Vous êtes sur la page 1sur 4

Université Notre Dame d’Haïti

UNDH

Faculté des Sciences Economiques, Sociales et Politiques

FSEP

Cours de philosophie sociale

Sujet de réflexion : Maurice Merleau-Ponty dit joliment que pour « être

capable d’un engagement vrai »le philosophe doit prendre du recul. En effet

depuis quelques jours le Covid-19 nous a poussés au confinement à la maison.

Faites ressortir la portée philosophique et sociale d’un tel comportement (le

confinement).

Préparé par : John-Lesly CHERAMY

Présenté au :Révérend Paulin INNOCENT

DATE : 03/04/2020
Les phénomènes sociaux incluant l’homme n’ont jamais été écartés du viseur

philosophique. Car le philosophe en tant qu’engagé pour un mieux être de l’homme s’évertue

pour tenter de savoir comment l'homme peut être en phase avec lui-même, son environnement

dans la société. À ce titre, en ce moment le monde recourt au confinement pour faire face au

covid-19 qui secoue l’humanité. Si pour certains c’est juste un comportement adapté à la

situation, mais il peut s’avérer posséder d’autres facettes qu’elles soient sociales ou

philosophiques. Pour cela, on se rapporte à Merleau Ponty qui eut à dire : « Pour être capable

d’un engagement vrai, le philosophe doit prendre du recul » puisque là où l’homme du sens

commun voit sans y penser le philosophe lui, voit en pensant. Ainsi, on peut se demander

quelle est la portée sociale et philosophique d’un tel comportement ?

Le confinement est un comportement qui consiste à se replier sur soi même en se

limitant qu’aux activités essentielles à la vie quotidienne. Tout ceci pour éviter d’être

contaminer par les autres ou de les contaminer sans le savoir. Du coup, l’homme est devenu

méfiant. Mais quelle est en réalité l’ampleur d’un tel comportement ?

Abordant la question sur un point de vue sociale, on comprend dès lors que le confinement

nous rappelle qu’on est tous égaux. Car, on est d’accord au fait que qui que ce soit puisse se

trouver infecté. Ainsi, il nous remet à l’état de nature sans toutes les vanités dont nous nous

sommes emparées et qui créent l’inégalité entre les hommes.

Plus loin, on comprend aussi que nombre de choses que nous chérissons, dont nous ne

pouvions nous en passer ne sont que le fruit de nos envies. En d’autres termes, elles ne sont ni

essentielles, ni nécessaires et ce qui compte par-dessus tout c’est manger, boire, et passer du

temps avec notre famille car on peut vivre sans elles.


Si on essaie par contre d’aborder la question d’un point de vue philosophique, on voit alors

que le confinement nous envoie à la question des misères de l’homme sur terre. L’homme

n’est ni libre, ni maître de sa destinée. Nous pouvons emprunter cette phrase de Pascal qui eut

à dire dans Les pensées : « L’homme est le roseau le plus faible de la nature ». Grande est

son impuissance vis-à-vis de la nature. Le confinement en nous poussant à nous replier sur

nous même montre bien que nous sommes fragiles. Tout l’effort de l’homme pour dompter la

nature est vain car à n’importe quel moment l’univers peut l’écraser.

Ensuite, ce comportement nous laisse des interrogations qui ont été soulevées par des

philosophes comme par exemple : Que dois-je faire ? Que m’est il permis d’espérer ? Quel

sens a l’existence ? Plus qu’on se rend compte que tout peu dégringoler un jour ou l’autre. On

se demande si demain ne sera pire. Ce qui porte à opiner sur ses croyances, ses valeurs

(puisqu’on se demande si on ne vit pas que pour mourir), à définir ses buts(est ce qu’on doit

faire le maximum de bien ou de profiter de la vie pendant qu’on le peut). En bref, le

confinement met l’homme en face de lui-même avec ses faiblesses, ses passions, ses orgueils.

Pour conclure, en étant confiné quoiqu’on mène une vie misérable et restreinte mais

on a plus de temps pour réfléchir sur soi et sur le sens à donner à sa vie. C’est un moyen aussi

de comprendre qu’est ce qui compte en réalité et dans quel ordre placer ses désirs, ses

emports. En outre, ne peut on dire que ce comportement est un moyen d’apprendre des leçons

de la vie que nous avons ignorées à cause de notre façon d’aborder la vie ?