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Ecole Nationale Supérieure

Polytechnique
COURS GCU 462
PROCEDES GENERAUX DE CONSTRUCTION

SOMMAIRE

Chapitre 4 : FONDATIONS- EXCAVATION


4.1 Fondations superficielles
4.2 Fondations profondes
4.3 Excavations
4.4 Rabattement de nappe
4.5 Injection
1. FONDATIONS ESCAVATIONS
Définition
Une fondation: est une partie de l’ouvrage qui repose sur le sol et lui transmet les efforts dus
aux charges propres et aux surcharges.
La stabilité de l’ouvrage est fonction de la bonne tenue des fondations. L’étude, la conception,
état la réalisation de ces fondations sont donc très importants.
L’évolution actuelle des procédés de construction des fondations conduit à désigner 3 types
de fondation :
 Les fondations superficielles
 Les fondations profondes
 Les fondations off-shore. (sous eau)

1.1. Fondations superficielles


Ici, la fondation est accessible à l’homme état désigne des semelles, des radiers ou tout autre
H
type de fondation dont le rapport 1
S
H : hauteur de la fondation
S : surface de la fondation
Le taux de travail de la fondation y est modéré et est ≤ 1 MPa.
Ces fondations peuvent se faire directement sur le sol naturel et si les caractéristiques du
sol sont médiocres, il faut alors les traiter soit par consolidation soit par injection.
 Par compactage avec drain (argile, tourbe, vase) ou puit
 Par vibro compactage
 Par compactage (sable,…)
 Compactage par explosion

1.2. Fondations profondes


H H
Elles ne sont pas accessibles à l’homme, le rapport est tel que  10 Dans cette
S S
catégorie des fondations, on peut citer les pieux, les appuis, les caissons
Pieu : appui de section droite circulaire dont les dimensions varient entre 1dm et 4m
Le terme appui est réservé aux fondations profondes de forme diverses : rectangulaire
(barrette), H, L, T.
Le terme caisson est un appui de forme circulaire, creux dont la structure peut être en B.A ou
en métal.

1.2.1. Procédé de construction des fondations profondes


Les pieux de diamètre < à 0,25m peuvent être désignés sous le nom de micro pieux, pieu
aiguille pieu racine ou pieux I . M .
Le matériau constitutif du pieu peut être en béton, en bois ou en métal.

Procédés
Il existe des procédés classiques et des procédés spéciaux

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Procédé classique
On peut citer :
Les caissons, les pieux battus ou tubes battus, les pieux forés, les appuis multiformes
forés.

Procédés spéciaux
 tirant résistant à des efforts de traction
 poteaux pré fondés
 petits pieux (aiguilles ou racines) la distinction entre procédés intervient lorsque le
terrain est refoulé ou excavé.

Terrain refoulé
Le procédé traditionnel est le battage du pieux, celui-ci peut être préfabriqué :(bois, B.A,
métallique).
On peut aussi faire des pieux à tube battu moulé dans le sol (pieux battu moulé dans le sol du
type Franky).
1. un tube muni à sa base d’un bouchon de béton et enfoncé par battage.
2. La longueur du tube est inscrite en tête (cordon de soudure de 15cm au moins)
Le tube primaire est en une seule pièce et deux rallonges au plus peuvent être
utilisées
3. quand le tube est à la fiche (profondeur requise), on y introduit de petites
quantités de béton ferme dosées au moins à 350 kg/m3 qu’on pillone en
relevant le tube.
4. Si l’eau où le terrain se trouve au fond du tube, le pieu doit être refait
Armatures : 5 barres longitudinales 12 , ce qui correspond à 0,5% de la section minimale
du pieu.
Les limites :
 On ne peut développer une énergie de battage qui pourra détruire la tête du
pieu.
 les terrains utilisés ne doivent pas être durs
 la hauteur réalisable doit être < à 20m
 dimension usuelle : 0,40m    0,60m
 vibration engendrée par le battage implique qu’on ne peut utiliser ce procédé
en ville ou près des constructions existantes.
Conclusion
1- possibilité d’exécution des pieux inclinés
2- cadence assez rapide, 100m de pieux par jour
3- force portante unitaire ≤ à 100t par pieux
4- ce type de pieux correspond à des constructions moins élevées (immeuble 4-10
étages)
5- les coûts obtenus ici sont les plus bas.

Terrains excavés
On utilise ici les outils classiques des forages : Outillages Beneto, outillages à benne, les
tarières.

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1. Phasage des opérations
1) Fonçage du tube provisoire ouvert à sa base (soit par vibration, par battage où par
havage (creusé et enfoncé))
But : assurer la verticalité du pieu à réaliser 50 cm    150cm
Possibilité de faire des pieux inclinés.
Forage au moyen d’une benne preneuse, d’un trépan où d’une pompe à gravier selon la
consistance du terrain. On réalise le forage jusqu’à la profondeur requise.
Introduction éventuelle d’une carcasse d’armatures.
Bétonnage conduit selon la nature du terrain(soit par benne spéciale ou bétonné sous l’eau,
par conduit pneumatique, par benne)
Dosage de 350 à 400 kg/m3,  c28  200 ; 250 bars

2. Malfaçon, control, essai


1) Malfaçon
 procédés de forage et de bétonnage mal adaptés aux conditions de terrains
 équipe de mauvaise qualité
 dues aux difficultés non surmontées pour aller vite
Control
 Non destructive, utilisant les méthodes soniques (ultrasons)
 Destructive avec carottage avec outil diamanté
Essai
 Control de la force portante
 Control des efforts mobilisés
3. Dimensionnement
Lorsque le pieu est soumis à un effort axial uniquement, les armatures ne sont pas nécessaires.
Si en plus, il y a un effort horizontal H, il doit être armé.
H
En général, le taux d’armatures des aciers est ≤ 1%. Si  10% , un pieu seul n’est pas le
N
procédé des fondations le mieux adapté, il faut rechercher les solutions dans les structures
plus complexes : tirants, barrettes.
Un tirant d’ancrage est un dispositif capable de transmettre les forces de traction qui lui
sont appliquées à une couche de sol résistant en prenant appui sur la structure à ancrer

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R

Tirants d’ancrage
Tirant : c’est une armature en acier ou en fibre de verre etc… qui permet de reprendre les
efforts de traction. Il est constitué de 3 parties :
 La partie passive ; la zone encrage ou terrain encaissant
 La partie active ou tête d’ancrage et
 La partie libre.

La tête d’encrage
Elle transmet les efforts de traction du tirant sur la structure (mur, paroi, poutre)
Ancrage : permet de mobiliser l’effort de traction en sollicitant le poids de la masse des terres
qui se trouve au dessus de lui.
Tirant passif
Il réagit uniquement, s’il est sollicité par un déplacement de la structure. En l’absence de
déplacement, l’effort dans le tirant est nul et soit la partie libre n’existe pas.
Tirant actif
Il exerce en permanence, un effort sur la structure. Dans ce cas, la partie libre est
indispensable.
Procédé du tirant actif
1- Forage : 100mm    200mm
2- Mise en place des armatures :
Elles peuvent être des barres, des fils ; en général, elles sont analogues ou identiques à celles
utilisées en précontrainte.
La capacité varie de quelques tonnes à 1500 tonnes.
La gamme courante varie de 30/50T – 150/200T.
La longueur est fonction du projet et peut varier de 15/20m à 40/60m ; Au delà, il y a des
problèmes de perforation.
La mise en place se fait à l’aide d’une grue, d’un enrouleur ou à la main avec une équipe de
15 à 10 hommes.
3- Mise en place de l’ancrage
Elle se fait en général par injection.
4- Mise en place de la précontrainte
Par un vérin s’appuyant sur la structure puis on substitue au vérin un dispositif de blocage.

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5- Protection anti-corrosion
Tirant provisoire : à ne pas protéger, car durée de vie de quelques mois.
Tirant définitif
a- zone d’ancrage : utilisation d’un tube ou d’une gaine préinjecté
b- partie libre : utilisation d’un tube plus un produit anti corrosion dans l’espace
annulaire
c- tête d’ancrage : capote de protection avec divers produits chimiques.
Dimensionnement
Section d’acier
0,4  F  0,5 tirant définitif
 ad
 F e 
 0,25  F  0,4 tirant passif
F : coef de sécurité.

Longueur d’ancrage
Dépend du frottement latéral.
Faire attention au sol pouvant fluer : argile plus où moins raide, marbre tendre.
Longueur libre
Quelque fois imposée par la nature.
Vérifier que la masse de terre mobilisée est convenablement située et dimensionnée vis-à-
vis de la stabilité d’ensemble.

Essais
Chaque tirant doit être essayé.
Pour tirant provisoire : essai à 1.2 Fser
Pour tirant définitif : essai à 1.2 ou 1.5 Fser.

Application
 Soutènement classique : palplanche, murs de quai.
 Pilonnes, construction de grandes hauteurs, barrages, radiers.

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1.3. Excavation
1.3.1. Excavation à l’air libre

Problème à résoudre
 Contenir les poussées des terres (poussées latérales)
 Encaisser les efforts extérieurs
 Contenir ou éliminer l’eau baignante des terres
 Assurer l’étanchéité du fond des fouilles
Tous ces problèmes sont à résoudre tant en phase provisoire que définitive.

Procédés permettant la réalisation d’excavation

QT   qi

qi

qj
q1
qk
q2

q3

Puits

Soutènement vertical
Hors nappe

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 On peut faire des fouilles blindées
 Reprise en sous œuvre : renforcement des éléments porteurs.
Exemple : semelle : on creuse la semelle, on met un vérin (crique de voiture) pouvant
supporter la charge transmise par le poteau, on coffre, on ferraille et bétonne.

Présence de l’eau
On peut utiliser les parois moulées, les parois préfabriquées plus butons (pour reprendre
les pressions latérales des terres), pieux jointifs, palplanches avec éventuellement des
tirants, injection, consolidation, étanchéité, congélation.

Talutage
Hors nappe
Le talus simple suffit

Présence de l’eau
Utilisation possible des parois d’étanchéité, des palplanches, des rabattements de nappe,
d’injection et étanchéité latérale.

Procédé concernant les fonds de fouille

Phase provisoire
 rabattement des nappes (puits, pointes, pompage)
 injection d’étanchéité (fond étanche artificiel) ou alors on fait un béton coulé
sous l’eau ou alors, on fait des dopes (sycallites au Cameroun) pour rendre le
béton étanche).

Phase définitive
 rabattement permanent (éventuellement sous forme de drainage)
 ancrage d’un radier étanche
 faire un radier poids étanche

Rabattement de nappe
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Condition à assurer
1- Non entraînement des fines
2- Fond de fouille sec
3- Fond de talus stables

Technologie
Selon le diamètre de forage, le puits équipé est appelé : pointe filtrante, aiguille filtrante,
puits filtrant
Pointe filtrante
l T  7m ,   5m, 0,5m 3 / h  Q  1m 3 / h
En général, 25 pointes sont reliées à un groupe ce qui donne : 2,5m 3 / h  Q T  50m 3 / h
Puits filtrant
0,20m    quelques mètres, 5m 3 / h  Q  400m 3 / h .
Les hauteurs manométriques varient entre 30m et 100m

D1 D1

D2 D2
K1

K2

Le débit total Q qu’il faut porter pour rabattre la nappe phréatique à la hauteur h est :
Q = mK1hB

B : diamètre du puit
m : coefficient

n puits (nombre de puits

σi : distance entre le puits


ri
de travail et le puits n°i

1ere formule

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1 B B 1 1 
m  
m 0 8D 4
  r  

 i 4D 2  ri2

2q 2h
m0  q
ln(2q) B

2me formule
1 1 B  B n
1  i
m
 m0   ln( )
D1 4 (D1  D 2 )  - 1 4

i 1 ri
K1  K 2
  i  f  1i ,  2i ,   donné par les abaques
K1  K 2

Ki : perméabilité.
  f ( ,  ) donné par les abaques
D1 D D  D2
 1i  ,  2i  2 ,   1
ri ri D2

1.3.2. Excavation sous l’eau


Isoler la zone.
Exemple des plates formes
 On ancre grâce aux tirants
 Mettre les pieux par battage
Pour les piles de pont, on bat les palplanches et on pompe l’eau.

1.4. INJECTION
Il s’agit d’introduire dans les vides du sol, un produit liquide se rigidifiant, par la suite ; ce
produit est appelé coulis. L’objection du traitement du sol par injection est
1- La consolidation
2- L’étanchéité
La nature du terrain à traiter peut être :
 Une roche fissurée
 Des cavités
 Une masse d’alluvions
En fonction des divers paramètres, on peut choisir :
Le procédé d’injection, le type de coulis, la disposition des forages, les quantités de coulis
à injecter, la pression d’injection.

1.4.1. Procédé
Le coulis est amené en profondeur par l’intermédiaire des forages de diamètre Ø /
5cm    15cm .leur équipement est fonction du terrain.

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Roche fissurée
Le forage exécuté ici reste ouvert sur une grande longueur du fait de la très bonne tenue de ses
parois. Il est possible d’injecter en une seule fois des tranches de terrain de plusieurs mètres
de long.
La longueur moyenne de ses tranches ou passe d’injection varie entre 3m et 5m. l’injection
peut se faire de 2 façons :

A l’avancement ou injection en descendant


On injecte une passe aussi tôt après sa perforation, perforation et injection se succèdent. Il
faut alors injecter après chaque perforation le coulis qui obture (bouche) le forage.

Injection en remontant
On exécute le forage sur toute la longueur puis on injecte en commençant par le bas ;
perforation et injection sont séparées. Cette méthode ne s’applique pas aux roches très
fissurées.
Dans les deux cas, le coulis de base utilisé est une suspension du ciment dans l’eau et le
remplissage des fissures se fait par sédimentation.
1 C 1
  C : ciment, E : eau.
10 E 1

Cavité

Solutions
1-injection à l’avancement.
2-tuber le forage jusqu’à sa base, puis injecter en remontant progressivement le tubage.
3-tube à brochet
Il s’agit d’un tube plastique perdu dans lequel une broches pratique des fentes à travers
lesquelles passe le coulis d’injection.
Les coulis utilisés sont à base du ciment.

Consolidation
Injection d’un mortier de ciment formé de ciment + sable fin + adjuvants chimiques.

Etanchéité
Injecter des mélanges légers à base de ciment (ciment + sciure de bois + produits
chimiques)

Les alluvions
Ici, l’injection est toujours faite par l’intermédiaire d’un tube : tube à manchette
généralement en matière plastique de diamètre 25mm    50mm
Tube scellé au terrain grâce à un coulis d’argile-ciment : tous les 30cm, ce tube est percé
de trous couvert par une manchette de caoutchouc. Un train de tube creux muni à son
extrémité d’un double obturateur permet d’envoyer un coulis sous pression au droit des
couches à traiter qui se trouvent à tous les 30cm.

Coulis pour alluvions

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 suspension stable à base de ciment et de bentonite ou d’argile + adjuvant chimique
(sable et gravier)
 argile dé floculée, rigidifiée (gèles d’argile), gèles chimiques (silicate de soude
pour sable moyen)
 Résine polymérisable à température ordinaire pour sable fin.

Coulis

Choix
Dépend du terrain et de l’objectif (consolidation (augmentation de la résistance…),
étanchéité)

Type de coulis Résistance Utilisation


Ciment dans l’eau Roches, consolidation
Instable 1 C 1 ≈ béton étanchéité
 
10 E 1
Suspensions

Ciment + matières ≈ béton Cavité, consolidation (Co),


activées Etanchéité (Et)
stable Ciment-argile 1 à 50bars Cavité, roche, alluvions
Ciment-bentonite (Et, Co)
2
Argile ou 1 à 10g/cm Alluvions, (Et)
Bentonites traités
gels plastiques de 50g/cm2 Alluvions, (Et)
Produits silicate
chimiques gels durs de 10 à 20bars Roches (Co)
silicate
Résines organiques 1 à 100bars Roches, alluvions (Co)
Liquides

(gamme étendue)
Liants hydrocarbonés Quelques g/cm2 Alluvions Et

Ouvrage Terrain
Alluvions 2 lignes de forage //, écartement
Voiles de 1 à 3m en quinconce
étanchéité verticale roches 1 à 2 lignes de forage //, écartement :
2 à 6m en quinconce
Masse de terre Alluvions maille carrée de 1m x 1m à 3m x 3m
injectée Roches Maille carrée dont le côté à une
dimension moyenne de 3m
Fonds étanchées Alluvions Maille carrée de côté variant de
horizontaux 1,5m à 7m
roches Maille carrée de longueur moyenne
Du côté = 4m

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Critère d’injection
Il faut connaître :
 La pression de refus pour le traitement des roches
 Le volume injecté (cavités, alluvions)
Roches fissurées 1 à 3% de vide (sans cavités)
Alluvions 30% de vide

Performances
 Etanchéité k ≈ 10-6m.s-1
 Consolidation : fonction du projet
On recherche le meilleur résultat : volume (épaisseur) injecté x résistance du coulis

Mise en œuvre
Utilisation des perforatrices (fonctionnant en roto percussion ou rotation), 2cm    15cm
 Fluide de perforation :
 Rocher : le claire
 Alluvions boue de bentonite
On veut éviter tout tubage provisoire lors du forage.
 Coulis : préparés dans les centrales faisant appel à l’automatisme
 Presse d’injection (air comprimée ou fluide sous pression)
 Cadence d’injection : 100 à 1000 l par heure par presse.
 pression initiale de la presse ≈ 100bars
Sur un même chantier, le nombre de presses peut atteindre 20

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 

 

Disposition des calculs de butons selon PECK


Cas de sables

 
Pa  0,65  H tg 2 (  )
4 2

Cas des argiles molles

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Cu
Pa   H (1 - )
H
H
0
Cu
Cu : cohésion

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