dans une assemblée. Mais, dans la suite, il en sera dit
davantage sur ce sujet, .
262, Le Mental natur('l ou l'homme naturel, d'apl'es la
réaction née avec lui (connata), agit contre les choses qui
appartiennent au Mental spirituel ou à l'llOmme spirituel,
quand il s'aime et aime le monde par-dessus toutes cho-
ses; alors aussi il sent du plaisir dans les maux de tout
SUR LE DIVIN AMOUR 133
genre, tels que les adultères, les fraudes, les 'vengeances,
les blasphèmes, et autres semblables j et même alors il
reconnait la natur'e comme créatrice de l'Univers; et il
confirme toutes choses par son rationnel; et, après les
confirmations, ou il perverti t, ou il étouffe, ou il repousse
les biens et les vrais de l'Eglise et du Ciel, et enfin ou il les
fuit, ou HIes a en aversion, ou il les a en haine; et cela,
dans son esprit, et même dans son corps autant que d'a-
près son esprit il ose parler avec les autres sans craindre
de perdl'e sa réputation dont il tire honneur et pl'ofit.
Quand l'homme est tel, il ferme successivement et de
plus "il plus étl'oitementle Men tal spirituel; les confirma-
tions du mal par les faux le ferment principalement; c'est
de là que le mal et le faux confirmés ne peuvent pas être ex-
tirpés apl'ès la mort, ils sont extirpés seulement dans le
Monde pal' la l'epentance,
263, Mais tout autre est l'état du Mental naturel, quand
le Mental spirituel a été ouvert; alors le Mental naturel
est disposé pour obéir au Mental spirituel, el il est subol'-
donné, car le l\lental spirituel agit d'après le supérieur ou
l'intérieur dans le ~Iental naturel, et éloigne les choses
qui y réagissent; et il s'adapte celles qui agissent de la
même manière avec lui, par la est successivement enlevée
la réac1ion surabondante, Il faut qu'on s:-I.che que dans les
très-grands et dans les très-petits de l'Univers, tant vivants
que morts, il y a action et réaction, de là l'équilibre de
toutes cho~es ; cet équilibre est enlevé quand l'action
sUl'passe la réaction, et réciproquement: il en est de même
du Mental natUl'el et du Mental spirituel; quand le Mental
naturel agit d'après les plaisil's de son amour et les char-
mes de sa pensee, qui en eux-mêmes sont des maux et des
faux, la réaction du Mental naturel repousse les choses
qui appal'tiennent au Mental spil'ituel, elle ferme les portes
afin <J,u'elles n'entl'ent pas, et elle fait que l'action s'opère
d'apres les choses qui concordent avec sa réaction; ainsi
se font l'action et la réaction du Mental naturel. qui sont
opposées à l'action et à la réaction du Mental spirituel, de
la le Mental spirituel se ferme comme lorsqu'une spirale
se retour'ne. Au contl'aire, si le ~Iental spirituel est ouvert,
alors l'action et la réaction du Mental naturel sont en sens
invel'se; car le Mental spil'Îtuel agit d'après le supérieur
ou l'intérieur, et en même temps par les choses qui, ùans
134 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

le Mental naturel, ont été disposées pour lui obéir d'après


l'inférieur ou l'extérieur, et il retourne la spirale dan~
laquelle il y a l'action et la réaction du Mental nnturel; cal'
ce Mental naturel, comme on le sait, est pU!' naissance en
opposition avec les choses qui appartiennent au Mental
spil'ituel; il tient cela des parents pDr héritage, ToI est le
changement d'état qui est appelé réformation et régéné-
ration: 1 état du )Iental naturel a\'ant la réfnrnation peut
être comparé à une spirale qui se tord ou se tourne vel'S le
bas; mais après la réformation il peut être comparé à une
spirale qui se tord ou se tourne vers le haut; c'est pour-
quoi l'homme a\'ant la réfol'malion regarde en bas vers
l'enfer, mais aprè:; la réfol'mation il regarde en haut vers
le ciel.

L'01'igine du mal vient de l'abtl~ des facultés, qui sont pro·


pres à l'homme, et sont appelées R~ltionalité et Liberté .
. 264. Par la nationalité est entendue la faculté de com-
pl'endre les vrais et par suite les faux, et les biens et pal'
suite les maux; et par la Liberté est entenùue la faculté
de libl'ementles penser. ks vouloir et les t'ail'e, D'après ce
qui précède on peut voir, et d'après ce qui \'a suivre on
verra encore mieux, que ces deux Facultés sont chez cha-
que homme pal' cl'éation et ainsi par naissance; qu'elles
viennent du Seigneur; qu'elles ne sont pas enlevées; que
d'après elles il y a l'apparence que l'homme pense, parle,
veut et agit comme par lui-même; que le Seigneur habite
dans CAS facultés chez chaque homme; que l'homme d'a-
près cette conjonction vit éternellement; que par elles, et
non sans elles, l'homme peut être rl't'Ol'mé et régénéré;
et que par elles l'homme est distingué des bêtes.
205, Que l'origine du mal vienne de l'abus de ces facul-
tés, c'est ce qui va être montré dans cet ol'dre:Q) L'homme
méchallt jouit dt') ces deux facultés comme l'homme bon.
C!]: L'homme méchant en abuse pOUl' confirmer les maux et
les faux. et l'homme bon en use pour confirmer les biens
t:L les vrais. @) Les maux et les fDUX confirmés chez
l'homme restent et deviennent des choses de son amour
et par conséquent de sa vie.Qy! Les choses qui sont deve-
riues des chosesAe l'amour et de la vie sont transmises
aux descendants.\y'.'Tous les maux, tanlles maux transmis
SUR LE DlVrN AMOUR 135
par' les parents que Ip-s maux ajoutés, résident dans le
Mpntal naturel.
260m L'homme méchant jouit de ces .:leux facultés com·
me l'homme bon. Que le Mental naturel puisse, quant à
l'entendement, être élevé jusqu'à la lumière dans laquelle
sont les Anges du troisième ciel, et voir les vrais, les re·
connaître, et ensuite en parlor, c'est ce qui a été montré
dans l'Article précMent : il est donc évident que, puisque
le Mental naturel peut étre ainsi élové, l'homme méchant
joui~, comme l'homme bon, de cette faculté qui est aPi'elée
Hationalité : et puisque le Mental naturel peut être élevé
si haut, il s'ensuit que le mél'hant peut aussi penser les
vrais et en parler, ~Iais qu'il puisse les vouloir et les faire,
quoiqu'il ne les veuille pas et ne los fasse pas, c'est ce
qu'attestent la raison et l'expérience; la Raison: Qui est-ce
qui ne peut vouloir el faire les choses qu'il pense? S'il ne
veut pas et ne fait pas, c'est parce qu'il n'aime pas les
vouloir ni les faire: qu'il puisse vouloir et faire, c'est là
la Liberté, qui est donnée par le Soigneur à tout homme;
mais qu'il ne veuille pas elue fasse pas le bien, quand ille
peut, cela vient de l'amoul' du mal qui s'y oppose, auquel
cependant il peut résister, et plusieurs aussi résistent.
L'Expé1'ience: Cela, dans le Monde spirit1lel, a parfois été
confil'mé; j'ai entendu des esprits m<\chants, qui intérieu-
rement étaient des diables, et qui dans le ~[onde avaient
rejeté los vrais du Ciel et de l'Eglise; tant que l'affection
de savoir, dans laquelle est tout homme dès l'enfance,
était excitée chez eux par la gloire qui entoure chaque
amour comme une splendeur de feu, ils percevaient les
arcanes de la Sagesse Angéliqup. aussi bien que les esprits
bons qui intérieurement étaient des anges; et même ces
esprits diaboliques disaient, qu'à la vérité ils pouvaient
vouloir et faire selon les vrais. mais qu'ils ne voulaiont
point; quand on leur disait qu'on veut les vrais, pourvu
qu'on fuie les maux comme péchés, ils répondaient qu'ils
pouvaient cela aussi, mais qu'ils ne voulaient pas: par là
j'ai vu clairemeut que la faculté, qui est appelée Liberté,
est chez les méchants comme chez los bons: que chacun
se consulte, et il découvrira que cela est ainsi: si l'homme
pout vouloir, c'est parce que le Seigneur, de qui vient celle
faculté, lui donne continuellement de pouvoir; car, ainsi
qu'il a été di t ci-dessus, le Seigneur l.labiLe chez chaque
136 LA SAGESSE ANG~LIQtJ~

homme dans ces deux facultés, ainsi dans la faculté ou


dans la puissance de pouvoir vouloit', Quant à ce qui con-
cerne la Faculté de comprendre, qui est appelée Itationa-
'lité, elle n'existe pas chez l'homme avant que son mental
naturel suit parvenu à son àge ; avant ce temps elle est
comme une semence dans un fruit qui n'est pas mûr, la-
quelle ne peut s'oU\'l'ir dans la terre, ni croître en tige :
cette faculté n'existe pas non plus cllez ceux dont il a été
parlé ci-dessus, N° 259.
267.@ L'h"mme méchant abuse d~ ces {acultés pour
con(l1'lne1' les maux et les {aux, el l'homme bon en use POU?'
con(l?'me1' les biens et les m'ais, C'est de la faculté in tellec-
tuelle, qui est appelée Hationalité, et de la faculté volon-
taire, qui est appelée Liberté, que l'homme tient de pou-
voir confirmer tout ce qu'il veut; en effet, l'homme natu-
rel peut élever son entendement vers une lumière supé-
rieure jusqu'où il désire, mais celui qui est dans les maux
et par suite dans les faux ne l'élève pas au-delà de la région
la plus haute de son mental naturel, et rarement vers la
région du mental spirituel; et cela, parce qu'il est dans les
plaisirs de l'amour de son mental naturel, ct que s'ill'é-
lève au-dessus de ce mental, le plaisir de son amour périt;
s'il est élevé plus haut. et qu'il voie les vrais opposés aux
plaisil's de sa vie, ou aux principes de sa propre intelli-
gence, alors ou il falsifie ces vrais, ou il passe outre et les
laisse par mépris, ou il les retient dans sa mémoire pour
qu'ils servent de moyens à l'amour de sa vie, ou au faste
de sa propre intelligence, Que l'homme naturel puisso
confirmer tout ce qu'il veut, c'est ce qu'on voit bien clai-
rement d'après tant d'hérésies dans le Monde Chrétien,
hérésies dont chacune est confirmée par ses sectateurs.
Qui ne sait que les maux et les faux de tout genre peuvent
être confi·rmés? On peut confirmer, et aussi les méchants
chez eux confirment, qu'il n'y a point de Dieu; que la
nature est tout, et qu'elle s'est créée elle-même; que la
religion est seulement un moyen pour tenir les simples
dans des liens; que la prudence humaine fait tout, et que
la Divine Providence ne fait que maintenir l'Univers dans
l'ordre où q a été créé; que les meurtres, les adultères,
les vols, les fraudes et les vengeances sont permis selon
Machiavel et ses partisans. L'homme naturel peut confir-
mer ces propositions eL plusiems autres semblables, il
SUR LE DIVIN AMOUR 137
peut même remplir des livres avec des confirmations, et
quand ces faux ont été confirmés ils se présentent dans
leur lumière fantastique, et les vrais dans une telle om-
bre qu'ils ne peuvent être vus que comme des fantômes
dans la nuit: en un mot, prends ce qu'il y a de plus faux,
établis-le en proposition, et dis à un homme ingénieux:
Confirme cela; et il le confirmera jusqu'à la complète ex-
tinl:tion de la lumière du vrai; mais mets à l'écart les con-
firmations, rentre chez toi, et considère la proposition
elle-ll1ème d'après ta rationalité, et tu en verras l(~ faux
dans toute sa laideur, D'après cela, il devient évident que
l'homme peut abuser de ces deux facultés, qui lui vien-
nent du Seigneur, pour confirmer les maux et les faux de
tout genre. C'est ce qu'aucune bête ne peut faire, parce
qu'elle ne jouit pas de ces facultés; c'est pourquoi labête,
tout au contraire de l'homme. naît dans tout l'ordre de sa
vie, et dans toute la science de son amour naturel.
268. (1l f) Les maux et les faux confl1'més chez l'homme
restent ê( deviennent des choses de son amour et de sa vie.
Les confirmations du mal et du faux ne sont absolument
que des choses qui éloignent le bien et le vrai, et qui les
rejettent si elles s'accroissent, car le mal éloigne et rejette
le bien, et le faux éloigne et rej elle le vrai : de là aussi
les confirmations du mal et du faux ferment le Ciel, car
tout bien et tout vrai influent du Seigneur par le Ciel; et
quand le Ciel a été fermé, l'homme est dans l'Enfer, et il
y est dans une société où règnent un semblable mal et un
semblable faux, dont ensuite il ne peut être délivré. Il m'a
été donné de converser avec des esprits qui avaient con-
firmé chez eux, il y a des siècles, les faux de leur religion,
et je vis qu'ils restaien t dans les mêmes faux dans lesquels
ils avaient été dans le Monde; et cela, parce que toutes les
choses que l'homme confirme chez lui deviennent des
choses de son amour et de sa vie; elles deviennent des
choses de son amour, parce qu'elles deviennent des cho-
ses de la volonté et de l'entendement, et que la volonté et
l'entendement fontla vie de chacun; et quand elles devien-
nent des choses de la vie de l'homme, elles deviennent
des choses non-seulement de tout SOli mental, mais aussi
de tout son corps: de là il est évident que l'homme qui
s'est confirmé dans les maux et dans les faux est tel depuis
la tête jusqu'aux pieds, et quand il est tel tout en Lier,il ne
138 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

peut, pal' aucune invrrsion ou rétorsion, être ramené dans


l'état opposé, ni pm' conséquent être retü'éde l'enfer. D'a-
près ces explications et celles qui précèdent dans cet Arti-
cle, onJ?~ut voir d'où vient l'Ol'igine du mal.
2G9,~: Les choses q11i sont devenues des choses de l'a-
mour et par conséquent de la vie sont t1'ansmises aux des-
cendants, On sait que l'homme nait dans le mal, et qu'il
tient cela de ses parents comme héritage; et quelques-uns
cl'oient que c'est non pas de ses prents, mais d'Adam par
ses parents, loutefois ceci est une erreur; il le lient Lie son
père, de qui lui vient 1 âme, et l'âme est revêtue du corps
chez la mère: en effet, la semence qui vient du père, est
le premier réceptacle de la vie, mais réceptacle tel qu'il
était chez le pill'e, cal' il est dans la forme de l'amour du
{ pèl'e, et l'amoUl' de chacun est semblahle à lui-môme dans
les très -grands et dans les lI'ès-petits, et il y a en lui un
) effort pour la forme humaine, dans laquelle aussi il va
successivement; il s'ensuit que les maux, qui sont appe-
lés héréditaires, viennent des pères, ainsi des aïeuls et des
aïeux, et ont été successivement dérivés d,ms les descen-
dants, C'est même ce qu'enseigne l'expérience; en effet,
il y a, quant aux affections, ,'essemblance des nations avec
leur premIer père, et da\'antage ressemhlance des famil-
les, et plus encore ressemblance dllS maisons; et même
rrssemblance telle, que les générations sont dislingu,ées
non-seulement par les caractères (animi), mais aussi par
les faces. Mais, dans la suite, lorsqu'il s'agi!'a de la cor-
respondance riu mental, ou de la volonté et de l'entende-
ment, avec le corps et avec les membres et les ol'ganes du
corps, il en sera dit davantage SUl' celte transmissiofl_de
l'amour du mal des parents chez les descendants: le peu
qui est rapporté ici est seulement pour qu'on sache gu~leJl
maux sont dérivés successivement des parents, et qu'ils
s'accroissent par les accumulations de l'un après un autr'e,
f au point que l'homme par naissance n'est que mal, et que
la malignité du mal augmente selon le degré auquel le
) Mental spirituel est fermé, car ainsi le Mental naturel est
fermé aussi par en haut; et qu'il n'y a rétablissement chez
les descendants, que quand d'après le SeigneUl' ils fuient
les maux comme péchés; ainsi, et non autrement, esu>_u-
verlle Mental spirituel, eljlal'là le Mental naturel estramené
\ dans la forme correspondante. -
SUR LE DIVIN AMOUR 139
270& To us les maux et pm' wite tous les {aux, tant les
maux tml1smis pa?' les pa1'ents que les maux ajoutés, 1'ést-
dent dans le Mental naturel, Si les lIlaux et pal' suite les
faux résident dans le ~Iental naturel, c'est parce que ce
mental est dans la forme, ou en image, le monde, tandis
que le Mental spirituel est dans la forme, ou en image, le
Ciel, et parce que le mal ne peut pas être logé dans le Ciel;
c'est pourquoi le mental spirituel n'est point ouvert dès la
naissance, mais il est seulement en puissance afin qu'il
puisse ètl'e ouvert; le Mental naturel tire aussi en partie
sa forme des substances du ~Ionde natun~l, mflis le Men-
tal spiritupl tire seulement des substances du Monde spi-
rituel sa forme, qui est conservée dans son in tégTi té par
le Seigneur, afin que l'homme puisse devenir homme; Cal'
il naît animal, et il devient homme, Le Mental naturel,
avec tout ce qui lui appartient, a été toumé en courbes
(gY1'i) de droite à gauche. e. le Mental spirituel, en cour-
bes de gauche à droite; ainsi ces MentaIs sont en sens
contraÎl'e l'un à l'égard de l'autre; indice que le mall'éside
dans le Mental naturel, et que de lui-même il agi t contre
le ~Iental spirituel; la circongyration de droite à gauche
se dirige en bas, ainsi vers l'enfer, mais la circongyralion
de gauche à droite se dirige en haut, ainsi vel's le riel:
que cele soit ainsi, c'est ce que j'ai vu clairement pal' celle
expérience: Un mauvais esprit ne peut pas fail'e tourner
son corps de gauche ù droi te, mais il peut le fait'e tourner
de droite à gauche, tandis qu'un bon esprit peut faire tour-
n(>r difficilement son corps de droite à gauche, mais faci-
lement de gauche à droite; la cil'congYl'ution suit le flux
des intérieurs qui appartiennent au mental.

Les maux elles {aux dans tout opposé sont ("ont1'!!.les biens et
les v1'ais, pa?'ce que les maux et les fau,r: SOllt diaboliques
et in{ernaux, et que les biens et les trais sont
Divins et Célestes,

2i1. Que le mal et le hien soient opposé.s, puis le faux


du mal et le vrai du bien, chacun le l'cconnaiL dès qu'il
l'entend dÎl'e; mais comme ceux qui sont dans le mal ne
sentent et pal' suile ne per\oh'enl. autrement sinon que le
mal est le bien, car le mal l't'jouit leurs sens, surtout la
vue et l'ouïe; et par suite réjouit aussi les pensées et par
140 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

conséquent les perceptions, ils en résulte qu'ils reconnais-


sent, il est vrai, que le mal et le bien sont opposés,
mais comme ils sont dans le mal, le plaisir du mal
fail qu'ils disenl que le mal esl le bien, el que le
bien est le mal. Soil cet exemple: Celui qui abuse de sa
liberté pour penser et faire le mal, appelle cela liberté, et
son opposé, qui est de penser le bien, qui en soi est le bien
il le nomme esclavage, quoique cependant ceci soit vérita-
blement la liberté, et cela l'esclav;lge. Celui qui aime les
adultères appelle liberté l'action de commettre l'adultère,
et la défense de le commettre il appelh~ cela esclavage, car
il sent dans la lasciveté un plaisir et dans 1;1 chasteté un
déplaisir. Celui qui d'après l'amour de soi est dans l'amour
de dominer, senl dan~ cet amoul' un plaisir de la vie, qui
es t au dessus ùes au tres plaisirs de lout genre, par suite
il appelle bien tout ce qui appartient à cet amour, et pro-
clame mal tout ce qui le conlrarie, quoique cependant ce
soit lout l'opposé, Il en est de même de tout autre mal;
ainsi quoique chacun reconnaisse que le mal et le bien
sont opposés, néanmoins ceux qui sont dans les maux ont
de celle opposition une idée contraire, el ceux-là seuls
qui sont dans les biens en ont une idée juste: qui que ce
soit, tant qu'il est dans le mal ne peut voir le bien, mais
celui qui est dans le bien peut "oir le mal: le mal est en
bas comme dans une cayerne, le bien est en haut comme
SUl' une montagne,
272. Maintenant, puisque plusieurs ignorent quel est le
mal. et qu'il est absolument opposé au bien, et que ce-
pendant il importe qu'on le sache, ce sujet va êlre examiné
dans l'ordre suivant :(1? Le Mental naturel, qui esl dans
les maux e\:,.J2ar suite dans les faux, est la forme el l'image
de l'enfer.<.!!.: Le Mental natmel, qui est la f9.tme etl'ima-
ge de l'enfer, descend par les trois degrés.(IIf, Les trois
degrés du Mental natm'el, qui eslla forme eT l'image de
l'enfer, sont opposés aux trois degr~fndu Menlal spirituel,
qui eslla formeefl'image du Ciel.~. Le Menlal naturel,
qui est l'enfer est dans loul opposé contre le Menlal spi-
rituel ~ est le Ciel.
273.(1 Le il/ental naturel, qui est dans les maux et pm'
suite dans les faux, est la {orme et l'image de l'enfe?'. Il ne
peut pas êlre décrit ici quel est le Mental naturel dans sa
torme substantielle chez l'homme, ou quel il est dans sa
SUR LE DIVIN AMOUR 141
forme tissue de substances de l'un et de l'autre Monde
dans les Cer\·eaux. où réside ce Mental dans ses premiers;
il sera donné une idée universelle de cette forme dans la
suite, quand il s'agira de la correspondance du Mental et
du Corps. Ici, il sera seulement dit quelque chose de sa
forme quant aux états et à leUl'S changements, par les-
quels se présentent les perceptions, les pensées, les inten-
tions, les volontés, et les choses qui leur appartiennent;
car le Mental naturel, qui est dans les maux et par suite
dans. les faux, est quant à ces choses la forme et l'image de
l'enfer-; cette forme suppose une forme substantielle l!om-
me sujet, car les changements d'état ne peuvent exister
sans une forme subslan Lielle qui soit le sujf'l, absolument
de mpme que la vue ne peu t exister sans l'œil. ni l'ouïe
sans l'oreille. Ainsi, quant à ce qui concerne la forme ou
l'image par laquelle le men LaI naturel ressemble à l'enfer.
telle est celte forme et celte image: L'amour régnant,
avec ses concupiscences, qui esL l'état uniyersel de ce
Mental, est de même que dans l'enfer est le diable, et les
pensées du faux qui tirent leur ol"igine de cet amour ré-
gnant sont comme la troupe du diable; par le diable et
par sa troupe il n'est pas non plus entendu autre chose
dans la Parole. C'est aussi la même chose, car dans l'En·
fer l'Amour de dominer d'après l'amour de soi est l'Amour
régnant; la, cet amour est appelé le diable, et les atlec-
tions du faux avec les pensées qui tirent leur origine de
cet amour, sont appelées la troupe du diable: il en est de
même dans chaque société de l'enfer, avec des différences
telles que sont les diffrrences spécifiques de chaque genre.
Dans une semblable forme est aussi le Mental naturel qui
esl dans les maux et pal' suite dans les faux: aussi est·ce
pour cela que l'homme naturel. qui est tel, vient après la
mort dans une société de l'enfer semblable à lui, et fait
un alors avec elle en toutes et en chaque chose, car il vient
dans sa forme, c'est-à-dire, dans les états de son mental.
Il y d aussi un autre Amour, qui est appelé Satan. subor-
donné au premier amour qui est appelé diable; cet amour-
là est l'amour de posséder les biens des au tres par un ar-
tifice quelconque; les malices ingénieuses et l'astuce sont
sa troupe. Ceux qui sont dans cet Enfer sont en général
appelés Satans, et ceux qui sont dans le premier sont en
général appelés Diables, et là ceux qui n'agissent pas clan-
142 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

oestinomenL ne rejetlenL pas leur nom; c'esL de là que les


Enfers dans le composé sonL llppelés Diable eL Salan. Si
les deux Enfers ont éLé distingués en général selon ces
deux amoUl'S, c'esL parce que Lous les Cieux onL élé dis-
Lingués en deux Royaumes, le Célesle et le Spil'ituel, se-
lQn los deux amours, et que par opposition l'Enfer diabo-
lique correspond au Hoyaume célesle, el l'Enfer salanique
au H.oyaume spiriLuel : que los Cieux aienL éLé distingués
en deux Royaumes, le CélesLe et le SpiriLuel, on le voit
dans le TraiLé DU CIEL ET DE L'E~FER, N°' 20 à 28, Si le Men-
tal natUl'el, qui esHol, est dans la fOl'me l'Enfer, c'esL parce
que Loute forme spil'iLuelle dans les très-grands el dans
les tl'è'i-petits esL semblable à elle-même, d'où il résulLe
que chaque Ange est le Ciel dans la forme la plus petiLe,
comme il a été monLré aussi dans le Traité DU CIEL ET DE
L'E~œER XOS 51 à 53; de là résulte encore que tout homme
ou touL esprit, qui eSl un diable ou un satan, esL r enfer
dans la forme la plus peLite.
274.@ Le Mental naturel, qui est la (Ol'me et l'image de
( l'en(e?', descend pal' les l?'ois degrés. Que dans les ~rès­
grands eL dans les Lrès-petUs de LouLes choses il y aiL les
Degrés des deux genres, qui sont appelés degrés dtl hau-
) teur eL degrés de largeur, on le voil ci-det>sus, Nos 22:2 à
229 ; ainsi le Men LaI naturel a aussi ces degrés dans ses
très-S'rands eL dans ses très-petiLs : ici sonl enLendus les
degres de hanLoul', Le MenL'tl naLlll'el, d'apl'ès ses deux
faculLés, qui sonL nomm('es HaLionaliLé et Libel'Lé, esLdans
ccL étaL, qu'il peuL mon LeI' pal' les trois degl'és, et descen-
( dr'e pal' les trois degrés; il monte d'après les biens eL les
, \'l'ais, et descend d'apl'ès les maux eL les faux; eL tant
qu'il monte, les degrés inférieurs qui Lendenl VPI'S l'enfer
1 sont fcrmés, et tanL qu'il descend, les deîO'rés supérie"J.rs
qui tendent vers le Ciel sonL fermés; eL ce a, parce qu'ils
sonL en réaction. Ces Lrois degrés supérieurs eL inférieurs
n'onL &Lé ni ouverLs ni fermés dans l'homme récemment
né; caril esL alors dans l'ignol'anee du bien eL du vrai, eL
aussi du mal eL du faux; mais selon qu'il se llleL dans les
uns eL dans les anLres, les degrés sonl ouverLs eL sonL fer-
més ou d'un coLé ou de l'auLre. Quand ils sonL ouverLs du
co~ti de l'enfer, l'amour régnant qui appartient à la volOïiTé
oJ)tienL la place supl'ème ou intime, la pensée du faux
qui appartienL à l'enLendemenL d'après ceL amour obLienL
SUR LE DIVIN AMOUR 143
la seconde place ou place moyenne, et le conclnsum (ré-
sultat) de l'amour par la pensée, ou de la volonté par ren-
tendement, obtient la place infime, Il en est enCOl'e ici cIe
même que des degrés de hauteUl', don t il a été padé pré-
cédemment, en ce qu'ils sont en ol'dre comme la fin, la
cause et l'effet, ou .-:omme la fin première, la fin moyenne
et la fin dernière, La descente de ces degrés est vers le
corps, par conséquent dans la descente ils s'épaississent,
et deviennent matériels et corporels, Si des vrais lires de
la Parole sont admis dans le second degré pOUl' le former,
alors d'après le premiel' degré, qui est l'amoul' du mal, ces
vrais sont falsifiés, et deviennent des dome~liques et des
) esclaves: de là on peut voir ce que deviennen t les vl'ais de
l'Église til'és de la Pa l'ole chez ceux qui son t dans ramoul'
du mal, ou dont le mental naturel est dallS la forme l'en-
( fer, en ce qw~. parce qu'ils servent au diable comme mo-
yens, ils SJnt profanés; CaI' l'amour du mal régnant dans
le Men lai naturel, qui est l'enfer, est le diatle, comme il a
été dit ~dessus,
275,\!!J, Les trois degrés du lI/ental naturel, qui est la
forme et l'image de l'enfer, sont opposés aux trois degr~s
dn Mental spirituel qui ,est la forme et l'image du Ciel,
Qu'il y ail trois degrés du Mental, qui sont appelés natu-
rel, sri rituel et céleste, et que le mental humain consistan t
en ces trois de~rés reg!!'!:Q~ et se to~rne. veXL le ci!Jl,
c'est ce qui a ete monlré cl-ùessus; d apres ('ela on peul
'voir que le Men lai nalul'el, lorsqu'il regarde en bas et ~e
tourne vers l'enfer, consiste pareillement en tl'ois degl'és,
el que chacun de ses degrés est opposé à un degré du
mental qui esl le Ciel. Que cela soit ainsi, c'est ce qui est
devenu bien évident pour moi d'après ce que j'ai YU dans
( le Monde spirituel, à savoir, qu'ilS a LI:Qi~ Cieux, et qu'ils
) ont été distingués selon les trois degrés de hauteur; qu'il
\ y a trois Enfers, et qu'ils ont aussi été distingués selon les
1trois degrés de hauteUl' ou de pI'ofondeur; qu'en toutes
el en chaque chose les Enfers sont opposés aux Cieux; el
que l'Enfer le plus bas est oppos~ au Ciel suprême, l'Enfer
moyen au Ciel moyen, et l'Enfer 10 plus élevé au del'nier
Ciel. 11 en est de même du Mental naturel qui est ùans la
forme de l'Enfer; car les formes spirituelles sont sembla-
bles à elles-mèmes dans les tl'ès-gra!!ds et dans. les très-
peti..Ls. Si les Cieux et les Enfers sont'ainsi dans l'opposé,
LA SAGESSE ANGÉLIQUE

c'est parce que leurs amours sont de même opposés.


L'Amour envers le Seigneur, et par suite l'Amour à l'égard
du prochain, fonlle degré intime dans los Cieux, tandis
que l'amour de soi el l'amour du monde fonlle degré in-
time dans les enfers; la sagesse el l'intelligence d'après
leurs amours font le degré moyen dans les Cieux, landis
que la folie et la sottise, qui se présentent comme sagesse
J et intelligence, font d'après leurs amours le degré moyen
dans les enfers; les conclusa (résultats) de leurs deux de-
grés, qui sont, ou placés dans la mémoire comme scien-
ces. ou fixés en actes dans le corps, font le dernier degré
dans les Cieux; les conclusa de leurs deux degrés, qui
deviennent ou sciences, ou actes, font le degré ex Lime
dans les enfers. Comment les biens et les vrais du Ciel
sont changés dans les enfel's en maux et en faux, et ainsi
en l'opposé, on peut le voir par cette expérience: J'ai ap-
pris qu'un Divin Vrai était découlé du Ciel jusqu'en eufel',
( et J'ai appris que ce vrai dans le trajet en descendant avait
1 éte par degré changé en faux, ainsi vers l'enfer infime en
ce qui est absolument opposé; par là j'ai vu clail'ement
\ que les enfers selon les degrés son l dans l'opposé à l'é-
1gare! des cieux quant à tous les biens et à lous les vrais, et
que les biens et les vrais y deviennent des maux et des
faux par l'influx daus les formes tournées en sens contrai-
re; car on sait que lout ce qui influe est perçu et senti se-
lon les formes qui ret:ojyent, etselon leurs états, Que les
biens et les vrais soient changés en opposés, c' est encore
ce qui est devenu évident pour moi par celle expérience:
Il m'a été donné de voir les Enfers dans leur situation res-
pecti"ement aux Cieux, et ceux qui y étaient apparaissaient
l'enver~és, la tète en bas et les pieds en haut; mais il m'a
été dit que néanmoins, entre eux, ils se voient dl'oits sur
les pieds; ce qui peut être comparé aux antipodes. D'après
ces enseignements de l'expérience. on peut voir que les
trois degrés du Men tal nat1!!:el, qui dans la forme et
dans l'image est l'enfer, sont opposés aux trois degrés du
Mental1?pirit~l qui dans la forme et dans l'image est le
Ciel.
2i6.@ Le !dental naturel qui est l'ente?', est dans toul
opposé contre le il/ental spirituel qui est le Ciel. Quand les
amours sont opposés. toutes les choses qui appartiennent
à la perception deviennent opposées; car de l'amour, qui
SUR LE DIVIN' AMOUR 145
fait la vie même de l'homme, découlent toutes les autres
choses, comme des ruisseaux de leur source; les choses
qui n'en proviennent pas se séparent, dans le Mental natu-
rel de celles qui en proviennent; celles qui proviennent
de son amour régnant sont au milieu, et toutes les autres
sur les côtés; si celles-ci sont des vrais de l'Eglise puisés
dans la Parole, elles sont reléguées loin du milieu sur les
côtés, et sont enfin cllassées, et alors l'homme ou le Men-
tal naturel perçoit le mal comme bien, et voit le faux
comrne vrai, et réciproquement; c'est de là qu'il prend la
malice pour de la sagesse, la folie pour de l'intelligence,
l'astuce pour de la prudence, les artifices pour du génie;
et alors aussi il Ile faiL aucun cas des Divins et des céles-
tes qui appartiennent à l'Eglise et au culte, et il estime
beaucoup les corporels et les mondains: ainsi il renverse
l'élat de sa vie, de sOI'le que ce qui appartient à la tête il
le met à la plante des pieds et le foule, et que ce qui ap-
partient à la planle des pieds il le met à. la tète: par con-
séquent de vivant l'homme devient mort; est appelé vivant
celui dont le mental est le ciel, et mort celui dont le men-
tal est l'enfer,

Toutes les choses qui appartiennent aux tl'ois degl'és du Men-


tal naturel ont été ren{ermées dans les œuv,'es, qui se
{ont par les actes du corps.

277. Par la science des degrés, qui a été exposée dans


cette Partie. est découvert cet Arcane, que toutes les cho-
ses du mental, ou de la volonté et ùe l'entendement de
l'homme, sont, dans ses actes ou dans ses ceU\'l'es, renfer-
mées presque comme dans la semence, dans le fmit ou
dans l'œuf les choses qui tombent sous la vue et celles qui
n'y tombent pas; les actes mêmes ou les œuvres n'appa-
raissent que comme celles-là dans les externes, mais néan-
moins dans les internes il y a des choses innombrables,
car il y a les forces des fibres motl'ir,es de tout le corps
qui concourent, et il y a toutes les choses du mental qui
excitent et déterminent ces forces, lesqu811es sont des trois
degrés, ainsi qu'il a été montré plus haut; et comme il y
a. toutes les choses du mental, il y a toutes celles de la
volonté ou toutes les affections de l'amour de l'homme,
10
146 LA SAGESSE ANGt!:LIQUE

~ui constituent le premier degré; il Y a toutes celles de


1 entendement, ou toutes les pensées de sa perception, qui
font le second degré; et il y a toutes celles de la mémoire,
ou toutes les idées de la pensée, qui est la plus ;proche du
langage, d'où elles ont été prises, lesquelles presentent le
troisième degré; par toutes ces choses, déterminées en
acte, existent les œuvres, dans lesquelles, vues dans la
forme externe, n'apparaissent point les antérieurs qui
cependant y sont en actualité. Que le dernier soit le com-
plexe, le contenant et la base des antérieurs, on le voit ci-
dessus, N°s 209 à 216 ; et que les degrés de hauteur dans
leur dernier soient dans le plein, on le voit, Nol 217 à 221.
278. Si les actes du corps, considérés par l'œil, se pré-
sentent ainsi simples et uniformes comme dans la forme
externe les semences. les fl'uits, les œufs, et comme les
noix et les amandes dans la coquille, et néanmoins con-
tiennent en enx tous les antérieurs dont ils proviennent,
c'est parce que tout del"Oier est enveloppé, et par là dis-
tinct jes antérieurs; chaque degré aussi est couvert d'une
enveloppe, et par là distinct d'un aulre de~ré: c'est pour-
quoi les choses qui sont du premier degre ne sont point
connues par le second degré, et celles qui sont de ce degré
ne sont point connues par le troisième; soil cet exemple:
L'amour de la volonté, qui est le premier degré du men-
tal, n'est connu dans la sagesse de l'entendement, qui est
le second degré du mental, que par une sorte de plaisir
de la pensée de la chose; le pl'emier degl'é qui, comme il
a été dit, est l'amour de la volonté, n'est connu dans la
science de la mémoire, qui est le troisième degré, que par
une sorte de charme de savoir et de parler. Il suit de là que
l'œuvre, qui est l'acte du corps, renferme toutes ces cho-
ses, quoique dans la forme externe elle se montre simple
comme un.
279. Cela est confirmé par ce fait, que les Anges, qui sont
chez l'homme, perçoivent une à une les choses qui d'après
le Mental sont dans l'acle ; les Anges spirituels, celles qui
y sont d'après l'entendement, et les Anges célestes celles
qui y sont d'après la volonté: cela se présente comme un
paradoxe, mais néanmoins cela est vrai. Toutefois, il faut
qu'on sache que les choses du mental qui appariiennent à
l'objet proposé ou présent sont au milieu, et les autres à
l'entour selon les affinités, Les Anges disent que d'après
SUR LE DIVIN AMOUR 147
chaque œuvre l'homme est perçu tel qu'il est, mais dans
une ressemblance de son amour, laquelle varie selon les
déterminations de cet amour dans les affections et par
suite dans les pensées. En un mot, tout acte ou toute œu-
vre de l'homme spirituel devant les anges est comme un
fruit savoureux, utile et beau, qui ouvert et mangé donne
saveur, usage et délices. Que lelle soit pour les Anges la
perception des actes et des œuvres de l'homme, on le voit
aussi ci-dessus, N° 220.
280. Il en est de même du langage de l'homme; les An-
( ges d'après le son du langage connaissent l'amour de
) l'homme, d'après l'articulation du son sa sagesse, et d'a-
près le sens des mots sa science; et de plus ils disent que
î c.es trois choses sont dans chaque mot, parce que le mot
est comme le conclusttm, car en lui il yale son, l'articu-
lation et le sens.. Il m'a été dit par les Anges du troisième
ciel, que d'après chaque mot d'un homme qui parle en
série, ils pflrc:oivent l'état commun de son esprit (anirm),

~
et même quelques états particuliers\Quedans chaque mot
de la Parole il y ail un spirituel qui appartient. à la Divine
sagesse, et un céleste qui appartient au Divin amour, ~ )
que ce spirituel et ce céleste soient perc:us par les Anges, \

l guand la Parole estlue saintement par l'homme, cela a été (


montré en plusieurs endroits dans LA DOCTRU'iE DE L~ Nou-)
VELLE JÉRUSALEM SUR L'ECRITURE SAINTE.
281. De ce qui précède est tirée cette conclusion,~~que
dans les œuvres de l'homme, dont le Mental naturel des-
cend par les trois degrés ùans l'enfer, il y a tous ses maux
et tous ses faux du mal; et que dans les œuvres de l'homme,
dont le Mental naturel monte dans le Ciel, il ya tous ses
~ biens et tous ses vrais; et que tous ces biens et ceslv~Jlis,
) et tous ces maux et ces faux, sont perçus par les Angès
1 d'après une seule parole ct une seule action de l'homme.
De là vient que, dans la Parole, il est dit que l'homme sera
jugé selon ses œuvres, et qu'il rendra compte de .ses paro-
les.
LA SA.GESSE ANGELIQUE
SUR LE

DIVIN AMOUR

QUATRIÈME PARTIE

Le S~ig?Mur de toute éternité, qui est Jéhovah, a créé de Lui-


Même, et non du néant, l'Univet·s et toutes les choses
de l'univers.

282.. On sail sur tout le Globe, et d'après la perception


intérieure tout homme sao-e a reconnu, qu'il y a un seul
D\eu" qui est Créateur de 'l'Univers; et, d'après la Parole,
on sait que Dieu Créateur de l'Vnivers est appelé JÉHOVAH,
du mot Etre, parce que Seul il Est: Que le Seigneur de
toute éternité soit ce Jéhovah, c'est ce qui a été démontré
ert plusieUl's endroits, d'après la Parole, dans LA DOCTRINE
DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM SURLE SEIGNEUR. Jéhovah est appelé
le Seigneur de toute éternité, parce que Jéhovah s'est re-
vêtu de l'Humain pour sauver ùe l'Enfer les hommes; et
alors il a commandé à ses disciples de l'appeler Seigneur:
c'est pour cela que Jéhovah est appelé le Seigneur dans le
Nouveau Testament; comme on peut le voirparce passage:
c' Tu aimeras JÉHOVAH TON DIEU de tout ton cœtt1' et de toute
ton dme~ .. - Deutér. VI. 5; - et dans le Nouveau Testa-
ment: c 'Tu aimer.as LE SEIGNEUR TON DIEU de tout ton cœur
et' de toute ton âme. » - Matth. XXII. 37: - pareillement
dall~ d"autres passages tirés de l'Ancien Testament dans
les Evangélisles.
283. Toul homme, qui pense d'a~rès une raison saine,
voit que l'Univers n'a point été crée du néant, parce qu'il
voit que du néant il ne peut pas être fait quelque chose;
car rien, ce n'est rien; et du néant faire quelque chose,
cela esl contradictoire, et ce qui est contradictoire est
LA SAGESSE ANGÉLIQUE, SUR LE DIVIN AMOUR 149
contre la lumière du vrai, qui procèdë de la pivine
Sagesse; et tout ce qui ne vient pas de· la Divine
Sagesse ne vienL pas non plus de la Ùivine T.out~­
P .lÏssance. Quiconque pense d'après une raison sain·.e,
voit aussi que toutes choses ont été créées d'une
S\lbstance, qui est la Substance en soi;, car celle· ci est
l'ELre même, d'après lequel toutes les choses qui sont"peù-
vent exister: et comme Dieu seul est la Substance ~n soi.
et par suite l'Être même, il est constant que l'existén~e
des choses ne vient pas d'autre part. Plusieur,s Qnt vu cela,
car la naison le fait voir, mais ils n'ont pas osé le confir-
mer, 'craignant qu'ainsi il ne leur vînt peut-être dans la
pensée que l'Univers créé est Dieu, parce qu'il viendl'a-it
de Dieu, ou qu(;' la nature est par elle-même, et qu'ainsi
l'in lime de la nature est ce qu'on appelle Dieu; de là vlent
que, quoif{ue plusieurs aient vu que l'existence d~ tout~s
choses ne procède pas d'autre part que de Dieu, et de l'E-
tre de Dieu, ils n'ont pas cependant osé aller au-delà de
la première pensée sur ce sujet, pour ne pas engager leur
entendement dans un nœud gordien, comme on dit, d'où
ils ne pourraien t pas ensuite le dégager; ils n'auraient pa-s
pu dégager leur entendement, parce qu'ils pensaient de
Dieu, et de la crt.'ation de l'Univers par Dieu, d'après le
temps et l'espace, qui sont les propres de la nature, et per-
sonne ne peut, d'après la nature, percevoir Dieu ni la
création dé l'unh~ers; mais tout homme, dont l'entende-
ment est dans quelque lumière intérieure, peut percevoir
la nature et la création de la nature d'après Dieu, parce
que Dieu n'est ni dans le temps ni dans l'espace •. Pl'écé.-
demment, on a vu que le Divin n'est point dans. l'espace,
N°s 7 à 10; que le Divin' remplit tous les espaces de l'uni-
vers sans espace, N°S 69 à 72; et que le Divin est dans tout
temps sans temps, Nos 73 à 76. Dans ce qui suit, .on verra
que, quoique Dieu ait créé de Lui-même l'Univers et tout
ce qu'il contient, néanmoins il n'y a pas dans l'Univers créé
la moindre chose qui soit Dieu; outre plusieurs ,autres
propositions qui meUront ce sujet dans toute sa lumière.
284. Dahs la Premiè1'e Partie de cet Ouvrage; il a: été
question de Dieu, à savoir, qu'il est le Divin Arnoul'
et la Divine Sagesse, et qu'il es~ la Vie; p).lis aussi,
qu'il est la Substance et la Forme qui est l'Etre. même
et unique. Dahs la Seconde Pm'lie, il a: été questiOh
150 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

du Soleil spirituel et de son monde, du Soleil naturel


et de son ID onde; et que l'Univers, avec tout ce qu'il
contient, a été créé par Dieu au moyen de l'un et l'autre
Soleil. Dans la Troisième Partie, il a été traité des
degrés dans lesquels sont toutes et chacune des choses
qUl ont été créées, Maintenant, dans cette Quatr'ièrne Par-
tie il va être traité de la Création de l'Univers par Dieu,
S'il est traité de ces divers sujets, c'est parce que les An-
ges se sont lament.és devant le Seigneur, de ce que, lors-
qu'ils portent leurs regards vers le Monde, ils ne voient
que des ténèbres, et ne trouvent chez les hommes au sujet
de Dieu) du Ciel et de la Création de la nature, aucune
chose de la science sur laquelle leur sagesse s'appuie,

Le Seigneur de toute éternité, ou Jéhovah, n'aurail pu


créer l'Unive1's, et toutes les choses de l'univers,
s'il n'eût été Homme,

285, Ceux qui ont de Dieu comme Homme une idée natu-
relle-corporelle, ne peuvent nullement saisir comment
Dieu, comme Homme, a pu créer l'Univel's et toutes les
choses de l'univers; car ils pensent en eux-mêmes: Com-
ment Dieu, comme Homme, peut-il pal'coul'il' l'Univers
d'espace en espace et créer ~ ou: Comment peut-il, du lieu
où il est) dire une parole, et que par une parole dite tou-
tes choses aient été créées? Voila, quand il est dit que
Dieu est Homme, ce qui tombe dans lèS idées chez ceux
qui pensent de Dieu-Homme comme d'un homme de ce
Monde, et qui pensent de Dieu d'après la nature et d'après
les propres de la nature, qui sont le temps et l'espace;
mais ceux qui pensent oe Dieu-Homme, non d'après
l'homme de ce Monde, et non d'après la nature, ni d'après
l'espace et le temps de la nature, perçoivent clairement
que l'Univers n'a pu être créé, à moins que Dieu ne soit
Homme. ~Icts ta pensée dans cette idée Angélique SUl'
Dieu, qu'il est Homme, et éloigne autant que tu le peux
l'idée de l'e.5pace,.et par la pensée tu approcheras de la
vérité, Quelques Erudits, aussi, perçoivent que les esprits
et les anges ne sont pas dans l'espace, parce qu'ils perçoi-
vent le spirituel sans espace; car c'est comme la pensée.
quoiqu'elle soitdansl'homme, néanmoins l'homme peut par
SUR LE DIVIN AMOUR 151
elle être comme présent ailleurs, n'importe dans quellieu,
même le plus éloigné. Tel est l'état des esprits et des an-
ges, qui sont hommes, même quant il leurs corps; ils
apparaissent dans le lieu où est leur pensée, parce que les
espaces et les distances dans le Monde spirituel sont des
apparences. et font un avec la pensée provenant de leur
alï'eclion. D'après cela on peut voir qu'il ne faut pas d'après
l'espace penser à Dieu, qui apparaît comme Soleil loin au-
dessus du Monde spirituel, et en qui il ne peut être aucune
apparence d'espace; et qu'alors il peut être saisi qu'il a
cl'eé l'Univers, non de rien mais de Lui-même; puis aussi
. que son Corps Humain ne peu~ être imaginé grand ou
petit, ou d'une stature quelconque, car cela aussi est de
l'espace; qu'ainsi il est le même dans les premiers et dans
les derniers, dans les très-grands et dans les très-petits;
et qu'en outre l'Humain est l'intime dans tout objet créé,
mais sans espace. Que le Divin soit le même dans les très-
grands et dans les très-petits, on le voit ci-dessus, N°s 77
à 82; et que le Divin remplisse tous les espaces sans es-
pace, on le voit, N°> 69 à 72; et puisque le Divin n'est pas
dans l'espace, il n'est pas non plus continu, comme est
l'intime de la nature.
286. Que Dieu n'aurait pas pu créer l'Univers, et toutes
les choses de l'univers, s'il n'eût été Homme, c'est ce qu'un
homme intelligent peut très-clal.rement saisir, parce qu'en
lui-même il ne peut pas nier qu'il n'y ait en Dieu l'Amour
et la Sagesse, qu'il n'y ait la Miséricorde et la Clémence,
et qu'il n'y ait le Bien même et le Vrai même, puisque
tout cela pl'ocède de Dieu; et comme il ne le peut nier, il
ne peut nier non plus que Dieu ne soit Homme; car aucune
de ces choses ne peut exister séparée de l'homme, puis-
que l'homme est leur sujet; et les séparer de leur sujet,
c'est dire qu'elles ne sont point. Pense il la Sagesse, et
place-la hors de l'homme, est-ce quelque chose? Peux-tu
la concevoir comme une sorte d'éther ou comme une sorte
de flamme ~ Tu ne le peux, à moins que peut-être tu ne la
places dans cet éther ou dans cette tlamme. et si tu l'y
places, ce sera la Sagesse dans une forme, telle qu'elle est
pour l'homme; elle sera dans toute la forme de l'homme,
il n'y peut manquer une seule chose, pour que la Sagesse
y soit; en un mot, la forme de la Sagesse est l'homme; et
puisque l'homme est la forme de la Sagesse, il est aussi
152 . LA SAGESSE ANGÉLIQUE

la forme de l'amoUl', de la miséricorde, de la clémence,


du bien et du vrai, pal'ce que ces choses font un avec la
Sagesse. Que l'Amour et la Sagesse ne puissent exister
que, dans une forme, on le voiL ci-dessus, NoS 40 à 113.
287. Que l'amour et la sagesse soient homme, on peul
aussi le voir d'après les Anges du Ciel, qui, autant ils sont
par le Seigneur dans l'amour et par suite dans la sagesse,
autant en beauté ils sont hommes. On peut voir la même
chose en ce que dans la Parole il est dit d'Adam, qu'il a
été créé selon la ressemblance et à l'image de Dieu; -
Gen. I. 26, - parce qu'il a été créé selon la forme de l'a-
mour et de la sagesse. Tout homme d'une terre naît selon
la forme humaine quant au corps; et cela, parce que son
esprit, qui est aussi appelé âme, est homme; et cet esprit
est homme, parce qu'il est susceptible de reeevoir du Sei-
gneur l'amour et la sagesse, et autant l'esprit ou l'âme
a'un homme reçoit, autant il devient homme après la
mort du corps matériel, qui l'entourait; et autant il ne
re<:oit pas, autant il devient un monstre, qui tient quelque
chose de l'homme il cause de la faculté de receyoir.
288. De ce que Dieu est Homme, tout le Ciel angélique
dans le complexe représente un seuillomme ; et ce ciel a
été distingue en Régions et en Pl'ovinces selon les Mem-
bres, les Viscères et les Organes de l'homme; en effet, il
y a des Sociétés du Ciel qui constituent les Provinces de
toutes les parties du Cerveau, et de tous les Ol'ganes de
la face, et aussi de tous les Viscères du corps; et ces Pro-
vinces entre elles sont distinguées absolument comme ces
parties chez l'homme; les Anges sa vent même dans quelle
Province de l'Homme ils sont. Le Ciel entierestdanscette
effigie, parce que Dieu est Homme; et Dieu est le Ciel,
parce que les Anges, qui constituent le Ciel, sont les réci-
pients de l'amour et de la sagesse procédant du Seigneur,
et que les récipients sont des images. Que le Ciel soit dans
la forme de toutes les parties de l'homme, c'est ce qui a
été montré dans les ARCANES CÉLESTES à la fin de plusieurs
Chapitl'es.
289. D'après ces explications, on peut voir le vide des
idées chez ceux qui pensent de Dieu autrement que d'un
'Homme, et des Attl'ibuts Divins autl'ement qu'~n ce qu'ils
sont dans Dieu comme Homme, parce que séparés de
l'Homme ils sont de purs êtres de raison. Que Dieu soit
SUR Le tHVIN AMOUR. 1~3

l'Homme Méma, d'après lequel tout homme est homme


selon la réception de l'amour et de la sagesse, on le voit
ci-dessus, N°· 11. 12,13: la même chose est confirmée ici
en vue de ce qui suit, afin qu'on perçoive la création de
l'Univers par Dieu parce qu'il est Homme.

Le Seigneur de toute éternité, ou Jéhovah, a produit de Lui-


Méme l&_SQl.fiilj,u.Monde spirituel. et d'après ce Soleil il
·a créé l'Unive1's et toutes re8choses de l'univers.

. 290. Dans la Seconde Partie de cet Ouvrage, il a été traité


du Soleil du Monde Spil'Huel, et il y a été montré ce qui
suit: Que le Divin Amour et la Divine Sagesse apparais-
sent dans le Monde spiI'ituel comme Soleil, ~". 8;3 à 88;
que de ce Soleil procèdent la chaleur spiriluelle et la lu-
mière spirituelle, N°· 89 à 92; que ce Soleil n'est point
Dieu, mais qu'il est le Procédant du Divin Amour et de la
Divine Sagesse de Dieu-Homme; et qu'il en est de même
de la Chaleur et de la Lumière procédant de ce Soleil, WB
93 à 98 ; que le Soleil du Monde spirituel est à une moyenne
hauteur, et apparaît distant des Anges, comme le Soleil
du Monde naturel apparaît distant des hommes, N°l 103 à
107; que dans le Monde spirituel l'Orient est où apparait
le Seigneur comme Soleil, et que de là dépendent les
autres plages, N'" 119 à '123, 124 à 128; que les AIlges
tournent continuellement leur face vers le Seigneur comme
Soleil, N°S 129 à 134, 135 il 139; que le Seigneur a créé
l'Univers et toutes les choses de l'univers au moven de ce
Soleil, qui est le premier procédant du Divin Amour et de
la Divine Sagesse, NoS 151 à 156 ; que le Soleil du Monde
naturel est pur feu, et qu'ainsi la nature qui tire son ori-
gine de ce Soleil est morte; et que le Soleil du Monde
naturel a été créé, pOUl' que l'œuvre rie la création pût
être achevée et finie, N°S '157 à 162; que sans deux Soleils,
l'un vivant et l'autl'e mort, il n'y a point de Création, Nos
163 à 166.
291. Parmi les choses qui ont été montrées dans la
Seconde Partie, il y a aussi celle-ci, que ce Soleil n'est
point le Seigneur, mais qu'il esl le Procédant du Divin
Amour et de la Divine Sagesse du Seigneur. llestditPro-
cédant, parce que ce Soleil a été p'I'oduit du Divin Amour
154 LA SAGESSE ANG~LlQUE

et de la Divine Sagesse, qui en eux-mêmes sont la subs-


tance et la forme, et que le Divin procède par là. Mais
comme la Haison humaine est telle, qu'elle ne donne
pas son acquie::icAment, à moins qu'elle ne voie la
chose d'après la cause, ainsi à moins qu'elle ne perçoive
aussi comment, ici comment a été produit le Soleil du
Monde spirituel, qui n'est point le Seigneur, mais qui pro-
cède du Seigneur, il faut par conséquent en dire aussi
quelque chose: Je me suis beaucoup entretenu sur ce
:mjet avec les Anges; ils m'ont dit qu'ils perçoivent cela
clairement dans leur lumière spirituelle, mais qu'ils ne
peuvent pas le présenter facilement devant l'homme dans
sa lumière naturelle, parce qu'il y a une telle différence
entre l'une et l'autre lumière et par conséquent entre les
pensées; ils m'ont dit cependant que cela est semblable
a la sphère des affections et des pensées, qui entoure cha-
que ange, par laq:uelle sa présence est manifestée à ceux
qui sont près et a ceux qui sont loin; et que cette sphère
ambiante n'est point l'Ange lui-même, mais qu'elle pro-
vient de toutes et de chacune des choses de son corps, d'où
des substances émanent continuellement comme un fleuve,
et celles qui émanent se pressent autour de lui; et que ces
substances contiguës à son corps, continuellement mises
en action par les deux sources du mouvement de sa vie,
le cœur et le poumon, excitent les atmosphères dans leurs
activités, et par là manifestent une perception comme de
sa présence çhez les autres; et qu'ainsi il n'y a pas une
autre sphère des affections et des pensées,( quoiqu'on la
nomme ainsi,' qui sorte et soit continuée, p2rce que les
affections sont de purs états des formes du mental en lui.
Ils m'ont en outre dit qu'il y a une telle sphère autour de
chaque Ange, parce qu'il y en a une autour du Seigneur,
et que celte sphère autour du Seigneur vient pareillement
de Lui, et que c'est elle qui est leur Soleil, ou le Soleil du
Monde spirituel.
292. Il m'a très-souvent été donné de percevoir qu'il ya
une teUe sphère autour de l'ange et de l'esprit, et aussi
une sphère commune autour de plusieurs dans une société,
et en outre il m'a été donné de la voir sous diverses appa-
rences, parfois dans le ciel sous l'apparence d'une flamme
légère, dans l'enfer sous l'apparence d'un feu é~ais; et
parfois dans le ciel sous l'apparence d'une nuée legère et
SUR LB DIVIN AMOUR 155
blanche, et dans l'enfer sous l'apparence d'un nuage épais
et noir; et il m'a été aussi donné de percevoir ces spheres
sous diverses apparences d'odeurs ou agréables ou infec-
tes: par là j'ai été confirmé que chacun dans le ciel, et
chacun dans l'enfer, est entouré d'une sphère consistant
en substances dégagées et séparées de son corps.
293. J'ai aussi perçu qu'une sphère émane, non-seule-
ment des anges et des esprits, mais aussi de toutes et de
chacune des choses qui apparaissent dans ce Monde-là,
comme des arbres et de leurs fruits, des arbustes et de
leurs fleurs, des plantes et des herbes, et même des ter-
res et de toutes leurs parties; par là j'ai vu clairement
que, tant dans ce qui est vivant que dans ce qui est mort
il y a cet Universel, que chaque objet est environné de
quelque chose de semblable à ce qui est intérieurement
en lui, et que cela émane continuellement de lui. Qu'il en
soit de même dans le Monde naturel, cela est connu par
l'expérience d'un grand nombre d'érudits; par exemple,
que des flots d'effluves émanent sans cesse de l'homme,
et de tout animal, et aussi de r arbre, du fruit, de l'arbuste,
de la fleur, et même du métal et de la pierre: le Monde
naturel tient cela du Monde spirituel, etle Monde spirituel
le tient du Divin.
294. Comme les choses, qui constituent le Soleil du
Monde spirituel, procèdent du Seigneur, et ne sont pas le
) Seigneur, elles ne sont pas par conséquent la vie en soi,
mais elles sont pl'ivées de la vie en soi, de même que les
choses qui émanent de l'ange et de l'homme, et font les
sphères autour d'eux, ne sont ni l'ange ni l'homme, mais
en proviennent, privées de la vIe qui est en eux; elles ne
font pas un avec l'ange ou l'homme, autrement qu'en ce
qu'elles concordent, parce qu'elles ont été tirées des for-
mes de leur corps, lesquelles étaient en eux les formes de
leur vie, C'est là un arcane, que les anges, au moyen de
leurs idées spirituelles, peuvent voir par la pensée et
même exprimer par le langage, mais les hommes ne le
peuvent pas au moyen de leurs idées naturelles, parce que
mille idées spiri tue Iles font une seule idée na turelle, et
qu'une idée naturelle ne peut être résolue par l'homme en
une idée spirituelle, ni à plus forte raison en un si grand
nombre: cela vient de ceque les idées diffèrent selon les de-
. grés de hauteur, dont il a eté traité dans la TroisièmePartie.
156 li SAGE~SÈ ANGÉLIQUE

295. Qu'il y ait une telle différence entre les pensées des
anges et celles des hommes, c'est ce dont j'ai eu connais-
sance par cette expérience: Il a ét6 dit à des anges de
penser spirituellement sur quelque sujet, et de me dire
ensuite ce qu'ils avaient pensé; quand cela fut fait, et
qu'ils voulurenl me le dire, ils ne le purent, avouant qu'ils
ne po'uvaient l'énoncer: il en était de même de leur lan·
gage spirituel, et de même de leur écriture spirituelle; il
n'y avait aucun mot du langage spirituel qui fût sembla·
ble à un mot du langaO'e naturel, ni rien de l'écriture spi-
rituelle qui fût sembîable à l'écriture naturelle, excepté
les lettres, dont chacune contenait un sens entier. Mais, ce
qui est étonnant, ils me dirent qu'il leur semblait penser,
parlér et écrire dans l'état spirituel J'une semblable ma-
nière que l'homme dans l'état naturel, tandis que cepen-
dant il n'y a rien de semblable: par là je vis clairement
que le naturel et le spirituel diffèrent selon les degrés de
hauteur, et qu'ils ne communiquent entre eux que par les
correspondances.

Dans le Seigneur il y a trois choses qui sont le Seignett1";


le Divin de l'Amour, le Divin de la Sagesse, et le Divin de
l'Usage, et ces trois se présentent en appa1'ence hors du
Soleil du Monde spù'ituel; le Divin de l'Amour pm' la
ChaleU1', le Divin de la Sagesse par la Lttmière, et le Di-
vin de l'Jl!age pm'l'Atmosphère, qui est le contenant.

296, Que du Suleil du Monde spirituel pl'ocèdent une


Chaleur et une Lumière, et que la Cbaleur pl'ocède du Di-
vin Amour du Seigneur, et la Lumière de sa Divine Sa-
gesse, on le voit ci-dessus, Nos89 à 92,99 à 102,146 à 150.
Ici, maintenant, il sera dit que la Troisième chose, qui
procède de ce Soleil, est une Atmosphère, qui est le con-
tenant de la chaleur et de la lumière, et que cette atmos-
phère procède du Divin du Seigneur, Divin qui est appelé
Usage.
291. Quiconque pense avec quelque illustration peul
voir, que l'amour a pour fin et pour intention l'usage, et
qu'il produit l'usage par la sagesse; car l'amour ne reut
de lui-même produire aucun usage, n.ais il en prodmt au
moyen de la Sagesse; et même, qu'est-ce que l'amour, s'il
SPR LE DIVIN AMOUR 157
( n'y a pas quelque chose qui soit aimé! ce quelque chose
) est l'usage; el puis lue l'usage est ce qui est aimé, et qu'il
est produit par la sagesse, il s'ensuit que l'Usage est le
) contenant de la Sagesse et de l'Amour. Que ces trois chQ-
ses, l'A-mour, la Sagesse et l'Usage se suivent en ordre
selon les degrés de hauteur, et que le dernier de~ré soit
le ~omplexe, le contenant et la base des degrés anterieurs,
c'est ce qui a été montré, N°S 209 à 216, et ailleurs. D'après
cela, on peut voir que ces trois choses, le Divin de l'Amour,
le Divin'de la Sagesse, et le Divin de l'Usage, sont dans
le Seigneur, et qu'en essence elles sont le Seigneur.
298. Que l'homme, considéré quant à ses extérieurs et
quant à ses intérieurs, soit une forme de tous usages, et
que tous usages dans l'Unirers Créé correspondent aux
usages de l'homme, cela sera pleinement démontré dans
la suite: ici, il faut seulement en faire mention, afin qu'on
sache que Dieu comme Homme est la forme même de
tous usages, de laquelle tous les usages dans l'Univers
créé tirent leur origine; et qu'ainsi l'Univers créé, consi-
déré quant aux usages, est l'image de Dieu-Homme. Sont
appelées Usages les choses qui, procédant de Dieu-Hom-
me, c'est-à-dire, du Seigneur, sont par création dans l'or-
dre; mais ne sont point appelées usages celles qui sont
du propre de l'homme, car ce propre est l'enfer, et ces
choses sont contre l'ordre.
299. Maintenant, puisque Ges trois, à savoir, l'Amour~
la Sag~~se etl'JJs~g~, sont dans le Seigneur et sont TeSei-
gneur, et que le Seigneur est partout, car il est tout-pré-
sent; et puisque le Seigneur ne peut se montrer présent
tel qu'il est en Lui-Même, ni tel qu'il est dans son Soleil,
à aucun ange ni à aucun homme, c'est pour cela qu'il se
maniteste par des choses qui peuvent être reçues, et qu'il
se manifeste quant à l'Arnoul' par la Chaleur, quant à la
Sa~esse par la Lumière, et quant à l'Usage par l'Atmos-
phere. Si le Seigneur quant à l'Usage se manifeste par
l'Atmosphère, c'est parce que l'AtmoRphère est le conte-
nant de la chaleur et de la lumière, de même que l'usage
est le contenant de l'amour et de la sagesse; car la lu-
mière et la chaleur, qui procèdent du Divin Soleil, ne peu-
vent pas procéder dans le néant, ni par conséquent dans
le vide, mais elles procèdent dans un contenant qui est le
sujet; et ce ~ontenant, nous l'appelons Atmosphère; cette
1~8 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

Atmosphère entoure le Soleil, le reçoit dans son sein,


et le transporte vers le ciel où sont les Anges, et de là
vers le Monde où sont les hommes, el ainsi manifeste
partout la présence du Seigneur.
300. Que dans le Monde spirituel il y ait des Atmosphè.
res comme dans le Monde naturel, cela a été montre ci-
dessus, N°S 173 à 178, 179 à 183; et il a été dit que les At-
mosphères du monde spirituel sont spirituelles, et que les
Atmosphères du Monde naturel sont naturelles : mainte-
nant, d'après l'origine de l'Atmosphère spirituelle qui en-
toure de plus près le Soleil spirituel, on peut voir que
chacune de ses parties est, dans son essence, telle qu'est
le Soleil dans la sienne. Que cela soit ainsi, les Anges par
leurs idées spirituelles, qui sont sans l'espace, le déclarent
par ceci, qu'il y a une substance unique, de laquelle vien-
nent toutes choses, et que le Soleil du Monde spiri tuel est
celte substance; et que, comme le Divin n'est point dans.
l'espace, et est le même dans les très-grands et dans les
très-petits, il en est de même de ce Soleil, qui est le pre-
mier procédant de Dieu-Homme; et, outre cela, que cette
unique substance, qui est le Soleil, procédant selon les
degrés continus ou de largeur, et en même temps selon
les degrés discrets ou de hauteur, au moyen des Atmos-
phères, présente les variétés de toutes choses dans l'Uni-
vers créé. Les anges m'ont dit que ceci ne peut nullement
( être saisi, à moins que les espaces ne soient écartés des
, idées, et que s'ils ne sont point écartés, il est impossible
que les apparences n'induisent pas dans des illusions;
) cependant on l1e peut pas y être induit, quand on pense
que Dieu est l'Eli·e méme dont procèdent toutes choses.
301. D'après les irlées Angéliques, qui sont sans l'espa-
(ce, il est en outre bien évident que, dans l'Univers créé,
, rien ne vit que le seul Dieu-Homme, c'est-à-dire, le Sei-
) gneur ; que rien n'a de mouvement que pal' la vie venant
de Lui; et que rien n'existe que pal' le Soleil procédant de
Lui; qu'ainsi c'est une vérité, que dans Dieu nous vivons,
nous nous mouvons et nous sommes.
SUR LB DIVIN AMOUR 159
Les Atmosphères, qui sont trois dans l'un et l'aut1'e Monde,
le Spirituel et le Naturel, se terminent dans leurs
dernie1's en substances et en matières, telles
qu'elles sont dans les ter1'es,
302, Que dans l'un et l'autre ~Ionde, le Spirituel et le
Naturel, il y ait trois Atmosphères. qui ont été distinguées
entre elles selon les degrés de hauteur, et qui déc!'oissent
selon les degrés de largeur en avançan t vers les inférieurs,
cela a été montré dans la Troisième Partie, N°S 173 à 176:
et, puisque les atmosphères décroissent en avançant vers
les inférieurs, il s'ensuit qu'elles deviennent continuelle-
ment plus denses et plus inertes. et enfin tellement denses
et inertes dans les derniers, qu'elles ne sont plus des at-
mosphères, mais sont des substances de repos, et, dans le
Monde naturel. des substances fixes, telles qu'elles sont
dans les terres, et sont appelpes matières, De celle origine
des substances et des matières il résulte :Q O)Que ces subs-
tances et ces matières sont aussi des trois degrés ;(~
qu'elles S0n t contenues dans un lien entre elles par les
atmosphères ambiantes ;('dÔ\qu'elles ont été accommodées
pour produire tous les usages dans leurs formes.
303, Que les substance~ ou matières, telles qu'elles sont
dans les terres, aient été produites par le Soleil au moyen
de ses Atmosphères, cela n'est-il pas affirmé par quicon-
que pense qu'il y a de perpétuelles médiations depuis le
Premier jusqu'aux Derniers, et que rien ne pe",lt exister
que par un antérieur à soi. et enfin par un Premier~ et ce
Premier estle Soleil du Monde spirituel, et le Premier de ce
Soleil est Dip-u-Homme ou le Seigneur. Maintenant, comme
les Atmosphères sont ces antérieurs, par lesquels ce Soleil
se présente dans les derniers, et comme ces antérieurs
décroissent continuellement en activité et en expansion
jusqu'aux derniers, il s'ensuit que, quand leur activité
et leur expansion cessent dans les derniers, ils devien-
nent des substances et des matières, telles qu'elles sont
dans les terres; ces substances et ces matières retien-
nent en elles, d'après les atmosphères auxquelles elles
doivent leur origine, un effort et une tendance il pro-
duire des usages. Ceux qui n'établissent pas la création
de l'Univers, et de toutes les choses de l'univers, par de
continuelles médiations à partir du Premier, ne peuvent
160 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

que bâtir des hypothèses sans cohérence et sans lien avec


leurs causes, lesquelles hypothèses, lorsqu'elles sont exa-
minées par un Mental qui considère les choses intérieure-
ment, apparaissent non comme un~ maison, mais comme
un amas de dé\:ombres.
304. De cette origine universelle de loutes choses dans
l'Univers créé, chacune tienl paroillement d'avancer de-
puis son premier jusqu'aux derniers, qui sont respective-
ment dans un état de repos, afb de se lerminer el de sub-
sister : ainsi vont, dans le Corps humain, les fibres depuis
leurs premières formes jusqu'a ce qu'elles doviennent dos
tendons; puis les fibres avec les petits vaisseaux depuis
leurs premiers jusqu'à ce qu'elles deviennent dos carlila-
ges et des os; sur eux elles se reposent eL subsistent.
Comme il y a, dans l'homme, une telle progression des
fibres et des vaisseaux depuis les premiers jusqu'aux der-
niers, il y a par conséquent une semblable progression de
leurs étaLs; leurs étals sont les sensalions, les pensées et
les affections; celles-ci aussi vont depuis leurs premiers,
où elles sont dans la lumirre, jusqu'aux derniers oü elles
sont dans l'ombre; ou, depuis leurs premiers, où elles
sont dans la chaleur, jusqu'aux derniers où elles ne sont
point dans la chaleur: et comme telle esLleur progression
toIle est aussi la progrE'ssion de l'amour eL de toules choses
de l'amour, puis aussi de la sagesse et de touLes choses
de la sagesse; en un mot, telle est la progression de tou-
tes choses dans l'univers créé: il ya iden tité entre ceci et
ce qui est démontré ci-dessus, ~". 222 à 229, savoir, que
les degrés de l'un et de l'autre genre sont dans les très-
gl'ands et dans les très-petits de toutes choses qui ont été
créées. Si les degrés de l'un et de l'autre genre sonL aussi.
dans les très-petits ùe Loutes choses, c'est parce que le So-
leil spirituel est l'unique substance d'où proviennent tou-
tes choses, selon les idées spirituelles des Anges N° 300.

Dans. les sttbstances et dans les matières, dont p1'oviennent


les te1'res, il n'y a rien dn Divin en soi, mais néan-
moins elles procèdent dn Divin en soi.

3D5. p'après l'origine des terres, dont il est traité dans


l'Art~cle précédent, on peut voil' que dans leurs substances
SUR LE DIVIN AMOUR 161
et dans leurs matières il n'y a rien du Divin en soi, mais
qu'elles ont été privées de tout Divin en soi; car elles
sont, comme il a été dit, les fins et les terminaisons des
Almosphères, dont la chaleur s'est terminée en froid, la
lumière en obscurité, et l'actiyité en inertie; mais néan-
moins par continuation elles ont emporté de la substance
du Soleil spirituel ce qui y venait du Divin, qui, ainsi
qu'il a été dit ci-dessus, N'os 291 à 298, était la sphère en-
tourant Dieu-Homme ou le Seigneur, de laquelle sphère
par continuation depuis le Soleil, au moyen des Atmos-
phères, sont issues les substances et les matières dont les
terres sont formées.
306. L'origine des terres d'après le Soleil Spirituel, au
moyen des Atmosphères, ne peut pas être décrite autre-
ment par des mols qui découlent des idées natul'elles,
mais elle peut rétre autl'ement par des mots qui
découlent des idées spirituelles, parce que ces idées
sont sans l'espace; et comme elles sont sans l'espace,
elles ne tombflfit dans aucun des mots de la langue natu-
l'elle. Que les pensées, les langages et les écritures
spirituels diffèrent tellement des pensées, des langages
et dos écritures natUl'els, qu'ils n'ont rien de commun
entl'e eux, et qu'ils no communiquent que par les corres-
pondances, on le voit ci-dessus, N° :295 : il suffit donc que
l'origine des terres soit, en quelque manière, perçue na-
turellement.

T01tS les usages, q1ti sont les fins de la c1'ütfion, sont dans
les formes; et c'est des substances et des matières,
telles qu'elles sont dans les terres, qu'ils
,'eçoivent les formes.

307. l'ouLes les choses donL il a été parlé jusqu'à présent,


pat' exemple, celles concernant le Soleil, les Atmosphères
et les Tenes, sonL seulement des moyens pOUl' les fins;
les fins de la création sont les choses qui sont produites
des terres par le Seigneur comme Soleil au moyen des
Atmosphèl'cs, et ces fins sont nommées lJsages; et C'.l
son t dans leur extension toutes les choses du Règne vé-
gétal, et toutes celles du Règne animal, et enfin le Genre
Humain, et d'après lui le Ciel Angélique. Ces choses sont
11
162 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

nommées Usages, parce qu'elles sont les récipients du


Divin Amour etde la Divine Sagesse, et aussi parce qu'elles
se tournent vers Dieu Créateur a quo (de qui tout procède),
et par là Le con.ioignent à son grand Ouvrage, et pal' la
conjonction font que par Lui elles subsistent de même que
par Lui elles ont existé: il est dit qu'elles se tournent vers
Dieu Créateur a quo, et Le conjoignent à son grand Ouvra-
ge, mais cela a été dit d'après l'apparence; toutefois, Il
est entendu que Dieu Créateur fait qu'elles se tournent et
se conjoignent comme d'elles-mêmes; mais comment elles
se tournent et par là se conjoignent, cela sera dit dans la
suite. 11 en a été pI'écédemment dit quelque cho~e en di-
vers endroits, par exemple, il a été di t que le Divin ArnoUl'
et la Di\'Ïne Sagesse ne peuvent qu'ëtl'\' et exister dans d'au-
Ires, créés par eux, N°S 47 à 51: que toutes les choses dans
l'Univers créé sont de~ récipients du Diyin Amour et ùe
la Divine Sagesse, N°' 5:.1 il 60; que les Usages de toutes
les choses qui ont été cI'éées montent par les degrés jus-
qu'à l'homme, et par l'homme jusqu'à Dieu Cl'éateur a quo
(de qui tout procede) W' 65 à G8.
308. Que les fins de la Création soient les usages, est-il
un homme qui ne le voie iJas clairement, lorsqu'il pense
que par Dieu Créateur il ne peut existel', ni par conséquent
être créé, autre chose que l'usage; et qu'afin que cela
soit un usage, il doiL.êlre pour d'autl'es; et que l'usage
pour soi est même pour d'auLl'es, cal' l'usage pour soi,
c'est d'être en état d'êtl'e utile à d'autres? celui qui pense
cela, peut aussi pensel' que l'usage, qui est usage, ne peut
pas exister par l'homme, mais qu'il existe chez l'homme
par Celui pal' lequel tout ce qui existe est usage, ainsi pal'
le Seigneur.
309. Mais comme il s'agi Lici des formes des usages, il en
sera parlé dans cet orùre (i)Dans les terres il y a un effort
pour produire les usages uans des formes, ou les formes
des usages.@ Dans touLes les formes ÙI:'S usages il y a
quelque image de la création de l'univers ,Qi!! Dans toutes
les formes des usages il y a quelque image de l'homme.
, (TV! Dans toutes lc) formes des usages il y a quelque image
de l'Infini et de l".l!.tcrnel.
310,(DDans les te1'1'es il y a un e(fm·t pour produire les
usages(Jans des {ormes. ou les (ormes des usages. Que dans
les terres il y aiL cet effort, on 1<:> voit d'apI'ès leur ol'igine,
SUR LE DIVIN AMOUR 163
en ce que les substances et les matières, dont proviennent
les tenes, sont les fins et les lerminaisons des atmosphè-
res, qui procèdent du Soleil spirituel comme usages, votr
ci-dessus, N°s 31)~, 3u6 ; et puisque les substances et les
matières, dont proviennent les tenes, ont ceLLe origine,
et que leurs assemblages sont contenus en un lien par la
pression des atmosphères, il s'ensuiL que de là leU!' vient
un efl'ort perprtuel pour produire des formes des usages:
celle qualité de pouvoir produire, elles la tiennent de leur
originp, savoir, de ce qu'elles sont les llpl'niers des atmos-
phères, avec lesquelles pal' conséquent elles concordent.
Il est dit que cet efl'ol't et celle qualiLé sont dans les terres,
mais il est entendu qu'ils sont dans ces substances et dans
ces matières dont proviennent les terres, soiL qu'elles
soient dans les terres, soiL qu'exhalées dps terres elles
soient dans les atmosphères; que les atmosphères soient
remplies de ces substances et de ces matières, cela est
notoire. Qu'il y ait un tel effort et une telle qualité dans
les substances et dans les matières des terres, on le voit
clairement en ce que les semences de tout gel1l'e, ouvertes
au moyen de la chaleur jusqu'à leur intime, sont impré-
gnées de substances très-subtiles, qui ne peuvent èt!'e que
d'une origine spirituelle, et par là en puissance de se con-
joindl'e à l'usage.d'oü 1'<'sulLe lem pl'olifique, et alors par
la conjonction avec les matières d'origine naturelle, pro-
duire des forllles des usages, les faire sOl'lil' ensui te comme
d'un utérus, afin qu'elles viennent aussi à la lumière, et
ainsi poussent et croissent. Cet effort est ensuite continuel
d'après les terres pm'la racine jusqu'aux derniers, et des
derniers aux premiers, dans lesquels l'usage lui-même est
dans son origine: c'est ainsi que les usages passent dans
les formes; et les formes tiennent de l'usage, qui est
comme l'âme, que, dans la progression des premiers aux
derniers et des derniers aux premiers, toutes et chacune
de lems parties soient dl' quelque usage: il est dit que
l'usage est eomme l'âme, parce que la forme de l'usage
est comme le corps. Qu'il y ait un effort encore plus inté-
rieur, qui est l'effort pOlU' produire des usages par des
germinations pour Ir Hègnc animal, ("est aussi ce qui s'en-
suit, car les animaux de Lout gel1l'!l s'en nourrissent. Qu'il
y ait aussi en elle" un effort inLimp, qui est l'effort pour
l'emplir un usage pour le genre Humain, c'e~t encore cc
164 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

qui s'ensuit: tout cela résulte, 1° De ce qu'elles sont dos


derniers, et que dans les derniers sont ensemble dans
leur ordre tous les antérieurs, selon ce qui ~ plusieurs
fois été montré ci-dessus. 2° De ce ~ue les degrés de l'un
et de l'autre genre sont dans les tres-grands et dans les
très-petits de toutes choses, comme il a été montré ci-des-
sus, Nos222 à 229, pareillement dans cet effort. 3°De ce que
tous les usages sont produits par le Seigneur d'après les
derniers; c'est pourquoi dans les derniers doit être un
effort pour les usages.
311. Mais néanmoins tous ces efforts ne sont point vifs,
car ce son t les efforts des forces dernières de la vie, forces
dans lesquelles, d'après la yie dont elles proviennent, 11
y a enfin pal' les moyens offert:; une tendance à revenir à
leur origine: les atmosp)lères dans les derniers devien-
nent de telles forces, par lesquelles les substances et les
matières, telles qu'elles sont dans les terres. sont mises
en action dans des formes, et sont contenues dans les for-
mes tant par dedans que par dehors. Ce n'ost pas le mo-
menL de démontrer ce sujet par de plus grands dévelop-
pements; parce qu'il est d'une vaste étendue ..
312. La première production sortie de ces terres, quand
elles étaient encore récentes et dans leur simplicité, a étr
la production des semences; le promier effort en elles n'a
pas pu être autre.
313.{fi) Dans toutes les {onnes des usages il y a quelque
image 7.lé la c1'éation. Los Formes des usages sont do trOls
genres: Les Formes des usages du Bègne min(lral; Jt's
Formes des usages du !lègne vé..:élal. ot les Formes de~
usages du Règne animal. Les Formes des usages du H.ègne
minéral ne peuvent êtl'e décrites, parce qu'elles ne se mon-
trent pas à la vue; les premières formes sont les substan-
ces et les matières, dont proviennent les terres, dans leurs
très-petits; les secondes formes en sonL des assemblages,
qui sont d'une variété infinie; les troisièmes formes pro-
viennent de végétaux tombés en poussière eL d'animaux
morts, de leurs évaporations el de leurs exhalaisons con
tinuelles, qui se joignent aux terres, el en font l'humus.
Ces formes des trois degrés du Hègne minéral représen-
tent en image la création, en ce gue, mises en action par
le Soleil au moyen des atmospheres, et au moyen de la
chaleur et de la lumière des atmosphères, elles produisent
SUR LE DIVIN AMOUR 165
dans des formes les usages, qui ont été les fins de la cré-
ation: celle image de la création repose cachée dans leurs
efforts, dont il vient d'être parlé, No 310.
314. Dans les formes des usages du Règne végétal, l'i-
mage de la création se montre en ce qu'elles procèdent de
leurs premiers vers leurs derniers et de leurs derniers
vers leurs premiel's; leurs premiers sont les semences, el
leurs derniers sont les tiges recouvertes d'écorce; el pal'
l'écorce, qui est le dernier des tiges, elles tendent aux
semences, qui, comme il a été dit, sont leurs premiers.
Les liges recouvertes d'écorces ressemblent au Globe re-
couvert des terres d'après lesquelles existent la création
et la formation de tous les usages, Que les végéta tions se
fassent pal' les écorces, par les philyres et pat' les tuni-
ques, en faisant effort par les enveloppes des racines, con-
tinuées aulour des tiges et des branches, pOUt' les com-
mencements des fruits, et pareillement pal' les fruits pour
les sellwnces, cela est connu de beaucoup de personnes.
L'image de la création dans les formes des usages se
manifeste dans la progression de leut· formation des pre-
miers vers les del'Ilicl'S, et des derniers vel'S les premiers,
puis en ce que dans touto progression il y a la fin de pro-
duire les fruils et les semences, qui sont les usages. D'a-
près ce qui précède, il est évident que la progression de
la création dr l'univers a été de son Premier, qui est le
Seignem l'ntouré du Soleil, vers les derniel's, qui sont les
terres, pt ùe cpIles-ci pal' les usages vel'S le Premier ou le
SeigneUi ; et quo los fills de toute la création ont été les
usa cres.
3r5. Il faut qu'on sache quo la chaleur, la lumière et les
atmosphères du Monde naturel, ne font absolument rien
PQur celte image de la création, mais c'est seulement la
chaleur, la lumière et les atmosphères du Soleil du Monde
spirituel, celles-ci porteut avec elles celle image, eL elles
l'inlr'oduiscnt dans les formes des usages du Regne végé-
tal. La chaleur, la lumièro ct les atmosphl'l'eS du Monde
naturel ouvrent seulement les semences, tiennent les pro-
ductions de ces semences dans l'expansion, et y inLrodui-
sen Lles matières qui les fixen t ; non toutefois par les for-
ces pt'ovenant de leur Soleil, lesquelles, considérées en
elles-mêmes, sont nulles, mais par les forces procédant
du Soleil spirituel, pal' lesquelles elles sont perpétuelle-
166 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

ment poussées vers ellos; mais elles ne contribuent nul-


lement il leur donner l'image de la création: en effet,
l'image de la Cl'tlation est spir'iLuelle, mais pour qu'elle
apparaisse et fasse l'usage dans le Monde nanu'el, et pour
qu'elle soit fixe et durable, elle doit ~li'e jointe à la ma-
tière (materiata), c'est-à-dire garnie de matières de ce
M,mde.
:316. Dans les formes des usages du Règne animal il y a
une semblable image de la création, par exemple, en co
que de la semence, déposée dans l'utérus ou dans l"oeuf,
est formé If' COI'pS, qui en est le demier, et que celui-ci,
quand il a acquis sa Cl'oissance, produit de nouvelles se-
mences, Cette progression esl semblable il la progression
des formes des usages du ltègne végétal; les semences
sont les commencements (inchoamènta), l'utérus oul"œuf
est comme la terre, l'état avant l'enfantement est comme
l'état de la semence dans la tCl're quand elle prend racine,
l'état apl'ès l'enfantement jusqu'à la prolification est com-
me la germination de l'arbl'e jusqu'à son état de fructi-
fication,D'après ce parallélisme il est évident que, comme
il y a une ressemblance do la créa lion dans les formes des
végétaux, il y en a aus~i une dans les formes dos ani-
maux, c'est à savoir, qu'il y a une progression des pre-
miers vers les derniOl's, et des ùemiers vers les premiel's,
Une semblable image de la Cl'éation existe dans chacune
ùes choses qui sont dans l'hollll1le, car il ya une sembla-
ble progression de l'amour pal' la sagesse vers le.; usages,
pal' conséquent une semblable progl'ession de la volonté
pal' l'entendement vers les actes, et une semblable pro-
gression de la charilé parla foi "ers les œu vres; la volonté
et l'entendement, et aussi la charité et la foi, sont les pre-
miers ex quibus, les actes elles œuvres son lies derniers;
de ceux-ci par les plaisirs des usag-es se fait le retour VCl'S
leurs pl'cmiers, qui, ainsi qu'il a èté dit, sont la volonté
et l'entendement, ou la charitf.'> et la foi; que le retour se
fasse pal' les plnisirs des usages, on le voit manifestement
par les plaisirs per~us des actes el des oeunes, qui appar-
tiennent à chaque amour, en ce qu'ils refluent vers le pre-
mier de l'amoul' a quo (dont ils procèdent,) et que par là
il Y a conjonction; les plaisirs des actes el des œUVl'OS
. sont les plaisirs qui sont appelés Usages, Une semblable
progression (les premiers vers les demiers, et des del'~
SUR LE DIVIN AMOUR 167
niers, vers les premiers, existe dans les formes le plus
purement organiques des affections et des pensées chez
l'homme; dans ses cerveaux ces formes sont comme étoi-
lées, elles son La p pel ées substances cendrées; de ces subs-
tances sortent des fibres par la substance médullaire à
travers le cou dans le corps, lesquelles y vont jusqu'aux
derniers, et des derniers retournent vers lems premiers;
le retour des tibl'es vers leurs premiers se fait par les
vaisseaux sanguins, Il y a une semblable progression de
toutes les affections et de toutes les pensées, qui sont les
changements et les variations de l'état de ces formes et
de ces substances; car les fibres, sortant de ces formes
ou de ces substances, sont par comparaison comme les
atmosphères pl'océdanl du Soleil spil'Huel, qui sont les
contenants de la chah"luI' et de la lumière; et les actes
procédant. du corps sont comme les choses qui sont pro-
d uiles des terres pal' les atmosphères, et dont les plaisirs
des usages retournent vers leur origine, ~Iais qu'il y ail
une semblable pl'ogression de ces choses, et que dans
relle progl'ession il y ait une image de la création, c'est
ce qui ne peut pas être facilemen t saisi pal' un plein en-
tendement, el cela, parce que des milliers et des myria-
des de fOl'ces, qui opèl'ent dans l'acte, apparaissent comme
un, et yarce que les plaisirs des usages ne présentent pas
des idees dans la pensée, mais seulement affectent sans
une distincte pel'ception. Voù' SUI' ce sujet ce qui a été dit
et montré précédemment, pal' exemple, que les usages de
toutes les choses qui ont été créées montent pal' les degrés
de hauteur jusqu'à l'homme, et par l'homme jusqu'à Dieu
Créateur, a qîta (de qui tout procède), Nus 65 à 68; et que
dans les derniers existe la fin de la création, qui est, que
.toutes choses retournent au Créateur, et qu'il y :tit con-
jonction. Nos 167 à 172. ~Iais ceci se présentera dans un
jour encore plus clair dans la partie suivante, où il sera
traité de la correspondance de la volonlé et de l'entende-
ment avec le cœur et le pOUIllon,
317,(~, Dans toutes le~ {or'mes des usages il y a quelque
image '(le l'homme. Cela a été mon tré ci-dessus, N°s 61 à 64.
Que tous les usages depuis les premiers jusqu'aux der-
niers, et depuis les derniers jusqu'aux premiers, aient un
rapport avec loutes les choses de l'homme, et une corres-
pondance avec elles, et que par suite l'homme soit en une
16S LA :"lAGESSE ANGtLIQUE

certaine image un univers, et que réciproquement l'uni-


vers considéré quant aux usages soiL en image un homme,
on le ...~ra dans l'Article suivant.
318. IV~ Dans toutes le,s {ormes des usages il y a quelque
image e l'Infini et de ['Ete1'nel. L'Image de l'Infini dans ces
formes se manifeste clairement par l'effort et la puissance
de remplir les espaces de toutle globe, et aussi de plusieurs
globes, à l'infini; car d'une seule S8mence est produit un
arbre, un arbrisseau, ou une plante, qui remplit son espace;
de chaque arbre, de chaque arbrisseau, ou cie chaque
plante sont produites des semences, de quelques-uns jus-
qu'à des milliers, qui, semées et poussant, remplissent
leurs espaces; et si de chacune de leurs semences il sor-
tait autant de nouveUes productions se reproduisant de
nouveau et de nouveau, après un certain nombre d'années
le globe entier en serait rempli, et si les productions
étaient encore continuées, un grand nombre de globes en
seI'aient remplis, et cela à l'infini; compte d'une seule
semence des milliers cie semences, et multiplie les mil-
liers par des milliers, et ainsi de suite dix fois, vingt fois.
cent fois, et tu verras. Lïmage de l'Eternel e:;t pareille-
ment aussi dans ces formes; les semellces se propagent
d'année en année, et les propagations ne cessent jamais;
elles n'ont pas cessé depuis la création du Monde jusqu'à
présent. et elles ne cesseront point durant l'éternité. Ces
deux choses sont des indices éminents et des signes cel'-
tains que tout dans l'univers a été créé pal' un Dieu
Infini et Eternel. Outre ces images de l'Infini et de l'Etre-
nel, il y a encore une image de l'Infini et cie l'Eternel dans
les variétés, en ce qu'il n'est jamais possible que dans
l'univers créé 11 y ait une substance, un état ou un objet,
qui soit le même qu'un autre, ou identique avec un autre;
ni dans les atmosphères, ni dans les terres, ni dans les
formes qui en tirenlleur origine, ni pal' conséqu ent par-
mi tous les objets qui remplissent l'univers, il ne peut pas
être pl'oduit durant l'éternité une chose qui soit la même
qu'une autre: on le voit bien clairement dans la variété
des faces de tous l0s hommes, en ce qu'il n'yen a pas une
sur tout le globe, et que durant l'éternité il ne peut pas r
en avoil' une, qui soit la même qu'une autre, ni par conse-
quent un mental (animus), dont la face est le type, qui
soit le même qu'un autre.
SUR LE DIVIN AMOUR 169

Toutes les choses de l'univers créé, considérées d'après


les usages, représentent en image l'homme; et cela
atteste que Dieu est homme,

319. L'homme a été appelé Micl'ocosme pal' los Anciens,


parce qu'il représente le Macrocosme, qui est l'Univers
dans tout le complexe: mais aujourd'hui l'on ne sail pas
pourquoi l'homme a été ainsi appelé pal' les Anciens; car
tout ce qui se manifeste de l'Univel's ou du Macrocosme
en lui, c'est seulement que du Règne animal el du Règne
végétal de l'univers il se nourrit et vit quant au corps,
que d'après sa chaleur il est tenu en état de vivre, que pal'
sa lumière il voit, el que pal' ses atmosphères il entend et
respire; mais cela ne fait pas que l'homme soit un micro-
cosme, de même que l'univers avec tout ce qui le consti-
tue est le Macrocosme. Si les Anciens ont appelé l'Homme
~Iicrocosme ou petit Univers. ils ont puisé cela dans la
science des correspondanees dans laquelle avaient été les
Très-An\)iens, et dans la communication avec les anges
du Ciel; car, d'après les objets visibles qui les entourent,
les Anges du Ciel savent que toutes les choses de l'uni-
vers, considérées quant aux usages, représentent en image
l'homme,
320. Mais que l'homme soit un Microcosme ou petit Uni-
vers, pm' cela que l'univers créé, considéré quant aux usa-
ges, est en ima,~c l' Homme, ("est ce qui ne peut "enit' dans
la pensée, ni par suite dans la science de qui que ce soit
d'après l'idée de l'Univers considél'é dans le Monde spiri-
tuel ; cela ne peut donc ètre confirmé que pal' l'Ange qui
elOt dans le Monde spirituel, ou pal' quelqu'un à qui il ait
été donné d'être dans ce ~Ionde, et de voir les choses qui
y sont; comme cela m'a été donné, je peux révéler cet
arcane d'après ce que j'y ai vu.
321. Il faut qu'on sache que le Monde spirituel dans l'ap-
parence externe est absolument semblable au Monde na-
turel j il Y apparmt des tenes, Lies montagnes, des colli-
nes, des vallees, des plaines, des campagnes, des lacs,
des fleuves, des fontaines, comme dans le Monde natu-
rel; ainsi, toules les choses qui sont du Règne minéral:
il y apparait aussi des paradis, des jardins, des bocagE's,
170 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

de~ forÊ'ts, dans lesquels il y Il des arbres el des arbris-


seaux de toul genre avec fruits et semences, et aussi des
plantes, des fleurs, des herbes et des gazons; ainsi, tou-
tes les choses qui sont du Hrgne yégélal: il y appa1'aiL
des animaux, des volatiles el des poissons de tout genre ;
ainsi, toutes les choses qui sonl du Hègne all:mal: l'homme
y est Ange et Esprit. Ceci estllit par a\"ance, afin qn'on
sache que l'univers du Monde spirituel est absolument
semblahle il l'univers du )Ionde naturel, avec 11 seule
ditl'érence que les choses qui sont la ne sont ni fixes ni
stationnaires comme celles qui sont dans le Monde natu-
rel, parce que la rien n'est lIaturel, mais tout est spiri-
tuel.
3:22. Que l'univers (tu Monde spirituel représente en
image l'homme, on peut le voir clairement en ce que tou-
tes les choses dont il vient d'être parlé, N° 321, apparais-
sen L au vif et existent autour de l'ange et autour des so-
ciétés angéliques, comme produites ou créées par eux;
elles l'estent autour d'eux, ct ne s'en éloignent point:
"qu'elles ~oient comme produites ou créées pal' eux. on le
voit en co que, quand l'Ange se l'l'Lire, ou quand la société
passe ailleur~, elles n'appm'aissent plus; puis, en ce que,
quand d'autres Anges viennent il. leur place. la face de
toutes choses autoUl' d'eux est changée; les jardins para-
disiaques sont changés quant aux a1'hrrs rt aux fruits;
les parterres, quant aux roses et aux semences; les ~lai­
nes, quant aux herbes ct au gramen; et aussi les especes
d'animaux et de volatiles sont changées. Si de telles cho-
ses existent et sont ainsi changées, c'est parce que toutes
ces choses existent selon les atïecLions des anges et selon
leurs pensées proyenant des affections, cal' ce sont des
correspondances; et comme les choses qui correspondent
font un avec ce à quoi elles correspondent, c'est pour cela
qu'elles en ~ont une image représentative. L'image elle-
même n'apparait pas quand toutes ces choses sont consi-
dél'ées dans leurs formes, mais elle apparaît quand elles
sont cOllsidérées dans les usages. Il m'a été donné de voir
que les Anges, quand lems yeux étaient Oll\'erts par le
Seigneur, et qu'ils \"oyaient ces choses d'après la COITes-
pondance des usages, se reconnaissaient et se voyaient
eux-mêmes en elles.
323. Maintrnant, puisque les choses qui exi:.;tentautoul'
SUR LE DIVIN AMOUR 171
des anges selon leUl's nffeclions ct leurs pensées, repré-
sentent une sorte d'univers, en ce qu'elles sont des tenes,
des végétaux et des animaux, et puis qu'elles font une
image reprb;entative de l'Ange, on voit clairement pour-
quoi les Ancitms ont appell' l'homme microcosme.
3:24. Qu'i! en soit ainsi, cela a été confirmé en beaucoup
d'endroits dans les ARCA~ES CELESTES et aussi dans le Trai té
DU CIEL ET DE ,:ENFER, et même <:a et là daus ce qui pl'écède,
quand il a été question des correspondances: il y a aussi
été montré qu'il n'y a rien dans l'Univers créé, qui n'ail
une cOI'I'espondance avec quelque chose de l'homme, non-
seulement avec ses atl'eclÏons et pal' suite avec ses pensées,
mais aussi a,'ec les organes et les viscères de son corps, non
avec eux cOllnne substances, mais avec eux comme usages.
De là vient que,dans la Parole,lorsqu'il s'agiLde l'Eglise elde
l'homme de l'Eglise, il est si souvent faitmellLÏon d'al'bl'es,
~els qu'oliviers, ceps et cèdrrs. et. ùe jal'clins, de bocages et
de forêts, comme aussi d'animaux de la tm're, d'oiseaux du
ciel et de poissons de la mer; il Y est fait men tion de ces
choses, pal'ce (lU' elles correspondent, et qu'clles font un
pal' correspondance, ainsi qu'il a été dit; c'est même pOUl'
cela que, quand ces choses sont lues dans la Parole par
l'homme, les Anges ne les perroivent point, rp.ais à la place
ils perçoivent l'J!iglise, ou les hommes de l'Eglise quant à
leurs états,
325. Comme toutes les choses de l'univers représentent
en image l'hommr, Adam, est décrit quant à la sagesse' et
à l'intelligence par le Jardin d'E:ien, où étaient des al'bl'es
de toute espèce, et aussi des tleuves, la pierre pl'pcieusc
6tl'OI', puis des animaux, auxquels il donna des noms; pal'
toutes ces choses sont eutendues celles qui étaie,ut chez
lui, et faisaient ce qui est nOlllmé l'homme, Dans Ezéchiel
XXXI. 3 à 9, des choses presque semblables sont dites
d'AschUl', pal' qui est signifiée l'Eglise quant à l'inLelligen-
ce ; et de Tyr, par qui est signifiée l'Eglise quant aux
connaissances du bien ct du vrai, - Ezéchiel, XXVIII. 12,
13,
326. D'après ces explications, on peut voir que toutes
les choses de l'Univers, considér('C's d'après les usages,
représentent en image l'homme, et que cela attesLe que
Dieu est Homme; car ces choses, dont il vient d'êtrr fait
172 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

mention, existent autour de l'homme-ange, non d'après


l'Ange, mais d'après le Seigneul' par l'Ange; en effet,
elles existent d'après tLntlux du Divin Amour et deJa Di-
vine :-.agesse du Seigne!!raans rAl'igT, qui est récipient,
eL devant ses yeux il est produit comme une création de
l'Univers; par là les Anges connaissent que Dieu est
Homme, et que l'Univers créé, considéré quant aux usages,
est l'image de Dieu.

Toutes les choses qui ont été créées par' le Seignew' sont des
usages; et elles sont des usages dans l'ordr'e, dans le
deY7'é et dans le l'appor't, oit elles se r'éfiwent à
l'homme, et par l'ho,,~me ail SeiynHU1' a quo.

327, Il a éLé dit ci-dessus sur ce sujeL, que pal' Dieu-


Créateur il ne peut exister autre chose quo l'usage, Nu ;=l08 ;
que les usages de toutes les choses qui ont été créées mon-
tent pal' degrés depuis les derniers jusqu'à l'homme, et
par l'homme jusqu'à Dieu I::l'éateul'a quo (de qui tout pro-
cède), ~O. 65 à 68 ; que dans les derniers existe la fin de
la création, qui est, que touLes choses l'eLournent à Dieu
Créateur, et qu'il y ait conjonction, N°< '167 à 172; que les
choses sont des usages, en tant qu'elles se tournent vers
le Créateur, N° 307 ; que le> Divin ne Pl·nt qu'êLre et pxister
dans (\'nnt1'0-; Cl eé" 1 al Lui, 5 'IÎ LI :.il; que toutes les
choses de ITnivPI S :,ont c]0S réci! iCI 1s selù) les usage's,
el cela selon les (eg"n ..... N° ;)8; Ci Il' l'univ(') s, considéré
d'après les usa r(,~. lst l'image de Dieu, ~o dJ: outl'e plu-
sieUl's autres c 10::.es; de Iii '( ·mlte évidemment cette vé-
rité que toutes les choses, qui ont été créées pal' le Sei-
gneur, sont des' usages, et qu'eUes sont dps usages dans
l'ordre. dans le degré el dans le rapport, où elles se rcfè
rent à l'homme, et par l'homme au:::leigneur a quo. Il reste
à dirp ici quelque chose en particulier sur les usages.
328. Pal' l'homme auquel les usages se réfèrent, il est
entendu non-seulement un homme, mais aussi une réu-
nion d'hommes, ulle société petite, et une société grande,
comme une république, un royaume, un empire, et aussi
la société la plus grande qui est tout le monde, car celui-
ci et ceux-là sont un homme: il en est de 1l.Ùme dans les
Cieux; tout le Ciel angélique devant le Seigneur est com-
SUR LE DIVIN AMOUR 173
me un seul Homme, pareillement chaque Société du Ciel,
de là vient que chaque Ange Asi homme; qu'il en soit
ainsi,ot! le voit dans le Tl'aité DU CIEL J,T DE L'ENFER, Nos
68 à 103, D'après cela, on voit clairement ce qui est en-
tendu dans ce qui suit par l'homme.
329. Par la fin de la Création de l'Univers on peut voir
ce que c'est que les usages: La fin de la cl'éation de l'u-
nivers, c'est que le Ciel An~élique existe; et comme le
Ciel Angélique est la fin, l'Homme ou le Genre Humain
l'est aussi, puisque de lui est composé le Cirl ; il suit de
là que toutes les choses qui ont été créées sont des fins
moyennes, et que ces fins sont des usages dans l'ordre,
dans le degré et Jans le rapport, où elles se refèrent à
l'homme, et pal' rIlOmme au Seignpur.
330. Puisque la fin de la création est le Ciel Angélique
provenant du Genre Humain, ainsi le Genre Humain, les
fins moyennes sont par conséquent toutes les autres choses
qui ont été crt>ées; lesquellps, parce qu'elles se l'efèl'ent à
l'homme, regardent ces 'l'l'ois choses de l'homme, son
Corps, son Itationnel el son Spil'ituel, pOlU'la con,jonctlOn
avec le Seigneur: en effet, l'homme ne peut être conjoint
au Seigneur,s'il n'est spirituel; et il ne peut être spirituel,
s'il n'est rationnel; et il ne peut être l'aLiOllllel, si le corps
n'est pas dans un état de san Lé; ces choses sont comme
une ~Iaison, 1(> Corps est COlUIlle le fonùement, le !talion-
nel est comme Il lllai,on COIISll'l ile de<;~ms, le spiriLuel
e~L c 11I111le II'" ('110 PS q\li sont uans la 1 ai:"ùn, el la cou-
jonel iu 1 ayeL lt ;,ei !teUI' e comme 'habitation. 0 1 VOl t
pdr h (' 1 qu(>! ordl' ,quel J(\ '1'(' Ht fJlIC'l J appol'lle:" u:,a c:"
qui sunt le" 11.1" ma: HueS d' la Cd'aLion, se l'éJ'0l'C'llt iL
l"homme, savoir, pOUl' soutenir son COl'PS, pOUl' perfec-
tionner son rationnc·!. et pour l't'cevoir du Seigneur le
Spiritupl.
331. Les u:,ages pOUT soutenir le C01'pS se l'éfi)rcn t à sa
Nourriture, son Vêlement, son llaiJiLation, son Délasse-
ment et son Amusement. s! Défl'llSe, rI la Conservation
do l'élal. Les usages, créé" pour la :-ioul'riture du corps,
sont toutes les choses du Hègne végétal, qui concernent
le manger el 10 boire, romme fl'uits, raisins, semences,
légumes ct herbes; et toutes celles du ltègne animal, qui
sont mangées, comme bœufs, vaches, veaux, cerfs, brebis,
chevreaux, chèvres, agneaux, et le lait qui en provient;
174 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

puis aussi cles oiseaux et des poissons d'un grand nombre


d'espèces. Les usages créés pour le vêtement du corps
sont aussi plusieurs choses tirées de ces deux Règnes:
pareillement les usages pour l'IIabitation. et aussi pour
le Délassement, l'Amusement, la Défense et la Conserva-
tion de rêtat ; ces choses ne seront point énumérées, parce
qu'elles sont connues, et parcf> que leur recensement seul
remplirait ùes pages. Il y a, il est vrai, beaucoup de cho-
ses qui ne sont point utiles il. l'homme; toutefois les cho-
ses superflues n'enlèvent point l'usage, mais font que les
usages persistent. Il y a aussi l'abus des usages, mais
l'abus n'enlève point l'usage, de même que la falsification
du vrai n'enlève point If> \Tai, si ce n'est seulement chez
ceux qui font la falsification.
332, Les usages pOU?' pe1'(ectionne1'le Rationnel sont tou-
tes les choses qui enseignent ce donl il yient d'être parlé,
et qui sont nommées !>cienres el éludes, lesquellps se
réfèrent aux choses Naturelles, Economiques, Civiles et
Morales, qui sonl puisées soit chcz les parents elles maî-
tees, soit dans les livres, soit dans le commerce avec les
autres, soit en soi-même par des rét1exions, Ces choses
perfectionnent le Bationnel, en tant qu'elles sonL des usa-
ges dans un degrl' supérieur, ('t elles rc&Lenlen tant qu'elles
SO:lt appliquées à la vie, Enumérer ces usages seI'ait inu-
tile, tant à cause de lelU' grand Hombre, qu'à cause de
leu!' rapport varié avec le bien commun.
333. Les usage,~ pour 1'ecevoù' dtt Seignetll' le spirituel
sont toutes les choses qui appartiennent à la Religion, et
par suite au Culte, ainsi celles qui ens0ignent la recon-
naissance et la connaissane0 de Dieu, la connaissance et
la reconnaissance du bien et du vrai, et ainsi la vie éter-
nelle; ces cLoses. ùe même que les instructions, sont pui-
sées chez les parents, chez les maîtres, dans les prédica-
tions et dans les livres, et rrincipalemen t par l'attache-
ment à y conformer sa viE'; dans le Monde Chrétien, par
les Doctr'ines et les prédications d'après la Parole, et p1lI'
la Parole d'après le Seig-neur. Ces usages, dans leur ex-
tension, peuvent èLre décrits [Jal' les rnênH's choses par les-
quelles les usages du corps l'ont été; ainsi, pal' la nour-
riture, le vêlement, l'habita Lion. le ùélassollloni et l'amu-
sement, la défense et 12 con se l'\' a lion de l'élal, pourvu
qu'elles soient appliquées à l'àme, la nourritUl'e aux biens
SUR LE DIVIN AMOUR 17~

de l'amour, le vêtpmeut aux vrais de la sagesse, l'habita-


tion au ciel, 1" délassement et l'amusement {I la félicité
de la vie et à la joie céleste, la défense aux maux qui intes-
tent, pt la conservation de l'état à la vie éternelle. Toutes
ces choses sont données par le Spignem, selon qlle l'on
reconnaît que toutes cplles qui appartiennont au corps
sont données aussi pal' le Seigneur, et que l'homme est
seulement comme un serviLeur et un minislre économe
établi SUI' les biens de son Maitre,
331-. Que ces choses aient été données à l'homme pour
qu'il on eût l'usufruit, ct que ce soient des dons graLuits,
on le voit clairementd'apl'ès l'élal dps Anges dans les Cieux;
les Anges ont un Corps, un Ha tionnel cl un SpiI'ituol, comme
les hommos de la tel're; ils sontnourrisgraluitement, car
chaque jour il leur e::;t (tonné de la nourriture; ils sont
vêtus gratuitoment, cal' il leur est donné des vêtements;
ils sont logés gratuitement, cal' il leur est donné des mai-
sons; et ils n' onL aucun souci pOUl' touLes ces choses, et
auLant ils sont rationnels-spirituels. aulant il y a pour oux
amusement, défense cl conservation do l'éLal. La différence
est quo les angf's ,"oient que ces choses viennont du Sei-
gneU!" paI'ce qu'elles sonl créé'es selon l'c'tat de leur
amour eL de leU!' sagessp, comme il a éLé> monLré dans
l'Articlo précédenL, N" 32:1, eL que les hommes ne le voipnt
pas, parce qu'cllps reviellnent rhaque ann<'e. et existent
non pas solon l'état de leu!' amour et de leur sagesse, mais
selon leurs soins.
335. Quoiqu'il soil dit qu'elles sont des usages. parc!'
que par l'homme ('110S se réfèrent au Seig-n0ur, néanmoins
on no peut pas dire que les usages vielluent de l'homme
pour le Soigneur, mais ils viennent du Seignour pOlU'
l'homme, parce que tous le::; usages sont infiniment un
dans le Seigneur, et il n'yen a aucun dans l'homme si
ce n'est d'après le Seigneur; raI' l'homme 110 peut faire
le bien d'après lui-même, mais il 1(' fait d'apr'ès le Sei-
gneur; le bien est ce qui est app<'lé usagc'. L'essence de
l'amour spirituel est de faire du bien aux autres, non
pour soi mais pour OUX; infiniment plus l'Essence du
Divin Amour. Cela ost semblable à l'amour des parents
envers les enfants, en ce quo d'après l'amoul' ils leur font
du bien, non poUl' eux-mèmes mais pou!' leurs enfants;
cela se manifeste clairement dans l'amour d'une mêre en-
176 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

vers ses enfants. On croit que le Seigneur, parce qu'on


doit l'adorer, lui rendre un culLe et le glorifier, aime ra·
doralion, le culLe et la gloire pour Lui-Même; mais il les
aime pour l'homme, pal'ce que l'homme par là vient dans
un élat, olt le Divin peul intluel' el être perçu, car par là
l'homme éloigne le propre qui empêche l'influx et la ré-
ception ; en effet, le propre, qui est l'amour de soi, en-
durcit le cœur el le ferme; cela est éloigné par la recon-
naissance que par soi-même il n'esl rien fait que du mal,
el que par le Seigneur il est rien fait que du bien; de là
l'attendrissement du cœur et l'humilia lion, d'où découlent
l'adoration el le culte. Il s'ensuit que les usages que le
Seigneur remplit pour Lui-Même par l'homme, c'est afin
~ue l'homme par amouI' puisse faire bien, el COlllme c'esl
la l'amour du Seigneur, la réception est le plaisir de son
amour. Qu'on ne croie donc pas que le Seigneur soit citez
ceux qui L'adorent seulement,mais que l'on croie qu'il est
chez ceux qui font ses commandements, par conséquenl
des usages; il fait sa demeure chez ceux-ci, mais non
chez ceux-là. l'air aussi ce qui a été dit SUl' ce sujet, ci-
dessus, N°s 4i, /18, 49.

Les mauvais usages n'unt point été Cl'ées pal' le Seigneur,


Mais ils sont nés avec l'enfer.

336. Tous les bipns qui existent en acte sont nommés


Usages, et lous les maux qui existent en acte f:;onl aussi
nommés t.:sag-es, mais ceux-ci sonl nommés mauvais usa-
ges, et ceux-la bons usages. Maintenant, puisque tous les
lliens viennent du Seigneur, et que tous les maux vien-
nent de l'enfer, il s'ensuit qu'il n'y a que les bons usages
qui aient été créés par le Seignf'ur, et que les mauvais
usages sont nés de l'enfer. Par les usages, dont il s'agit
spécialement dans cet Article, sont entendues toutes les
choses qui apparaissent sur terre, comme les animaux de
tout genre et les végétaux de tout gel1l'e; les animaux et
les végétaux qui remplissent un usage pour l'homme
viennent du Spigneul', et ceux qui causcnt du dommage
à l'homme viennent de l'Enfel'. Pareillement pal' les usa-
ges qui viennent du Seigneur sont cntendues toutes les
choses qui perfectionnent le Hationnel de l'homme, et qui
,-
SUR LE DIVIN AMOUR 177
1
font que l'homme reçoit du Seigneur le Spirituel; mais
par les mauvais usages sont entendues toutes celles qui
détruisent le Hationnel, et font que l'homme ne peut de-
venir Spirituel. Si les choses qui causent du dommage à
l'homme sont appelées usages, c'est parce qu'elles sont
utiles aux méchants pour mal faire, et qu'elles contribuent
même à absorber les malignités, pal' conséquent aussi
comme remèdes: il est dit usage dans l'un et l'autre sens,
de même qu'il est dit amour, comme amour bon et amour
mauvais; et l'amour nomme usage tout ce qui est fail par
lui.
337. Que les bons Usages viennent du Seigneur, et que
les mauvais usages vipnnelll de l'Enfor, cela sera démoll-
tré dans cet ol'dre (pCe qui est entendu par les mauvais
usages SUI' la terl'e.\!!.') Toutes les choses qui son t des usa-
ges mauvais sont dans l'Enfer, el toutes celles (lui sonldes
usages bons sont dans le Ciel.@! Il y a un Influx continuel
du lVlonde spirituel dans le Monde lIaturel.@ L'Influx de
l'En fAr opère les choses qui sont des usage~ mauvais dans
les lieux où sont les choses qui correspondent à ces usa-
ges.® Le dernier SpiriLuel sépal'é de son supérieur opère
cela.(yL Il y a deux formes dans lesquelles se fait ropéra-
tion pâr intlux, la fOl'me végétale et la forme animale.Nlll
L'une et l'autre forme re~oit la faculté de propager son es-
pèce, et. les moyens de propagalion.
33S.(D Ce qui est entendu par les mauvais usages sm'la
ter7·e. Par les mauvais usages SUl' la terre sont entendues
toutes les choses nuisibles dans l'un et dans l'autre Hègne,
l'Animal elle Végétal, et aussi les choses nuisibles dans
le Règne minéral. Inutile de fail'e l'énuméralion de tou-
tes les choses nuisibles duns ces ltègnes, car ce serait en-
tasser des noms, eL entasser des noms, sans indiquer le
dommage que chaque espèce produit, ne remplir;:lÏt pas
l'usage que cet Ouvrage a pour but. Il suffit, pour la science,
d'en nommel' ici quelques-unes. Tels sont dans le Hègne
animal, les Serpen ts vénimeux, les Scorpions, les CI'OCO-
diles, les Dragons, les Hiboux. les Chouelles, les Hals, les
Sauterelles, les Grenouilles, les Araignées; et aussi les
Moucl1es, les Bourdons, les ~lites, les Poux, les Cirons, en
un mot, les insectes qui consument les herbes,les feuilles,
les fruits, les semences, les alimen ts et les boissons, el
nuisent aux bêtes ct aux hommes. Dans le Règne végétal,
12
LA SAGES;;E ANG~qQUE

ce sont toutes les Herbes mauvaises, virulentes et em u

poisonnées ; elles Légumes et Arbrisseaux qui ont ces


mauvaises quali tés. Dans le Hègne minéral, ce sonl loules
les Terres vénéneuses. D'après ce peu d'explication on
peut voir ce qui est entendu par les mauvais usages sur la
terre: en effet, les mauvais usages sont toutes les choses
qui sont opposées auxbons usages,dont il a été parlé dans
l'Articl.e..,précédent.
339.QV Toutes les choses qui sont des usages mauvais sont
dans l'Enfer, et toutes celles qui sont des usages bons sont
dans le Ciel. Avant qu'on puisse voir que tous les mauvais
usages qui existent sur la terre viennent, non du Sei-
gneur, mais de l'Enfer, il faut dire d'abord quelque chose
du Ciel et de l'Enfer' ; sans ceLte connaissance préalable,
on pourrait attribuer au Seigneur les mauvais usages
comme les bons, el croire qu'ils sont ensemble de cré-
ation, ou les attribuer à la nature, et croire que leur ori-
gine vient de son Soleil; l'homme ne pbut pas être dé-
tourné de ces deux erreurs. s'il ne sait pas que dans le
Monde nalurel il n'existe rien qui n'ait sa cause dans le
Monde spirituel, et par suite ne tire son origine de ce
Monde, et que du Seigneur vient le bien, et du diahlp,
c'esl-à·dire, de l'enfer, le mal. Par le MOllde spirituel il
est entendu et le Ciel et l'Enfer. Dans le Ciel apparaissent
toutes les choses qui sonlles bons usages, dont il a été
parlé dans l'Article précédent; et dans l'Enfer apparais-
sent toutes les choses qui sont les mauvai::i usages, dont
il vient d'être question, N° 338, où il en a été fail une énu-
mération; ce sont les bètes féroces de tout genre, comme
serpents, scorpions, dl'agons, crocodiles, Ligl'es, loups,
renards, pourceaux, hiboux, chouettes. chats-huants, f'l1au-
ves-souris, rats petits et grands, grenouilles, sauterelles,
araignées, et insectes nuisibles de plusieurs genres: il y
apparaît aussi des poisons et des ciguës de tou t gelll'e, et
des aconits tant dans les herhes que dans les terres; en
un mot, toutes les choses qui causent du dommage et
tuent les hommes: ces choses apparaissent dans les en-
fers d'une manièl'e aussi frappan te (ad vivwn), qu'elles se
présen tent sur les terres et dans les tel'res. Il est di t
qu'elles y apparaissent, mais néanmoins elles n'y sont
point comme elles sont dans les tenes, car ce sont de pu-
res correspondances des cupidités qui jaillissent des mau-
SUR .1.. ~ .DIVIN AMOVR • 1'W
, .-
vais amours des. infernaux, et qui se pl'ésentent dans de
telles formes devant les aulres, Comme il y à de telles
choses dans les enfers, c'est pour cela même qu'ils sont
remplis d'odeurs infectes, paI' exemple, d'odeurs de cada-
vre, de fumier, d'urine, de pourl'iture, dont les esprits
diaboliques se délectent, comme font les animaux dans
lesquels est un virus, D'après ces explications, on peut
voir que les choses semblables dans le Monde naturel
n'ont point tiré leur origine du Seigneur, qu'elles n'ont
point eté créées dès le commcnceni.ent, et qu'elles ne tien-
nent point leur originp de la nature par son soleil, mais
qu'elles viennent de l'Enfel': qu'elles ne viennent point
. de la nature par son soleil, on le voit bien clairement en
ce que le spirituel intlue dans le naturel, et non vice ve1'SÛ:
et qu'elles ne viennent point du Seigneur, on le voit bien
clairement en ce que de Lui ne vient point l'Enfer, ni par
conséquenlrien de ce qui, dans l'enfer, correspond aux
maux dps infernaux,
340.cfïD Il Y a un w/luxcontilluel du Monde spi1'ituel dans
( le J/on'lTê naturel, Celui qui ne sait pas qu'il y a un Monde
) spirituel, et que ce ~lonrle et le ~londe naturel sont clis-
tincts comme l'antérieur et le postérieur, ou comme la
cause et ce que la cause produit, ne peut rien sa voir de
) cet influx: c'csl pOUl' cela que ceux qui ont écrit SUI' l'ori-
gin8 des végétaux et des animaux, n'ont pu faire autre-
ment que de la déduire de la nature; el s'ils l'ont déduite
de Dieu, c'est en disant que Dieu dès le commencement a
mis dans la nature la force de produire de telles choses:
( ainsi, ils ne savenl pas qu'il n'a été mis aucune forçe dans
\ la na tUl'e ; cal' eu elle-même la nature est morte. et ne
conlribue pas plus à pl'oduire ces choses, que dans le tra:
vail de l'ouvrier l'instrument qui, pour qu'il agisse, doit
J êtl'e continuellement mis en mouvement: le spil'ituel qui
tire son origine du Soleil où est le Seigneur, éTSétend
jusqu'aux derniers de la nature, esJ._ce qui pr_od.!clitJ~s

l fQJ.In.es des végétaux et des animaux, et qui maniÏeste les


meryeilles existant dans les uns pt dans les autres, et
l'emplit ces fOl'mes de matières prises de la Lerre, pour
qu'elles soi('nL 11xes et cOllslantes, Maintenant, puisqu'il
eSl connu qu'il y a un Monde spirituel; q"Je le spirituel
vient du Soleil où est le Seigneur et qui procède du Sei-
gneur; que ce spirituel meut la nature à agir, comme le
180 LA SAGESSE ANGÉLIQUB

vif meut le mort; et qu'il y a dans le Monde spirituel les


mêmes ,choses que dans le Monde naturel, on peut voir
que les végétaux et les animaux n'ont tiré ~eur existence
que du Seigneur par le Monde spirituel, et qu'ils existent
continuellement par ce Monde; el qu'ainsi il y a un influx
continuel du Monde spirituel dans le Monde nature1. Qu'il
en soit ainsi cela sera confirmé par pTuSieurs détails dans
l'Article suivant. Si les choses nuisibles sont produites
sur la terre par l'influx de l'enfer, c'est par la même loi de
pe.rmisRion, par laquelle les maux eux-mêmes influent de
l'enfer chez les hommes; il sera parlé de cette loi dans LA
SAGES~<\NGÉLlQUE SUR LA DIVI:-IE PROVIDENCE.
341QV1 L'influx de r entet' opè1'e les choses qui sont des usa-
ges maûvais dans les lieux où sont les choses qui correspon-
dent à ces usages. Les choses qui corresponden t aux mau-
vais usages, c'est-à-dire, aux herbes mauvaises et aux ani-
maux nuisibles, sont les matières cadavéreuses, pourries.
excl'émentitielles et stercoraires, rances, urineuses; c'est
pourquoi dans les lieux où sont ces matières, là existent
ces herbes et ces animalcules dont il a été fait mention ci-
dessus, et dans les zônes torrides, de semblables animaux
plus grands, comme serpents, basilics, crocodiles, scor-
J?ions, rats, et autres. Chacun sait que les marais, les
etangs, les fumiers, les terres pourries, sont remplis de
semblables choses; que des volatiles nuisibles l'emplis-
sent comme des nuées l'atmosphère; et que des vers des-
tructeurs couvrent comme des armées la terre, et consu-
ment les herbes jusqu'aux racines. Une fois, dans mon
jardin, j'ai remarqué que, dans l'espace d'une aune, pres-
que toute la poussière s'était changée en de très-petits
volatiles, cal' l'ayant remuée avec un bâton, ils s'élevèrent
comme des nuages. Que les matières cadavéreuses et puan-
tes s'accordent avec ces animalcules nuisibles et inutiles,
et leur soient homogènes, c'est ce que la seule expérience
prouve; on peut.le voir clairement d'après la cause, qui
est, que de semblables puanteurs et infections sont dans
les Enfers, où de tels animalcules apparaissent aussi;
c'est pourguoi ces Enfers ont tiré de là leurs noms, et
f sont appeles, les uns cadavéreux, les autres excrémenti-
') tiels, quelques-uns urineux, et ainsi du reste; mais t.ous
ces enfers sont recouverts, afin que ces exhalaisons n'en
Rortent poini ; car lorsqu'ils sont quelque peu ouverts, ce
SUR LE DIVIN AMOUR
'.' .
qui arrive quand il y entre des diables novices, elles exci-
tent des vomissements et donnent des pesanteurs de tête,
et celles qui sont en même temps vénéneuses causent des
évanouissements ; la poussière elle-même y est aussi
telle, c'est pourquoi elle y est appelée poussière damnée:
d'après cela, il est évident que là où sont de telles puan-
teurs, il y a do telles choses nuisibles, parce quelles cor·
respondent.
342. Ces animalcules tirent-ils leur existence d'œufs
transportés là, soit par l'air, ou par des pluies, ou par des
courants d'eaux, O:l bien la tirent-ils des humidités mêmes
et des puanteurs mêmes qui sont là? c'est ce qui va être
maintenant soumis à un examen: Que ces animalcules et
insectes nuisibles, dont il a été fait mention ci·dessus sor-
tent d'œufs apportés là, ou renfermés de tout côté dans la
terre depuis la création, c'est tIne opinion à laquelle toute
expérionce n'est pas favorable, puisqu'il existe des vers
dans les plus petites semences, dans les noyaux, dans les
bois, dans les cailloux, et même d'après des feuilles; puis
sur les herbes et dans les herbes il ya des poux et des tei-
gnes qui s'accordent avec elles; puis d'après les mou-
ches qui, dans les maisons, les campagnes et les fo-
rêts pendant l'été, ne paraissent être sorties, en si
grande quantité d'aucune matière oviforme; pareille-
ment ces animalcules qui rongent les prairies et les lieux
de verdure, et qui en certains endroits chauds remplis-
sent l'air et incommodent, outre ceux qui, dans des
eaux fétides, dans des vins aigris, et dans un air pesti-
lentiel, nagent et volent invisiblement: ces expériences
sont en faveur de ceux qui disent que les odeurs mêmes,
les puanteurs et les exhalaisons qui sortent des herbes,
des terres et des étangs, donnent aussi origine à de tels
insectes. Qu'ensuite, lorsqu'ils ontété produits, ils se pro-
1pagent soit pal' œuf, soit par frai, cela Ile contredit nulle-
ment leurs origines immédiates, puisque tout animal
r~çoit aussi avec ses viscères les organes de la généra-
) tion, et les moyens de propagation; sur ce sujet, voir ci-
dessous, N° 347. A ces observations se joint l'expérience,
non précédemment connue, qu'il y a aussi de semblables
animalcules dans les Enfers.
343. Que les Enfers, ci-dessus nommés, aient non-seu-
leillent communication mais aussi conjonction avec de
LA SAGESSE ANGtLlQUE

telles choses dans les terres, on peut le conclure de re


que lf's Enfers ue sont pas éloignés des hommes, mais
qu'ils sont autour d'eux, et méme dans ceux qui sont mé-
chants, qu'ainsi ils sont contigus aux lerres: en eilet,
l'hoilll_ne, quant à ses atl'ecLions et à ses cupidités, et par
,suiLequant à ses pensées, et d'après les unes et les au-
tres quant à ses actes, qui sont, de bons ou de mam'ais
'usages. est ou au milieu des anges du ciel, ôu au milieu
des esprits de l'enfer; et comme les choses qui sont SUl'
les terres sont aussi dans les cieux et dans les enfers, il
s'ensuit que l'intlux qui vient de là produit immédiate-
ment de telles choses quand la temppralure est favorable;
car toutes les choses qui apparaissent dans le ~Ionde spi-
rituel, tant dans le Ciel que dans l,Enfer, sont des cor-
respondances des affections et drs cupidités, car elles y
existent selon l'es cOl'l'espondances ; lors donc que les
affections et les cupidités, qui en elles-mêmes sont spiri-
tuelles, rencontl'ent des homogènes ou des correspondants
dans les terres, le spirituel qui donne l'âme "t le matéripl
qui c10nne le corps sont prés,mts : il y a aussi dans tout
spirituel un effol't pOUl' se revêtir d'un corps, Que les En-
fers soient autour de l'homme, et pal' suite contigus aux
terres, c'est parce C(ue le Monde spÎI'ÎLuel n'est point dans
l'esface, mllis est ou se tl'oU\'e l'affection eorrespondantc.
3t4. J'ai entendu deux Présidents de la SociéLé Angli-
cane, Sloane et Folkes, dans le ~Ionde spirituel, parler
. en tl'e eux sur l'existence des semences et des œufs, et sur
les productions qui eu résultent dans les terres; le pre-
.1 - mier les attribuai t à la nature, et disait que pm' créai ion
• il avait été mis en elle la puissance et la force de produire
de telles choses au moyen de la chaleur du soleil; le se-
'J - cond disait que ceLLe force vrnaitcontinuellel1lent delJÎ<'u
- Créateur dans la nature: pour que ceLLe conlestaITou fût
vidée, un bel Oiseau fut YU pal' Sloane, et il lui fut dil
d'examiner si cet oiseau différait en la moindre chose d'un
semblable oiseau SUl' la telTe ; il le prit dans sa main, l'e-
xamina et dit quïl n'y avait point de différence; il s8\'ait,
en effet, que cet oiseau n'était autre chose que l'affection
d'un Ange, représentée hors do lui comme oiseau, et qu'il
s'évanuuirait ou cesserait d'être avec l'affection de coL
Ange; ce qui mAille arri\'a. Sloane, d'après cette expé-
rience, fut convaincu que la nalure ne contribue absolu-
..
(

SUR LE DIVIN AMOUR 183


ment en rien aux productions des végétaux et des ani-
maux, mais seulpment ce qui influe du Monde spirituel
dans le }'Ionùe naturel; il disait que si cet oiseau dans ses
plus petites parties était rempli de matières correspon-
dantes tirées de la terre, et ainsi fixé, ce serait un oiseau
durable, comme sont les oiseaux SUl' la terre; et qu'il en
est de même des choses qui viennent de l'Enfer. Il dit en
loutre que s'il eùt connu ce qu'il connaît maintenant au
Monde spirituel, il n'aurait attribué à la nature que ce qui
) doit servir au spirituel, qui vient de Dieu, pour fixer les
chose~ui intluent continuellement dans la nature.
345 ,) Le demie?' spù·itttel sépa?'é de son supérieur opère
cela. ans la Troisième Partie, il a été montré que le Spi-
rituel découle de son Soleil jusqu'aux dernif'rs de la na-
ture pH trois degrés, et que ces degrés sont nommés
Céleste, SplrHüel el ~atu~el; que ces. LrQi& degrés sont
dans l'homme par création, et par suite par naissance, et
J qu'ils sont ouverts selon_sa vie; que si le degré céleste,
qui est le suprême et l'intime, est ouvert, l'homme devient
céleste; que si le de~_spiritl!el, qui est le moyen, est
ouvert, l'bomme devient spirituel; et que si seulement le
- ~gré..JlillJltel. qui est l'infime et l'extrême; est ouvert,
l'homme devient naturel; que s'il devient seulement natu-
rel, il n'aime que les choses qui appartiennent au corps et
au monde; et que, autant il aime ces choses, autant il
n'aime ni les célestes ni les spirituels, ne se tourne pas
1 vel's Dieu, et devient méchant: d'après cette exposition,
il est évident que le dernier spirituel, qui est appelé spi·
rituel-naturel, peut être séparé de ses supérieurs, et qu'il
en est séparé chez les hommes dont l'enfer est composé:
le dernier spirituel ne peut pas soi-même être séparé de
I ses supérieurs, ni chez les bêtes, ni dans les terres, ni se
tourner vers l'enfer, si ce n'est seulement chez les hommes.
Il suit de là que le dernier spirituel, séparé de son supé.
. rieur, tel qu'il est chez ceux qui sont dans l'enfer, opere
j sur la terre ses mauvais usages, dont il a été parlé ci-des-
sus. Que les choses nuisibles sur la terre tirent leur ori-
gine de l'homme, et ainsi de l'enfer, c'est ce qui peut être
confirmé d'après l'état de la terre de Canaan; il est dit de
cet état, dans la Parole, que quand les fils d'Israël vivaient
. selon les. préceptes,. les terres donnaient l.eur produit,
qu'il en étaIt de même du menu et du gros bétail; et que,
184 LA SAGESSE ANGÉLIQUE
1, 1; • 1 l'

quand ils vivaient contre les préceptes, les terres étaient


stériles, el, ainsi qu'il est dit, maudites; qu'au lieu de
moissons elles donnaient des épines et des ,ronces j que
le menu et le gl'OS Létail avortait, et que les bèles féroces
faisaient irruption, Une semblable confirmation pout être
tirée des sauterelles, des grenouilles et des poux dans
l'EgYPATh
316,~!. Il Y a deux (ormes dans lesquelles se (ait l'opéra-
tion pa?' influx, la (orme végétale et la (O?'me animale, On
sait. d'après les deux Règnes de la nature, qui sont appe-
lés Hègne animal et Règne végétal, qu'il n'y a que deux
formes universelles qui soiBnt produites de la terre j et
que tous les sujets d'un Règne ont beaucoup de choses
communes; qu'aillsi, pOUl' le Hègne animal, il y a dans
ses sujets les organes des sens et les organes des mouve-
ments, puis les membres et les viscères, qui sont mis en
activité par les cen'eaux, pal' les cœurs et pal' les pou-
mons; et que, pOUl' le Hègne végétal, ses sujets poussent
une racine dans la terre, produisent une tiO'e, des bran-
ches, des feuilles, des fleurs, des fruits, des semences.
L'un et l'autre Règne, lantl'animal que le végétal, quant
aux productions dans leurs formes, tirent leur origine de
l'influx et de l'opération spirituelle provenant du Soleil du
ciel, où eslle Seigneur, et non de l'influx ni de l'opéra-
tion de la nature provenant de son Soleil, excepté leur
fixation, comme il a été dit ci-dessus, Tous les animaux,
grands et petits, tirent leur origine du spirituel dans le
dernier degré, qui est appelé natUl'el, l'homme seul tire
la sienne de tous les degrés, qui sont trois, et sont appe-
lés céleste, spirituel et naturel. Puisque chaque degré de
hauleur ou discret décroH depuis son parfait jusqu'à son
imparfait, comme la lumière décroit jusqu'à l'ombre, pal'
conlinuité, il en est de même aussi des animaux; c'est
pourquoi parmi eux il y en a de parfaits, de moins par-
faits et d'imparfaits: les Animaux parfaits sont les Elé-
phants, les Chameaux, les Cheyaux, les Mulets, les Bœufs,
les Brebis, les Chèvres, et tous les autres qui appartien-
nent soit au menu bétail soit au gros bétail; les moins
parfaits sont les volatiles; et les imparfaits sont les pois-
sons, les coquillages, qui, étant les infimes de ce degré,
sont comme dans l'ombre, tandis que les autres sont dans
la lumière. Néanmoins, comme les animaux vivent seule-
SUR, LE DIVIN AMOUR 185
ment d'après le dernier degré spirituel, qui est appelé
naturel, ils ne peuvent regarder autre part que vers la
terre, vers la pâture qu'ils y trouvent, et vers leurs sem-
blables pour la propagation; l'âme de tous ces animaux
est une affection naturelle et un appétit. Il en est de même
des sujets du Hègne végétal, en ce qu'il y en (1 de par-
faits, de moins parfaits et d'impal'faits; les parfaits sont
les arbres à fruits, les moins parfaiLs sont les ceps de
vigne et les arbrisseaux, et les imparfaits sont les herbes;
mais les végétaux tiennent du spirituel, dont ils Pl'ocè-
dent, d'être des usages; et les animaux tiennBnt du spi-
tue l, dont ils procèdent, d'être des affections et des appé-
Li ts, comme il a été di t.
347.@"J L'une et l'autre forme, quand elle existe, 1'eçoit
les moyens de propagation. Que dans toutes les choses
produites de la ,terre, lesquelles, ainsi qu'il a été diL, ap-
partiennent soit au Hègne végétal soit au Règne animal,
il y ait quelque image de la cl'éalion. et quelque image de
l'homme, et aussi quelque image de l'Infini At de l' b:ter-
nel, c'est ce qui a été montré ci-dessus, N°~ 313 il 3'18; il
a aussi été montré que l'image de l'Infini et de l'Eternel
parait avec éclat en ce qu'elles peuvent être propagées
infiniment et étel'llellement ; c'est pour cela que toutes
ces choses reçoivent des moyens de propagation, les sujets
du Règne animal par des semences dans un œuf, ou dans
un utérus, ou par frai; et les sujets de Règne végétal, par
des semences dans les tel'I'es. D'après cela. on peut voir
que. quoique les animaux et les végétaux plus imparfaiLs
et nuisibles tirent leur origine de l'enfer par un influx
immédiat, néanmoins dans la suite ils sont propagés mé-
diatement par des semences, par des œufs ou pal' des
boutures: c'est pourquoi l'admission de l'un de ces deux
modes ne contredit pas l'autl'e.
3~S. Que tous les usages, tant hons que mauvais, soient
d'origine spirituelle, pal' conséquent procèdent du Soleil
où est le Seigneur, c'est ce qui peut être illustré par cette
expérience: J'ai appris que des biens et des vrais avaient
éte envoyés par le Seigneur' à travers les Cieux vers les
Enfers; et que ces mêmes biens et ces mêmes vrais reçus
par degrés jusque vers le profond, a\'aient été changés là
en des maux et des faux opposés aux biens et aux vrais
envoyés: si cela est arrivé ainsi, c'est parce que les sujets
.. ~ .. , r , ,. ~ '\

186 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

récipients changont toules l.'s choses qui influpnt en cho-


ses qui conviennent à leurs formes, absolument comme la
lumièr'e éclalante du Soleil est clwng-pe en couleUl's som-
bres et en noir' ùans les objels dOlll les subslanees sont
inlér'jeurement dans nnp telle forme, qu'elles étou/t'enl eL
éteignent la lumière; el comme les eaux slagnantes, les
fumiers et les cadavres changenl la chaleUl' du soleil en
puanteurs. D'après cela, on peul voir' que les mauvais
usages viennent aussi du Soleil spirituel, mais en ce que
les bons usages sont changés en mauvais uSages dalls
l'enfer, De là, il est évident que le Seigneur n'a cr'pé el ne
crée que de bons usages, mais que l'enfer produit les
mauvais,

Les choses visibles dans l'Univers créé attestent 'lue la N a-


ture n'a rien p1'od1.!it et ne ]J1'odnit 1'ien, mais que le
Divin (t p1'odnit et p1'oduit toutes choses de Ltti-
il/lime, et pm' le Monde spiritllpl,

349, La plupm't des hommes dans le Monde disent, d'a-


près l'apparence. que le Soleil par la chaleur et la lumière
produit ce que l'on \ oit dans les campagnes, dans les
champs, dans les jardins et dans les foréLs ; et que pal' sa
chaleur le Soleil fait sot'tir' des œufs les vers, qu'il fait
pr'olifier les bêtes de. la terre et les oiseaux du ciel, et
méme qu'il vi\'ifie l'homme: ceux qui padent ainsi seule-
ment d'après l'apparence, peuvpnt par'ler' ainsi, toujours
est-il cependant qu'ils n'attribuent point ces effe Ls il la na-
ture, cal' ils ne pensent point à cela: c'est comme ceux
qui disent du Soleil quïl se lève eL se couche, qu'Il fait les
jours el les années. et qu'il est en ce moment à telle ou
telle haUleUl', ceux-ci pareillement par'lenL d'après l'appa-
rence, et peuvent parler ainsi, et cependant ils n'atLri-
buent pas ces effets au Soleil, car ils ne pensent pas à
l'état statiollnail'e du Soleil ni au mOUH'ment circulaire
de la terrc, Mais ceux qui se confirment SUI' ce point, que
l~ Soleil pal' la chaleur et la lumière produit les choses qui
paraissent SUL' la terre, atll'Îbuent enfin Loutes choses il la
nature, el méme la cl'eation de l'Univers, et de\'iennent
naturalistes et en dm'nier lieu aLl).ées : c.eux-.ci, il est vrai,
peuvent ensuite dire que Dieu a créé la nalure, et 'a mis
" ...
'SUR LE DIVÎN AMOUR 187
en elle la puissance de produire ces choses; mais ils di-
sent cela par la crainte de pcrdl'e leur réputation; et néan-
moins pal' Dieu Créateur ils entendent la nallll'e, et quel-
ques-uns l'intime tIe ~a nature, et alors ils ne font aucun
cas des Dh ins que l'Eglise enseigne.
350, Il est uai que quelques-uns son t excusables d'avoir
attribué à ln natUl'e, certaines choses visibles, et cela par
deux raisons; la Première, c'est qu'ils n'ont rien su du
Soleil du Ciel, où est le Seigneur, ni do lIntlux qui en
procède, ni rien du ~Ionde spil'ituel ni de son état, ni même
rien de sa pl'ésellce chez l'homme; et que pal' suite, ils
n'ont pu que penser que le spil'ituel était un natmel plus
pm; qu'ainsi les .\.nges étaient ou dans l'éther ou dans les
doiles; qu'il l'égard du diable, c'était ou le mal de l'hom-
me, ou que s'il existait etl'ectivement, il était ou dans l'aÏl'
ou dans les lieux profonds; que les àmes des hommes,
après la mort, étaient ou dans l'intime de la telTe, ou dans
un on ne sait oil, jusqu'au jour du jugement; et autres
choses de semblables que la phantaisie a introduites par
ignorallce du Monde SpÏl'iluel ct de son Soleil. La Seconde
raison qui les rend excusables, c'est qu'ils Il'on t pas pu
savoir comment le Divin lJl'oduisait toutes les choses qui
paraissent sur la TelTd, où il y en a aussi bien des mau-
vaises que des bonnes, cl'aignant de cOllfirmer cela chez
eux, de peur d'att.ribuer aussi les mauvaises à Dieu, de
conce\"oÏl' de Dieu une idée matél'ielle, et de faire Dieu et
la Nature un, et ainsi de les confondr'e. Ce sont ces deux
raisons qui rendent excusa Lies ceux qui ont cru que la
nature produit les choses visibles d'après un iusite dès la
création: mais touj ours est-il que \!eux qui, par des con-
fil'mations pOUl' la Nature, se sout faits athees ne sont pas
excusables, parce qu'ils ont pu se confirmer pour le Divin;
l'ignorance excuse, il est \Tai, mais elle n'enlève pas le
faux confil'mé, cal' ce faux est cohél'ent au mal, ainsi à
l'enfe)': c'est pourquoi les mêmes hommes qui se sont
contirmés pOUl'ia nature jusqu'à séparer le Divin <l'avec
elle, ne réputent quoi que ce soit pour pé~hé, )Jal'ce que
tout péché est contre le Divin qu 'il~ ont sépal'é et par con-
séquent rejeté; et üeux qui en esprit ne réputent rien
pour péclles, après !a mort, lorsqu'ils deviennent esprits,
étant liés à l'enfer, (,e pl'écipitent dans le crime selon les
cupidités auxquelles ils ont lâch8 la bride.
188 LA SAGESSE ANGtLIQUE

351. Ceux qui croient à la Divine opération dans chaque


chose de la nature, peuvent, par un grand nombre de faits
qu'ils voient dans la nature, se confirmer pOUl' le Divin,
autant et même plus que ceux qui se conDl'ment pour la na-
ture ; ceux, en effe t, qui se co nfirmen t pour le Di vin fon t a tten-
tion aux merveilles qu'on aperçoit tant dans les produc-
tions des végétaux que dans celles des animaux, Dans les
p1'oductions des végétaux; en ce que d'une très-petite se-
mence jetée en terre il sort une racine, par la racine une
tige, et successivement des J'ameaux, des feuilles, des
fleurs, des fruits, jusqu'à de nouvelles semences, absolu-
ment comme si la semence savait l'ordre de succession,
ou le procédé par lequel elle doit se renouveler; un hom-
me rati('mnel peut il penser que le Soleil, qui est pur feu,
sache cela, ou puisse insinuer à sa chaleur et à sa lumière
de faire cela, et qu'il puisse y former ces merveilles, et
avoir en vue l'usage? Lorsque l'homme, dontle Rationnel
a été élevé, voit ces merveilles et les examine, il ne peut
faire autrement que de penser qu'elles viennent de Celui
dont la Sagesse est Infinie, par conséquent de Dieu: ceux
qui reconnaissent le Divin voien t aussi cela et le pensent,
mais ceux qui ne le reconnaissent pas, ne le voient pas et
ne le pensent pas, parce qu'ils ne le veulent pas; et ainsi
ils plongent leUl' rationnel dans le sensuel, qui tire toutes
ses idées de la lueur dans laquelle sont les sens du corps,
et confirme les illusions des sens, en disant: Ne voit-on
pas le Soleil opérer ces choses par sa t;haleur et pal' sa
lumière? Ce qu'on ne voit pas, qu'est-ce que c'est? est-ce
quelque chose? Ceux qui se confirment pour le Di vin font
attention aux merveilles qu'ils voient dans les Productions
des animaux; et pour ne parler ici què de celles qui sont
dans les Œufs, ils y voient le petit caché dalls son germe
ou commencement avec tout ce qui est nécessaire jusqu'à
l'éclosion, et aussi avec tout ce qui concerne l'accroisse-
ment après l'éclosion jusqu'à ce qu'il devienne oiseau ou
volatile dans la forme de celui qui l'a engendré; et si l'on
fait attention à la forme elle est telle, qu'on ne peut pas,
si l'on pense pl'ofondém"nt, ne pas être saisi de surprise,
en découvrant que dans les plus petits de ces volatiles
comme dans les plus ~rands, dans ceux qui sont invisibles
comme dans ceux qUi sont visibles, il y a les organes des
sens, qui sont la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher;
SUR LE DIVIN AMOUR 189
et les organes des mouvements, qui sont les muscles, car
ils volent et marchent; comme aussi les viscères autour
d\l cœur et des poumons, qui sont mis en activité par les
cerveaux: que de vils insectes jouissent aussi de ces cho
ses, cela est connu par leur anatomie, décrite par plu-
sieurs savants, SUl'tout par Swammel'dam dans ses Bibles
de la nature. Ceux qui attribuent tout à la nature voient,
il est vrai, de telles choses, mais ils pensent seulement
qu'elles sont, et disent que la nature les produit; et ils
disent cela parce qu'ils ont détoul'llé leur mental de toute
pensée sur le Divin; et ceux qui se sont détournés de
toute pensée SUl' le Divin, quand ils voient des merveilles
dans la nature, ne peuvent y penser rationnellement ni à
plus forte raison spirituellement, mais ils y pensent sen-
suellement et matériellement, et alors ils pensent dans la
nature d'après la nature, et non au-dessus de la nature, de
la mêll1e manière que ceux qui sont dans l'enfer, différant
seulement ries bêtes en ce qu'ils jouissent de la rationa-
lité, c'est-à-dire, en ce qu'il" peuvent comprendre, et ainsi
penser autrement s'ils veulent.
352. Quand ceux qui se sont détourn~s de toute pensée
sur le Divin, et par là deviennent sensuels, voient des
merveilles dans la nature, ils ne pensent pas que la vue de
l'œil est si grossière, qu'elle voit plusieurs petits insectes
comme une seule chose obscure, et que cependant chaque
petit insecte a été organisé pour sentir et pOUI' sc mouvoir
et qu'ainsi il a été doué de fibres et de "aisseaux, et aussi
de petits cœurs, de canaux pulmonaires, de peti ts viscères
et de cerveaux, et que ces organes ont été tissus des plus
pures substances qui sont dans la nature, et que ces tis-
sus correspondent à quelque chose de la vie, pal' laquelle
leurs parties les plus déliées sont distinctement mises en
action. Puisque la vue de l'œil est si grossière, qu'un
grand nombre de ces insectes, avec les parties innombra·
bles que chacun renferme, apparaissent comme un pelit
point obscur, et que cependant ceux qui sont. sensuels
pensent et jugent d'après cette vue, on voit clairement
combien leur mental est devenu épais, et par suite dans
quelle obscurité ils sont sur les choses spirituelles.
353. Chacun par les choses visibles dans la nature peut
se confirmer pour le Divin, s'il veut; et aussi se confirme
celui qui pense à Dieu d'après la vie; par exemple, lors-
190 , LA SAGESSE ANGÉL,IQUE ,

qu'il voit les volatiles du ciel; chaque espèce cannait ses


aliments et sait où ils sont, connaît ses pareils au son et à
la vue, et parmi les autres. ceux qui sont amis et ceux qui
sont ennemis; ils forment des mariages, connaissent le
lieu de l'accouplement, construisent avec art des nirls, y
déposent leurs œufs, les couvent. savent le temps de l'in-
cubation; est-il écoulé, ils font eclore leurs petits, qu'ils
aiment avec tendresse; ils les réchauffent sous leurs ailes,
leur préparent des aliments, et leur donnent la bpcquée,
et cela, jusqu'à ce qu'ils soient en état d'agir par eux-
mêmes, et qu'ils puissent faire comme eux et procréel'
une famille pour perpétuer leur race. Quic0nque veut pen-
ser à l'intlux Divin nnant par le monde spirituel dans le
monde naturel, peut voir cet intlux dans ces sciences; il
peut aussi, s'il le veut, dire en son cœur: Le Soleil ne
peut donner de telles sciences il ces volatiles par les ra-
yons de sa lumière, car le Soleil. d'où la natUI'e tire son
origine et son essence, es t un pur feu, et par suite les ra-
yons de sa lumière sont absolulllent morls; et ainsi l'on
peut conclure que de telles choses viennent de l'influx tie
la Divine Sagesse dans les derniers de la nalure.
3M, Chacun pal' les choses visibles dans la nature peut
se confil'mel' pOUl' le Divin, quand il voit les vers, qui,
d'après le plaisil' d'un certain amour, sont portés et aspi-
rent ,'1 changer leur état terl'estl'e en un élat q!li est l'a-
nalogue de l'ètat céles~e, et pour cela se trainent dans
jes lieux convenables, et se mettent comme clans un uté-
rus afin Je renaître, et là deviennent chrysalidos, aUl'élies.
chenilles, nymphes, et enfin papillon:;;; et quand ils ont
subi celle mélamorphose et ont été, selon leur espèce,
décorés d'ailE's magnifiques, ils \'olent dans l'ail' comme
dans leur ciel, ils y folllll'ent joyeusement, forment des
mariages, déposent des œufs, et pourvoient à leur poslé-
rité; et pendant ce temps là ils se nOUl'rissent d'un ali-
ment agréable et doux qu'ils tiI'ellt des tleurs, Parmi ceux
qui se confirment poUl' le Divin par les choses visibles de
la nature, est-il quelqu'un qui ne voie dans ces êtres,
C0mme vers, unesorte d'imp.g'e de l'état tenestre de l'hom-
me, et ùans ces mêmes êtl'es, comme papillons, une sOl'te
d'image de l'état célestr ? ceux, au con tl'ai,e, qui se confir-
ment pour la naLure voient, il est \Tai, ces rnel'VeillbS;
mais, comme ils ont rejeté loin d'eux l'état céleste de
.SUR
. .'
LE. DIVIN AMOUR
,. ~

l'homme, ils les nomment de purs instincts de la. nature,


351.\, Chacun pal' les choses visibles dan:::: la na Lure peut
se confirmer pour le Divin, quand il fait atLention à tout
ce que l'on connaiL des Abeilles, Elles savent des plantes
el des tleurs recueillir la cire, en sucer le miel, consLruire
des cellules comme do petites maisons, et les disposer en
forme de villes, avec des places par lesquelles elles en-
trent et pal' lesquelles elles sOl'Lent ; elles odorent de loin
les tleul's elles plantes, dont elles recueillent la cire pour
la maison elle miel pOUl' la nourriture; el, quand elles en
sont cLIargéf's, elles revolent selon la plage "ers leur ru-
che: ainsi elles pOUl'voient à leUl' nourriture et à leur ha-
bitation pour l'hi\'cr suivan t, comme si ellps le pl'évoyaif'nt
el en a"aient connaissance: elles mettellt aussi à leur
tète comme reine unp sou\"el'ainc, par qui la postérilé doit
êLre propagée, eL pOUl' qui ellc:s consLruisenl une sorLe de
palais au-dessus de leurs cellules, en placant des gardes
tout au Lour ; quand 10 Lemps de la ponte arrive, la reine,
accom pagnée do la garde, va de cellule en cellule et pond
des œufs, quP la troupe qui la suit entoure d'un enduit,
pour qu'ils ne soient point altérés par l'ail'; de là pour
elles une race nouvelle: plus tard, (IUand cetle génèra-
tion est parvenue à l'ùge nécessaire pOUl' pouvoir faire les
mêmes travaux, elle est chassée de ln ruche; l'essaim
chassé se réunit d'abord, puis il se forme en masse, afin
que la consociation ne soit pas rompue, et il s'envole pour
se chercher un domicile: "ers l"autOlTllle, les faux-bour-
dons inutiles sont aussi cl1assés, et sont privés de leurs
ailes, pour qu'ils ne reviennen t pas el ne COllsomment pas
des aliments, à l'appro\'isionnement ùesquels ils n'ont
coopél'é en rien; sans pal'ler do plusieurs autres fait~
remarquables: d'après cela, on peut voir que c'est en
raison de l'usage rendu pal' elles au Genre Humain, qu'elles
re~oivent de l'influx par le Monde spirituel uue fOl'me de
gouvernement, telle qu'elle existe choz les hommes dans
les terres, et même chez les anges dalls les cieux. Quel
est l'homme, pourvu d'une raison saine, qui .ne voie que
de telles choses chez res insectes ne viennen t pas cIu Monde
naturel? Qu'est-ce que le Soleil, d'où pl'ovient la nature,
a de commun avec un gouvernement pareil et analogue
au gouvernement célesLe? D'après ces observations el
autres semblables chez les bêtes bl'utes, celui qui l'econ-
192 LA SAGESSE ANGtLIQUE

nait el adore la nature se confirme pour la nature, tandis


que celui qui reconnait et adore DIeu se confirme pour
Dieu; car l'homme spirituel y voit des choses spirituelles,
et l'homme naturel y voit des choses naturelles, ainsi cha-
cun selon ce qu'il est lui même. Quant à ce qui me con-
corne, de telles obsel'vations ont été pour moi des témoi-
gnages de l'influx du spirituel dans le naturel, ou du
Monde spirituel dans le Monde naturel, ainsi procédant
de la Divine Sagesse du Seigneur. Qu'on examine encore
si, au sujet de quelque forme de gourerllement, ou de
quelque loi civile, ou de quelque vertu morale, ou de
quelque vérité spirituelle, il est possible de penser analy-
tiquement, à moins que le Divin, d'après sa Sagesse, n'in-
flue par le Monde s]2irituel ; quant il moi, cela m'a été et
m'est impossible; J'ai. en effet. remal'qué cet influx d'une
manière perceptible et sensible depuis dix-neuf années
continuellement; j'en parle donc d'après une preuve cer-
taine.
35B. Est-ce que quelque chose de naturel peutavoirpour
fin l'usage, et disposer les usages dans des ordres et clans
des formes? Il n'y a que le Sage qui le puisse; et il n'y a que
Dieu, en qui la Sagesse est Infinie, qui puisse ainsi ordon-
ner et former l'univers; quel autre ou quelle autre chose,
peut prévoir pour les hommes tout ce qui est nécessaiI'e
a la nourriture et au vètemen t, et y pourvoir; à la nourri-
ture, par les fruits de la terre et par les animaux, et aux
vêtements par ces mêmes végétaux et animaux! N'est-il
pas &u nombre des merveilles que ces vils insectes, que
l'on nomme vers à soie, fournissent ùe vêtements et déco-
rent avec magnificence et les femmes et les hommes, de-
puis les reines et les rois jusqu'aux femmes de chambl'e
et aux valets; et que ces vils insectes, que l'on nomme
abeilles, fournis:;ent la cire pour la lumière qui remplit
de splendeur les Temples et les Palais? Ces choses et plu-
sieurs autres sont des preuves existantes que le Seie'neur
opère de Soi-Mpme par le Monde spirituel toutes les CHoses
qui existent dans la Natùre.
357. A cela je dois ajouter que dans le ~Ionde spirituel
j'ai ,'u ceux qui, (laI' les choses visibles dans le Monde,
s'étaient confirmes pour la nature jusqu'à devenir athées;
et que leur Entendement dans la lumière spirituelle m'a
apparu ouvert par le bas, mais fermé par le haut; et cela,
SUR LE DIVIN AMOUR 193
parce que par la pensée ils ont regadé en bas"vers ,la
terre. et non en haut. vers le ciel; v-dessus du sensuel,
qui est l'infime de l'entendement, il apparaissait comme
un vOile, chez quelques-uns brillant par le feu infernal,
chez d'aulres noir comme la suie, et chez d'autres livide
comme un cadavre, que chacun se garde donc des confir-
malions pour la nalure; qu'il se confirme pour le Divin,
les moyens ne manquent pas.

13
LA SAGESSE ANGELIQUE
SUR LE

DIVIN AMOUR

CINQUIÈME PARTIE

Le Seigneu1' a créé et {ormé chez l'homme deux 1'éceptacles


et habitacles de Lui-1I1éme, appelés la Volonté et l'En-
tendement, la Volonté pour son Divin Amour, et
l'Entendement poU?' sa Divine Sagesse.

358. Il a été traité du Divin Amour et de la Divine :-;a-


ge!';se de Dieu Créateur, qui est le Seigneur de toute éter-
nité, et de la Création de l'Univers; maintenant il sera dit
quelque chose de la Cl'éalion de l'homme. On lit que
l'homme a été créé à l'image de Dieu selon la ressemblan-
ce de Dieu, - Gen. I. 26 ; -là, par l'image de Dien il est
entenrlu la Divine Sagesse, et pal' la ressemblance de Dieu
le Divin Amour, car la sagesse n'est autre chose que l'i-
mage de l'amour; en eifet, l'amour se fait voir et connai-
tre dans la sagesse, et puisqu'il yest vu ~t connu, la sa-
gesse est son image; l'amour aussi est l'Etre de la vie, et
la sagesse est l'Exister de la vie d'après l'être: la ressem-
blance et l'image de Dieu se font voir clairemenl chez les
Anges, car l'amour brille de l'intérieur dans leur face, et
la sagesse dans leur beauté, et la beauté est la forme de
leur amour: je l'ai vu et connu.
259. L'homme ne peul pas être l'image de Dieu selon la
ressembla:lce de Dieu, si Veu n'est pas dans l'homme, et
n'est pas la vie de l'homme par l'intime: que Dieu soit
dans l'homme, et que par l'intime il soit la vie de l'homme,
cela résulle de ce qui a été démontré ci-dessus, N084 à 6,
que Dieu Seul est la vie, et que les hommes et les anges
LA SAGESSE ANGtLIQUE SUR LE DMN AMOUR 195
sont les récipients de la vie procédant de Lui. Il est connu
aussi d'après la Parole que Dieu est dans l'homme, et
qu'il fait sa demeure chez lui; et comme cela est connu
d'après la Parole, il est ordinaire que les prédicateurs
disent à leurs auditeurs de se prépar'er à recevoir Dieu,
pour qu'il entre en eux, pour qu'il soit dans leurs cœurs.
pour qu'il habite en eux; de même parle l'homme pieux
dans ses prières; quelques-uns plus ouvertement parlent
ainsi de l'Esprit Saint, qu'ils croitmt être en eux, quand
ils sont dans un saint zèle, et que d'après ce zèle ils pen-
sent, parlent et prêchent: que l'Esprit Saint soit le Sei-
gneur, et non quplque Dieu constituant par lui-même une
personne, cela a été montré dans LA DOCTRINE m.: LA Nou-
VELLE JÉRUSALEY: SUR LE SEIGNEUR, N°S 51, 52, 5.3: en effet le
Seigneur dit: c En ce jour-là uous connaitl'ez que vous êtes
en illoi, et IIloi en vous. » - Jean, XIV. 20. - pareillement,
Chap. XV. 4. 5. XVII. 23.
360. Maintenant, puisque le Sei~neur est le Divin Amour
et la Diyine Sagesse, et que ces (jeux choses sont essen-
tiellemen t Lui-:\lêmc, il faut de toute nécessité, pOUl' qu'il
habite dans l'homme, et donne la vie à l'homme, qu'il ait
créé et formé dans l'homme des réceptacles et habitacles
de Lui-Même, l'un pOUl' l'Amour et l'autre pour la Sagesse.
Ces réceptacles et habitacles chez l'homme sont appelés
Volonté et Entendement; le réceptacle et habitacle de l'a-
mour, volonté; et Je réceptacle et habitacle de la Sagesse,
Entendement. Que ces deux choses appartiennent au Sei-
gneur chez l'homme, et que ce soit d'après ces deux choses
que toute vic es t dans l'homme, on le verra dans ce qui sui t.
SÛ1. Que clJaque homme ait ces deux choses, Volonté
et Entendement, et qu'elles soient distinctes entre elles
comme l'amour et la sagesse entre eux, on le sait dans le
Monde et on ne le sait pas; on le sait d'après la commune
perception, et on ne le sail pas d'après la pensée, ni à plus
forte raison d'après la pensée dans la description: en effet,
qui ne sait d'après la commune perception que la volonté
etl'entendement sont deux choses distinctes cI1ezl'homme ~
car chacun le perçoit quand ill'entend dire, et peut aussi
dire à un autl'e: " Un tel \'eut bien, mais il ne comprend
pas bien; el un tel comprend bien, mais il ne veut pas
bien; j'aime celui qui comprend bien et veut bien, mais
je n'aime pas celui qui comprend bien et veut mal. ) Mais
196 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

quand on pense à la volonté et à l'entendement, on n'en


fait pas deux clloses, et on ne les distingue pas, mais on
les confond; et cela, parce que la pensée communique
avec la vue du corps; on saisiL encore moins que la volon-
té et l'entendement sont deux choses distinctes, quand
on écrit; et cela, paece qu'alors la pensée communique
avec le sensuel, qui est le propre de l'homme: de là vient
que quelques-uns peuvent penser bien et parler bien,
mais ne peuvent pas néanmoins écril'e bien; cela est com-
mun chez le sexe féminin. Il en est de même de beaucoup
d'autres choses. Qui ne sait, d'après la commune percep-
tion, que l'homme qui vit bien est sauvé, et que celui qui
vit mal est condamné; puis, que l'homme qui vit bien
vient parmi les anges, et qu'il y voit, entend et parle
comme un homme; comme aussi, que celui qui fait le
juste d'après le juste, et le ciroit d'après le droit, a de la
conscience'! Mais si l'on s'éloigne de la commune percep-
tion, et qu'on soumelte ces choses à la pensée, alors on
ne sait pas ce que c'est que la conscience, ni f[ue l'âme
peut voir, entendre el parler comme un homme, ni qu'il
y a un bien de la vie sinon celui qui consiste à donner aux
pauvres: et si d'après la pensée tu écris ces choses, tu
les confirmes par des apparences et des illusions, et par
des mots sonores et dénués de sens: de là vient que plu-
sieurs érudits, qui ont beaucoup pensé, et plus encore
ceux qui ont écrit, ont affaibli et obscurci et même détruit
la commune perception chez eux; etque les simples voient
ce que c'est que le bien el le vrai plus clairement que
ceux qui se croient plus sages qu'eux. Celte commune per-
ception vient de l'influx du Ciel, et tombe dans la pensée
jusqu'à la vue, mais la pensée séparée de la commune per-
ception tombe dans l'imagination, d'après la vue et d'après
le propre. Pour t'assurer que cela est ainsi, fais cette ex-
périence : Dis quelque vrai à un homme qui est dans la
commune perception, et il le verra; dis-lui que nous som-
mes, nous vivons etllQus nous mouvons d'après Dieu et
dans Dieu, et il le verra ;- dis-lui que Dieu habile dans l'a-
mour et dans la sagesse chez l'homme, et il le verra; dis-
lui, outre cela, que la volonté est le réceptacle de l'amour,
et l'entendement le réceptacle de la sagesse, et donne-lui
quelques explications, et il le verra; dis-lui que Dieu est
',Amour même et la Sagesse même, et il le verra; demande-
197
lui ce que c'est que la conscience, et il ie dira: mais dis
les mêmes choses à quelque Erudit qui a ponsé, non d'a-
près la commune perception, mais d'après les principes
ou les idées prises par la vue provenant du monde, il ne
les verra point. ,Juge ensuite qui des ùeux est le plus sage.
La Volonte: et l'Entendement, qtti sont les ?'éceptacles
de l'Amow' et de la Sagesse, sont dans les Cel'veaux
dans leur tout et dans chacune de leu1's parties, et
pa?" suite dans le CO?'PS dans son tout et dans
chacune de ses pm'ties,
362. Ceci va être démontré dans ceL ordre (ù L'Amour
et la Sagesse, et par suite la ~onté et l'Entendement,
font la vie même de 11lOIl).me.l1.!) La vie de l'homme est
dans ces pl'incipes dans les cerveaux, et dans les princi-
pes, dans le corps.(fih Telle esL la vie dans les princip~,
telle elle est dans-le tout eL dans chaque partie.(!"V:'.
La vie pal' ces principes est d'après chaque partie dansle
tout, et d'après le LouL dans chaque parlie.(y! Tel eSl l'a-
mour, telle est la sagesse, eL par suite tel est l'homme.
3G3.(Ï; L'Amour et la Sagesse, et par suüe la Volonté et
l'Entenaement, font la vie même de l homme. A peine quel-
qu'un sait-il ce que c'est que la vie; quand on pense à la
vie, il semble que c'est quelque chose de volatil, dont on
ne se faiL pas d'idée: cela semble ainsi, parce qu'on igno-
re que Dieu seul est la vie, et que la vie de Dieu est le
Divin Amour et la Divine Sagesse; de là il est évident
que la vie chez l'homme n'est pas autre chose, et que selon
le degré dans lequel il reçoit il y a chez lui la vie. On sait
que du Soleil procèdent la clu,lleur et la lumière, et que
toutes les choses de l'univers sont des récipients, et
qu'elles s'échauffent et brillent selon le degré rians lequel
elles reroivent : il en est de même aussi du Soleil où est
le Seigneur, la chaleur qui en procède est l'Amour, et la
lumièl'e qui en procède est la Sagesse. comme il a éLé
montré dans la SECONDE PARTIE. La vie vient donc de l'A-
mour et de la Sagesse qui procédent du Seigneur comme
Soleil. Que l'Amour et la Sagesse procédant du Seigneur
soient la vie, on peut aussi le voir en ce que l'homme
devient languissant selon que l'amour se retire de lui, et
stupide selon que la sagesse se retire, et s'ils se retiraienl
198 .LA MGESSE ANGÉLIQUE

l'un et l'autre entièrement, il serait anéanti. Il y a plu-


sieurs choses de l'amour qni ont re~u d'autres noms, par-
ce qu'elles sont des dérivation:>, co mme les affections, les
désirs, les appétits, leurs voluptés et leurs agréments: el
il y a aussi plusieurs choses de la sagesse, comme la per-
ception, la rétlexion, le som'enir, la pensée, l'attention;
et même plusieurs choses de l'un el. de l'autre, tant de
l'amour que de la sag-esse, comme le consentement, la
conclusion, la détermination à l'acte, sans parler des
autres: toutes ces choses, il est vrai, appartiennent à l'a-
mour et à la sagesse, mais elles re~oivent leur nom de ce-
lui des deux qui a le plus de pouvoir et est le plus pl'oche,
De ces deux sont dérivées en demie!' lieu les sensations
qui appartiennent à la"vue,à l'ouïe,à l'odorat; au goûtetau
toucher, avec leurs plaisirs etleurs charmes: d'aprèsl'ap-
parence c'est l'œil qui voit, mais c'est l'entendement qui
voit par l'œil, c'est même pour cela que voir se dit de l'en-
tendement; il Y a apparence que l'oreille entend, mais
c'est l'entendement qui pntend Pal' l'oreille, c'est pour cela
qu'entendr'e se dit de l'allention el de l'action d'écouter,
qui appartiennent à l'entendement; il Y a apparence que
les narines odorent et que la langue goûte, mais c'est
d'après sa perception l'entendement qui odore et qui aussi
goûte, c'est Mcore pOUl'cela qu'odorer etgoùter se disent
de la perception; et ainsi du reste, Les SOUl'ees de toutes
ces ehoses-ci et de toutes celles-là sont l'amour et la
sagesse; d'après cela, on peut voir que l'amOlli' et la sa-
gesse fon t la vie de 1 homme.
364. Que l'entendemen t soit le réceptacle de la sagesse,
chacun le voit, mais que la volonté soille réceptacle de
l'amour, il en est peu qui le voient. ; et cela, parce que la
volonté ne fail rien d'elle-même, mais agit pal' l'entende-
ment; et aussi parce que quand l'amour de la volonté
passe dans la sagesse de l'entendement, il va d'abol'd dans
l'affection, et passe ainsi, et l'affection, n'est J)erçue que
par un certain plaisir de penser, de parlel' et e faire, au-
qUAI on ne fait pas attention: que cela cependant vienne
de là, on le voit clairement en ce que chacun veut ce qu'il
aime, el ne veut pas ce qu'il n'aime pas.
3Lia.(!1l La vie de l' homme est da'l!2-s~ p1'incipl},§ dans les
Cerveaux, et dans les pri~s dans le Corps. Dans les
princip~s elle est (fans ses prrmiers; et dans les p!jnc}-
SUR LB DIVIN AMOUR 190
P.i~s elle est dans les choses produites et formées par les
premiers; et par la vie dan~~ principes il est entendu
la volonté et l'entendement. Ce sont ces deux choses qui
sont dans leurs principes dans les Cerveaux, el dans
leur~ princjpi~s dans le Corps. Que les principes ou les
premiers de la vie soient dans les Cerveaux, on le voitt)
D'après le sens lui-même, on ce que, quand l'homme
applique son men laI et pense, il perçoit qu'il pense dans
le cerveau; il retire pour ainsi dire la vue de l'œil et tient
le front tendu, et il perçoit qu'inlérieurement il y a une
contemplation, surtout en dedans du front, et quelque
chose plus haut.~~,D'après la formation de l'homme dans
l'utérus, en CA que le Cerveau, ou la tête, est le premier,
et queJ,.ongtemps après le cerveau est plus vaste que le
corps.~ En ce que la tête est au-dessus et le corps au-des-
sous; et il est selon l'ordre que les supérieurs agissent
dans les inférieurs, et non vice vel'sâ.@En ce que si le
cer\'eau a été lésé ou dans l'utérus, ou par blessure, ou
par maladie, ou par une trop forle tension, la pensée
devient faible, et par fois le mental délire.~ En ce que
tous les sens externes du corps, qui sont la vue, l'ouïe,
l'odorat, le goût, avec le sens universel qui estle toucher,
puis aussi le langage, sont dans la partie antérieure de la
rôte, qui est appelée face, communiquent immédiatement
par les fibres avec les cerveaux, et en tirent leur vie sen-
sitive el active. ~C'est de là que les affections qui appar-
tiennent à l'amour apparaissent dans une sorte d'effigie
sur la face, et que les pensées qui appartiennent à la sa-
gesse apparaissent dans une sorte de lumière dans les
yeux.(io..,On sait par l'anatomie que toutes les fibres des-
cendent des cerveaux par le cou dans le corps, et qu'il n'y
en a aucune qui monte du corps par le cou dans les cer-
veaux: et où sont les fibres dans le"Jrs principes et dans
leurs premiers, là est la vie dans ses principes et dans ses
premiers: qui est-ce qui peut nier que l'origine de la vie
soit où est l'origine ùes fibres ~ Dis à quelqu'un qui est
dans la commune perception: vu est la pensée? Où bien:
Où penses-tu? et il répondra que c'est dans la tête; mais
dis ensuite à quelqu'un qui a assigné à l'àme pour siège
ou une certaine glande, ou le cœur, ou un autre endroit:
Où l'atl"ection, et par suite la pensée, sont-elles dans
leur premier? est-ce dans le cerveau? et il répondra que
LA SAGESSE ANGtLIQUE
1 11 ~ ~ 1 •• roT . . : .. ",
non, ou qu'il ne le sait pas. Voir ci-dessus, N° 361, la cause
de cet!&..ignorance. 1 '. "
3G6.Q}f1 Telle est la vie dans les principes, telle elle est
dans le fotte et dans chaque pm'lie. Pour que cela soit
perçu, il faut dire où sont ces 'principes dans les Cer-
vea~x. et comment ils sont dérives. Où sont .::es principes
dans les cerveaux; l'Anatomie le montre clairément; par
elle on sait qu'il y a deux Cerveaux, et qu'ils sont conti-
nués de la Tête dans l'épine du dos; qU'ils consistent en
deux substances, qui sont nommées substance corticale
et substance médullaire; et que la substance corticale con-
siste en d'innombl'ables quasi-glandes, et la substance
médullairé en d'innombrables quasi-fibres: maintenant,
comme ces glandes sont les têtes des fibrilles, elles en
sont aussi les principes; car les fibres ont en elles leurs
commencements, puis elles s'étendent, el successivement
se réunissent en nerfs, et réunies, ou devenues nerfs, des-
cendent vers les organes des sens dans la face, et vers les
organes du mouvement dans le corps, et les forment:
consulte une personne habile dans la science anatomique,
et tu seras confirmé. Cette substance corticale ou glandu-
laire fait la sU'perficie du cerveau, et aussi la superficie
des corps stries dont se compose la Moelle allongée, et
elle fait le milieu du Cervelet, et aussi le milieu de la
Moelle épinière: quant à la substance médullaire ou fibril-
laire elle a ses commencements partout, puis elle s'étend
et constitue les nerfs dont sont composées toutes les cho-
ses du corps: qu'il en soit ainsi, l'autopsie l'enseigne.
Ceux qui savent ces choses soit par la science anatomique,
soit par la confirmation de ceux' qui possèdent cette
science, peuvent voir que les principes de la vie ne sont
pas ailleul's que là où sont les'commencements des fibres,
et que les fibres ne p'euvent pas s'étendre d'elles-mêmes,
mais qu'elles· s'étendent d'après ces principes. Ces princi-
pes ou commencements, qui' se presentent comme des
glandes, sont presque innombrables; leur multitude peut
être comparée à la multitude des étoiles dans l'univers;
et la multitude des fibrilles qui en SOl'tenl peut être
comparée à la multitude' des rayons qui sortent des étoi-
les, et portent leur chaleur et It'ur lumière dans les ter-
res. La multitude de ces glandes peut aussi être compa-
rée à la multitude des sociétés angéliques dans les cieux,
1 • • ~ ••
SU" ~B ~1YIl!f AMOUR 201
lesquelles aussi sont innombrables, et dans un ordre
semblable, ainsi qu'il m'a été dit; et la multitude des
fibrilles qui sortent de ces glandes peul êtl'f' comparée
aux vrais et aux bien~ r"pirituels, qui parpillpment décou-
lent de ces sociétés comme des rayons. C'esl de là que
l'homme est comme l'univel'::;. et comille le ('if'l dans la
forme la plus petiLe, ainsi qu'il a été déjà dit et montré
çà et là, D'apl'ès ces explicalions, on peut VOil' que, Lelle
est la vie dallS les principes, telle elle esl tians les princi-
piés; ou que, telle eslla vie dans ses premiel's dans les
Ce l'veaux, telle eUe est dans les choses qui en dél'ivent
dans 1~_C.orps,
3n7 .~] La vie par ces lJl'lJ/('I[1I s eM d'après chaque par-
tie dans le tout, el d'après le {oul d ./tS ch J II' Pili t "e. C'est
parce que le loul, qui f',,1 1(' c '1'1 'lU (' (n III' Ir Il mps le
corps, ne consble OII~J1J,lÏIUJl( nl qu'( 11 tilll .; qui procè-
dent de leUl's pIiucipes dans If-; (' '1 \L"I l\.; il n y a point
d'autre ol'igine, cOlllme on le voil ( dl '1 lLlll (l'apl'ès ce
qui vient d'èlre muntré Ci-Üh LIS, ~: ); de là, ct '(1 pl'ès
chaque partie est le Lout : quo la, ie par LAS p Ilcipe::, soit
aussi d'apl'ès le lout dans chaque parlip, c L'"j pal'ce que
le tout fOUl'llit à chaque paI'Lie sa l~ü lIe el SOIl nècessail'e,
~ et fait par là que la partie est dans Ir tont; en un mot, le
tout existe d'après les parLies, et le,., plu'lies subsislent
d'après le tout: qu'il y ait une lelle ('OIllIilUfIJ m reeipl'o-
) que et pa.r elle conjonction, on le 'oiL par un g'l'and nom-
bre de choses dans le corps. En enet, ('f' qui s'y p(l:":,,e est
semblable à ce qui se passe dans une vi lie, dalls une l'l'pU-
blique el dans un royaume, en ce que le ('OIlllllllIl e:o..lste
d'apl'ès les hommes qui sont les pal'lips, el que les pal'lies
ou les hommes subsislent !.l'apl'ès le corn n nn. JI eu esl de
même de toute chose qui est dans une fomIe quelconque;
surtouJ.-.Qans l'homme.
30R;\Y"J Tel est l'amour, telle est la sa{Jp,\se, et par suite
tel est l'homme. En effet, tels sont l'amour' et la 5agesse,
tels sont la volonté et l'enlendempnt, cal'la volonté est le
réceplacle de l'amour, et l'entendement est le réceptacle
1 de la sagesse, comme il a été montl'é ci-dessus, et ces deux
choses font l'homme el la qualité de l'homme. L'amour
est multiple, et tellement multiple, que ses variétés sont
indéfinies, comme on peut le voir d'après le Genre Hu-
main sur terre et dans les cieux; il n'y a pas un seul hom-
202 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

me, ni un seul ange, tellement semblable à un autre, qu'il


n'y ait aucune distinction; c'esl l'amolli' qui dislingue,
car chacun est son amour: on s'imagine que la sagesse
distingue, mais la sagesse vient rIe l'amour, elle en est la
fOl'me; cal' l'amour est l'être de 1.Çl.~ie, eL la s~ge~.s~ est
l'exister de la vie d'apl'ès cel être. On croit dans le monde
r que l'entendlJment faH l'homme; mais on le croit, parce
que l'entendement peut être élevé dans la lumière du ciel,
comme il a élé montré ci-dessus, el parce qu'ainsi l'hom-
me peut se monlrer comme sage; mais néanmoins celte
\ chose de l'entendemenlqui passe au-delà, c'est-à-dire, qui
n'appartient pas à l'amoU\", il semble qu'elle apparlienne
à l'homme, qu'ainsi l'homme soit tel, mais c'est une ap-
parence; en effel, cetle chose de l'entendement qui passe
au-delà appartient, il est VI,li, à l'amour de savoir et d'êlre
sage, mais n'appartient pas en mpme temps à l'amour
d'appliquer à la vie ce qu'on sail et ce qui pal'aH sage;
c'est pourquoi cptte chose dans le Monde se relire avec le
temps, ou reste comme caduque dans les extrémités hors
des choses de la mémoire; aussi, après la mort, est-elle
séparée; et il ne reste que ce qui concol'de avec le propI:e
amour de l'esprit. Comme l'amour fail la vie de l'homme,
et ainsi l'homme lui-même, c'est pOUl' cela que toutes les
sociétés du ciel, et tous les anges dans les sociétés, sont
di:;posés en ordre selon les affections qui appartiennent à
l'amour. et que nulle société, et dans une société nul ange
n'est disposé en ordre selon quelque chose de l'entende-
ment séparé d'avec son amour: il en est de même dans les
enfel's et dans leurs sociétés, mais selon les amolll's op-
posés aux amours célestes. D'après ces expli()ations on
peut voir que, tel est l'amour, telle est la sagesse, et que
par suite tel est l'homme. - -- .
369. On reconnaît, il est vrai, que l'homme est tel qu'est
son amour régnant, mais seulement tel quant au mental
et au caractère (animlls), et non quant au corps, aini'i non
tel tou!. entier: mais, d'après plusieurs expériences dans
le Monde spirituel, j'ai pu connaitre que l'homme depuis
la tête jusqu'aux pieds, ou depuis les premiers dans la
têle jusqu'aux derniers dans le corps, est leI qu'est son
amour: en effet, dans le Monde spirituel. tous so.nt les
formes de leur amour, les anges les formes de l'amour
céleste, et les diables les formes de l'amour infernal, ceux-
SUR LE DIVIN AMOUR 203
ci sont hideux de face et de corps, et ceux-là sont beaux
et de face et de corps; et lorsque leur amour est attaqué,
leurs faces changent, et s'il est fortement attaqué, ils dis-
paraissent entièrement; cela est particulier à ce monde;
il en arrive ainsi, parce que leur corps fait un avec leur
mental. La cause est évidente d'après ce qui a été dit ci-
dessus, que toutes les clloses du corps sont des principiés
c'est-à dire, ont été tissues par des fibres proveiiàm: aes
princip~s, qui sont les réceptacles de l'amour et de la sa-
gesse; et quand lilS princip~s sont tels, l~ pr~nc~pifs ne
) peuvent pas être autres, c'est oUl'quoi où vont leLprin-
Qip~, l~ê.principi~s suivent, ifs ne peuvent être sépares.
C'est de là que celui qui élève son Mental vers le Seigneur
a été élevé tout entier vers le Seigneur; et que celui qui
abaisse son Mental vers l'enfer a été abaissé tout entier
1vers l'enfer: voilà J;lourquoi l'homme vient tout entier se-
lon l'amour de sa VIe ou dans le Ciel ou dans l'enfer. C'est
un point de la Sagesse Angélique, que le Mental de l'hom-'

l me est l'homme, parce Dieu est Homme; et parce que le


corps e~t l'externe du mental qui sent et agiJ, et qu'ainSi
iIS sont un et non deux.
310. Il faut observer que les formes mêmes des mem,
bres, des organes et des viscères ùe l'homme, quant à la
contexture même, viennent des fibres qui tirent leur ori-
gine de'leurs principes dans les cerveaux, mais que ces
formes sont fixées par des substances etdes matières telles
qu'elles sont dans les lerres, et, d'après les terres, dans
( l'air et dans l'éthèr, ce qui se fait au moyen du sang; c'est
) pourquoi, afin que toutes les choses du corps subsistent
dans leur formation, et ainsi l'estent dans leurs fonctions
) l'homme doit être nouI'l'i d'un aliment naturel, et doit être
continuellement renouvelé,
Jl Y a correspondance de la Volonté avec le Cœur, et de
l'Entendement avec le Poumon.

311. Ceci va être démontré dans cette série (DTouLes les


choses du Mental se réfèrent à la Volonté et a l'Enlende-
ment, et toutes celles du corps se réfèrent au Cœur et au
Poumon.@ Il y a correspondance de la volonté et de l'en-
tendement avec le cœur et le poumon, et par suite corres-
pondance de toutes les choses du mental avec toutes celles
LA $A6ESSE ANGtblQUE

du corps.@. L~ volonté correspond al). cœur.@. L',enten-


dement cOl'respond au poumon.cYl Par cette correspon-
dance peu ven t être découvCl'ts beaucoup d'arcane,; sur la
volonté et l'entenùement, par conséquent aussi sU\' l'amour
et la sagesse. (Yi! Le Mental de l'homme est l'esprit de
l'homme, etl'espriL est 1 hom::w, et le corps est l'externe
par lequel le mental ou l'esprit sent et agit dans le Monde.
cY!ù Il Y a conj oncLion de l'esprit de l'homme avec le COI'pS
par la correspondance de sa volonté et de' son entende-
ment avec son cœur et !;Ion poumon, et il y a disjonction
par la non-correspondance.
372(1) TO,U,/;fvS les ahos{3s du Mental se réfè?'ent à la vo-
lonté et à l'entendement, et toutes celles dle C01'pS se ?'(ifèrent
au cœUl' et au poumon. Par le mental il n'est pas entendu
autre chose q/le la volonté et l'entendement, lesquels,
dans leur complexe, sont toutes les choses qui affectent
l'homme, et toutes celles que l'homme pense, ainsi toutes
celles qui appartiennent à l'affection et à la pensée de
l'homme; celles qui affectent l'homme appartiennent à sa
volonté, et cellrs que 1 homme pense appartieoIlent· à son
entendement. Que toutes les choses de la pensée de l'hom-
me appartiennent à son Entendement, on,le sait, puisque
l'homme pense d'apl'ils l'entendement; mais que toutes
les choses de l'affection de l'humme appal'tiennent à sa
volonté. on ne le sait pas de même; si l'on ne le sait pas
de même, c est pat'ce que, quand l'homme pense, il fait
attention lion pas à l'affection, mais seulement aux choses
qu'il pense; par exemple, quand il entend parler, il fait
attention non pas au son, mais au langage même, lorsque
cependant 1 <1t'l'0 'lion est dans la pensée absolument com-
me le son e~t ù<1ns le langage, Que l'affection appartienne
à la volonté, c'est parce que toute affection appartieIl~ à
l'amour, el que le réceptacle de l'amour est la volonté,
comme il a élù montré ci-dessus. Celui qui pe sait pas que
l'affection appiutient a la volonté confond l'affection avec
l'entendement, car il dit qu'elle est un avec la pensée,
néanmoins elles ne sont pas un, mais elles agissent com-
me un. Qu'on les confonde, cela est évident d'apl'ès le
langage ordinaire, quand on dit: Je ponse à faire cela,
c'est-à-dil'o, je veux faire cela; que cependant elles soient
deux, cela est encore évident ù après le langage ordinaire,
quand Oll dit: Je veux penser à ceUe chose:; et quand ou
SUR LE DIVIN AMOUR

y pense, l'affection de la volonté est flans la pensée de


l'entendement, C0mme le fon est dans le langage, ainsi
qu'il a été dit. Que toutes les choses du corps se réfèrent
au cœur et au poumon, cela est connu; mais qu'il y ait
correspondance du cœur et du poumon avec la volonté et
l'entendement. cela n'est point connu; c'est pourquoi il va
en être question dans- ce qui suit.
373. Puisque la Volonté et l'Entendement son t l'eS récep.
tacles de l'amour et de la sagesse, ils sont par conséquent
tous deux des formes organiques, ou des formes organi
sées avec de t(·ès-pures substances; car pour qu'elles
soient ('éceptacles,elles doivent être telles: peu im porte que
leur organisa lion ne se manifeste pas devant l'œil, elle est
pour l'intél'ieur de la vue de l'œil, même lorsque la vue est
aidée par de forts microscop8s : p0ur l'intérieur de la v:.te
sont aussi les très-petits insectes, dans lesquels il y a aussi
les organes des sens et du mouvement, car ils sentent, et
ils marchent et volent; qu'il y ait aussi en eux des cer-
veaux, des cœurs, des canaux pulmonaires, des viscères,
c'est ce que d'habiles anatomistes ont découvert à l'aide de
microscopes: puisque ces petits insectes ne se manifes-
tent pas devant la vue, ni à plus forte raison, les peUts vis-
cères dont ils sont composés, et puisqu'on ne nie pas que ces
petils viscères, jusqu'à chacune des cboses qui les compo-
sent, ne ~oient organisés, comment alors peut-on dire que
les deux réceptacles de l'amour et de la sagesse, qui sont
appelés volonté et entendement, ne sont pas des formes
organiques? Comment l'amour et la sagesse, qui sont la vie
procédant du Seigneur, peuvent-ils agir dans un non-sujet,
ou dans quelque chose qui n'existe pas substantiellement?
Comment la pensée peut-elle être inhérente autrement, et
comment quelqu'un peut-il parler d'après une pensée qui
n'est point inhérente? Le cerveau, où la pensée existe,
n'est-il pas plein. et tout ce qu'il contient n'y est-il pas
organise? Les formes organiques elles-mêmes y apparais-
sent même devant l'œil nu, et d'une manière saillante dans
la substance corticale les réceptacles de la volonté et de
l'entendement dans leurs principes, où ils sont vus comme
de petites ~landes ; sur ce suj et, voir ci-dessus, ~o 366. NI:)
pense pas,Je te prie, sur ces choses, d'après l'idée du vide, le
videestlenéant; et dans le néant rien ne se fait ; et rien n'exis-
te d'après le néant; SUl' l'idée du vide, voir ci-dessus, N° 82.
206 LA SAGESSE ANGtLIQUE

374.@ Il Y a correspondance de la volonté et de l'enten-


dement avec le cœur et le poumon, et pm' suite correspon-
dance de toutes les choses du mental avec toutps celles du
corps. Cela est nouveau, car jusqu'à présent cela n'a point
été connu, pal' la raison qu'on a ignoré ce que c'est que le
spirituel, et en quoi il difftll'e du naturel, et que par suite
on n'a pas su ce que c'est que la correspondance, car il y
a correspondance des spü'ituels avec les naturels, et par
cette correspondance se fait leur conjonction. Il est dit
que jusqu'à présent on a ignoré ce que c'est que le spiri-
tuel, et quelle est sa correspondance avec le naturel, et
. par conséquent ce que c'est que la correspondance; mais
néanmoins on aurait pu connaître l'un et l'autre. Qui ne
sait pas que l'affection et la pensée sont spirituelles, et
que par suite toutes les choses de l'atl'rction et de la pen-
sée sont spirituelles? Qui ne sait pas que l'action et le lan-
gage sont naturels et que par suite toutes les choses qui
appartiennent à l'action et au langage sont naturelles ~ Qui
ne sait pas que l'affection et la pensée, qui sont spirituel-
les, font que l'homme agit et parle? Qui par suite ne peul
pas savoir ce que c'est que la correspondance ties spiri tuels
avec les naturels ~ La pensée ne fai t-elle pas que la langue
parle; et l'affection, unie il la pensée, ne fait-elle pas que le
corps agit? Ce sont deux choses distinctes; je peux penser
et ne pas parler, et je peux vouloir et ne pas agir; et l'on
sait que le corps ne pense pas et ne veut pas, mais que la
pensée tombe dans le langage, et la volonté dans l'action.
L'all'ection ne brille·t-Plle pas aussi sur la face, et n'y pré-
sen te-t-elle pas un type d'elle-même ~ Chacun sai l cela. L'af-
fection considér<>e en elle-mème, n'esl-elle pas spirituelle,
et les changements de la face, qui sont aussi appelés airs
du visage. ne sont-ils pas naturels ~ Qui n'a pu conclure
de là qu'il y a correspondance, et que par suite il y a cor-
respondance de toutes les choses du mental avec toutes
cellps du corps; et que comme toutes les choses du mental
se réfèrent à l"affection et à la pensée, ou ce qui revien t au
même, à la volonté et à l'entendement, et toutes celles du
corps au cœur et au poumon, il y a correspondance de la
volonté avec le cœur, et de l'entendement avec le poumon?
Si de telles choses n'ont point encore été connues, quoi-
qu'elles auraient pu l'être, c'est parce que l'homme est
d.evenu tellement externe, qu'il n'a rien voulu reconnaHre
SUR LE DIVIN AMOUR 207
que le naturel; ce fut là le plaisir de son amour, et par
suite ce fut le 'plaisir de son entendement; c'est pourquoi,
élever la pensee au-dessus du naturel vers quelque spiri-
tuel séparé du naturel fut un déplaisir pour lui; c'est pour
cela que, d'après son amour naturel et le plaisir de cet
amour, il n'a pu que penser que le spirituel etait un natu-
rel plus pur, et que la correspondance était quelque chose
qui influe par continuité: et même l'homme entièrement
naturel ne peut pas penser à quelque chose séparé du na-
turel; ceci pour lui est comme rien. Si ces choses n'ont
point été vues et par suite n'ont point été connues jusqu'à
présent, c'est aussi parce que toutes les choses de la reli-
gion, qui sont appelées des spirituels, on t été éloignées
des regards de l'homme, par ce dogme admis dans tout
le Monde Chrétien, qu'il faut croire aveuglément les théo-
logiques, qui sont les spirituels que les Conciles et quel-
ques Chefs ont établ!s, parce que, comme on le dit, ils
surpassent l'entendement; de là quelques-unes on t cru
que le spirituel est comme un oiseau qui vole au-dessus
de l'air dans l'élher, où la vue de l'oeil n'alteinl pas, lors-
que cependant le spirituel est comme un Oiseau de para-
dis, qui vole près de l'oeil, touche la prunelle avec ses
belles ailes, et veut être vu: par la vue de l'oeil il est en-
tendu la vue intellectuelle.
375. La correspondance de la volonté et de l'entende-
ment avec le cœur et le poumon ne peut pas être confir
mée nûment, c'est-à-dire, seulement par des rationnels,
mais elle peut l'êtl'e par des effets: il en est de cela comme
des causes des choses; ces causes, il est vrai, peuvent
être vues rationnellement, mais non clairtlment. si ce n'est
par des effets, car les causes sont dans les ellets, et par
eux elles se font voir; le mental non plus ne se confirme
pas auparavant SUI' les causes; les effets de cette corres-
pondan~e seront présentés dans ce qui suit. Mais pour
qu'on ne tombe pas au sujetde cette Corl'espondance dans
des idées tirées des hypothèses sur l'àme, qu'on relise
d'abord avec allention ce qui a été monLré dans l'Article
précéden t, savoir: que l'Arnoul' et la Sagesse, et par suite
la Volonté et l'Entendement, font la vie même de l'homme,
N°' 363, 364; que la vie de l'homme est dans ses pl'incipes
dans les cel'veaux, et dans les p,'incipiés dans le corps, N°
1 365; que telle est la vie dans les principes, telle elle est
LA. SAGESSÉ ANG~LIQUE

dans le tb'ttt et dans chaque partie. N° 3'66 j fJuè ta vié p~r


ces principes est d'après chaque partie dans le tout, et (1: a-
près le tout dans chaque partie, N° 36i j que tel est l'amour,
telle est la sagesse, et par suite tel est l'homme, N° 368.
376. Ici, pour confirmation, je vais rapporter une reprê-
sentation de la correspondance de la volonté et de l'en-
tendement avec le cœur et le poumon, que j'ai vue dalls
le Ciel chez les anges: Ceux-ci, par un admirable et inex-
primable écoulement en courbes' (fluxionem in gyros),
formaient une ressemblance de r:œur et une ressemblence
de poumon, avec toutes les contextures intérieures qui y
sont, et àlors ils suivaient le t1ux du Ciel j car le ciel est
en effort pour de telles formes d'après l'influx de l'amour
et de la sagesse qui procèdent du Seigneur j et ainsi ils
représentaient la conjonction du cœur et du poumon, et
en même temps leur correspondance avec l'amour de la
volonté et avec la sagesse de l'entendement j ils appelaient
mariage céleste cette correspondance et celte union; en
disant qu'il en est de même dans tout le corps, et dans
chacun de ses membres, de ses organes et de ses viscè-
res, avec les choses qui là appartiennent au cœur et au
poumon; et que partout où le cœur et le poumon n'agis-
sent pas, et où chacun d'eux n'a pas ses alternatives, il
ne peut y avoir aucun mouvement de vie par un principe
volontaire quelconque, ni aucun sens de vie par un prin-
cipe intellectuel quelconque.
377. Comme, dans ce qui va suivre, il s'agit de la Cor-
respondance du Cœur et du Poumon avec la Volonté el
l'Entendement, et que sur cette Correspondance est fon-
dée celle de toutes les choses du corps, que l'on appelle
membres du tout, organes des sens et viscères du corps;
et comme la correspondance des naturels avec les sJ?iri-
tueis n'a point été connue jusqu'à présent, et que nean-
moins ellE' a été amplement mise en évidence dans deux
Ouvrages, dont l'un traite DU CIEL ET DE L'ENFER, et l'autre
du Sens spirituel de la Parole dans la' Genèse et dans
l'Exode, sous le titre d'ARCANES CÉLESTES, je vais indiquer
ici ce qui a été écrit et montré sur la Correspondance
dans ces deux Ouvrages. Dans l'Ouvrage DU CIEL ET DE
L'ENFER: De la Correspondance de toutes les choses du Ciel
avec toutes celles de l'homme. N°S 87 à 102. De la Corres-
pondance de toutes les choses du Ciel avec toutes celles de'ta
SUR LE DIVIN AMOUR 209
.,
terre, No' 103 à 11ti. Dans l'Ouvrage sur le Sens spirituel
de la Parole dans la Genèse eL dans l'Exode, sous le Litre
d'Anc.\NEs CEI.ESTES : De la COl'1'espondalwe de la face et de
ses physionomies avec les affections dit mental, Nos 'J 568,
2988, :;l9S9, 313:31, 4[!)û, 4797, 4800, ~'165, 5168, 5695, 0306.
De la C07Tespondanre du Corps quant à ses gestes et à ses
actions, avec les intellectuels et les volontai1'es, N°s 2988,
3632,4215. DI' la C01Tespondctnce des sens dans le commu,n,
Nos 43'18 à 1.:130. De la C01'1'espondance des yeux et de leur
vue, NOl 4'103 il 44'QO. De la C01'1'espondance des narines et
de l'odem', No' 1024 à 4601. De la Correspondance des 07'eil-
les et de l'ouie, Nus 'lü52 il 't(mo. De la C01'respondance de
la langue et du goût, No' -iï91 à 4'lü!). De la C01'1'espondance
des mains, des b1'as, des épaules et des pieds, Nos 4931 à '1953
De la Cor1'espondallce des lombes et des membres de la
génération, No' 5050 5062. De la c01'respondance des vis-
cè1'es i1lté1'ieltrs du rOJ'}ls, spécialement de l'estomac, du
tllynms, de la citune et des conduits du chyle, du mésen-
tè1'e, Nus 151ï1 :i 51i:lÜ, 0181. De la Correspondance de la
?'ale, No 969S. Do la C01'resvondance du péritoine, des ,'eins
etde la vessie, Nos 53/7 à:13\)0. De la Cor1'espondance du f'oie,
et des ronduits hépatique, cystiqlle et pancréatique, N°' 518;3
à ;)185, DI' la COl'l'esponrJrtnce des intestins, Nos ;)392 à 5395,
5:-'79. De la COI Tesponda 11 ce des os, Nos 5360 à 5564. De la
C01'1'espOndancH de la peou, N s 555:2 à 5573. De la C01'1'es-
pondance du Ciel auec l'homme, Nos \:111. 19' 10, 1982, 2996,
:19f)S, 3l:i2 '., il 3G't\), 3ï41 à 3743, 388~, 4051, .1279, 1423, !.~24,
4~25, G013, 60~ï, 92ï9, 9032. Que toutes les choses qui sont
dans le li/onde notw'el et dans ses trois 1'ègnes, c01'1'espon-
dpnt il toutes celles qui appm'aissent dans le Monde spiri-
tuel, Nos 'J632, 1881, 27::J8, ::W90 à 2993,2997 à 3003, 3:213 à
3227, iH.Sg, 3624 il 3liHI, "0H, 4053, 4116,4366,49;)9,51'16.
5Bi7, 5 'd'), 5't77, 8:211, \)280, Que toutes les choses qui appa-
raissent dans les Ciel/,r SOllt des Correspondan('es, N°,' 15:21,
15:~2, 1U19, il 'IG2:i, 1807, -1808, 197t, HJï!l, 1977, '1980, '1981,
2:299, 2601, ~2Iq, à3~:2l:i, ~349, 33~0.3475,31S5,3748,9481,
9570, 95/6, 9~7ï. De la C01'1'espondance du sens de la lettre
de la Porole et de son sens spirituel; il en a été parlé par-
tout dans ceL Ouvrage; voir aussi sur ('ette COI"I"('spon-
<;lance clans L\ Ducn\l:'m DE L_\ NOUVELLE .lÉnuS_\Lnl SIJJl L'E-
CRITURE S,\f:-<TE, N°s 5 à 2ü, 27 à 69,
378.@pLa Volonté c01'1'espond au Cœur. On ne peuL pas
14
210 LA SAGBSSE ANGtLIQUE

levoirà part d'une manière aussi claire que lorsque la volon-


té a été examinée dans les effets, ainsi qu'il a été dit ci-des-
sus: à pal't on peulle voir, en ce que toutes les affections qui
a"'lpa 'tiennent à l'amoUl' inil'oduisent dans le cœur des
cbangements quan t à ses bat,ements, comme cela est évi-
dent par le pouls des artères qui agissent d'une manière
synchrone avec le cœur; les changements et les batte-
ments du cœur selon les affections de l'amour' sontinnom-
brables; ceux qui sont senlis pal' le doigt consistent seu-
lement en ce que le cœur bat lentement ou vivement,
haut ou faiblement, mollement ou uurement, également
ou inégalement, etc. ; ainsi. dans la joie autrement que
dans la tristesse, dans la tranquillité d'esprit autrement
que dans la colère, dans l'intrépidité autrement que dans
la peur, dans les maladies chaudes autrement que dans
les maladies froides, etc. Comme les mouvements du
cœur, qui sont appelés systole et diastole, changent et
varient ainsi selon les affections de chaque amour, c'est
pour cela que plusieurs des anciens, et d'après eux quel-
ques modernes, ont attl'ibué les affections au cœur, etont
aussi fixé là leur siège; de là son t venues dans le langage
ordinaire ces expressions: Cœur magnanime et Cœur ti-
mide, Cœur joyeux et cœur triste, Cœur mou et Cœur dur,
Cœur grand et Cœul' pusillanime, Cœur entier et Cœur
brisé, Cœur de cbair et Cœul' de pierre; lourd, mou, doux
de Cœur; donner du Cœur pOUl' faire, donner un même
Cœur. donner un Cœur nouveau, remettre de Cœur, rece-
voir de Cœur, il ne vient pas sur le Cœur, s'obstiner de
Cœur; ami de Cœur; de là les termes de Concorde, Dis-
corde, Vécorùe, (làcheté de CœUl'), et plusieurs autres
semblables qui appartiennent à l'amour et aux affections
de l'amour. La Parole s'exprime de la mpme manière; et
cela, parce que la Parole a été écrite pal' Correspondances.
Soit que l'on dise l'amour ou la volon té, c'est la même
chose, puisque le réceptacle de l'amour est la volonté,
comme il a pté dit ci-dessus
379. On sait que dans l'homme et. dans chaque animal
il y a une Chaleur vitale, mais quelle en est l'origine, on
ne le sait pas; chacun en parle par conjecture; ceux donc
qui n'ont rien su de la Correspondance des naturels avec
les spirituels, en ont attribue l'origine à la chaleur du
soleil, quelques-uns à l'activité des parties, d'autres à la
SUR LE DIVIN AMOUR 211
vie elle-même, mais comme ils ignoraient ce que c'est que
la vie, en disant cela ils ne pénétraient pas plus avant.
Au contraire, celui qui sait quïl y a une correspondance
de l'amour et des atl'ections de 1 amour avec le cœur et
les dérivations du cœllI', peut savoir que l'amour est l'ori-
gine de la chaleur vitale; en effet, l'Amour procède, com-
me Chaleur, du Soleil spirituel oil est le Seigneur, et esl
aussi senti comme Chaleur par les a:lges ; celte Chaleur
spirituelle, qui dans son essence est l'amOlli', est celle qui
influe par correspondance dans le Cœur el dans son sang,
et y introduit la chaleur, et en même temps le vivifie: on
sait que l'homme, scion son amour et le degl'é de l'amour,
s'échautl'e et pOUl' ainsi dire s'embrase, et que selon le
décroissement de l'amour il s'engourdit et se refroidit;
Clll' on sent cela et on le voit, on le sent par la chaleur de
tout le corps, et on le voit par la rougeur de la face; et si
au conlraire il y fi extinction, on le sent par le froid du
corps, el on le voit par la pâleul' de la face. Comme l'A-
mour est la vie de l'homme, le cœur esl par cela m{>me le
premiel' et le dernier de la vie de l'homme; et puisque
l'Amour est la vie de l 'homme. et que l'âme dil'ige sa vie
dans le COl'pS par le sang, c"est pour cela que le sang dans
la Parole est appelé âme, . - Gen. IX. 4. Lévi l. XVII. 14. -
Dans la suite il !era dit ce qui est enlendu par l'âme dans
divers sens.
380. Si le sang est l'ouge, (:'est aussi d'apI'ès la corres-
pondance du cœur etdu sang avec l'amour el les affections
de l'amour: en effet, dans le Monde spirituel, il y a des
couleurs de toute espèce; les couleurs rouge et ))lanche
sont les couleurs fondamentales. et toutes les autres ti-
rent leurs variétés de ces deux couleurs et des couleurs
opposées, q~lÏ sont le roux el le noir; la cou,leur rouge y
correspond a l'amour, et la couleur blanche a la sagesse.
Si la couleur rouge correspond ;i l'amour, ('.'est par~e
qu'elle lire son origine du feu du Soleil spirituel, et si la
couleur blanche corl'espond il la sagesse, c'est parco qu'elle
tire son origine de la lumièr'e de ce Soleil; et comme il y
a conespondance de l'amour avec le cœur, il s'ensuit que
le sang ne peul pas ne pas {>trn rouge, el ne pas indiquer
son origine. Do la vient que dans les Cieux où l'amour
envel'S le Seigneur règne, la lumière est enflammée, et là
les anges sont vêtus d'habillements de pourpre; et que
212 LA SAGESSE ANGtLIQUE

dans les Cieux où la sagesse règne, la lumière est d'un


blanc éclatant, et là les anges sont vêtus d'habillements
de fin lin blanc.
381. Les Cieux sont distingués en deux Royaumes, dont
l'un est appelé Céleste, et l'autre Spirituel; dans le Ho-
yaume Céleste règne l'amour envers le SE'ignem, et dans
le Hoyaume Spirituel régne la sagesse procédant de cel
amour; le Royaume où règnt' l'amour est appelé le Car-
diaque du Ciel, et le Royaume où règne la sa.gesse est
appelé le Pulmonaire du Ciel. Il faut qu'on sache que tout
le Ciel angélique dans son complexe rE'pl'ésen te un seul
Homme, et que devant le Seigneur il appal'ail c~mme un
seul homme; c'est pourquoi son Cœur constituE' un Ro-
yaume, et son Poumon constitue l'autre ; cal' il y a un
Mou\'ement cal'diaque et un Mouvement pulmonaIre en
commun dans tout le ciel, et par suite en particulier dans
chaque ange; et les mouvements communs, cardiaque et
pulmonaire, viennent du Seigneur Seul, pm'ce que de Lui
Seul viennentl'amoUl' et la sagesse: en ell'rt, dans le So-
leil où est le Seigneur, et qui procède du Seigneur, il y a
ces deux mouvements, et par suite ils sont dans le Ciel
angélique et dans l'univers: fais abstl'action des espaces
et pense à la Toute-Présence, et tu seras confirmé que
cela est ainsi. Que les Cieux aient été distingués en deux
Royaumes, le Céleste et le Spil'ituel, on le voil dans 10
Traité DU CIEL ET DE L'ENFEH, Nos 26, 27, 28; et que tout le
Ciel Angélique dans le complexe représente un seul Hom-
me, on le voit dans le même Traite, NuS 59 à R7,
382.@ L'Entendement correspond au Poumon, C'est
une suite de ce qui a été dit de la correspondance de la
volonté avec le rŒUI' ; car il y 'a deux choses qui règnent
dans l'homme spirituel ou dans le Men tal, c· est la Vo,
lonté et rEntE'nd(~ment, et deux qui règnent dans l'homme
naturel ou dans le Corps, c'est le Cœur et le Poumon; et
il y a une correspondance de toutes les choses du )'lenlal
avec toutes celles du Corps, comme il vient d'êlre dit; de
là il résulte que, puisque la Volonté cOl'respond au Cœur,
l'Entendement correspond au Poumon, Chacun peut aussi
en soi-même remarquer que l'Entendement correspond
au Poumon, non-seulement d'après sa pensée, mais aussi
d'après son langage; D'après la pensée: Qui que ce soit ne
peut penser sans le concours et sans l'accord du souffle
SUR LE DIV1Nl AMOUR 213
pulmonaire; c'est pourquoi si l'on pense tacitement, on
respil'e tacitement; si l'on pense profondément. on respire
pl'ofondément ; on retire et on relàche. on comprime et on
élève le poumon selon la pensée, ainsi scIon l'influx de
l'affection d'après l'amour, lentement, rapidement, vive-
ment, doucement, attenLivement; et même si on contient
tout-à-fait Je souftle, on ne peut pas penser, sinon dans
son esprit d'après la respiration de l'esprit, ce qui n'est
pas apercu d'une manière manifeste, D'après le langage:
En efl'et, il ne sort pas de la bouche le plus pelit mot sans
le secours du poumon, car le son, qui est articulé en mots,
vien t tout enlie!' du poumon pal' la t!'achée et pal' l'épiglotte;
c'est poul'quoi, selon le gonllement de ce soufflet et l'ou-
vel'ture de son passage, le langage s'élève jusqu'au cri, et
selon la contl'action il diminue; et si le passage est bou-
ché, le langage cesse avec la pensée.
383. Puisque l'Entendement cOl'1'espond au Poumon, et
que par suite la Pensée correspond à la l'espil'ation du
poumon, c'est pOUl' cela que dans la Pa!'ole par l'Ame et pal'
l'Espl'it il est signifié l'Entendement; ainsi, il est dit: « Tu
aime1'us le Seigneur ton Dieu de tout ton Cœ/(r et de tottle
ton Ame, J - MatLlt. XXlI. 37. - « Dieu donnera un nou-
veau Cœu1' et un nouvel ESPl'it, ') - Ezéch. XXXVI. 26, Ps.
LL 12.13; - que le Cœur signifie l'amour de la volonté,
cela vient d'être montl'é: ainsi, pm' l'àme et par l'esprit il
est signifié la sagesse de l'entendement. Que pal' l'Esprit
de Dieu. (!ui est aussi appelè l'Esprit Sain t, il soit entendu
la Divine Sagesse, el pal' suite la Divine Vérité, par la-
<I,uelle l'illustl'ation se fai t chez l'homme, on le voit dans
I_A DOCTlU1Œ DE 1.\ NOUVELLE JÉRU~,\LEM SUR LE SEIGNEUR, N°S
5n, ü1. C'est pour cela que f le Seig/Lew' Rouffla sur les
disciples, et dü.· Recevez un ESP1'it Sai11t, ) - Jean, XX,
22. - c'est aussi pOUl' cela quïl est dit, f que Jéhovah-
Dien souffla dans les narines d'Adam une â?ne dl' vies, et
qu'il (~tt l'ait en âme vivante, » - Gen. Il. 7; - et qu'il a
été dit au prophète: «Prophétise sur l'espl'it, et d~'s au vent,'
Des quatre vents viens espi'it, et souffle dans ces tués. afin
qu'ils vivent. » --- Ezéch. XXXVlI, 9; - pareillement ail-
leurs: c'est de là que le Seigneur est appelé Esprit des
Nm'il1es, eL aussi Souffle de lJie, Comme la respil'ation
passe par les nal'ines, c'esL pour cela qu'elles signifient la
perception, et qu'on dit de l'inLelligent qu'il a le nez fin,
214 LA SAGESSE ANGtLIQUE

et. de l'ininlelligent qu'il esl obesœ naris (qu'il a le nez


bouché), De la vient aussi que dans h Langue Hébraïque,
el dan~ quelques autres langues, l"espr'il eLle vent salit un
mème mol: en effet, le mot e~pl'il lire s:;n origine de
l'animation; c'esl pourquoi quand l'homme memt, on dit
aussi qu'il l'enù l'àme. De la vient encore que l'homme
croit que l'espl'il est un venl ou quelque ,chose d'aérien,
tel qu'est le souffle expiré du poumon, el qu'il en esl de
même de l'tune. D'après cela, on peul VOil' que, par aimer
Dieu de toul cœur et de toute àll1e, il est entendu l'aimer
de tout amour et de lout entendement; el que par donner
un nouveau cœur et un nouvel espl'it. il esL enLendu don-
nel' une nou\'elle volonté et un nouvel entendement. L'es-
prit signifiant l'entendement, voila poul'quoi il est dit de
Bézaléel, qu" il {ut t'empli de l'esp,'it de sagesse, d'intelligen-
re et de science, - Exod, XXXI,;3 ; - et de Josué, qu'il {ut
?'empli de l'esprit de sagesse, - Deut. XXXIV, 9; - et de
Daniel pal' Nébuchadnézar, qu'il y avait en lui un esp1'it
excellent de science, d'intelligence et de sagesse, - Dan, V,
11, 12, 14 ; - et ùans Esaïe : ( Que ceux dont l'esprit est
égaré connaissent l'intelligence! t - XXIX, 2'1., - Pareille-
lllent dans beaucoup (l'autl'es endroits,
384, Comme toutes les choses du Mental se réfèl'ent à la
Volonté et à l'Entendement, et tauLes celles du C.orps au
Cœur et au Poumon, c'est pour cela que dans la 'fête il y
a deux Cerveaux, et quïls sont distincts entl'e eux comme
le sont entl'e eux la volonté et l'enLendement; le Cervelet
est principalement pour la Volon té, et le Cerveau pl'Ïnci pa-
Iement pOUl' l'Entendement: pal'eillement le Cœur et le
Poumon dans le COl'pS son t distincts des au tres parties
qui s'y trouvent; ils cn sont distingués par le diaphragme,
et sont envil'onnés d'une 0nveloppe propre, qui est
nommée plèvre, et ils constituenL cetLe partie du corps
qu'on nomme Poitl'ine, !Jans les auLres parties du corps
qui sonL nommées Meml.Jl'es, Ol'ganes, Yiscères, ces deux
son t conjoints, c'est pourquoi aussi ces parties sonL par
paires, par exemple, les br'as el les mains, les lombes et
les pieds, les yeux, les narines; dans le Corps les reins,
les uréLèl'es, les testicules; et les viscèl'es qui ne sonL pas
par paires onL été divisés en dl'oiLe et gauche; en outre,
le Cel'veau lui-même a été divisé cn deux hémisphères,
le Cœur lui-même en deux ventricules, el le Poumon lui-
SUR LE DIVIN AMOUR 215
même en deux lobes; leur droite se réfère au bien du vrai,
el leUl' gauche au vrai du bien; ou, ce qui est la même
chose, la dl'oiLe se réfère au bien de l'amour d'où procède
le vrai de la sagesse, et la gauche au vrai de la sagesse
pl'océdant du bien de l'amOllI' : et comme la con jonc lion
du bien el du vrai est récipl'oque, et que celle conjonction
faiL qu'ils sont comme un seul, c'est pour cela aussi que
dans l'homme ces pail'es agissent ensemble et conjointe-
ment dans les fonctions, dans les mouvements et dans les
sens,
.385,@ Par cette Correspondance peuvent étl'e découverts
beaucoup d'arcanes sw' la volonté et l'entendement, par
conséquent aussi sw' l'amoll?' et la sagesse, Dans le Monde
on sait a peine ce que c'est que la volonté et ce que c'est
que l'amour. pat'ce que l'homme ne peut par lui-même
aimer et d'après l'amour vouloil', de même qu'il peut
comme par lui-même comprendre et penser; pareillement
il ne peut pas par lui-même pousser son cœur à se mou-
voir, de même qu'il peut Pal' lui-mêm'l poussel' son pou-
mon à l'eSpil'er : maintenant, puisque dans le Monde on
sait à peine ce que c'est que la volontp, et l'amour, et que
cependant on sail ce que c'est que le cœur et le poumon,
car ces lleux-ci se présentent devant les yeux et peuvent
êtl'e examinés, etont aussi élé examinés el décrits par les
anatomistes, landis que la volonté et l'entendement ne se
présentent pas devant les yeux et ne peuvent pas être exa-
minrs, voilà pourquoi, lorsqu'on sait qu'ils correspondent,
et que par la correspondance ils agissent comme un, on
peut décou\Tir sur la volonté et l'entendement beaucoup
d'arcanes qui, autrement, ne peuvent pas être découverts;
pal' exelIlple, SUI' la conjonction de la volonté avec l'en-
tendement, et sur la conjonction réciproque de l'entende-
ment avec la yolonté; ou sur la conjonction de l'amour
a\'ec la sagesse, et SUI' la conjonction réciproque cie la sa-
gesse avec l'amour; puis, SUI' la dérivation de l'amour
dans les atl'ections et sUl'les consocialions des affections,
et sur leur intlux dans les pel'ceplions et les pellsées, et
lmfin selon la correspondance dans les actes et dans les
sens du corps, Ces arcanes et beaucoup d'autres peuvent
être non-seulement découverts, mais même démontrés
d'apt'ès la conjonction du cœur et du poumon, et d'après
l'influx du sang qui va du cœur dans le poumon, el réci-
216 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

proquemen t du poumon dans le calUl" et de là pal' les ar·


tères dans Lous les memb\"(:~s, dans tous les organes et
dans Lous les viscères du COl'pS,
38ti.@ Le mental de l'homme est l'espl'it de l'homme, et
l'esp1'it est t'homme, et l,~ ('01'1'8 est l'externe pm' lequel le
mental ou l'e8p/'it spnt et agit dans le monde. Que le ~len­
tal de l'homme soit l'espl·iL de l'homme, et que l'esprit soit
rhomme, c'est ce que ne peuvent pas recevoir facilement
pal' la foi ceux qui ont pensé que l'esprit est un vent, et
que l'àme est comme quelque chose d'éthéré, tel qu·est le
souftle exhalé paI' le poumun, car ils disent: Comment
l'esprit peut-il èLre rhomme, puisque c'est l'espl'it'? et
commentl'àme peut-elle êLre l'homme, puisque c'estl'àme?
ils s'expriment de la même manière a l'égard de Dieu,
pal'ce qu'il est appelé Espl'it '? Cette idée sUl'l'esprit et SUI'
l'àme, ils l'onttiI'ée de ce que dans!quelques :angues 1'es-
priL et le vent sont un même mot; puis aussi de ce que,
quand l'homme meurt. on dit qu'il rend l'esprit ou l'àme,
et que la vie l'evienl quand l'esprit ou l'âme (soÛ{fl~) du
poumon )'cvicnt chez ceux qui ont été suffoqués ou qui
sonL tombés en défaillance; et comme alol's ils n'aper(:oi-
vent que du vent et de rail', ils ont jugé d'après l'œil et le
sens du COl'pS que l'espl'i t et l'âme de l'homme, apl'ès la
mort, ce n·est point l"homme. De ce jugement corporel
sUl'l'espl'i t et sur l'âme son Lrésultées divel'ses :,ypol.heses,
et de 11 est née la foi que l'homme ne devient homme
qu'au jour du Jugement dernier, et que jusqu'à ce mo-
ment il demeure en quelque lieu, et allend la réunion,
selon ce qui a éLé dit dans la CO:-iT\I-oU.\TlON SCll LE JUGE~IE~·r
DER:ilER, N°S 32 à 38. Comme le Mental de l'homme est
l'esprit de l'homme, c'e"t poUl' cela que les anges, qui
aussi sont des esprits, sont appelés Mentais,
387, Que le ~Iental de 1 homme soit l'esprit de l'homme,
etque l'espri t soill'homme, c'est parce quI' pm'le ~J entai sont
entendues toutes les choses de la volonté et de l'entende-
ment de rhomme, et que ces choses sont dans les princi-
pes dans les Cerveaux, eL dans les principiés dans le COI'PS,
pal' consèquent sont Loutes les choses de l'homme, quant
a leurs formes; et comme il en est ainsi, voilà pOUl'quoi le
Mental, c·est-à-diI'e, la Volonté et l'Entendement, met en
action à son gl·é le corps et toutes les parti('s du corps;
est-ce que le corps ne fail pas tout ce que le mental pense
SUR LE DIVIN AMOUR 217
et veut? le men lai diri,!.re l'oreille pour entendre et dispose
l'œil pOUl' voir, le mental meulla langue et les lèvres pour
parler, il III cl en mouvemellt les mains et les doigts pour
faire ce qu'il lui plaît, etlcs pieds pOUl' mal'chel' Où il veut;
est ce qu'ainsi le COl'pS est autre chose qu'une ohéissance
à son mental? esl-co que If' COl'pS peul être tel, si le men-
tal n'est pas dans ses principiés dans le corps t est-il con-
forme à la l'aison de penser que le corps agit pal' obéis-
sance parce que le mental veut ainsi? de celte manière
ils seraient deux, l'un au-dessus el l'aulreau-dessous, l'un
ordonnerait et l'autre obéirait? cela n'plant nullement
conformo à la raison, il s'ensuil que la vio de l'homme est
dans les principes dans les cerveaux, et dans les princi-
piés dans le COl'PS, selon ce qui a élé dit ci-dessus, Nu 305 ;
et aussi que, telle est la vie dans les principes, telle elle
est dans le lout et dans chaque partie, No 3ü6; et que la
vie pal' ces pl'lncipes est d'après chaque pm'Lio dalls le
tout, et d'apl'ès 10 tout dans chaque partie, ~o 367, QUf'
toutes les choses du Menlal se réfèrent à la Volonlr et
ft l'Entondement. Clt que la Volon lé et l'Entendement
soient les réceptacles de l'amour et de la sagesse procé-
dant du Seigneur, et que ces deux fassent la vie do
l'homme, c'est ce qui a él.é montré dans les articles pré-
cédents,
388, D'apl'ès cc qui vient d'êtro dit, on peut encore voir
que le Jlental de nlOmme est l'homme lui-mème j cal' les
premiers ruJiments do la fOl'me humaine, ou la fOl'me
humaille elle-même avec toutes et chacune de ses pat'Iies
vient des principes conLinués du con'eau à travprs les
nerfs, selon ce qui a pLé aussi mon tl'é ci-dessus, CeLLe forme
est cello dans laquelle l'homme vient après la mort, et lui
alol's est uppel(' espl'it el ange, et il eslllOrnme en toute
perfection, mais homme spirituel: la forme maLél'ielip. qui
a été ajouté'p et sUl'vètue dans le MOllde, n'est pas une
forme humaine d'apl'ès elle-même. mais elle l'est d'après
celle-là; elle a éLé ajoutée et sUl'\'êtue, afin que l'homme
pût fail'e des usages dans le monde natUl'el, et aussi em-
pOl'Ler avec lui, pour contenant des spil'iLuels, quplque
chose de fixe til'é des substances les plus pUl'èS du monde,
et ainsi continuor et perpétuor la vie, Cest un point de la
sngesse angélique. que le men Lai de l'homme, non-seule-
ment dans le commun, mais encore dans tout pal'ticulier,
218 LA SAGESSE ANG~LIQUE

est dans un perpétuel effort pour la forme humaine, parce


que Dieu est Homme.
389, POUl' qu'un homme soit homme, il lie doi t lui man-
quer, ni dans la Tète, ni dans le Co'1:'s, aucune des par-
ties qui existent dans un homme parfait, cal' il n'est rien
là qui n'entre dans celle forme et ne la constitue; en effet,
c'est la forme de l'amour et de la sagesse, forme qui, con-
sidél'ée en elle-même, est Divine; il Y a en elle toutes les
déterminatiolls de l'Amour et de la Sagesse, qui son t infi-
nies dans Dieu-Homme, mais finies dans son image, qui
est l'homme. l'ange et l'esprit: s'il manquait quelqu'une
des parties qui existent dans l'homme, il manquel'ait, cor-
respondant à cette partie, quelque chose d'une détermina-
tion provenant de l'amour et de la sagesse, par quoi le
Seigneur pût chez l'homme êtl'e des pl'emiers dans les
derniers, et d'après son Divin amoul' par sa Di vine sagesse
pour\,0AAux usages dans le Monde créé,
39:1.~! Il y a conjonction de l'~Sp1'it de l'homme avec le
corps pa?' la c01'l'espondance de sa volonté et de son enten-
dement avec son cœw' et son poumon, et il y a disjonction
par la non-co1'1'espondance, Puisque jusqu'à présent on a
ignoré que le Mental de l'homme, pal' lequel il est entendu
la volonté et l'entendement, est l'esprit de l'homme, et
que l'esprit est l'homme, e~ ql] 'on a ignoré que l'espri t de'
l'homme a un pouls et unp, respiJ'ation cornille le corps,
on n'a pas pu savoir que le pouls et la respiration de l'es-
prit dans 1 homme influent dans le pouls et dans la respi-
ration de son COl'PS, et les produisent. Puis donc que l'es-
prit de l'homme jouit d'un pouls et d'une respiration com-
me le corps, il s'ensuit qu'il y a une semblable ~orrespon­
dance du pouls et de la respiJ'ation de l'esprit de l'homme
avec le pouls et la respiration de son COI'pS, cal' le mental,
comme il a été dil, est l'esprit de l'homme; c'est pourquoi
lorsque la correspondance de ces deux mouvements cesse,
il se fait une sépar2tion, qui est la mort. La séparation ou la
mort arrive, quand le COl'pS par quelque maladie ou quel-
que accident vient dans cet ptat, qu'il nepeut pas agir com-
me un avec son esprit, car ainsi périt la (;Orrei'pondance, et
avec la conespondance la conj onction; non pas quand cesse
la respil'ation seule, mais quand cesse le pouls du cœur; car
tant que le cœur bat,l'amour avecsa chaleur vitale reste et
conserve la v.ie, comme cela eslévident pal' les défaillances
SUR LE DIVIN AMOUR 219
et les suffocations, et aussi par l'élat de la vie de l'embl'yon
dans l'utérus, En un mot, la vie du corps de l'homllle dépend
de la corl'espondance de son pouls et de sa respil'ation avec
le pouls et la respiration de son esprit, et quand celle cor·
respondance cesse, la vie du COl'pS cesse, et son espl'it s'en
va, et continue dans le ~londe spirituel sa vie, qui est tel,
lement semblable à sa vie dans le Monde naturel, qu'il ne
sait pas qu'il a quitté ce monde, La plupart sont dans le
Monde spirituel deux jOUl'S apI'ès avoir laissé le corps;
car j'ai conversé avec quelques-uns deux jours après.
391, Que l'esprit jouisse du pouls et de la respiration
comme l'homme du mOllllp dans le COI'pS, c'est ce qui ne
peul éll'e contirmé que pal' les esprits eux-mémes et pal'
les anges, quand il est donné permission de converser
avec eux; celle permission m'a élé donnée; c'est pour-
quoi. les ayant intenogés sur ce sujet, ils m'ont dit qu'ils
( sont hommes comme les hommes dans le monde; qu'ils
\ jouissenl également d'un corps, mais spirituel, et qu'ils
sentent le pouls du cœur dans la poitrine, et celui des
al'tèl'es au poigne l, comme ceux qui son l hommes dans le
1 Monde natUl'el ; j'en ai interrogé un gl'and nombre, el ils
m'ont dit la méme chose. Que l'esprit de l'homme respit'e
dans son COI'pS, il m'a élé donné de le savoir pal' ma pro-
pre expél'ience: Un jour il fut donné permission aux An·
ge<; de diriger ma respiration, el de la diminuer à leur
gré, et enfin de la reLit'er jusqu'à ce qu'il ne restât que la
seule respit'ation de mon espl'it, que je per~us alors pal'
le sens: que la méme chose me soit al'l'ivée, quand il me
fut donné de connaiLre l'étatdes mourants, on le voit dans
le Traité }IU CIEL ET DE I:EKFER, N" 41.9. Parfois aussi j'ai
été réduit à la seule respiraLion de mon espril. que j'ai
alors per('ue par le sens être concordante avec la l'espit'a-
lion commune du Ciel: plusieurs fois encore j'ai été dans
un semblable état avec les anges, et élevé aussi vers eux
dans le Ciel, et alot,s dans l'esprit hors du corps, et j'ai
parlé avec euxen l'e~pirant comme dans le monde, D'après
ces expériences et d'autl'es inslructions frappantes, j'ai
vu clairement que l'esprit de l'homme respiI'e non-seule-
ment dans le COl'pS, mais aussi après qu'il a laissé le corp~;
et que la respiration de l'esprit esl si tacite, qu'elle n'est
pas percue pat' l'homme; et qu'elle influe dans la respira-
lion manifeste du corps, à peu près comme la cause dans
220 LA SAGESSE ANG~LIQUE

l'effet, el comme la pensée dans le poumon et par le pou-


mon dans le langage. D'après cela, il esl encore évident
qu'il y a conjonc Lion de l'esprit et du corps chez l'homme
pal' la conespondance du mouvement cal'diayue et du
mouvement pulmonaire de l'un et de l'autl'e.
092. Si ces deux mouvemcnls, le cal'diaque et le pulmo-
naire. exisLent et per'sislent, c'est parce que touL le Ciel
Angélique, lant dans l.! co::;,mull que dans le parLiculier,
est dans ces deux mouvements de la vie; que tout le Ciel
Angélique soit dans ces deux mouvempnLs, c'est parce
que le 8eigneur par le Soleil, oit il est Lui-~lème et qui
procède de Lui, les y introduit; CUl' ce Soleil opèred'après
le Seigneur ces deux mouvements: et comme toutes les
chose ..; du Ciel et du Monde dépendent du Seigneur par
ce Soleil, dans un pareil lien, d'apl'ès leu\' forme, de
même qu'un ouvrage enchaîllé dppuis le pl'8mier jus-
qu'aux derniers, et comme la vie de l'amoul" et dr la sa-
gesse procède du Seigneur, et que toutes les forces de
l'univers viennent de la vie, il est évident que l'ol'iginc
ne vienL pas d·ailleurs. Il suit de la que leur vUl'ialion est
selon la r6ception de l'amoul' et de la sagesse,
393. Dans la suite il en sera dit davantage sur la Corres-
pondance de ces momements; par exemple. quelle est
celle correspJndan~e chez ceu', qui respirent avec le ciel,
et quelle elle est chez ceux qui l'espirent avec l'enfer; 8L
aussi quelle elle est chez ceux qui parlent avec le ciel eL pen-
sen Laree l'enfer, ainsi cbez les hypocrites, les flatLeurs, les
fOUl'bcs eL autres.

D'après la Correspondance du Cœw' avec la Volonté et


de l'Entendement avec le Poumon, on peut savoù' tou-
tes les choses qui peuvent étl'e sues sur la Volonté et
l'Entendement, ou sur l"AIIWU1' et la Sagesse, ain-
si sur l'Ame de l'homme,

394, Dans le Monde savant, il en est beaucoup qui ont


sué sur la recherche de l'Ame; mais comme ilf> ne savaient
riell ùu monde Rpil'iluel, ni de l'état de l'homme après la
mort, ils n'ont pu que bàLil' des hypothèses, non sur ce
qu'est l'àme, mais sur l'opéralion de l'àme dans le corps:
sur ce qu'est l'àme, ils n'ont pu avoir d'autre idée que
SUR LE DIVIN AMOUR 221
celle qu'ils ont de quelque ('hose de tl'ès-pul' dans l'élhrl',
et, sur le contenant de l'â111e, qUE' l'idée qu'ils ont de l'é-
ther; SUI' ce sujet cependant ils n'onl osé puhlier quo peu
de choses, de peul' d'atll'ibuer à l'Ame quelque nalUl'el,
sachant. que l'Ame est spil'iLuelle. Or, comme ils ont ainsi
con<:,u l'Ame, et que cependant il leU\' était connu que
l'Ame opère dans le Corps, et y produit loules le:, choses
qui se l'apporlent au sens ..t au mouvement, voib pOUl'-
quoi. ainsi qu'il a été dit, ils ont sué sur' la l'echerche de
l'opération de l'Ame dans le COI'pS, quïls onl dite avoir
lieu, Ips uns par intlux, les autl'es par ha1'nlonie : mais
comme de celle manière il n'a élé découvert rien à quoi
puisse acquiescel' un Menlal qui "eut voil' si la chose est
ainsi, il m'a en conséquence été donné de convel'ser avec
les Anges, et d'être illustré SUI' ce sujet pal' leU\' sagesse;
d'après cetle sagesse, j'ai su que l'Ame de l'homme, la-
quelle vH aprps la mort, appal'tient à l'esprit de l'homme,
que cet espI'i t est homme daus une forme pad'aile, que
l'âme de l'esprit est la volonté et l'entendement, que l'âme
de la volonté et de l'entendement est l'Amour et la Sa-
gesse qui procèdent du SeigneUl', que c'est cet amour et
ceLLe sagesse qni font la vie de l'homme, Iaquplle vient du
SeigneuI' seul, et que le Seigneur, afin qu'il soit renl par
l'homme, fait que la vie appm'aisse comme appartenant à
l'homme; mais de peul' que l'homme ne s'attribue la yie
comme sienne, et ainsi ne se prive de la réception du Sei-
gneur, le Seigneur a aussi enseigné que tout ce qui ap-
partient à l'amOlli', qu'on appelle bien, et tout ce qui ap-
partient à la sagesse, qu'on appelle vl'ai, procèdent de
Lui, et qlle rien dIt bien ni du ''l'ai ne vient de l'homme;
et que, comme ces deux sont la vie. tout ce qui appartient
à la vic, qui ('st vie, procède de Lui.
395. Comme l'Ame, quant à son ètl'e même, estl'amoUl'
et la sagesse, et que ces deux qui pl'ocrdellt du Seigneur
sont chez l'homme, c'est pour cela qu'il a été crré chez
l'homme ùeux I·éceptaclcs, qui sont aussi les habi tacles
du Seigneur chez l'Ïlomme, l'un pOUi' l'amour', et l'autre
pour la sagesse; celui qui est pour l'amour est appelé
Volonté, el celui qui est pour la sagesse est appelé En-
tendement : maintenant, puisque l'Amour et la Sagesse
dan.; le Seigneur sont distinctement un, N°s 17 à :22; et
que le Divin Amour du Seigneur appartient à sa Divine
222 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

Sagesse, et sa Divine Sagesse à son Divin Amour, 1'\°5 34,


il 39; et puisquïls pI'Qcèdent pareillement de Dieu-Homme,
c'est-à-dire, du Sdgneur, c est pOUl' cela que dans l'hom-
me ces deux réceptacles et habitacles, qui sont appelés
Volonté et Entendement. ont été (:réés pal' le Seigneur,
de manière qu'ils soient distinctement deux, mais que
néanmoins ils fassent comme un dans toute opél'ation et
dans toute sensation; en effet, la volon té et l'en tendement
ne peuvent être sèparés ni dans 1 opération ni dans la sen-
sation. Mais pOUl' que l'homme pût devenir réceptacle et
habitacle, il fut établi. d'après la nécessité de la fin, que
l'Entendement de l'homme pourrait étl'e élevé au-dessus
du prop!'e amour de l'ho~llme dans quelque lumière de la
sagesse, dans l'amouI' de laquelle il n'est point, et pal' là
voir et apprendl'e comment il doit vivl'e, afin de ,'enir
aussi dans cet amour', et de jouir ainsi de la béaLiLude
pour l'éternité, Or, comme J'homme a abusé de la facullé
d'éle\'er l'entendement au-dessus de son pl'opre amour, il
a ainsi détruit chez lui ce qui pouvait être l'éceptacle et
habitacle du Seigneur, c'est-à-dire, de l'amour et de la
sagesse procédant du Seigneur, en faisant la volonté ha-
bitacle de l'amour de soi et de l'amour du monde, et l'en-
tendement habitacle des confirmations de ces amours.
C'est de là que ces deux habitacles, la volonté et l'enten-
dement, sont devenus Ifls habitacle!'> de l'amour infernal,
et par des confil'mations poul'cet amoUl', les habitacles de
la pensée infernale, qui est réputée sagesse dans l'enfer.
396. Si l'amoul' de soi el l'amour du monde sont des
amours infernaux. et si l'homme a pu venÏI' dans ces
amours, f't ainsi détruire la volonté eL l'entendement chez
lui, c'est par'ce que l'amour' de soi et l'amour du monde
sont célestes par création, car Cf' sont les amoUl'S de l'hom-
me naturel. qui servent aux amours spil'ilupls, comme les
fondements servent aux maisons; en effel, d'après l'amour
de soi et l'amour du monde l'homme veut du bien à son
corps, il veut êtl'e nourri, être vétu, èlre logé. poul'voir à
sa maison, recherchel' des emplois en vue des usages, et
même êtl'e honoré selon la dignité de la fonction qu'il
remplit, à cause de l'obéissance; il veut aussi par les
plaisirs du monde se l'éjouir et se récréer; mais il veuL
toutes ces choses pour une fin, qui doit être l'usage; car
par elles il est en etat de servir le Seigneur et de servir
SUR LE DIVIN AMOUR 223
le prochain; mais quand l'amour de servir le Seigneur el
de servir le pl'ochain est nul, et qu'il n'y a qut' l'amour cIe
se servir soi-même d·après le monde, alors de céleste
l'amoul' devient infemal, car il fait que l'homme plonge
son mental el son animus (mental inférieur) dans son
propre, qui en soi est tout mal.
397.01', afin que rtlOmme ne soit pas pal' l'entendement
( dans le ciel, comme il le peut, et par la volonté dans l'en-
) fer, el afin qu'il n·ail pas ainsi un mental divisé, toutes
les choses de son entendement, qui sont au-dessus de son
pl'opre amour, sont en conséquence éloignées après la
mOI'l; de là résulte que la volonlé et l'entendement chez
i tous agissent enfin comme un; chez ceux qui sont dans
le della volonlé aime le bien et l'entendement peïiSele
vrai, mais chez ceux qui sont dans l'enfel' la volonté aime
le mal ell'enlendement pense le faux. L'homme fait de
même dans le Monde quand il pense d'après son esprit,
ce qui arrive quand il est seul, quoiqu'il yen ail beau-
coup qui pensent autremenL lorsqu'ils sonl dans le corps,
ce qui al'I'ive quand ils ne sont pas seuls; s'ils pensenl
alors autrement, c'est parce qu'ils élèvent leur entende-
ment au-dessus du propre de leur volonté ou au-dessus
l de l'amour de leur espr'il, Ces déLails ont éLr donnrs, afin
) qu'on sache que la Volonté eL l'Entendement sont deux
) choses disLincles, et que cependant elles on t été créées
{pour agir comme un, et qu'elles sonL amenées à agir
comme un, sinon avant, du moins apl'ès la mOl'l.
398. Maintenan t, puisque l'Amour eL la Sagesse, et par
suite la Volonté et l'Entendement, sont ce qui est nommé
l'Ame, el que dans ce qui suit il faut dire comment l'Ame
l}.giLflans le Corps, e~ Y.2père Lont, et puisque celn peut
êlre connu d'après la correspondance du Cami' avec la
Volonté et du Poumon avoc l'Entendement. voici par COIl-
séquenl ce que cette correspondance a dévoilé (!:' L'Amour
ou la Volonté est la Vie même de l'homme.QL) L'Amour
ou la Volonté est conlinuellement en effol't pour la forme
Humaine, el pour tout ce qui appartient à la forme Hu-
maine.<IIr. L'Amour ou la Volonté ne peut par sa forme
humaine faire aucune> chose, sans un mariage avec la Sa-
gesse ou l'Entendement.Q!~ L'Amour ou la Volonté pl'é
pare la maison ou le lil nuptial pour sa fulul'e épouse,
qui est la Sagesse ell'Entendement,Q:) L'Amour ou la
224 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

Volonté prépare aussi tout drms sa forme humaine, afin


de pouvoir agir conjointement avec la Sagesse ou l'Enten-
dement.@ Quand les noces ont été faiLes, la première
conjonction existe par l'aft'ecli,:Jn de savoir, d'ou résulte
l'affection du vl'ai.(YlP La seconùe conjonction existe pa!'
l'affection de compl'endl'e, d'où résulte la perception du
vrai. (VIW La ll'oisième conjonction existe par l'affection
de voirle vrai, d où l'ésulLe la pensée.@: L'Amour ou la
Volonté Pal' ces trois conjonctions est dans sa vie sen~ilive
et dans sa vie active,CR) L'Amoul' ou la Volonté introduit
la Sagesse ou l'EntendemenL dans toutes les parties ùe sa
, maison.@ L'Amoul' ou la Volonté ne faiL l'ien qu'en con-
jonction ayec la Sagesse ou l'Entendement.Q;lf. L'AmOlli
ou la Volonté se conjoint ù la Sagesse ou à 1 Entf'ndement,
et fait que la Sagesse ou l'Entendement est l'écipl'oque-
ment \:onjoinl.(XTIîl La Sagesse ou l'Entendement, (l'après
la puissance quèlui donne l'Amour ou la Volonté, peuL
êtl'e éleyé, et recevoir les choses qui sont de la lumière
proc.idant du ciel, et les percevoil',ŒIV: L'Amour ou la
Volonté pcut pm'cillomcnt être élevé'otperceyoir les cho-
ses qui sont de la chaleur pl'océdant du ciel, s'il aime la
Sagesse, son épouse, dans ce degré. ŒV! Autrement l'A-
moul' ou la Volonté l'eUre cie son élf>\;ur[on la sages~ou
l'entenùement, pour qu'il a~isse comme un a\'ec luUXVj:
L'.\.moul' ou la Volonté est pUl'ifié par l~ageSSe dans
l'entendement, s'ils sont élevés ensemble, XV!U L'ArnoUl'
ou la Yolonté est souillé dan5 l'entendemen et par l'en-
tendement, s'ils ne sont poiut élevés ensemble, @iir.
L'Amour purifié par la sagesse dans l'entendoment de\~ent
spirituel et céleste.('XLU L'ArnOUl' souillé dans l'entende-
ment et pal' l'enten<Tëillent devient naturel et sensuel.
~: l\'éanmoins il reste la faculté de comprendre, qui est
appelée Halionalité, el la facuILé d'agir qui est appelée
Liberté,(XX() L'Amour spirituel et céleste pst l'amolli' à
l'éO'urù
o Clurprochain cl l'amolli' envers le SeiO'neuI"
0 , eL
l'amour natlll'oi pt sensuel est l'amour (lu monde et l'a.-
mour de soLQ.X1l. Il en esl de la charité el de la foi, et de
leur conjonctIOn, comme de la volonté et de l'entende-
ment, et de leur conjonelion,
3U9@ l..' Amour ou la Volonté est la vie mhne de l' homme.
C'est uno conséque:lce de la cOl'l'espondanee du eœul' avec
la volonté, voir ci-dessus, N°S 378 a 381 j car de même que
SUR LE DIVIN AMOUR 225
le cœur agit dans le corps, de même la volonté agit Jans le
mental; et de même que touLes les choses du COl'pS dépen-
dent du cœurquantà l'existence et quant au mouvement,de
même toules les ChOS8S du mental dépenùent de la \'olonlé
quanl à l'existence etquantùla vie; il esldil de la volonté,
mais il est entendu de l'am 0 U1', car la volonté est le récepta-
cle de l'amoul',el l'amour est la vie même,voir ci-dessus, Nos
'l, 2, ~3; et l'amour qui eslla vie meme \'iont du Soigneur
seul, Que d'apl'8s le cœUl' et son expansion dans le COl'pS
par les al'lères et par les veines, on puisse savoir que l'a-
mour ou la volonté est la vie de l'homme, c'est pal'ce que
les choses qui se cOl'respondent agissent de la méme ma-
nièl'e, avec celle diffèrence que rune est naturelle et l'au-
tl'e spil'ituelle, Comment le Cœur agit dans le COl'pS, on 10
voit clail'ement d'après l'anatomie, par exemple, en ce que
tout vil, ou est soumis à la vie, là où le cœur agit par les
vais::;eaux qui sortent ùe lui, et que rien ne vit la où le
cœur n'agit pas par ses vaisseaux: et, en outre, le cœur
est le pl'emior et le dernier qui agit dans le ..-:orps ; qu'il
soi tle premiel" on le voit d'après les embryons; qu'il soit
le dernier, OllIe voit d'apl'ès lesmouranls; et qu'il agisse
sans la coopèration du poumon. on le voiL d'après ceux
qui sonl suffoqués et ceux qui sont en défaillancp, De la
il devient évident que, comme la vie du corps, vie secon-
daire (succenturiatal, dépend du cœur seul, de méme la
vie du mental dépend de la volonté seule, el que la vo-
lonté vil quand la pensée a ces::;é. de même que le cœur
vil quand la respiration a cessé. ainsi qu'on le voi t encore
clairement d'après les emDryons, les mourants, les sulïo-
qués, et ceux qui sont en défaillance, De tout cela il ré-
sulte que l'amoUl' ou la volonlé eslla vie même de l'homme.
400,@ L'amow' ou la volonté est ('onti1tuellement en
effort pour la {orme hu mailtu, te pour tout ce qui appar-
tient à la (orme humaine, Cela est évident par la corres-
pondance du CWU1' n', l'l' la \'o!onté; en effet. on sait que
toutes les choo:es du COl'pS sont formées dans l'utérus, et
qu'elles sonl ÏOl'mèes pal' des fibres pal'tant du cen-eau,
el par des vaisseaux sanguins partanl du cœur, et que les
conlextures de Lous les OI'ganes el de Lous les viscères
sont failes d'après ces fibres et ces vaisseaux; de là il ost
évident que toutes les choses de l'homme lil'ent de la vic
de la volonté, qui est l'am OUI', leur existence d'après leurs
15
226 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

principes procédant ùes cen'eaux rar les fibres et que


toutes celles de son COI'P" tL'ent du cœur leur existence
par les 8l'tèrc>s et par les veines, D'apr{>scela, on roil bipn
elail'ement que la de, qui est 1 amour et par suite la vo-
lonté, est continuellement en effo1'l pOUl' la forme humai-
ne; et commA la forme :lUmaine se compose de toutes ces
choses, qui sont dans l'homme, il s'ensuit que 1 amour ou
la \'olonté est dans un continuel effol't et une continuelle
tendance pOUl' fOl'mer tou tes ce3 choses: si l'etrorl et la
tendance sont pOUl' la forme humaine, c'est paree quo
Dieu est Homme, el que le Divin Amour el la Di\'ine ~a­
gesse sonl sa Vie, dont procètle tout ce qui apP;jf'ticnl il
la vie, Chacun peul voir quo si la Vie, qui est l'[Jomme
Mème, n'agbsail pas d,ms ce qui en soi Il est point la vie,
il n'aurait pa.s pu être 10l'l1~é quelque chose de tel que ce
qui esl dalls nomme, dans lequel il y a drs milliers de
milliers de partiC'!' c;ui font un, el tendenl unanimement
à l'image de la Vie dont elks procèdent, afin que l'homme
puisse en derenir le r{'ccptable et 1 habitacle, Par là on
peut \'oir que l'AmOlli', ct d'apl'ès l'amour la Volonté, et
d'apri>s la \ olon i~' le CŒur, soat conLinuellemen t en elfort
pour la forme humaine.
401.(Î'-i'-: ['AmoU?' ou la Volonté ne peut par sa (m'me
humaine ((/I1'e aUC1.lnp ('host>. sans un mariage avec la Sa-
gesse ou l'Entendement, Cela aussi esl éviden l par la cor-
respondance du cœuI' arec la volonté: LêlOmme embryon
vil par le cœUl', mais non par le poumon; cal' alol's le
sang ne coule pas du cœur dans le poumon, el ne donne
pas au poumoll la fa "ulLé de respirer, mais il coule par
Ulle ouve1'lure dans le venlricule gauche du cœur; c'est
pour cela que l'embl'yon ne peut alors mouvoil' aucune
partie du COl'pS, car il est él8ndu emmailloté, el il ne peul
rien senlir, CHr les oi':~;-!n('s GC's sens sonL bouchés. Il en
esl de mème de 1 amour ou de la volùnté, d'après laquelle
cependanl il \ il, mais dans 1 obscur, ("est à-uire, sans le
seus el sans 1 adioll : mais dès que le Poumon esl ouverL,
ce qui se fa il apl'ès l'enfantement, alors il commence à
seutir et à agir, el pareilleme nt à vouloir el il penser. D'a-
près cela on p'ml voir que l'Amour ou la Volon lé ne peut
par sa forme humaine fail'e aucune chose, sans un mal,ja-
ge ave$;J..a Sagesse ou l'Entendemen l.
402.@ L'Amour ou la Volonté pl'épare la maison ou le
SUR tE DIVIN AMOUR 227
lit nuptial pOU?' sa (utm'" épouse, qui est la Sagesse ou l'En-
tendement, Dans l'lJnh'<,l's créé el dans chacune de ses
par lies il yale mariage du bien el du nai, el cela vient
de ce que le bien appal'lienl à l'amour elle vrai à la sa-
gesse, eL de ce que l am OUI' el la sagesse sont dans le Sei-
glleur, el que d'après le Seigneur loules choses onl été
('l'Mes, La manièl'e donl CE' maria~e (~xisle dans l'homme
peul êll'e vue, ('omme dans un mil'oir. dans laconjoncLion
ùu cœur a\'(~c le poumon, car le cœur cOl'I'espond à J'a-
mour ou au biE'n, E'l le poumon à la sagesse ou au vrai,
comlllo ci-dessus, r\'" :1'i8 à 3S!. 382 à 3Rl. D'après celle
con jonc lion on penl voil' commpnl l'amolli' ou la volon Lé
se fiallce a\"ec la sa,!!esse 011 l'en Lendemelll, et comment
ensuile il l'épouse ou t'ail comme un 1I1:ll'iage avec elle; il
se fiance avec elle pn ce qu'il pl'épal'e pour elle la maison
ou lE' lit nuplial, el il l'épouse en ce qu'il se la conjoint
par les affections el f'nsuile il agit sagelpent avec elle
dans celle maison. Qu'il en soil ainsi, c'esL c<' qui ne peuL
êLl'e pleinemenl décI'it que pal' la langue spil'iluelle, pal'ce
que l'amour el la sag<,sse, el par suile la volonlé eL l'en-
Lpndement, 'lont des ehosE's ::;pil'iLuelles, qui peuvenL, il
esl vrai. ê~l'c exprimpcs pal' le langage naLueel, mais seu-
lemenl jus~u'" une pel'rcption (fui sl'raiL obscul'e, pal'ce
qu'on ignol'e ce que c'esl que 1 amoul" ('e que c'esl que la
sagesse, eL aussi ce que c'esl que le's atTc('Lions du bien,
et ce que c'esl qu<, les affections de la sagesse qui sonl
les affecLionsdu vrai. ~'ais lIéanmoins on peul voir quelles
sont les fianrailles el qllel est Ip, mal'ia~e de l'amour avec
la sagC'sse, ou de la volol1Lé avec 1 l'IllendemenL, pal' le
parallcilisl11t> qui esL donnp pal' leuI' cOI'respondan::e avec
le cœUl' el If> poumon; cal' il en ('sl de ceux-ci de même
que de ceux-là cL lellement do même, qu il n'y a absolu-
ment auculle dil'férellce, ('xœplé que les uns sonL spiri-
luels el les auLrc>s naLurpls_ D'apl'ès lE' Cœur el 1<, Poumon,
Oll voiL don(' '(ue le' ':G'Ul'l! 'abord fotme le Poumon.el ensui-
le sc conjoinL a\"ec lui; il for'me le poumor. dans l'pmbryon,
eL se conjoinl avE'C lui npl'ès l'enfanLem<'llL; le cœur f:lÏl
cpla dans sa maison, q1li esl appelée Poitrine, où esl leU!'
chambre lluptiale s{'pa\'{~(' des :lULr'es parties du COI'pS WIl'
une cloison qui esL 1l0mml'e diaphragme, cl paruue enve-
loppe qui esl nomm{>p pli'Vl'e.1l en est de mème de l'amour
et de la sagesse, ou de la vololllé el de l'enLendemenL.
228 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

403,® L'Amour ou la Volonté prépare aussi tout dans


sa forme humaine, afin de pouvoù' agir conjointement
avec la Sagesse ou l'Entendement, Il est dit la Volonté et
l'Entendement, mais il faut qu'on sache bien que la Vo-
lonté est l'homme tout entier, car la volonté avec l'enten-
dement est dans les principes dans les Cerveaux, et dans
les principiés dans le Corps, et par suite dans le tout et
dans chaque pal-tiB, comme il a été montré ci-dessus, N°S
365,366,367; de làon peutvoirquelavolontéestl'homme
tout enliel' quant à la fOl'l11e même, tant la forme commune
que la forme de chaque partie, et que l'Entendement est
sa compagne comme le Poumon est celle du Cœur. "Qu'on
se garde de se faire de la Volonté une idée comme d'une
chose séparée ùe la forme humaine, car elle eslla même
cLose que celte forme, D'apl'ès cela on peut voir non·seu-
lement comment la volonté pl'épaJ'e le lit nuptial pour
l'entendement, mais aussi comment elle prépare tout dans
sa maison, qui est le COl'PS entier, afin de pouvoir agir
conjointement avec l'Entendement: elle fail ces pr~para­
tifs de manière que toutes et chacune des parties du corps
soient conjointes à l'Entendement comme elles le sont à
la Volonté, ou que toutes et chacune des parties du corps
soient sous la dépendance de l'Entendement comme elles
sont sous la dépendance ùe la Volonté, Comment toutes
et chacune des parties ùu corps ont été pI'éparées à la
conj onction avec l'Bn tendement de méme qu'avec la volon-
té, on ne peut le voil' que comme dans un miroir ou dans
une image par la science anatomique dans le corps; par
elle on sail commen t toutBS les choses dans le Corps sont
jointes ensemble, de sorte que, quand le Poumon respirB,
toutes et chacune sont mises en mouvement dans tout le
Corps pal' la Respiration du poumon, lorsqu'elles le sont
aussi par le pouls n.u cœur: d'après l'Anatomie on sail
que le Cœur a été conjoint au Poumon par les orBillelles,
et que celles· ci se continuent dans les intérieurs des pou·
mons; et aussi, que tous les Viscères du COI'pS ont été
conjoints par des ligaments avec la Chambre de la poi-
trine, et tellement conjoints que quand le Poumon res-
pire, tous et chacun, dans le commun et dans la partie,
l'ecoivent quelque chose du mouvement respirat.oire; en
effet, lorsque le Poumon se gonfle, les cotes étendent le
thorax:, la plèvre est dilatée, et le diaphragme est étendu;
SUR LE DIVIN AMOUR '229
et avec eux toutes les parties inférieures du corps, qui
ont été jointes ensemble pal' des ligaments provenant
d'eux, reçoivent quelque action par les actions pulmonai-
res ; je n'en dirai pas da\'antage, de peur que ceux qui ne
sont pas \'ersés dans la science anatomique ne tombent
dans l'obscurité sur ce sujet pal' ignorance des termes de
celte science: consulte seulement des anatomistes ins-
truits et habiles; demande·leur si toutes les parties dans
le corps entier depuis la poitrine jusqu'à la partie la plus
basse n'ont pas été tellement liées ensemble, que, quand
le pou~on se gonne par la respiration, toutes et chacune
sont poussées a une action synchrone à l'action pulmo-
naire, Pur là on \'oiL don:: clairement quelle conjonction
de l'Entendement a été préparée par la Volonté avec tou-
tes et chacune des parties de la forme humaine; cherche
seulement avec soin les enlacements, examine-les d'un
œil d'anatomiste, et ensuite selon les enlacements consi-
dÈ're leur coopération avec le Poumon respirant et avec
le Cœur, et enfin au lieu du Poumon suppose l'Entende-
ment, el au lieu du Cœur la Volonté, et tu \'erras,
404.@ Quand les nOGeS ont été {aites, la pl'emière con-
jonction existe par l'affection de savoù', d'où 1'ésulte l'af-
fection du vrai. Par les noces il est entendu l'état de
l'homme après l'enfantemen t, depuis l'état d'ignorance
jusqu'à rétat d'intelligence, et depuis celui-ci jusqu'à l'é-
tat de sagesse; le premier état qui est de pUl'e ignorance,
n'est pas entendu ici par les noces, parce qu'alors il n'e-
xiste aucune pensée de l'entendement, mais il y a seule-
ment une affection obscUl'c qui appartient à l'am oUI' ou à
la volonté, cet état esl une initiation pour les noces: que
dans le second élat qui est celui de l'homme dans le second
àge de l'enfance (p1lel'itia), il Y aill'allection de savoir, cela
est connu; pal' celle all"ection l'enfantdu secondàg-e apprend
à parler, et il apprend àlire, el ensuite il apprend successi-
vement des choses qui appartiennent à l'entendement.
Que l'Amour qui appartient à la volonté opère cela, c'est
ce qui ne peut être l'évoqué en doute j cal' si l'amour ou
la volonté ne l'opérait pas, cela ne serait pas fait. Que
chez chaque homme après la naissance il y ail l'affection
de savoil', et que pal' elle il apprenne des ('hoses, d'après
lesquelles par degrés l'elllendement se forme, s'accroit el
se perfectionne, chacun le reconnaît, pourvu que d'après sa
230 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

raison il consulte l'expérience, Que ce soiL de là que vient


l'afT0ction du nai, cela est encol'e évident; cal' lorsque
l'ho:nme d'après l'affection de savoir est devenu intelli-
gent, il n'eilt pas porté par l'atl'edio;1 à savoir, autant
qu'il l'est par l'affection à raisollnE'r et à conclure dps
choses qui appartienllent à son amour, soit qu'ellps soient
ûronomiqne8, ail riviles, ou mOl'ales ; qU;Jnd ceLLe afl'ec-
lion est élevée jusqu'aux choses spil'iluellcs, elle devient
l'affection du vrai spirituel: que son pl'emiel' ou son com-
mencement ait élé l'affection de savoil', on peut le voir
en ce que l'affection du vrai ,'st une affectioll élevée de
savoil'; car êll'e affecté des vrais, c'est d'apl'ès l'affection
vouloir les 1Ia\'oil" et quand ~..,.Ies tl'ouve les puiser dans
le plaisir de 1a t'fe..: 1ion . - ®~ La sacol/de conJ'onction
existe par l'affection de fOlllpl'end,'p', d'oh ?'ésulte la per-
ception du vrai. Cela pst é\'ident pour qui('onque veut l'p-
xaminer d'apl'ès une inluiLion rationnelle: D'apl'ès l'in-
tuition rationnelle il est évil!cnt que l'affecLion du vrai el
la perceptioll du \'l'ai sont deux faculll>s de l'elltendement,
qui thez quelquE's-uns se l'L'unissent pn un, el chez d'au-
tres non; elles se l'éunisscnt pn UII chez ceux qui veulent
par l'entendement percevoir les vrais, et elles ne se réu-
nissenl pas en un chez ceux qui veulenl savaii' seulement
les nais; il est éddcnt aussi, que chacun pst autant dans
la per'ceplion du "l'ai, qu'il est ùans 1 atfl'ction de corn·
pl'endre; car ôte l'nll'ection de cornprenùl'e le vrai, et il
n'y aUl'a aucune perception du Vl'aï ; li1ais donne l'atl'er-
tion de compl'endl'e te vrai, et il y aura pCI'ception du
vrai selon le degl'é de l'affection du vrai; Cal' jamais la
perception ùu vrai ne manque à l'homme dont la r'(Jisoll
est entière, pourvu qu'il aïtl'atl'edion de compl'endl'e 1('
Vl'ai; que chez chaque homme il y aitla faculié de COITI-
pl'endre le vl'ai, qUi~,t appelée l'alionalité, cE'la a été
monlré ci-dessus. Till'" La tl'oisième fon.;'onction existe
pa?' l'a(Teftion de voil' e v/'{/i, d'où l'ésnlt3la pensée. Qu'au-
tl'e soit l'affection de savoil', autre l'affectioll de compren-
dre, el aull'e l'utI.'dion de roil' ce qU'O:1 saitet compl'end;
ou qu'autre saiL l'affection ÙU vrai, aull'p la perception du
vrai, et autre la pensée, cela n'E'st vu qu'ohscUl'érnellt
chez ceux qui ne peuvent pas pel'cevoir distinclement les
opél'aLions du menl::tl, mais est vu clairement chez ~eux
qui peuvent les percevoil' distinctement; si cela n'est vu
SUR LE DIVIN AMOUR 231
qu'obscurément chez ceux qui ne peuvent pas percevoir
distinrLement les opét'ations du mental, c'est parce que
ces opéralions sont ensemble dans la penspe cher. ceux
qui sont dans l'all'ectiun tlll \Tai et dans la perception nu
vrai, et quanù elles sont ensemble, elles ne peuvent pas
êtl'e distillguées : l'homme est dans une pensée mani-
fesle, quand son esprit pc>nse dans le corps, ce qui arrive
pl'incipalemp:lt lorqu'il est en compagnie avec d'autr'es;
mais qu ,11(1 il est dans l'affedioa de comprendre, et que
pal' elle il vient dans la pel'ception du \'fai, il est alol's
dans la pensée de son espl'il, qui est la méditation, la-
qllpllo, il est vI'ai, tombe dans la pensée du corps, mais
uans la pe'lsée tacite, cai elle pst au-dessu.; de celle-ei,
et elle l'egal'de comme au dl>sso:.lS de soi les choses qui
apparlienllent à la pensée PI'OVP'lant de la mymoire, cal'
d après ces choses ou elle conclut ou el!e confbne; mais
l'aîTection même du vrai n'est aper<:ue que comme un
eft'ol'l de la volonté d'après UIlP- ..;or'h3 d'agrément, qui est
intél'ieuremenl ùan" la méditaliùn l,;omme sa \'ie, auquel
on fail peu d aLlenlion, D'après ces explicalions, on peul
mailltenulil voil' que ces lI'ois choses, l'affection du \Tai,
la pCI'cepLion du vr!li et la penspe, se suivent en ordre
d'apr'ès l'allloul', el qu"elles n'existent pas autl'e pari que
daus l'Entendement; en effet, quand 1amour entl'e dans
1 entendelllent, ce qui al'rive 10l'sque la conjonction a été
faite, il produil d'abord l'affection du \'l'ai, ensuite l'affec-
tion de comprendl'e .:e que l'on sail, el enfin 1 atIection de
yoir dans la pens'-'e du corps ce qne l'on comprend, car
la pellsÉ'e n'est autr'e chose que la vue interne: la pensée,
il e"t vl'ai. existe en premier lieu, parce qu'elle appartient
au mental naturel, mais la pensée d'après la perception
du vrai, qui jJl'ocède de l'affection ÙU vl'ai, exisle en dernier
lipu; celte pel1sée-ci est la pens{ e de la sagesse, mais
celle-là estl:t pensée venanl de la U1pmoire par la vue du
mental nalurel. Toutes les 0pl'I'aLions de l'amour ou ùe
la volonté hOl's do l'en le: delllenl se réfèl'ent, non pas aux
affecLions du vrai, mais aux afferlions du bien,
'.05, Que ces ll'ois choses, pI'0('èÙ3111 ùe 1 amour qui
appal'lienl il. la volonté, se suivent en orol'e dans l'enLen-
delllent, cela peut, il est vrai, être saisi par 1 homme ra-
Lio.llIel. mais non cependant être \'U clairement, ni par
conséquent confirme jusqu'à la pleine croyance : or,
232 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

comme l'amour qui appartient il la volonté agit par cor-


respondance comme un avec le cœUl', et que la sagesse
qui appartient à l'entendement agit conllue un avec le
poumoll, ainsi qu'il a été montl'é ci-uessus, ('n conséquen-
ce ce qui vient d'être dit, N° 1.04, sur l'atl'ection du vrai,
sur la perception du vrai et sur la pensée, ne peut pas
être vu el confirmé plus clairement ailleurs que dans le
poumon et dans sa structme, celle-ci ya donc êtr'e décrite
en peu de mots, Après l'enfantement, le Cœur envoie de
son ventricule d['oille sang dans le Poumon; et après le
passage il l'en fai l sortir dans son ventricule gauche, ainsi
il ouvre le pouillon; le cœur fai 1 cela pal' les a l'lères et
lps veines pulmonaires: il y a dans le Poumon Lies bron,
chps qui se l'amitient et entin se terminent en des vésicu-
les dans lesquelles le Poumon admet l'air, et ainsi ['es-
pire: autour des bronches et de lems ramifications il y a
aussi des artères et des veines, que l'on nomme bron-
chiales, partant de l'azygos ou de la veine cave et d('
l'aorte: ces artères et ces veines sont distinctes des al'Iè-
res et des veines pulmonaires: d'après cela il est évident
que le sang influe dans le poumon par deux chemins, et
quÏl en eftlue par deux chemins; de là vient que le Pou-
mon peut respil'er d'une manière non-synchrone avec le
cœUl'; que les mouvements alLel'l1atifs du cœur et les
mouvements alternatifs du poumon n'agissent pas comme
un, cela est connu, ~Iaintenant puisqu'il y a correspon-
dance du cœur et du 'poumon a\-ec la volonté et l'entende-
ment, ainsi qu'il a éte montré, et que la conjonction par
la correspondance est telle, que de même que l'un agit,
de même agit l'autre, on peut voir d'après lïntlux du sang
du cœur dans le poumon, comment la volonté influe dans
l'entendement, et produit ce qui vient d'être dit, N° 404,
SUI' l'affection et la perception du vrai, et SUl' la pensée;
la correspondance llI'l! découvert cela, et encore SUl' ce
sujet plusieurs choses qui ne peuvent pas être décrites
en peu de mots. Puisque l'amour ou la volonté corres-
pond au cœur, et que la sagesse ou l'entendement cor-
respond au poumon, il s'ensuit que les vaisseaux sanguins
du cœur dans le Poumon correspondent aux affections
du vrai, et que les ramifications dcs bl'onches du poumon
corl'cspomlent aux perceptions et aux pensées provenant
de ces affections : celui qui examine avec soin toutes les
SUR LE DIVIN AMOUR 233
textures du poumon d'après ces ol'igmcs, et fait un paral-
lélisme avee l'amour de la volonté el avec la sagesse de
l'entenc!pmenl. peul voir comme dans une sOl'Le d'image
ce qui a étÉ' dit ci-dessus, ~o 40'1, et ainsi étr'e confirmé
jusqu'à la pleine cl'oyance. ~Iais comme ce qui concerne
la sciellce allatomique du Cœur et du Poumon est connu
je peu de personnes, et que confirmer un sujet par des
choses inconnues, c'est jeter dans l'obscurité, je m'abs-
tiens de démontl'er davantage le parallélisme,
406,@ L'Ain ow' ou la Volonlé P(l1' ces fl'ois co}~jonctions
est dans sa vie sensitive et dans sa vie active, Que l'amour
sans l'elHendel1lent, ou l'affection qui apparLien t à l'amour
sans la pensée qui appartient à l'entendement, ne puisse
dans le corps ni sentir' ni agir, c'est parce que l'amolli'
sans l'entendemellt est comme aveugle, ou parce que l'af-
fection sans la pensée est comme dans l'obscurité, cal'
l'entendemen t est la lumière d'après laquplle l'amour voi t:
la sagesse et l'entendement vient aussi de la lumière qui
pl'oci'de du Seigneur comme Soleil: puis donc que l'a-
mOlli' de la volonLé, sans la lumière de l'entendement, ne
voU rien eL est aveugle, il s'ensuit que sans la lumière de
l'enlendement les sens du corps seraient aussi dans l'a-
veuglement et l'obésilé, non-seulemenl la VU8 et l'ouïe,
mais aussi les nutres sens: les aut\'es sens y sel'aient
aussi, parce que toute perception du vrai est à l'amour
dans l'entendement, C'omme il a été montré ci-dessus, et
que t.)us les sens du COl'pS tirent leur pel'cepLion de la pe\'-
ception de leur mental. Il en est de mème de lout acte du
COl'pS; en erret, l'acte d'après l'amollI' sans l'entendement
est comme l'acte de l'homme dans la nuit, CUI' alol's l'hom-
me rJe sait ce qu'il faiL; il n'y auraiL donc dans l'acte rien
de l'intelligence ni dela sagesse; cetacLene peut pas èll'e
appelé acte vif; l'acte aussi tire ùe ramour son être, ct de
l'intelligence sa qualité. En outre, toute la puissance du
bien est pal' le vrai, c est pourquoi le bien est dans le vrai
et ainsi agit par le vrai, et le bien appal'tient à l'amour, et
le vrai appartient à l'entendement, D'après ces explica-
tions, on peut voir que l'amour ou la \'olon té par ces trois
conjonctiolls, dont il a été parlé, N° 4·01, est dans sa vie
sensiLive et dans sa vie active.
1107, Qu'il en soit ainsi, cl'la peut étl'e confiI'mé au vif
(ad vivum) par la conjonction du cœur avec le poumon,
234 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

CaI' enlre la volonté elle cœur, el entre l'entendemf'nt ct


le pouillOn, il y a une tl'Ile corl'espondance, que, de III ème
que l'amour avec l'rnlemlempnt agit s;liriluellcment, de
mètne le cœur avec le poumon agit lIatl\l"ellelllCIIL ; pal' 11
ce qui a (;Lé dit ei-df'SSus peuL êLl'e vu COlllllle dalls ulle
image ofTerte a l'œil. Que l'hn,Bllle ne saiL dans aucune
,'ie sensitive. ni dans aucune "ie active, quand le caJUl' et
le poumoll n'agissent pas ensemble, on le voit pal' l'éLat
dc l'embryon ou de l'enfant dans l'Utél'US, el par son état
après l'enfanlement; LanL que Ihotnllle esL elllbr~'oll ou
dans l'ulérus, les poumons sont fermés; ainsi pour lui il
n'y a aucun sens, ni aucun acLe, lf's organes des sens sOlll
boucllés, les mains sout liées, pareillement les pieds;
mais apr'j,s 1f'nfallLelIlenlles poumons sonL ouverLs. et il.
mesul'c qu ils SOllt ou\"cl'Ls, 11iollIllle sent et agit; les
poulllons salit ou \'el'ls pal' le sang qu'envoie le cœUl'. Que
IltolIlme ne soit dans aucune vie sellsilive, ni dans au('ullr
vie active, salls la coopération du cœur et du pOUIlIOlI, 011
le voiL dairemf'nl aussi pal' ceux qui sont en défaillance;
chez eux le cœur seulement agit el non le poumon, ('al'
alol's la l'espil'ation a été ùt("Ü; que chez eux il n'y ait au-
cune sensaLion ni aucune action, cela eSl not oire. 11 en
est de mème de l'homme qui est asphyxiè, que ce sail
pal'l eau, ou pal' quelque chose qui obstrue le lal'ynx, pt
fel'l1Ie le cherniu pOUl' la respiration du pouillon; on sait
qu'ulol's l'homme semblp mOI't, ne sent l'ien el Il agit
point, el que nt"anllloins il vit pat'le cœU!'. cal' il l'evient
dans rune et l'autre vie, la sensitive el 1active, dès que
les eauses dr l'inaction du poumon onL été éloignées.
Pellliant 1 asphyxie, il est vl'ai, 10 sall6' cil'cule a travel's
le poumon, mais pal' los aI'Lerps et les veines pulmonai-
res, elllou par les al'lèl'es eL I( s ,cines bronchial!"!s, et ce
sont ('elles-ci qui donne:l.l à l'homme la faculté de respi-
rel', Il en esl de mème de l'influx de l'alllour dans 1 enten-
dement.
'tOS{.'() L'amow' ou la volonté introduit la sagesse Olt
l'ente}~m<,nt dans toutes les pm'lies de sa ma l'son, Pat' la
maison de J'amour ou de la volonté, il est enleudu l'homme
tout entiel' quallt à toules lps clloses qui appartiellnellt 11
son ulental; et camille ces choses cOl'I'espolIdent a toule:;
coUps ùu corps, ainsi qu'il a ele monLl'é ci-dessus. par la
maison il est aussi entenùu 1 homme tout enlier quant il
SUR LE DIVIN AMOUR 235
toules les choses qui a pparLiennenL à son corps, lesquel-
les sonl appelées membres, ol'ganes el viscÈ'rps ; que le
poumon soit inLl'oduit dans Loules ces choses, ùe même
que l'enLendement dans loules œllos du men lai, on peuL
le voir d aprrs ce qui a pLé monLré ci-dessus, pat' exem-
ple. quc l'Amoul' ou la VolonLé pI'épal'e la maison ou le
lit nuptial pour sa future épouse, qui est la sagesse ou
l'enlendC:'menL, 1I{o '102; et, que l'amoul' ou la volonlé pl'é-
pare Lout dans sa fOl'me humaine, ou dans sa maison,
afin de pouvoir agil' conjointement a,'ec la sagesse ou
l'enlendement, 1'\" 103: d'apl'ès ce qui a éLé dit là, il est
évidont. que dans 10uL lE' corps louLes cL chacune des cho-
ses onl élé lell('mellt jointE's pal' les li~amenls qui pUllellL
des côLes, des v"I,tèvl'('S, du sLel'Uu1n, du diaplli'agme, du
péritoine qui f'Il dèpend, que, quand le poumon l'cspil'e,
ellrs sont aLlirèes !'l pOl'Lécs dans d0s acles pal eillE'menL
alternatit's. Que les allel'nalifs dl' la l'espil'aLion enLl'cnl
aussi dans les ,'isc!'rE's niêmes jusqu à lems l'eplis inlimes,
on peuL le ,'ail' pill'I'anatomip, car les li,!!<HIl( nls susmell-
Lionnps sont colIél'ent.s aux enveloppes des viscèl'es, et les
envelopprs enll'enl pal' des exsel'liolls (111s) jusqu'à leul's
intimes, comme fO:lL aussi If's arLèl'os oL les veines pal'
les ramifications; par là on peut voir que la l'e~piralion
du poumon esL en conjonction parfaile avec le cœur dans
louLes et dans chacune les choses du COI'pS: cL afin qu'il
y aiL conjonction en Loule mallièl'o, le cœur est aussi lui-
mêlllO dans le mouvolllcnL pulmonail'e, CUI' ilr'epose dans
le sein du lJoumoll, illcli esL cohérenL pal' les ol'cilieLLes.
eL il esL couché SUI' le diapllragJlw, d'ou ses aJ'Li-res parli-
cipenL flussi du I1lOUvem3uL pulmonail'r, En ouL!'o. 1'l!~sLo­
mac est rlnlls un8 semblable ('0 ;jonctio!1 par la cohérrnce
de son 02-;opiJage ;l\'ec la Ll'achée, Ces délails analomi-
ques onL ('Lé ra;)pol'l(lS, afin qu'on "oiE' qUl'llc esL la con-
jonclion de l'amOllI' 011 de la volonLé avec la sagesse ou
l'enten.lemenL, el dE' Lous les deux de concerL avec Loules
les cho~,es du mental, ('ar elle e.:iL semblable,
40;J.@ L'Amour ou la, volonté ne (ait l'it:!11 qu'en con-
jonction avec la sagesse ou l'entendt:!ment, En effe l, puisque
l'alllour n'a aucune "ie sonsilive ni aucun" ,'ie active sans
l'enlendemenLj eL puisque l'amour inll'oduill'enLendemnnl
dans toules les choses du mpnLal, comme il a éLé montl'é
ci dessus, N' s 401, 408, il s'ensuit que l'allloul' ou la \'0-
236 LA SAGBSSE ANGm.IQUE

lonté ne faiL rien qu'en conjonction avec l'entendement;


en effet, qu'est-ce qu'agir d'après l'amour sans l'entende-
ment? cela ne peut étl'e nommé qu'irrationnel, car l'en-
tendement enseigne ce qu'il fauL faire, et comment il faut
le fail'f', l'amolli' sans l'entendement ne le sail point; c'est
poU!'quoi entre ramour et rc:llendement il y a un tel ma-
riage, que, quoiqu'ils soient deux, néanmoins ils agissent
comme un, Il y a un semblable mariage entl'e le bien et le
Hai, car le bien appartient il l'amour, et le vrai appartient
il l'entendement. Un tel mariage existe Jan!> toutes les cho-
ses de l'univel's, qui ont été créées par le Seigneur, leU!'
usage se réfère au tien, et la forme de l'usage se réfèl'e
au vrai. C'est d'apr,~s ce mariage que dans toutes et ùans
chacune des choses du corps il y a une droiLe et une gau-
che, et que la droite se réfèr~ au bien dont pl'ocède le
vl'ai, et la gauche au vrai procédant du bien, ainsi à la
conjonction: c'est de là que les choses dans Ihomme sont
pail'es; Il Y a deux Cerveaux, il y a deux Hémisphèr'es du
cel'veau, il y a deux Ventricules du cœur, il y a ùeux Lo-
bes du poumon, il y a deux Yeux, deux Ol'eilles, deux
Narines, deux l.ras. deux Mains, deux Lombes. deux Pif~ds.
deux Heins, deux Testicules, etc., et où elles ne sont point
pail'es, il y a une droite et une gauche: tout cela est ainsi,
pal'ce que le bien regarde le \Tai afin qu'il exis te, et que
le vrai regarde le bien afin qu'il soi L Il en est de même
dans les cieux angéliques, et dans chacune de leurs socié-
tés. Sur ce sujf'L. voir de plus gTands ddails ci dessus.
N° ,],01, où il a été montré que l'Amour ou III Volonté ne
peu t par sa forme humaine fail'e aucune chose, sans un
mariage avec la sagesse ou l'entendement. Aillf'urs il sera
padé de la conjonction du mal et du faux, qui est oppo-
sée à la~njonction du bien et du vrai.
HO. (Xli. L'Amo1l1' ou la Volonté se conjoint à la Sagesse
ou à l'l!ii1endement, et {ait que la sagesse ou l'entendement
est réciproquement conjoint. Que l'Amour ou la Volonté
se conjoigne à la Sagesse ou a l'Entendf'ment, cela est
évident par leur correspondance avec le Cœul' et le Pou-
mon. L'expérience anatomique enseigne que le Cœur est
dans le mouvement de sa vie quand le Poumon n'y est pas
encore: l'expérience l'enseigne d'après ceux qui sont en
défaillance et ceux qui sont :;uffoqués; et aussi d'après
les embryons dans les utérus, elles poulets dans les œufs.
SUR LE DIVIN AMOUR 237
L'expérience anatomique enseigne encore que le cœur,
tandis qu'il agit seul, forme Ir poumon, et le dispose afin
de pouvoÎl' y opérer la respil'ation, et qu'il forme aussi les
autres viscères et les autres ol'garies, afin de pouvoir y
faire divers usages, les Ql'ganes de la face afin de pou voir
sentir, les organes du mouvement afin de pouvoir agir, (!t
les autres choses dans le corps afin de pouvoir produire
des usages correspondants aux affections de l'amour,
D'après cela, on voit d'abord que, de même que le cœur
produit ces choses en vue des diverses fonctions qu'il a à
l'emplir dans le corps, de même l'amour en pl'oduit de
semblables dans son réceptacle, qu'on nomme volonté,
en vue des diverses affections qui font sa forme, laquelle,
comme il a déjà été montré, est la forme humaine, Mainte-
nant, comme les premirres et les plus procllaines affec-
tions de l'amour sont l'affection de savoir, l'affection de
comprendl'e, et l'afl'ecLion de voir ce qu'il sait et compl'end,
il s'ensuit que l'amour forme l'entendement pour ces af-
fections, et qu'il vient en actualité en elles, dès qu'il com-
mence il sentir et à agil', et lorsqu'il commence à pensel',
Que l'Entendement ne contribue en rien à cela, on le voit
par le parallélisme du cœur et du poumon, dont il a été
parlé ci-dessus, V'après cela, on peut voir que ramoul' ou
la volonté se conjoint à la sagesse ou il l'entendement, et
que ce n'est pas la sagesse ou l'entendement qui se con-
joint à l'amour ou il la volonté; et par suite on voit aussi
que la science, que l'amour s'aC'quiel't pal' l'affection de
SU\'Oil', (!t la perception du vrai qu'il s'acquiert pal' l'affec-
tion de comprendl'e, et la pensée qu'il s'acquiel't pal' l'af-
fection de voir ce qu'il sait et comprend, appal'tiennent
non pas à l'entenJement mais à l'amour, Les pensées, les
perceptions et par suite les sciences influent, il est nai,
du Monde spirituel, ma!s elles sont toujou"s reçues, lion
pas pal' l'entèndement, mais par l'am OUI' selon ses affec-
tions dans l'entendement. Il semble que ce soitl'entenne-
ment qui les l'eroit, et non l'amour ou la volonté, mais
c'est une illusion: il semble aussi que ce soi t l'entende-
ment qui se conjoint à l'amour ou à la volonté, mais c'est
encore une illusion; l'amoUl' ou la volonté se conj oint à
l'entendement, et fait qu'il est réciproquement conjoint:
s'il est réciproquement conjoint, c'est d'après le mariage
de l'amour avec la sagesse, de là se fait une conjonction
238 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

comme réciproque d'après la vie et par suite d'apl'ès la


puissance de l'amoul', Il en est de mème du mariage du
bien el du vl'ai, CaI' le bien appal'Lient à l'amour, elle vrai
apparlienl il l'elllendement; le bien fait loul, el il re~oiL
le \Tai dans sa 111,lÎson, et se conjoint avec lui en tant
qu'il concorde; le bien peut même admelll'e :('S \'l'ais c,ui
ne concordent pas, mais il le fail d'après 1 affection de sa-
voir, de comprendl'e el de pensel' des choses siennes, lan-
dis qu il ne s'est pas encore délerminé pOUl' des usages
qui sontscsfins, pl sontappeJ('s ses bio>ns, Laconjondion
récipro lue. 011 du vl'ai a\'ec le bien, esl absolumenl nulle:
si le vrai est réciproquement conjoinl, c'esl d'après la \'ie
du bieu, De là \'Îent4ue lout homme, toul espl'iL. et lout
ange, esL l'egal'dé paI' le SeigneUl' selon son amolli' ou son
bien, el que nul n'estl'cgardé selon son I:'nlendemenl ou
selon le vrai spparé de l'amour ou du bien: en effet, la vie
de l'holTlme esl son amour, comme il a élé mOlltré ci-des-
sus, el sa vie esl seloll qu'il a élevé ses atfeclions par les
vrais, c eSl-à,dire, selon que d apl'ès la sagesse il a perfec-
tiormé les affeclions; car les alieclions de l'amour sont
élevées el perfectionnéps pm les vl'ais, ainsi pUl'la sages-
se : et alol's l':lmour agil conjointement avec elle comme
d apl'ès ellp, mais il agit d'apl'('s 80i par' elle, comme par
sa pl'opre t'ol'me, qui Ile lil'e absolument rien de l'entende-
ment, mais qui lil'e toul tl'une délermination de l'amour,
laqul'lle osl appelée aflerlion.
411. Toules les choses qui favol'isent 1 amour, l'amoUl'
les appelle ses biC'n", el loules celles qui. comme moyens
conduisent aux biens, il les appelle ses vrais; el comme
elles sont des moyens, elles s)nl aimées el deviennenl des
rllO~es de son flfl'ecLion, el ainsi elles deviennenl des af-
feclions dans une forme; c'est pOUl' cpla que le nai n'esl
autre chose que la fOl'me ùe 1 <Iffeclion qui appal'lielll à
l'amoul' ; la forme humaine n'esl aulre chose que la forme
de toules les alïeclions de l'amour; la bC'aulé est. son in-
leHig( nce, qu'il s'acquiQrl pal' Ips vrais qu'ilre<:oiL ou pal'
la vue ou pal' l'ouïe externe et interne: ee SOllt c('s cho·
sos que l'amour disilOse dans les formes de ses affections,
fm'mes qui sonl d une grande \'al'iélé, mais toules lil'ent
une 1 essemhlance dH leur fOl'me C'omIDune, C[ui est la
forme humaine: toules ces formes sonl pour lui belles et
aimables, mais toutes los autres sont pOUl' lui laides et
SUR LE DIVIN AMOUR 239
non-aimables, 1"aIJj"~s c8la, on voit rncol'e que l'amour se
conjoint à l'entendement, et non vice v/wsâ, et que la con-
jonction réciproque vient aussi de 1 amour: c est là cequi
est entendu par ces mots: « L'amour ou la volonlé faiL que
la sagess0 ou l'entendement l'st réci proquement conj oint. 1
41"2, Ce qui vient d'être dit peul dans une sorle d'image
èll'e YU et ninsi confil'mé d'apl'ès la conespondance du
cœur avec l'amour' el du poumon avec l'entendement. car
puisque le cœur correspond il l'amour, les choses qui en
drl'ivent, c'est-;'l-dit'e, les artc>res et lt's veines, cOI'l'espon-
denl aux affecllons, el dans le poumon aux affrction~ du
vni: et comme dans le poumon il y a aussi d autres
vai..;seaux, qui sonl appplés aédfi'I'es, pal' lesquels se fail
la l'espil'alion, ces vaisseaux par conséquent cOl'respon-
drnt aux perceptions, Il faul qu'on saclte bien que les
arlèl't's et les veines dans le poumon ne sont point des
affeelior,s, et que les respirations ne so:iI, ni drs pCl'CPp-
Lions ni des pem,ées, mais qu'elles sont des correspon-
dances, car elles ngissen t d'une manière cor.respondante
ou synchrone; de même pour le CŒur el le pOlimon, ils
ne sont 111 l'amour ni l'enlendement, mais ils sont des
correspondances; et puisque ce sont des cor'respondan-
ces, l'un peut èl, e vu daus l'autl'e: si celui (!ui connait
d après l'anatomie la slrucLure du pouillon la compare
avec 1 enLrnderrwnl. il peut clairpnH'nt voir que l\\ntende-
ment ne faitl'ien par lui-même, ne per<:oit et ne pense
rien par lui-nlême, mais liu'il fail touL d'npI'ès ks atYec-
liolls qui appartiennent ft l'amour. lesquelles dans 1 En-
tpndelllenl sont appelées l'atlpcLion de ~avoil', l'<lGecliol1
de comprendre, el l'all'eclion de yoil' ce que l'on sait ct
comprend, affections dont il a plp ll'ailé ci-dessus: en
effet, tous les états du poumon dépendent du sang qui
vient du cœur, de la veine ca\'e el de l'aode, et les respi-
ralions qui se font dans les l'amifica Lions bronclliales t'xis-
tent SolOI' l'èLat de ces ramifications, car l'inl1ux du sang
c(ssant la respiration cesse. On pent encol'e décolIVl'ir
bien des choses pal' la stl'Uclnre du poumon comparée
avec l'Entendement auquel il correspond; mais comme
la science anatomique n'cst conllUO que de peu ùe per-
sonnes, el que démonll'Gr ou COnfil'lHC>I' un sujet p3i' ri'JS
choses inconnues, c'est meUre le sujet dans J'olJs-:l11'ité,
il n'en sera pas dit davantage sur ce point. La connais-
240 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

sance que j'ai de la structure du poumon m'a pleinement


convaincu que l'amoUJ' par ses affections se conjoint à
l'entendement. et que l'entendement ne se conjoint à au-
cune affection de 1 amour, mais qu'il esl conjoint récipro-
quement par l'amour, afh que l'amour ait une vie sensi-
tive et une vie active. Mais il faut absolument savoir que
l'homme a une double respiraLion, l'une de l'esprit, et
l'autre du corps, et que la respiration de l'esprit dépend
des fibres partant des cerveaux, eUa respiration du corps
des vaisseaux sanguins partant du cœur, de la veine cave
et de l'aorte. En outre, il est évident que la pensée pro-
duit la respiralion, et il est encore évident que l'affection
qui appartient à l'amolH' produit la pensée, car la pensée
sans l'affection est absolument comme la respiration sans
le cœur, laquelle n'est pas possible: de là on voiL claire-
ment que l'affection qui apparlient à l'amour se conjoint
à la pensée qui apparlient à l'entendement, comme il a
été dit ci-dessus; pareillement comme le cœur dans le
poumon,
H3.@ La Sagesse ou l'Eiltendement, d'apÎ'ès la puis-
sance que lui dO/tlu! l'Amow' ou la Volonté, peut dtl'e élevé,
et l'ecevoir tes choses qui sont de la lllmièl'e procédant du
Ciel, et les pel'cevoi1·. Que l'homme puisse percevoir les
arcanes de la sagesse quand il en entend parler, c'est ce
qui a dèjà été montré ~à etla; ceUe faculté de l'homme est
celle qui est appelée Hationalité; elle est chez chaque
homme pal' création; pal' celle faculté qui est la faculté
de comprendre intérieuremenl les choses, et de conclure
sur le juste el l'équitable <>t sur le bien et le vrai, l'homme
est distingué des bêtes; c'est clonc là ce qui es~ entendu
par ces mots: « L'en tendem(·nt peut-être élevé, et recevoir
les choses qui sont do la lumière pl'Océdant du ciel, et les
perce\'oir. , Que cela soit ainsi, on peut encore le vnir dans
une sorte d'image Jans le Poumon. paJ'ce que le Poumon
correspond à l'Entendement: on peutIe voir dans le Pou'
mon d'après sa substance celluleuse, qui consiste en bron-
ches conlinuées jusque vel'S les follicules les plu!'> pelits,
qui son t les réceptions de l'air dans les respirations; ce
sont là les choses avec lesquelles les pensées agissent
{'omme un pal' correspondance; cette substance follicu-
laire es t telle, qu'elle peut être étenduo et contractée dans
un double état, dans un état avec le cœur, et dans un autre
SUR I.E DIVIN AMOUR 241
étaL presque spparé du cœur; dans l'étaL avec le cœur, pal'
les arLi~res rt le<; veilles pulmollaires qui viennen l du cœur
seul; dans l'état presque sl'parè du CCÛUl" par les a1'lèl'es
et les veines bronchiales qui \ irnnenl dela veine ca\'e et de
1 aOl'Le; ce" \'aisseaux sont. hors du cœur: cela s'opère
dans le Poumon, pal'ce que l'Llllen(\rmrlIL peul êLl'e élevé
au-dessus du propre amoul' qui corre'ipond au cœur, et
rece\'oir la Iumièl'e pr'océdant clu Ciel: mais néanmoins
quand rLutendement osL 61en; an cl ~<;us du pl'opre amour
il ne s'en {'loigue point, mais il tiro dl' lui cr qui est ap-
pelp l'atlecLion de ,..,woil' et de cOlllprendl'(' r,l yue do quel-
que chose concornant l'honneur, la' loire ou 10 profit dans
10 jlonde ; ce quelque chose cst adh'el'cnt à chaquo amoul'
comme une supcl'îieie, ce qui fait que l'au\0ur ne brille
qu'à la supel'ficif\, mais ch oz los sa,~'('S il est cl"aphanr, Cl">
détails SUl' le lOllmon ont l te" l'aPPoI'L('s, atin qu'il soit
conliJ m(\ qllC' l'rnt n( III nt 1 eut êLI (' élevp, et l'ocevoil'
les cl!o"r,> qui appcll'lieJlllent il la lm ')l'r du cipl, et les
percryoir, C'll' 1 y U Ulle complète c:olTesponclanco; voil'
c\'alll'è" la COI ,'v,p I!H!al}(,(" c'psl, \'oir' cl apl'ès l'EnLondemen t
le poumon, cl . [H" >; 1 l'OUIIlon l'entenclemrnt, eL ainsi
cl" près lUlIS l's d('I1,( Cil > nt l ' la ('o!1firlllution,
l~. @: L'Amo /' 01 fa rolOl.té puut pareillement ét1'e
élpvé, et l'er'e1;où'[ ~ cho~ps 'I" i ~ont d,' la c/taleU/'procédant
du ciel, s'il aime l(l S({g(',,~ ,son épouse, dll ns ce dl'gré, Que
l'Ent 'IlÙ !1C'nt puisse êl!'I~ ('10\'6 dans la lumière dn ciel,
ct puber Il sa!-.(~ssr dans colle lundl'rc, c'esL ce qui a étô
montr', dans 1'.\ 'lid" 1I'(\C(\([pnt, et ('il et là plus haut: il a
aussi (,té 1ll0ntl': l'it rt là que L\l1Iour ou lu Volonté peuL
è,!!':1.10I1\enlot1(' '('\'l\ s'il ainw 108 choses qui appa!'liC'n-
!lI'nt à la lUIIJ ii 1'(' du li'\' ou qui LI lpal'l iPlllll'nt a la sagesse;
mais l'amour 0 1 a vo onl (' ... 1, len non pas pal' qUl'lr~ue
chose de l'holl Il'II', de la glo'l'e ou du profit comme tJfl,
mais par l'alllolll' l l' 'usagp, ain<;i non en \'ue de soi, mais
en YU e du pl'oclJaill ; eL t llllllW l'( l amolli' n'est donné
que du <'icI par If' ~(·i . ;n(>ur, ( l est donné pal' le Seigneur
qualld l'hol1ll1H' fuilll'" !n:lIIX C ,1l1111f' P "chés, il en réslllte
que par ces mo~' 'n.;; l'amour ou la volon Lé peut aussi êLre
é\(')\'o, ct ne le p.'u Lpa s \IlS C ,,:; \11(" ens : loulpfois, l'amour
o lIa volonté est éle\'(~ (laus la chaleur du ciel, mais l'en-
te !clomont dans la lumii>re du ciel, et si l'nn et l'autre est
élevé, il s'y fait entre eux un \1lariage, qui est appelé ma-
16
242 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

riage célf'sle, pat'ce que c'esl le mariage de l'amour célesle


el de la sagesse: c'est pour cela qu'il esl dit que l'amour
esl élevÉ' aussi s'il aime la sagesse, son épouse, dans ce
degré; l'amour à l'égard du pl'ochain procédanl du Sei-
gnclll' esl l"amour de la sagesse, ou l'amour réel de l'En-
tendement humain. Cela se compare à la lumièr'e el à la
chaleur dans le Monde, il y a la lumière sans la chaleur,
el il y a la lumière avec la chaleur, sans la chaleur Jans
la saison de l'hiver, el avec la chaleur dans la saison de
l'élé, el quand la chaleuI' est avec la lumièl'e, tout fleul'iL;
chez l'homme la lumière qui corl"espond à la lumièl'e de
l"hiver est la sagesse sans son amour, el ~hez l'homme la
lumière qui cOI'l'espond ,lIa lumièr'e de l'élé est la sagesse
avec son amour.
415. Celle conjonction et celle disjonction de la sagesse
et de l'amolll' peuvent rLre vucs comme effigiées dans la
conjonctiun du poumon avec le cœur; rar le cœur peul
être conjoint aux vésicules l'acémiformes des bronches par
le sang qu'il y envoie, el il Je peul pal' le sang qui sOl'l
non de lui mais de la veine cave el de l'aOl'le ; pal' la, la
respira lion du corps pf'ut être séparée de la respiI'alion de
l'espril; mais quand le sang agit seulement d'apl'ès le
cœur, les rpspiI'ations ne peuvent êll'c sc'parées; mainte-
nan t comme les pensées agissen t ('omnw uu a v('c les res-
piralions pal' cOI'I'espondance, il esl de même évident,
d'apl'ès le L10uble élal du pou'l1on quant à la respiI'alion,
que l'homme peul pensel' ct d'après la pensée parler el
agir d'une manière quand il est en compagnie avec les
aulres, eL penser el d'apl'ès la pensée pader et agir d'une
aulre manière quand il n'esl pas en compllguie, c'esl-à-
dire, quand il Ile crainl nullemenl de pE'I'dr'(' sa I"épulrt-
tion; CaI' alors il peul penser el parler contre Dieu, contre
le prochain, conll'e les choses l'lpiriluellE's de l'Eglise, el
conlre les choses morales el civiles, el aussi agir con-
tre ('Iles, en volant, en se vengeanl, pn blasphémant,
et en commeltant adullère, landis que dans les com-
pagnies où il craint de perdl'e sa r('pulation il peul par-
ler', prêcher el agir ahsolument comme un homme spi-
rituel, mOJ'a1 el civil. D'après cela, on peut voir que 1'11-
mour ou la volonté peut, de même que l'entendemenl,
être élevé el l'ecevoir les choses qui appal'tiennent à la
chaleur ou à l'amour ùu ciel, pOUI'VU qu'il aime la sagesse
SUR LE DIVIN AMOUR 2.43
dans ce de~ré; et que, s'il ne l'aime point, il peul comme
être s~_~!,e.
41G.~: Autrement l'amour ou la volonté retire de Son

~
élévntion la .~nges3e ou l'entendement, pour qu'il agisse
comme un avec lui. Il y a un amour naturel et il y a un
amour spil'Huel; l'homme qui est dans l'amour naturel et
en même temps dans l'amour spij'ituel est homme ra:non-
) nel; cependant celui qui est jans le seul amour naturel
peut penser rationnellement tout il-fail comme l'homme
spirituel, mais néanmoins il n'cst point homme rationnel;
en effet, il t'lève son entenùement jWiqu'à la lumière du
ciel, ainsi jusqu'à la sagesse, mais toujoUl's est-il que les
chosps qui sont de la sagesse ou de la lumière du ciel ne
son t point de son amour: son Hmour élève l'entendement,
il est vrai, mais c'pst d'aprps l'affection de l'honneur, de
la gloirp rt du pl'ofit; 01', quand il perroiL qll'il ne re~oil
de celle rIèvation l'ien de tel. ce qui anive quand il prnse
en lui-même J'apl'cs son amoul' naturel, alors il n'aime
point les cIJoses qui sont de la lumièl'e du ciel ou de la
s:lgrsse, c'esl pourquoi il relire alors de son élévation l'en-
tendement pour qu'U agisse ('ùmme un avec lui; pal' exem-
ple, quand l'eutC'nderneot d'api'; s l'éléyaLion est dans la
sagesse, l'amour alol's voit ce que c'est que la justice, ce
que c'est que ln sincérité, ce que c'est que la chasteté, et
même ce que c'est que l'amoul' rÉel: l'amour naturel peut
"oir cela par sa farulLé de compl'rnùre pt d'examineI' les
choses dans la lumière du ciel, il peul même en paI'ler,
les prpcher el les ùécl'lI'e comme Y8l'Lns morales bt en
même Lemps spirituelles: mais quand l'entpnùemenln'esL
point dam; l'élf>\'111ion, l'amoul', s'il esl entièl'l'menl naLu-
l'el, ne "oit poinl crs vertus, mais au lieu de la juslicl' il
voill'injuslice, au IiNl de la sincérilé les fl'auùl's, au lieu
de la chastelé la lascivelè. ct ainsi du reste; si alors il
pense aux choses dont il padail quand son entE'nùement
était dans l'élè\'alion, il pl'ut en rire, et penser senlempnt
que ces choses lui servenL à cap Li ver les esprits (animi).
D'après ces explications, on peut voir comment il faut
enlendre que si l'amour n'aimE' pas la sagesse, son èpou-
se, dans ce ùegl'é, il la retire de son élévalion pour qu'elle
agiss0 comme un avec lui; que l'amour puisse êLre élevé,
s'il aime la sagesse dans ce degré, on le voil ci-dessus,
N° 414.
244 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

417. Maintenant, puisque l'amour corI espond au cœUl'


et l'entendement au poumon, ce qui vient d'ëtl'e dit peut
être confirmé par leur correspondance, ainsi commen t
l'entendement peut être élevé au-dessus du propl'e amour
jusque dans la sagesse, puis comment l'entendement est
retiré de son élévation par cet amour, si celui-ci est entiè-
rement naturel. L'homme a une double respiration, rune
du corps et l'autre de l'esprit; ces deux respirations peu-
vent être sc'parées et peuvent aussi être conjointes; chez
les hommes enlièI"ement naturels, surtout chez les hypo-
crites, elles sont srparées; mais chez les hommes spiri-
tuels et sincèl'es elles le sont rarement; c'est pour-quoi
l'homme entièrement naturel et hypocrite chez qui l'en-
tendement a été élevé, et chez qui pal' suite plusieurs cho-
ses appal'Lenan t à la sagesse l'estent dans la mémoire, peut
en société parler sagement d'après la pensée pro\"enant
de la mémoire; mais qu:md il n'est pas en soCit'-lt'-, il pell-
se, non d'après sa mémoire, mais d'après son espr'iL, ainsi
d'après son amour; il respÏI'e aussi de même, puisque la
pensée ella respiration agissent d'une manipre correspon-
dante. Que la stl'ucll\l'e du poumon soiL telle, qu'il peul
respirer d'après le sang qui vient du cœur, et d'apI'ès le
sang hors du cœur, c'est ce qui a été montl'é ci· dessus.
4'18, L'opinion commune est que la sagesse fait l'homme,
c'est pourquoi quand on entend quelqu'un parlel' ou en-
seigner avec sagesse, on croi t qu'il est sage; bien plus,
lui-même le cl'oit alors, parce que, quand en société il
parle eL enseigne, il pense d'après la mémoire, et s'il esL
entièrement naturel, il pense d'après la supel'f.icie de son
amour, qui est l'affection de l'honneur, de la gloiI'e et du
profit; mais quand il est seul, il pense d'apl'ès ramour
intél'ieuI' de son esprit, et alors non pas en sage mais paI'-
fois en insensé. D'èlpl'ès cela. on peut voir que chacun doiL
êtl'e jugé non d'apl'ès un langage sage, mais d'après sa
vie, c'est,à-dil'e, non d'après un langage sage séparé de la
"ie, mais d'après un langage sage conjoint avec la vie;
par la vie il est en tendu l'amour; que l'amour soit la vie,
cela a é té montré ci-dessus.
419.C!.Yp L'Amour ou la l'olonté est pur'iflé dans l'En-
tendement, sïls sont élevés ensem&le, L'homme par nais-
sance n'aime que lui-même et le monde, cal' rien autre
chose ne se présente devant ses yeux, et pal' suite' il ne
SUR LE DIVIN AMOUR 245
s'occupe de rien autre chose, et ce t amour est naturel-corpo-
rel, eL peulêtl'e nommé matériel ; et, outre cela, cet amour
est devenu impur par la séparation de l'amour c.élesl'e
d'ave01ui chez les pal'ents, Cet aUIOUI' ne peuL ôtresépal'é
de son impUl'eLé, si l'homme n'a pas la faculLé d'élevel'
l'entendement dans la lumière ÙU ciel, et de voir comment
il doit vivl'e, afin que son amoul' pui~se, avec l'entende-
men t, êlre élevé dans la sagesse; pal' l'enLenùement l'a-
moul' voit, c'est-à-dire, l'homme voiL quels sont les manx
qui souillent et eorrompent l'amoul', et il voit aussi que
sïl fuil et déteste ces maux comme péchés, il aime les
choses qui sont opposées à res maux, et qui toutes sont
célestes; puis il voit aussi lps moyens pal'lesquels il peuL
fuir et d(~tester ces maux comme péchés; l'amour, c'est,
à-dil'e, lhomme, voiL cela pal' l'usa,g-e d" la farulLé d éle-
ver son entendement dans la lumiere du ciel, d'Olt lui
vient la sagesse; alol's autant l'amour place le ciel au pl'e,
miel' l'ang et le monde au second, Ilt en mème temps le
Seignelll' au [)l'emier l'ang et soi-méme au second, autant
l'amolli' est éplll'é de ses souillures et est purifié, c'est-à-
dil'c, auLant il est élevé dans la chaleuI' du ciel, et con-
joint à la lumirre du ciel, dans laquelle e3t:'entendement,
et alol's se faille mariage qui e:st appelé mal'iage du bien
et du vl'ai, c'est-:l-diI'e, de l'amouI' ét de la sngesse, Cha-
cun peut saisil' pal' l'entendement et voir rationnellement
que, auLallt on fuit et on déteste les vols et les superche-
l'ips, autant on aime la sincél'iLé, la dl'oiLUl'e et la justice;
qu'autant. on fuit et on déteste les vengeances et les :Jai-·
nes, autant 011 aime le pr'oehain; qu'autant on fuit et on
déLeste les adulli'res, autant on aime la chasteté, et ainsi
du l'este, Et mêllle à peine quelqu'un connait-il ce qu il y
a du Ciel et ce qu'il y a du Seigneur dans la sincél'iLé,
dans la droiture, dans la justice, dans l'amour à l'égal'd
du proehain, dans la chasteté, et dans toules les autl'es
affections de l'amour cpleste, avant d'avoil' éloignB ce qui
est opposé à ces affections; quand il a éloigné ce qui est
oppose, il est alol'8 en elles, et d'après elles Ules connait
et les voÏl : avant cela, il y a comme un voile interposé, qui
transmet, il p.st vl'ai, la lumière du Ciel à l'amour, mais
comme l'amoul' n'aime pas la sagesse, son épouse, dans
ce clegl'é, il ne la \'eçoit pas, et même parfois illa l'épl'i-
manùe et la blàme, jusqu'à ce qu'elle revienne de son
LA SAGESSE A~GÉ!LIQUE

élévation, mais néanmoins il la flaLle parce que la sagesse


de son entendement peut sel'vir de moyen poul'l'honneur,
la gloil'e ou le gaill ; mais alol's il se met lui et le monde
au pl'emier rang, et il met le Seigneur et le Ciel au second
l'ang; et ce qui est mis au second rallg n'cst aimé qu'au-
tant qu'on le tl'ome utile, et si cela n'est pas uLile on l'a-
bandonne et on le rejeUe, sinon avant, du moins apl'è::lla
mOI't. De là résulte donc ceUe vél'iLé que ramolli' ou la
volonLé esL purifié dans l'enLendemenL, s'ils sonL élevés
ensemble,
420, l.a même chose esL effigiée dans le Poumon, dont
les artères cL les veines conespondenl aux affections qui
appal'liennenL à l'am OUI', et dont les l'espiralions cOl'res-
ponùenL aux pel'cepliolls eL aux pensées qui appm'Liennen L
a l'entendemenL, ainsi l.u'il a déjà éLé dit. Que le sang du
cœur dans le I?oumon se pur'ifie des choses indigesLes, cL
qu'aussi d'apres l'air al,liI'é il se nourris::le de choses qui
lui conviennent, on le \'oil pal' de nombl'eusl'S expériell-
ces: Que le sang se pUl'ifle des choses indigestes dans le pou-
mon, on le voi t non-seulement d'upl'ès le saug qui y flue,
lequel est veineux, ('t pal' suite l'empli de chyle provenant
des aliments et des boi.sso!ls, mais encore paI' les expil'a-
lions qui son t humides, et pal' celles qui fl'a ppen t l'odol'a t
des autres, ('omme aussi d'après la 1lI0illÙl'e quantité de
sang qui l'etlue dans le ventl'ie'ule gauche du cœur, Que le
sang d'aplù l'aù' allil'é SI' nmo'l'isse de choses qui lui COIl-
viennent, on le voit par l'immense quantité d'odeurs eL
d'exhalaisons qui eftluen t COli Linuellel1lellt des pl'ail'ies,
df>s parterres cL des \'ergel's, eL par l'immellse quantité de
sels de différente espèce qui, avec les eaux, sodent des
tel'I'es, des tlrmves el des étangs, el par l'immense quan-
tité de vapeurs cL d'cftluves provenanL ùes hommes eL des
animaux, et donL l'aiI' est imprégné; que ces choses s'in-
troduisent dalls le poumon a\'ec l'ail' alLiré, c'est ce qu'on
ne peutlliel' ; eL puisqu'on ne peutIe nie l', on Ile p~ul pas
nicl' non plus que le sang' n'atLil'e celles d'entl'e elles qui
lui conviennenL, eL cellcs qui lni conviennent sonL celles
qui cOl'I'espondent aux affeclions ;1(> son a 111 OUI' : de là
vienl que dans les vésicules ou dans les intimes du pou-
mon il y a, en très-grande quantité, des petites veines
avec de petiLes bouches, (lui absol'berlt ces choses; et aussi
que le sang renuant dans le venLI'i.::u~e gauche du cœur
SUR. LE DIVIN AMOUR 247
est ~hangé en sang artériel, et devient éclatant; tout cela
confil'rne que le sang sc purifie des parties hétél'ogènes,
et quïl se noul'l'iL des homogènes. On ne sait pas encore
que le sang dans le Poumon se pUl'jfie et se nourri t d'une
manière cOl'respondante aux affections de l'esprit (animus),
mais cela est très connu dans le Monde spirituel: en effet,
les anges qui sont dans les cieux se délectent uniquement
des orleurs qui correspondent ;'l l'amour de leur sagesse,
tandis que les espri ts dans l'enfel' se délectent unique-
meut des odeul's qui cOl'resrondent à l'amour opposé à la
sagesse; ces demières odeurs sont des infections, mais
les odeul's précédentes sont des exhalaisons odol'ifpran-
tes. Que les hommes dans le mon 1(· impr'èq-nent leur sang
de rhoses semblables srlon la rOI'responaance avec les
affections de leur amour, cpla en est une consequence,
cal' ce que l'espl'il de l'homme aime, lE' s3.ng selon la cor-
respondance le désire ardemment, et par la r'espir'aLion
il l'a tlire, De ceLLe rorrespondance il ré" ulLe que, quant :,
son amOUI', lllOmnH' est purifié s'il aime la sagesse, et
qu'il est souillé s il ne l'aime pas: et même toute pur-:fi-
cation de rho,nme se fait par les Vl'ais qui appul'tiennent
à la sagesse, et toule souillul'e de 1 homme se fait par les
faux o~pJ?sés aux \'l'ais de la S::lgesse.
421.~m L'cJIlour ml la volonté est souillé dans l'en-
tendem ',zt e! par l entendem<nt, s'ils M sont ,.oint élevés
ensemble. C'est parce que si l'amoUl' n'est point élevé, il
reste impur, romme il vient d'être dit, N°s H9, 420; et
10l'Squ'il reste impur, il aime les choses impures, telles
que les veangeancps, les haines, le~ fl'audes, les blasphè-
mes. les adu!Lpl'l's, car alors ce sont là ses affections,
qu'on nOlllme convoitises, et ill'ejettc le.> choses qui ap-
partiennent à la chal'Hp, à la justice, à la sincérité, à la
vérité et ft la clt~steté. li est dit que l'amoUl' est souillé
dans l'en tel dpm(m' et par' l'entrnJeOlenl; dans l'entende-
ment, pendant que l'amoUl' est affecté d(~ ces choses impu-
res; pal' l'enlendem 'nt, pendant que l'amour fait que les
choses qui apparLipnnent à la sagesse deviennent ses es-
claves, cL plus encore quant] 'Iles pervertit, les fal:,;ifie et
les adulLèl'e. Sur l él:lt fI:l cœur, ou ùe son sung dans le
poumon, c01'l'espondant à ces choses, il n'est pas brsoin
d'en dil'e davantage que ce qui a été di t ci-dessus, ~" 420 :
seulement, 2U lieu do la purification du sang, il s'en fait
• 1
248 LA SAGESSE ANG~LIQUÈ

une cOrJ'uption; et au lieu de la nutrition du sang pat' des


ex.halaisons oùot'iférantes, il s'en fail une nutrition par
des infeclions, absolumenL comme il at't'ive dons le ciel el
dans l'rnfer,
422. ~l iD L'Amour purifié ?Jal' fa S(lg.osse dans l'Enten-
dement ( ev~ent spi1'lcuel et céleste, L'homme naît naturel,
mais selon l'enlendement élevé dans la lumièt'e du ciel,
el l'amour élevé en même temps dans la chaleut' du ciel,
il devient spiriluel eL célesLe ; il de\'Ïent alot's colt1me le
jal'din d'Eden, qui c::.l dans la lumière du prinlemps el en
même temps dans la chaleUl' du printemps, Ce n'est pas
l'entendemenl qui devient spirituel et célesle, mais c'esl
l'amolli', et quand l'amont' le devient, il rond aussi spit'i-
luel et céleste l'enlendement son épouse. L'amouI' devient
spirituel et céleste d'après la vie selon les \'l'ais de la sa-
gesse que l'enten(lelllenl enseigne et montre; l'amour
puise ce~ \'l'ais par son enlendelllenlo el non de lui mème ;
car l'amoul' ne peul s'élever, s'il ne sait les vl'ais, el il ne
peutlrs savoir que par' l'entendement élevé et illustl'é; et
alol's auLant il ailllr les vrais en les faisanl, autant il est
l,levé; car antl'e chose est de co,npl'8mlre, et aull'e chose
est de vouloir, ou autre chose est de pa1'lel', et autre chose
est de !ail'e; il Y on a qui cOIlI[)t'ennent et clnoncellt des
vl'ais dr la sa"C'-,se, llJai" nc"all'lloin" ne les veulent pas et
Ile lrs font pas: quancl 11l1C' l'amour fait les vrais de la
lumièrc qu'il rOI 1[11'( 1 1 d l'lJ nce. aloI's il pst élevé, Qu'l
en soiL ainsi, l'homme pout c voir d'après la 1'aison seu-
le; cal' qu cRt,ce qUl' 1'110 1 ne (lui compl'end et énonce
des vrais de la Sa!!mi:W, Lanùis qu'il vil contl'c crs n,lb,
c'est-il-dire, tanùis que contrc eux. il vput el fait? Si 1 a-
mour pltJ'ifié pat' la sa~e"se df'vient spil'Ïtuel et céle~tr,
c'est pat'CC qu il y a citez l'homme It'ois degl'Ps de la vie.
qui sont nommés natul'el, spirituel et céleste, dont il a
été traité dans la Trobième Pal'lie de rel Ouvrage, et
parce que rtlOmme peut ètre élevé ùe l'un de ces degrés
dans un autl'e ; mais il est éle\'é non pal' la sages~e seule,
mais pal' la vie selo!! la sagesse, cal' la vie de l'!tomme est
l'amour de l'llomuLC ; autant donc il vi t selon la sagesse,
autant il aime la s<1:;psse ; et il vil selon la sagesse ('n
tant qu'il se purifie drs impuretés qui sont les péchés; et
tIutant il fait cela, autant il ailllP la sagesse.
423, Que l'amour purifié pat' la sagesse dans l'entende-
SUk LE DiVIN AMOUR 249
ment devienne spirituel et céleste, on Ile peut pas le voir
de même par la cOl'respondance avec le CceU\' et le Pouillon
parce que pel'solme ne peut voir quel est le sang, par le-
quelle Poumon est tenu ùans l'élal de sa respit'ation; le
sang peut êll'e rempli d'impuretés, et ce sang néanmoins
n'esl point disLin,!!ué d'avec un sallg pur; et la respiralion
de l'homme entièrement natuml appal'ait de mème sem-
blable il la l'espil'aLion de l'homme spÏl'Uuel : mais dans le
ciel la distinction est pm't'aUement faiLe. car là chacun l'es-
pit'e selon le mariage de l'amour et de la sage.,,,e; c'es t
pourquoi ,::omme les anges sont connus d'après ce mar'iage,
ils sont connus aussi d'après la r'espir'aLion, ce qui fail que,
lorsque quelqu'un qui n'csl p::ts dans ce mariage vient
dans le ciel, il est saisi d'une oppression de poitr'ine, el
le souftle de sa respira lion luLle comme chez ceux qui sont
dans l'agonie cie la mort; aussi de lels esprits s'élancent-
ils avec pr'écipitalion ItOI'S du ciel, et n'onl-ils de repos
que lursqu'ils ~onl chez ceux qui ont une semblable respi-
ration, cal' alol's ils sonl pal' cOI'l'espondance dans une
semblable affecLion et pal' suite dans une semblable pen-
sée, D'apl'('s cda, on peul voil' que chez celui qui est spi-
rituel, son santi plus pur, que qUE'lques-uns nomment es-
prit animal, est le sang qui a été purifié, eL qu autant
l'homme est dans le mariage de l'amour et de la sagesse,
autant ce sang a pté pl1l'itié : c'esL ce sang plus PUl' qui
cOITespond le plus prochainement il ce mar'iage ; el connne
il influe dans le [jang du cor'ps, il s'ensuit que celui-ci est
aussi pur'Hi{' par lui: c'esl le contl'aire cIte. ceux chez qui
l'amour' a été' souillé dans l'en Lendement. . lais, ainsi qu'il
a été dit, pCI'>ionlle ne III ul pm' c:\.pl'I-icllce C'xplorer cela
d'après le san".!', ccpcnùant on le p ut d'apr'ès les affec-
tions de l'amoUl', pui ... que ces affections cUl'l'espondent au
sang,
4:H_~_ L'w//o /1'soltilté dans l'eiltendement et par
l'enten cment deoient nalul'el, sOl/suel et COJ-pol'cl, L'amour
natlll'ei sépat'é de l'amour spil'ituel est opposé à l'amolli'
spiriluel; cela \'ient de ce que l'amo Il' naturel est l'amoul'
de soi el l'amour du l11011 le, et que l'amour spirituel est
l'amoUl' du :;eign.mr' et l'a.nour du pr'oclrain : or, l'amoul'
de soi et du monde regarde en bas et en dehors, et l'a-
Illonr du Sei(~neur l'egal'Je en haut et en dedans; lol's
donc que l'alll~ur naturel a été séparé de l'amour spil'ituel,
250 LA SAGESSE ANG~LIQUB

il ne peul être élevé hors du propre de l'homme, mais il


y demeure plongé, et autant il aime ce propre, autant il y
est agglutiné; et alors si l'entendement monle, et voit
d'apres la lumière du ciel los choses qui apparLiennen t ;\
la sagesse. cet amour la retire et la conjoint avec lui
rtans son propre, et là il rejetle les choses qui a ppartien-
nent à la sagesse. ou il les falsifie, ou il les pla('e aulour
de lui. afin (j'en parler en vue de la réputation. De même
que l'Amour naturel peut pardpgrémonter et devenir l'pi-
rituel el céleste, de méme aussi il peut pal' degrés des-
cendre et devenir sensuel et corporel; et autan t il aimr la
domination non d'après un ilmour de l'usage, mais d'a-
pl'ès le seul amour de soi, autant il descend; c'est cet
amour qui est appelé le diable. Ceux qui sont dans cet
amour peuvent parler et agi!' de la même maniél'e que
ceux qui sont dans l'amour spirituel; mais alors c'rst ou
d'après la mémoire, ou d'après l'entondrment élevé de
lui-même dans la lumière du ciel; néanmoins les choses
qu'ils disent et font sont, pal' comparaison, comme des
fruits paraissant beaux parla surface, qui sont en dedans
entièrement pourris; ou comme des amandrs qui pal' la
coquille pal'aissent saines, mais dont le dedans a été en-
tièrement l'ongé par les vers: ces dehors, ùans le monde
spirituel, on les appelle ùes phantaisies, pal' lesquelles l(>s
femmes débauchées, qui là sont nommres Sil'ènes. se re-
vêtent de beauté et s'ornent de vêlements décents, mais
nranmo:ns apparaissent comme dps spectl'(>s dès que la
ph'mtaisie a été repoussée; et ils son l, comtnr les diables
qui se font anges de lumière; en effot, quand cet amoul'
corporrl relire de l'élévation Sln entendemellt, ce qui al'-
rive quand il est seul et quîl pense d apl'i~s son amour,
alors il pense cont~'e Dieu pour la nature. contre le Ciel
pour le monde, et contre les vrais et l('g biens de l'Église
pOUl'les faux et les maux de l'enfer, ainsi contre la sagesse,
D'apr0s ces explications on peut voir quels sont ceux qui
sOllLappelés hommeg corporels; car ils ne sont point COI'-
porels quant a L'entendement, mais ils son L corpol'els
quant à 1 amour, c'est-a-dire qu'ils ne sont point corpol'els
quanL à l'entendement lorsqu'ils pal'lent en société. mnig
qu'ils le sont 10I',;qu'iLs parlent avec eux-mêmes en esprit;
et comme ils sont tels en esprit, c'est pOUl' cela qu'aprps
la mort il deviennent, et quant à l'amour et quant à l'en-
SUR LE DIVIN AMOUR 251
tendement, des esprits qui sont appelés esprits corporels:
alors ceux qui dans le monde ont été dans un très-grand'
amOUl' do dominet' d'apl'ès l'amoul' de soi, el en même
lemps dans l'élévation de l'entendemenl au-dessus des
autres, apparaissent comme des momies égypliennes
quant au corps, el gl'ossiel's el fous quant au men laI. Qui
sail aujoul'd'1mi dans le Monde que leI est en soi cet
amour'! Néanmoins il y a un amoul' de dominer d'après
l'amour de l'usage, mais d'après l'amour de l'usage non
pour soi mais pour le bien commun: l'homme ne peut pas
distinguel' facilement l'un de l'autre, mais il y a cependant
entre eux une ditTérence comme entre le ciol et l'enfer,
Quant aux différences entre ces deux amoUl'S de dominer,
voir dans..le Tl'ailé DU CŒL El' DE L'ENFER les NuS 1);)1 il 66;),
4.'25,@! Néanmoins il 1'cste la faculté de comprendre,
qui est appeléfl Ralùmnalité, et la faculie d'agir, qui est ap-
pelé LjJJerlé, Il a été traité, ci-dessus, N"s 20 i à 267, de ces
deux facultés que 1 homme possède, L'homme a ces deux
farulLés, pour qu'il ~uisse de nalurel devenir spirituel, ce
qui esl êtl'e l'égénél'e; car, ainsi qu il a déj il élé dit, c'es t
l'amoUl' de l'homme qui devient spirituel el esl rég0npré,
el cel amour ne peut pas devenir spirituel ou êlre régéné-
ré, s'il ne sail pas pal' son elltenùement ce que c'est que
le mal el ce que c pst que le bien, et par suite ce que c'est
que le \Tai el ce que c'esl que le faux; quand il le sait, il
peut cltoi.;il' l'Ull ou l'autre; el s'il choisit le hipn, il peut
pal' son enlelllleme:ll être infol'mé des moyens par lesquels
il pput venir au bien; lous les moyens par lesquels l'hom-
me peut venir au vien sonlpourvus : sa\'oiret comprendl'e
ces moyens \ ienl üe la R\TlONM,I1'É, les vouloir et les faire
vient de la LlUERTÉ ; la libel,té est aussi de \'ouloir les sa-
voir, les compl'endl'e elles penser, Aucune chose de ces
deux Facullés, qui sonl nommées Halionalité el Liberté,
n'esl connue de ceux qui cl'oient, d'après la doctl'ine de
l'Eglise, que les Spit'ituels ou les Théologiques sont au-
dessus de l'entendpment. et que par conséquent il faut
les croire sans l'enlendement j ceux-ci ne peuvent que
nier la faculté qui est nOlllméE' Halionalilé: el ceux qui
croient, ù apl'ès la doctrine de l'Eglise, que personne ne
peut fail'e le bien par sni-même, et que par conséquent le
biell ne doit pas être fait d'apl'ès quelque volonté en vue
du salut, ne peu\'elll que nier pal' principe de religion ces
2!)2 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

deux facultés que l'homme possède: c'est aussi pour cela


'que ceux qui se sont confirmés dans ces principes sont,
après la mort, selon leur foi, privés de l'une et de l"aulre
faculté; et qu'ils sonl dans la Libel'lé infernale au lieu
qll'ils auraient pu être dans la Libel'té célesle, et dans la
Folie infernale au lieu qu'ils auraient pu d'après la Hatio-
nalité être dans la Sagesse angélique: et, ce qui est éton-
nant, ils reconnaissent que ces deux facultés existent, lors-
qu'oll failles maux etlol'squ'on pense les faux, ne sachant
pas que la tbel,té en faisant les maux est l"esdavagc, et
que la rationalité en pensant les faux est l'il'l'ationalité.
Mais il faut qu'on sache bipn que ces deux facultés, la Li-
berté et la Hationalité. appartiennent non pas à l'homme,
mais au Seii(neur chez l'homme, et qu'elles ne peuvent
pas êtl'e appropl'iées à l'homme comme étant à lui, ni êtl'e
données à l'homnw comme élant à lui, mais qu'elles ap-
pal'tiennent continuellement au Seigneur chcz lui, et que
cependant elles ne sont jamais enlevées à l'homme, et
cela, parce que sans elles l'homme ne peut èt!'e sauvé, cm'
sans elles il ne peut ètre régénéré, ainsi qu il a déjit été
dit; c'est pOUl' cela que l'homme de l'Eglise est in.,tl'Uil
qu'il ne peut pensel' le \'l'ai pal' lui-même, ni faÎl'e le bien
par lui-même. ~lais comme l'homme ne perçoit pas autre-
ment, sinon qu'il pense le vrai pal' lui-mèIl1P, et l'ai t le bien
pal' lui-même, il est tl'ès-évident qu'il doit t't'oire qu'il
pense le vrai comme par lui-même, et qu'il fal t le bien
comme pal' lui -même; ('al' s'il lIP croi t pas cela, alol's ou
il nn pellse pas le vrai et ne fait pas le bien, et ainsi il n'a
aucune l'eligion, ou il pense le V1'ai et fait. le bien par lui-
même, et alors il s'attribue ce qui est Divin, Que l'homme
doive pensel' le vrai eL fail'e le bien comme pal' lui-même,
on le voit dans L.\ DOCTIUNC DE VIE l'OUR 1..\ NOUVELLE JEHUS.\-
LE~I. d~~i;s le commelwement jusqu'à la fin.
426.@") L'Amow' spi1'ituel et céleste est e' Amou?' à l'é-
gard du IJ1'ochain et l'AmoU?' enve?'s le StigMur; et l'amour
naturel et semuel est l'amour du mOllde et l'amour de soi.
Par l'amoul' à l'égal'd ùu prochain il est entendu 1 amour
des usages, et par l'amour envel'S le Seigneur il est enlen-
du l'amour de fail'e des u~ages, ainsi qu'il a été montl'o
ci-dessus. Si ces amoUl'S sont spiriluels et célestes. c est
parce que aimer les usages, el faire les usages d'après
l'amour des usages, est séparé de l'amour du propre de
SUR LE DIVTN AMOUR 253
l'homme; car celui qui aime spirituellement les usages ne
sa regarde pas lui-même, mais il rpgarde hor:5 de lui les
autres, du bien desquels il est affecté: à crs amours sont
opposés les amoul's de soi et du ml)nde, cal' ceux-ci regar-
denLles usages, non en vue de,> autres, mais en vue d'eux-
mêmes, et ceux qui font cela rem'ersent l'ordre Divin, et
ils se meltent à la place du Seigneur, et mettent le monde
à la place du ciel; il en résulte qu'ils l'Pg:lI'dent en arrière
ùu Seigneur et du ciel, et regarder en a1'l'ièrc du Seigneur
et du Ciel, c'est regnrdel' "ers l'enfer; voir c!fI plus grands
r1étails SUI' ces amours, ci-dessus N° '12~, Mais l'homme
ne sen t pas et ne pel"coit pas l'amoul" de faire ues usages
en vue des usages, comme l'amour de faire dos u<;ages en
vue de lui-même; de là aussi il ignore, quand il fai t des
usagos, sïlles fait en vue des usages ou en vue de lui-
même; mais qu'il sache qu'aulant il fuit les maux, autant
il fai t lef; usages en vue des usages, car aulant il
fuit les maux, aulant il fait les usagps non d'après lui-
mênlP, mais d'après le Seigneur; en effel.le mal elle bien
sont opposés. aulant donc quelqu'un n'est pas dans le mal,
autant il pst drlns le bien; pel'sonne ne peut (>ll'e en même
temps dans le mal et dans le bien, parce que personne ne
peul servir en même temps deux maiLl'es, Ceci a èté dit,
afin qu'on sache que, quoique l'homme 11(' pel'coive pas
sensiblement si los usages qu'il faiL sont en vue des usages,
ou s'ils sont en vue de lui-même, c'est-à-du'e, si les usages
sont spirituels, ou s'ils sont simplement naturels, néan-
moins il pput le savoir de ceLLe manière : Pense-t-il quo
les maux sont des péchés, ou pense-t-il qu'ils n'en sont
pas 1 S'il pense qu'ils sont des péchés, el que pour cela
même il ne les fus:,p pas, alors les li 'n<:.,ps qu'il fait sont
spirituels; et quand pm' a\ cI'sion il fllit les ppchl's, alors
aussi il commcnce à percp\'oir <;cnsilJlement l'amour des
usages <:'n \'Ue des usages, et cela, d'après le plaisir spi-
rituel qui est en eux.
427,Q::dIf Il en est dp la ('h tl'ité et de la foi. et de leU?'
conjonr' tOn, COrJ/illP de la l'o{onté et de l'el1tendmwnl, et de
lp1t1' conjon('tioll, Il y a drux amours selon lesquels les
Cieux ont été dislingués, l'Amour céleste et l'Amour spi-
rituel; l'Amour céleste est l'amour enve!'s le Seigneur, et
l'Amour spirituel est l'amour à l'égard du prochain: ces
Amours sont distingués par cela que l'Amour céleste est
254 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

l'amour du bien, el que l'Amour spirituel esll'amour du


vrai, car ceux qui sont dans l'amoul' céleste font les usa-
ges d'après l'amour du bien, et ceux qui sont dans l'Amour
spiriluel font les usages d'après l'amoul' du vrai; le ma-
riage de l'A moul' céleste e::.l avec la sagesse, et le mariage
de l'Arnoul' spiritUt'l est avec l'intell:gence ; car il est de
la sagesse de faire le bien d'après le bien, et il est de l'in-
1elligence de faire le bien d'après le \Tai; c'est pourquoi
l'Amour céleste faille bien, el l'Amour spirituel rai tle vrai.
La différence entre ces deux Amours ne peut êll'e décl'ite
que par ces distinctions-ci: Ceux qui sont dans l'Amour
céleste ont la sagesse inscrite dans leUl' vie et r.on dans la
mémoire, re qui fail qu'ils ne parlent point des Divins
vrais, mais qu'ils les fonl; au contraire ceux qui sonl ùans
l'Amour spirituel ont la sagesse insr.rite dans leur mpllloi-
re; c'est pOUl'quoi ils parlent des DiYÎns vrais, et ils les
font d'après 1.'s principes dans la mémoÎl'e, Comme ceux
qui sont clans l'Arnoul' céleste ont ln sagosse inscl'ile clans
leur vie, toul ce donc qu'ils entendent, ils pnrroivent aus-
sitôt si cela est vrai ou n'est pas vrai, et f]uand on leUl' de-
mande si r.ela est vrai, ils réponùrnLseulemen t: Cela est; ou:
Cela n'est pas; ce sont eux qui sont entendus pal' ces paroles
du Seignelll' : « Que vot?'e discours soit: Oui, olli; non,
non, ~ - Mailh, V, 37; - et parce qu'ils sont lels, ils ne
veulentl'ien entendre de la foi. disant: Qu'est-ce que la
foi? N'est-ce pas la sagesse? El qu'est-ce que la charité?
N'est-ce pas fail'e? et quand quelqu'un leuI' dit que la foi
est de croire ce qu'on ne comprend pas, ils se détournent
en disant: Il est en délire, Ce sont eux qui sont dans le
Tl'oisit'me Ciel, et qui sont les plus sages de tous Tels
sont devenus ceux qui. dans le ~!onde, ont aussitôt appli-
qué à leu!' vie les Divins qu'ils entendaient, en détestant
les maux comme infernaux, oten adoranlle Seigneur seuL
Ceux-ci, parce qu'ils sont clans l'Innocence, apparaissent
aux autres comme des enfants; et parce qu'ils ne parlent
nullement des vl'ais de la sagesse, et que dans leur langa-
ge il n'y a rien de fastueux. ils apparaissent simples aussi;
mais néanmoins quand ils entendent quelqu'un parler,
ils perçoivent d'apl'ès le son toutes les choses de son
amour, et d'apl'ès les paroles toutes les choses de
son intelligence, Ce sont eux qui sont par le Seigneur
dans le Mariage de l'amour et de la sagesse, et qui
SUR LE DIVIN AMOUR 255
représenlenlle Cardiaque du Ciel, dont il a été parlé plus
haut.
428, Mais ceux qui sont dans l'Amour spiriluel, qui est
,l'amour à l'égard du prochain, n'ont pas la sagesse ins-
crite dans leur vie, mais ils ont l'inlelligence, car il est de
la sagesse de faire le bien d'après l'affection du bien, mais
il est de l'intelligence de fail'e le bien d'après l'affection
clu vl'ai, ainsi quïl a déjà été dit: ceux-ci ne savent pas
non plus ce que c'est que la foi; si l'on nomme la foi, ils
enleudent la vérité; et quand on nomme la charité, ils en-
tendent faire la vél,ité : et quand on leur dit quïl faut
cI'oi~e, ils di5ent que celn est une vaine locution, et ils
ajoutenl: Qu'est-ce qui ne cl'oil pas le vrai? ils s'expri-
ment ainsi, parce qu'ils voient le vl'ai ùalls la lumière de
leur ciel; aussi croire ce qu'on ne yoiL pas, ils appellent
cela ou simplicité ou stupidité, Ce f'ont eux qui font le
Pulmonaire du ciel, dont il a aussi été parlé plus haut.
429, Quant à ceux qui sont dans l'Amour naturel-spiri-
tuel, ils n'ont inscrites dans leur vie ni la sagesse ni 1 in-
tclligenee, mais ils ont quelque chose de la foi d'après la
rarole, en tanl que cela a été conjoint à la charité. Comme
ceux-ci ne savent pas ce que c'est que la chal'Hé, ni si la
foi est la \'érité, ils ne peuvent pas êtl'!) dans les cieux
parmi ceux qui sont dans la sagesse et dans l'intelligence,
mais ils peu\'elIl être parmi ceux qui sont dans la science
seule. Toutefois, ceux qui ont fui les maux comme péchés
sont dans 10 demiel' ciel, et là dans une lumière sembla,
ble à la lumière noclul'lle de la lune. JIais ceux qui ne sont
point continués dans la foi de l'inconnu, cL qui ont été en
mêllle temps dans quelque affection du \Tai. ceux-ci, après
avoil' été instruits par les anges selon la réception des vé-
rités et la vie confa l'lue .à ces vérités, sont élevés dans la
société de ceux qui sont dans l'amour spirituel et par
suite dans l'intelligence; ils deviennent spirituels, les
autres restent nalurels-spirituels. Ceux, au contraire, qui
ont véculans la fOl séparée de la charité, sont éloignés
el relégués dans des déserts, parce qu'ils ne sont dans
aucun bien. ni pal' conséquent dans aucun mariage du
bien et du vl'ai, dans lequel sont tous ceux qui sont dans
les cieux.
430, Tout ce qui, dans celte Partie, a été diL de l'Amour
el de la Sagesse, peul être dil de la Charité et de la Foi,
256 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

pourvu qu'au lieu de la Chal'i té on entende l'Amour spi-


rituel, el qu'au lieu de la Foi on entC'nde la Vél'ile' pal'
laquelle existe l'Intelligence: c'est la même chose de dire
la Volonté et l'Entendement. ou dE' dire l'ArnoUl' el l'In-
telligencc, puisque la Volonté est le l'èceplacle de l'a-
mour, el que l'Entendement est le réceptacle do l'in lelli-
gence,
431. A ce qui précède j'ajouterai ce mémorablo: Dans
le Ciel tous ceux qui font les usages d'après l'alrection de
l'usage tit'ent de la communion, dans laquelle ils sont,
d'être plus sages et plus heul'cux que les autres; et l'l,
pour eux, fail'r' des usages, c'e,,' agir avec sincl'rilé, drol-
tme, justice et fitlèlilé dans ]'u.,uvrc qui appal'lienl à l'U\'
office; ils nomnwnt cela charité; les adorations qui sont
du culle, ils les nomment signrs de la charilè; eL tou l( "
les aull'es choses, ils les Ilomment delles et bienfails ; il.,
disenl que quand quelqu'un faiL m'ec sincérité, dl'oituro,
justice et fidélilè, 1 muvl'e qui appal'tipnt à son oftic\', Ip
Commun subslsle et persiste clans son bien, et quo c'ost
là èLro dans le Seigncur, puisque tout re qui intlue dl!
SeigneUl' est usage, pt inJ1ue drs pm'lies dans le com\l1un,
et du commun \'el's los parties; là, les pm'lies sonlles an-
ges, et le commun est leur so ,'6té,

Quel est le commencement de l'homme à partir de


la COJl('PptiOil.

1132, Quel ost le commoncement ou 10 j:,rimitif de l'homme


dans l'utérus lIprès la concppLion, pei'sonne ne peul. le
savoir, parce que cela ne peul pas étl'e vu; el aW';si pa 'ce
que cela vient d'une substance sp,iriluello, qui Ilf' lombe
point sous la vue pal' la lumière naturelle, Or, comme
quelques hommes dans le Monde sont d'une hollo naturp,
qu'ils pOl'lent même lems investigatiolls SUI' le Pr'imitii
de l'homme, primitif qui est la somence du père, pal' la-
quelle se failla conception; ot comme plusieurs d'enlre
eux sont tombés dans ('elle erl'eUl" que lliomme est dans
son plein dès SOI1 premier_ qui est son inchoa fion, et qu'en-
suite il est perfectionné en cl'oissunt, il111'a été décoU\'ert
quolle est dans sa forme colle inchoalion ou ce premier:
cela m'a été découvert par les anges à qui le :;eigneur
SUR LE DIVIN AMOUR 257
l'avait. révélé; ceux-ci, en ayant fait un point de leur sa-
gesse, et le plaisir de leur sagesse étant de communiquer
aux autres ce qu'ils savent, ont présenté pal' permission
devant mes yeux, dans la lumière du ciel, la forme initiale
de l'homme dans un type; voici quelle était cette forme:
Elle fut vLle comme une très-petite image du cerveau avec
une légère délinéation ri'une espèce de face par devant,
sans appendÏ!~e, Ce primitif, dans la partie superieUl'e pro-
tubérante, était un assemblage de globules ou de peUtes
sphères conlig'Jës, et ch~que petile sphère était composép.
de sphères encol'e plus pelÏles, et chacune de celles-ci
l'était pal"<"Jillemenl de sphèl'es excessivement petites;
ainsi il était des trois degrés; plus en avan l, dans la par·
tie plate, au lieu de face il apparaissait quelque chose
d'{,obauclIé (delineatwn quid), La par lie convexe était en-
tourée d'une lrès-mince membrane ou méninge, qui élait
transparenle: la par lie protubérante, qui élait le lype du
cel'veau dans les tl'ès-petits, était aussi divisée comme en
·deux lits, de même que le cerveau dans les très-gl'ands est
divisé en deux hémisphèrds; el il me fut dit que le lit
droit élaille l'éceptacle de l"amour, et le lit gauche le ré·
ceptacle de la sagesse, et que pal' d'admiI'ables enlace·
mer.ls ils étaient comme associés el compagnons. En ou-
tre, dans la lumière du ciel, qui brilla, il me fut mon lré
que l'assemblage ùe ce très-pelit cerveau élait intérieUl'e·
ment, quant au site et à la fluxion, dans l'ol'dre et dans la
forme du ciel, et que son assemblage exlél'ieur élait en
<>pposilion avec cel ordre el celte fOI'me. Après que j'eus
vu et examiné ces choses, les Anges me dil'enL que les
deux d~gl'é::; i.!l!ITieu.rs, qui étaient daus l'ordre et dans
la forme du ciel, élaienlles l'éceptacles de l'amour et de
la. sagessE: pl'océdant du Seigneur; et que le degl'é exté-
rieu!, qui était en opposition avec l'orùre el la forme au
r.iel, était le réceptade de l'amour infel'llal et de la folie
infernale; et cela, pal'ce que l'homme, d'après la tache
héréditaire, nait dans les maux de tout genI'e, et que ces
( maux résident là dans les extrêmes; et que cette Lache
) n'est poillt écartée, a moins que ne soient ouvel'ts les de-
, grés supérieurs qui, ainsi qu'il a été dit, sont les récepta-
I·des de l'amoul' et de la sages~e procédant du Seigneur:
et comme l'Amour et la Sagesse, c'est l'homme mê~e, -
car l'Amour et la Sagesse dans leur essence, crest le Sei-
258 LA SAGESSE ANGÉLIQUE

gneur, - et que ce. primitif de l'homme est un réccp.ta-


cl?, il en résulte q~ par suite il y aoans ceprlffiilif un
effort continuel pour la forme humaine que même il revêt
successivement. -

FIS.
TAilLE ALPHABÉTIQUE ET A~ALYTIQUE

1.eo Chiffres renvoient a,,>: Numéros et non aux Pages, Sign, est ['abr~vjatioI>
de .ïgni/je uu de s'lIl/ilient,

AREILI,E~, 61. Leurs travaux mer- me le son est dans le langag!', 372.
veille.ux, 355, 356, L'~ fl'ection n'est pel çue que pur un
Anus de la liberté et de la ratio- certain plaisir de penser, de p:\rler
nalilé, 267, Abus de la faculté d'é- et de faire, 3tH, L'alTection, la pen-
lever l'elltenJemellt au-d.ssus de sée et l'action sont en ordre selon
l'amonr, 395, Abus Jes usages; il les degrps disclet::;'-2U. Les affcc-
n'enlève pus l'usaae, 331. tions qui apparliennent à l'amour
Aco)/lTS D'où ils ont tiré leur apparaissent dans une sorte d'effi-
orilline, 339, gie sur la face, et les pC'lsées qui
ACTE (l') tire de l'amour ~on être, appartiennent à la sa)..essè appa-
et de l'intelligence sa qualité, 406, l':lissent 'f, ns nne sorte de lunuère
LES actes du corps contienn nt en dans les yeux, :65, Les affection~
eux tous les antrrieurs dont ils sont ùes snbstances et des Cormes
proviennent, 277, 278. réelles et actuelles, et non des abs-
ACTION ET RÉACTION, A la vie tractions sanl-, substance ni forme,
seule est l'action, 68, Lu l'caction t2, 22 t, 3 6; elles n'exislent point
est excitée par l'action de la vie, hors des sujets, mnis elles sont les
68, Dans les tres-grands et dans les états des sujets, 2W, 224,291. Tou-
tl'eS-petits de l'univers, tall t vivants tes les oDerations de l'amour ou dt)
que morls, il y a action et réaction, la volonte hors de l'entendement se
263, Sans la réaclion, l'action ces- réfèrent, non pas a"x alTecliùns :ill
serait, 260, De l'a~tion et de la réac, vrai, 'mais anx alIE:Clions du bien,
tion vient l'é(lltilibl'e de toutes cho, ~O l. Les nlTectiolls d" l'amour cor-
ses, 68, ~63. l" spond~l1t ua sang, 423, - Voir
AD,Uf, 287, 325, Erreurs au sujel PENStj'E,
d'Adam, 117, 2li9, An:ULS et AIEUX, Les maux hél'é-
ADORATlO:-l (1') découle de l'humi- ditairrs yienllent drs pères, ainsi
liation, 35 des aïeuls et d~s aïeux, 269,
AFFECTIO:-l (1') est une détermina, ADlER, C'est ~entir le plaisil' d'un
lion de l'amour, ,ttO, Elle appartienl autr" comme un plaisir en !oi;
à la vol"nté, parcp. qn'elle appar- mais sentir son plaisir dans un
tient il l'amour, 372, Elit< tire son autre, et n(lll le plaisir de l'autre en
origine du Divin \monl', 33, L'alf, c' soi, ce n'est point aimel', 47,
tion n'est po>sible qu'au moyen AIR, C'est la dernière des trois
d'atnlOsphrrcs plus pUl'es que l'air, atm('~phères, lï6, Sa pression et
176, De l'allectiou ùe savoir résult" son action snI' le corps, 176,
l'affection du vrai; de l'aff~ction de A)IE (l') quant à son être môme,
comprendre résulte la percep Liolt est l'amour et la sagesse ~,rocédant
du vrai; et de j'affection de Toir du Sd~neuI', et p'-'r suite la volonté
la chose rés'Ilte la peni'ée, 401. et l'entenJemel,t, ~95, 398, Il n'y a
L'affection est dans la pellséecom- point d'âme sa~s sou corps, ni de
·C'lrps sans Ron âme, H. Tou e âmp .~iLion à l'amour spiriluel, est l'a-
d'homme esl dans un COI'p~ spi ri- 'l1our d~ soi el du monlloo), 4:.!I, 416.
luel, aprps aVOIr l'e je lé l~s dépouil· L'amour naturel sl\pué de l'amour
Il's malprielles qu'elle porlait autour "pi rituel devient sen9uel el corpo-
d'clle dans le mODJd, 14. Rechel'- l'el, 421. - L'amour d~ soi et J'a-
ches inC .. uclucus'!s des s "'ants SUI' moul" du monde sont des amours
l'opératinn de ]'~me dallS le corps, infernaux, 391; mais ils sOlll céJes .
.391 Commenl J'âme a,Ô l dans le les par créalion, cal' ce sont les
corps el y op'\re loul, :i91 à 431, Imflurs de J'homme nalurel, qui
Aml' de~ bêles, 316, ))'Ins l.l Parole, ,erv,:n 1 aux amours spÎJ'ilue! i corn·
l'âme sign, l'I'nle!\d 'Illenl, 383 ; el me l"s CllndemelltS ser\'el\lau~ mai·
aussi la SOl~eSde de l'enl en je men l, ,ons, ~9o, - Amoul' nalu/'t'l-spi1'i-
aga, lud, 429. - Amoul' lIalul'cl-co'1'o-
AMOUR n')p~t h vie mè't16, 1 à 3, ,'d, 419, - AmOlli' COrpfll"el. ~2~,-
399,4U6, Il l'sIl étl'e d~ la ,'ie dl' Amour d~ rlominer d';\[ll'eS J'nmoul'
.l'homm'J, 11, ~58, 3G8, L'esscnce de le soi, 112,421, - Amoul' de dumi-
toul "mOUl' consiste dalls la con jonc· ner d'apl'ès l'amo'II' de l'us 19;e, lH,
tion, 47, La conjonclioll de l'amour 1~4. - l'olr aussi TA,BL\:: générale,
exi·le pu le réciproqJil, 48, }.'a- J' purlie,
mour consisle en cela, que le sien A~ATo~IlE. Pl'ellves ct confirma-
sail il un aulre, ct q'\'il SCille le plui lions tirées dc J'a.lalolllie d~s Cer-
sir ll~ J'aulre cOlllme llll l'luisil' eh v<lau~, 3 iG; du cœur, 3J9 ; de l'em,
l'oi, 47. L'amùur a pflul'/in el p0111' bryon, 401; SUI' la formation du
intenlion l'u;;age, el 11 produil J'u- poumon p:ll' le cœur, 40~ ; su,' la
.sage pOlr la s 'go.!sse, 297, L'amoul' 'on jOli clion du cœur el du p 'Ulllon,
san~ [;1 S3~,'SSè est comme l'êlre l'an, 103, 4U'I; ~UI' la sll'uctul'~ du l'0U-
l'exisler, 13" L'amour etll sa~csse ,non, 405, 412; SUI' la l'espiration
son! une sùb~l:lncc cL ulle fOrlnè lu poumon, 403; sul'les operalious
.l'éèl cs el nCludles, qlli cOlIsliLuell1 lu cœUI', 410; SUI' les artères, les
le slljetlui-m~IIH, 40, nI; ce Ile veilles cl les "aisseau:>. aériCtires,
l'ont pas dl's abslr..ldious; ils u'c- ,I!; SUl' la pUl'ilicalloll el 1.1l\ulri-
xist'ml p linl h Jrs de leur snje l, iOIl du sanJ, 4.0, - l'oÎJ' aussi
mais ils sonl les élltS du l!ujd, J(i5,37& •
.209, 2~4, - L'amour céle~Le e~l l'a· A:';G~, L'amour el ln S I!(CSSe font
mour enwrs le S~i;([Jcur ou l'amoclI' i'ange, Cl Ct:S deux upp Il'Lenant au
,rtu bien, ~Z6, 4û, Ceu '1. qui hOut d.ll\~ ';ei,(lJcul' les alll(~s s ... "l UII!(eS par
cet amour onl h S.I~UtiSe illSC1'11c ,e St:iglleur, et lion pUI' eu~-u"illles,
dans leur \'Îe, 427, 4!8, L'umoui llL LeI; angeS onl co III Ille 1.::;110111-
en ,ers le SuiJlleU:' n'esl aull C chusl' ncs UII inlel'llc cl un extel'lle, 87.
,qUtl d'dpplilflll,r à 1,1 vi..: leo précel" Ils respire t, parlenL ct enlendellt
tesdela Pal'lJle, qJi Cil SUlnllW COll 1"lIs lunwnùe spirilu l, comme les
sislent à Cuir ks Il.aux CO,lIme pé- IOmilieS llallsl~l\lo .. d~lIaturd, 1;6.
,chi!s, 23:, Pal' cl'l amoul' il est en Il y a ch z eux toutes el ch,lcune
tendu l"lmOUI' dt! C,til'" des uS,lges, Ics dlOses qui son l che7, les Iwm mes
42Li, toi,' aussi Ill, 11 " 4 7, - L',,· lur lei re, 1j5 Ils apparaissent
mO,11' "rlil iluL"! eol l'"moul' il l'éJard lans le lieu t,ù esllcur l'cu sée, 285.
du pl'och,lÎn, ou l'U:llOUI' du ''l',d, l'ouI ce qui al'p:u'uiL auto,.f d'euX
4:l , 4:!7, Ceu~ qlli SOllt d IIlS ce' st Cùmllle pl'oduit etl'l'é6 (Jal' eux,
.amoul' olll Lnle! i>:enc~ insclÎll :22, L',lIIl<e du ciel cl l'holllm~ da
dans leul' vie, t~7, 4~ J. L'amoùr" Eglis" f"nl un l'al' corre~}JonÙotll­
l'ega d du pl'ochaill f~ll'amoul' j;pl' e, 11-1, QuauJ lus hn..tes parlent
rilueilles US..lgcs, ~J 7, Par cel amoul l''ecl'holllille, c'esl dans ulle langU6
il esl elllcnùu l'am JUl' deS us 'ges, lalurelle, q Il esl 1.1 l..lngue p.'Opl'''
42û. - L'amou: n .. lurèl, p ,r 01'Po le l'b,,m:nJ. 25;. Le plJ.isir d~ la.
sa{:(esse des an~(:s est rie comJnuIli- AnAl(;:'(.:E~. J.eul' ori;;-illc, 3:)3.
quer aux llUtres ce qu'ils savent, ARBRES et AI1BI1I~sl!:\Ux. Com-
4:J2. - Voir aussi TADLE générale, ment ils sont produits, 3!6, Il Y a
2· partie. en eux les dc~rés de l'un éI de l'au-
ANGELIQUE (l') cOI:siste dolos lu tl'C ~Cllro, 2:25. lJes Il,.ts d'cfIluve~
récepLion de l'~mour CL de la sa- émanent sans ceH" des arbres et
gesse pal' ég~llc quantité, 1O~. L'an- ·Ies aI'lH'isseaux, 2!J3.
gélique même du ciel est 1" Divin ARC\:-'(·.S. Con~C1n.mtloScjgllelll',
Amour el la Divin" Sagesse, 111. ;?:!l, :12:3: la Parole, 221 ; 10 nH'ntal
ANDI.\L (T\i>gnl'). FOI'nH'S des usa- Ilaturel CI /.l'homme, 'i57 ; le soleil
ges d~ ce R"gno, oiG. nlippOl't ave~ du mondp spirit 1 '1. ~!JI.
l'holl'me dans tout!'s et dans Ch'l- AnT' L". P('JI~ J s artèrr s chp7.
cunû des chose:; dll règne auimal, 1('" C~pl its et cl /. 1 'IIl:-~', 391,
6<1. . . '1 IIJO, 11)'j, 10 <. - .\.rLèl " hron·
ANDT\(cuLEsnuisible~.Leurori ,hinl.;, 1.1, 117,113. - Art'Ies
gine, ;1·lJ, 3~i. Hi:{. pUllllOIlIÎ( ~, lU.>, 1117, 1l2, 113, ,120.
ANDI.\UX. D'. il ils tirentleurori- r es a t' 'l'> COlI' pouf! It 'III~
gille, el com\lwuL ils sont jll'(lrlui ~, ,·tions; pt ( Ils \ pl 1 III l, aux:
3-10, 316,351- Il Y ft <'n ellx les <l '- l'on' d'l vrai. Il'', UI),
grèsdel·llneLdt!l'uutr()nl-nl'e.~ ..). \~( ""('''(Lripll) d ~ d "'l'~ de
lI[el'\'~illps que présentel, ur raruc- .111 "III', 2l;). Il) a si :",1 '1 ;, l'a~-
1ère, 60,61. Scirnce des unimau, (' ,iOIl; ,avoir, trois dans le 111011-
in8itee pn eux, 131. ntS !lo s j', f Il, 11'11111"'(. et trois dans le Ill( IIde
flU\'6S em, nent sans l- ~~" dl~ alll "l'it tu l, fi>, li7.
mnux,2!J3. L,:; '\Ilimlluxqui nl'pa- .\~I' I"x( S (ét~t li ~\ 107,
rai~sl'nt Ils 1 III n l . l'il il 1 hu 1 L Ak"l '1-"11111\ l' des .., 'usaLions
de pllrl 0; cori 1 on,lanc, ", J:J\). (lu corp»,;" ,7.
ANNir (l~) dans b Patole sig. A~\('IILI\ oul'A", \!1W, ùans!a l'a-
des élat~, 73. role. sign. l'Eglise LluanL à l'intcl-
ANTi.!UI>UHS (If ) "e compospnt (10 ligl'nce, 325,
leurs premiers, 208. Ils sont pIns AflltES. Crux: qlli deviennent
parfolits que I~s postérieurs, 201. aLhées, :)19. Leu!' position d,ws le
D'après léS alltarif'IIlS 011 pLuLvoir monde spit'itllel, 3:>7.
les postérieurs, mais d'après lés AT~(o~PHERE (l') est Ir réceptacle
pmüérielll s on lIO peut pas voir les et le contenant de hl chaleur ct (le la
autérielll'S, 119. lumièrp, 183, 1\l l ,2%,2\l'1. Il yu trois
ANTIPODFS. c.omparaisonavocles atmosphère::> dans le monde spiri-
antipodes, 275. tuel, t!t trois aLm,)sph"'re~ daus
AORTE, .J05, 112, 113,415. le monde natllrel ; éllcs sunt sem-
ApPARENCES (les) sont les pre- blables, mais celles-là sont spiri-
mière~ choses dont 11' mental hu- tllelles, et celles-ci natlll'ollcs, 173
main forme son entende:::clIt, et il à 178. Les unes et les tllltres sont.
ne pcut les di::lsipE:l' que par la re- des substances Lli"c\'ft~s, ondes (Of-
cherche de la cause, 40. Tant que mes trios-petites, 17 L l)ilr~renee en-
les appareil ces restent apparences, tre les atmosphères spirituelles et.
elles sont des vérités apparentes; les aLmosph'lI'es naturcllts, 175. Les
mais quand elles sont confirmées, atmosphères, dans l'un et l'autre
elles deviennent des faussetés et des monde, se termincnt dans leurs del'-
illusions, 108. Parler d'après l'up- niers en substances ct en maLières,
parence, 3~9. - 'Voir aussi 7, 10, tellfs qu'elles sont dans les lerres,
73,109, 110,113. 125, 3~3. 302 Il 3ul. Lurespiration, le langage
ApPÉTITS (les) sont des dél'iva- et l'audition, se font par la dernière
1ions de l'amour ou de la volonté, aLmosphère, qui est uppelée air; la
363, vue Il'cst possible que par Ulle at-
4
mosphero pIns pure qne l'air; lai ~~URDO~S, D'ol'I ils tirent leut'
ppnsée 6t l'.1(fcction ne ~ont possi- Orl~lntl, 333, r.fr, 3J\l,
bles ,qn'uu mOyen ~':1l!))03pht\res DII,Is (les) dan" la P,lI'ole Si-'JIl,
encol" plilil pllres, 1,6, r?utes les la puis,unce, 2~U, Le bms droit sc
dlOS"S 1.111 corps des e~pl'lls et ,de. rMel'u au bien du vrai, et III hl'IS
an~es sont contenU('~ tians un Iw'" g,lUclw au vr,li du bicn, 331, 'JOJ.
lES choses ()xtomes par l'atmosphi>- B ' 'd P 0'
l'Il aéi'Ïeln(), et les )l\tern~~ IHI' les ,RO:\CIIl,S U OUIllOII, 4 J, 113,
almosph ',l'CS élhél'lie-. 1ÎÔ, cfl', 15'~, j 1,),
L, >l aLlIJosphi>i'Ps sont des fOl'ces ,DU1' nE r;ET OU\'IIAGF. ([e) est de
activ,'s, 1 i~, 11 Y a eu e!l('s Ills df'gl'é~ ,In\'o' 1er les ,canses, :Itin l) lin J'après
de l'Ull ct ,h' l'nl/II'e ((enl'e, 225, - elles 011 VOIU les dlds, l~S.
Voir DU3Si 117, l:'S, 181, ;~OO, 310, C\:\A,\)!. L'état de cettetel'rocon-
ATTE1';TlOX (l') cst ulle dérivation forlllo à l'etat dc» lUs d'[SI"lël, 31j.
de la sH~c~se ou dt! l'entendement, GA:-i,\UX pulmonaires, LOl\l' OXicl-
363, tellCtl daus le::! inse.;le:'! miel'osco-
ATTfimUl:S (tous les)suiventleul's pi(J1les, 373,
suj 'ls, 2UO, GAfiDUQUE du ciol (if,) est le ro-
AUDl'no:-. (\') sc fait par la dernhL yaufllC où l'i>,.;ne l'amour, 3~1. Là
1'0 allllu"pllèl'e, qui e::lt appeli>c UU', ,Ollt ceux 'lui sont ,l-tIlS l'amoul'
liG, envels le Seignour, ta. - Vou'
A(JTO:\IX1~(l') 1.1:111S la Parolosign.. aussi 30), 3Ut.
le déclin Je 1 E;:(lise, 73, C,\fiTlLL!o.GES, D'où ils viennent,
301.
AZYClQS, 'l'Jj.
n \3[('IC~, lJ'où ils ont tiré leur C:,\\JSI:, ~ln'.v a pas de enuse s' ule
ol'iorino 311 cfl'. 3l:), sa/l~ IIne h~) douL 011,' pl OVIBIl110, ,et
,., ',' ~:IfIS \111 ~i1,·l JJIH le(l'tel elle SOit,
Il t<:,\\;TI: (la) des an~cs rst 11 for- IG7, D<il1s ln callse insll'uIIlCutale 1;1
lI\O dc l~lll' allIOUI', "j~, cir, Hl. cause principale n'est pcn;llc '[LJe
DCTI::s, POlIl'quoi rll.:s nC]lcllvenl commo étant un nvcc cil,) 1. Ri.!1\
})SS parler, ,53, L'hulIInle ::ieIiSUCI d,) c 'lui conl'Ul'lle 1.1 ('au se 110 pellt
ne dllïère do la bi,tü que p:lIce ,[uïl Sil mOlltl'''I' ù"n., 1.1 v.irité, S'IIlS ln
peut l'Clllplll'HU 11101 'III' t!" "den, c{JnllllÎ~~:lIlC" tic'; dCf(lc::ldo l'uu et
ttliques, .. t d':,pr,':; ellx p,·nscl' ct de l'lIut,o I!CIll'O, Itl;. Tonto; I,~,;
pal ICI', ;! 3. - T"o;,' aus~i 313, call:;,'s sont olalls le monde spirituel,
BlE)!, Tout CP qllÎ P ocëde de l'o- 1!9,Dans les cau~l>s i~ n'y li l'i'Hl
mOllr est "p"l'Je hleu, ;;1, TOllt d eclsè~lllel'lllelll,hn,W"Lt)s causes
hi ,'Il apparlio'lIt il l"lIllOlIl', 81, 4o:!, ~l'o:.lulse~IL esellel~! 11011 pal'~() con,
-1(,6 ; ou il la 1'11,110111' spil i Luelle, ~53, 111.11, 1Il:llS pal' le, dl~ 'l'et, 18;>, ,Les
L'homme lit' l)(,ul f-lil'c 10 bi"11 d"l' c:IlI;U~ lII<!tl~llten eVIlll'IlCe les ollets,
pres lui-lIlèllle, III Ils il le ('dl J';I- ll~, S:I\'oi,l'les clrel,; d'a[ll'è51"~ cau"
pr6~ le~('i,!lIelll', :J5'). TOUL bien 1'1'0- ,es, e esl etl'Il s,l~e; :~11 C~l\tl'all'e,I'e,
cède du S~i"l\eul' (·t l'ic.l 0111 biell cherchedes raLISCS ,l apl'es les ellelcl
ne viellL del'holll'llIe, 391. Tous les c'est lIO pas ètl'e sage, 11:), ~tlS cau-
IJiens qui exiKtellt Cil acte SOllt Il o Ill, SPS pCU~èllt ùtl'~ ,u~s ratlOllne.1 1e -
me:; liS" [.(C8, :130, Ttlute p,lissancc du munt, I~ Ilst \'nll, nLlI~ nOIl clall'~­
bien est p"-)' Je vwi, ,W6, Le !J,('n lIIen}, ~I cc n'cst ~ar des elfels, 37;).
est dans le VI ai eta~it pUI' l" vrai,40G, - TOI,· FI:-l J::T EJ'Fl!:T"
BLH.e (le) correspond il la sages, I~CI,LULEUSE (slIb.tanci:) du pau-
se, 380, mll", En quoi elle consisLe, 413,
l'lOIS, Leur composition, 190,192, CE~DRJO:E (sub~tance) d'I cerveau.
BO\;CIŒ ùe Dieu, 18, E:l quoi elle cOll::listtl, 316,
5
CEnvIUU. Son ol'ganisatiol1, 3% :oi et lahonne œuvre, sont en ordre
37::1, 452. Lésion dn cel'Veau, '6;). ;elol1 les de~l'és discrets, 214, La.
Les deux cerveaux conti,mcs de 13 .;harité consiste, pOUl' les angeR, il.
tète dans l'épine du dos, 3G6. La vi, l}lil' avec sincérité, dl'oitlu'e,justice
de l'homme est dang ses principe· '1 fic1élilti dan~ l'olltvre '1111 appar-
dans les cûrveaux. pt dans l 'S pl'in· illllt ft ICllt' ofliee, 131.
cipi':'s d>\ns le corps, :~65. Dans Il CU,\H\I[':S (lps) do la Vill de l'homme
cerveau II y a d'innomhl'ublessllbs provicl\nf'nt de la pellsée de l'atree-
tances et d'innomllmult's formes. lion d .. son amOIU', 33.
dalts lo~quel1es ,·éside tout sens in- CUA'r8 -llU.\NTS. D'ou ils ont tiré
térieui' qui se réfûrç li l'entendemenl l"lU' origine, 339.
el il la volon lé, "2. Le CCI'vel1U pro- CIIAIlVF.S-:-\OUIlIS. D'ou elles ont
pl'ènJent dit est JlI i ncipalùment pOUl' tirillcnr 01 igille, 33n.
l'cntendem~nt, il!:!!. - T'oil' aus:;i Cm;\lIxs dans le monde spiri-
3G7, 370, 40J, l:~t. Lud, 143.
CERvl;LE'r (Ill) est pl'incipalemenl CIlI:xII,r.Es, Leur métamorphose
pour lu vololllé, 381. en Il IpillolJs, 35-1.
Cml,Eun (la) qui jll'OC(\Jo du so- CHYI.I~, 420,
leil spil'iLu,,1 esl dan::; son ('SSPIlCe CIF.~OXG\'I\.\TlO)/ (la) snit le flu~
l'amoul',5, ::lt, 3U3, Le Jll'Cmier pro· des intù!'IPurs qui ap[l:ll ticllnrJnt au
.:ildanlde l'alllolu' e:3l1a chaleur, Uj. ment d, 270. Cil'coll~yration de
Il y a une cll'lIeur continuelle dans J"oile à gallchc, et de gauche il.
le momIe spiritllfJ, 161. La dl'lIeul Jruit,', ~ 7U.
dn llIond!! ~piritllcl &~ten soi vivuu Cl!>r. (tout le) ct toutes les choses
te, ct la ch IleU!' du monlle naturcl ll~1 "id sc rM';'!'cnt ;l llll seul Dieu,
est en soi I1IUI·te, 8J. 1. chaleul'(lu .~;), 2'). Tout le ciel dans le comple-
monde peu. olLrc \'i \'1 lii;e pal' l'inHu', 'le !'tl[lrcsf'nle un spul homme, :!8~,
de la chaieui' du ciel. 8'\. LacllAlcur ;81. Le ciel a .'lé distin~ué ell ré-
n'exl~Le \las ,l'lus 1':1 III our lui'lllèml', c~iolls et en provinces solon les mem-
lllaitid'''!ll'Of; l"wl0urell.. exisleù·lIls IlI'es, les VI"COl'es ut les ()l'!:t:UIl'!\ cio
\,. volon Le, el par Sl1ltoJ tl ms le corps. l'homm.l, 2~S. Il ya tl'ois cieux dis-
93. La cllaleur ~pi1'Îluelle etit le bi .. n po~è~ en lll'tlre ,,('[on lei! dc:-(I'()s de
ùe la ch'll'ilé, 8;, SI. Ellc n'ust ac- hauteUl', 20.2, t75. Les cirux sont
quiso qu'en fuy,ult leS IIltluxco.nmc dlslinljllës en deux royaumes, 10
péchés, ;!1(). - Ghaleul' vital.) ; cdcstu et l~ ~pirHuel, 381.
quelle en e~t l'ul'i-:(IIlC, 37V, - La CIO ":,,,s, D'ou elles ont tiré leur
C!lalp.llr COfl'eHponÙ ill':llllour, 3:!.- ori~ille, 33'1.
Vn;"aussl T.~DI,I·:~eIlAI'fllp.2'p,II·Ue. Cll\ll~s. D'où ils tiL'ent leu\' ori-
CH:AXGF.'.lEX·1 s D'!':;" AT (les) Di) [lUI. 'ille, 331;. cfr. 3; 9.
vellt existel' S.lll'> uue lul'lIle "uils- ' CI VIL. Toute~ les choses, qui sont
tantielle qui soit le "ujet, de même appelee:! civllos, sont des substan·
que la vue nd peut exi"tel' Sallti ee~ et non d,'s ab~tmctions ; elles
1 œil, 273. Il'exisLcnt point hol's d"g sujets,
CIl.\lllr8 (In) e.. t tonte œuvre de 'fui sont dèS substance., mais olles
fonctionqlle l'hOI11 111" faitù'<l[ll'Î's I~ sont les êLats ùûs sujets, 2U9.
Sdgneuf,:!53. La charit;'app \I,tienl ClI;UR (1") 6t le poumon sont les
a l'alfectioll, 214 La charilé ,t la LIeux SIJUrel;S du mouvement de la
foi sont les esseutiels de l'g::;lise. VIe, 2~1. Tallt que le cœur bat,
253. L.l ch lrité el la foi sont UIl/.' l'amOur avec sa chaleur vitale reste
substance et une forme, et non dP8 et conserve la vie, 300. Plus le
abstractions; elles n'exislent poinl cœur esL considéré intérieurement,
hors des s!ljets, qui ::\Ollt des sulls plus on y découvre de merveilles,
tances, mais elles sont le,; états de~ et de perfections, selon I( ti degrés
/Sujets, 209, cfl', 4~. L:l clul'ilé, la discrets, 201. Le cœur correspond
(3

il 1:1 yolnnlé, :liS; el nus!;! à l'amnui ·f.i i,;e <lnns la rnnjnnction du PQU-
ou au bien, 40i, - Cœur Je Dieu. mon avec le cœur, 415,
]8, - Le cœur, d,ln~ la PHl'ole, La con jonc lion par la correspon-
slgn, l'amour de la volon lé, %3. dance esl lelle, que de même que
ComlUN (le) ext~le d'aprè~ les l'un a~it, de mème agit l'autre, 405.
parties, et les parlws subsistplll Co":O<EXIO" depuis les premiers j us-
d'al'ri:s le commun, 3,,7, Le COIl1- qu'aux del'niers; d'où elle vleut,
mun tit'e son tout dcs particulIlJrs 226.
dont il se compose, 137. CO"S.,"Trm>:).T (le) est une dériva-
CO>l>lUl\'CATlO:O< (la) entrA les trois tion de l'anlonr ct do la sagesse,
cieux se faiL (Jar des COlTcspondan· ou de li. volonlé et de l'en tcude-
ces, 20~; de même ln comnllluica- ment, a63,
lion entre l'hol1lme naturel et COI'o1"E"TCHB des membrrs, des
l'homme spiritnel. 252, cfl'. 90. La organes et des viscères de l'homme,
communication par les corrcslJnn- 370,
dan ces n'est l'oinl sentie, 2J8. EU,' CO"TlGU. C'e~t par le contign et
n'est pOl'çlle clui s l .... ntendemcnl non par le continu qu'il y li con-
qu'en ce que 10s vrais SOli t vus jûnction avec Dieu. 56.
daus la lUlllii'l'e, et elle n'est per,ue COl\'f'~u. L'inflnx ne peut pas se
dans la volonte qu'cn ce que les faire pal' le continu, il sc fail par
usages sont l'emplis d'aprcs l'af- les corre~polldauces, l>8. Le Divin
fection, 2:.2. n'étant pas dans l'espace, n'esl pas
CO~IPOS(.:S (lous les) COll 'listent en non plus continu, comme eht l'in-
de~rés dt! hauteur ou dlscret~, 181, tinle de la nature, 285,
]90, CU:O<"l"I\.\CTIO,< (h) dn de~rn sJ?iri-
CO"C"PTIO!< (la) de l'homme p \l'il" luel ('st comme la rétorsion (l'une
père n'est pas la concL.ption dû la spll'ule pn sens opposé, 2,j4.
'Vie, 6. CORI ,nl'I., Hommes corporC'ls ;
COl\cn",o:< (la) est une dérivati Il csprit!-i corporels; quels ils sont,
de l''lmour ct de la sagesse. ou dp ~21.
la volonté ct de l'entendement, 363 C"!\l'S (le)t!el'hommeest l'exlelllc
COl\JolH"AllO"S pOUl' le Divin pal' ,al' Icqu ·lle mentul ou l'esprit lient
les mel Yeilles dans la nature, 351 il tait thus le monde, 386, 369,
356, Confirmations pour la 11ature; l'Olt '5 l·s ch, su; du corps SOlit
que chacun s'en garde, 357. Les Il" jlriuci pié~, c'esl-il-dire, ont été
conlirl1lations du mal et du faux li '- leS par des fihrcs provenant
fermont le ciel chez l'homme, 2G8, des prillciile~ qui sont les récepta-
CONl'IRMI·.R. L'homme, naturel peul cles de l'amour et de la sagesse,
confirmer tout ce qu'il veut, 2()7, 369. Toutes les choses du corps se
Les maux elles faux de tout genre .. 6fèrellt au cœur et au poulIlon,
p. uvent être confirmés, 267. Lors- 3î2. La vie da r.orps dépend de la
qu'ils sontcontil'mes chez l'holllme, corrllspondance dE; son pouls el de
ils l'estent et deviennent des cho- sa l'éspiration avec le pouls et la
ses de son amour et de sa vie, i6S. l'Jspiratioll de l'esprit, 390. La fot,-
CONJO:O<CTlOl-o. Pour qu'il y ait con- me du corps correspond à la lorme
jonction, il faut qu'il y ait le réci- de la volonté et dt! l'entendement,
proque, 115,48,410. - Conjonction 1:~6 Formation du corps tians l'n-
du SeiRneur et de l'ange,] 15; - de térus, 400. Les corps des hommes,
l'esprit de l'homme et du corps, s'ils ne sont pas sous l'un el l'au-
390; - de la volonté et de l'enten- tre soleil, ne peuvent ni exister ni
dement; de la charite et de la foi; subsisler, 112, - Corps spirituel;
de l'amoul' et de la. sagesse, 1171 à quellt:s sont les suhstances qui en
431. La conjonction :le l'amour el font l'enveloppe cutanée, 257, cfr.
de la sagesse peut être vue comme 388.
7

COnRF.Spo:-mA:-\~f:. Il Y 0. cOl"res- CRtEII. Tout objet créé est tlna-


pond<lllce d. s spirituels ave.~ les lellleut pour 1 homme, 170. Daus
naturels, et pHr cette correspon- tout ohjet crr\é il y a IroiR chuses,
dance se f;lit leur conjonction, :S71. la Jin, 1:1 cause e~ l'eJ1"et, 1.).1. Etl'e
IllI'y a riell dans t'uni.el s, qui crëé selon la l'essemblanre cL l'i-
n'ail une co 1"1 esptlldauce avec quel, l1la~e de Di"u, c'e.t être créé selon
que cho"e de l'homme, non-seule- la furllle d'! l'amour et de la sages-
lIlenl avec ses alkctio.,s et ses pell' se, 2$7, 3:>~,
sées, mais aussi avec les orgaucs CRIJCODII,I:S. D'ail ils ont tiré leur
et les visI·tires de son corps, nUI! urif(i Ile, 3J·.~, 311.
avec eux comme sub"lances, mais CnulHE ce'lu'on ne compl'cnd pas,
avec eult COUlllle usa~es, 3:.!1 Les ce Il'c~t point Ifl foi. 427, Croirc
choses qui se COll"eSpOlldellt tlgis- aVluglélllclI1 ce que les cOllciles ct
sent de la mème m·.nière, avec cette h,s chds de l'église out dabli, c'cst
diJl"cl"cnce que l'ulle e~~lIatul'elle el élolgncr Je St'S rc~al'd:3 taules les
l'autre spiJituelle, ~~99. - Sur ks chos.'s de lu 1eligioll, qui SU'lt ap-
priucipulcs cOlTeSpon-iullces d~R pelèûs des spirituels, 371.
n;,tul'els ,nec les spirilucls, 1:oil' ':uLTE(le)découledel"humlliali"l1,
377, - Voil" uu;;si TAilLE générale, 33:>. Le culte d li soleil e,t le plus
5- parlie. !.J.LS dt) tous les culles ,le lJiell, 157,
COIlTICAI.F.(subsl.ln("e)dncPl·Veau. D(,ClIUI~SUIa:::-;T (le) Je la chaleur
En qll(lI l'Ile consiste, J66, 373, et de la I,I11Iièl"e spirituelles sc fait
CO"Jt:s, Lenr relation a vede pou- par Ips deA!"és Je hll'gclll ,91. 18ü.
mOIl, 403. 40S, lJa, s le ciel, et Jans Ch'H/'le société
COU. l'oules les /ilwes dcscen- du ciel, il y '1 décrùi,;selJ\ent de la
dent des cervaaux par le COll dall3 IUlllièr~ depuis le milieu jusllu'aux
Je corps, et anCl:lle Ile mOllie par Il' limites, 25J.
cou dalls les cerveanx, 36;. lJtl·'.\lLI..''';CE. Etnt de ceux qui
COUl.EVRS. JI y a des cDulrurs d. tomuent ell défaillallc,', ~Oi.
toute espèce Jans le monde "piri- IJhGHj.·!L Il Y a uel-! deg!""s Je d .. ux
ruel, 3$U. Les coulellls l'ouge el gellll,s, degrés Je hauleur ou dis-
blauche sont les couleurs fon,lu- CI'eIS, d Jeglés de largeur ou COli ti-
mentales, et toutes les autres tÎl'~lIt nus, 181 il 1ts8, Sont apIJPlés de::lré"
leurs variélésde ces deu'\. couleur,;, contillus les JécroisscllIenls ou di-
et des couleurs opposees, qui sont minùliolls du plus épais au plus
le roux et le noir, 3$U. V olraussi 318. légel', ou plu tôt les accroissements
Cl;ÉATION de l'univers, 52 il 60, on augmelltatious du plus lég~r au
151 à 150, 163 il 172. Elle n'a point plus épais; les degrés discrets sont
élé faite d'un espace il un espacp, tout à f.• it dilIérents; ils sont cOln-
ni d'un temps à Lili autl e, 1~6. Elle me IJ. fin, la cause et l'elfct, 18.1.-
peut èll'c saisie, si le temps et l'es- l'où' TAnLE générale, 3" p.lrli,·, et
pace son t éloignés de la pensée, 155. au~si 6.j Ù 68.
La fin de la création e,;t 'lue toules DE',u,;uflf.s!lu Seigneut', liO; -
choses reloument au Crentellr, el des anges et de~ cspdt,;, 92.
qu'il y ait conjonction, 167 il H2, D~_Rl\IEl\ (le) de chaque série, CItli
Lu fin de la création de l'univers est esl l'uf;uge, l'action, l'œuvre el l'e,
le cid angélique d'aprè~ le genre xercice, ~st le complexe el le COII-
humain, 3~9.lJans Ioules les formes tellant de lous I"s an:crieur", 215.
des usages il y a quelque image de Tout demier se compose des unlé-
la cri,ation, 313 à 316. - Voir aussi rieurs, d ctlux-ci su composent de
TABLE générale, 4" partie; et 151 à leurs l'rcmiers, ~08, Tout derniel'
166, est enveloppé, et par là distincldes
CRÉATION de l'h0mme, 358, Voir auterieurs, ~71J, Vans tout demiel'
TADLa,; géuérale. 5' padie. il y a les :legrès discrets eu ordre
8

simultanp, 207. 203. Les le7ré<; de \lmo~ph;'1" s spil"ilu~lIe~ et les nt


hauteur dans leur dnnieJ' sont Jan~ mosph;'I"I''i n>ttll"elles, 175 ; - enlre
le plein et d lns h pl\is~nnce, 217 fi les troi~ cieu'(. 202 ; - entre la vie
2~J. L~ rlernkr ~pirituel sép'\ré de i,·I·hlllllme nallll'nl et la vie de la
SO!! <;upol"ienr opère les choses qlli Jèle. ;!55 : - elltre le n~tur'el et le
sont d.'s m;a~es nlnllvais, :i4·ï. To~ ~[lil"il'ld :191, ~9.-,; - entl"~ les pen-
tes l't dl'lcunll dus chnsp.s du rio~n., s~es d,)" anges et c!ll,)s des hom-
minér.11 SOllt d~s d,'l"lIicl"s, 6j. - III eS, 291, 2\),) ; - enl1'~ l'alllour
Voi,' PI\I;\II1':ns et ~loYE:~s. c 'les le et l'amoul' spirituel, 427;-
D (-:SI n, (lc~1 S'Jllt oI~s dé,·ivat.ons
entre le Inn gage spÏl'ituel et le lan-
de l'alllllur 011 dc la volollté 3G:1. ~a~p. Il:l1urc!, 70, l!)5.
Df-:Tl':n\II);ATIO'l A L'Af":TE (ln) esi DISCRET. Agir (Jar le discret, c'est
une derÎ\"alioll Je ramuur ct de la agir pl\" 1,,:; COlTe:;ponJances, 219_
sagesRe, 011 dé la volonté et deren- Dlsr.olT (le) vient seulement du
tendement, 363. jugement qui conclut sur l'espace
DIAULE. L'amOllr rie domin?r d-a- J'aprè:; les illtermédiai l'dS, 41.
pre, ramollr dt! soi est appelé le DISTANCE. La pensée extérieure,
diable. etles alft'clions du flUX aVl)c qui fait lIU avec la vue des yeux,
lesp"lIsécs qui tilellth,urol'i~inede pl"OduiL la distance, 130. Les dis-
cet amOUI', S'ln t appel ils la trllupe tonces, dans le monde spiriJ.uel,
du diable, ~ï::l. 424. - Voir SATAN. S'Jllt des apparp-nces, lOS à 112,
DIAPH_\Nt:s(f.lrme~ldlimentaldès 113, Ut; ce sont dl);) apparences
la naissance, ~j5, 255. Elles tl'ans selon les aFfinités spirituelles qui
mettent la IlIrnll;I'~ ~pirituclle com- appal'tienn,.,nt à l'amour et fi la
me le CI'iSI:11 tl'allsmet la lumière sa~pss~. ouau bien et au vrai, 10, 7.
naLul'elle ~45. DISTI);CTl::~IE)'T UN. Dans Dieu-
DIAPllMGME. !'ps relalions avec Homme, ou le Seigneur', )'Etl'e et
le pO'llllon. :!81, 402, 403, JOS. l'E'l:istcr' SOllt distinctement UII, 14
DJASTULF.. l'oil- SYSTOLE. Ii 16. 31; - de même Ps IIrlinis,17
!lIEU e,t l'AIllOlur :\Ièrn'l, parce à~:!; - d., lJIèlllol la li Il , la c·,use
qu'ill"st"la Vie :\Ièlll". 1 a 6. Il n'est et l'elfel. 169,- Pourquoi il est dit:
point dans l'CSP'lCC, 7 il 111. 21. Il cst Disljnct.. IIJ~lIt U'I 11.
111'IlIllllt! :\lclJll", 11 à 1;), 16, Si; UIVF.H~".f, (la) d,lllS les ohjels
exislant non pas 01 apr!>s sui, llIai~ rrpP~ vient de ce quO' les inti'lis
en ~UI, .6. TOIII,';; ks CilOSLS d,· ~Ollt dallS Dieu-IlUllIl118, pt les in-
l'U11lWI S créé, eOllslilè.écs d'aprës dÎ'tini~ d,lllS le s'lleil sjJirilnel, 155.
les US,I~C:;, l'epré<L'ntent t)" imagt! DIVIN (le) est Ull ct nOIl Jivisi-
l'hommp-, et ceh atte~te que Di~u hIe, 4. Il l'emplit tous les eS[lac,'s
estlJomme, 31.i13.6. Dieu, ù'apl"Ps dc l'univers sans espace, 69 il 72_
SOli essenrc même, est appelé .fého- TI esl dans tout tem(Js sans temps,
vah. 100. Dieu selll csll<l substance 73 à 71j. Il est le mème dans les
en soi, pt par suite l'Elrcl mêmp., Irès-~r,mds et dans les très-petits,
283. Dans Dieu nous vi\'ons, 1I0US 77 il 8!. Il est en actualité dans
nous mlll\\'ons, et llOJS 'ommes. Ioules 1!l dans ch .cune d"s choses
301. - roi,' J imOVAll et SEIGNEUR; de l'univel's cl"pé, 59.60. Il n'est pas
voir au~~i T.~nLE gpnél"ale, 1" p:lr dan" uu sujet autremelJt qlle dans
tie. un autl'c, mais un sujet créé est
DIYF(.:Rr,I\CE entre diverses cho- dilTerent d'Gn alllre, 5!. Il est in-
srs, 185; - entre la chaieul' ct la variable et immuable, par consé-
lum él'I! dans le m'lU ttl spidtud et quent partout et toujours le même,
la chalt'nr et la lumière dans lc i7, Voir Dmu.
monde lIaturel. 89; - entre les ali- DIV!)! A~roUR (le) et la D"'INE
gE"S ~t les homlnes, 1 Il! j - en tl'C SAGESSE .. Voir TAilLE génél ale, 1"
par soi et en soi, 76; - entre les et 2' partle.
.9-
DIVIN CORPS (pJ.r le) .le Dieu- ECR'TURtL Il n'y n riell de l'êcri-
Homme, il cst entendu le Divin ture s"iriluelle qui goit semhlable
E:tlslcr, H. à l'écriture n'l.tul'elle, e:tcepté les
DIVIXE A~H:: (p:l.r lal de Dieu lettres, donl ch,tcun!' cont ent un
Homme, il est entendu le Divin sens entier, 2:15. Ces deu:!: écrilu-
Etrp,ll. l'es ne communiquent que par les
DIVI:-:E ESSE:-:cE (la), ryui est Cré· correspondances, 306.
atl'i~e, eSI le Divin, Amour et ~3 gOEN (le jardin d') représente
D,Vine Sa:!esse.33. l~lle est une, 3J. l'homme quant à la suo-esse el à
DIVIN ETRE et DIVIN .EXIS l'ER, l'lIltelligence, 32.), 422. 0
L'Amour el la Sagesse pr:>; ,nsem- , . ' '.
ble s01l11e Divin Etl·e; mais pris Et~ET. Il n y a pas d elret seul,
dislinclpment l'Amour est appelé 011 d c}fet sans cause (lt. SdllS fin,
Divin Elrp ; et la Sagesse est appe- lG7. L elfet est le complexe, le con-
lée Divin E:tister, 34. I.enanl et la ~ase de.s causes et d~s
DIVIN HUMAIN (le) lI, 12, 233. fins, 2l~. 'lout ellet est le, plel.n
Dan!' la Divine Trinité il est nOIl1- des cau"es, 217. Les effets n en~e!­
mé Fils, 145. ~'Ient g,ue des effets, ct e,x3: mllles
DIVIN MÈ~lE ou a Quo. Dans la ~euls Ils na mettent en eVldence
Diviue Trinité il est nommé P~re aucune cauge, 1.19. Les e(Tetd ne
146, ' peuvent a.rpa~axtre que comme
DIVIN PROCÉDANT. Dans la. Divi- dans la nuit, SL les caUHes des effets
ne Trinité il est nOlllmé Esprit ne SOllt pa~ vues e~ mêl~le ~emps,
Saint 146 Ce que c'est que k 107. SavoIr les etItlls d apres les
Divin' Pro~éd.LDt ou EspL'il :Saint c~uses, c'est ,être, sage; rechercher
146 il 150. ' les cau~es d apres lcs el.r~ts" c'est
DIVllŒ VIE (la) esl la Didne Ile pa~ elre sage, 1} 9. Vo!r d,après
E~sellcc ; elle est une, ;J5. les ?flet~ seuls, c ~st vOIr d après
DIVIN VI:AI. Le Seigneur s'est de~ JllusLOns, 18.1. Tous les ~I,Tels,
:I
fait le Divin Vrai dans les ùerniers, UI , sO"ll appeles fill~ dernxertls,
en accomplissant toutes It's choses tl,,:",ennent de Ilouv~au fms pr.e-
de la Parole dites de Lili dans ~loisl: 1~leres ~ans u~e .~OL1_I~.~ell,: serxe,
et dans le~ PI'oph~les, 221. ?lc .. .17~, - l 011 au~,,1 168, 256,
DROITE (la) dan s la Parole si(1n, 257,
une puis~ance supérieure, 2:!O. EFFLUVES. Des flots d'effluves
EIre assis à la d,oile de la puis- émanent sans cesse de tous les
f;:LllCe ct de la ver u de Dieu Il/gn. objets de la nature, 293, Actions
avoir la Toute-Puissanc.. , 2t l. Dans !.fU elles produisent dans le sang,
l'an;(e et dans l'homme les pal'ties l:iO.
droites se réfèrent à l'amour ù'où EFFORT. (l') ne fait rieu de lui-
procède la sagesse, ou au bien d'où même, mais il agit par des fOI'ces
procède le vrai, 127,l:l81, 409. correspondantes il lui, et par elles
E,\Ux (les) sont des forces mo- il manifeste le mouvement, 218.
yennes, liS. Dans le monde gplri- Il est le tout dans les forces, et
tuel il y a des eaux comme dan~ le par les forces dans le mouvement,
monde natul"el, mais elles sont spt- i18. Dans les terres il y a un effort
rituelles, 173 à 178, pour produire des usages dans
·ECORC~S Comment les végétations des for:;~es, 310 il. 312. 11 ya dans
Re font par les écorces, qui sonl Loul spir'ituel un elforl pOUL' se
les derniers des liges, ;{14. revêtir d'un corps, 343. L'amour
ECRIIIIL Il y en 1< qui peuvent uU la volonté est continuellement
pens ,r bipn et parler bien, mais .)11 effort pour la forme humaine,
qui néanmoins De peuvent pas écri- 400. VeO'orl vif dans l'homme
re biell ; pourqu"i't $61 , est la volonlé de l'homme unie à
10
son entendement 218. - Voir E:<\·RLOJ>'>E. Chaque de:;(ré discl'et
FORCE et MOUVE~IENT, a été distingué d'un autre par
I~GL'S~. DilTérence entre les Egli. des enveloppes propres, et tous
ses avant l'avénement du Sei~neur les degré)! ensemble ont été dis-
et les Eglises après cet avéne- tingués pH une enveloppe com-
ment,23R Par l'homme de l'Egliile, mune, qui communique avec les
il est entend'I l'homme dans le- ÏI,tériellrs el avec les intin'es,
quel il y a l'Êglise, 118. Dans la HJ.1. Enveloppe cutanée du COl'pS
Parole, par les t~mps du jour, cl spirituel; ce qui la compose, 257,
par les saisons de l'année, so:Jt cfr. i:l8i:!,
I!i~nifiéi\ les ét:l.ts de l'Église, 73. f:"IGL0T1'E,382,
ÉU:VA'CIO:< de l'homme dans la EQUll.lDl\t: (1') de toutes chnses
chaleur et la lumière du ciel, 138, vient do l'action et en même temps
256, 258, -i22. de la réaction, 68, ~63. Il faut que
E~BRYON létat de l') ou de l'el:- tou: soit d,lns l'é(Juilibre, J;8. L'é-
fant dans l'utérus, 399, 401, 402, quilibre est enleve quand l'action
407, 410. surpasse la reaction, et l'écipro-
E:<I'ANTE~IEJI,T. L'élat de l'hom- qucment, 263.
me avant l'enfantement esl comme ESPACE (l') pst un propre de la
l'élat de la semence dans la t~ne, nature, 69 à 72. L'p.space est dans
quand elle prend racine; l'état toutes et dans chacune des cho-
apl'<!s l'eufunlcmentjusllu'il. la llro· ~es qui SOllt vues des yeux, 7,
IiHcatioll est comme la germination Dans le monde spirituel il appa-
de l'arhre jusqu'à son élat de fruc- r"it des espace:!, mais cc sont
tification, 316. !:eulement des apparenc~s, 7, Ils
E:<>'J!I\. Il Y a trois enfers, et ils n'y sont point lix.es, comme dan~
sout distingués selon les trois le monde naturel, mais ils varient
degrés de hauteur ou de profon- selon les états de la vie, 70, Anx
deur, en opposition avec les trois (spaccs ~o rapportent les .. tats
cieux. 275. Les enfers ne sont pas de l'amour, 70. L'espace est dans
éloignés des hommes, mais ils l'idée naturelle, mais nJn daos
sonL autout' d'eux, et même dan~ l'idée spirituelle, 7. 111. Penser à
ceux qui sont méchants, 3·13. - Dieu ù'apr~s 1 psp:lce, c'est pell-
Voir aussi 33\'), 341, sel' 'l'après l'ét~ndue de la nature,
EI<'rK"DJ!llE:<'r rI') est le récepta clC' 9. Le Seigneur ue peu t pas s'a van·
de la sagesee, 360; et de l'intelli- cer par des espaces, mais il est
gence, 430, C'est une forme orga.- cht:~ chacun selon la réception,
ni(jue, ou une forme organisée 111. - Voir Tt;~IPs.
avec de très-pures substances, ESPRIT. L'homme après la mort,
373. Il est la lumière d'après la- p(!Ildallt l'élat ùe préparation, est
quelle l'amour voit, 406, cfr, 96. appelé eSl?rit; esprit angélique,
Il peut être dans la lumiërc spi- sïl est preparé pour le ciel ; es-
rituel!e, quoiq1le la volon lé ne prit infemal s'il cst préparé pour
soit pas daus la chaleur spit'ituelle, l'enfer, 140. Tous les e:!prits ont
244. Il De conduit pas la volon lé, été adj',illls il. des hommes, 140,
mais seulement il enseigne et mon· Dans la Parole, l'esprit sign,
tre le chemin, 24'1. Il ne sE' con- l'entendement, et la sagesse de
joint pas il. la volonté, mais la l'entendement, 383. - Esptils cor-
volonté se conjoint à lui. ·LlO. II porels, 4~4.
correspond au poumon, 3tl2 il 38i. !o:SI'I\IT 8~,~.... (1') est le Dh'in
- VOt), VOI.O~T>: et P.:"';:B. Pl'océùant du Seigneur, 1 tG. 11
1<::<1E:NDRE se dit de l'attention cst le S~igneur, et non quelque
et de l'ac~ion d'écouter, qui op- Dieu constituant par lui-méme
partiennent à l'entendemeul, 363. Ulle persoune, ~59, Dans la l'a-
role, l'Esprit Saint et l'Esprit de EXTfmn:uns (le.s). du mental font
Dieu sign. la Divine Sagesse, et un avec les extel'leurs dIt corps,
pal' suite la Divine Vérité, par Ia- 136.
quelle l'illustr~tion se fait chez EléTEnlŒS (tous les) des anges
l'homme, 383, cfr. 1·19. sont des correspondances des in-
ESPRIT ANIMAL. Ge que c'est, ternes, l11ai~ des c!J\'respondances
423. spirituelles, et non pas naturelles,
ESSENCE (1') de tout amour con- !:!7.
siste Jans la cO:1jonc.ti~n, 47. L'es- EXTDlE (l') de l'ordre simultané
iienca de l'amour spll'ltuel cst de pst l'infime de l'ordre successif,
faire du bien aux autres, non pour 206.
soi, mais pour eux, 33.">. FAI:ES. Leur variété à l'infini,
Es~oM~t::. Par le ~~n~ l'homme 318. Faces des anges tournées vers
ne salt :Ien des pal'tlOS tnnombra- l'Orient, 12\:1, Face tie Dieu, 18.
hies qUI com~~osent son estomac, FACUI.TÉS. Il y a chez l'homme
22. Comment 1estomac est en con- deux facultés de la vie d'où résul-
jonction avec le poumon, 408. lent l'entendement et 'la volonté,
ETAT (1') se dit de l'amour, de 30. La ratioualit(; et la libertê sont
la vie, de la sa~esse, des affections, deux f ,cuités propres ù. l'homme,
des joies qui en provienncnt. en et qui le distinguent des bêtes, 210,
~énéral dit bien et du vrai, 7. Dans 264. Usa~es et abus dp. ces Jeux
les idées de la pensée des anges, facult's, 267. Ces f.cullés ne sont
au lieu des espaces et des temps, jamais ôtées, et sont clwz le mé-
il y a les états de la vie; au lieu chant comme cht-z le bJn, 162,
des espaces, les choses qui se rap- 240, 247, 2ü6, -125.
portent aUl( états de l'amour; FASTE de la propre intelligence,
et au lieu des temps, les choses 244.
qui se rapportent aux états de la FAUl(. Voir MAL.
sagesse, 'i0: ~:état de paix corres· FEU (le) est mort, et le feu solai-
pond au p.r1n,emp~ sur terre, 105. re est la mort elle-même, 89. Entre
- ~tats,vtvants ; etats mort~, 161. le feu spirituel, qui est le Divin
E'rf: (1) «:lum. la Parole slgn. le Amour, et le feu naturel, il y a la
pleit, de l'Eglise, 73. même dilférence qu'entre lA vivant
.8TERNITf:. Comment les Anges et le mort, 93. Le feu et l'amour
conçoivent l'éternité, 7G, L'éter- se correspondent, 87. Comment le
nité de toute œuvre divine vient feu du soleil spirituel devient une
de l'union de l'amour et de la sa- chaleur adéquate à l'amour de~
gesse en elle, 36. anges, et le feu du soleil naturel
ÉTHER, 176, 183, 223, 3i4. Voil' une chaleut' couvenable pour les
A'l'1IOSPHÈHE. hommes, 174. Le feu dans la Pa-
ÊTRE (l') est une substauce, et l'ole ~i.qn. l'amour, 87. ;. et même
l'Exister est la forme de cette suhs- le SeIgneur quant au DIV1I1 Amour,
tance, 43. L'être Il'est point l'être, 98.
à moins qu'il n'existe, 15. FIANr.AILLl:S de l'amour ou de la
J<:TRE DE RAISON, 43, 210. volonté' avec la sagesse oul'enten-
EXHALAISONS. Action qu'elles dement, 402.
produisent dans le sanr;(, 42U. FlIIRES. Où est l'ol'illine des
EXINANITlON (Etat d') '.iu Sei- fibres, là est l'origine d~ la vie,
gueur, 234. 365. Action des fibres, 366. - Voir
EXISTER (l') est où est l'être, au!<si 207, 254, 367, 369, 370. 400,
l'un n'est pas suns l'autre, 14. Ce 410. - Fibres motrices, 190, 192,
qui existe d'après l'être fait uu avec 207, 215, 25.1, 277. - Fibres ner-
l'être, 15. veuses, 190, 19·!.
12
FIBRll.LAlr.E (substnnce) du cer- dans !a nature pour produire,
ve lU; son aclion, 366. c'est le spirituel qui Pl'oduit, 340,
FIIIRILLES. Leur multitude com- 3H. l'el'rectiou ddS fOl'ces, 200,
paretl à la multitude dpi; rayuns ForceR actives, moyeunes, passi-
qui 501lellt des étoileR, !'l66, ves, liS, Toutes les CUI'ces d_ l'Il-
FIN. 11 n'y a vas du lill seule, niv~l's viennent (le la vie, 392. -
SRns untl call~e el sans un elrel. Voir E~FoRT et MOUVE)IE~T.
167. La lin produit la canse, pt par FOR~IATION du COl'pS daus l'ulé-
la caustl l'elfet, tt<9, ;1'11. La fin est l'ilS, 400,
le tout Jun~ la cau~", tlt aUBsi ltl FORME 1:1) en soi est la Divine
tout Jans l'ell'et, 168, 197. Il Y a Sagess., 4~ il 46, La fOl'mtl humai-
lin premiertl, fill moyenne et 1\11 ne n'est autre ((lIe la forme de
del'nil\l'l:, uu tin, callse et elrel, tOllt~s les afrectiolls de l'amour,
167, \(17. Les fin>\ dtlrniel'e~ dflvien· Ill. Forme subst:tntielle du men-
nent de nouveau fins pl'emiPl'es lalnatllrcl, 2i3. Forme initialtl de
dans ulle continuelltl sell'l, 172. l'homme. ~;~2. FOl'm~ matél'iello de
La fin de la création est que 101l- l'homme, 388. Forme de la volonté.
tes choses rct"ul'ntlilt au Cre.Jtellr, HO. FOI'Illes des vél:(ptaux et des
et qu'il y nit conjonction, Hi7 il animaux; ce qui les Pl'Odllit, :.110.
ln, 329, 330. Lts lins cie toute la (J'uù vicnnent leB Cormes qllant il.
creation ont ele les usage~, 314. la contexturû même, 370, L,,~ fOI'-
Lu fm quuliti" !t's lIIoytlns, :1G1. mf'S spirituelles sunt st'lIIblables
FI~! (le) ne relIt tlxislur ((ue d·a· à elles-lIIèmûs dans les tri'li-.{rallrls
Pl'j>" l'Infini, 14. et dans Itls tri>s-pelits, 2i5, 2i3.
FLI.:ulls. Plus elles SOli t considé· Poul'q uoi le:; rUI'Il1"f; dans le 1110n-
rées intél'Îulll'tllllent, plus on y de naLul'e! ~;Ollt Jh.cs ct con"t!l,n-
decou\'l't' de lIIel'veilles, et del per- les, 3-10, Les furllles sont lell COIl-
fectiuns s .. lon l,'s Jq(l'és disCI'cls, tenauts des lIS:1g,jS, 46. 1<'orIll05
:101. Des 1I0ls d'èf:lu\'es ÏlnHlnûul des usageS, 30i à :118. I,n [Ol'nHl
sans Cl'"se dps lieurs, t0:l. l:st t1ilrén·nle ,;eloll ln honté dtl
FOI (la) esl dalls sun es~ence la l'ul'>lgtl, "0. Ce qui n'a point de
vél'iLe, :153, 1:!9, EII.l appal·th'nt il fOrllle n'a point Jl) <jllalit.), :223.
la pensee, 211. - f'ulJ' CU.\lurf: Il Il'y Il p .. int ,Ill sllbsl~II~<l sans
F'I;E. l'al' le St'IIS l'holllill' nI! forll1u, :20J, i~\l. Suhslauce et forme,
sait rien ,le SOli fOie, 22. PLus l, Il,
foie est j·olltii,lé,..\ IlItCl'i ':ll'eIlWnl, FIIO:-;T. Sun état qllan.l l'homme
plus 011 y tlticouVI"e de IlIl'l·vdlks. Incdit~ vroIon,I~lfIenl, 365.
et d" perfrniulls ::;elull le,; dugl'cs i,'RlTr:;, Plu;:; Ils SOlJt considé-
:iigcrcts, ~Ol. l'Ô8 intérieurem.'nt, plus 011 y dé-
FOLIŒS (le présiù"IIl), 3U. 'ouvr ... cIe mer\'dLl,)s et de perfee-
FOLUC-UL,\IIII; (SUh"l.'lIcc/. Son tiOIiS SelUIl ItlS dtlgrés dls-:rets,
donblu état d'uxtulI~iuli ct Ju cou- ~Ul. D~s Ilot,; d'étUIl VPS "D1~lIent
tractiun, 113, "ans cesse des fruits, 293.
Fonc!:: (la) est l'el]'ort e"citoi ; ('lIP G.\U':HI~. Dans l'augl! et dans
~st pl'oduile IMr relIort, ft ulle l'bolllllHl, los parties lot IUclles se
produil le mO,IVUl"ent, 218. Le" refèrllllt il I~ sagus"e procédaat de
1"orce,; vives dans l'hullIlIIe sont le.~ l'amonr. ou au vl·ai procédant du
panie,; qL:i en dedllns cont>tit\lenL l.Jiell, 127,381, 40J,
SOli curp", 219. Il est contre 1',,1'- GL' ND"~ du cel'Vola ... Leur mul-
dre que la furce murte :ll-(issc Jdns lituJo comparc.; il la mult,tuù.J .les
la fo,'ce vive, ]66, D'lIl:; luS forCe;:; étoiles ~6"';, 3iJ .
.dernieres de la vie il y a Illltl ten- GLANDULAlIlF. (substance) d'] cer-
dance à revenil' à leLU' origine, ve.lU, En quoi elle consi:;lol, 366.
311. Il n'a été llIis aucune force GLOIRJ:: (Ia)ohtoure ch:lque amour
13
~omm() une splendellr d~ feu, 2G6_ H":"BZ' mauvaisùiL D'où elles
Le Seigneur veuL le cll1L~ de ,'hom- Liront IJul' oriJi:l~, jJ!j, ~fr, 3J~,
nie, nou pllur sa pl'0pre gloire, mais 311.
p'HIr le salut Ù.! l'holnm8, 33·j. IH:Rf:DIT.\IRES (Ieg maux) vien-
GLOBE TERRAQuf: (l,') e:lt comme nent de~ p '1'8'; aiusi d0S aiuu l::l et
la bJ.:l1l et l'alrclllIÎS:lem~nL de la Jd3 ait'llx, et out été succes:live-
créaLion. 100, llb, IIldl1t d.iriv,·:s Ù.l'H les dt!i\couùanLs,
GLORIYlC.~T10:-l (élut dt) du Sei- ~ôj_ 1\u:l1e h.iI,tiliL lÎrtl, -l3~.
goeur, 231. H~;n(;:ll1; aiJolJlin,lblt', IJù. Cha-
Goù r (l,?) esll'afT.JcLion dtll:J silbs (lll~ h.iré:;ie e ,t cOalirmdJ p.lr Se"
tau Cl' et d, 1,1 form.) q li UPIi.llliJ'I- stJctaLe'll"d, 267_
nellt à 11\ langue, et 1.1 1;11qu<l edt It! lI,,:ufllo:s (It!o) Jaus LI Parole si[J/&.
sujet, 41. Lt! ~out n'esL p.J.s ,\lId,[.lù dt"3 etui,;, ;;:1.
chosè J.J v ... lalil em,lant JtJ son 01'- 1l11l0üX. D'ou ils ont tiré lelll'
gane, mais c'e:lt l'o,~.(.llle co:l::li lûr- oru:in" J;!).
dan~:la sub::lt IIICU ,!t Jml,; Sà {O/'lllC J [1 V~;1l (1:) ,Iulls la. P.ll'ole sign.
41. La SOIIS Ju goùl CO'IlIllUlli'l,I~ la ILl Joli Edi3~, 7J.
imOlt\JiaLelllèllt l'Olf lc~ li!.>l·e,; av".; 1I01lMJ; (1') e"t uu l'é~i,lÎeut ùa la
les cel'veaux, et ell tÏle SI vie :l'JII- vie, 1,63. LJ. COHl'cI-llio,1 dtl l'holll-
sitiv,> et active, 3G5. - VuÏl' :-;1.:.,,,. "Id p'!r le p~r"lI'e,;t jJ.I:lla COIICtljJ'
GOÙTER SI) Jit Je 1,1 Pél'ccpLioa. lio,l Jd là vi,,; dia esl s' ulemellt Id. .
363, cO(I~eptiùlI d~ I.J. premièrtl et ct" I.~
GR\NDS (dalls les tr,":l ) el ,LIl8 plus pure r JI 1111) (pi IHùss,; recevoit·
lf's tl'PS' petits le Di viII tJsL 1..) lI1i'nl~, l.l vi~. 6. COIllIJltlU!:bll1 !ut dll 1'110111-
77 à 8~. 'frè:!-gmnd:l JUIIS le~<[ueb III~ J IIIS l'ulûl'u-; apr,;s la couccpLioll
sont les ,Je"rés Je l'UII eL J.) ['alllre ll.!. L 1lOIIIIIld t'sL hOIlI'II~, 11011 J'a-
galll'tl, 22;)~ "rps LI [,Lee 01 Il! cor p.;, Huis d'apl'es
(iRATl:ITS (,10118). Dan. l''s cien" l'I'IIL"lId 'lIltlllt et 1 L VOIOlll~, :/;)1.
toute< 1 s nec~s:lilés dt' la \"ie :lout L'hulnllHl nait UIIilllJ.l, et il dùvÎtwt
donnée:! jl;I'alUilL'Ill"III, ;J31. hOIIlIIl':. nu. Ch'ulue hOlllllle,'lll:lllt
G-IlE!';()ClLU::I V'oll elles ont riré aux IlIti'rieUIS 01" SOli mcut .. l, est
leul' Ol'igÎlll', 3JQ. 315. UII "SI-'l il. et "st J,I~IS Il! 1Il0lldol spi-
HAnITAr.L/"S 0111 ::;dg'ncur, lïO; nllld au lIlilièll Jes "::.pl'Îls el .IlS
chez l'holl1m~, 395, an,.:es, Ile), 9!. L'e:lpl il J" 1 homlll~
HABITAnl).~:l (les) des un,ws fi l'sl ht '11II1è, par~e 'Iu'il p.st sUdcep-
de~ o·sprtls sont SdOIlI,·,; l'é3"!Jlio,s Lilll..: de l'CCeVuil' UU Sl!Î:!lIellr 1';\-
dt) l'amour et d" la S'lge:;;;l', UI. IIIUUr d I.! sagesse, 287 Il Y il
L'ange COIlIJ~it >Ion habilalion, en UollIS cha'lUo\ hOIl1I11~ le::l Jllgré" d"
qudqlle enJroit lIll'il ,oille, toul au l'uu .:t d0 1'J.lltl'c !.(eure, t~;), 230.
trem"'lt que l'hOIlIUll) dJ.Il:l le 1ll011- Les tl'oil! Ul·!.(1'0S do' hauteur, 'Jui
dl'. 134. "oat iliJilli,o et iucrees Jau>:]" Sei-
I-lil.u-r(ll' tr~s-)sj,q".lïnlillltl, 1003. glleur. ;,ont. fi:llS et créés duns
I-L~Ul'~UR (la) dans la P.lI ole Si.lllL. lïlOlllllltl, 2JO il 2J.i. Dl's Ilols ù'ef-
les de~r,;s du bien et du vrai, 71 .•Juvc!< ënl:\IItllÜ ::lJIIS ct'sse Joll'holll-
DUliS le monde spirituel, Itl solc,il Ille, 29J. L110IUllltl est hl lorme dt!
lippat'all il IIl1e lllOyeune hauLclu'; tous les usa~es, ct tous le:; USUg ...i
pOl r Juoi? 105. Jalls l'.lIlivel''' crë':: correspolldeut
Hf~MI8PHÈRI::S dll CHI'Veau POllr- ~UX u,Jage>l Je 111OI11111e, 298. -
-quoi il y ell il Jeux:, 381, 4U9. L'hé [lOIllUic natUl'el ; hOllllnll sp·rituel;
Dlisphëre droit est le 1éeepLacle "" hUlIIllle n,tLlll· .. I·spiriLuel, 250 à 255.
l'amour, el I~ Il:uuche le réceptacle L'homme spiriluel e:;t absolument
de la sa:zcsstl, 4J2. Le droit Sil ré- Jislillcl dol l'honllllll lIaLurtll; il n'y
(ère au billll du vrai, ~t I~ Il:luche a èlltl'~ ellX d'auLI'e cOllllnunicaliou
au vrai du bi"u, ~8 J, -l00, :27, '1 ue cOlllllltl ~Illr.; la cuu::;tl 0t l'tlll'tlt.
251. l'homme naturel est domesti- ment du Seigneur l'illustration était.
que êt serviteur, et l'homme spiri- médiate, depuis cet avi-nement elle
tu el est mailre et seigneur, 249. - est devenue immédiate, 233.
L'homme Je l'Eglise est l'homme h!AGE. L'univers créé, considéré
dans lequel il y a l'l~glise. - Par quant aux usaoes, est l'image de
quoi l'homme est distingué des bê- Dieu, 64, 298. Les chos~s créées
tes, 217. - Voir TABLE générale présentellt dalls une sorte d'imalZe
So et 5° partie. c!'lles qui SOllt dans le Seigneur,
HUMAIN (1') est l'intime dans lout 223. Dans toutes les formes des 11sa-
objet créé, 285. ges il ya quelque imap;e de la crél<-
HUMILIATION (dl' l') découlent l'a- tion, 313; et qu!'lque image de
dOI'ation et le culte, 335. Il'homme, 317 ; et quelque image de
HUMUS. Formation de l'humu>! l'infini et de l'P.ternel, 318. Toutes
des terres, 65, 313. les choses de l'univers créé, consi-
IDÉE spiritu-lle; idée naturelle, dérées j'aprés les usages, repré-
7, 294,306. L'idée spiritnelle ne sentent en image l'homme, 319. Le
tire rien de l'espace, mai!! elle tire mental naturel, qui est dalls les
son tont de l'état, 7. Dans l'idée maux ct par suite dans les faux,
naturelle il y a l'espace, parce est h forme el l'image de l'enfer,
qu'elle a élé formée d'après des 273. Dan" la Genèse, l'image de
choses qui sont daml le monde, 7. Dieu sign. la Divine Sagesse, 358.
Les idées di1Ti>r~nt selon les degrés IMPOSITION DES ~IAINS dans les
de hauteur, 29~. Dans le ciel. il inau~urations, 220.
n'y a d'autre idée de Dieu que l'idée INDÉI'INIS (les)sonldiills le Soleil
d'un Homme. laquelle est la même spiritut'l, el ils existent comme
que l'idée du Divin Humain, Il. dans une image dans l'univers créé,
Chaque nation, dans le monde spi- 155.
rituel, obtient une place scion \'id~e bt'f:RIEUR (l') dans la Parole
de Dieu comme Homme,13. -Idées sign. l'extérieur; 206.
de la pensée, l, 6\1, 71, 223, 224. INFDH\ (l') de l'ordre successif
L'homme dans le monde natul'el dev:elJt l'exlime de l'ordre simul-
forme les idées de sa pensée, et pal' tané, 201). Dans chaque règna de la
suite son entendempnt, d'après l'es- nature, les infimes &ont pOUl' l'usa-
pace et le temps, 6;). ge des mOyEns, et les moyens pour
IGNÉ SPIRITUEL lI'), qni apparaît l'usagt: des sJprêmes, 65.
devant les anges comme Roleil, esl Il'F1N1. Diell est infini, non pas
le premier procédant de l'amour ct par cela seulement qu'il est l'Être
de la sagesse de Dieu, 97. même et l'B'dster même en soi,
IGNORANCE de l'homme ùe 1'l1:R'lis o mai!; parce que les infinis sont en
sur ce que c'est que l'amour et la Lui, 17. L'infini, sans les infinis en
sagesse, 188. lui, n'est infini que quant au nom
ILLUSIONS (les) qui règnent chez seul, 17·. Les infiois qui sont dans.
les méchants et chez les simples Diell-Homme apparaissent, commd
ont leur origine dans des apparen- dans un miroir, dans le ciel, dans
ces confirmées, 108, l'ange et dans l'homme, 21, J9.
ILLUSTRATION (toute) vient du Dans Dieu-Homme les infinis sont
Seign~ur senl, 150. L'illustl'ation se distinctement un, 17 iL 22.
fait chez l'ho:nme par la Divine INFLUER, Tou