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MID – Psychiatrie – CAS CLINIQUES Item 285 – Troubles de l’humeur – Psychose maniaco-dépressive Année universitaire 2006-2007.

CAS CLINIQUES

Item 285.
Troubles de l'humeur. Psychose maniaco-dépressive.

Dr. Fabrice Jollant

Cas Clinique 1

Mme V., 32 ans, se présente à votre cabinet médical en ville pour des douleurs dorsales. Celles-ci sont apparues il y a
2 semaines sans facteur déclenchant précis. Leur topographie est vague. Elles ne sont que partiellement soulagées
par les antalgiques classiques.
Durant l’entretien, Mme V. évoque des difficultés « passagères » dans son couple, accentuées depuis la naissance de
leur fils il y a 1 an. Elle n’a pas repris son travail pour être avec son enfant. Mais depuis 1 mois, elle se sent lasse et
fatiguée. Elle a tendance à grignoter et a pris du poids. Si elle ne devait pas s’occuper de son fils, elle resterait au lit
toute la journée. Tout lui semble une corvée. Elle a du mal à se concentrer sur ses activités.

Q1) Faites une description séméiologique organisée.

Q2) Quelles informations supplémentaires recherchez-vous à l’entretien pour votre diagnostic ?

Q3) Quel bilan réalisez-vous ?

Q4) Votre bilan est normal. Quel diagnostic principal retenez-vous ?

Q5) Quelle est votre attitude thérapeutique pour les 6 prochaines semaines ?

Q6) Quels éléments justifieraient une hospitalisation ?

Q7) Votre traitement s’avère efficace et la patiente s’améliore. Quelle est votre conduite thérapeutique pour les
prochains mois ?

Q8) Vous revoyez la même patiente 2 ans après pour un épisode similaire. Elle n’a pas de traitement actuellement.
Quelle est votre attitude thérapeutique ?

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F. JOLLANT © - LIPCOM - LGX Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes
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Cas Clinique 2

Mme. J, 52 ans, est amenée aux Urgences par son mari pour troubles du comportement. Cet état fait suite à une
période de plusieurs semaines pendant laquelle la patiente présentait une fatigue importante associée à une humeur
triste, des troubles du sommeil et une perte d'appétit et de poids. La patiente a alors consulté son médecin traitant il y
a 7 jours. Celui-ci, diagnostiquant une dépression, l'a traitée par Clomipramine (Anafranil®) 100 mg par jour.
Depuis 5 jours, Mme V. est, selon son mari, extrêmement irritable et agressive. Elle ne tient pas en place, et n'arrive à
rien faire. Elle ne dort pas la nuit, ne mange plus et a perdu beaucoup de poids. Elle a aussi des idées noires et a
évoqué le suicide ce qui a précipité cette consultation aux Urgences.
L'entretien est difficile du fait de l'hostilité manifeste de la patiente. Durant l'entretien, elle s'effondre en pleurs. Elle
admet que ses pensées se bousculent dans sa tête et aimerait que "tout s'arrête". Elle accepte finalement l'examen
somatique qui s'avère normal.
Dans ses antécédents personnels, on note une appendicectomie à 14 ans et une "petite dépression" à 20 ans liée à
un chagrin d'amour. Sur le plan familial, son frère est décédé de suicide à 20 ans et buvait beaucoup, sa mère
présentait un "problème" à la thyroïde.

Q1) Faites une description séméiologique organisée.

Q2) Quel est le diagnostic le plus probable?

Q3) Quels sont les diagnostics différentiels?

Q4) Quelle est votre conduite thérapeutique immédiate?

Q5) Quel traitement au long cours proposez-vous?

Q6) Quels sont les risques à cours et long terme de cette pathologie?

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Cas Clinique 3

M. G.,20 ans, est amené en ambulance aux Urgences après appel de sa famille. A son arrivée, le patient est raide et
mutique. D'après son entourage, M.G. est un jeune homme sportif sans problème. Aujourd'hui, alors qu'il jouait au
basket-ball avec des amis, il s'est jeté à terre en disant des mots incompréhensibles qui ressemblaient à des prières. Il
est ensuite devenu "catatonique". Un heure après, quand on l'interroge, M. G. n'arrête pas de répéter "Je suis en
communication avec Dieu".
Selon sa famille, le patient était devenu assez "speed" ces derniers jours. Néanmoins, ils pensent fermement qu'il ne
prend pas de drogue et ne boit pas en dehors de soirées occasionnelles et toujours avec modération. Sa petite amie,
avec qui il vit, est contactée et fournit les informations suivantes. Il y a une semaine, il a commencé à dire des choses
étranges, concernant la religion surtout. Par ailleurs, il parlait beaucoup sans qu'on puisse l'interrompre, ne dormait
presque plus la nuit et était devenu extrêmement exigeant sur le plan sexuel. Il s'était mis à la gymnastique de façon
intensive pour "brûler son excès d'énergie". Elle le décrit comme un homme habituellement sympathique et énergique,
s'intéressant à ses études et à ses amis, et réussissant dans le domaine universitaire. Néanmoins, il y a deux ans, il
avait présenté un bref épisode de 4 jours pendant lequel il disait entendre des voix. Il avait alors été hospitalisé en
Psychiatrie pendant 2 jours puis son état s'était rapidement amélioré. Les médecins avaient alors parlé de "psychose
atypique". Il avait refusé tout suivi.
L'examen clinique réalisé aux Urgences s'avère normal. Les examens biologiques sont normaux, notamment la
recherche de toxiques.

Q1) Faites une description séméiologique.

Q2) Quelles informations supplémentaires recherchez-vous à l'entretien de la famille pour étayer votre diagnostic?

Q3) Quel est votre diagnostic principal?

Q4) Quels sont les diagnostics différentiels?

Q5) Quelle est votre attitude thérapeutique immédiate?

Q6) Cette pathologie bénéficie d'un traitement au long cours. Vous décidez de le mettre en place. Détaillez le bilan
préalable et les modalités de suivi.

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Cas Clinique 4

Vous êtes appelé par le Service de Chirurgie Thoracique pour donner un avis psychiatrique concernant M. D., 40 ans.
Ce patient a été découvert par ses collègues de travail, gendarmes, à la suite d'une tentative de suicide par arme à
feu. Ses collègues, inquiets de ne pas le voir au travail depuis la veille étaient passés chez lui. Ils l'ont alors découvert
au sol, inconscient dans une mare de sang. L'examen a révélé un passage trans-thoracique de la balle sans atteinte
des organes vitaux. Le patient doit rester sous surveillance médicale quelques jours dans le service.
A votre arrivée, le patient est "fermé", parle lentement d'une voix monocorde et garde les sourcils froncés. Il répète
sans cesse "je suis foutu, je suis foutu". Les infirmières vous apprennent qu'il n'a pas fermé l'œil de la nuit. Son frère,
que vous contactez, vous explique que le patient vit difficilement le départ de sa femme il y 2 mois. La dernière fois
qu'il l'a vu il y a 1 mois environ, il semblait fatigué, avait manifestement perdu du poids et avait parlé de "s'en aller". Il
pense aussi qu'il s'était mis à boire. D'après lui, il aurait déjà présenté un épisode similaire dans la passé.

Q1) Faites une description séméiologique.

Q2) Quelles informations supplémentaires recherchez-vous à l'entretien de la famille pour étayer votre diagnostic?

Q3) Quel est votre diagnostic principal?

Q4) Quels sont les diagnostics différentiels?

Q5) Quelle est votre attitude thérapeutique immédiate?

Q6) Deux jours après, vous êtes appelé en urgence parce que le patient a décidé de partir. Il a été rattrapé dans le
couloir par une infirmière. Lorsque vous l'interrogez, il vous dit que vous ne comprenez rien, qu'il est libre de faire ce
qu'il veut, que tout ça ne lui rendra pas sa femme.

Q7) Quelle est votre attitude thérapeutique immédiate?

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F. JOLLANT © - LIPCOM - LGX Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes